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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 23:47

Guillaume-Nicolas-Louis Leclercq

1745-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 2).

Né le 14 novembre 1745 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), de parents qui tenaient un petit commerce, il fut baptisé dès le lendemain.

Il entra chez les Frère des Écoles Chrétiennes, prenant le nom de Frère Salomon.

Après avoir enseigné, il fut nommé directeur d’école, puis économe. En dernier lieu, il fut secrétaire général de l’Institut, le supérieur général étant le Frère Agathon.

Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, il vécut à Paris dans la clandestinité, écrivant à sa famille de nombreux billets, qu’on a conservés.

Le 15 août 1792, il écrivit sa dernière lettre ; ce même jour, il fut arrêté et enfermé au Couvent des Carmes. 

Il fut martyrisé au Couvent des Carmes de Paris le 2 septembre 1792 et béatifié en 1926 avec tous ses Compagnons. 

Il fut canonisé en 2016 : de tous les Bienheureux de cette triste période révolutionaire, il est actuellement le premier canonisé.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 23:19

Lodovico Pavoni

1784-1849

 

Né à Brescia le 11 septembre 1784, Lodovico (Ludovic) fut l'aîné des cinq enfants de Alessandro et Lelia Poncarali, des parents nobles et aisés, et chrétiens.

Ce fut un garçon vif, intelligent, perspicace, audacieux même.

Ordonné prêtre en 1807, il se donne à fond dans la catéchèse, fondant un nouvel Oratoire pour combler le vide créé par les anciens Oratoires, décadents. Il faut préciser que par Oratoire, on entend ici ce qui s'appela en France un patronage.

En 1812, il devint secrétaire de l'évêque, tout en restant à la tête de son Oratoire, et en 1818 il fut nommé chanoine de la cathédrale, en même temps que recteur de la basilique Saint-Barnabé.

Il fonda alors un Collège des Arts qui prendra le nom de Pieux Institut Saint-Barnabé, ouvert aux jeunes pauvres et abandonnés. Il y ajoutera une section pour les sourds-muets, et projettera plus tard aussi une Ecole Agricole.

Ce Collège va se développer en divers secteurs d'activités : instruction, typographie, calcographie, éditions, reliure, argenterie,  menuiserie, cordonnerie, ferronnerie. Sa typographie fut la première école du genre en Italie et sera à l'origine des actuelles éditions Àncora.

De plus, il a l'intuition de rénover les “lois” du travail, sachant récompenser ses “ouvriers” par un salaire régulier, organisant une couverture pour la maladie, évitant tout licenciement sauf pour faute grave.

En 1836 le Collège vient en aide aux nombreuses victimes du choléra, et cette assistance sera officiellement reconnue par la municipalité de Brescia en séance extraordinaire.

En 1844 il est décoré Chevalier de la Couronne de Fer par l'Empereur d'Autriche.

Enfin il fonde en 1847 la Congrégation des Fils de Marie Immaculée (qui prendront le nom de Pavoniani), voués au travail parmi les ouvriers, une initiative nouvelle et audacieuse pour l'époque, et qui sera critiquée âprement dans les milieux sociaux, mais aussi à l'intérieur de l'Eglise, ce qui n'est jamais rare de la part des ecclésiastiques devant toute nouveauté. D'une part les prêtres prêteront leur assistance sacerdotale et spirituelle, d'autre part les enseignants seront eux aussi consacrés, tout en restant laïcs.

Cette même année 1847, il donne officiellement sa démission de Chanoine et fait les voeux dans son Institut, le 8 décembre.

Don Lodovico Pavoni mourut le 1er avril 1849, dimanche des Rameaux, à Saiano (Brescia), où il s'efforçait de conduire en sûreté ses garçons, pendant l'insurrection de Brescia contre les Autrichiens. 

Le miracle retenu pour la béatification fut, en 1909, la guérison immédiate, complète et durable d'une femme atteinte de tuberculose abdominale : vomissements répétés, fièvre très forte, délire continu, complications au niveau des méninges, état quasi comateux. Après avoir déposé un soir une relique de Lodovico Pavoni sous l'oreiller de la malade, celle-ci se réveilla le lendemain matin sans fièvre, demandant à manger, et sans aucune séquelle de son mal. Elle put se marier et devenir enseignante.

Lodovico Pavoni a été béatifié en 2002, et canonisé en 2016.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 23:05

Alfonso Maria Fusco

1839-1910

 

Aniello Fusco, un bon paysan, et son épouse Giuseppina Schianova, habitaient à Angri (Salerne, Italie), où naquit leur garçon le 23 mars 1839, aîné de cinq enfants.

Désireux d’un enfant qui n’arrivait pas, le couple avait fait un pèlerinage à la tombe de Alfonso Maria de’ Liguori. Un père rédemptoriste leur avait prédit qu’ils auraient un garçon, et qu’il porterait le nom d’Alfonso. Deux mois après cette naissance, était canonisé saint Alfonso (voir au 1er août).

Les pieux parents le confièrent tôt à une école chrétienne tenue par des prêtres. Le petit Alfonso ne pensa bientôt plus qu’à devenir prêtre à son tour : chez lui, il «jouait» au prêtre, officiant à son petit autel, chantant les hymnes qu’il entendait à l’église. Il reçut la Première Communion et la Confirmation à l’âge de sept ans, chose très exceptionnelle à cette époque.

On rapporte qu’un jour, le petit Alfonso s’apprêtait à sortir, par une journée très froide de février, avec du linge sous le bras. Sa maman, pensait qu’il voulait l’aider à la lessive, lui dit que ce n’était pas le jour ; et lui de répondre qu’il portait un drap à un petit garçon malade qui avait froid.

