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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 00:00

 

08 MARS

 

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S Quintillus (Quirillus), évêque à Nicomédie et martyr.

Ss Cyrille (évêque), deux Rogat, Félix, Béate, Hérénie, Félicité, Urbain, Silvain et Mamille, martyrs en Afrique. 

III.

S Pontius, diacre à Carthage, auteur de la vie de s. Cyprien.

Ste Cléopatronie, vierge en Asie, possédée pendant dix-huit ans, guérie par s. Vivence lors de son exil.

IV.

Ss Apollonius et Philemon, Arianus et Theoticus, martyrs à Antinoé ; Apollonius, solitaire en Thébaïde, convertit Philémon, un joueur de flûte, puis le juge Arianus et les gardes Theoticus et ses compagnons ; ils furent précipités en mer.

V.

S Provinus, évêque à Come, adversaire de l’arianisme.

VI.

S Senan, fondateur, abbé et premier évêque à Iniscathay.

VII.

S Félix, prêtre en Bourgogne, évêque à Dunwich, fondateur présumé de l’université de Cambridge. 

S Sauman (Psalmod), irlandais, ermite près de Eymoutiers ; son surnom lui vient de la pratique de la psalmodie.

IX.

S Theophylactos, évêque à Nicomédie, exilé par les iconoclastes.

S Humfroy, évêque à Thérouanne.

S Litifredo, évêque à Pavie.

X.

S Antoine de Froidemont, ermite près de Luxeuil.

XI.

S Duthac (Dubthac), évêque à Ross, empli de zèle pour le sacrement de Réconciliation.

S Veremundus, abbé à Irache, thaumaturge, grand dévôt de Notre-Dame. 

XII.

S Etienne d’Obazine, fondateur et abbé.

XIII.

B Wincenty Kadłubek, docteur de l’université et évêque à Cracovie, très dévôt de l’Eucharistie ; il renonça à sa charge et partit pieds nus chez les cisterciens à Jędrzejów. 

XVI.

S João Cidade de Dieu, portugais, thaumaturge, fondateur, sans l’avoir voulu, des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, pour le soin des malades ; patron des hospitaliers et des malades, protecteur des infirmiers.

XVII.

B Joachim Kuroemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XX.

B Manuel Faustino Miguéz González (1831-1925), prêtre espagnol des “Scolopi”, fondateur de la congrégation de la Divine Bergère, pour aider les jeunes filles voulant accéder aux études, béatifié en 1998, canonisé en 2017.

Pontius de Carthage

† 262

 

Dans sa Vita de s.Cyprien, Pontius donne à l’occasion quelques détails sur sa propre personne, mais très discrètement.

On ne connaît donc pas sa famille, sa naissance, les circonstances de sa conversion et de son baptême.

L’évêque s.Cyprien de Carthage (v. 14 septembre) l’ordonna diacre et se l’attacha. Ce fut là que Pontius devint le bras droit, le soutien, l’ami de l’évêque persécuté, exilé, souffrant.

Pontius avait une vie de prière et de mortification, et suivit désormais Cyprien partout où il devait aller. Il le consola dans ses peines, l’assista dans ses nécessités, se cacha avec lui au début de la persécution de Dèce, puis l’accompagna dans son exil à Curube et à son retour.

Dieu n’en fit pas le compagnon de martyre de l’évêque, lui permettant ainsi de rédiger la Vita dans son intégralité.

On ne sait d’ailleurs pas quelle fut sa fin qui eut lieu vers 262 ; d’aucuns l’ont rendu martyr, mais sans preuve suffisamment étayée.              

Saint Pontius de Carthage est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius et Philemon de Thébaïde

† 311

 

Nous sommes vers 311, où sévit encore la persécution de Dioclétien.

En Egypte, un solitaire de la Thébaïde nommé Apollonius, eut le zèle de visiter les chrétiens pour les encourager à persévérer dans la foi, même jusqu’au martyre. Il fut à son tour jeté en prison.

Des visiteurs venaient se moquer des prisonniers chrétiens ; en particulier un joueur de flûte et comédien, nommé Philemon, qui se divertissait à insulter Apollonius de tous les noms possibles : criminel, impie, séducteur. Patient, Apollonius se contentait de répondre aimablement : Que Dieu aie pitié de toi !  

Ces paroles douces touchèrent le cœur de notre comédien, qui alla personnellement déclarer sa foi au juge en l’interpellant : Quelle erreur de punir ces gens qui n’enseignent et ne font aucun mal.  

Le juge convoqua devant lui Apollonius et Philemon et ordonna de les faire brûler vif sur la place publique. Au dernier moment, une pluie éteignit le feu, provoquant la conversion et du juge, Arianus, et des badauds.

Le préfet d’Egypte aurait eu vent de l’événement et aurait fait précipiter en mer Apollonius, Philemon et leur juge converti, Arianus.         

Saints Apollonius et Philemon, mais non Arianus, sont commémorés le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Provinus de Come

† 420

 

Provinus (ou Probinus), disait-on, était originaire de Pruvinum (act. Provins, Seine-et-Marne). Le jeu de mots est peut-être facile.

C’est s.Ambroise qui l’envoya auprès de s.Felix, le premier évêque de Come, pour aider celui-ci dans l’œuvre d’évangélisation.

D’après la liste officielle du diocèse de Come, Provinus en fut donc le deuxième évêque.  

Il fut élu en ou peu après 391.

Un de ses grands soucis fut de débarrasser son diocèse de l’erreur arianiste.    

Il fit en outre édifier une église dédiée aux saints Gervais et Protais (v. 19 juin). 

Il décéda en 420.

Saint Provinus de Come est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senan d’Iniscathay

488-544

 

Senan naquit vers 488 à Magh Lacha (Kilrush, Clare, Irlande), de Erean et Corngella. Cette naissance leur avait été annoncée par s.Patrice (v. 17 mars).

Après une première période d’études et de vie érémitique auprès d’un saint homme nommé Cassidan, Senan fut envoyé à Naul, l’abbé de Kilmanagh.

Successivement, il fit un long pèlerinage qui le conduisit à Menevia puis à Rome ; au retour, il s’arrêta longtemps à Tours, puis en Grande-Bretagne.

Rentré en Irlande, il fonda plusieurs églises : Inniscarra, Inisluinghe, Deer Island, Inis Mór, Mutton Island.

Cette longue activité l’a fait placer au nombre des «douze apôtres d’Irlande», disciples de s.Finnian, (v.  12 décembre) : les deux Ciarán, les deux Brendan, les deux Colomba, Mobhi, Ruadhan, Ninnidh, Lasserian, Canice, qui ne sont pas tous mentionnés dans le Martyrologe.

Vers 535 - et sur invitation d’un Ange - il fonda le monastère de Iniscathay sur l’embouchure du Shannon sur l’île Scattery, ainsi que deux autres monastères pour les femmes.

Sa sainteté et ses miracles attirèrent des disciples, et des amis qui vinrent le rencontrer, comme Ciarán et Brendan, nommés plus haut.

Après avoir exercé sa charge d’abbé, il fut, croit-on, appelé à la dignité épiscopale, mais on ne sait de quel siège il s’agit, peut-être Tempelshannon (en gaélique : Teampul Senain).

Avant de mourir, il tint à rendre visite à son premier maître, Cassidan, au couvent de Killeochaile. C’est là qu’il mourut, le 1er mars 544 (ou 560 ?).

Ses funérailles eurent lieu le 8 mars suivant, son dies natalis au Martyrologe Romain, qui ne mentionne pas son épiscopat.

 

 

Félix de Dunwich

† 647

 

Ce Félix n’était pas anglais, c’est pourquoi on l’écrit sous la forme française, avec l’accent.

Il aurait été déjà moine et prêtre dans quelque monastère de Bourgogne (peut-être Luxeuil) ; on pourrait aussi supposer qu’il ait été ce Félix évêque de Châlons-en-Champagne à cette époque.

Selon certains, c’est le roi Sigeberht qui l’appela pour amener à la conversion toute la population de l’Est Anglie ; selon d’autres, c’est l’archevêque Honorius de Canterbury qui, après l’avoir sacré évêque, l’envoya à ce même roi.

Et selon d’autres encore, Félix et Sigeberht firent ensemble le voyage de retour de France, où le roi avait été exilé.

Quoi qu’il en soit, Félix arriva dans son «diocèse» en 630 par la rivière Babingley et établit une première église à «Dommoc», qu’on a indentifié avec Dunwich, mais qui a maintenant complètement disparu sous l’effet de l’érosion.

Félix commença par construire un école où les enfants pourraient étudier les lettres, pour fournir ensuite de bons professeurs au roi Sigeberht ; cette école pourrait avoir été à Soham ou à l’origine de l’université de Cambridge ; on attribue à Félix l’érection de l’abbaye de Soham, d’une église à Reedham. S.Bede (v. 25 mai) affirme que Félix débarrassa l’Est Anglie «de toute injustice et de tout malheur» (from long-standing unrighteousness and unhappiness), très favorablement aidé en cela par le roi Sigeberht.

Félix mourut à Dunwich le 8 mars 647 ou 648, après un épiscopat de dix-sept ans. Ses reliques, portées à Soham, furent profanées par les Vikings, qui détruisirent l’église, et ce qui en resta fut porté à l’abbaye de Ramsey.

Saint Félix de Dunwich (ou de Bourgogne) est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

Theophylaktos de Nicomédie

† 845

 

Théophylacte était né en Asie, bien probablement en Asie Mineure (act. Turquie). Il est parfois nommé aussi Théophile.

Il fut élevé à Constantinople, dont le patriarche était l’illustre Tarasios (v. 18 février) ; il en devint le disciple et, plus tard, l’ami fidèle.

Il prit l’habit des moines basiliens.

En 816, il fut nommé évêque de Nicomédie (act. İzmit, grande banlieue d’Istanbul, Turquie NO).

Appelé alors par le nouveau patriarche de Constantinople pour s’exprimer en face des iconoclastes et de l’empereur Léon l’Arménien, Théophylacte fut alors relégué en exil à quelque six-cents kilomètres de sa ville, en Caria (auj. Turquie SO). Il allait y rester jusqu’à la mort, donc pendant trente ans.

De cet évêque, on a écrit qu’il fit construire des églises, des hospices ; qu’il soignait lui-même les lépreux.

C’est en exil que l’évêque mourut, le 8 mars 845.

Saint Théophylacte est maintenant commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humfroy de Thérouanne

† 871 

 

Humfroy (en latin Humfridus ou Huntfridus) naquit, dit-on, sur les bords de la Meuse.

Tout jeune, il entra au monastère de Prüm (Trèves). Ses grandes vertus et sa sagesse l’indiquèrent, en 856, pour succéder à s.Folcuin, l’évêque défunt de Thérouanne (v. 14 décembre). C’était le quinzième évêque de ce siège.

Il se sentait indigne de cette mission, mais s’en acquitta avec générosité, se méritant les éloges unanimes.

Les invasions normandes apportèrent la désolation dans le pays, et la destruction de Thérouanne en 866. Retiré un moment dans la solitude, Humfroy sollicita du pape d’être relevé de sa charge, mais le pape au contraire l’y confirma.

A cette mission s’ajouta la sollicitude pour l’abbaye de Sithiu, à la mort de l’abbé.

Humfroy, qui était très marial, fit solenniser la fête de l’Assomption.

Il mourut le 8 mars 871, après quinze années d’épiscopat.

Des reliques d’Humfroy, portées à Ypres en 1553, furent brûlées lors de la révolte des Gueux en 1563.

Saint Humfroy est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Litifredo de Pavie

† 874

 

Il fut le trente-et-unième évêque de Pavie (Italie NC), entre Liutardo et Giovanni. On sait seulement que ce dernier commença son épiscopat en 874.

C’est actuellement tout ce que nous savons de lui.

Saint Litiphridus est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Veremundus d’Irache

1020-1092

 

Veremundus vit le jour en 1020 à Arellano (Navarre, Espagne N).

A dix ans, il fut confié à la direction de son oncle, Munius, abbé du monastère bénédictin d’Irache.

Après sa profession, il fut chargé de distribuer l’aumône à la porte du monastère, ce qu’il fit généreusement, et avec la bénédiction divine : les aumônes semblaient se multiplier dans ses mains. En période de famine, on le vit nourrir jusqu’à trois-mille hommes en un jour, … un peu moins que Notre-Seigneur, qui en nourrit cinq-mille (cf. Mc 6:44).

Un jour que Veremundus dissimulait des morceaux de pain sous sa tunique, pour aller les donner discrètement, son abbé soupçonna quelque fraude et lui demanda ce qu’il portait : Des copeaux de bois à brûler, répondit Veremundus qui montra son «larcin» : les morceaux de pain étaient effectivement devenus des copeaux de bois.

Veremundus, déjà paré de sa réputation de saint et de thaumaturge, fut élu abbé vers 1052. 

Il fut chargé par le pape de réformer l’Eglise d’Espagne et s’appuya sur les usages de son abbaye pour restaurer et développer le rite mozarabe. Il développa beaucoup la dévotion mariale.

En 1080, des bergers virent tomber près de l’abbaye une pluie d’étoiles. On fit des fouilles et l’on découvrit une ancienne statue de la Vierge Marie (qu’on prétend être maintenant celle vénérée au Puy). Le roi Sancho Ramírez, ami de Veremundus, y fit alors construire une ville nouvelle, qu’il plaça sous la protection de Notre-Dame, en lui donnant le nom de Estella, étoile (les Basques ont traduit : Lizarra), actuellement jumelée avec St-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées Atlantiques).

Veremundus s’éteignit le 8 mars 1092.

Saint Veremundus est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Etienne de Viel-Jo (Obazine)

1085-1159

 

Il faut d’abord expliquer ici que l’actuelle localité d’Aubazines (Corrèze) devrait s’écrire Aubazine, l’s étant une erreur typographique récente. Autrefois, elle s’écrivait Obazine, du latin Opacina.

Etienne naquit vers 1085 à Viel-Jo (act. Vielzot), d’Etienne et Gauberte, de braves gens pas riches.

Ils confièrent leur fils à des clercs de Pleaux, où Etienne fit de rapides progrès dans la science de l’Ecriture. Il fut ordonné prêtre.

Sur l’avis d’un autre Etienne, de Mercœur, il choisit la vie solitaire. Après avoir donné aux pauvres le peu qu’il avait, et salué ses parents et amis, il s’installa vers 1125 dans un endroit très reculé, Obazine. Il n’était pas seul : un certain Pierre l’accompagnait, poussé par le même désir de vie erémitique. Un autre encore, Bernard, se joignit à eux.

Leur vie était très rude, très mortifiée, ils avaient à peine de quoi manger.

Ils demandèrent conseil à l’évêque de Limoges, qui leur donna la permission de construire un véritable monastère, en suivant les traditions des anciens moines. Il reconnut la fondation en 1127.

Des terres furent acquises au vicomte d’Archambault ; un canal fut construit pour amener l’eau ; on l’appelle le canal des moines.

Quelques disciples se joignirent à eux. Le monastère s’éleva. Qui serait le supérieur ? Etienne préférait Pierre, Pierre s’inclinait devant Etienne. L’évêque de Chartres, légat du Saint-Siège passant par là, imposa sa décision impartiale : Etienne serait à la tête du monastère.

Pour assumer sa fonction et obtenir la grâce de Dieu, Etienne jeûna chaque jour. Sa règle était sévère ; elle s’inspirait de celle pratiquée chez les Cisterciens de Dalon ; étant allé consulter Guigues, prieur de la Grande Chartreuse, il décida d’affilier le monastère d’Obazine à Cîteaux.

La communauté s’élargit. Elle se doubla d’une importante communauté de femmes qui voulaient suivre la même règle. Celles-ci s’installèrent à Coyroux.

En 1146 probablement, Etienne rencontra à Reims le pape Eugène III (ancien cistercien), qui y présidait un concile, et demanda au Pontife d’affilier son œuvre à Cîteaux. Le pape accéda à sa demande et lui fit envoyer quelques moines de Cîteaux. L’affiliation fut prononcée en 1147.

La première pierre de l’église abbatiale fut posée en 1156.

Obazine essaima et fonda des abbayes-filles à La Valette, Bonnaigue.

Etienne mourut à Bonnaigue, le 8 mars 1159.

Son culte fut confirmé localement par l’évêque de Tulle en 1885.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Etienne au 8 mars.

 

 

Wincenty Kadłubek

1150-1223

 

Wincenty Kadłubek naquit vers 1150 près de Sandomierz (Pologne), dans une riche famille de Karwów (Opatów).

Entre 1167 et 1185, il étudia à Paris et à Bologne, et reçut le doctorat en théologie. A son retour, il fut ordonné prêtre et nommé prévôt du chapitre de la cathédrale de Sandomierz, ainsi que chroniqueur, chapelain et chancelier du duc Casimir II.

Ainsi naquit la Chronica Polonorum, en latin, écrite entre 1205 et 1207.

A cette date en effet, il fut nommé évêque de Cracovie, élection confirmée par le pape en 1208.

Le nouvel évêque combattit la corruption des mœurs, remit en honneur la piété et travailla à annoncer la Bonne Nouvelle aux peuplades du Nord.

Il utilisait tous ses revenus pour venir en aide aux pauvres, ou embellir les églises. Il établit une fondation pour l’entretien d’une lampe perpétuelle qui brûlerait devant le Saint-Sacrement de la cathédrale.

En 1218, en présence de tout le chapitre, il se dépouilla de ses insignes épiscopaux et, pieds-nus, rejoignit le monastère cistercien de Jędrzejów, comme simple moine au milieu des moines.

Wincenty mourut dans ce monastère le 8 mars 1223.

Il fut béatifié en 1764.

 

 

João Cidade (Jean de Dieu)

1495-1550

 

Il naît en 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal, au sein d’une famille pauvre : André et Teresa sont de simples artisans, très chrétiens. Quand il n’a pas encore dix ans, il décide de quitter la maison pour rejoindre un prêtre espagnol qui s’était arrêté chez ses parents. Sa mère en meurt de tristesse, non sans avoir révélé à son mari qu’elle avait été divinement informée que l’Ange Gardien veillait sur leur fils. Le père alors se fait religieux à Lisbonne.

L’enfant rejoint le prêtre. Arrivés à Oropesa (province de Tolède), l’enfant n’en pouvant plus, le prêtre le confie à un berger, où il passera toute sa jeunesse. Désormais, notre João portugais sera pour tous Juan.

Les bergers donnent à Juan une excellente formation chrétienne et intellectuelle, il devient l’intendant de la ferme et fait prospérer l’affaire, au point que le patron lui propose sa fille en mariage. Préférant se consacrer, Juan refuse et pour éviter d’autres instances, part secrètement. Il s’engage dans l’armée.

Là, il perd peu à peu toutes ses bonnes habitudes, mais lors d’un grave accident de cheval, il invoque Marie, qui le ramène sain et sauf au camp ; puis, accusé d’un vol, il est condamné à être pendu, mais grâcié à condition de quitter la garnison. Il retourne chez ses bergers, où de nouveau les affaires sont florissantes ; mais il est frappé de constater comment les bêtes sont si bien soignées, alors que les pauvres sont laissés pour compte.

De nouveau sollicité en mariage, de nouveau engagé dans l’armée, de nouveau licencié, il part retrouver ses parents au Portugal, qu’il ne trouve évidemment pas, car on l’informe qu’ils sont morts. Il part au secours des chrétiens prisonniers des Maures en Afrique.

En chemin, il essaie de reprendre son métier de berger, sans attrait. A Gibraltar, il s’embarque avec le comte Sylva, expulsé d’Espagne, et arrive à Ceuta. Là, il se fait l’infirmier du comte et de toute la famille, tombés malades. Juan, pour survivre, vend ses vêtements, travaille de ses mains comme tailleur de pierre.

Il aurait bien voulu apostoliser les chrétiens apostats, mais un saint religieux de l’endroit a la bonne inspiration de l’en dissuader à cause du trop grand danger, et lui conseille de retourner promptement en Espagne pour trouver à quoi Dieu le destinait.

A Gibraltar, il prie, se confesse et se fait vendeur d’images pieuses, pensant par là opérer des conversions. Un jour il rencontre un petit garçon pieds-nus, qu’il prend sur ses épaules : c’était l’Enfant-Jésus, qui lui annonçe : Jean de Dieu, Grenade sera ta croix !

A Grenade, il rencontre Juan de Ávila, l’apôtre de l’Andalousie (v. 10 mai), dont un sermon provoque en lui un profond revirement de pensée. Il se met à courir en tous sens, criant partout Miséricorde, Seigneur, au point qu’on croit bon de l’enfermer. C’est le même Juan de Ávila qui intervient pour le persuader de changer d’attitude et de se donner à quelque bonne œuvre. Nous sommes en 1537. 

Il va en pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe, où la Vierge lui apparaît, et lui remet l’Enfant-Jésus avec des langes pour le couvrir. Juan comprend qu’il devra vêtir et assister les pauvres de Jésus-Christ.

Il va retrouver Juan de Ávila, qui lui donne une première règle de conduite et l’engage à retourner à Grenade. A force d’aumônes, il réussit à louer une petite maison qu’il transforme en hôpital ; nous sommes en 1538, et Juan a quarante-trois ans.

La maison est vite remplie. Juan assiste les malades, et demande le concours des prêtres pour soigner aussi leurs âmes. 

Quand il part demander l’aumône, car il n’a rien, il crie : Qui veut se faire du bien à soi-même ? Pour l’amour de Dieu, mes frères, faites-vous du bien à vous-mêmes ! Sa persévérance est amplement récompensée. Il revient avec des provisions, mais aussi avec quelque nouvel infirme.

Un jour, cet infirme se révéla être Jésus-Christ en personne : Juan voit ses pieds saigner et émettre des rayons lumineux, puis toute la maison est illuminée. Jésus dit à Juan : Je te visite pour te témoigner ma satisfaction du soin que tu prends de mes pauvres. Tout le bien que tu leur fais en mon nom, c’est à moi que tu le fais.

Il est un jour reçu par l’évêque de Tuy, qui le convainc de porter le nom que lui avait donné l’Enfant-Jésus à Gibraltar : Jean de Dieu, Juan de Dios, en portugais João de Deus, et lui remet un habit religieux, pour qu’on le reconnaisse bien comme consacré à Dieu.

Ses deux premiers compagnons sont deux ennemis acharnés, qu’il réconcilie. Puis se présentent beaucoup de postulants, qu’on appelle d’abord les Frères de la Charité, aujourd’hui Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu. Un nouvel hôpital est ouvert dans un ancien monastère de Grenade, puis un autre à Valladolid. Maintenant Juan est bien connu : on l’aide. Il a bien parfois des dettes, mais des bienfaiteurs interviennent au bon moment. 

Proche de la mort, il a encore la volonté et la force miraculeuse de se lever et d’aller persuader un malheureux tisserand, désespéré et ruiné, de ne pas se pendre.

Il meurt le 8 mars 1550, le jour de ses cinquante-cinq ans. Il est béatifié en 1630, canonisé en 1690.

En 1886, Il a été proclamé par Léon XIII patron des malades, des hôpitaux et des ordres hospitaliers et, en 1930, par Pie XI, patron des infirmiers, infirmières ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires. Les personnes alcooliques sollicitent son aide pour guérir leur dépendance.

Ioachim Kurōemon

1559-1624

 

Ioachim était né vers 1559 à Aki, dans le golfe de Shikoku.

La communauté catholique japonaise était florissante en ce 16e siècle. Elle pouvait compter plus de deux-cent mille fidèles.

C’est un missionnaire Jésuite qui baptisa Ioachim en 1608.

Devenu catéchiste dans le diocèse de Hiroshima, il fut martyrisé pour sa foi le 8 mars 1624, par la crucifixion, à Hiroshima.

Il fait partie des cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Manuel Faustino Míguez González

1831-1925

 

Né le 24 mars 1831 à Xamirás, un quartier de Acedebo del Rio (Ourense, Celanova, Espagne NO), Manuel était le quatrième enfant d’une famille de travailleurs chrétiens et fut baptisé le lendemain, jour de l’Annonciation, avec le nom de Manuel, car c’est en ce 25 mars qu’on fête l’Incarnation de l’Emmanuel, Dieu parmi nous.

Matins et soirs, la famille se réunissait autour du feu pour prier.

Après ses études latines à Ourense, il entra en 1850 chez les Piaristes de Saint-Fernand à Madrid, avec le nom de Faustino de l’Incarnation.

Dans les années de son sacerdoce, le gouvernement chercha à abattre le christianisme, par la fermeture des séminaires, par mille vexations sur les enseignants, mais Faustino restait toujours fidèle à son engagement, coûte que coûte. 

Il fut ordonné prêtre en 1856 et sa première destination fut Guanabacoa (Cuba). C’est là-bas qu’il remarqua comment les habitants utilisaient les vertus médicinales des plantes et s’y intéressa beaucoup.

Puis, durant sa longue vie presque séculaire, il dédia environ cinquante années à l’éducation des jeunes : à San Fernando, Getafe, Monforte de Lemos, Celanova, El Escorial, Sanlucar de Barameda.

Il n’enseigna rien d’autre que : Latin, Histoire, Algèbre, Géométrie, Rhétorique, Agriculture, Physique, Chimie, Histoire naturelle, Hygiène, Français.

Son cœur était «empli de Dieu». Il travailla au milieu des enfants et des jeunes, des pauvres, des malades, en un mot : de tous ceux qui venaient bénéficier de la douceur de son âme.

Non seulement il enseignait, il confessait et savait donner de bons conseils, mais il fit à son tour des recherches sur les vertus médicinales des plantes et s’occupa beaucoup des malades. Il y a à Getafe un Laboratoire Miguez.

Il se trouvait à Sanlucar de Barrameda, lorsqu’il prit conscience de la marginalisation des femmes. En 1885 il fonda l’Institut calasanctien des Filles de la Divine Pasteure, cette «pasteure» étant la Vierge Marie, tandis que l’adjectif «calasanctien» s’inspire de José de Calasanz (v. août). La nouvelle congrégation devait travailler à l’éducation intégrale de la femme, considérée comme l’âme de la famille et de la société. Il voulait donner Marie comme modèle total à ces jeunes filles, dans l’humilité, la simplicité, et le désir de conduire les âmes à Dieu, comme Marie à Jésus.

Il considérait qu’il avait reçu le don de la vie pour la donner généreusement à son tour.

Il répétait toujours : Laissez faire Dieu, il sait ce dont nous avons besoin.

Il passa les vingt-cinq dernières années de sa longue vie à Getafe, éloigné de sa fondation. Mais celle-ci continua de prospérer et s’étendit d’abord dans les provinces d’Andalousie, de Castille et de Galice, puis au Chili et en Argentine.

Il mourut le 8 mars 1925, chargé d’années et de mérites, et fut béatifié en 1998. Il fut canonisé en 2017.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 00:00

Quatrième dimanche de Carême  - B

Les épisodes racontés dans la première lecture d’aujourd’hui (dans le second livre des Chroniques) se situent aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ.
Après une réforme religieuse importante, conduite par Josias, plusieurs rois se succédèrent, pas meilleurs les uns que les autres, et qui furent tous soit enlevés soit déportés, qui en Egypte, qui à Babylone ; dans le même temps, Dieu suscita plusieurs prophètes pour ramener le peuple d’Israël dans le bon chemin : Jérémie, Ezéchiel et Habaquq firent connaître au peuple son péché, au nom de Dieu, mais on les méprisa.
Finalement - le texte le dit - Jérusalem et son Temple furent totalement détruits par les Babyloniens ; Nabuchodonosor emmena chez lui les survivants du massacre en les réduisant à l’esclavage pendant soixante-dix ans. Imaginons ce que serait cet esclavage, s’il nous concernait, depuis l’année 1939… Déjà ces cinq années furent particulièrement douloureuses ; on a du mal à imaginer ce qui se serait passé pendant soixante-dix années.
Le peuple d’Israël connut donc cette pénible situation, que le récit de la Bible met en relation avec son éloignement de la Loi de Dieu. Apparemment, Nabuchodonosor ne détruisit pas immédiatement le Temple, mais les murailles et les palais (598) ; plus tard Nabuzeriddinam détruira le Temple ainsi que la ville et fera de nouvelles déportations (587-581). Jérémie sera emprisonné, puis expédié en Egypte…
L’avènement de Cyrus au 6
e siècle va mettre fin à cet exil. Dieu lui suggère cette mesure de miséricorde par laquelle il renverra chez eux les Israélites pour reconstruire leur Temple (538). Si, pour les Israélites, ce Cyrus est un païen, un incirconcis, un étranger, Dieu s’en sert pour faire connaître à tout Israël sa miséricorde. C’était aussi une leçon :  ayant refusé d’écouter les Prophètes envoyés par Dieu, le peuple d’Israël fera l’expérience d’un Juste païen.
En même temps, Cyrus sera l’image du Sauveur futur, qui nous fera passer de l’esclavage du péché à la liberté de la vie nouvelle.


*       *       *

Le psaume 137 illustre cette situation de l’année 587 : les Israélites sont à Babylone, loin de leur pays, tristes, et n’ont pas vraiment le cœur à chanter.
Ce n’est peut-être pas le moment de chanter, mais c’est bien celui de se repentir, de réfléchir à ce qui a causé cet exil.
Et voici qu’une âme fidèle et repentante se souvient de la colline de Sion, de Jérusalem, du Temple. Dans sa tristesse, le chantre n’ose pas prononcer le nom de Yahwé ; il s’adresse à Jérusalem, à la Maison de Jahwé. De tout son cœur, il exprime sa volonté d’être uni à ce Temple où est présent le Créateur.
Une comparaison forte traduit ce sentiment : comme mon corps ne peut travailler sans la main droite, de même je ne peux vivre sans penser à Jérusalem.
L’auteur va même jusqu’à préférer être muet (que ma langue s’attache à mon palais), plutôt que d’oublier la Ville sainte. Mieux : le mot joie couronne cette phrase, montrant jusqu’où doit aller le vrai repentir.


*       *       *

Il faut bien se rappeler cette réalité : comme Israël était exilé, loin de Jérusalem, notre péché aussi nous sépare de Dieu. Sans le Christ, nous n’aurions pas reçu cette vie nouvelle, cette nouvelle naissance par le Baptême ; nous serions restés comme morts, loin de Dieu, exilés et exclus du Paradis.
Ce n’est qu’avec et par le sacrifice du Christ, que Dieu nous délivre de notre exil, nous pardonne et nous comble de Sa grâce.
L’épître de saint Paul aux Ephésiens est riche de ces verbes où l’Apôtre explique que nous sommes avec le Christ.
Une fois que Christ a pris notre nature humaine, Il nous a assumés dans sa divinité, que nous partageons à la mesure où nous abandonnons vraiment notre vieil homme. Nous vivons avec Lui, nous sommes ressuscités avec Lui, nous régnons aux cieux avec Lui.
Paul est radical dans sa pensée : même nos meilleures actions seraient restées nulles et sans fruit, si Dieu ne nous avait donné Sa grâce, dans la Vie sacramentelle qui nous unit à Jésus-Christ. Si, heureusement, Dieu n’abandonne jamais quelqu’un qui n’est pas baptisé, c’est tout de même autre chose d’avoir une vie honnête et même généreuse, et autre chose de participer pleinement à la divinité de Jésus dès ici-bas, par la participation aux Sacrements institués par Lui pour développer en nous une plénitude de Paix, de Joie, et surtout d’union avec Lui, ce qui a fait dire à Saint Paul : Je puis tout en Celui qui me fortifie (Ph 4:13).
Celui qui me fortifie, c’est ce Jésus qui a donné Sa vie pour moi. Ce Jésus crucifié, l’Innocent abaissé au plus vil des châtiments, en compagnie de brigands, c’est Lui qui, désormais, par son Sacrifice total et parfait, est devenu notre Salut. Ne l’oublions pas : à force de le répéter machinalement, nous ne réalisons peut-être plus quelle grâce Dieu nous a faite.


