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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 23:00

01 MAI

 

-VI.    

S Jérémie, prophète, lapidé et enterré à Taphnès.

I.    

S Joseph Artisan, fête instituée pour “christianiser” la fête du travail.

Ss Torquatus, Ctesiphon, Secundus, Indaletius, Cæcilius, Hesychius et Euphrasius, premiers évêques en Espagne, respectivement à Cadix, Vergium, Ávila, Urci (Portillo), Elvire, Gibraltar, Andujar, envoyés par les apôtres Pierre et Paul.

III.    

S Andeolus, originaire de Smyrne, ordonné sous-diacre par s.Irénée à Lyon, martyrisé à Bergoiate, aujourd’hui Bourg-St-Andéol.

IV.    

Ss Ache et Acheul, martyrs à Amiens, respectivement diacre et sous-diacre.

Ste Isidora, moniale à Tabenne, longtemps considérée à tort comme idiote et possédée.

Ste Grata, veuve bienfaitrice à Bergame (VI.?).

   

Ste Florine, vierge et martyre en Auvergne. 

V.    

S Amator, évêque à Auxerre ; il s’était consacré avec son épouse dès leur mariage.

S Orientius, évêque à Auch.

Ste Gertrude, vierge et martyre en Lorraine.

VI.    

S Brieuc, gallois, venu évangéliser en Bretagne et honoré du titre d’évêque. 

S Sigismond, roi des Bourguignons, décapité puis jeté dans un puits par ses adversaires.

S Kellac, évêque à Killala, tué par un de ses clercs.

S Marcoul, abbé à Nanteuil, évangélisateur du Cotentin, invoqué pour la guérison des écrouelles (grâce transmise aussi aux rois de France) et un des patrons de la ville de Reims.

S Théodulphe (Thiou), abbé au Mont-d’Or, près de Reims.

S Asaph, abbé-évêque à Llan-Elwy, qui devint ensuite Saint-Asaph.

VII.    

S Arey (Arige), évêque à Gap, premier évêque des Gaules à porter la dalmatique.

S Blandin, père des ss. Baudoin et Anstrude, ermite près de Meaux.

S Ultan (Outain), irlandais, abbé à Fosses et Péronne, frère des ss. Fursy et Foillan.

Ss Gombert et Berthe, deux époux voués à la continence, martyrs lui en Irlande, elle près de Reims, dans l’abbaye dont elle était devenue supérieure.

VIII.    

S Evermar, martyr à Maastricht.

IX.    

S Théodard (Audard), évêque à Narbonne ; il tint à être sacré le 15 août.

XII.    

Ste Thorette, bergère et vierge près de Villefranche d’Allier.

XIII.    

S Aldobrando, évêque à Fossombrone, dont il est le principal patron.

Bse Mafalda, fille de Sancho Ier du Portugal, réformatrice cistercienne ; le pape annula son mariage pour cause de parenté.

XIV.    

B Vivaldo (Ubaldo), ermite franciscain à Montajone ; il vécut longtemps dans le creux d’un vieux châtaignier et mourut centenaire.

B Giuliano Cesarello, franciscain à Valle d’Istria.

S Pellegrino Laziosi, italien, des Servites de Marie à Sienne, guéri par le Christ d’un cancer aux jambes, d’où l’invocation qu’on lui fait en cas de douleurs crurales.

Bse Pétronille, abbesse clarisse en Beauvaisis.

XVI.    

S Pie V, pape (1566-1572), berger, dominicain, évêque à Sutri, inquisiteur pour les États romains ; il fit publier le Catéchisme Romain voulu par le Concile de Trente ; c’est grâce à son appel qu’une ligue chrétienne remporta sur les Turcs à Lepanto (1571), la victoire qui fut à l’origine de la fête du Rosaire (du 7 octobre) ; il est fêté le 30 avril.

XIX.    

Bx Gim I-u Barnabas et Choe Bong-han Franciscus, laïcs coréens martyrs, le premier enterré vivant, le second mort en prison, béatifiés en 2014.

Ss Augustin Schoeffler, lorrain, et Jean-Louis Bonnard, lyonnais, des Missions Etrangères de Paris, martyrs décapités au Tonkin à une année d’intervalle, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre avec tous leurs compagnons ; Jean-Louis, vingt-huit ans, venait d’avoir baptisé vingt-cinq enfants.

XX.    

S Erminio Filippo Pampuri (Riccardo, 1897-1930), dixième de onze enfants, médecin, des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu ou Fatebenefratelli,  béatifié en 1981 et canonisé en 1989.

B Kazimir Sheptytskyj (Klymentii, 1869-1951), prêtre et prieur du monastère Studite à Univ, martyr béatifié en 2001.

Jérémie, prophète

7e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce qu’on peut savoir de ce prophète ressort de son propre livre biblique.

Il est né vers 650 avant la naissance du Christ, à Anathoth, au nord de Jérusalem.

Son rôle sous le pieux roi Josias, dont il célèbre la justice, nous est peu connu.

En revanche, Joakim le fit arrêter et ordonna de jeter au feu ses prophéties. 

Sous Sédécias, Jérémie passa pour un traître, fut emprisonné, puis jeté dans une citerne; d’où Sédécias ordonna de le tirer.

Après la destruction de Jérusalem, Jérémie demeura au pays de Juda, puis alla en Egypte avec son secrétaire Baruch. 

D’après certaines traditions, il y aurait été lapidé par ses compatriotes à qui il continuait d’adresser plaintes et menaces.

La tradition chrétienne a vu en lui une figure de Jésus-Christ, persécuté, malmené, trahi, bafoué. Le Martyrologe rappelle que annonçant la prise de la Ville Sainte et la déportation de la population, ayant souffert bien des persécutions, il est une figure du Christ souffrant. Il annonça que la nouvelle et éternelle Alliance devait trouver son accomplissement dans le Christ Jésus lui-même, et que par là le Père tout-puissant écrirait sa loi dans le cœur des enfants d’Israël, pour qu’il fût ainsi leur Dieu et eux son peuple.

Le livre de Jérémie est formé d’oracles contre les nations, surtout contre Juda, et d’éléments narratifs concernant l’action du prophète. Les Lamentations sont cinq élégies sur la ruine de Jérusalem : solitude ; destruction de la ville et du temple ; plaintes et espoir de la délivrance ; calamités des derniers jours du siège ; prière. L’Eglise a adopté ces chants pour pleurer durant la Semaine Sainte la mort de Notre-Seigneur.

L’éloge du prophète saint Jérémie se trouve au 1er mai.

 

 

 

Torquatus, Cæcilius, Ctesiphon, Euphrasius, Hesychius, Indaletius, Secundus

1er siècle

 

Une tradition très ancienne rapporte que les saints Pierre et Paul ordonnèrent à Rome sept évêques pour aller évangéliser l’Espagne.

Ils débarquèrent à Acci, actuelle Cadix.

A ce moment-là, les païens célébraient des fêtes en l’honneur des dieux Jupiter et Mercure. Les païens, voyant arriver ces étrangers, craignirent d’en être dérangés, les chassèrent et les poursuivirent.

Au moment où les saints évêques avaient franchi le pont qui séparait la ville de la campagne, se renouvela le prodige du passage de la Mer Rouge par les Israélites : le pont s’écroula sous les païens et la rivière les engloutit.

Pris d’un saint effroi, les habitants conçurent alors un profond respect pour leurs «visiteurs», se laissèrent convaincre de croire en l’unique Dieu créateur tout-puissant, et reçurent le baptême.

Ainsi naquit la communauté chrétienne de Cadix, à la tête de laquelle fut nommé Torquatus, premier évêque de Cadix, dont on ne sait exactement s’il mourut martyr ou en confesseur.

Les autres partirent évangéliser d’autres cités. C’est ainsi qu’ils furent respectivement les premiers évêques de :

  • Cæcilius à Elvire et Grenade ; il aurait été brûlé vif ;
  • Ctesiphon à Vergium (actuelle Berja) ;
  • Euphrasius à Andújar ; il serait mort martyr ; il aurait apporté avec lui une icône que lui avait remise saint Pierre, peinte par saint Luc, l’actuelle image de Notre-Dame de la Cabeza ; 
  • Indaletius à Urci (actuelle Pechina) ; il aurait été martyrisé à Urci ;
  • Hesychius à Cazorla ; il aurait été lapidé au lieu-dit La Pedriza ;
  • Secundus à Ávila.

 

Au Martyrologe, les sept évêques sont commémorés au 1er mai, une date reprise à la liturgie mozarabe. 

Il y a d’autres dates de fêtes locales : le 1er mai étant la fête de saint Joseph artisan, une fête commune aux sept évêques se célèbre le 15 mai. 

Quelques particularités :  

Cæcilius est honoré à Grenade le 1er février ;

Ctesiphon est honoré à Berja le 1er mai ;

Euphrasius est honoré à Bailén et Andújar le 13 mars ; 

Indaletius est honoré à Almería, le 15 mai ;

Hesychius est honoré à Cazorla le 15 mai ;

Secundus est honoré à Ávila le 2 mai.

 

 

Andeolus de Bergoiate 

† 208

 

Andeolus naquit à Smyrne (auj. Izmir, Turquie W).

On se souvient que cette Eglise est l’une de celles à qui s.Jean écrit une Lettre, dans l’Apocalypse (2:8sq). 

Le premier évêque de Smyrne fut s.Polycarpe (v. 23 février) ; s.Irénée (v. 28 juin) le connut, avant de venir en Gaule où il fut évêque à Lyon.

Andeolus, après avoir étudié dans sa ville, vint en Gaule, et alla trouver d’abord s.Irénée. Celui-ci l’ordonna sous-diacre.

Sans attendre, Andeolus descendit la vallée du Rhône, passa par Carpentras, Orange, et arriva à Bergoiate. Cette ville porte maintenant le nom de notre Héros : Bourg-Saint-Andéol.

La prédication d’Andeolus fit beaucoup de conversions. L’empereur Septime Sévère, de passage par là, eut l’attention attirée par un grand rassemblement et se fit amener Andeolus, lequel ne se gêna pas pour affirmer clairement à l’empereur qu’il n’adorait qu’un seul Dieu, et qu’il n’offrirait pas d’encens à des statues sourdes et muettes.

L’empereur fit torturer Andeolus. On lui attacha des cordes aux quatre membres, qu’on tirait avec de violentes secousses ; on le flagella avec des fouets garnis de pointes de fer ; on le déchira avec des ongles de fer ; on l’attacha sur une roue qu’on tournait au-dessus d’un feu… Andeolus exultait et priait Dieu de lui donner la force d’aller fidèlement jusqu’au bout de son combat.

Le lendemain, l’empereur se fit à nouveau amener Andeolus, qui paraissait avoir repris des forces durant la nuit. Sévère ordonna de le frapper à mort, et un soldat assena deux coups d’épée en forme de croix sur la tête d’Andeolus (de ces épées en bois très dur dont usaient les soldats pour s’entraîner).

Le corps fut jeté dans le Rhône, avec une grosse pierre qui cependant se détacha. On put récupérer le corps du Martyr et l’ensevelir dignement. Ce corps, retrouvé au 9e siècle, fut à l’origine d’une église autour de laquelle se développa la nouvelle ville de Bourg-Saint-Andeolus.

Les reliques de s.Andeolus, sauvées des mains des Huguenots, furent presque totalement détruites sous la Révolution.

Saint Andeolus de Bergoiate est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

Amator d’Auxerre 

344-418

 

Amator (Amâtre) naquit en 344 à Auxerre, de riches parents qui le confièrent à l’évêque Valerianus pour étudier l’Ecriture.

Cédant à des pressions familiales, Amator épousa Martha, de Langres, mais les deux époux se promirent le jour-même du mariage, de vivre dans la continence parfaite.

Après la mort de Valerianus (360), les deux époux vinrent demander à son successeur, Elladius, d’être reçus lui dans le clergé, elle dans un monastère. C’est ainsi que Martha vécut et mourut à Airy.

A la mort d’Elladius (385), c’est Amator qui fut désigné pour être ainsi le cinquième évêque d’Auxerre.

Le nouvel évêque combattit énergiquement ce qui restait de paganisme dans son diocèse. Il n’avait pas peur d’y risquer même sa vie, s’il le fallait. 

Le gouverneur, Germanus, trouvait aussi Amator un peu trop exigeant, mais il accepta et se convertit. C’est ce laïque qu’Amator choisit pour être son successeur ; il le prépara et l’ordonna prêtre.

Amator mourut le 1er mai 418, quelques années après son «épouse», décédée en 410.

Le successeur d’Amator fut effectivement Germanus, le si illustre Germain d’Auxerre.

Saint Amator d’Auxerre est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Orientius d’Auch 

† 440

 

Orientius (en français Orens) était le fils du duc d’Urgel.

Vers 395, il devint le quatrième évêque d’Auch.

On a signalé qu’il fut en relation avec le généralissime Flavius Aetius (395-454).

Il aurait écrit quelques poésies ainsi qu’un Commonitorium (aide-mémoire).

La date de sa mort semble être 440.

Saint Orientius d’Auch est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Brieuc

410-502

 

Le nom de Brieuc (en latin Briocus) est bien connu des Bretons, mais nous connaissons moins sa vie.

Il naquit vers 410 à Ceredigion (Cardigan, Pays de Galles), de Cerpus, irlandais, et de Eldruda, saxonne, tous deux païens (c’est -à-dire non baptisés, et non «barbares»).

La conversion de Brieuc remonte à la rencontre qu’il fit de s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet), venu à Verulamium (Verulam) lors d’une de ses missions.

En 429, Brieuc accompagna Germain à son retour, et reçut le sacerdoce en 447.

Il partit pour une première mission en Armorique, où il construisit le monastère de Tréguier, qu’il laissa à la direction de s.Tugdual (v. 30 novembre, à moins que Tugdual soit lui-même à l’origine de ces constructions).

Revenu dans son pays, Brieuc gagna au Christ ses parents, ainsi que d’autres compatriotes, puis construisit une église et un monastère.

En 480, une invasion de Pictes et de Saxons chassa cette communauté florissante et Brieuc vint en Armorique où il construisit un nouveau monastère; l’église adjacente fut dédiée à s.Etienne (v.26 décembre).

Que Brieuc ait été investi du caractère épiscopal, est un peu controversé. Il «aurait été» abbé-évêque, et donc fondateur du diocèse.

On retint de lui sa grande générosité envers les pauvres.

Brieuc s’éteignit paisiblement dans le Seigneur en 502, nonagénaire.

L’église qu’il construisit prit son nom, ainsi que la ville qui s’y développa.

Saint Brieuc est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain, qui le qualifie d’évêque et abbé.

 

 

Sigismond, roi

† 524

 

Sigismond était le fils de Gondebaud, roi de Bourgogne, qui soutenait l’hérésie arienne et qui eut un deuxième fils, nommé Godomar.

Sigismond épousa en 494 Ostrogothe, la fille de Théodoric, roi d’Italie. 

Il devait être encore très jeune à cette époque ; il connut de près l’évêque de Vienne, s.Avit (v. 5 février), que le roi Gondebaud, malgré l’hérésie arienne, avait cependant en grande estime ; et c’est cet évêque qui mit Sigismond sur la voie de la Vérité, vers 502.

Ce dernier reçut en 513, comme son père, le titre de patrice des Gaules ; dès lors, il voulut montrer son zèle pour soutenir l’Eglise, et combla de bienfaits l’abbaye d’Agaune. En 516, ayant reçu la succession de son père, il rendit aux évêques la liberté de se réunir en concile ; ce fut l’occasion de l’important concile d’Agaune, qui décida d’affranchir les moines du travail manuel et d’instituer la Laus perennis : les moines auraient dû désormais s’organiser pour ne jamais interrompre le chant de l’office, ce qui exigeait la présence de nombreux moines ; on en fit venir de Lérins, de Grigny, de l’Ile Barbe, de Condat. En 517, nouveau concile à Epaone (Evian ?), pour prendre des mesures contre l’arianisme et le paganisme dans le royaume ; on décida la fondation de nombreux monastères, ce qui confirme que toute cette région fut depuis longtemps sanctifiée et apostolisée par la présence monastique.

Sigismond eut cependant un différend avec des évêques, qui avaient condamné le mariage incestueux d’un courtisan ; Sigismond préféra exiler ces évêques. Mais ayant reconnu son erreur, il s’en repentit et rappela les évêques.

Il y eut bien plus grave. Sigismond avait eu trois enfants : Ségéric et Suavegotha qui naquirent en 495 et 496, et leur sœur cadette dont on ignore le nom mais qui fut la mère d’Etichon, premier duc d’Alsace. Or, après la mort de son épouse, Sigismond en aurait épousé la servante, en 518. Cette dernière eut un jour une violente dispute avec Ségéric, qu’elle alla accuser à Sigismond de vouloir le détrôner ; très emporté, Sigismond fit étrangler son fils héritier Ségéric, pour l’éliminer de la succession (522).

Il eut presqu’aussitôt conscience de l’énormité de son crime, et voulut l’expier. Il se retira au monastère d’Agaune et y passa un certain temps dans les larmes et le jeûne. Mais Dieu lui imposa aussi d’autres pénitences : les princes francs, sous le commandement de Clodomir, envahirent alors le royaume burgonde et arrêtèrent Sigismond avec sa femme et ses deux autres fils (Gistald et Gondebald) : Clodomir les fit décapiter tous les trois et précipiter au fond d’un puits (524).

L’endroit de cette exécution macabre serait Coulmiers (Loiret). Il y aurait jailli une source d’eau miraculeuse qui soignait les fièvres. Il y eut des miracles, des pèlerinages, et l’on y construisit une église.

Compte tenu de l’attitude de Sigismond envers l’Eglise et de son attitude de repentir sincère, sa mort a été considérée comme un martyre. On le vénéra à Agaune puis, des reliques ayant été transportées à Prague (1366), il fut invoqué comme patron de la République tchèque.

