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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 00:00

19 MARS

I.    

S Joseph, père nourricier de Jésus, époux de Marie, patron de l’Eglise, du Canada.

?    

Ss Léonce et Apollone (II. et V. ?), évêques à Vicenza (?).
Ss Quintus, Quintille, Quartille et Marc, martyrs à Sorrente.

IV.    

S Panchaire, sénateur romain une fois apostat, puis martyr à Nicomédie.

V.    

S Auxilius, évêque à Killossey.

VI.    

B Ioannis, de Syrie, fondateur et abbé à Parrano.
S Lactinus, fondateur et abbé à Freshford.

VII.    

S Léonce, évêque à Saintes.
Ss Landoald et Amance, prêtre et diacre romains, missionnaires en Gaule Belgique.

IX.    

S Alcmond, de famille royale anglaise, assassiné en Ecosse.

XIII.    

B Isnardo de Chiampo, prieur dominicain à Pavie.
B Andrea de Gallerani, soldat à Sienne ; il en fut banni après avoir tué un blasphémateur et s’adonna aux bonnes œuvres avec sa fondation des Frères de la Miséricorde.
B Clément, évêque à Dunblane, dominicain ; il introduisit les dominicains en Ecosse.
B Giovanni Buralli de Parme, premier général de l’Ordre franciscain, qui prépara le travail de réforme opéré par s.Bonaventure après lui.

XIV.    

Bse Sibillina Biscossi, tertiaire dominicaine à Pavie, aveugle et recluse pendant soixante-sept ans, avec de grandes mortifications.

XV.    

B Marco de Marchio de Montegallo, médecin puis franciscain qui établit en plusieurs villes des monts-de-piété.

XVII.    

B Juan Martínez Cid, prêtre dominicain espagnol, martyr au Japon.

XX.    

B Jaume Trilla Lastra (Feliu Josep, 1908-1937), lasallien espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2007.
B Jan Turchan (Narcyz, 1879-1942), franciscain polonais, mort à Dachau, béatifié en 1999.
B Marcel Callo (1921-1945), laïc normand, jociste, enrôlé dans le STO, interné à Mauthausen puis Güssen II, béatifié en 1987.

Joseph, époux de Marie

1er siècle

 

Il n’y a dans les Evangiles aucun renseignement sur la vie personnelle de saint Joseph. Son nom apparaît dans la généalogie du Sauveur (Mt 1:16 ; Lc 3:23) ; Matthieu et Luc font remarquer qu’il était de la lignée de David (Mt 1:20 ; Lc 2:4).

On sait qu’il était charpentier (Mt 13:55), juste, fidèle observateur de la Loi, et qu’il habitait à Nazareth, la bourgade où eut lieu l’Annonciation à Marie (Lc 1:26 ; Mt 2:23).

En-dehors des faits de la naissance de Jésus-Christ (Mt 1-2 ; Lc 2), Joseph n’apparaît plus dans l’Evangile, pas même lors du «premier» signe de Jésus, le miracle de Cana, où Jésus est invité avec Marie, ce qui laisse supposer que Joseph était déjà mort au début de la vie publique de Jésus.

D’un texte de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), dont on sait avec quelle prudence il faut lire ce qui fut transcrit par son fidèle secrétaire, voici quelques lignes qui ne manquent pas d’intérêt.

Joseph, fils de Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents demeuraient près de Bethléem, dans une grande maison qui avait appartenu à Isaï ou Jessé, père de David. Joseph, d’un caractère tout différent de celui de ses frères, était simple, doux, pieux et sans ambition. Ses frères le rudoyaient, le maltraitaient, et inventaient tout ce qu’ils pouvaient pour le tourmenter. S’il priait sous les galeries de la cour, à genoux et les bras étendus, ils s’approchaient sans bruit et le frappaient rudement par derrière.

Il y avait dans le caractère de Joseph quelque chose de fort grave, et un goût très marqué pour la solitude. Il n’aimait que la prière et le travail des mains. L’inimitié de ses frères alla bientôt si loin, qu’il lui fut impossible de demeurer dans la maison paternelle. Il avait, dans le voisinage, un ami. Il reçut de lui tout ce qu’il fallait pour se déguiser, choisit une nuit pour s’enfuir et alla gagner ailleurs, dans l’état de charpentier, le peu qui lui était nécessaire pour vivre. Il pouvait avoir alors de dix-huit à vingt ans.

Joseph demandait à Dieu de hâter l’avènement du Messie. Un ange lui dit de cesser son travail, car le grenier du salut allait bientôt être confié à sa garde. Il ne comprit rien à ces paroles, et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’un ordre du Ciel, l’époux de Marie.

Mandé par le grand prêtre, Joseph se rendit aussitôt à Jérusalem et vint se présenter au temple. Il dut, à son tour, tenir sa branche à la main pendant la prière et le sacrifice. Il ne l’eut pas plutôt déposée sur l’autel devant le Saint des saints, qu’elle poussa une fleur blanche semblable à un lis.

(…)

Joseph (déclina) rapidement, vers la trentième année de la vie du Seigneur. Jésus et Marie restèrent alors plus souvent avec lui. Lorsque Joseph mourut, Marie, assise près de son chevet, le tenait dans ses bras, et Jésus était debout à côté. Sa chambre (était) toute pleine d’anges et de lumière.

Joseph devait mourir avant Jésus, car il n’aurait pu supporter son crucifiement : il était trop faible et trop affectueux.

La dévotion à saint Joseph est ancienne. Le culte proprement dit l’est moins.

On sait qu’au 13e siècle, un mystique allemand, Herman de Steinfeld, reçut en deuxième prénom celui de Joseph, à la suite de son «mariage mystique» avec la Vierge Marie (v. 7 avril).

Au 15e siècle, Jean Gerson fut à l’origine de la fête des Fiançailles de Joseph et de Marie, au 23 janvier.

Une fête de saint Joseph exista çà et là, au 19 mars, mais ne fut rendue officielle qu’en 1481, lorsque Sixte IV l’inséra au bréviaire et au missel ; Grégoire XV (1621) la rendit obligatoire pour toute l’Eglise ; le bienheureux Pie IX (v. 7 février), qui avait une grande dévotion à saint Joseph, lui consacra le mois de mars et, sur la demande des Pères conciliaires de Vatican I, le déclara patron de l’Eglise universelle.

Successivement, Léon XIII désigna saint Joseph patron des pères de famille et des ouvriers. Traditionnellement aussi, en référence à sa sainte mort, où il fut assisté par Jésus et Marie, on l’invoque au chevet des mourants, comme «patron de la bonne mort».

Le bienheureux Jean XXIII (v. 3 juin) fit insérer le nom de saint Joseph dans la prière Communicantes du Canon Romain de la Messe (et se trouve maintenant ajouté dans toutes les Prières eucharistiques).

Au pays du Canada, saint Joseph fut choisi dès 1624 comme patron et protecteur de cette Eglise naissante, par un des premiers missionnaires qui y parvint, Joseph Le Caron, récollet.

Un magnifique sanctuaire lui est aussi dédié à Montréal, dû à la dévotion de saint Alfred-André Bessette (1845-1937, v. 6 janvier).

 

 

Ioannis de Parrano

† 6e siècle

 

Ioannis vint de Syrie, et fut pour cela longtemps appelé Jean de Syrie.

Fuyant son beau pays où sévissaient encore les disputes théologiques, il vint en Italie : à Penna ou à Parrano ? Les deux localités sont en Ombrie, distantes d’environ soixante-dix kilomètres. Ioannes fut alternativement appelé Jean de Penna et Jean de Parrano.

En réalité, on fait une confusion avec un autre Jean (Giovanni) à Penna San Giovanni, au treizième siècle (v. 3 avril).

Le nôtre, à Parrano, construisit un monastère, qu’il gouverna pendant quarante-quatre ans.

Beaucoup de miracles furent signalés, dûs à sa vertu.

Saint Ioannis de Parrano est commémoré le 19 mars dans le Martyrologe Romain.

Isnardo de Chiampo

† 1244

 

Isnardo vit le jour vers à Chiampo (Vicenza, Italie NE), dans une famille bourgeoise.

Ayant commencé ses études à Bologne, il entra en 1218 dans l’Ordre des Dominicains et reçut l’habit des mains de saint Domingo (v. 6 août) lui-même.

L’année suivante, il fut envoyé à Milan, avec son confrère Guala qui fut élu évêque de Brescia. La prédication d’Isnardo gagna beaucoup de pécheurs et d’hérétiques.

En 1230, transféré à Pavie, il se lia d’amitié avec l’évêque Redobaldo II, qui lui confia une église et l’aida à construire un couvent hors les murs.

La ville de Pavie était sous le coup de l’interdit, à la suite des mésactions de Friedrich Barbarossa. Isnardo prêcha, émut les gens, les ramena à la foi et à la pratique.

Dans ses déplacements, Isnardo continuait de prêcher aux pécheurs et d’exercer le pouvoir que la grâce de Dieu lui avait donné : il guérissait les malades. Ainsi, il guérit la jambe d’un malade sous les yeux d’un mécréant qui se moquait. On raconte aussi qu’un homme le prit à partie, en le taquinant sur sa forte constitution : Comment veux-tu que je croie à la sainteté d’un Isnardo plus que je pourrais croire que ce tonneau se mette à danser et à venir me casser une jambe ? Et voilà que le tonneau se mit en marche et lui retomba sur la jambe. Mais l’anecdote n’ajoute pas qu’Isnardo la lui remit sur place, ce qui est pourtant vraisemblable.

La renommée d’Isnardo, la nouvelle de ses nombreux miracles, parvinrent jusqu’en France.

Il mourut à Pavie le 19 mars 1244. Les miracles ne cessèrent pas : des prisonniers l’invoquèrent pour leur libération ; des malades gravement atteints guérirent.

Le culte du bienheureux Isnardo fut approuvé en 1919.

 

 

Andrea Gallerani

1200-1251

 

Andrea naquit au début du 13e siècle, un des (au moins) deux fils de Ghezzolino, un bourgeois «puissant» de Sienne (Toscane, Italie C).

Comme on le sait, les rivalités entre villes étaient fréquentes, habituelles même, et Andrea participa à quelque expédition contre Orvieto, où il tua leur capitaine, en 1219.

Peu après, un épisode le trouva à nouveau protagoniste d’une rixe : il s’agissait d’un homme qui blasphémait et qu’Andrea, ne pouvant plus le supporter, assassina. Il fut pour cela banni de la cité. La nuit qui suivit son départ de Sienne, il chevauchait à côté de son frère, quand une nuée le souleva dans les airs avec son cheval sur un parcours de trois milles. Son frère le croyait perdu, car il savait que des soldats de Sienne étaient partis à la poursuite d’Andrea, mais ce dernier fut préservé de tout accident fâcheux par la sainte Vierge, qu’il priait de venir à son aide.  Il se réfugia à Maremma.

Dès lors, Andrea comprit qu’il devait consacrer le reste de ses jours aux exercices de la pénitence et aux œuvres de la charité. Dans les secours qu’il donnait aux malades, Dieu lui accorda d’opérer des guérisons merveilleuses. Il put aussi multiplier la farine, le vin.

Il pénétra furtivement dans Sienne et y établit une petite confraternité de Frères de la Miséricorde, pour l’assistance auprès des malades et des pauvres.

Il eut des apparitions du Christ, de la Sainte Vierge. La Mère de Dieu lui aurait ainsi indiqué le prochain jour de sa mort. Il vint chez les siens, le leur annonça et mourut au jour précis, qu’on n’a pas vraiment établi actuellement : ç’aurait été le 9 avril 1251, ou le 19 mars 1251, cette dernière date étant celle reprise par le Martyrologe Romain.

D’autres miracles se produisirent au tombeau du bienheureux Andrea, dont le culte fut rendu officiel localement en 1274 et universellement en 1798.

 

 

Giovanni Buralli de Parme

1208-1289

 

Giovanni vint au monde vers 1208 à Parme (Emilie-Romagne, Italie NC), du noble et illustre Alberto Buralli.

Son oncle, un prêtre, le dirigea si bien vers l’étude, qu’il enseigna bientôt la Logique à l’école cathédrale.

Vers l’âge de vingt-cinq ans, il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fit la profession.

On l’envoya se perfectionner à Paris, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Alors commença son ministère apostolique par la prédication : sa doctrine, le timbre clair de sa voix, sa connaissance de la musique et du chant, sa douceur, amenèrent beaucoup de conversions.

On le pria d’enseigner chez les Franciscains eux-mêmes, à Bologne, Naples, Rome et même Paris (1245, l’année du premier concile de Lyon, où il représenta l’Ordre franciscain).

En 1247, au chapitre de Lyon, il fut élu ministre général. Comme tel, il dut affronter les dissentions nées au sein de l’Ordre entre partisans de l’austérité de la Règle et partisans d’une «évolution». Il entreprit la visite de tous les couvents, ce qui n’avait pas été fait jusques là.

Il faisait tous ses déplacements à pied. Quand il arrivait quelque part, oublieux totalement de sa place, il allait se mêler aux frères convers et épluchait avec eux les pommes de terre à la cuisine.

Sa dévotion filiale envers Notre-Dame lui en valut une protection manifeste en diverses occasions. Un soir qu’il s’était égaré dans un bois avec ses compagnons, ils prièrent la Mère de Dieu, qui les orienta vers un proche couvent, où ils purent se reposer ; en réalité, ce couvent n’existait pas : tout fut orchestré par le Ciel avec les Anges, pour venir en aide au saint Frère ; puis tout ce décors disparut et Giovanni se réveilla au matin dans une grotte, d’où il put rejoindre le (réel) couvent franciscain, but de son voyage.

En Angleterre, il fut accueilli très respectueusement par le roi Henry III. En France, le roi Louis IX (v. 25 août) vint le saluer et recommander à ses prières la croisade qu’il entreprenait.

Son long périple fut interrompu pendant deux années (1250-1251), qu’il passa à Constantinople comme légat du pape : Innocent IV l’avait préconisé pour ramener à l’union catholique les Orientaux ; il l’envoyait comme Ange de la Paix auprès des princes et hauts dignitaires, qui furent conquis par la sagesse, la bonté, l’humilité de Giovanni. Mais l’union tant désirée ne put se réaliser.

Giovanni reprit ses visites. En 1254, il était à Paris pour calmer la tempête soulevée dans l’Université par Guillaume de Saint-Amour. Ce fut aussi l’occasion pour lui d’écrire avec le général des Dominicains (Humbert de Romans) une lettre qui devait établir entre les deux Ordres une union plus étroite. L’estime réciproque qu’avaient Francesco d’Assise et Domingo de Gúzman, se prolongeait ainsi parmi leurs disciples.

L’action de Giovanni au sein de son Ordre rencontra des résistances, ce qui l’affligea beaucoup. En 1257, il présenta sa démission au chapitre général ; c’est lui qui, alors, désigna pour successeur Bonaventura de Bagnorea, qui fut élu à l’unanimité.

Ensuite, Giovanni se retira à Greccio, dans l’ermitage où Francesco d’Assise avait fait représenter la première crèche de Noël. Il y vécut trente-deux ans, et n’en sortit que deux fois, mandé à Rome par des papes qui voulaient le créer cardinal. Inutile de préciser que Giovanni n’avait cure de cette dignité.

Vers la fin de sa vie, il apprit avec douleur que les Grecs étaient repartis dans le schisme ; il voulut repartir les rencontrer et s’y prépara intensément mais, arrivé à Camerino, il comprit qu’il allait toucher à sa fin.

Giovanni mourut à Camerino, le 19 mars 1289.

La renommée de sainteté de Giovanni fut obscurcie par un soi-disant traité de sa main et de doctrine douteuse, L’Evangile éternel, qui n’était pas de lui.

Le culte immémorial rendu à Giovanni fut au contraire approuvé en 1777.

 

 

Sibillina Biscossi

1287-1367

 

Sibillina naquit à Pavie, et fut bien vite orpheline de père et mère, de sorte qu’elle n’eut d’autre ressource que de se mettre en service toute gamine. A douze ans, elle était aveugle.

Des tertiaires dominicaines la recueillirent et lui apprirent à faire oraison, à réciter l’office, pour la préparer à entrer en religion, selon le désir qu’elle leur exprimait. La petite fille pria avec ferveur pour être guérie le jour de la saint Dominique, mais elle comprit plutôt ce jour-là, dans une vision, qu’elle ne guérirait pas, et qu’elle devrait acheter les clartés de l’éternelle vie au prix de la cécité corporelle. Elle prit donc le parti de vivre en recluse dans une cellule contiguë à l’église des Dominicains : elle n’avait que quinze ans. On lui imposa pour compagne une sœur, Beatrice, qui vécut près d’elle un certain temps, puis succomba aux rigueurs de son genre de vie.

Les pénitences de Sibillina furent effroyables, surtout pendant les premières années : la plus terrible venait du froid ; pendant les longs mois d’hiver où, dans les plaines de la Lombardie, le ciel est gris, nuageux et bas, la cellule de la recluse restait sans feu ; il n’y en avait pas davantage dans la vaste église de briques dédiée à saint Thomas d’Aquin ; en toute saison, Sibillina portait les mêmes vêtements grossiers. Les génuflexions et prostrations n’arrivaient pas à réchauffer ses mains gelées, crevassées, pleines d’engelures. Elle y ajoutait des flagellations très rudes. Son seul mobilier : une sorte de table étroite et longue sous la fenêtre de sa cellule, où elle dormait, mangeait, s’agenouillait ou s’asseyait pour s’entretenir avec ses visiteurs.

Ceux-ci vinrent en effet la consulter, de plus en plus nombreux : habitants de Pavie, nobles ou petits, évêques, religieux, elle avait un conseil autorisé pour chacun ; elle avait un sens intime des choses cachées ; elle avait conscience même physiquement de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.

Sa réclusion dura soixante-sept ans. Deux fois seulement elle sortit par obéissance, dont une fois pour recevoir l’Eucharistie, sans qu’on s’explique d’ailleurs pourquoi cette disposition.

Elle, si ignorante, semblait connaître par-cœur les soliloques de saint Augustin ou les homélies de saint Bernard. La Pentecôte était une période de grandes grâces, et elle eut une profonde dévotion pour l’Esprit Saint.

Sibillina mourut le 19 mars 1367, son corps fut enseveli dans l’église des Dominicains, et Pie IX en a confirmé le culte cinq siècles plus tard. En Italie, les servantes l’ont prise pour patronne.

Le Martyrologe la commémore le 19 mars, jour de sa naissance au ciel, tandis que l’ordre dominicain la fête un peu plus tard, le 18 avril, une fois terminé le Carême.

 

 

Marco de Marchio de Montegallo

1425-1496

 

Le père de cette belle figure franciscaine était Chiaro de Marchio, de la noblesse, qui vivait à Ascoli Piceno, mais le petit Marco naquit près d’Ascoli, à Montegallo, où la famille s’était retirée pour sortir des pénibles luttes de factions qui sévissaient dans la ville.

Mais pour les études du garçon, on revint à Ascoli, puis Marco alla étudier à Pérouse et Bologne. Docteur en droit et en médecine, il exerça quelque temps à Ascoli et, par condescendance pour ses parents, se maria en 1451 avec une pieuse fille de la noblesse, Chiara de’ Tibaldeschi. La prochaine mort des parents leur rendit à tous deux leur liberté, car Chiara désirait en réalité entrer chez les Clarisses d’Ascoli, tandis que lui aspirait à l’idéal franciscain.

Il entra donc au noviciat de Fabriano, chez les frères mineurs de l’Observance. Adonné à la prière, à la contemplation, à la pénitence, il égala bientôt les religieux les plus fervents. Devenu “gardien” (c’est-à-dire supérieur) du couvent de San Severino, il s’entendit dire par la sainte Vierge : “Marc, va annoncer aux hommes la charité !”

Il prit donc son bâton de prédicateur, sur les conseils du confrère s.Jacques de la Marche (Giacomo da Monteprandone), qu’il imita aux côtés de s.Bernardino de Sienne et de s.Giovanni de Capestrano, dans l’évangélisation des masses.

Il parcourut les Marches, l’Italie entière, prêchant durant quarante ans dans les églises et sur les places publiques, pour faire régner la paix, l’union, le pardon des injures dans une société déchirée par les factions et les discordes. Il aurait bien souhaité aller travailler dans les contrées infidèles et affronter le martyre, mais Dieu se contenta de son désir et le conserva à l’Italie dont l’état déplorable réclamait aussi des apôtres.

Il établit dans plusieurs villes des monts-de-piété, pour remédier aux misères des pauvres. L’usure était un fléau, les intérêts ruinaient les familles. Dans un écrit, Marco condamne l’usure comme une perversion, y associant autant celui qui demande que celui qui prête avec intérêt, puisque tous deux violent le commandement de Dieu d’aimer le prochain sans limite.

Avec l’aide d’un autre Bienheureux, Domenico da Leonessa, ces monts-de-piété fleurirent ainsi à Ascoli, Fabriano, Fano, Arcevia, Vicenza, peut-être même aussi à Ancone, Camerino, Ripatransone, Fermo.

Toutefois, même s’il n’était pas le seul à condamner les prêts avec intérêts, d’autres franciscains jugèrent que les monts-de-piété devaient concéder des prêts avec un minimum d’intérêt. Ainsi pensait saint Bernardino de Feltre ; d’ailleurs, c’était l’époque où apparurent les premiers Instituts de Crédit (Banques), dont le fonctionnement exigeait certaines charges.

De passage à Venise, Marc comprit l’importance que pouvait avoir l’imprimerie pour la diffusion de l’évangile. Il fit donc imprimer plusieurs ouvrages pour l’évangélisation.

Lorsque Camerino fut ravagée par la peste, Marc s’y rendit et promit aux habitants la cessation du fléau, s’ils faisaient pénitence ; la ville se convertit et connut bientôt des jours meilleurs. Marc fut nommé provincial des Marches vers 1481, et eut à s’occuper de la bienheureuse Battista Varani, qu’il nomma au couvent des clarisses de Camerino. C’est à lui qu’elle adressa l’histoire écrite de son expérience spirituelle dans le Traité des douleurs mentales de Notre-Seigneur.

Marc reprit bientôt sa mission itinérante. Il était à Vicence pendant le carême de 1496, quand on le vit rassembler ses petites affaires, comme pour partir. La nuit suivante, il fut prit d’une angine et annonça sa mort pour le samedi suivant, 19 mars. Sur son lit de mort, il se faisait lire la Passion de Notre-Seigneur, et rendit son âme au moment où on lisait : Et inclinato capite. Il avait soixante-dix ans.

Selon son désir, il aurait voulu être enseveli chez les Observantins, sans distinction au milieu de ses frères. Mais on le plaça dans l’église elle-même, où eurent lieu beaucoup de miracles. Plus tard, quand les Observantins transportèrent leur couvent de Saint-Blaise-le-Vieux à l’intérieur de Vicence, ils dédièrent au bienheureux Marc une chapelle de la nouvelle église et y placèrent ses restes.

Grégoire XVI, en 1839, en confirma le culte et le Martyrologe Romain le commémore le 19 mars.

 

 

Juan Martínez Cid

?-1619

 

Il naquit à Manzanal de los Infantes (Zamora, Espagne), à une date inconnue.

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Salamanque et fut ordonné prêtre.

En 1610, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines) et successivement au Japon.

Ce saint missionnaire avait une mémoire prodigieuse et un don extraordinaire pour les langues.

Lors de la persécution, il fut arrêté en 1618. A cause des très pénibles conditions de vie en prison, il y mourut le 19 mars 1619 ; son corps fut brûlé et jeté en mer.

Il mourut à Suzuta (Ōmura, Nagasaki), le 19 mars 1619.

L’Eglise a reconnu que sa détention et sa mort équivalaient au martyre et l’a béatifié en 1867.

Le Martyrologe Romain l’a inséré au 19 mai, sans doute par erreur.

 

 

Jaume Trilla Lastra

1908-1937

 

Né à Lleida le 14 septembre (fête de la Croix), Jaume eut la vie marquée par la Croix.

Il reçut au baptême le nom de Jaume (Jacques, et non José), le 21 septembre.

Elève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Gracia, il entra au noviciat à Menor de Cambrils (1924), reçut l’habit en 1925 et le nom de Feliu Josep (Félix Joseph).

Au terme du scholasticat, il commença ses activités d’enseignant à Berga, puis Tarragona (1925), Tortosa et de nouveau Berga, avant de rejoindre Monistrol de Monserrat en 1934.

Quand se déchaîna la persécution, les miliciens vinrent incendier l’église qui se trouvait à côté du collège des Frères, le 20 juillet 1936 (Ils revinrent le lendemain pour détruire l’école et ce qui restait de l’église). Tous durent s’enfuir, et le Frère Félix se mit en marche pour le sanctuaire de Montserrat. Il y rencontra ses parents, avec lesquels il revint dans la maison paternelle, grâce à un autobus réquisitionné par la mairie de Barcelone.

Il sortait le moins possible, consacrant son temps à la prière et à l’étude. Mais un certain Adolfo Calonge, de Monistrol, très lié aux Frères des Ecoles Chrétiennes, lui proposa un rendez-vous, le 11 mars 1937. Or ce monsieur était surveillé étroitement par les miliciens à cause de ses convictions religieuses. Ils les arrêtèrent donc tous les deux ensemble le 11 mars.

On sut plus tard que le Frère comparut devant un «tribunal», le 18 mars suivant, et on voulut l’obliger à renier sa religion ; comme il s’y refusait, on le frappa violemment au point que, de retour dans sa cellule, ses amis ne le reconnaissaient pas. Il avait la tête crispée, les yeux exorbités, le teint pâle ; tremblant mais souriant, il leur expliqua qu’on lui avait tordu les testicules.

Le 19 mars, on l’envoya, encore vivant, au milieu des cochons ; ou bien on le brûla vif, tout près du collège Saint-Antoine tenu auparavant par les Pères des Ecoles Pies.

Feliu Josep fut martyrisé à Barcelone le 19 mars 1937, fête de son Patron saint Joseph.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jan Turchan

1879-1942

 

Né le 19 septembre 1879, à Biskupice (Wieliczka, Pologne), Jan naquit au foyer de grands propriétaires terriens : Jan et Katarzyny Ochońskiej.

Il étudia à l’école du village, puis à Cracovie en 1894.

Le 8 septembre 1899 il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs de la Province de Notre-Dame des Douleurs, en Galice. Il fit le noviciat à Wieliczka et Lezajsk, et les premiers vœux en 1900. Il prit alors le nom religieux de Narcyz.

Il compléta ses études à Przemysl, celles de philosophie à Cracovie et de théologie à Lviv.

Il fit la profession solennelle en 1903, la veille de Noël, et reçut le sacerdoce en 1906 ; l’évêque consécrateur était Mgr Józef Bilczewski, maintenant canonisé (voir au 20 mars).

De 1908 à 1912 il exerça le ministère sacerdotal à Lviv, Rawa Ruska et auprès des mineurs. Il sera envoyé dans divers monastères, à Cracovie, Yarosłavl, Słopnicach, Konin, Pilica et Pińczow.

Il fut très apprécié dans les milieux de la zone russe, où il soulagea les pauvres et les malades.

En 1936, il fut gardien (supérieur) à Włoclawek.

A la déclaration de guerre, l’évêque fut arrêté, la cathédrale et les églises fermées. Les trois prêtres qui restaient, dont le père Narcyz, cherchèrent à exercer le ministère dans tous les endroits possibles.

En 1940, la Gestapo en arrêta deux sur les trois. Puis le monastère fut fermé. Remis en liberté, Narcyz resta quand même dans la ville, et fut pour cela arrêté à nouveau.

Le 30 octobre 1941, il fut envoyé à Dachau, où il retrouva ses Confrères de Włoclawek.

Or, le père Narcyz était malade, il avait déjà dû subir plusieurs interventions chirurgicales, de sorte qu’à Dachau, les mauvais traitements le firent d’autant plus souffrir que les cicatrices de ses opérations n’étaient pas encore guéries. Il fut même torturé. Diabétique, il implora un peu d’eau à boire, et les gardiens lui en firent boire en énorme quantité en introduisant un tuyau dans sa bouche.

Les Confrères du camp lui donnèrent leur ration de pain. Le père Narcyz resta calme et serein, et même réconfortait les prisonniers par son sourire. Conduit en fin de vie à l’infirmerie, il y mourut seul, le 19 mars 1942, fête de saint Joseph.

La famille intervint pour récupérer les cendres du Martyr, qui sont maintenant ensevelies près de l’église de Biskupice.

Le père Jan-Narcyz a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Marcel Callo

1921-1945

 

Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921, second d'une famille de neuf enfants.

A 12 ans, il entre en apprentissage dans l'imprimerie où il travaille comme typographe.

Il entre à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.

En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire) : malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire : là-bas également l'apostolat est urgent.

Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de trois mille ouvriers environ. Il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe.

Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront douze), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des Kommandos.

Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne : J'ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l'ai connu qu'aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m'a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. Si j'ai gardé son souvenir, alors que j'ai passé par plusieurs camps et que j'ai connu de nombreux prisonniers, c'est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j'ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu'il partait vers le bonheur. C'était un acte de foi et d'espérance vers une vie meilleure. Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien.

Il est béatifié en 1987 par le Pape Jean-Paul II, à l'occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde.

Inscrit au Martyrologe le 19 mars, le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis, le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph.

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 00:00

18 MARS

?    

S Candide, martyr vénéré à Cingoli. 

III.    

S Alexandros, évêque en Cappadoce, puis coadjuteur à Jérusalem où il reçut et ordonna Origène ; il mourut prisonnier à Césarée de Palestine.

IV.    

Ss Trophime et Eucarpe, deux soldats subitement convertis à Nicomédie et martyrs.
S Narcisse, évêque à Girone et martyr.
S Cyrille, évêque à Jérusalem, Docteur de l’Eglise, longtemps exilé, auteur des fameuses Catéchèses pour les catéchumènes.

VI.    

S Tétrice, évêque à Langres, fils et successeur de s.Grégoire et oncle de s.Grégoire de Tours.    
S Frigdianus, fils de roi irlandais, évêque à Lucques.
S Léobard, auvergnat, reclus près de Marmoutier, invoqué contre la fièvre.

VII.    

S Coman, moine à Iona.
S Braulio, évêque à Saragosse, grand ami de s.Isidoro.

VIII.    

S Tétrice, évêque à Auxerre et martyr, assassiné par son archidiacre.
S Mérole, évêque au Mans.

X.    

S Eadweard, roi anglais, traitreusement assassiné par ordre de sa belle-mère, laquelle s’en repentit et finit sa vie dans un monastère.

XI.    

S Anselmo, évêque à Lucques, après son oncle devenu pape (Alexandre II), mais d’où ses chanoines le bannirent ; il connaissait presque toute l’Ecriture par cœur.

XVI.    

B Bartolomeo de Anglare, franciscain. 
S Salvador Grionesos de Horta, franciscain thaumaturge espagnol ; on devait le changer de domicile pour retrouver le calme, tant il opérait de miracles.

XVII.    

Bx John Thulis et Roger Wrenno, prêtres martyrs à Lancaster.

XIX.    

Bse Aimée (Marthe) Le Bouteiller, normande, des Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, béatifiée en 1990.

XX.    

Bse  Marianna Donati (Celestina de la Mère de Dieu, 1848-1925), fondatrice à Florence des Pauvres Filles de Saint Joseph Calasanz, béatifiée en 2008.

Alexandros de Jérusalem

† 250

 

Ce qu’on sait de lui commence lors de sa formation à l’école d’Alexandrie, où il rencontra Origène. Ce dernier dira plus tard de lui : Je n'ai jamais rencontré un évêque aussi doux et d'une telle bonté.

D’abord nommé évêque d’un siège en Cappadoce (act. Turquie orientale), il fut une première fois victime de la persécution, sous Septime Sévère (vers 202), et fut longtemps enfermé en prison, peut-être même une dizaine d’années.

Vers 211, il écrivit une lettre à l’Eglise d’Antioche (de Syrie), portée à destination par Clément d’Alexandrie, lui-même retiré en Cappadoce et qui dirigeait le diocèse d’Alexandros en son absence.

En 211, Alexandros put sortir de prison. Sans retourner dans son diocèse, il commença par faire un pèlerinage à Jérusalem. L’évêque de cette ville était Narcisse (v. 29 octobre), un prélat fort avancé en âge, presque centenaire au dire même d’Alexandros.

Les évêques de la région approuvèrent le désir des fidèles, de nommer Alexandros évêque coadjuteur de Narcisse : il lui succéda en 212 environ.

Vers 215, Origène vint s’installer à Jérusalem : Alexandros l’accueillit avec bonté, l’autorisa, quoique laïque, à prêcher, l’ordonna prêtre et l’installa à Césarée. L’unique protestation fut celle de l’évêque d’Alexandrie, qui n’avait pas voulu garder chez lui Origène.

A Jérusalem, Alexandros fonda une grande bibliothèque, où il réunit les écrits de tous les grands auteurs de l’époque.

En 250, quoique bien âgé, Alexandros fut de nouveau poursuivi par la persécution, de nouveau jeté en prison. Les témoins, les historiens, le Martyrologe, ont unanimement rappelé qu’il portait une belle couronne de cheveux blancs ; il devait avoir au moins quatre-vingts ans. Après avoir patiemment supporté son sort dans cette prison, Alexandros rendit à Dieu son âme, prisonnier des hommes, mais libre pour Dieu.

Saint Alexandros de Jérusalem est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille de Jérusalem

315-386

 

Les dates de ce grand évêque restent approximatives.

Cyrillos naquit vers 315 à Jérusalem ou dans les environs.

Il semble qu’il ait eu une éducation soignée et étendue, particulièrement pour la Sainte Ecriture. Il se peut aussi qu’il ait connu la vie monastique.

Il fut ordonné prêtre vers 345, et évêque de Jérusalem vers 350.

C’est comme prêtre, vers 348, qu’il se signala par ses excellentes Catéchèses pour les catéchumènes.

Son attachement inébranlable à la doctrine catholique lui valut la persécution obstinée du parti arien : il fut par trois fois déposé et exilé de son siège. Des quelque trente-cinq années de son épiscopat, il en passa près de seize en exil.

L’avènement de l’empereur Julien l’Apostat (361) fut l’occasion d’un prodige particulier à Jérusalem. Cet empereur, désireux de faire mentir les prophéties, prétendit en relever le temple et y rétablir le culte judaïque. De son côté, Cyrille, plein de confiance, annonça tranquillement que certainement l’entreprise faillirait. Quand on s’attaqua à l’enlèvement des anciens fondements pour en mettre de nouveaux, de mystérieux tourbillons de flammes brûlèrent les ouvriers, dont certains moururent. L’épisode est attesté par des contemporains. Julien jura de se venger sur le saint évêque : la mort l’en empêcha (363).

En 381, il participa au premier concile de Constantinople (deuxième concile œcuménique), où il siégea parmi les chefs reconnus du parti orthodoxe, avec les patriarches d’Alexandrie et d’Antioche. Les pères du concile envoyèrent en 382 au pape Damase une lettre contenant cet éloge : Nous te faisons savoir que l’évêque de l’Eglise de Jérusalem est le révérend et très chéri de Dieu Cyrille, lequel a été jadis ordonné canoniquement par les évêques de sa province, et a soutenu, en divers lieux, de nombreux combats contre les ariens.

Saint Cyrille avait en horreur la division. Il a parfois donné l’impression de se rapprocher de factions non orthodoxes, mais ce fut uniquement pour favoriser la conversion de ses opposants. Les témoignages des livres liturgiques d’Orient et d’Occident sont unanimes en faveur de l’ardent défenseur de la doctrine (l’expression est de Théodoret).

Reprenant presque les termes de cette expression, le Martyrologe mentionne saint Cyrille de Jérusalem au 18 mars.

La fête liturgique de saint Cyrille fut étendue en 1882 à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Léobard de Marmoutier

† 583

 

Il naquit en Auvergne.

Jeune, il s’appliquait déjà à la lecture assidue des psaumes, pour en apprendre quelques-uns par-cœur.

Devenu adulte, il crut bon d’obéir respectueusement à ses parents, qui lui présentèrent une fiancée ; mais la mort précipitée de ces parents lui permit de suivre son penchant pour la vie consacrée. Il proposa la fiancée à son frère.

Il alla prier au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre) puis alla s’installer dans une grotte près de Marmoutier.

Là, outre la prière, son occupation fut de se fabriquer des membranes pour y écrire les textes qu’il craignait d’oublier.