*       *       *

Quand nous regardons la Croix, cet instrument honteux de supplice chez les Romains, cette Croix est désormais pour nous le Signe de la Paix retrouvée, le Signe du Salut, l’instrument qui nous a reconduits à Jérusalem.
C’est en annonce de ce réel prodige, que Moïse eut à exposer dans le désert l’image de ces serpents qui décimaient le peuple d’Israël (cf. Nb 21:4-9) : regarder ce serpent désormais immobilisé signifiait la victoire sur l’ennemi.
A propos de cette Croix, signalons une erreur évidente que commettent certains Chrétiens - qui ne se reconnaissent pas dans les rangs des Catholiques : selon eux, Jésus aurait été attaché non pas à une croix telle que nous la connaissons, mais à un unique poteau vertical (ce qui, reconnaissons-le au passage, n’aurait pas constitué un supplice moins horrible que celui de la croix). C’est pourquoi les publications de cette Secte ont abandonné le signe de la croix, qui était leur emblême au début. Ne leur en voulons pas ; s’ils aiment vraiment la Vérité, ils comprendront d’eux-mêmes leur erreur (qui par ailleurs ne les empêchera pas d’être des personnes très vertueuses).


*       *       *


A notre tour, n’accrochons pas nos harpes aux arbres de Babylone ! A l’approche de la fête de Pâques, chantons de tout notre cœur, par exemple l’hymne Vexilla Regis prodeunt de s.Venance Fortunat († 609), en particulier cette strophe :

O Crux, ave, spes unica :     
Hoc Passionis tempore    
Piis adauge gratiam,    
Reisque dele crimina.    

O Croix, notre unique Espoir : Salut !
En ce temps de la Passion
Pour les justes, augmente la grâce,
Et pour les pécheurs, efface leurs crimes.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 00:00

German Gardiner

 ? -1544

 

Laïc anglais, on suppose qu’il fut parent (et secrétaire) de Stephen Gardiner, l’évêque de Winchester.

Formé probablement au Trinity Hall de Cambridge, il ne craignit pas de s’exposer pour défendre la foi catholique.

Il publia ainsi un tract en 1534. Pendant la persécution de cette période, il fut pénétré de courage par l’héroïcité des Martyrs, en particulier de Thomas More (v. 6 juillet). Il eut une occasion de donner un témoignage remarquable.

En 1543, il fut accusé d’avoir dressé une liste d’erreurs contre la foi. Cette année-là, le Despote royal changea de caprice, et préféra sacrifier les Catholiques au lieu des hérétiques, tandis qu’ensuite il se retourna plutôt contre les Protestants. 

L’acte d’accusation de German montre clairement qu’il fut accusé de vouloir priver le roi de sa dignité et de son titre de Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre et du Pays de Galles.

Il fut exécuté pour sa foi le 7 mars 1543 ou 1544 à Tyburn, dernier des Martyrs catholiques sous le roi Henry VIII, en même temps que les prêtres John Larke et John Ireland.

Le culte de German et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 00:00

 

07 MARS

 

III.

Stes Perpétue et Félicité, très illustres martyres livrées aux bêtes à Carthage, dont les noms sont au Canon Romain ; avec elles souffrirent aussi Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus.

IV.

S Eubulius, venu de Batanée, martyr à Césarée de Palestine, mis en pièces par un lion.

Ss Basilios, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios, Kapiton, Ephraim, évêques martyrs en Chersonèse.

S Paul le Simple, devenu disciple de s. Antoine en Egypte après avoir été trompé par son épouse ; son obéissance le rendit capable de chasser les démons.

V.

S Gaudiosus, évêque à Brescia.

VII.

S Easterwin, abbé à Wearmuth.

IX.

S Ardon (Smaragde), disciple de s. Benoît à Aniane, qu’il remplaça en son absence.

S Paulos, évêque à Prusa, mort en exil à cause de l’iconoclasme.

XIII.

S Tommaso d’Aquin, illustre dominicain italien, professeur à la Sorbonne, fêté le 28 janvier, jour de sa translation à Toulouse.

XVI.

Bx John Larke, John Ireland, prêtres, et German Gardiner, martyrs anglais à Tyburn.

XVIII.

Ste Anna Maria Redi (Teresa-Margherita du Sacré Cœur de Jésus), carmélite à Florence.

Bse María Antonia de Paz y Figueroa, religieuse argentine, grande propagatrice des Exercices Ignatiens et fondatrice des Filles du Saint-Sauveur, béatifiée en 2016.

XIX.

S Nam Chong-sam Ioannes Baptista, fonctionnaire coréen, décapité, canonisé en 1984 et fêté avec tous ses compagnons le 20 septembre. 

Ss Siméon Berneux, évêque, Just Ranfer de Bretenières, Louis Beaulieu et Pierre-Henri Dorie, prêtres des Missions Etrangères, martyrs en Corée, canonisés en 1984 et fêtés également le 20 septembre.

B José Olallo Valdés, orphelin cubain, des Hospitaliers ; il renonça au sacerdoce ; béatifié en 2008.

XX.

B Leonid Fëdorov (1879-1935), évêque ukrainien converti au catholicisme, deux fois arrêté, mort après douze années de détention, béatifié en 2001.

B Manuel Vilchez Montalvo (1889-1937), prêtre espagnol martyr, béatifié en 2021.

Bx Maisam Pho Inpèng (1934-1970) et Luc Sy (1938-1970), laïcs martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Perpetua et Felicitas

† 203

 

Le martyre de ces deux femmes à Carthage (Afrique du Nord) est très célèbre dans l’antiquité chrétienne.

Trois hommes furent martyrisés avec elles : Revocatus, Saturninus et Saturus.

Perpétue rédigea elle-même tous les préambules à son exécution. Elle obtint d’avoir avec elle son bébé, tandis que Félicité, enceinte de huit mois, se lamentait qu’à cause de l’attente de la naissance, elle tarderait à recevoir la couronne du martyre (car la loi romaine protégeait la Vie, et ne permettait pas de torturer une femme enceinte).

Félicité invoqua la Providence pour anticiper la naissance de son enfant : elle accoucha en effet d’une petite fille, qu’une chrétienne adopta.

Perpétue demanda au tribun d’avoir plus de considération pour les prisonniers : N’est-il pas de ton honneur que nous paraissions en bon état ? Le tribun rougit, ordonna de traiter plus humainement les prisonniers. Quant au geôlier, il se convertit.

Durant la prison, le père de Perpétue vint la supplier de renoncer à sa ténacité chrétienne, pour s’occuper de ses parents, de son bébé. On frappa même durement ce père, pour le chasser. Perpétue en fut très affligée.

Une fois condamnée avec les autres Martyrs, Perpétue remarqua avec soulagement que son bébé ne demandait plus le sein, de sorte qu’elle se sentit l’esprit entièrement libre.

Elle eut plusieurs visions : son petit frère Dinocrates, mort à sept ans d’un cancer au visage, fut bientôt libéré des souffrances du purgatoire grâce aux prières de Perpétue ; puis elle vit un esprit laid contre lequel elle lutta victorieusement : c’était le signe de son prochain martyre victorieux. Elle vit aussi une étrange échelle très haute, garnie de pointes et d’instruments de supplice, image des souffrances par lesquelles elle allait passer pour atteindre la gloire céleste.

La veille du combat, on offrait un dernier repas aux condamnés ; la salle était remplie de curieux. Un prisonnier leur dit : Vous paraissez touchés de notre destinée, demain vous battrez des mains à notre mort, vous applaudirez nos meurtriers. Plusieurs des païens restèrent interdits et se convertirent.

Saturninus et Revocatus furent attaqués et traînés par un léopard et un ours furieux ; Saturus fut seulement à peine tiré par un sanglier qui, juste avant, avait éventré le bourreau présent ; les femmes elles, furent attaquées par une vache furieuse. On dévêtit les femmes et on les mit dans un filet, mais le peuple lui-même protesta, voyant les mamelles de Félicité qui perdaient leur lait, et on leur remit leurs vêtements.

La vache souleva Perpétue avec ses cornes et la laissa retomber sur les reins ; elle attaqua aussi Félicité. Perpétue était constamment dans une sorte de ravissement et ne se rendait pas compte de la réalité. Elle demanda même quand enfin on l’exposerait à cette bête. Apercevant son frère et un catéchumène nommé Rusticus, elles les exhorta à rester fidèles.

Saturus, avant d’être blessé mortellement par un coup de dent de léopard, exhorta un soldat, nommé Pudens, à se convertir et, en signe d’amitié, lui remit l’anneau qu’il portait au doigt après l’avoir passé dans son sang.

Ensuite, les martyrs furent ramenés au centre du cirque et furent égorgés. Pour Perpétue, le gladiateur maladroit la manqua et elle guida elle-même sa main vers sa gorge.

 

Note. On pourra lire avec intérêt les lignes suivantes, extraites des Visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui n’ont de valeur que celle qu’on doit accorder à des révélations particulières, selon les avertissements de l’Eglise. Rappelons-nous qu’Anna Katharina, stigmatisée, était absolument ignorante. Elle parlait durant ses visions, ou les racontait une fois revenue à elle, selon ce dont elle se souvenait. On constatera la profonde concordance entre ces visions et le document résumé ci-dessus, qui fut écrit par Perpétue et un témoin oculaire.

Je vis (Perpétue et Félicité) avec dix autres jeunes filles jouer dans un jardin de forme ronde… Au milieu du jardin était un pavillon rond sur le toit duquel on pouvait se promener. Il y avait au-dessus une statue blanche de la hauteur d’un enfant qui avait une main levée, l’autre baissée, et tenait quelque chose entre les deux.

J’appris que (Perpétue et Félicité) s’étaient promis de ne jamais se séparer et que souvent, dans leurs jeux, elles faisaient comme si elles étaient des chrétiennes qu’on martyrisait et qui ne voulaient pas se quitter même dans la mort. Sainte Monique dont j’ai une relique, m’a dit que la ville s’appelle Carthage.

Je vis que la mère de Perpétue était chrétienne en secret et savait quelle était la croyance de ses enfants. Je vis que les parents de Félicité, qui était plus jeune que Perpétue, étaient de très pauvres gens… Je vis souvent Perpétue aller les voir. Et je vis Perpétue dès sa jeunesse faire le bien et propager la foi chrétienne avec une hardiesse vraiment héroïque. Je la vis aussi, à cause de cela, courir des dangers auxquels elle échappait toujours. Les parents de Félicité étaient chrétiens en secret. Celle-ci était gracieuse et délicate et, à proprement parler, plus belle que Perpétue qui avait des traits un peu plus forts et plus marqués et quelque chose de hardi et de viril dans ses allures.… Perpétue n’était pas belle de visage, elle avait le nez court et un peu écrasé, les pommettes des joues larges et les lèvres retroussées comme beaucoup de personnes dans ce pays. Elle avait de longs cheveux noirs tressés autour de la tête… Toutes deux avaient le teint assez brun, comme tous les gens de ce pays, et leurs cheveux étaient noirs.… Je vis aussi leurs futurs maris : ils étaient très pieux, doux de caractère et chrétiens en secret.

Le mari de Félicité était un bon chrétien très pauvre. Ils allaient la nuit dans un lieu éloigné et caché… Ils étaient là très tranquilles, ils voilaient toutes les ouvertures et allumaient des flambeaux. Il y avait bien là une trentaine de personnes. Je n’y ai pas vu célébrer le service divin, on donnait seulement des instructions.

…Je vis dans la maison de Perpétue les maris des deux saintes faire leurs adieux à leurs femmes et s’enfuir. Ils échappèrent à la persécution… Le matin, au point du jour, je vis une troupe de soldats assaillir la maison où se trouvaient Perpétue, Félicité et la belle-mère de celle-ci. Perpétue et Félicité allèrent à leur rencontre et partirent avec eux pleines de joie. La belle-mère garda l’enfant et personne ne s’enquit d’elle. (Elles) furent alors conduites, accablées de coups et de mauvais traitements, dans une méchante maison, en attendant qu’on les menât dans la prison… J’ai vu venir le père de Perpétue : il finit par la frapper au visage. Elle parla avec beaucoup de gravité et souffrit tout avec patience.

Ceci… est un ossement d’un jeune garçon qui souffrit fort courageusement le martyre avec deux sœurs, son père et sa mère : il était en prison avec sainte Perpétue : il fut brûlé vif…

J’ai vu les saints dans une prison souterraine de forme ronde, dans laquelle ils étaient séparés les uns des autres par des grilles, en sorte qu’ils pouvaient s’entretenir ensemble et même se donner la main. Il faisait très sombre dans cette prison, cependant je vis de la lumière briller autour d’eux. Au-dessus de la prison était une vieille bâtisse. Chacun était assis seul dans sa cage. La porte de cette prison était comme une porte de cave qu’on levait. Il y avait en outre dans le plafond environ quatre ouvertures grillées. Outre Perpétue et Félicité, je vis quatre hommes. 

Perpétue avait avec elle son enfant qu’elle allaitait ; Félicité, qui était enceinte, se trouvait dans le cachot voisin. Perpétue était grande et imposante dans tous ses mouvements, elle était forte et bien faite. Toutes ces personnes avaient des cheveux noirs. Félicité était beaucoup plus petite, plus délicate et plus gracieuse. Perpétue parlait à tous nettement et énergiquement, et elle relevait le courage de tous les captifs.

Le courageux petit martyr était assis près de son père dans un compartiment à part ; sa mère avec les deux jeunes filles était dans un autre, séparé du premier par un mur à travers lequel je voyais.

Je vis avec les soldats un officier compatissant ; il portait souvent à Perpétue du pain ou quelque autre chose qu’elle distribuait à ses compagnons. Perpétue avait près d’elle un écrit qu’elle cachait soigneusement.

…Je vis les martyrs conduits au supplice. On les fit sortir de la prison entre deux rangs de soldats qui les poussaient de côté et d’autre d’une manière qui faisait pitié… Je vis ensuite qu’on les fit marcher lentement entre deux rangs de bourreaux qui leur déchiraient les épaules à coups de fouet. Pendant le martyre, sous les coups de la vache, je vis Perpétue comme absorbée dans une vision et n’ayant pas conscience de son supplice. Elle fut misérablement traînée de côté et d’autre et enfin lancée en l’air d’une manière effrayante. En retombant, elle mit son vêtement en ordre et sembla pendant un instant avoir la connaissance de ce qui se passait. Lorsqu’ensuite elle fut emmenée par des chemins de traverse dans une autre cour, je la vis demander si elle subirait bientôt son supplice. Elle était toujours en contemplation, elle ne savait rien de ce qui se passait. Il y avait de petits sièges au milieu de la place, on y traîna quelques-uns des martyrs et on leur perça la gorge. Il était affreux de voir combien Perpétue avait de difficulté à mourir. Le bourreau la frappa dans les côtes, puis au cou au-desus de l’épaule droite : il fallut qu’elle conduisît sa main. Couchée par terre, elle étendit encore la main ; elle mourut la dernière et avec une difficulté incroyable. 

Ils furent tous jetés en tas. On avait amené les deux femmes dépouillées de leurs habits et enveloppées dans un filet : mais par suite des coups et de la flagellation qui leur avaient été infligés, elles avaient le corps tout couvert de sang. 

Je vis beaucoup de gens convertis par l’héroïsme de Perpétue.

 

Perpétue et Félicité furent en honneur dès le lendemain de leur martyre. Le Martyrologe les a constamment évoquées au 7 mars, et leurs noms furent inscrits au Canon romain de la Messe, dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus.

 

 

Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus de Carthage

† 203

 

Au même lieu et à la même date où furent martyrisées Perpétue et Félicité, furent immolés aussi quatre jeunes catéchumènes : Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus.

Tout ce qu’on sait et qui va suivre, a été décrit par sainte Perpétue elle-même.

Saturninus, Revocatus et Secundinus furent arrêtés et mis en prison avec Perpétue et Félicité. Satyrus se joignit spontanément à eux tous, pour en partager le sort.

Dans la prison, Perpétue eut la vision d’une grande échelle qui montait au Ciel, où Satyrus monta le premier.

Arriva le jour où tous les prisonniers furent amenés sur la place du forum : ils furent condamnés aux bêtes.

Satyrus eut à son tour une vision, dans laquelle il voyait quatre anges qui conduisaient les Martyrs dans un magnifique jardin, où ils revirent d’autres Martyrs nommés Iocundus, Saturninus, Artaxes, Quintus. Ils se virent revêtus d’une belle robe blanche. Ils virent ensuite les vingt-quatre Vieillards (cf. Ap 4:10).

Secundinus mourut le premier, mais en prison.

La veille du martyre, on servit aux prisonniers un dernier repas, en présence de beaucoup de curieux. Satyrus les interpella : N’aurez-vous pas assez de demain pour nous observer ? Aujourd’hui, vous vous montrez touchés de notre sort, et demain vous applaudirez à notre mort. Remarquez bien nos visages, pour nous reconnaître au jour du jugement. Ces paroles fortes firent partir bien des gens, mais beaucoup restèrent pour recevoir les premiers éléments de la Foi.

Le jour venu, on les conduisit à l’amphithéâtre. On voulait revêtir les hommes du manteau des prêtres de Saturne, les femmes de la bandelette des prêtresses de Cérès, qu’ils refusèrent tous.

Revocatus, Saturninus et Satyrus furent introduits dans l’amphithéâtre ; ils menaçaient le peuple du geste et de la voix ; au procurateur Hilarianus, ils dirent : Tu nous as jugés en ce monde, mais Dieu te jugera à son tour. Pour cette audace, ils furent flagellés.

Saturninus et Revocatus furent alors attaqués par un léopard, puis traînés et déchirés par un ours.

Satyrus, de son côté, craignait beaucoup l’attaque d’un ours et préférait qu’un coup de dent du léopard le fît mourir sans tarder ; on lâcha contre lui d’abord un sanglier, qui se retourna contre le piqueur et lui ouvrit le ventre, sans rien faire à Satyrus ; un ours ne se dérangea même pas.

Satyrus se retira sous un portique, où ses paroles encouragèrent un certain Pudens à se convertir. Puis il retourna dans l’arène, où enfin, selon son désir, un léopard lui donna un violent coup de dent, qui le fit saigner abondamment.

Ensuite, à la demande du peuple surexcité par tout ce sang, on rappela les prisonniers tout ensanglantés. Satyrus était mourant.

Parvenus au centre de l’arène, ils furent égorgés tandis qu’ils s’embrassaient fraternellement, unis dans la foi, dans le combat et la mort, et dans la gloire du Ciel.

Saints Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus de Carthage sont commémorés le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios, Ephraim, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios et Kapiton

† 300

 

Sous Dioclétien, l’évêque Hermon de Jérusalem envoya en Chersonèse (auj. Crimée) sept missionnaires, tous évêques, chargés d’annoncer là-bas l’Evangile.

Les deux premiers furent Ephraim et Basilios, vers 300. 

Basilios fut d’abord expulsé, puis rappelé ; il ressuscita un mort et convertit toute une famille ; une sédition des Juifs aboutit à son martyre.

Ephraim subit peut-être le martyre en même temps que Basile, à moins qu’il fût allé prêcher en Scythie (auj. Azerbaïdjan).

Vinrent l’année suivante, vers 301, Eugenios, Agathodoros et Elpidios, qui subirent à leur tour le martyre.

Après plusieurs années, Ætherios se heurta encore à l’obstination des habitants ; il obtint de Constantin de réprimer les assauts belliqueux des païens, qui furent donc expulsés de Chersonèse ; étant retourné à Constantinople pour remercier l’empereur, il fut martyrisé à son retour.

Enfin fut envoyé Kapiton, à la demande des Chrétiens de Chersonèse, qui désiraient un évêque. Kapiton put prêcher et obtenir d’autres conversions. Il mourut en paix un 22 décembre.

Saints Basilios, Ephraim, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios et Kapiton sont commémorés le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eubulius de Batanée

† 308

 

Eubulius vivait, comme son ami Adrianus, à Batanée (auj. Al-Bathaniya, Syrie S). 

Ils étaient chrétiens ; entendant parler des martyrs qui étaient morts pour la foi à Césarée de Palestine, ils voulurent venir les vénérer et se présentèrent aux portes de la ville.

On les contrôla, on les questionna : ingénument, ils exposèrent le but de leur voyage et furent immédiatement présentés au gouverneur.

Celui-ci, Firmilien, les fit aussitôt torturer et exposer aux bêtes. 

Les fêtes célébrant la Fortune commençaient le 5 mars.

Adrianus subit son supplice dès le 5 mars ; mis en pièces par un lion, il fut égorgé. Son ami Eubulius eut le même sort, mais deux jours plus tard, le 7 mars, assez probablement en 308.

Saint Eubulius de Batanée est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paul le Simple

† 340

 

Paul était un simple cultivateur qui vivait en Egypte.

Son épouse, fort belle, le trompait par une double vie, jusqu’à ce que Paul la trouva en compagnie d’un complice. Il quitta la maison et rejoignit l’ermite s.Antoine (v. 17 janvier). Il avait soixante ans.

Antoine fit la sourde oreille, chercha par tous les arguments et par tous les moyens à décourager Paul de vouloir se faire moine, Paul resta là.

Paul supporta un jeûne de quatre jours, sans pain et sans eau. Ce fut son premier «examen», après lequel Antoine l’admit dans sa cellule.

Il ordonna à Paul de tresser une corde avec des feuilles de palmier ; quand la corde mesura quatre-vingt-quinze brasses (environ 150 mètres), Antoine la lui fit défaire et recommencer, ce que Paul fit sans broncher. Antoine lui-même fut ému de tant d’humilité et d’obéissance.

Antoine invita Paul à manger ; il lui proposa des pains desséchés ; Paul mangea la même chose qu’Antoine ; le soir, Paul imita Antoine dans sa prière, sa veille, son lever nocturne pour chanter : à la fin, Antoine reconnut la vraie disponibilité de Paul et lui dit :  Voici que tu es devenu moine.

Antoine fit construire à Paul sa cellule, à quelques kilomètres de la sienne. Il lui donna alors comme mission la lutte contre le Démon ; d’abord pour soi-même, ensuite pour les autres. Au bout d’un an, Paul reçut la grâce de commander aux démons, de les chasser et de guérir les malades.

Un jour on amena à Antoine un horrible démoniaque. Antoine jugea que c’était Paul qui pouvait le délivrer ; Paul jugea que c’était au contraire à Antoine de le faire ; après une longue «lutte», Paul s’adossa au rocher, en plein soleil, pria intensément, affirmant qu’il ne partirait pas de là tant que le démon serait présent ; le démon hurla et déclara que la simplicité de Paul l’avait chassé.

Il y eut encore bien d’autres miracles accomplis par Paul. L’extrême humilité de son comportement l’a fait surnommer le Simple.

L’histoire ne nous dit pas si Paul réussit à convertir sa femme.

Il mourut, pense-t-on, vers 340.

Saint Paul le Simple est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

Gaudiosus de Brescia

† 340

 

Des vingt-huit premiers évêques de Brescia (Italie N), tous saints, Gaudiosus fut le treizième (qu’il ne faut pas confondre avec Gaudentius, neuvième de la liste, ni avec un autre Gaudiosus, le vingt-neuvième, du septième siècle).

Gaudiosus fut évêque de Brescia durant la première moitié du cinquième siècle.

Jusqu’à plus ample information, on ne pourra en dire davantage.

Saint Gaudiosus de Brescia est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ardon Smaragde 

† 843

 

Ardon naquit en «Septimanie», l’actuel Languedoc.

Quand il embrassa la vie monastique à Aniane, il prit le nom de Smaragde.

Le fondateur de ce monastère était Benoît d’Aniane (v. 12 février), qui l’eut en grande estime : Smaragde était un moine docile, doux, pieux, très studieux, et Benoît le prit volontiers comme compagnon dans ses déplacements. C’est ainsi que Smaragde fut présent au concile de Francfort (794).

Il fut ordonné prêtre et préposé à la tête des écoles.

Benoît ayant été mandé auprès de Louis le Débonnaire en 814 à Aix-la-Chapelle, il confia l’administration du monastère d’Aniane à Smaragde, ce qui montre la confiance et l’estime qu’il avait pour son disciple.

On ne sait pas ce qui arriva après la mort de Benoît en 821 : Smaragde fut-il alors régulièrement élu abbé ?

Ce qui est certain, c’est que Smaragde écrivit une Vita de son maître, précieuse pour les historiens.

Il mourut en 843 à Aniane (act. Hérault).

L’Ordre bénédictin a canonisé Smaragde, ainsi que le Martyrologe Romain, en date du 7 mars.

 

 

Paulos de Prusa

† 850

 

Paulos était évêque de Prusa en Bithynie (Asie Mineure, act. Turquie d’Asie NW).

C’était la période de déchaînement de l’erreur iconoclaste. Dans toutes les églises, les hérétiques remplaçaient les saintes icônes par des images de végétaux. L’évêque s’en affligea et prit la parole vigoureusement pour protester contre ces exactions.

Son courage déplut aux autorités, qui le firent exiler dans la région de l’Olympe (Grèce, frontière entre Thessalie et Macédoine). Son exil dura plusieurs années, au terme desquelles le courageux évêque rendit son âme à Dieu.

On l’a autrefois associé à un autre évêque victime de l’iconoclasme, Theophilos, qui mourut peu auparavant à Nicomédie, mais qui n’est plus inscrit dans l’actuel Martyrologe.

Saint Paulos de Prusias est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tommaso d’Aquino

1225-1274

 

Celui que l’on appelle communément en français Thomas d’Aquin naquit - à une année près - en 1225 à Roccasecca (Frosinone, Latium, Italie C), benjamin des cinq enfants du comte Landolfo d’Aquino et de Teodora Rossi, également d’ascendance noble.

Il fut confié tout petit à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin et passa en 1239 à l’université de Naples. On remarqua vite que le garçon parlait peu et réfléchissait beaucoup. C’est à Naples qu’il connut les Dominicains. Il en prit l’habit en 1244.

Ce n’était pas dans les vues des parents ; sa mère tenta de faire intervenir l’empereur et le pape ; Thomas se réfugia à Rome et ses Supérieurs pensèrent l’envoyer secrètement à Paris : ses frères le rattrappèrent et l’enfermèrent ; pendant un an, on tenta de le persuader ; un de ses frères alla jusqu’à introduire dans sa chambre une créature féminine : Thomas se saisit d’un tison, traça une grande croix sur le mur et renouvela son vœur de chasteté ; la nuit suivante, deux anges lui apparurent en songe, le ceignant de la ceinture de la chasteté et lui promettant que Dieu lui accordait la grâce de la chasteté perpétuelle. Il persévérait absolument dans sa voie et fut finalement restitué au couvent de Naples en 1245.

Les bons pères eurent l’idée de le confier plutôt à Giovanni Teutonico, à Rome, qui l’emmena à Paris et, de là, à Cologne, pour recevoir l’enseignement d’Albert le Grand (v. 15 novembre).

Albert estimait beaucoup Tommaso. Un jour que des Confrères traitaient Tommaso de bœuf muet, Albert rétorqua : Un bœuf muet ? Vous verrez qu’on l’écoutera du bout du monde !

Un premier séjour à Paris permit à Tommaso de rencontrer le franciscain italien Bonaventura (v. 15 juillet), avec lequel il partagea une profonde amitié. Tommaso y reçut le sous-diaconat. Il commença à étudier Aristote, jusque là écarté des études officielles. De retour à Cologne, il fut ordonné diacre et prêtre en 1250. Cette année-là lui arriva la nouvelle de la mort de sa mère et de ses deux frères.

Quatre ans après, Albert était suffisamment convaincu du talent de Tommaso pour le proposer au baccalauréat et le charger de l’enseignement à Paris. Tommaso commença sa vie d’enseignant en 1252, à vingt-sept ans. De 1259 à 1268, il fut enseignant à Orvieto (Italie) puis à Rome. De ces années datent la Somme contre les Gentils, un Commentaire sur Job, et le début de la fameuse Somme Théologique. Il refusa obstinément toute distinction ecclésiastique et prêcha là où passait le pape : Rome, Viterbe, Bologne, Pérouse… Parmi ses auditeurs, se convertirent deux rabbins et quelques autres Juifs.

Il faut signaler ici qu’en 1263 eut lieu le très fameux miracle eucharistique de Bolsena (Orvieto), dont fut témoin un prêtre qui doutait de la Présence Réelle ; informé, le pape décida l’institution de la Fête-Dieu et en confia la rédaction de l’Office et de la Messe à Bonaventura et Tommaso : on choisirait le plus beau travail. Tommaso présenta le sien le premier ; l’entendant, Bonaventura déchira le sien, jugeant qu’on ne pouvait faire plus beau. Dans une vision, le Seigneur révéla à Tommaso combien il avait dignement écrit de Lui.

Revenu à Paris, en plus de son enseignement, il écrivit de très nombreux ouvrages sur les sujets les plus variés, théologiques, philosophiques, mais aussi scientifiques. Ses extases se multipliaient. En particulier, saint Paul l’aida à éclaircir divers passages des Epitres. Il confia lui-même que Dieu lui avait envoyé saint Pierre et saint Paul, dont il recevait des lumières.

Le roi saint Louis eut à cœur de le consulter.

En 1272, il quitta Paris, regagna Rome où le chapitre de l’Ordre lui confia l’érection d’un centre d’études ; ce devait être Naples.

Tommaso fut affecté d’un pénible excès pondéral qui lui rendait difficile tout mouvement. Un jour, des novices dirent à Tommaso qu’ils voyaient un bœuf voler ; Tommaso s’efforça de gagner la fenêtre pour voir cette chose si nouvelle ; ne voyant rien, et voyant les novices rire sous cape, il leur dit simplement : Je pensais plus possible de voir un bœuf voler qu’entendre des novices mentir.

En décembre 1273, il eut comme une vision durant la Messe et décida de ne plus rien écrire parce que Tout ce qu’(il) avait écrit lui semblait de la paille en face de ce qu’(il) avait vu.

Vers Noël, il passa chez sa sœur. Le pape lui enjoignit alors d’aller participer au concile de Lyon. Tommaso quitta Naples, le 28 janvier 1274, toujours à pied ; fiévreux, il s’arrêta à Maenza, gagna l’abbaye cistercienne de Fossa Nova, où il s’arrêta un mois, n’en pouvant plus. 

A la demande des religieux, il dicta de son lit un commentaire sur le Cantique des Cantiques.

Le 4 mars, il reçut les derniers sacrements, le 7 le Viatique, et mourut ce 7 mars 1274.

Au même moment, Albert, à Cologne, éclata en sanglots, comprenant que son cher Tommaso était mort.

Les miracles furent nombreux et retentissants. La canonisation fut prononcée en 1323. Saint Tommaso fut proclamé Docteur en 1567 ; il est le Docteur Angélique (ce qui explique que l’université romaine dominicaine s’appelle l’Angelicum). Successivement, saint Thomas fut proclamé en 1880 patron céleste des universités, académies, collèges et écoles catholiques.

Les reliques de saint Tommaso d’Aquino se trouvent dans le couvent dominicain de Toulouse, où cette translation fut chaque année commémorée le 28 janvier, date à laquelle Tommaso avait quitté Naples pour son ultime voyage.

Bien que Tommaso fût mort le 7 mars, sa fête liturgique est désormais fixée hors Carême, ce même 28 janvier.

 

 

John Ireland

? -1544

 

On ne connaît presque rien de lui.

Il fut chapelain attaché à l’église de S.Dunstan (Canterbury) en 1535-1536, vicaire à Eltham (Kent) puis nommé à la paroisse du gendre de Thomas More, William Roper de Well Hall.