Le roi saint Sigismond est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcoul de Nanteuil

490-558

 

Marcoul (en latin Marculphus) naquit vers 490 à Bayeux (Calvados). Son nom a reçut différentes orthographes : Marcoult, Marcouf, Marcou, Marculf.

Quand il put disposer de ses biens à la mort de ses parents, il les distribua aux pauvres et aux orphelins et, quittant son pays, alla se mettre sous la direction de Possesseur, évêque de Coutances ; ce dernier fut évêque jusqu’en 523 et c’est sans doute lui, plutôt que son successeur s.Lô, qui reçut Marcoul).

A trente ans, il fut ordonné prêtre et parcourut le diocèse en prêchant la Bonne Nouvelle, et la confirmant par l’exemple de ses vertus.

Il portait un cilice et jeûnait très souvent.

Du roi Childebert Ier, il obtint un terrain à Nanteuil et y construisit un oratoire, puis des cellules pour les premiers candidats à cette vie érémitique. Ce fut bientôt une abbaye entière qui s’éleva.

Mais Marcoul avait besoin de plus grandes austérités et il se retira sur une petite île voisine. La population voisine bénéficia de ses miracles, comme de l’éloignement de pirates.

Marcoul mourut vers 558.

Ses reliques furent plus tard transférées à Corbeny (898), où se développa un pèlerinage célèbre et où eurent lieu beaucoup de miracles. En particulier, les rois de France nouvellemenet sacrés étaient investis d’une grâce particulière pour guérir les écrouelles. Les rois, depuis Louis IX à Louis XIII, après leur sacre à Reims, se rendaient à Corbeny, où les moines leur remettaient entre les mains le chef de Marcoul ; puis ils assistaient à la Messe, au terme de laquelle ils touchaient le visage des malades en prononçant ces paroles : Le roi te touche, Dieu te guérit. Les malades devaient ensuite faire une neuvaine de prières et jeûner. Après Lous XIII, les reliques furent apportées à Reims, pour le même rite. La cérémonie eut lieu pour la dernière fois en 1825.

La ville de Reims a pris saint Marcoul pour patron céleste.

Saint Marcoul de Nanteuil est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Asaph de Llan-Elwy

† 600

 

Asaph (ou Asa) est dit quelque part fils du roi Sawyl Penuchel et de Gwenaseth.

Il devint disciple de s.Kentigern (v. 13 janvier) à Llan-Elwy.

Un jour que Kentigern l’envoya chercher un tison pour se réchauffer, il prit carrément des charbons ardents et les porta à l’abbé : celui-ci constata que la tunique d’Asaph n’avait nullement été brûlée et comprit quelle sainteté se cachait en cet humble moine. Il en fit son successeur comme abbé à la tête du monastère, et le consacra aussi premier évêque de ce diocèse.

La ville de Llan-Elwy prit par la suite le nom de Saint-Asaph. La première église de l’endroit fut totalement détruite par Edward Ier d’Angleterre (1282) ; l’actuelle cathédrale bâtie au même endroit au 14e siècle, est la plus petite du Royaume-Uni.

Saint Asaph de Llan-Elwy est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arey de Gap

535-604

 

Arey (en latin Aridius ou Aregius) naquit vers 535 à Chalon-sur-Saône.

Il fut préparé très jeune au sacerdoce et fut ordonné prêtre par Didier de Clermont, qui l’envoya exercer le saint ministère à Morges (564). Arey y resta quinze ans.

Au concile de Chalon (579), Arey fut nommé huitième évêque de Gap, en remplacement d’un évêque indigne.

Le diocèse de Gap était en piètre état, et Arey le releva avec un grand zèle pastoral et paternel. Il ouvrit à Gap une maison de formation, sorte de séminaire ; il parcourut tout son territoire en encourageant les prêtres et les fidèles ; il s’unit aux autres évêques en maints conciles et travailla avec eux à faire respecter le Jour du Seigneur, le dimanche.

Arey fut aussi consulté par s.Colomban (v. 23 novembre) au sujet de la datation de la fête de Pâques.

S’étant rendu au Tombeau des Apôtres à Rome, il rencontra le pape Grégoire 1er (v. 12 mars), qui l’entoura d’une profonde amitié et entretint avec lui une correspondance assidue. Ce même pape le chargea de réunir un concile pour condamner la simonie ; il lui confia l’accueil de la deuxième mission de moines envoyés en Angleterre (601) ; il voulut aussi l’honorer personnellement en lui faisant don d’une dalmatique, qu’Arey aurait portée lors des cérémonies solennelles (cette distinction fut par la suite généralisée, mais dorénavant abolie) ; il le chargea aussi de remettre de sa part le pallium à l’évêque d’Autun.

Il est plaisant de reporter le fameux miracle de l’Ours. Lors de son retour de Rome, Arey passa le col du Montgenèvre, où un ours s’attaqua à l’un des bœufs qui tiraient le char. Arey somma l’ours de prendre la place du bœuf ; la bête obéit humblement et reçut en récompense la liberté ; il serait «réapparu» lors de l’enterrement d’Arey et aurait tiré le char funèbre en compagnie d’un bœuf. On peut y croire comme on peut ne pas y croire ; l’épisode a tout du vraisemblable, tant il est vrai qu’ à Dieu, rien n’est impossible (cf. Lc 1:37).

Saint Grégoire avait prédit à Arey qu’il mourrait peu après lui ; en effet, Grégoire mourut le 12 mars 604, et Arey fut alors frappé d’une douloureuse maladie dont il mourut le 1er mai suivant. Toutefois différentes sources retardent sa mort à 610 et même 614.

Son culte fut officiellement approuvé en 1907.

Saint Arey de Gap est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théodard de Narbonne

840-893

 

Théodard (ou aussi Audard) serait né vers 840 à Montauriol (Montauban, Tarn-et-Garonne).

Après des études à Toulouse, il fut au service de l’évêque de Narbonne, qui l’ordonna sous-diacre et le nomma archidiacre de Narbonne ; puis il fut à son tour nommé évêque en 885, devenant le 21e évêque de cette ville.

A sa demande, il fut consacré le 15 août 885, en l’honneur de la Sainte Vierge.

Un de ses soins fut de venir en aide aux populations encore victime des invasions des Sarrasins, jusqu’à aliéner les biens de l’église métropolitaine.

En 891, il se rendit encore au concile de Meung-sur-Loire.

Il s’éteignit chez les moines de Montauriol en 893.

Saint Théodard de Narbonne est commémoré le 1er mai dans le Martyrologe Romain.

Aldobrando Faberi

1170-1250

 

D’après de récentes recherches, Aldobrando (ou Aldebrando ou Ildebrando) naquit vers 1170 à Sorivoli (Roncofreddo, Cesena, Emilie-Romagne, Italie NE), peut-être dans la noble famille Faberi.

Il reçut sa formation intellectuelle à Ravenne auprès d’un chapitre de chanoines dont il fit ensuite partie vers 1199 : cette année-là il était sous-diacre.

En 1222 il passa à Rimini comme prévôt de la cathédrale. Là, il s’adonna à de sonores et sévères prédications pour éclairer le peuple contre les positions hérétiques des patares et des gibelins. Il semble que saint Antoine de Padoue se trouvait aussi sur place.

La ville avait déjà été mise sous interdit, et en 1226 Aldobrando obtint du pape de prolonger cette mesure. Le peuple se souleva contre lui et le contraignit à s’enfuir, mais peu après il était déjà de retour.

En 1230, il fut nommé évêque de Fossombrone.

En tant que tel, il dut faire reconstruire la cathédrale, qui était en ruines depuis une précédente incursion des factions de la voisine Fano, puis il s’occupa de restaurer le patrimoine du diocèse. Il est dit qu’Aldobrando mena une vie austère et apostolique.

Mort vers 1250, il fut enterré dans cette cathédrale reconstruite, mais non encore achevée et qui fut à nouveau démolie vers la fin du siècle ; sa tombe fut alors transportée dans une autre église qui fut érigée en cathédrale.

Le bienheureux Aldobrando est commémoré au Martyrologe le 1er mai.

 

 

Mafalda de Portugal

1197-1256

 

Mafalda de Portugal vit le jour le 11 janvier 1197, neuvième des onze enfants légitimes du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon. Ses deux sœurs Teresa et Sancha sont aussi au Martyrologe (v. 17 juin et 11 avril).

En 1215, elle épousa Enrique Ier de Castille, mais cette liaison, qui ne put être consommée en raison de leur jeunesse, fut déclarée nulle par le pape, pour motifs de consanguinité.

A la mort de son père, elle recevait en héritage le château de Seia avec ses rentes, et pouvait conserver son titre de reine.

Ceci fut contesté par son frère, Alfonso II : si ses deux autres sœurs venaient à prétendre aussi à ce titre, la dynastie sombrerait dans la division et la guerre civile. En réalité, ce fut cette jalousie fraternelle qui divisa le pays, et la paix ne devait être rétablie qu’en 1223 avec le fils d’Alfonso II, Sancho II.

Mafalda et ses sœurs, ayant renoncé au titre royal, se retirèrent dans un monastère cistercien. Mafalda fonda (ou réforma) l’abbaye de Arouca, où elle introduisit la règle cistercienne en 1222.

Elle mourut dans un autre monastère sur le Río Tinto, le 1er mai 1256.

Quand on voulut, plus tard, reporter son corps à Arouca, on le trouva non corrompu.

Mafalda fut béatifiée en 1793.

 

 

Vivaldo de San Gimignano

† 1320

 

Vivaldo (ou Ubaldo) naquit à San Gimignano (Sienne, Toscane, Italie) vers le milieu du 13e siècle.

Il fut le fidèle disciple et compagnon du bienheureux Bartolo de San Gimignano, un tertiaire franciscain malade de la lèpre pendant vingt années (v. 12 décembre) ; Vivaldo aurait aussi été tertiaire franciscain.

Il assista Bartolo durant les dernières années, puis il se retira dans la proche forêt de Camporena (Montaione), où il mena une vie d’ermite.

Un vieux récit du 16e siècle note que Vivaldo s’était creusé une sorte de cellule dans le tronc d’un gros châtaigner, où il avait à peine la place de s’agenouiller. Il vécut là dans une grande abstinence, dans les jeûnes, les veilles, les prières.

Il mourut le 1er mai 1320, du moins telle est la date que mentionnent les Frères Mineurs traditionnellement ainsi que le Martyrologe.

Son culte fut confirmé en 1908.

 

 

Giuliano Cesarello

1300-1343

 

Giuliano (en croate : Julijan) serait né vers la fin du 13e siècle à Castello di Valle (auj. Bale-Valle, Istrie, Croatie), dans la famille noble Cesarèl (traduit Cesarello en italien).

On a trouvé beaucoup d’éléments communs dans sa vie et dans celle de saint François d’Assise. Ce dernier serait descendu sur la côte dalmate lors d’une tempête au cours de son voyage pour la Palestine. Saint Antoine de Padoue également y serait passé.

Adolescent, Giuliano fut accueilli par les Frères Mineurs et il s’installa ensuite non loin du couvent Saint-Michel, dans un petit ermitage fondé (peut-être) par saint Romuald (v. 19 juin). Toute sa vie allait se passer là avec quelques autres confrères, dans la méditation et le service des pauvres. Ses dévotions préférées étaient l’Eucharistie, la Mère du Christ, les Ames du Purgatoire.

Il fut ordonné prêtre ; cultivé, il parlait cependant au peuple dans un langage simple et approprié ; il sut apporter la paix au milieu des bagarres de factions, faisant régner la charité chrétienne.

Dieu bénit son serviteur par le don de miracles prodigieux.

Il mourut (peut-être) un 1er mai, en 1343 ou 1349.

Giuliano fut tout de suite vénéré comme Saint, de sorte que son tombeau devint le but d’un pèlerinage assidu. Les habitants de la proche Parenzo, jaloux, cherchèrent à s’emparer du corps de Giuliano, mais il devint si pesant pendant le trajet, qu’on fit appel à d’autres volontaires ; ceux de Valle ayant seuls réussi à le déplacer, ils le reportèrent avec joie chez eux.

Au 15e siècle, Giuliano fut choisi comme Protecteur de Valle et le pape accorda une indulgence pour le jour de sa fête.

Mais il n’était pas encore béatifié ! Le culte en fut enfin ratifié en 1910.

Le bienheureux Giuliano a toujours été considéré italien ; récemment cependant, l’Eglise croate se l’est «adjugé», en faisant le premier Saint croate qui, dans cette contrée est devenu San Zuian.

 

 

Pellegrino Laziosi

1265-1345

 

Pellegrino (Pèlerin) naquit à Forlì dans la Romagne (Italie) en 1265. 

Il montra dans sa jeunesse un caractère violent et batailleur. Au cours d’une sédition qui s’était élevée dans sa ville natale, saint Filippo Benizi (voir au 22 août) fut chargé par le pape d’aller calmer les esprits : le jeune Pellegrino s’emporta au point de lui donner un soufflet. La patience du Saint dans cette occasion toucha le violent jeune homme qui voulut avoir avec lui un entretien. Ce fut le point de départ de sa conversion. 

Pellegrino eut le courage de tout quitter pour entrer dans l’ordre des Servites. La Sainte Vierge, dans une apparition, lui avait fait connaître que telle était la volonté de Dieu. Quand il reçut l’habit, une lumière éclatante et douce brilla autour de sa tête : on y vit un présage de sa sainteté future.

A trente ans, les supérieurs de Pellegrino l’envoyèrent dans sa ville natale : il y passa le reste de ses jours dans les travaux, les veilles, les jeûnes et les prières. La mortification était telle que durant tout ce temps on ne le vit jamais s’asseoir : quand il était accablé de lassitude ou de sommeil, il s’appuyait contre une pierre. Il ne se coucha jamais dans un lit, même pendant ses maladies. Chaque jour, il s’examinait avec soin, se confessait, manifestait sa douleur par ses larmes. 

La patience brilla particulièrement en lui : il lui survint à la jambe un chancre, dont la mauvaise odeur était insupportable pour ceux qui l’approchaient. Jamais il ne se plaignit, aussi ses concitoyens l’avaient appelé un nouveau Job.

Les médecins décidèrent de lui couper la jambe. La nuit qui précéda le jour fixé pour l’opération, Pellegrino se traîna comme il put jusqu’à la salle du chapitre ; là, devant le crucifix, il pria avec ferveur et finit par s’endormir. Notre-Seigneur lui apparut durant son sommeil ; le patient crut le voir descendre de sa croix et toucher sa jambe. Au réveil, celle-ci était complètement guérie. Les médecins constatèrent le miracle et le publièrent par toute la ville. 

A l’âge de quatre-vingts ans, Pellegrino, usé par les travaux, fut pris par la fièvre et mourut le 1er mai 1345, jour où il est commémoré au Martyrologe Romain.

Plusieurs miracles attirèrent les fidèles à son tombeau dans l’église des Servites de Forlì. Voulant examiner le corps de Pellegrino, deux pères le trouvèrent dans son entier en 1638, seulement desséché. En 1609, le pape Paul V avait permis aux Servites de célébrer un office en l’honneur de Pellegrino, qui fut successivement et formellement canonisé en 1726. 

Saint Pellegrino est invoqué pour les malades des jambes, du cancer, du Sida. Il est le patron de la ville de Forlì.

 

 

Pernelle de Troyes

† 1355

 

Pernelle (ou Pétronille) fut une des douze Clarisses choisies pour inaugurer la nouvelle abbaye de Moncel (Oise) en 1336. La fondation, par Philippe le Bel, remontait à 1309.

On procéda à l’élection de l’abbesse : le sort tomba sur Pernelle, de Troyes, religieuse d’un rare mérite et d’une piété exemplaire.

Le monastère était particulièrement pauvre, s’étant volontairement dénué de tout bien au profit de la libération du fils du roi, à qui il était redevable de son existence.

Pernelle édifia sa communauté par des vertus si rares et une perfection si grande, qu’elle reçut dès sa mort une canonisation populaire.

Elle mourut en 1355 ; elle a été insérée dans la récente édition du Martyrologe, au 1er mai.

 

 

Pie V

1566-1572

 

D’une famille bolonaise ruinée, Michele Ghislieri naquit près d’Alessandria, dans le diocèse de Tortona (Piémont, Italie), le 17 janvier 1504.

Petit berger, il put bientôt étudier et montra de grandes aptitudes. Entré à quatorze ans chez les Dominicains où il reçut le nom de Michele Alessandrino, il fut envoyé prendre ses grades académiques à Bologne, et enseigna successivement pendant seize ans la sainte théologie. Il savait donner à son enseignement l’empreinte surnaturelle.

L’austérité de sa vie, l’exigence personnelle pour l’intégrité et la sainteté, l’opiniâtreté à défendre la vérité contre l’erreur, le firent remarquer.

On le recherchait comme directeur spirituel. Il fut prieur à Vigevano et Alba, reçut le titre et la mission d’inquisiteur à Côme, commissaire général du Saint-Office, évêque de Sutri et Nepi, enfin cardinal du titre de la Minerve, puis de Sainte-Sabine sur l’Aventin, et inquisiteur général pour toute l’Église.

Comme inquisiteur exigeant, il s’attira les jalousies des libraires ; comme prêtre juste, il obtint la conversion d’hérétiques, entre autres le franciscain hérétique relaps Sesto de Sienne, qui abjura et fut gracié de la peine de mort qu’il avait encourue.

Comme évêque, il réveilla le zèle endormi des chanoines de Mondovì, ramena les fidèles à l’observance des lois morales et à l’usage des sacrements.

Cardinal et bientôt pontife suprême, Michele resta toujours simple, très austère et attaché à la vie religieuse ; il portait toujours l’habit dominicain ; il en imposa aussi la pratique aux autres religieux devenus évêques. 

Il favorisa l’heureuse et tant attendue conclusion du concile de Trente, qui aboutit à la publication du Catéchisme, du nouveau Bréviaire et du Missel.

A la mort de Pie IV, il fut élu deux-cent vingt-cinquième pape le 7 janvier 1566 : il accepta à contrecœur la tiare et prit le nom de Pie V.

