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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 00:00

13 DÉCEMBRE

II.

S Antiochus, martyr dans l'île de Sulci (Sant'Antioco) ; c'était un médecin chrétien, exilé.

IV.

SS Eustratios, Auxentios, Eugenios, Mardarios et Orestes, martyrs en Arménie.

S Ariston, martyr à Porto Romano.

Ste Lucie, vierge martyre à Syracuse, dont elle est la patronne.

VII.

S Urcisse, évêque à Cahors ; pour une controverse politique, il fut un moment suspendu, tout en restant administrateur du diocèse.

S Josse, ermite dans le Ponthieu, frère de s. Judicaël.

S Aubert, évêque à Cambrai.

Ste Odile, abbesse ; née aveugle, elle guérit au baptême ; le lieu de son baptême serait Baume-les-Dames ou Moutier-Haute-Pierre ; son abbaye devint le Mont-Sainte-Odile.

VIII.

Ste Edburge, abbesse à Thanet ; elle correspondait avec s. Boniface.

XVI.

B Francesco (Giovanni) Marinoni, vénitien ; supérieur des théatins à Naples, il savait être exigeant : il fit brûler ce qu'avait écrit un diacre, trop exalté par le travail intellectuel ; il fit renvoyer un prêtre qui célébrait avec quelques singularités de piété.

XVII.

Ste Jeanne Françoise Fremiot de Chantal, grand-mère de Mme de Sévigné, fondatrice avec s. François de Sales, de l'Ordre de la Visitation ; son frère était évêque à Bourges ; fêtée désormais le 12 août.

B Antonio Grassi, oratorien à Fermo ; il déconseillait formellement les mortifications corporelles, au profit de l'humilité sincère.

XIX.

SS Chŏng Mun-Ho Bareutollomeo, Chŏng Wŏn-ji Peteuro (un jeune époux de vingt-et-un ans), Cho Hwa-sŏ Peteuro, Son Sŏn-ji Peteuro, Yi Myŏng-sŏ Peteuro, Han Wŏn-Sŏ Yosep, laïcs coréens martyrs, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

Bse Costanza Starace (Maria Maddalena de la Passion, 1845-1921), consacrée à quinze ans, fondatrice des Sœurs Compassionistes dans la province de Naples, béatifiée en 2007.

Antiochus de Sulci
2. siècle ?

Antiochus aurait été un médecin qui, en Galatie et en Cappadoce (Asie Mineure, act. Turquie) amenait maintes foules à la conversion tout en exerçant son métier.
L’empereur Hadrien ayant promulgué un édit de persécution, Antiochus fut arrêté, torturé et exilé sur la petite île de Sulci (auj. Sant’Antioco, Sardaigne S).
Sur cette île, le médecin aurait alors mené une vie tout érémitique, s’abritant dans une grotte.
Là encore, il fut dénoncé, puis martyrisé, en priant pour la Sardaigne.
Si la mention d’Hadrien est correcte, ce martyre eut lieu au deuxième siècle ; les spécialistes penchent cependant pour le quatrième siècle, supposant qu’on se soit trompé sur le nom de l’empereur.
Antiochus de Sulci serait mort un 13 novembre, mais le Martyrologe Romain le mentionne au 13 décembre.

 

Eustratios, Auxentios, Eugenios, Mardarios, Orestes d’Arménie
303

On est fort mal renseigné sur ces cinq martyrs.
Eustratios subit des tortures d’une cruauté raffinée. Il démontrait aux juges que la conduite des dieux païens est ridicule et immorale, citant les auteurs grecs anciens comme Homère, Eschyle, Platon… A la fin, il fut jeté dans une fournaise.
Avec lui souffrit également Orestes, qui périt sur un lit de fer chauffé à rouge.
Les autres, Auxentios, Eugenios et Mandarios, subirent d’autres tourments encore. Il ne semble pas qu’ils aient été martyrisés au même endroit, ni au même moment que les deux précédents.
On date leur martyre durant la persécution de Dioclétien (303).
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs d’Arménie au 13 décembre.


Ariston de Porto Romano
4. siècle ?

On ignore tout de ce Martyr, sauf que son culte est assez ancien ; on parle du quatrième siècle, mais on pourrait aussi remonter au deuxième siècle.
Ariston reçut le martyre à l’embouchure du Tibre, au-delà d’Ostie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Ariston de Porto Romano au 13 décembre.

 

Lucia de Syracuse

4e siècle

 

Sainte Lucie est une martyre traditionnellement vénérée à Syracuse, célébrissime, mais dont la Passio embarrasse certains spécialistes.

Elle aurait d’abord obtenu par ses prières la guérison de sa mère, Euticia, qui était veuve depuis neuf ans déjà.

Puis, voulant appartenir toute au Christ, elle vendit son héritage, qui était important, ce qui contraria son fiancé.

Dénoncée par celui-ci au consulaire Paschasius, elle justifie sa générosité et montre sa foi entière en Jésus-Christ.

On veut la traîner dans un lupanar, mais elle devient si pesante que même des bœufs ne peuvent la tirer.

Elle est frappée d’un glaive et expire après avoir pu recevoir encore le Corps du Christ ; pendant ce temps, Paschasius est enlevé, accusé d’avoir dilapidé la province, et condamné à mort. 

Sainte Lucie, dont le nom est apparenté à Lux, lumière, est vénérée le 13 décembre, à un moment où très souvent la météorologie apparaît plus sereine ; et le même jour aussi que sainte Odile, dont les yeux aveugles s’ouvrirent à la lumière le jour de son baptême.

La Martyre de Syracuse est mentionnée dans la prière du Nobis, quoque, peccatoribus du Canon romain de la messe.

Notons pour finir qu’en latin, Lucie se dit Lúcia, mais que les Italiens accentuent aujourd’hui Lucía.

 

 

Josse

† 669

 

Josse (en latin Iudocus) était un des fils de Juthaël, roi de Dommonée (Bretagne), et donc frère de Judicaël (v. 17 décembre).

Il étudia au monastère de Lan-Maëlmon.

Judicaël succéda à son père puis, en 636, abdiqua en faveur de son frère, mais Josse demanda un délai de huit jours pour réfléchir.

Quelques jours plus tard, alors qu’il se tenait devant la porte du monastère de Lan-Maëlmon, Josse vit onze voyageurs en partance pour Rome. Prenant seulement un bâton et une tablette, il se joignit à eux. 

Ces voyageurs durent être heureusement surpris des bonnes dispositions de Josse. L’un d’eux devait être évêque ou abbé, à moins que Josse ait reçu là l’apparition des Anges. Ce qui est certain est que, dès qu’ils eurent franchi le Couesnon (un petit fleuve côtier de Bretagne), ils le tonsurèrent. 

Ils gagnèrent bientôt Amiens, où le noble Haymon les reçut fort bien. On a déjà rencontré Haymon dans la vie de s.Fursy (v. 16 janvier). Là, les onze poursuivirent leur pèlerinage, tandis que Josse demeurait sur place. Haymon le fit bientôt ordonner prêtre pour desservir sa propre chapelle et en fit le parrain de son fils.

Sept ans plus tard, Josse voulut se retirer davantage et s’installa sur une île de l’Authie, à Brahic (auj. Raye-sur-Authie). Il prit avec lui un certain Wurmar, se construisit une cabane et une petite chapelle. Josse partageait avec Wurmar ses maigres repas, mais aussi avec les petits oiseaux et les petits poissons. Il enseigna à Wurmar à faire confiance à la Providence : un jour qu’il n’y avait qu’un pain pour toute nourriture, Josse ordonna à Wurmar d’en donner la moitié à un pauvre qui se présentait ; pour un second qui frappait à son tour, il lui ordonna de donner la moitié du pain restant ; de même pour un troisième ; le quatrième reçut ce qui restait. Wurmar ne put s’empêcher de s’inquiéter pour son estomac. Pour toute réponse, Josse lui fit remarquer l’arrivée de quatre petits bateaux chargés de victuailles.

Huit ans après, cependant, pour échapper aux pièges du diable, Josse eut besoin de se déplacer une nouvelle fois. Haymon lui signala Runiac sur la Canche, où Josse construisit une chapelle à s.Martin. Il y resta cette fois-ci treize ans. Il y élevait onze poules et un coq. Un aigle trouva les poules à son goût et en emporta une, puis une autre, enfin les douze ; Josse supporta ce larcin sans sourciller, mais quand l’aigle s’en prit au coq, il intervint : un signe de croix et l’aigle, lâchant sa proie, alla expirer.

Josse eut une autre épreuve. Parmi les nombreuses attaques de l’Ennemi, ce dernier lui envoya un serpent qui le mordit profondément au pied. Josse décida de quitter cet endroit dangereux. Haymon, encore une fois, s’empressa de l’orienter. Ils visitèrent la grande forêt voisine ; Josse fit jaillir une source d’eau en plantant son bâton, puis construisit deux oratoires, en l’honneur des ss.Pierre et Paul.

Ce pèlerinage que Josse n’avait finalement pas fait au début de sa quête d’un havre de paix, il le fit enfin. Au retour, un aveugle guérit en se lavant le visage avec l’eau qui avait servi à Josse pour se laver les mains. Haymon le reçut à nouveau avec empressement et lui montra l’église Saint-Martin qu’il avait élevée pendant ce temps, en lui donnant de vastes terrains, sans doute pour édifier quelque monastère.

On rapporte qu’un jour où Josse célébrait la Sainte Messe, et alors qu’il allait consacrer le pain, on vit une main lumineuse descendre et bénir Josse, tandis qu’on entendait une voix : Josse, parce que tu as méprisé les richesses de la terre… pour te cacher dans une terre étrangère, sache qu’en récompense je t’ai préparé une couronne de gloire…

Josse mourut un 13 décembre, d’une année qu’on indique comme 669, sans aucune preuve. L’unique date certaine qu’on ait, est celle de l’abdication de Judicaël.

Un fait remarquable se produisit après la mort de Josse. Son corps restait intact et ses neveux, Winoc et Arnoc, le lavaient et le tonsuraient régulièrement. Un des successeurs d’Haymon voulut constater le phénomène et alla ouvrir de lui-même la tombe : il n’eut que le temps de dire Ah, saint Josse !, qu’il en resta sourd et muet. 

On ne sait ce qu’il advint de l’ermitage de Josse dans les années suivant sa mort, ni du monastère que lui ou un successeur aurait édifié. Toujours est-il que les bâtiments en furent détruits lors d’une invasion normande.

Fuyant les Normands en 903, les moines emportèrent, paraît-il, les reliques de Josse en Angleterre et les déposèrent en l’abbaye de Hyde. Mais les moines de Saint-Josse-sur-Mer affirmèrent que s.Josse était apparu à leur sacristain, indiquant où se trouvait caché son saint corps (977). Cette abbaye disparut en 1772.

Il y eut aussi une autre abbaye, construite à l’emplacement présumé d’un des premiers ermitages de Josse ; elle aussi disparut à la Révolution ; de l’église, il ne reste que des ruines.

Saint Josse est commémoré le 13 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aubert de Cambrai

600-669

 

Aubert naquit vers 600 à Haucourt (Nord).

Après avoir été moine à Luxeuil, il devint en 633 le septième évêque de Cambrai.

En 650, il prit part avec s. Eloi (v. 1er décembre) à la translation des reliques de s.Fursy à Péronne (v. 16 janvier).

Des privilèges épiscopaux concernant divers monastères portent sa signature comme témoin : Sens (660), Saint-Bertin (662), Corbie (664), Soissons (667).

On lui doit aussi des monastères en Flandre et en Hainaut, ainsi que le début de la construction de l’abbaye Saint-Vaast en 667.

Il mourut vers 669 à Cambrai., au terme d’un épiscopat d’environ trente-six ans.

Il est patron des boulangers.

Saint Aubert de Cambrai est commémoré le 13 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Odile

7e siècle

 

Otilia (Odile) était la fille d’un duc de l’actuelle Alsace, Etih (ou Adalric), qui avait fondé un monastère, Hohenburg.

Son épouse, Persinde, eut une fille (notre Odile) qu’il ordonna de tuer, parce que c’était, d’abord, une fille, ensuite parce qu’elle était aveugle. Ils eurent ensuite un fils, Adalbert.

Odile fut secrètement confiée à une ancienne domestique, qui la remit au monastère de «Palma» (peut-être Baume-les-Dames, peut-être aussi Mouthier-Haute-Pierre, plus au sud).

Un évêque de Bavière, Erhard, averti par le Ciel, vint la baptiser : aussitôt, la petite fille se dressa sur ses pieds et voyait clair.

Etih apprit le miracle, mais ne voulait rien savoir d’Odile ; en revanche, le frère de celle-ci la ramena ; dans sa fureur, Etih le frappa à mort puis, repentant, s’enferma dans un monastère et voulut enfin revoir sa fille que, désormais, il protégea.

Quand il mourut, Odile pria intensément et apprit qu’il était délivré du Purgatoire.

Odile devint l’abbesse des cent-trente moniales. Elle fit édifier un deuxième monastère, plus accessible aux pèlerins. C’est ainsi que se développa Niedermunster, à côté de Hohenburg. Parmi les moniales, il y eut les trois filles d’Adalbert. 

Contrairement à ce qui fut dit plus haut, certains affirment que ce dernier fut assassiné par un serviteur.

Odile mourut un 13 décembre. Elle serait un moment revenue à la vie, sur la prière des moniales, pour avoir le temps de recevoir le Viatique.

Cette aveugle guérie a sa fête le même jour qu’une autre Sainte de la lumière : Lucie.

 

Francesco Marinoni

1490-1562

 

Ce furent les parents, Bernardino et Elisabeth, qui se réjouirent d’accueillir, le 25 décembre 1490, leur benjamin, Francesco, après avoir déjà reçu de Dieu deux garçons et trois filles. Les trois garçons devinrent prêtres, les trois filles restèrent célibataires pour se consacrer aux bonnes œuvres.

Francesco naquit à Venise et put, exceptionnellement pour cette époque, recevoir la Première communion à sept ans.

Il étudia à Padoue, puis fut ordonné prêtre à Venise. On lui confia l’aumônerie de l’hôpital, où il montra tout son dévouement, spécialement durant l’épidémie de peste de 1528. Puis il reçut un canonicat.

En 1528 encore, il entra chez les Théatins et fit la profession en 1530, avec le nom de Giovanni.

Puis il fut nommé supérieur à Naples. Plein de clairvoyance et de douceur en même temps, il sut se faire obéir dans une parfaite charité. Un novice proposait un don assez important : il le lui refusa, pour lui éviter la tentation de se croire insigne bienfaiteur. Un diacre, un peu trop satisfait de ses travaux intellectuels, reçut l’ordre de tout brûler ; il obéit. Un novice qui était déjà prêtre, affectait trop de particularisme en célébrant : il l’admonesta et, le constatant récalcitrant, le renvoya.

