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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:29

Mathurin-Marie Pitri

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Mathurin-Marie Pitri naquit à Fontainebleau. Son père était un des jardiniers du roi.

Il se trouva enrôlé contre son gré dans l’armée française et arriva ainsi en Italie.

En janvier 1799, à Veroli, il dut être hospitalisé pour une grave crise d’asthme. C’est alors qu’il eut l’opportunité de connaître le père Siméon Cardon et d’exprimer à ce dernier son désir de devenir cistercien, s’il guérissait.

Effectivement guéri trois jours plus tard, il fut accueilli dans l’abbaye de Casamari.

Au soir du 13 mai 1799, il fut mortellement blessé par un coup de fusil et se traîna dans sa cellule, où il expira. Sa vie conventuelle avait été très brève, mais il l’avait offerte totalement dans l’Amour de Dieu.

Mathurin-Marie Pitri sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:29

Modeste-Marie Burgen

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Modeste-Marie Burgen naquit à Bourgogne (auj.Bourgogne-Fresne, Marne).

Il était entré à l’abbaye bénédictine de Sept-Fonts, qu’il dut quitter lors de la Révolution française, et vint à Casamari en janvier 1796.

En 1797, il émit les premiers vœux, apparemment comme frère convers.

Au soir du 13 mai 1799, il fut frappé d’un coup d’arquebuse et achevé à coups de sabre.

Modeste-Marie Burgen sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:28

Zosimo Maria Brambat

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Zosimo Maria Brambat naquit à Milan.

En 1792, il entra à l’abbaye de Casamari.

Il porta d’abord l’habit des frères convers puis, en 1794, commença le noviciat. Il fit la première profession l’année suivante.

Lors de l’irruption des soldats français au soir du 13 mai 1799, il fut mortellement blessé et put se cacher. Quand les soldats furent partis, il se releva et voulut gagner le village proche de Boville Ernica, dans l’idée d’y demander le Sacrement des Malades (qu’on appelait alors l’Extrême-Onction) et le Viatique.

Il n’en eut certainement pas la force ; tous ses Compagnons étaient morts ; il mourut à son tour le 16 mai 1799.

Zosimo Maria Brambat sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe avec ses Compagnons le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:28

Albertin-Marie Maisonade

?-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Albertin-Marie Maisonade naquit à Bordeaux.

En 1792, il entra à l’abbaye de Casamari et reçut l’habit en novembre ; l’année suivante, il émit la profession.

On remarqua chez ce jeune clerc sa particulière dévotion envers le Saint Sacrement.

Lors de l’irruption des soldats français au soir du 13 mai 1799, il était en adoration dans la chapelle de l’infirmerie, où il reçut deux coups de pistolet.

Albertin-Marie Maisonade sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:27

Jan Chrysostom Zavřel

1725-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Jan Chrysostom Zavřel naquit en 1725 à Chodov (Prague, auj. République Tchèque).

D’abord dominicain dans son pays, en 1776 il entra à l’abbaye de Casamari, où il fit la profession religieuse en 1777, avec le nom religieux de Domenico Maria.

Il fut ordonné prêtre. On remarqua sa vie de prière et sa sagesse. Il était le maître des novices.

Lors du brutal assaut des soldats français en déroute, le 13 mai 1799,  il recueillit les saintes Hosties du tabernacle de l’église et de la chapelle de l’infirmerie, où il resta en adoration avec deux frères. Des soldats les surprirent là, et les frappèrent sans pitié. Le père Domenico reçut plusieurs coups d’épée sur la tête et sur le corps et tomba en murmurant Jésus Maria.

Domenico Maria Zavřel sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:26

Ignace Cardon

1759-1799

 

On lira avec fruit la notice Casamari (Martyrs de)

 

Ignace Alexandre Joseph Cardon naquit le 13 mars 1759 à Cambrai (Nord).

Entré chez les Bénédictins à Meaux, il fit la profession en 1782 et prit le nom de Siméon, sous lequel il est mieux connu.

Ayant publiquement refusé d’adhérer à la Constitution Civile du Clergé, il quitta la France en 1795 pour se réfugier à Casamari.

En 1798, il en deviendra le prieur.

On a retenu de lui sa sainteté de vie et sa charité à l’égard des malades.

Lors de l’irruption des soldats français en déroute, le 13 mai 1799, il commença par les accueillir en leur offrant à manger et à boire puis, devant leur furie, alla se cacher dans le jardin ; retournant en lui-même, il vint dans sa cellule, où les soldats le frappèrent à coups de sabre sur la tête, le bras et la cuisse, et le transpercèrent de deux coups de baïonette.

Blessé mortellement, il expira le lendemain.

Siméon Cardon sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe, avec ses Compagnons, le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:25

Martyrs de Casamari

1799

 

L’abbaye cistercienne de Casamari se trouve à Veroli (Frosinone, Latium, Italie C).

En 1811, les troupes napoléoniennes s’emparèrent des bâtiments de l’abbaye ; dans leur élan dévastateur, ils s’apprêtaient à profaner les ornements liturgiques, les vases sacrés, le Saint Sacrement, que six moines tentèrent de protéger en s’interposant. Ils furent impitoyablement massacrés.

C’était le 13 mai 1799.

En voici les noms :

  • Ignace (Siméon) Cardon
  • Jan Chrysostom (Domenico Maria) Zavřel
  • Albertin-Marie Maisonade
  • Modeste-Marie Burgen
  • Mathurin-Marie Pitri
  • Zosimo Maria Brambat

 

Les Six Martyrs de Casamari seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 13 mai.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 10:02

Mamerto Esquiú

1826-1883

 

Mamerto Esquiú naquit le 11 mai 1826 à San José de Piedra Blanca (Argentine), de Santiago et María de las Nieves Medina. Santiago était un soldat catalan, envoyé pour combattre dans le Haut Pérou, où il fut fait prisonnier ; María donna à son fils le nom de Mamerto de l’Ascension, car ce 11 mai on fêtait s.Mamert et l’Ascension.

Il n’avait que cinq ans, qu’il portait déjà l’habit franciscain, que lui coupa sa mère.

En 1841 il entra au noviciat des Frères Mineurs Conventuels dans la province d’Asunción et, en 1842, émit la profession religieuse.

En 1848, il reçut le sacerdoce.

A partir de 1850, il enseigna au séminaire et fut directeur spirituel.

Son intégrité lui valut d’être député et membre du conseil du gouvernement de Catamarca, de 1855 à 1862. Il avait prononcé dans la cathédrale une solennelle allocution en faveur de la nouvelle constitution provinciale et, pour cela, fut surnommé l’orateur de la Constitution ; il fut vice-président de l’assemblée constituante.

En 1862, il passa à Tarija (Bolivie), où il se donna entièrement à l’apostolat, à l’évangélisation des tribus, la confession des malades ; deux ans plus tard, il reçut la charge d’enseigner au séminaire de Sucre. Il assuma la fondation de la revue El Cruzado (Le Croisé) et d’autres publications religieuses.

Dans ces pages, il prit la défense du pape Pie IX avec une telle ardeur, qu’il reçut un chaleureux remerciement personnel du Pape.

En 1872, il fut désigné pour être archevêque de Buenos Aires, ce qu’il refusa. Au contraire il voyagea en Equateur, au Pérou, en Bolivie, prêchant partout où il passait.

En 1876, il put accomplir son grand désir : aller en Terre Sainte, à Jérusalem. Le voyage, assez mouvementé, dura presque cinq mois, avec des haltes à Gênes, Rome, Naples, Alexandrie d’Egypte.

Fin 1877, le Général de l’Ordre franciscain le rappela à Rome pour lui confier la mission de rétablir dans l’Ordre l’idéal de s.François d’Assise. Mamerto rencontra alors le pape Léon XIII et revint en Argentine.

On le pria encore une fois d’apporter ses lumières pour la rédaction d’une nouvelle constitution.

En 1880, malgré ses réticences, il reçut l’ordination épiscopale pour le diocèse de Córdoba (Argentine), où il se dépensa sans compter pour le salut de toutes les âmes de son troupeau.

Ce saint évêque franciscain mourut brusquement dans la diligence qui le reconduisait, le 10 janvier 1883, à Posta del Suncho (Argentine).

On craignit que le Prélat eût été empoisonné : une autopsie révéla que son cœur était absolument intact.

Mamerto Esquiú sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 10 janvier.

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 00:00

05 DÉCEMBRE

 

III.

S Dalmatius, en Piémont. On ignore tout de lui.

IV.

Ste Crispina, martyre à Tébessa.

VI.

S Sabas (439-532), abbé près de Jérusalem, fondateur de la si fameuse laure, supérieur de tous les ermites de Palestine, ami de s. Théodose.

S Cawrdaf, prince gallois, moine à Llan-Ildut.

X.

S Lucido, moine en Lucanie.

XI.

B Jean Gredenigo, camaldule à Cuxa, mais décédé au Mont Cassin, victime d'une ruade de cheval.

XII.

S Gérald, évêque à Braga ; bibliothécaire et professeur de musique à Moissac, il devint maître de chœur à Braga ; évêque, il fut aussi saint qu'énergique.

XV.

B Bartolomeo Fanti, carme à Mantoue, où son corps est demeuré intact, propagateur de la dévotion au Saint-Sacrement.

XVII.

S John Almond, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

B Niels Steensen (Nicola Stenone), converti du luthéranisme, évêque de Titiopoli pour évangéliser le nord de l'Europe, pasteur et savant, surnommé le Père de l'anatomie ; béatifié en 1988.

XIX.

Bx Gim Gang-i Simon et Yi Bong-geum Anastasia, laïcs coréens martyrs, le premier mort en prison, l’autre, âgée de douze ans, pendue, béatifiés en 2014. 

XX.

B Jean-Baptiste Fouque (1851-1926), prêtre de Marseille, grand bienfaiteur, béatifié en 2018.

B Filippo Rinaldi (1856-1931), élève italien de s. Giovanni Bosco dont il fut l'image vivante, salésien surtout en Espagne, béatifié en 1990.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

    - béatifiés en 2013 : 

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Castellón, Joaquín Jovaní Marín (*1874) ; près de Barcelone, Vicente Jovaní Ávila (*1902) ;

Servantes de Marie : Anunciación Peña Rodríguez (Agustina, *1900), près de Madrid.

B Narcyz Putz (1877-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, voir au 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir. 

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines muinis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

 

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi. 

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (voir au 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge. 

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader. 

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes. 

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (voir au 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Crispina de Thagora

† 304

 

Crispina était une femme de famille noble, très riche, peut-être même un peu mondaine, mais fervente chrétienne. De son mariage, elle eut des fils.

Elle habitait Thagora (Numidie, auj. Taoura, Algérie).

Elle fut arrêtée et conduite au proconsul Anulinus, à Tebessa. Au terme d’un long interrogatoire, durant lequel Crispina ne faisait que répéter qu’elle n’adorait qu’un seul Dieu, le proconsul conclut :

Crispina s’obstine dans sa superstition indigne, et refuse de sacrifier à nos dieux ; selon les prescriptions divines de la loi d’Auguste, j’ordonne de la décapiter.

Crispina répondit : Je bénis Dieu qui daigne ainsi me délivrer de tes mains. Deo gratias !

Le récit poursuit : Elle fit le signe de croix sur son front et, tendant le cou, elle fut décapitée pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Honneur à lui dans les siècles des siècles, amen.

C’était le 4 décembre 304.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Crispina de Thagora au 5 décembre.

 

 

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, v. 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir.

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines munis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

Lucido d’Aquara

960-1038

 

Lucido naquit vers 960 à Aquara (Salerno, Campanie, Italie SO).

A quinze ans, il entra à l’abbaye de Saint-Pierre, proche d’Aquara.

Le prince Guaimario IV de Salerno le prit bientôt comme conseiller.

Lucido intégra ensuite l’abbaye bénédictine de Monte Cassino, puis celle de La Cava de’ Tirreni.

Il fonda le monastère Sainte-Marie de l’Albaneta.

Il mourut en 1038 et son culte fut reconnu en 1880.

Saint Lucido d’Aquara est maintenant commémoré le 5 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gérald de Braga

? -1109

 

Gérald naquit à Cahors (Lot) au 11e siècle, de parents nobles qui le placèrent encore enfant à l’abbaye bénédictine de Moissac.

Ce fut un excellent élève, qui apprit assidûment la musique, la grammaire, la littérature. Il devint bibliothécaire pendant de longues années, assurant des conférences spirituelles au chapitre, dirigeant le chant au chœur, et donnant des leçons à ceux qui en avaient besoin.

Il devint prieur à Toulouse, puis fut appelé par l’archevêque de Tolède comme maître de chapelle pour sa cathédrale, ce à quoi l’abbé de Moissac consentit sans difficulté.

Pendant ce temps, le diocèse de Braga (alors en Espagne, auj. Portugal) connaissait une crise, car l’archevêque de Tolède refusait d’y installer un évêque autre que lui-même ; mais quand les clercs de Braga lui proposèrent d’élire Gérald, il ne put s’y opposer, tant la renommée de celui-ci était déjà grande.

