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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 00:00

John Amias

?-1589

 

John naquit à Wakefield (Yorkshire ouest, Angleterre).

Il subsiste des doutes sur sa réelle identité et sa vie, tant il est vrai que les prêtres prenaient à l’occasion des «noms de combat» pour mieux passer inaperçus.

John aurait ainsi été en fait William Anne, benjamin de John et Katherine Anne, de Frickley (Wakefield).

Mais on rapporte aussi que John s’était marié, avait élevé ses enfants, et avait une activité de marchand de vêtements (ou de tailleur). Son épouse étant décédée, il divisa ses biens entre ses enfants et s’en vint à Reims, pour se préparer au sacerdoce. Il se trouve qu’en effet, il y eut un John Amias qui fut ordonné prêtre à Reims en 1581.

S’il s’agit de notre héros, il serait parti en juin de la même année pour l’Angleterre, via Paris, avec un autre prêtre, Edmund Sykes.

On ne connait pas bien quelle fut son activité. Mais on sait qu’il fut pris en 1588 chez un certain M.Murton à Melling (Lancashire), et mis en prison à York.

Il tombait sous le coup du décret de 1585, qui considérait comme un crime d’être un prêtre catholique. Condamné à mort à York, il s’adressa à la foule devant la potence,  affirmant qu’il n’était pas condamné pour trahison, mais pour la religion. Il fut interrompu dans sa harangue et exécuté, juste avant Robert Dalby.

John Amias mourut en martyr à York (Yorkshire nord), le 16 mars 1589.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 00:00

Jean de Brébeuf

1593-1649

 

Jean naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1593, ou peut-être la veille (ou aussi le 14 mars) et peut-être aussi en 1592.

Le lieu de sa naissance pouvait être La Boissée (Condé-sur-Vire, Manche), dans le château de ses parents (Gilles II de Brébeuf et Marie Le Dragon). Mais sa mère se trouvait à Bayeux (Calvados) quand sonna le moment de l’accouchement, et Jean naquit dans le faubourg Saint-Jean de cette ville. On affirme que des ancêtres de la famille étaient compagnons d’armes de Guillaume le Conquérant et du roi saint Louis.

Jean entra dans l’Ordre des Jésuites en 1617. Entre 1619 et 1621, il enseigna au collège de Rouen. Des ennuis de santé (tuberculose) retardèrent sa formation théologique. S’il n’avait pas de résultats excellents dans ses études, il montrait des dons particuliers pour les langues.

Il fut ordonné prêtre à Pontoise en 1622, et fut économe à Rouen.

En 1625, il partit pour la Nouvelle-France (le Canada). Le capitaine de vaisseau, un protestant, le menaça de le ramener en France ; dès 1626, il partit en canoë chez les Hurons en assimilant leurs habitudes, vivant en teepi, apprenant leur langage.

En 1629, le Canada fut restitué à l’Angleterre, puis revint à la France en 1633 ; durant ces années-là, Jean vécut en France : le père Jean fut curé à Rouen, où il prononça ses vœux solennels.

De 1631 à 1633, il travailla au collège d’Eu, comme économe, ministre et confesseur.

De retour au Canada, il n’y retrouva pas tout de suite la bienveillance des Amérindiens ; il mit une année à retrouver l’endroit de son ancienne mission. Des épidémies, causées par des maladies apportées par les Européens, firent beaucoup de victimes et provoquèrent la méfiance des Hurons envers les Européens. Mais le père de Brébeuf réussit à conquérir leur amitié en vivant avec eux, parlant désormais couramment leur langue, et pouvant l’enseigner aux autres missionnaires. Il reçut le nom huron de Echon. Il s’installa à Ihonatiria.

La contribution du père de Brébeuf pour la compréhension du langage des Hurons fut déterminante ; il composa un dictionnaire huron-français et traduisit en huron le catéchisme. On lui attribue aussi la plus vieille chanson de Noël connue au Canada (Huron Carol).

Il travailla beaucoup à trouver des éléments communs entre leur culture et le christianisme, pour les aider à se convertir. Lors d’une nouvelle épidémie, les Hurons purent se rendre compte que leur missionnaire n’était pas atteint et crurent davantage en son enseignement. Mais ce n’est qu’en 1635 qu’il put en baptiser quelques-uns. D’après les descriptions qu’il fit de certains de leurs rites, on fit des recherches récentes, qui confirmèrent ses lignes.

