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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 00:00

16 MARS

?    

S Aninas, anachorète en Euphratène, qu’accompagnaient deux lions gentils, et mort à cent-dix ans. 

III.    

S Agapit, un des onze évêques “colombins” à Ravenne, désignés par une colombe.
Ss Hilarius et Tatianus, martyrs ; Hilarius était évêque en Aquilea, Tatianus était son diacre.
S Papas, martyr à Séleucie ; on lui mit des chaussures garnies de pointes à l’intérieur ; l’arbre stérile auquel on l’attacha devint fertile.

IV.    

Ss Valentin, évêque à Terracina, et Damien, diacre, martyrs près de Teatina.
S Ioulianos d’Anazarbe, arrêté à dix-huit ans, soutenu par sa mère, martyr en Cilicie, cousu dans un sac plein de scorpions et de serpents.

VII.    

S Coloquil (Colomcille ?), roi honoré à Sens.  
S Finan le Lépreux, de famille royale irlandaise, fondateur de monastères à Inisfallen, Ardfinnan, Cluain more Maidoc.
Ste Eusébie, abbesse à Hamage à douze ans.
S Dentelin, fils de s.Mauger (Vincent Madelgaire) et de ste Vaudru, frère de s.Landric et des stes Aldétrude et Madelberte, mort à sept ans en Belgique.

X.    

S Grégoire,  dont on nota très tôt l’aversion pour le mensonge et l’impureté, évêque à Nicopolis, dont il démissionna pour être reclus près de Pithiviers.

XI.    

S Heribert, chancelier de l’empereur, évêque à Cologne.

XII.    

S Christodule, abbé en Grèce (Turquie ?).
S Giovanni Sordi ou Cacciafronte, abbé à Crémone, évêque à Mantoue, puis Vicenza, assassiné par un homme qu’il avait excommunié.

XIII.    

S Héribert, ermite près de Namur.
Bse Benedetta, abbesse clarisse à Assise après ste Claire.
B Torello de Poppi, ermite pénitent près de Vallombreuse, après une adolescence dissolue. 
B Pier Tecelano, marchand de peignes à Sienne, veuf et tertiaire franciscain, thaumaturge ; il se confessait chaque jour.

XVI.    

Bx John Amias et Robert Dalby, l’un veuf puis prêtre, l’autre laic converti, martyrs à York. 

XVII.    

S Jean de Brébeuf, prêtre jésuite normand, martyr des Iroquois, fêté le 19 octobre.

XX.    

B Pío Conde y Conde (1887-1937), prêtre salésien espagnol, martyr de la Révolution, béatifié en 2007 ; on ignore le jour exact de son martyre (entre le 16 et le 20 mars) ainsi que le lieu (Madrid, ou près de Valencia).

Hilarius d’Aquilée et Tatianus
† 284

Hilarius est habituellement considéré comme le deuxième évêque d’Aquileia, après Ermagora.
Comme ce dernier aurait été choisi dès le premier siècle, il se peut qu’il y ait eu une longue vacance avant l’élection d’Hilarius.
L’histoire d’Hilarius est celle d’un enfant élevé dans le christianisme, entré dans la cléricature et qui, après ses études de l’Ecriture et des Pères, fut ordonné diacre, prêtre, enfin évêque.
Il prit pour disciple Tatianus, qu’il ordonna diacre.
Sous l’empereur Numérien, les Chrétiens eurent l’obligation d’offrir des sacrifices aux idoles païennes. Evidemment, l’évêque et son diacre n’étaient pas disposés à le faire et furent cités devant le préfet.
Les tourments qu’on imposa à Hilarius comme à Tatianus ne purent les fléchir. Ils furent dépouillés, flagellés, étendus sur des chevalets, où l’on déchira leurs corps jusqu’à en faire ressortir les entrailles. Mais ils chantaient encore la gloire de Dieu.
Hilarius et Tatianus se retrouvèrent en prison. Sur leur prière, Dieu manifesta sa puissance : un orage inonda la ville, le temple d’Hercule, si somptueux, s’écroula, des gens moururent de frayeur.
Le préfet s’entêta ; il fit décapiter l’évêque et son diacre, mais aussi quelques autres Chrétiens qui se trouvaient en prison au même moment ; on donne les noms de Felix, Large et Dionysios.
Ce fut le 16 mars 284.
Ce qui étonne ici, est que, le lendemain, d’autres Chrétiens eurent la permission de recueillir les corps des Martyrs et de les ensevelir honorablement. La persécution ne s’appliquait donc plus à eux ?
Aquileia se trouve à l’extrême NE de l’Italie. Siège épiscopal, puis archiépiscopal, puis patriarcal, il fut supprimé au 18e siècle, et rattaché à Udine et Gorizia.
S.Hilarius est le patron de Gorizia.
Saints Hilarius d’Aquilée et Tatianus sont commémorés le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Papas de Laranda
† 300

