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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 23:00

 

 

Guglielmo Gnoffi

1256-1317

 

Guglielmo naquit en 1256 à Polizzi Generosa (Sicile).

A quinze ans, il se retira dans un vie érémitique près de Castelbuono, puis au sanctuaire de Notre-Dame dell’Alto. Ensuite, il entra dans un couvent de Religieux près de Tagudo, dont il devint prieur, et fonda un autre couvent à Gonati.

Il eut particulièrement à lutter contre le démon de l’impureté ; ayant dans une circonstance accepté l’hospitalité chez une femme de mauvaise vie qu’il croyait pieuse, il fut en butte à des propositions malhonnêtes, dont il triompha ; après quoi, il exhorta cette pauvre femme à se repentir.

Plus tard, le démon le tenta en lui rappelant cet épisode et le conduisit à un état tellement bouleversé qu’il faillit quitter la vie religieuse ; un songe affreux, dans lequel il se vit entouré d’animaux féroces prêts à le dévorer, le ramena à de meilleurs sentiments.

Il mourut le 16 avril 1317 ou 1318 ; on le considère comme Bienheureux.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 23:00

Chiaramonte Pelacani Piccolomini

1258-1305

 

La famille de Chiaramonte-Gioacchino aurait été par la suite agrégée aux Piccolomini, ce qui explique pourquoi on le nomme plus normalement Gioacchino Piccolomini, ou aussi de Sienne, car Gioacchino naquit dans cette ville, en 1258.

Son nom de baptême était Chiaramonte. Dès l’enfance il aimait prier l’Ave Maria devant l’image de Notre-Dame des Douleurs ; sensible envers les pauvres, il donna un jour ses vêtements.

A treize ans, il vit en rêve la Vierge Marie, qui lui déclara l’avoir attaché pour toujours à son service ; à son réveil, il annonça aux parents qu’il allait entrer dans les ordres.

Les parents tentèrent, mais en vain, de le détourner de cette idée. Le jeune garçon se présenta bientôt chez les Servites, où l’accueillit Filippo Benizi (v. 22 août). Il prit le nom de Gioacchino.

Tout noble qu’il était, Gioacchino se fit tout petit, heureux de rendre service dans les plus humbles tâches, et modèle d’obéissance. On lui proposa d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce, mais il refusa, s’en trouvant trop indigne.

Après le noviciat, il fut envoyé à Arezzo. C’est durant cette année-là qu’il eut l’occasion d’approcher un malheureux malade épileptique. Gioacchino chercha à le consoler et à l’encourager, mais le malade n’était pas très convaincu de ces pieuses paroles ; aussi Gioacchino pria alors d’être lui-même malade d’épilepsie en échange de la guérison du malade, qui se trouva immédiatement guéri. C’est alors que ses Confrères de Sienne obtinrent son retour à Sienne, pour avoir la joie de l’assister dans sa maladie.

Désormais, Gioacchino souffrit de crises d’épilepsie jusqu’à la fin de ses jours, mais les «accidents» s’accompagnaient d’interventions célestes. Un jour qu’il tomba à terre, un ange vint tenir le cierge allumé de Gioacchino ; une autre fois, la table de réfectoire qu’il renversa en tombant, se retrouva dressée sans que rien y fût dérangé ; un jour qu’il tomba du haut d’un escalier, et qu’il saignait abondamment de la tête, la plaie se guérit complètement pendant qu’on le portait à sa cellule et qu’on appelait le médecin.

Quelque temps avant sa mort, Gioacchino souffrit aussi de plaies horribles, dont il disait qu’elles devaient le purifier et fortifier son âme.

Il connut divinement le jour de sa mort et l’annonça : ce serait le Vendredi saint. Il expira ainsi le 16 avril 1305, au moment où, au chœur, on chantait les mots de la passion : Ayant incliné la tête, Jésus rendit l’esprit. Il avait passé trente-trois ans dans la vie religieuse.

Des miracles nombreux se produisirent sur le tombeau de Gioacchino.