En 1637, il y eut un nouveau soulèvemenet de la population huronne à cause d’une épidémie. Les menaces fusèrent, mais les Pères purent continuer leur travail. Il fonda une nouvelle mission à Téanaostaié et s’y installa.

En 1638, il fut nommé supérieur de la mission Saint-Joseph ; en 1640, il tenta l’évangélisation des Neutres (nord du lac Erié), mais sans succès apparent, sinon qu’il se cassa la clavicule et dut être soigné à Québec, où il fut le confesseur de communautés religieuses et l’aumônier des colons français. 

Quand il put rejoindre la mission en 1644, les Hurons et les Iroquois continuaient de se livrer une guerre féroce ; venus en mars 1649 détruire complètement le village de Saint-Louis où se trouvait la mission jésuite, les Iroquois s’emparèrent des deux prêtres, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant.

Les prêtres auraient pu prendre la fuite, mais préférèrent rester au milieu de leurs fidèles. On les traîna jusqu’au village de Taenhatenteron, où ils furent accueillis par une pluie de pierres, battus et liés à un poteau de torture. Le supplice du père de Brébeuf eut lieu le 16 mars 1649, celui du père Lalemant le lendemain.

Concernant le père de Brébeuf, il reçut deux cents coups de bâton ; on lui versa de l’eau bouillante sur la tête, en parodie du baptême, on lui écorcha le cuir chevelu, on lui accrocha au cou un collier de tomahawks incandescents, on lui appliqua sur tout le corps une couverture d’écorce pleine de poix et de résine incandescantes, on lui enfila un fer rouge dans la gorge, ses membres étaient décharnés jusqu’aux os ; on lui coupa les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu ; toutes tortures qu’il supporta sans un mot. Puis on alluma un brasier sous lui, on lacéra son corps de coups de couteaux ; on lui retira le cœur, qui fut dévoré par les bourreaux.

Jean de Brébeuf serait apparu à une religieuse mystique de Québec, Catherine de Saint-Augustin, qui guérit un malade en lui faisant boire une potion où elle avait auparavant introduit une relique du Martyr ; elle aurait de la même façon obtenu la guérison - corps et âme - de soldats protestants, qui ainsi se convertirent.

Le père Jean de Brébeuf est commémoré au Martyrologe le 16 mars ; sa fête liturgique, avec celle de ses Compagnons martyrs, est au 19 octobre.

Il fut béatifié en 1925, canonisé en 1930, proclamé co-patron du Canada en 1940.

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 00:00

 

Robert Dalby

?-1589

 

Robert Dalby (ou Drury) était né à Hemingbrough (Yorkshire est, Angleterre).

D’abord ministre dans le culte protestant, il se convertit et gagna le Collège anglais de Reims en 1586.

Ordonné prêtre en 1588, il gagna l’Angleterre en août de la même année, mais fut arrêté presque aussitôt après avoir accosté à Scarborough. 

Mis en prison à York, il fut condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre catholique.

Robert Dalby mourut en martyr à York, le 16 mars 1589. Son martyre fut partagé par un prêtre nommé John Amias. Arrivés sur place, les prisonniers se prosternèrent pour prier. John fut exécuté le premier, sous les yeux de Robert.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:19

Angela Merici

1474-1540

 

Angela Merici vit le jour le 21 mars 1474 à Desenzano, près du Lac de Garde en Lombardie (Italie nord), de Giovanni, un bon chrétien qui lisait chaque soir à ses enfants la vie de l’un ou l’autre Saint. Evidemment, il n’avait pas à sa disposition un de nos blogs chrétiens, mais cela suffisait déjà à la petite fille pour s’attacher à Jésus-Christ.

A quinze ans, elle perdit ses deux parents et fut recueillie par son oncle maternel à Saló, avec sa sœur qu’elle aimait beaucoup. Cette dernière mourut peu après.

