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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 00:00

Véronique

1er siècle

 

Une très ancienne tradition, constante, présente Véronique comme cette pieuse femme qui vint à la rencontre de Jésus pendant sa montée au Calvaire, et qui lui essuya le visage avec un linge.

Ce linge porta depuis imprimée l’image du Christ souffrant et a inspiré à cette femme courageuse son nom habituel de Véronique, du latin vera icon, vrai visage. Grécisé, le nom de Véronique devint Bereniki , qui porte la victoire, d’où en français Bérénice.

La scène de la rencontre entre Jésus et «Véronique», mais sans nommer celle-ci, est la sixième station de la traditionnelle dévotion du Chemin de Croix.

A Rome, on a très longtemps retenu que Véronique fut bientôt mandée à Rome par l’empereur Tibère, malade ; celui-ci guérit en contemplant le Voile, que Véronique confia ensuite au pape Clément. Mais comme malheureusement toute l’Antiquité ne parle plus de ce Voile, certains en ont déduit que l’épisode était sans aucun fondement historique. 

Il reste que l’on conserve dans la basilique Saint-Pierre de Rome un «Voile de Véronique», que l’on a exposé en certaines occasions solennelles.

Voyons maintenant, mais discrètement et avec la réserve que recommande toujours l’Eglise, ce qu’écrit à propos de Véronique une Religieuse inculte et ignorante du 19e siècle, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (voir au 9 février).

 

*       *       *

 

Séraphia était parente de Jean-Baptiste, car son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle était aussi parente du vieillard Siméon.

Elle avait épousé Sirach, membre du Sanhédrin, qui d’abord la fit beaucoup souffrir pour son attachement au Christ, puis se rapprocha de Joseph d’Arimathie et de Nicodème, et quitta finalement le Sanhédrin. 

Lors de l’entrée triomphante du Seigneur à Jérusalem, Seraphia avait détaché son voile pour l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta à Jésus et que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.

 

*       *       *

 

Sainte Véronique est vénérée traditionnellement le 4 février en Occident, quoiqu’elle ne soit pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Anne-Marie Rivier

1768-1838

 

Anne-Marie naquit le 19 décembre 1768 à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche), troisième des quatre enfants d’un aubergiste, Jean-Baptiste Rivier et de son épouse Anne-Marie Combe. Une des sœurs de Anne-Marie s’appelle Cécile.

A un an et demi, elle tomba de son berceau, de sorte qu’Anne-Marie (Marinette, comme l’appelaient ses parents) ne put marcher ni grandir normalement.

Sa mère, cependant, était une femme pleine de foi et passa avec sa petite fille des heures entières de prière devant une Piéta vénérée dans les environs. 

Le 7 septembre 1774, mourut le papa de Marinette. Le lendemain, 8 septembre 1774, en la fête de la Nativité de Marie, la petite fille se sentit la force de marcher, quoiqu’encore avec les béquilles. Elle n’avait pas pu se mettre sur ses jambes depuis près de cinq années.

Marinette reprit des forces, mais ne jouit jamais vraiment d’une vraie bonne santé. Elle avait promis à la Sainte Vierge que, si elle guérissait, elle s’occuperait de faire l’école aux enfants.

En 1777, nouvel accident : Marinette se casse une jambe dans l’escalier. Sa mère lui frictionne la jambe avec de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles : Marinette est guérie au bout de quinze jours, en la fête de l’Assomption.

A dix-sept ans, elle demanda son admission chez les Sœurs de Notre-Dame de Pradelles (Haute-Loire), où cependant sa santé trop délicate ne lui permit pas de rester. Cette petite jeune fille d’1 mètre 32 ne se vexe pas : Puisqu’on ne veut pas me laisser entrer au couvent, j’en ferai un moi-même.

Sans perdre courage, elle ouvrit à Montpezat une petite école, s’entoura de compagnes et alla visiter les malades, recevant aussi les jeunes qui ne savaient où aller pour s’occuper.

Survint la Révolution. Entre 1790 et 1792, Anne-Marie alla faire l’instruction et le catéchisme à Saint-Martin-de-Valamas puis revint à Montpezat. Quand le prêtre manquait, Anne-Marie ne se gênait pas pour organiser des moments de prière, pour parler de la Bible et pour raconter les vies des Saints. Si l’église est fermée, elle fait de sa maison un petit couvent.

Elle aurait pu être arrêtée et passer en jugement : à la mort de sa mère (1793), on se «contenta» de lui confisquer sa maison, de sorte qu’elle dut se transférer à Thueyts, à cinq kilomètres de là, chez un prêtre de Saint-Sulpice. Anne-Marie et ses quatre compagnes purent reprendre leur activité et, en 1796, se consacrèrent.

