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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:36

Isaac Jogues

1607-1646

 

Isaac naquit le 10 janvier 1607 à Orléans (Loiret), cinquième des neuf enfants de Laurent et Françoise de Saint-Mesmin, d’importants marchands. Son père était veuf après un bref premier mariage, dont étaient nées deux filles, et s’était remarié : naquirent ainsi les six garçons et une dernière fille.

Isaac reçut son éducation à la maison, ainsi que sa piété. Son caractère vif lui méritait quelque fois des sanctions «vigoureuses», mais le garçon pleinement repenti et humblement docile savait baiser la main et la verge qui le punissaient. C’était un excellent sportif.

En 1617, il entra au nouveau collège des Jésuites d’Orléans, où il apprit à tourner des vers aussi bien en français qu’en latin. Son père mourut avant la fin de ses études.

On venait de canoniser le Jésuite François-Xavier (voir au 3 décembre), et Isaac annonça tout de go à sa mère qu’il voulait entrer chez les Jésuites.

Il entra au noviciat de Rouen en 1624, fit les vœux en 1626 et la philosophie à La Flèche.

En 1630, il fut chargé d’une classe de cinquième à Rouen, et partit à Paris pour la théologie, au Collège de Clermont.

Le Canada ayant été repris au Anglais ces années-là, son évangélisation en fut confiée aux Jésuites. Isaac fut donc ordonné prêtre début 1636, pour pouvoir embarquer durant le printemps. Il célébra sa première Messe à Orléans. Le départ eut lieu le 6 avril, on arriva au Canada le 2 juin.

Dès le 21 juillet 1636, il fut envoyé à Trois-Rivières, chez les Algonquins. Arrivèrent des Hurons pour vendre leurs fourrures, et qui demandèrent une robe-noire (la couleur de la soutane des prêtres) ; Isaac les suivit, avec un jeune Français de onze ans, pour y apprendre la langue.

Le père Isaac reçut le nom huron de Ondessonk (oiseau de proie, peut-être à cause de son profil, de son nez particulièrement). A l’arrivée, il fut accueilli par le père Jean de Brébeuf (voir au 16 mars) qui, lui, s’appelait Echon (mon cousin).

L’accoutumance aux usages hurons fut évidemment pénible, dans une tribu où tout était si sale, mais le plus dur fut l’apprentissage de la langue. On s’en rendra compte si l’on comprend que le seul Signe de la Croix dut être ainsi traduit : Au nom de notre Père, de son Fils et de leur Esprit-Saint. Isaac réussit à parler assez bien au bout d’une année.

Le plus dangereux était qu’à la moindre alerte, ou épidémie, ou sécheresse, les sorciers accusaient les Robes-Noires, sur la tête desquelles pendait constamment une épée de Damoclès.

Quelques baptêmes furent administrés à la Noël 1638 ; en 1641, il n’y en avait qu’une soixantaine. Des conversions et des baptêmes s’ajoutèrent. Le père Jogues en était heureux, mais presque inquiet, lui qui avait désiré le martyre. Or, il entendit un jour une voix lui dire : Ta prière est exaucée. Qu’il soit fait selon ta demande : prends courage, sois vaillant ! L’épreuve allait commencer pour de bon.

Ce qui est remarquable dans toute la période qui va suivre, ce sont les multiples occasions où le père Jogues se trouva comme devant la mort, devant le martyre, qui cependant s’écartèrent de lui mystérieusement à chaque fois. 

L’été 1643, le père Jogues fut envoyé à Québec, à un moment où les Hurons et les Iroquois étaient en guerre. Il en revint avec un nouveau venu laïc, René Goupil. Sur le chemin du retour, ils furent attaqués par des Iroquois, de la tribu des Mohawks, les plus féroces, et armés par les Hollandais protestants. Le père Jogues put se cacher dans les roseaux, mais alla se livrer aux Iroquois pour rester avec ses amis, Hurons ou Français, faits prisonniers. Il baptisa quelques catéchumènes. En cette occasion, il fut copieusement rossé, on lui arracha des ongles avec les dents, puis des phalanges. Evanoui, Isaac fut réveillé par des brûlures aux bras et aux cuisses ; on lui grilla un doigt ; un de ses amis, huron, eut les pouces coupés et un poinçon de bois enfoncé jusqu’au coude.

A la halte suivante, autres barbaries ; on arracha au père Jogues les deux derniers ongles qui lui restaient. On obligea une chrétienne algonquine à tailler le pouce gauche du père ; les Iroquois cautérisèrent ses plaies avec des tisons, ainsi qu’à Goupil. Puis on les lia dans des huttes, où les enfants s’amusaient à leur jeter des charbons rouges, et tout cela pendant trois jours, du 14 au 17 août, quand l’Eglise fête l’Assomption de Marie.

Le 21, les Iroquois annoncèrent d’abord aux prisonniers qu’ils mourraient sur le bûcher ; mais seuls trois furent immolés, les Hurons ; les autres furent retenus prisonniers, par crainte des représailles de la part des Français.

L’esclavage fut cependant une honte pour les Iroquois eux-mêmes, car les malheureux prisonniers ne pouvaient pas même se servir de leurs mains pour manger.

Finalement, les Iroquois se divisèrent sur le sort à leur donner. Goupil, qui avait osé montrer à un enfant comment faire le Signe de Croix, fut traitreusement abattu, le 29 septembre 1643.

Le père Jogues se trouvait bien seul. Il eut une vision qui lui faisait comprendre que son martyre devait encore être préparé. Il eut des moments de grand désarroi, mais une voix intérieure le réconforta.

L’hiver suivant, on rappela le père Jogues (Ondessonk) à l’autre campement iroquois, Ossernenon, pour y être utile, entre autres à soigner un vieillard couvert d’ulcères, celui-là même qui avait battu le père et lui avait arraché deux ongles. Jogues le soigna comme son père ; sa bonté finit par avoir raison de la méchanceté des Iroquois : on l’admit à des réunions, on le fit parler, il expliqua ce qu’il savait du soleil, de la lune, des étoiles, et peu à peu aussi du Créateur. Il put donner le baptême à des mourants, à des malades, à quelques adultes.

Au printemps 1643, Ondessonk échappa encore une fois à une mort violente, programmée pour le Vendredi Saint. Puis une autre tractation faillit bien tourner au drame, car le père Jogues fut quasi assommé à terre, et ne se remit que par l’intervention de la fille de son «propriétaire».

Cette dernière l’emmena avec elle quand elle alla troquer ses fourrures aux Hollandais. Ces derniers tentèrent une fois de plus de racheter le prêtre. Jogues profita de cette halte pour écrire des lettres, comme il put, avec ses restes de doigts, pour avertir les autres Pères Jésuites. On le croyait déjà mort depuis longtemps !

En juillet 1643, il eut la possibilité de rejoindre un bateau hollandais, de gagner l’île de Manhattan (l’actuelle New-York) et de passer en Europe : en Angleterre (où les Jésuites étaient persécutés) puis en France, où il accosta, le 24 décembre, à Saint-Pol-de-Léon. Le 4 janvier 1644, il se présenta au collège des Jésuites et se fit reconnaître, non sans émotion !

