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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:02

Mariana Paredes y Flores

1618-1645

 

Mariana vit le jour le 31 octobre 1618 à Quito (Equateur), benjamine des huit enfants de Jerónimo Flores Zenel de Paredes et de Mariana Granoblés Xaramillo, qui la firent baptiser le 22 novembre suivant, en la fête de sainte Cécile.

Le papa était de Tolède (Espagne), la maman était équatorienne ; tous deux moururent bientôt, laissant Mariana complètement orpheline à six ans. Qui l’hébergea fut sa sœur aînée, Jerónima, dont une des filles, Juana, avait le même âge que sa «tante» Mariana.

Cette sœur aînée eut la surprise de constater combien Mariana se mortifiait, s’imposait la discipline avec des orties, portait un cilice, comme aussi elle organisait des exercices de piété avec ses petites camarades, de sorte qu’elle la présenta à un bon père jésuite qu’elle connaissait.

Mariana put bientôt recevoir l’Eucharistie, en 1625, à un âge exceptionnel pour cette époque ; mais ce qui est encore plus exceptionnel, fut que Mariana fit alors le vœu de chasteté, prenant le nom de Mariana de Jésus, pour bien montrer qu’elle n’appartenait qu’à son Epoux céleste.

C’est cet Epoux qui lui révéla qu’elle ne devait aller ni chez les Dominicaines ni chez les Franciscaines.

Elle obtint de sa sœur un espace strictement personnel dans la maison, qu’elle ferma avec un gros verrou ; comme mobilier : un lit composé de pièces de bois triangulaires, une croix hérissée d’épines, un cercueil à sa taille, un petit autel avec une statue de Jésus enfant et une de la Sainte Vierge, le tout accompagné de cilices et de disciplines. 

Elle se mit un habit noir et ne sortait que pour la messe ou pour assister le Prochain. A la maison, elle servait à table, mais se contentait de pain et d’eau. Les voisins s’étant allarmés de la voir si amaigrie, elle obtint de Dieu de garder une apparence joviale. Sachant jouer de la guitare, elle s’accompagnait en chantant.

Le don des miracles apparut : elle guérit la fille de sa nièce Juana, qui avait eu la tête fracassée par un coup de pied de mule, elle donna à sa sœur la joie de mettre au monde une belle petite fille, alors que tout espoir était perdu, elle réconcilia des ménages indiens ou nègres, elle ranima une pauvre indienne étranglée et abandonnée dans la forêt par son mari. Elle prédit l’avenir, entre autre la date de sa mort, un «vendredi 26».

En 1639, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain

Son corps, soumis à un régime si sévère, suscita de réelles préoccupations ; Mariana ne buvait plus ; les médecins pratiquèrent des saignées, qui l’affaiblirent encore plus. Elle subissait aussi des assauts diaboliques. 

En 1645, Mariana s’offrit en victime pour la population de Quito, frappée par des tremblements de terre et une épidémie. Elle s’offrit d’abord à la place du curé, parce qu’elle n’était pas nécessaire. Son offrande se fit le 25 mars, les calamités cessèrent. Mariana tomba gravement malade dès le lendemain, et s’éteignit le 26 mai 1645.

On l’appelait déjà le lys de Quito.

Elle fut béatifiée en 1853 et canonisée en 1950.

Mariana est la première Sainte de l’Equateur, qui la vénère comme son héroïne nationale.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:00

Bede le Vénérable

672-735

 

Le nom de saint Bede devrait se prononcer, en anglais, bi:d, mais les Français, qui ne sont pas toujours des linguistes passionnés, l’ont toujours orthographié et prononcé : Bède. Laissons faire.

Bede, donc, naquit en 672 ou 673, en Northumbrie (Angleterre).

Orphelin à sept ans, il grandit à l’ombre du couvent bénédictin de Wearmouth. Il fut ainsi sous la vigilante responsabilité de saint Benoît Biscop (voir au 12 janvier), puis de saint Ceolfrid à Jarrow (voir au 25 septembre).

Il fut ordonné prêtre en 702.

Fin lettré, Bede écrivit une traduction en grec (inachevée) de l’évangile de saint Jean ; il connaissait tous les auteurs anciens, grecs et surtout latins, sans oublier les Pères de l’Eglise. 

Bede fut l’encyclopédie vivante de la science de son époque, mais il est surtout célèbre pour son travail d’histoire. Son Histoire ecclésiastique du peuple anglais l’ont fait appeler le père de l’histoire anglaise. Son Martyrologe, un ouvrage précieux quant à sa méthode rigoureuse, le montre vraiment soucieux de l’impartialité et de la vérité.

