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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 22:59

Valeriu Traian Frențiu

1875-1952

 

Valeriu Traian Frențiu naquit le 25 avril 1875 à Reşița (Roumanie W), de Joachim et Rozalia. Joachim était lui-même prêtre, dans ce rite gréco-catholique où certains prêtres se marient.

Entre 1894 et 1898, Valeriu étudia la théologie à l’université de Budapest et obtint le doctorat à l’institut Saint-Augustin de Vienne (Autriche).

Ordonné prêtre en 1898, il fut nommé dans le diocèse de Lugoj.

En 1912, il fut nommé évêque de Lugoj puis, en 1922, transféré à Oradea.

En 1941, Mgr Frențiu fut nommé administrateur apostolique de l’archéparchie de Făgăraş et Alba Iulia pendant toute la durée de la guerre, puis reprit son siège de Oradea en 1947.

Le régime communiste sévissait désormais contre toutes les structures de l’Eglise. Mgr Frențiu fut arrêté le 28 octobre 1948 et interné au camp de Dragoslavele. Il ne fut jamais ni jugé, ni condamné. Malgré les fortes pressions exercées sur sa personne, il refusa énergiquement de passer à l’Eglise orthodoxe roumaine, qui était soumise au gouvernement. Il fut donc relégué en février 1949 au monastère de Căldăruşani, réquisitionné comme prison ; la nuit de Noël suivante, il consacra évêque Ioan Cherteş.

En mai 1950, il fut enfermé à la prison de Sighet, où il expira le 11 juillet 1952.

Valeriu Traian Frențiu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 21:44

Alfredo Cremonesi

1902-1953

 

Alfredo naquit le 15 mai 1902 à Ripalta Guerina (Cremona, Italie), aîné des sept enfants de Enrico et Maria Rosa Scartabellati, des parents très chrétiens. On connaît les prénoms et les dates de cette belle famille : Alfredo, Tarcisio, Ernesto, Giovanni, Giuseppe, Rodolfo, Teresina, six garçons et une petite sœur, qui porta le nom de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions.

Alfredo fut baptisé dès le 16 mai 1902, confirmé en 1908, et reçut la Première communion en 1909.

Entré au séminaire de Crema, Alfredo souffrit d’une grave maladie du sang, qui allait compromettre sa vocation sacerdotale, mais dont il guérit miraculeusement par l’intercession de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il désirait entrer dans un institut missionnaire, mais son père s’y opposait fermement, malgré son appartenance à l’Action Catholique. Finalement, le père céda aux instances de son épouse et de son fils, et Alfredo entra en 1922 à l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

En 1924, Alfredo reçut l’ordination sacerdotale, et fut envoyé en Birmanie l’année suivante.

En novembre 1925, il débarqua dans cette Birmanie inconnue, dont il apprit vite la langue et les coutumes.

On lui confia la gestion économique de la maison des missionnaires.

L’évêque l’envoya alors dans le district de Donokù, perdu dans les montagnes, où vivait la population des karens. Alfredo s’y rendit avec tout son enthousiasme et son expérience encore trop fraîche, mais il ne se découragea pas par les difficultés qu’il rencontrait. Il conquit les habitants, qui le surnommèrent le sourire de la mission.

Arriva cette Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Japonais tentèrent d’imposer leur joug dans toute l’Asie extrême-orientale. Alfredo tomba entre leurs mains et fut interné à Moso (Inde), où il souffrit beaucoup. En 1947, il fut enfin libéré, mais pour retrouver tout son œuvre saccagé, détruit, anéanti… On pouvait être découragé, mais Alfredo se remit courageusement au travail.

Ce n’était pas fini. La Birmanie acquit bientôt son indépendance, la guerre civile mit aux mains différents groupes ethniques, les catholiques furent à nouveau menacés. Alfredo dut se retirer et se réfugier à Taungû, puis à Donokù (1952). Comme dans toutes les guerres civiles, les factions se déchirent sans trop savoir encore pour qui et pour quoi on se bat ; les habitants étaient accusés là de soutenir les rebelles karens contre la gouvernement : Alfredo prit vaillamment leur défense.

La réponse des gouvernementaux fut disproportionnée et injuste : les soldats firent irruption à Donokù le 7 février 1953, détruisant, incendiant tout sur leur passage ; puis ils abattirent le prêtre d’un coup de fusil.

Alfredo Cremonesi a été reconnu martyr et béatifié en 2019.

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 06:25

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 23:00

06 AVRIL

IV.

S Irenæus, évêque à Sirmium et martyr.

?

Ste Platonide (à Ascalon ?).

VI.

Ste Galla, veuve romaine dont parle s. Grégoire ; s. Pierre lui apparut peu avant sa mort.

S Eutychios de Constantinople, chevalier de l’orthodoxie contre les monophysites et contre l’empereur Justinien.

S Amand, fondateur de l’Eglise à Bergame, “martyr” ?

VII.

S Winebaldus, abbé à Troyes, aux ascèses effrayantes. 

IX.

S Prudentius, évêque à Troyes. 

S Méthode, évêque en Moravie, apôtre des Slaves, fêté avec s. Cyrille le 14 février.

S Gennard, moine à Saint-Wandrille, abbé à Saint-Germer-de-Flay.

S Berthame, évêque à Okney.

X.

B Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, auteur de Séquences et d’un martyrologe.

XI.

S Philarète, moine basilien à Aulinas, chargé des bestiaux et du jardin.

XIII.

S Guillaume, chanoine de Sainte-Geneviève de Paris, abbé à Eskill ; désigné pour négocier le mariage d'Ingeburge de Danemark, sœur du roi Canut, avec Philippe Auguste, il réussit sa mission mais en subit le contrecoup lorsque le roi répudia son épouse.

S Pierre de Vérone, dominicain, martyr des manichéens qu’il contrait partout.    

XV.

Bse Caterina de Pallanza, prieure à Sainte-Marie du Mont.

XIX.

S Phaolô Lê Bao Tinh, prêtre tonquinois martyr décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Zefirino Agostini, prêtre à Vérone, fondateur des Ursulines Filles de Marie Immaculée, pour l’assistance à la jeunesse, aux pauvres et aux malades, béatifié en 1998.

XX.

B Michele Rua (1837-1910), un des premiers disciples de s.Giovanni Bosco, auquel il succéda comme général de l'ordre salésien ; il ouvrit près de trois cents nouvelles maisons. 

Bse Pierina Morosini (1931-1957), des environs de Bergame, martyre en défendant sa virginité, béatifiée en 1987.

 

Irenæus de Sirmium

† 305

 

Sirmium est en Pannonie (act. Sremska Mitrovica, Serbie), différente de Smyrne (act. Izmir, Turquie W).

Irenæus en était l’évêque au temps de la persécution de Dioclétien et Maximien. Son nom évoque la paix ; les Actes disent qu’il était digne de son nom autant que par la modestie qui semblait être le fond de sa nature et par la crainte divine qui inspirait tous ses actes.

Il fut arrêté et conduit devant le gouverneur, Probus.

Ayant refusé d’offrir le sacrifice aux dieux, Irenæus fut torturé.

Vinrent alors ses vieux parents avec des amis, qui le supplièrent de leur épargner cette tristesse, mais Irenæus restait noble et ferme dans sa foi.

Probus commença par le condamner à être jeté dans le fleuve de Sirmium, la Save. Mais se reprenant, il le condamna à être immédiatement décapité.

Conduit au pont qui surplombe la Save, Irenæus retira ses vêtements, pria pour l’Eglise de Sirmium, et reçut le coup fatal ; le bourreau le précipita ensuite dans le fleuve.

Saint Irenæus de Sirmium est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galla, romaine

† 547

 

Galla nous est connue par ce qu’en écrivit le pape Grégoire Ier sur la foi de personnes graves et dignes de foi.

Elle était fille du consul Symmaque, et sœur de cette Rusticiana qui fut l’épouse de Boèce (v. 23 octobre).

Mariée à la fleur de l’âge et veuve la même année, elle préféra les noces de l’Epoux céleste. Les médecins lui conseillaient cependant de se remarier car sinon, disaient-ils, à cause de son tempérament très chaud, l’ardeur de son sang lui provoquerait la barbe. 

Elle n’en fit rien, sachant bien que ce qui plaît à Dieu est la beauté intérieure de l’âme. Elle s’habilla désormais simplement et se consacra au service de Dieu au monastère Saint-Pierre. Elle y passa bien des années, cultivant l’oraison et la simplicité, et faisant aux pauvres d’abondantes aumônes.

A la fin de sa vie, elle fut frappée d’un douloureux cancer au sein.

La nuit, pour rester dans la lumière, elle allumait deux lampes devant son lit. Une nuit, lui apparut entre ces deux lampes, l’apôtre saint Pierre, pour «l’appeler» aux noces éternelles. Nullement impressionnée, elle s’enhardit même à demander que vînt avec elle une amie du monastère, Benedicta. Saint Pierre lui prophétisa qu’elle la suivrait un mois plus tard, mais qu’une autre serait appelée avec elle.

Galla informa la Supérieure ; effectivement, les deux moniales moururent le même jour, le 6 avril, peut-être en 547, et Benedicta le 6 mai (v. à ce jour).

Autrefois au 5 octobre, sainte Galla est maintenant commémorée le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychios de Constantinople

512-582

 

Eutychios naquit vers 512 à Théium (Phrygie, Asie Mineure, auj. région de Şuhut, Turquie CO), d’Alexandros, un officier de l’armée.

A douze ans, il rejoignit Constantinople pour les études. C’est déjà à cette époque qu’il fut conquis par l’idéal monastique. Cependant, l’évêque d’Amasée le pria de rester d’abord dans le clergé, et il lui conféra le sacerdoce à trente ans. Ce n’est qu’ensuite qu’il entra dans le monastère d’Amasée, où il reçut la haute dignité d’archimandrite.

A cette époque, l’empereur Justinien voulait ramener l’unité religieuse de ses sujets, mais à la foi monophysite, selon laquelle Jésus n’avait qu’une seule nature, alors que nous proclamons qu’en Jésus se trouvent deux natures, la divine et l’humaine.

Eutychios représenta l’évêque d’Amasée aux discussions. Justinien apprécia son discours et le fit nommer patriarche de Constantinople en 553. Un concile - le deuxième de Constantinople - s’ouvrit en mai de la même année, présidé par Eutychios, et dont les décrets furent successivement reconnus par le pape en décembre.