Les Supérieurs le contraignirent à aller d’abord à Orléans, revoir sa chère maman. Il fut ensuite reçu par la reine Anne d’Autriche et Mazarin et obtint l’envoi d’une nouvelle garnison de soldats pour protéger les Français au Canada.

Puis il obtint une dispense, car à l’époque, ses mains mutilées ne lui permettaient pas de célébrer. La dispense arriva sans difficulté et le père put célébrer. Il repartit à Orléans et put donner la communion à sa chère mère - pour la dernière fois…

En avril 1644, le père Jogues gagna La Rochelle et rejoignit le Canada. Là, il fit office d’ambassadeur pour aller au-devant des Iroquois, toujours en guerre, pour les convaincre de faire la paix. Un accord officiel se fit en septembre 1645, complété solennellement en juin 1646. 

Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes : certaines tribus restaient belliqueuses. Jogues chercha à désolidariser les tribus, de sorte que les pacifiques n’auraient pas appuyé les belliqueuses. Il repartit en ambassadeur, accompagné cette fois-ci d’un jeune homme, Jean de la Lande, mais les Iroquois ne tinrent pas parole.

Partis en septembre 1646, Isaac et Jean furent pris dans une ambuscade, tendue par des Iroquois révoltés contre les Robes-Noires, rendues responsables d’une nouvelle épidémie.

Le 17 octobre, on leur annonça qu’ils mourraient le lendemain. Certains cependant les assuraient qu’ils les protégeraient. Le 18 au matin, il semblait que la situation s’était calmée ; les prisonniers demeuraient seulement des otages. Le soir, le père Jogues fut traitreusement invité au souper dans une des cases du village : à peine entré, il reçut deux coups de tomahawk et tomba mort. On le scalpa, on lui trancha la tête, qui fut exposée sur une pique de la palissade.

Le jeune Jean de la Lande voulut, la nuit suivante, retrouver et enterrer décemment le corps du prêtre : il fut immédiatement abattu et traité comme le prêtre.

La nouvelle de la mort des deux Martyrs ne parvint aux Jésuites qu’au printemps suivant, par un Huron échappé des Iroquois, puis par l’assassin lui-même, qui reconnut son crime, se convertit et reçut le baptême avant de mourir. 

Quelques temps après, les Iroquois furent définitivement vaincus, et se convertirent plus facilement. Une de leurs fleurs fut Kateri Tekakwitha, maintenant canonisée (voir au 17 avril).

Les deux Martyrs, Isaac Jogues et Jean de la Lande, furent béatifiés en 1925, avec leurs amis Antoine Daniel, Jean de Brébeuf, Gabriel Lallemant, Charles Garnier, Noël Chabanel, René Goupil, par l’intercession desquels furent guéris ensemble huit malades d’un hôpital américain, ce qui aboutit à leur canonisation en 1930.

Ces huit Martyrs sont commémorés et fêtés au 19 octobre, le 18 (jour de la mort de Isaac Jogues) étant la fête de l’évangéliste saint Luc.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:16

Paolo Francesco Danei

1694-1775

 

La vie de ce saint Fondateur est vraiment extraordinaire.

Paolo vit le jour le 3 janvier 1694 à Ovada (Piémont, Italie Nord-Ouest), de très pieux parents Luca et Anna Maria Massari, qui le firent baptiser le 6 janvier suivant. Luca avait été veuf en 1690, sans enfant ; il tenait une petite boutique.

Luca et Anne Maria étaient aussi humbles que pieux. Leurs lectures favorites étaient les vies des Saints. De ce mariage naquirent seize enfants. Juste avant Paolo, était née une petite fille qui mourut à trois jours. Un des jeunes frères de Paolo fut Giovanni Battista (ou Gian Battista), qui fut intimement lié à son aîné d’une sainte amitié jusqu’à la fin de leur vie.

Paolo, qui avait une mémoire remarquable, fréquenta l’école paroissiale à Cremolino, tenue par un religieux carme. Dès ses jeunes années, Paolo s’intéressa beaucoup aux leçons de catéchisme ; il priait beaucoup, assistait chaque jour à la Messe… Il semble qu’il ait reçu de nombreuses visions du Christ souffrant et qu’il se soit très vite habitué à s’imposer de dures mortifications, en souvenir de la passion du Christ.

Il y eut en 1713 un événement particulier (une vision, une inspiration ?) qui fut déterminante pour l’avenir de Paolo. Il conçut un tel mépris de sa personne, de ses moindres défauts, qu’il résolut d’être entièrement à Dieu. Cette grâce toute spéciale fut suivie d’une période de dur combat contre mille attaques de l’esprit malin qui cherchait à l’entraîner dans le doute. Mais sa prière et sa fidélité intérieure eurent le dessus.

Lorsque le pape appela les Chrétiens à s’unir pour combattre l’Islam menaçant, Paolo s’enrôla,  et passa par diverses villes (Crema, Parma, Ferrare, Alba et Novello, Tortona), mais très vite il comprit que Dieu l’appelait à d’autres «combats», il quitta l’armée et revint chez les siens à Castellazzo.

Il fut reçu à Novello par un couple âgé, riche et sans enfants, qui voulaient faire de lui leur héritier : il refusa.

Paolo fit partie de la confraternité de Saint Antoine Abbé (voir au 17 janvier), et même en devint le prieur. Il passait presque tout son temps dans l’église, au point qu’on disait : Si vous cherchez Paolo, allez voir à l’église. Sa nuit de prédilection était celle du Jeudi au Vendredi Saints, qu’il passait en union profonde avec le Christ à l’agonie. Il fut tellement frappé par l’expression Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort (cf. Ph 2:8), qu’il fit le vœu d’obéissance, et se soumit totalement à la volonté de tous. Il se confessait souvent et communiait trois fois par semaine, disant : Le Seigneur m’a donné faim de deux choses : la communion et la souffrance.

Paolo se mortifiait durement, il se flagellait, couchait sur la dure, jeûnait ; à ces souffrances s’ajoutèrent les sévérités, quelquefois très exagérées du curé, son confesseur, qui l’humiliait exprès pour éprouver sa soumission : un jour que, pour l’éprouver, le curé lui commanda d’entrer chez des gens qui étaient en train de faire la fête et de danser, à peine Paolo s’était-il dirigé vers la porte, que toutes les cordes des instruments se cassèrent, interrompant la fête. Dès lors, le prêtre n’eut plus de doute sur la sainteté de Paolo.

Un oncle prêtre de Paolo chercha à lui organiser un bon mariage, grâce auquel Paolo aurait pu aider sa famille ; ce dernier obéit, alla au rendez-vous, mais resta les yeux baissés, de sorte que rien ne put se conclure ; puis le prêtre mourut, lui laissant tout son héritage : Paolo s’en «débarrassa» en le remettant à sa famille et ne garda que le bréviaire du prêtre.

Il se mit au service de la paroisse, pour enseigner aux enfants. Peu à peu se forma une petite association de jeunes animés d’un même amour de la solitude et de la piété, dont beaucoup entrèrent dans les Ordres. Puis Paolo s’occupa des malades, et surtout des malades dans l’âme. Il eut le don de la lecture des âmes, et invita les pécheurs à se convertir, à se confesser. Par deux fois, des pécheurs refusèrent de suivre son conseil, et moururent bientôt ; le bruit s’en répandit.

