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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine :

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant.

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle.

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale.

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval.

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse.

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens.

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?).

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle.

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise.

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris.

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait :

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée.

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation.

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné.

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété.

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 23:00

10 MAI

 

-XV.

S Job, prophète.

I.

S Aurélien, évêque à Limoges (III.?).

III.

Ss Calépode, prêtre, Palmace, consul, avec sa femme et ses enfants, Simplice, sénateur, avec sa femme, ses enfants et bon nombre de membres de sa famille, martyrs à Rome.

Ss Alphius, Philadelphe, Cyrin, leur sœur Benedicta, leur neveu Erasmus, leur maître Onesimus,  martyrs les uns à Pouzzoles, les autres à Lentini.

?

S Dioscoride, martyr  à Myre.

Ss Quartus et Quintus, du clergé de Capoue, martyrs à Rome.

.IV.

S Gordianus, juge romain, converti à la vue de la patience des chrétiens, décapité.

Ss Silvestre et Fronime, évêques à Besançon ; le premier fit édifier l’église de Saint-Maurice, l’autre celle de Saint-Etienne.

S Palais Ier (Palladius), évêque à Bourges.

V.

S Palais II, évêque à Bourges.

VI.

S Léonard, anachorète dans la forêt de Marchenoir.

VII.

S Comgall, abbé fondateur à Bangor, où vivaient trois mille moines.

Ste Eustadiole, veuve à Bourges, où elle fonda l’abbaye de Moyen-Moutier ; elle resta végétarienne pendant soixante-dix ans et mourut nonagénaire, un 8 juin.

S Cataldo, écossais, évêque à Taranto, dont il est patron.

IX.

Ste Solange, vierge et martyre près de Bourges, patronne du Berry.

XI.

B Mire, anachorète près de Canzo puis à Sorigo.

XII.

B Anthelm (William), anglais, prêtre à Pontoise ; honoré par Philippe-Auguste, dans le palais duquel il mourut.

XIII.

Bse Beatrice d’Este l’Ancienne, restauratrice d’un monastère au mont Gemola et morte vers trente-trois ans. 

XV.

B Niccolò Albergati, chartreux puis évêque à Bologne et cardinal, plusieurs fois légat papal.

XVI.

S Juan de Ávila, patron du clergé espagnol et apôtre de l'Andalousie ; ami de s. Ignace, de ste Thérèse, il a été un précurseur en matière de réforme comme en d'autres domaines spirituels et le concile de Trente a adopté des décisions qu'il avait préconisées longtemps auparavant ; auteur d’un traité spirituel Audi Filia, il goûta même les geôles de l’Inquisition pour ses idées «avancées» et fut proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

XX.

B Ivan Merz (1896-1928), premier laïc bosniaque béatifié, en 2003.

B Enrico Rebuschini (1860-1938), de l’ordre Camillien, ordonné prêtre par Mgr Sarto, futur Pie X, actif à Vérone et Crémone, béatifié en 1997.

B Vasile Aftenie (1899-1950), évêque roumain gréco-catholique, sauvagement torturé en prison, béatifié en 2019.

Job, patriarche

15e siècle avant Jésus-Christ

 

Dans l’Ecriture, le Livre de Job est le premier des Livres sapientiaux, écrits dont le genre a été très répandu dans l’Orient ancien.

Job était né dans la terre de Hus, entre l’Idumée et l’Arabie.

Fidèle à la foi reçue, il craignait Dieu et conduisait toute sa famille, ses sept fils et ses trois filles, dans la piété traditionnelle. Il avait de grands biens, un cheptel immense.

Sur la permission de Dieu, dit l’Ecriture, Satan éprouva le saint homme. Tout son troupeau périt, ses enfants moururent, mais Job réagit avec foi et confiance en Dieu, adorant la volonté divine : 

Yahvé a donné, Yahvé a repris, que le nom de Yahvé soit béni (1:21).

Derechef, Satan s’acharna sur Job, qui fut affligé d’un ulcère horrible. Devant cette lèpre hideuse, l’épouse de Job lui suggérait de se rebeller contre Dieu, et lui, au contraire, la réprimanda :

Si nous recevons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? (2:10).

Trois «amis» viennent le «consoler», mais veulent à tout prix lui faire comprendre qu’il souffre pour ses péchés. Job se défend : le mal est partout dans le monde ; lui, il n’a pas péché contre Dieu.

Tout au long des quarante-deux chapitres de ces longues discussions, on voit Job passer par différents états d’âme, passant de la révolte à la soumission, des souffrances et des rémissions dans sa maladie.

Finalement, intervient encore un autre personnage qui s’en prend autant à Job qu’à ses amis, et tente de justifier la conduite de Dieu.

C’est Dieu lui-même qui va intervenir pour mettre fin à cette longue discussion, blâmant autant les trois premiers amis que le dernier intervenant. 

Après ce long combat, Job est récompensé de son humilité et de sa fidélité : Dieu lui rend ses biens, et même le double d’avant. Job engendra sept autres fils et trois autres filles, et mourut dans une sainte vieillesse, comblé de mérites et d’années.

Job est à nouveau nommé en Ezéchiel (Ez 14:14).

Le patriarche Job est honoré à diverses dates en Orient ; il est mentionné au 10 mai dans le Martyrologe.

 

 

Aurelianus de Limoges

1er ou 3e siècle

 

Les données concernant cet Aurelianus restent un peu conjecturales.

Aurelianus Cotta aurait été un prêtre des dieux païens et, comme tel, se serait farouchement opposé à l’œuvre évangélisatrice des missionnaires, de saint Martial en particulier, et fut frappé par la foudre.

Saint Martial, inspiré par Dieu, ayant ressuscité Aurelianus, ce dernier se serait alors converti, devenant un fidèle serviteur de Martial, et ensuite son propre successeur sur le siège de Limoges.

Martial ayant été situé par les uns au 1er siècle, ordonné et envoyé par saint Pierre, et par les autres au 3e siècle, il résulte de là qu’Aurelianus hésite à son tour entre le 1er et le 3e siècles.

Il reste certain qu’Aurelianus est le deuxième évêque de Limoges.

Quand on retrouva ses reliques en 1315, dans l’église de Saint-Cessateur, on les replaça dans une nouvelle chapelle de l’actuelle rue de la Boucherie. De là vient que saint Aurelianus est le patron des bouchers de Limoges. Il existe une confrérie de Messieurs les Bouchers de Limoges.

Saint Aurélien n’est pas au Martyrologe ; il est fêté localement au 10 mai.

 

 

Dioscoride de Myre

† ?

 

Ce Martyr qu’on situait autrefois à Smyrne, est maintenant mentionné à Myre (Lycie, act. Demre, Turquie SW).

On ne connaît malheureusement ni l’époque ni le genre de son martyre.

Saint Dioscoride de Myre est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quartus et Quintus de Capoue

?

 

Quartus et Quintus faisaient partie du clergé de Capoue (Campanie, Italie CW).

Ils furent arrêtés comme Chrétiens, mais comme ils étaient de familles nobles, ils furent déférés à Rome.

L’empereur - on ignore lequel - les condamna à être décapités.

Saints Quartus et Quintus de Capoue sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Lentini

† 251

 

Trois frères, avec leur sœur et leur neveu, accompagnés de leur maître et treize autres Compagnons, originaires de la région d’Otrante (Italie SE), furent conduits à Rome, de là à Pouzzoles (Campanie, Italie CW), où furent mis à mort les trois frères et le maître.

Les autres furent alors jugés à Taormina (Sicile), enfin exécutés à Lentini (Sicile).

Les trois frères s’appelaient : Alphius, Philadelphius, Cyrinius. Ce sont eux qui sont mentionnés dans le Martyrologe actuel.

Leur sœur, Benedicta, leur neveu, Erasmus, leur maître, Onesimus, ne sont pas mentionnés.

C’était durant la persécution de Dèce, en 251.

Il faut reconnaître qu’il est difficile de suivre le long voyage qu’on imposa à ces dix-neufs Héros du Christ. Le premier groupe parcourut quelque neuf-cents kilomètres, les autres quinze cents !

Malgré cette différence, ils sont réunis ici sous l’unique mention de Lentini, où ils sont particulièrement honorés.

Les Actes de ces Martyrs sont, dit-on, sans valeur.

Les Martyrs de Lentini sont commémorés le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gordianus de Rome

† 362

 

Gordien était juge à Rome, sous l’empereur Julien l’Apostat.

Il avait des occasions de voir des Chrétiens torturés et il fut très frappé de voir avec quelle constance, avec quelle paix, ceux-ci enduraient ces tourments, sans se plaindre, en pardonnant à leurs bourreaux…

Gordianus demanda bientôt à être initié à la foi, il fut catéchumène et reçut le baptême.

On lui prête des Compagnons, dont on ne donne pas le nom.

Dénoncé à l’empereur, Gordianus fut condamné à mort et décapité.

C’était le 10 mai 362.

On déposa son corps dans le sépulcre où se trouvait déjà celui de s.Epimachus (v. 12 décembre), ce qui les a fait souvent commémorer ensemble, mais plus d’un siècle les sépare.

Saint Gordianus de Rome est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgall de Bangor

510-602

 

Comgall naquit entre 510 et 520 à Dál nAraidi (Dalaradia, auj. Magheramome, Ulster), de Setna et Briga.

Après avoir suivi les pas de son père dans la vie militaire, Comgall se mit sous la direction de s.Fintan de Clonenagh, de s.Finian de Clonard, de Mobi Clairenach de Glasnevin, de s.Ciaran de Conmacnoise (v. 17 février et 9 septembre).

Il reçut le diaconat et la prêtrise des mains de l’évêque Lugidius.

Avec quelques compagnons, il alla vivre sur l’île de Lough Erne ; le style de vie qu’il avait appris auprès de ses maîtres et qu’il imposait à sa petite communauté, était si rigide que plusieurs d’entre eux moururent de froid et de faim…

Comgall songea à passer en Angleterre, mais l’évêque Lugidius lui conseilla de rester en Irlande et d’y développer le monaschisme. Ainsi naquit le monastère de Bangor, près de Belfast, vers 555. Il y eut jusqu’à trois ou quatre mille moines à ou près de Bangor, qui étaient tous sous la direction de Comgall, dont la règle ne manquait pas de sévérité : un seul repas par jour, d’une nourriture consistant en herbes (souvent crues), pain et eau ; le lait était parfois concédé ; jeûnes longs et fréquents ; silence quasi continu ; peines sévères contre les manques ; on se confessait à voix haute devant la communauté rassemblée.

Parmi les disciples célèbres de Comgall il y aurait eu s.Colomban et s.Moluag (v. 23 novembre et 25 juin). Comgall fut aussi très lié avec d’autres grands saints : Brendan, Cainnech et Finnian (v. 16 mai, 11 octobre et 12 décembre).

Après d’intenses souffrances, Comgall mourut à Bangor, vers 602.

Ses reliques furent dispersées en 822 par les envahisseurs Vikings.

Saint Comgall de Bangor est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cataldo de Tarante

610-685 

 

Une «tradition» fait de Cataldo un Irlandais venu dès le 2e siècle prêcher la Bonne Nouvelle à Tarante. Qui, à moins d’une intervention surnaturelle, dans cette Irlande encore païenne, aurait inspiré Cataldo de venir prêcher à Taranto, là où s.Pierre l’avait précédé ?

Pour rendre les choses plus plausibles, les spécialistes penchent plutôt pour le 7e siècle. 

Cataldo aurait d’abord dirigé l’école de Lismore, après la mort de s.Carthag (v. 14 mai), puis serait parti en pèlerinage à Jérusalem.

Au retour, s’étant arrêté à Taranto, il fut retenu pour y être évêque. Là encore, à moins d’un signe céleste extraordinaire, on imagine difficilement toute une population s’adresser à un étranger fraîchement débarqué dans le port, et lui demander d’assumer une mission épiscopale. 

Cataldo serait ainsi le deuxième évêque connu de Tarante, le premier étant s.Amasiano, au Ier siècle. Le siège de Taranto aurait donc été vaquant pendant plusieurs siècles… Cette histoire semble aussi invraisemblable que la première «tradition».

Cataldo serait mort vers 685 (ou peut-être au 5e siècle).

Saint Cataldo de Tarante est commémoré le 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Solange

IXe siècle

 

Solange naquit au bourg de Villemont, à deux ou trois lieues de la ville de Bourges. Son père était un pauvre vigneron qui menait une vie très chrétienne. Solange était une jeune fille aussi belle que pure.

De vieilles chroniques l’appellent Solange ou Soulange ; son lieu natal n’existe plus ; on voit au milieu du Pré-Verdier les ruines d’une maison qu’habitait, dit-on, sainte Solange. Cette prairie est à une demi-lieue du bourg appelé du nom de la Sainte depuis sa mort, et auparavant Saint-Martin-du-Cros.

Si l’on en croit les leçons de l’office que l’Eglise lui avait consacré, il paraissait le jour et la nuit, au-dessus de sa tête, une étoile qui la conduisait en ses démarches, et qui lui servait de règle en tout ce qu’elle devait faire.

Un jour, attiré par la réputation de la bergère, Bernard de la Gothie, fils de Bernard, comte de Poitiers, de Bourges et d’Auvergne, monta à cheval et, sous prétexte d’aller à la chasse, se rendit sur les terres de Villemont, où Solange gardait son troupeau. Il fut pris d’un vif désir pour elle, la saisit et l’emporta sur son cheval. 

Refusant ses avances, Solange lui échappa et se laissa tomber dans un ruisseau au bord de la route. Ivre de rage devant le refus de Solange, Bernard transforma son amour en haine et la décapita de son glaive.

Solange qui était debout, étendit paisiblement ses bras pour recevoir sa tête et marcha jusqu’à Saint Martin du Cros, où elle fut ensevelie. 

Le pape Alexandre VII (1655-1667) autorisa la création d’une confrérie des Cousins de Sainte Solange.

Solange fait partie des Saints patrons du Berry. On l'invoque contre la sécheresse. 

Sa fête est au 10 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Beatrice d’Este l’Ancienne

1192-1226

 

Cette Beatrice, née vers 1192, était la fille du marquis Azzo VI d’Este de Ferrare et de Sofia, comtesse de Savoie.

Elle connut la vie brillante de la cour dans les châteaux d’Este et de Calaone, où l’on admira unanimement sa beauté et ses vertus.

Son père mourut au combat dans les rivalités entre guelfes et gibelins ; son frère fut assassiné (ou empoisonné) en 1215 : ces tristes événements l’aidèrent à considérer la vanité de ce monde et elle se retira au monastère bénédictin de Sainte-Marguerite de Salarola, près du château de Calaone, où elle resta un an et demi (1220-1221).

Mais il y avait un petit désaccord avec son frère, Azzo VII, nouveau marquis d’Este. Beatrice travailla à la réconciliation, puis obtint de l’évêque un ancien monastère abandonné, sur le mont Gemola, qu’elle restaura de ses biens. 

Là, dans la solitude et la pénitence, elle se distingua par son amour de l’humilité et de la pauvreté. D’autres femmes de la noblesse la rejoignirent et formèrent une communauté de dure pénitence et de prière.

Beatrice, qui refusa constamment d’être élue abbesse, vaincue par la tuberculose, s’éteignit à ce monde qui passe pour entrer dans le monde de l’éternité, le 10 mai 1226.

Le culte dont on l’honora fut approuvé en 1763.

Il ne faut pas confondre cette première Beatrice avec celle du même nom, sa nièce (v. 18 janvier) ni avec une autre homonyme du 15e siècle, qui fut même béatifiée par confusion avec la précédente !

Notre Martyrologe la mentionne au 10 mai.

 

 

Niccolò Albergati

1375-1443

 

Niccolò Albergati était d’une noble famille de Bologne (Italie), où il naquit en 1375.

Dans l’université de cette ville, il étudia le droit mais, peu avant d’obtenir le doctorat, il se retira en 1394 dans la chartreuse proche de Bologne.

Il fut ordonné prêtre en 1404, et nommé prieur de la chartreuse de Casara, avant d’être visiteur pour tous les monastères de chartreux d’Italie (il y en avait à Florence, Rome, Mantoue, Bologne…).

Vaillant défenseur de l’autorité papale, il fut nommé archevêque de Bologne en 1417, mais pour trois ans seulement, car une rébellion le poussa à démissionner en 1420.

En 1422, il fut envoyé en France pour exercer ses bons offices entre les rois de France et d’Angleterre ; on sait que la mission de Jehanne d’Arc commença en 1428…

En 1426, Niccolò fut créé cardinal, du titre romain de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tout en restant administrateur apostolique de Bologne jusqu’en 1440.

En 1427, le pape le chargea d’une mission pacificatrice entre les maisons d’Italie du Nord (Milan, Venise, Savoie, Mantoue, Ferrare et Florence), qui fut un succès.

Une rébellion le poussa à quitter à nouveau Bologne en 1428, et le pape l’envoya pour une autre mission entre Venise, Ferrare et Florence. En 1437, il fut présent à un concile de Ferrare, où tous admirèrent son assiduité aux séances et sa profonde modestie.

Entre 1431 et 1440, il fut successivement nommé Cardinal Camerlingue, Grand Pénitencier et Archiprêtre du Latran.

On le voit, le chartreux n’eut guère de paix durant toute cette vie agitée, tout entière au service de l’Eglise. Mais Niccolò garda toujours un style de vie austère, recueilli, prudent. Une de ses grandes mortifications fut d’apprendre les désordres dans lesquels la ville de Bologne était retombée.

Il veilla à s’entourer de personnalités savantes, parmi lesquelles deux futurs papes, Nicolas V et Pie II.

Le pape Eugène tint cependant à le conserver près de lui pour bénéficier de ses bons conseils. Durant un séjour à Sienne, Niccolò fut pris d’une crise de pierre, qu’il endura avec une patience exemplaire.

Il s’éteignit à Sienne, le 9 mai 1443 (ou plutôt le 10 mai, d’après le Martyrologe).

Trois siècles plus tard, le 6 octobre 1744, il a été béatifié en la fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

 

 

Juan de Ávila

1500-1569

 

Né le 6 janvier 1500 (1502 ?) à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), Juan avait pour père un Juif, Alfonso (ou Antonio ?), propriétaire de quelques mines d’argent en Sierra Morena, et pour mère Catalina Gijón (ou Xixona ?). 

Il est moins que certain que le nom de Ávila fasse de Juan un parent de sainte «Teresa de Ávila». Il est plutôt probable que son père ait pris ce nom de localité pour dissimuler son origine juive.

Juan commença des études de droit à Salamanque (1514), mais les interrompit au bout de quatre ans, à cause des lois de discrimination, exigeant de ceux qui voulaient entrer dans les institutions espagnoles, l’appartenance à une souche chrétienne.

Il revint donc dans son pays natal, où il s’imposa une vie de dure pénitence.

Un bon père franciscain lui suggéra d’aller étudier les arts et la théologie à Alcalá de Henares. Pendant ces années (1520-1526), il fréquenta Domingo de Soto, Pedro Guerrero (futur archevêque), mais aussi Ignacio de Loyola.

Quand il fut ordonné prêtre (1526), ses parents étaient déjà morts, de sorte qu’il célébra sa première messe pour eux. Puis il vendit tout son héritage, le distribua aux pauvres et commença à évangéliser. Il aurait voulu partir en pays de mission (au Mexique), mais l‘évêque de Séville lui conseilla de se dédier à l’Andalousie. Obéissant, Juan se consacra entièrement à cette tâche, au point qu’il se mérita le nom d’ Apôtre de l’Andalousie.

Excellent prédicateur, il suscita la jalousie du clergé, qui le «dénoncèrent» comme rigoriste à l’Inquisition : Juan fut mis en prison à Triana (Séville) de 1531 à 1533. Il mit à profit cette retraite forcée pour prier et écrire son Audi filia. Lors de son procès, cinq accusateurs se retrouvèrent en face de cinquante-cinq autres témoins en sa faveur. En réalité on lui reprochait d’avoir utilisé des formules «érasmiennes» (car il avait connu Erasme à l’université), et on lui demandait d’aller les corriger là où il avait prêché précédemment. Quand il fut libéré, il remercia ses juges de lui avoir fait partager un peu la vie du Divin crucifié.

Son traité Audi filia est un commentaire du psaume 44, qu’il rédigea à l’intention d’une pieuse femme de Écija, récemment convertie. C’est un précis d’ascétisme qui fut hautement apprécié : le cardinal archevêque de Tolède put affirmer que cet ouvrage «avait converti plus d’âmes qu’il n’y avait de lettres de l’alphabet». C’est l’ouvrage que l’on consulta le plus durant tout le 16e siècle. 

Juan fréquenta saint Ignace de Loyola, comme on l’a dit, et encouragea vivement le mouvement des «Jésuites» ; il aurait bien voulu que les prêtres qui l’entouraient en fissent partie ; il connut saint Francisco de Borja (dont il favorisa la conversion), saint Pedro de Alcántara, saint Juan de Ribera, pour ne citer que ceux-ci (pour ces trois derniers, voir aux 31 juillet, 30 septembre, 18 octobre et 6 janvier).

A partir de 1535, il se rendit à Cordoue, sur l’invitation de l’évêque de Tolède. C’est là qu’il rencontra Luis de Granada, qui fut son disciple et lui aussi grand prédicateur,. Les écrits de Juan de Ávila influencèrent beaucoup de ses contemporains : Juan de Dieu et ses Frères Hospitaliers, Teresa de Ávila et les Carmélites (voir au 15 octobre), (desquels il encouragea beaucoup les projets de réforme ; Juan de Ribera et Pedro de Alcántara (déjà cités), ainsi que Tomás de Villanueva ; mais aussi d’autres auteurs postérieurs : Antonio de Molina, Luis de la Palma, Luis de la Puente, Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), Pierre de Bérulle, François de Sales (voir au 24 janvier), Alfonso Maria de’ Liguori (voir au 1er août), Antonio María Claret (voir au 24 octobre)…

Juan évangélisa ainsi toute l’Andalousie actuelle, qui comprenait alors la Mancha et l’Extremadura. Il fonda beaucoup de séminaires et de collèges, l’université de Baeza. Toutes ces fondations anticipèrent, par leur esprit réformateur, le mouvement que le concile de Trente allait préconiser (1545-1563).

Il tomba malade en 1554, mais continua à prêcher pendant encore une quinzaine d’années, jusqu’en 1569, où alors la maladie empira. Il cessa sa longue vie apostolique le 10 mai 1569, à Montilla.

Juan de Ávila fut béatifié en 1894 et fut proclamé patron du clergé espagnol en 1946.

Canonisé en 1970, il a été proclamé Docteur de l’Eglise en 2012.

Il y a quatre Saints espagnols actuellement Docteurs de l’Eglise : Isidore de Séville, Juan de la Croix, Thérèse de Ávila, Juan de Ávila.

 

 

Ivan Merz

1896-1928

 

Né le 16 décembre 1896 à Banja Luka (Bosnie, Serbie), Ivan (Jean) était de famille bourgeoise et libérale. Son pays faisait partie de l'empire austro-hongrois, qui allait être si profondément marqué par les événements européens du vingtième siècle. Le père d'Ivan, un ancien officier dans cet empire austro-hongrois, était maintenant employé dans les chemins de fer ; la mère, d'origine juive, était hongroise. 

Ivan eut un maître à penser remarquable, en la personne du docteur Ljubomir Marakovic, qui lui fournit d'excellents conseils dans sa quête intellectuelle et spirituelle.

Après un essai de trois mois à l'Académie militaire de Wiener Neustadt, qui le déçut profondément en raison de la corruption qui y régnait, Ivan fréquenta l'université de Vienne en droit et en lettres.

En 1916 il fut enrôlé d'office dans l'armée et envoyé sur le front italien (1917-1918). Le traité de Versailles va complètement démanteler l'empire austro-hongrois et donner naissance à la Yougoslavie.

En 1919, Ivan retourna à Vienne pour ses études puis, en 1920, muni d'une bourse d'étude, part pour Paris où il fréquente les cours à la Sorbonne et à l'Institut Catholique. Sa vie spirituelle s'enrichit au contact de la liturgie. Il connaît là les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et aura l'occasion de faire son premier pèlerinage à Lourdes : dans les colonnes du journal La Croix, il polémiquera contre Emile Zola sur les apparitions de Lourdes. Pour sa part, il fait connaître la Croatie à ses amis de Paris. 

C'est à Zagreb qu'il présentera sa thèse de doctorat « L'influence de la liturgie sur les écrivains français de Chateaubriand à nos jours». Cette thèse est actuellement publiée en France.

A Zagreb, il devient professeur de français et d'allemand au collège archiépiscopal.

Ivan a trouvé seul la voie de la sainteté. Il promut le mouvement liturgique en Croatie et fut le pionnier enthousiaste de l'Action catholique en Croatie. Pour les jeunes il fonda un mouvement (inspiré de la Croisade eucharistique française), l'Union Croate des Aigles (Hrvatski orlovski savez). Il appuie son activité sur l'Eucharistie et le Successeur de Pierre ; il voulait fonder un journal catholique croate à l'image de ce qu'il avait trouvé en France.

Pour toujours mieux connaître l'Eglise, il en étudia l'histoire, les textes pontificaux, la théologie.

Ses origines, ses études, ses voyages, qui embrassaient tant d'éléments culturels différents, se fondaient harmonieusement dans sa personne chrétienne profondément catholique. Ivan était un vrai « européen » avant la lettre.

Ivan souffrait depuis sa jeunesse d'une inflammation chronique de la cavité maxillaire : cette maladie dégénéra et le conduisit à une mort prématurée, quand il n'avait pas trente-deux ans, le 10 mai 1928.

Il a été béatifié en 2003, proposé à tous les jeunes catholiques européens comme modèle d'assimilation des diverses cultures dans un unique idéal chrétien.

Ivan écrivait : 

Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Eglise.

 

 

Enrico Rebuschini

1860-1938

 

Né le 25 (ou le 28) avril 1860 à Gravedona (Lac de Côme, Italie du nord), Enrico appartenait à une famille aisée. 

Il se montra toujours sensible envers les nécessiteux et donnait toujours ce qu'il avait.

Sa sœur Dorina épousa un commerçant de soie, chez lequel il travailla pendant trois années. Mais ce travail dans l'administration ne lui convenait pas. Quand il parla de sa vocation sacerdotale, son père ne s'y montra vraiment pas favorable. Enrico attendit, persévéra, son état physique s'en ressentit et sa maigreur fut inquiétante. Un prêtre, don Luigi Guanella (voir au 24 octobre), pria et fit prier dans tous les monastères pour la vocation de ce jeune homme, et Enrico finit par convaincre son père de le laisser partir pour le séminaire de Côme.

Ensuite, il se rendit au Collège Lombard, à Rome. Il suivit les cours de l'Université Grégorienne. Il y fut heureux et ses parents vinrent le trouver à la fin de 1885, le trouvant dans une grande paix. Il reçut les ordres mineurs.

En 1886 cependant, une crise dépressive le ramena quelque temps au foyer familial : Enrico se mortifiait excessivement, et mangeait trop peu, au lieu de s'alimenter suffisamment. Mais au bout d'un an, la paix se rétablit providentiellement en son cœur, et il décida de s'engager auprès des plus nécessiteux.

Son confesseur l'orienta vers la congrégation des pères camilliens, voués au soin des malades. Une illumination intérieure, qu'il reçut devant un tableau de saint Camille (voir au 14 juillet), le convainquit de son orientation. 

Il commença le noviciat à vingt-sept ans, au milieu de compagnons qui avaient dix ans de moins que lui. Il combattit sa vivacité et devint très estimé de ses supérieurs : encore novice, il fut présenté pour l'ordination sacerdotale, qu’il reçut en 1889, des mains de l'évêque de Mantova, Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X.

Dès 1890 il fut nommé aumônier des hôpitaux civil et militaire de Vérone. Là où d'autres prêtres ne réussissaient pas, Enrico faisait des merveilles : les malades se convertissaient, demandaient les sacrements, car il avait les paroles justes pour toucher les cœurs.

Il fit la profession solennelle en 1891, après laquelle il eut des «rechutes», des épreuves intérieures, des tentations, à cause de sa nature perfectionniste et de sa faible constitution. Une de ses tentations majeures était de se croire damné. 

Il fut cependant nommé vice-maître des novices et professeur de théologie, ce qui prouvait bien combien on pouvait s’appuyer sur lui. Mais il retomba en crise, se croyant incapable d'assumer ces responsabilités.

Toutefois, malgré toutes ces crises, le père Rebuschini faisait un travail admirable auprès des malades. En réalité, pendant dix ans, il exerça son apostolat à Vérone, puis, de 1899 jusqu'à la mort, il soigna les malades dans la maison des Camilliens de Crémone. Ses moments de dépression étaient tout intérieurs et jamais le père Enrico ne les laissait paraître. Un Confrère qui l'avait côtoyé put témoigner qu'il n'en avait eu connaissance que par ce qu'il avait lu plus tard.

C'est que le père Enrico ne manquait pas d'occupations : outre l'apostolat auprès des âmes, il devait s'occuper de mille choses pratiques, de petites réparations, de la fabrication du vin, de la salle d'opération, du jardin, des salaires à payer ; il installa le chauffage central ; il dut manœuvrer habilement au milieu des difficultés encontrées par la faillite de la banque...

Il exerça toutes ces activités jusqu'en 1938. Ses forces déclinèrent. Début mai 1938, il demanda pardon à chacun, demanda de prier pour lui, reçut les derniers sacrements avec profonde piété. 

Enrico mourut le 10 mai 1938, au petit matin.

Il fut béatifié en 1997.

 

 

Vasile Aftenie

1899-1950

 

Vasile Aftenie naquit le 14 juin 1899 à Lodroman (Târnava-Mică, Valea Lunga, Roumanie W), de Petru et Agafia.

Après l’école primaire, il fréquenta le lycée de Blaj.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé au front en Galice et en Italie.

En 1918, il commença des études de Droit à Bucarest mais, en1919, s’inscrivit à la faculté de Théologie de Blaj ; puis il fut envoyé au collège grec Saint-Athanase de Rome : en 1925, il était docteur en Philosophie et en Théologie.

Ordonné prêtre en 1926, il fut nommé successivement professeur à l’académie de Théologie de Blaj, archiprêtre à Bucarest en 1934, chanoine du chapitre de Blaj en 1937 ; enfin, en 1939, il fut nommé recteur de l’académie de Théologie de Blaj.

En 1940, il fut consacré évêque titulaire d’Ulpiana, auxiliaire de l’archevêque Mgr Nicolescu. Mgr Aftenie siégea à Bucarest, l’église Saint-Basile étant devenue cathédrale. Rappelons que saint Basile (v. 2 janvier) était le saint Patron de Mgr Aftenie.

En 1941, après la mort de Mgr Nicolescu, il fut administrateur apostolique de Făgăraş et Alba Iulia.

Comme on le sait, le régime communiste s’imposa au pays roumain, persécutant durement le clergé, cherchant en particulier à rallier les prêtres et les évêques à l’église orthodoxe roumaine ; certains prêtres cédèrent, parfois sous la pression. En 1948, Mgr Aftenie reçut une quarantaine de ces prêtres et les admonesta fortement pour avoir abandonné l’Eglise romaine.

Comme Mgr Frențiu, Mgr Aftenie fut arrêté le 28 octobre 1948, juste après sa sortie de la cathédrale, sur la Piața Romană, et conduit à Dragoslavele, puis de là au monastère Căldăruşani, transformé en prison ; le 10 mai 1949, on l’emmena dans le sous-sol du Ministère de l’Intérieur, dans une cellule d’isolement où, sous les ordres d’un général impie, il fut sauvagement torturé et mutilé, puis conduit dans la prison de Văcăreşti, où il mourut le 10 mai 1950.

Cela ne suffisait pas encore. La caisse qu’on fabriqua pour servir de cercueil à l’Evêque, était trop petite : on coupa alors les pieds du Martyr ; on aurait voulu brûler son corps, mais il fut enterré au cimetière Bellu de Bucarest, grâce à l’intervention d’un prêtre qui put, quelques jours après sa mort, célébrer les rites des funérailles. Sur la croix de sa tombe, on n’eut pas la permission d’écrire autre chose que V.A. 1950.

En 2010, la dépouille de Mgr Aftenie fut transférée en l’église Adormirea Maicii Domnului (Dormition de la Mère de Dieu) de Bucarest.

Vasile Aftenie est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 23:00

09 MAI

 

-VIII.

S Isaïe, prophète, martyrisé scié en deux.

II.

S Hermas, frère du pape Pie Ier, romain, esclave chrétien affranchi, auteur du "Pasteur", qui dépeint la première chrétienté de Rome ; à moins qu’il soit le frère mentionné par s.Paul aux Romains (Ro 16:14).

S Dionysios, évêque à Vienne.

III.

S Beatus, italien venu vivre près de Laon, dans une caverne.

IV.

S Pacôme , abbé en Egypte, fondateur d’une congrégation de sept monastères, dont la règle, la première règle monastique, servira de base à la vie cénobitique.

V.

S Tudy (Tudin, Thetgo), ermite près de Landevennec, compagnon de s.Corentin.

VI.

S Geruntius, premier évêque à Cervia, martyrisé à Cagli.

X.

B Adalgar (Adger, Auger, Alger), évêque à Hambourg et Brême.

XI.

B Grégoire, cardinal-évêque à Ostie, légat en Navarre, qu’il délivra des sauterelles, miracle qui lui valut d’être invoqué contre ces petites bêtes.

B Forte Gabrielli, ermite près de Fonte Avellana.

XV.

B Benincasa, des Servites de Marie, près de Monticchiello.

XVI.

B Hans Wagner, de Souabe, frère lai chez les chartreux de Ittingen.

XVII.

B Thomas Pickering, moine bénédictin, arrêté à Londres, pendu à Tyburn.

XIX.

S Giuse Đỗ Quang Hiền, prêtre dominicain tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Karolina Gerhardinger (Maria Teresa de Jésus), allemande, fondatrice des Pauvres Sœurs Scholastiques de Notre-Dame, pour l'éducation chrétienne des jeunes filles, béatifiée en 1985.

XX.

B Stefan Grelewski (1898-1941), prêtre polonais, déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999 ; son jeune frère, prêtre aussi, y sera pendu l’année suivante.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999 (le 28 avril au Martyrologe).

B Alexandru Rusu (1884-1963), métropolite roumain de l’Eglise gréco-catholique, persécuté pendant dix-sept ans par le régime communiste, martyr, béatifié en 2019.

Bse Carmen Elena Rendiles Martínez (María Carmen, 1903-1977), fondatrice des Servantes de Jésus du Venezuela, béatifiée en 2018.

Isaïe, prophète

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Isaïe est le premier des quatre «grands» prophètes de la Bible. Il serait né vers 765 avant Jésus-Christ, et prophétisa à partir de 740. Il était contemporain des «petits» prophètes Amos et Osée.

Isaïe est fils d’Amotz. Son nom signifie Yahwe sauve. Ce prophète rappellera toujours à ses contemporains de mettre leur espérance en Dieu, plutôt qu’en des alliances humaines.