En 1850, Alfonso entre au petit séminaire de Nocera dei Pagani. On n’a de toute cette période qu’un seul détail (car les archives furent perdues) : dans un rêve, Alfonso entendit Jésus-Christ lui demander de fonder un institut pour Religieuses, et un orphelinat pour petits garçons et pour petites filles, ce qu’il s’appliqua à réaliser après son ordination sacerdotale. Il fut ordonné prêtre à la fête de la Pentecôte de 1863.

En 1870, il reçoit chez ses parents les premiers orphelins. Alfonso prit sur lui tous les frais de ce petit embryon d’école. 

En 1877, une riche veuve d’Angri, Raffaella Graziano, donne sa propriété en faveur des orphelines. Alfonso confie d’abord cet orphelinat à des Sœurs Compassionistes. Mais ce n’est pas là exactement ce que voulait Notre-Seigneur. 

C’est alors qu’eut lieu la rencontre avec une pieuse demoiselle, Maddalena Caputo, qui de concert avec quelques autres personnes, voulaient se donner à une vie de sanctification, dans la pauvreté et la charité envers les pauvres orphelins.

Cette congrégation des Sœurs de saint Jean-Baptiste ou Baptistines commençait sous de bons auspices, mais les difficultés furent grandes, car comme dans beaucoup de fondations, on se méfie des nouveautés, on hésite, les fonds sont rares. Les autres prêtres ne voient pas d’un bon œil ce jeune prêtre qui a l’air de leur faire la leçon en se donnant aux autres plutôt que de rester enfermé bien au chaud entre quatre murs.

L’évêque tarda longtemps avant de lui donner la permission. L’Institut commença officiellement en 1878 avec quatre jeunes filles. Deux ans après, l’évêque procédait à la vêturere. Maddalena prenait le nom de Sœur Crucifiée du Divin Amour. L’Institut s’appelait : Ordre des Sœurs Baptistines du Nazaréen, et la maison, Petite Maison de la Providence.

Pour former d’abord les Religieuses, Alfonso ouvrit une maison de formation à Benevento, ainsi ces Religieuses pourraient à leur tour dispenser un enseignement chrétien, intellectuel et scientifique aux petites orphelines.

Tout ce travail n’empêchait pas don Alfonso de prêcher abondamment dans la paroisse et dans les environs. Puis, en 1889, il ouvre l’Œuvre des Petits Artisans, sous la protection de saint Michel Archange, pour les orphelins. Il y en eut tellement, qu’il se crut obligé de construire une aile nouvelle à la Petite Maison. Mais là, Sœur Crucifiée fut en contraste, redoutant le voisinage des garçons et des filles. Le contentieux s’arrangea par la création, toujours sur une idée d’Alfonso, de l’Ecole des Petits Artisans, où les orphelins auraient appris un métier. L’école acquis une renommée et un niveau appréciable, au point qu’une imprimerie permit bientôt de publier des ouvrages pour répandre le message chrétien.

Dans la Petite Maison furent aussi accueillies des jeunes filles difformes, dont ne voulait pas la société bourgeoise. L’une d’elles vécut là jusqu’à la soixantaine.

L’institut grandit, s’implanta dans seize villes d’Italie et en Amérique du Nord.

Une tempête douloureuse s’abattit : la supérieure elle-même, Sœur Crocifissa, tenta avec la supérieure de la maison de Rome, de refonder l’Institut en-dehors de l’autorité de don Alfonso. On lui ferma même la porte au nez quand il se présenta en personne à la maison de Rome. Tout endolori, il alla à la statue de son saint Patron, Alfonso de’ Liguori, en la basilique Saint-Pierre, et pria ainsi : Si je sais souffrir comme toi, je serai saint moi aussi !

Même le Cardinal Vicaire de Rome se mit contre lui. Mais finalement, c’est Alfonso qui gagna la partie, on le reconnut et il resta à sa place. 

Ce qui se dit ici en deux lignes ne peut pas rendre la profonde tristesse que put éprouver ce saint prêtre qui se retrouvait ainsi à la rue. Seule la sainteté peut expliquer une telle constance.

Dans la nuit du 5 au 6 février 1910, entouré de ses Filles fidèles, il s’exclama : Merci, Seigneur, j’ai été un serviteur inutile (cf. Lc 17:10), puis s’adressant à elles : Du ciel, je ne vous oublierai pas, je prierai toujours pour vous. Et il s’endormit en paix.

Tout de suite, le bruit se répandit : Le père des pauvres est mort, le saint est mort ! 

Tandis que l’Institut grandissait et s’implantait sur tous les continents, l’Eglise peu à peu reconnaissait les vertus héroïques d’Alfonso, qui fut béatifié en 2001 et canonisé en 2016.

 

Le miracle retenu pour cette béatification concerne un petit garçon de Zambie, frappé de malaria cérébrale, qui aurait dû le porter à la mort en quelques jours, d’autant plus que le cas se compliquait d’une broncho-pneumonie ; l’enfant était dans un coma du troisième degré. La maman, qui appartenait aux Adventistes du Septième Jour, fut alors vivement exhortée par une Religieuse baptistine de prier avec elle en invoquant Alfonso Maria Fusco. Elle mit une petite image de don Fusco sous l’oreiller du malade : le lendemain matin, l’enfant appelait sa maman, il n’avait plus de fièvre, ni de broncho-pneumonie, il mangea un peu en chantonnant.

Il fallut se rendre à l’évidence : tous les signes de maladie avaient disparu, aucune séquelle n’apparaissait malgré dix jours de coma profond. La guérison fut immédiate, complète et durable.

Le médecin, qui avait déjà vu des centaines de cas semblables, affirmait que tous ces enfants meurent par œdème cérébral en quatre jours, tandis que ceux qui s’en sortent, demeurent lourdement affectés de séquelles graves.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:55

Manuel González García

1877-1940

 

L’humble charpentier qu’était Martín González Lara et son épouse Antonia, eurent cinq enfants, dont le quatrière naquit le 25 février 1877 à Séville : Manuel.