Gérald fut donc sacré évêque en 1095, et se mit courageusement au travail, pour relever son diocèse, réorganiser les domaines ecclésiastiques, instruire son clergé.

Il fit deux fois le voyage de Rome, en 1100 et 1103, et il fut nommé métropolite pour toute la région.

Il se préoccupa de faire admettre les rites liturgiques romains.

La tâche ne fut pas toujours facile et Gérald recourut parfois aux mesures fortes. Trois seigneurs osaient vivre effrontément dans l’inceste et furent pour cela excommuniés ; l’un se repentit, mais les deux autres se joignirent aux Maures encore présents et combattirent les Chrétiens ; l’un mourut au combat, l’autre termina ses jours misérablement au milieu des ennemis du Christ.

Il y eut des interventions plus pacifiques, mais non moins radicales. Un dignitaire ecclésiastique en déplacement sur sa mule fut poursuivi par deux intriguants (des moines, à ce qu’il paraît), à cheval ; il invoqua son évêque Gérald, et la mule hâta si bien le pas que les deux chevaux ne purent la rattrapper. Un noble, réprimandé par Gérald, proposa cette forme de «jugement» : l’un et l’autre prierait le Christ et la Vierge que celui qui était dans son tort mourrait dans l’année ; ce fut le noble qui mourut.

Il y eut d’autres prodiges du vivant de l’évêque, et aussi après sa mort. 

Insouciant de sa santé, Gérald se préoccupait de visiter tout son diocèse et de célébrer la dédicace des nouvelles églises. Après celle de Bornos, il sut s’aliter. Il demanda à être posé sur la cendre. Son diacre eut la vision des anges qui préparaient la couronne de Gérald pour tel prochain jour. Le jour-dit, Gérald intima au Démon l’ordre de se retirer, bénit ses disciples, entendit la messe et communia, puis s’endormit dans le Seigneur, le 5 décembre 1109, comme l’avaient annoncé les anges.

Gérald fut très vite honoré comme Saint, ainsi que le mentionne le Martyrologe au 5 décembre.

De la cathédrale primitive, commencée an 1089, il ne reste aujourd’hui que le portail sud, de style roman. Le reste a été modifié ou ajouté, en style gothique et baroque.

 

 

Bartolomeo Fanti

1428-1495

 

Bartolomeo était natif de Mantoue (Italie N).

A dix-sept ans, il entra chez les Carmes.

Grand prédicateur, il fonda une confraternité de Notre-Dame du Mont-Carmel pour les fidèles, dont il fut l’aumônier pendant plus de trente ans.

Particulièrement attaché au Saint-Sacrement et à la Très Sainte Vierge, il en développa la dévotion, faisant brûler devant le Tabernacle et devant les images de Notre-Dame des lampes à huile.

Avec de l’huile recueillie de ces lampes, il aurait obtenu des guérisons.

Un de ses grands mérites fut d’avoir guidé dans le chemin de la sainteté Battista Spagnoli, qui devint le maître général des Carmes (v. 20 mars).

Bartolomeo mourut le 5 décembre 1495 et son corps est resté intact.

Son culte fut approuvé en 1909.

 

 

John Almond

1577-1612

 

Né vers 1577 à Allerton (Lancashire, Angleterre), il y passa son enfance, puis fut à Much-Woolton. Il resta en Irlande jusqu’à sa majorité et, à vingt ans, vint au Collège Anglais de Rome.

Il y acheva de brillantes études de philosophie et de théologie, avec les vives félicitations du cardinal Baronius, qui présidait la cérémonie de son doctorat.

Ordonné prêtre, c’était un ennemi du péché, un homme exemplaire, doué d’un vif esprit de compréhension, précis dans ses idées et ses réponses, profondément modeste, rempli de courage, prêt à souffrir pour le Christ.

Il vécut deux arrestations, en 1608 et 1612. En novembre 1612, sept prêtres s’étaient échappés, provoquant encore plus le zèle persécuteur de l’évêque protestant de Londres, qui haïssait particulièrment John Almond.

Le prêtre fut martyrisé le 5 décembre 1612 à Tyburn (Londres), en prononçant le saint Nom de Jésus.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi.

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (v. 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge.

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Gim Gang-i Simon

1765-1815

 

Gim Gang-i Simon est un laïc coréen né vers 1765 à Seosan (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Wonju (Ganngwon-do) le 5 décembre 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Yi Bong-geum Anastasia

1827-1839

 

Yi Bong-geum Anastasia est une jeune adolescente coréenne née en 1827.

Elle fut pendue alors qu’elle n’avait qu’une douzaine d’années, à Jeonju (Jeolla-do) le 5 ou le 6 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader.

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes.

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (v. 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Joaquín Jovaní Marín

1874-1936

 

Joaquín vint au monde le 16 octobre 1874 à San Mateu (Castellón, Espagne), de parents très chrétiens qui vinrent s’installer à Benicarló.

L’adolescent étudia au séminaire de Tortosa, puis de Toledo, où il passa la licence en théologie.

Après avoir été ordonné prêtre en 1898, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Il occupa différents postes au séminaire de Tolède, y fut directeur du collège San José, puis directeur à Almería, administrateur puis recteur du Séminaire Pontifical Espagnol à Rome.

Revenu en Espagne, il fut professeur au séminaire de Barcelone et recteur du séminaire de Tarragona.

En 1927, il fut élu supérieur général de sa congrégation, jusqu’en 1933.

En 1931, il écrivait déjà : Pour le moment, tout reste en paix, mais dans quelques mois, quand les gens s’apercevront qu’on les aura trompés dans leurs espérances avec des discours infâmes, qu’arrivera-t-il ? Je ne cherche même pas à y penser, sinon à vivre chaque jour comme le veut la Divine Providence. C’est maintenant que nous avons besoin d’une vie de foi !

En 1934, il laissa Tarragona ; en 1936, il se trouvait au séminaire de La Seu d’Urgell, pour quelques leçons avec les séminaristes plus anciens ; son cousin, Vicente, était avec lui. 

Il écrivit à cette époque : Dieu seul sait ce qui nous attend pour cette année. La marée rouge semble s’étaler. Arriverons-nous à la fin de l’angoisse ? Nous sommes dans les mains de Dieu.

Le 25 juillet 1936, pendant le chant des vêpres, les miliciens entrèrent dans la chapelle et arrêtèrent prêtres et séminaristes. Ils proposèrent aux Supérieurs de partir pour Andorre, mais ceux-ci ne voulaient pas abandonner les jeunes.

Le 26 juillet, un autobus conduisit tout le monde à Tarragona, sans omettre de leur confisquer tout ce qu’ils avaient sur eux.

A Tarragona, don Joaquín fut libéré ; il se réfugia quelques jours chez un ami où il put célébrer la messe. Mais le 2 août, tout un groupe de miliciens vint l’appeler. Dieu soit loué, voici l’heure, répondit le prêtre.

Interrogé, il répondit : Je suis prêtre, et recteur du séminaire de Tarragona. On le conduisit au Comité. Le soir, il fut conduit au Château de Pilate.

Don Joaquín reçut la visite d’un bon chrétien, dont l’épouse était la cousine de Federico Domingo, ce dernier étant le frère du ministre Marcelino Domingo. Grâce à Federico, Joaquín put sortir de prison. Muni d’un passeport pour la France, il quitta la pension avec son cousin Vicente, et partit en voiture, tandis que dans cette pension demeuraient encore d’autres prêtres.

Une soixantaine de militiens intervinrent et arrêtèrent tous les occupants. Sur ces entrefaîtes, la voiture revint, car d’autres miliciens avaient obligé les voyageurs à retrousser chemin. Ils furent donc arrêtés à leur tour.

Tous les prisonniers furent emmenés à la tchéka San Elías. Ils y restèrent encore plus de quatre mois.

Il eut l’occasion de dire : Je reste tranquille, parce que l’unique chose qu’ils peuvent me prendre, c’est la vie, mais j’en espère une meilleure.

Le 5 décembre 1936, don Joaquín et don Vicente furent emmenés au cimetière de Montcada i Reixac, où ils reçurent la palme du martyre.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Anunciación Peña Rodríguez

1900-1936

 

Anunciación vit le jour le 23 mars 1900 à Ruanales (Santander, Espagne) et fut baptisée le 25 mars, fête de l’Annonciation, d’où son prénom.

Jeune encore, elle fut orpheline de sa mère, ce qui l’obligea à travailler durement dès sa jeunesse.

En 1924, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, Ministres des Malades, dans la maison de Tudela, et commença le noviciat à Madrid.

En 1925, elle reçut l’habit et prit le nom de Agustina. Elle fit les premiers vœux en 1927.

L’unique maison où elle exerça son activité fut Pozuelo de Alarcón (Madrid), où elle prononça les vœux perpétuels en 1933.

Elle s’appliqua à toutes les tâches quotidiennes qu’on lui confia et, quand elle avait un moment de libre, elle se recueillait devant le Saint-Sacrement.

C’est elle qui fut chargée spécialement de veiller sur la Sœur Aurelia, la doyenne, durant ses dernières années et jusqu’à son martyre.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Toutefois, les miliciens imposèrent à la sœur Agustina de se séparer des autres, et elle se réfugia dans une autre famille à Las Rozas. On l’arrêta tout de même, l’accusant de deux crimes : être religieuse et avoir été vue en train de prier.

Elle fut martyrisée dès le 5 décembre, tandis que Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid), dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Vicente Jovaní Ávila

1902-1936

 

Vicente vint au monde le 5 décembre 1902 à Benicarló (Castellón, Espagne).

C’est un jeune cousin de Joaquín, martyrisé le même jour au même endroit.

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

Ayant rejoint son cousin Joaquín Jovaní (voir la notice ce même jour), il en partagea les vicissitudes, les démarches, les arrestations, les interrogatoires, la longue prison pendant plus de quatre mois.

Il eut cette réflexion : Ils peuvent nous tuer, nous sommes bien préparés pour mourir.

Il reçut la palme du martyre à Montcada (Barcelone) le 5 décembre 1936, jour de son anniversaire, et fut béatifié en 2013.

Narcyz Putz

1877-1942

 

Né le 28 octobre 1877 à Sierakow, Narcyz était le fils d’un aubergiste, Wladyslaw, et de Josepha Brodniewiczow. Il reçut le baptême le 25 novembre 1877.

Il fréquenta le collège et le lycée à Sainte-Marie-Madeleine de Poznan et passa son baccalauréat en 1898. Puis il entra au séminaire à Poznan et Gniezno, et reçut l’ordination sacerdotale en 1901.

Il reçut plusieurs postes successifs : administrateur à Boruszynie, vicaire à Obrzycko, à Szamotuly, à Wronki ; curé à Ludzisku.

Il était très actif ; il participait activement à diverses associations polonaises. Avant la première Guerre mondiale, il prit part au mouvement coopératif dans Szamotuly et voyagea en Allemagne, où il soutenait l’Union des Polonais.

A partir de 1920, il fut administrateur à Bydgoszcz, et, quand fut érigée la nouvelle paroisse du Sacré-Cœur, il en fut le curé.

Son action principale était de «poloniser» cette paroisse, où une population polonaise avait pris la place de l’ancienne population allemande ; il rendit visite aux familles polonaise et supprima les homélies en allemand.

Dans son attention pour les enfants, il organisa avec d’autres responsables la ferme de Jastrzebiec (près de Bydgoszcz), dont purent bénéficier près de deux-cents enfants durant l’été 1924.

Dès 1920, il eut des responsabilités diverses au sein même du conseil municipal, dans la comptabilité, et pour tout ce qui concernait la formation culturelle : bibliothèque, théâtre, école.

Le père Narcyz fut appelé à des charges plus importantes encore : en 1925 il fut nommé curé à Poznan, où il s’occupa de l’embellissement de l’église Saint-Adalbert ; à partir de 1930, il reçut d’autres charges importantes à la curie, fut nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Poznan, membre du conseil d’administration du diocèse, responsable de l’éducation religieuse dans les établissements du diocèse.

Infatigable, il présida l’association sacerdotale Unitas, participa à des réunions de lutte contre la franc-maçonnerie, s’impliqua dans la rédaction de divers magazines paroissiaux, et comme cela ne lui suffisait pas, il fit aussi partie du Conseil municipal de Poznan, où il fut chargé des finances, de l’aménagement des jardins municipaux, et de l’administration de la propriété Naramowicach. Depuis 1916, il fut aussi membre de la Société des Amis de la Science à Poznan.

Au moment de l’invasion allemande (1939), il se trouvait à Varsovie, où il fut arrêté le 4 octobre. Conduit dans un premier temps à Pawiak, il fut relâché après deux semaines, mais de nouveau arrêté à Poznan le 9 novembre et emprisonné au Fort VII : durant son calvaire, il subira le harcèlement, la torture, sans jamais priver ses compagnons de prison de son exemple de patience et de soutien moral.

