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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:44

Rutilio Grande García

1928-1977

 

Rutilio Grande García naquit le 5 juillet 1928 à El Paisnal (Salvador), de parents modestes.

En 1932, mourut sa mère. Le petit garçon fut éduqué avec amour par un papa très travailleur. A douze ans, Rutilio put rencontrer l’évêque, Mgr Chavez, auquel il exprima son désir de devenir prêtre.

En 1941, ce même évêque prit sous sa protection Rutilio et l’envoya au Petit séminaire du Nicaragua.

En 1945, après son baccalauréat, Rutilio entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit le noviciat à Caracas (Venezuela) et émit les premiers vœux en 1947.

Rutilio était un homme sincère, travaillé intérieurement, conscient de son devoir mais aussi de ses faiblesses. Dans le doute, il suspendit sa préparation au sacerdoce et partit deux années à Panama, où il fut professeur (1948-1950).

Puis il fut envoyé à Oña (Burgos, Espagne), où il reprit ses études de philosophie et de théologie, de 1953 à 1960. Là encore, le doute le tenta, mais il persévéra et fut ordonné prêtre en 1959, à Oña.

De retour au Salvador, il y enseigna pendant deux ans, et repartit en Espagne pour la dernière partie de sa formation dans l’Ordre des Jésuites. C’est alors qu’il fut envoyé à Bruxelles (1963) pour se spécialiser en Théologie pastorale, dans l’Institut Lumen Vitae ou CIEFR, affilié à l’université de Louvain ; il y découvrit la Théologie de la Libération, qui l’enthousiasma et le confirma tout-à-fait dans sa vocation. C’était l’époque du Concile Vatican II.

En 1964, de retour au Salvador, le p.Rutilio enseigna la théologie pastorale au Grand séminaire et fut chargé personnellement de la formation des séminaristes. En 1970, devant préparer avec Mgr Chavez la réunion des évêques, il leur lança un vibrant appel en faveur du peuple écrasé par trop d’injustices sociales. On commença de parler de Rutilio comme d’un crypto-communiste. Il ne craignait pas de présenter Jésus-Christ comme un révolutionnaire, jouant sur le mot Salvador, le nom du pays et celui du Sauveur. Rutilio avait parlé un peu trop vite ; on l’éloigna deux ans, comme professeur dans un collège, puis à l’Institut pastoral de Quito (Equateur).

En 1972, il revint au Salvador et fut nommé curé d’Aguilares, où il allait donner le meilleur de lui-même, organisant des communautés de base, où les participants relisaient l’évangile sous la responsabilité de Délégués de la Parole, spécialement formés par le p.Rutilio.

De ce travail essentiellement spirituel émanèrent bientôt des conséquences au niveau social. On prit conscience de la Charité, de la dignité des pauvres, des ouvriers, des paysans, de l’égalité de tous devant Dieu, de la responsabilité des dirigeants, des chefs, pour une justice sociale réelle et non pas seulement idéologique. Une révolution sociale était en marche, et l’on chercha à la subjuguer par la force au lieu de la comprendre : on parla de prêtres subversifs ou communistes, on tortura des travailleurs sociaux, on promit de «libérer le pays des Jésuites». Mgr Chavez recommanda la prudence et la modération.

En 1977, Mgr Romero succéda à Mgr Chavez ; adroitement, il avait condamné la théologie de la libération et jouissait d’une réputation de «conservateur» ; mais il n’hésita pas à censurer le gouvernement pour de nombreux crimes et disparitions jamais expliqués, ni punis. En particulier, un père jésuite fut expulsé du pays, le p. Mario Bernal, pour lequel le p.Rutilio protesta publiquement.

On se souvient des actions dramatiques des funestes escadrons de la mort. Le 12 mars 1977, ces derniers intervinrent à l’encontre du p.Rutilio. Celui-ci se dirigeait vers El Paisnal, son village natal, pour y célébrer la messe du soir. Il était accompagné de Manuel Solórzano, un fidèle coopérateur paroissial de soixante-douze ans, et de Nelson Rutilio Lemus, un adolescent de seize ans. Il y avait aussi trois enfants. Une rafale de mitraillette renversa la jeep dans le fossé, le père Rutilio et Manuel furent tués sur le coup, le jeune Nelson fut achevé d’une balle dans la tête. Les petits enfants purent se sauver.

Ce triple assassinat ne fut jamais revendiqué, ni expliqué. Mgr Romero protesta de façon solennelle, tout en sachant qu’il était condamné d’avance : il fut lui aussi assassiné trois ans plus tard (v. 24 mars).

