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3e dimanche de l’Avent - C

 

 

 

Le troisième dimanche de l’Avent était dans le passé appelé dimanche “en rose”, parce que le célébrant revêtait alors un ornement rose et non violet, comme pour mitiger l’aspect un peu sombre de la couleur violette, à l’approche de la fête de Noël. C’est qu’autrefois, la période de l’Avent était vécue avec plus de “mortifications” que maintenant ; on ne mettait pas de fleurs sur l’autel non plus, comme durant le Carême, et certains religieux observaient (ou observent encore) le jeûne et l’abstinence à certains jours. 

En Israël aussi, de sainte âmes jeûnaient pour mériter davantage et hâter la venue du Sauveur. L’Eglise ne nous interdit pas cette pieuse pratique, mais elle ne nous y oblige pas, laissant à chacun le choix raisonnable de la façon de préparer la belle fête de Noël. L’Eglise reconnaît aussi que le rythme de la vie actuelle est tellement bouleversé par rapport au passé, tellement effréné, qu’on ne peut pas obliger des personnes fatiguées à se priver d’une nourriture légitime.

 

*       *       *

 

L’annonce de Noël débute aujourd’hui par une prophétie de Sophonie (VIIe siècle avant le Christ, un peu avant Jérémie). Historiquement, Sophonie était intervenu en Israël pour appeler le peuple à la conversion, car la ferveur était bien retombée, surtout avec les règnes de deux rois impies. Le prophète montre quelle sera la joie d’Israël après sa conversion : les accusateurs sont écartés, l’ennemi aura rebroussé chemin (Sennachérib avait envahi une partie du territoire de Juda).

Et de rappeler à Juda que son vrai et unique Roi n’est pas celui qu’on voit sur un siège visible somptueux : Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. C’est le verset que l’on applique maintenant à la naissance du Fils de Dieu à Bethléem. C’est lui qui apporte le salut.

Et pour bien souligner qu’il ne s’agit pas d’une présence purement spirituelle, mais bien physique, le prophète ajoute : il dansera pour toi avec des cris de joie, comme un Epoux qui danse avec son Epouse au jour heureux de leur mariage.

 

*       *       *

 

Le psaume d’aujourd’hui est un Cantique emprunté au prophète Isaïe, lequel, deux siècles encore avant Sophonie, annonçait à Israël cette présence du Saint (de Dieu), dont le Nom est sublime. Isaïe invite à la joie, à l’action de grâce pour cette divine présence. 

Notons l’expression : Il est grand au milieu de toi, qui met l’accent sur la présence physique de Dieu dans Sion, le Dieu incarné qui naîtra à Bethléem.

Le prophète affirme sa conviction qu’il est réellement en présence de Dieu, car il n’a plus de crainte, il invite à jouer, à jubiler.

 

*       *       *

 

En parlant aux Grecs de Philippes, saint Paul évoque à son tour la joie que doivent toujours avoir les Chrétiens car, dit-il, le Seigneur est proche

Il y aurait beaucoup à dire ici sur cette joie, car ici l’Apôtre ne vient pas “annoncer” la venue du Seigneur, qui est né il y a une cinquantaine d’années, qui est déjà mort et ressuscité. Pourtant, dit-il, le Seigneur est proche. Les Apôtres ont effectivement annoncé comme “proche” le retour du Seigneur. 

Croyaient-ils que ce retour était vraiment imminent, qu’ils l’auraient vécu déjà au premier siècle ? Ce n’est pas sûr. Certains auront pu le croire un moment, mais bien vite le message de l’Eglise a été que, pour chaque homme, la vie est très brève - oui, très-très brève, et que bientôt nous nous retrouverons en face du Christ ressuscité, devant l’Eternité qui ne finit pas. Voilà comment le Seigneur est proche.

Quand saint Paul exhorte les Chrétiens de Philippes avec son Le Seigneur est proche, ce n’est probablement pas parce qu’il s’attend à revoir le Seigneur demain ou après-demain, mais parce qu’il tient à ce que ses lecteurs n’oublient jamais combien la vie est courte et qu’ils seront à leurs derniers instants de vie beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt qu’ils ne s’y attendent. Même si l’on ne subit pas d’accident grave, même si la maladie ne nous frappe pas, quand nous serons âgés, nous dirons tous que vraiment la vie ne dure qu’un instant.

Alors, que faire ? Tout simplement, dit l’Apôtre, être dans la joie ; non pas se réjouir, s’amuser, se divertir n’importe comment, mais : dans la joie du Seigneur. Il y a en effet mille façons de se réjouir, mais toutes ne sont pas également dignes du Seigneur. Nous sentons très bien dans notre cœur ce qui plaît ou non à Jésus-Christ. Je peux me réjouir au bar, à déguster une bière sur un fond sonore de reggæ ou de folk, mais je peux aussi me réjouir en allant me réconcilier avec un camarade fâché de mon attitude… Je peux me réjouir d’avoir réussi une bonne recette, mais je serai bien plus heureux de la partager ensuite avec un voisin qui vit seul…

Saint Paul ajoute encore une autre recommandation : Ne soyez inquiets de rien. On pourra peut-être se demander si Paul avait vraiment les pieds sur terre ! Comment ne pas avoir de soucis ? ne pas être préoccupés par la feuille d’impôts, par la pluie qui va gâcher une récolte… 

Il ne s’agit pas d’échapper à nos obligations, de vivre entre ciel et terre comme si nous étions de simples esprits. Mais il faut, dans l’esprit de l’Apôtre qui d’ailleurs reprend l’enseignement de Jésus, rester sereins, confiants en Dieu, avec la certitude qu’Il n’abandonne jamais Ses enfants. Que gagne-t-on à s’inquiéter ? - De la nervosité, et rarement un allègement de nos soucis.

Jésus nous avait déjà dit (Mt 6:25-34) de ne pas nous préoccuper de notre nourriture ou de notre vêtement et de chercher d’abord le Royaume et sa justice. 