Or Angela fut alors divinement informée que sa sœur était «sauvée», bien qu’elle fût morte sans les sacrements. Ce ne fut pas le dernier avertissement céleste. Peu après, elle eut la vision d’une haute échelle par laquelle des jeunes filles montaient au ciel : elle apprit ainsi qu’elle devait rassembler d’autres femmes pour accomplir une grande mission dans l’Eglise.

En attendant, elle se donna aux bonnes œuvres. Pour communier plus fréquemment, elle s’agrégea au Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de sœur Angela. Elle commença à jeûner.

En 1516, elle fut envoyée à Brescia pour une mission de consolation : une jeune épouse avait perdu son mari et ses fils à la guerre ; Angela resta deux ans auprès d’elle pour l’aider à assimiler cette rude épreuve. Puis elle s’établit à demeure à Brescia, consolant, apaisant , réconciliant, conseillant…

Pour se rapprocher toujours plus de Jésus-Christ, elle fit des pèlerinages, dont un à Jérusalem en 1524. Mais durant ce voyage, une affection aux yeux lui enleva la vue : de l’escale de Crète à l’aller jusqu’à la même escale au retour, elle dut être conduite par la main et ne put rien voir des Lieux Saints. Dieu lui enseignait le détachement de la terre…

En 1525, elle put rencontrer le Pape, qui voulait la retenir à Rome, mais elle expliqua que sa mission était à Brescia. En 1529, elle se réfugia quelques mois à Crémone pour échapper aux dangers de la guerre ; là, elle tomba gravement malade, mais guérit miraculeusement lors d’un pèlerinage au mont Varallo ; elle annonça que la paix allait revenir, et la paix fut signée en août 1529, mettant fin aux maux de l’Italie. Elle revint à Brescia.

C’est en 1535 qu’elle réunit les premières Compagnes et les mit sous la protection de sainte Ursule (v. 21 octobre), pour laquelle elle avait une grande dévotion. Ces premières «Ursulines» n’étaient pas constituées en congrégation ; Angela leur demandait seulement de s’engager devant Dieu à donner une formation chrétienne aux jeunes filles, et de se retrouver périodiquement pour célébrer ensemble l’Eucharistie.

L’évolution de cette Compagnie en Ordre religieux, un demi-siècle plus tard, s’effectua lors de la réforme post-tridentine, qui imposa une vie cloîtrée aux Ursulines.

Angela consacra ses dernières années de vie à organiser cette famille. Dans son Testament Spirituel, elle écrit ceci : 

… Guidées uniquement par l’amour de Dieu et le zèle du salut des âmes, vous entreprendrez votre tâche d’éducatrices… Je vous demande de tenir compte de chacune de vos filles et de les porter comme gravées dans vos cœurs, non seulement par leurs noms, mais avec toute leur situation et leur état… Je vous demande encore d’essayer de les attirer par l’amour, l’indulgence et la charité, et non par la hauteur et la dureté… Parfois il faudra montrer une autorité plus sévère, à bon escient et en tenant compte de l’état et des nécessités des personnes. Cependant, même alors, c’est seulement la charité qui doit nous pousser, ainsi que le zèle des âmes. 

Saint François de Sales, quelques années plus tard (v. 28 décembre) et Giovanni Bosco au 19e siècle (v. 31 janvier), eurent le même esprit, l’un pour conquérir les âmes des hérétiques, l’autre pour conquérir les jeunes garçons délinquants. Il est remarquable que Angela Merici, François de Sales et Giovanni Bosco sont fêtés à quelques jours d’intervalle, les 24, 27 et 31 janvier.

Angela Merici mourut le 27 janvier 1540 à Brescia.

Béatifiée officieusement en 1790, elle fut canonisée en 1807.

Actuellement, sont regroupées dans la famille des Ursulines différentes maisons dans le monde entier, ayant chacune un style particulier, mais toujours cet esprit d’Angela Merici, au service de la jeunesse.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 00:00

Tommaso Riccardi

1844-1915

 

Tommaso fut le troisième des dix enfants d’un brave épicier de Trevi (Ombrie, Italie centrale), Francesco et de Maria Stella Paoletti. Francesco fabriquait de l’huile d’olive. 

Le garçon fut au collège de Trevi dès 1853, bon élève, amateur de théâtre et de musique, et s’en vint à l’université romaine de l’Angelicum pour étudier la philosophie.