Il maintint son style de vie sobre, austère, et ne céda jamais aux vues humaines. S’il éleva un membre de sa famille au cardinalat - parce qu’il avait participé à la bataille de Lepanto, cf. infra - ce fut en lui imposant une règle de vie strictement religieuse. Un autre de ses neveux ayant eu une conduite répréhensible, il lui enjoignit de quitter Rome “avant que fût consommée” la chandelle qui éclairait la pièce.

Son œuvre s’étendit aussi bien à Rome qu’à toute l’Europe. 

A Rome, il se montra sévère et exigeant dans la réforme morale. Il élimina les statues trop sensuelles du Belvédère et les fit remettre au Capitole ; il autorisa la peine de mort (la peine du feu) pour les homosexuels, prêtres ou non ; il fit fouetter publiquement les prostituées ; il décréta des peines contre le concubinage et le blasphème. Une bulle pontificale interdit pour toujours les courses de taureaux.

Il exigea du clergé, des humbles religieux jusqu’aux cardinaux, une vie sainte, austère, et réforma les études. Il proclama Docteur de l’Église saint Thomas d’Aquin et en imposa la méthode aux universités.

S’il interdit la présence des Juifs à Rome, il s’efforça de les convertir. Il interdit le port des armes, accentua la répression du brigandage et l’exécution des jugements. Il recevait les petits, les écoutait, les soulageait de ses deniers. Il visitait les pauvres, les malades. Envers les condamnés à mort, il permit qu’on leur donnât l’indulgence plénière et qu’on célébrât la messe avant l’aurore précédant leur exécution, pour les assister au dernier moment.

Il s’éleva avec vigueur contre le protestantisme, en Allemagne contre l’empereur intrigant Maximilien, faisant intervenir s.Pierre Canisius ; en Angleterre contre Élisabeth et en faveur de Marie Stuart ; en France contre les intrigues de Catherine de Medici.

Mais c’est surtout à propos de la lutte contre l’invasion des Turcs, que Pie V est resté célèbre. L’Occident était menacé ; le pape réussit à soulever une coalition européenne qui paya une flotte assez importante à opposer à celle des Ottomans. Après une difficile négociation, la flotte alla au-devant des ennemis de l’Église, qu’elle rencontra dans le golfe de Patras en Grèce. Il y eut beaucoup de victimes de part et d’autre, mais les Chrétiens furent vainqueurs, le 7 octobre 1571.

Ce jour-là, le pape Pie V était avec son trésorier et, brusquement, eut une extase et comprit que Dieu avait donné la victoire. Le dominicain qu’il était attribua la victoire à la puissante intercession de Marie, dont l’invocation de Auxilium Christianorum fut alors ajoutée aux Litanies de la Sainte Vierge. C’est à cette victoire que remonte l’institution de la fête de Notre-Dame du Rosaire le 7 octobre.

Très éprouvé par la douloureuse maladie de la pierre, le pape préféra supporter les souffrances que de subir une opération. Il murmurait : Seigneur, augmente le mal, mais augmente aussi ma patience. Il reçut le viatique le Jeudi Saint 3 avril 1572 et mourut le 1er mai suivant.

Pie V fut béatifié en 1671 et canonisé en 1710. Inscrit au Martyrologe le 1er mai, il est fêté au calendrier romain le 30 avril.

Il eut pour successeur Grégoire XIII.

Gim I-u Barnabas

? -1801

 

Gim I-u Barnabas est un laïc coréen né à Myeongraebang (Seoul, Corée S).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) en mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Bong-han Franciscus

? -1815

 

Choe Bong-han Franciscus est un laïc coréen né à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) en mai 1815 et fut béatifié en 2014.

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Augustin Schoeffler

1822-1851

 

Ce Martyr était lorrain, né à Mittelbronn dans la Moselle, le 22 novembre 1822, aîné de six enfants. Son père instituteur, était à la fois secrétaire de mairie et chantre à l’église. Il envoya Augustin commencer des études chez son oncle, curé à Arraye, où il fit sa première communion, et de là gagna le petit séminaire de Pont-à-Mousson, puis le grand séminaire de Nancy. 

Au petit séminaire, Augustin dut apprendre le français, car ses parents étaient germanophones. Petit, Augustin était réputé doux et réaliste, une douceur qui ensuite fit place à une attitude fière reflétant plutôt une énergie non exempte d’une certaine rudesse. Au grand séminaire, il fut nommé préfet de chœur, charge dont il s’acquitta de main de maître, mais où sa douceur réapparaissait vite quand il devait soutenir des séminaristes en difficulté.

Il voulait rejoindre les Missions Étrangères de Paris. Ses parents n’étaient pas très consentants. Tandis que l’avis positif tant de la part des Missions que de l’évêque, finissait par arriver, ce fut un net refus familial. Ordonné diacre en octobre 1846, il passa chez les siens où il fit un sermon très remarqué, puis regagna Paris. Là il apprit que deux tantes avaient fait des démarches auprès du supérieur pour le retenir en France. Il ne s’en émut pas. Jusqu’aux derniers jours avant son départ, se jouèrent des manœuvres pour le dissuader de partir, jusqu’à des privations d’argent… Ordonné prêtre en mai 1847, il reçut sa mission pour le Tonkin (nord Vietnam). 

Embarqué sur L’Emmanuel, il gagna Singapour quatre mois après, puis débarqua à Hong-Kong fin avril 1848. Dans un contexte politique agité, Augustin entra clandestinement au Tonkin, sous un déguisement chinois. Le jeune nouvel empereur, bien que d’abord favorable aux missionnaires, n’avait pas abrogé les dispositions de son père et de son grand-père, de sorte qu’on vivait encore dans un régime de persécution.

Augustin fut pris du choléra, mais se remit assez vite et continua son travail de prédication et de confessions. L’évêque, Mgr Retord, lui confia la province de Son Tây, là où le Fleuve Rouge reçoit ses deux affluents, la rivière Noire et la rivière Claire. Là avait été martyrisé quatorze ans plus tôt Jean-Charles Cornay (voir au 20 septembre). Seul Européen, il avait près de lui huit confrères vietnamiens et quinze mille chrétiens.

Une conspiration fut découverte, et les chrétiens accusés d’y avoir participé. Les édits de persécution furent remis à l’ordre du jour, et même aggravés : les prêtres devaient être jetés dans les fleuves ou la mer, les prêtres vietnamiens seraient coupés par le milieu, et ceux qui auraient caché un prêtre européen seraient coupés par le milieu des reins et jetés au fleuve.

 Trahi et livré aux soldats, Augustin fut interrogé, sommé de marcher sur la croix, ce qu’il refusa, enfermé et chargé de la cangue. Il ne se plaignit jamais. Des chrétiens emprisonnés avec lui cherchèrent à le racheter ; pendant qu’ils étaient partis chercher la somme convenue, Augustin, jugeant qu’ils étaient assez loin, pressa le soldat de le conduire aux mandarins, sauvant ainsi de la mort ses compagnons. Dans l’attente de sa condamnation, il eut sa rétention un peu adoucie, car une lettre de Mgr Retord avait obtenu qu’il fût au moins transféré dans un local du logement du gardien-chef. Un prêtre vietnamien put lui rendre visite et entendre sa confession.

La sentence de condamnation à mort arriva le 11 avril, il fut décapité le 1er mai 1852 à Son-tai. Sa tête fut jetée dans la rivière Song-Ka, son corps fut d’abord enterré sur place, puis exhumé en secret par des chrétiens qui le réinhumèrent dans un village chrétien. Un mandarin, ayant récupéré une tunique d’Augustin tachée de son sang, reçut plusieurs coups de rotin.

Le même jour, un an plus tard, était décapité à son tour Jean-Louis Bonnard, qu’on retrouve donc au même jour qu’Augustin Schöffler dans le Martyrologe, le 1er mai.

Déclaré Vénérable en 1899, et Bienheureux l’année suivante, Augustin a été canonisé en 1988 parmi les cent dix-sept martyrs du Vietnam, dont la fête est au 24 novembre.

Le grand séminaire de Metz est désormais placé sous la protection de saint Augustin Schöffler.

 

 

Jean-Louis Bonnard

1824-1852

 

Ce saint prêtre qui est mort martyr à vingt-huit ans, naquit dans une famille très chrétienne, où le père, Gabriel, avait connu les temps difficiles de la Révolution française : il avait fait sa première communion dans une grange, des mains d’un prêtre réfractaire. 

Gabriel Bonnard participa aux expéditions impériales en Prusse et en Russie. A son retour, il épousa Anne Bonnier en 1817, et ils eurent six enfants. Ils habitaient dans la Loire, à Saint-Christôt-en-Jarez, et notre Jean-Louis fut baptisé le jour-même de sa naissance, le 1er mars 1824. Il n’avait que cinq ans quand il déclara haut et fort : Je veux être prêtre. Le père, qui n’était pas riche, ne savait comment lui payer les études, mais les frères et sœurs déclarèrent : Nous ferons comme nous pourrons, nous nous gênerons tous ! Le papa commença à enseigner à lire à son aîné, charge à ce dernier de transmettre ses connaissances à ses jeunes frères. 

Très assidu au catéchisme, Jean-Louis fit sa première communion à douze ans, mais il apprenait très difficilement ; un camarade témoigna que Jean-Louis était pieux, gai, au caractère calme, paisible, jamais en colère, aux talents médiocres, et même moins que médiocres.

On le mit tout d’abord à garder les troupeaux : il emportait avec lui son catéchisme et son chapelet. Il n’avait qu’une idée en tête : devenir prêtre, aussi fut-il admis au pensionnat du bourg. Le peu qu’il savait alors, il l’avait appris en lisant son catéchisme dans les champs, ou aussi en fréquentant un peu le presbytère. Il étudia avec beaucoup de difficultés ; au début on perdit patience avec lui, mais il ne se rebutait jamais ; en troisième année, il arriva à suivre ses camarades, qui d’ailleurs l’aidaient volontiers, tant il était doux, aimable, pieux, courageux. 

Il put entrer en quatrième au petit séminaire de Saint-Jodard. Toujours extrêmes difficultés pour l’étude, toujours même ténacité dans la persévérance, si bien qu’en première, il était dans la moyenne, parfois même dans les premiers. Après l’année de philosophie, il passa au grand séminaire de Lyon. Il voulait partir pour les missions et devenir martyr. Sa candidature fut acceptée.

Il alla chez ses parents pour demander à son père sa bénédiction, prétextant qu’il allait recevoir les ordres l’année suivante. En les quittant, il se retourna plusieurs fois, remarquèrent-ils, ce qu’il ne faisait pas les autres fois. Il alla demander sa bénédiction au Cardinal de Bonald, fit une dernière visite à Notre-Dame de Fourvière et s’en fut à Paris.

Les témoignages ne varient pas sur sa personne : Sa figure, sur laquelle était habituellement peinte une aimable candeur, était empreinte d’une naïveté presque enfantine, ce qui lui attirait facilement l’affection de ses confrères… Ange de paix, humble, modeste, doué d’une très grande charité à l’égard de tous, il devait sans doute ces aimables vertus à son innocence baptismale parfaitement conservée.

Jean-Louis fut ordonné prêtre le 23 décembre 1848, partit de Nantes le 8 février 1849, sur le “L’Archevêque Affre” (du nom de l’archevêque de Paris assassiné lors de la révolution de 1848), et arriva à Hong-Kong le 5 juillet ; il devait aller au Laos, mais on l’envoya au Tonkin (nord Vietnam), plus accessible alors. Qui le reçut fut Mgr Retord, qui lui confiera en 1851 le district de Ke-Bang. Dans l’intervalle, il s’efforça tant bien que mal d’apprendre la langue : Vous ne sauriez vous imaginer combien elle est difficile, écrit-il ; il ne lui faut que cinq ou six mois pour arriver déjà à prêcher et à confesser.

Il apprend que le père Augustin Schöffler a été décapité le 1er mai 1851 et n’a aucun doute sur son sort. En effet, fin mars 1852, il est dénoncé, arrêté et emprisonné à Nam-Dinh. Durant ces quarante jours de captivité, il est enchaîné et chargé de la cangue. Ayant refusé de marcher sur la croix et de donner les noms de ceux qui l’avaient reçu (et qui, d’après l’édit, devaient être coupés par le milieu des reins et jetés au fleuve), il est condamné à la décapitation pour le seul motif de prédication de la religion perverse. Un prêtre peut lui apporter l’Eucharistie, et il peut écrire à son évêque. La veille de son exécution, il lui écrit encore : 

Demain, samedi 1er mai, fête des saints Apôtres Philippe et Jacques et anniversaire de la naissance de M.Schöffler au ciel, voilà, je crois, le jour fixé pour mon sacrifice. Je meurs content. Que le Seigneur soit béni ! 

La veille de ma mort, 30 avril 1852.

Précisons ici qu’en effet, à l’époque, on fêtait les apôtres Philippe et Jacques (le mineur) au 1er mai, la fête de saint Joseph artisan n’existant pas encore. Les apôtres sont fêtés maintenant le 3 mai.

Augustin Schöffler avait été décapité jour pour jour un an auparavant. D’après l’édit, les prêtres devaient être jetés en mer ou dans les fleuves. Le corps et la tête du Martyr furent donc précipités dans le Fleuve Rouge. Mais d’habiles chrétiens avaient suivi de loin la jonque et allèrent dès que possible repêcher les saintes reliques du père Bonnard, les reportèrent à Vinh-Tri où résidait l’évêque, lequel procéda à des funérailles solennelles.

Dans une lettre, rédigée auparavant par Jean-Louis à l’adresse de ses parents, il leur écrit : Quand vous recevrez cette lettre, vous pourrez être certains que ma tête sera tombée sous le tranchant du glaive, car elle ne doit vous être envoyée qu’après mon martyre. Je mourrai pour la foi de Jésus-Christ. Ainsi donc, réjouissez-vous.

Jean-Louis Bonnard a été béatifié en 1900, et canonisé en 1988 parmi les cent dix-sept Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre. Il est commémoré au 1er mai dans le Martyrologe.

 

 

Poème de Victor Hugo dédié à Jean-Louis Bonnard

 

À un martyr - (Les Châtiments)

 

I. 

Ô saint prêtre ! grande âme ! oh ! je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous,
Il n'en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l'ombre.

Il a dit : — « C'est le Dieu de progrès et d'amour.
Jésus, qui voit ton front croit voir le front du jour.
Christ sourit à qui le repousse.
Puisqu'il est mort pour nous, je veux mourir pour lui ;
Dans son tombeau, dont j'ai la pierre pour appui,
Il m'appelle d'une voix douce.

« Sa doctrine est le ciel entr'ouvert ; par la main,
Comme un père l'enfant, il tient le genre humain ;
Par lui nous vivons et nous sommes ;
Au chevet des geôliers dormant dans leurs maisons,
Il dérobe les clefs de toutes les prisons
Et met en liberté les hommes.

« Or il est, loin de nous, une autre humanité
Qui ne le connaît point, et dans l'iniquité
Rampe enchaînée, et souffre et tombe ;
Ils font pour trouver Dieu de ténébreux efforts ;
Ils s'agitent en vain ; ils sont comme des morts
Qui tâtent le mur de leur tombe.

« Sans loi, sans but, sans guide, ils errent ici-bas.
Ils sont méchants, étant ignorants ; ils n'ont pas
Leur part de la grande conquête.
J'irai. Pour les sauver je quitte le saint lieu.
Ô mes frères, je viens vous apporter mon Dieu,
Je viens vous apporter ma tête ! » —

Prêtre, il s'est souvenu, calme en nos jours troublés,
De la parole dite aux apôtres : — Allez,
Bravez les bûchers et les claies ! —
Et de l'adieu du Christ au suprême moment :
— Ô vivant, aimez-vous ! aimez. En vous aimant,
Frères, vous fermerez mes plaies. —

Il s'est dit qu'il est bon d'éclairer dans leur nuit
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l'âme est couverte de voiles ;
Puis il s'en est allé, dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles.

II.

Ceux vers qui cet apôtre allait, l'ont égorgé.

III.

Oh ! tandis que là-bas, hélas ! chez ces barbares,
S'étale l'échafaud de tes membres chargé,
Que le bourreau, rangeant ses glaives et ses barres,
Frotte au gibet son ongle où ton sang s'est figé ;

Ciel ! tandis que les chiens dans ce sang viennent boire,
Et que la mouche horrible, essaim au vol joyeux,
Comme dans une ruche entre en ta bouche noire
Et bourdonne au soleil dans les trous de tes yeux ;

Tandis qu'échevelée, et sans voix, sans paupières,
Ta tête blême est là sur un infâme pieu,
Livrée aux vils affronts, meurtrie à coups de pierres,
Ici, derrière toi, martyr, on vend ton Dieu !

Ce Dieu qui n'est qu'à toi, martyr, on te le vole !
On le livre à Mandrin, ce Dieu pour qui tu meurs !
Des hommes, comme toi revêtus de l'étole,
Pour être cardinaux, pour être sénateurs,

Des prêtres, pour avoir des palais, des carrosses,
Et des jardins l'été riant sous le ciel bleu,
Pour argenter leur mitre et pour dorer leurs crosses,
Pour boire de bon vin, assis près d'un bon feu,

Au forban dont la main dans le meurtre est trempée,
Au larron chargé d'or qui paye et qui sourit,
Grand Dieu ! retourne-toi vers nous, tête coupée !
Ils vendent Jésus-Christ ! ils vendent Jésus-Christ !

Ils livrent au bandit, pour quelques sacs sordides,
L'évangile, la loi, l'autel épouvanté,
Et la justice aux yeux sévères et candides,
Et l'étoile du cœur humain, la vérité !

Les bons jetés, vivants, au bagne, ou morts, aux fleuves,
L'homme juste proscrit par Cartouche Sylla,
L'innocent égorgé, le deuil sacré des veuves,
Les pleurs de l'orphelin, ils vendent tout cela !

