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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 00:00

Charles de Foucauld

1858-1916

 

Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand naquit le 15 septembre 1856 à Strasbourg (Bas-Rhin), dans une famille de la vieille noblesse.

Notons ici que son arrière-grand-oncle était l’évêque Jean-Marie du Lau d’Allemans, qui fut martyrisé lors de la Révolution française, le 2 septembre, et béatifié en 1926.

Son père, le vicomte Edouard de Foucauld de Pontbriand, inspecteur des forêts, épousa Elisabeth de Morlet, une femme très pieuse.

Leur premier enfant, Charles, mourut à son trentième jour de vie ; vint Charles Eugène, en 1858,  puis Marie Inès Rodolphine en 1861.

Les époux moururent tous deux en 1864, elle d’une fausse couche, lui de neurasthénie.

Orphelins, Charles et sa sœur furent confiés à leur grand-mère paternelle, qui mourut à son tour d’une crise cardiaque. Les grands-parents maternels, qui vivaient à Strasbourg, recueillirent les deux orphelins.

Durant ses études à Strasbourg, Charles était bon élève, mais colérique, et reçut alors des cours particuliers.

En 1870, la famille se replia à Berne puis, après la défaite, à Nancy. Charles entra alors en 3e. C’est là qu’il connaîtra son grand ami, Charles Tourdes.

En 1872, il reçut la Première communion et la Confirmation.

La crise commença en 1873 : Charles devint agnostique, sans foi ni loi. Après son premier baccalauréat (qui achevait les études de rhétorique, notre 1e), il fut envoyé à Sainte-Geneviève de Versailles, pour préparer l’entrée à Saint Cyr. Paresseux et indiscipliné, il fut renvoyé.

A Nancy, il prit à nouveau des cours particuliers, et s’adonna à une foule de lectures : Arioste, Voltaire, Erasme, Rabelais.

Il entra finalement à l’école de Saint-Cyr, en 1876, un des meilleurs et des plus jeunes de sa promotion, mais ne se signala pas vraiment par une vie sobre et réglée, d’autant plus que, émancipé par son grand-père à dix-huit ans, il devint majeur et hérita d’un important héritage, qu’il dilapida.

Ce grand-père mourut en 1878, année où Charles entra à l’école de cavalerie de Saumur. Mais il se laissa aller à quantité de comportements indisciplinés - jusqu’à introduire des prostituées, raison pour laquelle il sera maintes fois puni. Il sortira dernier de Saumur, où il s’était mérité le surnom de lettré fêtard.

Ce fêtard déjà obèse fut nommé à Sézanne (Marne), puis à Pont-à-Mousson. Ses frasques empirèrent, il vécut en concubinage avec une actrice, dut être mis sous conseil judiciaire pour préserver sa fortune. Lui même écrivit de cette période : J’étais moins un homme qu’un porc.

En 1881, il fut nommé à Sétif (Algérie), où il se rendit avec sa concubine, contre l’ordre reçu, ce qui lui valut encore un mois d’arrêt. Son inconduite le fit mettre hors-cadre de l’armée.

Retiré à Evian, il demanda sa réintégration pour combattre avec son régiment en Tunisie, rompit enfin avec sa concubine, et montra sur le terrain un bon comportement, comme soldat et comme chef.

Ce sera le commencement d’un revirement dans sa vie. Fin 1881, il sera nommé à Mascara (Algérie).

N’ayant pas obtenu le congé qu’il demandait pour voyager, il démissionna de l’armée, et se prépara à explorer le Maroc : il étudia l’arabe, l’Islam, l’hébreu, et se mit en route avec un guide juif, se faisant passer pour un juif, car les chrétiens étaient mal tollérés. Il était tellement méconnaissable que, croisant un jour des officiers français qu’il connaissait, ceux-ci ne le reconnurent pas ; l’un d’eux dit même : Regardez ce juif accroupi en train de croquer des olives. Il a l’air d’un singe.

C’est ainsi qu’il pénétrera dans le Maroc avec son guide. Il fut le premier Européen à explorer la région sud du Maroc. Le voyage dura presque une année. Charles rédigera un mémoire, Reconnaissance au Maroc, qui lui vaudra une médaille d’or à la Société de Géographie, les palmes académiques à la Sorbonne, et une certaine renommée.

Revenu en France, il rencontra un ecclésiastique avisé, l’abbé Huvelin, qui l’aidera à se convertir : cela aboutit à la fameuse confession du 30 octobre 1886, en l’église Saint-Augustin à Paris.

Désormais, Charles voudra entrer dans un ordre où il pourra imiter l’humilité et la pauvreté de Jésus de Nazareth. Attiré par l’idéal des pères Trappistes de Fontgombault (Indre, devenue depuis abbaye bénédictine), il donna, en 1888, sa démission définitive de l’armée et partit en Terre Sainte, à la recherche d’une vie vraiment pauvre et pénitente, se sentant toutefois indigne d’être prêtre et de prêcher.

