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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 23:00

14 AVRIL

 

II.

S Maxime, avec ss. Valérien et Tiburce, préfet romain converti par ces derniers (avec qui se trouvait ste Cécile, cf. 22 novembre) et martyrisé avec eux.

S Fronton, abbé près d’Alexandrie, un des premiers cénobites. 

III.

Stes Prosdoki et Berniki avec leur mère Domnini, martyres : se sachant vouées au martyre, elles se jetèrent elles-même à l’eau pour échapper aux mauvais désirs des soldats. 

S Procule, évêque (?) à Terni et martyr.

Ste Domnine, vierge et martyre à Terni.

S Ardalion, acteur converti sur scène, martyr.

V.

Ste Thomaïs, martyre en Alexandrie pour avoir refusé les avances de son beau-père.

S Assicus, disciple de s. Patrice et premier évêque à Elphin.

VII.

S Lambert, évêque à Lyon ; il avait fui la cour de Clotaire III pour l’abbaye de Fontenelle, où il succéda à l’abbé s. Wandrille.

XI.

S Giovanni, premier évêque à Montemarano en Campanie.

XII.

S Bernard d'Abbeville, abbé bénédictin à Poitiers, puis à Tiron.

S Bénezet, berger ; après une vision céleste, il commença à treize ans la construction du pont d’Avignon.

XIII.

B Pedro González “Telmus”, dominicain espagnol après un début de vie ecclésiastique très mondain ; il est invoqué par les marins dans les tempêtes et contre les tremblements de terre.

Bse Hedwige (Havoie), abbesse prémontrée à Mehren, où elle succéda à sa mère.

XIV.

Ss Jean Milhey, Antoine Kukley et Eustache Nizilon, chambellans du duc de Lituanie, martyrs à Vilnius, dont ils sont les patrons. 

XV.

Ste Lydwine, mystique à Schiedam.

XX.

Bse Isabel Calduch Rovira (1882-1937), clarisse espagnole, martyre près de Castellón, béatifiée en 2001.

Fronton d’Egypte

† 174

 

Fronton serait un des tout premiers anachorètes d’Egypte qui se retira dans le désert aux environs d’Alexandrie.

Quelques amis le suivirent. Et comme il advient dans toute fondation, le diable s’en mêla : certains murmurèrent contre la difficulté de la règle proposée par Fronton.

Celui-ci leur rappela que s.Paul avait lui-même enduré la faim et la soif (cf. 2Co 11:27 ), et leur fit remarquer que, depuis qu’ils vivaient dans ce désert, ils n’avaient jamais manqué ni d’herbes ni de racines pour se nourrir convenablement.

Les murmures cessèrent devant les arguments et le raisonnement de Fronton, mais pas complètement. Dieu fit alors savoir par un ange à un riche seigneur, qu’il eût à envoyer de la nourriture à des anachorètes, sans lui spécifier où ils se trouvaient. Le seigneur fit charger soixante-dix chameaux, qu’il laissa partir sans guide : les animaux se dirigèrent d’eux-mêmes vers l’endroit.

Fronton remercia la Providence, reprocha encore une fois aux récalcitrants leurs murmures, fit décharger les vivres, mais en renvoya la moitié au seigneur, qui par la suite, n’oublia jamais ses protégés.

Fronton serait mort vers 174.

Saint Fronton d’Egypte est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerianus, Tiburtius, Maximus

† 177

 

Valerianus passe pour avoir été l’époux très chaste de sainte Cécile, qu’on vénère le 22 novembre.

Cécile lui demanda l’absolue continence par respect pour son ange qu’elle voyait constamment près d’elle. Valerianus se convertit, accepta le baptême et put lui aussi voir cet ange.

Il convertit à son tour son frère, Tiburtius.

Tous deux, affrontant les dispositions légales, s’efforçaient de donner une digne sépulture aux Martyrs.

Dénoncés, ils furent condamnés à mort et décapités.

En chemin vers le lieu de leur martyre, ils convertirent le juge, Maximus, qui fut décapité avec eux.

Ce martyre eut lieu un 14 avril, probablement vers 177-180, peut-être même plus tard au troisième siècle, selon certains : dans ce cas, nos martyrs ne devraient pas avoir rapport avec sainte Cécile. 

 

 

Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche

† 302

 

Domnini vivait à Antioche de Syrie avec ses deux filles. C’était une femme de haute naissance, riche, croyante et vertueuse en tous points. Elle éduquait ses deux filles avec la souci de la mère chrétienne : les deux petites étaient des adolescentes, gracieuses et aussi vertueuses que leur mère.

Le père de famille fut peut-être arrêté par les soldats et leur livra la cachette des trois femmes. D’après s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), celles-ci s’étaient réfugiées à Edesse, qui se trouve à plus de deux-cents kilomètres d’Antioche.

Quand elles furent découvertes et ramenées à Antioche, sachant ce qui pouvait leur arriver aux mains des soldats, Domnini persuada ses filles qu’il valait mieux se donner totalement à Dieu plutôt que de tomber en leurs mains, et toutes trois se dirigèrent vers le fleuve (Oronte, auj. Nahir-el-Asi). Elles retirèrent leurs chaussures - pour laisser aux soldats une preuve de leur arrestation -, arrangèrent leur vêtement et se précipitèrent d’elles-mêmes dans le fleuve.

Encore une fois, on doit se poser la question de la légitimité d’un tel geste. Le suicide est évident. Des panégyristes ont avancé que les Martyres avaient agi sous une inspiration spéciale de l’Esprit Saint, de la même façon qu’Abraham n’avait pas craint d’immoler son propre fils (mais un ange l’arrêta, ce qui ne s’est pas produit à Antioche…) ; s.Augustin cependant affirme que leur conduite, sans doute admirable, n’est pas imitable. 

Il est certain que les trois femmes, une fois arrêtées, imaginaient très bien ce qu’allait être leur sort ; elles préférèrent préserver leur chasteté. Honneur à leur vertu !

Elles moururent vers 302.

Saintes Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche sont commémorées le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomais d’Alexandrie

458-476

 

Cette jeune femme de dix-huit ans était une chrétienne d’Alexandrie.

Elle fut mariée à un pêcheur.

En l’absence de ce dernier, le beau-père tenta de séduire la jeune femme, qui lui opposa une farouche fin de non-recevoir. Furieux, l’homme la frappa de son épée (l’ancien Martyrologe disait : la coupa en deux).

La colère de Dieu fit que l’assassin devint aveugle sur le champ. Des amis le retrouvèrent peu après : il leur raconta son crime et demanda à être conduit devant le gouverneur, qui le condamna à la décapitation.

Thomais fut très vite honorée dans tous les environs. Son corps, d’abord enterré dans un cimetière proche, fut transporté plus tard à Constantinople.

L’huile des lampes qu’on y allumait était recueillie soigneusement ; qui en prenait, bénéficiait d’une grâce contre les tentations de la chair.

Sainte Thomais d’Alexandrie est commémorée le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Assicus d’Elphin

† 490

 

S.Patrice d’Irlande (v. 17 mars) créa le diocèse de Corcoghlan (auj. Elphin) vers 435.

L’endroit s’appelait primitivement Emlagh-Ono, du nom du druide de l’endroit, Ono, qui donna le terrain nécessaire à la construction d’une église et d’un monastère. L’église s’appela Tempull Phadruig (église de Patrick).

Patrice y établit comme premier évêque Assicus, auquel il adjoignit le neveu de celui-ci, Bite, et sa mère Cipia. Assicus était peut-être lui-même un parent d’Ono.

Il y eut là aussi un monastère et une école.

Assicus est décrit comme l’orphèvre de s.Patrice, pour son habilité à fabriquer calices, patènes, et autres objets sacrés pour la liturgie. Il généra ainsi une très célèbre école d’art, dont on peut encore admirer des spécimens.

Sept ans avant sa mort, Assicus ressentit une honte profonde pour avoir commis un mensonge - certains disent : un mensonge le concernant, une dissimulation par modestie - et se retira loin, dans l’île de Rathlin O’Birne (Donegal) ; il y resta sept années, au bout desquelles les moines finirent par le retrouver ; ils le prièrent de revenir dans le monastère, mais Assicus mourut en route, vers 490.

Assicus fut enterré à Rath Cunga (auj. Racoon, Donegal), mais son tombeau n’a jamais été retrouvé.

Saint Assicus d’Elphin est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lambertus de Lyon

† 688

 

Landebertus (Lantbertus) ou simplement Lambert naquit vers 625 à Quernes (act. Pas-de-Calais), d’un père qui, par ses entrées à la cour des rois mérovingiens, put l’y introduire à son tour.

Lambert conquit l’estime du roi et des grands, et Clotaire III lui destinait quelque haute fonction, mais le cœur du jeune homme s’était déjà donné à Dieu.

Combattant toutes les résistances des siens, il gagna l’abbaye de Fontenelle, où il succéda au fondateur Wandrille comme abbé (665).

Il fonda l’abbaye bénédictine de Donzère (675), sur une terre offerte par le roi Thierry III. De cette abbaye sortirent plusieurs personnages : Hermeland, Erembert (v. 25 mars et 14 mai)…

L’humilité de Lambert avait déjà bien souffert de son élection à l’abbatiat, mais ce n’était pas la fin de l’épreuve : on l’appela au siège épiscopal de Lyon en 678 pour être le trente-septième successeur de s.Pothin (v. 2 juin).

Ce furent dix années d’un fécond apostolat, dont on n’a pas retrouvé de compte-rendu, cette partie ayant été détruite (et les «sauvegardes» n’existant pas encore…).

Par quelques recoupements, on sait qu’il sacra Ansbert évêque de Rouen en 684 (v. 9 février).

Lambert mourut le 14 avril 688 et fut rapidement l’objet d’un culte.

Saint Lambert de Lyon est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Montemarano

† 1095

 

Le diocèse de Montemarano (Campanie, Italie S) fut érigé à la fin du 10e ou au début du 11e siècle. L’incendie de la cathédrale, vers 1500, détruisit les archives qui s’y trouvaient, de sorte qu’on a perdu des informations importantes concernant cette érection et la nomination de Giovanni comme évêque.

Giovanni fut un prêtre exemplaire, zélé, charitable envers les pauvres et ferme devant les exigences des grands. Aussi le choisit-on pour être évêque du nouveau diocèse, et il fut probablement le premier évêque de ce siège.

Le pape Grégoire VII (v. 25 mai) dut le convaincre d’accepter ce choix, et Giovanni fut consacré évêque à Benevento en 1084.

Un des rares faits que l’on connaisse de lui, montre bien sa détermination. Après une période de mauvaise récolte et d’incursions dévastatrices, les terres étaient devenues infertiles, aussi l’évêque, aidé de ses paysans, se mirent à défricher les bois des propriétés épiscopales, à détourner l’eau du fleuve Calore, qui irrigua les terres et permit la reprise des cultures.

Giovanni mourut le 14 avril 1095 et son culte fut reconnu en 1906.

Le petit diocèse de Montemarano a été réuni à celui de Nusco en 1818.

Saint Giovanni de Montemarano est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bernard d’Abbeville

1046-1117

 

S’il naquit effectivement à Abbeville (Somme), Bernard se vit obligé de se déplacer continuellement pour trouver la vraie solitude que son cœur désirait.

Petit, son goût précoce pour la vie religieuse le fit appeler le petit moine. A vingt ans, ayant une connaissance approfondie des saintes Ecritures, il partit pour le Poitou, avec trois compagnons animés des mêmes sentiments que lui, et entra au monastère de Saint-Cyprien (Poitiers), qui dépendait de la Chaise-Dieu.

Dix ans plus tard, il fut envoyé à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), pour y opérer une réforme ; conscient qu’on voulait le faire abbé, Bernard s’enfuit dans la forêt de Craon (Mayenne), où vivaient déjà d’autres ermites célèbres : Vital de Savigny, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Futaie (v. respectivement 7 janvier, 24 février, 16 août).

Là, Bernard prit le nom de Guillaume et s’exerça pendant trois ans au travail manuel auprès d’un ermite nommé Pierre, un tourneur sur bois.

Mais les moines de Saint-Savin le retrouvèrent, de sorte que notre Bernard s’enfuit à nouveau et s’installa pendant trois ans encore sur l’île de Chausey, non loin du Mont Saint-Michel (Manche). C’est alors qu’on le supplia de revenir à Craon, ce qui pouvait se faire puisque les moines de Saint-Savin avaient fini par élire un autre abbé. Bernard se fixa à Fontaine-Géhard (Châtillon-sur-Colmont), qui devint un centre érémitique très prospère et illustre. 

Ce fut cette fois-ci l’abbé de Saint-Cyprien qui le rappela, voulant en faire son prieur et son successeur. Bernard n’accepta qu’à contre-cœur, mais sut se montrer à la hauteur de sa mission abbatiale.

C’est comme abbé qu’il participa au concile de Poitiers (1100), où fut excommunié Philippe Ier à cause du scandale donné par son divorce.

Il y eut un conflit avec l’abbaye de Cluny, qui voulait «dominer» sur Saint-Cyprien ; Bernard en profita pour abandonner sa charge et revenir à Craon, d’où il ne sortit que pour prêcher la réforme des peuples et du clergé.

Les moines de Saint-Cyprien le rappelèrent cependant, pour les défendre contre Cluny ; Bernard dut faire le voyage à Rome, où il obtint l’indépendance de Saint-Cyprien.

De retour en France, il fit un nouveau séjour à Chausey, d’où il fut chassé par des pirates, et s’en revint près de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il y réunit des disciples, mais s’apercevant qu’il gênait le développement de l’abbaye de son ami Vital, il trouva refuge sur les terres du comte Rotrou et édifia un nouveau monastère avec une chapelle dédiée à sainte Anne, bénie  en 1109 par l’évêque Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Les tribulations n’étaient pas finies ; un nouveau conflit avec Cluny contraignit Bernard à déplacer son monastère, vers la source de la rivière de Tiron (1113).

Bernard, qui n’aspirait qu’à la solitude et à la contemplation, eut jusqu’à cinq cents moines autour de lui. Ceux-ci vivaient la règle de saint Benoît, mais dans une grande austérité ; ils portaient un habit gris à longs poils ; à leurs travaux on doit l’actuel étang de Thiron, de Saint-Anne.

Tiron eut des fondations en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse.

Dieu favorisa Bernard du don des miracles, de la lecture des esprits. Ainsi il montra à un moine qu’il en connaissait les désirs tortueux et chercha paternellement à le ramener ; il éteignit un dangereux incendie venu de la forêt et qui menaçait les bâtiments, il guérit d’un signe de croix un enfant aveugle-né, il délivra d’un esprit malin deux religieux de la communauté, il remit sur pied un jeune novice qui avait été presque écrasé par un énorme chariot traîné par dix bœufs.

Vers la fin, une grave maladie compléta cette longue suite d’aventures qui avaient éreinté Bernard. Il mourut le 14 avril 1117.

Bernard d’Abbeville (ou de Tiron) fut canonisé en 1861, ce qui lui fait détenir le record du plus long procès de canonisation dans l’Eglise, mais nous savons que pour Dieu Mille ans sont comme un jour (Ps 89:4).

 

 

Bénezet

1165-1184

 

Qui sait si le Pont d’Avignon n’est pas dû à une intervention divine ?

On «raconte» - mais le mot légende signifie bien ce qu’il faut dire - que Bénezet (diminutif de Benoît), était un jeune pâtre du Vivarais (ou de la Savoie), né de pieux parents.

Son père étant mort assez tôt, sa mère lui avait confié la garde de quelques brebis.

Un jour d’éclipse de soleil, Bénezet entendit le Seigneur : Prends ta houlette et descends jusqu’en Avignon, la capitale du bord de l’eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu’il faut construire un pont.

Bénezet se disposa à obéir. Un ange lui vint en aide avec un bâton et une besace, lui disant : Suis-moi sans crainte, je te conduirai jusqu’au lieu où tu dois construire un pont et te montrerai comment tu devras t’y prendre.

Parvenus au bord du Rhône, l’ange désigna une barque qui s’y trouvait et encouragea Bénezet : Ne crains rien ; le Saint-Esprit est en toi ; vois cette barque, elle servira à ton passage. Va à la ville d’Avignon ; montre-toi à l’évêque et à son peuple. L’ange disparut.

Il faut dire ici que la traversée du Rhône à cet endroit était particulièrement dangereuse et que, justement là, un pont se serait avéré fort utile.

Il est bon de remarquer que, dans cette «révélation», le premier mot est pour dissiper toute peur humaine. L’Evangile en donne plusieurs exemples, de la part du Christ.

Bénezet, donc, se présenta à l’évêque, puis au prévôt d’Avignon. Bien sûr, leur réaction fut le doute, mais quand Bénezet - il avait une quinzaine d’années - souleva devant tout le monde une énorme pierre que trente hommes n’auraient pu remuer, on changea d’avis.

La sainteté de Bénezet entraîna les Avignonais ; le pont apparut.

Bénezet cependant mourut avant son achèvement, en 1184, quand il n’avait que dix-neuf ans. Selon son désir, il fut enterré d’abord au centre du pont, dans une petite chapelle dédiée à saint Nicolas.

Le pont fut achevé en 1188.

De nombreux miracles se produisirent sur le tombeau de Bénezet. En 1669, le corps fut retrouvé sans corruption et confié aux Religieux célestins en 1674, puis, à la Révolution, transporté à l’église Saint-Didier. Des soldats prisonniers dans cette église se partagèrent les reliques et les emportèrent dans leurs familles ; on put les recueillir et les reporter à Saint-Didier.

Saint Bénezet est un des protecteurs d’Avignon, fêté le 14 avril. Si l’on n’en a pas retrouvé la bulle de canonisation, il est vénéré depuis très longtemps comme Bienheureux (1202) et comme Saint : Vox populi, vox Dei.

 

 

Hadwige de Cologne

12e siècle

 

Hadwige - certains traduisent en français Havoie - était la fille du comte Lothaire et de Hildegonde (v. 6 février).

Entraînée par l’exemple de sa sainte mère, qui avait fondé le couvent prémontré de Mehren, Hadwige y prit le voile, tandis que sa mère était nommée prieure.

Elle fit de grands progrès dans toutes les vertus, spécialement dans l’humilité.

Après la mort de Hildegonde, Hadwige lui succéda.

Elle mourut dans un âge avancé, on ignore en quelle année.

On lui donne le titre de bienheureuse et on l’honore le 14 avril.

Elle n’a pourtant jamais été solennellement béatifiée.

 

 

Pedro González

1190-1246

 

Il naquit à Astorga (Castille-León, Espagne NO), d’un père noble nommé Frómista, lui-même neveu de l’évêque de Palencia, ce qui valut à Pedro, dès l’enfance, d’avoir le titre de chanoine de la cathédrale de Palencia, et d’être promu doyen de ce chapitre avant même d’être prêtre.

L’enfant avait reçu une éducation fort soignée, surtout intellectuellement, dans un climat de plaisir et de luxe propre à ces familles trop mondaines. 

Au moment d’aller prendre possession de son siège de chanoine, il voulut traverser la ville sur un cheval richement équipé, le jour de Noël. La Providence fit alors que le cheval trébucha et jeta à terre notre chanoine dans une mare de boue, sous les huées de la foule.

L’humiliation fut salutaire : le chanoine mondain s’en alla méditer chez les Dominicains de Palencia, où la conversion profonde fit son travail dans l’âme de Pedro, qui ne désira désormais que réparer sa vie mondaine, ses mauvais exemples, et travailler au salut des âmes.

Il demanda l’habit de l’Ordre des Prêcheurs et commença le noviciat. Ce ne fut pas sans épreuves, car certains voulurent le rappeler dans le monde, lui reprochant d’avoir seulement cédé à une vexation momentanée et lui suggérant d’abandonner cette vie de pénitence et de mortifications.

Pedro persévéra. Il étudia désormais avec joie la théologie et l’Ecriture. Ordonné prêtre, il ramena beaucoup d’âmes dans le bon chemin. 

Le roi Ferdinando l’appela à la cour, et le garda près de lui pour bénéficier de ses sages conseils, dans sa reconquista contre les Maures, qui occupaient la Castille depuis six siècles.

Pedro conserva toutes ses habitudes de vie personnelle : prière, recueillement, humilité. S’il profita de sa place privilégiée, ce fut pour s’attaquer au mal où qu’il fût ; il parvint à réformer les mœurs corrompues des courtisans, des soldats, des libertins du monde.

Quand Cordoue fut reprise, il intervint en faveur des enfants et des femmes, toujours menacées par les troupes victorieuses ; puis il purifia les mosquées pour les utiliser comme églises et prêcha la Vérité aux Maures pour les arracher à la funeste doctrine islamique.

Cet apôtre ne pouvait se contenter de ces labeurs : il se tourna vers les populations locales de Galice et des Asturies, les paysans, les pêcheurs, instruisant, remettant la paix au milieu des disputes…

On a prétendu que Pedro fut aussi prieur d’un monastère dominicain à Guimarães (Portugal). Et comme si cela ne suffisait pas, on lui a aussi attribué la construction d’un pont sur le Minho entre Ribadavia et Orense ; il est à remarquer que le même jour que Pedro González, on fête saint Bénezet, qui fut à l’origine du pont d’Avignon ; d’aucuns prétendent d’ailleurs que ce pont sur le Minho fut l’œuvre de Gonzalvo d’Amaranthe (v. 10 janvier).

Pedro aurait été avisé divinement du jour de sa mort et l’aurait annoncé lui-même à ses auditeurs, le jour des Rameaux 1246. Il se trouvait alors près de Túy, et voulut aller mourir parmi les Dominicains de Compostelle. En cours de route, il dit cependant à son compagnon que Dieu lui ordonnait d’aller mourir à Túy et fit demi-tour, toujours à pied.

Il mourut donc à Túy, le 14 avril 1246.

Il avait fait des miracles avant sa mort, il en fit encore plus après. Pedro fut béatifié dès 1254 et faillit être canonisé «officiellement». Le culte fut confirmé en 1741, et Pedro resta Bienheureux.

Mais sa popularité l’a fait invoquer par les marins espagnols et portugais, de même que tous les marins invoquaient traditionnellement saint Erasme (v. 2 juin). Chez les pêcheurs et les marins de la péninsule ibérique, saint Erasme s’appelle sant’Erasmo, qui est devenu populairement sant’Elmo ou san Telmo, surnom qui fut aussi attribué à notre Pedro González.

 

 

Milhey, Kukley, Nizilon

† 1342

 

Milhey et Kukley étaient deux frères Lituaniens. Avec leur ami Nizilon, ils proposèrent leurs services au grand duc, Olgerd, qui en fit volontiers ses chambellans, en raison de leur intelligence et de leur candeur.

Ils furent évangélisés par un missionnaire, un certain Nestor, qui leur donna au baptême, respectivement, les noms de Jean, Antoine et Eustache.

Tout se passa bien, tant que les trois amis pratiquaient leur religion discrètement. Un jour cependant, ils refusèrent de manger la viande qu’on leur servait un vendredi ou une veille de fête où l’on observait l’abstinence, ce qui irrita profondément le duc.

Ils furent mis en prison, maltraités et condamnés à mort.

On les pendit sur la place centrale de Vilnius, à la branche d’un chêne qui servait là de potence.

Ils moururent à des jours différents, Milhey-Jean le 24 avril, Kukley-Antoine le 14 juin, Nizilon-Eustache le 13 décembre, de l’année 1342.

Les moines de Saint-Basile ensevelirent leurs corps dans leur église et le patriarche les fit honorer comme Saints.

Une fête commune les honore comme patrons de Vilnius le 14 avril.

L’actuel Martyrologe ne les mentionne pas.

Liduina (Lydwine)

1380-1433

 

    Issus d’ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n’avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d’une avenante beauté.

Née à Schiedam (Hollande) le jour des Rameaux, elle reçu un nom prédestiné : "Lid" et "Wyt", signifient souffrir amplement ou avec patience

On devrait probablement écrire Liduina, mais l’orthographe ancienne a pu varier selon les idiomes, les accents, les habitudes, de sorte qu’on trouve fréquemment en français Lidwine ou Lydwine. Le Martyrologe Romain a transcrit Liduina.