La nouvelle famille religieuse était née : les Sœurs de la Présentation de Marie s’occuperaient désormais de l’enseignement, du soin des orphelins, des malades, mais aussi de l’éducation religieuse pour les adultes. Dès l’année suivante, elles étaient douze.

Pendant le Directoire, de 1797 à 1799, les Sœurs subirent encore des persécutions, en provenance de Privas, mais elles purent résister et tenir. En 1799, le Grand Vicaire de Viviers les prendra sous sa protection. Jusqu’en 1802, l’Oeuvre va rayonner et prospérer : les fidèles veulent réapprendre ce qu’ils ont oublié durant ces dix années de perturbation.

La reconnaissance pontificale tardera, en raison des relations très tendues entre l’empereur et le pape, mais Anne-Marie continuera sur sa lancée. En 1803 fut ouvert un noviciat proprement dit, en 1810 étaient déjà ouvertes quarante-six maisons. Un orphelinat fut ouvert en 1814.

En 1815, la maison-mère se déplaça à Bourg-Saint-Andéol. 

En 1820, la congrégation comptait quatre-vingt huit maisons dans huit diocèses.

En 1830, le roi reconnaîtra légalement la Congrégation.

En 1838, l’année où mourut la Fondatrice, il y avait cent quarante-et-une maison, abritant plus de trois-cents Religieuses dans quinze diocèses. Cette progression est une rareté dans l’histoire de l’Eglise.

Anne-Marie Rivier mourut le 3 février 1838. 

Elle prédit que ses Sœurs auraient traversé les mers : actuellement, elles se trouvent sur tous les continents ; elles sont plus de trois mille.

Anne-Marie Rivier a été béatifiée en 1982.

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Maria Helena Stollenwerk

1852-1900

 

Maria Helena naquit à Rollesbroich (Simmerath, Aachen, Allemagne) le 28 novembre 1852, de Johann Peter Stollenwerk et de Anna Maria Bongard, qui consacra sa fille à la Sainte Vierge avant même sa naissance.

Dès qu'elle fréquenta l'école primaire de son petit village, elle s'enthousiasma pour la lecture des bulletins de l'Association de la Sainte Enfance, qui devint par la suite une Œuvre Pontificale. C'est ainsi que grandit en elle le désir de venir en aide aux enfants de Chine.

A vingt ans, elle ne trouvait toujours pas d'Institut en Allemagne qui pût lui permettre de partir pour la Chine. Mais en visite à Steyl (Pays Bas), elle rencontra le fondateur des Verbites, Arnold Janssen (voir au 15 janvier), qui avait le désir de fonder une famille religieuse de Sœurs missionnaires, tout en attendant un signe de Dieu.

Maria Helena avait désormais trente ans et commença par servir comme auxiliaire de cuisine dans une des maisons ouvertes par le père Janssen. Elle fut rejointe par Hendrina Stenmanns et toutes deux vécurent dans une toute petite maison pendant quelques années, avant d'intégrer un couvent vide.

Le 8 décembre 1889, avec le nom de Mère Maria, elle fonde, avec le père Arnold Janssen, les Sœurs Missionnaires sous la dénomination de Servantes du Saint Esprit. Maria Helena se retrouvait tout d'un coup co-fondatrice et supérieure. L'institut se développa tout de suite et des sœurs partirent pour l'Argentine dès 1895, puis au Togo.

Pour ne pas sombrer dans le pur activisme, Arnold Janssens voulut appuyer le nouvel Institut sur la prière et l'adoration. Aussi ouvrit-il une autre branche de Contemplatives, dont Mère Marie voulut faire partie, cette fois-ci sous le nom de Sœur Maria Virgo (Marie Vierge).

Le vrai rêve de Maria Helena ne se réalisa jamais : elle ne put jamais partir pour la Chine, qui resta son vœu le plus cher et le plus intime. Mais ce rêve se réalisa en tant qu'elle y travailla de toute son ardeur dans la prière et l'offrande d'elle-même.

Cette offrande se concrétisa encore plus par la maladie qui la frappa et elle prononça ses vœux comme Sœur Adoratrice du Saint Esprit sur son lit de mort, le 3 février 1900.

 

Elle a été béatifiée en 1995.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Claudine Thévenet

1774-1837

 

Seconde de sept enfants, Claudine naît près de Lyon le 30 mars 1774, de Philibert Thévenet, qui tient un négoce.

Sa bonté et sa douceur exercent très tôt une heureuse influence sur ses frères et sœurs. A neuf ans elle sera formée chez les Bénédictines de l’abbaye Saint-Pierre, place des Terreaux.

Quand éclate la Révolution, Claudine a quinze ans. Les malheurs qui suivirent la frappèrent profondément. Lors des heures tragiques qui agitèrent la ville de Lyon en 1793, Claudine se retrouva un jour seule avec sa mère et ses quatre petits frères. On ne savait où était le papa ; les deux frères aînés étaient engagés au combat ; et l’oncle maternel se trouvait du côté où étaient les révolutionnaires. Claudine priait, confiante.

