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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 23:00

 

20. dimanche per annum - B

 

 

Rien, dans l’évangile d’aujourd’hui, n’est nouveau après celui de dimanche dernier, sinon que Jésus y affirme encore plus nettement Sa présence réelle dans “le Pain qu’(Il) donnera”, que sera ensuite l’Hostie consacrée à la Messe par le Prêtre.

 

Ce “miracle eucharistique” de la Transsubstantiation requiert de notre part un acte de Foi : car l’Hostie consacrée ne change ni de couleur, ni de forme, ni de goût, ni de poids. Seules les paroles du Prêtre - Ceci est mon Corps - y font pénétrer la Présence divine du Christ, pour la nourriture de nos âmes.

 

Bien sûr, sans cet acte de Foi, nos esprits rationalistes rejoindront les murmures des Juifs, scandalisés d’entendre Jésus leur demander de manger Sa chair.

 

Cette croyance en la Présence Réelle n’a pas subi d’altération dans l’Eglise pendant des siècles ; ce n’est qu’au XVIe siècle qu’un malheureux esprit de révolte a conduit une grande portion du Troupeau chrétien hors de la Vérité, tandis que dans notre cher pays français de cruelles “guerres de religion” mettaient à feu et à sang  la capitale et d’autres villes de province, avec les haines et les déchirures que ces vengeances occasionnaient, plus par motivation politique que religieuse, d’ailleurs.

 

Ce fut une période de grands désordres, de destructions de sanctuaires, de profanations diverses ; quantité de saints corps et de saintes reliques disparurent dans les flammes ou dans les fleuves. On a peine à imaginer qu’un véritable amour de la Vérité pût conduire à de telles extrémités. Seul l’aveuglement et l’orgueil de la révolte ont pu engendrer ces excès, que nous payons aujourd’hui encore par de regrettables divisions entre chrétiens, entre frères, entre enfants de Dieu.

 

Un très beau passage du livre des Proverbes nous fait contempler aujourd’hui l’œuvre de la Sagesse. Très tôt, de nombreux commentaires des Pères de l’Eglise ont appliqué cette péricope au Christ, à l’Eglise, à l’Eucharistie. Une interprétation primitive assimilait ces sept colonnes aux sept patriarches d’Adam à Moïse, ouvrant la voie à la Sagesse incarnée (Lettres  de Saint Clément) ; puis d’autres (Hippolyte, Cyprien, Origène) ont compris que cette “maison” est le Corps du Christ dans son incarnation, et les sept colonnes seraient les sept sacrements de la Vie chrétienne.

 

La traduction actuelle (“apprêté son vin”) ne rend pas bien l’expression du grec : “Elle a préparé dans le cratère son vin”, ce cratère étant un élément du mobilier de la Tente (Ex 24-25), revêtant donc une claire nuance sacrificielle, relevée par les Pères, et annonçant le sacrifice du Christ. Puis la Sagesse envoie “ses serviteurs” (ici : ses servantes), c’est-à-dire les prophètes, ou les apôtres.

 

Ecoutons bien l’appel de la Sagesse : “Quittez votre folie, suivez le chemin de l’intelligence”. Ici, l’intelligence est véritablement “intus-legere” : lire à l’intérieur, comprendre en profondeur, saisir au plus profond de l’âme l’invitation pleine d’amour du Seigneur.

 

Aux Ephésiens, Paul parle de la même folie, de la même sagesse. Et au nom de cette sagesse, il conseille vivement “de ne pas s’enivrer” avec le vin du monde, qui est bien différent du saint Breuvage que Christ nous offre dans l’Eucharistie. 

 

Nous lisons aujourd’hui d’autres versets du même psaume 33, qui font suite à ceux que nous avons lus dimanche dernier ; on y lit ce verset étonnant : “Venez, je vous enseignerai la crainte du Seigneur”. Enseigner à avoir peur ? Non. Il s’agit ici d’une “sainte crainte”, d’un sentiment à la fois d’amour profond pour Dieu et de profond respect - qui n’a rien à voir avec la peur ; la Crainte du Seigneur est l’un des dons du Saint-Esprit.

 

Dans ce même Esprit, Paul nous invite à partager entre nous (en latin) “in psalmis, et hymnis, et canticis spiritualibus” : si les psaumes et les hymnes se retrouvent dans toutes les traductions, on ne peut que sourire devant la variété des interprétations concernant les “canticis spiritualibus” : cantiques spirituels chez Segond, cantiques inspirés pour la Bible de Jérusalem, libres louanges (?) dans la traduction liturgique française. Si l’Esprit de Dieu est présent dans les cantiques “spirituels” ou “inspirés”, on peut craindre en revanche qu’il soit un peu loin des “libres louanges” que nous entendons ici et là…    

 

Si nos cantiques sont vraiment inspirés de l’Esprit, nous saurons reconnaître “ce que l’œil ne peut voir” dans l’amour de Dieu pour nous (Prière du jour), ainsi que “l’admirable échange” qui s’opère durant le Saint Sacrifice de la Messe (Prière sur les offrandes) ; ayant alors reçu le Corps et le Sang du Christ, nous pourrons davantage “lui ressembler sur la terre” (Prière finale).

 

“Qui cherche le Seigneur, ne manquera d’aucun bien” (Ps 33:11).

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 00:22

 

Fête de l’Assomption

 

 

La solennité de l’Assomption de Marie “trône” au milieu de nos vacances d’été, et cette fête a même le rang de fête d’obligation. La fête elle-même remonte au VIIe siècle, en France le pieux roi Louis XIII en fit la fête nationale, reprise par la Restauration, après une éphémère fête de “s.Napoléon, martyr”, instituée durant le premier Empire, aux fins que chacun peut deviner. 

 

Mais le dogme est le plus récent de tous : ce n’est qu’en 1950 que Pie XII le proclama par la bulle Munificentissimus Deus, reprise par le Concile de Vatican II. En réalité, un mouvement universel des épiscopats avait exprimé au Pape leur désir que fût solennellement définie cette vérité.

 

Que nous demande donc de croire la Sainte Eglise ? - que “la Vierge immaculée fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers”, à quoi certains ont parfois rétorqué : Marie est-elle donc morte, ou pas ? Car certains esprits voudraient que Marie ait été exempte de ce douloureux moment de la mort.

 

On ne va pas ici reproduire les volumes entiers qui ont été écrits sur ce sujet théologique. Une étude synthétique paraîtra probablement un jour sur notre site à ce sujet. Un des arguments les plus forts à propos de cette “vérité” est tout simplement celui-ci : si Marie a suivi Jésus si fidèlement, si elle a voulu participer si intimement à Sa passion et à Sa mort (au point qu’elle ait reçu le titre de Co-rédemptrice et de Reine des Martyrs), on ne voit pas pourquoi elle aurait été exemptée de mourir comme son Fils, pour “ressusciter” comme Lui immédiatement après et être ainsi “assumée”, portée au ciel où elle retrouve son divin Fils glorieux.

 

Le vœu que fit Louis XIII était d’honorer notre Mère dans tout le royaume de France, par une procession organisée dans chacune des paroisses. Mais de même qu’un jour “le combat cessa faute de combattants”, nos processions ont cessé faute de croyants. 