Bien qu’il eût énergiquement affirmé ne pas avoir de vocation religieuse, c’était justement là sa préoccupation : dans quelle direction aller ? Il finit par frapper à l’abbaye bénédictine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

Il y entra en 1866, prit le nom de Placido et fit la profession en 1868.

Sa préférence allait aux ouvrages des Pères, des saint Bernard et des saint Augustin, d’Anna Katharina Emmerich. Les manuels scholastiques l’embarrassaient par leur manque de bonté pastorale, encore plus les livres de culture profane, qu’il élimina.

Sous-diacre et diacre en 1870, il demanda un délai pour achever ses examens avant de partir au service militaire, mais fut pour ce motif déclaré «déserteur» (il n’y était pour rien !) : il passa presque deux mois en prison à Florence, fut envoyé au régiment d’infanterie de Livourne et fut réformé à Pise en janvier 1871, à cause de sa mauvaise santé.

De retour dans son abbaye, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale en mars 1871.

Sa première mission fut d’être surveillant à l’alumnat de l’abbaye ; mais ce pieux moine qui aimait tant le silence et la prière, et de plus affligé d’une forte myopie, était littéralement tourmenté par les gamins ; des crises de paludisme achevèrent de convaincre l’abbé de le nommer sous-maître des novices et confesseur des moniales bénédictines de Sainte-Cécile à Rome.

En 1884, l’abbé l’envoya comme vicaire abbatial à San Magno d’Amelia, pour y réformer le monastère des Bénédictines, mais aussi pour lui envoyer un novice de Rome qui se disait favorisé de grâces célestes. La réforme des moniales réussit ; quant au «mystique», don Placido le démasqua sans peine, de sorte qu’il fut ensuite nommé maître des novices en 1885.

En 1887, il fut à nouveau envoyé à Amelia, pour le grand bien des moniales, puis il fut envoyé à l’antique abbaye de Farfa (Sabine), et chargé du sanctuaire, où il put goûter la solitude et le silence qu’il préférait tant. Il eut seulement à aller confesser deux communautés franciscaines.

Il était tellement «absent» de la réalité, qu’il en oublia une année la fête de Pâques !!! Une autre année, invité à participer aux offices de la Semaine Sainte à la ville proche, il fut tellement choqué de l’indiscipline des enfants de chœur, qu’il se promit bien de n’y jamais retourner.

Pendant longtemps, dom Placido s’occupa ainsi du sanctuaire, réorganisant la vie liturgique, attirant de nombreux villageois, cherchant aussi à les aider ; il était si pauvre que les villageois refusèrent les pauvres loques qu’il leur proposa. 

Quand l’abbé de Rome eut l’idée de l’ «aider» avec la présence d’un Confrère allemand, ce dernier eut la maladresse de modifier nombre de détails de cette vie, et le sanctuaire fut littéralement déserté. Tout le patient travail de dom Placido effacé… Ses ennuis de santé reprirent.

En novembre 1912, une attaque le terrassa dans l’escalier, qu’il dégringola jusqu’en bas. Hémiplégique, il fut ramassé et immédiatement administré. On le reconduisit à Saint-Paul-hors-les-Murs.

Ses deux dernières années furent une longue agonie : alité, il ne pouvait pas même rester sur le dos, car ses jambes, toutes recroquevillées, se plièrent en arc. Celui qui l’assistait filialement fut dom Ildefonso Schuster, le futur archevêque de Milan (voir au 30 août), qui obtint du pape l’autorisation - nécessaire à l’époque - de célébrer une fois par semaine la Messe dans la cellule de dom Placido.

Dom Placido s’éteignit le 15 mars 1915 (et non le 25, comme écrit dans le Martyrologe).

Détail de ses funérailles : quand sa dépouille entra dans la basilique de Saint-Paul, les cloches sonnèrent (par erreur) la fête au lieu du glas.

Il fut proclamé bienheureux en 1954, l’année où mourut le cardinal Schuster.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 00:00

William Hart

1558-1583

 

William Hart était né en 1558 à Wells (Somerset, Angleterre).

Après ses études au Lincoln College (Oxford), il fut bachelier ès Arts en 1574. Il quitta alors son pays, en compagnie du recteur, John Bridgewater, pour venir au Collège anglais de Douai, qui se transféra à Reims.