Le livre des prophéties d’Isaïe semble ne pas être d’un unique rédacteur, et l’on a parlé de «plusieurs» prophètes Isaïe. Mais il est aussi permis d’imaginer qu’un seul homme peut très bien adopter un style différent selon l’inspiration qu’il reçoit, selon le but ou selon le genre de son texte, de la même façon que nous parlons sur un ton différent de «Jésus», de «Jésus-Christ», du «Seigneur», du «Fils de Dieu», pour parler d’un seul et unique Sauveur.

C’est dans Isaïe que se trouve la phrase du Sanctus de la Messe, reprise aussi dans le chant du Te Deum : Saint, Saint, Saint est Yahvé des armées. Sa gloire remplit toute la terre (6:3).

Isaïe annonça au roi Achaz l’Emmanuel et la virginité de Marie : Le jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel (7:14).

Il prophétisa la naissance du Christ : Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu l’empire sur les épaules, on lui donne ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-la-Paix (9:5).

Sous le roi Achaz encore, un homme impie et idolâtre, Isaïe appela son fils Rapide-pillage-prompte-rafle, pour annoncer quel châtiment allait fondre sur Jérusalem (8:1).

Vers 711, quand Israël avait tenté de s’allier avec l’Egypte, Isaïe se promena longtemps dévêtu et pieds-nus, pour annoncer la prochaine captivité des soldats égyptiens, vaincus par l’Assyrie. 

Dans la dernière partie de la prophétie, se trouvent les quatre Chants du Serviteur, qui annoncent les souffrances de Jésus-Christ dans la passion (42:1-7 ; 49:1-9 ; 50:4-9 ; 52:13-53:12).

On ne connaît pas précisément les circonstances de la fin de la vie du prophète Isaïe. Une tradition constante le présente comme martyr, sous le roi Manassé (après 700), peut-être même scié en deux.

Une ancienne fête en l’honneur du saint Prophète Isaïe avait lieu à Constantinople le 9 mai et c’est à ce jour que le mentionne le Martyrologe.

 

 

Hermas

1er ou 2e siècle

 

De saint Hermas il est question à la fin de l’épître de saint Paul aux Romains, parmi les frères que Paul demande de saluer de sa part (cf. Ro 16:14) ; c’est l’opinion d’Origène et c’est ce que rappelle le Martyrologe.

Pour certains, Hermas aurait plutôt été contemporain du pape saint Clément 1er (88-97), et selon d’autres, du pape Pie 1er, qui était son frère (140-155). Cette opinion, assez probable, s’appuie sur l’autorité du canon de Muratori et du catalogue libérien : Quant au ‘Pasteur’, il a été écrit tout récemment de notre temps, dans la ville de Rome, par Hermès, pendant que son frère Pie occupait comme évêque le siège de l’Eglise de la ville de Rome.

Le Pasteur est une œuvre d’un grand intérêt pour nous, car dès sa rédaction originelle en grec, il fut très lu, apprécié et même parfois cité au même titre que l’Ecriture inspirée.

D’après cet écrit, Hermas était un ancien esclave affranchi par une riche romaine. Devenu riche, il aurait laissé son épouse et ses enfants s’adonner au vice. Au moment de la persécution, cependant, les deux époux se montrèrent de courageux témoins de la Foi, mais furent dénoncés par leurs propres enfants. Hermas survécut à la persécution, mais fut désormais un chrétien fervent, cherchant à réparer sa tiédeur passée.

Il y a certainement de bons éléments historiques dans ces faits. Qu’ensuite Hermas eût été évêque à Philippes et là terminé sa vie par le martyre, reste beaucoup plus conjectural.

Il est mentionné au 9 mai par le Martyrologe.

 

 

Dionysius de Vienne

2e-3e siècles

 

Denis fut le sixième évêque de Vienne (Gaule).

On n’en connaît pas les dates exactes. Il succéda à Iustus, vers 193, et mourut certainement avant 235, date à laquelle on trouve mention de son successeur.

L’affirmation qu’il aurait été un des dix missionnaires envoyés en Gaule par le pape Xyste 1er, doit être erronée, car elle ferait mourir Denis plus que centenaire. Certes, rien n’est impossible à Dieu (cf. Lc 1:37) : en admettant que Denis eût environ une trentaine d’années en partant de Rome (avant 125, date de la mort de Xyste), il aurait reçu l’onction épiscopale déjà centenaire…

A moins qu’on puisse retarder les dates des cinq premiers évêques de Vienne, ce qui permettrait de situer l’épiscopat de Denis plutôt dans la deuxième moitié du 2e siècle.

Saint Dionysius de Vienne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Beatus de Vendôme

3e siècle

 

Beatus (Béat, Bié) s’en vint d’Italie en Gaule.

Les informations se contredisent ou se complètent : Beatus serait venu dans la région de Laon (02), dans une grotte où il priait et dont il ne sortait que pour aller prêcher ; il serait cependant mort à Vendôme (41), qui est à plus de trois-cents kilomètres de Laon.

Sa sainteté de vie, ses austérités, ses prières, lui attirèrent des fidèles, des curieux également, et des malades, qui furent guéris.

Il mourut dans un âge avancé et ses reliques se trouveraient dans la cahédrale de Vendôme.

Saint Bié est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pacôme de Tabenne

† 348

 

Pacôme était d’une famille égyptienne païenne, et naquit vers 292. Il eut un frère et une sœur.

Aussi étrange que cela puisse nous sembler, il n’était pas baptisé, il participait aux «cérémonies» païennes, mais détestait celles-ci. Il était doux et modeste de caractère, et très chaste.

Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut enrôlé dans les armées impériales et, avec d’autres recrues, emmené en bateau jusqu’à Thèbes. C’est là que Dieu l’attendait : les Chrétiens, nombreux dans cette ville, allèrent au-devant de ces jeune soldats qu’on traitait sans délicatesse sur les bateaux. Pacôme fut touché de cette proximité désintéressée : il s’informa sur ces gens.

Apprenant que les Chrétiens adoraient un Dieu unique, et s’efforçaient d’aider leur prochain sans attendre de retour, mais seulement pour préparer le Royaume de Dieu, il résolut de suivre cette religion si nouvelle pour lui.

L’empereur ayant été vaincu, les troupes furent dispersées, et Pacôme, au lieu de remonter le Nil et retrouver ses parents, s’éloigna en Thébaïde pour se joindre à une communauté de Chrétiens.

Il fut catéchumène, reçut le baptême à Chenoboscia avec la plus grande ferveur. Voici la petite prière qu’il répétait : 

Dieu, créateur du ciel et de la terre, jette sur moi un regard de compassion, délivre-moi de mes misères, apprends-moi le véritable moyen de te plaire ; toute mon occupation et la plus grande application de ma vie seront de te servir et d’accomplir ta volonté.

Pour s’engager réellement dans cette sainte voie, Pacôme eut la sage et humble idée d’aller trouver un solitaire, certain Palémon (v. 25 jhanvier). Ce dernier mit à l’épreuve son candidat : il feignit de le refuser, de le décourager et - mais peut-être avec une pointe d’orgueil, toujours possible même chez les Saints - lui exposa son mode de vie : un peu de pain et de sel, pas de vin ni d’huile, veille la moitié de la nuit et parfois la nuit entière, dans la méditation de l’Ecriture et le chant des psaumes.

Pacôme accepta. Il faisait tout ce que Palémon lui disait. Ils chantaient ensemble, ils travaillaient de leurs mains pour s’assurer quelque subsistance. Quand Pacôme était gagné par le sommeil, Palémon lui faisait transporter quelques seaux de sables pour que l’ennemi ne ruine pas tous (ses) efforts.

Les maîtres savent parfois mettre durement à l’épreuve l’obéissance de leurs élèves. Un jour de Pâques, Palémon demanda à Pacôme de préparer un repas. Notre Pacôme de réunir un peu d’huile, de sel, et quelques herbes amères, ce festin devant être consommé avec quelques bouchées de pain : Palémon refusa d’y toucher, alléguant les souffrances du Christ crucifié. Pacôme accepta la leçon sans se révolter.

Pacôme se retirait quelquefois dans une solitude, à Tabenne. ; il y entendit une voix qui lui annonçait qu’il construirait là un monastère, puis un ange vint lui donner quelques indications sur la vie monastique. De retour auprès du maître, il lui fit part de sa vision immédiatement. 

C’était en 325, et tous deux se rendirent à Tabenne pour y vivre quelque temps, puis Palémon retourna à sa première solitude. Il mourut peu après (v.330).

Pacôme reçut comme premier disciple son propre frère, Jean, puis d’autres, puis beaucoup d’autres : ils furent bientôt une centaine !

Vers 333, Pacôme reçut une visite rare : s.Athanase (v. 2 mai) en personne !

Pendant quinze ans, Pacôme ne se coucha jamais ; il se reposait assis sur une pierre. Sa tunique était un cilice. 

Il recevait les malades et les faibles avec la plus grande délicatesse. Son souci était d’aider chacun à s’engager dans la voie de la perfection. Il eut tant et tant de disciples, qu’il dut construire six autres monastère ; ils devaient être jusqu’à sept mille à la mort de Pacôme (348). Un des monastère qu’il fit construire, fut pour les moniales, de l’autre côté du Nil : sa sœur fut la première à y entrer.

Les moines avaient une Règle sévère, mais les mortifications, les jeûnes, les travaux étaient proportionnés à la santé de chacun. On mangeait en silence, encapuchonné pour ne pas voir le voisin ; sur la tunique, un manteau de peau de chèvre. L’Eucharistie était célébrée le premier et le dernier jours de la semaine, mais aucun moine n’était prêtre : un prêtre venait de l’extérieur pour célébrer. Silence absolu. Cette Règle, traduite en latin par s.Jérôme (v. 30 septembre), existe toujours.

 

Vers 344, Pacôme établit à la tête de Tabenne son meilleur disciple, Théodore (v. 27 avril), et se retira dans son monastère de Pabau, qui devint presque plus célèbre que celui de Tabenne. Sur l’invitation de l’évêque Sérapion, il construisit une église pour les bergers de l’endroit, et leur y fit la lecture de l’Ecriture. Il refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

Pacôme eut le don de guérir des malades. Mais il leur disait souvent que la patience dans la maladie est parfois plus méritoire que beaucoup de mortifications : L’abstinence et la prière sont sûrement une source de grands mérites, mais la maladie supportée avec patience est assurément d’un plus grand mérite encore.

Il combattait surtout l’orgueil. Un moine avait réussi à fabriquer plus que d’habitude et s’arrangea pour le lui faire savoir. Pacôme de rétorquer : Il s’est donné bien de la peine du matin jusqu’au soir pour livrer son travail au démon !

Pacôme reçut un jour un bouffon. Il voulait changer de vie, mais pendant longtemps il se laissa aller aux plaisanteries. Pacôme l’avertit d’abord, mais en vain ; il lui représenta enfin qu’on ne se moque pas de Dieu : alors Silvain (c’était son nom) rentra en lui-même et mena désormais une telle vie de pénitence, qu’à sa mort, Pacôme vit son âme monter au ciel.

En 348, Pacôme dut se présenter à un concile à Latopolis, pour répondre de certaines accusations qui circulaient à son sujet ; son humilité convainquit tous les évêques.

La même année, des centaines de moines moururent d’une épidémie de peste, et Pacôme en fut atteint. 

Il mourut le 9 mai 348.

Saint Pacôme de Tabenne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerontius de Cervia

† 501

 

Cervia est une localité italienne qui s’appelait Ficocle jusqu’au 10e siècle, proche de Ravenne (Italie CNE).

Son premier évêque fut, précisément, notre Gerontius.

On sait qu’il participa au concile de Rome de 501, où les soixante-seize évêques présents rendirent justice au pape Symmaque, injustement contesté. 

A son retour, il fut assailli par des brigands, peut-être incités au crime par ces contestaires, et mis à mort à Cagli, ce qui l’a fait considérer comme martyr.

Son premier successeur connu mourut en 599, ce qui fait apparaître une longue vacance du siège, à moins qu’on ait simplement oublié ou perdu les noms des évêques du 6e siècle.

Saint Gerontius de Cervia est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Forte Gabrielli

965-1040

 

Forte était né vers 965 à Gubbio (Ombrie, Italie C), dans l’illustre famille Gabrielli.

Encore enfant, et toujours davantage en grandissant, Forte resta étranger aux jeux et aux plaisirs du monde. De plus, il conçut très vite le désir de se soumettre à de sévères mortifications, dans les jeûnes et les veilles. Il se retira dans les montagnes du Monte della Schieggia, situées entre Monte Cucco et Monte Catria, pour y conduire la vie érémitique.

Cette vie érémitique n’était pas, pour lui, une vie de plaisirs. Il voulait bien au contraire mortifier, châtier davantage sa chair, se nourrissant d’herbes et de racines, buvant seulement l’eau pure de quelque source, portant comme tunique une vieille toile et dormant - quand il dormait - sur la terre nue.

A quelques kilomètres de là se trouvait le monastère camaldule de Fonte Avellana. Forte s’y rendit souvent pour en rencontrer le saint fondateur, le père Lodolfo. Mais il ne faut pas en déduire que Forte ait «quitté» son ermitage, qu’il ait revêtu l’habit camaldule et ait vécu dans ledit monastère, avant de revenir à la vie érémitique.

Forte s’éteignit à cette vie le 9 mai 1040. On estimait qu’il avait vécu soixante-quinze ou quatre-vingts ans, d’où l’on a déduit qu’il ait pu naître en 965 ou 960.

Son culte fut confirmé en 1756.

Le Bienheureux Forte Gabrielli est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Benincasa de Montepulciano

1375-1426

 

Benincasa s’appelait réellement Giovanni Benincasa, soit Jean de bon augure, et naquit en 1375 à Montepulciano (Sienne, Toscane, Italie C), même si on l’a parfois fait naître à Florence, qui n’est pas loin.

On se heurte dans la biographie de Benincasa à deux sources «authentiques» dont certains détails ne coïncident pas.

Adolescent, Benincasa entra dans l’Ordre des Servites de Marie.

A vingt-cinq ans, il décida de se retirer dans un ermitage de Monticchiello, sur un terrain appartenant aux Servites, où ils devaient édifier un couvent en 1494. Benincasa se construisit une cabane (ou bien : occupa une grotte) et, pour vivre, confectionna de petits objets artisanaux qu’il échangeait contre un peu de pain que lui apportaient des visiteurs.

L’autre source affirme que le lieu de cet ermitage était le Monte Amiata, là où s’était lui-même retiré saint Filippo Benizi (v. 22 août).

Benincasa n’avait pas besoin de beaucoup d’aliments, tant il se mortifiait dans le jeûne ; par ailleurs ses visiteurs ne pouvaient jamais entrer dans cette cabane, car il n’apparaissait qu’à la fenêtre, et encore, jamais aux femmes. Il devait sans doute recevoir son directeur de conscience, pour se confesser et recevoir l’Eucharistie.

Les tentations de la chair ne manquaient pas, et il demandait à Dieu la force de les vaincre, disant que le Seigneur l’avait immergé dans le feu pour le libérer de la rouille.

L’ermite ne perdait pas son temps : d’un signe de croix, il libéra des possédés ; l’eau qu’il bénissait guérissait les malades qui la buvaient.

Quand il eut cinquante ans (1425), le Supérieur général des Servites lui aurait enjoint de gagner le proche monastère (sans doute pas celui de Monticchiello, édifié seulement en 1494). Il avait dû être averti par le Ciel, car Benincasa mourut effectivement peu après, le 9 mai 1426 : ce jour-là toutes les cloches de l’endroit se mirent à sonner.

Le corps de l’ermite fut déposé dans une église de Monticchiello, près de laquelle les habitants, reconnaissants envers les bienfaits miraculeux de Benincasa, aidèrent les Servites à édifier le couvent dont il était question plus haut. Au 16e siècle, église et couvent furent abandonnés, et les restes du Bienheureux furent déposés dans l’église paroissiale, où ils se trouvent encore maintenant.

Le culte de Benincasa fut confirmé en 1829 et le Martyrologe le mentionne au 9 mai.

 

 

Hans Wagner

1456-1516

 

Hans Wagner naquit vers 1456 à Riedlinger sur le Danube (Ulm, Allemagne).

En 1475, à dix-neuf ans, il frappa à la porte de la chartreuse d’Ittingen en Suisse et fut admis comme frère lai.

En 1476, il fit la profession après une année de noviciat, durant laquelle on remarqua son profond esprit de méditation et de pénitence.

Il faut savoir qu’alors cette chartreuse était en pleine restructuration, car c’était auparavant un couvent augustinien ; il fallait donc adapter l’édifice à la règle de saint Bruno (v. 6 octobre), selon laquelle chaque moine habite une petite maisonnette dont la porte donne sur le cloître.

Ces travaux étaient bruyants, et les moines y participaient activement de leurs mains, au point que le temps de la méditation était souvent négligé. Hans ne s’y retrouvait pas.

Après avoir sollicité la permission au Prieur, il écrivit directement au Pape, lui exposant sa pensée, sa situation, et son désir de se retirer dans un vrai ermitage solitaire.

La réponse papale alla exactement dans le sens de la demande de Hans. En 1489, à trente-trois ans, ce dernier se retira sur le Mont Pilate où se trouvait un petit «ermitage» abandonné, ou plus exactement une sombre grotte entourée de ronces. L’endroit, qui se trouve non loin d’Obernau, s’appelait Herrgotteswald (la forêt de Dieu Seigneur), et Hans allait y passer vingt-sept années.

Il y vécut dans la stricte observance de la règle cartusienne, se nourrissant de légumes et de fruits, jamais de viande ; il y ajouta ses austérités, dormant sur la roche, la tête appuyée sur une pierre. Peut-être y mettait-il un peu de paille…

L’histoire nous dit qu’il ne sortit presque jamais de sa solitude, où d’ailleurs on put souvent l’observer dans une position extatique. Que voyait-il durant ces extases ? Dieu seul le sait. Le bruit se répandit de l’immense paix qui rayonnait de son visage.

La population alentour se mit à le vénérer comme un saint et construisit pour lui une petite chapelle (1504).

Quand Hans mourut, les gens affirmèrent avoir vu une lumière céleste descendre sur lui. Ce fut le 9 mai 1516.

On l’enterra dans la petite chapelle en question. Un siècle plus tard, en 1613, on rouvrit son tombeau, dont s’exala un très agréable parfum de fleurs.

Les chartreux vivent dans un grand silence et restent dans un quasi anonymat ; c’est peut-être là la raison pour laquelle le bienheureux Hans Wagner n’est pas inscrit au Martyrologe.

 

 

Thomas Pickering

1621-1679

 

Né en Westmorland (Angleterre nord-ouest) vers 1621, il entra chez les Bénédictins de Douai (qui se sont maintenant transférés à Downside, Somerset), et fit les vœux religieux comme Frère convers en 1660.

En 1665, il fut envoyé à Londres, comme économe des moines bénédictins de la chapelle de la reine Catherine de Braganza, l’épouse catholique du roi Charles II.

Quand le roi ordonna l’expulsion des moines bénédictins (1675), il y eut une exception pour ce Frère Thomas, sans doute parce qu’il n’était pas prêtre.

Lors du complot de Titus Oate, qui prétendait que les Catholiques conspiraient contre la vie du roi, Thomas fut personnellement accusé de faire partie de la conspiration. La reine, qui le connaissait bien, plaida pour lui. Mais les juges maintinrent l’accusation, et le condamnèrent à mort avec deux autres.

Le roi hésitait beaucoup : il connaissait l’innocence de Thomas, mais il craignait l’opinion publique qui réclamait l’exécution des «victimes» de Titus Oate. Deux fois de suite dans le même mois, l’exécution fut ordonnée, puis commuée. Finalement, le roi ordonna l’exécution des deux autres, mais «plus tard», espérant pour le moment préserver le sort de Thomas. Mais le 26 avril 1679, la Chambre des Communes réclama l’exécution de Thomas et le roi céda.

Thomas Pickering fut, selon la formule rituelle, hanged, drawn and quartered (pendu, éviscéré et écartelé) à Tyburn le 9 mai 1679, avec trois autres. Parmi ces derniers se serait trouvé le bienheureux George Gervase, qui cependant est commémoré le 11 avril.

Frère Thomas Pickering a été béatifié en 1929.

 

 

Giuse Đỗ Quang Hiền 

1769-1840

 

Né vers 1769 (1775 ?) à Quân Anh Ha (Nam Định, Vietnam), Giuse (Joseph) était un prêtre dominicain.

Dès l’enfance il s’était consacré à Dieu et fut aux côtés de l’évêque.

Entré dans l’Ordre dominicain, il fit la profession (ou fut ordonné prêtre) en 1812. Son zèle et sa piété furent remarqués par tous les fidèles. Il cherchait à gagner à la foi de nombreux païens.

Lors de la persécution, il sa cacha, non pour échapper à la mort, mais pour pouvoir rendre service aux fidèles le plus possible. Mais il était prêt à donner sa vie, si Dieu le voulait.

Il chercha à venir en aide à Mgr Henares, l’évêque de Nam Định, se cacha chez son frère, puis chez ses parents et en d’autres endroits.

Appelé auprès d’un moribond, il fut dénoncé comme voleur. Une troupe arriva de nuit pour encercler le village et fouiller partout. Le père Giuse prit le temps de célébrer et d’achever la messe. Le lendemain, les soldats découvrirent sa cachette et arrêtèrent tous ceux qui habitaient dans la maison,  y compris deux catéchistes et un jeune serviteur de la mission. C’était le 12 décembre 1839.

On les tortura horriblement dans le but de les faire apostasier, mais ils ne cédèrent pas. Le jeune serviteur, Dominique, souffrit beaucoup, mais ne fut pas exécuté.

Le père Giuse reçut de nombreux coups de fouet, qui le mirent en sang. Il souffrait mais ne disait rien, sauf le nom de Jésus. On le mit en prison, avec de lourdes chaînes, mais Giuse s’efforçait toujours d’apporter du réconfort aux autres prisonniers. Il prépara au baptême des païens. Il en rapprocha beaucoup des Sacrements. 

Après plusieurs jours de captivité, il fut emmené devant le gouverneur. On lui demanda où résidait l’évêque, mais Giuse persévéra dans la discrétion et la détermination : Je ne sais pas où est mon évêque. Je suis prêt à mourir pour remercier le Seigneur qui est mort pour moi. 

Il fut encore fouetté, invité à apostasier, mais à chaque fois Giusé répétait : Je préfère mourir. Après beaucoup d’interrogatoires et de tortures, refusant toujours de trahir Jésus-Christ, il déclara : Je suis vieux, je ne dois pas craindre la mort. Je veux mourir parce que Dieu est mort pour moi. Je refuse d’apostasier.

C’était l’hiver, il faisait froid. On versa de l’eau glacée sur ses plaies. Sentant sa mort prochaine, il voulait mourir devant la population, pour donner publiquement l’exemple, et demanda aux soldats de le reconduire dans la prison, sinon il serait bientôt mort.

Il resta ainsi en prison pendant quatre mois. La sentence du roi tomba le 29 avril ; Giuse devait être exécuté le 9 mai.

Trois jours avant l’exécution, Giuse répéta encore qu’il était heureux de mourir. Les soldats le battirent encore et encore, cherchant à le faire apostasier. Giuse avait une résistance d’acier.

Au moment du martyre, Giuse se mit encore à genoux pour prier. Son visage était rayonnant. Même les soldats admirent que ce prêtre était plus fort que Confucius.

Le père Giuse, qui était septuagénaire (ou presque), fut décapité le 9 mai 1840 (d’aucuns ont dit le 29 avril).

Giuse Đỗ Quang Hiền fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

 

 

Karolina Gerhardinger

1797-1879

 

Karolina est la fille unique d’un capitaine de marine, Willibald, et de Franziska, née le 20 juin 1797 à Stadtamhof (Ratisbonne, Allemagne).

C’est l’époque où le gouvernement de Bavière s’allie à Napoléon : l’école et le couvent des Chanoinesses augustines de Notre-Dame sont confisqués en 1809. Karolina n’en perd pas pour autant les références chrétiennes qu’elle y a reçues.

Quand la liberté religieuse est enfin retrouvée dans les années 1820, Karolina est institutrice dans des écoles de campagne : la tâche est immense ! Il faudrait fonder une œuvre nouvelle, pour l’éducation des fillettes pauvres et des orphelines.

L’évêque de Ratisbonne, Georg Michael Wittmann, la soutient dans cette fondation. Elle se consacrera en 1835 sous le nom de Maria-Teresa de Jésus (en hommage à sainte Thérèse d’Avila) et ouvre un premier couvent, modeste, avec deux, puis quatre compagnes à Neunburg vorn Wald (car le maire de Stadtamhof était hostile à la fondation). 

Plus tard, le roi de Bavière, Louis Ier, leur offrira l’ancien couvent de clarisses à Münich (1843). Elles prennent l’appellation de Pauvres Sœurs Enseignantes de Notre-Dame (Arme Schulschwestern von Unserer Lieben Frau).

A partir de 1847, beaucoup d’Allemands émigrent aux Etats-Unis (Pennsylvanie) : cinq religieuses de Notre-Dame s’y rendront également, et Maria-Teresa les y accompagnera. Elle sera appuyée par un prêtre rédemptoriste, Johannes Nepomuk Neumann, futur évêque de Philadelphia (et canonisé en 1977, fêté le 5 janvier) et ouvrira trois écoles, soutenue par les Pères rédemptoristes.

Il y eut quelques difficultés dans l’approbation des constitutions, car l’archevêque de Münich, selon la mentalité de l’époque, jugeait impossible de confier à une religieuse la direction d’une congrégation féminine. Karolina fut même “interdite” de 1852 à 1854. Elle accepta cette humiliation avec grande soumission, mais fut enfin reconnue comme supérieure à vie par le pape lui-même, Pie IX. Les constitutions de la nouvelle congrégation seront enfin approuvées en 1865. Les religieuses vivent selon la règle des chanoinesses augustines.

Les élèves de l’école reçoivent une formation chrétienne et apprennent un métier. 

Karolina - Maria-Teresa - meurt à Münich le 9 mai 1879, elle est béatifiée en 1985.

Aujourd’hui, les religieuses de Notre-Dame sont près de quatre mille, présentes dans les cinq continents.

Il y a près de Ratisbonne un mausolée érigé par le roi Louis Ier pour honorer des citoyens allemands particulièrement méritants. Depuis 1847, c’est le gouvernement de Bavière qui les choisit : la bienheureuse Maria-Teresa a été la première femme à en faire partie, en 1998.

Stefan Grelewski

1898-1941

 

Né le 3 juillet 1898 à Dwikozy (Sandomierz, Pologne), Stefan était le fils de Michał, un meunier, et Eufrozyny Jarzynów. Il reçut au baptême, le 24 juillet, les noms de Stefan Alexis. Il eut un petit frère, Kazimierz, lui aussi futur prêtre, et une sœur, Jadwiga.

Après l’école communale, il fréquenta le collège à Sandomierz. Il obtint le baccalauréat en 1916 et entra au séminaire de Sandomierz.

En 1919, il fut envoyé à Lublin pour étudier le droit canonique. et fut ordonné prêtre en 1921.

En 1920, il fut très actif à l’occasion du plébiscite de la Haute-Silésie.

En 1922 il fut envoyé à Strasbourg pour y achever ses études commencées à Lublin et fut reçu docteur en droit canon avec sa thèse : La réaction contre les ordalies en France depuis le 9e siècle jusqu’au décret de Gratien.

Ce prêtre studieux avait encore du temps «libre» : il le consacra à étudier la pastorale dans les milieux des émigrés polonais en France.

En 1925, revenu dans son pays, il y fut secrétaire général de l’Union des Travailleurs Chrétiens à Radom, y fonda un petit périodique bi-mensuel et participa à la Caisse d’Assurance Chômage.

En 1928, il fut nommé directeur des écoles élémentaires à Radom et, comme canoniste, il fut ensuite chargé de la rédaction du mensuel juridique Katolicka Prawda (La Vérité Catholique).

Thérèse de l’Enfant-Jésus venait d’être canonisée (1925), et le père Stefan en diffusa largement la dévotion parmi les jeunes, d’ailleurs sous l’influence de son frère, Kazimierz.

En 1932, il fut nommé directeur de l’école secondaire de garçons à Radom, en plus de son enseignement au collège.

Le père Stefan était un «écrivain» ; il voulait diffuser des informations sur le diocèse, et publia des articles dans un petit journal de Varsovie. En 1929, il publia des Annales du diocèse.

En 1935, il fut co-organisateur du premier congrès eucharistique de Radom.

Les années suivantes il publia des articles sur le protestantisme et les sectes en Pologne. Stefan se montrait journaliste habile et même polémiste, pour rétablir et défendre la Vérité. Le plume du père Stefan ne se reposait jamais.

En 1938, comme son frère Kazimierz, il participa au congrès eucharistique de Budapest, où il rencontra le légat du pape, Eugenio Pacelli, le futur Pie XII.

Dès le déclenchement de la guerre, il organisa des services de cuisine pour les pauvres, pour les déplacés de Poznan. Dès avril 1940, il dut se cacher, tout en demeurant très actif. Il fut nommé recteur de l’église de la Sainte-Trinité à Radom.

Il fut arrêté une première fois le 27 septembre 1940, mais assez vite libéré. Il se mit alors à s’occuper des prisonniers polonais, pour lesquels il organisa des collectes de nourriture et de vêtements.

Les Nazis organisèrent une nouvelle rafle dans le nuit du 24 au 25 janvier 1941, recherchant plusieurs centaines de personnes de l’intelligentsia locale. Stefan et Kazimierz furent arrêtés. Il y a d’ailleurs eu une confusion entre la date de cette arrestation et celle du martyre de Stefan (on trouve parfois en effet la date du 24 janvier pour la mort de Stefan).

Les deux frères furent d’abord transportés à Skarzysko, où la police les condamna à mort, sans aucun jugement.

Le 24 février, les prisonniers furent transportés en train à Auschwitz, où on leur annonça qu’on en choisirait un sur dix. Les cinq premiers choisis furent immédiatement exécutés, les autres envoyés en compagnie disciplinaire, dont ils savaient qu’ils ne pouvaient sortir vivants.

Quant aux deux frères Grelewski, ils furent transférés à Dachau le 4 mai 1941.

A Auschwitz, Stefan porta le numéro 10444, et le 25281 à Dachau.

Stefan ne résista pas longtemps à la faim et à l’épuisement. Placé à l’infirmerie du camp, il décéda le 9 mai 1941, dans les bras de son jeune frère Kazimierz.

Stefan Grelewski et son frère Kazimierz furent béatifiés en 1999.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

Né le 23 mars 1902 à Malnia (Olmet, Pologne), Józef était l’aîné des trois enfants de Adrian et Rozalia Buhl, modestes parents. Józef fut très tôt atteint par la tuberculose., qu’on pensait incurable. Il guérit cependant, de façon tout-à-fait inattendue.

Après l’école primaire, il passa en 1923 au séminaire des Oblats de Marie Immaculée à Krotoszyn ; il fit le noviciat à Markowice, le scolasticat à Liège (Belgique) et fut ordonné prêtre en 1927, avant même d’avoir terminé le séminaire. Il enseigna en même temps au juniorat de Lubliniec.

En 1931, il fut nommé supérieur du séminaire, puis maître des novices à Markowice en 1937. Il fut remarqué pour sa douceur et son humilité.

Lors de l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, faire partie de l’Eglise devenait illégal. Le 4 mai 1940, les novices de Markowice furent tous emmenés au camp de concentration de Dachau.

Quant au père Cebula, il put continuer à exercer le ministère en cachette jusqu’au 2 avril 1941, date à laquelle il fut découvert et arrêté.

Emmené au camp de concentration d’Inowrocław, puis de Mauthausen (Autriche), où il eut le numéro 70, il fut insulté, maltraité, battu jusqu’au sang, et reçut même l’ordre de se pendre. Puis il fut soumis à de très pénibles travaux : il devait porter sur ses épaules des pierres d’environ trente kilogrammes d’une carrière à un campement qui se trouvait à deux kilomètres. Il fallait en outre monter un escalier de cent-quarante-quatre marches, qu’on appelait l’escalier de la mort, sous les coups et les insultes des bourreaux. Józef ne put faire que deux trajets. 

Le vendredi 9 mai 1941, rassemblant ce qui lui restait de forces, il déclara : Ce n’est pas vous qui me gardez ; c’est Dieu qui vous jugera.

Les Nazis lui ordonnèrent de courir avec la pierre sur le dos, le long des barbelés du camp.  Il ne put faire que cinquante mètres, avant de s’écrouler. L’un des officiers lui envoya une rafale de mitraillette, et déclara que le père Cebula fut tué au moment où il cherchait à s’échapper. Une autre rafale l’acheva.

Son corps fut brûlé au crématorium du camp. Au moment de la crémation, des témoins auraient vu son bras se lever, comme en signe de bénédiction.

Józef Cebula fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

Le dies natalis du père Cebula est soit au 28 avril (Martyrologe et certaines sources), soit au 9 mai (entre autres site des OMI, et aussi Wikipedia en polonais). Il semble que cette dernière date soit plus «officielle».

 

 

Alexandru Rusu

1884-1963

 

Alexandru Rusu naquit le 22 novembre 1884 à Şăulia de Câmpie (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique, dont le chef de famille était lui-même prêtre, comme cela arrive dans cette partie orientale de l’Eglise. Des douze enfants de cette famille (onze garçons et une fille), deux devinrent prêtres.

Alexandru étudia à Bistrița, Târgu Mureş et Blaj. En 1903, il obtint son baccalauréat.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1910, après avoir obtenu le doctorat en Théologie.

Il fut d’abord nommé professeur de théologie dogmatique à Blaj, ainsi qu’au lycée Saint-Basile-le-Grand de Blaj.

De 1911 à 1918, il fut rédacteur de la revue Cultura Creştină (La Culture Chrétienne).

A la fin de la Guerre mondiale, de 1918 à 1920, il y eut un Conseil Dirigeant de la Transylvanie, provisoire, où Alexandru fut secrétaire général pour les cultes.

De 1922 à 1930, il dirigea le journal Unirea.

En 1923, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

De 1925 à 1930, il fut recteur de l’Académie théologique de Blaj.

Cette année-là, en octobre 1930, Alexandru fut nommé évêque du nouveau diocèse gréco-catholique de Maramureş et fut consacré en janvier 1931.

Cette même année, Alexandru Rusu fut élu sénateur au parlement roumain.

Le nouvel évêque se montra un excellent organisateur, un pasteur très zélé, un véritable apôtre. Il y avait tant à faire… En 1940, après le Deuxième arbitrage de Vienne, la quasi totalité du diocèse passa sous l’administration du régime hongrois, créant beaucoup de nouvelles difficultés à Mgr Rusu, en plus des conditions difficiles dues à la Deuxième Guerre mondiale.

En 1946 cependant, Mgr Rusu fut appelé à succéder au métropolite défunt Alexandru Nicolescu ; cette élection avait été longuement préparée par des pourparlers entre le clergé roumain, le Vatican et le gouvernement pro-soviétique. Mais le gouvernement roumain refusa cette élection, en raison de la fermeté de Mgr Rusu vis-à-vis du communisme. C’est pourquoi Mgr Rusu n’a jamais été reconnu officiellement par le gouvernement, qui a déclaré le siège métropolite «vacant» (il l’est resté jusqu’en 1990). Pour l’Eglise catholique cependant, Mgr Rusu restera métropolite de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie jusqu’à sa mort.