Rutilio Grande García, avec ses deux Compagnons Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus, devraient être béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 12 mars.

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 06:25

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 20:05

Rafael Román Donaire
1891-1936

Né le 28 août 1891 à Alhama de Almería et baptisé six jours plus tard, il imita son frère et entra au séminaire d’Almería.

Il fut ordonné prêtre en 1914.

Vicaire à la paroisse Saint-Jacques, il fut chargé aussi de celle de Saint-Antoine au moment de l’épidémie de grippe de 1918, et en devint curé en 1923. En 1926, il fut nommé Maître des cérémonies à la cathédrale et recouvra désormais beaucoup de missions à la curie épiscopale, au séminaire, et dans le diocèse. Quand les Jésuites furent expulsés, c’est lui qui fut chargé d’administrer le sanctuaire du Sacré-Cœur.

Il eut le grand souci de l’enfance et de la jeunesse. Il eut l’idée, pour attirer les jeunes, d’organiser des séances de cinéma dans la cathédrale même. Il fonda deux confraternités, l’une en l’honneur du Christ en son entrée triomphale à Jérusalem, l’autre en l’honneur de Notre-Dame de la Paix.

En 1936, on le dénonça et il fut arrêté comme prêtre. En prison, il fut torturé. Un autre prêtre qui fut son compagnon raconta que, tout en étant tous deux condamnés à transporter des pierres, il put se rapprocher de don Rafael et se confesser. A la fin, ce dernier lui confia : Quel dommage que je ne puisse pas me confesser moi aussi…

Avec le chanoine Antonio García Fernández, il fut martyrisé le 8 décembre 1936 à la prison El Ingenio d’Almería.

Béatifié en 2017, Rafael Román Donaire sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 13:44

Ramona Solans Ballesté

1875-1936

 

Elle naquit le 3 avril 1875 à Lleida (Espagne), de pieux parents cultivateurs, Ramón et Antonia, qui eurent ensuite deux autres enfants, Dionisio et Teresa.

Ramona fut baptisée le jour-même de sa naissance et reçut les noms de ses parents : Ramona Antonia ; elle fut confirmée l’année suivante, selon la coutume de l’époque.

Elle révéla plus tard qu’elle sentit l’appel du Christ dès l’âge de six ans. Elle avait dix-sept ans lorsqu’elle demanda à ses bons parents la permission d’entrer dans la congrégation des Sœurs Capucines de la Mère du Divin Pasteur : non seulement ils le lui permirent, mais ils allèrent d’abord trouver leur curé pour lui annoncer leur volonté et leur joie d’offrir leur fille à l’Eglise.

Elle fut reçue comme postulante en 1892 à Sants, non loin de Barcelone, fit le noviciat et émit la profession en 1894, prenant désormais le nom de Andrea. En 1899, ce fut la profession solennelle.

La première destination de la Sœur Andrea fut Igualada, à une soixantaine de kilomètres de Barcelone, où elle s’occupa de la sacristie et de la formation des petites filles.

Les témoignages qu’on a pu recueillir sur elle, parlent de sa grande dévotion mariale, de sa joie communicative, de son esprit d’obéissance.

Sœur Andrea a pu être envoyée ensuite en d’autres maisons, mais les archives ayant été détruites au moment de la guerre civile, on en est réduit à connaître seulement son dernier poste, à Premià de Mar, où elle arriva fin 1934, toujours comme éducatrice des petites filles. Cette localité se trouve à une vingtaine de kilomètres de Barcelone.

Avec ses Compagnes, elle fut fusillée et reçut la palme du martyre à L’Hospitalet de Llobregat (Barcelone), le 31 juillet (ou le 1er août) 1936. On ne put la reconnaître que par le numéro de son habit.

Ramona Solans Ballester, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 31 juillet.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 11:29

Ricardo Guerra Villazan

1913-1937

 

Il naquit le 14 septembre 1913 à Arenillas de Riupisuerga (Burgos, Espagne) ; naître en la fête de l’Exaltation de la Croix était peut-être pour lui un signe prophétique… Il reçut le baptême le 17 septembre suivant.

Il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens et prit le nom d’Albino. Le noviciat se termina en 1931 avec la profession.

Envoyé pour ses études à Barcelone, il y fit la philosophie et deux années de théologie ; il se préparait à émettre la Profession solennelle, quand les miliciens vinrent déloger toute la communauté dans la nuit du 19 au 20 juillet 1936.

