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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 00:00

 

03 JANVIER

 

La fête du Saint Nom de Jésus.

III.

S Anthère, pape pendant quarante-trois jours (236), martyr.

Ss Théopempte, évêque, et Théonas, magicien, martyrs à Nicomédie ; les prodiges du martyre du premier amenèrent l’autre à se convertir.

? Ss Zosime et Athanase, martyrs en Cilicie où le greffier Athanase fut converti par l’autre.

S Gordius, centurion martyr à Césarée de Cappadoce.

IV.

S Dániel, diacre martyr à Padoue, miraculeusement retrouvé au XI.s.

Ss Theogenes (évêque de Parion), Kyrinus et Primus, martyrs à Cyzique en Hellespont.

S Florentius, évêque à Vienne.

Ss Narsès, évêque à Sahrgord, et son disciple Joseph, martyrs.

V.

Ste Geneviève, vierge à Paris, thaumaturge ; il y a à Nanterre un puits d’où elle prit l’eau avec laquelle elle guérit sa mère de la cécité ; patronne de Paris et des gendarmes.  

VI.

S Fintan, moine à Bangor.

S Eustade, premier abbé à Saint-Bénigne de Dijon.

VII.

S Blimont (Blitmond), abbé à Leucone, disciple de s.Valéry.

Ste Bertille (Bertilie), recluse à Marœuil, après une vie conjugale passée dans la continence.

VIII.

S Mélor, martyr en Armorique, victime de son oncle, patron de Lanmeur.

S Luciano, évêque en Sicile.

XV.

Bse Bonne d’Armagnac, due aux prières de ste Colette, clarisse à Lézignan, mystique.

XIX.

S Kuriakose Elias Chavara, prêtre de rit syro-malabar en Inde, fondateur des Congrégations des Carmes de Marie Immaculée et de la Mère du Carmel, béatifié en 1986, canonisé en 2014.

Anthère

235-236

 

Ce dix-neuvième pape fut élu parce que son prédécesseur, saint Pontien, exilé en Sardaigne, s’était démis de sa charge.

Son pontificat, un des plus brefs de l’histoire, dura quarante-trois jours, au terme desquels la tradition parle de son martyre, sans qu’on sache rien sur cet épisode.

Saint Anthère a été le premier enseveli dans le cimetière de Calixte.

Le Martyrologe le mentionne le 3 janvier.

Après lui fut élu saint Fabien.

 

 

Theopemptos de Nicomédie

et Theonas le Mage

† 290

 

Theopemptos était évêque (de Nicomédie ?, act. Izmit, Turquie NO) au moment où l’empereur Dioclétien ralluma la persécution contre les Chrétiens, vers 290.

On fit comparaître l’évêque devant l’empereur ; Theopemptos refusa d’offrir l’encens aux idoles païennes, et profita de la situation pour reprocher ses erreurs à Dioclétien. Ce dernier fit enfermer le prélat dans un four brûlant, dont il ressortit sain et sauf. On lui retira un œil ; on lui fit boire un poison mortel, préparé par le magicien Theonas, mais qui ne fit aucun mal à Theopemptos.

Le magicien, étonné au plus haut point, reconnut hautement qu’il croyait alors au Christ ; il put recevoir bientôt le baptême et prit le nom de Synnesios. La Tradition cependant semble avoir gardé la mémoire de ce converti avec son nom initial, Theonas.

Arrêté à son tour, il fut torturé comme l’évêque.

Theopemptos fut finalement décapité, Theonas fut brûlé vif.

Les deux martyrs Theopemptos et Theonas sont commémorés le 3 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordius centurion

† 290

 

Gordius naquit à Césarée de Cappadoce (act. Kayseri, Turquie C).

Entré dans l’armée romaine, il fut centurion.

Il se trouvait dans sa ville natale quand l’empereur Dioclétien raviva le feu de la persécution contre les Chrétiens. Indigné de voir les cruels tourments infligés à ceux-ci, il quitta l’armée, donc son grade, son traitement et toute la gloire à laquelle il pouvait espérer.

Retiré au désert, il s’informa des mystères chrétiens, s’habitua à la vie contemplative, et s’adonna au jeûne et à la prière, comme un de ces grands ascètes du désert déjà bien connus, comme Antoine (v. 17 janvier).

Un jour qu’on avait organisé des fêtes païennes à Césarée, Gordius y vint et se mit à proclamer la Foi devant la foule ahurie. On le conduisit au gouverneur, auquel il déclina ses nom, origine, rang militaire, et surtout sa confiance totale en Celui qui s’était déjà livré pour nous.

Le gouverneur tenta, en vain, de rappeler à Gordius les malheurs auxquels il s’exposait. Mais le vaillant soldat répliqua par des versets de psaume, comme Seigneur, je ne redoute aucun mal, parce que tu es avec moi (Ps. 22:4).

Les tourments s’abattirent sur lui… Sa famille vint l’implorer de changer ses propos, mais Gordius sut leur rétorquer : J’ai en mémoire le premier centurion qui assista sur le Calvaire à la mort de mon Sauveur et qui proclama sa divinité en présence des Juifs.

Il n’ajouta rien. Ayant fait le signe de croix, il marcha droit au supplice final.

Le martyr Gordius est commémoré le 3 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dániel de Padoue

† 304

 

Pour une fois, cette notice sera «à l’envers», c’est-à-dire qu’on remontera du onzième au quatrième siècle (et même peut-être au premier siècle).

En 1075, se trouvait en Tuscia lombarde (Italie C) un aveugle qui, dans sa prière, «vit» quelqu’un qui lui suggérait de demander la grâce de la vue à l’oratoire de s.Prosdocimus de Padoue (v. 7 novembre). La vision lui affirmait en outre que là se trouvait «sa tombe».

Imaginons les réactions des uns ou des autres, devant de telles affirmations d’un aveugle. Mais rien ne s’opposait formellement à la démarche, et l’on se transporta dans l’oratoire padouan. Bien entendu, l’aveugle recouvra la vue, et l’on se mit à fouiller.

On arriva bientôt à une voûte, sous laquelle reposait un corps transpercé de clous. On l’avait laissé étendu sur la table de son supplice, et recouvert d’une dalle de marbre qui portait cette inscription : Hic corpus Danielis martyris et levitæ quiescit, Ici repose le corps de Daniel, martyr et lévite (diacre). La vision de l’aveugle guéri se confirmait : c’était s.Daniel lui-même qui lui était apparu et avait fait retrouver sa tombe.

Daniel aurait été martyrisé sous Dioclétien, soit au début du quatrième siècle et vers 304, date généralement relevée ; que l’on puisse faire remonter l’épisode au premier siècle, et à la persécution de Néron ou Vespasien, est une question qui, semble-t-il, n’a pas été dirimée. Si l’on situait autrefois s.Prosdocimus, disciple de s.Pierre et fondateur de l’Eglise de Padoue, au premier siècle, la tendance actuelle serait de le déplacer au troisième siècle, entraînant de ce fait aussi le déplacement de s.Daniel à la persécution de Dioclétien.

Le diacre martyr Dániel est commémoré le 3 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theogenes de Parion

† 320

 

Theogenes était évêque de Parion (Hellespont, act. Kemer, Turquie NO).

Sous l’empereur d’Orient Licinius, le tribun Zalinkinthius voulut lui faire abandonner le sacerdoce, renier le Christ en sacrifiant aux idoles, et s’engager dans l’armée romaine.

Ayant fermement refusé, Theogenes fut cruellement battu, jeté en prison, privé de toute nourriture. On le condamna à être jeté à la mer.

Le pontife demanda à prier un moment avant d’aller à son supplice. Une lumière alors resplendit au-dessus de lui, devant laquelle les soldats et les marins se déclarèrent Chrétiens et refusèrent de noyer l’évêque.

D’autres soldats furent contraints d’exécuter la triste besogne.

Theogenes fut ainsi martyrisé le 3 janvier vers 320. Autrefois, on lui prêtait deux Compagnons, Kyrinus et Primus, dont les noms et l’histoire présentent des difficultés.

Des Chrétiens - peut-être les soldats convertis eux-mêmes, purent retirer des eaux le corps du Martyr et l’ensevelirent. Des miracles se produisirent à l’endroit du tombeau.

Le siège de Parion, suffragant de Cyzique, fut supprimé au quatorzième siècle.

Saint Theogenes est commémoré le 3 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florent de Vienne

4e siècle

 

Il y eut deux évêques de Vienne (Isère) nommés Florentius. Il s’agit ici du premier.

Florentius fut le onzième évêque de Vienne.

Il était présenté comme remarquable par sa science et sa sainteté de vie.

Les dates précises de son épiscopat manquent. On lit qu’il fut contemporain de s.Martin (v. 11 novembre) et qu’il participa au concile de Valence en 374.

Ces indications, peu précises mais assez sûres, empêchent de donner crédit à la version que Florent eût été évêque au troisième siècle, sous l’empereur Gallienus, qu’il eût été exilé et fût mort martyr (on ne sait en quelle ville d’exil).

Saint Florent de Vienne est commémoré le 3 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

Geneviève

422-500

 

La vie extraordinaire de sainte Geneviève nous est connue par une excellente relation d’un contemporain de celle-ci. Comme pour tous les témoignages de ce genre, il n’a pas manqué de critiques qui ont prétendu que ce «contemporain» était un faussaire de deux siècles plus récent qu’il ne le prétend. Une telle sainteté est «gênante», tant de miracles sont «excessifs». Le rationaliste exige toujours «un signe», comme les Juifs du temps de Jésus ; mais quand les signes abondent, le rationalisme les qualifie de suspects.

Geneviève avait pour parents Severus et Gerontia, qui la firent baptiser sans tarder. Le nom de Genovefa fut donné par la marraine, selon une tradition ancienne qui persiste encore dans l’Eglise orthodoxe.

Le village natal de Geneviève, Nanterre, possède encore un puits, dont on va parler plus bas.

Vers 430, passait par là saint Germain d’Auxerre, qui fut divinement inspiré de reconnaître en cette petite fille une âme à la destinée toute spéciale : il la consacra à Dieu et lui remit une petite médaille portant la croix, en lui recommandant de ne rien porter d’autre à la place.

Geneviève intensifia sa vie de prière et de pénitence, qui finit par exaspérer sa mère. Celle-ci un jour lui donna une gifle, et en devint aveugle sur le champ. Geneviève ira un jour à ce puits chercher de l’eau pour sa mère : quand elle s’en fut frotté les yeux, elle recouvra la vue.

A quinze ans, Geneviève se consacra totalement et définitivement à Dieu. Ses parents moururent bientôt et elle se réfugia chez sa marraine à Paris. Geneviève reçut le don de lire dans les âmes, elle eut des extases, mais n’en abandonna pas pour autant sa vie de prière et de pénitence : elle ne mangea que le dimanche et le jeudi, ne prenant que du pain d’orge et des fèves cuites à l’huile, jamais de vin, elle s’enferma longuement dans le silence de sa chambre.

Là encore il ne manqua pas de mauvaises langues ; là encore saint Germain eut l’occasion de passer et de rendre un témoignage éloquent des vertus de «sa» jeune vierge.

La dévotion de Geneviève à saint Denis, premier évêque à Paris, fut à l’origine de la première basilique de Saint-Denis ; son érection s’accompagna de prodiges dûs à la sainteté et à l’esprit de prophétie de Geneviève.

Un autre Saint était l’objet de la dévotion de Geneviève : saint Martin de Tours. Elle se rendit à son tombeau et y opéra encore des prodiges, des guérisons de possédés.

En 451, Attila menaça à nouveau Paris. Geneviève convainquit non sans peine les habitants de ne pas quitter Paris, leur promettant qu’Attila les épargnera, ce qui s’avéra en effet, car Attila dévia sa course et fut battu peu après.

Quand Paris manqua de vivres, Geneviève eut l’inspiration de diriger toute une flottille pour aller chercher des vivres par voie d’eau, qu’elle rapporta aux Parisiens, - non sans d’autres miracles pour protéger les bateaux qui faillirent chavirer.

Elle exerça une influence sur les rois Childéric et Clovis ; de l’un elle obtint un adoucissement envers des condamnés à mort ; de l’autre, des mesures de bonté envers les pauvres.

Geneviève mourut octogénaire, un 3 janvier de 500 environ.

Le tombeau de sainte Geneviève n’a cessé d’attirer les fidèles. Plusieurs fois on porta en procession ses reliques devant les dangers, pour conjurer l’invasion des Normands, la montée des eaux de la Seine, des épidémies, jusqu’en 1914, quand les troupes françaises barrèrent la route à l’envahisseur, justement au plateau et au village de Sainte-Geneviève, au Grand-Couronné.

Il y eut toujours des miracles, des guérisons, sur le passage de ces reliques. Une des plus célèbres guérisons fut celle d’Erasme en 1496.

En 1793, les ennemis de l’Eglise brûlèrent en Place de Grève les précieuses reliques et en jetèrent les cendres dans la Seine.

Le Martyrologe commémore sainte Geneviève le 3 janvier.

 

 

Luciano de Lentini

† 7e siècle

 

L’histoire du diocèse de Lentini (Sicile) est peu documentée. Le premier évêque dont on ait une trace historique documentée est Lucido, dont parle le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Son successeur aurait été Luciano, lequel aurait pris part au concile de Rome en 649.

Saint Luciano a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

Son dies natalis est commémoré au 3 janvier.

 

 

Bonne d’Armagnac

1434-1457

 

Il y a une autre Bonne d’Armagnac, vers la même époque, avec laquelle on la confond quelquefois.

La nôtre naquit le 23 février 1434 (ou un peu plus tard, en 1442) au château de Carlat (Cantal), de Bernard, comte de la Marche, et Eléonore de Bourbon, fille du roi Jacques de Hongrie. Sa naissance fit suite aux prières de sainte Colette (v. 6 mars).

Bonne avait un frère, Jacques.

Reconnaissants, ses parents la vouèrent à Dieu, ce qui d’abord ne fut pas de son goût quand elle l’apprit ; mais la grâce la travailla et elle alla elle-même se présenter chez les Clarisses de Lézignan.

La jeune novice répondit pleinement à la grâce, malgré les tentatives de son frère Jacques pour la rappeler dans le monde. Bonne manifesta une grande dévotion envers la passion du Christ.

Le jour de sa profession, Jésus-Christ lui révéla certains événements futurs : son père devait bientôt mourir, et Jacques son frère aurait une attitude très négative envers le couvent de Lézignan. Tout arriva, mais Bonne conserva la paix et la confiance en Dieu.

Malade, elle eut ses jours comptés et n’en fut que plus ardente dans la prière et la méditation.

Elle s’endormit dans le Seigneur après seulement trois années de vie monastique, le 3 janvier 1457 (ou 1462).

Un Père bénédictin souhaitait en 1934 que son culte fût bientôt confirmé, mais Bonne n’est pas même mentionnée dans le Martyrologe.

 

 

Kuriakose Elias Chavara

1805-1871

 

Kuriakose naquit le 10 février 1805 à Kainakary (Alappuzha, Kerala, Inde), de Iko Kuriakose Chavara et Mariam Thoppil, un couple catholique appartenant à l’Eglise syro-malabare, une branche de l’Eglise universelle qui remonte à l’apôtre saint Thomas et qui a conservé ses traditions anciennes.

Le petit garçon fut baptisé huit jours après sa naissance, selon l’habitude de cette Eglise, et reçut le nom de Kuriakose, qu’on peut traduire chez nous par Cyriaque.

Après l’école du village de Kalari, où il étudia les dialectes locaux, Kuriakose poursuivit ses études sous la conduite attentive du curé qui, en 1818, le fit entrer au séminaire de Pallipuram, dirigé par les deux prêtres Malpan Thomas Porukara et Malpan Thomas Palackal.

Kuriakose fut ordonné prêtre en 1829 et, après un bref ministère en paroisse, fut appelé à remplacer Malpan Thomas Palackal qui devait s’absenter périodiquement.

En 1855, Kuriakose entra dans l’Ordre des Carmes déchaux, avec le nom de Kuriakose Elias de la Sainte Famille.

Ce n’était pas un coup de tête ni un changement d’orientation : Kuriakose resta en profonde union avec les deux prêtres du séminaire et même, aidé par eux, fonda une congrégation pour hommes, affiliée aux Carmes déchaux, qui prendra le nom de Carmes de Marie-Immaculée, dont la première maison fut construite à Mannanam. A la mort des deux prêtres, Kuriakose deviendra supérieur.

En 1866, cette fois avec l’appui d’un missionnaire italien, il fonda la branche féminine ou Congrégation de la Mère du Carmel, qui compta déjà plusieurs maisons du vivant du Fondateur.

Rempli de saints projets, le père Kuriakose donna un grand élan novateur à l’Eglise : les deux congrégations qu’il fonda sont absolument autochtones ; l’école de sanscrit et l’imprimerie catholique sont les premières du genre (1846) ; c’est à lui que remonte la paternité de l’édition de livres liturgiques (bréviaire, calendrier, livres de prières) pour l’Eglise syro-malabare.

Ces Religieux et Religieuses sont très actifs et efficaces : ils publient, ils tiennent des maisons pour les indigents et les mourants, ils ont ouvert des écoles dans chaque paroisse, des cours pour les catéchumènes, des séminaires pour le clergé, des retraites pour prêtres ou pour laïcs, et bien d’autres activités encore.

En 1861, Kuriakose fut nommé vicaire général de l’Eglise syro-malabare ; il s’employa à renforcer les liens de toute cette Eglise avec l’Eglise catholique romaine, car un courant schismatique en provenance de l’Eglise nestorienne menaçait de diviser l’Eglise syro-malabare.

Le père Kuriakose laissa aussi quelques ouvrages : un Testament d’un Père aimant, qui contient des conseils pour les familles ; une œuvre poétique en langue malayalam, Ghandakavyam.

Kuriakose Elias mourut au monastère de Koonammavu (Kochi), le 3 janvier 1871.

Le monastère de Mannanam où repose sa dépouille reçut et reçoit une pluie de bénédictions sur ceux qui demandent son intercession.

Le père Kuriakose Elias fut béatifié en 1984.

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 00:00

02 JANVIER

 

II.

STélesphore, pape (126-136), martyr, à l’origine de la messe de minuit de Noël.

IV.

Ss Argeos, Narkissos et Markellinos, trois frères martyrs à Tomes. 

VI.

S Theodorus, évêque à Marseille, objet des vexations du gouverneur.

S Aspasius, prêtre à Melun (peut-être évêque à Eauze).

VII.

S Bladulfo, moine à Bobbio ; il reprocha son arianisme au roi lombard.

S Giovanni le Bon, évêque à Milan ; ce siège avait été transféré à Gênes : il le rétablit.

S Vincentianus (Viance), ermite en Limousin.

S Munchin, évêque vénéré en Irlande.

IX.

S Adalhardus, petit-fils de Charles-Martel et cousin de Charlemagne, abbé à Corbie, très instruit, invoqué contre les fièvres et le typhus.

XII.

B Airald, frère (?) de Calliste II, chartreux, évêque à Saint-Jean-de-Maurienne.

S Silvestro, abbé de rite oriental, à Troina en Sicile.

XIV.

B Marcolino Amanni, dominicain à Forlì, rigoureux dans l’observance de la règle.

XVI.

Bse Stefania Quinzani, tertiaire dominicaine, qui fonda un couvent de cet Ordre à Soncino, mystique.

XVIII.

Bx Guillaume Repin et Laurent Batard, prêtres, guillotinés à Angers, béatifiés en 1984 .

XIX.

Bse Esther (Marie-Anne) Sureau, canadienne, fondatrice des Sœurs de Sainte Anne, longtemps victime du despotisme du prêtre confesseur et tenue à l’écart, béatifiée en 2001.

S Séraphim de Sarov, prêtre ermite russe, image vivante de l’Evangile ; il est canonisé dans l’Eglise russe, et très connu dans le monde occidental.

XX.

Bx Baldomero Arribas Arnaiz (Narciso, *1877), Jaime Cortasa Monclús (Pedro, *1883), Tesifonte Ortega Villamudrio (Néstor Eugenio, *1912), espagnols, et Henri Oza (Colombanus Paul, *1877), français, tous Frères Maristes martyrs à Santander en 1937 et béatifiés en 2013.

Télesphore

125-136

 

Ce huitième pape de la chrétienté succédait en 125 à saint Sixte 1er.

Anachorète en Grèce, il vint faire partie du clergé romain.

Pape pendant onze années, il ordonna douze prêtres et huit diacres.

Il fit observer le jeûne durant les sept semaines précédant la fête de Pâques. Les Eglises d’Orient n’avaient pas de date unique pour la fête de Pâques, et Télesphore eut l’occasion de se montrer en excellents rapports avec les Eglises d’Asie Mineure.

Il est en revanche probablement impossible qu’il ait prescrit la messe de minuit de Noël, cette célébration semblant ne pas remonter avant le 4e siècle.

Télesphore fut témoin de la persécution d’Adrien, dont il fut lui-même victime, décapité le 2 janvier 138 (on parlait précédemment du 5 janvier).

Ses reliques sont maintenant dans la cathédrale d’Alatri (Frosinone, Italie).

Son successeur fut saint Hygin.

 

 

Argeos, Narkissos et Markellinos à Tomes

† 310

 

L’empereur Licinius souscrivit avec Constantin, en 313, l’édit de Milan, qui accordait la tolérance envers les Chrétiens.

La «persécution de Licinius» peut donc se situer entre l’avènement de celui-ci, 308, et 313.

Argeos, Narkissos et Markellinos étaient autrefois présentés comme trois frères à Tomes (province du Pont, Asie Mineure), dont le dernier était encore enfant. Il semble étonnant que Markellinos, enfant, fût saisi parmi les nouvelles recrues. Il pouvait être au moins un jeune adolescent ou un jeune homme.

Toujours est-il qu’il refusait énergiquement de combattre sous l’étendard des ennemis du Christ. Pour cela il fut battu à mort, longtemps tourmenté en prison et finalement jeté dans la mer, tandis que ses deux frères Argeos et Narkissos furent décapités.

Ce fut vers 310, un 2 janvier.

Sans entrer dans aucun des détails mentionnés, l’actuel Martyrologe mentionne seulement les trois noms de ces Martyrs, mais curieusement les place au trentième mille de la Ville, donc près de Rome.

Rappelons que la fureur qui s’est déchaînée sur Markellinos ne s’est pas éteinte en ce temps lointain. Durant la révolution espagnole du siècle dernier, des Religieux furent jetés vivants dans l’océan, où leurs corps furent parfois dérivés par le courant marin jusqu’à Nantes (voir ce même jour).

Les saints Argeos, Narkissos et Markellinos sont commémorés le 2 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodorus de Marseille

† 591

 

Theodorus devint, en 566, le onzième évêque de Marseille.

Tout occupé des choses de Dieu et ignare des calculs de la terre, il accueillit à Marseille un certain Gondovald, fils de Clotaire Ier. Equipé de bons chevaux, Gondovald rejoint Mummolus, qui travaille pour le roi Childebert. Le duc d’Auvergne, Gontran Boson, furieux, accusa Theodorus d’avoir introduit Gondovald pour soumettre les Francs à Byzance ; il le fit conduire manu militari à un synode à Mâcon (585), où l’on aurait dû le condamner à l’exil ; manque de chance, le synode ne le condamna pas, le renvoya à Marseille, où il fut accueillit triomphalement.

En juin 590, Theodorus reçut une lettre du pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), qui lui confiait le souci de réparer l’erreur commise par ceux qui avaient baptisé de force des Juifs. En même temps, le pontife romain conseille à Theodorus de s’adresser à ceux-ci de façon répétée, avec douceur.

Si cette lettre est de juin 591, Theodorus ne put la recevoir, puisqu’il est dit qu’il mourut le 2 janvier 591.

Saint Theodorus de Marseille est commémoré le 2 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bladulfo

† 630

 

Bladulphus - devenu en italien Bladulfo ou parfois Blidulfo, d’où en français Blidulphe et Blidou - fut moine à Bobbio (Plaisance, Emilie, Italie N), monastère fondé par saint Colomban (v. 23 novembre), l’abbé étant à ce moment-là un certain Attala.

Or le roi des Lombards, Ariovaldo, soutenait l’arianisme. Un jour que Bladulfo le croisait, il lui refusa le salut, ce dont s’offusqua le Prince. Mais le saint moine répondit respectueusement que, si le roi voulait bien professer la foi catholique authentique, il le saluerait volontiers. Bladulfo aurait pu être moins provocateur, mais il eut une intuition intérieure de ce que son audace allait provoquer.

Ariovaldo ordonna de le fouetter à mort ; mais les bourreaux, croyant avoir achevé leur besogne, laissèrent là Bladulfo et s’en allèrent. Bladulphe cependant n’avait pas expiré ; Dieu lui donna la force de se relever, de se faire soigner, et il conta même qu’il n’avait jamais goûté un sommeil aussi doux. Evidemment, la population acclama le prodige ; la chose étant arrivée aux oreilles du roi, celui-ci s’en émut, fit porter à Bladulphe ses excuses et, s’il ne passa pas officiellement à l’orthodoxie, cessa au moins de molester les moines.

Bladulfo mourut le 2 janvier 630 et fut tout de suite honoré comme saint.

Son nom est inscrit au 2 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni le Bon

† 660

 

Giovanni (Jean) était natif de Camogli (Gênes, Ligurie, Italie NO), dans une famille originaire de la vallée de Recco.

Tel un petit Samuel (cf. 1S 1:28), il fut confié tout petit à des maîtres de Milan pour ses études, et fut incardiné dans le diocèse de cette ville.

Milan avait pendant longtemps été privée de son archevêque par les Lombards. Après près d’un siècle,  ceux-ci autorisèrent l’intronisation d’un nouvel archevêque. En 641, Giovanni fut le premier à pouvoir reprendre ce siège : ses qualités, son intelligence, l’avaient fait acclamer par tout le clergé et toute la population.

On admira partout son humilité et sa générosité. Il était tellement humble, dit son biographe, qu’on avait du mal à reconnaître qu’il était l’évêque.

En 649, il alla à Rome pour participer à un synode au Latran.

Il mourut un 2 janvier vers 660.

En 1951, le bienheureux Ildefonso Schuster (v. 30 août) procéda à un examen de ses reliques : on s’aperçut que Giovanni pouvait mesurer presque deux mètres.

Saint Giovanni le Bon est mentionné au 2 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Viance

† 672

 

Vincentianus - qui est devenu Viance - vécut au 7e siècle.

Il serait né en Anjou puis, devenu orphelin, fut confié par l’évêque de Cahors au duc d’Aquitaine.

Il passa au service de ce seigneur et en devint le palefrenier.

Pieux garçon, il avait les manières franches et directes : quand le fils du Duc voulut violenter une femme du village d’Avolca Curtis, il lui cassa le bras, amenant ainsi l’homme à une sérieuse repentance.

Le Duc voulut marier Viance, qui refusa catégoriquement, ; le Duc en fut tellement contrarié, qu’il maltraita sérieusement son domestique, qui cependant s’échappa et vint se réfugier dans un désert du Limousin, où il mena désormais la vie érémitique.

Il mourut le 2 janvier 672.

Le fils du Duc voulut, en reconnaissance pour le geste de Viance qui l’avait ramené dans le droit chemin, faire inhumer Viance précisément au lieu de sa conversion, à Avolca Curtis, qui devint désormais Saint-Viance. La Révolution prétendit rebaptiser la commune Avolque-Courte, qui redevint Saint-Viance (Corrèze).

Viance avait déjà eu le don des miracles ; il y en eut aussi après sa mort. Par exemple, lors du transfert de son corps, un des deux bœufs qui tiraient le charriot fut dévoré par un ours, lequel se laissa apprivoiser et remplaça le bœuf manquant.

Une magnifique châsse fut fabriquée pour abriter les reliques de saint Viance ; elle est en émail de Limoges et classée monument historique ; volée, retrouvée, restaurée, elle se trouve dans l’église paroissiale, elle aussi classée.

Même si certains détails de la Vie de saint Viance sont contestables ou contestés, saint Viance est resté en honneur et a sa place dans le Martyrologe Romain au 2 janvier.

 

 

Munchin de Limerick

† 7e siècle

 

Munchin (en irlandais : Mainchín mac Setnai) naquit en Irlande, fils de Setna, de la famille des Dál gCais, ancêtres des rois de Munster.

Après avoir servi dans l’armée, il devint moine et fonda l’Eglise de Luimneach (act. Limerick), dont il aurait été nommé évêque.

Il serait mort un 29 décembre, jour où on l’honore à Limerick et Bruree, mais le Martyrologe Romain le commémore le 2 janvier, peut-être par confusion avec un autre saint, Manchán de Min Droichit, qui pourrait être mentionné à ce jour, mais n’est pas retenu dans le Martyrologe.

 

 

Adalhardus de Corbie

752-826

 

Le nom de cet abbé a été traduit en français Adal(h)ard ou Adélard.

Fils de Bernardus et petit-fils de Charles-Martel, donc neveu de Pépin le Bref, il était cousin de Charlemagne, de dix ans son aîné. On l’a fait naître à Huise (Flandre), ce qui est contesté.

Il avait un frère aîné, Wala, et deux sœurs, Gondrade et Théodrade ; tous furent religieux.

Bernard légua à son fils Adélard son immense domaine du Brabant, qu’Adélard remit à l’abbaye de Corbie.

Adélard grandit à la cour et y apprit le tudesque, le latin et le roman ; il se familiarisa tellement avec le style de saint Augustin, qu’on l’a appelé l’Augustin de son époque.

Charlemagne lui confia quelques missions et Adélard prit part à des expéditions contre les Saxons et les Sarrasins, puis contre les Lombards. Lorsque Charlemagne répudia Désirée, son épouse, Adélard quitta la cour (772).

Il se retira près de Benevento (Italie SO), puis entra à l’abbaye de Corbie. C’était un contemplatif, et son travail aux champs ne l’empêchait pas de vaquer à ses méditations. Mais les grands du royaume venaient lui demander d’intercéder pour eux auprès de Charlemagne ; intensément soucieux de rester incognito et dans le silence, il obtint d’aller au Mont Cassin mais, vite découvert, il fut rappelé à Corbie où on l’élut abbé (781).

L’abbatiat d’Adélard fut une période de grand développement intellectuel de l’abbaye : dans son scriptorium fut élaborée l’écriture minuscule caroline, ensuite adoptée en Occident. Les manuscrits enluminés à Corbie sont actuellement conservés dans plusieurs grandes Bibliothèques (Amiens, Paris et Saint-Pétersbourg). Adélard entretint une correspondance soutenue avec de grands dignitaires, parmi lesquels Alcuin, conseiller de Charlemagne et auquel il succéda.

Toujours en 781, Charlemagne eut recours à ses conseils, puis le nomma régent de son fils Pépin le Jeune à Pavie, qui n’avait que quatre ans ; quand mourut Pépin (810), Adélard fut le précepteur du jeune prince Bernard, qui avait douze ans.

La même année, il fut chargé par Charlemagne d’une légation auprès du pape Léon III, pour lui présenter les actes du concile d’Aix-la-Chapelle, où il était question d’insérer dans le Credo le fameux Filioque. Léon III n’y était alors pas favorable, non pas parce que la formule était hérétique (elle avait déjà été insérée par les évêques espagnols), mais parce que l’initiative venait d’un chef d’état laïc ; il l’autorisa cependant pour la Gaule.

Quand Louis le Débonnaire succéda à Charlemagne (814), le jeune Bernard se sentit lésé et chercha à combattre Louis ; mais il fut vaincu et tué. Louis pensa que cette révolte de Bernard était due à Adélard et à ses frère et sœurs, aussi les exila-t-il : Adélard à Noirmoutier, Wala à Lérins, Gondrade à Poitiers, Théodorade à Soissons. En 821, Louis comprit son erreur et rappela les exilés.

Adélard ne s’était pas alarmé le moins du monde ; il retrouva ses moines et reprit sa mission ; il les pressait de lui faire leurs observations : une fois qu’on osa lui suggérer de modérer ses mortifications, il répondit plaisamment : Je soignerai bien votre serviteur pour qu’il puisse vous servir le plus longtemps possible.

En 822, Adélard fonda l’abbaye de Corvey en Saxe (ou Nouvelle Corbie) et y nomma abbé son frère Wala. Tant pour Corbie que pour Corvey, il en rédigea les statuts, qui furent ensuite repris dans d’autres abbayes. Il fit construire plusieurs hôpitaux.

Fin 826, au retour de Corvey, Adélard fut pris de fièvre. L’évêque Hildemar de Beauvais, son ancien élève, lui rendit visite et lui administra l’Onction des Malades. Le 2 janvier 827, Adélard reçut le Viatique et s’éteignit en paix. Ce fut Hildemar qui célébra les obsèques.

En 1026 le pape autorisa l’élévation de son corps et la translation advint en 1040, ces rites équivalaient alors à la canonisation.

Les reliques les plus importantes d’Adélard furent conservées à Corbie. Lors de la Révolution, un particulier les dissimula soigneusement et les confia aux Jésuites de Saint-Acheul en 1827.

Adalhardus de Corbie est inscrit le 2 janvier au Martyrologe.

Airald

? - 1146

 

On a dit qu’Airald était fils de Guillaume Ier, comte de Bourgogne. Or, des quatorze enfants de ce Guillaume, on connaît ceux-ci : saint Octavien (v. 6 août) ; Eudes ; Renaud (mort en croisade) ; Guillaume ; Ermentrude ; Gui (né à Quingey), qui fut le pape Calliste II après avoir été archevêque de Vienne en France ; Etienne, grand-père de Béatrix (épouse de Friedrich Barbarossa) ; Sybille ou Mahaut ; Raimond, qui devint par son mariage roi de Castille ; Hugues, archevêque de Besançon ; Gilla (Gisèle), la mère d’Alix (épouse du roi Louis VI de France) ; Clémence ; Etiennette et Berthe.

Airald n’apparaît donc pas dans la longue liste des enfants de ce comte. Il faudra trouver l’explication de ce mystère.

Notre Airald, donc, entra chez les Chartreux de Portes et devint prieur.

Il fut nommé au siège épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, tout en gardant un contact fréquent avec la Chartreuse.

Deux chroniqueurs chartreux s’opposent ; l’un expose les faits précédents, l’autre avance qu’Airald ne fut chartreux qu’une fois évêque ou même après avoir abdiqué de son siège.

Tous deux s’accordent pour le faire mourir à un âge assez avancé, le 2 janvier 1146.

Il fut béatifié en 1863 par la reconnaissance de son culte. Le Martyrologe du 2 janvier mentionne son épiscopat et son appartenance à la Chartreuse, mais pas sa lignée familiale, tandis que son présumé frère, Octavien, est bien désigné au 6 août comme le frère de Calliste II.

 

 

Silvestro de Troina

† 1164

 

On place sa date de naissance à la fin du 11e siècle ou au début du 12e, à Troina (Enna, Sicile).

Cette île abritait beaucoup de monastères de l’Ordre de Saint-Basile, de rite oriental, à la suite de l’occupation byzantine.

Le monastère Saint-Michel se trouvait à Troina, et Silvestro y entra encore jeune.

Une tradition très ancienne rappelle qu’il reçut avec grande bonté un vieux mendiant, qui se révéla être Notre Seigneur lui-même.

De même, on rapporte qu’il fit le voyage à Catane pour vénérer sainte Agathe au jour de sa fête (v. 5 février), en une heure ; or il y a quarante kilomètres de Troina à Catane et Silvestro était à pied à l’aller comme au retour.

Vers 1155, il fit le pèlerinage à Rome et rencontra le pape Adrien VI, qui l’ordonna prêtre.

Au retour, il s’arrêta à Palerme et guérit Guglielmo, le fils du roi de Sicile. En suite de quoi, il fut élu abbé de son monastère.

Après quelques années, il se construisit une petite cabane non loin du monastère, pour vivre dans une plus grande solitude et austérité.

Silvestro mourut le 2 janvier 1164 à Troina et son culte ab immemorabili fut confirmé vers 1552.

La récente édition du Martyrologe a accueilli Silvestro au 2 janvier.

 

 

Marcolino Amanni de Forlí

1317-1397

 

Marcolino (Petit Marc) naquit en 1317 à Forlí (Emilie-Romagne, Italie CE).

A dix ans déjà, il prit l’habit dominicain et montra une maturité bien supérieure à son âge, pratiquant la règle dominicaine dans toute sa rigueur, même parfois sous les gentilles railleries de ses confrères.

Il passait pour peu instruit, peu éloquent, incapable d’assumer une quelconque charge, mais il fut favorisé de grâces extraordinaires : la Sainte Vierge lui rendait visite dans sa cellule. En extase durant le Sacrifice de la Messe, il ne se «réveillait» que par le son de la clochette à l’Elévation.

Il aimait les pauvres et leur rendait tous les services qu’il pouvait imaginer, particulièrement envers les petits enfants.

Sa mort, le 2 janvier (ou février) 1397 fut annoncée par un ange dans tout le pays et une grande foule assista à ses funérailles ; les miracles abondèrent.

Son culte fut confirmé en 1750 et le Martyrologe le mentionne au 2 janvier.

 

 

Stefania Quinzani

1457-1530

 

Cette italienne naquit le 5 février 1457, à Orzinovi (Brescia, Italie N).

Son père, Lorenzo Quinzani, alla bientôt s'établir à Soncino pour se mettre sous la conduite du dominicain Matteo Carreri, célèbre maître de la vie intérieure.

Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et prédit à la jeune enfant qu'elle serait son héritière. L'enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le bienheureux Matteo mourut, la Sainte se sentit frappée au cœur d´une blessure très douloureuse. Au même instant, le défunt lui apparut et lui apprit que cette blessure était l'héritage qu'il lui avait promis.

La souffrance devait être le partage de la bienheureuse Stéphanie ; elle était destinée par Dieu à prendre rang parmi ces âmes privilégiées que la divine Sagesse conduit hors des voies communes et élève par des moyens extraordinaires jusqu'aux plus hauts sommets de la vie mystique.

La grâce prévint la nature. A l'âge de sept ans, elle fit vœu de pauvreté, de virginité et d'obéissance. Notre-Seigneur voulut aussitôt lui montrer combien sa générosité Lui avait été agréable, lui apparut accompagné de Sa Très Sainte Mère et de plusieurs autres Saints, et lui donna le titre d'épouse ; comme gage de cette alliance, Il lui remit un anneau précieux.

Vers l'âge de dix à onze ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu'elle devait suivre le Christ, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Les épreuves ne lui furent pas épargnées et le démon lui suscita de terribles tentations contre la sainte vertu. Pour en triompher, la jeune fille eut recours à un remède énergique : elle se précipita avec un courage intrépide dans un amas d'épines et s'y roula jusqu´à ce que la douleur eût calmé les efforts de la tentation.

A l'âge de quinze ans, un Vendredi-Saint, alors qu´elle méditait avec larmes sur les souffrances de son Sauveur, elle reçut de Jésus-Christ les marques de la Passion, les stigmates, et il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs, qu'en chacun de ses membres elle porterait une partie de ce que Lui-même avait souffert.

A partir de ce moment, chaque semaine, le vendredi, elle semblait reproduire dans son corps et dans son âme les mystères de la sanglante Passion. On la voyait dans une sorte d'agonie pendant laquelle il lui sortait de tous les pores une sueur mêlée de sang. Puis on eût dit qu'on la déchirait de coups de fouet. Enfin, sa tête portait comme l'empreinte du couronnement d'épines. A ces souffrances corporelles venaient s'ajouter d'indicibles angoisses morales. Pendant quarante ans, Stefania dut passer à travers des ténèbres, des sécheresses, des impuissances et des délaissements terribles. Ce martyre de l'âme était si effroyable qu'elle eût succombé sous la rigueur des épreuves, si des faveurs extraordinaires n'étaient venues la soutenir.

