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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 23:00

Les Martyrs Chinois de 1900

 

La révolte des Boxers en Chine fit plus d’un millier de victimes., dont la cause fut introduite à Rome. Mais pour faire avancer plus rapidement la cause, on choisit parmi ces victimes vingt-neuf noms particulièrement représentatifs.

Trois furent martyrisés les 4 (le père Giacomantonio) et 7 juillet (Mgr Antonino Fantosati et le père Giuseppe Maria Gambaro). 

Le 9 juillet 1900 en furent martyrisés à Taiyuan vingt-six autres dont il est question ci-dessous.

Ce sont les vingt-neuf Martyrs béatifiés en 1946, et canonisés en 2000 dans tout le groupe des Chinois martyrs du 19e siècle.

Ce même 9 juillet, mais dans une autre localité, fut martyrisé aussi un catéchumène, qui est mentionné au terme de la liste. 

Concernant les évêques, les prêtres et les religieuses, on a pu retrouver des détails et rédiger une petite notice à part pour chacun. Pour les Martyrs proprement chinois, malheureusement, on ne dispose pour le moment que de très peu de détails, qu’on trouvera ci-dessous. 

La fête liturgique commune de ces Martyrs est au 9 juillet.

 

1. Les deux évêques, des Frères Mineurs Franciscains :

Pier Luigi Grassi

1833-1900

Né le 13 décembre 1833 à Castellazzo Bormida (Alessandria, Piémont, Italie NO), de Giovan Battista et Paola Francesca Moccagatta, Pier Luigi reçut de ces bons parents bourgeois une solide éducation chrétienne.

En 1848, ses parents l’autorisèrent à entrer au couvent des Frères mineurs de Bologne ; il commença le noviciat proprement dit à Montiano (Forlì), où il prit le nom de Gregorio Maria. C’était un couvent «rigide», où Gregorio fut à rude école. Il fit la profession en 1849 et fut ordonné prêtre en 1856.

Il partit pour la Chine en 1861, avec une halte en Palestine.

En Chine, il sut s’habituer aux mélodies constantes des Chinois, qui l’apprécièrent beaucoup. Il eut pendant douze années une intense activité parmi ces populations.

En 1876, il fut consacré évêque du Shanxi. Dès lors, ses responsabilités et ses initiatives s’étendirent davantage : il fit construire des écoles, agrandir le séminaire, établir le premier couvent franciscain (1891). Il répara ou agrandit une soixantaine de lieux de culte, commença la reconstruction du grand hôpital de Tai-yuen-fu, confia plus de deux cents orphelines aux Religieuses missionnaires qu’il avait appelées pour l’aider.

Durant la révolte des Boxers, on lui conseilla de fuir. Sa réponse fut nette : Depuis l’âge de douze ans, j’ai désiré et même demandé à Dieu le martyre. Maintenant qu’est venue cette heure si attendue, vais-je fuir ?

Il fut arrêté (avec d’autres) à Taiyuan, condamné à mort et décapité, le 9 juillet 1900.

Il fut béatifié le 24 novembre 1946 et canonisé en 2000.

Francesco Fogolla

1839-1900

Né à Montereggio (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 4 octobre 1839, le jour de la fête de saint François d’Assise, Francesco Antonio Domenico suivit ensuite ses parents à Parme. Ceux-ci sont Gioacchino et Elisabetta Ferrari.

Il entra chez les Franciscains en 1858, étudia la philosophie à Cortemaggiore et à Bologne, la théologie à Parme, et fut ordonné prêtre en 1863 ; il partit pour la Chine en 1866.

Il fut aux côtés de Mgr Grassi comme vicaire général et œuvra à Tayuanfu, Kisien et Miniao. Une de ses «prérogatives» fut la capacité de s’exprimer en excellent chinois, au point qu’il fut le professeur pour les autres missionnaires, et que même les Chinois l’admiraient.

En 1898, il fit un voyage en Europe (France, Belgique, Angleterre), et fut consacré évêque à Paris, pour être le coadjuteur de Mgr Grassi. Il voyageait avec quatre séminaristes chinois, avec l’idée de susciter des aides pour la mission de Chine. Il repartit pour la Chine avec neuf autres jeunes missionnaires et sept Franciscaines Missionnaires de Marie.