Un des rêves du petit garçon était d’être un jour de ceux qui chantaient et dansaient lors des solennités de la Fête-Dieu et de la Vierge Marie. Il devait bien y parvenir un jour, et peut-être pas de la façon dont il s’y attendait.

Sans rien dire à ses parents, il demanda à être admis au séminaire, mais, vu la pauvreté de la famille, il s’engagea en même temps comme domestique pour payer sa chambre au séminaire.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1901, des mains d’un saint Prélat, le cardinal Marcelo Spinola, futur bienheureux (voir au 19 janvier).

Sa première «expérience» fut une mission à Palomares del Río, où l’état du sanctuaire faillit le faire repartir chez lui, de tristesse. De là, au contraire, il conçut cet amour réparateur pour l’Eucharistie qui imprégna toute sa vie. 

En 1905, il fut curé à Huelva. Un de ses premiers soins fut de s’occuper des familles pauvres et des enfants ; il ouvrit des écoles. Il écrivit un petit manuel sur l’apostolat que peut exercer un prêtre en paroisse (Lo que puede un cura hoy). 

Puis il s’occupa d’un «pauvre abandonné» très particulier : le Saint Sacrement. Il fonda plusieurs associations de réparation et d’adoration envers l’Eucharistie, en réponse à l’amour du Christ pour nous dans l’Eucharistie, à l’exemple de Marie et de Jean qui sont présents au pied de la Croix : ce sera l’Union Eucharistique de Réparation, qui regroupera les Marie des Sanctuaires et Disciples de saint Jean, la Croisade eucharistique de Réparation pour les enfants.

Un petit journal qu’il éditait («Le Grain de Sable»), atteignit d’autres diocèses, jusqu’en Amérique. Ce succès poussa Manuel à demander au pape l’approbation de son œuvre. Pie X fut très intéressé par cet élan eucharistique, lui qui préconisait de donner la Première Communion aux petits enfants dès l’âge de sept ans, et donna bien volontiers cette approbation (1912). 

En 1916, Manuel fut nommé évêque auxiliaire de Málaga, et évêque résidentiel du même diocèse en 1920. Quand il prit possession de son diocèse, au lieu d’offrir un festin aux autorités, il reçut quelque trois mille enfants, qu’il servit lui-même, aidé de prêtres et de séminaristes.

Le jeune évêque (âgé de trente-sept ans) se rendit compte que son diocèse avait surtout besoin d’un séminaire digne de ce nom pour accueillir et former les futurs prêtres : c’est là que les jeunes peuvent recevoir la formation pédagogique, scientifique, pastorale, dont ils ont besoin. A ses prêtres, Mgr González enseigna le chemin de la sainteté : être une hostie en union avec l’Hostie consacrée.  Il poursuivit son effort par la fondation des Missionnaires Eucharistiques, pour les prêtres (1918), et des Religieuses Missionnaires Eucharistiques de Nazareth (1921).

La montée républicaine chercha à l’abattre : dès 1931 sa résidence épiscopale fut incendiée, il fut jeté à la rue. Pour ne pas exposer la vie de ceux qui l’abriteraient, il partit se réfugier à Gibraltar, puis à Madrid (1932), d’où il continua de diriger son diocèse de Málaga. En 1932 encore, il fonda les Missionnaires Auxiliaires Eucharistiques (1932).

En 1935, il fut nommé évêque à Palencia, où il restera jusqu’à sa mort. Sa plume resta active et il écrivit encore plusieurs ouvrages. Il fonda alors la Jeunesse Eucharistique Réparatrice (1939).

Sa santé se dégrada, mais ne lui enleva pas son doux sourire. S’il échappa au martyre en 1936, il resta totalement fidèle au Christ et à l’Eglise.

Il s’éteignit le 4 janvier 1940. Sur son tombeau (dans la cathédrale de Palencia) sont écrits des mots qu’il avait lui-même inspirés : Je demande à être enterré non loin d’un Tabernacle, pour qu’après ma mort mes os, comme ma langue et ma plume pendant ma vie, continuent toujours à dire à ceux qui passeront : C’est ici que se trouve Jésus ! Il est ici ! Ne le laissez pas tout seul !

Mgr Manuel González García a été béatifié en 2001, et canonisé en 2016. Le Martyrologe le commémore le 4 janvier.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:50

José Gabriel del Rosario Brochero

1840-1914

 

Né le 16 mars 1840 à Villa Santa Rosa (Rio Primero, Córdoba, Argentine), quatrième des dix enfants de Ignacio Brochero et Petrona Dávila, José Gabriel fut baptisé dès le lendemain.

On ne dit pas s’il porta dès le baptême le nom de Rosario, ou s’il l’ajouta plus tard quand il s’inscrivit au Tiers-Ordre dominicain.

Deux de ses sœurs furent Religieuses.

Entré au séminaire en 1856, ordonné prêtre en 1866, il fut d’abord vicaire à la cathédrale de Córdoba et préfet des études au séminaire.

En 1867, lors d’une épidémie de choléra, il se dévoua au soin des malades et des moribonds : à cette occasion, on put constater que l’Eglise était la seule «structure» en état d’intervenir efficacement, mettant spontanément au service des malades son personnel, ses édifices et sa bonne volonté.

En 1869, don Brochero reçut le titre de Maître de Philosophie de l’Université de Córdoba.

La même année, il fut chargé du district San Alberto, ou vallée de Traslasierra, avec résidence à Villa del Tránsito.