Ce Chrétien était originaire de Laranda (Lycaonie, auj. Karaman, Turquie CS).
La persécution de Maximien, que Dioclétien s’était adjoint depuis 285, sévit.
Papas confirma son adhésion à la foi chrétienne et fut torturé de maintes façons : dépouillé, flagellé à l’image du divin Sauveur, déchiré avec des ongles de fer ; autre torture qu’on ne trouve pas souvent dans les récits, on lui enfila des chaussures garnies de clous dont les pointes sortaient à l’intérieur, et l’on obligea Papas à marcher ainsi, jusqu’à Séleucie.
Il y a une dizaine de villes anciennes nommées Séleucie. La plus proche de Lycaonie serait celle de Pamphylie, à l’Ouest de Laranda ; mais le Martyrologe spécifie Séleucie de Perse, qui serait alors proche de Bagdad… On imagine le supplice de Papas.
Il fut attaché à un arbre qui, stérile, reverdit.
Le martyre de Papas peut se situer vers 300.
Saint Papas de Laranda est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Ioulianos d’Anazarbe
† 305

Ioulianos naquit vers la fin du 3e siècle à Anazarbe (Cilicie, auj. Ağaçli, Turquie CS).
Son père était sénateur, sa mère l’éleva dans la foi chrétienne.
A dix-huit ans, il fut traduit devant un tribunal pour sa foi. Il refusa énergiquement de sacrifier aux idoles et fut longuement torturé, avant d’être jeté en prison.
Sa mère vint lui rendre visite, et l’encouragea à demeurer fidèle et ferme dans la foi. Heureuse mère, qui ne mettait pas son affection avant la confiance en Dieu.
Pendant une année entière, on s’amusa à promener Ioulianos de ville en ville, accablé d’injures, d’insultes, de la part des païens comme des Juifs. Non seulement Ioulianos restait ferme dans sa foi, mais ces déplacements lui donnaient l’occasion de prêcher à la foule, et de gagner des âmes au Christ.
Finalement le préfet imagina une ultime horreur : il fit enfermer Ioulianos dans un sac, qu’il remplit de scorpions et de serpents vivants, et jeta le Martyr en mer.
Au bout de quelques jours, les flots rapportèrent sur le rivage le corps de Ioulianos.
C’était vers 305-311.
On l’aurait alors transféré à Antioche (de Syrie), où de très nombreux miracles se produisirent.
Saint Ioulianos d’Anazarbe est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Eusébie de Hamage
637-680