Le 24 avril 1940, il fit partie du premier convoi à destination de Dachau. Le 6 juin, on le mit dans le camp de Gusen, pour travailler aux carrières et à la construction du camp. Il souffrit  beaucoup, surtout parce qu’il n’avait qu’un rein. Il organisa clandestinement la prière avec les codétenus, s’efforçant d’élever leur esprit. 

Revenu à Dachau, le 8 décembre 1940, il fut affecté aux plantations, puis à la bonneterie. Son numéro matricule fut 22064. 

Malade, il mourut à l’infirmerie le 5 décembre, officiellement des suites d’une pneumonie. Certaines sources affirment qu’on lui aurait injecté de l’essence. Son corps sera ensuite brûlé dans le four crématoire du camp.

 

Narcyz Putz fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 00:00

04 DÉCEMBRE

 

?

Ste Barbara, vierge martyre difficile à localiser (Nicomédie ?), invoquée contre la mort subite, donc contre la foudre et les orages, donc patronne des artificiers, des mineurs, des pompiers, et aussi des brossiers (qui travaillaient avec des “barbes” de chèvres).

III.

S Heraclas, évêque en Alexandrie, assistant d'Origène à l'école de cette ville.

IV.

S Meletios, évêque à Sebastoupoleos.

V.

S Felix, évêque à Bologne ; il assista s. Ambroise à sa mort.

VII.

S Apre, prêtre en Maurienne, ermite.

Ste Bertoare, abbesse à Bourges où elle aurait fondé un monastère colombanien.

S Siran, abbé à Méobecq et Longoritus ; son père fut évêque à Tours.

Ste Ada, abbesse bénédictine au Mans. 

VIII.

S Jean de Damas, docteur de l'Eglise ; grand vizir qu'il était, il défendit le culte des saintes Images et se fit moine ; la Sainte Vierge lui remit la main que le calife lui avait fait couper.

SS Théophane, Jacques, Papias, Stratégios, Léon et Thomas, martyrs à Constantinople, durant la persécution iconoclaste.

S Sola, ermite anglais installé à Solnhofen ; son âne mordit à mort un loup qui allait s'attaquer à un troupeau de brebis.

IX.

S Ioannis, évêque à Polybote, surnommé le Thaumaturge.

XI.

S Anno, évêque à Cologne et chancelier d'empire ; il fit reconnaître le pape légitime Alexandre II contre l'antipape élu par la cour allemande. 

S Osmond, évêque à Salisbury, d'origine normande ; ses réformes gagnèrent toute l'Angleterre, l'Irlande, le Pays de Galles.  

XII.

S Bernardo de Parme, abbé à San Salvi puis Vallombreuse, évêque à Parme, cardinal, il travailla à la pacification des villes d'Italie et souffrit beaucoup de l'empereur Henri V.

XIII.

Bse Marie de Saint-Martin, veuve et moniale à Pise ; d'entente avec son mari, ils vécurent dans la chasteté après la guérison de celui-ci et entrèrent tous deux dans les ordres.

B Piero Tecelano "Pettinario", tertiaire franciscain à Sienne, célèbre pour son humilité et son silence.

XVII.

B Ioannes Hara Mondo, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

Bx Francisco Gálvez, Girolamo de Angelis et Simon Enpō, martyrs au Japon ; Francisco était franciscain espagnol, Girolamo jésuite sicilien, tous deux prêtres ; Simon, avait, à seize ans, imité un bonze dans sa conversion au christianisme et secondait les Jésuites comme catéchiste, puis fut jésuite lui-même.

XIX.

B Adolf Kolping, le Don Bosco allemand à Cologne, béatifié en 1991.

XX.

S Giovanni Calabria (1873-1954), orphelin de père à douze ans, voué aux pauvres grâce à sa Pieuse Union pour l'assistance aux malades pauvres ; prêtre à Vérone, il fonda divers instituts : la "Casa buoni fanciulli" (Maison des Bons Enfants), la double famille des Pauvres Serviteurs (Servantes) de la Divine Providence et pour les laïcs la Famille des frères externes ; béatifié en 1988, canonisé en 1999.

Bx Martyrs espagnols en 1936, béatifiés en 2014 :

- Cisterciens : à Santander, les convers Francisco de la Vega González, Jacinto García Chicote, Robustiano Mata Ubierna, Eulogio Álvarez López, Ezequiel Álvaro de la Fuente (*1868, 1891, 1908, 1916, 1917).

Ioannes Hara Mondo no Suke

? - 1623

 

Ioannes était un noble samouraï japonais, né à Usui (Chiba, Japon) à une date inconnue.

Il faisait partie du Tiers-ordre franciscain, dans le diocèse de Tokyo.

Son martyre eut lieu le 4 décembre 1623 à Shinagawa (Tokyo) : crucifié, mutilé, il fut brûlé alors qu’il respirait encore.

Il a été béatifié en 2008 parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais de la même époque.

 

 

Adolf Kolping

1813-1865

 

Quatrième des cinq enfants de Peter et de Anna Maria Zurheyden, Adolf naquit à Kerpen (Cologne) le 8 décembre 1813. Sa mère mourra en 1833, son père en 1845.

Le papa travaillait chez un paysan comme berger, et l’on vivait dans la pauvreté, mais on était heureux. On retrouvera plus tard la famille de ce paysan dans la vie d’Adolf. Quand Adolf eut terminé l’école du village (1820-1826), son père l’orienta vers le métier de cordonnier. 

Adolf travailla de 1829 à 1832 comme cordonnier à Sindort, Düren et Lechenich, enfin Cologne, dans un important atelier.

Il aurait pu se marier là, mais il refusa et changea de place. Il avait été très frappé par les difficiles conditions de vie des ouvriers et des artisans. C’est aussi à ce moment que mourut sa mère (1833).

Puis, vers vingt-deux ans, il fut malade pendant environ deux années et dut s’arrêter de travailler. Il avait le temps de méditer et de prendre une sage décision. A vingt-quatre ans, il entra courageusement au lycée (Marzellengymnasium) à Cologne, dans le but de pouvoir s’orienter vers le sacerdoce. Auparavant, il s’ingénia à étudier le latin qui, à l’époque, était incontournable.

Ses efforts furent récompensés : trois ans et demi après son entrée, il passa avec succès le baccalauréat (1841)

Il a donc vingt-huit ans quand il demande son admission au séminaire : séminaire des vocations tardives (Münich, 1841-1842 ; Bonn, 1842-1844), enfin le grand séminaire de Cologne pour la théologie.

On se demandera avec justesse comment le pauvre Adolf put payer sa pension pendant toutes ces années de formation. La Providence l’aida, à travers plusieurs personnes généreuses, en particulier une des filles du paysan chez qui travaillait le père d’Adolf : elle avait fait le vœu d’aider un étudiant en théologie.

Adolf fut finalement ordonné prêtre le 13 avril 1845, à trente-deux ans, le lendemain même de la mort de son cher Papa. Quelle épreuve !

Son premier poste fut Elberfeld (Wuppertal), où il était chapelain et professeur de religion. Il se rendit compte, comme précédemment à Cologne, de la même situation sociale des ouvriers, qui vivaient dans une réelle pauvreté, pour un travail exténuant, ce qui n’aidait pas les jeunes apprentis à avoir beaucoup d’espérance pour le lendemain.

Or, en 1847, il reçut la présidence d’une Association catholique qui cherchait à venir en aide à ses membres de façon spirituelle, morale et spirituelle. Il voulut implanter cette association à Elberfeld, mais, convaincu qu’elle ne pouvait s’étendre que dans une grande ville, il demanda à être déplacé à Cologne même.

C’est ainsi qu’il fut nommé vicaire à la cathédrale de Cologne en 1849 ; sans attendre, il donna naissance, avec six autres ouvriers, à l’Association des Ouvriers de Cologne (Kölner Gesellenverein), dans la Kolumbaschule : un an après, l’Association comptait déjà plus de cinq cents adhérents.

Très vite le concept s’étendit à d’autres villes : à la mort d’Adolf en 1865, il y aura plus de quatre-cents associations, avec vingt-quatre mille adhérents.

En 1850, Adolf réunit les trois associations d’Elberfeld, Cologne et Düsseldorf en une seule association : le Cercle Rhénan des Ouvriers (Rheinischer Gesellenbund), qui prit un an après le nom de Union Catholique des Ouvriers (Katholischer Gesellenverein), pour pouvoir étendre son influence au-delà du Rhin. C’était là l’embryon de l’actuelle Œuvre de Kolping, qui est internationale.

La conviction d’Adolf Kolping était que, pour aider ces ouvriers «ambulants», il leur fallait une sorte de «famille», car seule la famille peut offrir à ses enfants une bonne formation morale et chrétienne. Aussi voulut-il que son Œuvre devînt pour les ouvriers leur maison de famille, avec des compagnons et des amis de même condition, de mêmes droits, de même idéal, pour pouvoir y vivre dans une ambiance profondément amicale.

Dans ces maisons, il devait aussi y avoir des heures d’enseignement religieux, politique et pratique, pouvant conduire ces jeunes ouvriers à trouver plus facilement leur place dans la société.

Par la suite, on choisit parmi ces Compagnons ceux qui pourraient aussi assister des confrères malades : diagnostiquer le mal, donner les premiers soins d’urgence. Adolf s’employa lui-même à assister spirituellement des malades du choléra. La ville de Cologne voulut l’en récompenser, mais il demanda à reverser cette aide financière à la fondation.

Dès 1851, Adolf chercha des subsides pour acheter à Cologne une grande maison avec jardin et y installer sa fondation : il l’acheta dans la Breite Straße pour 14.200 Taler, offrant ainsi un lieu de rencontre et d’hébergement pour les ouvriers sans domicile. En 1853, la maison était prête.

Déjà pendant son activité de cordonnier, mais encore plus depuis qu’il était prêtre, Adolf écrivait : des poésies, différents articles dans les journaux, d’abord comme collaborateur puis comme rédacteur en chef, jusqu’à fonder en 1854 un périodique qui devait être un des organes de presse les plus fameux dans les milieux catholiques (Rheinische Volksblätter).

La presse était pour Adolf le moyen de dénoncer les injustices flagrantes de ce 19e siècle industriel, en même temps que la détresse spirituelle de beaucoup d’ouvriers. Cette activité de publiciste lui permit en outre de recevoir des subsides abondants pour son Œuvre.

On a parlé plus haut d’une maladie qui l’empêcha de travailler pendant deux années. Or Adolf fut continuellement frappé par la maladie durant toute sa vie. Malgré cela, en 1858, il se laissa nommer président des alors cent-quatre-vingt associations, mettant toutes ses forces en jeu pour étendre cette Œuvre. Il fit plusieurs voyages, malgré la fatigue que cela lui procurait.

En 1861, il dut renoncer à participer au Katholikentag de Münich et même à la rencontre des présidents des associations de l’Œuvre (Le Katholikentag ou Journée des Catholiques, est une journée annuelle où laquelle le clergé, à travers la parole et la prière, encourage et stimule les efforts de chacun pour un témoignage de vie toujours plus conforme à l’Evangile). 

En mai 1862, quand il venait, à sa demande, d’être nommé recteur de la Minoritenkirche (Immaculée Conception, tenue par les Frères Mineurs), il put tout de même se traîner à Rome pour présenter son Œuvre au pape : Pie IX lui remit à cette occasion un précieux ornement pour la messe, que l’on conserve encore aujourd’hui.

Sa santé sembla s’améliorer, mais au printemps 1865 Adolf eut une douloureuse arthrite à l’avant-bras droit. Il fit encore un voyage à Trèves en septembre pour la bénédiction d’une nouvelle maison.

 Les attaques s’intensifièrent et se multiplièrent. Adolf mourut quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire, le 4 décembre 1865, dans la maison-mère de Cologne.

Il est enterré au cimetière «des Malades» (Melatenfriedhof), qui servait au Moyen-Age pour la sépulture des malades (en particulier des pestiférés) et se trouve tout près de Cologne.

Adolf Kolping a été béatifié en 1991. Il est mentionné le 4 décembre au Martyrologe.

 

 

Giovanni Calabria

1873-1954

 

Giovanni (Jean) naquit le 8 octobre 1873 à Verona (Italie nord), benjamin des sept enfants de Luigi Calabria, un sabotier, et Angela Foschio.

Orphelin de père à dix ans, il dut quitter l’école et travailler comme petit domestique, mais son curé l’aida à préparer l’examen d’entrée au séminaire, comme externe.

Trois ans après, en 1893, il fit le service militaire, où il eut l’occasion d’accepter les travaux les plus humbles et parfois dangereux, mais aussi d’amener des compagnons à la conversion et à la pratique chrétienne.

Il reprit ensuite les études et, en 1897, commença la théologie.

Avant même d’être ordonné prêtre, il trouva dans la rue un enfant tzigane fugitif (ou abandonné), qu’il prit chez lui : c’était l’amorce de la Pieuse Union pour l’assistance des malades pauvres.