Il écrivit aussi des commentaires sur l’Ecriture, que salua saint Boniface (voir au 5 juin) en nommant son auteur sagassimus investigator.

Il est beau de mentionner ses derniers moments. Le jour de sa mort, il s’occupait encore à corriger des textes. Son disciple, Cuthbert, lui signala qu’il manquait encore un chapitre. Bede lui dit : Prends ta plume et écris aussi vite que possible. A la dernière phrase, il le pressa encore un peu. Quand il eut fini, Bede se prosterna pour chanter Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et expira.

C’était le 26 mai 735.

Sa dépouille fut placée dans la cathédrale de Durham, et profanée au 16e siècle, lors de la persécution anglicane.

Saint Bede le Vénérable fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1899.

Sa fête liturgique est au 25 mai.

 

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:00

Paschasius Radbertus

785-865

 

Paschasius Radbertus naquit vers 785.

Tout jeune orphelin, il fut abandonné sur les marches du couvent de Notre-Dame de Soissons, dont les moniales prirent soin de lui et envers lesquelles il voua toujours une profonde reconnaissance, appelant ces Religieuses fleurs de l’Eglise et honneur du divin Epoux. L’abbesse, Theodrara, était la sœur d’Adalhard de Corbie (v. 2 janvier) ; on l’a dite aussi cousine germaine de Charlemagne.

Le jeune garçon reçut trop tôt la tonsure cléricale et alla passer quelque temps dans le monde, mais il se ressaisit et demanda son admission à l’abbaye de Corbie.

L’abbé Adalhard reçut le jeune garçon parmi ses moines. Après la mort d’Adalhard (826), c’est le frère de ce dernier, Wala, qui lui succéda. Paschasius étudia sous la direction de ces deux frères (et abbés).

En 822, il les accompagna en Saxe pour la fondation du monastère de Corvey, puis fut chargé de diverses missions auprès des rois de France ou de l’empereur.

Dans les années 831-833, il composa entre autres son si fameux traité sur l’Eucharistie De Corpore et Sanguine Domini, les deux Vies d’Adalhard et de Wala et enseigna les jeunes moines, relevant ainsi beaucoup le niveau culturel de l’abbaye.

Wala mourut à Pavie en 835 ; son successeur n’était pas si favorable à Paschasius et même publia un ouvrage contre lui, mais un autre théologien, Rabanus Maurus (v. 4 février), prit nettement parti pour Paschasius et c’est cette doctrine qui prévalut ensuite.

On a aussi un De Partu Virginis, sur la nature de la Vierge Marie et la naissance du Christ. D’autres ouvrages sont perdus.

En 844, Paschasius fut élu abbé, mais n’accepta jamais le sacerdoce. Comme saint Benoît, il resta diacre ; il n’avait pas soixante ans et résigna sa charge en 851, peut-être parce que certains moines restaient partisans de l’abbé précédent.

Paschasius se retira dans le proche monastère de Saint-Riquier et ne revint dans celui de Corbie qu’à la fin de sa vie, comme simple moine, et y mourut le 26 avril 865, ayant supplié les moines de ne pas écrire le récit de sa vie, ce qu’ils firent malheureusement trop scrupuleusement !

Après les nombreux miracles avenus sur le tombeau de Paschasius, il fut canonisé en 1075.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:00

Francesco Patrizi

1266-1328

 

Il ne s’agit pas ici de l’évêque humaniste de Sienne qui vécut au 15e siècle.

Francesco naquit à Sienne (Italie) en 1266, de Arrighetto et Rainaldesca ; le nom de famille, Patrizi, ne fut en vigueur qu’au 17e siècle.

La prédication d’un Dominicain le poussa vivement à entrer dans les Ordres, mais il dut d’abord s’occuper de sa mère, aveugle.

A la mort de celle-ci (1288), Francesco entra chez les Servites de Marie, poussé par son grand amour pour la Vierge Marie.

En 1291, il fut ordonné prêtre ; excellent prédicateur, il fut conseiller spirituel et confesseur de fidèles de toutes les catégories ; aux plus riches, il savait demander des subsides pour venir en aide aux plus déshérités. En échange il arriva qu’il devint héritier, lui et son couvent, d’une personne défunte, reconnaissante pour sa bonté.

Très marial et très attaché à la sainte vertu de la chasteté, il s’éteignit le 26 mai 1328 à Sienne, où son corps est resté sans corruption.

Son culte a été confirmé en 1743 et son nom a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:03

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remaqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:02

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’une saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:00

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:00

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:00

Filippo de Plaisance

? - 1306

 

Filippo faisait partie des Ermites de Saint-Augustin à Plaisance.

