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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 00:00

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 00:00

Roque González de Santa Cruz

1576-1628

 

 Roque (Roch) était d’une des familles qui fondèrent la ville d’Asunción (Paraguay) ; il est donc créole. Ses parents s’appelaient Gonzáles Villaverde et María de Santa Cruz. On va voir que Roque fut vraiment un Roc.

Il eut (au moins) un frère, Herman, militaire à Asunción.

Petit, il connut la langue guarani, qui lui servira dans son futur apostolat.

Il étudia dans une école fondée par l’évêque, sous la direction duquel il poursuivra ensuite ces études, avec d’autres jeunes, et recevra le sacerdoce en 1598, à vingt-deux ans.

Grâce à son atout linguistique, il fut nommé pour exercer sa charge pastorale à San Andres de Mbaracayú. En 1609, il fut nommé archiprêtre de la cathédrale d’Asunción. 

Cette même année, il refusa la charge de vicaire général et entra dans l’Ordre des Jésuites. Les Religieux de cet Ordre s’engagent en effet à ne pas accepter de charges ecclésiastiques, sauf par obéissance envers leurs Supérieurs.

Mais vu sa préparation et son sacerdoce, les Supérieurs ne jugèrent pas nécessaire de lui faire faire un «noviciat» : on l’envoya au-delà du fleuve Paraguay, évangéliser le territoire des Guaycurús, d’où il rejoignit les réductions de Parana.

Dès 1611, il organise le village de San Ignacio Guazú, en l’honneur du Fondateur des Jésuites, qui deviendra une des plus importantes réductions du pays : chacun avait sa propre maison clôturée, autour d’une église et de son presbytère.

Il «conquit» les habitants, maintenant leurs habitudes de musique, de chants, de danses, de processions et fêtes, en les «christianisant», c’est-à-dire en les insérant harmonieusement aux nouvelles habitudes chrétiennes qu’il leur enseignait, tout cela, bien sûr, en langue guarani et non en latin.

Il organisa des écoles, des cultures, un artisanat, un commerce, luttant sans cesse contre les sorciers et les encomenderos espagnols, qui soumettaient la population à un véritable esclavage. Il refusait carrément l’absolution à ces derniers, sachant très bien qu’ils vivaient dans le mensonge et l’injustice vis-à-vis de la population.

En 1614, nouvelle réduction à Santa Ana ; en 1615, en Itapuá, la future Posadas, maintenant en Argentine) et Encarnación ; en 1618, Yaguaporá.

A partir de 1619, il fut envoyé dans la région du fleuve Uruguay et fonda, en sept ans, quatre nouvelles réductions : Conceptión de la Sierra, San Francisco Javier, Yapeyú.

En 1627, il fut nommé supérieur des Jésuites en Uruguay. Sa personne et son expérience lui confèrent un énorme ascendant sur les populations : on connaît son courage et sa détermination, son dévouement lors des épidémies, et beaucoup de baptêmes sont célébrés.

Les autorités civiles aussi le respectent et l’écoutent. D’autres réductions sont fondées, sur la rive orientale de l’Uruguay, entre autres celle de Candelaria.

A partir de 1628, avec l’aide de deux autres Jésuites (voir les notices de Alonso Rodríguez Olmedo et Juan del Castillo, ce même jour), il fonda trois réductions : San Nicolás, Asunción del Ijuí et Caaró (aujourd’hui sur territoire brésilien). Là, le sorcier, jaloux de leur prestige, organisa leur assassinat.

Le 15 novembre 1628, Roque et Alonso eurent le crâne fracassé, tandis qu’ils étaient occupés à installer la cloche à leur église de Caaró. Juan aura le même sort deux jours après.

Les cadavres furent brûlés, mais le cœur de Roque resta miraculeusement intact. On le conserve à Asunción, avec l’arme de son martyre.

Les trois Jésuites furent béatifiés en 1934, et canonisés en 1988.

Saint Roque est le patron des villes de Posadas et Encarnación, deux villes fondées par Roque, et reliées par un pont, qui porte son nom ; Posadas est maintenant en Argentine, Encarnación au Paraguay. Un billet de banque paraguayen porte son effigie depuis 1995.

 

Saint Roque est le premier Saint créole paraguayen. 

