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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 21:13

Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía
1823-1896

Josefina vit le jour le 27 novembre 1823 à Córdoba (Argentine), de bons parents chrétiens, Hilario Rodríguez Orduña et Catalina Montenegro. Elle avait trois sœurs.
En 1826, elle fut orpheline de sa mère, en 1831 de son père. Les quatre sœurs avaient heureusement des tantes, qui s’occupèrent d’elles.
Josefina ne fréquenta pas l’université de la ville, déjà célèbre, car les études étaient traditionnellement «réservées» aux garçons. Elle se forma à la maison.
En 1840, elle découvrit les Exercices spirituels ignaciens, qui suscitèrent en elle le désir de se consacrer. Mais en 1852, son directeur spirituel lui conseilla d’épouser un colonel, Manuel Antonio de Zavalía, lui-même veuf et père de deux enfants. Le couple s’installa à Paraná : leur unique enfant fut une petite fille mort-née.
De retour à Córdoba, Manuel Antonio mourut en 1865 ; veuve à la force de l’âge, Saturnina reprit son projet de former une communauté à l’image des Jésuites, pour les femmes, qui seraient au service des personnes les plus vulnérables de la société, pour leur apporter l’enseignement du Christ, les aider à travailler, vivre avec elles. L’entreprise était audacieuse, nouvelle, et mit du temps à éclore : en 1872, naquit enfin la Congrégation des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, le premier institut féminin de vie apostolique en Argentine.
En 1875, Josefina faisait ses premiers vœux et prenait le nom de Catalina de Marie.
Lors de sa participation aux Exercices spirituels, Josefina avait fait connaissance d’un, alors, séminariste, José Gabriel Brochero (v. 26 janvier). Ce dernier, une fois curé, fit appel à ses Religieuses pour l’aider dans son apostolat ; ce fut une féconde collaboration au service des pauvres, des malades (comme durant l’épidémie de choléra en 1867) et de l’épanouissement de la femme dans toute sa dignité.
Les maisons des Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus s’ouvrirent en plusieurs villes d’Argentine. En 1893 s‘ouvrit à Buenos Aires le Collège du Sacré-Cœur. Cette année-là, Catalina fit un pèlerinage à Rome.
Elle mourut à Córdoba le 5 avril 1896.
Aujourd’hui les maisons se sont multipliées en Argentine, bien sûr, mais se sont aussi implantées au Chili, en Espagne, au Bénin.
Le miracle reconnu pour la béatification de Mère Catalina fut la «résurrection» d’une femme victime d’une apparente mort subite : les efforts pour la réanimer se démontraient sans aucun résultat. La fille de cette femme cependant, avec son mari et toute la communauté des Esclaves, priaient intensément et, après vingt-quatre heures de coma, la dame commençait à montrer des signes de vie ; dix jours plus tard, cette dame repartait chez elle, sans aucune séquelle de l’accident, et vit actuellement chez elle sans difficulté.
Mère Catalina fut béatifiée en 2017.
La bienheureuse Josefina Saturnina Rodríguez - Mère Catalina de Marie - sera commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 06:07

Óscar Romero y Galdámez

1917-1980

 

Óscar Arnulfo naquit en la fête de l’Assomption, le 15 août 1917, à Ciudad Barrios (Salvador), deuxième des sept enfants (cinq garçons et deux filles) de Santos Romero et Guadalupe de Jésus Galdámez. Santos travaillait à la poste.

L’enfant fut baptisé en 1919.

Le pays de Salvador était alors l’objet de luttes intestines ; à 40%, le pays était sous le contrôle de treize familles ; l’Eglise était persécutée ; fréquents les assassinats. La vie d’Óscar fut sans cesse marquée par les incidents politiques.

En 1929, Óscar devint apprenti menuisier et, deux plus tard, entra au séminaire des pères Clarétains, contre l’avis de son père. En 1937, il entra au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Jésuites, qui l’envoyèrent à l’Université Grégorienne de Rome. Il sera ordonné prêtre en 1942.

Il était en train de préparer le doctorat en théologie lorsqu’en 1943 son évêque le fit quitter l’Italie fasciste pour rentrer au Salvador. Le voyage passait par l’Espagne et par Cuba : à Cuba, il fut arrêté parce que sa provenance d’Italie le rendait suspect. C’est son état de santé qui lui valut la libération, le passage à Mexico et l’arrivée au Salvador.

Pendant vingt années, il fut très actif comme curé à Abamoros, comme aumônier de groupes d’Action Catholique (entre autres les Alcooliques Anonymes) ; il diffusera la dévotion à la Vierge de la Paix, participera à la construction de la cathédrale, et finira comme recteur du séminaire de San Salvador.

En 1966, il fut nommé secrétaire de la toute jeune conférence épiscopale salvadorienne et deviendra directeur du journal Orientación, qu’on disait de ligne conservatrice et traditionaliste.

En 1970, il fut nommé évêque auxiliaire de San Salvador, en 1974 évêque de Santiago de María, et en 1977 archevêque de San Salvador.

L’archevêque jouissait d’une réputation de «conservateur», ayant condamné la théologie de la libération et soutenant le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escrivá de Balaguer (v. 26 juin). Mais en 1977, un escadron de la mort assassina le père jésuite Rutilio Grande (v. 12 mars), ami de l’archevêque ; celui-ci demanda en vain une enquête officielle et sérieuse, qui n’arriva jamais.

Désormais, Mgr Romero dénonça ouvertement le climat de persécution de son pays, les assassinats et les actes de tortures ; il en avertit le pape, le président des Etats-Unis. Mgr Romero devenait ainsi l’ennemi privilégié du gouvernement révolutionnaire et de l’oligarchie salvadorienne, en même temps qu’il devenait célèbre à l’étranger : il fut nommé docteur honoraire de l’université de Louvain.

Le 23 mars 1980, durant l’homélie dans la cathédrale, il osa proclamer : Un soldat n’est pas obligé d’obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit la respecter… Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant… je vous prie, je vous supplie, je vous l’ordonne, au nom de Dieu : Arrêtez la répression !

Le lendemain, pendant qu’il célébrait la messe à l’hôpital, une balle atteignit l’Archevêque, qui mourut quelques instants après, le 24 mars 1980, veille de l’Annonciation.

Lors des funérailles, une bombe éclata, il y eut des coups de feu, provoquant une panique terrible : on releva une soixantaine de morts.

L’enquête officielle n’aboutit jamais, mais le gouvernement salvadorien a reconnu que le meurtre de Mgr Romero avait été planifié avec la protection de personnalités de l’Etat.

L’Eglise anglicane a fait représenter Mgr Romero parmi les Dix Martyrs du 20e siècle à l’abbaye de Westminster (Londres), dont les plus connus sont Maximilien Kolbe (v. 14 août), Elisabeth de Hesse-Darmstadt (Grande Duchesse de Russie), Martin Luther King, Dietrich Bonhœffer.

Mgr Romero, officiellement reconnu martyr par l’Eglise, a été béatifié en 2015 et canonisé en 2018.

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 00:43
21 MARS
 
I.    
S Birille, disciple de s.Pierre à Antioche, sacré par lui évêque à Catane.
IV.    
S Serapion : il y en eut trois à peu près dans la même période et tous trois en Egypte :
    - un abbé de dix-mille moines près d’Arsinoé.
    - un ermite surnommé le Sindonite, du nom de la mauvaise chemise (sindon) qu’il portait ; il se vendit pour convertir un histrion.
    - un évêque à Thmuis, dit le Scolastique, auteur d’ouvrages doctrinaux et liturgiques.
?    
Ss Philémon et Domnin, martyrs romains.
V.    
S Lupicinus, frère de s.Romain, abbé à Lauconne.
S Elie, prêtre solitaire dans l’île de Orta.
VI.    
S Enda, fils d’un roi irlandais, fondateur d’un monastère à Rome (Lætinum) et à Killeany, où il fut abbé.
S Benoît, père des cénobites occidentaux, fêté le 11 juillet.
IX.    
S Iakobos le Jeune ou le Confesseur, martyr de l’iconoclasme en Orient.
XII.    
B Jean, abbé à Bonnevaux, évêque à Valence.
Bse Clémence de Hohenberg, épouse, puis religieuse à Trèves.
XIV.    
Bse Santuccia Terrebotti, fondatrice et abbesse à Gubbio tandis que son mari devenait bénédictin ; et elle gouverna jusqu’à vingt-quatre couvents de Santuccie  (petites saintes).
XV.    
S Niklaus de Flüe (de la Roche), père de dix enfants, puis anachorète dans le canton de Unterwalden ; il ne se nourrissait que de l’Eucharistie ; ses conseils lui valurent le titre de Père de la patrie ; en Suisse il est fêté le 25 septembre.
B Ugolino Zeffirini, augustin à Mantoue et Cortone, puis ermite ; on le retrouva sans corruption trente ans après sa mort ; sur sa tombe germaient des lys qui avaient racine dans son cœur.
XVI.    
Bx Thomas Pilchard et William Pike, l’un prêtre l’autre laïc menuisier, martyrs à Dorchester, béatifiés en 1987.
XVII.    
B Matthew Flathers, prêtre anglais martyr à York, béatifié en 1987.
XIX.    
S Siding Zhao Rong, premier prêtre chinois martyr, canonisé en 2000, fêté le 9 juillet.
Ste Benedetta Cambiagio Frassinello, gênoise, fondatrice des Bénédictines de la Providence, pour l’éducation de la jeunesse, et d’une œuvre d’accueil des filles abandonnées ; elle et son mari s’étaient consacrés avec le vœu de chasteté et furent un moment religieux ; béatifiée en 1987, canonisée en 2002.
XX.    
B Miguel Gómez Loza (1888-1928), laïc mexicain martyr, béatifié en 2005.