Selon son plus grand désir et la promesse qu'elle avait faite en son jeune âge, elle revêtit l'habit du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle établit un monastère à Soncino et entreprit de bâtir un couvent sous le vocable de saint Paul. Dieu lui vint en aide, et, dès l'année 1519, une trentaine de jeunes filles des plus nobles familles travaillaient sous sa direction à acquérir la perfection religieuse.

Elle mourut le 2 janvier 1530 à l'âge de soixante-treize ans en prononçant les paroles du Divin Crucifié dont elle avait été la fidèle imitatrice : Seigneur, je remets mon âme entre Tes mains.

 

Guillaume Repin

1709-1794

 

Guillaume naquit le 26 août 1709 à Thouarcé (Maine-et-Loire).

A dix-neuf ans, il entra au Grand séminaire d’Angers et fut ordonné prêtre.

Il fut vicaire à Angers de 1734 à 1749, puis curé à Martigné-Briand. Il fut nommé chanoine. La suite des événements montra combien les fidèles étaient attachés à leur curé.

En 1791, le maire vint lui réclamer les clefs de l’église. Le bon chanoine, qui avait alors quatre-vingt deux ans, refusa, comme il avait refusé le serment constitutionnel imposé au clergé.

Il quitta sa paroisse et se réfugia en Angers, mais il y fut arrêté en juin 1792 et conduit… au Grand séminaire, transformé en prison.

Il n’était pas le seul, mais il était le plus âgé, aussi célébrait-il la messe, autant qu’on le lui permit, pour ses confrères : tous ne pouvaient pas célébrer (encore moins concélébrer), mais tous recevaient l’Eucharistie.

A partir d’août 1792, tous les citoyens étaient astreints au serment de la liberté et de l’égalité, que refusa aussi le chanoine car, même si tous les hommes sont égaux sous le regard de Dieu, le prêtre reçoit dans le Sacerdoce une grâce spéciale qui le différencie des autres fidèles.

Aussi fut-il enfermé avec d’autres prêtres âgés dans la Rossignolerie, une ancienne école appelée ainsi par dérision envers ceux qui la détenaient, les Frères de la Doctrine Chrétienne.

En juin 1793, les Vendéens réussirent à le libérer, mais on sait avec quelle rage les armées de la Révolution s’en prirent aux Vendéens, qu’on chercha ni plus ni moins à exterminer.

Le Chanoine, qui ne pouvait plus se déplacer avec aisance, dut changer de cachette plusieurs fois, mais fut repris dans la région de Cholet le 24 décembre 1793 : ce même soir, deux-mille personnes, hommes, femmes et enfants, furent massacrées.

Le Chanoine fut mis en prison à Chalonnes.

Condamné à mort par le comité révolutionnaire d’Angers, il fut guillotiné sur la place d’Angers, rebaptisée place du ralliement.

C’était le 2 janvier 1794.

Le Chanoine Guillaume Repin fait partie d’une centaine de Martyrs français exécutés lors de la Révolution, qui furent béatifiés en 1984.

 

 

Laurent Batard

1744-1794

 

Laurent naquit le 4 février 1744 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Prêtre, il refusa le serment constitutionnel imposé au clergé.

Condamné à mort par le comité révolutionnaire d’Angers, il fut guillotiné sur la place d’Angers, rebaptisée place du ralliement, en même temps que le Chanoine Repin.

C’était le 2 janvier 1794.

L’abbé Laurent Batard fait partie d’une centaine de Martyrs français exécutés lors de la Révolution, qui furent béatifiés en 1984.

 

 

Esther Sureau

1809-1890

 

Née le 18 avril 1809 à Terrebonne (Canada), Esther était le troisième enfant d’un cultivateur, Jean-Baptiste Sureau (on trouve aussi l’orthographe Sureault), et de Marie-Rose Limoges.

Ce cultivateur, ou un ancêtre, devait être blond et portait le surnom de Blondin, c’est pourquoi Esther signait Sureau-Blondin.

Esther ne fréquenta l’école que tardivement. Elle fit un essai de noviciat dans la Congrégation de Notre Dame, à Terrebonne puis à Montréal, mais dut revenir chez elle à cause de sa santé. C’est toutefois en souvenir de ce noviciat qu’elle porta désormais le nom de Christine. Esther Sureau devint ainsi Christine Blondin.

Une fois rétablie, en 1833 elle se mit à enseigner, comme institutrice à Vaudreuil, où elle devint directrice. Son école prit même le nom de Académie Blondin.

En 1850, avec la bénédiction de l’évêque, elle donna naissance à une nouvelle famille religieuse, dont la mission devait être l’éducation des enfants de la campagne. Cette famille prit finalement le nom de Sœurs de Sainte-Anne, et Christine s’appela Mère Marie-Anne.

Les vocations affluèrent vite. En 1853, on transférait la maison à Saint-Jacques-de-l’Achigan, en 1864 à Lachine.

A Saint-Jacques-de-l’Achigan, l’aumônier s’ingéra de telle façon dans le gouvernement de la communauté, que l’évêque pria la Mère Marie-Anne de bien vouloir se retirer de toute prérogative. La Fondatrice et Supérieure devint une humble petite sœur effacée, dans la communauté de Lachine, où elle ne portera que des titres honorifiques de conseillère et assistante.

Ce qui frappe beaucoup, c’est l’humilité avec laquelle elle accepta l’épreuve, jusqu’à la fin de sa vie.

Elle mourut le 2 janvier 1890, octogénaire, témoin discret de quarante-deux maisons déjà ouvertes dans le Canada et les Etats-Unis.

Heureusement, la mémoire de la Fondatrice fut remise au jour et Esther alias Christine alias Marie-Anne béatifiée en 2001.

Baldomero Arribas Arnaiz

1877-1937

 

Né le 27 février 1877 à Santibañez de Esgueva (Burgos), Baldomero était le benjamin des trois enfants de Martín et María et reçut au baptême les noms de Baldomero, Román, Teófilo, Justo.

Les parents étaient de simples cultivateurs, et le papa avait aussi comme passe-temps la chasse et la pêche.

Après l’école communale, Baldomero entendit l’appel de Dieu et entra en 1890 au collège tenu par les Frères maristes à Canet de Mar (Barcelone).

Le 22 janvier 1892, à quinze ans, il entra au noviciat, fut vêtu et prit le nom de Narciso.

En 1894, à Girona, il eut le diplôme d’instituteur d’école élémentaire et, selon l’habitude de l’époque, émit un premier vœu d’obéissance.

A partir de 1895, il enseigna à Canet de Mar et Girona, où il fut même nommé directeur de l’école entre 1901 et 1903, puis ce fut une cascade de nominations et d’autant de déplacements : Palafrugell, Tarazona, Cartagena, Murcia, Malgrat de Mar, Calatayud, Cullera, de nouveau Girona, Igualada, Lleida, Toledo, Zaragoza, de nouveau Calatayud, enfin Cabezón de la Sal.

Il faut faire preuve d’une grande disponibilité de cœur, pour se laisser ainsi déplacer continuellement au gré des nécessités et des événements ; seize postes en quarante ans, représentent une moyenne de deux années et demie à chaque lieu, de quoi acquérir un détachement total de la terre et des hommes… Mais ce n’était pas fini. Baldomero-Narciso devait donner encore plus : il fut martyr.

A Cabezón, son dernier poste à partir de 1933, il montra tout son amour désintéressé pour les élèves, surtout les pauvres, au point d’être surnommé ami des pauvres, et qu’il reçut même une lettre anonyme de reproches pour cet «excès» de bonté.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté avec ses Confrères de Cabezón et de Carrejo, le 30 septembre 1936.

Ils furent conduits à la prison de Santander. Le 1er janvier, Baldomero et trois autres Frères furent «appelés». On ne les revit plus. On suppose qu’ils furent, eux aussi, jetés à la mer depuis le phare.

La date supposée de leur martyre, leur dies natalis, est au 2 janvier.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Henri Oza Motinot

1877-1937

 

Né le 1er août 1877 à Lyon, Henri était le fils de Michel Oza et Marie-Louise Motinot, qui le firent baptiser le 5 août suivant.

Quand les parents déménagèrent à Saint-Donat (Drôme), Henri fréquenta l’école tenue par les Frères maristes, où il fut emballé par l’idéal de la vie religieuse.

En 1893 il entra au noviciat de Saint-Paul-Trois-Châteaux, fut vêtu et prit le nom de Colombanus Paul.

En 1894, il passa à Avignon son Brevet, diplôme requis pour enseigner alors en France.

En 1896, selon l’habitude de l’époque, il émit un premier vœu d’obéissance, et fit la profession perpétuelle en 1901.

Jusqu’en 1904, on l’envoya en divers endroits de France, cuisinier à Salon-de-Provence, de nouveau à Saint-Paul, professeur auxiliaire à droite et à gauche…

En 1904, au moment de la crise entre l’Eglise et l’Etat, il quitta la France et fut au collège de Pamplona.

Par bonheur, il avait une bonne connaissance de l’espagnol, de l’anglais, de la musique aussi. Son «défaut» était une timidité excessive, qui l’empêchait de s’imposer et de maintenir l’ordre, même auprès des tout-petits.

Il changea souvent de poste à cause de ce problème. Il sembla se trouver au «bon» endroit en arrivant à Carrejo : il faisait la cuisine, s’occupait des petits enfants, et était bien encadré par les trois autres Frères maristes.

Ce qui l’aida particulièrement, fut sa parfaite obéissance aux directives du Directeur : il donnait des leçons particulières de français, et tenait l’orgue à la paroisse.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté avec ses Confrères de Cabezón et de Carrejo, le 30 septembre 1936.

Il aurait pu faire valoir sa nationalité française et repartir sain et sauf chez les siens en France, mais il ne voulut pas se séparer de ses Confrères et partagea leur sort.

Ils furent conduits à la prison de Santander. Le 1er janvier, Henri et trois autres Frères furent «appelés». On ne les revit plus. On suppose qu’ils furent, eux aussi, jetés à la mer depuis le phare.

La date supposée de leur martyre, leur dies natalis, est au 2 janvier.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Jaime Cortasa Monclús

1883-1937

 

Né le 15 juillet 1883 à Millá (Lleida, Espagne), Jaime (Jaume) était le fils de Juan et Antonia, de bons chrétiens qui le firent baptiser le 5 août suivant.

Dès qu’ils comprirent que leur fils était appelé par Dieu, ils le conduisirent sans attendre au noviciat des Frères maristes de Vic, en août 1898.

Début 1899, Jaime reçut l’habit, et le nom de Pedro. Il fut alors à San Andrés de Palomar, puis cuisinier à Malgrat de Mar.

En 1900, il émit un premier vœu d’obéissance et enseigna à Sabadell, San Andrés de Palomar, Torrelaguna.

Il fit la profession solennelle en 1905, à Manresa, et fut ensuite directeur à Torrelaguna (1910), à Cabezón de la Sal (1916), à Arceniega (1922), de nouveau à Cabezón (1925-1936) comme directeur et/ou professeur.

Où qu’il fût, il montra tout son amour désintéressé pour les élèves, surtout les pauvres, pour leur apporter cette culture et la foi chrétienne qui en feraient de bons chrétiens.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté avec ses Confrères de Cabezón et de Carrejo, le 30 septembre 1936.

Ils furent conduits à la prison de Santander. Le 1er janvier, Jaime et trois autres Frères furent «appelés». On ne les revit plus. On suppose qu’ils furent, eux aussi, jetés à la mer depuis le phare.

La date supposée de leur martyre, leur dies natalis, est au 2 janvier.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Tesifonte Ortega Villamudrio

1912-1937

 

Né le 10 avril 1912 à Arlanzón (Burgos), Tesifonte était le fils de Bernardino et Valentina, qui le firent baptiser deux jours après. Ctésiphon est le nom d’un des premiers évangélisateurs d’Espagne, v. 1er mai).

A sept ans, Tesifonte reçut la Première comunion, et la Confirmation à onze ans.

En 1924, ses parents le conduisirent pleins de joie au collège des Frères maristes de Arceniega. Le jeune garçon n’était pas encore prêt pour ces études et pour cette nouvelle ambiance ; il revint reprendre des forces chez lui et, bien remis, fut admis au noviciat de Las Avellanas en 1929.

En 1930, il reçut l’habit, et le nom de Néstor Eugenio. Il fit sa première profession en 1931.

Il fit ensuite des études de pédagogie, compléta sa formation, et fut envoyé d’abord au collège de Haro (1933).

Il enseigna ensuite à Saragosse (1935), puis arriva à Carrejo.

Ses élèves se rappelèrent toujours qu’il était proche d’eux, qu’il leur donnait le goût de l’étude, de la prière. Malgré sa timidité native, il était toujours prêt à se donner au-delà de ce qu’on exigeait de lui.

Les événements se précipitèrent et ne lui laissèrent pas le temps de faire la profession perpétuelle (qu’il fit dans son cœur).

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté avec ses Confrères de Cabezón et de Carrejo, le 30 septembre 1936.

Ils furent conduits à la prison de Santander. Le 1er janvier 1937, Tesifonte et trois autres Frères furent «appelés». On ne les revit plus. On suppose qu’ils furent, eux aussi, jetés à la mer depuis le phare.

La date supposée de leur martyre, leur dies natalis, est au 2 janvier.

Ils ont été béatifiés en 2013.

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 00:00

 

01 JANVIER

 

I.

La très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Theotokos.

II.

S Concorde, prêtre et martyr à Spolète.

IV.

S Basile le Grand, moine dans le Pont, évêque à Césarée, docteur de l’Eglise, fêté le 2 janvier avec son ami s. Grégoire de Nazianze.

?

S Magne, martyr.

V.

S Telemachus, martyr à Rome au moment où il venait de dire : “C’est aujourd’hui l’octave du jour du Seigneur, renoncez aux superstitions des idoles et aux sacrifices impurs”.

S Basile, évêque à Aix-en-Provence.

VI.

S Oyand (Eugendus), abbé sur le Mont Joux, où le monastère prit ensuite le nom de Saint-Claude ; son père devint prêtre aussi.

S Fulgentius, évêque à Ruspe, adversaire et victime des ariens, patron de Cagliari.

S Iustinus, premier évêque à Chieti, dont il est patron.

S Agrippin, évêque à Autun.

S Félix, évêque à Bourges ; on retrouva son corps sans corruption après douze années.

VII.

S Clair, abbé près de Vienne en France.

S Frodobert, fondateur d’un monastère et abbé à Montier-la-Celle.

IX.

S Stable, évêque à Clermont.

XI.

S Odilon, cinquième abbé à Cluny, à qui revient la paternité de la Trêve de Dieu et de la Commémoraison des défunts du 2 novembre.

XIII.

Ste Zdislava de Lemberk, tertiaire dominicaine bohême, obligée de se marier à seize ans, mystique, canonisée en 1995.

B Ugolino, ermite de Saint-Augustin à Gualdo Cattaneo.

XIV.

S Bonfiglio Monaldi, un des fondateurs de l’ordre des Servites, fêté le 17 février.

XVIII.

B Jeong San-pil Petrus, laïc coréen, martyr dont on ne connaît que l’année du martyre (1799), béatifié en 2014.

S Giuseppe Maria Tomasi, théatin à Palerme, cardinal à Rome, très versé dans l’Ecriture Sainte et la liturgie (on l’appela “Doctor Liturgicus”) ; il étudia auprès du rabbin de Rome, qui se convertit ; canonisé en 1986.

Bx René et Jean Lego, deux frères prêtres près d’Angers, martyrs guillotinés, béatifiés en 1984.

XIX.

S Vincenzo Maria Strambi, prêtre à Viterbe, passioniste, évêque à Macerata.

Bx Coréens, laïcs, six martyrs béatifiés en 2014, dont on ne connaît que l’année du martyre : An Gun-sim Richardus (1835), Jang Thomas et Ku Han-seon Thomas (1866), Song Benedictus, Song Petrus et Yi Anna (1867).

Bx Gim Gi-ryang Felix Petrus et Pak Sang-geun Matthias, laïcs coréens martyrisés par pendaison à un jour imprécisé de janvier 1867, béatifiés en 2014.

XX.

B Jean-Louis (Valentin) Paquay (1828-1905), religieux franciscain belge, grand confesseur, dévôt du Sacré-Cœur et de l’Immaculée Conception, partisan de la communion fréquente, béatifié en 2003.

S Zygmunt Gorazdowski (1845-1920), prêtre polonais très actif, fondateur des Sœurs de Saint-Joseph, béatifié en 2001, canonisé en 2005.

Bse Carmen Godoy Calvache de Coromina (1888-1937), laïque espagnole mariée, martyrisée près d’Almería, béatifiée en 2017.

B Andrés Gómez Sáez (1894-1937), prêtre salésien, martyr à Santander, béatifié en 2007.

B Marian Konopiński (1907-1943), prêtre polonais, mort à Dachau, des suites des “expériences médicales”, béatifié en 1999.

B Alojzij Grozde (1923-1943), laïc slovène martyr, béatifié en 2010.

  

Basile le Grand

329-379

 

De quelle belle et illustre famille va-t-on parler ici !

Il y avait à Césarée de Cappadoce (l’actuelle Kayseri, Turquie centrale) un saint homme d’avocat, qui s’appelait Basile (Vasilios).

Ses parents s’étaient montrés courageux durant la persécution au début du quatrième siècle. Ils durent fuir Néocésarée (actuelle Niksar, Turquie CN) pour se cacher dans le désert ; ils souffrirent la confiscation des biens.

Si l’on ne connaît pas le prénom du grand-père, on sait celui de la grand-mère : Macrina, surnommée l’Ancienne (v. 14 janvier).

Ce Basile, donc, épousa Emmelie, elle-même fille de martyr et sœur d’évêque.

Basile et Emmelie (v. 30 mai) s’établirent alors à Césarée de Cappadoce. Ils eurent dix enfants, dont les quatre connus sont au Martyrologe : Macrine la Jeune, Basile, Grégoire, Pierre (respectivement 19 juillet, 2 janvier, 10 janvier, 26 mars).

Basile (l’Ancien) mourut vers 350, Emmelie vers 370.

Macrine se consacra à Dieu ; les trois autres garçons furent évêques. On en parlera à leurs jours respectifs.

 

Basile, fils de Basile, naquit vers 329 à Césarée de Cappadoce, où il reçut l’instruction de son propre père, puis d’autres maîtres avant de partir pour Constantinople, enfin Athènes.

C’est dans ces deux villes que Basile se lia d’une amitié profonde avec Grégoire, le futur évêque de Nazianze. Ce dernier en a écrit un éloge qui vaut la peine d’être écrit ici :

Non seulement je portais personnellement à mon grand Basile beaucoup de respect parce que je voyais en lui une conduite sérieuse et une parole avisée, mais j’essayais aussi d’inspirer le même sentiment aux autres, qui n’avaient pas eu l’occasion de le connaître. Car pour beaucoup il était déjà digne de vénération, parce que sa réputation l’avait devancé (…) Il n’y avait entre nous aucune envie, nous ne cherchions que l’émulation. Il y avait lutte entre nous deux, non pas à qui obtiendrait la première place, mais comment chacun la céderait à l’autre.

Vers 356, Basile reçut le baptême par l’évêque de Césarée. Dès lors, il suivit la voie monastique : il alla s’informer auprès des plus grands solitaires d’Egypte, de Palestine, de Syrie, de Mésopotamie.

Il s’établit ensuite sur les bords du fleuve Iris dans le Pont (sur l’actuelle Mer Noire). Les disciples furent nombreux. Basile leur écrivit une Règle, qui fit de lui le législateur de la vie cénobitique en Orient, et dont s’inspira saint Benoît en Occident.

Vers 360, on recourut à lui pour soutenir la doctrine trinitaire contre l’invasion de l’arianisme, que l’empereur voulait imposer en Orient. A Césarée, le prestige de Basile l’emporta et les Chrétiens n’eurent pas à souffrir de l’erreur hérétique.

En 370, Basile fut choisi comme évêque à Césarée. Il continua de se battre pour l’orthodoxie, sans parvenir au but qu’il se proposait.

Sa faible santé déclina rapidement aussi. Il mourut le 1er janvier 379, juste après la cessation de la persécution.

Comme l’Eglise fête en début d’année la Maternité de Marie, saint Basile est fêté le 2 janvier, en compagnie, d’ailleurs, de son cher ami Grégoire de Nazianze. Ce jour-là, on lit dans la Liturgie des Heures l’extrait cité plus haut.

On a de saint Basile - qui est Docteur de l’Eglise - un Traité sur l’Esprit Saint, des Homélies, un Commentaire sur le prophète Isaïe, sur les Psaumes, des Lettres.

Pour finir, une citation qui convient parfaitement à notre blog :

Lorsque les peintres copient un tableau, ils lèvent constamment les yeux vers l’original, et s’efforcent d’en reproduire dans leur ouvrage les formes et l’expression. Quiconque essaie de se perfectionner dans toutes les espèces de vertus doit de même étudier la vie des Saints, comme autant de modèles vivants et pratiques, et ensuite, par une diligente imitation, s’approprier le bien qu’il découvre en eux.

 

 

Telemachus martyr

† 404

 

L’éminent historien que fut l’évêque de Cyr (Syrie), Theodoret, raconte ainsi le martyre de Telemachus :

Honorius, en Europe, abolit les combats de gladiateurs qu’un vieil usage avait établis à Rome. Un ascète, nommé Télémaque, était venu d’Orient à Rome dans cette pensée. Pendant que se donnait l’abominable spectacle, il entra lui aussi dans le stade et, étant descendu dans l’arène, il essaya de séparer les combattants.

Avant de poursuivre, on ajoutera ici ce détail d’une autre source ancienne :

Il disait au peuple : C’est aujourd’hui l’octave du jour du Seigneur, renoncez aux superstitions des idoles et aux sacrifices impurs.

Theodoret poursuit :

Les spectateurs s’en irritèrent, possédés qu’ils étaient de la fureur du démon qui se délecte de l’effusion du sang : ils lapidèrent celui qui avait voulu établir la paix entre les gladiateurs. Ayant appris ce qui s’était passé, l’excellent empereur le plaça au nombre des glorieux martyrs et mit fin à ces criminels spectacles.

Quelques détails diffèrent selon les écrits. Telemachus est nommé Almachius ; le martyre par lapidation aurait été le fait des spectateurs ou des gladiateurs eux-mêmes, aux ordres d’un certain Alypius, qui fut préfet de Rome en 391, avant l’avènement d’Honorius. Ces détails peuvent facilement se résoudre, en particulier deux préfets pouvant facilement être confondus, par la distance entre Rome et la Syrie.

On sait que le dernier combat de gladiateurs à Rome eut lieu le 1er janvier 404, ce qui autorise à dater le glorieux martyre de Telemachus à cette date.

Saint Telemachus, martyr, est commémoré le 1er janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Oyand de Condat

450-510

 

Oyand ou Oyend est le nom français qui traduit le latin Eugendus.

Eugendus naquit vers 450 à Izernore (Ain) et fut confié à l’âge de sept ans à l’ermitage de Condat, sous la conduite des deux frères et fondateurs, s. Romain et s. Lupicin (v. 28 février et 21 mars).

Oyand fut dirigé par s. Viventiole (v. 12 juillet).

L’enfant grandit dans une continuelle ascension vers la perfection. Il ne prenait qu’un repas, après le coucher du soleil, ne portait qu’une tunique grossière été comme hiver, avec de simples sandales aux pieds. Il se montrait toujours joyeux et plein de douceur.

Dans son humilité extrême, il refusa toujours d’être ordonné prêtre. Il fut coadjuteur de l’abbé, à la mort duquel on l’obligea à en accepter la succession.

Sa prière était ininterrompue. Parfois un simple mot de piété le faisait ravir en extase, même au réfectoire. Il eut le pouvoir de chasser les démons : même une simple formule signée de sa main suffisait pour délivrer les possédés.

Avec douce fermeté, il maintint une rigoureuse discipline dans le monastère, donnant l’exemple de l’humilité, du renoncement, de l’observance de la règle, de la charité pour les malades, de l’aimable douceur pour recevoir les hôtes.

Certains moines osèrent l’accuser d’incapacité. Oyand laissa dire, s’en remettant au jugement de Dieu.

Un incendie ravagea le site, obligeant les ermites à se réfugier au proche monastère de Lauconne ; Oyand en profita pour reconstruire un véritable monastère. Quand il reçut des reliques des saints Apôtres Pierre, Paul et André, il construisit une belle église en leur honneur.

Malade, il ne relâcha rien de ses habitudes, de ses mortifications, de sa présence au chœur. Après six mois de maladie, il se fit administrer l’Onction des malades : il «reprocha» gentiment aux moines de prolonger sa vie par leurs prières et mourut le 1er janvier 510.

L’abbaye de Condat prit le nom de saint Oyend, plus tard celui de saint Claude (v. 6 juin) : c’est l’origine de la ville de Saint-Claude.

Saint Oyand est inscrit au 1er janvier dans le Martyrologe.

 

 

Fulgentius de Ruspe

468-533

 

Claudius Gordianus Fulgentius, communément connu comme Fulgence, naquit en 468 à Thélepte (Kasserine, Byzacène, act. Tunisie), de parents qui avaient été chassés de leur maison de Carthage, lors de l’invasion des Vandales. Sa mère s’appelait Marianna ou Maria Anna.

A la mort de son père, lui et son jeune frère furent élevés dans une vive foi chrétienne. Il apprit le grec et le latin.

Devenu receveur général des impôts en Byzacène, il continuait d’approfondir ses connaissances bibliques et, lisant le commentaire de s. Augustin (v. 28 août), sur le psaume 36, il conçut le désir d’embrasser la vie monastique. Le psaume dit : Ne sois pas jaloux de ceux qui font le mal, ni de ceux qui commettent l’injustice. En effet, comme l’herbe sèche ils se faneront, et comme l’herbe verte ils faibliront… Les méchants seront déracinés…

Venu consulter l’évêque Faustus, ce dernier commença par mettre à l’épreuve ce jeune fonctionnaire, en le rabrouant : Va donc vivre d’abord d’une façon un peu moins délicate ! Sur l’humble réponse de Fulgence, l’évêque l’admit dans son monastère.

Maman Maria Anna cependant, vint réclamer son fils, avec les arguments habituels des mamans : tu me laisses seule, je suis fatiguée, vieille, sans soutien, etc. Mais Fulgence connaissait sa mère ; pour couper court à toute discussion et à la tentation, il ne se montra pas même à sa chère mère. Elle dut repartir et apprendre à vivre en communion avec son fils, dans la foi et l’espérance vraiment chrétiennes.

Fulgence se donna à la pratique de toutes les vertus, mais aussi de toutes les mortifications, au point de compromettre sa santé. Quand il se fut remis, il céda à sa mère, pour son petit frère, tout son héritage.

Les persécutions obligèrent Fulgence à se réfugier dans un autre monastère, dont l’abbé Felix lui confia le soin du spirituel, puis à Sicca Veneria (auj. Le Kef), où un prêtre arien leur infligea d’affreux tourments, puis à Ididi. Finalement, Fulgence chercha à rejoindre les solitaires d’Egypte, mais il renonça à son idée en apprenant que la région était à ce moment infestée de schismatiques, il s’embarqua alors pour Rome.

Dans la Ville éternelle, il eut cette réflexion : Si la Rome terrestre est si belle, que doit être la céleste Jérusalem ?

De retour en Afrique, un certain Silvestre lui offrit un terrain suffisant pour construire un beau monastère, et Fulgence devait en être l’abbé ; il y renonça pour s’isoler dans la prière et l’étude : Faustus l’obligea à rester à sa place, et lui conféra le sacerdoce.

Tandis que le roi Thrasimond empêchait la nomination d’évêques «orthodoxes», l’Eglise cherchait à confier secrètement les diocèses à des évêques sûrs ; Fulgence fut préconisé pour Ruspe ; d’abord il se cacha pour échapper à cette nomination, mais les fidèles eux-mêmes insistèrent pour l’avoir auprès d’eux ; il fut sacré en 508.

Il continua de vivre en toute simplicité. Il priait de longues heures durant la nuit. Désireux d’avoir une bonne compagnie, il pensait construire un nouveau monastère, mais le roi exila en Sardaigne tous les évêques «orthodoxes».

Durant cet exil, Fulgence habita à Cagliari et soutint de toutes ses forces les autres évêques, plus âgés que lui. Il avait une telle influence que le roi Thrasimond l’appela et chercha honnêtement un compromis avec lui mais, sous la pression des ariens, le renvoya en Sardaigne (520).

A Cagliari, il aménagea un monastère et écrivit divers ouvrages, souvent perdus. Lorsqu’enfin le nouveau roi, Hildéric, rendit la liberté à l’Eglise (523), Fulgence reprit sa place à Ruspe, et se dédia entièrement à la réforme du clergé et à la prédication.

En 532, pressentant sa mort, il se retira sur une des petites îles de Circina (auj. Kerkennah, au large de Sfax), pour prier et pleurer sa pauvre vie avant de se présenter devant Dieu ; peut-être se trouvait là aussi un monastère, Erramadia. Rappelé par ses diocésains, Fulgence reçut dans sa maison son clergé, demanda pardon du «scandale» qu’il avait donné, et mourut le 1er janvier 533.

La ville de Cagliari l’a pris comme Patron.

Saint Fulgence de Ruspe est inscrit au 1er janvier dans le Martyrologe.

 

 

Iustinus de Chieti

† 540

 

La liste épiscopale de Chieti (Abruzzes, Italie CE) comporte une succession de onze évêques, tous Saints, dont cependant on n’a reçu aucun détail.

Le tout premier de ceux-ci est notre Iustinus, qu’on considère donc comme le fondateur du diocèse de Chieti, et dont le Martyrologe avance prudemment qu’il fut célèbre par son zèle et la défense des fidèles. Précédemment, il en était dit, encore plus génériquement, qu’il fut célèbre par la sainteté de sa vie et par ses miracles, c’était le moins qu’on pouvait en dire.

On aurait confondu cet évêque de Chieti avec un homonyme de Siponto, martyr au 3e siècle dans les  Abruzzes.

On signale cependant un célèbre miracle qui se produisit en 593, quand les récoltes furent menacées par une invasion de sauterelles. On porta alors en procession un bras du saint Evêque, devant lequel les bestioles s’arrêtèrent net.

Saint Iustinus de Chieti est commémoré le 1er janvier dans le Martyrologe Romain. En raison de la solennité de ce jour (et aussi de la rigueur de l’hiver), on le fête localement le 11 mai.

Clair de Vienne

† 660

 

Il naquit dans une localité qui s’appelle maintenant St-Clair-sur-Gallaure (Isère).

Il fut moine à Saint-Ferréol-Trente-Pas, une des abbayes proches de Vienne (Dauphiné), qui comptait plusieurs centaines de moines déjà.

L’archevêque de Vienne l’appela pour être abbé à Saint-Marcel, un monastère beaucoup plus modeste ; puis il lui confia aussi celui des veuves de Sainte-Blandine.

Clair eut le don de la prophétie et des miracles.

On dit qu’il est le saint Patron des boisseliers et des tailleurs, mais on ne nous dit pas pourquoi : ce sera sans doute par référence à son habileté.

Il mourut le 1er janvier, vers 660.

Son culte fut reconnu en 1903.

 

 

Frodobert de Montier-la-Celle

595-673

 

Frodobert (qu’on a aussi abrégé en Frobert), naquit vers 595 à Troyes.

Il reçut sa formation à l’école épiscopale de Ragnegisile, l’évêque qui lui conféra la cléricature. Le même évêque l’envoya ensuite à l’abbaye de Luxeuil afin de parfaire son éducation religieuse. Il se fit admirablement remarquer pendant plusieurs années.

Revenu à Troyes pour une simple visite, il aurait souhaité retourner à Luxeuil, mais son évêque l’en empêcha. Souhaitant alors se soustraire au monde, il obtint du roi Clovis II une terre dans les marais, à la périphérie sud-ouest de Troyes.

Cette terre de l’ïle Germaine était à défricher. Frodobert se mit au travail, assécha les marais et édifia un bâtiment monastique ainsi qu’un oratoire, qu’il dédia à saint Pierre. Ainsi naquit l’abbaye de Montier-la-Celle.

Frodobert s’y installa avec quelques frères. Il fut élu abbé.

La règle de vie s’inspirait à la fois de saint Colomban et de saint Benoît (v. 23 novembre et 11 juillet).

L’ascétisme extrême dont fit preuve Frodobert correspond en tous points aux principes irlandais.

Clovis II dota le monastère d’abord de ses biens personnels, puis aussi un propriétaire local, Chelembert. Bientôt, l’abbaye fut en possession de bâtiments d’exploitation, de champs, pâturages, prés, bois, vignes, rivières, pêcheries, moulins à eau, bétail, ainsi que de toute une servitude qui aidait les moines à exploiter leurs terres. Les moines augmentaient leurs biens temporels et pourvoyaient ainsi à leur subsistance par le travail de la terre.

Les rois mérovingiens apportèrent des donations ; Clotaire III et sa mère, Bathilde, confirmèrent ces donations en 657. L’abbaye deviendra une des plus florissantes maisons religieuses de France. Actuellement il n’en reste que… le pigeonnier et quelques pierres.

Saint Frodobert est mentionné au 1er janvier dans le Martyrologe.

 

 

Odilon de Cluny

962-1049

 

Odilon était de la famille des Mercœur (Saint-Cirgues, Haute-Loire) et naquit en 962.

Petit, il bénéficia d’un miracle de Notre-Dame, qui le guérit de sa paralysie des jambes.

Chanoine de Brioude, il entra à l’abbaye de Cluny, où l’abbé Mayeul lui donna l’habit monastique et reçut sa profession ; il en fit son coadjuteur en 991 et, trois ans plus tard, Odilon était élu cinquième abbé de cette célèbre abbaye de Cluny.

En 999, il recevra le prieuré de Paray-le-Monial. Entre 1002 et 1008, il achèvera l’édification de l’église Saint-Pierre du monastère ; puis il proposera de rattacher l’abbaye de Vézelay à Cluny, mais les évêques s’y opposèrent et l’union ne se fit qu’en 1058. Odilon ne cherchait pas à exercer une domination puissante, foncièrement contraire à son caractère, mais à confédérer les monastères dans une grande famille solidaire, pour maintenir une unité dans l’application de la Règle.

On connaît d’ailleurs la douceur légendaire de l’abbé Odilon. Il répondit un jour : J’aime mieux être puni pour un excès de miséricorde que pour un excès de dureté.

Il fut appelé de toutes parts pour réformer les monastères. Ainsi l’impératrice Adélaïde (v. 16 décembre), qui le rencontra personnellement peu avant de mourir.

Odilon fut ainsi dans l’obligation de se déplacer beaucoup. Il fut à Rome plusieurs fois et alla au Monte Cassino : humblement, il voulut baiser les pieds de tous les moines de l’abbaye.

En 1006, il se prodigua pour venir en aide aux victimes de la famine ; il vendit tout ce qui avait quelque valeur dans l’abbaye, étoffes, ornements, vases sacrés, et se fit personnellement mendiant pour apporter encore plus de soulagement aux malheureux. Des miracles complétèrent cette générosité sans borne.

Il est connu que c’est Odilon qui réussit à imposer la Trêve de Dieu, imposant aux belligérants de suspendre tout acte de violence armée du mercredi soir au lundi matin. Apparemment, il ne restait donc plus que trois petites journées pour «régler les comptes», mais Odilon espérait surtout que, durant la trêve, les ennemis auraient du temps pour réfléchir et même pour se réconcilier - ce qui arriva en effet.

Odilon institua le premier la journée de prière pour les Défunts, le 2 novembre, au lendemain de la fête de Tous les Saints, statuant que dans tous les monastères clunisiens, ce jour-là, on ferait des aumônes, des prières et l’on célébrerait la Messe pour tous nos frères qui militent sous la règle de saint Benoît, afin que par la miséricorde de Dieu nous fassions chaque jour de nouveaux progrès. Cette fête tout d’abord bénédictine fut ensuite étendue à toute l’Eglise.

Très marial, Odilon fut un jour ravi en extase au moment où l’on chantait le verset du Te Deum : Pour libérer l’homme, tu n’as pas dédaigné de descendre dans le sein d’une Vierge. En souvenir de cet événement, les Bénédictins font toujours aujourd’hui une profonde inclinaison en chantant ce verset.

Odilon était souvent comblé du don des larmes, durant sa méditation personnelle. Rien d’étonnant qu’un si saint personnage fût préconisé pour l’épiscopat ; on lui proposa le siège de Lyon, mais il le refusa humblement (1031).

Avant de mourir, il voulut faire encore une fois le pèlerinage de Rome. Dans ses dernières années, il eut de fréquents malaises, mais tenta de visiter les monastères dépendants de Cluny. A Souvigny, il annonça qu’il mourrait un premier janvier. Sa prophétie s’avéra pleinement. Le 31 décembre, il se fit allonger sur la cendre pour recevoir les derniers sacrements et s’éteignit le 1er janvier 1049.

Odilon, ainsi que Mayeul, furent ensevelis à Souvigny. Au temps de la Révolution, leurs tombes furent profanées. L’église, fermée au culte, fut rouverte en 1852 ; des fouilles récentes ont permis de mettre à jour les restes de ces deux saints abbés.

Le Martyrologe mentionne au 1er janvier Odilon, qui fut abbé pendant cinquante-six années et aussitôt après sa mort vénéré comme un saint.

 

 

Zdislava de Lemberk

1215-1252

 

Zdislava (on écrit aussi Zedislava) naquit en 1215 au sein d’une riche famille de Bohême (maintenant en République tchèque), au château que possédait son père entre Vienne et Prague.

Durant son enfance, le pays fut le théâtre de guerre, en raison de l’invasion des Mongols qui s’en prenaient sans cesse à la Chrétienté.

Outre son éducation, Zedislava reçut de sa mère l’habitude de s’occuper des pauvres, leur donnant des vivres, des remèdes aussi, et ne les laissant jamais partir sans avoir avec eux adressé une petite prière au Bon Dieu.

Zedislava épousa un militaire, le Duc Havel de Lemberk, et mit au monde quatre enfants. Le duc exigeait de son épouse, conformément à son rang, qu’elle portât de riches vêtements et participât aux fêtes du château, tandis que Zedislava préférait la pauvreté et l’effacement pour prier et vaquer à ses bonnes œuvres.

Elle obtint de son mari de faire construire des hospices pour les malades, pour accueillir les réfugiés victimes des hordes tartares ; et même si cela ne plaisait pas toujours à son mari, elle utilisait beaucoup d’argent du trésor familial pour aider les pauvres.

Lors du passage des premiers Dominicains dans la région, ses propres aspirations trouvèrent leur plein épanouissement dans l’idéal que proposaient ces Religieux : elle adhéra au Tiers-Ordre et favorisa personnellement l’établissement de l’Ordre en Bohême. Ainsi surgit le prieuré Saint-Laurent, non loin du château, ce qui lui permit de recevoir chaque jour l’Eucharistie (habitude très rare à cette époque).

Il y eut aussi un couvent dominicain à Jabonne, et c’est là que mourut Zdislava, le 1er janvier 1252.

Célèbre déjà de son vivant pour ses miracles, elle continua d’en faire après sa mort. Elle apparut à son mari, et influença fortement celui-ci vers une conversion intérieure authentique.

Au 17e siècle, une famille Berka prétendit descendre de Zdislava, ce qui explique pourquoi on appelle aussi cette Sainte Berka ou Berkiana.

Sainte Zedislava fut béatifiée en 1907 et canonisée en 1995.

Elle est la sainte Patronne des familles tchèques.