Il agrandit aussi de ses mains sa grotte ; il crut même devoir l’abandonner à cause d’un autre ermite voisin, mais le saint évêque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) lui expliqua que c’était là seulement une tentation du Diable et lui remit, au contraire, un exemplaire des Vies des Pères, qui lui auraient servi de guide pour sa propre conduite.

Léobard vécut là pendant vingt-deux ans.

Une sainte vie comme celle-là ne pouvait pas passer inaperçue. On vint trouver Léobard, lui demander des prières ; des miracles eurent lieu.

Vint un jour où Léobard fut averti de sa mort prochaine ; il l’annonça à Grégoire : ce serait avant Pâques. Grégoire raconte que Léobard vécut deux mois encore après le mois de décembre, et qu’il mourut un dimanche.

Ce fut donc une erreur d’attribuer le 18 janvier ou le 13 février à cette sainte mort. On l’a maintenant rétablie au 18 mars, de 583 ou 593.

Localement, on nomme parfois Léobard Libert. On l’invoque contre la fièvre.

Saint Léobard est donc commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frigdianus de Lucques

† 588

 

Comme son nom ne l’indique pas, Frigdianus était irlandais, fils de roi.

Il reçut le baptême à l’insu de ses parents, puis sa formation de s.Colman (v. 29 octobre) à Dromore.

Parti en pèlerinage à Rome, il fonda à son retour le monastère de Moville.

Reparti en Italie en 560, il s’arrêta à Lucques, où il mena la vie érémitique. La sainteté de sa vie le désigna pour succéder en 566 à l’évêque Geminiano. Il devenait le septième évêque (connu) de ce diocèse : comme la fondation en remonte au 1er siècle, on peut calculer que chaque évêque gouverna pendant une moyenne de soixante-dix ans, à moins qu’il y ait eu des périodes de vacance de siège.

Frigdianus (Frediano, comme l’appellent les Italiens) opéra bon nombre de miracles. Entre autres, d’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), il mit fin aux inondations répétées de la rivière Serchio, affluent de l’Arno : alors que la population n’avait jamais réussi à dévier ce cours d’eau, Frigdianus vint avec une charrue qu’il passa à travers les champs, ordonnant aux eaux de le suivre : le fleuve modifia son cours et il ne se produisit jamais plus d’inondation.

Le Martyrologe ajoute qu’il travailla beaucoup à la conversion des Lombards envahisseurs.

Frigdianus mourut le 18 mars 588.

On retrouva «miraculeusement» son corps deux siècles plus tard. Le pape fonda une congrégation de chanoines qui devaient desservir l’église où se trouvait cette précieuse relique : les chanoines de Saint-Frigdianus se réunirent plus tard à ceux de Latran.

Saint Frigdianus est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Braulio de Saragosse

† 651

 

Il était, dit-on de famille royale.

Braulio se distingua surtout par son savoir, qui fut considérable pour l’époque où il vécut. Il fut intimement lié avec Isidoro de Séville (v. 4 avril), qui lui décerna les plus grands éloges.

On en a fait un archidiacre de l’Eglise de Séville, ou plutôt de celle de Saragosse, où était évêque son frère Juan. A la mort de ce dernier, une lumière céleste aurait désigné Braulio pour lui succéder.

D’après sa correspondance avec Isidoro, il aurait voyagé à Séville avant d’être évêque. D’après la même source, Braulio dut faire face à de grosses difficultés dans les premières années de son épiscopat, mais on n’en sait pas davantage.

Son amitié avec s.Isidoro contribua à l’établissement dans toute l’Espagne d’une discipline uniforme ; il fut présent à maints conciles, en particulier les 4e, 5e, et 6e de Tolède, entre 633 et 638 :

Le 4e concile de Tolède (633), en présence du roi Sisenando et sous la présidence de s.Isidoro, regroupait soixante-neuf évêques. On condamna comme criminel le roi détrôné Suintila ; divers canons portaient sur la discipline et l’administration de l’Eglise, sur les moines, sur les pénitents, les esclaves et les Juifs.

Lors du 5e concile de Tolède (636), vingt-deux évêques étaient présents ; on y décida que le roi ne pouvait être choisi que dans la noblesse et l’armée ; anathème à qui oserait maltraiter les descendants de la famille du roi ; excommunié qui aurait consulté les devins pour connaître l’avenir du roi ou qui aurait conjuré contre lui ou qui aurait tenté de prendre sa place. On décida en outre trois jours de Litanies en décembre.

Le 6e concile de Tolède (638), convoqué par le roi, réunissait alors cinquante-trois évêques, d’Espagne et de Narbonnaise et confirma surtout les décisions du concile précédent ; en outre, tout clerc qui aurait acquis un évêché par simonie, se verrait spolié et excommunié. Au terme de cette assemblée, c’est Braulio qui écrivit au pape le compte-rendu du concile, le nombre et les noms des évêques participants, les mesures prises et les réponses adoptées.

Braulio mourut, pense-t-on, le 18 mars 651.

Beaucoup plus tard, sur une révélation de s.Valerius (v. 22 janvier), un des premiers évêques de Saragosse, on retrouva le corps de Braulio.

Saint Braulio est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadweard le Martyr

962-978

 

Eadweard - auj. Edward - naquit vers 962, d’Edgar le Pacifique et d’Ethelflede, deuxième épouse de ce roi.

Il reçut le baptême de s. Dunstan (v. 19 mai).

Sa mère étant morte prématurément, le roi se remaria avec Ælfthryth (Elfride), qui eut un fils, Æthelred.

Les deux garçons s’entendaient très bien, mais Elfride avait une préférence pour son propre fils.

Quand Edgar mourut (975), Edward, soutenu par s.Dunstan, fut proclamé roi et sacré en présence de tous les seigneurs.

Certains, profitant de la jeunesse du roi, tentèrent de reprendre aux Bénédictins les concessions accordées précédemment par Edgar.

Quant à Elfride, elle fomenta une conjuration contre Edward.

En attendant, Edward suivit les conseils de son maître spirituel, Dunstan, et se montra doux, pieux et sage. En particulier, conscient des sentiments de sa belle-mère, il ne cessait cependant de l’honorer de toutes les marques possibles de respect.

Un jour qu’Edward était à la chasse non loin du château d’Elfride (Wereham ou Corfe Castle), celle-ci lui fit porter une coupe d’eau fraîche, et tandis qu’il buvait, un domestique le frappa mortellement. C’est du moins l’une des versions de l’événement.

Edward mourut presque sur le coup, le 18 mars 978, à seize ans.

Elfride tenta de dissimuler son crime en faisant enfouir le corps du jeune roi, mais une lumière divine le signala. Alors, repentie, la pauvre femme fonda une abbaye bénédictine à Wherwell et s’y retira.

Le frère d’Edward, Ethelred, succéda effectivement à Edward. Il fit construire en l’honneur du «martyr» une belle basilique à Shaftesbury, où furent déposées les reliques en 981 ; le monastère sera détruit au 16e siècle.

Les Anglais qualifient volontiers Edward de martyr, bien qu’il ne le soit pas à proprement parler, mais pour le distinguer de l’autre roi Edward, le Confesseur (v. 5 janvier).

Saint Edward «martyr» est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain, qui omet la mention martyr.

Anselmo de Lucques

1035-1086

 

Anselmo naquit vers 1035 à Mantoue ou à Milan (Italie N), de famille noble.

Un oncle, Anselmo lui aussi, était évêque de Lucques et veilla à la première formation d’Anselmo, ainsi que Béranger de Tours. Il devint l’auxiliaire de son oncle.

Par son étude assidue de l’Ecriture, Anselmo finit par connaître par cœur de longs textes de la Bible. Il connaissait aussi parfaitement les commentaires des Pères de l’Eglise sur l’Ecriture.

En 1061, le même oncle Anselmo devint le pape Alexandre II. Il créa cardinal son neveu et l’envoya en Allemagne recevoir de l’empereur Henrich IV le bâton et l’anneau épiscopaux, pour être évêque de Lucques. Mais Anselmo refusa cette investiture laïque.

Le pape suivant, Grégoire VII (v. 25 mai), le sacra évêque en 1073, et lui conseilla, pour maintenir les bons rapports, d’accepter alors de l’empereur la remise des insignes épiscopaux. Anselmo obéit, mais fut ensuite pris de scrupules et se retira dans un monastère bénédictin proche de Mantoue.

Le pape lui ordonna de reprendre son poste ; Anselmo obéit encore, mais alla remettre au pape l’anneau et la crosse qu’il avait reçus du pouvoir laïc, tout en continuant à administrer sagement le diocèse. Il fut le conseiller spirituel de la comtesse Matilde, la souveraine de Lucques.

En 1079, il tenta d’astreindre ses chanoines à vivre selon la Règle préconisée par Léon IX (v. 19 avril), qui imposait la vie commune. Les chanoines se rebellèrent contre cette nouveauté et chassèrent leur évêque, contre tous les efforts et du pape et de la comtesse Matilde. Pour comble, l’empereur arriva en 1081 et installa comme évêque un de ses partisans.

Anselmo vécut auprès de la comtesse Matilde, jusqu’à ce que le pape en fit son légat pour la Lombardie. Désormais, l’évêque résida à Mantoue.

Il resta toujours très attaché au Pape, défendant ses intérêts et cherchant à rétablir la paix où il le pouvait. On venait fréquemmnet à lui, même des schismatiques qui comprenaient leur erreur et qu’il recevait paternellement.

Anselmo célébrait chaque jour le Saint Sacrifice. Sa profonde connaissance des Ecritures lui permirent de confondre les schismatiques ; austère comme un moine, il ne buvait jamais de vin et évitait les mets délicats.

A partir de 1081, il s’attacha à rédiger une collection de canons juridiques, en treize volumes.

Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, peu après le pape Grégoire VII.

Les miracles qu’il avait opérés de son vivant, continuèrent après sa mort. Après plusieurs siècles, on retrouva son corps intact. Mantoue l’a pris comme Patron céleste.

Saint Anselmo est commémoré le 18 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvador de Horta

1520-1567

 

Salvador Grionesos était né de pieux parents qui travaillaient au soin des malades d’un petit hôpital (Santa Coloma de Farnés, diocèse de Girone, en Catalogne). Bientôt orphelin, il fut berger, puis cordonnier à Barcelone, ce qui lui permettait d’aider sa sœur Blasia. Dès que celle-ci fut mariée, il s’orienta vers la vie religieuse, comme il le désirait depuis longtemps.

Il pensa se former à l’école de l’abbaye bénédictine de Montserrat, mais il comprit qu’il était fait pour un autre idéal et entra à vingt ans dans le couvent franciscain de Sainte-Marie de Barcelone. On l’adjoint au frère cuisinier et il exerça cet emploi avec autant d’activité que d’humilité.

Son âme étrangère aux soucis du monde était habituellement absorbée en Dieu : une partie de ses nuits se passait dans la contemplation ou dans la pratique de rigoureuses austérités. Dès le début de sa vie religieuse, frère Salvador fut favorisé du don des miracles. Un premier janvier, il devait préparer le repas à la place du cuisinier malade : absorbé dans la méditation à l’église jusqu’à l’heure de midi, il fut remplacé par les anges qui firent tout le nécessaire.

Après avoir fait sa profession religieuse, il fut envoyé au couvent de Sainte-Marie à Tortosa, où on lui confia toutes les charges les plus fatigantes, qu’il accomplissait avec promptitude et plein d’entrain. Modèle de tous les religieux, il remplissait son emploi activement et cependant s’entretenait constamment avec Dieu : ses extases furent nombreuses, la sainte Vierge et l’apôtre saint Paul lui apparurent souvent.

Il avait pour pratique de se confesser et de communier tous les jours, marchait nu-pieds sans sandales, même pendant la saison rigoureuse, se montrait d’une patience inaltérable au milieu des épreuves et des persécutions ; il ne mettait aucune borne à sa compassion pour les pauvres et à son obligeance pour tous. Il fut cuisinier, portier, quêteur.

C’est durant ses quêtes dans les rues de Tortosa qu’il opéra des guérisons nombreuses : les malades affluèrent au couvent, la tranquillité monastique en fut troublée. Ainsi commencèrent les “déboires” du pauvre Salvador, dont les prodiges suscitaient des jalousies parmi les frères, et même l’hostilité des supérieurs. On résolut de l’envoyer ailleurs : Belipuig, puis Horta (Tarragona, Catalogne) où il resta douze années. On changea même son nom en celui d’Alfonso, dans l’espoir d’éloigner les fidèles, en vain : on l’envoya à Reus, puis à Barcelone, enfin carrément à Cagliari (Sardaigne).

Un des faits extraordinaires qui eut lieu à Horta fut le suivant. Malgré la discrétion de son transfert, la renommée de Salvador l’avait précédé. Arrivèrent au couvent jusqu’à deux mille infirmes de tout genre, à réclamer le frère qui avait opéré tant de guérisons à Tortosa. Salvador se présenta, enjoignit à tous ces malades d’aller se confesser et communier, puis il les bénit. Tous furent guéris, sauf un, qui s’en étonnait. C’est, lui dit Salvador, que tu n’as pas voulu te confesser : alors, le pauvre paralysé fut touché de la grâce, promit de se confesser et guérit aussitôt.

Un autre jour, il était absorbé en prière sur une montagne voisine, tandis que la foule le réclamait. Bientôt un nuage se détacha de la montagne, apportant Salvador devant la porte de l’église, lequel se mit à distribuer à pleines mains les guérisons sur ces infirmes.

La suspicion des supérieurs alla jusqu’à dénoncer le bon frère à l’Inquisition, mais l’Inquisiteur, venu incognito, put constater de ses propres yeux les miracles opérés avec tant d’humilité par Salvador.

Arrivé en 1565 à Cagliari, Salvador trouva un peu de paix, quoique les faits extraordinaires ne cessassent pas, lui suscitant là encore bien des douleurs et des incompréhensions : plus il faisait de bien aux autres, plus le pauvre Salvador s’empoisonnait la vie !

Finalement, le 18 mars 1567, une maladie brutale et rapide l’emporta. Peu avant sa mort on vint encore solliciter sa bénédiction : l’archevêque, le clergé, le vice-roi et la noblesse se relayèrent à son chevet.

Encore maintenant, le corps du Frère Mineur se trouve dans l’église de sainte Rosalie à Cagliari. Le culte s’en est étendu à toute l’Espagne et tout le Portugal. Il fut proclamé bienheureux en 1606, ce que confirma Clément XI en 1711 ; reprise en 1882, la cause aboutit à la proclamation de l’héroïcité des vertus en 1927, enfin à la canonisation en 1938.

Saint Salvador de Horta est donc inscrit au Martyrologe Romain le 18 mars.

 

 

John Thulis

1568-1616

 

John Thulis était né vers 1568 à Up Holland (Lancashire, Angleterre).

Il arriva au Collège anglais de Reims en mai 1583 et y reçut la Tonsure en septembre. Après quelques années de formation, il gagna Rome en mars 1590 et y fut ordonné prêtre.

En 1592, on l’envoya en mission en Angleterre.

On  croit qu’il fut fait prisonnier à Wisbech (Cambridgeshire) en novembre 1598, au moment où il signa une pétition pour l’érection d’un archiprêtré ; il se rétracta deux ans plus tard (on ne connaît pas plus de détails sur cet événement).

Par la suite, il travailla encore dans le Lancashire, où le comte de Derby l’arrêta et l’enferma au Lancaster Castle.

Là, le prêtre rencontra un tisserand, Roger Wrenno, avec lequel ils tentèrent une évasion, mais ils furent repris le lendemain.

On mit John avec les voleurs, dont quatre se convertirent en l’entendant. Ils devaient d’ailleurs être exécutés avec cet apôtre.

Le jour de l’exécution, John mourut après trois des voleurs. Les morceaux de son corps déchiqueté furent envoyés à Lancaster, Preston, Wigan et Warrington. Roger Wrenno fut exécuté après lui.

Ce qu’on sait de John Thulis comporte quelques points d’interrogation ou quelques imprécisions, mais l’essentiel est certain : ce prêtre donna sa vie pour l’Eglise.

Il subit le martyre le 18 mars 1616 (peut-être 1615) et fut béatifié en 1987.

 

 

Roger Wrenno

1576-1616

 

Roger Wrenno était né vers 1576 à Chorley (Lancashire, Angleterre).

On n’en sait guère plus.

C’était un tisserand, et se trouvait déjà prisonnier au Lancashire Castle, lorsque le prêtre John Thulis y arriva.

Ils tentèrent une évasion un soir, mais furent repris dès le lendemain. On les mit alors avec les voleurs.

Roger subit le martyre après John Thulis, le 18 mars 1615 ou 1616.

Un incident marqua ce martyre : la corde de la pendaison (elle avait déjà servi pour trois voleurs et pour le père Thulis) se rompit. Roger avait subi ce premier choc, mais se releva. On lui proposa alors une fois de plus la liberté, s’il acceptait de rejoindre les rangs de la religion officielle ; mais pour toute réponse, il courut comme il put vers l’échafaud et y grimpa aussi lestement qu’il put, disant à l’officier qui voulait l’en empêcher : Si tu avais vu ce que je viens de voir, tu aimerais beaucoup mourir aussi vite que moi maintenant. Au moment du premier choc, Roger avait déjà entrevu la gloire du Ciel.

Il fut béatifié en 1987.

 

 

Aimée Le Bouteiller

1816-1883

 

Née le 2 décembre 1816 à Percy (Manche), Aimée-Adèle était la troisième des quatre enfants d’une famille de cultivateurs.

Elle fut orpheline de son père à l’âge de onze ans.

Elle fréquenta un peu l’école, mais restait plus souvent auprès de sa mère pour l’aider.

A vingt-quatre ans, elle entra chez les Sœurs des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, fondées par sainte Marie-Madeleine Postel (voir au 16 juillet), à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Elle y prit le nom de Marthe.

Un jour d’hiver, alors qu’elle rinçait des draps dans la rivière, elle tomba à l’eau. Elle en resta paralysée et pensait être renvoyée, mais la fondatrice, Marie-Madeleine Postel, la consola et l’encouragea à rester confiante ; la novice guérit quelques semaines plus tard.

Pendant quarante ans, elle fut vraiment la sainte Marthe de l’abbaye, s’occupant des tâches les plus humbles : cuisine, jardin, ferme ; elle avait un talent particulier pour fabriquer un excellent cidre.

La Fondatrice la prit comme économe, tandis qu’une autre Sœur, Placide Viel (voir au 4 mars), lui demandait ses conseils pour l’administration de la communauté.

Elle s’éteignit à ce monde le 18 mars 1883, toujours en l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qu’elle n’avait jamais quittée.

Elle a été béatifiée en 1990.

 

 

Marianna Donati

1848-1925

 

Marianna naquit près de Florence le 26 octobre 1848. On sait seulement qu'elle fit sa première Communion à treize ans, déjà persuadée qu'elle était appelée à la vie religieuse.

Un premier essai chez les Sœurs de Vallombreuse (voir au 12 juillet)  se conclut par l'échec. Un bon père piariste, Celestino Zini, discerna sa vocation et l'encouragea à écouter l'appel de l'Esprit Saint.

Rentrée dans sa famille, elle exprima son désir de rentrer dans un couvent, mais son père s'y opposait avec ferveur, ne pouvant supporter d'être séparé de sa chère enfant. Un attachement exagéré qui s'affermit encore plus lors de la mort de la mère en 1881, quand Marianna avait désormais trente-trois ans.

Parvenue à l'âge de quarante-et-un ans, elle réussit enfin à s'établir dans une maison de Florence, à la fois avec son père et quatre autre jeunes filles qui partageaient son idéal. Ce n'était pas une situation facile que de vivre à la fois une ambiance familiale avec son père et une ambiance religieuse avec les consœurs.

Mais désormais, le bon père Zini était devenu archevêque de Sienne, qui s'employa à trouver à la Mère Celestina (ainsi s'appelait désormais Marianna) une habitation plus ample et plus adaptée aux exigences.

La petite communauté se dédia désormais à l'éducation des enfants pauvres. Les débuts ne furent pas faciles, car une sœur mourut dès 1890 à l'âge de dix-neuf ans ; le bon archevêque Zini mourut à son tour en 1892.

En 1899 la communauté assuma une nouvelle orientation, par l'assistance aux enfants de prisonniers.

Mère Celestina était soutenue par son intense vie spirituelle. Elle avait une dévotion particulière pour Jésus Crucifié, et pour l'Eucharistie, en même temps qu'une profonde affinité avec l'enseignement de saint José Calasanz (voir au 25 août) dans l'assistance des petits : les sœurs devaient être des mères spirituelles et des éducatrices exemplaires pour aider les enfants qu'on leur confiait. Mère Celestina sut aussi montrer un réel esprit de sainte pauvreté, en particulier quand il fallut ouvrir une maison à Rome, tout en faisant face à d'extrêmes difficultés financières dans l'après-guerre des années 20.

Mère Celestina mourut le 18 mars 1925 à Florence, et elle a été béatifiée en 2008.

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 00:00

17 MARS

III.    

S Ambroise, diacre en Alexandrie, disciple d’Origène.

?    

Ste Vicence, honorée à Cologne (compagne de ste Ursule ? ou bien au VII. sœur de ste Gertrude, cf.infra ?).
S Julien Urius, à Padoue. 

V.    

S Patrice, évêque en Irlande, dont il est le patron.

VI.    

S Agricola, évêque à Chalon-sur-Saône pendant presque cinquante ans.

VII.    

Ste Gertrude, fille de s.Pépin de Landen et de ste Iduberge qui fonda un monastère à Nivelles, où Gertrude devint abbesse et mourut à trente-trois ans ; elle est invoquée contre les rats, les souris, les mulots, contre la fièvre, la folie.
S Becc an, moine à Iona.

VIII.    

Ste Withburge, vierge dans le Norfolk.                                             
S Théostericte, abbé à Pélecète, persécuté par des iconoclastes : on lui coupa le nez et lui brûla la barbe enduite de poix.
S Pavlos, martyr en Chypre pour le culte des saintes images.

XII.    

S Conrad, oncle de Friedrich Barbarossa, cistercien allemand parti en Palestine ; à son retour, il vécut et mourut dans une pauvre crypte près de Bari.

XIII.    

B Tomasello, dominicain italien favorisé du don de prophétie et de miracles.

XVII.    

S Jan Sarkander, veuf, prêtre actif en Moravie pour la conversion des disciples de Jean Hus, martyr, canonisé en 1995.
S Gabriel Lalemant, prêtre jésuite parisien, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XIX.    

Bse Barbara Maix (Maria Bárbara de la Sainte Trinité), autrichienne, fondatrice au Brésil des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, béatifiée en 2010.

XX.    

B Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno (1831-1905), prêtre espagnol fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Notre Dame de la Merci, béatifié en 2003.
B Josep Mestre Escoda (1899-1937), prêtre espagnol martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Joan Torrents Figueras (1873-1937), prêtre clarétain espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Patrice d’Irlande

383-461

 

Comme beaucoup parmi cette pléiade de Saints irlandais et écossais que nous connaissons bien peu, saint Patrick est un personnage - certes historique, mais dont beaucoup de détails restent incertains.

Sa naissance varie de 383 à 389, selon les études ; sa mort, de 461 à 493. Sa naissance, d’après ses propres écrits, aurait eu lieu en Écosse, mais d’autres historiens interprètent différemment le texte et le font naître tour à tour en Irlande, en Pays de Galles, ou même en Gaule, suivant le sens à donner à cette Britannia latine.

Suivant les contrées, son propre nom varie étonnamment : Patricius en latin, donc Patrice en français, mais Cothrige en irlandais, Maewyn Succat en breton, Patrick ailleurs.

Son père, le diacre Calpurnius, était un décurion romain, sa mère s’appelait Concessa ; Patrice aurait aussi eu une sœur, Lupait.

Vers 404, des pirates irlandais pillèrent la ferme de Calpurnius, et emmenèrent captif le jeune Patrice qui avait environ seize ans ; acheté par un maître du nord de l’Irlande, il se vit confier la garde des troupeaux, puis fut emmené dans l’ouest, où sa captivité fut plus rude, ce qui donna au jeune garçon l’occasion de rentrer en lui-même, de se convertir intérieurement et de se tourner sincèrement vers Dieu en cherchant à vivre plus saintement. C’est durant ces six années qu’il apprit si opportunément la langue irlandaise qui devait tant lui servir plus tard.

Ayant réussi à s’enfuir, il fut pris à bord d’un navire marchand, dont on ne sait au juste où il accosta. La nourriture vint à manquer, et la prière de Patrice fut vite exaucée, car un troupeau de porcs passa par là, qui leur fournit de quoi se restaurer. Plus tard, durant une nouvelle mais brève captivité, Patrice parle d’un rêve où il est délivré d’un gros rocher par la prière au prophète Elie.

Il revint chez ses parents mais pour peu de temps ; il rêva à nouveau qu’on l’appelait à revenir en Irlande pour évangéliser. Nouvelle séparation des parents : Patrice se rendit aux îles de Lérins pour y apprendre la science divine et affermir sa vocation. Il passa en Italie et, remontant en Gaule, s’arrêta longtemps à Auxerre, où il fréquenta le saint évêque Amator et surtout l’illustre Germain (voir aux 1er mai et 31 juillet).

En 431, le pape Célestin Ier (voir au 27 juillet) sacra évêque Palladius pour l’envoyer parmi les Scots, mais l’évêque mourut à peine quelques mois après. Sur cette nouvelle, Patrice sentit l’appel à repartir pour aller évangéliser l’Irlande. On suppose que c’est à ce moment-là qu’il reçut l’épiscopat, des mains de Germain d’Auxerre.

Parvenu en Ulster, Patrice s’attacha à convertir les chefs et les rois, dont dépendaient et la conversion de leurs sujets, et l’attribution de quelque terrain pour la construction d’églises et de monastères. C’est ainsi que se convertit un chef puissant, Dichu, en Ulster ; puis le frère du roi de Méath, Conall. Le travail de Patrice fut fécond, accompagné de signes divins, de miracles, mais non sans difficultés.

Neuf ans après, Patrice fit un pèlerinage à Rome, pour obtenir du pape la consécration de ses travaux. Saint Léon l’accueillit certainement avec faveur, et l’on voit Patrice revenir dans l’île avec des reliques des saints Pierre et Paul. Ce devait être vers 441.

C’est alors que Patrice voyagea dans toute l’Irlande pour organiser les Églises et consacrer des évêques : l’Irlande n’était pas entièrement païenne, et d’anciens compagnons de Patrice, avaient gagné d’autres populations, comme Auxilius, Iserninus, Fiacc.

Patrice reconnaît humblement, dans ses écrits, avoir baptisé des milliers d’hommes, mais il en rapporte la gloire à Dieu seul. Rien ne l’a abattu, ni les violences, ni les menaces, ni la captivité. Il dut plusieurs fois échapper miraculeusement à la mort. Pour sauver ceux qu’il avait gagnés au Christ, il ne demandait qu’à verser son sang, à endurer la mort, à être privé de sépulture, à être la proie des chiens et des bêtes féroces.

Le saint évêque était un homme de prière, de piété, continûment en conversation avec Dieu ; c’était sa force, et pour ses contemporains une des caractéristiques de sa sainteté. Un de ses biographes rapporte : Il chantait chaque jour tous les psaumes, les hymnes, l’Apocalypse de saint Jean, les cantiques de l’Ecriture, qu’il fût ou non en voyage. Quand il rencontrait une croix sur sa route, il descendait de son char pour se prosterner devant elle.

Vers la fin de sa vie, l’apôtre désira se retirer pour se préparer à la mort. Peu avant, un ange lui apparut pour lui signifier que Dieu avait écouté ses quatre supplications : le diocèse d’Armagh aura la primauté sur les Églises d’Irlande ; Patrice jugera celui qui au jour de sa mort récitera l’hymne qu’il a composée ; la postérité de Dichu ne périra point ; Patrice jugera le peuple irlandais au dernier jour du monde.

Patrice mourut donc à Saul, en Ulidia, terre de Dichu, le 17 mars 461, date la plus probable, quoique parfois discutée. La nuit suivant sa mort, des anges veillèrent sur son corps, en chantant des psaumes et des hymnes. Sur leurs indications, on devait placer le corps de Patrice sur un char à bœufs, et il serait enterré là où les bêtes s’arrêteraient : c’est là que s’éleva ensuite l’église de Down-Patrick.

Un siècle plus tard, saint Colomban ouvrit le tombeau de saint Patrice, pour en placer les reliques dans une châsse. En outre, un ange lui révéla quoi faire des saints objets qu’on avait aussi déposés dans le premier cercueil : le calice devait aller à Down-Patrick, la cloche du testament à Armagh, l’évangile tenu par l’ange à Colomban lui-même (voir au 23 novembre).

On a dénombré quelque cent quatre-vingt-quinze édifices élevés en l’honneur de saint Patrice rien que pour l’Irlande, beaucoup d’entre eux ayant été fondés par l’apôtre lui-même. Le Saint est en honneur dans tout le monde britannique, en France et en Espagne.

De nombreuses légendes se rattachent à l’apostolat de saint Patrice. Les légendes sont très nombreuses en Irlande, et l’on ne parvient pas à définir les éléments certains sur lesquels elles s’appuient ; elles attestent au moins l’immense célébrité et la profonde sainteté des nombreux Saints et Saintes de cette Irlande catholique.

 

 

Agricola de Chalon-sur-Saône

498-580

 

Agricola, qui n’était pas un «paysan», mais de la noblesse de Gaule, naquit vers 498. Son contemporain, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) le nomme Agrecula.

Dès 532, il fut promu évêque de Chalon-sur-Saône : il n’avait que trente-quatre ans.

Très austère de sa personne, il ne prenait qu’un léger repas le soir.

Pasteur zélé pour le salut des âmes, il s’illustra dans son diocèse par d’importants travaux, construisant des sanctuaires ou les embellissant.

On le vit présent à divers conciles : Orléans en 541 et 549, Clermont en 549, Paris en 552, Lyon en 570. En voici quelques détails, qui sont parfois frappants de sévérité ou d’exigence.

  • 4e concile d’Orléans (541) : sera puni de mort quiconque aura adoré des dieux païens ou aura juré par les dieux païens ; les juifs ne doivent pas avoir d’esclaves chrétiens. Sont présents trente-huit évêques, douze autres sont représentés.
  • 5e concile d’Orléans (549) : les évêques doivent s’occuper des lépreux ; leur élection doit être approuvée par le roi.
  • concile de Clermont (549) : dix évêques y confirmèrent les décisions du concile précédent.
  • concile de Paris (552) : là, vingt-sept évêques déposent et font enfermer l’évêque de Paris, gravement coupable de simonie ou d’adultère.
  • 2e concile de Lyon (570), ou peut-être le troisième dans cette ville. On y parla de la paix et de la conservation de l’Eglise.

Autre fait marquant de cet épiscopat : Agricola fit transporter le corps d’un saint ermite nommé Desiderius, dans l’église de l’hôpital des lépreux, récemment construit près de Chalon-sur-Saône. C’est là aussi que fut enterré Agricola.

Agricola fut évêque pendant quarante-huit ans, et mourut en 580, probablement le 17 mars.

Ses reliques furent profanées, pense-t-on, par les Huguenots.

Saint Agricola est commémoré le 17 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gertrude de Nivelle

626-659

 

Fille de Pépin de Landen et de Itta Iduberga, Gertrude naquit à Landen (Brabant) et grandit dans une atmosphère très chrétienne. Elle avait un grand frère, Grimoald. et une sœur, Begga, d’où viendront les Carolingiens.

A dix ans, elle exprime le désir d’être religieuse ; elle en était si convaincue, que lorsque son père, recevant le roi des Francs, Dagobert, lui proposa comme époux le fils de ce dernier, elle répondit franchement qu’elle n’épouserait ni ce beau jeune homme, ni aucun autre en ce monde, car elle ne voulait pour époux que Jésus-Christ.

Sa parole était si assurée et convaincante, que personne ne lui parla plus du sujet.

A la mort de Pépin, Gertrude pouvait entrer en religion, mais sa mère, ne voulant pas s’en séparer, fit construire en 650 à Nivelle (Brabant) un double monastère d’hommes et de femmes, sous la règle de saint Colomban. Elle même y entra comme simple religieuse, avec sa fille.

Iduberge coupa elle-même les cheveux de sa fille en forme de couronne et demanda à l’évêque de lui imposer l’habit, puis de l’installer comme abbesse du monastère.

Gertrude se montra parfaite dans sa charge, malgré son jeune âge : innocente, pure, humble, pieuse à souhait, sage et discrète, elle fit l’édification même des personnes plus âgées qu’elle.

Elle montra sa charité envers les pèlerins, les étrangers, les pauvres et les malades.

Elle fit venir d’Irlande de saint moines, les saints Foillan (v. 31 octobre) et Ultan (2 mai ?).

A la mort de sa mère, en 655, Gertrude préféra se décharger de l’administration du monastère sur des religieux plus capables qu’elle. Elle-même se déchargea de sa place d’abbesse, en faveur de sa nièce, Wulfetrude.

Désormais libre de vaquer à la méditation, Gertrude se nourrissait de l’Ecriture et s’imposait des mortifications sévères, en veilles et en jeûnes.

Elle sentit son heure arriver. Elle ne voulait être enterrée qu’avec son cilice, et un vieux voile sur la tête car les ornements superflus d’un tombeau ne servent de rien ni aux vivants ni aux morts. Puis Ultan lui annonça qu’elle mourrait le 17 mars, pendant la messe, jour de saint Patrick, qui viendrait la chercher avec les Saints et les Anges choisis de Dieu.

Gertrude rendit son âme le 17 mars, pendant la Sainte Messe. Au même moment, elle apparaissait à sainte Modeste de Horren (Trèves), dont elle était parente (v. 4 novembre).

A cette date (17 mars 659), sainte Gertrude avait trente-trois ans.

 

 

Paulos de Chypre

† 770

 

Dans l’ancien Martyrologe Romain, il était dit que ce Paulos avait souffert à Constantinople, sous Constantin Copronyme, pour le culte des saintes images.

Un ménologe grec affirme, sans précision de lieu ni d’empereur, qu’un Paulos fut livré aux flammes pour la cause des saintes images.

On a alors avancé que ce martyre aurait pu avoir lieu vers 770 en l’île de Chypre. Paulos, moine, y aurait donc été arrêté et accusé de s’opposer aux décrets impériaux. Ayant refusé d’insulter ou de profaner un crucifix, il fut suspendu la tête en bas au-dessus d’un brasier.

Saint Paulos, martyr, est commémoré le 17 mars dans l’actuel Martyrologe Romain.

Conrad de Bavière

1105-1125 (1155 ?)

 

Conrad naquit vers 1105 à Ratisbonne, dernier des six enfants de Heinrich IX le Noir et de Wulfhilde de Saxe. Une de ses sœurs, Judith, fut la mère d’un certain Friedrich Barbarossa, qui fut donc un neveu de notre Conrad. En même temps, Conrad avait une ascendance italienne, par son grand-père Alberto Azzo II d’Este.

Il étudia à l’université de Cologne et se diplôma en droit civil et ecclésiastique. La famille le destinait à succéder ni plus ni moins à l’archevêque de Cologne, mais Conrad, enchanté par la prédication d’Arnaud de Morimond, décida de devenir cistercien.

Ici s’affrontent trois versions sur la suite de la vie de Conrad.

Dans une première version, Conrad entra encore adolescent dans cette abbaye cistercienne de Morimond (Haute-Marne), dont l’abbé, Arnaud, décida de fonder un monastère cistercien en Terre sainte, malgré la désapprobation de saint Bernard (v. 20 août) ; l’abbé étant mort, l’expédition ne se fit pas, mais Conrad partit seul, passa par le sanctuaire de saint Michel au Mont Gargan et celui de saint Nicola à Bari ; là, exténué par ce déjà long voyage et malade, il trouva refuge chez les Bénédictins de Modugno ; il y passa les derniers mois de sa vie, dans une grotte où il priait, jeûnait et dormait sur la roche nue. Il y serait mort en 1125 ou 1126, un 17 mars, tout juste âgé de vingt ans.

Une deuxième version affirme qu’en 1127, il entra à Clairvaux, sous la direction de saint Bernard. Il demanda et obtint de saint Bernard la permission de faire le pèlerinage en Terre sainte ; là-bas, il s’arrêta dans un ermitage, où il servit humblement un ermite âgé. Ayant appris que la santé de saint Bernard déclinait, et devant le péril ottoman, il voulut revenir à Clairvaux mais, à Bari, il apprit la mort de saint Bernard et aurait alors estimé inutile de remonter jusqu’en France ; il se serait arrêté dans l’abbaye bénédictine de Modugno, où il serait mort en 1154 ou 1155, âgé de cinquante ans.