Eusébie naquit en 637, de s.Adalbaud d’Ostrevent et ste Rictrude (v. 2 février et 12 mai), nobles vascons et seigneurs dans les Flandres. Tant les parents que leurs quatre enfants sont, dit-on, vénérés comme saints : Eusébie, Adalsinde, Maurant, Clodoswinthe, mais à part Eusébie, on ne les trouve pas dans le Martyrologe actuel.
La grand-mère paternelle d’Eusébie était sainte Gertrude de Hamage, laquelle, une fois veuve, fonda et gouverna comme abbesse un monastère bénédictin à Hamage (vers 625).
C’est justement à celle-ci qu’Eusébie fut confiée à l’âge de huit ans, à la mort de son père, tandis que sa mère et des deux sœurs fondaient une autre abbaye à une dizaine de kilomètres de là : Marchiennes.
En 649, quand Eusébie avait douze ans, elle fut élue pour succéder à sa grand-mère Gertrude ! Maman Rictrude prétendit exercer son autorité sur la jeune abbesse et lui fit intimer l’ordre de la rejoindre à Marchiennes : obéissante, Eusébie vint s’y installer, avec sa communauté.
Toutefois, de nuit, elle partait avec son assistante, à son abbaye de Hamage, pour y prier l’office ; deux heures et demie de marche ! Cette double vie ne convenait pas à une moniale cloîtrée, et Rictrude semonça sévèrement sa fille. Mais comprenant la forte attirance d’Eusébie pour Hamage, elle écouta le conseil de saints personnages ecclésiastiques et laissa Eusébie retourner avec sa communauté à Hamage.
Désormais, Eusébie put disposer des bâtiments et de son temps pour faire revivre la Règle dans son authenticité. Sa douce ténacité et son exemple convainquirent toutes les Religieuses.
Quand elle mourut, un 16 mars, toutes la pleurèrent.
Avait-elle vingt-trois ans, trente-trois ans, quarante-trois ans ? Le Martyrologe a choisi la dernière évaluation, établissant la date de cette pieuse mort à 680 environ.
Les deux monastères de Marchiennes et Hamage furent détruits par les envahisseurs normands, vers 881. Mais les reliques furent sauvées et portées à Paris. Elles disparurent en 1830, lors du pillage de l’archevêché.
Actuellement, au hameau de Hamage, rattaché à Wandignies, on a repris le culte de sainte Eusébie.
Populairement, le nom d’Eusébie a été transformé en Eusoye ou Ysoie.
Sainte Eusébie de Hamage est commémorée le 16 mars dans le Martyrologe Romain.

 

Heribert de Cologne
970-1021

Il naquit vers 970 à Worms (act. Rhénanie-Palatinat, Allemagne O), de Hugo et Tietwide, de noble ascendance. Il eut (au moins) un frère, Heinrich.
Il étudia à l’abbaye de Gorze, et y serait resté si son père et l’évêque ne l’avaient rappelé : il fut nommé prévôt du chapitre de Worms.
En 994, l’empereur Otto III l’appela cependant à la cour pour être son chancelier et ne pouvait plus se séparer de lui, tant il appréciait ses conseils et son attitude ; Heribert eut même toutes les peines du monde d’éviter de devenir évêque de Würzburg, en y proposant son propre frère.
En 995, il fut ordonné prêtre.
En 998, tandis qu’il se trouvait à Ravenne pour pacifier des factions opposées, on lui apprit qu’il était élu pour le siège archiépiscopal de Cologne ; Otto avait accepté de se séparer de son chancelier, mais Heribert ne l’entendait pas ainsi ; contraint de céder, il alla se faire sacrer à Rome ; le pape lui remit le pallium et Heribert pénétra dans son diocèse à Noël 999, pieds nus.
Tandis qu’il demeurait chancelier d’empire, Heribert mit au premier rang de ses préoccupations le soin pastoral de son important diocèse. On le vit laver les pieds des pauvres, leur donner à manger personnellement. En période de sécheresse, il décréta des prières spéciales qui y mirent fin.
Un an après cette nomination, l’empereur le pria de l’accompagner dans une campagne d’Italie. Quand les ennemis réussirent à empoisonner Otto, à Benevento (1002), Heribert l’assista fraternellement et ramena son corps à Aix-la-Chapelle. 
C’est sur son lit de mort qu’Otto promit à Héribert de faire construire une abbaye bénédictine près de Cologne : ce fut l’abbaye de Deutz, qu’Héribert put consacrer en 1003 et pour laquelle il sut assurer plusieurs prébendes et de grandes surfaces de forêts.
En 1002, à l’avènement du nouveau roi, Heinrich II (v. 13 juillet ; celui-ci ne fut couronné empereur qu’en 1014)), Heribert pensait se démettre de sa charge, mais l’empereur le confirma. Malgré d’insidieuses calomnies qu’on rapporta à l’empereur, ce dernier lui conserva toute sa confiance et recourait volontiers à ses conseils. 
On ajoute qu’une colombe volait souvent près d’Heribert, en signe de la présence du Saint-Esprit qui guidait le prélat.
Il serait question d’un voyage à Rome que fit Heribert pour accompagner Heinrich II, lequel aurait ensuite confié à Héribert l’archidiocèse de Bamberg (1007), nouvellement fondé ; ce fut en réalité Eberhard qui fut nommé.
En 1015, Heribert consacra la collégiale Saint-Barthélemy de Liège.
C’est au cours d’une visite apostolique qu’Héribert mourut près de Cologne, le 16 mars 1021.
En 1047, la guérison d’un possédé aurait permis une canonisation officielle. Bien des miracles eurent lieu déjà avant la mort d’Héribert, et se produisirent aussi ensuite.
L’abbaye de Deutz, fortement endommagée au cours des siècles, des inondations et des guerres, abrite maintenant la Caritas, tandis que l’église elle-même a été remise à la communauté grecque-orthodoxe de Cologne.
Saint Héribert est commémoré le 16 mars dans le Martyrologe Romain.