Serapion anachorète en Egypte
4e siècle

Il n’y a pas moins de dix Serapion dans l’actuel Martyrologe (quatorze dans l’ancien).
Celui que mentionne ce saint livre au 21 mars, d’une façon on ne peut plus laconique, fut un anachorète, ce qui, dans l’Egypte du 4e ou 5e siècle, ne représente pas particulièrement une exception ni même une originalité.
Pour être bien sûr de ne pas nous simplifier les recherches, l’index du même livre indique que cet anachorète vivait à un siècle inconnu.
Il se trouve qu’on connaît (au moins) trois anachorètes égyptiens qui portaient ce même nom de Serapion et qui vécurent au 4e siècle.
Serapion d’Arsinoé, prêtre, s’était retiré à Arsinoé et fut bientôt l’abbé de dix mille moines, qui vivaient du travail de leurs mains et priaient aux heures définies par leur Règle. Ayant encore du temps de reste, Serapion assuma la distribution des aumônes aux pauvres.
Serapion le Sindonite : son habit tout simple consistait en une sindon, chemise de vulgaire toile, qui lui valut son surnom. Ce tissu ne devait pas être plus agréable à porter qu’un cilice… Parfaitement détaché de toute sa personne, il se vendit lui-même, pour convertir un histrion ! Il partit en pèlerinage à Rome, où il mourut selon certains, à moins qu’il ait eu le temps de retourner en Egypte († 386).
Serapion de Thmuis, le Scolastique, ainsi normmé pour sa science, son intelligence et son éloquence. Mais on le tira de sa solitude pour en faire l’évêque de Thmuis. Comme tel, il participa au concile de Sardique (347), fut expulsé de son siège par les ariens, fut en relations épistolaires avec s.Athanase (v. 2 mai) et mourut vraisemblablement en exil.
Saint Serapion, anachorète (mais lequel ?) est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.


Lupicin de Leuconne
† 480

Bien des choses se sont déjà dites lors de la fête de s.Romain de Condat (v. 28 février).
Lupicin était le jeune frère de Romain et de leur sœur, tous trois nés dans le Bugey, et peut-être à Izernore (Ain).
Après que Romain ait commencé sa vie d’anachorète, Lupicin, devenu veuf, le rejoignit, à la suite d’une vision où son frère l’appelait.
Ce fut une sainte émulation réciproque vers les sommets de la sainteté. Lupicin cependant était plus exigeant, plus ferme, tandis que Romain, l’aîné, était plus patient, plus doux, et en même temps se pliait facilement aux décisions de son jeune frère.
Romain dirigea le monastère de Condat, Lupicin celui de Leuconne.
Lupicin ne dormait que sur un banc et ne mangeait que tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus. Quand la soif le prenait, il trempait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.
Plusieurs fois Romain réintégra avec bonté des moines qui, tentés, avaient quitté le monastère, tandis que Lupicin ou quelque autre moine aurait été plus «sévère» avec eux.  
Une année que la récolte avait été bien plus abondante que d’ordinaire, les moines de Romain commencèrent à se montrer plus difficiles à table. Inutilement, Romain tenta de les rappeler à la Règle ; aussi appela-t-il Lupicin. Celui-ci se fit d’abord préparer un repas sans huile ni sel puis, ayant fait préparer une grande marmite, y mélangea fruits et légumes ; quand tout fut cuit, il invita les moines à partager cette soupe peu ordinaire ; ceux qui acceptèrent, comprirent et se soumirent. Il y en eut douze qui, mécontents de la leçon, quittèrent le monastère. Lupicin dit à Romain que le froment seul était resté à l’intérieur.
Romain cependant en fut bien affligé. Il s’imposa de rudes pénitences jusqu’à ce que les douze fautifs revinssent, repentis, et les accueillit avec grande joie.
Après la mort de Romain (463), Lupicin eut l’occasion d’intervenir dans la vie publique, montrant par là la renommée et le rôle important qu’il pouvait avoir.
Un roi burgonde tenait des Séquanais en esclavage ; Lupicin le supplia, en vain ; mais il sut insister avec tellement de conviction, que le roi libéra les serfs, et combla de dons le monastère de Leuconne.
Lupicin prit la défense du comte Agrippin, qu’on accusait d’avoir pactisé avec les barbares : là, Lupicin devenait même ministre de l’Intérieur ou des Affaires Etrangères !
Il survécut d’une vingtaine d’années à son frère Romain, gouvernant tous les monastères qu’ils avaient fondés ensemble, et mourut vers 483.
Saint Lupicin de Leuconne est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.


Enda d’Aran
† 530

Enda (ou Eanna, ou Einne, en latin Endeus) naquit en Irlande, de Conall Derg, roi d’Oriel, auquel il devait succéder vers 450.
Il avait une sainte sœur, Fanchea, qui le persuada d’entrer dans la vie monastique. Il se rendit au Pays de Galles, auprès de l’abbé Mansenus à Rosnat. On ne sait pas situer ce monastère ; peut-être celui de s.Illtud à Ynis Byr.
Enda serait ensuite allé à Rome, y aurait été ordonné prêtre et aurait fondé un monastère, Lætinum, où l’on est dans la joie. Il y aurait reçu la visite de Fanchea.
Rentré en Irlande, il fonda vers 490 l’église de Drogheda et, sur l’île Inis Mór (archipel Aran), le monastère de Killeany, où se formèrent d’autres grands Saints : Kieran de Clonmacnoise, Finian de Moville, (9 et 10 septembre ?), Finian de Clonard (v. 12 décembre). 
Sa sainte mort advint vers 530.
Saint Endée est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.


Benoît de Nursie
480-543

Benoît et Scholastique étaient jumeaux, nés vers 480 à Norcia, au pays des Sabins (Italie centrale). Les parents s’appelaient Eutropius et Abundantia.
Benoît se montra dès la jeunesse “ancien”, mûr, ignorant les plaisirs inutiles et méprisant les vanités. Il étudia les belles-lettres à Rome.
Dès quatorze ans il sent le désir de quitter ce monde dangereux et veut se retirer. Il part en direction de Subiaco, mais avec sa chère nourrice qui ne veut pas l’abandonner.
C’est là qu’il fit son premier miracle : le crible à farine s’étant cassé, il pria intensément et retrouva l’objet tout réparé, ce qui lui valut déjà une haute idée de la part des habitants des environs.
Mais Benoît veut la vraie solitude : il part seul et se retire dans une grotte étroite à Subiaco, où il reste pendant trois ans, nourri par le pain quotidien que lui apporte un moine des environs, Romain.
Notre ermite ne pouvait demeurer caché. Les bergers de l’endroit le découvrirent, on vint à lui pour entendre quelque parole édifiante.
C’est là qu’un jour, saisi par une tentation diabolique, Benoît ne put vaincre cette tentation qu’en se roulant entièrement nu dans un buisson de ronces.
Le monastère voisin, dont l’abbé était mort, le sollicita : il essaya quelque temps de réformer les moines selon leur règle, mais ils se rebellèrent et même tentèrent de l’empoisonner ; quand il leva la main pour bénir le breuvage qu’on lui apportait, la coupe se brisa d’un coup. Benoît les quitta et rentra dans sa grotte. 
D’autres disciples ayant manifesté le désir de se former avec lui, il finit par faire construire douze monastères où il établit chaque fois douze moines sous la direction d’un abbé, ne gardant que quelques disciples près de lui. On dit que parmi ceux-ci se trouvaient Maurus et Placidius, deux enfants de familles romaines, qu’il aimait particulièrement.
Benoît faisait beaucoup de miracles, par sa prière et son union intime avec Dieu, mais cela suscitait des jalousies ; un prêtre voulut aussi l’empoisonner. Aussi Benoît quitta définitivement la région et se rendit en direction du Mont Cassin.
Il commença par y convertir les païens qui vénéraient encore Vénus, Apollon et Jupiter, et édifia un nouveau monastère.
Benoît eut l’occasion de prophétiser : au roi Totila, à l’évêque de Casinum. Il annonça que son propre monastère serait détruit, ce qui arriva en 583, lors de l’invasion des Lombards.
Les miracles de saint Benoît sont nombreux, Grégoire Ier les raconte avec beaucoup de détails. Benoît multiplia le grain, ressuscita un enfant…
Il semble que Benoît était diacre, mais pas prêtre.
On racontera le 10 février la dernière rencontre de Benoît avec sa sœur Scholastique. Le mois suivant, Benoît eut le pressentiment de sa fin. Il mourut au milieu de ses disciples, le 21 mars 543.
Benoît est l’auteur d’une Règle monastique, où s’exprime une sagesse extraordinaire, qu’il avait acquise par sa propre sainteté et par l’expérience des années.
Le corps de saint Benoît, d’après la tradition monastique des Bénédictins de France, fut transféré du Mont-Cassin, qui avait été détruit par les Lombards, au monastère de Fleury-sur-Loire, fondé vers le milieu du VIIe siècle. C’est cette translation qui advint le 11 juillet 703. Successivement, au VIIIe siècle, ce dernier monastère restitua au monastère reconstruit du Mont-Cassin quelques ossements de saint Benoît. 
La fête de saint Benoît était longtemps fixée au 21 mars, durant le Carême. Elle a été transférée au 11 juillet, jour anniversaire de sa translation, au moment de la récente réforme liturgique conciliaire. En effet, Paul VI ayant proclamé saint Benoît céleste Patron de l’Europe (1964), il convenait de célébrer cette fête avec plus de solennité, ce qui peut se faire plus aisément en juillet que durant le Carême.
Ceci explique pourquoi le Martyrologe commémore deux fois saint Benoît : à son dies natalis le 21 mars, et au jour de sa fête liturgique le 11 juillet.