Dans une troisième version, qui ne parle ni de l’abbé Arnold, ni de saint Bernard, Conrad partit quelques années en Palestine et s’arrêta dans l’ermitage Saint-Guillaume ; à son retour en Italie, Conrad apprit à Molfetta la déchéance de son frère Heinrich le Superbe qui, s’étant rangé aux côtés de Friedrich Barbarossa, et battu avec lui en 1137, avait perdu tous ses biens. C’est alors que Conrad se serait décidé à rester sur place et de se retirer, en 1139, dans cette abbaye de Modugno, où il mourut, toujours en 1155.

Il reste que la population apprit à le vénérer comme son protecteur. En périodes de sécheresse, des processions avec les reliques de Conrad ont obtenu la pluie. En 1529, lors de l’assaut de la ville par les troupes françaises, les habitants furent réveillés par un soldat mystérieux et apparurent à tous Notre Dame, saint Nicola et Conrad, suscitant la terreur aux Français qui s’enfuirent. Par l’intercession de Conrad, Molfetta fut plusieurs fois épargnée par les épidémies. On lui attribua aussi une intervention miraculeuse pour calmer des tempêtes, arrêter des tremblements de terre et des inondations. L’ancienne cathédrale lui fut dédiée en 1785.

Le culte du bienheureux Conrad de Bavière a été confirmé en 1832 et son nom est mentionné dans le Martyrologe au 17 mars.

 

 

Jan Sarkander

1576-1620

 

Il naquit à Skoczów (Silésie, Pologne), le 20 décembre 1576. Il eut un frère chanoine.

Il vécut à Pribor à partir de 1589.

De 1592 à 1597, il étudia à Olomouc (actuelle République tchèque), à partir de 1600 à Prague pour la philosophie, à partir de 1604 à Graz pour la théologie.

En 1606, brusque changement : il interrompit sa préparation au sacerdoce et épousa Anne Plachetskou, une protestante, avec laquelle il s’installa à Glasgow. Anne cependant mourut peu après. Jan décida alors de reprendre son chemin vers le sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1609, et fut curé successivement à Uničov, puis en Croatie, à Zdounkách (1614), Boskovice (1615), enfin Holešov (Moldavie) jusqu’en 1616.

En 1619, il dut quitter cette région, fit un pèlerinage à Czestochowa et résida à Cracovie, mais préféra revenir en Moravie pour ne pas abandonner ses fidèles.

Une des principales activités pour laquelle est connu le père Jan, est d’avoir activement travaillé à la conversion des disciples de Jean Hus et des «frères bohémiens».

Quand les troupes polonaises menacèrent la ville en 1620, il sortit en portant le Saint-Sacrement et s’interposa pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Des troubles politiques le firent accuser de trahison, d’espion au service du prince catholique de Pologne.

On le persécuta, on voulut lui arracher un secret de confession, on le mit en prison à Olomouc, où il fut maintes fois torturé. Une fresque ancienne, dans la cathédrale d’Olomouc, le montre attaché par les poignets liés derrière le dos à une corde que l’on tend par derrière pour le suspendre en l’air, tandis qu’un bourreau approche de sa poitrine des torches.

Selon un autre récit, on l’aurait alors plongé dans un cuve de soufre et de plumes où l’on mit le feu, puis on jeta sur ses brûlures de l’huile et de la poix. L’agonie dura plus d’un mois.

Des doutes et des contestations subsistent sur les vrais motifs de son martyre, mais ce martyre est bien attesté.

Jan Sarkander mourut le 17 mars 1620.

Béatifié en 1860, il fut canonisé en 1995.

 

 

Gabriel Lalemant

1610-1649

 

Gabriel Lallemant (ou plus fréquemment Lalemant, et souvent aussi Lalemand) naquit à Paris le 3 octobre 1610, d’un père avocat au parlement de Paris et sans doute de famille noble.

A vingt ans, il entra dans la Compagnie de Jésus (Jésuites). On sait que les Jésuites, aux trois vœux traditionnels de Pauvreté, Chasteté, Obéissance, en ajoutent un quatrième d’obéissance absolue au Pape. Gabriel en fit encore un autre : en 1632, il s’engagea à se consacrer aux missions en terre étrangère.

Il resta cependant encore quatorze ans en France, enseignant à Moulins (1632-1635), préparant la théologie à Bourges (1635-1639), où il reçut probablement l’ordination sacerdotale ; puis il fut ministre des pensionnaires à La Flèche (1639-1641), professeur de philosophie à Moulins (1641-1644) et préfet du collège de Bourges (1644-1646). 

C’est en 1646 qu’il arriva à Québec.

En septembre 1648, il fut envoyé à la mission Sainte-Marie en pays huron, où il apprit cette langue difficile. Il y parvint assez rapidement, puisqu’un an plus tard il remplaçait le père Chabanel à la mission Saint-Louis, où se trouvait aussi le père Jean de Brébeuf.

L’apostolat du père Lalemant dura six mois. Le 16 mars 1649, une forte armée d’Iroquois envahit le bourg Saint-Ignace et attaqua la mission Saint-Louis. Leur nombre leur donna la victoire.

Les deux prêtres auraient pu s’enfuir, mais refusèrent. Ils furent capturés, dévêtus ; on leur arracha les ongles et on les conduisit à Saint-Ignace.

Le martyre du père Lalemant commença le 16 mars à six heures du soir, après celui du père de Brébeuf. On ne sait s’il y fut présent. Le supplice dura jusqu’au lendemain, 17 mars 1649 au matin. Un témoin put écrire : Il avait reçu un coup de hache sur l’oreille gauche, qu’ils lui avaient enfoncé jusque dans la cervelle, qui paraissait à découvert ; nous ne vîmes aucune partie de son corps, depuis les pieds jusqu’à la tête, qui n’eût été grillée et dans laquelle il n’eût été brûlé tout vif, même les yeux où ces impies avaient fourré des charbons ardents.

Son oncle, Jérôme Lallemant, devint supérieur de la mission en remplacement du père de Brébeuf. Il avait aussi un autre oncle dans cette mission, Charles Lallemant.

Nos deux Martyrs furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

 

 

Barbara Maix

1818-1873

 

Barbara naquit à Vienne le 27 juin 1818, de Josef Maix et Rosalia Mauritz. Elle était la dernière des neuf enfants de cette heureuse maman, mais son père avait déjà eu quatorze enfants dans un premier mariage, avant de devenir veuf. La plupart de ces enfants moururent vite, de typhus ou d'autres maladies. Josef Maix travaillait au palais de Schönbrunn.

Barbara montra des qualités de patience, de courage, de grand amour pour les pauvres et apprit à se confier à la Divine Providence. Elle-même souffrit du typhus et en conserva des séquelles, demeurant fragile des poumons et du cœur.

Elle avait quinze ans quand elle fut totalement orpheline.

En 1840, elle suit un cours de couture avec sa sœur. On sait qu'elle passait des heures en prière dans l'église Maria am Gestade. C'est là qu'elle entendait les prédications des Pères Rédemptoristes et qu'elle eut l'inspiration de s'occuper des graves problèmes sociaux de la ville de Vienne. Barbara était particulièrement sensible à la misère morale et matérielle des femmes de ménage, des femmes sans travail et de leurs enfants. Elle en parla à des amies. On raconte que, petite, l'Enfant-Jésus lui serait déjà apparu pour lui dire : Fonde la Congrégation de ma Mère !

Barbara réunit en peu de temps une vingtaine de compagnes, écrivit une première Règle et présenta une demande de fondation à l'Empereur. On approuva son idée d'une œuvre en faveur des jeunes filles, mais on refusa la fondation d'une nouvelle congrégation.

Barbara tenta d'aller trouver le pape Grégoire XVI, munie d'une lettre de recommandation, mais le Pontife mourut la veille du jour fixé pour l'audience. La sœur de Barbara meurt à son tour. Mais ses compagnes sont toujours là, plus de vingt, décidées à continuer de se donner aux autres.

En 1848, c'est la Révolution Libérale en Autriche. Barbara comprend qu'elle ne peut fonder et décide de partir pour l'Amérique. Elle songe à l'Amérique du Nord, mais l'unique bateau en partance va au Brésil : Barbara y reconnaît le doigt de Dieu et s'embarque avec quelques compagnes pour Rio de Janeiro, où elles arrivent sans le sou, sans connaître personne, sans savoir la langue, la faim au ventre, mais remplies de confiance en Dieu et en la Sainte Vierge, écrira l'une d'elles.

Bien accueillies par l'évêque, elles se préparent et, en 1849, font leur première consécration, prenant le nom de Sœurs du Cœur de Marie, que Pie XII changera un siècle plus tard en Congrégation des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie. Elles se vouent au service des pauvres et des malades, puis des enfants.

En 1852, Mère Maria-Barbara de la Très Sainte Trinité revient à Vienne, pour y faire imprimer les premières Constitutions et d'où elle envoie au Brésil douze autres jeunes filles, puis rencontre enfin à Rome le Pape Pie IX, qui l'encourage et la bénit.

Mère Barbara avait commencé sa route à Vienne, en faveur des femmes de ménage et des désoccupées, et la poursuivit au Brésil dans les écoles, les maisons pour orphelins et abandonnés, les collèges de jeunes, les malades, durant les épidémies, durant la guerre. On la vit à l'œuvre à Rio de Janeiro, à Niteoi, à Pelotas, à Porto Alegre.

La spiritualité de Barbara était éminemment trinitaire, eucharistique et mariale : elle s'y appuyait si fortement qu'elle en conçut une confiance à toute épreuve. Les épreuves, en effet, ne manquèrent pas : la Franc-maçonnerie, le décès de plusieurs novices et de plusieurs sœurs, les divisions internes dans la Congrégation elle-même, l'expulsion de Pelotas en 1863, la guerre du Paraguay en 1865, des incidents lors de la visite pastorale à Porto Alegre en 1870...

Mère Barbara, la Fondatrice elle-même, dut se retirer à Petropolis. Sa santé était désormais bien compromise. Elle reçut le Sacrement des Malades le Jeudi-Saint de 1872. En 1873 elle en vint à se retirer avec sa communauté dans la maison d'une personne amie à Catumbi (près de Rio de Janeiro), où elle s'éteignit doucement le 17 mars 1873, son dies natalis.

En 1957, l'urne de ses cendres fut rapportée à Porto Alegre, où commença le Procès informatif diocésain. En 2008 fut reconnue l'héroïcité de ses vertus, et Mère Barbara fut béatifiée en 2010.

 

 

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno

1831-1905

 

Né le 11 octobre 1831 à Grenade (Espagne), Juan Nepomuceno était le fils de Antonio Zegrí  Martín et de Josefa Moreno Escudero.

Enfant pieux, il sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Il fit d’excellentes études secondaires ainsi qu’au séminaire Saint-Denis de Grenade et fut ordonné prêtre en 1855.

Il exerça le saint ministère sacerdotal à Huétor Santillán et San Gabriel de Loja, puis fut nommé Juge synodal pour les diocèses de Málaga, Jaén et Orihuela, chanoine de la cathédrale de Málaga, visiteur des ordres religieux du diocèse, directeur spirituel des séminaristes, prédicateur et aumônier de la Reine Isabel II.

A Málaga en 1878, il fonda la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci (ou Sœurs Mercédaires de la Charité), dans le but de mettre en pratique toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles en la personne des pauvres. Pénétré du mystère eucharistique, il voulait rendre vraiment présent le Christ dans la vie quotidienne, auprès de ceux qui souffrent, qui doivent boire le calice amer et manger le pain des larmes. S’appuyant sur Marie, la Mère du Rédempteur, il désirait soigner celui qui souffre, consoler le malheureux, remettre l’espérance dans les cœurs.

Les Sœurs s’employaient à soigner toutes les plaies, remédier à tous les maux, calmer tous les chagrins, bannir toutes les nécessités, sécher toutes les larmes, ne pas laisser dans le monde, si possible, un seul être abandonné, affligé, oublié, sans éducation religieuse et sans ressources.

La Congrégation se développa assez rapidement, mais certaines Sœurs fomentèrent une méchante et grave accusation contre leur Fondateur. En 1888 on demanda à l’abbé Juan Nepomuceno de s’éloigner de la Congrégation et une longue enquête s’ensuivit, aboutissant après six longues années à la totale levée des accusations fausses dont il avait été victime.

On put admirer la patience avec laquelle il supporta l’épreuve, son obéissance aux Supérieurs et sa magnanimité à pardonner ses accusateurs et accusatrices.

A partir de 1894, bien qu’innocent, l’abbé Zegrí demeura volontairement à l’écart, tout en étant reconnu comme le Fondateur de la Congrégation.

Il mourut dans une totale solitude à Málaga, le 17 mars 1905, et fut béatifié en 2003.

 

Le miracle retenu pour cette béatification a été la restitution totale du pancréas à un malade argentin à qui les chirurgiens l’avaient retiré intégralement.

 

 

Josep Mestre Escoda

1899-1937

 

Joseph était né le 12 février 1899 à Duesaigües (Baix Camp, Catalogne), de Francesc et Encarnació, qui le firent baptiser le 19 suivant.

Ayant ressenti dès l’enfance l’appel de Dieu, il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Il exercera son ministère à Sarral, Falset, Reus, La Febró.

Ce fut un prêtre zélé, humble et pieux, qui montrait toujours sa joie de vivre et d’appartenir à Dieu.

Lors de l’insurrection de 1936, il était aumônier à la maison de repos de Tarragone, où se trouvaient ses parents.

Le 21 juillet 1936, des révolutionnaires firent irruption et commirent toutes sortes d’actes barbares envers tout ce qu’ils trouvaient de religieux dans la maison, sauf envers le Saint Sacrement, que le prêtre avait consommé auparavant par précaution.

Don Josep continua à célébrer la messe les jours suivants, jusqu’à la Saint-Jacques, le 25 juillet.

Le 26 juillet, il fallut évacuer toute la maison. Don Josep vint avec ses parents à Barcelone, où sa mère trouva une pension.

Ils y restèrent quelques mois, pendant lesquels don Josep continuera à exercer son apostolat, administrant les sacrements en cachette, célébrant la Messe chaque jour. Parfois, sa mère lui parlait du danger qu’il courait, et lui répondait : Je suis prêtre, et si Dieu me destine au martyre, je marcherai volontiers vers le martyre.

En mars 1937, le premier vendredi, il fut arrêté. Il reconnut ouvertement qu’il était prêtre et, pour ce motif, fut conduit à la tchéka Sant Elies, où il fut martyrisé.

C’était le 17 mars 1937, deux jours avant la fête de saint Joseph.

Don Josep Mestre Escoda fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Torrents Figueras

1873-1937

 

Né le 8 décembre 1873 à La Secuita (Tarragona), Joan reçut le lendemain le baptême, avec les prénoms Joan José Pablo ; son père s’appelait Joan, sa mère María. C’est donc peut-être une erreur de l’appeler Juan Bautista.

Selon la coutume d’alors, Joan reçut la confirmation très jeune, en 1877.

En 1885, il fréquenta le séminaire de Barbastro, où il fut jugé exceptionnel («sobresaliente»).

En 1888, il commença le noviciat chez les Pères Clarétains à Cervera et fit la première profession le 8 décembre 1889, le jour de son seizième anniversaire. Puis ce furent les études de philosophie et de théologie, en vue du sacerdoce.

En 1894, il passa à Santo Domingo de la Calzada, où il acheva la théologie et reçut le sous-diaconat (1895) et le diaconat (1896). Il fut ordonné prêtre en 1897 à Victoria, avec une «dispense d’âge» de dix mois.

Il faut expliquer ici que l’âge canonique de l’ordination sacerdotale exige d’avoir accompli vingt-quatre ans, qui peuvent cependant être anticipés dans des cas «exceptionnels», comme l’était justement Joan.

Joan recouvra successivement différentes charges, à Barbastro, Solsona (1899), Gracia (1901).

Il subit alors une grosse épreuve : après avoir recueilli patiemment d’importantes sommes d’argent pour la construction de l’église, un incendie détruisit toute la maison et l’église, ainsi que tous les documents et les notes du père Joan.

En 1909, il fut nommé alors à La Selva del Campo.

En mai 1911, il subit un premier épisode de persécution de la part d’un groupe de communistes lorsqu’il s’apprêtait à prendre le train pour San Feliu ; il eut juste le temps d’aller se cacher dans un champ voisin.

D’autres charges l’attendaient à Sabadell (1913), de nouveau Gracia où l’on reconstruisait la maison (1917). Sa santé donnait des inquiétudes : il dut renoncer à partir prêcher au Mexique. En 1926, il repartit pour Sabadell où, devenu quasi aveugle, il avait peu d’activités extérieures, demeurant plus volontiers au confessionnal où les âmes retrouvaient la paix. Il avait toujours son chapelet à la main.

La prière du chapelet fut son unique soutien durant toute la guerre civile de 1936. Il dut passer de cachette en cachette, de maison en maison, jusqu’en février 1937.

Le 13 février, un bombardement sur Barcelone obligea tous les habitants à se réfugier dans les abris. Le p.Joan s’y trouva, et fut dénoncé. Trois jours plus tard, ce fut l’arrestation : au soir du 16 février, une patrouille vint détruire tout ce qu’il y avait de religieux dans cette pension, et emmenèrent le p.Joan à la «tchéka», la prison Sant Elías de Barcelone.

Le Religieux ne cacha pas son état sacerdotal et fut maintenu en prison pendant un mois. Seuls deux jeunes garçons se préoccupèrent de venir l’aider à manger et à aller prendre l’air. Le p.Joan se doutait bien de son sort, surtout parce qu’il était prêtre.

Le 17 mars 1937, il fit partie du groupe qu’on emmena au cimetière de Montcada (Barcelone), où il fut fusillé. On n’a jamais retrouvé son corps, qui fut sans doute jeté dans la fosse commune.

Le père Joan a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Torrents Figueras sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 mars.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:00

16 MARS

?    

S Aninas, anachorète en Euphratène, qu’accompagnaient deux lions gentils, et mort à cent-dix ans. 

III.    

S Agapit, un des onze évêques “colombins” à Ravenne, désignés par une colombe.
Ss Hilarius et Tatianus, martyrs ; Hilarius était évêque en Aquilea, Tatianus était son diacre.
S Papas, martyr à Séleucie ; on lui mit des chaussures garnies de pointes à l’intérieur ; l’arbre stérile auquel on l’attacha devint fertile.

IV.    

Ss Valentin, évêque à Terracina, et Damien, diacre, martyrs près de Teatina.
S Ioulianos d’Anazarbe, arrêté à dix-huit ans, soutenu par sa mère, martyr en Cilicie, cousu dans un sac plein de scorpions et de serpents.

VII.    

S Coloquil (Colomcille ?), roi honoré à Sens.  
S Finan le Lépreux, de famille royale irlandaise, fondateur de monastères à Inisfallen, Ardfinnan, Cluain more Maidoc.
Ste Eusébie, abbesse à Hamage à douze ans.
S Dentelin, fils de s.Mauger (Vincent Madelgaire) et de ste Vaudru, frère de s.Landric et des stes Aldétrude et Madelberte, mort à sept ans en Belgique.

X.    

S Grégoire,  dont on nota très tôt l’aversion pour le mensonge et l’impureté, évêque à Nicopolis, dont il démissionna pour être reclus près de Pithiviers.

XI.    

S Heribert, chancelier de l’empereur, évêque à Cologne.

XII.    

S Christodule, abbé en Grèce (Turquie ?).
S Giovanni Sordi ou Cacciafronte, abbé à Crémone, évêque à Mantoue, puis Vicenza, assassiné par un homme qu’il avait excommunié.

XIII.    

S Héribert, ermite près de Namur.
Bse Benedetta, abbesse clarisse à Assise après ste Claire.
B Torello de Poppi, ermite pénitent près de Vallombreuse, après une adolescence dissolue. 
B Pier Tecelano, marchand de peignes à Sienne, veuf et tertiaire franciscain, thaumaturge ; il se confessait chaque jour.

XVI.    

Bx John Amias et Robert Dalby, l’un veuf puis prêtre, l’autre laic converti, martyrs à York. 

XVII.    

S Jean de Brébeuf, prêtre jésuite normand, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XX.    

B Pío Conde y Conde (1887-1937), prêtre salésien espagnol, martyr de la Révolution, béatifié en 2007 ; on ignore le jour exact de son martyre (entre le 16 et le 20 mars) ainsi que le lieu (Madrid, ou près de Valencia).

Hilarius d’Aquilée et Tatianus
† 284

Hilarius est habituellement considéré comme le deuxième évêque d’Aquileia, après Ermagora.
Comme ce dernier aurait été choisi dès le premier siècle, il se peut qu’il y ait eu une longue vacance avant l’élection d’Hilarius.
L’histoire d’Hilarius est celle d’un enfant élevé dans le christianisme, entré dans la cléricature et, après ses études de l’Ecriture et des Pères, fut ordonné diacre, prêtre, enfin évêque.
Il prit pour disciple Tatianus, qu’il ordonna diacre.
Sous l’empereur Numérien, les Chrétiens eurent l’obligation d’offrir des sacrifices aux idoles païennes. Evidemment, l’évêque et son diacre n’étaient pas disposés à le faire et furent cités devant le préfet.
Les tourments qu’on imposa à Hilarius comme à Tatianus ne purent les fléchir. Ils furent dépouillés, flagellés, étendus sur des chevalets, où l’on déchira leurs corps jusqu’à en faire ressortir les entrailles. Mais ils chantaient encore la gloire de Dieu.
Hilarius et Tatianus se retrouvèrent en prison. Sur leur prière, Dieu manifesta sa puissance : un orage inonda la ville, le temple d’Hercule, si somptueux, s’écroula, des gens moururent de frayeur.
Le préfet s’entêta ; il fit décapiter l’évêque et son diacre, mais aussi quelques autres Chrétiens qui se trouvaient en prison au même moment ; on donne les noms de Felix, Large et Dionysios.
Ce fut le 16 mars 284.
Ce qui étonne ici, est que, le lendemain, d’autres Chrétiens eurent la permission de recueillir les corps des Martyrs et de les ensevelir honorablement. La persécution ne s’appliquait donc plus à eux ?
Aquileia se trouve à l’extrême NE de l’Italie. Siège épiscopal, puis archiépiscopal, puis patriarcal, il fut supprimé au 18e siècle, et rattaché à Udine et Gorizia.
S.Hilarius est le patron de Gorizia.
Saints Hilarius d’Aquilée et Tatianus sont commémorés le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Papas de Laranda
† 300

Ce Chrétien était originaire de Laranda (Lycaonie, auj. Karaman, Turquie CS).
La persécution de Maximien, que Dioclétien s’était adjoint depuis 285, sévit.
Papas confirma son adhésion à la foi chrétienne et fut torturé de maintes façons : dépouillé, flagellé à l’image du divin Sauveur, déchiré avec des ongles de fer ; autre torture qu’on ne trouve pas souvent dans les récits, on lui enfila des chaussures garnies de clous dont les pointes sortaient à l’intérieur, et l’on obligea Papas à marcher ainsi, jusqu’à Séleucie.
Il y a une dizaine de villes anciennes nommées Séleucie. La plus proche de Lycaonie serait celle de Pamphylie, à l’Ouest de Laranda ; mais le Martyrologe spécifie Séleucie de Perse, qui serait alors proche de Bagdad… On imagine le supplice de Papas.
Il fut attaché à un arbre qui, stérile, reverdit.
Le martyre de Papas peut se situer vers 300.
Saint Papas de Laranda est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Ioulianos d’Anazarbe
† 305

Ioulianos naquit vers la fin du 3e siècle à Anazarbe (Cilicie, auj. Ağaçli, Turquie CS).
Son père était sénateur, sa mère l’éleva dans la foi chrétienne.
A dix-huit ans, il fut traduit devant un tribunal pour sa foi. Il refusa énergiquement de sacrifier aux idoles et fut longuement torturé, avant d’être jeté en prison.
Sa mère vint lui rendre visite, et l’encouragea à demeurer fidèle et ferme dans la foi. Heureuse mère, qui ne mettait pas son affection avant la confiance en Dieu.
Pendant une année entière, on s’amusa à promener Ioulianos de ville en ville, accablé d’injures, d’insultes, de la part des païens comme des Juifs. Non seulement Ioulianos restait ferme dans sa foi, mais ces déplacements lui donnaient l’occasion de prêcher à la foule, et de gagner des âmes au Christ.
Finalement le préfet imagina une ultime horreur : il fit enfermer Ioulianos dans un sac, qu’il remplit de scorpions et de serpents vivants, et jeta le Martyr en mer.
Au bout de quelques jours, les flots rapportèrent sur le rivage le corps de Ioulianos.
C’était vers 305-311.
On l’aurait alors transféré à Antioche (de Syrie), où de très nombreux miracles se produisirent.
Saint Ioulianos d’Anazarbe est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Eusébie de Hamage
637-680

Eusébie naquit en 637, de s.Adalbaud d’Ostrevent et ste Rictrude (v. 2 février et 12 mai), nobles vascons et seigneurs dans les Flandres. Tant les parents que leurs quatre enfants sont, dit-on, vénérés comme saints : Eusébie, Adalsinde, Maurant, Clodoswinthe, mais à part Eusébie, on ne les trouve pas dans le Martyrologe actuel.
La grand-mère paternelle d’Eusébie était sainte Gertrude de Hamage, laquelle, une fois veuve, fonda et gouverna comme abbesse un monastère bénédictin à Hamage (vers 625).
C’est justement à celle-ci qu’Eusébie fut confiée à l’âge de huit ans, à la mort de son père, tandis que sa mère et des deux sœurs fondaient une autre abbaye à une dizaine de kilomètres de là : Marchiennes.
En 649, quand Eusébie avait douze ans, elle fut élue pour succéder à sa grand-mère Gertrude ! Maman Rictrude prétendit exercer son autorité sur la jeune abbesse et lui fit intimer l’ordre de la rejoindre à Marchiennes : obéissante, Eusébie vint s’y installer, avec sa communauté.
Toutefois, de nuit, elle partait avec son assistante, à son abbaye de Hamage, pour y prier l’office ; deux heures et demie de marche ! Cette double vie ne convenait pas à une moniale cloîtrée, et Rictrude semonça sévèrement sa fille. Mais comprenant la forte attirance d’Eusébie pour Hamage, elle écouta le conseil de saints personnages ecclésiastiques et laissa Eusébie retourner avec sa communauté à Hamage.
Désormais, Eusébie put disposer des bâtiments et de son temps pour faire revivre la Règle dans son authenticité. Sa douce ténacité et son exemple convainquirent toutes les Religieuses.
Quand elle mourut, un 16 mars, toutes la pleurèrent.
Avait-elle vingt-trois ans, trente-trois ans, quarante-trois ans ? Le Martyrologe a choisi la dernière évaluation, établissant la date de cette pieuse mort à 680 environ.
Les deux monastères de Marchiennes et Hamage furent détruits par les envahisseurs normands, vers 881. Mais les reliques furent sauvées et portées à Paris. Elles disparurent en 1830, lors du pillage de l’archevêché.
Actuellement, au hameau de Hamage, rattaché à Wandignies, on a repris le culte de sainte Eusébie.
Populairement, le nom d’Eusébie a été transformé en Eusoye ou Ysoie.
Sainte Eusébie de Hamage est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Heribert de Cologne
970-1021

Il naquit vers 970 à Worms (act. Rhénanie-Palatinat, Allemagne O), de Hugo et Tietwide, de noble ascendance. Il eut (au moins) un frère, Heinrich.
Il étudia à l’abbaye de Gorze, et y serait resté si son père et l’évêque ne l’avaient rappelé : il fut nommé prévôt du chapitre de Worms.
En 994, l’empereur Otto III l’appela cependant à la cour pour être son chancelier et ne pouvait plus se séparer de lui, tant il appréciait ses conseils et son attitude ; Heribert eut même toutes les peines du monde d’éviter de devenir évêque de Würzburg, en y proposant son propre frère.
En 995, il fut ordonné prêtre.
En 998, tandis qu’il se trouvait à Ravenne pour pacifier des factions opposées, on lui apprit qu’il était élu pour le siège archiépiscopal de Cologne ; Otto avait accepté de se séparer de son chancelier, mais Heribert ne l’entendait pas ainsi ; contraint de céder, il alla se faire sacrer à Rome ; le pape lui remit le pallium et Heribert pénétra dans son diocèse à Noël 999, pieds nus.
Tandis qu’il demeurait chancelier d’empire, Heribert mit au premier rang de ses préoccupations le soin pastoral de son important diocèse. On le vit laver les pieds des pauvres, leur donner à manger personnellement. En période de sécheresse, il décréta des prières spéciales qui y mirent fin.
Un an après cette nomination, l’empereur le pria de l’accompagner dans une campagne d’Italie. Quand les ennemis réussirent à empoisonner Otto, à Benevento (1002), Heribert l’assista fraternellement et ramena son corps à Aix-la-Chapelle. 
C’est sur son lit de mort qu’Otto promit à Héribert de faire construire une abbaye bénédictine près de Cologne : ce fut l’abbaye de Deutz, qu’Héribert put consacrer en 1003 et pour laquelle il sut assurer plusieurs prébendes et de grandes surfaces de forêts.
En 1002, à l’avènement du nouveau roi, Heinrich II (v. 13 juillet ; celui-ci ne fut couronné empereur qu’en 1014)), Heribert pensait se démettre de sa charge, mais l’empereur le confirma. Malgré d’insidieuses calomnies qu’on rapporta à l’empereur, ce dernier lui conserva toute sa confiance et recourait volontiers à ses conseils. 
On ajoute qu’une colombe volait souvent près d’Heribert, en signe de la présence du Saint-Esprit qui guidait le prélat.
Il serait question d’un voyage à Rome que fit Heribert pour accompagner Heinrich II, lequel aurait ensuite confié à Héribert l’archidiocèse de Bamberg (1007), nouvellement fondé ; ce fut en réalité Eberhard qui fut nommé.
En 1015, Heribert consacra la collégiale Saint-Barthélemy de Liège.
C’est au cours d’une visite apostolique qu’Héribert mourut près de Cologne, le 16 mars 1021.
En 1047, la guérison d’un possédé aurait permis une canonisation officielle. Bien des miracles eurent lieu déjà avant la mort d’Héribert, et se produisirent aussi ensuite.
L’abbaye de Deutz, fortement endommagée au cours des siècles, des inondations et des guerres, abrite maintenant la Caritas, tandis que l’église elle-même a été remise à la communauté grecque-orthodoxe de Cologne.
Saint Héribert est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Giovanni Sordi-Cacciafronte
1125-1181

Giovanni vit le jour vers 1125 à Crémone (Italie N), d’Evangelista et Berta Persico, de très noble ascendance.
Il était très jeune quand mourut son père. Sa mère épousa alors Adamo Cacciafronte, ce qui explique le double nom de famille qu’on lui donne. Adamo entoura Giovanni d’une réelle affection paternelle et lui fit faire d’excellentes études.
Après avoir été quelque temps chanoine à la cathédrale de Crémone, Giovanni entra en 1141 au monastère bénédictin Saint-Laurent ; de cette abbaye dépendait le prieuré Saint-Victor, où Giovanni fut nommé prieur ; en 1155, il fut alors élu abbé de Saint-Laurent.
Quand fut élu l’antipape Victor IV, soutenu par l’empereur Barbarossa, Giovanni resta fidèle au pape légitime et lui garantit en même temps la fidélité de Crémone.
L’empereur fit alors exiler Giovanni ; le pape le nomma évêque de Mantoue, dont l’évêque Graziadoro était tombé dans le schisme. Mais quand l’empereur, battu à Legnano (1176), fit la paix avec le pape, Giovanni voulut restituer son siège à Graziadoro, repenti ; le pape nomma alors Giovanni évêque de Vicenza, en 1179.
Evêque zélé, mortifié et charitable, Giovanni eut à reprendre et excommunier un feudataire malhonnête. Celui-ci se vengea en assassinant le saint évêque, le 16 mars 1181.
Le culte du bienheureux Giovanni fut confirmé en 1824.


Benedetta d’Assise
† 1260

Nos Bénédicte ne prennent pas forcément pour Patron saint Benoît : elles peuvent aussi choisir la bienheureuse Bénédicte d’Assise.
Des doutes planent sur les origines de Benedetta. Selon certains celle-ci naquit à Assise vers 1214, et prit l’habit des clarisses à San Damiano, ce monastère que dirigeait sainte Claire (Chiara). Pour d’autres, la date de 1214 serait celle de son entrée au monastère.
Certains pensent que c’est cette même Benedetta qui fut abbesse à Sienne en 1227, puis à Vallegloria près de Spello de 1240 à 1248. Si Benedetta était née en 1214, elle aurait montré une telle sainteté qu’on l’aurait élue abbesse… à treize ans. Si en revanche 1214 est la date de son entrée en religion, les choses semblent mieux concorder, mais il faudra trouver des preuves de ces transferts successifs.
Ce qui est sûr, c’est qu’à la mort de Chiara, en 1253, c’est Benedetta qui fut choisie pour lui succéder à San Damiano.
Le Martyrologe franciscain écrit que Benedetta resplendit d’une extraordinaire prudence, par ses vertus et ses miracles. 
Elle gouverna donc le monastère pendant sept ans, donnant l’exemple de la régularité et de la pauvreté.
Elle mourut le 16 mars 1260.
Vénérée par l’Ordre séraphique, elle n’est pas mentionnée au Martyrologe.