Il fut traduit en justice en février 1543 ou 1544, avec le prêtre John Larke, et le laïc German Gardiner. Tous trois furent condamnés à mort et exécutés le 7 mars suivant. Un autre laïc renia sa foi et ne fut pas exécuté. Un autre prêtre, Robert (ou John) Singleton, fut exécuté le même jour, mais n’apparaît pas dans les causes de béatification.

John Larke et German Gardiner eurent leur culte confirmé en 1886, avec valeur de béatification, tandis que John Ireland fut béatifié en 1929.

 

 

John Larke

? -1544

 

On ne connaît presque rien de sa jeunesse. Il passe pour avoir été docteur de l’université, mais on ne sait pas laquelle.

Il fut curé à St.Ethelburga (Londres) de 1504 à 1542, momentanément curé à Woodford (Essex) en 1526-1527, puis transféré à l’église de Chelsea par le chancelier Thomas More, avec qui il était très ami (v. 6 juillet).

D’ailleurs, le martyre de Thomas More le fit profondément réfléchir : alors qu’il avait d’abord signé l’Acte de Suprématie, il le renia par la suite et suivit les traces de Thomas More.

Il fut traduit en justice en février 1543 ou 1544, avec le prêtre John Ireland, et le laïc German Gardiner. Tous trois furent condamnés à mort et exécutés le 7 mars suivant. Un autre laïc renia sa foi et ne fut pas exécuté. Un autre prêtre, Robert (ou John) Singleton, fut exécuté le même jour, mais n’apparaît pas dans les causes de béatification.

John Larke, John Ireland et German Gardiner eurent leur culte confirmé en 1886, avec valeur de béatification.

 

 

German Gardiner

 ? -1544

 

Laïc anglais, on suppose qu’il fut parent (et secrétaire) de Stephen Gardiner, l’évêque de Winchester.

Formé probablement au Trinity Hall de Cambridge, il ne craignit pas de s’exposer pour défendre la foi catholique.

Il publia ainsi un tract en 1534. Pendant la persécution de cette période, il fut pénétré de courage par l’héroïcité des Martyrs, en particulier de Thomas More (v. 6 juillet). Il eut une occasion de donner un témoignage remarquable.

En 1543, il fut accusé d’avoir dressé une liste d’erreurs contre la foi. Cette année-là, le Despote royal changea de caprice, et préféra sacrifier les Catholiques au lieu des hérétiques, tandis qu’ensuite il se retourna plutôt contre les Protestants. 

L’acte d’accusation de German montre clairement qu’il fut accusé de vouloir priver le roi de sa dignité et de son titre de Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre et du Pays de Galles.

Il fut exécuté pour sa foi le 7 mars 1543 ou 1544 à Tyburn, dernier des Martyrs catholiques sous le roi Henry VIII, en même temps que les prêtres John Larke et John Ireland.

Le culte de German et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Anna Maria Redi

1747-1770

 

Anna Maria vit le jour le 15 juillet 1747 à Arezzo (Toscane, Italie), deuxième des treize enfants d’un père de famille noble, Ignazio.

Elle reçut le Baptême le 16 juillet.

Déjà durant l’enfance, elle posait souvent des questions comme : Qui est Dieu ?

Durant les récréations, chez les Bénédictines de Florence où elle étudiait, elle réfléchissait : Pendant que nous nous amusons, Jésus pense à nous.

Elle reçut la Première communion en 1757.

Son plus grand confident fut son propre père, avec lequel elle eut une correspondance importante, mais qu’ils brûlèrent chacun de leur côté, d’un commun accord.

Elle s’imprégna du message que le Sacré-Cœur révéla à sainte Marguerite-Marie Alacoque (voir au 16 octobre).

En 1764, elle entra au Carmel de Florence et prit le nom de Teresa Margherita du Sacré-Cœur de Jésus. Ce jour-là elle s’engagea à suspendre toute correspondance, même avec son cher papa. Tous deux se promirent en revanche de se retrouver chaque soir dans le cœur du Christ.

Elle grandit dans l’amour du Christ de façon extraordinaire, tout en restant dans une humble discrétion. Son amour et le don de soi étaient tels, que Pie XI la nomma la neige ardente. 

Chargée de l’infirmerie, elle s’acquitta de sa mission avec empressement et jusqu’au dernier jour, en particulier avec une Consœur qui était devenue violente.

Le 6 mars 1770, elle ressentit brusquement des douleurs inhabituelles : on ne comprit pas tout de suite que c’était une gangrène. Malgré les souffrances, elle continua d’assister les malades. Le 7 mars 1770, elle mourut d’une gangrène généralisée.

Le corps de la Religieuse était déjà très déformé, mais quand on commença de le déplacer, tout l’aspect du visage et du corps changea : la couleur violacée disparut, le visage devint délicatement pâle, le corps désenfla, s’assouplit et exhalait même un parfum agréable. Ce phénomène fit retarder de quinze jours les obsèques.

Depuis, le corps de Teresa est resté non corrompu.

Teresa Margherita a été béatifiée en 1929 et canonisée en 1934.

 

 

 

María Antonia de Paz y Figueroa

1730-1799

 

María Antonia de Paz y Figueroa naquit en 1730, de famille aisée, à Silipica (Santiago del Estero, Argentine).

Ayant reçu une bonne éducation chrétienne, elle conçut dès l’âge de quinze ans, en 1745, le désir de se consacrer entièrement à Dieu. Au contact avec la spiritualité ignatienne, elle vêtit le simple habit de consacrée et, avec d’autres amies, commença à vivre en communauté dans un local appelé «Beaterio».

En 1767, comme on le sait, l’Ordre des Jésuites fut interdit, et les Religieux expulsés. María Antonia cependant se refusa à abandonner la pratique des Exercices Spirituels de s.Ignace (v. 31 juillet), appuyée en cela par son directeur spirituel et par l’évêque. Elle se mit donc à parcourir les villages et les quartiers des villes, appelant, convoquant, et prêchant d’exemple. Elle eut aussi une remarquable aptitude à gérer l’accueil des participants, leur garantissant le vivre et le couvert durant toute la session.

Le résultat ne se fit pas attendre : nombreuses furent les conversions, les retours à la foi, la pratique des vertus, le renouveau spirituel des prêtres et des religieux.

En 1779, María Antonia parcourut des milliers de kilomètres à pied, rejoignant Jujuy, Salta, Tucumán, Catamarca, la Rioja, Córdoba, et finalement Buenos Aires ; là, elle se heurta à l’opposition des représentants impériaux, mais l’évêque la reçut avec grande bienveillance et lui concéda d’amples facultés.

Cette spiritualité rencontra en réalité un immense succès, et gagna même la France. María Antonia profita de cet avantage, nous dit-on, pour introduire et développer la dévotion à s.Gaétan (v. 7 août), patron des sans-emplois, des ouvriers, dont la fête est une sorte de fête nationale religieuse en Argentine.

Cette fondatrice savait être aussi discrète qu’efficace. Elle sut mettre en contact les riches et les pauvres sans créer d’affrontements ; elle savait demander conseil avant de décider ; elle-même marchait pieds-nus et portait le cilice.

En 1790, elle se rendit jusqu’en Uruguay. De retour à Buenos Aires, elle fit construire une maison d’exercices spirituels plus ample, y installant les femmes qui collaboraient avec elles et qui devinrent alors les Filles du Divin Sauveur. María Antonia adopta le nom religieux de María Antonia de Saint-Joseph, mais le peuple la connaissait mieux sous le nom de Mama Antula. La maison de Buenos Aires est toujours active aujourd’hui.

María Antonia s’éteignit après une courte maladie, le 7 (ou le 6 ?) mars 1799.

María Antonia de Paz y Figueroa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 7 mars.

Siméon-François Berneux

1814-1866

 

Né le 14 mai 1814 à Château-du-Loir (Sarthe), de Siméon Berneux et Hélène Fossé, Siméon-François fait ses études sur place puis au Mans.

A dix ans, il révèle à sa pieuse mère qu’il désire être prêtre, mais le papa n’est pas très chaud : pauvre, il a besoin de son garçon. Grâce au curé de la paroisse, le jeune Siméon pourra faire d’excellentes études. 

Il rejoint le Petit séminaire de Précigné et le Grand séminaire du Mans (1831). 

Tombé malade l’année suivante, il est précepteur chez Ange Carron puis chez les de la Bouillerie. Revenu au séminaire en 1833, il est ordonné diacre en 1836, et prêtre en 1837.

Dans un premier temps, il enseigne la philosophie au séminaire, où il est aussi directeur spirituel.

En 1839, il entre au séminaire des Missions Etrangères de Paris, et s’embarque au Havre début 1840.

A Manille, il rencontre Mgr Retord. Après un séjour à Macao, il arrive au Tonkin occidental en janvier 1841, mais est arrêté en avril, incarcéré à Hué et condamné à mort avec sursis avec d’autres missionnaires. Sur intervention de l’amiral Favin-Lévêque, ils sont libérés en 1843 et ramenés à l’Ile Bourbon.

Il repart pour Singapour et Macao, et rejoint la mission de Mandchourie (1844), où il apprend la langue. Il est plusieurs fois malade. Suite à une persécution, il se réfugie à Shanghaï quelques semaines.

En 1853 il est nommé vicaire apostolique de Corée, pour succéder au défunt Mgr Ferréol. Il est consacré évêque en décembre 1854. Mgr Berneux est heureux d’aller en Corée, un magnifique pays de martyrs. Il part en 1855, passe par Shanghaï, arrive à Seoul en mars 1856. Il prend le nom de Chang Gyeong-il, apprend le coréen, mais reste discret, car la conversion au catholicisme est punie de mort.

Il sera arrêté une première fois et battu, en septembre 1863.

Son activité portera ses premiers fruits, d’autant plus que le nouveau roi se montre plus tolérant : en dix ans, des milliers de personnes passent au catholicisme, un séminaire est ouvert à Paeron (1855), des livres sont publiés en coréen.

En 1866, alors que la chrétienté coréenne atteint les vingt-trois mille, Mgr Berneux propose les bons offices de la France entre la Corée et la Russie qui se fait menaçante. Mais la Russie se retire, et le roi, influencé par son entourage qui n’apprécie pas l’entrée des étrangers français dans le palais du gouvernement, reprend la persécution.

Mgr Berneux est arrêté le 23 février, interrogé, torturé : bastonnade sur les jambes, poncture des bâtons. La sentence tombe : L’accusé Chang, refusant d’obéir au roi, et ne voulant ni apostasier, ni donner les renseignements qu’on lui demande, ni retourner dans son pays, aura la tête tranchée après avoir subi différents supplices.

Il est décapité à Saenamt’ŏ, le 7 mars 1866.

On dit qu’un mystérieux sourire passa sur son visage au moment de sa mort.

Mgr Berneux a été béatifié en 1968, canonisé en 1984.

Si son dies natalis est au 7 mars, il est fêté liturgiquement le 20 septembre en même temps que tous les Martyrs de Corée.

 

 

Nam Chong-sam Ioannes Baptista

(Nam Jong-sam Yohan)

1817-1866

 

Ioannes Baptista était né à Ch’ungju (Chungcheong-do, Corée S) en 1816 ou 1817. C’était le neveu et fils adoptif de Nam Sang-gyo Augustinus.

Ce dernier, une fois chrétien, refusa de travailler dans le gouvernement, où il avait un haut rang. En revanche, son fils adoptif désirait ardemment y parvenir et, à vingt-six ans, passa avec succès l’examen de Hongmungwan Kyori, devenant ensuite, à vingt-neuf ans, gouverneur de la région qui faisait face au Japon.

Sa position était difficile, car s’il était chrétien, il ne pouvait éviter de participer à des cérémonies officielles et païennes ; il s’efforçait de venir en aide aux pauvres, mais était en même temps sollicité par les siens. Quelques années après, il renonça à sa carrière et s’en vint enseigner le coréen aux missionnaires.

En 1863, pour des raisons financières, il vint à Seoul et devint professeur de littérature chinoise pour les enfants des ministres du gouvernement.

Lorsqu’en 1866 la Russie menaçait d’envahir la Corée, lui qui était chrétien, intervint pour proposer au roi les bons offices de la France, par l’intermédiaire de l’évêque Mgr Berneux.

Tout était prêt pour une rencontre, mais le temps que Mgr Berneux revînt de Pyŏngyang, la Russie s’était déjà retirée, le danger avait disparu, et l’entourage du roi l’avait déjà plutôt persuadé de reprendre la persécution contre les Chrétiens, jaloux de voir s’introduire dans le palais des étrangers chrétiens.

C’est ainsi que furent arrêtés et martyrisés presque tous les missionnaires.

Nam Chong-sam Ioannes Baptista fut déposé de sa charge et arrêté le 1er mars. Mis en prison, torturé, il resta fidèle. Il se confessa et reçut l’Eucharistie.

Condamné à mort, il fut décapité à la Petite Porte Occidentale de Seoul, le 7 mars 1866.

En mourant, il prononça les noms de Jésus et Marie.

Béatifié en 1968, canonisé en 1984, il est fêté avec l’ensemble des Martyrs coréens le 20 septembre.

 

 

Just Ranfer de Bretenières

1838-1866

 

Just naquit à Chalon-sur-Saône (71) le 28 février 1838, aîné des deux garçons du juge de Bretenières et de son épouse Anne, croyants et bons chrétiens.

Tout petit, Just - qui reçut au baptême les noms de Simon Marie Antoine Just - exprima son désir d’être missionnaire en Chine. Il l’aurait dit à trois ans déjà ; plus tard il dira à son frère et au curé de la paroisse qu’il désirait être martyr.

Just et son frère Christian reçoivent leur formation d’un précepteur, l’abbé Gautrelet.

Pour s’ «entraîner» au martyre, Just s’efforce de dominer sa nature sensible : il supporte la fatigue, la chaleur, la soif, il s’habitue à porter des fardeaux.

En 1856, après son baccalauréat, il s’inscrit en faculté de lettres à Lyon.

Toujours attiré par les missions, il suit les conseils de son confesseur et de ses parents et entre au Séminaire Saint-Sulpice, où il est organiste et infirmier (1859).

Dans le cas de Just, on remarquera que ses parents l’ont généreusement soutenu dans sa vocation, ce qui n’a pas toujours été facile à faire pour d’autres parents de missionnaires.

Après deux ans, Just est reçu aux Missions Etrangères de Paris (1861). Un Confrère disait que Just n’avait pas besoin d’être martyr pour être un saint.

Just reçoit le sacerdoce en 1864.

Il apprend avec joie sa destination pour la Corée, terre des martyrs.

De Marseille, il s’embarque avec neuf autres pour la Corée, avec des escales à Alexandrie, Suez, Ceylan, Singapour, Hong-Kong. L’attente à Hong-Kong se prolongeant, il y étudie le chinois.

Enfin entré en Corée clandestinement (mai 1865), il habite à Seoul, près de l’évêque, Mgr Berneux. Il se cache chez des chrétiens, il ne sort que la nuit (et encore, avec l’habit de deuil, noir, qui enveloppe de la tête aux pieds).

Avec le nom coréen de Païk Chen Fou (Le père blanc comme neige), il apprend le coréen avec un jeune catéchiste nommé Chŏng Ŭi-bae et, au bout de six mois, peut prêcher et confesser dans la langue.

En février 1866, il confesse plusieurs dizaines de fidèles et baptise une quarantaine d’adultes. Il reçoit une délégation de l’évêque pour administrer aussi la Confirmation. Il assiste des malades et donne l’Onction des Malades.

Une trahison est à l’origine de la découverte de la cachette de Mgr Berneux, et de celle du père Just. Des soldats font irruption au moment où il s’apprête à célébrer la Messe. On l’emmène, lié avec une corde rouge, signe des grands criminels.

En prison, il retrouve Mgr Berneux, ainsi que les pères Beaulieu et Dorie. Ensemble, ils s’encouragent. Ils subissent les tortures, le supplice du shien-noum, où le patient est ligoté sur une chaise et reçoit des coups de bâton de section triangulaire sur les tibias et les pieds. Séances et interrogatoires pendant quatre jours. Après chaque interrogatoire, leur corps est labouré avec un pieu pointu, de la grosseur du bras.

La sentence de mort est prononcée le 6 mars. Les condamnés sont portés chacun sur une chaise jusqu’au lieu de l’exécution, dans le quartier de Saenamt’ŏ (Seoul), où la foule est surveillée par quatre cents soldats armés.

Après l’exécution de Mgr Berneux, le père Just est posé à terre, dépouillé de ses vêtements ; chacune des oreilles est repliée sur elle-même et percée d’une flèche. On lui passe un bâton sous les bras liés derrière le dos et le porte ainsi pour bien le faire voir à la population. Puis il est déposé à genoux, la tête en avant ; six bourreaux exécutent une danse autour de lui en criant A mort ! A mort ! Les coups de sabre tombent, la tête est tranchée au quatrième coup.

Le père Just de Bretenières meurt Martyr, le 7 mars 1866, dies natalis commun à Mgr Berneux, aux pères Beaulieu et Dorie.

Ils seront béatifiés ensemble en 1968, et canonisés en 1984.

Une fête liturgique unique célèbre les cent-trois Martyrs coréens, le 20 septembre.

 

 

Pierre-Henri Dorie

1839-1866

 

Né le 23 septembre 1839 à Port-de-la-Guittière (Saint-Hilaire de Talmont - depuis 1974 Talmont-Saint-Hilaire -, Vendée), de Pierre Dorie et Geneviève Bignonneau, Henri a sept frères et sœurs.

A dix ans, il va au Petit séminaire de la Bauduère (Olonne), puis passe au Grand séminaire de Luçon (1860), d’où il rejoint celui des Missions Etrangères de Paris (1862). 

Au moment de son départ, un confrère compose et lui chante ces mots prophétiques : 

 

Au nom de Jésus-Christ, 

ta tête sera tranchée,        

et deux fois dans l’année 

viendra la saint Henri.

 

Il est ordonné prêtre en 1864. Il part pour la Corée avec son meilleur ami, le père Ranfer de Bretenières.

Ils arrivent en Mandchourie en octobre 1864, rejoignent la province de Leao Tong en janvier 1865, puis débarquent clandestinement en Corée, vêtus de l’habit noir de deuil, qui couvre le visage, de sorte qu’on ne peut reconnaître qu’ils sont Européens. Pierre-Henri prend le nom de Kim (père spirituel).

Arrivé à Seoul, il continue sa vie clandestine, il se met au coréen et exerce son ministère à Sonkokni (Yong-in, Kyŏnggi), à quelques kilomètres de Seoul. S’il vit caché, au moins il est certain de ne pas retourner en Chine.

Dans les mêmes circonstances où fut arrêté Mgr Berneux et le père Ranfer de Bretenières, suite à une dénonciation, Henri est arrêté à son tour le 27 février et emprisonné.

L’évêque et les prêtres sont torturés à coups de rotin sur les jambes et les pieds, on les conduit dans la banlieue de Séoul, où ils sont décapités devant une foule immense, le 7 mars 1866.

Un témoin oculaire dit que le père Dorie avait vraiment une expression angélique. Il avait vingt-six ans, et pas même deux années de sacerdoce.

Lui et les autres Martyrs de ce 7 mars font partie des cent-trois Coréens béatifiés en 1968 et canonisés en 1984. Leur fête commune est au 20 septembre.

 

 

Louis Beaulieu

1840-1866

 

Né le 8 octobre 1840 à Langon (Gironde), Bernard-Louis ne connaîtra pas son père, décédé avant sa naissance. 

Sa toute jeune maman de dix-neuf ans élèvera courageusement son fils de santé délicate, tout en vivant de son petit commerce de fournitures pour routiers. Elle se remarie avec un veuf, père d’une petite fille, pour mieux aider Louis.

Il entre au Petit séminaire de Bordeaux (1849), où il rencontre un missionnaire qui a longtemps séjourné en Chine. Son attrait pour les missions commence là.

Louis entre au Grand séminaire en 1857. Il est très intéressé par les récits qu’il lit des missionnaires. il demandera par quatre fois à son évêque l’autorisation de rejoindre les Missions Etrangères de Paris.

Durant son séjour au séminaire, meurt son meilleur ami, Amélien Virac. Fin 1858, c’est sa mère qui meurt à son tour. Il est accueilli par ses oncle et tante de Langon, Monsieur et Madame Blaize. Ces épreuves le confirment dans sa résolution.

En attendant l’heure de son ordination (car il est encore trop jeune), il enseigne au Petit séminaire. 

En 1863, une pneumonie semble lui faire perdre tout espoir d’être missionnaire, mais l’autorisation épiscopale étant enfin arrivée, il guérit promptement et rejoint Paris au mois d’août ; il est ordonné prêtre en mai 1864.

Dès juillet il s’embarque à Marseille pour l’Extrême-Orient, avec trois autres missionnaires. Mgr Berneux qui les accueille les disperse dans des villages de montagne pour éviter le danger, car la présence d’étrangers en Corée est pour le moment sévèrement interdite et punie de mort.

Louis n’est pas loin du père Dorie ; ils se rencontrent, se confessent, s’encouragent. Ils se déplacent toujours de nuit, et avec leur costume «de deuil». qui couvre leur visage.

Le père Beaulieu apprend vite le coréen, de sorte que l’évêque lui assigne le village de Kwangju, au sud-est de Seoul, mais il n’a pas le temps d’y arriver. Il est arrêté à son tour le 27 février, tandis que l’évêque était déjà arrêté quelques jours avant.

Louis reçoit les mêmes traitements que l’évêque et que les autres Confrères : coups de rotin sur les tibias et les pieds, lacération sur tout le corps avec un pieu pointu.

Ils sont condamnés à mort et exécutés près de Seoul (à Saenamt’ŏ) le 7 mars 1866 : Louis avait à peine plus de vingt-cinq ans, et pas encore deux années de sacerdoce.

Le père Louis Beaulieu fut béatifié parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1968 et canonisé en 1984. Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

 

José Olallo Valdés

1820-1889

 

José était, comme on dit aujourd’hui, “né sous X”. On connaît sa date de naissance : 12 février 1820, et il fut confié à la maison Cuna San José (Maison Saint Joseph) à La Havane un mois après, le 15 mars, jour où il reçut le baptême.

Il vécut dans cette maison jusqu’à sept ans, puis dans celle de la Beneficencia (Bienfaisance), où il se révéla un garçon sérieux et responsable.

A treize-quatorze ans, il entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, dans la communauté de l’hôpital des Saints Felipe et Santiago (Philippe et Jacques), de La Havane.

Bien des obstacles pouvaient s’opposer à sa vie religieuse. Etant orphelin, on pouvait émettre des réserves sur sa filiation et ses origines, et lui barrer la route, mais il persévéra humblement, se montra constant dans sa volonté de se consacrer à Dieu. Il fit la profession de religieux hospitalier.

En 1835, on l’envoya dans la communauté de Puerto Príncipe (aujourd’hui Camagüey), à l’hôpital de Saint-Jean-de-Dieu. Là, jusqu’à la fin de sa vie, il se consacrera au soin des malades. En cinquante quatre années, il ne s’absenta qu’une nuit de cet hôpital, et encore pour raisons extérieures à sa volonté.

A vingt-cinq ans, il passa d’aide-infirmier à Infirmier-Chef de l’hôpital, et même devint Supérieur de la communauté en 1856. Il avait trente-six ans.

Il dut affronter bien des difficultés et faire bien des sacrifices, mais il resta toujours droit et courageux. Quand les biens ecclésiastiques furent confisqués par les gouverneurs espagnols libéraux, il poursuivit sa mission consacrée au soin des malades. 

En 1876, mourait le dernier de ses frères de communauté et il restait seul avec lui-même. Malgré tout, il continua jusqu’à la mort de se donner aux autres, fidèle à Dieu, à sa conscience, à sa vocation, à son charisme, humble, obéissant, noble de cœur, respectueux, serviteur, plein d’amour pour les déshérités, pour ses ennemis et ceux qui le jalousaient, sans jamais abandonner ses chers vœux de religion.

Pendant la guerre de Dix ans (1868-1878), il dut céder aux instances des autorités militaires et convertir le centre hospitalier en hôpital pour les soldats, mais il continua énergiquement à accueillir les civils, donnant la préséance aux pauvres et aux faibles, sans aucune distinction de classe sociale ou de race ou d’idéologie ou de religion. Il savait opposer une “douce fermeté” pour venir au secours des blessés de la guerre, quels qu’ils fussent, sans se laisser intimider par les menaces ou les interdictions. Il sut même s’imposer aux autorités militaires en intercédant pour la population de Camagüey qui était en grand danger d’être massacrée.

Il accomplit ainsi jusqu’au bout le quatrième vœu de l’hospitalité, propre aux religieux de Saint-Jean-de-Dieu, assistant les malades et les agonisants, jusqu’au dernier souffle. Son zèle le fit appeler “apôtre de la charité” et “père des pauvres”.

Humblement, il renonça au sacerdoce, même quand l’archevêque le lui proposa, et donna toute sa vie à son ministère de miséricorde. Son zèle le poussa même à devenir à l’occasion médecin et chirurgien, parfaitement autodidacte, sans jamais se départir de son modeste effacement. Tous ceux qui l’ont côtoyé ont pu attester de sa vie parfaitement religieuse, pauvre, chaste et obéissante.

Sa mort, le 7 mars 1889, fut un véritable triomphe de la part de tous ceux qui le connaissaient, et qui l’appelaient tout simplement “Père Olallo”. Sa sainteté fut partout attestée et beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession.

L’héroïcité des vertus fut reconnue en 2006, et un miracle étonnant fut retenu, concernant la guérison d’une petite fille de trois ans, Daniela Cabrera Ramos, en 2008.

José Olallo Valdés a été béatifié en 2008 à Camagüey même. Depuis, il est commémoré au Martyrologe le jour même de sa mort, le 7 mars.

 

 

Leonid Fedorov

1879-1935

 

Né à Saint-Petersbourg le 4 novembre 1879, Leonid Ivanovitch grandit dans la foi orthodoxe.

Orphelin de son père (Ivan), il reçut de sa mère (Lyuba) une excellente éducation chrétienne. Cette femme tenait courageusement le restaurant de son mari.

Leonid était un garçon studieux et de tempérament idéaliste ; il lisait les auteurs français, italiens, allemands. La philosophie hindoue ne l’impressionna que brièvement. Un prêtre aussi vertueux qu’excellent professeur l’aida à se pacifier et, après ses brillantes études secondaires, à entrer à l’Académie Ecclésiastique.

Dans le restaurant de Madame Fedorov, se rencontraient des intellectuels, parmi lesquels le célèbre philosophe Vladimir Soloviev, qui était partisan d’un réel retour de la Chrétienté à l’unité, de la réconciliation de la Russie avec la papauté. Leonid est conquis : la lecture des Pères de l’Eglise l’amène à la conviction de la vérité de l’Eglise universelle (d’après ses propres mots), mais la loi civile russe ne permettait pas à un orthodoxe de devenir catholique.

L’Eglise russe avait pris une telle importance dans la vie quotidienne, que s’en séparer signifiait en même temps renier la Patrie. Les Catholiques de Russie étaient d’origine étrangère, souvent polonaise, et le rite latin était considéré comme purement «romain», tandis que le rite byzantin faisait partie de l’héritage russe.

Leonid voulait avancer : il partit pour l’Italie, avec le pseudonyme de Leonidas Pierre, pour tromper la police tsariste. Il s’arrêta à Lviv (Ukraine), où il obtint du Métropolite catholique de rite oriental une recommandation pour le pape Léon XIII. A Rome, il fit sa profession de foi catholique dans l’église du Gesù, tenue par les Jésuites, il fut reçu par le Pape qui lui donna sa bénédiction, et rejoignit la maison des Jésuites à Anagni, au sud de Rome.

La vie est nouvelle pour lui ; il apprend un style de vie austère, un horaire régulier, il se heurte aussi un peu à l’exubérance italienne. Mais en retour, il leur révèle la Russie, qu’ils ne connaissent pas. 

Persuadé de l’autorité de l’Eglise romaine, il reste passionné par le rite oriental qu’il ne veut pas abandonner. 

En 1905, le Tsar accorde plus de libertés. Mais à Saint-Petersbourg, on refuse l’ouverture d’une chapelle catholique de rite oriental : on pouvait ouvrir des mosquées musulmanes, des pagodes bouddhistes, des temples protestants, toutes les loges maçonniques qu’on voulait et même des églises catholiques de rite latin, mais surtout pas une église catholique de rite oriental !

En 1907, le pape reconnut le rite catholique byzantin-russe. La même année, Leonid s’entend dire que, s’il ne quitte pas immédiatement la maison des Jésuites, il ne pourra jamais rentrer en Russie. Il quitte Anagni et s’installe au Collège de la Propagande à Rome.

Toujours en 1907, il participe au congrès de Velehrad (Moravie), où les participants, spécialistes en questions orientales, voulaient ouvrir la voie de la paix et de l’harmonie entre Ouest et Est, faire la lumière sur les questions controversées, corriger les idées préconçues, rapprocher les plus hostiles, et rétablir une pleine amitié.

On lui confia une mission spéciale auprès des Catholiques grecs-orientaux émigrés aux Etats-Unis, ces fidèles incompris qui passaient souvent à l’Orthodoxie. Leonid plaida pour eux au Saint-Siège et leur obtint une reconnaissance légale.

Sur une nouvelle instance du gouvernement russe, Leonid dut quitter Rome en 1908. Il alla incognito terminer ses études à Fribourg en Suisse, et retourna en 1909 à Saint-Pétersbourg, où sa chère mère était passée au Catholicisme. C’est à cette époque que le métropolitain obtint du pape la juridiction sur les Catholiques russes de rite grec, qui ne pouvaient plus rester sous l’autorité des évêques latins polonais.

C’est finalement à Constantinople que Leonid fut ordonné prêtre en 1911, par l’évêque gréco-catholique de Bulgarie. 

Il participa au deuxième congrès de Velehrad. L’absence de prélats orthodoxes le peina beaucoup. Il écrivit à leur intention que ce congrès était destiné à des hommes d’études, motivés par des pensées religieuses et convaincus que toute dissension est l’œuvre du démon, qu’il faut absolument éliminer.

En 1912, il entre dans un monastère de Bosnie, puis d’Ukraine, prenant le nom de Leontiy, et participe à la célébration de l’Office divin dans le rite byzantin. Sa bonne santé l’aide à s’accommoder à l’austérité ; il s’isole dans la prière et oublie la situation politique. Il en devient même un peu rude envers ses confrères, mais il apprend à se combattre. Un confrère dit qu’il avait une grande douceur dans son langage.

1914 : la guerre commence. Leonid retourne dès que possible à Saint-Pétersbourg, devenue Petrograd. Le gouvernement lui impose l’exil à Tobolsk (Sibérie), parce qu’il a des liens avec les ennemis de la Russie (à cause de ses voyages à l’étranger). Leonid loue une chambre et trouve un petit emploi dans le gouvernement local. Il est atteint d’une violente fièvre rhumatismale. Le métropolitain est aussi exilé.

1917 : Le Tsar abdique et le gouvernement provisoire annule les dispositions précédentes : le métropolite et Leonid sont à nouveau libres ; il faut réorganiser l’Eglise. Leonid est nommé exarque du métropolite, tout en refusant la consécration épiscopale (mais le bruit courut qu’il fut consacré évêque clandestinement, et qu’on a même retrouvé une photographie de lui en habits épiscopaux).

Mais alors les Bolcheviks décident la révolution. Ce seront cinq années de terribles persécutions. 

En 1918, meurt Madame Fedorov. Leonid rencontre alors un professeur d’université, Mademoiselle Danzas, récemment passée au catholicisme, qui l’aidera de toutes ses forces.