Mgr Rusu en était réduit à agir dans une grande discrétion, dans la clandestinité même, mais il était étroitement surveillé. Le 18 octobre 1948, on lui retira toutes ses fonctions officielles et, le 28 octobre suivant, il fut arrêté et incarcéré au Ministère de l’Intérieur, à Bucarest. Le 1er décembre, le culte gréco-catholique était interdit et l’Eglise était expropriée de tous ses biens, églises et presbytères.

Alors commença le pénible périple du Métropolite, qui passa de prison en prison pendant une quinzaine d’années. De Bucarest, on le transféra à la maison patriarcale de Dragoslavele pour passer ensuite, en février 1949, au monastère de Căldăruşani transformé en prison, puis en mai 1950 dans la prison de Sighetu Marmației, puis en 1955 à l’hôpital Gerota de Bucarest «pour redressement», puis au monastère de Curtea de Argeş, puis encore au monastère de Ciorogâria, où il fut en compagnie des autres évêques Iuliu Hossu et Ioan Balan (v. 28 mai et 4 août). Le Métropolite avait alors plus de soixante-dix ans et avait survécu à sept années de mauvais traitements.

Or, en 1956, les trois évêques prisonniers eurent l’idée d’adresser un mémoire au gouvernement roumain - et de le faire connaître à l’étranger -, signé par des milliers de fidèles, pour demander la restauration de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie. On célébra même en pleine rue une Divine Liturgie. Cette «provocation» fut durement réprimée par le gouvernement : on accusa Mgr Rusu d’en être l’instigateur et, le 13 août 1956, sous prétexte qu’il allait être reçu par le ministre des Cultes, il fut isolé au monastère Cocoşu de la Dobroudja, en attendant son procès. Mgr Rusu fut alors condamné, en 1957, à vingt-cinq années de travaux forcés pour instigation et crime de haute trahison. Il devait donc purger sa peine à quatre-vingt dix-sept ans ; dernier transfert du Métropolite : prison de Gherla, cellule 10 en sous-sol.

Mgr Rusu resta encore six années dans cette geôle. Au printemps 1963, il eut une maladie des reins. Le 9 mai 1963, son heure arrivait. Il bénit ses compagnons de cellule et leur dit ses ultimes paroles : Mes frères, maintenant je vais auprès de Dieu, afin que je reçoive ma récompense pour la vie que j’ai reçue de Lui, pour l’Eglise et pour les Roumains (traduction imparfaite). Mgr Rusu avait soixante dix-huit ans.

La dépouille du Prélat fut jetée dans le cimetière des détenus politiques, tombe 133, où les tracteurs retournèrent plus tard le terrain, sur ordre de la Police secrète.

Alexandru Rusu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

Carmen Elena Rendiles Martínez

1903-1977

 

Carmen naquit le 11 août 1903 à Caracas (Venezuela), au sein d’une famille nombreuse et profondément chrétienne. Les parents, Ramiro Antonio et Ana Antonia eurent sept enfants, dont Carmen était la troisième.

Elle reçut le baptême en septembre 1903, et la Confirmation en 1905 ; elle reçut la Première communion en 1911.

A cela s’ajoute ce trait important, tout-à-fait imprévu, que Carmen naquit sans le bras droit, une anomalie à laquelle il fallut remédier par une prothèse que Carmen porta toute sa vie.

Sa vocation religieuse s’épanouit dès l’âge de quinze ans. Ayant rencontré la Supérieure des Servantes de Jésus, en voyage au Venezuela, elle demanda à être admise. La paternité de cette congrégation remonte au bienheureux polonais Honorat de Biala (v. au 16 décembre, Florentyn Wacław Koźmiński).

Cette congrégation étant présente en France, Carmen fut envoyée dans la maison de Toulouse pour y recevoir sa formation ; elle reçut l’habit en 1927. Désormais elle s’appellera en religion María Carmen. Elle fit la première profession en 1929, la solennelle en 1932.

Revenue au Venezuela, elle deviendra maîtresse des novices ; en 1944, elle sera nommée Supérieure de la maison de Caracas. Sous son impulsion, les Servantes de Jésus se développèrent beaucoup dans le pays, au point qu’elles se constituèrent finalement en congrégation autonome : les Servantes de Jésus du Venezuela.

Carmen en fut nommée Supérieure, plusieurs fois réélue, de 1969 à 1977.

Très active, Carmen voyageait dans toutes les communautés, pour encourager les Religieuses. Elle-même donnait l’exemple en participant à toutes les tâches, sans jamais considérer son handicap comme une excuse pour moins travailler. A ce labeur quotidien, Carmen ajouta celui de l’enseignement du catéchisme aux enfants de Caracas.

Cette Religieuse infatigable laissait à sa mort une vingtaine de maisons et une centaine de Religieuses, au Venezuela et en Colombie.

Elle s’éteignit, vaincue par la grippe, le 9 mai 1977.

María Carmen Rendiles Martínez a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 9 mai au Martyrologe.

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 23:00

08 MAI

 

IV.

S Victor le Maure, soldat martyr à Milan.

S Acakios, centurion, martyr à Constantinople, patron de Squillace.

S Helladius, évêque à Auxerre.

V.

Apparition de s. Michel Archange au Mont Gargan (492).

S Jean, évêque à Chalon-sur-Saône.

S Arsenius, ermite égyptien à Scété : ses larmes lui brûlèrent les cils.

VI.

S Gibrian, prêtre irlandais venu près de Châlons-en-Champagne avec tous ses frères et sœurs : Tressan, Helan, German, Veran, Abran, Petran, Francia, Portia et Promptia.

S Désiré, gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert, évêque à Bourges.

S Martin, prêtre et abbé près de Saintes.

VII.

S Boniface IV, pape (607-615), qui fit la dédicace du Panthéon à Rome.

Ste Iduberge (Itta), fondatrice de l’abbaye bénédictine de Nivelle, où elle se retira sous la direction de l’abbesse Gertrude, sa fille.

S Benoît II, pape (683-685) ; il dut attendre un an la confirmation de Constantinople pour gouverner l’Eglise ; l’empereur Constantin IV supprima justement cette obligation : il connaissait bien Benoît, au point de lui donner ses deux fils à adopter ; ce pape avait particulièrement cultivé le chant, apprentissage, selon lui, de ce que font les saints au ciel.

S Godon, évêque à Metz. 

?

S Metro, à Vérone ; il s’enchaîna plusieurs années à un rocher pour faire pénitence d’un inceste inconscient qu’il avait commis, puis fut absout et ordonné prêtre.

VIII.

Ss Indract et Dominica, irlandais venus à Skapwith, massacrés par des brigands.

S Wiron, évêque régionnaire en Ecosse, retiré dans le Limbourg, patron de Roermond.

XI

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyr : il osait reprocher ses graves immoralités au roi, qui alla le frapper dans l’église où il célébrait ; fêté le 11 avril.

B Frédéric, moine à Einsiedeln, abbé à Hirschau, déposé sur une atroce calomnie de trois de ses moines.

XII.

B Seher, fondateur et abbé à Chaumouzey.

S Pierre, cistercien à Bonnevaux, fondateur de Tamié, évêque à Tarentaise ; il mourut à Bellevaux ; il fut presque le seul de l'Empire à soutenir le pape légitime ; le Martyrologe Romain le commémore le 14 septembre.

XIII.

B Amato Ronconi, à Saludecio ; du tiers-ordre franciscain, il accepta d’être pris pour un fou, par amour de Jésus-Christ ; il fonda un hospice ; canonisé en 2014.

XV.

B Angelo de Massacio, camaldule et martyr, zélé défenseur de l’observance dominicale.

B Luigi Rabatà, carme en Sicile.

XVII.

Bse Catherine Symon de Longprey (Marie-Catherine de Saint-Augustin), religieuse normande des Hospitalières de la Miséricorde, active au Canada, béatifiée en 1989.

XIX.

Clara Fey, fondatrice allemande de la Congrégation du Pauvre Enfant Jésus, en faveur des orphelins ; béatifiée en 2018.

XX.

Bse Franziska Ulrika Nisch (1882-1913), des Sœurs de la Charité de la Sainte Croix à Baden-Baden, cuisinière et mystique, béatifiée en 1987.

Bse Teresa Demjanovič (Miriam Teresa, 1901-1927), américaine des Sœurs Elisabétaines de la Charité, mystique, béatifiée en 2014.

B Jan Eugeniusz (Antonin) Bajewski (1915-1941), franciscain d’origine lituanienne mort à Auschwitz, martyr polonais béatifié en 1999.

Bx Henri Vergès, frère mariste, et Paul-Hélène Saint-Raymond, assomptionniste (*1930, 1927), français assassinés en Algérie en 1994 et béatifiés en 2018.

Victor le Maure

† 303

 

Originaire de Maurétanie (act. Maroc), Victor fut pour cela surnommé le Maure.

Il avait été éduqué dans la foi chrétienne dès l’enfance.

Soldat à Milan, il fut invité à offrir le sacrifice aux idoles, ce qu’il refusa de faire.

Il fut battu, eut tout le corps brûlé par du plomb fondu, et fut décapité.

A son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

C’est l’un des principaux Patrons de l’Eglise de Milan.

Saint Victor le Maure est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios centurion

† 303

 

Originaire de Cappadoce (act. Turquie C), Akakios fut centurion de la cohorte impériale des Martésiens.

Mais il était aussi chrétien.

Dénoncé, et arrêté, il confessa courageusement sa foi devant le tribun Firmus.

On l’envoya en Thrace, où il souffrit une première série de tortures, puis, chargé de chaînes, il fut conduit à Byzance : peut-être y fut-il suspendu à un noyer, selon une tradition locale. Enfin, il fut décapité.

Ce fut en 303. 

Akakios est l’unique Martyr de Byzance que mentionne le Martyrologe pour les périodes des persécutions romaines.

Les reliques de s.Akakios ont été transportées à Squillace (Calabre, Italie S), dont il est le Patron principal.

Saint Akakios le centurion est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Helladius d’Auxerre

† 385

 

Nous avons déjà rencontré s.Helladius (ou Elladius) à propos d’Amator (v. 1er mai).

Il fut le quatrième évêque d’Auxerre, en 361.

C’est lui qui reçut Amator dans le clergé et lui conféra le diaconat et le sacerdoce.

On dit que, par son exemple et sa parole, il amena beaucoup de gens à la conversion.

Il s’éteignit en 385, après vingt-quatre années d’épiscopat.

Saint Helladius d’Auxerre est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arsenius de Scété

† 411

 

Arsenius était d’une famille romaine sénatoriale.

Il exerça de hautes charges dans le palais impérial.

Certaines versions affirment qu’il fut ordonné diacre à Rome, et que le pape lui-même l’aurait indiqué à l’empereur Théodose pour être le précepteur de ses deux fils, Arcadius et Honorius. Mais comme Arcadius était insupportable, mais aussi après la prise de Rome par Alaric (410), Arsenius laissa la Ville éternelle pour se retirer dans la solitude du désert de Scété (Egypte).

Il y reçut la visite du patriarche Théophile, lequel dit, au moment de mourir (412 ou 413) : Heureux Arsenius, qui avait toujours en tête cette heure suprême !, ce qui laisse entendre qu’Arsenius était mort à cette date.

Un contemporain décrivit ainsi Arsenius : tout blanc, grand, voûté, d’allure encore distinguée, une barbe jusqu’à la ceinture. Les pleurs avaient usé ses cils. En effet, en travaillant, Arsenius avait toujours sous la main un linge pour essuyer ses larmes.

Arsenius dormait très peu : il s’assoupissait, sans se coucher. Le samedi soir, il tournait le dos au soleil couchant et levait ses mains vers le ciel ; il cessait quand le soleil levant l’éblouissait. 

Il mourut donc entre 410 et 412.

 

Saint Arsenius de Scété est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Martinus de Saintes

† 5e siècle

 

Martinus est un personnage attesté historiquement, puisque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) en fait un long éloge dans son  livre A la Gloire des Confesseurs. 

Mais Grégoire ne sait lui-même pas grand-chose sur ce Martinus.

Par ouï-dire, il le dit disciple de s.Martin de Tours (v. 11 novembre), constructeur d’un monastère à Saujon (Saintes) et thaumaturge.

Le disciple de Martin de Tours serait donc du 4e siècle, et aurait pu mourir au 5e, mais des historiens sévères accueillent avec un certain doute cette affirmation.

Grégoire cite un certain nombre de miracles opérés dès le vivant de Martinus : un malade aux mains paralysées fut guéri, un estropié eut les genoux remis en place…

L’évêque de Saintes s.Palais (v. 7 octobre) mit à l’honneur Martinus, qu’on avait déjà tout-à-fait oublié au 6e siècle. On n’a rien retrouvé non plus de ce monastère de Saujon.

Saint Martinus de Saintes est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gibrian de Châlons-en-Champagne

† 515

 

Il y avait en Irlande une belle fratrie de sept frères et trois sœurs qui s’appelaient Gibrian, Helan, Tressan, German, Veran, Abran, Petran, Francla, Portia et Promptia.

Tous les dix voulurent trouver en Gaule un endroit idoine pour la méditation, la prière, la louange divine, et s’arrêtèrent dans un premier temps en Bretagne.

En 508, ils préférèrent se déplacer davantage vers l’intérieur et arrivèrent dans le diocèse de Reims. A partir de ce moment-là, on ne sait plus rien des frères et sœurs de Gibrian.

Gibrian, donc, qui d’après le Martyrologe était prêtre, se choisit un lieu de retraite non loin de Châlons-en-Champagne, probablement l’actuelle commune de Saint-Gibrien.

En 509 d’après certains, 515 d’après le Martyrologe, Gibrian mourut et fut enterré dans une petite chapelle de l’endroit.

Au 9e siècle, ladite chapelle fut détruite par les Vikings envahisseurs, qui cependant respectèrent le tombeau de Gibrian ; au 12e siècle, les reliques de Gibrian furent transférées à Reims : entre le jour de la translation (16 avril) et le 24 août suivant, on recensa cent-deux miracles. Les précieuses reliques disparurent à la Révolution.

Saint Gibrian de Châlons-en-Champagne est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Désiré de Bourges

† 550

 

Désiré naquit en 512 à Sancy (Soissons, Aisne), quatrième enfant d’Auginus et Agia, des parents très généreux pour les pauvres ; les premiers enfants furent Agia, Didier (moine, martyr des ariens), Deodatus (trésorier de Clotaire, assassiné par des envieux).

Il devint gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert. Profitant de cette fonction, il fit construire des églises et des monastères. Il s’attaqua aussi à la simonie.

En 538, il fut nommé vingt-troisième évêque de Bourges, succédant à s.Arcadius.

Désiré fit un voyage à Rome, et en rapporta des reliques pour son diocèse.

Il fut célèbre pour ses miracles.

Le 28 octobre 549, il participa au cinquième concile d’Orléans, convoqué par Childebert Ier : on y renouvela la condamnation de Nestorius et d’Eutychès (déja condamnés en 431 et 449) ; on y interdit aux clercs de recevoir chez eux des femmes étrangères et, s’ils sont déjà mariés, de vivre dans la continence ; on rappelle l’interdiction de la simonie ; parmi d’autres canons concernant la discipline ecclésiastique, on prescrit à l’archidiacre de visiter chaque dimanche les prisonniers, aux évêques d’avoir un soin paternel pour les lépreux ; on confirme la fondation d’un hôpital à Lyon.

Successivement, au deuxième concile d’Auvergne, furent confirmés les canons précédents.

C’est peu après ce concile que Désiré, comme il l’avait annoncé, fut pris de fièvres et mourut le 8 mai 550.

Saint Désiré de Bourges est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boniface IV

617-615

 

Fils du médecin Johannes, né dans les Abruzzes (Italie centrale), il était moine à Rome. Du temps de Grégoire Ier  il était diacre dispensator, c’est-à-dire responsable de l’administration du patrimoine.

Succédant à Boniface III après plus de dix mois de vacance du siège apostolique, il est le soixantième pape.

Comme l’empereur Phocas montrait de bonnes dispositions envers le pontife romain, Boniface lui demanda de confirmer officiellement la primauté du siège romain sur celui de Constantinople.

Le même empereur céda au pape le temple romain du Panthéon, qui était encore debout malgré les démolitions des temples païens, et le pape le consacra au culte en l’honneur de la Vierge Marie et de tous les Saints sous le titre de Sancta Maria Rotunda : premier exemple dans l’histoire de l’Eglise d’un temple devenu église. C’est à cette occasion que fut composée la messe Terribilis de la Dédicace.

En 610 il y eut un concile à Rome où il fut traité de “la vie et le repos des moines”. L’évêque anglais Mellitus fit qu’on parla de l’ordination des moines “s’ils avaient les qualités requises” et qu’ils pouvaient exercer le “ministère de lier et de délier”. Les usages celtes y furent abolis.

On ne connaît pas la réponse ni la réaction de Boniface IV aux vives admonestations que se permit de lui écrire saint Colomban (malgré toute la déférence de celui-ci pour le Saint-Siège).

Il y eut à cette époque des inondations à Rome, une période de famine et d’épidémie de peste.

Boniface IV mourut le 25 mars pour les uns, le 8 mai 615 pour les autres, et c’est cette dernière date qui est retenue au Martyrologe Romain. Son pontificat aurait duré cinq ans, huit mois et douze jours.

Il eut pour successeur Deusdedit (Adeodatus) Ier.

 

 

Benoît II

683-685

 

Benedictus était romain de naissance, et attaché à l’Eglise dès l’enfance, appliqué à l’étude de l’Ecriture et du chant ecclésiastique, qu’il considérait comme l’apprentissage de ce que font les saints au paradis.

Élu au siège apostolique en 683, il succédait à saint Léon II comme quatre-vingt-unième pape, connu pour sa piété, son humilité, sa douceur, sa patience, son amour des pauvres.

Un “incident” marqua son élection, car à cette époque on devait attendre la confirmation de l’élection par l’empereur avant d’introniser le nouveau pape. Cette attente dura près d’un an dans le cas de Benoît II. C’est d’ailleurs ce dernier qui, d’entente avec l’empereur Constantin Pogonat, décida qu’il ne serait plus nécessaire d’attendre cette confirmation.

L’empereur était justement bien disposé envers le pape : il lui fit adopter ses deux fils, Iustinianus et Heraclius.

Benoît II s’employa à faire recevoir partout les décrets du concile de Constantinople contre le monothélisme. Entre autres, il demanda à l’épiscopat espagnol de s’exprimer plus clairement à ce sujet.

Le pape chercha à ramener le patriarche d’Antioche, Makarios, à la sainte union, car il avait été déposé un moment pour hérésie. Il se montra favorable à la cause de l’archevêque d’York, saint Wilfrid, pour le faire réintégrer sur son siège.

Le pontificat de Benoît II fut très bref, mais intense en œuvres diverses : réparation d’édifices, souci des pauvres, conversion des hérétiques.

Benoît II mourut le 8 mai 685, et eut pour successeur Jean V.

 

 

Wiro d’Ecosse

† 710

 

Wiro était né en Ecosse, où son mérite l’avait fait nommer évêque, mais son humilité ne put se résoudre à accepter cette charge.

Il alla trouver le pape, avec deux compagnons, nommés Plechelm et Otger, pour lui expliquer les raisons de son refus, mais le pape jugea que Wiron était d’autant plus digne de l’épiscopat, qu’il le craignait davantage, aussi l’ordonna-t-il évêque, ainsi d’ailleurs que Plechelm, et les renvoya tous deux en Ecosse, pour y collaborer avec les autres évêques dont les diocèses étaient assez vastes.

Wiro réussit, ainsi que Plechelm, à se démettre de ses fonctions en Ecosse et gagna la région du Limbourg, plus précisément à Roermond : non loin se trouvait un Mont Saint-Pierre, qui fut plus tard appelé Mont Sainte-Odile (à distinguer du site de même nom en Alsace). 

Il a été avancé qu’avant de s’installer là, Wiro et Plechelm collaborèrent en Germanie avec s.Boniface (v. 5 juin), lequel aurait nommé Wiro évêque d’Utrecht. Mais Wiro était déjà mort quand Boniface entreprit sa grande œuvre évangélisatrice. La réalité est que des reliques de Wiro furent transportées à Utrecht au 9e siècle.

C’est Pépin d’Héristal qui fit don à Wiro du Mont Saint-Pierre. Il choisit Wiro comme directeur de conscience et venait souvent le visiter, parfois pieds-nus, déposant ses insignes royaux et se mettant parmi les pénitents. Après la mort de Wiro, Pépin alla trouver Plechelm, qui se trouvait dans la même région.

Wiro mourut vers 710, peut-être déjà vers 700.

Saint Wiro d’Ecosse est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Metro de Vérone

† 8e siècle

 

La période où vécut Metro est très approximative ; si son existence est parfaitement attestée, on n’en peut préciser la naissance ni la mort.

Metro, qui pourrait bien être d’origine grecque, eut le malheur de commettre involontairement un inceste. Quand il comprit son crime, il s’enchaîna lui-même à un rocher, s’imposant là de sévères mortifications en pénitence de son péché.

Ayant longuement expié, il reçut l’absolution et fut ordonné prêtre.

Après sa mort, il fut honoré comme saint.

Saint Metro de Vérone est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Pierre de Tarentaise

1102-1174

 

Pierre naquit vers 1102 près de Vienne en Dauphiné, de parents humbles, pauvres en ressources matérielles, mais riches de vertus chrétiennes : la maison était un véritable hospice pour les étrangers et les pauvres, les religieux de passage, dont les récits et les exhortations étaient une excellente instruction pour les enfants.

Tout en gardant les troupeaux, Pierre cherchait à s’instruire. On remarqua sa mémoire prodigieuse quand il récita le psautier. Il transcrivit et apprit par-cœur le commentaire de saint Augustin sur les psaumes.

A vingt ans, il entra à la nouvelle abbaye cistercienne de Bonnevaux.

Dix ans plus tard, estimé pour ses dons et ses qualités, il fut chargé de fonder l’abbaye de Tamié. Dans ce lieu perdu, les moines vivaient tout juste de pain et eau, avec des herbes mal apprêtées ; mais ils recevaient les voyageurs, les pèlerins, les pauvres, leur procurant toute l’aide possible ; le comte de Savoie (Amédée III) fut un de ces hôtes ; Pierre les servait personnellement.

Les miracles commencèrent : Pierre multipliait le pain pour la communauté.

En 1138 (ou 1142 ?), Pierre dut, par obéissance à saint Bernard de Clairvaux, accepter l’évêché de Tarentaise. Il s’employa à remonter le niveau du clergé, installa des chanoines réguliers de Saint-Augustin à la cathédrale, visita et dota les églises de matériel liturgique, fonda des hospices pour les pauvres et les pèlerins. Dans ses déplacements, il restait humblement vêtu en religieux ; il se mortifiait, jeûnait, priait longuement.

Chaque année, au printemps, il organisait une distribution générale de soupe et de pain. Ce pain de mai dura jusqu’à la Révolution.

Sa bonté était désormais légendaire, on se pressait pour l’accoster ; il reçut ainsi trois étrangers qui venaient le remercier (!) de les avoir délivrés : ils expliquèrent que, prisonniers, ils s’étaient convertis à la lecture des vertus et des miracles de Pierre, et l’avaient invoqué ; Pierre leur était apparu, leur avait rompu les chaînes et les avait faits passer à travers les gardes.

Pierre décida d’échapper à cette notoriété et disparut : on le retrouva quand même au fond d’un couvent d’Allemagne, d’où on le tira pour combattre le schisme de Victor III, nommé par Frédéric Barberousse. Pierre fut presque le seul sujet de l’empire à se déclarer ouvertement pour le pape légitime, suivi par tout l’ordre cistercien. C’est pourquoi le pape Alexandre III l’invita à Rome : tout au long de son voyage, Pierre fut acclamé ; il guérit l’évêque de Bologne.

En 1170, le pape le chargea d’une mission de réconciliation entre les rois de France et d’Angleterre ; là encore, les miracles se multiplièrent sur son passage. Il ne cessait de consacrer des autels, de guérir des malades.

Arrivé à proximité de Bellevaux (Haute-Saône), la fatigue et la fièvre l’obligèrent à s’asseoir sur le bord de la route ; on vint l’aider à gagner l’abbaye, où il mourut le 8 mai 1174.

Les nombreux miracles de Pierre de Tarentaise continuèrent après sa mort, et il fut canonisé en 1191.

Pour une raison à présent inconnue, le Martyrologe mentionne saint Pierre de Tarentaise au 14 septembre.

 

 

La magnifique abbaye de Bonnevaux, qui reçut Pierre au début de sa vie religieuse, fut vendue vers 1830 comme carrière de pierres. Celle de Bellevaux, où il mourut, déclina beaucoup, se reprit, fut vendue en 1791, rachetée, restaurée, abandonnée ; c’est maintenant une demeure privée, classée aux monuments historiques. Les reliques de s. Pierre de Tarentaise devraient se trouver actuellement en la proche église de Cirey.

 

 

Amato Ronconi

1225-1292

 

Amato (Aimé) naquit vers 1225 à Monte Orciaro (San Lauditius - auj. Saludecio -, Rimini, côte Adriatique, Italie centrale), de parents assez aisés, Felice et Santa, qui eurent quatre enfants : Girolamo, Giacomo, Amato et Clara.

Il fut tôt orphelin de ses parents et fut pris en charge par son frère aîné, Girolamo et son épouse.

Il fréquenta le couvent franciscain de Formosino et devint membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il s’imposait une vie dure, avec flagellations, se nourrissant de quelques légumes. Il fit le pèlerinage à saint Gaudenzio de Rimini et à saint Marino au Mont Titano. Il fit quatre fois le pèlerinage à Compostelle. Sur son chemin, il aurait accompli des miracles, et en particulier à Compostelle même, celui de ressusciter un mort.

Sa belle-sœur lui proposa de se marier avec sa sœur, mais sur son refus, elle le prit en grippe et alla jusqu’à l’accuser d’inceste avec sa sœur Clara. Amato redoubla ses flagellations. Une tradition orale rapporte que Dieu prouva l’innocence d’Amato par des miracles.

Il se retira avec sa sœur Clara dans une maison sur le Monte Orciaro, sa part d’héritage. Cette maison devint bientôt un hospice, dédicacé à Notre-Dame, pour offrir un lit aux pauvres et aux pèlerins. Pour subvenir aux dépenses nécessaires, Amato vendit tout ce qu’il avait.

Un jour qu’il n’y avait vraiment plus rien à donner à manger aux pèlerins de passage, Amato dit à sa sœur d’aller prendre au potager ce qu’elle y trouverait : elle revint avec d’énormes raves, tout juste semées le matin.

Au cours de son cinquième pèlerinage à Compostelle, un ange l’avertit de vite revenir à la maison, car le cours de sa vie allait se terminer.

Le testament écrit d’Amato date du 10 janvier 1292, la seule date précise reçue pour cet humble frère de saint François d’Assise. Par ce testament, Amato remettait son hospice aux Bénédictins de Rimini.

Amato mourut, croit-on, le 8 mai 1292, et fut presqu’aussitôt considéré «bienheureux». De son corps qui ne subissait pas de corruption, sortait un parfum céleste. Qui le touchait, guérissait.

En 1330, on dut transférer en hâte le corps d’Amato, à cause d’un incendie. A la fin de la cérémonie, les bœufs ne voulaient plus repartir ; le bouvier exaspéré planta à terre son aiguillon, qui donna naissance à un orme, appelé depuis l’Orme du Bienheureux Amato.

Lors du bombardement de 1944, l’église fut quasi détruite, mais l’urne de verre qui contient le corps du Bienheureux, ne subit aucun dommage.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1776.

Le martyrologe romain le commémore au 8 mai. 

Amato fut canonisé en 2014.

 

 

Angelo Urbani de Massaccio

† 1458

 

Angelo était né dans la deuxième moitié du 14e siècle, à Massaccio (auj. Cupramontana, Ancône, Italie), dans la famille des Urbani.

Entré dans l’Ordre des Camaldules, il fut prieur à Santa Maria della Serra.

Saint Giacomo de la Marche (v. 28 novembre : Domenico Gangale) a mentionné le martyre que subit Angelo, par les mains de la secte des berlotani : de passage dans la campagne un dimanche, Angelo aperçut ces gens en train de travailler dans les bois et leur reprocha de ne pas respecter le repos dominical : pour toute réponse, ils vinrent le frapper avec leurs haches.

On a calculé que ce pouvait être le 8 mai 1458.

Des miracles ont tout de suite attesté la sainteté d’Angelo, dont le culte s’établit dès le 15e siècle. Deux siècles plus tard, Angelo était proclamé céleste patron de Massaccio.

Le culte fut confirmé en 1842 ; Angelo est donc Bienheureux.

Le Martyrologe le mentionne au 8 mai.

 

 

Luigi Rabatà

1443-1490

 

Luigi Rabatà était né à Erice (Trapani, Sicile) vers 1443.

Entré au Carmel de Trapani, il y fit les études et reçut le sacerdoce.

Par la suite il fut nommé prieur à Randazzo, où il resta jusqu’à la fin de sa vie.

En 1489, il eut l’occasion de reprocher à un habitant sa conduite désordonnée et ce dernier,  vexé, lui tira une flèche dans le front. Luigi pardonna et ne voulut jamais révéler le nom de son agresseur ; mais la plaie s’infecta et Luigi mourut de gangrène le 8 mai 1490, date à laquelle le mentionne le Martyrologe.

 

Catherine Symon de Longprey

1632-1668

 

Née le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), Catherine était la fille de Jacques Simon et de Françoise Jourdan de Launay. Elle avait plusieurs frères et sœurs.

Une sainte âme de la famille aurait prédit dès sa conception qu’elle serait une grande servante de Dieu. Elevée par ses grands-parents maternels, elle en reçut de sages leçons de piété et d’amour du prochain. Elle montra effectivement très tôt des signes manifestes d’une grande âme de prédilection, cherchant toute petite déjà à faire la volonté de Dieu.

Il semble qu’elle ait eut une certaine «familiarité» avec Notre-Dame et l’Enfant-Jésus, à qui elle parlait à tous moments. 

A cinq ans, elle commença de souffrir de maux de tête, avec une forte infection des oreilles, et les médecins n’y purent rien faire, jusqu’à ce qu’un mystérieux personnage vînt se présenter, qui lui administra un remède très efficace avant de disparaître. Elle ne sut jamais qui était ce Saint mystérieux, qui se présentait comme venant de Paris et d’Italie.

Elle fit la première Communion en 1640, le 1er novembre. Elle-même écrit qu’elle perdit sa première ferveur, et qu’un songe lui fit comprendre le danger où elle était, et la vocation religieuse qui l’attendait. 

En attendant elle se prépara avec grand soin, se confessant deux fois la semaine, cherchant à être fidèle dans les petites choses quotidiennes. Elle rencontrait souvent des pères Jésuites, dont les missions dans le Cotentin produisirent d’excellents résultats parmi toute la population.

Elle reçut l’influence bienfaisante d’un grand Saint : Jean Eudes (voir au 19 août). A dix ans, elle se consacra à la Sainte Vierge, selon un acte qu’elle signa de son sang. On a à juste titre supposé qu’elle avait eu une céleste inspiration pour rédiger cet acte. L’acte est du 8 septembre 1642, jour où elle s’inscrivit dans la Confrérie du Rosaire et dans celle de la Rédemption des Captifs.

L’année suivante, le 19 mars, elle entra dans l’Association de la Sainte Famille, pour obtenir la grâce de bien mourir. Le 25 mars, elle prit le petit habit de Notre-Dame, et se trouva guérie d’une mystérieuse fièvre qui la tenait depuis trois années.

Vers ses douze ans, elle eut l’inspiration du Saint Esprit de faire trois vœux : prendre Marie pour sa mère ; éviter le péché mortel ; vivre dans la chasteté.

A douze ans, après quelques hésitations et quelques combats pour renoncer vraiment au monde, elle fut accueillie (avec sa sœur aînée) parmi les Sœurs Hospitalières de Bayeux, tout récemment établies. 

Tout de suite, on apprécia sa disponibilité et sa gentillesse à toute épreuve. Elle apprit vite le chant ; elle participa efficacement à la sacristie, à la cuisine, au réfectoire, à l’hôpital. Elle communiait chaque jour.

Elle reçut l’habit religieux à quatorze ans (1646) ; ce 24 octobre, sa sœur aînée fit profession, et sa grand-mère entra au monastère. Alors commença le noviciat de Catherine, qui prit le nom de Marie-Catherine de Saint-Augustin.

En mars de 1648, elle refit une consécration totale de tout son être et de toute sa vie à Notre-Dame ; un véritable acte juridique, daté, signé, circonstancié, où Marie-Catherine dit bien qu’elle a «15 an passé».

Bien vite, elle s’offre pour la mission du Canada, voulant vivre et mourir en ce pays si Dieu lui en ouvre la porte. On ne pensait pas d’abord à elle, qui était si jeune et encore novice, mais comme sa sœur aînée, qui devait partir, changea d’avis, Marie-Catherine se trouva en bonne position pour être acceptée. Là, c’est son père qui essaya tous les moyens pour l’en empêcher, mais c’est la jeune novice qui gagna.

Il se passa ceci : Monsieur de Longprey était fort affligé du départ de sa chère fille et demanda à lire la relation du martyre d’Isaac Jogues, qui avait été mis à mort par des Iroquois l’année précédente. Puis il sombra dans un profond sommeil, dont il se réveilla tout changé, très disposé à faire le sacrifice de sa fille ; et son épouse eut le même «songe» de son côté.

Puis le chapitre exposa à nouveau des raisons opposées à ce voyage, pour finalement consentir à laisser partir cette jeune novice.

Elle put faire les vœux simples, quoique n’ayant pas encore les seize ans requis pour la première profession. Un des vicaires généraux du diocèse put se rendre compte personnellement de l’étonnante fermeté de la décision de cette jeune fille adolescente. L’ancien évêque de Bayeux était fort ému d’avoir une telle Sainte dans son diocèse et baisait les lettres qu’il en recevait.

Le départ fut émouvant, d’autant plus que Catherine était unanimement estimée, dans sa famille naturelle et dans sa famille religieuse. La douleur était grande de se quitter, mais l’amour que Catherine portait pour les «Sauvages» l’emportait de beaucoup.

Ainsi, en 1648, cette novice de seize ans est parmi les premières apôtres du Canada.

Durant la traversée, il y eut une épidémie de peste avec des morts ; Catherine fut à toute extrémité, mais la Vierge Marie vint l’assister et la guérir.

Arrivée à Québec, elle se mit vaillamment à l’œuvre, apprit les langues indiennes, fit l’infirmière, l’économe, l’hospitalière, la maîtresse des novices : elle avait de remarquables qualités d’organisation et de responsabilité.

Marie-Catherine avait coutume de prier pour les âmes des Défunts. Or non loin du monastère mourut une pauvre femme prostituée, abandonnée de tous. Elle apparut à Marie-Catherine quatre années après sa mort, lui demandant des prières. Peu après, cette âme était sauvée.