Cette immense région de quatre mille mètres carrés ne comptait guère plus de dix mille habitants, très disséminés, vivant dans des conditions très précaires (sans parler des voyous qui s’y cachaient pour échapper à la justice) : il s’y rendit le 24 décembre, achevant son voyage par trois jours de marche à dos d’âne.

Une fois «installé» (le mot pourrait être ironique, mais don Gabriele était toujours heureux), il se fit vraiment tout à tous. 

De ses mains, il construisit avec ses «paroissiens» des chapelles, des églises, des écoles, des routes, des ponts… Sous ses suggestions, on fit des digues, des aqueducs ; il y eut un service postal, un télégraphe…

Au début, il se déplaçait avec sa mule, plus tard à cheval. 

L’évêque voulut l’aider à se reposer et, en 1898, le nomma chanoine de la cathédrale de Córdoba. En réalité, s’il fut effectivement installé dans la cathédrale (le 12 août), il recevait dès le 25 août suivant sa nomination de… curé à Villa del Tránsito. Le curé-gaucho, comme on l’appelait, ne supportait pas le long surplis à dentelle (la mozette) des chanoines. Don Brochero reprit ses activités.

Il fit aussi l’infirmier, sans se soucier de la contagion, et c’est ainsi qu’il prit à son tour la lèpre, qui le rendit sourd et aveugle pour le reste de ses jours.

En 1908, il dut quitter pour de bon sa «paroisse», qu’il avait animée pendant quarante années, et se retira chez ses sœurs à Santa Rosa de Rio Primero.

En 1910, dans son testament, il eut cette expression touchante concernant son «cercueil» : Qu’on fasse faire une caisse toute simple par quelque menuisier d’ici, pour lui faire gagner un peu d’argent.

En 1912, il voulut revenir à Villa del Tránsito, espérant faire avancer son fameux projet de chemin de fer. Il rencontra un ingénieur, en octobre 1912.

Selon le vif désir de ses paroissiens, il resta à Villa del Tránsito jusqu’à sa mort, le 26 janvier 1914. 

Au deuxième anniversaire de sa mort, la ville a pris le nom de Villa Cura Brochero (du curé Brochero).

Le miracle reconnu en vue de la béatification de don Brochero, fut la guérison inexplicable d’un enfant qui, après un accident de voiture, avait perdu grande partie de son cerveau et se trouvait à l’article de la mort après trois arrêts cardiaques. Son père invoqua l’intercession du Curé Brochero, et les spécialistes ne surent trouver aucune explication à cette guérison inattendue.

José Gabriel Brochero, prêtre argentin, a été béatifié en 2013, sous le pontificat du premier pape argentin de l’histoire.

Après la béatification, le petit miraculé, maintenant adolescent, reçut la Confirmation dans le sanctuaire de Villa Cura Brochero.

En 2016, le même Pape canonisa ce prêtre fidèle et intrépide.

Les Argentins voulaient fêter «dignement» leur curé gaucho. Le dies natalis étant le 26 janvier, l’Eglise n’a pas voulu effacer la fête des saints Timothée et Tite de ce jour ; aussi le pape proposa le 16 mars, jour de la naissance sur terre du Bienheureux.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:38

José Luis Sánchez del Río

1913-1928

 

Fils de Macario Sánchez Sánchez et de María del Río, José Luis était né le 28 mars 1913 à Sahuayo (Michoacán, Mexique), après Macario et Miguel, et avant María Luisa. Cette famille était connue comme une des principales familles du pays, très catholique et de haute lignée.

Depuis plusieurs années, la famille Sánchez était venue d'Espagne, et la famille del Río venait à son tour de Jiquilpan. Le papa avait acquis une grande propriété au sud de Jiquilpan, qu'il avait appelée “Le Moral” (El Morale). La maman, travailleuse et généreuse, était appelée Doña Mariquita, par la population. 

José reçut le baptême le 3 avril suivant, puis la confirmation en 1917, à quatre ans, selon la coutume de l'époque. Il fréquenta l'école, et jouait comme tous ses camarades. Chaque dimanche, il allait à la messe et au catéchisme avec ses parents.

La famille déménagea à Guadalajara, où José fit la Première communion, vers neuf ans. Sa dévotion envers la sainte Vierge grandissait et on le voyait souvent dire le chapelet.

Nombreux furent les adeptes enthousiastes des Cristeros qui s’opposaient à la politique laïque du gouvernement, et les deux frères aînés de José, Macario et Miguel, s'engagèrent dans les troupes guidées par le général Ignacio Sánchez Ramirez pour défendre la liberté religieuse. José, qui n'avait que treize ans, sollicitait de toutes ses forces son admission dans leurs rangs.

Quand les troupes des Cristeros arrivèrent à Sahuayo, dans toutes les familles, il y avait au moins quelqu'un qui portait une arme, ou bien qui s'occupait de transmettre des instructions écrites aux Cristeros : chacun s'ingéniait à les aider d'une façon ou d'une autre. Les prêtres allaient de maison en maison, au péril de leur vie, pour aider spirituellement tous ces “volontaires” du Christ.

Il y eut un grand mouvement d'indignation lors de l'assassinat de Anacleto González Flores, leader de la ACJM (Association Catholique des Jeunes Mexicains) et chef de l'Union Populaire, (voir au 1er avril). Toute la population se déversa dans les rues pour accompagner son cercueil. Ces événements firent naître dans le cœur de José un grand désir de mourir pour le Christ, et lui-même alla demander cette grâce du martyre sur la tombe de Anacleto.

Sa mère avait beau lui dire qu'il était bien jeune encore, il répondait : Maman, il n'a jamais été aussi facile que maintenant, de gagner le ciel ! Plus on lui demandait d'attendre, plus vif était son désir d'être dans les rangs des Cristeros et de donner sa vie pour le Christ.