Tout ! la foi, le serment que Dieu tient sous sa garde,
Le saint temple où, mourant, tu dis : Introïbo,
Ils livrent tout ! pudeur, vertu ! — martyr, regarde,
Rouvre tes yeux qu'emplit la lueur du tombeau. —

Ils vendent l'arche auguste où l'hostie étincelle !
Ils vendent Christ, te dis-je ! et ses membres liés !
Ils vendent la sueur qui sur son front ruisselle,
Et les clous de ses mains, et les clous de ses pieds !

Ils vendent au brigand qui chez lui les attire
Le grand crucifié sur les hommes penché ;
Ils vendent sa parole, ils vendent son martyre,
Et ton martyre à toi par-dessus le marché !

Tant pour les coups de fouet qu'il reçut à la porte !
César ! tant pour l'amen, tant pour l'alléluia !
Tant pour la pierre où vint heurter sa tête morte !
Tant pour le drap rougi que sa barbe essuya !

Ils vendent ses genoux meurtris, sa palme verte,
Sa plaie au flanc, son œil tout baigné d'infini,
Ses pleurs, son agonie, et sa bouche entrouverte,
Et le cri qu'il poussa : Lamma Sabacthani !

Ils vendent le sépulcre ! ils vendent les ténèbres !
Les séraphins chantant au seuil profond des cieux,
Et la mère debout sous l'arbre aux bras funèbres,
Qui, sentant là son fils, ne levait pas les yeux !

Oui, ces évêques, oui, ces marchands, oui, ces prêtres
A l'histrion du crime, assouvi, couronné,
A ce Néron repu qui rit parmi les traîtres,
Un pied sur Thraséas, un coude sur Phryné,

Au voleur qui tua les lois à coups de crosse,
Au pirate empereur Napoléon dernier,
Ivre deux fois, immonde encor plus que féroce,
Pourceau dans le cloaque et loup dans le charnier,

Ils vendent, ô martyr, le Dieu pensif et pâle
Qui, debout sur la terre et sous le firmament,
Triste et nous souriant dans notre nuit fatale,
Sur le noir Golgotha saigne éternellement !

Erminio Filippo Pampuri

1897-1930

 

Avant-dernier des onze enfants de Innocenzo et Angela Campari, Erminio naquit le 2 août 1897 à Trivolzio (Pavie, Italie du nord), et reçut le baptême le jour suivant.

Orphelin de sa mère dès 1900, de son père en 1907, il fut pris en charge par des oncles maternels.

Ses études se déroulèrent sans problème, d’abord à l’école primaire de son village, puis à Milan et Pavie, où il entra à l’université de médecine.

Il avait plusieurs fois exprimé son désir de devenir prêtre, mais on l’en avait dissuadé, à cause de sa santé un peu fragile. Il fut un adolescent rempli de l’idéal chrétien, cherchant à vivre conformément à cet idéal, pratiquant les œuvres de miséricorde, restant longtemps en méditation devant le Saint-Sacrement, priant le chapelet. Il adhéra au Cercle Universitaire Severino Boezio, à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, au Tiers-Ordre franciscain, à l’Action Catholique.

Durant la Première guerre mondiale, il prit part aux soins des blessés comme sergent, puis comme aspirant.

En 1921, il fut reçu docteur en médecine et chirurgie avec le maximum de points, et exerça d’abord avec son oncle médecin, puis à Vernate, enfin à Milan (Morimondo). Là, il collabora activement avec le curé au sein de l’Action Catholique, et dans les activités musicales, qu’il érigea sous le patronage de saint Pie X.

En 1922, il se spécialisa encore en gynécologie-obstétrique, et postula en 1923 pour le poste d’officier sanitaire à l’Université de Pavie.

Lié aux pères Jésuites de Triuggio, il y organisa des retraites, payant les frais, invitants ses collègues et amis.

Il ne se contentait pas d’exercer honnêtement la médecine, il visitait ses malades, jour et nuit, leur donnant même gratuitement les médicaments qu’ils ne pouvaient payer, y ajoutant un peu d’argent, des vêtements, des couvertures… Puis il se tournait vers les nécessiteux des maisons voisines, puis encore plus loin, en dehors de Morimondo et de Milan.

Après six années bien remplies, il voulut entrer dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, surnommé en Italie les Fatebenefratelli (Faites le bien, Frères), qui est un ordre particulièrement hospitalier ; il voulait ainsi allier sa profession de médecin à son idéal chrétien.

Il y entra en 1927, et émit les vœux en 1928, s’appelant désormais Frère Riccardo.

Celui qu’on appelait le «saint petit docteur» fut nommé directeur du cabinet dentaire annexe de l’hôpital des Fatebenefratelli, et continua à se prodiguer auprès des malades pauvres avec la même charité infatigable et inaltérable.

Durant son service militaire, il avait pris une affection pulmonaire, qui reprit fortement en 1930. Hospitalisé à Brescia, puis à Milan, il y mourut très saintement le 1er mai 1930. 

Erminio Filippo Riccardo avait alors presque trente-trois ans, comme le Christ.

De nombreuses grâces furent obtenues par son intercession, et deux miracles aboutirent à sa béatification, en 1981.

Un autre miracle avenu en 1982 en Espagne, permit sa canonisation en 1989.

Saint Riccardo Pampuri est fêté le 1er mai.

 

 

Kazimir Klymentii Sheptytskyi

1869-1951

 

Né le 17 novembre 1869 à Prylbychi (Lviv, Galicie, auj. Ukraine), Kazimir Maria était le jeune frère d’un autre futur Serviteur de Dieu, l’évêque Andrij Sheptytskyi.

La famille était une vieille famille noble ruthène, qui vivait dans la partie orientale de la «Pologne», près de Zamosc ; cette région faisait partie de l’empire austro-hongrois.

Après ses premières années d’étude à la maison, il vint à Cracovie en 1882, puis étudia aussi à Münich et à Paris. En 1892, il fut reçu docteur en droit à l’université Jagellon (Cracovie).

Après ses études, il revint auprès de ses parents qui vieillissaient.

En 1900, il fut élu dans le parlement autrichien, qui fut dissout en 1907, et renonça ensuite aux activités politiques.

En 1911, il entra dans l’abbaye bénédictine de Beuron (Baden-Würtemberg, Allemagne), mais au bout d’un an suivit l’exemple de son grand frère qui avait réintégré l’Eglise gréco-catholique de leurs ancêtres, et entra au monastère de Saint-Théodore de Bosnie, où il prit le nom religieux de Klymentiy, en référence au pape saint Clément 1er, martyr en Chersonèse et considéré comme fondateur de l’Eglise des Balkans (voir au 23 novembre).

Il fut ordonné prêtre en 1913, et alla faire d’autres études à Innsbruck (Autriche) avant de revenir en Ukraine (1919), au monastère de la Dormition à Lavra.

En 1926, il devient higoumène (prieur) de Univ Lavra.

En 1937, il rejoint son frère Andrij malade, à Lviv.

En 1939, c’est la «libération» par les troupes soviétiques, et donc l’occupation par le communisme. Toute l’élite intellectuelle et spirituelle d’Ukraine est éliminée.

Le métropolitain (évêque) n’est pas lui-même arrêté, par crainte de l’opinion internationale. Mais les communistes persécutent la famille de Klymentii : son frère Léon est assassiné.

Le métropolitain divise alors l’Union Soviétique en quatre exarchats, celui de Russie étant confié à Klymentii.

La guerre permet une interruption de la persécution, mais sans apporter d’amélioration à la situation ukrainienne. Pendant la période de la guerre, le père Klymentii secourt les Juifs en les cachant dans les monastères et en les aidant à gagner la Hongrie.

Entre 1941 et 1944, de nombreux jeunes furent hébergés et cachés dans le monastère de Univ., parmi lesquels certains devinrent célèbres et écrivirent leurs reconnaissants souvenirs. C’est pour cette activité souterraine que Klymentii Sheptiytsky fut reconnu au nombre des Justes parmi les Nations, par les autorités d’Israël, en 1995.

En 1944, la persécution reprend en Ukraine, où les autorités cherchent à soumettre l’Eglise à l’unique Eglise de Moscou. Le nouveau Métropolite, Joseph Slipyj, nomme le père Klymentii Archimandrite (supérieur) de tout l’Ordre Studite. Klymentii devenait ainsi l’autorité la plus représentative de l’Eglise, presque son leader, au nom du Métropolite.

Il fut arrêté à son tour en juin 1947 ; emprisonné à Lviv, puis à Kiev, il fut condamné «seulement» (en raison de son grand âge, soixante-dix-sept ans) à huit ans de prison pour avoir refusé d’adhérer à «l’Eglise de Moscou».

Les prisonniers ne s’attendaient pas à avoir pour compagnon un tel personnage : grand, mince, avec une longue barbe blanche, un peu voûté, avec la canne, il ressemblait à saint Nicolas. Un jour que des religieuses lui passèrent trois pommes, bien mûres et bien rouges, il en donna une à son voisin, qui avait des problèmes d’estomac, et partagea les deux autres avec les autres co-détenus.

Klymentii mourut le 1er mai 1951, dans la prison centrale Vladimir.

Il été béatifié comme martyr en 2001.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 10:19

Enrique Ángel Angelelli Carletti

1923-1976

 

Enrique Ángel était le fils d’un couple d’immigrés italiens et naquit le 18 juillet 1923 à Córdoba (Argentine).

Il entra au séminaire Notre-Dame-de-Lorette en 1938 et acheva ses études au Collège Pontifical latino-américain de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1949. Il se diplôma ensuite en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome.

De retour en Argentine, il fut nommé vicaire de la paroisse Saint-Joseph de Barrio Alto et aumônier de l’hôpital ; il s’occupa particulièrement de visiter les pauvres dans les bidonvilles et de former des groupes de jeunes. Il fut aussi nommé professeur de Droit canonique au Grand séminaire et de théologie à l’Institut Lumen Christi.

En 1960, il fut nommé évêque auxiliaire de Córdoba et fut recteur du Grand séminaire ; de concert avec des prêtres préoccupés comme lui de la condition des classes inférieures, des ouvriers, des paysans, le jeune évêque s’intéressa aux conflits sociaux, déclarant ouvertement que l’Eglise devait faire évoluer son attitude devant ces graves problèmes. Le nouvel archevêque de Córdoba, en revanche, n’aimait pas ce genre de déclarations, condamnant même cette position trop gauchisante, et releva l’évêque contestataire de ses fonctions, le nommant simple aumônier du couvent des Adoratrices au Collège Villa Eucharistica.

Mais Mgr Angelelli restait évêque, et comme tel participa aux sessions du Concile Vatican II. Au terme du Concile, il fut rétabli évêque auxiliaire de Córdoba (1965).

En 1968, il fut nommé évêque de La Rioja. Dès lors, il avait les mains libres pour s’introduire dans la cause des mineurs, des ouvriers agricoles, des employés domestiques, qu’il encouragea à se regrouper en syndicats, en coopératives (tissage, briques, boulangerie, coopératives agricoles).

En 1973, un premier incident grave se produisit lors de la visite de Mgr Angelelli à Anillaco : une troupe menée par des grands propriétaires pénétra de force dans l’église, forçant l’évêque à interrompre la cérémonie et jeta des pierres contre l’évêque quand il sortit de l’église ; l’évêque alors frappa d’interdit les auteurs de ces faits.

Une enquête fut ordonnée par Rome, qui fut menée par le général des Jésuites et l’archevêque de Santa Fe. Mgr Angelelli offrit sa démission au Pape. Les prêtres du diocèse soutenaient leur évêque, et tandis que le nonce restait très prudent dans sa position neutre, l’archevêque de Santa Fe prenait ouvertement position pour Mgr Angelelli.

Il y eut ensuite la Guerre Sale et les changements politiques. Attentats, enlèvements, tortures, disparitions. Mgr Angelelli voulut obtenir des renseignements sur les prisonniers ; il lui fut répondu : C’est vous qui devez vous tenir sur vos gardes. L’évêque savait dès lors qu’il était visé et attendait son tour.

Le 4 août 1976, dans la localité de Punta de los Llanos, un «accident» mystérieux renversa la camionnette conduite par l’évêque. Mgr Angelelli mourut ; on releva sur son cou de fortes lésions dues à un objet contondant, une fracture en forme d’étoile dans l’os occipital et plusieurs côtes cassées.

Après la version de l’accident de la route, il y eut celle de l’homicide froidement prémédité. En 2009, une autopsie officielle révéla que la mort avait été causée par les fractures du crâne et non par un banal accident de la route. Peu à peu, l’Eglise reconnut que l’accident avait été provoqué intentionnellement ; enfin un certain cardinal Jorge Bergoglio parla de martyre.

Mgr Enrique Ángel Angelelli Carletti fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 4 août.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:47

Wenceslao Pedernera

1936-1976

 

Wenceslao Pedernera naquit à Los Jagüeles (La Calera, Argentine) le 28 septembre 1936, jour où l’on fête s.Wenceslas, dont il reçut le nom au baptême.

Ses études ne dépassèrent pas ce qui est pour nous le cours élémentaire, mais ce fut un travailleur, dans les vignobles d’un certain Gargantini, italien d’origine.

On le surnommait Wence ; en 1961, il rencontra Martha Ramona Cornejo, qu’il voudra épouser, mais pas à l’église, car il n’aimait pas ces prêtres qui ne savent rien dire aux grands propriétaires. Martha cependant, surnommée Coca, finit par l’emporter et le mariage fut célébré chrétiennement en 1962.

La vraie conversion de Wence se fit en réalité six ans plus tard, lors d’une mission populaire ; son cœur fut touché par la prédication de prêtres qui parlaient vraiment au nom de l’Evangile. Sa conviction fut telle qu’il organisa et dirigea un groupe de prière, qui s’appuyait directement sur l’enseignement du Christ. Coca rayonnait de joie. Naîtront bientôt trois filles, María Rosa, Susana et Estela.

Wence fut alors totalement conquis par les idées de Mgr Angelelli, l’évêque de La Rioja, où il désirait s’installer. Coca lui proposa d’abord de rester à Mendoza, mais en 1973, ils déménagèrent à Anguinan, puis à Sañogasta : là, ils firent partie d’une coopérative agricole, où le travail était nourri par la prière et par la lecture de l’évangile.

Avec les prêtres qu’il connaissait bien, il partageait un lopin de terre qu’il cultivait avec amour. Parmi ceux qui fréquentaient Wence, il y eut trois jeunes, qui devinrent prêtres par la suite.

Encouragé par l’évêque Mgr Enrique Angelelli (v. 4 août), Wence organisa le Mouvement Rural Catholique. Ce genre d’organisation syndicale allait à l’encontre des immenses latifundi, dont les grands propriétaires s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers. Wenceslao fut lui aussi accusé de marxisme et menacé.

Le 25 juillet 1976, quatre hommes masqués firent irruption chez lui et, devant son épouse et ses filles terrorisées, dont l’aînée avait douze ans, le frappèrent de vingt balles. Huit jours plus tôt, avaient été assassinés les deux prêtres Gabriel Longueville et Carlos Murias (v. 18 juillet) ; Mgr Angelelli serait à son tour assassiné le 4 août.

Avant d’expirer à l’hôpital où le transporta son épouse, Wenceslao pardonna à ses assassins et pria Coca de ne pas garder de rancœur envers les assassins.

En 2019, Wenceslao Pedernera fut béatifié avec l’évêque et les deux prêtres martyrs, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:40

Gabriel Longueville

1931-1976

 

Gabriel Joseph Roger Longueville naquit le 18 mars 1931 à Etables (Ardèche).

Après avoir fréquenté le séminaire d’Annonay, il fut ordonné prêtre en 1957, pour le diocèse de Viviers ; il enseigna pendant quelques années.

En 1969, selon l’encyclique Fidei Donum, il fut envoyé au Mexique d’abord, puis en Argentine.

Curé de la paroisse El Salvador (El Chamical), il organisa sa paroisse en y installant des religieuses et surtout en mettant l’accent sur la formation des laïcs.

Il se mit réellement au service des pauvres et des marginalisés. On a noté sa patience extraordinaire.

Dans ses moments de loisirs, Gabriel sculptait le bois ; on a de lui une très jolie croix sur les montants de laquelle sont sculptés les quatorze stations du Chemin de Croix.

Mais son action pastorale dérangeait ceux des Chrétiens qui préféraient maintenir leur autorité sur les populations faibles et exploitées. Ces prêtres, ainsi que l’évêque Angelelli (v. 4 août), étaient accusés de vouloir introduire une politique marxiste, et devaient être éliminés.

Gabriel fut enlevé avec son vicaire, Carlos Murias, le 18 juillet 1976. Quand on retrouva leurs corps, dans un terrain vague bien connu sous l’appellation Los Martires, ils avaient les yeux bandés, et leurs corps étaient criblés de balles. Mgr Angelelli, lui, périt dans un «accident», le 4 août suivant.

L’année suivante, l’évêque de Viviers apporta du village d’Etables des épis de blé pour les répandre à l’endroit où fut assassiné Gabriel Longueville, en signe de «semence nouvelle».

Durant les sept années de la «dictature militaire» en Argentine, périrent deux évêques, plus de cent membres du clergé (prêtres, religieux et religieuses, séminaristes) et, estime-t-on, des milliers de chrétiens engagés.                                                      

Gabriel Longueville fut béatifié en 2019, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 23:00

 

29 AVRIL

 

I.

S Tychicus, disciple de s. Paul, honoré comme évêque soit à Chalcédoine, soit à Rhodes, soit à Colophon (cf. Eph 6:21 ; Col 4:7).

S Torpès, martyr à Pise, peut-être à l’origine de Saint-Tropez.

Ste Cercyre, vierge martyre à Corfou.

III.

S Libère, évêque à Ravenne, un des “colombins”, désignés par une colombe.

S Cher, évêque à Altino, martyrisé pendant qu’il priait pour un possédé ; son sang rejaillit sur ce dernier, qui se trouva délivré.

V.