John Amias
?-1589

John naquit à Wakefield (Yorkshire ouest, Angleterre).
Il subsiste des doutes sur sa réelle identité et sa vie, tant il est vrai que les prêtres prenaient à l’occasion des «noms de combat» pour mieux passer inaperçus.
John aurait ainsi été en fait William Anne, benjamin de John et Katherine Anne, de Frickley (Wakefield).
Mais on rapporte aussi que John s’était marié, avait élevé ses enfants, et avait une activité de marchand de vêtements (ou de tailleur). Son épouse étant décédée, il divisa ses biens entre ses enfants et s’en vint à Reims, pour se préparer au sacerdoce. Il se trouve qu’en effet, il y eut un John Amias qui fut ordonné prêtre à Reims en 1581.
S’il s’agit de notre héros, il serait parti en juin de la même année pour l’Angleterre, via Paris, avec un autre prêtre, Edmund Sykes.
On ne connait pas bien quelle fut son activité. Mais on sait qu’il fut pris en 1588 chez un certain M.Murton à Melling (Lancashire), et mis en prison à York.
Il tombait sous le coup du décret de 1585, qui considérait comme un crime d’être un prêtre catholique. Condamné à mort à York, il s’adressa à la foule devant la potence,  affirmant qu’il n’était pas condamné pour trahison, mais pour la religion. Il fut interrompu dans sa harangue et exécuté, juste avant Robert Dalby.
John Amias mourut en martyr à York (Yorkshire nord), le 16 mars 1589.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Robert Dalby
?-1589

Robert Dalby (ou Drury) était né à Hemingbrough (Yorkshire est, Angleterre).
D’abord ministre dans le culte protestant, il se convertit et gagna le Collège anglais de Reims en 1586.
Ordonné prêtre en 1588, il gagna l’Angleterre en août de la même année, mais fut arrêté presque aussitôt après avoir accosté à Scarborough. 
Mis en prison à York, il fut condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre catholique.
Robert Dalby mourut en martyr à York, le 16 mars 1589. Son martyre fut partagé par un prêtre nommé John Amias. Arrivés sur place, les prisonniers se prosternèrent pour prier. John fut exécuté le premier, sous les yeux de Robert.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Jean de Brébeuf
1593-1649

Jean naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1593, ou peut-être la veille (ou aussi le 14 mars) et peut-être aussi en 1592.
Le lieu de sa naissance pouvait être La Boissée (Condé-sur-Vire, Manche), dans le château de ses parents (Gilles II de Brébeuf et Marie Le Dragon). Mais sa mère se trouvait à Bayeux (Calvados) quand sonna le moment de l’accouchement, et Jean naquit dans le faubourg Saint-Jean de cette ville. On affirme que des ancêtres de la famille étaient compagnons d’armes de Guillaume le Conquérant et du roi saint Louis.
Jean entra dans l’Ordre des Jésuites en 1617. Entre 1619 et 1621, il enseigna au collège de Rouen. Des ennuis de santé (tuberculose) retardèrent sa formation théologique. S’il n’avait pas de résultats excellents dans ses études, il montrait des dons particuliers pour les langues.
Il fut ordonné prêtre à Pontoise en 1622, et fut économe à Rouen.
En 1625, il partit pour la Nouvelle-France (le Canada). Le capitaine de vaisseau, un protestant, le menaça de le ramener en France ; dès 1626, il partit en canoë chez les Hurons en assimilant leurs habitudes, vivant en teepi, apprenant leur langage.
En 1629, le Canada fut restitué à l’Angleterre, puis revint à la France en 1633 ; durant ces années-là, Jean vécut en France : le père Jean fut curé à Rouen, où il prononça ses vœux solennels.
De 1631 à 1633, il travailla au collège d’Eu, comme économe, ministre et confesseur.
De retour au Canada, il n’y retrouva pas tout de suite la bienveillance des Amérindiens ; il mit une année à retrouver l’endroit de son ancienne mission. Des épidémies, causées par des maladies apportées par les Européens, firent beaucoup de victimes et provoquèrent la méfiance des Hurons envers les Européens. Mais le père de Brébeuf réussit à conquérir leur amitié en vivant avec eux, parlant désormais couramment leur langue, et pouvant l’enseigner aux autres missionnaires. Il reçut le nom huron de Echon. Il s’installa à Ihonatiria.
La contribution du père de Brébeuf pour la compréhension du langage des Hurons fut déterminante ; il composa un dictionnaire huron-français et traduisit en huron le catéchisme. On lui attribue aussi la plus vieille chanson de Noël connue au Canada (Huron Carol).
Il travailla beaucoup à trouver des éléments communs entre leur culture et le christianisme, pour les aider à se convertir. Lors d’une nouvelle épidémie, les Hurons purent se rendre compte que leur missionnaire n’était pas atteint et crurent davantage en son enseignement. Mais ce n’est qu’en 1635 qu’il put en baptiser quelques-uns. D’après les descriptions qu’il fit de certains de leurs rites, on fit des recherches récentes, qui confirmèrent ses lignes.
En 1637, il y eut un nouveau soulèvemenet de la population huronne à cause d’une épidémie. Les menaces fusèrent, mais les Pères purent continuer leur travail. Il fonda une nouvelle mission à Téanaostaié et s’y installa.
En 1638, il fut nommé supérieur de la mission Saint-Joseph ; en 1640, il tenta l’évangélisation des Neutres (nord du lac Erié), mais sans succès apparent, sinon qu’il se cassa la clavicule et dut être soigné à Québec, où il fut le confesseur de communautés religieuses et l’aumônier des colons français. 
Quand il put rejoindre la mission en 1644, les Hurons et les Iroquois continuaient de se livrer une guerre féroce ; venus en mars 1649 détruire complètement le village de Saint-Louis où se trouvait la mission jésuite, les Iroquois s’emparèrent des deux prêtres, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant.
Les prêtres auraient pu prendre la fuite, mais préférèrent rester au milieu de leurs fidèles. On les traîna jusqu’au village de Taenhatenteron, où ils furent accueillis par une pluie de pierres, battus et liés à un poteau de torture. Le supplice du père de Brébeuf eut lieu le 16 mars 1649, celui du père Lalemant le lendemain.
Concernant le père de Brébeuf, il reçut deux cents coups de bâton ; on lui versa de l’eau bouillante sur la tête, en parodie du baptême, on lui écorcha le cuir chevelu, on lui accrocha au cou un collier de tomahawks incandescents, on lui appliqua sur tout le corps une couverture d’écorce pleine de poix et de résine incandescantes, on lui enfila un fer rouge dans la gorge, ses membres étaient décharnés jusqu’aux os ; on lui coupa les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu ; toutes tortures qu’il supporta sans un mot. Puis on alluma un brasier sous lui, on lacéra son corps de coups de couteaux ; on lui retira le cœur, qui fut dévoré par les bourreaux.
Jean de Brébeuf serait apparu à une religieuse mystique de Québec, Catherine de Saint-Augustin, qui guérit un malade en lui faisant boire une potion où elle avait auparavant introduit une relique du Martyr ; elle aurait de la même façon obtenu la guérison - corps et âme - de soldats protestants, qui ainsi se convertirent.
Le père Jean de Brébeuf est commémoré au Martyrologe le 16 mars ; sa fête liturgique, avec celle de ses Compagnons martyrs, est au 19 octobre.
Il fut béatifié en 1925, canonisé en 1930, proclamé co-patron du Canada en 1940.


Pío Conde y Conde
1887-1937

Né le 4 janvier 1887 à Portela-Allariz (Orense), Pío fut baptisé le jour suivant.
Après son noviciat chez les Salésiens à Barcelone, il fit profession le 3 février 1906.
Après son ordination sacerdotale (1914), son apostolat se développa dans les collèges de Valencia, Bejar, Santander (1923), Vigo San Matías (1927), Madrid (1933).
Quand la maison fut prise d’assaut le 19 juillet 1936, il fut blessé non gravement, mais avec pertes de sang.
Les Religieux furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, puis relâchés. Don Pio se réfugia chez des amis. En octobre, il fut reçu dans l’ambassade de Finlande, mais même cet établissement fut assailli, le 3 décembre, et l’on emmena tous les présents à la prison San Antón. C’est la pression internationale qui obtint la libération de ces prisonniers.
Don Pio s’installa dans une autre pension, avec le nom d’un sien cousin. Mais il fut dénoncé, de nouveau arrêté et conduit au commissariat de Estrecho.
C’était probablement le 16 mars 1937. La date et le lieu du martyre restent encore un peu incertains : la date pourrait être retardée jusqu’au 20 mars, l’endroit du martyre pourrait être Madrid, quoiqu’on ait avancé que don Pio fut évacué à Valencia.
Don Pío a été béatifié parmi quatre-cent quatre-vingt dix-sept Martyrs espagnols, en 2007.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:00

15 MARS

I.    

S Aristobule, donné comme le frère de s.Barnabé et premier évêque en Angleterre.

III.    

S Menignos, teinturier, martyr à Parium ; il eut tous les doigts et la tête coupés.

?IV-V.    

Deux Stes Matrone, l’une vierge espagnole, martyre à Rome, l’autre vierge portugaise, venue à Capoue, invoquée contre la peste ; peut-être de pieuses multiplications de la sainte Matrone de Thessalonique, mentionnée autrefois en ce même jour (et maintenant le 25 mars).

VI.    

S Tranquille, abbé à Dijon.
S Spécieux, un des premiers disciples de s.Benoît, à Terracina, mort à Capoue.

VIII.    

S Zacharias, pape (741-752) : sa bonté conquit les rois lombards et l’empereur iconoclaste ; il soutint s.Boniface en Allemagne.

IX.    

Ste Leocricia, vierge à Cordoue, décapitée.

XI.    

S Sisebuto, abbé à Cardeña.

XIII.    

Bx Monaldo de Ancone, Francesco de Petrillo et Antonio de Milan, franciscains martyrs des Sarrasins en Arménie.

XVI.    

B William Hart, surnommé “second Campion” pour sa prédication excellente ; prêtre, martyr à York par la pendaison et l’éviscération.

XVII.    

Ste Louise de Marillac (Madame Le Gras), veuve, co-fondatrice des Filles de la Charité avec s.Vincent de Paul.

XIX.    

S Klemens-Maria Hofbauer, morave, entré à Rome chez les Rédemptoristes, très actif à Varsovie, puis à Vienne; il défendit les libertés de l’Eglise contre l’empereur (joséphisme).

XX.    

B Tommaso Riccardi (Placido, 1844-1915), abbé bénédictin à Farfa (le 25 au Martyrologe).
B Jan Wojciech Adalbert Balicki (1869-1948), prêtre polonais, béatifié en 2002.
B Artemide Zatti (1880-1951), salésien et infirmier d’origine italienne, très actif en Argentine, béatifié en 2002.

Menignos de Parion
† 250

Menignos exerçait le métier de foulon ou teinturier, dans sa ville de Parion (Mysie, Hellespont, auj. village de Kemer, Turquie NW).
C’était un homme chrétien, qui aimait rendre service et s’efforçait de soutenir ses frères en difficulté. Il savait s’exposer et ne craignait pas le martyre pour lui-même.
Mais il dépassa la mesure de la prudence, en déchirant les édits de Dèce qui proclamaient la persécution.
Arrêté, il fut battu de verges - l’expression signifiant qu’il eut tout le corps écorché par les fouets, dont les lanières de cuir étaient très coupantes, et de plus garnies de petits plombs.
Puis on lui coupa les doigts un à un ; enfin on le décapita. Ce pouvait être en 250.
Menignos fut peut-être trop audacieux, mais qu’avait-il à perdre quand il savait que tôt ou tard on l’aurait arrêté pour sa foi ?
Il est dit que son tombeau, près de Constantinople, attirait beaucoup de pèlerins.
Des érudits ont avancé que Menignos est devenu Benignos, et serait donc à identifier avec le premier évêque de Dijon, qu’on prétendait originaire de Grèce (v. 1er novembre).
Saint Menignos de Parium est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


Zacharias
741-752

Zacharias naquit à Santa Severina dans la Calabre, à l’époque colonie grecque, de Polychronios.
Saintement éduqué et érudit, il traduisit en grec les Dialogues de saint Grégoire le Grand (voir au 12 mars). 
Il entra dans le clergé romain et fut unanimement désigné pour succéder à saint Grégoire III (voir au 10 décembre).
Le nouveau pape se montra extrêmement habile dans les négotiations avec les princes.
Avec le roi lombard Liutprand, il obtint plusieurs accords, qui furent respectés par Rachis et Astolfo, ses successeurs. 
Rachis, en particulier, profita pleinement des exhortations de Zacharias : il abdiqua et se fit moine au Mont-Cassin, tandis que sa femme et ses filles entraient au couvent. 
Dans le sillage de Rachis, en 747, Carloman, fils de Charles-Martel et frère aîné de Pépin-le-Bref, renonça au pouvoir et vint s’offrir à Saint-Pierre : le pape le tonsura ; Carloman alla fonder le monastère Saint-Silvestre au mont Soratte, puis alla se présenter incognito au Mont-Cassin, comme un bandit ayant besoin de faire pénitence.
En 743, un concile à Rome décida de l’obligation pour les évêques de la visite Ad limina Apostolorum, qui se fait encore aujourd’hui tous les cinq ans.
En 745, un autre concile au palais du Latran, condamna deux prêtres : le Franc Aldebert pour ses sorcelleries, et Clément ; le pape condamna aussi un Irlandais Samson (748).
Zacharias fit faire des travaux au Latran et à Saint-Pierre, et retrouva le chef de saint Georges, qu’il fit transférer dans l’église de Saint-Georges in Velabro.
Il racheta de ses deniers des esclaves chrétiens que des marchands vénitiens voulaient revendre en Afrique. 
Zacharias soutint saint Boniface dans son apostolat en Germanie (voir au 5 juin), où il confirma les travaux de cet apôtre infatigable : archevêque de Mayence, Boniface aurait pour suffragants Langres, Cologne, Worms, Spire et Strasbourg. Sur un point seulement, Zacharias revint sur une proposition de Boniface : il s’agissait d’un prêtre un peu ignorant qui avait baptisé avec cette formule : Ego te baptizo in nomine Patria, et Filia et Spiritua Sancta (au lieu, bien entendu, de in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.). Zacharie reconnut qu’il y avait là une erreur de prononciation, non une intention hérétique. 
Pendant les onze années de son pontificat, Zacharias ordonna quatre-vingt-cinq évêques, trente prêtres et cinq diacres.
Saint Zacharias mourut le 15 mars 752 et eut pour successeur Etienne II. 
   

Leocricia
† 859

Cette jeune vierge de Cordoue était de famille musulmane et s’était convertie au christianisme, chose que les musulmans n’acceptent pas et punissent de mort, encore aujourd’hui dans la majeure partie des pays à dominante islamique.
Le saint prêtre Euloge (voir au 11 mars) la prit sous sa protection. Il cachait Léocricia, lui faisant changer de domicile constamment. Ils furent finalement découverts, arrêtés et jugés. Euloge fut accusé d’avoir enlevé la jeune fille, de l’avoir soustraite à l’obéissance de ses parents, et Euloge répondit calmement.
Après le martyre d’Euloge, Léocricia fut à son tour décapitée le 15 mars suivant, jour où elle est mentionnée au Martyrologe.

Sisebuto de Cardeña
† 1086

S’il existe assez d’informations sur le roi Sisebuto, on ne possède pas de Vita de Sisebuto, l’abbé du monastère bénédictin de Saint-Pierre de Cardeña (Castrillo del Val, Burgos, Espagne CN).
On sait de lui qu’il gouverna ce monastère très saintement et que l’abbaye connut alors une période dorée.
Sisebuto fut en relations avec s.Domingo de Silos et s.García de Arlanza (v. 20 décembre et 29 septembre).
Il mourut vers 1086, mais certainement pas en mars, puisqu’on possède un document attestant qu’il vivait en avril de cette année-là.
Les miracles furent nombreux sur son tombeau.
Le culte de Sisebuto fut approuvé en 1780, avec célébration le 15 mars.
Saint Sisebuto est commémoré le 15 mars dans le Martyrologe Romain.


William Hart
1558-1583

William Hart était né en 1558 à Wells (Somerset, Angleterre).
Après ses études au Lincoln College (Oxford), il fut bachelier ès Arts en 1574. Il quitta alors son pays, en compagnie du recteur, John Bridgewater, pour venir au Collège anglais de Douai, qui se transféra à Reims.
En 1578, il subit une grave opération à Namur, puis passa l’année suivante au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre.
En mars 1581, il repartit pour Reims et rejoignit l’Angleterre, où il travailla activement dans le Yorkshire.
Le 22 juillet 1582, il se trouvait à la Messe au terme de laquelle fut arrêté William Lacey (voir au 22 août). Mais il put s’échapper après être resté suffisamment longtemps dans la boue du fossé au York Castle. C’est un apostat qui le dénonça à Noël de la même année, et on le mit sous les fers dans un cachot souterrain.
Après avoir été interrogé par le bâtonnier de York, il fut renvoyé aux assises de printemps. On l’accusa de trois crimes :  d’avoir introduit des documents papistes (en l’occurence, son celebret, attestant son ordination à Rome), de s’être déplacé dans le royaume sans la permission royale, et d’avoir admis des personnes dans la religion catholique. Il fut reconnu coupable (au moins) pour le second chef d’accusation.
Il fut exécuté à York le 15 mars 1583, à vingt-cinq ans.
Le culte qui lui était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.


Louise de Marillac
1591-1660

Née dans une famille qui sera liée aux événements politiques, Louise voit le jour à Paris le 13 ou le 15 août 1591, du deuxième mariage de son père. Très tôt orpheline de sa mère, elle est confiée par son père aux dominicaines de Poissy, tandis que son père se remarie une troisième fois. Il décédera en 1604.
La petite Louise sera bientôt confiée à un foyer pour jeunes filles nobles, où elle bénéficie du climat de réforme catholique qui anime alors Paris. Elle fréquente les Sœurs Capucines du Faubourg Saint-Honoré et, voulant servir Dieu et le prochain, pense entrer chez ces religieuses. Mais elle en est dissuadée à cause de sa faible complexion. Elle est alors accompagnée dans son cheminement spirituel par l’évêque de Belley, Jean-Pierre Camus, un parent, qui lui fait connaître un autre évêque, François de Sales ; ce dernier, évêque de Genève, est à l’origine de la fondation des Religieuses de la Visitation, avec sainte Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal.
Conseillée par sa famille, Louise épouse en 1613 Antoine Le Gras, dont elle aura un fils, Michel. Louise portera désormais le nom de “Mademoiselle Le Gras”, et plus tard “Veuve le Gras”, quand son mari décédera, fort pieusement, de la tuberculose en 1625.
Louise eut une période de graves scrupules devant la maladie et la mort de son mari. Elle pensa avoir été punie par Dieu de n’avoir pas suivi sa vocation première. Mais le jour de la Pentecôte 1623, elle eut une très forte illumination intérieure qui dissipa ses doutes en un instant. Dès lors, comme elle l’écrira sur un parchemin qu’elle portera sur elle jusqu’à la fin de ses jours, elle eut la certitude que sa place était au chevet de son mari, puis qu’elle aurait l’occasion de se consacrer à Dieu totalement, et qu’elle trouverait pour cela un prêtre qui la conseillerait judicieusement. Elle rencontre effectivement un prêtre, Vincent de Paul, qui alors établissait des Confréries de Charité pour venir en aide aux multiples misères de l’époque.
Louise, Mademoiselle Le Gras, devient la chargée de mission de Vincent de Paul auprès des dames de la Charité. Malgré bien des infirmités physiques, Louise se déplacera partout en province, et jusqu’en Pologne, pour installer de nouvelles communautés partout où le besoin s’en fait sentir. On en demandera aussi pour Madagascar…
Avec les premières “Filles de la Charité”, et en étroite collaboration avec Vincent de Paul, Louise viendra en aide aux enfants abandonnés, aux malades à domicile ou dans les hôpitaux, aux galériens, aux personnes handicapées mentales ; elles s’occuperont de l’instruction des filles du peuple, de la création de l’hospice du Saint-Nom de Jésus et de l’hôpital général de Paris… Rien ne les arrêtera. 
Ainsi commença l’œuvre des Filles de la Charité, dont la maison-mère est à Paris, au 140 de la rue du Bac. C’est dans cette chapelle que, au XIXe siècle, une certaine Catherine Labouré aura l’apparition de Marie, qui donnera naissance à la très fameuse “médaille miraculeuse”, avec l’invocation : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Pour reprendre des expressions de Louise elle-même, les Sœurs de la Charité sont des filles «de plein vent» qui ont pour voile «la sainte modestie», «pour monastère une maison de malade, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville, ou les salles des hôpitaux» et pour devise : «La charité de Jésus Crucifié nous presse».
Ces religieuses ne font des vœux que pour une année, qu’elles renouvellent le 25 mars, fête de l’Annonciation, jour où Louise elle-même s’engagea définitivement à demeurer veuve au service du Christ.
Louise passa ses dernières années dans la maison de la rue du Bac, tout occupée à donner le premier exemple à toutes ses Sœurs. Elle travaillait à leur inspirer, par son exemple, la simplicité, la cordialité, la gaieté ; à celles qui regrettaient leur éloignement, elle recommandait de ne pas pleurer, ce qui était aussi mauvais pour l’âme que pour le corps.
Peu à peu, ces religieuses s’imposèrent : en 1657, une approbation royale donna à la Compagnie une existence légale, suivie de l’approbation pontificale en 1668.
Louise ne vit pas cette dernière : consommée en souffrances et en sainteté, elle s’éteignit le 15 mars 1660. Elle fut béatifiée en 1920, et canonisée en 1934. Ses restes, fort bien enchâssés, se trouvent dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, 140 rue du Bac à Paris, entourés d’une incessante dévotion de fidèles qui viennent de tous les pays du monde.


Johannes Dvořák
(Klemens Maria Hofbauer)
1751-1820

Ce prêtre très connu comme l’Apôtre de Vienne, ne s’appelait ni Klemens ni Hofbauer, et n’était pas autrichien.
Il naquit le 26 décembre 1751 à Taßwitz (Moravie sud, actuelle République Tchécoslovaque), et fut bien probablement baptisé le lendemain, fête de saint Jean, dont il reçut le nom. Ils étaient douze frères et sœurs.
Le père, Pavel, était boucher, et épousa la bavaroise Maria Steer. Au moment du mariage, Pavel germanisa son nom, et Dvořák devint Hofbauer (qu’on écrivit aussi parfois Hofmann ou Hoffmann), paysan.
A six ans, Johannes fut orphelin de père. Trop pauvre pour payer la pension d’un séminaire, il travailla comme apprenti boulanger à Znaim, après quoi il fut hébergé chez les Prémontrés de Klosterbruck, qui l’instruisirent. Il fit trois fois le pèlerinage de Rome et revint vivre en ermite, mais les ermites furent chassés de l’empire. Johannes partit pour Budwitz, où il apprit la langue slave.
En 1778, il fut boulanger à Vienne ; il put bientôt commencer enfin ses études de théologie à l’université.  Mais les professeurs y avaient des idées proches du protestantisme ; un jour, Johannes reprocha au professeur une thèse qui n’était pas catholique : le professeur avoua plus tard que cette intervention l’avait aidé à se convertir. 
Johannes quitta donc ce monde universitaire. C’est en 1783, lors d’un nouveau pèlerinage à Rome, qu’il assuma le nom de Klemens Maria.
En 1784, il se lia d’amitié avec Thaddäus Hübl, avec lequel il refit un pèlerinage à Rome ; dans la Ville éternelle, ils entrèrent chez les Rédemptoristes, en connurent le fondateur (Alfonso Maria de’ Liguori, v. 1er août)  et furent ordonnés prêtres en 1786.
On les envoya fonder un couvent en Autriche, mais l’attitude de l’empereur Joseph II n’y était pas favorable, aussi furent-ils envoyés à Varsovie (Pologne), où ils reçurent la charge de la paroisse Saint-Benno. Le départ des Jésuites de Pologne avait laissé un grand vide parmi les âmes et les nouveaux apôtres arrivaient à temps.
Klemens y fonda une école pour enfants pauvres, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat. Dans l’église, il officiait et prêchait dans les différentes langues : morave, italienne, slavonne, autrichienne, polonaise… L’église ne désemplissait pas. Les Protestants et les Juifs se convertirent.
Les années suivantes furent mouvementées : il y eut d’autres fondations (deux autres à Vienne, Jestetten en 1802, le Mont Thabor), puis Klemens fut appelé à assumer le pèlerinage marial de Triberg (1805), qu’il dut cependant abandonner très vite, après que trois étudiants aient quitté leur diocèse pour se faire ordonner à Lucerne, suscitant la jalousie de l’évêque.
En 1808, la communauté de Varsovie fut dissoute, à la suite de calomnies qui arrosèrent péniblement le père Hofbauer ; il chercha malgré tout refuge à Vienne, où on lui confia la paroisse italienne, ainsi que la direction spirituelle des Ursulines : le résultat fut l’envahissement de leur chapelle par une foule d’étudiants qui voulaient profiter de l’enseignement de Klemens.
Finalement, Klemens conquit des personnalités et l’esprit du joséphisme fut ébranlé. Il devint vraiment l’apôtre de Vienne. La police impériale le poursuivit encore : il devait partir, mais l’empereur changea radicalement la position gouvernementale après une audience avec le pape Pie VII. 
Klemens ne vit pas le résultat de ce changement, mais l’annonça à ses Religieux : J’aurai à peine rendu le dernier soupir que vous aurez des couvents en abondance.
Il prêcha une dernière fois le 6 mars 1820, fut pris de la fièvre et reçut les derniers Sacrements le 15. A midi, il pria encore l’Angelus, et rendit l’esprit.
Son apostolat fut une mission permanente qui dura trente-cinq ans et s’acheva ce 15 mars 1820.
Lors de l’exhumation du corps en 1862, une femme malade de la poitrine et condamnée par les médecins, recouvra la santé. 
Johannes Dvořák - Klemens Maria Hofbauer fut béatifié en 1889 et canonisé en 1909.


Tommaso Riccardi
1844-1915

Tommaso fut le troisième des dix enfants d’un brave épicier de Trevi (Ombrie, Italie centrale), Francesco et de Maria Stella Paoletti. Francesco fabriquait de l’huile d’olive. 
Le garçon fut au collège de Trevi dès 1853, bon élève, amateur de théâtre et de musique, et s’en vint à l’université romaine de l’Angelicum pour étudier la philosophie.
Bien qu’il eût énergiquement affirmé ne pas avoir de vocation religieuse, c’était justement là sa préoccupation : dans quelle direction aller ? Il finit par frapper à l’abbaye bénédictine de Saint-Paul-hors-les-Murs.
Il y entra en 1866, prit le nom de Placido et fit la profession en 1868.
Sa préférence allait aux ouvrages des Pères, des saint Bernard et des saint Augustin, d’Anna Katharina Emmerich. Les manuels scholastiques l’embarrassaient par leur manque de bonté pastorale, encore plus les livres de culture profane, qu’il élimina.
Sous-diacre et diacre en 1870, il demanda un délai pour achever ses examens avant de partir au service militaire, mais fut pour ce motif déclaré «déserteur» (il n’y était pour rien !) : il passa presque deux mois en prison à Florence, fut envoyé au régiment d’infanterie de Livourne et fut réformé à Pise en janvier 1871, à cause de sa mauvaise santé.
De retour dans son abbaye, il fit la profession solennelle et reçut l’ordination sacerdotale en mars 1871.
Sa première mission fut d’être surveillant à l’alumnat de l’abbaye ; mais ce pieux moine qui aimait tant le silence et la prière, et de plus affligé d’une forte myopie, était littéralement tourmenté par les gamins ; des crises de paludisme achevèrent de convaincre l’abbé de le nommer sous-maître des novices et confesseur des moniales bénédictines de Sainte-Cécile à Rome.
En 1884, l’abbé l’envoya comme vicaire abbatial à San Magno d’Amelia, pour y réformer le monastère des Bénédictines, mais aussi pour lui envoyer un novice de Rome qui se disait favorisé de grâces célestes. La réforme des moniales réussit ; quant au «mystique», dom Placido le démasqua sans peine, de sorte qu’il fut ensuite nommé maître des novices en 1885.
En 1887, il fut à nouveau envoyé à Amelia, pour le grand bien des moniales, puis il fut envoyé à l’antique abbaye de Farfa (Sabine), et chargé du sanctuaire, où il put goûter la solitude et le silence qu’il préférait tant. Il eut seulement à aller confesser deux communautés franciscaines.
Il était tellement «absent» de la réalité, qu’il en oublia une année la fête de Pâques !!! Une autre année, invité à participer aux offices de la Semaine Sainte à la ville proche, il fut tellement choqué de l’indiscipline des enfants de chœur, qu’il se promit bien de n’y jamais retourner.
Pendant longtemps, dom Placido s’occupa ainsi du sanctuaire, réorganisant la vie liturgique, attirant de nombreux villageois, cherchant aussi à les aider ; il était si pauvre que les villageois refusèrent les pauvres loques qu’il leur proposa. 
Quand l’abbé de Rome eut l’idée de l’ «aider» avec la présence d’un Confrère allemand, ce dernier eut la maladresse de modifier nombre de détails de cette vie, et le sanctuaire fut littéralement déserté. Tout le patient travail de dom Placido effacé… Ses ennuis de santé reprirent.
En novembre 1912, une attaque le terrassa dans l’escalier, qu’il dégringola jusqu’en bas. Hémiplégique, il fut ramassé et immédiatement administré. On le reconduisit à Saint-Paul-hors-les-Murs.
Ses deux dernières années furent une longue agonie : alité, il ne pouvait pas même rester sur le dos, car ses jambes, toutes recroquevillées, se plièrent en arc. Celui qui l’assistait filialement fut dom Ildefonso Schuster, le futur archevêque de Milan (v. 30 août), qui obtint du pape l’autorisation - nécessaire à l’époque - de célébrer une fois par semaine la Messe dans la cellule de dom Placido.
Dom Placido s’éteignit le 15 mars 1915 (et non le 25, comme écrit dans le Martyrologe).
Détail de ses funérailles : quand sa dépouille entra dans la basilique de Saint-Paul, les cloches sonnèrent (par erreur) la fête au lieu du glas.
Il fut proclamé bienheureux en 1954, l’année où mourut le cardinal Schuster.


Jan Wojciech Balicki
1869-1948

Né à Staromieściu (Rzeszów, sud Pologne, près des frontières slovaque et ukrainienne) le 25 janvier 1869, Jan Wojciech (Jean Adalbert) était le fils d’un grec catholique et d’une catholique romaine, nommée Catherine.
Cette région, la Galicie, faisait partie de l’empire austro-hongrois et était sous la protection de la Pologne.
D’après la loi, Jan aurait dû être baptisé selon le rite de son père, mais son père le fit baptiser dans le rite romain.
Il suivit ses études sacerdotales au séminaire de Przemysl et fut ordonné prêtre en 1892.
Comme vicaire à Polna, il s’est tout de suite montré ardent prédicateur et confesseur.
Il ouvrit une maison pour recueillir des femmes tombées dans la prostitution : cette maison dut être fermée lors de la Seconde Guerre mondiale, au moment de l’invasion soviétique.
Il vint à l’Université Grégorienne de Rome pour passer le doctorat en théologie, et voyagea à Paris et Fribourg. Après quoi il fut professeur de théologie dogmatique au séminaire. 
La ville de Przemysl était alors peuplée de Polonais, de Ruthènes ukrainiens, de Juifs et d’Allemands. En 1915, la ville tomba ; il y eut beaucoup de morts et plus de cent-mille prisonniers. L’abbé Balicki s’efforça de maintenir son ministère de paix dans une fraternelle neutralité, rencontrant les uns et les autres dans un effort de réconciliation et de paix.
La ville fut le théâtre d’autres affrontements, reprise par les Autrichiens et les Allemands, puis par la Pologne et l’Ukraine, pour devenir finalement polonaise en 1921 (Traité de Riga). L’évêque était alors Jozef Sebastien Pelczar, qui mourut en 1924 (voir au 28 mars).
De 1928 à 1934 Jan Balicki fut aussi recteur du séminaire, jusqu’au moment où sa santé l’obligea à cesser ses activités. 
Il donna alors tout son temps au Sacrement de la réconciliation. Un de ses dirigés fut Ladislas Findysz, futur bienheureux (v. 21 août).
En 1939 la région fut occupée par les Allemands (qui restèrent dans les faubourgs), puis par les Soviétiques (qui restèrent dans la vieille ville) ; le séminaire était en zone allemande, mais l’abbé Balicki avec l’évêque restèrent en zone soviétique, où arrivaient de nombreux Juifs, expulsés par les Allemands. 
L’évêque et l’abbé Balicki, qui espéraient pouvoir passer plus facilement d’une zone à l’autre, furent assignés à résidence dans un autre bâtiment. Quand l’évêque protesta contre l’occupation de l’évêché par des femmes juives, il fut confiné dans une seule petite pièce.
Il y eut des massacres et du vandalisme contre toute la population polonaise. Plus de dix-mille Polonais moururent, toute l’élite intellectuelle fut décimée, toutes les personnalités furent soit emprisonnées soit exécutées sommairement.
En juin 1941, les Allemands occupèrent toute la ville. Il y eut encore des milliers de victimes.
A partir de 1942, des convois de Juifs furent dirigés vers Auschwitz et Belzec. Les protestations de l’abbé Balicki ne servirent à rien. Six-cents Polonais, qui avaient protégé des Juifs, subirent leur sort. Il y eut des exécutions publiques à partir de 1943.
En 1944, l’armée rouge chassa les Allemands. La ville avait perdu plus de la moitié de sa population. Plus de dix-sept mille Polonais et autant de Juifs avaient péri dans les combats successifs.
Les autorités soviétiques continuaient à brimer les Catholiques. L’abbé Balicki tomba malade en février 1948, et mourut à l’hôpital le mois suivant, le 15 mars 1948.
Dès 1975, Mgr Wojtiła, évêque de Cracovie et encore peu connu dans nos régions, intervenait à Rome pour ouvrir le procès de béatification de l’abbé Balicki. Devenu pape, il le béatifia en 2002.

Jan Balicki avait proposé une «montée» de sept degrés dans le progrès spirituel : 
avoir une approche sérieuse du sens de la vie ;
se tenir prêt à se convertir par l’auto-critique ;
avoir une confiance inaltérable en la prière ;
cueillir les fruits de la joie de l’Esprit ;
aimer la souffrance ;
louer la Miséricorde divine ;
s’amender sans cesse.

A l’occasion de la béatification, le pape lançait cet appel aux prêtres : 
Le ministère de la miséricorde était la vie du bienheureux Jan Balicki. Comme le cœur du prêtre est toujours ouvert aux nécessiteux, son ministère de miséricorde allait vers les malades et les pauvres, mais s’est surtout exercé dans le ministère de la Réconciliation. Toujours avec patience et humilité, il chercha à ramener l’homme pécheur au trône de la grâce de Dieu.
Je vous exhorte, prêtres et séminaristes, n’oubliez pas que vous, les commissaires de la miséricorde de Dieu, vous avez une grande responsabilité. Rappelez-vous aussi la promesse que le Christ a faite à sainte Faustine : «Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront en entendant leurs paroles, quand ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié que j’ai pour eux dans mon cœur.»


Artemide Zatti
1880-1951

Artemide naquit le 12 octobre 1880 à Boretto (Reggio Emilia, Italie Est), de Luigi et Albina Vecchi, des paysans. Il avait deux frères.
A neuf ans, il laissa l’école pour travailler comme ouvrier agricole.
En 1897, la famille émigra à Bahia Blanca (Argentine).
Il connut les Salésiens et entra dans leur séminaire à Bernal en 1900. 
Mais en soignant un jeune prêtre, il contracta la tuberculose. Envoyé dans une autre maison salésienne (Viedma) pour y être soigné, il promit à la Sainte Vierge de se consacrer aux malades, s’il guérissait, même au prix de renoncer au sacerdoce.
Il guérit en effet, et resta simple frère laïc dans la communauté. Il fit la profession en 1911.
Entièrement consacré à l’hôpital, il en fut le vice-directeur en 1913, administrateur et infirmier-chef. Chaque malade qui arrivait était pour lui le Christ en personne.
En 1913, il commença la construction d’un nouvel hôpital qui, cependant, à son grand regret, fut plus tard démoli, non pas par anticléricalisme, mais pour construire le nouvel évêché de Viedma.  Mais cette tristesse ne ralentit pas pour autant son élan et sa générosité.
Il se levait à 4 heures 30 du matin ; la journée commençait par la méditation et la Messe ; puis il visitait les malades de son hôpital et ensuite, à bicyclette, ceux des environs ; après le repas, il jouait avec les malades qui le pouvaient ; l’après-midi, de nouveau les visites ; puis il travaillait à la pharmacie ; le soir, nouvelle visite dans l’hôpital ; jusqu’à vingt-trois heures, il étudiait la médecine et finissait la journée avec quelque lecture spirituelle.
Il passa avec succès son diplôme d’infirmier.
Il resta donc là jusqu’à sa mort, sauf un intervalle de cinq jours, pendant lesquels il fut incarcéré, soupçonné de complicité avec un évadé, qu’il avait accueilli dans l’hôpital.
En 1950, il fit une chute dans un escalier et dut rester alité. Un cancer se déclara.
Il mourut le 15 mars 1951 et fut béatifié en 2002.
L’hôpital où il avait passé tant d’années à «accueillir le Christ», porte maintenant son nom.

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 00:00

14 MARS

IV.    

S Alexandros, martyr à Pydna, pour avoir proclamé la divinité du Christ.
S Léon, évêque inconnu et martyr à Rome.

V.    

S Lazarus, évêque à Milan.
S Innocent, évêque à Vérone.

VI.    

S Leobinus, abbé à Brou, évêque à Chartres, thaumaturge.

VII.                        

S Boniface, italien, évêque à Ross. 

VIII.    

S Eustathius, martyr des arabes à Carrhes.

IX.    

S Euschemon, évêque à Lampsaque, adversaire de l’iconoclasme.

X.    

Ste Mathilde, reine d’Allemagne, mère de : Othon le Grand, futur empereur ; Henri, duc de Bavière ; Brunon, évêque à Cologne ; Gerberge, femme de Louis IV d’Outremer; Hedwige, grand-mère de Hugues Capet ; elle réussit à réconcilier ses deux fils aînés entre eux et avec elle.

XII.    

Ste Paulina, princesse allemande, fondatrice du double monastère de Paulinzella. 

XIII.    

Bse Eve, recluse, amie de Ste Julienne (cf. 5 avril), elle obtint du pape Urbain IV, ancien archidiacre de Liège, la confirmation de la Fête-Dieu pour l’Eglise universelle.
B Jean de Barastre, abbé à Mont Saint-Eloi, à qui s.Louis remit une épine de la Couronne du Christ.
B Pietro de Tréja, franciscain dans les Marches d’Ancône, mystique, ami de Corrado de Offida.

XIX.    

B Giacomo Cusmano, médecin et prêtre à Palerme, fondateur de deux familles : les Sœurs Servantes des Pauvres et les Missionnaires Serviteurs des Pauvres, béatifié en 1983.