Roque (Roch) était d’une des familles qui fondèrent la ville d’Asunción (Paraguay) ; il est donc créole. Ses parents s’appelaient Gonzáles Villaverde et María de Santa Cruz. On va voir que Roque fut vraiment un Roc.

Il eut (au moins) un frère, Herman, militaire à Asunción.

Petit, il connut la langue guarani, qui lui servira dans son futur apostolat.

Il étudia dans une école fondée par l’évêque, sous la direction duquel il poursuivra ensuite ces études, avec d’autres jeunes, et recevra le sacerdoce en 1598, à vingt-deux ans.

Grâce à son atout linguistique, il fut nommé pour exercer sa charge pastorale à San Andres de Mbaracayú. En 1609, il fut nommé archiprêtre de la cathédrale d’Asunción. 

Cette même année, il refusa la charge de vicaire général et entra dans l’Ordre des Jésuites. Les Religieux de cet Ordre s’engagent en effet à ne pas accepter de charges ecclésiastiques, sauf par obéissance envers leurs Supérieurs.

Mais vu sa préparation et son sacerdoce, les Supérieurs ne jugèrent pas nécessaire de lui faire faire un «noviciat» : on l’envoya au-delà du fleuve Paraguay, évangéliser le territoire des Guaycurús, d’où il rejoignit les réductions de Parana.

Dès 1611, il organisa le village de San Ignacio Guazú, en l’honneur du Fondateur des Jésuites, qui deviendra une des plus importantes réductions du pays : chacun avait sa propre maison clôturée, autour d’une église et de son presbytère.

Il «conquit» les habitants, maintenant leurs habitudes de musique, de chants, de danses, de processions et fêtes, en les «christianisant», c’est-à-dire en les insérant harmonieusement aux nouvelles habitudes chrétiennes qu’il leur enseignait, tout cela, bien sûr, en langue guarani et non en latin.

Il organisa des écoles, des cultures, un artisanat, un commerce, luttant sans cesse contre les sorciers et les encomenderos espagnols, qui soumettaient la population à un véritable esclavage. Il refusait carrément l’absolution à ces derniers, sachant très bien qu’ils vivaient dans le mensonge et l’injustice vis-à-vis de la population.

En 1614, nouvelle réduction à Santa Ana ; en 1615, en Itapuá, la future Posadas (maintenant en Argentine) et Encarnación ; en 1618, Yaguaporá.

A partir de 1619, il fut envoyé dans la région du fleuve Uruguay et fonda, en sept ans, trois nouvelles réductions : Conceptión de la Sierra, San Francisco Javier, Yapeyú.

En 1627, il fut nommé supérieur des Jésuites en Uruguay. Sa personne et son expérience lui valurent un énorme ascendant sur les populations : on connaissait son courage et sa détermination, son dévouement lors des épidémies, et beaucoup de baptêmes furent célébrés.

Les autorités civiles aussi le respectaient et l’écoutaient. D’autres réductions nt fondées, sur la rive orientale de l’Uruguay, entre autres celle de Candelaria.

A partir de 1628, avec l’aide de deux autres Jésuites (voir les notices de Alonso Rodríguez Obnel, ce même jour, et Juan del Castillo, le 17 novembre), il fonda trois réductions : San Nicolás, Asunción del Ijuí et Caaró (aujourd’hui sur territoire brésilien). Là, le sorcier, jaloux de leur prestige, organisa leur assassinat.

Le 15 novembre 1628, Roque et Alonso eurent le crâne fracassé, tandis qu’ils étaient occupés à installer la cloche à leur église de Caaró. Juan aura le même sort deux jours après.

Les cadavres furent brûlés, mais le cœur de Roque resta miraculeusement intact. On le conserve à Asunción, avec l’arme de son martyre.

Les trois Jésuites furent béatifiés en 1934, et canonisés en 1988.

Saint Roque est le patron des villes de Posadas et Encarnación, deux villes fondées par Roque, et reliées par un pont, qui porte son nom ; Posadas est maintenant en Argentine, Encarnación au Paraguay. Un billet de banque paraguayen porte son effigie depuis 1995.

Saint Roque est le premier Saint créole paraguayen.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 00:00

Robert Matej Šiškov

1884-1952

 

Robert naquit le 9 février 1884, à Plovdiv (Bulgarie) dans une grande famille catholique de rite latin.