S Sévère, évêque à Naples : il ressuscita un mort pour convaincre de fausseté un créancier qui en importunait la veuve.

S Paulin, évêque à Brescia.

VII.

S Fiachna, abbé en Irlande, obéissant parfait, patron de Kill Fiachna.

VIII.

S Wilfrid le Jeune, évêque à York.

IX.

Ste Ava, vierge belge aveugle ; guérie au tombeau de ste Renfroi (abbesse à Denain), elle entra dans cette abbaye.

XII.

S Hugues, abbé à Cluny ; le pape Callixte II fit solenniser son dies natalis .

S Achard, abbé à Saint-Victor à Paris, évêque à Avranches, auteur d’œuvres de spiritualité.

B Robert Gruthuysen, flamand, premier successeur de s. Bernard à Clairvaux.

XIV.

Ste Caterina de Sienne, vingt-cinquième enfant d'un teinturier de cette ville, mystique stigmatisée et tertiaire dominicaine, artisan du retour du pape Grégoire XI d'Avignon à Rome, Docteur de l'Église, patronne de l'Italie avec s. François d'Assise, morte à trente-trois ans. 

XIX.

Antonius Kim Sŏng-u, laïque marié, catéchiste coréen martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Itala Mela (1904-1957), laïque italienne mystique ; elle eut d'importantes révélations sur la Sainte Trinité ; béatifiée en 2017.

Bse Hanna Chrzanowska (1902-1973), laïque polonaise et tertiaire bénédictine, infirmière très active avant, pendant et après la guerre, béatifiée en 2018.

 

 

Torpès de Pise

† 68

 

Que Torpès ait été martyr à Pise (Toscane, Italie CW), est une donnée historique établie.

D’autres détails qu’on rapportait à son sujet, passent pour être légendaires. En voici la teneur :

Caius Torpetius naquit au 1er siècle à Pise dans une famille patricienne.

Il occupa un poste important sous Néron, devenant chef de la garde personnelle de l’empereur et intendant du palais impérial.

Torpès entendit la prédication de Paul, dont il devait assurer la garde pendant sa captivité, et crut en Jésus-Christ.

Il s’agit peut-être aussi de lui, lorsque s.Paul écrit aux Philippiens : Tous les saints vous saluent, principalement ceux de la maison de César (Ph 4:22).

Lors d’une cérémonie en l’honneur de Diane, Néron demanda à Torpès de chanter un hymne en l’honneur de la déesse, mais Torpès s’y refusa catégoriquement.

Néron fit flageller Torpès, le fit livrer aux fauves, puis décapiter, le 29 avril 68.

On ajoute même que la colonne de la flagellation se brisa et, en s’écroulant, tua le bourreau ; le lion et le léopard qui devaient se jeter sur Torpès, au contraire se couchèrent à ses pieds.

Tandis qu’un ami de Torpès, Andronicus, réussissait à recueillir le chef de Torpès, l’empereur fit charger le corps sur une barque avec un coq et un chien, qui auraient dû le dépecer. Mais la barque arriva sur la côte ligure, avec le corps intact, une vingtaine de jours plus tard, là où naquit la ville de Saint-Tropez.

Saint Torpès devint le patron des marins de toute la Ligurie.

Saint Torpès de Pise est commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tychicus

Ier siècle

 

Saint Tychicus (Tychique) est très peu connu. On a de lui quelques informations par les Actes des Apôtres, et quelques remarques fort élogieuses de saint Paul.

Dans les Actes des Apôtres, Luc présente Tychicus comme originaire d’Asie avec Trophime. 

Tychicus semble avoir été un messager extrêmement zélé et serviable, tout acquis à la cause de l’apostolat de saint Paul. Quand ce dernier quitte Ephèse, soulevée contre lui, Tychicus resta probablement à Milet, tandis que Paul gagnait Jérusalem.

Plus tard, durant sa première captivité à Rome, Paul écrit aux Colossiens : “Pour ce qui me concerne, Tychicus, notre frère bien-aimé, fidèle serviteur et mon compagnon dans le service du Seigneur, vous apprendra tout. Je l’ai envoyé vers vous exprès, pour que vous sachiez ce qui nous concerne” (Col 4:7). De même aux Ephésiens (Eph 6:21). Toujours mention de ce fidèle messager en 2Tim 4:12 et Tt 3:12.

C’est tout ce que nous savons précisément de ce bon et fidèle serviteur. Par la Tradition, on présume que Tychique fut successivement évêque à Chalcédoine ; il est honoré par les Églises d’Orient le 29 avril, ce qu’a repris le Martyrologe Romain.

 

 

Hugues de Cluny

1024-1109

 

Hugues vit le jour le 13 mai 1024 à Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire), de Dalmace, comte de Semur.

A l’équitation et à la chasse, il préférait l’étude et obtint d’aller auprès de son grand-oncle, Hugues lui aussi, évêque d’Auxerre.

A quinze ans, sans repasser chez lui pour éviter un orage paternel, il se rendit directement à l’abbaye de Cluny, où l’abbé Odilon (v. 1er janvier) le reçut au noviciat ; il fit la profession en 1039, fut ordonné prêtre en 1044 (à vingt ans) et fut nommé grand-prieur en 1048.

Les trois dernières années de sa vie, Odilon l’associa intimement au gouvernement de l’abbaye, de sorte qu’Hugues fut très connu et apprécié autant des moines que des personnalités extérieures au monastère. La dernière année de sa vie, Odilon confia l’abbaye à Hugues et partit à Rome, où il espérait mourir près du tombeau des Apôtres, mais il en revint revigoré, et mourut le 1er janvier 1049, sans avoir revu Hugues, qui était en mission auprès de l’empereur.

A l’unanimité les moines élurent Hugues pour succéder à Odilon. Pendant les soixante années de son abbatiat, Hugues fut comme la référence des moines, des papes, des évêques ; il participa à de nombreux conciles. 

En 1054, le père du jeune abbé fut assassiné par son gendre, Robert le Vieux, duc de Bourgogne ; Hugues s’imposa des austérités pour l’expiation de ce crime et sa mère se retira au couvent de Marcigny, où sa fille Hermengarde fut la première prieure et que Hugues dirigea ensuite de façon magistrale. Onze ans plus tard, lors d’un concile à Autun, il réussit à amener ce Robert, repentant, devant les pères conciliaires pour lui faire promettre désormais de laisser l’Eglise en paix.

Il eut de précieuses et profondes amitiés avec d’importantes personnalités : Bruno de Toul, futur pape Léon IX ; Federico, abbé du Mont-Cassin et futur pape Etienne X ; Hildebrand, futur pape Grégoire VII ; saint Pietro Damiano (v. 23 février) ; saint Anselme de Canterbury (v. 21 avril) ; deux moines de Cluny devinrent papes : Urbain II et Pascal II.

Hugues fut appelé à être le parrain du jeune prince impérial Henri, le triste Henri IV, qui s’attira l’excommunication ; ce fut Hugues qui intervint et poussera l’empereur à «se rendre à Canossa» aux pieds du pape (1077).

Hugues participa aux conciles de Reims (1049), Rome (1050), Tours (1050), Avignon, Vienne, Toulouse (pour faire appliquer les décrets du concile romain contre la simonie et l’incontinence des clercs), Rome (1063),  Chalon-sur-Saône (1064), Autun (1065), Lyon (1080), Clermont (1095, pour lancer la 1e croisade).

Il ne faut cependant pas croire que l’abbé Hugues passait son temps hors de son monastère. Il dut voyager beaucoup, certes, mais la vie monastique passait toujours au premier plan. Il sut veiller de façon paternelle et fraternelle sur les trois cents moines qui y vivaient. Voici ce qu’en écrivit Pietro Damiano après y avoir séjourné quelque temps :

A Cluny, comme dans la primitive Eglise, la charité règne, la joie spirituelle déborde, la paix est le bien commun, la patience fait tout accepter, la longanimité tout supporte. Espérance vaillante, foi solide, charité sans tache s’allient à l’humble obéissance qui lave les péchés,  l’observance de lois vraiment monastiques.

Cluny sera la plus grande construction en Europe au 13e siècle et l’église sera la plus grande église de la Chrétienté entière jusqu’au 16e siècle. Plus de mille monastères en France, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, dépendaient de cette abbaye. La première fondation de Cluny fut La Charité-sur-Loire (1056).

Hugues posséda la vertu de prudence de façon vraiment exceptionnelle, mais il fut aussi favorisé de grâces extraordinaires. 

Retiré un jour dans une cellule, il s’y était assoupi lorsqu’un orage effroyable se déchaîna. La foudre tomba et mit le feu à l’édifice ; tous accoururent pour éteindre l’incendie et trouvèrent l’abbé tranquillement endormi dans la cellule, que le feu avait épargné.

En 1109, il y eut une famine. Les moines donnèrent tant qu’ils en eurent du grain aux affamés. Averti, Hugues écrivit de Marcigny où il se trouvait, une lettre aux saints Apôtres Pierre et Paul, patrons de Cluny, priant le messager d’aller la déposer immédiatement à l’autel majeur de l’abbaye : en peu de temps, arrivèrent des dons qui suffirent à la consommation de l’abbaye pour toute l’année.

Le jour des Rameaux de 1109, un bon paysan demanda à parler d’urgence à Hugues : un vieillard lui était apparu et l’avait chargé d’annoncer à Hugues sa mort prochaine. Etait-ce saint Joseph, ou saint Benoît ? Le fait est que le saint abbé crut. Le jour du Jeudi Saint, les forces lui manquèrent au moment du lavement des pieds et il dut se retirer ; le Vendredi Saint, il fut sans force ; le Samedi Saint, il put assister à la bénédiction du cierge pascal ; au soir de Pâques, il faiblit encore ; le mardi de Pâques, il reçut les derniers Sacrements et donna à chaque moine le baiser de paix ; le mercredi, il fut porté à sa demande dans l’église, sur la cendre et le cilice, et il expira, le 29 avril 1109.

On dit que de Pavie ou de Cantorbury, on fut mystérieusement averti de sa mort.

En 1120, le pape bourguignon Callixte II ordonna de solenniser le culte rendu à Hugues. Cette disposition peut être assimilée à une canonisation, d’ailleurs justifiée par de nombreux miracles.

Ajoutons que, pendant longtemps, le corps du saint Abbé fut conservé à Cluny. Quand cette abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1562, on put sauver ce précieux trésor au château de Lourdon ; malheureusement le château fut à son tour la proie des flammes et les reliques furent dispersées au vent. On ne put en sauver qu’un os de la jambe.

 

 

Achard de Saint-Victor

1100-1171

 

Deux hypothèses se partagent les origines d’Achard, qui serait né en Angleterre ou en Normandie. Normand, il aurait été de la lignée du Passais ; Anglais, il aurait aussi été prieur à Bridlington (Yorkshire) avant de venir sur le continent.

A Paris, il étudia à l’abbaye de Saint-Victor, où il devint chanoine de Saint-Augustin et, en 1155, en devint prévôt du chapitre.

En 1157, le chapitre de la cathédrale de Séez le choisit pour être évêque, mais le roi Henri II Plantagenêt s’y opposa, malgré l’approbation du pape ; Achard ne s’offensa pas de cette égratignure à l’autorité papale, de sorte que le même roi ne mit aucune opposition à son élection au siège d’Avranches en 1161. Mais cette fois-ci ce fut le roi français Louis VII qui fut mécontent de voir passer un de ses «sujets» en territoire anglo-normand.

En 1163, Achard était présent en Angleterre pour la translation du corps de s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier) à Westminster.

En 1164, il approuva la re-fondation de l’abbaye Sainte-Trinité de la Lucerne, deux fois déplacée, et où s’installèrent des Chanoines Prémontrés.

Il faut noter ici son amitié pour s.Thomas Becket (v. 29 décembre), qui fut martyrisé sur l’ordre du même roi Henry II. Ce dernier, repenti, obtint l’absolution de son crime, des légats du pape, devant la cathédrale d’Avranches (mai 1172), mais Achard s’était éteint depuis presque un an, le 29 avril 1171.

Achard a composé des traités doctrinaux, des sermons, longtemps restés oubliés dans les manuscrits et qu’on a publiés partiellement à une période récente.

Saint Achard est maintenant commémoré le 29 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caterina de Sienne

1347-1380

 

Caterina naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1347, vingt-cinquième enfant de Giacomo Benincasa et de Lapa. Sa sœur jumelle mourut très vite, mais un fils adoptif, Tommaso della Fonte, qui aspirait à la vie religieuse, eut une forte influence sur elle, lui racontant tout ce qu’il apprenait dans ses pieuses lectures.

Elle eut sa première vision de Jésus-Christ à six ans. L’année suivante, elle promit de n’épouser que Lui, et refusa énergiquement et patiemment toutes les propositions de mariage qu’on lui présenta. Sa propre famille la traita comme la dernière servante.

Son père finit par accepter qu’elle devînt religieuse, sa mère aussi, quoique réticente à toutes les austérités de sa fille.

C’est Notre-Seigneur Lui-même qui lui enseigna à lire, pour qu’elle pût prier avec le Bréviaire. Le Fils de Dieu lui remit l’anneau mystique de leurs fiançailles, en présence de Marie, de Jean l’évangéliste, de saint Paul et du prophète David.

Caterina eut désormais une très grande activité auprès des pauvres et des malades, et surtout à la conversion des âmes, à la réconciliation des familles, à la pacification des villes sans cesse en luttes. Des jalousies et des accusations l’accablèrent, mais ses réponses déboutèrent ses interrogateurs. On la laissa communier fréquemment, prêcher publiquement.

Elle eut une influence prépondérante pour l’unité de l’Eglise. Unité à l’intérieur, par la conversion de ceux qui scandalisaient l’Eglise, unité à l’extérieur par le retour du pape à Rome.

Elle reçut les stigmates de la passion du Christ et fut littéralement unie aux souffrances de Notre-Seigneur (couronne d’épines).

Elle ressuscita sa mère, qui vécut longtemps après ses propres enfants et petits-enfants.

Le jour de Pâques, 25 mars 1380, précisément âgée de trente-trois ans, elle put se confesser et recevoir l’Eucharistie dans sa cellule. Le dimanche précédent l’Ascension, 29 avril, elle s’éteignit après avoir reçut le sacrement des malades et une dernière absolution papale : sa mère était là avec quelques fidèles amis, et Caterina quitta cette vie en disant : “Père, je remets mon esprit entre tes mains”.

On connaît beaucoup de détails de cette vie extraordinaire grâce à ce qu’en a écrit son confesseur, le Bienheureux Raimondo de Capoue.

Le corps de sainte Caterina se trouve à Rome en l’église de Sainte-Marie sopra Minerva, à côté du Panthéon. La pauvre cellule de Caterina a été transformée en oratoire.

Caterina a été canonisée en 1461. Elle a été proclamée patronne secondaire de Rome en 1866, patronne d’Italie (avec saint François d’Assise) en 1939 et tout récemment, Docteur de l’Eglise en 1970, et co-patronne de l’Europe en 1999.

Sa fête est au 29 avril depuis la réforme du calendrier liturgique.

 

 

Antonius Kim Sǒng-u

1794-1841

 

Antonius était né en 1794 environ, et vivait à Kusan (Kyǒnggi, Corée).

C’était un homme riche, honnête et généreux. Chaleureux, il demeurait respectueux envers ceux qui n’avaient pas sa foi catholique. Ses arrière-petits-enfants maintenaient encore dans leur village un profond respect envers leur arrière-grand-père.

Antonius entendit parler de la religion catholique avec toute sa parenté, et tous adhérèrent à Jésus-Christ, jusqu’à convaincre tout le village d’embrasser la foi.

Après la mort de sa mère, il s’installa à Séoul, où il vivait non loin de la Porte Orientale. Ses deux jeunes frères souffrirent à Kusan pour leur foi : Augustinus mourut en prison en mai 1841 à quarante-trois ans ; l’autre souffrit longtemps en prison.

Quand son épouse mourut, il se remaria avec une femme profondément croyante.

Quand les missionnaires arrivèrent, Antonius aménagea sa maison en chapelle, où le père Maubant (cf. 21 septembre) vint souvent célébrer la Messe.

Fin 1839 il fut trahi : toute la famille fut arrêtée et jetée en prison en janvier 1840. Antonius fut cruellement torturé. Quand le chef lui proposa d’apostasier, il répondit que sa volonté était de mourir catholique.

Il se comportait en prison comme dans sa maison ; jamais il ne demanda à être remis en liberté. Même d’autres codétenus non-catholiques avaient de l’estime pour lui : deux d’entre eux se firent catéchiser et baptiser par lui.

A la fin d’avril 1841, il fut soumis à un nouvel interrogatoire et à de nouvelles tortures. Après quinze mois en prison, il fut étranglé à Tangkogae (Séoul), à l’âge de quarante-sept ans, le 29 avril.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984. La fête commune de ces Martyrs coréens est au 20 septembre.

Itala Mela

1904-1957

 

Itala Mela naquit le 28 août 1904 à La Spezia (Ligurie, Italie NO).

Ses parents étaient croyants et elle grandit dans la foi.

En 1920, à seize ans, l’adolescente fut fortement ébranlée par la mort de son petit frère Enrico, de neuf ans. Elle se déclara athée. Mais une petite flamme brûlait encore dans son âme.

Durant ses études supérieures à la Faculté des Lettres de Milan, Itala adhéra à la Fédération des Universitaires Catholiques Italiens (FUCI), grâce à laquelle elle sentit que sa vie reprenait sens. Elle eut l’opportunité de rencontrer des personnalités marquantes : le cardinal Schuster (v. 30 août) et Giovanni Battista Montini (qui devait devenir archevêque de Milan, cardinal, puis le pape Paul VI, v. 6 août) ; et aussi le père Gemelli et l’abbé Divo Barsotti.

Munie de son diplôme, Itala enseigna à Milan.

En 1928, alors qu’elle priait devant le tabernacle, un faisceau de lumière la rejoignit et une voix lui parla. C’était une réponse à sa question intérieure. Itala vécut désormais dans un intense approfondissement de sa spiritualité.

