Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 00:00

29 OCTOBRE

 

III.

S Felicianus, évêque à Carthage et martyr.

S Narcisse, élu, déjà centenaire, évêque à Jérusalem ; on lui adjoignit un coadjuteur, premier cas dans l'histoire, et il mourut à cent-seize ans ; il était d'accord avec Rome sur la date de Pâques ; un jour qu'on manquait d'huile pour la veillée de Pâques, il fit remplir d'eau les lampes à huile, et l'eau se changea en huile.

IV.

S Zenobius, médecin, prêtre et martyr à Antioche.

S Abraham, ermite à Beth-Kiduna où il convertit les païens.

V.

S Honoratus, évêque à Verceil ; il connut l'exil comme s.Eusèbe, son maître, auquel il succéda ; il donna le viatique à s.Ambroise.

VI.

S Theodarius, abbé à Vienne, où il avait fondé plusieurs monastères.

S Térence, évêque à Metz.

Ste Ermelinde, vierge flamande, d'une famille qu'on dit ancêtre des Carolingiens.

VII.

S Bond (Baldus), espagnol, instruit dans la Foi à Sens par l’évêque s.Arthème ; il serait arrivé là pour mener une vie pénitente, après avoir tué sans le savoir ses propres parents. 

S Colman mac Duagh, évêque-abbé en Irlande.

S Ingaud, sourd-muet (près d'Amiens), qui fut guéri avec de l'huile bénite que s. Salve, son maître, lui passa sur le front.

VIII.

S Dodon, disciple de s. Ursmer, abbé à Moustiers-en-Fagne.

IX.

Ste Anne, veuve, qui vécut en moine avec le nom de Euphémien, à Byzance.

XI.

S Etienne, évêque à Caiazzo.

S Ethelnoth, bénédictin, évêque à Cantorbury.

XII.

S Abraham, abbé à Rostov, apôtre dans cette région ; il vécut après le schisme de 1054, mais il est reconnu par l'Eglise romaine.

XIX.

S Gaetano Errico, prêtre napolitain, fondateur - sur révélation divine - des Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, béatifié en 2002, canonisé en 2008.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José Ruiz Bruixola (*1857) (le 28 au Martyrologe).

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : près de Tarragona, Arsenio Merino Miguel (Augusto María, *1884) ;

Filles de la Charité : près de Valencia, Victoria Arregui Guinea et Joaquina Rey Aguirre (*1894, 1895).

Felicianus de Carthage

?

 

On croit communément que Felicianus reçut la couronne du martyre en Afrique, et probablement à Carthage, à une époque inconnue.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Felicianus de Carthage au 29 octobre.

 

 

Narcisse

(† 212 env.)

 

Saint Narcisse fut le trentième évêque de Jérusalem.

Quand il fut élu évêque vers 195, il devait avoir environ cent ans ; l’usage de Jérusalem devait être de choisir des candidats très âgés, si l’on en juge par la brièveté des épiscopats.

Narcisse présida avec Théophile de Césarée un concile réuni en Palestine pour traiter de la question de la date de Pâques : ils étaient d’accord avec l’Eglise de Rome pour la fixer au dimanche suivant le 14 nisan.

C’est justement pendant la grande veillée de Pâques que Narcisse fit un miracle dont Eusèbe nous a transmis le souvenir. L’huile vint à manquer aux diacres et tout le peuple en conçut une vive inquiétude ; Narcisse ordonna de puiser de l’eau et de l’apporter près de lui, pria sur elle et commanda de la verser dans les lampes. On lui obéit : l’eau se transforma en huile. Beaucoup de fidèles voulurent en garder un peu comme souvenir.

La sainteté de Narcisse lui attira la haine d’individus dépravés qui, pour échapper à sa sévérité, prirent les devants en lançant contre lui une terrible calomnie, dont on ignore la nature ; ils osèrent la confirmer par de faux serments, se déclarant prêts à mourir par le feu, à être dévorés de lèpre ou à perdre la vue s’ils mentaient. Bien que le peuple n’ait rien cru de ces allégations, Narcisse qui désirait la vie solitaire s’en alla. Mais les imprécations de ses ennemis portèrent leurs fruits. Le premier périt dans l’incendie de sa maison, le corps du second ne fut plus qu’une plaie. Terrorisé, le dernier avoua leur mensonge et pleura tant qu’il en perdit la vue.

Cependant les évêques voisins, ne pouvant savoir ce qu’était devenu Narcisse, imposèrent les mains à Dios, qui siégea peu de temps et fut remplacé par Germanion, puis par Gordios. Narcisse alors reparut à Jérusalem, fut reçu triomphalement et rentra dans sa charge, peut-être pendant un certain temps conjointement avec Gordios qui s’en alla ou mourut avant lui.

Narcisse se déclara bientôt incapable de continuer à remplir les fonctions épiscopales à cause de son âge. En 212 saint Alexandre, évêque en Cappadoce (v.18 mars), récemment sorti de prison, vint en pèlerinage à Jérusalem où les fidèles le contraignirent à rester comme coadjuteur de Narcisse, d’accord avec les évêques du voisinage ; c’est le premier exemple qu’on connaisse dans l’Eglise d’un transfert de siège et d’établissement d’un coadjuteur.

Une lettre d’Alexandre aux habitants d’Antinoë (Egypte), se termine par ces mots : Narcisse vous salue. Il a gouverné avant moi l’Eglise de ce pays et maintenant il exerce encore l’épiscopat conjointement avec moi par ses prières. Il achève ses cent seize années et vous exhorte comme moi à être dans la concorde.

On ne sait pas la date exacte de la mort de Narcisse, que le témoignage plutôt suspect de saint Epiphane repousse jusqu’en 222.

Saint Narcisse est commémoré le 29 octobre au Martyrologe.

 

 

Zenobius d’Antioche

4. siècle

 

Zenobius était un excellent médecin, et prêtre de l’Eglise de Sidon (act. Saïda, Liban).

Lors de la dernière persécution, vers 303-305, il aurait été auprès des Chrétiens persécutés pour les encourager à demeurer fermes dans la Foi. A son tour, il fut amené à témoigner de sa foi, fut torturé et finalement mourut à Antioche de Syrie.

On peut, sans risque d’erreur grave, situer ce martyre vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zenobius d’Antioche au 29 octobre.

 

 

Honoratus de Verceil

† 415

 

Honoratus était un discple de s.Eusèbe de Verceil (Piémont, Italie NW, v. 2 août).

En 355, il accompagna ce dernier dans son exil, qui dura six ans. On a dit qu’Eusèbe fut exilé et prisonnier en Palestine, puis en Cappadoce, enfin en Egypte.

A son retour, Eusèbe reprit son diocèse et eut pour successeur Limenius, puis Honoratus lui-même.  C’est s.Ambroise (v. 7 décembre) qui prépara cette élection, en 396. Honoratus fut donc le troisième évêque de Verceil.

Le 4 avril 397, Honoratus était au chevet de s.Ambroise mourant, à qui il donna le Viatique.

Honoratus mourut le 29 octobre 415.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Honoratus de Verceil au 29 octobre.

 

 

Abraham de Beth-Kiduna

† 366

 

Les parents de cet Abraham étaient d’une grande famille d’Edesse d’Osroène (auj. Şanlıurfa en Turquie).

Ils le fiancèrent dès son enfance et le contraignirent plus tard à se marier. Mais sept jours après le mariage, il s’échappa furtivement et alla se cacher non loin de la ville dans une cabane isolée.

Il vécut ainsi pendant dix ans dans de continuelles austérités.

L’évêque d’Edesse avait besoin d’un saint prêtre pour évangéliser Beth-Kiduna et ordonna prêtre Abraham. Celui-ci dut s’incliner.

Il commença par bâtir une église à Beth-Kiduna ; il alla un jour dans le temple païen pour y briser les statues d’idoles, ce pour quoi il dut souffrir beaucoup de tourments de la part des habitants.

Mais la patience d’Abraham eut raison de l’aveuglement des gens, qui se convertirent et reçurent le baptême. Alors Abraham se retira secrètement et regagna sa petite cellule.

Il n’en sortit à nouveau que pour aller trouver sa nièce Maria (ou Myriam). Celle-ci se prostituait. Abraham l’attira à la conversion et l’installa dans une solitude du désert : la pécheresse y vécut désormais dans de dures pénitences.

Abraham mourut à soixante-dix ans, en 366 ; il en avait passé cinquante dans sa petite cellule.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Abraham de Beth-Kiduna au 29 octobre.

 

 

Theodarius de Vienne

† 575

 

Il s’agit ici d’un Saint gaulois, et non autrichien.

Theodarius (Theudier, Theudère) naquit au début du 6e siècle dans la province de Vienne (Gaule), de parents nobles.

Ayant renoncé aux biens de la terre, il alla trouver s.Césaire d’Arles (v. 27 août) pour appuyer sa demande d’intégration à l’abbaye de Lérins. Césaire, découvrant la perle qui se présentait à lui, le retint et le prépara au sacerdoce.

Une fois ordonné, Theodarius revint à Vienne, où il eut une activité prodigieuse de bâtisseur : un oratoire en l‘honneur du Christ pour y vénérer s.Eusèbe de Verceil (v. 2 août) ; une basilique Saint-Symphorien ; à Alarona, un monastère d’hommes et un oratoire Saint-Pierre ; à Assicia, un oratoire Saint-Maurice ; sur le mont Ruspianus, une basilique Sainte-Marie, avec des moines qui suivaient la règle des saints Pères.

Theodarius fut ainsi quelque temps l’abbé de ces moines.

L’évêque alors invita Theodarius à venir s’établir dans Vienne, pour qu’il y eût là un contemplatif qui prierait pour le peuple.

Theodarius se fixa sur une colline proche. Ce fut dès lors un mouvement continu de gens qui accouraient au prêtre pénitencier, pour obtenir la guérison de l’âme ou du corps. Theodarius ne se montrait pas, ouvrant seulement une petite fenêtre pour faire entendre sa réponse.

Ceci dura une douzaine d’années, ce qui peut nous aider à situer la mort de Theodarius vers 575.

Par la suite, s.Theudère fut aussi appelé s.Chef, pour des raisons mal connues, d’ailleurs discutées par les historiens.

Saint Theodarius de Vienne est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Colman mac Duagh

560-632

 

Colman naquit vers 560 à Cork (Kiltartan, County Galway, Irlande), «fils de Duac» (mac Duach), roi, et de la reine Rhinagh.

Pour son éducation, il fut envoyé au monastère de s.Enda sur l’île d’Inis Mór.

Il se construisit une église (Teampuill Mor Mhic Duagh), un petit oratoire (Teampuill beg Mhic Duagh), et quelques autres aussi.

Il vécut en reclus, s’imposant de longs jeûnes et d’autres mortifications, d’abord sur l’île d’Inis Mór (Inishmore), puis , vers 590, dans une caverne du Boireann (Burren), alors couverte de forêt.

Il était parent du roi Guaire Aidne mac Colmáin, avec lequel il fonda en 610 le monastère de Kilmacduagh («église du fils de Duach»).

Colman fut abbé-évêque de ce monastère pendant plus de vingt ans.

Une très plaisante anecdote se raconte sur la sainteté de Colman. Il aimait et respectait profondément toutes les bêtes. Il réussit à apprivoiser une petite souris qui, pendant longtemps, vint se frotter contre l’oreiller de Colman pour le réveiller au moment de prier la nuit.

Il dressa aussi une mouche, en la priant de se poser sur son parchemin de prières juste à l’endroit où il se serait arrêté si on l’appelait ; c’est ainsi qu’un jour où il reçut la visite d’un pèlerin de passage, il pointa de son doigt l’endroit où il s’était arrêté de lire et la mouche y resta, pendant plus d’une heure.

Mais une mouche ne vit pas longtemps ; cette fidèle petite bête mourut à la fin de l’été ; et la souris également. Colman en était tellement attristé qu’il l’écrivit à s.Colomba (v. 9 juin), qui lui répondit : Tu étais trop riche avec ces bêtes, c’est pourquoi tu es triste maintenant. C’est ce qui arrive lorsqu’on est riche. Ne sois plus riche désormais.

Colman mourut le 29 octobre 632.

Plusieurs des oratoires qu’avait construits Colman sur l’île d’Inis Mór, furent détruits sous Cromwell.

Saint Colman mac Duagh est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dodon de Moustier-en-Fagne

681-750

 

Dodon naquit dans la propriété de ses parents au Vaux (Lomme, Nord).

Il reçut le baptême des mains de s.Ursmer (v. 18 avril).

Il n’avait que sept ou huit ans, lorsqu’il vint à l’abbaye de Lobbes, qui était dirigée par s.Ursmer.

Peu après 697, Ursmer choisit Dodon pour être à la tête du nouveau monastère de Wallers (Moustier), mais Dodon préféra se retirer et vivre en ermite non loin de là, vivant d’eau et de racines.

Il recherchait la solitude, mais Dieu lui donna le don des miracles, et il guérit de nombreux malades qu’on lui amenait. Il guérissait particulièrement les rhumatismes et les douleurs de reins (peut-être aussi parce que le nom de «Dodon» évoquait le «dos»).

Dodon mourut vers 750, en grande odeur de sainteté. On l’enterra à l’endroit de sa cellule d’ermite.

Le prieuré, cependant, fut détruit et reconstruit en 844 ; puis il fut entièrement brûlé par les Normands et ne fut rebâti qu’un siècle plus tard.

Mais si les bâtiments matériels n’étaient plus sur pied, les miracles, eux, continuaient, rendant vraiment célèbre le nom de Dodon, au point que l’évêque, en 889, procéda au transfer du corps de Dodon à l’intérieur du monastère de Wallers.

En 891, ce monastère de Wallers fut à son tour dévasté par une nouvelle invasion barbare ; les restes de Dodon furent épargnés, mais on les oublia. Un prieur, Liutbert, stimula la générosité de tous les habitants pour relever les murs du petit prieuré de Wallers : le monastère reprenait vie en 950. Mais la Providence ne voulait pas laisser dans l’ombre les restes précieux de Dodon. Liutbert fut averti par trois fois d’en informer le doyen puis l’évêque. C’est alors que le corps de Dodon fut solennellement «élevé», transporté avec grande solennité devant le maître-autel (953).

Plus tard, ce petit monastère fut appelé Monasterium in Fania, Moustier-en-Fagne.

Le dernier prieur sera arrêté en 1793 par les révolutionnaires.

Une communauté de Bénédictines s’y est installée en 1968, et une de Bénédictins en 1981, dans un bâtiment proche.

Saint Dodon de Moustier-en-Fagne est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

Abraham de Rostov

† 1075

 

Cet Abraham naquit à la fin du 11e siècle près de Galich (Russie) de parents païens, qui le nommèrent d’abord Averkii.

Jeune, il eut une très grave maladie (peut-être même jusqu’à un état pré-comateux), mais il invoqua le nom de Jésus et fut guéri. Ce n’était d’ailleurs pas la première «manifestation» céleste dont il était favorisé durant sa jeunesse.

Reconnaissant pour sa guérison, il se convertit au christianisme, reçut le baptême et laissa la maison familiale pour entrer au monastère de Valaam, où il prit alors le nom d’Abraham.

Une révélation céleste l’appela à Rostov, pour y prêcher l’Evangile. Cette ville était encore sous le joug païen et Abraham annonça Jésus-Christ aux populations, qui l’acceptèrent. Il eut une vision de l’apôtre Jean, dont il reçut un bâton, avec lequel il abattit une statue de l’idole Volos, dieu des troupeaux.

La population se rendit compte que les troupeaux ne subissaient aucun dommage après la destruction de cette idole, et demandèrent la baptême. Abraham eut une spéciale attention pour les enfants, dont bon nombre devinrent moines. Il organisa aussi l’assistance aux pauvres.

Il construisit une première église, dédiée justement à l’apôtre Jean, puis une seconde sous le vocable de l’Epiphanie (Théophanie, comme on dit en Orient), à laquelle il adossa un monastère.

Il tint à diriger le monastère, mais pas en «chef» ; il se chargeait d’humbles tâches, portait l’eau, lavait le linge des autres.

Il eut aussi à combattre le Démon en face ; ce dernier, sous les apparences d’un soldat, alla «dénoncer» l’abbé auprès du roi, et le traîna jusqu’à lui, mais Abraham joignit les mains, pria, et le «soldat» disparut à l’instant. Le roi concéda par la suite des terres au monastère.

La direction de ce monastère n’empêcha pas Abraham de continuer l’évangélisation de la région. Il fut vraiment le père des multitudes (cf. Gn 17:5).

Il mourut vers 1077, un 29 octobre. Des historiens supposent qu’il mourut plus tôt, vers 1073.

Il fit l’objet d’un culte dès le 12e siècle. Quoiqu’ayant vécu après le schisme historique de 1054, il a été reconnu par Rome pour le calendrier de l’Eglise uniate de Russie, mais n’est pas inscrit dans notre Martyrologe Romain.

 

 

Gaetano Errico

1791-1860

 

Gaetano Errico était le troisième des dix enfants de Pasquale, fabriquant de pâtes, et de Maria Marseglia, tisseuse. Il naquit le 19 octobre 1791 à Secondigliano (Naples, Italie) et fut baptisé le lendemain. Il y recevait les noms de Gaetano Cosma et Damiano, ces deux derniers Saints étant les patrons de la paroisse.

Il fit des études à l’école du village gérée par deux prêtres, don Tagliamonte et don Vitagliano.

Il fit la première Communion à sept ans (c’était tôt, pour l’époque), et reçut la Confirmation à onze ans.

A quatorze ans, il demanda à être admis chez les Capucins, puis chez les Rédemptoristes, mais on lui objecta à chaque fois son trop jeune âge. Il fit donc des études au séminaire diocésain ; mais comme ses parents étaient trop pauvres pour payer l’internat, il resta externe et faisait la route à pied, huit kilomètres chaque jour, qui finirent par susciter l’admiration des habitants. On disait même : Voilà saint Gaetano qui passe.

Gaetano ne se contentait pas de bien étudier ; il communiait chaque jour à la messe, visitait chaque jeudi les malades de l’hôpital de Naples en leur portant quelque petite friandise achetée sur ses économies, et le dimanche faisait de la catéchèse aux plus petits, avec son crucifix.

Il fut ordonné prêtre en 1815.

Pendant vingt ans il fut maître d’école, en même temps que curé de la paroisse SS. Côme et Damien à Naples. Là, on put remarquer le soin qu’il apportait à s’occuper des malades et à recevoir les pénitents au confessionnal.

Il n’avait pas pour autant abandonné les Rédemptoristes, chez lesquels il faisait chaque année une retraite. En 1818 il eut une vision de leur fondateur, s. Alfonso de Liguori (v. 1er août), qui l’invitait à fonder une nouvelle congrégation et à construire une nouvelle église.

Ayant recueilli les fonds nécessaires, don Errico fit construire l’église Notre-Dame des Douleurs, qui fut consacrée en 1830, malgré l’obstination de quelques adversaires à vouloir l’empêcher à tout prix.

Il fit sculpter une grande statue de Notre-Dame des Douleurs. On dit qu’il en fit refaire plusieurs fois le visage, et qu’à la fin il fit : C’est comme çà qu’elle était, ce qui fit supposer qu’il avait dû la voir dans quelque autre vision.

Puis Il se construisit aussi non loin de là une petite habitation, ensuite agrandie, pour loger les prêtres qui voudraient comme lui répandre l’amour de Dieu pour les pécheurs, dans des missions populaires.

De là se forma la congrégation des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. A partir de 1833, la congrégation se développa et les maisons furent bientôt nombreuses en Italie. En 1846, elle fut définitivement approuvée par le pape.

Les Missionnaires s’engagent à proclamer la Parole aux populations, à prêcher des Exercices spirituels dans les instituts de religieuses, et à recevoir les pénitents dans le Sacrement de la Réconciliation.

Don Gaetano conquit la sainteté par la prière et la pénitence. Sa mère voyait les traces de sang sur ses chemises (on a trouvé ses disciplines, faites en petites cordes ou même avec des fils métalliques). Il priait longuement, à genoux, et l’on peut observer dans sa cellule la trace qu’y ont laissée ses genoux par-terre. Il se contentait d’une soupe les vendredis et samedis, il ne prenait que du pain et de l’eau le mercredi et en d’autres jours de l’année (veilles de grandes fêtes) ; souvent il dormait par-terre, et toujours portait un cilice qui lui enveloppait la poitrine, les bras et les jambes.

Don Gaetano Errico mourut le 29 octobre 1860, fut béatifié en 2002 et canonisé en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et imprévisible d’un homme italien souffrant d’un grave ulcère d’estomac nécessitant une opération d’urgence. A peine une relique de Gaetano Errico fut posée sous l’oreiller du malade, que celui-ci se sentit mieux et demanda à boire. Le lendemain matin, tout était passé, et la radiographie ne montrait plus trace de l’ulcère.

 

 

 

José Ruiz Bruixola

1857-1936

 

José était de Foios (Valencia, Espagne), né dans une famille ouvrière très chrétienne, le 30 mars 1857.

Il fréquenta le séminaire de Valencia où il fut remarqué comme élève excellent, de sa personne et par son intelligence. Ses études furent brillantes.

Ordonné prêtre en 1882, il recouvra divers postes : Quart de Poblet d’abord, puis Valencia où il fut vicaire dans plusieurs paroisses : Saint Nicolas, Saint Pierre, Sainte Catherine, Saint Augustin, Saint Etienne, enfin curé à Saint Nicolas (1923).

Il s’était affilié à une congrégation missionnaire qui organisait des prédications populaires ; il eut un soin particulier des populations pauvres ; comme curé, il se consacra à la beauté de son église et au soin du culte ; il se donnait beaucoup à la catéchèse et à la promotion de l’apostolat laïque, fondant dans cette paroisse l’Action Catholique ; il n’oubliait pas non plus les malades, qu’il visitait avec grande joie.

A l’égard du clergé, il forma une sorte d’école de spiritualité pour rehausser le niveau spirituel des prêtres.

Au moment de la révolution, il regagna son pays natal, où il continua à exercer le saint ministère, clandestinement.

C’est là qu’il fut arrêté, en octobre, avec d’autres personnes.

Il fut enfermé dans une maison de Foios, où il redonnait courage à tous ceux qui s’y trouvaient aussi enfermés, les exhortant à accepter de mourir en martyrs pour le Christ. Tous se confessèrent, prièrent le chapelet, qu’ils n’eurent cependant pas le temps d’achever avant d’être conduits au lieu du martyre.

On les conduisit tous à vingt-cinq kilomètres de Foios, au cimetière de Gilet, à minuit.

Le père José demanda seulement à être fusillé en dernier, pour continuer d’assister les autres au moment suprême. Pendant tout ce temps, il continuait à prier le chapelet.

Parmi les autres victimes, il y avait une religieuse assez vive, Joaquina (elle aussi bienheureuse maintenant), qui arracha des mains du bourreau son arme : le père José l’exhorta à ne pas perdre cette occasion d’entrer victorieusement au ciel ; alors elle restitua l’arme, demanda pardon pour sa «lâcheté», demanda au père José l’absolution, exprima son pardon envers le bourreau et reçut alors les balles fatales, pendant qu’elle criait : Vive le Christ Roi !

A son tour le père José pardonna aux bourreaux, avant d’être fusillé, le dernier. Il était âgé de presque quatre-vingt ans.

José Ruiz Bruixola est mentionné le 28 octobre au Martyrologe : le martyre ayant commencé à minuit, le père José dut mourir aux premières heures du 29, ce qui explique que certaines sources donnent le 29 comme son dies natalis.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Salvador Damián Enguix Garés

1862-1936

 

Salvador Damián était né à Alcira (Valencia, Espagne) le 27 septembre 1862.

Après ses études de vétérinaire, il se maria et eut cinq (ou six) enfants, qu’il éleva presque seul, car son épouse mourut assez jeune.

A partir de 1926, il fut vétérinaire municipal à Alcira.

Catholique fervent, il organisa et dirigea l’Adoration nocturne ; il fit partie de l’Action Catholique et de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul (v. 27 septembre ; Salvador était justement né un 27 septembre).

Durant les épidémies et les inondations, il fit preuve de toute sa charité envers les victimes, les visitant à l’hôpital, dans les maisons pour anciens, et apportant son concours dans les soins médicaux.

Quand éclata la révolution, il donna sa démission de vétérinaire municipal (31 juillet 1936), qui fut acceptée immédiatement. Le 6 août, il fut arrêté pendant quelques heures.

Relâché une première fois, il relevait le courage de ses enfants en leur rappelant la valeur du martyre.

Une deuxième fois il fut arrêté, fin octobre, et enfermé aux Ecoles Pies, transformées en prison.

Le 27 octobre on le fusilla contre le mur du cimetière et les miliciens le laissèrent là, le croyant mort. Le jour suivant, 28 octobre 1936, voulant l’enterrer (ou le faire disparaître), ils ne le trouvèrent pas et le cherchèrent dans les environs. Ils finirent par le retrouver dans une de ses propriétés non loin du cimetière. Ils lui tirèrent dessus jusqu’à son dernier souffle.

Salvador Damián a été béatifié en 2001, et inscrit au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Arsenio Merino Miguel

1894-1936

 

Il vit le jour le 12 décembre 1894 à San Cebrián de Mudá (Palencia) et fut baptisé deux jours après.

En 1907 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1910, à Bujedo, il prit l’habit et le nom de Augusto María, puis revint sur Cambrils pour le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Manlleu, puis fut professeur dans l’atelier de technique à Bonanova, où il se révéla exceptionnellement compétent.

En 1920, il fut appelé au service militaire au Maroc. Eloigné de son Institut, il se rapprochait autant que possible de la maison de Melilla.

Il revint à l’enseignement, mais fut pris de pleurésie qui faillit lui coûter la vie. La convalescence fut difficile ; pendant une année, il fut dans une sorte de dépression, doublée d’un sentiment de misanthropie. Mais sa vie spirituelle demeurait forte, il combattit la tentation, et reprit son activité à Tarragona.

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles.

Notre Augusto, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert, et sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. Durant le chemin, le Frère Augusto réussit à sauter du camion et à se cacher, pendant quelques jours et quelques nuits, mangeant ce qu’il trouvait. La nouvelle se répandit, on le reconnut ; quelqu’un se glorifia de le dénoncer au Comité.

Repris, le pauvre Frère ne tenait plus sur ses jambes et faisait pitié. Il dit aux miliciens : Pourquoi voulez-vous me tuer, si Dieu m’a déjà fait échapper à la mort ? Laissez-moi : je suis un Frère des Ecoles Chrétiennes, je peux m’occuper à instruire vos enfants.

Pour toute réponse, on le fit monter dans une voiture, direction Tarragona, et on l’assassina au lieu-dit Playa Larga. C’était le 29 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Victoria Arregui Guinea

1894-1936

 

Victoria vit le jour le 19 décembre 1894 à Begoña (Biscaye, Espagne), de Venancio et Liboria.

Elle fut éduquée chez les Filles de la Charité, dont elle reçut avec plaisir les habitudes et les exemples ; elle fit partie des Enfants de Marie, commença à servir les nécessiteux et entra au noviciat en 1921 à Pamplona puis Madrid, avant de gagner Valencia.

Elle faisait partie des quarante-six Religieuses qui géraient la Maison de Bienfaisance à Valencia, une œuvre dédiée à l’éducation, la promotion culturelle, l’orientation professionnelle et l’évangélisation.

Victoria était une artiste de l’aiguille, et elle enseigna aux petites filles à broder des ornements d’église, qui furent très appréciés dans toute l’Espagne.

Le 26 juillet 1936, les Religieuses furent expulsées de l’établissement.

Victoria et Joaquina se réfugièrent quelque temps à Foyos, où elles furent finalement arrêtées en octobre, condamnées à mort, et fusillées contre le mur du cimetière à Gilet (Valencia) le 29 octobre 1936.

Victoria fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Joaquina Rey Aguirre

1895-1936

 

Joaquina vit le jour le 23 décembre 1895 à Bilbao (Biscaye, Espagne), de Francisco et Jerónima, qui tenaient un petit commerce et eurent beaucoup d’enfants, dont un footballeur.

Eduquée chez les Filles de la Charité, elle en reçut l’exemple, fit partie des Enfants de Marie, et finit par entrer en 1926 au noviciat des Filles de la Charité à Madrid, non sans avoir dû lutter contre certaines réticences familiales.

Elle faisait partie des quarante-six Religieuses qui géraient la Maison de Bienfaisance à Valencia, une œuvre dédiée à l’éducation, la promotion culturelle, l’orientation professionnelle et l’évangélisation. Elle fut chargée d’en surveiller le bon fonctionnement.

Avec les enfants, elle était très à l’aise ; elle leur enseignait les règles du football, jouait avec eux à la pelote. Sous l’aspect de «garçon manqué», elle conservait un grand cœur, plein de bonté et d’attentions pour les autres.

Pour comprendre le caractère fort de cette Religieuse, il faut rappeler cet épisode : dans une maison où les communistes s’étaient emparés de tous les vêtements recueillis par les Sœurs, ils avaient aussi jeté à terre un crucifix. La Sœur Joaquina le ramassa pieusement et le mit au bout de la table. Ils lui dirent : Laissez-le donc où il était. Et elle : Faut voir le désastre qu’ils ont fait ici… Et alors, qu’est-ce qu’ils y ont gagné ?

En juillet 1936, les révolutionnaires s’installèrent dans la maison, tenant prisonnières les Religieuses, qui ne pouvaient ni aller à la chapelle, ni sortir, ni entrer. Tous les jours, Joaquina leur apportait à manger. Même le directeur de la maison demanda aux miliciens de les respecter tant qu’elles étaient là.

Le 26 juillet 1936, elles furent expulsées de l’établissement, remettant tout aux miliciens, et laissant derrière elles les chers petits enfants.

Joaquina se réfugia dans la famille de Sœur Victoria Arregui à Foyos.

Elles furent bientôt convoquées, arrêtées, condamnées à mort, avec deux autres prêtres, qui avaient commis le crime d’avoir célébré la Messe chez elles.

Juste avant d’être fusillée, Joaquina arracha des mains du bourreau l’arme qu’il tenait, car celui-ci voulait d’abord la violer. Un des prêtre lui suggéra de ne pas perdre cette occasion d’entrer au ciel : Joaquina alors demanda pardon au bourreau, lui rendit l’arme, demanda l’absolution au prêtre, et offrit son pardon aux persécuteurs. Elle tomba en criant : Vive le Christ Roi !

Les quatre victimes furent fusillées contre le mur du cimetière à Gilet (Valencia) le 29 octobre 1936.

Joaquina fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Leoncio Lope García

1902-1936

Claudio Julián García San Román

1904-1936

 

Les pères Augustins avaient accepté en 1902 la direction des Ecoles Saint-Dominique de Santander, au 30 de la rue Ruamayor. La première année, ils eurent quarante élèves, qui furent jusqu’à trois-cents.

C’étaient des enfants de familles pauvres, souvent d’humbles pêcheurs. Les Religieux s’en occupaient paternellement, en même temps qu’ils aidaient aussi les curés de la zone dans le travail pastoral.

La situation était relativement calme, jusqu’en août 1936. La communauté se composait de dix Pères, dont cinq allaient subir le martyre. Au début de la révolution, les pères n’eurent qu’à «supporter» un piquet de garde, de deux miliciens, à qui d’ailleurs ils donnaient un peu à manger, pour les adoucir.

Le 2 août au matin, ce furent une trentaine de miliciens qui se présentèrent en leur donnant deux heures pour quitter le collège. Les Pères sortirent avec leurs bagages et trouvèrent à se loger çà et là. Ils allaient célébrer la messe dans des oratoires privés, et ce jusqu’au 12 septembre.

Les deux premiers qui allaient être sacrifiés étaient Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román.

Leoncio, fils de Teodoro et Catalina, était né à Tordmar (Burgos) le 24 avril 1902, baptisé le lendemain, et confirmé en 1906.

Ayant reçu une excellente éducation chrétienne, il entra très jeune dans la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul (Lazaristes), où il resta jusqu’à la fin des études de philosophie et la première année de théologie. Après mûre réflexion, il passa dans l’Ordre de Saint-Augustin, où il prit l’habit en 1930 à Uclés (Cuenca).

Il acheva les années de théologie à Santa María de la Vid (Burgos), revint à Uclés pour sa profession solennelle (1934), puis fut envoyé à Santander. Mais il n’eut pas le temps d’être ordonné prêtre : il devait recevoir une autre «ordination», la palme du martyre.

Claudio était né à Puebla de Sanabria (Zamora) le 9 janvier 1904, baptisé quatre jours plus tard et confirmé en 1909. Ses parents étaient Francisco et Carmen, des cultivateurs.

Après ses études à Puebla, il commença la noviciat chez les Augustins au Collège Royal de Valladolid, où il prit l’habit en 1919. Puis il fit la profession solennelle à Santa María de La Vid (Burgos) en 1925 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut d’abord nommé professeur à l’internat de Calatrava (Salamanque), puis au collège de Santander dont on parlait plus haut.

Expulsés, les deux Religieux, donc, se retrouvèrent d’abord au 7 de la rue Pedrueca, où ils restèrent sans incidents désagréables jusqu’au 28 octobre.

Leoncio allait donner des cours particuliers au domicile d’un enfant ; et bien qu’on lui ait dit de se méfier du portier, Leoncio crut ingénûment qu’en s’absentant une huitaine de jours, il aurait éloigné le danger ; il revint donc une semaine après, et c’est là qu’il fut arrêté.

On le fit aller sous bonne garde à son «domicile», pour une perquisition, et les miliciens remarquèrent qu’il y avait là une autre chambre, celle du père Claudio Julián. Ils attendirent son retour.

Quand le père Claudio arriva, il s’aperçut de la voiture qui était garée à la porte. Il se méfia ; on lui dit de s’enfuir, parce qu’on l’attendait. Il alla consulter son supérieur, qui lui conseilla de ne pas y aller. Mais lui raisonna ainsi : Puisque je n’ai rien fait à personne, personne n’aura rien à me faire à moi. Il alla seulement prendre congé de son frère, puis rentra chez lui.

Les policiers lui demandèrent aussitôt : Qui êtes-vous, vous ? A quoi le religieux répondit fermement : Je suis un prêtre augustin.

Sans plus tarder, ils emmenèrent les deux religieux à la «tchéka» de la Calle del Sol. Il était deux heures de l’après-midi.

Les deux religieux furent assassinés le jour-même, ce 28 octobre 1936, et l’on n’a jamais retrouvé leurs corps, qui furent peut-être simplement jetés en mer.

Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román furent béatifiés en 2007.

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 00:00

28 OCTOBRE

 

I.

SS Simon et Jude, apôtres ; Simon le Zélote prêcha en Egypte, Jude (ou Thaddée) en Mésopotamie; ils auraient été égorgés en Perse ; ou bien Simon aurait été découpé à la scie, devenant le patron des scieurs de long ; s. Jude, auteur d’une des dernières épîtres du Nouveau Testament, est invoqué dans les causes désespérées.

III.

S Firmilien, évêque à Césarée de Cappadoce, très respecté, ami de Origène ; il prônait le re-baptême des hérétiques, contre Rome avec qui il échangea des lettres plutôt rudes.

S Malchion, prêtre à Antioche ; il porta la contradiction à Paul de Samosate.

S Genesius, martyr à Thiers. 

S Ferrutius, martyr à Mayence.

S Fidelis, martyr près de Côme.

IV.
SS Vincentius et ses deux sœurs Sabina et Christeta, martyrs à Avila.

VI.

S Jean le Khozibite, égyptien, moine en Palestine ; un temps monophysite, il s'en détourna sur une invitation divine et fut évêque à Césarée de Palestine.

S Abraham, évêque à Ephèse après avoir fondé un monastère à Constantinople et un autre à Jérusalem ; un des premiers à prononcer une homélie pour l'Annonciation.

VII.

S Salvius, neuvième évêque d'Amiens.

S Faron, évêque à Meaux pendant quarante-sept ans, après que son épouse ait pris le voile des religieuses.

VII.-X.

SS Sigolin, Goduin, Anglin, Albric, Odilon, abbés à Stavelot-Malmédy.

VIII.

S Angilramne, évêque à Metz et chapelain de Charlemagne, mort durant la campagne contre les Avars.

S Dorbhénée, abbé à Iona, parent de s. Columba.

IX.

S Etienne le Sabaïte, moine et poète dans la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem.

S Remi, évêque à Lyon ; il se fit restituer par Lothaire ce qu'avaient confisqué les Sarrasins ; il chercha à avoir une position moins radicale que Hincmar sur la prédestination.

XI.

S Eadsin, évêque à Winchester puis à Canterbury ; il couronna s. Edouard le Confesseur.

S Germain, flamand, premier abbé à Talloires ; on fête avec lui son frère s. Ruph, ainsi que les ss. Ismius et Ismidon qui lui succédèrent, et Georius, qui venait du Luxembourg.

XIV.

B Giovanni Chigi, ermite de Saint-Augustin à Sienne ; après une jeunesse dévergondée, il éteignit les passions en se roulant dans les orties.

XV.

B Stefano Cioni, ermite à Lecceto ; le pape ayant transformé ces ermites en chanoines réguliers, il en fut prieur et fit des miracles.

XVII.    

Bx Ioannes Mukunō Chōzaburō, Mancius Yukimoto Ichizaemon, Michaël Ichinose Sukezaemon, Laurentius Kaida Hachizō, Petrus Sawaguchi Kuhyōe et Thomas Terai Kahyōe, martyrs japonais à Nagasaki, tertiaires de l'ordre de Saint-Augustin, décapités, dépecés, brûlés à Ōmura (le 28 septembre dans le Martyrologe).

XVIII.