 

 

Ugolino de Gualdo Cattaneo

† 1260

 

L’habitude de nommer Ugolino de Gualdo a parfois été contestée par les tenants d’une tradition faisant naître Ugolino à Bevagna, car il signa lui-même un document : Ugolino Michele de Mevania, l’ancien nom de Bevagna. On a tenté de trancher le problème en proposant que les parents étaient de Bevagna, mais que leur fils naquit à Gualdo, à neuf kilomètres. Gualdo et Bevagna sont de la province de Pérouse (Ombrie, Italie C).

De rares documents nous apprennent qu’Ugolino vivait en ermite, dans une solitude rigoureuse où sa journée se partageait entre la prière, le silence et le travail manuel. Il avait des compagnons, dont il fut le prieur sans pour autant être prêtre.

On a un document de 1248 dont il ressort qu’Ugolino demanda à l’évêque que sa communauté fût rattachée à la branche bénédictine de Subiaco (l’autorisation fut accordée un siècle après la mort d’Ugolino). Mais vers 1258, les Bénédictins de Gualdo cédèrent leur maison aux Ermites de Saint-Augustin : Ugolino y restaura l’église. Il se pourrait cependant qu’Ugolino ait plutôt reçut la mission de construire lui-même ce monasère, dont il devint prieur.

On présume donc qu’Ugolino appartint aux Ermites de Saint-Augustin et que ses compagnons passèrent aux Bénédictins seulement en 1374.

Quand Ugolino mourut, le 1er janvier 1260, sa tombe devint un but de pèlerinage fréquenté, et source de grâces divines.

La population se hâta de canoniser Ugolino, dont le culte ab immemorabili fut confirmé en 1919 et le nom inséré dans le Martyrologe au 1er janvier.

 

 

Bonfiglio Monaldi

1198-1262

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Lors de la première installation de la petite communauté, Bonfiglio en fut nommé supérieur.

De 1250 à 1256, il fut supérieur général, car il y avait déjà plusieurs maisons.

C’est Bonfiglio qui, comme supérieur, reçut dans l’Ordre Filippo Benizi : ce dernier deviendra ensuite le cinquième supérieur général (v. 22 août).

Il quitta ce monde, le ler janvier 1262.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

Giuseppe Maria Tomasi

1649-1713

 

Giuseppe (Joseph) était né le 12 septembre 1649 à Licata (Agrigente, Sicile), aîné des deux fils du Prince de Lampedusa, Giulio Tomasi et de son épouse, Rosalia Traina.

Héritier de la principauté, Giuseppe devait aussi être admis à la cour de Madrid, motif pour lequel il apprit l’espagnol.

Cependant, le garçon voulait se consacrer à Dieu. Par acte notarié, il renonça à son titre en faveur de son jeune frère, à ses biens, et marcha sur les traces du Christ, dans la congrégation des Théatins, en 1665.

Après sa profession (1666), il étudia la philosophie à Messine, puis à Ferrare et Modène, car le climat de Messine ne convenait pas à sa santé. Puis il étudia la théologie à Rome et à Palerme et reçut le sacerdoce en 1673.

Son érudition ne s’arrêta pas aux études traditionnelles : il apprit le grec, l’éthiopien, l’arabe, le syriaque, le chaldéen, l’hébreu - et en profita pour amener au christianisme son professeur, un rabbin juif. Il approfondit ainsi la connaissance de l’Ecriture et des Pères de l’Eglise.

Un de ses travaux fut de montrer que l’antiphonaire romain différait du manuscrit original grégorien de Saint-Gall, dont se sont inspirés les moines bénédictins de Solesmes pour restaurer ce chant dans son authenticité.

Les papes le chargèrent de missions, celle de théologien et consulteur pour les Congrégations vaticanes, ou aussi «examinateur» des évêques et du clergé. Le pape Clément XI le consulta personnellement avant d’accepter son élection au siège de Pierre, et le prit comme confesseur.

Il dut par obéissance accepter la dignité de cardinal en 1712 et fut investi du titre de Saint Silvestre : il en profita pour enseigner le catéchisme aux petits enfants de cette paroisse, sans interrompre pour autant son travail d’érudit.

Ces travaux ont fait du Cardinal Tomasi le Prince des liturgistes romains, ou aussi le Docteur liturgique. C’est sur ses publications que se fondent l’actuelle Liturgie des Heures (le Bréviaire), notre Missel d’autel, séparé du Lectionnaire, et d’autres normes du Rituel.

Il mourut à Rome le 1er janvier 1713.

Le cardinal Tomasi fut béatifié en 1803 et canonisé en 1986.

 

 

René Lego

1764-1794

Jean Lego

1766-1794

 

René (et son frère) naquirent à La Flèche (Sarthe), René le 5 octobre 1764, Jean le 13 mai 1766.

Ils appartenaient tous deux au diocèse d’Angers.

On connaît par quel mouvement de masse les Vendéens se soulevèrent par protestation contre les décisions des Etats Généraux, et contre la persécution de leurs prêtres. Leur soulèvement fut écrasé par une sanglante répression qui fit beaucoup de victimes - et beaucoup de martyrs.

René et Jean furent de ces prêtres qui refusèrent le serment requis du clergé par l’Assemblée.

Ils furent guillotinés à Angers le 1er janvier 1794 : René avait trente ans, Jean vingt-huit.

Ils furent béatifiés en 1984, parmi quatre-vingt dix-neuf Martyrs de la Révolution française.

 

 

Jeong San-pil Petrus

? -1799

 

Jeong San-pil Petrus est un laïc coréen né à Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Deoksan en 1799 et béatifié en 2014.

 

 

Vincenzo Strambi

1745-1824

 

Vincenzo naquit le 1er janvier 1745 à Civitavecchia (Italie C) ; son père, milanais, était d’origine piémontaise et tenait une pharmacie.

Pour entrer au séminaire, il dut affronter quelques résistances de son père.

Le garçon fréquenta le séminaire de Montefiascone (1762), le Collegio Nuovo de Rome (chez les Scolopi), et les Dominicains de Viterbo.

A cette époque, se trouvait un autre séminaire proche de celui de Montefiascone, à Bagnorea (aujourd’hui Bagnoregio), où il reçut en 1767 le diaconat et la prêtrise, et dont il fut immédiatement nommé recteur.

Il se sentait cependant davantage attiré par la vie religieuse ; il essaya les Lazaristes et les Capucins.

Il entra finalement chez les Passionnistes (récemment fondés par saint Paolo de la Croix, au siècle Paolo Francesco Danei, v. 18 octobre), et prit le nom de Vincenzo Maria de Saint-Paul.

Il prêcha avec grand succès plusieurs missions - y compris devant les Cardinaux -, puis fut nommé vice-recteur du couvent des Saints-Jean-et-Paul à Rome, provincial et premier consulteur. En 1792, il fut élu postulateur général de la congrégation et le resta jusqu’à sa mort.

C’est lui qui écrivit la première biographie du fondateur des Passionnistes, Paolo de la Croix.

En 1801, il fut nommé évêque de Macerata et Tolentino, où il s’employa à faire construire un nouveau séminaire : il mettait toute son attention à recevoir personnellement les séminaristes, à bien les former, en leur donnant aussi lui-même certains cours et en développant chez eux la pratique du chant grégorien.

En outre, il fit construire un nouvel hospice pour les vieillards, et agrandir l’orphelinat. Il promut un élan économique dans la région avec la filature du chanvre.

En 1808, ayant refusé de jurer fidélité à l’impie empereur Napoléon, il fut relégué de force à Novare, puis à Milan, chez les Barnabites et chez des familles de l’aristocratie.

Après la mort de Pie VII en 1823, Mgr Strambi présenta sa démission, et fut pris comme directeur de conscience du pape Léon XII ; il n’exerça cette charge que pendant une quarantaine de jours. En effet, quand le pape fut frappé d’une grave maladie, Mgr Strambi offrit sa vie pour lui et fut exaucé : il s’éteignit le 1er janvier 1824, jour de son soixante-dix-neuvième anniversaire.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1950.

 

 

An Gun-sim Richardus

1774-1835

 

An Gun-sim Richardus est un laïc coréen né en 1774 à Boryeong (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) un jour inconnu de 1835 et fut béatifié en 2014.

 

 

Jang Thomas

1815-1866

 

Jang Thomas est un laïc coréen né en 1815 à Suwon (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut décapité à Cheonju (Chungcheong-do) en 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Ku Han-seon Thaddæus

1844-1866

 

Ku Han-seon Thaddæus est un laïc coréen né en 1844 à Haman (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Haman en 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Song Benedictus

1798-1867

 

Song Benedictus est un laïc coréen né en 1798 à Chungju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut martyrisé à Seoul en 1867, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifié en 2014.

 

 

Song Petrus

1821-1867

 

Song Petrus est un laïc coréen né en 1821 à Chungju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut martyrisé à Séoul en 1867, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifié en 2014.

 

 

Gim Gi-ryang Felix Petrus

1816-1867

 

Gim Gi-ryang Felix Petrus est un laïc coréen né en 1816 à Hamdeok-ri (Jeju, Corée S).

Il fut pendu à Tongyeong (Gyeongsang-do) en janvier 1867 et béatifié en 2014.

 

 

Pak Sang-geun Matthias

1837-1867

 

Pak Sang-geun Matthias est un laïc coréen né en 1837 à Mungyeong (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut pendu à Sangju (Gyeongsang-do) en janvier 1867 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Anna

1841-1867

 

Yi Anna est une laïque coréenne née en 1841 à Incheon (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle fut martyrisée à Seoul en 1867, un jour inconnu de 1867, et on ne sait de quelle façon, et fut béatifiée en 2014.

 

Jean-Louis Valentin Paquay

1828-1905

 

Jean-Louis naquit le 17 novembre 1828 à Tongres (Belgique), d’un père cultivateur et d’une mère de la bourgeoisie de Tongres. Les parents tenaient une auberge.

Après ses études à Tongres, Jean-Louis fut convaincu de sa vocation religieuse lors d’une mission prêchée par des pères Rédemptoristes.

En 1845, il entra au Petit séminaire de Saint-Trond, où il ne brilla pas par ses résultats scolaires, mais bien plutôt par sa profonde piété et ses vertus.

Il entra alors chez les Franciscains, fit le noviciat à Tielt (Gand) et, lors de sa profession, prit le nom de Valentin, sous lequel il est beaucoup plus connu.

Après la philosophie à Rekem, et la théologie à Saint-Trond, il fut ordonné prêtre en 1854, et nommé au couvent de Hasselt, où il restera pendant un demi-siècle.

Bientôt connu et estimé unanimement, il fut affectueusement surnommé Heilig Paterke (le saint petit père) : on appréciait ses homélies, ses visites aux malades et aux mourants ; son confessionnal fut assiégé, comme celui de Jean-Marie Vianney vers la même époque (v. 4 août).

C’est durant ces longues heures passées à exercer le sacrement de la Miséricorde, que maints pénitents purent remarquer le don qu’avait le saint petit père pour lire dans les âmes.

Eprouvé par une gangrène sénile, le père Valentin s’éteignit le 1er janvier 1905.

Il fut béatifié en 2003.

 

 

Zygmunt Gorazdowski

1845-1920

 

De bonne famille catholique ukrainienne, Zygmunt (Sigismond) Karol naquit le 1er novembre 1845 à Sanok. Les épreuves n’allaient pas manquer.

Dès l’enfance, Zygmunt fut touché par une maladie pulmonaire, ce qui ne l’empêcha pas pour autant d’être serviable autant qu’il le pouvait.

Après l’école de Przemysl, il fréquenta la faculté de droit à Lviv, qu’il quitta après deux ans pour entrer au séminaire latin de Lviv.

A la fin de ses études, sa mauvaise santé l’obligea à se soumettre à deux années de thérapie intense. Finalement il fut ordonné prêtre en 1871.

Vicaire de paroisse et administrateur successivement à Tartakow, Wojniłow, Bukaczowce, Gród Jageloński and Żydaczow, il se montra plein de zèle dans l’exercice de son sacerdoce.

Durant la terrible épidémie de choléra, à Wojniłow, il se dépensa sans compter pour aider, soigner, assister les malades et les mourants, sans craindre la contagion.

Il écrivit un catéchisme à l’usage de ses paroissiens, et maints manuels pour les parents, les professeurs, les jeunes. Il s’intéressait beaucoup aux pauvres et aux malades.

A partir de 1877, en la paroisse Saint-Nicolas de Lviv, il commença une intense activité spirituelle et charitable qui durera quarante ans. Il y fonda l’Association du Bon Pasteur pour les prêtres.

Il fonda en 1884 la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph, pour maintenir et prolonger le travail qu’il avait commencé au profit des pauvres, quand il les accueillait dans un foyer et leur servait une bonne soupe chaude, au profit également des mourants, des convalescents, des séminaristes pauvres, des mères abandonnées, des orphelins.

Pour ces nombreuses œuvres, il fut qualifié d’authentique perle du clergé latin de Lviv.

A sa mort, on l’appelait le père des pauvres et le prêtre des sans-abris. Il mourut le 1er janvier 1920.

Il a été béatifié en 2001, et canonisé en 2005 en même temps que son évêque, Jósef Bilczewski (v. 20 mars).

 

 

Carmen Godoy Calvache de Coromina

1888-1937

 

Née le 12 septembre 1888 à Adra, Almería, elle fut baptisée trois jours plus tard.

Elle avait une sœur mariée qui, avant de mourir, lui fit promettre d’épouser son mari. En 1916, elle épousa donc Antonio María Coromina Bignati. Deux de leurs quatre enfants moururent en bas âge.

En 1924, alors qu’elle était enceinte du quatrième enfant, Antonio mourut.

Carmen gérait une petite entreprise ; elle payait régulièrement et avec justice ses employés. Elle mettait à profit son patrimoine pour les œuvres de charité. Elle aidait par tous les moyens son curé, don Luis Eduardo López Gascón (v. 13 septembre). En 1932 déjà, les républicains mirent le feu à l’église paroissiale : Carmen fit une campagne pour réunir les fonds nécessaires à la reconstruction du sanctuaire.

A la suite de cette campagne, elle fut menacée et obligée de se réfugier à Madrid.

Mais en août 1936, elle fut arrêtée, internée à l’Hôpital de la Princesse, puis ramenée à Adra, son pays. On la mit aux arrêts dans sa propre maison, nue, et ne pouvant boire que de l’urine. On voulait lui extorquer la liste de tous les généreux donateurs qui l’avaient soutenue. Sa réponse fut nette : Ma valise est prête pour l’Eternité. Faites de moi et de mes fils ce que vous voulez, mais la liste, je ne vous la donne pas.

Elle subit d’autres tortures pendant le reste de l’année : elle fut violée, frappée, amputée d’un sein. On assassina aussi son propre frère et on enferma sa tante dans un hôpital psychiâtrique.

La nuit du 31 décembre, on l’emmena à Albufera, lui donnant des coups de bêche sur la tête. Finalement on l’enterra vivante.

Martyrisée le 1er janvier 1937 à Albufera de Adra, elle fut béatifiée en 2017, en même temps que le curé d’Adra.

Le nom de la bienheureuse Carmen Godoy Calvache sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1er janvier.

 

 

Andrés Gómez Sáez

1894-1937

 

Andrés naquit à Bicorp (Valenzia, Espagne) le 7 mai 1894, et fut baptisé le jour suivant.

Entré chez les Salésiens, il fit les vœux en 1914 à Alto (Madrid) et reçut l’ordination sacerdotale à Orense en 1925.

Au moment de la persécution, il se réfugia dans une pension proche de la cathédrale de Santander. Le 31 décembre 1936, il se retrouva avec un autre confrère avec lequel ils devaient, le lendemain, se rendre dans une famille pour des leçons de français. On ne sut plus rien d’Andrés, sinon qu’il fut arrêté par deux miliciens.

On supposa qu’il eut le sort commun à beaucoup d’autres religieux de Santander, qui furent précipités en mer du haut de la falaise. Certains furent auparavant torturés, d’autres eurent les mains liées derrière le dos et jetés vivants en mer : on en retrouva les corps quelques jours plus tard sur les plages françaises.

Martyrisé le 1er janvier 1937, Andrés a été béatifié en 2007.

 

 

Marian Konopiński

1907-1943

 

Né le 10 septembre 1907 à Kluczewo (Szamotulski, Pologne), Marian fréquenta l’école primaire à Szczepankowo, puis l’école de Wronki, enfin le lycée à Szamotuły.

Il entra au séminaire de Gnieźno, puis celui de Poznań et fut ordonné prêtre en 1932.

L’abbé Konopiński fut vicaire à Ostrzeszów, en même temps qu’il était préfet de l’école pour garçons. En 1935, il fut vicaire à Poznań, tout en poursuivant des études de sciences sociales à l’université locale.

En 1939, il fut nommé capitaine de réserve et, dès l’invasion allemande de septembre, se porta volontaire et fut aumônier militaire au 15e régiment da cavalerie de Poznań.

Ecrasés, les soldats furent sommés de se rendre ; l’abbé Konopiński fut immédiatement arrêté et envoyé au camp de Nienburg, d’où il sortit un mois plus tard. De nouveau arrêté en 1940, il fut envoyé au camp de concentration de Dachau.

Dans ce camp de la mort, il subit à partir de novembre 1942, des expériences «médicales» dont sa santé subit les conséquences dramatiques et qui le conduisirent à la mort.

Au début, il priait le chapelet avec un Compagnon, chaque jour pour une intention différente ; mais bientôt sa santé complètement délabrée ne le lui permit plus : il priait en bougeant à peine les lèvres. Juste avant de mourir, il dit encore à son Compagnon : Au revoir, au Ciel.

Il mourut le 1er janvier 1943 ; son corps fut incinéré.

Marian Konopiński fut béatifié en 1999.

 

 

Alojzij Grozde

1923-1943

 

Lojze (ou Alojzij, Louis) naquit le 27 mai 1923 à Gorenje Vodale (Mokronog, Slovénie), d’une relation entre Mary Dolenjskem et Francis Udovču. La mère de ce fils illégitime se maria ensuite avec François Kovač, lorsque l’enfant avait quatre ans, mais le beau-père le chassait chaque fois qu’il venait voir sa mère. Plus tard, comme Lojze était un bon élève, il put rester à la maison, où sa tante prit soin de lui.

Elle l’envoya à Ljubljana, où elle travaillait et où on l’aida pour son neveu. Lojze fréquenta l’école Marijanišče et le lycée de Ljubljana. C’était un élève bien au-dessus de la moyenne, qui trouva en plus le temps d’écrire des poésies et quelques œuvres littéraires.

Il fit partie de l’Action catholique et de la Congrégation mariale. Quand survint la seconde Guerre mondiale, il était en train de songer à sa vocation, dans une prière intense et au milieu d’occupations apostoliques envers le prochain.

L’été 1942, il ne revint pas à la maison, à cause de la difficulté qu’il y avait à voyager ; à l’occasion du nouvel an 1943, il demanda une permission pour visiter les siens. Il se rendit d’abord chez un ami à Struge puis, le 1er janvier, qui était le premier vendredi du mois, il assista à la messe au monastère de Stična, où il communia ; ce devait être son viatique.

Puis il prit le train jusqu’à Trebnje, où les rails avaient été démontés. Il continua à pied vers Mima, et trouva en route une charrette. En arrivant à Mima, des partisans Slovènes le bousculèrent, l’arrêtèrent et l’interrogèrent. Il lui trouvèrent un missel latin, l’Imitation de Jésus-Christ et une brochure sur Notre-Dame de Fatima. Ils le tirèrent dans une auberge proche, l’interrogèrent encore, le torturèrent et le tuèrent.

Trois heures plus tôt, un séminariste qui venait voir ses parents, fut aussi abattu (Janez Hočevar). Lojze fut suspecté d’être un informateur, à cause des livres «suspects» qu’il transportait. Les communistes croyaient voir en lui le type de personnes qu’ils suspectaient et persécutaient.

Un chef des partisans affirma que Lojze n’avait pas été torturé et que ce qu’on voyait sur son corps était le fait des bêtes de la forêt, Lojze ayant été enterré peu profondément dans le sol. Mais ceux qui ont retrouvé et examiné son corps ont remarqué qu’on lui avait arraché la peau de la plante des pieds, qu’on lui avait coupé les oreilles, percé la joue droite, crevé les yeux, qu’on lui avait coupé la langue et les doigts ; la tête portait une large et profonde plaie ouverte. En février 1943, on révéla partiellement ce qui était arrivé à Lojze, effectivement torturé pendant deux heures. Des écoliers venus cueillir des perce-neiges, retrouvèrent son cadavre : à part les traces des tortures, le corps était intact.

Lojze fut béatifié en 2010, durant le premier congrès eucharistique slovène à Celje.

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 00:00

 

31 DÉCEMBRE

 

?

Stes Donata, Paulina, Rogata, Dominanda, Serotina, Saturnina, Hilaria, martyres à Rome. 

III.

SS Savinien et Potentien, fondateurs de l'Eglise à Sens, évêques, martyrs avec d'autres compagnons ; ils seraient d'origine apostolique .

Ste Columba de Sens, martyrisée à seize ans ; on garda longtemps sa châsse, construite par s. Eloi.

IV.

S Silvestre, pape (314-335) : au lendemain des grandes persécutions, il organisa l'Eglise dans la société enfin pacifiée, confirma le premier Concile Œcuménique à Nicée, combattit le donatisme et s'opposa aux prétentions exagérées de Constantin (qu'il avait baptisé).

S Zoticus, prêtre romain, appelé à s'occuper d'un orphelinat à Constantinople ; il aurait aussi ouvert une léproserie, contre l'avis de Constance qui ordonnait de noyer les lépreux.

V.

SS Pinien et Mélanie la Jeune, époux romains qui vécurent dans la chasteté après avoir eu (et perdu) deux enfants ; ils distribuèrent leur immense fortune, fondèrent des monastères, participèrent à la vie de l'Église en Afrique auprès de s. Augustin, puis en Egypte, en Palestine, et à Constantinople.

S Barbatianus, prêtre à Ravenne, venu d'Antioche.

VI.

S Marius, évêque à Avenches et premier évêque à Lausanne, auteur d'une très précieuse Chronique.

XI.

B Wisinto, bénédictin à Kremsmünster.

XII.

B Garembert, abbé prémontré à Bony ; à Wulpen, un puits Saint-Garembert donnait de l'eau qui combattait fièvre et peste.

XVII.

S Jean-François Régis, jésuite, apôtre du Velais et du Vivarais, patron des missions rurales en France, fêté le 16 juin à La Louvesc où il mourut d'épuisement.

B Alain de Solminihac, évêque à Cahors, grand défenseur du concile de Trente ; il visita neuf fois les huit cents paroisses de son diocèse, béatifié en 1981.

XIX.

B Seo Seok-bong Andreas, laïc coréen martyr, probablement mort en prison, vers la fin de l’année, béatifié en 2014.

Ste Catherine Labouré, des Sœurs de la Charité, à qui apparut la Sainte Vierge à Paris, rue du Bac, à l’origine de la “Médaille Miraculeuse” (cf. 27 novembre).

XX.

Bse Giuseppina Nicoli (1863-1924), des Soeurs de la Charité à Turin, puis à Sassari et à Cagliari ; elle souffrit beaucoup des attaques de la Franc-Maçonnerie et de diverses calomnies ; béatifiée en 2008. 

B Luis Vidaurrázaga González (1901-1936), prêtre bénédictin, martyr près de Madrid, béatifié en 2016.

B Leandro Gómez Gil (1915-1936), convers cistercien, martyr à Santander, béatifié en 2015.

 

Sept Vierges de Rome

?

 

On ignore la date et les circonstances du martyre de ces Sept Vierges, à Rome. Peut-être même qu’elles ne furent pas martyrisées ensemble.

Voici leurs noms :

  • Donata
  • Paulina
  • Rogata
  • Dominanda
  • Serotina
  • Saturnina
  • Hilaria

L’ancienne version du Martyrologe ajoutait et leurs Compagnes.

Le Martyrologe Romain mentionne les Sept Vierges de Rome au 31 décembre.

 

 

Columba de Sens

3. siècle

 

D’après un document qui n’inspire pas confiance aux historiens, Columba vivait à Sens au troisième siècle.

Un certain Aurélien vint s’enquérir à Sens de la présence de Chrétiens. On lui parla d’une jeune fille de seize ans, Columba.

Après un long interrogatoire, Aurélien fit envoyer Columba à l’amphithéâtre pour qu’elle fût violée ; un homme nommé Barusas était chargé de l’opération. Mais une ourse sortit alors de sa cage et mit à terre Barusas, terrorisé. Après qu’il eût reconnu le Dieu unique, l’ourse rentra sagement dans sa cage.

Aurélien ordonna de brûler et Columba et l’ourse, mais une pluie providentielle éteignit les flammes.

Columba fut alors décapitée.

Au septième siècle, s.Eloi (v. 1er décembre) fabriqua une châsse pour abriter les reliques de Columba. Une abbaye s’éleva à l’endroit du tombeau de Columba ; l’église en fut reconstruite et consacrée en 853 ; elle fut détruite en 1792.

En Espagne, une confusion s’est installée à Cordoue, où l’on présenta Columba de Sens comme originaire de Cordoue, alors qu’on y vénère une autre Columba, martyrisée en 853 (v. 17 septembre).

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Columba de Sens au 31 décembre.

 

 

Silvestre 1er pape

314-335

 

Ce pape est universellement connu à cause de la «nuit de la Saint-Silvestre», mais il faut admettre qu’on en connaît peu de choses en-dehors de son nom.

Fils de Rufinus et de Iusta, il serait né à Rome, où il devint prêtre sous le pape (saint ?) Marcellin (voir au 25 opctobre).

Silvestre (qu’il semble inutile d’orthographier Sylvestre) fut appelé à succéder au pape saint Melchiade (ou Miltiade, voir au 10 janvier) et devint le 21 janvier 314 le trente-troisième pape.

Depuis un an, l’empereur Constantin avait proclamé l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens. Cet empereur, le fils de sainte Hélène (voir au 18 août), favorisa grandement l’Eglise, même s'il fit parfois quelques erreurs de gouvernement.

Des sources qu’on peut qualifier douteuses, affirment que saint Silvestre guérit l’empereur de la lèpre, avant de le baptiser.

Ce qui est certain est que Silvestre ratifia le Concile de Nicée (325) qui proclama la consubstantialité du Père et du Fils dans la Sainte Trinité.

Durant ce long pontificat de plus de vingt années, Silvestre ordonna soixante-quinze évêques, quarante-deux prêtres et trente-sept diacres.

Il mourut le 31 décembre 335.

Son successeur devait être saint Marc.

 

 

Zoticus de Rome

4. siècle

 

L’empereur Constantin aurait fait venir de Rome le prêtre Zoticus pour s’occuper à Constantinople des orphelins.

Quelques temps après, sous Constance, une épidémie de lèpre s’abattit sur la ville : cet empereur ordonna de noyer les malades. Mais Zoticus leur construisit un hospice sur une colline en face de Constantinople ; la propre fille de Constance fut atteinte, et devait périr en mer : Zoticus la recueillit.

Constance aurait alors ordonné d’attacher Zoticus à la queue de mulets qu’on fit courir. Le récit affirme que, Zoticus ayant rendu l’esprit, les bêtes se seraient arrêtées sur place, refusant de traîner le prêtre plus loin. Une source aurait jaillit à cet endroit. Constance aurait alors décidé de faire bâtir une léproserie.

Le récit de ce martyre ne semble pas «authentique», et le Martyrologe n’en parle pas, mentionnant seulement l’hospice des orphelins dont s’occupait le prêtre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zoticus de Rome au 31 décembre.

 

 

Melania la Jeune et Pinianus

5. siècle

 

En 383 naquit à Rome Valeria Melania, petite-fille de l’illustre Antonia Melania, cette très jeune veuve qui partit longtemps à Jérusalem où elle fonda un grand monastère. La grand-mère fut surnommée Melania l’Ancienne, la petite-fille Melania la Jeune.

En 396, la jeune Melania fut mariée à Pinianus - qui avait dix-sept ans alors - et ils eurent deux enfants, qui moururent très jeunes.

Melania surtout, mais Pinianus aussi, résolurent de se retirer du monde. Ils possédaient une fortune colossale, des propriétés en Bretagne, en Espagne, en Afrique, et en Italie bien sûr. Quand ils commencèrent à liquider cette forture, ils purent libérer huit mille esclaves, puis ils dotèrent des monastères un peu partout dans le monde romain.

Les deux époux émigrèrent en Sicile - où ils vécurent chacun dans un monastère, puis passèrent en Afrique, à Tagaste, où l’on faillit ordonner prêtre Pinianus. On passa par Alexandrie et l’on vint s’installer à Jérusalem.

Pinianus n’avait pas le goût de l’ascèse aussi prononcé que sa chère épouse. Melania, elle, s’imposait le cilice, le jeûne quasi permanent ; on arriva à lui faire prendre un peu d’huile les jours après Pâques ; elle aimait laver les pieds des hôtes, des prêtres ; elle lisait la Bible plusieurs fois par an, elle fréquentait les Pères de l’Eglise, les Vies des Saints - qu’elle lisait en grec ou en latin ; sa parole douce et noble fit des conversions.

A partir de 431 - l’année où mourut sa mère, Albina - Melania s’occupa plus activement d’une communauté de religieuses, que Pinianus avait réunie et qu’il lui confiait. Melania ne voulait pas gouverner : elle nomma supérieure une des religieuses et s’occupait plus volontiers des sœurs malades. Leur aumônier était Gerontius.

Peu après mourut Pinianus (432 ou 435). Melania partit quelques temps à Constantinople, où elle assista son oncle Volusianus dans ses derniers moments. Puis elle revint à Jérusalem.

Elle convoqua toute la communauté, et se prépara dignement à quitter ce monde : sa dernière parole fut Il advient ce qui plaît au Seigneur, et elle mourut, le 31 décembre 439.

En 614, ses monastères furent détruits : c’est l’année où les hordes perses pillèrent Jérusalem, emmenèrent en captivité le patriarche Zacharie (? 21 février) et s’emparèrent de la précieuse relique de la Sainte Croix.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Melania la Jeune et saint Pinianus au 31 décembre.

 

 

Barbatianus de Ravenne

5. siècle

 

Ce prêtre de Ravenne fit l’objet d’un récit hagiographique assez surprenant, dont on ne peut garantir l’authenticité.

Barbatianus, originaire d’Antioche, aurait été le directeur spirituel de l’impératrice Galla Placidia (388-450) à Ravenne.

Or, cette dernière faillit être victime d’un naufrage, lorsqu’une apparition de s.Jean l’évangéliste vint recueillir l’impératrice et la mettre en sûreté. Barbatianus fut témoin du prodige. On ne sait pas si c’est avant ou après cet épisode que Galla Placidia fit construire à Ravenne une église à s.Jean-Evangéliste.

A sa mort, Barbatianus aurait été enseveli par les soins de s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet) et de Galla Placidia, dans l’église du monastère Saint-Jean-Baptiste.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Barbatianus de Ravenne au 31 décembre.

 

 

Marius d’Avenches-Lausanne

530-594

 

Marius (en français Maire ou Maure) naquit vers 530 dans la région d’Autun (Saône-et-Loire), d’une famille noble dont il reçut d’amples territoires.

Orienté très tôt vers le sacerdoce, il fut élu évêque en 574 pour le siège d’Avenches (canton de Vaud, Suisse).

Il possédait un domaine à Marsannay (Dijon), qu’il donna à son Eglise. Il avait aussi des terres autour d’Avenches, qu’il remit à l’église Sainte-Marie de Lausanne.

Il semble que Marius fût le seul évêque d’Avenches, ce siège ayant été transféré (ou réuni) par lui-même à celui de Lausanne : en 585, il signa évêque d’Avenches au concile de Mâcon ; en 587, il consacrait l’église Sainte-Marie de Lausanne, dont il est considéré comme le premier évêque.

Son épiscopat dura plus de vingt années.

Marius a laissé une Chronique universelle, couvrant les années 435-581, prolongeant ainsi l’important travail de s.Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin). Cette Chronique est précieuse pour son universalité et sa précision.

Marius s’éteignit le 31 décembre 594.

Son culte a été approuvé en 1605.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marius d’Avenches-Lausanne au 31 décembre.

Jean-François Régis

1597-1640

 

Jean-François Régis naquit le 31 janvier 1597 à Fontcouverte (Aude), dans une famille de paysans. Son père écrivit avec son patois que Jean-Francès es nasqut un divendrès, est né un vendredi.

Le garçon fréquenta le collège des Jésuites à Béziers, logeant chez l’habitant. Déjà il convainquit ses hôtes de faire une lecture durant les repas.

Il fit partie des pénitents bleus de Saint-Jérôme, qui s’occupaient des malades et des pauvres ; également de la congrégation mariale.

N’ayant pas ressenti d’attrait pour l’abbaye de Lagrasse, il entra chez les Jésuites de Toulouse en 1616. Les activités commencèrent.

1618 : professeur de grammaire à Auch.

1619 : professeur à Billom, puis étudiant en philosophie à Tournon.

1625 : professeur de troisième au Puy.

1627 : études de théologie à Toulouse et professeur de troisième à Auch.

1630 : ordination sacerdotale.

1631 : «troisième année» de noviciat, selon le règlement jésuite, et professeur de première à Pamiers.

1632 : envoyé en mission à Montpellier, il s’emploie à convertir les Huguenots, et à ramener les filles de mauvaise vie. Puis il est envoyé à Sommières. 

1633 : il émet les vœux. A partir de cette année-là, il sera envoyé dans les Cévennes. Après des débuts marqués par quelques audaces imprudentes (il a rappelé à l’ordre des prêtres pour le célibat, et on l’a dénoncé à l’évêché), le comte Chalendar de Lamothe convaincra l’évêque de n’y voir qu’une mauvaise cabale.

1634 : il demanda (mais vainement) de partir aux missions du Canada. Son Canada sera le Vivarais. Après deux mois de mission, il ramena à Dieu la ville de Privas.

Entre 1636 et 1640, il organisa des catéchismes au Puy : des milliers de fidèles accoururent à ses enseignements. Il y fonda un refuge pour les prostituées converties. Le Père Général des Jésuites le félicita pour son apostolat.

1638 : lors d’une famine, il se dévoua auprès des pauvres et des malades ; on signale des miracles insignes, des guérisons, une multiplication du blé dans un coffre vide…

1640 : rappel au collège pour remplacer un professeur malade.

Vers Noël, on l’attendait à La Louvesc (qu’on prononce La Louvé) ; s’étant perdu, il arriva juste la veille de Noël, éreinté. Il confessa, il prêcha trois fois ; le 26, il s’évanouit en confessant. 

Il mourut le 31 décembre 1640, et les bons pères Jésuites comprirent bien qu’il n’était pas question de reporter ailleurs les restes du père Régis, qui repose toujours à La Louvesc. L’endroit est resté un lieu de pèlerinage très fréquenté ; Jean-Marie Vianney (v. 4 août) s’y rendit pour être réconforté dans sa vocation.

Jean-François Régis fut béatifié en 1716, et canonisé en 1737.

En 1937, le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), suggérait d’invoquer Jean-François Régis comme patron des missions rurales en France.

 

Alain de Solminihac

1593-1659

 

D’une vieille famille du Périgord dont la devise était “Foi et Vaillance”, il naquit le 25 novembre 1593 à Belet.

Ayant d’abord songé aux Chevaliers de Malte, il finit par aller à vingt ans à l’abbaye des Chanoines Réguliers de Chancelade, proche de Périgueux (Dordogne). On appelle “Chanoines Réguliers” des prêtres qui décidaient d’avoir une vie commune, sous une même règle ; c’est saint Augustin qui en avait donné l’idée, pour habituer les prêtres à se retrouver entre eux. 

L’abbaye de Chancelade était une ruine, matérielle et surtout spirituelle : elle n’avait plus que trois religieux. 

Après son ordination sacerdotale, Alain partit à Paris pour achever ses études de théologie et de spiritualité. Il y rencontra plusieurs fois saint François de Sales (voir au 28 décembre), mais aussi un saint père jésuite, Antoine Le Gaudiery, qui sera son directeur spirituel.

En 1623 il devint abbé et entreprit de restaurer l’abbaye, au sens matériel et spirituel du mot. Son zèle et sa sainteté le firent remarquer au pape Urbain VIII, qui le nomma évêque de Cahors (Lot) en 1636.

Il se donna alors corps et âme à son devoir pastoral, cherchant à réformer son diocèse selon les directives du récent Concile de Trente, comme l’avait fait précédemment saint Charles Borromée à Milan (voir au 3 novembre).

Pendant les vingt-trois ans de son épiscopat, il réunit un synode diocésain, convoqua chaque semaine le conseil épiscopal, fit neuf fois la visite systématique de ses huit-cents paroisses ; il fonda un séminaire, organisa des missions paroissiales, le culte eucharistique, des œuvres pour les vieillards et les orphelins, les malades et les victimes de la peste. 

En 1656 il prêchera lui-même le Jubilé.

Il mourut le 31 décembre 1659 à Mercuès. 

Béatifié en 1981 et mentionné au Martyrologe le 31 décembre, il est localement fêté le 3 janvier, après l’octave de Noël.

Il a été proposé comme modèle aux évêques du monde entier, et particulièrement à ceux de France.

 

 

Seo Seok-bong Andreas

? -1815

 

Seo Seok-bong Andreas est un laïc coréen.

Il mourut (en prison ?) à Daegu (Gyeongsang-do) vers la fin de 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Catherine Labouré

1806-1876

 

Catherine - prénommée familièrement Zoé par les siens - naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers (Montbard, Côte d’Or), neuvième des onze enfants de Pierre et Louise-Madeleine Gontard ; cette dernière mourut en 1815 déjà.

Le papa, un cultivateur, fut maire de sa localité de 1811 à 1815.

L’aînée des filles, Marie-Louise, après avoir dirigé quelque temps la maison familiale, entra chez les Filles de la Charité en 1818 ; la petite Zoé dit alors à sa jeune sœur Marie-Antoinette, surnommée Tonine : A nous deux, nous allons faire marcher la maison !

Après avoir reçu la Première communion, elle s’occupa à la ferme du ménage, de la cuisine, des bêtes (les vaches, les cochons, les huit-cents pigeons). Pieuse, elle se mit à jeûner les vendredis et les samedis.

C’est à cette époque qu’elle vit en rêve un vieux prêtre, qui l’invitait à rejoindre son aînée. Elle garda son «secret» dans son cœur et partit chez une cousine à Châtillon-sur-Seine, dans un pensionnat où elle apprit à lire et à écrire. Or, dans ce pensionnat, elle aperçut un tableau où elle reconnut le vieux prêtre de son rêve : on lui expliqua qu’il s’agissait du fondateur des Filles de la Chrité, saint Vincent de Paul (voir au 27 septembre). Mais voilà : le papa Labouré voulait marier sa fille et, pour lui faire oublier cette histoire, l’envoya travailler à Paris dans une cantine pour ouvriers, tenue par son frère.

Catherine y découvrit la misère du peuple, et désira encore plus fermement entrer chez les Filles de la Charité : en 1830, après trois mois de discernement dans la maison de ces Religieuses à Châtillon-sur-Seine, elle commença le noviciat à la maison-mère de Paris, rue du Bac. Elle n’avait pas de dot, mais une belle-sœur la lui avait procurée. Au terme du noviciat (ou séminaire, comme on dit dans cette congrégation), Catherine fut ainsi notée : Forte, moyenne taille, sait lire et écrire pour elle. Le caractère a paru bon, l’esprit et le jugement ne sont pas saillants. A de la piété, travaille à la vertu. Rien de plus ! 

C’est à cette jeune Sœur qui travaille à la vertu, qu’apparut la Mère de Dieu, en 1830. Sur le moment, Catherine garda un silence absolu sur ces manifestations extraordinaires, mais en parla seulement au confesseur ; ce saint prêtre prudent en avertit l’archevêché pour diligenter une enquête canonique, et obtint qu’on respectât discrètement l’anonymat de cette voyante.

