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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 00:00

Saints Innocents

1er siècle

 

Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ, vinrent à Jérusalem des Mages d’Orient, pour adorer ce nouveau Roi. Le roi Hérode en fut tellement bouleversé qu’il envoya tuer dans tout le territoire de Bethléem, tous les nouveau-nés de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2).

L’évangile ne dit pas que cet épisode ait eu lieu au lendemain de la naissance de Jésus. Il se pourrait bien que ces Mages soient arrivés beaucoup plus tard. D’ailleurs, l’évangile de Matthieu ne parle pas de grotte ni de crèche, comme le fait Luc lors de la visite des bergers, mais de maison (domum), montrant clairement par là qu’après ce toit de fortune où Marie avait enfanté, la sainte Famille avait enfin trouvé quelque part un gîte où s’abriter pendant quelque temps : le recensement pour lequel ils étaient venus, était désormais accompli, et les maisons s’étaient vidées des voyageurs.

Il n’est donc pas invraisemblable que se soient passés quelques mois entre la naissance de Jésus et la visite des Mages. C’est pourquoi Hérode, pour être sûr de se débarrasser de son «rival», fait rechercher et éliminer tous les enfants de moins de deux ans.

L’évangile nous explique que saint Joseph fut averti par un ange de vite s’enfuir avec Marie et l’Enfant, avant même la décision d’Hérode ; la sainte Famille était donc en Egypte au moment du massacre.

Combien y eut-il de victimes ? Et comment Hérode réussit-il à les retrouver ? On peut supposer en effet qu’à peine les soldats auraient commencé leur pénible besogne, le bruit se serait répandu et que tous les parents concernés auraient dissimulé leur petit bébé. Hérode recourut sans doute à un stratagème, imaginant par exemple une sorte de fête où l’on aurait récompensé les mamans pour leur maternité. Rien de plus facile pour les avoir toutes en un même lieu et au même moment.

Les commentateurs les plus stricts avancent un nombre de vingt à trente bébés ; saint Jérôme, qui s’était justement retiré à Bethléem, parle de plusieurs milliers (multa parvulorum millia), d’autres montèrent jusqu’à soixante-quatre mille, et même cent-quarante-quatre mille, paraphrasant le nombre des élus de l’Apocalypse (Ap 7:4). Pour approcher un nombre assez probable, il faudrait disposer du recensement de César Auguste (cf. Lc 2:1), de la population de Bethléem en cette période, d’où l’on pourrait déduire le nombre possible de mamans, parmi lesquelles certaines pouvaient bien avoir deux enfants déjà. La bienheureuse Anna Katharina Emmerick qui, rappelons-le, n’a pas l’autorité de l’évangile, parle d’environ sept-cents ; elle «précise» que cet épisode s’est passé quand l’Enfant-Jésus avait déjà dix-huit mois.

La fête des Saints Innocents, très tôt mentionnée en Occident au 28 décembre, avait lieu le 29 décembre à Constantinople, le 8 janvier (deux jours après l’Epiphanie) chez les mozarabes. Longtemps on a appelé ces petits Martyrs les infantes, ceux qui ne parlent pas (encore), mais dont la mort est d’autant plus éloquente. Saint Jérôme parle de pueri ou parvuli, pensant avec raison qu’à deux ans ces petits êtres pouvaient déjà articuler quelques mots et n’étaient plus des «infantes» ; saint Ambroise les appelle bimuli, nourrissons de deux ans.

La liturgie romaine, curieusement, avait accordé à cette fête le rite des jours de Carême, en violet, sans le chant du Gloria ni de l’Alleluia ; mais si la fête tombait un dimanche, la couleur devenait rouge et l’on chantait Gloria et Alleluia. La liturgie mozarabe au contraire tient à préciser que cette solennité ne doit pas être triste. Actuellement, la fête des Saints Innocents, le 28 décembre, est en rouge, et honorée du Gloria comme toutes les fêtes de l’année.

La Prière du jour de la fête dit que ces Martyrs ont témoigné non pas en parlant, mais en mourant (non loquendo sed moriendo). Un esprit rationaliste pourrait bien ici objecter qu’à proprement parler ces Martyrs n’ont pas proclamé volontairement le Christ, ni même consciemment, mais on lui répondra aisément qu’ils ont été réellement massacrés en haine contre le Christ et qu’ils ont vraiment versé leur sang comme des brebis d’abattoir (Ps 43 : 23), préfigurant le Sacrifice du Christ.

En certains monastères, on sert en ce jour aux novices de la bouillie, au dessert de midi. En  certains lieux s’était développée la coutume de «mettre à l’honneur» (?) les enfants, en mettant l’un d’eux sur le siège même de l’évêque dans la cathédrale, avec crosse et mitre, pour présider au chant des Vêpres du jour, jusqu’au verset du Magnificat Deposuit potentes de sede (il renversa les puissants de leur siège), moment où l’on retirait à l’enfant-évêque tous les insignes épiscopaux et le renvoyait à sa place. On peut douter que ce genre de comédie honorait vraiment l’enfance, si elle ne provoquait pas déjà de multiples jalousies entre les autres enfants et leurs familles ; mais elle pouvait bien faire réfléchir les adultes en illustrant devant eux le sort qui peut attendre toute personne investie de quelque pouvoir ou autorité.