 

*       *       *

 

Ecoutons maintenant les réponses de Jean-Baptiste à ceux qui lui demandent que faire : partager ses vêtements ou son repas avec de plus pauvres ; ne pas exiger plus que ce qui est dû ; ne faire aucune violence à personne et se contenter de son salaire. 

Tout commentaire ici reste superflu. On pourrait dire qu’en ces brèves réponses, Jean-Baptiste résout les plus grands de nos problèmes de société.

Mais le même Jean-Baptiste ne cherche pas à s’imposer, encore moins à se faire passer pour un sauveur de la nation : Il vient, celui qui est plus puissant que moi ; devant Lui, il n’est pas digne de défaire la courroie de ses sandales, comme pour nous dire que même prosternés, nous ne sommes jamais assez humbles devant Dieu.

Jésus nous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu : l’Esprit de Vérité et le feu de l’Amour qui va jusqu’à donner sa vie pour ses amis (Jn 15:13).

 

*       *       *

 

Déjà dans la Prière de dimanche dernier nous demandions à Dieu de ne pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de (son) Fils : cette prière aurait bien trouvé sa place aujourd’hui, en écho à l’appel de Saint Paul. Mais celle d’aujourd’hui n’est pas moins significative, peut-être même plus convaincue, plus intérieure : Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère… avec un cœur vraiment nouveau.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année C
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3e dimanche de l’Avent - C

 

 

 

Le troisième dimanche de l’Avent était dans le passé appelé dimanche “en rose”, parce que le célébrant revêtait alors un ornement rose et non violet, comme pour mitiger l’aspect un peu sombre de la couleur violette, à l’approche de la fête de Noël. C’est qu’autrefois, la période de l’Avent était vécue avec plus de “mortifications” que maintenant ; on ne mettait pas de fleurs sur l’autel non plus, comme durant le Carême, et certains religieux observaient (ou observent encore) le jeûne et l’abstinence à certains jours. 

En Israël aussi, de sainte âmes jeûnaient pour mériter davantage et hâter la venue du Sauveur. L’Eglise ne nous interdit pas cette pieuse pratique, mais elle ne nous y oblige pas, laissant à chacun le choix raisonnable de la façon de préparer la belle fête de Noël. L’Eglise reconnaît aussi que le rythme de la vie actuelle est tellement bouleversé par rapport au passé, tellement effréné, qu’on ne peut pas obliger des personnes fatiguées à se priver d’une nourriture légitime.

 

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L’annonce de Noël débute aujourd’hui par une prophétie de Sophonie (VIIe siècle avant le Christ, un peu avant Jérémie). Historiquement, Sophonie était intervenu en Israël pour appeler le peuple à la conversion, car la ferveur était bien retombée, surtout avec les règnes de deux rois impies. Le prophète montre quelle sera la joie d’Israël après sa conversion : les accusateurs sont écartés, l’ennemi aura rebroussé chemin (Sennachérib avait envahi une partie du territoire de Juda).

Et de rappeler à Juda que son vrai et unique Roi n’est pas celui qu’on voit sur un siège visible somptueux : Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. C’est le verset que l’on applique maintenant à la naissance du Fils de Dieu à Bethléem. C’est lui qui apporte le salut.

Et pour bien souligner qu’il ne s’agit pas d’une présence purement spirituelle, mais bien physique, le prophète ajoute : il dansera pour toi avec des cris de joie, comme un Epoux qui danse avec son Epouse au jour heureux de leur mariage.

 

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Le psaume d’aujourd’hui est un Cantique emprunté au prophète Isaïe, lequel, deux siècles encore avant Sophonie, annonçait à Israël cette présence du Saint (de Dieu), dont le Nom est sublime. Isaïe invite à la joie, à l’action de grâce pour cette divine présence. 

Notons l’expression : Il est grand au milieu de toi, qui met l’accent sur la présence physique de Dieu dans Sion, le Dieu incarné qui naîtra à Bethléem.

Le prophète affirme sa conviction qu’il est réellement en présence de Dieu, car il n’a plus de crainte, il invite à jouer, à jubiler.

 

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En parlant aux Grecs de Philippes, saint Paul évoque à son tour la joie que doivent toujours avoir les Chrétiens car, dit-il, le Seigneur est proche

Il y aurait beaucoup à dire ici sur cette joie, car ici l’Apôtre ne vient pas “annoncer” la venue du Seigneur, qui est né il y a une cinquantaine d’années, qui est déjà mort et ressuscité. Pourtant, dit-il, le Seigneur est proche. Les Apôtres ont effectivement annoncé comme “proche” le retour du Seigneur. 

Croyaient-ils que ce retour était vraiment imminent, qu’ils l’auraient vécu déjà au premier siècle ? Ce n’est pas sûr. Certains auront pu le croire un moment, mais bien vite le message de l’Eglise a été que, pour chaque homme, la vie est très brève - oui, très-très brève, et que bientôt nous nous retrouverons en face du Christ ressuscité, devant l’Eternité qui ne finit pas. Voilà comment le Seigneur est proche.

Quand saint Paul exhorte les Chrétiens de Philippes avec son Le Seigneur est proche, ce n’est probablement pas parce qu’il s’attend à revoir le Seigneur demain ou après-demain, mais parce qu’il tient à ce que ses lecteurs n’oublient jamais combien la vie est courte et qu’ils seront à leurs derniers instants de vie beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt qu’ils ne s’y attendent. Même si l’on ne subit pas d’accident grave, même si la maladie ne nous frappe pas, quand nous serons âgés, nous dirons tous que vraiment la vie ne dure qu’un instant.