Ce procès canonique se déroula en 1836. Sur la base des confidences de Catherine, le prêtre exposa les faits.

Après avoir vu en vision le cœur de saint Vincent de Paul, puis Notre-Seigneur Roi, Catherine fut réveillée la nuit du 19 juillet - à l’époque, c’était la fête de saint Vincent de Paul - par un petit enfant de quatre ou cinq ans (dit-elle, probablerment son ange gardien), qui la conduisit à la chapelle, où l’attendait la Mère de Dieu.

La Sainte Vierge exprima son mécontentement sur le relâchement de certaines Religieuses, et annonça à Catherine que Dieu avait pour elle une difficile mission.

Plus tard, le 27 novembre 1830,  Catherine vit la Sainte Vierge debout sur une boule blanche. Elle écrasait un serpent et tenait un globe dans ses mains à la hauteur de l’estomac, les yeux au ciel. Le globe disparut, les bras de la Vierge s’étendirent vers le bas : ses mains étaient rayonnantes ; les rayons partaient de ses doigts ornés chacun de trois anneaux couverts de pierreries. Ces rayons symbolisaient les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Les pierres sans rayon étaient les grâces qu’on oublie de demander. Un ovale se forma. Il y avait en haut : O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Au revers, on voyait la lettre M, surmontée d’une croix et au-dessous, les cœurs de Jésus et Marie, avec douze étoiles tout autour. Marie demanda à Catherine de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car tous ceux qui la porteront, recevront des grâces.

Le procès s’acheva positivement. Des médailles furent frappées, engendrant un courant de dévotion extraordinaire, et fructueux, dès l’épidémie de choléra en 1832.

Sur la demande de Marie, fut aussi créée la confrérie des Enfants de Marie Immaculée, en 1837. Notons ici que le dogme de l’Immaculée Conception ne devait être proclamé qu’en 1854. C’est en 1858 à Lourdes que la Vierge révéla à sainte Bernadette Soubirous (voir au 16 avril), qu’elle était l’Immaculée Conception.

Après ces premières visions, Catherine fut envoyée à l’hospice d’Enghien transféré rue Picpus à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, où elle devait rester jusqu’à sa mort.

Une des grâces les plus manifestes de cette Médaille Miraculeuse, comme on l’a populairement appelée, fut la conversion du juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, le 20 janvier 1842 : ayant accepté de porter cette médaille, il eut peu après une apparition de la Vierge Marie ; bientôt baptisé, il rompit ses fiançailles, entra chez les Jésuites et fonda les Religieuses de Notre-Dame de Sion, pour la conversion des Juifs.

Après la révolution de 1848, Catherine eut une autre vision, à la suite de laquelle elle écrivit de nouveau à son confesseur pour la lui décrire. Elle y avait vu des ennemis de la religion, puis une grande croix, qui devait s’appeler Croix de la Victoire, et qui devait être érigée non loin de Notre-Dame. Catherine voyait aussi que le sang coule, le pasteur donne sa vie, qu’on a interprété comme une annonce de la Commune et de la mort violente de l’archevêque, Mgr Darboy, en 1871.

Cependant, le confesseur ne tint pas compte de cette vision. Quand on rapporta à Catherine les faits de Lourdes, il paraît qu’elle commenta seulement : Oui, c’est bien. Si l’on avait fait ici ce que la Sainte Vierge a demandé, elle n’aurait pas été obligée de se manifester à Lourdes. La croix n’a jamais été érigée à Paris, mais la Commune a bien eu lieu. Durant les événements de la Commune, dit-on, même des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine passa les dernières années de sa vie dans la plus grande discrétion. Elle se réservait toujours les tâches les plus dures, à la cuisine, à la lingerie, à la basse-cour, aux vieillards, à la porterie.

Sa mort fut très calme et très douce, le dimanche 31 décembre 1876.

La cause de la Sœur fut introduite à Rome dès 1907, dix ans avant le terme requis à l’époque.

Béatifiée en 1933, Catherine fut exhumée : son corps apparut en parfait état et remis dans une châsse qu’on vénère aujourd’hui dans la Chapelle de Paris, au 140 de la Rue du Bac. Malheureusement, une initiative pour le moins étrange, fut qu’on en détacha ses mains qui avaient touché la Sainte Vierge, et qu’on plaça dans une autre châsse, visible à l’intérieur du bâtiment des Religieuses. Ces mains, elles, ont perdu leur fraîcheur.

Sainte Catherine Labouré fut canonisée en 1947.

Sa fête ne pouvant être célébrée le 31 décembre, durant l’octave de Noël, on la fête actuellement le 25 novembre, en même temps que sainte Catherine d’Alexandrie, deux jours avant la date anniversaire de l’apparition du 27 novembre.

 

 

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie nord), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (voir au 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (voir au 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

 

 

Luis Vidaurrázaga González

1901-1936

 

Luis Vidaurrázaga González naquit le 13 septembre 1901 à Bilbao (Espagne N).

Il entra encore très jeune chez les Bénédictins de Silos (dépendants de la congrégation de Solesmes) où il fit ses études.

Après sa profession, il fut ordonné prêtre et vécut quelques années dans la communauté de Notre-Dame-de-Cogullada (Sarragosse), avant de rejoindre celle de Notre-Dame-de-Montserrat à Madrid.

Ce jeune prêtre fut remarqué pour sa discrétion, son amour de la liturgie et du chant monastique. Directeur spirituel, apôtre de l’Eucharistie, il enseignait le chant grégorien.

Au début de la Guerre civile de juillet 1936, cette communauté fut dissoute pour permettre à chacun de chercher refuge. Luis se réfugia chez un ami, mais fut dénoncé et arrêté.

Condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre, Luis fut abattu à La Elipa près du cimetière de Madrid La Almudena, le 31 décembre 1936.

Luis Vidaurrázaga González fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 décembre.

 

 

Leandro Gómez Gil

1915-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 13 mars 1915 à Hontomín (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt-et-un ans.

Après la dispersion des moines de Viaceli, il avait trouvé refuge dans une famille connue. Quand la police le découvrit, le 29 décembre 1936, il fut tellement maltraité que le sang lui sortait par la bouche, par le nez et par les oreilles ; tout un drap en fut imprégné.

S’étant déclaré Religieux, il fut embarqué de force dans une voiture, et ainsi disparut.

On considère qu’il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 31 décembre 1936 ; il a été béatifié en 2015.

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 00:00

 

30 DÉCEMBRE

 

III.

S Félix I, pape (268-274) : il aurait établi l'usage de célébrer des messes auprès du corps  des martyrs au jour anniversaire de leur mort.

?

S Hermes, exorciste et martyr en Mésie. 

SS Mansuetus, Sévère, Appien, Donat, Honorius, avec d'autres, martyrs à Alexandrie. 

IV.

Ste Anysia, martyre à Thessalonique ; elle cracha au visage d'un soldat qui voulait la forcer à sacrifier aux dieux.

S Libère, évêque à Ravenne.

S Sabin, évêque à Assise, martyr à Split avec Venustianus et sa famille, qu'il avait convertie, ainsi qu'Exupérance et Marcel, ses diacres.

V.

S Anysios, évêque à Thessalonique, vicaire du pape en Illyrie, ami de s. Jean Chrysostome.

S Perpetuus, évêque à Tours ; il remit tous ses grands biens aux pauvres, qu'il constitua ses héritiers.

VI.

S Iucundus, évêque à Aoste.

VII.

S Germer, haut fonctionnaire normand ; il eut deux filles et un fils, puis fut abbé à Saint-Samson-de-la-Roque (où on tenta de l'assassiner), puis à Flay.

VIII.

S Egwin, descendant des rois de Mercie, évêque à Worcester.

XI.

S Raniero, évêque à L'Aquila.

XII.

S Ruggiero, évêque à Canne della Battaglia.

S Lorenzo, moine en Sicile dans le rit oriental.

XIII.

B Richard, cistercien anglais à Adwerth, très érudit ; au XIVe s., l'abbé renonça à le faire canoniser à cause des frais. 

Bse Margherita Colonna, clarisse près de Palestrina, sœur du cardinal Colonna ; elle soignait les Frères Mineurs infirmes et les lépreuses ; mystique.

XIX.

Bse Eugenia Ravasco, qui fonda à Gênes les Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, béatifiée en 2003.

XX.

B Giovanni Maria Boccardo (1848-1913), aîné de dix enfants à Turin, docteur en théologie ; il fit de sa paroisse une terre d'évangélisation et fonda la congrégation des Pauvres Filles de Saint-Gaétan, pour les malades, les orphelins et les vieillards, béatifié en 1998 ; il eut comme vicaire son propre frère, B Luigi Boccardo (cf. 9 juin).

B Daniel Ferreres Guardiola (1911-1936), laïc espagnol martyr, béatifié en 2017.

Hermes de Bononia
3. siècle

Il y a au Martyrologe plusieurs Hermes (v. 4 jan., 28 août, 22 oct., 4 nov.), et il y a dans l’antiquité plusieurs Bononia, dont l’actuelle Bologne (Italie).
Il s’agit aujourd’hui de la petite ville de Bononia (Mésie, auj. Vidin, Bulgarie).
Hermes est présenté comme  un exorciste, qui fut martyrisé à Vidin, vers 300.
Ce qui est étonnant, est qu’au 4 janvier sont commémorés deux Martyrs de Mésie, et de la même époque, Hermes et Caïus ; à cela s’ajoute que Caïus était honoré à Bononia, et Hermes à Retiaria (act. Arcer), ces deux localités étant proches l’une de l’autre.
Ces rapprochements pourraient laisser supposer qu’il y ait là un doublet : il s’agirait du même Hermes, commémoré dans les deux endroits.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hermes de Bononia au 30 décembre.


Félix 1er pape
269-274

Ce vingt-sixième pape succédait à saint Denys.
On ne dit rien de lui.
Lors de la déposition de Paul de Samosate comme évêque d’Antioche, l’empereur proclama en 272 - et c’est important à souligner - que l’évêque légitime était celui qui était reconnu par l’évêque de Rome.
C’est peut-être ce même pape qui aurait établi que l’on célébrât la messe auprès du corps des Martyrs, au jour anniversaire de leur mort.
Saint Félix fut peut-être lui-même martyrisé, le 30 décembre 274.
Son successeur fut saint Eutychianus.


Anysios de Thessalonique
† 407

Anysios fut le disciple de s.Ascholios (? v. 23 janvier), et lui succéda comme évêque de Thessalonique en 383.
Le pape s.Damase (v. 11 déc.) l’établit son vicaire en Illyrie, titre qui lui fut confirmé par les saints papes suivants, Sirice, Anastase, Innocent (v. 26 nov., 19 déc. et 12 mars).
En décembre 391, Anysios fut chargé d’examiner avec quelques autres évêques de Grèce, la théorie de Bonosus, évêque de Sardique, qui enseignait la non-virginité de la Sainte Vierge Marie.
Lors de l’exil qui frappa s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), Anysios écrivit au pape Innocent 1er pour lui exprimer son soutien à l’évêque persécuté ; le pape l’en remercia par deux lettres. En 406, des évêques occidentaux qui se rendaient auprès de Jean Chrysostome, voulaient saluer au passage Anysios, mais en furent empêchés.
Anysios mourut, sans doute, à la fin de 406 ou en 407.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Anysios de Thessalonique au 30 décembre.


Perpetuus de Tours
† 488

Perpetuus (en français actuellement : Perpet) était de grande famille sénatoriale. Il avait une sœur, Fidia Iulia Perpetua.
Nommé sixième évêque de Tours vers 458, il succédait à son parent Eustochius. Celui qui lui succédera trente ans plus tard, s.Volusianus, sera aussi un de ses parents (v. 18 janvier).
Instruit, il cultivait les Pères de l’Eglise, qu’il citait aisément.
Perpetuus fut rempli de zèle autant pour organiser la vie chrétienne dans son diocèse, que pour s’occuper des pauvres de toutes les conditions : nécessiteux, mendiants, malades, veuves, orphelins. En outre, il n’avait pas de plus grands amis que les personnages qui s’occupaient également de ces malheureux, comme par exemple le «maire» de Tours, un certain Agilon.
C’est cet Evêque qui fit construire la basilique Saint-Martin, et en fit la dédicace en 473.
Dès 475, il rédigea son testament, dont on va donner un aperçu.
A tout le clergé, il lègue la paix de notre Seigneur Jésus-Christ ; il demande l’affranchissement de tous ceux et celles qu’il a rachetés de ses deniers ; à son ami Eufrone qui est évêque d’Autun (v. 3 août), il lègue son reliquaire d’argent, ainsi que l’évangéliaire que saint Hilaire écrivit de sa propre main ; à sa sœur Fidia une petite croix d’or ; à Agilon, son cheval de parade, avec un mulet, au choix ; à son successeur, ses meubles.
Au même successeur (qui sera Volusianus, comme on l’a dit plus haut), il recommande de ne jamais rétablir dans leur rang deux prêtres déchus - il ne les nomme pas, mais précise leur village - , cependant  leur fait accorder une pension.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Perpetuus de Tours au 30 décembre.


Iucundus d’Aoste
† 505

Iucundus fut le troisième évêque d’Aoste (Piémont, Italie NW).
Son épiscopat est difficile à préciser. Une lettre du pape Gélase s’adresse à un évêque Iucundus en 496, mais on ne sait s’il s’agit de celui d’Aoste. 
On sait que Iucundus participa à deux conciles à Rome, en 501 et 502. On en est donc réduit à constater que Iucundus était évêque avant 501 et qu’il mourut après 502.
Son successeur semble avoir inauguré son épiscopat vers 507.
On peut donc avancer que Iucundus mourut vers 505.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Iucundus d’Aoste au 30 décembre.


Germer de Flay
† 660

Germer serait né à Vardes (Neuf-Marché, Seine Maritime).
Il aurait occupé de hautes charges à la cour du roi.
De son mariage naquirent deux filles, qui moururent en bas âge, et un fils, Amalbert, qui eut s.Ouen (v. 24 août) pour parrain.
Il fonda un premier monastère, qui se trouverait dans la région de l’Orne.
Vers 649, appelé par Dieu à plus de détachement, il laissa la succession à son grand fils, dit adieu à son épouse, et se retira au monastère de Pentale, qui serait aujourd’hui Saint-Samson-de-la-Roque (Eure).
Il y occupa une place importante, peut-être même fut-il supérieur, mais son enseignement était jugé trop exigeant par certains moines, qui mirent dans son lit un couteau la pointe en l’air… Germer s’en aperçut à temps et alla passer la nuit à l’église.
Le lendemain, il annonça son désir de se retirer dans la grotte de s.Samson (v. 28 juillet). Certains moines s’y opposèrent, mais s.Ouen donna raison à Germer et l’ordonna prêtre dans cette même grotte. Il y vécut plus de cinq années, avec quelques compagnons.
Passé ce temps, il demanda à s.Ouen où fonder un nouveau monastère, et ce fut ainsi l’origine de Flay. Germer y fut abbé pendant trois ans et demi.
Il mourut le 30 décembre, vers 660.
L’abbaye prit ensuite le nom de Saint-Germer-de-Fly (Oise).
Les reliques de s.Germer, transportées à Beauvais en 906, furent détruites lors de la Révolution française.
Saint Germer de Flay est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.


Egwin de Worcester
† 717

Ce qu’on a écrit sur Egwin a peut-être été parfois embelli, mais voici les faits.
Egwin (Ecgwin, Eegwine) descendait des rois de Mercie (Angleterre) et naquit dans le comté de Worcester.
Il reçut sa formation dans un monastère, après quoi il fut nommé conseiller du roi Ethelred.
Vers 692, tel un saint Eloi (v. 1er décembre), il fut nommé évêque de Worcester ; il en était le troisième titulaire.
Homme de principes et amant de l’ordre, il ne fut cependant pas bien reçu et ses «ennemis» en référèrent au roi et au pape, qui le convoqua.
Egwin entreprit le voyage pour Rome en esprit de pénitence. Avant d’embarquer, il s’attacha des chaînes aux jambes, qu’il ferma avec un cadenas, et jeta la clef dans la rivière. Arrivés à l’embouchure du Tibre en Italie, ses compagnons pêchèrent un poisson, qui avait absorbé la fameuse clef. Egwin se libéra alors de ses chaînes, mais le phénomène fut immédiatement connu dans tout Rome, et l’évêque accusé repartit de Rome avec des lettres d’éloge et de recommandation pour le roi Ethelred.
Egwin reprit donc sa place à Worcester. Il fonda la célèbre abbaye Notre-Dame d’Evesham ; le nouveau roi, Kenred, y participa volontiers et l’église fut consacrée vers 709.
Ensuite, le prélat fit un nouveau pèlerinage à Rome.
Sentant arriver ses vieux jours, il préféra les passer dans cette même abbaye, et céda sa place d’évêque à Wilfrith (717).
Il mourut donc à Evesham, un 30 décembre de 717 ou 720.
Saint Egwin de Worcester est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

Félix 1er pape

269-274

 

Ce vingt-sixième pape succédait à saint Denys.

On ne dit rien de lui.

Lors de la déposition de Paul de Samosate comme évêque d’Antioche, l’empereur proclama en 272 - et c’est important à souligner - que l’évêque légitime était celui qui était reconnu par l’évêque de Rome.

C’est peut-être ce même pape qui aurait établi que l’on célébrât la messe auprès du corps des Martyrs, au jour anniversaire de leur mort.

Saint Félix fut peut-être lui-même martyrisé, le 30 décembre 274.

Son successeur fut saint Eutychianus.

 

Raniero de L’Aquila

† 1077

 

Le diocèse de L’Aquila (Abruzzes, Italie C) ne fut érigé qu’en 1256, et succédait à celui de Forcona, qui remonterait au 7e siècle.

Raniero semble en avoir été le sixième titulaire (connu) ; on le mentionne comme évêque avant 1072, date à laquelle il mentionne lui-même sa récente installation dans le diocèse.

Six évêques seulement sur quatre siècles laisse supposer soit qu’on n’ait pas retenu tous les titulaires dans les listes - ce qui est normalement impossible - soit qu’il y ait eu de longues périodes de vacance, par exemple à cause des incessantes guerres locales, soit que ces quelques évêques aient eu une longévité assez marquée, et un temps d’épiscopat d’environ soixante années chacun.

Reste que le pape répondit plus tard à Raniero en le félicitant pour sa bonne administration et lui promettant que le Saint-Siège protégerait désormais tous ses biens.

On croit qu’il mourut en 1077 - après cinq années seulement d’épiscopat. Son successeur, Berardo, apparaît vers 1160, environ un siècle plus tard. On pourrait aussi envisager alors que Raniero soit peut-être mort plus tard. 

Mais comment expliquer aussi que le seul évêque «saint» de ce diocèse soit si peu connu ? Sans doute qu’il brilla particulièrement par son humilité et sa discrétion.

Saint Raniero de L’Aquila est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ruggiero de Canne

1060-1129

 

C’est un personnage à la famille et à la vie inconnues.

Son prénom a suggéré à certains qu’il pouvait être d’origine normande, sans autre preuve.

Il dut naître vers 1060 dans la petite ville italienne de Canne, qui s’appelle aujourd’hui Canne della Battaglia et se trouve maintenant enclavée dans la banlieue de Barletta (Pouilles, Italie SE).

Il devint évêque de sa ville natale.

Les fréquentes rébellions des barons normands contre Robert Guiscard engendrèrent des guerres et Canne fut rasée par Guiscard en 1083.

Il est dit de Ruggiero qu’il se préoccupa charitablement de la population, allant chercher dans la campagne, et parfois pieds nus, de la nourriture.

Les papes eurent aussi recours à ses conseils., signe de sa culture, de sa vertu.

Ruggiero mourut le 30 décembre 1129, et ce jour-là le Martyrologe mentionne saint Ruggiero.

 

 

Lorenzo Ravì de Frazzanò

1120-1162

 

Lorenzo naquit le 22 octobre 1120 à Frazzanò (Messine, Sicile) de Cosmano et Costanza. Or l’année de sa naissance, l’enfant fut orphelin de sa mère d’abord puis de son père. C’est la voisine, Lucia, qui l’éleva.

Dès son plus jeune âge, Lorenzo se sentit poussé à pratiquer des pénitences dures ; il se flagellait jusqu’au sang. Mais l’étonnant est qu’au matin, sa chemise était toujours immaculée.

A six ans, Laurent lui demanda de pouvoir étudier en allant au monastère basilien de Troina : il y reçut l’instruction nécessaire tant désirée, mais aussi l’habit et successivement les ordres : à vingt ans, il était prêtre.

Il aimait la solitude et son esprit de pénitence le rendait déjà célèbre ; vers 1145, il alla passer six années dans une grotte avec deux autres moines qui voulaient partager sa solitude ; il y reçut la visite de saint Nicolò Politi (v. 17 août), de saint Luca de Calabre. S’il y subit de terribles assauts de la part du Démon, il reçut aussi  de nombreuses consolations divines.

Divinement inspiré, il revint vers 1150 au monastère de Troina, et partit pour celui d’Agira, où les cloches se mirent à sonner tant qu’il n’eut pas donné le baiser de paix à chacun des moines.

On vint voir Lorenzo, lui demander conseil, des prières. En 1152, des ermites vivant dans les Apennins vinrent le prier de venir célébrer Pâques chez eux et il les accompagna.

En 1155, il vint au monastère de Fragalà, pour trois ans. Il y fit construire une petite église, où il prêcha infatigablement aux foules avides d’entendre la parole du prêtre.

A partir de 1158, il partit prêcher dans les Pouilles et en Calabre ; à Reggio Calabria, où sévissait une épidémie de peste, il guérit les malades de corps et d’esprit ; il y eut beaucoup de conversions. Lorenzo y fit reconstruire trois églises en ruines et à son départ, l’archevêque et le duc étaient là pour le remercier.

En 1162, il revint définitivement à Frazzanò. Dans une vision, il sut l’approche de sa mort et les signes grandioses qui allaient l’accompagner. Il eut tout juste le temps de construire l’église dédiée à Tous les Saints pour honorer la Sainte Trinité, et c’est dans cette église qu’advinrent les plus grands miracles où Dieu glorifia son Serviteur fidèle.

Au soir du 30 décembre 1162, Lorenzo rendit à Dieu son esprit. Son corps exhala un parfum suave.

Le culte de Lorenzo Ravì fut immédiat et a traversé les siècles, tant de la part de l’Eglise orthodoxe que de la catholique. Il n’y a pas eu de canonisation proprement dite, mais le Martyrologe mentionne à présent Laurent au 30 décembre.

 

 

Richard d’Adwerth

† 1266

 

Richard était d’origine anglaise.

Venu étudier à Paris, il se diplôma en sciences et en lettres.

Une recluse inconnue lui aurait prédit qu’il irait en Frise et que son étoile y brillerait.

Il vint effectivement en Frise, mais pour entrer au monastère cistercien d’Adwerth (Groningue, Hollande).

Il y enseigna, mais surtout il affectionna tant la prière liturgique, qu’il la répétait ensuite pendant son travail de la journée.

Richard mourut, apparemment le 21 décembre 1266, mais son Ordre a inscrit son dies natalis au 30 décembre.

Un siècle plus tard, l’abbé tenta de le faire canoniser, mais y renonça devant les frais occasionnés par une telle procédure.

Le bienheureux Richard n’est donc pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Margherita Colonna

1255-1284

 

La bienheureuse Margherita (Marguerite) naquit à Palestrina en 1255, fille de Oddone (Odon) Colonna et de Mabilia Orsini, qui eurent deux autres enfants : Giovanni et Giacomo. Elle appartenait donc à deux familles romaines puissantes qui, pendant plusieurs siècles, marquèrent l’histoire de la Ville Eternelle par des phases successives de paix et de haine réciproque. 

Palestrina était la place-forte de la famille. La richesse des nobles romains était liée aux pontifes et aux charges ecclésiastiques : en ce qui concerne les Colonna au temps de la Bienheureuse, il suffit de citer Giovanni, cardinal de Sainte-Praxède en 1212 et légat du pape pendant la cinquième Croisade. C’est ce dernier qui rapporta à Rome la colonne qui, selon la tradition, servit pour la flagellation du Christ et qui, encore aujourd’hui, est conservée dans la basilique romaine dont il était titulaire. 

Les années où vécut Margherita furent pour l’Eglise des années difficiles et agitées : de 1268 à 1271, le siège papal fut vacant, ce qui ne s’était jamais vu aussi longtemps dans l’histoire. Cela faisait vingt années que le pape n’habitait plus à Rome. Des conclaves interminables, des pontificats très brefs : le pouvoir du pontife, si fondamental pour l’équilibre du monde chrétien, subissait l’antagonisme entre la France (car Charles d’Anjou occupait beaucoup de régions d’Italie) et le Saint Empire Romain Germanique.

Très tôt, Margherita et ses deux frères furent orphelins. Tandis qu’on la destinait à un mariage prestigieux, important pour les alliances nobiliaires, elle n’avait au contraire qu’une préférence dans son cœur, demeurer l’épouse virginale de Jésus-Christ. Le 6 mars 1273, avec deux dames pieuses de sa maison, elle se retira à Castel San Pietro, une colline qui domine Palestrina, près de l’église de Santa Maria della Costa, pour suivre sa vocation sur la trace du mouvement franciscain. François d’Assise était mort depuis quarante-sept ans, Claire depuis seulement vingt ans : leur idéal de vie fascinait un grand nombre de personnes de tout rang social. 

Margherita reçut la rude bure, sous laquelle elle mit un cilice. Elle commença des jeûnes et des pénitences, priant pour que se réalisât son désir : devenir clarisse. Elle vécut donc là, retirée, pendant quelques années. Pour la puissante famille Colonna, cette vie d’anachorète était un véritable scandale. 

Le réconfort arriva cependant grâce à son frère Giacomo, lequel, quoique très jeune, était déjà cardinal (depuis 1278) par volonté du pape Nicolas III (dans le monde Giovanni Gaetano Orsini), tandis que Giovanni était sénateur à Rome. Bien qu’il fût revêtu de son titre uniquement en raison de son appartenance à une famille importante, comme cela était habituel en ces temps-là, Giacomo éprouvait un amour sincère pour le Christ. Il conduisit Margherita à Rome, et tous deux prièrent ensemble sur la tombe des Apôtres Pierre et Paul. 

C’est ainsi que Margherita commença une nouvelle vie. Elle ne disposait plus de l’héritage familial si abondant : elle avait désormais la Pauvreté, qui ne manque jamais sur la route des Saints. 

Son exemple lumineux suscitait un grand intérêt, surtout parmi d’autres dames désireuses comme elle de mettre leur vie au service de Jésus-Christ. 

Elle  demanda au Supérieur Général des Frères Mineurs, Girolamo Masci, le futur pape Nicolas IV, la permission d’entrer au Monastère d’Assise. Une maladie l’en empêcha : autres étaient les voies du Seigneur. 

Sa pensée alla ensuite vers le Couvent de la Mentola (qui se trouvait entre Palestrina et Tivoli, et où l’on vénérait une image de la Très Sainte Vierge à laquelle elle était très dévote ; saint François aussi s’y était rendu). Mais ce couvent dépendait du Comte de Poli, qui ne voyait pas d’un bon œil une fille Colonna arriver dans ses territoires. 

Elle retourna donc à la maison et, avec l’aide de son frère cardinal, fonda un monastère sur la montagne voisine : là, pauvrement, de jour comme de nuit, on louait et l’on priait le Seigneur. Margherita s’occupa de la formation de ses compagnes, mais sa charité alla bien au-delà, touchant aussi les malades et les pauvres alentour. Chaque année, à la Saint-Jean-Baptiste - dont elle était très dévote - elle organisait un repas pour eux. 

La tradition rapporte qu’un jour Jésus et Jean-Baptiste se présentèrent à sa table, mais qu’ils disparurent quand Margherita les reconnut. 

Quand elle eut épuisé son important patrimoine personnel, elle qui était née dans l’opulence tendit la main pour demander l’aumône et pouvoir ainsi continuer ses œuvres. Entre autres, on se souvient de son assistance aux Frères Mineurs du couvent de Zagarolo, à un moment de grave nécessité. 

Son union avec le Christ devint de plus en plus intense : elle reçut de façon visible le réconfort de Jésus, de Sa Mère et de saint François. Elle eut plusieurs extases et supporta patiemment pendant sept années une blessure ulcéreuse au côté, qu’elle considéra comme une marque de la Passion de Jésus. 

Elle n’avait pas trente ans à sa mort, une mort qui fut précieuse aux yeux du Seigneur. Elle rendit l’esprit, à la suite de son ulcère et de violents accès de fièvre, le 30 décembre 1284. 

Immédiatement son tombeau devint un lieu de pèlerinages, et des grâces étaient obtenues par son intercession. En 1285 le pape Honorius IV donna l’autorisation à la communauté de Clarisses de se transférer à Rome, dans le monastère de Saint-Silvestre-in-Capite, où celles-ci transportèrent le corps vénéré de la Bienheureuse (il y restera jusqu’en 1871). Sa biographie fut écrite par son frère et la première abbesse de Saint-Silvestre.

Le 17 septembre 1847, le pape Pie IX confirma le culte “ab immemorabili” (de temps immémorial) ainsi que la mémoire liturgique le 17 décembre. Quelques années plus tôt, le pape Grégoire XVI avait établi que seules les familles Colonna et Orsini eussent le privilège exclusif de Princes assistants au trône pontifical.

Aujourd’hui, les reliques de la bienheureuse Margherita sont vénérées dans l’église de Castel San Pietro, proche de Palestrina. Là, la semence qu’elle jeta en terre il y a plus de sept siècles, continue de fleurir encore aujourd’hui, grâce aux Clarisses du monastère de Sainte-Marie-des-Anges.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 30 décembre, son dies natalis (le jour de sa mort, qui est le jour de sa naissance au ciel).

 

 

Eugenia Ravasco

1845-1900

 

Elle naquit le 4 janvier 1845 à Milan, troisième des six enfants de parents aisés, Francesco Matteo et Carolina Mozzoni Frosconi.

La maman mourut dès 1848, de sorte que le papa alla s’installer à Gênes avec son fils aîné et sa dernière fille. Eugenia resta à Milan chez sa tante, qui s’en occupa vraiment comme une mère très chrétienne.

En 1852, la famille se réunit à Gênes, mais le papa mourut à son tour en 1855, de sorte qu’Eugenia fut recueillie chez son oncle Ravasco qui vivait aussi à Gênes. Cet oncle avait déjà dix enfants, et se prodigua pour élever avec le même amour ses neveux et nièces. Il voyait avec inquiétude grandir en Italie l’influence de la Maçonnerie, en tout particulier sur le cœur du frère aîné d’Eugenia, Ambrogio.

Eugenia fut très vite attirée par l’Eucharistie et la dévotion envers les Cœurs de Jésus et Marie, en même temps qu’animée par un réel amour envers le Prochain.

Elle fit sa Première communion en 1855 et reçut la Confirmation. Dès lors, elle ne passait jamais devant une église sans s’y arrêter pour prier et adorer.

En 1862, mourut ce cher oncle bienfaiteur. Eugenia fit tout ce qu’elle put pour ramener son frère Ambrogio à de saines idées, mais sans succès apparent.

En 1863, elle se consacra à Dieu, tandis que, dans la famille, on avait d’autres espérances pour elle.

Elle s’occupa de catéchèse, collabora avec les Filles de l’Immaculée, avec les Dames de la Charité. La famille n’appréciait pas ce genre de contacts, d’une autre classe que celle d’Eugenia, qu’on commençait à mépriser. Mais Eugenia avait du caractère, et persévéra sur sa route. Avec d’autres collègues, elle commença à réunir des petites fillles pour les occuper sainement et saintement.

Finalement, en 1868, l’Esprit Saint la poussa à fonder pour de bon un nouvel Institut : la Congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, dont la mission devait être de faire le bien, surtout envers la jeunesse, souvent abandonnée à elle-même, pour former d’honnêtes citoyens en société et des Saints au Ciel.

En 1878, contre vents et tempêtes, et malgré les attaques maçonniques, elle ouvrit une école pour la formation de maîtresses, elle organisa des exercices spirituels, des retraites, des missions, provoquant ainsi le retour de beaucoup d’âmes à Dieu, notamment des prisonniers et des mourants.

L’Institut fut approuvé dans le diocèse en 1882 et, en 1884, Eugenia fit la profession religieuse en même temps que ses Collègues.

En 1892, elle ouvrit encore une Maison pour les jeunes ouvrières à Gênes, et fonda pour ces ouvrières l’Association Santa Zita. 

Elle tomba malade et mourut - trop tôt aux yeux du monde ! le 30 décembre 1900 à Gênes, tout à la fin du 19e siècle. Deux jours plus tard, elle aurait été la première Sainte du 20e siècle !

L’Institut devint de droit pontifical en 1909. Actuellement, il compte plusieurs centaines de Religieuses, présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, dans une grande partie de l’Amérique latine et aux Philippines.

Eugenia Ravasco fut béatifiée en 2003.

 

 

Giovanni Maria Boccardo

1848-1913

 

Giovanni (Jean) Ottavio Maria naquit le 20 novembre 1848 à Cà Bianca (Testona, Moncalieri - en piémontais Moncalé -, Turin, Italie nord-ouest), aîné des dix enfants de Gaspare et de Giuseppina Malerba. Des dix enfants, trois moururent en bas âge, et trois se donnèrent à Dieu ; deux furent prêtres, Giovanni et son frère Luigi qui, né en 1861, fut le filleul de Giovanni et, plus tard, son vicaire de paroisse ; Giacinta, elle, entra au couvent en 1874.

En 1861, Giovanni entra au lycée des Barnabites. Sur son chemin, il aidait chaque jour un pauvre aveugle avant d’arriver à l’école.

En 1864, il entra au séminaire.

Quand il confia à son père son désir d’être prêtre, celui-ci lui répondit : D’accord, à condition que tu soies un vrai prêtre, pas seulement avec la soutane, mais avec les actes. Le garçon allait correspondre tout-à-fait au désir de son père.

Ordonné prêtre en 1871, il fut dès 1873 directeur spirituel aux séminaires de Chieri, puis de Turin, persuadé que, pour conduire de futurs prêtres sur le chemin de la sainteté, il devait donner le premier l’exemple d’une vie totalement vertueuse et sainte.

En 1877, il fut reçu docteur en théologie.

En 1882, il fut nommé curé à Pancalieri, où il restera actif jusqu’à sa mort, par la catéchèse, la prédication (y compris dans les paroisses alentour), les visites aux prisonniers. Il institua une pieuse association qu’il appela la Cour de Marie et favorisa la bonne presse.

Lors de la terrible épidémie de choléra de 1884, il se prodigua avec quelques jeunes paroissiennes pour aller porter secours aux malades ; mais surtout il fonda cette année-là un hôpital à Moncalieri même : pour s’occuper des malades, il accueillit une, puis plusieurs paroissiennes qui se constituèrent en une nouvelle Congrégation, les Pauvres Filles de Saint-Gaetan, qui se multiplièrent dans trente-deux maisons que le Fondateur ouvrit dans le Piémont et les Marches, au service des malades abandonnés, des vieillards sans ressources, des orphelins, des prêtres malades…

Cette même année aussi lui fut adjoint comme vicaire son propre frère, Luigi (voir au 9 juin), pendant deux années.

Don Giovanni Maria laissa un grand nombre de lettres, réflexions, propositions, contenues dans une quarantaine de volumes.

En 1911, un accident cardio-vasculaire le laissa paralysé, dans l’impossibilité d’exercer le moindre ministère. Sa seule consolation était de se faire porter dans son hôpital, au milieu des malades et des Sœurs.

Il s’éteignit à Pancalieri, le 30 décembre 1913.

L’année suivante, son frère Luigi fut nommé Supérieur Général de la Congrégation.

L’approbation pontificale de l’Institut arriva en 1958, les Sœurs s’étant installées aussi au Brésil, en Argentine, au Bénin.

Giovanni Maria Boccardo fut béatifié en 1998.

Daniel Ferreres Guardiola
1911-1936

Daniel naquit le 29 avril 1911 à Cinctorres (Castellón de la Plana, Catalogne, Espagne E).
Il grandit dans une atmosphère familiale et sociale profondément chrétienne. Son oncle, don Rafael García, était le vicaire général du diocèse.
En 1928, il travaillait dans une Maison pour Vieillards à Lérida (Lleida en catalan), en 1935 il en était un des dirigeants. 
Il faisait partie de l’Action Catholique. 
Lors de la persécution de 1936, il fut arrêté et battu en pleine rue, puis conduit en prison, où il retrouva son oncle. Il fut compagnon de cellule de Francisco Castelló (v. 29 septembre).
Le 14 décembre 1936, on le soumit à un simulacre de jugement et il fut condamné à mort, pour sa foi, avec d’autres Compagnons.
Le 19 décembre, il put écrire une lettre à sa famille. C’est un document digne d’un Ignace d’Antioche (v. 17 octobre) : 
Ne pleurez pas, priez ! Donner sa vie pour Dieu, pour la Patrie, pour la Tradition Catholique, pourriez-vous l’employer mieux que cela ? Alors, pourquoi être tristes ?
Et aussi : 
Je pardonne à tous mes ennemis, dans toute l’extension et la signification des mots que nous prononçons dans le Notre Père.
Ils furent fusillés le 30 décembre 1936 à Lleida. Daniel avait vingt-cinq ans. Au moment de monter dans le camion, ils entonnèrent un de leurs chants de l’Action Catholique catalane : Amunt, germans, fem nostra via ! (Courage, frères, nous faisons notre chemin !).
Pour l’heure, seul Daniel fut béatifié, en 2017 ; les autres Compagnons ne font pas partie de la même cause.
Daniel Ferreres Guardiola sera commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 00:00

29 DÉCEMBRE

     

-X.        

S David, roi de Juda (cf. 1 et 2 S ; 1 R:1-2), et auteur d’une grande partie des psaumes.

I.        

S Trophimos, premier évêque à Arles (III.?).

III.        

SS Libosus (évêque), Domicius, Victor, Primianus, Saturnin, Crescentius, Second et Honoratus, martyrs à Vaga.

V.        

S Martinianus, évêque à Milan.

S Markellos, abbé des acémètes ("qui ne dorment pas") à Gomon ; ces moines se relayaient pour que la louange ne s'arrêtât jamais dans l'église.

VII.        

S Pierre de Cantorbury, bénédictin envoyé avec s. Augustin par s. Grégoire le Grand pour évangéliser l'Angleterre, premier abbé au monastère Saints-Pierre-et-Paul (plus tard Saint-Augustin), enterré à Boulogne-sur-Mer, parce qu'il se noya à Ambleteuse.

S Albert, ermite à Gambrum.

VIII.        

S Evroul, ermite avec quelques compagnons à Ouche, fondateur de quelque quinze monastères ; les malades guérissaient en touchant son vêtement.

XI.        

S Gérard, abbé à Saint-Wandrille, assassiné pendant son sommeil par un moine irrité.

XII.        

S Thomas Becket, évêque à Cantorbury et grand chancelier du roi d'Angleterre auquel il résista ; il fut assassiné dans sa cathédrale.

XIV.        

B Gerardo Cagnoli, frère lai franciscain, cuisinier, mystique.

XVII.    

B William Howard, petit-fils de Philipp Howard (martyrisé en 1595, cf. 19 octobre) ; il siégeait à la Chambre des Lords ; condamné à mort pour “intelligence avec le pape” et décapité à Londres.

XIX.        