En 1578, il subit une grave opération à Namur, puis passa l’année suivante au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre.

En mars 1581, il repartit pour Reims et rejoignit l’Angleterre, où il travailla activement dans le Yorkshire.

Le 22 juillet 1582, il se trouvait à la Messe au terme de laquelle fut arrêté William Lacey (voir au 22 août). Mais il put s’échapper après être resté suffisamment longtemps dans la boue du fossé au York Castle. C’est un apostat qui le dénonça à Noël de la même année, et on le mit sous les fers dans un cachot souterrain.

Après avoir été interrogé par le bâtonnier de York, il fut renvoyé aux assises de printemps. On l’accusa de trois crimes :  d’avoir introduit des documents papistes (en l’occurence, son celebret, attestant son ordination à Rome), de s’être déplacé dans le royaume sans la permission royale, et d’avoir admis des personnes dans la religion catholique. Il fut reconnu coupable (au moins) pour le second chef d’accusation.

Il fut exécuté à York le 15 mars 1583, à vingt-cinq ans.

Le culte qui lui était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 00:00

Johannes Dvořák

(Klemens Maria Hofbauer)

1751-1820

 

Ce prêtre très connu comme l’Apôtre de Vienne, ne s’appelait ni Klemens ni Hofbauer, et n’était pas autrichien.

Il naquit le 26 décembre 1751 à Taßwitz (Moravie sud, actuelle République Tchécoslovaque), et fut bien probablement baptisé le lendemain, fête de saint Jean, dont il reçut le nom. Ils étaient douze frères et sœurs.

Le père, Pavel, était boucher, et épousa la bavaroise Maria Steer. Au moment du mariage, Pavel germanisa son nom, et Dvořák devint Hofbauer (qu’on écrivit aussi parfois Hofmann ou Hoffmann), paysan.

A six ans, Johannes fut orphelin de père. Trop pauvre pour payer la pension d’un séminaire, il travailla comme apprenti boulanger à Znaim, après quoi il fut hébergé chez les Prémontrés de Klosterbruck, qui l’instruisirent. Il fit trois fois le pèlerinage de Rome et revint vivre en ermite, mais les ermites furent chassés de l’empire. Johannes partit pour Budwitz, où il apprit la langue slave.

En 1778, il fut boulanger à Vienne ; il put bientôt commencer enfin ses études de théologie à l’université.  Mais les professeurs y avaient des idées proches du protestantisme ; un jour, Johannes reprocha au professeur une thèse qui n’était pas catholique : le professeur avoua plus tard que cette intervention l’avait aidé à se convertir. 

Johannes quitta donc ce monde universitaire. C’est en 1783, lors d’un nouveau pèlerinage à Rome, qu’il assuma le nom de Klemens Maria.

En 1784, il se lia d’amitié avec Thaddäus Hübl, avec lequel il refit un pèlerinage à Rome ; dans la Ville éternelle, ils entrèrent chez les Rédemptoristes, en connurent le fondateur (Alfonso Maria de’ Liguori, voir au 1er août)  et furent ordonnés prêtres en 1786.

On les envoya fonder un couvent en Autriche, mais l’attitude de l’empereur Joseph II n’y était pas favorable, aussi furent-ils envoyés à Varsovie (Pologne), où ils reçurent la charge de la paroisse Saint-Benno. Le départ des Jésuites de Pologne avait laissé un grand vide parmi les âmes et les nouveaux apôtres arrivaient à temps.

Klemens y fonda une école pour enfants pauvres, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat. Dans l’église, il officiait et prêchait dans les différentes langues : morave, italienne, slavonne, autrichienne, polonaise… L’église ne désemplissait pas. Les Protestants et les Juifs se convertirent.

Les années suivantes furent mouvementées : il y eut d’autres fondations (deux autres à Vienne, Jestetten en 1802, le Mont Thabor), puis Klemens fut appelé à assumer le pèlerinage marial de Triberg (1805), qu’il dut cependant abandonner très vite, après que trois étudiants aient quitté leur diocèse pour se faire ordonner à Lucerne, suscitant la jalousie de l’évêque.