Finalement il obtint la bénédiction de son père. Avec un autre garçon de même tempérament que lui, J. Trinidad Flores Espinosa, il rejoignit le camp du général Prudencio Mendoza. A chaque contrôle, on lui répétait qu'il était trop jeune, et le général Mendoza lui répéta que son jeune âge ne lui permettrait pas de suivre le rythme de vie difficile des troupes. 

Mais José rétorqua que, s'il n'avait pas la force de porter une arme lourde, il pouvait aider les soldats en entretenant leurs armes, en leur préparant la popote (car il savait faire la cuisine), en soignant les chevaux…

Alors le général fut conquis par cet esprit de décision, et confia José à Rubén Guízar Morfín, chef des troupes basées à Cotija. A partir de ce moment, José montra une disponibilité admirable à rendre service aux uns et aux autres. Il se gagna l'estime de tous. On remarquait sa ferveur, son courage ; en plus, pour éviter d'attirer des ennuis sur sa famille, il se fit appeler José Luis, nom avec lequel désormais tous le connurent.

On enrôla J. Trinidad, qui avait accompagné José, et celui-ci resta son estafette : il devait être le clairon de la troupe et le porte-drapeau du Christ-Roi. On le surnomma aussi Tarcisio, du nom de ce martyr qui protégea l’Eucharistie de la profanation (voir au 15 août).

Lors d’un affrontement, le 6 février 1928, on réussit à tuer le cheval du général Guízar Morfín, qui faillit être fait prisonnier, mais José Luis sauta de son cheval et l'offrit au général en disant : Mon général, vous êtes plus nécessaire que moi à la cause ; sauvez-vous. Mais c'est José Luis qui fut arrêté, avec un autre, qui s'appelait Lorenzo (ou Lázaro, ci-après L.). Ils les emmenèrent à Cotija, au milieu des coups et des insultes.

A Cotija, le général Guerrero reprocha sévèrement à José Luis de combattre contre le gouvernement. Avant de le consigner au peloton d'exécution, il lui proposa de faire partie de ses soldats à lui. José Luis lui répondit : Plutôt la mort ! Je suis votre ennemi, fusillez-moi ! Le général le fit enfermer dans la prison.

Là, José Luis pensa à sa mère, qui devait être bien inquiète. Il demanda de quoi écrire. La lettre arriva ; la voici : 

Cotija, 6 février 1928. Ma chère maman, j'ai été fait prisonnier au combat aujourd'hui. Je crois que maintenant je vais mourir, mais peu importe, maman. Abandonne-toi à la volonté de Dieu, je meurs très content, parce que je meurs dans les rangs aux côtés de Notre Seigneur. Ne sois pas affligée de ma mort, car ça me ferait de la peine ; plutôt, dis à mes grands frères qu'ils suivent l'exemple de leur petit frère, et toi, fais la volonté de Dieu. Tiens bon et envoie-moi ta bénédiction, avec celle de papa. Salue tout le monde de ma part pour la dernière fois et toi, pour finir, reçois le cœur de ton fils, qui t'aime tellement et qui désirait tant te revoir avant de mourir. José Sánchez del Río.

Le jour suivant, 7 février, les deux prisonniers furent transférés à Sahuayo, à la disposition du député fédéral, Ráfael Picazo Sánchez. Leur prison fut l'église paroissiale de Saint-Jacques Apôtre.

Picazo commença par leur proposer diverses possibilités de s'échapper. D'abord de l'argent pour fuir à l'étranger ; ou bien fréquenter l'Ecole militaire et faire carrière. José Luis refusa.

En raison de son jeune âge et de la situation de son père, les autorités pensèrent demander à ce dernier une forte somme d'argent en échange de la liberté du garçon. Picazo aurait bien aimé cette solution, car il connaissait personnellement la famille de José Luis. Ils se fréquentaient même beaucoup, et Picazo n'appréciait pas du tout que les trois garçons se fussent enrôlés contre le gouvernement, qu'il représentait sur place. En plus de cela, cet homme était double, car s'il combattait énergiquement les Cristeros, de l'autre côté il soutenait tout un couvent de religieuses, dont firent partie ses deux sœurs.

Donc, on annonça à Monsieur Macario la détention de son fils et on lui proposait de payer une rançon de mille pesos-or pour le libérer. Le pauvre père s'en fut à Guadalajara pour faire tout son possible en vue de la libération de son fils, y compris réunir cette énorme somme d'argent. On le fit savoir à José Luis, qui supplia de ne rien faire, car il avait déjà offert sa vie à Dieu.

En attendant, le garçon voyait avec profonde tristesse l'état lamentable de l'église paroissiale et du presbytère, où s'étaient installés le général avec ses hommes et leurs chevaux. Picazo avait là toute sa basse-cour de coqs de combat.  Quand il fit nuit, José Luis réussit à défaire les liens de ses bras, à tuer tous les coqs, et d'un coup habile à aveugler le cheval. A la fin de son travail, il se mit dans un coin pour dormir.

Le jour suivant, mercredi 8 février, le général Picazo entra en colère en voyant tous ses coqs tués et demanda à José Luis s'il se rendait compte de ce qu'il avait fait. Et José Luis, crânement, répondit : La maison de Dieu est pour qu'on y vienne prier, pas pour y mettre des bêtes. Picazo le ligota et José Luis lui dit : Je suis prêt à tout. Fusille-moi pour que je sois bien vite devant Notre Seigneur et lui demande qu'il te confonde. Alors un des assistants de Picazo lui envoya un gros coup de poing sur la bouche, qui lui cassa les dents. 

Il était désormais certain qu'on voulait la mort de L. et de José Luis. Quand la tante María leur envoya un casse-croûte, L. ne voulait pas manger, mais José Luis lui rendit courage : Mangeons bien, ils nous donnent le temps de tout faire, après seulement ils nous fusilleront. Nos peines ne dureront pas plus qu’un clin d’œil.