Pendant tout le temps de sa présence au Canada, Marie-Catherine ne cessa d’être affligée de douleurs diverses et continues, mystérieuses et insensibles à tous les remèdes, de sorte qu’on put dire d’elle qu’elle était réellement clouée sur la croix. On lui proposa de revenir en France, ce qu’elle refusa catégoriquement.

Pendant toute cette période, ce ne fut que crainte et terreur à cause de la fureur des Iroquois,  qui s’en prirent continuellement aux Hurons, mais aussi aux populations établies dans cette région du Canada. Leurs nombreuses victimes furent torturées et horriblement mises à mort.

Souvent, les Religieuses devaient quitter le couvent le soir, pour aller se réfugier ailleurs, ne laissant dans le couvent que deux ou trois d’entre elles pour rester près du Saint-Sacrement, et presque toujours ce fut Marie-Catherine qui était «de garde», ce qu’elle appréciait beaucoup, pouvant ainsi rester longtemps auprès de l’Eucharistie.

Par cette offrande qu’elle avait faite de soi-même, Marie-Catherine est considérée comme la co-fondatrice de l’Eglise en Canada.

Elle s’éteignit le 8 mai 1668, à Québec : elle avait trente-six ans.

Marie Thérèse de Saint-Augustin a été béatifiée en 1989.

 

Clara Fey

1815-1894

 

Clara naquit à Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne) le 11 avril 1815, quatrième des cinq enfants des époux Ludwig et Katharina. On connaît le nom d’un de ses frères, Andreas, qui sera prêtre.

Ludwig, un riche industriel du textile, mourra d’un accident cardio-vasculaire en 1820.

Durant ses études, Clara fut fortement influencée par Luise Hensel, de même que certaines de ses camarades, comme Pauline von Malllinckrodt ou Franziska Schevier (v. 30 avril et 14 décembre). Clara se préoccupera très particulièrement de la condition des enfants de familles pauvres, des orphelins.

Vers 1835, Clara songea un moment à entrer chez les Carmélites, après avoir lu des pages de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre). Mais son directeur spirituel eut l’inspiration de lui faire lire alors des écrits de s.François de Sales, qui l’aidèrent à préciser son orientation.

Appuyée par son frère Andreas, entourée d’amis gagnés par sa parole et touchés par son exemple, Clara ouvrit en 1837 à Aix-la-Chapelle une école. C’était la première pierre d’une grande œuvre qui allait devenir, en 1844, la Congrégation du Pauvre Enfant-Jésus. Très vite de nombreux enfants purent ainsi recevoir une formation scolaire et un soutien social.

Dès 1848, la nouvelle congrégation fut approuvée par l’évêque de Cologne ; en 1868, le pape la reconnaissait comme institut de droit pontifical.

Les Religieuses porteraient désormais un habit noir - en signe de repentance - avec le scapulaire blanc comme chez les dominicains. Clara en sera la première Supérieure.

Très vite, les vocations se multiplièrent, jusqu’à atteindre six cents Religieuses, dans vingt-sept maisons de la Prusse. Mais le rigoureux Kulturkampf imprima un violent coup d’arrêt à cette expansion. Les Religieuses durent se replier à Simpelveld (Pays-Bas), et s’installèrent successivement en Angleterre, en Belgique et en France.

Lorsque les Sœurs purent revenir en Prusse, en 1887, Clara restera dans la maison de Simpelveld. C’est là qu’elle s’éteignit, le 8 mai 1894.

Clara a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 8 mai au Martyrologe.

Franziska Ulrika Nisch

1882-1913

 

Franziska naît en 1882. Ses parents n’étaient pas encore mariés et ne le firent qu’une année après. Vinrent ensuite douze autres enfants ; la famille était si pauvre que Franziska ainsi que ses petits frères et sœurs devaient aller rendre des services alentour pour gagner un peu de pain, des œufs, des fruits, que son père ne pouvait acheter avec sa petite paie de journalier. De cette nombreuse fratrie, seuls quatre enfants atteindront l’âge adulte.

La petite Franzi est éduquée surtout par sa douce grand-mère et sa marraine, qui lui donnent l’affection qu’elle ne trouve pas auprès de son père. Ce dernier est dur, mais elle lui obéira toujours. A l’école, elle ne brille guère, elle est un peu lourdaude, maladroite, cassant facilement les objets ; solitaire, elle reste simple, pieuse, toujours aimable ; souffreteuse, elle manque souvent l’école et les résultats s’en ressentent.

Après son école primaire, elle est placée à douze ans en différents endroits et finalement comme bonne dans une famille à Rorschach en Suisse. Elle tombe malade de la tuberculose et elle est soignée à l’hôpital par les Sœurs de la Charité de la Sainte Croix avec une grande bonté, si bien qu’elle choisit d’entrer chez elles en 1904. Elle est reçue à Hagne, leur maison provinciale allemande. Désormais elle s’appellera en religion : Sœur Ulrika. 

L’année suivante, elle assiste les malades à Zell-Weierbach près Offenburg, puis comme aide-cuisinière à Bühl et ensuite à Baden-Baden. Elle accepte tous les travaux, les humiliations, et elle souffre de maux de tête dont elle ne se plaint jamais. Parfois, ce sont les ténèbres dans la prière. « Ces pénibles expériences conduisent Sœur Ulrika à une sérénité du cœur qui lui permet de voir dans les plus petites choses la main paternelle de Dieu et d’accueillir de sa part chaque heure de sa vie avec une reconnaissance d’enfant. » (Jean-Paul II). Elle prie jour et nuit. Tout se transforme pour elle en prière.

Un de ses mots favoris était : L’Amour ne connaît pas de mesure. Nous ne devons souffrir et travailler que dans l’Amour et pour l’Amour. Son biographe, Ferdinand Holböck a pu écrire : “Elle atteignit un degré de profonde mystique dans la prière silencieuse, dans l’extase, jusqu’à l’état des noces mystiques et de l’union totale avec le Christ”. Ulrika disait sans cesse : Il faut fermer les volets, comme pour souligner l’importance du silence.

Elle jouit de visions mystiques. Au début de sa vie religieuse, elle voyait son Ange gardien et pensait que tout homme voyait son Ange gardien. Plus tard elle vit la sainte Vierge, les Anges et d’autres Saints encore. Elle eut aussi, dit-on, des visions sur l’avenir. Auprès d’elle, les gens se sentaient comme en paradis.

Les visions cessent en 1912, lorsque Ulrika tombe à nouveau malade de la tuberculose ; on la ramène à la maison provinciale, à Hagne, où elle meurt à 31 ans, le 8 mai 1913. 

Quand on veut écrire sa vie, certaines personnes s’étonnent, car ils ne voient pas en quoi réside sa sainteté. D’ailleurs les titres des premières brochures sont éloquents : ‘‘La sainte de rien’’, ‘‘La sainte aux marmites’’, ‘‘La voix silencieuse’’. Mais les faits parlent d’eux-mêmes : sa tombe est toujours fleurie et de multiples témoignages font état de grâces obtenues. 

Notons en souriant que sœur Franciska sera béatifiée (en 1987) avant sa fondatrice, Mère Maria Theresia Scherer, une grande sainte pourtant.

 

 

Teresa Demjanovič

1901-1927

 

Therese naquit le 26 mars 1901 aux Etats-Unis, à Bayonne (New Jersey). Elle était la dernière des sept enfants d’Alexander et Johanna, une famille originaire de Slovaquie.

Cette famille très chrétienne appartenait au rite oriental, dit gréco-catholique ; Therese reçut le baptême et la confirmation dans l’église gréco-catholique de Saint-Jean-Baptiste à Bayonne, le 31 mars 1901.

En plus de ses études secondaires, brillamment achevées en 1917, elle reçut deux heures quotidiennes de formation à la paroisse, pour apprendre l’alphabet cyrillique et prier dans la langue slavonne.

Elle ressentit l’appel du Christ et pensait entrer chez les Carmélites, mais resta auprès de sa mère malade. Prenant le temps de réfléchir, et fidèle à la promesse qu’elle fit à sa mère mourante, Therese fréquenta l’université et obtint un brillant doctorat en Lettres (1923).

Ne sachant pas encore précisément dans quelle congrégation entrer, elle accepta un poste d’enseignement du latin et de l’anglais à l’Académie Saint-Louis de Jersey City. Là, on l’observa souvent en prière quasi extatique, à genoux dans la chapelle et priant le chapelet.

Therese fit partie de la chorale paroissiale, d’une association mariale.

En 1924, elle pensait rejoindre les rangs des Carmélites Déchaussées, mais sa santé ne le lui permettait pas. Le 8 décembre, elle se décida enfin pour les Sœurs-de-la-Charité-de-Sainte-Elisabeth, cette fois-ci dans le giron de l’Eglise latine.

Début 1925, son père prit froid et mourut. En la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février, elle entra dans la vie religieuse, accompagnée ce jour-là de son frère Charles, prêtre, et de deux de ses sœurs.

Lors de ses premiers vœux, en 1925, elle prit le nom de Miriam Teresa : Miriam en l’honneur de la Sainte Vierge, Teresa en l’honneur de sainte Teresa d’Avila et aussi de sainte Thérèse de Lisieux, canonisée le 17 mai 1925, le jour de sa prise d’habit.

Son enthousiasme pour la vie intérieure, pour l’Eucharistie, pour tout ce qui est surnaturel, lui valut le surnom de Petite Thérèse de l’Enfant-Jésus d’Amérique ! L’aumônier lui demanda même de préparer des conférences spirituelles pour les autres novices.

Les deux années qu’elle vécut ensuite, se passèrent dans la simplicité, dans l’humilité, dans une joyeuse obéissance, mais surtout dans une union toute particulière au Christ et à Marie ; l’intense vie mystique de Myriam-Therese apparaît dans ses nombreux écrits spirituels, échos de ses expériences mystiques.

En 1926, elle dut subir une ablation des amygdales, et revint très affaiblie au couvent ; elle ne se remettait pas. L’aumônier, plus clairvoyant que la Supérieure, fit examiner Miriam Therese à hôpital, où elle  fut diagnostiquée d’ affaiblissement physique et nerveux, avec myocardie et appendicite aiguë. On hésitait à l’opérer.

Le 2 avril 1927 elle fit sa profession religieuse in articulo mortis.

Le 6 mai 1927, on tenta tout de même l’opération de l’appendicite ; Miriam-Therese, trop affaiblie, s’éteignit le 8 mai suivant.

Le miracle retenu pour la béatification de Miriam-Therese, fut la guérison totale et inexpliquée d’un jeune garçon aveugle, en 1963.

Miriam-Therese fut béatifiée en 2014, et inscrite au Martyrologe le 8 mai.

 

 

 Jan Eugeniusz Bajewski

1915-1941 

 

Né le 17 janvier 1915 à Vilnius (alors Pologne, actuelle Lituanie), Jan fut le fils unique de Jan et Aniela Wińkowska, un couple aisé. Le père était imprimeur. En réalité, il eut trois autres frères, tous trois morts-nés.

Il fut baptisé le 14 mars 1918.

Il fréquenta l’école primaire à partir de 1922, puis le collège royal Lelewel et le lycée classique Mickiewicz de Vilnius. Jan était très doué et apprit à parler couramment plusieurs langues. Il passa son baccalauréat en 1933.

Il hésita alors entre le séminaire diocésain et la vie religieuse, outre qu’il eut à affronter une certaine réticence de la part de sa famille. Mais les parents ne s’opposèrent pas radicalement à la vocation de leur fils.

Jan entra d’abord au séminaire de Vilnius, mais un an après rejoignit l’Ordre des Franciscains Conventuels, dans la province polonaise, en 1934 : en septembre il recevait l’habit religieux, et le nom d’Antonin.

Après le noviciat à Niepokalanów, il fit les premiers vœux en 1935, partit étudier la philosophie et la théologie au séminaire franciscain de Cracovie, fit la profession solennelle en 1938 et fut ordonné prêtre en 1939. Malheureusement, à cette date, son père était déjà mort, l’année précédente.

Sa première destination fut, justement, Niepokalanów, où le Gardien (supérieur), Maksymilian Kolbe, le prit comme substitut, et deuxième vicaire du couvent. Il le nomma aussi rédacteur en chef du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée (Miles Immaculatæ).

Les membres de la communauté se souvenaient de ce jeune prêtre réfléchi, pieux, serviable. Mais Jan-Antonin n’avait pas une excellente santé : au bout de quelques mois, il dut être admis en clinique, le Lasek (Les Bois), comme on l’appelait en raison de sa situation au milieu des bois. C’est là qu’il était encore au moment où éclata la Seconde guerre mondiale.

Quand les nazis vinrent enlever la quasi totalité des Religieux du Niepokalanów, ils laissèrent dans un premier temps ceux du Lasek, mais revinrent les prendre eux aussi en février 1941. C’est ainsi qu’il se retrouva avec le père Kolbe, le père Bartosik et deux autres Religieux dans la prison Pawiak de Varsovie, où il se montra bon compagnon, patient, donnant aux autres sa ration de nourriture. Il continua à porter son habit religieux, ce qui lui causait encore plus de mauvais traitements de la part des gardiens nazis.

Dans la nuit du 4 au 5 avril 1941, lui et le père Bartosik furent transportés à Auschwitz, où il porta le numéro 12764. A son arrivée, il fut brutalement battu par les SS avec son propre rosaire, qu’il portait à la ceinture.

Bien vite, Jan-Antonin fut pris de typhus, et mis dans le secteur des malades. Malgré ses souffrances, il tâchait d’apporter du réconfort auprès des autres malades, particulièrement en les confessant. Il savait qu’il risquait sa vie, mais il répétait : Je suis cloué sur la croix avec le Christ

Epuisé par le travail pénible, Jan mourut dans le camp d’Auschwitz le 8 mai 1941.

Il avait vingt-six ans. Il avait dit au père Szweda, qui reçut sa dernière confession : Dis aux frères de Niepokalanów que je suis mort ici, fidèle au Christ et à Marie. Il s’éteignit en prononçant les noms de Jésus et Marie.

Son corps fut probablement brûlé sur place.

Jan-Antonin fut béatifié en 1999.

 

 

Paul-Hélène Saint-Raymond

1927-1994

 

Née le 24 janvier 1927 à Paris, Paul-Hélène était la huitième des dix enfants d’une grande famille très chrétienne.

Elle acheva ses études comme ingénieur puis, en 1952, entra chez les Petites Sœurs de l’Assomption.

De 1954 à 1957, elle sera travailleuse familiale à Creil, auprès de la population ouvrière.

Ensuite, elle suivra une formation d’infirmière.

Douée d’une grande mémoire, très cultivée, elle s’attira le surnom de Madame Encyclopédie.

En 1960, elle émit les vœux définitifs et fut envoyée à Rouen, toujours dans les quartiers marqués par la pauvreté.

En 1964, elle fut appelée à partager ses talents en Algérie, comme infirmière et comme travailleuse sociale. La tâche était immense. Sœur Paul-Hélène mit tout son temps, toutes ses forces au service de cette population démunie : soins à domicile, et même petite chirurgie, démarches auprès des organismes, appareillage et rééducation des blessés.

Il semblait qu’elle n’en faisait jamais assez. Mais aussi, elle galvanisait les autres collègues : ce fut au point qu’on dut la modérer dans son rythme de travail. Elle souffrit même des moments de tension avec les autres Religieuses, qu’elle dépassa humblement en cherchant toujours l’harmonie et le dialogue.

Vint le moment de la «retraite», mais un volcan s’arrête-t-il si facilement ? Sœur Paul-Hélène se rapprocha alors de la bibliothèque gérée par le Frère Henri Vergès, où elle se rendit chaque jour pour accueillir les étudiants.

Lors de la douloureuse décennie des années 90, même l’évêque lui conseillait la prudence ; elle osa encore lui répondre respectueusement : Père, nos vies sont déjà données.

Le 8 mai 1994, trois islamistes firent irruption dans la bibliothèque ; Frère Henri reçut deux balles dans la tête, Sœur Paul-Hélène une balle dans la nuque.

Ce 8 mai sera le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

 

Henri Vergès

1930-1994

 

Né le 15 juillet 1930 à Matemale (Pyrénées Orientales), Henri avait un jeune frère, Pierre.

Il entra à douze ans chez les Frères Maristes.

Au terme de ses études secondaires, il demanda à faire partie de cette Congrégation. Il fit les vœux perpétuels en 1952.

En 1958, il fut nommé sous-maître des novices à Lacabane.

En 1969, il fut envoyé en Algérie, où il fut directeur de l’école Saint-Bonaventure d’Alger.

En 1976, l’école fut nationalisée ; le frère Henri dut laisser sa place de directeur et fut professeur de mathématiques à l’école de Sour-El-Ghozlane.

En 1988, il devint directeur de la bibliothèque diocésaine d’Alger, où il eut l’occasion d’accueillir des centaines d’étudiants, heureux de trouver là une ambiance fraternelle, calme, pour poursuivre leurs études dans un climat de paix.

Le Frère se donna entièrement à son apostolat. S’il prenait quelques «vacances», c’était seulement tous les deux ou trois ans, et pas longtemps, pour revoir les siens.

Il n’hésita pas à s’engager dans les rapports de fraternisation entre Musulmans et Chrétiens ; dans cet esprit, il participa au Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), fondé à Tibhirine par le p. de Chergé (v. 21 mai).

Mais l’islamisation gagnait du terrain. Bientôt, les étrangers et surtout les catholiques étaient menacés sur le sol algérien. Le frère Henri savait qu’il pouvait lui arriver quelque-chose de funeste, mais, disait-il en riant, ça fait partie du contrat, et ça sera quand il voudra !

C’est dans la bibliothèque-même que Dieu le voulut : Henri y fut agressé par trois jeunes, qui lui tirèrent deux balles dans la tête ; au même moment fut aussi assassinée la Sœur Paul-Hélène.

Le frère Henri Vergès reçut ainsi la palme du martyre en Alger (Algérie), le 8 mai 1994.

Il fut béatifié en 2018. Son frère était présent à la cérémonie.

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 23:00

07 MAI

 

I.

Ste Flavie Domitille, nièce de Flavius Clemens, suppliciée à Terracina, à assimilier fort probablement avec celle mentionnée le 12 mai.

III.

S Quadrat, martyr à Nicomédie, décapité.

IV.

Ss Flavius, martyr à Nicomédie avec ses compagnons, peut-être Auguste, Augustin ; Marcellin, Macrobe, Eutychès, deux groupes de frères.

S Innocent, évêque en Afrique, chassé puis martyrisé par les ariens.

S Valérien, évêque à Auxerre.

?

S Juvénal, martyr, patron secondaire de Benevento, invoqué contre la peste.

Ste Mastidie (Mathie), vierge à Troyes.

Ste Même, vierge et martyre près de Chartres. 

V.

S Misselin (Mesclin), patron de Arcizac-sur-Adour.

VI.

S Hernin (Hoiernin), venu de Grande-Bretagne en Bretagne, ermite à Duault.

S Domitien, évêque à Tongres, puis Maastricht, patron de Huy, qu’il délivra d’un dragon.

VII.

S Cenericus, diacre ermite à Hyesmes près du Mans ; il serait venu de Spolète avec son frère s. Serenedus, diacre aussi, qui s’installa à Saulges.

S Maurelius, évêque à Vicohabentia ; quand il voulut transférer le siège à Ferrare, les habitants le mirent à mort.

S Milehar (Malehard, Maillard), évêque à Sées.

Ste Sessétrude, cellérière à Faremoutier. 

S Blier, venu d’Ecosse en Champagne.

VIII.

S John, évêque à Hexham puis à York (il ordonna s. Bède), fondateur du monastère de Beverley où il mourut.

S Pierre, évêque à Pavie.

XI.

Bse Gisela, fille d'Henri II de Bavière, sœur de s. Henri et femme de s. Etienne de Hongrie, mère de s. Émeric (qui mourut prématurément en 1031) ; veuve, elle fut abbesse à Niedernburg.

S Antoine, ermite à Kiev après le Mont Athos.

XII.

S Reginald (Rinaldo), calabrais, ermite à Falasconi.

XIII.

B Villanus, camaldule, évêque à Gubbio où il construisit un hospice.

B Alberto de Bergame, époux d’une femme acariâtre, tertiaire dominicain.

XVIII.

Ste Rosa Venerini, fondatrice des Maîtresses Pies à Viterbe et Montefiascone, pour l’école des petites filles, canonisée en 2006.

XX.

S Agostino Roscelli (1818-1902), prêtre de Gênes, fondateur à Bobbio des Sœurs de l’Immaculée, apôtre dans les prisons et auprès des jeunes prostituées, béatifié en 1995, canonisé en 2001.

B Francesco Paleari (1863-1939), prêtre italien, avant-dernier de huit enfants, conseiller et collaborateur du b.Giuseppe Allamano (cf. 16 février), béatifié en 2011.

Flavia Domitilla

96

 

Cette illustre Martyre était la fille de Plautilla, cette dernière étant la sœur du consul Flavius Clemens (et peut-être une parente du pape Clemens 1er s’il est avéré que celui-ci était un neveu de Flavius Clemens).

Elle reçut le voile des vierges de ce même Clemens 1er (fêté le 23 novembre).

Durant la persécution de Domitien, elle fut reléguée en l’île de Ponza (face à Latina, Latium, Italie centrale), avec ses serviteurs Nérée et Achille (qui seront mis à mort le 12 mai suivant).

Rappelée d’exil sous Trajan, elle fut conduite à Terracina (Latina) pour y subir le martyre, asphyxiée dans sa chambre.

Ce martyre est commémoré au Martyrologe le 7 mai.

 

 

Flavius de Nicomédie

3e-4e siècles

 

Flavius reçut le martyre à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), à une époque mal déterminée.

On lui adjoignait deux frères, Augustus et Augustinus, ainsi que d’autres encore : Marcellinus, Macrobius, Euthychès, mais qui ne sont plus mentionnés actuellement.

Le Martyrologe mentionne Flavius et quatre Compagnons

Saint Flavius de Nicomédie est commémoré le 7 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cenericus de Hyesmes

† 669

 

Cenericus serait né à Spolète (Ombrie, Italie), ainsi que son frère Serenedus, issus d’une des familles les plus en vue dans cette ville.

Après avoir amplement étudi les saintes Ecritures, ils voulurent se donner à Dieu. Venus à Rome, ils furent quelque temps dans une communauté bénédictine proche du Vatican, et reçurent le diaconat des mains du pape.

Puis ils allèrent chercher en Gaule un endroit solitaire pour y vivre loin du monde, dans la prière et l’unique recherche de Dieu. Ils visitèrent les tombeaux de s.Martin à Tours et de s.Julien au Mans (v. 11 novembre et 27 janvier), et se fixèrent à Saulges.

Tandis que Serenedus devenait le soutien et la consolation de tous les nécessiteux, Cenericus choisit de se retirer encore plus, au pays d’Hyesmes (auj. Exmes).

Son premier disciple fut un certain Flavart, jeune garçon qu’il avait déjà orienté dans la voie de la piété, puis d’autres vocations se présentèrent. Ces cent-quarante moines apprirent de Cenericus la règle monastique, et surtout l’art de psalmodier.

Cenericus était et demeurait humblement diacre, excerçant sa fonction chaque jour à l’église. Il espérait construire une grande basilique en l’honneur de s.Martin, mais Dieu ne le lui en laissa pas le temps. Il mourut le 7 mai 669.

En 910, par crainte des Normands, ses reliques furent transportées à Château-Thierry, où elles furent profanées lors de la Révolution.

Serenedus mourut, lui, vers 680.

Saint Cenericus, mais pas son frère, est commémoré le 7 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

John de Beverley

? -721

 

John naquit au VIIe siècle dans le village de Harpham, province de Deirie qui comprenait les comtés d’York, de Lancastre et la partie du royaume de Northumbrie située au sud de la Tyne. Un désir ardent de se donner au service de Dieu l’attira tout jeune dans le royaume de Kent où il fit de rapides progrès dans la science et la piété, sous la direction de l’abbé Adrian de Cantorbury. Il retourna ensuite dans son pays, reçut l’habit monastique dans l’abbaye de Withby, alors gouvernée par sainte Hilda (voir au 17 novembre).

Au commencement du règne d’Alfred, à la mort d’Eata, John fut tiré de sa solitude pour être placé sur le siège de Hexham (687). Il continua néanmoins la vie qu’il menait dans le cloître et consacrait à la contemplation céleste les moments qui n’étaient pas occupés par l’exercice des fonctions épiscopales. Le lieu de sa retraite était une cellule située dans le cimetière de Saint-Michel, au-delà de la Tyne, à près de deux milles de Hagulstad : il y passait en particulier les quarante jours du Carême. Il y prenait pour compagnon quelque pauvre malade auquel il donnait ses soins : une année, il se chargea d’un pauvre muet dont la tête était couverte d’une dartre hideuse. Pendant qu’un médecin soignait ce mal, Jean donnait sa bénédiction aux remèdes qui eurent raison du mal ; de plus, il rendit au muet l’usage de la parole et lui apprit à lire.

Ce fut le même John, évêque de Hexham, qui donna le diaconat et la prêtrise au vénérable Bède (v. 25 mai), sur la présentation de l’abbé Céolfrid. C’est à Bède que nous devons divers témoignages sur la sainteté et les miracles de John.

John fonda un monastère, dans une forêt à vingt-sept milles d’York. Conformément à l’usage du temps, il y avait là un double monastère, l’un pour les hommes, placé sous la direction de Berchtun, son disciple, l’autre pour les femmes. Ce monastère est à l’origine de la ville de Beverley.

En 705, John fut promu au siège de York, qu’il gouverna pendant sept ans. Accablé par l’âge et les fatigues, John se donna un successeur dans la personne de saint Wilfrid, dit le Jeune, et se retira définitivement en 717 dans le monastère de Beverley. Il y passa les quatre dernières années de sa vie dans l’accomplissement exact de la règle monastique et mourut le 7 mai 721.

Le tombeau de John, illustré par ses miracles, devint un des principaux lieux de pèlerinage de l’Angleterre. En 1037, l’archevêque de York, Alfric, fit une translation des reliques de John et c’est alors que John fut officiellement canonisé. Les nombreux miracles de guérisons attribués à John le rendirent très célèbre durant tout le Moyen-Age et furent en même temps un facteur de grande prospérité pour la ville de Beverley.

Un siècle après, il est question de la “bannière de saint John”. Au treizième siècle, lorsqu’on devait lever des impôts dans le Yorkshire, il suffisait, pour la ville de Beverley, qu’un homme allât se présenter avec cette bannière. 

A la fin du treizième siècle, le Chapitre de la cathédrale de Beverley commanda une châsse en or et en argent à un certain Roger, lequel s’engageait à n’entreprendre aucun autre travail avant l’achèvement de cette châsse.

Edward Ier avait une réelle dévotion pour saint Jean de Beverley. Il alla plusieurs fois s’y recueillir, notamment pour aller combattre les Ecossais en 1300. Le roi s’estima redevable de sa victoire à l’intercession du saint évêque et fit bâtir sur l’emplacement de l’ancien monastère, détruit par les Danois, une riche collégiale sous le vocable de John. D’autres rois utilisèrent à leur tour cette sainte bannière dans leurs campagnes militaires. Quatre siècles plus tard, Henri V se déclara redevable de la victoire d’Azincourt à la protection de John de Beverley qu’il avait invoqué. En conséquence, il voulut que la fête fût chômée dans toute l’Angleterre (1416). La victoire avait eu lieu précisément au jour anniversaire de la translation de John, et ce jour-là on avait remarqué que la tombe faisait jaillir du sang et de l’huile. 

En 1541, le roi Henri VIII ordonna la destruction de cette châsse. Mais en 1664, des artisans découvrirent sous le dallage de l’allée centrale de la cathédrale un caveau contenant diverses reliques avec une inscription attestant l’appartenance de ces reliques à saint John de Beverley. En 1738, lors de la réfection du dallage, les mêmes reliques furent remises en honneur par la construction d’une tombe recouverte d’une large plaque de marbre.

Encore récemment, lors de la fête du 7 mai, une procession avait lieu entre Harpham et l’église, où les enfants déposaient autour de la tombe de saint John des fleurs cueillies dans les champs alentour.

La Bienheureuse Julienne de Norwich, mystique anglaise (v. 14 mai), était dévote de saint John de Beverley, ainsi que le saint chancelier John Fisher, lui-même natif de Beverley (voir au 22 juin).

Pour être complets sur ce grand saint anglais que nous ne connaissons guère, nous retiendrons ici les œuvres attribuées à saint John, recensées par J.Bale, et dont certaines ont malheureusement été perdues : une “Exposition sur saint Luc”, des “Homélies sur les Évangiles”, des Lettres à Herebaldum, Audena et Bertin, des Lettres à l’Abbesse Hyldant.

 

 

 

Gisela de Bavière

985-1060

 

Gisela était la fille aînée d’Henri II de Bavière dit le Querelleur et de Gisèle de Bourgogne.

Elle naquit vers 985, sans doute au château d’Abbach (Ratisbonne).

Elle eut deux frères et une sœur : Heinrich, qui fut l’empereur Henri II ; Bruno, qui fut évêque à Augsburg ; Birgitta, qui fut abbesse à Ratisbonne.

En 995, à dix ans, elle «épousa» (c’est-à-dire : on lui fit épouser) István (ou Etienne), qui allait devenir le premier roi de Hongrie (v. 15 août) ; elle fut ainsi la première reine de Hongrie. Ils eurent trois enfants : Imre (ou Emeric), qui mourut d’un accident de chasse en 1031 ; Otto ; Agatha, qui fut l’épouse d’Edward d’Angleterre (celui-ci s’étant trouvé exilé au Danemark puis réfugié en Hongrie.

En 1038 à la mort de s.Etienne, elle fut très maltraitée par le successeur de celui-ci, qui la fit enfermer. C’est Heinrich III qui la délivra en 1042.

Gisela se retira alors chez les Religieuses de Kochel am See, puis devint abbesse des Bénédictines de Niedernburg (Passau), jusqu’à sa mort, qui advint entre 1060 (date généralement admise) et 1095.

Elle fut déclarée Bienheureuse en 1975.

Elle est inscrite au Martyrologe le 7 mai.

Villano de Gubbio

† 1230

 

Villano signifie proprement de la campagne.

Que le bienheureux Villano fût originaire de campagne, nous ne le savons pas. Il devait être né à Gubbio (Ombrie, Italie C).

Selon certains, il faisait partie de la communauté des camaldules de Fonte Avellana, selon d’autres il fut abbé bénédictin de l’abbaye locale San Pietro, et fut appelé à diriger le diocèse de Gubbio en 1206.

On lui attribue la fondation d’un hospice. 

En 1213, il accueillit favorablement les premiers compagnons de François d’Assise, leur concédant le couvent de Santa Maria della Vittoria.

Villano mourut un 7 mai, vers 1230, 1237 selon certains.

Il n’est pas mentionné dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Alberto de Bergame

1214-1279

 

D’une modeste famille de paysans, Alberto naquit à Villa d’Ogna, près de Bergame, vers 1214. Bon travailleur, pieux, il se maria sur les conseils et la volonté des siens, sans jamais oublier ses habitudes de piété et de charité envers les plus pauvres. 

Sa générosité était sans borne, au point que son épouse lui rendait la vie très difficile par ses remontrances. Mais sa patience resta inaltérable.

Même ses voisins lui rendirent la vie dure, en lui faisant croire qu’il n’était pas propriétaire de ses terres, au point que, par amour de la paix, il quitta Villa d’Ogna, sa femme et ses champs. Après un pèlerinage à Rome, il s’en vint à Crémone, où il entra dans le Tiers-Ordre dominicain.

Toutes ses énergies et tout son temps passèrent à secourir les plus pauvres. Il avait coutume de dire qu’on trouve toujours le temps de faire le bien, quand on le veut.

Il pressentit sa mort, reçut les derniers Sacrements et mourut le 7 mai 1279. Les cloches se mirent alors à sonner d’elles-mêmes et toute la population accourut. Un autre fait extraordinaire eut lieu lors de sa sépulture : au fur et à mesure qu’on creusait, la terre se durcissait comme pierre, au point qu’on finit par ensevelir Alberto dans le chœur-même de l’église. Beaucoup de grâces et de miracles furent obtenus par son intercession.

Son culte fut approuvé en 1749, et on le fête encore à Bergame et Crémone en son dies natalis, comme le commémore aussi le Martyrologe Romain au 7 mai.

A Villa d’Ogna, en ce jour, un cortège va puiser de l’eau au “puits de Saint Albert”, sur la place du bourg, et la porte à l’église où elle est bénite. Tout cela sur fond de fanfare et, le soir, de feux d’artifice.

Rosa Venerini

1656-1728

 

Née le 9 février 1656 à Viterbe (Latium, Italie centrale), Rosa était la troisième des quatre enfants de Goffredo et Marzia Zampichetti. Le père était médecin au grand hôpital de Viterbe. Les enfants s’appelaient : Domenico, Maria Maddalena, Rosa, Orazio.

Rosa était très intelligente et encore plus sensible. Son excellente éducation l’aida à développer ses talents intellectuels et moraux, au sein d’une famille très chrétienne.

A sept ans, elle fit le vœu de consacrer toute sa vie à Dieu. Durant l’adolescence, Rosa fut très tentée par les plaisirs du monde, et, pour rester fidèle à son vœu, recourut à la prière et à la mortification.

A vingt ans, elle se demandait quelle serait sa voie. Le mariage ou le cloître ? Elle appréciait les deux. Un appel intérieur la poussait vers «quelque chose», qu’elle ne comprenait pas encore.

Sur le conseil de son père, elle entra en 1676 chez les Dominicaines de Sainte-Catherine, où sa tante, Anna Cecilia, lui enseigna à écouter la voix de Dieu dans le silence et la méditation. Mais, elle dut sortir du monastère quelques mois plus tard, pour aider sa pauvre mère, subitement devenue veuve.

Successivement moururent son frère Domenico (âgé de vingt-sept ans), et peu après aussi, sa mère, affligée par le chagrin.

Sa sœur Maria Maddalena s’étant mariée, elle se retrouvait seule à la maison avec son frère Orazio. Elle a alors vingt-quatre ans, et ne sait toujours pas quoi faire pour Dieu.

A partir de 1684, elle invite chez elle des jeunes filles et d’autres dames pour prier le chapelet. Elle se rend compte alors, d’après les conversations, que toutes ces personnes ont un niveau de culture d’une extrême pauvreté spirituelle. Elle conçoit alors le dessein de se donner à la formation des jeunes femmes, en ouvrant pour elles une vraie école.

En 1685, avec l’approbation de l’évêque, et avec deux autres amies, elle donne le départ à la première Ecole Publique pour Jeunes Filles d’Italie. Ce n’était qu’un début modeste, mais prometteur.

Les premiers à faire obstacle à Rosa, furent les membres du clergé, qui estimaient que l’enseignement de la doctrine chrétienne était leur affaire. D’autres obstacles vinrent de la bourgeoisie locale, scandalisée de la hardiesse de cette femme du monde, cette femme qui prétendait à elle seule assumer l’enseignement des filles ignorantes.