Iakobos de Constantinople
† 824

Surnommé le Jeune ou le Confesseur, il fut très tôt attiré par l’idéal monastique et entra au monastère de Studion, près de Constantinople, sous la direction de l’higoumène Theodoros Studite (v. 11 novembre).
Il était à bonne école pour apprendre à défendre le culte des saintes Images, qu’il défendit vaillamment.
Selon certains auteurs, il aurait été élevé à la charge épiscopale, pour le siège de Catane, mais l’évêque connu de cette époque est s.Severus.
Il fut durement persécuté par les agents de l’iconoclasme et mourut vers 824. Le Martyrologe affirme qu’il mourut en martyr, mais à Constantinople.
Saint Iakobos est commémoré le 21 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Bonnevaux
† 1145

Jean était chanoine à Lyon, où il était né. Les historiens n’ont rien conservé de plus sur sa famille et son enfance.
Ayant fait le vœu d’entrer chez les Cisterciens, des amis (et le diable aussi) lui suggérèrent qu’il n’était peut-être pas fait pour de telles austérités. Convaincu de son erreur, il commua son vœu en pèlerinage à Compostelle.
Mais de retour à Lyon, il eut un songe. Il voyait Notre-Seigneur, entouré de saint Pierre et de saint Jean. Pierre lisait les noms des élus ; au nom de Jean, le Seigneur se leva et ordonna d’effacer le nom de ce parjure ; mais l’apôtre Jacques intercéda en faveur du chanoine, qui avait fait le pèlerinage à Compostelle et promit, au nom de Jean, que celui-ci reprendrait son vœu et entrerait sans tarder chez les Cisterciens.
A son réveil, Jean pouvait être quelque peu secoué ! Sans rien dire à personne cette fois-ci, il alla droit à Cîteaux.
Jean se montra digne de l’idéal cistercien et l’abbé, qui était Etienne Harding (v. 28 mars), le mit à la tête du groupe qui allait s’installer dans l’abbaye de Bonnevaux, fondée en 1117.
Le nouvel abbé confirma les qualités du moine. L’abbaye fut florissante et fonda à son tour, du vivant de Jean, les abbayes de Tamié (1132), Mazan et Le Thoronet (1136) et Léoncel (v. 1137). Plus tard, elle fonderait encore Montpeyroux (1148), Valmagne (1155), Sauveréal (1173), Valbenoîte (1184), Valcroissant (1189).
Disons ici que c’est Jean qui reçut à Bonnevaux le pieux Amédée de Clermont, qui voulait embrasser la vie religieuse avec son petit garçon, le futur Amédée de Lausanne (v. 27 août). Quand Amédée (père) lui «reprocha» de ne pas enseigner le latin à son fils, Jean lui répondit sagement que des Religieux devaient fort peu se mettre en peine d’apprendre les lettres ; que celui qui voulait suivre le Christ ne devait pas s’instruire des fables et des imaginations des Philosophes, mais seulement purifier son cœur, et qu’ainsi l’Esprit Saint lui apprendrait plus de chose en un moment que ne pourraient faire mille philosophes et mille maîtres en plusieurs années.
Mais l’abbé Jean fut retiré à son silence et nommé évêque de Valence, en 1138. Jean resta sur ce siège pendant sept ans, cherchant toujours à procurer la gloire de Dieu, à sanctifier son troupeau et à sauver son âme.
Il mourut, rempli de mérites, le 21 mars 1145.
Son culte fut approuvé en 1903.


Niklaus von Flüe
1417-1487

Né le 21 mars 1417 à Flüeli (Sachseln, Obwalden, Suisse) de Heinrich et Hemma Ruobert, Niklaus ou Klaus (Nicolas) se montra toujours soumis à ses parents, doux et modéré, ennemi du mensonge, pieux, pur, avec un fort penchant pour la prière et la mortification. Il nourrissait une grande dévotion envers ses saints Patrons, Nicolas de Myre et Nicolas de Tolentino (voir aux 6 décembre et 10 septembre. Il y a au Martyrologe plus d’une trentaine de Saints Nicolas). 
Notre Nicolas avait au moins un frère.
En 1440-1444 il prit les armes avec ses compatriotes contre la tyrannie des ducs d’Autriche, mais montra qu’il exigeait de ces soldats un comportement droit. Son exemple lui valut une grande considération : on recourut à lui comme juge et conseiller.
Malgré sa préférence pour le célibat, il se maria par obéissance envers ses bons parents, avec Dorothea Wyss et eut dix enfants.
Cette vie familiale ne l’empêcha pas de conserver ses pieuses habitudes : il se levait chaque nuit plus de deux heures pour prier. Il avait une grande dévotion pour la Très Sainte Mère de Dieu.
La vie de Klaus fut favorisée de visions mystérieuses, dès la plus petite enfance. Un jour, il lui sembla voir en vision un lys sorti de sa bouche, tombé à terre, et mangé par un cheval : il crut comprendre par là que sa vie spirituelle était trop accaparée par la terre.
Aussi résolut-il de se séparer de tout, selon l’appel de l’Evangile : en 1467 ou 1468, il quitta son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs (cf. Lc 14:26) pour se retirer dans une solitude proche. Les siens étaient très éprouvés par cette séparation, mais y consentirent. Klaus rejoignit d’abord le Hochrhein, là où le Rhin fait la frontière entre l’Allemagne et la Suisse, et s’établit à Windental au-dessus de Liestals, mais fut averti en vision de revenir près de sa localité, comme ermite.
Des chasseurs le retrouvèrent et le signalèrent à son frère. Klaus lui demanda seulement de lui envoyer un prêtre pour l’entendre en confession et se confier à lui.
Les habitants vinrent le consulter. Il redescendit dans la vallée et sa famille l’aida à se construire une cabane et une petite chapelle. Le prêtre y célébrait et pouvait ainsi nourrir Klaus de l’Eucharistie.
Or cette Nourriture fut la seule et unique que Klaus reçût, durant dix-neuf ans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les contemporains, l’évêque, l’empereur, purent s’en rendre compte en fermant l’accès de l’endroit à toute personne étrangère : Klaus ne vivait que de l’Eucharistie.
Klaus mit en garde ses visiteurs contre les prochaines erreurs de l’hérésie protestante (en effet paraîtra bientôt Luther). On vint le consulter de loin, même de Milan.
En 1481, il y eut une forte tension dans les cantons suisses, où commençait à bouillir l’atmosphère d’une guerre civile. Klaus fut appelé à intervenir : avec quelques paroles convaincantes, il reporta la paix entre les cœurs, puis retourna dans sa solitude.
Après une douloureuse agonie de huit jours, Klaus mourut le jour de son anniversaire, le 21 mars 1487, son dies natalis.
Il y eut évidemment de nombreux miracles sur la tombe de ce Mystique, devenu célèbre dans tout le monde germanique. 
Dès avant sa mort, l’évêque avait établi qu’on pourrait enterrer Klaus dans son église paroissiale, ce qui était exceptionnel à l’époque pour un laïc. Le culte fut approuvé en 1648, et si le culte populaire a canonisé très vite Klaus de Flüe, la canonisation officielle n’eut lieu qu’en 1947.
Les Suisses ont appelé Klaus de Flüe leur Père de la Patrie, et le fêtent le 25 septembre. Il est aussi le Patron des Gardes suisses du Vatican.
Voici une petite prière attribuée à saint Nicolas de Flüe, et qui existe en diverses versions, dans la vieille langue germanique : 
O mein Herr und mein Gott, nimm alles von mir, was mich hindert zu Dir !
O mein Herr und mein Gott, gib alles mir, was mich fördert zu Dir !
O mein Herr und mein Gott, nimm mich mir und gib mich ganz zu eigen Dir !

En voici un essai de traduction : 
Ô mon Seigneur et mon Dieu, retire de moi tout ce qui m’éloigne de Toi !
Ô mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui me rapprochera de Toi !
Ô mon Seigneur et mon Dieu, arrache-moi à moi et donne-moi tout à Toi !

En 1940, quand la Suisse était menacée d’invasion par les troupes hitlériennes, apparut dans le ciel au-dessus de Waldenburg une main lumineuse qui protégeait le pays. On a appelé cela le Miracle de Waldenburg.


Thomas Pilchard
1557-1587

Thomas Pilchard (ou Pilcher) était né en 1557 à Battle (Sussex, Angleterre).
Il fréquenta le Collège Balliol (Oxford) entre 1576 et 1579, où il obtint son diplôme.
En 1580 il renonça à son inscription et rejoignit en 1581 le Collège anglais de Reims, où il se prépara au sacerdoce, qu'il reçut à Laon en mars 1583.
Envoyé en Angleterre pour y exercer clandestinement le ministère sacerdotal, il fut arrêté et banni. Mais courageusement, il revint dans son pays, et fut à nouveau arrêté en mars 1587.
Il fut emprisonné à Dorchester Gaol, où il amena à la conversion une trentaine de personnes.
Le jour de son exécution, on le transporta sur un brancard avec tant de cruauté, qu'il arriva au lieu-dit dans un état de complet épuisement.
Il fut pendu. Mais on coupa la corde « trop tôt », de sorte qu'il resta debout à terre, bien vivant, sous la potence.
Le bourreau, qui était cuisinier, accomplit si mal son devoir, que la pauvre victime, se tournant vers le juge, lui cria : Est-ce donc là votre justice, Monsieur le Juge ?
Un autre témoin raconta que le prêtre se releva de lui-même et sortit de lui-même ses propres viscères, en récitant les paroles du psaume 50 : Miserere mei, Deus. On a pu dire par ailleurs qu'il n'y avait pas eu dans toute l'Angleterre occidentale, de prêtre plus courageux.
Thomas Pilchard fut exécuté à Dorchester, le 21 mars 1587, et béatifié en 1987.

On a trouvé que Thomas Pilchard avait été martyrisé le 21 mars 1591, et Thomas Pilcher le 21 mars 1587. Finalement, il semble que ce soit le même personnage, martyrisé en 1587.