En 1609, le culte qu’on lui rendait fut approuvé, ce qui correspondait à une béatification.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 09:06

Bénezet

1165-1184

 

Qui sait si le Pont d’Avignon n’est pas dû à une intervention divine ?

On «raconte» - mais le mot légende signifie bien ce qu’il faut dire - que Bénezet (diminutif de Benoît), était un jeune pâtre du Vivarais (ou de la Savoie), né de pieux parents.

Son père étant mort assez tôt, sa mère lui avait confié la garde de quelques brebis.

Un jour d’éclipse de soleil, Bénezet entendit le Seigneur : Prends ta houlette et descends jusqu’en Avignon, la capitale du bord de l’eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu’il faut construire un pont.

Bénezet se disposa à obéir. Un ange lui vint en aide avec un bâton et une besace, lui disant : Suis-moi sans crainte, je te conduirai jusqu’au lieu où tu dois construire un pont et te montrerai comment tu devras t’y prendre.

Parvenus au bord du Rhône, l’ange désigna une barque qui s’y trouvait et encouragea Bénezet : Ne crains rien ; le Saint-Esprit est en toi ; vois cette barque, elle servira à ton passage. Va à la ville d’Avignon ; montre-toi à l’évêque et à son peuple. L’ange disparut.

Il faut dire ici que la traversée du Rhône à cet endroit était particulièrement dangereuse et que, justement là, un pont se serait avéré fort utile.

Il est bon de remarquer que, dans cette «révélation», le premier mot est pour dissiper toute peur humaine. L’Evangile en donne plusieurs exemples, de la part du Christ.

Bénezet, donc, se présenta à l’évêque, puis au prévôt d’Avignon. Bien sûr, leur réaction fut le doute, mais quand Bénezet - il avait une quinzaine d’années - souleva devant tout le monde une énorme pierre que trente hommes n’auraient pu remuer, on changea d’avis.

La sainteté de Bénezet entraîna les Avignonais ; le pont apparut.

Bénezet cependant mourut avant son achèvement, en 1184, quand il n’avait que dix-neuf ans. Selon son désir, il fut enterré d’abord au centre du pont, dans une petite chapelle dédiée à saint Nicolas.

Le pont fut achevé en 1188.

De nombreux miracles se produisirent sur le tombeau de Bénezet. En 1669, le corps fut retrouvé sans corruption et confié aux Religieux célestins en 1674, puis, à la Révolution, transporté à l’église Saint-Didier. Des soldats prisonniers dans cette église se partagèrent les reliques et les emportèrent dans leurs familles ; on put les recueillir et les reporter à Saint-Didier.

Saint Bénezet est un des protecteurs d’Avignon, fêté le 14 avril. Si l’on n’en a pas retrouvé la bulle de canonisation, il est vénéré depuis très longtemps comme Bienheureux (1202) et comme Saint : Vox populi, vox Dei.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 09:05

Bernard d’Abbeville

1046-1117

 

S’il naquit effectivement à Abbeville (Somme), Bernard se vit obligé de se déplacer continuellement pour trouver la vraie solitude que son cœur désirait.

Petit, son goût précoce pour la vie religieuse le fit appeler le petit moine. A vingt ans, ayant une connaissance approfondie des saintes Ecritures, il partit pour le Poitou, avec trois compagnons animés des mêmes sentiments que lui, et entra au monastère de Saint-Cyprien (Poitiers), qui dépendait de la Chaise-Dieu.

Dix ans plus tard, il fut envoyé à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), pour y opérer une réforme ; conscient qu’on voulait le faire abbé, Bernard s’enfuit dans la forêt de Craon (Mayenne), où vivaient déjà d’autres ermites célèbres : Vital de Savigny, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Futaie (v. respectivement 7 janvier, 24 février, 16 août).

Là, Bernard prit le nom de Guillaume et s’exerça pendant trois ans au travail manuel auprès d’un ermite nommé Pierre, un tourneur sur bois.