Ordonné prêtre en 1901, il fut vicaire à Santo Stefano et confesseur au séminaire.

En 1907, il fut recteur à San Benedetto al Monte, s’occupant particulièrement des soldats. La même année, il fonda la Maison des Bons Enfants (Casa Buoni Fanciulli), avec l’aide de généreux laïcs, qui se compléta en 1910 avec la branche féminine.

Ces deux Pieuses unions aboutirent à la congrégation des Pauvres Serviteurs de la Divine Providence et des Pauvres Servantes de la Divine Providence, approuvées respectivement par l’évêque en 1932 et 1952, et par le Vatican en 1949 et 1981.

En 1934 furent envoyés déjà quatre membres à Vijayavada (Inde) pour s’occuper des Parias.

Durant la Guerre mondiale, il n’hésita pas à abriter des Juifs dans son institut : c’est une doctoresse juive qui en témoigna en demandant plus tard sa béatification, affirmant que don Calabria l’avait dissimulée parmi ses Sœurs, vêtue comme elles.

En 1944, ce fut la fondation de la Famille des Frères Extérieurs, tiers-ordre pour les laïcs.

L’Œuvre s’occupe de tous les moins avantagés, sans jamais rien leur demander : gamins des rues, orphelins, handicapés, malades… On vit de la Providence. Nouveauté inouïe : les Frères et les Pères ont même rang, ce qui choquera plus d’un ecclésiastique «traditionnel».

Récemment, les conditions de l’enseignement en Italie ont fait que l’Œuvre s’est étendue davantage aux handicapés du Tiers Monde. 

Don Calabria établit aussi des rapports très fraternels avec les autres confessions ; un pasteur suédois demanda personnellement la béatification de son cher Ami.

Le 3 décembre 1954, il offrit sa vie pour le pape Pie XII, très gravement malade. Le lendemain, 4 décembre 1954, mystérieusement, le pape se reprenait (il mourut en 1958), tandis que don Calabria quittait cette vie pour l’Eternité.

Pie XII, qui ne savait pas encore quel sacrifice venait de faire Don Calabria, apprenant sa mort, le définit un héros de la charité évangélique. 

Don Giovanni Calabria fut béatifié en 1988 et canonisé en 1999.

Barbara de Nicomédie

?

 

Sainte Barbara (le Français a traduit Barbe) est une Sainte aussi illustre que mystérieuse. Selon les versions, on lui trouve plusieurs localités où elle vécut, dans un intervalle de temps qui varie sur quatre-vingts ans, et des reliques si nombreuses et éparpillées, qu’on pourrait peut-être disposer de plusieurs corps de la Sainte.

Le père de notre Héroïne s’appelait Dioscore. Pour protéger sa fille, dont la beauté était connue, il l’enferma dans une tour. Il dut partir en voyage.

Barbara désirait être chrétienne. Elle l’était déjà de cœur, au point qu’elle fit faire une troisième fenêtre à sa tour, en l’honneur des trois Personnes de la sainte Trinité. Bien sûr, elle n’accordait pas d’attention au culte païen.

A son retour, Dioscore constate avec colère que sa fille n’honore pas les dieux païens et veut la  tuer. Barbara s’enfuit. Un rocher s’ouvre pour la laisser passer et elle s’abrite dans une grotte. Un berger trahit sa retraite : ses moutons sont changés en scarabées (ou en statues, ou en sauterelles, selon les versions).

Dioscore traîne sa fille devant le juge. Après quelques tortures, le juge ordonne d’exhiber la jeune fille, nue, dans tout le pays : une robe céleste vient couvrir ce corps virginal. Dioscore alors décapite sa fille sans pitié : il est abattu d’un coup de foudre.

Les dates proposées pour ce martyre varient entre 235 et 313.

Les localités sont Antioche de Syrie ou Héliopolis (mais il y a plusieurs villes de ce nom), ou peut-être plus probablement Nicomédie ; mais on propose aussi quelque endroit de la Toscane ou Rome.

Sainte Barbara fut depuis longtemps invoquée contre la mort subite - peut-être par référence à la mort de Dioscore, et devint patronne de la bonne mort. Amie de la foudre, elle fut invoquée par les paysans contre les orages, par les arquebusiers, les canoniers, puis les pompiers, qui luttent contre le feu…

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Barbara au 4 décembre.

 

 

Heraclas d’Alexandrie

† 248

 

Heraclas était né dans une famille païenne d’Alexandrie (Egypte).

Il avait un frère, Plutarque, qui se convertit le premier et l’entraîna par son exemple. Plutarque fut aussi la première victime de l’école d’Alexandrie, lors de la persécution de Sévère (202).

Quant à lui, Héraclas se mit à l’étude de la philosophie, puis des autres sciences profanes, et de l’Ecriture.

Il fut ordonné prêtre.

Vers 215, Origène eut besoin d’un assistant pour son école, de plus en plus fréquentée. Héraclas fut cet assistant : il s’occupait des nouveau venus. L’historien Eusèbe de Césarée écrit de lui qu’il fut un homme zélé pour les choses saintes, très éloquent et non dépourvu de philosophie. Origène lui laissa la direction de ceux qui ne faisaient que débuter et se réserva l’instruction de ceux qui étaient plus avancés. Mais cette place de second rang ne signifie pas qu’il était un subalterne : plusieurs fois il remplaça Origène à la direction de l’école, quand ce dernier était en déplacement.

En 230, Origène fut ordonné prêtre par l’évêque de Césarée, de sorte qu’il n’appartenait pas au clergé d’Alexandrie : l’évêque d’Alexandrie, Demetrius, nomma alors Heraclas à la tête de l’école.

En 231, Demetrius mourut, et Heraclas fut appelé à lui succéder.

Le nouvel évêque ne crut pas opportun de rappeler Origène à Alexandrie, pour éviter quelques possibles tensions. Il s’occupa particulièrement de la réadmission des Chrétiens qui se seraient momentanément égarés dans quelque hérésie ; sa méthode était apostolique : avant de les réadmettre à la communion, il leur demandait d’exposer publiquement ce qu’ils avaient entendu dire de la part des hérétiques.

Il mourut vers 248, après seize années d’épiscopat.

Avec l’Eglise copte, le Martyrologe Romain mentionne saint Heraclas d’Alexandrie au 4 décembre.

 

 

Meletios de Sebastoupoleos

4. siècle

 

Grec d’origine, Meletios (ou mieux Melitios) fut surnommé par ses camarades le miel de l’Attique, avec un jeu de mots sur son prénom.

Eusèbe de Césarée parle de sa grande expérience et de (son) savoir étendu, et dit de lui qu’il était le plus expert et le plus savant qui fût dans toutes les connaissances libérales. Chez lui la vertu de la vie était à la hauteur du reste.

Durant la persécution, il s’enfuit dans la Palestine.

Il fut nommé évêque de Sebastoupoleos (ou Dioscurias, Pont, auj. Géorgie). S.Athanase et s.Basile de Césarée en ont fait l’éloge comme défenseur de l’orthodoxie.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Meletios de Sebastoupoleos au 4 décembre.

 

 

Felix de Bologne

† 432

 

On sait de Felix qu’il était diacre de l’Eglise de Milan.

En 394, l’évêque de Milan, s.Ambroise (v. 7 décembre) lui confia une mission pour l’empereur Théodose.

En 397, il fut au chevet de s.Ambroise, qui allait s’éteindre.

C’est après cette dernière date qu’il fut nommé septième évêque de Bologne, et le resta jusqu’à l’avênement de s.Petronius (431 ou 432, v. 4 décembre).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Felix de Bologne au 4 décembre.

 

 

Aper en Maurienne

7e siècle

 

Aper («sanglier», en français Aupre, Avre) vivait dans la région de Sens (Yonne).

Il voulut appliquer strictement ces deux conseils évangéliques : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple et Nul n’est prophète en son pays (Lc 14:33 et 4:24). Il partit vers le Sud.

Les récits divergent.

Dans un premier texte, Aper demanda à l’évêque de Maurienne, Leporius, un lieu où il pourrait se retirer pour y prier et évangéliser le peuple. Aper fut dirigé vers une église Saint-Nazaire ; malgré la sainteté de sa vie, des calomnies parvinrent aux oreilles de l’évêque de Grenoble qui décréta une enquête. Ses envoyés voulurent forcer Aper à les suivre mais, en chemin, sur la prière d’Aper, une biche vint providentiellement les désaltérer de son lait ; reconnaissant le prodige, l’évêque de Grenoble s’excusa et Aper regagna son église. Un jour, son serviteur serait mort de noyade, si Aper ne l’avait retiré des eaux contre tout espoir.

Un autre récit expose qu’Aper s’adressa d’abord à l’évêque de Grenoble, Clair, qui le reçut dans son clergé et lui confia la paroisse de La Terrasse. Des calomnies firent fuir Aper, qui vint s’installer là où est maintenant Saint-Avre (Savoie).

Il n’y a guère de commun entre les deux versions que les calomnies et l’évêque de Grenoble. Par ailleurs, il semble étrange, dans le premier récit, que l’évêque de Grenoble diligente une enquête en-dehors de son diocèse. Le Martyrologe Romain se contente de mentionner la vie solitaire et pénitente d’Aper.

Saint Aper est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siran de Méobecq

7e siècle

 

Siran (en latin Sigirannus) naquit vraisemblablement dans les dernières années du 6e siècle, fils du noble Sigelaïc, berrichon, qui l’envoya étudier à Tours.

Il fut ensuite admis à la cour du roi des Francs, sous la protection de Flaochad, futur maire du palais, et devint bientôt échanson du roi. On ne sait pas précisément de quel roi il peut s’agir, Thierry II ou Clotaire II.

Sigelaïc était un homme très vertueux et fut appelé à devenir le vingt-cinquième évêque de Tours (619) : il pouvait être veuf, et Siran devait donc être mûr et indépendant. Sigelaïc pensait que son Siran épouserait la fille d’un ami à lui, mais Siran quitta toutes ses occupations mondaines, se rasa lui-même la tête comme un clerc et fut bientôt admis parmi le clergé de Tours, du temps du successeur de Sigelaïc.

Siran fut ensuite nommé archidiacre. Il distribua tous ses biens. L’administrateur de Tours le crut fou et le fit enfermer ; mal lui en prit, il fut attaqué par une telle crise de folie, qu’un garde l’abattit d’un coup d’épée.

Notre Siran se retira encore une fois de ces responsabilités et suivit un Irlandais de passage : Falvius, qui se déplaçait avec quelques disciples en pèlerinage à Tours et avaient pour but la Ville Eternelle.

Chaque étape était pour Siran l’occasion de prêcher aux populations, de rendre des services, de gagner son pain en participant aux vendanges, tout en continuant de lire les Vies de Saints ou l’Ecriture, qu’il avait toujours avec lui.

Mais de Rome, il repartit vite auprès de Flaochad qui avait besoin de lui ; ce dernier, reconnaissant, l’aida à fonder un monastère à Méobecq (Indre) ainsi qu’un autre à proximité, Longoritus, où l’on pratiqua la Règle de s.Benoît.

Siran eut le don des miracles. Des voleurs qui étaient partis avec ses chevaux, croyant avoir chevauché toute la nuit, se retrouvèrent devant la porte du monastère au petit matin ; la chandelle éteinte d’un frère maladroit, se retrouva allumée par un signe de croix. Un jour qu’il rencontra un bandit qu’on menait à la potence, il demanda sa grâce ; ne l’ayant obtenue, il s’adressa à la foule : Que celui qui est sans péché, vienne lui jeter la première pierre (Jn 8:7) ; tous demandèrent la grâce du condamné, que Siran exhorta à mener désormais une vie honnête.

Malheureusement, comme autrefois près de Notre-Seigneur, Siran connut la trahison. Un moine constitua un clan opposé à leur abbé. Pour le bien de la communauté, Siran préféra éviter l’affrontement et reprit son bâton de pèlerin. Ses dons de pêcheur l’aidaient à donner des poissons aux pauvres, ailleurs il aidait un paysan à porter son fagot, ou à tirer une charrette de fumier, avant de lui donner de quoi acheter un bœuf.

Il parvint ainsi à Toulouse et se joignit aux mendiants, auxquels il adressa la Bonne Nouvelle. Mais désormais épuisé, il mourut après avoir donné tout ce qui lui restait ; son seul bien était sa mince tunique, dans laquelle il voulait être enterré, sans honneur.

Siran mourut sous Clovis II ou Clovis III, traditionnellement un 4 décembre.

Des deux monastères fondés par Siran, il ne reste rien.

C’est son nom qu’on a repris pour l’abbaye de Saint-Cyran, trop célèbre lors de la querelle du jansénisme.

Saint Siran de Méobecq est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ada du Mans

7e siècle

 

Ada pourrait être la même personne qu’Adrehilde, d’après certains documents.

Elle aurait été la nièce de l’évêque Engelbert (Aglibert ?, † 705) du Mans.