Récemment s’est instaurée en revanche une pieuse coutume, consistant à prier à midi pendant quelques instants, le 28 décembre, en mémoire de tous les petits êtres victimes de cette brutale aggression qu’on pratique par l’avortement. Un génocide silencieux sur lequel beaucoup d’autorités ferment les yeux, et dont elles devront un jour répondre.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (voir au 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Jean, Apôtre

1er siècle

 

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».

De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.

On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.

D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée. 

Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».

C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.

Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).

C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.

C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.

Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.

Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.

Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :

Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).

Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.

Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.

Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.

C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.

L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie nord), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (voir au 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 00:00

Martyres de Thaïlande

1940

 

On a vu le 16 décembre comment le catéchiste Filip Siphong Onphithakt avait courageusement confessé sa foi et versé son sang pour le Christ.

Loin d’impressionner et de décourager les Chrétiens de Songkhon, le village de Filip, sa mort redonna encore plus de vigueur à six femmes qui furent à leur tour arrêtées et menacées par les soldats.

Parmi ces six femmes, il y avait deux Religieuses des Amantes de la Croix, une demoiselle et trois jeunes filles.

Sœur Margarita Aknaet Phila, de trente-et-un ans

Sœur Lusia Khambang, de vingt-trois ans

Akatha Phuttha, de cinquante-neuf ans

Sesilia Butsi, de seize ans,

Bibiana Khamphai, de quinze ans, 

Maria Phon, de onze ans.

 

Le chef de la police les soupçonnait - bien à tort, de faire de l’espionnage au service de la France, durant cette guerre franco-siamoise.

Le jour de Noël, l’officier rassembla la population devant l’église. Il expliqua qu’il avait l’ordre de supprimer le Christianisme et que, pour cette raison, il leur donnait à choisir entre l’apostasie et la mort. La jeune Sesilia Butsi répondit sur place qu’elle était prête à accepter la mort, mais l’officier sembla ne pas l’avoir entendue.

La nuit suivante, Sœur Aknaet écrivit une lettre à ce chef de police, au nom de ses Compagnes. Elle la fit porter à l’officier par Sesilia.

Voici la lettre, dans une traduction de l’anglais : 

Au Chef de Police de Songkhon.

Hier soir, vous avez reçu l’ordre d’effacer définitivement le Nom de Dieu, le seul Seigneur de nos vies et de nos pensées. Nous n’adorons que Lui, Monsieur. Quelques jours plus tôt, vous nous aviez fait savoir qu’il n’était pas dans vos intentions d’effacer le Nom de Dieu, et nous étions rassurées, de sorte que nous pûmes sans peur retirer notre habit religieux, qui montrait que nous étions Ses servantes. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous professons que la religion du Christ est la seule vraie religion. C’est pourquoi nous voudrions maintenant répondre à la question que vous nous avez posée hier soir, et à laquelle nous ne pûmes répondre, parce que nous n’y étions pas préparées. Maintenant, nous vous présentons notre réponse. Nous vous demandons d’accomplir avec nous l’ordre que vous avez reçu. S’il vous plaît, ne retardez pas davantage. S’il vous plaît, exécutez cet ordre. S’il vous plaît, ouvrez-nous la porte du ciel, de sorte que nous puissions confirmer que, en dehors de la religion du Christ, personne ne peut aller au ciel. S’il vous plaît, faites-le. Nous sommes bien prêtes. Quand nous serons parties, nous nous souviendrons de vous. S’il vous plaît, ayez pitié de nos âmes. Nous vous serons reconnaissantes et nous vous remercierons pour cela. Et au dernier jour, nous nous reverrons face à face.

N’attendez pas, Monsieur, ne remettez pas. Ô Dieu, nous respectons tes ordres, nous voulons êtres tes témoins, ô Dieu que nous aimons. 

Cher Monsieur, nous avons bien pris notre décision.

 

On retrouve dans cette lettre les accents de celle écrite par saint Ignace d’Antioche, où il suppliait ses diocésains d’avoir pitié de lui et de le laisser aller être la proie des bêtes (voir au 17 octobre).

Le 26 décembre 1940, l’officier convoqua de nouveau les Religieuses et les autres Compagnes, qui répétèrent leur ferme propos de ne pas apostasier. Les soldats emmenèrent les six femmes au cimetière et les fusillèrent.

Par bonheur, le chef du village put retrouver cette fameuse lettre (ou une copie) et la remit aux prêtres, lorsqu’ils purent revenir en Thailande, en 1943.

Plus tard, lors de l’enquête sur le martyre, le brigadier vint témoigner et confirmer qu’il avait bien donné cet ordre en haine de la religion chrétienne.

Avec le catéchiste Filip, les deux Religieuses et leurs quatre Compagnes furent béatifiées en 1989.

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 00:00

Akatha Phutta

1882-1940

 

Akatha (Agathe) était née en 1882 à Ban Kengpho (Savannakhet, Laos).

Avec ses cinquante-huit ans, elle était la plus ancienne du groupe de ces sept Martyrs. C’était une pieuse demoiselle, d’origine laotienne, qui avait embrassé le christianisme en 1918, à trente-sept ans. 

Elle était la cuisinière du couvent des Religieuses.

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

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