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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 00:00

Lorenzo Morero Nicolás

1899-1936

 

Il semble qu’il soit bien question de Morero et non de Moreno.

Lorenzo vit le jour le 24 mai 1899 à Lorca (Murcia, Espagne), de Hilario et Teresa, qui le firent baptiser le 28. Il reçut les noms de Lorenzo, Manuel, Ángel, Torquato du Sacré-Cœur de Jésus. Il avait probablement (au moins) un grand frère.

Angélique, il le fut effectivement. Doux, humble, généreux, pieux : sa chambre était une petite chapelle où le soir, au son de la cloche, il appelait ses «fidèles» à la prière, aux processions ; la famille était là, mais aussi des voisines ; et si l’une ou l’autre manquait, il leur en faisait quelque gentil reproche.

Inutile de dire qu’il désirait entrer dans un monastère.

A douze ans, il dut cesser de fréquenter l’école pour travailler et aider sa mère, devenue veuve. Il fut d’abord dans un commerce, puis dans un dépôt de tramway. Il lui arrivait bien d’arriver en retard, parce qu’il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter dans une église en allant travailler, mais on l’estimait beaucoup. Il finit par se trouver sacristain chez les Religieuses mercédaires.

Lorenzo était désormais devenu un jeune homme, toujours aussi pieux, toujours aussi délicat, toujours ignorant le monde. 

Son frère lui donna un jour cinquante pesetas pour aller aux courses de taureaux, mais il s’acheta une belle image de la Sainte Vierge. L’autre se fâcha et fit mine de déchirer l’image ; Lorenzo cria : Ma Sainte Vierge !

Les bonnes Religieuses firent en sorte de le présenter aux Pères mercédaires, qui l’invitèrent à venir à Poyo (Pontevedra) : la lettre parvint le 15 octobre 1917, et le jour-même Lorenzo partit pour Poyo.

Sa mère, qui s’attendait bien à cette séparation, le priait de rester à la maison, mais Lorenzo répondit que, comme Dieu l’appelait, il ne pouvait faire autrement que de Le suivre. Pour la consoler, il lui écrivit ensuite une lettre signée avec son sang, lui décrivant sa joie d’être religieux.

Il reçut l’habit à Poyo en 1919, fit la première profession en 1920, la solennelle vers 1923 ou 1924 à El Puig, et fut ordonné prêtre en 1926 à Orihuela.

Il était arrivé à Poyo avec une élégante cape espagnole et un joli sombrero ; il fut un religieux exemplaire : tenace au travail pour vaincre les difficultés, artiste pour orner la chapelle, très dévot de Marie, poète plein d’imagination pour illustrer les fêtes et les anniversaires. 

Après son ordination, on lui confia l’internat du Puig, puis la Maison de Correction pour Mineurs de Godella, où il fit un excellent travail auprès des jeunes garçons. Mais la République chassa les Mercédaires de cette maison, et le père Lorenzo rejoignit Maiorque (1931).

Ce furent ensuite différents déplacements, à Barcelone et à Lorca, où il retrouva sa mère en 1935 et fut même vicaire de paroisse quelques mois, en même temps qu’aumônier à l’hôpital et chez les Sœurs de la Charité.

C’est donc à Lorca qu’il se trouvait en juillet 1936.

Le 18 juillet, il logea dans sa famille, d’abord sans problèmes. Lors d’une visite à un ancien camarade, ce dernier lui lança : Le mieux que tu as à faire, c’est d’entrer dans le parti et te mettre à travailler au lieu de traîner dans les rues. Et Lorenzo : Travailler, ça ne me dérange pas, mais entrer au parti, ça, jamais ; l’Eglise ne me le permet pas.

Désormais, ce pouvait être une question de jours, mais le temps passa ; le père Lorenzo restait très calme. Il priait comme d’habitude, récitant le chapelet avec les siens. Certes, il regrettait le danger qu’il leur faisait courir ; une pieuse dame, qui vivait seule, lui offrit de le prendre chez elle, mais il refusa pour ne pas occasionner on ne sait quelles suspicions. 

Au soir du 3 novembre, des miliciens vinrent ouvrir la porte violemment, le demandant. Il avait déjà mis un pied en-dehors de la fenêtre pour s’enfuir, mais se reprit et se présenta. On lui demanda : 

- Pourquoi tu ne t’es pas caché ?

- Parce que je ne crois pas avoir commis quelque chose de mal, et puis parce que le Comité me l’a permis.

Ils l’emmenèrent au quartier, l’interrogèrent et commencèrent de le ramener à la maison. En chemin, ils l’arrêtèrent, le firent monter dans une voiture, et partirent sur la route de Caravaca. Au Coto Minero, ils le firent descendre. Ne réussissant pas à le faire blasphémer, ils lui coupèrent les oreilles, lui arrachèrent des lambeaux de chair, lui assenèrent des coups de crosses sur la tête, le firent asseoir sur la margelle d’un puits de soufre, et lui déchargèrent plusieurs coups de fusil et de pistolet. 

Le père Lorenzo adressa quelques paroles de pardon et de bénédiction à ses bourreaux. Il respirait encore, et ils le poussèrent dans le puits, continuant de tirer. Ils partirent, le laissant encore gémir dans le puits. 

Son dernier mot fut : Vive le Christ Roi !

C’était au petit matin du 4 novembre 1936.

Son cousin partit à sa recherche ; il finit par être orienté vers le lieu du martyre. Il y trouva des traces du martyre, le béret du prêtre criblé de balles, la masse crânienne en sang, le bréviaire maculé de sang (qu’il n’eut pas l’idée de ramasser).

D’autres Religieux furent aussi martyrisés au même endroit. Après la guerre civile, on fit tout pour retrouver les corps, mais l’eau et le gaz qui emplissaient le puits rendirent le travail impossible.

Le père Lorenzo fut béatifié en 2013.

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