La révolte des Boxers s’abbattit sur lui en 1900. Quand son frère le supplia de rentrer en Italie, il répondit fermement : Je désire mourir les armes à la main, luttant contre l’enfer pour me rapprocher du ciel.

Un jugement sommaire le condamna à mort. Exposé aux moqueries des soldats et de la foule excitée, il reçut plusieurs coups d’épée plus ou moins bien dirigés selon les soldats et l’état des lames, et mourut ainsi en Martyr (peut-être même décapité), le 9 juillet 1900, à Taiyuan.

Il fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

2. Les deux prêtres, des Frères Mineurs Franciscains :

Giuseppe Facchini

1839-1900

Giuseppe était né le 2 juillet 1839 à Reno Centese (Bologne, Italie), de Francesco et Marianna Guaraldi. Au baptême, il reçut les noms de Giuseppe Pietro (Joseph Pierre).

A dix-huit ans il quitta son pays pour Rimini, où il vêtit l’habit franciscain, et prit le nom de Elia.

Après avoir étudié la philosophie et la théologie à Ferrare, il fut ordonné prêtre en 1864. Dès lors, il supplia le Ministre Génétal (supérieur) de l’envoyer dans les missions d’Extrême Orient.

Il partit en 1867, après une session de préparation intense à Rome. 

En Chine, il s’occupa de la formation du clergé et de l’étude de la culture chinoise. Son nom chinois était Lei T’ijen.

En 1872, il était nommé recteur du séminaire de Taiyuan, et confesseur, ce qui ne l’empêchait pas de trouver du temps pour rédiger une grammaire latine, et des manuels de philosophie, de théologie et de morale en chinois, pour les séminaristes, ainsi qu’un grand dictionnaire latin-chinois. Malheureusement, lors de la révolte du début juillet 1900, tout fut détruit.

En outre, la même année 1872, il assuma la charge de pro-vicaire du vicaire apostolique, qui devait s’absenter.

En 1880, 1885 et 1891, c’est lui qui dut organiser tout le matériel d’un synode pour sa région. Particulièrement, en 1891, il y était présent comme délégué de Mgr Grassi.

En 1893, il fut nommé vicaire du nouveau couvent de Tungerhkow (Tsingyüan), en même temps que recteur du Petit séminaire et confesseur pour l’orphelinat.

En 1897, il revint à Taiyuan pour reprendre la direction et l’enseignement au Grand séminaire, car Mgr Fogolla devait faire un voyage en Italie avec des séminaristes.

Le père Facchini subit le martyre lors de la révolte des Boxers. Obéissant à Mgr Grassi, il chercha à s’éloigner, mais il fut reconnu, arrêté et présenté au sous-préfet, puis au préfet et au vice-roi.  Il put revenir à la maison, épuisé. Mais quelques jours plus tard, il fut arrêté, condamné et exécuté.

Quelques instants avant d’expirer, il exhortait calmement les jeunes séminaristes : Préparez-vous au martyre, préparez-vous à mourir… Et maintenant, à Dieu au ciel. C’était le 9 juillet 1900.

Sa béatification advint en 1946 et sa canonisation en 2000.

Théodoric Balat

1858-1900

Né le 23 octobre 1858 (l'année des apparitions de Lourdes), à Saint-Martin du Taur (L’Isle d’Albi, Tarn), de Jean-François, forgeron, et Rose Taillefer.

En 1869, il entra au Petit séminaire et rejoignit en 1876 le Tiers-Ordre franciscain. Ses études n’apparaissent pas comme «brillantes», mais Théodoric était très pieux et serviable.

En 1880, après une année de Grand séminaire, il entra au noviciat des Franciscains.

C’était juste au moment de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, les couvents furent violemment fermés, et celui de Théodoric se transféra à Taunton (Angleterre).

Les études de théologie se firent à Clevedon, et Théodoric sollicita son envoi en Chine.

En 1881, il prononça les premiers vœux à Woodlands (Angleterre), et les solennels en 1884. La même année, il fut ordonné prêtre, en France.