 

Rien ne nous empêche de prendre notre voiture et d’aller faire un petit pélerinage en quelque lieu marial pour y prier la Mère de Dieu : pour notre pays, pour nos “dirigeants”, pour tous les diocèses consacrés à Marie glorifiée en son Assomption, pour toutes les Marie qui portent ce doux nom.

 

On pourra ici relever deux “détails historiques” qui ont marqué la proclamation du dogme de l’Assomption.

 

1. Il y avait à Rome, dans les années quarante, un homme de religion adventiste, mais athée fanatique et convaincu, dont l’unique rêve était de tuer ce pape marial qu’était Pie XII et qui avait cette “vilaine” intention de proclamer le dogme de l’Assomption ; la décision était bien arrêtée, le couteau prêt, rien ne manquait, que l’occasion. Mais voilà qu’un beau soir d’avril 1947, notre homme se trouve comme “terrassé” par une vision de la Madonne ; depuis, ce “voyant” se convertit, alla remettre humblement au pape son couteau et se fit le héraut de la Vierge Marie. Ces apparitions des “Trois Fontaines” à Rome ont donné naissance à un pélerinage, pour lequel l’Eglise a concédé la permission de célébrer sur place la sainte Messe.

 

2. L’autre fait, non moins historique que le précédent, remonte à la veille de la proclamation du même dogme, donc le 31 octobre 1950. Ce que vit alors Pie XII, celui-ci le révéla lui-même quelques jours après à tous les cardinaux romains réunis : regardant le soleil couchant depuis sa fenêtre, il vit alors le soleil se déplacer, “danser” dans le ciel comme au jour de l’apparition de Marie à Fatima le 13 octobre 1917. Très lié personnellement à Fatima, Pie XII comprit que Marie voulait lui manifester ce “signe” privilégié juste au moment où il s’apprêtait à proclamer le dogme de l’Assomption, comme pour illustrer le mot de l’Apocalypse : “Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête” (Ap 12:1).

 

Le Mystère de l’Assomption est le quatrième de nos mystères glorieux du traditionnel chapelet. Prenons quelques minutes de notre journée pour repenser à la douce mort de Marie entourée des Apôtres, à la délicate présence des Anges autour d’elle pour la porter triomphalement vers son Fils Jésus, dans la gloire céleste, où elle règne près de Lui, et continue de coopérer avec Lui pour l’Eglise et pour le salut de chacun d’entre nous.

 

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 23:00

19. dimanche per annum - B

 

 

L’évangile d’aujourd’hui continue le Discours de Jésus sur le Pain de Vie. Sa parole devient plus nette, plus directe, car Jésus veut faire comprendre à cette foule qu’elle a besoin du Vrai Pain. Mais certains Juifs font la sourde oreille. Au lieu de demander comme Marie à l’ange : “Comment cela se fera-t-il ?”, ils raisonnent de façon très terre-à-terre.

 

Ici, l’Homme-Jésus dévoile un peu plus clairement sa Divinité : son père n’est pas ce Joseph que tout le monde a connu à Nazareth, le bon charpentier. Ce bon père nourricier était l’image du Père céleste de Jésus, et Jésus va maintenant parler de Son Père. On essaiera d’imaginer quels sentiments pleins d’émotion pouvait ressentir Jésus en parlant de Son Père, et quel désir il avait que les foules le connussent vraiment.

 

A première lecture, les phrases de Jésus rapportées par Jean semblent être mélangées, mais il faut bien les comprendre, et l’on verra qu’elles s’enchaînent très logiquement : 

 

- si nous cherchons vraiment à écouter le Père, nous devons aller à Jésus, inévitablement, puisque Jésus est le Verbe de Dieu, la Parole de vérité.

 

- seul, Jésus a vu le Père, puisqu’Il en vient. Aller à Jésus, Le voir et croire en Lui, c’est voir et écouter le Père. Jésus le rappellera à la dernière Cène, en répondant à Philippe : “Celui qui m’a vu, a vu le Père” (Jn 14:9).

 

- enfin, qui croit en Jésus, Dieu et Homme, reconnaît en Lui la Vie, et Celui qui nous donne la nourriture pour cette Vie : l’Eucharistie.

 

Et Jésus insiste d’une façon désormais très lumineuse : “C’est moi qui suis le Pain vivant descendu du ciel”. Qui pourra maintenant dire que l’Eucharistie est un symbole ? L’hostie que je reçois des mains du prêtre, contient mystiquement et réellement le Corps vivant de Jésus. Le vin que je bois au calice contient mystiquement et réellement le Sang vivant de Jésus.

 

Il faut expliquer un peu les mots “vivre” et “mourir” qu’utilise Jésus, parce que, comme nos pères au désert, nous aussi nous passerons par la porte de la mort. Comment comprendre que l’Eucharistie nous empêchera de mourir ?

 

Souvenons-nous que, du peuple hébreux sorti d’Egypte, beaucoup ne sont pas entrés dans la Terre Promise, ayant trop souvent douté de la puissance de Dieu et trop souvent refusé de Lui obéir. Même Moïse eut un moment de doute et se vit interdire l’entrée dans la Terre Promise. 

 

Or, cette marche dans le désert et l’entrée dans la Terre Promise symbolisent pour nous notre combat en cette vie et notre entrée dans la Vie éternelle, à la suite du Christ mort et ressuscité. Si nous ne reconnaissons pas Jésus ni Son enseignement, nous serons comme ceux qui n’entrèrent pas dans la Terre Promise et qui “sont morts”. Peut-être même que certains des Juifs qui écoutaient Jésus à ce moment-là descendaient de ceux qui moururent dans le désert, douze siècles plus tôt ; explication difficile, mais qui pourrait expliquer l’expression de Jésus : “vos pères”. 

 

Au contraire, “si quelqu’un mange de ce Pain, il vivra éternellement”, car reconnaître Jésus dans l’Hostie consacrée, c’est recevoir en nous la Vie divine, dès maintenant, et plus tard, en plénitude, dans l’Eternité, dans la Terre Promise éternelle.

 

Précisons tout de même que Jésus ne “condamne” pas ceux qui sont morts dans le désert, car Dieu est tout de même “riche en miséricorde”. Comparant la Terre Promise à la Vie éternelle, Jésus promet d’y admettre ceux qui auront reçu ce Pain eucharistique avec foi, sans pour autant en exclure ceux qui par ignorance ou sans responsabilité personnelle n’auront pas connu cette grâce. Seul Dieu connaît vraiment le fond de chacun.

 

A cette lecture du Pain de Vie se réfère la première lecture, du livre des Rois, où le prophète Elie est invité par deux fois à manger et boire, pour marcher ensuite quarante jours et quarante nuits : une nourriture et une boisson vraiment fortifiantes !

 

Le psaume 33 est l’un des “psaumes eucharistiques” ; en particulier, c’est celui que David composa, fuyant la colère de Saül, après être passé chez le prêtre Abimélek, qui lui permit de manger des pains consacrés (Lisez le chapitre 21 du premier livre de Samuel). Réconforté, David chante et invite ses amis à “goûter et voir combien est bon le Seigneur. 

 

David nous donne ici un enseignement très fort : lui qui est persécuté, menacé par Saül, obligé de fuir, il chante la bonté de Dieu “en tout temps”. Voilà comment nous pouvons reprendre force et sourire, même dans l’adversité.

