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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00

6e dimanche per annum

 

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La lèpre occupe dans le Lévitique une place très importante (deux chapitres : Lv 12 et 13). 

On ne contracte cette maladie qu’après un contact prolongé avec un autre malade, et elle cesse d’être contagieuse dès qu’on commence de la soigner, même si ses effets sont encore visibles.

Or, théologiquement, cette maladie ressemble à une autre, spirituelle : l’erreur. On tombe dans une erreur quelconque après avoir fréquenté assez longuement, de façon physique ou seulement intellectuelle, quelqu’un qui se trouve déjà dans cette erreur, mais aussi on est déjà bien soulagé dès qu’on commence de lutter contre cette erreur, même si parfois il n’est pas facile d’en éradiquer toutes les coséquences.

Pour cette similitude, la lèpre était donc vue symboliquement comme le signe extérieur d’un état intérieur fautif, dévié, étranger à la Loi divine. C’était pour cela le rôle du prêtre de la constater et de se prononcer. Ce pécheur, impur, devait être exclu du camp, de même qu’un hérétique, dans l’Eglise, est excommunié.

Dans la Loi, il n’existait pas encore de sacrement pour la réconciliation ; le pécheur devait attendre sa guérison dans la pénitence. On verra tout-à-l’heure dans l’évangile comment Jésus perfectionnera la Loi.

 

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Le psaume 101 est un cri confiant du pécheur vers Dieu ; c’est un des psaumes traditionnels «de la pénitence». Le premier verset est chaque jour répété par tous ceux qui prient la Louange des Heures (le bréviaire), pour invoquer la présence de Dieu.

S’adresser à Dieu implique en effet qu’en premier lieu on sache se reconnaître pécheur et qu’on demande pardon. C’est le sens du rite initial de la Messe. 

Après cet appel à la miséricorde de Dieu, le psaume s’achèvera sur une vision de la consolation, du rétablissement de Sion (la colline de Jérusalem, symbole de l’Eglise) où se joindront peuples et royaumes pour rendre un culte à Yahvé (v. 23). 

La réponse de Dieu se manifeste dans son infinie miséricorde. La première antienne de Communion y fait allusion : Ils mangèrent et furent rassasiés, leur attente ne fut pas trompée.

 

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Puisque la première lecture est en lien direct avec l’évangile, lisons tout de suite le récit de la guérison du lépreux.

Ce pauvre lépreux vient trouver Jésus, spontanément, librement ; il tombe à genoux, humblement ; et dans un acte de foi sincère, il déclare au Médecin céleste : Tu peux me purifier.

Il n’est pas allé dire cela aux prêtres du Temple, mais il vient le dire à Celui qu’il reconnaît comme seul habilité à remettre les péchés, à Dieu. Il y ajoute cette expression : Si tu le veux…

Nous avons là tous les éléments de notre sacrement de Réconciliation : le pécheur doit y reconnaître son péché, l’avouer au prêtre et vouloir s’en débarrasser, et le prêtre doit avoir cette intention de remettre le péché. Jésus y ajoute ce geste si bienveillant : il le toucha, en signe d’élection, comme s’il lui disait : Toi, toi qui m’as dit ‘si tu le veux’, toi, je te guéris.

Toute faute, tout désordre, appelle une «restauration» ; le pécheur, pour être pleinement pardonné, doit réparer sa faute. C’est le sens de l’injonction de Jésus : Va te montrer au prêtre, qui constatera la guérison, donc le pardon reçu de Dieu. A partir de ce moment, le pécheur guéri reprendra sa place dans l’assemblée.

Les prêtres seuls savent quelle joie ils ont de remettre les péchés aux pénitents ; et ceux qui vont confesser leurs péchés au prêtre peuvent dire quel soulagement ils ressentent en se relevant, absous. 

On fera ici une différence entre l’absolution qu’on reçoit au début de la Messe ou lors d’une cérémonie pénitentielle, et le sacrement proprement dit de la Réconciliation. Dans les deux premiers cas, le prêtre remet les fautes légères aux personnes présentes, avant de passer au Sacrifice ; dans le Sacrement, le prêtre donne l’absolution pour des péchés plus graves ou plus fréquents, après que le pénitent les ait reconnus explicitement et qu’il ait exprimé son ferme désir de s’en amender.

Mais Jésus demande en plus quelque chose de bien particulier à ce cher Converti : Ne dis rien à personne ! 

Comment ne rien dire, quand on est guéri d’une si horrible maladie comme la lèpre ? Oui, Jésus demande la discrétion, car le bruit extérieur, les nouvelles à sensation qu’on colporte, tout ce qui est clamé en gros titre dans la presse quotidienne - ne favorisent pas la vraie conversion du cœur, la vraie conversion que Dieu attend de nous.

L’évangile ne dit pas que le lépreux ait été de quelque façon “puni” d’avoir parlé, mais Jésus se trouve désormais dans l’impossibilité de parler vraiment au cœur des hommes qu’il rencontre, car il est assailli par toute une foule hurlante et délirante qui crie et gesticule, genre de manifestation populaire bien en vogue déjà à l’époque de Jésus, et qui ne favorise guère un climat spirituel de prière.

 

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Comme les dimanches passés, nous lisons les conseils de l’apôtre Paul aux Corinthiens. Dimanche dernier, il s’était concentré sur la nécessité de prêcher la Bonne Nouvelle ; aujourd’hui, il ose des expressions en apparence orgueilleuses sur lui-même : Faites comme moi - Prenez-moi pour modèle.

Saint Paul ne dit pas du tout qu’il est parfait, sans défaut, et qu’il faille l’imiter en tout. Mais comme il a entendu et vu le Christ sur le chemin de Damas (cf. Ac 9), il explique ainsi son comportement : puisque mon modèle à moi, c’est le Christ, vous pouvez être tranquilles que je n’agis qu’en exacte conformité avec le Christ.

Quel Apôtre aurait-il été, s’il avait prêché autre chose que l’enseignement du Christ, et si lui-même vivait autrement que ne le lui a enseigné le Christ ?

N’être jamais cause de scandale par nos façons, tout faire «pour la gloire de Dieu» : conduire la voiture, faire le ménage, ou la cuisine bêcher le jardin, rédiger un devoir à l’école, toute action exécutée le plus parfaitement possible, plaît à Dieu et constitue un bon exemple pour tous ceux qui nous voient.

Puisque Paul parle ici de manger, boire, rappelons-nous la consigne laissée par Jésus à ses disciples : Mangez ce qu’on vous servira (Lc 10:7), contraire à toutes sortes d’abstinence, où certains, même Chrétiens, jugent telle ou telle nourriture «impure» à la consommation. Paul aussi déclarera aux mêmes Corinthiens : Mangez tout ce qui se vend au marché (1Co 10:25).

 

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Avec le lépreux, dont l’attente ne fut pas trompée, cherchons à vivre selon (la) grâce divine, pour reprendre l’expression de la Prière du jour.

Cette attente du pardon nous conduira vers l’esprit du prochain Carême.

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