SS Francisco Serrano Frías, évêque nommé, Joachin Royo, Juán Alcober Figuera et Francisco Díaz del Rincón, prêtres, dominicains espagnols martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Gioan Đat, prêtre tonkinois martyr ; sa constance étonnait même le mandarin ; il avait trente-trois ans ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Rodrigo Aguilar Alemán (1875-1927), prêtre mexicain et poète, martyrisé par pendaison, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, Salvador Damián Enguix Garés (*1862), père de six enfants ;

- béatifiés en 2007 :

Augustins : près de Santander, le prêtre Claudio Julián García San Román (*1904) et le clerc Leoncio Lope García (*1902) ;

- béatifiée en 2013 :

Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur : près de Madrid, Juliana González Trujillano (María Asumpta, *1881) ;

- béatifiées en 2020 (?) :

Laïques : Octavia Iglesias Blanco, María Pilar Gullón Yturriaga et Olga Pérez Monteserín Núñez (*1894, 1911,1913), trois infirmières violées pendant toute une nuit puis fusillées à Astorga.

Simon et Jude, Apôtres

1er siècle

 

Ces deux derniers de la liste des Apôtres sont assez peu connus, mais des traditions existent, d’où l’on peut par recoupement déduire quelques bribes de vérité.

Simon était surnommé Zélote, pour le distinguer de Simon-Pierre. En hébreux, ce surnom se dit Qan’ani, qu’on a traduit à tort par Cananæus, faisant supposer que l’apôtre était de Cana. Il faisait plutôt partie d’une secte appelée Zélotes, qui n’hésitait pas envisager l’usage de la violence pour réprimer les écarts, les fautes contre la Loi ou aussi la présence étrangère. Mais Simon avait un «zèle» pour d’autres choses, et surtout pour la Vérité et la Douceur de son Maître divin.

Simon serait allé prêcher au nord de la Mer Noire, en Scythie. Puis serait redescendu vers la Perse.

Jude, surnommé Thaddée, est cet heureux apôtre qui demanda à la dernière Cène : Comment se fait-il que tu doives te manifester à nous, et non pas au monde ? - Si quelqu’un m’aime, répondit Notre Seigneur, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous demeurerons chez lui (Jn 14:22).

Son surnom de Thaddée, ou aussi Lebbée, pourrait se traduire par homme de cœur ; saint Jérôme, parlant de Jude et de ses deux surnoms, l’appelle ainsi trinomius, homme à trois noms. C’est par son nom de Thaddée qu’il est mentionné au Canon Romain de la messe et qu’il fut souvent désigné, pour le distinguer clairement de Judas Iscariote.

Jude-Thaddée est l’auteur de la dernière épître reconnue, qui se trouve donc dans le Nouveau Testament avant l’Apocalypse. Cette épître très brève est citée par saint Pierre dans sa deuxième épître, ce qui fait supposer qu’elle fut écrite assez tôt. Origène la qualifie de pleine de la force et de la grâce du ciel.

On rapporte que Thaddée alla guérir le roi Abgar d’Edesse, puis traversa toute l’Arabie jusqu’en Egypte et, tant qu’à faire, alla rejoindre l’Angleterre, selon certains. Puis il revint sur ses pas et retrouva Simon en Perse. Ils firent à eux deux tant de miracles éclatants que beaucoup de gens se convertirent. Ils marchèrent ainsi jusqu’à Babylone.

Là, les prêtres des idoles païennes, à la tête de toute la foule exacerbée, se précipitèrent contre les Apôtres et les assommèrent ; Thaddée semble avoir eu la tête fendue en deux d’un coup de hache.

Ensevelis à Babylone d’abord, les corps des deux apôtres furent portés à Rome, d’où le pape Léon III les remit à Charlemagne, lequel à son tour les déposa à la basilique Saint-Sernin de Toulouse.

Ajoutons enfin que saint Jude est invoqué, et avec succès, pour les «causes désespérées».

Les deux apôtres Simon et Jude sont vénérés ensemble, traditionnellement le 28 octobre.

 

 

Genesius de Thiers

† fin 3. siècle

 

Genesius serait venu de Mycènes (Péloponnèse NE, Grèce) en Arles, avec sa pieuse mère, Genesia.

S’il était vraiment grec, il faudrait écrire Genesios. En français, on a Genès.

Dans cette ville gauloise d’Arles, Genesius fréquenta s.Trophime (v. 29 décembre).

Quand survint la menace de la persécution, Genesius fut divinement averti (en songe ?) d’aller se réfugier dans la région des Arvernes. Genesia cependant revint en Arles.

Genesius subit le martyre à Thiers. Disons tout de suite que cela ne veut pas dire que le Bon Dieu n’ait pas protégé Genesius après lui avoir dit de partir vers le Massif Central ; Dieu savait que les persécuteurs rejoindraient son Héros, mais Il voulait qu’il mourût là, et non en Arles, pour des raisons que nous n’avons pas à Lui demander.

Quelques temps après son martyre, Genesius se manifesta en songe à un laboureur qui avait perdu ses bœufs, et lui dit : Je suis Genesius, mon tombeau est ici ; j’ai reçu le martyre quand je portais encore mon aube blanche.

Cette aube blanche signifie que Genesius venait d’être baptisé ; la tradition nous dit qu’il reçut le sacrement à dix-huit ans.

Le Martyr aida bien sûr le laboureur à retrouver ses bœufs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Genesius de Thiers au 28 octobre.

 

 

Ferrutius de Mayence

† 300

 

Après avoir été un soldat, Ferrutius aurait préféré être un soldat du Christ et quitta l’armée.

Il aurait été torturé et enfermé plusieurs mois en prison, où il mourut.

Il serait mort vers 300.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ferrutius de Mayence au 28 octobre.

 

 

Fidelis de Côme

3.-4. siècle

 

Fidelis pourrait avoir été un disciple de s.Materne de Milan (v. 18 juillet).

Il aurait pu être un soldat, à Milan. Comme tel, il aurait suggéré à s.Alexandre, rescapé de la Légion Thébéenne, de se réfugier à Côme (v. 26 août).

S.Materne envoya Fidelis prêcher le Christ dans la région de Côme (curieuse habitude du français, qui ajoute un accent circonflexe sur le nom de cette ville).

Il parvint à Samolaco, au nord du lac de Côme, où il reçut la palme du martyre, entre 286 et 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fidelis de Côme au 28 octobre.

 

 

Vincentius, Sabina, Christeta d’Ávila

† 303

 

Fuyant Evora (act. Portugal), les trois Héros furent arrêtés à Ávila.

Voici l’ancienne formulation de leur martyre :

A Ávila, en Espagne, la passion des saints Vincent, Sabine et Christète. Ils furent d'abord étendus sur le chevalet avec tant de violence que toutes les jointures de leurs membres se disloquèrent ; puis leurs têtes, appuyées sur des pierres, furent écrasées à grands coups de bâton jusqu'à ce que la cervelle s'en échappât : ils accomplirent ainsi leur martyre sous le préfet Dacien.

Ce long texte de l’ancien Martyrologe n’a pas été conservé dans le nouveau, probablement par absence de témoignages historiques valables.

Si les faits étaient pourtant vérifiés, on restera ébahi de la cruauté des ennemis du Christ.

Que Dieu leur pardonne.

Le Martyrologe les mentionne au 28 octobre.

 

 

Salvius d’Amiens

† 615

 

Il est très difficile de cerner ce personnage.

Salvius (Sauve) serait né dans une famille de la noblesse d’Amiens.

Il aurait fondé un monastère dédié à Notre-Dame, à Montreuil-sur-Mer, où il aurait été lui-même moine, puis abbé.

Vers le début du 7e siècle, il fut appelé à devenir le neuvième évêque d’Amiens, sur désignation du roi Thierry II.

C’est à lui qu’on attribue la découverte des reliques du premier évêque de ce siège, s.Firmin (v. 25 septembre). Et voici le récit qu’on en a trouvé :

Sur l’invitation de Salvius, les fidèles rassemblés dans la cathédrale se mirent à prier avec ferveur pour découvrir ces reliques. Au bout du troisième jour, pendant la célébration de la sainte Messe, un rayon de lumière pénétra dans l’église et conduisit l’évêque et les fidèles à un lieu-dit Abladène, sur la route de Noyon ; une odeur suave émanait du tombeau ; les reliques furent ainsi retrouvées, et solennellement transportées à Amiens. Le long de ce déplacement, les malades guérirent, les arbres se couvrirent de feuilles vertes, malgré l’hiver.

Salvius a pu quitter cette vie terrestre vers 615, très approximativement.

Saint Salvius d’Amiens est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Faron de Meaux

† 670

 

Faro (Burgondofaro) naquit d’Agneric (ou Chagnoric), de famille burgonde ; un de ses frères Waldebert fut abbé de Luxeuil ; un autre frère, Chagnoald, fut évêque de Laon ; leur sœur Burgundofara fonda l’abbaye de Faremoutiers («Monastère de Fare»).

Faro (on l’appelle Faron) vécut à la cour de Thibert II, puis de Theodoric et Clotaire II. Il s’y distingua en secondant le roi dans des œuvres de charité en faveur des innocents, des orphelins, des veuves.

Il épousa Bildechilde. Cette sainte union cependant s’acheva dans la continence parfaite : Bildechilde se fit moniale, et Faron entra dans la cléricature.

En 625, Faron fut nommé dix-neuvième évêque de Meaux, succédant à Gondoald (et non à son frère Waldebert, qui n’a jamais été évêque).

Faron fit beaucoup pour le développement de la vie monastique. Il y a des documents montrant son attention en faveur de l’abbaye de Rebais, de Saint-Pierre-le-Vif à Sens, de Corbie, de Soissons, et de bien d’autres. Il accueillit s.Fiacre (v. 30 août) et lui donna un terrain pour s’établir.

L’épiscopat de Faron dura… quarante-sept années. Il mourut le 28 octobre 672.

L’abbaye Sainte-Croix de Meaux, fondée par Faron, prit ensuite le nom de Saint-Faron. L’église en fut détruite lors de la Révolution.

Saint Faron de Meaux est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Germain de Talloires

975-1080

 

Germain de Montfort était d’origine flamande, de Montfort ou de Tirlemont (Malines) et naquit approximativement en 975.

Il étudia la théologie à l’université de Paris, puis entra à l’abbaye de Savigny.

Un prieuré fut fondé à Talloires (Haute-Savoie) en 1018 par le roi de Bourgogne Rodolphe III et sa femme Ermengarde.

L’abbé de Savigny envoya alors quatre moines pour cette nouvelle fondation. Il s’agit de Germain et de son frère Ruph, ainsi qu’Ismius et Ismidon. Ils s’y installent vers 1018-1020.

Germain fut le premier prieur. Il aurait bientôt décidé de faire le pèlerinage de Jérusalem.

A son retour vers 1033, il se retira dans la solitude d’une grotte voisine, et rejoignait les frères pour la prière de l’Office divin.

Il aurait pratiqué des pénitences peu communes, qui ne l’empêchèrent pas de vivre plus que centenaire.

On admet traditionnellement que s.Bernard de Menthon (v. 15 juin) fut son disciple.

Il mourut le 28 octobre vers 1066 ou 1080.

Ruph, Ismius et Ismidon succédèrent à Germain comme prieurs : tous trois se retirèrent aussi dans quelque grotte.

Au 17e siècle, s.François de Sales (v. 28 décembre) procéda à un solennel transfer des reliques de Germain, qu’il aurait bien voulu imiter en se retirant à son tour dans cet ermitage.

Le culte de Germain fut approuvé en 1889.

Saint Germain de Talloires est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni Chigi

1300-1363

 

L’ancienne famille Chigi a donné son nom à un palais célèbre de Rome.

Giovanni serait né dans la région de Sienne.

Il eut d’abord une jeunesse qu’on a qualifiée de dévergondée - mais que signifie cela à notre vingt-et-unième siècle ? Disons qu’elle fut mondaine et joyeuse.

Entré à dix-huit ans chez les Ermites de Saint-Augustin à Valleaspra, non loin de Massa Marittima, il vécut ensuite au monastère de Sienne, comme frère convers, chargé du jardin, du ménage, des écuries.

On lui confia la sacristie et il servait volontiers la messe. Au terme de la célébration, il s’approchait délicatement du prêtre et lui signalait très humblement les petites entorses que celui-ci avait pu commettre contre les rubriques du missel.

Il accepta humblement aussi d’être chargé d’aller quêter par les rues, mission souvent ingrate, humiliante, où l’on s’expose à beaucoup de remarques désobligeantes, même si gens savaient aussi donner de leur poche pour aider les Religieux.

Sa vie passée ne s’était pas entièrement effacée de son cœur et il dut combattre contre les tentations charnelles. Pour prendre résolument le diable par les cornes, il se construisit une hutte en forêt, qu’il jonchait d’orties. Là, dans la tenue la plus dépouillée possible, il se roulait sur ce tapis. Le diable dut s’avouer vaincu.

Comme pour tout bon frère convers, toutes les corvées lui tombaient sur le dos, à se demander si les «pères» ne savaient donc pas remuer un balai.

Son habit s’usa et il n’avait rien à se mettre. Il pria de tout son cœur le Seigneur d’avoir pitié de ses loques : alors se présenta un gentil monsieur qui lui remit le prix que coûtait un habit. 

On pensait que, pour être convers, Giovanni n’avait pas besoin d’étudier, mais son intense vie intérieure, son humilité, sa prière, lui donnèrent des lumières que n’avaient pas les «pères». On lui demanda conseil, les supérieurs restaient étonnés de ses réponses. On l’envoya même à Pavie pour introduire l’esprit de l’observance rigoureuse de la règle augustinienne. Giovanni était d’autant plus heureux d’aller à Pavie, qu’on y conservait les reliques du saint Fondateur, saint Augustin (v. 28 août). On le vit parfois au petit matin, couché auprès de cet autel. 

Puis on le rappela à Valleaspra. Une épidémie de peste envahit la région, et Giovanni fut contaminé. Il mourut le 28 octobre 1363.

Son culte fut autorisé vers 1660, mais le bienheureux Giovanni Chigi ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Stefano Cioni

1354-1433

 

Stefano (Etienne) naquit à Sienne en 1354.

Il eut la grâce de montrer très tôt son inclinaison pour la pratique des vertus, au point qu’à quatorze ans il demanda son admission parmi les Ermites de Saint-Augustin et en reçut l’habit (1368), au couvent de Lecceto, voisin de Sienne.

A cette époque - c’était le schisme d’occident - beaucoup d’Ordres étaient tombés de leur rigueur primitive. Le couvent de Lecceto faisait exception, et Stefano veillait à y maintenir la Règle et à y former aussi les jeunes novices.

Or il advint que le Supérieur général retira de Lecceto certains de ces jeunes novices, au grand désagrément de Stefano, qui craignait à juste titre que ces jeunes perdraient leur ferveur. Aussi, songea-t-il, avec les autres Religieux de Lecceto, de se séparer des Ermites de Saint-Augustin. Or, à la même époque, le pape voulut réformer les Chanoines Réguliers, et appela à lui Stefano en 1408. Il se trouvait alors à Lucques. Les bons Ermites de Lecceto consentirent sans difficulté à devenir eux-mêmes Chanoines.

C’était une véritable métamorphose pour Lecceto : les Ermites devenaient Chanoines, en prenaient l’habit et la Règle. La vêture advint dans le couvent dominicain de Fiesole. 

Seul un frère convers refusa le changement, en avertit le Général des Augustins et tenta même de faire tomber dans une embuscade les nouveaux Chanoines, mais l’opération ne réussit pas.

A Lecceto, Stefano refusa d’être nommé supérieur, pour bien mettre en évidence qu’il n’avait aucune ambition humaine dans cette réforme.

Le frèe convers dissident réussit cependant à provoquer un véritable soulèvement des Ermites, qui vinrent déloger purement et simplement les Chanoines des bâtiments, détruisant leur mobilier et emportant les manuscrits. Pendant quelque temps, les Chanoines durent vivre d’aumônes. Mais le pape en fut averti par Stefano et chercha à rétablir les Chanoines à Lecceto : six préférèrent rentrer chez les Ermites, deux partirent à Bologne chez d’autres Chanoines ; les deux derniers, Stefano et un autre, s’en vinrent auprès du pape: celui-ci leur accorda de pouvoir s’installer là où on leur offrirait l’hospitalité ; trois ans plus tard, ils purent s’établir non loin de Gubbio, dans un ancien ermitage abandonné, dont l’église était dédiée à saint Ambroise, ce qui conféra aux Chanoines le nom de ambrosiens.

La sainteté de ces Chanoines leur conquit l’estime des papes et des princes ; ils se développèrent et fondèrent d’autres monastères, surtout à Bologne et à Scopeto (Florence). Il y en eut trois à Rome.

Il est dit que les Chanoines prospérèrent, surtout grâce à Stefano qui secourait leur indigence par des miracles.

Ils ne mangeaient de viande que les dimanches, mardis et jeudis, le midi. Ils jeûnaient tous les vendredis entre Pâques et la fête de la Croix (14 septembre) ; de cette fête au carême suivant (sauf à Noël), ils jeûnaient les mercredis, vendredis et samedis, ainsi qu’à d’autres veilles de fêtes. Une heure d’oraison le soir après Complies. 

En 1419 eut lieu le Chapitre Général, qui élit Stefano Supérieur Général. Il fut réélu à cette place pendant près de quatorze années.

Après trois jours de maladie, Stefano mourut le 28 (ou le 30 ?) octobre 1432 ou 1433.

Son culte a été attesté, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Michaël Ichinose Sukezaemon

1593-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Michaël était né en 1593 à Koga (Japon). Dans le Martyrologe, son nom est écrit Michael Taiemon Kinoshi.

Laïc baptisé, il était le serviteur d’un catéchiste, Ioannes Mukunō Chōzaburō. Tous deux furent arrêtés avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre) le 10 novembre 1629.

Chargés de chaînes, ils furent emprisonnés à Nagasaki où ils furent bientôt rejoints par d’autres Pères et laïcs.

Le 12 décembre, les Religieux furent transférés à Ōmura, et les Japonais dans la terrible geôle de Crusmache (Nagasaki). Ils n’y perdirent pas leur temps, ramenant à la foi plusieurs apostats, et convertissant des païens. Ils purent aussi rester en liaison épistolaire avec les Pères ; c’est ainsi que Michaël put recevoir du père Gutiérrez l’habit de l’Ordre Augustin.

Après presque une année, le 28 octobre 1630, ordre fut donné de massacrer tous ces prisonniers chrétiens. Ceux-ci reçurent la nouvelle à genoux et tinrent à revêtir l’habit augustinien pour se rendre au lieu du supplice.

En chemin, ils commencèrent à prêcher aux passants, ce qui exaspéra les gardiens, au point qu’ils leur fourrèrent une corde dans la bouche pour les obliger à se taire.

Michaël et ses Compagnons reçurent la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630 ; leurs corps furent dépecés, puis brûlés et les cendres jetées à la mer.

Leur béatification eut lieu en 1867.

 

 

Laurentius Kaida Hachizō

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Laurentius Kaida Hachizō était né en 1602 à Nagasaki (Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté avec le père Carvalho (v. 22 février), le 25 novembre 1629.

Laurentius reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il devait recevoir la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, mais en réalité le coup fatal lui fendit le buste, de l’épaule gauche à la taille, comme l’étole d’un diacre.

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Mancius Yukimoto Ichizaemon

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Mancius était né en 1602 à Chikugo (Japon).

Laïc baptisé, il avait souvent accompagné le père Carvalho (v. 22 février) et, pour cela, été exilé de Nagasaki ; il vivait dans la solitude. Il fut cependant arrêté à la même époque que le père Gutiérrez (v. 3 septembre), vers novembre 1629.

Mancius reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Sawaguchi Kuhyōe

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Petrus Sawaguchi Kuhyōe était né en 1602 à Ōshū (Iwate, Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté le 18 novembre 1629 avec le père Terrero de Ortega (v. 3 septembre).

Petrus reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Thomas Terai Kahyōe

1605-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Thomas Terai Kahyōe était né en 1605 à Ikiriki (Japon).

Laïc baptisé, fidèle disciple du père Gutiérrez (voir au 3 septembre) , qu’il rejoignit en prison vers novembre 1629.

Thomas reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Mukunō Chōzaburō

1613-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Ioannes Mukunō Chōzaburō était né en 1613 à Ikiriki (Ōmura, Nagasaki, Japon).

Laïc baptisé, marié, catéchiste, il fut arrêté avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre), en novembre 1629, et envoyé chargé de chaînes à la prison de Nagasaki.

Il reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

Joaquín Royo Pérez

1691-1748

 

Il était né à Hinojosa (Teruel, Espagne) en septembre 1691, d’une lignée ancienne, mais la famille avait perdu toute sa fortune.

Entré dans l’Ordre dominicain à Valencia, Joaquín, à sa demande insistante, fut envoyé dès 1712 aux Philippines, d’où il rejoignit la Chine en 1715, juste après son ordination sacerdotale.

Il travailla dans la mission de Chine pendant plus de trente ans.

Lors de la persécution, il put continuer d’exercer son apostolat un certain temps, changeant de cachette. Cependant, pour éviter davantage de vexations aux Chrétiens chinois, l’évêque demanda au père Royo de se livrer lui-même, ce qu’il fit en 1746.

Après deux années de prison et de tortures, le père Joaquín fut étranglé (ou asphyxié, comme pour le père Francisco Diaz). Le corps fut ensuite brûlé.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Le père Joaquín fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Juán Alcober Figuera

1694-1748

 

Il était né à Grenade (Espagne) le 21 décembre 1694.

Il entra chez les Dominicains de sa ville.

Parti pour les Philippines en 1725, il y resta trois ans, avant de rejoindre la Chine, où il apostolisa pendant presque vingt années.

En 1741, il fut vicaire provincial pour la Chine.

Arrêté en 1746, il fut torturé. On lui demanda pourquoi il était venu en Chine : Juan répondit en expliquant les commandements de Dieu. On lui posa aussi des questions obscènes, auxquelles il opposa un silence total.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), par strangulation. Quand les bourreaux vinrent le chercher, il leur dit : Nous sommes très heureux de mourir, mais permettez-nous d’abord d’en rendre grâces à Dieu. Après, vous pourrez faire tout ce que vous voulez.

Ils acceptèrent ce petit délai, puis étendirent le père à terre, et lui lièrent les pieds et les mains, tandis qu’il continuait à les inviter à se convertir au Christ.

Une fois étranglé, le père avait conservé une telle attitude paisible et souriante, que les bourreaux en furent très étonnés, le croyant encore en vie.

Puis son corps fut brûlé.

Ce martyre eut lieu le 28 octobre 1748.

Le père Juan fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Serrano Frías

1695-1748

 

Il était né à Huéneja (Cadix, Grenade, Espagne) le 4 décembre 1695, de famille nombreuse.

En 1713, il entra chez les Dominicains à Grenade, et fit la profession en 1714.

En 1725, on l’envoya aux Philippines, et, en 1727 en Chine, à la mission de Fokien.

En 1745, il fut nommé vicaire apostolique coadjuteur pour cette région

Lors de la persécution de 1746, une faiblesse permit de découvrir sa cachette. Arrêté, il fut torturé par les soufflets : la victime avait la tête appuyée sur une joue sur les genoux d’un bourreau, tandis qu’un autre giflait l’autre joue avec une sorte de semelle à quatre épaisseurs de cuir ; un seul coup pouvait faire perdre connaissance.

En juillet, la nouvelle arriva au Père, qu’il était nommé évêque pour succéder au défunt Pedro Sans, mais il ne put recevoir la consécration en prison. 

On le transféra à Fuzhou, où les juges semblèrent montrer plus de complaisance envers lui, mais ils furent substitués par d’autres plus sévères. On finit par l’accuser, lui et les autres pères arrêtés, de magie, de rébellion, d’impudicité.

Il resta en prison encore pendant deux années.

Son martyre eut lieu par suffocation à Fuzhou ou Fou-Tcheou (Fujian ou Fokien, Chine), le 28  octobre 1748. Vers le soir, on l’isola dans une cellule vide ; quand il comprit la raison de ce changement, le père Francisco commença à leur parler de l’Evangile et à les inviter à se convertir. Les bourreaux l’étendirent à terre, tandis qu’il continuait à leur parler. 

On trouve deux versions pour les derniers instants de l’évêque nommé, apparemment pour une confusion entre lui et l’autre père qui portait aussi le nom de Francisco.

L’évêque fut étranglé avec une corde (tandis que l’autre père Francisco eut le nez, la bouche et les oreilles obturés avec une sorte de pâte et mourut ainsi par suffocation).

Le corps fut ensuite brûlé.

On trouve aussi la date du 25 octobre, y compris dans des recensions de l’Ordre dominicain, mais le martyrologe a conservé la date du 28.

Il fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Díaz del Rincón

1713-1748

 

Il était né à Ecija (Séville, Espagne) le 2 octobre 1713 et entra dans l’Ordre dominicain de cette ville en 1730, à dix-sept ans.

Rempli de zèle pour les missions, il fut en 1735 envoyé aux Philippines, où il termina ses études et reçut le sacerdoce, à Manille.

En 1738 il passa en Chine, où la persécution allait bientôt reprendre.

Arrêté en 1746, torturé, il subit le martyre par asphyxion, à trente-trois ans.

Il semble qu’on le confonde parfois avec Francisco Serrano, martyrisé le même jour, par strangulation. On donne parfois le contraire : Fr.Serrano asphyxié, et Fr.Díaz étranglé. L’asphyxie se fit par obturation des orifices (nez, bouche, oreilles) avec une pâte, la tête étant ensuite enveloppée d’un sac recouvert de plusieurs kilogrammes de glu.

Ce martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Francisco Díaz del Rincón fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Gioan Đạt

1765-1798

 

Gioan (Jean) était né à Đong Chuoi (Thanh Hóa, Vietnam) vers 1765.

Fait prisonnier, il racontait brièvement sa vie ainsi : 

J’ai perdu mon père de bonne heure. Nous vivions chichement. A la maison de Dieu, je n’eus pas davantage mes aises. Au collège, il fallut se mettre au latin, avec travaux et fatigues. La théologie morale m’a donné beaucoup de mal. Le sacerdoce fut un grand honneur, mais un surcroît de travail. Et voici la dernière de mes peines : souffrir pour Jésus-Christ. Toute ma vie a été pleine de douleur. Et je suis dans l’indigence : je manque d’habits !

Des témoins de première main ont donné des témoignages de l’extraordinaire courage de ce prêtre vietnamien.

Arrêté en 1798 (à trente-trois ans), il fut invité à fouler aux pieds un tableau du Jugement dernier, ce qu’il refusa. 

Lui et quelques chrétiens furent confiés à une garde qui changeait chaque soir, et qu’il fallait payer. Un jour qu’il refusa de payer la somme exorbitante qu’on lui réclamait, il reçut trois coups de bâton. Les autres catéchistes demandèrent, en vain, d’être battus à sa place. Puis on lui mit une cangue encore plus lourde que celle qu’il portait déjà ; quelques jours après, on lui en remit une plus légère de «seulement» dix kilogrammes.

On lui obtint d’être logé chez un chrétien, même gardé, mais il préféra aller coucher avec les autres détenus, pour diminuer les frais de garde et d’huile.

Il se montra extraordinairement joyeux, courageux, mangeant et buvant comme à son ordinaire.

On venait le voir, les chrétiens se confessaient. Un jour, les soldats volèrent les bananes qu’on avait apportées au Prisonnier. Le mandarin voulait les punir, mais le père intercéda pour eux : Peu importe !, dit-il calmement.

Il invitait les catéchistes à sa table, mais ils refusaient, par politesse, ce qui l’attristait.

Il apprit avec grande joie la nouvelle de sa condamnation à mort. Une païenne lui suggéra, pour y échapper, de s’empoisonner : Non, et même si l’on me donnait un poison de force, je le recracherais.

Peu de jours avant son exécution, le mandarin avoua : Ce prêtre est plus ferme qu’un roc. Un autre le prit tellement en affection qu’il lui promit de lui offrir un cercueil (c’est une marque de respect au Vietnam). 

Il demanda aux chrétiens d’offrir un repas aux soldats, en signe de reconnaissance, mais même les soldats reconnurent qu’ils ne pourraient manger que si le Père était libéré.

Au moment de l’exécution, vers treize heures, le prêtre demanda un instant de réflexion : assis, les mains jointes sur la poitrine, la tête inclinée, les yeux fermés, il pria à voix basse. C’est dans cette position qu’il reçut le coup de sabre.

C’était à Cho Ra (Thanh Hóa).

Le père Joan Đat fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Rodrigo Aguilar Alemán

1875-1927

 

Rodrigo était né le 13 mars 1875 à Sayula (Jalisco, Mexique), de Buenaventura Aguilar et Petra Alemán, et fut baptisé deux jours après.

Il entra au séminaire de Ciudad Guzmán. Excellent élève, il se montra aussi excellent écrivain. les journaux publièrent ses articles sur l’Eucharistie, Notre-Dame, le christianisme, le sacerdoce…

Prêtre, il se consacra ainsi au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe : 

Seigneur, donne-nous la grâce de souffrir en ton nom, de sceller notre foi avec notre sang et de couronner notre sacerdoce avec le martyre. Fiat voluntas tua !

Ordonné prêtre en 1905, il fut dans plusieurs paroisses : La Yesca, Lagos de Moreno, Atotonilco el Alto, Cocula, Sayula, enfin Zapotiltic, où il fut curé.

Il eut la joie de faire un pèlerinage en Terre Sainte peu avant 1925, et en fit le récit dans un nouvel ouvrage.

Curé de Unión de Tula en 1925, au moment de la révolution il dut se cacher à Ejutla, tout en apportant le secours des sacrements à ses fidèles. C’est la trahison d’un de ceux-là qui le fit découvrir. 

Il se trouvait dans la maison des Adoratrices, dont la supérieure était très malade, et où se tenait l’examen de latin d’un séminariste. Les soldats arrêtèrent le prêtre, le séminariste, quelques religieuses, mais conduisirent le prêtre séparément. Ce dernier leur dit adieu : Nous partons pour le ciel ! Son visage était rayonnant de paix et de joie. 

Au matin du 28 octobre 1927, on le conduisit sur la place du village. Le prêtre bénit la corde avec laquelle on allait le pendre, pardonna aux bourreaux et remit son chapelet à l’un d’eux.

Les soldats attachèrent la corde à une branche d’arbre et firent un nœud autour du cou du prêtre. Pour voir si elle tenait bien, ils tirèrent un peu dessus et demandèrent dédaigneusement au père Rodrigo : Qui c’est qui est en vie ? Ils proposèrent au prêtre de ne pas le pendre s’il répondait Vive le gouvernement suprême, mais la réponse sortit vivement : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Alors les bourreaux tirèrent fortement sur la corde, puis remirent le prêtre sur pied. De nouveau même question, de nouveau même réponse. Ils répétèrent le supplice une troisième fois, et le prêtre, agonisant, répéta encore, dans un dernier souffle : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Le Martyr resta accroché à sa corde pendant quelques heures, après quoi quelques paroissiens obtinrent de pouvoir l’enterrer.

Le père Rodrigo fut béatifié en 1992, et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Mexique, le 21 mai.

Salvador Damián Enguix Garés

1862-1936

 

Salvador Damián était né à Alcira (Valencia, Espagne) le 27 septembre 1862 (jour où l’on fête maintenant s.Vincent de Paul).

Après ses études de vétérinaire, il se maria et eut cinq (ou six) enfants, qu’il éleva presque seul, car son épouse mourut assez jeune.

A partir de 1926, il fut vétérinaire municipal à Alcira.

Catholique fervent, il organisa et dirigea l’Adoration nocturne ; il fit partie de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul et de l’Action Catholique. 

Durant les épidémies et les inondations, il fit preuve de toute sa charité envers les victimes, les visitant à l’hôpital, dans les maisons pour anciens, et apportant son concours dans les soins médicaux.

Quand éclata la révolution, il donna sa démission de vétérinaire municipal (31 juillet 1936), qui fut acceptée immédiatement. Le 6 août, il fut arrêté pendant quelques heures.

Relâché une première fois, il relevait le courage de ses enfants en leur rappelant la valeur du martyre.

Une deuxième fois il fut arrêté, fin octobre, et enfermé aux Ecoles Pies, transformées en prison.

Le 27 octobre on le fusilla contre le mur du cimetière et les miliciens le laissèrent là, le croyant mort. Le jour suivant, 28 octobre 1936, voulant l’enterrer (ou le faire disparaître), ils ne le trouvèrent pas et le cherchèrent dans les environs. Ils finirent par le retrouver dans une de ses propriétés non loin du cimetière. Ils lui tirèrent dessus jusqu’à son dernier souffle.

Salvador Damián a été béatifié en 2001, et inscrit au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Juliana González Trujillano

1881-1936

 

Elle naquit le 19 juin 1881 à El Barco (Ávila, Espagne), de Anacleto et María Rosario. On fêtait ce jour-là sainte Giuliana Falconieri, dont elle reçut le nom au Baptême.

Elle reçut la Confirmation en 1885.

Elle entra en 1903 chez les Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur, à Madrid, et y fit la première profession en 1905. Elle fit les vœux solennels en 1910 à La Coruña, avec le nom de Asumpta.

Elle participa ensuite à la fondation du collège de Arenas de San Pedro, où elle resta trois ans pour enseigner la broderie et la couture aux petites élèves.

Revenue à Madrid, elle fut sacristine, montrant toutes ses qualités de devoir, d’exactitude, de propreté, unies à une profonde intimité avec la vie du Christ.

Lors des événements de 1936, et suivant les conseils de la Mère générale, elle quitta la maison mère et se réfugia avec cette dernière chez un couple d’amis. Puis elles se dirigèrent, croit-on, vers l’ambassade du Chili : il s’agissait pour elles d’y déposer quelques valeurs.

Mais des miliciens les arrêtèrent à l’entrée du bâtiment, avec le couple qui les accompagnait, et les conduisirent à leur tchéka de Fomento. C’était le 20 octobre.

Dans cette sombre bâtisse, Asumpta se retrouva avec d’autres prisonnières, parmi lesquelles la Mère provinciale des Scolopiennes. Sœur Asumpta priait sans arrêt, s’interrompant de temps en temps en disant : Ils vont me tuer.

Une nuit, à deux heures, on vint la chercher. Un milicien lui dit : Vous êtes libre. Elle sortit, fut bientôt rejointe par l’épouse du couple qui l’avait hébergée, laquelle criait : Mais laissez-moi dire adieu à mon mari ; ils lui répondirent : Votre mari, vous allez le voir.

En réalité, la Religieuse, avec ce couple charitable et courageux, fut fusillée, le 28 octobre 1936.

Sœur Asumpta fut béatifiée en 2013.

 

 

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

 

Voir ci-dessous la notice María Pilar Gullón Yturriaga

 

 

Leoncio Lope García

1902-1936

Claudio Julián García San Román

1904-1936

 

Les pères Augustins avaient accepté en 1902 la direction des Ecoles Saint-Dominique de Santander, au 30 de la rue Ruamayor. La première année, ils eurent quarante élèves, qui furent jusqu’à trois-cents.

C’étaient des enfants de familles pauvres, souvent d’humbles pêcheurs. Les Religieux s’en occupaient paternellement, en même temps qu’ils aidaient aussi les curés de la zone dans le travail pastoral.

La situation était relativement calme, jusqu’en août 1936. La communauté se composait de dix Pères, dont cinq allaient subir le martyre. Au début de la révolution, les pères n’eurent qu’à «supporter» un piquet de garde, de deux miliciens, à qui d’ailleurs ils donnaient un peu à manger, pour les adoucir. 

Le 2 août au matin, ce furent une trentaine de miliciens qui se présentèrent en leur donnant deux heures pour quitter le collège. Les Pères sortirent avec leurs bagages et trouvèrent à se loger çà et là. Ils allaient célébrer la messe dans des oratoires privés, et ce jusqu’au 12 septembre.

Les deux premiers qui allaient être sacrifiés étaient Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román.

Leoncio, fils de Teodoro et Catalina, était né à Tordmar (Burgos) le 24 avril 1902, baptisé le lendemain, et confirmé en 1906.

Ayant reçu une excellente éducation chrétienne, il entra très jeune dans la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul (Lazaristes), où il resta jusqu’à la fin des études de philosophie et la première année de théologie. Après mûre réflexion, il passa dans l’Ordre de Saint-Augustin, où il prit l’habit en 1930 à Uclés (Cuenca).

Il acheva les années de théologie à Santa María de la Vid (Burgos), revint à Uclés pour sa profession solennelle (1934), puis fut envoyé à Santander. Mais il n’eut pas le temps d’être ordonné prêtre : il devait recevoir une autre «ordination», la palme du martyre.

Claudio était né à Puebla de Sanabria (Zamora) le 9 janvier 1904, baptisé quatre jours plus tard et confirmé en 1909. Ses parents étaient Francisco et Carmen, des cultivateurs.

Après ses études à Puebla, il commença la noviciat chez les Augustins au Collège Royal de Valladolid, où il prit l’habit en 1919. Puis il fit la profession solennelle à Santa María de La Vid (Burgos) en 1925 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut d’abord nommé professeur à l’internat de Calatrava (Salamanque), puis au collège de Santander dont on parlait plus haut.

Expulsés, les deux Religieux, donc, se retrouvèrent d’abord au 7 de la rue Pedrueca, où ils restèrent sans incidents désagréables jusqu’au 28 octobre.

Leoncio allait donner des cours particuliers au domicile d’un enfant ; et bien qu’on lui ait dit de se méfier du portier, Leoncio crut ingénûment qu’en s’absentant une huitaine de jours, il aurait éloigné le danger ; il revint donc une semaine après, et c’est là qu’il fut arrêté.

On le fit aller sous bonne garde à son «domicile», pour une perquisition, et les miliciens remarquèrent qu’il y avait là une autre chambre, celle du père Claudio Julián. Ils attendirent son retour.

Quand le père Claudio arriva, il s’aperçut de la voiture qui était garée à la porte. Il se méfia ; on lui dit de s’enfuir, parce qu’on l’attendait. Il alla consulter son supérieur, qui lui conseilla de ne pas y aller. Mais lui raisonna ainsi : Puisque je n’ai rien fait à personne, personne n’aura rien à me faire à moi. Il alla seulement prendre congé de son frère, puis rentra chez lui.

Les policiers lui demandèrent aussitôt : Qui êtes-vous, vous ? A quoi le religieux répondit fermement : Je suis un prêtre augustin.