 

On l’a dit précédemment, la lecture de l’épître aux Éphésiens n’a pas de lien direct avec les extraits de l’évangile. Mais aujourd’hui, les recommandations de Paul vont tout-à-fait dans un sens eucharistique, car suivre Jésus, c’est vivre de l’”Esprit de Dieu”, dans “la générosité et la tendresse”, dans le pardon fraternel. Faisons comme David : même dans l’épreuve, même dans la tentation, dominons nos emportements et nos indignations, nos “éclats de voix ou insultes” pour chanter sans cesse la bonté de Dieu.

 

Vivre ainsi, selon l’Esprit de Dieu et de Christ, c’est être vraiment des Fils de Dieu. La Prière du jour le dit textuellement, reprenant ce mot de Jean (1Jn 3:1) :

 

“Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes.”

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 23:00

11.dimanche per annum - B

 

 

On se souviendra peut-être des remarques faites lors du quatrième dimanche de Pâques, à propos de la traduction de l’expression : “Ego sum Pastor bonus”, qu’on proposait de traduire ainsi  : C’est moi le Pasteur, le Bon. Dans le discours sur le Pain Vivant, qui commence aujourd’hui, Jésus a une expression similaire : “Ego sum panis vitæ”, qu’on devrait traduire : C’est moi qui suis le Pain de la Vie, pour rendre l’importance du Ego en tête de phrase.

 

En disant ces mots, comme lorsqu’Il a parlé de la vraie Vigne, Jésus veut dire que Lui, et Lui seul est le vrai Pasteur (Jn 10:11), la vraie Vigne (Jn 15:1), le vrai Pain (Jn 6:35). 

 

Avant de continuer notre petit commentaire, arrêtons-nous un instant sur cette expression johannique du “Ego sum” : C’est moi ! Jésus l’utilise maintes fois, chez l’évangéliste Jean, comme on l’a dit ci-dessus ; mais aussi pour rassurer ses disciples : “C’est moi !” (6:20) et surtout en parlant aux Juifs : “Si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés” (8:24). Ce “Je Suis” devait évoquer dans la pensée des Juifs la réponse de Dieu à Moïse, presque impossible à rendre en français : “Je suis le ‘Je suis’ ”, car au fond “Je Suis” caractérise l’essence-même de Dieu, Vie essentielle, Etre fondamentalement Vivant et auteur de la Vie. En s’exprimant ainsi, Jésus exprime aux Juifs son identité divine, son union intime avec Dieu. Dans le désert, le pain est descendu du ciel ; maintenant, c’est Jésus Lui-même qui est descendu du ciel.

 

La manne reçue par Israël dans le désert venait miraculeusement du ciel, elle permettait au peuple israélite de manger pendant son long voyage, mais ce n’était pas “la” nourriture, elle en était le symbole, l’annonce. Jésus, en s’incarnant, offre Son Corps en Sacrifice, et nous laisse Son propre Corps en nourriture dans l’Eucharistie, grâce à Sa Parole consacrante, reprise ensuite par des milliers et des milliers de prêtres dans le monde entier : Ceci est mon Corps - Ceci est mon Sang.

 

Quand Jésus tient le discours d’aujourd’hui, au chapitre 6 de Jean, Il n’a pas encore institué l’Eucharistie, et le pain qu’Il vient de multiplier pour la foule n’est pas encore non plus “son” Corps. Durant sa vie publique, Jésus prépare peu à peu ceux qui L’écoutent, à recevoir en eux ce merveilleux Sacrement vital.

 

C’est pourquoi, à ceux qui Lui demandent “Que faut-il faire ?”, Il répond : “Croire en Celui que Dieu a envoyé”, parce que si l’on croit profondément en Jésus, Fils de Dieu, incarné, mort et ressuscité, on doit aussi croire en Son enseignement, en Ses Sacrements, en Sa présence dans l’Eucharistie, en Son Eglise Une et Catholique.

 

Jésus nous demande donc de “travailler non pour la nourriture qui se perd, mais pour celle qui se garde”. Il ne dit pas vraiment “travailler”, au sens où on l’entend d’une occupation fatigante comme le travail quotidien pour gagner son pain “à la sueur de (notre) front” (Gn 3:19) ; mais Il dit plutôt “operamini”, “occupez-vous” ; ce qui correspond bien à la demande suivante des auditeurs de Jésus : “Que faut-il faire pour nous occuper des œuvres de Dieu ?”, à quoi Jésus répond par son invitation à croire en Lui, Sauveur incarné : “œuvre” salutaire, et non “travail” pénible.

 

Quand la foule commence de comprendre, et qu’elle demande à avoir ce Pain “qui donne la vie”, Jésus leur promet alors : “Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif”. Il faut bien comprendre ces expressions et les imprimer dans notre cœur. “Ne plus avoir faim” ne veut pas dire qu’il suffira d’aller une seule fois à Jésus, mais qu’il ne faut aller qu’à Lui pour vraiment être rassasié.

 

Au contraire, Jésus désire que nous Le recevions très souvent - avec les bonnes dispositions qui s’imposent - dans le Sacrement d’Amour eucharistique. Certes, l’Eglise ne veut pas nous obliger contre notre volonté, et la loi catholique ne nous demande expressément de recevoir l’Eucharistie qu’une fois l’an, au moment de Pâques. Mais si nous sommes convaincus de l’importance de cette démarche, si nous voulons vraiment nourrir en nous la vie divine, allons le plus souvent possible recevoir la sainte Hostie - et l’Eglise nous y encourage. Beaucoup de fidèles ne savent pas que les prêtres célèbrent chaque jour l’Eucharistie, et qu’ils peuvent chaque jour y participer, selon le temps dont ils disposent. La Messe est à chaque fois la Pâque qui se reproduit : “Chaque fois que nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi”.

 

Mettre au centre de notre vie l’Eucharistie, est synonyme de mettre le Christ au centre de notre vie, et ordonner toutes nos actions sur l’Homme Nouveau, la nouvelle créature que nous sommes devenus en Christ ressuscité. C’est l’invitation de Paul aux Ephésiens.

 

Les autres prières de ce dimanche nous rappellent cette restauration de l’ordre primitif de la Création : “Restaure pour eux ta création”, est-il dit dans la Prière du jour ; ainsi nous deviendrons “une éternelle offrande à sa gloire” (Prière sur les Offrandes, l’expression est reprise dans la quatrième Prière eucharistique) ; enfin la dernière Prière après la Communion rappelle que nous avons été “renouvelés par le Pain du ciel”.

 

Sans cesse nous avons besoin de nous renouveler ; chaque jour nous pouvons le faire dans l’Eucharistie quotidienne offerte par le Prêtre. 

 

Le 4 août, l’Eglise fête saint Jean Marie Vianney, patron des prêtres et des curés. L’ “année sacerdotale”, que nous fêtions il y a peu à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de ce grand Saint, a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de renouveler notre attachement à la Vie divine eucharistique. Soyons-y fidèles !

 

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 23:00

17.dimanche per annum

 

Dimanche dernier, nous avons vu les foules converger vers le Christ, qui en eut pitié parce que ces gens “étaient comme des brebis sans berger”. Après les avoir longuement exhortés, le soir arrive et… il faut bien manger ! Nos liturgistes ont préféré nous faire lire aujourd’hui le récit de l’autre évangéliste, Jean, qui donne les mêmes détails que Marc, mais en ajoute aussi quelques-uns, et surtout enchaîne avec le discours sur le Pain de Vie, que nous lirons fragment par fragment pendant plusieurs dimanches.