Avant de partir pour la Chine, il s’arrêta à Rome et en Terre Sainte où, très malade, il dut d’abord laisser partir ses Confrères sans lui.

Fin 1885, il arriva en Chine, où l’évêque, Mgr Grassi (un Franciscain lui aussi) le chargea d’enseigner au Petit séminaire (1894), le fit maître des novices, instigateur des missions, aumônier des Sœurs Missionnaires Franciscaines de Marie, et aumônier de l’orphelinat.

Il était en train de prier le bréviaire, à Taiyuan, lorsque les soldats firent irruption : il se leva, donna une dernière bénédiction aux Religieuses.

Traduit en jugement devant le vice-roi, il fut condamné à mort et décapité.

C’était lors de la révolte des Boxers, le 9 juillet 1900.

Le père Théodoric a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

La fête liturgique de tous les Martyrs de Chine est justement au 9 juillet.

3. Le profès, des Frères Mineurs Franciscains :

André Bauer

1866-1900

Ce frère convers franciscain était alsacien, né le 24 novembre 1866 à Guebwiller.

Il avait quitté l’Alsace à dix-huit ans pour ne point servir dans l’armée prussienne, et s’était établi à Paris.

Il fit le noviciat chez les Franciscains d’Amiens et revint à Paris.

C’est là que Mgr Fogolla, durant son voyage en 1898, le remarqua et lui proposa de l’accompagner en Chine.

Sa force prodigieuse, son courage, son humilité et sa foi profonde en faisaient un auxiliaire de première valeur.

Il apprit le chinois, dont on va voir qu’il savait bien se servir.

Lors de la révolte des Boxers et de l’irruption de ceux-ci dans la résidence, il interpella l’un des soldats en ces termes : Jamais je n’ai fait la prostration à aucun Chinois, sauf à toi, qui vas m’ouvrir les portes du paradis. Et après s’être incliné jusqu’à terre, il lui tendit les mains pour qu’il les attachât et marcha à la mort en chantant le psaume Laudate Dominum, omnes gentes !

C’était donc le 9 juillet 1900.

Frère André fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

4. Les sept Franciscaines Missionnaires de Marie :

Jeanne-Marie Kerguin

1864-1900

Jeanne-Marie Kerguin (ou Guerguin) était née le 5 mai 1864 à Belle-Isle-en-Terre (Côte d’Armor), dans une pauvre famille de paysans.

On la vit souvent, petite, courir par les champs pour cueillir des fleurs à mettre devant la statue de la Madonne.

Sa maman mourut très tôt, ce qui fit qu’elle dut travailler beaucoup, en plus de l’école,  pour tenir la maison.

Entrée en religion chez les Franciscaines Missionnaires de Marie en 1887, elle prit le nom de Marie de Sainte Nathalie. 

Elle était toujours prête aux travaux les plus rudes, que ce soit au noviciat des Châtelets, à Paris, à Carthage, à Vanves… ou en Chine.

Malgré sa mauvaise santé, elle put se joindre au groupe des sept Religieuses qui accompagnaient Mgr Fogolla pour la mission de Chine.

Là-bas, elle contracta la typhus. Remise, elle n’eut que le temps de partager avec joie le sort de toutes ses Compagnes, recevant la couronne du martyre le 9 juillet 1900.

Ses dernières paroles furent : N’ayez pas peur ! La mort, c’est seulement le Bon Dieu qui passe par là.

Elle fut avec ses Compagnes béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

Anna-Kaatje Dierkx

1866-1900

Née le 8 mars 1866 à Ossendrecht (Pays-Bas), Judoca Anna Kaatje (Judith Anne Catherine) perdit sa mère à l’âge de cinq ans.

Elle travailla à Anvers dans une fabrique de chicorée.

Puis elle entra au noviciat des Franciscaines Missionnaires de Marie à Anvers en 1893, exprimant son désir de souffrir pour Notre-Seigneur. 

Elle aurait aimé prendre le nom de la mystique Lydwine (v. 13 avril) mais elle prit le nom de Marie-Adolphine. 

On lui confia d’abord la lingerie et la cuisine ; elle avait une compétence particulière pour la cuisson du pain ; sa vie était particulièrement nourrie de sa dévotion envers le Saint Sacrement. 