Alors, que faire ? Tout simplement, dit l’Apôtre, être dans la joie ; non pas se réjouir, s’amuser, se divertir n’importe comment, mais : dans la joie du Seigneur. Il y a en effet mille façons de se réjouir, mais toutes ne sont pas également dignes du Seigneur. Nous sentons très bien dans notre cœur ce qui plaît ou non à Jésus-Christ. Je peux me réjouir au bar, à déguster une bière sur un fond sonore de reggæ ou de folk, mais je peux aussi me réjouir en allant me réconcilier avec un camarade fâché de mon attitude… Je peux me réjouir d’avoir réussi une bonne recette, mais je serai bien plus heureux de la partager ensuite avec un voisin qui vit seul…

Saint Paul ajoute encore une autre recommandation : Ne soyez inquiets de rien. On pourra peut-être se demander si Paul avait vraiment les pieds sur terre ! Comment ne pas avoir de soucis ? ne pas être préoccupés par la feuille d’impôts, par la pluie qui va gâcher une récolte… 

Il ne s’agit pas d’échapper à nos obligations, de vivre entre ciel et terre comme si nous étions de simples esprits. Mais il faut, dans l’esprit de l’Apôtre qui d’ailleurs reprend l’enseignement de Jésus, rester sereins, confiants en Dieu, avec la certitude qu’Il n’abandonne jamais Ses enfants. Que gagne-t-on à s’inquiéter ? - De la nervosité, et rarement un allègement de nos soucis.

Jésus nous avait déjà dit (Mt 6:25-34) de ne pas nous préoccuper de notre nourriture ou de notre vêtement et de chercher d’abord le Royaume et sa justice. 

 

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Ecoutons maintenant les réponses de Jean-Baptiste à ceux qui lui demandent que faire : partager ses vêtements ou son repas avec de plus pauvres ; ne pas exiger plus que ce qui est dû ; ne faire aucune violence à personne et se contenter de son salaire. 

Tout commentaire ici reste superflu. On pourrait dire qu’en ces brèves réponses, Jean-Baptiste résout les plus grands de nos problèmes de société.

Mais le même Jean-Baptiste ne cherche pas à s’imposer, encore moins à se faire passer pour un sauveur de la nation : Il vient, celui qui est plus puissant que moi ; devant Lui, il n’est pas digne de défaire la courroie de ses sandales, comme pour nous dire que même prosternés, nous ne sommes jamais assez humbles devant Dieu.

Jésus nous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu : l’Esprit de Vérité et le feu de l’Amour qui va jusqu’à donner sa vie pour ses amis (Jn 15:13).

 

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Déjà dans la Prière de dimanche dernier nous demandions à Dieu de ne pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de (son) Fils : cette prière aurait bien trouvé sa place aujourd’hui, en écho à l’appel de Saint Paul. Mais celle d’aujourd’hui n’est pas moins significative, peut-être même plus convaincue, plus intérieure : Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère… avec un cœur vraiment nouveau.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année C
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2. dimanche de l’Avent - C

 

Après la prophétie de Jérémie de dimanche dernier, nous lisons aujourd’hui celle de Baruch. Ces deux écrits s’inscrivent dans le même contexte historique de la prise et de la destruction de Jérusalem, six siècles avant le Christ, de l’exil des Juifs à Babylone et enfin de leur retour.

Au moment de l’exil, Jérusalem est comparée à une veuve, qui a perdu tous ses enfants ; maintenant elle doit reprendre la parure de la gloire de Dieu, le manteau de la justice de Dieu. 

Jérusalem doit se redresser : Debout ! Elle doit se tenir sur la hauteur, et redevenir le point de rencontre des enfants d’Israël, de l’orient à l’occident. L’Auteur sacré reprend les expressions du prophète Isaïe, qui annonçait que toute vallée doit être comblée, toute montagne et toute colline abaissées (Is 40:4 ; cf. 2e dimanche de l’Avent-année B, et infra). Les Juifs connaissaient ces prophéties ; les leur rappeler ranimait en eux la vive attente de la promesse.

*       *       *

Ces épisodes historiques apparaissent aussi dans le psaume 125, un psaume qui est souvent repris dans la liturgie pour évoquer la souffrance des martyrs. 

Mais aussi, toute la vie humaine est un exil, dans l’attente du Royaume éternel. Dans le Salve Regina, on demande à Notre Dame, après cet exil, de nous montrer Jésus. 

Ainsi, l’exil d’Israël sert à évoquer l’exil où nous vivons dans le monde, les souffrances que nous endurons et en particulier celles de tous les martyrs, pour aboutir enfin au “retour” à la Maison de Dieu, la véritable Jérusalem, la Jérusalem céleste et éternelle.

*       *       *

Dans cette marche vers l’Eternité, l’apôtre Paul exhorte les chrétiens de Philippes, cette ville de Macédoine où il avait annoncé l’évangile en 50-52 (et aujourd’hui disparue). 

Ici encore, Paul montre toute l’affection, la tendresse, dit-il, qu’il nourrit envers ces chers frères ; il les sait fidèles, convaincus, mais il les exhorte encore - et il exhorte chacun de nous aussi - à grandir dans l’amour, à progresser dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance, c’est-à-dire à s’ouvrir davantage encore à l’Esprit de Dieu qui, en leur communiquant ses Dons, les aidera à parvenir à la plénitude de la justice, à la sainteté en Dieu.

C’est le rôle du pasteur, de réchauffer sans cesse le cœur des fidèles, parce que la faiblesse humaine est toujours là, avec ses faux arguments de bien-être, de facilité, pour nous éloigner de la ferveur de la charité. Saint Paul s’efforce toujours de reconduire l’attention de tous les fidèles aux valeurs premières, essentielles. Un bon pasteur, tel un saint Curé d’Ars, doit toujours revenir à la charge - en donnant d’abord l’exemple - pour convaincre ses ouailles et les aider à s’approcher encore plus de Dieu.

Cela est d’autant plus nécessaire que, très souvent, chacun de nous peut être tenté de penser qu’il a «gagné la partie» ; en réalité, c’est souvent là le point de départ d’une tentation d’orgueil, prélude à une nouvelle chute. Et Paul veut nous épargner cette chute en nous exhortant encore : il faut toujours faire mieux.

*       *       *

La prédication de Paul a prolongé l’annonce de l’évangile par Jésus-Christ. Quelques années avant Jésus, c’est Jean-Baptiste qui prêchait dans le désert, non pas vraiment dans la solitude désertique, mais loin du bruit de la ville, de sorte que ceux qui venaient à lui n’entendaient vraiment que la parole de Jean, inspirée de Dieu. 

