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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 00:00

Balthasar, Antonius et Ignatius Uchibori

 † 1627

 

Ces trois frères étaient les fils de Paulus Uchibori Sakuemon, tous trois nés à Fukae (Nagasaki, Japon).

Avant que leur père subît le martyre le 28 février 1627, ils furent tous les trois exécutés le 21 février à Shimabara (Nagasaki).

L’aîné, Balthasar, pouvait avoir une vingtaine d’années ; Antonius, né vers 1609, n’avait que dix-huit ans ; Ignatius, né vers 1622, en avait cinq.

Ces trois garçons furent béatifiés avec leur héroïque père dans un groupe de cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais, en 2008.

 

Voir aussi la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 00:00

Noël Pinot

1747-1794

 

C'est dans une famille très chrétienne que naquit notre Bienheureux : il était le seizième enfant de ces pieux parents d'Angers, René, tisserand, et Claude La Groix.

Une si belle famille n'est pas sans connaître des épreuves : le jour-même de sa naissance, le 19 décembre 1847, mourait à un peu plus d'un an celui qui l'avait précédé ; un autre était déjà mort huit ans plus tôt âgé de quelques jours ; deux mois après sa naissance, en février 1848, mourra une de ses sœurs à l'âge de douze ans, et bientôt aussi une autre sœur, à cinq ans et demi. La plus grande épreuve fut pourtant une autre mort : celle du papa de cette kyrielle de bambins, qui s'éteignit en 1756, à tout juste cinquante ans, suivi la même année par une autre de ses filles, qui n'avait que vingt-trois ans ; il ne restait à la maison pour travailler que leur adolescent de quatorze ans, Pierre. 

Cette famille connut cependant une grande joie : le fils aîné, René, sera ordonné prêtre quand Noël a à peine six ans, et finira ses jours comme chapelain à la cathédrale d'Angers en 1782. C'est lui qui enseigna les premiers rudiments du latin à son jeune frère, dès qu'il lui exprima son désir de devenir prêtre. Le collège où Noël fit ensuite toutes ses études est l'actuel Hôtel de Ville d'Angers. Il fera sa Philosophie dans le séminaire qui est maintenant l'Ecole des Beaux-Arts ; tandis que la chapelle de cette maison deviendra le temple protestant.

Bon élève, Noël ne put toutefois conquérir la maîtrise ès arts, ayant manqué un mois dans ses études philosophiques, ce que la rigueur du règlement ne supportait pas. Plus tard, déjà prêtre, il dut aller se rasseoir sur les bancs de l'Université pour suivre des "cours de rattrapage", dont il n'avait pas vraiment besoin, et qui ne lui valurent pas davantage cette maîtrise, mais seulement une attestation. Humblement, Noël s'en passa, pour le moment.

Il fréquentera tout de même le Grand Séminaire, qui abrite aujourd'hui le Musée et la Bibliothèque municipale. C'est en 1767, à l'âge de trente ans, qu'il reçut la tonsure et ce qu'on appelait les quatre "ordres mineurs" (portier, acolyte, lecteur, exorciste), dont on n'a gardé aujourd'hui que ceux d'acolyte et de lecteur. Il reçut le sous-diaconat sans doute en 1769, puis le diaconat et la prêtrise en 1770 - il avait trente-trois ans. A sa première messe l'assistait son aîné déjà prêtre, en présence de leur chère maman, déjà chargée d'épreuves, mais si heureuse en ce jour béni.

On ne manquait pas de prêtres, à cette époque, au point que "Révérend Noël Pinot" attendit un an que se libérât un poste : le 21 janvier 1772, il est vicaire dans l'archiprêtré de La Flèche, une date qui restera malheureusement funeste pour la France, onze ans plus tard, quand son roi tombera sous la haine des révolutionnaires, en 1793.

Cette humble paroisse de Bousse passera plus tard au diocèse du Mans. Comme son curé mourra bientôt, Révérend Pinot signera humblement "pro-curé" ou "desservant". Puis il sera nommé dans la petite paroisse de Coutures près de Saumur, où à la charge de vicaire il devrait aussi ajouter celle de prêtre instituteur à l'école de garçons. Après deux années, il passera - toujours vicaire - à Saint-Germain de Corzé, proche d'Angers, pour cinq années environ, où il gagna l'entière bienveillance de son curé. Puis ce fut l'aumônerie des Incurables à Angers-même, sa ville natale.