Le père revint à la maison ; les deux frères aussi, dans un premier temps, mais ils furent dénoncés, arrêtés et mis en prison, en attendant leur exécution. Les autorités arrêtèrent et exécutèrent des centaines d’habitants, par mesure de représailles. Chaque jour, Claudine cherchait à apercevoir ses frères dans le convoi des condamnés. Elle les vit le 5 janvier. Courageusement, elle réussit à s’approcher. L’un des deux lui souffla : Prends dans ma chaussure une lettre pour notre mère. On imagine son émotion. Mais en plus, l’un des deux frères eut encore le temps de lui lancer cette phrase sublime : Glady (1), pardonne, comme nous pardonnons. 

Il y eut un coup de feu, puis le coup de grâce avec une épée. C’en était trop pour elle, qui en conserva toute sa vie une prédisposition aux migraines. Louis-Antoine et François-Marie avaient respectivement vingt et dix-huit ans, tandis que Claudine en avait presque vingt.

Elle revint à la maison avec la précieuse lettre : en fait, deux petits mots, écrits par chacun des deux frères, qui les signèrent tous les deux. Ils avaient écrit : Nous allons être plus heureux que toi ; dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu. Nous allons vers le Cœur de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous nous remettons entièrement à sa miséricorde. Ils eurent la possibilité tous les deux de se confesser à un prêtre malade et assez âgé, arrêté et condamné avec eux.

Quand le calme revint à Lyon, la famille se refusa chrétiennement à toute accusation du délateur devant la justice. 

Puis Claudine se décida à soulager toutes les misères qu’elle côtoierait dans cette paroisse Saint-Bruno, avec cette foi et cette charité profondes, qu’elle cherchait à transmettre à chaque instant. Convaincue qu’une grande partie des malheurs qui sévissaient, étaient le résultat de l’ignorance de Dieu,  Claudine brûlait du désir de Le faire connaître, surtout aux enfants et aux jeunes.

Elle commença par intensifier sa prière, s’inscrivant dans les rangs de la Confraternité du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique était à l’honneur. Puis elle gagna à ses idées quelques autres dames.

Durant l’hiver 1815, un jeune prêtre trouva sous le porche d’une église deux fillettes abandonnées, qu’il amena au curé de la paroisse ; ce dernier lui dit : Allez frapper chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et organise toutes les bonnes œuvres de la paroisse. Claudine s’en occupa maternellement, et ce fut là pour elle le stimulant de son profond amour pour les enfants abandonnés. La maison de son amie, Marie Chirat, où furent élevées les petites filles, devint ainsi la Providence du Sacré-Cœur.

Peu de temps après, un saint prêtre, l’abbé Coindre, qui avait fondé de son côté la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, suggéra à Claudine l’idée d’une société vraiment organisée et adaptée aux œuvres qu’elle voulait assumer. Il lui proposait la règle de saint Augustin et les constitutions de saint Ignace de Loyola. Ainsi prit naissance le 31 juillet 1816 la Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus, dans la Providence de la paroisse Saint-Bruno, qui deviendra le 6 octobre 1818 (2) la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, au lieu-dit Les Pierres-Plantées, dans le quartier de la Croix-Rousse. Très vite, une deuxième «Providence» fut ouverte, pour la fabrication de la soie. Claudine était à la fois «effrayée» de son entreprise et confiante en la providence divine. 

Deux années plus tard, meurt sa mère, qu’elle aimait beaucoup. Une grosse épreuve pour Claudine, mais aussi l’occasion pour elle d’agir désormais en toute liberté. 

L’œuvre se développait ; on s’installa à Fourvière en 1820, sur un terrain acheté à la famille Jaricot (3) ; mais les critiques aussi allaient bon train : on traitait de ridicule cette Supérieure, on se moquait de ces gamines et de leurs maîtresses… Claudine enseignait le pardon et la patience.

 Quand l’abbé Coindre fut transféré au diocèse du Puy, il y appela la nouvelle famille religieuse, qui sera approuvée dans le diocèse du Puy dès 1823, et dans celui de Lyon en 1825.

Le but principal de la congrégation est de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu’à leur vingtième année, leur enseignant à lire, écrire, compter, et un métier avec une bonne formation chrétienne. Mais Claudine voit plus loin : elles ouvrent aussi un pensionnat pour les jeunes filles bourgeoises, qui ont, elles aussi, besoin de recevoir une base solide avant de fonder une famille. Ainsi, la congrégation de Jésus-Marie va s’ouvrir aux besoins des toutes les classes sociales, mais avec une préférence pour les enfants et les jeunes les plus pauvres.