Rosa ne se laissa pas intimider. Elle savait qu’elle faisait la volonté de Dieu. Qui lui donnèrent raison, furent les prêtres eux-mêmes qui durent reconnaître les fruits excellents de cette œuvre parmi les jeunes filles et les mamans.

Ces fruits ce multiplièrent : en deux ans, Rosa ouvrit dix écoles autour du Lac de Bolsena, proche de Viterbe. L’évêque de Montefiascone l’encouragea, lui fournit le matériel nécessaire, et Rosa organisa les écoles, avec les professeurs adéquats. Elle confia tout ce travail à Lucia Filippini, qui sera la co-fondatrice de l’œuvre et elle même canonisée (fêtée le 25 mars).

En 1706 une école ouverte à Rome fut un échec ; mais Rosa put en ouvrir une avec succès en 1713. Trois ans après, le pape lui-même vint lui rendre visite avec huit cardinaux ; ils écoutèrent les cours et en furent aussi étonnés que satisfaits ; en fin de matinée, le pape lui dit : Mademoiselle Rosa, vous faites là ce que nous ne pouvons pas faire. Nous vous remercions profondément, parce que avec ces écoles, vous allez sanctifier Rome.

Désormais, on va appeler Rosa de partout. Pour répondre, elle devra se déplacer, tout en continuant son travail de formation, avec les joies et les sacrifices que cela comportait. Partout où s’ouvrait une nouvelle école, on notait bien vite le redressement moral de la jeunesse.

Après des débuts très discrets, Rosa avait finalement fondé une nouvelle famille : les Maîtresses Pies (en italien : Maestre Pie, littéralement : les pieuses maîtresses).

Rosa demandait à ses Consœurs de parler continuellement avec Dieu, de Dieu et devant Dieu. Tout ce qu’elle faisait et entreprenait devait être toujours selon la volonté de Dieu et pour le salut des âmes, des femmes en particulier, mais aussi à l’occasion, des malades et des pauvres.

Rosa Venerini mourut saintement à Rome, au soir du 7 mai 1728, après avoir ouvert plus de quarante écoles.

Les Maestre Pie furent aux côtés des Italiens émigrés aux Etats-Unis à partir de 1909, en Suisse à la fin du 20e siècle. Elles ont maintenant étendu leur activité en Europe (Roumanie, Albanie), en Asie (Inde), en Afrique (Cameroun, Nigeria), en Amérique du Sud (Brésil, Chili, Vénézuéla).

Rosa Venerini a été béatifiée en 1952, et canonisée en 2006 ; elle est commémorée le 7 mai.

 

 

Agostino Roscelli

1818-1902

 

Né le 27 juillet 1818 à Bargone di Casarza (Ligurie, Italie), de Domenico et Maria Gianelli, de pauvres paysans, riches de foi. Agostino fut baptisé le jour-même de sa naissance, car on craignait pour sa santé. Il passa son enfance à garder les troupeaux, profitant de sa solitude pour prier. C'est le curé qui lui enseigna les premiers éléments de lecture et écriture.

En 1835, il entendit la vocation sacerdotale. Trop pauvre, il fut aidé par un bon chanoine de Gênes, qui lui trouva une place de sacristain. Une aide financière providentielle lui paya la pension au séminaire de Gênes. Il fut ordonné prêtre en 1846.

Il fut d'abord à Saint-Martin d'Albaro, puis à la paroisse de la Consolata de Gênes en 1854. 

Nommé ensuite aumônier de l'orphelinat, il y resta pendant vingt-deux ans (1874-1896), et y donna le baptême à plus de huit mille enfants abandonnés, en moyenne un chaque jour. 

Puis il sera aumônier de la prison, et particulièrement auprès des condamnés à mort.

Il eut l'idée d'ouvrir une école particulière pour les jeunes filles en danger, sans famille, et sur le point de tomber dans le désordre moral. Pour elles il fonda la Congrégation des Sœurs de l'Immaculée (1876). Le pape lui-même l'encouragea dans cette voie. 

Ces Religieuses se trouvent aujourd'hui en Amérique latine, au Canada, en Roumanie.

Agostino Roscelli mourut le 7 mai 1902 à Gênes, fut béatifié en 1995 et canonisé en 2001.

 

 

Francesco Paleari

1863-1939

 

Francesco naît à Pogliano Milanese le 22 octobre 1863. Son père est Angelo Paleari, sa mère Serafina Oldani ; ce sont de pieux cultivateurs qui eurent huit enfants, dont deux morts en très bas âge. Francesco est l’avant-dernier.

La famille Paleari est très pauvre, mais les parents ont aussi une coutume très rare pour l’époque : ils reçoivent l’Eucharistie chaque dimanche à la Messe. En plus, de retour à la maison, ils amènent avec eux un pauvre qu’ils invitent à table. Tel est l’enseignement qu’ils donnent à leurs enfants : on ne peut pas recevoir Jésus dans l’Hostie, sans ouvrir sa porte aux pauvres.

Francesco viendra à Turin, sur les conseils de son curé. La séparation de la famille lui coûtera, et il aura des doutes sur son choix. Il essaiera même de “faire le mur”, tant la tentation sera forte.

Il fréquente donc le Grand Séminaire de la “Petite Maison de la Divine Providence” (Piccola Casa della Divina Provvidenza) à Turin, une œuvre fondée par s. Giuseppe Cottolengo (voir au 30 avril),  et sera ordonné prêtre dès 1886, à  vingt-trois ans.

Tout de suite le “pretino” (le petit prêtre, car il était de petite taille) enseigne le latin et la philosophie au séminaire des Tommasini ainsi qu’aux missionnaires de la Consolata, tous deux fondés par le bienheureux Giuseppe Allamano (voir au 16 février) . Pendant plus de quarante ans il sera confesseur et directeur spirituel du séminaire diocésain, ainsi que chargé de prêcher les exercices spirituels. On dit de lui qu’il est “le prêtre qui sourit”.

Tous vont à lui, les enfants les premiers, mais aussi les grands : les évêques, les prêtres, les dames de la haute société, les séminaristes, le petit peuple. Tous ont recours à ses conseils paternels et fraternels.

En 1922, il est nommé Chanoine de la Collégiale de la Très Sainte Trinité à Turin. Successivement il reçoit la charge de pro-vicaire général et de vicaire (on dirait aujourd’hui : vicaire épiscopal) pour la Vie Consacrée, dans le diocèse de Turin.

En 1936, une maladie cardiaque le contraint en peu de temps à une quasi inactivité totale. Il a soixante-treize ans, toutes ses activités l’ont éreinté.

Trois ans après, le 7 mai 1939, il s’éteint à Turin.

D’après les constitutions de la Maison Cottolengo, on n’emploiera pas de sommes d’argent pour des causes de béatification, pour réserver tout cet argent à la seule œuvre de bienfaisance. Mais pour Francesco Paleari, on fit une exception : Don Francesco Paleari a été béatifié en 2011, et inscrit au Martyrologe le 7 mai.

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 23:00

06 MAI

 

I.

S Lucius de Cyrène, dont il est question dans les Actes des Apôtres (Ac 13:1).

S Evodius, premier évêque à Antioche, nommé par s. Pierre.

II.

S Juste, évêque à Vienne.

III.

Ss Marianus, lecteur, et Iacobus, diacre, martyrs avec d’autres à Lambèse. 

Ste Avoye (Aurée), vierge (sicilienne ?), compagne de ste Ursule, et martyre, très honorée en Bretagne (V. ?).

IV.

S Théodote, évêque à Cyrenia.

S Protogène, évêque à Carrhes.

? S Héliodore, martyr près d’Alger.

S Girons (Géronce), premier apôtre à Aire-sur-l’Adour.

B Henri, évêque en Belgique, retiré à Cambron comme simple moine.

V.

S Venerius, évêque à Milan, ami de s. Chromace d’Aquilée, de s. Delphin de Bordeaux, de s. Jean Chrysostome. 

VI.

Ste Benedicta, moniale d'un couvent de Rome ; sa sainte mort fut annoncée un mois plus tôt par s.Pierre à ste Galla.

S Maurelius, évêque à Imola.

VII.

S Eadberht, évêque à Lindisfarne.

B Hatta, abbé à Saint-Vaast.

Ss Pétronax, abbé au Mont-Cassin, et Paldon, Tason, Taton, moines.

XIII.

S Pedro  Nolasco, auquel remonte la fondation de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci, avec s. Raymond de Peñafort ; il est en réalité mort la nuit de Noël.

XIV.

B Bartolomeo Pucci-Franceschi, franciscain après avoir renoncé à sa femme, ses fils et ses richesses.

Bse Elisabeth, dominicaine hongroise à Toess.

XV.

Ste Prudence, religieuse augustine à Come.

XVI.

Bx Edward Jones et Anthony Middleton, prêtres anglais et martyrs, pendus à la porte de leur propre domicile.

XVIII.

S François de Montmorency-Laval, prêtre à Chartres à 19 ans, évêque à Québec (son séminaire deviendra l’université de Laval) ; il défendit les Indiens ; béatifié en 1980, canonisé en 2014.

XIX.

Bse Costanza (Maria Caterina de Sainte Rose de Viterbe) Troiani, clarisse italienne, fondatrice en Egypte de l’Institut des Franciscaines Missionnaires du Cœur Immaculé, béatifiée en 1985.

Bse Rosa Gattorno (Anna Rosa) , veuve à Gênes et fondatrice extrêmement active à Plaisance des Filles de Sainte-Anne-Mère-de-Marie-Immaculée, pour les malades et la pauvre enfance, béatifiée en 2000 ; elle portait les stigmates invisibles de la passion ; à sa mort il y avait trois-cent soixante-huit maisons pour trois-mille cinq-cents religieuses, surtout en Amérique latine.

XX.

Bx Kazimierz Gostyński (*1884) et Henryk Kaczorowski (*1888), prêtres polonais déportés à Dachau, gazés en 1942, béatifiés en 1999.

Lucius de Cyrène

† 1er siècle

 

L’expression de Cyrène peut être trompeuse.

Elle peut signifier l’origine de Lucius, ce qui est le plus vraisemblable. Lucius était né en Lybie, à Cyrène. Il s’agit alors de ce Lucius dont il est question dans les Actes des Apôtres (Ac 13:1) : à Antioche, Lucius était du nombre des prophètes et des docteurs.

Si la même expression veut dire évêque de Cyrène, on ne peut qu’élever un doute sur cette nomination, qui semble n’avoir aucun fondement historique.

Saint Lucius de Cyrène est commémoré le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evodius d’Antioche

1er siècle

 

Voici ce qu’Ignace d’Antioche écrit à ses fidèles : 

Vous êtes devenus les disciples de Pierre et de Paul ; ne perdez pas le dépôt qui vous est confié. Souvenez-vous aussi du bienheureux Evodius, votre pasteur, qui vous a gouvernés le premier après les apôtres. Montrons-nous dignes fils d’un tel père, et ne soyons pas comme des enfants adultères.

D’après ce témoignage, Evodius aurait donc été établi évêque à Antioche par saint Pierre, au moment où ce dernier quittait cette ville pour se rendre à Rome.

Evodius semble venir du grec, et signifier la bonne voie, celle que l’évêque devait montrer aux fidèles.

Dans les Actes des Apôtres, saint Luc écrit que C’est à Antioche que pour la première fois les disciples reçurent le nom de «chrétiens» (Ac 11:26). En supposant que saint Pierre avait déjà quitté Antioche, on a voulu déduire que cette appellation remontait donc à saint Evodius ; mais il se peut aussi que le nom de «chrétien» ait été d’abord un sobriquet donné par les païens.

Evodius, d’après Nicéphore, aurait aussi composé des ouvrages, dont il ne cite qu’un fragment.

Pour résumer, nous avons là bien des conditionnels au sujet de Evodius, qui n’est plus nommé dans le Martyrologe, où il se trouvait autrefois le 6 mai.

Il mourut peut-être par le martyre, vers 67, mais ce n’est pas sûr. Ignace, qui lui succéda, mourut en 107.

 

 

Marianus et Iacobus de Lambèse

† 259

 

Les Actes de ces deux Martyrs de Numidie (act. Tunisie) constituent une des pièces les plus authentiques de l’histoire des persécutions, ayant été consignés par un témoin (anonyme) direct, qui de plus connaissait bien les deux Héros.

Marianus était lecteur, Iacobus diacre. Ce dernier avait déjà vécu la persécution de Dèce (250) et semblait plus aguerri que son Compagnon.

Dans un songe qu’il eut durant un de ses déplacements, Marianus vit un jeune homme d’aspect magnifique qui venait remettre une ceinture de pourpre à lui, Marianus, et à Iacobus.

Tous deux avaient appris le martyre des saints Agapius et Secundinus (v. 4 mai). Ils voyageaient pour rejoindre les communautés et exercer leur ministère et arrivèrent ainsi aux environs de Cirtha, dans le faubourg de Muguas (auj. Constantine), où la persécution faisait rage.

A peine arrivés, ils furent arrêtés par une troupe armée et interrogés. Professant courageusement et sans ambage leur foi au Christ, ils furent mis en prison.

Un bourreau, assisté d’un centurion et de magistrats, s’acharna sur les deux hommes. Iacobus répétait qu’il était diacre ; Marianus fut suspendu, des poids attachés à ses pieds, et déchiré sur tout le corps : il eut tous les membres disloqués, les entrailles ouvertes, mais il restait heureux de son combat pour le Seigneur.

La nuit suivante, Marianus eut un songe où il voyait s.Cyprien (v. 14 septembre), qui l’invitait à boire la même coupe que lui. Iacobus, lui, vit l’évêque Agapius ainsi qu’un des deux petits garçons jumeaux, martyrisés deux jours plus tôt, qui lui annonçait qu’ils allaient souper ensemble le jour suivant.

Le jour suivant en effet, tomba la sentence du juge, qui condamnait à mort les deux Soldats, mais ceux-ci se réjouissaient d’entrer bientôt dans l’Eternité, où ils allaient retrouver les autres Martyrs. Il n’y avait pas qu’eux, mais on ne connaît pas les noms des autres ; le récit laisse entendre qu’ils étaient nombreux.

Le bourreau disposa toutes ces victimes en longues files le long du fleuve ; il leur banda les yeux et leur donna le coup d’épée final.

Ce fut le 6 mai 259.

L’auteur de ce récit ajoute que la mère de Marianus était transportée de joie d’avoir donné le jour à un tel Soldat fidèle au Christ jusqu’au bout.

Saints Marianus et Iacobus de Lambèse sont commémorés le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Venerius de Milan

† 409

 

Venerius était un disciple de s.Ambroise (v. 7 décembre) et en reçut le diaconat.

Son zèle le poussa à condamner ouvertement la doctrine origéniste, ce qui lui valut une lettre amicale du pape s.Anastase (v. 19 décembre).

En 400, à la mort du successeur d’Ambroise, Simplicianus, Venerius était prêtre, et fut choisi pour monter sur le siège de Milan, quatorzième évêque de cette ville.

Il reçut la prière des évêques d’Afrique de leur envoyer des prêtres de son clergé, pour remplacer ceux qui, en Afrique, étaient tombés dans l’erreur donatiste.

Une profonde amitié l’unit à s.Chromace d’Aquilée, à s.Delphinus de Bordeaux (v. 2 et 24 décembre), mais surtout à s.Jean Chrysostome (v. 13 septembre), au moment où ce dernier fut chassé de son siège et relégué en un pénible exil (404). 

Venerius mourut en 409.

Saint Venerius de Milan est commémoré le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benedicta, romaine

† 547

 

On a parlé de Benedicta dans la notice sur sainte Galla (v. 6 avril).

Elle vivait donc dans le monastère fondé par cette dernière, proche de Saint-Pierre à Rome.

Comme saint Pierre l’avait prédit dans une apparition à Galla, Benedicta mourut un mois après son amie, le 6 mai, peut-être en 547, d’après les Dialogues de s. Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Toujours d’après la même source, le chef de Benedicta est vénéré en l’église des Douze Apôtres à Rome.

Sainte Benedicta est commémorée le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadberht de Lindisfarne

† 698

 

Eadberht fut le septième évêque de Lindisfarne (Angleterre NE), juste après s.Cuthbert (v. 20 mars).

Il se distingua par sa connaissance profonde des Ecritures, outre que par ses vertus, notamment par ses aumônes.

D’après s.Bède (v. 25 mai), c’est lui qui fit mettre une toiture de plomb à l’église de Lindisfarne.

Deux fois par an, il se retirait pendant quarante jours avant Pâques et avant Noël, dans une solitude où s.Cuthbert s’était lui-même retiré avant de venir à Lindisfarne.

Le tombeau de s.Cuthbert était un lieu de pèlerinage fréquenté, et de nombreux miracles s’y produisirent. Aussi les moines de l’endroit demandèrent-ils à Eadberht de pouvoir ouvrir ce tombeau et de transporter les ossements de Cuthbert en un lieu plus honorable. Or il y avait déjà onze ans que Cuthbert était mort (687), et malgré cette longue période, les moines trouvèrent les vêtements de Cuthbert brillants comme neufs, le corps lui-même souple et entier, de sorte qu’Eadberht, informé du prodige dans sa solitude, ordonna de placer Cuthbert dans une châsse magnifique et en un endroit élevé du sanctuaire. Quant à l’ancien cercueil, il déclara qu’ayant été sanctifié par un corps si saint, il ne resterait pas longtemps «inoccupé»…

Eadberht mourut en effet peu après ces faits, et fut inhumé dans le cercueil de son saint prédécesseur, le 6 mai 698, après onze ans d’épiscopat.

Les nombreux miracles qui eurent lieu à cet endroit furent attribués simultanément à l’intercession de s.Cuthbert et de s.Eadberht.  

Saint Eadberht est commémoré le 6 mai dans le Martyrologe Romain.

Pedro Nolasco

1180-1256

 

Pedro (Pere en catalan, Pierre en français) naquit vers 1180 au Mas-des-Saintes-Puelles (Castelnaudary, Aude, Languedoc). Certaines sources le font naître vers 1189, et à Barcelone.

Il reçut sa formation dans le domaine paternel. Son père, un riche marchand, mourut cependant quand le garçon avait quinze ans, et Pedro déclara bientôt à sa mère qu’il ne songeait pas au mariage, mais à Dieu seul.

Il s’engagea dans les troupes de Simon de Montfort dans la lutte contre les albigeois (certains disent : contre les Maures). Après la victoire, Simon confia à Pedro l’éducation du très jeune Jaume Ier d’Aragon, dont le père avait perdu la vie dans la bataille.

Cet épisode ouvrit le cœur de Pedro envers les Chrétiens tombés eux-mêmes aux mains des Maures ; il voulut les racheter et décida de sacrifier ses biens pour procurer leur délivrance. Il consulta Raymond de Peñafort (v. 6 janvier) et réunit autour de lui des amis qui, avec lui, auraient travaillé au rachat des captifs.

Tandis que les hommes critiquaient cette entreprise, Notre-Dame, elle, apparut à Pedro le 1er août 1218 pour l’encourager. Raymond de Peñafort ainsi que Jaume Ier eurent la même vision. Une première approbation arriva de l’évêque de Barcelone ; les premiers compagnons firent les trois vœux habituels, auxquels ils ajoutèrent celui d’engager leurs biens - et si nécessaire, leurs propres personnes, pour la délivrance des prisonniers. Leur habit était blanc. Il y eut très vite de nombreuses vocations.

Dans une première mission à Valencia et Grenade, Pedro put faire délivrer quatre-cents prisonniers. Bien sûr, il en profita pour enseigner aux Maures les vérités de l’Evangile. Il voyagea aussi à Alger.

L’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le Rachat des Captifs devint vite célèbre dans toute l’Europe. En 1235, le pape autorisa les Religieux à adopter la Règle de saint Augustin. On dit que l’Ordre a put procurer le rachat de quelque soixante-dix mille prisonniers, dont presque trois-mille du vivant du Fondateur.

Pedro fut favorisé de visions, il vit les progrès futurs de son Ordre, et fut enseigné sur la meilleure façon de le gouverner.

Louis IX de France entendit parler de lui et le rencontra pour lui proposer de l’accompagner dans sa croisade. Pedro accepta, mais tomba malade peu après.

La veille de Noël, il se trouva transporté à sa place dans le chœur, sans savoir comment ; l’évêque de Barcelone accourut pour lui donner une dernière bénédiction et Pedro mourut dans les premières heures de Noël, 25 décembre 1256 (ou 1258).

Pedro Nolasca fut canonisé en 1628.

En raison de récentes études accomplies aux Archives Royales de Barcelone, il se trouverait que Pedro serait mort en réalité le 6 mai, ce qui explique que le Martyrologe le mentionne à cette date.

 

 

Bartolomeo Puccio Francesco

1250-1330

 

Bartolomeo Puccio Francesco était de famille noble et naquit vers la moitié du 13e siècle à Montepulciano (Toscane, Italie C).

Rien de particulier dans son enfance et son adolescence ; rien de particulier non plus dans le fait qu’il épousa Millia del Pecora, fille d’un capitaine, avec laquelle il eut quatre enfants.

Dans cette belle famille, aisée, on tenait à vivre le christianisme sans demi-mesure, et les pauvres recevaient un accueil fraternel, en particulier lors d’une période de famine qui assombrit la vie sociale de la région.

En 1290, les enfants de Bartolomeo avaient atteint l’âge de la majorité et ce papa prit alors une grave décision : il demanda à être admis au couvent des Frères Mineurs franciscains. Ce n’était pas un coup de tête, ni une décision mystérieuse qu’il prit sans en parler à personne : son épouse suivit d’ailleurs son exemple peu après et fit à son tour le vœu de chasteté.

Certains cependant le prirent pour un malade, un dérangé, et se moquèrent de lui ouvertement en le rencontrant dans la rue. Bartolomeo ne se soucia pas du qu’en-dira-t-on et vécut désormais les quarante années qui lui restaient à vivre, dans la prière et l’effacement.

Ceux qui s’étaient moqués de lui purent bientôt changer d’avis : le bruit se répandit que Bartolomeo était favorisé de visions de la Sainte Vierge et des Anges ; il y eut aussi des miracles. 

Bartolomeo mourut très âgé, sans doute octogénaire, le 6 mai 1330.

En 1880, fut confirmé son culte ab immemorabili et ce Bienheureux fut inséré dans la récente édition du Martyrologe.

 

 

Elisabeth de Hongrie la Jeune

1292-1338

 

Cette Elisabeth de Hongrie, qu’il ne faut pas confondre avec celle qu’on fête le 17 novembre, a été pour cela surnommée la Jeune.

Elle était née en 1292 (ou 1297) à Bude, fille du roi hongrois Andreas III et petite-nièce d’Elisabeth de Hongrie la Grande.

On lui proposa Wenceslas, le fils du roi de Bohême (à moins que ce fût Heinrich d’Autriche), mais elle préféra un autre Epoux, Fils de Dieu, qui l’attendait au monastère dominicain de Töss (Winterthur, Suisse). 

Ce magnifique couvent déclina beaucoup à cause de l’influence du protestantisme, fut vendu après la Révolution française pour abriter les ateliers Rieter ; dernier vestige, l’église fut démolie au début du 20e siècle.

Elisabeth était la dernière descendante du roi saint Etienne (v. 16 août).

Elle mourut le 6 mai 1338, mais n’est pas inscrite au Martyrologe.

 

 

Prudenza Casati

† 1492

 

De Prudenza Casati on ne sait pas grand-chose.

Elle était d’une famille de Milan et entra chez les Ermites de Saint-Augustin au couvent Sainte-Marthe.

Il y eut une rivalité entre ce couvent et celui de Côme, qui finirent par acquérir leur indépendance ; Prudenza contribua beaucoup à résoudre la situation. En 1454, elle fut elle-même nommée supérieure du couvent Saint-Marc à Côme.

Elle fit annexer l’église de la Visitation au monastère.

Après trente-huit années de supériorat, durant lesquelles elle sut maintenir une rigoureuse observance de la Règle, elle s’éteignit le 6 mai 1492, bientôt honorée du titre de Bienheureuse.

Cette bienheureuse Prudenza ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Anthony Middleton

?-1590

 

Né à Middleton Tyas (Yorkshire nord, Angleterre), il était le fils d’Ambrose Middleton et de Cecil Crackenthorpe.

Il entra au Collège anglais de Reims le 9 janvier 1582 et fut ordonné prêtre le 30 mai 1586.

Retourné dans son pays, il exerça le saint ministère dans la région de Londres. Il pouvait passer inaperçu à cause de sa constitution encore «jeune» qui le faisait prendre pour un jeune étudiant.

Pour avoir commis le «crime» d’être prêtre, il fut arrêté dans une maison de Clerkenwell (Londres), sur dénonciation d’un «rapteur de prêtres», qui fit semblant d’avoir besoin de l’assistance d’un prêtre catholique.

Au moment de son supplice, il proclama : Dieu m’est témoin que je meurs uniquement pour la Foi catholique et pour être prêtre de la vraie Religion. Un témoin présent à la scène lui cria : Monsieur, vous avez très bien parlé.

Anthony offrit sa vie pour le pardon de ses péchés, pour la diffusion de la vraie Foi et la conversion des hérétiques. Il fut supplicié à Londres, moins de quatre ans après son ordination, juste devant la porte de la maison où on l’avait arrêté. A peine fut-il pendu qu’on le remit sur pied et qu’on lui pratiqua l’éviscération, tandis qu’il respirait encore.

Ce supplice eut lieu le 6 mai 1590.

Anthony Middleton a été béatifié en 1929.

 

 

Edward Jones

?-1590

 

Edward naquit peut-être à Lyndon (Conwy, dans le diocèse de Saint-Asaph, Pays de Galles) et fut baptisé dans l’Eglise anglicane.

On ne dit pas quand il devint ministre du culte dans cette Eglise, mais on sait qu’il passa à l’Eglise catholique en 1587 à Reims, et qu’il fut ordonné prêtre en 1588.

Rentré en Angleterre, il fut arrêté à Fleet Street dès 1590.

Emprisonné, torturé dans la Tour par Topcliffe, il «avoua» avoir été précédemment anglican et être devenu prêtre. Il sut présenter habilement sa défense, ce dont la cour elle-même le complimenta : avec un humour bien britannique, il fit admettre que sa «confession» n’avait pas de valeur, puisqu’elle lui avait été arrachée par la torture… La cour le condamna tout de même pour haute trahison et pour être entré en Angleterre comme prêtre.

Il fut, selon la formule consacrée, hanged, drawn and quartered (pendu, éviscéré et écartelé), juste en face de l’épicerie où il avait été arrêté. 

Le supplice eut lieu le 6 mai 1590.

Edward a été béatifié en 1929.

 

 

François de Montmorency-Laval

1623-1708

 

Né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre (Chartres), François est un des sept enfants de Hugues de Laval-Montigny et de Michelle de Péricard, tous deux de haute noblesse.

Malgré l’ascendance de cette famille aux Montmorency, François ne cherchait pas les premières places. Il signait de Laval, oubliant Montmorency.

Après avoir fréquenté le collège des Jésuites de La Flèche, il entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1647.

Au bout de quelques années d'activités pastorales, il fut nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France, et sacré évêque le 8 décembre 1658.

Durant toute sa vie, Mgr de Montmorency montrera une profonde soumission à la volonté de la Providence : Nous n'avons qu'à lui être fidèles et le laisser faire, disait-il.

Il avait deux dévotions favorites : les Anges et la sainte Famille.

Dès son arrivée à Québec (1659), il se soucia du clergé et de la formation des prêtres ; il fonda le Grand séminaire (1663), une résidence pour les futurs prêtres, le Petit séminaire (1668) et, en 1674, le diocèse-même de Québec, dont il fut le premier évêque. 

Le Petit séminaire abrita dès son ouverture huit Canadiens et six Hurons. 

Mgr de Montmorency voulait faire de son clergé comme une grande famille.

Dès 1664, il cumula avec sa charge archiépiscopale celle d'abbé commanditaire de Méobecq (Berry) et de prieur d'Esvres-le-Moutier. Ces charges allaient lui apporter quelques revenus utiles pour son diocèse canadien. En 1673, il supprima l'abbaye.

En 1676, il approuva la congrégation des Filles séculières de Notre-Dame de Montréal, fondée par Marguerite Bourgeoys (voir au 12 janvier).

L'édifice du Grand séminaire fut construit entre 1678 et 1688.

Durant son épiscopat, il fit quatre fois le voyage Canada-France ; sur place, il parcourut son immense diocèse en canot, à pied, à cheval, pour visiter les gens sur place : il prit la défense des populations que les marchands occidentaux allaient corrompre avec la vente d'alcool ; il menaça d'excommunication les trafiquants d'eau-de-vie.

On le chargea par deux fois, par interim, du gouvernement de la Nouvelle-France, en 1663 et en 1682.

En 1685, épuisé par son labeur apostolique, il se retira au profit du nouvel évêque et résida au séminaire de Québec.

Mgr François de Montmorency-Laval mourut le 6 mai 1708, fut béatifié en 1980 et canonisé en 2014.

Son nom a été utilisé pour une ville du Québec (Laval), pour l'Université Laval et l'hôpital Laval à Québec.

Costanza Troiani

1813-1887

 

Née à Giuliano di Roma (Frosinone, Italie centrale) le 19 janvier 1813, Costanza était d'une bonne famille bourgeoise, troisième des quatre enfants de Tommaso et Teresa Panici-Cantoni. 

Le papa était organiste à la paroisse ; la maman était une femme très pieuse. Ces parents firent baptiser Costanza le jour-même de sa naissance et lui donnèrent les noms de Costanza Domenica Antonia.

Un drame traversa cette famille : le mari assassina son épouse...

A six ans, Costanza fut donc orpheline de mère et confiée aux Religieuses de la Charité de Sainte Claire (Ferentino). 

C'est là qu'elle reçut sa formation et qu'elle connut les Annales des Missions Africaines.

Son frère entra au séminaire et devint prêtre.

Elle trouva sa vocation dans cet Institut et, à quinze ans, ne voulut plus le quitter. Elle y fit sa profession en 1830, prenant le nom de Maria Caterina de Sainte-Rose-de-Viterbe. 

Sa première charge fut l'enseignement à l'école primaire du monastère. Mais Caterina était aussi une excellente couturière et brodeuse.

La nouvelle prieure prit Caterina comme secrétaire, et lui fit donner des leçons de comptabilité, ce qui lui donnait de grandes capacités d'enseignement et d'administration. Elle aurait pu être élue prieure, mais elle avait fait le vœu de toujours rester dans l'effacement.

En 1840, il y eut une crise entre le monastère et l'évêque du lieu, qui voulait transformer ces Religieuses en Maîtresses Pies sans clôture, leur retirant leur vocation franciscaine. La prieure et Caterina passèrent alors des mois à Rome, jusqu'à obtenir du pape l'érection canonique de leur monastère et l'approbation pontificale des constitutions. La prieure devint alors abbesse.

En 1852 l'évêque du Caire voulut avoir des Religieuses pour s'occuper des jeunes filles. Le missionnaire à qui il en parla, passa à Ferentino, où Caterina et ses Consœurs furent enthousiasmées du projet.

L'abbesse, avec Caterina et d'autres sœurs, partirent en Egypte en 1859. Caterina avait reçu depuis quelque temps un “message” divin, lui annonçant qu'elle aurait à s'occuper de la conversion d'un peuple outre-mer. 

Arrivées au Caire, elles furent mal reçues par le nouvel évêque, qui craignait une concurrence avec d'autres religieuses déjà présentes. Pour bien affirmer leur vocation différente, elles ouvrirent immédiatement une école au Caire : les familles purent témoigner de leur satisfaction de cette œuvre, et l'évêque s'inclina.

Or,  la maladie contraignit l'abbesse à se décharger des responsabilités sur Caterina, qui de fait fut élue supérieure de la communauté en 1863. L'évêque dispensa Caterina de son vœu et elle obéit par obéissance. Les Sœurs reçurent le nom de Tertiaires Franciscaines du Caire (et en 1950 prendront le nom de Franciscaines Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie).

Durant son supériorat, Caterina ouvrit sept nouvelles maisons en Egypte, pour l'assistance et l'éducation des orphelines. Elle dut surmonter beaucoup de difficultés, résoudre beaucoup de problèmes (de ressources, de personnel, le choléra en 1863). Elle sut trouver des appuis auprès du vice-roi d'Egypte, put agrandir la maison, construire une église, maintenir l'orphelinat et le pensionnat. 

Mais la maison du Caire devenait bien différente de celle de Ferentino. Les Religieuses de Ferentino voulurent se séparer de Caterina. Finalement, cette dernière obtint du pape l'érection de la maison du Caire en Institut Missionnaire indépendent, agrégé au Tiers-Ordre franciscain. 

En 1890, c’est le couvent de Ferentino qui finira par demander à y être rattaché, car elles n'avaient plus de vocations. 

Deux maisons s'ouvrirent en Italie pour les postulantes.

En Egypte, l'œuvre se développa de façon intense : une école à Bolacco, une autre à Mansura, à Dannata, à Kafr el Zayat, à Ismailia (avec l'aide de Ferdinand de Lesseps). 

Caterina eut particulièrement à cœur l'œuvre de rachat des petites noires, et l'orphelinat. Grâce à l'argent que lui envoyait un prêtre installé à Marseille, elle rachetait les petites filles sur les marchés et les envoyait à Marseille : elle sauva ainsi de la prostitution plus de sept cents petites filles. Les bébés trouvés dans les coins de rues, fruit de la prostitution, furent environ quinze cents.

Caterina visitait toutes les maisons, exhortant les Sœurs à la sainteté. Elles recevaient la communion trois fois par semaine, et elle chaque jour : elle était littéralement amoureuse de l'Eucharistie et proposait de faire l'Adoration perpétuelle chaque premier vendredi du mois, ainsi qu'en la solennité du Sacré-Cœur et de la Fête-Dieu. Si elle ne pouvait aller visiter le Saint Sacrement, elle demandait à son Ange gardien ou à saint Joseph de la remplacer. Elle faisait le Chemin de Croix chaque vendredi et chaque dimanche. Pour obtenir telle grâce de conversion, elle mettait les mains sous ses genoux (!).

Il arriva souvent que les aumôniers ne comprenaient pas quelle sainteté se cachait derrière une telle personnalité. Certains pensèrent se mêler de l'administration, imposer à la pauvre Caterina des humiliations honteuses, comme d'embrasser les pieds de qui l'avait accusée injustement ou de se prosterner en travers de la porte du réfectoire pour que les religieuses lui passent dessus.

L'évêque pensa même un moment dissoudre la communauté, mais celui qu'il envoya faire l'enquête le convainquit du contraire. Au chapitre général, mère Troiani fut élue à l'unanimité des voix.

La nouvelle difficulté fut en 1882, quand l'insurrection arabe contraignit la communauté à se diviser en trois, à Jérusalem, à Marseille et à Naples. Elle put tout de même les rassembler au bout d'un an.

De nouveau élue en 1883, mais déjà très fatiguée, Caterina ouvrit des maisons en Italie, à Malte, à Jérusalem.

A Pâques de 1887, ne pouvant plus marcher, elle s'alita, écrivit son testament, remit les clefs à ses secrétaires. Le 6 mai 1887, elle mourut en disant : Jésus m'appelle !

Même les musulmans dirent alors : Nous n'aurons plus une maman comme celle-ci.