A cinq heures et demie de l'après midi, ils conduisirent les deux prisonniers à la place centrale ; ils attachèrent L. à un cèdre qu'ils utilisaient pour les pendaisons, et José Luis fut obligé de rester près de l'arbre pour assister à son exécution. On pensait le terroriser et le faire apostasier, mais lui, s’adressant à son camarade, lui dit : Tu vas être au Ciel avant moi. Prépare-moi une place. Dis au Christ Roi que je serai bientôt avec Lui. Il se tourna vers les bourreaux et leur dit : Allons-y, tuez-moi ! 

Quand ils crurent mort L., ils le tirèrent vers le cimetière, mais le gardien, voyant qu'il vivait encore, leur dit qu'il allait s'occuper de l'ensevelir, simplement pour les faire partir. Puis de nuit, il fit sortir L. du cimetière et lui dit de bien vite s'enfuir, mais dès le lendemain L. rejoignait les troupes des Cristeros.

Quant à José Luis, ils voulurent seulement lui faire peur et le remirent dans l'église. Ils l’enfermèrent dans la baptistère, d'où il pouvait voir les gens passer dans la rue ; parfois ils échangeaient quelques mots ; José Luis leur apparaissait très tranquille ; il passait son temps à prier le chapelet ou à chanter des cantiques.

Le vendredi 10, vers six heures du soir, ils l'emmenèrent en face de l'église, au Refuge, qu'ils avaient converti en quartier général et lui annoncèrent sa mort prochaine. Il demanda encore de quoi écrire, à sa tante María, cette fois-ci : 

Sahuayo, 10 février 1928. A Madame Sanchez de Olmedo. Très chère tante : je suis condamné à mort. A huit heures et demie ce sera le moment que j'ai tant et tant désiré. Je te remercie pour toutes les faveurs que tu m'as faites, toi et Madeleine. Je ne me sens pas capable d'écrire à ma chère petite maman ; fais-moi le plaisir de lui écrire de ma part ainsi qu'à María S. Dis à Madeleine qu'elle vienne demander à l'officier qu'il me permette de la voir une dernière fois. Je crois qu'il ne me le refusera pas. Salue pour moi tout le monde, et toi, comme toujours et une dernière fois, reçois le cœur de ton neveu qui t'aime beaucoup et désire tant te revoir. Le Christ vit, le Christ règne, le Christ commande ! Vive le Christ Roi et Notre Dame de Guadalupe ! José Sanchez del Rio, qui mourut en défense de sa foi. N'oubliez pas de venir. Adieu.

A onze heures du soir, ils lui écorchèrent la plante des pieds au couteau, le sortirent du Refuge et l'obligèrent à marcher pieds-nus en le frappant, sur la route qui allait alors tout droit au cimetière. Les bourreaux essayaient de lui faire renier sa foi à force de cruauté, mais n'y arrivaient pas. Ses lèvres ne s'ouvraient que pour crier Vive le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe.

José Luis pleurait et gémissait de douleur, mais ne cédait pas. De temps en temps, ils lui disaient : Si tu cries “Mort au Christ”, on te laissera en vie. Mais lui répondait : Vive le Christ Roi !  Au cimetière, le chef ordonna aux soldats de frapper le corps du garçon, pour éviter que les gens entendissent des coups de feu, mais à chaque coup, José Luis criait fortement : Vive le Christ Roi !

Pour retourner encore un peu le couteau dans la plaie, le chef demanda à José Luis s’il voulait envoyer un message à son père, à quoi le garçon répondit d’un ton inflexible : On va se revoir au ciel. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe ! Sur place, pour arrêter ces cris que le mettaient hors de lui, le chef sortit son revolver et lui tira dans la tête.

José s’écroula dans son sang. C’étaient les onze heures et demie du soir, du vendredi 10 février 1928. On mit en terre le jeune Martyr directement, sans cercueil.

Plus tard, on l’exhuma pour l’ensevelir près du baptistère, où il avait été prisonnier avant d’être martyrisé.

On raconte aussi l’épisode suivant : 

Un enfant de neuf ans aperçut José Luis parmi les Cristeros, en train de remonter le moral à un compagnon découragé ; le petit enfant s’approche de José Luis, lui disant qu'il voulait bien le suivre, pour porter le drapeau du Christ lui aussi. José, qui a quatorze ans, se permet de lui répondre : Tu es bien petit, pour le moment. Pour l'instant, prie pour moi et pour nous tous.  Dieu va peut-être vouloir que tu sois prêtre. Et si tu le deviens un jour, tu feras des choses que ni moi ni mes amis ne pourront faire.

Ce garçon de neuf ans était Enrique Amezcua Medina, qui plus tard devait fonder la Confraternité des Ouvriers du Règne du Christ (Confraternitad Operarios del Reino de Cristo).

Les jeunes de l’ECYD (Education Culture Youth Development, un mouvement international de jeunes chrétiens) ont pris José Luis pour leur patron.

José Luis a été béatifié en 2005 et canonisé en 2016. Son dies natalis est le 10 février.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 00:05

Elisabeth Catez

1880-1906

 

Elisabeth était la première fille de parents chrétiens qui habitaient à Farges-en-Septaine (Bourges), et qui déménageront à Auxonne puis Dijon. Là naîtra leur deuxième fille, Marguerite.

Elisabeth, née à Farges-en-Septaine, avait un caractère naturel très marqué, colérique et volontaire.

Dans son enfance, elle vit mourir successivement chez elle la grand-mère (1882), le grand-père (1887) et son père aussi (octobre 1887), subitement. Elle avait alors sept ans.

Avant sa Première Communion, elle se confessa plusieurs fois. Dès 1888 elle parla de sa vocation religieuse.