Alexandros de Pydna
† 310

Alexandros vivait à Pydna (Macédoine, auj. disparue), au temps de l’empereur Maximien (305-311).
La Macédoine n’était pas le premier foyer de l’hérésie d’Arius, qui se développait en Egypte et en Palestine, mais Arius propagea astucieusement sa doctrine en Asie Mineure et en Grèce, en la mettant en musique sur des airs populaires.
Bien sûr, il y eut des discussions entre Grecs, Alexandros voulut se prononcer et proclama que Jésus-Christ était Dieu, et non une créature de Dieu. La discussion tourna mal, et le courageux Croyant fut décapité.
Des miracles se produisirent à son tombeau.
Saint Alexandros de Pydna est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Lazzarus de Milan
† 449

Lazzarus semblait être de l’antique famille milanaise des Beccardi.
Après ses études, il fut ordonné prêtre, et devint, vers 438, le dix-neuvième archevêque de Milan.
Il gouverna ce diocèse jusqu’en 449, donc pendant onze années.
On a dû égarer les documents de son épiscopat.
Saint Lazzarus de Milan est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Leobinus de Chartres
† 555

On a le bonheur de disposer d’une Vita de Leobinus, très célèbre, qui ne contient «pas trop d’invraisemblances» (!).
Leobinus (Lubin) était originaire du Poitou.
Son père lui confia la garde des troupeaux ; mais Leobinus demanda à un moine de lui écrire les lettres de l’alphabet sur la ceinture, ce que voyant, son père lui offrit un véritable abécédaire.
Leobinus entra très jeune dans un monastère : il voulait s’instruire. 
Un diacre se permit de lui donner trois «conseils», assez étranges ; qu’on en juge : ne pas se mettre au service d’un évêque, refuser tout direction d’église, ne pas entrer dans un petit monastère. Ce diacre avait dû vivre quelque épisode difficile avec un prélat… Avoir la responsabilité d’une église est un gros fardeau, sans doute, dont le peuple de Dieu a besoin pour être conduit sur le chemin de la sainteté, mais là encore, notre diacre avait dû remarquer quelles difficultés existent parfois entre curés jaloux… Quant au petit monastère, on verra que c’est justement ce que préconisera Teresa de Ávila…
Leobinus parcourra plusieurs étapes : d’abord auprès d’un certain ermite Avitus dans le Perche, Micy pendant le temps d’un noviciat, Lérins (mais dont il fut dissuadé par un moine qui lui parla de sa décadence), Javols (auprès de s.Hilaire, v. 13 janvier), Lyon (monastère de l’Ile-Barbe). Tous ces déplacements s’expliquent par le désir intense de Leobinus d’apprendre et de vraiment trouver un maître.
Le séjour à Lyon s’acheva au moment d’une invasion des Francs. Leobinus fut lié par des soldats, plongé plusieurs fois dans un trou et laissé là évanoui.
Avec deux compagnons, il retourna auprès d’Avitus, qui le nomma alors cellérier. A la mort d’Avitus, il se retira dans une solitude près de Charbonnières, pendant cinq ans.
C’est alors que l’évêque de Chartres conféra à Lubin le diaconat et le nomma abbé au monastère de Brou, avant-même de l’ordonner prêtre.
Le même évêque lui confia une mission auprès de s.Césaire d’Arles (v. 27 août). Là, Leobinus osa encore une fois parler d’aller à Lérins, mais Césaire le gronda sévèrement en lui reprochant de vouloir abandonner son poste : Leobinus rentra à Brou. Son abbatiat dura en tout douze années. Pendant cette période, Leobinus souffrit d’un douloureux cancer au nez, qui lui déforma les traits.
A la mort de l’évêque de Chartres, Ethaire, on nomma Leobinus pour lui succéder. Seuls quelques évêques objectaient les traces malheureuses de son cancer. Mais c’était surtout sans compter sur son humilité ! Aussi on usa d’un stratagème : on lui demanda seulement d’accompagner «le» moine qu’il jugerait le plus digne de la consécration épiscopale. Innocemment, Leobinus accepta de bon gré la proposition et… quand il arriva à Chartres, on lui aannonça que c’était lui, et personne d’autre, qu’on désirait, et que d’ailleurs un moine en avait rêvé la nuit précédente.
Une fois évêque, Leobinus ne fit que des miracles. Il suffisait de toucher son vêtement pour obtenir la guérison. Un des heureux bénéficiaires fut le prêtre Caletrix ou Caletricus, futur successeur de Leobinus sur le même siège (v. 4 septembre).
La maladie rongea Leobinus pendant sept années encore. Leobinus mourut un 14 mars d’une année qu’on peut situer  entre 552 et 567, uniques dates connues où, en 552, Leobinus soussigna le concile de Paris, et, en 567, Caletricus soussigna celui de Tours.
Le culte de Leobinus se développa rapidement ; il est considéré à l’égal d’un fondateur d’Eglise et modèle d’évêques. Une verrière de la cathédrale de Chartres retrace les épisodes de sa vie et de ses miracles. 
Les reliques de s.Leobinus furent profanées par les Huguenots au 16e siècle, et son chef disparut lors de la Révolution.
Saint Leobinus est commémoré le 14 mars dans le Martyrologe Romain.


Mathilde
875 env.-968

Mathilde (en latin Mathildis, qui a donné en français Maude ou Mahaut), eut pour père le comte Thierry ou Dietrich de Saxe, descendant du fameux Witikind (v. 7 janvier), prince des Saxons, et pour mère la comtesse Reinhilde, du sang des princes de Danemark et de Frise. 
Elle naquit vers 875, et fut élevée par son aïeule Mathilde, alors abbesse des bénédictines de Hereford. On l’instruisit des saintes Ecritures, en même temps qu’elle se rendait habile au travail des mains ; aimable et candide, active, chaste, généreuse, elle fut comblée par le ciel de toutes les grâces.
En 909 ou 913, elle épousa Henri l’Oiseleur, fils d’Othon, duc de Saxe. Trois ans après, par la mort de son beau-père, elle devenait duchesse de Saxe ; en 919, elle était reine d’Allemagne par l’élection de son mari comme successeur du roi Conrad. Dieu, par cette élévation extérieure, voulait mettre dans un plus grand jour les grâces de sa fidèle servante et les vertus dont son âme était ornée. Elle montra toujours une soumission parfaite et une fidélité inviolable envers son époux ; elle n’eut avec lui qu’un cœur, un esprit , une même volonté. Ils faisaient ensemble leurs aumônes et leurs libéralités ; bâtissaient des monastères et des hôpitaux ; dans l’intimité, ils accomplissaient en commun leurs exercices de piété. Pendant que Henri portait ses armes victorieuses dans le pays de ses ennemis, qu’il rendait tributaires les Danois et les Esclavons, soumettait la Bavière et la Bohême, Mathilde visitait, nourrissait, servait les pauvres de Jésus-Christ, les malades et les prisonniers. Ce digne époux mourra en 936.
Mathilde sut rester humble malgré son rang. Elle se mortifiait volontiers et donnait beaucoup de son temps à la prière. Dieu lui donna trois fils et deux filles, qui eurent une noble destinée. Othon le Grand fut empereur d’Allemagne, Henri fut duc de Bavière, Brunon fut archevêque de Cologne, Gerberge épousa Louis d’Outremer, roi de France, Hedwige enfin épousa Hugues le Grand, le père de Hugues Capet.
Mathilde connut la discorde dans sa famille, car ses deux fils aînés se jalousaient. Ce fut au point que ces deux hommes ne s’entendirent que pour dépouiller leur mère de ses biens et l’obliger à se retirer dans le couvent de Engerhen en Westphalie. Mathilde était consciente qu’elle était à la source de cette mésentente, car elle aurait voulu que la couronne de son mari échût à son deuxième fils, Henri, plutôt qu’à l’aîné, Othon.
Devenu roi, Othon épousa Edith ; sur invitation des évêques d’Allemagne, celle-ci s’employa pour adoucir les sentiments de son mari, lequel consentit enfin à demander pardon à sa mère et à la faire revenir. Henri à son tour demanda pardon. Mathilde put ainsi reprendre sa vie généreuse, construisant églises et hôpitaux, et surtout le célèbre monastère de Polden, aujourd’hui malheureusement disparu, où vivaient trois mille clercs.
Quand Othon fut sacré empereur à Rome, en 962, il chargea sa mère de l’administration des affaires. Puis Mathilde vint trouver son autre fils Brunon à Cologne, où il était archevêque. Tous trois allèrent ainsi à Northausen en Thuringe où Mathilde avait fondé un grand monastère féminin. 
C’est là que Mathilde, sentant arriver sa fin, voulut rester. Peu de temps avant de mourir, elle se fit transporter à Quedlinburg, car elle voulait être enterrée auprès de son mari.
Elle prophétisa encore que son petit-fils, devenu archevêque de Mayence, mourrait avant elle, ce qui eut lieu, car ce dernier mourut subitement.
Sa dernière heure venue, elle demanda d’intenses prières aux religieuses, aux ecclésiastiques ; elle se confessa, reçut l’Eucharistie, se fit étendre sur un cilice posé à terre et fit une dernière fois le signe de la croix avant d’expirer, le 14 mars 968.
On a dit que sainte Mathilde était morte à Halberstadt, mais il faut préciser que Quedlinburg était alors dans le diocèse de Halberstadt. Cette localité passa au protestantisme en 1539, et les reliques de sainte Mathilde se trouvent toujours là au fond d’un temple luthérien, tandis qu’une autre église (catholique) fut édifiée en 1858 sous le vocable de cette Sainte.
Le Martyrologe romain la commémore le 14 mars.

Paulina de Paulinzella
1067 - 1107

Elle naquit vers 1067 en Saxe, fille de Moricho, dans une famille de la haute noblesse, de la lignée de Kefernburg-Schwarzburg. 
Ce que Moricho avait reçu du roi Heinrich IV, passa en héritage à Paulina, avec d’autres domaines.
Paulina habita d’abord à Gatterstädt. Pieuse, elle fit plusieurs voyages à Rome pour obtenir enfin l’autorisation papale de fonder un monastère.
L’histoire raconte qu’étant un jour en déplacement avec sa suite, elle se perdit dans la forêt près de Rottenbach et Hengelbach. On trouva une petite cabane pour se réfugier. Tandis que les serviteurs étaient effrayés par le bruit du vent et la crainte des bêtes sauvages, Paulina eut la vision de la Mère de Dieu, qui la conduisit au milieu de la forêt : les arbres devinrent des colonnes de cathédrale, où l’on entendait un chant merveilleux.
En 1102, devenue veuve pour la deuxième fois, Paulina se retira avec quelques compagnes dans cette forêt de Thuringe pour y vivre dans la solitude ; ce furent ainsi les débuts de Marienzelle (la demeure de Marie).
Les vocations se multipliant autour de la sainteté de vie de ces ermites, Paulina fonda un monastère, qui évolua en double monastère pour les hommes et pour les femmes, près de Ilmenau. Le monastère prit le nom de Paulinzelle (demeure de Paulina). Tandis que les moines se consacraient principalement à la prière et au chant liturgique, les moniales s’occupaient des malades et de la pastorale.
Les moines qui vinrent y habiter, en 1106, étaient de l’abbaye bénédictine de Hirsau. C’est le pape Pascal II qui consacra le monastère.
Paulina vécut les dernières années de sa vie en recluse.
Elle dut faire un voyage à Hirsau en 1107, durant lequel elle tomba malade et mourut à Münsterschwarzach, le 14 mars 1107.
Le magnifique monastère fut supprimé au temps de la Réforme, et son église à trois nefs détruite. Les ruines actuelles laissent entrevoir l’importance des bâtiments. 
Sainte Paulina est commémorée au Martyrologe le 14 mars.


Eve de Liège
† 1266

Si l’on sait peu de choses sur cette sainte femme, ce qu’on en connaît demeure de première importance pour l’Eglise.
Elle vivait à Liège, et voulut se retirer comme béguine auprès de l’église Saint-Martin, ce qui explique qu’on la nomme aussi Eve de Saint-Martin.
Les béguines étaient de pieuses femmes qui s’isolaient et s’adonnaient à la prière, la méditation, la pénitence, l’ascèse.
Eve choisit la règle cistercienne pour son mode de vie. Elle rencontra Julienne de Cornillon, une autre béguine très sainte, qui avait eu révélation de propager la dévotion à l’Eucharistie.
Elles s’entendirent pour se rencontrer une fois l’an.
Eve, au début de sa vie ascétique, fut assaillie d’horribles tentations, qu’elle supporta et dépassa avec force et patience, encouragée par Julienne qui lui prédit qu’elles cesseraient bientôt.
A la mort de Julienne (1258), Eve intervint pour faire présenter au pape la demande de Julienne, d’instituer la Fête-Dieu. Or le nouveau pape, Urbain IV, providentiellement, était l’ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, qui avait connu Julienne.
Quand il sut qu’Eve était encore en vie, il lui fit parvenir un bref pour la féliciter de son zèle (1264) et l’informer de l’institution de la Fête-Dieu, par la bulle Transiturus de hoc mundo.
La rédaction de l’office de cette fête avait été confié simultanément à saint Thomas d’Aquin et à saint Bonaventure ; quand Thomas présenta son travail au pape, Bonaventure déchira le sien humblement, affirmant qu’on ne pouvait faire mieux que Thomas. Il déchira peut-être un trésor…
Eve mourut peu après, probablement le 14 mars de 1266.
Elle est bienheureuse, fêtée à Liège le 14 mars, jour où elle est inscrite au Martyrologe sous la dénomination de Eve du Mont Cornillon.


Giacomo Cusmano
1834-1888

Giacomo naquit le 15 mars 1834 à Palermo (Sicile, Italie), quatrième des cinq enfants de Giacomo et Maddalena Patti, propriétaires assez importants. Les frères et sœurs s’appelaient Vincenzina, Pietro, Giuseppina, Giacomo et Giuseppe.
Le petit garçon n’avait que trois ans lorsque sa maman mourut du choléra en 1837.
Le papa était un bon chrétien et Giacomo junior grandit dans la piété et l’amour du prochain. Presque trop : il était si généreux de ses beaux habits (qu’il lançait du balcon à quelque pauvre qui passait), qu’on dut fermer à clef son armoire.
Après avoir reçu à la maison sa première formation d’un prêtre, don Francesco Libassi, qui le prépara aussi à la Première communion et à la Confirmation, Giacomo fréquenta le collège des Jésuites, de 1841 à 1851, avec une pause d’interruption en 1848-1849, lorsque les Jésuites furent momentanément interdits.
En 1850, Giacomo demanda son admission dans l’Ordre jésuite et s’apprêtait à partir pour Naples, lorsque son frère Pietro arriva et l’emmena manu militari à la maison.
L’adolescent avait seize ans ; il obéit. Revenu chez son père, il s’inscrivit à la faculté de médecine de Palerme.
En même temps, il attira autour de lui toute une troupe de jeunes auxquels il transmit son idéal, autant scientifique que religieux. 
En 1852, mourut Monsieur Cusmano. Pietro, le frère aîné, marié, n’était plus à la maison : Giacomo devenait l’administrateur de la propriété familiale. Envers les ouvriers, qui l’appelèrent don Giacomino (don Jacominet), il se montra courtois, donnant ses ordres avec douceur, se montrant reconnaissant pour le travail accompli. Et quand il rentrait à la maison, il lui arrivait volontiers de faire monter sur sa jument tel paysan pauvre, trop fatigué pour faire le chemin à pied.
En 1855, il avait vingt-et-un ans et passa son doctorat en médecine et chirurgie avec la meilleure note.
Il continua d’être assidu auprès des pauvres. Quand un de ses amis, embarqué dans les événements indépendentistes de l’époque, lui proposa de le rejoindre, il resta étranger à cette offre pour se retirer dans ses propriétés. 
Il songea à se consacrer à Dieu pour s’occuper activement des pauvres. Dûment conseillé par un saint prêtre, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut après une seule année de préparation, si grande était déjà sa culture. 
On le vit désormais avec les cheveux courts, la barbe rasée, en soutane, ce qui ne manquait pas de susciter quelques moqueries des habitants. Il fut ordonné prêtre en 1860.
D’abord il fut vicaire dans le quartier de sa famille. Il était si préoccupé des pauvres et des mourants, qu’il dormait tout habillé pour être prêt au moindre appel. Aux pauvres, il distribuait les récoltes des propriétés familiales ; il circulait avec une petite charrette pour recueillir aussi vêtements et vivres pour les pauvres. 
Déjà on venait nombreux se confesser à lui ; méfiant envers lui-même, il fréquenta les cours de théologie morale et d’Ecriture Sainte au séminaire. Il se mortifia, par le jeûne, par les nuits passées à dormir sur une croix. Une pénible fistule intestinale le frappa et le fit souffrir toute sa vie.
Nommé archiprêtre, il refusa pour réaliser une première œuvre : la Maison de la Miséricorde, qu’il confia aux Filles de la Charité, pour recevoir et soigner les pauvres. L’œuvre fut financée par les notables locaux.
Quand la Sicile fut annexée à l’Italie «unifiée», les biens de l’Eglise furent confisqués et beaucoup d’ouvriers perdirent leur travail. En 1866, même l’évêque fut incarcéré. Don Cusmano imagina un mouvement charitable : obtenir de tous les habitants de Palerme de mettre chaque jour de côté quelque chose de leur repas, pour nourrir des pauvres. 
Après quelques débuts difficiles, quand on le vit soigner les victimes d’une nouvelle épidémie de choléra, on s’enthousiasma pour l’aider et ainsi naquit le Boccone del Povero, la Bouchée du Pauvre. 
Dans son zèle, don Cusmano donna aussi quelque chose de plus aux familles qui avaient quelque animal domestique ; il paya les dettes des plus désespérés, les sauvant du suicide.
Des hommes et des femmes vinrent l’aider, entre autres sa propre sœur Vincenzina. Mais il eut aussi l’exigence d’en refuser si elles n’étaient pas suffisamment pieuses et discrètes.
En 1868, il obtint l’approbation du pape ; n’ayant pu obtenir les bâtiments de quelque couvent supprimé, il ouvrit près de son église un réfectoire, un orphelinat, des ateliers pour travailler les tissus, les chapelets, les chaussures, le vin, et même un dépôt de pétrole.
Il forma aussi des prêtres pour encadrer l’œuvre, dédiée à saint Joseph. Il alla prêcher dans les environs.
Il s’éloigna un moment à Agrigente, lorsque son grand ami don Turano y fut nommé évêque ; mais il revint à Palermo, où on le réclamait avec insistance. Nommé chanoine, il refusa encore cette dignité, pour ne s’occuper que de son œuvre.
Il y eut un moment de crise ; des désertions, la chute des collectes, les maladies… Don Cusmano obtint enfin une église plus grande avec les bâtiments voisins d’un couvent vide, qui fut remis en état. On fallit le lui faire démolir, ou le lui reprendre, mais il réussit à démontrer que le bâtiment était un monument historique et qu’il fallait au contraire le restaurer. On l’approuva.
Une de ses conquêtes fut un Juif converti, un certain Abraham, que sa famille ne voulait plus recevoir s’il ne repassait pas au judaïsme.
Se sentant cependant indigne et incapable, don Cusmano songea à remettre tout son travail à d’autres Religieuses, mais un songe où il vit la Sainte Vierge, le réconforta (1878). Peu après il rencontra la voyante de La Salette, Mélanie Calvat, qui l’encouragea.
Il ouvrit alors une nouvelle Congrégation, les Servantes des Pauvres, dont la supérieure fut sa sœur, Vincenzina. Des hommes se joignirent à l’œuvre. Même le maire de Palerme, un franc-maçon convaincu, fut tellement frappé du courage et du travail de don Cusmano, qu’il lui donna en 1881 une ancienne maison de Jésuites, la Quinta Casa al Molo.
On y réunit près de cinq cents pensionnaires, qui apprenaient à travailler les chaussures, les vêtements, l’imprimerie, la reliure.
En 1881, s’ouvrit encore près de Palermo un nouveau centre, grâce à la générosité de donateurs. Il s’y trouva jusqu’à trois cents petites filles.
En 1882, s’ouvrit une autre maison à Agrigente. On donna à don Cusmano une autre ex-maison religieuse à Valguamera. La même année, le pape l’encouragea personnellement. En 1883, une autre maison s’ouvrit à Monreale, puis à Caltanissetta.
C’est en 1884 que naquit effectivement la branche masculine de son œuvre : les Serviteurs des Pauvres.
En 1885, il rencontra à Messine le fameux chanoine Annibale Maria Di Francia, qui voulait unir son œuvre personnelle à celle de don Cusmano. Mais celui-ci fut inspiré de laisser à don Annibale son indépendance ; en effet, ce dernier fonda ensuite les pères Rogationnistes et les Filles du Zèle Divin (voir au 1er juin).
La même année, une pénible épidémie de choléra s’abattit sur Palerme. Don Cusmano ouvrit un petit hôpital où il soigna les malades ; des centaines qu’il reçut, il n’en mourut qu’une trentaine.
En novembre 1885, il ouvrit encore un centre sur les terres de sa famille.
1887 fut difficile ; les mauvaises récoltes engendrèrent la famine, et la révolte. Don Cusmano emprunta pour nourrir les pauvres. Il dut aussi subir une difficile opération chirurgicale. Affaibli, il fit installer le téléphone dans toutes ses maisons, pour rester informé des nécessités de chacune.
Cette même année fut officiellement fondé l’ordre des Missionnaires Serviteurs des Pauvres.
L’abbé Giacomo Cusmano fut surnommé le Don Bosco du Sud. 
Sa santé baissait, ses forces diminuaient. Peu avant de mourir, il organisa encore l’Association des Dames de la Charité, après quoi il murmura : Ma mission est terminée.
En février 1888, il dut avec tristesse renoncer à célébrer la sainte Messe. Début mars, on arriva à le soulager d’une pleurésie. Le 13 mars il put converser longuement sur l’œuvre avec ses Confrères. La nuit suivante, il s’éteignit, le 14 mars 1888.
Don Giacomo Cusmano a été béatifié en 1983.
Depuis, l’œuvre s’est assez rapidement étendue à l’étranger : au Mexique d’abord, puis, les dernières soixantes années, au Congo et au Cameroun, au Brésil ; récemment encore aux Philippines et en Inde.

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 00:00

13 MARS

III.    

S Sabinus, martyr à Hermopolis, dénoncé par le mendiant qu’il aidait.
S Urpasien, chrétien de la maison de Dioclétien, martyr à Nicomédie.

IV.    

Ss Macédonius, prêtre, son épouse Patrikia et leur fille Modesti, martyrs à Nicomédie.
S Melaine, évêque à Troyes.

?    

Ss Theusétas, Horrès, Théodora, Nymphodora, Marc et Arabia, martyrs à Nicée de Bithynie.

VI.    

Ste Christina, vierge et martyre en Perse.
S Pientius, évêque à Poitiers, soutien de ste Radegonde dans l’édification de son monastère.

VII.    

S Leandro, frère des ss. Isidoro, Fulgéncio et Florentina, évêque à Séville, témoin de la persécution et de la conversion du roi arien.
S Mochoemoc (Pulcherius), fondateur et abbé à Liath-Mochoemoc.
S Vincent, curé à Magny.
Ste Mafflée (Macteflède), abbesse à Habend où fut organisée la “Laus perennis”  (sept groupes de douze moniales se succédaient au chœur sans interruption).

VIII.    

S Géraldus (Garalt), moine (abbé ?) à Mayo.

IX.    

S Eldrado, provençal, abbé à Novalesa.
Ss Rodrigo, prêtre, et Salomón, martyrs à Cordoue ; Rodrigo avait été dénoncé par son frère, musulman.
S Ansovino, évêque à Camerino ; avant d’être sacré il obtint que l’empereur abolît la coutume selon laquelle l’évêque devait fournir des subsides militaires au pouvoir temporel.

XI.    

Ste Kennocka, religieuse à Fife.

XIII.    

B Pietro II, abbé à La Cava.
B Agnello de Pise, compagnon de s.François d’Assise, fondateur à Paris et surtout en Angleterre, mort à Oxford.

XV.    

B Henry (Eric), fils du roi scandinave Aquin, il refusa de régner, partit en pèlerinage à Rome, et mourut à Pérouse.

XVI.    

B William Haddoc, moine au pays de Lancastre et martyr.

XVIII.    

Bse Françoise Tréhet, des Sœurs de la Charité, martyre guillotinée à Laval. 

XX.    

Ste Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito (Dulce, 1914-1992), brésilienne des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée Conception, béatifiée en 2011, canonisée en 2019.

Sabinus d’Hermopolis

† 287

 

Sabinus - ou aussi Babinus, ou encore Abibus - vivait à Hermopolis (act. el-Ashmounein, Egypte) ou en venait.

Bien avant la persécution proprement dite de Dioclétien en 303, des Chrétiens furent arrêtés. En Egypte, on les recherchait et Sabinus se cacha pendant un certain temps.

Un mendiant cependant, qui en recevait des aumônes, s’offrit à le dénoncer, recevant pour ce «service» deux pièces de monnaie.

Sabinus fut amené devant le préfet, qui le condamna à diverses tortures et le fit jeter dans le Nil.

Saint Sabinus d’Hermopolis est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Makedonios de Nicomédie

avec sa femme et sa fille

† 303

 

Makedonios vivait à Nicomédie avec son épouse Patrikia et leur fille Modesti.

Il fut désigné pour recevoir le sacerdoce.

Tous trois reçurent la couronne du martyre, au temps de la persécution de Dioclétien, c’est-à-dire vers 303-311, mais il y eut des arrestations avant cette période aussi.

Anciennement, la mention de ces trois martyrs était complétée d’une vingtaine d’autres noms.

Saint Makedonios de Nicomédie est commémoré, avec sa femme et sa fille, le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christina de Perse

† 559

 

Cette chrétienne vécut au 6e siècle en Perse, sous le roi Chosroe Ier.

Si l’on peut dire que ce roi fut un «louis XIV» de la Perse, aussi guerrier que soutien des arts, il ne fut pas le protecteur du Christianisme.

Christina fut arrêtée pour sa foi, et battue de verges jusqu’à son dernier soupir.

Sainte Christina est commémorée le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pientius de Poitiers

† 564

 

Pientius (qu’on traduit en français Pient, ce qui n’est pas terriblement harmonieux), vécut au 6e siècle.

Si l’on ne connaît pas sa vie personnelle, des témoignages sûrs attestent sa sainteté.

Il semble cependant que, contrairement à beaucoup de prélats choisis dans l’aristocratie à cette époque, Pientius fût le fils d’un simple gardien de l’église cathédrale.

Il monta sur le siège épiscopal de Poitiers après Daniel, vers 555.

En particulier, il aida sainte Radegonde (v. 13 août) à bâtir son monastère.

Dès 561 environ, par décision du roi Clotaire, on lui nomma un successeur en la personne du duc Austrapius, entré récemment dans la cléricature ; en réalité, le nouveau roi, Charibert, fit nommer Pascentius à cette charge.

Une chapelle que Pientius avait fait construire à Maillé, fut pendant dix siècles lieu de pèlerinage, avant d’être détruite par la fureur huguenotte et remplacée par l’église paroissiale.

Saint Pientius, qui mourut vers 564, est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leandro de Séville

535-600

 

Dans cette belle famille chrétienne de Cartagena (Andalousie, Espagne SE), naquirent successivement de Severianus et Túrtura : Leandro, vers 535, Fulgencio, Florentina et Isidoro (v. 14 janvier, 28 août et 4 avril).

Leandro embrassa très tôt la vie monastique, d’abord à Leon, puis à Seville même, où sa famille vint se réfugier en 554, devant l’invasion .

En 579, Leandro fut appelé à assumer la charge épiscopale.

Il créa une école où devrait être enseignée la foi romaine, mais aussi les arts et les sciences.

Les élèves affluèrent vite, parmi lesquels on compta Hermenegildo et Recaredo, les deux fils du roi Leovigildo. On aura l’occasion de voir que le premier des deux fut entièrement acquis à la foi romaine, qu’il défendit par le martyre (v. 13 avril).

Mais le roi Leovigildo usa de tous les moyens possibles pour soutenir l’erreur arienne, condamnant à la prison ou à l’exil les opposants, comme ce fut le cas du fidèle Leandro.

Leandro, décrivant la situation du pays à cette époque, dit qu’on n’y trouvait plus un homme vraiment libre, et que même la terre ne produisait plus son fruit.

Avant d’être exilé, Leandro eut encore le temps d’aller à Constantinople , où il rencontra le futur Grégoire 1er (v. 12 mars), qui s’y trouvait en tant qu’apocrisiaire (légat) du pape. C’est sur les instances de Leandro que Grégoire écrivit son Commentaire sur Job. Entre Grégoire et Leandro se tissa une très forte amitié spirituelle, qui s’exprime dans leur correspondance.

La persécution fut suspendue par la «conversion» du roi Leovigild. Si l’on doute parfois de sa véritable conversion, on admet un revirement et une attitude meilleure envers l’Eglise. L’avènement de Recaredo confirma cette paix retrouvée, qui aboutit d’une part à la conversion de tout le peuple visigoth et d’autre part au troisième concile de Tolède (589).

En 590, l’ami Grégoire devint pape sous le nom de Grégoire Ie, lequel, heureux des récents développements de la situation en Espagne, envoya à Leandro le pallium. Il lui aurait aussi envoyé une image de Notre-Dame de Guadalupe.

Désormais, Leandro allait se consacrer, outre qu’à son devoir pastoral, à la rédaction d’ouvrages, mais dont un seul nous est parvenu.

Une Lettre à Florentina, qu’on considère comme une véritable Règle, contient des remarques fondamentales, parmi lesquelles que les jeunes filles nées dans l’esclavage sont devenues véritablement sœurs par leur profession.

Les dernières années de Leandro se passèrent dans la pénitence, les jeûnes, la méditation de l’Ecriture, mais aussi dans les infirmités, notamment la goutte, comme d’ailleurs le pape Grégoire Ier.

Leandro mourut, dit-on généralement, le 13 mars de 596, voire même de 601. Son propre frère, Isidoro, lui succéda.

Saint Leandro est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eldrado de Novalesa

† 840

 

A peine Eldradus fut-il né, à la fin du 8e siècle à Lambesc (Bouches-du-Rhône), qu’il fut orphelin.

Ses parents lui laissaient un héritage abondant, qui l’embarrassait. Il commença par chercher le dépouillement dans son vêtement et dans sa demeure, puis s’occupa de bonnes œuvres, de l’instruction des ignorants, de l’assistance aux pauvres.

Il voulut embrasser la vie monacale et, pour cela, s’en vint en Italie, parvint à Rome. Il apprit qu’une abbaye bénédictine venait d’être fondée au Mont Cenis, en Piémont : les moines y exerçaient l’hospitalité jour et nuit, s’occupaient d’une aumônerie située au sommet du passage.

En 814, il s’y présenta sous les traits les plus simples d’un voyageur ordinaire, mais fut bien vite reconnu par l’abbé, Amblulfus, qui était aussi de Provence.

L’abbé mit d’abord à l’épreuve le nouvel arrivé, lui confiant le soin des vignes ; une fois vêtu, Eldrado montra le plus grand zèle à étudier les Règles des maîtres, s. Basile, s.Colomban, s. Benoît (v. 2 janvier, 23 novembre, 11 juillet). L’oiseau avait trouvé son nid : Eldrado fit de grands progrès dans les vertus, charitable, doux, obéissant.

Il fut ordonné prêtre et fut chargé de l’accueil des pèlerins et de l’instruction des novices.

A la mort d’Amblulfus, le nouvel abbé, Hugues, se déchargea de l’administration de l’abbaye sur notre Eldrado, car il avait déjà d’autres responsabilités en d’autres abbayes ; quand il mourut, c’est Eldrado qui fut choisi. Cette élection eut lieu avant 825.

On dut lutter contre son humilité foncière pour lui faire accepter son élection, mais on ne la regretta pas.

Eldrado mit tout son zèle à développer les activités de l’abbaye ; à l’intérieur, organisant la Laus perennis (Louange perpétuelle) et revisant les textes des psaumes ; à l’extérieur, redoublant d’attention à l’endroit des pèlerins en vue de plaire à Dieu, disait-il.

Il fut à l’origine de plusieurs édifices : Saint-Pierre près de Lambesc (810), quatre églises à Monestier-les-Bains ainsi qu’un nouveau monastère avec un hospice pour les voyageurs, le grand campanile de Novalesa, un hospice dans le passage du Lautaret en Dauphiné.

Dans cette région, il fit disparaître les serpents qui y sévissaient.

Bien d’autres miracles eurent lieu par sa prière et sa présence : on cita la guérison d’un muet, d’un boîteux, d’un lépreux ; il lisait dans les cœurs…

Il fut informé divinement de sa mort prochaine quatre jours avant ; heureux, il s’y prépara, entretint encore les moines sur l’union et la concorde, et s’endormit doucement le 13 mars 840.

Quelque temps après les funérailles d’Eldrado, on exposa son corps à la vénération des fidèles, mais on le reporta en terre par crainte des Sarrasins en 906. Mille ans plus tard, en 1903, son culte fut confirmé.

Saint Eldradus est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rodrigo de Cordoue et Salomón

† 857

 

Dans l’Andalousie conquise par les Arabes, vivaient à Cordoue trois frères, dont deux étaient chrétiens et l’autre musulman. Des trois, on ne connaît que le nom de Rodrigo, né à Cabra, et qui était devenu prêtre.

Vint un jour une rixe entre deux d’entre eux, et Rodrigo chercha à les séparer, mais ils le frappèrent et le laissèrent inanimé.

Le musulman fit alors mettre Rodrigo sur une charrette et porter à travers la ville en criant : Voyez mon frère prêtre : il a embrassé notre religion ; il n’a pas voulu quitter ce monde sans vous faire connaître son changement.

Cependant Rodrigo se remit. Il apprit le comportement de son frère et s’éloigna de la ville. Mais un jour qu’il devait y passer pour quelque affaire - et la persécution s’étant déchaînée à Cordoue, il fut reconnu par son frère et conduit de force devant le cadi, l’accusant d’avoir abandonné l’islam.

Rodrigo protesta qu’il n’avait jamais embrassé l’islam, et qu’il était et restait prêtre de la religion catholique.

Condamné à mort, il est mis en prison, où il trouve un autre chrétien, Salomón, avec qui il se lie d’amitié.

Le jour de l’exécution, Rodrigo est décapité le premier, Salomón reste inébranlable et est à son tour décapité.

Jetés dans le fleuve Guadalquivir, les corps furent retrouvés. On vénéra les deux hommes comme martyrs, Rodrigue fut inhumé au monastère de Saint-Genesius, Salomón en l’église des Saints-Cosme-et-Damien.

Depuis le XVIe siècle, ils sont inscrits au Martyrologe le 13 mars.

 

 

Ansovinus de Camerino

† 868

 

Il naquit au 9e siècle à Camerino (Marches, Italie CE), d’une famille originaire de Lombardie.

Après d’excellentes études à Pavie, il fut conseiller auprès de l’empereur Ludovico II.

Vers 850, il fut désigné pour être le nouvel évêque de Camerino, le vingt-cinquième pour la précision.

Or, il commença par refuser. La raison en était que, d’après une tradition locale, l’évêque était tenu de fournir au pouvoir temporel des subsides militaires. Ansovino mit comme condition de son acceptation, la suppression de cette étrange et illicite tradition. Ludovico consentit.

Ansovinus alors se rendit à Rome pour y être consacré par le pape.

Le nouvel évêque fut généreux envers ses fidèles, en particulier lors d’une famine : il ouvrit ses greniers et donna ordre de distribuer tout le grain jusqu’à épuisement ; le grenier se remplit plusieurs fois du soir au matin.

D’autres miracles illustrèrent encore la sainteté d’Ansovinus.

En 861, il participa au concile de Rome.

Il mourut au retour d’un voyage en arrivant à Camerino, le 13 mars 868.

Ansovinus fut le seul évêque de Camerino canonisé après le fondateur de ce diocèse, un mystérieux saint Leontius, au 3e siècle, d’ailleurs inconnu au Martyrologe.

Saint Ansovinus est commémoré le 13 mars dans le Martyrologe Romain.

Pietro II de La Cava

? - 1208

 

Il y eut autour de l’abbaye de La Cava (Italie SO) des événements politiques suffisamment graves pour qu’on n’ait retenu que quelques indications concernant ce dixième abbé du célèbre monastère.

On croit que son prédécesseur, Ruggiero, était resté fidèle à la dynastie normande et se vit contraint à se retirer alors que le monastère était tombé aux mains de l’empereur Heinrich VI, quand il s’empara de Salerno en 1194.

Il semble donc que Pietro II ait été élu en 1195, puisque son abbatiat dura treize années.