 

L’occasion de ce discours est donc ici la première multiplication des pains. Cinq pains d’orge, et deux poissons, vont nourrir cinq mille hommes, donc probablement quelque quinze mille personnes, puisqu’on ne compte pas les femmes et les enfants.

 

Au passage, notons le “privilège” de ces populations, qui peuvent suspendre toutes leurs activités quotidiennes pour aller écouter des heures durant Quelqu’un qui leur parle de la Vérité et de la Vie éternelle. Un état d’esprit que nous ne connaissons pas aujourd’hui, à moins qu’on évoque ici les Journées Mondiales de la Jeunesse, tel Congrès Eucharistique…

 

Que nous enseigne ce miracle ? Notons ces détails : cinq pains nourrissent une foule immense et il en reste douze corbeilles ; les deux poissons aussi sont multipliés, mais il n’en reste rien.

 

Les cinq pains pourraient bien être comparés aux cinq livres de la Loi - Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome - la Torah hébraïque, l’Ancienne Alliance, qui a “nourri” tout le peuple avant Jésus-Christ, mais qui aujourd’hui ne suffit plus à apporter la vraie nourriture au Peuple de Dieu. Jésus-Christ doit lui redonner une nouvelle force vitale - en attendant l’institution de l’Eucharistie, qui ne tardera plus - et cette nouvelle nourriture sera désormais distribuée par les douze Apôtres : les douze corbeilles restantes montrent que cette nouvelle nourriture ne s’épuise pas, et l’Eglise continuera de la multiplier dans l’Eucharistie.

 

Les poissons ont ici une autre signification : ils pourraient exprimer les deux Testaments, au terme desquels toute la Révélation est achevée et à laquelle il n’y a rien à ajouter (cf. Ap 22:18). Profitons-en pour rappeler que les lettres composant le mot “poisson” en grec - icqus - ont servi à la communauté naissante à exprimer sa foi en Christ : Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur. C’est ce qui explique que si souvent le poisson est représenté dans les mosaïques ou les peintures chrétiennes des premiers siècles, comme symbole christique.

 

Evidemment, la première réaction de la foule est d’un ordre très terre-à-terre : proclamer roi Jésus, parce personne d’autre que Lui n’est capable de leur faire de tels miracles, et que donc il pourra bien aussi les libérer des Romains. Mais Jésus s’éclipse pour aller passer la nuit en prière dans la solitude. Le lendemain, il ira retrouver cette foule, pour leur parler du vrai Pain : c’est ce discours que nous lirons les prochains dimanches.

 

En parallèle avec ce miracle nous lisons dans la première lecture un autre épisode de multiplication des pains, qui eut lieu avec le prophète Elisée (env. neuf siècles avant Jésus-Christ). Les détails sont bien différents : vingt pains pour cent personnes. Elisée rassure son domestique : Il en restera ! 

 

Le psaume 144 allude aussi à cette nourriture sainte que Dieu nous donne “au temps voulu”.

 

On pourrait ici mettre en relief l’unité de la famille chrétienne autour de l’Eucharistie, et ainsi rejoindre la lecture aux Ephésiens où Paul recommande de garder l’unité dans l’Esprit. Mais le discours de Paul ne si situe pas exactement sur ce terrain. Dans la belle épître aux Ephésiens - comme on l’a dit les dimanches précédents, l’Apôtre s’attache à montrer le Primat du Christ dans toute la création, et notre vocation à être unis à Lui.

 

Adhérer à Jésus n’est pas seulement une démarche extérieure, une signature au bas d’un certificat, ou une vague promesse fugitive. Vivre de la vie de Jésus, c’est faire converger toutes nos forces vers la sainteté. Une sainteté qui engage notre propre intime, bien sûr, mais sans jamais oublier notre prochain, notre voisin. 

 

Avoir une “vie chrétienne” avec de belles prières, mais sans être emplis de charité envers chacun de nos frères, serait une double vie absolument contraire à la vie chrétienne authentique. C’est pourquoi Paul recommande expressément que nous ayons l’humilité, la douceur, la patience ; de se supporter les uns les autres avec amour. 

 

Notons cette expression : se supporter avec amour, attitude bien différente de la “tolérance” dont on parle parfois ; tolérer, c’est supporter négativement, comme le chat qui fait le gros dos ; supporter avec amour veut dire rester bon avec celui qui vous frappe, sourire quand on est tenté par la colère, pardonner de bon cœur quand on a subi un tort quelconque. C’est parfois très difficile, il faut même se faire violence quelquefois, mais la sainteté est à ce prix, car c’est cet exemple que nous a laissé le Maître divin, qui a dit lui-même : “Le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents le prennent de force” (Mt 11,12).

 

Dans la Prière, l’Eglise nous fait reconnaître que “sans (le Christ) rien n’est fort, rien n’est saint”. Dans la Prière sur les offrandes, nous demandons à Dieu de “sanctifier notre vie de tous les jours”, par l’Eucharistie.

 

“Adiutorium nostrum in nomine Domini” : Notre force est dans le nom du Seigneur.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 23:00

16.dimanche per annum

 

Pendant que Jésus est “dans son pays”, il se passe un drame à Jérusalem, que raconte Marc au chapitre 6 (mais qui n’est pas lu le dimanche) : Hérode avait fait arrêter Jean-Baptiste qui lui reprochait son adultère, puis le fait décapiter ; cet épisode sera lu au jour du Martyre de Jean-Baptiste, le 29 août. C’est peut-être regrettable que ce passage ne soit pas lu le dimanche, car il serait une bonne occasion pour rappeler aux fidèles la sainte loi du mariage chrétien, dans un monde où l’on perd souvent l’orientation, devant tant et tant de déviations étalées dans tous les journaux comme faits quotidiens et normaux, pour lesquels personne, semble-t-il, n’ose plus exprimer le moindre désaccord.

 

Pendant cet épisode, donc, nos apôtres reviennent de leur première mission. On les imagine racontant à Jésus ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait… Quelle impression profonde ont-ils ressentie en accomplissant ces premiers miracles, sur ordre de Jésus ! Chasser les démons, oindre les malades, les guérir ! Vous, pénitents qui craignez un peu de vous approcher du prêtre pour avouer vos péchés, sachez que non seulement ce prêtre ne saura jamais répéter à qui que ce soit ce qu’il aura entendu, mais surtout : qu’il est profondément heureux de lever la main vers vous et de vous dire calmement : “Vos péchés vous sont remis. Allez en paix”. Ainsi, les Apôtres.

 

Et Jésus se montre très humain avec eux : Venez vous reposer ! Oui, l’homme a besoin de se reposer, c’est un devoir qu’il se doit. Notre organisme a besoin de cette pause nocturne, pendant que le soleil est absent, pour dormir et se détendre, pour reprendre des forces. Notre société actuelle est ivre de mouvement, de bruit, de fatigue, de nervosité, d’excitation, et l’on s’étonne de certaines maladies cancéreuses qui sont en réalité directement liées à ce rythme quotidien très désordonné. Jésus se préoccupe donc aussi de la santé de ses Apôtres, qui “n’ont même plus le temps de manger”.

