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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 00:00

Elisabetta Canori Mora

1774-1825

 

La famille Canori était très chrétienne. Le père, Tommaso, gérait plusieurs fermes agricoles ; des quatorze enfants qu’il eut avec son épouse, Teresa Primoli, six moururent en bas âge. 

Elisabetta naquit à Rome le 21 novembre 1774, jour de la Présentation de Marie au Temple. Elle avait cinq frères et une sœur (Maria) aînés, et aura une petite sœur (Benedetta).

Tommaso Canori était un bon propriétaire, et cherchait à gérer ses propriétés avec gentillesse, mais on abusa de sa bonté et des créditeurs le mirent en difficulté. De mauvaises récoltes s’ajoutèrent aux difficultés et le papa finit par confier ses deux petites filles à son frère.

Ce dernier les confia à son tour aux Religieuses augustiniennes de Cascia (le célèbre monastère où vécut sainte Rita, v. 22 mai). Elisabetta s’inséra parfaitement dans l’atmosphère monastique.

Revenue à Rome, elle eut une vie quelque peu mondaine, qu’elle jugera plus tard sa «trahison». 

Grâce à la bienveillance d’un bon prélat qui s’offrit pour payer les frais de pension, Benedetta entra chez les Oblates de Saint Filippo Neri, mais Elisabetta préféra rester dans le monde, aux côtés de sa famille en difficulté. Elle se maria en 1796 avec Cristoforo Mora.

Cristoforo était un excellent garçon chrétien, avocat, mais faible : il trahit son épouse. Elisabetta supporta l’épreuve sans se plaindre, espérant toujours une conversion ; à ce coup dur s’ajouta que ses deux premiers enfants moururent peu après la naissance.

Pour payer les énormes dettes de son mari, Elisabetta vendit tous ses bijoux, qui d’ailleurs ne suffisaient pas. Cristoforo, de son côté, devint grossier. Ses parents, par mesure d’économie, lui proposèrent de quitter son bel appartement et de venir habiter chez eux avec son épouse. Elisabetta accepta encore cette épreuve qui rompait toute intimité conjugale et familiale, offrant cela pour la conversion de son mari.

Une quatrième naissance, heureuse, vint adoucir cette vie rude. Mais une maladie terrassa Elisabetta, qui en guérit «miraculeusement». Ce sera le point de départ d’une vie encore plus intérieure. Elle prit la résolution de ne jamais se fâcher et de s’imposer une vie de mortification.

Elle dut supporter les accusations de ses belles-sœurs, qui la rendaient responsable des écarts de son mari. Celui-ci en vint même à la menacer d’un couteau.

Quand mourut le beau-père (1812), la famille la mit à la porte. Nouvelle épreuve, mais aussi occasion de se retrouver avec elle-même.

Elle dut travailler de ses mains pour vivre. Elle éleva très chrétiennement ses filles, et en même temps ouvrit son logis aux pauvres. Elle visitait les malades, elle priait. Elle assistait particulièrement les familles en difficulté. Finalement elle entra dans le Tiers-ordre des Trinitaires, un Ordre fondé à la fin du 12e siècle pour obtenir la libération des captifs.

La «sainteté» d’Elisabetta devint connue ; elle faisait des miracles, elle avait des expériences mystiques (extases, prophéties), mais conservait son style de vie modeste, discret. Elle s’offrait pour la conversion de son époux, pour le pape, pour l’Eglise et la ville de Rome.

A Noël 1824, l’œdème la frappa de nouveau. Elle savait que ce serait sa dernière maladie. Elle eut la joie de voir son mari reprendre sa place à la maison ; il restait de longues heures auprès d’elle. Pleine d’amour, elle lui prédit même qu’il reviendrait pleinement à Dieu.

Elle mourut le 5 février 1825, le soir. Mais son mari, comme de coutume, n’était pas là à cette heure-là. Il revint à l’aube, et la trouva morte. Là commença sa vraie conversion.

Comme elle le lui avait prédit, son mari se convertit, entra dans le même Tiers-ordre trinitaire, puis chez les Franciscains Conventuels et devint prêtre. Il mourra en 1845, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, une fête chère à Elisabetta.

Elisabetta Canori Mora a été béatifiée le 24 avril 1994.

 
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