SS Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus et Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta, catéchistes ; Cho Chŭng-i Barbara, Han Yŏng-i Magdalena, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth, Ko Sun-i Barbara, Yi Yŏng-dŏk Magdalena, laïques coréens martyrs canonisés en 1984, avec leurs proches, parents, frères ou sœurs, et fêtés le 20 septembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Diocésains : José Aparicio Sanz (*1893) et Enrique Juan Requena (*1903), prêtres, près de Valencia : le dernier, organiste, était particulièrement zélé ;

Jésuites : Juan Bautista Ferreres Boluda (* 1861), prêtre, près de Valencia ;

Laïcs : José Perpiñá Nácher (*1911), près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Aproniano de Felipe González (Miguel, *1898), prêtre, et Jacinto Gutiérrez Terciado (Diego, *1909), convers, près de Santander.

David, roi

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Nous trouvons l’histoire de David dans la Bible, aux Livres de Samuel, et au premier Livre des Rois.

David était le dernier-né des fils de Jessé, de Bethléem, qui en avait huit : Eliab, Abinadab, Shamma, sont les noms des trois premiers que nous donne l’Ecriture ; les autres ne sont pas nommés, jusqu’au dernier, David.

Celui-ci était roux, un garçon au beau regard et de belle tournure (1S 16:12).

Il entra au service de Saül pour lui faire bénéficier des bienfaits de la musique, car il jouait de la harpe (1S 16:14-23).

Vient l’épisode de Goliath, que David assomme d’un coup de galet envoyé avec sa fronde de pasteur (1S 17). C’est cette première victoire qui rend Saül jaloux, au point de diriger sa lance contre David, qui l’évite et s’enfuit.

Le fils de Saül, Jonathan, éprouve cependant une profonde amitié pour David ; il le protège, il intercède auprès de Saül pour un apaisement (1S 19-20), c’est que Jonathan aimait David de toute son âme (1S 20-17) et ira jusqu’à renoncer à la succession royale en faveur de David (1S 23-17).

Dans la lutte qui oppose désormais Saül et David, ce dernier se montre très magnanime envers le roi, l’épargnant même par deux fois quand il pourrait le tuer car, dit-il, que Yahve me garde de porter la main sur lui, car il est l’oint de Yahvé (1S 24:7 et 26:11)).

Après Saül, David devint roi de Juda (2S 2-4) puis d’Israël et Juda (2S 5-8).

Tous ces épisodes sont repris dans le premier Livre des Chroniques (1Ch 11-29), qui s’appellent en latin les Paralipomènes.

Choisi par Dieu, David n’en restait pas moins un homme avec ses faiblesses, et la Bible raconte sincèrement qu’il eut dix-neuf enfants de ses huit femmes sans compter les fils des concubines (1Ch 3:9). L’Ecriture inspirée de Dieu nous instruit ainsi sur les «habitudes» de cette époque, sans approuver ni condamner ce comportement, mais pour nous rappeler combien la loi divine du début était loin d’être appliquée dans son intégralité. Jésus-Christ rappelle aux Pharisiens que, si Moïse avait permis à l’homme de renvoyer sa femme, c’était en raison de (leur) caractère intraitable, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine (Mt 19:8).

Par cette sincérité, l’auteur de la Bible signe son authenticité. N’importe quel faussaire aurait caché l’inconduite de David.

C’est ainsi que nous lisons aussi le triste épisode de l’adultère du roi (2S 11-12), comment il fit tuer le mari de Bethsabée au combat et introduisit cette femme chez lui, comment le prophète Natân lui reprocha son péché et lui annonça la mort du bébé. David écrira cependant son remords et sa confiance en Dieu miséricordieux dans le psaume 50 (le Miserere), un chef-d’œuvre poétique d’humble aveu du pécheur repenti.

David fut l’auteur d’une grande quantité de psaumes, cent-cinquante en tout, qui ne sont peut-être pas tous de sa propre main.

Mystérieusement, c’est ensuite de la même Bethsabée que naîtra Salomon. Le Christ choisit donc précisément cette lignée humaine pécheresse, pour naître dix siècles plus tard de la Vierge Marie.

Pour Salomon, David préparera tout le matériel nécessaire à la construction du Temple de Jérusalem (1Ch 22-29).

Le grand mérite de David, c’est sa piété profonde envers Yahweh, et c’est ce par quoi il l’emporte sur tous les rois d’Israël.

David régna une quarantaine d’années, dont trente-trois à Jérusalem (1Ch 29:27).

Ce n’est que tardivement que son nom fut introduit dans le Martyrologe, au 29 décembre, tandis que l’Eglise grecque le commémorait au dimanche après Noël.

 

 

Trophimos d’Arles

1er ou 3. siècle

 

Les Actes des Apôtres mentionnent un Trophime, originaire d’Asie (Ac 20:4), plus précisément d’Ephèse (Ac 21:29) ; en 2Tm 4:20, Trophime (si c’est le même) est malade à Milet.

Une tradition affirme que Trophime fut ordonné évêque par s.Paul, qui l’envoya évangéliser Arles et sa région.

D’après s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), Trophime était l’un des sept évêques envoyés en Gaule en 250 par le pape s.Fabianus (v. 20 janv.). On a objecté à cette assertion qu’à cette date, le siège d’Arles était occupé par un certain Marcianus, d’ailleurs hérétique : Trophime a pu être évêque peu auparavant, mais surtout on pourrait avancer qu’il fut le légitime évêque d’Arles, contre Marcianus - qui justement n’est pas recensé dans la liste épiscopale d’Arles.

On ne signale pas d’évêque avant Trophime : il est bien le premier évêque d’Arles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Trophime d’Arles au 29 décembre.

 

 

Libosus de Vaga

† 258

 

Libosus était évêque de Vaga (Afrique Proconsulaire, auj. Beja, Tunisie N).

En 254, il était co-signataire, avec s.Cyprien (v. 14 septembre), d’une lettre aux Eglises d’Espagne, pour condamner les positions de deux évêques.

En 256, lors du concile de Carthage, il s’illustra par la déclaration suivante, qui est une perle :

Dans l’évangile, le Seigneur a dit : Je suis la Vérité. Il n’a pas dit : Je suis la coutume. Aussi, quand la vérité est devenue manifeste, il faut que la coutume cède à la vérité, et si naguère dans l’Eglise on ne baptisait pas les hérétiques, maintenant il faut qu’on commence à les baptiser. Le raisonnement est parfait.

En 258, Libosus fut martyrisé, avec d’autres évêques et, peut-être avec quelques autres dont voici les noms : Domicius, Victor, Primianus, Saturninus, Crescens, Secundus, Honoratus, par ailleurs totalement inconnus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Libosus de Vaga au 29 décembre.

 

 

Martinianus de Milan

† 435

 

Martinianus devint, en 423, le dix-septième évêque de Milan (si l’on tient compte de l’éventuel épiscopat de s.Barnabé, v. 11 juin).

S.Ennodius de Pavie (v. 17 juillet) écrivit de lui qu’il fut élu à l’unanimité des suffrages et qu’il joignait la prudence du serpent à la simplicité et à la pureté de la colombe (cf. Mt 10:16). Lors de son élection, il aurait humblement protesté et proposé de choisir un autre candidat.

Martinianus semble avoir été l’objet d’une controverse concernant la théologie de s.Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin).

Il fit construire deux églises.

L’épiscopat de Martinianus dura une douzaine d’années. Il s’éteignit vers 435.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Martinianus de Milan au 29 décembre.

 

 

Markellos de Gomon

† 480

 

Markellos naquit en Apamée (Syrie, auj. Qal`at al-Madhīq). Il avait un frère.

Il fit des études qui le portèrent à Antioche, Ephèse, Constantinople.

A Ephèse, il faisait de la calligraphie, pour gagner quelques oboles ; à Constantinople, il se rapprocha d’un certain moine nommé Alexandre, qui dirigeait une communauté de moines acémètes, c’est-à-dire des moines organisés de telle façon qu’en se relayant à l’église, ils n’interrompaient jamais la louange divine. Littéralement, acémète signifie «qui ne dort pas».

Puis Alexandre dut se transporter de Constantinople à Gomon, sur la rive orientale du Bosphore. Markellos faillit lui succéder, mais se cacha pour laisser élire Ioannis. Ce dernier fut ordonné prêtre, et fit ordonner diacre Markellos, lequel fut obligé, à la mort de Ioannis, d’accepter d’être higoumène.

Il hérita alors de son frère : il reversa toute cette fortune à d’autres monastères, ne conservant absolument rien pour le sien propre.

En 448, au concile de Chalcédoine qui condamnait Eutychès, Markellos signa en tout dernier lieu : Markellos, le moindre des prêtres et des archimandrites.

En 465, on attribua à ses prières l’arrêt d’un incendie qui ravageait Constantinople.

Markellos développa beaucoup le domaine des études dans son monastère. On s’y rendait de loin en quête de renseignements.

Il mourut vers 480, après plus de quarante ans passés à la tête des Acémètes.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Markellos de Gomon au 29 décembre.

 

 

Evroul d’Ouche

516-596

 

Evroul (Ebrulfus) serait né vers 516 à Bayeux.

Il fut formé à la cour du roi de Francie et se maria.

Cependant, entendant l’appel du Christ qui invite à tout laisser (cf. Lc 12:33 et 14:26,33), il confia sa chère épouse à des religieuses et vint se cacher dans les bois d’Ouche (Haute Normandie, act. Argentan, Orne).

Il y venait avec trois compagnons, confiant à Dieu leur survie, dans cette forêt si ingrate. La vie de ces solitaires touchait les gens de l’endroit, qui apportèrent des dons, et souvent restèrent.

Ils étaient quatre : il fallut bâtir quinze monastères ! Il y eut des monastères d’hommes et des monastères de femmes. Une peste abattit soixante-dix-huit d’entre eux.

Evroul ne fut pas ordonné prêtre, mais il resta le supérieur de toutes ces communautés.

La nuit, Evroul faisait venir discrètement son secrétaire, qui lui lisait l’Ecriture ; le dimanche, des prêtres célébraient devant lui trois messes ; trois fois l’an, il se faisait raser la tête.

Il y eut un accueil particulier réservé aux pauvres. Des malades demandaient à toucher (ou emporter) la corde d’Evroul, et s’en trouvèrent guéris.

Devenu octogénaire, il désirait voir son Maître. Il ne pouvait plus absorber qu’un peu d’eau. Pendant quarante jours, sa seule nourriture fut l’Eucharistie.

Evroul s’éteignit le 29 décembre vers 596.

On ne nous dit pas ce que sont devenus ces quinze monastères, mais des paroisses ont «Saint Evroult» comme patron.

Saint Evroul d’Ouche est commémoré le 29 décembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Cagnoli

1267-1342

 

Gerardo vit le jour vers 1267 à Valenza Po (Lombardie, Italie N), d’une famille chrétienne et aisée.

Il fut orphelin de père à dix ans, et dut ensuite s’occuper assidûment de sa chère maman, frappée d’une grave tuberculose pulmonaire qui l’immobilisait totalement. 

Sans se décourager, Gerardo s’occupa responsablement de la maison, de sa mère, et commença une vie d’ermite chez lui, dans la prière, l’abnégation, le silence avec Dieu.

La maladie de la maman la tortura pendant treize années, au terme de laquelle elle rendit son dernier soupir dans les bras de son garçon bien-aimé.

Ce qu’il possédait, il le donna aux pauvres et entreprit un long pèlerinage à travers l’Italie, jusqu’aux rivages de la Sicile.

Il fut d’abord à Rome quelques années, puis rejoignit Naples et atteignit la Sicile. Ce fut d’abord près de Trapani (pendant quatre ans), puis de Catane.

Il y eut ensuite comme une fracture dans la vie de Gerardo. Il entendit parler de la sainte vie de Louis d’Anjou (v. 19 août) et, pour en imiter les saintes vertus, songea qu’il n’avait rien de mieux à faire que d’entrer dans un couvent franciscain. Il se présenta à Randazzo. Après la vie solitaire, cette vie de communauté, dans l’obéissance à un supérieur, devait coûter beaucoup à Gerardo, qui cependant voulait vraiment acquérir le sainteté. S’il en souffrit, il ne le laissa pas transparaître. Il était heureux.

Comme tout les nouveaux profès, il eut la charge de l’accueil et de la quête dans les rues, et se trouva ainsi en continuel contact avec les gens. Mais il pouvait jouir quotidiennement de l’Eucharistie, devant laquelle il restait des heures en méditation, la nuit. Son amour pour Jésus-Christ allait en même temps pour la Mère de Jésus, qui le favorisa d’apparitions, et bien sûr pour Louis d’Anjou.

Dieu lui donna en retour le don des miracles. C’est à Randazzo, alors qu’il n’était que novice, qu’il accomplit son premier geste miraculeux : «victime» d’une extase dans l’église, il en avait oublié de préparer le repas de la communauté ; le père gardien vint doucement le rappeler à la réalité et Gerardo courut à la cuisine… où le repas avait été préparé par «quelqu’un» : son ange gardien.

Puis on l’envoya au couvent de Palermo, où il resta pendant trente-cinq ans ; là encore, il excella à se faire petit, à servir les autres, à rechercher les plus vieux habits ; tout cela sans renoncer aux habituelles mortifications qu’il connaissait déjà dans son ermitage : cilice, jeûnes, abstinence rigoureuse de viande.

Les miracles se multiplièrent : Gerardo eut un charisme particulier pour guérir des maladies de toutes sortes, des fièvres malignes, des blessures, des maux incurables… 

Gerardo mourut le 29 décermbre 1342. Bien entendu, les miracles continuèrent de plus belle. On «béatifia» le bon Frère par la voix populaire, suivie de l’autorité ecclésiastique qui en confirma le culte en 1908.

 

 

William Howard

1614-1680

 

William était né le 30 novembre 1614 à Strand (Londres, Angleterre).

Petit-fils de Philipp Howard (v. 19 octobre), fils de Thomas Howard et oncle du cardinal Thomas Philipp Howard, il grandit dans le Catholicisme.

Lors du sacre de Charles Ier en 1626, il fut fait chevalier de Bath et, en 1637, épousa Mary Stafford, devenant ainsi vicomte Stafford en 1640.

En 1642, on le trouve aux Pays-Bas, au service de la famille royale, et de ses parents. Il fut aussi chargé de missions en Flandre et en Suisse par l’empereur Ferdinand.

Après la mort de son père en 1646, des querelles d’héritage divisèrent la famille et causèrent beaucoup d’ennuis à William, pendant plusieurs années. Dans l’impossibilité d’entrer dans les détails, on sait qu’il fut même arrêté dans le cadre de ces affaires pénibles, à Heidelberg en 1653, à Utrecht en 1656. Les procès durèrent jusqu’en 1660, lorsqu’à la Restauration il put récupérer ses droits et vivre en paix avec sa grande famille.

C’est en 1675 que son neveu Thomas Philipp fut créé cardinal.

En 1678, les partisans du complot de Oates mirent William sur leur liste de lords catholiques proscrits. Il fut arrêté et jeté à la Tower de Londres le 25 octobre, où il resta plus d’une année.

Dans la prison, il eut pour compagnon le père bénédictin James Maurus Corke, qui écrivit que ce vieillard était toujours prêt à rendre service, très charitable, très pieux, habitué à la sobriété, incapable de proférer une parole méchante, amant de la justice.

Le procès dura une semaine et s’acheva par la condamnation à mort votée par cinquante-cinq voix pour et trente-et-une contre ; on a dit que parmi les voix pour se trouvaient tous les parents de William.

William Howard mourut en martyr à Londres, le 29 décembre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Cho Chŭng-i Barbara

(Jo Jeung-i Bareubara)

1781-1839

 

Née en 1781 à Ichŏn (Gyŏngi-do, Corée), Barbara était de famille noble. Elle était cousine de Chŏng Ha-sang Paulus, le fameux héros de l’introduction des missionnaires en Corée (v. 22 septembre).

A seize ans, elle épousa Nam I-gwan Sebastianus (sans doute un Chrétien, puisqu’il porte un prénom chrétien), et mit au monde un garçon qui mourut peu après la naissance.

Plusieurs de ses proches moururent dans la persécution de 1801 et son mari fut exilé. Refugiée chez son frère, elle y fut vraiment malheureuse.

Vers l’âge de trente ans, elle vint à Seoul, où elle put vivre en paix chez une famille de Chrétiens et enfin pratiquer plus librement la religion.

Elle aida activement son cousin Paulus pour son voyage en Chine.

En 1832, son mari revint de l’exil et elle put aider davantage les prêtres chinois. Après le départ du père Yu, Barbara acheta une petite maison, où elle put accueillir Mgr Imbert et les pères Maubant et Chastan, futurs martyrs (v. 21 septembre). Les fidè!es y vinrent pour recevoir les Sacrements et participer à l’Eucharistie. Elle disait souvent : Si une persécution arrive, nous devons nous y préparer par la mortification pour glorifier Dieu et sauver nos âmes.

C’est en juillet 1839 qu’elle fut arrêtée. Interrogée pour révéler la cachette de son mari, invitée à renier sa foi, elle déclara fermement : Même si je dois mourir mille fois, je ne peux pas commettre un tel péché.

Les tortures s’abattirent sur cette femme courageuse. Elle eut les jambes tordues, elle reçut cent quatre-vingts coups de cudgel, cette plaque de bois d’un demi-centimètre d’épaisseur, avec un long manche, qu’on abattait sur le postérieur des victimes jusqu’à en faire gicler les chairs et le sang ; derechef devant la Haute-Cour.

On retrouva son mari, qui subit à son tour les tortures. Tous deux restèrent fidèles et inébranlables.

Barbara, oubliant ses souffrances, restait douce avec les autres prisonniers, les encourageait, les consolait. Après leur avoir dit au-revoir, elle s’endormit, jusqu’à ce qu’on vînt la chercher.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Han Yŏng-i Magdalena

(Han Yeong-i Magdalena)

1783-1839

 

Magdalena était née en 1783 à Seoul.

Jeune encore, elle épousa Kwŏn Chin, un fonctionnaire gouvernemental lettré, de famille noble. S’étant fait catholique, il poussa son épouse à embrasser aussi le christianisme. Il fut baptisé sur son lit de mort, et demanda à son épouse de toujours vivre désormais en femme catholique.

Une fois devenue veuve, Magdalena mena une vie très pauvre, mais très pieuse en même temps, sans jamais se plaindre, remerciant Dieu au contraire pour sa vie de pauvreté.

Elle avait eu une fille, Kwŏn Chin-i Agatha, qui vint avec son amie Yi Agatha, vivre chez sa mère. C’était un trio de saintes femmes, tout adonnées aux actes de piété, de bonté, et de mortification.

Un apostat parla : Magdalena fut «dénoncée» et arrêtée le 17 juillet 1839, avec les deux jeunes filles. Tandis que Magdalena était conduite en prison, Agatha était retenue avec deux autres femmes dans une maison voisine, gardée par des policiers. Le traître lui-même vint faire à Agatha des propositions malhonnêtes, auxquelles elle ne prêta pas même l’oreille. La police, touchée par la jeunesse et la beauté de cette fille, vint la délivrer. Les policiers complices du traître furent punis.

Agatha et les deux autres femmes furent de nouveau arrêtées un peu plus tard. Elles devaient subir le martyre le 31 janvier 1840.

Quant à Magdalena, cette vaillante veuve subit des tortures intollérables, qu’elle supporta cependant avec tout le courage que lui donnait sa foi inébranlable. Frappée, tordue, elle restait calme et paisible, dans l’attente du jour de son martyre final.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus

Choe Chang-heub Peteuro)

1786-1839

 

Petrus était né vers 1786 à Seoul (Corée), fils d’un officier du gouvernement. Un de ses frères, Ch’oe Ioannes, reçut le martyre en 1801.

Il avait treize ans quand mourut son père, et alors il eut l’occasion de connaître la doctrine catholique.

En 1801, la persécution lui fit perdre, outre son frère, tous ses biens de famille. Il épousa Son So-byŏk Magdalena, qui mit au monde onze enfants ; deux de ceux-là seulement vécurent, dont Ch’oe Yŏng-i Barbara.

Mais comme il ne vivait pas en milieu catholique, il ne pratiqua pas le catholicisme jusqu’en 1815 : alors, il se rapprocha d’une communauté catholique et approfondit la religion. Lors d’une épidémie de choléra, en 1821, il reçut enfin le Baptême.

Dès lors, il observa consciencieusement la religion, pratiqua avec régularité, soutint les missionnaires et l’Eglise de toutes ses forces, jugeant que pour tous les péchés qu’il avait commis dans sa jeunesse, il devait mourir pour Dieu, en expiation et pour sauver son âme.

En juin 1839, il fut arrêté, et interrogé. Quelques questions et réponses :

Tu crois en cette fausse religion ?

Je crois en la religion catholique. Il n’y a pas d’erreur dans ce que l’Eglise enseigne.

Renonce à Dieu.

Impossible.

On le tortura sept fois. Son corps fut littéralement brisé sous les coups, mais il resta inflexible dans sa foi, et refusa de donner des indications sur les autres Catholiques.

Juste avant d’être porté au lieu de l’exécution, il fit dire à sa femme et à sa fille, qui étaient aussi en prison, qu’elles ne devaient pas être tristes, mais qu’elles devaient rendre grâces à Dieu et se préparer à le suivre dans le martyre.

Effectivement Magdalena subit le martyre le 31 janvier suivant, et Barbara le 1er février.

Petrus, lui, fut décapité parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ko Sun-i Barbara

(Go Sun-i Bareubara)

1794-1839

 

Barbara était la fille d’un Martyr de 1801, Ko Kwang-sŏng, et épouse de Pak Chong-wŏn Augustinus, qui allait être martyrisé un mois après elle (v. 31 janvier).

Née en 1794 (ou peut-être en 1798), elle s’était mariée à dix-huit ans, et eut trois enfants.

Toute la famille grandissait dans une foi profonde. Bareubara épaulait son mari dans ses œuvres, elle faisait le catéchisme aux illettrés, ravivait la foi des faibles, visitait les malades. Elle était heureuse de voir revenir les missionnaires, pour recevoir les Sacrements.

Quand son mari fut arrêté, le 26 octobre 1839, elle pensa se livrer elle-même, pour partager les souffrances de son mari, mais elle fut elle-même arrêtée dès le lendemain, 27 octobre. Elle remercia le Bon Dieu pour cette grâce spéciale. En prison, ils s’encouragèrent mutuellement.

Interrogés, tous deux refusèrent de renier leur foi, tous deux subirent les tortures. La pauvre Bareubara ne pouvait plus bouger les bras, mais ne perdit jamais son courage.

Vingt jours après, elle fut à nouveau battue, avec son mari. Sa chair volait en lambeaux. Mais son désir de mourir pour Dieu était plus fort. Elle révéla à ses camarades de prison : D’habitude, les tortures m’effraient, mais maintenant le Saint-Esprit m’a accordé une bénédiction particulière, de sorte que la pécheresse que je suis n’a plus peur des tortures. Je suis tellement heureuse ! Je ne savais pas qu’il était si facile de mourir !

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

 

Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta

(Hyeon Gyeong-nyeon Benedikta)

1794-1839

 

Cette pieuse veuve était la fille d’un Martyr, Hyŏng Kye-hŭm, et belle-fille d’un autre Martyr, Ch’oe Ch’ang-hyŏn, morts dans la persécution de 1801. Un de ses frères, aussi, Hyŏn Sŏng-mun Carolus, mourra martyr en 1846.

Née en 1794 à Seoul, elle s’était mariée en 1811, mais resta veuve et sans enfants dès 1814, de sorte qu’elle retourna chez sa mère, occupée à coudre et à prier en paix.

Sa piété était vraiment édifiante. Le peu qu’elle gagnait par la couture, elle le donnait ; elle enseignait le catéchisme oralement à ceux qui ne savaient pas lire ; elle encourageait les esprits tièdes, consolait les affligés, assistait les malades, baptisait les petits enfants en danger de mort. Quand les missionnaires passaient, elle recevait chez elles ceux qui voulaient recevoir les Sacrements.

C’était vraiment une «Religieuse», toute consacrée à Dieu.

Lors de la persécution en 1839, elle fut arrêtée, en juin ou en juillet. Dès que les officiers apprirent qu’elle était la sœur de Carolus, ils la maltraitèrent d’autant plus rigoureusement, car Carolus jouait un rôle très important parmi les Catholiques, et l’on voulait savoir où il pouvait bien se cacher.

Benedicta fut interrogée par sept fois. Le mot «interroger» sous-entend d’horribles tortures, de violents coups de bâtons sur tout le corps. On renouvela ces tortures à la Haute-Cour : Benedikta était si blessée qu’elle ne pouvait presque plus bouger les jambes ; ses blessures étaient si profondes, qu’il en sortait sans arrêt du sang et du pus. De plus, elle attrappa le choléra dans la prison insalubre.

Elle put faire parvenir une lettre à son frère, qui fut connue mais qu’on a malheureusement perdue.

Peu avant son exécution, elle s’endormit d’un sommeil profond, avant d’être portée, toute joyeuse, au lieu de sa mort.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Chŏng-hye Elisabeth

(Jeong Jeong-Hye Ellisabes)

1796-1839

 

Elisabeth naquit en 1796 à Seoul (Corée S).

Elle avait de qui tenir : ses deux parents devaient mourir martyrs, ainsi que son frère. En effet, son papa, Chŏng Augustinus fut martyrisé en 1801, quand elle n’avait que cinq ans ; la maman, elle, Yu So-sa Cæcilia, allait être martyrisée le 23 novembre 1839, un mois avant Elisabeth, tandis que son frère, Chŏng Ha-sang Paulus, avait reçu cette grâce le 22 septembre 1839.

Lors de l’arrestation d’Augustinus, Cæcilia et ses trois enfants furent pris eux aussi. Le gouvernement relâcha la maman et les enfants, mais leur confisca leurs biens, de sorte qu’ils durent vivre chez des parents non-baptisés à Seoul.

La cohabitation n’était pas pacifique. La petite fille, en particulier, ne mangeait pas à sa faim et avait froid. Elle se mit à coudre et à broder, et put gagner un peu d’argent pour aider sa mère et son frère Paulus.

Elle était si douce, si pure, que peu à peu le cœur des parents s’adoucit.

Elisabeth elle-même ne regarda jamais un homme en face. Elle fit très tôt le vœu de virginité.

Vers trente ans, et jusque vers trente-cinq ans, elle fut très fortement tentée. Pour combattre, elle usa des moyens traditionnels dont on parle dans la vie des Saints : la prière, le jeûne, les flagellations.

Elle eut une joie particulièrement manifeste lors de la venue de Mgr Imbert et des deux prêtres français qui l’accompagnaient (v. 21 septembre). Beaucoup de gens vinrent chez elle pour rencontrer le prélat et les prêtres.

Elisabeth fit le catéchisme aux catéchumènes, l’aumône aux pauvres. Mgr Imbert la remarqua avec admiration.

Quand il dut partir, Elisabeth, avec sa mère et son frère Paulus, s’employèrent à consoler les Catholiques attristés, continuant à aider les pauvres et surtout les prisonniers, avec des vêtements et de la nourriture. Ils se préparaient en famille pour l’heure du martyre.

Elisabeth fut arrêtée le 19 juillet 1839, avec sa mère et son frère.

On l’interrogea :

Où est ton mari ?

Je n’ai jamais été mariée.

Et pourquoi ?

Qui voudrait d’une pauvre femme comme moi ?

Ayant refusé, bien sûr, de renier sa foi, elle fut torturée durement : elle reçut, en sept fois, deux-cent trente coups de club : quatre bourreaux tenaient chacun un bâton (club) cylindrique d’une dizaine de centimètres de diamètre, et frappaient alternativement sur tout le corps de leur victime.

Entre les séances de torture, elle ne cessait jamais de prier, de méditer, de consoler les autres, de les encourager. Elle demanda que l’argent de l’Eglise fût versé à la prison pour acheter des vêtements et des vivres pour les prisonniers. Elle était prête à souffrir toutes les tortures possibles, par amour de Dieu et de la Sainte Vierge, et répétait qu’elle pouvait ainsi comprendre ce que Notre-Seigneur avait souffert.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Yi Yŏng-dŏk Magdalena

(Yi Yeong-deok Magdallena)

1812-1839

 

Magdalena était née en 1812, dans une famille noble, mais très pauvre. La grand-mère l’instruisit dans le Christianisme, qu’elle professa avec sa mère, Cho Barbara, et sa sœur, Yi Maria. Mais l’harmonie familiale n’était pas totale, car le père non seulement n’était pas baptisé, mais demeurait obstinément opposé à la religion, tout en supportant la dévotion de son épouse.

Il arriva donc qu’on voulut arranger un beau mariage pour Magdalena, quand elle eut vingt ans. Le prétendant n’était pas baptisé : Magdalena simula une maladie et refusa. Mais le père ne s’y trompa pas : il la maltraita. Magdalena alla jusqu’à écrire avec son sang une lettre à son père, qui refusa de se rendre.

Ce combat dura sept années. A vingt-sept ans, la pauvre Magdalena demanda à Mgr Imbert (v. 21 septembre) la «permission» de quitter le toit de sa famille, mais l’évêque jugea opportun de le lui déconseiller, pour d’autres motifs valables de prudence et de charité. Mais après plusieurs mois de cette vie de plus en plus intenable, la demoiselle s’échappa et rejoignit, avec sa mère et sa sœur, une autre famille catholique. Là, l’évêque se montra contrarié et réitéra son conseil précédent : mais comment revenir dans cette maison, où le père se déchaînait, non seulement contre sa fille, mais contre son épouse et finalement toujours contre l’Eglise et contre Dieu ? L’évêque voyait autrement, mais laissa les catéchistes décider de la situation : Magdalena eut la possibilité de demeurer à Seoul, et de vivre pieusement selon ses désirs, dans la prière et les bonnes œuvres, bien consciente que sa destinée pouvait bien être le martyre.

On l’arrêta en effet, ainsi que sa mère ; on les jeta en prison, on les tortura. Magdalena souffrit la faim, la soif, les pénibles conditions d’une prison malsaine : elle vit sa mère toute fiévreuse mourir sous ses yeux (ce n’est donc certainement pas la Martyre du même nom qui mourut le même jour que Magdalena).

Battue de façon répétée, elle ne céda pas dans sa profession de foi.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

Sa sœur Yi Maria fut martyrisée à son tour un mois plus tard, le 31 janvier 1840.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Juan Bautista Ferreres Boluda

1861-1936

 

Né le 27 novembre 1861, à L’Ollería (Valencia, Espagne), de parents chrétiens cultivateurs, Juan Bautista fut baptisé dès le lendemain.

Jusqu’à ses seize ans, il travailla avec ses parents dans leur ferme. Mais lors d’une sorte de «concours» local, un des membres du jury remarqua ses dons intellectuels peu communs et suggéra aux parents de le pousser vers les études. L’adolescent choisit alors de fréquenter le séminaire diocésain.

Dès 1877 donc, il fut au séminaire de Villanueva, où il prenait toujours les premières places.

Ordonné prêtre en 1887, il entra alors dans la Compagnie de Jésus et commença le noviciat en 1888 à Veruela (Saragosse).

L’étude de la philosophie et de la théologie lui était déjà familière, de sorte qu’il fit en même temps des études universitaires, et fut reçu à la licence de Philosophie et Lettres, avec mention.

De 1894 à 1899 il enseigna la théologie morale et le Droit canonique à Saragosse, Orihuela, Manresa, et Tortosa où il fit la profession solennelle, le 15 août 1900.

Il enseignera finalement à Sarriá pendant plus de trente ans.

Le souvenir qu’il laissa fut unanime : excellent religieux, très pieux, sérieux et moral, ennemi des critiques et des médisances, pauvre, fidèle à la prière et à l’examen particulier quotidien, travailleur patient. Il n’aimait pas les éloges et dit un jour : Bah ! la gloire humaine ne sert à rien, seulement la gloire de Dieu.

Ses élèves l’apprécièrent aussi pour la clarté de son enseignement, sa douceur, sa compétence, ses conseils qui suscitèrent des vocations. On le consultait aussi pour des questions graves concernant l’Ordre jésuite et l’Eglise universelle. 

Comme on l’a déjà dit, la Compagnie de Jésus fut dissoute par le gouvernement en 1932. Le père Ferreres aurait dû partir à l’étranger avec ses élèves, mais son diabète et son âge persuadèrent les Supérieurs de le laisser en Espagne, dans l’espoir de quelque éclaircie politique. La plupart des Religieux qui restèrent en Espagne, se vêtirent dès lors en paysans et cherchèrent comment vivre de leur travail.

Le père Ferreres s’en fut à Barcelone, où il s’occupa de la réimpression de ses ouvrages, tout en exerçant très discrètement le ministère sacerdotal quand on le lui demandait.

Lors de la persécution de 1936, après l’assassinat du supérieur local, il se réfugia chez une famille amie, qui fut plusieurs fois victime de fouilles et où le père Ferreres attendait tranquillement l’heure du martyre.

Arrêté le 9 août, il fut accusé d’avoir tiré les coups qui étaient partis d’une fenêtre voisine. Remis en liberté, il se réfugia alors dans une cave chez un ancien élève. 

Les Supérieurs jugèrent opportun de le faire accompagner dans son pays natal et lui procurèrent un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son frère José María à L’Ollería, avec tout son déménagement, qui consistait en un crucifix et un chapelet.

Les miliciens eurent immédiatement vent de son arrivée et le surveillèrent. Le 19 août, on l’emmena au Comité pour l’interroger. Le lendemain, on vint brûler chez son frère les diverses publications et livres que le père Ferreres lui avait offerts.

A la fin du mois, il fut convoqué par le Gouverneur Civil de Valencia, motif pour lequel une voiture vint le chercher, mais le Gouverneur ne le reçut jamais. On laissa le pauvre Père, qui avait soixante-quinze ans, dans la prison de San Miguel de los Reyes, où il resta pendant quatre mois.

Le père Ferreres subit là beaucoup de mauvais traitements et mourut le 29 décembre 1936.

Comme son saint Patron, il diminua pour laisser grandir le Christ (cf.Jn 3:30) et mourut quatre jours après Noël.

Le père Juan Bautista fut béatifié en 2001.

 

 

José Aparicio Sanz

1893-1936

 

José Aparicio naquit le 12 mars 1893 à Enguera et fut baptisé le jour suivant. 

Son père était Manuel Aparicio Sanz et sa mère Leonora Sanz Sanz. 

Dans cette famille profondément chrétienne, le petit garçon montra très tôt des signes très particuliers de profonde dévotion et de vocation sacerdotale. 

Après avoir fréquenté l’école des Sœurs Mercédaires d’Enguera, il prépara le baccalauréat aux Ecoles Pies de Valencia. Dans la même ville il entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques de Saint Joseph ; c'était une maison fondée fin XIXe, par un saint prêtre, Manuel Domingo y Sol (voir au 25 janvier).

Successivement il passa au Séminaire de Valencia, qui avait le rang d'Université Pontificale, où il fut un séminariste modèle, tant pour son travail que pour ses vertus. 

Ordonné prêtre en 1916, il fut vicaire à Benalí, où il s'employa à faire reconstruire l'église ; pour le récompenser, l'évêque lui proposa de demander ce qu'il voulait, à quoi il répondit : Monseigneur, vous ne m'avez pas ordonné pour demander, mais pour obéir. A sa mère et sa sœur qui lui suggéraient qu'il aurait pu demander quelque chose de plus, il rétorqua : Mais, maman, le mieux est d'accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers la personne de l'Evêque. Car ceux qui demandent ne sont jamais contents

Sa prédilection allait aux enfants, à l'enseignement du catéchisme et à l'Eucharistie.

Son deuxième poste, en 1917, fut comme coadjuteur à Santa María de Oliva : dans cette paroisse plus importante que la précédente, il put donner libre cours à toute sa sollicitude dans tous les domaines de la pastorale. Il travailla surtout à l'organisation de l'apostolat parmi les jeunes, à la formation de la chorale paroissiale, à la catéchisation des petits enfants et suscita la dévotion des Jeudis eucharistiques. Déjà on l'appelait "le petit Saint" (El Santet'), comme on le nomme encore aujourd'hui quand on parle de lui.

Il montrait une ardeur impressionnante à s'occuper de la catéchèse, à l'apostolat de l'enfance. Sa ferveur eucharistique édifiait : il passait des heures devant le Saint Sacrement et s'efforçait d'inculquer le respect et la dévotion envers l'Eucharistie. Il visitait beaucoup les malades, préoccupé du salut de leurs âmes et aussi de ce dont ils pouvaient avoir besoin matériellement. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, il ne ménagea pas sa peine pour soulager les malades, jour et nuit.

En 1920, il fut vicaire à Benifallim, où il développa la dévotion à l'Eucharistie et au Sacré-Cœur. En 1921, il passa à Luchente. De cette époque datent ses lettres de directeur spirituel et d'auteur mystique, avec ce qu'il appela : "La Sentinelle de mon Sanctuaire". Cette localité, déjà sanctifiée par le prodige du Corporal de Daroca, devint grâce à lui un centre d’où rayonnait l'Eucharistie et qui attirait les foules. Son travail acharné commença à porter des fruits en juillet 1925, quand affluèrent d'innombrables drapeaux de sections adoratrices ; il y eut ensuite les retraites, les exercices spirituels de 1927 et 1928, et surtout la première célébration anniversaire du Corporal, en la fête de saint Matthias de 1928 (qui se célébrait alors le 24 février).

Le 24 février 1929 commença en effet une retraite dans l'église du Corpus Christi, sur la "montagne sainte" de Luchente, début d'une série de rendez-vous annuels de l'Archidiocèse. L'église en question, jusque là abandonnée et isolée, échappa à la ruine totale grâce au zèle du jeune curé. Ses conférences et ses articles périodiques remuèrent la sensibilité de la société valencienne pour récupérer cet important monument eucharistique de l'archidiocèse de Valence et le ramener à son ancienne splendeur.

En 1930, à trente-sept ans, il fut nommé archiprêtre de son pays natal, Enguera. Rien n'échappait au zèle de ce jeune apôtre.

Il instruisait les enfants tous les jours ; au moment de leur Première Communion, il débordait d'enthousiasme ; les premiers vendredis du mois, il s'efforçait de faire participer les enfants, en leur donnant de petits missels et des images pieuses pour les stimuler ; il organisait aussi pour eux des séances de cinéma, des jeux, etc. 

De lui on conserve une grande quantité de notes personnelles, de lettres de direction spirituelle, d'écrits mystiques et ascétiques, de réflexions et d'intentions, qui constituent une réelle œuvre mystique et ont servi pour définir les traits et la silhouette morale de don José Aparicio.

Unanimes sont les témoignages de ceux qui l'ont connu enfant, séminariste, adulte et prêtre ; sans cesse reviennent les mots : esprit de mortification, modestie, affabilité, bonne éducation, humilité, prudence.

Sa dévotion à la Sainte Vierge le poussa, à vingt ans, à La choisir comme sa "fiancée", ce qui rappelle cet épisode charmant où le jeune saint Jean Eudes (1601-1680, v. 19 août), à quinze ans, passa un anneau au doigt d'une statue de Notre-Dame, en signe de "fiançailles" avec Elle.

Il y avait eu déjà quelques incidents minimes en 1934, mais en juillet 1936 l'on commença à fermer, détruire et incendier les églises et les chapelles publiques. L'église de José Aparicio Sanz fut saccagée et en partie mutilée par la destruction du chœur, convertie en marché, tandis que celle du couvent des Carmélites fut transformée en garage. On détruisit complètement les autels ; les saintes images et les statues furent jetées sur la place publique et incendiées. Le presbytère fut occupé, abandonné et tomba en ruine. La population fut prise de panique, mais aussi parfois de lâcheté, évitant d'intervenir pour défendre leurs prêtres. On continua quand même à célébrer en secret.

