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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 23:00

Jean-Gabriel Perboyre

1802-1840

 

Ce futur missionnaire fut un cadeau royal pour ses parents, de bons cultivateurs : il naquit le jour de l’Épiphanie, 6 janvier 1802, à Mongesty près de Cahors (Lot). Pierre Perboyre et Marie Rigal auront huit enfants, dont six entreront en religion. Jean-Gabriel est leur aîné, et devrait reprendre l’exploitation.

La vocation de Jean-Gabriel fut toutefois assez anecdotique : il accompagnait son petit frère Louis au séminaire, le temps que ce dernier s’y habitue, mais il entendit alors la vocation. Ses pieux parents l’encouragèrent vivement à persévérer.

Le séminaire de Montauban était dirigé par son oncle lazariste, et quoique déjà âgé de quinze ans et n’ayant jamais fait de latin, Jean-Gabriel rattrapa vite ses camarades.

Jean-Gabriel choisit justement la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625. Il fit son “noviciat” sur place, avec son oncle, car l’Institut était encore un peu désorganisé, à la suite de la Révolution.

Modèle de novice et de séminariste, il fit sa théologie à Paris entre 1811 et 1814, prononça ses voeux en 1820 ; avant d’être ordonné prêtre (1826), il est professeur à Montdidier près d’Amiens pendant trois ans. Puis il sera chargé de la formation des séminaristes de Saint-Flour. Il est professeur au grand séminaire, puis directeur du petit séminaire en 1831.

Entre temps, Louis était aussi entré dans la même Congrégation et avait postulé pour aller en Chine : déjà un autre Lazariste y avait été martyrisé en 1820 : François-Régis Clet (1) . Mais Louis mourut durant la traversée (1832). Jean-Gabriel demanda à le remplacer. 

Sa petite santé fait d’abord pencher ses supérieurs et ses médecins pour la négative. Mais l’autorisation arriva quand même.

Il arrive en Chine en août 1835. Après un temps de préparation à Macao, il fait un voyage de huit mois à pied ou à cheval pour joindre Nanyang (Honan) et étudie la langue avec ferveur : au bout de cinq mois il peut s’exprimer en bon chinois et se lance dans la prédication.

On l’envoie dans le Hubei, la région des lacs du Yangtze Kiang (le Fleuve Bleu). Il s’efforce d’oublier ses propres épreuves et tentations et d’être toujours actif.

La petite église est d’une pauvreté extrême mais, dit le père Perboyre, sa richesse est le millier de fidèles qui la remplit, même sous la pluie et la neige.

En 1839-1842 il y eut la “guerre de l’opium” entre la Chine et l’Angleterre, qui alourdit encore plus l’atmosphère de persécutions qui sévissait depuis quelque temps.

Le 15 septembre 1839, le père Perboyre se trouvait avec un père lazariste chinois (Wang), un autre lazariste français (Baldus) et un franciscain (Rizzolati). Une alerte leur parvint, à laquelle ils ne crurent pas nécessaire de donner suite. On alla se cacher trop tard. Les soldats menacèrent un catéchumène, qui eut la faiblesse d’indiquer où se cachait le père Perboyre.

La marche au supplice commença par des interrogatoires sans fin et sans ménagement. Jean-Gabriel fut transféré à Siang-Yang. On le mit plusieurs heures à genoux sur des chaînes de fer rouillées, on le suspendit par les pouces et les cheveux à une poutre (supplice appelé hantzé), on le battit à coups de cannes de bambou, au milieu des moqueries et des insultes.

Transfert à Wuchang. Vingt interrogatoires devant quatre tribunaux. On força quelques chrétiens à abjurer et à cracher sur le missionnaire, qui refusa de piétiner le Crucifix et reçut pour cela cent-dix coups de rotin. On voulut l’accuser d’avoir eu des relations immorales avec une jeune vierge chinoise, Anna Kao. On l’obligea à revêtir les ornements sacerdotaux, pour mieux l’insulter et l’accuser.

Jean-Gabriel ne céda pas un instant. Sa dernière réponse au vice-roi fut : Plutôt mourir que renier ma foi. La sentence fut la condamnation à mort par strangulation.

En cette période de guerre avec l’Occident, l’atmosphère n’était pas à la conciliation. La sentence fut confirmée et mise à exécution le 11 septembre 1840.

Comme le Christ, Jean-Gabriel fut conduit sur une colline avec des bandits. On le lia à un poteau en forme de croix ; lui ayant passé une corde autour du cou, serrée avec un bambou, on l’étrangla. Il était midi.

Le cœur du père Jean-Gabriel a été conservé sur place, tandis que son corps est maintenant en France, à la maison-mère de Paris.

Il a été béatifié en 1889, puis canonisé en 1996 : il est le premier martyr de Chine canonisé. 

Il est inscrit le 11 septembre au Martyrologe.

 

 

1 Saint François-Régis Clet est fêté le 18 février.

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