Ricardo se cacha chez un ami et profita de cette petite liberté pour rendre visite à d’autres Religieux : c’était un réconfort de se retrouver pour prier, pour s’encourager mutuellement. Il se trouvait alors dans la maison de Gregorio Díez Blanco, lorsque les hommes de la Milice vinrent les arrêter et les mirent dans la prison San Elias.

Le 15 février 1937,  les miliciens les emmenèrent aux environs de Barcelone, au lieu-dit La Rabassada, où ils les fusillèrent et les jetèrent dans une fosse commune.

Ricardo avait trente-trois ans quand il reçut ainsi la palme du martyre.

Ricardo Guerra Villazan, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 15 février.

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 20:20

Roque Guillén Garcés
1879-1936

Né le 21 mai 1879 à Sarrión (Teruel) de Rafael et Pascuala, il fut baptisé dans cette merveilleuse église paroissiale qui partit en fumée lors de la révolution marxiste.

Roque avait un oncle prêtre lazariste, qui dirigea le tout nouveau collège de cette Congrégation à Alcorisa : il en fut le premier élève. Il continua ensuite ses Humanités à Teruel.

Il commença le noviciat en 1895 à Madrid et fit la profession en 1897. Ce fut ensuite la philosophie à Hortaleza et Madrid, où il étudia aussi la théologie et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut envoyé successivement comme professeur au Cid, à Teruel, Ávila, Orense et Saragosse ; en 1930, il fut à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid), comme aumônier des Filles de la Charité.

Il fut un des deux prêtres arrêtés avec les cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Roque Guillén Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 21:19

Rafael Lluch Garín
1917-1936

Né le 18 février 1917 à Valencia (Espagne), il était le benjamin des six enfants de José, un professeur de mathématiques, et de María, qui donnèrent une excellente éducation à leurs enfants. Le papa mourut le 24 octobre 1918, précisément le jour où l’on fêtait alors l’archange s.Raphael.

Les deux frères aînés de Rafael s’appelaient Vicente et Santiago ; ce dernier, bon musicien, fut missionnaire en Amérique du Nord.

En 1928, la famille déménagea à Madrid, où fut fondée en 1931 l’Association de la Médaille Miraculeuse ; les trois garçons appartinrent à cette Association. Puis ils revinrent à Valencia en 1933.

Malgré la persécution qui se déchaîna en juillet 1936, Rafael conservait dans son portefeuille une image de la Sainte Vierge ; il en connaissait le danger, mais répondait qu’on lui enlèverait plutôt la vie que sa Mère. Quand il entendait les coups de fusils des miliciens qui abattaient leurs victimes, il disait : S’ils viennent me prendre, je mourrai en criant Vive le Christ Roi !

A partir du 20 juillet, il s’occupa de la pharmacie de son beau-frère, qui avait été arrêté. Au soir du 12 octobre, trois miliciens - deux garçons et une fille - vinrent inspecter la boutique. Ils prirent d’abord la bicyclette de Rafael - qui lui servait pour se déplacer, mais il ne protesta pas. Mais quand ils commencèrent à blasphémer et à vouloir arracher du mur l’image de la Sainte Vierge, Rafael intervint : ils pouvaient prendre ce qu’ils voulaient, mais pas le cadre de la Mère de Dieu. C’est alors que la fille demanda aux garçons : Et ce mec, là, vous le laissez ici ? Ils l’emmenèrent.

Après trois jours de détention à Sollana, où ils cherchèrent en vain à le faire blasphémer, les miliciens allèrent le fusiller à Silla, le 15 octobre 1936.

Les miliciens eurent l’honnêteté de rapporter à la mère de Rafael son porte-feuille, où elle trouva ce petit billet : Ne pleure pas, maman, je veux que tu sois heureuse, parce que ton fils est très heureux. Je vais donner ma vie pour notre Dieu. Je t’attends au Ciel.

Béatifié en 2017 - un siècle après sa naissance -, Rafael Lluch Garín sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 octobre.

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 18:56

Rafaél Calatrava Ros
1881-1936

Né le 9 août 1881 à Almería, il fut reçu docteur en droit à Grenade. Avocat unanimement respecté de ses collègues, il fut surtout un grand Chrétien, en toute simplicité.

Pratiquant convaincu, il priait la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée depuis peu, v. 30 septembre), et appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne.

En 1911, il épousa Carmen Romero Martínez ; ils eurent onze enfants, dont Jaime, qui allait mourir martyr comme lui.