Il était à peine de retour à Angers, près de son frère aîné qui venait d'être nommé chapelain à la cathédrale, que moururent presque coup sur coup sa sœur et marraine, ainsi que sa chère et vénérable maman. 

De son apostolat auprès de ces pauvres malheureux des Incurables, un de ses condisciples de séminaire dit : «Ce saint ecclésiastique était connu pour tel de toute la ville qui l'avait vu naître." Noël Pinot restera plus de sept ans à ce poste. Au début il s'y adonna corps et âme puis, quand il eut acquis une certaine habitude, il put prendre un peu de temps pour se préparer à son fameux diplôme de Maître ès arts, qu'il reçut en effet en 1788 - il avait quarante ans !

Très peu après il est nommé à la cure du Louroux-Béconnais, dédiée au saint évêque Aubin : ce Saint fut évêque d'Angers au Ve siècle, après avoir été abbé à Tintillant ; il lutta énergiquement contre les mariages incestueux ; on le fête le 1. mars. C'est donc sous ce patronage que Noël Pinot s'installa dans sa cure le jour de la Sainte Croix, le 14 septembre 1788, justement un dimanche cette année-là.

A l'époque, cette paroisse était la plus vaste de l'Anjou, avec ses sept mille hectares, où les pauvres paysans ne cultivaient qu'un peu de seigle ; il y a là beaucoup de mendiants, que Noël s'ingénie à soulager de toutes ses forces et avec tous ses moyens. Fils de tisserand, il fait confectionner des vêtements, il les distribue, il se prive lui-même de l'essentiel, au point que sa fidèle servante lui soustrait quelques pièces de tissus pour pouvoir lui donner au moins le nécessaire.

Maitre Pinot s'employa à pacifier ses ouailles contre les incursions très fréquentes des gabelous dans cette région : ces derniers étaient impitoyables dans leur travail, et les paysans les avaient en haine ; nombreuses étaient les colères et les rancunes ! Mais le curé s'employa tout spécialement à développer la dévotion au Sacré-Cœur et celle du Rosaire.

Puis les événements se précipitent ; les Etats Généraux sont convoqués, les élections des représentants échauffent les esprits. En août 1789, le clergé est spolié de ses biens ; on redessine la carte administrative de la France ; on modifie tous les noms de lieux trop marqués par des héritages féodaux ou chrétiens. On remarquera que la paroisse du Louroux ne change pas son nom, car les législateurs ignorent bien évidemment que ce nom de localité vient du latin oratorium !

Peu à peu, les choses se précisent, et pas dans le sens de la pacification : Noël Pinot remarque de plus en plus que la division gagne ses Confrères, les uns étant pour accepter la Constitution civile du Clergé, les autres pour s'y opposer fermement. Le dimanche 23 janvier 1791, sommé par le maire de prêter serment, après la messe, il s'y refuse énergiquement, tandis que son vicaire se laisse fléchir.

Le dimanche 27 février, au terme de la messe, il monte en chaire tout habillé, avec son aube et son étole, et explique doucement mais fermement à tous ses paroissiens les raisons bien arrêtées de son refus de tout compromis avec la Constitution civile du Clergé ; il est désormais un "réfractaire" de premier plan. Il s'est déjà mérité les qualificatifs insolents de scélérat, fanatique, perturbateur du repos public, homme à craindre, incendiaire, égorgeur.

Prévoyant la suite logique de son attitude, il propose à ses petits servants de messe de se confesser, car "voici de mauvais jours qui viennent sur (eux)", et il prépare en particulier le plus mûr d'entre eux à faire sa première communion dès le lendemain, bien qu'il n'eût que neuf ans, âge précoce à cette époque pour recevoir ce Sacrement.

Dès le samedi 5 mars, on vient l'arrêter. Il propose d'abord l'hospitalité, le vivre et le couvert, à cette troupe, qui accepte sans vergogne. Au petit matin, tous partent pour Angers, où Noël Pinot a l'honneur d'être le premier prêtre arrêté de cette sinistre période.

Un premier jugement le condamne à être éloigné de sa paroisse pendant deux ans. Mais en attendant un second jugement, il est enfermé dans le château, réquisitionné pour l'occasion, de la Maréchale d'Aubeterre à Beaupréau, dans lequel il est en fait traité avec les meilleurs égards par les propriétaires et les habitants ; bien que privé de l'Eucharistie et de la Messe, il goûtera là quelques moments de repos, de détente, bien nécessaires après tant de labeurs, et avant son épreuve finale.