William Pike
?-1591

Des incertitudes demeurent au sujet de ce Martyr. 
William (Guillaume) Pike (ou Pyk) serait né à Moordown (actuelle Bournemouth), ou à West Moors (West Parley), dans le Dorsetshire.
Il aurait été charpentier. 
Il aurait été converti au catholicisme par les conseils du prêtre Thomas Pilchard, qu'il avait rencontré durant un voyage de Dorchester à sa maison.
Arrêté pour cette conversion, invité à reconnaître l'autorité de la Reine, il refusa de prêter le serment d'allégeance envers la Reine et proclama hautement l'autorité du Pape. Il fut donc condamné à mourir comme un traître.
Invité à revenir sur sa parole pour sauver sa vie et sa famille, il répondit qu'il n'était pas devenu un fils de M.Pilchard pour se comporter ainsi. Jusqu'à sa mort, le nom du prêtre Thomas Pilchard était constamment sur ses lèvres. Au dernier moment, on lui demanda encore ce qui l'avait poussé à ce choix, et il répondit : Rien du tout, seulement l'odeur du pilchard (le pilchard est une sorte de sardine).
Tandis que Thomas Pilchard fut exécuté le 21 mars 1587, William fut exécuté à une date non précisée de façon sûre, mais probablement en 1591, à Dorchester. On a parlé du 22 décembre. Mais en raison de sa fidélité indéfectible envers le prêtre Pilchard, il est actuellement commémoré par le Martyrologe au même jour que ce dernier, le 21 mars.
William fut, lui aussi, béatifié en 1987.


Mathew Flathers
1580-1607

Mathew (ou Matthew, ou Major) dut naître vers 1580 à Weston (Yorkshire, Angleterre).
On ne connaît pas son enfance. On sait qu'il fut préparé au sacerdoce à Douai et ordonné prêtre à Arras le 25 mars 1606.
Trois mois après, il partait pour l'Angleterre. Il fut cependant repéré presque aussitôt et arrêté.
Accusé d'avoir reçu les ordres clandestinement et d'exercer le ministère illégalement en Angleterre, il fut invité à prononcer l'Acte d'Allégeance envers la Reine, pour recouvrer la liberté. Ayant bien sûr refusé, il fut condamné à mort.
Il fut conduit au lieu de son exécution, au-delà de Micklegate Bar (York), où il fut pendu, éviscéré et écartelé, selon la tristement célèbre formule.
La date de ce martyre est au 21 mars 1607. Matthew fut béatifié en 1987.


Siding Zhao Rong
1746-1815

Siding (Augustinus) était né vers 1746 à Wuchuan (Guizhou, Chine).
Il était soldat et, comme tel, faisait partie de l’escorte qui conduisit à Pékin le missionnaire Jean-Gabriel-Taurin Dufresse (voir au 14 septembre).
Frappé par l’attitude du missionnaire, et convaincu par ses paroles, il demanda à être instruit dans le Christianisme et fut baptisé.
Son zèle ne s’arrêtait pas ; il fut ordonné prêtre.
Lors de la reprise de la persécution, il fut arrêté, mis en prison et durement maltraité.
Parmi les tortures qu’il subit, il y eut soixante coups de bambou et quatre-vingts soufflets avec une semelle de cuir. Le soldat n’en pouvait plus : il agonisa et mourut en peu de jours dans la prison de Chengdu (Sichuan).
Il n’y a pas de certitude sur le jour exact de cette mort. S’il y a accord sur un des premiers mois de l’année 1815, une ancienne tradition chinoise parle du 27 janvier 1815, tandis que le Martyrologe Romain a retenu le 21 mars 1815. 
Siding Zhao Rong est le premier prêtre chinois martyr. Il a été canonisé en 2000.
La fête liturgique de tous les Martyrs chinois est au 9 juillet.


Benedetta Cambiagio Frassinello
1791-1858

Née à Langasco (Gênes) le 2 octobre 1791 de Giuseppe et Francesca Ghiglione, Benedetta (Bénédicte) Cambiagio fut baptisée deux jours plus tard. Sa famille déménagea bientôt à Pavia.
Elle est éduquée dans une profonde atmosphère chrétienne. À 20 ans elle a le désir de se consacrer entièrement à Dieu. 
Pourtant en 1816 elle se marie avec Giovanni Battista Frassinello, un jeune homme de sa région qui avait déménagé à Vigevano.
Après deux ans de mariage, les deux époux décidèrent d’un commun accord de vivre comme frère et sœur. Ils s'occupèrent ensemble, d'un seul amour, d'une des sœurs de Benedetta, Maria, atteinte d'un cancer à l'estomac et qui vivait chez eux.
En 1825 à la mort de Maria, Giovanni Battista entra dans la conmunauté des Pères de Somasque et Benedetta dans la communauté des Ursulines à Capriolo.
En 1826, en raison de sa santé, Benedetta revint à Pavie. Guérie miraculeusement par l’intercession de saint Girolamo Miani (voir au 10 février), elle décida de s'occuper des jeunes filles avec l'approbation de l'évêque Mgr Luigi Tosi. 
Le père de Benedetta refusant de l’aider, l'évêque rappela Giovanni Battista, qui quitta le noviciat et retourna chez son épouse-sœur, en renouvelant avec elle le vœu de parfaite chasteté devant l'Évêque. Tous les deux se dédièrent généreusement à l'accueil et à l'éducation humaine et chrétienne des jeunes filles pauvres et abandonnées.
Benedetta est la première femme de la ville et de la région qui comprit que l'institution scolaire était la véritable source du vrai bien-être et le gouvernement autrichien de l'époque lui reconnut le titre de Promotrice de l'instruction fondamentale. 
Aidée par de jeunes filles bénévoles, Benedetta unit à l'enseignement scolaire, la catéchèse et la formation au travail, tous domaines dont elle se servit pour transformer les jeunes filles en modèles de vie chrétienne et assurer ainsi la vraie formation des familles.
Le règlement qu’elle proposa à ses Compagnes fut approuvé par l’autorité ecclésiastique.
Les expériences mystiques se multiplièrent chez Benedetta, particulièrement pendant les fêtes liturgiques, sans néanmoins la détourner de ses engagements quotidiens. Par amour des jeunes filles elle sacrifia sa propre personne, tous ses biens, et jusqu’à sa renommée.
La singularité de l'œuvre et du programme éducatif de Benedetta rencontra l'opposition de quelques puissants qui se voyaient frustrés de leurs projets, ainsi que l'incompréhension de certains membres du clergé. En juillet 1838 Benedetta céda son institution à Mgr Tosi et, avec son mari et cinq fidèles Consœurs, quitta Pavie pour repartir dans sa région d'origine, la Ligurie. 
À Ronco Scrivia elle fonda une école pour les jeunes filles du peuple et l'Institut des Sœurs Bénédictines de la Providence, dont elle écrivit le Règlement et les Constitutions. L’institut sera définitivement approuvé en 1937. 
En 1851 Benedetta retourna à Pavie, mais dans un lieu différent de la première fondation et en 1857 ouvrit une école dans le village de San Quirico.
Benedetta a ainsi créé un Institut qu'elle a dirigé avec la collaboration généreuse et discrète de son mari, cas unique dans l'hagiographie chrétienne. 
Le 21 mars 1858, Benedetta mourut à Ronco Scrivia (Gênes), exactement au jour et à l'heure qu'elle avait prévus. On remarquera que c’est aussi le jour de la mort de saint Benoît, dont elle portait le nom. Elle fut béatifiée en 1987 et canonisée en 2002 ; son nom est inscrit au Martyrologe le 21 mars.
Son pieux et fidèle époux, Giovanni Battista Frassinello, mourra le 7 avril 1873.
Les Sœurs Bénédictines de la Providence ont des écoles en Italie et en Espagne, des missions au Brésil, au Pérou, en Côte d’Ivoire et au Burundi.