Début 1919, Leonid écrit : C’est un miracle de la bonté divine que je suis encore en vie… La population fuit de toutes parts pour éviter le froid et la faim. Il exerce son ministère à Petrograd, à Moscou, à Saratov. S’il gagne des âmes, il estime que deux mille âmes de son troupeau ont quitté la Russie, ou sont mortes. Ce qui attire à lui, c’est sa manière de célébrer, de confesser.

En 1921, outre les événements politiques, une famine fit quelque cinq millions de morts. Le Saint-Siège organisa des secours qui sauvèrent des milliers de Russes. Leonid se lia d’amitié avec le père jésuite chargé de cette œuvre, le père Walsh.

Des suppliques venant des autorités catholiques et orthodoxes furent présentées au gouvernement, les deux confessions se soutinrent d’une façon jamais vue dans l’histoire de la Russie. Le père Leonid rédigea une prière que pouvaient utiliser aussi bien les Catholiques que les Orthodoxes.

Mais la persécution s’intensifiait. L’athéisme s’enseignait dans les écoles ; les prêtres ne pouvaient plus enseigner. On confisquait tous les biens de l’Eglise, sous prétexte d’acheter des vivres. Toutes les églises catholiques furent fermées.

Début 1923, Leonid fut convoqué avec d’autres membres du clergé à Petrograd, pour comparaître devant la Haute Cour Révolutionnaire. Il fut accusé de s’opposer au décret de main-mise sur les objets précieux des églises, d’avoir des relations criminelles avec les pays étrangers, d’enseigner la religion à des mineurs et d’avoir encouragé la propagande contre-révolutionnaire. Le procès fut violent. Le procureur déclara qu’il fallait punir le père Leonid non seulement pour ce qu’il avait fait, mais pour ce qu’il pourrait faire encore, et demanda la peine de mort.

Finalement il reçut dix années de prison. Il eut cependant le loisir d’y écrire deux catéchismes en russe, de maintenir une correspondance active avec ses fidèles. Dans la prison, il y avait deux évêques et une vingtaine de prêtres orthodoxes, avec lesquels il avait d’excellentes relations.

Mais en 1923, il fut mis dans une prison plus sévère, dans un régime de complet isolement. En 1926, une généreuse dame de la Croix-Rouge obtint sa libération, mais il fut arrêté de nouveau et envoyé pour trois années d’internement sur les iles Solovki, tout au nord de la Russie européenne.

Le monastère qui s’y trouvait depuis le 15e siècle, avait été transformé en une vaste prison, où arriva Leonid en octobre 1926. Le climat y est très humide et froid. Chaque matin, les prisonniers étaient envoyés dans les forêts comme bûcherons. 

Les Catholiques eurent la permission d’utiliser une vieille chapelle, à trente minutes de la prison où, à partir de l’été 1927, ils purent célébrer la messe les dimanches, alternant les rites latin et byzantin.

Dès que Leonid avait un moment, on se réunissait spontanément autour de lui, pour entendre sa parole douce et simple. Si un prisonnier était en détresse, il accourait pour lui remonter le moral ; s’il recevait quelque chose, il le partageait avec les autres.

En novembre 1928, la chapelle fut fermée. Leonid déclara qu’il fallait à tout prix célébrer le Saint Sacrifice quotidiennement, parce que c’était probablement, disait-il, les uniques liturgies qui se célébraient en Russie par les prêtres catholiques. 

A partir du printemps 1929, sa santé déclina beaucoup. Il fut admis à l’hôpital du camp. Sa peine expirait à la fin de l’été, mais il dut rester exilé. Il demeura dans le Grand Nord, à Pinega, au milieu des mineurs, où il enseignait le catéchisme aux jeunes, puis à Poltava (Ukraine). En 1934, il gagna Viatka, chez un employé de chemin de fer.

En février 1935, une violente et constante toux l’épuisa. Il rendit son âme à Dieu à cinquante-six ans, le 7 mars.

Ce martyr de l’unité de l’Eglise et de l’infaillibilité pontificale a été béatifié en 2001.

 

 

Manuel Vilchez Montalvo

1889-1937

 

Manuel Vilchez Montalvo naquit le 5 juin (juillet ?) 1889 à Moreda (Grenade, Espagne).

Il fréquenta le séminaire de Saint-Torquat à Guadix.

En 1914, il fut ordonné prêtre et exerça son apostolat à Baza, Castril, Guadix (comme maître de cérémonies) et enfin comme curé à Iznalloz en 1924, pendant treize années.

Son église fut assiégée et attaquée bien avant l’éclatement de la guerre civile, dès le 29 avril 1936. Aussi vint-il se réfugier chez son frère à Moreda.

A peine eut-il quitté sa famille, le 7 mars 1937, qu’il fut abattu au lieu-dit Sierra Nevada.

Manuel Vilchez Montalvo devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 7 mars.

 

 

Maisam Pho Inpèng

1934-1970

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Maisam Pho Inpèng naquit en 1934 à Sam Neua (Houaphan, Laos).

Marié, il reçut le baptême dans le vicariat apostolique de Vientiane.

Le 7 mars 1970, il reçut la palme du martyre à Den Din (Vientiane, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Luc Sy

1938-1970

 

Luc Sy naquit en 1938 à Ban Pha Hôk (Xieng Khouang, Laos), un village de la minorité kmhmu’.

Lors de son baptême (1951), il reçut les noms de Luc et Marie.

De 1953 à 1957, il fut élève au Petit Séminaire de Paksane, où sa timidité ne put dissimuler qu’il était très travailleur.

En 1958, il fut contraint de rejoindre une école d’Etat, tout en restant en contact avec le père Jean Wauthier (v. 16 décembre).

En 1961, il fut enrôlé dans l’armée et deviendra caporal. Il sera démobilisé en 1967, à la suite de ses blessures.

Catéchiste dans la mission de Paksé, à Nong Sim, il épousa une jeune veuve qui avait déjà deux enfants ; ils eurent ensuite une fille.

En 1969, il rejoignit le Centre pastoral de Hong Kha à Vientiane et fut catéchiste pour ce vicariat apostolique, se donnant entièrement à la minorité kmhmu’, désormais privée de prêtre. Cette même année, il devint un membre très actif du récent Institut séculier Voluntas Dei. Chaque mois, il envoyait un rapport sur son activité : prières, visites et soins aux malades, baptêmes des enfants, parcourant en tous sens les montagnes, risquant sa vie à tout moment, s’occupant indifféremment des Chrétiens et des non-Chrétiens. Tout le monde l’aimait.

En janvier 1970, il fut envoyé par l’évêque dans la région de Vang Vieng, où se trouvaient de nombreux réfugiés. Le 4 mars 1970, il assista le diacre (et futur évêque) Louis-Marie Ling dans une retraite, et ils repartirent le lendemain.

Le samedi 7 mars 1970, dénoncés, ils tombèrent dans une embuscade où Luc reçut la palme du martyre, à Den Din (Vientiane, Laos). C’était la veille du dimanche de Laetare.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 00:00

 

06 MARS

 

II.

S Marcianus, premier évêque à Tortone, martyr.

?

S Victorinus, martyr à Nicomédie.

IV.

S Basile, évêque à Bologne.

Ss Julien et Eubule, martyrs en Chypre.

S Quiriacus, prêtre à Trèves.

S Evagrius, évêque à Constantinople, aussitôt exilé après son élection.

V.

S Claudien, frère de l’évêque Vigile, à Trente.

VI.

S Sezin (Sezni), irlandais (évêque ?) venu en Armorique où il fut abbé.

VII.

S Baldred (Balther), ermite à Bass Rock.

Stes Kineswide et Kineburge, deux sœurs princières, abbesses après leur veuvage,  à Dormancaester.

S Julián, de famille espagnole convertie, évêque à Tolède.

VIII.

S Fridolin, irlandais, fondateur d’abbayes, notamment Säckingen.

S Chrodegang, simultanément premier ministre de Charles Martel et Pépin le Bref, et évêque à Metz ; fondateur d’une abbaye à Gorze ; le premier en Gaule, il fit venir de Rome des chantres pour en établir à Metz le chant et la liturgie.

X.

S Cadroé, irlandais, abbé à Waulsor puis à Metz.

XII.

B Olegario,  simultanément évêque à Barcelone, Tarragone et Tortosa ; patron de Barcelone.

XIII.

S Cyrille, prêtre à Constantinople (où il convertit le sultan), supérieur au Mont-Carmel, mort à quatre-vingt-dix-huit ans.

Ste Rosa de Viterbe, jeune laïque mystique et thaumaturge dans la région de Viterbe  ; son corps est resté sans corruption.

XV.

Ste Colette Boylet, réformatrice des clarisses, à Besançon d’abord ; thaumaturge.

Marcianus de Tortone

† 120

 

Marcianus aurait été amené à la foi chrétienne par s.Barnabé (v. 11 juin) et instruit ultérieurement dans cette foi par s.Syrus, l’évêque de Pavie (v. 9 décembre).

Il devint le premier évêque de Tortone (Piémont, Italie NW, bien distincte de Cortone, Italie C).

Fidèle à la foi et à sa charge pastorale, il conduisit beaucoup d’âmes à Dieu, sans céder aux séductions ou aux menaces.

Sapricius finit par l’arrêter, le faire torturer et décapiter.

Ce pouvait être sous Hadrien, en 120.

La difficulté pour nous est que les historiens situent Syrus au quatrième siècle, ce qui devrait faire transférer Marcianus à cette même époque, et ce d’autant plus facilement qu’on ne connaît aucune date sûre de tous les premiers évêques de Tortone.

Ici, on s’en est tenu à la Tradition.

Saint Marcianus de Tortone est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quiriacus de Trèves

† 4e siècle

 

Quiriacus serait né en Aquitaine et aurait gagné avec Maximinus la ville de Trèves (Rhénanie, Germanie).

Là il reçut le sacrement de l’Ordre. Mais il ne fut pas évêque.

Il avait une préférence marquée pour visiter les tombes des Saints, de nuit, et de s’y recueillir.

Des envieux se permirent de le calomnier, mais Quiriacus eut la grâce d’être défendu par un Ange, qui proclama son innocence.

Des miracles se produisirent à son tombeau, à Trèves. En particulier, le petit-fils de Pépin le Bref y guérit (768).

Saint Quiriacus de Trèves est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victorinus de Nicomédie

† 303

 

Victorinus fut un martyr à Nicomédie (Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW).

Ce qu’on disait de lui était qu’après bien des tourments, il avait pour compagnons de prison, pendant trois années, Victor, Claudianus et son épouse Bassa. 

Ils seraient tous morts en prison.

D’après ces petits détails, ils n’appartiennent donc pas au groupe des mille-trois martyrs de Nicomédie, qui périrent en 303 dans l’incendie de leur église, et fêtés soit le 25 décembre, soit le 7 mars. Mais on pourrait facilement les situer à cette même époque, où la persécution de Dioclétien fut intense dans cette ville.

Saint Victorinus de Nicomédie, seul, est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evagrius de Constantinople

† 380

 

En 370, les évêques ariens réussirent à nommer Demophilus pour succéder à Eudoxius sur le siège de Constantinople. Mais les évêques fidèles au concile de Nicée (325), qui avaient condamné Arius, nommèrent à ce siège Evagrius.

Celui-ci cependant, fut très vite exilé par l’empereur Valens.

Certains avancent qu’en 379, l’empereur Théodose renvoya Demophilus et rappela Evagrius.

Ce fut de toutes façons pour peu de mois, car Evagrius mourut en 380.

Son successeur fut s.Grégoire de Nazianze (v. 25 janvier).

Saint Evagrius de Constantinople est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

Julián de Tolède

642-690

 

Julián naquit vers 642 à Tolède de parents chrétiens, mais issus du judaïsme.

Il reçut le baptême et sa première instruction chrétienne de l’évêque Eugenio, métropolitain de cette importante ville, lui-même très instruit, qui aida Julián et son grand ami Gudila à acquérir une science immense en tous les domaines biblique, théologique, philosophique, poétique, et même en écriture latine et grecque.

Gudila était diacre, et aurait désiré, ainsi que Julián se retirer dans quelque solitude, mais l’évêque les établit plutôt comme catéchistes et prédicateurs. Gudila cependant mourut, et Julián fut promu au diaconat, puis au sacerdoce.

En 680, il fut appelé à succéder à l’évêque Quiricius sur le siège de Tolède.

La même année, le roi wisigoth Wamba fut détrôné et empoisonné ; on dit que Julián aurait «participé» à la conjuration ; peut-être se contenta-t-il de couper les cheveux à son roi, qui se retirait ainsi dans un monastère de Burgos (où il devait mourir en 688).

En 681, 683, 684 et 688, Julián présida quatre des dix-huit conciles nationaux qui se déroulèrent à Tolède. En 681, il y eut des lois restrictives contre les Juifs ; en 683, furent réhabilités les conjurateurs du roi Wamba ; en 684, furent reconnues les décisions du 3e concile de Constantinople, contre le monothélisme ; le concile de 688 eut des préoccupations plutôt politiques.

On a parfois prétendu que les lois contre les Juifs furent édictées par Julián, ce qui n’est pas exact ; celles de 681 ont pu justement être mitigées par l’action et la présence de Julián qui, on s’en souvient, descendait d’une ancienne famille juive : la plus sévère de ces lois fut publiée après la mort de Julián.

Julián fut un écrivain fécond, sur la liturgie, l’Ecriture, l’histoire, la christologie (dont certaines formules semblèrent même suspectes aux théologiens romains et contre lesquels il dut se défendre dans une Apologétique). Il est particulièrement connu pour son Prognosticum futuri sæculi, le premier ouvrage à traiter de façon systématique de la mort et de l’eschatologie chrétienne. Certaines de ses œuvres sont perdues, d’autres restent encore inédites aujourd’hui.

Pour son savoir encyclopédique et son action pastorale, on l’a comparé à s.Isidore de Séville (v. 4 avril), son quasi-contemporain.

Saint Julián de Tolède est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chrodegang de Metz

712-766

 

Le nom latin de Chrodegang, Chrodegangus a abouti à plusieurs formes : Chrotgandus, Grodegangus, Ratgangus, avec leurs équivalents en français : Godegrand, Gundigran, Ratgang, Rodigang, Sirigang… 

Notre personnage naquit vers 712 à ou près de Liège (Gaule Belgique), de Sigramm et Landrada. Par sa mère, il serait un des ancêtres des Capétiens.

Après sa formation à l’abbaye de Saint-Trond, il fut envoyé à la cour de Charles Martel, où il devint en 737 référendaire (chancelier) et Premier ministre.

Chrodegang n’était pas un homme de cour ; s’il y vivait, c’était en maintenant une grande discipline sur sa personne, vêtu simplement, pratiquant secrètement des veilles de prière et des jeûnes et se montrant généreux dans ses aumônes pour les malheureux.

Pépin, dit le Bref (parce qu’il était petit de taille), fut maire du palais de 741 à 751, et allait être couronné roi en 751. Il accepta bien volontiers l’élection de Chrodegang au siège épiscopal de Metz, mais à la condition qu’il restât en même temps Premier ministre.

Chrodegang fut sacré évêque en 742. Comme convenu, il maintint ses fonctions à la cour, en même temps qu’il administrait très sagement son diocèse. Il releva le niveau de son clergé, donna à ses chanoines une règle, construisit le cloître de la cathédrale ainsi que deus églises dédies aux apôtres s.Pierre et s.Paul (v. 29 juin), et surtout, vers 747, la célèbre abbaye bénédictine de Gorze, tandis qu’il contribua grandement au développement de celles de Saint-Avold et Lorsch (Lauresheim), dont il va être question un peu plus tard.

Notons au passage que l’abbaye Saint-Avold devait son nom à une déformation de s.Nabor (v. 12 juillet), dédiée primitivement à s.Hilaire (v. 13 janvier). Celle de Lorsch fut fondée par sa mère et son cousin ; il n’en reste que… le portail, tout ayant été la proie des flammes lors de la retraite des Espagnols en 1621. 

En 753, Chrodegang fut officiellement chargé de négocier entre le pape Stéphane II et les Lombards, puis accompagna le pontife jusqu’à Paris pour le mettre en sûreté. Ce geste protecteur lui valut le pallium.

Chrodegang fut un évêque très actif. Il prit part à cinq conciles régionaux (Verberie, Quierzy-sur-Oise, Verneuil, Compiègne, Attigny, entre 753 et 765). Ce dernier concile réunissait plus de quarante évêques, archevêques et abbés, et était présidé par Chrodegang lui-même.

Une de ses principales dispositions fut d’inviter à Metz des chantres de Rome, pour y implanter les rites liturgiques et le chant grégorien «officiels» ; c’était l’objet du concile de Quierzy.

En 763, le nouveau pape, Paul Ier (v. 28 juin), exprima à son tour sa reconnaissance à Chrodegang pour son activité protectrice envers le pontife romain, en lui accordant d’importantes reliques pour ses abbayes : de s.Gorgon (v. 9 septembre) pour Gorze, de s. Nabor (v. 12 juillet) pour Saint-Avold, de s.Nazaire (v. 28 juillet) pour Lorsch.

Chrodegang mourut le 6 mars 766, après vingt-trois ans d’épiscopat. Ses reliques se trouvèrent à Gorze et à Metz, d’où les révolutionnaires les firent disparaître.

Saint Chrodegang est commémoré le 6 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Olegario de Barcelone

1060-1137

 

Olegario naquit vers 1060 à Barcelone (Espagne) dans une famille illustre. Son père s’sappelait aussi Olegario et servait à la cour du comte de Barcelone. Sa mère, Guilia, descendait d’une famille wisigothe.

A dix ans, l’enfant commença des études parmi les chanoines de la cathédrale. A trente ans, il fut ordonné prêtre et devint bientôt doyen du chapitre.

En 1094, il entra chez les Augustins de Besós, dont il devint le prieur deux ans plus tard, déjà remarqué pour sa prudence et son observance de la règle.

Recherchant plus de solitude, il entendit parler du couvent provençal de Saint-Ruf et le rejoignit. On l’y nomma abbé en 1110.

Mais Barcelone ne l’avait pas oublié et on l’appela à succéder à l’évêque défunt, en 1115. Olegario, informé à temps, se dépêcha de disparaître, mais on le retrouva ; persévérant dans son refus et répétant son indignité pour une telle charge, il reçut du pape l’ordre formel d’accepter ce choix. Olegario fut sacré évêque ; mais ce n’était pas fini.

Au siège de Barcelone s’ajouta aussi celui de Tarragona (1118), qui venait d’être reprise aux Sarrasins ; le pape, non seulement confirma ce choix, mais y ajouta encore l’évêché de Tortosa, dont une partie était encore aux mains des Sarrasins.

En 1119, Olegario participa au concile de Toulouse, puis prêcha au synode de Reims.

Olegario fit le voyage de Rome pour rencontrer le pape Gélase II. A peine revenu dans son «triple diocèse», il dut repartir pour participer à Rome au concile de Latran (1123) : on devait y traiter de questions de la Terre sainte, mais Olegario plaida en faveur de l’Espagne, qu’il fallait libérer aussi de la présence des Sarrasins. Il obtint en effet des subsides, et fut nommé légat papal en Espagne pour veiller aux bon emploi de ces subsides. Il soutint ainsi les offensives de Tortosa et Lleida.

La paix étant pratiquement revenue, Olegario fit le pèlerinage en Terre sainte, passant par la Syrie et l’Egypte, puis débarquant en Provence où il visita son ancien couvent. 

Il participa au concile de Clermont, où il démontra l’illégitimié de l’antipape Anaclet : saint Bernard (v. 20 août), qui y était présent, et saint Bonaventure (v. 15 juillet) apprécièrent ses interventions. Olegario fut le seul évêque espagnol à se prononcer en faveur du pape légitime.

Rentré en Espagne, il joua le rôle de médiateur et rétablit la paix entre les rois Alfonso VII de Castille et Ramiro II d’Aragón.

Il fit reconstruire la ville de Tarragona, qui avait bien souffert des guerres ; il y fonda un hôpital. Il tint encore un synode peu avant de mourir.

Ayant prédit le jour de son décès, il mourut effectivement le 6 mars 1137 et son corps, incorrompu, se trouve dans la cathédrale de Barcelone ; Olegario est le patron de cette ville.

Les nombreux miracles qui se produisirent à son tombeau n’ont toujours pas abouti à une canonisation. Le culte en fut cependant approuvé en 1675. Le bienheureux Olegario est mentionné au 6 mars dans le Martyrologe.

 

 

Rosa de Viterbe

1240-1253

 

À l'époque où Frédéric II d'Allemagne persécutait l'Église et s'emparait des États pontificaux, Dieu suscitait sainte Rose pour la défense de Viterbe, capitale du patrimoine de saint Pierre et du territoire qui appartenait au souverain pontife.

Les noms de Jésus et Marie furent les premiers mots qui sortirent de la bouche de cette candide créature. Elle avait trois ans lorsque Dieu manifesta sa toute-puissance en ressuscitant par son intermédiaire une de ses tantes qu'on portait au cimetière. Lorsqu'elle fut capable de marcher, elle ne sortait que pour aller à l'église ou pour distribuer aux pauvres le pain qu'on lui donnait. Un jour son père la rencontra en chemin et lui demanda d'ouvrir son tablier pour voir ce qu'elle portait. Ô prodige ! Des roses vermeilles apparurent à la place du pain.

Au lieu de s'amuser comme toutes les fillettes de son âge, Rose de Viterbe passait la plus grande partie de son temps en prière devant de saintes images, les mains jointes, immobile et recueillie. À l'âge de sept ans, elle sollicita instamment la permission de vivre seule avec Dieu dans une petite chambre de la maison. La petite recluse s'y livra à une oraison ininterrompue et à des austérités effrayantes qu'elle s'imposait, disait-elle, pour apaiser la colère de Dieu. Entre autres mortifications, sainte Rose marchait toujours les pieds nus et dormait sur la terre.

Dieu lui révéla les châtiments éternels réservés aux pécheurs impénitents. Rose en fut toute bouleversée. La Très Sainte Vierge Marie lui apparut, la consola, la bénit et lui annonça que le Seigneur l'avait choisie pour convertir les pauvres pécheurs. « Il faudra t'armer de courage, continua la Mère de Dieu, tu parcourras des villes pour exhorter les égarés et les ramener dans le chemin du salut. » Une autre vision la fit participer au drame du Calvaire ; dès lors, la soif de sauver les âmes ne la quitta plus. Sa pénitence aussi austère que précoce, réduisit le frêle corps de Rose à un tel état de faiblesse qu'on désespérait de sauver sa vie. La Très Sainte Vierge la visita de nouveau, la guérit miraculeusement et lui dit d'aller visiter l'église de Saint-Jean-Baptiste le lendemain, puis celle de Saint-François où elle prendrait l'habit du Tiers Ordre.

Obéissante à la voix du ciel, elle commença à parcourir les places publiques de la ville de Viterbe vêtue de l'habit de pénitence, pieds nus, un crucifix à la main, exhortant la foule à la pénitence et à la soumission au Saint-Siège. Des miracles éclatants vinrent confirmer l'autorité de sa parole. Instruit de ce qui se passait, le gouverneur impérial de la ville de Viterbe craignit que cette enfant extraordinaire ne détruisît complètement le prestige de l'empereur Frédéric et que l'autorité du pape s'affirmât à nouveau. Il fit comparaître sainte Rose à son tribunal et menaça de la jeter en prison si elle continuait à prêcher. La servante de Dieu lui répondit : « Je parle sur l'ordre d'un Maître plus puissant que vous, je mourrai plutôt que de Lui désobéir. » Sur les instances d'hérétiques obstinés, sainte Rose est finalement chassée de Viterbe avec toute sa famille, en plein cœur de l'hiver.

Peu après, sainte Rose de Viterbe annonça le trépas de l'ennemi de Dieu, Frédéric II d'Allemagne. En effet, il ne tarda pas à expirer étouffé dans son lit. À cette nouvelle, les habitants de Viterbe s'empressèrent de rappeler leur petite Sainte, absente depuis dix-huit mois. Celle que tous regardaient comme la libératrice de la patrie, la consolatrice des affligés et le secours des pauvres fut reçue en triomphe dans sa ville natale, tandis que le pape Innocent IV, ramené à Rome, rentrait en possession de Viterbe.

Sa mission apostolique terminée, sainte Rose songea à réaliser son vœu le plus cher. Elle se présenta au couvent de Sainte-Marie-des-Roses, mais n'y fut pas acceptée, probablement à cause du genre de vie extraordinaire qu'elle avait menée auparavant. Rose vécut donc en recluse dans la maison paternelle, se vouant à la contemplation et aux plus rigoureuses pénitences. Plusieurs jeunes filles dont elle s'était déjà occupée la supplièrent de les prendre sous sa conduite. La demeure de la Sainte devint un véritable couvent où des âmes généreuses se livrèrent à l'exercice des plus sublimes vertus.

L'élue de Dieu avait dix-sept ans et six mois lorsque le divin Jardinier vint cueillir sa Rose tout épanouie pour le ciel, le 6 mars 1252. 

À l'heure de son glorieux trépas, les cloches sonnèrent d'elles-mêmes. Sainte Rose de Viterbe apparut au souverain pontife pour lui demander de transporter son corps au monastère de Sainte-Marie-des-Roses, translation qui eut lieu six mois après sa mort. À cette occasion, son corps fut trouvé intact. Il se conserve encore, au même endroit, dans toute sa fraîcheur et sa flexibilité. D'innombrables miracles ont illustré son tombeau.

Sainte Rose a été canonisée en 1457.

À Viterbe, elle est fêtée le 4 septembre, jour de la translation de son corps. 

 

 

Colette Boylet

1381-1447

 

Cette grande thaumaturge naquit à Corbie (Somme), de Robert, charpentier. Lui et son épouse avaient longtemps prié saint Nicolas de guérir la stérilité de la maman, c’est pourquoi leur fille reçut le prénom de Colette, abréviation de Nicolette. On dit que la vie de Colette ne fut qu’une suite de miracles, mais il n’y eut pas que ces signes extraordinaires : Colette était une âme de vie intérieure intense, et souffrit beaucoup pour réformer la vie monacale.

Encore jeune, Colette se délectait à entendre l’office des bénédictins, la grand-messe, et aurait bien voulu aller aussi aux heures nocturnes. Elle en eut la permission aux grandes fêtes, puis un vieil ami l’accompagna pendant un temps.

Elle perdit ses parents à dix-huit ans, et fut aidée par l’abbé de Corbie, Raoul de Roye, ainsi que par son directeur spirituel, le père Bassand. Colette voulait une vie religieuse entière, vraiment donnée à Dieu, mais l’abbé Raoul n’y consentit pas tout de suite ; après quelques essais parmi les béguines puis parmi les bénédictines, Colette obtint le statut de recluse : avec l’assentiment de son nouveau directeur, le père Pinet, elle s’isola dans la solitude complète, entre deux contreforts de l’église paroissiale, dans une vie d’austère pénitence. Elle avait vingt-et-un ans passés. Mais sa solitude ne dura guère : on venait la consulter, solliciter ses prières ; le démon aussi vint la tenter. Mais une vision la marqua : celle de François et de Claire d’Assise, qui la pressaient d’intervenir pour réformer leur ordre : François et Claire d’Assise étaient morts respectivement en 1226 et 1253, et la règle rigoureuse initiale avait déjà été mitigée (voir aux 4 octobre et 11 août). Colette restait perplexe…

Dans le même temps, en Avignon, un bon père franciscain était divinement averti de se rendre “dans le nord de la France, à Corbie, pour être le guide et le soutien d’une jeune fille à qui Dieu donnait une grande mission”. C’était Henry de La Baume. Ils obtinrent du pape d’Avignon la dispense du vœu de reclusage, et Colette sortit de sa cellule.

Rappelons ici que ce pape d’Avignon, Benoît XIII (Pedro di Luna), n’avait pas encore été déposé. Une fois déposé, il ne voulut rien entendre et s’isola complètement, jusqu’à sa mort, six ans après l’élection du pape unique, Martin V, qui ainsi mit fin au schisme d’Occident.

Il ne faut pas s’étonner de cette intervention d’un antipape dans la vie de l’Eglise et dans la mission de Colette. On était en plein schisme d’occident ; deux papes s’affrontaient ; c’était le désarroi partout en France et en Italie ; même saint Vincent Ferrier (v. 5 avril) pensait sincèrement que Benoît XIII était le pape légitime. En l’occurence, ce dernier agit malgré tout sagement : il reconnut l’authenticité de la mission de Colette, l’autorisa à embrasser la règle des Clarisses, et l’établissait réformatrice de l’ordre de sainte Claire, et abbesse générale de tous les monastères qu’elle fonderait. En même temps il autorisait Colette à se choisir un confesseur, qui aurait du même coup le pouvoir d’admettre à la profession de la règle primitive les frères mineurs qui le désireraient.

La première fondation de Colette, fut le couvent des Clarisses à Besançon, où elle séjourna longtemps, avant d’aller fonder à Poligny, plus tard à Gand puis enfin à Corbie, sa ville natale. La réforme gagna maintes parties de France et d’Espagne.

Colette rencontra saint Vincent Ferrier, rallié maintenant au pape de Rome, et tous deux allèrent à Rome solliciter du pape légitime la confirmation des décisions de Benoît XIII. De retour à Besançon, elle y rencontra aussi saint Jean de Capistran (v. 23 octobre). 

On a dit que la vie de Colette était une suite de miracles. Déjà dans son enfance, elle obtint un accroissement subit de sa taille, pour consoler son papa qui s’affligeait de ne pas la voir grandir assez ; à Besançon, elle obtint la guérison d’une malade atteinte de douleurs intolérables ; elle obtint à plus de cent enfants mort-nés la grâce de revivre assez pour recevoir le baptême. Les miracles furent encore plus nombreux après sa mort. Colette eut des visions, des dons d’introspection, de prophétie.

Colette mourut en 1447, comme elle l’avait annoncé peu de temps avant. C'était à Gand, le lundi 6 mars, jour où elle est commémorée au Martyrologe. Elle a été canonisée en 1807.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 00:00

 

05 MARS

 

II.

Ste Olive, vierge à Brescia et martyre.

S Théophile, évêque à Césarée de Palestine, fervent partisan de l’usage romain pour la date de Pâques.

?

Ss Conon et Maria, époux demeurés dans la continence, à Bida ; Conon était thaumaturge.

S Euloge, martyr en Palestine pour avoir converti bon nombre de Sarrasins.

III.

S Conon, jardinier venu de Galilée à Magudo et martyr ; lors de son jugement, il avoua : “Je suis de Nazareth en Galilée, ma famille est celle du Christ que je sers depuis mon enfance et que je reconnais comme le Dieu suprême.”

S Lucius I, pape (253-254), probablement pas martyr.

S Lupercule, martyr à Eauze (premier évêque ?).

IV.

S Phocas, jardinier et martyr près de Sinope ; il hébergea ses bourreaux qui le recherchaient, avant de se livrer à eux et de les encourager à accomplir leur devoir.

S Adrianus, venu de Batanée, martyr à Césarée de Palestine, mis en pièces par un lion.

V.

S Eusèbe de Crémone, disciple de s. Jérôme, qu’il défendit en face de Rufin.

S Gerasimos, abbé un moment trompé par l’eutychianisme ; il fonda près du Jourdain une communauté qui tenait à la fois du cénobitisme et de l’érémitisme ; il avait soigné la patte blessée d’un lion qui, apprivoisé, se laissa mourir de faim sur la tombe de son maître. 

VI.

S Grégoire, évêque à Constance en Chypre.

S Kieran, premier évêque à Saighir.

VII.

S Virgilius, moine à Lérins, abbé à Autun, évêque à Arles ; il sacra évêque s.Augustin de Cantorbury.

S Drausin, évêque à Soissons.

VIII.

S Clément, abbé à Syracuse.

XV.