Ils furent quatre laïcs appartenant à cette même association eucharistique, qui furent arrêtés et immolés ensemble, avec le prêtre don Ginés Céspedes Gerez (v. 26 septembre : Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero). Ils partagèrent la prison «chez les Adoratrices», un couvent réquisitionné pour être prison, et sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Rafaél Calatrava Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre. On trouve aussi la date du 25 septembre, qui semble contredire la présence de Jaime aux côté de son père jusqu’au bout.

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 21:19

Ramón Roca Buscallà
1888-1936

Né le 15 mars 1888 à Alpens (Barcelone), il fut baptisé le lendemain et confirmé la même année, selon l’habitude de l’époque. Son père, Alfonso, était tailleur, sa mère s’appelait Mercedes. De leurs nombreux enfants, quatre furent de la congrégation des Missionnaires Clarétains : Ramón était l’aîné, Gonzalo était encore étudiant quand il mourut à vingt-six ans (1890-1916), Jaime fut aussi frère convers (1895-1980), le plus jeune, Alfonso, fut prêtre et mourut en Guinée Equatoriale (1897-1963). 

Ramón commença le noviciat en 1906 à Cervera, fit la profession l’année suivante et fut chargé de la couture : il avait appris le métier avec son père. Entre 1909 et 1930, il eut la même occupation à Solsona, puis revint à Cervera.

Les autorités civiles ayant donné l’ordre d’évacuer la maison, toute la communauté clarétaine de Cervera se dispersa le 21 juillet 1936.  Ramón fut un des derniers à partir, devant préparer pour chacun un habit laïc. En plus, avec un autre Convers, ils devaient accompagner les Religieux malades à l’hôpital ; pendant quelques jours, ils formèrent donc une petite communauté dans l’hôpital ; de cachette en cachette, Ramón rejoignit le 13 septembre Mas Claret, où il put enfin assister à une Messe et communier.

Il devait se cacher, puisqu’il n’avait pas l’autorisation de séjourner en cette localité ; il tenta de demander un visa pour rejoindre Barcelone, mais on le lui refusa.

Le 16 septembre, il rentrait à la maison avec son Compagnon, quand ils furent peut-être reconnus par quelqu’un qui les croisait. Le 18 on vint chercher le curé de Mas Claret, et en son absence on arrêta le frère Ramón ; on lui donna parole d’honneur qu’on ne lui ferait rien, mais il comprenait très bien ce qui lui arrivait. 

On lui fit subir un interrogatoire, puis on le fit passer par les rues jusqu’à la «prison» (un couvent de Religieuses réquisitionné), enfin on le conduisit à l’atelier de couture avant de le reconduire en prison, pour trois jours.

Le 24 septembre 1936, c’était la fête de Notre-Dame de la Merci. A un visiteur qu’il connaissait, le Frère dit : Aujourd’hui, je recevrai le martyre.

A vingt-trois heures trente de ce 24 septembre, on fit endosser à Ramón un habit neuf pour aller à Barcelone, mais on l’emmena au cimetière de Cervera. Du propre témoignage d’un milicien le Frère était très tranquille. Quand on lui dit de se mettre face au mur, il dit : On peut mourir aussi bien face au mur que dos au mur, et ajouta : Pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tous. 

Martyrisé le 24 septembre 1936 et béatifié en 2017, Ramón Roca Buscallà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 septembre.

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 22:11

Ramón Rius Camps
1913-1936

Né le 26 janvier 1913 à Santa Fe (Lleida), il fut baptisé le 2 février suivant, fête de la Présentation du Seigneur au Temple ; son père, Jaime, était un ouvrier, sa mère s’appelait Josefa. Il eut quatre sœurs, dont deux furent carmélites, et il tenait l’avant-dernière place de la famille.

A quinze ans, en 1918, il entra au noviciat des Pères Clarétains de Vic et fit la profession comme frère convers. Il apprit très vite à être un bon cordonnier.

Il fut envoyé à Cervera. Ramón apprit à combattre son caractère irascible et fut un bon Religieux, pieux, travailleur et obéissant.

Cervera se trouvait à quelques kilomètres de Santa Fe, le domicile familial. Le 21 juillet 1936, à bicyclette, Ramón rejoignit les siens, accompagné par un parent, qui se disait lui-même communiste. Chez ses parents, se trouvait une de ses sœurs carmélites, souffrante. Ramón alla habiter d’abord chez sa sœur, Monserrat, tout en gardant le contact avec ses Supérieurs, qu’il allait voir à Cervera : il en revenait très affligé, ayant appris la tournure des événements. 