Elle voulut devenir moniale bénédictine, mais une fièvre intense et tenace l’en empêcha ; on crut même qu’elle en mourrait. Elle se reprit mais resta fragile de santé. Elle dut renoncer à sa chaire et revint à La Spezia.

Elle devint oblate bénédictine en 1933.

A partir de 1936, les expériences mystiques s’accentuèreent : la Sainte Trinité se manifesta à elle, en même temps que des attaques du Démon, manifestement dérangé par la vie intérieure d’Itala. Celle-ci construira désormais toute sa vie sur le Mystère trinitaire ; elle écrivit aussi une série d’exercices spirituels, développant le concept de la «Inhabitation» de la Trinité : la Sainte Trinité habite en nous et nous devons chercher à nous immerger totalement dans ce Mystère.

En 1946, après la guerre, elle eut l’intuition de former une famille spirituelle de prêtres et de diacres, qui auraient diffusé ce même idéal. On pourra utilement se rappeller ici les écrits de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité (v. 9 novembre).

Itala Mela mourut le 29 avril 1957 à La Spezia.

Elle sera commémorée le 29 avril dans le Martyrologe Romain, ayant été béatifiée en 2017.

 

 

Hanna Chrzanowska

1902-1973

 

Hanna vit le jour le 7 octobre 1902 à Varsovie (Pologne), de parents chrétiens et très connus pour leur esprit philanthropique. Le papa, Ignacy, était professeur de Littérature polonaise : la maman, Wanda, était issue d’une riche famille industrielle de confession luthérienne ; la sœur de cette dernière, Zofia, avait ouvert un hôpital pour enfants à Varsovie.

D’Hanna, on n’a trouvé aucun détail de sa petite enfance : dates de son baptême, de sa Première communion, ses études. On sait juste qu’elle eut (au moins) un frère, Bohdan.

En 1910, M.Chrzanowski fut nommé professeur à l’université de Cracovie ; là, Hanna fréquenta l’école des Ursulines, au terme de laquelle elle prêta son concours à la Croix-Rouge : elle soigna les blessés victimes des affrontements entre Polonais chrétiens et Russes bolcheviques.

Après avoir commencé des études à l’université de Cracovie, elle s’inscrivit dans la nouvelle école d’infirmières qui venait de s’ouvrir. Dipômée en 1924, elle fut envoyée en France et en Belgique pour former d’autres infirmières. Puis, dans les années 1926-1929, elle forma les infirmières à l’Ecole de Cracovie.

Entre 1929 et 1939, elle se trouvait à Varsovie et publia un mensuel, L’Infirmière Polonaise, où elle livrait beaucoup de son expérience personnelle. En 1937, elle contribua à la formation d’une Union Catholique des Infirmières Polonaises.

La Seconde Guerre mondiale apporta à la famille Chrzanowski son lot de douleurs : la tante Zofia - celle qui avait ouvert l’hôpital pour les enfants - mourut durant l’invasion de Varsovie ; M.Chrzanowski fut arrêté comme membre de l’opposition et envoyé au camp de Sachsenhausen, où il mourut ; et le propre frère d’Hanna périt dans l’horrible tragédie de la forêt de Katyń (1940).

Malgré sa tristesse, Hanna continua son activité au secours des malheureux. Elle soignait les blessés, mettait toutes ses ressources au profit des réfugiés, des prisonniers, des orphelins ; pour ces derniers, juifs y compris, elle cherchait des familles d’accueil et organisa un camp d’été pour enfants aux environs de Cracovie. Elle ne craignait ni pour sa santé, ni même pour sa vie ; elle puisait de nouvelles forces dans l’approfondissement de sa vie intérieure et dans l’Eucharistie.

Après la guerre, Hanna reprit son enseignement à l’Ecole d’Infirmières de Cracovie. Elle eut aussi l’occasion d’aller aux Etats-Unis pour apporter son témoignage et son expérience aux jeunes infirmières, s’attachant à leur montrer l’importance de leur présence non seulement médicale, mais aussi humaine et spirituelle.

En 1956, Hanna fit un pas de plus dans l’école spirituelle et mystique, devenant tertiaire bénédictine.

Revenue à Cracovie, en 1957 elle fut nommée directrice de l’Ecole de Soins Psychiatriques de Kobierzyn, une école qui fut bientôt fermée par les autorités communistes.

L’activité et l’esprit apostolique d’Hanna toucha un grand nombre d’infirmières, mais aussi de professeurs, de séminaristes, de prêtres, de volontaires… Il devint fréquent que la Messe fût célébrée dans la chambre même des patients. C’est dans cet esprit qu’Hanna rencontra le cardinal Karol Wojtyła, qui lui obtint du pape Paul VI la médaille Pro Ecclesia et Pontifice.

Les dernières années de la vie d’Hanna furent endolories par la maladie du cancer. Hanna mourut le 29 avril 1973, et c’est le même cardinal Wojtyła qui célébra ses funérailles.

A la demande de l’Association même des Infirmières catholiques, l’enquête diocésaine sur les vertus et la sainteté d’Hanna fut ouvert en 1998.

Hanna a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 29 avril au Martyrologe.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:22

Santiago Aparicio

1913-1936

 

Santiago Aparicio naquit le 24 septembre 1913 à Revilla de Collazos (Palencia, Espagne).

Au couvent dominicain d’Almagro, il avait fait la profession et se préparait au sacerdoce.

Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Manzanares (Ciudad Real), le 8 août 1936.

Santiago Aparicio devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 8 août.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:21

Clotilde Campos Urdiales

1897-1936

 

Clotilde Campos Urdiales naquit le 4 juin 1897 à Valdealcón (León, Espagne NW), de Felice et Mauricia, qui lui donnèrent au baptême le nom de sainte Clotilde, qu’on fête en effet le 4 (ou le 3) juin.

La famille tout entière ne sut jamais comprendre quelle vocation mûrissait dans le cœur de cette jeune fille pleine d’entrain, studieuse, bonne chrétienne - et manifesta une totale contrariété à l’entrée de Clotilde dans la vie religieuse. Elle attendit patiemment.

Quand les parents comprirent, enfin, que leur fille n’avait aucun autre désir dans la vie que d’appartenir à Jésus-Christ, ils lui accordèrent leur bénédiction. Clotilde fut alors reçue dans le monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes.

C’était en 1923, Clotilde avait déjà vingt-six ans. Clotilde devint María du Pilar, sans doute par référence à Notre-Dame du Pilar (du Pilier), un pèlerinage marial fameux à Saragosse (Espagne).

Elle aimait rendre service aux autres moniales. On la savait dévote de la Sainte Vierge : elle décorait de fleurs la «grotte de Lourdes» qui se trouvait dans le jardin.

Elle dut subir une bien douloureuse opération chirurgicale, qu’elle supporta patiemment, exprimant toute sa reconnaissance au personnel médical.

A trente-neuf ans, en 1936, elle vécut avec ses Consœurs les tristes événements de la guerre civile.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María du Pilar a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 14:12

María Concepción Cabrera de Armida

1862-1937

 

María Concepción Cabrera de Armida, qu’on a appelée courammenet Conchita, naquit le 8 décembre 1862 - fête de l’Immaculée Conception - à San Luis Potosi (Mexique), d’Octaviano Cabrera et Clara Arias, des parents très chrétiens appartenant à la petite bourgeoisie.

Dans cette bonne famille, María Concepción combattait ses caprices. Elle écrira : Je désobéissais à mes parents, je battais mes frères, je chippais du gâteau, des bonbons.

En 1884, elle épousa Francisco Armida ; ils auront neuf enfants.

María Concepción fut active dans la paroisse, assistait chaque matin à la Messe, visitait les pauvres, les malades. Elle eut aussi une vie mystique intense, jouissant de visions du Christ, de la Sainte Trinité ; dans ses écrits, qui comportent soixante-mille pages manuscrites, elle parle de ces expériences, des messages du Sacré-Cœur, de l’Eucharistie ; des théologiens ont pu comparer ces écrits à ceux de sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre).

En 1895, elle créa l’Œuvre de la Croix, pour ceux qui désiraient sanctifier leur quotidien en s’identifiant au Christ sur la Croix. Ce n’est pas une congrégation ; c’est une pieuse union, dont les membres, de quelque situation qu’ils soient, offrent leurs actions, leurs petits sacrifices quotidiens, pour le rachat des péchés du monde, comme le Christ le fit par sa Croix.

En 1897, María Concepción fonda la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus : religieuses contemplatives qui observent l’adoration eucharistique et prient pour la sanctification des prêtres.

En 1901, grosse épreuve pour cette femme si active : Francisco mourut prématurément, et María Concepción dut assumer seule l’éducation et la formation de tous ses enfants ; l’aîné avait dix-sept ans, le plus jeune en avait deux. Certains entreront en religion.

En 1903, María Concepción rencontra un prêtre, Félix Rougier, que Notre-Seigneur lui avait précédemment annoncé : ce sera le point de départ d’une collaboration très importante et salutaire pour le Mexique.

En 1909, elle fondera l’Alliance de l’Amour avec le Sacré-Cœur de Jésus, une autre pieuse union, dont les membres consacreront dans leur journée des heures de prière et de service pour le ministère sacerdotal.

En 1912, ce sera la Fraternité du Christ Prêtre, une association de fidèles et de religieux pour la sanctification du ministère sacerdotal.

Désormais, les enfants avaient grandi et María Concepción pouvait donner libre cours à ses pénitences et ses austérités. En 1913, elle obtint du pape Pie X l’autorisation de se consacrer par les vœux de religion tout en restant dans le monde - c’était exceptionnel à l’époque.

En 1914 naquit sous son impulsion et celle du père Rougier, la congrégation sacerdotale des Missionnaires de l’Esprit-Saint, qui se développera au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa Rica, au Chili et en Colombie, en Espagne et en Italie. De cette congrégation naîtra aussi une branche spiritaine, le Cercle de l’Esprit-Saint et de la Croix, sur l’initiative d’un père spiritain, Luis Manuel Guzmán Guerrero.

En 1924, l’action de María Concepción aboutira à la consécration du Mexique à l’Esprit-Saint. On comprend plus facilement comment le peuple et les prêtres furent ainsi préparés à résister aux persécutions du gouvernement laïc mexicain dans les années 20.

María Concepción écrivit qu’elle avait reçu la grâce de la maternité des âmes : en s’offrant, corps et âme, pour le salut des âmes, elle se fera victime pour chacune d’elles, spécialement pour les pécheurs, et pour les prêtres.

Cette grande âme mystique s’éteignit à Mexico, entourée de ses enfants, le 3 mars 1937.

Béatifiée en 2019, elle fut inscrite au Martyrologe le 3 mars.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 23:00

 

28 AVRIL

 

I.

 

S Sosipater, disciple de s. Paul, évêque à Iconium (calendrier oriental).

S Marcus, premier évêque à Altino, disciple de s. Pierre ; on lui planta deux clous en tête.

Ss Zénon, Eusèbe, Néon, Vital, martyrisés par le feu à Corfou.

Ss Vitalis et Valeria, époux martyrs, lui à Ravenne, enterré vivant sous les pierres et le sable, elle à Milan ; ils seraient les parents des ss. Gervais et Protais.

?

S Aphrodisius, premier évêque à Biterræ.

Ss Charalampus et Eusèbe, martyrs à Nicomédie.

S Memnon le Thaumaturge, vénéré en Orient. 

IV.

Ss Maximus, Quintilianus, Dadas, martyrs à Dorostore.

Ste Théodore et s. Didyme, martyrs à Alexandrie : Didyme se déguisa en soldat pour l’approcher et échangea avec elle ses habits pour la délivrer ; ils furent tous deux décapités. 

Ss Patrice, évêque à Pruse, Acace, Ménandre et Polyène, martyrs. 

Stes Probe et Germaine, irlandaises venues à Laon pour rester vierges, et martyrisées pour ce motif par des émissaires de leur pays. 

V.

S Africain, évêque à Lyon ou Comminges, adversaire des Goths ariens. 

VI.

S Prudentius, évêque à Tarazona.

VII.

S Arthème, évêque à Sens, qui fut d’abord marié et père.

S Cronan, abbé à Roscrea, dont il est le patron.

VIII.

S Pamphilo, évêque à Corfinio (Valva).

IX.

S Imon (Emon), évêque à Noyon et martyr des Danois juste après la prise de la ville.

XIII.

B Luchesio, marchand siennois très riche et avare, converti et devenu membre du tiers-ordre franciscain ainsi que sa femme ; il eut même des extases ; il est le patron de Poggi-Bonzi.

XVIII.

S Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur de la Compagnie des Missionnaires de Marie (Montfortains), des Sœurs de la Sagesse (avec Marie-Louise Trichet, cf. infra) et de l'Institut des Frères de Saint-Gabriel ; grand apôtre de la "vraie dévotion à Marie" ; persécuté par le clergé en grande partie janséniste, il fut soutenu par le pape ; depuis peu inscrit au calendrier officiel de l’Eglise.

Bse Marie-Louise  (de Jésus) Trichet (morte jour pour jour quarante-trois ans après s. Louis-Marie), béatifiée en 1993.

XIX.

Ss Phaolô Phạm Khắc Khoan, prêtre, Gioan Baotixta Ɖinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, catéchistes, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Chanel, d’abord curé dans le diocèse de Bellay, puis mariste et missionnaire, premier martyr de l'Océanie.

XX.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999.

Bse María Guggiari Echeverría (María Felicia de Jésus Sacrement, 1925-1959), carmélite paraguayenne, béatifiée en 2018.

Ste Gianna Beretta in Molla (1922-1962), docteur en médecine et mère de famille milanaise, morte en accouchant de son quatrième enfant qu’on lui proposait de ne pas garder à cause de son cancer à l’utérus, béatifiée en 1994, canonisée en 2004.

Sosipater

1er siècle

 

A la fin de son épître aux Romains, saint Paul nomme quelques-uns de ses disciples, ses parents, qui se joignent à lui pour saluer les Chrétiens de Rome. Parmi ceux-ci se trouve Sosipater, que Origène et d’autres commentateurs veulent identifier avec Sopater, fils de Pyrrhus de Bérée, dont parle saint Luc dans les Actes des Apôtres (Ac 20:4).

Ce fidèle disciple de Paul, d’après la tradition orientale, aurait été évêque à Iconium, l’actuelle Konya qui se trouve au Centre-Sud de la Turquie.

Avec l’autre disciple Jason, il serait venu sur l’île de Corfou pour évangéliser la population, y édifia une église en l’honneur de saint Étienne Protomartyr. Mis en prison par le roi, ils y convertirent des prisonniers, que le roi fit immédiatement mourir en les précipitant dans de la poix brûlante.

Cependant Cercyra, la fille du roi, se convertit et vendit tous ses bijoux aux pauvres. Son père la fit emprisonner et mettre le feu à la prison, mais sa fille en sortit indemne. Le roi la fit attacher à un arbre et percer de flèches.

Les chrétiens nouvellement convertis s’enfuirent sur une île voisine, où le roi prétendit les retrouver, mais son bateau coula. Le nouveau roi alors embrassa le christianisme et reçut le baptême sous le nom de Sébastien.

Quant à Sosipater et Jason, ils continuèrent à édifier l’Eglise à Corfou, où ils moururent à un âge très avancé.

On peut légitimement s’interroger sur le fait que Sosipater ait quitté son diocèse pour aller évangéliser si loin, à Corfou. Deux réponses possibles se présentent : soit il en reçut l’invitation, par révélation céleste ou par décision des Apôtres ; soit il pourrait s’agir d’un autre évangélisateur portant le même nom.

Il est d'autre part affirmé qu’à Iconium, Sosipater eut pour successeur Tertios (Terentius, voir au 24 juin).

Comme le Martyrologe Romain actuel ne mentionne plus Sosipater, on l'a placé ici au 28 avril, jour où le vénèrent les Orientaux  ; l’ancien Martyrologe le mentionnait au 25 juin.

 

 

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie centrale) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Une hypothèse, tout-à-fait gratuite, pourrait faire de ce Marcus un dédoublement de l’évangéliste Marc, disciple de saint Pierre et rédacteur du deuxième évangile (avant d’être évêque à Alexandrie).

Par ailleurs, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Vitalis et Valeria de Milan

Ursicinus, Gervasius et Protasius

† 1er siècle

 

Commençons par la Tradition.

Vitalis vivait à Milan. Personnage consulaire et brillant militaire, il se trouva à Ravenne aux côtés du juge Paulinus, quand un Chrétien nommé Ursicinus fut condamné à mort. Or, ce dernier montrait des signes de faiblesse, et Vitalis l’encouragea à tenir bon jusqu’à la fin, car il allait recevoir la couronne de l’immortalité. Ursicinus se reprit et confessa sa foi avant d’être décapité.

Mais Vitalis s’était en même temps condamné lui-même. Le juge lui réserva un traitement de choix : il le fit étendre sur le chevalet et déchirer de coups de fouet ; ayant consulté un prêtre païen, il fit descendre Vitalis dans une fosse profonde, qu’il fit remplir de pierres et de sable. Vitalis recevait à son tour la couronne de gloire, tandis que le malheureux prêtre païen, perdant la raison, ne cessait de crier sa souffrance et sa propre damnation.

Là-dessus, l’épouse de Vitalis, Valeria, retourna à Milan. On la reconnut et on l’invita à offrir de l’encens aux dieux païens. Sur son refus, elle fut battue et laissée mourante ; ses serviteurs la portèrent à Milan, où elle expira.

Vitalis et Valeria seraient les parents de Gervasius et Protasius, martyrisés eux aussi à Milan, mais dont on ne connaît rien sur la date précise et le martyre qu’ils subirent. Leur fête se célébrait le 19 juin, mais cette date était celle de leur invention (re-découverte) à Milan, après une période de complet oubli.

Ces épisodes se seraient produits à la fin du 1er siècle, sous Néron ; d’autres historiens avancent plutôt Marc-Aurèle, vers 171.