En 557, la cathédrale Sainte-Sophie fut très endommagée par un tremblement de terre ; après les travaux, Eutychios la réinaugura en 562.

Mais l’erreur continuait encore subrepticement. Justinien crut bon d’imposer une nouvelle formule, selon laquelle le corps du Christ étant incorruptible, le Christ n’aurait souffert que par un miracle spécial de sa volonté. Eutychios refusa et combattit cette nouvelle formule de monophysisme. Il fut arrêté le 22 janvier 565 ; des évêques acquis à l’empereur le déposèrent sous les griefs qu’il «mangeait des viandes délicates et qu’il priait longtemps à genoux».

Eutychios fut expédié sur l’île Prinkipo en Propontide, puis enfermé dans son monastère d’Amasée, où il resta douze ans, au-delà même de la mort de Justinien. Pendant tout ce temps, il priait, se sanctifiait, édifiait chacun par ses vertus, et faisait des miracles. Quand il put revenir à Constantinople, en 377, ce fut un véritable triomphe.

Une ultime bataille montra combien Eutychios était soumis à la Foi catholique et à l’Autorité romaine. Il crut bon de publier un essai philosophique sur la résurrection des corps. Or à ce moment se trouvait à Constantinople le légat papal, un moine bénédictin nommé Gregorio - qui devait devenir le pape Grégoire Ier le Grand (v. 12 mars) ; celui-ci comprit le danger de la publication d’Eutychios et l’invita à brûler son livre : il obéit.

Au soir de Pâques 582, il tomba malade ; l’empereur vint lui demander sa bénédiction ; puis, pour bien montrer sa foi totale, il prit la peau de sa main en disant : Je déclare que je ressusciterai dans cette chair et mourut ce soir-là ou au petit matin.

Saint Eutychios de Constantinople est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Winebaldus de Troyes

550-620

 

Winebaud naquit vers 550  à Nogent-sur-Seine, de parents gallo-romains.

Après ses études et son entrée dans la cléricature, il fut ordonné prêtre, mais se retira humblement dans une chapelle solitaire non loin de Troyes (auj. Saint-Martin-de-Bossenay, Aube).

Il chantait toute la nuit des psaumes, et ne mangeait, dit son biographe (un contemporain), pas plus qu’un nouveau-né.

Tout allait bien pour ce nouvel ermite, sauf que le Bon Dieu récompensa cette sainteté par le don des miracles, le bruit s’en répandit, et l’évêque de Troyes demanda à Winebaud de venir guérir un de ses diacres. Bien sûr Winebaud obéit, et à sa grande tristesse, l’évêque voulut le garder près de lui, de sorte qu’au lieu de revenir dans sa petite chaumière, il dut s’installer dans un monastère de Troyes.

Conséquence inévitable : à la mort de l’abbé du monastère, vers 580, c’est Winebaud qui fut élu, à la grande satisfaction de l’évêque (mais pas de Winebaud, on l’a compris). Winebaud maintint ses austérités d’avant… mais aussi les miracles, sans le vouloir.

Le même biographe raconte un grand nombre d’interventions miraculeuses de Winebaud, qui s’éteignit le 6 avril 620.

Saint Winebaud est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Troyes

† 861

 

Galindo de son vrai prénom, il naquit vers la fin du 8e siècle en Espagne, où son frère devint évêque.

Il devait être de haute naissance, et sa famille devait avoir des relations de haut niveau, car Galindo vint, jeune encore, en France, sans doute à l’Ecole Palatine, et acquit à la cour des fonctions fort importantes. 

C’est à cette époque qu’il prit le nom de Prudentius.

Etait-il déjà prêtre ? On a supposé qu’il était (aussi) chapelain de l’impératrice Judith, femme de Louis le Débonnaire. Il écrivit alors, vers 830, un florilège du psautier, destiné à la piété de cette femme, et aussi à toute âme désireuse de s’unir à la prière des moines.

A partir de 836 il rédigea des Annales, dites «de Saint-Bertin», où l’on y trouve une mine de renseignements sur la vie de l’Eglise, sur les rois, leurs activités, voyages, guerres, traités.

Vers 843, il fut nommé évêque de Troyes.

Un de ses soucis majeurs fut la formation des séminaristes, auxquels il demanda d’apprendre par cœur un recueil de textes de l’Ecriture sur la foi et la morale chrétiennes. Il visita les monastères de son diocèse en y rétablissant l’observance rigoureuse de leur Règle ; en 847, il consacra le monastère de Montiéramey, dont il reste d’importants bâtiments, mais malheureusement pas l’église.

On verra au 21 septembre comment sainte Maura suivit heureusement les conseils de l’évêque de Troyes ; elle mourut en 850 et Prudentius en rédigea la Vita.

Prudentius assista au concile de Paris en 846, où il fut demandé aux Juifs de ne pas construire de nouvelles synagogues et d’éviter le prosélytisme, mais Charles le Chauve refusa d’appliquer ces décisions ; à Paris aussi, en 849, Prudentius fut un des signataires d’une lettre de protestation adressée à Nominoë, duc de Bretagne, qui prétendait déposer et nommer à sa guise les évêques de Bretagne.

Il y eut une importante controverse sur la prédestination, contre les idées dangereuses de Gottschalck d’Orbais, qui fut déjà condamné en 848 à Mayence et de nouveau à Quierzy en 849 : il fut enfermé au monastère de Hautvilliers. Mais la controverse était allumée, Prudentius y prit part, avec Hincmar de Reims et Wenilon de Sens, et jusqu’à la fin de sa vie. Sa position n’est pas rigoureusement la meilleure, mais elle se voulait absolument fidèle à celle de l’Eglise, qui n’avait pas encore élaboré une doctrine précise sur le sujet.

La maladie empêcha Prudentius de prendre part personnellement aux derniers événements de cette controverse : élection de l’évêque de Paris (856), concile de Savonnières (859), de Tuzey (860). Il mourut le 6 avril 861, laissant le souvenir d’un évêque zélé, d’un théologien courageux, d’un écrivain de talent et d’un historien impartial.

Saint Prudentius de Troyes est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Méthode de Sirmium

815-885

 

Voir la notice Cyrille et Méthode au 14 février.

 

 

Notker le Bègue

840-912

 

Notker naquit vers 840 à Heilgove (auj. Elk, Zürich, Suisse), de parents peut-être liés à l’empereur ou aux rois saxons.

Les parents de Notker confièrent leur petit garçon au monastère de Saint-Gall ; pieuse décision, mais qui fut peut-être dictée par le fait que Notker était faible, bègue et plein de défauts physiques, pour reprendre l’expression de Notker lui-même.

Mais l’âme et l’esprit de Notker n’avaient rien de ces défauts ; le garçon s’éprit réellement de la vie monastique, en compagnie de deux autres qui furent ses meilleurs amis, Ratpert et Tutilon (v. 28 mars ?). Tous trois, formés par les excellents maîtres Ison et Marcel, devinrent des gloires de leur monastère, spécialement dans l’art de la musique et, pour Tutilon, particulièrement dans la peinture et la scupture.

Notker prit à son tour place parmi les maîtres de l’école du monastère. De par ses notes et ses conseils, on voit que, s’il ignorait le grec, il cultivait les Pères de l’Eglise, surtout Augustin et Jérôme.

Sa charge d’enseignant accomplie, Notker recopia les manuscrits, rédigea des chroniques (par exemple sa Vie de Charlemagne) et composa des pièces en vers latins qu’il mit en musique, pour différentes fêtes de l’année ; ces séquences furent longtemps en usage.

On signalera ici avec plaisir les vies de Saints qu’il écrivit, et notamment un Martyrologe.

Un moine de Saint-Gall qui le connut, écrivit de lui qu’il était minable de corps et non d’esprit ; sa bouche bégayait, mais non son âme, car sans cesse tendu vers les choses d’en haut, il montrait dans les ennuis la patience et la douceur en toutes choses ; rigoureux néanmoins dans tout ce qui regardait les obligations de la vie commune. Un peu timide et gauche lorsqu’il était pris à l’improviste, il savait tenir tête aux attaques du démon. Qu’il s’agît de la prière, de la lecture, de l’enseignement, il était infatigable. En lui, pour tout dire, se résume l’habitacle le plus parfait dont on ait eu l’exemple en ce temps, des dons de l’Esprit Saint.

Il sera difficile de trouver meilleur éloge pour cet humble moine, qui mourut à Saint-Gall le 6 avril 912.

Tout de suite honoré dans son abbaye, il fut béatifié en 1513.

Saint Notker est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

Guillaume d’Eskill

1125-1203

 

Guillaume naquit vers 1125 à Saint-Germain (Crépy-en-Valois) et grandit sous la férule de son oncle, prieur à Saint-Arnoul puis abbé à Saint-Germain.

En 1141, il fut nommé chanoine séculier de Sainte-Geneviève de Paris, et pourvu de plusieurs bénéfices. Sa situation pécunière et sa régularité à l’office excitèrent l’envie de deux de ses confrères qui, voyant son inclination pour la vie monastique, feignirent d’avoir le même désir pour l’entraîner avec eux. Tous trois se rendirent à Pontigny. Les deux compagnons de Guillaume partirent bientôt sous divers prétextes, espérant s’emparer de ses bénéfices, mais il les imita ! Ils promirent alors de retourner à Pontigny au bout d’un an. Guillaume eut le temps de se rendre compte de leur supercherie, et abandonna ses désirs de vie cistercienne. Il crut satisfaire à son vœu en embrassant la réforme qui, en 1148, établit à Sainte-Geneviève de Paris des chanoines réguliers à la place des chanoines séculiers. Quelque temps auparavant, il avait été ordonné diacre par l’évêque de Senlis.

Dès cette époque, Guillaume montra la fermeté de son caractère : jaloux de la gloire et des droits de son ordre, n’admettant aucun abus d’où qu’il vienne, il défendra sans ménagement la régularité et l’observance.

En 1161, le bruit se répandit que la tête de sainte Geneviève avait disparu de sa châsse, et l’on accusait les chanoines de vol. Guillaume rédigea l’enquête menée par les évêques de la province, pour justifier ses confrères, l’enquête ayant abouti à un non-lieu.