 

Mais Jésus a aussi une grande préoccupation : le Bien de tous ces gens qui viennent le voir, qui semblent être “des brebis sans berger”. Les prêtres, les lévites, les docteurs, ne manquaient pas, cependant, mais ils ne cherchaient pas à s’occuper des brebis comme doit le faire l’Unique Berger ; Jésus, le vrai Berger, veut que les Apôtres, et à leur suite les prêtres et les évêques, s’occupent vraiment de guider les âmes dans la Vérité, vers la Vérité, vers l’union avec Dieu. Pour un ministre du culte, forte est toujours la tentation de présomption, d’orgueil, de regarder le succès personnel, de considérer le peuple de Dieu un peu comme sa propre “clientèle”.

 

Saint Jean-Marie Vianney, vers qui accouraient des milliers de pèlerins, ne s’attribuait aucun mérite à ce “succès” apparent ; son souci était le salut des âmes, pour lesquelles il priait avec ferveur, et qu’il prenait le temps d’écouter dans le confessionnal. Saint Jean-Marie est la patron des curés de paroisse et nous fêtions il y a peu le 150e anniversaire de sa mort.

 

L’unique Pasteur éternel est directement évoqué dans la prophétie de Jérémie, où Dieu reproche aux pasteurs d’Israël d’avoir laissé leurs brebis s’égarer, se disperser ; Dieu va Lui-même s’occuper de ces brebis, en envoyant Son Fils, ce “Germe de David”, qui naîtra six siècles après Jérémie et qui, autour de la Croix et de l’Eglise, rassemblera tous les humains de toutes races, dans l’unité de la Foi, de la Doctrine, dans l’unique Famille de Dieu. 

 

Le psaume 22 du Bon Pasteur évoque évidemment le Pasteur unique et éternel, au nom duquel doivent agir tous les pasteurs de l’Eglise.

 

Saint Paul, aux Ephésiens, montre comment Christ est le centre et l’aboutissement de tout le créé : en Lui nous sommes créés, vers Lui nous marchons. Le Christ est le ciment sacré de l’unité entre tous les  hommes. On sera frappé du nombre de fois que Paul utilise le mot “paix” en parlant du Christ : cinq fois dans ce petit extrait. Oui, Jésus est notre paix ; nous n’aurons de paix qu’en Jésus, et nous n’obtiendrons cette paix qu’en nous mettant en paix avec Jésus. 

 

Etre en paix avec Jésus : Le suivre comme l’unique Pasteur, L’écouter comme l’unique Vérité, Le remercier comme notre unique Sauveur. 

 

Oui, en-dehors de l’Eglise, c’est-à-dire en-dehors de Christ, il n’y a pas de paix, pas de salut. Notre Seigneur nous le répète à chaque Messe : “Seigneur, tu as dit à tes apôtres : ‘Je vous laisse la paix, je vous donne MA paix’, ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton  Eglise…”

 

“Je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur.

Si quelqu’un entend ma voix, s’il m’ouvre, j’entrerai chez lui” (Antienne de Communion).

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 23:00

15.dimanche per annum

 

Nous lisons aujourd’hui le récit évangélique de la toute première mission des Apôtres. Jésus leur a enseigné comment agir, comment parler, comment imposer les mains aux malades. Maintenant, à eux d’opérer. 

 

Etonnant, ce conseil de dernière minute qu’ils reçoivent au moment de partir : “ne rien emporter pour la route, sauf un bâton” ; pas de pain à manger, pas d’argent pour en acheter, juste un bâton, des sandales (pas de chaussures), et même pas une tunique de rechange… Jésus veut que les Apôtres apprennent à se confier à la Providence ; ils devront humblement demander l’hospitalité - qui se pratiquait avec largesse dans ces temps-là ; encore aujourd’hui, les habitants de ces régions savent être très hospitaliers.

 

Quand un François d’Assise ou un Dominique de Guzman ont voulu réformer de l’intérieur l’Eglise décadente du XIIe siècle, ils ont exigé de leurs compagnons une pauvreté totale ; c’est ce qui rendit les ordres franciscain et dominicain si florissants, si féconds en exemples de sainteté.

 

Les Apôtres donc vont par les chemins et accomplissent leur mission selon les paroles de Jésus : ils chassent les démons, font des onctions d’huile aux malades ; ce sont déjà nos sacrements de la Réconciliation et de l’Onction des malades. 

 

Jésus les envoie deux par deux. Il y a là une sagesse et une prudence. La compagnie d’un ami fidèle est très souvent d’un grand réconfort. Dans la solitude, souvent l’homme ou se désespère de ses faiblesses ou s’enorgueillit de ses réussites : l’ami qui est à ses côtés, au nom de la Vérité, a le devoir de l’aider à surmonter ces tentations. Les jeunes qui entrent dans les séminaires ou les noviciats ne font pas qu’apprendre intellectuellement,  ils apprennent surtout à s’aimer les uns les autres, à s’entraider charitablement. Il y aurait bien des exemples à citer, de cette sainte amitié qui a soutenu les Saints dans leurs combats apostoliques. On en trouvera dans nos biographies de Saints, sur ce même Blog. 

 

Mais revenons à nos textes liturgiques.

 

Amos, ce “petit prophète” du huitième siècle avant Jésus-Christ, est envoyé quelque temps en Israël, d’où le prêtre lui-même le “réexpédie” assez rapidement à ses troupeaux et ses figuiers. Entre temps il aura eu le temps d’appeler Israël à la conversion. 

 

La dureté de cœur de l’homme l’empêche de comprendre que le message divin est pour son bien, que l’appel à la conversion est un message de paix, que ce qui coûte n’est pas d’être dans la Vérité, mais dans l’erreur.

 

Le psaume 84 (qui est lu principalement durant l’Avent, en préparation de la naissance du Sauveur), parle de cette paix qui vient de Dieu : 

 

“Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent” : comme pour dire que là où Dieu est présent - par l’Eglise, par les Sacrements, par la Parole, là règnent en même temps la justice et la paix, ce qui constitue la véritable et unique réponse à tous les problèmes sociaux des hommes.

“La vérité germera de la terre” : car le Sauveur naîtra d’un humble femme.

“Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit” : Dieu envoie son Fils, et ce Fils s’incarnera parmi les hommes.

 

A partir de ce dimanche, l’Eglise suspend la lecture de la seconde épître aux Corinthiens, pour aborder celle aux Ephésiens, une des dernières de l’Apôtre, où il exalte le triomphe de la royauté du Christ, et notre vocation à vivre en Lui dans une vie nouvelle.

 

Le prologue de cette épître est un chant magnifique - que nous reprenons chaque lundi à Vêpres dans la Louange des Heures, où saint Paul loue Dieu pour l’œuvre de salut accomplie pour nous par Son Fils. 

 

Dès le début, dès avant la création, Dieu nous a bénis dans le Christ (verset 3). L’Apôtre veut nous dire que le but divin de toute la création, était notre existence et notre vie (verset 4a) ; une vie de sainteté, dans l’amour de Dieu (verset 4b) : donc nous sommes tous appelés à être unis au Christ dans cette filiation qui nous permet d’être, comme Lui, des fils de Dieu, ces fils adoptifs du verset 5.

