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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 23:00

 

Sacré-Cœur

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges.

 

Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme vraiment frappante : Dieu lui demande d’épouser une femme prostituée, pour montrer qu’Israël, l’épouse de Dieu, s’est éloignée de Lui et s’est prostituée vers le mal. Ses enfants auront symboliquement nom “Mal-aimée” et “Pas-mon-peuple”, pour montrer combien Dieu ne reconnaît plus ses enfants.

 

En même temps que Dieu reproche à Israël son infidélité, Il l’appelle à la conversion car Son amour demeure : “J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : “Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

 

On le constatera, cette prophétie est toute une histoire d’Amour ; maintenant, le texte de méditation nous en donne un autre aperçu.

 

Ici, c’est Isaïe, qui nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour “ses hauts faits” ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme, comme on l’entend souvent dire dans les conversations : c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. Mais Dieu est là, au milieu de nous, l’Emmanuel, “le Saint d’Israël” qui a “fait des prodiges” par l’Incarnation et la Rédemption.

 

Saint Paul ensuite montre aux Ephésiens combien il est infiniment reconnaissant à Dieu pour Son “projet éternel”, qui s’est réalisé en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire “le dernier de tous les fidèles”, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ ; et il “tombe à genoux devant le Père” qui nous a enrichis de la “puissance de l’Esprit pour rendre fort l’homme intérieur”.

 

En effet, pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir notre vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire “mourir” le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. Mais il y faut parfois - c’est vrai - un cruel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. C’est cette force dont parle Paul dans l’épître.

 

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour introduire les hommes dans une vie toute nouvelle, dans la vie du Ressuscité.

 

On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint ; il y faut expliquer un détail parfois mal compris. 

 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? Si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, le supplice serait très rapide, car ils mourraient comme asphyxiés, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient respirer un peu plus longtemps - et souffrir davantage dans cette position écartelée. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : on brisait les jambes, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

 

Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean précise qu’en effet, il est prescrit de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice, figure du vrai Agneau, Jésus (Ex 12:46). De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) “fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme”.

 

Une tradition “parallèle”, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré, rapporte que ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourur martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

 

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, d’autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise, dont on retrouvera aisément diverses informations soit sur ce Blog, soit sur Internet.

 

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna Kowalska (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baji en Italie (XVII), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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