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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 00:00

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

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