B Cristoforo Macassoli, prêtre franciscain en Lombardie, consulté par des milliers de fidèles.

XVII.

B Ion Kostistik (Geremia de Valacchia), roumain, frère capucin à Naples, béatifié en 1983.

XVIII.

S Carlo Gaetano Calosirto (Giovanni Giuseppe de la Croix), franciscain (des Observants déchaussés), à Naples et Pedimonte, mystique.

XX.

B Lazër Shantoja (1892-1945), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Theophilos de Césarée Maritime

† 195

 

Theophilos fut évêque à Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), au deuxième siècle.

La polémique sur le dogme de la sainte Trinité n’était pas encore à l’ordre du jour, mais une autre avait déjà été soulevée, quarante ans avant Theophilos : la date de Pâques.

Déjà du temps de s.Polycarpe et du pape s.Anicet (v. 23 février et 20 avril), on n’était pas arrivé à un accord. Même les Saints ont des avis différents, mais Polycarpe et Anicet restèrent profondément unis dans une sainte et respectueuse amitié.

En Asie mineure, les chrétiens suivaient, disaient-ils, une coutume qui remontait à l’apôtre saint Jean, à savoir qu’il fallait célébrer la fête de Pâques le quatorzième jour de la lune de printemps, comme le font les Juifs pour immoler l’agneau pascal.

L’Eglise romaine, tout l’Occident et grande partie des Eglises orientales, au contraire, ont depuis longtemps établi que Pâques doit être célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune de printemps, de sorte que l’on peut toujours commémorer la Dernière Cène un jeudi, la mort du Christ un vendredi, l’attente autour du tombeau un samedi, et la résurrection dès minuit du «premier jour de la semaine», le dimanche pour les Chrétiens.

Quand le pape s.Victor (v. 28 juillet) chercha à uniformiser cette date pour l’ensemble de la chrétienté, Theophilos fut un des évêques orientaux les plus décidés à soutenir cet effort. Une assemblée d’évêques réunis en Palestine, proclama que la façon romaine d’établir la date de Pâques était une tradition apostolique.

On ne connaît rien de plus sur notre saint évêque.

Il mourut vers 195.

Saint Theophilos de Césarée de Palestine (ou Maritime) est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Conon de Pamphylie

† 250

 

Il y avait deux Conon aux 5 et 6 mars de l’ancien Martyrologe ; le premier a maintenant été remplacé par le second. Voici les traditions les concernant : 

1. Conon de Bida (Isaurie, auj. Turquie SW) vivait en pleine continence avec Maria, qu’il avait épousée sur les conseils de son père Nestor. Il gagna au Christ de nombreuses personnes, dont son propre père qui souffrit ensuite le martyre. Conon avait une grande réputation d’exorciste et guérissait les maladies. Il était donc, comme on l’a dit, fêté le 5 mars.

2. Conon de Pamphylie, originaire de Galilée, s’installa à Magudo où il cultivait son petit jardin. Le préfet Publius étant venu dans cette ville, se fit amener toute la population. Conon, qui était âgé, n’était pas venu ; on alla le chercher pour le présenter à Publius. A la triple question de savoir quels étaient son pays, sa famille et son nom, il répondit : Je suis de Nazareth en Galilée, ma famille est celle du Christ que je sers depuis mon enfance et que je reconnais comme le Dieu suprême. Publius n’étant pas arrivé à lui faire adorer les dieux païens, lui fit planter des clous sous les pieds et lui ordonna de courir devant son char. Le pauvre Conon commença son calvaire en proférant le verset du psaume : J’espérais Yahvé d’un grand espoir, il s’est penché vers moi (Ps 39:2). A bout de forces, il tomba à genoux en disant : Seigneur, reçois mon âme.

Il mourut vers 250.

Saint Conon de Pamphylie est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucius 1er

253-254

 

Suivant deux sources assez autorisées, Lucius aurait eu pour père soit Porphyrius, soit Licinius, et serait né à Lucques en Toscane (Italie).

Ayant appartenu au clergé romain, il fut désigné pour succéder à saint Corneille (v. 16 septembre), comme vingt-deuxième pape.

Il fut presque aussitôt envoyé en exil par l’empereur Gallus, favorable aux hérétiques novatiens. Les novatiens, du nom de l’hérésiarque Novat, prétendaient réadmettre à la communion sans pénitence les lapsi, chrétiens qui avaient apostasié durant la persécution.

Il revint sous l’empereur Valérien, favorable aux chrétiens. Son retour à Rome fut accueilli par les fidèles enthousiastes.

Lucius mourut en paix, le 5 mars 254. Son exil lui valut longtemps le titre de martyr, qui signifie «témoin», mais il ne mourut pas de mort violente.

Son successeur fut saint Etienne 1er.

Il est possible que des reliques de saint Lucius furent données au Danemark, ce qui expliquerait que plusieurs églises de ce pays soient dédiées au saint pape Lucius.

 

 

Phocas le jardinier

† 303

 

Sur s.Phocas, les avis ne sont pas concordants, quoique les légendes pourraient sans doute s’accorder.

Phocas, donc, naquit à Sinope (auj. Sinop, Turquie N) de Pamphilios et Maria.

Peu après son baptême, il reçut la grâce d’accomplir des miracles et amena beaucoup de païens au Christ.

Il était jardinier, disent les uns ; il fut appelé à devenir évêque, disent les autres. Mais y a-t-il un inconvénient à ce qu’un évêque s’occupe de son jardin et qu’il vive du fruit de sa culture ? S.Paul dit bien clairement que Si quelqu’un ne veut travailler, qu’il ne mange pas non plus (2 Th 3:10).

Ses récoltes étaient apparemment suffisantes pour nourrir aussi les pauvres, à moins qu’il ait eu le don de la multiplication des pains et des légumes.

Un soir, Phocas eut la révélation qu’il allait boire à la coupe du Seigneur. En effet, des soldats se présentèrent, qui cherchaient un certain Phocas. 

Phocas commença par les recevoir très amicalement, leur offrit le repas et les installa pour la nuit. Ensuite il creusa sa tombe. Au matin, il révéla son identité aux soldats qui, frappés de sa bonté, voulaient repartir et dire à leur chef qu’ils n’avaient pas trouvé Phocas, mais Phocas insista, leur démontrant qu’ils avaient tout intérêt à obéir à leur chef.

Les soldats alors le décapitèrent et l’enterrèrent dans la tombe toute prête. Ce pouvait être en 303.

Dans une autre version, Phocas est présenté au gouverneur Africanus qui, ayant blasphémé le nom du Christ et fait torturer Phocas, mourut brusquement dans un tremblement de terre. L’épouse du gouverneur supplia Phocas, qui le ressuscita.

Le fait fut rapporté à l’empereur qui, irrité au plus haut point, se fit amener Phocas, le fit écorcher vif et précipiter dans un bain d’eau brûlante, où mourut Phocas.

De nombreux miracles eurent lieu encore après la mort de Phocas.

Par allusion à son nom (qui signifie phoque en grec), les marins ont coutume, dit-on, de mettre de côté la portion de s.Phocas, consistant en une portion de nourriture vendue à un passager ; le prix en est remis au capitaine qui, au port, remet l’argent aux pauvres en action de grâce pour être rentré sain et sauf avec son équipage. 

La bonté de Phocas peut certainement expliquer l’immense culte qu’on lui voua. Mais s’il fut si célèbre, on s’étonne qu’il n’y ait aucun témoignage plus solide, de la part de ses diocésains, au sujet de son épiscopat et même qu’on ait laissé sa tombe dans son jardin, sans aucune cérémonie.

Saint Phocas le jardinier est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adrianos de Batanée

† 308

 

Adrianus vivait, comme son ami Eubulius, à Batanée (auj. Al-Bathaniya, Syrie S). 

Ils étaient chrétiens ; entendant parler des martyrs qui étaient morts pour la foi à Césarée de Palestine, ils voulurent venir les vénérer et se présentèrent aux portes de la ville.

On les contrôla, on les questionna : ingénument, ils exposèrent le but de leur voyage et furent immédiatement présentés au gouverneur.

Celui-ci, Firmilien, les fit aussitôt torturer et exposer aux bêtes. 

Les fêtes célébrant la Fortune commençaient le 5 mars.

Adrianus subit son supplice dès le 5 mars ; mis en pièces par un lion, il fut égorgé. Son ami eut le même sort, mais deux jours plus tard, en 308.

Seul saint Adrianus de Batanée est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

Gerasimos du Jourdain

† 475

 

Gerasimos naquit au 5e siècle en Lycie (act. Turquie d’Asie, S) de parents assez aisés.

Il fut consacré à Dieu dès son berceau. Jeune encore, il partit pour la région d’Egypte qu’on appelle la Thébaïde, où vivaient beaucoup d’ermites, et, après cette première expérience, revint dans sa province d’origine.

Vers 451, il vint à Jérusalem, où il vénéra les Lieux Saints et se fixa dans le désert proche de la Mer Morte.

Or à cette époque, un certain moine d’Egypte nommé Théodose, créa pas mal de désordres par son attachement à la doctrine d’Eutychès : expulsé d’Alexandrie, installé en Palestine, soutenu par l’impératrice détrônée Eudoxie, il avait réussi à se faire sacrer évêque de Jérusalem, en lieu et place du légitime Juvénal. Gerasimos, qui n’avait pas encore une grande formation théologique, fut gagné par la parole vigoureuse de l’hérétique. Par bonheur, après avoir rencontré Euthyme, un saint et savant moine, il comprit son erreur, et résolut de quitter la région.

Vers 455 donc, il se transporta plus haut le long du Jourdain et fonda une laure, où il essaya de concilier la vie érémitique et cénobitique. Qu’on en juge.

Les disciples habiteraient des cellules assez éloignées l’une de l’autre pour ne pas se gêner en priant ou en chantant, autour d’un bâtiment central où se trouvait l’église et le noviciat. Les novices suivaient la Règle de Théodose le Cénobiarque (v. 11 janvier) ; une fois formés, les moines habitaient l’une des soixante-dix cellules prévues pour eux : elles s’adossaient à des grottes et étaient recouvertes de branches. 

Les moines pouvaient prier et chanter à haute voix, du lundi au vendredi, organisant eux-mêmes leur prière et leur travail manuel ; le samedi, ils quittaient leur cellule, la laissant ouverte pour que les passants pussent observer leur pauvreté ; ils gagnaient le bâtiment central, chantaient ensemble l’office à l’église et assistaient à la liturgie le dimanche : ces deux jours, ils mangeaient des aliments cuits et prenaient un peu de vin dans un réfectoire commun ; le soir ils dormaient dans un grand dortoir. 

Ces deux jours-là, ils rendaient compte à l’higoumène (supérieur) de leur emploi du temps ; ils faisaient alors provision d’eau et de palmes et regagnaient leurs cellules. Défense d’allumer du feu ou une lampe dans la cellule, sous peine de regagner le bâtiment des novices.

L’amitié entre Gerasimos et Euthyme perdura. Le témoin oculaire qui écrivit la Vita de Gerasimos, Quiriacos (v. 29 septembre), raconte que le 19 janvier 473, Gerasimos vint le trouver à la cuisine et lui enjoignit de l’accompagner immédiatement : il venait d’apprendre par quelque signe surnaturel qu’Euthyme allait mourir et voulait l’assister.

Le même Quiriacos nous raconte une histoire vraiment touchante, illustrant la sainteté de notre héros. Durant une de ses sorties sur les bords du Jourdain, un lion s’approcha de lui, traînant la patte et gémissant de douleur. Gerasimos lui retira «l’épine du pied», au sens propre de l’expression, et soigna la plaie. Réconforté et reconnaissant, le lion suivit Gerasimos jusqu’à sa cellule et devint à sa façon un frère fidèle : on lui confia la garde de l’âne du monastère et il devait le conduire au pâturage. Un jour, le lion rentra tout honteux, tête basse : l’âne avait disparu ! On crut que la pauvre bête avait cédé à son instinct naturel et, dans sa faim, avait dévoré son compagnon ; pour le «punir», on le chargea de remplacer l’âne et de traîner le charriot du bois et de l’eau. Mais un jour, le lion aperçut une petite caravane de chameaux suivis par son cher compagnon, qu’en fait on lui avait volé. Il se précipita, et tira l’âne par la longe, mettant ainsi en fuite le chamelier voleur, et tirant derrière lui les chameaux et leur chargement. On admira alors la probité du lion. Quiriacos ne nous dit pas quel nom les moines donnèrent à leur cher compagnon fidèle.

Lorsque Gerasimos mourut, le 5 mars 475, le pauvre lion fut inconsolable et se laissa mourir sur la tombe de son maître.

Saint Gerasimos est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kieran de Saighir

456-530

 

D’une noble famille d’Ossory ou Osraige (auj. Osraí, Irlande), Kieran passa en Kernow (ou Cornwall, Grande-Bretagne SO), où il fut baptisé en (ou vers) 476. Il pouvait avoir alors une vingtaine d’années.

Son nom s’orthographie aussi Ciarán, Kiernan, Kyran, Kenerin, Kerrier, Queran.

Trois ans après son baptême, il retourna en Irlande, où il rencontra s.Patricius (v. 17 mars) à la cour d’Œngus. Cette rencontre entre les deux apôtres, si elle eut lieu vraiment en 479, obligera les historiens à préciser la date de la mort de Patricius, que l’on fait évoluer entre 461 et 493. Il semble en tout cas inexact et étrange de placer la naissance de Kieran après 500…

Patricius conféra l’ordination épiscopale à Kieran.

Kieran fonda le monastère de Saighir (ou Seirkieran, Irlande C), en même temps qu’il était ainsi le premier évêque d’Ossory.

De nombreux miracles furent attribués à son intercession.

Voulant achever sa vie dans la retraite et la méditation, il revint en Cornouaille et mena la vie d’ermite à Perranzaguloe.

Il mourut vers 530.

Son successeur aurait été Carthag l’Ancien, qui serait mort à son tour un 5 mars, vers 540.

On a fait de Kieran le patron des travailleurs dans les mines.

Actuellement, le Martyrologe Romain mentionne seulement Kieran au 5  mars.

 

 

Virgilius d’Arles

550-610

 

Virgilius aurait été natif d’Aquitaine (de Bourgogne, d’après Grégoire de Tours) vers le milieu du 6e siècle.

Son éducation fut toute chrétienne, et le jeune homme alla frapper au monastère de Lérins.

Sa patience, son innocence, son amour de l’étude, le recommandèrent pour être abbé à Autun, succédant à s.Germain (v. 28 mai).

En 588, il fut nommé évêque d’Arles. L’évêque ne changea rien à son style de vie monacal ; il conserva toujours le cilice sous son habit.

Il fit construire la basilique Saint-Etienne, celle du Saint-Sauveur avec un monastère où s’organisa la laus perennis, c’est-à-dire que les moines devaient se rechanger de façon à maintenir une louange ininterrompue, jour et nuit. C’est pendant la construction de Saint-Sauveur, que les ouvriers furent un moment empêchés par le Démon de dresser les colonnes : Virgilius pria et les colonnes purent être mises à leur place.

Quand la basilique Saint-Etienne fut achevée et que Virgilius devait y officier, un aveugle se fit porter dans le vestibule dès la veille de la cérémonie, espérant ainsi se trouver sûrement sur le passage de Virgilius le lendemain. Virgilius fut touché de cette grande foi : il fit le signe de la Croix sur les yeux malades, qui s’ouvrirent instantanément.

En 591, le pape s.Grégoire Ier (v. 12 mars) l’invita à la prudence au sujet des Juifs : il faut leur parler du Christ et prier pour eux, mais pas les forcer au baptême chrétien tant qu’ils ne le demandent pas eux-mêmes.

Le même pape lui montra sa bienveillance en lui envoyant le pallium, signe de son union avec Rome, et en le nommant son vicaire pour les Gaules, chargé de convoquer des conciles où siégeraient (au moins) douze évêques. C’est en tant que vicaire pontifical que Virgilius sacra évêque s.Augustin de Cantorbury (v. 26 mai), en 597.

En 599, se produisit un douloureux scandale, concernant une certaine Syagrie, religieuse qu’on avait forcée au mariage. Virgilius n’osa pas (ou ne put) s’opposer à cette manœuvre. Successivement, on voit le pape remettre le pallium et conférer à Syagrius d’Autun les pouvoirs qu’il avait précédemmenet accordés à Virgilius. 

En 601, Grégoire Ier rappela à Virgilius de lutter sévèrement contre la simonie.

On a dit parfois que les rapports entre Virgilius et le pape s’étaient refroidis et même tendus à partir de 599. Que le pape ait dû orienter le jugement et l’action de l’archevêque d’Arles, ne signifie pas que ce dernier ait mal reçu cette invitation et se soit rebellé contre l’Autorité apostolique ; s’il l’avait fait, Dieu ne lui aurait pas permis de faire des miracles (autres que ceux signalés plus haut) et l’Eglise ne l’honorerait pas comme elle l’a fait. 

Virgilius mourut vers 610-618, un jour sur lequel les historiens ne sont pas unanimes : 1er octobre ou 5 mars.

Saint Virgilius est commémoré le 5 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cristoforo Macassoli

1415-1485

 

Cristoforo naquit vers 1415 dans la noble famille des Macassoli, à Milan.

A vingt ans, il entra dans la branche franciscaines des Observants.

On dit peu de choses sur lui. Ce fut un excellent prédicateur, un modèle de sainte vie, et un thaumaturge renommé.

Vers 1475, de concert avec l’ami Pacifico Ramati de Cerano (v. 4 juin), il fonda à Vigevano le couvent Notre-Dame des Grâces.

C’est dans ce couvent que Cristoforo mourut, le 5 mars 1485.

Témoignage du culte quasi immédiat qu’on lui rendit, est ce retable de l’église du couvent, daté 1503, où on le voit avec saint Bernard (v. 20 août), entourant la Sainte Vierge.

Le culte du bienheureux Cristoforo Macassoli de Milan fut confirmé en 1899.

 

 

Ion Kostistik

1556-1625

 

C’est la Roumanie qui vit la naissance de ce Religieux, le 29 juin 1556, à Tzazo (Valacchia, Vlahia en roumain).

En grandissant, Ion (Jean) se convainquit que les meilleurs chrétiens étaient en Italie et rêvait d’y aller les rejoindre. Ses parents, les agriculteurs Stoika Kostist et Margherita Barbat, le laissèrent partir en 1575.

Son voyage s’arrêta d’abord à Alba Julia (toujours en Roumanie), où il se mit au service d’un médecin.

Il arriva à Bari en 1578, mais ne trouva pas ce à quoi il s’attendait. Il rejoignit Naples, où il arriva au moment du Carême. Les Capucins le reçurent comme Frère laïc, c’est-à-dire non destiné à recevoir les Ordres sacrés. Giovanni prit le nom de Geremia.

Selon les nécessités, Geremia fut envoyé en divers couvents et se retrouva à Naples en 1584.

Il se vit confier les charges les plus humbles, les plus ingrates, tandis que sa charité le rendait extrêmement populaire parmi les gens les plus pauvres, parce qu’il avait un don tout particulier de compatir aux souffrances des autres.

Il priait sans cesse ; ses prières préférées étaient simplement le Notre Père, et le Salve Regina. 

Il mendiait, quémandait vivres et vêtements pour ces malheureux ; il leur donnait sa portion de repas quotidien, au point qu’on se demandait de quoi il vivait. Quand il n’était pas parmi eux, c’était pour aller voir les malades, dans le couvent ou à l’hôpital, surtout auprès des plus abandonnés, des plus répugnants, des paralytiques, des fous, de ceux pour lesquels il n’y avait plus d’espérance humaine. Il les soulageait avec ses herbes médicinales ; kinésithérapeute avant la lettre, il redonnait de l’agilité aux membres immobiles. 

On lui confia un frère malade, Martino, couvert de plaies répugnantes, abandonné de tous ; il le prit en charge, le lavant jusqu’à dix fois par jour. Il y perdit les forces et la santé et dut changer de couvent. Mais il revint auprès de son frère Martino, ayant reçu de Dieu, disait-il, l’invitation à revenir auprès du malade : il le soigna encore pendant plus de quatre années, pleurant à la mort de son «pauvre frère Martino».

Des personnalités vinrent le trouver, le consulter, lui, l’analphabète, qui ne parlait ni roumain, ni italien, ni napolitain, ou plutôt qui s’exprimait avec un mélange des trois langues.

Ion-Geremia mourut le 5 mars 1625.

Il y eut une telle «prise d’assaut» populaire pour l’approcher, le revoir encore une fois, lui arracher quelque cheveu ou quelque morceau de sa bure comme relique (on dut le rhabiller sept fois !), qu’on dut faire intervenir les soldats, et organiser ses funérailles en secret.

Frère Geremia a été béatifié en 1983.

 

 

Carlo Gaetano Calosirto

1654-1734

 

Carlo Gaetano naquit un jour de l’Assomption, le 15 août 1654, dans le quartier de Ponte à Ischia, du noble Giuseppe et de Laura Gargiulo.

Après avoir fréquenté l’école des pères Augustiniens, il entra à quinze ans chez les Franciscains “alcantarini”, du nom du réformateur espagnol saint Pedro de Alcantara (v. 18 octobre). C’est alors qu’il prit le nom religieux de Giovanni Giuseppe (Jean Joseph) de la Croix, et fit son noviciat sous la direction du père Giuseppe Robles.

Il fut le plus jeune du petit groupe détaché en 1671 pour fonder un couvent non loin de Naples, à Piedimonte d’Alife, non loin duquel il se fit aussi construire une petite retraite pour y prier plus dans la solitude.

Il fut ordonné prêtre en 1677. Il fut alors simultanément Guardien (supérieur) à Piedimonte et maître des novices à Naples, et s’occupa de la construction d’un autre couvent.

Au début du dix-huitième siècle, une forte tempête agita l’Ordre, aboutissant à la scission en deux groupes, l’un (espagnol) des alcantarini proprement dits, l’autre (italien) guidé par Giovanni Giuseppe. Les deux groupes avaient leurs couvents en Italie et les difficultés étaient grandes. Giovanni Giuseppe appela chacun à plus de respect de la Règle et réorganisa les études.

A la fin de son mandat, il reçut la charge de diriger environ soixante-dix couvents napolitains, de même aussi dans le diocèse voisin d’Aversa.

Comme directeur de conscience, il reçut des personnages de toutes conditions, nobles, ecclésiastiques, parmi lesquels saint Alfonso de’ Liguori et saint Francesco De Geronimo (v. 1er août et 11 mai).

Giovanni Giuseppe reçut des charismes vraiment exceptionnels : apparitions de Marie et de l’Enfant-Jésus, prophétie, lecture des cœurs, lévitation, bilocation, miracles (guérison du marquis Gennaro Spada) ; on le vit traverser les rues de Naples en extase totale, à quelques centimètres au-dessus du sol…

En 1722, les deux groupes furent enfin de nouveau réunis, et Giovanni Giuseppe s’éteignit dans la réconciliation générale le 5 mars 1734, jour où il est commémoré dans le Martyrologe.

Les napolitains l’ont adopté comme co-patron (avec saint Gennaro, v. 19 septembre). De grandes fêtes le célèbrent, non pas en mars, durant le Carême, mais en septembre.

Il fut béatifié en 1789, et canonisé en 1839 en même temps que Alfonso de’ Liguori, Francesco De Geronimo, Pacifico de San Severino et Veronica Giuliani (pour ces deux derniers, v. 24 septembre et 9 juillet).

 

 

Lazër Shantoja

1892-1945

 

Lazër Shantoja naquit le 2 septembre 1892 à Shkodër (Albanie), de Kel Shantoja et Luçe Blinishti, des parents modestes et pratiquants (certaines sources corrigent cette date au 7 juillet 1891).

Durant ses études chez les Jésuites de Shkodër, il se révéla excellent en latin, grec, italien… et esperanto.

Au terme de ses études au Grand séminaire, il passa une année de théologie à Innsbruck.

En 1915, il fut ordonné prêtre et sera nommé aux paroisses de Pulaj, Beltojë, Velipojë, Rrjoll, Sheldî. Dans cette dernière paroisse, il ouvrit la première école de village en albanais.

Tout en administrant ses paroisses de façon exemplaire, il publia énormément d’écrits et de poèmes, exaltant l’Albanie, son histoire, ses héros. Il traduisit en albanais des œuvres de Goethe, Schiller, Heine, Oscar Wilde, Musset, Leopardi…

En 1922, il fut nommé secrétaire de l’archevêque.

En 1925, il fut faussement accusé d’avoir participé à la révolution de 1924, mis en prison et enfin grâcié par le roi, mais s’exila en Yougoslavie.

En 1928, installé en Autriche, il créa un journal d’opposition au nouveau régime, Ora e Shqipnisë, puis vint travailler en Suisse dans le canton de Vaud, où il apprit le français.

En 1939, il put rentrer en Albanie, peu avant l’invasion des troupes italiennes ; à Tirana, il redoubla d’activités ; en 1941, il fonda l’Académie des Sciences d’Albanie.

Une fois installé le régime communiste, il continua son activité pastorale dans la stricte clandestinité.

Arrêté le 27 janvier 1945, il fut condamné à mort pour trahison envers l’Etat ; torturé en prison, il eut les bras et les jambes sciés avec une scie à bois, au point qu’il ne pouvait se déplacer qu’en s’appuyant sur les coudes et les genoux ; la gangrène commença, on lui brûla la peau et on y jetait du sel sur les plaies ; et c’est dans cet état qu’on le montra à sa pauvre mère pour la terroriser ;  la maman du prêtre demanda qu’on le tuât, pour mettre fin à ses douleurs.

Pour finir, on le jeta à quelques mètres de la fosse qu’on lui avait creusée, et on l’y poussa à coups de pied et de crosse, et ce n’est qu’à ce moment qu’on lui lança une rafale dans la tête pour l’achever, le 5 mars 1945 dans la prison de Tirana.

Il est un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Lazër Shantoja est inscrit au Martyrologe le 5 mars .

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 23:02

Dominik Metodij Trcka
1886-1959

Dominik Trcka naquit le 6 juillet 1886 à Frydlant nad Ostravici (dans l’actuelle République Tchèque), dernier des sept enfants de Tomas et de Frantiska, qui le firent baptiser dès le lendemain.
Il fréquenta l’école primaire de son village, puis le gymnase de Mistek, enfin celui des Pères Rédemptoristes de Cervenka.
Il entre au noviciat de cette Congrégation à Bilsko en 1903 et fait sa première profession en 1904. Durant ses études de philosophie et de théologie à Oboriste, il est saisi par l’idéal des apôtres de son pays, les saints Cyrille et Méthode (v. 14 février) et désire travailler de tout son cœur à l’unité de l’Eglise.
Il est ordonné prêtre en 1910 et, selon l’habitude de cette Congrégation, effectue le “second noviciat”, pour se préparer à l’apostolat. On note de lui : Le Père Trcka, quand il prépare son sermon, veut être original. Il n’y réussit pas toujours, mais il accepte les observations. Pour ce qui est de proclamer, il le fait avec beaucoup de douceur. Ce qui fait qu’il reste à Prague comme missionnaire.
Il exercera son ministère à Svata Hora, puis Plzen, puis de nouveau à Svata Hora, où on lui confie le soin de Croates réfugiés. Il s’y donne de toute son âme, célébrant pour les Croates, mais aussi pour les Slovènes et les Ruthènes, qu’ils soient fugitifs ou soldats de l’hôpital de Pribram. Il est noté comme confrère aimable, zélé, toujours joyeux, ouvrier infatigable. Puis il est muté à Brno en Galicie (1919) pour s’occuper des gréco-catholiques.
Là se trouvent déjà des Pères rédemptoristes belges, qui sont stupéfaits de voir avec quelle rapidité le père Dominique apprend la langue, le rite et la tradition orientale. C’est là que Dominik prend le nom de Metodij. Puis il fera partie des fondateurs du nouveau couvent de Stanislavov (aujourd’hui Ivanofrankivsk), et sera envoyé enfin à celui de Stopkov, où l’on prévoit de réunir des religieux rédemptoristes des deux rites, latin et gréco-catholique. Il y est économe et vice-recteur, et en 1924 supérieur.
En 1931, est consacré le nouveau couvent à Michalovce, qui sera destiné aux seuls gréco-catholiques. Il était trop fatigué, après les travaux de construction, pour en être supérieur, et resta à Stopkov, où on le connaissait pour sa belle barbe déjà blanche. Il fut ensuite économe à Michalovce, puis nommé visiteur apostolique pour les moniales basiliennes de Presov e Uzhorod, et enfin supérieur à Michalovce en 1936. Son activité ne s’arrêtait pas.
Ces années-là, l’état slovaque ne voyait pas d’un bon œil les activités de Michalovce, suspectant les religieux d’être fanatiques comme les Ruthènes, du fait de leur origine tchèque ; ou bien on les accusait de propagande tchèque. Ce fut au point que le père Metodij fut une fois arrêté en 1941, mais relâché car on ne trouvait rien à lui reprocher. Le père Metodij continua énergiquement à célébrer selon le calendrier julien et à prêcher en ruthène.
A partir de 1942, il fut déchargé de sa place de supérieur et se mit au service des paroisses alentour, ce qui le fatigua beaucoup et l’obligea à garder la chambre, mais il s’y remit dès qu’il put. Il pourvut aussi à aider les Juifs.
A la fin de la guerre, il obtint la création d’une vice-province pour les rédemptoristes gréco-catholiques, et en fut évidemment chargé (1946), avec l’assentiment de tous.
Le père Trcka chercha à faire construire d’autres monastères, mais l’arrivée du pouvoir communiste lui rendit très difficile le travail. On le convoquait souvent ; en 1948, la police vint perquisitionner.
La vice-province gréco-catholique fut supprimée, et contrainte à passer sous la vice-province latine ; le père Trcka dut quitter Michalovce pour Sabinov, tout en visitant les autres maisons pour encourager les religieux.
La situation était très tendue, jusqu’au jeudi de Pâques, 13 avril 1950, où la police vint arrêter les religieux en pleine nuit. Père Trcka fut accusé d’avoir voulu usurper une autre identité (en se faisant raser la barbe) pour fuir à l’étranger. On lui fit subir maint transfert et surtout beaucoup de tortures : lumière forte jour et nuit, pieds nus, en simple pantalon et chemise… Père Trcka fut très traumatisé par ces fatigues, mais put se remettre, grâce à son caractère équilibré et sa confiance en Dieu.
Dans la prison de Podolinec, les religieux eurent la possibilité de prier ensemble, de célébrer la liturgie, et ainsi de s’encourager réciproquement. En 1951, après la longue série d’interrogatoires, le père Trcka fut transféré dans la prison de Bratislava, en vue du jugement. Le 21 avril 1952, accusé d’espionnage et de haute trahison, il reçoit une peine de douze ans de prison, avec une forte amende, la confiscation des biens et la perte de ses droits civils pour dix ans. Le calvaire commençait.
Il fut déplacé en diverses prisons. Il réussissait à se procurer du pain et du vin pour célébrer en cachette. Sa santé déjà ébranlée fut encore plus mise à dure épreuve ; l’urémie le fit conduire inconscient à l’hôpital Sainte Anne de Brno, où on désespérait de le guérir. Mais, semble-t-il par l’intercession justement de sainte Anne, il n’eut pas à être opéré et sorti guéri de l’hôpital.
Même si sa famille essayait (en vain, d’ailleurs) de lui obtenir la grâce, il ne s’attendait à aucune amnistie. Pour l’abattre encore plus, on lui fit croire qu’il allait être libéré, ayant purgé déjà la moitié de sa peine, puis on lui refusa la libération à laquelle il croyait tant, ce qui le plongea dans une noire déception.
En 1958, il est transféré à Leopoldov, où il semble qu’il ait un peu récupéré, au point qu’il espère avec l’aide de Dieu, pouvoir bientôt terminer les cinq années qui lui restent à purger. Mais à Noël, surpris en train de chantonner un air de Noël, il est condamné à la cellule de correction, où il couchait sur le ciment. La fièvre monta, on obtint de le mettre en cellule d’isolement, “moins froide”, où il s’éteignit peu à peu, pour mourir le 23 mars 1959. Il fut enterré dans le cimetière de la prison.
Lors de la restauration de l’Eglise gréco-catholique en 1968, les restes du père Trcka furent transférés de la prison de Leopoldov à Michalovce, dans le cimetière des pères rédemptoristes. On l’avait reconnu grâce à sa dent en or, qui brillait chaque fois qu’il souriait. Plus tard, après la chute du régime communiste, il fut réhabilité.
Le père Dominik Metodij Trcka fut béatifié en 2001.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 21:42

Bronisław Komorowski
1889-1940

Né près de Skorcz (près Dantzig en allemand, Gdansk en polonais), Bronisław fut tôt orphelin de père. Sa mère épousa en secondes noces Jan Fankidejski, qui lui enseigna l’histoire de la Pologne.