Il fut aussi chargé de la direction des Religieuses à Naples.

Lorsque le pape envisagea de le nommer archevêque de Naples, il n’osa contredire le Pontife, mais fut bien plus heureux quand ce dernier renonça à son projet.

C’est aussi avec sa collaboration que fut fondé le célèbre mont-de-piété de Naples.

Excellent prédicateur, il cessa sans broncher lorsqu’on lui fit comprendre que son âge ne le lui permettait plus ; il s’y remit, après qu’un examinateur ait proclamé qu’il n’y avait pas meilleur prédicateur dans l’Ordre. Francesco prêcha contra les Vaudois ; il avait aussi un don particulier pour réconforter les moribonds.

Début décembre 1562, il fut frappé par une épidémie durant laquelle il se prodigua auprès de ses confrères malades. Il sentit venir sa dernière heure et mourut le dimanche 13 décembre 1562.

Vénéré aussitôt après sa mort, il reçut un culte public avant même sa béatification en 1762.

 

 

Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal

1572-1641

 

Jeanne-Françoise naquit à Dijon le 23 (ou 28) janvier 1572, de parents très chrétiens. Le père était président à mortier du parlement de Bourgogne, une des charges les plus hautes de la justice de l’Ancien Régime. 

Notons au passage que le nom de famille Fremiot ne porte normalement pas d’accent.

Dans cette famille farouchement catholique, Jeanne apprit toute petite à haïr les huguenots, sentiment qui se lénifia plus tard avec les épreuves et surtout la direction spirituelle qu’elle reçut.

Orpheline de mère à dix-huit mois, elle grandit dans cet attachement à la religion et dans une éducation fort soignée : outre les lettres, la danse, la musique, le chant, la broderie etc.

A vingt ans, elle épousa Christophe de Rabutin, baron de Chantal, et mettra au monde six enfants, avant que ce baron ne meure d’un stupide accident de chasse. Cette séparation lui coûta énormément. D’abord révoltée, elle voulut plus tard montrer son plein pardon envers le responsable de l’accident, en voulant être la marraine de son fils. Puis, pour barrer toute proposition de remariage, elle fit le vœu de chasteté et se marqua au fer rouge sur la poitrine le nom de Jésus.

Des six enfants, deux moururent en bas âge ; l’aîné sera le père de la marquise de Sévigné. 

Elle eut un premier directeur de conscience, maladroit et prétentieux. Puis elle entendit durant le carême 1604 l’illustre prédicateur qu’était François de Sales, tout récemment sacré évêque de Genève, qui devint bientôt son confesseur et conseiller spirituel. 

Avec la légendaire douceur dont était capable François de Sales, Jeanne-Françoise apprit à freiner la mondanité, simplifiant encore plus sa toilette, coupant ses beaux cheveux, priant beaucoup sans jamais heurter son entourage, lisant la sainte Bible et les méditations du chartreux Ludolphe, travaillant de ses propres mains et servant les pauvres les plus hideux. 

En 1607, saint François de Sales finit par lui proposer de fonder avec lui un nouvel institut, ce qu’elle accepta avec la plus profonde disponibilité.

Mais Jeanne-Françoise devait encore s’occuper de ses enfants fort jeunes. Or sa fille aînée se maria bientôt (avec le frère de saint François de Sales), la plus jeune mourut. Des deux restant, elle confia le garçon de quinze ans au grand-père de celui-ci, et voulut emmener sa fille Françoise.

Au moment de quitter son père, Jeanne-Françoise était très émue. Son fils se coucha même en travers de la porte pour la supplier de ne pas partir. Mais l’appel de Dieu fut le plus fort : la mère enjamba crânement le corps de son fils et partit.

En juin 1610, après avoir reçu la bénédiction du saint évêque de Genève, Jeanne-Françoise s’installa à Annecy avec deux autres Compagnes, les dames Favre et de Bréchard. L’Ordre de la Visitation commençait.

La fondation voulait unir les deux vocations de contemplation et d’action, unissant les deux vocations de sainte Marie et sainte Marthe, les deux sœurs de Lazare ; d’une part la vie intérieure et contemplative, dans la maison, et d’autre part, pour les professes, la possibilité de sortir pour «visiter» (d’où leur nom) les malades. Or, pour l’époque, c’était une nouveauté ; on était ou l’un ou l’autre, et finalement les Visitandines restèrent contemplatives.

Jeanne-Françoise, elle, eut l’obligation de voyager beaucoup, d’abord pour régler la succession de son père, puis pour établir d’autres fondations : Lyon, Moulin, Grenoble, Bourges. Il y aura quatre-vingt sept maisons à sa mort.

Lorsque l’évêque de Genève mourut, en 1622, la violence qu’elle se fit pour ne pas pleurer lui fit enfler l’estomac.

Après avoir fondé des maisons à travers la France et la Savoie, et même au-delà, elle se retrouva à Annecy, pensant être enfin déchargée de toute charge.

Pourtant, elle dut accepter d’aller diriger la maison de Moulins, où elle s’éteignit le 13 décembre 1641.

Sainte Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal fut béatifiée en 1751, et canonisée en 1767. On s’était bien inutilement inquiété pendant un temps de savoir si elle avait été touchée par le quiétisme ou par le jansénisme.

Si son dies natalis est au 13 décembre, le jour de sa fête subit quelques vicissitudes. On sait que, d’ordinaire, la fête d’un Saint se célèbre en son dies natalis, soit le 13 décembre pour notre Sainte. Mais ce jour-là est «occupé» depuis la plus haute antiquité chrétienne par la fête de sainte Lucie (et aussi par celle de sainte Odile, en Alsace), de sorte que dans un premier temps, la fondatrice de la Visitation fut fêtée le 21 août.

Cependant, lors de la réforme du calendrier en 1970, on voulut reporter généralement les fêtes des Saints à leur dies natalis, et sainte Jeanne-Françoise fut célébrée au jour le plus proche du 13 décembre, c’est-à-dire la veille, le 12 décembre.

Ce n’était pas fini. Récemment encore, l’Eglise a voulu insérer dans le calendrier la fête de Notre-Dame de Guadalupe, patronne du Mexique, au jour de son apparition, le 12 décembre 1531, à Juan Diego Cuauhtlatoatzin (v. 30 mai). La fête de notre Sainte fut alors déplacée au 12 août, le mois de l’année le plus chargé en fêtes, mais dont le 12 était encore «libre».

 

 

Antonio Grassi

1592-1671

 

Antonio naquit le 12 novembre 1592 à Fermo (Italie centre-est), de pieux parents. Le père, Vincenzo, était fort dévot à la sainte Maison de Loreto, et son fils l’imita : plus tard, tant qu’il le put, il fit chaque année le pèlerinage à pied à Loreto.

Antonio grandit dans la paix et la piété ; il construisait son petit autel, fréquentait l’église et savait répéter l’homélie du prêtre.

Excellent élève, il fut délégué par son professeur comme répétiteur de ses camarades.

Orphelin de père à dix ans, il se lia aux Oratoriens de Fermo et y fut admis en 1609, après avoir vaincu une forte opposition de sa mère.

Il s’y montra très vite un dictionnaire ambulant, grâce à son application à l’étude. Mais surtout on lui connut une parfaite égalité d’humeur, et de grands personnages purent affirmer qu’ils ne l’avaient jamais vu sortir de lui-même. C’est cette parfaite domination de soi qui l’aida plus tard dans sa responsabilité de Supérieur.

Il fut ordonné prêtre en 1617.

Favorisé d’une sorte d’extase à Loreto en 1621 (une version dit : frappé de la foudre qui lui brûla seulement les vêtements), il se donna à Dieu profondément. Bientôt chargé de confesser, il sut aider les pénitents par de brefs conseils, et surtout par le don qu’il avait de lire dans les âmes.

En 1635, il fut élu Supérieur des Oratoriens pour trois ans, et fut réélu tous les trois ans jusqu’à sa mort (donc douze fois, sans doute un record dans l’histoire).

Il restait toujours simple, et quand quelqu’un lui disait de se montrer plus sévère, il s’amusait à prendre un air autoritaire et pompeux pour montrer qu’il ne savait pas jouer ce rôle. Il excella tellement dans la pacification entre citoyens, que le gouverneur fit mettre son portrait dans la mairie. Son immense charité fut proverbiale.

Il ne permettait pas les mortifications corporelles : Humilier votre esprit et votre volonté aura plus d’effet que de porter un cilice entre votre peau et vos vêtements. Modèle exemplaire dans l’application de la Règle, il savait convaincre les autres. Tout au plus, quand l’un ou l’autre élevait la voix, il répétait : Père, je vous prie, quelques pouces de voix seulement.

Il eut des disciples éminents, trois cardinaux dont un devint pape (Clément X).

Vers la fin de sa vie, il perdit toutes ses dents, ce qui l’empêchait de parler clairement : il cessa de prêcher, et même de confesser. Il annonça la date de sa mort dès 1667. En novembre 1671, une chute dans l’escalier le réduisit à l’immobilité. L’archevêque de Fermo, un de ses anciens disciples, lui apporta la Communion chaque jour.

Avant de mourir, Antonio réussit encore à réconcilier deux frères ennemis ; ultime miracle : il rendit la vue à un Confrère qui ne pouvait plus célébrer la Messe depuis neuf ans.

Antonio Grassi mourut le 13 décembre 1671, trois jours après la fête de Notre-Dame de Loreto.

Malgré ses nombreux miracles, la cause avança lentement et il fut béatifié en 1900.

Chŏng Mun-ho Bareutollomeo

1801-1866

 

Chŏng Mun-ho Bareutollomeo était né en 1801 à Imchŏng (Ch’ungch’ŏng, Corée) et vivait dans la province de Chŏlla.

Il fut gouverneur de la région, charge qu’il résilia à partir de son baptême.

Tous, catholiques ou pas, l’aimaient et le respectaient pour son bon caractère, et aussi parce qu’il enseignait le cathéchisme.

Au bruit de la persécution, il envoya un messager à Chŏnju pour s’informer davantage des événements.  Ce messager n’était pas catholique. Avant même son retour, la police fit irruption dans le village où habitait Barthélemy, le 3 décembre 1866.

Six Chrétiens furent arrêtés, dont Barthélemy.

Amenés au bureau du gouverneur, ils se montrèrent très heureux de leur sort. On les enferma dans un cachot.

Barthélemy, qui avait soixante-cinq ans, fut très tenté d’abjurer sa foi, mais ses compagnons lui redonnèrent courage et, tout repenti, il demeura ferme et constant.

Il priait, et endura les tortures avec courage, répondant au gouverneur qu’il préférait mourir que de renier Dieu.

Quand on le conduisit au lieu du martyre, il se montra particulièrement heureux. Les bourreaux furent surpris de l’entendre murmurer encore des prières. En chemin, il dit à Petrus Cho, un de ses Compagnons : Aujourd’hui, nous passons notre examen pour le ciel. Quel beau jour en vérité !

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Barthélemy a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Cho Hwa-sŏ Peteuro

1814-1866

 

Petrus (Peteuro Jo Hwa-seo) était né en 1814 à Suwŏn (Gyŏnggi-do, Corée), fils de Cho Andrea, lui-même martyrisé en 1839 (mais qui ne fait pas partie de ceux canonisés en 1984).

Il vint vivre à Sinch’ang (Ch’ungch’ŏng) et fut au service du père Ch’oe Yang-ŏb Thomas.

En 1864, il s’installa comme cultivateur à Chŏnju, et épousa Han Magdalena, dont naquit leur fils, Cho Joseph (voir au 23 décembre). Veuf, il épousa ensuite Kim Susanna.

C’était un homme au cœur droit ; il s’efforçait de vivre sa foi catholique, de bien accomplir ses obligations. On savait qu’on trouverait en lui une oreille attentive et un cœur compréhensif.

Sa demeure était à l’écart, dans la montagne, de sorte qu’il ne recevait que des bribes de nouvelles, des bruits de persécution. S’étant rendu chez des voisins, voilà qu’un groupe de policiers fit irruption dans la maison et l’arrêta.

C’était le 5 décembre 1866.

Petrus répondit qu’il avait appris le catéchisme de son père (peut-être qu’il entendait son «père» spirituel, un des missionnaires qu’il ne voulait pas compromettre) et qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques que son fils (ce n’était pas un «mensonge» ; c’était une parole prudente, pour ne pas avoir à révéler d’autres noms aux persécuteurs).

Là-dessus arriva son fils Joseph : Petrus lui dit de vite partir, mais Joseph ne voulait pas laisser son père, et se livra de lui-même aux policiers. Ils furent emmenés à la prison de Chŏnju. En chemin, ils s’encourageaient mutuellement, au grand étonnement des non-catholiques qui les entendaient.

En prison, Petrus encouragea les autres Catholiques déjà prisonniers. Entre autres, il remonta le courage de Chŏng Mun-ho Bartholomæus, qui était tenté de renier sa foi pour fuir les tortures. Quelle grande récompense nous allons recevoir au Ciel, lui disait-il. A son fils, il disait qu’ils allaient se retrouver au Ciel.

Il subit des séances de tortures répétées, pour avoir nié connaître d’autres Catholiques, et pour être en possession de livres «occidentaux».

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il fit lentement le signe de la croix et recommanda encore à ses bourreaux de s’ouvrir à la foi en Dieu.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866. Il y eut quatre Pierre qui furent martyrisés ce même jour.

Cho Hwa-sŏ Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Son Sŏn-ji Peteuro

1819-1866

 

Petrus (Peteuro Seon-ji) était né en 1819 à Imchŏng (Ch’ungch’ŏng, Corée), d’un père tout juste catéchumène, qui lui enseigna à son tour le catéchisme et le fit baptiser.

Adolescent, il avait donné suffisamment de preuves de ses vertus et de sa fidélité à tous ses amis et voisins, pour que le père Chastan pût le nommer catéchiste dès qu’il fut adulte, mission qu’il remplit très consciencieusement.

Il se maria et eut deux enfants.

Sa maison de Taesŏngdong (Chŏnju) servait pour la mission : c’est là qu’il enseignait et baptisait ; c’est là que les fidèles se réunissaient pour prier.

A l’automne de 1866, il entendit dire qu’il y aurait bientôt une nouvelle persécution. Il en fut surpris.

Et voilà que le dimanche 3 décembre 1866, après les prières, il entendit appeler son nom de dehors : il fit vite partir son épouse et ses enfants par la porte arrière, puis se livra à la police.

La maman de Petrus, qui n’était pas baptisée, alla demander au gouverneur d’épargner la vie de son fils. Mais on lui répondit qu’il aurait d’abord à renier sa foi. C’était méconnaître Petrus.

En prison, Petrus subit des séances de tortures répétées, d’autant plus cruelles qu’on savait qu’il était catéchiste. Il eut les bras brisés : s’il voulait boire, il fallait lui porter un verre à la bouche. Il endura toutes ces tortures calmement, sans rien dire.