Partie avec le groupe des sept Religieuses qui accompagnaient Mgr Fogolla pour la mission de Chine, elle se mit au travail dans les orphelinats de Taiyuan.

Lors de la révolte des Boxers, elle y subit le martyre le 9 juillet 1900.

Elle a été béatifiée avec ses Compagnes en 1946 et canonisée en 2000.

Anne-Françoise Moreau

1866-1900

Née le 9 avril 1866 à La Faye (Rouans, Loire-Atlantique), elle était fille de Julien Moreau et Anne Marguerite Gautier.

Petite, bergère, elle pensait déjà à la Chine.

Elle entra au noviciat des Franciscaines Missionnaires de Marie en 1890, prenant le nom de Marie de Saint-Just.

Intelligente, adroite, dévouée, elle partit avec ses six Compagnes pour les missions de Chine, accompagnant Mgr Fogolla en 1899.

Lors de la révolte des Boxers, elle subit le martyre avec les autres Religieuses, le 9 juillet 1900.

Elle fut béatifiée avec ces dernières en 1946 et canonisée en 2000.

Irma Grivot

1866-1900

Née à Beaune (Côte d’Or) le 28 avril 1866, elle était entrée chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, fondées en 1877 par la Mère Marie de la Passion (Hélène de Neuville Chappotin). 

Elle avait fait profession à Vanves le jour de la fête de la Nativité de Marie, 8 septembre 1896, prenant le nom de Marie-Hermine de Jésus.

Energique, courageuse, en même temps que d’une humilité et d’une obéissance exemplaires, très surnaturelle, elle s’était occupée des enfants, puis avait été chargée de la comptabilité à Vanves.

Elle fut désignée en 1899 pour accompagner Mgr Fogolla en Chine, en qualité de supérieure des sept Religieuses qui partaient pour cette mission. Saluant cette sainte expédition, la Fondatrice reconnut que c’étaient là ses sept douleurs et ses sept joies.

Le 28 juin 1900, lors de l’irruption des Boxers à Taiyuan, beaucoup de chrétiens s’enfuirent. Mère Marie-Hermine ne perdit pas son sang-froid ; elle resta sur place. On continua de travailler et de prier comme d’habitude.

Le 5 juillet les «autorités» viennent déloger toute la communauté, qui est enfermée à la maison d’hospitalité mandarine, appelée auberge de la paix céleste.

Dans une pièce, se trouvent les évêques ; dans une autre, les prêtres ; dans la troisième, les Religieuses et les orphelines. Les Religieuses continuent de travailler, d’entourer les petites filles.

Le 9 juillet vers seize heures, les Boxers s’avancent. Les Religieuses demandent à Mgr Fogolla une ultime bénédiction et absolution.

Lorsque le chef ordonne le massacre, toutes les Religieuses relèvent leur voile pour présenter leur cou aux épées.

Après ce sanglant 9 juillet 1900, le procès de béatification des Martyrs de Taiyuan avança très vite ; Mère Marie-Hermine, avec toutes ses Compagnes, fut béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

Clelia Nanetti

1872-1900

Clelia était née à Ponte Santa-Maria-Maddalena (Occhiobello, Rovigo, Italie N) le 9 janvier 1872, troisième des trois enfants de modestes paysans. Un de deux frères, Barnaba, sera missionnaire en Chine.

Clelia eut une enfance marquée par une dévotion précoce, qui lui permit de recevoir la Première Communion et la Confirmation dès l’âge de six ans. A douze ans, elle évitait déjà les «mondanités» et montrait son attirance pour la vie consacrée.

Après quelques hésitations, elle entra à vingt ans chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, où elle prit le nom de Maria-Chiara (Marie-Claire) ; elle apprit à dominer son caractère un peu sauvage, et développa ses belles qualités de franchise, de droiture et de jugement éclairé. Elle fut d’abord au couvent de Rome, puis au noviciat des Châtelets (Eure-et-Loir) pour s’occuper du grand jardin et des bêtes, ce qui lui rappelait tellement son enfance.