Le garçon étudia au Collegium Marianum à Pelpin. 

Il fit partie de la société secrète des Philarètes, cercles où l’on étudiait différentes matières avec ce sentiment unanime patriote pour la Pologne. 

Après avoir étudié la physique et les mathématiques, la médecine, les lettres et le droit, il poursuivit sa formation à Chelmno (Culm en allemand), moitié catholique et moitié protestante.

Il ressentit alors la vocation au sacerdoce, en réponse au Kulturkampf laïc de la politique prussienne de Bismarck.

Ordonné prêtre en 1914, il fut vicaire à Praust (actuelle Pruszcz, faubourg de Dantzig), une agglomération où se développait une intense industrialisation.

Nommé à Saint-Nicolas de Dantzig, rattachée de force à la Prusse mais polonaise, Bronisław enseigna l’histoire de la Pologne.

Au lendemain de la guerre, le traité de Versailles proclamait Dantzig ville libre, mais cette ville était encore majoritairement allemande. C’était localement l’expression même du germe de la prochaine guerre.

En 1924, Bronisław changea de faubourg et se retrouva à Langfuhr (aujourd’hui Wrzeszcz), où il fit construire une église nouvelle. Il y avait là une école technique fréquentée majoritairement par des polonais (qui durent évacuer en 1939).

En 1933-1934, il fut élu au parlement de Dantzig. La ville se reprenait de l’après-guerre, et les habitants allemands voulaient se réunir à l’Allemagne, tandis que les Polonais s’y attachaient ou commençaient à émigrer vers le sud, d’autant plus que sévissaient des lois anti-catholiques.

L’évêque confia la pastorale des Polonais à l’abbé Bronisław, avant de se retirer à Rome sur la pression nazie. Bronisław réunit les Polonais dans des cercles et des clubs culturels, religieux et sportifs.

Lors de l’invasion nazie du 1er septembre 1939, toute cette élite polonaise fut ratissée, quinze cents personnes arrêtées, et tandis que commençait la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Dantzig «votait» son rattachement à l’Allemagne. 

L’abbé Bronisław fut arrêté, mis en prison à la Viktoriaschule, déporté à Stutthof, en même temps que l’abbé Marian Górecki. 

Ils y travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis». 

Le 22 mars 1940, ils furent tous deux fusillés le jour-même du Vendredi Saint, pour avoir célébré la messe la veille, le Jeudi Saint avec d’autres prisonniers. 

Rappelons que la ville de Dantzig fut rasée à 90%, faisant cent-mille morts ; les survivants, allemands, furent à leur tour expulsés par l’Armée rouge, et la ville fut de nouveau polonaise en 1945.

Ces deux prêtres ont été reconnus Martyrs de l’époque nazie, et béatifiés parmi les cent-huit Polonais en 1999.

A un ami qui lui demandait quels étaient ses sentiments dans les moments de grande humiliation (on songe aux mauvais traitements qu’il dut subir entre septembre et mars…), il répondit : Je me sens comme en chaire et je pense à faire une bonne prédication.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 00:00

04 MARS

 

III.

S Caïus, martyr à Nicomédie avec d’autres.

?

Ss Photius, Archelaus, Quirinus et dix-sept Compagnons, martyrs à Nicomédie.

VII.

S Léodowald (Léonard), un délinquant au cœur en or qui, converti, devint évêque à Avranches.

S Basinus, abbé, puis évêque à Trèves.

S Owin, un officier de cour devenu frère convers à Lestingay.

VIII.

S Appianus, ligure, moine à Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or puis à Comacchio.

IX.

S Adrien, hongrois ou irlandais venu en Ecosse où il fonda un monastère dans l’île de May et fut martyrisé par les Danois.

XI.

S Burchard II, abbé à Saint-Gall.

S Félix, breton, abbé à Rhuys.

XII.

S Pietro Pappacarbone, momentanément évêque à Policastro, abbé à La Cava, où il introduisit la règle de Cluny.

B Humbert III, comte de Savoie à treize ans, moine à Hautecombe à son veuvage ; il en sortit cependant, pour se remarier et assurer à son pays un héritier.

XV.

S Kazimierz, prince de Pologne, demeuré fidèle à la chasteté, mort à vingt-cinq ans.

XVI.

Bx Christopher Bales, prêtre, Alexander Blake et Nicolas Horner, martyrs anglais.

XIX.

Bse Louise Elisabeth de Lamoignon Molé de Champlâtreux (Mère Saint-Louis), parisienne, veuve fondatrice des Sœurs de la Charité de Saint-Louis, béatifiée en 2012.

Bse Victoire Eulalie Viel (Mère Placide), normande, supérieure générale des Sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde.

S Giovanni Antonio Farina, évêque à Treviso puis Vicenza, fondateur des sœurs de Sainte-Dorothée pour l’enseignement et les soins, propagateur du culte au Sacré-Cœur, béatifié en 2001 et canonisé en 2014.

XX.

Bx Mieczysłav Bohatkiewicz (*1904), Stanisław Pyrtek (*1913), lituaniens, et Władysław Maćkowiak (*1910), polonais, prêtres martyrs fusillés par les nazis en Biélorussie (1942), béatifiés en 1999.

Bx Giovanni Fausti, Daniel Dajani (*1899, 1906, prêtres jésuites), Kolë Shllaku (*1907, prêtre Mineur franciscain), Mark Çuni et Gjelosh Lulashi (séminaristes, *1919, 1925), Qerim Sadiku (laïque, *1919), martyrs albanais en 1946, béatifiés en 2016.

Photius, Archelaus et Quirinus à Nicomédie

† 3e -4e siècles

 

Voici trois Martyrs dont on connaît les noms, et le lieu du martyre, Nicomédie ((Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW).

Si l’on veut orthographier leurs  noms en grec, il faut peut-être écrire : Photios, Archelaos, Kyrinos (?)

Dix-sept autres Martyrs furent immolés en même temps, dont cependant on n’a pas transmis les noms.

Leurs Actes n’existent plus ; on ne sait pas comment ils sont morts.

Aucune date n’a été fournie ; on situe ces Athlètes aux troisième ou quatrième siècles.

Saints Photius, Archelaus et Quirinus sont commémorés le 4 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basinus de Trêves

† 705

 

Basinus (en allemand Basin) aurait appartenu à la noble famille franque des Wido (Guido), qui régna plus tard aussi sur le sud de l’Italie au 9e siècle, puis même à Rome.

Une sœur de Basinus, Gunza, aurait épousé Guérin, comte de Paris et du Poitou à la fin du 7e siècle, dont on va retrouver un des enfants, Liutwin (ou Leodegarius ; pour Guérin et Liutwin, v. 2 octobre).

Basinus aurait été moine à Saint-Maximin de Trèves, puis abbé du même monastère.

De là, il fut appelé à succéder à Numerianus sur le siège épiscopal de Trêves, à une date mal précisée, vers 697. Il était le vingt-septième évêque de ce siège.

Il aurait appuyé la fondation du monastère d’Echternach.

Basinus serait décédé le 4 mars 705.

C’est le même Liutwin, son neveu, qui lui succéda : après une heureuse vie matrimoniale (et trois enfants), celui-ci fut touché par la grâce divine et fonda le monastère de Mettlach où il se retira ; Basinus se serait peu à peu déchargé de son travail sur son neveu, avant de se retirer complètement à l’abbaye Saint-Maximin.

Saint Basinus est commémoré le 4 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Appianus de Comacchio

† 800

 

Appianus était originaire de Ligurie.

Il vint au monastère bénédictin de Saint-Pierre au Ciel d’Or, de Pavie.

Sa vie était exemplaire, remplie de mortifications qu’il dissimulait pour ne pas en retirer une vaine gloire, tandis qu’il montrait une grande douceur envers chacun.

On lui confia la charge de cellérier, où il montra toutes ses qualités d’administrateur, puis on l’envoya à Comacchio pour contrôler l’approvisionnement du sel.

Appianus profita de son séjour pour prêcher alentour.

Il s’éteignit en odeur de sainteté vers 800, un 6 novembre ou un 4 mars.

Peu après sa mort, des enfants jouaient innocemment autour de sa tombe, lorsqu’une petite fille fut soudain frappée de paralysie. Remplis d’étonnement et de crainte, les habitants recoururent à l’évêque, qui décida une cérémonie de réparation, après laquelle seulement l’enfant fut guérie. De là un honneur accru envers les reliques d’Appianus. 

Saint Appianus est commémoré le 4 mars dans le Martyrologe Romain.

Pietro Pappacarbone

1038-1123

 

Né en 1038 dans une illustre famille de Salerne (Italie S), Pietro était le neveu de saint Alferio (v. 12 avril), fondateur et premier abbé de la célèbre abbaye de La Cava, qui mourut en 1050.

Pietro entra à son tour dans ce monastère, et suivit l’enseignement du successeur de son oncle, saint Leone I (v. 12 juillet). 

Le jeune novice pratiqua tous les genres d’austérités des anciens pères du désert ; il y ajouta aussi de fréquents séjours dans un proche ermitage, où il passait toute la période du Carême avec seulement cinq pains qu’il emportait avec lui. Encore insatisfait, il obtint de l’abbé la permission de séjourner quelque temps à Cluny, dont il entendait dire tant de merveilles.

Il y fut reçu par saint Hugues (v. 29 avril), qui l’admit sans lui faire faire de noviciat car s’il n’avait pas une si grande ferveur, il n’aurait pas affronté les fatigues d’un long voyage pour venir jusqu’à nous, et ce seul fait constitue une excellente épreuve.

Cinq ans plus tard, entouré de l’estime de tous les moines clunisiens, il revint à La Cava où il retrouva son cher abbé.

Ces retrouvailles furent brèves, car en 1073, Pietro fut nommé évêque de Policastro, mais il démissionna de ce siège après deux années, estimant que la volonté de Dieu le rappelait au monastère. 

Enfin, l’abbé Leone jouissait à l’intérieur de l’abbaye de la présence de Pietro et, pour être sûr cette fois-ci de l’y garder longtemps, il fit valoir auprès des moines son âge et sa fatigue, et la nécessité d’élire un coadjuteur qui lui succéderait. Ainsi fut élu abbé Pietro.

Pietro n’avait pas oublié son séjour à Cluny. Il proposa aux moines de La Cava d’en adopter la règle. L’effort était plus difficile à accepter que l’abbé : beaucoup de moines se rebellèrent contre Pietro, entraînant dans leurs vues l’abbé Leone. Pietro se retira simplement avec quelques moines dans un autre monastère, mais il fut bientôt rappelé par les révoltés eux-mêmes, repentis de leur lâcheté.

Ainsi l’abbaye entra-t-elle dans la congrégation bénédictine, ce qui donna un prodigieux essor à cette branche italienne, où Pietro put donner l’habit à plus de trois mille religieux, dans de nombreuses abbayes du royaume de Naples, en Sicile et jusqu’à Rome : La Cava géra plus de trois cent cinquante monastères dans tout le sud du pays.

En 1092, il reçut le pape Urbain II (v. 29 juillet), qui lui remit, à lui et ses successeurs, les insignes épiscopaux. Pietro avait déjà été sacré évêque en 1073, mais ayant renoncé à cette charge (1075), il ne portait plus l’anneau pastoral ni la mitre et la crosse ; désormais, le pape les lui remettait, donnant à perpétuité aux abbés de La Cava le rang d’évêques.

Un jour que Pietro prolongeait sa contemplation, on le crut mort, mais il se «réveilla», et comprit qu’il devait remettre sa démission ; ainsi fut élu l’abbé Costabile (1118, v. 17 février).

Pietro mourut le 4 mars 1123 et son culte fut confirmé en 1893.

 

 

Humbert III de Savoie

1136-1189

 

Fils d’Amédée III de Savoie et de Mathilde de Vienne (ou Mahault d’Albon), Humbert naquit en 1136 au château d’Aveillane, le 1er avril ou le 1er août. C’était leur premier ou quatrième fils, selon les sources.

Amédée III participa à la croisade et mourut au retour, à Nicosie, quand Humbert n’avait que treize ans (1149). Il héritait des titres de comte de Maurienne, de seigneur du Bugey, d’Aoste et du Chablais, de marquis de Suse et d’Italie (Turin), et comte de Savoie de 1148 à  1189.

Le jeune Prince eut la sagesse de suivre les conseils du saint évêque de Lausanne, Amédée (v. 27 août), qui l’aida paternellement à gouverner autant qu’à se sanctifier.

Un de ses premiers soins fut de rendre à l’abbaye de Saint-Maurice les sommes que son père avait empruntées pour la croisade.

Il faisait une retraite dans l’abbaye de Hautecombe, lorsque le dauphin du Viennois vint assiéger la ville de Montmélian (1153). Sans perdre de temps, Humbert se mit à la tête de ses troupes, battit son agresseur, puis rentra à Hautecombe pour y remercier Dieu et terminer sa retraite spirituelle.

L’Etat avait besoin d’un successeur à Humbert. Il épousa en 1151 Faydive, sœur du comte de Toulouse, qui mourut en 1154 sans enfants ; il épousera en 1155 sa cousine Gertrude de Flandre, mais ce mariage fut déclaré nul en 1162, car l’épouse était infertile ; Humbert épousera en 1164 Clémence de Zähringen, fille du comte de Bourgogne, qui eut trois filles et mourut en 1167. La suite vaut d’être racontée avec des détails. 

Trois fois veuf, Humbert se détermina à prendre l’habit monastique à Hautecombe, pour se préparer au jugement de Dieu par les austères observances de la vie religieuse. Les barons savoisiens intervinrent à Hautecombe : Sire, que faites-vous ici ?… Mariez-vous, par Dieu !… Vous pouvez d’ailleurs aussi bien servir Dieu en étant marié et en gouvernant votre pays avec justice, qu’en chantant mille messes avec ces religieux !

Les moines soutenaient Humbert dans son refus ; les barons alors menacèrent de mettre le feu à l’abbaye. Leur crainte majeure était de tomber sous la domination de l’Angleterre. 

Humbert alors consentit à sortir du monastère. Il épousa Béatrice de Vienne, en 1177, et eut un fils, Thomas. En reconnaissance, il fit édifier un prieuré bénédictin, près du lac du Bourget.

Entre les deux dates de 1167 et 1177, Humbert eut maille à partir avec l’empereur germanique, Friedrich Barbarossa et se désolidarisa totalement de la politique de ce dernier, en se rapprochant des Plantagenêt, rois d’Angleterre, partisans eux-mêmes des guelfes, et donc ennemis des gibelins et de l’empereur. Ce dernier se vengera d’Humbert en dressant plusieurs évêques contre Humbert et en dévastant la ville de Suse (1174). De plus, Humbert ayant été momentanément excommunié par l’évêque de Belley, à cause du meurtre d’un clerc par un soldat d’Humbert, l’empereur en profita pour faire de cet évêque un prince d’Empire, maître absolu de toute la région de Belley. A partir de 1187, le fils de Barbarossa continuera cette même politique agressive.

Dans ces circonstances, on ne voit pas comment Humbert aurait put rentrer à l’abbaye. Aussi bien, la renommée de sa sagesse, de sa probité et de ses autres vertus s’étendit bien au delà des bornes de ses états ; il reçut de nombreux témoignages de l’estime et de la confiance de ses contemporains.

Un document de 1149 révèle qu’il confirma les donations faites par son père aux Chartreux d’Arvières. Vers 1180, il fonda la chartreuse d’Aillon, enfin en 1188 l’abbaye de Ranverso, avec un hôpital.

Humbert III mourut à Chambéry, le 4 mars 1189, et fut enterré dans l’enceinte de Hautecombe.

Le culte du bienheureux Humbert III a été approuvé en 1836.

 

 

Kazimierz (Kazimieras)

 1458-1484

 

Casimir, en lituanien Kazimieras, en polonais Kazimierz, était le troisième des treize enfants du roi de Pologne Casimir IV et de la reine Élisabeth d'Autriche. Il naquit le 5 octobre 1458. Ses grands-pères étaient Ladislas II Jagellon et maternel Albert II de Habsbourg, roi de Bohême et de Hongrie, et empereur du Saint Empire romain germanique.

À partir de l’âge de neuf ans Casimir reçut son éducation de Johannes Longinus (Jan Dlugosz) et Filippo Buonaccorsi, appelé Callimachus. Quand il eut treize ans, des factions mécontentes du roi Mattias Corvin lui offrirent le trône de Hongrie. Casimir, qui désirait défendre la Croix contre les Turcs, accepta cet appel et alla en Hongrie recevoir la couronne. Son oncle Ladislas III Jagellon, roi de Pologne et de Hongrie, avait déjà été tué en 1444 dans la bataille de Varna en défendant la chrétienté contre les Turcs. Casimir renonça finalement à son entreprise, à cause de l'opposition du pape Sixte IV qui craignait une victoire des Turcs. Il fut puni par son père qui l'enferma dans la forteresse de Dobzki. Il devint à nouveau l'élève du père Longinus en 1475.

Casimir préférait se préparer une place dans le royaume éternel. Il concentrait sa pensée sur le mystère de la Passion du Seigneur, manifestait une grande dévotion à Notre-Dame, s’occupait activement des pauvres et assistait souvent aux saints offices dans les églises. Il couchait sur la dure et se mortifiait beaucoup, s’efforçant de ne rien faire paraître à l’extérieur. 

Il obtint de son père qu’on enlevât aux hérétiques les églises qu’ils occupaient.

Son père, le roi Casimir IV de Pologne, l'avait bien préparé aux affaires publiques et, quand son frère Władysław (en français Ladislas) fut monté sur le trône de Bohême, Casimir devint l'héritier présomptif du trône de Pologne. En 1479 le roi alla en Lituanie pendant cinq ans et il confia à Casimir la régence de la Pologne. De 1481 à 1483 il administra l'Etat avec grande sagesse et grande justice. Son père essaya de lui faire épouser une fille de l’empereur Frédéric III, mais Casimir choisit de rester célibataire, préférant se consacrer à l'adoration du Saint Sacrement, à l'amour de la Vierge Marie et au renoncement. 

Du fait de sa dévotion et de son affaiblissement physique dû à des jeûnes, il contracta par la suite une maladie des poumons, probablement la tuberculose, qu'il ne put surmonter. Lors d’un voyage en Lituanie en 1484, il mourut à Grodno, le 4 mars. Ses restes furent inhumés à Vilnius. Ses reliques sont depuis vénérées à la chapelle Saint-Casimir de la cathédrale Saint-Stanislas de Vilnius. 

Casimir a été canonisé en 1522 par le Pape Adrien VI. En 1604, son corps fut retrouvé sans corruption.

En 1953 sous l’ère soviétique, lorsque la cathédrale était devenue une galerie de tableaux, ses reliques avaient été transférées à l'église Saints-Pierre-et-Paul. Elles ont solennellement retrouvé leur place le 4 mars 1989.

Casimir vécut et régna avec une grande dignité et on admirait son charme et son caractère. Beaucoup de miracles lui ont été attribués. Depuis sa canonisation il a été déclaré patron de la Lituanie en 1613 et patron de la Pologne et de la Lituanie en 1636, mais aussi de la Belgique. Sa fête est le 4 mars. 

Le 11 juin 1948 le Pape Pie XII nomma saint Casimir patron spécial de toute la jeunesse et modèle de pureté.

 

Alexander Blake

?-1590

 

Alexander Blake était né, croit-on, à Londres (Angleterre).

Ce laïc était catholique et, entre autres crimes, hébergea le prêtre Christopher Bale.

Alexander Blake mourut en martyr à Gray’s Inn Lane (Londres), vers Pâques, ce qui a fait positionner au 4 mars 1590 son dies natalis commun avec Christopher Bale et Nicholas Horner.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Nicholas Horner
?-1590

Nicholas Horner était né à Grantley (Yorkshire, Angleterre).

Ce laïc était sur le point d’entrer au service d’un tailleur de Londres, lorsqu’il fut appréhendé pour avoir hébergé un prêtre catholique.

Longtemps en prison dans de mauvaises conditions hygiéniques, il eut une jambe infectée et on dut l’amputer. Durant cette intervention, il aurait eu une vision qui l’aurait soulagé dans ses souffrances.

Libéré, mais bientôt repris pour le même motif, il refusa de se «conformer» au culte officiel (anglican) et fut condamné.

Avec Nicholas Horner, étaient jugés et condamnés le prêtre Christopher Bales, qu’il avait reçu chez lui, et Alexander Blake.

La veille de son exécution, il eut une vision où il se voyait couronné de gloire, ce qui le remplit de courage pour aller au-devant de la mort. Il raconta cela à un ami, qui le transmit à son tour au père Robert Southwell (v. 21 février).

Nicholas Horner mourut en martyr à Smithfield (Londres), vers Pâques, ce qui a fait positionner au 4 mars 1590 son dies natalis.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Christopher Bales

1564-1590

 

Christopher était né vers 1564 à Coniscliffe (Darlington, Durham, Angleterre).

Son nom de famille a aussi été écrit Bayles ; en outre, il est nommé parfois Evers.

En 1583, il entra au Collège anglais de Rome, mais sa santé le fit envoyer au Collège anglais de Reims, où il fut ordonné prêtre en 1587.

En 1588, il partit en Angleterre où il fut bientôt arrêté.

Torturé par Topcliffe, il subit le chevalet, fut accroché par les mains pendant vingt-quatre heures, supplices qu’il supporta avec la plus parfaite patience.

Il fut jugé et condamné pour trahison, ayant été ordonné prêtre à l’étranger et étant entré en Angleterre pour y exercer le sacerdoce.

Christopher demanda alors au juge si saint Augustin (l’apôtre de l’Angleterre, v. 26 mai), était aussi un traître. Le juge répondit que non, mais que, depuis, la loi avait déclaré trahison une telle attitude.

Avec Christopher, étaient jugés et condamnés Nicholas Horner, qui lui avait confectionné un gilet, et Alexander Blake, qui l’avait reçu chez lui.

Christopher Bales mourut en martyr à Londres, vers Pâques, ce qui a fait positionner au 4 mars 1590 son dies natalis.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Louise-Elisabeth de Lamoignon

1763-1825

 

Née le 3 octobre 1763 dans l’hôtel particulier des Lamoignon à Paris, Louise-Elisabeth était la fille du garde des sceaux de France, Chrétien-François de Lamoignon de Basville.

Le jour-même elle reçut au baptême les noms de Marie, Louise, Elisabeth.

Elle avait une grand-mère très pieuse, qui lui donna de salutaires conseils. L’abbé Bourdaloue était le directeur spirituel de la famille, et la petite fille en reçut d’excellents enseignements.

Evénement rare pour l’époque, elle fit sa Première Communion à l’âge de huit ans. Elle en reçut des grâces très particulières, qu’elle n’oublia jamais. Depuis ce jour, elle vécut sous le signe de l’union à Dieu chaque instant de sa vie. L’Eucharistie restera le centre de sa vie. Elle voulait y conduire tout ce qu’il y a d’hommes sur la terre.

Contrairement à ses sœurs, elle préféra toujours une vie retirée et studieuse. Elle jouait du clavecin d’une façon telle que son professeur, Balbâtre, venait non plus pour la perfectionner, mais pour l’entendre jouer, écrira son premier biographe.

Elle était tendre et sensible, mais n’aimait pas se plier à la volonté des autres ; elle était forte et généreuse ; elle apprit peu à peu à se transformer en une cire molle à laquelle l’Esprit donne la forme qu’il veut, écrivit-elle dans une lettre.

Jeune encore, elle épousa en 1779 un conseiller au Parlement de Paris, Edouard François Mathieu Molé, comte de Champlâtreux. De son mari, Louise-Elisabeth dira qu’il était l’homme le plus vertueux et le meilleur. De leurs cinq enfants, deux seulement atteindront l’âge adulte : Louis-Mathieu, futur ministre sous la Restauration, et Félicité, qui épousera le frère de Louise-Elisabeth (donc son oncle).

Louise-Elisabeth fit un pacte avec la croix, décidant de s’abandonner intégralement dans les bras du Sauveur. On le verra, elle ne sera pas épargnée par l’épreuve. Une de ses dévotions chères sera Marie dans ses Douleurs, dans sa Compassion, celle qui consentit au sacrifice et à la mort de son Fils.

Cette haute noblesse n’empêchait pas Louise-Elisabeth de se pencher sur la misère du temps. Suivant les bons conseils du curé de Saint-Sulpice, elle réunit d’autres pieuses Dames pour secourir les pauvres du quartier, durant l’hiver 1788-1789. On l’appela l’ange des mansardes.

La période de la Révolution vint troubler cette famille : après un cours séjour à Bruxelles, les époux revinrent en France en 1792, à cause de la loi sur les émigrés.

Ils furent toutefois arrêtés et enfermés à la Conciergerie. Monsieur Molé sera guillotiné le jour de Pâques, 20 avril 1794. Madame Molé, elle, fut libérée à cause de son état de santé. La même année, mourut sa fille de quatre ans, Louise.

Expulsée de chez elle, elle put tout de même retrouver sa propriété de Méry-sur-Oise l’année suivante, lorsque mourut à son tour son frère, qui combattait en Bretagne contre la Convention thermidorienne.

Elle forma le projet d’entrer en religion, mais sur les conseils de son confesseur, l’évêque de Vannes, elle attendit le moment opportun pour fonder une nouvelle famille religieuse.

En 1803, une fois entré en vigueur le nouveau Concordat, elle fonda les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, qu’elle établit près de Vannes ; il y avait déjà là quelques autres compagnes, ainsi que sa propre mère, Madame de Lamoignon. Elles reçurent des fillettes de familles pauvres, leur enseignant en particulier la dentelle et le tissage du coton.

Elle-même prit le nom de Sœur Saint-Louis.

Le pape Pie VII, venu en France pour le couronnement de l’empereur, bénit cette noble Fondatrice et ses compagnes. 

Une autre maison s’ouvrit en 1808 à Auray, dans un ancien couvent, puis un noviciat séparé en 1810. Le couvent d’Auray sera malheureusement saccagé lors d’une révolte en 1815.

En 1816, une ordonnance royale reconnut la congrégation. La même année s’ouvrit la maison de Pléchâtel (Ille-et-Vilaine).

En 1824, Mère Saint-Louis acheta l’ancien couvent de Saint-Gildas de Rhuys, pour y ouvrir une école gratuite et une œuvre de retraites.

Mère Saint-Louis mourut le 4 mars 1825. Elle fut enterrée à Vannes.

Elle fut béatifiée en 2012.

 

Le miracle reconnu en vue de la béatification, a été la guérison totale d’un Québécois souffrant d’ostéomyélite chronique.

Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis ont ouvert une maison en Angleterre dès 1898, au Canada (1903), aux Etats-Unis (1908), en Haïti (1945, à Madagascar (1956), au Mali (1966), au Sénégal et en Martinique (1972), au Mexique (2000). Elles sont plusieurs centaines.

 

 

Victoire Eulalie Viel

1815-1877

 

Cette Victoire naquit le 26 septembre 1815 à Quettehou (Manche) et fut baptisée le jour même avec les prénoms de Eulalie Victoire Jacqueline, reprenant le nom de sa sœur Victoire décédée en bas âge. Elle était la huitième des onze enfants de la famille.

Son père, Hervé Viel, était un bon cultivateur. Il envoya sa fille à l’école du village, puis quelques mois chez une couturière du bourg.

Victoire enseigna le catéchisme aux enfants et leur apprenait des cantiques. 

Elle rendait souvent visite à une cousine, religieuse à Tamerville puis à Saint-Sauveur-le-Vicomte, où elle rencontra Marie Madeleine Postel (v. 16 juillet), la fondatrice des Sœurs des Ecoles Chrétiennes de la Miséricorde, où elle entra à son tour en 1835.

Ayant reçu le nom de Placide, elle servira d’abord aux cuisines, puis prononcera ses vœux en 1838.

En 1840, elle fut chargée d’ouvrir une maison à La Chapelle-sur-Vire, puis compléta sa formation trop rudimentaire. A Avranches, elle installa un asile et un ouvroir.

En 1842, elle fut élue assistante de la Supérieure, et maîtresse des novices.

Cette même année, le clocher tout récemment rebâti, s’écroula sous l’effet d’une tempête ; la Sœur Placide fut envoyée pour quêter des subsides. Elle pérégrina ainsi dans toute la Bretagne, jusqu’à Paris, où elle rencontra la reine Marie-Amélie et les administrations, et obtint de l’aide pour reconstruire l’abbaye.

Elue Supérieure en 1846 pour succéder à la Fondatrice, elle se fit représenter par une autre Sœur sur place, et reprit ses voyages de mendiante : Belgique, Allemagne, Autriche. Douze années plus tard, l’abbaye était reconstruite et l’église en était consacrée.

Il faut ajouter ici que durant dix années, à partir de son élection, Mère Placide souffrit une véritable persécution de la part d’une partie de ses Religieuses, qui la constestèrent, en accord avec l’aumônier, jusqu’à ouvrir son courrier personnel. La situation ne s’améliora qu’à la mort de celle qui menait cette révolte, et surtout quand un décret papal reconnut la fondation (1859).

En 1862, des Religieuses allemandes s’agrégèrent à la congrégation, qui donnèrent naissance à la branche allemande, installée à Heiligenstadt.

Lors de la guerre de 1870, les Religieuses de Saint-Sauveur-le-Vicomte reçurent celles d’Allemagne, et maintinrent une saine neutralité, hébergeant et soignant jusqu’à plus de huit mille soldats. Une fois, l’imprévoyance de la Mère fut supléée par le miracle de la multiplication du lait, qui ne manqua jamais pendant six mois.

Mère Placide donna un fort élan à sa congrégation. Plus de cent institutions furent ouvertes. A sa mort, il y avait plus de mille Religieuses.

La branche allemande cependant, s’érigea en congrégation à part dès 1920, avec le nom de Sœurs Enseignantes de Heiligenstadt.

Selon des témoins, le saint Curé d’Ars (Jean-Marie Vianney, v. 4 août) aurait dit que la Fondatrice était une sainte et que celle qui lui avait succédé suivait parfaitement ses traces.

Sentant que ses jambes ne voulaient plus travailler autant qu’elle le désirait, et que son asthme l’empêchait même d’écrire, Mère Placide demanda le sacrement des malades début mars 1877. Elle s’éteignit à Saint-Sauveur-le-Vicomte le 4 mars 1877 et fut béatifiée en 1951.

Giovanni Antonio Farina

1803-1888

 

Giovanni Antonio naquit à Bambellara (Vicenza, Italie N), le 11 janvier 1803 ; ses parents étaient Pietro et Francesca Bellame. A l’époque, il n’y avait pas d’école dans les petites bourgades, et Giovanni reçut sa formation de son oncle paternel, un saint prêtre qui fut pour lui un vrai maître spirituel et un bon précepteur.