Paolo eut un jour une cruelle vision de l’enfer, et fut pris d’un profond désir de sauver les âmes, par la méditation de la Passion et la prédication. Il eut fréquemment de telles visions célestes.

En 1720, comme il l’écrivit, il eut l’inspiration de fonder un institut ; la Sainte Vierge lui apparut vêtue d’un habit noir avec une croix blanche, et l’expression Iesu Xri Passio (Passion de Jésus-Christ) sur la poitrine, ce qui sera l’habit des Passionistes par la suite. La même Sainte Vierge lui demanda de fonder cet institut nouveau. Paolo se consacra totalement à Dieu le vendredi 22 novembre, lendemain de la fête de la Présentation de Marie au Temple, puis alla se prosterner devant toute sa famille pour en prendre congé définitivement. L’évêque remit ensuite à Paolo cet habit précieux.

L’hiver suivant, Paolo vécut dans une petite cellule près de l’église de Castellazzo, dans de grandes mortifications, et où il écrivit sa Règle, d’après ce qu’il avait vu en vision. L’évêque l’approuva ; Paolo commença à prêcher dans les rues. Son succès - et ses miracles -, décidèrent le saint évêque à l’autoriser à prêcher dans l’église même.  

Paolo fit un premier voyage à Rome pour obtenir la bénédiction papale ; non seulement on refusa de le recevoir, mais il fut copieusement insulté tout au long de son voyage, ce qui n’arrêta pas un instant sa détermination.

C’est sur une inspiration céleste qu’avec son frère Gian Battista, qui avait reçu à son tour le même habit que lui, et désirait partager la même vie, ils allèrent s’installer sur le Monte Argentario, une petite île au large de la Toscane. Ils s’y définirent comme des Pauvres de Jésus, priaient, allaient à l’église le dimanche et y prêchaient.

L’évêque de Gaeta leur confia un très ancien ermitage dédié à Marie, puis les invita à prêcher dans la cathédrale, ainsi qu’aux séminaristes qui se préparaient à recevoir la prêtrise. 

Pour Pâques 1724, ils allèrent à Naples et assistèrent au Miracle de saint Gennaro (voir au 19 septembre) ; c’est alors que l’évêque de Troia (près de Naples), entendit parler d’eux et les invita : ils y allèrent en passant par le sanctuaire de Saint Michel au Monte Gargano ; l’Archange, par la suite, lui apparut plusieurs fois, et devint un des principaux protecteurs des Passionistes. 

L’évêque de Troia, quant à lui, les reçut paternellement et les aida : il rédigea pour eux plusieurs lettres de recommandation à présenter à Rome, pour obtenir la bénédiction du pape, en même temps qu’ils auraient gagné l’indulgence de l’Année Sainte (1725).

Cette fois-ci, ils furent admis à l’audience papale ; le pape fut immédiatement convaincu et leur accorda de vive voix son approbation.

Paolo et son frère s’installèrent dans l’ermitage de Gaète, qu’ils appelèrent Ritiro (Retraite). Paolo devint célèbre pour ses prophéties. Pour fuir cette célébrité et les dérangements, ils allèrent s’installer encore plus loin et plus haut, au sanctuaire de Notre-Dame de la Cité. Puis ils retournèrent à Rome, où on leur confia le nouvel hôpital San Gallicano.

Deux ans après, ils furent ordonnés prêtres par le pape. On imaginera facilement avec quels transports Paolo et son frère offrirent désormais le Sacrifice du Christ. Paolo en eut de nouvelles visions, sur le Ciel, sur la Trinité.

La Providence fit que les deux frères tombèrent malades : ils furent dispensés de leur responsabilité dans l’hôpital et Paolo fut intimement prévenu de regagner le Monte Argentario. La communauté naissante comporta bientôt sept membres, parmi lesquels un autre frère de Paolo et Gian Battista, Antonio. Malheureusement, seuls les trois frères persévérèrent, les autres quittèrent l’ermitage.

En 1730, ils furent appelés à prêcher à Talamone ; leur succès arriva aux oreilles du pape, qui les établit Missionnaires

Paolo eut la révélation qu’il devait ensuite installer son ermitage à Orbetello. Le démon y suscita tant de difficultés - jusqu’à la menace de la destruction de tout l’édifice - que l’Archange Michel intervint lui-même pour mettre en déroute l’ennemi. La nouvelle église fut consacrée le 14 septembre 1737.

Dans une mémorable nouvelle vision céleste, Paolo reçut à son doigt un précieux anneau, en signe d’union mystique avec Marie et son Divin Fils.

En 1741, la Règle fut définitivement approuvée par le Pape, qui y avait suggéré quelques modifications. Les Religieux firent alors leur consécration solennelle. Paolo prit le nom de Paolo de la Croix.

La nouvelle famille religieuse avait pour idéal la dévotion à la Croix, la méditation et l’enseignement du message de la Passion du Christ. A cela s’ajouta la particulière dévotion de Paolo pour la conversion de l’Angleterre. C’est de cette époque que l’on s’habitua à appeler ces Religieux non plus Missionnaires mais Passionistes.

En 1742 leur fut donné à Vetralla (Viterbo, Latium) un ancien couvent bénédictin, dédié à saint Michel ; en 1743, on leur confia un sanctuaire abandonné à Soriano, dédié au martyr saint Eutizio et à la martyre sainte Corona. Il y eut ensuite d’autres fondations à Ceccano, Tuscania, Falvaterra, Terracina, Paliano, Monte Cavo.

Il y eut un chapitre en 1747 sur le Monte Argentario, et Paolo - contre son gré - fut élu supérieur général à l’unanimité, et le resta jusqu’à sa mort.

Il serait encore beaucoup trop long de rapporter tant de faits admirables de cette vie de Paolo de la Croix. La Règle fut à nouveau solennellement approuvée par le Saint-Siège ; d’autres missions, mais aussi d’autres épreuves marquèrent le chemin de Paolo, avec heureusement d’autres consolations, des recrues, des interventions célestes, des miracles, des signes extraordinaires (bilocation, prophéties, conversions…)

En 1771, Paolo fonda la branche féminine des Passionistes.

En 1773, le pape confia aux Passionistes la maison et l’église romaines des Saints-Jean-et-Paul, deux frères martyrs (voir au 26 juin), en considération de la précieuse amitié des deux frères, Paolo et Giovan Battista. Paolo avait prophétisé ce don, trente ans plus tôt.

Paolo vécut ses dernières années dans cette maison. Il y reçut encore beaucoup de gens. Une fois, il parla du nouveau pape (Pie VI) et prophétisa qu’il devrait souffrir beaucoup (on sait comment ce pape fut maltraité par Napoléon).

Le 15 juin 1775, Paolo célébra pour la Fête-Dieu ; ce fut sa dernière Messe. Il déclina de plus en plus, ne pouvant presque plus rien prendre. Il priait le rosaire chaque jour.

Le 30 août, il reçut le Viatique. Le 18 octobre 1775, après une dernière vision céleste, il s’endormit dans la plus grande paix.

Les deux miracles retenus pour la béatification furent : en 1816, la guérison instantanée d’un enfant malade de tuberculose et, en 1844, celle d’une jeune fille atteinte d’un cancer à la poitrine.