Miguel Gómez Loza
1888-1928

Miguel naquit le 11 août 1888, de Petronilo Loza et de Victoriana Gómez. Le papa mourut très vite. Miguel et son grand frère, Elías, s’attachèrent très fortement à leur maman, au point de changer leur nom de famille : non pas Loza Gómez, comme c’était l’habitude, mais Gómez Loza, en honneur de leur mère.
Le grand frère entra au séminaire. Miguel grandissait dans la foi chrétienne, ne cachant pas sa dévotion eucharistique, aimant servir la messe, faire le sacristain et, à l’occasion, être catéchiste.
Il fut en contact avec Miguel Palomar y Vizcarra puis avec Anacleto González Flores, qui le poussèrent à se donner aux activités sociales. Il retarda cependant son entrée à l’université, à cause de sa mère. 
Il se résolut à s’inscrire au cours préparatoire du Séminaire de Guadalajara, mais s’aperçut très vite que sa destinée n’était pas dans le sacerdoce. Il s’inscrivit au Parti Catholique National ainsi qu’à l’Institut du Sacré-Cœur de Jésus.
En 1913, il devint assistant de González Flores, avec lequel il s’inscrivit à la Congrégation Mariale du sanctuaire de Saint Joseph de Gracia. Tous deux assumèrent l’Union Latino-americana, une corporation socio-politique récemment fondée, qu’ils représentèrent à la convention du Parti Catholique National à Guadalajara.
Miguel avait le tempérament vif. Il ne se faisait pas faute d’arracher des manifestes anti-religion pour les remplacer par des chrétiens, “délit” dont il sera accusé et pour lequel il passera une semaine dans une cellule de la Police.
En 1914 il s’inscrivit à l’Université Morelos, où il se mérita le surnom de Chinaco, après avoir interrompu une conférence qui exaltait le parcours politique du président Benito Juárez. Voulant contrecarrer les effets nocifs d’une certaine presse, il se fit le champion de la presse catholique en fondant et présidant la Société de la Propagation de la Bonne Presse. Il s’orienta de plus en plus vers la syndicalisme chrétien.
En 1916, ayant achevé la préparation, il s’inscrivit à l’Ecole Catholique de Droit, participant en juillet à la fondation de l’Association Catholique de la Jeunesse Mexicaine, au sein de laquelle il fonda à son tour le cercle Gabriel García Moreno, d’où sortira le mensuel Le Croisé (notons ici que Gabriel García Moreno était ce président équatorien catholique, assassiné en 1875).
L’année 1917 vit la création d’autres cercles pour les jeunes ouvriers, pour les artisans, pour les éditeurs. Miguel entreprit la publication de  La Question Religieuse au Mexique de Régis Planchet. 
En 1918, il prendra la défense de l’archevêque de Guadalajara, Francisco Orozco y Jiménez. 
En 1919, il fut président d’une société coopérative de consommation, La Populaire, et en avril il participa activement à l’organisation du Congrès Régional Catholique Ouvrier.
En 1920, après avoir fondé un nouveau cercle, il fit rééditer la Question Religieuse au Mexique, complétée par La Question Religieuse en Jalisco, de Anacleto González Flores. C’est à la fin de cette année que vinrent à Guadalajara quelques éléments bolcheviques qui réussirent l’année suivante à accrocher à la cathédrale le drapeau de la révolution : Miguel se lança au milieu de la foule, alla le décrocher et le mettre en morceau. Le pauvre fut roué de coups après ce forfait.
Fin 1922, il épousa Guadalupe Sánchez Barragán, devant son frère, Elías, qui célébrait la messe, en présence de son directeur spirituel, le père Vicente Camacho. De cette sainte union naîtront trois filles : María de Jesús, María Guadalupe et María del Rosario. Avec son épouse, il s’installa à Arandas, non loin de Guadalajara, et y ouvrit son cabinet d’avocat. Il ne tarda pas à être connu pour sa bonté et son zèle de chrétien, à s’attirer la sympathie de la population, mais aussi l’aversion de quelques opposants. De fait, on lui refusa son titre officiel d’avocat.
Début 1923, il participa à la pose de la première pierre d’un monument au Christ Roi, en présence d’une foule de quatre-vingt mille personnes, cérémonie qui fut le prétexte pour les autorités à expulser le Délégué Apostolique, Mgr Ernesto Filippi. 
En mars fut nommé gouverneur du Jalisco son adversaire politique numéro un, José Guadalupe Zuno, qui lui refusa son diplôme officiel d’avocat. Pire, le maire de Arandas en profita, sans motif juridique valable, pour expulser Miguel qui, après trois mois d’exil, s’installa avec la famille à Guadalajara. C’est à cette époque que Miguel devint membre de l’Adoration Nocturne du Saint-Sacrement. 
En 1924 il y eut un pénible incident durant le carême. Une cérémonie avait réuni un groupe d’ouvriers catholiques, qui se retrouvèrent à la sortie en face d’un autre groupe communiste. Le prêtre et Anacleto González Flores étaient partisans de se retirer dans l’église en attendant la fin de la manifestation, mais Miguel préféra les affronter directement. Les esprits étaient échauffés, le dialogue impossible, et on en vint aux coups ; il y eut des morts et des blessés. Miguel fut sévèrement repris par le prêtre et accepta humblement les reproches.
On pourrait se demander comment Miguel avait trouvé le temps d’avancer dans ses études avec toutes ces activités. Néanmoins il obtint enfin son diplôme d’avocat en juin et ouvrit son cabinet professionnel.
Fin avril de la même année, eut lieu le premier Congrès National Catholique Ouvrier, qui aboutit à la formation de la Confédération Nationale Catholique du Travail ; on fonda la Banque de Crédit Populaire, et l’hebdomadaire L’Ouvrier fut l’organe officiel de la confédération.
Le Saint-Siège accéda à la demande de l’Archevêque de Guadalajara, de reconnaître les mérites éminents de Miguel dans la promotion sociale et le soutien du catholicisme, et le décora de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, en même temps que ses amis González Flores, Orozco et Reyes.
En 1925, Miguel protesta énergiquement contre la fermeture de l’Institut de Sciences, dirigé par les Jésuites. Ses interventions obtinrent au moins que les autorités fédérales atténuèrent l’attitude des autorités locales.
Le gouvernement mexicain intensifiait son attitude anticléricale. Début 1926, on ferma le centre de l’Action Catholique de Guadalajara : Miguel se retrouva en prison avec nombre de camarades. Il en profita pour apostoliser les prisonniers, réciter le chapelet, prêcher la Parole. Ne trouvant aucun délit à lui reprocher, on le libéra : la Police Secrète l’attendait à la porte-même de la prison pour l’arrêter, mais ses amis réussirent à intervenir à temps et à le laisser libre.
En face des décisions anticléricales toujours plus fortes, Miguel lança l’idée d’un boycott général dans l’état de Jalisco et dans les environs. Ses jeunes missionnaires enthousiastes partirent dans toutes les directions pour réaliser cette campagne de boycott, ne prenant dans leur sacoche que le strict nécessaire pour manger, s’abandonnant à la sainte Providence pour pourvoir aux autres nécessités. Dans sa propre famille Miguel appliquait rigoureusement les mêmes dispositions, avec gaieté et humour. Il n’acceptait pas le mensonge ou la tromperie, et savait pardonner les offenses qu’il recevait.
Fin 1926, mourut son frère, Elías. L’Union Populaire était divisée pour prendre ou non les armes dans une résistance ouverte aux autorités. Miguel ne s’y résolvait pas, mais ne refusa pas de se faire le défenseur des prisonniers. Il s’efforçait de faire parvenir aux “troupes” des médailles, des crucifix, des scapulaires, sans oublier d’envoyer son petit salaire à sa famille.
En 1927, la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse le désigna pour être gouverneur provisoire de l’Etat de Jalisco, à la tête des communes qui participaient à la résistance, responsabilité qui s’étendit aussi à la partie occidentale de l’Etat de Guanajuato. Il s’acquitta avec zèle de toutes ses responsabilités, qui occasionnèrent quelques frictions avec le général Enrique Gorostieta. Plutôt que gouverneur, Miguel se faisait procureur parmi les membres de la résistance catholique.
Miguel n’aimait pas la lutte armée. Ses deux pistolets, qu’il avait reçus de son frère et d’un autre ami, il ne s’en servit jamais.
En octobre 1927, aux cris de Vive le Christ Roi, il organisa la célébration solennelle de la fête du Christ-Roi (cette fête se célèbre désormais fin novembre, depuis la réforme post-conciliaire). L’Union adopta alors sa devise : Pour Dieu et pour la Patrie. La résistance s’organisa, on évita les affrontements inutiles, les interventions furent concertées.
21 Mars 1928. Une troupe militaire, bénéficiant de quelque négligence ou complicité, repéra et encercla l’habitation de Miguel. Celui-ci, avec son secrétaire Dionisio Vazquez, ne pouvaient fuir. Ils tentèrent de détruire des documents concernant la résistance des catholiques, mais des balles les atteignirent mortellement.
Les obsèques furent suivies par une foule immense. 
La jeune veuve et ses trois fillettes eurent à subir une autre épreuve douloureuse : la pauvre maman de Miguel ne put supporter la mort, presque coup sur coup, de ses deux fils et en perdit la raison.
Miguel fut béatifié, avec tous ses compagnons, en 2005.

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 16:19

11 MARS

III.    

S Pionius, prêtre à Smyrne, martyr brûlé vif. 

   

Ss Héraclius, Zosime, Candide, Pipérion, et d’autres, martyrs à Carthage et/ou Alexandrie.
S Constantin, à Carthage.
Ss Gorgon et Firme, martyrs (à Antioche de Syrie ?).

IV.    

Ss Trophimus et Thalus, deux frères martyrs à Laodicée par la lapidation, le chevalet, la croix.

VI.    

Ss Vincent,  abbé à Léon, et Ramire, prieur, et leurs moines, martyrs des ariens.
S Constantin, roi en Cornouaille puis moine à Menevia, abbé à Govane, martyr.

VII.    

S Sophronius, évêque à Jérusalem, témoin de la prise de la ville par les Arabes, auteur d’importants ouvrages dogmatiques, liturgiques et hagiographiques.
S Vigile, évêque à Sens et martyr.

VIII.    

S Vindicianus, évêque à Arras et Cambrai.
S Benedetto, évêque à Milan.

IX.    

S Óengus, dit Culdee, moine irlandais à Clonenagh, à Dysert Enos, à Tallagh, où il composa son fameux martyrologe ; son surnom lui vint de son application au “culte de Dieu”, par ses mortifications en particulier. 
S Eulogio, prêtre à Cordoue, martyrisé avant la vierge ste Léocritie (cf. 15 mars).

XI.    

Bse Auria (Oria), religieuse à Suse, mystique.

   

S Pierre, militaire espagnol, ermite à Babuco, dont il est patron (XIII.?).

XVI.    

S Giovanni Battista Righi de Fabriano, prêtre franciscain, solitaire près d’Ancone.

XVII.    

B Thomas Atkinson, prêtre anglais martyr par pendaison à York, béatifié en 1987.
B John Kearney, franciscain martyr à Clone, béatifié en 1992.

XIX.    