Jean reprend à son tour la prophétie d’Isaïe dont on parlait plus haut : Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées. En clair, tout ce qui est tortueux en nous, dévié, notre orgueil qui nous enfle inutilement, nos défauts qui nous abaissent, doivent être nivelés pour laisser une route plane aux pas de Jésus-Christ en notre cœur. Jean-Baptiste ne dit rien de nouveau : il répète le même message fondamental des Prophètes précédents.

L’évangéliste Luc y ajoute une note historique bien précise, difficile à mettre en doute, en citant tous les responsables religieux et politiques du moment. Le nord de la Palestine était une région divisée par les Romains en quatre (tetra en grec) parties, avec à leur tête un tétrarque, sorte de roitelet. Galilée, Iturée, Trachonitide, Abilène étaient ces quatre provinces autour du lac de Gennésareth.

On le verra souvent, saint Luc travaille en véritable historien, qui aime se documenter à la source, préciser les références historiques, les dates, les faits exacts. 

Ces détails historiques sont là pour nous aider à recevoir le message évangélique avec la certitude qu’il n’a pas été inventé : Jésus est bien venu sur terre, annoncé par tous les prophètes jusqu’à Jean-Baptiste, prêché ensuite par tous les apôtres. Un message unique, authentique, stable et pérenne, qui exige de nous une adhésion totale. 

Acceptons de nous interroger, de regarder en nous nos “montagnes et collines”, travaillons à raser ces défauts qui défigurent en nous l’image de la bonté de notre Créateur. Pour être de vrais Chrétiens, nous devons chaque matin recommencer notre vie avec un cœur nouveau. 

*       *       *

Prions pour obtenir de Dieu d’éveiller en nous cette intelligence du cœur (Prière du jour). 

Ouvrons-nous au Sauveur de nos âmes.

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  5e dimanche de Pâques - A

 

 

Un mois est déjà passé depuis la fête de Pâques. Le Christ ressuscité va bientôt confier totalement l’Eglise à ses Apôtres et remonter au Ciel. Désormais, deux dimanches nous séparent de l’Ascension de Notre Seigneur. L’ambiance est aux adieux, à-Dieu.

 

*       *       *

 

Avant d’aller s’offrir sur la Croix, lors du dernier Repas, Jésus institua l’Eucharistie, le Sacerdoce. Ce fut pour lui l’occasion d’un long entretien entre lui et les Apôtres, que nous rapporte l’évangéliste Jean aux chapitres 14, 15, 16. 

La première phrase de l’évangile d’aujourd’hui - Ne soyez donc pas bouleversés -, fait suite au chapitre précédent, où Jésus a parlé de son départ, de la trahison de Judas, du reniement de Pierre : rien de très réconfortant pour ces Apôtres habitués à voir tant de miracles s’opérer par la bouche de Jésus.

Jésus converse avec eux. Ces nouveaux prêtres, les premiers prêtres de l’Eglise, restent des hommes, et ils posent à Jésus des questions qui dévoilent leurs hésitations, mais qui nous valent de la part de Jésus des réponses fondamentales.

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Le chemin qu’il faut suivre, par la croix et la résurrection ; la Vérité qu’il faut croire ; la Vie que nous recevons au baptême et que nous entretenons par l’Eucharistie.

Celui qui m’a vu, a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi. Une nouvelle affirmation de la divinité du Christ.

Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes. Quelle promesse stupéfiante ! N’oublions pas que saint Thomas, une fois revenu de son doute, partit évangéliser l’Inde et tout l’Extrême-Orient ; qu’un saint Pierre Claver calcula lui-même avoir pu administrer quelque trois-cent milles baptêmes…

Jésus ajoute ces mots : Puisque je pars vers le Père. Cette petite phrase exprime l’Union intime qui existe entre le Père et le Fils, dont l’Amour se manifeste dans l’Esprit. C’est au nom de cette Union trinitaire que les Apôtres et tous les Saints opéreront tant et tant de merveilles. Tous les Sacrements nous sont donnés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

*       *       *

 

Comme dans toute institution humaine, dès le début l’Eglise de Dieu n’a pas échappé aux turbulences psychologiques et théologiques de ses membres. Dans la première communauté, se sont déjà formés des groupes, des chapelles, les uns parlant hébreux, les autres grec ; ces derniers manifestent de la jalousie envers les premiers, apparemment on ne leur aurait pas donné autant qu’aux autres. Où l’esprit de division ne va-t-il pas se nicher !

Ne nous en étonnons pas. Les amitiés les plus fortes sont toujours l’objet des attaques du démon, qui ne respire que division et jalousie. 

Mais Pierre ne tombe pas dans le panneau de l’arbitrage et des discussions ; il n’agit pas même de sa seule autorité : la décision sera un acte collégial des douze Apôtres : ce sera la promulgation du diaconat ; les diacres seront là pour s’occuper de diverses tâches pratiques, pour laisser aux Apôtres plus de temps pour prier et pour prêcher. 

Prier et prêcher, d’abord prier et ensuite prêcher. Le pêcheur qu’était Pierre a vraiment subi une conversion intérieure profonde et radicale ; il ne cède pas à l’activisme et prend bien garde de toujours donner la primauté à la prière. Sans la prière, sans l’écoute silencieuse de la parole de Dieu, toute notre activité devient activisme, course effrénée ; c’est bien un peu le mal de notre siècle.

Les sept premiers Diacres ne nous sont guère connus, à part Etienne (en grec Stéphanos), que nous fêtons le lendemain de Noël. Des six autres, cinq sont mentionnés ensemble dans notre Martyrologe Romain au 28 juillet, mais restent peu connus ; quant à Philippe (qui a sa fête propre au 11 octobre), son apostolat est relaté dans les Actes des Apôtres (voir Ac 8) ; nous le retrouverons justement dimanche prochain.

 

*       *       *

 

Le Christ est la Parole de Dieu ; l’Evangile est la Parole de Dieu. Le Psaume 32 nous rappelle que cette Parole est droite, parce que Dieu est fidèle, parce qu’il aime le bon droit et la justice, que son amour remplit la terre.