Béatifié en 1853, canonisé en 1867, saint Paolo de la Croix est fêté liturgiquement le 19 octobre, car son dies natalis, le 18 octobre, tombe le jour de la fête de saint Luc évangéliste.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

 

Juan Garavito - Pedro de Alcántara

1499-1562

 

De son vrai nom, Juan de Garavito y Vilela de Sanabria, Pedro naquit en 1499 à Alcántara, en Estrémadoure, près du Portugal. Son père était gouverneur et mourut quand Pedro avait quatorze ans ; sa mère se remaria.

Juan fut tellement effacé, qu’on ne le connut plus tard que par son nom de religion, qui sera Pedro (Pierre).

Juan étudia d’abord à Alcántara, puis à Salamanque.

Entré à Los Majarretes dans l'Ordre de Saint-François (1515), où il prit donc le nom de Pedro, il montra, pendant son noviciat, une modestie surprenante. Sa vertu extraordinaire l'éleva aux charges de l'Ordre dès ses premières années de vie religieuse : il fut supérieur d’un petit couvent à Badajoz dès 1519 ; mais l'humble supérieur se faisait, à toute occasion, le serviteur de ses frères et le dernier de tous.

Il reçut le sacerdoce en 1524.

Il eut à faire un séjour à la cour du Portugal, où il convertit beaucoup de seigneurs et la propre sœur du roi.

En 1538 il fut élu provincial de la province Saint-Gabriel.

En 1542, il voulut se retirer dans un désert à l’embouchure du Tage, où se fondait un couvent d’ermites, mais il en fut rappelé en 1544 et fonda en 1550 près de Lisbonne le premier couvent d’une nouvelle province.

Dieu lui inspira de travailler à la réforme de son Ordre, et il y établit une branche nouvelle, pas toujours unanimement reconnue par les autres franciscains, mais qui se fit remarquer par sa ferveur et fut approuvée par le pape.

Pedro se fixa enfin à Arenas (aujourd’hui Arenas de San Pedro, près de Ávila), où il fonda un nouveau couvent pour sa réforme, non loin d’un joli petit ermitage.

Pedro fut un «spécialiste» de la mortification. Ce qu’on en sait vient de certaines «confidences» à sainte Thérèse d’Ávila, qui a pu aussi s’en rendre compte personnellement.

Ainsi, dans un pays de montagnes, couvert de neige, en plein hiver, il avait trouvé un singulier secret contre le froid : il ôtait son manteau, ouvrait la porte et la fenêtre de sa cellule ; puis, après un certain temps, reprenait son manteau et refermait porte et fenêtre, ressentant alors une impression de réchauffement qui lui suffisait. Dans ses voyages, Pedro ne marchait que pieds nus et la tête découverte : la tête découverte, pour vénérer la présence de Dieu ; pieds nus, afin de ne jamais manquer l'occasion de se mortifier.

Sa mortification s'accroissait chaque jour au point qu'il ne se servait plus de ses sens et de ses facultés que pour se faire souffrir. il ne mangeait qu'une fois tous les trois jours, se contentant de mauvais pain et d'eau ; parfois il demeurait huit jours sans manger. Il passa quarante ans sans donner au sommeil chaque nuit plus d'une heure et demie, encore prenait-il ce sommeil assis dans une position incommode ; il avoua que cette mortification avait été plus terrible pour lui que les cilices de métal, les disciplines et les chaînes de fer.

Il ne levait pas les yeux ; il semblait même presque aveugle, se contentant de chercher les objets avec ses mains, sans les regarder. Jamais il ne regardait une femme. Il lavait lui-même ses pauvres nippes et les remettait avant qu’elles fussent séchées.

Sa prédication produisit les plus merveilleux effets ; sa vue seule faisait couler les larmes et convertissait les pécheurs : c'était, selon la parole de sainte Thérèse, la mortification personnifiée qui prêchait par sa bouche.

La seule pensée du Saint-Sacrement et des mystères d'amour du Sauveur le faisait entrer en extase. Il restait parfois une heure en extase les bras en croix ; il célébrait la messe avec les larmes, et fut plusieurs fois porté en lévitation.

Saint Pedro fit de nombreux miracles. Il aurait traversé plusieurs fois des rivières à pied sec.

Aux derniers instants, sur son lit de mort, un frère voulait lui remonter la couverture : il s’y opposa. Il voulut être enterré avec les plus vieux vêtements du couvent, qui se trouvèrent être les siens. Pour recevoir le viatique, il se mit tout seul à genoux. Il mourut paisiblement, et retrouva alors un teint jeune, souple et vermeil. C’était à Arenas de San Pedro, le 18 octobre 1562.

Apparaissant à sainte Thérèse après sa mort, il lui dit : « Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire ! »

Saint Pedro d’Alcántara fut béatifié en 1622, et canonisé en 1669.

 

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

Daudi Okello

1902 env.-1918

Jildo Irwa

1906 env.-1918

 

Okello était né en 1902 environ. Ses parents s’appelaient Lodi et Amona, de la tribu de Ongon Payira (Ouganda).

Irwa était né en 1906 environ. Ses parents s’appelaient Tongpfur Okeny et Atoo, de Labongo Bar, tribu de Kitoba, province de Acholi (Ouganda). Okeny devint plus tard chrétien, et reçut le nom de Daniele (sans doute en souvenir du père Daniele Comboni, voir au 10 octobre). 

En juin 1916, les jeunes garçons furent baptisés et confirmés. Okello reçut le nom de Daudi (David), Irwa celui de Jildo (abréviation de Erménégilde).

Le baptême eut lieu le 1 (ou le 6) juin, grâce au missionnaire combonien Cesare Gambaretto, qui appartenait à la mission catholique de Kitgum, récemment fondée. Le parrain de Okello fut Firmino Mugenyi, de Masindi. Juste après le baptême, les deux jeunes reçurent leur Première Communion.

La confirmation leur fut conférée le 15 octobre suivant.

C’étaient deux garçons fidèles, attachés à l’Evangile et à Jésus-Christ, dont ils parlaient avec ferveur à leurs compagnons. Après une formation adéquate, Daudi devint catéchiste.

Au début de 1917, le catéchiste de Paimol, Antonio, mourut. Daudi se proposa immédiatement pour le remplacer. Spontanément Jildo s’offrit pour accompagner Daudi dans la prédication de la Parole de Dieu à Paimol. 

Il fallait faire les quatre-vingt kilomètres de Kitgum à Paimol, et le frère Cesare avertit Daudi du danger que cela pouvait présenter, car il y avait de fréquents épisodes de luttes entre gangs, pour le trafic d’esclaves ou d’or. A tout cela, Daudi répondit courageusement qu’il n’était pas effrayé de mourir, car Jésus aussi était mort pour nous.

C’est ainsi qu’avec le bénédiction du fr. Cesare, le premier catéchiste en charge, Boniface, accompagna en novembre-décembre 1917 les deux amis Daudi et Jildo jusqu’à Paimol, où Daudi commença immédiatement à rassembler les enfants qui voulaient recevoir l’instruction religieuse.

Daudi a été décrit comme un jeune homme pacifique, modeste, assidu dans ses obligations de catéchiste et jouissant d’une estime unanime de la part de tous.