Sa mère s'appelait Pétronille. Son père, Pierre, était veilleur de nuit de la ville. Il était le fils de Joannes, un homme très pieux qui priait nuit et jour, dérangé par le démon qui l'assaillait dans sa maison, brisant la vaisselle et brisant à terre les pots de beurre.

Quand, à quinze ans, les charmes et les qualités de Lidwine lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents : Je demanderais plutôt à Dieu de me rendre laide pour repousser les regards des hommes. Dieu la prit au mot.

À la suite d’une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit ; elle ne le quitta plus jusqu’à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu’empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée ; perdant l’usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s’ouvrirent dans son pauvre corps, dont l’une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu’on en retirait jusqu’à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l’épaule, à laquelle s’ajouta bientôt le mal des ardents qui dévora ses chairs jusqu’aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l’ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu’à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n’ayant que l’usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

Lydwine souffrait intimement des plaies de l’Eglise d’alors, douloureusement divisée par le Schisme d’Occident, entre les deux papes concurrents, l’un à Rome, l’autre en Avignon : Lydwine était elle-même divisée en deux et il fallait comme “attacher” avec des bandelettes les parties de son corps qui se détachaient. Les vers qui grouillaient dans ses plaies étaient sa pénitence pour les nombreux “vers” qui minaient l’Eglise de l’intérieur, tant la corruption était grande (simonie, richesses, fraudes, absentéisme…).

À partir de 1414, jusqu’à sa mort, c’est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu’à la fin, ses maux s’aggravèrent ; mais ses plaies, ses vomissements n’exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux, qu’elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d’elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques, 14 avril 1433 que Lydwine acheva la montée d’un Calvaire qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté ; il exhalait un parfum plus suave que jamais.

Elle a été canonisée en 1890.

Les reliques de Sainte Lydwine sont conservées au Carmel Saints-Joseph-et-Anne, rue de Lausanne 22 - 1060 Bruxelles. 

Le relevé des reliques à la Cathédrale n'est pas terminé mais les reliques de Sainte Lydwine se trouvent principalement au Carmel. 

Etant difficile, en temps de Carême ou de Pâques, de fêter dignement sainte Lydwine, on la fête localement le 14 juin, tandis que le Martyrologe Romain la commémore régulièrement au 14 avril.

Certaines souffrances de Lydwine ont pu être apparentées à des symptômes de sclérose en plaques, ce qui a fait de Lydwine la patronne des maladies rares.

 

 

Isabel Calduch Rovira

1882-1937

 

Née à Alcala de Chivert (Castellon de Plana, Espagne) le 9 mai 1882, Isabel était la benjamine des cinq enfants de Francisco Calduch et Amparo Rovira Marti.

Son enfance et sa jeunesse baignèrent dans une atmosphère de foi profonde. Avec une amie, elle alla assister une pauvre vieille femme en lui portant de la nourriture et en lui faisant son ménage.

Un jeune homme très honnête la demanda en mariage, mais avec le consentement de ses parents, elle préféra rompre toute relation pour une vie de plus grande perfection.

Elle entra chez les Clarisses de Castellon de la Plana en 1900, fit les premiers vœux en 1901 et les définitifs en 1904.

Elle se montra exemplaire en tout, dans son comportement, dans ses rapports avec les autres Religieuses, dans sa piété. Elle vénérait particulièrement saint Jean-Baptiste.

Elle fut élue maîtresse des novices par deux fois, mais n’acheva pas son dernier mandat, à cause des événements.

Au déclenchement de la révolution, elle rejoignit son frère prêtre, Mosen Manuel, à Alcala de Chivert. 

Elle fut arrêtée le 13 avril 1937, avec un autre Franciscain, Manuel Geli. Portés tous deux au Comité local, ils furent martyrisés le 14 avril à Cuevas de Vinroa (Castellon).

Elle a été béatifiée en 2001.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:47

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

Voir la notice María Pilar Gullón Yturriaga

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:46

María Pilar Gullón Yturriaga

1911-1936

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

María Pilar était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1911, aînée de quatre enfants. On sait également qu’elle était la nièce de Pío Gullón Iglesias (1835-1917), ministre d’Alfonso XIII.

María Pilar et Octavia étaient cousines. Octavia était née à Astorga le 30 novembre 1894, fille unique et catéchiste dans sa paroisse.

Olga était née le 16 mars 1913, à Paris où se trouvaient ses parents alors. Son père était peintre et exposait dans la capitale française.

Ce qu’on sait avec assez de précision, sont les circonstances du martyre de ces infirmières.

Toutes trois, infirmières de la Croix-Rouge, s’étaient offertes volontaires pour soigner les blessés de l’hôpital du port de Somiedo (Asturies, Espagne NW), lors de la guerre civile qui mit à feu et à sang l’Espagne durant l’été 1936. Au moment de la guerre civile, elles auraient pu se retirer de l’hôpital en laissant la place à un autre groupe d’infirmières, mais elles préférèrent rester près des malades.

Les trois demoiselles étaient chrétiennes, participaient chaque matin à la sainte Messe, priaient le chapelet. Elles appartenaient à l’association des Filles de Marie et des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, à l’Action Catholique.

Il faut ajouter que, jusqu’à cette période, les membres de la Croix-Rouge jouissaient d’une immunité qui les préservait des attaques guerrières.

Le 27 octobre 1936, les révolutionnaires donnèrent l’assaut à l’hôpital. Les trois infirmières auraient pu encore s’échapper, mais refusèrent d’abandonner les malades.

Olga fut alors effleurée au visage par une balle, qui lui causa une blessure, dont le sang vint tacher son habit blanc ; un malade lui suggéra d’aller se soigner,  mais elle lui répondit : Me soigner ? Pourquoi ? Inutile, on n’a pas le temps. Nous allons mourir et ressusciter parmi les martyrs du Seigneur. Nous serons séparés quelques instants pour nous réunir éternellement.

Les malades furent sauvagement assassinés, les quelques survivants furent faits prisonniers. Le «chef» proposa la liberté aux trois infirmières si elles renonçaient à leur foi et s’inscrivaient à son parti. Ayant fermement refusé, elles furent conduites à pied à douze kilomètres de là, à Pola de Somiedo, par une troupe de miliciennes véritablement enragées et brutales, qui n’avaient que des blasphèmes et des grossièretés à hurler le long de la route.

Là, on enferma les trois infirmières dans la Maison du Peuple, siège des socialistes, et le chef de toute cette honteuse expédition convoqua tous ceux qui voulaient rester avec les infirmières et faire d’elles ce qui leur semblerait mieux.

Pour couvrir les cris des malheureuses victimes, le même chef - qu’on surnommait El Patas - fit tourner toute la nuit autour de la maison une charrette à bœufs. Sur cette charrette, se trouvait le cadavre du pauvre aumônier de l’hôpital, abbattu par El Patas lui-même.

Au terme de cette nuit d’horreur, on voulait fusiller les pauvres victimes, sans leur remettre les habits qu’on leur avait arrachés ; on demandait aux miliciennes de s’en charger, mais elles ne se mettaient pas d’accord pour le faire ; finalement, elles «tirèrent au sort» pour voir qui tuerait qui ; les trois désignées se placèrent à trois mètres avec leur arme ; juste avant, un milicien arrêta l’opération et proposa aux infirmières de crier Vive la Russie, et les trois crièrent aussitôt Vive l’Espagne ! Vive le Christ Roi !

María Pilar et Octavia fixèrent des yeux le ciel, Olga regarda ses bourreaux bien en face et leur lança : Même pour tuer, vous êtes lâches ! En effet, les miliciennes se mirent à trembler et les miliciens vinrent leur tenir l’arme pour les aider à tirer.

Avant de tomber, María Pilar exprima son pardon pour ses assassins et pria Dieu de leur pardonner.

Quand elles furent tombées à terre, un des miliciens cria : C’est fini, mesdemoiselles ! Mais on entendit répondre : Pas pour moi. C’était María Pilar ; selon un autre témoignage, elle aurait dit : Je ne suis pas tout-à-fait morte. Vive le Christ Roi ! Le milicien s’approcha avec son pistolet : Il y a quelqu’un qui vit encore ici ? Et María Pilar : Dieu ! Elle reçut le coup de grâce.

Ces trois infirmières, reconnues martyres en 2019, devraient être béatifiées en 2020, et inscrites au Martyrologe le 28 octobre.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:44

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 23:00

13 AVRIL

 

II.

Ss Carpe (évêque à Thyatire), Papyle (diacre) et sa sœur Agathonique (sainte femme), martyrs à Pergame.

IV.

Ss Eleuthère, Théodose et Zoïle, martyrs en Perse.

S Ursus, évêque à Ravenne ; il fit construire à ses frais la nouvelle cathédrale, qu'il consacra le jour de Pâques et mourut lui-même le jour de Pâques, dix ans plus tard. 

V.

S Romain, évêque à Metz, du temps où Clovis s’empara de la ville.

VI.

S Mars, solitaire en Auvergne ; retiré là où il y eut plus tard la ville de Clermont, il fonda un monastère qui subsista jusqu’au XVIIIe siècle ; il eut le don des miracles. 

S Hermenegildo, fils du roi arien d’Espagne, qui le fit mourir pour sa foi catholique ; il est patron de Séville.

VII.

S Martinus Ier, pape (649-655) : ayant condamné l'hérésie monothélite, il fut exilé en Crimée où il mourut de ses souffrances ; il est le dernier des papes martyrs. 

IX.

S Guinoc, évêque en Ecosse.

XI.

Bse Ide de Boulogne, du sang de Charlemagne, épouse du Comte de Boulogne Eustache II, descendant de Charles le Chauve ; ses trois fils furent : Eustache III, comte de Boulogne, Godefroi de Bouillon et Baudoin, tous deux rois de Jérusalem après la croisade.

XII.

S Caradoc, gallois, harpiste du roi, moine puis ermite dans l’île de Barry.

XIII.

Bse Ide de Louvain, mystique stigmatisée.

B Giacomo, camaldule près de Florence ; son père et son frère se firent convers grâce à son exemple ; il fut abbé, mais abdiqua assez vite.

B Albertino, prieur général camaldule à Fonte Avellana.

XIV.

Bse Margherita de Città-del-Castello, aveugle de naissance, abandonnée, enfin tertiaire dominicaine, mystique.

XVI.

Bx Francis Dickenson et Miles Gerard, prêtres anglais martyrs.

XVII.

Bx John Lockwood et Edward Catheric, prêtres anglais martyrs ; John avait quatre-vingt sept ans. 

XIX.

B Serafino Morazzone, prêtre de Milan, béatifié en 2011.

B Jean-Bernard (Scubilion) Rousseau, lasaliien, mort sur l’île de la Réunion, béatifié en 1989.

XX.

S Sabás Reyes Salazar (1883-1927), prêtre mexicain martyr ; dans son apostolat auprès des jeunes, il se servait beaucoup de la musique ; il fonda les Sœurs Clarisses du Sacré-Cœur et fut martyrisé un Mercredi Saint, après avoir été torturé pendant trois jours, et brûlé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Stanisaw Kostka Starowieyski (1895-1941), père de famille polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Carpos, Papylos et Agathoniki de Pergame

† 161

 

Carpos était évêque à Thyatire (Asie Mineure, auj. Akhisar, Turquie CW) ; Papylos était diacre, Agathoniki, la sœur de ce dernier.

On rappellera que Thyatire est l’une des cités auxquelle l’apôtre Jean s’adresse dans l’Apocalypse (Ap 2:18sq) ; il en félicite et encourage les fidèles dans leur foi, les mettant cependant en garde contre Jézabel, cette fausse prophétesse qui appelle ses serviteurs à se prostituer et à manger des viandes immolées aux idoles.

Carpos et Papylos furent amenés devant le proconsul, Optimus ou Valerius, avec beaucoup d’autres Compagnons, dit le Martyrologe. Le proconsul demanda à Carpos : Quel est ton nom ? - Mon nom est Chrétien, répondit l’évêque. 

Sommé de sacrifier aux idoles, Carpos s’écria : Les vivants ne sacrifient pas aux morts. Puis il expliqua patiemment au proconsul que ces dieux ont été des hommes dans leur vie, que le Diable qui parle par les oracles, ne prédit que ce qu’il compte nous faire, pour nous tromper. Dieu au contraire est éternel, nous aime et ne veut que notre Bien.

Le proconsul ordonna de suspendre Carpos, qui fut écorché avec des ongles de fer ; il répétait imperturbablement Je suis Chrétien, jusqu’à son évanouissement.

Le diacre Papylos affirma qu’il avait beaucoup d’enfants, précisant que c’étaient ses enfants en Dieu, les Chrétiens. A son tour il fut suspendu et déchiré par les ongles de fer : trois bourreaux s’y fatiguèrent, tandis que Papylos semblait redoubler de forces.

Le proconsul condamna l’évêque et le diacre à être brûlés vifs. On les conduisit au milieu de l’amphithéâtre. Beaucoup de curieux se mirent dans les gradins.

Papylos rendit l’esprit le premier ; Carpos, lui, eut un grand sourire et expliqua : J’ai vu la gloire du Seigneur, et je m’en suis réjoui ; me voilà maintenant délivré de vous et de vos crimes. Cette vision rappelle celle du Protomartyr Stephanos (cf. Ac 7:56).

Après qu’il eut expiré, une femme de l’assistance fut soudain animée d’une intrépidité inhabituelle : Agathoniki, une maman chrétienne - le Martyrologe précise qu’elle était l’épouse du Diacre Papylos -, affirma qu’elle avait vu, elle aussi, le glorieux festin, auquel elle voulait s’asseoir et prendre part. On lui rappela son enfant : Je lui laisse Dieu pour protecteur, répondit-elle. Elle mourut, toute joyeuse, sur le même bûcher que les deux Martyrs précédents. 

C’était vers 161, sous Marc-Aurèle, qui régna de 161 à 180. Il se pourrait que les Compagnons de ces Martyrs aient été condamnés à des jours différents.

Saints Carpos, Papylos et Agathoniki sont commémorés le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursus de Ravenne

† 412

 

Ursus était, affirme-t-on, d’origine sicilienne, et de riche ascendance

Il fut le dix-septième évêque de Classe (Emilie-Romagne, Italie CE) à partir de 399 environ.

En 402, quand Ravenne devint la capitale de l’empire d’Occident, Ursus y transféra le siège de Classe. A ses frais, il y fit alors construire la cathédrale, qu’il dédia à la Résurrection, et qu’il consacra le jour de Pâques.

Il se trouva qu’il mourut lui-même le jour de Pâques, le 13 avril 412.

Depuis lors, la cathédrale prit le nom de basilique ursiana. Elle fut entièrement démolie et reconstruite au 18e siècle.

L’origine sicilienne d’Ursus pourrait expliquer que le culte de Saints siciliens se développa à Ravenne de façon singulière à partir du quatrième siècle.

Saint Ursus de Ravenne est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermenegildo d’Espagne

564-585

 

Hermenegildo naquit en 564 à Medina del Campo (ou à Séville), du roi Leovigildo et de Teodosia, qui eurent un autre fils, Recaredo.

Leovigildo était arien et transmit cette erreur à ses fils. Devenu veuf, il épousa Goswinde, l’épouse du roi d’Austrasie Sigebert ; ce dernier avait une fille de son premier mariage, Ingonde, qui fut fiancée à Hermenegildo.

Ingonde était profondément catholique. Le mariage d’Hermenegildo et Ingonde fut célébré en 579.

Mais Leovigildo persécuta les catholiques, encouragé en ce sens par l’irascible Goswinde. Si celle-ci se réjouissait de l’alliance entre l’Espagne et l’Austrasie, elle ne supportait pas la foi d’Ingonde. Elle en vint un jour à la dépouiller et à la précipiter dans l’eau.

Leovigildo, de son côté, était embarrassé. D’une part, il avait mis ses deux fils chacun à la tête d’une partie de ses états, pour les préparer à la succession, d’autre part il voulait gagner Hermenegildo et son épouse à la foi arienne : il les éloigna à Séville. Mais l’évêque de Séville, Leandro (v. 13 mars), sut convaincre les jeunes époux ; Hermenegildo, qui n’était pas encore baptisé, reçut le baptême chrétien.

L’affrontement entre le père arien et le fils catholique devenait inévitable, il dura de 581 à 584. Leovigildo marcha contre son fils avec son armée. Les hommes d’Hermenegildo se virent ou se crurent en mauvaise posture en face de cette armée, et l’abandonnèrent. Hermenegildo se réfugia dans une église de Cordoue. Leovigildo députa auprès d’Hermenegildo son autre fils, Recaredo. Le père et le fils se retrouvèrent et Leovigildo feignit la bienveillance. Mais peu après, il réduisit Hermenegildo à l’état d’esclave, et le fit exiler de Séville à Valencia. N’arrivant pas à convaincre Hermenegildo de renier le catholicisme, Leovigildo le fit enfermer dans une étroite prison à Tarragona, le chargea de fers ; la nuit de Pâques, il lui fit porter la communion par un évêque arien, qu’Hermenegildo refusa. Leovigildo alors le fit exécuter, le jour de Pâques, 13 avril 585.

L’épouse d’Hermenegildo réussit à fuir avec son bébé et se réfugia à Rome. Elle se rendait à Constantinople, mais mourut en Sicile (584). Le bébé, Atanagildo, fut confié, semble-t-il, à Goswinde.

Des témoins affirmèrent avoir vu des lumières éclatantes au lieu du martyre d’Hermenegildo. Leovigildo fut frappé de repentir, mais n’alla pas jusqu’à embrasser le catholicisme. Recaredo se convertit.

Le corps d’Hermenegildo est conservé à Séville, dont le jeune roi martyr est patron, en même temps qu’il l’est des convertis, de la monarchie espagnole, des Anciens Combattants.

Il fut canonisé en 1585, lors du millénaire de sa mort.

Saint Hermenegildo est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinus 1er

649-655

 

Martinus (Martin) était né à Todi en Ombrie (Italie), en 590.

Il devint apocrisiaire (on dirait simplement aujourd’hui : nonce) du pape à Constantinople. Quand le pape Théodore excommunia le patriarche Paul de Constantinople, pour hérésie, ses envoyés furent emprisonnés et l’un d’eux, Martin, réussit à s’échapper.

A la mort de Théodore, ce fut Martin qui fut élu pour lui succéder, comme soixante-quatorzième pape.

A cette époque sévissait l’erreur monothéliste, qui prétendait que Jésus-Christ n’avait qu’une volonté, suite à l’autre erreur monophysiste qui ne reconnaissait qu’une nature en la personne du Fils de Dieu incarné.

L’empereur Constant II, voulant imposer brutalement une unique ligne de pensée dans l’Eglise, avait promulgué en 648 un Typus, décret impérial où il était défendu de parler d’une ou deux énergies, ou d’une ou deux volontés dans le Christ.

Martin 1er voulut réaffirmer la doctrine de l’Eglise : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, a bien deux natures et donc aussi deux volontés, la divine et l’humaine. Aussi réunit-il au Latran en 649 un concile où vinrent plus de cent évêques, surtout italiens, et une trentaine d’ecclésiastiques grecs chassés par les Arabes. Le concile condamna le Type, et envoya une encyclique aux Eglises occidentales. Le pape s’efforçait de reprendre des contacts en Orient et d’inviter tous les évêques à rompre avec le monothélisme.

Le courage de Martin 1er reçut sa sanction. L’empereur Constant II chargea son chambellan Olympios d’aller assassiner le pape. L’expédition échoua dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, et Olympios alla lui-même demander pardon au pape. Ce fut alors l’exarque de Ravenne, Calliopas, qui en 653 s’enhardit à aller enlever le pape manu militari, cette fois-ci dans la basilique du Latran. Alors commença le long calvaire du pauvre pontife.

Martin 1er fut d’abord relégué sur l’île de Naxos pendant une année, puis conduit à Constantinople, après un voyage fort pénible durant lequel le pape, qui souffrait déjà de la goutte, était étroitement surveillé, empêché de se laver et privé de nourriture. Arrivé là, on laissa la populace insulter le pape, qui fut jeté dans la prison de Prandearia, où il resta environ trois mois au secret. Après un simulacre de jugement, on le dépouilla de ses vêtements et on le revêtit d’un carcan de fer en présence des sénateurs et de l’empereur. Condamné à mort, il fut enfermé dans une autre prison de condamnés de droit commun. La Providence permit que deux femmes, qui détenaient les clefs de la prison, eussent pitié de lui : elles lui apportèrent des couvertures, car il était transi de froid et ne pouvait plus parler.

A ce stade là, le patriarche de Constantinople eut quelque remord et obtint de l’empereur qu’on n’exécuterait pas le pape. Ce dernier resta encore quelques mois dans sa prison, ayant encore la force d’écrire un mémoire à ses fidèles, puis il fut déporté secrètement en Chersonèse (Crimée), où il souffrit beaucoup de la faim et mourut un 12 ou 13 avril de 655.

Dernier des papes martyrs, saint Martin 1er est mentionné au Martyrologe le 13 avril.

Son successeur fut Eugène 1er.

Ide de Boulogne

1040-1113

 

Ide naquit en 1040, fille du fougueux Godefroy le Barbu, duc de Lorraine, et de Doda, qui descendaient eux-mêmes de Charlemagne.

En 1057, elle épousa Eustache II, comte de Boulogne, descendant de Charles le Chauve ; leurs trois fils furent Eustache III, Godefroy de Bouillon et Baudoin. Ide aurait eu révélation du sort futur de ses garçons : l’un roi, l’autre duc, le troisième comte. Quand Godefroy monta à l’assaut de Jérusalem, elle en eut révélation au moment-même à Boulogne.

Ide bénéficia des judicieux conseils de s.Anselme de Canterbury (v. 21 avril), alors abbé au Bec.

La jeune épouse voulut nourrir et élever elle-même ses enfants et semer dans leurs cœurs l’amour de Dieu, de l’Eglise et du Prochain. Elle mortifiait son corps sous les riches habits que sa condition l’obligeait de porter. Ses charités, proportionnées aux grands biens qu’elle possédait, se répandaient sur toutes sortes d’indigents. 

Son occupation préférée était de confectionner des ornements sacrés et des linges d’autel.

Elle et son mari, qui soutenait tous les bonnes œuvres de cette pieuse épouse, contribuèrent à relever des sanctuaires endommagés, comme Notre-Dame de Boulogne.

Devenue veuve, Ide utilisa ses biens pour fonder des monastères, ou les enrichit de terrains ; elle leur remit des reliques que lui fit parvenir son fils, Godefroy de Bouillon, de Jérusalem.

Elle fit plusieurs miracles de son vivant, attestés officiellement, comme la guérison d’une femme hydropique et paralytique, d’une sourde-muette.   

Ide annonça les jour et heure de sa mort, qui survint le 13 avril 1113, et qui fut suivie d’autres miracles encore.

La bienheureuse Ide de Boulogne est commémorée le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caradoc de Galles

† 1124

 

On trouve plusieurs personnages plus ou moins légendaires du nom de Caradoc, mais on parle peu de celui-ci.

Il naquit à Brecknock (Pays de Galles).

Après des études littéraires, il se mit comme harpiste au service du roi.

Il lui arriva de perdre deux chiens de chasse auxquels le prince tenait beaucoup et celui-ci en conçut un grand déplaisir : il alla même jusqu’à menacer de mort le gardien malchanceux.

Caradoc, voyant quel bon marché ce roi faisait de la vie humaine, abandonna la cour, pour mener la vie monastique sous un abbé Teilo (Téliau), qui n’est pas le célèbre saint du 6e siècle (v. 9 février).

Il fut ensuite ermite dans la cellule de saint Kineth (ou Cenydd, v. 1er août ?). Il reçut la prêtrise à Menevia, vécut comme ermite dans l’île de Barry, où il eut beaucoup à souffrir lorsque cette île fut envahie par le roi d’Angleterre Henry Ier.

Il mourut le dimanche de Quasimodo (2e dimanche de Pâques), le 13 avril 1124.

Enterré dans l’église de Saint-David, le corps de Caradoc opéra des miracles. Une enquête fut demandée sur ces miracles, mais n’aboutit pas. Caradoc fut tout de même considéré comme «Saint».