Mais les moines de Saint-Savin le retrouvèrent, de sorte que notre Bernard s’enfuit à nouveau et s’installa pendant trois ans encore sur l’île de Chausey, non loin du Mont Saint-Michel (Manche). C’est alors qu’on le supplia de revenir à Craon, ce qui pouvait se faire puisque les moines de Saint-Savin avaient fini par élire un autre abbé. Bernard se fixa à Fontaine-Géhard (Châtillon-sur-Colmont), qui devint un centre érémitique très prospère et illustre. 

Ce fut cette fois-ci l’abbé de Saint-Cyprien qui le rappela, voulant en faire son prieur et son successeur. Bernard n’accepta qu’à contre-cœur, mais sut se montrer à la hauteur de sa mission abbatiale.

C’est comme abbé qu’il participa au concile de Poitiers (1100), où fut excommunié Philippe Ier à cause du scandale donné par son divorce.

Il y eut un conflit avec l’abbaye de Cluny, qui voulait «dominer» sur Saint-Cyprien ; Bernard en profita pour abandonner sa charge et revenir à Craon, d’où il ne sortit que pour prêcher la réforme des peuples et du clergé.

Les moines de Saint-Cyprien le rappelèrent cependant, pour les défendre contre Cluny ; Bernard dut faire le voyage à Rome, où il obtint l’indépendance de Saint-Cyprien.

De retour en France, il fit un nouveau séjour à Chausey, d’où il fut chassé par des pirates, et s’en revint près de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il y réunit des disciples, mais s’apercevant qu’il gênait le développement de l’abbaye de son ami Vital, il trouva refuge sur les terres du comte Rotrou et édifia un nouveau monastère avec une chapelle dédiée à sainte Anne, bénie  en 1109 par l’évêque Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Les tribulations n’étaient pas finies ; un nouveau conflit avec Cluny contraignit Bernard à déplacer son monastère, vers la source de la rivière de Tiron (1113).

Bernard, qui n’aspirait qu’à la solitude et à la contemplation, eut jusqu’à cinq cents moines autour de lui. Ceux-ci vivaient la règle de saint Benoît, mais dans une grande austérité ; ils portaient un habit gris à longs poils ; à leurs travaux on doit l’actuel étang de Thiron, de Saint-Anne.

Tiron eut des fondations en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse.

Dieu favorisa Bernard du don des miracles, de la lecture des esprits. Ainsi il montra à un moine qu’il en connaissait les désirs tortueux et chercha paternellement à le ramener ; il éteignit un dangereux incendie venu de la forêt et qui menaçait les bâtiments, il guérit d’un signe de croix un enfant aveugle-né, il délivra d’un esprit malin deux religieux de la communauté, il remit sur pied un jeune novice qui avait été presque écrasé par un énorme chariot traîné par dix bœufs.

Vers la fin, une grave maladie compléta cette longue suite d’aventures qui avaient éreinté Bernard. Il mourut le 14 avril 1117.

Bernard d’Abbeville (ou de Tiron) fut canonisé en 1861, ce qui lui fait détenir le record du plus long procès de canonisation dans l’Eglise, mais nous savons que pour Dieu Mille ans sont comme un jour (Ps 89:4).

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 23:00

Margherita de Città di Castello

1287-1320

 

Margherita naquit en 1287 dans un bourg de Città di Castello (Pérouse, Ombrie, Italie), de parents pauvres qui furent fort déçus de leur fille aveugle-née et très difforme.

Ils tentèrent de consulter des médecins, de conduire Margherita au tombeau d’un saint Franciscain (Giacomo), et se décidèrent finalement à l’abandonner purement et simplement dans une petite chapelle, certains disent : pendant neuf ans.

Elle reçut de l’assistance de la part de pieuses femmes qui venaient prier dans la chapelle et qui l’adoptèrent à tour de rôle. Margherita les payait par sa douceur, son empressement à faire du bien, selon ce que lui permettait de faire sa cécité. Elle fut particulièrement assistée par un couple : Venturino et Grigia.

Il se trouvait que le couvent de Religieuses de Città di Castello était dédié à sainte Margherite. Elles proposèrent à Margherita d’habiter parmi elles, ce qui lui plut beaucoup. Mais la jalousie monta le cœur des Religieuses contre leur sainte Recrue et elles allèrent jusqu’à la calomnier, la maltraiter et finalement l’expulser.