Il faudrait se garder de lire machinalement ces mots, comme du «déjà vu» ; au contraire, faisons l’effort de les relire comme si c’était la première fois, tant notre quotidien nous les fait si rapidement oublier.

La Parole de Dieu, l’écoutons-nous ? La lisons-nous ? Mettons-nous vraiment notre espoir en Dieu ? Comment se fait-il que nous soyons si souvent affligés, tristes, désespérés, inquiets, et même révoltés ? Ne nous laissons pas envahir par l’inquiétude. Ne soyez donc pas bouleversés, a dit Jésus. Avec le psalmiste, crions de joie ! Chantons un cantique nouveau ! C’était déjà le Chant d’entrée, repris du psaume 97.

 

*       *       *

 

Nous pouvons remarquer par l’épître de saint Pierre, combien lui-même est maintenant totalement renouvelé par sa foi au Christ ressuscité.

Lui, l’humble pêcheur, qui a eu peur de la servante du Grand Prêtre, le voilà qui parle avec assurance devant des milliers de personnes.

Le voilà inspiré pour oser une exégèse toute nouvelle que la synagogue ignorait : cette Pierre d’angle, rejetée par les bâtisseurs, dont parle le psaume 117, il explique qu’elle est le Christ, celui qu’on a crucifié et qui est ressuscité. Il cite de mémoire Isaïe (Is 28:16 ; 8:14sq) et Osée (1:9 ; 2:25) avec l’aisance d’un spécialiste en exégèse. 

Mais aussi, le premier Pape nous expose une doctrine toute nouvelle : il nous enseigne que nous sommes tous appelés à être chacun une pierre vivante dans l’édifice de l’Eglise ; que nous participons tous à cette race choisie, à ce sacerdoce royal, à cette nation sainte

Pierre ne dit pas que tous les baptisés vont célébrer les sacrements comme les prêtres ; il dit que tous les baptisés participent du sacerdoce, par leur mission à se sanctifier personnellement, et à répandre le Royaume du Christ, en union avec les prêtres et les évêques, et avec le Christ.

Une citation du Concile Vatican II va confirmer cette doctrine :

Les fidèles concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective (Lumen Gentium, n°10). 

Que serait en effet une Eglise où les fidèles seraient seulement des observateurs, des spectateurs, laissant les prêtres et les évêques agir seuls de leur côté, sans unir profondément leurs prières, leurs efforts, leurs souffrances et leurs joies ?

 

*       *       *

C’est le sens de la Prière du jour, où nous demandons à Dieu d’être fidèles par toute notre vie.

 

*       *       *

En chantant Alleluia !, unissons notre prière et notre louange à celles des Apôtres. Préparons-nous avec eux à célébrer le retour de Jésus vers son Père, pour nous envoyer l’Esprit qui nous conduira vers la Vérité tout entière (Jn 16:13).

 

 

 

5e dimanche de Pâques - A

 

 

Un mois est déjà passé depuis la fête de Pâques. Le Christ ressuscité va bientôt confier totalement l’Eglise à ses Apôtres et remonter au Ciel. Désormais, deux dimanches nous séparent de l’Ascension de Notre Seigneur. L’ambiance est aux adieux, à-Dieu.

 

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Avant d’aller s’offrir sur la Croix, lors du dernier Repas, Jésus institua l’Eucharistie, le Sacerdoce. Ce fut pour lui l’occasion d’un long entretien entre lui et les Apôtres, que nous rapporte l’évangéliste Jean aux chapitres 14, 15, 16. 

La première phrase de l’évangile d’aujourd’hui - Ne soyez donc pas bouleversés -, fait suite au chapitre précédent, où Jésus a parlé de son départ, de la trahison de Judas, du reniement de Pierre : rien de très réconfortant pour ces Apôtres habitués à voir tant de miracles s’opérer par la bouche de Jésus.

Jésus converse avec eux. Ces nouveaux prêtres, les premiers prêtres de l’Eglise, restent des hommes, et ils posent à Jésus des questions qui dévoilent leurs hésitations, mais qui nous valent de la part de Jésus des réponses fondamentales.

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Le chemin qu’il faut suivre, par la croix et la résurrection ; la Vérité qu’il faut croire ; la Vie que nous recevons au baptême et que nous entretenons par l’Eucharistie.

Celui qui m’a vu, a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi. Une nouvelle affirmation de la divinité du Christ.

Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes. Quelle promesse stupéfiante ! N’oublions pas que saint Thomas, une fois revenu de son doute, partit évangéliser l’Inde et tout l’Extrême-Orient ; qu’un saint Pierre Claver calcula lui-même avoir pu administrer quelque trois-cent milles baptêmes…

Jésus ajoute ces mots : Puisque je pars vers le Père. Cette petite phrase exprime l’Union intime qui existe entre le Père et le Fils, dont l’Amour se manifeste dans l’Esprit. C’est au nom de cette Union trinitaire que les Apôtres et tous les Saints opéreront tant et tant de merveilles. Tous les Sacrements nous sont donnés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

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Comme dans toute institution humaine, dès le début l’Eglise de Dieu n’a pas échappé aux turbulences psychologiques et théologiques de ses membres. Dans la première communauté, se sont déjà formés des groupes, des chapelles, les uns parlant hébreux, les autres grec ; ces derniers manifestent de la jalousie envers les premiers, apparemment on ne leur aurait pas donné autant qu’aux autres. Où l’esprit de division ne va-t-il pas se nicher !

Ne nous en étonnons pas. Les amitiés les plus fortes sont toujours l’objet des attaques du démon, qui ne respire que division et jalousie. 

Mais Pierre ne tombe pas dans le panneau de l’arbitrage ; avec douce autorité, sans discuter avec les murmurateurs, il admet qu’on a pu manquer de vigilance, à cause de tout le travail à fournir ; alors, comme Moïse qui institua les soixante-dix juges dans le désert (Ex 18:13sq), Pierre - le premier pape - promulgue le diaconat : les diacres seront là pour s’occuper de diverses tâches pratiques, pour laisser aux Apôtres plus de temps pour prier et pour prêcher. 