Elle a été béatifiée en 1985.

Rosa Maria Benedetta Gattorno

1831-1900

 

Née le 14 octobre 1831 à Gênes (Italie), de Francesco et Adelaide Campanella, Rosa fut baptisée le jour-même à Saint-Donat. 

Cette belle famille de six enfants était profondément chrétienne. Rosa y reçut les meilleurs exemples de piété, de charité, ainsi que sa formation intellectuelle, comme dans toute famille aisée de l'époque.

A douze ans, elle reçut la Confirmation. Rosa grandit dans la sérénité, mais elle apprit aussi à réagir fermement en face des idées laïques, anticléricales, de l'époque.

A vingt-et-un ans, elle épousa un cousin, Gerolamo Custo et ce couple s'installa à Marseille. Mais des revers de fortune imprévus les firent revenir à Gênes, ruinés.

La maladie frappa leur premier enfant, Carlotta, qui demeurerait sourde et muette pour le reste de ses jours.

Gerolamo tenta de refaire fortune, mais mourut bientôt, ce qui provoqua un profond désarroi dans l'âme des deux autres petits enfants. 

La pauvre Rosa se retrouvait veuve après tout juste six ans de mariage ; à cela s'ajouta que son plus jeune enfant mourut aussi peu après.

Cette vie de douleurs ne la laissa pas désemparée : elle y vit un appel de Dieu à approfondir sa vie et à se donner davantage au prochain. C'est ce qu'elle appela sa “conversion”.

Suivant les bons conseils de son directeur spirituel, elle put recevoir chaque jour l'Eucharistie, chose rare à cette époque. 

Le 8 décembre 1858, elle fit privément les vœux de chasteté et d'obéissance, puis celui de pauvreté en 1861, comme tertiaire franciscaine.

A l'image de saint François, elle reçut les stigmates de la Passion du Christ, mais de façon invisible, dont elle souffrait particulièrement les vendredis.

Tout en élevant maternellement ses propres enfants, elle se tourna vers les besoins des autres, visitant les malades à l'hôpital, les pauvres dans leurs masures, et cherchant à leur faire tout le bien qu'elle pouvait.

Elle qui ne faisait rien pour “paraître”, elle fut désignée pour présider la Pieuse Union des Nouvelles Ursulines, Filles de Marie Immaculée, fondées par Paola Frassinetti (voir au 11 juin), et dut en revoir les règles.

Peu à peu elle conçut le projet d'une nouvelle famille, mais elle ne voulait pas abandonner ses enfants et elle demanda d'abord prudemment le conseil d'un saint Capucin, Francesco de Camporosso (voir au 17 septembre), qui l'encouragea dans cette voie. Puis ce fut le pape lui-même qui lui demanda de donner immédiatement le départ à un nouvel Institut, ajoutant même : Cet Institut se répandra dans le monde entier comme le vol du pigeon. Dieu prendra soin de vos enfants. Elle s'offrit alors généreusement à Dieu, comme Abraham : Me voici, je suis prête à faire ta divine volonté. Après cette offrande, elle fut envahie d'une grande consolation.

Au grand regret de sa famille et de l'évêque, elle laissa Gênes et alla à Piacenza fonder sa famille religieuse, qui s'appela les Filles de Sainte Anne, Mère de Marie Immaculée (1866).

Elle en prit l'habit en 1867, et fit la profession religieuse en 1870, avec douze autres sœurs.

Un bon prêtre, le père Tornatore, l'aida à rédiger les règles, et fut considéré pour cela co-fondateur.

Celle qui s'appellerait désormais Anna Rosa n'avait qu'un but : Servir Jésus dans ses membres qui souffrent et évangéliser avec amour.

Les activités de l'institut se multiplièrent à l'infini : malades, pauvres, personnes abandonnées, orphelins, adolescents, jeunes filles...  Elle voulait que ses Filles fussent des servantes des pauvres et des ministres de la miséricorde, avec amour et humilité.

Moins de dix ans après la fondation, l'Institut obtenait déjà une première reconnaissance (1876) et fut définitivement approuvé en 1879. La règle fut approuvée en 1892.

Anna Rosa travailla avec l'évêque, Mgr Scalabrini, maintenant béatifié (voir au 1er juin), qui fonda à Piacenza une maison pour les sourds-muets.

Malgré ce développement rapide, Anna Rosa eut à subir beaucoup de difficultés, d'humilitations, de tribulations de toutes espèces. Elle ne pensait qu'à une chose : faire connaître Jésus-Christ, lui conduire le monde entier, être la voix de Jésus.

En 1878 elle envoie ses Filles en Bolivie, puis au Brésil, au Chili, au Pérou, en Erythrée, en France, en Espagne. Elle ouvre des écoles à Rome, des maternités, des maisons d'accueil pour les prostituées, pour les domestiques...

A sa mort, presque quatre cents maisons étaient ouvertes avec plus de trois mille Sœurs.

Elle mourut le 6 mai 1900, après une forte grippe qui la frappa en février.

Anna Rosa Gattorno fut béatifiée en 2000.

 

 

Kazimierz Gostyński

1884-1942

 

Il naquit le 8 avril 1884 à Varsovie. Son père, Władysław, un industriel de renom, s’était distingué lors d’une insurrection et avait été le co-fondateur de l’université de Varsovie.

Prêtre du diocèse de Lublin, ordonné en 1908, il fit d’autres études de théologie morale à l’université d’Innsbruck. 

En 1912, il fut recteur au gymnase de Saint-Pierre ; en 1915 il créa le gymnase Hetman Jan Zamoyski pour garçons, ainsi que l’association des enseignants, en même temps qu’il enseignait au séminaire.

En 1922 il reçut la distinction de camérier du pape Pie XI, et devint chanoine du chapitre de la cathédrale de Lublin. 

Il fut supérieur du collège Saint-Stanislas Kostka à Lublin en 1933-1934, et recteur de l’église Notre-Dame des Victoires.

Dans son intense activité au profit de l’enseignement, il se préoccupa de fonder une bourse d’études pour les étudiants bacheliers sans ressources suffisantes.

Il fut arrêté le 11 janvier 1940 et mis en prison d’abord à Lublin.

Six mois après, il fut transféré au camp de concentration de Sachsenhausen puis à celui de Dachau. Là, on lui imposa des tâches au-delà de ses forces ; torturé et jugé incapable de travailler, il fut exécuté dans une chambre à gaz, le 6 mai 1942, le même jour qu’un autre prêtre, Henryk Kaczorowski.

C’est un des cent-huit Martyrs polonais de l’occupation nazie, béatifiés en 1999 et fêtés ensemble le 12 juin en Pologne.

Les bienheureux Kazimierz Gostynski et Henryk Kaczorowski sont mentionnés le 6 mai au Martyrologe.

 

 

Henryk Kaczorowski

1888-1942

 

Il naquit le 10 juillet 1888 à Bierzwiennej (Pologne), de Andrzeja et Julia Wapińskich.

Il étudia au séminaire de Włocławek et à l’Académie théologique de Saint-Petersbourg.

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Włocławek en 1914.

Pendant la guerre, il fut chapelain du sanctuaire de Lichen.

Après la guerre, il prépara son doctorat en théologie à l’université de Lublin (1922), et devint recteur du grand séminaire. Il y enseigna la théologie morale.

De 1925 à 1928, il fut rédacteur en chef à l’Athenæum des prêtres.

En 1930 il fut nommé chanoine du chapitre de la cathédrale.

Son état de santé ne lui permettait pas de continuer ses activités à Włocławek, mais il resta recteur de l’université de 1928 à 1939, date à laquelle il reçut la distinction de Prélat de Sa Sainteté.

Il publia de nombreux articles à caractère social, théologique, moral et spirituel, et participa à plusieurs réunions scientifiques internationales.

Il comptait parmi ses disciples plusieurs Serviteurs de Dieu : Edward Grzymala, Jozef Kirzava, Leon Nowakowski, Tafdeusz Dulny, Bronislaw Kostkowski.

Arrêté en 1939 durant la persécution nazie, il continua de témoigner sa foi dans les camps de concentration et d’assister les prisonniers.

Transféré à Dachau en 1941, il y porta le numéro 24547. Sa dernière parole à ses amis fut : Au revoir.

Il fut gazé à Dachau (Bavière) le 6 mai 1942, en même temps que l’autre prêtre Kazimierz Gostyński, tous deux mentionnés le même jour au Martyrologe, et béatifiés en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de la persécution nazie.

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 23:00

05 MAI

 

III.

S Iovinianus, lecteur à Auxerre, compagnon de s.Peregrinus et martyr.

?

S Silvain, martyr à Rome.

Ste Crescentienne, martyre à Rome.

IV.

Ss Irénée, Pérégrin et Irène, martyrs à Thessalonique.

Ste Irène, vierge et martyre en Calabre, patronne secondaire de Lecce ; on la dit fille de l’empereur Licinius.

S Euthymios, diacre martyr en Alexandrie.

S Maximos, évêque à Jérusalem ; condamné aux mines, il eut un œil arraché et un pied brûlé ; il mourut exilé.

S Britto, évêque à Trèves : il il condamna les priscillianistes, mais chercha, en vain, d’épargner à Priscillien la condamnation à mort.

V.

S Hilarius, moine de Lérins, désigné comme évêque en Arles par une colombe.

S Nicetius, évêque à Vienne.

S Geruntius, évêque à Milan.

VI.

S Théodore, évêque à Bologne.

S Serdon, évêque à Saguntum.

Ste Waldrada, abbesse  près de Metz (Saint-Pierre aux Nonnains).

VII.

S Mauront, fils des Ss Adalbaud et Rictrude, successeur de son père comme seigneur de Douai ; abbé à Marchiennes et à Breuil-sur-Lys, patron de la ville de Douai.

Stes Teutérie et Tusca, vierges anglaises, ermites près de Vérone (VIII. ?).

VIII.

S Sacerdos, évêque à Limoges et patron de Sarlat.

XI.

S Godehard (Gotthard), abbé à Niederaltaich, Hersfeld, Tegernsee, évêque à Hildesheim.

XII.

S Leone, ermite en Calabre, fondateur d’un monastère près de Reggio Calabria.

S Avertin, diacre anglais, ermite près de Tours, invoqué contre les maux de tête.

XIII.

S Ange, carme né à Jérusalem, martyr en Sicile.

Ste Jutta, veuve de Thuringe ; elle gagna la Prusse où son frère Hannen von Sangerhausen était grand maître des Chevaliers teutoniques ; elle passa le reste de sa vie à Kulmsee ; elle est la patronne de la Prusse.

B Benvenuto, frère lai franciscain à Recanati, mystique.

Bse Bonizella Piccolomini Cacciaconti, veuve à Sienne.

XIX.

S Nunzio Sulprizio, enfant maltraité, malade, mort à dix-neuf ans, modèle donné par Léon XIII à la jeunesse ouvrière, canonisé en 2018.

Bse Caterina Cittadini, jeune orpheline, fondatrice des Sœurs Ursulines de Somasque, béatifiée en 2001.

XX.

Bx Enric Gispert Domenéch (*1879) et Josep Gomis Martorell (*1894), prêtres espagnols martyrs près de Barcelonne en 1937 et béatifiés en 2013.

B Boleslaw Frackowiak (Grzegorz, 1911-1943), polonais de la Société du Verbe Divin, décapité à Dresde, béatifié en 1999.

Iovinianus d’Auxerre

† 260

 

On sait que le pape Xyste II (v. 6 août) ordonna, durant son unique année de pontificat, deux évêques. L’un de ceux-ci fut Peregrinus, qu’il envoya en Gaule (v. 16 mai), accompagné de Iovinianus.

Ce dernier était, ou fut ordonné par Peregrinus, lecteur de l’Eglise d’Auxerre.

Il mourut martyr, la même année que Peregrinus, en 303 ou 304.

Toutefois, le Martyrologe Romain annonce Iovinianus onze jours avant Peregrinus ; ils auraient pu être réunis.

Saint Iovinianus d’Auxerre est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euthymios d’Alexandrie

† 305

 

Ce diacre de l’Eglise d’Alexandrie mourut en prison.

Fut-il torturé auparavant ? Le laissa-t-on mourir de faim dans sa geôle ? On ne peut le savoir.

Fidèle diacre, glorieux Martyr, il donna sa vie au Christ, et mourut en 305.

Saint Euthymios d’Alexandrie est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos de Jérusalem

† 350

 

Prêtre à Jérusalem, Maximos fut condamné aux mines pour sa constance à proclamer sa foi.

On lui arracha un œil et on lui brûla un pied avec un fer rouge, et on le condamna aux mines.

Plus tard, libéré, il accompagna son évêque Makarios au concile de Nicée (325). 

Un épisode remarquable se produisit : durant cette interminable controverse de l’arianisme, on fit passer des déclarations, des formules, différents textes, dont certains allaient contre la doctrine amplement défendue et illustrée par Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai). Or, Maximos signa un de ces textes incriminés, par inadvertance sans doute, ou sans comprendre la malignité du texte.

L’évêque Paphnuce (v. 11 septembre) se permit une belle remontrance à Maximos : A des confesseurs de la foi qui ont perdu leurs membres au service de Jésus-Christ, il ne convient pas de siéger au milieu des fourbes et des impies. Dès lors, Maximos se montra un zélé défenseur d’Athanase, et prit sa défense énergiquement dans les conciles successifs de Tyr, Alexandrie et Sardique (335, 339, 343).

En 333, c’est Maximos qui succéda à Makarios.

En 349, il convoqua lui-même un concile à Jérusalem, où il reçut solennellement Athanase qui était revenu de son deuxième exil peu auparavant. 

Sa fermeté fut durement payée : les ariens, furieux de sa prise de position, le chassèrent de son siège. Maximos mourut peu après, vers 350, après dix-sept ans d’un épiscopat lumineux de sainteté et de charité. 

Saint Maximos de Jérusalem est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Britto de Trèves

† 386

 

La première date connue concernant l’évêque Britto, est qu’il succéda à Bonosus en 373 comme huitième évêque de Trèves.

L’année suivante, en 374, il était un des vingt-deux évêques présents au concile de Valence.

Il s’exprima en faveur d’une indulgence envers des Chrétiens tombés (lapsi) dans l’apostasie au moment de la persécution sous Julien l’Apostat (361-363).

En 382, se tint à Rome un synode sous la présidence du pape Damase (v. 11 décembre). A la deuxième place de cette assemblée, se trouvait Ambroise de Milan (v. 7 décembre), à la troisième place Britto, comme métropolitain de toute la Gaule.

Trèves fut le théâtre d’un procès retentissant contre Priscillien et ses adeptes, qu’on accusait d’hérésie et de sorcellerie. S.Martin de Tours (v. 11 novembre) et s.Ambroise s’y trouvaient. De concert avec eux, Britto s’efforça d’éviter au moins la condamnation à mort de l’Accusé, en vain. L’ancien évêque d’Àvila pouvait, au maximum, être excommunié s’il ne voulait retirer ses erreurs, mais le bras séculier - quoique chrétien - le condamna à mort et l’exécuta. Britto et ses Confrères en furent très attristés.

Britto mourut en 386, après treize années d’épiscopat.

Saint Britto de Trèves est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicetius de Vienne

5e siècle

 

Nicetius (dont on a fait Nicet ou Nizier en français), reçut sa formation des deux évêques de Vienne, Jérôme et Claude.

Il succéda à ce dernier, devenant le seizième ou dix-septième évêque de Vienne.

On connaît peu de choses sur lui, et rien de précis sur les dates de sa vie et de son épiscopat.

En 449, il participa au sacre de Ravennius, évêque d’Arles.

Saint Nicetius de Vienne est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarius d’Arles

401-449

 

Hilarius naquit vers 401 quelque part en Lorraine ou en Bourgogne, d’une famille d’origine grecque, dit-on, et eut un frère.

Eduqué dans les bonnes façons, instruit, il eut un poste important dans l’administration.

Un parent, nommé Honoratus, récemment entré au monastère de Lérins, chercha à persuader Hilarius de quitter ce monde d’affaires et d’ambitions, et de se retirer comme lui au monastère. Hilarius n’y était pas vraiment disposé. Mais avec le temps, Hilarius y pensa et finit par vendre à son frère son héritage, à distribuer l’argent aux pauvres et à venir se mettre sous la Règle de Lérins.

L’homme avait complètement changé. Le mondain était un moine humble, soumis et doux.

Il eut la responsabilité de l’éducation des deux enfants d’Eucher, devenu évêque de Lyon (435).

En 426, Honoratus fut nommé évêque d’Arles : il appela Hilarius pour l’aider, mais ce dernier préféra revenir dans le silence du cloître. Plus tard, Honoratus le rappela pour s’en faire assister dans ses vieux jours. Hilarius l’assista filialement jusqu’au bout.

En 430, à la mort d’Honoratus, Hilarius disparut promptement de peur d’être appelé à la succession. Mais le gouverneur d’Arles le fit appeler et on lui fit promettre d’accepter l’épiscopat, si Dieu en manifestait la volonté. A ce moment-là, une colombe apparut au-dessus de sa tête, et ne s’envola pas tant qu’Hilarius n’eût pas accepté de succéder à Honoratus. Il devint alors le vingt-cinquième évêque d’Arles.

Malgré quelques maladresses au début, le jeune évêque apprit à adapter sa parole à ses interlocuteurs, qu’ils fussent grands ou petits ; il sut parfois être sévère, pour reprendre un juge trop partial. Il était convainquant : plus d’un jeune dut sa vocation aux exhortations d’Hilarius.

Hilarius fut en relations très amicales avec s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet), le consultant volontiers pour certains problèmes diocésains.

Hilarius pécha quelquefois par imprudence et précipitation, tant il est vrai que, parfois, l’impétuosité de la jeunesse rivalise avec la prudence des Anciens. Et le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) l’avertit en termes assez sévères : Une troupe de soldats suit Hilarius à travers les provinces… Fougueux, Hilarius en effet dépassait parfois ses limites territoriales et ses pouvoirs. Ainsi, en voyage pour Auxerre, il s’arrêta à Besançon, y organisa un concile qui déposa l’évêque, Chélidoine. Tandis que ce dernier put défendre sa cause à Rome et retrouver son siège, Léon déclarait Hilarius séparé de la communion (en clair : excommunié), lui retirait une partie de son autorité territoriale, lui interdisait de sacrer des évêques ou même d’assister à quelque ordination. La sainteté d’Hilarius alors se manifesta dans toute sa lumière, car l’évêque montra une docilité, une humilité, qui firent revenir même le pape à des sentiments tout paternels.

Dans sa vie privée, Hilarius maintint ses habitudes ascétiques de moine ; il aimait la pauvreté, et pour aider les pauvres, travaillait de ses propres mains pour leur venir en aide. 

La parole d’Hilarius fut accompagnée de miracles : par l’imposition des mains, il guérit un aveugle et un possédé.

Il présida plusieurs conciles régionaux, à Riez, Orange, Vaison, Arles (439, 441, 442, 443). Il combattit le pélagianisme, organisa la discipline ecclésiastique, fonda ou réforma des monastères.

Après dix-neuf années d’épiscopat, Hilarius annonça le jour de sa prochaine mort, et mourut effectivement le 5 mai 449.

On rapporte un détail touchant concernant les funérailles d’Hilarius : comme les Chrétiens pleuraient leur saint évêque, ce furent les Juifs qui, pour honorer à leur tour cet évêque qu’ils aimaient eux-aussi, se mirent à chanter des psaumes en hébreu.

Saint Hilarius d’Arles est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Geruntius de Milan

† 465

 

Geruntius fut le vingtième évêque de Milan, ayant été nommé à ce siège en 462 (approximativement).

Ce qu’on peut dire de lui est que, bien plus tard, s. Carlo Borromeo († 1584) procéda à l’élévation des reliques de s.Geruntius. On peut remarquer que Carlo Borromeo fut nommé au siège de Milan en 1560, à peu près onze siècles après Geruntius : le nouvel archevêque aura voulu mettre à l’honneur un de ses illustres prédécesseurs.

Saint Geruntius de Milan est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mauront de Breuil

634-702

 

Maurontus (en français : Maurant, Mauront, Morand) naquit en 634 à Breuil-sur-Lys (Douai), unique garçon des quatre enfants d’Adalbaud et de Rictrude. Ses trois sœurs s’appelaient Eusébie, Adalsinde et Clodoswinthe (v. 16 mars, 25 décembre).

Il fut baptisé par s.Riquier (v. 26 avril).

Adolescent, il fut envoyé à la cour de Clovis II et de la reine Bathilde.

Son père mort (v. 2 février ?), et sa mère s’étant retirée au monastère de Marchiennes (v. 12 mai), Mauront songea à se marier, mais préféra se ranger sous la sainte direction de s.Amand (v. 6 février). Il en reçut le diaconat.

En 674, il fonda un monastère en ses terres, à Breuil (Merville), et en devint abbé. En 680, il céda sa place à l’ancien évêque de Sion, Amé (v. 13 septembre), auquel il se soumit humblement ; cette sainte amitié le porta à une très haute sainteté ; quand mourut Amé (690), Mauront redevint abbé.

En même temps, Mauront dirigeait le monastère de Marchiennes, depuis la mort de sainte Rictrude (688).

Il mourut le 5 mai 702, et fut enseveli à Marchiennes, auprès de sa mère et de ses trois sœurs.

En 900, ses reliques furent transférées à Douai, dont il est le patron.

Saint Mauront de Breuil est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sacerdos de Limoges

650-720 

 

Sacerdos naquit vers 650 à Calviac (Dordogne), de Laban et Mondane, originaires de Bordeaux.

Quel beau nom, «Sacerdos» (=Prêtre), pour un futur abbé et évêque !

Tôt orphelin de père, Sacerdos reçut une excellente éducation de sa sainte mère.

Il fut mis sous la direction de l’évêque de Cahors, Capuan (v. 25 octobre ?) ; Sacerdos devint alors véritablement prêtre.

Il n’exerça pas son ministère au milieu du troupeau paroissial qui avait bien besoin de lui, mais il se retira dans un petit monastère près de chez lui ; il vivait d’aumône. Ce n’est probablement pas ce monastère qui devint l’abbaye bénédictine de Sarlat, puisque celle-ci fut fondée au 9e siècle.

Sacerdos consacra quelque héritage à restaurer le bâtiment et y vécut sept années, après lesquelles il fut élu abbé.

Vers 700, à la mort de l’évêque de Limoges, ce fut Sacerdos qu’on appela à monter sur ce siège. Le prêtre Sacerdos devenait évêque.

Il le resta peu de temps ; son heure déjà arrivait, et il préféra mourir dans son monastère. Mais la mort se présenta plus rapidement et l’on n’eut plus qu’à transporter la dépouille du saint évêque dans le monastère pour l’inhumer ; c’était vers 720.

Des miracles eurent lieu à l’endroit de ce tombeau.

Les reliques, qui furent portées à la cathédrale de Sarlat au 14e siècle, furent détruites lors des guerres de religion.

Saint Sacerdos de Limoges est désormais commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Godehard de Hildesheim

960-1038

 

Godehard vit le jour en 960 à Reichersdorf (Bavière, Allemagne S), de Ratmund, qui fut établi prévôt de l’abbaye bénédictine de Niederaltaich ; c’est là que Godehard reçut donc sa formation.

On rapporte (?) qu’ayant dû un jour apporter des charbons incandescents pour l’encensoir, il les mit dans un pan de sa tunique, qui ne subit aucune brûlure.

Puis le jeune homme entra dans l’Ordre bénédictin et devint abbé, d’abord à Niederaltaich en 996, puis en même temps aussi à Tegernsee en 1001-1002 et Hersfeld en 1005-1012, ainsi aussi qu’à Kremsmünster en 1007-1013.

C’est pendant son abbatiat à Hersfeld qu’il aurait fait édifier le mur d’enceinte de la ville de Gotha ainsi que l’église Sainte-Marguerite avec les jardins.

En 1022 il fut nommé évêque pour le siège de Hildesheim, où il fit construire au moins trente nouvelles églises ; la cathédrale fut amplifiée sur sa façade occidentale. 

Moine d’esprit, il savait aussi manifester son humour, de sorte qu’il laissa sur le diocèse une profonde empreinte spirituelle et humaine.

Godehard mourut dans une de ses fondations, à Mauritiusstift, le 5 mai 1038.

Il a été canonisé en 1131.

C’est de lui qu’il s’agit quand on parle du Massif ou du Tunnel du Saint-Gothard.

 

 

Ange de Jérusalem

1185-1225

 

Ange était né le 2 mars 1185 à Jérusalem dans une famille juive, jumeau de Jean.

Tous deux furent baptisés, lorsque leur mère passa au christianisme. On dit que ce fut elle-même qui les baptisa.

A dix-huit ans, Ange et son frère entrèrent dans l’Ordre du Carmel.

En 1211 Ange reçut le sacerdoce. Il commença une vie apostolique, bénie par les miracles que Dieu lui permit de faire.

Il tenta de s’isoler pour se faire oublier, mais en 1218 Dieu l’appela à partir pour l’Italie : il devait présenter la règle de l’Ordre au pape et lui en demander l’approbation.

Il fut ensuite envoyé en Sicile pour y contrer l’hérésie cathare, où de nouveaux miracles eurent lieu. Il y avait à Licate un seigneur aux mœurs corrompues, qu’Ange voulut ramener dans le bon chemin, mais le seigneur en question le prit en haine et jura sa perte.

Ange le sut par révélation céleste : on sait que saint Jean-Baptiste fut décapité pour avoir reproché à Hérode sa vie corrompue (Mc 6:17-29), et c’est le même Jean-Baptiste qui annonça à Ange son prochain martyre.

Le 5 mai 1225, en sortant de l’église où il avait célébré la Messe, il fut assassiné et expira en murmurant le verset du psaume (Ps 30:6) : En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.

Il fut canonisé dès 1456.

En 1656, une épidémie de peste fut enrayée par l’intercession de saint Ange.

 

 

Jutta de Thuringe

1220-1260

 

Jutta (ou Judith) naquit en 1220 en Thuringe.

Elle épousa encore jeune le seigneur Johannes Konopacki de Bielczna, un membre de la noble famille des Sangerhausen, qui cependant mourut après cinq années seulement d’une heureuse vie conjugale.

Jutta s’occupa de ses enfants puis leur divisa ses propriétés et se mit entièrement au service des pauvres et au soin des lépreux.

Elle vint en 1256 à Kulmsee (Chełmża), là où vivait son parent, Anno de Sangerhausen, grand maître des chevaliers teutoniques de Prusse ; elle choisit d’y vivre en recluse, dans la prière et les jeûnes. 

Elle fut en relation avec sainte Mechtilde de Magdebourg (v. 19 novembre).

Au profit des lépreux, elle y fit construire l’hôpital Saint-Georges, où elle allait aussi prodiguer ses soins.

Regrettée de tous ses protégés, elle mourut le 5 (ou le 11) mai 1260, et fut bientôt vénérée populairement comme Sainte et considérée comme la patronne de la Prusse, et particulièrement de la province de Kulmer.

Elle ne se trouve pas au Martyrologe.

 

 

Benvenuto Mareni de Recanati

† 1289

 

Il y a parfois de grands saints dont l’humilité semble vouloir l’emporter sur la célébrité, même dans l’éternité.

Le frère Benvenuto, un frère lai, c’est-à-dire “laïc”, qui n’a pas reçu les ordres des clercs, mais qui s’était consacré corps et âme pour chercher dès cette vie la voie de la sainteté, s’éleva au sommet de la perfection par une fidélité inviolable à la règle franciscaine. Il vécut dans une constante union avec Dieu et eut de fréquentes extases.

Le couvent franciscain de Recanati, dans la province italienne des Marches, avait été fondé en 1212. Un des premiers frères fut, justement, le frère Benvenuto, dont on ne connaît rien d’autre que ses extases et sa douceur. Plusieurs documents historiques parlent de lui comme d’un homme “illustre par sa vie et ses miracles”. “Il avait une dévotion toute spéciale pour écouter la Messe, et il lui semblait serrer dans ses bras le Christ, tant était forte et extraordinaire sa dévotion pour le corps du Seigneur.”

Un des signes de sa haute sainteté est cet épisode où, occupé à préparer le repas des frères, il eut un désir ardent d’aller se recueillir devant le Saint Sacrement, quelques instants, avant de revenir à son travail. Mais son ardeur le plongea dans une extase qui dura fort longtemps, après quoi il fut tout angoissé pour les victuailles qui seraient sans doute perdues. Arrivé dans la cuisine, il trouve un beau jeune homme occupé à manier la casserole et qui lui dit d’inviter les frères à venir manger. Aussitôt, il appelle les frères et leur dit : Mangez, mes amis, tout cela vous est préparé par l’ange du Seigneur. Et eux de constater qu’ils n’avaient jamais rien mangé d’aussi bon.

On n’a pas su combien d’années vécut notre Bienheureux. Un examen des restes de son corps aboutit à la constatation qu’il ne mesurait guère plus d’un mètre soixante-quatre, et qu’il dut s’éteindre à un âge avancé, et c’était le 5 mai 1289.

Les documents de l’époque parlent souvent de “saint Benvenuto”, à qui on décide d’élever un tombeau digne de sa sainteté. Mais Benvenuto est jusqu’à présent resté dans l’humilité et n’a pas été canonisé. Son culte immémorial a été confirmé au XIXe siècle. 

La fête du Bienheureux fut autrefois célébrée le 17 septembre, jour où l’on commémorait, depuis 1340, les stigmates reçues par s.François d’Assise en 1224. Mais le bienheureux Benvenuto est mentionné le 5 mai au Martyrologe Romain, jour où il est désormais célébré. Un calendrier local le mentionne aussi le 23 mai.

 

 

Bonizella Cacciaconti Piccolomini

1230-1300

 

On ne sait exactement où naquit Bonizella, à cause de l’incendie qui détruisit les archives d’Arezzo (Ombrie, Italie). Elle aurait pu naître à Sienne.

C’était la fille de Ildebrando Cacciaconti, seigneur et podestà de Padoue, Città di Castello, Sienne et Arezzo, propriétaire du château de Trequanda.

Bonizella vit le jour vers 1230.

Elle épousa le comte Naddo di Benuccio Piccolomini de Corsignano, et fut bientôt veuve.

Par la suite, elle mit ses ressources et ses richesses au service des pauvres ; elle alla soigner personnellement les malades, les blessés, les familles des victimes des guerres…

Elle mourut ainsi le 5 mai 1300 et fut ensevelie dans l’église de Trequanda, près du mur… Puis le temps passa.

Deux siècles plus tard, on aperçut comme un très gros essaim d’abeilles qui sortait du mur de l’église : on pensait trouver là un magnifique rayon de miel, mais on trouva le corps de Bonizella, vêtu d’une étoffe très précieuse, émanant une très bonne odeur d’encens et tenant entre ses doigts un vase sacré de cire : c’était là le travail des braves abeilles.

Un constat officiel en fut dressé et ce fait prodigieux fut le début d’une série de signes miraculeux.

Ainsi, lors d’une invasion d’Espagnols, un capitaine prétendit se saisir d’un doigt de Bonizella, mais il en devint aveugle sur le champ, et ne retrouva la vue qu’en remettant en place le doigt. Lors d’une autre agression, des soldats qui s’en prenaient aux jeunes filles de la ville, furent frappés de cécité, jusqu’à ce qu’ils cessassent de les molester, et cela juste après le recours à l’intercession de Bonizella. Guérisons, délivrances, faits miraculeux se multiplièrent.

Bonizella fait ainsi l’objet d’un culte pluriséculaire, quoiqu’elle ne soit pas inscrite au Martyrologe.

 

Nunzio Sulprizio

1817-1836

 

A Pescosansonesco (Pescara, non loin de l’Adriatique, Italie), vivaient les jeunes époux Domenico Sulprizio, cordonnier, et Rosa Luciani, fileuse, qui donnèrent naissance, le 13 avril 1817 - un dimanche “in albis” - à un petit garçon qui, le soir même, reçut au baptême le prénom de Nunzio.

Il avait trois ans, quand ses parents le présentèrent à l’évêque de Sulmona pour lui administrer le sacrement de Confirmation. L’évêque, Mgr Francisco Tiberi, était en effet en visite pastorale dans le bourg voisin de Popoli. Ce 16 mai 1820 fut l’unique date heureuse de l’enfance de Nunzio, car par la suite il ne vivra que dans la souffrance.

 

Orphelin et abandonné

 

Au mois d’août de cette même année 1820, le papa Domenico meurt à tout juste 26 ans. Deux ans après environ, Rosa se remarie, entre autre pour trouver un certain soutien économique, mais le beau-père est dur et grossier avec le petit Nunzio. Ce dernier s’accroche à sa mère et à sa grand-mère maternelle. Il commence à fréquenter l’école, une sorte de jardin d’enfant, ouvert par le prêtre, le père De Fabiis, dans le village de la nouvelle résidence, Corvara.

Pour Nunzio, ce sont là les moments les plus doux de sa vie : il apprend à connaître Jésus, le Fils de Dieu fait homme, mort en croix pour expier le péché du monde. Il commence à prier, à imiter les exemples de Jésus et des Saints, que lui enseigne le bon curé, en même temps maître d’école. Sociable et ouvert, l’enfant joue avec ses petits amis. Il commence l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Mais voici que sa maman meurt le 5 mars 1823 : Nunzio n’a que six ans, c’est sa grand-mère maternelle, Rosaria Luciani, qui le prend chez elle pour s’occuper de lui. Il est encore analphabète, mais il a une foi et une bonté immenses. La grand-mère et son petit-fils sont toujours ensemble : à la prière, à la Messe, dans les petits travaux de la maison. L’enfant va à l’école fondée par le père Fantacci pour les enfants les plus pauvres, et c’est là qu’il grandit en sagesse et en vertus ; ce garçon est un cœur pur, qui met toute sa joie à servir la Messe, à rendre visite très souvent à Jésus Eucharistie présent dans le tabernacle. Il a une horreur toujours croissante du péché et un désir sans cesse grandissant de ressembler au Seigneur Jésus;

Il a à peine neuf ans, que meurt à son tour la grand-mère, le 4 avril 1826. Le voilà seul au monde et c’est pour lui le commencement d’un long “chemin de croix” qui le fera toujours plus ressembler à Jésus Crucifié.

Il est alors accueilli comme apprenti chez son oncle, Domenico Luciani, surnommé “Mingo”, lequel le retire de l’école et l’enferme littéralement dans sa boutique de maréchal-ferrant, en lui faisant faire les besognes les plus dures, sans tenir compte de son âge et des plus élémentaires nécessités de la vie. Souvent il le maltraite, le privant même de nourriture quand il juge qu’il n’a pas fait ce qu’on lui a demandé. Il l’envoie faire les livraisons, sans s’inquiéter le moins du monde des distances ni des marchandises à transporter, encore moins des rencontres bonnes ou mauvaises qu’il peut faire. C’est une ruine vivante, sous le soleil, la neige, la pluie, toujours habillé de la même façon. On ne lui épargne pas même les coups, assaisonnés de grossièretés et de blasphèmes.