 

Cela fut “le propos de Sa volonté” ; la traduction par “bienveillance”, doit être comprise en son sens propre et très fort : bien-veillance, qui veut le Bien. Et vient ici cette belle expression reprise dans la quatrième Prière Eucharistique : unis en un seul Corps, nous sommes appelés “à la louange de Sa gloire” (verset 6, repris aux versets 12 et 14) : comme le Fils rend une éternelle louange à Son Père, nous sommes admis avec Lui à exprimer cette même louange, grâce à notre adoption dans la Vie du Père. Quel honneur nous est donc fait là !

 

Et ce n’est pas tout. Le péché aurait pu annuler tout ce beau programme sacré. Nous aurions pu être privés de cette adoption : eh bien, non, Dieu nous aimait tant, qu’Il s’est servi de Son Fils pour nous racheter, par le Sacrifice parfait du Verbe Incarné, “qui nous obtient par son sang la rédemption, le pardon de nos fautes” (verset 7).

 

La vocation de tout le créé, de tous les êtres vivants est d’être unis en un seul Corps ; c’est notre vocation, à chacun, marqués par l’Esprit Saint que Christ nous a ensuite envoyé après son Ascension, en signe d’unité dans l’Amour et dans la Vérité (verset 13).

 

Dans l’Eucharistie, nous sommes Un en Christ (“Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi en moi en lui”, Jn 6,57, antienne de communion), et c’est dans ce Mystère que Dieu accomplit l’ “Œuvre de salut” (prière finale). Devant cette œuvre, l’histoire n’est plus rien qu’un petit espace de temps très vite écoulé. L’histoire passe et disparaît bien vite ; l’important est ce qui reste : notre salut en Jésus-Christ notre Sauveur, pour la “louange de gloire” de notre Père éternellement miséricordieux.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 23:00

 

14.dimanche per annum

 

L’évangile que nous lisons aujourd’hui, montre Jésus dans “son pays”, à Nazareth, là où l’ange était apparu à sa Sa Mère, là où il avait grandi, où se trouvait sa parenté, en somme un endroit où on le connaissait bien. L’évangéliste ne parle pas de ses occupations quotidiennes, des rencontres avec les cousins et cousines : envoyé par Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle, c’est à la synagogue que nous Le retrouvons, en train d’enseigner.

 

Mais les “paroissiens” de cette synagogue ne se montrent pas vraiment disponibles à accueillir cette Parole ; leurs conversations sont un peu superficielles : pour eux, Jésus est simplement leur camarade d’enfance et de jeux, et peu leur importe l’enseignement réel du Fils de Dieu. 

 

Arrêtons-nous un court instant sur cette parenté, les frères et sœurs de Jésus : Jacques, José, Jude, Simon. Malgré les fréquentes explications du mot “frère” qui, en hébreux désigne aussi bien un frère qu’un cousin ou qu’un proche, il ne manque pas d’interprétations qui veulent que Joseph et Marie aient eu d’autres enfants que Jésus. Beaucoup d’arguments peuvent contredire ces assertions.

 

Si Joseph et Marie avaient eu d’autres enfants, très vraisemblablement l’Evangile y aurait fait allusion quelque part ; ou aussi on l’aurait su et répété dès le commencement ; et surtout l’Eglise n’aurait jamais invoqué Joseph comme le “chaste époux de Marie”, ni Marie comme la “Reine des Vierges”. A cela s’ajoute un argument provenant du texte-même d’aujourd’hui : des quatre noms de “frères” cités, trois sont ceux d’Apôtres (Jacques, dit “mineur”, est l’auteur d’une épître, de même que Jude ; ce dernier et Simon auraient évangélisé l’Egypte, avant d’aller en Perse où ils auraient été martyrisés). L’Evangéliste les nomme donc parce qu’ils sont connus de la communauté ; tandis qu’il ne nomme aucune des “sœurs”. Enfin, rappelons que sur la croix, Jésus confie à Marie son “fils”, l’apôtre Jean, et à ce dernier Marie, sa “mère”, chose qu’Il n’aurait pas faite si sa sainte Mère avait eu d’autres fils.

 

Revenons donc à Nazareth et à l’assemblée de la synagogue, qui sont en train de jaser sur Jésus. Il s’y mêle en réalité une vilaine jalousie, et même du dédain : Mais d’où a-t-il appris tout cela ? Du pauvre Joseph, un simple charpentier ? Et Jésus de le faire remarquer à ses disciples : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa famille et sa propre maison.

 

Ne condamnons pas ces parents et voisins de Jésus ; ils cèdent à la tentation très facile du respect humain, que connaissent de nombreuses familles de prêtres et de religieuses où, par manque d’humilité pour accepter un enseignement spirituel, on regarde la personne consacrée comme un peu (ou beaucoup…) “étrangère”, d’un autre monde, au point que cette dernière, pour préserver la paix, en est réduite soit au silence, soit à “jouer le jeu” de la complicité. C’est dommage parce que, dans ces familles, la Vérité n’est pas au rendez-vous.

 

A Nazareth, ce fut au point que même le Fils de Dieu dut partir, sans faire de miracles, sauf en imposant les mains à quelques-uns, dit l’Evangéliste Marc. Ceci ne veut pas dire que Jésus, déçu et vexé de ce mauvais accueil, soit parti fâché ; quelle tristesse, au contraire, pour l’Ami éternel, de se heurter à des cœurs froids et indifférents. 

 

Six siècles avant Jésus-Christ, le prophète Ezéchiel n’a pas cessé de se heurter à la dureté de cœur de tous ses contemporains, à qui il reprochait leur manque de respect des choses saintes ; ce fut la ruine de Jérusalem, l’exil à Babylone - qu’il partagea avec eux… “ce peuple de rebelles qui s’est révolté contre moi”, dit l’extrait d’aujourd’hui. Mais cette prophétie ne reste pas stérile, car après l’épreuve vint aussi la résurrection, le retour à Jérusalem et le reprise du culte dans le Temple.

 

La prière de David dans le psaume 122 exprime cette douleur du prophète angoissé devant tant de dureté de cœur ; il est comme abandonné, traité en esclave “qui regarde la main de son maître” : en effet, le pauvre esclave n’avait pas le droit de regarder en face son maître pour parler avec lui ; tout ce qu’il attendait était à peine quelque largesse de sa main. Jésus a prié ce psaume, depuis sa jeunesse ; s’étant offert totalement, il fut traité en esclave.

Maltraité aussi fut l’apôtre Paul, après sa conversion et durant ses nombreux voyages. Mais ce qu’il veut dire aujourd’hui dans l’extrait aux Corinthiens, est une épreuve d’un autre genre, intime et spirituelle, liée à sa propre vie mystique. Que signifie cette “écharde dans la chair” ? Une maladie plus ou moins chronique ? Une épreuve intérieure, un doute ? Paul est discret, il veut seulement faire comprendre aux Corinthiens que l’épreuve nous enseigne à voir notre grande faiblesse et la force efficace de la grâce de Dieu.

 

Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l’Eglise (1347-1380), reçut de Jésus-Christ cette explication que saint Paul, qui vivait dans la chasteté par imitation envers Notre Seigneur, “pour anticiper le Royaume des Cieux” (cf. Mt 19:12), fut fortement tenté contre cette vertu angélique. Cette interprétation, due à une révélation privée, n’est pas “dogmatique” en soi, mais peut nous aider à comprendre le texte de saint Paul et sa délicate discrétion.