Saint Caradoc est commémoré le 13 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Albertino de Montone

1220-1294

 

Montone était un quartier qui fut annexé à Pérouse (Ombrie, Italie C) en 1216. Albertino y naquit vers les années 1216-1220 ; on ne connaît pas son nom de famille, peut-être à cause de son humble naissance.

Entré chez les Camaldules à une date qu’on ignore, il fut peut-être à Sitria en 1265, et certainement à Fonte Avellana, où il fut élu Prieur général peu après.

L’abbaye s’était développée et, comme il arrive après une apogée, un relâchement et une crise pointaient à l’horizon. Albertino mit son ardeur à faire reprendre la Règle dans sa rigueur, à maintenir les traditions, et à administrer sagement le patrimoine. La paix revint dans les murs.

Albertino s’efforça de ne jamais recourir à la justice civile pour régler les litiges occasionnels. Il se sentait responsable devant Dieu de la population et préférait la conciliation pacifique aux arrangements juridiques froids. Il se mérita ainsi le surnom de communis amicus.

Quelqu’un affirma qu’il avait refusé en 1288 l’évêché d’Osimo.

Il mourut le 13 avril 1294.

Son culte fut confirmé en 1782, ce qui équivaut à la béatification. Contrairement à beaucoup de sources, il ne semble pas qu’il ait été canonisé.

 

 

Margherita de Città di Castello

1287-1320

 

Margherita naquit en 1287 dans un bourg de Città di Castello (Pérouse, Ombrie, Italie), de parents pauvres qui furent fort déçus de leur fille aveugle-née et très difforme.

Ils tentèrent de consulter des médecins, de conduire Margherita au tombeau d’un saint Franciscain (Giacomo), et se décidèrent finalement à l’abandonner purement et simplement dans une petite chapelle, certains disent : pendant neuf ans.

Elle reçut de l’assistance de la part de pieuses femmes qui venaient prier dans la chapelle et qui l’adoptèrent à tour de rôle. Margherita les payait par sa douceur, son empressement à faire du bien, selon ce que lui permettait de faire sa cécité. Elle fut particulièrement assistée par un couple : Venturino et Grigia.

Il se trouvait que le couvent de Religieuses de Città di Castello était dédié à sainte Margherite. Elles proposèrent à Margherita d’habiter parmi elles, ce qui lui plut beaucoup. Mais la jalousie monta le cœur des Religieuses contre leur sainte Recrue et elles allèrent jusqu’à la calomnier, la maltraiter et finalement l’expulser.

Venturino et Grigia la reçurent à demeure. Il y avait là aussi des Dominicains, qui lui remirent l’habit de Tertiaire.

Les miracles furent au rendez-vous. Lors d’un incendie, Margherita cria à Grigia : Jette mon manteau sur les flammes ! et l’incendie cessa immédiatement. Une autre tertiaire très malade d’un œil qu’elle pensait perdre, fut guérie instantanément quand Margherita la toucha.

Cette enfant de Dieu était l’innocence même, la bonté et la reconnaissance ; jamais une parole aigre contre les braves Religieuses de Sainte-Marguerite.

Elle qui n’avait pas reçu d’instruction, sut miraculeusement ce qu’il fallait pour aider les enfants dans leurs devoirs de classe, elle traduisait le latin, surtout les psaumes qu’elle savait étrangement par-cœur.

Cet ange sur terre mourut à trente-trois ans, toujours à Città di Castello, le 13 avril 1320.

Les merveilles ne s’arrêtèrent pas là. Peu avant l’enterrement, on amena près de la Morte une jeune fille muette et paralysée : Margherita s’anima, leva son bras sur l’infirme, qui guérit instantanément et put revêtir l’habit de tertiaire dominicaine.

Margherita avait révélé qu’elle possédait un trésor dans son cœur. On voulut en faire l’autopsie et l’on y découvrit effectivement trois perles, portant les images de l’Enfant-Jésus, de Marie, de Joseph, près d’une tertiaire en prière. Des guérisons furent obtenues par l’emploi de l’eau dans laquelle avaient été trempées ces perles.

Aveugle et toute en Dieu, Margherita passa sa vie à transmettre la Lumière. 

Son culte a été approuvé en 1609 ; elle est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Miles Gerard

1550-1590

 

Miles était né vers 1550 à Wigan (Lancashire, Angleterre), et descendait peut-être des Gerard de Ince. 

Vers 1576, il fut le précepteur des enfants de Edward Tyldesley à Morleys Hall (Astley, Lancaschire).

En 1579, il part pour les séminaires anglais de Douai et de Reims, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1583.

Il reste sur place comme professeur, jusqu’en 1589.

A cette date, ils sont six prêtres à quitter la France pour tenter de regagner l’Angleterre. Mais voilà que les matelots ne veulent pas embarquer plus de deux passagers. Nos missionnaires se mettent alors à jouer à pile ou face, pour savoir qui d’entre eux partirait.

Le sort tombe sur Miles (le plus ancien, apparemment) et sur Francis Dickenson (le plus jeune, qui venait d’être ordonné prêtre).

On devait arriver à Londres, mais le voyage fut dévié sur le port de Douvres, et les deux prêtres furent arrêtés, le 24 novembre.

Une version un peu différente des faits raconte que le bateau fit naufrage, et que les rescapés n’échappèrent à la noyade que pour tomber aux mains des persécuteurs, sur la côte.

Miles et Francis furent conduits à Londres, et condamnés à mort comme traîtres.

Ils furent exécutés («hanged et quartered») à Rochester, le 13 (ou le 30) avril 1590. Le Martyrologe les commémore ensemble le 13 avril.

Ils furent béatifiés en 1929.

 

 

Francis Dickinson

1564-1590

 

Né à Otley (Yorkshire, Angleterre) et baptisé le 28 octobre 1564, Francis ne nous a rien laissé sur son enfance et son adolescence.

Il est peut-être plus juste d’écrire son nom : Dickenson ou Dicconson.

En 1582, il a dix-sept ans et rejoint le Collège anglais de Reims. Il est ordonné prêtre en mars 1589. Il a vingt-quatre ans.

En novembre de la même année, il retourne en Angleterre. Il vient de fêter ses vingt-cinq ans.

Aussitôt arrêté, avec un autre prêtre, il refuse de prêter serment d’allégeance à la Reine et, pour cela, est envoyé à la Bridewell Prison de Londres.

Torturé pour «avouer» ses soi-disant crimes, il est condamné à mort.

Il est «hanged, drawn and quartered», selon l’horrible formule officielle, à Rochester (Kent), le 13 (ou le 30) avril 1590.

A vingt-cinq ans, et à peine plus d’un an de sacerdoce, Francis est un des plus jeunes Martyrs anglais, mentionné au Martyrologe le 13 avril.

Il a été béatifié en 1929, parmi cent-sept Martyrs anglais qui attendent maintenant d’être canonisés.

 

 

John Lockwood

1555-1642

 

Né vers 1555 à Sowerby (Yorkshire), John était l’aîné de Christopher Lockwood et Clare Lascelles. Parfois il se présenta comme John Lascelles.

Avec son frère, Francis, il vint à Reims en 1579, et fut envoyé étudier la philosophie à Douai. 

Tandis que Francis était ordonné prêtre en 1587, John vint au Collège anglais de Rome et fut ordonné prêtre en 1597.

Reparti en Angleterre (1598), il fut arrêté, mis en prison puis banni (1610).

John eut la persévérance et le courage de revenir dans son pays, il fut à nouveau arrêté. Condamné à mort, il fut cependant remis en liberté. 

Arrêté une troisième fois à Wood End (Gatenby), il fut cette fois-ci exécuté sans tarder, le 13 avril 1642, en même temps qu’Edward Catherick.

John avait alors quatre-vingt-sept ans.

Il fut béatifié en 1929.

 

 

Edward Catherick

?-1642

 

La notice présente est intitulée à Edward, comme dans le Martyrologe, bien qu’apparemment ce prêtre s’appelât Edmund.

Edmund était probablement né dans le Lancashire (Angleterre), dans la vieille famille des Catherick de Carlton et Stanwick (Yorkshire nord), une région connue pour sa fidélité au catholicisme.

Il alla au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

En 1635, il commença son activité en Angleterre, qui allait durer sept années.

Durant cette période, il porta fréquemment le nom de Huddleston, qui pouvait être le nom de jeune fille de sa mère.

Appréhendé près de Watlas, notre prêtre fut conduit au juge, qui se trouvait être un parent, et l’on réussit à «acheter» ce juge pour faire condamner Edward (Edmund). Il fut condamné à mort, en même temps qu’un autre prêtre, John Lockwood.

Le roi temporisa pour signer ; il le fit durant sa présence à York.

Les deux prêtres furent traînés par les rues de York jusqu’au lieu de l’exécution. Edward demanda alors à être exécuté le premier, pour redonner courage à son Confrère, qui lui semblait être assez impressionné à la vue de la potence.

Edward Catherick mourut en martyr à York, pendu, éviscéré et écartelé, le 13 avril 1642.

On plaça sa tête au Micklegate Bar, les restes de son corps furent brûlés au Toft Green ; des ossements furent conservés au monastère Saint-Grégoire.

Edward (Edmund) fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

Serafino Morazzone

1747-1822

 

Né à Milan le 1er février 1747, dans une famille aussi pauvre que nombreuse, Serafino fut accueilli gratuitement par les Jésuites de Brera pour ses études.

Il reçut l’habit clérical à treize ans, la tonsure à quatorze, les ordres mineurs de Portier et Lecteur à seize ans. C’est un peu précoce et rapide, mais c’était admis à cette époque.

A dix-huit ans, pour se payer les études, il est servant de messe (sacristain) à la cathédrale : le matin, il est dans le sanctuaire, l’après-midi il étudie la théologie. Ce sera son horaire pendant huit années, durant lesquelles on le verra toujours souriant, fidèle, exact, toujours poli.

A vingt-quatre ans, il reçoit les deux autres ordres mineurs d’Exorciste et d’Acolyte, et on lui propose la paroisse de Chiuso, dont personne ne veut. Mais comme il n’est pas encore prêtre, vite on lui administre le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce en un mois, et le voilà curé à vingt-six ans. Il le restera quarante-neuf ans, jusqu’à la mort, car il n’acceptera jamais d’autres postes plus «dignes».

Les témoins pourront parler des longues heures qu’il passa à genoux par-terre dans l’église, et surtout de celles passées à entendre les confessions, car les pénitents viennent très nombreux se confesser au «bienheureux Séraphin».

Don Serafino donne tout son temps aux pénitents, aux malades qu’il va visiter chaque jour, aux enfants, à qui il enseigne le catéchisme mais aussi les rudiments scolaires.

Il est si détaché qu’il ne voit même pas que ses prières obtiennent des miracles.

Quand il meurt, le 13 avril 1822, on s’aperçoit peu après son enterrement… que son corps n’est pas dans la tombe. C’est que de nuit, affrontant toutes les dispositions légales, les paroissiens sont venus l’exhumer pour l’inhumer sous le pavement de l’église paroissiale.

Le curé de Chiuso fut longtemps le confesseur d’Alessandro Manzoni, qui en parla explicitement dans Fermo e Lucia.

Don Serafino mourut le 13 avril 1822, et fut béatifié en 2011.

 

 

Jean-Bernard Rousseau

1797-1867

 

Né à Annay-la-Côte (Yonne) le 21 mars 1797, dans une famille qui avait hébergé des prêtres durant la Révolution, Jean-Bernard était le fils d’un tailleur de pierre, Bernard Rousseau, et de Reine Pelletier. 

Jeune homme chrétien actif dans sa paroisse, il y enseignait le catéchisme.

Ayant fait connaissance des Frères des Ecoles Chrétiennes, qui s’étaient établis non loin de chez lui, il entra au noviciat, à Paris en 1822, et prit le nom de Scubilion.

Il fit les vœux perpétuels en 1827.

Après dix années d’enseignement dans les écoles élémentaires de France, frère Scubilion partit en 1833 pour l’île de la Réunion, où pendant trente-quatre années, il se consacra aux esclaves :

De 1833 à 1843, il est à Saint-Benoît et à Saint-Paul.

En 1843, il est à Saint-Leu : c’est là qu’il commence l’école du soir.

Entre 1850 et 1855, il est à La Possession et, de 1856 à 1867, à Sainte-Marie.

En 1866, il se rendra à Madagascar pour y fonder une école, et reviendra vite à Sainte-Marie.

On l’appellera le catéchiste des esclaves. En effet, il organisa pour eux des classes du soir, où les esclaves venaient volontiers, malgré leur journée épuisante, car le frère Scubilion était gentil avec eux ; il savait se mettre à leur niveau et mettait à leur disposition des programmes, des techniques qui les aidaient à retenir l’enseignement, leur racontant des histoires vivantes et leur enseignant des chants.

Il réussit par là à leur inculquer l’essentiel de la foi, de la morale, et à les préparer aux Sacrements de l’Eglise.

Il prendra vaillamment la défense des esclaves contre les maîtres brutaux. Le cas de l’esclave Biney est resté célèbre : ce malgache avait été estropié par son maître, qui fut condamné à la suite de l’intervention du frère Scubilion.

Quand les esclaves auront acquis leur liberté, en 1848, frère Scubilion continuera à les assister, à les guider dans l’organisation de leur nouveau style de vie.

Malgré une santé désormais compromise, il épaula efficacement et délicatement le clergé local dans le travail apostolique, rendant visite aux malades, conduisant les pécheurs à la conversion. On rapporte aussi des cas de miracles qu’il aurait opérés, ou obtenus par son intercession, après sa mort. 

En particulier, un petit sourd-muet, Octave de son prénom, a recouvré l’audition et la parole.

Il mourut au milieu de la vénération unanime, le 13 avril 1867, jour où il est commémoré dans le Martyrologe.

Cette date étant habituellement proche de la semaine de Pâques, le Bienheureux Scubilion est fêté le 27 septembre par les Frères des Ecoles Chrétiennes, et le 20 décembre par les Réunionnais, le jour national commémorant l’abolition de l’esclavage dans l’île.

Frère Scubilion a été béatifié en 1989.

 

 

Sabás Reyes Salazar

1883-1927

 

Ce saint prêtre mexicain naquit à Cocula, dans l’archidiocèse de Guadalajara, le 5 décembre 1883, jour où l’on fête saint Sabas de Jérusalem (voir sa notice au 5 décembre) et dont il reçut le nom au baptême, le jour-même de sa naissance, ce qui montre la foi profonde de ses parents, Norberto Reyes et Francisca Salazar.

Mais ces bons parents étaient extrêmement pauvres, ce qui poussa très tôt le petit Sabás à aller vendre les journaux à la criée, pour s’acheter un peu de quoi manger et se vêtir, ce qui fit qu’il eut du mal à finir l’école primaire. En conséquence, il resta avec une santé fragile et une capacité intellectuelle un peu limitée.

A l’adolescence, se sentant appelé par Dieu, il entra au séminaire de Guadalajara, où l’on jugea à l’époque qu’il n’était pas fait pour le clergé de Guadalajara. Toutefois il acheva en 1911 sa quatrième année de théologie, quand il venait d’accomplir ses vingt-huit ans. Mais le recteur du séminaire, considérant ses nobles dispositions, l’encouragea vivement à se faire admettre dans quelque diocèse où l’on manquait de prêtres.

Signalons que, parmi ses condisciples, il y avait cette année-là José Maria Robles Hurtado, futur martyr et maintenant canonisé ; José Garibi Rivera, futur archevêque de Guadalajara et bientôt premier cardinal mexicain de l’histoire, enfin Ramón González, lui aussi futur martyr en 1928.

Dans le diocèse de Tamaulipas, on remarqua tout de suite la constance et l’humilité de Sabás, de sorte qu’il reçut bientôt les ordres sacrés, et enfin le sacerdoce à Noël 1911, des mains de l’évêque de Tamaulipas. Le 6 janvier suivant, Sabás célébrait sa première messe à Guadalajara, dans l’église de Notre Dame de Belén. Puis il fut envoyé à son premier poste, à Tantoyuca (Veracruz).

Prêtre, le père Sabás se montra doux et plein de ferveur, spécialement envers la Très Sainte Trinité ; il invoquait fréquemment les Âmes du Purgatoire. Il se soucia beaucoup de la formation des jeunes, autant par la catéchèse que par l’enseignement des sciences, des métiers et des arts, tout spécialement de la musique. 

Dans l’accomplissement de son ministère, son zèle immense le poussait à rechercher la perfection. Dans tout ce qui concernait la liturgie, il exigeait un profond respect. Quand il fallait faire quelque chose, il aimait la promptitude.

1914 vit le déchaînement de la persécution religieuse dans l’état de Tamaulipas, aussi Sabás demanda et obtint la permission de rejoindre le diocèse de Guadalajara, où il exerça le ministère sacerdotal dans les paroisses de San Cristóbal de la Barranca, Plan de Barrancas, Hostotipaquillo et Atemajac de Brizuela, dans l’état de Jalisco.

En 1919, le père Sabás fut nommé à la paroisse de Tototlán, pour collaborer avec le curé, le père Francisco Vizcarra Ruiz, d’abord comme chapelain à la fabrique de San Antonio de Gómez puis, à partir de 1921, à la cure paroissiale.

Quand fut décidée la loi qui suspendait tout culte dans les églises de la république, le curé de Tototlán se retira du village, laissant le père Sabás sur la brèche avec charge d’administrer les sacrements. Les habitants qui connurent le père Sabás à Tototlán, se rappellent qu’il hébergea chez lui les enfants orphelins. Il y était tellement attaché que, lorsqu’on lui proposa de le protéger en le faisant quitter le village, sa réponse fut aussi décidée que négative : On m’a mis ici, c’est ici qu’on attendra ce que Dieu veut faire.  

Le 11 janvier 1927, le village fut envahi par les troupes fédérales, qui ignoraient qu’il y avait là plus de deux mille cristeros armés contre le gouvernement. Les soldats tuèrent onze personnes, hommes, femmes et enfants, profanèrent l’église en y mettant leurs chevaux et détruisant statues et images saintes, puis y mirent le feu. Les soldats partis, le père Sabás avec d’autres fidèles allèrent éteindre l’incendie. Naturellement, les villageois voulaient “se venger” en incendiant la mairie, mais le père leur fit remarquer que c’était là une façon de procéder barbare, et il réussit à les faire renoncer à leurs sombres intentions.

Mais les soldats revinrent à la charge, le 11 avril. Le père Sabás alla se réfugier chez Madame María Ontiveros, avec le jeune José Beltrán et deux enfants, Octavio Cárdenas et Salvador Botello.

A partir de ce moment-là, sentant le danger, le père se mit à prier intensément, toute la soirée et toute la nuit. Il invitait ceux qui étaient là à prier à genoux avec lui, tandis qu’il se flagellait avec des cordes.

Le 12 au matin, les soldats se présentèrent à la maison du père Sabás, mirent le feu à ses affaires, dans la pièce où il célébrait la messe. Ils menacèrent alors de pendaison la maîtresse de maison, María Mendoza, laquelle, effrayée, leur indiqua où le père se trouvait. Parvenus là, les soldats donnèrent de grands coups à la porte, et demandèrent où était le père Sabás. Le père Sabás se présenta spontanément en disant : Je suis là, que voulez-vous ? Alors ils lui ligotèrent fortement les bras dans le dos. Le père Sabás leur demanda encore : Qu’est-ce que je vous dois ? pourquoi me liez-vous ? quel mal ai-je fait ?, à quoi les soldats répondirent que ce n’était pas avec eux, mais avec le général qu’il fallait régler tout cela. On aura noté la similitude des propos avec ceux de Jésus lors de son arrestation à Gethsémani. Ils partirent donc avec le père Sabás et le jeune José Beltrán.

En se rendant à l’église paroissiale, transformée en écurie et en quartier général, les soldats lui dirent : On va aussi arrêter le curé Vizcarra, qui est le chef de toute cette révolution, et là on verra comment ça finira.

Un voisin leur fit remarquer que le père Sabás était innocent et même avait empêché qu’on mît le feu à la mairie, ils répondirent : On s’en fiche… Il faut tuer tous les curés, et tous ceux qui vont avec eux.

Le chef militaire ordonna qu’on l’attachât à une colonne de l’église. La corde serrait fortement la peau, les bras étaient attachés derrière le dos, le soleil était chaud : le père demanda plusieurs fois de l’eau car il avait très soif, mais ils ne s’en soucièrent pas. Très tard, le père leur dit : Je ne peux donc rien obtenir d’autre de vous, pas même cette faveur que vous me donniez un peu d’eau ? Alors un soldat lui porta un peu d’eau, qu’il eut du mal de boire à cause de ses liens.

Il priait continûment ; le jeune José aussi était attaché à une autre colonne, et avait très peur. Le père dit plusieurs fois aux soldats : Dieu sait que je ne vous dois rien ; mais si toutefois vous avez quelque doute sur moi, ne faites rien à ce garçon, car il n’a aucune faute à se reprocher. Puis, à José : N’aie pas peur, José, courage ! Dieu sait bien que nous n’avons rien fait de mal ; mais si quelque chose nous arrive, tu sais que là-haut nous aurons notre récompense ; prie notre Seigneur et Sauveur, bien que je sois certain qu’il ne t’arrivera rien. Peu après, on libéra le garçon et il resta en vie.

(José, l’aîné des orphelins, héritera de la maison du père Sabás, dont une plaque y rappelle le martyre ; José avait aussi une image de Notre Dame de Guadalupe, que lui avait donnée le père Sabás et qui maintenant est en possession du fils de José, Norberto. Ce dernier n’eut guère la possibilité de connaître l’histoire de son papa, car il n’avait que cinq ans à la mort de celui-ci.) 

Les habitants du pays demandèrent avec beaucoup d’insistance aux soldats de libérer le prêtre, en leur offrant même de l’argent comme rançon, mais sans résultat.

Le général Izaguirre avait l’ordre de capturer le curé, Francisco Vizcarra, ainsi que le vieux prêtre José Dolores Guzmán. Sur le tard, on porta le père Sabás comme un paquet devant le général, qui lui demanda : Où est le curé Vizcarra ? Le père ne répondit rien. Plusieurs fois le soldat de garde donna un coup très brusque sur la corde qui attachait le père et le fit tomber à la renverse sur le pavement ; après l’avoir remis sur pied, il passait la corde aux autres soldats, pour recommencer le même outrage. Interrogatoire et torture recommencèrent aussi longtemps que les forces du martyr le consentirent.

Les soldats lui brûlèrent les pieds avec de l’essence et pour prolonger le tourment, ils lui allumèrent deux brasiers, un près de son visage, l’autre près des pieds ; entre moqueries et blasphèmes, ils lui mettaient les mains et les pieds dans les braises et dans le feu. Le père Sabás murmurait Mon Seigneur et mon Sauveur, Reine de Guadalupe, ma mère, soulagez-moi. 

Depuis dehors on entendait les cris de douleur du père Sabás, car la pièce était sans toit : jamais il ne renia sa foi, jamais il ne s’impatientait. Cette torture brutale se prolongea jusqu’aux premières heures du matin. De temps en temps, un des soldats lui appliquait sur la peau un tison ardent en se moquant de lui : Tu nous as dit que tu fais venir Dieu dans tes mains, qu’il descende maintenant pour te libérer des miennes.

Sous les intempéries de la nuit comme sous le soleil du jour, le père Sabás resta ainsi attaché à la colonne, douloureusement suspendu, sans manger ni boire, et les bonnes personnes qui auraient voulu lui porter de l’eau furent chassées avec insolence, menaces et mêmes frappées.

Ce n’est que lorsqu’on mit fin à cette barbare torture, qu’on détacha le martyr, et encore, il s’écroula lourdement par terre, incapable de se redresser, tant les cordes lui avaient rompu tous les membres. Mais on l’obligea bestialement à se lever quand même et à parcourir, sur ses pieds en sang et brûlés, la distance qui séparait l’église du cimetière. C’était le Mercredi Saint 13 avril.