Nunzio pourrait rapidement succomber, mais sa foi est profonde. Dans ce trou de boutique, frappant sur l’enclume, “fouetté” par un travail inhumain, il pense à son grand Ami, Jésus Crucifié : il prie et il offre, en union avec Lui, en réparation des péchés du monde, pour faire la volonté de Dieu, pour gagner le Paradis. Le dimanche, même si personne ne l’y envoie, il va à la Messe, son unique repos de toute la semaine.

Bien vite il tombe malade. Par une rigide matinée d’hiver, l’oncle Mingo l’envoie dans une cabane perdue avec tout un chargement de ferraille sur le dos. Le vent souffle, il fait très froid, il gèle : Nunzio n’en peut plus. En chemin, les pieds le brûlent et il les plonge dans un petit lac gelé. Le soir il rentre épuisé, une jambe enflée, avec une forte fièvre, la tête prête à exploser : il va au lit sans rien dire, mais le lendemain il ne tient pas debout.

Pour toute médecine, il reçoit de son oncle l’ordre de reprendre le travail, parce que si tu ne travailles pas, tu ne manges pas. Certains jours, Nunzio est contraint de demander un bout de pain aux voisins. Il répond avec le sourire, la prière, le pardon : C’est comme Dieu veut. Que la volonté de Dieu soit faite. Dès qu’il en a la possibilité, il se réfugie à l’église, pour prier devant le tabernacle : la joie, l’énergie et la lumière lui viennent de Jésus-Hostie, de sorte que ce jeune adolescent est déjà en mesure de donner des conseils très sages aux paysans qui les lui demandent.

Il souffre d’une horrible plaie à un pied, qui finira bien vite en gangrène. L’oncle lui dit : Si tu ne peux plus manier le marteau, tu resteras là à tirer le soufflet. Torture indicible. Sa plaie a besoin d’être sans cesse nettoyée et Nunzio se traîne jusqu’à la grande fontaine du village pour se laver ; mais les femmes du village, voulant laver leur linge et craignant qu’il infecte l’eau, le chassent comme un chien galeux. Alors il va à Riparossa, où un petit ruisseau lui permet de se soigner, en même temps qu’il peut mettre à profit ce moment pour réciter beaucoup de chapelets à la Vierge Marie.

 

Wochinger, un second père

 

D’avril à juin 1831, il est hospitalisé à L’Aquila, mais les soins restent sans effet. Cependant, ce sont pour Nunzio des semaines de repos pour lui-même, de charité fraternelle pour les autres malades, et de prière intense. De retour à la maison, il est forcé par son oncle à demander l’aumône pour survivre. Son commentaire : C’est bien peu de chose que je souffre, pourvu que je réussisse à sauver mon âme en aimant le Bon Dieu. Dans cette nuit profonde, sa seule lumière est le Crucifix.

Enfin, un habitant de Pescosansonesco informe son oncle paternel, Francisco Sulprizio, militaire en garnison à Naples, lequel fait venir chez lui Nunzio et le présente au colonel Felice Wochinger, bien connu comme “père des pauvres”, à cause de sa vie riche de foi et de charité inépuisable. Nous sommes en été 1832, et Nunzio a 15 ans ; Wochinger découvre devant lui, au sens propre du mot, un ange de douleur et d’amour pour le Christ, un petit martyr. Entre eux deux va s’établir un vrai lien de père à fils.

Le 20 juin 1832, Nunzio entre à l’hôpital des Incurables, pour se faire soigner et guérir. Le colonel pourvoit à tout ce qui lui est nécessaire. Les médecins et les malades se rendent compte de se trouver devant un nouveau “Saint Louis de Gonzague”. Un bon prêtre lui demande : Tu souffres beaucoup ? et il répond : Oui, je fais la volonté de Dieu. - Que veux-tu ? - Je voudrais bien me confesser et recevoir Jésus dans l’Eucharistie pour la première fois - Tu n’as pas encore fait la première Communion ? - Non, chez nous, il faut attendre 15 ans. - Et tes parents ? - Ils sont morts. - Et qui s’occupe de toi ? - La divine Providence.

Aussitôt, on l’aide à se préparer à la première Communion : pour Nunzio, c’est vraiment le plus beau jour de sa vie. Son confesseur dira que à partir de ce jour, la grâce divine commença à agir en lui de façon vraiment extraordinaire, à voir comment il courait de vertu en vertu. Toute sa personne respirait l’amour de Dieu et de Jésus-Christ.

Pendant près de deux ans, Nunzio fait des séjours à l’hôpital de Naples et aux cures thermales de Ischia, où l’on constate un peu d’amélioration passagère. Il peut abandonner les béquilles et marcher avec une seule canne. En fin de compte, il est plus serein : il prie beaucoup, soit au lit, soit à la chapelle devant le tabernacle, devant le Crucifix et devant le tableau de Notre Dame des Douleurs. Il devient l’ange et l’apôtre des autres malades, il enseigne le catéchisme aux enfants hospitalisés, pour les préparer à la première Confession et Communion et les aider à vivre plus intensément en bons chrétiens, à supporter positivement la souffrance. Ceux qui l’approchent voient en lui cette attirance pour la sainteté. Il a coutume de faire aux malades cette recommandation : Soyez toujours avec le Seigneur, parce que tout bien vient de Lui. Souffrez par amour de Dieu, et restez joyeux. Son invocation préférée est pour la Sainte Vierge : O Marie, ma Mère, aide-moi à faire la volonté de Dieu.

Ayant reçu tous les soins possibles pour recouvrer la santé, Nunzio vit dans l’appartement du colonel Wochinger à partir du 11 avril 1834, au “Maschio Angioino”. Son second “père” admire ses vertus et prend grand soin de lui, qui le lui rend avec une profonde reconnaissance. Il pense à se consacrer et, en attendant, demande à son confesseur d’approuver son règlement de vie quotidienne, une véritable règle de consacré, qu’il observe scrupuleusement : le matin, prière, méditation et Messe ; durant la journée, étude avec de bons professeurs ; chapelet marial pour finir la journée. Il sème la paix et la joie autour de lui, un véritable parfum de sainteté émane de lui.

Le fondateur de la Congrégation des Sacrés Cœurs, Gaetano Errico (voir au 29 octobre) , lui promet de l’accueillir dans sa Famille religieuse dès qu’elle sera approuvée : Ce garçon est un jeune Saint, et je voudrais que le premier à entrer dans ma Congrégation soit un Saint, même malade. Souvent il reçoit la visite d’un certain frère Filippo, de l’Ordre des Alcantarini (sur s. Pedro d’Alcántara, voir au 18 octobre) , qui lui tient compagnie et l’aide à se déplacer jusqu’à la chapelle Sainte Barbe, à l’intérieur du château. Nunzio arrivera à rester debout tout seul, mais à cette brève amélioration suivra une forte aggravation ; c’est le cancer aux os, et il n’y a rien à faire. Nunzio devient une victime vivante unie au Crucifié, tout agréable à Dieu.

 

La joie : un don de Jésus Crucifié

 

Le colonel est intimement lié à Nunzio : dès le premier jour il l’a appelé “Mon fils” ou “Mon enfant”, ce que Nunzio lui rendait en l’appelant “Mon papa”. Mais maintenant il réalise que malheureusement l’heure de la séparation approche, une tristesse que peut consoler seulement la foi en la certitude de l’ “au revoir en Paradis”.

En mars 1836, la situation de Nunzio s’aggrave. La fièvre est très forte, le cœur n’y arrive plus, les souffrances sont extrêmes. Il prie et il offre, pour l’Eglise, pour les prêtres, pour la conversion des pécheurs. Ceux qui viennent le voir recueillent ses paroles : Jésus a tant souffert pour nous, et grâce à ses mérites c’est la vie éternelle qui nous attend. Si nous souffrons un peu, nous jouirons dans le Paradis. - Jésus a beaucoup souffert pour moi : pourquoi ne puis-je pas souffrir pour Lui ? - Je voudrais mourir pour convertir ne serait-ce qu’un seul pécheur.

Le 5 mai 1836, Nunzio se fait apporter le Crucifix et appelle le confesseur. Il reçoit les Sacrements comme un Saint. Il console son bienfaiteur : Soyez heureux, du Ciel je vous assisterai toujours.” Dans la soirée, plein de joie, il dit : La Sainte Vierge ! la Sainte Vierge ! regardez comme elle est belle ! 

Il a à peine dix-neuf ans et il va voir Dieu pour toujours. Autour de lui se répand un parfum de roses. Son corps, défait par la maladie, devient singulièrement beau et frais, on l’expose pendant cinq jours. Tout de suite on vient en pèlerinage à son tombeau.

Dès le 9 juillet 1859, le pape Pie IX reconnaît l’héroïcité de ses vertus et le proclame Vénérable. 

Le 1er décembre 1963, devant tous les évêques du monde réunis au Concile Vatican II, le pape Paul VI inscrit Nunzio Sulprizio au rang des Bienheureux, le proposant comme modèle des ouvriers, de tous les jeunes, même de ceux d’aujourd’hui. 

Nunzio a été canonisé en 2018.

Si Nunzio, en vivant uniquement dans la souffrance, a su donner un sens et de la beauté à sa jeunesse par son amour pour Jésus et son effort pour vivre en Lui, pourquoi, par la grâce divine, la grâce du divin Rédempteur, le plus grand Ami de l’homme, les jeunes de notre époque, si bouleversés par le dérèglement de tous les sens, par la drogue, par le désespoir, ne pourront-ils pas faire de leur vie un chef-d’œuvre d’amour et de sainteté ? Il faut croire et obéir au Christ crucifié et ressuscité, qui fait toutes choses nouvelles.

 

 

Caterina Cittadini

1801-1857

 

Née le 28 septembre 1801 à Bergamo (Italie du nord), de Giovanni Battista et Margherita Lanzani, Caterina reçut le baptême dès le lendemain. Elle eut une petite sœur, Giuditta.

En 1808 mourut la maman, et le papa les abandonna. Elles furent reçues dans un orphelinat, dont l’aumônier, un saint prêtre, les guida vers une vie profondément chrétienne.

Caterina fit ses études et obtint le diplôme de maîtresse d’école.

En 1823, avec sa sœur, elle s’établit auprès de ses cousins prêtres, Giovanni et Antonio, à Calolzio.

Pendant deux ans, elles y pratiquèrent une vie d’assistance aux activités paroissiales ; Caterina était maîtresse à Somasca (Vercurago), proche de Calolzio.

Malgré leur désir à toutes deux d’entrer dans quelque couvent, leur directeur spirituel leur conseilla de rester à Somasca, pour y prolonger l’œuvre de saint Girolamo Miani (cf. 8 février).

En 1826, le deux sœurs prirent en location une petite maison à Somasca, où, la même année, elles achetèrent un immeuble pour y aménager une école pour filles, et qui deviendra le centre du nouvel institut.

Sur place, elles furent admirablement guidées par les pères de la Congrégation de Somasque, fondés par saint Girolamo Miani ; Caterina se sentait particulièrement «proche» de ce saint Fondateur, qui s’était occupé des orphelins. Elle désirait reprendre son exemple de charité et de pauvreté.

A Somasque, Caterina fut au centre des activités paroissiales et sociales : elle enseigna la Doctrine chrétienne, s’engagea dans plusieurs confraternités, participa à la liturgie, reçut les jeunes filles. Les éloges et l’approbation de la population et des autorités furent unanimes.

Elle s’occupa particulièrement des filles en difficultés : pauvres, orphelines, avec problèmes pour l’étude, ou qui venaient de loin. Bientôt ce fut une école privée «Cittadini» qui s’ouvrit en 1832, et un pensionnat en 1836, qu’elle confia à sa sœur Giuditta.

Cette Œuvre fit «boule de neige», en ce sens que les jeunes filles qui sortaient de Somasca, avaient la capacité d’ouvrir à leur tour d’autres établissements ou d’y collaborer, dans leurs villes d’origine.

Une grosse épreuve s’abattit sur Caterina, lorsque sa sœur Giuditta mourut subitement à trente-sept ans en 1840 ; l’année suivante, c’est son directeur spirituel et son cousin Antonio qui moururent à leur tour.

En 1842, Caterina tomba gravement malade, et guérit miraculeusement sur l’intercession de Notre-Dame de Caravaggio et de saint Girolamo Miani.

En 1845, elle abandonna l’école pour s’occuper exclusivement du pensionnat et des compagnes qui s’étaient agrégées à l’œuvre, et qui désiraient se consacrer à Dieu.

Elles avaient déjà fait le projet d’un tel Institut dès 1844 ; le pape leur accorda le décret d’érection, avec oratoire privé et l’Eucharistie. L’approbation diocésaine se fit attendre cependant, malgré les instantes supplications de Caterina auprès de l’évêque de Bergame. Elle insista encore et présenta son projet d’Ursulines Gerolimiaines (d’après Girolamo Miani). Cette fois-ci l’évêque approuva ad experimentum. Caterina attendit le «jour» avec grande confiance, mais sa santé bien ébranlée déclina peu à peu.

Elle mourut le 5 mai 1857, unanimement pleurée.

Le décret épiscopal sera signé le 14 décembre de la même année, l’institut aura la reconnaissance pontificale en 1927.

Au début, l’Œuvre des deux sœurs Cittadini se concentra à Somasca et Ponte San Pietro (Bergame) ; elle s’étendit ensuite dans toute l’Italie ; actuellement les Religieuses s’occupent des Italiennes émigrées en Suisse, en Belgique ; elles ont des fondations en Amérique latine (Brésil et Bolivie) et en Asie (Inde et Philippines). 

Caterina Cittadini a été béatifiée en 2001. Son dies natalis est au 5 mai.

Enric Gispert Doménech

1879-1937

 

Enric (Henri) naquit le 8 novembre 1879 à Riudoms (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Pere et Josepa.

Il fréquenta le séminaire de Tarragone et fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça le saint ministère à Falset, Pobla de Montornés, Rocallaura, Botarell, Vilapiana, la Canonja.

Des qualités qu’il montrait dans sa sainte personnalité, ressortait surtout la patience, restant doux et discret devant les défauts des autres.

Pour les pauvres, il donnait tout ce qu’il avait.

Chaque année, il venait dans son pays d’origine pour fêter la saint Henri (à l’époque, c’était le 15 juillet, maintenant le 13) et s’y trouvait donc au moment de la révolution de juillet 1936, en même temps que deux autres de ses cousins, également prêtres.

Dans l’impossibilité d’obtenir des sauf-conduits, ils se réfugièrent non loin du village.

Le soir du 25 juillet, une voiture pleine de miliciens armés se présentèrent à leur porte, et les soupçonnèrent d’organiser des réunions clandestines, mais n’intervinrent pas davantage.

Vingt jours plus tard, devant le danger, les deux cousins proposèrent à don Enric de partir pour Barcelone. Parvenus là, il leur dit : Vous qui êtes jeunes, faites tout ce que vous pouvez pour vous mettre en sûreté. Mais moi, je me confie ici aux desseins de la Providence.

Don Enric fut bientôt rejoint par don Josep Gomis Martorell. Ils purent célébrer la messe chaque jour, jusqu’au 6 avril 1937. Ce jour-là, don Josep était en train de se confesser à don Enric, lorsqu’on vint les arrêter tous les deux pour les conduire au couvent Sant Elies, transformé en tcheka. Cette date du 6 avril a été prise parfois comme date de leur martyre.

C’est un mois plus tard qu’ils furent tous les deux martyrisés, le 5 mai 1937.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

Josep Gomis Martorell

1894-1937

 

Josep naquit le 17 décembre 1894, à Reus (Baix Camp, Catalogne, Espagne nord-est), de Pere et Teresa, et fut baptisé le 26 suivant.

Ayant entendu très tôt l’appel au sacerdoce, il fréquenta le séminaire de Tarragone, et fut envoyé compléter ses études à Rome, où il reçut les doctorats de Philosophie, de Théologie et de Droit Canonique.

Ordonné prêtre le 10 mars 1918, par le cardinal Merry del Val, il célébra sa première messe solennelle en la fête de saint Joseph (19 mars) devant la tombe de saint Pie X (voir au 21 août).

Les années suivantes, quand il entendit parler des sanglantes persécutions au Mexique, il exprima ouvertement son désir de verser son sang pour le Christ.

Il était fréquemment disponible pour entendre les confessions des fidèles, et on le voyait souvent prier les bras en croix. Il lui arrivait fréquemment de recevoir des pauvres. Chaque semaine, il retrouvait des amis dans son pays natal, avec lesquels il expliquait l’évangile avec des projections de diapositives.

Il exerça son ministère sacerdotal successivement à Reus, Blancafort, Falset, tout en étant aussi directeur spirituel au séminaire d’Astorga.

Lors de la révolution de juillet 1936, il vint à Barcelone et retrouva don Enric Gispert chez des amis. Ils y célébrèrent la messe chaque jour et don Josep se confessa à don Enric.

Le 6 avril, il était encore une fois en train de se confesser, lorsqu’on vint les arrêter tous les deux pour les conduire au couvent Sant Elies, transformé en tcheka. Cette date du 6 avril a été prise parfois comme date de leur martyre.

C’est un mois plus tard qu’ils furent tous les deux martyrisés, le 5 mai 1937.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

Bolesław Frąckowiak

1911-1943

 

Né le 8 juillet 1911 à Łowęcice (Jarocin, Poznan, Pologne), il était huitième des douze enfants de Andrea et Sophia Płończak, de bons catholiques.

En 1927, il entra au petit séminaire.

A dix-huit ans, il entra au noviciat de la Société du Verbe Divin à Gorna Grupa. C’était un missionnaire dans l’âme. Il prit le nom de Grzegorz (Grégoire).

Il fut réceptionniste et travailla à l’imprimerie comme relieur professionnel.

On le savait particulièrement sensible pour les pauvres : beaucoup venaient trouver auprès de lui quelque chose à manger, un accueil chaleureux, une bonne parole. On l’appela l’ami du pauvre.

Les étudiants du petit séminaire appréciaient aussi sa gentillesse, sa simplicité et sa profonde spiritualité.

Il fit sa profession solennelle le 8 septembre 1938, bien conscient d’offrir sa vie pour le Christ et l’Eglise. 

Au début de la Guerre mondiale, la maison de Gorna Grupa fut réquisitionnée et transformée en camp d’internement de prêtres, obligeant les religieux à la quitter. Bolesław-Grzegorz commença par s’installer chez des parents à Poznan ; il y fut sacristain à Saint-Martin, enseigna le catéchisme et même baptisa quelques nouveau-nés.

Quand le curé fut arrêté par la Gestapo, il n’était plus possible de conserver la Sainte Eucharistie sans risque de profanation ; aussi Bolesław-Grzegorz invita les paroissiens à venir adorer le Saint Sacrement pendant un jour et une nuit sans relâche, après quoi il donna la communion à tous les présents.

Bolesław-Grzegorz trouva momentanément du travail dans une imprimerie de Jarocin, proche de chez lui. Il eut l’occasion de recevoir et de faire passer du matériel anti-nazi, des pamphlets ; un Collègue le dissuada de continuer, et il obéit. 

Un an après, la Gestapo découvrit ces activités. Parmi les arrêtés, se trouvaient des hommes mariés et pères de famille. Bolesław-Grzegorz posa la question à son directeur spirituel : Pourrait-il prendre sur lui la responsabilité de ces hommes ? Son directeur lui répondit : Si tu en as le courage et la force. Mais cela signifiera sacrifier ta vie. 

Bolesław-Grzegorz se confessa, reçut la communion, et tendit la main à son directeur en lui disant : Au revoir, mais pas sur cette terre.

Revenu à la maison, il fut arrêté le lendemain même. Il «confessa» son crime, et l’un des autres suspects fut immédiatement remis en liberté.

Bolesław-Grzegorz fut mis en prison et torturé à Jarocin, conduit à Poznan, et finalement à Dresde, où il fut condamné à être guillotiné.

Peu avant de mourir, il écrivit à ses parents quelques mots :

Je vous écris pour la dernière fois. Quand vous recevrez cette lettre, je ne serai plus en vie. Aujourd’hui, mercredi 5 mai 1943, à 6.15, je serai exécuté. Priez pour moi. Il est déjà une heure du matin, et à deux heures le prêtre m’apportera Jésus. Ne pleurez pas, mais priez pour mon âme. Je suis complètement en paix. Dieu vous bénisse. Restez fidèlement catholiques. Pardonnez toutes mes fautes. Je suis désolé pour ma pauvre maman. Que Dieu vous protège. Nous nous reverrons au ciel.

Bolesław-Grzegorz a été béatifié en 1999.

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 23:00

04 MAI

 

III.

Ss Agapius et Secundinus, évêques en Numidie, avec le soldat Æmilianus, et les vierges Tertulla et Antonia, martyrs à Cirtha.

S Corcodème, diacre martyr à Auxerre.

?

Ste Hélène, vierge à Troyes. 

IV.

Ste Antonino, martyre à Nicée en Bithynie, suspendue par un bras pendant trois jours, enfermée puis brûlée.

Ste Pélagie, vierge martyre à Tarse, enfermée dans un bœuf d’airain chauffé à blanc (peut-être confusion avec celle d’Antioche, cf.8 octobre).

S Florianus, vétéran de l’armée romaine, dans le Norique, précipité dans une rivière, une pierre au cou, invoqué contre l’eau et les dangers du feu.                                                                    

S Silvanus, évêque à Gaza, envoyé aux mines de Phenno ; on lui brûla au fer rouge les articulations des pieds puis, comme son grand âge l’empêchait de travailler, il fut décapité.

S Jacques, diacre martyr à Bergame, victime des ariens dont il avait converti bon nombre.

S Paulin, diacre martyr à Cologne (VIII.?).

V.

S Titien, évêque à Lodi.

B Benoît, évêque à Isernia, qu’il rebâtit après une guerre.

S Valérien, martyr avec d’autres à Forlì.

VI.

S Antoine du Rocher, abbé à Tours, puis reclus dans un rocher, d’où son nom.

S Macaire, évêque régionnaire sur les bords de la Garonne ; une ville porte son nom.

S Malou (Malulf), évêque à Senlis.

VIII.

S Sardot, évêque à Limoges ; il avait été abbé en Calabre, où vint aussi son père.

S Ethelred, roi de Mercie qui abdiqua pour devenir bénédictin à Bardney, où il fut abbé.

B Guntrand, abbé à Liessies, où son père avait fondé cette abbaye.

S Gervold, abbé à Saint-Wandrille.

IX.

S Lupin, chanoine à Carcassonne.

S Nicéphore, abbé à Médicia, emprisonné pour son opposition aux iconoclastes.

XI.

S Godard, abbé à Nieder-Altaich et évêque à Hildesheim.

XV.

B Michał Giedroyć, solitaire lituanien, dont le culte fut confirmé en 2019.

XVI.

B Władysław de Gielniów, franciscain polonais.

Ss John Houghton, Robert Lawrence, Augustine Webster, chartreux, Richard Reynolds, brigittin, et John Haile, prêtre séculier, martyrs anglais, suppliciés à Tyburn.

XVIII.

B Jean-Martin Moyë, lorrain, fondateur des Sœurs de la Providence, pour l’éducation ; puis missionnaire en Chine, où il fonda la congrégation des Vierges enseignantes, mort à Trêves. 

XX.

B Józef Czempiel (1883-1942), prêtre polonais, gazé à Dachau, béatifié en 1999.

Martyrs de Cirtha

† 259

 

Vers 250, deux évêques africains, Agapius et Secundinus, furent chassés de leur diocèse et envoyés en exil, à la suite du décret de persécution de Valérien.

Après plusieurs années, ils furent convoqués devant le légat romain à Cirtha (act. Constantine, Tunisie). Leur témoignage édifia beaucoup la population, mais ils furent condamnés à mort, sans qu’on sache le motif officiel et le mode de ce martyre.

En même temps qu’eux furent aussi martyrisés un soldat, nommé Æmilianus, ainsi que deux vierges, nommées Tertulla et Antonia, et une maman anonyme avec ses petits enfants jumeaux.

Ces huit Martyrs sont commémorés le 4 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agapius de Cirtha

† 259

 

Se reporter à la notice Martyrs de Cirtha, supra.

 

 

Secundinus de Cirtha

† 259

 

Se reporter à la notice Martyrs de Cirtha, supra.

 

 

Æmilianus de Cirtha

† 259

 

Se reporter à la notice Martyrs de Cirtha, supra.

 

 

Tertulla de Cirtha

† 259

 

Se reporter à la notice Martyrs de Cirtha, supra.

 

 

Antonia de Cirtha

† 259

 

Se reporter à la notice Martyrs de Cirtha, supra.

 

 

Timotheus et Maura d’Antinoe

† 286

 

Timotheus et Maura étaient originaires de l’île de Chypre.

Ces époux chrétiens vivaient à Antinoe (Egypte), où Timotheus était lecteur. Ensemble, à la maison, ils lisaient l’Ecriture, la méditaient et échangeaient leurs pensées.

On invita Timotheus à livrer les Livres saints, ce qu’il ne voulait absolument pas faire ; on chercha à persuader Maura de l’en convaincre, peine perdue.

On les condamna à mort. D’abord torturés de mille façons, on les mit en croix, où ils demeurèrent suspendus pendant neuf jours, continuant de s’exhorter l’un l’autre dans la foi.

Ce supplice eut lieu en 286.

Saints Timotheus et Maura d’Antinoe sont commémorés le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antonina de Nicée

† 3e-4e siècles

 

Cette Chrétienne fut torturée et martyrisée à Nicée (auj. İznik, Turquie NW).

On ne peut qu’imaginer les premières tortures qu’on lui infligea, comme les impies se permettent de sévir sur les femmes ; on suspendit ensuite Antonina par un bras pendant trois jours et on la jeta dans un cachot infect pendant deux années ; enfin, elle fut brûlée vive.

On ne connaît pas la période où eut lieu ce martyre.

Sainte Antonina de Nicée est commémorée le 4 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florianus de Lorch

† 304

 

Florianus était originaire du Norique (act. Autriche), à moins qu’il naquît à Cingulum (auj. Cingoli, Marches, Italie CE).

Vétéran de l’armée romaine, il fut envoyé au poste important de Cetium (auj. Zeiselmauer).

Secrètement, il était chrétien, mais jugea possible d’aller à Lorch visiter et consoler les Chrétiens incarcérés pour leur foi.

Les autres soldats ne manquèrent pas de remarquer son geste et de le dénoncer au préteur. Ce dernier, Aquilinus, le fit fouetter par deux fois (on sait que les fouets étaient faits de lanières de cuir, très coupantes, garnies de petits plombs) ; après quelques autres tortures, Florianus fut précipité, une pierre au cou, dans la rivière Anisus (Enns).

Ce genre de martyre est à l’origine de la dévotion que l’on a pour s.Florianus contre les inondations et autres dégâts des eaux.

Saint Florianus de Lorch est commémoré le 4 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvanus de Gaza

† 311

 

Gaza (la tristement célèbre ville de Palestine) vit naître Silvain, qui en devint évêque. On remarquera que ce nom de racine latine ne comporte pas d’y.

D’après le témoignage d’Eusèbe dans son ouvrage des Martyrs de Palestine, Silvanus était la prudence même et le modèle authentique du pasteur et du Chrétien.

Il fut arrêté et envoyé aux mines de Phenno, où l’on envoyait les Confesseurs de la Foi, qui mutilés, qui fort âgés, qui malades, qui ne pouvaient exécuter d’autres travaux. Mais Silvanus ne pouvait pas même travailler aux mines : il fut décapité, ainsi que trente-neuf autres Compagnons, originaires d’Egypte ou de Palestine.

Saint Silvanus de Gaza est commémoré le 4 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Alexandre de Foigny

1180-1229

 

Alexandre (Alexander) était né vers 1180 en Ecosse, de famille princière ; on le donne parfois comme fils du roi Guillaume le Lion.

Il avait une sœur aînée, Mechtilde, avec laquelle il quitta la cour ; ils vinrent à l’abbaye cisstercienne de Foigny (Aisne), où Mechtilde le fit entrer comme convers. Il resta là comme simple vacher, et se rendant utile par son talent de fromager.

Inconnu de tous, il fut invité par le prieur, au nom de l’obéissance, à révéler sa véritable identité à la fin de sa vie.

Il mourut le 4 mai 1229.

Après son décès, il apparut à l’un des moines, lui montrant une couronne princière : La couronne que tu vois en mes mains est celle que j’ai dédaignée par amour du Christ ; celle qui ceint mon front est la couronne immortelle que j’ai reçue parmi les saints.

Des miracles le firent honorer comme Bienheureux.

Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Michał Giedroyć

1420-1485

 

(On écrivait aussi : Mykolas Giedraitis).

Michael était né vers 1420 à Giedrojcie Castle (Molétai, Lituanie), fils unique de parents nobles.

Nain et très difforme, maladif, il ne pouvait envisager le métier des armes. En plus, un accident survenu dans son enfance, le priva de l’usage d’une jambe.

Sa mauvaise santé l’empêcha de faire des études suivies et il s’occupa à fabriquer des vases sacrés pour le service liturgique. Sinon, il passait son temps dans la prière, s’habituant à se mortifier, à jeûner quatre jours par semaine, à s’imposer le silence.

Il vint s’installer dans une petite cellule jouxtant l’église des Chanoines augustins de Cracovie (Pologne), et y resta toute sa vie, dans une très grande austérité, ayant à peine la place de s’étendre à terre. Il n’en sortait que pour aller à l’église. Rarement, il adressait la parole à quelqu’un.

Désormais, il s’abstint de viande, se contenta de légumes. Il ne relâcha jamais ce régime, même quand il fut malade ou âgé.

Le diable vint le tourmenter, mais Dieu le consola. Il reçut le don de la prophétie et des miracles, mais on ne nous en indique rien de plus.

Michał mourut le 4 mai 1485 et fut très longtemps considéré comme bienheureux ; son culte n’a été confirmé qu’en 2019.

 

 

Władisław de Gielniów

1440-1505

 

Władisław naquit vers 1440 à Gielniów (Gniezno, Pologne).

Selon les vœux de ses parents, il étudia d’abord à l’université de Cracovie, avant d’entrer chez les Franciscains Observants de Varsovie, où il fut portier. Ce couvent avait été fondé récemment par saint Jean de Capistran (cf. 23 octobre).

Après avoir reçu le sacerdoce, il demanda à ses supérieurs la faculté d’aller évangéliser les Kalmuks, dans la proche Russie, mais il rencontra trop de difficultés et revint en Pologne.

Prédicateur zélé, il traversa la Pologne de bout en bout, semant partout la bonne nouvelle. Sa prédication s’appuyait sur la passion du Christ et les gloires de la Mère de Dieu ; il recommandait en particulier la Couronne des Sept Joies de Notre-Dame.

Il fut élu plusieurs fois provincial de son Ordre.

Il organisa alors des missions en Lituanie et en Russie, ce qui permit de faire revenir à l’Eglise beaucoup de schismatiques, ce qu’il n’avait pu faire au début de son apostolat.

En 1498, il organisa toute une campagne de prières pour protéger la Pologne de l’invasion des Tartares et des Turcs : une furieuse tempête hivernale et glaciale arrêta les envahisseurs, l’armée polonaise les mit en déroute et la victoire fut attribuée à ces prières.

A la fin de ses jours, on hésitait à le maintenir dans son poste de supérieur et on lui demanda où il voulait aller se retirer. Il répondit que jamais il n’avait fait sa volonté, et qu’il s’en remettait à la volonté des pères. On le nomma Gardien (c-à-d supérieur) du couvent de Varsovie, là où il avait commencé sa vie religieuse.

Le Vendredi Saint de 1505, tandis qu’il prêchait sur la passion du Seigneur, on le vit en état de lévitation : suspendu au-dessus du sol, les bras en croix comme le Crucifié. Après cette extase, il s’évanouit complètement et dut rester alité quelques semaines, après quoi il mourut, le 4 mai 1505.

Il fut béatifié en 1750 et proclamé patron céleste de la Pologne et de la Lituanie en 1753.

 

 

John Houghton

1487-1535

 

John est le premier de la longue file de martyrs de la persécution anglaise du XVIe siècle. 

Né vers 1487 dans l’Essex, il étudia à Cambridge, dont le chancelier était John Fisher (voir au 22 juin), prit ses grades en droit civil et canonique, puis ressentit la vocation sacerdotale et devint prêtre. Après quatre années de ministère, il entra à vingt-huit ans chez les Chartreux, où il fut estimé en vrai modèle d’obéissance, d’humilité, de mortification.

Devenu prieur de la Chartreuse de Londres, sa sainteté ne se démentit pas. Il supporta par exemple héroïquement les injures grossières et les coups d’un inférieur.

Quand le roi Henri VIII réussit à faire voter comme loi d’Etat la suprématie royale sur l’Eglise, et la condamnation pour trahison envers tous ceux qui s’y opposeraient, le saint prieur avec toute sa communauté refusa nettement de s’y soumettre. L’apprenant, le roi se montra furieux contre lui et résolut d’en faire sa première victime.

John, avec deux autres prieurs qui étaient venus le rencontrer à ce moment-là, Robert Layrence et Augustine Webster, tentèrent de fléchir Cromwell, vainement. Le 29 avril 1535, au Westminster Hall, il y eut un semblant de jugement, au terme duquel Cromwell arracha aux juges une sentence de mort pour cause de haute trahison.

Ces trois prieurs chartreux subirent le martyre le 4 mai 1535, et on leur adjoignit aussi deux autres prêtres (Richard Reynolds et John Haile). Le martyre consistait en la pendaison, mais comme cela se répéta fréquemment dans cette persécution, on ramenait à terre les pendus avant leur mort, et on les mettait en morceaux, encore vivants. 

En ce qui concerne John, quand le bourreau lui arracha le cœur, il aurait dit : Ô Jésus, que veux-tu faire avec mon cœur ?

De sa cellule, Thomas More (voir au 6 juillet) aperçut les martyrs et dit à sa fille Meg : Regarde, ces bienheureux Pères vont à la mort aussi gaiement que des fiancés vont à leur mariage.

Déclarés tous cinq bienheureux en 1886, les quatre premiers ont été canonisés parmi les Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1970.

Le Martyrologe mentionne nos cinq martyrs d’aujourd’hui au 4 mai.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Robert Lawrence

† 1535

 

Le peu qu’on sait de ce prêtre chartreux est qu’il était prieur à Beauvallé (Nottingham).

Avec Augustine Webster, prieur de celle d’Axholme dans le comté de Lincoln, ils étaient venus à Londres pour traiter de quelques affaires concernant leurs maisons respectives, et s’associèrent pleinement aux prises de position de leur saint Confrère, John Houghton. 

Tous trois subirent le martyre, le 4 mai 1535.

Ils furent béatifiés en 1929, et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Augustine Webster

† 1535

 

On ne sait presque rien de la vie de ce prêtre chartreux. 

Il fit profession dans la chartreuse de Sheen (Shene), puis fut prieur à Axholme dans le comté de Lincoln, enfin à Beau-Vallè.

Il se trouva à Londres avec un autre prieur chartreux, Robert Lawrence.

Tous deux subirent le martyre avec John Houghton, le 4 mai 1535 à Tyburn (Londres).

Ils furent béatifiés en 1929, canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Richard Reynolds

1492-1535

 

Richard était né vers 1492 à Devon (Angleterre).