Nous arrivons au printemps 1791 ; le pape Pie VI condamne la Constitution civile du clergé, ce qui donne grande satisfaction à Noël Pinot, car il se voit conforté dans sa position, tandis que certains Confrères comprennent leur tort et viennent à résipiscence. Sur place, un deuxième jugement confirme le premier et libère Noël tout en lui interdisant tout contact avec sa paroisse : une "liberté conditionnelle", en quelque sorte.

Profitant de cette semi-liberté, Noël Pinot va se réfugier ici et là, espérant pouvoir reprendre quelque activité pastorale au service des populations privées de prêtres. Mais il est vite repéré, et poursuivi. Bientôt il devra abandonner sa soutane pour vêtir des habits de simple paysan - mais il conservera toujours autour des reins un cilice. Pendant vingt mois, il passera d'une maison à l'autre, célébrant ici, enseignant là, confessant, assistant du mieux qu'il pouvait tous ces gens qui voulaient rester fidèles à l'Eglise et à Dieu. Il ira jusque dans des localités du diocèse de La Rochelle !

En 1792, près de trois cents prêtres du diocèse, trompés par de fausses promesses, seront en fait incarcérés, puis transportés à Nantes pour être exilés en Espagne. La "guerre de Vendée" commence dans la région de Beaupréau, où se cache en ce moment Noël Pinot. Répétant l'odysssée des Macchabées, l'armée chrétienne de Vendée conquiert maintes localités, réclame ses pasteurs légitimes : Noël Pinot regagne sa paroisse du Louroux et y célèbre même une messe solennelle - la dernière cependant, car l'armée vendéenne est défaite devant Nantes, et la Terreur va exercer sa terrible revanche : des prêtres sont arrêtés et exécutés, quelques-uns guillotinés à Angers, plusieurs dizaines d'autres noyés dans les eaux glaciales de la Loire. Noël Pinot attend son tour, calmement, bravant tous les dangers quand il sort de sa cachette, échappant d'extrême justesse à mille perquisitions… jusqu'au jour de cette suprême dénonciation de février 1794, œuvre d'un ancien paroissien qu'il avait autrefois généreusement aidé.

 Noël Pinot ne fut pas moins mal traité que Notre Seigneur à partir de son arrestation : ligoté, jusqu'au sang, insulté, marchant dans des endroits bourbeux, conduit à pied jusqu'à Angers, battu, frappé, privé de lumière et de nourriture, il sera interrogé et condamné par un ancien confrère ; c'est même ce dernier qui lui proposera, par cynisme ou par fausse compassion, de mourir revêtu des ornements sacerdotaux, confisqués lors de son arrestation, à quoi Noël répondit : "Oui, ce sera pour moi une grande satisfaction".

Le cortège qui l'emmena au lieu d'exécution fit un détours pour que Noël subît davantage d'insultes. Lui était recueilli et calme, comme son divin Maître, en ce vendredi, à quinze heures. La guillotine était installée à l'endroit même du maître autel de l'église Saint-Pierre, complètement démolie depuis quelque temps.

Immolé en ce vendredi 21 février 1794, Noël Pinot fut jeté dans la fosse commune, ayant reçu encore d'autres insultes par les hommes chargés de la besogne. Puis les autorités recherchèrent et conduisirent à la mort tous les "suspects" qui auraient aidé Noël Pinot durant sa "cabale". A leur tour ils furent jetés dans cette fosse commune, dont on transporta ailleurs tous les restes, en les mélangeant sans trop de ménagement, de sorte qu'il fut impossible de retrouver le saint corps du prêtre martyr.

La cause de béatification fut ouverte officiellement en 1905, confirmée en 1919 ; en 1926, lors de la première célébration de la fête du Christ-Roi, Pie XI proclamait Bienheureux notre Martyr, dont le dies natalis est le 21 février.

 

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:00

Stanisława Rodzińska

1899-1945

 

Deuxième des cinq enfants de Michel Rodzinski, Stanisława naquit le 16 mars 1899 à Nawojowa (Małopolskie, Pologne).

Le papa, qui était aussi organiste à la paroisse, était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, dont la Mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village ; et c’est d’elle qu’il donna son nom à sa fille.