Il eut cette mortification particulière qu’il portait sous son habit religieux une tunique métallique. Ce qui pourrait nous apparaître comme un trait original était pour Filippo la sincère expression de son union à la passion du Christ.

Il mourut le 24 mai 1306.

Il a été introduit dans la récente édition du Martyrologe.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 23:05

Juan de Prado Díez

1563-1631

 

Né vers 1563 à Morgovejo (León, Espagne), de famille noble, Juan fut orphelin à cinq ans.

Grâce à la charité d’un prêtre, il commença des études à Salamanque puis, en 1584, entra dans l’Ordre franciscain à Rocamador (Badajoz).

Il fit la profession en 1585 et fut ordonné prêtre.

Excellent prédicateur, vraiment soutenu par des grâces particulières, il jeûnait, s’imposait le cilice ; il participa aussi à des discussions où il défendit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Successivement, il fut nommé maître des novices, plusieurs fois gardien (supérieur) de différents couvents (Badajoz et Séville), conseiller provincial, et supérieur de la nouvelle Province d’Andalousie (1620-1623).

Une cruelle calomnie pesa un moment contre son innocence virginale, qui fut cependant reconnue, confirmée par une telle austérité de vie.

Après avoir assumé ces responsabilités, il demanda à partir évangéliser en Guadeloupe. Ses démarches n’aboutirent pas, mais on l’envoya au Maroc, où tant de prisonniers chrétiens subissaient les mauvais traitements des Musulmans, et ne disposaient pas d’aumôniers catholiques. Il y alla en 1630 avec la bénédiction du Pape, qui le nommait par la même occasion préfet apostolique pour cette région.

Juan y parvint le 7 décembre, accompagné du prêtre Matías de Saint-François et du Frère Ginés de Ocaña.  L’accueil de la part des chrétiens fut enthousiaste, car ils n’avaient pas vu de prêtres depuis plus de quarante ans. Durant le carême 1631, ils confessèrent beaucoup et réconfortèrent les chrétiens.

Mais voilà que mourut le roi qui avait accordé le sauf-conduit. Qu’allait faire le nouveau roi ? On ne le savait pas, et le gouverneur (portugais) conseilla aux Religieux de rester plus discrets dans leurs activités. Après un certain temps, leur zèle fut plus fort et les poussa à sortir de leur abri. Le gouverneur l’apprit, leur promit de les aider et les fit conduire à Mazagán, de là à Azamor, où se trouvaient beaucoup de Maures. Juan s’y présenta avec un drapeau blanc, en signe de paix.

Le maire commença par bien les recevoir, grâce à leur sauf-conduit. Mais ce sauf-conduit n’était plus valable, et les Religieux étaient alors prisonniers du nouveau roi. On les conduisit à Marrakech, où le roi les fit mettre en prison.

Après quelques jours, le roi les convoqua pour les interroger et demanda à Juan quelle était la loi meilleure, celle de Mahomet ou celle des Chrétiens. Juan n’hésita pas à répondre selon la Vérité. Fâché, le roi les fit fouetter en sa présence, puis jeter dans un cachot étroit, sombre et humide, surveillés par un gardien méchant, et condamnés à moudre le sel.

Le roi convoqua à nouveau Juan, lui posa d’autres questions et le fit encore fouetter cruellement. Quelques jours après, Juan répondit au roi : Tiran, tu veux faire perdre les âmes que Dieu a faites pour Lui ! Furieux, le roi le frappa à la tête avec son sabre, et ses serviteurs le frappèrent sur la bouche, car il continuait de prêcher. Le roi se fit apporter un arc et des flèches, et en tira quatre. Puis il ordonna de le faire brûler vif aux portes de son palais.

Juan ne pouvait plus marcher. On demandait à des prisonniers chrétiens de l’emmener, mais ils hésitaient. Juan les encouragea : Vous n’offensez pas le Bon Dieu ! Emmenez-moi, sinon ils vous feront du mal.

Le roi suivait la scène depuis une fenêtre ; on entassa du bois, on fouetta encore Juan, qui prêchait toujours, et les badauds lui jetèrent des pierres.

Juan fut ainsi torturé et martyrisé le 24 mai 1631.

Les deux autres survécurent miraculeusement aux tortures et purent ensuite rapporter ce dont ils avaient été témoins.

Le roi fut bientôt puni de sa cruauté, assassiné et remplacé par son frère, qui accorda plus de licence aux Religieux pour leur apostolat.

Juan de Prado fut béatifié en 1728.

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