En 1889, il revint en France et finit par entrer à la Trappe de Notre-Dame des Neiges (Ardèche), après avoir légué tous ses biens à sa sœur. Il commença alors son noviciat (à trente-et-un ans), sous le nom de Frère Marie-Albéric. Puis il obtint de partir pour la trappe d’Akbès (Syrie), une fondation de Notre-Dame des Neiges, ayant définitivement démissionné des membres réservistes de l’armée et de la Société de Géographie.

En Syrie, son saint comportement édifia, et ses mortifications parfois inquiétèrent son Supérieur. Par obéissance, il entreprit des études de théologie en vue d’être ordonné prêtre.

En 1892 il prononça les premiers vœux.

En mars 1896, eut lieu le génocide arménien : Charles voulait être plus proche des plus pauvres, et ressentit vraiment l’intérêt d’être prêtre. Son désir d’absolu lui faisait désirer plus de pauvreté ; il pensa fonder un nouvel ordre, avec des prières en langue locale (au lieu du latin), et proposa de vivre en ermite, au pied de la Trappe : refus des Supérieurs, qui l’envoyèrent en 1896 à la trappe de Staouëli (Algérie), puis à Rome, pour se préparer au sacerdoce. A Rome, le Supérieur général des trappistes le dispensa de ses vœux (1897), pour le laisser marcher dans la voie érémitique qui lui convenait mieux.

Charles repartit en Terre Sainte, et alla se proposer comme jardinier au monastère Sainte-Claire de Nazareth, vivant de presque rien. Son édifiante sainteté inspira à la Supérieure de l’inciter à devenir prêtre et à fonder son ordre.

Il pensa installer son ermitage sur le Mont des Béatitudes, mais il se fit escroquer, et comme le patriarche de Jérusalem jugeait impossible de l’ordonner prêtre, Charles revint en France, puis repartit à Rome demander l’autorisation d’être ordonné.

Il reçut les ordres mineurs en 1900, et le sacerdoce en 1901.

Désormais, Charles de Jésus ira vivre en Algérie, dans le désert du Sahara, à Béni-Abbès (Sahara occidental), plus tard à Tamanrasset (sud)

Vie de prière, de contemplation silencieuse, de conversation avec les pauvres et les militaires qui viennent le voir. En 1902, il racheta la liberté d’un esclave ; il écrivit à l’évêque au sujet de sa volonté de lutter contre l’esclavage dans le Hoggar. Il s’ouvrit à l’apostolat auprès des Berbères, par son sourire et son comportement fraternel, qui contrastait avec les façons rudes et guerrières des militaires.

Il poussa vers le sud, dans un but d’évangélisation, profitant d’une patrouille française guidée par un officier plus conciliant et doux que ses prédécesseurs. Il reçut la visite du général Lyautey (1905). Puis il rencontra le chef touareg, qui l’autorisa à s’installer dans le Hoggar. Charles arriva à Tamanrasset en août 1905.

Son disciple l’ayant quitté, il ne put plus célébrer la Messe car, à l’époque, l’assistance d’au moins une personne était requise pour la célébration.

Envers les Touaregs, il se comporta en frère, étudiant leurs habitudes, leur langue, et, après douze années de travail, publia un dictionnaire touareg-français.

Il chercha à s’entourer d’une petite famille religieuse, avec cet idéal de pauvreté radicale, mais son style de vie n’attira pas de vocations. Lors d’une famine en janvier 1908, ce sont les Touaregs qui le sauvèrent de la famine en lui donnant du lait de brebis. Il reçut à ce moment-là l’autorisation «exceptionnelle» de célébrer seul la Messe.

En 1909, 1911 et 1913, il vint en France pour tenter de développer une association de laïcs : Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur, embryon de la Fraternité.

Tout son temps libre, il le passait auprès des Touaregs, leur montrant comment construire des maisons en dur, leur enseignant quelques règles d’hygiène.

Il prêtera son concours à la construction du Transsaharien, par ses abondantes notes et indications.

Lors de la guerre de 1914, il pensa rejoindre le front comme aumônier, mais opta finalement pour rester au milieu des Touaregs et les rassurer. En 1915 et 1916, il sécurisa encore plus son petit ermitage pour éventuellement abriter et nourrir la population en cas d’attaque.

Des pillards venus de Tripoli cherchèrent à enlever le Frère Charles (peut-être en vue d’obtenir une forte rançon). Le 1er décembre 1916, le fort fut investi, sur trahison d’un Touareg, des coups de feu partirent ; Charles, malade, reçut une balle dans la tempe.

Les circonstances exactes de cette mort restent floues. On hésita à parler de martyre.

Une patrouille française le retrouva mort, tandis que le Saint Sacrement était encore exposé : l’officier qui conduisait la patrouille, pria un des soldats de consommer l’Eucharistie.

Par la suite, les Touaregs se révoltèrent contre les autorités françaises, qui ripostèrent malheureusement de façon aggressive.

Le dies natalis du père Charles de Foucauld est au 1er décembre ; il a été béatifié en 2005.

En 2020, la reconnaissance officielle d’un miracle, ouvrit la voie à sa canonisation.

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