Ces religieuses faisaient l’école aux enfants du secteur, y ajoutant une formation musicale de qualité.

A six ans, Stanisława devint orpheline de sa mère, et à dix ans, de son père ; elle fut recueillie avec sa petite sœur Janine dans le couvent. A dix-sept ans, Stanisława demanda à être postulante, prit le nom de Maria Julia, puis continua des études pédagogiques à Poznan.

Après la réunification de la Pologne, il y eut un conflit avec les Soviétiques et les Lituaniens, et les Sœurs fondèrent des orphelinats à Wilno et à Rava Ruska (Lviv). Stanisława-Julia enseigna à Wilno.

En 1924 Stanisława prononça ses vœux définitifs et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation. C’était la mère des orphelins. Armée de son chapelet, qu’elle avait en grand honneur, elle se dépensait sans mesure auprès des orphelins, des pauvres, mettant à profit ses excellentes qualités d’administratrice.

En 1927, son expérience la fit désigner comme déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle fut supérieure à Wilno. 

La ville (désormais Vilnius) fut occupée par les Soviétiques en 1939, puis devint lituanienne, repassa à l’Union soviétique en 1940, et fut occupée par les Allemands en 1941. Les Sœurs furent dépossédées et dispersées, mais continuèrent leurs activités dans la clandestinité, portant de la nourriture aux prêtres emprisonnés, probablement aussi aux Juifs persécutés.

Stanisława fut arrêtée en août 1943 pour activités nationalistes. Elle fut torturée et emprisonnée à Lukiszki, de sinistre mémoire, et soumise pendant une année au strict régime d’isolement : dans son petit bloc, elle ne pouvait pas bouger.

Quand le front biélorusse se rapprocha de Vilnius (1944), elle fut déportée avec d’autres Sœurs en wagon à bestiaux à Stutthof (Dantzig, actuelle Gdansk), où elles furent violées. Stanisława-Julia fut placée dans le secteur juif avec le numéro 40992. Elle organisa la prière dans le baraquement.

Chaque jour, les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées pour mourir gazées. Au milieu d’une atmosphère emplie de terreur, de faim, de torture, de labeur, de sadisme, Stanisława-Julia sut montrer son courage, son espérance et sa générosité. Elle partageait le peu qu’elle avait ; on lui demandait d’arbitrer les petits conflits entre prisonnières.

Une survivante témoigna : Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde.

Autre témoignage : le mari d’une prisonnière, présent lui aussi dans une autre section du camp, voulait se suicider. Stanisława-Julia lui fit passer plusieurs lettres pour lui redonner espoir : il survécut au camp et à la guerre.

A l’automne 1944, se propagea une épidémie de typhus. Elle demanda à être placée avec les personnes contaminées. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme encore en vie, qui survécut et put rendre témoignage. Elle contracta la maladie. En hiver, les nazis évacuèrent le camp, y abandonnant les mourants, dont six-mille neuf-cent vingt-deux femmes agonisantes.

Stanisława fit alors le sacrifice de sa vie, et mourut le 20 février 1945, peu de semaines avant la fin de la guerre.

Elle a été béatifiée en 1999 parmi cent-huit Martyrs polonais, qui sont localement fêtés ensemble le 12 juin.

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:00

Ludwik Mzyk

1905-1940

 

Ludwik naquit le 22 avril 1905 à Chorzów, cinquième des neuf enfants de Ludwik, un mineur polonais, et de Franciszka Hadasz. La famille était très croyante.

Il fut très tôt enfant de chœur et s’intéressa à l’Eglise. Une retraite prêchée par un prêtre de la Société du Verbe Divin, suscita en lui la vocation missionnaire.

Il alla au Petit séminaire de Nysa en 1918 ; pendant les vacances, il travaillait à la mine, pour aider la famille, car le papa était mort ; il fut membre de la Confrérie Kwikborn, qui militait contre le tabac et l’alcoolisme : jamais il ne fuma une cigarette ni ne but un verre de vin, si ce n’est ce qu’il fallait pour célébrer la Messe. Il termina ses études secondaires par la consécration à la Vierge Marie selon le vœu de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : on en possède encore le document qu’il signa de son propre sang.

Après son baccalauréat en 1926, il entra chez les Pères Verbites à Sankt Augustin (Bonn) et fit ses vœux en 1928.