Elisabeth grandit, étudia, prit des leçons particulières pour l’orthographe qu’elle ne dominait pas bien, et apprit le piano. Coquette, elle aimait les gants et les bijoux.

En 1891, lors de sa Première Communion, elle sentit que Notre-Seigneur avait pris possession de son cœur. Elle comprit qu’elle devrait désormais lutter contre son tempérament. 

Très sensible et très musicale, elle obtint son premier prix de piano au conservatoire de Dijon (1893). Ses auteurs préférés étaient Chopin, Liszt, Schumann.

Le Carmel l’attirait, elle fit intérieurement le vœu de chasteté en 1894. Elle participait aux œuvres paroissiales, fit le catéchisme, monta à la chorale, convainquit des jeunes de fréquenter l’église pendant le Mois de Marie (mai).

Durant ses vacances, elle voyageait ; avec ses amis, elle dansait, jouait, partait en montagne. Dans son journal, elle notait ses victoires et ses défaites ; elle combattait ses faiblesses.

Tandis que sa mère lui proposait un bon parti en vue d’un mariage, Elisabeth répondit fermement qu’elle désirait entrer au Carmel, ce qu’elle ne pourra faire qu’à sa majorité, vingt-et-un ans à l’époque.

Dès 1899, elle imitait les carmélites dans leurs mortifications, mais elle fit des excès. La supérieure du Carmel l’invita à se modérer, car la mortification ne consiste pas seulement en privations physiques, mais aussi en l’acceptation intérieure des épreuves que Dieu nous donne.

Elle faillit être envoyée parmi les fondatrices d’un nouveau Carmel à Paray-le-Monial, mais sa mère s’y opposa. Elle entra donc au Carmel de Dijon en 1901. Elle portera le nom religieux de Elisabeth de la Trinité et prendra le voile en 1903.

Son ascension spirituelle ne se fera pas d’un jet. Elisabeth goûtera des périodes de réelles aridités intérieures, de doutes même, qui se dissiperont par ses élévations dans le silence, dans la méditation des épîtres de saint Paul ; elle goûtera bien sûr les Auteurs du Carmel, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix (v. 15 octobre et 14 décembre), mais aussi le flamand mystique Ruisbroek et la franciscaine italienne Angela de Foligno (v. 2 décembre et 4 janvier), et tout près d’elle, Thérèse de Lisieux qui venait de mourir (1897, v. 30 septembre).

Sa dévotion mariale s’intensifia dans la contemplation de l’Incarnation du Verbe divin dans le sein de Marie, au jour de l’Annonciation : de l’Annonciation à Noël, le sein de Marie est la demeure de la Trinité, et ainsi le modèle des âmes intérieures, en qui Dieu habite. Elle invoquait Marie comme la Janua cæli, la Porte du Ciel.

Elle écrira beaucoup de lettres, à sa sœur et à ses amis, mais aussi des poèmes et des opuscules spirituels, notamment sur la Sainte Trinité, ce mystère fondamental du christianisme dans lequel elle s’abîmait de plus en plus profondément. Sa prière Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, est maintenant extrêmement connue. Reprenant l’expression de saint Paul, elle désirait devenir Louange de Gloire (Eph 1:12).

En 1906 apparurent les symptômes de la maladie d’Addison, pour laquelle il n’y avait pas de remèdes à l’époque, et Elisabeth sentit sa mort prochaine. Elle écrivit : Avant de mourir je rêve d’être transformée en Jésus crucifié.

La maladie empira beaucoup en octobre. Elisabeth reçut l’Eucharistie le jour de la Toussaint, agonisa encore pendant neuf jours et mourut le 9 novembre 1906.

Très vite les éditions des écrits d’Elisabeth s’épuiseront ; la vie et le message d’Elisabeth passionnent un grand nombre d’âmes.

Sœur Elisabeth (Catez) de la Trinité fut béatifiée en 1984 et canonisée en 2016.

 

Voici le texte de la très belle prière dont il a été question plus haut.

 

O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me «revêtir de vous même», d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O Feu consumant, Esprit d'amour, «survenez en moi» afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, «couvrez-la de votre ombre», ne voyez en elle que le «Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances».

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:08

Romanos le Mélode

493-556

 

Romanos naquit vers 493 à Emèse (act. Homs, Syrie), dans une famille juive. 

Enfant, il fut baptisé, sans qu’on sache qui, de ses parents ou de ses proches, passa au christianisme.

On retrouve plus tard Romanos à Berytos (act. Beyrouth, Liban), où il reçut le diaconat dans l’église de la Résurrection.

Il alla ensuite à Constantinople : il habitait dans le monastère de Kyros, et exerçait les fonctions de sacristain à Sainte-Sophie.

D’après un récit ancien, Romanos n’avait pas une voix particulièrement faite pour le chant, et l’on ne pouvait s’empêcher de sourire lorsqu’il commençait une lecture. Mais lors de l’office solennel de Noël, vers 518, il fut pris de léthargie juste avant de proclamer le psaume ; pendant ce sommeil, il vit la Mère de Dieu qui lui tendait un rouleau et lui ordonnait de le manger (ce qui rappelle la vision d’Ezéchiel 3:1 ou de l’Apocalypse 10:9). Aussitôt éveillé, il entonna à l’ambon un hymne extraordinaire de poésie, de théologie, et  d’une mélodie extrêmement douce, ce qui étonna tous les assistants, du patriarche aux fidèles.

Ce nouveau genre qu’inaugurait Romanos sur l’inspiration de la Sainte Vierge, s’appelle kontakion, un mot qui désigne au sens propre le support sur lequel on enroulait le manuscrit. Romanos en aurait composé un millier, dont on a conservé quelques dizaines, apparemment authentiques. Ce sont de très longs poèmes sacrés, aux vers variés groupés en strophes. 