En 1164, le nouvel abbé de Sainte-Geneviève prétendit en faire confirmer les dignitaires par le roi ; Guillaume empêcha l’abbé d’exercer ses fonctions et alla en référer au pape, alors à Sens. Le pape, prudent, lui donna raison, mais lui prescrivit de s’accuser d’être sorti du monastère sans permission. L’abbé lui imposa comme pénitence d’aller manger sept jours par terre avec les chiens. Le pape alors, mis au courant, prit entièrement parti pour Guillaume.

C’est alors que l’évêque de Roskilde (Danemark) émit le désir d’avoir des chanoines réguliers pour introduire la réforme dans un monastère de l’île d’Eskill. Guillaume partit avec trois confrères, mais ils ne furent accueillis que bien froidement par des moines corrompus qui n’avaient pas envie de corriger leurs habitudes. Le tenace Guillaume se mit au travail, réussit à vaincre bien des obstacles et put établir la réforme projetée ; le monastère fut transféré sur l’île de Seelande, érigé en abbaye, dont il fut alors nommé abbé.

Il y eut de grosses difficultés, à cause de plusieurs incendies. Mais l’évêque de Lund aida Guillaume autant qu’il le put et l’abbaye reprit son essor.

Peu à peu, Guillaume supervisa et implanta la réforme dans plusieurs monastères du Danemark.

En 1193, il fut envoyé auprès de Philippe-Auguste pour négocier le mariage de celui-ci avec Ingeburge, fille du roi danois. Le mariage eut lieu le 14 août, et le roi français prétendait renvoyer son épouse dès le lendemain. Guillaume vint expliquer l’affaire au pape. De retour en France, il fut arrêté six semaines à Châtillon-sur-Seine, fut libéré au début de 1196, mais dut retourner au Danemark sans avoir pu réconcilier le roi et la reine (la paix n’interviendra qu’en 1213).

Guillaume réintégra son abbaye, continuant de combattre avec ardeur pour la régularité.

Il mourut dans la nuit de Pâques, le 6 avril 1203, et fut canonisé en 1224.

Guillaume est parfois nommé de Roskilde, du nom du siège épiscopal de l’évêque qui l’accueillit.

 

 

Pietro de Vérone

1206-1252

 

Pietro vit le jour à Vérone, de parents gagnés par la secte des Manichéens (Cathares). Mais il eut l’heur d’être confié par son père à un maître catholique et grandit dans l’affirmation fervente de la doctrine catholique. Il tint même tête à son oncle en lui affirmant qu’il n’y a qu’un principe, le Créateur, et non pas un deuxième principe, celui du Mal.

Il alla étudier à Bologne, où il rencontra saint Dominique et reçut de celui-ci l’habit dominicain.

Il commit l’imprudence de pratiquer d’excessives mortifications, qui le rendirent malade, mais il guérit, semble-t-il, miraculeusement, et fit la profession.

Ayant reçu le sacerdoce, il prêcha d’abord dans les provinces voisines, suscita beaucoup de conversions, mais on ne sait s’il réussit à convertir ses propres parents ; il fut tellement convainquant, que les hérétiques commencèrent de le haïr mortellement, et ce fut là le début du complot qui aboutit au martyre de Pietro.

Il y eut d’abord des accusations lâches. Peut-être est-il vrai que Pietro avait parlé imprudemment à un pénitent qui s’était accusé d’avoir donné un coup de pied à sa mère ; Pietro lui avait dit qu’il méritait qu’on lui coupât le pied, et l’autre s’imposa lui-même cette pénitence ; le pauvre Religieux lui rappela alors le devoir de prudence et de clairvoyance, et lui remit son pied avec un signe de croix.

Une autre fois qu’il était en conversation avec les trois vierges saintes Catherine, Agnès et Cécile, durant une vision dans sa cellule, il fut accusé d’avoir reçu des femmes dans le monastère et relevé de toute mission. Quand le prieur comprit la Vérité, le pape lui-même nomma Pietro inquisiteur (1232). Pietro allait reprendre ses pérégrinations apostoliques, assisté par la main puissante de Dieu qui multipliait les miracles par sa parole et sa prière.

Un jour qu’un habitant de Milan, fortement enraciné dans l’hérésie, avait simulé une maladie pour supplier Pietro de le guérir, dans l’espoir qu’il n’y parviendrait pas, Pietro lui  répondit : Je prie Celui qui a tout créé et qui voit tout, que si ta maladie n’est point véritable, il te traite selon tes mérites. Le faux malade éprouva alors de telles douleurs, qu’il ne put en guérir qu’en venant supplier Pietro, se confesser et rejeter son erreur. 

Toujours à Milan, lors d’une controverse publique en plein été, Pietro invoqua de Dieu quelques nuages pour rafraîchir l’air, et fut exaucé sur place.

Pietro fut nommé prieur en plusieurs couvents à Plaisance, à Gênes, à Côme, et s’employa à y faire approfondir l’étude de l’Ecriture Sainte, pour former les jeunes à combattre l’hérésie.

Le pape l’envoya examiner le nouvel Ordres des Servites de Marie à Florence et l’approuva sur son rapport ; c’est pourquoi les Servites considèrent Pietro comme leur deuxième Fondateur.

Les manichéens décidèrent de mettre à exécution leur plan honteux. Pietro fut divinement averti de son prochain martyre et en informa ses auditeurs à Cesena. Pour le jour des Rameaux de 1252, il se trouvait à Milan où il avertit les Milanais de son prochain assassinat, et regagna son couvent de Côme.

Le samedi de Pâques, il repartit pour Milan. Les sicaires le rattrappèrent en route ; l’un lui ouvrit le crâne avec une serpe, frappa mortellement son compagnon, et Pietro reçut un coup de poignard qui lui traversa le cœur. Il mourut en essayant encore d’écrire le Credo avec son sang. C’était le 6 avril 1252.

Horrifié, l’assassin se convertit et prit l’habit d’humble convers pour le reste de ses jours : c’est Carino Pietro da Balsamo qui, pleinement repenti, fut absout par le bienheureux Giacomo Salomoni à Forlí (v.31 mai), mourut saintement le 1er avril 1293 et fut béatifié en 1822. Plusieurs ennemis de Pietro se convertirent aussi sur son tombeau.

De nombreux miracles, retentissants, permirent une rapide canonisation, qui eut lieu en 1253.

 

 

Caterina Morigi

1437-1478

 

Caterina naquit vers 1437 à Pallanza (Verbania, Piémont, Italie NO), de parents aisés. Ils étaient d’une famille Morigi ou Moriggia, mais les documents du 15e siècle reportent le nom de famille de Ruffinis.

Cette famille fuit l’épidémie de peste qui sévit et s’installa au Val d’Osa, où cependant l’épidémie les rejoignit tous, laissant toute seule la petite Caterina.

Le seigneur de l’endroit la recueillit et la confia à une dame de Milan. A quatorze ans, Caterina voulut entrer au couvent, mais son protecteur la fit attendre.

Autour de vingt ans, Caterina fit le vœu de chasteté ; peu après, elle vit Jésus-Christ en croix, qui l’envoyait à Sainte-Marie-du-Mont pour y mener une vie toute consacrée à Son service. Cet ermitage se trouve à faible distance de Pallanza.

Caterina y arriva quelques jours après cette vision. La peste sévissait toujours et toucha Caterina. Elle dut rentrer à Pallanza, craignant pour les autres à cause de la contagion. Elle fit le vœu de rester toute sa vie à Sainte-Marie-du-Mont si elle guérissait sans que nul n’en souffrît.

Bientôt guérie en effet, elle revint à son ermitage, en avril 1452. Elle habita dans une petite cabane, menant une vie très mortifiée. 

Sa renommée de sainteté et de sagesse attirait les visiteurs. Quelques femmes lui demandèrent de rester auprès d’elle et une communauté se fonda. Des malveillants critiquèrent ces religieuses sans règle ni approbation pontificale, et parlaient même de les faire excommunier. C’était là un zèle bien audacieux, mais Caterina obtint l’approbation ; les religieuses adoptèrent la règle de saint Augustin, prirent l’habit et firent des vœux. Elles prièrent l’Office divin selon le rite ambrosien de Milan.

Caterina fut élue prieure pour trois ans en 1476, mais mourut déjà le 6 avril 1478, après avoir recommandé à ses filles de toujours garder la paix dans la communauté et d’observer fidèlement leurs vœux.

Tout de suite on éleva à cette belle âme un culte qui fut reconnu en 1769 et confirmé par le pape la même année ; Caterina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Phaolô Lê Bào Tịnh

1793-1857

 

Né en 1793 à Trinh Hà (Hoàng Hóa, Ha Trung Thanh Hóa, Vietnam), Phaolô (Paul) était le troisième des six enfants d’une famille catholique..

A douze ans, il apprit à lire et à écrire avec le prêtre de la paroisse, puis rejoignit l’école de Kẻ Vĩnh pour apprendre le latin. Ensuite il entra au Grand séminaire.

L’évêque, qui avait une grande confiance en lui, l’envoya par deux fois à Macao chercher de l’argent et des objets à rapporter pour aider les missionnaires.

On raconte que, étant à Macao, Phaolô vit en rêve une belle Dame qui lui annonçait qu’il serait martyr en Annam, puis cette Dame lui révélait qu’elle était Marie.

En 1839, Phaolô fut cette fois-ci envoyé au Laos auprès des missionnaires. A ce moment-là l’évêque dut se cacher dans la forêt et mourut. Ce fut Mgr Retord qui lui succéda ; à son tour, il pria Phaolô de repartir à Macao pour le même service.

En 1841, Phaolô fut arrêté et mis en prison à Hanoi (Hà Nội), où il resta sept ans.

Quand le roi Tự Ɖửc accéda au trône, il eut d’abord un geste d’amnistie et Phaolô fut du nombre des prisonniers libérés.

En 1848, Phaolô put enfin recevoir l’ordination sacerdotale : il avait cinquante-six ans. Il fut alors nommé directeur du séminaire de Tri Vinh.

Le 27 février 1857, lors d’une nouvelle persécution, il fut arrêté et conduit à Nam Dinh, en attendant le jugement. On le condamna d’abord à la prison à vie, en raison de son âge, mais ensuite le roi ordonna pour lui la peine de mort par décapitation.

Le juge ne voulait pas faire mourir ce prêtre. Il tenta de lui arracher une fausse «apostasie», pour le libérer. Mais Phaolô, en le remerciant pour son geste, lui expliqua qu’il n’avait pas de regret de remettre son âme à Dieu, que le christianisme était sa religion, et qu’il ne pouvait l’abandonner.