Très doué pour les études philosophiques, il fut envoyé à Rome pour ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1932, en la fête du Christ-Roi, qui se fêtait alors au dernier dimanche d’octobre, de sorte qu’il célébra sa première messe le jour de la Toussaint.

Il passa le doctorat en théologie à l’Université Grégorienne en 1935, et fut nommé maître des novices à Chludowo près de Poznan (Pologne). De lui les novices dirent qu’il était un tantinet sévère, mais qu’il l’était davantage encore pour lui-même.

Ceux qui frappaient à son bureau étaient accueillis par un Ave latin, en souvenir de la salutation de l’Ange à Marie. Il s’imposa si bien qu’en 1939, il fut nommé recteur de la maison de Chludowo. A la nouvelle des possibles arrestations, le père Ludwik fit des démarches pour évacuer les novices en des lieux plus sûrs. Mais les voyages étaient déjà devenus impossibles et surtout, le pauvre Ludwik Mzyk, dans sa naïveté et sa candeur, commit l’erreur de dire à un officier de la Gestapo (sans savoir qu’il appartenait à la Gestapo) qu’il préférait négocier avec un officier de l’armée qu’avec un officier de la Gestapo. Ce fut le prétexte à son arrestation.

Le 24 janvier, il tenta en vain de négocier l’envoi des novices dans leurs familles.

Le 25 janvier 1940, la Gestapo vient l’arrêter. Tous les occupants de la maison furent réunis dans le réfectoire. Alors le père Mzyk, très pâle mais calme, entra et dit : Je dois aller avec ces gens-là. Ils m’ont dit que j’allais revenir. Pendant ce temps, le père Chodzidło sera votre supérieur… Il n’eut pas le temps d’ajouter autre chose et fut brutalement bousculé et emmené. Un prêtre qui revint plus tard raconta aux novices comment on avait brutalisé le père Mzyk en le «chargeant» dans le camion :  Votre Maître est vraiment un ange. 

Les jours suivants, personne ne put obtenir le moindre renseignement sur le sort du père Mzyk. Les Nazis répondaient toujours qu’il allait revenir après clarification de certains points. Son frère Wilhelm écrivit qu’aucune intervention n’aboutit ; qu’en revanche on leur fit parvenir par deux fois un sous-vêtement maculé de sang, avec un petit papier caché dedans : Je suis toujours en vie. Aidez-moi si vous pouvez. 

On sut tout de même qu’une fois parvenu à la caserne de la Gestapo, on lui arracha sa soutane et qu’on lui administra une rigoureuse bastonnade. Puis, en ce mois de janvier hivernal, on lui laissa seulement sa chemise déchirée et son pantalon. Puis on l’envoya au Fort VII de Poznan : en arrivant dans la cellule, un prisonnier lui mit sur le dos un pardessus laissé là par un autre prisonnier qu’on avait emmené pour l’exécuter.

On ne sut rien de la mort du père Mzyk, jusqu’à ce que des survivants purent raconter ce qu’ils virent.

L’un affirma qu’il vit le père Mzyk dans la cellule 60 le 1er février, avec vingt-huit autres, presque tous étudiants. Ils mouraient de faim. Les gardiens entraient dans la cellule jour et nuit, pour les battre sans raison. Le père Mzyk exécutait tous les ordres scrupuleusement, avertissant chacun de ne rien faire de défendu. Il était toujours en prière.

«Le 7 février 1940, jour du Mercredi des Cendres, tous les prêtres furent rassemblés dans la cellule 69, où ils furent encore plus maltraités et battus, pour n’importe quel motif. Les gardiens considéraient le père Mzyk comme particulièrement dangereux. Un jour, le commandant vint avec un autre officier pour inspecter la cellule. Il demanda à chaque prisonnier l’un après l’autre son nom et son «crime». Arrivés au tour de Ludwik Mzyk, le commandant s’arrêta et dit : Le voilà, notre ennemi. Une fois qu’ils furent sortis, Ludwik raconta à ses compagnons comment il avait répondu «franchement» aux interrogatoires. Un autre jour, un gardien l’appela dans le corridor, où il le rossa encore sans merci.

«Le 20 février, l’après-midi, un sous-officier entra dans la cellule avec un chauffeur. Ils étaient ivres et entrèrent brutalement dans la cellule. Ils se mirent à battre le père Mzyk, le chauffeur était particulièrement brutal, aux ordres du sous-officier. 