Prier et prêcher, d’abord prier et ensuite prêcher. Le pêcheur qu’était Pierre a vraiment subi une conversion intérieure profonde et radicale ; il ne cède pas à l’activisme et prend bien garde de toujours donner la primauté à la prière. Sans la prière, sans l’écoute silencieuse de la parole de Dieu, toute notre activité devient activisme, course effrénée ; c’est bien un peu le mal de notre siècle.

Les sept premiers Diacres ne nous sont guère connus, à part Etienne (en grec Stéphanos), que nous fêtons le lendemain de Noël. Des six autres, cinq sont mentionnés dans notre Martyrologe Romain au 28 juillet, mais restent peu connus ; l’apostolat de Philippe (qui a sa fête propre au 11 octobre) est relaté dans les Actes des Apôtres (voir Ac 8) ; nous le retrouverons justement dimanche prochain.

 

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Le Christ est la Parole de Dieu ; l’Evangile est la Parole de Dieu. Le Psaume 32 nous rappelle que cette Parole est droite, parce que Dieu est fidèle, parce qu’il aime le bon droit et la justice, que son amour remplit la terre.

Il faudrait se garder de lire machinalement ces mots, comme du «déjà vu» ; au contraire, faisons l’effort de les relire comme si c’était la première fois, tant notre quotidien nous les fait si rapidement oublier.

La Parole de Dieu, l’écoutons-nous ? La lisons-nous ? Mettons-nous vraiment notre espoir en Dieu ? Comment se fait-il que nous soyons si souvent affligés, tristes, désespérés, inquiets, et même révoltés ? Ne nous laissons pas envahir par l’inquiétude. Ne soyez donc pas bouleversés, a dit Jésus. Avec le psalmiste, crions de joie ! Chantons un cantique nouveau !

 

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Nous pouvons remarquer par l’épître de saint Pierre, combien lui-même est maintenant totalement renouvelé par sa foi au Christ ressuscité.

Lui, l’humble pêcheur, qui a eu peur de la servante du Grand Prêtre, le voilà qui parle avec assurance devant des milliers de personnes.

Le voilà inspiré pour oser une exégèse toute nouvelle que la synagogue ignorait : cette Pierre d’angle, rejetée par les bâtisseurs, dont parle le psaume 117, il explique qu’elle est le Christ, celui qu’on a crucifié et qui est ressuscité. Il cite de mémoire Isaïe (Is 28:16 ; 8:14sq) et Osée (1:9 ; 2:25) avec l’aisance d’un spécialiste en exégèse. 

Mais aussi, le premier Pape nous expose une doctrine toute nouvelle : il nous enseigne que nous sommes tous appelés à être chacun une pierre vivante dans l’édifice de l’Eglise ; que nous participons tous à cette race choisie, à ce sacerdoce royal, à cette nation sainte

Pierre ne dit pas que tous les baptisés vont célébrer les sacrements comme les prêtres ; il dit que tous les baptisés participent du sacerdoce, par leur mission à se sanctifier personnellement, et à répandre le Royaume du Christ, en union avec les prêtres et les évêques, et avec le Christ.

Une citation du Concile Vatican II va confirmer cette doctrine :

Les fidèles concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective (Lumen Gentium, n°10). 

Que serait en effet une Eglise où les fidèles seraient seulement des observateurs, des spectateurs, laissant les prêtres et les évêques agir seuls de leur côté, sans unir profondément leurs prières, leurs efforts, leurs souffrances et leurs joies ?

 

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C’est le sens de la Prière du jour, où nous demandons à Dieu d’être fidèles par toute notre vie.

 

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En chantant Alleluia !, unissons notre prière et notre louange à celles des Apôtres. Préparons-nous avec eux à célébrer le retour de Jésus vers son Père, pour nous envoyer l’Esprit qui nous conduira vers la Vérité tout entière (Jn 16:13).

 

 

 

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5e dimanche de Pâques - A

Un mois est déjà passé depuis la fête de Pâques. Le Christ ressuscité va bientôt confier totalement l’Eglise à ses Apôtres et remonter au Ciel. Désormais, deux dimanches nous séparent de l’Ascension de Notre Seigneur. L’ambiance est aux adieux, à-Dieu.

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Avant d’aller s’offrir sur la Croix, lors du dernier Repas, Jésus institua l’Eucharistie, le Sacerdoce. Ce fut pour lui l’occasion d’un long entretien entre lui et les Apôtres, que nous rapporte l’évangéliste Jean aux chapitres 14, 15, 16.

La première phrase de l’évangile d’aujourd’hui - Ne soyez donc pas bouleversés -, fait suite au chapitre précédent, où Jésus a parlé de son départ, de la trahison de Judas, du reniement de Pierre : rien de très réconfortant pour ces Apôtres habitués à voir tant de miracles s’opérer par la bouche de Jésus.

Jésus converse avec eux. Ces nouveaux prêtres, les premiers prêtres de l’Eglise, restent des hommes, et ils posent à Jésus des questions qui dévoilent leurs hésitations, mais qui nous valent de la part de Jésus des réponses fondamentales.

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Le chemin qu’il faut suivre, par la croix et la résurrection ; la Vérité qu’il faut croire ; la Vie que nous recevons au baptême et que nous entretenons par l’Eucharistie.

Celui qui m’a vu, a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi. Une nouvelle affirmation de la divinité du Christ.

Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes. Quelle promesse stupéfiante ! N’oublions pas que saint Thomas, une fois revenu de son doute, partit évangéliser l’Inde et tout l’Extrême-Orient ; qu’un saint Pierre Claver calcula lui-même avoir pu administrer quelque trois-cent milles baptêmes…

Jésus ajoute ces mots : Puisque je pars vers le Père. Cette petite phrase exprime l’Union intime qui existe entre le Père et le Fils, dont l’Amour se manifeste dans l’Esprit. C’est au nom de cette Union trinitaire que les Apôtres et tous les Saints opéreront tant et tant de merveilles. Tous les Sacrements nous sont donnés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

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Comme dans toute institution humaine, dès le début l’Eglise de Dieu n’a pas échappé aux turbulences psychologiques et théologiques de ses membres. Dans la première communauté, se sont déjà formés des groupes, des chapelles, les uns parlant hébreux, les autres grec ; ces derniers manifestent de la jalousie envers les premiers, apparemment on ne leur aurait pas donné autant qu’aux autres. Où l’esprit de division ne va-t-il pas se nicher !