Sans plus tarder, ils emmenèrent les deux religieux à la «tchéka» de la Calle del Sol. Il était deux heures de l’après-midi.

Les deux religieux furent assassinés le jour-même, ce 28 octobre 1936, et l’on n’a jamais retrouvé leurs corps, qui furent peut-être simplement jetés en mer.

Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román furent béatifiés en 2007.

 

 

 

María Pilar Gullón Yturriaga

1911-1936

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

María Pilar était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1911, aînée de quatre enfants. On sait également qu’elle était la nièce de Pío Gullón Iglesias (1835-1917), ministre d’Alfonso XIII.

María Pilar et Octavia étaient cousines. Octavia était née à Astorga le 30 novembre 1894, fille unique et catéchiste dans sa paroisse.

Olga était née le 16 mars 1913, à Paris où se trouvaient ses parents alors. Son père était peintre et exposait dans la capitale française.

Ce qu’on sait avec assez de précision, sont les circonstances du martyre de ces infirmières.

Toutes trois, infirmières de la Croix-Rouge, s’étaient offertes volontaires pour soigner les blessés de l’hôpital du port de Somiedo (Asturies, Espagne NW), lors de la guerre civile qui mit à feu et à sang l’Espagne durant l’été 1936. Au moment de la guerre civile, elles auraient pu se retirer de l’hôpital en laissant la place à un autre groupe d’infirmières, mais elles préférèrent rester près des malades.

Les trois demoiselles étaient chrétiennes, participaient chaque matin à la sainte Messe, priaient le chapelet. Elles appartenaient à l’association des Filles de Marie et des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, à l’Action Catholique.

Il faut ajouter que, jusqu’à cette période, les membres de la Croix-Rouge jouissaient d’une immunité qui les préservait des attaques guerrières.

Le 27 octobre 1936, les révolutionnaires donnèrent l’assaut à l’hôpital. Les trois infirmières auraient pu encore s’échapper, mais refusèrent d’abandonner les malades.

Olga fut alors effleurée au visage par une balle, qui lui causa une blessure, dont le sang vint tacher son habit blanc ; un malade lui suggéra d’aller se soigner,  mais elle lui répondit : Me soigner ? Pourquoi ? Inutile, on n’a pas le temps. Nous allons mourir et ressusciter parmi les martyrs du Seigneur. Nous serons séparés quelques instants pour nous réunir éternellement.

Les malades furent sauvagement assassinés, les quelques survivants furent faits prisonniers. Le «chef» proposa la liberté aux trois infirmières si elles renonçaient à leur foi et s’inscrivaient à son parti. Ayant fermement refusé, elles furent conduites à pied à douze kilomètres de là, à Pola de Somiedo, par une troupe de miliciennes véritablement enragées et brutales, qui n’avaient que des blasphèmes et des grossièretés à hurler le long de la route.

Là, on enferma les trois infirmières dans la Maison du Peuple, siège des socialistes, et le chef de toute cette honteuse expédition convoqua tous ceux qui voulaient rester avec les infirmières et faire d’elles ce qui leur semblerait mieux.

Pour couvrir les cris des malheureuses victimes, le même chef - qu’on surnommait El Patas - fit tourner toute la nuit autour de la maison une charrette à bœufs. Sur cette charrette, se trouvait le cadavre du pauvre aumônier de l’hôpital, abbattu par El Patas lui-même.

Au terme de cette nuit d’horreur, on voulait fusiller les pauvres victimes, sans leur remettre les habits qu’on leur avait arrachés ; on demandait aux miliciennes de s’en charger, mais elles ne se mettaient pas d’accord pour le faire ; finalement, elles «tirèrent au sort» pour voir qui tuerait qui ; les trois désignées se placèrent à trois mètres avec leur arme ; juste avant, un milicien arrêta l’opération et proposa aux infirmières de crier Vive la Russie, et les trois crièrent aussitôt Vive l’Espagne ! Vive le Christ Roi !

María Pilar et Octavia fixèrent des yeux le ciel, Olga regarda ses bourreaux bien en face et leur lança : Même pour tuer, vous êtes lâches ! En effet, les miliciennes se mirent à trembler et les miliciens vinrent leur tenir l’arme pour les aider à tirer.

Avant de tomber, María Pilar exprima son pardon pour ses assassins et pria Dieu de leur pardonner.

Quand elles furent tombées à terre, un des miliciens cria : C’est fini, mesdemoiselles ! Mais on entendit répondre : Pas pour moi. C’était María Pilar ; selon un autre témoignage, elle aurait dit : Je ne suis pas tout-à-fait morte. Vive le Christ Roi ! Le milicien s’approcha avec son pistolet : Il y a quelqu’un qui vit encore ici ? Et María Pilar : Dieu ! Elle reçut le coup de grâce.

Ces trois infirmières, reconnues martyres en 2019, devraient être béatifiées en 2020, et inscrites au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

Voir ci-dessus la notice María Pilar Gullón Yturriaga

Partager cet article

Repost0
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 00:00

27 OCTOBRE

 

II.

S Evariste, pape (97-105) : sur son ordonnance, les sept diacres de Rome devaient assister l'évêque qui déclamait la préface, pour rendre témoignage de son orthodoxie. 

S Thraseas, évêque à Euménie, martyr près de Smyrne.

IV.

S Abraham, disciple de s. Pacôme puis ermite à Tabenne.

Stes Capitoline et Erotéide, martyres en Cappadoce.

V.

S Namatius, évêque à Clermont ; son épouse fit édifier une église dans les faubourgs.

S Abban, abbé irlandais qui aurait fondé onze monastères.

S Gaudiosus, évêque en Afrique, exilé en Campanie pour fuir les Vandales.

VI.

S Odran, moine à Iona, un des premiers disciples de s. Columba.

VII.

S Cyriaque, patriarche à Constantinople ; il y eut un problème entre lui et s. Grégoire le Grand, parce qu'il se donnait le titre de patriarche œcuménique qui ne convenait qu'au pape.

S Désiré, évêque à Auxerre, parent de la reine Brunehaut ; il libéra beaucoup de serfs.

S Colman, moine à Senboth.

VIII.

S Tecla Haimanot, moine en Ethiopie.

XIII.

B Bartolomeo de Braganza, dominicain, évêque à Vicenza ; il serait à l'origine d'une confrérie de frères joyeux ; il eut des missions (une avec s. Louis en Palestine), et fut un moment expulsé par un hérétique patarin. 

XVI.

Bse Antonia de Brescia, dominicaine, supérieure à Ferrare, mystique.

XX.

B Salvador Mollar Ventura (1896-1936), des Frères Mineurs, profès, près de Valencia, béatifié en 2001.        

B Jerzy Popieluszko (1947-1984), prêtre polonais enlevé, torturé à mort et retrouvé en ce jour, béatifié en 2010.

Evariste, pape

99-108

 

Les historiens ont un problème encore non résolu à propos de la succession papale de cette fin de premier siècle.

En effet, les sources ne s’accordent pas pour déterminer s’il y eut deux papes différents, nommé l’un Clet, l’autre Anaclet.

Anaclet, s’il a existé, aurait été sur le Siège de Pierre juste avant Clément, mais n’est pas mentionné dans les successeurs immédiats de Pierre, au cours de la prière du Communicantes du Canon Romain.

Plusieurs auteurs tendent ainsi à assimiler Anaclet et Clet en un seul et même personnage, le pape qui précéda immédiatement Clément. Ou alors, on les fait se succéder l’un à l’autre, toujours avant Clément.

Quant à Evariste, il serait donc le cinquième (ou le sixième ?) évêque de Rome et il occupa le Siège de Pierre après saint Clément. Les dates de cette époque restent un peu floues.

D’après le Liber pontificalis, Evariste était d’Antioche de Syrie, fils d’un certain Jude, juif de Bethléem.

Son pontificat aurait duré neuf ans, dix mois et deux jours, pendant lesquels le pontife multiplia son zèle dans la visite de Rome, la prédication de la Parole.

Il aurait statué qu’au moment de la Préface à la Messe, les sept diacres de Rome assisteraient l’évêque pour rendre au besoin témoignage de son orthodoxie : qui custodirent episcopum prædicantem propter stilum veritatis.

Il aurait été martyrisé à la même époque que saint Ignace d’Antioche, un an après apparemment, et porte le titre de martyr,. Il fut enterré au Vatican, près de saint Pierre.

Le Martyrologe le mentionne au 27 octobre.

Son successeur sera saint Alexandre Ier.

 

 

Thraseas d’Euménie

† 170

 

C’est d’une façon indirecte qu’on connaît l’existence de Thraseas.

Il fut évêque d’Euménie, près de Smyrne (Phrygie, act. Izmir, à l’extrême ouest de la Turquie, sur la Mer Egée).

On apprit qu’il fut martyr.

L’évêque d’Ephèse, Polycrate, écrivant au pape Victor (v. 28 juillet), parle de Thraseas comme l’une des lumières d’Asie, ajoutant qu’il s’endormit à Smyrne.

Cette dernière expression laisse entendre que Thraseas fut martyrisé à (ou tout près de) Smyrne, mais l’auteur de la lettre ne donne pas de détails sur ce martyre.

La date peut se situer entre 170 et 180.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Thraseas d’Euménie au 27 octobre.

 

 

Gaudiosus d’Abitinia

382-452

 

Le siège de cet évêque n’était pas Naples, ni Salerne.

La réalité historique, mais mal définie, est que Settimius Cœlius Gaudiosus était évêque à Abitinia (Membressa, Afrique Proconsulaire, act. Medjez el-Bab, Tunisie).

Lors d’une invasion des Vandales vers 439, Gaudiosus serait venu se réfugier à Naples avec son diacre.

Il y aurait fondé un monastère (ou, plus précisément, un monastère fut fondé plus tard à l’endroit où il vécut).

Traditionnellement, on dit que Gaudiosus mourut à Naples, peut-être en 452, à l’âge de soixante-dix ans.

L’église San Gaudioso de Naples, où s’ouvre une catacombe, abrite le tombeau de Gaudiosus.

La liste épiscopale de Naples ne comporte pas de Gaudiosus ; celle de Salerne a un évêque Gaudiosus,  mais seulement au septième siècle.

Saint Gaudiosus d’Abitinia est commémoré le 27 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Namatius de Clermont

† 460

 

Il est regrettable qu’on confonde ce Namatius de Clermont avec celui de Vienne, qui mourut un siècle plus tard (v. 17 novembre).

Avant d’être évêque, Namatius avait vécu dans le mariage.

Namatius (ou Namacius) fut appelé à être évêque du siège de Clermont, dont il fut le neuvième titulaire.

A Namatius remonte l’origine de la cathédrale de Clermont, dont s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) nous décrit ces détails : elle fait cent cinquante pieds de long, soixante de large, cinquante de haut… Elle a quarante-deux fenêtres, soixante-dix colonnes, huit portes. Le sanctuaire fut achevé en douze années, au terme desquelles Namatius fit venir de Bologne des reliques des saints Vital et Agricola (v. 4 novembre).

Au moment où ces reliques arrivèrent en vue de Clermont et que Namatius allait à leur rencontre pour les escorter jusqu’à la cathédrale, une pluie diluvienne s’abattit sur le peuple et la campagne, mais pas sur les reliques et le clergé.

Grégoire de Tours écrivit aussi que la sainte épouse de Naumatius fit construire elle aussi une église, dédiée à s.Etienne (v. 26 décembre), en-dehors des murs.

Après un épiscopat d’une vingtaine d’années, Namatius s’éteignit vers 460 et fut inhumé dans l’église Saint-Etienne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Namatius de Clermont au 27 octobre.

 

 

Odran d’Iona

† 563

 

Odranus (Otteran, Odhran, Oran) est présenté traditionnellement comme un descendant de Conall Gulbán.

Il aurait été abbé à Tyfarnham (Meath) et aurait vécu plus de quarante années dans la région de Latterach (Tipperary), où il construisit une église en 520. En 563, il fut un des onze compagnons de Columba (v. 9 juin) qui s’installèrent sur l’île d’Iona.

Une histoire invraisemblable raconte qu’Odran s’offrit lui-même pour être enterré vivant sous les fondations d’une chapelle que Columba ne réussissait pas à construire, la retrouvant chaque matin démolie. Une «voix» (?) lui aurait annoncé que la chapelle ne resterait debout que si on l’édifiait sur un homme encore vivant.

Que la chapelle ait été édifiée juste après la mort d’Odran, et qu’elle soit alors restée debout, est acceptable, mais on ne peut croire qu’un saint moine comme Odran se soit soumis à ce genre de suicide.

Odran mourut peu après l’arrivée en Irlande, en 563 : il aurait annoncé qu’il serait le premier moine à être enterré sur l’île d’Iona.

Saint Odran d’Iona est commémoré le 27 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bartolomeo de Braganza

1210-1270

 

Bartolomeo serait né vers 1210 à Vicenza (Italie NE), dans la noble famille des Braganza.

Après ses études à Padoue, il entra chez les Dominicains de Bologne vers 1220 et fit la profession vers 1230.

Il fut envoyé prêcher en Lombardie et en Romagne, où se propageaient des erreurs et où sévissaient des luttes entre factions.

Vers 1233, Bartolomeo fonda une confrérie de frères joyeux, soumis à une règle du genre militaire. Ils devaient circuler et évangéliser les gens dans la joie. Il existe dans la bibliothèque de Besançon un dessin daté de 1730 environ, représentant Bartolomeo di Braganza, qui «établit l’Ordre des chevaliers «Gaudenti». Une peinture représentant le même sujet, signée Bigari Vittorio Maria, se trouve à Bologne.

Certains ont affirmé qu’il fut maître du Sacré Palais, car cette charge était réservée aux Dominicains, mais Bartolomeo n’en a pas parlé. En revanche, vers 1248 il fut nommé évêque de Limassol (Chypre) et accompagna en Terre Sainte saint Louis (v. 25 août) après sa captivité.

De retour en Italie, Bartolomeo se trouvait à Rome en 1254, à Naples en 1255, et était nommé évêque de Vicenza en 1256.

Mais les temps étaient très agités. A Vicenza régnait un évêque hérétique qui expulsa le nouvel évêque. Le pape nomma alors Bartolomeo légat apostolique en France et en Angleterre. Saint Louis lui remit une des épines de la sainte Couronne du Christ conservée à la Sainte Chapelle.

L’ordre étant revenu à Vicenza, l’évêque put y entrer, accueilli par une foule en liesse (1259).

Pendant les dix années de son épiscopat, Bartolomeo fit construire un couvent pour l’Ordre dominicain et une chapelle pour abriter la précieuse Relique qu’il avait rapportée de Paris.

Bartolomeo mourut en ou vers 1270, le 27 octobre, et fut béatifié en 1793.

 

 

Antonia de Brescia

1407-1507

 

On fait naître Antonia en 1407, car elle mourut centenaire, sans qu’il soit donné de savoir si elle avait dépassé de quelques années ce bel âge.

Elle naquit à Brescia et entra chez les Dominicaines de cette ville, plutôt par crainte de Dieu que par véritable amour de la sainteté, mais elle sut d’emblée se montrer humble et soumise.

Par exemple, lors d’une répétition, la maîtresse du chant lui fit une remarque et, croyant qu’elle n’obtempérait pas, la fit déshabiller du col à la ceinture et flageller en plein chapitre. Antonia supporta sans se révolter.

En 1457, c’est justement elle qui fut à la tête du groupe de sœurs qui alla instaurer à Ferrare la réforme de l’observance. Elue prieure, elle se montra la première à donner le bon exemple, à l’office divin ou à la cuisine.

Presque chaque nuit elle se levait pour l’office et ne se recouchait que rarement après, attendant l’heure des laudes en prières et en méditations. si le sommeil l’accablait, elle appuyait le tête contre le mur pour un bref «soulagement».

Dans un de ces sommes éclairs, elle vit une reine splendide entourée d’une foule de vierges ; elle l’aperçut se dirigeant vers l’endroit où se trouvait une sœur très malade, et entendit une voix : Elle est morte. Elle s’éveilla, et apprit qu’à cette heure même la sœur était passée dans l’autre monde. Cette sœur avait une grande dévotion à sainte Ursule  (v. 21 octobre) et chaque année, la veille du 21 octobre, elle jeûnait au pain et à l’eau. Antonia comprit qu’elle avait donc vu en vision sainte Ursule et ses compagnes.

Une autre nuit, elle vit en songe saint Dominique (v. 6 août) éteindre un grand feu avec son manteau ; à son réveil, elle entendit des sœurs crier qu’il y avait le feu tout près de leur réserve de lin, mais le feu s’éteignit très rapidement.

Une nuit de Noël, les sœurs virent son visage devenir plus lumineux que le soleil, tant elle était transportée par le mystère de la Nativité du Sauveur.

Dans la journée, elle s’efforçait d’élever les conversations, invitant les sœurs à éviter les paroles inutiles.

Son esprit de pauvreté était absolu : chaque semaine, elle fouillait sa cellule et en retirait ce qui ne lui servait pas et allait le donner à qui en avait besoin. Elle ne portait jamais d’habit neuf. 

Toujours douce, elle se montrait exigeante pour la prière et le chant de l’office et savait reprendre les négligences.

Quelques religieuses allèrent un jour se plaindre au vicaire général, ajoutant à leurs remontrances quelques calomnies ; Dieu permit que le prêtre suspendît Antonia et la reléguât derrière les sœurs converses. Fort heureusement, les plus anciennes surent avertir le vicaire de son erreur évidente, et celui-ci revint sur sa décision, remettant Antonia à sa place de prieure. Mais Antonia ne conserva aucune rancune envers les «fautives».

A la fin de sa vie, prise par la fièvre, Antonia fut reçue à l’infirmerie et eut l’immense consolation de voir Notre Seigneur qui venait la réconforter ; si heureuse, Antonia tomba à genoux et demanda au Seigneur de bénir toutes les sœurs présentes. 

Peu après, elle demanda quel jour on fêtait les saints apôtres Simon et Jude. Apprenant que c’était pour le prochain 28 octobre, elle annonça qu’à l’heure de la vigile, elle serait délivrée de toute infirmité. Elle s’éteignit en effet au soir du 27 octobre 1507 ; elle avait cent ans.

Juste après son trépas, une autre sœur fut soulagée d’un mal à l’estomac dont elle souffrait depuis douze années ; Antonia lui avait promis, une fois au ciel, d’intercéder auprès du Seigneur, pour la soulager ; ce qui arriva. Une autre sœur fut soulagée d’un douloureux mal de dents. D’autres personnes avaient été précédemment guéries d’un seul signe de croix que faisait Antonia.

Il y eut beaucoup d’autres miracles, mais sans doute pas assez encore pour convaincre l’Eglise de canoniser Antonia. 

Si elle n’est pas mentionnée au Martyrologe, on peut présumer assez fortement qu’elle est au Paradis et qu’elle peut intercéder pour nous.

Salvador Mollar Ventura

1896-1936

 

Fils de Bautista et María, des parents très pauvres, Salvador naquit le 27 mars 1896 à Manises (Valencia, Espagne).

Adolescent, ce pieux garçon organisa l’Association du Rosaire, s’inscrivit sur les listes de l’Adoration nocturne et des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, et enseigna le catéchisme.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs en 1921, et fit la profession en 1925 comme Convers.

C’était un Religieux très ordonné et propre, joyeux et optimiste, marial. 

Les dernières années de sa vie, il était sacristain à Benisa.

Lors du 18 juillet 1936, il dut quitter le couvent avec ses Confrères et se réfugier d’abord chez des amis puis, pour ne pas les compromettre, dans sa propre famille ; c’est là qu’on vint l’arrêter : fin octobre, il fut mis en prison et fusillé le 27 octobre 1936 au Picadero de Paterna (Valencia).

Le Frère Salvador a été béatifié en 2001.

 

 

Jerzy Popieluszko

1947-1984

 

Jerzy (Grégoire) est né dans une famille paysanne modeste, à Okopy (Pologne) le 14 septembre 1947, jour où l’on fête la Croix du Christ.

Ce n’est pas un saint ni un enfant prodige : comme les petits garçons de la campagne, il est enfant de chœur dans sa paroisse, puis fait des études très normales au lycée de Suchowola.

Parvenu au baccalauréat, il entend l’appel vers le sacerdoce ; il entre au séminaire de Varsovie et sera ordonné prêtre en 1972. L’évêque consécrateur est le cardinal Wyszynski.

Ses études au séminaire seront interrompues par deux années de service militaire, période durant laquelle il subit au moins une fois des pressions pour abjurer la foi chrétienne. Il est mis au cachot pendant un mois. Jerzy reviendra malade de son service militaire, et le restera toujours. Un jour, en 1979, il s’évanouira en célébrant la messe.

Une fois prêtre, Jerzy est nommé dans la paroisse saint Stanislas Kostka en même temps qu’il est chargé de s’occuper des jeunes et du personnel de la santé. En 1979-1980, il est aumônier de la paroisse universitaire.

Lors des manifestations déclenchées par le syndicat Solidarnosc, le père Jerzy est chargé par le cardinal Wyszynski de célébrer la messe pour les ouvriers en grèves. C’est ainsi que Jerzy sympathise avec Lech Walesa. Mais Jerzy s’inspire surtout de l’attitude et du message du saint Maksymilian Kolbe (voir au 14 août), qui vient d’être canonisé.

Quand le gouvernement décrète l’état de siège en Pologne, les seuls rassemblements autorisés restent les messes. Aussi, courageusement, le père Jerzy prend l’habitude de célébrer chaque mois une «Messe pour la Patrie», à l’occasion desquelles il condamne le gouvernement communiste en place. Des milliers de fidèles assistent, parfois provoqués par des policiers en civil pour museler le père Jerzy.

Mais Jerzy continue son message sacerdotal ; il va jusqu’à servir le café chaud aux policiers. La presse communiste le prend en haine, il est surveillé en permanence.

L’archevêque lui propose de partir à Rome, pour y compléter ses études et en même temps pour l’éloigner du danger. Mais le père Jerzy estime qu’il doit mener sa mission jusqu’au bout, là où il est.

En 1983, il est sur une liste de soixante-neuf prêtres «extrémistes», établie par le gouvernement. Il est accusé de détention d’armes et arrêté, mais relâché grâce à l’intervention du clergé. La nuit suivante, Jerzy échappe de justesse à l’explosion d’une grenade chez lui. Peu après, il échappe à un «accident de voiture» où il devait perdre la vie. Finalement, le 19 octobre au soir, une voiture banalisée de la police bloque son véhicule, et Jerzy est enlevé par trois officiers, placé dans le coffre de la voiture et emmené. Son chauffeur, un ancien parachutiste, parvient à échapper aux kidnappeurs et à avertir la population.

On ne sait pas ce qui se passa précisément ensuite. Suite à des aveux des trois policiers en question, on retrouva le corps du père Jerzy, méconnaissable, dans un réservoir d’eau de la Vistule, quelques jours plus tard. Le père Jerzy avait dû être torturé à mort.

Par la suite, pour donner un semblant de légitimité à l’autorité, les trois policiers furent condamnés à différentes peines de prison, puis bénéficièrent d’une importante remise de peine jusqu’à être totalement libérés. L’un des trois vit actuellement en Pologne sous un faux nom. On reste dans l’interrogative sur les réels commanditaires de cette macabre expédition.

Les funérailles du père Jerzy sont suivies par des centaines de milliers de fidèles.

En 1990, c’est Lech Walesa qui devient Président de la République polonaise ; le père Jerzy Popieluzsko a été reconnu martyr, et fut béatifié en 2010. 

On a proposé le 27 octobre pour sa fête, jour où l’on retrouva son corps.

Partager cet article

Repost0
26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 00:00

26 OCTOBRE

 

III.

SS Loukianos et Markianos, magiciens puis chrétiens martyrs à Nicomédie. 

SS Rogatianus, prêtre, et Felicissimus à Carthage ; avant d'aller se cacher, s. Cyprien confia son diocèse à s. Rogatianus, qui fut pris, puis relâché. 

IV.

S Amandus, premier évêque à Strasbourg.

V.

S Rusticus, évêque à Narbonne, fils et neveu d'évêques.

VI.

S Alor, à Quimper, patron des chevaux.

S Quadragésime, sous-diacre près de Salerne ; il unit sa prière à celle d'un autre moine qui ressuscita un mort.

S Aptonius, évêque à Angoulême.

VII.

S Cedd, frère des ss. Chad, Celin et Cynibill, moine à Lindisfarne, évêque à Tilbury ; il adopta la date romaine de la Pâque.

S Eadfrid, prêtre anglais, qui convertit la Mercie et son roi Merewald, puis fonda un monastère à Leominster.

S Eata, disciple de s. Aidan, abbé à Melrose puis à Lindisfarne, évêque à Hexham, partisan des usages romains, qu'il fit adopter.

Ste Gibitrude, moniale à Faremoutiers ; une fois morte, elle revint quelque temps à la vie pour avoir le temps de réparer sa rancune envers des moniales.

VIII.

S Sigebald, évêque à Metz, fondateur de deux abbayes : Saint-Avold et Neuwiller.

S Cuthbert, abbé de Liminge, évêque à Hereford, puis évêque à Canterbury. Il estimait beaucoup s. Boniface ; dans un concile qu'il convoqua, on insista sur la nécessité de catéchiser le peuple dans sa langue.

S Witta, d'origine anglaise, évêque à Büraburg ; ce siège fut transféré à Mayence, et plus tard remplacé par Paderborn.

B Humbert, moine à Fritzlar.

XI.

S Beóán, évêque à Mortlach.

S Adalgot, moine à Einsiedeln, puis abbé à Disentis.

XIII.

S Folco, d'origine irlandaise, des Chanoines de Sainte-Euphémie à Piacenza, évêque à Piacenza et plus tard à Pavie : il travailla à la paix entre les deux villes

XVIII.

B Carlo Antonio Gerardo Lavanga (Bonaventura de Potenza), mystique marial franciscain ; il sut dominer son caractère irascible. 

XX.

Bse Celina Chludzinska Borzecka (1833-1913), polonaise (née en territoire biélorusse), fondatrice, une fois veuve, des Sœurs de la Résurrection, béatifiée en 2007.

B Josif Mihali (1912-1948), prêtre albanais de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2016.

Loukianos et Markianos de Nicomédie

† 250

 

Ces deux héros de la Foi étaient à Nicomédie des magiciens.

Ils s’éprirent d’une vierge consacrée - dont on ignore le nom - mais eurent la surprise d’entendre les démons leur avouer qu’ils ne pouvaient rien faire contre cette vierge protégée par le Christ. Du coup, ils brûlèrent leurs livres d’incantations et demandèrent le baptême.

Ils se retirèrent au désert, et réapparaissaient de temps en temps en ville pour prêcher le Nom du Christ. On les dénonça.

Interrogés par un certain Sabinus, ils persévérèrent dans leur Foi et furent condamnés à mort.

Ils moururent brûlés vifs, vraisemblablement à Nicomédie, le 26 octobre 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Loukianos et Markianos de Nicomédie au 26 octobre.

 

 

Rogatianus et Felicissimus de Carthage

† 258 ?

 

Quand la persécution de Dèce éclata (250), saint Cyprien (v. 14 septembre) était évêque de Carthage depuis moins d’un an et crut devoir se cacher en confiant l’administration de l’Eglise au prêtre Rogatianus, assisté de l’assemblée des prêtres et des diacres. Rogatianus fut bientôt arrêté.

Dans sa prison, il fut le soutien des chrétiens qui ne tardèrent pas à le rejoindre et, comme lui, refusèrent de renier leur foi.

S.Cyprien leur écrivit. Après les avoir félicités et encouragés à persévérer, il termine ainsi : Vous suivrez en tout le prêtre Rogatianus, glorieux vieillard qui pour la gloire de notre temps vous montre la route, grâce à sa foi vaillante et à la divine bonté. Avec notre frère Felicissimus, toujours calme et sage, soutenant l’assaut d’un peuple furieux, il vous a d’abord préparé une place en prison, et maintenant encore il vous précède comme s’il était votre fourrier…

On voit par ce texte que Rogatianus était un prêtre âgé ; qu’entendait Cyprien par son frère Felicissimus ? - Certainement pas un évêque coadjuteur, mais peut-être bien un prêtre, moins âgé que Rogatianus, mais tout aussi solide dans la foi.

Felicissimus n’apparaît plus ensuite dans la correspondance de saint Cyprien. Du moins espérons-le, car il serait dommage de l’identifier avec le diacre rebelle, ami de Novat, fauteur de schisme et d’hérésie.

Rogatianus recouvra la liberté après la persécution. S.Cyprien lui envoyait de l’argent pour secourir les pauvres et lui adressait ses directives pour essayer d’apaiser les rebelles et de réconcilier prudemment les malheureux apostats.

Nous n’avons aucun moyen de suivre l’activité de Rogatianus : la seule lettre où il figure au nombre des expéditeurs n’a que cinq lignes et se contente de faire savoir à l’évêque qu’une sentence d’excommunication qu’il avait portée, avait été appliquée.

Rogatianus et Felicissimus ont-ils été martyrisés pendant la persécution de Valérien, comme leur évêque Cyprien ? Nous l’ignorons absolument.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Rogatianus et Felicissimus de Carthage au 26 octobre.

 

 

Amandus de Strasbourg

290-355

 

Amandus fut le premier évêque de Strasbourg, à partir de 346.

Il est difficile de retenir qu’il fut présent au concile de Sardique (343), où l’on trouve un Amantos parmi les signataires. Mais ce fut probablement lui qui participa au concile de Cologne de 346.

Aimable de nom, Amandus fut, dit-on, effectivement un personnage très aimable et particulièrement humble.

Il mourut vers 355.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amandus de Strasbourg au 26 octobre.

 

 

Rusticus de Narbonne

380-461

 

Rusticus était le fils d’un certain Bonosus, qui fut évêque, et neveu d’Arator, autre évêque. On ne nous a pas dit de quels sièges ces derniers furent évêques.

C’est peut-être à lui que s’adresse une lettre de s.Jérôme (v. 30 septembre) : dans l’affirmative, Rusticus compléta ses études à Rome avant de s’engager dans la voie monastique.

Il est certain que notre Rusticus entra dans un monastère proche de Marseille, où il eut pour compagnon un certain Venerius, futur évêque de Marseille.

En 427, Rusticus fut ordonné évêque de Narbonne ; c’était le cinquième sur ce siège.

Il participa aux conciles qui eurent lieu en Arles : il y en eut neuf au cinquième siècle (435, 443, 451, 454, 462, 463, 474, 475, 476). Celui de 462 concernait particulièrement Narbonne, qui venait d’être livrée par le gouverneur aux Wisigoths.

De 442 à 445, il fit construire une nouvelle basilique, en remplacement de la cathédrale détruite par un incendie.

Une lettre du pape Léon le Grand (v. 10 novembre) adressée personnellement à Rusticus, datable en 458-459, l’exhortait à ne pas se démettre de son siège épiscopal et l’encourageait à mettre toute sa confiance dans la force du Christ. Si nos repères chronologiques sont exacts, Rusticus avait donc proposé de se démettre à soixante-dix-huit ans. Aujourd’hui, selon la formule consacrée, on aurait accepté sa démission.

La même lettre fait allusion à une situation bien regrettable : des prêtres et des diacres se faisaient passer pour évêques et ordonnaient des clercs. Etait-ce propre à Narbonne, ou à la Gaule méridionale ? De telles ordinations n’avaient évidemment aucune validité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus de Narbonne au 26 octobre.

 

 

Aptonius d’Angoulême

† 566

 

Dans le catalogue des évêques d’Angoulême, Aptonius apparaît au quatrième rang.

Il aurait été nommé à ce siège en 541-542.

Ce fut lui qui reçut s.Eparchius (Cybard, v. 1er juillet) et l’ordonna prêtre.

Si l’on trouve la signature d’Aptonius au concile d’Orléans (549), c’est son successeur, Maracharius, qui signe en 567 comme évêque nommé, non encore consacré : Aptonius devait alors être mort, peut-être l’année précédente (566 ?).

On a lu parfois qu’Aptonius était le frère d’Ausonius, le premier évêque d’Angoulême : Aptonius aurait-il vécu deux cents ans ? Ou alors, il aurait pu avoir un frère nommé Ausonius qui ne fut pas évêque.

Saint Aptonius d’Angoulême est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cedd

† 664

 

Il a été question de saint Cedd à propos de son jeune frère saint Chad, au 2 mars.

Ils étaient quatre frères de Northumbrie, qui reçurent la foi grâce à des missionnaires irlandais. Cedd fut longtemps moine à Lindisfarne, où il reçut la prêtrise.

Il fut envoyé par l’évêque de Lindisfarne pour évangéliser l’Angleterre du Centre et la Mercie, sur la demande du roi, Peada.

Puis il fut invité à évangéliser aussi chez les Saxons de l’Est, où il opéra des conversions et fit construire des églises. Finalement il fut sacré évêque pour cette région. Il y organisa l’Eglise, ordonna des prêtres, fonda deux monastères, dont celui de Tilbury où il résida (ces deux monastères cependant furent détruits plus tard par les Danois envahisseurs).

En 658, il fonda l’abbaye de Lestingay, sur invitation du prince de Deira. Il y introduisit la règle de saint Colomba. Cette abbaye fut aussi détruite plus tard par les Danois.

De passage à Londres, Cedd y excommunia un seigneur qui vivait dans l’inceste. Et comme le roi accepta ensuite une invitation à un banquet chez ce seigneur, Cedd le lui reprocha et lui annonça qu’il mourrait dans cette même maison, ce qui arriva en 661, lorsque le seigneur en question y fit lâchement assassiner le roi.

En 664, Cedd accepta la date romaine de Pâques, dans un synode tenu à Streneshalch.

Cedd mourut bientôt de la peste, qui sévissait en Angleterre, le 26 octobre 664, jour où le commémore le Martyrologe.

 

 

Eadfrid

† 675

 

On connaît souvent assez peu les Saints d’Angleterre. Celui-ci est un des moins connus, au point que même le Martyrologe Romain récent ne l’a pas retenu.

Eadfrid est donné comme prêtre de Northumbrie, qui travailla en Mercie, où il convertit le roi Merewald et son peuple.

Il fonda le prieuré de Leominster, au nord de Hereford, à l’est du Pays de Galles.

Il serait mort un 26 octobre vers 675.

 

 

Eata

† 686 env.

 

Eata est donné comme l’un des douze compagnons de saint Aidan (voir au 31 août), qui fonda l’abbaye de Lindisfarne, un îlot de la mer du Nord au sud de la province de Glasgow.

Eata fut abbé à Melrose et c’est lui qui accueillit bientôt chez lui le futur saint Cuthbert (voir au 20 mars).

On avait besoin de Eata pour des charges importantes et il ne resta pas longtemps dans le silence de son monastère.

D’abord élu abbé à Lindisfarne, il fut nommé évêque des Berniciens, en Northumbrie du nord, puis à Hexham (685).

Il mourut peu après, laissant le souvenir d’un abbé-évêque «très doux, très simple».

Il fut enterré dans la cathédrale de Hexham. En 1173, on voulut le reporter à York, mais dans un songe à l’archevêque, Eata manifesta sa claire désapprobation pour ce changement, de sorte qu’on le laissa tranquille.

Le Martyrologe le mentionne le 26 octobre.

 

 

Sigebald de Metz

† 741

 

Sigebald (Sigebaud) apparaît comme le trente-sixième évêque de Metz.

Il aurait appartenu à la gens Ansbertina, comme l’un de ses prédécesseurs Goeri (v. 19 septembre).

Avant son épiscopat, il aurait été conseiller personnel de Pépin d’Héristal.

Il fut nommé évêque en 716.

On signale Sigebald comme restaurateur de nombreux sanctuaires.

Vers 720, il fit construire à l’emplacement d’Hilariacum une abbaye sous le vocable de Saint-Pierre, rebaptisée plus tard Saint-Nabor, à l’origine de la localité Saint-Avold.

Il aurait été aussi à l’origine de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.

Sigebald était, dit-on, malade de la goutte. Il mourut vers 741-747.

Saint Sigebald de Metz est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert de Canterbury

† 758 env.

 

D’après les quelques lettres qu’on a conservées de lui, Cuthbert pouvait être de noble extraction et d’une culture soignée.

Abbé de Lyminge, il fut nommé pour l’évêché de Hereford (736), d’où il passa quatre ans plus tard à l’archevêché de Canterbury.

Il fut soutenu par le roi de Mercie, qui lui confirma des privilèges pour les clercs et les moines.

Il fut en relation très amicales avec saint Boniface, qui était anglais d’origine, et qui évangélisait les peuples de Germanie (v. 5 juin). Dans une de ses lettres, Boniface lui recommanda de bien veiller à la conduite des moines et des clercs, parfois vêtus trop «luxueusement», parfois adonnés à l’alcool…

Cuthbert réunit deux conciles à Clovesho et fit construire l’église de Saint-Jean-Baptiste à Canterbury, qui servit comme baptistère et aussi comme lieu de sépulture des archevêques. Mais cette église brûla en 1067.

Cuthbert mourut le 26 octobre 760, et fut considéré comme un saint, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

Il ne faut pas le confondre avec Cuthbert de Lindisfarne, mort en 687, et qui, fêté le 20 mars, se trouve dans le même Martyrologe.

 

 

Witta de Büraburg

700-760

 

Witta était né vers 700 en Angleterre.

Son nom, qui évoque la blancheur (white) fut transcrit Albinus en latin.

Il aura pu étudier et se former à l’abbaye de Iona.

Il quitta son pays pour venir soutenir le travail évangélisateur de s.Boniface (v. 5 juin).

Boniface le consacra évêque du nouveau diocèse de Büraburg et le pape Zacharie confirma ce choix.

En 742, Witta prit part au premier synode germanique.

En 745, il signa, avec d’autres prélats, une lettre de Boniface au roi de Mercie, qui suppliait ce dernier de respecter la loi de Dieu et les droits de l’Eglise.

Witta eut des soucis avec les Saxons encore païens, qui n’acceptaient pas facilement d’abandonner leurs idoles et leurs habitudes.

Il mourut à une date imprécise, qui varie selon les auteurs de 747 à 760.