C’était le neuvième abbé de La Cava.

Il eut la sagesse de préférer la paix et de s’attirer la bienveillance de l’empereur, qui confirma les possessions de l’abbaye.

En 1201, Pietro acquit (ou acheva) l’hospice de Vietri qui, par sa situation privilégiée, fut bientôt une des plus utiles dépendances de l’Ordre : le grand cellerier, chargé des affaires temporelles les plus importantes, y fixa sa résidence, et les abbés prirent l’habitude d’envoyer dans ce lieu si agréable les moines malades ou fatigués.

Les dernières années de son abbatiat, Pietro dut intervenir auprès de l’archevêque de Salerne et même jusqu’au pape, pour que lui soient reconnus les droits de l’abbaye sur certains territoires, que d’autres seigneurs cherchaient à lui ravir.

Dans le cadre de ces moments agités, Pietro fit élire son successeur, Balsamo (v. 24 novembre) ; il mourut trois jours après cette élection, le 13 mars 1208.

Le culte du bienheureux Pietro II fut confirmé en 1928.

 

 

Agnello de Pise

1194-1235

 

Agnello (Agneau) pouvait être de la famille Agnelli et naquit en 1194 à Pise (Toscane, Italie CO).

Il se trouvait à Venise quand il rencontra saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui l’admit comme Frère mineur en 1212.

Sa première mission, en 1217, fut d’aller fonder à Paris un premier couvent. D’autres s’y fondèrent et Agnello fut le custode pour l’Ile-de-France.

Lors du chapitre de 1223, le même Fondateur désigna Agnello pour aller fonder un monastère en Angleterre. Agnello s’embarqua à Fécamp et aborda à Douvres le 10 septembre 1224, avec huit compagnons. A cette date-là, il était diacre, et ne reçut le sacerdoce que sur une disposition du chapitre.

L’historien Tommaso d’Eccleston écrivit que le premier ministre d’Angleterre fut le frère Agnello de Pise, un homme doué natuellement d’une grande prudence, de toute vertu, illustre par son rang et son honnêteté.

Avant la fin de l’année, deux couvents étaient fondés, l’un à Cornhill (Londres), l’autre à Oxford. L’expansion de l’Ordre fut telle qu’au premier chapitre de Londres, on divisa les couvents en six custodes : Londres, Oxford, Cambridge, York, Salisbury, Worcester.

A Oxford, Agnello fit construire une école et demanda au chancelier de l’Université, Robert Grosseteste, d’y enseigner. Les Franciscains eurent ainsi une grande influence dans toute l’Angleterre, jusqu’au schisme.

En 1230, Agnello était présent au chapitre d’Assise, où l’on devait faire la translation du corps de saint Francesco ; à peine de retour en Angleterre, il revint en Italie avec Peter de Tenkesburg, le gardien du couvent de Londres, et deux dominicains, pour examiner à Rome la question des évêques d’Angleterre.

Le roi Henry III le prit comme conseiller et, peu avant de mourir, Agnello travailla à rétablir la paix entre le roi et son maréchal au pays de Galles.

Agnello mourut à Oxford, le 13 mars 1235. Plusieurs années plus tard, son corps fut trouvé sans corruption et suintant une huile au parfum odorant.

Le culte de ce Religieux franciscain fut approuvé en 1892.

 

 

Françoise Tréhet

1756-1794

 

Née le 8 avril 1756 à Saint-Mars-sur-la-Futaie (Vendée) dans une famille de propriétaires aisés, Françoise voulut suivre le Christ de plus près dans la pauvreté, la chasteté et l'obéissance évangéliques. Elle entra dans la communauté des Sœurs de la Charité, qui portera ensuite le nom de Notre-Dame d'Evron. 

En 1783, elle partit à Saint-Pierre-des-Landes pour ouvrir une école paroissiale, avec une jeune consœur, Jeanne Véron.

Elle dépensait ses forces entre les murs d'une école, dévouée à l'éducation des petites filles, ou aussi allait au chevet des malades.

Françoise avait un caractère trempé - elle allait le montrer devant ses soi-disant juges -, mais lorsque survint la Terreur, il fallut bien se cacher. Or, fin février 1794, les deux religieuses furent dénoncées et arrêtées. On les conduisit à Ernée (Maine).

Le 13 mars 1794, Françoise fut interrogée par la cruelle "Commission Clément": on l'accusa d'avoir caché des prêtres réfractaires au serment imposé par les révolutionnaires, et d'avoir aidé des Vendéens.

Ce qu'elle répondit ne laisse aucun doute sur les raisons de son engagement et sur son innocence : elle répondit que tout malade était un frère en Jésus-Christ et qu'il avait droit à être soigné. 

Comme son combat n'était pas politique, elle refusa de crier longue vie à la République, et ce sursaut de liberté scella sa condamnation à mort par la guillotine. Elle allait avoir 38 ans.

Portée par une force intérieure, elle monta à l'échafaud en chantant à la Vierge Marie le Salve Regina, le 13 mars 1794.

Jeanne Véron sera exécutée après une condamnation tout aussi sommaire, une semaine plus tard.

Elles ont été béatifiées ensemble par le pape Pie XII le 19 juin 1955, parmi les martyrs de Laval.

Plus de 350 martyrs de la Révolution française ont été béatifiés. Jean-Paul II s'en est expliqué un jour en disant:

"On les a, dans les attendus des sentences, accusés de compromission avec les forces contre-révolutionnaires, il en est d'ailleurs ainsi dans presque toutes les persécutions d'hier et d'aujourd'hui. Mais pour les hommes et les femmes dont les noms ont été retenus - parmi beaucoup d'autres sans doute également méritants -, ce qu'ils ont réellement vécu, ce qu'ils ont répondu aux interrogations des tribunaux ne laisse aucun doute sur leur détermination à rester fidèles, au péril de leur vie, à ce que leur foi exigeait, ni sur le motif profond de leur condamnation : la haine de cette foi que leurs juges méprisaient comme dévotion insoutenable et fanatisme

 

 

Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito

1914-1992

 

Née le 26 mai 1914 à Salvador (Bahia, Brésil) de Augusto Lópes Pontes, chirurgien dentiste, et Dulce Maria de Souza Brito, Maria Rita perdit sa maman à six ans. Maman Dulce n’avait que vingt-six ans. Ce furent les tantes qui l’éduquèrent. Elles l’appelaient Mariínha.

En 1917, avec sa tante Madaleninha, elle a l’occasion de visiter une zone très pauvre de Salvador, ce qui la remua profondément.

Cette fille très joyeuse aimait jouer avec sa poupée (Celica), dont elle était inséparable ; elle jouait de la musique, courait après son cerf-volant et, en bonne Brésilienne, soutenait le club de football Sport Club Ipiranga, constitué par des ouvriers.

Sa tante lui explique que cette joie ne pouvait pas durer constamment ; qu’elle devait penser à ceux qui souffraient ; que la vie est faite d’épines et d’épreuves.

A quinze ans, elle demande à entrer au couvent de Desterro, chez les Franciscaines. Mais elle est encore trop jeune.

En 1932, elle termine ses études et entre chez les Sœurs Missionnaires de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu, avec le nom de Dulce, le nom de sa maman.

L’exemple qui la poussa dans sa vocation fut Thérèse de l’Enfant Jésus, qui n’était pas même Bienheureuse à ce moment-là (voir au 30 septembre). Dulce comprit que, à l’exemple de la «Petite» Thérèse, tous nos petits actes d’amour, si petits soient-ils, plaisent énormément à l’Enfant-Jésus.

Au début, comme dans tous les noviciats, on la chargea de la sacristie, de l’accueil, de la buanderie. Puis elle fut infirmière à l’hôpital, dans le service de radiologie.

Puis elle fut envoyée au Collège Sainte Bernadette, à Cidade Baixa, tout près de la favela de Massaranduba. Elle donnait des cours de géographie.

On la chargea ensuite des ouvriers du Nord-est qui partaient pour les villes, chercher du travail. Elle leur enseigna la lecture, l’écriture, le catéchisme ; elle conseillait, elle consolait, elle soignait…

Mais Sœur Dulce fit plus que de «petits» actes d’amour : elle fonda.

D’abord ce fut une grande œuvre sociale : l’Union des Ouvriers de Saint François, comprenant entre autres trois théâtres ou salles de cinéma : Cine Roma, Cine Plata-forma, Cine Saõ Caetano.

Puis ce fut un centre pour les malades, dans des maisons abandonnées sur une île de Salvador de Bahia, mais comme on les mit dehors, elle les transféra dans un vieux marché à poissons, qu’elle dut encore évacuer, et finalement ne trouva rien d’autre… que le poulailler du couvent, où elle pouvait accueillir quelques dizaines de malades ; par la suite, elle fit construire un véritable hôpital, l’Hôpital Saint-Antoine, inauguré en 1959 avec cent-cinquante lits et pouvant accueillir chaque jour jusqu’à sept-cents malades et donner plus de mille consultations. L’œuvre a été reconnue par l’Etat comme Obras Sociais Irmã Dulce, OSID (Œuvres Sociales Sœur Dulce).

Sœur Dulce fonda aussi le Centre d’Instruction Saint-Antoine, à Simões Filho, toujours dans l‘Etat de Bahia, où étaient accueillies plus de trois cents petites filles et adolescentes de trois à dix-sept ans.

En 1979, elle rencontre Mère Teresa, qui vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Elle sera à son tour proposée pour le Nobel en 1988, soutenue par la reine de Suède ; sans avoir été «gagnante», elle acquit cependant une certaine renommée.

En 1980, elle reçoit la visite du pape, en voyage au Brésil.

La santé de Dulce s’affaiblit beaucoup les trente dernières années. Elle n’avait plus que 30% de sa capacité respiratoire et pesait trente-huit kilogrammes.

A partir de 1990, l’état de Sœur Dulce empira. Durant son voyage au Brésil en 1991, le pape Jean-Paul II lui rendit visite à l’hôpital.

Sœur Dulce, qu’on appelait le Bon Ange du Brésil, s’éteignit à ce monde le 13 mars 1992.

Quand on voulut exhumer son corps pour la reconnaissance officielle, on remarqua qu’il était resté sans corruption.

Maria Rita Lópes Pontes de Souza Brito (Sœur Dulce) fut béatifiée en 2011.

Le miracle retenu pour la béatification fut l’arrêt immédiat de l’hémorragie incontrôlable dont souffrait une maman après avoir accouché, malgré trois interventions.

Maria Rita fut canonisée en 2019.

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 00:00

12 MARS

-XIII.    

S Phinées, grand prêtre, cf. Nb 25 et 31.

III.    

S Maximilianos, jeune homme, martyr à Théveste pour avoir refusé d’être enrôlé dans l’armée.

IV.  

Ss Mygdon, prêtre, Mardonius, Eugenios, Maximos, Domnas, Smaragdos et Hilarios, martyrs à Nicomédie.
Ss Petros, Dorotheos et Gorgonios, serviteurs impériaux, martyrs à Nicomédie. 

V.    

S Innocent Ier, pape (401-417) ; il connut le sac de Rome par les troupes d’Alaric ; il réaffirma le célibat ecclésiastique et intervint en faveur de s.Jean Chrysostome.    

VI.    

S Pol Aurélien, moine anglais, abbé en l’île de Batz et évêque dans le Léon ; avec ses moines il en extirpa le paganisme.
S Fechno (Fiachna), irlandais, compagnon de s.Colomban en Ecosse.

VII.    

S Grégoire Ier le Grand, pape (590-604) ; il fut préfet de Rome, bénédictin, administrateur avisé ; fin diplomate, il se consacra à la conversion des Lombards d'Italie, des Goths d'Espagne, des Anglais et réforma la liturgie (de lui tire son nom le chant "grégorien"), Docteur de l’Eglise, fêté le 3 septembre, jour de son couronnement. 
S Pierre, diacre romain, interlocuteur de s.Grégoire le Grand, près de l’oreille duquel il vit plusieurs fois une colombe qui l’inspirait.
S Mura (Muran), abbé à Fahan.

IX.    

S Theophánis, abbé à Sigriane ; copiste diligent, il prépara la chronographie, d’où son surnom de “Chronographe”.

X.    

S Aelphege l’Ancien, évêque à Winchester, parent de s.Dunstan qu’il poussa dans la voie de Dieu.

XII.    

S Bernard, évêque à Capoue.

XIII.    

Bse Fina, vierge à San Gimignano ; s.Grégoire le Grand lui apparut pour lui annoncer le jour de sa mort, à quinze ans.

XIV.    

Ste Giustina Francucci Bezzoli, bénédictine à Arezzo, recluse près de Civitella.
B Girolamo Gherarducci, prêtre augustin à Recanati.

XIX.    

S Ruose Zhang Dapeng, martyr chinois, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.    

Bse Aniela Salawa (1881-1922), tertiaire franciscaine à Cracovie, femme de service, béatifiée en 1991. 
S Giovanni Luigi Orione (1872-1940), prêtre italien, déjà très actif avant d’être prêtre, fondateur de l’Œuvre de la Divine Providence, pour la formation des pauvres et des petits, et des Petites Sœurs Missionnaires de la Charité, béatifié en 1980 et canonisé en 2004.

Bx Rutilio Grande García, prêtre jésuite de El Salvador (*1928), et ses deux catéchistes laïques Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus Chávez (*1905 et 1960), martyrs assassinés par un «escadron de la mort» en 1977, béatifiés en 2021.

Phinéès

13e-15e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce personnage de la Bible se situe dans le cadre de l’Exode du peuple juif après le passage de la Mer Rouge.

Son nom se transcrit aussi en Pinhas.

Le passage de la Mer Rouge s’était déroulé, pensait-on, au 13e siècle, mais de récentes fouilles et découvertes voudraient le faire remonter jusqu’au 15e siècle avant Jésus-Christ.

Phinéès était le fils du grand-prêtre Eléazar, et petit-fils d’Aaron.

Après la mort de ce dernier, le peuple d’Israël tomba à nouveau dans le désordre, et les hommes se débauchèrent avec les païens de Madian (Nb 25:1-13).

Il est écrit que Yahwé voulait faire empaler tous les hommes coupables. Phinéès alors eut l’inspiration de transpercer de sa lance un Israélite et une Madianite en faute. Ce zèle fit que le courroux (de Yahwé) se détourna des enfants d’Israël (ibid. 11) et que Dieu accorda à Phinéès de grandes grâces.

Plus tard, Moïse confia à Phinéès le commandement de l’expédition contre les Madianites (Nb 36:6).

On retrouve encore Phinéès lors d’une délégation des tribus d’Israël auprès des tribus «au-delà du Jourdain», qui avaient érigé un nouvel autel, ce qui n’était pas (encore) admis (cf. Jos 32).

A la mort d’Eléazar, Phinéès lui succéda comme grand-prêtre. Il desservait l’Arche de l’Alliance (cf. Jg 20:27), à Silo, dans la tribu d’Ephraïm.

De Phinéès, on ne sait guère autre chose, sinon qu’il eut un fils, nommé Abisué.

Actuellement, le Martyrologe ne mentionne plus ce fidèle de Yahwé. Les Grecs l’honorent au 12 mars.

 

 

Maximilianus de Théveste

274-295

 

Ce Maximilianus était le fils d’un vétéran, Fabius Victor, lui-même chargé de lever des recrues pour l’armée. Les événements se passent à Théveste (auj. Tebessa, Algérie E).

Maximilianus fut nommé parmi les conscrits, mais il s’y refusait, alléguant que, chrétien, il ne voulait pas porter les armes. Il savait en effet qu’être enrôlé dans l’armée signifiait participer à des cérémonies païennes en l’honneur des faux dieux et des empereurs, considérés eux-aussi comme des dieux.

Fabius Victor amena son jeune homme devant le proconsul, Dionus Cassius. Une des réponses courageuses de Maximilianus fut : Je suis chrétien ; il ne m’est pas permis de porter au cou la bulle de plomb, moi qui porte déjà le signe sacré du Christ.

Lassé, Dionus condamna à mort Maximilianus, qui l’en remercia.

Juste avant de recevoir le coup fatal, Maximilianus dit à son père : Donne au soldat qui va me frapper le vêtement neuf que tu m’avais préparé. Que les fruits de cette bonne œuvre se multiplient pour toi au centuple et que je puisse bientôt te recevoir au ciel. Tous deux, nous nous glorifierons dans le Seigneur.

Maximilianus fut aussitôt décapité.

Fabius Victor était gagné par la générosité de son fils martyr ; il rentra tout joyeux à la maison ; il serait mort peu après.

Saint Maximilianus de Théveste est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mygdon et ses six Compagnons à Nicomédie

303

 

Ce groupe souffrit le martyre durant la persécution de Dioclétien.

Il s’agit d’un prêtre, Mygdon ; les six autres sont : Eugenios, Maximos, Domnas, Mardonios, Smaragdos et Hilarios.

Ces sept athlètes du Christ furent étouffés chacun à un jour différent, dans le but d’insinuer la peur aux autres.

Saint Mygdon et ses six Compagnons sont commémorés le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petros, Dorotheos et Gorgonios de Nicomédie

303

 

Cet autre groupe souffrit le martyre durant la persécution de Dioclétien.

Parmi les serviteurs de la cour de Dioclétien à Nicomédie, se trouvaient des Chrétiens, et particulièrement un, nommé Petros.

Il crut sincèrement de son devoir d’affirmer ouvertement sa préférence pour la gloire du Ciel plutôt que pour les faveurs de la cour. On le fit comparaître devant Dioclétien et Galère.

Rien ne put ébranler Petros : il fut dépouillé, déchiré à coups de fouet, puis ses plaies arrosées de vinaigre et de sel ; enfin il fut étendu sur un gril pour suffoquer à petit feu.

Deux autres furent aussi martyrisés, Dorotheos et Gorgonios ; ils osèrent exposer leur désaccord sur la mort de leur collègue ; on les tortura à leur tour, avant de les pendre.

Saints Petros, Dorotheos et Gorgonios sont commémorés le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Innocent 1er

401-417

 

Innocens naquit à Albano, près de Rome et succéda à saint Anastase 1er (voir au 19 décembre) à la fin de 401, comme quarantième pape.

Un de ses soucis fut d’essayer une conciliation entre le faible roi Honorius et l’envahisseur Alaric ; sa mission à Ravenne était en passe de réussir, lorsqu’Alaric envahit Rome, n’y laissant debout que les lieux saints (410).

Innocent 1er établit l’évêque de Thessalonique primat des évêques de l’Illyrie orientale ; il intervint en faveur de saint Jean Chrysostome exilé ; il confirma des conciles africains contre les pélagiens et édicta plusieurs décrétales, engageant l’autorité pontificale :

  • Un évêque doit être consacré par plusieurs évêques.
  • Un hérétique revenant dans l’Eglise n’a pas à recevoir le baptême à nouveau.
  • Un moine ordonné prêtre reste lié à sa règle par les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance.
  • Une moniale qui quitte son monastère doit être considérée comme une épouse adultère.
  • Un prêtre ne peut contracter le mariage. Un laïc marié appelé au sacerdoce, doit rompre la vie conjugale.

Innocens fit construire la basilique des Saints-Gervais-et-Protais.

Il ordonna cinquante-quatre évêques, trente prêtres et douze diacres.

Innocens 1er - saint Innocent - mourut le 12 mars 417, après un pontificat de quinze ans et deux mois, et fut inhumé au cimetière Ursus Pileatus.

Son successeur fut saint Zosime (v. 26 décembre).

 

 

Pol de Léon

492-572

 

Pol vint au monde vers 490 ou peut-être même vers 480, à Pen Ohen (Pays de Galles), de Porphino, qui eut dix fils et trois filles, dont l’une, Sicofolla, sera abbesse.

Pol reçut le surnom de Aurelianus. De fait, il est couramment appelé Pol Aurélien.

Comme il montrait bien plus d’inclination pour la vie monastique que pour les armes, son père le plaça à Llan Iltud, le monastère d’Iltud (v. 6 novembre), qui avait été formé auprès de s.Germain d’Auxerrre (v. 31 juillet).

Là, se rencontrèrent plusieurs futurs grands personnages qui devaient illustrer la vie de l’Eglise : David, Brieuc, Malo, Samson, Gildas (v. 1er mars, 1er mai, 15 novembre, 28 juillet et 29 janvier).

A seize ans, Pol eut cette maturité de demander à vivre en anachorète et vécut ainsi dans la solitude pendant de nombreuses années, avant de recevoir le sacerdoce, à vingt-deux ans.

Il se trouva alors à la tête d’un groupe de douze prêtres.

Pour échapper aux avances d’un roi de Cambria qui voulait le pousser à  l’épiscopat, Pol et ses prêtres passèrent an Armorique, vers 512. Une autre version des faits avance que c’est sur révélation divine que Pol se dirigea en Bretagne.

Après plusieurs étapes, ils finirent par s’établir sur l’île de Batz, où ils édifièrent un monastère, en même temps qu’ils édifiaient sur le continent une annexe pour d’autres prêtres qui seraient partis évangéliser la population : il fallait travailler à extirper le paganisme et les superstitions, qui renaissent à chaque époque, quand on n’y veille pas à temps.

Le seigneur local, un certain Withur, usa d’un stratagème judicieux pour arriver à imposer l’épiscopat à Pol. Il le pria d’aller porter au roi une lettre de sa part. Ce que Pol ne savait pas, c’est que la lettre était une supplique au roi Childebert de faire consacrer évêque Pol. Le roi comprit l’utilité d’un tel évêque pour la christianisation de la Bretagne : il feignit d’abord d’accabler Pol de reproches et d’avarice ; Pol, foncièrement humble, baissa la tête et se déclara prêt à faire tout ce qu’il pourrait pour le roi ; et le roi lui déclara alors qu’il devait accepter la consécration épiscopale, ce qui fut fait promptement.

Pol installa son évêché à Castel-Pol - maintenant St-Pol-de-Léon, tout en résidant souvent dans son monastère de Batz ; il se donna entièrement, et avec efficacité, à l’effacement de toutes les traces de paganisme, fit construire des églises et des monastères.

Devenu très âgé, il se trouva deux suppléants, mais qui moururent en peu de temps ; il nomma alors un de ses disciples, Ketomeren, et se retira en l’île de Batz, où il mourut à quatre-vingts ans, le 12 mars 572 ou 573, peut-être même beaucoup plus âgé encore, si l’on retient la date la plus haute de sa naissance et si l’on retarde sa date de décès à 594 : il se serait éteint alors à cent-quatorze ans.

Les reliques de s.Pol, transférées à Fleury-sur-Loire lors des invasions nordiques, furent plus tard dispersées par les Huguenots.

Saint Pol est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire Ier

540-604

 

Un pasteur d’âme est certainement prédestiné à porter le nom de Grégoire (du latin grex, troupeau), mais le premier pape qui porta ce nom le reçut dès le baptême.

Gregorius Æmilius naquit vers 540, de Gordianus Æmilius et de Silvia (voir au 3 novembre), dans une famille romaine assez en vue à Rome. Un de leurs ancêtres était le pape Félix III (voir au 1er mars). Grégoire devait hériter de son père une assez grande fortune et des propriétés jusqu’en Sicile.

Sa formation intellectuelle fut soignée et complète : latin, grec, grammaire, rhétorique, dialectique, philosophie et droit.

Vers 573, il était préfet de Rome.

Mais il avait une attirance particulière pour la vie monastique. Il commença par transformer en monastères plusieurs propriétés, dont la maison familiale de Rome au Clivus Scauri (mont Cælius). Finalement, en 575, il résigna sa charge civile et entra au monastère de Saint-André.

En 579, il dut accepter d’être ordonné cardinal-diacre et nommé apocrisiaire (légat papal) du pape, qui avait besoin d’un homme capable de le représenter dans les difficiles conditions politiques du moment : il fallait traiter avec les Lombards envahisseurs, et avec l’empereur Tibère II. Grégoire réussit même à convertir à la foi catholique le patriarche Eutychios.

En 584, il obtint de retrouver son cloître mais fut aussi nommé secrétaire du pape.

En 588, on l’élut abbé à Saint-André. C’est durant cette période qu’il décréta qu’on aurait offert trente jours de suite le Saint-Sacrifice pour un moine défunt : ce dernier avait caché de son vivant quelques pièces et, vivement consterné, Grégoire avait d’abord ordonné de le laisser mourir sans assistance, de l’abandonner plusieurs jours dans un cloaque avec ses pièces de monnaie, avant de l’enterrer. Après cette sévérité, Grégoire fit donc prier pour son salut, et, au terme des trente jours, l’âme du pauvre moine avare apparut à un autre moine pour lui annoncer sa délivrance. Voilà l’origine du Trentin Grégorien, encore en pratique de nos jours. C’est en même temps une confirmation que les âmes sont “purifiées” après leur mort, dans ce lieu immatériel qu’on appelle le Purgatoire.

En 590, le pape Pélage II mourut de la peste, et Grégoire fut acclamé pour lui succéder. Il y mit beaucoup d’opposition, préférant rester moine. Il tenta même de demander à l’empereur de ne pas ratifier cette élection. Entre-temps, il organisa à Rome une liturgie de pénitence pour demander la cessation de l’épidémie de la peste. Ce serait au terme de ces prières qu’un ange serait apparu, remettant son épée au fourreau, au-dessus du môle d’Adrien, qui reçut plus tard le nom de Château-Saint-Ange.

Quand la confirmation impériale arriva, Grégoire s’était rendu invisible. On le retrouva enfin là où il se cachait et il fut sacré évêque de Rome le 3 septembre 590 : c’était le soixante-quatrième pape.

Ses responsabilités précédentes lui avaient valu des contacts très utiles pour son activité pastorale.

Au lendemain des invasions barbares en Italie, Grégoire réussit à gagner au catholicisme les ariens Lombards et Wisigoths. En Espagne, la conversion du roi Récarède aboutit au retournement de tout le clergé ibérique, grâce aussi à son amitié avec l’évêque Léonard de Séville.

Mais c’est surtout en Angleterre, que Grégoire se montra le plus intéressé : il eut d’abord l’occasion, comme abbé, de racheter à Rome des esclaves d’origine britannique ; ce fut lui qui, le premier, donna le nom d’angéliques à ces jeunes esclaves, tant il avait été frappé par leur teint ; de là vient le nom d’anglais. Il aurait voulu partir tout de suite pour évangéliser l’île, mais le pape Pélage s’y était opposé. Devenu pape lui-même, il décida d’envoyer sur l’île des missionnaires : ce fut Augustin, prieur de Saint-André, avec quarante moines. Grâce à une recommandation à la reine Brunehaut, il en obtint des compagnons pour seconder le travail des moines, en particulier pour la langue. A la suite des “conquêtes” d’Augustin, Grégoire le fit consacrer évêque de Canterbury et créa les évêchés de Londres et Rochester.

En Italie, Grégoire s’occupa de la situation des paysans, créant une organisation administrative agricole et fiscale pour protéger leurs intérêts. Il organisa un service de distribution de vivres pour venir en aide aux populations affamées. Il recevait lui-même chaque jour douze étrangers auxquels il lavait les mains.

De même qu’auparavant il avait favorisé l’implantation de nombreux monastères, de même, une fois pape, il s’employa à diffuser partout la règle de saint Benoît.

Grégoire eut aussi le soin de recueillir les mélodies les plus belles du chant liturgique ; il les codifia, les compléta, les organisa, et les imposa dans tous les monastères puis dans les basiliques. Le Chant Grégorien gagna ensuite l’ensemble de la chrétienté.

C’est serait depuis ce pontificat que la prière du Notre Père aurait été introduite à la suite de la Prière eucharistique de la Messe.

Grégoire veilla sur la sainteté du clergé ; il rappela la règle du célibat et veilla sur l’élection des évêques.

Saint Grégoire écrivit aussi d’importants ouvrages, pour lesquels l’Église l’a proclamé Docteur. Déjà avant d’être pape, il avait rédigé les Morales sur Job, trente-cinq livres de commentaires sur le saint patriarche ; comme pape il écrivit le Pastoral, un important traité sur les responsabilités et les qualités nécessaires aux papes et aux évêques ; vingt-deux Homélies sur le prophète Ezéchiel ; soixante Homélies sur les Évangiles ; un commentaire (Exposition) sur le Cantique des cantiques ; beaucoup de lettres.

Humble moine, Grégoire le fut aussi comme pape. S’il pensa bien faire de rappeler au patriarche de Constantinople que seul l’évêque de Rome était évêque œcuménique, c’est lui le premier qui se donna le titre de serviteur des serviteurs de Dieu.

Le pontificat de Grégoire dura quatorze années. Les trois dernières furent pénibles, car il n’avait presque plus la force de se lever, fortement attaqué par la goutte.

Grégoire Ier mourut le 12 mars 604. Il eut pour successeur Sabinien.

Le dies natalis de Grégoire Ier est au 12 mars, et c’est à cette date qu’il est au Martyrologe, en période de carême. C’est pourquoi sa fête liturgique a été placée au 3 septembre, anniversaire de son élection au siège de Saint-Pierre.

 

 

Theophánis le Chronographe

758-817

 

Il naquit vers 758 à Constantinople, dans une famille aristocrate, de Isaac, gouverneur des îles dans la mer Noire, et de Théodora.

Theophánis fut orphelin de son père à trois ans et fut confié par sa mère à la cour impériale ; l’empereur Constantinos Copronyme veilla ainsi directement à son éducation, qui fut soignée. A ce moment-là, le fils de l’empereur, Leo, voulut imposer à l’enfant le prénom de son père, Isaac. Quand Leo succéda à son père, il nomma Theophánis strator (en quelque sorte palefrenier).

Encore jeune (on dit à douze, ou à dix-neuf ans), on lui fit épouser une fille de la noblesse immensément riche, Megalo, mais tous deux avaient déjà résolu d’entrer dans la vie monacale. Megalo entra effectivement dans un couvent de l’île des Princes, proche de Constantinople, tandis que Théophane (Isaac jusques là), après avoir affranchi ses serfs et distribué ses biens aux pauvres, entrait au monastère de Polychronius (montagne de Sigiane, Cyzique, Bithynie, côte asiatique de la mer de Marmara), où il reprit son prénom de baptême, Theophánis.

Il reçut la tonsure et l’habit de l’higoumène Theodóros Monocheir, puis se retira sur ses terres de Calonymos pour y fonder son propre monastère. A la mort de Theodoros, il retourna à Sigiane, y acheta un terrain et fonda un nouveau monastère, Megalagrite (Grand Champ).

Là, Theophánis se distingua par ses vertus, mais aussi pour son ardeur à son travail : il s’adonna à la copie de documents et commença ainsi cette précieuse chronographie, qui lui valut son surnom : Chronographe est la traduction occidentale de son surnom grec : Omologitís.

On l’obligea, dit-on, à être là higoumène (supérieur).

Jusqu’ici, Theophánis avait vécu dans la paix de son idéal monastique - même si cette vie n’est pas sevrée d’embûches et de tentations - mais il fut bientôt appelé par le patriarche Tarasios (v. 18 février) pour venir défendre la doctrine sur les Saintes Images, au concile de Nicée de 787, où sa parole fut écoutée de tous avec admiration et respect.

Rentré à son monastère, il reprit ses austérités, qui s’accrurent avec des coliques néphrétiques et la gravelle ; il supporta tout cela avec une patience redoublée.

Theophánis eut un différend avec un autre moine célèbre, Theodóros le Studite, à propos du remariage du nouvel empereur, Constantinos VI. Mais leurs vues se réunifièrent lors de la reprise de l’iconoclasme vers 815.

A cette date, Theophánis réexposa courageusement la doctrine qu’il avait déjà affirmée au concile de Nicée, et l’empereur, terriblement vexé, fit raser le monastère et arrêter son higoumène : Theophánis fut amené devant l’empereur pieds et poings liés, jeté en prison, torturé, enfin exilé en l’île de Samothrace.

Theophánis approchait des soixante ans. Il ne survécut à ces mauvais traitements que quelques jours et expira le 12 mars 817.

Quand son corps put être ramené au monastère Mégalagrite, le panégyrique fut prononcé par Theodóros Studite.

Saint Theophanis le Chronographe est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aelphege l’Ancien

† 951

 

Il y a deux Saints du nom d’Aelphege, tous deux évêques de Winchester. Nous retrouverons le deuxième le 19 avril.

Le nôtre, surnommé justement l’Ancien, était d’une des grandes familles d’Angleterre.

Il devint moine, peut-être bénédictin, mais on ignore en quel monastère.

En 935, il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Winchester, succédant à s.Birnstan (v. 4 novembre).

Alphege était apparenté avec un certain Dunstan, qui vivait alors à la cour ; il discerna dans le cœur de ce jeune homme une disposition à servir Dieu et l’Eglise et l’aida à s’engager dans la voie sacerdotale. Ce Dunstan devint effectivement une des gloires de l’Eglise d’Angleterre (v. 19 mai).

La mort d’Aelphege l’Ancien advint le 12 mars 951.

Saint Aelphege est commémoré le 12 mars dans le Martyrologe Romain.

Fina Ciardi de San Gimignano

1238-1253

 

Fina est l’abréviation de Serafina, un nom qui convient à la perfection à cette jeune fille qui naquit en 1238 à San Gimignano (Sienne, Toscane, Italie C), de parents ruinés, Cambio et Imperiera. Certains Français avancent que Fina pourrait aussi être l’abréviation de Josefina, mais ce prénom est espagnol ; les Italiens disent Giuseppina.

Très belle au naturel, elle eut le partage, à dix ans, de contracter une cruelle maladie de la peau, qui la couvrit d’ulcères malodorants. On a pu définir cette maladie comme une forme d’ostéomyélite tuberculeuse.

On n’est pas informé sur la vie des parents. Certains avancent qu’ils seraient morts prématurément ; mais sur la fresque dont il va être question plus bas, on commente que la personne qui se trouve aux flancs de Fina, est sa mère ; c’est peut-être simplement une bonne Religieuse.

Fina demeurait donc seule dans sa maison, couchée sur une planche, visitée seulement une fois la semaine par quelque voisine qui, s’enhardissant à dominer sa répulsion devant l’odeur, venait lui apporter un peu de nourriture.

Fina édifia cette visiteuse par sa patience et son courage. Elle regardait les plus vives douleurs comme des faveurs célestes. Elle eut des visions du Christ crucifié, envers lequel elle avait une profonde dévotion, ainsi qu’envers Notre-Dame, Reine des Martyrs. On la vit souvent en extase.

Une autre dévotion qu’elle avait, était celle envers le saint pape Grégoire le Grand. Celui-ci lui apparut pour lui annoncer qu’elle mourrait au jour anniversaire de sa mort, le 12 mars. Elle en conçut une joie immense et s’y prépara par la réception des Sacrements de l’Eglise et mourut le 12 mars 1253.

Elle qui n’avait jamais perdu son sourire, souriait encore après sa mort. Elle avait quinze ans.

A ses obsèques, fut guéri un clerc aveugle, et les cloches de la cathédrale sonnèrent d’elles-mêmes ; d’autres guérisons eurent lieu aussi par la suite. On dit que chaque année au 12 mars, fleurissent de longues et fines violettes au parfum intense.

La cathédrale de San Gimignano abrite une chapelle dédiée à la bienheureuse Fina et décorée par Domenico Ghirlandaio en 1475. Une urne funéraire contenait les ossements de Fina jusqu’en 1738, mais on ne nous dit pas non plus ce qu’ils devinrent par la suite.

Le Martyrologe mentionne la bienheureuse Fina au 12 mars.

 

 

Giustina Bezzoli Francucci

1257-1319

 

Giustina (Justine) naquit de parents très nobles à Arezzo, entre 1257 et 1260. Elle avait un caractère aimable et humble, et s’habitua vite aux pratiques chrétiennes. Souvent elle se privait de quelque nourriture et prenait plaisir à se retirer dans sa chambre pour prier.

Mais quand lui vint l’idée de parler à ses parents d’une véritable consécration à Dieu, elle essuya un refus catégorique et immédiat. C’est qu’elle était leur unique fille, comblée de richesses, et elle devait nécessairement épouser un homme de sa condition. Les parents se trompaient sur Celui qui devait être l’époux de leur fille. Mais une grave maladie du père fit réfléchir toute la famille sur la caducité de ce monde, et Giustina reçut la permission qu’elle demandait. Or, elle n’avait que douze ans, ce qui montre bien la maturité de cette grande âme.