Ada était dans le monastère Sainte-Marie de Soissons et fut invitée par l’évêque Innocent à venir enseigner la règle de saint Benoît au Mans, dans un monastère dédié autrefois à saint Julien, puis à Notre Dame, et dont Ada fut abbesse.

Or, l’évêque Innocent mourut en 543.

En revanche, un autre document parle de Ada ou Adrehilde sous l’évêque Béraire, qui mourut en 670.

Dans le Martyrologe, il est dit qu’elle mourut après 692.

Il semble qu’il y ait eu ici plusieurs confusions, soit entre les noms des évêques manceaux, soit à propos de l’identification elle-même d’Ada.

Ada reste un personnage historiquement attesté, ainsi que sa sainteté de vie.

Sainte Ada du Mans est commémorée le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Damas

676-749

 

Si l’on connaît assez bien les grands épisodes de la vie de Jean de Damas (Damascène), on reste dans l’incertitude sur ses dates de naissance et de mort.

Jean vit le jour à Damas (Syrie) vers 676, dans une célèbre famille chrétienne arabe qui portait le nom de Mansŭr (victorieux). Son père portant le nom de Sarjoun (Serge), Jean s’appela Mansŭr ibn Sarjoun (fils de Serge).

Originaire de Damas, il est resté Jean Damascène, en grec Ioannis Damaskinos, en latin Iohannes Damascenus.

A cela s’ajoute son surnom de Chrysorrhoas, rhéteur d’or.

A la fin du 7e siècle, qui vit la naissance de Jean, la région de Damas passa sous domination musulmane, mais la cour conserva quelques fonctionnaires chrétiens, dont le grand-père de Jean, qui fut percepteur des taxes pour le Moyen-Orient. Le père de Jean reprit cette fonction, qu’il transmit à son fils.

L’éducation de Jean fut confiée à un moine italien captif des Sarrasins, nommé Cosmas, immensément instruit. Jean devint très cultivé en musique, en astronomie, en théologie, en rhétorique, en philosophie, en arithmétique et en géométrie.

Vers 730, Jean fut nommé grand vizir, mais ne resta pas longtemps dans cette charge.

On était alors dans la crise iconoclaste, et Jean exposa ouvertement sa position en faveur des saintes images. L’empereur falsifia une lettre de Jean et la présenta au calife : furieux, ce dernier fit amputer Jean de la main droite, séance tenante.

Jean ramassa sa main coupée et se retira dans la prière, promettant à la Vierge Marie que désormais, s’il guérissait, il n’écrirait plus que des hymnes en l’honneur du Christ. Il se réveilla de son sommeil, parfaitement guéri. Le calife comprit alors son erreur, crut à l’innocence de Jean et le rétablit dans sa charge.

Mais l’épreuve avait suffi : Jean se retira dans la laure (le monastère) Saint-Sabas à Jérusalem. Il fut d’abord confié à un pieux moine très sévère et imperméable à la poésie et à la musique, qui soumit Jean à de dures privations. Jean obéit humblement. Dieu fit savoir à ce vieux moine de cesser ce régime et Jean put reprendre l’étude et la composition.

Jean fut ordonné prêtre vers 735.

Les traditions divergent sur les dernières années de Jean. On a avancé qu’il avait été martyrisé lors d’un voyage en Orient pour fortifier les chrétiens contre l’iconoclasme ; on a plutôt affirmé qu’il mourut dans sa cellule, à un âge très avancé, vers 749.

Le jour traditionnellement retenu pour sa mort est le 4 décembre.

Dans une de ses œuvres, Jean montra point par point comment le Coran s’éloigne de la Bible dans les quelques allusions qu’il fait aux récits bibliques. Il condamna fermement l’hérésie musulmane, mais les Musulmans le respectèrent grandement et conservent toujours son corps dans leur mosquée.

Si l’on voit toujours saint Jean de Damas représenté avec un turban, c’est pour rappeler son origine arabe.

En 1890, Jean de Damas fut proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Sola de Solnhofen

† 794

 

Sola venait de l’Angleterre méridionale ; il vint en Germanie.

En 744, s.Boniface (v. 5 juin) le reçut comme moine à Fulda et l’ordonna prêtre.

Vers 750, Boniface l’envoya en mission vers le Sud du pays et il s’établit à Husen.

A la mort de Boniface, Sola entreprit la vie d’ermite et construisit à Husen dans la vallée de l’Altmühl,  un petit oratoire, avec les encouragements de l’évêque d’Eichstätt, Willibald et du frère de ce dernier, Wynnibald (v. 7 juillet et 18 décembre). Husen devint ensuite Solnhofen.

Un des miracles fameux de Sola fut qu’il donna l’ordre à son âne de «charger» un loup qui allait s’attaquer à des brebis. L’âne obéit si bien qu’il mordit à mort le loup.

En 793, Charlemagne inspecta le travail de Sola pour creuser un canal entre les deux vallées du Rezat souabe et Altmühl ; pour remercier Sola, il lui fit don du terrain où il avait édifié son oratoire.

Sola mourut le 4 décembre 794.

A l’endroit du monastère, des recherches ont mis en évidence jusqu’à cinq églises superposées ; les deux premières remonteraient à l’époque précédant l’arrivée de Sola ; la troisième serait la chapelle de Sola ; la quatrième serait celle construite  à partir de 794 et la cinquième fut la basilique,  détruite en 1783.

Saint Sola de Solnhofen est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Polybote

9e siècle

 

Ce saint évêque occupa le siège de Polybote en Phrygie Salutaire (Phrygie de l’Est, capitale Synnada, en Asie Mineure).

Quand fut fondé ce diocèse ? On ne sait. A quelle distance se trouvait Polybote de Synnada ? de Hiérapolis ? On se rappelle que l’apôtre s.Philippe (v. 3 mai) mourut martyr en Phrygie, que s.Papias fut évêque de Hiérapolis en Phrygie (v. 22 février) : Ioannis aurait donc été un de leurs successeurs.

Même les ouvrages orthodoxes ne sont pas prolixes à propos de ce grand évêque.

Les miracles notoires qui se produisirent avant comme après sa mort, l’ont fait surnommer Thaumaturge.

Puisqu’il combattit contre l’iconoclasme de l’empereur Léon l’Arménien (813-820), il mourut bien au 9e, et non au 8e siècle.

La Vita ancienne de Ioannis racontait que les Arabes, après avoir pris la ville voisine d’Amorium (838), allaient violer son tombeau quand ils durent s’arrêter, frappés de malaises divers. Ils implorèrent le pardon du Saint et furent guéris.

On dit aussi que chaque année, pour la Pentecôte, on sortait son corps demeuré intact et on le plaçait revêtu de ses insignes pontificaux sur le trône épiscopal où il demeurait sans s’affaisser.

Saint Ioannis de Polybote est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

Aper en Maurienne

7e siècle

 

Aper («sanglier», en français Aupre, Avre) vivait dans la région de Sens (Yonne).

Il voulut appliquer strictement ces deux conseils évangéliques : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple et Nul n’est prophète en son pays (Lc 14:33 et 4:24). Il partit vers le Sud.

Les récits divergent. 

Dans un premier texte, Aper demanda à l’évêque de Maurienne, Leporius, un lieu où il pourrait se retirer pour y prier et évangéliser le peuple. Aper fut dirigé vers une église Saint-Nazaire ; malgré la sainteté de sa vie, des calomnies parvinrent aux oreilles de l’évêque de Grenoble qui décréta une enquête. Ses envoyés voulurent forcer Aper à les suivre mais, en chemin, sur la prière d’Aper, une biche vint providentiellement les désaltérer de son lait ; reconnaissant le prodige, l’évêque de Grenoble s’excusa et Aper regagna son église. Un jour, son serviteur serait mort de noyade, si Aper ne l’avait retiré des eaux contre tout espoir.

Un autre récit expose qu’Aper s’adressa d’abord à l’évêque de Grenoble, Clair, qui le reçut dans son clergé et lui confia la paroisse de La Terrasse. Des calomnies firent fuir Aper, qui vint s’installer là où est maintenant Saint-Avre (Savoie).

Il n’y a guère de commun entre les deux versions que les calomnies et l’évêque de Grenoble. Par ailleurs, il semble étrange, dans le premier récit, que l’évêque de Grenoble diligente une enquête en-dehors de son diocèse. Le Martyrologe Romain se contente de mentionner la vie solitaire et pénitente d’Aper.

Saint Aper est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siran de Méobecq

7e siècle

 

Siran (en latin Sigirannus) naquit vraisemblablement dans les dernières années du 6e siècle, fils du noble Sigelaïc, berrichon, qui l’envoya étudier à Tours.

Il fut ensuite admis à la cour du roi des Francs, sous la protection de Flaochad, futur maire du palais, et devint bientôt échanson du roi. On ne sait pas précisément de quel roi il peut s’agir, Thierry II ou Clotaire II.

Sigelaïc était un homme très vertueux et fut appelé à devenir le vingt-cinquième évêque de Tours (619) : il pouvait être veuf, et Siran devait donc être mûr et indépendant. Sigelaïc pensait que son Siran épouserait la fille d’un ami à lui, mais Siran quitta toutes ses occupations mondaines, se rasa lui-même la tête comme un clerc et fut bientôt admis parmi le clergé de Tours, du temps du successeur de Sigelaïc.

Siran fut ensuite nommé archidiacre. Il distribua tous ses biens. L’administrateur de Tours le crut fou et le fit enfermer ; mal lui en prit, il fut attaqué par une telle crise de folie, qu’un garde l’abattit d’un coup d’épée.

Notre Siran se retira encore une fois de ces responsabilités et suivit un Irlandais de passage : Falvius, qui se déplaçait avec quelques disciples en pèlerinage à Tours et avaient pour but la Ville Eternelle. 

Chaque étape était pour Siran l’occasion de prêcher aux populations, de rendre des services, de gagner son pain en participant aux vendanges, tout en continuant de lire les Vies de Saints ou l’Ecriture, qu’il avait toujours avec lui.

Mais de Rome, il repartit vite auprès de Flaochad qui avait besoin de lui ; ce dernier, reconnaissant, l’aida à fonder un monastère à Méobecq (Indre) ainsi qu’un autre à proximité, Longoritus, où l’on pratiqua la Règle de s.Benoît.

Siran eut le don des miracles. Des voleurs qui étaient partis avec ses chevaux, croyant avoir chevauché toute la nuit, se retrouvèrent devant la porte du monastère au petit matin ; la chandelle éteinte d’un frère maladroit, se retrouva allumée par un signe de croix. Un jour qu’il rencontra un bandit qu’on menait à la potence, il demanda sa grâce ; ne l’ayant obtenue, il s’adressa à la foule : Que celui qui est sans péché, vienne lui jeter la première pierre (Jn 8:7) ; tous demandèrent la grâce du condamné, que Siran exhorta à mener désormais une vie honnête.

Malheureusement, comme autrefois près de Notre-Seigneur, Siran connut la trahison. Un moine constitua un clan opposé à leur abbé. Pour le bien de la communauté, Siran préféra éviter l’affrontement et reprit son bâton de pèlerin. Ses dons de pêcheur l’aidaient à donner des poissons aux pauvres, ailleurs il aidait un paysan à porter son fagot, ou à tirer une charrette de fumier, avant de lui donner de quoi acheter un bœuf.

Il parvint ainsi à Toulouse et se joignit aux mendiants, auxquels il adressa la Bonne Nouvelle. Mais désormais épuisé, il mourut après avoir donné tout ce qui lui restait ; son seul bien était sa mince tunique, dans laquelle il voulait être enterré, sans honneur.

Siran mourut sous Clovis II ou Clovis III, traditionnellement un 4 décembre.

Des deux monastères fondés par Siran, il ne reste rien.

C’est son nom qu’on a repris pour l’abbaye de Saint-Cyran, trop célèbre lors de la querelle du jansénisme.

Saint Siran de Méobecq est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ada du Mans

7e siècle

 

Ada pourrait être la même personne qu’Adrehilde, d’après certains documents.

Elle aurait été la nièce de l’évêque Engelbert (Aglibert ?, † 705) du Mans.

Ada était dans le monastère Sainte-Marie de Soissons et fut invitée par l’évêque Innocent à venir enseigner la règle de saint Benoît au Mans, dans un monastère dédié autrefois à saint Julien, puis à Notre Dame, et dont Ada fut abbesse.

Or, l’évêque Innocent mourut en 543.

En revanche, un autre document parle de Ada ou Adrehilde sous l’évêque Béraire, qui mourut en 670.

Dans le Martyrologe, il est dit qu’elle mourut après 692. 

Il semble qu’il y ait eu ici plusieurs confusions, soit entre les noms des évêques manceaux, soit à propos de l’identification elle-même d’Ada. 

Ada reste un personnage historiquement attesté, ainsi que sa sainteté de vie.

Sainte Ada du Mans est commémorée le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Damas

676-749

 

Si l’on connaît assez bien les grands épisodes de la vie de Jean de Damas (Damascène), on reste dans l’incertitude sur ses dates de naissance et de mort. 