«Le soir à 22 heures, il y eut du bruit et de l’agitation dans la cellule des Ukrainiens : on entendit tomber par-terre les assiettes et les cuillers, ils chantaient «Plus près de toi, Seigneur» (sans doute qu’on le leur ordonnait) ; on battait les prisonniers à coups de bâtons et à coups de pieds. Puis on entendit un des gardiens crier : Et maintenant, chez les curés ! 

«Ils ouvrirent la porte, sans entrer, et firent sortir tout le monde, sauf le père Olejniczak (qui était aveugle). Nous étions là tout habillés (car nous dormions toujours habillés), dans le grand corridor en face de notre cellule. On ordonna aux pères Galka, Mzyk et moi-même de rester dehors, et tout le monde fut renvoyé dans la cellule. 

«Ils nous ordonnèrent de courir le long du corridor. Quand nous fûmes l’un à côté de l’autre, le père Mzyk me demanda l’absolution. Arrivés au bout du corridor, Galka et moi nous arrêtâmes au pied de l’escalier, mais Myzk se mit à monter. Nous entendîmes les gardiens éclater de rire derrière nous. Ils nous ordonnèrent de rester en bas. Ils attrappèrent Mzyk dans l’escalier et se mirent à le rosser sous prétexte qu’il «avait essayé de s’échapper». Il y eut un moment de grande confusion ; j’entendis Galka et Myzk pousser de hauts gémissements… Un regard vers Galka me le fit voir tout en sang, couvert de contusions, sa chemise et son pantalon en pièces. On continua de les rosser pendant longtemps, mais c’est difficile de dire si ça dura quinze minutes ou une demi-heure. 

«Entre temps, je me suis retrouvé dans le grand corridor en face de notre cellule, et c’est là qu’on conduisit Mzyk. Ils me dirent de me tourner contre le mur, de sorte que je n’ai pas pu voir comment il était. L’officier ordonna à Mzyk de s’arrêter à la porte, et prit des balles à un sous-officier qui était près de moi. Alors il s’approcha de Mzyk et lui tira derrière la tête. Quand Ludwik tomba à terre, il lui tira une seconde balle. Alors ils permirent à Galka et à moi de réintégrer la cellule. Une demi-heure après, on entendit le bruit du corps de Mzyk qu’on traînait par-terre pour l’emmener.

«Il y eut ensuite quelques jours de tranquillité. L’un des prisonniers qui travaillait comme balayeur dans le bureau du commandant, nous dit qu’il avait aperçu sur la table du commandant un document officiel du Ministère de la Justice, interdisant de battre les membres du clergé.»

Le père Olejniczak était aveugle, mais entendait tout ce qui se passait. Il donna cet autre témoignage : 

"Quand l’officier avait choisi une victime, il le frappait au visage et à coups de pied sans merci. Un jour, ce fut le tour du père Ludwik. Quand les gardiens le laissèrent, je m’approchai de lui pour le consoler. Il me répondit : Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître (cf. Jn 15:20). Alors je lui demandai sa bénédiction, qu’il me donna aimablement."

Le dies natalis de Ludwik Mzyk est au 20 février, tandis que le Martyrologe le mentionne au 23 février.

Le père Ludwik Mzyk fut béatifié avec le groupe des cent-huit Martyrs de Pologne, en 1999.

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:00

Jacinta Marto

1910-1920

 

Petite sœur de Francisco, elle naquit à Aljustrel (Fátima) le 11 mars 1910, de Manuel et Olímpia Marto.

Ses proches la disaient affectueuse et très gentille, elle gardait avec son frère et sa cousine les brebis de ses parents.

Elle ne fréquenta l’école qu’après qu’eurent lieu les apparitions de l’Ange et Notre-Dame, qui lui recommandèrent d’apprendre à lire et à écrire.

La première fois que Notre-Dame apparut aux trois enfants, elle leur demanda de bien vouloir prier pour les pécheurs. Après avoir eu une vision de l’enfer, Jacinta en resta extrêmement bouleversée et s’imposa beaucoup de pénitences et de sacrifices pour leur conversion.

Après les apparitions à Fatima, Jacinta vit encore la Sainte Vierge quatre fois : à la maison, à l’église paroissiale, à l’orphelinat de Lisbonne et à l’hôpital. A Poço do Ameiro elle eut aussi une vision du pape, sans la comprendre, et une autre à Cabeço.