S Đaminh Cẩm, prêtre martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.
Ss Marcus Chŏng Ŭi-bae et Alexius U Se-yŏng, martyrs coréens, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Pionius de Smyrne
† 250

Geminius Pionius était un prêtre à Smyrne.
Sa modestie et la probité de ses mœurs lui valaient même l’estime des païens.
La région fut affligée de diverses calamités, et Pionius lui-même souffrit la faim, mais sans perdre sa confiance en Dieu et sa paix.
Lors de la persécution de Dèce, Pionius sut par révélation qu’il allait être arrêté. En effet, le 23 février - anniversaire de la mort de s.Polycarpe, v. à ce jour - il fut arrêté au terme de la célébration des Saints Mystères. Avec lui on arrêta Sabina et Asclepiades.
Conduits au forum, ils subirent un premier interrogatoire, Pionius put s’adresser à la foule et déclara solennellement que les Chrétiens n’adorent pas les dieux païens ni ne vénèrent leurs statues d’or.
On les mit dans une prison obscure. Les Chrétiens vinrent leur apporter des vivres, mais Pionius les remercia avec cette explication : Je n’ai été à charge de personne jusqu’ici, pourquoi maintenant le deviendrais-je alors que je n’ai plus qu’à mourir ?
Il arriva alors que l’évêque de Smyrne lui-même vint à apostasier et à sacrifier aux dieux. On s’empressa d’inviter Pionius à l’imiter et on le porta à Ephèse, où cependant son attitude ferme répara largement le scandale causé par l’évêque apostat.
Interrogé une dernière fois, Pionius répéta sa fidélité au Christ ; il fut condamné au feu. Il marcha au supplice d’un pas ferme et rapide, retira lui-même ses vêtements, remercia Dieu de lui avoir conservé la pureté et la chasteté, s’étendit lui-même sur le poteau où on le cloua et dit : Je me hâte de dormir pour me réveiller plus tôt, répétant en quelque sorte notre Credo catholique : J’attends la résurrection des morts et la Vie du siècle qui va venir.
Les récits ne parlent pas des autres arrêtés, Sabina et Asclepiades, mais signalent qu’on fit mourir près de Pionius un prêtre hérétique nommé Metrodoros. Pionius pria silencieusement ; son visage s’illumina d’une grande joie, il ouvrit les yeux, dit tout haut Amen, et rendit l’esprit.
Arrêté le 23 février, Pionius mourut dans la première quinzaine de mars, en 250.
Saint Pionius de Smyrne est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.


Trophimus et Thalus de Stratoniki
† 308

Trophimus et Thalus étaient deux frères, originaires de Stratoniki (Carie, act. Turquie SW).
On trouve aussi qu’ils étaient prêtres tous les deux.
Lors de la persécution de Dioclétien, ils furent arrêtés à Laodicée.
Ils subirent la lapidation, qui cependant ne leur fit aucun mal, car un invisible bouclier arrêtait les pierres qui déferlaient sur eux. Le préfet, assez impressionné du prodige, les relâcha.
On s’acharna cependant contre les Chrétiens. A nouveau dénoncés, les deux frères furent condamnés à être dévêtus, étendus sur le chevalet, et mis en pièces par les crocs du chevalet et les coups des lanières de fouets. Dieu leur donnait encore la force de prier et d’invectiver les païens, les invitant à se convertir.
Finalement le juge les fit mettre en croix.
Ce pouvait être en 308, approximativement.
Saints Trophimus et Thalus sont commémorés le 11 mars dans le Martyrologe Romain.


Constantin de Cornouaille
† 576

Bien des versions parlent de ce saint roi Constantin, avec des variantes importantes.
Neveu du roi Arthur, qui lui remit sa couronne quand il se vit mortellement blessé.
Roi de Cornouaille, il démissionna et se fit moine dans la «cellule de s. David». Puis il alla fonder un monastère dans une autre contrée.
La tradition écossaise fait de Constantin le fils du roi Paternius ; il épousa la fille du roi de Bretagne ; à la mort de celle-ci, inconsolable, il remit son royaume à son fils et passa à au monastère Saint-David de Menevia. Pendant sept ans, il s’occupa à transporter le grain du monastère au moulin et d’en rapporter la farine. Un jour, quelqu’un du moulin l’entendit réfléchir : Suis-je donc bien le roi Constantin de Cornouaille ? et le raconta à l’abbé du monastère. L’abbé le prépara au sacerdoce. Peu après, Constantin se rendit auprès de s.Columba (v. 9 juin), fut envoyé par l’évêque Kentigern (v. 13 janvier) prêcher dans le Galloway, fonda le monastère de Govane et mourut très âgé.
Après avoir fondé un monastère à Govane, il souhaita recevoir la grâce du martyre. Parti prêcher avec un compagnon et arrivé à l’île de Kintyre, ils furent attaqués par des brigands ; le compagnon eut une main coupée, que Constantin guérit sur place, avant d’être lui-même sauvagement assassiné.
Il existerait aussi un autre roi martyr du même nom, mais plus tard, au 9e siècle. Fils de Kenneth II, supplanté par son oncle Donald, revenu sur le siège royal, il mourut lors d’une bataille contre les envahisseurs danois, qui l’égorgèrent dans une grotte.
Il semble que la version 3 soit celle majoritairement adoptée, complétée de la version 4. Mais certains ont supposé que le Martyr fut seulement moine, à Rathane, et distinct d’un autre roi du même nom.
La mort de Constantin put avoir eu lieu entre 576 et 588, selon les versions.
Saint Constantin est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.


Sophronius de Jérusalem
† 639

Saint Sophronius naquit à Damas et se rendit recommandable plus par sa piété que par ses connaissances. On ne dit rien de son enfance et de sa famille. On sait qu’il voyagea énormément, pour rencontrer d’autres moines, pour en recueillir les exemples.
Il rejoignit cependant un saint moine de Jérusalem, Moschus, avec lequel il se lia profondément d’amitié et voyagea beaucoup : Syrie, Arabie, Monts Sinaï et Raïthe… 
A Alexandrie, le patriarche Jean l’Aumônier (fêté maintenant le 11 novembre) les retint quelque temps, apprécia beaucoup les dons de Sophronius et le chargea, plutôt que de voyager de par le monde, de combattre l’erreur acéphale ou jacobite.
C’est sur ces entrefaites que la Palestine fut envahie par les Perses, qui emportèrent le saint Bois de la Croix avec le patriarche Zacharie, et l’on craignit beaucoup de les voir déferler aussi en Egypte. Il n’en fut rien.
Mais à la mort de Jean l’Aumônier, Sophronius et son ami se remirent en marche : Chypre, Samos, Rome, et auraient bien pu continuer encore longtemps, visitant tous les grands monastères de l’Occident , mais Moschus mourut à Rome, et Sophronius revint sur ses pas. Il portait avec lui la dépouille de son ami, ainsi que l’ouvrage que ce dernier avait rédigé à Rome, le Pré spirituel, où il consignait les exemples extraordinaires de pénitence, de pauvreté, d’humilité qu’ils remarquèrent chez les moines.
Ayant donc d’abord reporté les restes de son ami au monastère Saint-Théodose de Jérusalem, Sophronius s’en vint à Alexandrie. Là, il se dépensa beaucoup pour combattre l’hérésie du monothélisme.
Les Perses ayant fait la paix, Sophronius put revenir à Jérusalem, où il fut choisi trois ans après pour être patriarche. Comme tel, il réunit un synode de tous les évêques de sa province où il maintint la doctrine orthodoxe et dont il envoya les actes au pape Honorius et au patriarche Sergius de Constantinople, qui avait toutefois déjà prévenu le pape contre Sophronius. Ce dernier prépara alors un ouvrage complet recueillant tous les témoignages de l’Ecriture et des Pères pour établir l’existence des deux volontés en Notre-Seigneur. Bien que cet ouvrage fondamental soit aujourd’hui perdu, il servit grandement à la condamnation définitive du monothélisme, lors du concile de Latran en 649.
Mais Sophronius ne devait pas voir ce Concile. Comme pasteur il poursuivit l’œuvre de son prédécesseur et veilla à rétablir la discipline et la liturgie ancienne, à réformer les mœurs, à veiller au maintien de la sainte doctrine.
En 636, il eut la douleur de voir Jérusalem retomber aux mains des Sarrasins et assista à de nouvelles calamités. Il s’exposa parfois jusqu’à la mort pour sauver son troupeau. Omar lui accordait la liberté de pratiquer la religion chrétienne, mais ne respecta pas vraiment ses engagements, poussant même le sacrilège à vouloir pénétrer dans le temple des juifs soi-disant pour y adorer le vrai Dieu, en réalité pour y proférer d’abominables blasphèmes. Sophronius déclara que c’était vraiment là l’abomination de la désolation.
Il tomba malade peu après et mourut le 11 mars 639.
On a de lui des discours et des sermons sur les fêtes, entre autre pour l’Exaltation de la Sainte Croix ; un Pénitentiel, les Actes de saint Cyr et saint Jean (31 janvier), une vie de sainte Marie l’Egyptienne ; d’autres traités aussi, dont une partie n’existe qu’en traduction latine.


Vindicianus de Cambrai
632-712

Vindicianus (Vindicien) naquit vers 632 à Bullecourt (Bapaume, Pas-de-Calais).
C’est «le grand saint Eloi», évêque de Noyon (v. 1er décembre), qui pourvut à sa formation.
Il reçut l’ordination sacerdotale, peut-être des mains de l’évêque d’Arras-Cambrai, Aubert (v. 13 décembre, à ne pas confondre avec l’homonyme d’Avranches, v. 10 septembre), qui le garda comme «vicaire général» et l’associa au gouvernement de ce vaste double diocèse, de sorte que Vindicianus en devint le successeur, en 669. Il n’avait pas quarante ans !
En réalité, Vindicianus était le deuxième évêque d’Arras, dont le premier avait été s.Vaast (v. 6 février, mort en 540). L’évêché d’Arras fut un certain temps administré par l’évêque de Cambrai.
Vindicianus poursuivit pieusement et activement l’œuvre d’Aubert. 
Un événement particulier marqua la translation du corps de la sainte martyre Maxellende (v.13 novembre), dont l’assassin avait été frappé de cécité. Celui-ci vint humblement vénérer les reliques et implorer son pardon : il recouvra instantanément la vue. En souvenir de l’épisode, Vindicianus fonda un monastère au lieu du martyre, à Caudry.
Vindicianus consacra plusieurs églises dans ses diocèses (église du monastère de Honnecourt, de Hasnon en 675) ; il signa une charte pour le monastère de Maroilles en 675, et acheva le monastère Saint-Vaast en 682.
En 681, il reçut des reliques du saint évêque martyr Léger d’Autun (v. 2 octobre), mais surtout il amena le responsable de ce martyre, Thierry III, à la pénitence et Thierry devint par la suite un grand bienfaiteur de l’abbaye Saint-Vaast. Vindicianus mit à la tête de cette abbaye un saint religieux nommé Hatta, de Blandinberg (Gand).
En 686 enfin, il consacra l’église du monastère d’Hamage et y fit la translation des reliques des saintes Eusebia et Gertrud (v. 16 mars et 16 novembre).
Tels sont les événements importants connus de ce long épiscopat de plus de quarante ans. Les dernières années de sa vie, Vindicianus se retirait volontiers dans l’un ou l’autre des monastères de ses diocèses. Il fut appelé jusqu’à une bourgade lointaine, Brosselles (auj. Bruxelles), où les forces lui manquèrent et où il mourut, le 11 mars 712 environ.
Son tombeau, d’abord à Saint-Vaast, fut le lieu de nombreux miracles. Les reliques de s.Vindicianus furent plusieurs fois l’objet soit de profanations par les Normands (qui assassinèrent les moines), soit de translations pour échapper aux guerres, et sont maintenant dans la cathédrale d’Arras.
Saint Vindicianus est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.