Après ses études au Corpus Christi de Cambridge, il entra à l’abbaye des moines brigittains de Syon ; c’était un maître dans les langues anciennes (latin, grec, hébreu).

Selon certains, il aurait organisé une rencontre entre Thomas More (v. 6 juillet) et une «voyante» contemporaine, Elizabeth Barton ; cette dernière étant ouvertement opposée au remariage du roi (et elle fut plus tard exécutée pour ses «prophéties»), le père Reynolds aurait été particulièrement accusé à cause d’elle.

Il fut mis en prison à la Tower de Londres en avril 1535, en même temps que trois moines chartreux ; tous furent accusés de refuser l’autorité souveraine du roi en matière de religion. Pour le père Reynolds, on l’accusait aussi d’avoir détourné les gens de l’obéissance au roi.

Après les avoir traînés par les rues de Londres, on les pendit au Tyburn Tree, le 4 mai 1535.

Les morceaux du corps du père Reynolds furent accrochés en divers endroits de Londres.

Béatifié en 1886, il a été canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule.

 

 

John Haile

† 1535

 

Le peu qu’on sait de ce prêtre anglais, est qu’il exerçait son ministère dans la paroisse d’Isleworth depuis 1521.

Il était déjà assez âgé, et s’exprima fermement contre la cruauté de Henri VIII, le déclarant en outre hérétique, ce qui lui valut l’arrestation.

Conduit à la Tour de Londres, il partagea le sort des trois prêtres chartreux et du brigittin, pendus à Tyburn le même jour, le 4 mai 1535, premiers martyrs de la persécution anglaise.

Ce prêtre a été béatifié en 1886, et peut-être canonisé en 1970, car son nom est au Martyrologe, mais pas dans la liste des «Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles».

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Jean-Martin Moyë

1730-1793

 

Jean-Martin Moyë naît à Cutting (diocèse de Metz) le 27 janvier 1730, sixième des treize enfants de Jean et Catherine Demange. La parenté compte plusieurs prêtres et membres de diverses Confréries.

Il apprend le latin grâce à son aîné, séminariste, et étudie au collège de Pont-à-Mousson, puis chez les Jésuites à Strasbourg.

Revenu à Metz, il est ordonné prêtre en 1754. Il reçoit le bénéfice de la chapelle Saint-André à Dieuze, et sera vicaire dans trois paroisses de Metz, actuellement disparues : Saint-Victor, Saint-Livier et Sainte-Croix. Son zèle le rend sensible à la misère matérielle et spirituelle des villages.

Il fonde une congrégation de religieuses pour l’éducation des enfants des campagnes ; c’est la naissance des Sœurs de la Providence : pauvreté, charité, simplicité, confiance totale en la Divine Providence. Il publie quelques pages sur le baptême des petits enfants et un Recueil de diverses pratiques de piété.

Sa pieuse mère décède en 1762.

Jean-Martin est accusé de rigorisme excessif, son œuvre naissante est critiquée ; il est nommé à Dieuze. En 1767, l’évêque va jusqu’à suspendre Jean-Martin de ses fonctions à Dieuze.

Après avoir été pendant un temps appelé à diriger le Petit Séminaire de Saint-Dié, il rejoint le séminaire des Missions Étrangères en 1769.

Le 30 décembre 1771, il quitte la France pour la Chine et y reste de longues années. Il y apprend le chinois, rédige divers opuscules, baptise et fait baptiser jusqu’à trente-mille nouveau-nés en danger de mort durant une épidémie. Là aussi il fonde une congrégation similaire à celle de France. Il sera un moment emprisonné pendant dix jours pour son activité apostolique : il en profitera pour convertir un des gardes, qui deviendra prêtre en 1782.

Épuisé et malade, il revient en France en 1784 et regagne la Lorraine ; la Révolution l’oblige à s’exiler à Trèves où s’étaient réfugiées les religieuses de la Divine Providence. Jean-Martin y assiste les soldats blessés ou malades, de l’armée contre-révolutionnaire.

Lui-même est à son tour atteint de la typhoïde et meurt le 4 mai 1793.

Pie XII le béatifie le 21 novembre 1954. 

Aujourd’hui encore se poursuit son œuvre dans le monde et plusieurs congrégations sont issues du projet de Jean-Martin Moyë :

  • la Providence de Portieux (Vosges) ;
  • la Divine Providence de Saint-Jean de Bassel (Moselle) ;
  • la Divine Providence de Saint-Jean de Gap ; 
  • la Providence de Champiom en Belgique ; 
  • la Providence du Texas en Amérique ; 
  • les Missionnaires de San Antonio, en Amérique.

 

 

Józef Czempiel

1883-1942

 

Józef naquit le 21 septembre 1883 à Józefka (Piekary, Silésie, Pologne) et reçut le baptême deux jours après.

Après ses études à Józefka et à l’école Bytom, il fréquenta la faculté de théologie de Wroclaw (1904-1907). Il fut ordonné prêtre en 1908.

Tout de suite, il se montra fervent partisan de la Communion fréquente, mais aussi de la lutte contre l’alcoolisme.

Il fut nommé aux paroisses de Wiśnicz, Baborów et Dziećmarowo (1916-1917).

En 1919, il fut nommé à Żędowicach.

En 1922 il fut nommé à la paroisse de l’Assomption de Grand Hajduki (auj. Chorzów Batory). Il y développa particulièrement les congrégations mariales pour les jeunes et les jeunes filles, ainsi qu’une association en l’honneur de Saint-Joseph. Il ouvrit une salle de cinéma. Il fit publier et distribuer des journaux catholiques et des livres. Il organisa un service d’entraide pour les chômeurs.

En 1926 il fut vice-doyen du doyenné de Chorzów, puis doyen en 1931.

En 1932, il reçut la Croix d’or du mérite pour ses travaux d’ordre social et national.

Le 13 avril 1940, il fut arrêté par la Gestapo et envoyé au camp de Dachau, pour être ensuite transféré à celui de Mauthausen-Gusen le 26 mai suivant. 

Le 8 décembre 1940, il est renvoyé à Dachau, où il mourra, gazé ; apparemment, en mai 1942.

Le jour de cette mort est imprécis : on trouve le plus souvent la date du 4 mai, mais aussi du 5 mai, du 19 mai (Martyrologe), tandis que le certificat de décès «officiel» porte la date du 19 juin 1942.

Józef a été béatifié en 1999.

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 23:00

03 MAI

 

I.

Ss Philippe et Jacques le Mineur, apôtres :

- Philippe, de Bethsaïde en Galilée, aurait exercé en Phrygie et mourut à Hiérapolis, où l’on a retrouvé son tombeau en 2011 ; il n’est pas certain qu’il ait été martyrisé.

- Jacques, originaire de Cana en Galilée, cousin de Jésus, premier évêque à Jérusalem, auteur d’une épître, fut précipité du haut de la terrasse du Temple et achevé à coup de massue.

II.

S Alexandre Ier, pape (105-119), transpercé d’une infinité de coups de poinçon ; à ce pape remonterait l’usage de joindre une goutte d’eau dans le vin de la messe.

III.

Ss Timotheus et Maura, époux, crucifiés à Antinoé.

Ss Eventius, Alexander et Theodulus, martyrs à Rome.

IV.

S Iuvenalis, premier évêque à Narni.

Ss Alexandre et Antonine, martyrs en Bithynie ; Alexandre, un soldat, prit la place d’Antonine qu’on avait livrée à la prostitution ; ils eurent les mains coupées et furent brûlés vifs.

?

S Hygin (Gène), apôtre de Lectoure, où il convertit trente soldats.

VI.

S Conleth, premier évêque à Kildare, dont il est le patron principal.

X.

S Petros le Thaumaturge, évêque à Argos.

XI.

S Ansfrid (Aufrid, Anfroi), évêque à Utrecht ; il s’était consacré ainsi que sa femme et sa fille.

S Theodosij, abbé à Kiev, organisateur de la vie cénobitique en Russie..

XIII.

B Zacharie, un des premiers disciples de s. François, envoyé au Portugal.

B Alexandre, écossais, convers cistercien à Foigny.

Ss Gerardino Sostegno Sostegni et Ricovere Uguccio Uguccione, deux des Fondateurs de l'Ordre des Servites, profondément amis, nés et morts le même jour, fêtés le 17 février.

XIV.

Bse Emilia Bicchieri, supérieure dominicaine à Verceil.

B Alexandre Vincioli, évêque à Nocera, franciscain.

XV.

S Stanisław Sołtys Kazimierczyk, prêtre polonais, chanoine de Latran, béatifié en 1993 et canonisé en 2010.

XVII.

B Tommaso Acerbis (1563-1631), frère convers capucin dans le Tyrol, béatifié en 2013.

XX.

B Edoardo Giuseppe Rosaz (1830-1903), évêque à Susa, fondateur des Sœurs de Saint-François (tiers-ordre franciscain), béatifié en 1991.

Bse Alodie Virginie Paradis (Marie-Léonie, 1840-1912), canadienne, fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, pour les collèges et le clergé, béatifiée en 1984.

 

Jacques le Mineur, apôtre

1er siècle

 

Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de l’apôtre Jacques «le Mineur», qu’on a ainsi distingué de Jacques «le Majeur», frère de Jean.

On a beaucoup hésité à confondre en un personnage l’apôtre, le fils d’Alphée, le parent du Sauveur et le premier évêque de Jérusalem.

Comme on a pu le dire dans la notice sur Marie de Cléophas (24 avril), Alphée fut le premier mari de celle-ci, et le père de ses trois (premiers) fils : Jude Thaddée, Simon le Zélote, et Jacques «le Mineur». Ces trois futurs apôtres étaient donc frères.

Rappelons que Cléophas était un neveu de saint Joseph, ce qui rend ces trois frères «parents» de Notre-Seigneur, ou «frères» au sens biblique.

Saint Jacques (le Mineur) fut favorisé d’une apparition privée du Seigneur ressuscité, d’après saint Paul (1Co 15:7).

Il fut le premier évêque de Jérusalem, désigné à cette mission d’après le Christ lui-même, d’après la Tradition. C’est effectivement lui qu’on trouve investi d’une autorité considérable à Jérusalem, dans les premiers temps de l’Eglise, après la Pentecôte. On voit ainsi que Pierre, libéré miraculeusement par l’ange, demande d’aller porter la nouvelle à Jacques et aux frères (Ac 12:12-17). 

Lors du Concile de Jérusalem, où l’on devait examiner les modalités d’admission des Gentils dans la communauté chrétienne, c’est Jacques qui prend la parole après Pierre pour dire qu’il ne faut pas inquiéter ceux d’entre les Gentils qui se convertissent à Dieu (Ac 15:19-20), et donc ne pas leur imposer le rite de la circoncision, mais leur demander de s’abstenir des viandes offertes aux idoles, et de l’impudicité.

Lors de son dernier voyage, c’est chez Jacques que Paul se rend pour raconter son expérience apostolique (Ac 21:18-19).

L’épître «de Jacques» qui suit celles de Paul dans le Nouveau Testament, est traditionnellement attribuée à saint Jacques le Mineur.

La sainteté de Jacques est restée «légendaire». Les Juifs eux-mêmes avaient une grande vénération pour lui. Eusèbe et saint Jérôme, se référant à Hégésippe, écrivent : 

Il a toujours conservé sa virginité et sa pureté entière. Nazaréen, c’est-à-dire consacré à Dieu dès sa naissance, il ne coupa jamais ses cheveux ni sa barbe, n’usa ni de vin, ni de bains, ni d’huile pour oindre ses membres, ne porta point de sandales, n’usa pour ses vêtements que du lin. Ses prostrations à terre dans la prière étaient si fréquentes que la peau de ses genoux s’était endurcie comme celle du chameau. Son éminente sainteté lui valut le surnom de Juste par excellence.

Les Actes des Apôtres parlent du martyre de Jacques le Majeur (Ac 12:2), mais pas de celui de Jacques le Mineur. Ce qu’on en sait en revanche, vient des historiens cités plus haut.

Les docteurs de la Loi, inquiets des progrès du christianisme par l’apostolat de Jacques, le firent arrêter et le condamnèrent à être lapidé. On le fit monter sur un endroit élevé en dehors du Temple, pour qu’il pût être mieux entendu. C’était la Pâques, et il y avait affluence de Juifs à Jérusalem. Les Juifs lui crièrent : Dis-nous ce qu’il faut croire de Jésus crucifié. Jacques déclara : 

Jésus, le Fils de l’Homme, est maintenant assis à la droite de la majesté souveraine comme Fils de Dieu, et doit venir un jour porté sur les nuées du ciel.

Cette affirmation de la divinité de Jésus émut un grand nombre de Juifs, qui crurent. Mais les docteurs montèrent auprès de lui et le précipitèrent en bas. Jacques ne mourut pas de cette chute : il s’agenouilla et demanda pardon pour ses ennemis. Alors ils le lapidèrent, et on l’acheva d’un coup de levier.

Ce martyre eut lieu en 62, à la fête de Pâques, aux environs du 10 avril.

Hégésippe précise que le tombeau de Jacques le Mineur se trouvait à l’endroit même du martyre, et que le monument y resta jusqu’à la destruction de Jérusalem par Titus (70). Les Juifs les plus sages estimaient que cette mort injuste fut la cause des malheurs de la Ville Sainte.

Plus tard, une partie des reliques de cet Apôtre fut transférée à Constantinople, et de là à Rome, dans l’église des Douze-Apôtres, un 1er mai.

Depuis le 6e siècle, les deux Apôtres Philippe et Jacques le Mineur sont fêtés ensemble, d’abord au 1er mai, et maintenant au 3 mai.

 

 

Philippe, apôtre

1er siècle

 

Saint Philippe était originaire de Bethsaïde, près du lac de Tibériade, comme d’ailleurs Pierre et André.

Après ceux-ci, il est le troisième appelé par Jésus. C’est lui qui, ensuite, vient dire à Nathanaël qu’il a rencontré Jésus, celui dont il est parlé dans la Loi de Moïse et dans les prophètes (Jn 1:45).

C’est à lui que Jésus demande Où acheter du pain pour tant de personnes (Jn 6:5), et Philippe de répondre que Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas (ibid.).

Plus tard, c’est à Philippe que s’adressent des Grecs qui veulent voir Jésus (Jn 12:21) ; Philippe et André les présentent à Jésus, et Jésus alors leur dit que l’heure est venue où il va être glorifié : désormais on le verra sur la Croix, la Croix qui le conduira à la Gloire.

Enfin, Philippe intervient lors de la dernière Cène : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit, provoquant cette affirmation de Jésus sur sa divinité : Qui m’a vu, a vu le Père (Jn 14:8-12).

Ensuite, l’apôtre Philippe disparaît de l’Ecriture. Il ne faut pas le confondre avec le diacre Philippe des Actes des Apôtres (cf. Ac 6:5 ; 8:5-8 ; 21:8).

D’après la sainte Tradition, Philippe prêcha chez les Scythes (territoire qui s’étendait de l’Ukraine au Kazakhstan), et serait mort très âgé à Hiérapolis en Phrygie (auj. Turquie occidentale), peut-être martyr (vers 90). Localiser ainsi l’apostolat de l’Apôtre semble assez vague : suivant l’exemple du Seigneur, Philippe est resté humblement dans l’ombre, sa gauche «ignorant ce que faisait sa droite» (cf. Mt 5:3), se réjouissant de ce que la Parole divine se répandait parmi les nations.

La ville de Hiérapolis se trouverait non loin de l’actuelle Pamukkale, et on y aurait retrouvé récemment la tombe de saint Philippe.

Les reliques de saint Philippe furent transférées de Hiérapolis à Constantinople, puis de là à Rome, dans l’église des Douze-Apôtres, dont la dédicace avait eu lieu le 1er mai. On y apporta aussi des reliques de saint Jacques le Mineur, et c’est depuis le 6e siècle qu’on honore ensemble ces deux apôtres.

Mais puisqu’au 1er mai on fête saint Joseph artisan, on a déplacé la fête des Apôtres au 3 mai.

 

 

Alexandre Ier

108-115

 

Un grand mystère enveloppe ce sixième pape, successeur de saint Evariste.

Il aurait été romain.

Ce serait à lui que remonterait l’usage de verser une goutte d’eau dans le vin offert durant le Saint Sacrifice de la messe.

Il serait mort martyr.

En réalité, il est possible qu’on le confonde avec un autre martyr du même nom, mentionné au Canon Romain. En effet, si le martyr Alexandre était notre pape, il est curieux de remarquer qu’il n’est pas nommé dans le Communicantes, parmi les premiers papes martyrs après Lin, Clet, Clément, et avant Sixte qui lui succéda. Dans l’autre prière du Canon, le Nobis quoque peccatoribus, se trouvent nommés d’autres grands Saints et Saintes de la première Église, après Jean-Baptiste et Etienne : Matthias, Barnabé, Ignace, Alexandre, Marcellin, etc.

Deux autres détails peuvent nous laisser perplexes. D’une part, la passio du martyr Alexandre dit qu’il serait mort à trente ans : comme pape, après une dizaine d’années de pontificat, il aurait donc accédé à la chaire de Pierre vers l’âge de vingt ans, ce qui est impossible. D’autre part, on s’étonne de le voir enseveli sur la Via Nomentana, alors que tous les papes des deux premiers siècles sont au Vatican. 

Il reste mystérieux aussi de constater qu’on ait si peu de faits à propos d’un pape qui occupa la chaire de saint Pierre pendant près de dix années.

Actuellement, l’Alexandre nommé le 3 mai au Martyrologe n’est pas considéré comme pape : c’est un martyr romain, avec Eventius et Theodulus. 

Mais alors, quand serait fêté le pape saint Alexandre Ier

Dans la liste des papes, le successeur d’Alexandre Ier est Sixte Ier.

 

 

Eventius, Alexander et Theodulus à Rome

† 119

 

Le martyr Alexander dont il est question ici n’est, disent les spécialistes, probablement pas le pape Alexandre 1er (v.supra).

Alexander, compagnon d’Eventius et Theodulus, fut tellement célèbre qu’il éclipsa même le saint pape Alexandre, avec lequel on l’a confondu. C’est sans doute de ce Martyr qu’il est question dans la liste des Saints du Nobis quoque peccatoribus du Canon romain.

Un des meilleurs arguments en faveur de ce dédoublement est que, si le «pape» Alexandre mourut à trente ans après dix années de pontificat, il serait monté sur le siège de Pierre à l’âge de vingt ans, ce qui est absolument impossible.

Alexander fut le premier arrêté pour sa foi, avec Hermès, sous la garde du tribun Quirinus (v. 30 avril). Alexander amena Hermès à la conversion ; Quirinus pensant qu’il s’agissait de magie, provoqua Hermès: Je vais tripler le nombre des chaînes, apposer des scellés sur les portes de la prison, et si Alexander vient vous trouver dans ma demeure, je croirai en lui. Quirinus fut le premier surpris de voir ses deux prisonniers chez lui. Il leur demanda de guérir sa fille Balbina (v. 31 mars).

Alexander, Eventius et Theodulus baptisèrent beaucoup d’autres prisonniers, puis Quirinus et toute sa famille. C’est à ce moment-là que furent martyrisés Quirinus, ainsi que Balbina. Hermès fut aussi décapité, tandis que les autres prisonniers baptisés étaient jetés à la mer.

Puis furent interrogés nos trois Héros. Alexander le premier, puis Eventius et enfin Theodulus, répondirent fermement au juge, lui reprochant sa méchanceté et le menaçant des peines de l’enfer.

Alexander fut suspendu sur le chevalet, torturé avec des ongles de fer et des torches ; il ne disait plus rien parce que le Chrétien qui prie parle avec Dieu.

Eventius avait quatre-vingt-un ans ; à la question de dire son nom, il répondit : Les hommes m’appellent Eventius, mais mon nom spirituel est ‘Chrétien’. Il affirma qu’il avait été baptisé à onze ans, qu’il avait été ordonné prêtre à vingt ans.

Le magistrat ordonna de lier dos à dos Alexander et Eventius et de les jeter dans une fournaise. Theodulus ne voulut pas rester là à regarder, il se jeta spontanément dans le brasier. Mais les trois Martyrs ne moururent pas immédiatement.

Quand il l’apprit, le magistrat ordonna de décapiter Eventius et Theodulus ; Alexander eut un traitement «de choix» : il fut transpercé de lames acérées.

Ce devait être en 119, sous Hadrien. D’autres auteurs avancent plutôt le 3e ou le 4e siècles.

Saints Eventius, Alexander et Theodulus à Rome sont commémorés le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Timotheus et Maura d’Antinoe

† 286

 

Timotheus et Maura étaient originaires de l’île de Chypre.

Ces époux chrétiens vivaient à Antinoe (Egypte), où Timotheus était lecteur. Ensemble, à la maison, ils lisaient l’Ecriture, la méditaient et échangeaient leurs pensées.

On invita Timotheus à livrer les Livres saints, ce qu’il ne voulait absolument pas faire ; on chercha à persuader Maura de l’en convaincre, peine perdue.

On les condamna à mort. D’abord torturés de mille façons, on les mit en croix, où ils demeurèrent suspendus pendant neuf jours, continuant de s’exhorter l’un l’autre dans la foi.

Ce supplice eut lieu en 286.

Saints Timotheus et Maura d’Antinoe sont commémorés le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuvenalis de Narni

† 376

 

D’après un document un peu tardif, Iuvenalis (Giovenale pour les Italiens) était un médecin.

Le pape Damase (v. 11 décembre) l’ordonna prêtre.

En 359, il devint le premier évêque de Narni (Ombrie, Italie C).

Il mourut sans doute le 7 août 376, mais n’est pas commémoré à cette date, peut-être à la suite d’une ultérieure translation de ses reliques, à Lucques ou à Fossano.

Saint Iuvenalis de Narni est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Conleth de Kildare

450-519

 

Conleth est le nom usuel de notre personnage ; en vieil irlandais, on l’écrit Conláed ; en irlandais moderne, les formes varient : Naomh Connlaodh, Conlaeth, Conlaid, Conlaith, Conlath, Conlian, jusqu’à Hugh the Wise (?).

Il vivait dans la solitude de Old Connell (auj. Newbridge, en irlandais Droichead Nua) et on le connaissait pour son habileté dans l’orfèvrerie, ainsi que dans la copie des manuscrits.

Sainte Brigide de Kildare (v. 1er février) fit appel à lui pour diriger une fabrique de vases sacrés et un atelier d’enluminure. De là serait sortie la fameuse crosse de s.Finbarr (v. 25 septembre).

Sans qu’on sache quand il fut ordonné prêtre, Conleth dirigea les monastères fondés par sainte Brigide et construisit avec elle ce qui devint la cathédrale de Kildare, vers 490, diocèse dont il fut ainsi le premier évêque.

En 519, Conleth partit en pèlerinage à Rome, mais fut attaqué et mortellement blessé par des loups tandis qu’il traversait le forêt de Leinster.

En 835, ses reliques furent transportées à Connell, pour protéger les habitants contre les Danois envahissants.

Le culte de s.Conleth fut approuvé en 1903.

Saint Conleth de Kildare est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

Petros le Thaumaturge

† 922

 

Petros naquit au 9e siècle à Constantinople dans une famille aisée, dont les six enfants collaboraient volontiers à l’activité caritative des parents envers les pauvres.

Il devint moine à Corinthe et le patriarche Nicolas le Mystique pensait à le nommer évêque de Corinthe, mais il refusa au profit de son frère Pavlos ; il dut ensuite se plier à l’obéissance quand il fut nommé pour le siège d’Argos et Nafplio.

Organisateur, immensément soucieux des pauvres et des malades, il racheta les chrétiens captifs des Musulmans en Crète.

En 920, on le voit présent au synode de Constantinople, convoqué par le même Nicolas le Mystique.

Petros était connu pour son érudition et sa connaissance de l’Ecriture, mais plus encore pour ses miracles, qui lui valurent le surnom de Thaumaturge.

Sa vie sur terre cessa vers 922, mais pas ses miracles; son corps se mit à exsuder une huile miraculeuse.

Les reliques de s.Petros furent plus tard déposées dans un monastère de Rome, mais reportées en 2008 à Argos.

Saint Petros le Thaumaturge est commémoré le 3  mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ansfrid d’Utrecht

† 1008

 

Ansfrid était comte de Brabant et de Huy. Son père, Lambert, était le beau-frère de Henri l’Oiseleur.

Il parcourut la carrière des armes sous les empereurs Otto III et s.Henri (v. 13 juillet), pourchassant les bandits et les pirates.

Ayant épousé Hereswit (ou Hilsunde), comtesse de Streyn, ils eurent une fille nommée Benedikt (ou Beatrix ?). Ensuite, ils conservèrent la chasteté d’un commun accord.

Ansfrid fit don de son territoire de Huy à l’évêché de Liège ; en 992, il fonda l’abbaye de Thorn où Hilsunde y devint moniale, avec sa fille. Il ne semble guère probable que la fondation remonte à 902, ni même à 925, s’il est vrai que  Hilsunde puis Benedikt en furent les premières abbesses.

En 994, on se tourna d’un seul cœur vers Ansfrid pour le nommer évêque d’Utrecht, mais il fallut y mettre de l’autorité pour l’obliger à accepter. Même l’empereur se joignit aux évêques. Ansfrid alors déposa son épée sur l’autel de Notre-Dame, avec cette prière : 

Jusqu’à ce jour, j’ai combattu pour une gloire temporelle et pour la défense des droits des pauvres, veuves et orphelins ; désormais je me place sous la protection de la Vierge Marie pour travailler sans relâche à la conquête des âmes, à la gloire de Dieu, à mon salut.

De temps en temps, il se retirait dans une de ses fondations, l’abbaye de Fohorst, qui s’appela plus tard Heiligenberg (Montagne Sainte). Les dernières années, devenu aveugle, il s’y retira complètement et mourut le 3 mai 1008.

La dépouille fut, dit-on, «volée» le jour des obsèques par les habitants d’Utrecht pour la déposer dans la cathédrale ; les moines de Thorn faillirent aller la reprendre, même au prix d’une sérieuse bagarre, mais les prières de l’abbesse de Thorn - qui devait être encore Hilsunde elle-même - conjura le danger d’effusion de sang et le saint évêque reposa en paix dans sa cathédrale.

Saint Ansfrid d’Utrecht est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodosij Petsjerskij de Kiev

1008-1074 

 

Theodosij naquit vers 1008 à Vasylkiv (Kiev, Ukraine), dans une famille bien établie.

Il passa la plus grande partie de sa jeunesse à Koursk, où sa famille déménagea. Mais Theodosij était attiré par la solitude et l’ascétisme : les jouets, les jeux, n’étaient pas pour lui ; il préférait aller à l’église.

Il eut même l’idée de partir en pèlerinage à Jérusalem, en se mêlant à d’autres pèlerins, mais il fut rattrappé à temps par sa mère ; à la maison, on le lia avec des chaînes, jusqu’à ce qu’il promît de «ne plus recommencer».

A treize ans, il fut orphelin de père ; sa mère, une femme forte s’il en fut, ne voulait rien entendre de la vocation de son fils ; quand ce dernier voulut se mêler aux ouvriers en s’habillant comme eux et en travaillant avec eux, elle se fâcha, le frappa et même tenta de l’enfermer.

Theodosij réussit tout de même à apprendre à faire le pain chez un boulanger. Mais sa vocation ne s’éteignait pas, mettant la maman en fureur.

A vingt-quatre ans, Theodosij profita d’une absence momentanée de sa mère, pour rejoindre le prêtre Nikon non loin de Kiev. Il y avait là une communauté fondée par le saint ermite Antonios et c’est probablement là que Theodosios reçut le nom sous lequel il est connu.

Quatre années passèrent, jusqu’à ce que la chère maman abandonnée finit par retrouver son fils, désormais moine tonsuré ; elle eut beau le supplier avec larmes de revenir à la maison, ce fut le contraire qui arriva : le fils persuada sa mère de quitter le monde et d’embrasser la vie religieuse au monastère de Saint-Nicolas : elle y mourut, en paix.

Quant à la communauté du prêtre Nikon, elle se développa et devint le grand monastère Petsjersk Lavra (Monastère des Caves, par allusion aux nombreuses grottes qui y furent creusées).

Theodosij effectuait tous les travaux possibles, portant l’eau, le bois, le grain, la farine ; il était à l’église avant tous les autres et la quittait bien après la fin de l’office. Pendant deux années, il assista personnellement un vieux moine presque paralysé et impotent, que les autres moines plus jeunes n’osaient plus approcher.

En 1054, il fut ordonné prêtre.

Le fondateur Antonios remit un jour son pouvoir à un digne successeur pour se retirer dans la solitude. En 1063, ce fut Theodosij qui fut désigné pour diriger le monastère. 

C’est Theodosij qui organisa à proprement parler la vie monastique en Russie. S’il maintint le style de vie érémitique en période de carême, il fit construire des bâtiments solides pour la vie quotidienne des moines, de plus en plus nombreux. Il s’inspira des Règles de s.Théodore de Stoudion et de s.Basile (v. 11 novembre et 2 janvier).

En plus, il fit construire un hospice pour les malades et les personnes handicapées, une auberge pour les voyageurs.

Les moines devaient approfondir l’étude de l’Ecriture, pour pouvoir l’enseigner ensuite ; ils devaient nourrir les vagabonds et les prisonniers avec le fruit de leurs travaux : chaque samedi, une pleine charrette quittait le monastère pour la prison.

Jusqu’à la fin de sa vie, Theodosij participa à toutes les activités du monastère ; il mangeait du pain sec et des légumes cuits à l’eau ; il veillait longuement la nuit. En Carême, il se mettait une simple tunique de crin et ressemblait plus à un mendiant quelconque qu’à un higoumène.

Un jour qu’il avait dû aller trouver le Prince Izjaslav, le cocher ne le reconnut pas et lui lança : Toi, le moine, tu ne fais rien de ta journée, tandis que moi, je travaille du matin au soir. Prends donc ma place ! Theodosij gentiment conduisit le cocher jusqu’au monastère et lui servit un bon repas ; c’est seulement alors que le cocher comprit pourquoi les gens saluaient si respectueusement Theodosij le long du chemin.

A travers l’évangélisation faite par les moines, l’influence de Theodosij s’étendit dans toute la région et même jusqu’au monde politique.

Theodosij célébra encore la fête de Pâques en 1074, mais sentit sa fin approcher. Il mourut le 3 mai 1074. Selon son désir, il fut enterré dans une des grottes du monastère, mais en 1091, son corps fut retrouvé sans corruption et transféré dans l’église.

En 1108, les évêques de la province de Kiev le canonisèrent.

Par trois fois, les Tatares pillèrent le monastère au 13e et au 14e siècles. Au 20e siècle, le monastère fut à nouveau l’objet du vandalisme du communisme et du nazisme ; l’église fut détruite, et le monastère transformé en musée ; il a été restauré récemment.

On a écrit de Antonios et de Theodosij qu’ils furent les deux premières grandes bougies allumées, représentant la grande Russie, devant l’icône du Christ.

 

Saint Theodosij de Kiev est maintenant commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

Zaccaria (franciscain)

† 1249

 

Ce frère franciscain fut un des premiers disciples de saint François d’Assise, qui le reçut à Rome.

François l’envoya en Espagne, prêcher parmi les Maures.

De là, il passa au Portugal, invitant la population à la conversion réelle.

Sa prédication fut complétée par des miracles. Un de ceux-ci amena à la foi une personne qui doutait de la Présence Réelle eucharistique ; en une autre occasion, le Frère multiplia le pain pour tout le couvent.

Il mourut le 3 mai 1249.

Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Ricovere Uguccioni

1204-1282

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Uguccio.

On retient de lui la sainte amitié qui le lia à son Confrère, Gerardino (Sostegno) Sostegni : tous deux naquirent en 1204, et Dieu consacra cette belle amitié en les rappelant tous les deux le 3 mai 1282, à la même heure.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Gerardino Sostegni

1204-1282

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Sostegno.

On retient de lui la sainte amitié qui le lia à son Confrère, Ricovere (Uguccio) Uguccione : tous deux naquirent en 1204, et Dieu consacra cette belle amitié en les rappelant tous les deux le 3 mai 1282, à la même heure.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Emilia Bicchieri

1238-1314

 

Emilia Bicchieri vit le jour en 1238 (le 3 mai ?) à Vercelli (Italie NO), quatrième des sept filles de Pietro, patrice bien en vue parmi les gibelins, et très chrétien.

La petite Emilia se montra plus mûre que son âge, fuyant les bavardages et se retirant dans le silence de sa chambre pour prier. On l’entendait chanter les psaumes.

Tôt orpheline de mère, elle révéla à son père son désir de devenir religieuse, mais son père l’aimait trop pour consentir facilement à cette séparation. En 1255, quand Emilie eut dix-sept ans, il céda enfin et promit de faire construire le monastère qu’elle désirait, pour y introduire la règle du Tiers-Ordre dominicain.

Cette règle, moins austère que celle des moniales, permettait aux Religieuses de se donner aussi à des œuvres de charité.

La vie conventuelle commença dès 1256. Devenue prieure, Emilia conduisit les consœurs sur la voie de la sainteté, cherchant toujours à agir pour Dieu seul.

A nos yeux modernes, Emilia se montrait parfois très exigente : par exemple, on ne devait rien boire en-dehors des repas les jours de jeûne. N’en pouvant plus, une sœur demanda à prendre un peu d’eau ; Emilia lui proposa d’offrir cette abstinence pour son propre salut ; peu après, la sœur mourut et apparut à Emilie, en la remerciant de l’avoir aidée ainsi à éviter le Purgatoire.

Elle établit que, la veille des principales fêtes, les sœurs, agenouillées les unes devant les autres, se pardonneraient leurs légers manquements et les effaceraient dans le baiser de paix.

Tombée malade à soixante-seize ans, Emilie reçut les derniers sacrements et expira, le 3 mai 1314.

Son culte fut reconnu en 1769. Elle est donc Bienheureuse.

 

 

Alessandro Vincioli

1305-1363

 

Alessandro Vincioli naquit vers 1305, de Pellolo Vincioli (de Pérouse) et Rinaldina Trinci (de Foligno).

Son origine noble ne l’empêcha pas d’entrer humblement dans l’Ordre franciscain, où il se distingua si bien par sa piété et sa science théologique, qu’il fut nommé par le pape Grand Pénitencier.

Puis, en 1325, le même pape le nomma évêque de Nocera.

Le Franciscain demeurait franciscain ; Alessandro continua sa vie mortifiée, prenant sur son sommeil pour prier davantage, s’imposant l’abstinence aux repas. 

Sa prière obtint la cessation d’une épidémie de peste en 1348.

Il mourut le 3 mai 1363.

D’autres miracles le firent honorer comme Bienheureux.

Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Stanisław Sołtys Kazimierczyk

1433-1489

 

Né le 27 septembre 1433 à Kazimierz (aujourd’hui dans Cracovie), Stanisław était le fils d’un conseiller municipal du nom de Maciej Sołtys et de Jadwiga.

Après ses études à l’école paroissiale, il entra dans l’Ordre des Chanoines Réguliers du Latran, et fut ordonné prêtre en 1462.

Il reçut la charge de prédicateur, maître des novices, prieur et confesseur.

En 1466, il est maître en philosophie et, en 1467, maître en thé