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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Jean-Charles Cornay

1809-1837

 

Jean-Charles naquit le 27 février 1809 à Loudun (Vienne), de Jean-Baptiste et Françoise Mayaud ; il venait après Elisabeth et Olympe, et avant Eugène et Louise. C’est une famille de chrétiens pratiquants.

Il est baptisé le 3 mars suivant.

Il fait des études au collège Saint-Louis de Saumur, au Petit Séminaire des Jésuites de Montmorillon et au Grand Séminaire de Poitiers. C’est un élève régulier, humble, doux.

Il va recevoir les sept traditionnels ordres sacrés qui vont le conduire au Sacerdoce : après la tonsure, en 1828, il reçoit les quatre Ordres mineurs en 1829 (portier, exorciste, lecteur, acolyte), puis le sous-diaconat en 1830. Il pouvait être ordonné diacre et prêtre l’année suivante, mais un changement intervient dans sa marche spirituelle.

Avant de recevoir le Diaconat et d’être ordonné prêtre, il opte pour le Séminaire des Missions étrangères de Paris, ce qui contrarie passablement ses parents. Il écrit à sa mère : Laisse-moi seulement aller à Paris, j’aurai au moins trois ans à y rester et j’aurai là toutes les facilités d’examiner ma vocation, tous les moyens de m’y préparer si elle est véritable. 

Or 1830 est l’année de grands troubles à Paris : Hier, écrit-il encore, on a pénétré dans notre séminaire et l'on a affiché sept ou huit billets portant «Mort aux Jésuites de la rue du Bac», et un poignard comme signature.

Ces événements, en réalité, vont aider Jean-Charles à convaincre ses parents, auxquels il explique que, finalement, il y avait autant de risques à Paris qu’en Chine. Il persévère et reçoit, en secret d’ailleurs, le diaconat en 1831. Le 11 août 1831, il écrit encore : Je vous aime et je suis obligé de me séparer de vous peut-être pour toujours. Lundi dernier on m’a averti de me préparer à partir et c’est pour le 21 ; il faut que nous soyons arrivés à Bordeaux le 25. Il quitte la France pour la Chine, avant même d’être ordonné prêtre, car il remplace au pied levé un autre missionnaire empêché.

Après six mois de navigation sur le Cambacérès, il arrive à Macao. Il devait rejoindre la province chinoise du Sichuan, mais ses guides n’arrivent pas, de sorte qu’il va rester bloqué au Tonkin, où sévit la persécution.

Il fait le voyage à Hanoï trois ans plus tard, déguisé en chinois, pour y être ordonné prêtre, en 1834. C’est Mgr Joseph Havard qui l’ordonne, en secret.

Premier travail : apprendre l’annamite. Le père Jean-Charles se donne à l’exténuant travail apostolique, toujours calme, voire gai, malgré une santé qui décline vite.

Il était toujours promis à la mission chinoise, mais on fut dans l’impossibilité de lui fournir des guides sûrs ; il se résigna à rester au Tonkin, malgré la persécution. Il écrit : Nous sommes depuis trois mois dans une situation des plus sévères ; il ne reste pas sur pied une seule église ; on force les chrétiens à donner des billets d’apostasie ; on en veut aux prêtres du pays, et surtout à nous.

Sa santé continue de décliner, surtout sa vue. Il écrit à ses chers parents : Tous les jours mes yeux refusent de plus en plus à faire leur service. Je n’ai que trop à craindre d’être tout à fait aveugle dans moins de deux ou trois ans. S’il plaît à Dieu de me laisser au Tonkin, je souffrirai avec résignation jusqu’à ce qu’il me délivre des maux de cette vie, car le retour dans ma patrie est bien le dernier remède que je le prie d’employer.

Janvier 1837. Il répond à ses parents : J’ai reçu hier vos lettres de 1835. Pour vous répondre, il va falloir mettre ma tête et mes pauvres yeux à la torture. Il faut leur arracher jour par jour ces lignes ; encore suis-je obligé de leur donner relâche presque à chaque ligne pour les presser avec mes mains et comprimer par un bain d’eau froide l’ardeur qui les brûle. Il m’est impossible depuis longtemps d’ouvrir un livre et de soutenir une conversation… Me voilà donc devenu ermite et contemplatif au lieu de missionnaire.

Bientôt, sous la menace de la persécution, Jean-Charles se réfugie sur un radeau et même reprend quelques forces, durant cinq mois. Puis une dénonciation le fait arrêter (19 juin) et accuser d’être le chef d’une secte fausse et de fomenter la rébellion. Il est prisonnier, il subit la cangue et la cage. Torturé, il ne cesse de chanter : Après cinquante coups, on m’a délié. En arrivant à la prison, j’ai chanté le ‘Salve Regina’, le chant à la Vierge. Même les mandarins s’interrogent sur sa résistance intérieure.

La condamnation arrive : il sera taillé en pièces, les membres puis la tête coupés ; sa tête sera exposée trois jours, puis jetée au fleuve. 

Jean-Charles pardonne à son délateur.

La sentence est exécutée le 20 septembre 1837 : il est écartelé, décapité et démembré près de Son-Tây, non loin de Hanoï. Le bourreau lui arrache le foie et en mange un morceau pour devenir “courageux comme lui”.

Jean-Charles avait eu le temps d’écrire à ses parents quelques mots : Lorsque vous recevrez cette lettre, mon cher père, ma chère mère, ne vous affligez pas de ma mort ; en consentant à mon départ, vous avez déjà fait la plus grande partie du sacrifice.

Jean-Charles Cornay sera béatifié en 1900, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Viêt-Nam. 

Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 24 novembre, mais saint Jean-Charles est mentionné à son dies natalis le 20 septembre au Martyrologe.

C’est le martyre de saint Jean-Charles qui enthousiasma le jeune Théophane Vénard et suscita sa vocation à aller, lui aussi, annoncer l’évangile en Extrême-Orient et y verser son sang, près d’un quart de siècle plus tard, en 1861 (v. 2 février).

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