Benedetto de Milan
† 725

On a longtemps relié ce personnage à la famille milanaise des Crespi.
Benedetto (Benoît) fut le quarante-et-unième évêque de Milan de 681 à 725 (ou de 685 à 732), succédant à s. Mansueto (v. 19 février) et précédant Teodoro II.
C’est lui qui fut chargé de prononcer l’éloge funèbre du roi anglo-saxon Cedwald, qui fut baptisé à Rome en 687 et mourut en 689.
On dit de Benedetto qu’il fut un vigoureux défenseur de ses droits épiscopaux.
Il mourut le 11 mars 725 ou 732, suivant les calculs des spécialistes.
Saint Benedetto est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain, qui retient la date de 725.


Óengus le Culdee
† 824

Óengus (Aengus) naquit vers le milieu du 8e siècle non loin de Clonenagh (Irlande).
Dans cette localité se trouvait déjà un célèbre monastère, fondé par s.Fintan (v. 17 février). Óengus y apprit les lettres, à lire les psaumes, et s’initia à la vie religieuse. 
Très tôt, il fut remarqué pour son application à l’étude, mais aussi à la mortification ; son amour de Dieu était déjà arrivé à un tel degré d’élévation, qu’on le surnomma Culdee, qui «honore Dieu» ; cet appellatif fut plus tard repris pour d’autres ermites ou chanoines.
Óengus fut bientôt favorisé du don des miracles, mais plus il en faisait, plus il recherchait humblement l’effacement.
Il alla se construire une cabane en un endroit retiré, qui s’appela Dysert Enos : là, Óengus pouvait pratiquer ses mortifications personnelles sans être remarqué (croyait-il). Chaque jour, sa dévotion le poussait à faire quelque trois-cents génuflexions, en signe de pénitence et d’humilité ; chaque jour aussi il priait les cent-cinquante psaumes : un tiers dans sa cellule, un autre tiers sous un arbre, et le dernier tiers… attaché par le cou à un poteau et le corps à demi plongé dans un bassin d’eau froide.
Toute son attention était occupée par l’amour de Dieu, le désir de se sanctifier, de dominer les passions qui renaissent toujours, au point qu’on pouvait vraiment imaginer que cet être était un ange dans une forme humaine.
Se croyant, dans son innocence, suffisamment ignoré, il ne se rendit pas compte qu’on l’avait remarqué, qu’on avait parlé de lui. On l’aurait fait à moins ! Il voulut fuir cette célébrité et alla se présenter incognito au monastère de Tallagh (Dublin) et demanda à être admis comme simple domestique. On l’accepta et pendant sept années il se soumit à tous les genres de travaux qu’on lui imposa. Toute sa joie était de se mortifier autant qu’il le voulait ; une seule personne fut dans le secret : l’abbé, Maelruan, qui maintint le silence le plus absolu sur son disciple, et se lia avec lui d’une profonde amitié.
Ensemble, ils rédigèrent vers 790 le Martyrologe de Tallagh, grâce auquel nous connaissons des détails sur les Saints irlandais. Óengus lui-même rédigea de son côté le Félire Óengusso Céli Dé, ou Martyrologe d’Óengus, dans lequel l’auteur expose pour chaque jour de l’année quelques indications sur les vertus et les actes des Saints du jour, ce qu’essaie de faire notre blog depuis quelques années (mais en français).
A la mort de Maelruan, Óengus resta quelque temps à Tallagh, puis repartit pour Clonenagh, où l’on pense qu’il devint abbé, puis évêque (ou chorévêque, ayant la dignité et les pouvoirs épiscopaux, mais sans siège partiulier).
Óengus se retirait encore dans son Dysert Enos : là, il donna la dernière main à son Félire et mourut le 11 mars 824.
Saint Óengus est commémoré le 11 mars dans le Martyrologe Romain.


Eulogio de Cordoue
† 859

Eulogio était d’une des premières familles de Cordoue, et fut confié dès sa jeunesse au monastère de Saint-Zoïle. Il fut passionné par l’étude de la Sainte Écriture.
Plus tard, il se mit sous la direction spirituelle d’un abbé nommé Espérandieu, homme aussi pieux que savant, qui gouvernait le monastère de Cutelar, près de Cordoue. C’est là qu’Eulogio connut Alvare avec qui il se lia d’une étroite amitié et qui fut plus tard son biographe, témoin oculaire des vertus et des actions d’Eulogio.
Au terme de cette formation, Eulogio apparut à tous comme un modèle d’humilité, de sagesse, de douceur et de charité, qui conquirent tous ceux qui le rencontrèrent. On lui confia quelque temps l’enseignement des lettres à Cordoue, puis fut élevé au diaconat, et bientôt après au sacerdoce. 
Il se fit toujours remarquer comme modèle de continence, de piété, de mortification aussi ; il vécut dans le clergé comme un religieux, et parmi les moines en parfait ecclésiastique. Il rédigea des règles de vie commune puis voulut confronter son expérience avec les habitudes d’autres monastères de son pays.
De retour à Cordoue, il assista à cette brusque persécution, encore inexpliquée aujourd’hui, des Maures contre les Chrétiens. Abdérame régnait à Cordoue depuis vingt ans et fut secondé dans sa haine par un certain Récarède, évêque d’Andalousie, qui, par faiblesse ou par apostasie, lui livra les chrétiens de Cordoue avec leur évêque.
Tous ces chrétiens furent emprisonnés, et Eulogio avec eux : il employa le temps de sa détention à prier, à encourager ses frères. Notamment, il composa une exhortation au martyre pour deux vierges, nommées Flora et Maria, qui furent martyrisées l’année suivante, le 24 novembre.
Après ce martyre, Eulogio et ses compagnons furent remis en liberté. Eulogio en profita pour écrire le récit du martyre des deux jeunes vierges, mais aussi pour instruire les fidèles par ses prédications. Son zèle ne fut pas vain : lorsque Mohammed, le fils d’Abdéradame, poursuivit la persécution, beaucoup de chrétiens faibles furent fortifiés et restèrent fidèles au Christ. Eulogio recueillit ensuite les Actes de tous ces martyrs, et en composa un Memorial comprenant trois livres.
Vers la fin de 858, les suffrages unanimes proposèrent Eulogio comme successeur de l’archevêque de Tolède qui venait de mourir. Mais on n’eut pas le temps de le consacrer : Dieu le destinait à une autre gloire.
En effet, Eulogio prit alors sous sa protection une jeune fille récemment convertie au christianisme, Léocritie, en grand danger devant les menaces des siens. On sait en effet que les Musulmans ne permettent pas aux leurs de se convertir au Christianisme, sous peine de mort.
Eulogio cachait Léocritie, lui faisant changer de domicile constamment. Ils furent finalement découverts, arrêtés et jugés. Eulogio fut accusé d’avoir enlevé la jeune fille, de l’avoir soustraite à l’obéissance de ses parents, et Eulogio répondit calmement. Il en profita même pour proposer au juge, puis au roi, d’adhérer à la Vérité de Jésus-Christ. Il fut aussitôt condamné à la décapitation, précédée de la flagellation.
En chemin vers le supplice, Eulogio reçut un soufflet d’un eunuque ; sans se plaindre, il lui présenta l’autre joue, que l’autre frappa insolemment. A l’endroit du supplice, Eulogio s’agenouilla, pria, fit un grand signe de croix et fut alors décapité. C'était le samedi 11 mars 859.
Léocritie fut, elle, décapitée le 15 mars suivant.
Les fidèles de Cordoue rachetèrent au bourreau la tête d’Eulogio, qu’ils réunirent à son corps, et le placèrent dans l’église de Saint-Zoïle, d’où il fut plus tard transféré d’abord à Oviedo, puis à Camarasanta.
Le Martyrologe Romain mentionne Eulogio comme prêtre et martyr le 11 mars.

Giovanni Battista Righi 
1469-1539

Giovanni Battista vit le jour vers 1469 à Fabriano (Ancône, Marches, Italie CE), de noble famille, où ses parents lui inculquèrent les justes préceptes de la religion.
L’enfant et l’adolescent répondirent à cet enseignement. Giovanni Battista aimait prier, secourir les pauvres matériellement et fraternellement.
Ayant été sensible à ce qu’il lut de saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre), il entra chez les Frères mineurs de Forano.
Il faut être prudent en parlant de la «jeunesse» de Giovanni Battista. On a parfois affirmé qu’il fut ordonné prêtre à quinze ans, chose absolument impossible dans l’Eglise.
Dans un désir d’acquérir plus de perfection, il rejoignit un endroit solitaire à Massaccio, une grotte appelée La Romita. Il y pratiqua toutes sortes d’austérités, de pénitences, dans une prière soutenue et la lecture des Pères. On connut son humilité dans le mépris de soi-même, l’esprit de pauvreté, la promptitude dans l’obéissance, la patience au milieu des incommodités, l’innocence de vie.
Il enseignait les confrères, les gens qui venaient lui demander conseil.
Plus épuisé qu’âgé, il s’endormit dans le Seigneur à Cupramontana, le 11 mars 1539.
Longtemps après la sépulture, le corps fut exhumé : il était incorrompu et exhalait une odeur agréable.
Le culte du bienheureux Giovanni Battista Righi fut confirmé en 1903.