 Arrivé au cimetière., on l’acheva par balles ; il était neuf heures du soir, on entendit bien les coups de pistolet et les voisins se mirent à prier pour le père. Peu après un soldat se présenta à la “Maison de l’Assistance”, pour reconnaître : Monsieur, j’ai honte d’avoir tué ce curé ; il est mort injustement. Nous lui avons mis trois ou quatre balles et malgré tout il se relevait pour crier «Vive le Christ Roi»

On pourrait ingénieusement rapprocher le nom du père Sabás Reyès, du mot espagnol Rey (roi) ; certainement, il “cria” plus avec son âme qu’avec sa voix.

Le 14 avril 1927 au matin, à sept heures, deux messieurs virent le cadavre du Père Reyes, contre le mur en-dehors de l’église, déjà froid et rigide, avec quatre balles : deux dans la poitrine, une dans le bras droit et une autre dans le front. La peau, les côtes, les chevilles, portaient de profondes marques de cordes ; les mains brûlées, le crâne très enfoncé et pratiquement tous les os brisés par les coups.

Béatifié en 1992, le Père Reyes Salazar fut canonisé en 2000, avec vingt-quatre autres martyrs mexicains. Leur fête commune est le 21 mai, tandis que le Martyrologe les commémore chacun à la date de son martyre : saint Sabás Reyes Salazar, le 13 avril.

 

 

Stanisław Kostka Starowieyski

1895-1941

 

Né le 11 mai 1895 à Ustrobna (Krosno, Pologne), de Stanisław et Amelia Łubieńska, Stanisław reçut sa première formation à la maison, puis à Krosno et au collège des Jésuites de Chyrowie. Il s’inscrivit dans la Congrégation de Marie.

Après le baccalauréat, il fit le service militaire durant la Première guerre mondiale, participant aux batailles de Lviv et de Przemysl ; puis durant le conflit polono-ukrainien (1918-1919) il défendit la citadelle de Lviv. Il fut deux fois décoré, de la Croix de la Vaillance et de l’Ordre de la Vertu Militaire.

En 1921, il épouse Mary Sezptycka Łabuniach et vécut à Łaszczów, près de sa belle famille.  On a retenu de lui qu’il administrait très honnêtement son exploitation, bon envers chacun, économe quand il le savait nécessaire et possible. Exigeant avec ses ouvriers, il tenait à leur accorder un salaire digne, des conditions de travail convenables. 

Bon père de famille, il assistait chaque jour à la Messe en compagnie de son épouse. Ils eurent six enfants, dont deux, encore vivants (2013), se rappellent les longs moments que passait leur père à genoux en prière.

Il fut très actif dans l’Action Catholique. Il recevait chez lui les jeunes, les intellectuels, les exploitants, les propriétaires en retraite, où tous entendaient comment il concevait l’activité des laïcs chrétiens dans la société. L’idée centrale qu’il développait était que les chrétiens de l’Action Catholique devaient se préparer d’abord par une formation intérieure spirituelle et intellectuelle. Après seulement venait l’activité, comme le développement de la presse chrétienne et les syndicats chrétiens.

En 1932 il fut vice-président de l’Institut diocésain de l’Action Catholique (DIAK), puis président en 1935.

D’une activité inlassable, il participa à des célébrations et des retraites, il organisa des conférences, des cours, des pèlerinages. En 1937, il organisa un pèlerinage à Jasna Gora. La même année, il participa au Congrès international en l’honneur du Christ-Roi et s’arrêta au retour au Niepokalanow pour s’entretenir avec le père Kolbe de la possibilité d’organiser à Łaszczów une rencontre de la presse catholique. En 1938 il organise à ses frais un pèlerinage du DIAK au congrès eucharistique international de Budapest (où fut présent le cardinal Pacelli, futur Pie XII). 

Une de ses préoccupations était le salut des âmes, mais aussi le soin des personnes pauvres et nécessiteuses. Il fonda des cercles de bienfaisance pour aider les gens dans le besoin, il allait les visiter, il en recevait chez lui ; il n’hésitait pas à aider financièrement les enfants et les jeunes de familles pauvres pour leurs études.

Stanisław s’occupait de tous sans distinction, Polonais, Ukrainiens, Juifs… Bien sûr, sa fidèle épouse le secondait à chaque pas. Pie XI le récompensa du titre de Camérier secret de Sa Sainteté.

Tant d’activité chrétienne ne pouvait rester inaperçue et suspectée par la Gestapo au moment de la Deuxième guerre mondiale. Il fut arrêté le 19 juin 1940, emprisonné à la Rotonde de Zamosc puis au château de Lublin, avant d’être transporté au camp de Sachsenhausen, puis à celui de Dachau.

Là encore, il se montra zélé envers ses camarades de camp pour apporter sa note de sérénité et de courage, pour soutenir le moral. Il eut ainsi un apostolat actif au cœur du camp.

Il tomba malade le Vendredi Saint 11 avril, et décéda le jour de Pâques, 13 avril 1941, peut-être «achevé» par les autorités du camp.

Ses cendres furent dispersées aux abords du camp.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de cette époque, en 1999.

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 15:06

Maria Ripamonti

1909-1954

 

Maria Ripamonti naquit le 26 mai 1909 à Acquate (Lecco, Italie N), benjamine des quatre enfants de Ferdinando.

Ce papa était un honnête ouvrier, chrétien mais peu pratiquant. Maria fut cependant baptisée le 30 mai, reçut la Première communion en 1916 et la Confirmation en 1918.

Dès son adolescence, elle fila la laine, pour gagner un peu d’argent et aider ainsi ses frères et sœurs.

Dans la paroisse, elle fut très active dans les rangs de l’Action Catholique. Elle aimait prier, et participait chaque jour à la Messe. Son bon curé l’encourageait et la choisit pour enseigner le catéchisme.

En 1932, elle entra chez les Ancelles de la Charité à Brescia et fit la profession perpétuelle en 1938, prenant désormais le nom de Lucia de l’Immaculée.

Cette congrégation avait été fondée au siècle précédent par Paola Francesca Di Rosa (en religion Maria Crocifissa, v. 15 décembre).

Elle participa avec entrain aux activités de sa congrégation, se penchant toujours sur les nécessités des éprouvés. On notait sa joyeuse obéissance à exécuter tout ce qu’on lui demandait.

Quelques années après sa profession, sœur Lucia éprouva de graves problèmes de santé, l’obligeant à passer de longues et fréquentes périodes à l’hôpital. Sœur Lucia accepta sa maladie avec sérénité, s’offrant désormais en victime de réparation pour le salut des pécheurs et la sanctification des prêtres.

Ses dévotions préférées étaient Notre-Dame de Lourdes et la Fondatrice, Maria Crocifissa di Rosa, qui avait été béatifiée en 1940.

Après de longues années de souffrances sereinement acceptées, sœur Lucia s’éteignit à l’hôpital Ronchettino de Brescia, le 4 juillet 1954, un mois après la canonisation de la Fondatrice.

Le miracle retenu en vue de sa béatification, fut la guérison totale et instantanée, inexplicable, d’une petite fille de sept ans, laquelle, en 1967 lors d’un grave accident de la route, ne pouvait logiquement pas survivre ; considérée en état de mort clinique, elle se réveilla contre toute attente une semaine plus tard, et n’éprouva aucune séquelle physique ou mentale : ses parents avaient invoqué pour elle sœur Lucia.

Maria Ripamonti devrait être béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 4 juillet.

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 23:00

12 AVRIL

 

II.

S Lazare, diacre à Trieste, dont il est patron secondaire, martyrisé à soixante-dix ans. 

III.

Ste Vissia, vierge et martyre à Fermo.

IV.

S Iulius Ier, pape (337-352), grand protecteur de s. Athanase dans le combat anti-arianiste.

S Victor, martyr à Braga.

S Zéno, probablement d'origne africaine, évêque à Vérone ; ses sermons révèlent un orateur proche de Tertullien et de s. Cyprien, par son style et ses citations bibliques ; il a commenté le baptême et le mystère pascal dans des allocutions aux catéchumènes ; on le représente avec un poisson, car il en était réduit à pêcher lui-même dans l’Adige pour assurer sa subsistance.

S Sabas le Goth, martyr en Gothie à trente-huit ans. 

VI.

S Constantinus, évêque à Gap.

S Florentin, premier abbé du monastère des Saints-Apôtres à Arles. 

VIII.

S Damianus, évêque à Pavie.

S Basilios, évêque à Parion, exilé par les iconoclastes. 

S Erkembode, irlandais, abbé à Sithiu, puis évêque à Thérouanne.

XI.

S Alferius, italien, moine à Cluny, fondateur et abbé à La Cava, mort à cent-vingt ans. 

XIII.

Bse Mechtilde, écossaise, installée près de Laon et grande mystique.

XIV.

B Lourenço, prêtre hiéronymite portugais. 

XX.

Ste Juanita Fernandez Solar (Teresa de Jesús ou “de Los Andes”, 1900-1920), novice carmélite chilienne, mystique, béatifiée en 1987, canonisée en 1993. Son carmel était situé à Los Andes.

S Giuseppe Moscati (1880-1927), médecin et savant napolitain ; il dénonça les abus préjudiciables aux malades et se préoccupa des étudiants en médecine ; il communiait chaque matin ; canonisé en 1987.

S David Uribe Velasco (1888-1927), prêtre et martyr mexicain ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai ; il avait refusé d’être un évêque schismatique.

Bx Pedro Ruiz Ortega (*1912) et Pere Roca Toscas (*1916), des Fils de la Sainte Famille, martyrs espagnols en 1937 près de Barcelone, béatifiés en 2013.

Vissia de Fermo

† 250

 

Il est certain que cette vierge fut martyrisée vers 250 à Fermo (Ancône, Marches, Italie CE), probablement décapitée.

Ses reliques se trouvent dans la cathédrale de Fermo.

Les Actes de son martyre ayant été perdus, on ne sait rien d’autre sur cette Sainte.

Sainte Vissia de Fermo est commémorée le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulius 1er

337-352

 

Succédant au pape saint Marc, Iulius, fils du Romain Rusticus, fut le trente-cinquième pape.

Le pontificat de ce pape fut marqué par le concile de Sardique (aujourd’hui Sofia, Bulgarie), où le pape avait convié tous les évêques en vue d’examiner la cause d’Athanase d’Alexandrie. Celui-ci fut pleinement réhabilité, après son exil à Trêves et son nouveau bannissement de son siège d’Egypte.

Les opposants à Athanase étaient montés par un certain Eusèbe qui, non seulement penchait pour la doctrine d’Arius (déjà condamné au concile de Nicée, 325), mais aussi intriguait pour faire nommer des évêques non orthodoxes sur les sièges de Constantinople et Alexandrie.

Cet Eusèbe se jeta lui-même le discrédit en ne se présentant pas au concile de Sardique. En revanche, le pape Jules 1er lui fit parvenir une encyclique, considérée comme un chef-d’œuvre à la fois doctrinal et littéraire. 

Outre ce fameux épisode, Jules 1er dut lui-même s’exiler de Rome pendant dix mois, au moment où le Gaulois Magnence s’empara de Rome après avoir fait tuer Constant (troisième fils de Constantin) ; Magnence fut à son tour vaincu et tué à Mursia et le pape put rentrer à Rome.

Jules 1er demanda aux Eglises d’Orient de célébrer Noël au 25 décembre, comme l’atteste saint Jean Chrysostome dans une lettre.

Durant les quinze ans et deux mois de son pontificat, Jules 1er ordonna neuf évêques, dix-huit prêtres et quatre diacres.

Il mourut le 12 avril 352 et eut pour successeur Libère.

 

 

Sabas le Goth

334-372

 

Le récit de la passion de Sabas est une des pièces les plus importantes dans l’histoire hagiographique, par son authenticité et sa précision. Le fait qu’il fut écrit par un témoin oculaire, est une preuve lumineuse que certaines choses peuvent se produire réellement, même si elles nous semblent parfois trop extraordinaires.

Sabas était originaire de Gothie et fut éduqué dans la foi chrétienne dès l’enfance.

Animé de cette foi, il grandit dans les saintes vertus : On le voyait juste, doux, pieux, peu bavard, pacifique envers tous, sincère, modeste et soumis avec humilité. Ennemi de l’idolâtrie, il fréquentait assidûment l’église, où il participait à la psalmodie. Il vivait dans le monde comme étranger à celui-ci, sans chercher la richesse, réservé, surtout avec les femmes, fidèle au jeûne fréquent, à la prière. Il s’efforçait de donner le bon exemple et de stimuler chacun à devenir meilleur chaque jour.

Survint une persécution. On voulut obliger les Chrétiens à manger des viandes offertes aux idoles - qu’ils refusèrent, Sabas le premier ; on l’expulsa de la ville pendant un certain temps.

Dans un second temps, les païens voulurent jurer aux autorités qu’il n’y avait aucun Chrétien dans la ville, mais Sabas protesta encore vivement. Aussi les païens s’arrangèrent pour mettre tous leurs parents chrétiens en sûreté, et vinrent déclarer aux autorités qu’il n’y avait qu’un seul Chrétien dans la cité, Sabas. Quand le magistrat vit Sabas revêtu de sa simple tunique, il le méprisa : Un type comme cela ne peut être ni utile ni dangereux, et le fit relâcher.

Une troisième période de persécution recommença peu avant la Pâque de 372. Sabas pensait rejoindre le prêtre Guttica, dans une ville voisine, mais en chemin une abondante neige lui barra le chemin et une voix inconnue lui enjoignit de repartir en arrière, chez le prêtre Sansala ; Sabas ne savait pas que ce dernier était revenu chez lui, après s’être caché en Roumanie. Sansala célébra donc la Pâques, assisté de Sabas. Trois jours après, surgit Athariste avec une troupe de brigands, qui tirèrent Sansala du sommeil, et le jetèrent sur un charriot. Sabas fut alors traîné nu dans les épines, battu sur tout le corps avec des bâtons et des fouets ; on le fit marcher pieds nus sur le sentier.

Le lendemain, Sabas fit remarquer aux bourreaux qu’il ne portait aucune trace de ses blessures de la veille. Revenus de leur étonnement, les bourreaux attachèrent Sabas aux essieux du charriot, en lui écartelant les mains et les pieds, jusqu’au milieu de la nuit suivante ; alors une femme vint le délivrer.

Le jour d’après, Athariste fit pendre Sabas par les mains à une poutre de la maison et fit apporter à Sansala et Sabas des viandes immolées aux idoles. On leur dit que c’était le seigneur Athariste qui les leur faisait apporter. Réponse : Il n’y a qu’un seul Seigneur, Dieu, qui est dans les cieux.

Un des soldats enfonça alors son javelot dans le corps de Sabas, qui n’en reçut aucun mal, pas même un signe de blessure.

Alors Athariste donna l’ordre de mettre à mort Sabas. Sansala fut libéré. Sabas, qui exultait de joie, fut conduit près du fleuve. Les bourreaux lui proposèrent de lui donner la liberté, mais il refusa de perdre si facilement la couronne du martyre, et les pressa d’obéir aux ordres reçus. Alors ils le précipitèrent dans le fleuve et le noyèrent avec le bois qu’ils lui avaient attaché au cou.

L’auteur du récit fait remarquer qu’ainsi Sabas mourut par l’eau et le bois, l’eau libératrice de la Mer Rouge, le bois de la Croix rédemptrice.

C’était le 12 avril 372.

Quoique les bourreaux eussent laissé le corps sur la rive sans sépulture, les bêtes n’y touchèrent pas. Des fidèles purent le reprendre. Le gouverneur de Scythie, un chrétien de Cappadoce, le fit transporter en Roumanie, de là en Cappadoce, où il reçut un culte quasi immédiat.

Saint Sabas le Goth est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zeno de Vérone

 † 380

 

Zeno (que l’on traduit communément Zénon en français), serait né en Afrique du Nord et aurait étudié à Rome, avant de devenir évêque à Vérone.

Pasteur soucieux de la vérité et de la sainteté, il baptisa beaucoup de nouveaux catéchumènes, combattit énergiquement les vestiges de l’arianisme et du pélagianisme dans son diocèse, s’occupa de former des clercs dans la dignité nécessaire au service de l’autel, ainsi que des vierges.

On mentionne surtout la charité de l’évêque, qui inspira également aux diocésains des gestes édifiants de charité : les étrangers étaient accueillis, les malheureux n’avaient pas même à demander l’aumône, et après la défaite romaine d’Andrinople (378), beaucoup de prisonniers furent rachetés par eux, évitant ainsi soit une mort certaine soit des travaux pénibles.

Un autre détail de l’activité du saint Pasteur, fut qu’il intervint pour supprimer des célébrations funéraires les lamentations bruyantes et déplacées. 

On a conservé de saint Zeno une centaine de discours et homélies. 

Il mourut le 12 avril 380.

Une première église fut construite en son honneur à Vérone, dont on fit la dédicace un 8 décembre et qui fallit être inondée par l’Adige en crue : les eaux montèrent jusqu’aux fenêtres, mais ne pénétrèrent pas par les portes, pourtant ouvertes. Depuis, saint Zéno fut honoré comme le Patron de la ville de Vérone.

L’actuel sanctuaire a des portes ornées de vingt-quatre plaques de bronze représentant vingt scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, et quatre de la vie du saint Evêque.

 

 

Constantinus de Gap

† 450

 

Ce quatrième évêque de Gap pose des problèmes.

S’il est celui qui assista au concile d’Epaone en 517, il n’est certainement pas mort au 5e siècle.

Mais l’évêque du 6e siècle qui lui «succéda» s’appelait Constantius ou Constance. Certains les ont distingués, d’autres - et le Martyrologe avec eux - les ont confondus.

On a même pu aller jusqu’à affirmer que le diocèse de Gap ne remontait pas plus tôt qu’au 5e siècle et que les trois premiers évêques traditionnellement reconnus (Demetrius, Tigris et Remedius) seraient simplement légendaires, si bien qu’ils ont été retirés du Martyrologe.

On ne pourra rien en dire de plus actuellement.

Saint Constantinus est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Damianus de Pavie

† 710

 

Damianus fut le dixième évêque de Pavie, et gouverna ce diocèse à partir de 680.

Auparavant, étant encore prêtre du diocèse de Milan, il y rédigea, de concert avec l’évêque Mansuetus, une profession de foi qui fut lue au synode de Milan et au concile de Constantinople (680).

Il fut assez influent, au point qu’il fut chargé de bons offices entre les Lombards et l’empereur de Byzance. Artisan de paix, il alla, en 688, rendre hommage au roi usurpateur Alachis, malgré les humiliations qu’il en avait reçues, quitte à renouveler son attitude envers Cunipertus lorsque celui-ci put récupérer la couronne.

Son action sociale se manifesta en faveur des pauvres et des malades, en particulier lors d’une épidémie de peste, où il sollicita de Rome un bras de saint Sébastien ; portée solennement en procession par les rues de Pavie, cette relique mit fin au fléau.

Saint  Damianus est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios de Parion

† 740

 

Basilios, recommandable par ses vertus, fut nommé évêque de Parion (Mysie, act. Turquie NO).

En 717, Léon l’Isaurien évinça l’empereur Théodose III et s’empara de la couronne impériale : s’il réussit à contrecarrer l’avance de l’Islam, il s’orienta vers l’iconoclasme et déclencha une véritable persécution.

Basilios, de son côté, eut à cœur de soutenir le culte des Images saintes. Invité à s’associer au courant suscité par l’empereur, il refusa catégoriquement tout contact avec les hérétiques, leur interdisant même d’entrer dans son diocèse.

Le courageux évêque fut exilé et souffrit beaucoup de privations, de faim, de mauvais traitements, et ne put jamais rentrer dans son diocèse.

On dit qu’il mourut vers 740, le Martyrologe parle de 735, ailleurs on retarde cette glorieuse mort jusque vers 800.

Saint  Basilios de Parion est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erkembode de Sithiu

† 742

 

Erkembode venait d’Irlande.

Il avait, dit-on, deux compagnons, qui furent massacrés sur le sol français.

Il alla au monastère de Sithiu, où l’aurait reçut s.Bertin lui-même (v. 5 septembre), auquel il succéda. Ces détails sont peut-être inexacts, puisque Bertin mourut en 698 (ou 709). Il y eut apparemment un ou deux abbés entre Bertin et Erkembode.

En 722, c’est sur ce dernier que tomba le choix du clergé et de tout le peuple pour devenir l’évêque de Thérouanne, devenant le quatrième successeur de s.Omer (v. 1er novembre).

Désormais, Erkembode gouverna et l’abbaye et le diocèse, se faisant tout à tous, père des pauvres, consolateur des affligés, et aussi constructeur d’églises et de monastères, barrant la route aux vestiges du paganisme.

Ces longues marches à pied qu’il fit pour visiter son immense diocèse, furent peut-être la cause de la paralysie presque totale dont il souffrit les dernières années de sa vie.

Il mourut le 12 avril 742.

A son tombeau eurent lieu beaucoup de miracles ; on note en outre que, pour une fois, ces précieuses reliques ne furent pas profanées à la Révolution, grâce à la vigilance de la sacristine, qui les cacha et les restitua au clergé en 1804. 

Saint Erkembode est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

Alferius de La Cava

930-1050

 

Alferius (Alferio en italien) vit le jour en 930, de l’illustre famille Pappacarbone de Salerne (Italie SO).

Il vécut d’abord à la cour et fut envoyé comme ambassadeur en France.

Tombé malade, il fut soigné à l’abbaye de Cluse et fit vœu, s’il guérissait, d’entrer dans les ordres. Il entra ainsi à Cluny, sous l’abbatiat de s.Odilon (v. 1er janvier).

Alferius n’avait plus aucune ambition terrestre, mais on le rappela de Salerno pour venir réformer les abbayes du Sud de l’Italie. Le premier essai ne porta pas les fruits attendus, et c’est alors qu’Alferius fonda sur le Mont Fenestra l’abbaye Sainte-Trinité-de-la-Cava.

Cette abbaye fut un des principaux centres de la réforme monastique en Occident.

Alferius la dirigea jusqu’à son dernier jour, où il lava les pieds de chacun de ses moines, parmi lesquels se trouvait le futur pape Victor III (v. 16 septembre).

Il mourut le 12 avril 1050, à cent-vingt ans.

En 1893, son culte fut confirmé.

Saint Alferius est commémoré le 12 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lourenço de Lisbonne

XIVe siècle

 

Ce saint moine hiéronymite vivait dans son couvent de Belem (Lisbonne, Portugal), au 14e siècle. On ne nous en dit guère plus.

L’Ordre hiéronymite se constitua justement au 14e siècle dans la péninsule ibérique, pour remettre en honneur le style de vie de saint Jérôme (v. 30 septembre).

Il n’était pas recensé dans l’ancien Martyrologe.

Même les bons moines hiéronymites actuels répondent qu’ils n’ont aucun renseignement sur le Bienheureux.

Le Martyrologe du 12 avril ajoute que beaucoup de pénitents allaient le trouver, attirés par sa sainte vie.

 

 

 

Juanita Fernández Solar

1901-1920

 

Juanita est née à Santiago du Chili le 13 juillet 1900 dans une famille aisée. Le grand-père paternel de Juanita était originaire d'Espagne. Son grand-père maternel, don Eulogio, possédait à Chacabuco, à une soixantaine de kilomètres au nord de Santiago, une très grande propriété dans laquelle il réunissait souvent sa famille.

Juanita passera de nombreuses vacances dans ce lieu qu'elle aimait beaucoup. Elle y apprit très tôt à monter à cheval. Véritable amazone, elle aimait galoper à travers la propriété jusqu'aux abords de la cordillère des Andes.

Don Miguel Fernández Jaraquemada et doña Lucía Solar Armstrong eurent sept enfants : Lucita, Miguel, Luis (Lucho), Juana, morte quelques heures après sa naissance et dont Juanita reprit le nom, Rebeca et Ignacio. Juanita était particulièrement proche de son frère Lucho et de Rebeca, son inséparable sœur cadette. Elle fut baptisée deux jours après sa naissance.

En 1906, un tremblement de terre secoua la ville de Santiago. Juanita écrit dans son Journal que ce fut à cette époque que Jésus commença à prendre possession de son cœur. Elle accompagne sa mère tous les jours à la Messe.