Du jeune Jildo, le frère Cesare écrivit que Jildo était beaucoup plus jeune que Daudi. Il était de nature vive et aimable, comme tous les jeunes de Acholi, très intelligent, et à l’occasion servait de secrétaire au vice-chef Ogal. Il aidait beaucoup Daudi dans le rassemblement des enfants, grâce à sa façon gentille et enfantine d’insister pour les faire venir. Il savait leur faire faire des jeux amusants, dans des rencontres assez tapageuses et joyeuses. Il venait de recevoir le baptême, dont il conserva la grâce dans son cœur et le laissait clairement apercevoir dans son gracieux comportement.

Là, tout le monde l’aimait, car il était toujours disponible, et exemplaire dans ses obligations de catéchiste assistant.

Dès le matin, Daudi donnait du tambour pour appeler ses catéchumènes à la prière du matin, ainsi que pour le rosaire, qu’il priait avec Jildo. Puis il leur répétait les prières, les questions et réponses du catéchisme avec une petite mélodie mnémotechnique pour mieux retenir la leçon. Cette façon de faire s’appelait Lok-odiku (paroles du matin), la partie le plus importante de la catéchèse. A cette activité, Daudi ajouta bientôt celle d’aller visiter dans les environs les parents de leurs “élèves”, les aidant dans leurs travaux de soin du bétail ou des champs.

Le soir, Daudi donnait le signal de la prière commune et du chapelet, qui s’achevait toujours par un chant à Notre-Dame. Le dimanche, il tenait un long office, avec la vive participation des catéchumènes et des catéchistes de tout l’endroit.

Jamais Daudi ne se mêla à quelque différend d’ordre tribal ou politique, comme cela arrivait fréquemment alors, car la soumission au gouvernement britannique donnait souvent lieu à des mouvements d’intolérance. C’est ainsi qu’une malheureuse décision du district local aboutit à une sérieuse tension. Des partisans, des voleurs, des éléments musulmans profitèrent de la situation pour s’opposer ouvertement à l’activité de Daudi.

Au matin de leur martyre, Jildo répondit à Daudi, qui l’avertissait sur leur possible mort violente : Et pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous n’avons rien fait de mal à personne, nous ne sommes ici que parce que le frère Cesare nous a envoyés pour enseigner la Parole de Dieu. N’aie pas peur !

Le dimanche 18 octobre 1918, très tôt le matin, cinq hommes se retrouvèrent autour de la hutte où étaient Daudi et Jildo, avec la claire intention de les tuer. Un ancien vint déclarer aux arrivants qu’ils n’avaient pas le droit de tuer les catéchistes, car ceux-ci étaient leurs invités. Daudi se présenta sur le seuil de sa hutte et supplia cet ancien de ne pas se mêler de la situation. Puis les hommes entrèrent dans la hutte de Daudi en lui demandant explicitement de cesser de catéchiser. Daudi ne cédait pas à leurs demandes, de sorte qu’ils le tirèrent dehors, le jetèrent à terre et le transpercèrent de leurs lances.

Jildo répéta alors à ces assassins ce qu’il avait dit avant à Daudi : Nous n’avons rien fait de mal, dit-il avec des larmes. Pour la même raison que vous avez tué Daudi, vous devez aussi me tuer, parce que nous sommes venus ici ensemble, et ensemble nous avons enseigné la Parole de Dieu. Alors l’un d’eux l’empoigna, le jeta en-dehors de la hutte et, le mettant à deux pas de distance, le transperça de sa lance. Puis un des assassins détacha la tête de Jildo avec un couteau.

Daudi avait entre seize et dix-huit ans. Jildo, entre douze et quatorze ans.

Le corps de Daudi resta ainsi sans sépulture quelques jours, puis quelques personnes lui attachèrent une corde autour du cou et le tirèrent vers un nid de fourmis vide. Plus tard, en 1926, les restes de Daudi furent placés au pied de l’autel du Sacré-Cœur à la mission de Kitgum. 

Ce qu’on dit ici des restes de Daudi vaut peut-être aussi pour ceux de Jildo.

Béatifiés en 2002, Daudi et Jildo sont les patrons des catéchistes.

Le Martyrologe les mentionne le 18 septembre, mais c’est apparemment une erreur. Il faudrait les mettre au 18 octobre, leur dies natalis.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

Luc, évangéliste

Ier siècle

 

Luc était né à Antioche et se convertit très tôt grâce à l’annonce des Apôtres.

Saint Paul le prend comme compagnon de mission, et Luc l’accompagnera jusqu’à Rome. Après le martyre de Paul, l’Ecriture ne dit rien de Luc.

La Tradition rapporte que Luc fut successivement en Grèce, où il aurait évangélisé à Patras et à Thèbes. Il aurait même été évêque dans cette ville. Il serait peut-être mort martyr à Patras, comme saint André.

C’est en tout cas dans ces régions que Luc, fort cultivé, écrivit en grec le troisième évangile, ainsi que les Actes des Apôtres.

Luc s’attache à montrer la miséricorde divine. C’est lui qui nous présente la parabole du Fils prodigue (Lc 15:11-31), lui aussi qui raconte la conversion du Bon Larron, à qui Jésus promet qu’il serait «dès aujourd’hui» avec lui en Paradis (Lc 23:43).

Luc, qui précise qu’il s’est «soigneusement informé» (Lc 1:3), aura certainement approché la Mère de Jésus pour lui demander des informations, des descriptions. Luc est l’auteur marial qui nous présente les scènes de l’Annonciation à Marie, de la Visitation à Elisabeth, et aussi du magistral éloge que Jésus fait de sa Mère, quand il répond : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent (Lc 11:28), comme Il l’avait déjà dit plus tôt : Ma Mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! (Lc 8:21).

Luc était médecin, et comme tel sait donner des détails «physiologiques» sur les maladies, sur les souffrances du Christ (la sueur de sang au Jardin des Oliviers, 23:44).

Egalement peintre, Luc est dit avoir peint des portraits de Marie, des icônes entourées d’une solennelle vénération dans certains sanctuaires, comme à Sainte-Marie-Majeure à Rome.

C’est ainsi que l’évangéliste Luc se trouve être le patron des médecins, comme les saints Côme et Damien, ainsi que des peintres.

Saint Luc est commémoré le 18 octobre au Martyrologe, et fêté ce jour-là. 

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

Abilio Villarreal Abaza

1885-1936

 

Abilio était né le 22 février 1885, à Arazuri (Navarre, Espagne), un des quatre enfants de Hermenegildo et Agapita, qui le firent baptiser dès le lendemain ; il fut confirmé en 1887.

Abilio entra en 1899 au collège des Frères Maristes à San Andrés de Palomar et commença le noviciat en 1900 ; il reçut l’habit et le nom de Roque ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1907, à Manresa.

Roque fut envoyé à Logroño (1910), Alcoy (1913), Cartagena (1914), Calatayud (1916), Lucena (1921), Valencia, Barcelone et Lleida (1926-1932), Málaga enfin (1932).

Le Frère Roque était un Religieux méthodique, qui préférait le résultat à la discipline stricte. Il ne sortait jamais de la maison, ni n’y rentrait, sans faire une courte visite au Saint-Sacrement. Dans son dernier poste, il développa l’Œuvre de la Sainte Enfance pour susciter des vocations.