Venturino et Grigia la reçurent à demeure. Il y avait là aussi des Dominicains, qui lui remirent l’habit de Tertiaire.

Les miracles furent au rendez-vous. Lors d’un incendie, Margherita cria à Grigia : Jette mon manteau sur les flammes ! et l’incendie cessa immédiatement. Une autre tertiaire très malade d’un œil qu’elle pensait perdre, fut guérie instantanément quand Margherita la toucha.

Cette enfant de Dieu était l’innocence même, la bonté et la reconnaissance ; jamais une parole aigre contre les braves Religieuses de Sainte-Marguerite.

Elle qui n’avait pas reçu d’instruction, sut miraculeusement ce qu’il fallait pour aider les enfants dans leurs devoirs de classe, elle traduisait le latin, surtout les psaumes qu’elle savait étrangement par-cœur.

Cet ange sur terre mourut à trente-trois ans, toujours à Città di Castello, le 13 avril 1320.

Les merveilles ne s’arrêtèrent pas là. Peu avant l’enterrement, on amena près de la Morte une jeune fille muette et paralysée : Margherita s’anima, leva son bras sur l’infirme, qui guérit instantanément et put revêtir l’habit de tertiaire dominicaine.

Margherita avait révélé qu’elle possédait un trésor dans son cœur. On voulut en faire l’autopsie et l’on y découvrit effectivement trois perles, portant les images de l’Enfant-Jésus, de Marie, de Joseph, près d’une tertiaire en prière. Des guérisons furent obtenues par l’emploi de l’eau dans laquelle avaient été trempées ces perles.

Aveugle et toute en Dieu, Margherita passa sa vie à transmettre la Lumière. 

Son culte a été approuvé en 1609 ; elle est donc considérée comme Bienheureuse.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 23:00

Edward Catherick

?-1642

 

La notice présente est intitulée à Edward, comme dans le Martyrologe, bien qu’apparemment ce prêtre s’appelât Edmund.

Edmund était probablement né dans le Lancashire (Angleterre), dans la vieille famille des Catherick de Carlton et Stanwick (Yorkshire nord), une région connue pour sa fidélité au catholicisme.

Il alla au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

En 1635, il commença son activité en Angleterre, qui allait durer sept années.

Durant cette période, il porta fréquemment le nom de Huddleston, qui pouvait être le nom de jeune fille de sa mère.

Appréhendé près de Watlas, notre prêtre fut conduit au juge, qui se trouvait être un parent, et l’on réussit à «acheter» ce juge pour faire condamner Edward (Edmund). Il fut condamné à mort, en même temps qu’un autre prêtre, John Lockwood.

Le roi temporisa pour signer ; il le fit durant sa présence à York.

Les deux prêtres furent traînés par les rues de York jusqu’au lieu de l’exécution. Edward demanda alors à être exécuté le premier, pour redonner courage à son Confrère, qui lui semblait être assez impressionné à la vue de la potence.

Edward Catherick mourut en martyr à York, pendu, éviscéré et écartelé, le 13 avril 1642.

On plaça sa tête au Micklegate Bar, les restes de son corps furent brûlés au Toft Green ; des ossements furent conservés au monastère Saint-Grégoire.

 

Edward (Edmund) fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 23:02

Lourenço de Lisbonne

XIVe siècle

 

Ce saint moine hiéronymite vivait dans son couvent de Belem (Lisbonne, Portugal), au 14e siècle. On ne nous en dit guère plus.

L’Ordre hiéronymite se constitua justement au 14siècle dans la péninsule ibérique, pour remettre en honneur le style de vie de saint Jérôme (v. 30 septembre).

Il n’était pas recensé dans l’ancien Martyrologe.

Même les bons moines hiéronymites actuels répondent qu’ils n’ont aucun renseignement sur le Bienheureux.

Le Martyrologe du 12 avril ajoute que beaucoup de pénitents allaient le trouver, attirés par sa sainte vie.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 19:07

Sancha de Portugal

1180-1229

 

Sancha de Portugal naquit en 1180, à Coimbra, deuxième fille du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon, qui eurent onze enfants. Deux autres filles, Teresa et Mafalda, sont aussi au Martyrologe (v. 17 juin et 1er mai).