Le siège de Büraburg, réuni à celui de Mayence, fut remplacé par Paderborn.

Saint Witta de Büraburg est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

Beóán de Mortlach

 † 1032

 

Beóán, latinisé en Beanus (Beoanus), en anglais Beyn, était né en Ecosse.

L’évêché de Mortlach fut ou aurait été fondé par le roi Máel Coluim II d’Ecosse en 1012, en action de grâce pour sa victoire sur les Scandinaves envahisseurs.

Le premier évêque de ce nouveau siège fut notre Beóán, qui fut confirmé par le pape Benoît VIII sur la demande du même roi.

Par la charte de Forfar, le roi confirma à l’évêque les terres et les sanctuaires de Clova (Kirriemuir). 

Saint Beóán de Mortlach est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain, qui mentionne un autre Beóán, ermite, le 16 décembre.

 

 

Folco Scotti de Plaisance

1165-1229

 

Comme son nom ne l’indique pas, Folco (Foulque) n’était ni italien ni écossais.

Sa famille était originaire d’Irlande, et à cette époque on appelait ces gens-là les Scotti. On suppose que la famille de Folco comptait des commerçants qui quittèrent l’Irlande après l’invasion des Danois et s’installèrent dans le nord de l’Italie.

Folco naquit vers 1165 à Plaisance.

A vingt ans, il entra dans une communauté sacerdotale, les Chanoines de Sainte Euphémie, qui l’envoyèrent étudier à Paris. Une fois maître en théologie, Folco revint à Plaisance vers 1192, fut ordonné prêtre, puis nommé prieur (1194).

En 1208, il prit part au synode diocésain, fut nommé chanoine puis archiprêtre de la cathédrale, enfin évêque de Plaisance, en 1210.

Le grand événement se produisit en 1216 : Folco fut aussi nommé évêque de Pavie. Or Pavie et Plaisance , qui sont toutes proches, étaient à couteaux tirés «traditionnellement», et Folco devait être le pasteur des «ennemis». Pendant treize ans, l’évêque démontra par son zèle, sa patience et sa bonté qu’on pouvait vivre en paix.

Ce grand pacificateur mourut le 26 octobre 1229. Il fut enseveli dans la cathédrale de Pavie, et même les diocésains placentins l’acceptèrent sans récriminer !

Saint Folco est inscrit au Martyrologe Romain le 26 octobre.

 

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga

1651-1711

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga naquit en 1651 à Potenza (Basilicata, Italie sud) dans une famille pauvre, mais riche de vertus.

Les qualités du petit Carlo poussèrent un prêtre de l’endroit à lui donner quelques leçons de latin, quand le garçon avait dix ans.

A quinze ans, Carlo entra au noviciat des Frères Mineurs de Nocera (Naples), prenant le nom de Bonaventura.

Ce n’était pas (encore) un saint : le jeune novice dut apprendre à dominer son ardeur juvénile, à réprimer à l’occasion ses mouvements d’impatience. De fait, il devint d’une très grande douceur (pour les autres), tout en étant très sévère pour lui-même, s’imposant des macérations qu’il maintint toute sa vie.

Son obéissance était celle d'un enfant. Un jour qu'il cherchait la clef de la sacristie : Prenez un hameçon, lui dit en riant son supérieur, et repêchez-la, elle est au fond du puits. Bonaventura le fit et retira la clef par le moyen indiqué. Dieu récompensa l'obéissant religieux par d'autres faits non moins extraordinaires. 

Il se prépara en différents couvents : Aversa, Maddaloni, Amalfi, où il reçut le sacerdoce en 1675.

Par la suite, il fut envoyé aux couvents de Naples, Ravello, Ischia, Sorrento et Nocera. Mais il refusa catégoriquement toute charge, dont celle de gardien à Ravello et Capri ; il dut s’incliner par obéissance pour accepter la charge de maître des novices à Nocera.

Il s’efforça de transmettre à ces novices ses deux vertus préférées, l’humilité et l’obéissance, et de leur révéler les richesses spirituelles de la vie et de la Passion du Christ. Quand il leur parlait des souffrances du Sauveur, il pleurait abondamment, et ses yeux semblaient jeter des flammes. 

Sa charité fut surtout remarquable à l’égard des petits, des pauvres et des humbles ; lorsqu’éclata la peste dans un village voisin de Naples, il se porta au secours des malades, et ne cessa pas quand il fut atteint lui-même, en dépit de sa faiblesse et d’une fièvre qui le minait, s’abandonnant à la Providence.

Revenu à la santé, Bonaventura reprit allègrement ses travaux apostoliques de prédication. Il était né apôtre, et rien ne le rebutait lorsqu’il s’agissait de gagner une âme au Christ. Son zèle pour les âmes était si brûlant, qu'il disait un jour : Si j'étais appelé auprès de quelques pauvres infirmes ou moribonds et que les portes fussent fermées, de façon que je ne susse par où sortir, je n’hésiterais pas à me jeter par la fenêtre pour aller sauver leur âme.

Dieu d’ailleurs lui venait en aide, en lui accordant dans une large mesure le don de prophétie et de pénétration des consciences. Durant ses longues oraisons, ou pendant sa messe, on le voyait parfois ravi en extase et élevé de terre.

Lui qui toute sa vie avait été un dévot de Marie et n’entreprenait aucune œuvre sans la mettre sous sa protection, offrit sa dernière maladie à sa Mère du ciel, et s’endormit dans le Seigneur au couvent de Ravello, où il passa les deux dernières années de sa vie, après une opération à la jambe, gagnée par la gangrène.

Il mourut ainsi à Ravello le 26 octobre 1711.

Après beaucoup de miracles avenus à son tombeau, Carlo-Bonaventura a été béatifié en 1775.

 

 

Celina Chludzinska Borzecka

1833-1913

 

Celina Chludzinska était une des trois enfants de Ignatius et Petronella, propriétaires terriens. Elle naquit à Antowil (Orsza, Pologne orientale, actuelle Biélorussie) le 29 octobre 1833.

Malgré son attrait pour la vie religieuse, elle obéit à ses parents et épousa Józef Borzecki en 1853. Quatre enfants naquirent, dont deux moururent en bas âge ; les petites filles s’appelèrent Jadwiga et Celina.

En 1869, pour avoir appuyé les insurgés contre le régime tsariste, Celina subit une arrestation.

Joseph, lui, victime d’un infarctus, resta paralysé et mourut en 1875 à Vienne, où la famille s’installa pour lui faire prodiguer de meilleurs soins.

Avec ses filles, la pauvre veuve vient à Rome. La jeune Celina se marie ; maman Celina et sa fille Jadwiga constituent une petite communauté.

En 1887, elles ouvrent une première école, dont l’aumônier, un certain Giacomo Della Chiesa, devait plus tard être le pape Benoît XV.

En 1891 est officiellement fondée la congrégation des Sœurs de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vont essaimer bientôt en Pologne (Kety, Czestochowa, Varsovie), en Bulgarie (où se développa une intense activité parmi les orthodoxes), aux Etats-Unis. 

La mission de ces religieuses est l’éducation chrétienne des jeunes filles et le renouveau religieux et moral des femmes, ainsi que l’assistance aux malades et la pastorale paroissiale.

Aujourd’hui, cette congrégation compte pas moins de cinquante-trois maisons, en Pologne, Biélorussie, Italie, Angleterre, Etats-Unis, Canada, Argentine, Tanzanie et Australie.

Celina en fut la supérieure, jusqu’en 1911, deux ans avant sa mort à Cracovie, le 26 octobre 1913.

Celina s’est montrée vraiment édifiante par son humble obéissance à ses parents, et par son attitude d’épouse fidèle, de mère exemplaire, tant pour ses enfants que pour sa famille religieuse. 

Elle a été béatifiée en 2007.

 

 

 

Josif Mihali

1912-1948

 

Josif Mihali naquit le 23 septembre 1912 à Elbasan (Albanie).

Il appartenait à la communauté de rite gréco-catholique présente dans le sud de l’Albanie, ce qui explique qu’il fut envoyé dans la communauté de ce rite à Grottaferrata, proche de Rome, pour sa préparation au sacerdoce.

Ordonné prêtre en 1935, il célébra pour la première fois la Divine Liturgie en l’église Saint-Athanase de Rome et, l’année suivante, revint en Albanie.

En 1945, sous le régime communiste, il fut arrêté et condamné à dix années de travaux forcés. Cependant, épuisé, il s’écroula à terre : un gardien força d’autres prisonniers à l’enterrer vivant ; Josif mourut ainsi étouffé, à Maliq (Korçë), le 26 octobre 1948.

Josif Mihali fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 26 octobre.

Partager cet article

Repost0
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 00:00

25 OCTOBRE

 

I.

Ste Tabitha (Dorcas), la femme ressuscitée par s. Pierre à Joppé (cf. Ac 9:36-44).

S Fronton, évêque à Périgueux ordonné par s. Pierre, patron de la cathédrale et de la ville de Périgueux. 

III.

S Minias, soldat romain martyr à Florence, dont il est le patron.

SS Chrysanthus et Daria, martyrs à Rome.

SS Crispinus et Crispinianus, martyrs sans doute romains vénérés à Soissons, patrons des cordonniers, d'où l'expression “saint-crispin”, laïcisée en “saint-frusquin”.

IV.

S Marcellinus, pape (296-304), martyr ; il aurait un moment cédé à l’erreur et offert l’encens aux idoles, puis se serait solennellement rétracté, mais l’épisode est discuté.

SS Martyrios et Markianos, martyrs des hérétiques à Constantinople, l'un sous-diacre, l'autre chantre.

V.

S Gaudentius, évêque à Brescia, prédicateur célèbre.

S Rufinien, évêque à Bayeux ; il baptisa s. Loup, qui lui succéda.

S Loup, évêque à Bayeux ; il débarrassa la ville d'un loup enragé.

?

S Gouesnou, moine près de Brest où il aurait construit un monastère.

VI.

S Hilare, évêque à Mende.

VIII.

S Capuan, évêque à Cahors.

SS Frutos, Valentín et Engracia, deux frères et leur sœur, ermites près de Sepulveda ; Valentín et Engracia furent martyrisés par les Arabes.

?

S Doulchard, ermite près de Bourges.

XI.

S Maur, évêque à Pecs, finalement admis au monastère Saint-Martin, et abbé ; il s'était fait remarquer par son silence.

XII.

B Louis, comte de Arnstein : il donna son château aux Prémontrés, et se fit convers.

Ste Marguerite, martyre à Roskilde, pendue par son époux.

XIII.

S Bernat Calbó, juge catalan, abbé cistercien à Santa Creus, évêque à Vich ; il combattit les hérésies albigeoise et vaudoise avec s. Raymond de Peñafort ; d'un caillou il se cassa ses belles dents qui provoquaient des réflexions admiratives des jeunes filles.

XV.

B Tadhg MacMarthy, évêque irlandais à Ross puis à Cork et Cloyne, dont on le chassa, mort à Ivrea sur son retour de Rome.

XIX.

S Giuse Lê Ɖǎng Thị, capitaine en Cochinchine, étranglé pour sa foi, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre (le 24 octobre au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : près de Castellón, le prêtre Recaredo Centelles Abad (*1904) ;

- béatifiées en 2001, martyrisées près de Valencia :

Laïques : María Teresa Ferragud Roig de Masiá (*1853), mère de famille avec ses quatre filles religieuses :

Clarisses : María Vicenta Masiá Ferragud (M. Jésus), María Joaquina Masiá Ferragud (María Verónica), María Felicidad Masía Ferragud (*1882, 1884, 1890) ;

Augustines : Josefa Ramona Masiá Ferragud (Josefa de la Purification, *1887).

 

Fronton de Périgueux

?

 

Une histoire fantastique fait de Fronton un des soixante-douze disciples du Christ, un missionnaire envoyé par s.Pierre, et le premier évêque de Périgueux.

Dans une autre version, Fronton était natif de Linocassium (auj. Lenquais, Dordogne). A sept ans, refusant toute autre formation, il apprit les lettres et le psautier, se fit raser la tête, et «ordonna» prêtres deux camarades. Menacé par un fonctionnaire païen, Squirius, Fronton partit pour l’Egypte, auprès d’un moine nommé Ammon.

Ammon et Fronton mirent en déroute des serpents qui avaient attaqués des brigands, guérirent ces derniers et leur conférèrent le baptême.

Fronton gagna alors la Ville Eternelle. Il y délivra la fille d’un sénateur de plusieurs démons, qui furent foudroyés en la quittant. C’est alors que s.Pierre rencontra Fronton et l’envoya en mission, comme on l’a dit plus haut.

Désormais âgé, Fronton quitta Périgueux pour échapper à la persécution de Squirius et se rendit à Noioialus (auj. Nojals ?), où il extermina un énorme dragon et beaucoup de serpents. Les soixante-dix moines qui l’accompagnaient furent nourris miraculeusement, grâce à un ange, qui fit envoyer soixante-dix chameaux chargés de victuailles. Squirius, étonné du prodige, demanda alors le baptême.

Dans cette version, Fronton serait mort vers l’an 100.

Même si Fronton n’est mort qu’au troisième siècle, il reste le premier évangélisateur de Périgueux ; il est le saint Patron de la cathédrale et du diocèse de Périgueux.

En 1575, les Huguenots s’emparèrent des reliques de Fronton et les jetèrent dans la Dordogne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fronton de Périgueux au 25 octobre.

 

 

Minias de Florence

† 251

 

Voici encore un Saint qui n’a pas l’agrément des historiens spécialistes.

Minias (Minas, Miniatus), s’étant qualifié de soldat du Christ, devint un soldat chrétien de l’armée romaine.

L’église San Miniato, aux environs de Florence (Italie C) abrite des reliques d’on ne sait quel Saint.

Il semble que, plus la ville de Florence prenait de l’importance, plus la dévotion envers «saint Minias» se développait.

Une thèse légendaire affirma que Minias était un Arménien de sang royal, qui servait dans l’armée romaine. Ayant refusé d’adorer les idoles, il se retira de l’armée, fit un pèlerinage à Rome et se retira dans un ermitage à Florence. C’est là que les persécuteurs le rejoignirent et le firent mourir.

C’était sous Dèce, au troisième siècle, vers 251.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Minias de Florence au 25 octobre.

 

 

Chrysanthus et Daria de Rome

† 283

 

Chrysanthus était né à Rome, d’un aristocrate d’Alexandrie d’Egypte, nommé Polemius.

Le garçon reçut une éducation soignée et complète mais, déçu par la littérature païenne, il connut les évangiles et se les fit expliquer par le prêtre Carpophore.

Une fois baptisé, il se mit à prêcher parmi les siens. Le papa enferma son fils dans un cachot, avec ordre de ne lui donner à manger que le soir, et fort peu.

Puis Polemius introduisit dans la chambre de son fils cinq très belles jeunes filles, qui devaient le corrompre ; Chrysanthus y fut insensible et ce furent les filles qui furent prises de sommeil. Autre essai avec Daria, une vestale : cette fois-ci, Chrysanthus et Daria furent d’accord pour conserver la chasteté, et Daria fut baptisée.

Chrysanthus et Daria conquirent au Christ beaucoup d’amis, mais furent arrêtés. Chrysanthus subit une série de tortures qui échouèrent toutes : les nerfs de bœuf se rompirent, les ceps tombèrent en poussière, le purain prit une odeur de rose, les verges furent douces comme des plumes…

Qui se convertit, fut le tribun Claudius lui-même, avec sa famille et ses soldats. Claudius fut jeté à la mer avec des pierres au cou, ses deux enfants décapités, ainsi que les soldats.

Chrysanthus et Daria furent envoyés à la prison Mamertine, où un lion s’imposa pour protéger Chrysanthus. Puis une nouvelle série de tortures se succédèrent en vain sur Chrysanthus et Daria, qui moururent sous une pluie de pierres et de terre.

Ce martyre dut avoir lieu en 283.

La grande difficulté de ce récit assez extraordinaire, est qu’il est placé à la fois sous l’empereur Numérien et sous le pape Etienne, qui vécurent à trente années d’intervalle.

S’il faut éliminer l’authenticité du récit, il faut tout de même retenir l’historicité des deux Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Chrysanthus et Daria de Rome au 25 octobre.

 

 

Crispinus et Crispinianus de Soissons

† 3. siècle ?

 

D’après ce qu’on peut trouver comme informations, les deux frères Crispinus et Crispinianus seraient deux garçons de la noblesse romaine, venus de la Ville Eternelle pour prêcher l’Evangile en Picardie.

Humblement, ils s’établirent savetiers à Soissons. Les clients accoururent dans cette petite boutique pleine de bonté, où les deux artisans profitaient des rencontres pour dispenser mille gentillesses à l’égard des uns et des autres.

Le Diable, ou quelqu’un inspiré par lui, dénonça ces deux braves cordonniers à l’autorité païenne, qui les fit arrêter, et torturer longtemps.

On les plongea dans l’eau glacée, puis dans une chaudière emplie de plomb fondu. Mais par la providence divine, les deux Héros ne ressentirent aucun mal, tandis que le bourreau reçut dans l’œil une petite goutte de ce métal brûlant : aveuglé, brûlé, furieux, il se jeta de lui-même dans la chaudière. Ce bourreau, nommé en maints endroits Rictiovarus, est, selon certains, un personnage inventé.

Le texte ancien ajoute que Satan se réjouit beaucoup de recevoir l’âme damnée de Rictiovarus. Il voulait faire rédiger une épitaphe sur la tombe du malheureux, pour obliger chaque démon à le saluer au passage ; qui ne l’aurait pas salué, aurait reçu un coup de massue (ung cop de machue).

Quant aux deux frères, Crispinus et Crispinianus, ils furent décapités.

Ils sont devenus, bien sûr, les saints Patrons des cordonniers. Les savetiers ambulants prirent l’habitude de porter leur saint-crépin en parlant de leurs outils ; l’expression s’est laïcisée en porter son saint-frusquin.

Puisque le texte fait allusion à l’empereur Maximien, on en déduira que les deux martyrs sont morts tout à la fin du troisième, ou tout au début du quatrième siècles.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Crispinus et Crispinianus de Soissons au 25 octobre.

 

 

Marcellinus

296-304

 

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.

Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.

Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.

Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.

D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.

Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur sera saint Marcel Ier.

Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.

Son dies natalis étant historiquement plutôt le 25 octobre, on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.

 

 

Martyrios et Markianos de Constantinople

† 351

 

Le patriarche Paulos de Constantinople venait d’être exilé et martyrisé (351).

L’usurpateur qui prit sa place, Makedonios, prétendit débarrasser la place de tous les fidèles du Défunt. Il fit massacrer le sous-diacre Martyrios et le chantre-lecteur Markianos, qui avaient été très proches de Paulos.

On les enterra en-dehors des murs de la ville.

Les fidèles leur donnèrent le surnom de saints notaires.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Martyrios et Markianos de Constantinople au 25 octobre.

 

 

Gaudentius de Brescia

† 410

 

On ne parle pas de l’enfance et de la formation de Gaudentius (en italien Gaudenzio, en français Gaudence).

On sait qu’il fut nommé neuvième évêque de Brescia (387 environ), alors qu’il était en pèlerinage en Orient.

La population de Brescia jura qu’elle n’accepterait pas d’autre évêque que Gaudentius. Il hésita à accepter cette charge qu’il n’avait vraiment pas prévue, mais s.Ambroise (v. 7 décembre) et quelques autres le convainquirent. Même les évêques d’Orient le «menacèrent» de rompre la communion avec lui s’il n’acceptait pas d’être consacré évêque.

Il prit tout de même le temps de trouver un grand nombre de reliques de Saints, qu’il rapporta à la cathédrale de Brescia. C’est lui-même qui en fit la liste : Jean-Baptiste, André, Thomas, Luc, Gervais et Protais, Nazaire, Sisinnius, Martyrius, Alexandre, ainsi que des Quarante Martyrs de Césarée de Cappadoce.

C’est s.Ambroise qui le consacra évêque.

En 404, s.Jean Chrysostome fut condamné à l’exil (v. 14 septembre). Cette sentence inique suscita un énergique mouvement de protestation en Occident, auquel participa généreusement Gaudentius. Il fit partie de la délégation qui devait rencontrer l’empereur à Constantinople, mais on s’acharna à en empêcher les  membres d’arriver à destination. Sur le bateau entre Athènes et Constantinople, on les laissa trois jours sans nourriture. On leur interdit l’entrée dans la ville de Constantinople et on les enferma dans la forteresse d’Athyra, sur la côte de Thrace. On leur arracha des mains leurs lettres de créance, au point qu’un des envoyés, un évêque, eut le pouce cassé. On leur offrit une énorme somme d’argent pour leur faire accepter de rencontrer Atticus, «successeur» (illégitime) de Jean Chrysostome. Finalement, après qu’ils eussent été réconfortés par une vision de s.Paul, ils furent menés sur un bateau tout-à-fait vétuste, et dont le capitaine avait l’ordre de les jeter par-dessus bord, mais le bateau arriva sans encombres au port d’Otranto en vingt jours. Ces détails apparemment invraisemblables furent racontés par l’un des protagonistes lui-même.

Gaudentius fut un prédicateur écouté. De la vingtaine de traités qu’on a reçus de lui, une dizaine sont des sermons sur le temps pascal, qui lui furent demandés par un certain Benivolus, un noble de Brescia qui, à cause de la maladie, regrettait fort de n’avoir pu entendre l’évêque prêcher.

Au Bréviaire, nous avons deux lectures de Gaudentius, le jeudi de la deuxième et de la cinquième semaines pascales. Voici un extrait de la première :

Le Christ (…) donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Eglise, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Eglises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ…

La mort de Gaudentius se situe aux alentours de 410.

Saint Gaudentius de Brescia est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilare de Mende

† 535

 

Hilare (Hilarus) est le huitième évêque de Mende, à partir de 515.

Outre sa participation au concile d’Auvergne en 535, ce qu’on lui prête est affirmé au conditionnel.

Il aurait fondé un monastère près du Tarn.

Il aurait visité l’abbaye de Lérins.

Lors de l’invasion des Francs en pays de Gévaudan, il en aurait obtenu la libération de nombreux esclaves.

Parfois, on croit que l’autre évêque de Mende, s.Ilère, du siècle suivant est un dédoublement de notre Hilare.

Saint Hilare de Mende est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frutos de Sepúlveda

642-715

 

Frutos aurait eu un frère et une sœur, Valentín et Engracia, descendants d’une antique famille aristocratique.

A la mort de leurs parents, les trois frères et sœur distribuèrent aux pauvres tout leur héritage et se retirèrent dans une solitude de Carrascal del Río (actuelle Sepúlveda, Ségovie, Espagne). Ils vivaient chacun dans une grotte séparée.

Frutos aurait lui-même provoqué de son bâton la profonde «coupure» ou crevasse (cuchillada) de l’endroit, interdisant aux Arabes de passer outre. La crevasse fait une centaine de mètres de profondeur.

Il demanda à un paysan de lui prêter deux bœufs pour transporter les pierres nécessaires à l’édification d’un sanctuaire à Notre-Dame ; mais comme le paysan n’avait que deux taureaux, Frutos commença par les dresser et s’en servit à la place des bœufs.

Vers la fin de sa vie, il fut affronté par un Musulman qui refusait de croire à la présence du Christ dans l’Eucharistie ; l’homme lui lança que, si l’on mélangeait une hostie consacrée dans la nourriture d’une bête, celle-ci la mangerait pareillement ; Frutos alors amena un âne devant un bon picotin où il avait déposé l’Hostie : l’âne s’agenouilla. Cette histoire rappelle celle arrivée à s.Antoine de Padoue (v. 13 juin).

Frutos serait mort en paix en 715, tandis que ses frère et sœur auraient été mis à mort plus tard, décapités par les Sarrasins.

On ajoute aussi, parmi les miracles postérieurs à la mort de Frutos, qu’un homme jaloux précipita son épouse du haut de cette crevasse et que celle-ci fut retrouvée vivante et à genoux en train de remercier Dieu, tout en bas de la crevasse (1225). La femme continua de vivre là pendant huit années et y fut enterrée.

Les historiens ont «laissé de côté» tout ce qui concerne les «miracles» de Frutos, ainsi que l’existence de ses frère et sœur.

Saint Frutos de Sepúlveda est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bernat Calbó

1180-1243

 

Bernat (Bernard) vit le jour vers 1180 à Mas de Porpres (plus tard Mas Calbó, Reus, Catalogne, Espagne E), dans une famille de la chevalerie.

Après ses études de juriste (à Lleida et peut-être à Paris), il travailla à la curie de l’archidiocèse de Tarragona.

Suite à une maladie, il entra au monastère cistercien des Saintes-Croix, proche de Tarragona. Avant sa profession, il établit son testament (1215), qui le révèle fortement endetté.

Vers 1225 (ou peut-être plus tôt, cf. infra), il fut abbé de son monastère. Comme tel, il fit achever une église monastique, entreprit des missions dans le diocèse de Lérida, qui avait été occupé par les Arabes jusqu’en 1149, et travailla au progrès spirituel des moniales de Valldonzella.

En 1233, il fut nommé évêque de Vich. Il y a ici un problème de datation : certains le sacrent évêque dès 1223, et le laissent abbé à vie de son monastère. 

Ennemi des hérésies albigeoise et vaudoise, il fut nommé inquisiteur par le pape. Avec saint Ramon de Penyafort (v. 7 janvier), il participa à l’élection d’un nouvel évêque pour Majorque, reprise à son tour à l’Islam. Il participera à des conciles entre 1239 et 1243

En 1238, il mit au service du roi Jaime d’Aragon ses moyens et ses hommes pour marcher contre Valence et la libérer des Arabes, en septembre 1238. Bernat chanta alors une Messe solennelle dans la grande mosquée centrale de Valence. Par la suite, il contribua à doter le royaume de Valence de lois établissant ses droits et qui furent aplpliquées pendant quatre siècles.

On raconte deux faits pittoresques qui révèlent sa personnalité. Un jour qu’il passait dans une localité connue pour son bon vin, il en goûta volontiers un petit verre ; mais tout bien réfléchi, il jugea sa gourmandise excessive et se contenta ensuite de pain et d’eau. L’autre fait, plus héroïque encore, advint lorsqu’il entendit des jeunes filles admirer «ses belles dents» : il alla ramasser un caillou et se les brisa.

Le «testament» de Bernat comporte l’inventaire amusant d’une série de récipients (chaudrons, marmites, bassins, poêlons, tout cela en cuivre mais dont certains sont fendus), des louches, des tisonniers, etc.

Bernat mourut le 25 (ou le 26) octobre 1243. Le Martyrologe le mentionne au 25.

Certains disaient que malgré les démarches des Catalans, Bernat n’avait jamais été canonisé ; d’autres précisent au contraire qu’il fut béatifié en 1260 et canonisé en 1710.

 

 

Tadhg MacCarthy

1445-1497

 

Tadhg (Thaddée) appartenait à l’antique famille MacCarthy (ou Macher), du Munster irlandais, où il était né vers 1445 (ou 1455). Son père était duc de Muskerry, sa mère était la fille de Fitz-Maurice, duc de Kerry.

Son prénom était héréditaire dans sa maison depuis sept siècles. Outre ce prénom, Tadhg hérita de certaines caractéristiques typiquement irlandaises : la ferveur religieuse, l’enthousiasme, et même une certaine «sainte impatience».

Les indications qui suivent diffèrent suivant les analyses. Ce n’est pas l’unanimité.

Il aurait fait des études chez les Frères Mineurs de Kilcrea ou Timoleague, ou chez un de ses oncles, puis à Paris, et fut ordonné prêtre à Cork.

On l’envoya poursuivre des études à Rome ; peut-être reçut-il aussi une charge au tribunal de la Rote.

Toujours à Rome, il fut, en 1482, nommé tout jeune évêque de Ross.

Des luttes intestines, des rivalités, parvinrent à l’éliminer purement et simplement de son diocèse. L’ancien évêque auxiliaire de Ross fut reconnu comme unique évêque légitime par les partisans politiques de la maison d’York, opposée à Henry Tudor (1485). On inventa des accusations contre l’évêque Tadhg, qui fut suspendu. 

Tadhg se réfugia dans un couvent cistercien dont il avait la commende. Il recourut à Rome. Pour ménager les uns et les autres, on confirma l’évêque de Ross, et l’on attribua à Tadhg les deux évêchés de Cork et Cloyne (1490). Mais là encore le jeune évêque rencontra des oppositions très fortes : il ne put même pas pénétrer dans la cathédrale, fermée à clef. Où qu’il se tournât, il trouvait porte close et rejet.

Aussi, appliqua-t-il l’ordre du Seigneur : Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre (Mt 10:23). Il repartit pour la Ville éternelle, à pied, pèlerin inconnu. A Rome, le pape lui remit des lettres pour les dirigeants d’Irlande, qu’il obligeait à laisser l’évêque libre de prendre possession de son évêché.

Sur le chemin du retour, une de ses haltes fut à Ivrée, au pied des Alpes, chez les Chanoines de Saint-Bernard, qui ne le connaissaient pas.

Au matin, Tadhg était mort. Arrivant de Rome, il était parti pour le Ciel. C’était le 25 octobre 1497 (ou peut-être 1492). Il avait été évêque une dizaine d’années, dont trois seulement en possession de son siège.

Les Chanoines trouvèrent dans son bagage son anneau pastoral et les lettres papales, et apprirent ainsi qui était ce pèlerin ; l’évêque en fut informé : il reconnut alors ce personnage qu’il avait vu en rêve la nuit précédente et ordonna des obsèques solennelles, auxquelles la population accourut.

La tombe de Tadhg fut très fréquentée, il y eut des miracles. On ne nous dit pas comment les Irlandais fautifs accueillirent ces nouvelles. 

En 1742, la tombe fut ouverte pour une reconnaissance : le corps de Tadhg était intact et portait un bel anneau épiscopal à la main ! La barbe avait poussé et tombait florissante sur la poitrine !

Mais c’est plus tard sur l’intervention des évêques d’Ivrée et de York, que le culte du bienheureux Tadhg fut confirmé en 1895.

 

 

Giuse Lê Ɖǎng Thị

1825-1860

 

Giuse (Joseph) était né vers 1825 à Kẻ Vǎn (Quẚng Trị (Vietnam).

Ce père de famille était officier de l’armée.

Au moment de l’édit promulgué contre les soldats chrétiens, il était gouverneur de Nghệ-An.

Il fut arrêté au début de l’année 1860 ; le régime de la prison lui fut tellement néfaste, qu’il en tomba très malade, et que sa crainte était de ne pas vivre assez longtemps pour recevoir la palme du martyre. Il pensait que, peut-être, il n’en serait pas digne à cause de (ses) péchés.

Mais quand vint enfin le jour de l’exécution, il s’exclama : Quel bonheur ! Quel bonheur !

Giuse fut étranglé à An Hòa (Quẚng Nam), le 25 octobre 1860 .

Il fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

María Teresa Ferragud Roig

1853-1936

 

María Teresa était née le 14 janvier 1853 à Algemesí (Valencia, Espagne). Elle épousa Vicente Silverio Masiá, un chrétien profondément croyant, avec qui elle eut neuf enfants, dont deux furent Religieux (l’un mourut en 1927, l’autre était missionnaire en Amérique au moment de la guerre civile), et cinq filles furent Religieuses, trois chez les Clarisses, deux chez les Augustines.

Cette courageuse maman allait à la messe chaque jour ainsi qu’à l’Adoration Eucharistique. Elle fit partie de l’Action Catholique dès sa formation et participait à toutes les activités, de même aussi qu’à celles de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, dont elle fut présidente.

L’aînée de ses filles, María Teresa, née le 18 septembre 1873, fut Augustine à Valencia avec le nom de Concepción et mourut en 1927. La deuxième fille, Maria Felicitat, née le 5 juin 1876, mourut très jeune. Une autre fille, Purificación, survécut à la guerre et fut un témoin précieux de cette famille.

Les quatre martyres d’aujourd’hui s’appelaient :

  • María Vicenta Masiá Ferragud, en religion María Jesús, née et baptisée le 12 janvier 1882, confirmée en 1889 ; novice en 1900, elle fit profession en 1902 ;
  • María Joaquina Masiá Ferragud, en religion María Verónica, née le 15 juin 1884, baptisée le 16 et confirmée en 1899 ; novice en 1904, elle fit profession en 1907 ;
  • María Felicidad Masiá Ferragud, en religion María Felicidad, née le 29 août 1890 ; novice en 1910, elle fit profession en 1913.
  • La religieuse augustine s’appelait Josefa Ramona Masiá Ferragud, en religion Josefa de la Purification ; née le 10 juin 1897, elle entra au couvent de Banigánim.

Lors de cette atroce guerre civile et fratricide, les quatre religieuses vinrent se réfugier chez leur mère à Algemesí, où elles continuèrent à vivre selon leur règle et leur horaire, priant l’Office divin, méditant et travaillant.

Le 19 octobre 1936, des miliciens du Front populaire se présentèrent pour arrêter les quatre religieuses. Ils n’avaient pas l’intention d’emmener cette vieille maman, qui avait alors quatre-vingt-trois ans, mais c’est elle-même qui leur exprima sa ferme volonté d’accompagner ses filles, pour les encourager jusqu’à la dernière heure. 

On les emmena toutes les cinq à la prison, l’ancien couvent franciscain Fons Salutis.

Quelques jours après, le dimanche 25 octobre 1936, où l’on fêtait alors la fête du Christ-Roi, les miliciens fusillèrent ces cinq femmes, au lieu-dit Cruz Cubierta, à Alzira (Valencia).

On entendit la Mère exhorter ainsi ses filles : Mes filles, n’ayez pas peur : ceci ne dure qu’un instant, et après, c’est le Ciel pour toujours. Toutes moururent en pardonnant à leurs bourreaux, et criant : Vive le Christ-Roi.

Restée la dernière, la digne maman fut interpellée sans douceur par un milicien : Hé, la vieille, tu n’as pas peur de la mort ? Et elle de répondre : Toute ma vie, j’ai cherché à faire quelque chose pour Jésus-Christ, et maintenant je me tirerais en arrière ? Tuez-moi pour le même motif que mes filles : parce que nous sommes des chrétiennes. Là où vont mes filles, j’y vais aussi.

Déjà la pape Pie XII affirmait que ce martyre était une répétition du celui de la mère avec ses sept fils, dans le livre des Maccabées (2M 7) :

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux, dans la langue de ses pères, et, remplie de nobles sentiments, elle animait d’un mâle courage son raisonnement de femme (2M 7:20-21).

Les cinq Martyres espagnoles ont été béatifiées en 2001 et sont mentionnées le 25 octobre dans le Martyrologe.

 

 

Vicenta Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Vicenta vit le jour le 12 janvier 1882 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia), Vicenta fit la profession en 1902, avec le nom de María Jesús.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Joaquina Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Joaquina vit le jour le 15 juin 1884 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1904, Joaquina fit la profession en 1907, avec le nom de María Verónica.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Felicidad Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Felicidad vit le jour le 29 août 1890 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1910, Felicidad fit la profession en 1913, avec le nom de María Felicidad.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Josefa Ramona Masiá Ferragud

1897-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Josefa Ramona vit le jour le 10 juin 1897 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Augustines de Agullent (Valencia) en 1910, Josefa Ramona fit la profession en 1913, avec le nom de Josefa Purificación.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Recaredo Centelles Abad

1904-1936

 

Il était né à Vall de Uxó (Castellón, Espagne), le 23 mai 1904.

Après l’école de son village, il étudia au séminaire, où il se montra exemplaire en toutes choses.

En 1928, il entra à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Ordonné prêtre en 1929, il fut recteur au séminaire de Tarragona, puis vice-directeur au collège Saint-Joseph de Tortosa.

Il fut enfin recteur du Petit séminaire de Tortosa.

Lors de la révolution, il s’employa à faire revenir indemnes chez eux tous les élèves. Puis, il se cacha chez un frère, où il se prépara au martyre, exhortant aussi des Clarisses qui s’étaient réfugiées là.

Le 2 octobre 1936, fut assassiné pour sa foi son frère Vicente (dont la cause de béatification est en cours, concernant plus de deux-cents martyrs du même diocèse de Castellón).

Don Recaredo prépara toute la famille à la fête du Christ-Roi, qui devait se célébrer alors le dimanche 25 octobre.

Ce jour-là se présentèrent les miliciens ; comme on ne leur ouvrait pas la porte à l’instant, ils l’enfoncèrent, tirèrent sur un parent de Recaredo, et les emmenèrent tous deux.

On les ajouta à quelques autres personnes, et tous furent conduits au cimetière de Nules (Castellón) pour y être fusillés. Les bourreaux se moquaient de don Recaredo qui, en réponse, les bénissait en leur pardonnant.

Une fois à terre, il n’était pas encore mort. Un milicien s’approcha et, avant de lui donner le coup de grâce, lui demanda de le bénir ; comme le prêtre était tombé sur la main droite, il demanda au milicien de le retourner pour se libérer la main et, de cette main droite, lui donna encore une bénédiction. Puis le milicien lui tira dans l’œil le coup fatal.

C’était le dimanche 25 octobre 1936, alors fête du Christ-Roi.

Don Recaredo Centelles Abad fut béatifié en 1995.

Partager cet article

Repost0
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 00:00

24 OCTOBRE

 

?

SS Cyriacus et Claudianus, martyrs à Hiérapolis en Phrygie.

IV.

S Félix, évêque à Thibiuca.

V.

S Proklos, évêque à Constantinople et successeur de Nestorius, grand défenseur de la maternité divine de Marie, auteur présumé du trisagion : “Saint Dieu, Saint fort, Saint immortel, aie pitié de nous”.

VI.

S Martino, moine à Montemassico ; le diable le tentait sous forme d'un serpent qui habitait dans la même grotte que lui ; il fit des miracles.

S Arethas et environ quatre cent vingt martyrs yéménites, clergé et sodats, victimes d'un tyran juif.

S Magloire, gallois, cousin des ss. Samson et Malo, abbé puis évêque à Dol.

S Senoch, descendant de barbares installés en Poitou et devenu ermite thaumaturge ; il sut accepter les observations de s. Grégoire de Tours.