En 1907, le grand-père de Juanita mourut saintement. La mère de Juanita, doña Lucía, hérita une partie de la propriété de Chacabuco. Don Miguel, le père de Juanita, s'occupa de la gestion de la propriété. Cette même année, Juanita entre comme externe au collège du Sacré-Cœur à Santiago tenu par les Sœurs de sainte Madeleine-Sophie Barat (voir au 25 mai).

Ce fut son frère Lucho qui apprit à Juanita la prière du rosaire. Tous deux firent la promesse de le réciter chaque jour, promesse que Juanita tint jusqu'à la fin de sa vie (une seule fois, confesse-t-elle, elle l'a oublié quand elle était très petite). Dès lors, on peut dire que Notre Seigneur me prit par la main, avec la très Sainte Vierge.

Très tôt, Juanita montra un grand attrait envers les choses de Dieu, aimant accompagner Ofelia (la servante qui prenait soin d'elle) à l'église. Un jour, à Chacabuco, prenant par la main un prêtre ami de la famille, elle lui dit : Petit Père, allons au ciel ! Étant sortis tous deux de la maison, le prêtre lui demanda : Eh bien, Juanita, par où va-t-on au ciel ? - Par là, répondit-elle en indiquant du doigt la Cordillère des Andes. Le prêtre répliqua : Quand nous aurons escaladé ces hautes montagnes, le ciel sera encore très, très loin. Non, Juanita, ce n'est pas là le chemin du ciel : Jésus au tabernacle, voilà la voie royale pour y parvenir.

Cependant, Juanita n'a pas un caractère facile. Elle est vaniteuse, n'aime pas obéir, se met facilement en colère (ses frères prennent parfois un malin plaisir à essayer de la faire enrager) et pleure pour un rien. Avec le secours de la grâce de Dieu, spécialement de l'Eucharistie, elle parviendra progressivement à vaincre ses défauts et à se dominer.

Juanita eut rapidement un grand désir de faire sa Première communion. Elle demandait fréquemment quand elle pourrait la faire, mais on lui répondait qu'elle était trop petite. Elle demandait alors qu'on lui apprît à faire des communions de désir. A force d'insister, Juanita obtint enfin qu'on lui permît de faire sa Première communion. Elle voulut s'y préparer par la confession, par la prière et en offrant à Jésus de nombreux petits sacrifices. Je me suis préparée une année. Pendant ce temps, la Vierge m'aida à purifier mon cœur de toute imperfection. Ce fut le 11 septembre 1910 à Santiago. Par la suite, elle tâchera de communier quotidiennement, autant que cela dépendra d'elle.

En 1914, Juanita lit pour la première fois l'Histoire d'une âme de Thérèse de Lisieux (pas encore béatifiée à l'époque). Plusieurs années de suite, Juanita tombe gravement malade à l'approche du 8 décembre. En 1914, elle a une appendicite qui exige une opération, chose délicate et périlleuse à l'époque, d'autant plus que Juanita a une santé fragile. C'est à cette époque que Juanita ser sent appelée à la vie au Carmel. 

En 1915, Juanita est interne au collège du Sacré-Cœur avec sa sœur Rebeca. Le fait de quitter ainsi le foyer familial est pour elle une grande souffrance car elle aime énormément sa famille. Elle comprend cependant que le Seigneur la prépare ainsi à la grande séparation quand elle entrera au carmel. Elle finira par apprécier le climat du collège qui lui permet de mener une vie chrétienne fervente. Elle commence à écrire son Journal. Elle nourrit et développe sa vie spirituelle par le moyen de l'oraison, de la messe quotidienne et du sacrifice. Bien qu'elle n'ait rien d'une élève exceptionnelle, elle se donne à fond dans les études, y compris dans les matières qu'elle n'aime pas (comme la physique et la chimie), pour plaire à Jésus et satisfaire ses parents. Elle aime aussi venir en aide aux élèves pauvres ou moins douées.

Très tôt, Juanita manifeste un très grand amour des pauvres et les secourt autant qu'elle le peut. Ce fut en cette même année 1915 qu'elle rencontra dans la rue un enfant en haillons, affamé et grelottant de froid. Elle le fit entrer dans la maison de sa famille, lui donna à manger et demanda à l'enfant où il habitait. Elle découvrit que l'enfant vivait dans un taudis des faubourgs de Santiago. Elle visita la famille et, jusqu'à son entrée au Carmel en 1919, prit soin personnellement de l'enfant qu'elle appela Juanito, le faisant manger chez elle et demandant pour lui des vêtements à ses frères. Elle alla même jusqu'à mettre sa montre en loterie afin d'avoir de l'argent pour acheter à Juanito une paire de souliers. Elle se soucia aussi de son éducation, tant humaine que chrétienne. 

 Le 8 décembre 1915, Juanita fait vœu privé de chasteté avec la permission de son confesseur, prenant la résolution de ne pas avoir d'autre époux que Jésus-Christ. Elle renouvellera plusieurs fois ce vœu.

Juanita passe les vacances scolaires à Chacabuco où elle exerce un véritable apostolat auprès des familles des métayers, rassemblant les gens pour les missions, faisant le catéchisme aux enfants, organisant des jeux pour eux, montant une chorale, consacrant les maisons des métayers au Sacré-Cœur, etc. Elle a un don pour transmettre les vérités de la foi aux enfants. 

En 1917, suite à la mauvaise gestion du père de Juanita, la propriété de Chacabuco doit être vendue et la famille de Juanita doit réduire son train de vie. Au milieu des siens qui s'affligent de cette perte, Juanita y voit une invitation providentielle à se détacher des biens de ce monde. 

Juanita devient Enfant de Marie. Elle gardera toute sa vie un lien personnel très fort avec la Vierge Marie à qui elle confie tout. Elle lit les écrits spirituels de sœur Elisabeth de la Trinité (qu’on lisait déjà outre atlantique, voir au 9 novembre), carmélite de Dijon avec laquelle elle se découvre une grande affinité spirituelle. Elle s'efforce de vivre constamment en la présence de Dieu qu'elle aime de plus en plus. Elle va jusqu'à dire à son frère Lucho : Que veux-tu, Lucho, le Christ, ce fou d'amour, m'a rendue folle. En septembre 1917, elle prend contact pour la première fois avec la prieure du carmel de Los Andes, ayant la conviction intérieure que c'est là que le Seigneur lui demande d'entrer.

En août 1918, Juanita quitte le collège du Sacré-Cœur pour remplacer au foyer familial sa sœur aînée Lucita qui vient de se marier. Elle se dévoue chaque jour et ne recule devant aucun sacrifice pour faire le bonheur des siens : Je ne croyais pas que la vie de famille était une vie de acrifices. Cela m'a servi pour me préparer à la vie religieuse… Son frère Lucho dira d'elle qu'elle était la perle de la maison. Juanita écrit dans son Journal : Je dois m'efforcer de procurer le bonheur des autres. Ma résolution est de me sacrifier pour tous.

En janvier 1919, elle rend visite pour la première fois au carmel de Los Andes et demande son entrée dans la communauté. Elle a dix-huit ans.

Elle demande à son père la permission d'entrer au carmel. Bouleversé, son père en larmes lui donne sa permission. Elle entre au carmel et y reçoit le nom de Teresa de Jesús (Thérèse de Jésus).

Elle commence le postulat. Pour elle, la vie d'une carmélite consiste en trois choses : aimer, souffrir et prier : pour la conversion des pécheurs, pour la sanctification des prêtres et pour l'Église. Avec la permission de sa prieure, qui comprend que la postulante est une âme d'exception, Teresa entretient une activité épistolaire intense. Ses lettres irradient l'amour du Christ et la joie de lui appartenir entièrement. Plusieurs de ses amies, touchées par son témoignage, embrasseront elles-mêmes la vie religieuse.

Le 14 octobre 1919, c’est la prise d'habit, en présence de sa famille et de nombreuses amies venues de Santiago. Tous les témoins sont frappés de la joie irradiée par Teresa.

Teresa reçoit au carmel de grandes grâces d'union au Seigneur, mais elle n'est pas exempte d'épreuves spirituelles. Les tentations et les sécheresses intérieures ne lui sont pas épargnées. Si elle a une relation privilégiée avec sa prieure, l'adjointe de celle-ci pour le noviciat la fait beaucoup souffrir en la reprenant constamment.

Elle entame son noviciat. Mais dans les premiers jours de 1920, elle tombe gravement malade. En mars, elle déclare au confesseur de la communauté qu'il ne lui reste plus qu'un mois à vivre ; elle lui demande la permission de faire des pénitences extraordinaires. Le confesseur ne la croit pas (comment pourrait-elle savoir l'heure de sa mort ?) et lui dit de se contenter d'observer la règle du Carmel avec perfection. Elle suit cependant tous les exercices du carême de cette année-là, y compris les jeûnes rigoureux.

Le 2 avril 1920, Vendredi Saint, Teresa commence son chemin de croix à la suite du Christ. Elle passe de nombreuses heures en prière au chœur ce jour-là. On finit par remarquer qu'elle est brûlante de fièvre et on lui dit de s'aliter. Les médecins se succèdent à son chevet, sans parvenir à faire baisser la fièvre qui la dévore. Ils finissent par diagnostiquer un typhus avancé.

Le 5 avril, elle reçoit les derniers sacrements et, le 7 avril, a la joie de pouvoir faire profession religieuse in articulo mortis. Selon la coutume, en effet, une novice en danger de mort peut prononcer ses vœux de religion.

Le 12 avril, vers 19 heures, elle meurt alors qu'elle n'avait pas vingt ans.

 

Le miracle retenu pour la béatification est le suivant : une enfant de onze ans, Marcela, restée plus de cinq minutes noyée dans une piscine, lors d'une sortie en groupe, a survécu, sans séquelles. Ses compagnes avaient prié avec ferveur Teresa, qu’on appelle populairement Teresa de los Andes. La science médicale n'a pas eu d'explication pour ce cas. 

La béatification eut lieu en 1987, la canonisation en 1993.

Sainte Teresa de Jésus ou des Andes est la première Sainte chilienne, la première sainte latino-américaine qui a sa statue en la basilique Saint-Pierre de Rome. Elle a été proclamée patronne du Chili et de la jeunesse.

Inscrite au Martyrologe le 12 avril, elle est cependant fêtée au Carmel le 13 juillet, en-dehors du Temps Pascal, date qui est proche de la fête de Notre-Dame du Carmel et jour de la naissance même de Teresa. 

Jean-Paul II achevait ainsi son homélie : 

Tel est son message: en Dieu seul se trouve le bonheur; Dieu seul est joie infinie. Jeune Chilienne, jeune Latino-Américaine, découvre en Sœur Teresa la joie de vivre la foi chrétienne jusque dans ses dernières conséquences. Prends-la comme modèle !

Giuseppe Moscati

1880-1927

 

La famille Moscati était originaire de Santa Lucia de Serino, (Avellino, Naples, Italie). François Moscati, père de Giuseppe (Joseph), naquit en 1836 dans cette ville, et exerça la profession de magistrat après sa maîtrise de droit. Il fut juge dans le tribunal de Cassino, président du tribunal de Benevento, puis conseiller à la Cour d'appel, d'abord à Ancône et ensuite à Naples, où il mourut le 21 décembre 1897. Il fut l'époux de Rosa de Luca, union de laquelle naquirent neuf enfants.

Le septième, notre Giuseppe Moscati, naquit à Bénévent le 25 juillet 1880. Il fut baptisé six jours après la naissance, fit sa Première communion en 1888 et reçut la Confirmation en 1890.

Il entra au lycée classique Vittorio Emanuele de Naples en 1889. Élève du vulcanologue Giuseppe Mercalli, il obtint son baccalauréat avec mention en 1897, et s'inscrivit à la faculté de médecine. Il soutint une thèse sur l'urogenèse hépatique en 1903, et obtent son doctorat en médecine avec les félicitations du jury.

Il réussit le concours de Collaborateur Extraordinaire auprès de l'Hôpital des Incurables (1903) et celui d'Assistant à l'Institut de Chimie physiologique (1908). 

Il se distingua pour son travail et son dévouement pendant l'éruption du Vésuve du 8 avril 1906. En effet, les Hôpitaux Réunis de Naples avaient une succursale à Torre del Greco, une petite ville près de Naples, à six kilomètres du cratère, où vivaient beaucoup de malades paralytiques et vieux. Giuseppe, en pressentant le danger, fit évacuer 1'hôpital juste avant l'écroulement du toit et sauva tous les hospitalisés. Deux jours plus tard il envoya une lettre au directeur général des Hôpitaux Réunis de Naples, proposant de gratifier les personnes qui l'avaient aidé, mais insista surtout sur le fait qu’on ne devait pas citer son nom.

Suite à l'épidémie de choléra de 1911, il fut appelé par le Ministère au Laboratoire de l'Inspection de la Santé publique, pour faire des recherches sur l'origine du mal et les moyens les plus efficaces pour le vaincre. Il termina son étude rapidement, et présenta une relation sur les interventions nécessaires pour assainir la ville ; beaucoup de ses propositions furent acceptées.

Toujours en 1911, à 31 ans, le docteur Moscati fut reçu au concours de Collaborateur Ordinaire aux Hôpitaux Réunis et cette même année, sur l'initiative d'Antonio Cardarelli, l'Académie Royale de Médecine Chirurgicale le nomma Membre agrégé, tandis que le Ministère de l'Instruction Publique lui attribuait le Doctorat en Chimie physiologique.

Outre son intense travail entre l'Université et l'Hôpital, le professeur Moscati assurait aussi la direction de l'Institut d'Anatomie pathologique. Dans la salle d'autopsie, le professeur Moscati avait eu l’idée de faire accrocher un Crucifix avec ce verset du prophète Osée : O mors, ero mors tua (Ô mort, je serai ta mort, Os 13:14).

Sa mère mourut le 25 novembre 1914, du diabète. Quelques années plus tard, il fut un des premiers médecins à Naples, à expérimenter l'insuline et à enseigner à un groupe de médecins les modalités du traitement du diabète (l'insuline fut expérimentée sur les humains pour la première fois en janvier 1922).

Pendant la Première guerre mondiale, Giuseppe Moscati fit une demande d'enrôlement volontaire, qui ne fut pas acceptée, les autorités militaires préférant lui confier le soin des blessés. L'Hôpital des Incurables fut militarisé. Il visita et soigna environ trois mille militaires.

Le Conseil d'Administration de l'Hôpital des Incurables le nomma officiellement en 1919 Directeur de la 3e Salle Masculine, tandis qu'il continuait à enseigner à un grand nombre d'étudiants.

Le 14 octobre 1922 le Ministère de l'Instruction Publique lui attribua la libera docenza (titre académique italien permettant d'enseigner à titre privé dans les universités et les autres instituts supérieurs) en Médecine Clinique. Trois jours après Moscati écrivait:

Aime la vérité, montre la personne que tu es, sans feinte et sans peur, sans aucun ménagement. Et si la Vérité te vaut la persécution, toi, accepte-la ; si elle t'apporte le tourment, toi, supporte-le. Et si pour la Vérité, il te fallait sacrifier toi-même et ta vie, sois fort dans le sacrifice.

Le 12 avril 1927, un Mardi Saint, le professeur Moscati, après avoir participé à la messe, comme chaque jour, et reçu la communion, passa la matinée à l'hôpital, puis il rentra chez lui et après le repas, s'occupa comme d'habitude des patients qui venaient le consulter à son domicile.

Vers 15 h, il eut un malaise et s'assit dans son fauteuil, où il s'éteignit sereinement. Il avait 46 ans et 8 mois.

 

Deux guérisons miraculeuses lui ayant été attribuées, il fut béatifié en 1975.

En vue de la canonisation, Rome examina la guérison de la leucémie du jeune Giuseppe Montefusco, qui eut lieu en 1979. En 1987, Giuseppe Moscati fut canonisé, 60 ans après sa mort. 

Jean-Paul II affirma : L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien. Giuseppe Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologique humaine et de chimie physiologique, a embrassé de multiples activités avec tout l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc. A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par le personnel de santé. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi.

Les recherches des écrits sur Giuseppe Moscati ont été très difficile dans la mesure où celui-ci ne conservait que très peu de documents et les écrits que l’on a de lui sont principalement des lettres écrites à des amis. Sans être tertiaire franciscain, Moscati vivait cet idéal dans son esprit : humble, loin de tout esprit carriériste, soumis à l’Eglise, apôtre de la Vérité, pauvre pour lui-même.

Il recommandait à un de ces clients, dans une ordonnance, le meilleur traitement reconstituant :  celui d’épouser Sœur Pauvreté en donnant de grandes aumônes, distribuant tout aux pauvres, à nos hôpitaux, et en se retirant dans une caverne, pour manger seulement des locustes et du miel sauvage ! comme le recommandait Saint François d'Assise. 

La fête liturgique initialement prévue le 12 avril, jour auquel le Martyrologe commémore Giuseppe Moscati, a été déplacée pour éviter que celle-ci ne tombe pendant la Semaine Sainte, ou une semaine proche de Pâques. Celle-ci est donc le 16 novembre, date du transfert des restes de Giuseppe Moscati dans l'église du Gesù Nuovo, trois ans après sa mort.

 

Quelques citations de saint Giuseppe Moscati

 

La vie n'est qu'un moment ; honneur, triomphe, richesse et science disparaîtront avant la réalisation du cri de la Genèse, cri que Dieu lança contre l'homme coupable : tu mourras ! Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. À nous tous a été promis, après la Rédemption du monde, que nous rejoindrons ceux que nous avons aimés, le jour qui nous conduira à l'Amour Suprême.

Rappelez-vous qu'en optant pour la médecine, vous vous êtes engagé à une mission sublime. Avec Dieu dans le coeur, persévérez en pratiquant les enseignements de vos parents, l'amour et la pitié envers ceux qui souffrent, avec foi et enthousiasme, sourd aux louanges et aux critiques, disposé seulement au bien.

Quoi qu'il arrive, souvenez-vous de deux choses : Dieu n'abandonne jamais personne. Plus vous vous sentez seul, négligé, méprisé, incompris, plus vous serez près de démissionner sous le poids de graves injustices, plus vous sentirez une force infinie et mystérieuse, qui vous soutiendra et vous rendra capable de bonnes et vigoureuses intentions et vous serez étonné par ces forces quand la sérénité reviendra. Cette force est Dieu !

Les personnes malades sont des figures du Christ. Plusieurs mauvaises personnes, criminelles ou blasphémateurs se retrouvent hospitalisées grâce à Dieu, Il veut les sauver ! Religieuses, médecins et infirmières travaillant dans un hôpital ont une mission : coopérer avec cette bonté inépuisable, pardonnant, se sacrifiant eux-mêmes.

Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...

 

 

David Uribe-Velasco

1888-1927

 

Né le 29 décembre 1888 à Buenavista de Cuellar (Guerrero, Mexique), David fut le septième des onze enfants de Juan Uribe Ayal et Victoriana Velasco Gutierrez, une famille qui ne vogua pas particulièrement sur la richesse.

David reçut le baptême le 6 janvier suivant, fête de l’Epiphanie, il entra au séminaire de Chilapa en 1903, fit d’excellentes études et fut ordonné prêtre en 1913.

Il fut successivement curé de sa propre paroisse native, puis secrétaire de l’évêque.

Quand ils reçurent l’ordre de se replier à Chilapa à cause de la persécution, leur bateau chavira, mais ils furent des rescapés. 

David fut ensuite curé à Zirandaro, qu’il dut abandonner à cause de la persécution ; de nouveau à Chilapa, à Buenavista, puis à Telotsapan et Iguala.

Le père David avait une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe.

En 1926, les évêques du Mexique décidèrent par prudence de suspendre l’exercice du culte public dans les églises. David obéit, quoiqu’à contre-cœur, mais chercha à revenir incognito dans la paroisse, pour soutenir les paroissiens avec les Sacrements.

Le 7 avril 1927, il fut arrêté et enfermé à Cuernavaca. On lui offrit la liberté, s’il acceptait l’épiscopat dans une église schismatique, séparée de Rome et inféodée au gouvernement, ce qu’il ne pouvait accepter. 

Le 11 avril, il écrivit des dernières volontés et fut conduit le jour suivant à San Jose Vidal (Morales). Il priait pour lui-même et ses persécuteurs, il leur donna ses affaires, leur promit de prier pour eux dans l’autre vie, et reçut le martyre.

Il fut abattu d’un coup de feu derrière la tête, le 12 avril 1927.

Il a été béatifié en 1992, et canonisé en 2000. 

Saint David Uribe-Velasco est fêté avec ses Compagnons, martyrs de cette époque, le 21 mai.

 

 

Pere Roca Toscas

1916-1937

 

Pere naquit le 7 octobre 1916 à Mura (Barcelone, Espagne). Il avait deux autres frères, Pablo (ou Pau) et Casimiro.

Entré chez les Fils de la Sainte Famille, il était en première année de théologie lorsque se déclencha la guerre civile.

C’était un séminariste joyeux, cultivé, particulièrement attiré par la littérature catalane. On a dit qu’il aurait pu devenir un poète de grand talent.

A cause de la guerre civile, il dut quitter le séminaire de Barcelone, se cacha à Mura, puis à Manresa.

Son frère Pablo chercha à sauver de la destruction des icônes de l’église et fut pour cela arrêté, torturé et fusillé ; malheureusement, son nom n’a pas été inclus dans la cause de béatification, peut-être par simple oubli. L’autre frère Casimiro, plus jeune, est encore actuellement curé de paroisse au Mexique.

Avec son Confrère Pedro Ruiz Ortega, Pere songea à gagner Rome pour poursuivre ses études de théologie.

Mais ils furent arrêtés à La Pobla de Lillet, juste avant de passer en Principauté d’Andorre, le 4 avril 1937, et incarcérés à Manresa.

Ils furent martyrisés à Sant Fruitós de Bages (Barcelone) le 12 avril 1937 et béatifiés en 2013.

 

 

Pedro Ruiz Ortega

1912-1937

 

Pedro naquit le 14 janvier 1912 à Vilviestre de Muñó (Burgos, Espagne)

Entré dans la congrégation des Fils de la Sainte Famille, il était en troisième année de théologie et avait reçu les premières ordinations (ce qu’on appelle aujourd’hui les ministères, mais il y en avait quatre à l’époque, au lieu de deux maintenant).

Durant la persécution de 1936, il se réfugia d’abord à Manresa, où il participa avec entrain aux Ecoles du Peuple. 

Puis il songea à gagner Rome, pour y achever ses études de théologie. Il se trouvait avec son Confrère Pere Roca Toscas et trois autres jeunes.

Mais ils furent arrêtés à La Pobla de Lillet, juste avant de passer en Principauté d’Andorre, le 4 avril 1937, et incarcérés à Manresa.

Ils furent martyrisés à Sant Fruitós de Bages (Barcelone) le 12 avril 1937 et béatifiés en 2013.

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 21:06

Donizetti Tavares de Lima

1882-1961

 

Donizetti - il ne s’agit pas de la famille d’un illustre musicien italien - naquit le 3 janvier 1882 à Santa Rita de Cássia (Minas Gerais, Brésil), un des neuf enfants de parents assez pauvres, Tristão et Francisca Cândida, l’un juriste, l’autre enseignante.

Dès 1886, la famile se transféra à Franca (São Paulo) : Donizetti y fit ses études et apprit la musique.

En 1894, il commença ses études au Petit séminaire, où il devint bien vite un si bon organiste, qu’il pouvait enseigner son art aux autres séminaristes.

En 1897, il fréquenta un collège, pour compléter ses études, mais continua d’enseigner la musique aux séminaristes. En 1900, il commença un cours de droit et, en 1903, commença vraiment ses études de Philosophie et de Théologie, en vue du sacerdoce.

En 1908, il fut ordonné prêtre, pour le diocèse de Pouso Alegre. Le jour de son ordination, il fit le vœu de pauvreté, qui n’est pas explicitement requis en cette occasion.

Ses premiers postes furent la paroisse Saint-Gaétan puis, en 1909, celle de Sainte-Anne. Le jeune prêtre avait comme premièe préoccupation l’assistance aux pauvres, à un point tel que les gens «riches», dérangés par la générosité de l’abbé Donizetti, se mirent à lui reprocher d’être «communiste». Le prêtre laissa dire.