Elle se présenta donc bientôt au monastère des Bénédictines de San Marco (qui n’existe plus aujourd’hui) avec pour tout bagage une image de Jésus Crucifié. A son entrée, une colombe se posa sur sa tête, signe qu’on interpréta déjà comme une présence particulière de l’Esprit Saint sur cette jeune vierge. Pendant quatre ans, cette novice se montra exemplaire et toujours joyeuse dans l’accomplissement des charges quotidiennes. Puis les religieuses durent quitter leur monastère, à cause des guerres locales. Giustina se retrouva donc au monastère de Ognisanti (Tous les Saints), avec sa précieuse image du Crucifié.

Son amour de la perfection fut aiguilloné par la présence proche d’une ermite, une certaine Lucia, qui vivait recluse près du château de Civitella (exactement : Civitella della Chiana). L’évêque lui permit de la rejoindre. Lucia la reçut avec joie, mais on imagine avec quels efforts le pauvre papa de Giustina tenta en vain d’arracher sa fille à une telle pauvreté extrême. Toutefois, cette vie d’anachorètes ne dura que peu de temps, car Lucia tomba malade et mourut.

Giustina continua sa vie solitaire de prière et de pénitence. Elle eut visiblement des grâces particulières, lorsqu’un ange vint plusieurs fois la protéger des loups. Mais cette vie extrêmement rude commença bientôt à lui causer quelques problèmes aux yeux, ce qui fit qu’elle passa les vingt dernières années de sa vie complètement aveugle. Elle dut revenir au monastère, où les Consœurs furent très heureuses de retrouver parmi elles cette âme d’élite. Mais de nouveau le monastère fut menacé par les soldats et l’évêque le transféra en lieu sûr. C’était en 1315.

Giustina avait une dévotion particulière pour la Passion du Christ. Bien que malade, elle se serrait les flancs avec les cilices, elle se flagellait. Elle reçut plusieurs fois des extases, même en présence des Sœurs. Elle ne manquait jamais de donner une parole de réconfort chaque fois qu’elle le pouvait. A sa mort, en 1319, on voyait bien sur son corps les marques de la chaîne de fer qu’elle avait portée pendant des années à la taille.

Un lys poussa spontanément sur sa tombe ; avec ce lys Giotto la représenta à Florence. Dix ans après la mort, le corps était encore souple ; en 1709, lors d’une reconnaissance du corps, celui-ci apparut sans corruption. Giustina fut invoquée pour les maladies des yeux ; des possédés furent guéris près de sa tombe.

Le Saint Siège confirma le culte en 1891, et la Bienheureuse est inscrite au 12 mars au Martyrologe Romain.

 

 

Note : Récemment, les deux communautés bénédictines d’Arezzo (Monastère du Saint Esprit) et de Florence (Sainte Marie de la Fleur a Lapo) ont fusionné, ce qui explique que le tombeau de Giustina soit actuellement dans l’église paroissiale de la bourgade florentine, contiguë au monastère et qui fait toutefois partie du diocèse voisin de Fiesole. Ce fut un riche donateur, Lapo da Fiesole, qui hébergea le premier les religieuses, et en 1350 s.Andrea Corsini consacra le monastère sous la règle de saint Augustin d’abord ; les sœurs Augustines restèrent jusqu’en 1808, quand les ordres furent supprimés ; en 1817, après la persécution napoléonienne, ce furent les Bénédictines qui reprirent le bâtiment.

 

 

Girolamo Gherarducci

† 1350

 

Girolamo (Jérôme) naquit à Recanati (Marches, Italie CE).

Entré chez les Ermites de Saint-Augustin, il fut prêtre.

Il est réputé pour avoir toute sa vie pacifié et réconcilié les gens de son pays, divisés par d’incessantes luttes fratricides.

Il serait mort, toujours à Recanati, le 12 mars 1350.

Même les spécialistes de l’Ordre n’ont pas réussi à trouver davantage d’informations sur lui.

Le culte du bienheureux Girolamo fut confirmé en 1804.

 

 

Ruose Zhang Dapeng

1754-1815

 

Né vers 1754 à Duyun (Guizhou), Ruose s’appelait Zhang Dapeng (Depeng) ou Tchang Taong ou Tshang-ta-Pong. Il avait deux frères : Dakui et Daxue.

Elevé dans le Bouddhisme, il fut d’abord attiré par le Taoisme.

Vivant d’abord avec deux concubines, il eut un fils en 1793, Dewang Dapeng.

En 1794, il va à Guiyang et s’oriente dans les affaires de la soie. C’est par un client, le père Mathias Lo, qu’il connaît le Christianisme.

Il se convertit, mais ne peut entrer pleinement dans l’Eglise, à cause de ses concubines. Il finit par se séparer d’elles et, en 1800, contre toutes les pressions de sa famille et de ses associés, il entre dans l’Eglise, reçoit le baptême et prend le nom chrétien de Joseph (en chinois : Ruose).

Les tracas de ses collègues l’amènent à quitter son affaire et à ouvrir son propre commerce. Il se met à enseigner, à prêcher ; il transforme une maison en une petite école de religion. Il devient le principal (1808), tout en étant catéchiste et servant de messe. Il réussit à conduire un millier de personnes au Catholicisme.

Il est au cœur de la mission à Kony-Yang.

Son activité le signale aux mandarins, qui arrêtent son fils. Quand celui-ci mourra (1813), Ruose s’enfuira à Sichuan.

Durant les persécutions contre les Chrétiens, Ruose se cacha, mais continua clandestinement son travail de catéchiste.

En 1814, il fut trahi par son beau-frère, ennemi des Chrétiens, et fut arrêté.

Il partagea sa cellule avec Petrus Wu Guosheng (voir au 7 novembre), avec lequel ils portèrent assistance aux autres prisonniers.

On lui offrit la liberté en échange de son apostasie, ce qu’il refusa.

Il fut étranglé le 12 mars 1815 à Guiyang (Guizhou), et enterré à Xijiaotang. On signale que l’herbe qui poussait sur sa tombe fut utilisée comme remède.

Ruose a été béatifié en 1909, et canonisé en 2000.

Le Martyrologe le mentionne au 12 mars.

Ruose Zhang Dapeng, en même temps que les cent-vingt Martyrs chinois, est fêté le 9 juillet.

 

Aniela Salawa

1881-1922

 

Aniela (Angela, Angèle) naquit à Siepraw, petite bourgade à dix-huit kilomètres de Cracovie, le 9 septembre 1881. Pauvres, les parents étaient cependant très chrétiens. Son père, Bartlomiej, qui était forgeron, avec sa mère, Ewa Bochenek, élevèrent leurs douze enfants dans une foi profonde. Aniela était l’avant-dernière (ou bien, d’après d’autres sources, elle était la dernière de dix enfants).

Elle dut apprendre à dominer son vilain caractère capricieux et désobéissant et fut préparée avec soin par sa mère à la première Communion, à douze ans. Physiquement, elle était faible et maladive, suite à une nourriture trop pauvre en cette région qui était stérile et improductive.

Aniela reçut un peu d’instruction : elle savait lire, mais son orthographe resta toujours médiocre. Elle apprit à être pieuse et, après une période de crise, elle se passionna pour les bons livres.

A quinze ans, elle fut au service d’une famille de Siepraw, conduisant les vaches au pâturage, fauchant l’herbe, s’amusant avec les enfants et, en hiver, défrichant la terre. Revenue dans sa famille en 1897, elle résista à son père qui voulait la pousser à se marier, et rejoignit sa sœur Teresa à Cracovie, où elle entra au service d’une famille.

En janvier 1899, elle assista sa grande sœur Teresa qui mourut. La maison était vide, et Aniela sentit intérieurement un appel à une vie plus parfaite, auquel elle répondit avec toute son ardeur.

Guidée par le père jésuite Stanislaus Mieloch, elle prie longuement à l’église, elle médite ; elle fait le vœu perpétuel de chasteté, et commence un discret mais fructueux apostolat auprès des jeunes filles de Cracovie : elle les rencontre, les instruit, leur donne des conseils, les guide. Tout en accomplissant toutes les charges de son travail, elle s’oublie elle-même pour être aux autres ; malgré sa mauvaise santé, elle est toujours de bonne humeur, très sociable.

En 1900 elle entre dans l’Association de Sainte Zita, pour se mettre au service des malades. Peu à peu, elle comprend que sa vocation est de souffrir avec le Christ, ce qu’elle accepte résolument, malgré sa faiblesse. On la voit prier des heures devant le Saint Sacrement, elle lit des livres de haute mystique, entre autres sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix, dont elle conserve des notes pratiques dans son petit carnet.

En 1911 elle tombe gravement malade ; puis sa mère meurt ; elle se voit abandonnée par les jeunes filles qu’elle ne peut plus recevoir chez elle. Mais elle entend un jour le Seigneur lui dire : “Ma fille, pourquoi te faire du souci ? Je ne t’ai pas abandonnée.”

Sa vie intérieure s’approfondit. Elle vit elle-même des expériences mystiques et son confesseur lui conseille de les rédiger par écrit. En mai 1912, elle prend l’habit de tertiaire franciscaine et fera profession le 6 août 1913, voulant suivre et imiter le Christ pauvre et crucifié.

Durant la première Guerre Mondiale, elle a l’occasion d’assister des prisonniers et des soldats blessés, qu’elle soigne à l’hôpital de Cracovie, sans faire la moindre différence selon leur nationalité ou leur religion. On l’appelle “la sainte femme”.

En 1916, la famille où elle travaillait depuis 1905 la renvoie, pour avoir refusé les avances qu’on lui faisait. Elle se retire donc dans un grenier et vivra ses dernières années dans les plus grandes nécessités, tout en vivant d’autres phénomènes mystiques continuellement ; elle voyait Jésus couronné d’épines.

Elle est hospitalisée et meurt le 12 mars 1922 dans la plus extrême pauvreté, et la plus grande odeur de sainteté.

Ses restes ont été transférés dans la basilique Saint-François de Cracovie ; elle a été béatifiée en 1991 et le Martyrologe la commémore le 12 mars.

 

 

Luigi Orione

1872-1940

 

Né le 23 juin 1872 à Pontecurone, Luigi Orione reçut au baptême les noms de Luigi (Louis) en l’honneur de saint Luigi Gonzaga, qu’on fête le 21 juin, et de Giovanni (Jean) en l’honneur de saint Jean-Baptiste qu’on fête le 24 juin.

Ses parents sont d’honnêtes braves gens. Luigi travaille aux champs et fait un peu d’études.

En 1885, il entre chez les Franciscains de Voghera, mais une très grave pneumonie (qui semblait même mortelle) l’obligea à repartir chez lui.

En 1886, il entre à l’oratoire de saint Giovanni Bosco à Valdocco (Turin), où il reçoit une formation plus complète, qu’il ne pourra jamais oublier.

En 1889, il entre au séminaire de Tortona. Il est gardien de la cathédrale en même temps qu’il fait ses études de philosophie et de théologie. Il demeure dans une petite chambrette au-dessus de la cathédrale et reçoit une petite contribution pour ses services.

En 1892, il commence déjà un apostolat fécond parmi les jeunes, et ouvre l’Oratorio saint Luigi, puis un collège dans le quartier San Bernardino à Tortona. Une centaine de garçons sont inscrits en peu de temps.

Il est ordonné prêtre en 1895 : il n’a pas vingt-trois ans.

A partir de 1899, il réunit autour de lui des prêtres et des clercs qui vont former la Piccola Opera della Divina Provvidenza (Petite Œuvre de la Divine Providence), approuvée par l’évêque en 1903 : les buts recherchés sont multiples : visites aux pauvres et aux malades, lutte contre la Franc-Maçonnerie, diffusion de la bonne presse, prédications, assistance des jeunes…

En 1908, et pour trois ans, il reste à Messine et Reggio Calabria, dévastées par un tremblement de terre, et s’occupe des orphelins. Il fait mettre en place le sanctuaire Saint Antoine à Reggio Calabria. Le pape le nomme Vicaire général de Messine.

En 1909, il répond à l’appel d’un illustre franc-maçon, l’ancien Premier Ministre Alessandro Fortis, mourant, auprès duquel il se rend, déguisé en infirmier pour tromper la vigilance des autres maçons présents.

En 1915, autre tremblement de terre à Marsica. Il fonde la Congrégation des Petites Sœurs Missionnaires de la Charité.

Il donna naissance aussi à deux œuvres contemplatives, les Ermites de la Divine Providence et les Sœurs Sacramentines, qui pouvaient aussi recevoir des membres aveugles.

Quoique de santé fragile, il organise quantité de manifestations religieuses pour apostoliser les masses : missions populaires, crèches vivantes, processions, pèlerinages…

Dès la fin de la Première guerre mondiale, son œuvre s’étend en Italie (Milan, Gênes, Rome) et à l’étranger (Buenos Aires, Saõ Paolo, Santiago del Cile). En vingt ans, l’œuvre s’implante en Uruguay, Palestine, Pologne, Rhodes, Etats-Unis, Angleterre, Albanie. Ecoles, colonies agricoles, paroisses, orphelinats, «Petit Cottolengo» (Maisons de Charité, inspirées du Cottolengo de Turin, v. 30 avril)…

Par deux fois il voyage en Amérique latine pour visiter les maisons.

Il fonde deux sanctuaires : Notre-Dame de la Garde à Alessandria (Tortona) et Notre-Dame di Caravaggio à Fumo di Corvino San Quirico (Pavie).

Il fit aussi partie de l’Institut de la Charité, fondé par Antonio Rosmini (v. 1er juillet).

Epuisé, il s’accorde quelques jours de repos à Sanremo, sur le conseil des médecins. Et c’est là qu’il meurt, le 12 mars 1940.

Don Orione fut béatifié en 1980 et canonisé en 2004.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison totale, rapide et durable d’un homme de soixante-dix-huit ans atteint d’un carcinome du poumon, inopérable. La famille du malade recourut à l’intercession de don Orione et la guérison intervint en huit jours. Le malade vécut encore douze ans.

 

 

Manuel Solórzano

1905-1977

 

Manuel Solórzano naquit en 1905 à Suchitoto (Salvador).

Il épousa Eleuteria Antonia Guillén, dont il eut dix enfants.

Pour trouver du travail, il s’installa à Aguilares, où il participait aux opérations d’achat-vente de bétail et de produits de l’agriculture.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le p.Rutilio Grande, il secondait ce dernier dans ses activités, spécialement dans la catéchèse.

Avec Nelson Rutilio Lemus, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête.

Manuel Solórzano devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

 

 

Rutilio Grande García

1928-1977

 

Rutilio Grande García naquit le 5 juillet 1928 à El Paisnal (Salvador), de parents modestes.

En 1932, mourut sa mère. Le petit garçon fut éduqué avec amour par un papa très travailleur. A douze ans, Rutilio put rencontrer l’évêque, Mgr Chavez, auquel il exprima son désir de devenir prêtre.

En 1941, ce même évêque prit sous sa protection Rutilio et l’envoya au Petit séminaire du Nicaragua.

En 1945, après son baccalauréat, Rutilio entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit le noviciat à Caracas (Venezuela) et émit les premiers vœux en 1947.

Rutilio était un homme sincère, travaillé intérieurement, conscient de son devoir mais aussi de ses faiblesses. Dans le doute, il suspendit sa préparation au sacerdoce et partit deux années à Panama, où il fut professeur (1948-1950).

Puis il fut envoyé à Oña (Burgos, Espagne), où il reprit ses études de philosophie et de théologie, de 1953 à 1960. Là encore, le doute le tenta, mais il persévéra et fut ordonné prêtre en 1959, à Oña.

De retour au Salvador, il y enseigna pendant deux ans, et repartit en Espagne pour la dernière partie de sa formation dans l’Ordre des Jésuites. C’est alors qu’il fut envoyé à Bruxelles (1963) pour se spécialiser en Théologie pastorale, dans l’Institut Lumen Vitae ou CIEFR, affilié à l’université de Louvain ; il y découvrit la Théologie de la Libération, qui l’enthousiasma et le confirma tout-à-fait dans sa vocation. C’était l’époque du Concile Vatican II.

En 1964, de retour au Salvador, le p.Rutilio enseigna la théologie pastorale au Grand séminaire et fut chargé personnellement de la formation des séminaristes. En 1970, devant préparer avec Mgr Chavez la réunion des évêques, il leur lança un vibrant appel en faveur du peuple écrasé par trop d’injustices sociales. On commença de parler de Rutilio comme d’un crypto-communiste. Il ne craignait pas de présenter Jésus-Christ comme un révolutionnaire, jouant sur le mot Salvador, le nom du pays et celui du Sauveur. Rutilio avait parlé un peu trop vite ; on l’éloigna deux ans, comme professeur dans un collège, puis à l’Institut pastoral de Quito (Equateur).

En 1972, il revint au Salvador et fut nommé curé d’Aguilares, où il allait donner le meilleur de lui-même, organisant des communautés de base, où les participants relisaient l’évangile sous la responsabilité de Délégués de la Parole, spécialement formés par le p.Rutilio.

De ce travail essentiellement spirituel émanèrent bientôt des conséquences au niveau social. On prit conscience de la Charité, de la dignité des pauvres, des ouvriers, des paysans, de l’égalité de tous devant Dieu, de la responsabilité des dirigeants, des chefs, pour une justice sociale réelle et non pas seulement idéologique. Une révolution sociale était en marche, et l’on chercha à la subjuguer par la force au lieu de la comprendre : on parla de prêtres subversifs ou communistes, on tortura des travailleurs sociaux, on promit de «libérer le pays des Jésuites». Mgr Chavez recommanda la prudence et la modération.

En 1977, Mgr Romero succéda à Mgr Chavez ; adroitement, il avait condamné la théologie de la libération et jouissait d’une réputation de «conservateur» ; mais il n’hésita pas à censurer le gouvernement pour de nombreux crimes et disparitions jamais expliqués, ni punis. En particulier, un père jésuite fut expulsé du pays, le p. Mario Bernal, pour lequel le p.Rutilio protesta publiquement.

On se souvient des actions dramatiques des funestes escadrons de la mort. Le 12 mars 1977, ces derniers intervinrent à l’encontre du p.Rutilio. Celui-ci se dirigeait vers El Paisnal, son village natal, pour y célébrer la messe du soir. Il était accompagné de Manuel Solórzano, un fidèle coopérateur paroissial de soixante-douze ans, et de Nelson Rutilio Lemus, un adolescent de seize ans. Il y avait aussi trois enfants. Une rafale de mitraillette renversa la jeep dans le fossé, le père Rutilio et Manuel furent tués sur le coup, le jeune Nelson fut achevé d’une balle dans la tête. Les petits enfants purent se sauver.

Ce triple assassinat ne fut jamais revendiqué, ni expliqué. Mgr Romero protesta de façon solennelle, tout en sachant qu’il était condamné d’avance : il fut lui aussi assassiné trois ans plus tard (v. 24 mars).

Rutilio Grande García, avec ses deux Compagnons Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus, devraient être béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 12 mars.

 

 

Nelson Rutilio Lemus Chávez

1960-1977

 

Nelson Rutilio naquit le 10 novembre 1960 dans une famille de paysans de El Paisnal (San Salvador, El Salvador), d’où était aussi originaire le curé, p.Rutilio Grande.

Nelson avait aussi une formation suffisante pour enseigner le catéchisme aux enfants.

Très actif dans la paroisse d’Aguilares, où fut nommé curé le père Rutilio, il accompagnait volontiers ce dernier dans toutes ses activités, bien conscient du danger qu’il courait si le père Rutilio venait à être attaqué.

Avec Manuel Solórzano, il accompagnait le p.Rutilio le 12 mars 1977, lorsque la jeep fut attaquée par un escadron de la mort. Manuel et le prêtre furent tués sur le coup ; Nelson fut achevé d’une balle dans la tête ; il avait seize ans.

On peut lire d’autres détails dans la notice de Rutilio Grande García

Nelson Rutilio Lemus Chávez devrait être béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 mars.

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 00:00

11 MARS

 

III.

S Pionius, prêtre à Smyrne, martyr brûlé vif. 

?

Ss Héraclius, Zosime, Candide, Pipérion, et d’autres, martyrs à Carthage et/ou Alexandrie.

S Constantin, à Carthage.

Ss Gorgon et Firme, martyrs (à Antioche de Syrie ?).

IV.

Ss Trophimius et Thalus, deux frères martyrs à Laodicée par la lapidation, le chevalet, la croix.

VI.

Ss Vincent,  abbé à Léon, et Ramire, prieur, et leurs moines, martyrs des ariens.

S Constantin, roi en Cornouaille puis moine à Menevia, abbé à Govane, martyr.

VII.

S Sophronius, évêque à Jérusalem, témoin de la prise de la ville par les Arabes, auteur d’importants ouvrages dogmatiques, liturgiques et hagiographiques.

S Vigile, évêque à Sens et martyr.

VIII.

S Vindicianus, évêque à Arras et Cambrai.

S Benedetto, évêque à Milan.

IX.

S Óengus, dit Culdee, moine irlandais à Clonenagh, à Dysert Enos, à Tallagh, où il composa son fameux martyrologe ; son surnom lui vint de son application au “culte de Dieu”, par ses mortifications en particulier. 

S Eulogio, prêtre à Cordoue, martyrisé avant la vierge ste Léocritie (cf. 15 mars).

XI.

Bse Auria (Oria), religieuse à Suse, mystique.

?

S Pierre (XIII.?), militaire espagnol, ermite à Babuco, dont il est patron.

XVI.

B Giovanni Battista Righi de Fabriano, prêtre franciscain, solitaire près d'Ancone.

XVII.

B Thomas Atkinson, prêtre anglais martyr par pendaison à York, béatifié en 1987.

B John Kearney, franciscain martyr à Clone, béatifié en 1992.

XIX.

S Đaminh Cẩm, prêtre martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Chŏng Ŭi-bae Marcus et U Se-yŏng Alexius, martyrs coréens, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

Bx Frano Gjini, évêque, Pal Prennushi et Dedë Nikacj, prêtres franciscains, (*1886, 1881, 1900), martyrs albanais en 1948, béatifiés en 2016.

Pionius de Smyrne

† 250

 

Geminius Pionius était un prêtre à Smyrne.

Sa modestie et la probité de ses mœurs lui valaient même l’estime des païens.

La région fut affligée de diverses calamités, et Pionius lui-même souffrit la faim, mais sans perdre sa confiance en Dieu et sa paix.

Lors de la persécution de Dèce, Pionius sut par révélation qu’il allait être arrêté. En effet, le 23 février - anniversaire de la mort de s.Polycarpe, v. à ce jour - il fut arrêté au terme de la célébration des Saints Mystères. Avec lui on arrêta Sabina et Asclepiades.

Conduits au forum, ils subirent un premier interrogatoire, Pionius put s’adresser à la foule et déclara solennellement que les Chrétiens n’adorent pas les dieux païens ni ne vénèrent leurs statues d’or.

On les mit dans une prison obscure. Les Chrétiens vinrent leur apporter des vivres, mais Pionius les remercia avec cette explication : Je n’ai été à charge de personne jusqu’ici, pourquoi maintenant le deviendrais-je alors que je n’ai plus qu’à mourir ?

Il arriva alors que l’évêque de Smyrne lui-même vint à apostasier et à sacrifier aux dieux. On s’empressa d’inviter Pionius à l’imiter et on le porta à Ephèse, où cependant son attitude ferme répara largement le scandale causé par l’évêque apostat.

Interrogé une dernière fois, Pionius répéta sa fidélité au Christ ; il fut condamné au feu. Il marcha au supplice d’un pas ferme et rapide, retira lui-même ses vêtements, remercia Dieu de lui avoir conservé la pureté et la chasteté, s’étendit lui-même sur le poteau où on le cloua et dit : Je me hâte de dormir pour me réveiller plus tôt, répétant en quelque sorte notre Credo catholique : J’attends la résurrection des morts et la Vie du siècle qui va venir.

Les récits ne parlent pas des autres arrêtés, Sabina et Asclepiades, mais signalent qu’on fit mourir près de Pionius un prêtre hérétique nommé Metrodoros. Pionius pria silencieusement ; son visage s’illumina d’une grande joie, il ouvrit les yeux, dit tout haut Amen, et rendit l’esprit.

Arrêté le 23 février, Pionius mourut dans la première quinzaine de mars, en 250.

Saint Pionius de Smyrne est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Trophimus et Thalus de Stratoniki

† 308

 

Trophimus et Thalus étaient deux frères, originaires de Stratoniki (Carie, act. Turquie SW).

On trouve aussi qu’ils étaient prêtres tous les deux.

Lors de la persécution de Dioclétien, ils furent arrêtés à Laodicée.

Ils subirent la lapidation, qui cependant ne leur fit aucun mal, car un invisible bouclier arrêtait les pierres qui déferlaient sur eux. Le préfet, assez impressionné du prodige, les relâcha.

On s’acharna cependant contre les Chrétiens. A nouveau dénoncés, les deux frères furent condamnés à être dévêtus, étendus sur le chevalet, et mis en pièces par les crocs du chevalet et les coups des lanières de fouets. Dieu leur donnait encore la force de prier et d’invectiver les païens, les invitant à se convertir.

Finalement le juge les fit mettre en croix.

Ce pouvait être en 308, approximativement.

Saints Trophimus et Thalus sont commémorés le 11 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Constantin de Cornouaille

† 576

 

Bien des versions parlent de ce saint roi Constantin, avec des variantes importantes.

  1. Neveu du roi Arthur, qui lui remit sa couronne quand il se vit mortellement blessé.
  2. Roi de Cornouaille, il démissionna et se fit moine dans la «cellule de s. David». Puis il alla fonder un monastère dans une autre contrée.
  3. La tradition écossaise fait de Constantin le fils du roi Paternius ; il épousa la fille du roi de Bretagne ; à la mort de celle-ci, inconsolable, il remit son royaume à son fils et passa à au monastère Saint-David de Menevia. Pendant sept ans, il s’occupa à transporter le grain du monastère au moulin et d’en rapporter la farine. Un jour, quelqu’un du moulin l’entendit réfléchir : Suis-je donc bien le roi Constantin de Cornouaille ? et le raconta à l’abbé du monastère. L’abbé le prépara au sacerdoce. Peu après, Constantin se rendit auprès de s.Columba (v. 9 juin), fut envoyé par l’évêque Kentigern (v. 13 janvier) prêcher dans le Galloway, fonda le monastère de Govane et mourut très âgé.
  4. Après avoir fondé un monastère à Govane, il souhaita recevoir la grâce du martyre. Parti prêcher avec un compagnon et arrivé à l’île de Kintyre, ils furent attaqués par des brigands ; le compagnon eut une main coupée, que Constantin guérit sur place, avant d’être lui-même sauvagement assassiné.
  5. Il existerait aussi un autre roi martyr du même nom, mais plus tard, au 9e siècle. Fils de Kenneth II, supplanté par son oncle Donald, revenu sur le siège royal, il mourut lors d’une bataille contre les envahisseurs danois, qui l’égorgèrent dans une grotte.

Il semble que la version 3 soit celle majoritairement adoptée, complétée de la version 4. Mais certains ont supposé que le Martyr fut seulement moine, à Rathane, et distinct d’un autre roi du même nom.

La mort de Constantin put avoir eu lieu entre 576 et 588, selon les versions.

Saint Constantin est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sophronius de Jérusalem

† 639

 

Saint Sophronius naquit à Damas et se rendit recommandable plus par sa piété que par ses connaissances. On ne dit rien de son enfance et de sa famille. On sait qu’il voyagea énormément, pour rencontrer d’autres moines, pour en recueillir les exemples.

Il rejoignit cependant un saint moine de Jérusalem, Moschus, avec lequel il se lia profondément d’amitié et voyagea beaucoup : Syrie, Arabie, Monts Sinaï et Raïthe… 

A Alexandrie, le patriarche Jean l’Aumônier (fêté maintenant le 11 novembre) les retint quelque temps, apprécia beaucoup les dons de Sophronius et le chargea, plutôt que de voyager de par le monde, de combattre l’erreur acéphale ou jacobite.

C’est sur ces entrefaites que la Palestine fut envahie par les Perses, qui emportèrent le saint Bois de la Croix avec le patriarche Zacharie, et l’on craignit beaucoup de les voir déferler aussi en Egypte. Il n’en fut rien.

Mais à la mort de Jean l’Aumônier, Sophronius et son ami se remirent en marche : Chypre, Samos, Rome, et auraient bien pu continuer encore longtemps, visitant tous les grands monastères de l’Occident , mais Moschus mourut à Rome, et Sophronius revint sur ses pas. Il portait avec lui la dépouille de son ami, ainsi que l’ouvrage que ce dernier avait rédigé à Rome, le Pré spirituel, où il consignait les exemples extraordinaires de pénitence, de pauvreté, d’humilité qu’ils remarquèrent chez les moines.

Ayant donc d’abord reporté les restes de son ami au monastère Saint-Théodose de Jérusalem, Sophronius s’en vint à Alexandrie. Là, il se dépensa beaucoup pour combattre l’hérésie du monothélisme.

Les Perses ayant fait la paix, Sophronius put revenir à Jérusalem, où il fut choisi trois ans après pour être patriarche. Comme tel, il réunit un synode de tous les évêques de sa province où il maintint la doctrine orthodoxe et dont il envoya les actes au pape Honorius et au patriarche Sergius de Constantinople, qui avait toutefois déjà prévenu le pape contre Sophronius. Ce dernier prépara alors un ouvrage complet recueillant tous les témoignages de l’Ecriture et des Pères pour établir l’existence des deux volontés en Notre-Seigneur. Bien que cet ouvrage fondamental soit aujourd’hui perdu, il servit grandement à la condamnation définitive du monothélisme, lors du concile de Latran en 649.

Mais Sophronius ne devait pas voir ce Concile. Comme pasteur il poursuivit l’œuvre de son prédécesseur et veilla à rétablir la discipline et la liturgie ancienne, à réformer les mœurs, à veiller au maintien de la sainte doctrine.

En 636, il eut la douleur de voir Jérusalem retomber aux mains des Sarrasins et assista à de nouvelles calamités. Il s’exposa parfois jusqu’à la mort pour sauver son troupeau. Omar lui accordait la liberté de pratiquer la religion chrétienne, mais ne respecta pas vraiment ses engagements, poussant même le sacrilège à vouloir pénétrer dans le temple des juifs soi-disant pour y adorer le vrai Dieu, en réalité pour y proférer d’abominables blasphèmes. Sophronius déclara que c’était vraiment là l’abomination de la désolation.

Il tomba malade peu après et mourut le 11 mars 639.

On a de lui des discours et des sermons sur les fêtes, entre autre pour l’Exaltation de la Sainte Croix ; un Pénitentiel, les Actes de saint Cyr et saint Jean (31 janvier), une vie de sainte Marie l’Egyptienne ; d’autres traités aussi, dont une partie n’existe qu’en traduction latine.

 

 

Vindicianus de Cambrai

632-712

 

Vindicianus (Vindicien) naquit vers 632 à Bullecourt (Bapaume, Pas-de-Calais).

C’est «le grand saint Eloi», évêque de Noyon (v. 1er décembre), qui pourvut à sa formation.

Il reçut l’ordination sacerdotale, peut-être des mains de l’évêque d’Arras-Cambrai, Aubert (v. 13 décembre, à ne pas confondre avec l’homonyme d’Avranches, v. 10 septembre), qui le garda comme «vicaire général» et l’associa au gouvernement de ce vaste double diocèse, de sorte que Vindicianus en devint le successeur, en 669. Il n’avait pas quarante ans !

En réalité, Vindicianus était le deuxième évêque d’Arras, dont le premier avait été s.Vaast (v. 6 février, mort en 540). L’évêché d’Arras fut un certain temps administré par l’évêque de Cambrai.

Vindicianus poursuivit pieusement et activement l’œuvre d’Aubert. 

Un événement particulier marqua la translation du corps de la sainte martyre Maxellende (v.13 novembre), dont l’assassin avait été frappé de cécité. Celui-ci vint humblement vénérer les reliques et implorer son pardon : il recouvra instantanément la vue. En souvenir de l’épisode, Vindicianus fonda un monastère au lieu du martyre, à Caudry.

Vindicianus consacra plusieurs églises dans ses diocèses (église du monastère de Honnecourt, de Hasnon en 675) ; il signa une charte pour le monastère de Maroilles en 675, et acheva le monastère Saint-Vaast en 682.

En 681, il reçut des reliques du saint évêque martyr Léger d’Autun (v. 2 octobre), mais surtout il amena le responsable de ce martyre, Thierry III, à la pénitence et Thierry devint par la suite un grand bienfaiteur de l’abbaye Saint-Vaast. Vindicianus mit à la tête de cette abbaye un saint religieux nommé Hatta, de Blandinberg (Gand).

En 686 enfin, il consacra l’église du monastère d’Hamage et y fit la translation des reliques des saintes Eusebia et Gertrud (v. 16 mars et 16 novembre).

Tels sont les événements importants connus de ce long épiscopat de plus de quarante ans. Les dernières années de sa vie, Vindicianus se retirait volontiers dans l’un ou l’autre des monastères de ses diocèses. Il fut appelé jusqu’à une bourgade lointaine, Brosselles (auj. Bruxelles), où les forces lui manquèrent et où il mourut, le 11 mars 712 environ.

Son tombeau, d’abord à Saint-Vaast, fut le lieu de nombreux miracles. Les reliques de s.Vindicianus furent plusieurs fois l’objet soit de profanations par les Normands (qui assassinèrent les moines), soit de translations pour échapper aux guerres, et sont maintenant dans la cathédrale d’Arras.

Saint Vindicianus est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.

Benedetto de Milan

† 725

 

On a longtemps relié ce personnage à la famille milanaise des Crespi.

Benedetto (Benoît) fut le quarante-et-unième évêque de Milan de 681 à 725 (ou de 685 à 732), succédant à s. Mansueto (v. 19 février) et précédant Teodoro II.

C’est lui qui fut chargé de prononcer l’éloge funèbre du roi anglo-saxon Cedwald, qui fut baptisé à Rome en 687 et mourut en 689.

On dit de Benedetto qu’il fut un vigoureux défenseur de ses droits épiscopaux.

Il mourut le 11 mars 725 ou 732, suivant les calculs des spécialistes.

Saint Benedetto est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain, qui retient la date de 725.

 

 

Óengus le Culdee

† 824

 

Óengus (Aengus) naquit vers le milieu du 8e siècle non loin de Clonenagh (Irlande).

Dans cette localité se trouvait déjà un célèbre monastère, fondé par s.Fintan (v. 17 février). Óengus y apprit les lettres, à lire les psaumes, et s’initia à la vie religieuse. 

Très tôt, il fut remarqué pour son application à l’étude, mais aussi à la mortification ; son amour de Dieu était déjà arrivé à un tel degré d’élévation, qu’on le surnomma Culdee, qui «honore Dieu» ; cet appellatif fut plus tard repris pour d’autres ermites ou chanoines.

Óengus fut bientôt favorisé du don des miracles, mais plus il en faisait, plus il recherchait humblement l’effacement.

Il alla se construire une cabane en un endroit retiré, qui s’appela Dysert Enos : là, Óengus pouvait pratiquer ses mortifications personnelles sans être remarqué (croyait-il). Chaque jour, sa dévotion le poussait à faire quelque trois-cents génuflexions, en signe de pénitence et d’humilité ; chaque jour aussi il priait les cent-cinquante psaumes : un tiers dans sa cellule, un autre tiers sous un arbre, et le dernier tiers… attaché par le cou à un poteau et le corps à demi plongé dans un bassin d’eau froide.

Toute son attention était occupée par l’amour de Dieu, le désir de se sanctifier, de dominer les passions qui renaissent toujours, au point qu’on pouvait vraiment imaginer que cet être était un ange dans une forme humaine.

Se croyant, dans son innocence, suffisamment ignoré, il ne se rendit pas compte qu’on l’avait remarqué, qu’on avait parlé de lui. On l’aurait fait à moins ! Il voulut fuir cette célébrité et alla se présenter incognito au monastère de Tallagh (Dublin) et demanda à être admis comme simple domestique. On l’accepta et pendant sept années il se soumit à tous les genres de travaux qu’on lui imposa. Toute sa joie était de se mortifier autant qu’il le voulait ; une seule personne fut dans le secret : l’abbé, Maelruan, qui maintint le silence le plus absolu sur son disciple, et se lia avec lui d’une profonde amitié.

Ensemble, ils rédigèrent vers 790 le Martyrologe de Tallagh, grâce auquel nous connaissons des détails sur les Saints irlandais. Óengus lui-même rédigea de son côté le Félire Óengusso Céli Dé, ou Martyrologe d’Óengus, dans lequel l’auteur expose pour chaque jour de l’année quelques indications sur les vertus et les actes des Saints du jour, ce qu’essaie de faire notre blog depuis quelques années (mais en français).