Saints Vitalis et Valérie, Ursicinus, Gervasius et Protasius sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gervais et Protais

† 1er siècle

 

Se reporter à Vitalis et Valeria de Milan (supra)

 

 

Charalampus et Eusebius de Nicomédie

† ?

 

Il s’agit ici de deux Martyrs (parfois accompagnés d’Agapius et Aphrodisius), dont on ne connaît que les noms, d’après des listes anciennes.

Ils auraient été martyrisés à Nicomédie (auj. Izmit, Turquie NW).

Saints Charalampus et Eusebius de Nicomédie sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphrodisius de Béziers

† 250

 

Aphrodisius est censé avoir été le premier évêque de Béziers, au 3e siècle, et ne semble pas avoir été inquiété par les édits de persécution.

Mais une ancienne légende court encore, et qui n’est pas totalement invraisemblable.

Aphrodisius aurait vécu au 1er siècle, en Egypte. 

Prêtre du dieu Hermès à Héliopolis, il aurait rencontré la Sainte Famille durant la fuite en Egypte (cf. Mt 2:13-23), et aurait abandonné le culte païen.

Après la mort de Jésus-Christ, il serait parti avec son chameau en Gaule, pour annoncer à son tour la Bonne Nouvelle. Ayant trouvé à Biterræ (auj. Béziers) un terrain favorable à l’évangélisation, il y développa une intense activité.

C’est alors qu’il fut dénoncé au gouverneur, qui le condamna à mort.

Décapité, Aphrodisius se releva, ramassa sa tête et se dirigea vers la ville : en marchant sur des escargots, il ne les écrasait pas ; des maçons qui se moquaient de lui, furent pétrifiés sur place.

Cette histoire comporte tout de même quelques exagérations : les escargots et les maçons pétrifiés ne présentent pas le caractère de signes de Dieu.

Martyr ou pas, Aphrodisius reste vénéré comme évêque.

Des fêtes locales s’appuient sur les détails de cette histoire : le camel, empaillé, est toujours promené par les rues, les coques de Béziers rappellent les escargots…

Saint Aphrodisius de Béziers est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximus, Quintilianus et Dadas

† 303

 

Au temps de la persécution de Dioclétien, ces trois hommes furent dénoncés au proconsul de Dorostore (Mésie, auj. Bulgarie).

Maximos, qui était lecteur, fut interrogé le premier. Interrogé sur son nom, il répondit : Je suis chrétien ; les hommes m’appellent Maximos.  Les deux autres eurent la même attitude.

Le gouverneur leur proposa, s’ils acceptaient de renier le Christ, d’être nommés prêtres du culte païen, en remplacement du prêtre récemment décédé. Sur leur refus et devant leur persévérance dans la Foi, il les fit remettre en prison jusqu’au lendemain.

Durant la nuit, les trois Confesseurs furent tentés par le Diable, mais aussi réconfortés par un Ange. Le matin, ils comparurent à nouveau devant le gouverneur, subirent plusieurs tortures et furent finalement décapités.

Ce devait être le 28 avril 303.

Saints Maximus, Quintilianus et Dadas sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Tarazona

6e siècle

 

Au sujet de cet évêque, d’anciennes éditions hésitaient entre le 5e ou le 9e siècles. La liste récente du diocèse de Tarazona a opté pour le 6e siècle, car on aurait retrouvé un document attestant la présence de Prudentius en 572.

Prudentius serait né vers le milieu du 6e siècle à Armentia (Vitoria, Álava, Espagne).

Vers l’âge de quinze ans, il se plaça sous la direction d’un saint ermite, Saturius, dans les environs de l’actuelle Soria, où il resta sept années.

Il serait ensuite allé prêcher la Bonne Nouvelle à Calahorra (La Rioja), d’où il s’enfuit pour éviter la renommée que lui apportaient ses miracles.

Venu à Tarazona, il fut admis dans le clergé, ordonné prêtre et nommé archidiacre.

A la mort de l’évêque, sans doute Dídimo, c’est Prudentius qui fut choisi pour lui succéder, devenant ainsi le  cinquième évêque de ce diocèse.

Le seul événement important qu’on a retenu de son épiscopat, est qu’il chercha à calmer un dissentiment entre l’évêché et le clergé d’Osma. Au terme des discussions qui aboutirent à une solution équitable, Prudentius fut pris de malaise et mourut. Cet épisode rappelle les derniers jours de la vie de s.Martin (v. 11 novembre).

Comme on hésitait sur l’endroit de sa sépulture, Tarazona ou Osma, à cause des nombreux miracles qu’il y avait opérés, on le plaça sur la charrette tirée par son propre cheval, pour voir où il se dirigerait. La bonne bête s’arrêta non loin de Logroño, sur le mont Laturce. Un monastère y fut construit par la suite.

Saint Prudentius de Tarazona est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pamphilus de Valva

650-700

 

Pamphilus était né vers 650 à Pacile (Sulmona, Abruzzes, Italie CE), d’un père païen qui l’expulsa quand il passa au christianisme. Il lui aurait même ordonné de monter sur un char pour le laisser dévaler la pente de Pacile au fleuve Gizio, mais les roues se seraient immobilisées au sol et le jeune homme serait arrivé tranquillement à pied au bas de la colline.

En 682, il devint évêque de Corfinio (qui s’appela Valva au Moyen-Age). C’était le quatrième évêque de ce siège.

S’il fut célèbre pour sa charité envers les pauvres et le don des miracles, il dut cependant se présenter au pape pour s’expliquer sur certaines de ses affirmations, pour lesquelles on l’accusait parfois d’arianisme.

Il mourut à Corfinio, vers 700, et son corps fut transféré à Sulmona, où l’église dédiée d’abord à la Très  Sainte Vierge, prit le nom de Panfilo.

Plus tard, le diocèse de Valva fut incorporé à celui de Sulmona, dont le patron céleste est s.Panfilo.

Saint Pamphilus de Valva est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Luchesio Modestini

? - 1260

 

Non loin de Sienne en Italie, s’était établi à Poggi-Bonzi un riche marchand, Luchesio Modestini avec son épouse, Buona    Dona (ou Bonadonna, Bonadona, suivant les graphies des différentes sources). Doués pour le commerce, ils se firent une brillante fortune, s’attachèrent aux biens de la terre et oublièrent bien vite de penser à Dieu.

Mais Luchesio reçut une grâce particulière qui le fit réfléchir ; il se dépouilla de ses biens et ne garda qu’un petit champ pour vivre ; mieux, il inspira de meilleurs sentiments à son épouse, sans vraiment parvenir à la convertir totalement, tant il est vrai que la conversion n’est jamais ni immédiate, ni totale, et qu’il faut la rechercher tous les jours de la vie.

Or à cette époque, François d’Assise songeait à établir une règle pour les tertiaires et venait justement à passer par là, rencontrant Luchesio qu’il avait connu autrefois. Il expliqua aux deux époux son projet. Sur son invitation, les époux Modestini revêtirent un habit simple et modeste, de couleur gris cendre, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture ; plusieurs personnes s’adjoignirent à eux et ainsi fut fondé le Tiers-ordre de la pénitence.

Dès lors, Luchesio fit de grands progrès dans la voie de la perfection et la pratique de la pénitence. Sa femme, d’abord un peu réticente, peu à peu épaula les bonnes œuvres de son pieux mari. 

Dans la localité, François d’Assise avait eu la possibilité de bâtir un couvent où se dressaient les ruines d’un château démantelé. Luchesio y participa avec ardeur, se mêlant aux ouvriers, portant les pierres, partageant son casse-croûte avec eux, se comportant en simple camarade, ce qui fit beaucoup plus pour le rapprochement social que beaucoup de discours et de politique.

Le couvent installé, Luchesio proposa à son épouse de faire de leur maison le couvent des tertiaires et ce fut une sainte émulation de pauvreté entre les religieux et Luchesio. La maison de Luchesio n’avait pas de clôture comme le couvent, de sorte qu’il faisait entrer les pauvres à sa table, les recevant chez lui. Il allait même mendier pour eux.

Sa maison devint “L’auberge des pauvres”, où Luchesio donnait le meilleur aux malades et aux pauvres, se contentant de dormir dans les corridors ou même dehors sur la terre nue. La joie de Luchesio n’avait pas de limite, convaincu qu’il était de soigner Jésus-Christ lui-même. Son épouse le secondait désormais, trottinant de tous côtés, préparant onguents et tisanes, chantant, riant, heureuse comme jamais.

Un fait extraordinaire se passa un jour qu’il ramenait sur son dos un pauvre mendiant. Un jeune homme s’en moqua : “Quel diable as-tu donc assis sur le dos ?” et Luchesio : “C’est notre Seigneur Jésus Christ !” Sur le champ, le jeune homme devint muet ; honteux, repenti, il se jeta aux pieds de Luchesio pour lui demander pardon et Luchesio, après avoir prié, lui rendit la parole par un signe de croix.

Beaucoup des malades de Luchesio se convertirent et s’unirent aussi à son élan de charité, gagnés par l’exemple qu’il leur donnait de vraie tendresse, de vraie pauvreté, d’exemple de vraie vie chrétienne. Luchesio n’attendait pas d’être sollicité, il allait au-devant des misères, c’était sa joie de se donner totalement aux autres pour les aider. 

Près de Sienne se trouvait une vaste étendue marécageuse où l’on évitait de s’aventurer, habitée par de pauvres habitants presque tous atteints de la malaria. Luchesio prit son âne, le chargea de fébrifuges et de toniques et alla de porte en porte prodiguer ses soins aux malheureux. Mais maintenant, ce n’étaient plus ses soins qui guérissaient, mais sa seule présence, Dieu permettant à notre héros de faire des miracles, ce qui ne le rendait encore que plus humble ; et si on parlait de lui, il répondait tout simplement : “Oh, un homme ne vaut que ce qu’il est devant Dieu”. Il guérissait, ramenait les âmes à Dieu, trouvait aussi de nouvelles recrues pour le tiers-ordre, qui gagna bientôt la plus grande partie de la population.

Mais Luchesio n’était pas un “actif” ; il ne cessait de prier, il passait des heures en contemplation, à l’église, au chevet des malades, et on le voyait parfois immobile, insensible, transfiguré, entouré d’une lumière céleste. Il sortait de ces extases avec une âme renouvelée et radieuse. Sa méditation était la pauvreté et la souffrance de Jésus-Christ.

Désormais plus unis que jamais, les deux époux Luchesio et Buonadonna priaient ensemble, menaient une vie austère, où l’abstinence et le jeûne étaient leur vie ordinaire, loin des plaisirs. Ils couchaient sur le carreau, portaient cilice, se donnaient la discipline. Ensemble ils aimaient Jésus d’un amour chaque jour plus profond, qui les envahissait chaque jour un peu plus. Ayant tout donné, ils avaient trouvé le Royaume des Cieux. “Oh ! oui, Luchesio, disait Bonadonna, tu avais bien raison : il faut peu de chose pour être heureux ; il faut l’amour de Dieu.” Et c’est avec des larmes de bonheur qu’elle remerciait son époux de lui avoir montré les chemins de la joie.

La fin de leur vie est admirable. Ils moururent le même jour, à la même heure : Dieu leur fit cette dernière et touchante grâce de pouvoir, s’étant unis sur la terre dans un mariage céleste plus haut que le premier, s’envoler de concert en la Cité céleste vers laquelle ils avaient de concert voyagé et lutté, et de n’être point séparés une heure ni ici-bas, ni là-haut. Ceci arriva le 28 avril 1260, parmi les parfums du printemps italien, après quarante ans de cette vie héroïque.

Cette mort “eut la grandeur et la sérénité de celle des patriarches”. Comme ils étaient tous deux malades, l’état de Bonadonna s’aggrava tout à coup et Luchesio, oubliant son propre mal, se leva, alla la réconforter et l’engager à recevoir les derniers sacrements, et il trouva l’énergie de l’assister lui-même. Après la pieuse cérémonie, il lui dit, d’une voix où chantaient déjà toutes les allégresses du ciel : “O ma Bona, tu sais dans quelle union de cœurs nous avons servi ensemble notre bon Seigneur, voici qu’ensemble aussi nous allons partir pour être avec Lui là-haut. Oh ! Bona, bientôt ! tout à l’heure ! Mon cœur se fond à cette douce pensée… Attends-moi un peu : je vais à mon tour recevoir le saint Viatique, et puis j’irai au Ciel avec toi.”

Il traça sur elle un grand signe de croix et regagna péniblement sa couche. Son confesseur, le Père Hildebrand, du couvent des Franciscains, lui dit : “Mon cher frère Luchesio, soyez fort et préparez-vous à la venue de votre Sauveur, car elle est proche. Repoussez toute tentation ; vous pouvez m’en croire, aujourd’hui même, vous verrez le salut et la couronne de gloire.” Luchesio souleva un peu sa tête moribonde : “Aimable Père Hildebrand, dit-il en souriant, si j’avais attendu jusqu’à ce jour pour me préparer à mourir, eh bien ! tenez, je ne désespérerais pas encore de la bonté de Dieu, mais à vrai dire, je serais moins tranquille.” Et, levant les mains et les yeux au ciel : “Je vous rends grâce, s’écria-t-il, ô sainte et adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et à vous mon Père béni, bienheureux François, de m’avoir délivré des pièges de l’enfer, me voici prêt, libre et joyeux, et c’est à vous que je le dois par les mérites de la Passion de Notre–Seigneur Jésus-Christ !” Dans cette fête de son âme, il reçut les derniers sacrements. 

Puis, entendant que sa femme était à l’agonie, il fit un dernier effort, se traîna jusqu’à elle, prit ses mains dans les siennes et la réconforta par les plus douces et les plus sublimes paroles. Il défaillait. On le porta sur son lit. Aussitôt son regard devint fixe. On l’entendit murmurer : “Jésus… Marie… François, mon Père…” Puis il fit le signe de la croix, et son âme donna la main à celle de son épouse pour s’envoler au ciel.

Dieu avait révélé à Luchesio le jour prochain de sa mort. Des miracles eurent lieu sur le tombeau des saints époux. Plus tard, lors de guerres contre les Florentins, les Germains emportèrent le corps de Bonadonna, laissant là seulement un bras. Luchesio est le patron de Poggi-Bonzi : son culte a été approuvé et le Martyrologe le mentionne le 28 avril.

 

 

Louis Grignion de Montfort

1673-1716

 

C’est dans la petite ville de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) que naquit Louis, un des neuf enfants de l’avocat Jean-Baptiste Grignion et de son épouse Jeanne Robert, le 30 janvier 1673 et qu’il fut baptisé le 1er février suivant.

Le trait particulier de l’enfant fut son attrait constant pour la prière et sa dévotion pour Notre-Dame, en l‘honneur de laquelle il ajouta le nom de Marie au sien, le jour de sa Confirmation.

Après ses premières études à Montfort, il va au collège jésuite de Rennes. Outre qu’un excellent élève, c’est déjà un apôtre, empressé auprès des pauvres et des malades. Il loge chez son oncle, l’abbé Alain Robert de la Vizeule ; son directeur spirituel est un certain père Descartes, neveu du philosophe René ; c’est surtout le père Gilbert, futur missionnaire, qui exerce sur lui la meilleure influence.

Monsieur Grignion s’installe à Rennes et confie à Louis les études de ses deux jeunes frères, ce qu’il assume en combattant beaucoup son caractère violent et irascible, comme il dit lui-même. A la suite de prières intenses et de pénitences sévères, il obtient de la sainte Vierge un signe qu’il sera prêtre.

Il part à Paris pour se préparer au sacerdoce, en 1693. Le papa n’était pas très satisfait de cette séparation, mais y consentit tout de même. A Paris, les études de Louis furent payées par une pieuse dame charitable. Louis se présentait cette fois-ci en tenue de mendiant, sous son «simple» nom de Montfort.

Avant d’entrer au séminaire, il passa déjà par maintes épreuves : une disette fit qu’on le priva de sa pension ; la fatigue le conduisit à une grave maladie, et à l’hôpital. Mais ses réactions calmes et patientes l’aidèrent à être admis au séminaire de Saint-Sulpice. Il fut soumis à un règlement sévère, qu’il accepta et appliqua sans opposer résistance, avec la plus profonde humilité. Ses supérieurs lui confièrent l’instruction des jeunes gens et des domestiques, lui permirent d’aller en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres et à Notre-Dame de Paris.

Il fut ordonné prêtre en 1700.

Le grand combat qu’il dut affronter, fut la lutte contre les confrères jansénistes, dont l’erreur gangrenait le clergé.

Louis-Marie était aussi un original, presque un peu provocateur, par ses pénitences, ses attitudes, aussi les confrères - et les évêques, eurent souvent des réactions négatives pour Louis-Marie : celui-ci eut la sagesse, à chaque fois, de ne jamais réagir mal à ces réprimandes, à ces exclusions, à ces moqueries.

Son premier poste fut à Nantes, où les prêtres se méfiaient de sa «doctrine». Il rencontra l’évêque de Poitiers une première fois, et consacra son temps à visiter les malades de l’hôpital. Après un bref retour à Nantes, il revint à Poitiers où l’évêque le nomma aumônier de l’hôpital.

Après la mort de l’évêque, il dut partir de l’hôpital. C’est toutefois à Poitiers qu’il fit la connaissance de Mademoiselle Trichet, avec laquelle il fondera les Sœurs de la Sagesse.

Il quitta Poitiers, pour aller aider sa jeune sœur, religieuse à Angers, contre l’influence des jansénistes ; il y retrouve son ancien protecteur, qui le jette littéralement dehors ; il retrouva sa sœur à Paris, mais eut le même traitement au séminaire où il se présenta. Il put enfin faire admettre sa sœur à Rambervillers.

De retour à Poitiers, Louis-Marie fut appuyé par le nouvel évêque.

C’est en 1703 qu’il fonda vraiment les Filles de la Sagesse, avec une douzaine de saintes filles, à leur tête Mademoiselle Trichet. Critiqué, Louis-Marie dut quitter Poitiers.