Chez lui, il dormait par-terre, la tête sur une pile de bouquins ; il ne prenait que le repas du soir - une pauvre soupe ; ce qu’on lui donnait, il le distribuait aux pauvres. Il ne gardait vraiment rien pour lui-même.

Durant le temps qu’il fut à Sainte-Anne, il participa à la construction des chapelles dédiées l’une à Notre-Dame Aparecida, l’autre à Saint Benoît.

En 1926, il fut nommé curé à Saint-Antoine de Tambaú, où il célébra pour la première fois le 13 juin, fête de saint Antoine de Padoue (rappelons que saint Antoine était portugais).

C’est durant cette période qu’il veilla à la construction d’un grand sanatorium, pour venir en aide aux gens abandonnés et aux vieillards. Il avait le souci du bien de ses paroissiens : il fonda une crèche, une école,  des cercles de travailleurs, visita les immigrés italiens, visita les personnes âgées.

Mais ce qui marqua le plus la présence de don Donizetti à Tambaú, ce furent les miracles répétés qui eurent lieu dans cette paroisse. La première fois, en 1927, alors qu’un orage planait sur une procession de Notre-Dame Aparecida, le prêtre pria et en un instant, l’orage disparut complètement. En 1950, ce fut la guérison totale d’un malade d’ostéochondrite. En 1953, on put constater que don Donizetti était simultanément dans sa paroisse et dans la localité de São Pedro dos Morrinhos. Ce fut ainsi une succession de guérisons, de manifestations diverses (bilocation, lévitation du prêtre pendant la messe…), qui attirèrent de grandes foules. Parfois les esprits s’échauffaient dangereusement, donnant lieu à de véritables scènes de fanatisme. Ce fut au point que l’évêque se vit obligé, en 1955, d’interdire au prêtre de se manifester. Le prêtre obéit.

En réalité, ce saint prêtre n’attribuait pas grande importance aux signes extérieurs ; il s’intéressait primordialement à la guérison intérieure, à la conversion.

Des personnalités politiques lui rendirent visite, pour lui demander conseil. C’est à la suite de ces rencontres qu’on aboutit à des lois sociales plus équitables.

En 1959, on fit cadeau à Donizetti d’un portrait du pape Jean XXIII. Don Donizetti évoqua alors le prochain Concile de Vatican II. Et quand on lui suggéra de mettre au mur ce portrait à la place de celui du pape précédent, Pie XII, il répondit que non, «car il allait bientôt le rencontrer».

Différents épisodes de faiblesses cardiaques et diabétiques conduisirent don Donizetti à être admis plusieurs fois à l’hôpital. En 1961, sa santé s’altéra encore plus et le saint prêtre mourut dans la matinée du 16 juin 1961.

Le miracle retenu en vue de sa béatification, fut la guérison totale et instantanée, inexplicable, d’un commerçant brésilien, qui était paralysé des jambes.

Donizetti Tavares de Lima a été béatifié en 2019 et sera inscrit au Martyrologe le 16 juin.

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 23:00

11 AVRIL

 

I.

S Antipas, martyr à Pergame ; s. Jean en parle dans l’Apocalypse (2,13) ; on dit qu’il y fut évêque, et qu’il fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu.

II.

S Philippos, évêque à Gortyne.

IV.

S Domnio, évêque à Salone.

S Pharmuthe, ermite en Arménie.

?

S Eustorge, prêtre à Nicomédie.

VI.

S Barsanuphius, égyptien, moine puis reclus près de Gaza ; il ne communiquait que par écrit.

S Isaac, syrien, venu près de Spolète ; il avait le don des miracles et des prophéties. 

VII.

S Airy (Ageric), abbé à Saint-Martin de Tours. 

Ste Godeberte, vierge près de Noyon.

VIII.

S Guthlac, anglais, chef d’une bande de jeunes pillards, puis moine à Repton, enfin ermite sur l’île de Croyland.

XI.

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyrisé par le roi Boleslas, à qui il avait dû faire des remontrances mais qui, repenti, se retira dans un monastère bénédictin ; patron de la Pologne et du diocèse de Cracovie.

XII.

B Landuin, compagnon et successeur de s. Bruno en la chartreuse de Calabre.

B Ulrich, abbé à Kaisersheim, dont il fut le fondateur.

XIII.

Bse Sancha, fille du roi du Portugal, cistercienne près de Coimbra, mystique ; fondatrice d’un monastère de recluses, où elle mourut.

B Raynier, reclus à Osnabrück, près de la porte de la cathédrale.

XV.

B Antonio (Angelo) Carletti de Chivasso, franciscain à Gênes ; son corps est resté incorrompu, à Cuneo.

XVII.

B George Gervase, bénédictin anglais, martyr à Londres. 

XX.

Ste Gemma Galgani (1878-1903), stigmatisée italienne.

Bse Elena Guerra (1835-1914), grande dévote du Saint-Esprit (et qui influença le pape Léon XIII), fondatrice des Oblates du Saint-Esprit.

B Feliks Ducki (Symforian, 1888-1942), franciscain polonais massacré à Auschwitz, béatifié en 1999.

Antipas

1er siècle

 

Le saint auteur de l’Apocalypse, l’apôtre saint Jean, fait un éloge aussi bref que solennel de saint Antipas (Ap 2:12-13) : 

Ecris à l’ange de l’Eglise de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants : Je sais où tu habites : là où se trouve le trône de Satan ; mais tu es fermement attaché à mon nom, et tu n’as point renié ma foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite.

C’est tout ce qu’on sait d’Antipas, mais c’est beaucoup, car c’est l’essentiel : il est fidèle au-delà de toute épreuve, au milieu d’un monde païen.

Ce martyre a dû trouver place sous Domitien (81-96). 

Une certaine tradition rapporte qu’Antipas fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu. 

Antipas aurait aussi été évêque de Pergame. Mais c’est peu vraisemblable. 

Saint Antipas a été honoré très tôt en Orient. Son nom fut introduit tardivement dans le Martyrologe.

Il est mentionné au 11 avril.

 

 

Philippos de Gortyne

† 180

 

Après l’annonce de l’Evangile qui se fit en Crète, grâce à l’action de s.Tite qui ordonna les premiers évêques, un des plus remarquables pontifes de Gortyne fut Philippos.

S.Dionysios de Corinthe (v. 8 avril), dans sa lettre aux Crétois, en fait un vibrant éloge. Une expression maintes fois citée affirme que Philippos garantit son Eglise de la fureur des Gentils et des embûches des hérétiques, ce qui suppose de la part de l’évêque une activité et une vigilance de tous les instants.

Il mourut vers 180.

Saint Philippos de Gortyne est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domnio de Salone

† 304

 

Il faudrait faire une distinction :

 

1. Domnius serait le premier évêque de Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie).

D’après une tradition, Domnius aurait été envoyé à Salone par s.Pierre lui-même, après que s.Paul y eut envoyé Titus pour une première évangélisation (cf. 2Tm 4:10).

Domnius aurait donc reçu le martyre dès le 1er siècle, précédé d’ailleurs de nombreux Compagnons qui moururent un mois plus tôt.

Il serait donc un des six évêques qui auraient précédé s.Venantius (v. 1er avril), mais n’a jamais été mentionné dans le Martyrologe.

 

2. La même tradition affirme que, sous Dioclétien (304), un autre personnage s’illustra par sa foi, qui portait le nom de Domnio.

C’était un domestique de l’empereur Maximien. Il avait la prérogative de poser la couronne d’or sur la tête de l’empereur. Mais il était surtout chrétien, en secret.

Il exhortait les Chrétiens à persévérer dans la foi, à se préparer au Martyre ; il en sauva bon nombre, qu’il fit passer à Rome.

Maximien en fut informé et menaça Domnio. Ce dernier s’enfuit et pensait aller à Rome à son tour, mais il fut rejoint à Parme par les soldats de Maximien, qui le décapitèrent.

Domnio aurait ramassé sa tête et l’aurait portée au-delà de la rivière locale. A la suite de nombreux miracles, le saint corps fut reporté à Salone.

Il y aurait eu ensuite confusion entre Domnius et Domnio, le deuxième recevant le titre d’évêque, qui convenait au premier.

Saint Domnio de Salone, avec le titre erroné d’évêque, est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Barsanuphius de Gaza

† 540

 

Barsanuphe et son frère étaient nés en Egypte.

Laissant son frère, il vint en Palestine dans le monastère de Saint-Séridon près de Gaza. Après quelque temps, il demanda à y vivre en reclus : sa porte demeura fermée pendant près de cinquante ans ; il ne communiqua plus avec l’extérieur que par écrit, l’higoumène (supérieur) Séridos servant d’intermédiaire entre le moine et les gens qui voulaient le questionner. C’est par cette «correspondance» que l’on connaît Barsanuphe et que l’on a déduit certains aspects de son genre de vie.

Il restait un ou deux jours par semaine sans manger ; mais il était moins dur pour les autres, conseillant de dormir six heures la nuit, de manger suffisamment de pain, de légumes, de fruits et même de vin ; pour travailler ou pour voyager, il suggérait même une double ration.

Son combat n’était pas sans tentations, et il en parlait simplement ; mais on ne sait rien sur les grâces particulières qu’il recevait du ciel.

C’est ainsi qu’il eut cette «inspiration» de remettre les péchés à des correspondants extérieurs, alors qu’il n’était pas prêtre lui-même : il «lisait» les âmes, priait et s’offrait pour le pardon des péchés, et écrivait par exemple : Tes péchés seront remis, surtout par les prières et les supplications des Saints et par ta foi en (Dieu).

Son frère vint le voir, d’Egypte ; Barsanuphe lui fit répondre que son frère était Jésus ; que s’il acceptait de devenir moine, alors il deviendrait son frère.

Il arriva un autre incident plaisant. Un certain moine nommé Théodore osa supposer que cette correspondance à travers l’higoumène Séridos, était un stratagème de ce dernier pour tenir les moines sous son exclusive dépendance ; il fut bien surpris, quand il arriva au monastère, d’être invité à entrer avec ses amis et de voir arriver Barsanuphe, mystérieusement averti, qui leur lava les pieds à tous. 

A un mourant, il fit dire : La mort sans le péché, n’est pas la mort, c’est le passage de l’affliction au repos, le passage des ténèbres à la lumière ineffable et à la vie éternelle.

Barsanuphe mourut vers 540.

Ses reliques se trouvent à Oria (Brindes, Italie).

Saint Barsanuphius de Gaza est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Spolète

† 550

 

Isaac était syriaque.

Son pays était déjà le théâtre d’affrontements, et entre Chrétiens : ceux fidèles à la doctrine de l’Eglise, et les eutychiens. Il résolut de passer en Italie.

Il vint aux environs de Spolète, et se présenta à Eleutherios, l’abbé du monastère Saint-Marc. C’est ce dernier qui parla d’Isaac au pape Grégoire Ier (le Grand, v. 12 mars).

Isaac obtint de pouvoir demeurer dans l’église du monastère autant qu’il le souhaiterait ; mais un jour qu’il y était resté trois jours et trois nuits, le sacristain le prit à partie, l’accusa de simulation et le gifla ; aussitôt le diable s’empara du pauvre sacristain et lui faisait crier Isaac me chasse ; Isaac, ému de compassion, délivra le malheureux possédé.

Ce premier signe, et d’autres ensuite, le rendit célèbre ; on vint le consulter, on l’invita : Isaac fit savoir qu’un moine qui recherche des possessions sur cette terre n’est pas un vrai moine.

Il avait le caractère naturellement enjoué, et son constant sourire ne pouvait laisser entendre les prodiges qui s’accomplissaient par sa prière. Qu’on en juge.

Un soir, il commanda aux moines de déposer leurs bêches dans le jardin. Au petit matin, tous les instruments étaient aux mains de braves ouvriers ; c’étaient des brigands qui, une fois pénétrés dans l’enceinte, s’étaient senti le devoir de cultiver la terre au profit des moines. Isaac les remercia, les complimenta et les exhorta désormais à demander, plutôt qu’à voler.

Une autre fois, de pauvres pèlerins en haillons vinrent demander l’aumône. Isaac demanda à un moine de leur remettre les habits qu’il trouverait dans tel arbre creux de la forêt et les pèlerins furent bien surpris de se voir remettre… leurs propres vêtements, qu’ils avaient cachés frauduleusement avant de se présenter au monastère.

Et celle-ci encore. Un domestique apporte à Isaac un panier plein de poissons. Isaac lui dit : Prends garde à l’autre panier. Le domestique en effet, avait détourné un deuxième panier ; il fut bien réconforté de constater dans ce panier un serpent et d’avoir échappé à la mort, et tout honteux demanda pardon pour sa fraude.

Isaac mourut vers 550 et son corps fut l’objet d’une grande vénération à Spolète.

Saint Isaac de Spolète est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

Stanisłas de Cracovie

1030-1079

 

La naissance de Stanisłas est comparable à celle de saint Jean-Baptiste (voir au 24 juin) : ses pieux parents, âgés, ne pouvaient plus avoir une descendance, qu’ils avaient tant demandée à Dieu. Stanisłas naquit enfin, après trente ans de mariage de ses parents, le 26 juillet 1030, à Szczepanów (Cracovie, Pologne).

Il grandit dans l’exercice des mêmes vertus dont il avait un exemple vivant en ses chers parents. 

L’enfant étudia à Gnesen, puis à Paris : au terme de ses études de droit canonique et de théologie, il refusa humblement le titre de docteur.

Rentré en Pologne, il hérita de ses parents une grande fortune, qu’il distribua aux pauvres.

L’évêque l’ordonna prêtre et le nomma chanoine du chapitre. Il en fut la gloire, consulté par tous les grands de Pologne.

A la mort de cet évêque, on acclama unanimement Stanisłas pour lui succéder, mais seul l’ordre formel du pape put vaincre l’humble refus du candidat. Il fut consacré en 1072.

Désormais, chaque année, il fera la visite apostolique de son diocèse, montrant une douceur paternelle et intarissable envers les plus faibles. 

Si l’évêque put avoir une saine influence sur le roi Boleslas le Généreux, pour faire venir en Pologne des bénédictins, il fut en conflit ouvert avec ce même roi à cause de sa conduite perverse.

Le récit de ces épisodes a été considéré comme légende par certains. En voici l’essentiel.

Le roi, qui vivait dans le vice le plus effronté, reçut plusieurs fois de vives remontrances de la part de l’évêque Stanisłas, qui eut à cœur de ramener le roi à une vie saine, pour faire cesser le scandale public que sa vie causait dans le pays.

A la deuxième remontrance, le roi était fou de rage. Il fit accuser calomnieusement Stanisłas d’avoir usurpé un bien au profit de l’Eglise et voulait le faire condamner. Stanisłas alors alla appeler son vendeur, qui était mort, le ressuscita et l’invita à venir témoigner. Le roi fut bien obligé de s’incliner. Mais il retomba dans le péché et l’évêque intervint une troisième fois. Stanisłas se vit obligé d’excommunier le roi.

Ce dernier organisa l’assassinat de l’évêque. Les gardes qui pénétrèrent dans la chapelle où l’évêque célébrait la Messe, furent mystérieusement aveuglés. Le roi alla personnellement abattre le prélat en lui fracassant le crâne avec son épée.

C’était en 1079, le 11 avril, selon certains, le 8 mai selon d’autres.

Le pape jeta l’interdit sur le pays. Le roi comprit heureusement son crime, s’en repentit, et se retira dans un monastère bénédictin pour y faire pénitence jusqu’à la fin de ses jours.

Le miracle du ressuscité n’est pas l’unique des miracles de saint Stanisłas, qui en ressuscita d’autres. Ces miracles aboutirent à la canonisation en 1253.

Il est un des patrons de la Pologne.

L’actuelle fête liturgique de saint Stanisłas est au 11 avril.

 

 

Lanuinus, chartreux

† 1119

 

Lanuinus a posé quelques problèmes aux historiens, qui distingueraient un Landuinus ou Landoninus,  ou encore Lauduinus, et un Lanvinus ou Lanuinus. L’un serait martyr, mais sans culte attesté, l’autre non. Mais les données des deux sont si proches, qu’on peut très bien les faire coïncider et expliquer les apparentes divergences. 

Landovino, dit le Normand, serait de la ville italienne de Lucques, d’où la forme italienne fréquente de son prénom ; certes, cette ville faisait partie de la domination lombarde, mais la famille de notre moine était peut-être originaire du sud, sous administration normande, et le jeune étudiant pourrait avoir reçu son surnom à cause de son origine.

Toujours est-il qu’on le retrouve ensuite à Reims, compagnon ou élève de Bruno de Cologne (v. 6 octobre), avec lequel il se retira dans le massif de la Grande Chartreuse. L’autre Landuinus aurait aussi été un des premiers Compagnons de s.Bruno.

Il est probable que Landovino était prêtre, mais il n’avait pas appartenu pour autant au clergé de Reims. Peut-être fut-il recensé parmi les prêtres de Grenoble ?

Devant partir pour Rome sur appel du pape, Bruno le désigna pour être le prieur de la Chartreuse. Et comme Bruno fut contraint de rester en Calabre, où il fonda une autre Chartreuse à Squillace, Landovino vint l’y retrouver pour discuter des problèmes de l’Ordre. Landovino espérait aussi secrètement convaincre Bruno de revenir en France…

Mais Landovino lui-même ne revint pas en France. La lettre de Bruno qu’il portait pour les moines chartreux, parvint à leurs destinataires ; Landovino, lui, tomba dans les griffes de l’archevêque de Ravenne, devenu alors l’antipape Clément III et qui, ne pouvant gagner à sa cause le Chartreux, le força à rester là. L’autre Landuinus aurait aussi été «martyrisé» à Ravenne.

Landovino s’éteignit justement dans cette ville de Ravenne, le 14 septembre 1100.

Le Martyrologe Romain cependant affirme qu’il mourut à Squillace, et en 1119.

Le bienheureux Landovino est maintenant commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sancha de Portugal

1180-1229

 

Sancha de Portugal naquit en 1180, à Coimbra, deuxième fille du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon, qui eurent onze enfants. Deux autres filles, Teresa et Mafalda, sont aussi au Martyrologe (v. 17 juin et 1er mai).

Sancha, tout en restant dans le monde, avait organisé saintement sa vie ; elle avait reçu, dès 1216, des Franciscains envoyés par leur Fondateur pour convertir les Maures, puis des Dominicains ; elle finit par laisser son palais aux Franciscains et fonda le monastère de Cellas, où elle réunit des recluses qui vivaient dans cette région et leur donna la règle cistercienne.

Après avoir rendu visite à ses sœurs Teresa et Blanca, elle rétablit les bonnes mœurs dans une ville appartenant à Teresa, par une sage administration et surtout par son exemple, puis entra à son tour dans le monastère de Cellas qui comptait déjà trente religieuses ; elle donna à l’une d’elles la charge d’abbesse et ne pensa pour elle-même qu’à l’obéissance, l’humilité, la solitude.

Elle fut douée du don de prophétie et pénétrait les secrets des âmes.

Pendant sa dernière maladie, elle manisfesta son union intime avec Dieu par le joie qui apparaissait sur son visage et les miracles dont elle gratifia quelques-unes de ses sœurs.

Elle mourut le 11 avril 1229, assistée de son aînée, Teresa. Au même moment de sa mort, le bienheureux Gil de Vaozela (v. 14 mai), qui priait dans une église, vit Sancha entourée d’une lumière céleste.

Teresa emporta sa dépouille au monastère de Lorvão.

Sancha fut béatifiée avec sa sœur Teresa en 1705. Le Martyrologe la nomme bienheureuse, et Teresa sainte.

 

 

Antonio Carletti

1411-1495

 

Antonio de son nom de baptême, il naquit en 1411 à Chivasso (Turin, Italie NO), deuxième des deux fils d’une famille d’ancienne noblesse.

Ayant été reçu Docteur en Droit, civil et ecclésiastique, et en Théologie à Bologne, il exerça le métier de juriste et fut membre de la Cour de Justice, ainsi que sénateur du Duc de Montferrat. 

Quand sa mère lui proposa un heureux mariage, il répondit prudemment qu’il n’était pas bon de disperser le patrimoine familial et que son frère aîné donnerait à la famille suffisamment de descendants. Plus tard, à la mort de sa mère, il partagea son héritage entre son frère (Cristoforo) et les pauvres, et alla frapper chez les Franciscains Observants de Gênes. Il avait alors trente-trois ans, et prit le nom d’Angelo.

Bientôt, il fut ordonné prêtre. Il enseigna la théologie aux novices et fut chargé de prêcher : il fut à Mantoue, Gênes, Cuneo, Susa, à la cour de Turin. Angelo eut une grande préoccupation pour les pauvres et établit (ou consolida) la pratique des monts-de-piété, pour les protéger contre l’usure et la rapacité des riches.

Des personnalités de tous bords le consultèrent ; il rédigea à l’intention des confesseurs une Somme des Cas de Conscience, qu’on appela Somme angélique, plusieurs fois réimprimée à Venise (le titre d’angélique n’avait rien de présomptueux, c’était seulement une façon de «signer» l’ouvrage). Ce fut un des ouvrages que Luther brûla en place publique pour «détruire» l’orthodoxie catholique.

En 1464 il fut élu Vicaire provincial ; en 1467, Commissaire pour subdiviser l’immense province franciscaine de Germanie en trois : Boème, Pologne, Autriche ; en 1472, Vicaire général des Observants, charge durant laquelle il fonda les couvents de Saluzzo, Mondovì et Pinerolo. Il devait être réélu trois fois par la suite et voyagea dans toute l’Italie pour visiter les couvents, ce qu’il faisait toujours à pied.

En 1480, les Turcs assiégèrent Otranto et y massacrèrent huit-cents Chrétiens (v. 14 août). Rome était à leur portée, et tout l’Occident chrétien. Angelo fut nommé par le pape pour organiser la résistance chrétienne et contrer l’avance musulmane : Angelo alla trouver les dirigeants pour lever une armée, il organisa des prières publiques et des processions, lui-même offrit à Dieu ses prières et ses jeûnes ; la mort frappa le sultan et le danger fut écarté.

En 1484, il présenta au chapitre un Bref papal qui l’exemptait de toute responsabilité, mais on le pria tout de même d’accepter sa nomination pour le bien de l’Ordre. Il se soumit. 

En 1491, le pape l’envoya encore prêcher dans le Piémont et la Savoie, où il ramena à la foi catholique un grand nombre d’hérétiques vaudois.

Angelo refusa plusieurs fois l’épiscopat. Il aimait remplir les plus humbles offices de sa communauté. Dieu récompensa son humilité par le don des miracles. Sa prière obtenait beaucoup de grâces, dans toute l’Italie. 

Enfin il put échapper à la réélection en 1493, à quatre-vingt-deux ans, et se retirer au couvent de Cuneo. Il alla encore quêter dans les rues.

C’est là qu’il mourut le 11 avril 1495.

Son corps resta incorrompu, flexible, et émanait un merveilleux parfum.

Angelo fut proclamé céleste Patron de Cuneo. Lors du siège imposé par les Français en 1691, une bombe perça le toit de l’église de Cuneo, mais se posa devant la châsse d’Angelo sans exploser.

Le culte d’Angelo fut confirmé en 1753.

 

 

George Gervase

1571-1608

 

George était né à Bosham (Sussex, Angleterre) et fut très tôt orphelin de père et mère.

Des ravisseurs l’emmenèrent en «captivité» pendant douze années, durant lesquelles il abandonna toute expression de sa foi catholique.

Quand enfin il put revenir en Angleterre, il apprit que son frère, Henry, s’était exilé en Flandre, justement pour conserver sa foi catholique : George voulut le rejoindre et se réconcilia bien vite avec l’Eglise.

Il entra au Collège anglais de Douai en 1595, et fut ordonné prêtre en 1603. 

Aussitôt il reprit le chemin de l’Angleterre pour y exercer le saint ministère sacerdotal. Il ne put le faire que pendant deux années, car il fut arrêté en juin 1606, et exilé avec d’autres membres du clergé.