Pour obtenir les titres exigés par l’Etat, elle s’inscrit aux examens pour le diplôme officiel, en 1822, à quarante-huit ans !

Les épreuves pleuvent : les milieux ecclésiastiques proposeront à Claudine de fusionner sa Famille avec l’autre déjà existante des Dames du Sacré-Cœur, de sainte Madeleine-Sophie Barat (voir au 25 mai) ; l’abbé Coindre va décéder en 1826, ainsi que quelques-unes des premières sœurs ; en 1831 et 1834, des mouvements sociaux vont diviser Lyon et Claudine se trouvera entre les deux clans, cherchant à faire la paix ; en plus de tout cela, l’aumônier des Religieuses n’aimait pas l’idéal de saint Ignace et prétendait modifier profondément l’esprit de la congrégation : Claudine dut résister, avec douceur mais très fermement, et ce avec parfois des scènes épiques… Tout cela secouera fortement le courage de la Fondatrice, qui saura résister à toutes les pressions, mais aussi y perdra la santé.

Avec courage et hardiesse même, elle entreprend des constructions, une chapelle ; elle rédige les Constitutions. Elle est organisatrice-née.

Elle cherche à faire tout pour plaire à Dieu, à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. A ses Sœurs, elle inculque son amour maternel : Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères, tant de l’âme que du corps. Les seules (partialité et préférence) que je vous permets, sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts ; celles-là, oui, aimez-les beaucoup ! 

Ses dernières paroles seront : Que le bon Dieu est bon !

Claudine Thévenet, qui avait pris le nom religieux de Mère Marie Saint-Ignace, s’éteignit à cette vie terrestre le 3 février 1837, un vendredi à 15 heures.

Cinq ans après, dès 1842 des Religieuses essaiment en Inde, en Espagne en 1850, au Canada en 1855. Actuellement elles sont près de deux-mille, dans près de deux-cents maisons sur les cinq continents.

 

Claudine Thévenet - Marie Saint-Ignace a été béatifiée en 1981 et canonisée en 1993.

 

 

(1) Glady était le surnom que toute la famille donnait gentiment à Claudine. On l’appelait aussi la petite violette, à cause de tous les petits travaux qu’elle faisait à la maison.

(2) On remarquera peut-être la coïncidence entre cette Providence de Saint-Bruno, point de départ de l’œuvre de Claudine, et la date du 6 octobre, fête de saint Bruno, comme date de la fondation de la congrégation. Les religieux de saint Bruno (Chartreux) avaient là une maison au 16e siècle.

 (3 Pauline Jaricot (1799-1862) est à l’origine de l’œuvre de la Propagation de la Foi.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

 

Syméon et Anne

1er siècle

 

L'Eglise a célébré le 2 février, quarante jour après Noël, la présentation au Temple de Jésus, jour où, humblement, la Sainte Vierge s'est soumise au rite de la purification, dont sa virginité perpétuelle pouvait l'exempter.

L'évangile de cette fête nous a fait entendre l'émotion intense du vieillard Syméon ainsi que les propos de cette pieuse femme très âgée, Anna (cf. Lc 2:22-38).

L'Eglise nous propose de commémorer le 3 février, ces deux personnages, finalement, assez mystérieux.

Anne, tout d'abord, est une femme très âgée, qui pourrait avoir au moins quatre-vingts ans. Elle est dans le Temple, et on imaginera facilement que ceux qui l'entendent parler, peuvent éprouver un peu de condescendance envers cette brave grand-mère qui leur dit des choses assez mystérieuses.

Anna était inspirée de Dieu ; elle vivait uniquement avec Dieu, dans la prière et la louange, dans l'attente de la venue du Messie. Son inspiration, elle désirait la communiquer simplement, sans artifice, sans publicité, sans bruit, uniquement parce qu'elle savait qu'elle lui venait de Dieu. 

Syméon (1), lui, était aussi très âgé, et avait eu une révélation, il y a longtemps : il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il attendait donc en silence, priant, jeûnant, participant simplement aux assemblées dans le Temple, comme le ferait un bon fidèle assidu aux offices de sa paroisse.

Une tradition peu vérifiable scientifiquement nous dit qu’il était un prêtre du Temple, non pas un grand-prêtre, mais un prêtre d’une classe inférieure. Un pieux religieux, humble, discret, fidèle à la Loi sans ostentation, sans orgueil.

Mais voilà qu'on lui dit intérieurement que le Messie est là ! Sans attendre, sans hésiter, sans douter, il vient au Temple, il va droit vers la sainte Famille, et de ses mains décharnées et pures il soulève ce petit Bébé de quarante jours.