S Martin, diacre à Nantes, puis ermite à l'origine d'un monastère bénédictin à Vertou.

S Cadfarch, gallois ; frère des ss. Cawrdaf, Thangwn, Maethlu.

VII.

S Eberigisil, évêque à Cologne, assassiné par des brigands.

S Fromond, normand, évêque à Coutances, fondateur d'une abbaye de moniales àau Ham.

X.

S Florentin, à Bonnet. 

XIX.

Bx Yu Hang-geom Augustinus et Yun Ji-heon Franciscus, laïcs coréens martyrs, écartelés, béatifiés en 2014.

S Antonio María Claret y Clará, prêtre espagnol, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ; évêque à Cuba, aumônier de la reine à Madrid, administrant son diocèse depuis l'Espagne ; à la révolution de 1868 il vint en France et, après le concile de Vatican I, dut partir chez les Cisterciens de Fontfroide pour échapper à la police.

XX.

S Luigi Guanella (1842-1915), prêtre salésien italien, très sensible aux handicapés, fondateur des Filles de Sainte-Marie de la Providence et des Serviteurs de la Charité, canonisé en 2011.

B Giuseppe Baldo (1843-1915), prêtre italien, curé pendant presque quarante ans, très actif, fondateur des Petites Filles de Saint-Joseph, béatifié en 1989.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2013 :

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Amado García Sánchez (1903-1936) ;

- béatifiées en 2017 :

Filles de la Charité : à Barcelone, Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915) ;

- béatifiés en 2021 :

Laïcs : près de Ciudad Real, les deux frères Antonio et José Toral Cascales (*1912, 1914).

Bse Benigna Cardoso da Silva (1928-1941), brésilienne, martyre de sa pureté, béatifiée en 2021.

Bse Marije Tuçi (1928-1950), jeune demoiselle albanaise consacrée, martyre, béatifiée en 2016.

Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis

?

 

Les deux Martyrs Cyriacus et Claudianus moururent à Hiérapolis (Phrygie, auj. proche de Şuhut, Turquie W) à une date et dans des conditions qui nous sont inconnues.

Le nom Cyriacus pourrait s’énoncer Kyriakos, tandis que Claudianus a une sonorité toute latine.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis au 24 octobre.

 

 

Proklos de Constantinople

390-446

 

Proklos (Proclus) naquit vers 390 à Constantinople.

Il fut secrétaire du patriarche Attikos, qui l’ordonna diacre et prêtre ; puis il fut évêque nommé de Cyzique, de l’autre côté de la mer de Marmara, en face de Constantinople. En réalité, cette nomination resta sans suite et Proklos demeura à Constantinople.

En décembre 428, quand le fameux Nestorius devint patriarche de Constantinople, Proklos proclama dans un sermon solennel en sa présence la maternité divine de Marie. Nestorius n’osa pas sévir contre un orateur si puissant, mais on ne sait pas non plus ce qu’il advint de Proklos pendant quelques années.

On n’a pas trace non plus de sa présence éventuelle au concile d’Ephèse (431), qui déposa Nestorius.

Mais en avril 434, Proklos fut nommé patriarche de Constantinople.

Proklos s’employa à faire disparaître les traces de la doctrine de Nestorius, celles de Théodore de Mopsueste ainsi que celles d’Ibas d’Edesse.

En 435, il écrivit un «tome» ou lettre dogmatique aux Arméniens, pour les persuader de rejeter totalement les positions de Nestorius, de Théodore et d’Ibas.

Un des plus grands événements de cette période, fut le retour triomphal du corps de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) de Comane à Constantinople, en janvier 438.

Proklos mourut en 446, probablement en juillet.

Le concile de Chalcédoine (451) lui décerna le titre de Grand.

De Proklos nous avons ses discours, ses lettres, le tome aux Arméniens. Proklos réussit à trouver des formules capables de faire l’union des esprits, en un temps où les pires divisions venaient souvent de termes équivoques ou mal interprétés.

Proklos serait peut-être l’auteur du solennel Trisagion que nous chantons le Vendredi Saint :

Hagios o Theos, Hagios iskhyros, Hagios athanatos, eleïson himas !

ce qu’on traduit habituellement :

Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous !

(Immortel est une traduction imparfaite, quoiqu’acceptée communément ; il faudrait dire : ‘qui ne connaît pas la mort’). Si Proklos n’en est pas l’auteur direct, c’est en son temps qu’on l’utilisa, particulièrement lors d’un grave tremblement de terre qui secoua Constantinople, obligeant toute la population a s’éparpiller dans la nature environnante.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Proklos de Constantinople au 24 octobre.

 

 

Arethas de Nedjrân et Compagnons

524

 

Nous nous trouvons ici dans la région qu’est aujourd’hui le Yémen, dans le sud-ouest de l’Arabie.

Arethas, fils de Caneph, était le chef de la cité de Nedjrân, qui avait reçu l’influence éthiopienne chrétienne. Mais le vrai pouvoir de toute la région était aux mains d’un Juif, Dhû-Nowas, qui entreprit, l’hiver 523-524, de faire disparaître la colonie chrétienne.

Il prit la ville de Safar, massacra les habitants chrétiens et transforma l’église en synagogue. Il s’attaqua ensuite à la ville de Nedjrân, feignit d’accepter la capitulation, mais massacra tous ceux qui refusaient d’apostasier. Le spectacle de cet assaut fut véritablement horrible.

L’ancien évêque fut exhumé et jeté au feu ; on jeta dans une immense fosse ardente tout le clergé et les vierges consacrées, en tout quatre-cent vingt-sept personnes ; l’église flamba ; on compta globalement quelque quatre mille victimes ; en voici quelques détails.

Les assaillants s’en prirent à une noble femme, nommée Ruma, et à ses deux filles : ils égorgèrent les deux enfants et en firent boire le sang à leur mère. Puis ce fut le tour des trois cents quarante guerriers de l’émir Arethas, qui s’étaient enfermés dans la ville ; au moment d’être exécutés, étant enchaînés, ils firent leur signe de croix avec leur tête ; le premier décapité fut Arethas ; quand ils virent Arethas à terre, ils s’élancèrent pour tremper respectueusement leurs doigts dans son sang, puis ils furent tous décapités, leurs têtes jetées dans la fosse avec les autres Martyrs de la veille, et leurs corps livrés aux bêtes du ciel et de la terre.

Un très ancien manuscrit ajoute cette scène vraiment émouvante. Une maman était traînée au supplice, tenant son petit gamin par la main. Dhû-Nowas appela à lui l’enfant et on entendit ce dialogue :

  • Tu préfères aller avec maman, ou avec moi ?
  • Avec maman, laisse-moi retourner avec elle.
  • Comment as-tu connu le Christ ?
  • Je le vois tous les jours quand j’accompagne maman à l’église.
  • Qui préfères-tu, maman ou moi ?
  • Maman !
  • Et moi ou le Christ ?
  • Le Christ !
  • Je te donnerai des noix, des amandes, des figues !
  • Non, je ne mangerai jamais de choses juives !
  • Reste ici, tu seras mon fils !
  • Non, tu sens mauvais !
  • Alors je te mènerai à la reine !
  • Maman vaut mieux que ta reine !

La maman fut décapitée, après avoir exhorté son enfant à rester fidèle et lui avoir donné «rendez-vous» au Paradis. Le petit garçon, nommé Baïsar, fit plus tard partie d’une ambassade envoyée à Constantinople, mais restait modestement réservé sur l’épisode précédent ; un autre texte aussi ancien rapporte en revanche que l’enfant se précipita dans la fosse où était déjà sa maman en train d’agoniser et mourut avec elle.

Le massacre des Chrétiens de Nedjrân eut lieu en hiver, donc plutôt en décembre, d’après le calendrier syrien jacobite, mais la date avancée en d’autres sources est souvent le 24 octobre.

Le tyran qui s’était autorisé à un tel carnage, fut bientôt éliminé. Des études modernes auraient démontré que les faits ci-dessus auraient été largement amplifiés par quelque auteur chrétien anonyme, dans le but de susciter une réaction de l’empereur de Byzance contre les Juifs. Le pays passa par d’autres révoltes, fut soumis par Byzance, par la Perse, plus tard hélas ! par l’Islam.

Saint Arethas et ses trois-cent quarante Compagnons sont commémorés le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magloire de Dol

495-575

 

L’histoire de Magloire reste un sujet de discussions entre historiens.

Il aurait été, par sa mère, le petit-fils du roi de Glamorgan. S.Samson et s.Malo (v. 28 juillet et 15 novembre) auraient été ses cousins.

Il fut élevé sous s.Iltut (v. 6 novembre) à Llantwit Major.

A la mort de son père, Magloire vint le visiter, avec Samson. Puis ils passèrent tous deux sur l’île de Peirio, où Samson devint abbé ; il ordonna Magloire diacre.

Plus tard, Samson et Magloire revinrent en Armorique ; Samson fonda des monastères, dont celui de Dol ; Magloire devra diriger l’un d’eux ; Samson l’ordonna prêtre, et évêque.

Quand Samson mourut, Magloire lui succéda, vers 565 ; trois ans plus tard, sur l’injonction d’un ange, il céda la place à Budoc, et se retira à Jersey (ou à Sercq).

Il recherchait la solitude pour achever sa vie dans le silence, mais il eut bientôt soixante-deux disciples.

Pas de viande, quelques petits poissons aux jours de grandes fêtes.

Les six derniers mois de sa vie, Magloire resta dans l’église.

Il serait mort le 24 octobre 575.

Saint Magloire de Dol est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senoch, prêtre

536-576

 

Senoch descendait des Taifales, barbares fort corrompus qui avaient formé une colonie en Poitou au 5e siècle dans la région de Tiffauges. C’est là qu’il naquit.

Il se convertit au Seigneur, devint clerc et se constitua un monastère. Il trouva en effet en Touraine des murs anciens et, en les restaurant, il aménagea des habitations convenables.

Il trouva là un oratoire dans lequel, à ce qu’on rapportait, saint Martin (v. 11 novembre) avait prié. Il l’arrangea avec un soin diligent, y dressa un autel avec un emplacement préparé pour recevoir des reliques de Saints, puis invita l’évêque, Euphronius (v. 4 août).

Celui-ci consacra l’autel et conféra l’honneur du diaconat à Senoch. Mais pour ce qui concernait les reliques, il se trouva que l’endroit préparé était trop petit. Aussi Euphronius et Senoch se mirent-ils en prière, profondément inclinés, et l’emplacement s’agrandit, tandis que le reliquaire se rétrécissait.

Senoch vécut là avec trois autres compagnons. Il ne mangeait qu’une livre de pain et ne buvait qu’un demi-litre d’eau par jour. L’hiver, il était pieds-nus. Il se liait une chaîne de fer aux mains, aux pieds et au cou. Fuyant la vue du monde, il s’enferma dans sa cellule, priant, veillant, jour et nuit. Des foules voulurent venir le voir.

Des abondantes aumônes qu’il reçut de ces visiteurs, il ne gardait rien, mais les employa à racheter des esclaves ou à payer les dettes : il en sauva ainsi plus de deux-cents.

Senoch guérissait littéralement les malades aussi facilement qu’il respirait. Aveugles, estropiés, piqués par les serpents, énergumènes, tous revenaient guéris.

Mais Senoch fut tenté et la vanité commença à poindre sur le beau tableau d’une si grande sainteté. Grégoire de Tours (v. 17 novembre) eut le courage de le lui faire remarquer, et Senoch eut l’humilité de reconnaître sa faute.

Un autre conseil qu’il suivit, fut de ne pas s’enfermer totalement, mais seulement du 11 novembre (s.Martin) à Noël et pendant le Carême, et de paraître les autres jours, pour le bien des âmes.

A une époque non précisée, Senoch reçut le sacrement de l’Ordre.

S.Grégoire de Tours le connut personnellement. C’est de son texte que sont tirés les détails qu’on vient de raconter.

Senoch mourut en 576. Les miracles continuèrent à son tombeau.

Saint Senoch, prêtre, est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martin de Vertou

6e siècle

 

Martin était le diacre de l’évêque Félix de Nantes.

Ce dernier l’envoya évangéliser les populations encore païennes du sud de la Loire, mais ce fut un échec total.

Martin se retira, un peu comme Lot s’enfuit de Sodome, et la ville d’Herbadilla, qui l’avait si mal reçu, fut punie de Dieu et fut bientôt ensevelie sous les eaux du lac de Grandlieu.

Notre diacre fit alors un pèlerinage à Rome, où il puisa de nouvelles forces.

De retour dans la région de Nantes, il mena la vie érémitique au sud-est de cette ville. Mais alors, les foules vinrent assaillir Martin, le suppliant de reprendre sa prédication.

La réponse de Martin ne fut pas négative, mais il commença par bâtir une abbaye à Vertou, sous le vocable de Saint-Jean, et y introduisit la Règle de s.Benoît (v. 21 mars), qu’il avait connue durant son pèlerinage précédent.

L’abbaye compta jusqu’à trois-cents moines.

Martin mourut vers la fin du 6e siècle.

Les invasions normandes détruisirent totalement cette abbaye.

Saint Martin de Vertou est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eberigisil de Cologne

† 600

 

Eberigisil (Ebregiselus, Ebergisel, Ebregisil, Everigisil…) fut le quatorzième évêque de Cologne (Allemagne), à partir de 580 environ.

On ajoute qu’il fut le premier à porter un nom franc à Cologne, ce qui semble erroné, puisqu’il y eut apparemment un autre Eberigisil à Cologne deux siècles plus tôt. La même confusion a fait écrire que notre Eberigisil succéda à Severinus, tandis qu’il semble établi que son prédécesseur fut Charentinus.

En 590, le roi Childebert II délégua plusieurs évêques pour rétablir la paix dans le monastère de Sainte-Croix à Poitiers, où deux moniales de haut lignage avaient apporté l’agitation. L’un de ces évêques fut Eberigisil.

Eberigisil aurait été frappé à mort par une flèche tirée par un brigand, ce qui lui valut le titre de martyr, tandis qu’on pourrait plutôt parler ici d’assassinat.

La date de la mort d’Eberigisil reste assez contestée ; suivant les analyses, elle varie de 593 à 614.

Saint Eberigisil de Cologne est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fromond de Coutances

† 690

 

Frodomundus - Fromond fut le quatorzième évêque de Coutances de 677 à 690.

Peu avant de recevoir l’épiscopat, il fonda le monastère du Ham. En effet, l’inscription de l’autel comporte ce détail : Il (Fromond) a commencé le premier à construire ce monastère, élevé ensuite à l’épiscopat.

Ce monastère fut achevé sous le roi Thierry III (681), et la même inscription explique que Fromundus fit la dédicace du sanctuaire un quinze août, en l’honneur de la Vierge Marie.

En dehors de cette construction, aucun détail n’a été fourni sur l’épiscopat de Fromond.

Il mourut en 690.

Saint Fromond de Coutances est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

Yu Hang-geom Augustinus

1756-1801

 

Yu Hang-geom Augustinus est un laïc coréen né en 1756 à Jeonju (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-heon Franciscus

1764-1801

 

Yun Ji-heon Franciscus est un laïc coréen né en 1764 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju (Jeolla-do) le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Antonio María Claret y Clará

1807-1870

 

Né le 23 décembre 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, Antonio (Antoni en catalan) Claret était le cinquième des onze enfants de Juan Claret et Josefina Clará.

Il reçut au baptême le prénom de Antoni ; c’est lui qui, plus tard, ajouta celui de María, par dévotion à la Mère de Dieu.

Il apprit d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers. A dix-sept ans, il partit se perfectionner dans l’art à Barcelone. Ses dons intellectuels semblaient illimités : chez son curé, il avait déjà commencé le latin ; maintenant, dans les cours du soir, il apprit le français, le latin, l’imprimerie.

Antonio pensa à la Chartreuse, mais fut plutôt reçu au séminaire de Vich, où il fut un séminariste exemplaire et reçut l’ordination sacerdotale en 1835.

Il exerça son ministère à Sallent.

En 1839, se sentant plutôt appelé aux missions, il vint à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande ; mais ne pouvant y rencontrer le Cardinal Préfet, il essaya de vivre chez les Jésuites et commença même le noviciat. Au printemps suivant, une douloureuse plaie à la jambe le fit revenir en Espagne.

Nommé alors curé de Viladrau, et constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lança dans les missions populaires ; son succès fut tel, que l’évêque le déchargea de la cure. Antonio prêcha dans toute la Catalogne. Puis il compléta ses missions par des écrits, en catalan, en espagnol, en français, en latin.

 Son bagage ordinaire : le bréviaire et la Bible ; son horaire : quelques heures de repos nocturne, prédication (parfois plusieurs) de jour et des heures et des heures au confessionnal. Déjà on parlait de miracles : des guérisons extraordinaires ; changement du tabac de contrebande en haricots, pour sauver tel malheureux qui vivait de son petit trafic : à la maison, les haricots redevinrent tabac ! 

Il n’avait pas que les succès : insultes, menaces ; il reçut une orange pourrie pendant qu’il prêchait. Aussi s’en alla-t-il en 1848 de sa Catalogne, laissant sa librairie et toutes ses confraternités pieuses, pour les îles Canaries, où il reprit ses inlassables prédications.

Il tenta d’organiser de nouvelles confraternités pour remplacer les ordres religieux interdits par le gouvernement laïc et fonda en 1849 pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie, qui s’appelèrent plus tard les Clarétins.

La même année Pie IX le fit ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba. Au delà de l'océan, il poursuivit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à plusieurs attentats, dont un où il eut la joue gauche ouverte par un couteau : il avait osé proclamer que les Noirs étaient égaux aux Blancs ! Pendant les six années de sa présence à Cuba, il fit plus de trois visites pastorales dans toutes ses paroisses, prononça onze mille homélies, distribua près de cent mille brochures…

Puis en 1857 il fut rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II. Il résida donc en Espagne, tout en administrant de loin son diocèse de Cuba. Il montra comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique).

De part sa position auprès de la reine, il était la cible directe des ennemis du régime ; il fut victime de violentes accusations, de pamphlets… Banni par la Révolution de 1868, il accompagna la reine déchue à Pau, puis Paris. Sa congrégation fut presque éliminée. 

En 1869, il partit au concile de Vatican I, où il défendit vigoureusement l’infallibilité pontificale. 

Toujours plus malade, il vint à Prades puis, menacé encore une fois par les autorités espagnoles, il vint finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide (Aude), où il voulut participer aux offices. Ses souffrances ne cessaient pas, et il les supportait sans murmurer.

Il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret fut béatifié en 1897, et canonisé en 1934.

 

 

Luigi Guanella

1842-1915

 

Luigi Guanella fut le neuvième des treize enfants de Lorenzo Guanella et Maria Bianchi.

Il naquit le 19 décembre 1842 à Franciscio di Campodolcino (Come, Italie du nord) et fut baptisé le lendemain.

Luigi raconta lui-même que, le jour de sa première communion (il avait neuf ans), il vit une Dame qui lui montrait tout ce qu’il aurait à faire en faveur des pauvres.

Après ses études à Come, il reçut la formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1866.

Il eut différents postes : Prosto, Valchiavenna, Savogno, Valtellina, Traona, Olmo, Pianello del Lario.

Il eut la joie de connaître personnellement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qu’il alla visiter en 1870 à Turin et dont il admirait l’esprit et l’œuvre en faveur des jeunes. Il visita aussi l’immense institut Cottolengo (voir au 30 avril).

Il fut reçut pour trois ans parmi les Salésiens de don Bosco, où il travailla comme directeur des vocations, et également comme directeur de la maison à Mondoví.

De retour dans le diocèse de Come, il ne resta pas inactif. A Traona, il y eut de fortes frictions avec les autorités civiles, qui lui retirèrent sa pension ; l’évêque fut obligé de le transférer à Olmo, puis Pianello.

A Pianello, il s’attela à relever une maison de Religieuses, qui prirent le nom de Filles de Sainte-Marie-de-la-Divine-Providence, devenues ensuite Maison de la Divine Providence, pour s’occuper des personnes âgées et pauvres. Ces Religieuses avaient été fondées par Marcellina Bosatta, dont la sœur, Dina, est maintenant béatifiée (voir au 20 avril).

A cette maison se joignit bientôt la branche masculine des Serviteurs de la Charité, chaleureusement soutenue par Andrea Carlo Ferrari (voir au 2 février), futur archevêque de Milan et cardinal. L’œuvre se développa assez rapidement, en Italie (Milan, Pavie, Sondrio, Rovigo, Rome, Cosenza…), en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis.

En 1899, don Luigi rencontra un jeune séminariste, Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII.

Don Luigi fut frappé de paralysie en 1915, alors qu’il se trouvait dans la maison de Come. Il reçut la visite de don Luigi Orione (voir au 12 mars). 

Il mourut le 24 octobre 1915. Quand le pape Benoît XV l’apprit, il dit : Un saint est mort.

Luigi Guanella a été béatifié en 1964 et canonisé en 2011.

Les miracles retenus pour la béatification et la canonisation de don Luigi Guanella furent : 

La guérison instantanée, parfaite, durable et inexplicable d’une demoiselle atteinte de péritonite aiguë, désormais inguérissable, et d’une autre demoiselle atteinte du mal de Pott ;

La guérison en 2002 d’un jeune américain, victime d’un accident de patinage, qui l’avait plongé dans un profond coma. Après l’application d’une relique de don Guanella, il sortit du coma une semaine après, puis guérit totalement, sans aucune séquelle, au point qu’il reprit son travail et put se marier tout-à-fait normalement.

Saint Luigi Guanella est mentionné le 24 octobre au Martyrologe.

 

 

Giuseppe Baldo

1843-1915

 

Giuseppe (Joseph) naquit à Puegnago del Garda (Brescia, Italie nord) le 19 février 1843 et fut baptisé le lendemain avec les noms de Giuseppe Daniele. Il était le sixième des neuf enfants de Angelo e Ippolita. Six de ces enfants moururent en bas âge ; et la maman passa le diplôme de sage-femme, certainement pour compléter les ressources familiales, mais surtout pour «remplacer» ses chers enfants déjà envolés.

Quand Giuseppe manifesta à sa maman son désir d’être prêtre, cette sainte femme lui rétorqua : Rappelle-toi bien qu’il y a deux sortes de prêtres : ou un saint prêtre, ou rien du tout (en patois : Ghè dô sórc dè préc, pènséghe bé : o prét bu o gnènt). Giuseppe manifestera toujours une profonde reconnaissance envers sa mère.

Avec son père, les choses furent plus difficiles ; le papa avait besoin de son garçon pour travailler ; il se laissa finalement convaincre par son épouse. Le garçon devait aller à l’école à pied, à cinq kilomètres de là ; on s’est risqué à évaluer qu’il fit quelque seize mille kilomètres à pied.

Giuseppe entra en 1858 au séminaire, où ses études furent brillantes, et reçut l’ordination sacerdotale le 15 août 1865 : il n’avait que vingt-deux ans et l’on demanda un indult pour l’ordonner.

Il fut vicaire à Montorio pendant un an, puis vice-recteur du petit séminaire de Vérone, où il se révéla un excellent éducateur et formateur d’âmes.

Il obtint cependant d’être curé et fut nommé curé-archiprêtre à Ronco all’Adige (1877) : il devait y rester trente-huit ans. On pourrait dire qu’il vécut un peu la même situation que le curé d’Ars un demi-siècle plus tôt.

Sa chère mère le rejoignit. Quand elle fut veuve, elle se retira auprès de son fils curé, pour l’aider dans sa tâche, pendant encore neuf années, avant de s’éteindre en 1886. Peu avant sa mort, son fils voulut lui demander pardon pour ses insuffisances, et elle lui répondit, avec un respectueux «vous» : Vous ne m’avez jamais fait le moindre déplaisir, vous avez toujours été gentil.

A l’arrivée du nouveau curé dans la paroisse, le «comité d’accueil» furent les menaces d’un groupe de francs-maçons. Mais le curé intrépide avait avec lui une force autrement puissante et se mit énergiquement au travail. C’est peut-être à cette occasion qu’il répondit à ses interlocuteurs : J’ai de bonnes épaules, vous pouvez y aller !

Dès 1882, il commença par établir une pieuse union, les Servantes de la Charité de Sainte-Marie-du-Secours ; il ouvrit un jardin d’enfants gratuit, une Ecole du Travail, un lycée paroissial, une bibliothèque ambulante. Il institua pour les hommes un Comité paroissial, et pour les femmes une Association des Mères Chrétiennes.

En 1884, il fonda la Société Ouvrière de Secours Mutuel, pour défendre les plus pauvres contre les usuriers qui en profitaient.

En 1888 il ouvrit un hôpital, la Maison Hippolyte (du nom de sa chère maman), puis une maison pour vieillards en 1893, et la Caisse Rurale Catholique en 1894.

Il fut ami de saint Giovanni Calabria, canonisé en 1999.

Les Servantes de 1882 devinrent en 1894 les Petites Sœurs de Saint-Joseph, qui devaient s’occuper des vieillards, des malades, de la catéchèse et des jeunes ; ce fut le couronnement d’une période très riche en initiatives pastorales, caritatives et sociales, innovantes pour l’époque.

La maladie le rongea, la fatigue aussi. Don Giuseppe mourut à Ronco all’Adige le dimanche 24 octobre 1915, à soixante-douze ans, lui qui ne pensait pas dépasser les soixante !

Il fut béatifié en 1989.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un malheureux ouvrier qui avait perdu totalement la vision d’un œil, blessé dans un accident du travail. Le miraculé lui-même raconta et écrivit en détails l’épisode, vingt-cinq ans plus tard, et donna à son premier fils le nom de Giuseppe.

Concernant les Religieuses, la première Supérieure prit le nom de la maman de don Giuseppe, Madre Ippolita ; c’est elle qui l’assista au moment de la mort.

Les Petits Filles de Saint Joseph fondèrent en 1901 une filiale à Illasi ; elles reçurent une première approbation vaticane dès 1913 ; en 1966, elles partirent pour le Kénya, où se trouvent aujourd’hui une douzaine de centres. Depuis, elles se sont aussi implantées au Rwanda, en Ouganda, en Guinée Bissau, au Brésil (1982) et en Géorgie (1996).

Toribia Marticorena Sola

1882-1936

 

Née et baptisée le 27 avril 1882 à Murugarren (Navarre), Toribia était la troisième des six enfants de Santiago et Manuela. Le foyer vivait avec un unique et profond idéal chrétien.

Toribia entra au postulat des Filles de la Charité à l’hôpital de Viana et fit le noviciat à Madrid. Elle fit la profession en 1910 à Valladolid.

Elle fut envoyée en diverses localités : Grenade, León, Valladolid, Larache (hôpital militaire au Maroc), Barcelone (sanatorium de Besós).

Toribia était vive, pleine d’entrain ; quand un malade approchait de la dernière heure, elle laissait tout pour aller près de lui et le réconforter ; à l’approche de la guerre civile et de la persécution, elle répétait : Ils vont nous tuer, mais Dieu par-dessus tout !

Ce martyre commença le dimanche 19 juillet 1936. Des révolutionnaires firent irruption dans l’établissement et commencèrent par obliger les Religieuses à mettre des habits d’infirmières, ce qu’elles firent sans difficulté. Puis, on voulut leur imposer de s’enlever de la tête l’idée de Dieu, ce qu’elles refusèrent, motif pour lequel elles furent renvoyées. Deux d’entre elles, Toribia et Dorinda, trouvèrent accueil chez le directeur du sanatorium, où elles s’occupèrent d’un petit bébé de treize mois.

Une ancienne domestique de la maison les dénonça. Il y eut une première perquisition au début d’octobre, où la maîtresse de maison chercha à les présenter comme cuisinière et nourrice. Mais au cours d’un long interogatoire, elles ne cachèrent pas leur état de Religieuses.

Le 24 octobre, sept à huit membres des FAI vinrent chercher Toribia et Dorinda, les firent monter chacune dans une voiture, bien gardées par des miliciens, et allèrent les fusiller vers midi le long de la route de la Rabassada. C’était la veille de la fête du Christ-Roi, qu’on célébrait alors au dernier dimanche d’octobre.

L’autopsie révéla qu’elle avait reçu six balles dans la tête, dont deux dans le front et une qui fractura la mâchoire inférieure.

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Toribia Marticorena Sola sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

 

 

Amado García Sánchez

1903-1936

 

Amado (Aimé) vit le jour le 29 avril 1903 à Moscardón (Teruel, Espagne), de Tomás et Isabel.

Il entra au noviciat des Pères Vincentiens en 1917, et fit les vœux à Hortaleza en 1921.

Après la Théologie à Cuenca et Madrid, il fut ordonné prêtre en 1926.

Après quelques mois à Ávila, il fut envoyé à Grenade, en 1929 à Gijón, dont il fut nommé supérieur en 1935.

Quand explosa la triste révolution de l’été 1936, la maison se vida ; certains furent bientôt fusillés, d’autres se cachèrent ; le père Amado s’habilla en civil et resta tranquillement à sa place. La Providence permit que les Rouges non seulement n’envahirent pas la maison, mais ne reconnurent pas même le père Amado, pourtant si connu dans les quartiers de Gijón, le prenant pour le menuisier ou le cuisinier : un menuisier avec des mains toutes propres et sans cals !

On lui suggérait d’aller se réfugier ailleurs, mais il n’acceptait pas ce compromis.

Un jour cependant, les Rouges eurent l’intuition de la présence de ce Supérieur, mais ne firent pas le rapprochement entre lui et le menuisier. Les jours s’écoulèrent encore. Le père Amado finit même par penser que le danger s’était éloigné : chaque jour, il téléphonait aux Sœurs pour leur demander des nouvelles, beaucoup de gens venaient se confesser, en particulier les Religieuses, le Père allait célébrer ; le 15 août, il célébra même avec une certaine solennité, et pronoça l’homélie.

Les Rouges en eurent vent ; ils vinrent enquêter sur ce curé insolent. Les Religieuses firent les étonnées ; ils répondirent : Si, il y a quelqu’un qui a célébré, en bleu de travail et avec un pistolet. On fit un peu plus attention les jours suivants.

Le 13 octobre, deux Religieuses vinrent voir le père Amado et le trouvèrent anxieux, contrairement à l’habitude. Un pressentiment l’avait envahi.

Il fut arrêté le 21 octobre 1936 ; le «tribunal» l’accusa formellement d’avoir célébré le 15 août ; il était curé, et donc souverainement rebelle. Le prêtre ne discuta pas.

On le mit en prison le 22, en réalité dans l’église des Jésuites, réquisitionnée pour abriter quelque trois-cents personnes. Tous se confessaient, puis le père Amado invita ses compagnons à prier le chapelet.

Ensuite, on s’allongea sur les matelas à terre ; un prisonnier proposa le sien au Père, qui n’en avait pas : il s’endormit profondément. La nuit du 23 au 24, les prisonniers furent tirés du sommeil par des hurlements qui ordonnaient de se lever.

Il y eut des personnes vraiment remises en liberté, contre toute attente. Puis quatorze noms furent annoncés, pour «libérer» autant de prisonniers. Le père Amado dit à l’autre Père présent : Au revoir dans l’éternité ! et l’on partit pour le cimetière ; le père Amado se laissa dire : Tu parles d’une liberté !

Un autre prisonnier lui donna son manteau ; le Père remercia et dit au Confrère : Si je ne reviens pas, achète-lui un manteau !

Montrant le Frère Jiménez, le père Amado dit aux Rouges : Tuez-moi, moi, mais laissez tranquille ce pauvre vieux, qui n’a rien à voir. C’est seulement un de nos élèves.

Il ne faisait pas encore jour. Parvenus au cimetière, les miliciens firent descendre le père Amado, condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre.

Le père Amado leur dit : Tuez-moi le plus vite possible, ne me martyrisez pas. Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne moi aussi.

Il reçut une première balle qui lui traversa l’avant-bras et lui rentra dans le crâne, au niveau du front. Puis un coup de feu à le tempe.

Le père Amado avait trente-trois ans, ce 24 octobre 1936.

De pieuses femmes vinrent avec des tissus pour les imbiber du sang du Martyr, qui fut béatifié en 2013.

 

 

 

Antonio Toral Cascales

1912-1936

 

Antonio Toral Cascales naquit en 1912 à Peñarroya-Pueblonuevo (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc et son jeune frère José versèrent leur sang pour l’amour inconditionnel du Christ.

Leur martyre eut lieu le 24 octobre 1936 à Almagro (Ciudad Real).

Antonio Toral Cascales, comme son frère, sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

 

José Toral Cascales

1914-1936

 

José Toral Cascales naquit en 1914 à Peñarroya-Pueblonuevo (Cordoue, Espagne S).

Ce jeune laïc et son frère aîné Antonio versèrent leur sang pour l’amour inconditionnel du Christ.

Leur martyre eut lieu le 24 octobre 1936 à Almagro (Ciudad Real).

José Toral Cascales, comme son frère, sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

Dorinda Sotelo Rodríguez

1915-1936

 

Née le 15 février 1915 et baptisée le 18 à Lodoselo (Orense), Dorinda était l’aînée des quatre enfants de Manuel et Rosa.

Sa vocation lui vint de l’exemple qu’elle vit en la personne d’une Fille de la Charité qui travaillait sur la paroisse.

Peu avant son entrée au postulat des Filles de la Charité, son père chercha à l’en dissuader, non pas pour s’opposer à la vocation de sa fille, mais à cause de la fâcheuse tournure des événements d’Espagne. Mais Dorinda était bien résolue : Je veux être religieuse, même s’ils me tuent.

Elle commença le noviciat à Madrid en 1933 et fut envoyée à Barcelone, au sanatorium des tuberculeux de Gramanet (1934). Le bruit des sirènes l’impressionna tellement qu’elle en conserva l’horreur jusqu’à sa mort. Elle n’avait pas encore fait la profession et, pour cela, la Supérieure lui proposa de rentrer vite à la maison, mais Dorinda tenait à rester auprès des malades.

Cette jeune Religieuse de vingt-et-un ans accompagna jusqu’au bout son aînée, Toribia (v. plus haut).

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Dorinda Sotelo Rodríguez sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

 

 

 

Benigna Cardoso da Silva

1928-1941

 

Benigna naquit le 15 octobre 1928 à Oiti (Santana do Cariri, Ceará, Brésil), benjamine des quatre enfants de José et Thereza Maria. Les aînés s’appelaient Carmélia, Alderi et Cirineu.

José mourut avant même la naissance de Benigna, et Teresa peu après, de sorte que les quatre enfants furent adoptés par deux sœurs, Rosa et Honorina Sisnando Leite.

L’enfance de Benigna se passa sans autres événements importants. On se rappelle qu’elle se prépara avec grande joie à la Première communion et qu’elle allait volontiers à la Messe, que sa foi était réelle et profonde ; les premiers vendredis, elle faisait pénitence par amour du Cœur Sacré de Jésus. On notait son obéissance, sa disponibilité pour tous les travaux domestiques, son très bon comportement à l’école.

C’est en 1941 qu’elle montra son union parfaite au Christ. Cette année-là, un garçon mal intentionné  et qui avait à peu près le même âge qu’elle, lui fit des avances répétées, qu’elle refusa systématiquement, encouragée en cela par les bons conseils de son curé.

A notre époque, la meilleure réaction aurait été de signaler tout de suite aux autorités le comportement du garçon, bien sûr.

Le drame eut lieu le 24 octobre : Benigna venait d’avoir treize ans ; l’après-midi, elle devait aller puiser de l’eau en un endroit que le jeune garçon connaissait bien lui aussi. Il se cacha derrière les buissons et en sortit dès qu’elle fut à sa portée ; Benigna encore une fois refusa, et le garçon devint vraiment furieux ; il sortit la machette qu’il avait prise, et frappa quatre fois la petite fille : un premier coup sectionna trois doigts à la main droite, un deuxième la blessa à la face, un troisième à l’estomac, le dernier, au cou, acheva la petite martyre. Il était seize heures.

Bien sûr, le malheureux assassin - il s’appelait Raimundo Alves Riberio, couramment Raul - s’enfuit. Ce fut Cirineu, le petit frère de Benigna, venu à la recherche de sa sœur, qui la trouva là, dans une mare de sang.

Après enquête, la police arrêta Raul qui purgea sa peine en prison. En 1991, il retourna sur le lieu de son crime, exprimant ses regrets. Avec des larmes, il s’est converti, a fait pénitence et demandé à Benigna de l’aider à sauver son âme.

Benigna devrait être béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 24 octobre.

 

 

Marije Tuçi

1928-1950

 

Marije Tuçi naquit le 12 mars (ou avril) 1928 à Ndërfushaz (Rrëshen, Mirditë, Albanie), de Nikoll Mark Tuçi et de Dila Fusha.

Elle étudia chez les Sœurs «Stigmatines» (Pauvres Filles des Saints Stigmates de Saint François). Ces Religieuses enseignantes lui montrèrent comment mener sa vie chrétienne au milieu de la société. Peu à peu, Marije se sentit elle aussi appelée à cette vie apostolique et demanda son admission dans la communauté.

Après la période de postulat, alors que la persécution communiste sévissait déjà lourdement, elle fut déjà affectée en 1946 comme enseignante avec une autre Compagne (Davida Markagioni), dans la contrée de Gozan et Sang. Cette nomination intervenait à la demande de l’évêque, Mgr Frano Gjini (v. 11 mars), car les Religieuses avaient été contraintes de se disperser et même de quitter le pays.

Marija, courageuse, témoignait de Dieu, enseignait le catéchisme en cachette, prenait sur ses maigres deniers pour payer aux enfants leurs fournitures scolaires. Elle crut bon aussi de distribuer des tracts condamnant les simulacres d’élections. Pour participer à l’Eucharistie, elle faisait régulièrement six à sept kilomètres à pied.

Le 7 août 1949, fut assassiné le secrétaire du Parti communiste de Mirditë ; dès le 11 août une imposante vague de représailles conduisait à l’arrestation de trois-cents personnes, parmi lesquelles une seule femme : Marije.

Marije fut condamnée à trois années de détention conditionnelle ; elle fut enfermée avec trois autres prisonniers dans une pièce froide, sans lumière, sans air, inondée par l’eau de pluie qui montait jusqu’aux matelas.