Il profita de cette «exclusion» pour faire un pèlerinage à Rome, où il demanda à être admis parmi les Jésuites. Mais sur le refus de ces pères, il s’en revint à Douai et demanda à être admis comme novice chez les Bénédictins : c’était une congrégation originaire d’Angleterre, qui s’était retirée à Douai, et qui aujourd’hui a sa maison-mère à Downside. 

Son frère Henry lui trouva plutôt un logement à Lille, pensant lui préserver les aléas de la persécution qui sévissait en Angleterre. Mais George avait bien en tête d’aller travailler à la conversion de son pays natal, et réussit à y retourner.

Il fut bientôt arrêté et incarcéré. Il refusa de prêter le serment de fidélité. Il fut jugé, accusé du «crime» d’être prêtre, et reçut la palme du martyre de la façon «habituelle» en Angleterre : pendu, éviscéré et écartelé, à Tyburn.

C’était le 11 avril 1608. Sa vie sacerdotale n’avait duré que cinq ans, mais c’était une mesure déjà bien pleine aux yeux de Dieu.

George Gervase a été béatifié en 1929.

Gemma Galgani

1878-1903

 

Cinquième de huit enfants, Gemma naît le 12 mars 1878 à Borgo Nuovo di Camigliano (Lucques, Toscane, Italie). Le papa est pharmacien, et vient s’installer à Lucques.

Les parents Galgani font donner une solide instruction à tous leurs enfants, filles et garçons. Gemma est demi-pensionnaire dès l’âge de deux ans. Gemma se montre d’un calme imperturbable quoi qu’on lui dise, elle ne pleure jamais.

A cinq ans, elle lit l’office de la Sainte Vierge. Gemma conçoit un grand amour pour la Mère de Dieu et désirera toujours devenir religieuse ; du moins elle restera vierge. Son amour de la pureté fut tel que les médecins ne purent jamais l’ausculter.

Sa mère meurt de tuberculose en 1885, année où elle reçoit la Confirmation. En 1887, exceptionnellement, elle peut faire la Première communion, à neuf ans (à l’époque, c’était plutôt vers douze ans). 

Gemma «vide» la maison de son père pour venir en aide aux pauvres de la ville. Son père doit intervenir ! Elle s’occupe de toutes les tâches de la vie domestique, tout en intensifiant sa vie intérieure. Jésus-Christ lui parle intérieurement. Elle commence de souffrir du mal de Pott.

1887-1891 : elle fréquente l’école Sainte-Zita, où sa maîtresse lui fait méditer chaque jour un passage de la Passion du Christ. Cette école a été fondée peu auparavant par Elena Guerra, qui la connaîtra (et mourra le même jour qu’elle, le 11 avril de 1914).

En 1894, meurt son frère Gino qui a dix-sept ans, celui qui lui est le plus proche. Son Ange gardien lui apparaît et lui demande plus de dépouillement encore dans le vêtement pour devenir vraiment l’épouse d’un Roi crucifié. Les expériences surnaturelles s’intensifient.

En 1897, meurt Monsieur Galgani. La famille est sans ressources, les enfants sont dispersés chez les oncles et tantes. Elle a des apparitions de saint Gabriel de l’Addolorata (voir au 27 février), qu’elle aimera profondément. En 1899, il viendra prier avec elle pour demander sa guérison, par l’intercession de sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Gemma essaiera d’entrer dans un monastère, elle hésitera, et finalement ne réussira à entrer dans aucun, ni les camilliennes, ni les passionnistes, ni les visitandines. Dieu ne la voulait pas là.

En 1899, elle reçoit les stigmates de la Passion de Notre-Seigneur, la veille de la fête du Sacré-Cœur, jusqu’au vendredi à quinze heures. Désormais, chaque semaine, ces plaies se répéteront du jeudi soir au vendredi après-midi, accompagnées des douleurs de la couronne d’épines.

Un mois plus tard, lors d’une mission des pères Passionnistes, elle reconnaît l’habit de saint Gabriele de l’Addolorata (ou de Notre-Dame des Douleurs). Elle «apprend» intérieurement qu’un religieux de cette congrégation sera son directeur spirituel.

La même année, on commence de prendre des notes des paroles de Gemma durant ses extases.

A partir de 1900, Gemma est accueillie par une pieuse famille, pour la mettre à l’abri des indiscrétions, à cause de sa vie trop extraordinaire. 

Elle rencontre alors le père Germano, qui sera son fidèle directeur spirituel. C’est lui qui lui «commandera» de cesser d’avoir les stigmates, pour mettre à l’épreuve son obéissance, mais aussi pour éprouver l’origine surnaturelle de ce phénomène. Les stigmates devinrent invisibles.

Gemma eut des épreuves diaboliques : le démon la rouait de coups, lui suggérait que son confesseur se trompait, lui apparaissait comme un monstre d’impureté…

En 1902 commence une nouvelle maladie. Gemma est invitée à souffrir pour les prêtres pécheurs. Elle perd sa petite sœur Giulia (dix-huit ans) et son frère Tonino (Antonio, vingt-deux ans). Elle va souffrir de façon très douloureuse.

En septembre, premiers symptômes de la tuberculose.

Gemma s’éteint à cette vie le Samedi Saint 11 avril 1903, à vingt-cinq ans. Elle avait prophétisé que, si les passionnistes ne l’avaient pas voulue vivante, elles l’auraient morte : elles s’installèrent en effet à Lucques en 1905, et c’est elles qui gardent le sanctuaire de sainte Gemma.

Gemma Galgani a été béatifiée en 1933, canonisée en 1940.

 

 

Elena Guerra

1835-1914

 

Ecrivain, théologue, apôtre, sainte, dit d'elle son biographe, le père Domenico Abbrescia, elle était née en Italie à Lucca (Lucques) le 23 juin 1835. 

A la maison, elle a étudié le français, la musique, la peinture, la broderie et en plus, en cachette, le latin. A 19 ans, elle est infirmière auprès des malades du choléra de Lucca et à 22 ans un mal mystérieux l'immobilisera pendant presque huit ans au lit. Elle lit les Pères de l'Eglise, elle crée un groupe d' “Amitiés spirituelles” avec celles qui lui rendent visite, elle nourrit des projets de formes de vie contemplative.

Elle guérit, elle étudie, elle voyage ; en 1870 elle assiste à Rome à une séance du Concile du Vatican ; à Lucca, après bien des échecs, elle donne naissance à une communauté féminine, de vie active, dédiée à l'éducation des jeunes filles sous le patronage de sainte Zita, patronne de la ville.

C'est une communauté sans vœux, une association de volontaires pour l'enseignement, dirigée par elle-même et ses écrits, ses “livrets”, guides très efficaces pour l'enseignement de la foi.

Dans cet institut est reçue une certaine Gemma Galgani, qui y fera la première Communion en 1887. Curieusement, Elena Guerra mourra le même jour que sainte Gemma Galgani, à quelques années de différence.

Plus tard, l'Institut sera reconnu par l'Eglise comme congrégation religieuse. Elena y connaît déjà des problèmes, des conflits, mais elle rêve d'une entreprise qui va bien au-delà de cette congrégation, de Lucca, de l'Italie même : elle doit investir l'Eglise entière. Elle y pense depuis des années, elle lance maintenant sa croisade : il faut guider tous les fidèles vers la connaissance et l'amour grâce à l'Esprit Saint, dont le Christ disait : Il vous guidera vers la vérité tout entière (Jn 16:13).

Selon elle, les chrétiens sont trop faiblement conscients de la glorieuse perspective qui nous attend, renouvelant l'événement de la Pentecôte de Jérusalem. C'est le moment d'agir, et personne ne l'arrête : elle écrit au pape Léon XIII, elle insiste, écrit encore, se rendra à l'audience pour demander au pape de promouvoir fortement le “retour à l'Esprit”, qui surviendra au vingtième siècle dans de nombreux mouvements et groupes. Deux documents pontificaux, en 1895 et 1897, invitent les fidèles à œuvrer dans ce but particulièrement cher au cœur de Léon XIII : c’est la lettre apostolique Provida Matris Caritate (1895), promouvant la neuvaine à l’Esprit Saint pour l’unité des chrétiens, entre l’Ascension et la Pentecôte, et l’encyclique sur l’Esprit Saint Divinum Illud Munus (1897), précisant que cette neuvaine doit se faire tous les ans. Le même pape donne aux Sœurs d'Elena le nom d'Oblates de l'Esprit Saint. Elena a été comprise, Rome l'a entendue.

Mais à Lucca, on lui met des bâtons dans les roues ; ce sont ses propres Sœurs, ses filles spirituelles. Elle en vient à démissioner de sa place de Mère générale, avec en plus des humiliations vraiment injustes. Elle accepte tout, soutenue par l'amitié de Consœurs fidèles et également par sa vision limpide de l'exemple d'amour qu'il faut savoir donner à tout moment. C'est son heure suprême. 

Elle s'éteint le matin du Samedi Saint 1914, le 11 avril, juste après avoir vêtu l'habit des Oblates de l'Esprit Saint. Son corps est enseveli à Lucques, dans l'église Saint-Augustin.

Elle est béatifiée en 1959, par le pape Jean XXIII qui lui a donné le titre d'Apôtre de l'Esprit Saint.

 

Note. L'Association du Buisson Ardent, de la mouvance du Renouveau Charismatique, diffuse dans beaucoup de pays, se réfère à l'esprit qu'elle a voulut répandre dans l'Eglise, pour inviter tous les fidèles à une adoration de l'Esprit Saint.

    

 

Feliks Ducki

1888-1942

 

Né le 10 mai 1888 à Varsovie, de Julian Ducki et Mariana Lenardt, Feliks fut baptisé le 27 mai suivant.

Il fréquenta l’école primaire à Varsovie.

En 1918, les pères Capucins purent réintégrer leur couvent de Varsovie, précédemment abandonné lors de l’ukase tsariste de 1864 qui avait supprimé les Ordres religieux.

Feliks, qui était un capucin dans l’âme, les rejoignit, les aida à réorganiser le couvent et demanda à être admis comme postulant.

En 1920, il commença le noviciat proprement-dit à Nowe Miasto, avec le nom de Symforian (Symphorien). En 1921 il fit la première profession et fut envoyé à Varsovie, Lomza, de nouveau Varsovie, pour rendre service aux communautés. En 1925, il fit alors la profession solennelle, avec les vœux perpétuels.

C’est alors qu’il fut quêteur à Varsovie, chargé de recueillir des offrandes pour la construction du petit séminaire de Saint Fidèle, et compagnon du ministre (= supérieur) provincial.

Son caractère simple et amical le rendait sympathique à tous, à la population, aux Confrères. Malgré tant d’activités, il demeurait un homme de prière.

Quand la Deuxième guerre mondiale éclata, il fit tout son possible pour trouver les produits de première nécessité pour son monastère, mais aussi pour les pauvres dont il s’occupait.

Le 27 juin 1941, les hommes de la Gestapo vinrent arrêter les vingt-deux Capucins du couvent de Varsovie, où se trouvait Feliks-Symforian. Ce dernier fut d’abord mis en prison à Pawiak, puis transporté le 3 septembre à Auschwitz.

Lui qui était de constitution plutôt forte, souffrit beaucoup de la faim avec les misérables rations qui étaient distribuées aux prisonniers. 

Après sept mois, il fut condamné à une mort lente.

Or, un soir, il aperçut les gardiens qui abattaient des prisonniers en leur fracassant la tête à coup de matraques. Quand ils avancèrent vers son bloc, Symforian se présenta à la porte, les empêcha d’entrer et fit sur ces bourreaux le signe de la croix, tout en avertissant ses compagnons que ceux qui regrettaient sincèrement leurs péchés, seraient entièrement pardonnés par Dieu et entreraient tout de suite au Ciel. 

Il y eut un moment de stupeur, et on lança l’ordre de l’assommer à son tour. Il reçut une pluie de coups de matraque sur la tête et s’effondra entre les Allemands et les prisonniers. Peu après, il se redressa un peu et fit un nouveau signe de croix en direction des Allemands. Alors, on l’acheva.

Symforian aurait pu rester neutre dans son coin, déjà condamné comme il l’était. Mais son geste mit fin au carnage qu’étaient en train d’accomplir les militaires et ainsi une quinzaine de prisonniers échappèrent à la mort.

Les survivants alors soulevèrent respectueusement le corps de Symforian sur le charriot avec les dépouilles de leurs compagnons abattus, et les conduisirent au four crématoire.

C’était le 11 avril 1942.

Le frère Feliks-Symforian Ducki fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 23:00

10 AVRIL

 

III.

Terentius, Pompeius, Africanus, Maximus, Zeno, Alexander, Theodorus et leurs Compagnons, martyrs à Carthage.

IV.

S Apollonius, martyr en Alexandrie.

VII.

S Palladius, évêque à Auxerre ; il établit que les chanoines recevraient cent sols de la main de l’évêque, le jour de la fête de s. Germain.

IX.

S Bède le Jeune, du Sleswig, élevé à la cour, moine à Gavello ; il refusa maints évêchés. 

XI.

S Macarios, arménien, évêque à Antioche ; il quitta son siège par humilité et commença un long pèlerinage jusqu’en Flandre, où il mourut de la peste à Gand.

S Fulbert, ami de Gerbert, évêque à Chartres et maître de réputation internationale, poète, musicien, hagiographe ; il avait une grande dévotion pour la Sainte Vierge .

XV.

B Antonio Neyrot, piémontais, dominicain à Florence ; prisonnier à Tunis, où il renia sa foi, mais se repentit, fut arrêté, torturé et exécuté le Jeudi Saint 1460 ; racheté par des marchands gênois, son corps fut enterré à Gênes, puis transféré à Rivoli, sa ville natale.

B Marco Fantuzzi, franciscain à Piacenza.

XVII.

S Miquel des Saints “l’extatique” (29 sept.1591-1625), trinitaire catalonais, qui eut de spectaculaires extases et mourut à trente-trois ans et six mois, à peu près comme le Christ. 

XIX.

Ste Maddalena de Canossa, fondatrice à Vérone d’un double Institut des Fils et des Filles de la Charité, pour les malades et la catéchèse ; Napoléon, qui la vit, l’appela “un ange” ; canonisée en 1988.

XX.

B Piotr Zukowski (Bonifacy, 1913-1942), franciscain polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Rolando Rivi (1931-1945), jeune séminariste italien, assassiné par les "Partisans", béatifié en 2013.

B Pedro María Ramírez Ramos (1899-1948), prêtre colombien assassiné, béatifié en 2017.

Martyrs de Carthage

† 250

 

Il s’agit ici d’un groupe de quarante sept Martyrs, qui témoignèrent pour le Christ au moment de la persécution de Dèce.

Leurs noms connus sont : Terentius, Africanus, Maximus, Pompeius, Alexander, Theodorus, Zeno.

Le gouverneur de Carthage (Afrique, act. Tunisie), Fortunatianus, invita tout le peuple de Carthage à venir sacrifier aux dieux, en leur exposant les instruments de supplice auxquels seraient condamnés ceux qui n’obtempéreraient pas.

Hélas, beaucoup renièrent leur foi, ce qui engendrera ensuite le problème des lapsi : peut-on les réadmettre dans la communion ? si oui, à quelles conditions ?

Mais il y eut des courageux, parmi lesquels ceux de notre groupe. Ils furent convoqués devant le tribunal. Térence parla au nom de tous, réaffirmant leur volonté de rester fidèles au Christ et leur désir de mourir pour Lui, même au prix de grandes souffrances.

Le gouverneur les fit dévêtir et traîner jusque dans le temps païen. Térence reprit la parole : Ces statues ne sont que du bois, des pierres, de l’airain, du fer : on a doré ces statues pour éblouir les yeux des hommes.

Terentius, Africanus, Maximus et Pompeius furent jetés dans un cachot. Tous les autres comparurent à leur tour : frappés de verges et de lanières de cuir, ils restèrent aussi fermes que les premiers. Placés sur un grand bûcher, ils se mirent à chanter le cantique des Trois jeunes hommes (cf. Dn 3:52-90). Puis ils furent accrochés en l’air, pour être mieux déchirés par les coups : et voici qu’avec un simple signe de croix, les victimes mirent en poussière les idoles ; le temple s’écroula.

Peut-être que l’auteur du récit s’est laissé un peu emporter dans son élan : si le temple s’était écroulé, il aurait englouti tous les présents, comme lors de la mort de Samson (cf. Jg 16:27-31). Au contraire, le récit enchaîne que Fortunianus fit alors décapiter les Martyrs.

Revenant au premier groupe, et n’en pouvant obtenir rien d’autre, Fortunianus fit charger de lourdes chaînes les prisonniers - qu’un ange vint délivrer et illuminer durant la nuit -. Le lendemain et pendant plusieurs jours, le gouverneur les soumit encore à d’autres tortures, avant de les faire décapiter.

Tous ne moururent donc pas le même jour, mais ils ont été réunis dans une unique mention, ayant été unis dans un même combat. 

Ces saints Martyrs de Carthage sont commémorés le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius d’Alexandrie

† 250

 

Il s’agit ici d’un Martyr de la persécution de Maximien, donc dans les années 305-310.

Apollonius était un prêtre. 

Il fut martyrisé en Alexandrie d’Egypte, mais on ne sait rien de plus quant aux circonstances de ce martyre.

Saint Apollonius d’Alexandrie est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palladius d’Auxerre

† 658

 

De Palladius on ne connaît pas les circonstances de sa naissance et de sa jeunesse.

On sait que, prêtre et abbé de Saint-Germain, il conquit l’estime du peuple par sa bonté envers les pauvres et sa sagesse, et qu’il fut unanimement désigné pour être le vingtième évêque d’Auxerre, en 622.

On a retrouvé sa signature sur les actes de plusieurs conciles : Reims en 625 ; Clichy en 633 ; Chalon-sur-Saône en 644. Au concile de Reims, il fut question du droit d’asile dans une église, de l’interdiction de consulter les devins païens, de réduire en servitude des personnes libres ; à celui de Clichy, Sigebert III fut nommé roi d’Austrasie, d’Aquitaine et de Provence ; celui de Chalon-sur-Saône s’occupa entre autres du très controversé droit de dépouille, par lequel certains dignitaires s’appropriaient les biens des prêtres défunts.

En 635, Palladius re-fonda hors les murs le monastère de Saint-Julien pour des religieuses, stipulant qu’elles iraient chaque jeudi en procession à la cathédrale, ce qui pruuve qu’à cette époque déjà on ne considérait par le cloître comme une clôture hermétique. En 644, l’évêque demandait à ces religieuses de nourrir et vêtir les pauvres.

Palladius embellit l’église Saint-Etienne, en fonda d’autres encore, dont celle de Saint-Eusèbe (v. 1er août), avec un monastère pour les hommes ; on dit que dans cette dernière église, on n’épargna pas l’or et le cristal pour les mosaïques. La localité de Vercisum où Palladius édifia l’église de Saint-Germain, devint Vergers, réunie ensuite à Sully (Donzy).

Envers les chanoines de la cathédrale d’Auxerre, il établit que chaque année, en la fête de saint Germain (v. 31 juillet), l’évêque remettrait cent sols à chacun d’eux, espérant qu’ainsi les bons chanoines solenniseraient davantage la fête de saint Germain.

Comblé de mérites, Palladius s’éteignit le 10 avril, vers 658 (mais cette date varie de 653 à 661), et fut enterré en cette même église de Saint-Eusèbe qu’il avait fondée, et où eurent lieu beaucup de miracles.

Il fut canonisé en 945.

Saint Palladius est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bède le Jeune

† 883

 

Bède était originaire de l’actuel Danemark (son nom ne devait certainement pas porter l’accent).

Il passa quarante-cinq ans de sa vie à la cour des empereurs Louis le Débonnaire et Charles le Chauve : c’était un des premiers seigneurs de l’empire.

La grâce de Dieu travailla dans ce cœur droit, et Bède comprit qu’il valait mieux amasser d’autres trésors pour le siècle à venir : il quitta la cour, les amis, les honneurs, les plaisirs, et se retira loin, très loin, en Italie, dans un monastère entre Venise et Ferrare, à Gavello. C’est qu’il voulait absolument être oublié, dans ce monastère bénédictin retiré et presque inconnu.

Bède n’était plus alors un jeune garçon, et l’on pouvait supposer que le noviciat lui aurait quelque peu coûté, par ses austérités, ses horaires réguliers, son silence… Bède chercha en tout la perfection avec une soumission totale aux dispositions de ses maîtres.

Son mérite et sa sainteté le firent nommer à plusieurs évêchés, mais son humilité lui fit refuser tous ces honneurs.

Il mourut le 10 avril 883 et son corps fut déposé à l’église Saint-Bénigne de Gênes, où fut construite au 12e siècle une autre abbaye bénédictine, aujourd’hui disparue.

On l’a surnommé le Jeune, principalement pour le distinguer de son illustre «ancêtre» le Vénérable, qui fut anglais et mourut cent-cinquante ans plus tôt (v. 25 mai).

Saint Bède le Jeune est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Macaire l’Arménien

† 1012

 

Macarios était arménien de naissance. Le royaume d’Arménie n’était déjà plus ce qu’il avait été des siècles plus tôt ; les Romains déjà, puis les Byzantins, enfin et surtout les Sarrasins l’avaient déjà maintes fois soumis et réduit à des limites bien plus restreintes.

Les parents de Macarios, chrétiens, l’éduquèrent dans la foi et le confièrent à l’évêque d’Antioche de Pisidie, qui s’appelait lui aussi Macarios.

Le jeune Macarios fut si docile et fidèle, qu’ils reçut les ordres sacrés et le sacerdoce ; l’estime qu’on avait de lui, du petit peuple à l’évêque, le fit désigner tout naturellement pour succéder à celui-ci.

Jeune archevêque, Macaire gouverna son peuple avec douceur et bonté ; insensible aux injures et aux persécutions - qui ne manquaient pas -, il remplissait les devoirs de sa charge avec zèle. Sa maison était remplie de pauvres, d’estropiés, de malades, qui recouraient à lui comme à un père ou à un médecin.

Trop de louanges et d’honneurs heurtèrent sa profonde humilité et il décida de se retirer. Après avoir distribué ce qui lui restait encore, il recommanda son diocèse à un certain prêtre nommé Eleuthère, et partit à pied visiter les Lieux Saints de Palestine.

En 1006, il arriva donc auprès du patriarche de Jérusalem, qui le reçut fraternellement. Il profita de ses rencontres avec les Juifs et les Musulmans, pour leur expliquer l’erreur de leurs positions respectives et pour les amener à la foi. S’il fit quelques conversions, il subit surtout de la part des Musulmans une série d’humiliations qu’on a peine à imaginer : on l’étendit à terre les bras en croix, on lui attacha les pieds et les mains avec des cordes, on lui mit sur la poitrine une énorme pierre ; ce qui étonna les bourreaux, c’est que Macarios sortit de cette épreuve sans aucun dommage et ce prodige en amena certains à la foi.

Les parents de Macarios le firent contacter dans l’espérance de le voir revenir promptement, mais lui, invoquant des signes de Dieu, continua son pèlerinage. A travers l’Epire et la Dalmatie, il parvint en Bavière, monta sur Mayence et Cologne, atteignit le Brabant, le Hainaut et la Flandre : de ville en ville, il s’arrêta enfin à Gand, vers 1011.

La sainteté du personnage ne pouvait passer inaperçue ; on voulut le retenir, mais il projeta alors de revenir dans son diocèse.

Ce qui le retint cette fois-ci, fut la maladie de la goutte, puis la peste.

Comme il l’avait annoncé, il fut la dernière victime de cette épidémie et mourut au soir du Jeudi saint, 10 avril 1012.

Ses reliques sont demeurées à Gand, où Macaire est resté en grande vénération.

Saint Macaire l’Arménien est commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fulbert de Chartres

960-1029

 

La naissance et l’origine de Fulbert restent mystérieuses ; on l’a dit romain, mais aussi aquitain.

Etudiant à Reims, on a souvent affirmé qu’il avait été l’élève d’un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II qui, une fois élu pape, l’appela quelque temps à Rome. C’est de Gerbert que Fulbert aurait reçu sa formation scientifique et philosophique. L’épisode est contesté aujourd’hui, mais Fulbert demeure célèbre pour sa science universelle : droit, grammaire, rhétorique, poésie, musique, médecine.