Giovanni Sordi-Cacciafronte
1125-1181

Giovanni vit le jour vers 1125 à Crémone (Italie N), d’Evangelista et Berta Persico, de très noble ascendance.
Il était très jeune quand mourut son père. Sa mère épousa alors Adamo Cacciafronte, ce qui explique le double nom de famille qu’on lui donne. Adamo entoura Giovanni d’une réelle affection paternelle et lui fit faire d’excellentes études.
Après avoir été quelque temps chanoine à la cathédrale de Crémone, Giovanni entra en 1141 au monastère bénédictin Saint-Laurent ; de cette abbaye dépendait le prieuré Saint-Victor, où Giovanni fut nommé prieur ; en 1155, il fut alors élu abbé de Saint-Laurent.
Quand fut élu l’antipape Victor IV, soutenu par l’empereur Barbarossa, Giovanni resta fidèle au pape légitime et lui garantit en même temps la fidélité de Crémone.
L’empereur fit alors exiler Giovanni ; le pape le nomma évêque de Mantoue, dont l’évêque Graziadoro était tombé dans le schisme. Mais quand l’empereur, battu à Legnano (1176), fit la paix avec le pape, Giovanni voulut restituer son siège à Graziadoro, repenti ; le pape nomma alors Giovanni évêque de Vicenza, en 1179.
Evêque zélé, mortifié et charitable, Giovanni eut à reprendre et excommunier un feudataire malhonnête. Celui-ci se vengea en assassinant le saint évêque, le 16 mars 1181.
Le culte du bienheureux Giovanni fut confirmé en 1824.


Benedetta d’Assise
† 1260

Nos Bénédicte ne prennent pas forcément pour Patron saint Benoît : elles peuvent aussi choisir la bienheureuse Bénédicte d’Assise.
Des doutes planent sur les origines de Benedetta. Selon certains celle-ci naquit à Assise vers 1214, et prit l’habit des clarisses à San Damiano, ce monastère que dirigeait sainte Claire (Chiara). Pour d’autres, la date de 1214 serait celle de son entrée au monastère.
Certains pensent que c’est cette même Benedetta qui fut abbesse à Sienne en 1227, puis à Vallegloria près de Spello de 1240 à 1248. Si Benedetta était née en 1214, elle aurait montré une telle sainteté qu’on l’aurait élue abbesse… à treize ans. Si en revanche 1214 est la date de son entrée en religion, les choses semblent mieux concorder, mais il faudra trouver des preuves de ces transferts successifs.
Ce qui est sûr, c’est qu’à la mort de Chiara, en 1253, c’est Benedetta qui fut choisie pour lui succéder à San Damiano.
Le Martyrologe franciscain écrit que Benedetta resplendit d’une extraordinaire prudence, par ses vertus et ses miracles. 
Elle gouverna donc le monastère pendant sept ans, donnant l’exemple de la régularité et de la pauvreté.
Elle mourut le 16 mars 1260.
Vénérée par l’Ordre séraphique, elle n’est pas mentionnée au Martyrologe.