On tortura la jeune femme ; elle fut humiliée et agressée sexuellement ; ayant refusé toute relation sexuelle avec son bourreau, elle fut encore plus torturée : on lui «annonça» que même ses proches ne la reconnaîtraient plus. En effet, on l’enferma dans un sac avec un chat que l’on battait : la bête griffait et mordait la pauvre victime ; ses blessures, non soignées, auraient pu être mortelles.

Elle fut hospitalisée ; le 22 août, certaines religieuses purent lui rendre visite : elles avaient du mal à la reconnaître. Loin de condamner son bourreau, Marije remerciait Dieu d’être libre.

Marije mourut finalement le 24 octobre 1950 à l’hôpital civil de Shkodrë : elle avait vingt-deux ans.

Marije Tuçi fut reconnue martyre et béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 24 octobre.

Partager cet article

Repost0
22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 23:00

23 OCTOBRE

 

III.

SS Servandus et Germanus, martyrs près de Cadix.

IV.

SS Joannes Bar Mariam et Iakub le Zélote, martyrs en Perse ; Jean, évêque à Arbèle, devait son surnom à sa piété envers Notre-Dame ; Iakub était prêtre.

S Theodoretos, martyr à Antioche.

S Severinus, évêque à Cologne.

V.

S Verus, évêque à Salerne.

VI.

S Severino Boezio, brillant philosophe italien et consul, victime de la politique, martyr à Pavie.

S Clether (Cleder), moine à Nevern.

VII.

S Giovanni, évêque à Syracuse, objet des louanges de s. Grégoire le Grand.

Ste Ode, veuve à Amay ; on la dit descendante de Clovis, mère de s. Arnoul et tante de s. Hubert.

Ste Syre, abbesse près de Châlons-en-Champagne.

S Ediste, évêque à Vienne.

S Romain, évêque à Rouen ; sous l'Ancien Régime, chaque année à l'Ascension, le chapitre de la cathédrale délivrait un meurtrier en l'honneur du Saint.

VIII.

SS Lugle et Luglien, irlandais, pèlerins en Terre Sainte ; au retour, Lugle devint évêque et ils partirent tous deux évangéliser, pour finir martyrs près d'Arras. 

S Domice, prêtre puis ermite près d'Amiens, assisté à sa mort par Ste Ulphe (?).

IX.

S Benoît, prêtre quasi inconnu à Aizenay.

S Ignatios, moine, patriarche de Constantinople, douloureusement impliqué dans les pénibles affaires politiques et religieuses de cette époque. 

X.

Ste Elflède, vierge en Angleterre ; il y a une autre Sainte du même nom, veuve.

S Hérifrid, évêque à Auxerre, dont il fit reconstruire la cathédrale après un incendie ; il fut paralysé les dernières années de sa vie.

XII.

S Alluccio, thaumaturge italien, qui releva un hospice à Campugliano.

XIII.

B Giovanni Bono, à Mantoue : de bouffon il se fit ermite et pratiqua des austérités effrayantes ; quelques prières apprises par cœur étaient toute sa science ; il eut de nombreux disciples, les Boniti, qui furent agrégés aux ermites de s. Augustin.  

XV.

S Giovanni de Capistran, franciscain italien très brillant ; gouverneur de Pérouse, il laissa sa fiancée et le monde pour se donner à Dieu ; chargé de grandes missions, il galvanisa les troupes devant Belgrade, et mourut peu après la défaite des Turcs.

XVI.

Bse Julienne, converse près de Varèse, disciple de la bse Catherine de Pallanza.

B Giovanni Angelo Porro, italien des Servites de Marie, qu'on trouva un jour de neige en hiver entouré de roses pendant qu'il priait à genoux.

XVII.

B Thomas Thwing, prêtre anglais martyr ; il avait trois sœurs religieuses.

XVIII.

Bses Ursulines de Valenciennes, guillotinées avec quelques autres religieuses : Clotilde-Joseph Paillot (Marie-Clotilde-Angèle de Saint-François-Borgia), Marie-Marguerite-Joseph Leroux (Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques), Jeanne-Louise Barré (Marie-Cordula-Joseph de Saint-Dominique) ; Anne-Joseph Leroux (Joséphine), clarisse ; Marie-Augustine Erraux (Anne-Marie) et Marie-Lievina Lacroix (Marie-Françoise), brigittines.

XIX.

S Phaolô Tống Viết Bưòng, annamite, capitaine de la garde de l'empereur, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jules-Nicolas (Arnould) Rèche, lorrain, frère des Ecoles Chrétiennes, d'une grande science, excellent éducateur et professeur des jeunes , béatifié en 1987.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Ciudad Real, les prêtres Anatolio García Nozal (Ildefonso de la Croix) et Justiniano Cuesta Redondo (J. de Saint-Gabriel de l’Addolorata) (*1898, 1910) ; les clercs Tomás Cuartero Gascón (T. du Saint-Sacrement), Eufrasio de Celis Santos (E. de l'Amour miséricordieux), Honorino Carracedo Ramos (H. de la Vierge des Douleurs), José Maria Cuartero Gascón (J.M. de Jésus et Marie (*1915, 1915, 1916, 1918) ;

- béatifié en 2001 :

Diocésains : Leonardo Olivera Buera (*1889), l’aumônier des Lasalliens martyrisés la veille près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Lleida, Agapit Gorgues Manresa (*1913) ;

Fr.Maristes : près de Santander, Leonardo Arce Ruiz (Egberto) et Martín Erro Ripa (Teófilo Martín) (*1907, 1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Almería, Eduardo Valverde Rodríguez, Manuel Navarro Martínez, Andrés Navarro Sierra (*1878, 1879, 1882) ;

Lazaristes : à Madrid, les prêtres José María Fernández Sánchez, Roque Guillén Garcés, Benito Paradela Novoa (*1875, 1879, 1887) ; les frères Saturnino Tobar González, Juan Nuñez Orcajo, Agustín Nogal Tobar, César Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo (*1858, 1882, 1885, 1904, 1913) ; le laïque Felipe Basauri Altube (*1881).

Bses María Caridad Álvarez Martín et Esther Paniagua Alonso (*1933, 1949), espagnoles, des Sœurs Augustines Missionnaires, abattues en 1994 en Algérie, béatifiées en 2018.

Servandus et Germanus de Cadix

? 3. siècle

 

Ces deux Chrétiens auraient été la proie d’un certain Viator, officier de l’empereur Dioclétien, qui se déplaçait de Lusitanie (act. Portugal) en Maurétanie (act. Algérie).

On ne sait pas exactement d’où partit le cortège, peut-être de Merida. Mais, d’après un texte ancien, les deux Héros furent d’abord flagellés puis jetés dans un cachot infect ; pour le voyage, on les chargea de chaînes.

Pour un motif que nous ignorons, Viator préféra se débarrasser de ses deux Prisonniers avant d’arriver au terme de son voyage. Avant d’embarquer, il fit décapiter Servandus et Germanus non loin de Cadix.

Ce pouvait être vers la fin du troisième siècle.

Le corps de Servandus aurait été porté à Séville, celui de Germanus à Merida. Tous deux sont les patrons du diocèse de Cadix.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Servandus et Germanus de Cadix au 23 octobre.

 

 

Ioannes Bar Mariam et Iakub d’Arbèle

† 344

 

Arbèle (Adiabène, auj. Erbil, Kurdistan irakien) reçut très tôt le christianisme.

On a vu que l’évêque Abraham reçut la palme du martyre en 344 (v. 31 janvier).

Ce n’était pas l’unique victime de la fureur de Shapur II, dont le règne s’étendit de 309 à 379.

Ioannes, qu’on dit avoir été élu en 316 douzième évêque d’Arbèle, fut un prédicateur efficace, qu’on surnomma Bar Mariam (fils de Marie) pour sa profonde dévotion envers la Mère du Christ. Son influence était telle que les Juifs et les païens le contraignirent à aller se cacher.

Vers 338, il se rendit à Ctésiphon pour l’élection d’un nouveau patriarche et y resta deux années, puis passa dans le Huzistan (act. Iran), toujours dans le cadre des intérêts de l’Eglise.

Rentré à Arbèle, il ne subit pas tout de suite la persécution annoncée par Shapur II, car le gouverneur local n’appliquait pas les décrets, mais son successeur les prit à son compte et se montra impitoyable.

Ioannes Bar Mariam fut arrêté en 343, avec le prêtre Iakub. Sept jours plus tôt, Ioannes avait eu un rêve prémonitoire.

Les deux Héros restèrent en prison pendant une année, après quoi on les soumit à la question, puis ils furent tous deux décapités, le 23 octobre 344.

 

Le Martyrologe Romain mentionne saints Ioannes et Iakub d’Arbèle au 23 octobre.

 

 

Theodoretos d’Antioche de Syrie

† 362

 

Theodoretos était un prêtre d’Antioche de Syrie (auj. Antakya).

L’administrateur romain pour l’Orient, Ioulianos - qui était l’oncle de l’empereur Julien l’Apostat - voulut se faire l’écho des volontés de l’empereur et ordonna la fermeture de toutes les églises d’Antioche, confisquant tous les vases sacrés qu’on y pouvait trouver. Tout le clergé s’enfuit - sauf un prêtre, Theodoretos.

Ioulianos lui enjoignit de dresser la liste de ces vases sacrés, ce que refusa Theodoretos énergiquement.

Il fut alors décapité.

Dans son palais, Ioulianos fit entasser tous les vases sacrés (les calices, les ciboires, les reliquaires…) et s’assit dessus : une mystérieuse et soudaine gangrène le rongea alors et il mourut très rapidement, ainsi d’ailleurs que plusieurs officiers du palais impérial.

Cette histoire, racontée par l’historien Sozomène, a peut-être été un peu forcée. On sait cependant que l’empereur Julien, de passage à Antioche, y fut très mal reçu par le peuple chrétien. Le palais impérial fut incendié le 22 octobre 362 : on en accusa immédiatement les Chrétiens et c’est dans cette atmosphère pesante qu’aurait été arrêté et exécuté le prêtre Theodoretos.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theodoretos d’Antioche de Syrie au 23 octobre.

 

 

Severinus de Cologne

† 4. siècle

 

Severinus serait le troisième évêque de Cologne, à partir de 397.

Précédemment, en 376, il aurait élevé à Cologne un monastère en l’honneur des ss. Corneille et Cyprien.

Il aurait été divinement averti de la mort de son grand ami, s.Martin de Tours (397, v. 11 novembre).

Si on l’a longtemps assimilé au Severin (Seurin) devenu évêque de Bordeaux, il semble aujourd’hui qu’on distingue en réalité deux personnages du même nom (celui de Bordeaux ayant vécu un demi-siècle plus tard).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Severinus de Cologne au 23 octobre.

Severinus Boetius

480-524

 

Celui que nous appelons communément Boèce en français, naquit vers 480 à Rome et s’appelait Anicius Manlius Severinus Boethius. 

Son père, Flavius Manlius Boetius, fut consul en 487. C’est Quintus Aurelius Symmacus qui l’aida, et devint son beau-père lorsqu’il en épousa la fille, Rusticiana. Il eut deux fils.

Durant les études qu’il fit à Rome, peut-être aussi en Alexandrie, il se montra d’une telle rare précocité qu’un Ennodius lui écrivait : Ce que trouvaient difficilement les anciens vers la fin de leur vie, tu l’as en abondance dès le seuil.

Dès 500, il publiait des travaux. Le roi Théodoric lui demandait de construire une clepsydre et un cadran solaire.

En 510, il fut nommé consul.

Nombreux sont ses ouvrages, traitant de la logique, de l’arithmétique, de la musique, de la géométrie. Il a commenté Porphyre, Aristote et Platon, qu’il traduisit du grec en latin, et Cicéron.

Il se lança aussi dans une étude sur la Trinité et la nature du Christ, notamment contre les erreurs de Nestorius et d’Eutychès.

En 520, il devint magister officiorum et ses deux fils furent nommés consuls en 522.

Vers 523, le vent tourna. De profondes agitations opposèrent Rome et Byzance, Théodoric et Justin. Boèce affirma fièrement son attachement au Sénat romain, refusant toute implication dans une sorte de «complot» qui se tramait à Rome contre l’arien Théodoric et en faveur de l’empereur Justin.

Accusé aussi de magie, Boèce fut arrêté et interné à Pavie. C’est durant cette détention qu’il composa sa Consolation de la Philosophie, un ouvrage où il imagine que Dame Philosophie vient sous les nobles traits d’une belle reine pour lui parler de Dieu, de la fin ultime des choses, de la Providence. Non pas un traité religieux, mais une longue prosopopée où l’esprit s’échappe de la terre et s’élève vers l’immatériel.

Boèce fut exécuté en 524. L’année suivante périt à son tour son beau-père Symmacus.

Les habitants de Pavie le vénérèrent bientôt comme un martyr, à son tour aussi l’Eglise, mais sans le canoniser officiellement.

Boèce fut considéré comme l’auteur le plus distingué de son siècle. Il a joué un rôle fondamental dans la transmission de la pensée grecque en occident. On peut dire qu’il a été l’initiateur de la philosophie médiévale scolastique. Lui, un laïc, a laissé des écrits théologiques dans la stricte doctrine chrétienne.

Saint Severinus Boetius est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît d’Aizenay

?

 

Benoît reste un personnage mystérieux, sur lequel ont été écrites des choses difficiles à concilier ou à situer dans le temps.

On l’a fait évêque de Samarie, réfugié en Poitou sous Julien l’Apostat (au 4e siècle).

Il aurait été enterré à Aizenay (Vendée), où l’on vénéra ses reliques, qui furent ensuite déposées à Quinçay.

Vers 874, le monastère de Quinçay fut rasé par les Normands, et les reliques furent transportées à Tournus (en Saône-et-Loire).

On fit bientôt de Benoît le fondateur de l’abbaye de Quinçay, où il n’avait jamais vécu.

Saint Benoît d’Aizenay est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain, qui le dit prêtre et le situe, bien approximativement, avant le 9e siècle. Que dire de plus ?

 

 

Giovanni de Syracuse

† 609

 

Les détails n’abondent pas en ce qui concerne l’évêque Giovanni.

D’après la liste épiscopale, il fut le dixième évêque du siège de Syracuse, à partir de 595.

On a au moins le témoignage de s.Grégoire le Grand (v. 13 mars), qui fit la louange de ses mœurs, sa justice, sa sagesse, son conseil prudent, et son zèle pour l’Eglise.

Il mourut vers 609.

Saint Giovanni de Syracuse est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Romain de Rouen

585-639

 

Romain a été nanti d’une biographie trop tardive au goût des historiens.

En recueillant cependant ce qui semble fondé historiquement, on peut dire qu’il naquit vers 585 au château des Rochettes (Wy-dit-Joli-Village, act. Val-d’Oise), d’une famille aristocratique dont l’ancêtre fut au service du Childéric 1er (440-481). Ses parents s’appelaient Benoît et Félicité.

Longtemps stérile, Félicité fut enfin exaucée dans sa prière et Romain naquit, annoncé par une apparition angélique.

Il grandit à la cour, où il eut pour collègues Dadon (Ouen) et Eloi (v. 24 août et 1er décembre). Avec eux il apprit les règles du Droit et d’une saine administration.

En 631, il fut choisi pour être le vingt-troisième évêque de Rouen.

Quelques détails intéressants ont illustré cet épiscopat.

De prime abord, Romain aurait fait raser un temple dédié à la déesse Vénus. Une autre fois, il se trouva devant un temple païen sur lequel dansaient des diables ; Romain les invectiva, les chassa et le temple s’effondra.

Lors d’une cérémonie de consécration de fonts baptismaux, le vase du chrême se cassa : Romain ramassa les morceaux et le chrême retourna dans le vase rénové.

Romain mit fin aux inondations dévastatrices de la Seine.

Il fit bâtir un hospice pour les voyageurs ; puis une église Saint-Nicolas à Guiry-en-Vexin, là où il venait se recueillir auprès d’un saint ermite. 

Un jour qu’il priait dans cette solitude, une «pauvre femme» vint solliciter l’hospitalité. A peine introduite, elle provoqua Romain qui, invoquant la protection divine, fit disparaître ce démon de l’adultère.

Mais surtout, on raconte comment Romain fit disparaître un «dragon» qui dévastait le pays. Il obligea la bête à venir se prosterner devant lui, la fit lier et ramener dans la ville où on la brûla. L’homme qui aida Romain pour ce «travail» était un condamné à mort, qui fut grâcié. Telle fut l’origine du privilège qu’il accorda au chapitre de Rouen : chaque année, les chanoines pouvaient grâcier un condamné à mort ; par la suite, celui-ci était alors admis à soulever et porter la châsse des reliques de s.Romain. On est heureux d’observer là la miséricorde que peut montrer l’Eglise au nom de Dieu.

Romain aurait eu une extase où Dieu lui annonçait la date de sa prochaine mort.

Il mourut vers 639.

Son successeur fut, justement, ce Dadon qui prit le nom d’Audœnus ou Ouen.

On remarqua que la rue où se trouvaient les reliques de Romain à Rouen n’était jamais rejointe par les crues de la Seine. Saint Romain, patron de la ville de Rouen, est invoqué pour sauver les fous, les noyés.

Saint Romain de Rouen est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ignatios de Constantinople

799-877

 

Petit-fils par sa mère de Nicéphore 1er, fils de l’empereur Michail Rhangabé et de Procopia, Nikétas - c’était son prénom de baptême - naquit vers 799.

En 813, il reçut la tonsure et entra dans la vie monastique, prenant le nom de Ignatios. Il fut un moine pieux, étranger à toute polémique doctrinale et politique.

Si l’iconoclasme avait été solennellement condamné au 2e concile de Nicée (787), l’empereur Léon V l’Arménien déclencha en 813 une nouvelle vague d’iconoclasme, à laquelle résista le patriarche Nicéphore 1er, et qui ne s’acheva qu’en 843.

Le clergé orthodoxe demeurait divisé en rigoristes (on dirait aujourd’hui intégristes) et modérés.

Au patriarche Méthode, qui était modéré, succéda Ignatios en 847, qu’on croyait assez capable de composer avec les deux tendances ; l’impératrice Théodora appuyait ce choix. Mais si Ignatios se montra plutôt intransigeant, il fut parfois aussi un peu malhabile.

Il appuya d’emblée les rigoristes et suscita des oppositions de la part des modérés. Il déposa ainsi l’archevêque de Syracuse, qui refusa de se soumettre ; en même temps, Ignatios priait le pape d’approuver cette mesure, mais le pape était justement à ce moment-là irrité contre Ignatios, qui avait eu le toupet - il faut le dire - d’envoyer un pallium au pape, tandis que le pallium n’est remis que par le pape à des évêques, en signe d’union.

Et Byzance s’agitait : Bardas, le frère de l’impératrice Théodora, manœuvra pour exercer la régence de son jeune neveu Michel III, pendant dix années ; il convainquit Théodora de se retirer dans un cloître. Bardas fut excommunié par Ignatios en 858, d’une part pour son attitude, et d’autre part pour sa liaison avec la veuve de son fils.

En juillet 858, Ignatios démissionna (ou y fut contraint) et fut relégué en l’île de Térébinthe. On nomma à sa place un laïc, Photios, qui le fit condamner et dégrader en 861.

Pendant les années qui suivirent, les échanges entre Byzance et Rome ne furent pas fort aimables : la papauté et l’orthodoxie revendiquaient l’autorité sur la Bulgarie, et le pape Nicolas 1er n’appréciait pas l’attitude de la chancellerie impériale, pour qui Rome était une vieille ville, et le latin une langue barbare et scythique. On alla jusqu’à condamner le pape lors d’un concile de Constantinople en 867.

C’est alors qu’Ignatios fut rappelé au siège de Constantinople. Il présida le concile œcuménique de Constantinople qui s’acheva en février 870 par une proclamation solennelle de l’entente entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople.

La question de la Bulgarie demeurait. Ignatios ordonna des prêtres et des évêques, Rome le convoqua, mais il mourut avant que les légats romains eussent le temps de le déposer.

Après la mort d’Ignatios (23 octobre 877), Photios reprit sa place au patriarcat ; le clergé se partagea et le schisme continua pendant plusieurs décennies.

Ignatios fut peut-être faible, mais il fut surtout victime des excès des uns et des autres. La distance géographique entre Rome et Constantinople augmentant les difficultés de rapports, et les esprits étant trop prompts à s’échauffer pour des questions parfois mineures, on ne peut que regretter certaines attitudes et décisions trop radicales, que ce soit en Occident ou en Orient.

L’Eglise romaine a canonisé Ignatios, mais non Photios.

Saint Ignatios de Constantinople est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

Allucio de Campugliano

1070-1134

 

Allucio naquit vers 1070 dans la petite bourgade de Campugliano (Pistoia, Italie C), d’un certain Omodeo (homme de Dieu).

Il ne fit pas d’études, mais savait beaucoup de choses de Dieu, dont il recevait des grâces extraordinaires : après un terrible orage qui avait fait déborder tous les ruisseaux, Allucio arriva tout tranquillement le lendemain matin avec ses bêtes, sans avoir été le moins du monde gêné par le pluie.

Il gardait ainsi les vaches et les bœufs de ses parents ; en outre, plus tard, il accueillait les vendangeurs de passage, pour lesquels il fonda (ou releva) un hospice (appelé parfois xenodochio), avec une église. Cette activité suscita de nombreuses vocations, qui devinrent les fratres Allucii, sorte de congrégation laïque.

Allucio fonda aussi deux hospices sur le mont Albano et au bord de l’Arno : là il établit également un pont, après une adroite négociation avec les passeurs dont le trafic était fort lucratif.

Son austérité était effrayante : il ne mangeait jamais ni viande, ni fromage, ni œufs, jeûnait les lundis, mercredis et vendredis. Pendant sept carêmes, il ne mangea rien du tout, mais il communiait chaque jour, car il était très dévôt de l’Eucharistie.

Rien d’étonnant qu’une telle sainteté obtienne des grâces particulières du Ciel, et les miracles se multiplièrent. On parla d’Allucio jusqu’en Vénétie.

Il aurait ainsi pacifié les deux villes de Ravenne et Faenza ; des guérisons extraordinaires furent constatées : la huche de pain subitement remplie en temps de famine, pour nourrir une pauvre femme ; un condamné auquel le bourreau avait arraché les deux yeux, récupéra la vue ; un possédé fut délivré et, reconnaissant, resta à l’hospice toute sa vie pour rendre service. Des paralytiques purent marcher, et surtout : des brigands se convertirent.

Allucio mourut le 23 octobre 1134 et l’évêque du lieu le canonisa en 1182. Entre les deux dates, l’hospice de Campugliano avait déjà pris le nom de … Saint Allucio. L’office fut approuvé une première fois en 1764, et à nouveau en 1851.

L’hospice passa aux Chevaliers de Malte, mais fut fermé à la fin du 18e siècle. Les reliques d’Allucio furent déposées dans la cathédrale de Pescia.

En 1934, huitième centenaire de la mort d’Allucio, la bourgade de Campugliano prit le nom de Sant’Aluccio di Uzzano. Malheureusement, les bâtiments, hospice et église, fondés par Aluccio, furent totalement détruits durant la guerre en 1944.

Saint Allucio, mentionné le 23 octobre au Martyrologe, est depuis 2000 co-patron céleste du diocèse de Pescia, avec Notre-Dame de Fontenova.

 

 

Giovanni Bono

1168-1249

 

Il ne s’agit pas ici de saint Giovanni il Buono, évêque au 7e siècle à Milan et à Gênes.

Notre Giovanni était de Mantoue, où il était né vers 1168.

Son père mourut quand il était adolescent, et le garçon quitta alors sa mère et sa ville pour girovaguer d’une ville à l’autre en faisant ce qu’on appellerait aujourd’hui «l’intermittent du spectacle», ce à quoi il ajoutait quelques autres péchés de jeunesse.

Sa pieuse mère, nouvelle sainte Monique (v. 27 août), priait ardemment pour lui ; Giovanni tomba gravement malade. Songeant à sa mort, il se repentit et alla trouver l’évêque de Mantoue, qui lui conseilla un genre de vie érémitique, pour faire pénitence.

Giovanni avait environ quarante ans. Il obéit humblement au pasteur et se retira près de Cesena.

Au bout de plusieurs années, la sainteté de son comportement fut connu, des disciples affluèrent, qui voulaient rester sous sa direction, et qui purent rédiger des témoignages sur leur maître.

Giovanni s’imposait des austérités effrayantes : il habitait une cellule adossée à l’église, mais séparée de l’habitation des frères. Elle avait trois fenêtres, l’une s’ouvrant sur l’église, une autre sur l’extérieur par où on lui passait sa nourriture (on verra plus loin en quoi elle consistait) ; par la dernière entrait la lumière. Au mur un bénitier, un crucifix et une image de la Vierge devant lesquels il priait si souvent que ses genoux avaient laissé leur empreinte. Il n’y avait ni siège, ni paillasse, seulement une planche sur laquelle il dormait sans couverture. Jugeant sans doute cette couchette trop confortable, il s’était fait un lit de feuilles de houx, puis il creusa un trou qu’il remplit de piquants où il se mettait la tête en bas pour réciter deux cents Pater. 

Et voici son régime. Il mangeait seul dans sa cellule, jeûnant continuellement, se contentant pour une semaine de ce qu’on donnait aux frères à un repas ; son menu de carême était organisé une fois pour toutes : le premier jour, un morceau de pain de la dimension d’une hostie ; le deuxième jour, quatre tiges de persil frites dans l’huile ; le troisième jour : sept fèves cuites ; le quatrième jour : comme le premier, et ainsi de suite. A la fin de sa vie, il se contenta pour tout le carême d’un pain qu’il mangeait en bouchées minuscules. 

Il portait une tunique grise très légère serrée par une ceinture, même en hiver où il ne se chauffait pas ; toujours pieds nus dans sa cellule, il mettait des sabots de bois pour sortir.

Un tel régime ne l’empêchait pas d’être malade ; il acceptait alors difficilement de manger un œuf ou quelque nourriture un peu substantielle, et refusa toujours de recevoir la visite d’un médecin.

La culture de Giovanni était quasi nulle ; il savait par cœur le Pater, le Credo, le psaume 50 Miserere ainsi que quelques autres et quelques prières brèves. Cela lui suffisait pour s’entretenir en oraison. Il ne se joignait pas au chœur pour l’office, qu’il écoutait de sa cellule, et n’en sortait que pour assister à la Messe chaque jour, ainsi qu’aux vêpres des dimanches et fêtes.

Ainsi reclus, Giovanni ne prétendait pas multiplier les contacts personnels, mais fut tout de même bien étonné de voir le nombre de ses disciples s’accroître au point qu’il dut fonder de nouveaux couvents : Bertinoro, Mantoue, Venise, Bologne, Parme, Ferrare, Faenza, Rimini et d’autres encore !

La règle qu’on y pratiquait était celle de saint Augustin (v. 28 août), de sorte que l’Ordre des Ermites les assimilerait sans difficulté, en 1256.

La fidélité de Giovanni à la foi catholique et au siège apostolique ne fut jamais ébranlée par les courants de pensée qui en ce début du 13e siècle étaient si violents en Italie. Il ramena de nombreux patarins à l’obéissance. Sa sainteté était le meilleur démenti que l’on pouvait donner à leurs dirigeants qui reprochaient à l’Eglise sa richesse et le manque d’austérité de bien des clercs.

Giovanni, lui, annonça qu’il mourrait là où il était né, et mourut effectivement à Mantoue, le 23 octobre 1249.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté, les procès-verbaux furent dressés, mais n’aboutirent pas à une béatification proprement dite. 

Deux siècles après sa mort, on retrouva son corps intact et son culte fut autorisé (1483). En 1672, son nom fut inséré dans le Martyrologe, qui le mentionne aujourd’hui au 23 octobre.

 

 

Giovanni de Capistrano

1386-1456

 

Giovanni, né le 24 juin 1386, à Capistrano (Abruzze, Italie centrale), reçut le nom du Saint du jour : Jean-Baptiste.

Il était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays ; ce papa mourut bientôt, et la maman éduqua Giovanni avec une profonde piété.

Après ses humanités, le garçon fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. Très brillant, il reçut une place de judicature, et fut très recherché pour la maturité de son jugement. Il devint même gouverneur de Pérouse.

Un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui proposa sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre Rimini, la ville de Pérouse le soupçonna de trahir sa patrie ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Ayant tenté de s’évader, il se brisa le pied et fut jeté dans un sombre cachot. 

Dans ce cachot, il eut la vision de saint François d’Assise. Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, remit à sa fiancée sa dot, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. 

Le Gardien (c’est-à-dire le Supérieur), craignant que cette vocation ne fût que l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. 

On peut à juste titre s’étonner des méthodes utilisées par certains maîtres spirituels, mais Dieu le permet parfois pour honorer encore plus les vertus des Saints. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne coûtèrent pas beaucoup à Giovanni.

Admis en 1416, il eut pour maître de noviciat un simple frère convers, sans doute très spirituel, mais très dur, à la direction duquel Giovanni se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec la dernière sévérité. Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience.

Giovanni fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et le mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Giovanni, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase : Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Giovanni, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus.

Pour la théologie, il eut pour maîtres saint Giacomo de la Marche et saint Bernardin de Sienne, dont il sera plus tard un vaillant collaborateur. En attendant, Giovanni semblait avoir la science infuse, en théologie comme en droit canonique.

Ordonné prêtre vers 1425, Giovanni fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de Giovanni, l'envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, réformant les couvents selon la première règle de sainte Claire, comme le faisait sainte Colette en France. 

Plus tard, il travaillera activement à la canonisation de saint Bernardin.

Le pape Eugène IV proposa l’épiscopat à Giovanni, qui le refusa si humblement, que le pape n’insista pas.

Le pape suivant, Nicolas V, l'envoya en qualité de commissaire apostolique dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Giovanni y alla avec Æneas Silvio Piccolomini, futur pape Pie II,  pour remettre la concorde entre les princes allemands. En voyage, pour passer un fleuve, Giovanni étendit le manteau de saint Bernardin au-dessus de l’eau, et l’escorte put passer à pieds secs. En Allemagne, les villes entières se portaient à la rencontre de Giovanni. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. Giovanni prêchait en latin, traduit par un interprète.

Giovanni évangélisa la Carinthie, la Styrie, l’Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bavière, la Thuringe, la Saxe, la Franconie, la Pologne, la Transylvanie, la Modavie, la Valachie… Les miracles accompagnaient sa prédication, jusqu’à des résurrections.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, il tenait Belgrade assiégée et se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea Giovanni de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de quarante mille hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, qu’il conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche : Par le secours de Jésus, Giovanni de Capistran remportera la victoire.  Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait : Victoire, Jésus, victoire ! Les Turcs se retirèrent en criant : Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. Belgrade fut sauvée. C'était le 14 juillet 1456.

C’est à la suite de cette victoire que fut instituée la fête de la Transfiguration.

Trois mois après, le 23 octobre 1456, Giovanni, se trouvant à Vilak (Sirmium), ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : C'est maintenant, Seigneur, que tu laisseras mourir en paix ton serviteur, expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-dix ans.

D’après un manuscrit découvert en 1874, le corps de Giovanni fut, au siècle suivant, repris par les Turcs, et vendu à un riche seigneur, qui le remit à une communauté de moines basiliens orthodoxes : préservé de toute corruption, revêtu de l’habit franciscain, il se trouverait à Bistriz (Roumanie).

Giovanni de Capistrano fut canonisé dès 1690.

Thomas Thwing

1635-1680

 

Thomas était né en 1635 à Heworth Hall (Yorkshire, Angleterre), de George et Anne, qui eurent aussi (au moins) trois filles.

Il était le petit-neveu d’un autre Martyr, Edward Thwing (v. 26 juillet).

Il se forma à Douai et fut ordonné prêtre.

Envoyé en mission dès 1664 dans sa région natale, il fut aumônier chez ses cousins, Stapletons, à Carlton Hall, puis il ouvrit une école non loin de là à Quosque.

En 1677, une nouvelle fondation vit le jour chez son oncle maternel, Thomas Gasciogne, à Dolebank, et Thomas en fut l’aumônier. Cette fondation était l’Institut de Marie, où entrèrent les trois sœurs de Thomas. C’est là qu’il fut arrêté, en 1679.

C’était l’époque du complot de Titus Oates, et M.Gasciogne avait renvoyé deux domestiques à cause de leur malhonnêteté : elles se vengèrent en calomniant leur maître de complot contre le roi. Tous les membres de la maison furent arrêtés, y compris Thomas Thwing, et furent jugés à Londres et Newgate. Tous furent acquittés, sauf Thomas, le prêtre, qui fut transféré à la prison de York ; il devait être jugé en mars 1680, mais les assises furent retardées à juillet.

 A la proclamation de la condamnation, il baissa la tête humblement et affirma Innocens ego sum. D’abord, le roi voulut commuer la sentence, mais la Chambre décida l’exécution au lendemain de la session du Parlement.

On sortit Thomas de la prison, on passa devant la maison où se trouvaient ses trois sœurs, on l’emmena à Londres pour le pendre à Tyburn.

A ce dernier instant, Thomas proclama son innocence et sa fidélité au roi ; il pria pour le roi et la famille royale, et demanda aux Catholiques de prier pour lui ; ses derniers mots furent Doux Jésus, reçois mon âme.

Thomas Thwing mourut en martyr à York, le 23 octobre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

 

Clotilde-Joseph Paillot

1739-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 25 novembre 1739 à Bavay (Nord), fut baptisée le jour-même et professa chez les Ursulines le 23 octobre 1756, sous le nom de Marie-Clotilde-Joseph de Saint-François-Borgia.

Nommée conseillère en 1789, elle fut élue supérieure en 1790 et réélue en 1793.

On le voit, elle reçut la palme du martyre le jour de son trente-huitième anniversaire de profession.

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Anne-Josèphe Leroux

1747-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 janvier 1747 à Cambrai (Nord), et professa chez les Clarisses le 10 mai 1769, et avait trouvé refuge chez les Ursulines, où se trouvait sa sœur Marie-Marguerite-Joseph ; on l’appelait souvent (Marie-)Joséphine.

Elle et sa sœur avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Marguerite-Joseph Leroux

1749-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 14 juillet (!) 1749 à Cambrai (Nord), et professa chez les Ursulines le 9 août 1775, sous le nom de Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques.

On le voit, elle avait quarante ans le jour de la «prise de la Bastille».

Elle et sa sœur Anne-Josèphe avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Jeanne-Louise Barré

1750-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 avril 1750 à Sailly-en-Ostrevent (Pas-de-Calais), et professa comme Converse chez les Ursulines le 20 janvier 1777, sous le nom de Marie-Cordule-Joseph de Saint-Dominique.

C’est elle qui vécut l’incident relaté dans la notice générale des Ursulines de Valenciennes : la porte s’étant refermée trop vite avant son passage, elle pria le Seigneur de ne pas être séparée de ses Compagnes ; la porte alors se rouvrit et le geôlier la fit passer.

 

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Marie-Liévine Lacroix

1753-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 24 mars 1753 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Liévine, avant de trouver refuge chez les Ursulines sous le nom de Marie-Françoise, pour éviter d’être reconnue comme ancienne Brigittine.

Avec sa Consœur Marie-Augustine Erraux, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Augustine Erraux

1762-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 20 octobre 1762 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Anne-Marie-Joseph, avant de trouver refuge chez les Ursulines.

Avec sa Consœur Marie-Liévine Lacroix, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Phaolô Tống Viết Bưòng

1773-1833

 

Phaolô (Paul) était né vers 1773 à Phủ Cam (Phu Xuân, actuelle Huế, Vietnam), d’une famille où l’on était catholique depuis plusieurs générations.

Le père et le grand-père de Phaolô étaient mandarins ; lui-même entra dans la garde royale et devint capitaine de la 1e compagnie de son régiment ; même le roi disait de lui qu’il remplissait son devoir avec zèle et activité. Il avait été décoré de la plaque d’ivoire pour ses services.

Dans le cours de son service, le souverain l’envoya en mission inspecter les opérations militaires contre les populations primitives de la province de Quang-Ngai. Quand il vit son rapport, le roi lui demanda s’il était allé visiter la pagode de Non-Duoc. Phaolô répondit d’abord qu’il n’en avait pas reçu l’ordre exprès, et ajouta ensuite qu’il n’y était pas allé parce qu’il était chrétien.

Le roi lui fit alors de terribles reproches, se mit en colère et ordonna de le décapiter ; un des amis de Phaolô ayant intercédé pour lui, la peine fut commuée : le capitaine reçut quatre-vingts coups de rotin, fut dégradé et condamné à servir comme simple soldat.

Phaolô put acheter le droit de se retirer dans sa famille. Un an plus tard, le roi demanda la liste de ses soldats chrétiens ; Phaolô manquait : le roi le fit arrêter et mettre en prison.

Phaolô fut mis à la cangue en prison pour six mois, puis fut chargé d’une chaîne au cou et aux jambes. Tous les dix jours, on l’interrogeait et, comme il refusait d’apostasier, on lui administrait une vingtaine de coups de bâton. Il refusa catégoriquement de marcher sur la Croix. Ses blessures n’avaient pas le temps de cicatriser d’une séance à l’autre. Epuisé, il sentait ses forces le quitter, mais ne se plaignait jamais. Il priait pour obtenir la grâce d’être fidèle.

Le roi ne voulait pas le tuer ; il préférait une apostasie, plus efficace, selon lui, pour éteindre la foi dans le pays. Il ordonna de le battre encore et encore ; et s’il en mourait, qu’on le jetât hors des murs de la ville. Mais pour abréger l’attente, il finit par prononcer une sentence de mort. Phaolô devait être décapité et sa tête exposée plusieurs jours en signe d’ignominie.

Le vaillant soldat mourut pour le Roi céleste le 23 octobre 1833 à Thở Ɖuc (Saigon, Vietnam), et fut béatifié en 1900, canonisé en 1988

 

 

Jules-Nicolas Rèche

1838-1890

 

Jules-Nicolas naquit à Landroff (Moselle) le 2 septembre 1838, dans une famille si pauvre, qu’il dut très tôt travailler comme palefrenier, cocher, charretier.