Phaolô Lê Bào Tịnh fut décapité le 6 avril 1857.

Il fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

 

Zefirino Agostini

1813-1896

 

Aîné des deux enfants de Antonio Agostini et Angela Frattini, Zefirino naquit à Verona le 24 septembre, baptisé quatre jours après. Monsieur Agostini était médecin et bon chrétien.

Zefirino fit de bonnes études au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1837.

Nommé vicaire dans sa propre paroisse des Saints-Nazaire-et-Celse, il reçut aussi la charge de vice-chancelier de l’évêché et accompagna fréquemment l’évêque dans ses tournées pastorales ; puis il fut curé de la même paroisse à partir de 1845, jusqu’à la mort.

Cette période fut lourde à cause des guerres qui travaillaient l’Italie (en 1848, 1859 et 1866) et aussi à cause de la grande épidémie de choléra de 1855.

Pour l’assister dans son activité pastorale, surtout en direction de la jeunesse féminine, il s’entoura de pieuses personnes qui voulaient travailler dans l’esprit de sainte Angela Merici, fondatrice des Ursulines (voir au 27 janvier). Peu à peu ces personnes en vinrent à vivre en communauté, et devinrent, sous l’inspiration de don Zefirino, les Ursulines Filles de Marie Immaculée.

Ce fut bien sûr une responsabilité supplémentaire pour don Zefirino, qui continua à se dépenser de toutes ses forces pour répandre la Parole de Dieu.

Il mourut le 6 avril 1896, et fut béatifié en 1998.

Son dies natalis tombant en période de Carême, sa fête locale a été établie au 24 septembre, qui était son anniversaire «sur terre».

 

 

Michele Rua

1837-1910

 

Il était né le 9 juin 1837 dans la quartier Borgo Dora de Torino, où se trouvait l’arsenal : son père y travaillait et la famille habitait aussi sur place. 

Les deux garçons furent bientôt orphelins de leur père. Michele fit sur place les deux premières classes, puis fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes. C’est là qu’il rencontra don Giovanni Bosco (voir au 31 janvier).

On sait que ce saint prêtre avait le don d’entrevoir le futur ; au garçon, il lui dit : A nous deux, on se partagera tout le travail. Don Bosco devint le confesseur de Michele.

Orphelin, Michele allait travailler dans l’arsenal, mais don Bosco proposa à sa mère de l’envoyer à l’oratoire de Valdocco, où se trouvaient déjà quelques centaines de garçons. Peu à peu Michele entendit l’appel au sacerdoce et revêtit l’habit clérical en 1853.

Peu après mourut son frère.

En janvier 1854, don Bosco réunit quatre de ses jeunes, parmi lesquels Michele Rua, qui rédigea le procès-verbal de cette journée, qui marquait en fait le début de la congrégation salésienne.

Malgré son jeune âge, Michele devint comme le bras droit de don Bosco, aussi bien auprès des garçons que comme secrétaire, relisant pour lui les manuscrits et les épreuves des livres qu’il éditait. Quand il eut recopié les Règles de la future congrégation, il accompagna don Bosco à l’audience de Pie IX pour les lui présenter : le pape dut les corriger de sa propre main, avant de donner sa bénédiction à la Congrégation salésienne.

En 1856, à la mort de la maman de don Bosco, Michele appela la sienne pour venir la remplacer. Elle resta fidèlement à cette charge pendant vingt ans, jusqu’à la mort.

En 1860, Michele est ordonné prêtre, à vingt-trois ans. Trois ans plus tard, il ouvre et dirige une nouvelle petit séminaire à Mirabello Monferrato.

Il revient en 1865 à Valdocco, où il seconde don Bosco, dans cette œuvre qui formait maintenant plus de sept cents garçons. Des vocations naissaient, en 1872 se formaient les Filles de Marie Auxiliatrice, en 1875 partirent les premiers missionnaires pour l’Argentine ; on commença l’impression d’un bulletin. Le pape Léon XIII demanda aux Salésiens de construire la basilique du Sacré-Cœur à Rome. Don Rua accompagnait don Bosco dans tous ses voyages (en France et en Espagne).

A partir de 1884, don Rua fut nommé vicaire de don Bosco, avec droit de succession, ce qui se fit à la mort du Fondateur, le 31 janvier 1888.

Si don Rua connut les joies d’une rapide expansion de l’Institut (les pères salésiens furent bientôt des milliers répartis en divers pays d’Amérique du Sud et d’Asie, où don Rua ne ménagea pas sa peine pour aller les visiter et les encourager), il vécut aussi des heures sombres : le gouvernement anticlérical de l’Equateur éloigna les Salésiens en 1896, puis la France maçonnique en 1902 ; en 1907, un pénible procès ourdi par la Maçonnerie en Ligurie, accusa les Salésiens de malfaçons, et se termina finalement par la fuite des accusateurs à l’étranger.

Exténué par tant de travaux, de voyages, de fatigues et de soucis, don Michele Rua mourut le 6 avril 1910. Sa dernière parole fut une invocation que lui avait enseignée don Bosco : Ô Vierge Marie, ma Mère, fais que je sauve mon âme.

Don Rua fut enseveli auprès de don Bosco ; il fut béatifié en 1972.

 

 

Pierina Morosini

1931-1957

 

Née le 7 janvier 1931 à Fiobbio (Albino, Bergamo, Italie), de Rocco Morosini et Sara Noris,  Pierina était l’aînée des neufs enfants de ces humbles paysans.

Après l’école primaire, elle s’inscrivit à une école de couture, mais ensuite travailla dans une fabrique de coton, ce qui lui procurait un salaire meilleur et plus régulier, car c’est elle qui devait soutenir la famille, le papa étant devenu invalide. 

Chaque matin, elle recevait l’Eucharistie avant de partir au travail, et priait le chapelet durant le trajet.

Pierina s’inscrivit à l’Action Catholique et en devint même responsable pour les plus jeunes. 

En 1947, elle fit l’unique voyage de sa vie en-dehors de son pays, pour assister à la béatification à Rome de Maria Goretti (voir au 6 juillet).

Le 4 avril 1957, sur le chemin du retour du travail, un voyou l’attendait, qui l’invita au péché et, sur le refus de la jeune fille, la frappa avec une pierre. Pierina tomba sans connaissance, et la famille la retrouva dans une mare de sang.

Pierina ne se réveilla pas. Elle s’endormit dans le Seigneur, martyre de sa chasteté, le 6 avril 1957, à l’hôpital de Bergamo. Tout de suite on compara sa mort à celle de Maria Goretti.

Pierina Morosini a été béatifiée en 1987.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 20:10

Edvige Carboni

1880-1952

 

Edvige Carboni naquit le 2 mai 1880 à Pozzomaggiore (Sardaigne), deuxième des six enfants de parents agriculteurs, Giovanni Battista et Maria Domenica Pinna. La fille aînée s’appelait Paulina, un des quatre frères, Galdino.

A la naissance déjà, on lui remarqua une marque de la Croix sur la poitrine.

Edvige fut baptisée deux jours après sa naissance, et confirmée à l’âge de quatre ans.

Elle n’avait que cinq ans, lorsqu’elle eut des visions du Christ, de Marie, de son Ange gardien ; au même âge, elle émit le vœu de chasteté.

La maman lui enseignait la broderie et l’envoya aussi auprès des Religieuses de Saint-Vincent à Alghero.

Edvige reçut l’Eucharistie en 1891.

En grandissant, elle fut membre de plusieurs associations pieuses, participa à la Messe chaque jour, enseignait le catéchisme dans la paroisse. Elle fut aussi membre du Tiers-Ordre franciscain (1906). Elle visitait les malades, leur apportant quelque consolation, quelque soulagement.

En 1910, à la mort de sa mère, elle songea à la vie religieuse, mais son confesseur, sagement, lui conseilla de rester à la maison, où sa présence était nécessaire.

En 1911 - elle a vingt-et-un ans - elle entendit ce message du Christ : Je souhaite que tu sois l’effigie de ma Passion, et reçut alors l’impression des stigmates de la Passion ; Edvige «vécut» littéralement la Passion du Sauveur, souffrant la flagellation, les épines, les clous…

Durant la Grande Guerre, elle connut la bilocation, se trouvant réellement et simultanément en deux endroits bien distincts ; visitant le champ de bataille, elle en rapportait des informations sur les soldats disparus ou morts. Elle visita le cardinal hongrois Mindzenty dans sa prison, ou aussi Staline, à Moscou, pour tenter de le convertir, hélas ! en vain.

Elle eut aussi la grâce de la lévitation, de la transverbération. Elle eut l’apparition d’un Saint qu’elle ne connaissait pas encore, s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin), de s.Giovanni Bosco (v. 31 janvier), et d’autres aussi  : Domenico Savio (v. 9 mars), Rita de Cascia (v. 22 mai), Thérèse de Lisieux (v. 30 septembre), Gemma Galgani (v. 30 septembre ; Edvige assista à sa canonisation en 1940), Catherine de Sienne (v. 30 avril), François d’Assise (v. 4 octobre), l’apôtre Paul (v. 29 juin), la Mère de Marie sainte Anne (v.26 juillet).

En 1925, eut lieu une enquête canonique, durant laquelle on devait poser une foule de questions à la voyante, pour s’assurer qu’elle était lucide, en bonne santé, non manipulée, non possédée, que toutes ces manifestations n’étaient pas illusoires ; Edvige accepta humblement et répondit de façon convaincante.

Cette vie ne pouvait plus rester cachée, aussi les siens décidèrent de quitter la Sardaigne et de venir s’installer, d’abord à Albano Laziale en 1934, puis à Rome en 1938, après la mort du papa (Signalons que c’est à Albano Laziale que mourut la jeune martyre Marietta Goretti, v. 6 juillet).

Edvige s’efforçait de vivre de petits travaux, de couture, de services divers, d’assistance aux blessés durant la Guerre mondiale. Elle offrait ses souffrances pour la conversion des pécheurs, pour l’Eglise, pour les persécuteurs en régime communiste.

Bien sûr, on venait la voir, mais pas seulement par curiosité ; on lui demandait des conseils - il y eut des conversions.

Le saint Père Pio l’estimait beaucoup, et aussi s.Luigi Orione (v. 23 septembre et 12 mars).