Lors d’un nouveau séjour à Paris (1703-1704), Louis-Marie accumula encore les humiliations. Mais l’archevêque lui confia la réforme des ermites du Mont-Valérien. Et le peuple de Poitiers le réclamait.

De nouveau évincé de l’hôpital de Poitiers, Louis-Marie se vit investi par l’évêque de la prédication à travers le diocèse.

Des paroisses de Poitiers, il gagna tous les diocèses de l’Ouest ; tour à tour expulsé par les évêques eux-mêmes, malgré les nombreuses conversions obtenues, Louis-Marie vint à Rome en 1706 pour consulter le pape : ce dernier l’encouragea vivement, avec le titre de Missionnaire apostolique, à évangéliser toute la France, pour en extirper le jansénisme.

Louis-Marie prêcha jusqu’à soixante-douze missions durant les dix dernières années de sa vie. En compagnie de son fidèle frère Mathurin, un pieux laïc tout dévoué à sa cause, il sillonnera toutes les régions de Bretagne : Angers, Mont-Saint-Michel, Rennes, Dinan… la liste est longue.

En 1707-1708, il s’associa à quelques missionnaires de Bretagne, dirigés par Dom Jean Leuduger, un chanoine de Saint-Brieuc. Puis il ira évangéliser dans le pays de Nantes, avec le frère Mathurin et le frère Jean, et son action sera d’une grande efficacité sur les âmes, au grand étonnement des confrères.

A Nantes, Louis-Marie fonda la Confrérie de Marie, reine des cœurs. A Pontchâteau, il fit construire un Calvaire : mal conseillé, Louis XIV le fit détruire ; reconstruit, il fut saccagé par les révolutionnaires en 1793, et encore reconstruit en 1821.

En 1711, Louis-Marie fut appelé à La Rochelle par l’évêque. Il y prêcha. Il fit construire un Calvaire qui, à son tour, fut détruit par le gouverneur. Il refit un voyage à Nantes pour conforter les fidèles dans leur conversion, comme faisait saint Paul. Puis il s’établit dans un petit ermitage à La Rochelle. C’est là qu’il rédigea le si fameux Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.

En 1713, il remonta à Paris, dans l’intention de rencontrer de bons éléments pour fonder cette Société de missionnaires qu’il entrevoyait depuis longtemps : ce sera la Compagnie de Marie, communément appelée congrégation des Pères Montfortains. A eux s’adjoindront aussi les Frères de Saint-Gabriel.

Il repart sur Poitiers pour visiter Marie-Louise de Jésus (ex Mademoiselle Trichet) et les Filles de la Sagesse, puis rejoint La Rochelle ; il prêche durant le printemps de 1714.

Mai 1714 : nouveau voyage à Rouen, avec diverses étapes (Rennes, Avranches, Saint-Lô, Caen). De retour à La Rochelle en novembre, il y installa les Filles de la Sagesse.

En 1715, il repartit en Vendée, où il apostolisera jusqu’à la fin de sa vie. Il rédigea la Règle des Filles de la Sagesse.

En 1716, il apprit la mort de son père (21 janvier). Sa dernière mission fut à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), le 5 avril.

Il y mourut le 28 avril, d’une pleurésie. Il n’avait que quarante-trois ans.

Louis-Marie Grignion de Montfort fut béatifié le 22 janvier 1888, canonisé en 1947.

On parle de le proclamer Docteur de l’Eglise.

 

 

Marie-Louise Trichet

1684-1759

 

Née le 7 mai 1684 à Poitiers, Marie-Louise était la quatrième d’une famille de huit enfants. Le père, Julien, était un juge à Poitiers, réputé pour son excessive honnêteté.

Dès l’enfance, la petite fille assistait à la Messe chaque jour, ce que ne manqua pas de remarquer un certain Louis-Marie Grignion de Montfort (cf. 28 avril), qui la prit sous sa direction spirituelle.

Ne pouvant, faute de dot, entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin, elle commença par aller soigner les malades à l’hôpital, à partir de 1703, s’occupant en priorité des pauvres, des aveugles et des estropiés.

Elle réunit quelques compagnes, et commencèrent à vivre l’idéal montfortain des Filles de la Sagesse, qui s’établirent ensuite à La Rochelle en 1715. Marie-Louise prit le nom de Marie-Louise de Jésus.

Les Filles de la Sagesse devaient fondamentalement opposer l’idéal chrétien de la vraie Sagesse, aux idées philosophiques orgueilleuses du siècle des lumières.

Après la mort de saint Louis-Marie, Marie-Louise installa la maison-mère près de Poitiers où on la réclamait. Là, aidée par une autre ancienne dirigée de saint Louis-Marie, elle put ouvrir cette maison, justement à Saint-Laurent-sur-Sèvres, où mourut saint Louis-Marie.

Rapidement, plus de trente autres fondations s’ouvrirent dans tout l’Ouest de la France.

Marie-Louise de Jésus mourut le jour anniversaire de la mort de leur Fondateur, et au même endroit (Saint-Laurent), le 28 avril 1759.

Elle fut béatifiée en 1993.

Phaolô Phạm Khắc Khoan

1771-1840

 

Né en 1771 à Duyên Mậu (Ninh Bình, Tonkin), Phaolô (Paul) étudia auprès des pères des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Ordonné prêtre, il collabora avec les missionnaires pendant quarante ans.

Malgré son âge avancé, il se déplaçait beaucoup. En revenant d’avoir visité des malades, il s’était arrêté dans une localité dont le maire le dénonça aux autorités. Il fut capturé avec ses deux catéchistes et emmené à Ninh Bình.

D’abord condamné à la décapitation, il fut condamné à la «mort avec sursis» en raison de son âge. Sa captivité se prolongea donc jusqu’en 1840. Un édit royal de novembre 1839 préconisait des efforts renouvelés de la part des autorités pour faire apostasier les Chrétiens. Mais le père Khoan rappela que le roi précédent les avait autorisés à prêcher, à instruire le peuple, à cultiver leurs champs en paix. Les prêtres recommandaient toujours, en outre, de prier pour le roi et les mandarins, pour la paix et la prospérité du royaume.

Début 1840, le mandarin fut remplacé et le procès reprit, pour aboutir à une sentence capitale définitive.

Parvenu au lieu du supplice, le père Khoan entonna un hymne à la gloire de Dieu : 

Adoration, hommages et respects soient rendus au Seigneur du ciel et de la terre, pour l’amour duquel nous allons mourir ! Nous faisons des vœux pour que le roi jouisse de toutes sortes de prospérités, qu’il règne longtemps et qu’il cesse enfin de persécuter une religion divine, la seule qui puisse rendre l’homme heureux.

Il fut décapité le 28 avril 1840, en même temps que les deux catéchistes Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, avec lesquels il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête commune célèbre ces glorieux Martyrs vietnamiens le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu

1783-1840

 

Laïc vietnamien, Phêrô (Pierre) était né vers 1783 à Đồng Chuối (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il fut décapité pour sa fidélité le 28 avril 1840, en même temps que le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et le catéchiste Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành.

En se rendant au lieu du supplice, il entonna les strophes du Te Deum, qu’il alterna avec le père Phaolô et le catéchiste Gioan Baotixita, y ajoutant à la fin Benedicamus Domino (Bénissons le Seigneur) et Alleluia.

Béatifiés en 1900, canonisés en 1988, ils ont leur dies natalis commun au 28 avril, et leur fête commune le 24 novembre.

 

 

Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành

1796-1840

 

Gioan (Jean-Baptiste) était né en 1796 à Nông Khê (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il mourut décapité le 28 avril 1840, avec le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et l’autre catéchiste Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu.

Le mandarin qui l’interrogea déclara : Thành a vraiment un corps de pierre, il ne fait pas plus attention aux coups qu’on lui donne que si l’on frappait du bois.

Tous trois furent béatifiés en 1900, canonisés en 1988, et commémorés le même jour, le 28 avril.

Une fête commune célèbre ces Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Pierre Chanel

1803-1841

 

Né le 12 juillet 1803 à Cuet (Montrevel-en-Bresse, Ain), Pierre-Louis était le cinquième des huit enfants de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas.

Pierre fut consacré à la Sainte Vierge dès avant sa naissance ; par reconnaissance, il ajouta le nom de Marie au sien.

Très (trop) sensible, il comprit qu’il devait combattre cette tendance.

La famille était pauvre ; Pierre garda le troupeau jusqu’à douze ans. Un bon prêtre le rencontra et l’aida à étudier, puis à entrer à l’école de Cras-sur-Reyssouze, en 1814.

Il fit la Première communion en 1817, à quatorze ans. C’est de cette époque que, à la suite de ses lectures, il ressentit une forte attraction pour les missions lointaines. Il éprouva cependant une forte tentation d’abandonner ses études : après avoir invoqué sa céleste Mère, la tentation disparut, ce qu’il appela toujours sa conversion.

En 1819 il partit au petit séminaire de Meximieux, où il brilla pour ses vers en latin, ses discours en français et en latin, sa faculté d’assimilier la doctrine chrétienne, mais aussi son zèle à propager la dévotion à Notre-Dame.

Il passa au grand séminaire de Brou et fut ordonné prêtre en 1827.

Il eut tour à tour les postes de vicaire à Ambérieu, curé à Crozet, avant d’être nommé au petit séminaire de Belley où il fut professeur de 6e, directeur spirituel, économe et vice-supérieur.

C’est pendant ces années qu’il entra dans la Société de Marie, fondée récemment par le père Colin. Très marial depuis longtemps, il avait pour devise : Aimer Marie et la faire aimer. Or c’est justement à cette Société que le pape confia les missions d’Océanie. 

Pierre présenta spontanément sa candidature et partit du Havre à Noël 1836 pour arriver à Futuna dix mois après. Il était très heureux d’être ainsi déchargé du poids de l’administration du séminaire. Il allait en assumer un autre, bien plus glorieux !

Il célèbra sa première messe à Futuna le 8 décembre 1837, en compagnie de deux autres confrères. Hébergé par le roi local, Niuliki, il apprit la langue du pays et baptisa les enfants mourants.

Au bout de deux ans, Pierre se sentit assez capable de prêcher et commença son travail d’évangélisation. Un de ses premiers combats : la lutte contre l’anthropophagie ! Il s’interposa entre les tribus qui se déchirent en luttes fratricides. On le surnomma l’homme à l’excellent cœur.

Les conversions se multiplièrent, le roi en fut jaloux : il mit dehors les missionnaires et leur refusa les vivres.

Ils durent cultiver leur propre champ de manioc, que des ennemis détruisaient la nuit ; ils durent même manger leur chien. Menacé de mort, Pierre écrivait : La religion est implantée dans l’île, elle ne s’y perdra point par ma mort, car elle n’est pas l’ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu.

Le propre fils du roi se convertit à son tour, ce qui mit le comble à la fureur du roi.

Niuliki envoya toute une troupe armée à la hutte du père Chanel. On l’assomma à coups de bâton et de massue. Il reçut un coup de lance. Comme il respirait encore, le gendre du roi l’acheva d’un coup de hachette sur la nuque.

C’était le 28 avril 1841.

Contrairement aux espérances du roi, tous les habitants de l’île se convertirent peu après, même les assassins du Martyr.

Pierre-Marie Chanel a été béatifié en 1889, et canonisé en 1954.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

(voir au 9 mai)

 

 

 

María Guggiari Echeverría

1925-1959

 

María Guggiari Echeverría est née le 12 janvier 1925 à Villarica (Paraguay), aînée d’une fratrie de sept enfants ; on connaît les noms de certains d’entre eux : Federico Augusto Ramón, María Teresa Arminda et Mañica González Raveti. Les parents s’appelaient Ramón et María Arminda.

Le papa appelait souvent son aînée Chiquitunga, intraduisible en français : «Toute petite Chérie», car María était toute menue.

Celle-ci fut baptisée en 1929 et reçut la Première Communion en 1937.

Tout cela s’est fait jusqu’à présent de façon «ordinaire», selon la coutume des familles chrétiennes. Mais María éprouvait le besoin de s’investir davantage ; en 1941, elle s’engagea de tout son cœur dans l’Action Catholique : elle avait alors seize ans, et les parents trouvaient son engagement exagéré. María persévérait, elle allait visiter et soulager des pauvres, des malades, des prisonniers, enseigner le catéchisme aux enfants.

María apparaissait à tout son entourage comme une fille joyeuse, sociable, serviable, modeste, simple. En octobre 1942 elle fit un vœu privé d’engagement dans l’apostolat, auquel elle ajouta celui de virginité.

En 1950, toute la famille s’installa dans la capitale, Asunción ; María y cherchait aussi du travail. Elle ne manqua pas de se rapprocher des rangs de l’Action Catholique, dont le responsable local était un jeune étudiant en médecine, Ángel Sauá, qui entretint avec elle une profonde amitié, très pure.

María en vint même à se demander si elle se marierait, tout en préférant la vie chaste : elle priait. Ángel, de son côté, sentit l’appel au sacerdoce et le lui dit en 1951. María décida d’apporter toute l’assistance dont aurait besoin Ángel, en particulier elle le cacha pour le protéger de son propre père, qui était musulman, et l’aida à partir à Madrid en 1952 pour achever ses études.

En novembre 1952, María se décida à entrer dans l’Ordre des Carmélites, mais rencontra momentanément l’opposition de ses parents. Elle intensifia son activité au sein de l’Action Catholique, dont elle devint responsable au niveau diocésain, en 1953. En 1955, elle reçut enfin l’habit au couvent des Carmélites, et prit le nom de María Felicia de Jésus Sacrement.

Elle maintint une correspondance assidue avec Ángel, désormais nouveau prêtre ; on en a conservé quarante-huit lettres. La vie contemplative ne signifie pas inactivité. La Supérieure du couvent décrivait ainsi María : Un grand esprit de sacrifice, charité et générosité, le tout enveloppé dans une grande douceur et une joie communicative, toujours vivante et joyeuse. María fit la première profession en 1956, pour une durée de trois ans.

En janvier 1959, cependant, la sœur de María mourut d’une hépatite virale ; María en ressentit elle aussi les premiers symptômes quelques jours plus tard et dut faire un séjour au sanatorium d’Asunción. S’étant apparemment reprise, elle revint au couvent mais, le Samedi Saint, 28 mars, elle eut une hémorragie et cracha du sang. Son frère, médecin, constata que l’hépatite avait évolué en purpura et qu’il ne pourrait malheureusement pas sauver sa sœur. Un mois plus tard, entourée de ses parents et frères et sœurs, elle demanda à la Mère Prieure, qui était présente aussi, de lui lire le poème de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) : Je meurs de ne pas mourir ! A quatre heures du matin, elle sortit de son sommeil et murmura Jésus, je t’aime ! Quelle belle rencontre ! Vierge Marie ! Ce furent ses dernières paroles.

C’était le 28 avril 1959. Elle avait, pour ainsi dire, anticipé de quatre mois sa profession perpétuelle.

María Felicia Guggiari Echeverría a été béatifiée en 2018 ; elle est la première Bienheureuse du Paraguay ; elle sera commémorée le 28 avril au Martyrologe.

 

 

Gianna Beretta Molla

1922-1962

 

Née le 4 octobre 1922 à Magenta (Milan, Italie), jour de la fête de saint François d’Assise, Gianna (Jeanne) était la dixième des treize enfants de la famille Beretta. Les parents, très chrétiens, sont du Tiers-Ordre franciscain.

De ces treize enfants, Enrico sera missionnaire capucin, Giuseppe prêtre à Bergame, Virginia religieuse à Canossa.

Pendant dix-huit ans, la famille vit à Milan puis, après la mort de plusieurs enfants à cause de la grippe espagnole, à Bergame.

Gianna fait sa première communion en 1928, bénéficiant ainsi des nouvelles dispositions que saint Pie X avait préconisées pour avancer l’âge auquel les petits enfants pourraient recevoir l’Eucharistie.

Mais Gianna ne voulut pas en rester à un événement isolé : désormais elle voulut quotidiennement recevoir le Corps du Christ. Elle reçoit la Confirmation en 1930.

Vive et sensible, Gianna fait de la musique, de la peinture, et de l’escalade.

En 1937, après la mort de sa sœur Amalia, la famille s’installe à Gênes, où Gianna fréquente le lycée. A douze ans, elle doit interrompre ses études à cause de sa santé.

En 1941, la famille fuit les bombardements et se réfugie chez les grands-parents à Bergame : les parents de Gianna meurent l’un après l’autre à quatre mois d’intervalle.

En 1942, elle s’inscrit à la faculté de médecine de Milan, puis de Pavie, et est reçue au doctorat en 1949. 

Elle n’a pas perdu son habitude de participer chaque jour à la Messe, et de prier le chapelet. Elle est aussi active à la paroisse, auprès des jeunes de l’Oratorio des Mères Canossiennes, dans l’Action catholique, dans les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

Elle ouvre un cabinet médical à Mesero en 1950 et se spécialise en pédiatrie en 1952 : son horizon de charité englobe les pauvres, les mamans, les enfants, les vieillards. Elle est toujours auprès des jeunes, et continue ses activités de loisirs (musique, peinture, alpinisme).

En 1955, elle épouse Pietro Molla, dont elle aura quatre enfants : Pierluigi, Maria Zita, Laura et Gianna Emanuela.

La naissance de cette dernière fut particulièrement dramatique et douloureuse. En effet, la maman dut être opérée d’un fibrome à l’utérus au deuxième mois de la grossesse. Elle demanda au chirurgien de sauver en priorité son enfant. Or, celle-ci naît normalement le 21 avril 1962.

C’est après la naissance que l’état de Gianna empire rapidement : elle meurt le 28 avril 1962.

Des miracles se sont rapidement produits : Gianna Beretta Molla a été béatifiée en 1994, et canonisée en 2004.

A la cérémonie de la canonisation, était présente Gianna Emanuela, alors âgée de quarante-deux ans.

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