Après la première Guerre mondiale, Jacinta contacta la grippe espagnole qui ravagea l’Europe en 1918. Elle fut atteinte de pleurésie, mais ne pouvait être opérée en raison du mauvais état de son cœur. Lors de sa dernière hospitalisation à Lisbonne, elle mourut dans une grande solitude, le 20 février 1920.

Sa prière préférée et habituelle, qu’elle avait reçue de Marie, était : 

Ô Jésus, c’est pour votre Amour, pour la conversion des pécheurs, pour le Saint-Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.

Elle a été béatifiée, en même temps que son frère Francisco, le 13 mai 2000, anniversaire de la première apparition de la Vierge à Fatima (et de l’attentat au pape en 1981), en présence de l’aînée des voyants, Lucia.

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:00

Luqi Yi Zhenmei

1815-1862

 

Lucia ou Luqi était née le 17 janvier 1815 à Mianyang (Sichuan).

Elle travaillait comme catéchiste aux côtés des missionnaires.

Laïque et catéchiste, elle s’était offerte en 1858 pour succéder à sainte Agatha Lin, mise à mort pour sa foi le 28 janvier 1858 à Mianyang.

Elle fut arrêtée au même moment que Jean-Pierre Néel et ses Compagnons, qui furent décapités sous ses yeux, le 18 février 1862.

A son tour, elle versa son sang pour le Christ à Kaiyang (Guizhou), le 19 février 1862 qui est son dies natalis..

Elle a été canonisée parmi les cent-vingt Martyrs de Chine en 2000. Tous ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:00

Józef Zapłata

1904-1945

 

Józef était né à Jerka (Koscian, Pologne) le 5 mars 1904.

Après son service militaire, il entra dans la Congrégation des Frères du Sacré-Cœur de Jésus (1927). Il fit ses premiers vœux en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (8 septembre 1928) et ses vœux perpétuels le 10 mars 1938.

Il travailla à la curie de Poznan, comme secrétaire du Primat de Pologne. Il fut aussi pendant un temps maître des novices de sa Congrégation à Lviv.

Arrêté le 3 octobre 1939, il sera malmené d’un endroit à un autre, d’abord au Fort VII de Poznan, puis à Saint-Kazimierz, puis au camp de concentration de Mauthausen-Gusen (1940), enfin à Dachau. Il porta le numéro 22099.

Après avoir survécu plus de cinq ans aux atrocités de la détention, il fut infecté par le typhus en soignant d’autres prisonniers, et mourut le 19 février 1945, onze semaines seulement avant la fin de la guerre.

Il a été béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais qui sont fêtés ensemble le 12 juin.

 

 

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:00

Boniface de Lausanne

1188-1265

 

Né à Bruxelles le 5 juin 1181 (ou en 1188 ou en 1173), Boniface était de la famille des Clutinc. Son père était orfèvre.

Il étudia la théologie à Paris et devint maître en théologie à dix-sept ans. Ordonné prêtre, il ne célébra jamais la messe sans y verser d’abondantes larmes.

Pendant six ans, il fut curé-doyen de la collégiale Sainte Gudule, l’actuelle cathédrale de Bruxelles, en même temps qu’il était professeur de théologie à Paris.

Son départ de Paris fut causé par un débat houleux qui tourna très mal, car il y eut même des morts. Il partit alors à Cologne, où enseignait saint Albert le Grand (on lit parfois qu’il alla à Mayence pour y fonder une université) ; là, il fut écolâtre (professeur) pendant deux ans (1229-1231). 

On lui proposa alors l’évêché de Lausanne (1231). Cette ville était dépourvue d’évêque depuis deux ans déjà, et Boniface n’était pas le bienvenu. Les chanoines avaient leurs préférences et surtout leurs riches propriétés, et n’entendaient pas suivre leur nouvel évêque sur la voie de la pauvreté. Quant à l’empereur Frédéric II, il devint farouchement ennemi du saint évêque, car ce dernier, au 1er concile de Lyon (1245), se prononça pour son excommunication.

L’empereur envoya même une troupe pour s’emparer de l’évêque, mais Boniface en fut averti à temps et échappa au danger. Après avoir donc vainement tenté de réformer son diocèse, Boniface préféra renoncer à son titre et à son siège, et demanda plusieurs fois au pape de l’en relever. Le pape finit par accepter (1239), mais proposa deux autres sièges à Boniface, qui les refusa tour à tour, ne se sentant pas capable de les assumer.