A la mort de Maelruan, Óengus resta quelque temps à Tallagh, puis repartit pour Clonenagh, où l’on pense qu’il devint abbé, puis évêque (ou chorévêque, ayant la dignité et les pouvoirs épiscopaux, mais sans siège partiulier).

Óengus se retirait encore dans son Dysert Enos : là, il donna la dernière main à son Félire et mourut le 11 mars 824.

Saint Óengus est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eulogio de Cordoue

† 859

 

Eulogio était d’une des premières familles de Cordoue, et fut confié dès sa jeunesse au monastère de Saint-Zoïle. Il fut passionné par l’étude de la Sainte Écriture.

Plus tard, il se mit sous la direction spirituelle d’un abbé nommé Espérandieu, homme aussi pieux que savant, qui gouvernait le monastère de Cutelar, près de Cordoue. C’est là qu’Eulogio connut Alvare avec qui il se lia d’une étroite amitié et qui fut plus tard son biographe, témoin oculaire des vertus et des actions d’Eulogio.

Au terme de cette formation, Eulogio apparut à tous comme un modèle d’humilité, de sagesse, de douceur et de charité, qui conquirent tous ceux qui le rencontrèrent. On lui confia quelque temps l’enseignement des lettres à Cordoue, puis fut élevé au diaconat, et bientôt après au sacerdoce. 

Il se fit toujours remarquer comme modèle de continence, de piété, de mortification aussi ; il vécut dans le clergé comme un religieux, et parmi les moines en parfait ecclésiastique. Il rédigea des règles de vie commune puis voulut confronter son expérience avec les habitudes d’autres monastères de son pays.

De retour à Cordoue, il assista à cette brusque persécution, encore inexpliquée aujourd’hui, des Maures contre les Chrétiens. Abdérame régnait à Cordoue depuis vingt ans et fut secondé dans sa haine par un certain Récarède, évêque d’Andalousie, qui, par faiblesse ou par apostasie, lui livra les chrétiens de Cordoue avec leur évêque.

Tous ces chrétiens furent emprisonnés, et Eulogio avec eux : il employa le temps de sa détention à prier, à encourager ses frères. Notamment, il composa une exhortation au martyre pour deux vierges, nommées Flora et Maria, qui furent martyrisées l’année suivante, le 24 novembre.

Après ce martyre, Eulogio et ses compagnons furent remis en liberté. Eulogio en profita pour écrire le récit du martyre des deux jeunes vierges, mais aussi pour instruire les fidèles par ses prédications. Son zèle ne fut pas vain : lorsque Mohammed, le fils d’Abdéradame, poursuivit la persécution, beaucoup de chrétiens faibles furent fortifiés et restèrent fidèles au Christ. Eulogio recueillit ensuite les Actes de tous ces martyrs, et en composa un Memorial comprenant trois livres.

Vers la fin de 858, les suffrages unanimes proposèrent Eulogio comme successeur de l’archevêque de Tolède qui venait de mourir. Mais on n’eut pas le temps de le consacrer : Dieu le destinait à une autre gloire.

En effet, Eulogio prit alors sous sa protection une jeune fille récemment convertie au christianisme, Léocritie, en grand danger devant les menaces des siens. On sait en effet que les Musulmans ne permettent pas aux leurs de se convertir au Christianisme, sous peine de mort.

Eulogio cachait Léocritie, lui faisant changer de domicile constamment. Ils furent finalement découverts, arrêtés et jugés. Eulogio fut accusé d’avoir enlevé la jeune fille, de l’avoir soustraite à l’obéissance de ses parents, et Eulogio répondit calmement. Il en profita même pour proposer au juge, puis au roi, d’adhérer à la Vérité de Jésus-Christ. Il fut aussitôt condamné à la décapitation, précédée de la flagellation.

En chemin vers le supplice, Eulogio reçut un soufflet d’un eunuque ; sans se plaindre, il lui présenta l’autre joue, que l’autre frappa insolemment. A l’endroit du supplice, Eulogio s’agenouilla, pria, fit un grand signe de croix et fut alors décapité. C'était le samedi 11 mars 859.

Léocritie fut, elle, décapitée le 15 mars suivant.

Les fidèles de Cordoue rachetèrent au bourreau la tête d’Eulogio, qu’ils réunirent à son corps, et le placèrent dans l’église de Saint-Zoïle, d’où il fut plus tard transféré d’abord à Oviedo, puis à Camarasanta.

Le Martyrologe Romain mentionne Eulogio comme prêtre et martyr le 11 mars.

 

 

Giovanni Battista Righi 

1469-1539

 

Giovanni Battista vit le jour vers 1469 à Fabriano (Ancône, Marches, Italie CE), de noble famille, où ses parents lui inculquèrent les justes préceptes de la religion.

L’enfant et l’adolescent répondirent à cet enseignement. Giovanni Battista aimait prier, secourir les pauvres matériellement et fraternellement.

Ayant été sensible à ce qu’il lut de saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre), il entra chez les Frères mineurs de Forano.

Il faut être prudent en parlant de la «jeunesse» de Giovanni Battista. On a parfois affirmé qu’il fut ordonné prêtre à quinze ans, chose absolument impossible dans l’Eglise.

Dans un désir d’acquérir plus de perfection, il rejoignit un endroit solitaire à Massaccio, une grotte appelée La Romita. Il y pratiqua toutes sortes d’austérités, de pénitences, dans une prière soutenue et la lecture des Pères. On connut son humilité dans le mépris de soi-même, l’esprit de pauvreté, la promptitude dans l’obéissance, la patience au milieu des incommodités, l’innocence de vie.

Il enseignait les confrères, les gens qui venaient lui demander conseil.

Plus épuisé qu’âgé, il s’endormit dans le Seigneur à Cupramontana, le 11 mars 1539.

Longtemps après la sépulture, le corps fut exhumé : il était incorrompu et exhalait une odeur agréable.

Le culte du bienheureux Giovanni Battista Righi fut confirmé en 1903.

 

 

Thomas Atkinson

1545-1616

 

Thomas Atkinson était né vers 1545 en East Riding (Yorkshire, Angleterre).

On sait qu’il fut ordonné prêtre à Reims et regagna sa région en 1588.

Infatigable à visiter son troupeau de fidèles, et surtout les pauvres gens, il devint si connu qu’il ne pouvait plus se déplacer de jour. Il allait toujours à pied, jusqu’au moment où, s’étant cassé une jambe, il prit un cheval.

Vers l’âge de soixante-dix ans, il fut trahi, porté à York avec son  hôte, M.Vavasour, de Willitoft, ainsi que quelques membres de sa famille. On lui trouva des chapelets, et il fut condamné à mort.

Il subit le martyre le 11 mars 1616 avec une patience admirable, avec courage et constance, et tous les signes d’un grand bonheur.

Il fut béatifié en 1987.

 

John Kearney

1619-1653

 

Le nom gaélique de John Kearney est Seán Ó Cearnaigh.

Il naquit vers 1619 à Cashel (Tipperary, Irlande), de John et Elizabeth Creagh, qui moururent dans l’incendie de la cathédrale en 1647.

Entré chez les Frères Mineurs Franciscains Observants à Kilkenny, où il fit le noviciat ; il fut ensuite envoyé à Louvain et fut ordonné prêtre à Bruxelles en 1642. 

Durant son voyage de retour en Irlande, le vaisseau fut reconnu : on l’arrêta, on le tortura, on le condamna à mort à Londres ; mais il réussit à s’échapper et à rejoindre d’abord Frankfurt , puis l’Irlande, par Calais (!). 

il enseigna à Cashel et Waterford, et l’on apprécia beaucoup ses homélies.

En 1650, il devint Gardien (c’est-à-dire Supérieur) du couvent de Carrick-on-Suir (Tipperary).

Lors de la persécution au temps de Cromwell, sa tête fut mise à prix. Au printemps 1653, il fut arrêté, et jugé à Clonmel : on l’accusa d’avoir exercé son ministère sacerdotal, contrairement à la loi ; condamné à mort, il reçut le martyre à Glenn le 11 mars 1653.

Il fut béatifié en 1992.

Đaminh Cẩm

?-1859

 

Đaminh (Dominique) était né à Cẩm Chương (Bắc Ninh, Vietnam).

Devenu prêtre, il appartint à une fraternité sacerdotale dominicaine (Tiers Ordre ?).

Arrêté et torturé, sommé de piétiner la croix, il refusa.

Il reçut le martyre à Hưng Yên, le 11 mars 1859 : il eut la tête tranchée et fut coupé en morceaux.

Il a été canonisé en 1988.

 

 

Chŏng Ŭi-bae Marcus

(Jeong Eui-bae Mareuko)

1794-1866

 

Marcus était né en 1794 dans la province de Kyŏnggi, dans une famille noble qui méprisait les Catholiques.

Il acheva ses études officielles et se mit à enseigner aux enfants.

Il se maria, mais resta bientôt veuf, sans enfants.

En 1839, il eut l’occasion d’assister au martyre de Mgr Imbert et des pères Maubant et Chastan (v. 21 septembre). Lui qui pensait que la religion catholique était une hérésie, fut surpris de voir avec quelle joie les Martyrs allaient à la mort. Il se mit à lire des livres catholiques, et fut bientôt convaincu que devenir catholique à son tour l’aiderait à être un meilleur sujet.

Il vint à Seoul pour se faire baptiser.

Mgr Ferréol, qui arriva en Corée en 1845, en fit un catéchiste. Il accomplit désormais sa mission avec tant de fidélité jusqu’à sa mort, que Mgr Daveluy déclara que c’était un vrai saint, et Mgr Berneux dit qu’il aurait bien aimé se retrouver avec Marcus au Paradis (v. 7 et 30 mars).

Marcus savait s’occuper comme il fallait des Catholiques et des catéchumènes, visiter les malades et entourer les orphelins.

Il mena volontairement une vie de pauvreté, avec sa seconde épouse, P’i Catherina, et comme ils n’avaient pas d’enfants, il adopta un neveu, P’i Paulus, qui enseigna le coréen au père Ranfer de Bretenières, durant son séjour chez eux. Le même père de Bretenières fit souvent l’éloge de Marcus pour sa façon recueillie d’assister à la sainte Messe.

Marcus pratiqua sa religion très fidèlement, et sa volonté était solide. Il faisait l’unanimité dans l’estime et l’amour qu’on avait pour lui.

On savait qu’il préférait être martyrisé que de mourir chez lui. Quand la persécution éclata, il aida plusieurs amis à s’échapper, mais lui resta sur place. Quand il fut arrêté, le 25 février 1866, il en montra une joie immense. Il avait alors soixante-douze ans.

Après quelques jours de prison en compagnie des quatre missionnaires français (Mgr Berneux et les pères Ranfer de Bretenières, Dorie et Beaulieu), il subit de dures tortures et fut décapité à Saenamt’ŏ, le 11 mars 1866, le même jour, et sans doute au même moment que le jeune U Se-yŏng Alexius, qui fut arrêté en même temps que lui.

Chŏng Ŭi-bae Marcus a été béatifié parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1968, canonisé avec eux en 1984, et avec eux aussi est fêté le 20 septembre.

 

 

U Se-yŏng Alexius

(U Se-yeong Alleksio)

1845-1866

 

Alexius était né en 1845 à Sŏhŭng (Hwanghae, Corée N), troisième enfant d’une riche famille noble.

Il reçut une éducation complète avec ses frères : très intelligent, il avait terminé ses études secondaires à seize ans.

A ce moment-là, le catéchiste Kim Ioannes lui parla de la religion catholique. Emballé, l’adolescent demanda à son père l’autorisation de recevoir le baptême, ce que son père lui refusa catégoriquement.

En secret, Alexius alla trouver Mgr Berneux dans un village éloigné, et l’évêque l’envoya vers le catéchiste Chŏng Marcus, pour recevoir l’instruction préliminaire au baptême.

En 1863, le jeune homme fut baptisé par Mgr Berneux lui-même, qui lui donna alors le nom de Alexius.

A son retour en famille, Alexius ne cacha pas sa foi, et fut très durement maltraité par les siens. Il supporta patiemment ces contradictions.

Puis il demanda à son père la permission de vivre séparément de la famille, ce que son père jugea en effet meilleur. Aussi Alexius s’en vint à Seoul, où il vécut chez Chŏng Marcus, priant avec ferveur pour la conversion de toute sa famille. Il s’occupa à traduire le catéchisme et fit imprimer les Douze Prières Fondamentales.

Peu à peu, le père d’Alexius, touché par la grâce, s’intéressa à cette Religion et voulut en savoir davantage. Alexius revint chez lui, et enseigna aux siens ce qu’il savait déjà de la religion catholique. Vingt personnes, de la famille d’Alexius et des voisins, furent conquis par sa parole et furent bientôt baptisés. Le fait devint suffisamment notoire dans la région, pour que toute la famille dût se déplacer à Nonjae (Pyŏngyang).

Au moment du Nouvel An lunaire 1866, Alexius vint offrir ses vœux à Marcus. A ce moment-là, la police attaqua le village et arrêta tous les Catholiques, y compris Alexius.

Le pauvre garçon n’eut pas la constance de proclamer sa foi (ou bien, selon une autre source, fut contraint d’apostasier) et fut relâché. Mais il s’en repentit immédiatement et commença à jeûner pour faire pénitence. Il brûla tout ce qu’il avait et vint demander pardon aux pieds de Mgr Berneux qui était en prison : il demanda pardon d’avoir renié Dieu à Pyŏngyang, d’avoir été de ceux qui battirent à mort le catéchiste Yu Chŏng-nyul Petrus et le traînèrent dans la rivière, le 17 février précédent.

Ayant reçu l’absolution, il fut à nouveau arrêté et soumis aux tortures, qu’il supporta cette fois-ci courageusement et sans renier sa foi. Jusqu’à la fin, ses bourreaux cherchèrent à le faire apostasier, mais n’y réussirent pas.

Alexius fut décapité à Saenamt’ŏ (Seoul), le 11 mars 1866 ; il n’avait pas vingt-deux ans. Le même jour, et peut-être au même moment, fut décapité aussi le catéchiste Chŏng Ŭi-bae Marcus.

Il fait partie des cent-trois Martyrs coréens, béatifiés en 1968, canonisés en 1984, et fêtés le 20 septembre.

 

 

 

Pal Prennushi

1881-1948

 

Pal Prennushi naquit le 2 octobre 1881 (ou 1882) à Shkodër (Albanie).

Après ses études classiques dans une école tenue par les Franciscains, il fréquenta l’université de Graz (Autriche).

Il entra chez les Frères Mineurs Conventuels où il prit le nom de Mati et fut ordonné prêtre en 1904.

En 1911, il participa à la reprise de la montagne Deçiq (Montenegro) sur les Yougoslaves, en y déployant le drapeau albanais. Arrêté par les Yougoslaves, il fut condamné à mort, puis grâcié par le roi de Montenegro ainsi que par le roi albanais Zog 1er.

Il fut curé à Bajza, Gomsiqe, Tiranë et Shkodër.

En 1943, il fut provincial pour son Ordre.

En 1946, il fut arrêté en Albanie, cette fois-ci par ses compatriotes, mais communistes, accusé de trahison envers la patrie, et abattu à Zalli i Kirit le 11 mars 1948.

Pal Prennushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

 

 

Frano Gjini

1886-1948

 

Frano Gjini naquit le 20 février 1886 à Shkodër (Albanie).

Après le collège S.François-Xavier tenu par les Jésuites, il étudia la philosophie et la théologie à Rome et fut ordonné prêtre en 1908.

Il exerça ses fonctions acerdotales à Laç i Kurbinit, Vlora et Durrës.

En 1930 il fut nommé évêque de Durrës puis, en 1932, évêque-abbé de Mirdita.

En 1945, quand s’était déchaînée la persécution du régime communiste envers l’Eglise catholique, il fut nommé délégué apostolique pour l’Albanie, une charge qui jusqu’alors était confiée à un Italien.

En 1946, il fut nommé évêque de Lezhë.

Mgr Gjini fut arrêté le 18 novembre 1946, sous l’accusation de collaborer avec le Vatican et les Anglo-Américains ainsi que pour avoir favorisé l’introduction d’armes dans le couvent franciscain pour préparer un soulèvement contre le régime communiste (les armes avaient été placées préalablement par un traître).

Dans la cellule de la prison, se trouvaient plusieurs autres ecclésiastiques, mais Mgr Gjini reçut un traitement tout spécial : on expérimenta sur son corps toutes sortes de tortures, un martyre qui dépassa l’entendement humain.

Après seize mois d’ «enquête», et ayant inflexiblement refusé d’adhérer à une Eglise nationale séparée de Rome, Mgr Frano Gjini fut abattu, le 11 mars 1948.

Frano Gjini fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

 

 

Dedë Nikacj

1900-1948

 

Dedë (Dominique) Nikaj naquit le 19 juillet 1900 à Shkodër (Albanie), et fut orphelin à l’âge de cinq ans.

Recueilli par les Franciscains, il fit chez eux de bonnes études et demanda à être admis dans l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il prit le nom de Cyprian.

Il fut même envoyé à Lankowitz et à Graz (Autriche), puis à Rome et Pescia pour des études de théologie, et fut ordonné prêtre à Rome en 1924.

Il recouvra différents postes : Maître des clercs (1929), des novices (1932), provincial de son Ordre pour l’Albanie (1938), directeur du séminaire franciscain (1941), finalement gardien (supérieur) du couvent de Gjiudahol (quartier de Shkodër), depuis 1943.

En novembre 1946, Dedë fut arrêté par la police communiste d’Albanie, sous l’accusation d’avoir caché des armes derrière un autel de la chapelle. Mieux : comme par hasard, ce jour-là, la télévision yougoslave était présente dans l’église de Gjiudahol pour filmer en direct la «découverte», et ainsi accuser les Religieux.

En réalité, un traître au service de la police avait caché au préalable ces armes ; ce pauvre homme fut par ailleurs à son tour accusé de trahison et, durant son procès, hurla au micro que c’était lui qui avait caché les armes en question ; on le fusilla.

Le père Cyprian, en prison, fut torturé longuement ; quatre soldats prétendaient discuter avec lui de l’existence de Dieu, mais en vinrent bien vite aux tortures et aux coups ;  de retour dans sa cellule, Cyprian dit à son compagnon : Je vais bien, je vais très bien, j’ai donné mon témoignage… Je dois garder ma lampe allumée où qu’elle vienne à s’éteindre. Certainement, ce n’est pas facile de souffrir, mais la souffrance rend la victoire plus noble.

Condamné à mort le 28 décembre 1947, il fut fusillé, le 11 mars 1948, dans un fossé proche d’une vigne. Juste avant de mourir, Cyprian cria : Vive le Christ Roi ! Nous pardonnons à nos ennemis. L’Albanie ne meurt pas avec nous !

Dedë Nikaj fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 mars.

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 00:00

10 MARS

 

II.

Ss Caïus et Alexander, martyrs à Apamée.

?

S Victor, martyr en Afrique.

III.

Ss Codrat, Denis, Cyprien, Anect, Paul et Crescent, martyrs à Corinthe.

IV.

S Pierre, évêque à Sébaste, différent du frère de s. Basile (cf. 26 mars).

S Macaire Ier, évêque à Jérusalem, adversaire de Arius, témoin de la découverte de la Sainte Croix, constructeur des basiliques du Saint-Sépulcre, sur le Mont des Oliviers et à Bethléem, grâce à l’appui de ste Hélène.

V.

S Silvestre, romain, évêque à Domnach-Arda.

S Simplicius, pape (468-483) ; il fit appliquer les décrets du concile de Chalcédoine contre le monophysisme et l’eutychianisme.

VI.

S Kessog (Mackessog), thaumaturge irlandais, évêque à Lennox.

Ste Anastasie la Patricienne, de Constantinople, fondatrice d’un monastère près de Alexandrie, puis recluse dans le désert sous le nom de “Anastase l’Eunuque” pendant près de trente ans.

S Sedna, évêque à Ossory.

S Droctovée, disciple de s. Germain, abbé à Paris dans l’abbaye Saint-Vincent qui devint Saint-Germain-des-Prés. 

VII.

S Attala, bourguignon, moine à Lérins puis Luxeuil, abbé à Bobbio.

S Blanchard, vénéré à Nesle-la-Reposte.

VIII.

S Failbhe II, abbé à Iona.

S Himelin, écossais ou irlandais, mort près de Vissenaeken, de retour de Rome.

XI.

B Andrea de Vallombreuse, abbé à Strumes.

XVII.

S John Ogilvie, écossais converti, jésuite et martyr à Glasgow.

XIX.

Ste Marie-Eugénie de Jésus Milleret de Brou, lorraine, fondatrice des Religieuses de l’Assomption, pour l’éducation des jeunes filles, canonisée en 2007. 

XX.

B Mateo Elías Nieves del Castillo (de Notre Dame du Bon Secours, 1882-1928), prêtre augustin mexicain martyr, béatifié en 1997.

Caius et Alexander d’Apamée

† 161

 

Il s’agit ici de deux martyrs d’Apamée en Phrygie (Asie Mineure, auj. Turquie W).

Une première précision : plusieurs villes portèrent le nom d’Apamée. Celle de Phrygie s’appelait anciennement Apamea Kibôtos (auj. Dinar ou Geiklar).

On situe leur martyre sous Marc Antonin et Lucius Verus, qu’il faudrait inverser, puisque Lucius Verus (161-166) précéda Marc Aurèle Antonin (161-180). Il y a donc cinq années communes aux deux : 161-166.

Enfin, autre question : le Martyrologe situe ces Martyrs aux 3e -4e siècles…

Saints Caius et Alexander d’Apamée sont commémorés le 10 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor en Afrique

?

 

Victor est le nom d’un grand nombre de Saints martyrs, qui méritèrent bien leur nom de Victorieux.

L’ancien Martyrologe en présentait une trentaine.

Le nouveau Martyrologe en comporte encore plusieurs, mais on ne sait pas auquel fait allusion saint Augustin (v. 28 août) dans un de ses sermons, ni s’il parle d’un Martyr africain spécifique ou d’un autre, européen, dont il a entendu parler.

Il est vérifié qu’un Martyr du nom de Victor était vénéré en Afrique le 10 mars, mais on n’en sait rien de plus. Saint Augustin étant mort en 430, on peut seulement dire que Victor mourut avant cette date.

Il reste que ce saint Victor d’Afrique est commémoré le 10 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Macaire de Jérusalem

† 335

 

Macaire (Makarios) fut le trente-neuvième évêque de Jérusalem.

Il fut un des premiers à dénoncer l’erreur d’Arius, et ce dernier le considérait d’ailleurs comme un de ses plus redoutables adversaires.

Macaire fut donc, avec Alexandre et Anastase d’Alexandrie (v. 26 février et 2 mai), un des meilleurs artisans du concile de Nicée (325), après lequel il s’employa à faire disparaître l’erreur de tout son territoire diocésain.

C’est à cette époque que l’empereur Constantin, mais surtout sa pieuse mère, sainte Hélène (v. 18 août), firent construire des basiliques aux Lieux Saints de Palestine. Ils le firent de concert avec Macaire.

On raconte que lors de la découverte des trois croix, à Jérusalem, celle du Christ, celle du Bon Larron, celle du deuxième larron. Macaire ordonna des prières, et l’on coucha successivement une pauvre femme juive mourante sur les trois croix : celle où elle guérit fut reconnue comme celle du Christ. Il ne manque pas d’historiens qui trouvent cet épisode légendaire.

Macaire mourut vers 335.

Macaire de Jérusalem est commémoré le 10 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius

468-483

 

Simplicius, fils de Castinus, était né à Tibur, qui est aujourd’hui Tivoli, dans les environs de Rome, et était devenu une figure emblématique du clergé de la Ville.

Il succéda à saint Hilarius (voir au 29 février), comme quarante-septième pape.

A Rome, l’empire latin s’écroula en 476, lorsque le barbare Odoacre, chef des Hérules, balaya ce qui restait du pouvoir des derniers empereurs. Le pape n’avait plus qu’à consoler les chrétiens affligés et à jeter les semences de la foi dans ce monde des envahisseurs.

En Orient, l’empereur Basilisque faisait repartir l’agitation doctrinale en favorisant les eutychianistes (du nom de Eutychès, qui prétendait qu’à partir de l’Incarnation, les deux natures du Christ étaient confondues) ; Pierre Monge, diacre d’Alexandrie, jeta de l’huile sur le feu, et le patriarche de Constantinople Acace, au lieu de seconder les efforts du pape, faisait signer une formule doctrinale sinon pas hérétique, du moins trop compromissiste. Condamnés, Acace et Pierre Monge persévérèrent dans l’erreur et le schisme.

Simplicius fit la dédicace de plusieurs églises romaines : Saint-Etienne au Cœlius, Saint-Etienne près de Saint-Laurent, Saint-André près de Sainte-Marie-Majeure, Sainte-Bibiane.

Il ordonna trente-sept évêques, cinquante-neuf prêtres et onze diacres.

Saint Simplicius mourut le 10 mars 483.

Son successeur fut saint Felix III.

 

 

Droctoveus

530-576

 

Droctovée, qu’on appelle populairement Drotté, naquit vers 530 dans la région d’Auxerre (Yonne).

Jeune encore, il fut confié à l’abbaye Saint-Symphorien d’Autun, dont l’abbé était un certain Germanus.

Ce dernier devint évêque de Paris (v. 28 mai) ; comme tel, il appela près de lui son cher disciple, Droctovée, qui était un modèle de toutes les vertus, chaste, prudent, obéissant, zélé, charitable.

Lorsque le roi Childebert mourut (558), Germain fit la dédicace de l’église Saint-Vincent, construite par les soins de Childebert pour y abriter dignement l’étole du diacre martyr Vincentius (v. 22 janvier). 

Là, l’évêque établit un groupe de Religieux, sous la conduite de Droctovée ; ce fut l’origine d’une célèbre abbaye, à l’époque Saint-Vincent, devenue plus tard Saint-Germain-des-Prés. La première Règle adoptée fut celle de s.Basile, plus tard celle de s.Benoît.

On sait que Droctovée y fut un moine exemplaire. Il avait été à bonne école auprès de Germain. Mais ce qu’on ne sait pas, ce sont les détails de sa sainte vie et de ses miracles, car une Vita primitive disparut lors des ravages des Normands, qui pillèrent l’église par trois fois et la brûlèrent deux fois au 9e siècle.

Le peu qui nous reste sont les éloges qu’en fit s.Venance Fortunat (v. 14 décembre) ainsi qu’une brève Vita composée plus tard sur des traditions orales. On a parfois discuté si Droctovée fut ou non le premier abbé de l’abbaye. Le Martyrologe semble avoir opté pour l’affirmative.

Droctoveus mourut vers 576, la même année d’ailleurs que s.Germain, qui mourut deux fois plus âgé que son disciple.

Saint Droctoveus est commémoré le 10 mars dans le Martyrologe Romain

 

 

Attala de Bobbio

† 626

 

Il naquit en Bourgogne, et fut dirigé d’abord par l’évêque Arigius de Gap (v. 1er mai).

De Gap, Attala se dirigea vers l’abbaye de Lérins, mais fut déçu du relâchement des moines. Aussi alla-t-il au Nord, à Luxeuil, auprès de s.Colomban (v. 23 novembre). 

Colomban eut pour ce jeune moine une grande estime, à cause de ses hautes vertus. Quand le roi Thierry (Théodoric) bannit Colomban, ce dernier recommanda la communauté aux soins d’Attala… mais Attala s’enfuit avec son maître et le suivit à Bobbio.

A la mort de Colomban (615), Attala lui succéda comme abbé. Il voulut maintenir dans sa rigueur la Règle reçue du Maître, mais quelques moines se révoltèrent, allant jusqu’à le calomnier. Ils partirent, mais la mort misérable de l’un d’eux fit réfléchir les autres, qui vinrent demander pardon à Attala. Il les reçut paternellement et les réintégra. L’abbaye continua d’être prospère.

Attala dut lutter aussi contre l’arianisme rampant qui sévissait dans la région, colporté par les Lombards et leur roi Arioald.

Il avait fait placer à la porte de sa cellule un crucifix, qu’il baisait à chaque passage. Il mourut au pied de ce crucifix, le 10 mars 626. 

Saint Attala est commémoré le 10 mars dans le Martyrologe Romain.

John Ogilvie

1579-1615

 

John était le fils d’un riche propriétaire terrien écossais et naquit en 1579 à Drum-na-Keith (Banffshire, Ecosse).

Le garçon grandit dans la religion protestante, mais au contact des Catholiques qu’il rencontra en maints endroits d’Europe continentale, il décida de devenir catholique.

Aussi, en 1596, il embrassa le catholicisme, à Louvain (Belgique) et entra chez les Jésuites (1608). En 1610 il fut ordonné prêtre.

On l’envoya exercer son ministère à Rouen, tandis qu’il faisait à plusieurs reprises la demande de repartir en Ecosse, pour aider le peu de catholiques qui se trouvaient encore à Glasgow. Il faut savoir que depuis 1560, il était interdit de prêcher de quelque façon.

L’idée qu’il avait en regagnant son pays, était de pouvoir trouver refuge chez quelque famille noble connue de lui, mais il ne s’en trouva pas, de sorte qu’il rejoignit Londres, revint à Paris, pour regagner l’Ecosse en 1613, déguisé cette fois en marchand de chevaux, sous le nom de John Watson.

Cette fois-ci il put célébrer la Messe clandestinement dans des maisons privées, il prêcha, mais il fut bientôt trahi et dénoncé : en 1614, on le jeta en prison à Paisley, où on le soumit à d’horribles tortures, par exemple en le maintenant éveillé pendant huit jours et neuf nuits de suite. John souffrit la torture sans jamais révéler le nom d’autres Catholiques. Il fut accusé de haute trahison, refusant de reconnaître la suprématie du Roi sur l’Eglise, et condamné à mort.

Il fut conduit par les rues de Glasgow jusqu’à la potence, où il fut, selon la triste habitude du temps, pendu, éviscéré et écartelé, le 10 mars 1615.

On raconte que juste avant d’être exécuté, il s’adressa à la foule : S’il y a des Catholiques parmi vous, priez pour moi ; les prières des Hérétiques, je n’en veux pas. On raconte aussi qu’il lança dans la foule les grains de son chapelet, et qu’un de ceux qui les récupéra, devint un fidèle et fervent Catholique.

Les amis de John Ogilvie furent aussi jetés en prison et souffrirent de lourdes peines, mais pas la mort.

John fut béatifié en 1929 et canonisé en 1976. C’est l’unique Saint écossais de l’après-Réforme.

Son dies natalis est au 10 mars.

 

 

Anne-Eugénie Milleret du Brou

1817-1898

 

Elle naît à Metz le 26 aooût 1817, dans une famille aisée mais non pratiquante. Elle reçoit une éducation chrétienne et fait sa première communion en 1829.

Elle passe son enfance entre l’hôtel particulier de ses parents à Metz et le château de Preisch, à proximité de la frontière luxembourgeoise.

Ses parents se séparent en 1830.

Sa mère meurt à Paris en 1832, victime de l'épidémie de choléra, et elle est recueillie par de riches amis à Chalons-sur-Marne. Elle se détache alors de la pratique religieuse.

De retour à Paris, à la demande de son père, elle se convertit en 1836 suite à une prédication de carême en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Elle a 19 ans.

Elle rencontre l’abbé Théodore Combalot en 1837, et lui fait part de son désir d’entrer dans la vie religieuse. Elle est formée chez les Bénédictines du Saint-Sacrement à Paris puis à la Visitation de la Côte-Saint-André dans l’Isère. À 21 ans, elle fonde la congrégation des Religieuses de l'Assomption en avril 1839. Elle prend le nom de Marie-Eugénie de Jésus.

Elle entre sous la direction spirituelle du Père d’Alzon à partir de 1841 alors qu’elle est supérieure.

Elle fait profession perpétuelle à Noël 1844, et sera déposée de sa charge en 1894, à l’âge de 77 ans.

Peu à peu complètement immobilisée par la paralysie, elle meurt le 10 mars 1898 à l’âge de 80 ans.

Elle sera béatifiée en 1975, et canonisée en 2007. 

 

Le miracle retenu pour sa canonisation est le suivant. En février 1995 naissait aux Philippines, une petite fille, Risa Bondoc, atteinte d’un syndrome de nystagmus suite à une malformation de l’hémisphère gauche du cerveau. Son avenir est sombre, elle ne marchera pas, ne parlera jamais, et sera aveugle. Ses parents lui font alors porter une relique de Marie-Eugénie de Milleret. Un an plus tard, le diagnostic est confirmé. Ses parents l’emmènent alors à la Maison générale des Religieuses de l’Assomption à Paris, elle est allongée sur la tombe de Marie-Eugénie à qui sa guérison a été demandée. Aujourd’hui, Risa Bondoc entend, voit, étudie à l'Assumption College de Manille. 

Marie-Eugénie est commémorée au Martyrologe le jour de sa mort ou dies natalis, le 10 mars.

 

 

Mateo Elías Nieves del Castillo

1882-1928

 

Fils d’humbles paysans et fervents catholiques, Mateo naquit dans la région centrale mexicaine de Guanajuato, dans la bourgade de San Pedro de la Laguna, où il fit ses études primaires. Il reçut pour la première fois l’Eucharistie à huit ans. A douze ans, il eut la tuberculose, qu’on ne savait pas soigner à cette époque-là, et fut à deux doigt de la mort, mais Dieu permit qu’il en guérît complètement.

Un lourd malheur s’abattit sur le garçon, dont le père fut bientôt assassiné : à treize ans, il laisse ses études pour aider la famille dans les travaux des champs. C’est à cette époque qu’il ressent des problèmes aux yeux et qu’il doit porter des lunettes.

Et voici qu’en 1900, c’est sa maman qui meurt, endettée. Il n’a que dix-huit ans et pour payer ces dettes il doit assumer de petits travaux comme de débardeur, commissionaire ou balayeur.

Il se décide quand même à suivre sa vocation sacerdotale en entrant au séminaire de l’ordre de saint Augustin (les pères Augustins), dans la province de Saint Nicolas de Tolentino dans l’état du Michoacan, de 1904 à 1911, puis continue sa formation au séminaire diocésain de Aguascalientes ; il est ordonné prêtre en 1916. Comme religieux il prend le nom de Elie de Notre Dame du Bon Secours ; Elie signifie en hébreux mon Dieu est Yahwé.

Son premier poste est la paroisse de La Cañada de Carache, une population proche de Guanajuato, entre Cortazar et Celaya, et ce jusqu’en 1921.

C’est alors que la persécution religieuse s’accentue au Mexique, ce qui conditionne l’activité pastorale du père Elie, jusqu’à ce que le gouvernement donne l’ordre à tous les prêtres de se rapprocher des grandes villes. Malgré tout, le père Elie, par amour de Dieu et de sa paroisse, ne peut se résoudre à abandonner cette dernière, car ces pauvres populations n’ont aucune voie de communication, aucune école ni d’installations sanitaires. 

En 1927, pour obéir aux ordres officiels, le maire devait fusiller les catholiques et les prêtres. Bravant le danger, le père Elie, en bon pasteur, administre les sacrements, célèbre la Messe en cachette dans les maisons des paroissiens ou bien là où il se croit plus à l’abri ; à l’occasion il se cache dans une cave voisine d’où il sort quand les troupes s’éloignent et va porter les secours spirituels aux habitants. Ainsi passent quatorze mois, pendant lesquels le père se déguise en simple campagnard avec de vieux habits usés, mais les soldats finissent par apercevoir sous ses guenilles son habit religieux. 

Il est arrêté et conduit à La Cañada ; là, inutilement, la population tente de le faire libérer. Mais la troupe le conduit à Cortazar de Guanajuato le 10 mars 1928. Avant d’arriver, le capitaine lui déclare que son heure est arrivée, à quoi le père répond sans hésitation : Mourir pour la religion est un sacrifice agréable à  Dieu.

En ce moment suprême, on lui permet de prier une dernière fois ; il remet sa montre au militaire en question et, pour accomplir jusqu’au bout sa mission sacerdotale, il bénit le peloton qui va le fusiller : respectueusement, les soldats s’agenouillent pour recevoir la bénédiction ; lui, il récite le Credo et ses derniers mots sont : Vive le Christ Roi.

Il a été béatifié le 12 octobre 1997. Son nom est inscrit au 10 mars dans le Martyrologe, mais on le fête localement hors de la période du Carême, le 10 octobre.

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  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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