Edvige souffrit des attaques du Diable en personne : coup de pied dans les jambes, coup de mateau dans les genoux…

On n’a ici que résumé les nombreuses grâces reçues par Edvige ; il faudrait aussi parler de la présence de son Ange gardien, de ses prédictions, de ses extases, etc.

Edvige Carboni mourut à Rome le 17 février 1952, d’une brusque angine de poitrine.

Deux années plus tard exactement se produisit le miracle qui fut ensuite retenu pour la béatification d’Edvige. Un homme avait la jambe dans un état désespéré, où gagnait la gangrène au point que sa vie était directement menacée ; or, ce 17 février 1954, son épouse était à la messe et, au moment de la consécration, entendit en elle une voix qui lui disait : C’est maintenant le moment de demander cette grâce, ce qu’elle fit et, de retour à la maison, elle trouva son époux complètement guéri.

Edvige fut béatifiée en 2019 et sera fêtée le 17 février.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 23:00

05 AVRIL

 

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S Zénon, martyr par la poix, le feu et le glaive. 

IV.

Ste Ireni, martyre à Thessalonique, sœur des stes Agapi et Chionia (cf. 1er avril).

Ste Pherbutha, sœur de l’évêque Siméon Bar Sabas à Séleucie, martyre.

V.

Un Lecteur de nom inconnu à Regia, martyrisé d’une flèche dans la gorge le jour de Pâques au moment où il chantait Alleluia.

VI.

S Tigernac, évêque à Clogher, aveugle à la fin de ses jours. 

VII.

S Claudien, moine persan, martyr.

IX.

Ste Théodora, veuve, moniale avec sa fille à Thessalonique ; son tombeau sécrète une huile miraculeuse.

XI.

S Géraud, guéri miraculeusement par l’intercession de s. Adalhard, puis abbé à Laon, enfin à la Grande-Sauve.

S Albert, évêque à Montecorvino ; ses jeûnes et ses larmes lui firent perdre la vue.

XIII.

Ste Julienne de Cornillon, flamande, prieure des Augustines du Mont Cornillon ; elle fut à l'origine de la Fête-Dieu, mais traitée de fausse visionnaire, et chassée de son couvent.

XV.

S Vicente Ferrer, dominicain espagnol qui sema l’Europe de miracles ; il se trompa un temps à propos du pape légitime lors du schisme d’occident ; mort à Vannes, il en est le patron.

XVI.

Ste Catarina Tomàs, chanoinesse augustine à Palma de Maiorque ; se trouvant trop choyée, elle feignit longtemps d’être insensée : on ne l’en estima que plus. 

XVIII.

Ste Anna (Maria Crescentia) Höß, tertiaire franciscaine à Kaufbeuren, mystique ; c’est un luthérien qui lui offrit sa dot pour entrer au monastère ; canonisée en 2001.

XIX.    

Bse Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía (Catalina de Marie), argentine, fondatrice des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2017.

XX.

B Mariano de la Mata Aparicio (1905-1983), prêtre augustin espagnol, actif au Brésil, mort de cancer, béatifié en 2006 ; il avait une passion pour les plantes et les fleurs.

 

Ireni de Thessalonique

† 304

 

Les trois sœurs Agapi, Chionia et Ireni vivaient à Thessalonique, chez leurs parents, qui n’étaient pas chrétiens.

Leurs noms étaient tout symboliques : Amour, Pureté et Paix.

L’édit de Dioclétien ayant en 303 interdit de conserver les Livres saints, les trois sœurs cachèrent ceux qu’elles avaient, sans en parler à personne.

L’année suivante cependant, on découvrit la cachette et les Livres ; elles furent dénoncées et présentées au gouverneur.

En même temps qu’elles, étaient aussi présentés Cassia, Philippa et Eutychia, ainsi qu’un nommé Agathon.

Fermement, elles refusèrent de manger de la viande offerte aux dieux païens, et furent condamnées à être brûlées vives.

Agapi et Chionia moururent le 1er avril 304.

Dans un premier temps, Ireni fut entièrement dévêtue et exposée dans un lupanar ; Dieu fit que personne n’osa l’approcher ; le 5, à nouveau convoquée, elle persista dans la fermeté de sa Foi et fut condamnée alors au même sort que ses sœurs.

Les Actes de ces trois Martyres ne parlent pas du sort des autres Compagnons.

Sainte Ireni de Thessalonique est commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pherbutha de Séleucie

† 342

 

Durant la persécution de Sapor II en Perse, fut martyrisé l’évêque Siméon Bar Sabas (v. 17 avril). C’est de sa sœur qu’il s’agit ici. Elle s’appelait aussi Tarbula, et était vierge. On ne connaît pas le nom de son autre sœur, qui était veuve.

Or il advint que la reine tomba malade.

Les deux saintes femmes furent accusées auprès de la reine, par des Juifs, d’avoir voulu l’empoisonner. On les arrêta donc toutes deux, avec une servante de Pherbutha et on les présenta au palais royal.

L’intendant qui l’interrogea, remarqua la beauté extraordinaire de cette femme, et lui envoya ensuite dire que, si elle voulait bien être son épouse, il obtiendrait sa grâce certainement. Mais Pherbutha refusa dignement cette avance, préférant de beaucoup rester unie au Christ et rejoindre bientôt son frère Siméon dans la béatitude céleste.

La sentence tomba : la reine ne pouvait être guérie que si elle passait entre les corps des accusées, coupés en deux. Le récit continue :

On mena donc ces saintes femmes devant la porte de la ville : chacune fut attachée à deux pieux, à l’un par le cou, à l’autre par les pieds ; et, les ayant ainsi étendues, on les coupa par le milieu avec des scies ; puis, ayant planté en terre trois grandes pièces de bois de chaque côté de la rue, on y pendit les moitiés de leurs corps. On apporta la reine dans cette rue, et on la fit passer au milieu de cette boucherie, suivie d’une multitude innombrable de peuple (342).

Pherbuta et sa servante ne furent pas des cas isolés. Les récits parlent d’une multitude innombrable de prêtres, diacres, moines et vierges ; on retint les noms de vingt-trois évêques, parmi lesquels Acepsimas et son prêtre Jacques, Dausas et Milles, Mareabdes avec deux-cent cinquante clercs ; le prêtre Aïthalas, les diacres Azadan et Abdjésu.

Aïthalas fut plusieurs fois étendu et frappé, au point qu’on lui disloqua les jointures des bras, que ses mains demeurèrent comme mortes et qu’on devait lui donner la nourriture dans la bouche. 

Le même jour que Pherbuta, au Martyrologe, est mentionné un nombre de cent-dix-neuf Martyrs, hommes et femmes. 

Le lendemain de ce jour, l’ancien Martyrologe mentionnait une sainte femme nommé Yazdandocht (c-à-d. fille de Dieu), qui assista en prison un groupe de cent vingt Martyrs, prêtres, diacres, clercs et vierges. Ces Héros furent tenus en prison pendant les six longs mois de l’hiver ; la veille de leur supplice, Yazdandocht vint en prison, leur lava les pieds, leur remit à chacun un bel habit blanc et leur servit un festin. Puis elle les salua, se recommandant à leurs prières auprès de Dieu. Les Athlètes du Christ allèrent offrir joyeusement leur cou au bourreau.

Le règne de Sapor II ayant été fort long (310-380), et atroce vis-à-vis du christianisme, parce que le roi assimilait la religion chrétienne aux Romains qu’il combattait, les écrivains en vinrent à estimer à seize mille les victimes de cette longue persécution, renonçant même à en conserver tous les  noms.

Sainte Pherbutha de Séleucie est commémorée avec sa servante le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lecteur en Maurétanie

† 430

 

Le roi arien Genséric (427-477) persécuta âprement les Chrétiens en Afrique.

L’historien Victor de Vite raconte : 

Dans une localité nommée Regia, les Chrétiens s’étaient enfermés pour célébrer la fête de Pâques sans être inquiétés. Les ariens en eurent connaissance et, sous la conduite d’un de leurs prêtres, vinrent se grouper autour de l’église. N’y pouvant pénétrer, ils lancèrent des flèches par les fenêtres.

C’est alors qu’une flèche atteignit à la gorge le Lecteur, qui était justement en train de proclamer  : Alleluia ! 

Les assaillants finirent par pénétrer dans l’église et achevèrent ceux qui n’avaient pas encore été atteints de leurs flèches.

La date de cet événement pourrait se situer très approximativement vers 430 (on sait que s.Augustin mourut durant le siège d’Hippone en 431). 

Ce saint Lecteur, ainsi que tous ces Fidèles, sont globalement commémorés le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

Géraud de la Grande Sauve

1025-1095

 

Geraldus naquit vers 1025 à Corbie (act. dans la Somme) de pieux parents qui le consacrèrent tout jeune dans l’abbaye de cette ville.

Il y resta, et devint cellerier. Mais une maladie lui rendit impossible toute occupation sérieuse. Foulques, son confrère de noviciat devenu abbé, l’emmena à Rome, espérant obtenir au moins quelque amélioration de sa santé auprès du tombeau des Apôtres ; ils furent à Rome, au Mont-Cassin, au Mont-Gargan, sans résultat. Reçus tous deux par le pape, ils reçurent de lui l’ordination sacerdotale et rentrèrent à Corbie.

Devenu sacristain, Géraud s’acquitta très bien de sa tâche, surtout pour la reconstruction de l’église, ravagée par un incendie. Puis il lui vint une idée lumineuse : il invoqua le saint abbé Adélard (v. 2 janvier), qu’on venait de canoniser, et promettant qu’en cas de guérison, il s’engageait à en propager le culte. 

La guérison arriva en effet ; reconnaissant et fidèle à son vœu, Géraud composa des antiennes et des répons pour compléter l’office du saint Abbé. Ce dernier, en outre, apparut par deux fois à Géraud pour l’encourager, le consoler, le conseiller.

Vers 1073, Géraud obtint la permission d’aller en pèlerinage aux Lieux Saints. A peine rentré à Corbie, on l’appela à être l’abbé du monastère de Laon. Ayant vainement tenté pendant cinq années d’y rétablir la Règle authentique, il décida de se retirer dans la solitude.

C’est alors qu’il fut sollicité par plusieurs Religieux pour fonder une nouvelle abbaye. Après avoir vénéré les reliques de saint Denis (v. 9 octobre), celles de saint Martin de Tours (v. 11 novembre), ils furent reçus par le comte de Poitou, qui leur concéda la forêt de Grande-Sauve, entre la Garonne et la Dordogne.