En 1808, la communauté de Varsovie fut dissoute, à la suite de calomnies qui arrosèrent péniblement le père Hofbauer ; il chercha malgré tout refuge à Vienne, où on lui confia la paroisse italienne, ainsi que la direction spirituelle des Ursulines : le résultat fut l’envahissement de leur chapelle par une foule d’étudiants qui voulaient profiter de l’enseignement de Klemens.

Finalement, Klemens conquit des personnalités et l’esprit du joséphisme fut ébranlé. Il devint vraiment l’apôtre de Vienne. La police impériale le poursuivit encore : il devait partir, mais l’empereur changea radicalement la position gouvernementale après une audience avec le pape Pie VII. 

Klemens ne vit pas le résultat de ce changement, mais l’annonça à ses Religieux : J’aurai à peine rendu le dernier soupir que vous aurez des couvents en abondance.

Il prêcha une dernière fois le 6 mars 1820, fut pris de la fièvre et reçut les derniers Sacrements le 15. A midi, il pria encore l’Angelus, et rendit l’esprit.

Son apostolat fut une mission permanente qui dura trente-cinq ans et s’acheva ce 15 mars 1820.

Lors de l’exhumation du corps en 1862, une femme malade de la poitrine et condamnée par les médecins, recouvra la santé. 

Johannes Dvořák - Klemens Maria Hofbauer fut béatifié en 1889 et canonisé en 1909.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 00:00

Quatrième dimanche de Carême  - B

 

Les épisodes racontés dans la première lecture d’aujourd’hui (dans le second livre des Chroniques) se situent aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ.

Après une réforme religieuse importante, conduite par Josias, plusieurs rois se succédèrent, pas meilleurs les uns que les autres, et qui furent tous soit enlevés soit déportés, qui en Egypte, qui à Babylone ; dans le même temps, Dieu suscita plusieurs prophètes pour ramener le peuple d’Israël dans le bon chemin : Jérémie, Ezéchiel et Habaquq firent connaître au peuple son péché, au nom de Dieu, mais on les méprisa.

Finalement - le texte le dit - Jérusalem et son Temple furent totalement détruits par les Babyloniens ; Nabuchodonosor emmena chez lui les survivants du massacre en les réduisant à l’esclavage pendant soixante-dix ans. Imaginons ce que serait cet esclavage, s’il nous concernait, depuis l’année 1939… Déjà ces cinq années furent particulièrement douloureuses ; on a du mal à imaginer ce qui se serait passé pendant soixante-dix années.

Le peuple d’Israël connut donc cette pénible situation, que le récit de la Bible met en relation avec son éloignement de la Loi de Dieu. Apparemment, Nabuchodonosor ne détruisit pas immédiatement le Temple, mais les murailles et les palais (598) ; plus tard Nabuzeriddinam détruira le Temple ainsi que la ville et fera de nouvelles déportations (587-581). Jérémie sera emprisonné, puis expédié en Egypte…

L’avènement de Cyrus au 6e siècle va mettre fin à cet exil. Dieu lui suggère cette mesure de miséricorde par laquelle il renverra chez eux les Israélites pour reconstruire leur Temple (538). Si, pour les Israélites, ce Cyrus est un païen, un incirconcis, un étranger, Dieu s’en sert pour faire connaître à tout Israël sa miséricorde. C’était aussi une leçon :  ayant refusé d’écouter les Prophètes envoyés par Dieu, le peuple d’Israël fera l’expérience d’un Juste païen.

En même temps, Cyrus sera l’image du Sauveur futur, qui nous fera passer de l’esclavage du péché à la liberté de la vie nouvelle.

*       *       *

Le psaume 137 illustre cette situation de l’année 587 : les Israélites sont à Babylone, loin de leur pays, tristes, et n’ont pas vraiment le cœur à chanter.

Ce n’est peut-être pas le moment de chanter, mais c’est bien celui de se repentir, de réfléchir à ce qui a causé cet exil.

Et voici qu’une âme fidèle et repentante se souvient de la colline de Sion, de Jérusalem, du Temple. Dans sa tristesse, le chantre n’ose pas prononcer le nom de Yahwé ; il s’adresse à Jérusalem, à la Maison de Jahwé. De tout son cœur, il exprime sa volonté d’être uni à ce Temple où est présent le Créateur.