Au moment de se rendre au lieu de l’exécution, il remit ses vêtements à un compagnon de cellule. Juste avant d’être exécuté, il murmura encore des prières, invoquant les noms de Jésus et de Marie.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Son Sŏn-ji Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi Myŏng-sŏ Peteuro

1820-1866

 

Petrus (Peteuro Yi Myeong-seo) était né en 1820 dans la région de Ch’ungch’ŏng (Corée), dans une famille déjà catholique par tradition.

Il se fixa à Chŏnju ; il était marié et avait beaucoup d’enfants. Sa vie toute de piété lui valait l’estime et le respect de tout le monde.

Il était atteint de tuberculose, qu’il endurait sans perdre son calme et sa gentillesse.

Au moment d’être arrêté, le 5 décembre 1866, il commença par dire qu’il n’était pas catholique, mais juste après se reprit et dit aux soldats qu’il était baptisé. Les soldats fouillèrent toute la maison pour trouver des livres cachés.

Petrus leur dit qu’il avait reçu des leçon de catéchisme par oral, et non en lisant des livres. Les soldats lui firent réciter le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Il leur demanda de le laisser, parce qu’il avait la tuberculose. Ce n’était pas pour éviter l’arrestation, mais principalement pour s’occuper de ses enfants. On le laissa ce jour-là. Mais un autre groupe vint l’arrêter le lendemain. On lui demanda qui lui avait enseigné le catéchisme : il répondit que c’était son père.

Devant le gouverneur qui le sommait de renier sa foi, il répondit fièrement qu’il préférait souffrir cinquante morts. Il refusa de révéler les adresses d’autres Catholiques et souffrit énormément : son corps fut tout détruit.

En prison, les Chrétiens priaient ensemble ; ils souffrirent les tortures, la nourriture insuffisante, mais persévérèrent.

En se rendant au lieu de l’exécution, Yi Petrus disait à ceux qu’il croisait, qu’il irait tout de suite au Ciel. Tous admiraient sa joie et son courage, même les non-baptisés.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Yi Myŏng-sŏ Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Han Wŏn-sŏ Yosep

1835-1866

 

Josephus (Han Weon-seo Yosep) était né en 1835 à Imch’ŏn (Ch’ungch’ŏng, Corée), mais vivait à Taesŏngdong (Chŏnju) au moment de la persécution. 

Il avait été précédemment catéchiste, mais n’exerçait plus cette mission à Taesŏngdong : on a vu en effet que dans cette localité, Son Sŏon-ji Petrus recevait dans sa maison les fidèles pour enseigner le catéchisme, pour baptiser et pour prier.

Sa douceur et son honnêteté le faisaient estimer et respecter de tous, même non-baptisés.

Il avait un désir : mourir martyr.

Il fut arrêté le dimanche 3 décembre 1866, avec cinq autres Catholiques (Bartholomæus, et quatre Pierre).

Dans la prison de Chŏnju, non seulement il eut à souffrir de la part des employés gouvernementaux, mais les membres de sa propre famille vinrent lui dire qu’ils se suicideraient s’il ne reniait pas sa foi. Son père demanda au gouverneur de le libérer, et écrivit à son fils des lettres où il le pressait de renoncer à sa religion ; il tenta aussi de soudoyer les employés. Ces derniers tentèrent aussi de persuader Joseph. En vain.

Joseph ne se laissa pas impressionner. Il rappela à son père qu’il avait encore d’autres fils, et lui dit qu’il désirait vraiment mourir pour Dieu. 

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866, à trente-et-un ans.

Comme il y eut quatre Martyrs nommés Petrus ce jour-là, on a parfois donné par erreur le même nom à notre Josephus, mais la plupart des documents l’appellent bien Josephus.

Han Wŏn-sŏ Josephus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Wŏn-ji Peteuro

1845-1866

 

Petrus (Jeong Weon-ji Peteuro) était né en 1845 à Imch’ŏn (Ch’ungch’ŏng, Corée), dans une famille très catholique.

Au moment de la persécution de 1866, sa mère était déjà morte, et son père avait été martyrisé. 

Petrus laissa sa maison et s’en vint au village de Sŏngjidong (Chŏnju), et loua une chambre chez Cho Petrus, où il vivait avec son épouse.

Quand la police fit irruption, le 5 décembre 1866, il s’enfuit dans la montagne proche et y passa la nuit, mais on le retrouva le lendemain.

Arrêté, il commença par dire qu’il n’était pas catholique, mais un moment après, encouragé par Petrus Cho, il se repentit, revint sur sa déclaration et déclara sa foi.

Quand on le tortura pour lui faire dire qui lui avait enseigné sa foi, il répondit qu’il n’avait pas eu d’autre professeur de religion que son père martyr. Les soldats s’étonnèrent beaucoup de l’entendre dire qu’il acceptait de souffrir pour la même raison que celle qui avait conduit son père à la mort. Et Petrus de leur rétorquer que, d’après la religion catholique, il retrouverait ses parents au Ciel.

Torturé, Petrus ne montra pas un signe de faiblesse.

En se rendant au lieu de l’exécution, l’un des bourreaux, qui était ivre, se moquait de Petrus et maudissait le Ciel. Petrus lui répondit : Crétin ! C’est comme si tu maudissais tes propres père et mère !

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866. Il y eut quatre Pierre martyrisés ce même jour, celui-ci était le plus jeune, il avait vingt-et-un ans.

Chŏng Wŏn-ji Peteuro a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

Costanza Starace

1845-1921

 

Costanza naquit à Castellammare di Stabia (Naples, Italie) le 5 septembre 1845, de Francesco et Maria Cascone, dans une famille très catholique qui comptera quatre autres enfants : Antonio, Catello, Michele, Concetta (et Catello aura à son tour huit enfants, dont un prêtre et deux religieuses).

Francesco était armateur.

Le jour-même de sa naissance, Costanza reçut au baptême les noms de Costanza Anna Maria. Peu après elle fut consacrée à Notre-Dame des Sept Douleurs.

Elle reçut sa première éducation chez les Filles de la Charité, de Castellamare, dont la maison recevait «les jeunes filles de bonne conduite». Certaines étaient très pauvres, et Costanza fut profondément gênée de se voir bien chaussée devant des camarades qui n’oavaient que de rudes sabots en bois.

Dès sept ans, Costanza perçut la vocation à la vie cloîtrée. Elle reçut la Première Communion et la Confirmation en 1855.

De mauvaise santé, elle rentrera étudier à la maison, en privé. Elle fera ensuite un essai chez les Sœurs Thérésiennes, au couvent de la Sainte Trinité, mais devra aussi en sortir en raison de maux mystérieux. Elle voulut tenter une nouvelle expérience, mais reçut cette fois-ci l’opposition de son père.

Elle avait alors quinze ans, quand son confesseur l’autorisa à émettre les vœux de religion. Elle prendra ensuite, en 1865, l’habit des tertiaires de l’Ordre des Servites, sous le nom de Sœur Maria-Maddalena de la Passion. Cette fois-ci, les parents acceptèrent ce «compromis».

L’évêque confia alors à Sœur Maria-Maddalena la direction de la Pieuse Union des Filles de Marie, dédiée à la catéchèse des petites filles.

Puis, avec la bénédiction du même évêque, elle établit à Alezio une première maison de Sœurs Compassionistes Servantes de Marie. C’était un nouvel institut dont la mission était de compatir aux souffrances du prochain, comme Marie compatit à celle de son Fils Jésus, et donc d’assister le prochain dans toutes ses nécessités, physiques ou spirituelles. 

A l’époque, les Sœurs eurent à s’occuper en particulier des orphelins et des victimes du choléra. 

L’institut sera érigé officiellement en 1871 et reconnu en 1928.

En 1893, l’institut fut agrégé à l’Ordre des Servites.

Sœur Maria Maddalena attribuait ses nombreux et mystérieux problèmes de santé à des «épreuves spirituelles», qui lui causaient des tremblements, des vomissements, des peurs, des crises épileptiques, tellement fortes qu’on put croire à un véritable cas de possession diabolique, pour lequel fut appelé l’évêque. Certains troubles, en effet, ne viennent pas de Dieu, et certaines fois ne sont évacués que par l’exorcisme.

Maria Maddalena avait des moments d’extase, on lui observa aussi les stigmates de la passion. 

Cette vie étonnante s’acheva le 13 décembre 1921, à Castellamare di Stabia, après une pneumonie.

Maria Maddalena fut béatifiée en 2007.

Les Sœurs Compassionistes sont présentes en Italie où elles ont une vingtaine de maisons, ainsi qu’aux Philippines, en Inde, en Indonésie, au Canada, au Mexique, au Chili.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison d’une Religieuse du même institut, frappée d’une grave forme de fièvre typhoïde.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 23:30

Yūsuf Habīb Melkī

1881-1915

 

Yūsuf Habīb Melkī naquit le 1er octobre 1881 à Baabdāt (Liban), septième des onze enfants de Habīb Awaiss Melkī et de Noura Bou Moussi Kanaan Yammine.

La famille était de rit maronite, et Yusuf reçut le baptême dans l’église de ce rit, où d’ailleurs le papa avait la fonction importante de chantre. Par la suite, ils passèrent au rit latin romain.

L’éducation de Yūsuf commença auprès du curé de la paroisse, puis auprès des pères Capucins nouvellement installés. En 1895, il rejoignit leur séminaire à Istanbul.

En 1899, il commença le noviciat chez ces mêmes pères Capucins et prit l’habit, avec le nom religieux de Léonard de Baabdāt (en arabe Līūnar).

L’année suivante, il fit la profession, puis reçut les ordres sacrés. En 1904, il fut ordonné prêtre.

Sa première mission fut à Mardin (Turquie SE), comme professeur et prédicateur. Pour des raisons de santé, il fut momentanément à Maamouret-el-Aziz, puis au Liban, puis à Urfa, avant de retourner à Mardin.

Nous sommes alors en 1915. On sait comment le gouvernement turc se déchaîna contre toute présence catholique ou non-musulmane dans le pays, générant le tristement célèbre génocide arménien.

C’est ainsi que fut arrêté notre p.Léonard, accusé de «conspiration au profit du gouvernement français». On est en droit de se demander de quelle conspiration il pouvait s’agir. Les hommes qui l’arrêtèrent le mirent immédiatement devant cette alternative : ou tu te convertis à l’Islam, et tu es libre, ou tu meurs. Léonard n’hésita pas une seconde.

Dès lors, il fut torturé de façon impitoyable : on le battit, on le tira par la barbe, on le jeta dans les escaliers de la forteresse de Mardin, on le pendit par les pieds durant des heures, on lui arracha les ongles. Puis on le réunit à une caravane de plusieurs centaines de Chrétiens de Mardin, contraints à marcher à pied sur plusieurs kilomètres, en direction de Diyarbakir, leur destination d’exil ; en chemin cependant, ils furent exécutés près de la localité Kalaat Zirzawane.

Parmi les martyrs, se trouvait l’archevêque de Mardin, Mgr Shoukrallah Ignatius Maloyan, déjà béatifié en 2001.

C’était le vendredi 11 juin 1915, fête du Sacré-Cœur. Léonard avait trente-trois ans.

Yūsuf Habīb Melkī - Léonard de Baabdāt sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 11 juin.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 19:43

María Richenza

1463-1542

 

María Richenza naquit en 1463, probablement à Lerida (ou Lleida, Catalogne, Espagne NE), dans une noble famille.

Comme cela arrivait, elle fut donnée encore jeune en mariage à un illustre juriste, nommé Juan Llonc, qui allait être régent du Conseil royal d’Aragon. Le couple eut trois enfants.

Une grosse épreuve frappa bientôt María : lors d’une fête, elle dut faire une observation à un domestique, lequel, vexé, versa un poison dans le verre de María ; elle ne perdit pas la vie, mais resta complètement paralysée. Il fallait la transporter sur une civière.

En 1506, toute la famille accompagna à Naples le roi Fernando le Catholique, mais Juan dut bientôt repartir en Espagne, où il mourut en 1509.

María ne se découragea pas ; en 1510, elle se fit transporter au sanctuaire de Notre-Dame-de-Lorette, où elle recouvra toute sa mobilité, à la fin de la messe. Désormais elle se ferait appeler Maria Lorenza, à l’italienne, en italianisant aussi le nom de son mari en Longo. Maria prit alors l’habit du Tiers-Ordre franciscain et, de retour à Naples, se donna entièrement au service des malades et des pauvres.

En 1518, elle participa à l’érection de l’hôpital des incurables, où elle habita et assuma toute l’assistance sanitaire des malades.

Maria avait l’occasion de rencontrer des personnalités et son influence s’étendait largement. Elle forma ainsi un groupe de jeunes filles dans l’esprit du Tiers-Ordre franciscain ; à partir de 1529, les Capucins en furent les directeurs spirituels.

En 1535, grâce à l’influence de s.Gaetano de Thiene (v. 7 août), cette petite famille obtint l’approbation canonique comme Sœurs Franciscaines du Tiers-Ordre, adoptant résolument une orientation contemplative.

Cette même année 1535, Maria fut reprise par son infirmité antérieure, la paralysie. Elle confia la direction de l’hôpital à Maria Ayerbe et s’enferma dans une petite chambre du couvent proche. Il y avait là vingt jeunes aspirantes qui, le 8 septembre, firent leur profession en même temps que Maria et assumèrent la règle rigoureuse des Clarisses. En 1538, le pape confirmait cette institution, en limitant le nombre des religieuses à trente-trois, d’où l’appellation de Monastère des Trente-Trois qui fut donnée au couvent.

Maria adopta également l’esprit de réforme que sainte Colette (v. 6 mars) avait apporté aux Clarisses. Son corps était paralysé, mais pas son esprit : abbesse, elle continuait à diriger les religieuses.

Sentant approcher l’appel de l’Eternité, Maria Lorenza renonça à sa charge ; elle s’éteignit à ce monde le 21 décembre 1542.

María Lorenza Longo sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 21 décembre.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 13:33

Francisco Cástor Sojo López

1881-1936

 

Francisco Cástor Sojo López naquit le 28 mars 1881 à Madrigalejo (Cáceres, Espagne CW).

Il étudia au séminaire de Plasencia et fut ordonné prêtre en 1903.

Il entra dans l’association des Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur de Jésus, destinés à la formation spirituelle dans les séminaires. C’est ainsi qu’il fut préfet dans les séminaires de Tolède, Badajoz et Segovia, puis, en 1933, administrateur à Ciudad Real.

Quand la guerre civile éclata, les rebelles prirent d’assaut le séminaire dès le 23 juillet 1936. Millán se réfugia d’abord à la Fonda Francesa avec le recteur, don José Pascual Carda (ce dernier a fait partie d’une autre cause de béatification en 1995, v. 4 septembre).

Bientôt surpris et arrêté, Francisco fut assassiné à Ciudad Real le 13 septembre 1936.