Il se fit remarquer pour son honnêteté, sa discrétion.

Ayant rencontré les Frères des Ecoles Chrétiennes, il demanda à y être admis. 

Il commença le noviciat en 1862, avec le nom de Arnould et, après la profession, il enseigna pendant quatorze ans à Reims.

Son zèle ne s’arrêta pas là : il profita de ses «heures libres» pour étudier la théologie, les mathématiques, les sciences, l’agriculture, ce qui lui permit d’enseigner aussi à de petits groupes d’élèves plus âgés.

Durant la guerre de 1870, il travailla comme infirmier, pour soulager les blessés des deux camps. Il fut décoré de la médaille de bronze.

Bientôt nommé maître des novices à Thillois, sa renommée s’agrandit à cause de sa grande sainteté : vie ascétique, piété profonde, mais aussi miracles, discernement des pensées. Frère Arnould était particulièrement dévot de la passion du Christ et docile à l’action de l’Esprit Saint, qui fortifie le cœur des hommes.

Lors du déplacement du noviciat à Courlancy (Reims) en 1885, il fit consacrer la maison au Sacré-Cœur.

Frère Arnould mourut saintement le 23 octobre 1890 et fut béatifié en 1987.

Saturnino Tobar González

1858-1936

 

Né le 24 décembre 1858 à Tardajos (Burgos) et baptisé le lendemain, jour de Noël, il était l’aîné des deux fils de Manuel et Gregoria ; le deuxième garçon, Maurilio, qui avait onze de moins que Saturnino, entra chez les Lazaristes avant son aîné et devint prêtre.

Saturnino avait trente ans quand il entra à son tour dans la congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) ; il fit les vœux en 1890, comme frère convers.

Pendant douze années, il accompagna les Pères en pays de mission, puis il fut dans les communautés de Valdemoro et Hortaleza.

Intelligent, expérimenté, travailleur, homme de prière et de méditation, il avait toutes les bonnes qualités d’un administrateur efficace. Aussi fut-il choisi en 1917 pour encadrer les Filles de la Charité dans la nouvelle communauté madrilère de la rue Lope de Vega.

Déjà le 11 mai, quand des couvents furent donnés aux flammes par les ennemis de l’Eglise, on lui proposa de l’héberger et de le cacher. Sa position était autre : son but était de gagner le Ciel, même en versant son sang, si c’était le cas.

En 1936, la situation était plus grave. Le Frère s’habilla en laïc, comme le montre le portrait habituel qu’on a de lui, et se réfugia chez une cousine. Malgré ces dispositions, on vint l’arrêter à la mi-août, d’ailleurs avec sa cousine ; on relâcha cette dernière, mais on mit en prison le Frère, qui avait soixante-dix-huit ans.

Il partagea désormais le sort du p.José María Fernández et de ses Compagnons, tous fusillés à Vallecas (environs de Madrid) le 23 octobre 1936. Concernant particulièrement la date du martyre du frère Saturnino, celle du 28 septembre semble bien erronée.

Béatifié en 2017, Saturnino Tobar González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

José María Fernández Sánchez

1875-1936

 

Né le 15 janvier 1875 à Oviedo, de José et Manuela, il fut baptisé dès le lendemain.

D’abord séminariste à Oviedo, il passa en 1895 à la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) et acheva ses études de théologie à Rome, où il fut reçu docteur en théologie.

Professeur à Hortaleza, Madrid et Guadalajara, il fut envoyé en 1921 en Inde pour y fonder la mission de Cuttack (Vizagapatán, Orissa) ; en 1925, la mission comptait déjà trois communautés.

Revenu en Espagne en 1927, il enseigna la théologie pastorale au séminaire d’Oviedo. En 1930, il fut nommé sous-directeur de la province espagnole des Filles de la Charité.

Le 25 juillet 1936, il se trouvait dans la maison de la rue Lope de Vega avec deux autres prêtres et cinq frères ; tous furent arrêtés et mis en prison. Le p.José María fut particulièrement maltraité, avec interrogatoires, tortures diverses comme celle de rester debout toute une nuit - le Père avait soixante-et-un ans ; on voulait lui extorquer des noms. Il fut transféré de prison en prison, de tchéka en tchéka : palais Medinaceli, Fomento, S.Felipe Neri.

Le 28 août, on lui accorda de recevoir quelques-unes des Filles de la Charité, auxquelles il dit : Réjouissons-nous pour le bien spirituel que cette situation nous apporte.

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, José María Fernández Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Benito Paradela Novoa

1887-1936

 

Benito naquit le 22 octobre 1887 à Amoeiro (Orense) de Manuel et Camila, qui le firent baptiser le lendemain.

Brillant élèvre de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza et Madrid, il fit la profession en 1909 et fut ordonné prêtre en 1916.

D’abord envoyé à Limpias, il devint l’archiviste de la Congrégation à partir de 1922 et s’installa à Madrid, d’où il dirigea les Annales de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité. Ce fut un chercheur infatigable, un historien de premier ordre, auquel tous ses Confrères purent se référer pour trouver les informations nécessaires à leur apostolat. Discret et homme de peu de paroles, il était trop intelligent pour faire les choses à moitié : il sauva les archives et donna sa vie.

Devant la bourrasque révolutionnaire qui se faisait chaque jour plus pesante, il s’occupa de transférer personnellement tous les livres, les fichiers, les documents qu’il put, en différents endroits, dont la rue Felipe Neri, où il se réfugia lui-même. De là, il sortait quelque fois au collège Santa Isabel, rue Hortaleza, pour son ministère sacerdotal.

Découvert, il fut surveillé à vue, et longtemps torturé et interrogé dans le but de lui extorquer des noms et des adresses d’autres Confrères.

Pour lui aussi, il y a apparemment des incertitudes sur le jour de son martyre. On trouve le 29 octobre, qui est sans doute une erreur ; mais aussi le 24 octobre, au lendemain de la mort du p. José María Fernández, veille de la fête du Christ-Roi, célébrée alors au dernier dimanche d’octobre. Mais comme le p.Benito semble avoir versé son sang le vendredi avant le Christ-Roi, il faudrait établir la date de son martyre au 23 octobre. Dans l’attente d’autres précisions, gardons cette date.

La veille de ce jour, le p.Benito accomplissait soixante-et-un ans.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Benito Paradela Novoa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Eduardo Valverde Rodríguez

1878-1936

 

Né le 18 février 1878 à Adra (Almería), et baptisé le 26 février suivant, Eduardo appartenait à une famille assez en vue à Adra. Son père envoyait tous ses fils faire de bonnes études à Grenade, et Eduardo créa la surprise en annonçant qu’il voulait entrer au séminaire. En réalité, il alla aussi à Grenade…

En effet, ordonné prêtre en 1901, la même année il passa le doctorat de théologie à Grenade.

On lui confia l’aumônerie des Filles de la Charité, qui à leur tour lui transmirent leur grande dévotion à Marie Immaculée. Don Eduardo fut vicaire, puis curé au sanctuaire d’Almería et fut nommé chanoine de la cathédrale.

Le 14 août 1936, il fut arrêté une première fois, puis libéré sur versement d’une rançon par sa famille. Arrêté une seconde fois le 29 août, il fut enfermé au couvent des Adoratrices, transformé en prison, puis le 12 septembre au collège salésien. Il fut alors gravement malade ; le médecin voulait le faire hospitaliser et, par ce moyen, l’aider à s’enfuir, mais le bon Prêtre lui dit : Ne risque pas ta vie en me sortant d’ici, laisse-les faire ce qu’ils veulent.

Le 23 octobre, il fut emmené au cimetière d’Almería, où il fut fusillé en même temps que son Confrère, le chanoine Andrés Navarra. Ce dernier eut un moment de faiblesse devant la mort, et don Eduardo lui prit la main et l’encouragea : De quoi as-tu peur ? N’aie pas peur, Dieu nous attend ! Tu ne vois pas qu’il nous regarde déjà ? N’aie pas peur !

Les bourreaux s’acharnèrent sur le corps de don Eduardo, car on retrouva sa tête séparée du corps.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eduardo Valverde Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Roque Guillén Garcés

1879-1936

 

Né le 21 mai 1879 à Sarrión (Teruel) de Rafael et Pascuala, il fut baptisé dans cette merveilleuse église paroissiale qui partit en fumée lors de la révolution marxiste.

Roque avait un oncle prêtre lazariste, qui dirigea le tout nouveau collège de cette Congrégation à Alcorisa : il en fut le premier élève. Il continua ensuite ses Humanités à Teruel.

Il commença le noviciat en 1895 à Madrid et fit la profession en 1897. Ce fut ensuite la philosophie à Hortaleza et Madrid, où il étudia aussi la théologie et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut envoyé successivement comme professeur au Cid, à Teruel, Ávila, Orense et Saragosse ; en 1930, il fut à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid), comme aumônier des Filles de la Charité.

Il fut un des deux prêtres arrêtés avec les cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Roque Guillén Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Manuel Navarro Martínez

1879-1936

 

Né le 3 juillet 1879 à Rioja (Almería), Manuel fut baptisé le 6 juillet suivant. Il avait une sœur.

La famille étant suffisamment aisée, elle put financer les études de médecine et de droit de leur fils. Mais celui-ci renonça bientôt à la faculté pour entrer au séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1904. C’est le 23 octobre qu’il célébra sa première Messe. La date est importante, on va voir pourquoi.

Il officia d’abord à Tabernas, puis : Castro de Filabres (1905), Bayarque (1908), de nouveau Tabernas (1911) et au sanctuaire marial d’Almería (1916) ; pendant l’épidémie de grippe espagnole, il fut à Purchena (1918), Ulella del Campo (1919) ;  en 1935 il eut un problème cardiaque et fut contraint de revenir à Almería.

Généreux envers les pauvres, il assuma également l’assistance de sa sœur devenue veuve. Deux fois par an, à Noël et à la Fête-Dieu, il remplissait une voiture de denrées alimentaires qu’il allait distribuer aux familles les plus pauvres du pays.

Quand les miliciens se présentèrent chez lui, il était en train de prendre le café avec sa sœur. Il leur demanda : Que voulez-vous de moi ? La seule chose que je peux vous donner, c’est le pardon. Les miliciens fouillèrent toute la maison et la laissèrent dans un grand désordre ; don Manuel les suivit.

On apprit que don Manuel fut torturé aux oreilles et au nez, avant d’être fusillé au cimetière d’Almería. Il fut martyrisé le 23 octobre 1936, jour anniversaire de sa première Messe, trente-deux ans plus tôt.

Béatifié en 2017, Manuel Navarro Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Juan Nuñez Orcajo

1882-1936

 

Né le 14 septembre 1882 à Font Toso (Burgos), en la fête de la Croix, il reçut lui aussi la croix du martyre.

Frère de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Juan Nuñez Orcajo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Andrés Navarro Sierra

1882-1936

 

Né et baptisé le 28 septembre 1882 à Tabernas (Almería), il était un des cinq enfants d’un humble cocher.

Intelligent, le garçon fut envoyé au séminaire d’Almería, mais en sortit deux ou trois ans après. Il travailla quelque temps avec son père et même, semble-t-il, eut une fiancée. Mais la vocation se refit sentir et il décida de lui-même de réintégrer le séminaire.

Il eut raison : ses études furent brillantes et il passa la licence de théologie à Grenade. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça son ministère sacerdotal à Tabernas, Turre et Serón (1908), Bayarque (1909), Las Pocicas (1916), Senés (1919). Enfin, il fut chanoine de la cathédrale d’Almería.

On a conservé des souvenirs de son apostolat à Las Pocicas. Il y créa une chorale, montrant par là sa culture et son souci de rehausser les cérémonies. Mais aussi il organisa des processions, avec des chars tirés par les chevaux ; les autorités locales, voulant contrecarrer l’influence bénéfique que le Prêtre exerçait sur la population, allèrent jusqu’à enfermer les animaux dans l’église. Le Curé alla les délivrer ; mais le soir suivant, tandis qu’il était en train de souper, on lui tira deux balles ; il s’enfuit en courant chez une tante qui habitait par là. On le voit ici : les ennemis de Dieu et de son Eglise n’attendirent pas l’année 1936 pour se déchaîner contre Ses ministres.

Lors de la révolution marxiste de l’été 1936, don Andrés reçut des menaces, puis fut arrêté, parce qu’il continuait à porter la soutane.

Martyrisé le 23 octobre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Andrés Navarro Sierra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Agustín Nogal Tobar

1885-1936

 

Il naquit le 5 mai 1885 à Tardajos (Burgos), de Jerónimo et Inés.

En 1903, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens). Le sérieux et la certitude qui se dégageaient de lui, convainquirent ses Supérieurs de l’envoyer encore novice à La Havane (Cuba), où il fit la profession en 1905.

Sacristain, peu bavard, patient avec les petits enfants de chœur, il fit du sanctuaire un endroit très apprécié des Pères et des fidèles. Puis il fit le même travail à Porto Rico, mais il avait là davantage de «temps libre», il s’occupa à s’initier tout seul au travail de menuisier-charpentier, de mécanicien, d’électricien, de chauffeur…

En 1931, il fut rappelé en Espagne pour reprendre l’administration de la maison des Filles de la Charité de Madrid ; c’est ainsi qu’il habita dans la maison de la rue Lope de Vega. A l’approche des événements graves de juillet 1936, il reçut le conseil de mettre en sûreté de l’argent, des objets précieux comme les calices et les ciboires ; mais une fois arrêté, interrogé, surmené par les miliciens, il aurait cédé en révélant ses cachettes.

Mais il se refusa absolument à révéler où était le chocolatier et le boulanger de la communauté ; les miliciens le menacèrent, s’il ne les conduisait pas chez eux, de le conduire au Ciel directement.

Le Frère Nogal passa encore quelques jours à la maison de la rue s.Philippe Neri.

Il eut le même sort que les deux prêtres et les cinq frères de cette maison Lope de Vega (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Agustín Nogal Tobar sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Leonardo Olivera Buera

1889-1936

 

Leonardo Olivera Buera était né le 6 mars 1889 à Campo (Huesca, Espagne).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Saragosse en 1916, et nommé curé de Movera (Puente Gallego, Saragosse) et en même temps chapelain de l’Ecole Notre-Dame du Carmel à Bonanova, gérée par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Comme prêtre, il collabora fraternellement avec les Frères, de sa parole prudente et sage, autant qu’avec tout le zèle nécessaire pour les jeunes, en particulier ceux qui montraient quelque attirance pour la vie religieuse.

Au moment de la persécution religieuse, le 9 juillet 1936, des miliciens firent irruption dans le collège et allèrent frapper à sa porte. Cette fois-ci, ce n’était pas un jeune adolescent qui venait le trouver, mais des soldats enragés. L’un d’eux le blessa au bras d’un coup de pistolet. Il put aller se faire soigner à l’hôpital, avant de tenter de rejoindre sa sœur à Valencia.

Le 22 septembre, il fut reconnu et arrêté, partageant ainsi le sort des Frères, qui furent les uns après les autres arrêtés, parfois torturés et fusillés.

L’abbé Leonardo Olivera Buera fut fusillé à El Saler (Valencia) le 23 octobre 1936 (cet assassinat eut peut-être lieu dès le 22 ou 23 septembre).

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Anatolio García Nozal

1898-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Anatolio était né le 15 mars 1898, baptisé le 20 suivant à Becerril del Carpió (Palencia, Espagne), benjamin de onze enfants, dont la maman mourut dès 1900. Il fut confirmé cette même année.

Ayant connu les Passionistes durant une mission prêchée dans le pays, il voulut les rejoindre : en 1912 il entra dans leur collège à Corella.

Dès 1913, il commençait le noviciat. En 1914, il fit la profession avec le nom de Ildefonso de la Croix.

Après les études secondaires et la philosophie, on l’envoya à Rome pour la théologie (1920). Il y fit la profession solennelle (1922).

Revenu en Espagne, il fut envoyé à Saragosse pour enseigner, et à Corella comme recteur.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Supérieur de Daimiel en 1932, un témoin le qualifia de véritablement humble et doux avec tous. Il fit un court séjour à Valencia en 1935.

Puis il obtint de pouvoir partir en mission au Vénézuéla, mais la révolution intervint avant.

Après la nuit tragique du 21-22 juillet 1936, trois prêtres (dont le père Ildefonso) et neuf clercs partirent pour Manzanares, où ils furent fusillés le 23 juillet. Cinq moururent sur place et un sixième expira à l’hôpital, où la Croix-Rouge put héberger les six «survivants» et les faire soigner ; l’un d’eux, le pauvre Ildefonso, se lamentait de ce que la couronne du martyre leur avait échappé. Anatolio était de ces «rescapés».

A peine remis de leurs graves blessures, les six furent à nouveau arrêtés à leur sortie de l’hôpital, et fusillés une deuxième fois, le 23 octobre 1936.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

César Elexgaray Otazua

1904-1936

 

Né le 25 février 1904 à Busturia (Bilbao, Guipúzcoa), de Serapio et Francisca, il fut baptisé le jour-même.

Après le service militaire, il entra en 1932 au noviciat dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza (Madrid) comme Frère convers ; il n’avait pas même achevé le noviciat qu’on avait besoin de lui comme cuisinier à Villafranca del Bierzo (où il fit la profession en 1934) puis à l’autre maison de Madrid, rue Lope de Vega.

Le 25 juillet 1936, il fut arrêté avec les autres membres de la communauté et désormais partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, César Elexgaray Otazua sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Leonardo Arce Ruiz

1907-1936

 

Leonardo était né le 6 novembre 1907, jour où l’on fête un saint Léonard, dont il porta le nom, à Arcellares del Tozo (Burgos, Espagne), de Bernabé et Gabina, qui eurent ensuite une petite fille, Paulina.

L’enfant fut baptisé dès le 7 novembre et fut confirmé en 1921.

Signalons ici que son père mourut fort jeune et que sa mère se remaria avec un veuf, Cristóbal Arroyo, père de quelques enfants qu’elle éduqua vraiment chrétiennement.

Leonardo entra en 1919 dans la congrégation des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Egberto ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1930.

Deux de ses demi-frères entrèrent à leur tour dans la même congrégation : Miguel, qui mourut encore séminariste en 1924, et Evelio, qui disparut en 1936. Un neveu de Leonardo, Gilberto, fils de Paulina, fut aussi mariste et missionnaire au Chili.

Egberto fut envoyé à Palafrugell (1924) et La Garriga (1925) comme cuisinier ; à Las Avellanas (1926) comme jardinier ; puis il enseigna à Sabadell (1928), Barcelone (1929), Valencia (1929), La Garriga (1932), Alcazarquivir (Maroc, 1933) en remplacement du service militaire, enfin Palencia (1935).

Le Frère Egberto fut un vrai Religieux, humble et serviable, amant de la pauvreté et bon professeur.

Le 22 juillet 1936, il s’enfuit à destination de Burgos avec le Frère Teófilo Martín ; reconnus en voyage et arrêtés, ils furent conduits à Reinosa. Ils furent assassinés sur le mont Saja à Campoo de Suso le 23 octobre 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Justiniano Cuesta Redondo

1910-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Un autre Passioniste, Pedro Largo Redondo, était aussi originaire de Alba de los Cardaños (Palencia), la «montagne Palencienne». Il fut martyrisé le 25 juillet 1936.

Justiniano était né le 19 août 1910 à Alba de los Cardaños, de Gregorio Cuesta Mediavilla et Florentina Redondo Mediavilla.

Il fut baptisé le 21 août suivant, et confirmé en 1911.

Tout petit encore, très frappé par la première messe de son oncle maternel, en 1915, il confia à sa mère qu’il voulait être comme l’oncle Miguel et s’y prépara très sérieusement.

Lors de la Première communion, il demanda à Jésus-Hostie, encore une fois, d’être comme l’oncle Miguel.

Mais voilà qu’en 1920, l’autre oncle, José, entra chez les Passionistes à Corella. Alors, le petit Justiniano se trouvait dans un dilemme : être comme l’oncle Miguel, ou comme l’oncle José ? Il se décida pour l’oncle José et les Passionistes, et commenta ainsi son choix à sa mère : Comme ça, je serai missionnaire très loin, et je t’écrirai plein de belles choses.

Avant de rejoindre cette congrégation, il tint à faire le pélerinage à la Vierge du Brazo, pieds nus, laissant des traces de sang sur son passage, jusqu’à la Croix qu’on va y vénérer. C’était le 21 septembre, et le 29 il rejoignait la communauté de Corella, où l’accueillait son oncle José, désormais avec l’habit religieux.

Justiniano étudia avec ardeur, pour n’avoir pas à donner de mauvaises nouvelles aux parents.

A quinze ans, il entrait au noviciat avec seulement un vote «négatif» : un défaut de prononciation ! Il reçut l’habit le 28 septembre 1925.

Au vote suivant, sa prononciation était «assez corrigée» quoique encore défectueuse ; et sa ferveur semblait être inférieure à ce qu’elle devait être, mais comme ce n’était pas très important, on l’acceptait à l’unanimité des votes. Ces observations ne tombaient pas dans un sac percé pour le jeune homme : il y mit toute son ardeur et se donna entièrement au Christ, en septembre 1926.

Le mois suivant, il arrivait à Daimiel. Durant ses études de philosophie, il se montrait très curieux de mille choses, qu’il transcrivait sur ses cahiers personnels : statistiques de la Congrégation, formules médicinales, conjugaison des verbes en hébreux, culture de la soie, les papillons, les insectes, les reptiles…

En 1930, il partit pour la théologie à Saragosse, où il retrouva l’oncle José, prêtre.

En 1931, il y eut les événements de la Seconde République, les incendies de mai : les étudiants partirent chez eux pendant l’été.

Il fit la profession avec le nom de Justiniano de Saint-Gabriel de l’Addolorata, le 14 septembre et, avec ses confrères, fonda (et dirigea) une revue interne à la congrégation, Religion et Science.

Justiniano fut retardé d’une année encore pour accéder à l’ordination sacerdotale, toujours à cause de son défaut de prononciation, qu’on disait être lié à un problème psychologique, et cela pouvait être un empêchement canonique. Il fut enfin ordonné en avril 1934.

En 1935, on l’envoya à Daimiel, enseigner le grec et le catéchisme.

Il était bon, doux, rêvait des missions en Alaska et rendait service à tout le monde.

Il aimait la poésie et la musique, chose que l’on relève rarement dans l’hagiographie, surtout pour la musique.

Après l’expulsion du couvent de Daimiel, dans la nuit du 21-22 juillet 1936, Justiniano se retrouva parmi ceux qui furent fusillés à Manzanares le 23 juillet, mais tandis que six moururent sur place, six autres - dont lui, survécurent à leurs blessures, ayant été recueillis par la Croix-Rouge à l’hôpital. Justiniano y avait perdu un œil.

Durant son séjour à l’hôpital, il chantait souvent cette petite ritournelle, dont on aimerait bien avoir la mélodie :

Justiniano, Justiniano, quelle mort sera la tienne ?

Mourir pour le Christ, c’est tout mon idéal !

Do Ré Mi Do Ré Fa.

La réalité est que, en août, les Filles de la Charité durent laisser l’hôpital, en le «confiant» aux miliciens, lesquels n’attendaient que la première occasion pour se débarrasser des Religieux. Celle-ci se présenta à leur sortie : on les fit monter dans une camionette, et on alla les fusiller sans attendre.

Justiniano reçut une balle près du cœur et une autre dans la mâchoire, qui ressortit par la boîte crânienne.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Agapit Gorgues Manresa

1913-1936

 

Agapit naquit le 4 juin 1913 à Cervià (Garrigues, Espagne), de Manuel et Marta.

Il fut confirmé en 1917.

Après ses études au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre le 28 juin 1936, et il chanta sa première messe solennelle le 12 juillet, quelques jours à peine avant la révolution.

Il attendait donc chez les siens, à Cervià, sa première affectation.

Le 21 juillet, il alla avec un autre séminariste, se réfugier d’abord dans une ferme d’Alcover (Alt Camp), puis ils cherchèrent à se cacher dans la montagne, où ils restèrent sans manger pendant deux ou trois jours.

Surpris par le Comité révolutionnaire de la Riba, ils s’en retournèrent au pays.

A leur famille, ils déclarèrent qu’ils étaient disposés à être martyrisés et aussi que si un jour ils me tuent et que vous savez qui sont mes assassins, pardonnez-leur.

A Cervià, ils allèrent se présenter au Comité, tandis que des amis les en dissuadaient. Entre les membres du Comité, qui devaient bien les connaître pour avoir été leurs camarades précédemment, il y eut une discussion animée : allait-on les tuer ou les conduire en prison à Lleida ? Finalement, ils décidèrent de les laisser aller chez eux. Quelques jours après, Agapit rendit visite à un membre du Comité, qui l’assura qu’il ne lui arriverait rien.

Du 2 août au 23 octobre, Agapit priait les trois chapelets du rosaire chaque jour à genoux ; même certains jours où il fut malade, il se leva du lit pour accomplir sa promesse.

Il y eut une «alerte», le 6 août : des membres du Comité vinrent l’arrêter, mais le laissèrent parce qu’il était malade.

Le 23 octobre, après un sévère conflit entre deux partis de Cervià, on vint assaillir le domicile. Agapit et son père cherchèrent à fuir par derrière et restèrent cachés pendant une heure et demie, avant d’être découverts. Les révolutionnaires abattirent don Agapit sur place.

Agapit, qui avait vingt-trois ans, et pas même quatre mois de sacerdoce, fut ainsi martyrisé le 23 octobre 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Cristóbal González Carcedo

1913-1936

 

Né le 21 août 1913 à Lodoso (Burgos), de Bonifacio et Patricia, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Tardajos, puis Guadalajara.

Mais les études dépassaient ses possibilités interllectuelles, et il fit le noviciat des frères à Hortaleza et la profession en 1931.

Après deux ans à Villafranca del Bierzo, il fut envoyé à la rue Lope de Vega de Madrid, où on le qualifiait de S.Louis de Gonzague (v. 20 juin). Il fut chargé de l’accueil.

Il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Cristóbal González Carcedo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Martín Erro Ripa

1914-1936

 

Martín était né le 3 mars 1914 à Viscarret (Navarre, Espagne), de Francisco et Teresa, qui le firent baptiser le jour même.

Le papa mourut de la grippe espagnole en 1918. Martín fut confirmé en 1919.

Un autre frère de Martín devint aussi Frère mariste, ainsi qu’un cousin.

Martín entra en 1925 au collège des Frères Maristes à Villafranca (Navarre) et commença le noviciat à Las Avellanas en 1929 ; il reçut l’habit et le nom de Teófilo Martín ; un an après il faisait les premiers vœux. Jeune, Teófilo Martín eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Burgos (1932), et Barruelo de Santullán (1935).

La profession solennelle était prévue pour le mois d’août 1936, mais…

Le 22 juillet, il s’enfuit jusqu’à Burgos en compagnie du Frère Egberto, mais ils furent arrêtés et mis en prison à Reinosa.

Le Frère Teófilo Martín et son Confrère furent assassinés sur le Monte Saja (Campoo de Suso) au soir du 23 octobre 1936. Il avait vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

 

Tomás Cuartero Gascón

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Tomás était né le 22 février 1915 à Tabuenca (Saragosse, Espagne), de Tomás et Braulia, et reçut la Confirmation au mois de juin suivant, selon l’habitude fréquente à cette époque.

Il eut pour jeune frère José María, avec lequel il partagera sa route jusqu’au martyre.

Il reçut la Première communion en 1923, et ressentit très tôt la vocation sacerdotale. Aussi alla-t-il au Petit séminaire de Belchite, en 1927.

En 1930 eut lieu une prédication populaire à Tabuenca, prêchée par des Pères passionistes ; la paroisse en fut tellement changée, qu’à son retour du séminaire, Tomás pensa rejoindre ces Pères passionistes.

On lui donna une réponse positive, et pour qu’il ne fût pas seul, on le fit accompagner de son jeune frère, José María.

Tomás n’étudiait pas facilement, mais obtint tout de même de bons résultats ; il écrivait déjà avec un certain style personnel.

Pour l’été 1931, ils revinrent tous deux à Tabuenca. Puis à l’automne, ils repartirent à Saragosse. 

Tomás étudia mieux et, à la fin de l’année, partit pour Corella, où il reçut l’habit de la Congrégation. Il était admis au noviciat. En 1933, il faisait les vœux, avec le nom de Tomás du Très Saint Sacrement et commençait la philosophie.

Il avait un rêve : partir en mission pour le Tanganyika (actuelle Tanzanie), où les Passionistes italiens avaient ouvert une maison à Dodoma. 

En septembre 1934, les jeunes de Corella durent rejoindre Daimiel. En 1935, José María y fit à son tour la profession.

D’autres documents de cette période ont disparu dans la tourmente révolutionnaire. Nous retrouvons les deux frères Cuartero Gascón lors de la «première» fusillade du 23 juillet 1936, dont ils sortirent vivants, mais gravement blessés : Tomás avait reçu une balle en pleine poitrine, et José María avait la mâchoire complètement déboîtée.

En sortant de l’hôpital, trois mois après, tous deux moururent lors d’une «deuxième» fusillade, le 23 octobre 1936.

Leur béatification eut lieu en 1989. 

 

 

Eufrasio de Celis Santos

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Eufrasio était né le 13 mars 1915 (on trouve parfois 1913, sans doute une erreur) à Salinas de Pisuerga (Palencia, Espagne), troisième enfant de Emiliano de Celis et Juana Santos ; ils s’appelaient María Rosario, Eutiquio, Eufrasio et Severino ; Eufrasio fut baptisé le 21 suivant, avec les noms de Eufrasio Benito, car à cette époque on fêtait saint Benoît le 21 mars.

Eufrasio fut confirmé la même année, selon une coutume de l’époque, et reçut la Première communion en 1923. 

Petit, il aidait le curé et l’organiste de la paroisse, servait la messe, participait aux chants… malgré sa mauvaise oreille musicale, disait-on. A la maison, il se mettait des pages de journaux en guise d’ornements et se faisait servir la messe par son petit frère.

En 1927 il partit pour le tout nouveau collège de Saragosse. En 1931, il passa l’été en famille, car l’atmosphère de Saragosse n’était pas tranquille : la révolution grondait déjà. Eufrasio voulut rendre visite à son maître d’école, et en chemin fut assailli par quatre garçons qui le menacèrent pour le décourager de retourner à Saragosse. C’était déjà le début de la persécution.

En septembre cependant, les autorités l’avertirent qu’il pouvait revenir à Saragosse. Un témoin, présent chez lui lorsque lui parvint l’invitation à revenir à Saragosse, raconta qu’Eufrasio, de joie, aurait alors jeté en l’air sa cuillère sans manger rien d’autre ! 

En réalité, une crise allait se déclarer peu après. De Saragosse, on l’envoya commencer le noviciat à Corella, où une crise intérieure le travailla au point de lui arracher les larmes, écrivit-il. Mais sa persévérance porta ses fruits et il put faire la profession en 1932, prenant le nom de Eufrasio de l’Amour Miséricordieux.

A Corella se trouvaient les pères Ildefonso, supérieur, et Fulgencio, maître des novices, avec lesquels les jeunes étudiants seraient bientôt martyrisés. D’après les comptes-rendus des Pères, Eufrasio donna entière satisfaction par son combat spirituel intérieur et son comportement. 

Lors de la profession, Eufrasio se confiait à la Vierge Marie pour recevoir les forces et le courage d’accomplir les obligations qu’il venait de contracter.

Il aimait les fleurs, et demanda (en janvier 1934) à sa mère de lui envoyer des graines de fleurs de la passion, espérant les voir déjà fleurir à l’automne prochain. 

En août 1934 cependant, terminées les Humanités, il sait qu’il va partir pour Daimiel avec quatorze confrères. Il en est heureux. Il sait que la persécution est présente, qu’au Mexique, on leur a confisqué trois maisons, mais il ne faut pas avoir peur, la parole de Dieu ne faiblit pas. Fin 1935, il s’attend à ce que l’année suivante soit tragique pour l’Espagne.

Dans une lettre de février 1936, il se dit prêt pour le martyre.

Ses professeurs s’étonnaient de la maturité de son jugement ; Eufrasio était un homme de réflexion, posé, heureux de sa consécration chez les Passionistes. Il écrivait à sa famille : Ma vie est chaque jour plus heureuse. Aidez-moi à remercier Dieu pour le don de la vocation religieuse.  Il se confiait à Notre-Dame : Soyons assurés que, si nous aimons Marie, elle nous protégera durant notre vie et encore plus à l’heure de la mort. 

Il devait revenir à Saragosse en août 1936, mais les événements de juillet lui donnèrent l’occasion de témoigner pour sa foi : une première fois fusillé le 23 juillet à Manzanares, il en conserva de graves lésions au visage ; il survécut grâce à la Croix-Rouge qui le fit hospitaliser avec cinq autres Compagnons ; à peine sorti de l’hôpital, trois mois après, il tomba sous les balles d’une deuxième fusillade, le 23 octobre 1936, avec les cinq autres. Eufrasio mourut d’une balle dans l’abdomen et une autre qui lui traversa la tête.

Tous furent béatifiés en 1989. 

 

 

Honorino Carracedo Ramos

1917-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Né le 21 avril 1917 à La Lastra, Honorino était du même pays que son Confrère Julio Mediavilla, qui tomba à Carabanchel Bajo (Madrid).

Il reçut le Baptême dès le 22 avril 1917, et la Confirmation en septembre de la même année.

Il entraîna derrière lui deux autres frères, Jesús et Casimiro ; le premier vivait encore il y a peu au Mexique, l’autre mourut à Toluca en 1992. Honorino était particulièrement attaché à son frère Jesús.

Dès 1928, il rejoignit le collège passioniste de Saragosse, plein d’enthousiasme. 

L’été 1931, il dut regagner sa famille à cause des événements difficiles, puis retourna à Saragosse, où il reçut l’habit en 1932, avec le nom de Honorino de la Vierge des Douleurs. Il écrivit à ses parents : Réjouissez-vous d’avoir eu la chance de consacrer au Seigneur le plus aimé de vos fils.

Il fit le noviciat et la profession (1933) à Corella, puis fut envoyé à Daimiel en 1934.

Il avait la voix puissante et présentait bien. Il avait un rêve : partir en mission en Amérique Latine, comme d’autres étaient déjà allés au Mexique, à Cuba, au Vénézuéla… A son cher Jesús, il écrivait encore, en mai 1936 : Toujours de l’avant, le regard fixé sur Jésus Crucifié et sur Notre-Dame des Douleurs.

Honorino reçut la grâce du martyre «en deux fois». 

La première fois, ce fut le 23 juillet 1936 à Manzanares, où tombèrent six de ses Confrères ; il fut hospitalisé par les soins de la Croix-Rouge ; à cette occasion, on devait lui extraire du bras une balle, au milieu d’indicibles souffrances et Honorino encourageait le personnel infirmier : Allez-y, je suis «passioniste» ! 

La deuxième fois, ce fut trois mois après, toujours à Manzanares, juste après être sorti de l’hôpital ; une nouvelle raffale de balles abattit les Religieux, au soir du 23 octobre 1936.

Honorino avait dix-neuf ans. 

Il fut béatifié avec les vingt-cinq autres Passionistes de Daimiel, en 1989.

 

 

José María Cuartero Gascón

1918-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

De trois ans plus jeune que son frère Tomás, José María était né à Tabuenca (Saragosse) le 24 juillet 1918, fut baptisé le 26 suivant, et confirmé en 1922.

Il accompagna son grand frère au collège de Saragosse, et décida avec lui d’entrer chez les Passionistes, après avoir entendu la prédication du père Ildefonso à Tabuenca durant le carême de 1930.

José María commença la noviciat à son tour à Corella en 1934. Il était plus expansif que son frère aîné, mais fit correctement tout son parcours et, lors du vote pour l’admission à la profession, reçut seulement une boule noire contre sept blanches.

Il fit donc la profession en octobre 1935, avec le nom de José María de Jésus et Marie. Il était le plus jeune de tout le groupe des étudiants passionistes.

C’est alors qu’il retrouva avec joie son aîné à Daimiel. Avec ses dix-sept ans, benjamin de la communauté, c’était encore un adolescent vif, joyeux, qui mettait une saine ambiance durant les récréations. Il avait la voix un peu rauque, disait-on.

José María avait une réelle admiration pour son frère aîné, en particulier pour ses dons oratoires ; en effet, durant les années de préparation sacerdotale, les jeunes étaient invités à prêcher dans la chapelle à l’occasion des fêtes importantes comme saint Gabriel de l’Addolorata, saint Thomas d’Aquin, saint Louis de Gonzague (v. 27 février, 28 janvier et 21 juin). En ce début de l’année 1936, le sort tomba sur Tomás.

A partir de la nuit du 21-22 juillet 1936, les deux frères furent encore plus unis dans leur destinée commune. 

Le 23 juillet, ils subirent la première fusillade de Manzanares. Le 24, José María «fêtait» ses dix-huit ans, à l’hôpital où la Croix-Rouge l’avait recueilli avec les cinq autres Passionistes, dont son frère. José María eut alors la mâchoire fracassée.

Le 23 octobre 1936, Tomás et José María tombèrent sous la deuxième fusillade de Manzanares, avec leur directeur, le père Ildefonso.

Unis dans la consécration et dans le martyre, ils furent unis dans une même cérémonie de béatification, en 1989.

 

 

 

María Caridad Álvarez Martín

1933-1994

 

Née le 9 mai 1933 à Santa Cruz de Salceda (Burgos, Espagne), María Caridad était la fille de Constantino et Sotera.

En 1955, elle entra chez les Sœurs Augustines Missionnaires.

A part un court séjour en Espagne pour convalescence, María Caridad exerça tout son apostolat en Algérie.

C’est en Algérie qu’elle prononça ses vœux, en 1960.

Sa communauté résidait à Bab El Oued, où elle s’occupa des personnes âgées et pauvres, qui l’aimaient beaucoup.

Lors de la décennie de la guerre civile, se posa le dilemme : rester ou partir. La réponse de María Caridad fut claire : elle restait.