Une comparaison forte traduit ce sentiment : comme mon corps ne peut travailler sans la main droite, de même je ne peux vivre sans penser à Jérusalem.

L’auteur va même jusqu’à préférer être muet (que ma langue s’attache à mon palais), plutôt que d’oublier la Ville sainte. Mieux : le mot joie couronne cette phrase, montrant jusqu’où doit aller le vrai repentir.

*       *       *

Il faut bien se rappeler cette réalité : comme Israël était exilé, loin de Jérusalem, notre péché aussi nous sépare de Dieu. Sans le Christ, nous n’aurions pas reçu cette vie nouvelle, cette nouvelle naissance par le Baptême ; nous serions restés comme morts, loin de Dieu, exilés et exclus du Paradis.

Ce n’est qu’avec et par le sacrifice du Christ, que Dieu nous délivre de notre exil, nous pardonne et nous comble de Sa grâce.

L’épître de saint Paul aux Ephésiens est riche de ces verbes où l’Apôtre explique que nous sommes avec le Christ. 

Une fois que Christ a pris notre nature humaine, Il nous a assumés dans sa divinité, que nous partageons à la mesure où nous abandonnons vraiment notre vieil homme. Nous vivons avec Lui, nous sommes ressuscités avec Lui, nous régnons aux cieux avec Lui

Paul est radical dans sa pensée : même nos meilleures actions seraient restées nulles et sans fruit, si Dieu ne nous avait donné Sa grâce, dans la Vie sacramentelle qui nous unit à Jésus-Christ. Si, heureusement, Dieu n’abandonne jamais quelqu’un qui n’est pas baptisé, c’est tout de même autre chose d’avoir une vie honnête et même généreuse, et autre chose de participer pleinement à la divinité de Jésus dès ici-bas, par la participation aux Sacrements institués par Lui pour développer en nous une plénitude de Paix, de Joie, et surtout d’union avec Lui, ce qui a fait dire à Saint Paul : Je puis tout en Celui qui me fortifie (Ph 4:13).

Celui qui me fortifie, c’est ce Jésus qui a donné Sa vie pour moi. Ce Jésus crucifié, l’Innocent abaissé au plus vil des châtiments, en compagnie de brigands, c’est Lui qui, désormais, par son Sacrifice total et parfait, est devenu notre Salut. Ne l’oublions pas : à force de le répéter machinalement, nous ne réalisons peut-être plus quelle grâce Dieu nous a faite.

*       *       *

Quand nous regardons la Croix, cet instrument honteux de supplice chez les Romains, cette Croix est désormais pour nous le Signe de la Paix retrouvée, le Signe du Salut, l’instrument qui nous a reconduits à Jérusalem. 

C’est en annonce de ce réel prodige, que Moïse eut à exposer dans le désert l’image de ces serpents qui décimaient le peuple d’Israël (cf. Nb 21:4-9) : regarder ce serpent désormais immobilisé signifiait la victoire sur l’ennemi.

A propos de cette Croix, signalons une erreur évidente que commettent certains Chrétiens - qui ne se reconnaissent pas dans les rangs des Catholiques : selon eux, Jésus aurait été attaché non pas à une croix telle que nous la connaissons, mais à un unique poteau vertical (ce qui, reconnaissons-le au passage, n’aurait pas constitué un supplice moins horrible que celui de la croix). C’est pourquoi les publications de cette Secte ont abandonné le signe de la croix, qui était leur emblême au début. Ne leur en voulons pas ; s’ils aiment vraiment la Vérité, ils comprendront d’eux-mêmes leur erreur (qui par ailleurs ne les empêchera pas d’être des personnes très vertueuses).

*       *       *

A notre tour, n’accrochons pas nos harpes aux arbres de Babylone ! A l’approche de la fête de Pâques, chantons de tout notre cœur, par exemple l’hymne Vexilla Regis prodeunt de s.Venance Fortunat († 609), en particulier cette strophe : 

 

O Crux, ave, spes unica :     

Hoc Passionis tempore    

Piis adauge gratiam,    

Reisque dele crimina.    

 

O Croix, notre unique Espoir : Salut ! 