Don José passa cette ultime période de sa vie dans une grande sérénité, malgré la totale incertitude qu'il nourrissait pour le lendemain. Tranquillement, il s'occupait à cacher tous les objets du culte, en toute discrétion, mais sans jamais perdre la paix. Les derniers mois, il retirait chaque soir le Saint Sacrement de l'église et le conservait dans son presbytère pour Le protéger. A qui lui parlait de la mort, il répondait : Pour être des martyrs, il n'y a qu'à accepter la mort sans nous défendre, comme venant de la volonté de Dieu.

A partir du 18 juillet, on lui conseilla de se cacher, ce qu'il refusa. Il aurait pu fuir et se cacher, mais il voulut rester près de ses paroissiens, Chez lui, il portait toujours la soutane, affirmant vouloir être victime de (sa) soutane ; il s'habillait en paysan, par prudence, quand il allait chez des paroissiens. Un jour que les miliciens le perquisitionnaient, il leur présenta le Saint Sacrement qu'il portait et leur demanda de Le respecter : les miliciens ne l'approchèrent pas. On retrouva de lui cette note écrite en marge de la biographie du Père Pro (prêtre mexicain martyr du début du siècle, v. 23 novembre) : Serai-je martyr ? Pourquoi pas ? Serai-je saint ? Ah oui, vraiment je le désire.

Le 2 août, l'église paroissiale fut incendiée. 

Le 11 octobre José Aparicio fut aux arrêts dans une maison de sa famille et gardé par des miliciens. Au moment des adieux il retira sa soutane, donna son chapelet à sa sœur, consomma les Saintes Espèces et avec l'esprit très tranquille se livra aux mains de ceux qui étaient venus le chercher. Certainement, il aurait encore pu demander à fuir, mais il préféra le martyre. 

Les miliciens le conduisirent donc au Comité, avec d'autres prisonniers, d'abord à Chelle, puis jusqu'au séminaire de Valencia. Le 12, tous furent conduits au Gouvernement Civil, puis de là à la prison centrale. En chemin, don José donna enfin l'absolution à un codétenu, après l'avoir convaincu de pardonner à ceux qui les conduisaient à la mort. La sérénité qu'il affichait continuellement durant sa captivité, jusqu'à la mort, se manifeste parfaitement dans cette poésie qu'il rédigea durant cette période : 

 

       Toi qui nous as montré comment mourir,

        Toi qui as été un Maître d'humilité,

        Toi qui as souffert la mort la plus cruelle,

        Seigneur, donne-moi la sérénité.

 

        Sérénité pour souffrir avec calme

        la barbarie de mon martyre ; 

        et que mon âme puisse Te rejoindre

        parfumée de gloire comme un iris.

 

        Que m'importe la douleur et la solitude

        de mon agonie sanglante,

        si de telle manière je m'approche de ton trône,

        si je peux jouir, Seigneur, de ta compagnie ?

 

        Que chaque balle qu'ils feront pénétrer dans mon corps

        me rapproche toujours plus de toi, Seigneur ; 

        que mes blessures soient autant de bouches qui te rendent louange

        avec le feu mystique de mon amour pour toi.

 

        Que mes blessures soient comme des roses rouges,

        les roses de mon amour et de ma souffrance,

        que mes blessures soient comme des roses rouges…

        que mon corps… soit ton rosier, Seigneur.

 

        Merci, mon Dieu, car tu m'as donné

        la gloire, immense pour moi,

        que mon corps, couvert de la boue de mon péché,

        fleurisse pour Toi. (…)    

 

        Par amour pour toi, mon corps inculte s'est trouvé empli

        de ces fleurs parfumées et odorantes,

        car Toi seul sais, Seigneur, que depuis longtemps

        je souffrais de ne pas assez t'aimer. (…)

 

        J'entends une voix qui me dit : "Marche jusqu'à la fin de ta journée ; 

        marche jusqu'à la mort ; la mort, c'est la vie.

        ton âme sera rachetée

        par ma passion, par la passion de ton amour".

 

        Bien que ce soit juste pour cette fois-ci, pour la dernière fois,

        je Te dis que je Te rends grâces, mon grand Seigneur,

        car Tu me donnes la mort par amour pour moi,

        pour moi, pour ma Paroisse et pour Enguera.

 

Peu de jours après son incarcération, Don José Aparicio tomba malade. Il empira jusqu'au point de ne presque plus sortir de sa cellule. Parfaitement conscient de sa prochaine mort, il priait, convaincu qu'on allait lui enlever la vie pour avoir été prêtre. A quelqu'un qui lui rendit visite et lui parlait des démarches entreprises pour sa libération, il répondit avec des signes négatifs et montra plutôt sa conviction qu'il allait mourir, toujours avec la même sérénité et la même tranquillité. 

Il exhortait ses compagnons de prison à pardonner leurs ennemis. Comme ils ne voulaient pas pardonner, pensant à leurs enfants qui allaient devenir orphelins, il leur fit voir que cette attitude leur faisait perdre la palme du martyre qu'ils tenaient déjà à portée de main, et qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir l'absolution sacramentelle. Ses paroles finirent par les convaincre tous, et c'est en pardonnant du fond du cœur qu'ils lui demandèrent alors l'absolution : il la leur accorda alors avec grande joie.

Quatre jours avant son exécution, il ne s'alimenta plus que de jus d'orange. Quand on lui annonça qu'il allait sortir de prison, à quatre heures de l'après-midi, ceux qui étaient avec lui pensaient qu'on allait les libérer, parce qu'à cette heure-là on ne conduisait pas les détenus au peloton ; lui, au contraire, demanda l'absolution à un père franciscain qui était avec eux, et avec une certaine insistance, car il était convaincu qu'on allait l'exécuter. Sur le chemin, il réconfortait ses compagnons en leur parlant du Ciel. 

Parvenu à l'endroit de l'exécution, à Paterna, il demanda à savoir qui devait l'exécuter. Quand il le sut, il l'embrassa, lui disant qu'il lui pardonnait, exhortant ses compagnons à lui pardonner aussi. Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

On apprit ces détails par le chauffeur qui les conduisit au lieu de l'exécution et qui assista à l'opération ; c'était le 29 décembre 1936 : José Aparicio avait quarante-trois ans.

Don José Aparicio Sanz fut béatifié en 2001.

Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

Aproniano vit le jour le 2 février 1898 à Grajal de Campos (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1914 avec le nom de Miguel.

Il fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1922.

Envoyé à Rome, il fut reçu au doctorat en philosophie.

En 1936 il était Gardien à Montehano, d’où les miliciens expulsèrent les Religieux le 7 août.

En bon père de famille, il se préoccupa de tous les frères, puis chercha refuge dans un village voisin.

Le 29 décembre au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec ses hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña, en même temps que Jacinto Gutiérrez Terciado.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Santoña-Escalante (Cantabria) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Juan Requena

1907-1936

 

Enrique naquit le 2 mars 1907 à Ayelo de Malferit (Valencia, Espagne), de José Ramón Juan Cerdá, et de Ignacia Requena Ortiz ; des quatorze enfants, deux donnèrent le témoignage de leur foi durant la persécution religieuse de 1936.

Enrique fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1913.

A sept ans, il vit chez lui un prêtre de la parenté qui venait dire au-revoir à la famille avant de partir pour le Brésil ; ses paroles convainquirent tellement le petit garçon qu'il désira ardemment recevoir l'Eucharistie, ce qui arriva effectivement cette année-là.

Dans cette famille très chrétienne, Enrique entendit bientôt l'appel au sacerdoce. Ses jeux étaient les cérémonies liturgiques, où il officiait tandis que ses frères et ses cousins lui tenaient lieu d’assistance.

Un fait surprenant se produisit quand il eut onze ans. Le feu prit dans un four qui appartenait à sa mère, et en quelques instants les flammes gagnèrent le toit, malgré tous les efforts des hommes avec leurs seaux d’eau. Enrique retira de son cou le scapulaire qu’il portait, l’attacha à une pierre, qu’il envoya sur le toit de la maison en feu et en peu de temps l’incendie cessa. Un ouvrier qui travaillait à l’élimination des décombres retrouva le scapulaire rougi par les flammes, mais intact. Cette relique est toujours conservée.

Enrique entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques, puis au Séminaire de Valencia, où il fut un modèle de séminariste. Modeste, il écrivait des lettres remplies de sa piété ; sa mère et ses sœurs religieuses avaient les larmes aux yeux de les lire.

Ordonné prêtre fin 1930, il célébra sa première Messe le jour de Noël et, début 1931, fut nommé vicaire à la paroisse de Enguera (Valencia), où était curé José Aparicio Sanz, avec lequel il allait être martyrisé quelques années plus tard. 

Les deux prêtres rivalisaient de zèle et d’ardeur apostolique. Enrique se distingua par son obéissance, son travail intense, sa piété et sa prudence dans la direction des âmes ; il était particulièrement dévot de l’Eucharistie et on le trouvait toujours devant le Tabernacle. Toute la vie paroissiale suscitait son apostolat, mais c’est surtout comme organiste qu’il excella (car ses parents et ses frères étaient d’excellents musiciens d’église), formant toute une génération de collaborateurs pour le chant sacré. Telles furent donc les marches de cet escalier majestueux qui le conduisit en quelques années à la gloire du martyre.

Depuis toujours il désira le martyre, et en parla très souvent à sa mère. Quand il la quitta pour aller prendre possession de son poste de vicaire, celle-ci, pressentant les temps difficiles qui s’annonçaient déjà, lui dit : Mon fils, comme j’aimerais rester près de toi, pour que, s’ils viennent te faire mourir, ils me fassent mourir avec toi. A quoi il répondit : Mais, maman, tu crois qu’on obtient comme cela la grâce du martyre ! Prie pour que je puisse l’obtenir ! Quelle grande grâce de mourir pour le Christ ! 

Un jour qu’il prêtait un livre concernant les martyrs du Mexique, il ajouta : Faites bien attention à ces martyrs ; pour celui qui pourrait être comme l’un d’eux, quelle joie, quelle grâce !

Il entrevoyait bien ce qui allait se passer. Il disait que Dieu recevait beaucoup d’offenses et qu’il purifierait le pays par une persécution religieuse ; il répétait souvent qu’il fallait demander constamment à Dieu la grâce de mourir pour le Christ ; il l’écrivait souvent dans ses lettres à la famille : Quelle grande grâce ce serait pour moi d’être choisi pour être martyr !

Quand la révolution se déchaîna en été 1936, il resta serein, tranquille et courageux. Pendant quelques jours il continua à célébrer la messe dans la chapelle des religieuses ; puis ce ne fut presque plus possible d’y monter, alors il célébra chez lui, très tôt, pour qu’on ne puisse pas l’interrompre. Il ne voulait pas s’habiller en paysan, pour passer inaperçu, quoiqu’il fût dangereux de se montrer en soutane. Un jour que son curé, José Aparicio Sanz, l’avait appelé et qu’il se rendait à son appel, deux miliciens le forcèrent à retourner à la maison ; sur l’appel réitéré du curé, il voulut quand même s’y rendre, bien qu’on le priât avec insistance de ne pas sortir à cause du danger : Il faut obéir, disait-il, à la demande de Monsieur l’Archiprêtre, qui doit se trouver en quelque nécessité. Mais on l’arrêta et on l’empêcha d’entrer là où se trouvait son curé. Il alla alors récupérer les archives pour les mettre en sûreté à la maison. Vu le danger, on les cacha dans un puits, jusqu’à la libération.

Il fut arrêté le même jour que don José Aparicio Sanz, le dimanche 11 octobre 1936. Des petites lettres qu’il envoyait depuis la prison, on pouvait bien comprendre qu’il s’attendait au martyre avec une sainte joie. Il parlait d’entreprendre un voyage, qu’il avait hâte de réaliser, et qui allait lui permettre de revoir Marina et Ramón {ses frère et sœur déjà décédés, ndt}, qui allaient le recevoir avec allégresse.

Très proche l’un de l’autre dans toutes leurs activités pastorales, le curé et son vicaire furent unis en prison et jusqu’au martyre. Ensemble ils furent fusillés à Picadero de Paterna (Valencia), le 29 décembre 1936. Un témoin raconta que Enrique avait les genoux blessés et qu’il devait donc être mort à genoux.

En mourant Enrique pardonna à ses bourreaux et cria encore “Vive le Christ Roi”.

Enrique, avec son curé José, sont inscrits au 29 décembre dans le Martyrologe. Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadilla (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Sa dévotion préférée était sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (voir au 30 septembre). Quand on lui demanda ce qu’il aimerait recevoir, il répondit : La grâce du martyre.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois, avec le père Miguel (Aproniano).

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec le père Miguel vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec leurs hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña-Escalante, en même temps que le père Miguel. Les gens de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

Le Frère Diego fut béatifié en 2013.

 

 

José Perpiña Nácher

1911-1936

 

Né le 22 février 1911 à Sueca (Valencia, Espagne), il fut baptisé le 25 suivant et reçut la Première communion en 1919.

Télégraphiste, il travailla à bord du Buenos Aires.

Diplômé en droit, il devint secrétaire du Syndicat de Police Rurale.

Avocat, il défendit beaucoup les pauvres, souvent sans se faire payer.

Chrétien convaincu, il participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement et à l’Action Catholique. En paroisse, il était catéchiste.

En 1935, il épousa Francisca Bosch Pieva, un mariage que la guerre civile allait vite tronquer.

José fut arrêté le 3 septembre 1936, pour son seul délit d’être un bon chrétien.

Il fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2001.

Il est affirmé que son corps demeure sans corruption.

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 00:00

 

28 DÉCEMBRE

 

I.

SS Innocents (cf. Mt 2:12-18).

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SS Euticus, prêtre, et Domitien, diacre, en Thrace. 

III.

S Theonas, évêque à Alexandrie, 16e patriarche depuis s. Marc ; il fit bâtir une église en l'honneur de Notre Dame à Alexandrie, où les chrétiens célébraient jusque là dans les demeures privées ; il baptisa Botros, qui lui succéda comme patriarche (et mourut martyr), et il condamna la doctrine de Sabellius.

IV.

SS Domna, jeune fille, et Indès, eunuque, martyrs à Nicomédie.

S Domnion, saint homme romain, correspondant de s. Jérôme.

VI.

S Antonius, hongrois, moine à Lérins.

XIV.

Bse Mattia Nazzarei, abbesse clarisse à Ancône ; ou bénédictine (XIII.?).

XVII.

S François de Sales, évêque à Genève, Docteur de l'Eglise, fondateur de la Visitation, patron des villes de Annecy et Chambéry, des salésiens, des journalistes, fêté le 24 janvier.

XIX.

S Gaspare del Bufalo, prêtre romain fondateur des Missionnaires du Précieux-Sang ; il refusa le serment de fidélité à Napoléon.

Ste Caterina Volpicelli, de Naples, fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur, béatifiée en 2001, canonisée en 2009.

XX.

B Hyhorji Khomyshyn (1867-1947), évêque gréco-catholique à Stanislavov, deux fois arrêté par les services secrets soviétiques, déporté à Kiev et mort en prison, martyr béatifié en 2001.

Saints Innocents
1er siècle

Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ, vinrent à Jérusalem des Mages d’Orient, pour adorer ce nouveau Roi. Le roi Hérode en fut tellement bouleversé qu’il envoya tuer dans tout le territoire de Bethléem, tous les nouveau-nés de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2).
L’évangile ne dit pas que cet épisode ait eu lieu au lendemain de la naissance de Jésus. Il se pourrait bien que ces Mages soient arrivés beaucoup plus tard. D’ailleurs, l’évangile de Matthieu ne parle pas de grotte ni de crèche, comme le fait Luc lors de la visite des bergers, mais de maison (domum), montrant clairement par là qu’après ce toit de fortune où Marie avait enfanté, la sainte Famille avait enfin trouvé quelque part un gîte où s’abriter pendant quelque temps : le recensement pour lequel ils étaient venus, était désormais accompli, et les maisons s’étaient vidées des voyageurs.
Il n’est donc pas invraisemblable que se soient passés quelques mois entre la naissance de Jésus et la visite des Mages. C’est pourquoi Hérode, pour être sûr de se débarrasser de son «rival», fait rechercher et éliminer tous les enfants de moins de deux ans.
L’évangile nous explique que saint Joseph fut averti par un ange de vite s’enfuir avec Marie et l’Enfant, avant même la décision d’Hérode ; la sainte Famille était donc en Egypte au moment du massacre.
Combien y eut-il de victimes ? Et comment Hérode réussit-il à les retrouver ? On peut supposer en effet qu’à peine les soldats auraient commencé leur pénible besogne, le bruit se serait répandu et que tous les parents concernés auraient dissimulé leur petit bébé. Hérode recourut sans doute à un stratagème, imaginant par exemple une sorte de fête où l’on aurait récompensé les mamans pour leur maternité. Rien de plus facile pour les avoir toutes en un même lieu et au même moment.
Les commentateurs les plus stricts avancent un nombre de vingt à trente bébés ; saint Jérôme, qui s’était justement retiré à Bethléem, parle de plusieurs milliers (multa parvulorum millia), d’autres montèrent jusqu’à soixante-quatre mille, et même cent-quarante-quatre mille, paraphrasant le nombre des élus de l’Apocalypse (Ap 7:4). Pour approcher un nombre assez probable, il faudrait disposer du recensement de César Auguste (cf. Lc 2:1), de la population de Bethléem en cette période, d’où l’on pourrait déduire le nombre possible de mamans, parmi lesquelles certaines pouvaient bien avoir deux enfants déjà. La bienheureuse Anna Katharina Emmerick qui, rappelons-le, n’a pas l’autorité de l’évangile, parle d’environ sept-cents ; elle «précise» que cet épisode s’est passé quand l’Enfant-Jésus avait déjà dix-huit mois.
La fête des Saints Innocents, très tôt mentionnée en Occident au 28 décembre, avait lieu le 29 décembre à Constantinople, le 8 janvier (deux jours après l’Epiphanie) chez les mozarabes. Longtemps on a appelé ces petits Martyrs les infantes, ceux qui ne parlent pas (encore), mais dont la mort est d’autant plus éloquente. Saint Jérôme parle de pueri ou parvuli, pensant avec raison qu’à deux ans ces petits êtres pouvaient déjà articuler quelques mots et n’étaient plus des «infantes» ; saint Ambroise les appelle bimuli, nourrissons de deux ans.
La liturgie romaine, curieusement, avait accordé à cette fête le rite des jours de Carême, en violet, sans le chant du Gloria ni de l’Alleluia ; mais si la fête tombait un dimanche, la couleur devenait rouge et l’on chantait Gloria et Alleluia. La liturgie mozarabe au contraire tient à préciser que cette solennité ne doit pas être triste. Actuellement, la fête des Saints Innocents, le 28 décembre, est en rouge, et honorée du Gloria comme toutes les fêtes de l’année.
La Prière du jour de la fête dit que ces Martyrs ont témoigné non pas en parlant, mais en mourant (non loquendo sed moriendo). Un esprit rationaliste pourrait bien ici objecter qu’à proprement parler ces Martyrs n’ont pas proclamé volontairement le Christ, ni même consciemment, mais on lui répondra aisément qu’ils ont été réellement massacrés en haine contre le Christ et qu’ils ont vraiment versé leur sang comme des brebis d’abattoir (Ps 43 : 23), préfigurant le Sacrifice du Christ.
En certains monastères, on sert en ce jour aux novices de la bouillie, au dessert de midi. En  certains lieux s’était développée la coutume de «mettre à l’honneur» (?) les enfants, en mettant l’un d’eux sur le siège même de l’évêque dans la cathédrale, avec crosse et mitre, pour présider au chant des Vêpres du jour, jusqu’au verset du Magnificat Deposuit potentes de sede (il renversa les puissants de leur siège), moment où l’on retirait à l’enfant-évêque tous les insignes épiscopaux et le renvoyait à sa place. On peut douter que ce genre de comédie honorait vraiment l’enfance, si elle ne provoquait pas déjà de multiples jalousies entre les autres enfants et leurs familles ; mais elle pouvait bien faire réfléchir les adultes en illustrant devant eux le sort qui peut attendre toute personne investie de quelque pouvoir ou autorité.
Récemment s’est instaurée en revanche une pieuse coutume, consistant à prier à midi pendant quelques instants, le 28 décembre, en mémoire de tous les petits êtres victimes de cette brutale aggression qu’on pratique par l’avortement. Un génocide silencieux sur lequel beaucoup d’autorités ferment les yeux, et dont elles devront un jour répondre.


Theonas d’Alexandrie
† 300

En 282, Theonas fut investi de la charge épiscopale d’Alexandrie (Egypte), pour succéder à Maximos. Il était le seizième successeur de saint Marc (v. 25 avril).
Voici l’éloge qu’un synaxaire fait de lui :
Ce saint était instruit et religieux, plein de  bonté et de prévenance pour les gens. 
La première année de son patriarcat, il baptisa saint Botros (Pierre), qui fut patriarche après lui. La seizième année de son âge, il le consacra comme prêtre. Ajoutons ici que ce Botros était né à la suite d’une bénédiction que Theonas avait donnée à la maman, jusque-là stérile. 
A cette époque apparut en Alexandrie Sabellius l’Infidèle, qui prétendait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient une seule hypostase. Ce père l’excommunia et confondit sa doctrine. Une fois prêtre, Botros avait imposé le silence à Sabellius, et ce dernier en était tombé raide mort.
Dans sa bonté, (Theonas) bâtit une église en Alexandrie sous l’invocation de Notre-Dame, car les fidièles, jusqu’au temps de Théonas, priaient et célébraient les saints Mystères dans les maisons et les cavernes, en cachette des infidèles. Ce père ne cessa d’être bon pour eux, en convertit beaucoup et les baptisa.

C’est durant cet épiscopat que le prêtre Achillas devint célèbre en Alexandrie, et fut chargé de l’enseignement de la sainte foi ; il fit une œuvre philosophique très rare et à aucune autre inférieure ; sa conduite était digne de la discipline évangélique.
Theonas désigna Botros pour lui succéder et mourut en 300.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theonas d’Alexandrie au 28 décembre.


Antonius de Hongrie
† 520

Antonius venait de Pannonie (act. Hongrie), comme s.Martin de Tours (v. 11 nov.).
Son père s’appelait Secundinus, et son oncle Constantius ; ce dernier fut évêque de Lorch.
A huit ans, Antonius fut orphelin de père et recueilli par l’évêque s.Severinus (v. 8 janvier) ; puis il fut à l’école de son oncle Constantius.
Devant l’invasion des barbares, Antonius vint se réfugier près du lac de Côme, auprès d’un prêtre nommé Marius, qui avait regroupé quelques moines. C’est là qu’il se rendit célèbre, malgré lui, en démasquant un intrus malfaiteur qui avait réussi à se faire admettre parmi les moines.
Antonius se retira plus loin encore, là où ses seuls voisins étaient des ours. L’un d’eux lui ayant saccagé son jardin, Antonius le rossa sévèrement.
Des disciples voulaient se mettre sous la conduite d’Antonius, mais il ne le voulait pas. Il se retira à l’abbaye de Lérins. Il était gentil avec les jeunes, grave avec les anciens, docte avec les savants, à la portée des simples.
Au bout de deux années de cette humble vie, il s’endormit dans le Seigneur, vers 520.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Antonius de Hongrie au 28 décembre.

Mattia Nazzarei

1253-1320

 

Mattia serait née vers 1253 à Matelica (Marches, Italie CE), fille unique du comte Gualtiero et de Sibilia Nazzarei (ou Nazzareni).

A dix-huit ans, renonçant à toutes les propositions d’héritage et de mariage, elle alla se présenter à l’abbesse des Clarisses, qui lui suggéra d’attendre un peu, que son père acceptât ce changement d’orientation.

Mattia pénétra dans l’église des Clarisses, se tailla les cheveux et s’enfila une vieille bure pour se consacrer totalement à Dieu. Son père, qui venait la chercher et la vit dans cet état, n’osa plus la contrarier. Difficile, devant une telle résolution, de refuser à la jeune fille d’entrer dans le monastère.

En 1271, par-devant notaire, elle renonça à tout son héritage familial, le partageant entre le monastère et les pauvres.

En 1279, elle y fut élue abbesse, et le resta quarante ans.

Elle était si sensible aux événements douloureux des autres, qu’on l’appela mère de la charité.

Mattia mourut en 1320, le 28 décembre, comme elle l’avait anoncé,. A sa mort, tout le couvent fut envahi d’un céleste parfum et enveloppé d’une grande lumière. Tous les habitants de l’endroit purent le constater.

Depuis 1758, un liquide mystérieux et parfumé s’est dégagé de son corps à chaque fois qu’on procéda à une reconnaissance de ses reliques.

On aurait rouvert le procès de canonisation en 1893.

Le Martyrologe la mentionne au 28 décembre.

 

 

François de Sales

1567-1622

 

François était l’ainé des six enfants de François de Novel, marquis de Sales et Boisy, et de Françoise de Sionnaz, qui avait apporté à la famille la seigneurie de Boisy.

L’enfant naquit le 21 août 1567 au château de Sales (Thorens, Savoie) et reçut le baptême dès le lendemain, avec le nom de Francesco d’Assise.

Il reçut sa première formation de sa propre mère ; quand il avait appris sa leçon d’Histoire Sainte, il allait la raconter aux enfants du village ; puis il étudia au collège ducal du Plain-Château (La Roche-sur-Foron), et au Collège Chappuisien d’Annecy, où il apprit le français.

En 1577, il reçut la Première communion et la Confirmation. L’évêque qui la lui conféra, Mgr Justiniani, prédit alors que l’enfant serait une grande lumière dans l’Eglise de Dieu et la merveille de son temps. 

C’est que François étudiait avec beaucoup de profit. Vers 1580, on l’envoya au Collège parisien de Clermont, chez les Jésuites, où il étudia avec fruit toutes sortes de matières : rhétorique, latin, grec, hébreu, mathématiques, histoire, musique, philosophie, et, à sa demande, la théologie.

C’est ainsi qu’il approfondit saint Augustin et les Pères de l’Eglise, saint Thomas d’Aquin. Durant ces études, à dix-sept ans, il traversa une douloureuse crise de six semaines, se croyant lui-même damné ; le jour où il se sentit délivré de l’épreuve, après avoir prié le Souvenez-vous, il fit le vœu de chasteté.

Après ces études, il rentra chez lui. Son père, qui ne croyait pas encore à sa vocation, l’envoya faire son droit à Padoue ; il prit ses grades en droit canonique et civil en 1591. A cette époque, il se donnait à l’étude du droit quatre heures par jour, et à celle de la théologie, quatre autres heures.

De cette époque date cette maxime qu’il écrivit : La foi doit être la règle de la croyance, mais que l’humilité soit la conclusion de tout.

En 1592, François fit un voyage par Rome et les principales villes d’Italie ; à son retour, son père lui imposa le titre de Seigneur de Villaroget. François fut présenté à l’évêque de Genève, Mgr Granier, qui prophétisa ensuite : Ce jeune homme deviendra un grand personnage, une colonne de l’Eglise ; ce sera mon successeur dans cet évêché.

Cette même année, François, encore une fois pour faire plaisir à son père, fut reçu avocat au Sénat de Savoie. Il parla alors à sa mère de sa vocation intime, espérant qu’elle interviendrait auprès de son père. Mais ce dernier pensait au contraire présenter à François une demoiselle de haut rang. C’est alors que les chanoines de Genève demandèrent la nomination de François comme prévôt (doyen) du Chapitre de la cathédrale. Cette fois-ci, le père de François se rendit, et François porta la soutane.

Installé à Annecy, il fonda une confrérie de la Sainte-Croix, dont fit partie son père. François reçut ensuite les ordres sacrés et fut ordonné prêtre en 1593.

Dès lors, François se confessa chaque jour avant de célébrer la Messe. Lui qui était de nature si vif et même colère, il parvint à dominer complètement son humeur. 

Son apostolat à Annecy fut très fécond. François fut aussi nommé grand pénitencier. En 1594, François fut choisi pour mener une grande mission dans la Chablais, afin de ramener à la foi les nombreuses victimes du protestantisme. La première année fut très difficile et ingrate. Mais entre 1595 et 1598, la douceur patiente de François conquit tout le pays. L’évêque le choisit pour en faire son coadjuteur.

En 1598, François survécut à une mystérieuse maladie qui avait semblé le porter à la mort. Remis, il alla trouver le pape, qui le surnomma apôtre du Chablais, le nomma immédiatement coadjuteur.

Avant le sacre, qui devait avoir lieu en 1603, François administra à son père les derniers sacrements (1601) ; il en apprit la mort au moment où il montait en chaire pour prêcher. François rencontra le roi Henri IV, qui voulait le garder en France, et François lui répondit très poliment : Sire, je suis marié, j’ai épousé une pauvre femme (il entendait l’Eglise de Genève), je ne puis la quitter pour une plus riche. Henri IV disait de lui : Il a toutes les qualités et aucun défaut.

Lors de son sacre, le 8 décembre 1603, François eut une extase et vit la Sainte Trinité, il fit le vœu de se dédier sans réserve au salut des âmes.

Mgr de Sales aida personnellement Madame Acarie à établir la réforme carmélite en France. Mais surtout, il conquit Madame de Chantal, avec laquelle il fonda l’ordre de la Visitation.

En 1610, mourut sa sainte mère. 

Inlassablement il répondit à toutes les invitations de prédication qui lui vinrent de partout : Dijon, Autun, Dole, Besançon, Belley, Paris, Grenoble, Turin, Avignon, Lyon.

C’est à Lyon qu’il s’éteignit à ce monde, le 28 décembre 1622. La nouvelle en parvint mystérieusement tout de suite à son frère Louis, à son neveu, à Madame de Chantal.

Les funérailles solennelles eurent lieu à Annecy, le 29 janvier suivant ; c’est ce jour qui a été choisi pour la fête liturgique de saint François de Sales.

On ne pourra que rappeler l’excellence de la doctrine, mais aussi de la langue et du style de ses écrits, en particulier son Introduction à la vie dévote et le Traité de l’Amour de Dieu.

François de Sales fut béatifié en 1662, canonisé en 1665 et proclamé Docteur de l’Eglise en 1877.

Il est le céleste Patron d’Annecy et de Chambéry, de l’ordre de la Visitation, des Salésiens de saint Giovanni Bosco, mais aussi des journalistes et écrivains, auxquels nous souhaitons de montrer toute la douceur du saint Evêque.

 

 

Gaspare del Bufalo

1786-1837

 

Gaspare naquit à Rome le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1786, ce qui fit qu’il reçut le nom traditionnel d’un des trois Rois Mages (soulignons gentiment ici que Gaspard n’est certainement pas un nom oriental ; les Mages se seraient en fait appelés Theokeno, Mensor et Saïr)

Le père de Gaspare, Antonio, était cuisinier au palais Altieri. Sa mère, Annunziata Quartieroni, lui transmit sa dévotion pour saint François Xavier (voir au 3 décembre).

La famille descendait de la noblesse, mais s’était réduite à une condition très modeste.

Le jeune garçon fréquenta le Collegio Romano, reçut la soutane en 1798 et fut ordonné prêtre en 1808 et fonda très vite un patronage à Santa Maria in Pincis et un autre à l’actuel Foro Romano.

Quand, en 1809, on lui demanda de prêter serment à l’empereur Napoléon, qui déporta de façon si autoritaire et abusive le pape Pie VII, il répondit laconiquement : Non debbo, non posso, non voglio (je ne dois, je ne puis, je ne veux pas), reprenant le mot fameux Non possumus des apôtres Pierre et Jean, cf. Ac 4:20 ). Il fut exilé, et même emprisonné, dans le nord de l’Italie, jusqu’au retour du pape en 1814. 

Il se consacra alors à l’évangélisation des petites gens dans tout le centre de l’Italie. Sur l’invitation du pape, il alla là où aucun prêtre ne serait allé, devenant très connu pour son éloquence, sa foi, son amour des pauvres, et même sa compassion pour les brigands : il leur communiquait sa foi en la miséricorde de Dieu par le Sang rédempteur de Jésus-Christ qui était mort pour tous. Un contemporain romain, saint Vincenzo Maria Strambi (voir au 1er janvier) disait de ses homélies qu’elles étaient comme un tremblement de terre spirituel.

Il fonda ainsi les Missionnaires du Précieux Sang, et fut aussi l’inspirateur de la fondation, par Maria De Mattias (voir au 20 août), des Sœurs Adoratrices du Sang du Christ.

Malgré la maladie, le père del Bufalo revint à Rome en 1837 pour une ultime mission. Il fut assisté aux derniers moments par un autre saint prêtre romain, Vincenzo Pallotti (voir au 22 janvier) et mourut le 28 décembre 1837.

Il fut béatifié en 1904 et canonisé en 1954.

On en a fait le patron des marchands de soie, mais sans expliquer pourquoi. On l’a appelé Ange de la Paix, Tremblement de terre spirituel, Victime de la Charité.

Actuellement, les Missionnaires du Précieux Sang sont aussi présents en Inde et en Tanzanie.

 

 

Caterina Volpicelli

1839-1894

 

Caterina naquit le 21 janvier 1839 à Naples, de Pietro et Teresa de Micheroux, qui appartenaient à la haute bourgeoisie napolitaine.

Après la première éducation domestique, selon les règles traditionnelles, elle fréquenta le Collège Royal.

La vie se passa dans l’aisance et Caterina cultiva le théâtre, la musique, la littérature. Après une forte crise, elle se sentit appelée à la vie religieuse.

Vers quinze ans, elle conçut une spéciale dévotion envers le Sacré-Cœur et entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1859, elle tenta la voie contemplative dans la Congrégation des Adoratrices Perpétuelles du Saint-Sacrement, mais dut renoncer à cause de sa santé. Elle continua cependant à consacrer des heures de prière devant le Saint-Sacrement et s’orienta vers un style de vie consacrée tout en travaillant dans le monde. 

Elle travailla d’abord avec d’autres compagnes à la diffusion de l’Apostolat de la Prière : elle en deviendra la première zélatrice à Naples ; puis elle eut l’opportunité de connaître un Institut français, les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus, appelé aussi le Tiers-Ordre du Sacré-Cœur, auquel elle pensa s’associer.

Mais l’archevêque de Naples jugea bon de ne pas mélanger les aspirations de Caterina à celles de cet Institut. En 1874, la fondation de Caterina prit le nom de Ancelles du Sacré-Cœur et reçut l’approbation de l’archevêque. En 1884, le nouvel archevêque consacre le sanctuaire du Sacré-Cœur à Naples.

En 1891, lors du premier Congrès Eucharistique national, c’est à cet Institut naissant que l’on confie l’organisation des tours d’adoration à la cathédrale, des messes, des confessions et des communions.

L’idéal de Caterina était de raviver l’amour de Jésus-Christ dans les cœurs, dans les familles et dans la société. L’institut devait comporter trois branches : une religieuse, et deux laïques, avec l’étude de la théologie.

L’approbation romaine fut autrement difficile : on ne voyait pas comment consilier une vie active dans le monde avec des vœux solennels qu’on n’émettait d’habitude que dans les cloîtres. Le même problème se posa lors de la fondation des Visitandines, deux siècles plus tôt. Tout de même, en 1890, fut approuvé l’Institut des Ancelles du Sacré-Cœur de Jésus.

L’attente, le combat, avaient épuisé Caterina : elle mourut le 28 décembre 1894. Curieusement, le fondateur des Visitandines, saint François de Sales, était mort aussi ce jour-là, deux siècles plus tôt.

Caterina fut béatifiée en 2001 et canonisée en 2009. Les miracles et la canonisation se réalisèrent plus rapidement que l’approbation !

Le miracle retenu fut, en 2002, la guérison inexplicable d’une dame italienne octogénaire, atteinte depuis plus de vingt ans d’un diabète mellitus de type 2, qui avait abouti à un ulcère nécrotique ; l’infection lui causait d’horribles douleurs et l’on prévoyait l’amputation du membre. Après avoir invoqué la bienheureuse Caterina, cette dame se réveilla un matin complètement guérie : les médecins ne purent que constater la parfaite inutilité de l’amputation prévue.

 

 

Hryhorji Khomyshyn

1867-1945

 

Hryhorji (Grégoire) naquit le 25 mars 1867, jour de l’Annonciation, à Hadynkivtsi (Ternopil) en Ukraine.

Très jeune il pensa au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1893.

Recteur du séminaire en 1902, il fut bientôt nommé évêque de Stanislaviv (aujourd’hui Ivano-Frankivsk).

Les communistes l’arrêtèrent une première fois en 1939, puis de nouveau en 1945. Ils espéraient l’amener à s’unir à l’unique Eglise reconnue, l’orthodoxe, liée au régime.

Il mourut dans la prison de Kiev, des suites des tortures subies durant les pénibles interrogatoires, le 28 décembre 1945 (telle ou telle source mentionne en revanche le 17 janvier 1947).

Ce saint évêque fut béatifié en 2001 parmi vingt-cinq martyrs ukrainiens ; il est mentionné actuellement au 28 décembre dans le Martyrologe.

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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 00:00

 

27 DÉCEMBRE

 

II.

S Jean, "le disciple que Jésus aimait", apôtre et évangéliste, évêque à Ephèse, auteur du quatrième évangile et de trois épîtres ainsi que de l’Apocalypse.

IV.

Ste Fabiola, veuve romaine ; elle avait renvoyé son premier mari qui était adultère, et s'était remariée "pour ne pas brûler", dit s. Jérôme en l'excusant ; pénitente, elle fonda le premier hôpital de Rome.

?

S Alain, évêque à Quimper.

V.

Ste Nicaréti, vierge à Constantinople, où elle soutint s. Jean Chrysostome.

IX.

SS Theodoros et Theophanis, deux frères moines à Jérusalem, appelés graptoi (“marqués”), parce qu'à Constantinople on leur marqua au fer rouge des ïambes sur le visage ; Theophanis, auteur de nombreux poèmes liturgiques, serait ensuite devenu évêque à Nicée.

XII.

B Walto, abbé à Wessobrunn, connu pour sa bonté.

XIV.

B Bonaventura Tolomei, dominicain à Sienne, après une adolescence agitée.

XVI.

S John Stone, prêtre augustin anglais, martyr à Canterbury (le 23 au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

   Alejo Pan López (Ambrosio, *1888), prêtre capucin, à Santander, béatifié en 2013 ;

   Alfredo Parte Saiz (A. de la Vierge, *1899), prêtre piariste, à Santander, béatifié en 1995 ;

   José María Corbin Ferrer (*1914), laïc mort en prison à Santander, béatifié en 2001.

Bse Sara Salkaházi (1899-1944), religieuse hongroise de l'Assistance, très active en faveur des ouvrières, fusillée par des soldats communistes, béatifiée en 2006.

B Odoardo Focherini (1907-1944), journaliste italien, père de sept enfants, fervent ennemi du fascisme et du nazisme, arrêté par les SS, mort en camp de concentration à Hersbruck ; béatifié en 2013.

B Francesco Spoto (1924-1964), prêtre italien des Missionnaires Serviteurs des Pauvres, martyr en République Démocratique du Congo, béatifié en 2007.

Bx Alain Dieulangard, Jean Chevillard, Charles Deckers, Christian Chessel (*1919, 1924, 1924, 1958), prêtres des Pères Blancs, martyrisés à Tizi Ouzou en 1994, béatifiés en 2018.

Jean, Apôtre

1er siècle

 

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».

De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.

On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.

D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée.

Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».

C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.

Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).

C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.

C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.

Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.

Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.

Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :

Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).

Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.

Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.

Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.

C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.

L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.

 

 

Fabiola de Rome

† 399

 

La gens Fabia était une des plus illustres de Rome.

Fabiola eut le malheur d’épouser un homme qui, en peu de temps, se montra si infidèle et si vicieux, qu’elle le renvoya.