Sancha, tout en restant dans le monde, avait organisé saintement sa vie ; elle avait reçu, dès 1216, des Franciscains envoyés par leur Fondateur pour convertir les Maures, puis des Dominicains ; elle finit par laisser son palais aux Franciscains et fonda le monastère de Cellas, où elle réunit des recluses qui vivaient dans cette région et leur donna la règle cistercienne.

Après avoir rendu visite à ses sœurs Teresa et Blanca, elle rétablit les bonnes mœurs dans une ville appartenant à Teresa, par une sage administration et surtout par son exemple, puis entra à son tour dans le monastère de Cellas qui comptait déjà trente religieuses ; elle donna à l’une d’elles la charge d’abbesse et ne pensa pour elle-même qu’à l’obéissance, l’humilité, la solitude.

Elle fut douée du don de prophétie et pénétrait les secrets des âmes.

Pendant sa dernière maladie, elle manisfesta son union intime avec Dieu par le joie qui apparaissait sur son visage et les miracles dont elle gratifia quelques-unes de ses sœurs.

Elle mourut le 11 avril 1229, assistée de son aînée, Teresa. Au même moment de sa mort, le bienheureux Gil de Vaozela (v. 14 mai), qui priait dans une église, vit Sancha entourée d’une lumière céleste.

Teresa emporta sa dépouille au monastère de Lorvão.

Sancha fut béatifiée avec sa sœur Teresa en 1705. Le Martyrologe la nomme bienheureuse, et Teresa sainte.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 14:49

2e dimanche de Pâques

Dimanche de la Miséricorde

 

La fête de la Miséricorde est une des plus récentes instituées par l’Eglise. Elle remonte seulement à la canonisation, en 2000, de Maria Faustyna Kowalska, dite “Sœur Faustine” (1905-1938), morte à trente-trois ans et qui a sa fête le 5 octobre.

*       *       *

Lisons d’abord les Actes des Apôtres.

Il est extraordinaire de voir avec quel empressement les premiers Chrétiens mettaient spontanément en commun leurs ressources, pour s’entraider. Pas besoin d’organismes officiels, pas même besoin de formuler une demande : sans attendre on vendait, on apportait aux Apôtres l’argent, et l’on aidait les plus pauvres.

Pourquoi ce système n’a-t-il pas perduré ? L’esprit de propriété privée, partant l’égoïsme, se sont imposés dans les cœurs, et c’est pour cela que se retirèrent au désert des Chrétiens qui cherchaient plus de perfection ; ainsi naquirent les ermitages, dans le désert d’Egypte, ou en Arabie, ou ailleurs. Ainsi se formèrent les familles religieuses, les cénobites comme saint Théodose ou saint Benoît, ceux qui suivirent la règle de saint Augustin, et ainsi de suite.

Au cours des siècles, périodiquement les Chrétiens perdaient leur ferveur, et Dieu suscita des Saints qui apportèrent d’heureuses réformes.

Mais nous ne sommes pas obligés d’attendre une réforme, pour réformer notre cœur, notre style de vie. A tout moment nous devons nous mettre à l’écoute de la grâce de Dieu et chercher à vivre plus authentiquement notre christianisme. Il est si facile de glisser, d’oublier, de perdre notre premier élan. 

Ce passage des Actes, dans sa simplicité, nous exhorte, nous stimule. Ne l’écoutons pas avec indifférence.

*       *       *

Le psaume 117 fut d’abord utilisé pour la fête des Tentes, d’après son titre, et était repris dans les grandes occasions. Il pourrait bien être pour nous le psaume pascal par excellence. 

Ici, nous n’en chantons qu’un abrégé, où nous pouvons bien imaginer le Christ glorieux qui rend grâce à son Père car Il est bon ! Par la puissance de la Droite de Dieu, le Christ est maintenant vainqueur : Je ne mourrai pas, je vivrai !