Le 19 juillet 1936, il quitta avec les Confrères la maison de Málaga pour les montagnes, d’où ils pouvaient avec tristesse observer comment on l’assiégeait. Le 20 juillet, ils trouvèrent à se loger dans la ville ; le 21, ils furent reçus à l’Hôtel Imperia. 

Le 24 août, des miliciens vinrent l’arrêter et le mirent en prison. A ce moment-là, le consul du Mexique intervint pour le faire libérer et le fit héberger chez sa sœur, en bien piteux état de fatigue physique et morale. Le Frère put ainsi se reprendre et mener une vie recueillie pendant près de deux mois. Le soir, on priait ensemble le chapelet.

Un ancien élève le reconnut et le signala à la milice. On vint l’arrêter le 18 octobre, en l’absence momentanée de la maîtresse de maison. 

Conduit à la Alameda, le Frère Roque fut assassiné ce même 18 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

Daudi Okello

1902 env.-1918

Jildo Irwa

1906 env.-1918

 

Okello était né vers 1902. Ses parents s’appelaient Lodi et Amona, de la tribu de Ongon Payira (Ouganda).

Irwa était né vers 1906. Ses parents s’appelaient Tongpfur Okeny et Atoo, de Labongo Bar, tribu de Kitoba, province de Acholi (Ouganda). Okeny devint plus tard chrétien, et reçut le nom de Daniele (sans doute en souvenir du père Daniele Comboni, voir au 10 octobre). 

En juin 1916, les jeunes garçons furent baptisés et confirmés. Okello reçut le nom de Daudi (David), Irwa celui de Jildo (abréviation de Erménégilde).

Le baptême eut lieu le 1 (ou le 6) juin, grâce au missionnaire combonien Cesare Gambaretto, qui appartenait à la mission catholique de Kitgum, récemment fondée. Le parrain de Okello fut Firmino Mugenyi, de Masindi. Juste après le baptême, les deux jeunes reçurent leur Première Communion.

La confirmation leur fut conférée le 15 octobre suivant.

C’étaient deux garçons fidèles, attachés à l’Evangile et à Jésus-Christ, dont ils parlaient avec ferveur à leurs compagnons. Après une formation adéquate, Daudi devint catéchiste.

Au début de 1917, le catéchiste de Paimol, Antonio, mourut. Daudi se proposa immédiatement pour le remplacer. Spontanément Jildo s’offrit pour accompagner Daudi dans la prédication de la Parole de Dieu à Paimol. 

Il fallait faire les quatre-vingt kilomètres de Kitgum à Paimol, et le frère Cesare avertit Daudi du danger que cela pouvait présenter, car il y avait de fréquents épisodes de luttes entre gangs, pour le trafic d’esclaves ou d’or. A tout cela, Daudi répondit courageusement qu’il n’était pas effrayé de mourir, car Jésus aussi était mort pour nous.

C’est ainsi qu’avec le bénédiction du fr. Cesare, le premier catéchiste en charge, Boniface, accompagna en novembre-décembre 1917 les deux amis Daudi et Jildo jusqu’à Paimol, où Daudi commença immédiatement à rassembler les enfants qui voulaient recevoir l’instruction religieuse.

Daudi a été décrit comme un jeune homme pacifique, modeste, assidu dans ses obligations de catéchiste et jouissant d’une estime unanime de la part de tous.

Du jeune Jildo, le frère Cesare écrivit que Jildo était beaucoup plus jeune que Daudi. Il était de nature vive et aimable, comme tous les jeunes de Acholi, très intelligent, et à l’occasion servait de secrétaire au vice-chef Ogal. Il aidait beaucoup Daudi dans le rassemblement des enfants, grâce à sa façon gentille et enfantine d’insister pour les faire venir. Il savait leur faire faire des jeux amusants, dans des rencontres assez tapageuses et joyeuses. Il venait de recevoir le baptême, dont il conserva la grâce dans son cœur et le laissait clairement apercevoir dans son gracieux comportement.

Là, tout le monde l’aimait, car il était toujours disponible, et exemplaire dans ses obligations de catéchiste assistant.

Dès le matin, Daudi donnait du tambour pour appeler ses catéchumènes à la prière du matin, ainsi que pour le rosaire, qu’il priait avec Jildo. Puis il leur répétait les prières, les questions et réponses du catéchisme avec une petite mélodie mnémotechnique pour mieux retenir la leçon. Cette façon de faire s’appelait Lok-odiku (paroles du matin), la partie le plus importante de la catéchèse. A cette activité, Daudi ajouta bientôt celle d’aller visiter dans les environs les parents de leurs “élèves”, les aidant dans leurs travaux de soin du bétail ou des champs.

Le soir, Daudi donnait le signal de la prière commune et du chapelet, qui s’achevait toujours par un chant à Notre-Dame. Le dimanche, il tenait un long office, avec la vive participation des catéchumènes et des catéchistes de tout l’endroit.

Jamais Daudi ne se mêla à quelque différend d’ordre tribal ou politique, comme cela arrivait fréquemment alors, car la soumission au gouvernement britannique donnait souvent lieu à des mouvements d’intolérance. C’est ainsi qu’une malheureuse décision du district local aboutit à une sérieuse tension. Des partisans, des voleurs, des éléments musulmans profitèrent de la situation pour s’opposer ouvertement à l’activité de Daudi.

Au matin de leur martyre, Jildo répondit à Daudi, qui l’avertissait sur leur possible mort violente : Et pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous n’avons rien fait de mal à personne, nous ne sommes ici que parce que le frère Cesare nous a envoyés pour enseigner la Parole de Dieu. N’aie pas peur !

Le dimanche 18 octobre 1918, très tôt le matin, cinq hommes se retrouvèrent autour de la hutte où étaient Daudi et Jildo, avec la claire intention de les tuer. Un ancien vint déclarer aux arrivants qu’ils n’avaient pas le droit de tuer les catéchistes, car ceux-ci étaient leurs invités. Daudi se présenta sur le seuil de sa hutte et supplia cet ancien de ne pas se mêler de la situation. Puis les hommes entrèrent dans la hutte de Daudi en lui demandant explicitement de cesser de catéchiser. Daudi ne cédait pas à leurs demandes, de sorte qu’ils le tirèrent dehors, le jetèrent à terre et le transpercèrent de leurs lances.

Jildo répéta alors à ces assassins ce qu’il avait dit avant à Daudi : Nous n’avons rien fait de mal, dit-il avec des larmes. Pour la même raison que vous avez tué Daudi, vous devez aussi me tuer, parce que nous sommes venus ici ensemble, et ensemble nous avons enseigné la Parole de Dieu. Alors l’un d’eux l’empoigna, le jeta en-dehors de la hutte et, le mettant à deux pas de distance, le transperça de sa lance. Puis un des assassins détacha la tête de Jildo avec un couteau.

Daudi avait entre seize et dix-huit ans. Jildo, entre douze et quatorze ans.

Le corps de Daudi resta ainsi sans sépulture quelques jours, puis quelques personnes lui attachèrent une corde autour du cou et le tirèrent vers un nid de fourmis vide. Plus tard, en 1926, les restes de Daudi furent placés au pied de l’autel du Sacré-Cœur à la mission de Kitgum. 

Ce qu’on dit ici des restes de Daudi vaut peut-être aussi pour ceux de Jildo.

Béatifiés en 2002, Daudi et Jildo sont les patrons des catéchistes.