Francisco Cástor Sojo López sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 septembre.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 13:16

Manuel Galcerá Videllet

1877-1936

 

Manuel Galcerá Videllet naquit le 6 juillet 1877 à Caseras (Tortosa, Espagne NE).

Il étudia au séminaire de Saragosse et fut ordonné prêtre en 1901.

Outre son doctorat en théologie, il se passionna pour les langues (français, allemand, anglais).

Il entra dans l’association des Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur de Jésus, destinés à la formation spirituelle dans les séminaires. C’est ainsi qu’il fut administrateur dans les séminaires de Saragosse, Cuernavaca au Mexique, Badajoz, Barcelone et Valladolid. Il fut aussi à Rome, vice-recteur du Collège espagnol. Depuis 1934, il était directeur spirituel à Baeza, très apprécié des séminaristes.

Dès le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec don Aquilino Pastor Cambero.

Il fut assassiné à Ibros (Jaén) le 3 septembre 1936.

Manuel Galcerá Videllet sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 3 septembre.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 10:43

Aquilino Pastor Cambero

1911-1936

 

Aquilino Pastor Cambero naquit le 4 janvier 1911 à Zarza de Granadilla (Cáceres, Espagne).

Il étudia au séminaire de Coria puis à Tolède et fut ordonné prêtre en 1935.

Outre son doctorat en théologie, il se passionna pour les langues (français, allemand, anglais).

Membre de l’association sacerdotale des Ouvriers du Sacré-Cœur, il fut nommé préfet des étudiants à Baeza, professeur et bibliothécaire. On le disait apôtre de la jeunesse et amoureux de l’Eucharistie.

Dès le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec don Manuel Galcerá Videllet et jeté en prison dans les caves de la mairie.

Le 28 août 1936, il fut emmené à Cerrillo del Aire (Úbeda, Jaén) et assassiné.

Don Aquilino avait vingt-cinq ans, et à peine plus d’une année de sacerdoce.

Aquilino Pastor Cambero sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 28 août.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 09:30

Millán Garde Serrano

1876-1938

 

Millán Garde Serrano naquit le 21 décembre 1876 à Vara de Rey (Cuenca, Espagne CE).

Après le séminaire de Cuenca, il obtint le doctorat en droit canonique à Tolède et fut ordonné prêtre en 1901.

Il entra dans l’association des Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur de Jésus, destinés à la formation spirituelle dans les séminaires. C’est ainsi qu’il fut préfet dans les séminaires de Tolède et Badajoz, puis au Mexique (Cuernavaca et Querétaro), administrateur à Astorga et directeur spirituel à Valladolid, Salamanque et León.

Quand la guerre civile éclata en juillet 1936, Millán se trouvait en vacances près de Cuenca : pendant plus d’un an, il célébra en cachette et put porter l’Eucharistie à d’autres personnes.

Le 9 avril 1938, dénoncé et arrêté, il fut mis en prison à Cuenca, puis dans le couvent des Carmélites transformé en prison. Il fut battu et durement torturé.

Un co-détenu put laisser ce témoignage : Don Millán ne se plaint pas et ne se fâche pas contre ses bourreaux, c’est pourquoi ils l’appellent ‘le prêtre fou’.

Les mauvais traitements eurent raison de sa santé et il mourut le 7 juillet 1938.

Considéré comme martyr, Millán Garde Serrano sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 7 juillet.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 09:12

Santiago Aparicio López

1913-1936

 

Santiago Aparicio López naquit le 24 septembre 1913 à Revilla de Collazos (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et se préparait au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Manzanares (Ciudad Real), le 8 août 1936.

Santiago Aparicio López devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 8 août.

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 00:00

12 DÉCEMBRE

 

III.

SS Epimachus et Alexander, avec les stes Ammonarion, Mercuria, Dionysia, martyrs brûlés ou décapités à Alexandrie ; Dionysia avait eu beaucoup d'enfants.

IV.

S Spyridon, évêque à Trimithonte ; très désintéressé, il tenait à disposition un coffre où l'on venait emprunter librement à condition de rendre ; il avait une sainte fille, Irène ; il devint patron de Corfou.

Ste Abre, la fille que s. Hilaire eut avant son épiscopat.

VI.

S Finnian, abbé à Clonard ; irlandais, thaumaturge dès son enfance ; il mourut de la peste jaune, en offrant sa vie pour le peuple d'Irlande. 

S Corentin, premier évêque à Quimper ; il vivait en ermite ; il avait pour ami un petit poisson dont il coupait chaque jour un petit morceau pour sa nourriture et qu'il rejetait dans la fontaine, où le poisson se reconstituait jusqu'au lendemain. 

XI.

S Israel, chanoine régulier au Dorat, prêtre et professeur, très influent (il connut Gerbert, futur Sylvestre II, et son disciple Théobald est commémoré le 6 novembre). 

XII.

S Vizelin, apôtre et évêque à Oldenburg, siège transféré à Lübeck.

XIII.

Apparition de Marie, la "Toujours Vierge" de Guadalupe .

B Bartolo Buonpedoni, curé italien puis, atteint de la lèpre, tertiaire franciscain ; il se retira à Celloli où l'on venait de toutes parts le consulter ; invoqué contre la lèpre.

XIV.

B Corrado de Offida, franciscain près d’Assise ; il renonça aux études, préféra être cuisinier, vécut en ermite et eut des apparitions. 

B Giacomo Capocci, ermite augustin, né à Viterbe, le “Docteur spéculatif”, évêque à Bénévent puis à Naples.

XVII.

B Thomas Holland, prêtre jésuite, martyr anglais étranglé à Tyburn, surnommé “la bibliothèque de piété” (le 22 décembre au Martyrologe).

XIX.

S Simon Phan Ɖắc Hòa, médecin viet-namien, père de douze enfants, maintes fois torturé aux tenailles, puis décapité ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Benito Quintano Díez (1861-1936), prêtre lazariste espagnol, martyr à Madrid, béatifié en 2017.
B Ludwik Bartosik (Pius, 1909-1941), prêtre franciscain polonais, martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

 

Epimachus et Alexander d’Alexandrie

avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia

† 250

 

 

Nota. Il semble qu’il y ait deux mentions de ce s.Alexander, v. 31 octobre.

Concernant ces Martyrs, nous avons le témoignage de leur propre évêque, Dionysios (v. 8 avril) :

Epimachus et Alexander, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent arrosés de chaux vive.

Pour les autres, s.Denys ajoute :

Avec eux, quatre femmes, dont la vierge sainte Ammonarion, que le juge tortura très longtemps avec beaucoup de persévérance parce qu’elle avait déclaré d’avance qu’elle ne dirait rien de ce qu’il lui ordonnerait : elle réalisa sa promesse et fut conduite à la mort.

Quant aux autres, la très vénérable Mercuria, une vieille femme, et Dionysia, qui avait eu beaucoup d’enfants mais ne les avait pas aimés plus que le Seigneur, le juge eut honte de les torturer encore sans résultat et d’être vaincu par des femmes ; elles moururent par le fer, sans subir l’épreuve des tortures, car Ammonarion, qui avait combattu la première, les avait supportées pour toutes.

Il y avait donc quatre femmes en plus d’Epimachus et Alexander, mais la quatrième n’est pas nommée.

C’était au temps de l’empereur Dèce (250).

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs d’Alexandrie au 12 décembre.

 

 

Spyridon

4e siècle

 

Des diverses versions de la Vie de saint Spyridon (ou Spyridion), il ressort qu’il aurait eu des enfants, dont une certaine Irène, et qu’il aurait été ensuite évêque en Chypre, mais nous n’avons guère plus de détails.

Saint Spyridon est cependant connu pour sa largesse. Des voleurs s’étant introduits de nuit pour lui voler des brebis, ils se trouvèrent mystérieusement pris dans un filet, dont les délivra Spyridon au matin, leur conseillant, la prochaine fois, de demander plutôt que de voler ; et de les renvoyer avec un bélier, pour ne pas les laisser bredouilles !

Il tenait un petit coffre de ses économies et l’on pouvait y puiser librement, à condition d’y remettre ce qu’on empruntait.

Il jeûnait d’habitude en carême. A un voyageur à qui il offrait l’hospitalité, il présenta ce qu’il avait : un morceau de porc ; l’autre de refuser : un chrétien, en plein carême ! Et Spyridon : Raison de plus de ne pas crier. Tout est pur pour ceux qui sont purs (cf. Tt 1,15).

Il assistait à l’homélie d’un évêque. Ce dernier citait : Prends ton lit, et marche, au lieu de Prends ton grabat, et marche (cf. Jn 5:8). Spyridon, alors vénérable vieillard, se leva et lui reprocha : Tu te crois donc supérieur à Celui qui a dit «grabat» ? Et il sortit.

On a pensé que l’auteur Rufin parlait de saint Spyridon dans une description qu’il fait d’un saint homme présent au concile de Nicée (325) ; plus tard, Spyridon fut co-signataire du concile de Sardique (343).

Comme dans le monde grec, saint Spyridon est mentionné le 12 décembre dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Finden d’Irlande

472-549

 

Finden (devenu en latin Finnian, nom qui est resté le plus usuel) naquit vers 472 à Mishall (Leinster, Irlande), fils (ou petit-fils) de Lachain et de Talech ; il avait deux sœurs.

Les parents voulaient le faire baptiser par l’évêque Fortchern à Tullow, mais en route ils rencontrèrent un autre évêque qui prétendit à cette faveur (c’était peut-être l’évêque Ailbe d’Emly). Une autre version affirme qu’en fait l’évêque Fortchern amena Finnian au christianisme.

Fortchern initia l’enfant à la prière de l’Eglise : les psaumes, les hymnes, l’office divin. C’est durant cette période que Finnian fit son premier miracle, faisant jaillir une source pour éviter à ses deux sœurs d’aller jusqu’à la rivière pour puiser de l’eau.

Les miracles allaient se multiplier, parfois inimaginables, parfois fort étonnants, parfois aussi marqués au coin, sans doute, par quelque fantaisie de certains rédacteurs irlandais de l’époque.

Vers 505, Finnian partit pour le pays de Galles, avec son neveu Gabhran et son ami Buit. Avec Cadoc, ils furent reçus au pays de Galles, où le seigneur Cathmail leur remit un château et un étang. Finnian assécha l’étang pour y construire deux monastères, Melboc et Nant Carvan.

Là, on accusa Finnian d’être paresseux parce qu’il n’était pas parti avec les autres moines chercher du bois pour la construction. Finnian, qui ne savait comment s’y prendre, invoqua les anges : il rentra bientôt, avant tous les autres, avec un chargement bien plus important.

Il délivra les moines de Flat Holm des serpents et des puces.

Quand les Saxons furent menaçants, Finnian posta les Bretons en haut de la montagne, d’où ils aspergèrent de pierres les assaillants ; même les montagnes s’ébranlèrent pour enterrer les corps, nous dit-on.

Après une trentaine d’années passées en Pays de Galles, Finnian revint en Irlande. S.Patrice (v. 17 mars) était mort peu auparavant, et Finnian se mit à édifier églises et monastères, et à continuer de faire des miracles.

Un propriétaire qui voulait le chasser, fut frappé de cécité ; un autre perdit son fils et devint paralytique : Finnian le guérit et ressuscita l’enfant. Il ressuscita un veau qu’on avait tué pour lui faire fête ; il brisa d’un signe de croix un rocher, et amena ainsi un noble à la conversion ; il guérit sa propre mère, qui souffrait tant qu’on ne pouvait la toucher.

Il connut et visita sainte Brigide de Kildare (v. 1er février).

Un ange conduisit Finnian à Clonard (Cluain Eraird), où il fonda ce monastère célèbre, et d’où il illumina le monde par sa doctrine et ses miracles.

A la fin de sa vie, Finnian était si maigre qu’on voyait ses côtes à travers ses habits. Il s’en réjouissait, dit-on, car il prétendait que pour un moine, l’idéal était de pouvoir être porté en terre par un enfant.

En 549 éclata une grave épidémie de peste. Finnian s’offrit en victime pour le peuple de l’Irlande, et s’éteignit le 12 décembre.

S.Finnian est fort célèbre : ses très nombreux disciples ont attesté sa sainteté et son culte est fort ancien.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Finnian d’Irlande au 12 décembre.

 

 

Corentin

7e siècle

 

Saint Corentin a dû naître en Bretagne armoricaine, de parents illustres.

Après de bonnes études, il voulut se retirer dans une solitude, près de Châteaulin (Finistère). Jusqu’ici, l’Histoire ne conteste pas la Tradition.

Des détails presque amusants et touchants ajoutent au merveilleux de cet illustre Saint breton.

Corentin allait chaque jour puiser de l’eau à une fontaine : là vivait un poisson, dont il taillait une tranche pour sa nourriture, tandis que le lendemain le poisson revenait entier s’offrir à lui.

Cette tranche un jour enfla suffisamment pour donner à manger au roi Grallon et à sa suite. En remerciement, le roi aurait alors concédé tout ce domaine à l’ermite.

Cette même fontaine donna un jour l’eau, le vin et les anguilles nécessaires pour recevoir deux autres Saints bretons : Paterne et Malo (saint Paterne : 15 avril ; saint Malo : 15 novembre ; saint Tudy : 9 mai).

Quand les habitants eurent besoin d’un évêque, ils envoyèrent Corentin, Guénolé et Tudy à l’évêque de Tours, qui devait choisir lequel des trois lui semblait le plus idoine à cette mission : c’est Corentin qui fut choisi.

Le rédacteur de la Vie de saint Corentin a dû se tromper sur le nom de cet évêque de Tours, citant saint Martin, mort trois siècles plus tôt, à moins qu’un signe miraculeux se soit produit au tombeau de saint Martin, manifestant ainsi la volonté de Dieu.

Saint Corentin fut le premier évêque qui résida à Quimper, les précédents ayant résidé en d’autres localités.

Certaines versions de la Vie de saint Corentin donnent à entendre qu’il ne sortait guère de sa solitude, s’appuyant sur Guénolé, un saint abbé, à qui il confiait le soin de l’évangélisation des diocésains : peut-être que Corentin, peu enclin à parler, recourait à Guénolé pour le seconder dans ses responsabilités épiscopales, un évêque étant par définition chargé de visiter son diocèse - et un abbé chargé d’administrer son abbaye.

Lors des invasions normandes, les reliques conservées sur place furent dispersées. La cathédrale de Quimper avait, dit-on, conservé un bras de saint Corentin, dont on a malheureusement perdu la trace depuis le 13e siècle.

Le Martyrologe mentionne saint Corentin au 12 décembre, rappelant qu’il fut le premier évêque de Quimper (Coriosopitum).

Israel du Dorat

950-1014

 

On a vu (v. 6 novembre) comment Théobald fut élève d’Israel au Dorat.

Israel naquit vers 950 aux environs de Dinsac (Haute-Vienne).