Jean vit le jour à Damas (Syrie) vers 676, dans une célèbre famille chrétienne arabe qui portait le nom de Mansŭr (victorieux). Son père portant le nom de Sarjoun (Serge), Jean s’appela Mansŭr ibn Sarjoun (fils de Serge).

Originaire de Damas, il est resté Jean Damascène, en grec Ioannis Damaskinos, en latin Iohannes Damascenus.

A cela s’ajoute son surnom de Chrysorrhoas, rhéteur d’or.

A la fin du 7e siècle, qui vit la naissance de Jean, la région de Damas passa sous domination musulmane, mais la cour conserva quelques fonctionnaires chrétiens, dont le grand-père de Jean, qui fut percepteur des taxes pour le Moyen-Orient. Le père de Jean reprit cette fonction, qu’il transmit à son fils.

L’éducation de Jean fut confiée à un moine italien captif des Sarrasins, nommé Cosmas, immensément instruit. Jean devint très cultivé en musique, en astronomie, en théologie, en rhétorique, en philosophie, en arithmétique et en géométrie.

Vers 730, Jean fut nommé grand vizir, mais ne resta pas longtemps dans cette charge.

On était alors dans la crise iconoclaste, et Jean exposa ouvertement sa position en faveur des saintes images. L’empereur falsifia une lettre de Jean et la présenta au calife : furieux, ce dernier fit amputer Jean de la main droite, séance tenante. 

Jean ramassa sa main coupée et se retira dans la prière, promettant à la Vierge Marie que désormais, s’il guérissait, il n’écrirait plus que des hymnes en l’honneur du Christ. Il se réveilla de son sommeil, parfaitement guéri. Le calife comprit alors son erreur, crut à l’innocence de Jean et le rétablit dans sa charge.

Mais l’épreuve avait suffi : Jean se retira dans la laure (le monastère) Saint-Sabas à Jérusalem. Il fut d’abord confié à un pieux moine très sévère et imperméable à la poésie et à la musique, qui soumit Jean à de dures privations. Jean obéit humblement. Dieu fit savoir à ce vieux moine de cesser ce régime et Jean put reprendre l’étude et la composition.

Jean fut ordonné prêtre vers 735. 

Les traditions divergent sur les dernières années de Jean. On a avancé qu’il avait été martyrisé lors d’un voyage en Orient pour fortifier les chrétiens contre l’iconoclasme ; on a plutôt affirmé qu’il mourut dans sa cellule, à un âge très avancé, vers 749.

Le jour traditionnellement retenu pour sa mort est le 4 décembre.

Dans une de ses œuvres, Jean montra point par point comment le Coran s’éloigne de la Bible dans les quelques allusions qu’il fait aux récits bibliques. Il condamna fermement l’hérésie musulmane, mais les Musulmans le respectèrent grandement et conservent toujours son corps dans leur mosquée.

Si l’on voit toujours saint Jean de Damas représenté avec un turban, c’est pour rappeler son origine arabe.

En 1890, Jean de Damas fut proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Sola de Solnhofen

† 794

 

Sola venait de l’Angleterre méridionale ; il vint en Germanie.

En 744, s.Boniface (v. 5 juin) le reçut comme moine à Fulda et l’ordonna prêtre.

Vers 750, Boniface l’envoya en mission vers le Sud du pays et il s’établit à Husen.

A la mort de Boniface, Sola entreprit la vie d’ermite et construisit à Husen dans la vallée de l’Altmühl,  un petit oratoire, avec les encouragements de l’évêque d’Eichstätt, Willibald et du frère de ce dernier, Wynnibald (v. 7 juillet et 18 décembre). Husen devint ensuite Solnhofen.

Un des miracles fameux de Sola fut qu’il donna l’ordre à son âne de «charger» un loup qui allait s’attaquer à des brebis. L’âne obéit si bien qu’il mordit à mort le loup.

En 793, Charlemagne inspecta le travail de Sola pour creuser un canal entre les deux vallées du Rezat souabe et Altmühl ; pour remercier Sola, il lui fit don du terrain où il avait édifié son oratoire.

Sola mourut le 4 décembre 794.

A l’endroit du monastère, des recherches ont mis en évidence jusqu’à cinq églises superposées ; les deux premières remonteraient à l’époque précédant l’arrivée de Sola ; la troisième serait la chapelle de Sola ; la quatrième serait celle construite  à partir de 794 et la cinquième fut la basilique,  détruite en 1783.

Saint Sola de Solnhofen est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Polybote

9e siècle

 

Ce saint évêque occupa le siège de Polybote en Phrygie Salutaire (Phrygie de l’Est, capitale Synnada, en Asie Mineure).

Quand fut fondé ce diocèse ? On ne sait. A quelle distance se trouvait Polybote de Synnada ? de Hiérapolis ? On se rappelle que l’apôtre s.Philippe (v. 3 mai) mourut martyr en Phrygie, que s.Papias fut évêque de Hiérapolis en Phrygie (v. 22 février) : Ioannis aurait donc été un de leurs successeurs.

Même les ouvrages orthodoxes ne sont pas prolixes à propos de ce grand évêque.

Les miracles notoires qui se produisirent avant comme après sa mort, l’ont fait surnommer Thaumaturge.

Puisqu’il combattit contre l’iconoclasme de l’empereur Léon l’Arménien (813-820), il mourut bien au 9e, et non au 8e siècle.

La Vita ancienne de Ioannis racontait que les Arabes, après avoir pris la ville voisine d’Amorium (838), allaient violer son tombeau quand ils durent s’arrêter, frappés de malaises divers. Ils implorèrent le pardon du Saint et furent guéris.

On dit aussi que chaque année, pour la Pentecôte, on sortait son corps demeuré intact et on le plaçait revêtu de ses insignes pontificaux sur le trône épiscopal où il demeurait sans s’affaisser.

Saint Ioannis de Polybote est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Anno de Cologne

1010-1075

 

Il naquit vers l’an 1010, de Walter et Engela, originaires de Souabe.

Destiné à la carrière des armes, Anno se tourna plutôt vers le monde ecclésiastique. Il fut à l’école de Bamberg, où il enseigna à son tour à partir de 1046 ; il fut appelé à la cour de l’empereur Heinrich III.

Le caractère d’Anno était franc et ferme ; on lui remit un canonicat et il devint prévôt du chapitre de Goslar (1056).

Cette même anéne 1056, il fut élu archevêque de Cologne.

En 1062, à la tête de la noblesse allemande, il retira à la vieille impératrice la tutelle sur le jeune Heinrich IV, et l’assuma pendant trois ans avec l’autre archevêque, Adalbert de Hambourg. Il semble qu’Anno ait usé là d’un réel autoritarisme, car le petit Heinrich chercha à sauter du bateau qui l’emmenait, et fut repêché par quelqu’un de la suite d’Anno. Peut-être la manière n’était-elle pas vraiment «ecclésiastique», mais très probablement, Anno sentait qu’il fallait absolument agir dans ce sens, pour le bien du futur monarque et de l’Allemagne. 

Sous son autorité, deux assemblées se réunirent à Augsbourg puis Mantoue, pour trancher entre le pape élu, Alexandre II, et l’antipape Cadalus élu par la cour allemande ; gentiment, Alexandre II accepta ce défi, sut démontrer les calomnies qui l’accablaient, et triompha de la situation. Anno avait, pour un temps au moins, réconcilié Rome et l’Empire.

En 1065, à la majorité de Heinrich IV, Adalbert resta seul aux affaires générales, écartant Anno des soucis politiques.

Les années suivantes virent Anno au milieu de difficultés de tous ordres. Il prétendit nommer au siège archiépiscopal de Trèves son neveu, qui fut abattu par la population (1066). Les monastères qu’il voulait réformer à Cologne, se révoltèrent. Comble : Heinrich IV voulait divorcer. Il semble ici que même Rome ait été prévenue contre Anno : le pape ne lui consentit une audience qu’après lui avoir imposé une «pénitence», car Anno avait osé rencontrer Cadalus et Heinrich, qui étaient excommuniés.

Anno délaissa les affaires politiques et s’occupa de réformer l’Eglise dans son diocèse, ce qui ne se fit pas tout seul ; en 1074, il y eut un véritable soulèvement dans Cologne, et Anno dut se réfugier avec ses partisans dans la cathédrale, un clerc fut d’ailleurs assassiné ; Anno réussit à sortir de la ville par un passage souterrain, avec des gens en armes et vint attaquer Cologne quelques jours après : les habitants prirent peur et ouvrirent les portes. Anno promit le pardon s’ils faisaient pénitence, mais il fit rechercher et condamner les chefs du complot ; des centaines de marchands quittèrent la ville ; ceux qui restaient et refusaient de faire pénitence, furent excommuniés. Les raisons alléguées de ce soulèvement furent peut-être les lourdes taxes, ou la politique d’Anno vis-à-vis de la maison impériale…

Anno recevait chaque année à Noël une humble femme qui venait d’accoucher, la nourrissant et lui lavant les mains et les pieds, ainsi qu’a son bébé ; ce geste charitable se répétait pendant quarante jours, jusqu’au 2 février, fête de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au Temple. 

Il fonda aussi d’autres monastères à et près de Cologne.

Des contemporains ne ménagèrent pas leurs critiques envers l’archevêque : on lui aurait trouvé un esprit hautain, âme de toutes les conjurations, sans respect pour les promesses, avide ; on ajouta qu’il tenait plus à ses idées qu’à la justice ; on lui trouva en outre un esprit violent et qui n’hésita pas à s’adjuger témérairement un droit de domination. Il aurait manifesté une volonté de dominer l’Allemagne en pratiquant largement le népotisme.

Devant ces critiques tenaces, il ne faut pas négliger que les réformes sont rarement acceptées de bon cœur par les hommes, surtout par le clergé. Mais il faut admettre qu’Anno démontra son amour de l’Eglise romaine et universelle, et ne ménagea pas son zèle justement pour améliorer son clergé.

A Pâques 1075, Anno leva l’excommunication de ses «ennemis» et pardonna aux pécheurs.

Il mourut le 4 décembre 1075 et ses funérailles furent très grandioses.

La canonisation d’Anno est l’un des cas les plus anciens de cette procédure réformée et désormais réservée à l’administration romaine. Elle ne fut pas immédiate, et connut quelques vicissitudes, et même quelques manifestations hostiles de la part de fidèles ; le pape l’aurait prononcée oralement en 1182, mais elle fut officiellement annoncée par l’archevêque de Cologne, en 1186.

 

 

Osmond de Salisbury

† 1099

 

Né en Normandie, ses origines ne sont pas certaines. Un document tardif le fait fils d’Henri de Centville, comte de Sées, et d’Isabelle de Conteville, fille de Robert, duc de Normandie et sœur de Guillaume le Conquérant.

Osmond accompagna Guillaume en Angleterre et devint chancelier (1070) et peut-être aussi Comte de Dorset. Il eut à remplir un certain nombres de missions importantes, par exemple l’établissement du Domesday Book, ancêtre du cadastre, pour l’établissement de l’impôt.

En 1078, il fut consacré évêque de Salisbury, une cité qui, à l’époque, ressemblait plus à une forteresse qu’à une ville. C’était aussi un immense diocèse.

C’est en 1086 que les grands propriétaires jurèrent fidélité au roi, en présence d’Osmond.

En 1092, il put enfin consacrer sa nouvelle cathédrale. Mais sa joie fut vite mise à l’épreuve, car quatre jours après la cérémonie, la foudre s’abattit et détruisit le toit et une partie de l’édifice. 

Reconstruite, cette cathédrale fut dotée d’un chapitre, avec doyen, chantre, chancelier, trésorier, trente-deux chanoines, un vice-doyen et un deuxième chantre, tout ce monde avec des charges bien précises. Ils devaient entourer l’évêque dans ses responsabilités, l’assister dans les cérémonies solennelles et l’aider dans le travail apostolique de la région. C’était une façon d’uniformiser la liturgie dans le diocèse et, peu à peu, en Angleterre. Les chanoines furent réputés pour leur musicalité et servirent de modèles pour d’autres cathédrales.

C’est ainsi que la liturgie de Salisbury s’étendit dans toute l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse. 

Osmond aimait la culture et possédait une belle bibliothèque ; il savait copier et relier des livres.

On vanta sa vie irréprochable, toute chaste et sans aucune ambition.

Il eut une attitude réservée lors du conflit qui opposa Anselme de Cantorbury et Guillaume le Roux à propos des investitures ; dans une premier temps, il trouva Anselme un peu intransigeant et se mit plutôt du côté du roi ; mais plus tard, il reconnut la vérité et, lorsqu’il rencontra Anselme, s’agenouilla pour lui demander pardon.

Osmund mourut dans la nuit du 3 au 4 décembre 1099. 

Il fut canonisé en 1457.

Le Martyrologe le mentionne au 4 décembre.

 

 

 

Bernardo degli Uberti di Parma

1060-1133

 

Né vers 1060 à Florence (Italie C), de Bruno et Ligarda, Bernardo avait une sœur.