John Amias
?-1589

John naquit à Wakefield (Yorkshire W, Angleterre).
Il subsiste des doutes sur sa réelle identité et sa vie, tant il est vrai que les prêtres prenaient à l’occasion des «noms de combat» pour mieux passer inaperçus.
John aurait ainsi été en fait William Anne, benjamin de John et Katherine Anne, de Frickley (Wakefield).
Mais on rapporte aussi que John s’était marié, avait élevé ses enfants, et avait une activité de marchand de vêtements (ou de tailleur). Son épouse étant décédée, il divisa ses biens entre ses enfants et s’en vint à Reims, pour se préparer au sacerdoce. Il se trouve qu’en effet, il y eut un John Amias qui fut ordonné prêtre à Reims en 1581.
S’il s’agit de notre héros, il serait parti en juin de la même année pour l’Angleterre, via Paris, avec un autre prêtre, Edmund Sykes.
On ne connait pas bien quelle fut son activité. Mais on sait qu’il fut pris en 1588 chez un certain M.Murton à Melling (Lancashire), et mis en prison à York.
Il tombait sous le coup du décret de 1585, qui considérait comme un crime d’être un prêtre catholique. Condamné à mort à York, il s’adressa à la foule devant la potence,  affirmant qu’il n’était pas condamné pour trahison, mais pour la religion. Il fut interrompu dans sa harangue et exécuté, juste avant Robert Dalby.
John Amias mourut en martyr à York (Yorkshire N), le 16 mars 1589.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Robert Dalby
?-1589

Robert Dalby (ou Drury) était né à Hemingbrough (Yorkshire E, Angleterre).
D’abord ministre dans le culte protestant, il se convertit et gagna le Collège anglais de Reims en 1586.
Ordonné prêtre en 1588, il gagna l’Angleterre en août de la même année, mais fut arrêté presque aussitôt après avoir accosté à Scarborough. 
Mis en prison à York, il fut condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre catholique.
Robert Dalby mourut en martyr à York, le 16 mars 1589. Son martyre fut partagé par un prêtre nommé John Amias. Arrivés sur place, les prisonniers se prosternèrent pour prier. John fut exécuté le premier, sous les yeux de Robert.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Jean de Brébeuf
1593-1649