C’est qu’il arrive que les caractères se dissimulent et ne se révèlent qu’après le mariage. Dans une telle situation, aujourd’hui, l’Eglise examinerait avec attention les circonstances et pourrait déclarer nul un tel mariage, contracté sur une fraude : Fabiola ignorait les vrais sentiments de cet homme.

Mais elle était jeune encore, et accepta de se remarier. On ne peut le lui reprocher.

Ce second mari, cependant, mourut bientôt. Fabiola accepta alors son veuvage, et voulut «expier» le passé.

Elle se mit au rang des pénitents ; elle s’humilia devant le clergé, les cheveux en désordre, comme si c’était elle qui avait péché par adultère, ayant comme partagé les fautes de son coupable mari.

Elle avait une fortune colossale : elle vendit tout ce qu’elle avait pour secourir les malades et les pauvres, en fondant le premier hôpital de Rome. Elle y portait elle-même des malheureux dont personne ne s’occupait et dont les plaies faisaient parfois horreur, au point que des pauvres en bonne santé enviaient les malades, nous dit s.Jérôme, qui la connut pesonnellement et dont nous tenons tous ces détais (v. 30 sept.).

Elle mit aussi ses deniers au service du clergé et des monastères.

En 394, elle rejoignit la communauté fondée par s.Jérôme à Bethléem, mais en repartit en 395, devant la menace des Huns envahissants. Elle revint à Rome.

Avec s.Pammachius (v. 30 août) elle fonda à Ostie un hospice pour recevoir les étrangers : on en parlait jusqu’en Bretagne et chez les Parthes !

Quand Fabiola mourut, en 399, ses funérailles furent un véritable triomphe. S.Jérôme écrivit d’elle qu’elle fut gloire pour les chrétiens, prodige pour les païens, deuil pour les pauvres, consolation pour les moines.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Fabiola de Rome au 27 décembre.

 

 

Theodoros et  Theophanis

† 844 et 845

 

Ces deux frères avaient pour père un certain Ionas, qui mourut prêtre au monastère de Saint-Sabas à Jérusalem.

Ils naquirent respectivement en 775 et 778, à Jérusalem.

Vers 800, les deux garçons furent confiés à un moine du même monastère Saint-Sabas, nommé Michail, qui leur enseigna la rhétorique, la philosophie, la poésie et l’astronomie.

Theodoros s’absenta un moment du monastère pour compléter sa formation auprès d’autres maîtres, puis revint à Saint-Sabas. Les articles qu’il écrivait, remplis de foi et de doctrine, convainquirent le Supérieur de le faire ordonner prêtre.

En 809, les Arabes dévastèrent entièrement la ville sainte de Jérusalem ainsi que les monastères. Il fallait songer à trouver un autre havre.

A cela s’ajouta, en 811, une regrettable controverse qui opposa les moines de Jérusalem (grecs) et les moines bénédictins (latins) au sujet du Saint Esprit : devait-on dire que cet Esprit procédait autant du Père que du Fils ? Il y eut même des bagarres !

Tandis qu’en Occident un concile avait énoncé à Aix-la-Chapelle (809) la doctrine perenne de l’Eglise, il fut convenu que chaque parti enverrait une délégation au pape. La délégation grecque était composée de Michail, Theodoros et Theophanis. Mais leur voyage s’arrêta à Constantinople, où ils furent confrontés à une autre polémique, l’iconoclasme, avec Léon l’Arménien.

Michail et ses deux compagnons logeaient au monastère de Chora : on les convoqua, on les flagella d’importance et on les interna à Phiala ; puis on les sépara, et les deux frères furent enfermés dans un fort à la jonction du Bosphore et de la mer Noire. Ce n’est qu’en 820 que le nouvel empereur les libéra : les deux frères furent logés dans un monastère de Sosthène sur la côte européenne du Bosphore. Malheureusement, l’empereur Theophilos reprit en 832 la lutte acharnée contre les partisans du culte des Images, et enferma à nouveau nos deux héros. Ils furent flagellés jusqu’à l’os et relégués dans l’île d’Aphousia.

En 836, l’empereur les fit comparaître à Constantinople. Il les insulta, les gifla, et fit «graver» au fer rouge sur leur visage quelques vers qui disaient à peu près ceci : Tous désirent se rendre à la Ville où le Verbe de Dieu posa ses pieds très purs. Ils naquirent en ce lieu vénérable, mais furent expulsés comme apostats. Ils se réfugièrent dans la Ville (Constantinople). Aussi les a-t-on notés sur leur face comme criminels, et condamnés à être chassés derechef. Ce n’était pas suffisant : l’empereur leur fit retirer leurs vêtements et les fit flageller encore une fois.

Theodoros prit la parole : Nous sommes les seuls, depuis des siècles, auxquels on ait fait cela. Vous avez inventé une pratique inédite, et vous pouvez taxer de bénignité tous ceux qui ont fait rage contre notre divine religion.

C’est cet horrible supplice qui a valu aux deux Frères le surnom de Grapti (inscrits, gravés).

On les exila à nouveau, à Karta limèn (Chalcédoine).

Theodoros mourut là le 27 décembre 844. Un autre récit, peut-être mieux informé, ajoute que Theophanis fut nommé évêque de Nicée en 842 et mourut à Constantinople le 11 octobre 845.

On a conservé beaucoup de poèmes liturgiques de Theophanis.

Les deux Frères Grapti sont commémorés le 27 décembre dans le Martyrologe Romain.

Walto de Wessobrunn

1090-1156

 

Walto (ou Balto, ou Waltho) était né vers 1090, peut-être de famille noble.

Entré au monastère bénédictin de Wessobrunn (Bavière, Allemagne), il en devint le treizième abbé.

Sa bonté valut à son monastère bien des amitiés.

Il aimait la culture et encouragea une recluse, Diemut, à recopier jusqu’à une quarantaine d’ouvrages.

Il mourut le 27 décembre 1156.

En 1200, on commença à fêter son anniversaire, au 27 décembre. Ce jour-là, on servait aux moines un bon verre de vin, en souvenir d’un miracle qui avait eu lieu un Jeudi saint : l’eau s’était changée en vin, par la prière (ou l’intercession) de Walto.

Des miracles illustrèrent sa tombe.

Walto n’est pas inséré dans le Martyrologe.

 

 

John Stone

1509-1539

 

Les dates précises de ce Religieux restent assez imprécises, comme du reste aussi les indications sur sa jeunesse.

John Stone était un prêtre augustin anglais. Il était docteur en théologie et fut quelque temps professeur et prieur à Droitwich. Il vécut donc la majeure partie du temps au monastère de Canterbury (Kent, Angleterre).

On chercha à le faire plier pour approuver le divorce du roi Henri VIII, mais en vain. Plus tard, il parla ouvertement contre l’attitude du roi, sans pour autant être tout de suite inquiété pour cet acte de courage.

En décembre 1538, l’évêque (protestant) de Dover vint intimer aux Religieux de quitter leur monastère et de signer l’Acte de Suprématie ; ils le firent, sauf notre John, qui fut immédiatement envoyé à Londres et mis à la Tour. En octobre 1539, on le renvoya en jugement à Canterbury, où il fut formellement accusé de trahison et condamné à mort, le 6 décembre.

Dans l’attente de son martyre, après un jeûne complet de trois jours, il entendit une voix qui l’appelait par son nom et l’invitait à rester courageux et à témoigner jusqu’au bout pour la Vérité.

L’exécution se fit attendre au 27 décembre suivant. Il dit à ses bourreaux : Voyez, j’achève mon apostolat dans mon sang ; dans ma mort, je vais trouver la vie ; car je meurs pour une sainte cause : la défense de l’Eglise de Dieu, infaillible et immaculée.

En tant que traître, il mérita d’avoir son corps et son chef exposés à l’entrée de la ville, après que son cœur et ses organes aient été brûlés sur la place.

C’était donc très probablement le samedi 27 décembre 1539. Le Martyrologe Romain l’a introduit au 23 décembre.

Il fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

 

 

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (voir au 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

 

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie nord), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

 

 

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (voir au 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

Alain Dieulangard

1919-1994

 

Alain était né le 21 mai 1919 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

Il fit des études de Droit puis entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1949, à Thibar (Tunisie), il fit la profession et, en 1950, il reçut le sacerdoce.

Toute sa vie sacerdotale se passa en Algérie, particulièrement dans la Kabylie, à Tizi Ouzou, où il enseigna.

Comme ses confrères, il parlait couramment l’arabe, et aussi le tamazight local. Enseignant et catéchiste, il parcourait les montagnes pour rencontrer les habitants de petits villages reculés.

Très réservé, il semblait parfois être plutôt moine contemplatif que missionnaire ; les gens de l’endroit l’avaient surnommé Mahfouz (Hérisson). Il était très respecté et aimé.

Le père Alain reçut la palme du martyre avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, leur dies natalis commun au Martyrologe.

Lors de l’enterrement des quatre prêtres, il y avait tant de monde présent, que l’évêque commenta : C’est bien la première fois que quatre mille Musulmans assistent aux obsèques de quatre prêtres catholiques.

Les quatre furent béatifiés en 2018.

 

 

Jean Chevillard

1924-1994

 

Jean naquit le 27 août 1925 à Angers (Maine-et-Loire), de parents chrétiens qui eurent quatorze enfants. Les parents montrèrent leur piété mariale en accolant le nom de Marie au prénom de chacun d’eux.

Dans les ancêtres de la famille se trouve une Bienheureuse : Françoise Suhard, martyrisée lors de la Révolution française (v. 16 avril).

En 1935 Jean fit la Communion solennelle (notre «Profession de Foi»).

Après ses études secondaires, il entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1940, il rejoignit l’Afrique du Nord pour continuer sa formation, à Thibar (Tunisie).

En 1943, il fut mobilisé dans les Chasseurs d’Afrique et participa à la campagne de libération, comme infirmier dans la 1e Armée, avec laquelle il remonta jusqu’en Alsace et en Allemagne.

En 1949 il fit son serment missionnaire et, en 1950, reçut le sacerdoce à Carthage.

Nommé en Algérie, il y resta presque toute sa vie, comme responsable de centres de formation, comme supérieur et économe régional.

En Alger, il fut chargé de transformer l’ancien noviciat des Pères Blancs en centre de formation professionnelle.

De 1962 à 1972, le p. Jean Chevillard fut à Maison Carrée. Puis il fut Assistant du Provincial de France à Paris, avant d’être nommé Supérieur régional pour l’Algérie.

Responsable de l’Ordre des Pères Blancs pour l’ensemble de la Kabylie, c’est lui qui devait rencontrer les autorités locales.

C’est en 1984 qu’il fut nommé Supérieur à Tizi Ouzou.

Le père Chevillard fit beaucoup pour le développememnt des établissements diocésains, qui accueillirent jusqu’à quarante mille élèves. C’est dire la présence forte de la France auprès de la population. En outre, le p.Chevillard organisa un secrétariat d’écrivains publics, pour aider les Kabyles à rédiger des papiers officiels.

Le père Jean reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, en la fête de son saint Patron, l’apôtre Jean, et le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

 

 

Charles Deckers

1924-1994

 

Né le 26 décembre 1924 à Anvers (Belgique), Charles entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Algérie en 1955. Les confrères l’appelaient gentiment Charlie.

Au début, le p.Charles séjourna à la Casbah d’Alger, pour y étudier la langue arabe. On lui donna le surnom de Arezki.

Il fut professeur à Tadmait et responsable du Centre professionel à Tizi-Ouzou. Son activité primordiale fut toujours d’aider les jeunes à se former, à apprendre un bon métier, à construire ce nouveau pays de l’Algérie récemment devenue indépendante. Il avait aussi été nommé professeur d’arabe dans un collège de jeunes filles, dont certaines étaient très pauvres : il les ramenait à la maison. Le père Charles fréquentait aussi le club sportif local, où il se fit beaucoup d’autres amis.

Bientôt, il en vint à demander et obtenir la nationalité algérienne. Mais l’islamisme naissant réussit tout de même à obtenir l’expulsion du Père hors du département. Pendant quelque temps, le père Charles revint en Belgique, où il fonda un centre de dialogue islamo-chrétien à Bruxelles, El Kalima, et où il rencontra à nouveau beaucoup de gens musulmans, dans les écoles et dans les prisons.

Puis il fit un séjour au Yémen, avant de retourner en Algérie. Mais comme son statut était incertain - même les autorités ne savaient dire s’il était encore expulsé ou non, il demeura à la basilique de Notre-Dame d’Afrique comme vicaire aux côtés du recteur, ce qui ne l’empêcha pas de faire de fréquents voyages en Kabylie pour y retrouver les habitants et ses amis.

Toute la population l’estimait, de façon réellement unanime.

Le 26 décembre 1994, il fêta joyeusement ses soixante-dix ans. Le lendemain, 27 décembre, fête de saint Jean Apôtre, il partit en voiture pour Tizi Ouzou, où il devait fêter son Confrère, le père Jean Chevillard.

Le père Charles fut alors abattu avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994. La pauvre cuisinière et sa fille furent enfermées dans la cuisine pendant que des islamistes exécutaient les quatre Religieux ; elles ne s’en remirent jamais.

Présent aux funérailles du père Deckers, le ministre algérien de la formation professionnelle fut à son tour abattu quelques mois plus tard.

Reconnus comme martyrs, les quatre Pères Blancs auront leur dies natalis commun au Martyrologe, le 27 décembre.

Ils furent béatifiés en 2018.

 

 

Christian Chessel

1958-1994

 

Né le 27 octobre 1958 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), Christian Chessel acheva ses études d’ingénieur en 1981, les complétant ensuite par une licence de lettres et de théologie.

Etrangement, on ne trouve aucune autre information sur les origines familiales et l’enfance de ce jeune prêtre.

Il fit ensuite un stage de coopération en Côte d’Ivoire, avant d’entrer chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

C’est en 1991 qu’il prononça les vœux à Rome ; il reçut le sacerdoce l’année suivante.

Envoyé dans la communauté de Tizi Ouzou, il s’apprêtait à fonder une nouvelle bibliothèque pour les étudiants.

Il fréquentait les moines cisterciens de Tibhirine, où il connut de près le p. Christian de Chergé, particulièrement dans le cadre du Ribât-es-Salam (Lien de Paix), fondé par ce dernier pour approfondir le rapprochement entre Chrétiens et Musulmans.

Après l’opération du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) contre des terroristes, des représailles s’abattirent sur les ressortissants français. Le père Christian Chessel reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 00:00

26 DÉCEMBRE

 

I.

S Étienne, diacre protomartyr (cf. Ac 6-7).

?

S Marin, martyr (à Antioche). 

III.

S Denys, pape (259-268) : prudent, soucieux de la doctrine catholique.

S Archélaüs, évêque à Kaskharôn ; il eut deux discussions théologiques avec Manès.

IV.

S Zenon, évêque à Maïouma après la persécution ; jusqu'à sa mort, il tissait le lin pour gagner de quoi vivre et faire l’aumône ; ses trois cousins, martyrs, Eusebios, Nestabios et Zenon sont nommés au 21 septembre.

V.

S Zosime, pape (416-417).

VI.

S Tathan, abbé à Llantathan ; irlandais, neveu de s. Samson de Dol, il serait le premier Saint celtique venu au pays de Galles.

S Théodore, mansionnaire de la basilique Saint-Pierre de Rome ; il eut une vision de s. Pierre. 

S Euthymios, évêque à Sardes, exilé et martyrisé à cause de l’iconoclasme ; il ne put rester à Sardes que pendant seize des quarante-quatre années de son épiscopat.

XIX.

Ste Vicenta Mara López y Vicuña, fondatrice des Filles de Marie Immaculée (pour le service domestique) ; elle avait une grande dévotion au Sacré-Cœur.

XX. 

B Jaume Mases Boncompte (Lambert Carlos, 1894-1936), lasallien, martyr brûlé vif à Barcelone, béatifié en 2007.

Bses Margarita Aknaet Phila (*1900) et Lusia Khambang (*1917), des Amantes de la Croix, Akatha Phuttha (*1882), Sesilia Butsi (*1924), Bibiana Khamphai (*1925), Maria Phon (*1929), laïques, martyres thaïlandaises (1940); durant le procès de béatification, le brigadier Lu reconnut les avoir fait exécuter pour déraciner la foi ; béatifiées en 1989.

B Secondo Pollo (1908-1941), prêtre italien, aumônier militaire durant la deuxième guerre mondiale, où il fut mortellement blessé ; béatifié en 1998.

Etienne, protomartyr
1er siècle

Le latin Stephanus, calqué sur le grec Stephanos, signifie «couronné», nom véritablement prédestiné pour ce premier Martyr de l’Eglise naissante.
Alors que le latin s’est peu à peu déformé en Estienne au Moyen-Âge, pour aboutir à la forme classique Etienne, la forme grécisante Stéphane est réapparue dans les temps récents, sans parler des autres formes d’origine anglaise ou américaine.
C’est dans le livre des Actes des Apôtres que nous pouvons trouver les informations les plus justes sur saint Etienne.
Etienne fait partie des sept premiers Diacres institués par l’Eglise (Ac 6:1-6), qui furent choisis pour servir aux tables et soulager ainsi le travail des apôtres.
Il est dit ensuite qu’Etienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple (Ac 6:8). On l’arrêta, de faux témoins intervinrent, le sanhédrin condamne Etienne à la lapidation (Ac 6:11-15 - 7). On notera la grande ressemblance entre ce martyre et la mort de Notre-Seigneur.
Tandis qu’Etienne expire en pardonnant à ses bourreaux (Ac 7:60), comme fit Jésus en croix (cf. Lc 23:34), il est dit qu’un certain Saul approuvait ce meurtre (Ac 8:1). Etienne, en mourant, pardonne pleinement à Saul qui, peu après, se convertira en effet sur le chemin de Damas (Ac 9:1-30).
De la première annonce des apôtres, Etienne est celui qui, le premier, versa son sang pour le Christ. De là vient son surnom de Protomartyr.
De là vient aussi qu’on a conservé l’habitude de célébrer la fête de saint Etienne au lendemain de Noël : après la naissance du Christ, la naissance au ciel de son premier Témoin.
Un esprit pointilleux pourrait suggérer que la fête des saints Innocents devrait précéder celle de saint Etienne, mais ces dates se sont peu à peu fixées dans le calendrier de l’Eglise, et il serait malvenu de transformer cette belle tradition.
En 415, une révélation fit retrouver les corps de saint Etienne avec ceux de Gamaliel et Nicodème, prélude à la construction d’une basilique, qui fut malheureusement détruite moins de deux siècles après par les Perses, et dont on a retrouvé quelques mosaïques dans des fouilles récentes. Décidément, la terre du Seigneur sera donc toujours la proie des guerres…
Des reliques de saint Etienne ont ensuite circulé en Occident. Beaucoup de sanctuaires furent élevés en l’honneur du Protomartyr, une trentaine rien qu’à Rome, avant les nombreuses cathédrales construites en Gaule, en particulier celle de Bourges.
Et mentionnons pour terminer que saint Etienne est nommé dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon romain de la messe.


Denys pape
258-268

Le seul pape qui portât le nom de Denys était romain et succéda à saint Sixte II comme vingt-cinquième pape.
On ne connaît rien de sa vie antérieure, mais il avait déjà une notoriété certaine sous les deux papes précédents, saint Etienne 1er et saint Sixte II.
Cette notoriété apparaît dans la correspondance d’un autre Denys, le patriarche d’Alexandrie. Ce dernier avait une grande considération pour son homonyme romain ; quand Denys fut pape, il se mêla de la diatribe qui opposait le patriarche d’Alexandrie aux partisans de Sabellius, dont les expressions mettaient le Fils de Dieu au-dessous du Père (subordinationisme). Un concile réuni à Rome aboutit à une encyclique claire et calme sur la bonne doctrine trinitaire, sans nommer (encore moins condamner) certaines expressions maladroites de Denys d’Alexandrie. Cette encyclique ne fut pas mal accueillie en Orient et les relations entre les «deux Denys» n’en souffrirent pas.
Il ressort plutôt de ces échanges que le pape n’hésite pas à arbitrer une situation difficile de l’Eglise orientale et à imposer, sans autoritarisme, la doctrine une et sainte à cette Eglise d’Alexandrie qui est, à cette époque, la plus importante en Orient.
L’empereur Gallien publia à la même époque un rescrit restituant à l’Eglise ses lieux de culte. 
Saint Denys mourut le 26 décembre 268, de mort naturelle apparemment, et fut enseveli dans le cimetière de Calliste.
Son successeur fut saint Félix 1er.


Zenon de Maïouma
300-400

On a déjà amplement parlé de Zenon le 21 septembre, dans la notice concernant ses trois cousins, les martyrs Eusebios, Nestabios et Zenon.
Zenon et son frère Aiax étaient de Maïouma, le port de Gaza (Palestine) ; Aiax se retira dans un monastère avec deux de ses trois fils et fut plus tard évêque. 
Consacré à Dieu dès sa jeunesse, Zenon devint lui aussi évêque, à Maïouma, du temps de l’empereur Théodose, donc entre 380 et 395.
Seule la maladie pouvait lui faire manquer un office liturgique.
De sa formation monastique, il gardait le goût du travail manuel et tissait le lin : il gagnait ainsi sa vie et de quoi faire des aumônes. Il travailla de la sorte jusqu’à la fin de sa vie, lui, le doyen de l’épisopat.
L’historien Sozomène connut Zenon quand ce prélat était presque centenaire. Les dates proposées ci-dessus restent cependant conjecturales, puisqu’on ne sait pas exactement en quelle année Zenon naquit et mourut. Mais l’année 362, proposée dans le Martyrologe comme date de sa mort, est certainement une coquille : cette année-là, comme on l’a vu le 21 septembre lors du martyre de ses trois cousins, Zenon n’était pas encore évêque.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Zenon de Maïouma au 26 décembre.


Zozime pape
416-417

Ce successeur de saint Innocent 1er était le quarante-et-unième pape, fils d’un Grec qui s’appelait Abraham. On peut supposer qu’il s’appelait effectivement Zozimos, «plein de vitalité».
Il fut élu le 18 mars 416 ou 417, et mourut donc en 417 ou 418.
Pour un si bref pontificat, les mesures énergiques de ce pape ne manquèrent pas, d’ailleurs différemment appréciées par la postérité.
Il établit que c’était l’archevêque d’Arles qui avait la primauté sur celui de Vienne : même dans l’Eglise, le pape doit prendre le temps de régler de petits différends sur des questions aussi humaines et terrestres que des préséances.
Zozime condamna la doctrine volontariste de Pélage et Cælestius, qui abaissait l’action de la grâce divine.
En vingt et un mois, il consacra huit évêques, dix prêtres et trois diacres.
Il s’éteignit le 13 ou même le 25 décembre, et fut enterré le 26 décembre 417 (418) dans la basilique de Saint-Laurent sur la Via Tiburtina.
Son successeur devait être saint Boniface 1er.


Euthymios de Sardes
754-831

La jeunesse d’Euthymios n’est pas bien connue.
Il étudia dans Alexandrie d’Egypte et, revenu dans sa région natale, vécut dans un monastère, où il fut successivement ordonné diacre, puis prêtre.
Vers 787, il fut appelé à être l’évêque de Sardes : il n’avait que trente-trois ans. Le site archéologique de Sardes se trouve dans l’actuelle Turquie méridionale ; c’est à cette Eglise qu’est adressée une des sept lettres de Jean (v. Ap 3:1-6).
Cette même année-là, donc, Euthymios siégea parmi les pères du deuxième concile de Nicée, où fut condamné l’iconoclasme.
Sous l’impératrice Irène (†803), Euthymios accomplit en 798 une mission auprès du calife de Bagdad, Hâroun ar-Rachîd.
Sous Nicéphore 1er, Euthymios fut accusé d’avoir fait entrer dans la vie monastique une jeune fille convoitée par l’empereur (ou un fonctionnaire de celui-ci) ; l’affaire tourna mal et l’évêque fut exilé sur l’île de Pantellaria (entre Sicile et Tunisie), de 803 à 811.
Libéré à la mort de Nicéphore, Euthymios ne put retourner dans son diocèse. Il se retira dans un monastère de Bithynie, où des envoyés impériaux tentèrent, en 814, de le gagner à l’iconoclasme. Conduit à Constantinople, Euthymios réitéra sa position en face de l’empereur Léon l’Arménien et fut alors relégué sur l’île de Thasos (Thrace, Grèce N). 
En janvier 821, Euthymios fut rappelé à Constantinople ; il apparaissait alors comme le principal exposant de la doctrine orthodoxe sur le culte des saintes Images et, vers 826, fut à nouveau interné au cap Akritas (Grèce SW), pendant trois années, dans une prison obscure et infecte.
En 831, nouveau scandale politique qui relança les accusations contre Euthymios. Il fut interrogé par l’empereur en personne qui, exaspéré, frappa l’Evêque de quatre gifles, le fit dépouiller de ses vêtements et exiler sur un îlot de la mer de Marmara. Euthymios y retrouva Methodios, le futur patriarche de Constantinople.
En décembre 831, trois envoyés impériaux vinrent interroger à nouveau Euthymios, qui reçut cent-vingt coups de nerfs de bœuf. Euthymios survécut huit jours à ce traitement et mourut dans les bras de Methodios, le 26 décembre 831, âgé de soixante-dix-sept ans.
Son épiscopat avait duré quarante-quatre ans, mais il n’avait séjourné que seize ans dans son diocèse. Il se pourrait même que son successeur, Jean, eût été nommé avant 831, pour remplacer l’évêque exilé et emprisonné.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Euthymios de Sardes au 26 décembre.

 

Vicenta María López y Vicuña
1847-1890

Les parents de Vicenta étaient à Cascante (Navarre, Espagne), mais la destination de leur fille fut Madrid.
Elle naquit à Cascante le 22 mars 1847, de José María López, avocat à Pampelune, et de María Nicolasa Vicuña.
En 1857, Vicenta fut confiée à ses oncle et tante madrilènes, Manuel María et María Eulalia Vicuña. Ceux-ci dirigeaient une œuvre de charité en faveur des femmes qui rejoignaient la capitale espagnole pour y trouver du travail.
Vicenta fut spirituellement guidée par les Jésuites et, au terme de son adolescence, se sentit appelée à prolonger l’œuvre de ses oncle et tante. Elle avait dix-sept ans, et son directeur spirituel lui conseilla d’attendre un peu.
Le moins qu’on puisse dire est que ses propres parents ne lui donnèrent pas facilement leur assentiment : ils demandèrent à leur fille de revenir à Cascante, mais Vicenta repartit à Madrid en 1869. C’est avec sa tante qu’elle réunira les premières femmes dans un appartement de Madrid, dès 1871.
La situation socio-politique ne favorisait pas non plus un tel projet ; Vicenta manquait de subsides, et l’on ne voyait pas d’un bon œil une femme fonder une œuvre pour des «auxiliaires de vie» ; en un mot, tout et tous contrariaient ses projets, mais sa vocation était irrésistible : s’appuyant sur l’énergie mystique du Sacré-Cœur de Jésus, et soutenue par l’archevêque de Madrid, elle fonda en 1876 la congrégation des Religieuses de Marie Immaculée, destinée à procurer la sanctification et la perfection personnelles, et la sanctification et le progrès des jeunes qui se dédient au service domestique.
Trois ans plus tard déjà, Vicenta n’avait que trente-deux ans lorsqu’elle ressentit les premiers symptômes de la tuberculose. Les séjours aux stations balnéaires de Panticosa (Huesca) et de El Molar (Madrid), ne donnèrent pas les résultats qu’on en pouvait espérer.
Malgré cela, Vicenta voyagea et prêta main forte à la fondation des maisons de Madrid, Saragosse, Jerez de la Frontera, Séville, Barcelone, Burgos.
Pour cette dernière fondation, elle suivit tous les épisodes de l’achat du terrain et de la construction, depuis sa chambre de Barcelone, où elle fit profession solennellement le 31 juillet 1890, fête de saint Ignace de Loyola.
Elle s’éteignit le 26 décembre 1890.
Béatifiée en 1950, elle fut canonisée en 1975.


Jaume Mases Boncompte
1894-1936

Jaume (Jaime, Jacques) était né à Agramunt (Lleida) le 14 avril 1894, et fut baptisé le 16.
Elève des Frères Lasalliens (des Ecoles Chrétiennes) à Agramunt, il voulut en suivre la vocation.
Novice en 1908 à Calaf, puis en 1910 à Irún, il prit le nom de Lamberto Carlos, et passa au scholasticat de Talence (Gironde, France), où le français devint sa seconde langue. Il resta à Talence comme professeur pendant deux années.
C’est en Belgique (Lembecq-lez-Hal) qu’il fit les vœux perpétuels. 
Revenu en Espagne, il enseigna à Manresa, puis à Mollerusa où, en 1924, il fut nommé sous-directeur. 
Il fut successivement directeur à Pons, Monistrol, et de nouveau Pons, entre 1927 et 1933, date à laquelle il prit la direction de Mollerusa ; en 1935 il fut professeur à Bonanova.
Le 19 juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par une multitude de miliciens, obligeant les Frères à quitter la maison ou à se faire arrêter.
Un de ceux qui purent s’échapper, fut le Frère Lamberto, qui se réfugia chez un de ses frères en ville. Après la mort du Frère Crisóstomo (voir la notice José Llorach Bretó), il s’exposa à rencontrer les Frères dispersés dans Barcelone pour leur faire parvenir les ressources nécessaires.
Il devait souvent changer de domicile pour sa sécurité. Le 1er octobre, il alla chez une cousine, et pour calmer les soupçons, essaya de se déguiser en docker ; habillé en ouvrier, couvert de poussière, les mains pleines de graisse… il fallit partir en bateau, mais le soir du 19 décembre, il dut faire quelques achats avec sa cousine. En sortant, il rencontra un autre Frère et lui remit discrètement un peu d’argent.
Peu après, ils croisèrent deux miliciens qui les mirent les mains en l’air ; voyant le document de la UGT (le Syndicat des Ouvriers de gauche), ils les laissèrent libres, mais l’un des deux miliciens, méfiant, demanda à l’autre Frère : Dis, ce n’est pas un Frère ? - Je n’en ai aucune idée. Je sais seulement qu’il est professeur et qu’il m’a enseigné en France. 
A cet instant arriva une voiture de miliciens, et on les fit monter. Arrivait aussi la cousine du Frère, et comme elle posait des questions sur lui, on l’embarqua avec. Dans la voiture, le Frère Lamberto déchira en petits morceaux un papier contenant quelques indications, et les jeta par la fenêtre ; un milicien lui adressa des reproches et des insultes, et récupéra les morceaux de papier.
Arrivés au commissariat, ils furent incarcérés. Le Frère qui l’accompagnait (et qui fut plus tard libéré) raconta que, de sa cellule, il entendait les miliciens qui hurlaient contre le Frère Lamberto : C’est un curé ! C’est un curé !
Vers onze heures du soir, on les emmena au lieu-dit Rabasada, où avaient déjà eu lieu tant d’exécutions ; les Frères se recommandèrent à Dieu, mais on les remit en prison.
Le lendemain, ils conduisirent Lamberto et sa cousine à la pharmacie dont ils avaient trouvé l’indication sur le fameux papier déchiré par le Frère et qu’ils avaient tenté de reconstituer. A force de menaces et d’insultes contre le pauvre pharmacien, ils réussirent à lui faire dire qu’il connaissait le Frère et qu’il était effectivement Religieux.
Ils reconduisirent la cousine en prison, et l’on ne sut plus rien de Lamberto, jusqu’à la fin de la guerre, lorsqu’une ancienne milicienne reconnut au tribunal l’avoir brûlé vif le 26 décembre 1936.
La date de ce martyre a parfois été portée au 16 décembre, par erreur : le dies natalis du Frère Lamberto est le 26 décembre.
Il a été béatifié en 2007.

Martyres de Thaïlande
1940

On a vu le 16 décembre comment le catéchiste Filip Siphong Onphithakt avait courageusement confessé sa foi et versé son sang pour le Christ.
Loin d’impressionner et de décourager les Chrétiens de Songkhon, le village de Filip, sa mort redonna encore plus de vigueur à six femmes qui furent à leur tour arrêtées et menacées par les soldats.
Parmi ces six femmes, il y avait deux Religieuses des Amantes de la Croix, une demoiselle et trois jeunes filles.
Sœur Margarita Aknaet Phila, de trente-et-un ans
Sœur Lusia Khambang, de vingt-trois ans
Akatha Phuttha, de cinquante-neuf ans
Sesilia Butsi, de seize ans,
Bibiana Khamphai, de quinze ans, 
Maria Phon, de onze ans.

Le chef de la police les soupçonnait - bien à tort, de faire de l’espionnage au service de la France, durant cette guerre franco-siamoise.
Le jour de Noël, l’officier rassembla la population devant l’église. Il expliqua qu’il avait l’ordre de supprimer le Christianisme et que, pour cette raison, il leur donnait à choisir entre l’apostasie et la mort. La jeune Sesilia Butsi répondit sur place qu’elle était prête à accepter la mort, mais l’officier sembla ne pas l’avoir entendue.
La nuit suivante, Sœur Aknaet écrivit une lettre à ce chef de police, au nom de ses Compagnes. Elle la fit porter à l’officier par Sesilia.
Voici la lettre, dans une traduction de l’anglais : 
Au Chef de Police de Songkhon.
Hier soir, vous avez reçu l’ordre d’effacer définitivement le Nom de Dieu, le seul Seigneur de nos vies et de nos pensées. Nous n’adorons que Lui, Monsieur. Quelques jours plus tôt, vous nous aviez fait savoir qu’il n’était pas dans vos intentions d’effacer le Nom de Dieu, et nous étions rassurées, de sorte que nous pûmes sans peur retirer notre habit religieux, qui montrait que nous étions Ses servantes. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous professons que la religion du Christ est la seule vraie religion. C’est pourquoi nous voudrions maintenant répondre à la question que vous nous avez posée hier soir, et à laquelle nous ne pûmes répondre, parce que nous n’y étions pas préparées. Maintenant, nous vous présentons notre réponse. Nous vous demandons d’accomplir avec nous l’ordre que vous avez reçu. S’il vous plaît, ne retardez pas davantage. S’il vous plaît, exécutez cet ordre. S’il vous plaît, ouvrez-nous la porte du ciel, de sorte que nous puissions confirmer que, en dehors de la religion du Christ, personne ne peut aller au ciel. S’il vous plaît, faites-le. Nous sommes bien prêtes. Quand nous serons parties, nous nous souviendrons de vous. S’il vous plaît, ayez pitié de nos âmes. Nous vous serons reconnaissantes et nous vous remercierons pour cela. Et au dernier jour, nous nous reverrons face à face.
N’attendez pas, Monsieur, ne remettez pas. Ô Dieu, nous respectons tes ordres, nous voulons êtres tes témoins, ô Dieu que nous aimons. 
Cher Monsieur, nous avons bien pris notre décision.

On retrouve dans cette lettre les accents de celle écrite par saint Ignace d’Antioche, où il suppliait ses diocésains d’avoir pitié de lui et de le laisser aller être la proie des bêtes (v. 17 octobre).
Le 26 décembre 1940, l’officier convoqua de nouveau les Religieuses et les autres Compagnes, qui répétèrent leur ferme propos de ne pas apostasier. Les soldats emmenèrent les six femmes au cimetière et les fusillèrent.
Par bonheur, le chef du village put retrouver cette fameuse lettre (ou une copie) et la remit aux prêtres, lorsqu’ils purent revenir en Thailande, en 1943.
Plus tard, lors de l’enquête sur le martyre, le brigadier vint témoigner et confirmer qu’il avait bien donné cet ordre en haine de la religion chrétienne.
Avec le catéchiste Filip, les deux Religieuses et leurs quatre Compagnes furent béatifiées en 1989.


Akatha Phutta
1882-1940

Akatha (Agathe) était née en 1882 à Ban Kengpho (Savannakhet, Laos).
Avec ses cinquante-huit ans, elle était la plus ancienne du groupe de ces sept Martyrs. C’était une pieuse demoiselle, d’origine laotienne, qui avait embrassé le christianisme en 1918, à trente-sept ans. 
Elle était la cuisinière du couvent des Religieuses.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Margarita Aknaet Phila
1909-1940

Margarita était née en 1909 à Ban Nahi (Nong Khai, Thailande).
Entrée chez les Amantes de la Sainte Croix, elle avait pris le nom de Aknaet (Agnès).

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Lusia Khambang
1917-1940

Lusia (Lucie) était née le 22 janvier 1917 à Ban Wiang Khuk (Nong Khai, Thailande).
Elle faisait partie des Amantes de la Sainte Croix.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Sesilia Butsi
1924-1940

Sesilia (Cecile) était née le 16 décembre 1924 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.
C’est elle qui répondit une première fois, avec fermeté, à l’officier qui invitait la population à apostasier.
C’est elle aussi qui lui porta la lettre de Sœur Aknaet.
On le voit : elle avait seize ans.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Bibiana Khamphai
1925-1940

Bibiana était née le 4 novembre 1925 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.
Pieuse, elle rendait souvent visite aux Religieuses du couvent des Amantes de la Croix.
Elle versa son sang pour le Christ à quinze ans.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Maria Phon
1929-1940

Maria était née le 6 janvier 1929 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ. 
Digne de sainte Agnès (v. 21 janvier), elle préféra la mort à l’apostasie, à onze ans.
On pourrait lui appliquer le mot de saint Quodvultdeus (v. 19 février) à propos des Saints Innocents : 
Ils n’ont pas encore la force de combattre en bougeant leurs bras, et ils portent déjà la palme de la victoire (Necdum mótibus membrórum valent suscípere pugnam, et victóriæ iam éfferunt palmam).

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Secondo Pollo
1908-1941

Né le 2 janvier 1908 à Caresanablot (Vercelli, Piémont, Italie nord-ouest), deuxième des cinq enfants de Carlo et Marta Ottino, de bons paysans, il reçut deux jours après au baptême les noms de Secondo et Giovanni. 
Il fréquenta d’abord l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes. Puis il entra à onze ans au Petit séminaire de Vercelli. Après la philosophie, il fut envoyé faire la théologie au Séminaire Pontifical Lombard.
En 1931, diacre, il reçut le doctorat en philosophie à l’Académie Saint-Thomas, et celui de théologie à la Grégorienne. Difficile de faire plus !
Le 15 août suivant, il fut ordonné prêtre.
On lui confia d’abord une classe au petit séminaire, en même temps que la direction spirituelle (appréciée !) des jeunes séminaristes puis, de 1936 à 1940, l’enseignement de la philosophie et de la théologie au grand séminaire de Vercelli. En outre, il était aumônier diocésain de l’Action Catholique, une mission dans laquelle le jeune prêtre montra tout l’enthousiasme de sa jeunesse, de son zèle pour la sanctification des jeunes et pour les inciter à montrer partout leur foi convaincue.
Quand la guerre éclata, il tint à suivre les garçons qu’il avait déjà guidés, et demanda à être pris comme aumônier militaire, malgré un défaut à l’œil gauche qui limitait sa vision. 
Il fut donc nommé aumônier au troisième bataillon «Val Chisone» de la Division Alpine «Alpi Graie». En 1941, ce bataillon fut envoyé à Cervice (Montenegro). 
C’est sur le champ de bataille que, portant secours à un blessé, il fut atteint d’une balle qui lui sectionna l’artère fémorale : c’était la mort en quelques instants.
Don Secondo Pollo mourut ce jour-là, 26 décembre 1941, versant son sang pour le Prochain qu’il aimait comme le Christ. Il avait, lui aussi, trente-trois ans.
L’Etat italien lui décerna immédiatement la médaille d’argent à la valeur militaire.
Voici le témoignage du Général Faldella, alors colonel commandant le troisième Régiment Alpin : 
(Don Pollo) accomplissait son ministère avec une intime satisfaction, avec amour et esprit de service… Le but de son activité, à mon avis, était la charité, c’est-à-dire le service de Dieu et du Prochain, le bien des âmes… Don Pollo avait une personnalité qui suscitait l’admiration, et pourtant il était l’humilité personnifiée, il semblait vouloir disparaître, sans pouvoir s’éclipser. Son intelligence, sa culture, son éminente bonté, le mettaient en avant.
Et voici la citation militaire : 
Aumônier d’un bataillon alpin, durant plusieurs journées de combat, malgré les mauvaises conditions physiques, il se dépensait sous le feu violent de l’ennemi, pour apporter la parole de la foi et le réconfort spirituel aux combattants des premières lignes. Avec audace et sans crainte du danger, il s’avançait là où le combat était le plus intense et, tandis qu’il accomplissait son ministère, était mortellement frappé par des balles de mitrailleuse. Sans se préoccuper pour soi-même, tout en  conseillant d’aller soigner les autres blessés, il expirait avec sérénité.
L’abbé Secondo Pollo fut béatifié en 1998.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 00:00

25 DÉCEMBRE

 

I.