D’autres Clarétains le rejoignirent bientôt, ainsi que l’autre sœur carmélite ; la maison abritait alors cinq Clarétains et cinq Religieuses : cette situation comportait un grand risque ; quatre des Clarétains allèrent se réfugier ailleurs ; Ramón lui-même, apprenant avec tristesse le martyre de plusieurs de ses Confrères, chercha à rejoindre ses Supérieurs, mais c’était désormais impossible, aussi resta-t-il chez ses parents.

Les Religieuses l’invitèrent à partager leur vie «de communauté», mais il s’excusa en expliquant qu’il n’avait pas l’habitude d’être en compagnie des dames ; il se retirait pour prier et méditer ; sa lecture préférée était l’Imitation de Jésus-Christ. Dans la journée, il aidait sa mère dans les tâches domestiques, jusqu’à se faire des ampoules aux mains.

Un jour qu’il accompagnait sa mère à chercher du bois, celle-ci lui recommanda encore une fois de préférer la mort à renier la Foi : même beaucoup de ceux qui avaient renié leur Foi, furent ensuite martyrisés. Ramón la rassura.

Il s’habilla en paysan pour éviter d’attirer l’attention des révolutionnaires par son habit religieux. Bien lui en prit ! Un jour, des communistes arrivèrent dans le pays en voiture ; courut le bruit qu’ils venaient chercher Ramón : celui-ci passa derrière la maison et alla grimper à un grand pin, d’où il pouvait observer la situation ; il y resta assez longtemps, de sorte que les hommes, ne l’ayant pas trouvé, repartaient avec les phares allumés. Un des phares passa sur Ramón, qui se crut repéré ; en fait, ils ne l’avaient pas vu, mais lui, tout paniqué, descendit de son arbre pour fuir ailleurs et, en sautant, se fit tellement mal qu’il ne pouvait plus bouger. Ensuite, il réussit à ramper jusqu’à la maison et raconta l’épisode ; il ne s’était rien cassé.

On arriva au 31 août, fête de saint Raymond, son saint Patron. La maman prépara pour manger le plus beau poulet de la basse-cour, mais lui, discrètement, expliqua qu’il n’en prendrait pas, car ainsi était la Règle de sa Congrégation. Voilà une rigueur qui nous étonne, aujourd’hui.

Le 1. septembre, Ramón eut un pressentiment. Il invita ses sœurs à prier le chapelet avec leur mère et, le soir, leur dit : A demain, si Dieu le veut.

Dans la nuit, vers 2 heures du matin, quatorze communistes vinrent tambouriner à la porte pour une «inspection». Il fallut ouvrir, sinon ils fracassaient la porte. Ramón alla trouver sa mère, qui lui dit : Sois courageux ; si tu dois mourir, garde la Foi ; et lui : Maman, n’aie pas peur.

Désormais, Ramón allait se montrer ferme et courageux. Les communistes regardèrent ses mains, pour voir si elles avaient travaillé, et lui posèrent les questions classiques : Etait-il religieux ? Qui l’avait trompé pour entrer au couvent ? Qui étaient ses Supérieurs ? Ramón ne répondit pas sur cette dernière question, mais déclara qu’il était entré de plein gré dans la Congrégation. On fouilla partout pour trouver des armes. 

Au milieu de cris et de blasphèmes, on emmena Ramón pour une déclaration au Comité. La maman tenta de gagner du temps en proposant de préparer le café, son fils lui dit : Ce ne sera pas la peine. Les sœurs tentèrent avec la maman de les empêcher de partir, mais on les menaça : Seulement le curé. Pour les autres, on viendra plus tard. Tout cela avait duré environ deux heures.

La maman et la plus jeune sœur se décidèrent à rejoindre Cervera pour tenter de retrouver où était Ramón. Mais les communistes ne perdirent pas de temps : ils allèrent directement au cimetière de Cervera ; parmi eux se trouvait le jeune communiste qui avait dénoncé Ramón ; ils lui commandèrent : Toi qui l’as dénoncé, c’est toi qui va l’abattre. Honteux et tremblant, le malheureux garçon eut du mal à tirer et le frère Ramón souffrit beaucoup avant de recevoir enfin le coup de grâce.

Le frère Ramón fut ainsi martyrisé le 22 septembre 1936, à vingt-trois ans. Le jour de sa profession, ils étaient vingt-quatre novices : la moitié d’entre eux furent martyrisés (v. en particulier les 18 et 19 octobre).
Béatifié en 2017, Ramón Rius Camps sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 septembre.

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