Le verset suivant a été commenté par le Christ lui-même avant sa passion, dans la parabole des vignerons homicides (Mt 21:42). Cette pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue pierre d’angle, est habituellement l’image du Christ, de l’Eglise solidement établie sur le Roc, d’où coule l’Eau de la Vie. 

Ce n’est pas l’unique endroit où la Pierre prend une signification tout-à-fait messianique. Dans le psaume 94, par lequel commence chaque jour la prière de l’Office divin, nous chantons textuellement Acclamons le Rocher qui nous sauve, (la version de la Vulgate traduit le Dieu qui nous sauve) ; ce même psaume fait ensuite allusion au rocher qui déversa l’eau dans le désert (Ex 17).

Le Christ est cette Pierre sainte, et Lui-même a voulu bâtir son Eglise sur cette Pierre, sur la foi de l’Apôtre Pierre (Mt 16:18).

Voici le jour que fit le Seigneur. Le premier «jour» de la création, Dieu fit la lumière. Le septième jour fut un jour de «repos» : le jour du sabbat fut, dans tout l’Ancien Testament, un jour sans travail, un jour d’attente. Quand Jésus fut au tombeau, ce fut la grande «attente» de la Résurrection. Ce jour-là, le premier de la semaine (Mt 28:1 ; Mc 16:2), surgit la vraie Lumière, le Christ ressuscité. Ce jour sera désormais le jour solennel que fêteront les Chrétiens.

Dans son Sermon 8 pour l’octave de Pâques, saint Augustin fait remarquer que la résurrection devient le «jour du Seigneur» : C’est le troisième jour après sa passion, mais dans le compte des jours qui suivent le sabbat, c’est le huitième, en même temps que le premier. On ne manquera pas de faire aussi le rapprochement avec les notes de musique, où la huitième note de la gamme est comme la première.

Le jour du Seigneur (Dominica Dies) est traditionnellement célébré par les Chrétiens le dimanche. Un martyr de Carthage répondit lors de son interrogatoire : Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer ensemble le jour du Seigneur (saint Emeritus, lecteur, martyr le 11 février).

*       *       *

La joie des Chrétiens qui célèbrent la Résurrection du Christ, les aide à dépasser les tristesses du monde. 

Certes, il est pénible d’être malade, de souffrir, de travailler, de perdre un cher ami, de subir un incendie ou un vol… mais les plus graves épreuves de cette vie s’effacent devant la Victoire du Christ, puisque dans cette Victoire, le Christ nous appelle à Le suivre bientôt. 

Voilà pourquoi saint Jean nous dit : Ce qui nous a fait vaincre le monde, c’est notre foi.

Croire en Jésus et en sa Résurrection, dit-il, c’est affirmer qu’on est né de Dieu, de cette vie que nous avons reçue non plus du sang et de la chair (cf. Jn 1:13), mais de cette nouvelle naissance d’en haut (cf. Jn 3:7).

On est heureux de faire ce que demande quelqu’un qu’on aime. Garder les commandements de Dieu, n’est jamais un fardeau, c’est une expression d’amour, de joie, de liberté intérieure.

C’est ce que nous a apporté Jésus, le Fils de Dieu. Par l’Eau, il nous purifie au baptême ; par son Corps et son Sang offerts, il nous nourrit. Il est impossible de séparer la naissance, la passion, la mort et la résurrection du Christ. Quand nous disons que le Verbe s’est fait Chair, nous devons penser qu’à chaque Messe, le Christ prend Chair pour être notre nourriture, mais nous n’aurions pas l’Eucharistie si le Christ n’avait livré cette Chair en Sacrifice parfait.

C’est pourquoi le Jour du Seigneur est pour nous, Chrétiens, synonyme de participation au Sacrifice du Christ, dans l’Eucharistie. Ne manquons pas ce moment de Joie pascale, gardons (ou redonnons) au Dimanche son caractère sacré.

*       *       *

Traditionnellement, l’évangile de ce dimanche est celui de l’apparition de Jésus aux Apôtres, d’abord en l’absence de Thomas au soir de la Résurrection, puis en sa présence huit jours après.