A quinze ans il entra au séminaire diocésain de Vicenza, où il se distingua par sa bonté intérieure et un grand intérêt pour l’étude. A vingt-et-un ans, alors qu’il n’avait pas encore fini les études de théologie, on lui confia une charge de professeur au séminaire, où il se révéla excellent éducateur.

Il fut ordonné prêtre le 14 janvier 1827 et reçut juste après le diplôme d’habilitation à enseigner dans les écoles primaires. Il eut ainsi plusieurs charges durant ses premières années de ministère : professeur au séminaire (et ce pendant dix-huit ans), l’aumônerie de Saint-Pierre à Vicenza (pendant dix ans), outre qu’il participait à diverses institutions culturelles, spirituelles et caritatives de la ville ; entre autres, il assuma la direction de l’école publique primaire et secondaire.

En 1831 il mit sur pied à Vicenza la première école populaire féminine et fonda en 1833 les Sœurs Maîtresses de Sainte-Dorothée, Filles des Sacrés-Cœurs, un institut de “Maîtresses à la vocation sûre, consacrées au Seigneur et adonnées entièrement à l’éducation des petites filles pauvres”. Mais il voulut aussi que ses religieuses s’occupassent des filles de bonne famille, des sourdes-muettes et des aveugles ; c’est pourquoi il les envoya bien vite assister aussi les malades et les vieillards dans les hôpitaux, dans les maisons de repos, et à domicile. Le 1er mars 1839, le pape Grégoire XVI lui accorda le “décret de louange” (première approbation ad experimentum) pour sa fondation ; les Règles qu’il avait lui-même rédigées restèrent ainsi en vigueur jusqu’en 1905, année où l’Institut fut officiellement approuvé par le pape Pie X, qui avait été ordonné prêtre par le même Giovanni Antonio, devenu évêque.

En 1850, donc, il fut nommé évêque de Treviso et fut consacré le 19 janvier 1851. Sans perdre de temps, il se livra à de multiples activités apostoliques ; il inaugura la visite pastorale du diocèse et organisa dans toutes les paroisses des associations pour venir en aide aux pauvres, matériellement et spirituellement, tant et si bien qu’il fut appelé “l’évêque des pauvres”. Il développa la pratique des Exercices spirituels et l’assistance aux prêtres pauvres et malades. Il s’occupa de la formation doctrinale et culturelle du clergé et des fidèles, de l’instruction et de la catéchèse de la jeunesse. Pendant les dix années de son épiscopat à Treviso, il rencontra beaucoup d’obstacles de la part du Chapitre de la cathédrale qui, au lieu de le seconder, lui créa mille problèmes d’ordre juridique, jusqu’à l’empêcher de tenir le synode diocésain, ce qui lui occasionna de profondes souffrances.

Le 18 juin 1860, il fut transféré au siège de Vicenza, où il put mettre en place un vaste programme de renouvellement et développer une immense activité pastorale vouée à la formation culturelle et spirituelle du clergé et des fidèles, à la catéchèse des enfants, à la réforme des études et de la discipline du séminaire. Il lança le Synode diocésain, qui n’avait pas été célébré depuis 1689 ; au cours de la visite pastorale, il lui arriva de parcourir plusieurs kilomètres à pied ou sur sa mule, pour parvenir jusqu’aux pays les plus reculés de la montagne, où l’on n’avait jamais vu un évêque. Il institua diverses confraternités pour venir en aide aux pauvres  et aux prêtres âgés, et aussi pour prêcher les exercices spirituels aux gens ; et surtout il développa une profonde dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, à la Sainte Vierge et à l’Eucharistie. Enfin, de décembre 1869 à juin 1870 il participa au concile de Vatican I, où il fut du nombre des approbateurs du dogme de l’infaillibilité pontificale.

Les dernières années de sa vie furent marquées autant par diverses reconnaissances de son activité apostolique et de sa charité, que malheureusement aussi par de profondes souffrances et même d’injustes accusations, en face desquelles sa réaction fut toute de silence, de tranquillité intérieure et de pardon, fidèle en cela à sa propre conscience et à la règle suprême du “salut des âmes”.

Une première maladie grave le frappa en 1886, après laquelle ses forces physiques s’affaiblirent peu à peu, jusqu’à cette attaque d’apoplexie qui le conduisit à la mort, le 4 mars 1888.

La charité héroïque de Giovanni Antonio Farina le fit appeler “l’homme de la charité” ; même comme évêque il se proposa pour aller assister spirituellement et corporellement les malades de l’hôpital, se donnant ainsi comme modèle à ses prêtres, qui l’imitèrent.

Il était convaincu du rôle promoteur de l’école dans la réforme de la société, et de la nécessaire collaboration entre école et famille, en privilégiant la préparation adéquate du personnel enseignant. Pour lui, l’éducation devait intégrer toute la personne humaine, corps et âme, la pratique religieuse et la charité fraternelle. Sa référence était dans cette phrase : La science véritable réside dans l’éducation du cœur, c’est-à-dire dans la crainte de Dieu à l’acte pratique.

Giovanni Antonio Farina peut à juste titre être considéré comme l’un des plus remarquables évêques du XIXe siècle. Fondateur des Sœurs Maîtresses de Sainte Dorothée et Filles des Cœurs Sacrés, il laisse derrière lui et jusqu’à aujourd’hui un message d’authentique actualité.

Après sa mort, sa sainteté fut de plus en plus reconnue dans les milieux ecclésiastiques et laïcs. Dès 1897 déjà on recourait à son intercession pour obtenir des grâces. Récemment en 1978, une religieuse équatorienne, sœur Inés Torres Cordova, qui souffrait d’une grave tumeur avec nombreuses métastases, obtint sa guérison miraculeuse après avoir invoqué le Père Fondateur avec toutes ses consœurs.

Le bienheureux Jean-Paul II l’a béatifié le 4 novembre 2001 et ce bienheureux évêque est inscrit le 4 mars au Martyrologe Romain.

 

 

Mieczysław Bohatkiewicz

1904-1942

 

La Lituanie était alors un territoire polonais. Elle allait être envahie par les troupes nazies et subir l'occupation. 

Mieczysław naquit le 1er janvier 1904 à Kriukai (en polonais Krykały).

Après ses études secondaires à Nowogródek, il entra au Grand séminaire de Pinsk.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Vilnius, en 1933, Mieczysław fut à Drohiczyn, puis Luniniec.

Au moment de la guerre il se retira d’abord chez son frère, Stanisław, prêtre également. 

Fin 1941, il devint curé de Drysa (aujourd’hui Wierchniedwinsk en Biélorussie). Il y exerça le ministère pastoral, célèbre pour ses homélies ardentes et sa grande charité envers les pauvres.

La police politique nazie vint l’arrêter en janvier 1942. Il fut d’abord emprisonné à Braslav, puis transféré dans l’hôpital de la prison, dans le «couloir de la mort». Il put encore discrètement entendre des confessions, célébrer des messes, écrire des billets pour d’autres prisonniers, en utilisant les pages de son bréviaire.

Il écrivit à son archevêque : Je vais faire le sacrifice ultime de la vie. Dans trois heures, je me tiendrai devant le Seigneur… Je suis heureux que Dieu m’ait choisi…

Il fut fusillé à Berezwecz, près de Głębokie, actuellement en Biélorussie, dans le diocèse de Minsk, le 4 mars 1942, avec deux autres prêtres.

Peu avant son exécution, il écrivit à ses parents : Ne pleurez pas, mais réjouissez-vous que votre fils ait passé son examen. Je ne vous demande qu'une prière. Je pardonne de tout mon coeur à tous mes ennemis et j’aimerais gagner le Ciel pour eux.

Mieczysław a été béatifié en 1999 parmi les cent-huit Polonais martyrs de l’époque nazie, qu’une fête locale commune honore le 12 juin.

 

 

Władysław Maćkowiak

1910-1942

 

Władysław Maćkowiak naquit le 14 (27 ?) novembre 1910 à Sytki (Podlaskie, Pologne).

Après ses études secondaires à Drohiczyn, il entra au séminaire de Vilnius et fut ordonné prêtre en 1939. 

Il obtint sa licence de théologie à l’université Batory et fut nommé curé à Ikaźni.

Arrêté par la Gestapo le 3 décembre 1941, il fut mis en prison à Braslav.

Avec son vicaire, Stanisław Pyrtek, et un autre prêtre, ils furent fusillés dans les bois de Borek près de Berezwecza, le 4 mars 1942.

Le jour de son exécution, il écrivit à son évêque : Je vais faire l'ultime offrande de ma vie. Dans trois heures, je serai devant le Seigneur. Je suis heureux que Dieu m'ait choisi pour lui rendre témoignage par ma mort et je l'invoque pour qu'il m'accorde grâce et force

Ses dernières paroles furent: Vive le Christ roi !

Tous trois furent béatifiés le 13 juin 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, qu’une fête locale célèbre ensemble le 12 juin.

 

 

Stanisław Pyrtek

1913-1942

 

Stanisław naquit le 21 mars 1913 à Bystra Podhalańska (Małopolskie, Pologne).

C’était un alpiniste chevronné. Il fit ses études secondaires à Nowy Tard, puis entra au séminaire de Vilnius.

Prêtre, il exerça à Ikazn (diocèse de Vilnius). Il fut secrètement informé que sa tête était mise à prix, mais ne voulait pas abandonner son troupeau.

Quand la police nazie vint arrêter le curé, l’abbé Stanisław intervint à Braslav pour défendre son curé. Arrêté à son tour, il fut très maltraité et sévèrement battu. Il fut ensuite emprisonné à Berezvecz.

Peu avant de mourir, il écrivit à sa famille : Je n'ai que quelques heures à vivre. Le devoir d'un prêtre est de faire ce sacrifice pour le Christ. Je meurs pour mon service de prêtre. Ne pleurez pas et ne soyez pas tristes pour ma mort. Je vous laisse ma bénédiction sacerdotale. Après trois mois de prison, je me réjouis d'être digne de souffrir et de mourir.

Il fut fusillé avec Władysław Maćkowiak et Mieczysław Bohatkiewicz dans les bois de Borek, le 4 mars 1942. Devant le peloton, les trois prêtres s’écrièrent : Vive le Christ Roi !

Les trois prêtres furent béatifiés en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie.

 

 

Giovanni Fausti

1891-1946

 

Giovanni (en albanais : Gjon, Jean) Fausti naquit le 19 octobre 1899 à Brozzo (Marcheno, Val Trompia, Brescia, Italie N), aîné des douze enfants d’Antonio et Maria Sigolini.

A dix ans, il commença le séminaire, où il rencontra un certain Giovanni Battista Montini, futur s.Paul VI.

En 1917, il fut enrôlé dans l’armée ; lieutenant en 1920, il fut démis de ses fonctions et il put reprendre ses études. Il fréquenta le Collège Lombard à Rome, prit ses grades de théologie à l’Université Grégorienne et fut ordonné prêtre en 1922.

En 1923, il enseignait la philosophie à Brescia.

En 1924, il entra dans l’Ordre des Jésuites, dont il fut successivement nommé vice-provincial.

De 1929 à 1932, il enseigna en Albanie et envoyait des articles à la revue Civiltà Cattolica, sur l’œcuménisme ; il avait en effet l’occasion de discuter avec des membres de la communauté musulmane.

En 1932, il contracta la tuberculose, pour laquelle il reçut des soins en Suisse, jusqu’en 1936, année où il fit sa profession religieuse, puis retourna en Albanie.

En 1942, il eut la clavicule cassée par une balle du camp nazi.

Arrêté le 31 décembre 1945, enfermé pendant deux mois, torturé, il fut abattu le 4 mars suivant.

Il est un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Gjon Fausti est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

 

 

Daniel Dajani

1906-1946

 

Daniel Dajani naquit le 2 décembre 1906 à Blinisht (auj.Lezhë, Albanie).

En 1908, il  entra au séminaire de Shkodër, dirigé par les Jésuites.

En 1926, il entra lui-même au noviciat de cet Ordre à Gorizia (Italie), étudia la philosophie de 1931 à 1933 à Chieri, puis à Shkodër en 1934-1935, avant de revenir à Chieri de 1937 à 1939 pour ses études de théologie.

En 1938, il fut ordonné prêtre ; en 1942, il fit la profession solennelle.

Pendant trois années il continua à enseigner, puis l’Albanie fut envahie par les troupes nazies, qui la laissèrent aux mains du gouvernement marxiste. Pendant toute cette période, Daniel continua à montrer une attitude calme et ferme, très appréciée de ses étudiants.

En 1945, il fut nommé Recteur du séminaire.

En décembre de cette année-là, un des séminaristes fut durement torturé puis relâché, et mourut peu après. Lors des funérailles, le 31 décembre, Daniel n’hésita pas à avertir que tous ceux qui suivraient les traces de ce séminariste, pourraient être fiers de mourir pour la foi chrétienne.

Immédiatement arrêté à son retour à Shkodër, il subit deux mois de confinement puis des semaines de torture ; un semblant de procès fabriqué d’avance, l’accusa de préparer des traîtres à la nation, de soutenir les Etats occidentaux, et d’être un espion du Vatican ; en outre, on l’accusait de diriger l’Union Albanaise, qui n’était qu’un pseudonyme dont s’étaient servi deux séminaristes pour imprimer un manifeste anti-communiste (sans le dire aux supérieurs).

A la fin du procès, Daniel répondit au juge : Je suis prêt à mourir pour témoigner de ma foi. - Mes compagnons et moi-même considérons comme un privilège de mourir pour Jésus-Christ, parce que notre sacrifice sera la source de nouveaux Martyrs de la foi chrétienne. Peut-être qu’un jour les gens comprendront quelle erreur s’est commise ici.

Le 22 février 1946, avec sept autres prévenus, il fut condamné à être fusillé et fut abattu avec cinq d’entre eux le 4 mars 1946.

Juste avant de tomber, il dit encore : Je pardonne à tous ceux qui me frappent. Je suis heureux de pouvoir mourir innocent plutôt que coupable. Dites à mes parents d’offrir au père Shllaku l’argent nécessaire pour célébrer deux Messes pour moi.

Daniel est l’un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Daniel Dajani est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

 

 

Kolë Shllaku

1907-1946

 

Kolë (Nicolas) Shllaku naquit le 27 juillet 1907 à Shkodër (Albanie), de Loros et Marë Ashtës.

Il fréquenta le collège des Frères Mineurs, qu’il rejoignit au postulat de Troshan en 1922.

Quand il fit la profession solennelle, il prit le nom de Gjon (Jean).

Il fut envoyé en Hollande pour ses études de théologie et fut ordonné prêtre en 1931.

De 1932 à 1936, il compléta ses études à Louvain et reçut le doctorat en théologie.

Revenu à Scutari, il enseigna la philosophie et le français à l’école Illyrikum ; ses dons intellectuels et spirituels lui valurent une certaine renommée.

Lors de l’invasion italienne, il se réfugia en Yougoslavie ; revenu en Albanie un an plus tard, il publia des articles très vifs contre le marxisme et le fascisme, tout en inculquant aux étudiants le sens d’une résistance non-violente et surtout l’absence de toute vengeance.

En 1940, il fut nommé à la tête des Franciscains d’Albanie, continuant à exposer point par point l’erreur du Marxisme. Il fut bientôt dans la ligne de mire du gouvernement athée.

Arrêté durant l’hiver 1945, il subit des semaines de torture ; un semblant de procès l’accusa de complot noir avec le Vatican, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ; avec sept autres prévenus, il fut condamné à être fusillé et fut abattu avec six d’entre eux le 4 mars suivant.

Il est un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Kolë Shllaku est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

 

 

Qerim Sadiku

1919-1946

 

Qerim Sadiku naquit le 18 février 1919 à Vusanje (Montenegro, auj. Vuthaj, Shkodër, Albanie).

En 1944, il épousa Marije Vata.

Cet homme jeune, fervent catholique, avait été lieutenant dans la gendarmerie sous le roi Zog I d’Albanie et était radicalement anti-communiste.

Jusqu’à la fin de la Guerre mondiale, il tenait son échope dans les environs de Shkodër, sans jamais avoir été inquiété.

Le 3 décembre 1945, il fut arrêté et jeté en prison sous plusieurs accusations inventées : il aurait encouragé les gens à ne pas voter et distribué des tracts prônant l’abstention ; il aurait fait partie de l’Union Albanaise, une association fantôme inexistante et soi-disant fasciste. En fait, son crime était d’être chrétien.

Le 22 février 1946, après un procès réglé d’avance, Qerim fut condamné à mort et exécuté au matin du 4 mars, avec cinq Compagnons.

Il eut le temps de prononcer ces belles paroles juste avant de mourir : Je pardonne à ceux qui ont pu me faire du mal. Je pardonne à ceux qui m’ont condamné, ainsi qu’à mes bourreaux. Vive le Christ, notre Roi ! Vive l’Albanie !

Les corps furent laissés à la vue de la population, pour la terroriser, puis on les traîna près de la rivière, dans une fosse recouverte de poubelles, pour masquer les traces de l’exécution.

Six mois plus tard, l’épouse de Qerim mettait au monde son petit bébé.

Qerim est l’un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Qerim Sadiku est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

 

 

Mark Çuni

1919-1946

 

Mark Çuni naquit le 30 septembre 1919 à Bushat (Vau i Dejës, Shkodër, Albanie).

Après l’école du village, il fréquenta le collège Saint-François-Xavier de Shkodër, puis le Séminaire Pontifical,  tous deux tenus par les Jésuites.

Après l’invasion des troupes fascistes italiennes, l’Albanie fut laissée aux mains d’un gouvernement marxiste totalitaire. Les Catholiques furent recherchés, persécutés et éliminés sans pitié.

Les séminaristes, de leur côté, tentèrent de réagir à leur façon, réussissant à fabriquer avec les moyens du bord, des tracts contre l’athéisme et contre la persécution, et ce dans la plus parfaite discrétion, sans en avertir leurs supérieurs (pour ne pas non plus les compromettre). Ce sont eux qui imaginèrent de signer ces tracts par l’expression Union Albanaise, une association purement virtuelle.

Des élections étaient programmées pour décembre 1944, mais une seule liste était proposée, celle des communistes. Mark et son ami Gjergi imprimèrent une quantité inimaginable de tracts pour dénoncer ces élections. Un séminariste fut arrêté peu avant les élections, Fran Gaçi, qui fut torturé et mourut peu après avoir été remis en liberté.

Mark et Gjergi furent aussi arrêtés le 7 décembre, et durement torturés. On les accusait principalement d’être des espions du Vatican, donc d’un Etat ennemi ; Mark dut être soutenu par deux gardes, tant on l’avait battu. Il déclara aux juges : Nous n’avons pas à nous excuser, car nous avons utilisé les moyens que vous-mêmes autorisez dans la Constitution.

Le 22 février eut lieu un semblant de jugement, qui condamna à mort Mark et Gjergi, avec six autres accusés. La condamnation de Gjergi fut ensuite commuée en travaux forcés.

L’exécution eut lieu au matin du 4 mars 1946. Juste avant, Mark dit : Je pardonne à tous ceux qui m’ont jugé, condamné et à ceux qui vont me tuer. Vive le Christ Roi !

Mark est l’un des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Mark Çuni est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

 

Gjelosh Lulashi

1925-1946

 

Gjelosh Lulashi naquit le 2 septembre 1925 à Shosh (Shkodër, Albanie).

Dès l’âge de sept ans, il fréquenta l’école tenue par les Franciscains à Shkodër puis commença le séminaire.

Durant le service militaire, il fut secrétaire à l’hôpital militaire.

Il aida son ami Mark Çuni dans l’élaboration des tracts de l’Union Albanaise, et c’est ce qui le compromit.

Arrêté et mis en prison le 3 décembre 1945, il fut accusé d’espionnage au service du Vatican.

Un semblant de procès eut lieu le 22 février suivant, au terme duquel Gjelosh fut condamné à mort.

L’exécution eut lieu au matin du 4 mars 1946.

Gjelosh, âgé de vingt ans,  est le plus jeune des trente-huit Martyrs d’Albanie béatifiés en 2016.

Gjelosh Lulashi est inscrit au Martyrologe le 4 mars.

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 00:00

03 MARS

 

III.

Ss Marin et Asterius, l’un militaire à Césarée de Palestine, l’autre sénateur qui en recueillit le corps après son martyre.

Ss Emetherius et Cheledonius, militaires en Espagne et martyrs. 

?

Ss Félix, Luciole, Fortunat, Marcia, martyrs.

IV.

Ss Cleonicus, Eutropius et Basiliscus, proches de s.Théodore (cf. 17 février), martyrs à Héraclée, les deux premiers crucifiés, l’autre décapité.

Ste Piamun, vierge en Egypte ; par sa prière, elle amena la paix entre plusieurs villages.

V.

Ste Camille, vierge venue de Civitavecchia au diocèse d’Auxerre où était s. Germain.

VI.

S Titianus, évêque à Brescia, d’origine germanique.

S Guennolé, fondateur et abbé à Lann Tévennec (Landévenec).

Ste Arthellaïs, vierge à Constantinople, morte chez son oncle à Bénévent à seize ans.

S Calupan, prêtre reclus près de Méallat.

VII.

S Lamalisse, ermite en l’île de Arran.

S Sacer (Mosacer), fondateur et abbé à Tegh sacra.

IX.

S Anselmo, parent du roi Astolfo et duc du Frioul, puis fondateur et abbé à Nonantola.

XI.

Ste Cunégonde, épouse de l’empereur s. Henri, avec qui elle vécut dans la chasteté parfaite.

S Gerwin, abbé à Saint-Riquier ; il souffrait de la lèpre, dont on ne trouva plus trace avant sa sépulture. 

XII.

B Friedrich, prêtre, fondateur et abbé prémontré à Mariengaard.

XV.

B Pietro Geremia, dominicain à Palerme, excellent prédicateur.

XVI.

B Giacobino de’ Canepacci, frère lai carme à Verceil, qui apparut à s. Charles Borromée.

XVIII.

Bx Johannes Laurentius (Libaratus) Weiß, Antonio Francesco (Samuele) Marzorati et Michele-Pio Fasoli, franciscains (l’un de Bavière, les autres d’Italie), martyrs lapidés en Ethiopie, béatifiés en 1988.

B Pierre-René Rogue, prêtre martyr de la Révolution, guillotiné à Vannes, invoqué contre la fièvre (“saint Rogue”).

XIX.

Ste Ignazia (Teresa Eustochio) Verzeri, fondatrice des Filles du Sacré-Cœur de Bergame, pour l’école des enfants pauvres et l’assistance aux femmes et jeunes filles, canonisée en 2001.

B Giovanni (Innocenzo) Scalvinoni de Berzo, capucin à Bergame.

XX.

Bse María Concepción Cabrera de Armida (1862-1937), mystique mexicaine, mère de neuf enfants, béatifiée en 2019.

Ste Catherine Marie (Katharine) Drexel (1858-1955), fondatrice aux Etats-Unis des Sœurs du Saint-Sacrement, pour l’apostolat auprès des Indiens et des gens de couleurs, béatifiée en 1988, canonisée en 2000.

Marinus et Asterius à Césarée de Palestine

† 262

 

Marinus était un dignitaire de l’armée, de haute naissance et authentique artistocrate à Césarée de Palestine (act. sud de Dor, Israël).

Alors que la paix régnait, on annonça dans la légion une promotion pour la remise du cep de vigne, l’insigne des centurions, et Marinus était un des premiers candidats.

Mais quelqu’un vint insinuer que Marinus, étant chrétien et ne sacrifiant pas aux empereurs, ne pouvait être décoré, en vertu d’une loi ancienne. On donna trois heures à Marinus pour réfléchir.

Comme il sortait du prétoire, l’évêque du lieu vint à sa rencontre et l’emmena à l’église. Il lui demanda de choisir : ou son épée, ou le livre des Evangiles. Marinus étendit sans hésiter la main vers l’évangéliaire. Le geste rappelle un peu l’appel des novices au moment de leur profession : on les amène devant leur costume civil et devant la tunique monacale, et l’abbé leur demande de choisir.

L’évêque promit à Marinus la grâce de Dieu.

Le délai étant écoulé, Marinus répéta dignement sa profession de foi au tribunal.

Il fut décapité sur place.

Etait présent un sénateur romain, Asterius, bien en vue auprès des empereurs. Il vint recueillir le corps du Martyr et l’emporta sur ses épaules pour l’ensevelir dignement. A son tour, il fut décapité.

Ceci se passait vers 262.

Saints Marinus et Asterius sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emetherius et Cheledonius à Calahorra

† 298

 

Emetherius et Cheledonius étaient deux anciens légionnaires, en stationnement en Espagne.

On ne sait pas exactement quelle circonstance les amena à se déclarer chrétiens, mais leur attitude franchement affichée fut la cause de leur martyre.

Celui-ci eut lieu, d’après une antique tradition, à Calahorra (Rioja, Espagne N).

Nombreux furent les miracles qui se produisirent à leur tombeau.

Saints Emetherius et Cheledonius sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cleonicus, Eutropius et Basiliscus d’Héraclée

† 308

 

Ces trois martyrs se rattachent directement au martyre de s.Theodoros (v. 17 février). Leurs noms d’origine devraient sans doute s’écrire à la grecque : Cleonikos, etc.

Après l’immolation de Theodoros, son bourreau demanda où étaient passés les autres soldats qui accompagnaient le Martyr. On lui amena trois soldats qui, fortement unis par l’amitié, se considéraient comme frères : ils étaient chrétiens.

Interrogés, ils se déclarèrent tels, et refusèrent d’offrir de l’encens à des statues de dieux en bois ou en argent.

Cleonicus et Eutropius furent crucifiés ; Basiliscus, décapité, mais pas le même jour.

Ceci pouvait avoir lieu vers 308, nous dit-on. Il faudrait alors rectifier de quelques années la date de la mort de Theodoros, ou celle de nos Martyrs d’aujourd’hui.

Saints Cleonicus, Eutropius, mais pas Basiliscus, sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Titianus de Brescia

5e siècle

 

Ce seizième évêque de Brescia, qui vécut au 5e siècle, était peut-être originaire de Germanie.

Venu à Brescia, Titianus y appartenait au clergé et fut ordonné diacre.

A la mort de s.Vigilius (qui était fêté le 26 septembre), c’est sur Titianus que s’orienta le choix des électeurs ; le diacre reçut le sacerdoce et la consécration épiscopale.

On a retenu de lui sa charité envers les pauvres, son souci d’embellir les édifices du culte. Dieu lui permit d’y ajouter des miracles, durant sa vie et après sa mort.

La date de sa mort reste inconnue, se situant vers la fin du siècle.

Saint Titianus (Tiziano) est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain. 

Les vingt-huit premiers évêques de l’Eglise de Brescia ont tous été canonisés, mais ne sont pas tous mentionnés dans le Martyrologe.

 

 

Guennolé de Landévenec

461-530

 

Winwalæus - c’est la traduction latine de Guennolé, car il est bien possible que le nom breton ait existé avant le latin - naquit vers 461 en Armorique, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche). Ces parents appartenaient à deux familles nobles de Grande-Bretagne et eurent d’abord deux jumeaux, Guethenoc et Jacut, vers 460, avant leur émigration en Armorique.

Guennolé vit le jour sur les bords de la rivière Gouet, non loin de la mer, en Basse-Bretagne, dans le diocèse de Saint-Brieuc ; il reçut de ses parents l’habitude de louer Dieu, dès qu’il put parler.

Les parents voulurent confier leur dernier fils à un vénérable moine nommé Budoc, renommé pour sa sainteté et surnommé docteur très élevé, qui avait fondé un monastère sur l’île de Bréhat (act. Côtes-d’Armor) ; le monastère avait reçu le nom d’Ile lavée (auj. Lavrec). Pendant la traversée, ils furent assaillis par une violente tempête, et c’est le petit Guennolé qui rassura ses parents avec des mots pleins de foi et de confiance. Budoc reçut Guennolé avec grande bienveillance et prédit aux parents quelques traits de la destinée de leur fils.

Guennolé grandit très rapidement dans la sainteté - et Dieu le prouva en lui donnant bientôt le don des miracles. Un jour qu’un de ses condisciples s’était cassé une jambe, Guennolé fit un signe de croix sur la fracture et ordonna : Lève-toi, au nom du Seigneur Jésus !, ce que fit le malade. Une autre fois, se renouvela la situation du paralytique de l’Evangile (Mt 9:5) ; en effet, un frère reprochait à Guennolé de s’en tenir à des mots stériles : humblement, Guennolé ne répondit rien, mais l’aveugle qui était devant lui recouvra la vue instantanément.

Quelques années passèrent, et quand Guennolé eut vingt-et-un ans (482), il se passionna pour le travail évangélique de s.Patricius (v. 17 mars) et voulut partir à son tour en Irlande. Il allait s’embarquer, mais la nuit précédent le départ, il vit en songe Patricius qui lui déconseillait de quitter le continent, car il avait à y fonder un monastère.

Budoc accepta un peu à contre-cœur la mission de son jeune fils, qu’il aimait tant. Mais il laissa la volonté divine se faire : il donna sa bénédiction à Guennolé, qui partit avec onze moines. Leur premier essai fut l’île Topaja (auj. Tibidy, rade de Brest, Finistère), où ils construisirent quelques bâtiments et cultivèrent un jardin. Mais après trois ans, ils comprirent qu’il leur fallait s’installer mieux et vinrent vers l’embouchure du Faou, non loin de la mer ; ce fut l’origine de Lann Tévennec, ou Landévenec.

La région était parfaitement vierge, inhabitée, inculte, et le travail des moines la rendit fertile, tandis que les nombreux miracles de Guennolé le rendirent très célèbre. Le roi Gradlon le protégea. La présence de Guennolé et de ses moines aida beaucoup de païens à se rapprocher de Dieu.

Vers 530, la nuit du 2 au 3 mars, une voix avertit Guennolé de sa prochaine mort. Le matin venu, il l’annonça à son tour aux moines, ajoutant : Quand j’aurai chanté la messe, Dieu m’appellera à Lui. A l’heure voulue, tous se rendirent à l’office, Guennolé célébra la messe puis, debout devant l’autel, chanta un psaume d’action de grâces ; tandis que les moines continuaient de chanter, Guennolé rendit son âme à Dieu.

Saint Guennolé est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain. 

L’abbaye de Landévenec fut maintes fois pillée, puis vendue à la Révolution, rachetée, reconstruite ; elle abrite actuellement des moines bénédictins.

 

 

Arthellaïs de Bénévent

544-560

 

Arthellaïs naquit vers 544 à Constantinople, de Lucius, procureur, et Aithuesa.

L’enfant, grandissant, eut la grâce d’une extrême beauté, qui tenta l’empereur Justinien. Aussi les parents veillèrent particulièrement sur leur fille, qu’ils savaient vouée à la vie religieuse.

Arthellaïs demanda bientôt, elle-même, à être conduite auprès de son oncle Narsès, qui était gouverneur en Italie à Bénévent.

Le récit de cette belle histoire ne nous explique pas, ici, comment des parents aussi prudents et pieux, laissèrent ainsi partir leur fille, adolescente, sans l’accompagner eux-mêmes.

Le voyage se fit avec trois fidèles servantes qui devaient la protéger durant ce long périple. Mais en chemin dans le sud de l’Italie, des brigands les assaillirent et voulurent s’en prendre particulièrement à la belle jeune fille Arthellaïs. Les trois servantes prirent courage, réussirent à s’évader et à aller confier leur situation dans une église proche, dédiée à sainte Eulalie. En chemin, elles firent une aumône à un mendiant qui leur répondit : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi-même que vous l’avez fait. Elles comprirent que Notre-Seigneur lui-même avait daigné par là leur montrer qu’il avait entendu leur prière. Au même moment en effet, les voleurs furent frappés de mort subite, et Arthellaïs délivrée miraculeusement.