Ne nous en étonnons pas. Les amitiés les plus fortes sont toujours l’objet des attaques du démon, qui ne respire que division et jalousie.

Mais Pierre ne tombe pas dans le panneau de l’arbitrage ; avec douce autorité, sans discuter avec les murmurateurs, il admet qu’on a pu manquer de vigilance, à cause de tout le travail à fournir ; alors, comme Moïse qui institua les soixante-dix juges dans le désert (Ex 18:13sq), Pierre - le premier pape - promulgue le diaconat : les diacres seront là pour s’occuper de diverses tâches pratiques, pour laisser aux Apôtres plus de temps pour prier et pour prêcher.

Prier et prêcher, d’abord prier et ensuite prêcher. Le pêcheur qu’était Pierre a vraiment subi une conversion intérieure profonde et radicale ; il ne cède pas à l’activisme et prend bien garde de toujours donner la primauté à la prière. Sans la prière, sans l’écoute silencieuse de la parole de Dieu, toute notre activité devient activisme, course effrénée ; c’est bien un peu le mal de notre siècle.

Les sept premiers Diacres ne nous sont guère connus, à part Etienne (en grec Stéphanos), que nous fêtons le lendemain de Noël. Des six autres, cinq sont mentionnés dans notre Martyrologe Romain au 28 juillet, mais restent peu connus ; l’apostolat de Philippe (qui a sa fête propre au 11 octobre) est relaté dans les Actes des Apôtres (voir Ac 8) ; nous le retrouverons justement dimanche prochain.

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Le Christ est la Parole de Dieu ; l’Evangile est la Parole de Dieu. Le Psaume 32 nous rappelle que cette Parole est droite, parce que Dieu est fidèle, parce qu’il aime le bon droit et la justice, que son amour remplit la terre.

Il faudrait se garder de lire machinalement ces mots, comme du «déjà vu» ; au contraire, faisons l’effort de les relire comme si c’était la première fois, tant notre quotidien nous les fait si rapidement oublier.

La Parole de Dieu, l’écoutons-nous ? La lisons-nous ? Mettons-nous vraiment notre espoir en Dieu ? Comment se fait-il que nous soyons si souvent affligés, tristes, désespérés, inquiets, et même révoltés ? Ne nous laissons pas envahir par l’inquiétude. Ne soyez donc pas bouleversés, a dit Jésus. Avec le psalmiste, crions de joie ! Chantons un cantique nouveau !

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Nous pouvons remarquer par l’épître de saint Pierre, combien lui-même est maintenant totalement renouvelé par sa foi au Christ ressuscité.

Lui, l’humble pêcheur, qui a eu peur de la servante du Grand Prêtre, le voilà qui parle avec assurance devant des milliers de personnes.

Le voilà inspiré pour oser une exégèse toute nouvelle que la synagogue ignorait : cette Pierre d’angle, rejetée par les bâtisseurs, dont parle le psaume 117, il explique qu’elle est le Christ, celui qu’on a crucifié et qui est ressuscité. Il cite de mémoire Isaïe (Is 28:16 ; 8:14sq) et Osée (1:9 ; 2:25) avec l’aisance d’un spécialiste en exégèse.

Mais aussi, le premier Pape nous expose une doctrine toute nouvelle : il nous enseigne que nous sommes tous appelés à être chacun une pierre vivante dans l’édifice de l’Eglise ; que nous participons tous à cette race choisie, à ce sacerdoce royal, à cette nation sainte.

Pierre ne dit pas que tous les baptisés vont célébrer les sacrements comme les prêtres ; il dit que tous les baptisés participent du sacerdoce, par leur mission à se sanctifier personnellement, et à répandre le Royaume du Christ, en union avec les prêtres et les évêques, et avec le Christ.

Une citation du Concile Vatican II va confirmer cette doctrine :

Les fidèles concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective (Lumen Gentium, n°10).

Que serait en effet une Eglise où les fidèles seraient seulement des observateurs, des spectateurs, laissant les prêtres et les évêques agir seuls de leur côté, sans unir profondément leurs prières, leurs efforts, leurs souffrances et leurs joies ?

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C’est le sens de la Prière du jour, où nous demandons à Dieu d’être fidèles par toute notre vie.

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En chantant Alleluia !, unissons notre prière et notre louange à celles des Apôtres. Préparons-nous avec eux à célébrer le retour de Jésus vers son Père, pour nous envoyer l’Esprit qui nous conduira vers la Vérité tout entière (Jn 16:13).

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1er dimanche de l’Avent - C

 

Voici que commence une nouvelle année liturgique, avec le premier dimanche de l’Avent. Dans le cycle triennal des lectures que nous propose l’Eglise, c’est la troisième année, l’année C, durant laquelle nous entendrons l’évangile selon saint Luc.

En signe d’ “attente” jusqu’à Noël, le prêtre revêt un ornement violet à la Messe, et l’on ne chante pas Gloire à Dieu, le chant des Anges que nous entonnerons à nouveau dans la nuit de Noël.

 

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La prophétie d’aujourd’hui est du prophète Jérémie, qui vivait au sixième siècle avant la naissance de Jésus-Christ. Déjà deux siècles auparavant, le prophète Isaïe avait annoncé l’Emmanuel (Is 7:14). Ici la promesse concerne un Germe de justice

Immédiatement notre esprit se demande : pourquoi un germe seulement ? n’y avait-il pas de justice avant Jérémie ? 

Entendons bien le mot justice au sens biblique : la Justice biblique n’est pas une sentence de condamnation, mais un aspect fondamental de la Sainteté de Dieu. Un verset de psaume le chante très bien : De justice, ta main en est remplie (Ps 47:11b). 