On pourra imaginer l'émotion et la joie immenses de cet homme devant la réalisation de la promesse de Dieu, mais on ne pourra peut-être pas exprimer l'intensité de cette émotion qui aura envahi tout son être. Il devait en avoir des larmes de joie, et ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient bien se demander ce qui lui arrivait. 

Toujours est-il que c'est à lui que revient la paternité du Nunc dimittis, ce chant que Syméon improvisa juste après avoir vu l'Enfant-Jésus, et dont voici une traduction : 

 

Maintenant, tu vas laisser partir en paix ton serviteur, Seigneur,

Car mes yeux ont vu ton Salut, 

Ce que tu as préparé à la face de tous les peuples : 

Lumière à révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

 

Ce chant tout bref termine l'office des Complies chaque soir, pour ceux qui prient le bréviaire ou chantent l'office divin dans les maisons religieuses.

Avec Syméon, nous pouvons chanter en fin de journée notre action de grâce pour ce que Dieu nous a donné de voir durant la journée écoulée.

Avec les Grecs, fêtons dans la joie ces deux saints personnages qui eurent la joie d’accueillir l’Enfant-Jésus.

 

 

 

1 On trouve l’orthographe Syméon et celle, commune, Siméon. Cela permet de distinguer notre Syméon des autres Siméon du Martyrologe.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

 

Azarias prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

 

Ce saint prophète n'est pas un des quatre “grands” prophètes, ni un des douze “petits” prophètes de l'Ecriture.

C'est un saint homme qui eut son activité prophétique au nom du Seigneur vers l'an 95O avant l'avènement du Sauveur.

Il ne faut pas le confondre avec Azarias, un des trois jeunes gens jetés dans la fournaise, avec Daniel, par le roi Nabuchodonosor (cf. Dn 3).

On peut lire au livre des Chroniques (Chr 15:1-7) les quelques paroles qu'on lui attribue et qui sont fondamentales dans la vie de tout Croyant : 

Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec Lui. Quand vous le recherchez, il se laisse trouver. Quand vous l'abandonnez, il vous abandonne.

Ces trois petites phrases renferment toute une doctrine de la Providence divine envers nous, en même temps que la réponse à cette question si fréquente dans notre société : Est-ce que le Bon Dieu s'occupe parfois un peu de nous ?

Dieu n'est jamais absent, c'est vraiment L'offenser de le croire. La réalité est que l'homme a oublié Dieu ; c'est l'homme qui a prié Dieu de bien vouloir se retirer de notre vie sociale quotidienne ; délicatement, sans s'imposer, Dieu a accepté de rester à la porte, sur le trottoir, dehors,  pendant que les hommes, à l'intérieur, cherchent désormais désespérément des solutions à leurs problèmes.

Malheur à nous ! Que saint Azarias veuille bien revenir et nous rappeler que c'est à nous à nous tourner vers Dieu et à Le rechercher de toutes nos forces.

Saint Azarias, prophète, qui n’est pas au Martyrologe, est commémoré le 3 février chez les Grecs.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Alojs Andricki

1914-1943

 

La famille Andricki habitait à Radibor (Bautzen, Saxe). Le père, Jan, était professeur et directeur d'école, organiste et cantor ; la mère s'appelait Madlena, née Cyžec. Ils eurent six enfants, quatre garçons (Alojs, Jan, Gerat, Alfons) et deux filles (Marja, Marta).

Dans cette région limitrophe d’Allemagne, une grande majorité des habitants parle le sorabe, cette langue slave proche du tchèque avec des influences polonaises.

Les quatre garçons étudièrent la théologie, et le plus jeune (Alfons, jésuite) tomba lors de la Deuxième guerre mondiale.

Alojs fréquenta l'école élémentaire de son pays, le collège de Bautzen et passa son baccalauréat avec mention Très bien. Il fut membre de l'association Włada et même son président pendant deux ans. Un peu plus tard il collabora au périodique Serbski Student.

De 1934 à 1938 il étudia la philosophie et la théologie à Paderborn, tout en résidant au séminaire de Schmochtitz (diocèse de Meißen). 

Prêtre en 1939, il fut chapelain à la cathédrale de Dresde, préfet des Petits Chanteurs de Dresde et Président de la grande famille Kolping, une association catholique fondée au 19e  siècle par Adolf Kolping pour promouvoir l'idéal de la famille catholique (voir au 4 décembre).

Ses prises de position contre le régime nazi et son origine ne le faisaient pas voir d'un œil favorable par les autorités. Après l'avoir recherché et menacé, on l'arrêta le 21 janvier 1941 et il fut enfermé dans la prison de Dresde.

Accusé formellement d'atteintes secrètes contre l'Etat et le Parti, il fut condamné à une peine de six mois de prison. Refusant toute collaboration avec le nazisme, il fut, dès octobre 1941, transféré au camp de concentration de Dachau, où il fut enfermé dans le Block des Religieux (ou Block des Curés), sous le numéro 27829.