S’étant retrouvées, pleines de joie et de reconnaissance, elles allèrent remercier saint Michel au Mont Gargan. En même temps, Narsès fut divinement averti de l’approche de sa nièce et partit à sa rencontre.

Parvenue à Bénévent, Arthellaïs se rendit pieds nus à l’église Sainte-Marie, où elle reçut l’Eucharistie.

Peu après, elle fut prise de fièvre et mourut, dans sa dix-septième année, en 560.

Elle fut ensevelie dans l’église Saint-Luc, puis transférée plus tard dans la cathédrale de Bénévent.

Sainte Arthellaïs est commémorée le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anselmo de Nonantola

723-803

 

Anselmo, parent du roi lombard Astolfo, naquit en 723 à Cividale del Friuli.

En 749, il devint duc de la province du Frioul et accompagna Astolfo dans ses campagnes. Astolfo épousa sa sœur, Gisaltruda.

Vint le jour où Dieu lui fit comprendre la vanité du monde et mit dans son cœur le désir de Le servir.

Sur un terrain concédé par Astolfo à Fanano (Modène), Anselmo bâtit en 751 un monastère et une hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins.

Deux années plus tard, vers 752-753, il fonda aussi l’abbaye de Nonantola, dont l’église fut dédiée à Notre-Dame et à s.Benoît (v. 11 juillet).

Anselmo fut lui-même établi abbé de ce monastère, par le pape Stephanus II. Le nouvel abbé ne se considérait pas «supérieur», mais s’employait aux plus viles tâches quotidiennes.

Au roi Astolfo succéda en 756 Desiderio, qui voulut réorganiser la vie monastique de la région de façon à s’en gagner l’appui. Anselmo protesta : les moines ne s’occupent pas de la vie politique ; Desiderio le fit s’exiler au Mont-Cassin jusqu’en 774, date à laquelle Charlemagne déposa Desiderio et rappela Anselmo dans son abbaye.

Anselmo vécut alors en paix et mourut en 803.

Saint Anselmo est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

Cunégonde de Luxembourg

975-1033

 

Cunégonde était le sixième enfant de Sigefroid de Luxembourg et Hedwige. Elle naquit vers 975 à Wettenberg (Hesse, Allemagne C). 

La sainte éducation qu’elle reçut de ses parents lui inspira de se consacrer à la Vierge Marie dès l’enfance et à lui promettre de conserver intacte sa virginité.

Quand ses parents, selon une coutume de l’époque, la promirent en mariage au duc de Bavière, Henri (qui devait devenir l’empereur Henri II le Saint ou le Boîteux, v. 13 juillet), Cunégonde leur obéit, mais fit part à son fiancé de son vœu de jeunesse, à quoi le duc répondit par une semblable décision.

Henri et Cunégonde furent sacrés en 1002, et couronnés à Rome en 1014.

On a parfois avancé que cette sainte chasteté cachait une stérilité ; c’est une hypothèse propre à l’époque contemporaine, mais qui n’a pas été envisagée ni affirmée pendant les mille ans précédents. En revanche, les anecdotes suivantes confirment la réalité.

Le diable en effet, toujours prêt à diviser et à brouiller, fit suggérer à Henri par quelque mauvais sujet, que l’impératrice aurait été infidèle. Cunégonde alors alla marcher pieds-nus sur des barres de fer rougies au feu, dont elle ne subit aucune brûlure. En outre, à sa mort, Henri s’adressa à ses parents et aux grands du royaume, leur disant de Cunégonde : Vous me l’avez donnée vierge, vierge je vous la rends. 

Cunégonde fonda un monastère de Bénédictins près de Bamberg, et un de Bénédictines à Kaufungen. Elle avait fait le vœu de faire construire ce dernier si elle guérissait d’une grave maladie.

En 1025, un an après la mort d’Henri, on procéda à la dédicace du monastère de Kaufungen, en présence de Cunégonde, des grands et de nombreux prélats. Après la proclamation de l’évangile, Cunégonde quitta son habit solennel d’impératrice et revêtit une simple tunique brune qu’elle s’était cousue et se fit couper les cheveux. Elle allait alors terminer ses jours dans ce monastère, humble parmi les moniales, qu’elle servait avec amour.

Cunégonde accomplit des miracles dans sa vie ; l’un d’eux se produisit à Kaufungen. Cunégonde était couchée sur sa paillasse recouverte d’un cilice, qui lui servait de couche. Une religieuse lui lisait l’Ecriture (qu’elle devait lui traduire, car elle ne savait pas le latin), mais s’assoupit et laissa tomber la chandelle ; le feu prit et aurait pu asphyxier l’impératrice qui, d’un signe de croix, éteignit l’incendie.

Elle perdit peu à peu toutes ses forces et comprit qu’on lui préparait des funérailles à hauteur de son rang politique. Elle protesta que ce n’était pas digne d’une épouse du Christ.

Cunégonde mourut à Kaufungen le 3 mars 1033 (ou 1039) ; d’autres miracles se vérifièrent après sa mort et elle fut canonisée en 1200.

Le Luxembourg l’a prise comme co-patronne, avec Notre-Dame et s. Willibrord (v. 7 novembre).

Le Martyrologe commémore sainte Cunégonde au 3 mars.

 

 

Friedrich de Mariengaarde

1100-1175

 

Né vers 1100 à Hallum (Frise, Allemagne N), Friedrich fut très tôt orphelin de père et fut confié par sa pieuse mère, d’abord au curé de Hallum, qui lui enseigna le latin, puis à l’école de Münster.

Ordonné prêtre, il devint - sur leur demande - vicaire, puis curé de ses concitoyens de Hallum.

Un appel intérieur vers la vie cénobitique le travaillait. Il alla se soumettre à la règle de Prémontré à Marienweerd (Utrecht), puis revint à Hallum et fonda en 1163 dans les environs un nouveau monastère prémontré, qui prit le nom de Mariengaarde (Jardin de Marie), et dont il devint le premier abbé.

Au début, vivaient là des hommes et des femmes, puis les femmes formèrent leur communauté dans un autre monastère, Betlehem, l’actuel Bartlehiem

Le saint Abbé fut célèbre par ses miracles, et les deux monastères par la sainteté de leurs membres.

Pendant près d’un demi-siècle, Friedrich demeura curé de Hallum, où il avait célébré sa première Messe et où il célébra la dernière. Malade, il se retira dans le monastère, et y mourut le 3 mars 1175.

Ses nombreux miracles engendrèrent un pèlerinage fameux à l’église de Hallum, jusqu’en 1580, lorsque  la Réforme fit disparaître le monastère. 

Les reliques de Friedrich passèrent en Belgique et sont à Leffe depuis 1938.

Le bienheureux Friedrich, dont le culte fut approuvé en 1728, est mentionné au Martyrologe Romain le 3 mars.

 

 

Pietro Geremia de Palerme

1399-1452

 

Pietro Geremia était d’une famille aristocratique de Bologne, et naquit à Palerme (Sicile) le 10 août 1399.

Son père, juge à la Cour royale, exigea qu’il étudiât d’abord au couvent Saint-Dominique puis, à dix-huit ans, à Bologne.

Pietro Geremia passa brillamment ses examens, mais un événement lui fit renoncer au doctorat. En 1422, il eut la vision d’un parent défunt qui l’avertit sur la vanité des choses de ce monde. C’était en quelque sorte la situation du Mauvais riche et Lazare (Lc 16:31) qui se répétait.

Contre la volonté paternelle, Pietro Geremia décida alors d’entrer au couvent dominicain de Bologne, fit le noviciat à Fiesole et, en 1424, fut ordonné prêtre.

Sa prédication fut hautement encouragée par s. Vicente Ferrer (v. 5 avril).

En 1433, il fut envoyé en Sicile pour y soutenir le mouvement de l’observance ; il fut prieur à Palerme.

En 1439, il fut appelé à participer au concile de Florence, où devait être proclamée l’Union entre l’Orient et l’Occident ; Pietro Geremia y prit la parole pour expliquer aux Grecs l’erreur de leur position.

Puis il fut nommé visiteur pour tous les couvents de Sicile.

Les miracles se multipliaient aussi : un jour qu’il avait la voix très affaiblie, on l’entendit de très loin ; en 1444, sa prière arrêta l’avancée de la lave de l’Etna, qui menaçait Catane.

On lui attribue la fondation de plusieurs couvents, et l’Université de Catane, qu’il inaugura en 1445.

Toute sa vie, il souffrit de douleurs variées, surtout aux jambes, sans qu’on entendît jamais la moindre plainte sortir de sa bouche. Au contraire, s’il éprouvait quelque soulagement, il pensait que Dieu l’abandonnait.

Après avoir reçu les Sacrements de l’Eglise, il pria le psaume 120 (Levábo óculos meos in montes), qu’il acheva juste au dernier verset (Dóminus custódiet intróitum tuum et éxitum tuum : litt. Le Seigneur te gardera à l’entrée et à la sortie), quand il rendit son âme à Dieu, le 3 mars 1452.

Au moment de l’ensevelir, on remarqua qu’il portait une ceinture de fer aux reins, qu’on ne put lui retirer tant elle était serrée.

Le culte du bienheureux Pietro Geremia a été approuvé en 1784.

 

 

Giacobino Canepacio

1438-1508

 

Giacobino (ou Giacomino, Petit Jacques) était de Ailoche (Crevacuore, Biella, Piémont, Italie NW).

On le nomme aussi, comme dans le Martyrologe, de’ Canepacci.

Entré au couvent des Carmes de Verceil, il y fut frère convers, humble et caché, et y mena une vie tout édifiante, chargé de l’accueil ou de la quête dans les rues. Quand il lui restait un peu de temps, il visitait aussi les prisonniers.

Il eut le don des miracles.

Durant une épidémie de peste, il mourut, toujours à Verceil, le 3 mars 1508.

Il serait souvent apparu à Carlo Borromeo (v. 3 novembre) qui, en retour, aurait bien aimé en recevoir le saint corps pour le vénérer dans son diocèse, mais, lui dit-on, on ne retrouva pas cette précieuse relique.

Toutefois, sur les murs de l’ancienne chapelle des Carmes de Verceil, se lisait cette inscription : Hic jacet B. fr. Iacobinius de Crepatorio, où la lettre B laisse entendre que l’humble Frère était déjà vénéré comme Bienheureux.

Le culte du bienheureux Giacobino fut approuvé en 1845, et le Martyrologe le mentionne au 3 mars.

 

 

Antonio Francesco Marzorati

1670-1716

 

Antonio Francesco naquit le 10 septembre 1670 à Biumo Inferiore (Varese, Lombardie, Italie N).

Il entra dans l’Ordre franciscain à Lugano, prit le nom de Samuele et fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé à Rome pour étudier la médecine et la chirurgie, puis il gagna l’Egypte en 1705.

Il tenta de pénétrer en Ethiopie, mais arriva sur l’île de Socotra, en mars 1706.

Après cinq années de travail (apparemment) peu fructueux, il revint en Egypte, en 1711.

Avec les deux Confrères Liberatus Weiß et Michele Pio Fasoli, autres franciscains, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir. 

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1989.

 

 

Johannes Laurentius Weiß

1675-1716

 

Johannes Laurentius Weiß naquit le 4 janvier à Konnersreuth (Bavière, Allemagne).

Après ses études à Waldsassen, il entra à Graz dans l’Ordre franciscain en 1693, prenant le nom de Liberatus. Il fut ordonné prêtre en 1698.

Après quelques années d’activité pastorale, il vint à Rome en 1703 pour se préparer à partir en mission en Ethiopie, une région où l’Eglise locale est majoritairement monophysite (ne reconnaissant pas les deux natures, divine et humaine, de Jésus-Christ).

En 1704, une petite troupe de missionnaires traversa l’Egypte et parvint au Soudan : là, ils furent arrêtés à Khartoum et dévalisés ; huit des dix compagnons moururent.

Liberatus retourna à Jérusalem en attendant une prochaine occasion de repartir pour l’Ethiopie.

Avec son Confrère Michele-Pio Fasoli il essaya une première fois de pénétrer en Ethiopie, en vain ; une seconde fois, accompagnés de Samuele Marzorati, autre franciscain, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir.

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1988.

 

 

Michele Pio Fasoli

1676-1716

 

Michele Pio naquit le 3 mai 1676 à Zerbo (Pavie, Italie).

Il entra dans l’Ordre franciscain en 1693 et fut ordonné prêtre en 1698.

Avec son Confrère Liberatus Weiß il essaya une première fois de pénétrer en Ethiopie, en vain ; une seconde fois, accompagnés de Samuele Marzorati, autre franciscain, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir.

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1988.

Pierre-René Rogue

1758-1796

 

Pierre-René naquit le 11 juin 1758 à Vannes (Morbihan), déjà orphelin de père, ce dernier étant décédé dans un accident peu avant la naissance du petit garçon.

Après ses études, Pierre-René entra en 1776 au séminaire des Lazaristes ou Religieux de Saint-Vincent-de-Paul et fut ordonné prêtre en 1782.

Il fut nommé aumônier d’un couvent de religieuses, puis il fut admis dans cette même congrégation des Lazaristes, en 1786.

Il fut ensuite nommé professeur de théologie au séminaire de Vannes, en 1787, en même temps qu’il exerçait le saint ministère en paroisse.

Lors de la Révolution, ainsi que de nombreux prêtres et religieux, il refusa de prêter le serment à la constitution civile du clergé. L’évêque suivit son exemple ; l’abbé Rogue convainquit aussi tous ses collègues du diocèse de suivre les directives du Pape et non de l’Etat. C’est le département du Morbihan qui, en France, a eu le moins de prêtres assermentés. Aussi l’évêque fut convoqué à Paris, et dut quitter la France : un évêque constitutionnel le remplaça, le séminaire fut fermé.

La paroisse de l’abbé Rogue fut supprimée en 1791 : le prêtre se réfugia chez sa mère, puis vécut dans la clandestinité, changeant de domicile sans cesse, déguisé, et organisant avec quelques confrères la vie sacramentelle des fidèles. 

En 1792, il refusa toujours de prêter le serment Egalité Liberté. Durant la période de la Terreur, il réussit à passer inaperçu et, quand la situation semblait se décanter, il réapparut au jour : mais l’accalmie cessait déjà en 1795.

La répression en Vendée fut terriblement horrible : les prêtres réfractaires étaient particulièrement traqués. L’abbé Rogue fut arrêté le 24 décembre 1795, alors qu’il portait le viatique à un mourant.

Mis en prison à Vannes, il y restera jusqu’au début de mars 1796, soutenant le moral des co-détenus, dont certains étaient prêtres aussi.

Le 2 mars 1796, un tribunal révolutionnaire s’installa dans cette église même où il avait été ordonné prêtre (Notre-Dame du Mené) ; il fut condamné à mort.

L’exécution eut lieu le lendemain, 3 mars 1796, sur la place du Marché (actuelle place Marchais). Sur le chemin, l’abbé Rogue chantait un cantique de sa composition écrit dans la prison.

De nombreux miracles eurent lieu sur sa tombe.

L’abbé Pierre-René Rogue fut béatifié en 1934.

 

 

Ignazia Verzeri

1801-1852

 

Ignazia Verzeri naquit le 31 juillet 1801 à Bergame, première des sept enfant de Antonio Verzeri et de la Comtesse Elena Pedrocca-Grumelli. Son frère, Jérôme, sera évêque de Brescia.

Toute petite, elle apprit de sa mère, profondément chrétienne, à connaître et aimer Dieu de façon ardente. Le Chanoine Giuseppe Benaglio, vicaire général du diocèse de Bergame, qui était déjà le directeur spirituel de la famille, devint particulièrement celui de la petite Ignazia.

Celle-ci reçut sa formation scolaire à la maison. Intelligente, l'esprit ouvert, attentive, droite : elle apprit le discernement, toujours à la recherche de valeurs éternelles et fidèle à l'intervention de la grâce divine. Son chemin spirituel était tout dans le dépouillement de soi-même, la pureté de l'intention, la droiture et la simplicité. Elle recherchait “Dieu seul”.

En son for interne, Ignazia ressentit l'expérience mystique de l' “absence de Dieu”, un peu ce qu'éprouve l'homme de notre époque : le poids de la solitude humaine devant l'impression inquiétante de l'éloignement de Dieu. Mais Ignazia vit cet éloignement dans une foi inaltérable, sans perdre un instant la confiance et l'abandon dans le Dieu vivant, Père miséricordieux et Providence, à qui elle offrait sa vie dans un acte total d'obéissance, comme Jésus qui s'est offert totalement par amour. 

Voulant plaire à Dieu et ne faire que Sa volonté, elle réfléchit sur sa vocation et s'orienta d'abord vers les Bénédictines de Santa Grata, qu'elle quitta pour fonder à Bergame les Filles du Sacré-Cœur de Jésus, aidée en cela par le Chanoine Benaglio. La fondation est du 8 février 1831. Ignazia s'appellera désormais Teresa Eustochio.

Il faut rappeler ici que, durant cette première moitié du XIXe siècle, l'Italie passait par de grandes transformations ; à Bergame en particulier Teresa vit les changements politiques, les révoltes et les révolutions, et même les persécutions qui n'épargnaient pas l'Eglise, sans parler du Jansénisme et de la crise des valeurs, héritée de la Révolution Française.

Au moment où la dévotion au Sacré-Cœur trouvait encore bien des résistances, elle laissa aux premières Filles du Sacré-Cœur cet écrit qui aura valeur de testament spirituel : A vous et à votre Institut, Jésus Christ a fait le don précieux de son Cœur, pour que vous appreniez de Lui et de personne d'autre, la sainteté, car c'est Lui la source inépuisable de la vraie sainteté.

Teresa se rendait bien compte des urgences de son temps. Avec une parfaite disponibilité devant toute situation où l'appellait la charité, affrontant même les dangers de toute sorte, elle s'adonna avec ses premières compagnes à diverses occupations apostoliques. Dans sa mission se révélèrent ses dons particuliers de maîtresse spirituelle, d'apôtre et de pédagogue. L'éducation de la jeunesse doit s'appuyer sur la liberté et l'esprit de persuasion, dans le respect de l'individualité, c'est pourquoi elle recommandait de laisser aux jeunes une sainte liberté qui les laissât faire volontiers ce qu'elles feraient, au contraire, de mauvaise grâce si on le leur imposait de façon autoritaire. Ailleurs elle fit observer que le choix des moyens pour convaincre cette jeunesse, doit tenir compte du tempérament, du caractère, des inclinations, de l'entourage de chacune d'elles, et que la façon de la traiter doit s'appuyer sur la connaissance profonde qu'on doit avoir de chacune (cf. Libro dei Doveri – Livre des Devoirs, vol.1, pp. 447 et 349).

Après une vie de donation intense d'elle-même, Teresa mourut à 51 ans, à Brescia, le 3 mars 1852, laissant à l'Institut et à l'Eglise un patrimoine spirituel fondé sur la spiritualité du Cœur de Jésus. 

La Congrégation fut approuvée par les autorités civiles et par l'Eglise ; on dispose d’une immense documentation, dont les Constitutions contenues dans le Livre des Devoirs et plusieurs milliers de lettres, qui nous font découvrir toute la richesse de l'expérience spirituelle et humaine de Teresa.

Teresa Verzeri repose dans la chapelle de la Congrégation des Filles du Sacré Cœur de Jésus, à Bergame. Elle a été béatifiée le 27 octobre 1946, et canonisée le 10 juin 2001. Elle est inscrite au Martyrologe Romain le 3 mars.

Actuellement, les Filles du Sacré Cœur de Jésus sont présentes en Italie et en Albanie, en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Bolivie), en Afrique (République Centrafricaine, Cameroun), en Asie (Inde).

 

 

Giovanni Scalvinoni

1844-1890

 

Giovanni était le fils d'un paysan, et naquit à Niardo près de Valcamonica en province de Brescia en Italie, le 19 mars 1844, jour de la fête de saint Joseph. Bientôt orphelin, il fut élevé par des Pères Capucins.

De 1856 à 1861, il étudia au collège municipal de Lovere (province de Bergame), puis entra au séminaire de Brescia, et fut ordonné prêtre le 2 juin 1867. 

De 1867 à 1869, il fut vicaire coadjuteur à Cevo près Valsaviore, puis vice-recteur du séminaire diocésain de Brescia, pendant une année seulement. En 1870, il devint vicaire de paroisse à Berzo (près de Valcamonica).

En avril 1874, il commença le noviciat chez les Pères Capucins au couvent de l'Annonciation à Cogno (près Valcamonica) et prit le nom de Innocenzo. Le 29 avril 1875 il fit sa première profession et on l'envoya à Albino. Rentré à Cogno en 1876, il fit sa profession solennelle le 2 mai 1878 et devint assistant du Maître des novices. 

L'année suivante, le noviciat fut transféré à Lovere, mais Giovanni Innocenzo resta à Cogno. En 1880, il fut envoyé à la rédaction du périodique des Capucins, les Annales Franscicaines, à Milan, puis on l'envoya prêter son concours à Sabiani (province de Crema) avant son retour à Cogno en 1881. En octobre 1889, on le chargea de la prédication des Exercices spirituels à Milan, Brescia, Bergame, Albino. 

C'est là qu'il tomba gravement malade. Il fut hospitalisé dans l'infirmerie de Bergame, où il mourut le 3 mars 1890.

Malgré ses talents, Innocenzo était souvent maladroit ou distrait, et reçut plus d'une réprimande, en particulier lorsqu'il n'achevait pas la célébration de la Messe en temps voulu. L'Eucharistie, la Croix et le Chemin de Croix, la prière et le soin des pauvres l'occupaient tout particulièrement.

Pour pouvoir rester plus longtemps dans l'église, il se remettait plusieurs fois à dépoussiérer les bancs. Dans la bibliothèque du couvent, il avait déniché une ouverture qui lui permettait d'avoir une vue directe sur le Tabernacle, et pour déjouer l'attention de ses confrères, il avait toujours sous la main un livre à lire : en réalité, il était en « conversation » avec le Seigneur présent dans le Tabernacle.

Responsable des salles appartenant au couvent, il aimait partager avec les pauvres ses propres repas.

Voici quelques mots repris de son Journal quotidien : 

Mon plus grand désir est d'être soumis à tout le monde. On me traite beaucoup trop bien. Je mériterais bien autre chose. Devant Dieu, je ne suis qu'un grand pécheur !

Il a été béatifié en 1961.

Mort le 3 mars 1890, il est mentionné au Martyrologe le même jour. Mais comme cette date tombe presque toujours en période de Carême, sa fête locale a été établie au 28 septembre.

 

 

María Concepción Cabrera de Armida

1862-1937

 

María Concepción Cabrera de Armida, qu’on a appelée courammenet Conchita, naquit le 8 décembre 1862 - fête de l’Immaculée Conception - à San Luis Potosi (Mexique), d’Octaviano Cabrera et Clara Arias, des parents très chrétiens appartenant à la petite bourgeoisie.

Dans cette bonne famille, María Concepción combattait ses caprices. Elle écrira : Je désobéissais à mes parents, je battais mes frères, je chippais du gâteau, des bonbons.

En 1884, elle épousa Francisco Armida ; ils auront neuf enfants.

María Concepción fut active dans la paroisse, assistait chaque matin à la Messe, visitait les pauvres, les malades. Elle eut aussi une vie mystique intense, jouissant de visions du Christ, de la Sainte Trinité ; dans ses écrits, qui comportent soixante-mille pages manuscrites, elle parle de ces expériences, des messages du Sacré-Cœur, de l’Eucharistie ; des théologiens ont pu comparer ces écrits à ceux de sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre).

En 1895, elle créa l’Œuvre de la Croix, pour ceux qui désiraient sanctifier leur quotidien en s’identifiant au Christ sur la Croix. Ce n’est pas une congrégation ; c’est une pieuse union, dont les membres, de quelque situation qu’ils soient, offrent leurs actions, leurs petits sacrifices quotidiens, pour le rachat des péchés du monde, comme le Christ le fit par sa Croix.

En 1897, María Concepción fonda la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus : religieuses contemplatives qui observent l’adoration eucharistique et prient pour la sanctification des prêtres.

En 1901, grosse épreuve pour cette femme si active : Francisco mourut prématurément, et María Concepción dut assumer seule l’éducation et la formation de tous ses enfants ; l’aîné avait dix-sept ans, le plus jeune en avait deux. Certains entreront en religion.

En 1903, María Concepción rencontra un prêtre, Félix Rougier, que Notre-Seigneur lui avait précédemment annoncé : ce sera le point de départ d’une collaboration très importante et salutaire pour le Mexique.

En 1909, elle fondera l’Alliance de l’Amour avec le Sacré-Cœur de Jésus, une autre pieuse union, dont les membres consacreront dans leur journée des heures de prière et de service pour le ministère sacerdotal.

En 1912, ce sera la Fraternité du Christ Prêtre, une association de fidèles et de religieux pour la sanctification du ministère sacerdotal.

Désormais, les enfants avaient grandi et María Concepción pouvait donner libre cours à ses pénitences et ses austérités. En 1913, elle obtint du pape Pie X l’autorisation de se consacrer par les vœux de religion tout en restant dans le monde - c’était exceptionnel à l’époque.

En 1914 naquit sous son impulsion et celle du père Rougier, la congrégation sacerdotale des Missionnaires de l’Esprit-Saint, qui se développera au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa Rica, au Chili et en Colombie, en Espagne et en Italie. De cette congrégation naîtra aussi une branche spiritaine, le Cercle de l’Esprit-Saint et de la Croix, sur l’initiative d’un père spiritain, Luis Manuel Guzmán Guerrero.

En 1924, l’action de María Concepción aboutira à la consécration du Mexique à l’Esprit-Saint. On comprend plus facilement comment le peuple et les prêtres furent ainsi préparés à résister aux persécutions du gouvernement laïc mexicain dans les années 20.

María Concepción écrivit qu’elle avait reçu la grâce de la maternité des âmes : en s’offrant, corps et âme, pour le salut des âmes, elle se fera victime pour chacune d’elles, spécialement pour les pécheurs, et pour les prêtres.

Cette grande âme mystique s’éteignit à Mexico, entourée de ses enfants, le 3 mars 1937.

Béatifiée en 2019, elle fut inscrite au Martyrologe le 3 mars.

 

 

Catherine Marie Drexel

1858-1955

 

Née le 26 novembre 1858 à Philadelphia (Pennsylvanie, Etats-Unis), Catherine était la deuxième fille des très riches époux Francis Anthony Drexel et Hannah Lanstroth, des banquiers. L’oncle, Anthony Joseph Drexel avait fondé l’Université Drexel à Philadelphia.

Catherine, donc, reçut le nom de sainte Catherine, qu’on fête le 25 novembre.

Sa mère mourut un mois après la naissance de la petite fille, de sorte que Catherine et sa sœur aînée Elizabeth, furent confiées à leurs oncle et tante, Anthony et Ellen Drexel.

Francis se remaria avec Emma Bouvier en 1860, pouvant ainsi reprendre chez lui ses deux filles, auxquelles s’ajouta bientôt Louise. Elles reçurent leur formation à la maison avec des précepteurs.

Les fréquents voyages de la famille firent connaître les Etats-Unis et l’Europe aux jeunes filles. A la maison, les Drexel faisaient deux fois par semaine une distribution de vivres et de vêtements aux pauvres.

Catherine assista particulièrement sa belle-mère, atteinte d’un cancer qui la mena à la mort au bout de trois années de maladie. Elle comprit alors que l’argent ne pouvait pas soulager la souffrance et la mort, et sa vie commença à changer. Elle sentit un appel particulier à aller aider les Indiens, en particulier lors d’un voyage à l’Ouest.

Après la mort de son père en 1885, elle et sa sœur mirent leurs biens au service des œuvres. L’héritage financier était énorme.

Catherine - Kate - pensa entrer dans un ordre contemplatif, mais l’évêque lui suggéra d’attendre et de prier.

En 1887, elle fut reçue en audience par le pape Léon XIII ; elle lui demanda d’envoyer des missionnaires auprès des Indiens, mais le pape lui répliqua qu’elle pouvait être elle-même une missionnaire.

De retour, elle se donna entièrement à Dieu, mettant sa fortune au service des Indiens et des Afro-américains. En 1889, elle entrait chez les Sœurs de la Miséricorde à Pittsburgh : toute Philadelphie en était retournée !

En 1891, Catherine fit sa première profession avec le nom «américanisé» de Mère Katharine, et se mettait au service des Indiens et des Afro-américains. Rejointe par treize autres Dames, elle fonda les Sœurs du Très Saint Sacrement, avec la maison-mère à Bensalem, bénite par l’archevêque. Mère Cabrini (v. 22 décembre) l’aida à recevoir l’approbation pontificale.

Mère Katharine eut une énorme influence sur l’opinion générale concernant les Indiens et les Afro-américains, qui n’avaient pas accès aux écoles, étaient mal payés et très mal considérés. Encore en 1913, une loi de Géorgie tentait d’interdire aux Blancs d’enseigner aux Noirs.

Mère Katharine reçut des requêtes d’un peu partout. Elle ouvrit une première école à Santa Fe. Dès 1942, elle avait organisé des écoles pour Noirs catholiques dans treize états, avec quarante missions et vingt-trois écoles rurales. Pour les Indiens, elle ouvrit cinquante missions dans seize états, la plus célèbre est peut-être l’Université Saint-Xavier à New Orleans, la première université pour les Noirs en Amérique.

Il y eut des attaques de la part de ségrégationnistes : en Pennsylvania, on incendia une école ; à New Orleans on brisa toutes les fenêtres d’un bâtiment abandonné que Mère Katharine avait acquis pour en faire une école préparatoire. En 1922, à Beaumont (Texas), des adeptes d’une société locale (Klan) menacèrent les Religieuses si elles ne partaient pas dans la semaine : une violente tempête s’abattit sur l’édifice des Klan et le détruisit complètement.

Pendant les soixante années de son activité, Mère Katharine dépensa environ vingt millions de dollars pour construire des écoles et des églises, pour payer les professeurs des écoles rurales pour Indiens et Noirs. En 1897, elle avait demandé aux Religieux de Saint-Jean-Baptiste de Cincinnati (Ohio) de prendre en charge une mission chez les Navajos en Arizona et Nouveau-Mexique, sur un terrain qu’elle avait acheté. Elle finança la publication d’un catéchisme en langue navaho-anglaise. Les Sœurs du Très Saint Sacrement travaillèrent en pleine entente avec ces Religieux au Nouveau-Mexique.

Les sœurs Drexel surent administrer sagement leur patrimoine, ne se marièrent pas et établirent par testament de faire distribuer leur héritage aux maisons religieuses : Jésuites, Frères des Ecoles Chrétiennes, Religieuses du Sacré-Cœur, un hôpital tenu par des Evangélistes, etc.

En 1935, une attaque frappa Mère Katharine et dès 1937 elle laissa sa place de supérieure générale. L’infirmité se développa et cette Fondatrice admirable se concentra majoritairement sur l’adoration eucharistique, son aspiration centrale.

Elle mourut le 3 mars 1955, presque centenaire, à Cornwell Heights (Pennsylvanie).

Mère Katharine fut béatifiée en 1988, canonisée en 2000. L’Eglise a ainsi sanctionné l’amour et le travail de la Sainte en faveur des victimes du racisme. Actuellement, de nombreuses églises, paroisses, écoles, portent son nom. 

Le premier miracle retenu, pour la béatification, fut la guérison totale d’un sourd, en 1974, après avoir demandé l’intercession de Mère Drexel. Pour la canonisation, ce fut aussi la guérison, en 1994, d’une surdité totale, due à une maladie nerveuse des deux oreilles.

Mère Katharine est commémorée le 3 mars.

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