Jean naquit le jour de l’Annonciation, 25 mars 1593, ou peut-être la veille (ou aussi le 14 mars) et peut-être aussi en 1592.
Le lieu de sa naissance pouvait être La Boissée (Condé-sur-Vire, Manche), dans le château de ses parents (Gilles II de Brébeuf et Marie Le Dragon). Mais sa mère se trouvait à Bayeux (Calvados) quand sonna le moment de l’accouchement, et Jean naquit dans le faubourg Saint-Jean de cette ville. On affirme que des ancêtres de la famille étaient compagnons d’armes de Guillaume le Conquérant et du roi saint Louis.
Jean entra dans l’Ordre des Jésuites en 1617. Entre 1619 et 1621, il enseigna au collège de Rouen. Des ennuis de santé (tuberculose) retardèrent sa formation théologique. S’il n’avait pas de résultats excellents dans ses études, il montrait des dons particuliers pour les langues.
Il fut ordonné prêtre à Pontoise en 1622, et fut économe à Rouen.
En 1625, il partit pour la Nouvelle-France (le Canada). Le capitaine de vaisseau, un protestant, le menaça de le ramener en France ; dès 1626, il partit en canoë chez les Hurons en assimilant leurs habitudes, vivant en teepi, apprenant leur langage.
En 1629, le Canada fut restitué à l’Angleterre, puis revint à la France en 1633 ; durant ces années-là, Jean vécut en France : le père Jean fut curé à Rouen, où il prononça ses vœux solennels.
De 1631 à 1633, il travailla au collège d’Eu, comme économe, ministre et confesseur.
De retour au Canada, il n’y retrouva pas tout de suite la bienveillance des Amérindiens ; il mit une année à retrouver l’endroit de son ancienne mission. Des épidémies, causées par des maladies apportées par les Européens, firent beaucoup de victimes et provoquèrent la méfiance des Hurons envers les Européens. Mais le père de Brébeuf réussit à conquérir leur amitié en vivant avec eux, parlant désormais couramment leur langue, et pouvant l’enseigner aux autres missionnaires. Il reçut le nom huron de Echon. Il s’installa à Ihonatiria.
La contribution du père de Brébeuf pour la compréhension du langage des Hurons fut déterminante ; il composa un dictionnaire huron-français et traduisit en huron le catéchisme. On lui attribue aussi la plus vieille chanson de Noël connue au Canada (Huron Carol).
Il travailla beaucoup à trouver des éléments communs entre leur culture et le christianisme, pour les aider à se convertir. Lors d’une nouvelle épidémie, les Hurons purent se rendre compte que leur missionnaire n’était pas atteint et crurent davantage en son enseignement. Mais ce n’est qu’en 1635 qu’il put en baptiser quelques-uns. D’après les descriptions qu’il fit de certains de leurs rites, on fit des recherches récentes, qui confirmèrent ses lignes.
En 1637, il y eut un nouveau soulèvemenet de la population huronne à cause d’une épidémie. Les menaces fusèrent, mais les Pères purent continuer leur travail. Le père Jean fonda une nouvelle mission à Téanaostaié et s’y installa.
En 1638, il fut nommé supérieur de la mission Saint-Joseph ; en 1640, il tenta l’évangélisation des Neutres (nord du lac Erié), mais sans succès apparent, sinon qu’il se cassa la clavicule et dut être soigné à Québec, où il fut le confesseur de communautés religieuses et l’aumônier des colons français. 
Quand il put rejoindre la mission en 1644, les Hurons et les Iroquois continuaient de se livrer une guerre féroce ; venus en mars 1649 détruire complètement le village de Saint-Louis où se trouvait la mission jésuite, les Iroquois s’emparèrent des deux prêtres, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant.
Les prêtres auraient pu prendre la fuite, mais préférèrent rester au milieu de leurs fidèles. On les traîna jusqu’au village de Taenhatenteron, où ils furent accueillis par une pluie de pierres, battus et liés à un poteau de torture. Le supplice du père de Brébeuf eut lieu le 16 mars 1649, celui du père Lalemant le lendemain.
Concernant le père de Brébeuf, il reçut deux cents coups de bâton ; on lui versa de l’eau bouillante sur la tête, en parodie du baptême, on lui écorcha le cuir chevelu, on lui accrocha au cou un collier de tomahawks incandescents, on lui appliqua sur tout le corps une couverture d’écorce pleine de poix et de résine incandescantes, on lui enfila un fer rouge dans la gorge, ses membres étaient décharnés jusqu’aux os ; on lui coupa les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu ; toutes tortures qu’il supporta sans un mot. Puis on alluma un brasier sous lui, on lacéra son corps de coups de couteaux ; on lui retira le cœur, qui fut dévoré par les bourreaux.
Jean de Brébeuf serait apparu à une religieuse mystique de Québec, Catherine de Saint-Augustin, qui guérit un malade en lui faisant boire une potion où elle avait auparavant introduit une relique du Martyr ; elle aurait de la même façon obtenu la guérison - corps et âme - de soldats protestants, qui ainsi se convertirent.
Le père Jean de Brébeuf est commémoré au Martyrologe le 16 mars ; sa fête liturgique, avec celle de ses Compagnons martyrs, est au 19 octobre.
Il fut béatifié en 1925, canonisé en 1930, proclamé co-patron du Canada en 1940.


Pío Conde y Conde
1887-1937

Né le 4 janvier 1887 à Portela-Allariz (Orense), Pío fut baptisé le jour suivant.
Après son noviciat chez les Salésiens à Barcelone, il fit profession le 3 février 1906.
Après son ordination sacerdotale (1914), son apostolat se développa dans les collèges de Valencia, Bejar, Santander (1923), Vigo San Matías (1927), Madrid (1933).
Quand la maison fut prise d’assaut le 19 juillet 1936, il fut blessé non gravement, mais avec pertes de sang.
Les Religieux furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, puis relâchés. Don Pio se réfugia chez des amis. En octobre, il fut reçu dans l’ambassade de Finlande, mais même cet établissement fut assailli, le 3 décembre, et l’on emmena tous les présents à la prison San Antón. C’est la pression internationale qui obtint la libération de ces prisonniers.
Don Pio s’installa dans une autre pension, avec le nom d’un sien cousin. Mais il fut dénoncé, de nouveau arrêté et conduit au commissariat de Estrecho.
C’était probablement le 16 mars 1937. La date et le lieu du martyre restent encore un peu incertains : la date pourrait être retardée jusqu’au 20 mars, l’endroit du martyre pourrait être Madrid, quoiqu’on ait avancé que don Pio fut évacué à Valencia.
Don Pío a été béatifié parmi quatre-cent quatre-vingt dix-sept Martyrs espagnols, en 2007.

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