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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:06

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (Bakali)

1946-1990

 

Né le 16 juin 1946, dans le village de Mbahe (Thohoyandou, Afrique du Sud), il était l'aîné de cinq enfants. 

Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba, une tribu qui se considère comme issue du peuple juif.

Au lycée, il rencontra le père Benoît Risimati,  qui lui enseigna la foi catholique : il fut baptisé le 21 avril 1963, avec les noms de Samuel Benedict, par référence particulière et reconnaissante envers son catéchiste, et reçut l’Eucharistie.

Trois mois plus tard, il reçut la Confirmation, des mains de l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck.

Il adopta désormais comme devise celle de saint Benoît : Ora et Labora (Prie et Travaille).

Il devint ensuite instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Il invitait les élèves pauvres à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide.

Le premier dans son village, il construisit une maison en briques avec ses propres économies, grâce à la vente des fruits et des légumes de son jardin. Prudent et bon administrateur, il s’acheta une voiture, un poste de télévision, un téléphone, ce qui ne manqua pas de susciter des jalousies, malgré tout le bien qu’il faisait ; on alla jusqu’à l’accuser d’utiliser des zombies (pratique sorcière consistant à ramener à la vie des êtres présumés morts).

En 1980,  il épousa une Luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui embrassa la foi catholique, et ils eurent huit enfants. Le dernier naquit quatre mois après la mort de Samuel Benedict.

Bon père, il «innova» dans la vie familiale, en aidant son épouse dans les tâches matérielles, dans l’éducation des enfants ; quand ceux-ci furent en âge de le faire, il les encouragea aussi à participer aux tâches quotidiennes, en-dehors des heures de l’école. Avec eux, il travaillait au potager, il plantait des arbres. Il invitait les autres pères de famille à en faire autant, particulièrement à aider leurs épouses.

On priait en famille ; chaque soir, on lisait l’Ecriture ; chaque dimanche, on participait à la Messe, ou à l’Assemblée dominicale si le prêtre était absent : dans ces derniers cas, c’est Samuel Benedict qui dirigeait l’office. A Noël, il institua le jour des Daswa : il invitait toute la famille et les proches parents à passer ensemble cette journée ; à l’occasion, les enfants recevaient du matériel scolaire, si précieux pour eux.

Lors d’une sécheresse survenue dans les années quatre-vingt, il intervint auprès des autorités et obtint des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école.

Catéchiste, membre actif de la paroisse, il favorisa la création d’une réelle communauté ecclésiale, préparant au baptême les catéchumènes. Ami des jeunes, il cherchait à les occuper sainement : il créa des clubs de football. Il aida beaucoup à la construction de la première église catholique de la région, à Nweli.

En un mot, Samuel Benedict était un homme très respecté de tous pour son honnêteté, son intégrité, sa sincérité, son humilité. On l’aimait aussi pour sa compassion et sa générosité envers les malades, les pauvres, les prisonniers. Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller.

Mais les vieilles croyances païennes n’étaient pas pour autant effacées. Lors d’un violent orage en janvier 1990, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases, et le chef estima que c’était là une manifestation de sorcellerie. Les membres de son conseil, réunis, décidèrent de consulter un «guérisseur» traditionnel, en se cotisant. Ce jour-là, Samuel Benedict arriva en retard à la réunion, de sorte que la décision avait été prise sans lui, et c’est en vain qu’il essaya de convaincre ses collègues de l’inutilité de cette pratique contre un phénomène purement naturel. Tout ce qu’il put faire, fut de refuser de payer sa quote-part, au nom de sa foi en Jésus-Christ.

La jalousie se ralluma, doublée de suspicion contre lui. On murmura, on l’accusa d’influencer les gens, de se prendre pour le chef. On résolut de le tuer.

L’occasion s’en présenta le 2 février suivant, lorsque la belle-sœur de Samuel Benedict l’appela pour conduire d’urgence son enfant très malade chez le médecin à Makwarela (Sibasa).

Sa première réaction fut : Avant de partir, prions. Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener un habitant d’un village voisin, chargé d’un lourd sac de farine de maïs. Plus loin, la route se trouva bloquée par des troncs d’arbre. Il descendit de voiture pour dégager la route, et fut alors assailli par toute une troupe d’hommes qui s’étaient embusqués derrière les buissons. 

On lui jeta des pierres ; saignant abondamment, il chercha à gagner un petit bar voisin, puis une cabane, dont on l’expulsa. Il criait : Epargnez ma vie ! Mais on l’encercla ; il s’agenouilla. Un homme armé d’un knobkerrie lui fracassa la tête ; puis il reçut d’autres coups et on lui versa de l’eau bouillante.

C’était le 2 février 1990.

Reconnu martyr, Samuel Benedict sera béatifié en 2015.

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