 

Nous parlions de l’esclave tout-à-l’heure ; voici maintenant la prière du jour : Tu (nous) as tirés de l’esclavage du péché ; fais-(nous) connaître le bonheur impérissable. 

 

Dans la joie de la Résurrection.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 23:00

13.dimanche per annum

 

Une des questions les plus fondamentales que se pose l’homme dans son existence est celle-ci : Qu’est-ce que la mort ? Et une des difficultés métaphysiques est précisément celle-ci : Comment se fait-il qu’il faille mourir, alors que Dieu est l’Auteur de la Vie ? D’où vient donc la mort ? 

 

Oui, Dieu n’a pas fait la mort, répond ici le Livre de la Sagesse. La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon. Donc, en toute logique, le démon, prince des ténèbres et ennemi de Dieu, existait avant-même la création de l’homme.

 

Dans la Genèse, il est écrit que Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder (Gn 1:15) : le garder de quoi ? Très probablement de quelque présence non souhaitable, d’un ennemi. Or l’homme n’avait pas encore péché à ce moment-là, donc le Mal existait, la rébellion contre Dieu avait déjà eu lieu. On attribue cette rébellion à la révolte d’une partie des anges, ayant à leur tête Lucifer, “porteur de la lumière” par son intelligence extraordinaire.

 

On imagine la jalousie de ce prince des ténèbres, dans sa déchéance irréversible, en voyant la splendeur de la création, et en particulier cet être humain, Adam, créé à l’image de Dieu, dans un état de sainteté extraordinaire. Autant les Anges fidèles sont portés à aimer et à adorer Dieu, autant les anges déchus sont portés à haïr, à se révolter, à chercher par tous les moyens à emporter dans leur chute tous les autres êtres créés.

 

Toute notre existence est marquée par la présence de la mort, tous nous nous savons comme condamnés à mort dès lors que nous recevons la vie. En même temps, les croyants savent que, comme l’a dit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, “ils ne meurent pas, ils entrent dans la Vie”, quittant ce monde pour l’autre, pour l’Eternité.

 

Il y a dans l’Apocalypse (ou Révélation) de Jean, un verset très significatif : Heureux et saint celui qui participe à la première résurrection.  La seconde mort n’a point pouvoir sur ceux-là (Ap 20:6). La “première résurrection” advient après notre mort physique ; ceux qui seront alors dignes d’entrer au Royaume, seront pour toujours dans la Vie ; mais ceux qui auront refusé la Vérité dans leur vie, iront dans la Mort éternelle : c’est là la “seconde mort”.

 

Le chrétien doit être heureux de quitter ce monde rempli d’injustice et de péché, des œuvres que le Mal a apportées au milieu de la si belle et pure Création de Dieu. Notre fabuliste La Fontaine a bien touché du doigt ce que serait notre condition, si la mort n’existait pas : nous continuerions de vivre dans un monde d’imperfection et dans une perpétuelle désespérance. Cette première mort est donc un passage bien salutaire pour atteindre l’autre monde. 

 

Le psaume qui suit cette première lecture est le psaume 29 (et non 20, noté par erreur dans certains missels), qui est une prière d’action de grâces : Jean Cassien (IVe siècle) explique qu’il s’agit de l’action de grâces de Jésus à son Père, après la résurrection. Ce psaume est justement placé dans la prière de la Louange des Heures du Samedi Saint, lorsque désormais le Christ, libre de la mort, célèbre sa résurrection avec tous ceux qui l’attendaient, depuis Adam jusqu’au Bon Larron, à qui il disait la veille, sur la Croix : Aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis (Lc 23:43).

 

Notre récit évangélique parle aussi de la mort, mais ensuite de l’extraordinaire résurrection de la fille de Jaïre, interrompue par le récit d’un autre miracle, la guérison de cette femme atteinte de perte de sang, dans lequel beaucoup de détails valent la peine d’être relevés et commentés.

 

Jaïre n’est pas un païen, mais un chef de synagogue. On sait combien les Pharisiens ont été hostiles à l’enseignement de Jésus, au point que l’attitude de ce Jaïre est remarquable : contre les Pharisiens, il a le courage de demander une faveur à Jésus, et humblement se prosterne pour exprimer cette demande.

 

Il est très exceptionnel que le récit d’un miracle soit interrompu par celui d’un autre miracle, comme c’est le cas ici. Marc aurait très bien pu terminer le récit concernant Jaïre, puis ajouter quelque chose comme : “Pendant son déplacement, Jésus fit aussi cet autre miracle…” Non, Marc a tenu a maintenir dans son récit l’irruption de la guérison de cette femme, pour revenir ensuite à la résurrection de la petite fille de Jaïre : c’est que sans doute Jésus aura fait exprès de s’arrêter en chemin, laissant passer un peu de temps, pour pouvoir réellement ramener la petite morte à la vie, et ainsi annoncer déjà sa propre mort et sa résurrection.

 

Il faut noter combien est édifiante la conduite de cette femme si malheureuse : juste toucher le vêtement de Jésus ! Pas même lui parler, pas même le regarder en face ! Cette pauvre femme savait que, d’après la Loi, sa maladie la rendait “impure”, et fidèlement à la Loi elle se comportait comme une indigne, sans adresser la parole à Jésus, ni le regarder, osant seulement toucher le pan de son vêtement. Comme Jésus récompense l’humilité de cette femme ! Lui-même se tourne de façon qu’elle puisse le voir en face, Lui-même l’invite à s’exprimer ; on dirait, avant la lettre, le prêtre qui cherche à mettre à l’aise le pénitent ; en effet, dit Marc, elle lui dit toute la vérité, elle devait avoir beaucoup de remords cachés, et voulait en quelque sorte, se confesser. Sa sincérité et son humilité sont récompensées : Ta foi t’a sauvée, lui dit Jésus.

 

Entre temps, la petite fille est morte ; Jésus rassure son papa : Ne crains pas ! Une parole pleine de paix qu’on trouve tant de fois dans l’Evangile, tout particulièrement lors des apparitions après la Résurrection. On pourrait dire que Jaïre est le premier témoin de la Résurrection. Puis Jésus ne garde avec lui que Pierre, Jacques et Jean, ceux-là mêmes qui seront témoins de la Transfiguration et de l’Agonie à Gethsémani. Plus tard, Pierre aura raconté ce que Jésus dit à cette petite fille, et son disciple Marc l’a transcrit fidèlement ici, dans la langue-même de Jésus,  en araméen : Talitha koum !

 

Stupéfiante, cette recommandation de Jésus que personne ne le sache : comment taire un fait aussi exceptionnel ? Jésus aime la discrétion, la vraie conversion, celle du cœur, et non la publicité. Comme nous sommes loin ici de toute la presse qui inonde nos kiosques et maintenant aussi Internet ! Comme il est urgent que les Chrétiens s’efforcent d’utiliser ces moyens de communications pour le bien, pour la Charité, et non pour le bavardage et l’indiscrétion.

 

Enfin, Jésus demande de donner à manger à la petite fille, de la même façon qu’après sa résurrection, il mangera devant ses Apôtres stupéfaits, pour leur démontrer qu’il était bien vivant, et pas un fantôme qui ne peut pas manger (Lc 24:37-43).