Peu de temps encore avant sa mort, elle reçut des menaces, mais elle persévéra dans sa mission.

Le dimanche 23 octobre 1994, elle avait la main sur le carillon des Petites Sœurs de Jésus, où elle voulait participer à l’Eucharistie - quand elle reçut deux balles, dans la tête et dans le cou ; elle succomba peu après à l’hôpital militaire.

Avec une autre sœur, Esther Peniagua Alonso, Sœur María Caridad reçut la palme du martyre à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), le 23 octobre 1994, le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

Esther Paniagua Alonso

1949-1994

 

Née le 7 juin 1949 à Izagre (León, Espagne), Esther était la seconde des trois filles de Nicasio et Dolorès, qui la firent baptiser le 19 juin suivant.

Les parents l’enracinèrent dans la foi chrétienne ; chaque soir, Esther et sa sœur Gloria priaient le chapelet dans leur chambre.

En 1953, elle fut interne au collège des Sœurs Augustines Missionnaires à León et, au terme de ses études secondaires, demanda à entrer dans cette congrégation.

Le postulat se fit à Valladolid, le noviciat à Madrid.

En 1970, elle émit les premiers vœux et fut envoyée à León, comme surveillante au collège et pour faire des études d’infirmière.

En 1975, elle fit les vœux solennels et partit comme infirmière en Algérie.

Sa situation en milieu arabe, parmi les Musulmans, l’enchantait; elle travailla particulièrement parmi les enfants handicapés et rencontra les familles de ceux-ci.

En 1981, elle partit pour deux ans à Rome, pour y fréquenter les cours de l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et d’Islamologie ; elle s’y imprégna profondément de la langue et de la culture arabes.

De retour en Algérie, elle travailla à l’hôpital de Bab El Oued, toujours auprès des enfants handicapés.

On sait que les années 90 ont été très dures en Algérie, et ensanglantées. Le Groupe Islamique Armé (GIA) se déchaînait, des menaces planaient sur les ressortissants étrangers, et particulièrement sur les Catholiques. Esther dut ainsi quitter cet hôpital de Bab El Oued, pour celui de Beni-Nem. Elle fut nommée supérieure de cette communauté.

Il s’agissait de partir, ou de rester dans l’incertitude totale. Esther expliqua son choix : Personne ne peut nous prendre la vie parce que nous l’avons déjà donnée. Il ne nous arrivera rien puisque nous sommes dans les mains de Dieu… et s’il nous arrive quelque chose, nous sommes encore entre ses mains. L’été 1994, après quelques jours de vacances dans sa famille, elle repartit en Algérie.

Et encore : En ce moment, pour moi, le modèle parfait est Jésus : il a souffert, il eut à vaincre des difficultés et a abouti à l’échec de la croix, d’où jaillit la source de la vie.

Elle disait cela le 6 octobre 1994. Cet «échec» apparent advint quelques jours plus tard, le dimanche 23 octobre 1994, alors qu’elle arrivait à la porte des Petites Sœurs de Jésus pour assister à l’Eucharistie. Elle reçut trois balles dans la tête, et succomba instantanément. Sa collègue, la Sœur María Caridad, devait mourir peu après à l’hôpital.

Le 23 octobre sera son dies natalis, où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 23:00

22 OCTOBRE

 

II.

S Markos, évêque à Jérusalem.

III.

S Aberkios, évêque à Hiérapolis, dont on connaît l'épitaphe, rédigée par lui-même.

Ste Cordule, une compagne de ste Ursule à Cologne, qui se présenta d'elle-même aux barbares après être restée cachée dans un bateau (?).

S Salarius, évêque à Luni (VII.?).

IV.

S Philippos, évêque à Héraclée, martyr avec le diacre s. Hermès, horriblement maltraités, brûlés vifs. 

S Mallonus, venu d'Angleterre à Rome, converti par le pape qui l'ordonna premier évêque à Rouen.

S Népotien, évêque à Clermont.

S Valerius, archidiacre à Langres, martyr à Port-sur-Saône.

VI.

SS Constantin et Simplicius, abbés au Mont-Cassin.

S Verecundius, évêque à Vérone.

S Nunctus, venu d'Afrique dans la région de Mérida ; pour ne pas être tenté par la vue de quelque femme, il se faisait accompagner par deux moines, devant et derrière lui ; les habitants l'assassinèrent parce qu'il était trop mal vêtu, mais ils furent punis bientôt après par des douleurs mortelles.

S Lupentius, abbé à Javols, assassiné en Lorraine où il est très vénéré.

VII.

S Mérovée, moine thaumaturge à Bobbio, fondateur d'une abbaye à Precipiano.

S Léothade, abbé à Moissac et (ou) évêque à Auch. 

VIII.

S Modéran, évêque à Rennes, mort à Berceto. 

IX.

S Benoît de Massérac, ermite venu de Patras, retiré près du lac de Murin.

Stes Nunilo et Alodia, martyres près de Huesca ; de père musulman, elles préférèrent garder la foi reçue de leur mère. 

S Donat, irlandais ; de retour de Rome, il fut divinement indiqué pour devenir évêque à Fiesole, où il mourra environ quarante-sept ans plus tard.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : près de Valencia, Andrés Zarraquino Herrero (Honorato Andrés), Álvaro Ibánez Lázaro (Florencio Martín) et Pedro Lorente Vicente (Ambrosio León) (*1908, 1913, 1914) ;

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : près de Santander, les prêtres Germán Caballero Atienza et José Menéndez García (*1880, 1888) ; le profès Victoriano Ibáñez Alonso (*1864) ;

Carmes déchaux : à Barcelone, le prêtre Luis Minguell Ferrer (L. María de N.Dame de la Merci, *1902) ;

Lasalliens : à Barcelone, Josep Casas Lluch (Ildefons Lluís, *1886) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Eduardo Valverde Rodríguez, Manuel Navarro Martínez, Andrés Navarro Sierra (*1878, 1879, 1882) ;

Lazaristes : à Madrid, les prêtres José María Fernández Sánchez, Roque Guillén Garcés (*1875, 1879) ; les frères Saturnino Tobar González, Juan Nuñez Orcajo, Agustín Nogal Tobar, César Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo (*1858, 1882, 1885, 1904, 1913) ;

Filles de la Charité : à Barcelone, Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915) ;

Laïques : à Madrid, Felipe Basauri Altube (*1881).

Marcos de Jérusalem
2. siècle

Après la dernière révolte de Jérusalem (135), la ville fut entièrement romanisée. L’Eglise qui s’y trouvait n’était plus composée que de Chrétiens issus de la gentilité.
Marcos fut ainsi appelé à occuper le siège de Jérusalem - qui portait désormais le nom de Ælia Capitolina ; il en était le quinzième évêque.
A lui revenait la tâche immense de recomposer la vie ecclésiale de cette ville au passé si riche.
On ne sait combien d’années dura cet épiscopat, ni ce que fit particuliièrement Marcos ni comment et quand il mourut. 
Il ne fut pas martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcos de Jérusalem au 22 octobre.


Aberkios d’Hiérapolis
3. siècle

Pour situer Abercios, il faudra rappeler que la ville d’Hierapolis (l’ancienne Hieropolis) fit partie de la Phrygie orientale ou Phrygie Salutaire, à l’ouest de Synnada (act. Şuhut, Turquie W).
Ce qu’on sait de remarquable d’Abercios, est ce qu’il fit écrire lui-même pour son épitaphe. En voici le texte, à peu près totalement reconstitué :
Citoyen d’une ville distinguée, j’ai fait ce monument
de mon vivant, afin d’y avoir un jour une place pour mon corps.
Je me nomme Aberkios ; je suis disciple d’un saint pasteur
qui fait paître ses troupeaux de brebis par mont et par vaux,
C’est lui qui m’enseigna les Ecritures fidèles.
C’est lui qui m’envoya à Rome contempler la souveraine
et voir la reine aux vêtements d’or, aux chaussures d’or.
Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant.
J’ai vu aussi la plaine de Syrie et toutes les villes,
Nisibe au-delà de l’Euphrate. Partout j’ai vu des confrères.
J’avais Paul pour… La foi me conduisait partout.
Partout elle me servit en nourriture un poisson de source,
très grand, pur, pêché par une vierge pure.
Elle le donnait sans cesse à manger aux amis.
Ella a un vin délicieux, elle le donne avec du pain.
J’ai fait écrire ces choses, moi Abercios, à l’âge de septante-deux ans.
Que le confrère qui les comprend prie pour Aberkios.
On ne doit pas mettre un tombeau au-dessus du mien,
Sous peine d’une amende de deux mille pièces d’or pour le fisc romain,
de mille pour ma chère patrie, Hiéropolis.

Le saint pasteur est évidemment Jésus-Christ ; la reine aux vêtements d’or est la capitale de la chrétienté, Rome, reine de toutes les Eglises ; le peuple qui porte un sceau brillant sera le peuple des baptisés.
Aberkios parle de toutes les villes où il a voyagé : de la Syrie à Nisibe en Mésopotamie, au-delà de l’Euphrate. L’évocation de saint Paul - malheureusement tronquée et illisible - veut peut-être faire allusion au deuxième voyage de s.Paul, qu’Aberkios reprend à son tour.
Le poisson pêché par une vierge pure, c’est le Christ né de la Vierge Marie (rappelons que le mot grec IXTHUS, poisson, est l’anagramme de Iesus Christos Theou Yios Soter : Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur). Le vin et le pain sont bien sûr l’Eucharistie.
On sait qu’Aberkios fut évêque de Hierapolis et qu’il mourut à la fin du deuxième ou au début du troisième siècles. 
Une histoire dite légendaire a prétendu que le voyage à Rome fut imposé par l’empereur Marc-Aurèle qui voulait demander à Aberkios de guérir sa fille, Lucilla, possédée. La reine aux vêtements d’or est alors l’impératrice. Plus tard, Dieu aurait donné l’ordre à Aberkios de repartir en Syrie combattre l’hérésie, puis Aberkios parcourut toutes les régions citées plus haut avant de revenir à Hiérapolis.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Aberkios d’Hiérapolis au 22 octobre.


Philippos et Hermes d’Héraclée
† 303

Philippos fut évêque d’Héraclée (Thrace, auj. Grèce N).
Quand se déchaîna la persécution, il demeura sur place, encourageant ses fidèles à affronter courageusement les ennemis du Christ.
Vers février 303, la police vint apposer des scellés aux portes de l’église. Mais le vénérable Philippos alla célébrer les Saints Mystères dans un autre édifice. De nouveau, la police fit irruption, tortura Philippos et fit main basse sur tout le mobilier et les objets précieux du culte, qui furent brûlés sur la place publique.
Après un premier interrogatoire, on reconduisit en prison l’évêque, son diacre Hermès et d’autres fidèles : Philippos fut maltraité durant le trajet, il roula à terre plusieurs fois, comme le Christ tomba plusieurs fois sous le poids de sa lourde croix. Comme le Christ, Philippos ne montra aucun sentiment de révolte. On admirait ce vieillard qui souffrait avec joie tant d’insultes.
Cette constance valut au président du tribunal, Bassus, de se convertir. Mais son successeur s’acharna sur les Confesseurs. Philippos fut attaché par les pieds et traîné par la ville. Philippos devenait une loque humaine, mais encore vivante. Remis au cachot, il y séjourna encore de longs mois.
A nouveau convoqué, Philippos refusa encore de sacrifier aux dieux. Il fut dépouillé de ses vêtements et cruellement battu ; tous les membres étaient en lambeaux, les entrailles mises à nu. Le juge s’entêtait.
Le diacre Hermès fut à son tour interrogé.
L’Evêque et son Diacre furent condamnés à être bûlés vifs. Ils voulurent se rendre au bûcher d’un pas joyeux, mais il fallut porter le vieil évêque, qui ne pouvait plus tenir sur ses pieds. A l’endroit choisi, on enterra les deux Soldats du Christ jusqu’aux genoux, on leur lia les mains derrière le dos avec une corde qui fut attachée à un clou.
Le diacre Hermes prit encore le temps d’exhorter son fils à rester fidèle à Dieu.
Les flammes suffoquèrent bientôt les deux Martyrs. Philippos fut retrouvé les deux bras étendus, en prière ; le visage d’Hermes était resté intact. Dépité, le juge fit jeter les corps dans l’Ebre, mais les fidèles les en retirèrent.
Ce martyre eut lieu le 22 octobre 303.
Il restait en prison un certain Severus, qui fut martyrisé le lendemain, mais il n’a pas été retenu dans le Martyrologe.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Philippos et Hermes d’Héraclée au 22 octobre.


Mallonus de Rouen
† 312

Mallonus serait né en Grande-Bretagne à Cardiola, une cité inconnue, proche de Cardiff.
La graphie erronée Mellonus (français Mellon) a longtemps prévalu.
Dans des circonstances qui nous échappent, Mallonus aurait été amené en ôtage à Rome, où il participa à un culte envers Mars.
Le pape Etienne († 257) l’amena au Christ, l’ordonna prêtre et le nomma premier évêque de Rouen, vers 260.
Mallonus accomplit beaucoup de miracles ; il détruisit l’idole Roth ; un jour qu’il parlait dans une maison, le fils du propriétaire, Præcordius, monta sur le toit de la maison pour mieux entendre, mais il tomba et se tua juste aux pieds de Mallonus : celui-ci le rappela à la vie et ce miracle surprenant engendra la conversion de beaucoup de gens ; Mallonus construisit deux églises, l’une dédiée à la Sainte Trinité, l’autre à la Sainte Vierge.
Il mourut vers 312 à Héricourt-en-Caux, après un épiscopat d’un demi-siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Mallonus de Rouen au 22 octobre.


Valerius de Langres
† 350

Il est encore très difficile de situer ce diacre Valerius (qu’on se reporte par exemple à la notice de s.Desiderius de Langres, 23 mai).
Il y a aussi une confusion entre les noms de Valerius et Vincentius, qui semblent désigner le même personnage.  
Valerius, diacre de Langres, aurait quitté cette ville avec d’autres fidèles, pour échapper à l’envahisseur vandale, mais les barbares les rejoignirent et les massacrèrent à Port-sur-Saône (Vesoul, Haute-Saône). 
La difficulté principale consisterait à élucider la date précise de cette invasion des Vandales et de l'épiscopat de s.Desiderius. On suppose que le martyre de Valerius eut lieu vers 350.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerius de Langres au 22 octobre.

Lupentius de Javols

540-584

 

Lupentius (Louvent, Lupien) était né vers 540 à Gavaldà (Javols).

Entré dans la vie religieuse vers 564, il devint abbé de Saint-Privat à Javols (Mende, Lozère) en 576.

Le comte de Javols l’accusa auprès de la reine Brunehaut : il aurait mal parlé d’elle. Convoqué par celle-ci à Metz, il plaida non-coupable et put se retirer.

Mais le comte, insatisfait du sort de l’abbé, le poursuivit, l’arrêta et le fit torturer de diverses façons ; comme un chat qui s’acharne sur sa victime déjà blessée, le comte le laissa repartir et le rattrappa près de l’Aisne, où il se reposait quelque peu. Là, le comte lui trancha la tête et précipita dans la rivière le corps et la tête attachés à des pierres.

Ce meurtre - qu’on n’a pas assimilé à un martyre - se produisit vers 584.

Des bergers retrouvèrent le corps, puis le chef, qu’ils ensevelirent pieusement. Par la suite, tout malade qui venait prier à ce tombeau, retournait guéri.

Les reliques de s.Lupentius furent portées à la cathédrale de Châlons-en-Champagne, mais furent détruites dans l’incendie de 1668.

Lupentius est très honoré en Lorraine, où maintes paroisses lui sont dédiées.

On lui attribue des miracles pour les enfants, pour les infirmes et les maladies nerveuses.

Saint Lupentius de Javols est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léothade d’Auch

† 718

 

Léothade pourrait avoir été issu de la famille d’Eudes d’Aquitaine.

Il aurait été successivement abbé de Moissac et trente-sixième évêque d’Auch. Les deux localités sont peu distantes et il n’est pas rare qu’on ait fait appel à un moine ou un abbé d’une proche abbaye pour élire le nouvel évêque.

L’abbatiat se serait déroulé entre 678 et 691 (Léothade est nommé dans une charte concernant l’abbaye, en 680) ; l’épiscopat, entre 691 et 718.

Il y a cependant quelques difficultés dans cette chronologie, car on trouve la signature de Léothade comme évêque d’Auch au concile de Bordeaux en 673. Par ailleurs, on ne trouve pas son nom dans la liste officielle des abbés de Moissac. Reste aussi le problème de la charte citée ci-dessus…

En 1857, on ouvrit un sarcophage de la cathédrale d’Auch, où l’on trouva des fragments d’une crosse épiscopale.

Saint Léothade d’Auch est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas d’abbatiat.

 

 

Modéran de Rennes

† 730

 

Le premier évêque de Rennes semble avoir été Modéran, vers 358, mais ce n’est pas le nôtre.

Modéran (Moderamnus, Moderandus, Maurand ou Moran) était, d’après une récente étude, le fils d’un comte de Tournay, localité flamande sise sur les bords de l’Escaut. 

Il devint le dix-septième évêque de Rennes, de 703 à 720. Mais les habitants de ce diocèse ne bénéficièrent pas beaucoup de la présence de leur évêque pendant ces dix-sept années.

En effet, Modéran voulut augmenter son trésor de reliques, faire le pèlerinage à Rome, et à Reims. Il partit, écoutant la voix de Dieu, peut-être sur un avertissement céleste.

En Italie, lors d’une halte non loin du monastère de Berceto (Parme, Italie NO), ces reliques restèrent accrochées à une branche, que Modéran n’arrivait plus à atteindre ; il promit alors de remettre une partie de ces reliques au proche monastère, et il put reprendre ses reliques.

Revenu dans son diocèse, il ne fit que donner sa démission, pour laisser la place à un successeur et pour se retirer dans ce même monastère de Berceto.

Modéran mourut une dizaine d’années plus tard à Berceto, vers 730, célèbre par ses miracles, fut-il affirmé.

Saint Modéran de Rennes est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît de Massérac

† 845

 

Ce Benoît serait né à Patras (Grèce), de famille sénatoriale, détail que les historiens jugent contestable.

Vers 882, il vint avec sa sœur et quelques compagnons dans la région de Nantes, où le comte Gondebaud leur céda un terrain pour construire un monastère. 

Ce monastère fut à l’origine de la paroisse, puis de la localité de Massérac (qui s’écrit localement aussi Macérac).

Benoît mourut vers 845.

Saint Benoît de Massérac est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nunilo et Alodia de Huesca

† 851

 

Ce ne sont pas les seules victimes de la persécution musulmane de Cordoue au 9e siècle. Il y en eut quarante-huit, que le Martyrologe recense à leurs dates respectives.

Nunilo et Alodia (on trouve aussi Nunilón et Elodia) étaient les filles jumelles d’un couple mixte, qui vivait à Adhuesca (Huesca, Espagne) : le père, libéral, était musulman ; la mère, chrétienne, avait fait baptiser ses filles et les éduquait chrétiennement.

Les deux époux moururent. Un parent, qui voulait s’emparer de l’héritage des deux jeunes filles, les dénonça au juge ; ce dernier, comprenant la mauvaise intention de l’accusateur, et voyant ces jeunes filles sans défense, annula le procès. Mais le parent alla les dénoncer au gouverneur de Huesca : ou elles apostasiaient, ou elles seraient décapitées.

Nunilo et Alodia n’hésitèrent pas : leur foi passait avant tout. Elles furent condamnées à mort et décapitées à Huesca en 851.

On ajoute que, précipités du haut des remparts, les corps furent abandonnés aux oiseaux prédateurs, qui ne les touchèrent pas ; la nuit suivante, on vit des rayons lumineux qui éclairaient l’endroit où se trouvaient les corps.

Les saintes Nunilo et Alodia de Huesca sont commémorées le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donato de Fiesole

790-876

 

Originaire d’Irlande, Donato ne portait certainement pas ce nom, mais on ne lui en connaît pas d’autre.

En 816, troublé par de récentes incursions qu’on suppose danoises, il quitta la famille et le pays, et arriva à Rome.

Au retour, il s’arrêta à Fiesole (Toscane), récemment ravagée par les Normands. Le peuple s’était rassemblé avec le clergé dans la cathédrale. Notre Irlandais montra sans doute des signes de grande piété, car on le remarqua et, d’un seul cœur, tous proclamèrent cet étranger donné par Dieu pour être leur évêque.

On imagine la surprise de l’Elu, ses protestations. Rien à faire, il dut s’incliner et obéir à la volonté divine.

Donat fut ainsi le dixième évêque de Fiesole, et le resta pendant près de cinquante ans, de 829 à 876.

Sa tâche principale fut d’encourager la population à se relever des précédents conflits.

En 850, Donato assista au couronnement de Louis II ; en 866, ce dernier accorda des mesures en faveur du diocèse de Fiesole.

En 861, ce fut le concile de Rome, qui devait juger l’archevêque de Ravenne.

Donato nous a laissé des écrits, une vie de sainte Brigide de Kildare (v. 1er février), des poèmes et sa propre épitaphe.

Il mourut en ou vers 876.

Saint Donato de Fiesole est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

Victoriano Ibáñez Alonso

1864-1936

 

Victoriano naquit le 2 novembre 1864, à Santibáñez de Resoba (Palencia, Espagne) et fut baptisé le 5 suivant.

Après l’école primaire, il travailla dans des localités voisines : Rabanal de los Caballeros, Rueda y Villaescusa del Bardal, où il se signala aussi pour son activité charitable envers les malades.

Ayant rencontré les Dominicains au sanctuaire de Montesclaros, il sollicita son entrée en 1888, d’abord comme simple domestique, puis comme membre à part entière de la communauté, en tant que Frère convers (ou coopérateur). 

Après le noviciat, il fit la profession à Las Caldas de Besaya en 1893, puis fut au sanctuaire de Montesclaros jusqu’en 1908.

Il faisait la quête dans les villages alentour et s’occupait de la sacristie et des écuries.

En 1908, il fut envoyé au couvent de Olivar (Madrid), puis à Oviedo et de nouveau à Olivar.

Pour des motifs de santé, on l’envoya à Montesclaros (1935) et, quand la communauté dut se disperser le 16 août 1936, à Los Carabeos.

De nouveau malade, il revint à Montesclaros, où il fut découvert, en même temps que les pères Germán Caballero et José Menéndez (voir leurs notices), le 29 septembre.

Le sort des trois Religieux fut identique : arrêtés ensemble, enfermés à Montesclaros puis à Reinosa, ils furent conduits à Los Montes de Saja (Santander) pour y être exécutés, dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936. Victoriano avait soixante-douze ans.

Le frère Victoriano Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

 

 

Germán Caballero Atienza

1880-1936

 

Germán naquit le 11 octobre 1880 à Castromocho (Palencia, Espagne), le jour où l’on fêtait alors la Maternité de Marie (et où en 1962 commença le 2e Concile de Vatican). Il fut baptisé le 13 suivant.

Ce fut un garçon vif, joueur, mais aussi obéissant et pieux.

A douze ans, il alla chez son oncle, curé de Gozón, pour étudier le latin, et entra au collège des Jésuites à Carrión de los Condes.

Plus tard, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), où il fit la profession le 8 décembre 1898 et les études philosophiques.

En 1902, il passa à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1906.

Après dix années d’enseignement à Corias (où il fut aussi sous-directeur) et La Coruña, il fut envoyé en Amérique.

De 1913 à 1935, il travailla activement au Mexique, au Costa-Rica, au Salvador, au Nicaragua, et de nouveau au Salvador.

Au début de 1936, il revint en Espagne et fut au sanctuaire de Montesclaros. 

La communauté s’étant dispersée à cause de la révolution, il trouva à se réfugier à Aldea de Ebro, le 16 août.

Le 29 septembre, il fut arrêté et enfermé justement dans le couvent de Montesclaros, puis à Reinosa.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936, on le fit sortir pour l’exécuter à Los Montes de Saja (Santander).

Le père Germán Caballero Atienza fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Casas Lluch

1886-1936

 

Josep était né à Sampedor (Barcelona, Espagne) le 20 juin 1886.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1899, à treize ans, au noviciat mineur de Bujedo ; il fit ensuite le noviciat en 1902, prit l’habit et le nom religieux de Ildefonso Luis.

Il exerça son activité pédagogique d’abord à Condal (1904) puis fut nommé à Bonanova (1905). 

Suite aux lois laïques de 1905, la province française de Béziers venait d’ouvrir un collège («Provenza»), où le Frère Ildefonso resta treize ans, démontrant ses excellentes capacités artistiques (dessin, aquarelles, miniatures), mais aussi en matières scientifiques (téléphone et chimie).

Il fait ses vœux perpétuels en 1915.

Le collège étant fermé en 1919, il passa à Hostalets puis à Granollers, Josepets (1925), Gerona. En 1933, il fut directeur à Horta.

La persécution se déchaîna en 1936. le Frère Ildefonso eut l’occasion de fuir en France, mais en bon pasteur qui n’abandonne pas ses brebis, il ne voulut pas les quitter avant de s’assurer de leur sécurité.

Quand il put partir, il fut arrêté une première fois à Gerona, conduit à Barcelona, mais tout de même libéré le 19 octobre, quoique étroitement surveillé : on savait bien que par ses déplacements, il pourrait sans le savoir être un guide sûr vers d’autres Religieux. C’est ce qui se passa.

Il était en train de téléphoner, quand des miliciens vinrent fouiller et lui demandèrent d’où on l’appelait.

On l’arrêta le soir même et il fut assassiné, le 22 octobre 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

José Menéndez García

1888-1936

 

José naquit le 19 février 1888, à Genestosa (Tineo, Asturies, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

En 1895, il reçut la Confirmation.

Il alla chez le curé de Abona pour étudier le latin.

Plus tard, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), où il fit la profession en 1904 et les études philosophiques.

En 1908, il passa à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre ; en 1912, il passa à Barcelone, avant de gagner le couvent de Oviedo.

Ses dernières années se passèrent au sanctuaire de Montesclaros, où il était chantre et organiste. 

La communauté s’étant dispersée à cause de la révolution, il trouva à se réfugier à Aldea de Ebro, le 16 août, avec son Confrère, le père Germán Caballero (voir la notice).

Le 29 septembre, il fut arrêté et enfermé justement dans le couvent de Montesclaros, puis à Reinosa.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936, on le fit sortir pour l’exécuter à Los Montes de Saja (Santander).

Le père José Menéndez García fut béatifié en 2007. 

 

 

Luis Minguell Ferrer

1902-1936

 

Luis était né à Pola de Gordón (León) le 13 juin 1902 et fut baptisé le 6 juillet suivant.

Sa famille s’étant installée à Badalona, il entra au Petit séminaire carme de cette localité, en 1912.

En 1917, il entra au noviciat des Pères carmes à Tarragona, et fit la premiière profession en 1918, avec le nom de Luis María de Notre-Dame de la Merci.

En 1924, il fut ordonné prêtre et fit partie de la communauté de Barcelone, où il enseigna.

Au moment de la guerre civile de 1936, il se réfugia chez des amis, puis chez un oncle.

Il eut la «chance» d’obtenir un sauf-conduit pour sortir d’Espagne, mais, héroïquement, il le donna à un autre Confrère. Quant à lui, il continua de changer fréquemment de refuge, pour ne pas compromettre ses hôtes.

Le 26 septembre 1936, il fut cependant repéré chez un de ses frères.

Conduit à la prison San Elías, Il «disparut». Ce n’est qu’un an plus tard qu’un témoin put raconter qu’on le fit sortir de la prison, le 22 octobre 1936, pour l’exécuter.

Luis a été béatifié en 2007.

 

 

Andrés Zarraquino Herrero

1908-1936

Álvaro Ibáñez Lázaro

1913-1936

Pedro Lorente Vicente

1914-1936

 

Andrés Zarraquino Herrero naquit à Bañón (Teruel, Espagne) le 18 avril 1908.

Il commença le noviciat ches les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, et prit l’habit en 1924 au noviciat de Hostalets de Llers, avec le nom religieux de Honorato Andrés.

Il commença son apostolat à Tortosa, puis Gracia, Barcelone (1931) et Bonanova.

 

Álvaro Ibáñez Lázaro était né le 12 juin 1913 à Godos (Teruel, Espagne), et fut baptisé le lendemain.

En 1927, à quatorze ans, il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils et y prit l’habit en 1929, avec le nom religieux de Florencio Martín.

Son apostolat commença en 1932 à Barcelone, et continua à Bonanova en 1933.

 

Pedro Lorente Vicente, le plus jeune des trois, était né à Ojos Negros (Teruel, Espagne) le 7 janvier 1914, et fut baptisé le 11 janvier suivant.

Il fut d’abord chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Monreal del Campo, puis commença le noviciat à Cambrils en 1925, pour y prendre l’habit en 1930, à seize ans, avec le nom religieux de Ambrosio León.

En 1932 il commença son activité au collège de Notre-Dame de Bonanova.

 

A partir de 1933, donc, ces trois Religieux partagent la vie de communauté à Bonanova, où allait sévir la persécution en 1936.

Le 19 juillet, la communauté fut dispersée, et les Frères devaient trouver refuge quelque part. Ils errèrent quelques jours puis décidèrent de partir chez eux, en Aragón, en passant par Valencia, où ils se dirigèrent, à pied. Mais à Valencia, ils constatèrent que la guerre civile les empêchait de continuer leur voyage.

Les deux Frères Honorato et Florencio trouvèrent refuge chez Madame Adelantado, où ils menèrent une vie très édifiante.

L’autre Frère, Ambrosio, trouvait à donner des leçons particulières aux enfants dans une autre maison, où il édifia tout le monde.

Ils eurent tous les trois l’idée d’exercer leur «métier» d’enseignants, en se présentant à une école qui avait besoin de maître. On leur demanda leur diplôme, qu’ils n’avaient pas avec eux, et qu’on demanda à Barcelona. La réponse fut qu’ils avaient effectivement leur diplôme de maîtres, mais qu’ils étaient Frères des Ecoles Chrétiennes, ce qui était leur arrêt de mort.

Le 22 octobre vers midi, un groupe de miliciens se présenta au domicile où se trouvaient nos deux premiers Frères, pour les arrêter. Ils furent conduits à la «tchéka», dans le Séminaire transformé en caserne, en attendant de pouvoir arrêter aussi le troisième Frère, ce qui se fit à son retour plus tard dans l’après-midi.

Les trois Frères furent alors conduits dans un coin de Valencia et fusillés vers dix-huit heures, ce même 22 octobre 1936.

Ces trois martyrs ont été béatifiés en 2001.

Ils sont inscrits au Martyrologe le 23 octobre, suite à une petite erreur bien explicable devant le grand nombre de Martyrs à inscrire dans ce saint livre.

Partager cet article

Repost0
20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 23:00

21 OCTOBRE

 

IV.

SS Dasius, Zoticus et Caius, martyrs à Nicomédie.

S Agathon, solitaire en Egypte, sage et modéré, très charitable, très modeste.

S Hilarion, palestinien venu en Egypte pour connaître s. Antoine, à quinze ans ; thaumaturge fuyant la célébrité, il fut à Gaza, en Egypte, en Lybie, en Sicile, à Rome, en Dalmatie, à Paphos, où il mourut à quatre-vingts ans. 

S Malchus, syrien ; il refusa le mariage et devint moine avec des péripéties rocambolesques.

S Juste, archidiacre à Clermont.

V.

S Seurin, évêque à Trèves, puis à Bordeaux où s. Amand lui laissa la place.

Ste Ursule, une des onze (mille ?) martyres de Cologne ; anglaise, elle s'embarqua avec ses compagnes, aborda aux Pays-Bas, rejoignit Cologne où elles furent bien reçues ; après un pèlerinage à Rome, elles furent massacrées par les Huns devant Cologne ; légende ?

Ste Céline, vierge à Meaux ; elle laissa son fiancé pour suivre ste Geneviève.

S Anatole, évêque à Cahors (?).

Ste Céline, mère de trois garçons : s. Principius, évêque à Soissons, Agricola dont le fils, s. Lupus, succéda à s. Principius, et s. Remi. 

S Viateur, lecteur, compagnon de l'évêque de Lyon s. Iustus dans sa retraite en Egypte ; il y eut une congrégation d'éducateurs sous son patronage.

VI.

S Walfroy, gaulois dévôt de s. Martin et disciple de s. Yrieix, ermite stylite à Trèves, seul exemple connu de stylite en Occident ; l'évêque lui enjoignit de descendre de sa colonne.

VII.

S Fintan (Munnu), abbé en Irlande ; il eut la lèpre pendant vingt-quatre ans.

S Wendel, écossais, ermite près de Trèves, peut-être abbé à Tholey.

S Condé (Condède), anglais, ermite en Normandie.

S Domnolène, prêtre ou moine à Saint-Laurent-des-Aubats.

VIII.

S Mauront, abbé et évêque à Marseille.

IX.

S Hugues, abbé à Ambronay (X.?).

XI.

S Gebizo, allemand, bénédictin au Mont-Cassin, mort d'une douloureuse fistule au sein gauche.

XV.

B Piero Capucci, dominicain italien ; il prêchait avec un crâne dans la main.

XVII.

B Julianus Nakaura, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XIX.

S Yu Tae-ch’ŏl Petrus, adolescent coréen de treize ans, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Dominicains : près de Santander, Estanislao García Obeso (*1875), prêtre ;

- béatifiés en 2016, martyrisés près d’Almería :

Diocésains : Genaro Fueyo Castañón (*1864) ;

Laïques : Secundo Alonso González et Isidro Fernández Cordero (*1888, 1893).

 

Bse Laura Montoya y Upeguí (de Sainte-Catherine-de-Sienne, 1874-1949), colombienne, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée et de Sainte Catherine de Sienne, béatifiée en 2004.

 

 

 

Dasius, Zoticus et Caius de Nicomédie

303

 

Ces trois martyrs étaient trois domestiques du palais impérial à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), et chrétiens.

Lors de l’incendie qui frappa cet édifice, ils en furent accusés et, pour cela, condamnés à mort.

On leur attacha de grosses pierres au cou et on les précipita dans la mer.

Il se peut qu’on leur ait adjoint douze Compagnons - ou même douze mille, chose très improbable.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Dasius, Zoticus et Caius de Nicomédie au 21 octobre.

 

 

Hilarion de Gaza

291 ?-372

 

Hilarion naquit à Tabatha, près de Gaza en Palestine, de parents riches et païens.

A quinze ans, après quelques études à Alexandrie, il reçut le baptême et, tout épris du désir de la perfection, abandonna les plaisirs du cirque et du théâtre pour courir au désert rencontrer Antoine, dont le nom était déjà célèbre. A la vue du patriarche du désert, il s'écria : « Et moi aussi, Dieu me veut ermite ! » Il vendit peu après le patrimoine de ses parents, qui venaient de mourir, et s'enfonça dans la solitude, près de Maïouma, port de Gaza.

Il se construisit une cabane, qui ressemblait plus, par ses dimensions, à un tombeau qu’à une cellule.

Il portait un cilice, qu’il ne lava jamais (pourquoi faire ?) et une simple peau de bête. Il se tondait une fois l’an, à Pâques.

Il savait l’Ecriture par-cœur.

Le démon, furieux de voir un enfant égaler en ferveur les plus anciens anachorètes, lui déclara une guerre acharnée ; il employa tous les moyens : la crainte, les coups, la séduction, des visions de femmes, des apparitions d'animaux ; l'ermite triompha de tout en multipliant ses austérités.

Un jour pourtant, Hilarion, chantant des psaumes, était distrait et ne priait que de bouche ; le démon, fier de cette légère faiblesse du saint, lui sauta sur le dos et se moqua de lui. Le solitaire s'humilia, pleura sa faute et profita de cette négligence pour redoubler d'ardeur au service du Seigneur. Cet homme, qui avait tant à souffrir du démon, reçut de Dieu le pouvoir de se venger de lui ; on amenait de toutes parts des possédés à Hilarion, qui les délivrait des malins esprits.

Une femme stérile obtint le grâce de la maternité. Il rendit la vue à une aveugle, en lui reprochant doucement d’avoir donné aux médecins ce qu’elle aurait dû donner aux pauvres.

Il fut si célèbre que, comme autour de saint Antoine au désert d’Egypte, beaucoup vinrent se mettre sous sa conduite, donnant naissance à une quantité de monastères.

Cependant, les foules accourant vers lui, attirées par sa réputation de sainteté, le saint regretta sa solitude primitive : Il faut aller me cacher pour prier et souffrir, si je veux me rendre digne de la miséricorde de Dieu. Quand il voulut partir, plus de dix mille personnes l'arrêtèrent par leurs larmes et leurs gémissements. Il réussit pourtant à s'échapper, et gagna le désert d’Egypte où il retrouva avec émotion saint Antoine.

Il fut divinement informé que son monastère de Gaza avait été rasé par les envoyés de Julien l’Apostat, et que lui-même était recherché pour être mis à mort. Mais c’est Julien qui mourut le premier.

Hilarion pouvait revenir à Gaza, mais préféra partir pour la Libye, et même s’embarqua pour la Sicile, proposant de payer son voyage avec une copie de l’Ecriture qu’il avait lui-même écrite dans sa jeunesse. On le retrouva quand même et il s’enfuit en Dalmatie, revint à Chypre, où il s’établit en secret, mais sa victoire sur les démons le fit à nouveau découvrir ; on organisa une garde autour de son jardin pour l’empêcher de partir.

Le Seigneur, prenant pitié de ses larmes, l'avertit de sa mort prochaine. Hilarion s'étendit sur une natte : Sors, mon âme, dit-il, sors de ton corps, brise les derniers liens. Pourquoi tarder encore ? Il y a bientôt soixante ans que tu sers le Christ, peux-tu craindre la mort ? Et il rendit l'esprit.

«Bientôt soixante ans» peut faire supposer qu’Hilarion avait alors soixante-quinze ans environ, puisqu’il se retira encore adolescent, à quinze ans. Saint Jérôme affirme qu’il en avait déjà quatre-vingts. Aussi les dates d’Hilarion restent conjecturales.

Son disciple Hésychius vint le reprendre pour l’enterrer à Maïouma.