Lors du nécessaire défrichage, la tradition rapporte que Géraud abattit un bon nombre de chênes uniquement en les touchant avec une pièce de fer pointue : l’objet fut conservé comme le couteau de saint Géraud.

La sainteté des moines et de leur abbé contagia la population : les mœurs s’adoucirent, on vint prier et se confesser. Géraud donnait volontiers pour pénitence de jeûner le vendredi et faire abstinence le samedi.

En 1080, au concile de Bordeaux, l’abbaye fut exemptée de toute autorité laïque. Heureux de tous ces saints résultats, Géraud voulut abdiquer et se retirer : le légat papal lui enjoignit de rester à sa place !

Si de nombreux disciples se présentèrent, il y eut aussi de pénibles brimades, mais leurs auteurs se rendirent compte bien vite qu’elles se retournaient contre eux-mêmes.

Parmi ses occupations, Géraud rédigea un Martyrologe contenant des noms de Saints qu’on aurait oubliés sans son travail.

Sentant sa mort approcher, Géraud donna à tous les moines sa bénédiction, échangea avec chacun le baiser de paix, et pria toute cette sainte assistance de se retirer pour laisser place aux Anges et aux Saints qui allaient prendre son âme et la porter en Paradis, et mourut le 5 avril 1095.

Si le culte envers Géraud se développa presque aussitôt, la canonisation officielle se fit en 1197.

Sous la Révolution, on eut le temps de cacher les reliques de Géraud, qu’on ne retrouva qu’en 1830.

Saint Géraud de la Grande-Sauve est commémoré le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Julienne du Mont Cornillon

1192-1258

 

Julienne naquit  en 1192 à Retinne (Liège, ), d’Henri et Frescinde, riches agriculteurs qui moururent quand elle eut cinq ans.

Avec sa sœur Agnès, son aînée d’un an, elles furent placées chez les Religieuses augustiniennes du Mont-Cornillon qui, en-dehors de l’office au chœur, s’occupaient de lépreux et d’autres malades.

Les deux petites filles furent confiées à une certaine sœur Sapience, qui les aida dans leur chemin spirituel, et devint plus tard la supérieure du couvent.

On n’entend plus parler d’Agnès. Julienne, de son côté, fit de grands progrès dans la sainteté : elle sut bientôt le psautier par-cœur, aimait la solitude, l’austérité, parfois exagérée, qui lui valut quelques douces remontrances et quelques conseils de prudence.

En 1207, elle reçut l’habit de la congrégation.

Un de ses travaux fut l’étude assidue du latin pour lire dans le texte les Pères de l’Eglise ; elle lisait ainsi saint Augustin, saint Bernard ; nos bacheliers pourront légitimement être jaloux de cette jeune novice !

En 1208 (elle avait seize ans), elle reçut une première vision où elle aperçut le globe de la lune partiellement obscurci par une tache noire. Ses consœurs lui suggérèrent de ne pas s’en occuper ; mais le bruit s’en répandit et les gens de Liège commencèrent à parler de Julienne. La jeune novice, qui n’appréciait pas beaucoup ce remue-ménage, implora dans la prière d’être instruite sur la signification de cette vision et il lui fut enfin révélé en 1210 qu’il manquait une fête au calendrier :

L’Eglise militante est figurée par le globe de la lune ; la tache qui en voile une partie signifie qu’il manque une fête dont Dieu veut l’institution ; c’est la fête du très auguste et très saint sacrement de l’autel. Le Jeudi saint, à la vérité, est désigné à cet effet, mais les diverses autres cérémonies de ce jour en empêchent la solennité ; il faut en établir une autre qui sera chômée et observée dans toute la chrétienté. Et cela pour trois raisons : 

  1. pour que la foi aux mystères de la religion qui diminue et diminuera encore si l’ont n’y porte remède soit raffermie et confirmée en son entier.
  2. pour que les hommes qui aiment et cherchent la vérité en soient pleinement instruits, et puisent dans cett source de vie des forces pour avancer dans le chemin de la vertu.
  3. pour que les irrévérences et impiétés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement soient réparées et expiées par une adoration profonde et sincère.

C’est ainsi que Julienne fut chargée de demander à l’Eglise l’institution de la fête de l’Eucharistie. Cette mission la combla d’une sainte joie et augmenta encore sa dévotion eucharistique. C’est à cette époque qu’elle rencontra Eve de Liège (v. 14 mars).

En 1222, Julienne succéda comme supérieure à la sœur Sapience. Il y avait déjà douze années  que le Ciel lui avait confié cette mission, mais ne s’en sentant pas digne, elle remettait. Elle pria le Christ de la décharger, mais ce fut peine perdue : il fallait agir ! Julienne parla à Eve, ainsi qu’à une autre religieuse de Huy, Isabelle ; avec celle-ci, Julienne rencontra des personnalités ecclésiastiques, dont l’archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, futur pape Urbain IV ; Julienne fit des pélerinages à Cologne, Tongres, Maastricht.

Ce n’est qu’en 1246 que la Fête-Dieu serat instituée dans le diocèse de Liège, et en 1264 pour l’Eglise universelle, lorsque providentiellement Jacques Pantaléon devint pape. Mais dans l’intervalle, il y eut de vives oppositions, y compris dans le clergé, à l’institution de cette nouvelle fête : il y a souvent de ces «retards» à accomplir la volonté de Dieu, surtout dans le clergé, jaloux des révélations que reçoivent des femmes. 

Dans le cas de Julienne, ce fut d’abord l’aumônier de la congrégation, qui monta tout le monde contre elle, l’obligeant à sortir de son monastère avec quelques compagnes et à se réfugier ailleurs ; l’aumônier en eut pour ses frais, car ce mouvement ne fit qu’augmenter la réputation de Julienne. Quand l’évêque institua la fête en 1246, un vent de rébellion secoua à nouveau le diocèse, et Julienne se retira à Robermont puis à Namur, puis encore à Salsines, et encore à Fosses.

Julienne tomba malade au début de 1258 ; son état empira durant le carême ; le jour de Pâques (24 mars cette année-là), elle reçut le Viatique et, le soir, l’Onction des Malades ; le mercredi après l’octave de Pâques, nouvelle aggravation, mais Julienne assura qu’elle n’allait pas encore mourir ; le jeudi, elle se fit réciter l’office près d’elle ; le vendredi 5 elle reçut encore une fois l’Eucharistie et s’endormit dans le Seigneur : c’était le 5 avril 1258.

Le miracle qui décida le pape à instituer la fête pour l’Eglise universelle, fut le miracle de Bolsena (près Orvieto, Ombrie, Italie C) en 1263, où un prêtre qui doutait de la transsubstantiation, vit l’Hostie consacrée suinter du Sang qui imbibait le corporal. Ce corporal est toujours visible dans la cathédrale d’Orvieto, où il est exposé en permanence. 

Julienne n’a été officiellement ni canonisée ni béatifiée : la dévotion populaire s’en est chargée ! Le Martyrologe la mentionne au 5 avril comme Bienheureuse.

 

 

Vicente Ferrer

1350-1419

 

Vicente vit le jour à Valencia (Espagne) le 23 janvier 1350, de Guillermo Ferrer (et non Ferrier) et Constancia Miguel, qui eurent trois garçons (dont Bonifacio) et trois filles.

La vie de ce Religieux n’est qu’une suite de miracles.

Il était au berceau quand il demanda à sa mère de le porter en procession dans les rues de Valencia, pour faire cesser la sécheresse.

Petit, il s’adonnait déjà à toutes les pratiques habituelles des Saints. Or, voici un épisode authentique : des camarades voulurent se moquer de lui, l’un d’eux feignant d’être mort ; ils lui demandèrent de le ressusciter ; Vicente leur fit remarquer que le garçon était mort effectivement, puni pour sa vilaine moquerie, mais il le ressuscita sur l’heure.

Comme son père Guillermo en avait eu l’annonce en songe, Vicente entra chez les Dominicains de Valencia en 1367. Sa mère cependant chercha à le retenir dans le monde, mais une mystérieuse apparition la convainquit d’accepter la séparation et la consola.

Après la profession, Vicente fut à Barcelone puis Lleida et revint à Barcelone pour approfondir l’Ecriture. Tout juste diacre, il était déjà chargé de la prédicaiton populaire. Lors d’une grave disette, il annonça un jour l’arrivée de deux navires chargés de grain : tous se moquèrent de lui, le prieur lui interdit de prêcher, mais les navires arrivèrent effectivement.

En 1375, il fut professeur de physique à Barcelone et passa quelques mois d’études à Toulouse, pour rentrer ensuite à Valencia.

Il fut ordonné prêtre en 1378. C’est là qu’une jeune femme chercha à l’induire au mal, mais c’est elle qui dut déposer ses armes.

Il fut nommé prieur du couvent dominicain. C’est à cette période qu’il prit parti de bonne foi pour l’un des antipapes, Benoît XIII (Pedro di Luna). Ce dernier l’appela à Avignon et le nomma grand pénitencier et maître du sacré palais. Puis Vicente lui-même supplia Benoît XIII de renoncer à la papauté ; Benoît XIII refusa ; désormais, Vicente se prononcerait contre Benoît XIII ; le schisme devait se prolonger jusqu’en 1417. Mais Vicente continuait sa prédication.

Voici les localités les plus importantes qu’il parcourut depuis Valencia en 1381 ; il faut noter qu’il est difficile de le suivre, au point qu’on s’est demandé s’il n’était pas favorisé, en plus, du don de la bilocation :

Valladolid (où il convertit un rabbin et beaucoup de Juifs), Avignon, Carpentras (1399), Marseille, la région du Dauphiné et de Savoie (1401-1403), la Lombardie (Alessandria, où il rencontra Bernardino de Sienne, v. 20 mai). la Suisse, Lyon, le sud de l’Espagne (Séville et Cordoue, 1408-1410), Valence (où il fonda une université), Zamora, Salamanque. Il repassa en Italie, d’où il revint en Espagne pour favoriser l’accession au trône de Ferdinand de Castille, Valencia (1412-1413), Barcelone, les Baléares, Tortosa, Morella (où il supplia encore, mais sans résultat, Benoît XIII de déposer la tiare, comme l’avaient fait les deux autres antipapes), Saragosse, la Catalogne, Barcelone, Nice, Perpignan (où il tomba gravement malade, et prédit sa guérison, humainement inexplicable et où il prêcha devant l’obstiné Benoît XIII, toujours fermé à la grâce), le Roussillon, la Catalogne, le Languedoc, Toulouse, Le Puy, Clermont, Moulins, Lyon, Besançon (où il rencontra Colette de Corbie, v. 6 mars), Dijon, Bourges, Tours, l’Anjou, la Bretagne (Nantes et Vannes), la Normandie (Rennes, Dol, Caen, cherchant à convaincre le roi d’Angleterre pour mettre fin à la guerre de Cent ans), et Vannes enfin où il devait mourir.