La Nativité du Sauveur (cf. Lc 2:1-20).

III.

Ste Eugenia, martyre romaine.

SS Iovinus et Basileus, martyrs à Rome.

IV.

Ste Anastasia, martyre en l'île de Palmaria ; une église lui est dédiée à Rome, et elle est mentionnée au Canon Romain.

VII.

Ste Adalsinde, fille de ste Rictrude, à Marchiennes.

IX.

Ste Alburge, sœur du roi Egbert ; elle installa des religieuses à Wilton et vivait avec elles.

XII.

S Pierre le Vénérable, abbé à Cluny.

XIII.

S Pierre Nolasque, languedocien, fondateur de l'ordre de Notre-Dame-de-la-Merci pour le rachat des captifs.

B Bentivoglio de Bonis, franciscain à Assise, thaumaturge.

XIV.

B Iacopone de Todi, l'auteur du Stabat Mater .

XVII.

B Michaël Nakashima Saburoemon, frère jésuite, horriblement martyrisé au mont Oungen. 

XIX.

Bse Antonia Maria Verna, fondatrice italienne des Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception de Ivrea, béatifiée en 2011.

XX.

Bse Maria Therese von Wüllenweber (Marie des Apôtres, 1833-1907), allemande, fondatrice des Sœurs du Divin Sauveur, pour les missions.

S Adam Chmielowski (Albert, 1845-1916), polonais, qui avait participé à l'insurrection contre la Russie ; tertiaire franciscain, fondateur de deux tiers-ordres (albertins et albertines), pour les mendiants à Cracovie, béatifié en 1983 et canonisé en 1989.

Bse Teodora Fracasso (Elia de Saint-Clément, 1901-1927), du tiers-ordre dominicain puis carmélite à Bari, béatifiée en 2006.

Eugenia de Rome

?

 

Il est impossible d’avoir la lumière sur les extraordinaires péripéties de la vie d’Eugenia. On ne va ici avancer que ce qui fait justement difficulté dans sa Passio.

Elle aurait vécu entre 176 et 268, dates extrêmes des empereurs dont il est question, Commode et Gallien. Elle aurait pu mourir ainsi vers quatre-vingts ans, alors qu’on la présente de bout en bout comme une jeune fille charmante et jolie.

On lui donne pour père un certain Philippus qui, de préfet d’Egypte, devint ensuite évêque d’Alexandrie, alors qu’on ne connaît là-bas aucun préfet ni aucun patriarche de ce nom.

Eugenia aurait par hasard rencontré dans les environs d’Alexandrie un évêque Helenus (?) qui était entouré de dix mille hommes : difficile, et téméraire, en temps de persécution, d’oser organiser une telle procession ouvertement.

Eugenia, pour pouvoir entrer dans le «monastère» d’Alexandrie, se déguisa en homme, fut admise et fut même élu(e) abbé : mais il n’y avait pas de monastère en Alexandrie au troisième siècle. Surtout, on n’imagine pas qu’une jeune femme puisse si longtemps se faire passer pour un homme dans un «monastère» où l’on chante continuellement l’office divin.

Plus tard, elle se fit reconnaître à toute sa famille ; son père, converti, fut assasiné sur l’ordre du nouveau préfet ; elle revint à Rome avec sa mère et ses frères. Eugenia aurait alors réuni des vierges et le pape serait venu chaque samedi célébrer pour elles les Saints Mystères. Ce détail est suspect : en temps de persécution, on n’organise pas de cérémonies aux mêmes lieux et jours, pour déjouer les manœuvres des observateurs.

Suite à une trahison, Eugenia fut sommée par l’empereur de sacrifier aux dieux païens, fut conduite au temple de Diane (qui s’effondra à son arrivée), fut précipitée dans le Tibre une pierre au cou - mais la pierre éclata et Eugenia fut transportée assise sur les eaux du fleuve, on la jeta dans les fourneaux des thermes - qui s’éteignirent, on l’enferma huit jours sans nourriture dans un cachot obscur, où le Christ vint lui donner l’Eucharistie ; enfin, le jour de Noël, elle fut décapitée.

Il faut remarquer ici qu’au troisième siècle, on ne fêtait pas la Naissance du Christ au 25 décembre. La fête n’apparut qu’au siècle suivant.

Pour être complets, ajoutons que les saints Protus et Hyacinthus (v. 11 septembre) apparaissent aussi dans les étonnantes péripéties d’Eugenia.

Si l’on retire donc de la Passio d’Eugenia tous ces détails difficiles, il ne reste plus grand-chose à dire : Eugenia est une martyre romaine du deuxième ou du troisième siècle.

La belle église Sainte-Eugénie de Biarritz (Pyrénées Atlantiques), édifiée au début du vingtième siècle, reçut sa dédicace par référence à l’impératrice - d’origine espagnole - Eugenia de Montijo.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eugenia de Rome au 25 décembre.

 

 

Iovinus et Basileus de Rome

† 258

 

On croit généralement que Iovinus et Basileus furent martyrisés à Rome vers 258.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Iovinus et Basileus de Rome au 25 décembre.

 

 

Anastasia

4e siècle

 

La Martyre Anastasia a une Passio qui nous laisse un peu déconcertés, à cause des invraisemblances accumulées, dans les dates, dans les lieux et dans les noms.

Il semblerait qu’Anastasia vivait sous Dioclétien, qui fut empereur de 284 à 305. Or Dioclétien avait établi son siège en Orient, laissant l’Occident à Maximien.

Anastasie est dénoncée à Dioclétien pour avoir visité des Chrétiens en prison, et enseveli leurs corps. C’est à Sirmium (dans l’actuelle Serbie) où était en déplacement Dioclétien, qu’elle est arrêtée.

C’est probablement là aussi qu’elle est martyrisée, attachée à un poteau et brûlée vive, le 25 décembre.

De savantes recherches archéologiques exécutées à Rome sous la basilique de Sainte-Anastasie, révéleraient que cette basilique remonterait déjà au 3e siècle, et qu’elle aurait été construite sur (ou dans) la propriété d’une riche Anastasie, homonyme de notre Martyre mais dont on ignore tout de la vie.

On fêtait donc en cette basilique la martyre Anastasie, à son dies natalis, le 25 décembre. La messe y était célébrée au petit matin, entre la messe de la nuit de Noël et la messe du jour, ce qui finit par donner lieu à la messe de l’aurore, à l’heure où les bergers vinrent adorer l’Enfant-Jésus ; cette messe finit par supplanter peu à peu la mémoire de sainte Anastasie. Au 9e siècle, il existait encore deux formulaires de messe pour le matin de Noël, l’une de Noël, l’autre de sainte Anastasie, et l’Eglise de Rome fit savoir que Là où il y a des reliques de sainte Anastasie, ou son corps, on dit les oraisons de sainte Anastasie selon la coutume romaine, là où il n’y en a pas, on dit celles de l’Incarnation du Seigneur. Le mot Incarnation est impropre ici, car elle eut lieu le 25 mars, jour de l’Annonciation ; il faudrait lui préférer le mot Naissance.

Sainte Anastasie est mentionnée dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon Romain de la messe.

Le Martyrologe Romain cite sainte Anastasia, comme martyre à Sirmium, au 25 décembre.

Pierre le Vénérable

1092-1156

 

Pierre était un des nombreux enfants de Pierre-Maurice de Montboissier et Raingarde de Semur, qui habitaient à Cunlhat (Puy-de-Dôme), et eurent huit enfants, tous garçons :

  • Heraclius devint archevêque de Lyon ;
  • Pierre devint abbé à Cluny ;
  • Pons, abbé à Vézelay ;
  • Jourdain, abbé à la Chaise-Dieu ;
  • Arman, abbé à Manglieu ;
  • Othon mourut jeune ;
  • Hugues, qui se maria, eut deux filles (Poncie et Marguerite), qui entrèrent au monastère de Marcigny ;
  • Eustache, lui, assura la perpétuité du nom.

Maurice, le père, bénéficia des excellents conseils de sa généreuse épouse et s’était presque décidé comme elle à embrasser la vie religieuse, quand il mourut au retour d’un pèlerinage en Terre sainte. Raingarde avait depuis longtemps voué toute sa vie à Dieu et ne tarda pas, une fois veuve, à entrer à l’abbaye de Marcigny, où elle donna les signes des plus humbles vertus. Elle mourut très saintement le 24 juin 1135.

On peut imaginer aisément l’ambiance qui régnait dans cette belle famille, avec une telle maîtresse de maison.

Pierre, donc, était né vers 1092, et fut consacré à Dieu dès l’enfance.

Il fut élevé au prieuré bénédictin de Sauxillanges, émit les vœux sous Hugues de Cluny (v. 29 avril), fut écolâtre (professeur) et prieur à Vézelay sous Pons de Melgueil, élu prieur près de Grenoble en 1120, et abbé de Cluny en 1122.

En 1124, devant se déplacer en Aquitaine, on l’informa que son ancien abbé de Vézelay, Pons, profitait de son absence pour envahir et dévaliser Cluny ! Il le fit excommunier.

En 1130, il prit décidément parti pour le pape légitime.

L’abbaye de Cluny, qui compta jusqu’à quatre-cents moines sous Pierre, était arrivée à sa plus haute splendeur ; elle devait décliner après Pierre, victime de cette même splendeur, qui corrompt l’âme de l’intérieur quand l’homme, même moine, s’habitue à la gloire.

En 1132 d’ailleurs, Pierre réunit un chapitre général de deux cents prieurs, pour restaurer la discipline dans l’Ordre et, en 1146, promulgua des statuts concernant la liturgie et les coutumes.

En 1135, Pierre eut la charité d’accueillir Abélard, universellement condamné, poursuivi et chassé. Il organisa aussi une rencontre de réconciliation entre Bernard de Clairvaux et Abélard. A la mort de ce dernier, il fit écrire sur sa tombe une formule de pleine absolution de tous ses péchés.

L’abbatiat de Pierre dura trente-quatre ans ; pendant ce tiers de siècle, Pierre encouragea beaucoup l’étude, la copie de manuscrits, tant religieux que des auteurs païens. Il tint une ample correspondance avec beaucoup de personnages, des papes aux bienfaiteurs, et avec saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août) ; l’attitude de ce dernier ne fut pas toujours réservée vis-à-vis de Cluny, mais Pierre l’amena à plus de douceur et ils furent bons amis.  Pierre conbattit aussi l’hérésie de Pierre de Bruys.

Il reçut des missions diplomatiques importantes, pas toutes couronnées de succès. 

Particulièrement digne de mention fut sa démarche en direction des Musulmans ; à leur égard, il fit traduire en latin le Coran, entre 1141 et 1143, et qu’il intitula : Lex Mahumet pseudoprophetae. Il réfuta les doctrines des Musulmans, et leur disait gentiment : Je vous invite au salut. Il préférait la discussion pacifique et respectueuse à la démarche des croisades.

Il fut sévère à l’adresse des Juifs, contre lesquels il écrivit un traité : Adversus Iudæorum inveteratam duritiem («contre la dureté invétérée des Juifs», reprenant l’expression du Christ dans l’Evangile, qui reproche aux Pharisiens leur endurcissement, cf. Mc 10:5).

Pierre eut quelques démêlés avec Vézelay, et rédigea en 1145 une charte de bons rapports entre la commune et l’abbaye. En 1154, les prieurés anglais et italiens cherchèrent à se rendre indépendants de l’abbaye centrale. Les dernières années, il connut des tristesses, victime de son désir de paix et de modestie : on profitait de sa douceur. L’abbaye, justement et comme on l’a dit plus haut, périclita après lui.

Pierre s’éteignit le jour de Noël, 25 décembre 1156.

C’est l’empereur Barberousse qui en 1153 lui donna le titre de Vénérable (à moins qu’il l’ait répété après l’avoir entendu d’autres, plus admiratifs. 

Pierre n’a pas été béatifié ni canonisé, quoique Rome ait autorisé en 1862 de le mentionner parmi les Saints fêtés globalement à Clermont ; le Martyrologe Romain a accueilli récemment le bienheureux Pierre le Vénérable, au 25 décembre.

 

 

Bentivoglio de Bonis

1188-1232

 

Bentivoglio est un prénom italien rare, mais dont la formule est couramment utilisée dans cette langue : dire à un Italien «Je te veux du bien» (Ti voglio bene), c’est lui exprimer combien on l’estime, qu’on lui est reconnaissant.

Bentivoglio, donc, naquit en 1188 à San Severino Marche (Italie CE), de pieux et nobles parents, Giraldo de Bonis et Albasia.

Il fut sans tarder attiré par l’idéal et la parole enflammée d’un Franciscain, Paolo de Spolète, et fut admis à Assise par saint François lui-même (v. 4 octobre).

Ordonné prêtre, il devint un modèle accompli de simplicité, d’humilité, de pénitence. Infatigable dans son zèle pour annoncer la Parole de Dieu, il fut favorisé du don des miracles et des extases.

Ainsi, le curé de San Severino fut tellement frappé par une de ces extases, qu’il demanda à être admis parmi les Frères de François.

Un des autres prodiges signalés fut le suivant. Bentivoglio était chargé d’assister un lépreux au couvent Ponte della Trave et ce jour-là s’y trouvait seul, lorsque lui arriva l’ordre de rejoindre sans tarder un autre couvent à Potenza Picena, à vingt kilomètres. Que faire du malheureux lépreux ? Il le chargea sur ses épaules et se mit en marche au petit matin ; avant même le lever du soleil, il était arrivé à destination. Il est évident que tout le pays fut témoin et raconta l’épisode. Dieu avait ainsi récompensé l’obéissance spontanée du Frère.

Bentivoglio s’endormit dans le Seigneur, au jour de la naissance du Sauveur, le 25 décembre 1232, aussitôt vénéré comme un Saint.

Le culte voué à Bentivoglio fut confirmé en 1852.

 

 

Iacopo de’ Benedetti de Todi

1230-1306

 

Iacopo (Jacques) naquit vers 1230 à Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), de famille bourgeoise.

Il étudia le droit à Bologne, obtint le doctorat et revint exercer à Todi.

Avocat habile, juriste mondain, il ne résistait pas à certaines manières originales dans son acoutrement. Il aimait la vie. Il épousa Vanna (Jeanne) di Bernardino di Guidone, dont il eut une fille.

Un accident, lors d’une fête, causa la mort de son épouse en 1268 : une estrade s’écroula. Iacopone s’aperçut alors que son épouse portait un cilice. Tout ceci fit profondément réfléchir le juriste, qui sans attendre vendit ses biens, prit l’habit d’ermite et vécut en vagabond.

Il restait très original, mais dans la pénitence, par exemple il s’ «humiliait» à marcher à quatre pattes harnaché comme un âne…  C’est dans ces circonstances que les enfants le surnommèrent Iacopone («gros Jacques»). Il ne manquait pas une occasion de souligner la vanité de la vie.

En 1278, il frappa à la porte des Franciscains de Todi. Le Gardien était en droit d’hésiter un peu pour admettre un tel candidat ! Iacopone devint frère convers. Ses mortifications continuaient.

Voulant expier sa gourmandise d’autrefois, il se procura des abats, qu’il suspendit dans sa cellule, juste pour les humer et s’imposer de les voir, de s’en approcher, sans y toucher. Les beaux morceaux devinrent une charogne infecte, dont l’odeur se répandit bien en-dehors de la cellule ; le Frère Iacopone n’eut pas de peine à «avouer» sa pénitence ; on lui en donna une autre : d’être enfermé à la fosse d’aisance. On verra là que les moines, eux aussi, ne manquaient pas d’originalité.

Dans la querelle qui opposa les Franciscains «spirituels» et les «conventuels», il prit énergiquement parti pour les spirituels, appuyés par le pape Célestin V (celui qui devait démissionner), et se permit de brimer le pape qui favorisait les conventuels : Boniface VIII l’excommunia, le fit emprisonner, et pendant plusieurs années. Même durant l’année sainte 1300, le pape lui refusa l’absolution. Il ne fut libéré qu’à la mort du pape en 1303.

Iacopone, désormais septuagénaire et affaibli, fut recueilli chez des Clarisses de Collazzone, qui lui montrèrent toute l’attention possible.

Ce célèbre pénitent écrivit des poèmes qui lui valurent une place dans la littérature italienne. On lui attribue généralement le Stabat Mater, que nous chantons le 15 septembre en la fête de Notre-Dame des Douleurs.

Iacopone mourut saintement à Collazzone le jour de Noël, 25 décembre 1306.

Un culte se développa autour de son tombeau et fut reconnu en 1868, mais Iacopone n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Michaël Nakashima Saburōemon

1583-1628

 

Michaël Nakashima Saburōemon était né vers 1583 à Machiai (Kumamoto, Japon), de parents non chrétiens.

Il fut baptisé à onze ans et, encore adolescent, fit le vœu de chasteté.

Quand le Christianisme fut déclaré hors la loi, Michaël invita celui qui l’avait baptisé, le père Baeza, à venir habiter chez lui ; il y resta jusqu’à son arrestation et sa mort en 1626. Michaël hébergea alors un autre prêtre chez lui, sachant bien quels risques il prenait, mais il était trop heureux d’assister à la Messe chaque jour.

C’est en considération de ce courage fidèle qu’il fut admis dans la Société de Jésus, comme Frère, en 1627.

Il fut arrêté en août de cette même année et resta en prison pendant toute une année.

En septembre 1628, les autorités demandèrent à la population de pourvoir au bois qui aurait servi au martyre des missionnaires. Le Frère Michaël refusa.

Il fut immédiatement dénoncé et arrêté ; sa maison fut confisquée ; il fut durement battu et jeté en prison. Les jours suivants, on le battit plusieurs fois encore, pour le faire apostasier ; il déclara aux bourreaux : Vous pouvez me mettre en morceaux, faire sortir mon âme de mon corps, mais nous n’arriverez pas à faire sortir de ma bouche le moindre mot contre ma foi.

Les bourreaux lui infligèrent la torture de l’eau, en le forçant à ingurgiter d’énormes quantités d’eau au moyen d’entonnoirs enfilés dans les narines. Puis ils sautaient sur son ventre, pour faire ressortir l’eau absorbée. Il résista à l’apostasie ; à un ami qui vint le voir, il dit que, si la douleur devenait insupportable, il invoquait la Sainte Vierge, et la douleur cessait immédiatement.

Le 24 décembre, on procéda à une nouvelle torture de l’eau. Puis on l’emmena à Shimabara, au Mont Unzen, là où jaillissent des eaux sulfureuses ; ces eaux ont la propriété de détruire les chairs en un instant ; les bourreaux le firent d’abord entrer dans une poche d’eau peu profonde, pendant quelques instants, puis dans une poche plus profonde, où les chairs se détachèrent des pieds. Puis on le poussa dans un endroit plus profond encore, où l’eau lui arrivait au cou : quand on l’en sortit, il ne pouvait plus marcher, son corps n’étant qu’une plaie ouverte, laissant apparaître tous les os. On le laissa là toute le nuit, au froid, sur l’herbe. 

Le matin de Noël, 25 décembre 1628, les bourreaux revinrent dès le lever du soleil ; comme le pauvre Michaël ne pouvait plus se déplacer, ils s’ingénièrent à dériver l’eau sulfureuse sur sa tête et son corps. Cet ultime supplice dura encore deux heures. Les seuls mots qui sortirent de la bouche de Michaël furent : Jésus, Marie !

Michaël Nakashima Saburōemon fut béatifié en 1867.

Antonia Maria Verna

1773-1838

 

Guglielmo Verna et Domenica Maria Vacheri, de pauvres paysans de Pasquaro (Rivarolo, Turin, Italie) eurent deux enfants ; la deuxième naquit le 12 juin 1773 et reçut le jour même au baptême le nom de Antonia Maria.

La famille est si pauvre, qu’elle n’a qu’une pièce pour abriter toute la famille, mais on y est très uni dans la foi et les principes chrétiens. Domenica sait enseigner à ses enfants les premiers éléments du catéchisme.

Quand Antonia peut fréquenter les leçons de catéchèse paroissiales, elle s’empresse de répéter ce qu’elle y a appris aux enfants qu’elle réunit autour d’elle. Elle a trois dévotions particulières : l’Enfant Jésus, la Vierge Marie Immaculée, et saint Joseph.

Quand elle a quinze ans, elle parle de se consacrer à Dieu, mais les parents voudraient la marier à quelque bon parti, et il n’en manque pas car la jeune fille attire les regards. Mais Antonia, bien conseillée par son directeur spirituel, fait le vœu de virginité perpétuelle et, pour mettre fin aux prétentions, quitte le pays.

Or, à cette époque, la Révolution française répand ses idées dans l’Italie ; Antonia comprend que la société est menacée par le laïcisme, le naturalisme, le rationalisme, par les soi-disant «droits de l’homme», en opposition avec les devoirs de l’homme envers son Créateur.

Antonia n’a que dix-huit ans, mais comprend que pour contrer cette invasion d’idées perverses, il faut agir au niveau de l’éducation, et de l’éducation chrétienne.

Après son vœu de virginité, elle veut reprendre et compléter sa propre instruction, et retourne sur les bancs de l’école : huit kilomètres à pied chaque jour, dans la prière et la pénitence, pour fréquenter la Scuola del Gesù (Ecole du Jésus ou Institut Rigoletti) à San Giorgio Canavese. Elle reprend à Pasquaro son activité apostolique, instruisant les enfants, ramenant les plus grands aux pratiques chrétiennes, réconfortant les faibles et les affligés, patiemment.

Pasquaro ne lui suffit plus : elle s’établit dans la localité proche, Rivarolo Canavese, entre 1796 et 1800. Période très difficile, à cause de l’invasion des idées révolutionnaires françaises, et des troupes napoléoniennes ; la population s’appauvrit, la délinquance s’élargit.

La petite maison d’Antonia lui sert de cloître, de chaire d’enseignement, mais est trop petite, car elle veut assister les malades. Elle commence de s’entourer de compagnes ; une première communauté est en train de se constituer, qui vont s’appeler les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception.

On est dans les premières années du 19e siècle, mais Antonia devra attendre 1828 pour recevoir les premières lettres patentes de l’approbation et prendre un habit religieux. 

Comme il est question, de la part des Pères Lazaristes de Turin, d’ «annexer» ces Sœurs de la Charité à celles fondées en France par saint Vincent de Paul (v. 27 septembre), Antonia se met sous la protection de l’évêque d’Ivrea, qui lui donne l’approbation ecclésiastique en 1835. Les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception s’appelleront désormais «d’Ivrea», là où Antonia établit la maison-mère.

Antonia Maria meurt le jour de Noël 1838 à Rivarolo Canavese.

Elle a été béatifiée en 2011. Dans l’Institut, on la fête non pas à son dies natalis (qui est le jour de Noël), mais, exceptionnellement, le 12 juin, anniversaire de sa naissance sur terre.

Les Sœurs se donnent de tous côtés, gratuitement, sans réserve, par amour de Dieu, à l’image de Marie Immaculée. Elles se sont répandues en Italie, au Moyen-Orient, en Amérique. Ce sont elles qui œuvrent à la basilique de l’Annonciation à Nazareth.

Le miracle retenu pour la béatification de la Mère Antonia Maria se produisit en 1947 à Zurich (Suisse). Le 26 décembre au soir, le médecin d’une des Religieuses, malade de broncho-pneumonie, affirme qu’il n’y a plus d’espoir de la guérir. Les Religieuses prient intensément. Le lendemain matin, croyant venir constater le décès, le médecin constate en fait la parfaite guérison de la Religieuse.

 

Un événement vraiment miraculeux se produisit à Turin en 1859, en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre.

Deux époux décidèrent de passer au protestantisme et voulurent vendre de vieux meubles ainsi qu’un cadre de la Vierge, peint sur bois. Or voilà que les trois acquéreurs se mirent à blasphémer la Vierge Marie et à vouloir briser l’image avec une hache : mais c’est la hache qui se cassa, et l’image resta intacte. Ils jetèrent l’image au feu, mais seul le bois extérieur brûla, laissant l’image encore intacte. Les profanateurs, pris de panique, s’enfuirent, et le propriétaire cacha l’image. Sa femme voulut à son tour l’asperger d’alcool et la brûler, en vain. Pleins de remords, ils demandèrent conseil à un prêtre, qui leur suggéra de remettre l’Image à une pieuse personne, et les époux décidèrent de la donner aux premières Religieuses qu’ils rencontreraient, au soir de ce mercredi saint de 1860. Les religieuses se trouvèrent être de la Congrégation de l’Immaculée Conception d’Ivrea.

Depuis, l’Image miraculeuse est jalousement conservée par les Religieuses, et exposée à la vénération publique dans leur maison-mère, avec de nombreux miracles qui advinrent successivement et qui furent régulièrement consignés et examinés par un procès canonique.

 

 

Therese von Wüllenweber

1833-1907

 

Therese naquit le 19 février 1833 au château de Myllendonk (Korschenbroich, Mönchengladbach, Allemagne nord), aînée des cinq filles du baron Theodor de Wüllenweber et de Elisabeth Lefort.

Elle fut pensionnaire chez les Bénédictines de Lüttich (Liège) en 1848, et revint deux ans après chez son père, qui l’initia à l’administration de la propriété.

En 1857, elle tenta son admission chez les Sœurs du Sacré-Cœur à Blumenthal (Vaals, Pays-Bas), en 1860 chez celles de Warendorf, en 1861 à Orléans, en 1863 à la Visitation de Mülheim, en 1868 chez les Adoratrices en Belgique : ce fut toujours un échec, car elle n’y trouvait pas sa vocation.

En 1876, elle acquit des bâtiments d’une ancienne fondation à Mönchengladbach, et y ouvrit l’Œuvre Sainte-Barbara, pour des orphelins. 

Elle rencontra en 1882 un jeune prêtre, Franziskus Maria Jordan, qui avait déjà fondé une Société enseignante apostolique. Therese fit des vœux privés.

En 1885, l’Institut féminin se détachait des Salvatoriens et prenait le nom de Sœurs de la Charité de la Mère Dolorosa, tout en restant proche de l’idéal du Fondateur.

En 1888, ils fondèrent ensemble à Tivoli le Second Ordre Enseignant Catholique et Therese put émettre les vœux de religion. Supérieure de son Institut, elle prit le nom de Maria des Apôtres.

En 1893, l’Institut devint la Société du Divin Sauveur, dont la branche féminine prenait le nom distinct de Sœurs du Divin Sauveur ou Salvatoriennes.

Des maisons s’ouvrirent en Europe : Italie, Suisse, Autriche, Hongrie, Belgique ; en Inde et aux Etats-Unis. La Mère voyagea beaucoup pour consolider ces fondations.

A la fin de sa vie, Maria perdit peu à peu la vue, souffrit d’asthme, et mourut de méningite à Noël, le 25 décembre 1907.

L’Institut, qui fut reconnu en 1911 et approuvé en 1926, compte maintenant plus d’un millier de Religieuses dans une vingtaine de pays.

Sa tombe se trouvait à Rome, au cimetière Teutonico. Le corps fut exhumé pour être reporté à la Maison-mère de Rome, en vue de la béatification, qui eut lieu en 1968.

 

 

Adam Chmielowski

1845-1916

 

Le Frère Albert, qui dans le siècle s’appelait Adam Chmielowski, naquit à Igołomia, près de Cracovie en Pologne, le 20 août 1845, premier des quatre enfants de Wojciech et Józefa Borzysławska, qui descendaient de famille noble. 

Adam fut ondoyé le 26 août, et les autres rites du baptême furent complétés en juin 1847 à Varsovie. 

Les quatre enfantsz (Stanisłas, Marian, Jadwiga) grandissent à Varsovie, où déjà Adam se montre charitable envers les pauvres et partageant avec eux ce qu’il avait.

Le papa mourra en 1853. En 1855, avec une bourse d’état, Adam passera une année à l’Ecole des Cadets de Saint-Petersbourg, d’où sa mère le fit revenir, inquiète de l’influence de l’éducation russe sur son fils ; elle l’envoya au lycée de Varsovie. Cette bonne maman mourra en 1859 et l’adolescent sera confié à la tante paternelle, Petronela.

En 1863, c’est l’insurrection polonaise contre l’oppression tsariste. Adam, qui est alors étudiant à l’Ecole d’Agriculture de Puławy, adhéra au mouvement avec enthousiasme, mais fut gravement blessé dans un combat près de Mełchów ; il fut fait prisonnier, on dut l’amputer de la jambe gauche, sans anesthésie, chose qu’il supporta avec un courage exceptionnel.

Grâce à l’intervention de parents, il s’enfuit de la prison mais dut quitter la Patrie. Il se retrouva à Paris où il étudia la peinture ; puis il passa à Gand en Belgique où il fréquenta l’Ecole d’ingénieurs, et reprit les études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Münich en Bavière, jusqu’en 1874, quand il pourra profiter d’une amnistie et retourner dans sa patrie. 

Il chercha un nouvel idéal de vie et se demanda : En cultivant l’art, peut-on aussi servir Dieu ? Jusqu’à présent, sa production artistique ne comprenait que des sujets profanes et il se mit alors à représenter des thèmes sacrés. Un de ses meilleurs tableaux sacrés, son “Ecce Homo”, est l’aboutissement d’une profonde réflexion sur l’amour miséricordieux du Christ pour l’homme, qui conduisit Adam vers une réelle métamorphose spirituelle. Partout où il passait, on notait la cohérence de sa vie avec son idéal chrétien, et il marquait profondément ceux qui le rencontraient.

Convaincu que, pour servir Dieu, il faut Lui dédier et l’art et le talent, il entra en 1880 dans la Compagnie de Jésus (Jésuites) comme frère laïc ; mais il dut interrompre le noviciat au bout de six mois, à cause de sa mauvaise santé.

Ce fut alors une profonde crise spirituelle, qu’il dépassa en commençant une nouvelle vie toute donnée à Dieu et à ses frères. Se trouvant alors chez des parents en Podolia (région de Pologne sous domination russe), il fit connaissance du Tiers-Ordre de saint François, et se mit à visiter les paroisses de la zone, restaurant les tableaux et diffusant l’esprit du Tiers-Ordre parmi la population rurale.

Contraint de quitter la Podolia, il revint à Cracovie où il s’établit non loin des Pères Capucins. Là, il poursuivit son activité de peintre en se donnant en même temps à l’assistance des pauvres, leur destinant ce qu’il gagnait avec ses tableaux.

Sur ses entrefaites, il eutl’occasion de connaître la douloureuse situation de certains mendiants, entassés dans des sortes de dortoirs publics, à Cracovie, et il décida de se porter à leur secours.

Par pur amour de Dieu et du Prochain, Adam renonça au succès que lui donnait la pratique de l’art, au bien-être matériel, aux milieux aristocratiques, et décida d’aller vivre parmi les pauvres, pour les soulager de leurs misères morales et matérielles. Dans leur dignité foulée aux pieds, il voyait le Visage du Christ outragé, et voulait, en eux, Lui redonner Sa dignité.

C’est ainsi que, le 25 août 1887, il endossa une bure grise, prit le nom de Frère Albert et, un an après, avec la permission du Cardinal Dunajewski, prononça les vœux de tertiaire franciscain : c’est là qu’en 1888 commença la Congrégation des Frères du Tiers-Ordre de saint François, Serviteurs des Pauvres. Ceux-ci prirent en charge le dortoir des hommes. Puis ce fut le tour du dortoir des femmes, pris en charge par la branche féminine de la Congrégation, en 1891, sous la maternelle direction de la Servante de Dieu, la Sœur Bernardyna Jabkonska.

Avec sa double Congrégation, dans un esprit de totale disponibilité, il se mit au service des plus pauvres, des déshérités, des laissés-pour-compte, des marginaux et des vagabonds. Il organisa pour eux des maisons d’assistance matérielle et morale, en leur offrant la possibilité d’assumer librement de petits travaux d’artisanat, aux côtés des frères et des sœurs, sous un même toit, leur permettant ainsi de gagner de quoi vivre.

Malgré son invalidité et la prothèse plutôt rudimentaire qu’il portait, il voyageait beaucoup pour fonder de nouveaux refuges en d’autres villes de Pologne, comme aussi pour rendre visite aux maisons religieuses. Ces maisons étaient ouvertes à tous, sans distinction de nationalité ou de religion. En outre, il ouvrit aussi des maisons et des orphelinats pour les enfants et les jeunes, des asiles pour les vieillards et les malades incurables, des soupes populaires. Pendant la première Guerre Mondiale, il envoya ses Sœurs dans les hôpitaux militaires et même aux abords des champs de bataille.

De son vivant, ce furent ainsi vingt-et-une maisons religieuses qui s’ouvrirent, où travaillaient quarante Frères et cent-vingt Sœurs.

Par sa vie exemplaire, il enseigna qu’ il faut être bon comme le pain… que chacun peut prendre pour satisfaire sa faim. Il sut montrer à ses religieux comment vivre dans la plus grande pauvreté évangélique, selon l’exemple de s.François d’Assise. Il confia son œuvre caritative à la Providence divine avec une confiance totale. Sa force lui venait par la prière, l’Eucharistie et l’union au Mystère de la Croix.

Rongé par le cancer à l’estomac, il mourut à Cracovie le jour de Noël 1916, au même endroit où étaient accueillis les pauvres. Avant de mourir, montrant la Vierge de Czestochowa, il dit aux Frères et aux Sœurs : C’est cette Vierge qui est votre Fondatrice, ne l’oubliez pas ; et encore : Avant toute chose, vivez dans la pauvreté.

Ceux qui l’ont rencontré et connu ont gardé de lui un merveilleux témoignage de foi et de charité. A Cracovie et dans toute la Pologne, on l’appelle le Père des Pauvres et aussi le saint François polonais du XXe siècle, pour son esprit de réelle pauvreté évangélique.

L’histoire de l’Eglise est vraiment marquée par l’exemple de Frère Albert. Non seulement il a donné son vrai sens à l’Evangile de la miséricorde du Christ, mais il le reçut dans son cœur et le vécut avec la plus profonde intensité.

Aujourd’hui, les Frères et les Sœurs “Albertins” poursuivent le charisme de leur Fondateur en Pologne, mais les Sœurs sont aussi présentes en Italie, aux Etats-Unis et en Amérique Latine.

Frère Albert a été béatifié le 22 juin 1983 et canonisé le 12 novembre 1989 à Rome.

 

 

Teodora Fracasso

1901-1927

 

Teodora (le nom signifie «Don de Dieu»), naquit à Bari (Italie sud) le 17 janvier 1901, troisième des neuf enfants de Giuseppe, un artiste peintre, et Pasqua Cianci ; elle fut baptisée quatre jours plus tard par son oncle, don Carlo Fracasso. 

Des neuf enfants, ne vécurent que cinq d’entre eux, outre Teodora : Prudenzia, Anna, Domenica et Nicola.

A cinq ans, elle eut un rêve, dans lequel une belle Dame avançait parmi des lys fleuris, puis disparaissait. La pieuse maman de Teodora lui expliqua ce que pouvait signifier cela, et la petite fille promit à la Dame de devenir religieuse.

A l’école chez les Religieuses des Saintes Stigmates, elle se prépara à dix ans pour la Première communion, qui devait avoir lieu le 8 mai 1911. La nuit précédente, elle rêva cette fois-ci de Thérèse de Lisieux, qu’elle ne connaissait pas encore (elle était morte en 1897 et ne devait être béatifiée qu’en 1923, et canonisée en 1925) - qui lui annonçait : Tu seras moniale comme moi, et la nommant Elia.

En outre, le jour de cette Première communion, Jésus lui parla et lui dit qu’elle allait beaucoup souffrir dans sa vie ici bas.

Elle continua sa formation, apprit la couture et la broderie. Elle fit partie de deux associations pieuses, l’une, eucharistique, inspirée de la bienheureuse Imelda Lambertini (voir au 13 mai), l’autre, la Milice Angélique inspirée par saint Tommaso d’Aquino (voir au 28 janvier).

L’adolescente aimait réunit ses amies chez elle pour parler de choses profondes, méditer, prier : c’est ainsi que le petit groupe priait, lisait l’Evangile, l’Imitation du Christ, les vies de Saints, et tout particulièrement celle de Thérèse de Lisieux, qu’elle appelait ma très chère Amie du ciel.

Entrée dans le Tiers-Ordre dominicain, Teodora y fut novice en 1914, avec le nom d’Agnese et fit la profession en 1915, avec une dispense d’âge car elle n’avait que quatorze ans. 

Cette jeune adolescente montrait un zèle apostolique surprenant, par exemple dans son attention envers les ouvriers de l’atelier de son père, les assistants dans leurs maladies, confectionnant de petits cadeaux pour les nouveaux-nés, enseignant le catéchisme aux jeunes enfants…

En 1917, elle eut un nouveau directeur spirituel qui, considérant son charisme particulier, l’orienta vers une autre famille : les Carmélites de Bari.

C’est ainsi que Teodora, alias Agnese, devint sœur Elia de Saint-Clément à partir de 1920, année où elle entra au Carmel et en reçut l’habit.

Evidemment, elle s’abreuva de la «petite voie» de Thérèse de l’Enfant-Jésus.

On pourrait croire que le chemin de la nouvelle Carmélite était tout tracé et que les jours passaient dans l’insouciance : il y a aussi des jalousies et des incompréhensions dans les couvents, et sœur Elia en fut victime.

En 1923, la Mère Prieure la nomma maîtresse de couture dans l’école des petites filles qui dépendait du Carmel ; mais la directrice de l’école, une autre Carmélite, un peu trop sévère et autoritaire, ne voyait pas d’un bon œil l’influence qu’Elia avait sur les fillettes par sa bonté et sa patience, aussi la fit-elle éloigner de cette place au bout de deux ans : Elia dut se replier dans sa cellule, où elle faisait tous les travaux de couture qu’on lui apportait.

La Prieure cependant l’estimait beaucoup, et la nomma à la sacristie.

Cette année-là, en 1925, l’année de la canonisation de la Carmélite de Lisieux, Elia fit la profession solennelle.

Une de ses sœurs la rejoignit au Carmel, prenant le nom de la sœur de sainte Thérèse, Celina.

En janvier 1927, une forte grippe secoua la jeune Religieuse, avec des maux de tête effrayants, dont elle ne se plaignait pas. Le 21 décembre, une forte fièvre et d’autres symptômes commencèrent à inquiéter les Religieuses. Le médecin diagnostica le 24 une possible méningite, sans s’allarmer cependant. Le 25, jour de Noël, deux autres médecins ne purent que constater l’irréversibilité du mal.

Sœur Elia mourut à midi, ce 25 décembre 1927, accomplissant sa prophétie : Je mourrai un jour de fête.

Teodora-Agnese-Elia fut béatifiée en 2006.

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  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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