Cette apparition du Ressuscité le jour-même de la Résurrection est très importante dans la vie de la première Eglise, non pas à cause du doute momentané de Thomas, mais parce que le Ressuscité souffle l’Esprit Saint sur les Apôtres. Le Christ, qui avait rendu l’esprit, qui était mort, a aujourd’hui repris la vie ; il se montre aux Apôtres et, après leur avoir souhaité la Paix, son premier geste est de leur insuffler comme une deuxième vie, une nouvelle force : par l’Esprit, ils remettront désormais les péchés. 

A chaque pas de sa vie publique, le Seigneur n’a cessé de remettre les péchés, de pardonner ; maintenant, dans son immense bonté, avant de regagner les Demeures éternelles, il transmet ce pouvoir aux Apôtres et à toute l’Eglise : Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis. 

Saint Thomas, absent, n’a-t-il donc pas reçu ce pouvoir ? On pourra répondre que, à travers les onze Apôtres présents, Jésus a soufflé aussi sur lui, ainsi que sur tous les successeurs des Apôtres, sur tous les évêques de tous les temps et de toutes les nations ; rien n’empêche non plus de supposer que Pierre, le chef des Apôtres, ait à son tour soufflé sur Thomas pour lui transmettre ce pouvoir.

L’ordination épiscopale actuelle ne comporte pas cette insufflation de l’Esprit ; mais le geste consécrateur réside dans l’imposition des mains sur la tête du Candidat, en signe de descente de l’Esprit sur ce prêtre qui va devenir évêque. Il semble que ce rite remonte déjà à la première Eglise, car saint Paul parle du don que son disciple Timothée a reçu par l’imposition de (ses) mains (2Tim 1:6).

L’évêque, à son tour, transmet aux prêtres ce pouvoir de remettre les péchés.

Voici donc officiellement institutionnalisé ce Sacrement de la Miséricorde, la Réconciliation sacramentelle, l’accueil sacerdotal de tout pécheur repenti. 

Mais n’omettons pas maintenant d’admirer la magnanimité de Jésus qui “prend au mot” Thomas et lui fait voir et toucher les plaies de ses mains et de son côté. Aucun des autres n’a osé ce geste, mais Thomas l’a demandé et (presque) obtenu. En réalité, il n’est pas dit qu’il ait réellement touché du doigt les plaies glorieuses de Jésus, mais il aura certainement vu au moins celles des mains, et surtout il nous a laissé cette magnifique déclaration de Foi : Mon Seigneur et mon Dieu

Il se pourrait bien qu’à ce moment-là Thomas ait eu une sorte de vision céleste et que, comme les trois autres Apôtres sur le Mont Thabor, il ait contemplé au-delà de la sainte humanité de Jésus, Sa lumineuse divinité. Quoi qu’il en soit, la conviction la plus totale a maintenant remplacé le doute et Thomas ira annoncer la Foi courageusement dans les contrées les plus lointaines d’Asie.

Un récent converti, qui n’était pas vraiment un enfant de chœur, tant s’en faut, mais qui est maintenant un authentique apôtre de Jésus, a eu dans sa prison une attitude un peu semblable à celle de saint Thomas, lorsqu’il interpella ce “Mec” qu’il ne connaissait pas encore en l’invitant à venir le voir à deux heures du matin. A l’heure dite, quand notre bonhomme n’y pensait plus et dormait profondément, le Seigneur l’a pris au mot, Il s’est montré, l’a appelé, lui a parlé : à sept heures du matin, l’homme était encore à genoux, pleurant ses péchés, transformé et désormais respectueux de tous, obéissant, discipliné, et prisonnier modèle. Ce n’est pas un secret de mentionner ici le nom d’André Levet, que vous pourrez retrouver sur Internet.

Vraiment la miséricorde de Dieu est immense envers tous ceux qui ouvrent leur cœur à la Vérité. Et comment ne pas rendre aussi d’immenses actions de grâces pour cette divine promesse que Jésus nous adresse à travers l’apôtre Thomas : Heureux ceux qui croient sans avoir vu. 