Il entra comme élève à neuf ans dans la congrégation des Augustins de l’Assomption à Kara-Agatch (à la frontière turque) et, comme novice à seize ans, avec le nom de Josaphat (1900).

A partir de 1901, il fut professeur, puis envoyé en 1902 à Varna (Mer Noire), où il dirigea la publication de magazines.

Il fut envoyé en Belgique en 1904 pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1909, il reçut le sacerdoce à Malines.

Dans les années 1914-1919, il fut professeur au collège de Saint-Augustin de Plovdiv puis au séminaire de Varna.

C’était un pédagogue à la pointe du progrès, le premier qui utilisa les caractères cyrilliques dans l’imprimerie, une prouesse pour l’époque.

En 1929, il fut nommé directeur du séminaire.

La situation religieuse de la Bulgarie s’étant douloureusement aggravée, le père Josaphat fut arrêté dès décembre 1951.

De septembre à octobre 1952 se déroula son «procès», qui s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Robert Matej-Josaphat Šiškov a été béatifié en 2002.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:00

Rosa López Brochier

1876-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Rosa était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1876.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Rosaura de Marie.

Jugeant que, n’étant pas Supérieure, elle attirerait moins l’attention, elle prit avec elle sous son habit la Sainte Réserve Eucharistique, et put remettre discrètement à chacune de ses Consœurs une Hostie peu avant leur sacrifice. Un milicien put ensuite observer que la Sœur portait une boîte à réveil vide.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:00

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 00:00

Rodrigo Aguilar Alemán

1875-1927

 

Rodrigo était né le 13 mars 1875 à Sayula (Jalisco, Mexique), de Buenaventura Aguilar et Petra Alemán, et fut baptisé deux jours après.

Il entra au séminaire de Ciudad Guzmán. Excellent élève, il se montra aussi excellent écrivain. les journaux publièrent ses articles sur l’Eucharistie, Notre-Dame, le christianisme, le sacerdoce…

Prêtre, il se consacra ainsi au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe : 

Seigneur, donne-nous la grâce de souffrir en ton nom, de sceller notre foi avec notre sang et de couronner notre sacerdoce avec le martyre. Fiat voluntas tua !

Ordonné prêtre en 1905, il fut dans plusieurs paroisses : La Yesca, Lagos de Moreno, Atotonilco el Alto, Cocula, Sayula, enfin Zapotiltic, où il fut curé.

Il eut la joie de faire un pèlerinage en Terre Sainte peu avant 1925, et en fit le récit dans un nouvel ouvrage.

Curé de Unión de Tula en 1925, au moment de la révolution il dut se cacher à Ejutla, tout en apportant le secours des sacrements à ses fidèles. C’est la trahison d’un de ceux-là qui le fit découvrir. 

Il se trouvait dans la maison des Adoratrices, dont la supérieure était très malade, et où se tenait l’examen de latin d’un séminariste. Les soldats arrêtèrent le prêtre, le séminariste, quelques religieuses, mais conduisirent le prêtre séparément. Ce dernier leur dit adieu : Nous partons pour le ciel ! Son visage était rayonnant de paix et de joie. 

Au matin du 28 octobre 1927, on le conduisit sur la place du village. Le prêtre bénit la corde avec laquelle on allait le pendre, pardonna aux bourreaux et remit son chapelet à l’un d’eux.

Les soldats attachèrent la corde à une branche d’arbre et firent un nœud autour du cou du prêtre. Pour voir si elle tenait bien, ils tirèrent un peu dessus et demandèrent dédaigneusement au père Rodrigo : Qui c’est qui est en vie ? Ils proposèrent au prêtre de ne pas le pendre s’il répondait Vive le gouvernement suprême, mais la réponse sortit vivement : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Alors les bourreaux tirèrent fortement sur la corde, puis remirent le prêtre sur pied. De nouveau même question, de nouveau même réponse. Ils répétèrent le supplice une troisième fois, et le prêtre, agonisant, répéta encore, dans un dernier souffle : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Le Martyr resta accroché à sa corde pendant quelques heures, après quoi quelques paroissiens obtinrent de pouvoir l’enterrer.