Dieu est Saint, et tous ceux qui répondent à l’appel divin acceptent de se mettre sur le chemin de la Sainteté, de la Perfection. Ce sera l’appel que Jésus adressera dans le Sermon sur la Montagne : Heureux ceux qui ont faim et soif de la Justice, ils seront rassasiés (Mt 5:6) : Notre Seigneur n’anticipait-Il pas déjà l’Eucharistie, en proclamant cette béatitude ? En recevant le Corps et le Sang du Christ, c’est un germe de Justice que nous recevons en nous. Voilà donc ce germe de Vie Nouvelle qu’apportera le Sauveur.

La justice au sens biblique n’est pas autre chose que l’amour profond qu’on peut avoir pour Dieu, un amour total, inconditionné, qui de soi exclut le mal. Qui met toute son ardeur à renoncer au mal, fait de Jésus Le-Seigneur-notre-Justice, pour reprendre le texte.

 

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Le psaume 24 qui vient ensuite reprend la même idée. La “route” du Seigneur est droite ; celui qui s’y engage ne perd pas de temps à s’égarer dans les petits chemins de traverse ; il chemine “droit” devant lui, pour rester dans la Justice, dans le Droit, dans la Vérité. De verset en verset, nous trouvons l’itinéraire de notre chemin vers la Sainteté : voies… route… dirige-moi… vérité… droit… bon… chemin… justice… humbles… amour… et pour finir : alliance.

Retenons particulièrement aujourd’hui l’humilité. Il faut de l’humilité pour se renoncer, accepter qu’on se trompe, qu’on s’est égaré, qu’il faut reprendre la bonne route. Dites à un conducteur : Tu t’es trompé de chemin ! Très difficilement il acceptera son erreur ; c’est pourtant tellement plus simple de se dire : Quel âne je suis !

 

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L’amour a besoin de l’humilité, qui nous aide à garder le respect pour l’autre. Saint Paul y invite à nouveau les Thessaloniciens aujourd’hui. Il ne leur dit rien de nouveau, il le leur répète pour entretenir en eux cette flamme d’amour qui est toujours fragilisée par le quotidien. Que le Seigneur vous donne un amour de plus en plus intense. Et - de nouveau - qu’il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche

Les Chrétiens de Thessalonique étaient très fervents déjà, et Paul les aime beaucoup, mais il ne veut pas qu’ils s’assoupissent, il excite leur espérance, leur amour : Faites de nouveaux progrès, car il sait bien que la faiblesse humaine nous tente souvent et que nous retombons si facilement dans la médiocrité, dans la tiédeur ; chacun de nous en fait l’amère expérience chaque jour.

Nous ne serons jamais parfaits, Dieu le sait ; mais Dieu nous demande seulement de prendre sur nous, de tendre sans cesse vers cette perfection. Imaginons ici une petite comparaison.

Il y a deux fumeurs invétérés qui, disent-ils, veulent combattre ce vilain penchant. L’un fume un paquet de cigarettes chaque jour ; l’autre deux. Ce dernier arrive à diminuer de moitié sa consommation, et l’autre, jugeant qu’il en est au même stade, ne diminue pas ; aux yeux des hommes, ils consomment maintenant autant l’un que l’autre, mais aux yeux de Dieu l’un a fait un grand pas vers la perfection, l’autre n’a rien fait.

On pourrait faire le même raisonnement de deux élèves à l’école (et cette époque de premier trimestre en est une bonne occasion). Un élève qui par son travail passe de 8 à 10 de moyenne, même si ce n’est pas un résultat énorme, fait beaucoup plus devant Dieu que celui qui, réussissant plus facilement, se contente de son 12 ou même de son 15 sans chercher à faire mieux.

Chacun de nous a ainsi à travailler pour se rapprocher de la Sainteté. Ceux qui le font sont en paix, ils savent que la Miséricorde de Dieu est immense et ne craignent pas de s’avancer devant l’Eternité, comme Thérèse de l’Enfant Jésus qui murmurait : Je ne meurs pas, j’entre dans la vie. Ceux au contraire qui refusent ce chemin, n’auront que des angoisses quand sonnera “la fin”.

 

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C’est ainsi qu’il faut interpréter l’évangile d’aujourd’hui. “Mourir de peur” n’est pas fait pour les fidèles, à qui Jésus dit d’ailleurs : Redressez-vous, relevez la tête ! 

N’oublions pas le triple avertissement de Jésus, qui nous met en garde contre la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie. Pour les deux premiers, hélas, on ne connaît que trop les dégâts qu’ils provoquent dans les familles et dans tous les milieux… Mais comment éviter “les soucis de la vie”, qui nous tombent inéluctablement dessus, parfois même à des moments vraiment pas heureux ?

Cela dépendra de notre amour de Dieu et de notre confiance. Il y a une façon de recevoir ces soucis, qui les multiplie et les grossit, tandis que les recevoir avec humilité, avec patience, avec esprit de soumission à la volonté de Dieu, sans révolte, aide beaucoup à les dépasser, voire même à trouver des solutions viables auxquelles on ne pensait pas auparavant.

On pourra aussi se demander pourquoi l’Eglise nous rappelle la fin des temps, quand on évoque l’annonce de la naissance de Jésus-Christ. C’est que Jésus-Christ n’est pas simplement venu il y a vingt siècles pour les gens de cette époque ; il doit venir pour chacun de nous, maintenant, avec son message d’amour et son appel à la conversion profonde ; nous ne devons pas nous contenter de nous rappeler le passé, la naissance historique de Jésus-Christ, mais nous devons marcher à Sa rencontre : demain, après-demain, bientôt, nous comparaîtrons devant Lui.

Et surtout Il reviendra un jour pour établir définitivement son Royaume, ce Royaume d’Amour dont nous parlions dimanche dernier en la solennité du Christ-Roi.

 

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En priant intensément la Prière de ce jour, nous allons voir que tout cela y est exprimé :

Donne à tes fidèles d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du Royaume des cieux.

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  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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