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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 00:00

Mosè Tovini

1877-1930

 

Mosè (Moïse) naquit à Cividate Camuno (Brescia, Italie du nord) le 27 décembre 1877, aîné des huit enfants de l’expert-comptable Eugenio et d’une maîtresse d’école, Domenica Malaguzzi.

Son parrain au baptême fut son oncle paternel, l’avocat Giuseppe Tovini (futur bienheureux, voir au 16 janvier).

Il commença avec sa maman l’école primaire à cinq ans, et l’acheva à Breno.

Il reçut le sacrement de Confirmation en 1884, et la Première communion en 1886. Cette même année, à neuf ans, il alla au lycée «Luzzago» de Brescia, où habitait son parrain, et en 1889 il passa au collège San Defendente de Romano Lombardia, où il fit connaissance de Domenico Menna, futur évêque de Mantoue.

En 1891 eut lieu la célébration du troisième centenaire de la mort de saint Louis de Gonzague (v. 21 juin), dont la figure fascina les deux amis Mosè et Domenico : Mosè pensa entrer au séminaire, mais son père le lui déconseilla : il n’avait encore que quatorze ans !

On l’envoya faire le lycée à Celana (Bergame), où l’ambiance lui déplut totalement, débouchant même sur une véritable révolte : pour protester contre leur professeur de mathématiques, les élèves refusèrent de faire leur devoir, mais Mosè fut le seul à le faire, de sorte que le professeur réprima sévèrement les élèves, qui se vengèrent à coups de poings et de pieds sur le pauvre Mosè. Le garçon écrivit à sa mère, qui vint le chercher ; Mosè déclara alors sa ferme volonté de devenir prêtre. 

Son cher oncle intervint alors pour le faire admettre au petit séminaire, en cours d’année. En fin d’année, on lui permettait déjà de porter la soutane, de sorte que durant les vacances à Cividate Camuno, les enfants l’appelaient déjà don Mosè (un peu comme si, en français, on disait : Père Moïse à un adolescent de quinze ans !).

L’année suivante, tout en suivant les cours au séminaire, il habitait chez son oncle à cause de sa santé, et remarquait combien cet oncle laïc était actif au sein de l’Action Catholique.

En fin de troisième année de lycée, Mosè reçut la tonsure et les deux premiers ordres mineurs.

Puis, comme il était encore assez jeune (il n’avait que dix-sept ans), ses parents voulurent lui faire passer son baccalauréat à l’école publique. 

En janvier 1897 mourut brusquement l’oncle Giuseppe, et c’est Mosè qui en organisa les funérailles. La même année, il partit au service militaire, à Brescia, où il sut se montrer un vrai chrétien, allant jusqu’à reprendre respectueusement un officier qui blasphémait. Il termina avec le grade de sergent.

De retour dans la paroisse en 1898, en accord avec le curé, il organisa l’œuvre du Pain de saint Antoine. 

Il aida vaillamment sa mère pour entourer sa sœur Olga, complètement aveugle (elle mourra en 1899).

L’année suivante, 1900, il reçut le sous-diaconat, puis le diaconat et la prêtrise : il n’avait que vingt-deux ans et reçut l’ordination sur dispense de la Congrégation romaine.

L’oncle Giuseppe avait fait une prophétie : Mosè serait chapelain de Astrio, ce qui se révélerait exact, mais Mosè avait encore du chemin à parcourir.

On l’envoya pour quatre ans à Rome, durant lesquels il prépara les doctorats de mathématiques (à l’université d’Etat), de philosophie et de théologie (à l’université Grégorienne), mais aussi où il déployait une activité peu commune auprès des enfants de familles pauvres, ainsi qu’auprès de ses compagnons d’université, non croyants ou juifs.

Rentré à Brescia, il voulut faire partie de la nouvelle Congrégation des Prêtres Oblats, inaugurée par l’évêque, et sera désormais professeur au séminaire dans les différentes disciplines qu’il avait si bien préparées : d’abord mathématiques et philosophie, puis sociologie et apologétique, enfin, après avoir préparé son doctorat à Milan, théologie dogmatique.

Ses cours étaient très bien préparés, car il était minutieux, ponctuel, ordonné, convaincu de ce qu’il enseignait et entièrement soumis aux directives de l’Eglise.

Durant les vacances scolaires, il s’occupait alors de faire des cours de religion aux maîtres et maîtresses, et participait à la pastorale paroissiale les jours de fêtes.

En 1915, il fut vicaire d’un curé malade à Provaglio d’Iseo, ce qui le dispensa de partir à la guerre, tandis que son frère, Guido, tout juste docteur en droit, mourait sur le front à vingt-six ans. En 1916, Mosè remplaça le curé de Torbole, parti sur le front. En 1917, durant l’épidémie de grippe espagnole, il se dépensa au chevet des malades.

A la fin de la guerre, il eut la mission de compléter la formation des clercs revenus du front. Désormais ce fut une cascade de missions diverses, globalement toutes centrées sur la catéchèse, qui était la passion de Mosè : Œuvre diocésaine du catéchisme, visiteur des catéchismes, concours entre enfants des catéchismes, vice-président de la commission diocésaine du catéchisme en 1919, directeur et professeur de l’Institut Magistral de catéchisme en 1926 (où il formera des centaines de catéchistes), chargé de la nomination des enseignants de catéchisme dans les écoles.

A cela s’ajouta sa nomination d’Assistant pour l’Action Catholique diocésaine. Et comme cela ne suffisait pas encore, l’évêque le nomma Chanoine titulaire de la cathédrale de Brescia, vice-official au tribunal ecclésiastique, examinateur synodal et censeur des livres, pour être finalement recteur du séminaire en 1926.

De tout cela, le pauvre Mosè se jugeait indigne et incapable. En 1925, il fit l’offrande totale de lui-même au Cœur Miséricordieux de Jésus et affronta toutes ses responsabilités avec cet esprit d’offrande de soi pour l’Eglise et les âmes.

Au séminaire, il commença à parler aux clercs des trois «blancheurs» : l’Eucharistie, Marie Immaculée, le Pape. Il développa la dévotion du Mois de Marie (mai) et du Mois du Sacré-Cœur (juin).

A ce moment-là fut montée une cabale contre lui à travers un journal de Florence ; au séminaire même, certains proches collaborateurs l’accusèrent dans ce qui faisait sa force : la charité et la douceur. Il était prêt à céder sa place à un autre, mais l’évêque lui redonna courage pour porter cette croix ; il lui dit, dans son langage un peu rude : Ma croix, je la porte moi-même ; toi aussi, porte la tienne.

D’autres épreuves s’abattirent sur lui : paralysie de son frère Leone, jeune papa de quatre enfants ; puis la mort de sa chère maman.

Fin 1929, il fut élu directeur de l’Union Apostolique diocésaine du clergé et nommé prédicateur de retraites à la Maison du Clergé. C’est alors que se manifestèrent les premiers signes de la maladie qui devait l’emporter : toux, insomnie.

Il ne s’en émut pas davantage et supporta sa maladie avec l’esprit de mortification. Hospitalisé le 23 janvier suivant avec le diagnostic d’une double pneumonie, il expira le 28 janvier 1930.

Mosè Tovini a été béatifié en 2006.

 

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison «rapide, complète et durable, inexplicable scientifiquement», d’un prêtre du diocèse de Brescia, atteint d’un grave cancer : adénome-carcinome gastrique avec métastases et quatre lymphonœuds, compliqué de grave cardiopathie.

 

 

 

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