 

Sans lien direct avec ce qui précède, nous poursuivons aujourd’hui la lecture de l’épître aux Corinthiens, où Paul invite ces derniers à être généreux envers leurs frères plus pauvres de Jérusalem, à l’image de Christ qui s’est humilié  jusqu’à la mort pour nous “enrichir” de la vie.

 

En clair, Paul fait la quête aux Chrétiens de Corinthe en faveur de ceux de Jérusalem. A nous qui sommes sollicités sans cesse par courrier ou par téléphone, qui voyons à la télévision des manifestations généreuses pour telle ou telle œuvre, le fait que Paul sollicite la charité des Corinthiens ne nous étonne pas beaucoup, mais mettons-nous en pensée dans l’ambiance du premier siècle : on connaît dans l’antiquité la démarche des Athéniens qui vinrent un jour demander aux Spartiates du blé, car ils avaient faim, mais le fait était vraiment insolite en ces temps-là ; des mendiants aux coins des rues, il y en avait de toute évidence, et Jésus l’avait dit à ses Apôtres : Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous (Jn 12:8). Mais ici non seulement Paul organise une collecte pour toute une communauté, mais en plus il s’engage, pour ainsi dire, à en assumer le transfert jusqu’à destination : Corinthe-Jérusalem, ce n’était pas un voyage de vingt-quatre heures ; le bateau pouvait être pris d’assaut par des pirates, ou simplement faire naufrage… Cette démarche de Paul est extrêmement novatrice et courageuse. On voit ici aussi l’Esprit Saint à l’œuvre, qui suscite dans le cœur des Apôtres des initiatives charitables et efficaces, montrant ainsi au monde romain la vie active et fraternelle de cette Eglise naissante.

 

A notre tour, soyons toujours sur la brèche. Ne nous laissons pas gagner par l’assoupissement spirituel, par l’indifférence. La prière du jour vient ici à point nommé : Ne permets pas que l’erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d’être toujours rayonnants de ta vérité.  Et encore, après la Communion :“Reliés à toi par une charité qui ne passera jamais, nous porterons des fruits qui demeurent.

 

Oui, Amen : vivons toujours dans la Charité. 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:00

 

Saints Pierre et Paul

 

La liturgie donne la préséance à la solennité des saints Pierre et Paul, lorsque celle-ci tombe un dimanche après la Fête-Dieu.

 

Saint Pierre : le prince des apôtres. Saint Paul : l’apôtre des nations.

 

Dans les Actes des Apôtres, il est question d’Hérode. Il ne s’agit pas d’Hérode Ier qui fit massacrer les Saints Innocents à la naissance de Jésus, ni d’Hérode Antipas qui fit décapiter Jean-Baptiste peu avant la mort de Jésus-Christ, mais d’Hérode Agrippa, petit-fils du premier.

 

Hérode Agrippa fait décapiter s.Jacques (le Majeur), premier évêque à Jérusalem, mesure “bien vue des Juifs” qui, on le voit, dix ans environ après le sacrifice de Jésus, s’obstinent dans leur aveuglement. Mais pas tous : un témoignage de Clément d’Alexandrie (IIe siècle) raconte que le gardien de Jacques fut saisi de son courage et lui demanda pardon, et Jacques de lui répondre “La paix soit avec toi”, en l’embrassant. C’est ce même Jacques qui selon certaines traditions concordantes, aurait eu le temps d’évangéliser l’Espagne avant de revenir en Palestine et serait ainsi à l’origine du pèlerinage de Compostelle.

 

Ajoutant à sa perfidie, Hérode s’en prend maintenant à s.Pierre, car ce dernier est encore à Jérusalem (nous sommes dans les premières années 40) et le fait enfermer. Mais l’heure de Dieu n’est pas arrivée et tandis que “l’Eglise priait pour (Pierre) devant Dieu avec insistance”, le chef de l’Eglise est miraculeusement délivré et rendu à la communauté. Saint Pierre sera encore à Jérusalem vers 49-50, au moment du premier concile et successivement installera son ministère à Rome, où il sera martyrisé vers 64 ou 67. On le sait, c’est lui qui demanda à être crucifié la tête en bas, trop humble pour oser recevoir la même mort que son Maître.

 

Saint Paul, l’apôtre des Nations, voyagea beaucoup, depuis sa conversion à Damas ; toute l’Asie mineure (l’actuelle Turquie) reçut la Bonne Nouvelle de sa bouche, puis la Grèce, puis probablement aussi l’Espagne et le sud de la Gaule, avant qu’il rejoigne la communauté romaine, où il sera à son tour décapité (67). Sa deuxième épître à Timothée, brève, intense, est comme son testament ; il y apparaît lucide, très fatigué, il sait qu’il va au-devant du martyre, et montre sa compréhensible affliction pour ceux qui l’ont abandonné, mais il reste plein de confiance envers Dieu. Malgré toutes ses peines, il chante à Dieu : A lui la gloire pour les siècles des siècles.

 

On lira avec attention ces expressions de Paul : Je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle, je n’ai plus qu’à recevoir la récompense du vainqueur. Paul ne se vante pas de lui-même, il ne se dit pas à l’abri de quelque faute, de quelque erreur ; simplement, il a tout fait pour rester fidèle à l’appel de Dieu. En cela réside la sainteté : être fidèle quoi qu’il arrive, persévérer malgré tous les obstacles, continuer la marche malgré toutes nos chutes, fidèles à notre divin Maître qui, sur le chemin du Calvaire, se relevait après chaque chute pour grimper jusqu’au bout de la montée : montée vers la mort, mais vers la résurrection surtout.

 

C’est cette confiance totale que chante le psaume 33 : Je bénirai le Seigneur en tout temps… Je cherche le Seigneur, il me répond… Le Seigneur (me) sauve de toutes (mes) angoisses… Le Seigneur est bon ; heureux qui trouve en lui son refuge.

 

En 1967-1968, le pape Paul VI avait proclamé l’Année de la Foi, pour célébrer le dix-neuvième centenaire du martyre des saints Pierre et Paul. L’année 2008 fut à son tour célébrée en l’honneur de saint Paul, pour le deuxième millénaire de la naissance de l’Apôtre. A cette occasion, les chrétiens étaient invités à s’associer aux célébrations romaines, particulièrement en la basilique “Saint-Paul-hors-les-murs”, construite non loin du lieu où saint Paul fut décapité : la petite église qui y avait été construite abrite les “Trois Fontaines” qui auraient jailli là où retomba sa tête.

 

Que demanderons-nous à Dieu, par l’intercession de saint Paul ? Des grâces; beaucoup de grâces ; en tout premier lieu la grâce de la fidélité : la Nouvelle Evangélisation a besoin de chacun de nous, où qu’il soit et quoi qu’il fasse ; notre devoir de chrétiens fidèles est de consacrer toutes nos actions, toutes nos prières, tous nos efforts, pour être fidèles à notre vocation, pour être, ou devenir, ou re-devenir des “pierres vivantes” de l’Eglise, du Corps Mystique de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres ; en second lieu, nous demanderons aussi de nous garder dans le droit chemin de la Vérité, à lui qui est le Docteur des Nations, gardien de la Doctrine qu’il a si savamment exposée et enseignée.

 

Saint-Pierre, chef des apôtres, garde-nous dans la foi en Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité.

 

Saint-Paul, apôtre des nations, aide-nous à être fidèles dans l’apostolat quotidien, jusqu’à la mort. 

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