Toutefois sa santé ne supporta pas facilement le climat breton et Clelia eut un début de maladie cardiaque, raison pour laquelle on la transféra à Vanves près de Paris, où elle se reprit. Après un intermède en Belgique (1895), elle eut la charge de la garde-robe : une charge délicate, car les pauvres sœurs n’avaient qu’un seul habit, sans rechange.

Sa correspondance fait remarquer la belle âme qu’était cette Clelia : elle portait vraiment bien son nouveau nom de Claire. Elle émit les vœux perpétuels le 13 novembre 1898 : ce même jour, la Mère Fondatrice lui annonça qu’elle avait été choisie pour faire partie du groupe à destination de la mission de Chine, où se trouvait déjà son frère Barnaba.

Ce furent en réalité sept Religieuses de la Congrégation qui accompagnèrent Mgr Fogolla pour prendre en charge un orphelinat et un hôpital à Taiyuan.

A son arrivée, justement, son frère Barnaba était là pour l’accueillir, mais ce fut aussi leur dernière rencontre.

Dans la mission, dédicacée à saint Pasqual Baylon (v. 17 mai), Chiara s’occupa du linge et de la chapelle des Pères, du réfectoire et de la cuisine des orphelines (rien que ça !). Ce travail dura seulement quatorze mois, lorsque se déchaîna la révolte des Boxers.

L’évêque suggéra aux Religieuses de prendre un habit chinois et de se mettre à l’abri. Chiara fut la première à répondre : Fuir ? Oh non, nous sommes venues pour donner notre vie à Jésus, s’il le faut.

La première de ses Compagnes, elle subit le martyre par décapitation à Taiyuan : les brigands crurent sans doute que cette Sœur, plus grande que les autres, était la Supérieure.

C’était le 9 juillet 1900. Clelia-Chiara fut béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

Paulina Jeuris

1872-1900

Née à Herk-de-Stad (ou Herk-la-Ville, Belgique) le 28 décembre 1872, Pauline était l’une des sept enfants (un garçon et six filles) de Cornelis et Maria Agnes Thijs, de pieux parents dont quatre de leurs enfants entrèrent dans la vie religieuse.

Pauline fut orpheline de mère dès l’âge de sept ans, ce qui fit que son père la confia à une autre famille, tandis qu’il devait partir trouver un travail ailleurs.

A quinze ans, Pauline entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

Sa sœur aînée, Rosalie, entra la première chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, prenant le nom de Marie-Honorine ; quand cette dernière partit pour le Sri Lanka, Pauline décida à son tour d’entrer dans la même Congrégation (1895), où la suivit aussi sa jeune sœur, Mathilde.

Elle prit le nom de Marie-Amandine. A cette occasion elle affirma : Je suis toute à Jésus et prête à tout ce qu’on attend de moi.

Sa première mission fut l’infirmerie à Marseille, pour se préparer à sa prochaine affectation.

Elle eut la joie d’être désignée dans le groupe des sept Religieuses parties accompagner Mgr Fogolla en Chine. Durant une escale au Sri Lanka, elle eut la joie de revoir sa sœur Marie-Honorine ; elles se séparèrent avec un joyeux Adieu, au Ciel !

Elle, orpheline depuis toute petite, devait s’occuper de l’orphelinat de Taiyuan. Elle décrit ainsi le cadre de son activité : 

Il y a deux cents orphelines, parmi lesquelles beaucoup sont malades, et dont nous nous occupons le mieux que nous pouvons. Les malades nous viennent aussi de l’extérieur pour être soignés. Si vous voyiez ces malades, vous seriez horrifiée. Vous ne pouvez imaginer leurs plaies, aggravées par le manque d’hygiène. Heureusement que j’ai été un peu préparée à tout cela à Marseille. Je fais tout ce que je peux pour les soulager.

Les Chinois eux-mêmes l’appelèrent la vierge européenne qui rit toujours. La Supérieure écrivit d’elle : Sœur Amandine est la plus jeune de la communauté, de nature et d’âge. Elle chante et elle rit toute la journée. C’est bon d’avoir une telle personne joyeuse dans les missions. La croix devient plus supportable avec la joie.