Indirectement, Jésus rappelle à Thomas leur conversation de deux jours avant ; c’est en effet le même Thomas qui, lors de la dernière Cène, demanda à Jésus : Seigneur nous ne savons pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? et en reçut cette sublime réponse : C’est moi qui suis le Chemin, la Vérité, et la Vie. Nul ne va au Père que par moi (Jn 14:5-6). A ce moment-là, les apôtres n’avaient pas encore réalisé par quel “chemin” le Christ devait revenir à la Vie pour nous y introduire, mais il ne se passera qu’un peu plus de deux jours avant que tout soit réalisé : alors le Christ sera passé dans les liens de la mort, aura repris vie et leur apparaîtra avec son corps glorieux. Voilà le “chemin” dans la “vérité”, le chemin vers la “Vie”.

Oui, vraiment, heureux ceux qui croient sans avoir vu. Heureux si nous savons nous remettre entièrement à la volonté de Dieu, à la Providence, à l’Eglise, et que sans hésiter nous mettons toute notre personne à Sa disposition, pour être dans la Main divine un bon instrument de travail pour la Vigne du Seigneur. Peu importe où Dieu nous mènera, mettons-nous à Son écoute, à Sa disposition ; malgré toutes nos faiblesses, Il nous conduira vers la Vérité tout entière.

*       *       *

Depuis quelques années, ce dimanche est le Dimanche de la Miséricorde Divine, ainsi appelé par la volonté de Notre-Seigneur dans sa manifestation à sainte Maria Faustyna Kowalska, que Jean-Paul II a canonisée en 2000.

Pour conclure, disons aujourd’hui la prière que fit Jean-Paul II à Cracovie, lors de son homélie : 

Dieu, Père miséricordieux, qui as révélé Ton Amour dans Ton Fils Jésus-Christ, et l’as répandu sur nous dans l’Esprit Saint Consolateur, nous Te confions aujourd’hui le destin du monde et de chaque homme. Penche-toi sur nos péchés, guéris notre faiblesse, vaincs tout mal, fais que tous les habitants de la terre fassent l’expérience de Ta Miséricorde, afin qu’en Toi, Dieu Un et Trine, ils trouvent toujours la Source de l’Espérance. Père éternel, par la Douloureuse Passion et la Résurrection de Ton Fils, accorde-nous Ta Miséricorde, ainsi qu’au monde entier. Amen.

Le même Pontife ajoutait : Dans la Miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix, et l’homme trouvera le bonheur !… Que ce message de la Miséricorde Divine atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d’Espérance… Il faut transmettre au monde le Feu de la Miséricorde (17 août 2002).

Treize années plus tard, le pape François a annoncé une Année Sainte spéciale de la Miséricorde ; ce sera certainement une année de grâces pour le monde entier et pour chacun de nous. 

 

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:19

Gabinus de Rome

† 296

 

D’après la Passio de ce Martyr, Gabinus aurait été un parent de l’empereur Dioclétien, un frère du pape Caïus (mort en 295, v. 22 avril), et le père de l’illustre martyre Suzanne (v. 11 août).

Gabinus était sénateur et, après la mort de son épouse, avait reçu le sacerdoce.

Parmi les bonnes actions qui lui sont attribuées, il y eut la conversion de toute une famille d’Ostie : Maxime et son épouse Prépédigne, avec leurs deux enfants Alexandre et Cutias, ainsi que Claude, le frère de Maxime, qui furent tous brûlés vifs, le 18 février 295.

Ensuite, Gabinus fut mis en prison, avec Suzanne ; celle-ci fut martyrisée le 11 août 295, mais Gabinus languit en prison pendant encore de longs mois. On croit qu’il y mourut de faim.

Les Chrétiens purent enterrer son corps avec ceux du pape Caïus et de Suzanne dans la maison de Gabinus, proche des Thermes de Dioclétien, et sur laquelle fut édifiée ensuite l’église Sainte-Suzanne.

Le pape Paul V, au 17e siècle, aurait retiré le corps de Gabinus pour le remettre aux Jésuites de Lyon.

Ce Gabinus serait commémoré le 19 février, mais la date est conjecturale.

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