Voici quelques exemples de ses miracles. Il révéla humblement lui-même que la miséricorde de Dieu avait opéré par sa main plus de trois mille miracles.

Il demanda à une femme pourquoi elle jurait si fort devant la colère de son mari ; elle dit que c’était à cause de sa laideur ; Vicente la rendit sur place plus belle que toutes les femmes du pays.

A une autre, il lui suggéra, à l’heure de l’arrivée de son mari, de garder dans la bouche une gorgée de l’eau du puits du couvent voisin ; c’était en réalité pour l’obliger à se taire. Le mari, de retour, s’apercevant que sa femme ne disait rien, en fut bien content et la paix revint ; Vicente lui expliqua que par son silence, elle évitait ainsi de provoquer son mari par ses répliques incessantes.

A Gênes, on s’aperçut qu’il avait le don des langues, car tous les matelots étrangers le comprenaient. Il expliqua qu’il ne savait en réalité, outre l’espagnol, que le latin et un peu d’hébreu, mais que c’était Dieu qui le rendait intelligible par les étrangers.

Il lisait dans les cœurs ; quand on avait une objection à lui proposer, il y répondait sans qu’on la lui ait exposée.

Vicente Ferrer annonça partout que la fin du monde était proche, tant il voyait d’erreurs et de vices partout où il passait. Le Grand Schisme durait, la société était divisée et corrompue : Vicente y voyait le prélude à un cataclysme final, mais finalement annonça avec joie que la pénitence des foules avait touché la miséricorde de Dieu, tant il est vrai que Personne ne sait l’heure du jugement, pas même le Fils de l’homme (Mc 13:32).

Au début de 1419, Vicente faillit refaire un voyage à Valencia où on l’appelait, mais dut y renoncer à cause de la maladie. Tous cherchaient à le voir encore ; il promit de prendre la ville de Vannes sous sa protection aux pieds de Dieu. 

Il annonça sa mort dix jours auparavant, et mourut effectivement le Mercredi saint 5 avril 1419. Il fut enterré le Vendredi saint et inhumé dans la cathédrale de Vannes ; on put soustraire ses restes à la fureur huguenotte et à celle républicaine.

Près d’un millier de miracles furent reconnus et retenus pour la canonisation de Vicente Ferrer. Celle-ci fut annoncée début juin 1455 et devait avoir lieu formellement le 29 juin, mais le pape mourut dans l’intervalle. La canonisation fut proclamée en octobre 1455.

La fête liturgique de saint Vicente Ferrer est toujours au 5 avril.

 

 

Caterina Tomás i Gallard

1531-1574

 

Suivant les régions, cette Religieuse mystique s’est aussi appelée Catalina Thomás.

Elle naquit le 1er mai 1531 à Valldemossa (Maiorque), sixième des sept enfants ; les frères et sœurs s’appelaient Miquel, Bartomeu, Jaume, Mateu, Anna, Caterina et Margarida.

Tôt orpheline (de son père en 1535, de sa mère en 1541), elle fut recueillie par son oncle, Joan Gallard, pour soigner son épouse infirme, ce qui dura cinq années. En plus, une bonne famille l’aida à faire des études sérieuses. Elle vint à Palma pour apprendre à lire et à écrire.

A quinze ans, elle voulait être religieuse, mais son confesseur, prudent, lui conseilla d’attendre un peu.

En 1553, elle entra chez les Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin, un ordre de contemplatives, et y professa en 1555.

Sa vie discrète fut remplie de manifestations célestes : apparitions, visions des anges, de saint Antoine de Padoue (voir au 13 juin), de sainte Catherine d’Alexandrie (voir au 25 novembre). Elle passait des jours entiers en extase. On la voyait lutter contre le démon. Elle eut aussi le don de prophétie, et annonça sa propre mort.

Outre ces grâces, elle souffrait d’une maladie qu’on croit être la tuberculose.

Elle refusa son élection comme Supérieure du couvent.

Elle mourut le 5 avril 1574 à Palma.

Son corps est resté incorrompu : on peut le voir et le vénérer au couvent des Augustines de Palma.

Caterina fut béatifiée en 1792 et canonisée en 1930.

Palma la fête solennellement le 28 juillet.

 

 

Anna (Maria Crescentia) Höß

1682-1744

 

Cette religieuse était née à Kaufbeuren, dans le diocèse bavarois de Augsburg, le 20 octobre 1682, septième des huit enfants de Matthias Höß et Lucia Hörmann, et donna dès l’enfance des indices de ce que serait un jour sa sainteté. 

Il semble qu’elle ait eu la notion des vérités du salut avant même d’avoir l’usage de la parole. Jeune fille, elle garda l’intégrité de la foi au milieu des dangers où l’exposait la nécessité de vivre parmi les luthériens. Elle s’affermit dans la pratique des vertus chrétiennes et provoqua même l’admiration des non-catholiques. 

Sa demande d’admission chez les Franciscaines du Tiers-Ordre Régulier de Mayerhoff où elle désirait se consacrer à Dieu, fut plusieurs fois repoussée, parce que l’on ne pouvait fournir une dot suffisante. Enfin un personnage de l’endroit, bien que luthérien, plaida en sa faveur et comme il était un insigne bienfaiteur de la maison, la jeune fille fut admise sans dot : elle avait alors vingt et un ans.

Son noviciat achevé, Crescentia fit profession en 1704. Les supérieures furent bien disposées envers elle et lui confièrent maintes responsabilités : portière d’abord, maîtresse des novices en 1726, elle fut enfin élue prieure en 1741, malgré son refus pour un tel poste, qu’elle ne finit par accepter que par la contrainte. Dans toutes ces charges, elle montra la plus grande générosité et le don total d’elle-même.

Elle recommandait aux sœurs d’observer le silence et le recueillement, d’avoir de saintes lectures, l’évangile en premier lieu. L’école de sa vie religieuse était la Crucifixion du Christ. C’est à cette école qu’elle acquit un degré de grande prudence et qu’elle put être une conseillère providentielle pour tous ceux qui venaient chercher auprès d’elle du réconfort, comme on peut aussi s’en rendre compte par son abondante correspondance. 

Durant ses trois années de supériorat, elle fut comme une nouvelle fondatrice de sa communauté de Mayerhoff ; elle justifiait ainsi son choix des novices : “Dieu veut que notre couvent soit riche de vertus, et pas de biens temporels”. Les points principaux sur lesquels elle appuya la renouvellement de la maison furent : une confiance illimitée en la divine Providence, la promptitude dans l’accomplissement des activités de la vie commune, l’amour du silence, la dévotion à Jésus crucifié, à l’Eucharistie et à la Vierge Marie.

La renommée de sa sainteté porta son nom dans toute l’Allemagne, dans la Hongrie et parmi d’autres nations protestantes. Cette sainte religieuse eut de nombreuses extases : l’ardeur de l’amour divin dont son cœur était rempli, bien plus que la maladie, occasionna sa mort qui arriva à Pâques, le 5 avril 1744. Son corps repose toujours dans la chapelle de son monastère, entouré d’une profonde vénération.

Des miracles avaient illustré sa vie ; il y en eut au jour de ses funérailles et, dans la suite, auprès de son tombeau.

Béatifiée en 1900, elle a été canonisée en 2001 et le Martyrologe Romain la commémore le 5 avril. 
 

Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía
1823-1896

Josefina vit le jour le 27 novembre 1823 à Córdoba (Argentine), de bons parents chrétiens, Hilario Rodríguez Orduña et Catalina Montenegro. Elle avait trois sœurs.
En 1826, elle fut orpheline de sa mère, en 1831 de son père. Les quatre sœurs avaient heureusement des tantes, qui s’occupèrent d’elles.
Josefina ne fréquenta pas l’université de la ville, déjà célèbre, car les études étaient traditionnellement «réservées» aux garçons. Elle se forma à la maison.
En 1840, elle découvrit les Exercices spirituels ignaciens, qui suscitèrent en elle le désir de se consacrer. Mais en 1852, son directeur spirituel lui conseilla d’épouser un colonel, Manuel Antonio de Zavalía, lui-même veuf et père de deux enfants. Le couple s’installa à Paraná : leur unique enfant fut une petite fille mort-née.
De retour à Córdoba, Manuel Antonio mourut en 1865 ; veuve à la force de l’âge, Saturnina reprit son projet de former une communauté à l’image des Jésuites, pour les femmes, qui seraient au service des personnes les plus vulnérables de la société, pour leur apporter l’enseignement du Christ, les aider à travailler, vivre avec elles. L’entreprise était audacieuse, nouvelle, et mit du temps à éclore : en 1872, naquit enfin la Congrégation des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, le premier institut féminin de vie apostolique en Argentine.
En 1875, Josefina faisait ses premiers vœux et prenait le nom de Catalina de Marie.
Lors de sa participation aux Exercices spirituels, Josefina avait fait connaissance d’un, alors, séminariste, José Gabriel Brochero (v. 26 janvier). Ce dernier, une fois curé, fit appel à ses Religieuses pour l’aider dans son apostolat ; ce fut une féconde collaboration au service des pauvres, des malades (comme durant l’épidémie de choléra en 1867) et de l’épanouissement de la femme dans toute sa dignité.
Les maisons des Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus s’ouvrirent en plusieurs villes d’Argentine. En 1893 s‘ouvrit à Buenos Aires le Collège du Sacré-Cœur. Cette année-là, Catalina fit un pèlerinage à Rome.
Elle mourut à Córdoba le 5 avril 1896.
Aujourd’hui les maisons se sont multipliées en Argentine, bien sûr, mais se sont aussi implantées au Chili, en Espagne, au Bénin.
Le miracle reconnu pour la béatification de Mère Catalina fut la «résurrection» d’une femme victime d’une apparente mort subite : les efforts pour la réanimer se démontraient sans aucun résultat. La fille de cette femme cependant, avec son mari et toute la communauté des Esclaves, priaient intensément et, après vingt-quatre heures de coma, la dame commençait à montrer des signes de vie ; dix jours plus tard, cette dame repartait chez elle, sans aucune séquelle de l’accident, et vit actuellement chez elle sans difficulté.
Mère Catalina fut béatifiée en 2017.
La bienheureuse Josefina Saturnina Rodríguez - Mère Catalina de Marie - sera commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Mariano de la Mata Aparicio

1905-1983

 

Né le 3 décembre 1905 à Puebla de Valdavia (Palencia, Espagne) dans une famille très chrétienne, Mariano et ses trois frères aînés devinrent prêtres dans l’Ordre des Augustins. Leurs parents, Manuel et Martina, eurent huit enfants.