Tôt orphelin de père, il reçut une bonne formation.

Quand on lui proposa un bon parti, il demanda à réfléchir quelque temps. En réalité, il avait déjà décidé - peut-être après avoir eu une vision céleste - de quitter le monde. Aussi alla-t-il se présenter sans tarder à l’abbaye de San Salvi, de l’ordre de Vallombreuse, une branche réformée bénédictine.

Tandis que l’abbé attendait prudemment de voir comment ce jeune homme raffiné allait supporter la règle austère, la famille et les amis de Bernardo vinrent le supplier de rentrer à la maison. Bernardo fut si convainquant, que sa mère lui donna sa bénédiction et se retira toute consolée.

Bernardo partagea son immense héritage en trois parts, une pour sa mère et sa sœur, une autre pour ses serviteurs et les pauvres, la troisième pour l’abbaye. De cette dernière partie, un parent chercha à s’emparer d’un bien : il en perdit la parole, jusqu’à ce qu’il demandât pardon à Bernardo.

Les vertus solides de Bernardo le conduisirent à de hautes responsabilités : en 1093, à trente-trois ans, il fut élu abbé ; en 1098, abbé général de Vallombreuse ; en 1099, cardinal.

Cette ascension ne l’empêcha pas de rester frère parmi les siens, tout en administrant très sagement l’abbaye et l’Ordre.

Il fut envoyé comme légat papal pour traiter en Lombardie de la querelle des Investitures entre la papauté et l’Empire. Il rencontra la comtesse Mathilde de Toscane, qui sut apprécier ses qualités et doter l’Ordre de Vallombreuse d’importants bénéfices.

En 1104, de passage à Parme, où il voulait remettre la paix entre les villes du nord, on s’en prit violemment à lui ; durant la célébration de la Messe, il fut assailli et mis en prison. Les troupes de la comtesse Mathilde arrivèrent et libérèrent le pauvre légat. Par la suite, les habitants de Parme, impresssionnés par la noblesse d’âme de Bernardo, le choisirent comme évêque en 1106.

C’était beaucoup de responsabilités. En 1109, Il délégua le prieur de Vallombreuse pour les affaires ordinaires, tout en restant très attaché à son Ordre. Il visita les abbayes, confirma la règle.

A Parme, où les évêques avaient cédé à des attitudes trop politiques - Cadalus avait même été élu antipape, v. notice Anno de Cologne, ce même jour) - Bernardo s’efforça de s’en tenir à une position strictement ecclésiasique, pour rétablir dans le diocèse la paix et les bonnes mœurs.

Quand l’empereur voulut régler la querelle des Investitures et se faire couronner par le pape, il demanda à Bernardo son appui. Le concile de Sutri (1111) semblait avoir aplani les difficultés, mais l’empereur Henri V refusa les clauses en pleine cérémonie à Saint-Pierre de Rome ; il fit prisonniers et Bernardo et le Pape. Encore une fois, les soldats de la comtesse Mathilde intervinrent. Cette comtesse mourut en 1115, et l’empereur s’empara de son héritage. Le pauvre Bernardo n’en avait pas encore fini.

De plus, en 1117, un tremblement de terre secoua violemment la cathédrale de Parme : il fallut reconstruire les voûtes.

Une nouvelle guerre entre Parme et Crémone éclata en 1121, mais se résolut pacifiquement assez vite.

Les milices de Konrad de Hohenstaufen intervinrent et firent prisonnier Bernardo, pour une troisième fois : c’est encore l’armée de la comtesse Mathilde qui le délivra.

Les dernières années de Bernardo furent plus calmes. Le concordat de Worms (1122) laissait espérer un avenir meilleur dans les relations entre Rome et l’Allemagne.

Bernardo eut la bienveillance du nouveau pape. Au concile de Plaisance (1095), il rencontra saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), puis saint Norbert (v. 6 juin), avec lequel il accompagna le pape Innocent II à Rome.

Revenu dans son diocèse, il y mourut, le 4 décembre 1133, chargé de mérites et de fatigues, mais aussi d’un grand renom de sainteté.

En 1139, une elevatio des reliques servit de canonisation.

Saint Bernardo est le patron céleste de la ville et du diocèse de Parme.

Le Martyrologe le commémore au 4 décembre.

 

 

Piero Tecelano «Pettinaio»

? - 1289

 

Piero Tecelano était un pieux laïc italien. Né près de Sienne, à Campi, il avait appris dans la capitale toscane l’humble métier de fabriquant de peignes. Toute sa vie il fabriqua ces petits objets d’os et de corne, qu’il vendait ensuite, principalement à Pise, une ville portuaire et d’importante activité commerciale.

Il ne vendait que les objets parfaitement réussis, et jetait scrupuleusement tous les autres dans l’Arno, pour être sûr qu’ils ne fussent récupérés et remis dans le commerce, malhonnêteté dont il se serait senti moralement responsable.

A cette honnêteté professionnelle, Piero unissait l’intégrité de la vie privée, ou plutôt il appuyait son honnêteté sur l’intégrité religieuse de sa vie. Tertiaire franciscain, il cherchait en toute occasion la perfection, en particulier par la prière et la charité fraternelle. Marié, il chercha la sainteté dans le mariage ; veuf et sans enfant, il distribua ses biens aux pauvres et se retira près d’un couvent franciscain, à Sienne.

Il reçut des dons célestes : dons de prophétie, de guérisons, de conversions. Mais constatant ces merveilles, il en prenait peur, songeant aux comptes qu’il aurait à en rendre à Dieu. Il se confessait chaque jour et voulut une fois dévoiler devant tous les Frères les péchés de sa vie. Un ange vint alors effacer de son papier tout ce qu’il y avait écrit, pour l’assurer qu’il avait été entièrement lavé.

Piero fréquenta assidûment les lieux de pèlerinages franciscains célèbres, jusqu’au jour où une douloureuse maladie le cloua chez lui. Il restait toujours serein. 

On le connaissait tellement, que quelques années plus tard, Dante parle de lui comme du saint “Pettinaio” (fabriquant de peignes). 

Il mourut le 4 décembre 1289. 

Au XIX e siècle, le pape Pie VII en confirma le culte, lui reconnaissant le titre de Bienheureux.

Un Piero Tecelano était autrefois commémoré le 16 mars au Martyrologe Romain., mais en a été retiré de ce jour. En effet, il semble bien qu’il s’agisse de lui au 4 décembre, quand on y commémore Piero Pettinaio.

 

 

 

 

 

Ioannes Hara Mondo no Suke

? - 1623

 

Ioannes était un noble samouraï japonais, né à Usui (Chiba, Japon) à une date inconnue.

Il faisait partie du Tiers-ordre franciscain, dans le diocèse de Tokyo.

Son martyre eut lieu le 4 décembre 1623 à Shinagawa (Tokyo) : crucifié, mutilé, il fut brûlé alors qu’il respirait encore.

Il a été béatifié en 2008 parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais de la même époque.

 

 

Girolamo De Angelis

1567-1623

 

Girolamo (Jérôme) était né vers 1567 à Castrogiovanni, auj. Enna (Sicile), dans une famille bourgeoise et chrétienne.

A dix-sept ans, avec son frère Pietro, il alla étudier le droit à Palerme.

En 1586, il entra au noviciat des Jésuites de Messine, toujours avec son frère. Ils firent les études nécessaires à Bivona et Palermo.

En 1596, ils rejoignirent Lisbonne dans le but de partir aux missions du Japon. En attendant d’embarquer, ils étudièrent le portugais.

Ils embarquèrent ainsi avec le père Spinola (v. 10 septembre) dans son premier voyage. Là encore, il semble que Pietro était avec Girolamo, mais on n’entend plus parler de lui par la suite. Partis en avril 1596, ils durent rejoindre le Brésil, où le bateau fut immobilisé pendant un an et demi, suite à une avarie. Ils s’arrêtèrent de nouveau à Porto Rico, puis repartirent vers Lisbonne ; en route, un corsaire anglais les prit et les relâcha à Londres, d’où ils purent rejoindre Lisbonne.

C’est à Lisbonne que Girolamo fut ordonné prêtre.

En mars 1599, tous deux repartirent et arrivèrent à Nagasaki en 1602, après six années de navigation et s’être encore arrêtés un an à Macao.

D’abord supérieur de la maison de Foushimi pendant huit ans, Girolamo fonda ensuite une nouvelle mission à Sumpu et s’occupait d’en fonder une autre à Yédo quand la persécution commença, le jour où il achetait un terrain. Il rentra à Sourounga.

En 1614, quand les missionnaires reçurent l’ordre de quitter le pays, il se cacha à Nagasaki. L’année suivante, toujours accompagné de son fidèle Simon Enpō, il se rendit dans le Tsugaru pour porter des aumônes aux chrétiens exilés, puis il évangélisa les provinces du Nord, étant ainsi le premier à porter la Bonne Nouvelle dans les provinces de Findadono, Conghecasu, Monganu, Nambri et Sungam. Il aborda aussi sur une île qu’on croyait jusque là rattachée au continent, l’île de Hokkaidō. Il fut ainsi le premier européen à poser le pied dans cette région ; il put ainsi rédiger un mémoire géographique et ethnologique sur cette île méconnue, et qui fut publiée plus tazrd, en 1624.

En 1620, l’autorité locale changea du tout au tout son attitude envers les missionnaires, leur ordonnant de quitter le pays. Girolamo vint se réfugier à Edo (act. Tokio), mais la persécution s’accentua.

Girolamo eut alors l’espérance, en se livrant spontanément, de faire cesser les perquisitions ; il quitta ses vêtements japonais, fit refaire sa tonsure. Il se présenta au gouverneur. Sa déclaration vaut la peine d’être lue dans son intégralité :

Je suis prêtre et religieux de la Compagnie de Jésus. Je suis né en Sicile, contrée d’Italie, et connaissant par tous les récits le naturel heureux de la nation japonaise et son désir de salut, j’ai tout quitté pour venir au milieu d’elle et lui enseigner la Vérité. J’ai embrassé les usages des habitants et me suis fait l’un d’eux. Toutes les peines, toutes les souffrances d’un ministère de vingt ans, je les considère comme bien employées, ayant été consacrées au salut de ce peuple.

On admira cette liberté d’esprit et cet amour d’un peuple étranger, mais le gouverneur l’expédia en prison, avec son fidèle Simon Enpō.

Quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes.

En prison, les missionnaires entreprirent d’évangéliser aussi les prisonniers de droit commun. Girolamo amena à la foi les huit païens qu’il trouva dans son cachot.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Puis le cortège s’organisa : d’abord le père Girolamo, puis Simon Enpō et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on lui avait déjà amputé les doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna un peu les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie. Francisco mourut le dernier, encore debout contre son poteau.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore tous les trois le 4 décembre, mais pas les autres qui n’ont pas été béatifiés, n’ayant pas été condamnés d’abord pour la foi chrétienne, mais pour des crimes «ordinaires» ; ils moururent certainement réconciliés avec Dieu, puisqu’ils reçurent la Bonne Nouvelle en prison.

Après ces martyres, le Japon resta sans prêtres pendant deux siècles et demi, jusqu’en 1865, lorsque les missionnaires eurent de nouveau l’autorisation de pénétrer dans l’île, où ils retrouvèrent des communautés qui avaient conservé les traditions chrétiennes.

 

 

Francisco Gálvez Iranzo

1578-1623

 

Il était né vers 1578 à Utiel (Cuenca, Espagne), de famille noble. Ses parents s’appelaient Francisco et Juana ; ils firent baptiser leur enfant le 15 août 1578.

Après l’école et le collège de son pays, Francisco fréquenta la récente université de Valencia. Il pouvait avoir alors vingt ans.

En avril 1598, il fut ordonné sous-diacre ; il fut donc diacre à la fin de cette année-là ou au début de la suivante. Entre le diaconat et le sacerdoce, il prit l’habit franciscain chez les Frères mineurs de l’Observance à Valencia, où il émit la profession en 1600. Peu après il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé sur son désir en Extrême Orient : il s’arrêta d’abord huit ans au Mexique, puis gagna les Philippines en 1609, où il apprit si bien le japonais, qu’il fut chargé de la paroisse japonaise de Manille.

En 1612, il arriva au Japon. Ce pays avait déjà quarante-et-un couvents au début du siècle, il en aurait cinquante-sept en 1622 ; dans le même temps, les Chrétiens passèrent de soixante-mille à cent-quatorze mille ; Francisco y prêcha, traduisit en japonais élégant des vies de Saints, un catéchisme, et s’occupa de lépreux lors d’une épidémie : cette façon de soigner des malades émut beaucoup la population et provoqua beaucoup de conversions. Malheureusement, Francisco dut quitter le pays au moment de l’expulsion des missionnaires en 1614.

Pour y rentrer, il alla à Malacca en 1617 ; il se teignit le corps pour ressembler à un marinier africain, vint à Macao et de là au Japon. Le prince de Voxou, Massamouné, l’autorisa à prêcher, mais il laissa la place à un autre missionnaire et alla s’occuper de la chrétienté de Mogami, avant de venir à Yédo.