Le père Rodrigo fut béatifié en 1992, et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 28 octobre.

 

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Mexique, le 21 mai.

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 23:00

 

Recaredo Centelles Abad

1904-1936

 

Il était né à Vall de Uxó (Castellón, Espagne), le 23 mai 1904.

Après l’école de son village, il étudia au séminaire, où il se montra exemplaire en toutes choses.

En 1928, il entra à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Ordonné prêtre en 1929, il fut recteur au séminaire de Tarragona, puis vice-directeur au collège Saint-Joseph de Tortosa.

Il fut enfin recteur du Petit séminaire de Tortosa.

Lors de la révolution, il s’employa à faire revenir indemnes chez eux tous les élèves. Puis, il se cacha chez un frère, où il se prépara au martyre, exhortant aussi des Clarisses qui s’étaient réfugiées là.

Le 2 octobre 1936, fut assassiné pour sa foi son frère Vicente (dont la cause de béatification est en cours, concernant plus de deux-cents martyrs du même diocèse de Castellón).

Don Recaredo prépara toute la famille à la fête du Christ-Roi, qui devait se célébrer alors le dimanche 25 octobre.

Ce jour-là se présentèrent les miliciens ; comme on ne leur ouvrait pas la porte à l’instant, ils l’enfoncèrent, tirèrent sur un parent de Recaredo, et les emmenèrent tous deux.

On les ajouta à quelques autres personnes, et tous furent conduits au cimetière de Nules (Castellón) pour y être fusillés. Les bourreaux se moquaient de don Recaredo qui, en réponse, les bénissait en leur pardonnant.

Une fois à terre, il n’était pas encore mort. Un milicien s’approcha et, avant de lui donner le coup de grâce, lui demanda de le bénir ; comme le prêtre était tombé sur la main droite, il demanda au milicien de le retourner pour se libérer la main et, de cette main droite, lui donna encore une bénédiction. Puis le milicien lui tira dans l’œil le coup fatal.

C’était le dimanche 25 octobre 1936, alors fête du Christ-Roi.

Don Recaredo Centelles Abad fut béatifié en 1995.

 

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 23:00

Roman Lysko

1914-1949

 

Roman naquit le 14 août 1914 à Horodok (Lviv, Ukraine).

Il étudia la théologie et obtint les grades académiques à l’Université Théologique de Lviv.

Comme les prêtres orthodoxes, les prêtres gréco-catholiques peuvent contracter mariage avant leur ordination, et Roman épousa en 1938 Neonila Huniovska.

Il fut ordonné prêtre en 1941.

Il exerça donc ses activités pastorales dans la population ukrainienne de rite gréco-catholique, et s’occupa particulièrement des jeunes. En 1944, il était curé de Belzets.

Cette région fut annexée en 1946 par le gouvernement soviétique, qui supprima d’autorité l’église gréco-catholique pour la rattacher de force à l’orthodoxie. Mais Roman alla se réfugier dans son pays natal, à Horodok, baptisant dans la cour de la maison, célébrant des mariages dans les bois et l’Eucharistie chez les fidèles, masquant même la célébration par l’usage de vodka, pour donner le change en cas d’irruption de la police.

Son refus catégorique de passer à l’orthodoxie fut la cause de son arrestation. En septembre 1949, la police secrète (le tristement célèbre NKVD) vint l’arrêter pour le mettre en prison à Lviv. 

La population a dit qu’on l’entendait chanter très fort des psaumes, après les séances de torture qu’on lui avait imposées. Les bourreaux, eux, prétendaient qu’il était devenu fou.

Certains avancent qu’en prison il fut brutalement frappé avant d’être jeté sur une grille incandescente ; selon d’autres, il fut emmuré vivant entre quatre murs où il mourut de faim.

La date officielle de sa mort est le 14 octobre 1949. Il n’avait que trente-cinq ans.

Il a été béatifié parmi les vingt-cinq martyrs d’Ukraine, en 2001.

Le Martyrologe le mentionne le 14 octobre.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 23:00

Ruperto García Arce

1908-1936

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 23:00

  

Ruperto García Arce

1908-1936

 

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes à Menor de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Menor de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, vous ne le rencontrerez plus.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

  

Ruperto García Arce

1908-1936

 

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

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