Le Martyrologe les mentionne le 18 septembre, mais c’est apparemment une erreur. Il faudrait les mettre au 18 octobre, leur dies natalis.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:03

François-Isidore Gagelin

1799-1833

 

Dans cette Franche-Comté qui autrefois fut une pépinière de vocations et de sainteté, naquit à Montperreux (Pontarlier, Doubs) un petit garçon, troisième enfant d’un couple très chrétien, qui reçut au Baptême les prénoms de François-Isidore.

Monsieur Charles-François Gagelin était un homme respecté dans le village : outre qu’il avait acquis une certaine science botanique et médico-vétérinaire, il avait ouvert sa maison aux prêtres réfractaires durant la Terreur, d’où il les faisait passer en Suisse.

François-Isidore naquit le 10 mai 1799, et fut baptisé «seulement» deux mois plus tard, ce qui était beaucoup à l’époque, mais on avait attendu le passage d’un prêtre insermenté.

Le papa décéda deux ans après et les deux sœurs aînées de François-Isidore s’occupèrent de lui.

A cinq ans, le petit garçon affirmait déjà sa vocation. Un jour qu’il pleuvait et que l’aînée lui apportait un vêtement pour se protéger de la pluie, il refusa l’offre en disant : Je veux m’endurcir pour aller prêcher dans des pays lointains.

Après l’école paroissiale, il étudia aux collèges de Pontarlier, Nozeroy, Dole, puis au Grand séminaire de Besançon.

En 1818, il vint au séminaire des Missions Etrangères de Paris, mais on ne pouvait l’y recevoir, faute de subsides. Il retourna donc à Besançon pour y achever la théologie, et se représenta à Paris l’année suivante : cette fois, l’institut recevait de quoi nourrir ses séminaristes.

En 1820, François-Isidore était sous-diacre et partait à destination du Vietnam. A sa famille éplorée, et surtout à sa chère maman, il écrivit : Ma mère, vous m’êtes bien chère. Mais le bon Dieu m’appelle aux missions ; vous n’oseriez pas vous opposer à sa volonté ?

Le Rose quitta Bordeaux en novembre 1820 et aborda en Chine au mois de mai suivant.

Durant la traversée, un ancien officier français qui avait travaillé en Chine, enseigna le chinois au missionnaire. Quant au baptême de ligne, le jeune sous-diacre y échappa en se cachant toute une journée au fond de la cale.

Le Vietnam avait été tout récemment constitué par la réunion de la Cochinchine et du Tonkin, et les missionnaires, d’abord espagnols et portugais, français ensuite, y avaient assez solidement implanté le christianisme, mais des persécutions apparaissaient selon les changements politiques.

Quand François-Isidore arriva au Vietnam, le nouvel empereur était fortement hostile aux Chrétiens, entre autres parce qu’on enseignait que l’empereur était l’égal du plus humble des sujets du royaume. 

Après qu’il fut ordonné diacre et prêtre (en 1822), François-Isidore se mit au travail, rencontrant selon les endroits de la bienveillance, de l’indolence, ou une nette opposition ; dans le sud Vietnam, il eut la faveur du vice-roi, mais l’empereur, malignement, invita tous les prêtres à la capitale Hué, pour leur confier (officiellement) des charges pratiques, comme traducteurs ; c’était en fait pour les empêcher de prêcher dans le royaume (1827-1828). Puis il reprit ses missions itinérantes, atteignant même le Cambodge.

Bientôt arriva un autre missionnaire franc-comtois, Etienne-Théodore Cuenot, plus tard nommé évêque (et lui aussi martyr). Il annonça à François-Isidore la triste nouvelle de la mort de sa mère, qu’il pleura chaudement ; elle était décédée depuis trois ans déjà…

En 1833, la persécution générale fut décrétée par l’empereur ; beaucoup de chrétiens apostasièrent et, pour redresser leur courage et éviter une certaine panique, François-Isidore se livra.

En août 1833, il entrait à Hué, la cangue au cou. En prison, il fut isolé et ne put communiquer avec l’extérieur que grâce à la complaisance de certains gardiens.

Le missionnaire fut condamné à mort. Quand il l’apprit, il manifesta toute sa joie de recevoir une grâce qu’il avait désirée depuis son enfance.

Il fut exécuté par strangulation, le 17 octobre 1833, à Hué.

L’empereur, qui avait entendu parler de la résurrection de Jésus trois jours après sa mort, ordonna l’exhumation du corps du Martyr pour vérifier qu’il fût bien mort et non ressuscité.

Plus tard, le corps du père Gagelin fut rapporté à Paris.

François-Isidore Gagelin fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Le dies natalis de ce Martyr est au 17 octobre, tandis qu’une fête liturgique commune commémore tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Ignatius d’Antioche

† 107

 

Ignatius ou Egnatius était né en Syrie, vers 50 selon certains (voir la note plus bas).

Ses Lettres sont signées Ignatius, qui et Theophorus, «porté par Dieu».

Il fut peut-être baptisé «tardivement», déjà adulte. Humble de sa personne, se traitant même d’avorton, il fut élevé à l’épiscopat pour Antioche de Syrie, à la suite de saint Evodius.

Il fut une des victimes d’Antioche (ou la seule ?) de la persécution de Trajan. Condamné à être conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux bêtes, il écrivit en voyage des lettres aux différentes communautés qu’ll traversait, et qui nous donnent de précieux renseignements sur ses derniers mois de vie.

Son voyage se fit par terre et par mer, de jour comme de nuit, surveillé par dix soldats qu’il nomme des léopards, de sorte que son «combat contre les bêtes» débuta dès Antioche.

Au cours du voyage, devaient s’ajouter ici et là d’autres prisonniers, condamnés eux aussi aux bêtes à Rome.

A Smyrne, Ignatius put s’entretenir longuement avec l’illustre Polycarpe (voir au 23 février). C’est de Smyrne qu’il écrivit aux communautés d’Ephèse, de Magnésie, de Tralles. Aux Ephésiens il recommande aux prêtres d’être unis à leur évêque comme les cordes à la lyre.

Il écrivit aussi aux Chrétiens de Rome, avant même de les rejoindre, craignant que ceux-ci, poussés par trop de vénération, pussent intervenir et obtenir sa libération : Laissez-moi devenir la pâture des bêtes… Caressez plutôt ces bêtes pour qu’elles soient mon tombeau et que mes funérailles ne soient à la charge de personne… Mon martyre sera la preuve de votre bienveillance… 

On arriva enfin à Durazzo, sur l’Adriatique, puis Pouzoles : Ignace aurait beaucoup désiré descendre à terre, et refaire le voyage à pied, sur les traces de saint Paul (cf. Ac 28:13). Les vents poussèrent le bateau jusqu’à l’embouchure du Tibre. Ignatius était très heureux d’approcher ainsi de Rome : des foules de Chrétiens l’attendaient déjà sur son chemin.

Le martyre eut lieu sans tarder. Ignatius fut déchiqueté par deux lions, qui ne laissèrent à terre que quelques gros ossements du Martyr : on put les recueillir précieusement.

Ce martyre eut lieu, assez vraisemblablement, le 17 octobre 107, d’après un martyrologe syriaque ancien, et qui semble le plus authentique. C’est le jour où le mentionne l’actuel Martyrologe et où l’on fête saint Ignace d’Antioche.