Etabli en l’église de Chartres, Fulbert en fut le chancelier et y créa une école de théologie, géométrie, médecine et philosophie.

Vers 1002, des troubles s’élevèrent dans l’abbaye de Saint-Pierre de Chartres. Pour être renseigné convenablement, l’abbé Abbon de Fleury s’adressa à Fulbert. Ce dernier expliqua comment Magenard, moine ambitieux, s’était fait élire abbé, avait été chassé du monastère, et avait expié sa faute de façon si exemplaire que les moines eux-mêmes l’avaient rappelé à leur tête.

Sur intervention du roi Robert II, Fulbert devint évêque à Chartres en 1007. Mais l’élu se soucia toujours de maintenir l’indépendance de l’Eglise. Cet évêque consciencieux rechercha la paix et la concorde, dans un grand respect de toutes les parties. Il chercha ainsi à réconcilier le comte Eudes II de Blois avec le roi Robert II ; dans une célèbre lettre au duc Guillaume V d’Aquitaine, il résume en six mots ce que doit être la fidélité d’un vassal : salut, sécurité, honneur, intérêt, facilité et liberté d’action. Même quand il encourut la disgrâce du roi, il fit tous ses efforts pour en regagner l’amitié.

Fulbert continua son enseignement à l’école de Chartres, qui devint la plus célèbre académie de France.

Il vit le danger de l’erreur de Béranger sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, et réfuta l’erreur de son ancien élève. Il en prévint aussi son métropolitain, l’évêque Léothéric de Sens, en ces termes : Pilote du vaisseau du roi, sois circonspect et sur tes gardes : si tu t’écartes de la route prescrite par la foi, tu feras certainement un triste naufrage.

Fulbert devint comme l’oracle des princes et des évêques. En 1008, au concile de Chelles, on voit qu’il signe juste après les métropolitains, avant d’autres évêques bien plus anciens que lui.

L’évêque de Chartres eut le souci de son diocèse, et sut réprimer des abus. Il édita des canons pénitentiaux, composa des hymnes pour la liturgie. Actuellement l’hymne pascale Chorus Novæ Ierusalem est toujours au Bréviaire.

En 1020, après l’incendie désastreux de la ville, il entreprit la reconstruction de la cathédrale, suppliant les princes de l’aider financièrement : Canut de Danemark, Guillaume de Poitiers. Cette cathédrale, dont subsiste aujourd’hui l’immense crypte, fut placée sous le vocable de Notre-Dame, Reine de Miséricorde, à laquelle il avait une grande dévotion. Il établit dans son diocèse la fête de la Nativité de Marie.

Ce saint évêque gouverna son Eglise pendant environ quatorze ans. Il mourut le 10 avril 1029.

Il fut enterré dans l’abbaye où il aimait se retirer, à Saint-Père-en-Vallée.

Sur la base de plusieurs miracles opérés par son intercession, Fulbert a longtemps été considéré Bienheureux ; il a le titre de Saint dans le Martyrologe, au 10 avril.

 

 

Antonio Neyrot

1423-1460

 

Antonio vit le jour vers 1423 à Rivoli (Piémont, Italie NO). On ne connaît pas sa famille : on pourrait peut-être supposer que cette famille avait des racines françaises et que le nom de Noiraud, prononcé à l’ancienne Nouéraud, soit devenu Neyrot en piémontais.

Tout jeune encore, le garçon quitta sa patrie pour aller se présenter au couvent de Saint-Marc de Florence qui avait été cédé aux Dominicains de Fiesole sur la demande de saint Antonino (v. 2 mai). Ce dernier, dominicain lui-même, allait devenir évêque de Florence. Dans le couvent, était en train de travailler un humble Religieux, qui peignait d’admirables fresques, un certain Giovanni de Fiesole, mieux connu comme Fra Angelico (v. 18 février).

En 1448, une épidémie de peste dévasta Florence et décima les Religieux qui s’étaient dévoués auprès des malades et des mourants.

Antonio ne répondit pas vraiment aux grâces que Dieu lui accorda. D’un caractère faible et inconstant, il s’abandonnait aisément aux rêves de son esprit inquiet. Il voulut passer en Sicile ; malgré les exhortations touchantes et les menaces d’Antonino, il demanda et obtint l’autorisation de ses supérieurs, échappa aux dangers de la traversée, et débarqua dans l’île. Au bout de quelque temps, il voulut revenir à Naples, mais le bateau qui le portait fut pris par les pirates ; prisonnier, il se souvint des prédictions d’Antonino, reçut la visite d’un ermite de Saint-Jérôme, un certain Costanzo, devenu esclave du roi de Tunis ; il put lui faire sa confession, mais ne montra pas assez de patience et de résignation devant l’épreuve de sa captivité.

Le roi de Tunis, moyennant certaines formalités, permettait aux captifs de sortir de prison avant même qu’ils eussent été rachetés. Pour obtenir cette faveur, Antonio eut recours au crédit du consul génois, Clemente Cicero ; mais la demande avait été faite en termes peu édifiants, et le consul mal impressionné résolut de ne pas s’occuper de cette affaire. Il revint pourtant sur cette décison et consentit même à payer la somme qui devait assurer l’élargissement d’Antonio. 

Celui-ci ne sut pas utiliser les loisirs de sa mise en liberté ; sa foi s’affaiblit, ses passions se réveillèrent ; dans son ingratitude, il alla jusqu’à renier publiquement sa foi en Jésus-Christ, pire : il contracta un mariage sacrilège.

Là-dessus, Antonio apprit la mort du cher Supérieur Antonino, ainsi que les miracles qui se produisaient sur la tombe de celui-ci ; il conçut alors un profond remords et, tout troublé, appela à son aide le saint évêque Antonino, qui lui apparut : il lui rendit confiance, l’exhorta à se repentir. Désormais, Antonio fut tout-à-fait différent ; tel saint Pierre qui, après l’enthousiasme, renia son divin Maître, pleura sa faute et plus tard versa son sang pour la Foi, Antonio se convertit vraiment et persévéra jusqu’à la fin.

Pour bien montrer sa résolution, il se prépara à abjurer sa faute devant ceux-là mêmes qui avaient assisté à son apostasie, ce qui pourrait n’avoir lieu que six mois plus tard, quand le roi devrait faire son entrée solennelle à Tunis.

Durant ces six mois, Antonio ne fit pas qu’attendre ; il s’adonna à tous les exercices de la piété que lui inspirait sa conscience. Le jour des Rameaux 1460, il se confessa et communia, abjura son apostasie devant la communauté des Chrétiens, se fit faire la tonsure monastique (à l’époque, elle consistait à ne laisser qu’une couronne de cheveux, en souvenir de la Couronne d’épines du Seigneur), reprit son habit dominicain et alla ainsi se présenter au roi qui avançait solennellement dans la ville.

Antonio déclara alors qu’il croyait fermement en Jésus-Christ, qu’il détestait le crime de l’avoir renié. Le roi témoigna la surprise que lui causait cette déclaration et invita le Frère à revenir sur sa décision ; comme ce dernier n’en faisait rien, le roi ordonna d’éloigner ce disturbateur et de le remettre au juge.

En prison, Antonio prit seulement un peu de pain et d’eau et distribua à d’autres Chrétiens captifs ce qu’on pouvait lui apporter.

Le Jeudi Saint, le juge l’exhorta, le menaça, et finalement, fatigué, le condamna à mort : il devait avoir les membres brisés et le corps broyé. Les bourreaux emmenèrent incontinent Antonio au lieu du supplice. Certains tentèrent encore de le persuader, mais en vain.

Parvenu à l’endroit, Antonio remit son habit religieux à des hommes en leur disant : Gardez cet habit, si vous le préservez de toute souillure, les Chrétiens vous en récompenseront. Les hommes promirent.

Puis Antonio se mit à prier, immobile, à genoux. Alors les bourreaux et les musulmans présents s’élancèrent sur le Frère, le frappant de leurs épées, l’accablant sous une grêle de pierres. Antonio fut bientôt complètement déchiqueté. On voulut brûler son corps, mais le feu ne prit pas, de sorte qu’on tira ce cadavre par les rues et qu’on le jeta dans une fosse d’immondices. Ce martyre eut lieu le 10 avril 1460.

Des marchands de Gênes purent racheter le corps, le laver respectueusement et l’emporter à Gênes.

Dieu manifesta par des miracles la gloire de son serviteur. 

Par l’entremise du duc de Savoie, le bienheureux Amédée IX (v. 30 mars), le corps du Martyr fut transféré à Rivoli.

Le culte s’accrut et fut approuvé en 1767, ce qui équivaut à une béatification.

 

 

Marco Fantuzzi

1409-1479

 

Marco Fantuzzi naquit en 1409 à Bologne, de Bartolomeo et Lisia.

Après de brillantes études dans les arts libéraux (ou dans le droit), il quitta le monde et entra chez les Frères Mineurs Observants (1435).

En 1437, il était déjà supérieur en Emilie, et en 1444 vicaire provincial. En 1445, il fut l’un des prédicateurs choisis par le pape pour prêcher la croisade contre les Turcs.

Il se montra fervent prédicateur, à l’égal des autres grands prédicateurs franciscains de l’époque : Bernardino de Sienne, Giovanni de Capistran, Giacomo de la Marche (v.  20 mai, 23 octobre, 28 novembre).

On l’entendit prêcher à : Norcia, Mantoue, Milan, Florence, Bologne, Pérouse, Ascoli, Pavie. 

En 1452, il présida le chapitre de L’Aquila et tenta de pacifier les désaccords entre les Franciscains de Dalmatie et de Bosnie. En outre, il fut par trois fois élu Vicaire Général de l’Ordre, en 1452, 1464 et 1469, en tout neuf années en dix-sept ans.

Pour appuyer et encourager le mouvement de réforme franciscain, il visita les couvents d’Europe centrale et orientale, et de Terre Sainte. Le pape concéda aux Observants de dépendre directement du vicaire général, et non plus des Conventuels, ce qui provoqua des jalousies et des heurts, dont souffrit beaucoup Marco. Dans un nouveau chapitre, il fut même privé de son droit de vote, malgré les vives protestations de Giacomo de la Marche.

A Bologne, il contribua à la fondation du monastère du Corpus Domini, ainsi que le Mont de Piété. Un témoin de la vie de Marco rapporte qu’il opéra des guérisons miraculeuses.

Marco s’éteignit à Plaisance, après y avoir prêché le carême, le 10 avril 1479.

Quatre siècles plus tard, le culte en fut approuvé, en 1868, reconnaissant Marco comme Bienheureux.

 

 

Miquel Argemir i Mitjà

1591-1625

 

Miquel naquit en la fête de saint Michel Archange, 29 septembre 1591, à Vich (Catalogne, Espagne), avant-dernier des huit enfants de Enrique Argemir et Montserrat Mitjà, qui lui donnèrent le nom de l’Archange.

Dans cette famille très chrétienne, chaque jour on priait le chapelet et lisait l’évangile ; le samedi on assistait aux vêpres à la cathédrale. 

A sept ans, Miquel obtint la permission de jeûner trois fois par semaine en carême, et comme sa santé ne s’en ressentait pas, il jeûna tout le carême l’année suivante. Déjà il fit vœu de chasteté et chercha à vivre en ermite dans le massif de Montseny.

A onze ans, il fut orphelin et voulut entrer au couvent, mais la famille s’y opposa. Il s’habitua dès lors à ne manger que des herbes et des légumes.

En 1603, il réussit tout de même à entrer chez les Trinitaires de Barcelone, et passa au noviciat de Saragosse en 1606 ; il fit la profession le 30 septembre 1607, lendemain de ses seize ans (et de la fête de saint Michel).

Il connut le mouvement de réforme des Trinitaires Déchaux ; il partit en 1608 pour Oteiza (Pamplona), et finira le noviciat à Madrid. On l’envoya à La Solana, puis Séville, Valldepeñas, Cordoue, Granada et Socuéllamos. Il alla étudier la philosophie à Baeza de 1611 à 1614, puis la théologie à Salamanque. 

Le bruit se répandit de ses étonnantes extases. A Séville, il devait lire la lecture de l’Office sur la Jérusalem céleste, et ne put achever ; il fallut le remplacer au pupître ; à la fin de l’extase, qui dura jusqu’à la fin de l’Office, Miquel s’en alla en courant, tout confus de la situation. A Cordoue, quand on lut un passage sur le joie des Bienheureux au Paradis, il s’envola littéralement, sortit du chœur et n’alla atterrir que devant le Saint Sacrement d’une église. A Salamanque, on le vit s’élever en l’air les bras en croix au moment où le professeur parla de l’Incarnation du Christ ; il resta dans cette position pendant un quart d’heure.

En 1616 il reçut l’ordination sacerdotale à Baeza. Il fut confesseur, prédicateur et vicaire conventuel. Les conversions furent nombreuses ; on le surnomma l’extatique. Un jour, lors d’une nouvelle extase, Jésus et lui échangèrent leurs cœurs, selon ce que Miquel relata dans ses notes : La Tranquillité de l’Ame.

Miquel expérimenta aussi la calomnie et la prison : deux Religieux, jaloux, prétendirent le dénoncer et Miquel dut passer dix mois en prison sans pouvoir se défendre, disant seulement que c’était là la volonté de Dieu.

En 1622, on le nomma prieur à Valladolid ; sa renommée s’étendit encore plus, des personnalités ecclésiastiques et civiles vinrent se confesser à lui. Miquel se préoccupa avec le plus grand zèle du rachat des Chrétiens captifs des Musulmans (ce qui est le but de l’Ordre trinitaire), mais aussi se préoccupa d’autres «prisonniers» : les affligés, les pécheurs, les pauvres.

En 1625, il fut pris de fièvre typhoïde. Il se prépara à la mort avec la plus grande ferveur et avec grande joie, et mourut le 10 avril 1625 ; il avait trente-trois ans et à peine plus de six mois, environ l’âge de Notre-Seigneur.

On ne compta pas les miracles qui se produisirent, avant et après sa mort. Miquel, surnommé Miquel des Saints, fut béatifié en 1779 et canonisé en 1862.

Miquel des Saints est le patron céleste de la ville de Vich, et aussi de l’Adoration nocturne.

Maddalena de Canossa

1774-1835

 

Elle naît à Vérone (Italie) le 1er mars 1774, troisième des six enfants de cette famille noble et riche des marquis de Canossa. Le père est Ottavio de Canossa, la mère est la comtesse Teresa Szluha. Les six enfants sont : Carlo Vincenzo (mort-né), Laura Maria, Maddalena, Bonifacio, Rosa et Eleonora.

L’enfance et l’adolescence sont marquées par les douloureuses épreuves de la mort du papa (1779) et du remariage de la maman (1781).

Maddalena et ses sœurs auront pour préceptrice une française sévère et autoritaire, dont l’influence négative sur Maddalena conduira cette dernière à une grave maladie.

A dix-sept ans, Maddalena tente par deux fois d’entrer au Carmel, à Verona puis à Conegliano, mais une intuition intérieure la pousse à se donner davantage au Christ et à Le servir parmi les plus pauvres.

La situation politique de la fin du 18e siècle est agitée, la ville italienne de Vérone passe sous la botte autrichienne puis est conquise par les troupes napoléoniennes et Maddalena remet à plus tard son saint projet, acceptant de rester dans le palais Canossa pour administrer l’important patrimoine familial, d’autant plus que l’évêque n’est pas entièrement d’accord avec le projet qu’elle lui dévoile.

Elle s’efforce malgré tout d’aller trouver les pauvres, ceux qui ont faim de pain, mais aussi faim d’instruction, de compréhension, et surtout faim de la Parole divine. Elle les rencontre aux portes de Vérone, où on ressentait douloureusement le passage des troupes révolutionnaires.

Après avoir regroupé quelques amies qui adhéraient à son idéal, Maddalena quitte définitivement le palais Canossa en 1808 pour s’installer dans le quartier le plus pauvre de Vérone et y servir ceux qui ont le plus besoin du Cœur du Christ.

L’Esprit de Dieu va littéralement enflammer cette humble fondation : en peu de temps, Maddalena ouvre des maisons à Vérone, à Venise, à Milan, à Bergame, à Trento…

Maddalena et ses compagnes sont actives dans cinq domaines bien spécifiques : l’école de la charité pour la promotion intégrale de la personne ; la catéchèse à tous les niveaux, surtout pour ceux qui sont loin ; l’assistance des femmes malades dans les hôpitaux ; maisons de formation pour de jeunes maîtresses dans les campagnes, qui épauleront les curés dans les activités pastorales ; enfin, exercices spirituels annuels pour les dames de la haute noblesse, en vue de les aider spirituellement à s’élever, tout en les insérant dans diverses activités caritatives. Par la suite, ces exercices s’étendront aussi à toutes les catégories sociales.

Autour de la figure et de l’œuvre de Maddalena, gravite toute une armée de témoins de la charité, qui laisseront à leur tour leur nom dans les pages de la vie de l’Eglise : Leopoldina Naudet, Antonio Rosmini, Antonio Provolo, Karl Steeb, Gaspare Bertoni, Teodora Campostrini, Teresa Eustochio Verzeri, Elisabetta Renzi (voir la note plus bas).

En 1819-1820, les divers diocèses où sont présentes les communautés, donnent leur approbation. Le pape Léon XII approuve la règle des Filles de la Charité en 1828.

En 1831, voit le jour la branche masculine des Fils de la Charité, que Maddalena projetait depuis 1799. Deux essais, avec Antonio Rosmini puis Antonio Provolo n’avaient pas abouti. Cette fois-ci, l’œuvre est appuyée par un saint prêtre de Venise, Francesco Luzzo, aidé par deux laïcs de Bergame : Giuseppe Carsana et Benedetto Belloni.

Maddalena meurt à soixante-et-un ans, le 10 avril 1835, à Vérone. Elle a été béatifiée en 1941, et canonisée en 1988. Inscrite au Martyrologe au 10 avril, elle est toutefois localement fêtée le 8 mai, en-dehors du temps du Carême.

Les Fils et les Filles “Canossiens” sont envoyés vraiment ad gentes, à toutes les nations : les Filles de la Charité sont répandues jusqu’en Extrême-Orient, les Fils de la Charité sont présents en Italie mais aussi outre Océan. 

 

Note. Quelques indications sur tous ces noms qui ont illustré la vie de l’Eglise à Vérone ou dans les environs durant le XIXe siècle : 

La Vénérable Leopoldina Naudet (1773-1834) a fondé les Sœurs de la Sainte Famille de Vérone. 

Le Bienheureux Antonio Rosmini (1797-1855) a été béatifié en 2007 ; il est fêté le 1er juillet.

Le Serviteur de Dieu Antonio Provolo (1801-1842) est un saint prêtre de Vérone, qui voulut promouvoir l’assistance aux sourds-muets par la musique.

Le Bienheureux Karl Steeb (1773-1856) est un prêtre allemand actif à Vérone, fondateur des Sœurs de la Miséricorde de Vérone, béatifié en 1975 et fêté le 15 décembre.

Saint Gaspare Bertoni (1777-1853) fonda à Vérone la Congrégation des Saintes Stigmates de Notre Seigneur, fut béatifié en 1975 et canonisé en 1989 ; il est fêté le 12 juin.

La Servante de Dieu Teodora Campostrini (1788-1860), a donné naissance à Vérone aux Sœurs Minimes de la Charité de Notre-Dame des Douleurs.

Sainte Teresa Eustochio Verzeri (1801-1852) fonda la Congrégation des Filles du Sacré-Cœur de Jésus pour l’éducation des jeunes filles pauvres et fut canonisée en 2001 ; le Martyrologe la commémore le 3 mars.

La Bienheureuse Elisabetta Renzi (1786-1859) a fondé la Congrégation des Maîtresses Pies de Notre Dame des Douleurs ; béatifiée en 1989, elle est fêtée le 14 août.

Piotr Żukowski

1913-1942

 

Né le 13 janvier 1913 à Baran-Rapa (Nemencine, Vilnius, Lituanie), Piotr était le fils de Andrzej Żukowski et de Albina Walkiewicz.

Il travailla aux champs, puis entra à seize ans chez les Franciscains Conventuels du Niepokalanow, sous le nom de Bonifacy. 

Il fait la première profession en 1932, et la solennelle en 1935. Il a dû recevoir l’ordination sacerdotale vers 1938.

Il fut un fidèle collaborateur du père Kolbe dans la rédaction du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée.

Quand survient la police nazie, il risque sa vie pour protéger les machines typographiques. Arrêté avec six autres, il est envoyé au camp de Auschwitz le 8 janvier 1942. Il porte le n° 25447.

Il meurt à l’infirmerie, victime d’une pneumonie, le 10 avril 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

 

 

Rolando Rivi

1931-1945

 

Né le 7 janvier 1931 à San Valentino (Castellarano, Italie nord), Rolando était le deuxième des trois fils de Roberto Rivi et Albertina Canovi.

Il entra au Petit séminaire de Marola en 1942, mais revint dans sa famille deux ans après, à cause de l’occupation allemande dans la région.

Mais à cette époque, tous les petits séminaristes portaient déjà la soutane, et Rolando continua à s’habiller ainsi chez les siens. C’était courageux de la part de l’adolescent, car dans cette région, les «partisans» communistes, en haine du fascisme au pouvoir, n’hésitaient pas à assassiner les prêtres qu’ils rencontraient.

Le 10 avril 1945, ils vinrent chercher Rolando chez lui, laissant aux parents un petit mot : Ne le cherchez pas. Il nous accompagne un petit moment. Les Partisans.

Le «petit moment» dura trois jours au terme desquels les Partisans eux-mêmes indiquèrent où se trouvait le corps du séminariste. Son père et le curé du village le retrouvèrent dans un bois, le visage tuméfié, le corps plein de sévices, et deux blessures mortelles, une au cœur, l’autre à la tempe gauche.

La mort de Rolando eut lieu le 10 avril 1945.

Depuis, beaucoup de guérisons miraculeuses furent attribuées à l’intercession de Rolando, mais c’est principalement en raison de son martyre en haine de la foi, qu’il a été béatifié en 2013.

 

Pedro María Ramírez Ramos
1899-1948

Pedro naquit à La Plata (Huila, Colombie) le 23 octobre 1899, de Ramón et Isabel.

Après l’école de son village, il fréquenta le Petit séminaire Saint-Louis-de-Gonzague à Elías, puis en 1915 le Grand séminaire Marie-Immaculée de Garzón, où il reçut les Ordres mineurs (1917).

L’épreuve le travailla : il eut des doutes, et en 1920 se retira du séminaire.

Huit ans plus tard, il entra au Grand séminaire de Ibagué (Tolima) et fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut curé à Chaparral, puis à Cunday (1934), à Fresno (1939), enfin à Armero (1943-1948).

Le 9 avril 1948, alors que don Pedro revenait d’avoir visité des malades à l’hôpital, éclata une révolte à cause de l’assassinat du candidat à la Présidence, Jorge Eliecer Gaitán Ayala. Le prêtre n’avait rien à voir là-dedans, mais par précaution se réfugia dans son église paroissiale ; les Religieuses, qui habitaient à côté, lui conseillaient de s’enfuir pendant la nuit, mais il préféra rester auprès de ses ouailles.

La révolte dégénéra. Le 10 avril dans l’après-midi, toute une foule excitée s’engouffra dans l’église, profanant le lieu saint ; on demanda à don Pedro et aux Religieuses de livrer leurs armes - qu’ils n’avaient pas, bien sûr. Alors on s’empara du prêtre, on le tira dehors et on l’assassina à coups de poignard.

Personne n’osait ramasser le corps du prêtre, par peur de subir le même sort. Vers minuit, les assassins vinrent le tirer jusqu’au cimetière voisin et l’ensevelirent seulement le lendemain, en pleine terre, sans sa soutane. Le 21 avril, les autorités intervinrent pour accorder une autopsie et une sépulture digne du prêtre.

Localement, don Pedro est surnommé le Martyr d’Armero. Il fut béatifié en 2017.

Pedro María Ramírez Ramos sera commémoré le 10 avril dans le Martyrologe Romain.

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