Là, il réussit, avec d'autres détenus, à étudier la Sainte Ecriture et à célébrer. Il rencontra des prêtres du Cercle de Schönstatt, et connut Josef Kentenich, qui y arriva en mars 1942.

En décembre éclata une épidémie de typhus, que contracta Alojs. Le 19 janvier 1943 il fut admis dans le Block des malades, en compagnie d'un autre prêtre, Hermann Scheipers. Ce dernier raconta que, mourant, Alojs demandait à un infirmier de lui appeler un prêtre pour lui apporter la sainte Communion, et qu'il s'entendit répondre : Il veut le Christ ? Il va recevoir une piqûre ! On lui fit alors une injection mortelle.

Alojs mourut le 3 février 1943.

Deux ans après, la direction du camp de Dachau fit parvenir à la famille l'urne des cendres de Alojs.

 

Reconnu martyr, l'abbé Alojs Andricki fut béatifié en 2011.


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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Louis Brisson

1817-1908

 

Louis Brisson naît à Plancy-l’Abbaye (Aube), dans le diocèse de Troyes, le 23 juin 1817. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Nourrissant un grand amour pour Dieu, il entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes. Il est ordonné prêtre en 1840.

En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant quarante-quatre ans, jusqu’en 1884, il approfondit la pensée et la spiritualité de St François de Sales.

La supérieure, Mère Marie de Sales Chappuis, le presse de fonder des prêtres destinés à répandre la doctrine de S. François de Sales. C’était d’ailleurs le souhait de François de Sales de fonder une congrégation de prêtres continuant, selon son esprit, l'œuvre commencée, à côté de la Visitation. Le P. Brisson se montre d’abord réticent.

Mais en 1857, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de Saint-François de Sales pour la lutte contre la déchristianisation par la revitalisation de la foi et le retour à la pratique religieuse. Il nomme l’abbé Brisson directeur de l’Association pour le diocèse.

Le P. Brisson se propose aussi de soutenir la vie morale et chrétienne des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles divers ateliers et foyers. 

En 1858 il ouvre pour elles un premier foyer, le Hangar des Hirondelles ou Œuvre Saint-Jean.  Suivent d’autres foyers dans d’autres paroisses : Saint-Nicolas (1860), Tauxelles (1861), Saint-Nizier (1862). Cette première Œuvre de Saint-François-de-Sales groupera jusqu’à six cents jeunes filles.

En 1867, l’abbé Brisson achète des terrains aux Tauxelles et y construit une école pour les petites filles pauvres du quartier, et y accueillir le dimanche les jeunes ouvrières de la région.

Tauxelles est aussi le lieu de l’entreprise des frères Hoppenot, qui appuient l’abbé Brisson. En 1869, ils construisent un foyer avec dortoirs, réfectoire et buanderie, pour accueillir les jeunes ouvrières. Elles peuvent y apprendre le métier textile avant d’intégrer l’usine proche.

En 1869, Mgr Ravinet demande au P. Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, Saint-Etienne, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… mais sur l’ordre de son évêque, et aidé de quelques collaborateurs prêtres, il commence la congrégation des Oblats de saint François de Sales. Le collège devient le collège secondaire Saint-Bernard. L’abbé Brisson y enseigne la cosmographie. En dix ans, les élèves passent de douze à soixante-douze, le collège est dédoublé en Petit-collège (externat) et en Grand Saint-Bernard (internat). Puis le collège essaime à Mâcon, Saint-Ouen, Sainte-Savine, Auxerre, Morangis.

Les Oblats seront approuvés en 1887, et définitivement en 1897.

Collaboratrices de cette immense tâche seront deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat – canonisée en 2001, voir au 10 janvier – et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs Oblates de saint François de Sales, qui seront approuvées dès 1890, et définitivement en 1911.

Les œuvres de ces deux congrégations se développent rapidement et elles se diffusent dans d’autres pays, notamment par des écoles, des pensionnats, des patronages. Le P. Brisson gouverne ses deux familles religieuses avec une connaissance approfondie des choses pratiques et une vie intérieure intense.

Le P. Brisson est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, il passe de longues heures en adoration devant l’Eucharistie et va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Sa vie est aussi marquée par l’épreuve, d’abord à cause de relations un peu difficiles avec l’autorité diocésaine, car l’évêque aurait préféré une congrégation diocésaine, tandis qu’elle dépend directement de Rome. Puis lors de la persécution religieuse, dont souffre la France dès la fin du 19e siècle, les Oblats et les Oblates du pays sont expulsés, leurs maisons, confisquées. 

Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904, à chercher refuge à Plancy-l’Abbaye, dans la maison de son enfance. Il est nommé Chanoine honoraire de la cathédrale de Troyes.