 

Note. Ceux qui auront l’occasion de lire les Visions d’Anna-Katharina Emmerick, cette Religieuse stigmatisée et totalement ignorante (voir au 9 février), trouveront ces lignes (qui n’ont pas, rappelons-le, valeur de parole inspirée) :

La femme d’un riche marchand se tenait sous la porte d’une maison, avec son enfant âgé de quatre ans. Cette femme baissa son voile et s’avança avec son petit garçon ; elle le remit au Sauveur, puis se retira. Le Seigneur embrassa l’enfant, le plaça au milieu de ses disciples et, comme d’autres enrfants étaient venus l’entourer, il dit : «Si vous ne devenez comme ces petits, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux» (etc. cf. Mt 18:1-4).

…Le Seigneur bénit le petit garçon, qui était charmant, puis l’embrassa, lui donna des fruits et une petite robe et, ayant fait appeler la mère, le lui rendit, en lui adressant quelques paroles prophétiques sur la destinée de ce cher petit. Elles ne furent comprises que plus tard. Il devint disciple des apôtres, puis évêque et martyr : on lui avait donné le nom d’Ignace.

Cet épisode expliquerait très bien qu’Ignace eut le surnom de Théophore, «porté par Dieu», car Jésus lui-même dut un moment le mettre sur ses genoux tandis qu’il parlait aux Apôtres.

Si l’enfant avait quatre ans à ce moment-là, il a pu naître vers 24, et aurait été martyrisé à quatre-vingts ans passés.

Le nom d’Ignace, un des plus célèbres et premiers Pères de l’Eglise, est mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:00

Marguerite Marie Alacoque

1647-1690

 

Marguerite Alacoque naquit le 22 juillet 1647 à Lautecourt (Verosvres, Saône-et-Loire), cinquième des sept enfants de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, qui jouissaient d’une bonne position sociale. Claude était devenu notaire royal et juge ordinaire.

Dès sa première enfance, Marguerite fit preuve d’une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement et elle préférait le silence et la prière aux jeux des enfants. À cinq ans, lors d’un séjour chez sa marraine, dont la fille était religieuse, elle entendit parler des vœux religieux, et fit, à l’insu de tous, sa première consécration à la messe où elle prononçait ces mots : «Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté». Après sa première communion, à l’âge de neuf ans, elle pratique en secret des mortifications sévères sur son corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans.

A la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, elle se serait retrouvée guérie sur-le-champ. C’est par reconnaissance à Marie qu’elle ajouta, le jour de sa confirmation, le prénom de Marie à son nom de baptême (elle reçut la Confirmation à vingt-deux ans). 

Devenue orpheline de père, la gestion des biens passa à des parents qui se montrèrent extrêmement durs envers Marguerite et sa mère. Marguerite était traitée moins bien que les derniers domestiques. 

La mère de Marguerite fut affligée d’un pénible érysipèle à la tête, que la jeune fille soigna amoureusement, et qui guérit enfin un 1er janvier, alors que Marguerite était à la messe. 

Durant toute cette période, Marguerite trouva son réconfort dans la prière, et c'est alors qu'elle aurait eu ses premières visions de Jésus Christ. Il lui apparaissait d'habitude sur la croix ou lors de l'épisode de l'Ecce Homo et elle ne s’en étonnait pas, pensant que d'autres recevaient aussi ces visions. Son désir d’entrer en religion grandissait.

Quand elle eut dix-sept ans, sa famille put récupérer son bien et sa mère lui confia son désir de l’établir dans le monde. Alors, bien que régulièrement meurtrie par les pénitences qu’elle s’imposait, elle commença à participer aux activités mondaines. Une nuit, alors qu’elle était revenue d’un bal, elle aurait eu une vision du Christ pendant sa flagellation : il lui reprochait son infidélité alors qu’il lui avait donné tant de preuves d'amour. Pendant le reste de sa vie Marguerite-Marie pleura deux «fautes» qu’elle avait commises en ce temps-là : avoir porté quelques ornements et mis un masque au carnaval pour faire plaisir à ses frères.

Elle visita plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, (Charolles, Saône-et-Loire), une voix intérieure lui aurait dit : « C’est ici que je te veux ».

Le 25 mai 1671, à l'âge de 24 ans, elle entra au monastère et, en novembre 1672, elle prononça ses vœux perpétuels. De santé fragile, elle n'en continuait pas moins ses flagellations, ainsi que les mortifications les plus extrêmes, voire les plus répugnantes, qu'elle mentionne elle-même dans ses Mémoires.

Une des difficultés qu’elle rencontra, fut la tyrophobie de toute sa famille : on ne supportait pas le fromage. Elle se domina, elle combattit, pendant des années, remporta la victoire au bout de huit ans… 

Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d'après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montrait son cœur en disant : «Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, [...] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour, et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes...». Une autre fois, il lui disait : «Mon divin Cœur est [...] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier». Dès lors, Marguerite-Marie comprit qu’elle avait été investie de la mission d'établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur.

Ces manifestations lui valurent d'être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de "visionnaire", au point que sa supérieure lui intima l'ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission fut reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. 

Avec l’aide du Père Claude La Colombière (voir au 15 février), que Jésus lui présenta comme son «vrai et parfait ami», Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui avait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. Inspirée par le Christ, Marguerite-Marie établit la pratique de l'Heure Sainte, qui pour elle consistait à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu'à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu'avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres - puis à recevoir le lendemain la Communion. 

Le Christ lui avait confié le désir que fût célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu ; et il avait appelé Marguerite la «disciple bien-aimée du Cœur Sacré», héritière de tous Ses trésors. Le Christ lui confia aussi la mission de recommander au roi (Louis XIV) de se consacrer au Sacré-Cœur, d’en mettre l’effigie sur le drapeau national, mais le roi ne fut peut-être pas informé de cette supplique ; l’impression du Sacré-Cœur sur notre drapeau se fera à titre privé, bien plus tard, et connut même une très grande vogue, par exemple lors de la première Guerre mondiale.

Après avoir été brimée de toutes les façons par deux supérieures successives, Marguerite-Marie fut nommée maîtresse des novices par une nouvelle supérieure, qui la connaissait bien et l’appréciait. 

Au cours de sa dernière maladie, elle refusa tout soulagement, ne cessant de répéter : « Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu » et elle mourut en prononçant le nom de Jésus.

Marguerite-Marie mourut à quarante-quatre ans, le 17 octobre 1690 et son dies natalis est mentionné ce jour-là au Martyrologe. Mais comme c’est ce jour-là la fête de saint Ignace d’Antioche, un des Pères de l’Eglise, la fête liturgique de sainte Marguerite est établie au 16 octobre.

La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite Marie se poursuivit pendant des années. On soumit à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré Cœur, qu’elle avait exposée et dont elle était l'apôtre. 

La fête du Sacré-Cœur fut établie en 1856.

La béatification eut lieu en 1864, et la canonisation en 1920.

Ses restes reposent dans la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial et de nombreuses et remarquables grâces y ont été obtenues par les pèlerins qui y viennent du monde entier. En 1925, lui est dédiée l'église Santa Margherita-Maria Alacoque dans le quartier de l'Esquilin à Rome près de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem.

 

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