Ses parents le consacrèrent très tôt au service de l’Eglise. Il devint un très zélé chanoine du Dorat, quand Boson le vieux, comte de la Marche, restitua l’abbaye du Dorat qu’il avait usurpée et y confirma des chanoines réguliers, en 987.

Sous l’évêque de Limoges Alduin (†1012), Israel devint professeur à l’école épiscopale, prêtre, vicaire général de Limoges et grand chantre du Dorat.

A cette période remonte une vie du Christ en vers, rédigée par Israel en langue limousine, et donc un siècle avant la poésie lyrique des troubadours.

Lors d’une épidémie en 994, il se dévoua à soigner les malades atteints du mal des ardents, caractérisé par une fièvre violente très pénible. Il alla enterrer les morts.

Israel aurait eu une notable influence jusqu’à la cour de France, pour les affaires ecclésiastiques, au temps du roi Robert le Pieux et de l’archevêque de Reims Gerbert.

Ce dernier, devenu le pape Silvestre II, aurait créé Israel prévôt de Saint-Junien où des chanoines réguliers de Saint-Augustin remplacèrent ainsi les Bénédictins. Des moines de cette abbaye avaient été pris à parti et assassinés par des habitants, au moment où ils venaient percevoir la dîme. Israel y fit rebâtir l’église.

En 1006, Israel reprit contact avec l’école du Dorat. Parmi ses disciples, on compte, outre s.Théobald déjà cité, s.Gautier, fondateur de l’abbaye de Lesterps en 1038 (v. 11 mai).

En 1013, un incendie ravagea le Dorat. Israel n’eut pas le temps de s’occuper de la reconstruction : il n’en vit que les fondations et mourut l’année suivante, le 12 décembre 1014 (et donc ni le 13 septembre ni le 22 décembre).

Les nombreux miracles qui se produisirent bientôt firent naître le culte dont on l’honora dans toute la région.

Saint Israel du Dorat est commémoré le 12 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vizelin d’Oldenburg

1090-1154

 

Les informations sur les épreuves et les travaux de Vizelin ne sont pas très concordantes selon les sources. On a essayé ici de les enchaîner logiquement.

Il était né vers 1090 à Hameln (Basse-Saxe, Allemagne) et fut très tôt orphelin.

Un oncle prêtre le recueillit, puis les châtelains d’Everstein. Il passa ensuite plusieurs années à l’école cathédrale de Paderborn, paternellement guidé par le chanoine Hartmann et les pères bénédictins d’Abdinghof. Il y surpassa tous ses compagnons.

En 1118, il fut à Brême, où il enseigna pendant quatre ans, après quoi il passa à Laon, où il compléta ses études.

En 1126, il vint à Magdeburg, pour rencontrer saint Norbert (v. 6 juin). Mais notre Vizelin voulait d’abord et avant tout être envoyé comme missionnaire auprès des Slaves du Nord et, sans attendre, il regagna Brême, dont l’archevêque Adalbero  l’ordonna prêtre et l’envoya chez les Wagriens (région de Lübeck).

Il semble que Vizelin soit parti en mission avec deux compagnons, Rudolf de Hildesheim et Ludolf de Verden. Des prêtres qu’ils rencontrèrent les accueillirent bien, ainsi que le chef Heinrich qui le reçut avec bienveillance ; mais dans cette région éloignée, certains points de la morale chrétienne n’existaient pas : le vol était considéré comme une prouesse, et celui qui ne volait pas n’était qu’un incapable. Vizelin commença son travail mais malheureusement, Heinrich mourut peu après, ce qui obligea Vizelin à repartir à Brême.

L’archevêque le chargea alors de la région de Holstengaus, près de la frontière. Vizelin y éleva une fondation de Chanoines de Saint-Augustin, à Neumünster. De là il put rayonner en direction des Abodrites, de 1134 à 1137.

Ces régions étant passées en 1147 sous la domination des seigneurs allemands, ceux-ci pensèrent nécessaire de lancer une croisade contre les païens Wagriens, sans savoir que Vizelin avait déjà bien travaillé parmi eux. Il n’y eut pas de vraie bataille ni de vraie victoire, mais ces Slaves devinrent ennemis des «chrétiens». L’archevêque de Brême pensa alors opportun de rétablir les évêchés de Mecklenburg, Ratzeburg et Oldenburg. Ce dernier siège échut à Vizelin en 1149.

Le duc de Saxe Heinrich le Lion prétendit donner l’investiture à Vizelin, lequel, contre l’avis de l’archevêque de Brême, jugea utile d’accepter (contre la loi habituelle de l’Eglise), préférant asseoir son travail apostolique sur l’autorité locale, plutôt que de sombrer dans un inutile nouveau conflit juridique. Il eut raison, cette fois-là. Heinrich le Lion favorisa d’ailleurs généreusement son action.

Mais l’apostolat de Vizelin fut bientôt abrégé, car il subit en 1152 une deuxième attaque, qui le laissa paralysé du côté droit. Il se trouvait alors à Neumünser, où il agonisa pendant deux ans et demi, sans pouvoir ni se coucher ni s’asseoir. Il mourut le 12 décembre 1154.

L’œuvre de Vizelin avait donné une impulsion décisive à l’évangélisation des peuples du Nord de l’Allemagne. Son successeur, Gerold, transféra le siège d’Oldenburg à Lübeck.

En Allemagne, tant les Protestants que les Catholiques vénèrent Vizelin.

Vizelin, apôtre du Holstein, fut canonisé en 1332.

 

 

Bartolo Buonpedoni

1227-1300

 

Bartolo (Barthélemy) naquit vers 1227 à Mucchio (San Gimignano, Toscane, Italie C), fils unique des comtes Giovanni et Giuntina.

Quand ses bons parents voulurent le marier, espérant procurer une descendance à la famille, il s’enfuit littéralement de la maison et s’en vint chez les Bénédictins de Pise, non pas pour devenir moine mais, au moins au début, pour prendre le temps de réfléchir dans le calme. Il assista les moines malades.

Il fit un songe : il vit le Christ ressuscité mais encore avec ses plaies, qui lui annonçait qu’il devrait non pas être moine, mais souffrir pendant vingt ans. Indirectement, Notre Seigneur semblait indiquer par là que les moines de l’époque ne connaissaient pas la souffrance… Bartolo quitta le monastère et s’en vint à Volterra, où il prit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

L’évêque de Volterra le connut et lui suggéra de se préparer au sacerdoce. Bartolo obéit et fut ordonné prêtre vers 1255.

Il sera dix ans aumônier à Paccioli, puis dix ans curé à Picchena, remarquable dans sa charité envers les pauvres.

Vers la cinquantaine, il fut atteint de la lèpre. Il démissionna et se retira dans une léproserie à Cellole. Malade, il n’hésitait pas à soigner et soulager les autres malades, par sa bonté et son sourire.

Sa patience et ses vertus étonnèrent l’entourage, et l’on vint de loin pour le voir et l’entendre. On l’appela le Job de la Toscane. A ceux qui le plaignaient, il répondait : Ne savez-vous pas qu’il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire ? ou aussi Les souffrances de ce monde ne sont pas dignes de la gloire qui se révélera à nous (cf. Lc 24:26 et Ro 8:18).

Il mourut le 12 décembre 1300 à soixante-douze ans.

Evidemment, il fut invoqué contre la lèpre et des miracles eurent lieu.

Son culte fut approuvé en 1498 et confirmé en 1910.

 

 

Corrado d’Offida

1237-1306

 

Corrado (Conrad) naquit vers 1237 (certains ont parfois avancé une date bien antérieure) à Offida (Ascoli Piceno, Marches, Italie).

D’humble extraction, il entra à quatorze ans chez les Frères Mineurs, et connut certains des premiers compagnons de saint François d’Assise (v. 4 octobre). Il fut partisan de la première austérité de l’Ordre, notamment en renonçant aux livres, à l’étude, et se contentant du Pater noster pour prier.

Très doué intellectuellement, sa joie était cependant d’être employé aux charges humbles, à la cuisine, à l’accueil, ou faisant la quête dans les rues.

Par obéissance, il reprit l’étude et reçut le sacerdoce. Prêchant avec un réel succès, il s’étonnait lui-même de ce don et préférait le silence de la solitude.

Il connut beaucoup de choses par les visions qu’il reçut : son Ange gardien, la Vierge Marie qui lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras, saint François lui-même.

Il parlait des premiers temps du francescanisme avec nostalgie et appuya la réforme des spirituels. Plus tard, accusé d’avoir favorisé la scission de l’Ordre, il se soumit. S’étant expliqué de son attitude au ministre général, il s’expliqua si bien qu’il s’en attira plutôt les bonnes grâces.

Plusieurs fois il fut nommé Gardien (c’est-à-dire supérieur) de couvents, à Offida, Forano et La Verna.

Il assista Tommaso de Tolentino dans la préparation de la mission des Indes - qui se solda par le martyre de quatre Frères en 1321 (v. 9 avril).

Corrado eut le don des miracles.

Il mourut à Bastia Umbra (Assise) le 12 décembre 1306.

En 1320 ses reliques furent dérobées par les habitants de Pérouse ; elles restèrent dans cette ville jusqu’en 1994, et furent alors rapportées à Offida.

Son culte fut confirmé en 1817.

 

 

Giacomo Capocci

1255-1308

 

Giacomo (Jacques) naquit vers 1255 à Viterbe (Latium, Italie C).

En 1272, donc assez jeune, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin de cette même ville, d’où on l’envoya bien vite à Paris pour ses études. Il y aurait entendu saint Tommaso d’Aquino, mais cette affirmation semble douteuse, car ce dernier avait quitté Paris en 1261.

De retour à Viterbe, Giacomo fut en 1283 définiteur de son Ordre pour la province de Rome, et visiteur en 1284 ; de nouveau définiteur en 1285, il enseigna probablement dans quelque couvent du Latium.

En 1286, il repartit à Paris pour y achever le cursus des études, fut bachelier en 1288 et enfin docteur en 1293.

Cette même année, il fut élu Prieur général de l’Ordre et Maître d’Etudes à Paris.

En 1300, il revint en Italie et enseigna deux ans à Naples, jusqu’à son élection épiscopale en 1302 comme archevêque de Bénévent. En décembre de la même année, il était transféré à Naples.

Les princes de Naples, Charles II d’Anjou et son fils Robert, l’eurent en profonde estime et l’aidèrent dans la construction de la nouvelle cathédrale.

Son enseignement fut tellement apprécié qu’il fut surnommé le Docteur Spéculatif.

En 1306, il fut chargé d’instruire la cause de canonisation de Célestin V, le pape démissionnaire. Il déposa aussi dans un autre procès de canonisation, celui de Tommaso d’Aquino, pour lequel il aurait affirmé : Je crois que notre Sauveur a envoyé dans ce monde pour l’éclairer d’abord l’apôtre saint Paul, ensuite Augustin, en dernier lieu frère Tommaso, qui n’aura pas de pareil jusqu’à la fin des siècles.

Il publia un ouvrage, De regimine christiano, à l’occasion du conflit entre le pape et Philippe le Bel.

C’est à Naples qu’il mourut, fin 1307 ou début 1308. Actuellement, son dies natalis est inscrit le 12 décembre au Martyrologe.

La profonde vénération dont on entoura Giacomo Capocci généra un culte continu qui fut confirmé en 1911.

 

 

Thomas Holland

1600-1642

 

Thomas était né à Sutton (Prescot, Lancashire, Angleterre), probablement de Richard Holland.

Après ses études à Saint-Omer, il gagna Valladolid en 1621, où il se consacra en 1633.

En 1623, lors des négotiations pour l’alliance avec l’Espagne, Thomas assura le prince Charles de la fidélité des séminaristes de Valladolid, dans un discours prononcé en latin.

En 1624, il entra au noviciat des Jésuites à Watten (Flandres) et fut ordonné prêtre.

Il fit d’abord du ministère à Gent, et fut préfet à Saint-Omer ; en 1634, il retourna à Gent comme directeur spirituel et partit en mission en Angleterre.

Il se montra très habile pour se déguiser et, en plus, parlait couramment français, espagnol et flamand ; mais il fut probablement arrêté à Londres en 1642 sur une simple suspicion. On le mit dans la New Prison, pour le transférer à Newgate, puis à Old Bailey, le 7 décembre, ayant été soupçonné d’être prêtre, sans preuves décisives cependant. On l’invita à jurer qu’il n’était pas prêtre, ce qu’il ne pouvait pas faire, et la cour le déclara coupable. Le 10 décembre, il fut condamné à mort, malgré l’opposition de plusieurs membres de la cour.

Sur le chemin de la prison, il y avait beaucoup de gens, certains voulurent se confesser à Thomas. Les jours suivants, il put célébrer la Messe en prison.

Il devait être exécuté le 12 décembre : sur l’endroit de l’exécution, il eut la permission de prononcer un long discours et de prier longuement.

Contrairement à l’habitude, on le laissa mourir immédiatement, sans prolonger ses souffrances.

Thomas Holland, qui fut surnommé par ses confrères la bibliothèque de piété, mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 12 décembre 1642.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Simon Phan Đc Hòa

1787-1840

 

Simon était né en 1787 (ou 1774 ?) à Vinh Mai (Tha Thiên, Vietnam), dans une famille encore païenne.

Après la mort précoce de son père, sa mère et ses sœurs vinrent au village pour trouver un peu de travail.

C’est alors qu’il rencontra des missionnaires, entendit parler de Jésus-Christ, et demanda le baptême, en 1799, prenant le nom de l’apôtre Simon.

Il entra au séminaire, mais il comprit que sa voie était le témoignage dans le monde.

Il se maria et eut douze enfants. Médecin, il eut l’occasion de faire beaucoup de bien, sachant soulager les pauvres en qui il voyait le Christ. Il reprenait les alcooliques, les paresseux, calmait les dissentions, aidait les vieillards.

Simon fut un fidèle inconditionné du Christianisme.

Quand la persécution se déclencha, il n’hésita pas à abriter chez lui des prêtres ; il reçut l’évêque Cuenot (voir au 14 novembre).

Il fut arrêté alors qu’il essayait de porter en sûreté le père Delamotte avec une embarcation.

Il fut alors compagnon de prison du père Delamotte, qui mourut d’épuisement dans sa cellule le 3 octobre 1847. Mais il fit profiter de sa présence les autres prisonniers, en leur procurant un peu de soulagement, mais surtout en les encourageant à la persévérance.

Simon endura plus de vingt interrogatoires, comportant autant de séances de tortures. On espérait lui extorquer des noms de missionnaires. En vain !

En tant que praticien de l’art médical, parlant de ses souffrances, il savait ce qu’il disait :

Les tenailles froides occasionnent une douleur plus vive ; les tenailles brûlantes ne causent pas d’abord une souffrance très grande, mais lorsque la plaie a été exposée à l’air, elle s’enflamme, suppure et s’élargit.