Mais ferme dans la foi, le P. Brisson est sûr de l’avenir de ses deux Instituts et n’est pas ébranlé dans son invincible confiance en Dieu. Il meurt le 2 février 1908, à quatre-vingt dix ans.

 

 

C’est la reconnaissance de la guérison miraculeuse d'un jeune Equatorien de la province du Chimborazo, due à l'intercession du P. Brisson, qui a permis sa béatification.

Un petit garçon de huit ans avait été victime en 1953 d'un accident survenu dans l'atelier de son père, mécanicien : la roue de fer d'un tracteur en réparation lui avait écrasé le gros orteil du pied droit et fracturé 2 autres doigts. Il fut soigné d'urgence mais sommairement car l'hôpital de son village n'était pas équipé ni les médecins spécialisés pour ce genre d'intervention. Son cas demeurait critique.

Les Sœurs Oblates, les enseignantes du petit garçon, firent, avec la famille, une neuvaine au P. Brisson et elles appliquèrent une relique sur le pied malade. L'enfant guérit, récupérant très vite toute sa mobilité et sa joie de vivre, sans séquelles, en un laps de temps que les médecins de la Commission d'enquête ont jugé inexplicable scientifiquement.

 

 

Aujourd'hui, la Congrégation des Oblats compte quelques centaines de religieux, prêtres et frères, et elle est présente en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

En France, les Oblats animent plusieurs paroisses, deux établissements scolaires – Saint-Bernard à Troyes et Saint-Michel à Annecy – diverses aumôneries, une revue, des rencontres salésiennes.

Ils ont pour mission de réaliser l'imitation du Christ et le service de l'Église dans le monde moderne, en vivant et en répandant la doctrine salésienne.

Les sœurs Oblates de saint François de Sales sont quelques centaines et poursuivent l'œuvre du P. Brisson au service de la jeunesse en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud.

 

 

Le Père Louis Brisson a été béatifié en 2012. Son dies natalis est le 2 février. Sa fête est toutefois célébrée localement le 12 octobre.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Andrea Carlo Ferrari

1850-1921

 

Andrea naquit le 13 août 1850 à Lalatta (Palanzano, Parma, Italie), de Giuseppe Ferrari et de Maddalena Longarini, de modestes personnes.

Ordonné prêtre en 1873, il fut successivement vicaire à Mariano, Fornovo di Taro, Saint Léonard de Parme ; puis co-directeur du séminaire de Parme en même temps que professeur de physique et de mathématiques. Une fois nommé directeur du séminaire en 1877, il enseigna la théologie dogmatique, l'histoire de l'Eglise et la théologie morale.

En 1879, il est nommé chanoine de la cathédrale de Parme.

En 1885 il publie sa Petite Somme de dogmatique générale, qui restera un des titres les plus courants à l'époque.

En 1890, il est évêque de Guastalla (Reggio Emilia), l'année suivante il est transféré à Come, et en 1894 le voilà cardinal et archevêque de Milan.

Il décide alors d'ajouter à son nom celui de Carlo, voulant prendre pour exemple saint Carlo Borromeo (1), archevêque de Milan après le concile de Trente. 

Sous sa direction, on publia dès 1896 un catéchisme unique pour toute la Lombardie et le Piémont, un ouvrage qui servira de base à la publication du catéchisme de Pie X.

Il voulut faire établir dans chaque paroisse un patronage pour les garçons et pour les filles et affronta le problème de l'enseignement de la religion dans les écoles primaires.

Il organisa la visite pastorale systématique des huit-cents paroisses de son grand diocèse et organisa jusqu'à trois synodes diocésains et un concile provincial, ce qui ne se faisait plus depuis un demi-siècle.

A cela s'ajoutèrent un congrès eucharistique en 1895, un de Musique Sacrée, un autre pour le quinzième centenaire de saint Ambroise (1897), le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception (1904), et des apparitions de Lourdes (1908), le troisième centenaire de la mort de saint Charles Borromée (1910), avec un nouveau synode et un nouveau congrès eucharistique.

En 1912 il soutint la publication d'un nouveau quotidien, L'Italia, et fêta en 1913 le seizième centenaire de l'édit de Constantin, publié en 313 à Milan, pour donner la liberté de culte aux Chrétiens après les persécutions romaines.

Au milieu d'une telle activité, on pourrait croire que le cardinal Ferrari était une colonne en vue dans l'Eglise. Il eut cependant ses adversaires, et non des moindres, jusques et surtout au Vatican. En effet, dès cette fin de 19e siècle, il préconisait l'attribution d'une place importante aux laïcs dans l'Eglise ; ce qui pour nous est maintenant évident, était une idée tellement “chocante” pour l'époque, qu'on n'hésita pas à dénigrer le cardinal auprès du pape saint Pie X : on l'accusa de modernisme et le pape ne le reçut plus pendant cinq années. Ce n'est que le pape suivant, Benoît XV, qui détendit le climat et sortit le cardinal Ferrari de l'isolement.

