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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:00

Cyrille et Méthode

9e siècle

 

Thessalonique est une ville du nord de la Grèce, évangélisée par saint Paul, qui envoya ensuite deux épîtres aux Chrétiens de cette ville. Cette région se trouvait naturellement dans la zone d’influence de Constantinople. 

Léon et Maria étaient les parents de sept enfants, dont Méthode et Constantin, le benjamin. C’est sans doute de leur mère que ceux-ci apprirent le slavon.

Le père était un fonctionnaire et mourut quant Constantin avait quatorze ans.

 

Méthode, né vers 815, était un homme d’action, de commandement, mais pas attiré du tout par la gloire du monde : il désirait même entrer dans la vie monastique. Pour ce faire, il aurait eu à combattre un caractère peu facile, versatile, coléreux à l’occasion, mais tenace. Un jour qu’il était tout en nage d’avoir discuté avec d’autres théologiens germaniques, il rappela l’épisode d’un ancien philosophe qui, en pareil cas, expliquait qu’il avait eu à discuter avec des idiots.

Il obtint le gouvernement d’une colonie slave en Macédoine, auquel il renonça bientôt pour se retirer dans un monastère de l’Olympe de Bithynie (856).

 

Constantin - il ne s’appellera Cyrille qu’à ses derniers moments - était plus jeune, né vers 827, mais plus brillant que Méthode, plus doué aussi ; peut-être plus intérieur. Il fit de brillantes études à Constantinople, où on le connaissait comme Constantin le Philosophe ; il fut professeur de philosophie, reçut les saints ordres et fut chargé de mission diplomatique auprès du calife de Bagdad. Mais il se retira à son tour auprès de son frère.

 

Il est probable qu’ils songèrent déjà à ce moment-là à élaborer un nouvel alphabet et une liturgie en langue slave. C’est cet alphabet glagolitique qui aboutira à l’alphabet cyrillique.

Après 860, le basileus de Constantinople confia à Constantin une mission chez les Khazars, un peuple turc judaïsant campé au nord de la Crimée et de la mer Noire. Constantin y apprit l’hébreu pour discuter avec les rabbins. Il eut la joie de découvrir près de Cherson les reliques de saint Clément (voir au 23 novembre).

En 862, Rastislav de Moravie demandait à Constantinople des missionnaires capables de leur enseigner la foi dans la langue du pays, excédé par le latin incompréhensible des missionnaires envoyés par les Germains.

Le patriarche Photius - celui du schisme d’Orient - envoya volontiers nos deux frères, déjà bien habitués aux milieux slaves. Méthode et Constantin traduisirent, transcrivirent les textes sacrés en slavon, et célébrèrent dans cette langue, pour la plus grande satisfaction des populations… mais aussi suscitant la jalousie des milieux germains : on commença de les accuser d’hérésie. Il fallait s’expliquer auprès du Pape.

De passage à Venise, les deux frères eurent une vive discussion avec les partisans des «trois langues sacrées», selon lesquels seuls l’hébreu, le grec et le latin pouvaient servir dans la liturgie, sous le prétexte que c’étaient les langues utilisées pour l’inscription sur la Croix du Christ (cf. Jn 19:20). C’est ce même argument, plutôt étrange, qu’utilisent auourd’hui, les partisans du latin dans la liturgie, à l’exclusion de toute traduction.

A Rome, le pape Adrien II reçut avec grand honneur nos deux missionnaires, d’autant mieux prévenu en leur faveur qu’ils lui apportaient les reliques de saint Clément. Le pape eut la sagesse d’éviter le sujet fâcheux : l’attitude de Photius. L’important, à ce moment, était la parfaite orthodoxie de Méthode et Constantin, ainsi que leur attachement inconditionnel à l’Eglise de Rome. En plus le prince des Bulgares demandait à Rome la nomination d’un patriarche. Adrien II n’eut qu’un souci : encourager ce grand mouvement apostolique. Il ordonna prêtres les disciples des deux apôtres et approuva leur liturgie en slavon en les autorisant à célébrer, dans cette langue, à Rome même.

C’est à ce moment que Constantin fut malade et pressentit sa mort prochaine : il prit le nom de Cyrille et mourut à Rome le 14 février 869, âgé de quarante-deux ans. Adrien II ordonna de lui faire des obsèques aussi solennelles que pour un pape, et il fut enterré, précisément, en la basilique de Saint-Clément.

 

Méthode repartait seul, mais cette fois-ci comme archevêque de Sirmium, légat du Pape.

Sur ces entrefaites, la Moravie était dans l’agitation : Svatopulk avait fait livrer son oncle Svastislav aux Germains, et Méthode fut à son tour interné en Bavière, dans un réduit glacial. Nous sommes en 870, et ce n’est qu’en 873, sur l’intervention du nouveau pape, Jean VIII, que Méthode fut libéré.

Mais Jean VIII, peut-être pour tenter une ligne médiane entre les Germains et les Slaves, voulut limiter l’usage du slavon à la seule prédication, et pas pour la liturgie. Méthode revint à Rome, où le pape fut alors convaincu : non seulement Jean VIII approuvait la liturgie ainsi que la traduction de la Bible en slavon, mais il nommait Méthode archevêque pour la Moravie, tandis que Wiching, comme évêque de Nitra et Passau, était son suffragant. 

Wiching manœuvra contre Méthode, mais dut se soumettre à la décision papale, qui confirma Méthode une nouvelle fois.

En 881, l’empereur Basile et le patriarche Photius reçurent Méthode avec honneur. Basile songeait s’inspirer de l’expérience et du succès de Méthode pour des missions en Russie, en Bulgarie, en Croatie.

Méthode, de retour en Moravie, traduisit encore d’autres textes fondamentaux en slavon. Quand il mourut, le 6 avril 885, l’office fut célébré en latin, en grec et en slavon.

 

Wiching en profita pour réaffirmer ses prétentions, mais la liturgie slave ne disparut jamais de la Moravie et de la Bohême.

Les apôtres de la Moravie furent fêtés ensemble, à différentes dates, mais désormais au 14 février, dies natalis de Constantin-Cyrille.

En 1976, le corps de ce dernier fut rapatrié à Salonique, en signe de la volonté de communion entre les Eglises latine et orientale.

Plus récemment encore, Cyrille et Méthode ont été proclamés co-patrons de l’Europe (1985), avec les italiens Benoît et Catherine de Sienne, la suédoise Brigitte de Suède, et l’allemande Edith Stein, dont on pourra lire les notices correspondantes, respectivement aux 11 juillet, 29 avril, 23 juillet et 9 août.

S.Jean-Paul II a consacré une encyclique particulière aux saints Cyrille et Méthode : Slavorum apostoli (1985).

Ainsi, ces deux frères, fidèles au pape autant qu’au patriarche de Constantinople, furent deux témoins de l’Eglise unique dans la pluralité de ses rites et des langues.

 

 

 

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