Il se montra invinciblement attaché à la foi :

Quand même je devrais tout perdre, ma femme, mes enfants, ma fortune, ma vie, je n’abandonnerai jamais mon Dieu.

Quand on lui apporta pour la revoir sa petite dernière, une fille de quelques mois, il la prit dans ses bras en disant : Je puis te voir encore, mais toi, tu ne te souviendras point de ton père.

Il fut décapité à An Hòa (Qung Nam), le 12 décembre 1840, fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Ludwik Pius Bartosik

1909-1941

 

Ludwik (Louis) Bartosik naquit le 21 août 1909 à Kokanin (Kalisz, Pologne), de Wojciech et Victoria. Son père était cordonnier. Malgré la situation modeste de sa famille, Ludwik parvint avec l'aide du curé et d'amis bienfaiteurs à poursuivre ses études au lycée de Kalisz.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs Conventuels à Pacławaska (Przemysl) puis à Lagiewniki (Lodz), et prit le nom de Frère Pius (Pie), probablement par référence au pape Pie X, mort saintement en 1914 (voir au 20 août ; Ludwik était né le 21).

Le 8 septembre 1927, il émit ses premiers voeux religieux, et poursuivit ses études au séminaire franciscain de Sanok, puis à Lviv. En 1931, il entreprit des études de philosophie et de théologie au séminaire majeur des Franciscains de Cracovie. Il y reçut l'ordination sacerdotale en 1935. Sa première destination fut Wisłokiem, où il se distingua pour son assiduité au ministère de la confession.

En août 1936, il fut transféré au couvent de Niepokalanów, à la requête explicite du futur saint Maximilien-Marie Kolbe, qui avait fondé ce couvent dix ans auparavant (voir au 14 août). C'était un immense centre médiatique, dirait-on aujourd'hui, où l'on imprimait et diffusait des revues, des journaux et des brochures catholiques. On y lança même une radio en 1938. A la veille de la seconde guerre mondiale, Niepokalanów était le plus grand couvent du monde, avec treize Pères, dix-huit séminaristes, cinq cent vingt-sept jeunes moines, quatre-vingt-deux novices et cent vingt-deux garçons dans un petit séminaire ! 

Sensible à ses qualités intellectuelles, en plus de ses qualités spirituelles, le Père Kolbe assigna le nouveau venu à la tâche de rédacteur de la revue le Chevalier de l’Immaculée, revue missionnaire franciscaine qui connaissait un succès certain dans la nouvelle Pologne de l'époque.

Ludwik-Pius travaillait aussi à un ouvrage de mariologie, dont on conserva après sa mort une version dactylographiée. Ses Frères se souvinrent toujours de lui comme d’un Franciscain généreux qui donnait de son temps pour confesser et prodiguer des conseils spirituels.

Il fut arrêté par les occupants allemands, le 19 septembre 1939, avec le Père Kolbe et une quarantaine de confrères. Il passa trois mois aux campx de Lamsdorf, Amtitz et Ostrzeszów. Il supporta patiemment la faim et les souffrances, répétant : Nous avons prêché aux autres la patience ; à présent que nous devons supporter nous-mêmes ces souffrances, quelle valeur auraient nos paroles, si cela ne se confirmait par des actes ?

 Il fut libéré, le jour de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1939, et retourna au couvent, pour garder le matériel. Ce couvent était désormais vidé d'une grande partie de ses occupants. Le Père Kolbe, libéré lui-aussi, abrita dans la Cité de l'Immaculée, où l'on ne pouvait plus publier, des foules de personnes déplacées, qui venaient en majorité de la région de Poznan. Le jeune Père Bartosik aida à l'organisation de cette nouvelle structure...

Il y avait trois mille personnes, parmi lesquelles deux mille Juifs, chassés de chez eux, et dont le pouvoir allemand ne savait que faire pour l'instant... En plus de l'organisation matérielle (ateliers de réparations et ateliers de couture, pour procurer du travail, etc...), les Franciscains mirent en place aussi l'adoration perpétuelle à l'église moderne du couvent, qui était encore ouverte.

A nouveau, le père Pius fut arrêté par la Gestapo, le 17 février 1941, avec le Père Kolbe, le Père Bajewski et deux autres religieux. Les Allemands avaient décidé de vider définitivement le couvent. Les Religieux furent détenus à la prison de la rue Pawiak à Varsovie ; le 4 avril 1941, en pleine Semaine Sainte, certains (dont Pius) furent déportés à Auschwitz ; le Père Kolbe les rejoindra le 25 mai.

Pius, qui portait le numéro 12832, fut assigné aux travaux forcés, à la construction, souffrant des violences que lui imposaient les gardiens ; malade, blessé à la jambe, il fut finalement destiné à l'hôpital du camp, où il continua de soutenir ses compagnons d'infortune, aussi bien physiquement que moralement. On l’appelait l’apôtre de la souffrance. Là aussi, il donna le sacrement de la confession.

C’est lui qui put le premier annoncer la mort du Père Maksymilian Kolbe, avenue au soir du 14 août 1941.

Il mourut à l'infirmerie, après avoir reçu les derniers sacrements, dans la nuit du 12 au 13 décembre 1941.

Béatifié en 1999, il est inscrit le 12 décembre au Martyrologe Romain.

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 00:00

11 DÉCEMBRE

 

II.

S Thrason, riche romain ; il aidait les Chrétiens et fut martyrisé à son tour (III.?).

III.

SS Victoricus et Fuscianus, martyrs près d'Amiens (IV.?).

IV.

S Damase, pape (366-384) : il rechercha l'indépendance du spirituel dans le monde romain, chargea s. Jérôme de la révision des textes de l'Evangile et du Psautier, et dirigea d'importants travaux pour organiser le culte des martyrs dans les catacombes.

S Barsabbas, martyr en Perse, tellement courageux, qu'un mage voulut mourir avec lui.

V.

S Sabinus, évêque à Plaisance pendant quarante-cinq ans, ami de s. Ambroise.

S Daniel le Stylite, syrien, établi près de Constantinople, thaumaturge ; il resta trente-trois ans sur sa colonne.

VII.

S Massona, évêque à Merida ; goth d'origine, d'une charité immense, il souffrit beaucoup des Ariens.

S Aupre (Avre), prêtre et ermite en Maurienne ; il fut victime de calomnies. 

XII.

B Davide de Himmerod, cistercien italien, d'abord à Clairvaux avec s. Bernard, puis à Himmerod, grand mystique.

XIII.

B Franco Lippi, carme de Sienne ; après une longue vie très relâchée, il recouvra la vue à Compostelle, vit la Sainte Vierge, se fit ermite, puis novice carme à soixante-dix ans.

XIV.

B Ugolino Magalotti, ermite du tiers-ordre franciscain, près de Camerino, thaumaturge.

XV.

B Girolamo Ranuzzi, de l'Ordre des Servites ; on l'appela l'ange de bon conseil et il y eut quantité de miracles à sa mort.

XVII.

Bx Martín Lumbreras Peralta (de saint Nicolas) et Melchor Sánchez Pérez (de saint Augustin), prêtres augustins espagnols martyrs à Nagasaki, béatifiés en 1989.

B Arthur Bell, prêtre franciscain anglais martyr, béatifié en 1987.

XX.

Bse Pilar Villalonga Villalba (1891-1936), laïque espagnole fusillée près de Valencia, béatifiée en 2001.

B Kazimierz Tomasz Sykulski (1882-1942), prêtre polonais, fusillé à Auschwitz, béatifié en 1999 (le 1er décembre au Martyrologe).

Ste María de las Maravillas Pidal y Chico de Guzmán (1891-1974), fille de l'ambassadeur d'Espagne au Saint-Siège, carmélite et fondatrice de divers couvents qu'elle appelait les maisons de la Vierge ; béatifiée en 1998, canonisée en 2003.

Victoricus et Fuscianus d’Amiens
3. siècle

Victoricus et Fuscianus auraient accompagné s.Denys (v. 3 octobre) en Gaule et auraient évangélisé le nord de la France. On a le droit de supposer qu’ils étaient prêtres.
Le préfet (peut-être légendaire) Rictiovarus les fit arrêter et conduire à Amiens, où ils furent torturés : l’ancien Martyrologe racontait qu’on leur enfila des tringles dans le nez et les oreilles, qu’on leur perça les tempes avec des clous brûlants, qu’on leur arracha les yeux et qu’on cribla leurs corps de flèches. Après quoi, ils furent décapités.
Cela pourrait avoir eu lieu vers 287 sous Maximien.
S.Fuscianus a donné son nom au monastère, puis à la ville de Saint-Fuscien (Somme).
Le Martyrologe Romain mentionne saints Victoricus et Fuscianus d’Amiens au 11 décembre.


Damase 1er
366-384

Damasius était apparemment d’une famille originaire d’Espagne. Son père fit carrière à Rome ; sa mère était Laurentia et sa sœur Irene.
Né vers 305, il était diacre à la mort du pape Libère (366).
L’élection de ce trente-septième pape fut mouvementée, et son adversaire, Ursinus, résista longtemps, jusqu’à ce qu’un bannissement l’expédiât définitivement en Germanie.
Si l’autorité du Siège apostolique (l’expression est de cette époque) s’affermit en même temps que le rayonnement de la Ville éternelle, Damase n’était pas le seul maître à Rome : il s’y trouvait encore des novatiens, des donatistes et des lucifériens avec leurs évêques respectifs.
En 377, un concile romain condamne Apollinaire de Théodicée, à la doctrine christologique douteuse : le Christ n’aurait pas eu d’âme humaine. D’autre part Damase n’accueillit pas la requête de Priscillien qui avait été condamné par un concile à Saragosse (380) ; Priscillien fut même exécuté sur ordre de l’empereur Maxime à Trèves.
Avec l’Orient, les relations étaient meilleures, grâce à la politique de l’empereur Théodose, aboutissant au concile de Constantinople (381), mais Damase ne put arriver à résoudre le problème d’Antioche où se querellaient deux évêques.
C’est le pape Damase qui invita saint Jérôme à établir la traduction officielle latine de la Bible, qui devint la Vulgate. Saint Jérôme devint pour ainsi dire le secrétaire du pape, mais dut se retirer plus tard en Palestine.
Signalons enfin le travail très important qui se fit sous le pape Damase pour restaurer et ouvrir les catacombes romaines et développer le culte des Martyrs.
Saint Damase mourut le 11 décembre 384, presque octogénaire, et eut pour successeur saint Sirice. 
Signalons que, sur la base de recherches scientifiques récentes, le texte latin de la Bible fut à nouveau révisé au siècle dernier, aboutissant à une nouvelle version officielle de la Vulgate, promulguée en 1979.


Sabinus de Plaisance
330-420

Sabiinus était né à Milan vers 330 et appartenait au clergé de cette ville ; il était connu pour sa formation théologique solide et sa fidélité à l’Eglise.
En 372, quand il n’était encore que diacre, il fut envoyé par le pape Damase (v. 10 déc.) en Orient, dans la ville d’Antioche, pour y exhorter la population et le clergé à rester fidèles à la foi orthodoxe romaine, contre les innovations et les dangers de la doctrine arienne. Au retour, il était porteur d’une lettre de s.Basile (v. 2 janv.) adressée à l’épiscopat occidental d’Italie et de Gaule.
Il ne tarda pas à être ordonné prêtre, s’il est vrai que son épiscopat commença dès 375. Il était le deuxième évêque de Plaisance.
En 381 et 390, il participa aux conciles d’Aquilée et de Milan.
On connaît plusieurs lettres que lui écrivit s.Ambroise (v. 7 déc.), par lesquelles on se rend compte de la grande amitié qui les liait. C’est ainsi qu’on apprend que s.Ambroise lui envoya des traités, sur lesquels il lui demande son avis ; ou aussi que s.Paulinus de Nole, avec son épouse, a vendu ses biens pour les distribuer aux pauvres (v. 22 juin).
On raconte que, lors d’une menaçante inondation du Pô, Sabinus aurait rédigé une «menace» au fleuve, lui intimant l’ordre de ne plus détruire les cultures et les habitations ; il aurait jeté dans l’eau cet ordre, auquel le Pô aurait désormais obéi.
Sabinus mourut en 420, nonagénaire, après un épiscopat de quarante-cinq ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sabinus de Plaisance au 11 décembre.


Daniel Stylite
409-493

Il naquit près de Samosate, Syrie, auj. Samsat, Turquie SE).
Sa mère, longtemps stérile, l’obtint à force de prier et vint l’offrir à l’higoumène (supérieur) du monastère voisin quand il eut cinq ans. C’est ce moine qui lui donna le nom de Daniel.
A douze ans (422), Daniel reçut l’habit monastique dans un autre monastère. Souhaitant connaître Siméon le Stylite sur sa colonne (v. 27 juil.), il put venir en Syrie avec son supérieur : on disposa une échelle pour permettre au jeune garçon de monter sur la colonne de Siméon, qui lui donna sa bénédiction.
Daniel devint à son tour higoumène ; mais toujours attiré par la sainteté de Siméon, il se fit remplacer au monastère et s’en vint trouver Siméon ; il pensait aller jusqu’à Jérusalem, lorsqu’un mystérieux vieillard lui suggéra de se rendre plutôt à Constantinople. Daniel s’installa dans un oratoire Saint-Michel ; il chassa une troupe de démons qui infestaient l’endroit, il guérit l’archevêque qui était malade, et beaucoup de personnes - pieuses ou curieuses - voulurent le voir. Cette vie dura neuf années.
En 460, Daniel apprit dans une extase la mort de Siméon le Stylite ; peu après, un moine nommé Sergios vint lui apporter la tunique de Siméon. Daniel se fit alors construire une colonne.
Le propriétaire du terrain sa fâcha contre Daniel : une grêle détruisit sa vigne, si bien que le propriétaire, se ravisant, proposa à Daniel de lui construire une colonne plus vaste. De partout on recourait à la prière de Daniel : un possédé fut délivré, un consul fut guéri, l’empereur obtint un fils héritier.
Le patriarche Gennadios vint en personne ordonner prêtre Daniel. L’empereur Léon 1er venait volontiers le consulter pour les décisions à prendre ; le bruit courut que le Vandale Genséric allait attaquer Alexandrie d’Egypte : Daniel persuada l’empereur et la population qu’il n’en serait rien.
L’empereur construisit près de la colonne un monastère.
Le nouvel empereur, Zenon, fut un moment détrôné par un usurpateur nommé Basilisque ; à la prière de Daniel, la tour du palais s’écroula : Basilisque se soumit et rendit bientôt le trône à Zenon.
Daniel opéra de nombreux miracles ; souvent, il répondait par écrit et sa réponse, déposée sur le malade, apportait la guérison.
Un hiver, le vent emporta la tunique de Daniel : il resta nu sous la neige. On le réanima par des frictions d’eau chaude ; Daniel était resté en extase, il voyait Siméon. Après cet épisode, l’empereur fit construire un toiton en métal au-dessus de la colonne.
Sept jours avant sa mort, Daniel réunit les moines. La nuit du 10 au 11 décembre 493, il célébra encore les Saints Mystères et donna la communion à tous les moines. Il mourut le 11 dcembre, âgé de plus de quatre-vingt quatre ans. Il était resté trente-trois ans sur sa colonne.
A ce moment-là, un possédé fut délivré ; l’archevêque put monter vénérer la dépouille de Daniel, au moyen d’un escalier en spirale qu’on éleva pour lui ; il y eut tant de monde pour voir une fois encore le Stylite, que l’échaffaudage s’écroula, mais sans faire de victimes.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Daniel Stylite au 11 décembre.