Le cardinal Ferrari reçut la distinction de Chevalier Grand-Croix de l'Ordre du Saint-Sépulcre.

Les dernières années de sa vie, il souffrit beaucoup d'une tumeur à la gorge et s'éteignit en 1921, le 2 février.

Lentement le climat hostile à ce saint évêque s'ouvrit à la reconnaissance de ce qu'il avait préconisé pour la réforme interne de l'Eglise et qui déboucha sur le concile de Vatican II.

Finalement, le cardinal Andrea Carlo Ferrari fut proclamé bienheureux en 1987.

 

 

1 Saint Carlo Borromeo est fêté le 4 novembre.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Jean-Théophane Vénard

1829-1861

 

Jean-Théophane naît le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (actuelle commune de Saint-Loup-Lamairé, Deux-Sèvres). Il a une sœur aînée (Mélanie) et deux frères, Eusèbe et Henri.

Jeune, il est enthousiasmé par les récits que l’on fait des missionnaires en Extrême-Orient, particulièrement par le récit du martyre de Jean-Charles Cornay (voir au 20 septembre). 

Durant ses études au collège de Doué-la-Fontaine il est encore instable, irascible. Il est pieux cependant : il prie le chapelet, il fait sa Première communion en 1843, l’année où meurt sa maman. Son jeune frère Henri le rejoint au collège.

Bien qu’il se sente appelé au sacerdoce, Jean-Théophane hésite encore sur sa vocation,  car il ne se sent pas encore à la hauteur ; mais il entre au petit séminaire de Montmorillon, et enfin au grand séminaire de Poitiers (1848), où enfin il se sent vraiment heureux.

Là, il porte la soutane, il a désormais appris à dominer ses mouvements d’impatience ;  il est devenu un élève excellent, passionné par l’étude, le grec et l’hébreu. En 1850 sa décision est prise : il rejoindra les Missions Etrangères de Paris.

Il prend le train pour la première fois et arrive à Paris, où va avoir lieu le coup d’état du 2 décembre 1851. Il vote pour la première et peut-être pour la dernière fois.

Au séminaire il se lie d’amitié avec Joseph Theurel, avec lequel il partira bientôt en Asie et qui mourra là-bas évêque, en 1868.

Outre ses études, il est organiste, sacristain, et balayeur en chef ; il étudie avec avidité la physique, l’histoire naturelle et la géographie. Diacre en 1851, il est ordonné prêtre en 1852.

Arrivé à Hong-Kong, il cherche à apprendre le chinois : Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l’étude plus difficile pour les missionnaires ! 

Enfin arrive son ordre de mission pour le Tonkin ; au moment de s’embarquer, il apprend que le père Jean-Louis Bonnard vient d’étre martyrisé, un an après Augustin Schoeffler (voir au 1er mai). Il pénètre au Tonkin clandestinement, apprend le vietnamien assez rapidement et commence d’évangéliser. A cette époque, il y a de très fortes persécutions et il doit se réfugier dans des grottes ou des cachettes. L’édit de l’empereur ordonne de jeter à la mer les prêtres européens ; de couper par le milieu du corps les prêtres annamites ; de décapiter ou étrangler tout fidèle chrétien. Jean-Théophane rejoint le Tonkin occidental en juillet 1854.

Dans cette région, l’édit de persécution n’est pas appliqué, car le vice-roi a été guéri d’une maladie des yeux par le prêtre Paul Bao-Tinh, qui lui a demandé en retour de ne pas persécuter les chrétiens. 

Jean-Théophane arrive donc dans une région relativement tranquille, du moins protégée, pour le moment. Il apporte avec lui un harmonium et l’évêque le nomme maître de chapelle. Puis, contrairement à l’étude du chinois, Jean-Théophane apprend très vite le vietnamien. Dans ses moments «libres», il traduit en vietnamien la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Il est nommé directeur du séminaire local. 

En 1860, un villageois le dénonce sous la pression des menaces. Il est arrêté à Ke-Beo le 30 novembre, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï.

Jean-Théophane est condamné à mort et exécuté le 2 février 1861.

Né en la fête de la Présentation de Marie au Temple, il fut exécuté en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, dans sa trente-deuxième année.

Dans les nombreuses lettres que son frère Eusèbe recueillit après sa mort, on y découvre une grande parenté de spiritualité entre lui et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; elle l’appréciait beaucoup et le fit largement connaître à son époque.

Jean-Théophane fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

Il est au Martyrologe du 2 février, mais fêté localement au 3 février, et avec tous Martyrs du Vietnam le 24 novembre.


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