Dans cette dernière ville, la situation des missionnaires avait été relativement calme depuis douze ans, mais l’installation d’un nouveau shogoun en 1623, anéantit cette paix précaire. C’est le moment que choisit un traître pour révéler au gouverneur de la ville la présence de deux religieux et lui remettre une liste de chrétiens.

Le père Francisco tenta la fuite vers Kamakura et s’embarquait pour se cacher plus loin encore, mais il fut reconnu et arrêté par la police, en même temps que les Japonais qui l’accompagnaient.

Accusé par les juges de séduire les ignorants, il alla rejoindre en prison le père Girolamo De Angelis et les autres chrétiens.

Quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Puis le cortège s’organisa : d’abord le père Girolamo, puis Simon Yempo et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on l’avait déjà amputé des doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie. Francisco mourut le dernier, encore debout contre son poteau.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore le 4 décembre.

 

 

Simon Enpō

1580-1623

 

Il était né vers 1580 à Nozou dans le Fingo (Japon).

Il appartenait à une bonzerie dont le bonze principal se convertit ; il en suivit l’exemple, âgé alors de seize ans.

Deux ans plus tard, il était admis chez les Jésuites comme élève et catéchiste. 

Exilé à Manille en 1614, il rentra l’année suivante et partagea dès lors la vie du Père Girolamo De Angelis (v. notice au même jour).

Quand le père Girolamo alla se présenter au gouverneur, Simon l’accompagna fidèlement.

Girolamo espérait, en se livrant spontanément, faire cesser les perquisitions ; mais quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes. Peu après, il fut rejoint par le père Francisco Gálvez (v. notice ce même jour).

En prison, Simon prêcha la foi chrétienne à tous les autres détenus qu’il y trouva ; il en convertit quarante, et en aurait converti encore davantage si sa prison s’était prolongée.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Ce fut une longue et solennelle procession : d’abord le père Girolamo, puis Simon Enpō et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on l’avait déjà amputé des doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna un peu les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore le 4 décembre.

Adolf Kolping

1813-1865

 

Quatrième des cinq enfants de Peter et de Anna Maria Zurheyden, Adolf naquit à Kerpen (Cologne) le 8 décembre 1813. Sa mère mourra en 1833, son père en 1845.

Le papa travaillait chez un paysan comme berger, et l’on vivait dans la pauvreté, mais on était heureux. On retrouvera plus tard la famille de ce paysan dans la vie d’Adolf. Quand Adolf eut terminé l’école du village (1820-1826), son père l’orienta vers le métier de cordonnier. 

Adolf travailla de 1829 à 1832 comme cordonnier à Sindort, Düren et Lechenich, enfin Cologne, dans un important atelier.

Il aurait pu se marier là, mais il refusa et changea de place. Il avait été très frappé par les difficiles conditions de vie des ouvriers et des artisans. C’est aussi à ce moment que mourut sa mère (1833).

Puis, vers vingt-deux ans, il fut malade pendant environ deux années et dut s’arrêter de travailler. Il avait le temps de méditer et de prendre une sage décision. A vingt-quatre ans, il entra courageusement au lycée (Marzellengymnasium) à Cologne, dans le but de pouvoir s’orienter vers le sacerdoce. Auparavant, il s’ingénia à étudier le latin qui, à l’époque, était incontournable.

Ses efforts furent récompensés : trois ans et demi après son entrée, il passa avec succès le baccalauréat (1841)

Il a donc vingt-huit ans quand il demande son admission au séminaire : séminaire des vocations tardives (Münich, 1841-1842 ; Bonn, 1842-1844), enfin le grand séminaire de Cologne pour la théologie.

On se demandera avec justesse comment le pauvre Adolf put payer sa pension pendant toutes ces années de formation. La Providence l’aida, à travers plusieurs personnes généreuses, en particulier une des filles du paysan chez qui travaillait le père d’Adolf : elle avait fait le vœu d’aider un étudiant en théologie.

Adolf fut finalement ordonné prêtre le 13 avril 1845, à trente-deux ans, le lendemain même de la mort de son cher Papa. Quelle épreuve !

Son premier poste fut Elberfeld (Wuppertal), où il était chapelain et professeur de religion. Il se rendit compte, comme précédemment à Cologne, de la même situation sociale des ouvriers, qui vivaient dans une réelle pauvreté, pour un travail exténuant, ce qui n’aidait pas les jeunes apprentis à avoir beaucoup d’espérance pour le lendemain.

Or, en 1847, il reçut la présidence d’une Association catholique qui cherchait à venir en aide à ses membres de façon spirituelle, morale et spirituelle. Il voulut implanter cette association à Elberfeld, mais, convaincu qu’elle ne pouvait s’étendre que dans une grande ville, il demanda à être déplacé à Cologne même.

C’est ainsi qu’il fut nommé vicaire à la cathédrale de Cologne en 1849 ; sans attendre, il donna naissance, avec six autres ouvriers, à l’Association des Ouvriers de Cologne (Kölner Gesellenverein), dans la Kolumbaschule : un an après, l’Association comptait déjà plus de cinq cents adhérents.

Très vite le concept s’étendit à d’autres villes : à la mort d’Adolf en 1865, il y aura plus de quatre-cents associations, avec vingt-quatre mille adhérents.

En 1850, Adolf réunit les trois associations d’Elberfeld, Cologne et Düsseldorf en une seule association : le Cercle Rhénan des Ouvriers (Rheinischer Gesellenbund), qui prit un an après le nom de Union Catholique des Ouvriers (Katholischer Gesellenverein), pour pouvoir étendre son influence au-delà du Rhin. C’était là l’embryon de l’actuelle Œuvre de Kolping, qui est internationale.

La conviction d’Adolf Kolping était que, pour aider ces ouvriers «ambulants», il leur fallait une sorte de «famille», car seule la famille peut offrir à ses enfants une bonne formation morale et chrétienne. Aussi voulut-il que son Œuvre devînt pour les ouvriers leur maison de famille, avec des compagnons et des amis de même condition, de mêmes droits, de même idéal, pour pouvoir y vivre dans une ambiance profondément amicale.

Dans ces maisons, il devait aussi y avoir des heures d’enseignement religieux, politique et pratique, pouvant conduire ces jeunes ouvriers à trouver plus facilement leur place dans la société.

Par la suite, on choisit parmi ces Compagnons ceux qui pourraient aussi assister des confrères malades : diagnostiquer le mal, donner les premiers soins d’urgence. Adolf s’employa lui-même à assister spirituellement des malades du choléra. La ville de Cologne voulut l’en récompenser, mais il demanda à reverser cette aide financière à la fondation.

Dès 1851, Adolf chercha des subsides pour acheter à Cologne une grande maison avec jardin et y installer sa fondation : il l’acheta dans la Breite Straße pour 14.200 Taler, offrant ainsi un lieu de rencontre et d’hébergement pour les ouvriers sans domicile. En 1853, la maison était prête.

Déjà pendant son activité de cordonnier, mais encore plus depuis qu’il était prêtre, Adolf écrivait : des poésies, différents articles dans les journaux, d’abord comme collaborateur puis comme rédacteur en chef, jusqu’à fonder en 1854 un périodique qui devait être un des organes de presse les plus fameux dans les milieux catholiques (Rheinische Volksblätter).

La presse était pour Adolf le moyen de dénoncer les injustices flagrantes de ce 19e siècle industriel, en même temps que la détresse spirituelle de beaucoup d’ouvriers. Cette activité de publiciste lui permit en outre de recevoir des subsides abondants pour son Œuvre.

On a parlé plus haut d’une maladie qui l’empêcha de travailler pendant deux années. Or Adolf fut continuellement frappé par la maladie durant toute sa vie. Malgré cela, en 1858, il se laissa nommer président des alors cent-quatre-vingt associations, mettant toutes ses forces en jeu pour étendre cette Œuvre. Il fit plusieurs voyages, malgré la fatigue que cela lui procurait.

En 1861, il dut renoncer à participer au Katholikentag de Münich et même à la rencontre des présidents des associations de l’Œuvre (Le Katholikentag ou Journée des Catholiques, est une journée annuelle où laquelle le clergé, à travers la parole et la prière, encourage et stimule les efforts de chacun pour un témoignage de vie toujours plus conforme à l’Evangile). 

En mai 1862, quand il venait, à sa demande, d’être nommé recteur de la Minoritenkirche (Immaculée Conception, tenue par les Frères Mineurs), il put tout de même se traîner à Rome pour présenter son Œuvre au pape : Pie IX lui remit à cette occasion un précieux ornement pour la messe, que l’on conserve encore aujourd’hui.

Sa santé sembla s’améliorer, mais au printemps 1865 Adolf eut une douloureuse arthrite à l’avant-bras droit. Il fit encore un voyage à Trèves en septembre pour la bénédiction d’une nouvelle maison.

Les attaques s’intensifièrent et se multiplièrent. Adolf mourut quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire, le 4 décembre 1865, dans la maison-mère de Cologne.

Il est enterré au cimetière «des Malades» (Melatenfriedhof), qui servait au Moyen-Age pour la sépulture des malades (en particulier des pestiférés) et se trouve tout près de Cologne.

Adolf Kolping a été béatifié en 1991. Il est mentionné le 4 décembre au Martyrologe.

 

Francisco de la Vega González

1868-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 15 octobre 1868 à Noceda de Bierzo (León, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Ángel.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Jacinto García Chicote

1891-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 16 août 1891 à Támara de Campos (Palencia, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Eustaquio.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Robustiano Mata Ubierna

1908-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 24 mai 1908 à Celadilla Sotobrín (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Bienvenido.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Eulogio Álvarez López

1916-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 28 juillet 1916 à Quintana de Fuseros (León, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt ans.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Ezequiel Álvaro de la Fuente

1917-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 21 mai 1917 à Espinosa de Cerrato (Palencia, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait encore que dix-neuf ans.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Giovanni Calabria

1873-1954

 

Giovanni (Jean) naquit le 8 octobre 1873 à Verona (Italie nord), benjamin des sept enfants de Luigi Calabria, un sabotier, et Angela Foschio.

Orphelin de père à dix ans, il dut quitter l’école et travailler comme petit domestique, mais son curé l’aida à préparer l’examen d’entrée au séminaire, comme externe.

Trois ans après, en 1893, il fit le service militaire, où il eut l’occasion d’accepter les travaux les plus humbles et parfois dangereux, mais aussi d’amener des compagnons à la conversion et à la pratique chrétienne.

Il reprit ensuite les études et, en 1897, commença la théologie.

Avant même d’être ordonné prêtre, il trouva dans la rue un enfant tzigane fugitif (ou abandonné), qu’il prit chez lui : c’était l’amorce de la Pieuse Union pour l’assistance des malades pauvres.

Ordonné prêtre en 1901, il fut vicaire à Santo Stefano et confesseur au séminaire.

En 1907, il fut recteur à San Benedetto al Monte, s’occupant particulièrement des soldats. La même année, il fonda la Maison des Bons Enfants (Casa Buoni Fanciulli), avec l’aide de généreux laïcs, qui se compléta en 1910 avec la branche féminine.

Ces deux Pieuses unions aboutirent à la congrégation des Pauvres Serviteurs de la Divine Providence et des Pauvres Servantes de la Divine Providence, approuvées respectivement par l’évêque en 1932 et 1952, et par le Vatican en 1949 et 1981.

En 1934 furent envoyés déjà quatre membres à Vijayavada (Inde) pour s’occuper des Parias.

Durant la Guerre mondiale, il n’hésita pas à abriter des Juifs dans son institut : c’est une doctoresse juive qui en témoigna en demandant plus tard sa béatification, affirmant que don Calabria l’avait dissimulée parmi ses Sœurs, vêtue comme elles.

En 1944, ce fut la fondation de la Famille des Frères Extérieurs, tiers-ordre pour les laïcs.

L’Œuvre s’occupe de tous les moins avantagés, sans jamais rien leur demander : gamins des rues, orphelins, handicapés, malades… On vit de la Providence. Nouveauté inouïe : les Frères et les Pères ont même rang, ce qui choquera plus d’un ecclésiastique «traditionnel».

Récemment, les conditions de l’enseignement en Italie ont fait que l’Œuvre s’est étendue davantage aux handicapés du Tiers Monde. 

Don Calabria établit aussi des rapports très fraternels avec les autres confessions ; un pasteur suédois demanda personnellement la béatification de son cher Ami.

Le 3 décembre 1954, il offrit sa vie pour le pape Pie XII, très gravement malade. Le lendemain, 4 décembre 1954, mystérieusement, le pape se reprenait (il mourut en 1958), tandis que don Calabria quittait cette vie pour l’Eternité.

Pie XII, qui ne savait pas encore quel sacrifice venait de faire Don Calabria, apprenant sa mort, le définit un héros de la charité évangélique. 

Don Giovanni Calabria fut béatifié en 1988 et canonisé en 1999.

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