Davide de Himmerod
1100-1179

Il naquit vers 1100 à Florence (Italie C).
Après avoir commencé ses études, à Paris croit-on, il fut conquis par l’idéal cistercien et entra à l’abbaye de Clairvaux.
Au terme de son noviciat, les moines le jugèrent incapable de supporter physiquement les austérités de la Règle, car il n’avait pas une bonne santé, et le laissèrent libre. Mais Davide était bien résolu à suivre l’appel reçu dans son cœur : il resta près de la porte, et sa persévérance convainquit saint Bernard (v. 20 août) de l’accepter contre l’avis des autres moines. 
En 1134, il fut même de ceux qui partirent fonder dans le diocèse de Trèves. Il y eut un essai à Winterbach, puis on préféra Himmerod, en pleine forêt, là où même les bêtes n’avaient plus peur d’être rejointes par les chasseurs.
Parfait héros de la contemplation, Davide étonna tous les moines par ses extases, son ignorance totale du monde, et même son observance totale de la Règle, malgré sa «faible santé».
Au réfectoire, il s’absorbait tellement en prière et en méditation, qu’il ignorait totalement qu’il était à table ; il fallait le secouer. D’ailleurs, il mangeait très peu, et s’il prenait un peu de vin, le breuvage était tellement coupé qu’on n’y pouvait trouver ni le goût du vin, ni le goût de l’eau.
Les miracles furent au rendez-vous. On raconte plusieurs cas de libération de possédés. Davide obtint la recomposition totale du visage d’un moine convers prémontré, qui souffrait terriblement d’une malformation.
A un autre frère prémontré, Davide conseilla un «remède» fort judicieux : méditer, en les rapprochant des sept sceaux de l’Apocalypse (Ap 6 et 8) les sept mystères du Christ : Incarnation, Nativité, Transfiguration, Passion, Résurrection, Ascension, Pentecôte.
Souvent, on le vit fixer les yeux sur le soleil, comme un aigle.
L’abbaye de Himmerod était restée fidèle au pape légitime ; l’empereur, courroucé, enjoignit aux moines ou d’adhérer à l’antipape ou de partir. Davide conseilla plutôt aux moines d’aller chanter l’antienne à Magnificat des premières vêpres du dernier dimanche de novembre ; le texte disait : Toi qui contiens les trônes des cieux et regardes les abîmes, Seigneur, roi des rois, toi qui tiens la terre dans ta main, exauce-nous. On suivit son conseil, et peu après l’empereur lui-même leur envoyait une lettre les invitant à rester.
Davide mourut, après avoir annoncé sa mort, le 11 décembre 1179, victime d’une épidémie qui enleva trente moines.
Les miracles continuèrent. Davide apparut à un moine pour lui annoncer qu’il était déjà dans la gloire du Ciel.
Il n’y eut pas de béatification officielle, mais une approbation tacite de culte en 1734.
L’abbaye cistercienne de Himmerod, consacrée en 1178, fut détruite en 1735 et remplacée par une grande église baroque, complètement restaurée récemment. On pourrait regretter qu’on n’eût pas repris les plans d’origine. Y vivent une quinzaine de moines.


Franco Lippi
1211-1291

L’histoire de Franco appartient à ces récits inimaginables où foisonnent les grâces extraordinaires. Un esprit rationaliste a du mal d’imaginer, encore moins d’accepter tant de miracles, mais les humbles savent qu’à Dieu, rien n’est impossible (Lc 1:37).
Franco naquit en 1211 à Grotti (Sienne, Italie C).
Fainéant et dissipé, il n’apprit rien à l’école, sauf peut-être un peu à lire. Il se fit corroyeur.
A la mort de son père, il laissa tout et s’adonna à tous les vices possibles, en compagnie d’une bande d’aventuriers. Sa mère en mourut de chagrin.
Il se mit à jouer. Ayant tout perdu, il joua même ses yeux, et perdit la vue. Il avait alors la soixantaine.
L’épreuve le fit réfléchir et il se fit conduire à Compostelle, où il recouvra la vue.
Il fit ensuite de nombreux pèlerinages : Rome (où le pape lui accorda l’indulgence plénière), Bari, Monte Gargano, Catane et Syracuse, et revint à Sienne.
La Sainte Vierge lui apparut ; il s’installa à l’écart de la ville, près des remparts. On lui remit cinq ducats, qu’il remit tout de suite à une pauvre veuve. Nouvelle apparition de la Vierge, qui le félicita de son abnégation.
On commençait de connaître son «cas», mais on s’en moquait aussi un peu. Durant un repas où il fut invité, quelqu’un le prit à partie : Je croirai à tes vertus quand ce chapon retrouvera ses plumes et la vie. Franco pria, et le coq chanta.
Dans sa cabane, il eut maintes fois la visite du Démon. Il le chassa en se roulant dans les épines, en se jetant dans l’eau froide et en se flagellant, enfin par un signe de croix. 
La Sainte Vierge l’encouragea à prendre l’habit du Carmel. Il avait soixante-dix ans, et on hésita à l’accepter. Après cinq années, le prieur soumit son cas aux moines, qui virent arriver un beau jeune homme, un ange, apportant l’habit pour Franco, et qui ensuite disparut.
Heureux, Franco redoubla encore ses mortifications, pour expier ses fautes de jeunesse et s’unir à la Passion du Christ. Collier de fer autour du cou, cercles de fer autour des bras, des cuisses et des jambes, cotte de mailles, bonnet de fer, et en plus une balle de plomb dans la bouche, pour éviter de trop parler.
Les miracles furent nombreux, guérisons, prédictions…
Se sentant indisposé début décembre, il mourut le 11 décembre 1292, et fut aussitôt vénéré. Un aveugle de naissance fut guéri près du corps de Franco. On ne comptait plus les nombreux autres miracles.
En 1308, fut autorisée une translation de ses reliques. Le bienheureux Franco est commémoré au 11 décembre dans le Martyrologe.


Ugolino Magalotti
1300-1373

Ugolino, le petit Hugues, naquit vers 1300 à Fiegni (Marches, Italie CE), du seigneur Magalotto et de Lucia, qui mourut de l’accouchement.
Vers 1313 mourut aussi son père. Mais le garçon savait déjà se conduire responsablement et traversa l’adolescence sans se laisser prendre par le monde. 
Il aurait demandé en mariage une jeune fille qui en réalité entra chez les Clarisses. 
A vingt ans, pour suivre le conseil évangélique de pauvreté, il vendit son héritage. Il aurait alors tenté une expérience chez les Bénédictins, mais préférant un idéal plus dépouillé, se retira dans une grotte voisine de Fiegni. Il devait y rester jusqu’à la mort.
Il mangeait un peu de pain, des herbes et des racines. Il buvait à une source, que certains affirment avoir surgi sur la prière d’Ugolino.
Il ne semble pas fondé qu’Ugolino fît partie du Tiers-Ordre franciscain ; il en aurait plutôt été un précurseur.
Il fut violemment et souvent attaqué par le Démon, qu’il vainquit par la prière constante.
On vint lui demander des conseils, des prières ; il guérit un boiteux de naissance, un homme qui avait perdu un œil en travaillant le bois ; il libéra des possédés.
Au bout d’une trentaine d’années de cette vie, Ugolino mourut le 11 décembre 1373.
Son culte fut approuvé en 1855.


Girolamo Ranuzzi
1410-1468

Girolamo (Jérôme) naquit vers 1410 à Sant’Angelo in Vado (Pesaro, Italie CE), d’Angelo Ranuzzi ou Ranucci, un brave homme auquel on avait confié la garde d’une église.
Entré chez les Servites de Marie, Girolamo se prépara au sacerdoce ; il reçut le doctorat de philosophie et de théologie, à Bologne, croit-on, et fut ordonné prêtre.
Revenu au couvent de Sant’Angelo in Vado, il en devint prieur.
Sa doctrine devait être reconnue, car il était cité souvent à son époque. On parlait partout du «bachelier de Sant’Angelo» ou aussi de l’ange de bon conseil. Le duc d’Urbino le prit comme conseiller et Girolamo dut se plier par obéissance à quitter le couvent pour aller vivre à la cour du duc. C’est ainsi qu’il négocia au nom du duc avec le Vatican.
En 1462, il entreprit la construction du nouveau monastère de Sant-Angelo in Vado, pour les moniales.
Il mourut le 11 décembre 1468, entouré d’une grande réputation d’ascète, et son corps resta incorrompu.
Les nombreux miracles incitèrent le pape à le proclamer bienheureux en 1775.


Martín Lumbreras Peralta
1598-1632

Il était né le 8 novembre 1598 à Saragosse, de famille noble, et fut baptisé le 10 novembre (la date du 8 décembre, parfois proposée, est donc une erreur).
Entré dans l’Ordre augustin à Borja, il fit la profession à Saragosse en 1619 avec le nom de Martín de Saint-Nicolas et, en 1622, partit pour les Philippines. 
Le voyage passait par le Mexique, et c’est là qu’il fut ordonné prêtre.
Les Supérieurs le nommèrent sacristain au couvent de Manille, puis maître des novices pendant huit ans.
Il y développa beaucoup la dévotion envers Notre-Dame de la Colonne (del Pilar : une dévotion remontant à l’apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques pour le réconforter).
Son désir intime était cependant d’aller encourager les communautés japonaises persécutées. Il obtint la permission de partir pour le Japon, et quitta Manille en août 1632, accompagné de son collègue et ami, Melchior de Saint-Augustin (voir sa notice).
Il y eut une altercation entre les marchands chinois qui les avaient conduits, de sorte qu’à peine arrivés certains d’entre eux les dénoncèrent aux autorités de Nagasaki.
Les deux Religieux en furent informés et allèrent vite se cacher dans la montagne, où un autre Confrère les reçut, et commença tout de suite à leur enseigner la langue.
Mais leur zèle était plus fort : ils s’aventurèrent dans la ville proche, où ils furent vite reconnus et arrêtés, le 3 novembre 1632.
Le gouverneur tenta de les faire apostasier. Tout effort de sa part étant inutile, il les condamna à être brûlés vifs.
Les deux Religieux furent attachés à des poteaux en face du brasier, de sorte qu’ils devaient être asphyxiés petit à petit, mais aussi, éventuellement, pour leur laisser le temps d’apostasier et de repartir libres.
A l’étonnement de ceux qui étaient présents, le père Martín «résista» dix-huit heures avant de rendre le dernier soupir, fidèle à l’Eglise et à son sacerdoce, tandis que son Compagnon mourut dès les premières heures du supplice, qui eut lieu le 11 décembre 1632.
Ils furent tous deux béatifiés en 1989.


Melchor Sánchez Pérez
1599-1632

Il était né en novembre 1599 à Grenade (Espagne).
Entré dans l’Ordre augustin, il fit la profession dans cette même ville en 1618 avec le nom de Melchor de Saint-Augustin et, en 1621, partit pour les Philippines. 
Le voyage passait par le Mexique et c’est là que Melchor fut ordonné prêtre.
Arrivé aux Philippines, il se mit à apprendre les dialectes locaux des Tagalog et des Hisaya, et fit de l’apostolat dans les missions de Mindanao, l’endroit le plus difficile de l’archipel.
A Manille, il prêcha pour les Espagnols, jusqu’en août 1632, date à laquelle, selon son désir, il partit pour le Japon, avec son confrère et ami Martín Lumbreras Sanchez Perez Peralta (voir sa notice).
Il y développa beaucoup la dévotion envers Notre-Dame de la Colonne (del Pilar : une dévotion remontant à l’apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques pour le réconforter).
Il y eut une altercation entre les marchands chinois qui les avaient conduits, de sorte qu’à peine arrivés certains d’entre eux les dénoncèrent aux autorités de Nagasaki.
Les deux Religieux en furent informés et allèrent vite se cacher dans la montagne, où un autre Confrère les reçut, et commença tout de suite à leur enseigner la langue.
Mais leur zèle était plus fort : ils s’aventurèrent dans la ville proche, où ils furent vite reconnus et arrêtés, le 3 novembre 1632.
Le gouverneur tenta de les faire apostasier. Tout effort de sa part étant inutile, il les condamna à être brûlés vifs.
Les deux Religieux furent attachés à des poteaux en face du brasier, de sorte qu’ils devaient être asphyxiés petit à petit, mais aussi, éventuellement, pour leur laisser le temps d’apostasier et de repartir libres.
A l’étonnement de ceux qui étaient présents, le père Martín «résista» dix-huit heures avant de rendre le dernier soupir, fidèle à l’Eglise et à son sacerdoce, tandis que le père Melchior mourut dès les premières heures du supplice, qui eut lieu le 11 décembre 1632.
Ils furent tous deux béatifiés en 1989.


Arthur Bell
1590-1643

Né le 13 janvier 1590 à Temple-Broughton (Worcester, Angleterre centrale), Arthur était le fils d’un avocat, William Bell, qui mourut en 1598.
Arthur fut confié par sa mère à son frère, Francis Daniel, d’Acton (Suffolk), un homme important, studieux et croyant. 
En 1514, Arthur rejoignit le Collège anglais de Saint-Omer pour se préparer au sacerdoce. Il compléta ses études en Espagne.
En 1618, il reçut à Ségovie l’habit franciscain, et y acheva son noviciat.
En Espagne, le père Arthur écrivit : Histoire, Vie et Miracles de saint Juan de la Croix, ainsi qu’une Brève instruction pour entendre la Messe.
Après son ordination sacerdotale, il fut appelé à restaurer la province franciscaine d’Angleterre. La première communauté franciscaine s’établit à Douai et il en fut le gardien (c’est-à-dire le supérieur). Il y enseigna également l’hébreux.
En 1632, Arthur fut envoyé en Ecosse pour tenter d’y restaurer l’Ordre franciscain, mais il dut repartir en Angleterre en 1637, et devait y travailler jusqu’en 1643.
Il est dit que le 12 octobre 1642, il se trouva auprès du martyr Thomas Bullaker, qui lui prédit son prochain martyre. En novembre 1643, il fut arrêté, suspecté d’être un espion. Une fouille révéla qu’il était prêtre romain catholique, raison suffisante pour le faire enfermer à Newgate, la tristement célèbre prison. Trois «témoins» déposèrent contre Arthur, qui fut condamné à mort.
Les actes du procès montrent combien il était dévoué à la cause du Catholicisme, et disposé à souffrir pour la Foi. Quand il entendit la sentence, il entonna un solennel Te Deum, et remercia chaleureusement les juges pour la faveur qu’ils lui faisaient de mourir pour le Christ.
Le père Arthur Bell fut donc pendu, éviscéré et écartelé le 11 décembre 1643 à Londres.
Il a été béatifié en 1987.