Il prit l’habit en 1921, qu’il reçut du père Anselmo Polanco, futur évêque de Teruel, qui sera béatifié en 1995 (voir au 7 février).

Après ses études à Valladolid et Burgos, Mariano fut ordonné prêtre en 1930.

Moins de deux ans après, il est envoyé en mission au Brésil, où il restera pendant plus d’un demi-siècle.

Il fut d’abord deux ans vicaire à la paroisse de Taquaritinga (São Paolo), puis professeur de sciences naturelles au collège jusqu’en 1949, en même temps que directeur du collège et vice-provincial de son Ordre de 1945 à 1948.

Après, il fut professeur et supérieur au séminaire des Augustiniens à Engenheiro Schmidt (São Paulo).

Le père Mariano ne fit rien d’extraordinaire : il sut montrer la charité dont était rempli son cœur, envers les pauvres et les malades. En plus de ses responsabilités, en effet, il savait donner du temps pour chacun de ses Confrères, pour secourir ceux qui lui tendaient la main, visitant assidûment les malades. Par exemple, pendant un an il alla chaque jour donner des leçons à un étudiant malade,j pour lui éviter de perdre son année ; il rendit visite tous les jours pendant deux mois à un autre malade d’hépatite, Horacio Gentile, sans compter la fatigue de la distance et des escaliers.

Il se tenait régulièrement au courant des événements de son Espagne natale, traversée par la douloureuse guerre civile de 1936, qui fit près de dix mille martyrs, dont Mgr Polanco en 1939.

Il avait un grand amour pour la nature, les plantes, les animaux, toutes les belles choses que le Bon Dieu avait créées. Il avait aussi une passion pour la collection de timbres !

Il assista spirituellement les membres de l’Atelier Sainte-Rita, où les ouvrières confectionnaient des habits pour les pauvres. Il fonda un très grand nombre de ces ateliers, donnant ainsi une occupation à des personnes désœuvrées.

Sa vue diminua beaucoup, mais ne l’empêcha pas de continuer toutes ses activités pastorales.

En 1983, il dut être opéré d’une tumeur maligne au pancréas. Le mal ne peut être arrêté.

Le père Mariano de la Mata mourut le 5 avril 1983, et fut béatifié en 2006.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 22:31

Mariano Mullerat Soldevila

1897-1936

 

Mariano (en catalan, on dit Mariá) naquit le 24 mars 1897 à Santa Coloma de Queralt (Tarragona, Espagne). Il avait deux frères Joan, médecin, et Ricard, entrepreneur. Leurs parents étaient de riches propriétaires.

Après l’école, Mariano passa au collège Saint-Pierre puis à la Sainte-Famille de Reus, et obtint le baccalauréat en 1915. Il fut ensuite un brillant étudiant en médecine à Barcelone.

Déjà durant cette période universitaire, Mariano se sentait une âme d’apôtre. Un professeur ayant nié en plein cours la virginité de Marie, Mariano osa protester ; une rixe éclata, et Mariano fut blessé.

Mariano milita dans les rangs pro-carlistes et présida l’association des Traditionalistes de Barcelone.

Il fut médecin à Arbeca, où il épousa Dolors Sans i Bové. La famille ne se mettait jamais à table sans avoir prié le Benedicite. Chaque jour, on priait le chapelet.

Maire pendant six ans, il créa la bibliothèque municipale, fit rénover les canalisations pour l’eau courante, construire la caserne de la Guardia Civil. Il restaura les cloches de l’église, et celle de l’hôtel de ville. Mais aussi il combattit le blasphème, et intronisa le Sacré-Cœur dans la mairie.

Il fonda un journal bimensuel, L’Escut, en catalan, où il voulait traiter de nombreux sujets pour défendre toute idéologie saine. Comme médecin, il encourageait ses patients à fréquenter les Sacrements de l’Eglise, secourait gratuitement les plus pauvres.

Quand éclata la guerre civile en 1936, il continua ses activités. On vint l’enlever au matin du 13 août. Au moment où le camion partait, une femme vint supplier les miliciens de libérer ce médecin, pour lui donner le temps de visiter son fils gravement malade. Mariano prit un papier, inscrivit un nom de médicament et le tendit à cette mère en lui disant : «Ne pleure pas. Ton fils ne mourra pas. Donne-lui ce médicament et prie, Dieu t’aidera.» Le fils de cette mère guérit juste au moment où l’on assassinait le docteur Mariano.

Dans le camion qui partait au lieu du suppice, Mariano eut encore d’autres gestes de charité. Il soigna la blessure que portait un des bourreaux qui l’accompagnait. Puis il rédigea la liste des patients qu’il devait visiter ce jour-là et pria de faire parvenir cette liste à un médecin qu’il connaissait, pour aller visiter ces patients sans tarder.

Parvenus au lieu de l’exécution, au kilomètre 3 de la route de Borges Blanques, le docteur Mariano exorta encore tous ses compagnons à prier l’acte de contrition et à pardonner aux bourreaux. On fusilla environ soixante-dix victimes ; mais comme certaines n’avaient pas été tuées sur le coup, on les arrosa toutes d’essence et on y mit le feu.

Mariano était né la veille de l’Annonciation, il mourut deux jours avant l’Assomption.

Mariá Mullerat Soldevila fut reconnu martyr en 2018, et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 13 août dans le Martyrologe Romain.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 22:17

James Alfred Miller

1944-1982

 

James Alfred naquit le 21 septembre 1944 à Stevens Point (Wisconsin, USA), dans une famille d’agriculteurs. Prématuré, il ne pesait guère que quatre livres à la naissance, mais il grandit très bien : adulte, il mesurait près d’un mètre quatre-vingt-dix et pesait quasi cent kilos. Ses deux frères s’appelaient Bill et Ralph.

Après ses études secondaires, il entra à la Pacelli High School, tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, pour passer à l’Université Sainte-Marie de Winona, où il obtint son diplôme en espagnol.

En 1959, il entra dans la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, prenant le nom religieux de Leo William.

Au terme de son noviciat, il enseigna l’espagnol, l’anglais et le catéchisme dans la Cretin High School et, en août 1969, émit la profession solennelle.

Cette même année, il fut envoyé en mission à Bluefields (Nicaragua), comme instituteur. En 1974, il fut envoyé à Puerto Cabezas, comme directeur d’une école qui passa de trois-cents à huit-cents élèves.

Promoteur de multiples actions culturelles pour les jeunes et de multiples écoles rurales, il chercha l’appui gouvernemental, raison pour laquelle il fut dans le colimateur des milices durant la révolution sandiniste : on l’accusait de connivence avec le gouvernement ; aussi ses supérieurs le rappelèrent aux Etats-Unis en 1979 ; il reprit l’enseignement à la Cretin High School, où on le surnomma Santiago pour son enseignement de l’espagnol. Le Frère Leo William regretta beaucoup de ne jamais pouvoir retourner au Nicaragua.

En 1980, il fut à New Mexico où ses élèves, lui donnèrent aussi le gentil surnom de Brother Fix-it, car ils le voyaient fréquemment un outil en main pour arranger ou fixer quelque chose dans tous les coins de l’école ; c’est lui aussi qui dépannait ceux qui oubliaient la combinaison de leur casier.

Mais le Frère s’ennuyait et voulait repartir en Amérique centrale. En 1981, il fut envoyé en mission au Guatemala, dans une région où vivait la minorité maya : le Frère s’occupa de leur instruction, de leur formation professionnelle et religieuse et défendit courageusement leurs droits.

Là encore il devint la cible privilégiée des guerilleros marxistes ; conscient du danger, il demeura sur place, confiant «(sa) vie à la Providence», écrivit-il encore un mois avant sa mort.

Le 13 février 1982, il fut abattu par un «escadron de la mort» à Huehuetenango, quelques mois après l’assassinat de Stanley Francis Rother (v. 28 juillet).

James Alfred Miller fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 22:07

Juan José Castañon Fernández

1916-1934

 

Juan José Castañon Fernández vit le jour le 6 août 1916, à Moreda de Aller (Asturies, Espagne), dans une famille de cinq enfants.

Après ses études au collège de La Salle à Caborana, il entra au séminaire de Valdediós en 1928, grâce au soutien de son curé. Excellent élève, intelligent, il jouait volontiers au foot-ball et à la pala et se passionnait aussi pour les mots-croisés. On aimait particulièrement ce garçon qui avait conservé ses trais enfantins et on l’appelait gentiment Castañin. Il tenait beaucoup à sa vocation sacerdotale et conservait une grande dévotion à la Sainte Vierge.

Il était en troisième année de philosophie, quand il fut assassiné à Oviedo le 7 octobre 1934, à dix-huit ans, benjamin des cinq séminaristes abattus à ce moment-là.

Deux années plus tard, fut aussi exécuté son oncle prêtre, don Baltasar Rodríguez Fernández.

Juan José fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 7 octobre dans le Martyrologe Romain.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 22:06

José María Fernández Muñoz

1915-1934

 

José María Fernández Muñoz vit le jour le 9 mai 1915, à Muñon Cimero (Pola de Lena, Asturies, Espagne).

Son père et son grand-père étaient les sacristains du pays.

Il entra au Petit séminaire en 1927. Il était de caractère réservé et doux ; il jouait bien à la pala et savait se débrouiller pour entretenir les vêtements.

Il était tout juste en première année de théologie, quand il fut assassiné à Oviedo le 7 octobre 1934, à dix-neuf ans.

José María fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 7 octobre dans le Martyrologe Romain.

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