Enfin il fut «libéré» et put se retirer dans l’abbaye cistercienne de la Cambre, qui se trouve au cœur de la forêt de Soignes, non loin de Bruxelles. Il y resta dix-huit années, donnant aussi de son temps à l’évêque de Liège, dans l’administration de ce diocèse.

Boniface eut le don des miracles, et fut favorisé d’apparitions de Notre-Dame. Il sut également certains événements qui se produisaient loin de là, comme la captivité de saint Louis de France en 1250.

Une maladie lui ayant retiré l’usage de ses mains, il fut assisté par des anges pour célébrer la messe.

Boniface mourut en paix le 19 février 1265.

Il a été béatifié en 1603 et canonisé en 1702, quoique le Martyrologe le nomme comme Bienheureux.

Certains le nomment indifféremment Boniface de Lausanne ou Boniface de Bruxelles.

 

 

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:45

Guido di Pietro

1395-1455

 

Guido naquit vers 1395 à Vicchio (Mugello, Toscane, Italie centrale) de Pietro, son père (d’où son nom). Son petit frère, Benedetto, fut aussi religieux.

Après avoir reçu une formation artistique à Florence, il fut vite connu comme peintre, miniaturiste, habile utilisateur du bleu lapislazzuli et de l’or en feuille : ces pigments rares et coûteux étaient soumis à des contrôles rigoureux quant à la quantité utilisée.

En 1418 ou peu après, Guido entra dans l’Ordre dominicain à Fiesole, où il émit les vœux et porta désormais le nom de Giovanni de Fiesole.

Il fut ordonné prêtre vers 1427-1429.

On a retrouvé des documents d’archives où il figure parmi les membres du chapitre dominicain, une fois aussi comme vicaire du prieur absent ; une autre fois comme expert pour décider du salaire à attribuer à un autre artiste.

Ses œuvres le firent vite connaître et on lui commanda divers travaux.

En 1438, les Dominicains se déplacèrent de Fiesole à San Marco de Florence. Frère Giovanni fut appelé alors à Cortona par le grand mécène Cosimo de’ Medici, puis habita au couvent de Florence jusqu’en 1445.

Cette année-là, il fut même proposé comme archevêque de Florence, mais il refusa, indiquant au pape un autre candidat, ce qui montre que Frère Giovanni avait à la fois l’instruction et les capacités d’un archevêque, et l’autorité qui lui consentait de suggérer au pape une telle nomination.

Il fut tout de même appelé à Rome par le pape, et vécut au couvent romain de Santa Maria sopra Minerva. Il décora la chapelle vaticane du pape Nicola V, qui l’envoya ensuite décorer la cathédrale d’Orvieto (1447).

En 1450, Giovanni revint à Florence, où il fut élu prieur, pour deux années. On sait qu’ensuite il fut appelé à décorer la cathédrale de Prato, mais il semble qu’il n’en ait pas eu le temps, absorbé par d’autres commandes.

En 1454, il fut appelé à Perugia, puis de nouveau à Rome.

Le surnom de Fra Angelico (Frère Angélique) a très tôt été donné à Giovanni da Fiesole, pour la finesse avec laquelle il représentait les créatures angéliques. On a dit parfois que Giovanni peignait ce qu’il voyait dans les visions dont il était favorisé. Cette inspiration divine pourrait démontrer aussi un autre fait extraordinaire : on prétend souvent que, techniquement parlant, un seul homme ne pourrait pas réaliser aussi rapidement tant de fresques qu’on a attribuées à Giovanni-Fra Angelico et donc que, probablement, plusieurs autres artistes auraient collaboré à ses œuvres. Mais les Anges que Giovanni contemplait, n’auraient-ils pas aussi assisté son travail, guidant ses mains et accélérant miraculeusement l’exécution de si belles réalisations ?

Fra Angelico mourut à Rome le 18 février 1455, et fut enseveli justement dans la basilique de Santa Maria sopra Minerva (près du Panthéon), tout près du maître autel.

Celui qu’on a constamment appelé Beato Angelico, fut effectivement reconnu comme Bienheureux en 1982 et, depuis lors, inséré au Martyrologe Romain.

 

Il a été proclamé patron céleste des Artistes.


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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:00

Mading Wu Xuesheng

1817-1862

 

Mading (Martinus) était né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

 

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).


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