 

Pilar Villalonga Villalba
1891-1936

Cette Demoiselle était née le 22 janvier 1891 à Valencia (Espagne) et fut baptisée dès le lendemain.
Elle était l’aînée de six enfants, et fut donc le bras droit de sa pieuse maman.
En 1901, elle reçut la Première communion.
Le nom qu’elle porta était lié à Notre-Dame de la Colonne (pilar en castillan), un sanctuaire fameux de Saragosse, qui remonte à une apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques.
La vie de Pilar était toute chrétienne, toute fidèle à l’Eglise, au service des autres par son engagement dans l’Action Catholique et d’autres associations de bienfaisance.
En particulier, au moment de la guerre civile de 1936, elle n’hésita pas à ouvrir sa maison aux prêtres poursuivis.
Elle fut découverte et mise en prison le 30 août. Condamnée à mort, elle se fit apporter son plus bel habit pour aller à la rencontre de son cher Epoux céleste, le Christ.
Elle fut assassinée à Burjassot (El Saler, Valencia), le 11 décembre 1936.
Elle fait partie des Martyrs espagnols béatifiés en 2001.


Kazimierz Tomasz Sykulski
1882-1941

Né le 29 décembre 1882 à Końskie (Świętokrzyskie, Radom, Pologne), Kazimierz était le fils de Michał et Tekla Cybińskich, qui eurent neuf enfants.
Il reçut le baptême le 31 décembre.
Après la mort de son père, son frère aîné s’occupa de ses petits frères et sœurs.
Kazimierz fit de bonnes études (à la maison) et entra directement en deuxième année au lycée de Sandomierz. Il étudia le droit, la philologie, les langues (russe, latin, grec, français, allemand) et reçut son diplôme en 1899.
Puis il fréquenta le séminaire de Sandomierz, où il se montra excellent en toutes les matières, mais aussi par sa personne. 
Il fut tonsuré en 1901, reçut les ordres mineurs en 1902, le sous-diaconat en 1904, le diaconat et le sacerdoce en 1905.
Après son ordination sacerdotale, il fut vicaire à Radoszyce, puis à Wierzbica. Puis il fut envoyé pour d’autres études à Saint-Pétersbourg, de 1908 à 1911, où il reçut le diplôme avec d’excellentes appréciations.
Son ancien curé devint alors évêque et le nomma d’abord à Solec, puis à la cathédrale de Sandomierz, ainsi que comme aumônier de prison, mais pour très peu de temps. Puis il passa à Słupia, à Radom, enfin à Skarżysku-Bzinie, où se trouvaient plusieurs écoles. Il fut nommé par l’administration russe directeur de l’école pour filles Helen Wagner, puis de l’école Saint-Paul, où le personnel était russe.
Lors de la guerre en 1915, les écoles passèrent sous domination autrichienne ; le père Kazimierz fut nommé responsable de l’organisation des œuvres charitables municipales, pour distribuer des vivres. Il s’employa aussi à ouvrir d’autres écoles polonaises, pour développer l’instruction au-delà de l’école primaire. C’est ainsi que s’ouvrit un lycée, pour lequel il chercha un personnel enseignant de haut niveau.
L’inscription à ces écoles ne pouvant pas être gratuite, le père Kazimierz organisa une caisse qui recueillait des fonds pour les élèves pauvres ; lors de funérailles d’un Confrère, il demanda que l’argent qui aurait été dépensé pour des fleurs soit consacré aux frais de scolarités d’élèves peu fortunés.
Il est à remarquer que les élèves étaient en majorité d’origine ouvrière ; beaucoup étaient Juifs.
Le bien que fit ainsi le père Kazimierz pour la formation spirituelle et l’instruction des élèves, fit que, lorsque le bruit courut en 1917 qu’il allait être nommé ailleurs, les parents adressèrent une pétition à l’évêque pour qu’il leur laissât leur curé.
La nomination arriva tout de même, mais le père Kazimierz fut nommé membre honoraire de l’école. Par la suite, tout en étant à Policzna et Radom, il venait souvent revoir son école, à cheval.
A la fin de la guerrre, quand la Pologne retrouva son indépendance, il fit partie de la Diète législative constituante, de 1919 à 1922.
En 1920, il fut aumônier militaire, et reprit son activité pastorale à Radom.
Il reçut ensuite la dignité de Camérier secret du pape (une dignité qui n’existe plus aujourd’hui), celle de chanoine du chapitre de Opatowie et devint, en 1927, inspecteur pour les écoles.
En 1929, il fut nommé curé de son village natal, où son activité ne s’arrêta pas : Dames de la Charité, Congrès eucharistiques de Radom et Budapest, consulteur, doyen du chapitre d’Opatowie.
En 1938, le gouvernement lui remit la Croix en or du Mérite.
Lors du déclenchement de la guerre en 1939, l’hôpital fut un chaos, sans eau, sans lumière, et les blessés affluaient. Mgr Sykulski déploya tout son zèle pour être auprès de chacun comme prêtre, mais aussi comme frère, comme soutien, aidant les Religieuses à apporter de l’eau dans des seaux.
Dès que l’armée nazie entra dans Radom, le 8 septembre 1939, il fut arrêté avec d’autres otages. On les mit dans une pièce de la mairie, où ils n’avaient qu’un peu de paille pour s’étendre. Mais on les relâcha peu après.
Mgr Kazimierz organisa aussitôt des soupes populaires, des soins pour les mères et les enfants, une assistance pour les prisonniers.
Le 8 novembre, il fut de nouveau arrêté par les Nazis, et de nouveau relâché. Il reprit ses activités. On le prévint qu’il était surveillé par les Nazis, mais il répondit que sa place était là, et que son sort était entre les mains de Dieu.
En 1940, s’attendant à être de nouveau arrêté, il écrivit son testament, où il notait qu’il désirait être enterré auprès de sa mère.
En 1941, il s’attendait au martyre. La Gestapo l’arrêta, pour la troisième fois, le 1er octobre.
Il fut mis en prison à Radom, où on l’interrogea. Il fut terriblement battu, mais ne trahit personne. On lui demanda, en vain, les noms des adhérents aux associations catholiques. Il sortait des interrogatoires le visage en sang. Rien ne l’abattit, c’est lui qui continuait à relever le moral des autres prisonniers.
Des autorités, religieuses et civiles, intervinrent pour le faire libérer. La réponse fut négative, au motif que Mgr Kazimierz appartenait à une organisation secrète anti-allemande, qu’il avait fomenté des activités patriotiques et politiques contraires aux intérêts de l’Allemagne, et qu’il avait été pour cela condamné à mort. Toutefois, la peine de mort avait été commuée en détention en camp de concentration.
Le 24 octobre 1941, le prélat fut transporté à Auschwiz-Birkenau, où il porta le numéro 21962.
Il était alors encore en assez bonne forme et dut d’abord travailler aux fondations de la nouvelle caserne. Sa santé déclina cependant et, s’il écrivit à sa sœur qu’il était en bonne santé, c’était uniquement pour pouvoir envoyer un mot à sa famille.
Au matin du 11 décembre 1941, il fut «appelé» avec quelques autres. Ne pas être envoyé au travail signifiait être conduit à l’exécution, par fusillade ou par pendaison. Il faisait très froid. 
Le père Kazimierz murmura quelques mots à son voisin, sans doute les paroles de l’absolution ; il remit son chapelet à un autre prisonnier, un professeur de l’université Jagellone. Il fut ensuite fusillé et son corps brûlé.
Plus d’un mois plus tard, les autorités du camp avertirent sa sœur qu’il était mort à cause de son activité anti-allemande.
Mgr Sykulski mourut le 11 décembre 1941 (la date du 1er décembre, au Martyrologe, est apparemment une erreur).
En 1946, le gouvernement lui décerna la Médaille militaire du Mérite.
Mgr Kazimierz Sykulski fut béatifié en 1999.


María Maravillas Pidal y Chico de Guzmán
1891-1974

Née le 4 novembre 1891 à Madrid, María reçut au baptême, le 12 novembre suivant,  le nom de María Maravillas, «Marie des Merveilles» : Notre-Dame des Merveilles est patronne de Cahegin (Murcia). 
María était de famille noble :
Son père, Luis Pidal y Mon, second marquis de Pidal, fut Ministre du Développement, et plus tard Ambassadeur près le Saint-Siège ; il a toujours eu le souci d’aider l’Eglise et les religieux. Il avait un frère, Alejandro, philosophe, avec lequel il fonda l’Unión Católica, un parti politique très apprécié par le pape Léon XIII et les évêques espagnols. 
Sa mère, Cristina Chico de Guzmán y Muñoz, était nièce du comte de Retamoso et petite-nièce du duc de Riánsares, de la Reine (celle-ci fut sa marraine) et des marquis de Remisa.
María reçut la Confirmation en 1896, et la première Communion en 1902.
Très tôt attirée par la vie consacrée (elle fit à cinq ans le vœu de chasteté), elle eut l’occasion de lire les écrits de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix (voir aux 15 octobre et 14 décembre).
Durant son adolescence, Mara, qui était très intelligente, sut se cultiver, apprit les langues, mais donna aussi de son temps aux œuvres de charité, allant dans des familles pauvres et marginalisées pour leur apporter quelque confort. 
Son père tomba malade sur ces entrefaites, et María le soignit avec grand amour filial. A la mort de celui-ci (1913), la maman était un peu contrariée à la pensée de l’éloignement de sa fille.
Toutefois, écoutant l’appel de Dieu, María entra en 1919 chez les Carmélites de l’Escorial, et prit le nom de María Maravillas de Jésus. Elle fit les premiers vœux en 1921.
En 1924, elle s’installe avec trois autres Religieuses carmélites dans une maison de Getafe, où elle fait sa profession solennelle, en attendant la fin de la construction du nouveau couvent prévu dans cette ville.
En 1926, elle est prieure du nouveau couvent El Cerro de los Ángeles (Colline des Anges), près du monument du Sacré-Cœur, qui devait être un lieu de prière et d’immolation pour l’Eglise et l’Espagne. C’est auprès de ce monument que le roi Alphonse XIII avait consacré son pays au Sacré-Cœur (30 mai 1919).
Dès 1931, Mère Maravillas passe plusieurs heures chaque nuit en prière pour l’Espagne, où s’accumulent les nuages de la persécution. Elle demande au pape (et obtient) la permission de sortir si nécessaire, elle et sa communauté, pour chercher refuge quelque part.
En 1933 elle fonde un Carmel à Kottayam (Inde), qui fut le point de départ d’autres couvents en Inde.
En 1936, les Carmélites, expulsées, se réfugient d’abord chez les Ursulines de Getafe, puis se cachent pendant plus d’une année dans un étage de la rue Coello de Madrid. Menaces, contrôles : à leur grand étonnement, elles n’eurent pas la grâce du martyre.
En 1937, elles purent passer en France, à Lourdes, avant de retourner en Espagne à Las Batuecas (Salamanque), où elles fondèrent un nouveau couvent.
En 1938, Maravillas fit le vœu de rechercher toujours la perfection.
En mars 1939, elle put revenir au Cerro, reconstruit après avoir été totalement détruit durant la Révolution.
Successivement, elle ouvrira jusqu’à sept nouveaux Carmels, qu’elle appela les «maisons de la Vierge». L’avant-dernier en date sera celui où elle sera élue prieure et où elle s’éteindra (La Aldehuela, Getafe). Mère Maravillas enverra des sœurs à un carmel en Equateur et dans quatre autres en Espagne. Ces Carmels vivaient selon l’esprit de la règle de sainte Thérèse d’Avila : couvents petits, grande pauvreté, travail manuel permettant quelques revenus pour la subsistance. On reprocha parfois à la Mère Maravillas cette pauvreté de bâtiments et de mobilier, les murs nus, mais la sainteté de vie parla pour elle et convainquit les plus hésitants.
Elle aidera aussi les Pères Carmes à construire leur couvent près de Tolède.
A La Aldehuela, elle fondera aussi un collège, une maison pour les pauvres, et tout un quartier de deux-cents maisons avec leur église.
Mère Maravillas fut une grande mystique. Elle traversa de grandes épreuves intérieures, des  moments de doutes : mais elle mit toute sa confiance à accomplir la volonté de Dieu. Elle voulait surtout correspondre à l’amour du Christ et le manifestait par sa grande dévotion au Sacré-Cœur.
Ses filles l’aimaient. Mère Maravillas montrait en tout un esprit équilibré, serein, délicat ; elle transmettait la joie et la paix ; elle ne s’imposait pas et demandait à chacune son point de vue. Elle se mortifiait, dormant peu, sur la dure.
María Maravillas souffrit de pneumonies à répétition. En 1972, elle se remet d’un arrêt cardiaque, puis de graves problèmes respiratoires usent ses dernières forces. Les Sœurs doivent deviner de quoi elle a besoin, car elle ne demande jamais rien.
Elle reçut l’Onction des Malades et la Viatique le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception. Au moment de mourir, le 11 décembre 1974, elle répétait : Quelle joie de mourir Carmélite !
Elle fut béatifiée en 1998 et canonisée en 2003. A cette occasion, un de ses petits-neveux fit la première Communion.
Les deux miracles ayant permis la béatification et la canonisation eurent lieu en Espagne et en Argentine.
Celui d’Argentine se passa comme suit. Le 19 juillet 1998, le petit Manuel (dix-huit mois) tombe dans un bassin et y séjourne vingt-cinq minutes avant d'être emmené en coma profond à l'hôpital où la réanimation est pratiquée sans espoir. Sa mère Alicia se met à prier Mère Maravillas et reçoit une grande paix : Je n'ai désespéré qu'entre la porte de la piscine et l'hôpital. L'enfant recrache des quantités d'eau très sale et le médecin annonce des séquelles neurologiques très sévères. Transporté à l'hôpital pour enfants, on informe la mère qu'il restera, s'il survit, dans un état végétatif. Vous ne savez pas ce qui va se passer, réplique-t-elle. Au matin, sous le regard stupéfait des médecins, Manuel s'éveille et, voyant Alicia, parle : Maman ! Il quitte le service de soins intensifs et est mis en observation. Le médecin des urgences appelle pour savoir s'il est mort ; quand on lui annonce que son état est absolument normal, le docteur s'étonne : Il ne peut s'agir de l'enfant dont je parle. La nouvelle se répand dans tout l'hôpital : C'est un miracle !

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