En ce temps de la Passion

Pour les justes, augmente la grâce,

Et pour les pécheurs, efface leurs crimes.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 06:12

Françoise Tréhet

1756-1794

 

Née le 8 avril 1756 à Saint-Mars-sur-la-Futaie (Vendée) dans une famille de propriétaires aisés, Françoise voulut suivre le Christ de plus près dans la pauvreté, la chasteté et l'obéissance évangéliques. Elle entra dans la communauté des Sœurs de la Charité, qui portera ensuite le nom de Notre-Dame d'Evron. 

En 1783, elle partit à Saint-Pierre-des-Landes pour ouvrir une école paroissiale, avec une jeune consœur, Jeanne Véron.

Elle dépensait ses forces entre les murs d'une école, dévouée à l'éducation des petites filles, ou aussi allait au chevet des malades.

Françoise avait un caractère trempé - elle allait le montrer devant ses soi-disant juges -, mais lorsque survint la Terreur, il fallut bien se cacher. Or, fin février 1794, les deux religieuses furent dénoncées et arrêtées. On les conduisit à Ernée (Maine).

Le 13 mars 1794, Françoise fut interrogée par la cruelle "Commission Clément": on l'accusa d'avoir caché des prêtres réfractaires au serment imposé par les révolutionnaires, et d'avoir aidé des Vendéens. 

Ce qu'elle répondit ne laisse aucun doute sur les raisons de son engagement et sur son innocence : elle répondit que tout malade était un frère en Jésus-Christ et qu'il avait droit à être soigné. 

Comme son combat n'était pas politique, elle refusa de crier longue vie à la République, et ce sursaut de liberté scella sa condamnation à mort par la guillotine. Elle allait avoir 38 ans.

Portée par une force intérieure, elle monta à l'échafaud en chantant à la Vierge Marie le Salve Regina, le 13 mars 1794.

Jeanne Véron sera exécutée après une condamnation tout aussi sommaire, une semaine plus tard.

Elles ont été béatifiées ensemble par le pape Pie XII le 19 juin 1955, parmi les martyrs de Laval.

Plus de 350 martyrs de la Révolution française ont été béatifiés. Jean-Paul II s'en est expliqué un jour en disant: 

"On les a, dans les attendus des sentences, accusés de compromission avec les forces contre-révolutionnaires, il en est d'ailleurs ainsi dans presque toutes les persécutions d'hier et d'aujourd'hui. Mais pour les hommes et les femmes dont les noms ont été retenus - parmi beaucoup d'autres sans doute également méritants -, ce qu'ils ont réellement vécu, ce qu'ils ont répondu aux interrogations des tribunaux ne laisse aucun doute sur leur détermination à rester fidèles, au péril de leur vie, à ce que leur foi exigeait, ni sur le motif profond de leur condamnation : la haine de cette foi que leurs juges méprisaient comme dévotion insoutenable et fanatisme

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 00:01

John Kearney

1619-1653

 

Le nom gaélique de John Kearney est Seán Ó Cearnaigh.

Il naquit vers 1619 à Cashel (Tipperary, Irlande), de John et Elizabeth Creagh, qui moururent dans l’incendie de la cathédrale en 1647.

Entré chez les Frères Mineurs Franciscains Observants à Kilkenny, où il fit le noviciat ; il fut ensuite envoyé à Louvain et fut ordonné prêtre à Bruxelles en 1642. 

Durant son voyage de retour en Irlande, le vaisseau fut reconnu : on l’arrêta, on le tortura, on le condamna à mort à Londres ; mais il réussit à s’échapper et à rejoindre d’abord Frankfurt , puis l’Irlande, par Calais (!). 

il enseigna à Cashel et Waterford, et l’on apprécia beaucoup ses homélies.

En 1650, il devint Gardien (c’est-à-dire Supérieur) du couvent de Carrick-on-Suir (Tipperary).

Lors de la persécution au temps de Cromwell, sa tête fut mise à prix. Au printemps 1653, il fut arrêté, et jugé à Clonmel : on l’accusa d’avoir exercé son ministère sacerdotal, contrairement à la loi ; condamné à mort, il reçut le martyre à Glenn le 11 mars 1653.

Il fut béatifié en 1992.

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