Lors de la maladie de sœur Nathalie (Jeanne-Marie Kerguin), elle veilla jour et nuit sur la malade, tout en reprenant chaque matin son travail auprès des orphelines ; sa santé déclina sérieusement, mais peu à peu elle se reprit, grâce à sa forte nature.

La Supérieure, peu de temps avant leur martyre, écrivit encore : Marie-Amandine vient de me dire ce matin qu’elle priait Dieu non pas de la préserver du martyre, mais de lui en donner la force.

La jeune Religieuse continua ainsi à préparer les médicaments avec sa joie habituelle, jusqu’au moment de leur arrestation. Elle chanta alors le Te Deum.

Pauline-Amandine reçut le martyre le 9 juillet 1900, et fut béatifiée en 1946, puis canonisée en 2000 avec ses Compagnes.

Marianna Giuliani

1875-1900

Née le 3 (12 ?) décembre 1875 à L’Aquila (Italie C), Marianna était l’aînée de trois enfants, dont le père dut bientôt s’installer à Bolsena.

Ce papa, de caractère plutôt irascible et violent, partit pour Rome avec son fils (1884). Les deux sœurs restèrent à Bolsena, chez un oncle.

Orpheline de mère en 1886, la pieuse Marianna fut recueillie à Rome par la fondatrice des Franciscaines Missionnaires de Marie, Mère Marie de la Passion, pour finir ses études. 

Mais comme le climat romain ne lui convenait pas, la Supérieure l’envoya aux Châtelets (Eure-et-Loir). Elle y fit de bonnes études, apprit le français et la musique. 

Après avoir enfin vaincu l’opposition des parents, elle put entrer au noviciat, avec le nom de Marie de la Paix (1892).

Vu sa formation et son sérieux, elle fut pendant six mois à Vanves et à Paris comme secrétaire, dans une ambiance, certes heureuse, mais difficile, à cause du peu d’espace d’une maison trop petite pour les huit cents enfants et vieillards qu’elle abritait.

C’est pourquoi, en 1896, il fallut ouvrir une autre maison à Paris, dont Marianna fut la supérieure.

En 1898, elle fut envoyée à Turin, puis à Vienne et à Obendorf, où elle fit la profession solennelle.

Elle partit pour la Chine en 1899, comme assistante de Mère Irma, dans le groupe qui accompagnait Mgr Fogolla de retour à la mission.

Là-bas, à Taiyuan, elle s’occupa d’un dispensaire, d’un orphelinat, de la sacristie. Elle était partout, mais fut particulièrement remarquable pour ses leçons de chant aux petites Chinoises.

Elle fut une des premières à sentir arriver la persécution. Quand les Boxers réunirent toutes les Religieuses, elle entonna le Te Deum, qu’un bourreau interrompit en la décapitant la première.

Elle mourut ainsi martyre des Boxers, le 9 juillet 1900, et fut comme toutes ses Compagnes, béatifiée en 1946 et canonisée en 1900.

5. Les cinq séminaristes chez les Pères franciscains :

Ruowang Zhang Jingguang

1878-1900

Né vers 1878 à Fujingcun (Taigu, Shanxi), Ruowang (Ioannes) avait vingt-deux ans. Il avait étudié la théologie jusqu’à la deuxième année.

Fili Zhang Zhihe

1880-1900

Né vers 1880 à Shangqingyu (Lin, Shanxi), Fili (Philippus) avait vingt ans.

Bodi Dong

1882-1900

Né vers 1882 à Guchengyin (Taiyuan, Shanxi), Bodi (Patricius) avait dix-huit ans. Il avait accompagné Mgr Fogolla lors de son voyage en Europe.

Ruowang Zhang Huan

1882-1900

Né le 18 août 1882 à Nanshe (Yangqu, Shanxi), Ruowang (Ioannes) avait dix-huit ans.

Ruowang Wang Rui

1885-1900

Né le 25 février 1885 à Xinli (Wenshui, Shanxi), Ruowang (Ioannes), le benjamin, avait quinze ans. Lui aussi avait accompagné Mgr Fogolla en Europe, en 1898 : à treize ans, quelle joie il eut de découvrir un monde si différent du sien !