Romanos mourut un 1er octobre, vers 556.

Le genre du kontakion fut remplacé dès le 7e siècle par celui du kanon, plus simple, illustré par s.Andreas de Crète et s.Jean Damascène (v. 4 juillet et 4 décembre).

Saint Romanos le Mélode est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:08

Nizier de Trèves

500-569

 

On verra plus bas pourquoi Nizier (Nicetius) n’a pas pu naître en 513. Il naquit à ou près de Limoges, peu avant 500. 

Il semblait avoir déjà les cheveux poussés en forme de couronne, comme un clerc tonsuré, de sorte que ses bons parents le confièrent tôt à un abbé de monastère local.

Nizier deviendra abbé de ce même monastère. Déjà son zèle pastoral s’exprimait : aux moines, il répétait Il faut se garder de dire des bêtises, des paroles oiseuses, reprenant cette parole du Christ : Vous serez jugés sur toute parole inutile (Mt 12:36).

Le roi Thierry Ier l’avait en grande considération et le prit comme aumônier.

En 526, Nizier fut nommé évêque de Trèves. C’est cette date historique qui exclut la possibilité que Nizier soit né en 513. Rarement un prêtre est nommé évêque avant la trentaine, c’est une loi canonique.

Nizier fut accompagné à Trèves par une troupe de seigneurs qui, arrivés sur place, lâchèrent leurs chevaux dans les champs de moisson voisins. Nizier protesta et fit chasser les animaux.

Il se montra terrible contre ceux qui n’observaient pas les commandements de Dieu. Un jour que le fils de Thierry prétendait assister à la Messe alors qu’il vivait dans la débauche, Nizier le fit sortir. Il excommunia le roi Clotaire, qui alors l’exila (561). Nizier eut révélation qu’il allait promptement être rétabli, en effet Clotaire mourut et son successeur Sigebert rétablit immédiatement l’évêque.

Nizier était plein de force dans la prédication, et terrible pour discuter. Il avait de la constance dans les épreuves et de la prudence pour enseigner. Prospérité ou adversité ne le changeaient pas. On ne l’intimidait pas et on ne le trompait pas par des flagorneries. 

Le diable s’en prit plusieurs fois à Nizier ; il se montra à lui un jour sous une forme affreuse, noire, comme prêt à dévorer l’évêque : Nizier le fit disparaître d’un signe de croix. Nizier délivra un jour trois possédés à l’entrée de l’église Saint-Maximin, d’un signe de croix. Quand une épidémie de peste ravagea Trèves, la prière de Nizier éloigna le fléau ; une voix le fit comprendre : Nous (les démons) ne pouvons rien faire que laisser cette ville.

Devant un jour être reçu pas le roi, Nizier obtint par sa prière qu’on pût pêcher beaucoup de poissons pour les servir à la table du roi et de tous les invités.

Nizier eut une vision nocturne qui lui révélait la durée et la qualité des règnes des rois futurs. 

Comme le Christ (Mt 8:23-27), il s’endormit un jour dans sa barque, qui se trouva agitée par un vent violent : il se réveilla, et calma la tempête par un signe de croix.

Nizier participa aux conciles de Clermont (535) et d’Orléans (549), peut-être aussi de Paris (552). On a aussi de lui deux lettres, l’une à l’empereur Justinien, l’autre à la reine Chlodoswinde. 

Il raconta lui-même avoir eu une vision de s.Paul et de s.Jean-Baptiste, qui l’invitaient au Repos éternel. Il mourut quelques jours après, le 1er octobre, vers 569.

S.Venance Fortunat (v. 14 décembre) le chante dans un poème. 

De son vivant, Nizier avait brillé par ses aumônes, sa charité, ses miracles ; les miracles continuèrent près de son tombeau : des chaînes de prisonniers tombèrent, des possédés furent libérés, des aveugles furent guéris.

Saint Nizier de Trèves est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:07

Bavon de Gand

589-658

 

Allowinus - appelé communément Bavon - naquit vers 589 au pays d’Hesbaye (Belgique), de famille noble.

En grandissant, il connut les plaisirs et quelques écarts ; il épousa cependant la fille du comte Adilion et eut une fille, Aggletrude.

A la mort de son épouse, il conçut un réel remords pour ses fautes passées et alla trouver s.Amand (v. 6 février) : sa vie allait changer radicalement. Il distribua ses biens aux pauvres et vint au monastère fondé par s.Amand à Elnone ; il y reçut la tonsure ; Amand le prit avec lui dans ses voyages.

Amand avait prêché dans la région de Gand : Bavon y retourna et, en accord avec l’abbé Florbert, commença la construction d’un ermitage ; Attinus, qui l’aidait, se retrouva étouffé par son chariot qui se retourna : Bavon le ressuscita trois heures plus tard.

Un autre épisode montre comment la conversion de Bavon était profonde. Il rencontra un homme qu’il avait autrefois vendu comme serf. Il se jeta à ses pieds en lui demandant pardon, et le supplia de le traiter comme un condamné : tête rasée, pieds et mains entravés, et enfermé quatre mois dans un cachot.

Un telle volonté de réparation et de sanctification ne fut pas exempte de tentations ou d’épreuves, que lui infligea le Démon. 

Au bout d’environ trois années de cette vie d’ermite, Bavon sentit approcher son heure. Il mourut un 1er octobre et apparut à sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars) en lui demandant de venir l’ensevelir, ce qu’elle fit. On sait que sainte Gertrude mourut en 659, Bavon mourut donc au plus tard en 658.

En 1559, l’église Saint-Jean de Gand devint la cathédrale Saint-Bavon, notre Saint devenant le céleste Patron du nouveau diocèse de Gand.

Saint Bavon de Gand est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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