Durant les quelques heureus de captivité qui précédèrent leur immolation, les jeunes séminaristes étaient suffisamment libres d’esprit pour organiser entre eux des jeux amusants. Repris doucement par le père Elie qui les invitait plutôt à se préparer à mourir, Ruowang, justement, lui répondit : Mais pourquoi, Père ? Si nous mourons martyrs, nous irons tous au ciel !

6. Les neuf laïcs, tertiaires chez les Pères franciscains ou proches domestiques :

Fangji Zhang Rong

1838-1900

Fangji (Franciscus) était né vers 1838 à Qizi (Yangqu, Shanxi), marié, le doyen du groupe. En raison de son amabilité, on l’avait choisi pour être le portier de l’orphelinat.

Baiduo Zhang Banniu

1850-1900

Baiduo (Petrus) était né vers 1850 à Tuling (Yangqu, Shanxi), marié. Il choisit librement de servir les évêques dans leur prison.

Duome Shen Jihe

1851-1900

Duome (Thomas) était né vers 1851 à Ankeo (Hughan, Shanxi). C’était le domestique de Mgr Grassi.

Yage Yan Guodong

1854-1900

Yage (Iacobus) était né vers 1854 à Jianhe (Yangqu, Shanxi). Il était domestique à la résidence épiscopale.

Madi Feng De

1855-1900

Madi (Matthias) était né vers 1855 à Xiaobashi (Shuo, Shanxi). Marié, il était le gardien de nuit de la résidence épiscopale.

Ximan Chen

1855-1900

Ximan (Simon) était né vers 1855 à Anyang (Lucheng, Shanxi). Il n’avait pas pu rester au séminaire, à cause de sa santé, mais il refusa de se marier et resta pendant vingt ans domestique de Mgr Fogolla.

Yage Zhao Quanxin

1857-1900

Yage (Iacobus) était né vers 1857 à Luilin (Taiyuan, Shanxi), marié. Il était pauvre, mais droit et honnête ; quand la persécution se déchaîna, il dit à sa mère : Dès ce jour, je veux rester toujours avec les évêques et me dévouer à leur service. Chaque matin il se rendait à la prison et se mettait à leur disposition jusqu’au soir, rentrant chez lui bien tard dans la soirée.

Le 8 juillet, il annonça à sa mère : Demain je ne rentrerai pas à la maison. Il passa toute la nuit en prières et le lendemain matin fit ses adieux à sa mère : Maintenant, je vais voir les évêques ; s’ils sont tués aujourd’hui, je le serai avec eux ; si je suis tué avec les évêques, je serai martyr, et alors la Providence ne te fera jamais défaut ; demain peut-être tu ne me verras plus.

Baiduo Wu Anbang

1860-1900

Baiduo (Petrus) était né vers 1860 à Taiyuan (Shanxi). Il avait refusé de se marier pour se donner entièrement au service de la mission.

Baiduo Wang Erman

1871-1900

Baiduo (Petrus) était né vers 1871 à Guchengyin (Taiyuan, Shanxi), autre domestique à la résidence épiscopale.

7. Un catéchumène : 

Zhang Huailu

1843-1900

Nous savons, d’après notre Catéchisme, qu’une personne qui n’a pas encore reçu le sacrement du baptême, peut cependant en recevoir la grâce par le baptême de sang, c’est-à-dire par le martyre, si cette personne confesse le Nom du Christ.

C’est ce qui arriva à ce catéchiste chinois, Zhang Huailu, né à Zhukotian (Hengshui, Hebei, Chine) en 1843. Son nom peut aussi être orthographié en Chang Huai-lu ou aussi Tchang-Hoai-Lou.

Il n’était pas encore baptisé, et ne portait pas encore de prénom «latin», comme ce fut le cas des baptisés chinois.

Zhang Huailu fut martyrisé le 1er (ou peut-être le 9) juillet 1900, lors de la révolte des Boxers, au village de Zhang Hyaila (Jieshui, Hunan). Il n’eut que le temps de dire qu’il était chrétien et de faire son signe de croix.

Le Martyrologe mentionne son dies natalis au 1er juillet, puis aussi le 9 juillet, jour de la fête des Martyrs chinois. Ailleurs, le dies natalis est au 9 juillet.

Il fut béatifié en 1955, et canonisé en 2000.

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