Thomas Atkinson
1545-1616

Thomas Atkinson était né vers 1545 en East Riding (Yorkshire, Angleterre).
On sait qu’il fut ordonné prêtre à Reims et regagna sa région en 1588.
Infatigable à visiter son troupeau de fidèles, et surtout les pauvres gens, il devint si connu qu’il ne pouvait plus se déplacer de jour. Il allait toujours à pied, jusqu’au moment où, s’étant cassé une jambe, il prit un cheval.
Vers l’âge de soixante-dix ans, il fut trahi, porté à York avec son  hôte, M.Vavasour, de Willitoft, ainsi que quelques membres de sa famille. On lui trouva des chapelets, et il fut condamné à mort.
Il subit le martyre le 11 mars 1616 avec une patience admirable, avec courage et constance, et tous les signes d’un grand bonheur.
Il fut béatifié en 1987.

John Kearney
1619-1653

Le nom gaélique de John Kearney est Seán Ó Cearnaigh.
Il naquit vers 1619 à Cashel (Tipperary, Irlande), de John et Elizabeth Creagh, qui moururent dans l’incendie de la cathédrale en 1647.
Entré chez les Frères Mineurs Franciscains Observants à Kilkenny, où il fit le noviciat ; il fut ensuite envoyé à Louvain et fut ordonné prêtre à Bruxelles en 1642. 
Durant son voyage de retour en Irlande, le vaisseau fut reconnu : on l’arrêta, on le tortura, on le condamna à mort à Londres ; mais il réussit à s’échapper et à rejoindre d’abord Frankfurt , puis l’Irlande, par Calais (!). 
il enseigna à Cashel et Waterford, et l’on apprécia beaucoup ses homélies.
En 1650, il devint Gardien (c’est-à-dire Supérieur) du couvent de Carrick-on-Suir (Tipperary).
Lors de la persécution au temps de Cromwell, sa tête fut mise à prix. Au printemps 1653, il fut arrêté, et jugé à Clonmel : on l’accusa d’avoir exercé son ministère sacerdotal, contrairement à la loi ; condamné à mort, il reçut le martyre à Glenn le 11 mars 1653.
Il fut béatifié en 1992.


Đaminh Cẩm
?-1859

Đaminh (Dominique) était né à Cẩm Chương (Bắc Ninh, Vietnam).
Devenu prêtre, il appartint à une fraternité sacerdotale dominicaine (Tiers Ordre ?).
Arrêté et torturé, sommé de piétiner la croix, il refusa.
Il reçut le martyre à Hưng Yên, le 11 mars 1859 : il eut la tête tranchée et fut coupé en morceaux.
Il a été canonisé en 1988.


Chŏng Ŭi-bae Marcus
1794-1866

Marcus était né en 1794 dans la province de Kyŏnggi, dans une famille noble qui méprisait les Catholiques.
Il acheva ses études officielles et se mit à enseigner aux enfants.
Il se maria, mais resta bientôt veuf, sans enfants.
En 1839, il eut l’occasion d’assister au martyre de Mgr Imbert et des pères Maubant et Chastan (voir au 21 septembre). Lui qui pensait que la religion catholique était une hérésie, fut surpris de voir avec quelle joie les Martyrs allaient à la mort. Il se mit à lire des livres catholiques, et fut bientôt convaincu que devenir catholique à son tour l’aiderait à être un meilleur sujet.
Il vint à Séoul pour se faire baptiser.
Mgr Ferréol, qui arriva en Corée en 1845, en fit un catéchiste. Il accomplit désormais sa mission avec tant de fidélité jusqu’à sa mort, que Mgr Daveluy déclara que c’était un vrai saint, et Mgr Berneux dit qu’il aurait bien aimé se retrouver avec Marcus au Paradis (voir aux 7 et 30 mars).
Marcus savait s’occuper comme il fallait des Catholiques et des catéchumènes, visiter les malades et entourer les orphelins.
Il mena volontairement une vie de pauvreté, avec sa seconde épouse, P’i Catherina, et comme ils n’avaient pas d’enfants, il adopta un neveu, P’i Paulus, qui enseigna le coréen au père Ranfer de Bretenières, durant son séjour chez eux. Le même père de Bretenières fit souvent l’éloge de Marcus pour sa façon recueillie d’assister à la sainte Messe.
Marcus pratiqua sa religion très fidèlement, et sa volonté était solide. Il faisait l’unanimité dans l’estime et l’amour qu’on avait pour lui.
On savait qu’il préférait être martyrisé que de mourir chez lui. Quand la persécution éclata, il aida plusieurs amis à s’échapper, mais lui resta sur place. Quand il fut arrêté, le 25 février 1866, il en montra une joie immense. Il avait alors soixante-douze ans.
Après quelques jours de prison en compagnie des quatre missionnaires français (Mgr Berneux et les pères Ranfer de Bretenières, Dorie et Beaulieu), il subit de dures tortures et fut décapité à Saenamt’ŏ, le 11 mars 1866, le même jour, et sans doute au même moment que le jeune Alexius U Se-yŏng, qui fut arrêté en même temps que lui.
Chŏng Ŭi-bae Marcus a été béatifié parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1968, canonisé avec eux en 1984, et avec eux aussi est fêté le 20 septembre.


U Se-yŏng Alexius
1845-1866

Alexius était né en 1845 à Sŏhŭng (Hwanghae, Corée du nord), troisième enfant d’une riche famille noble.
Il reçut une éducation complète avec ses frères : très intelligent, il avait terminé ses études secondaires à seize ans.
A ce moment-là, le catéchiste Ioannes Kim lui parla de la religion catholique. Emballé, l’adolescent demanda à son père l’autorisation de recevoir le baptême, ce que son père lui refusa catégoriquement.
En secret, Alexius alla trouver Mgr Berneux dans un village éloigné, et l’évêque l’envoya vers le catéchiste Chŏng Marcus, pour recevoir l’instruction préliminaire au baptême.
En 1863, le jeune homme fut baptisé par Mgr Berneux lui-même, qui lui donna alors le nom de Alexius.
A son retour en famille, Alexius ne cacha pas sa foi, et fut très durement maltraité par les siens. Il supporta patiemment ces contradictions.
Puis il demanda à son père la permission de vivre séparément de la famille, ce que son père jugea en effet meilleur. Aussi Alexius s’en vint à Séoul, où il vécut chez Chŏng Marcus, priant avec ferveur pour la conversion de toute sa famille. Il s’occupa à traduire le catéchisme et fit imprimer les Douze Prières Fondamentales.
Peu à peu, le père d’Alexius, touché par la grâce, s’intéressa à cette Religion et voulut en savoir davantage. Alexius revint chez lui, et enseigna aux siens ce qu’il savait déjà de la religion catholique. Vingt personnes, de la famille d’Alexius et des voisins, furent conquis par sa parole et furent bientôt baptisés. Le fait devint suffisamment notoire dans la région, pour que toute la famille dût se déplacer à Nonjae (Pyŏngyang).
Au moment du Nouvel An lunaire 1866, Alexius vint offrir ses vœux à Marcus. A ce moment-là, la police attaqua le village et arrêta tous les Catholiques, y compris Alexius.
Le pauvre garçon n’eut pas la constance de proclamer sa foi (ou bien, selon une autre source, fut contraint d’apostasier) et fut relâché. Mais il s’en repentit immédiatement et commença à jeûner pour faire pénitence. Il brûla tout ce qu’il avait et vint demander pardon aux pieds de Mgr Berneux qui était en prison : il demanda pardon d’avoir renié Dieu à Pyŏngyang, d’avoir été de ceux qui battirent à mort le catéchiste Yu Chŏng-nyul Petrus et le traînèrent dans la rivière, le 17 février précédent. 
Ayant reçu l’absolution, il fut à nouveau arrêté et soumis aux tortures, qu’il supporta cette fois-ci courageusement et sans renier sa foi. Jusqu’à la fin, ses bourreaux cherchèrent à le faire apostasier, mais n’y réussirent pas.
Alexius fut décapité à Saenamt’ŏ (Seoul), le 11 mars 1866 ; il n’avait pas vingt-deux ans. Le même jour, et peut-être au même moment, fut décapité aussi le catéchiste Chŏng Ŭi-bae Marcus.
Il fait partie des cent-trois Martyrs coréens, béatifiés en 1968, canonisés en 1984, et fêtés le 20 septembre.

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 07:41

Mariam Vattalil
1954-1995

Mariam Vattalil, née le 29 janvier 1954 à Pulluvazhy (Kerala, Inde), était le deuxième des sept enfants de Paily et Eliswa Vattalil, de pauvres paysans qui la firent baptiser le 5 février suivant.
On connaît aussi les noms de ses frère et sœurs : Stephen, Annie, Varghese, Thressiamma, Celine, Lusy. Celine fut aussi religieuse chez les Clarisses.
En 1966, Mariam reçut la Première communion et la Confirmation.
En même temps que l’école, Mariam trouvait le temps d’aider son père dans les travaux des champs, et sa mère dans les tâches domestiques.
Après ses études secondaires, Mariam entra en 1971 chez les Clarisses de Kidangoor, où elle assuma le nom de Rani Maria (Reine Marie, d’après le titre marial de Marie Reine) ; en même temps qu’elle entrait aussi sa cousine, Cicily. Le noviciat s’acheva régulièrement en 1974, avec la profession temporaire.
A partir de 1975, elle fut en service à Bijnor (Uttar Pradesh) ; elle fut maîtresse d’école de 1976 à 1978. 
Elle prononça ses vœux définitifs à Ankamaly en 1980.
En 1983, elle fut transférée à Odagady. En 1989, elle fut supérieure à Aluva et fut reçue docteur en sociologie à l’université de Rewa.
En 1992, elle fut envoyée à Udayanagar.
Tous ceux qui la connurent furent captivés par sa joie communicative, toute franciscaine. 
Sœur Rana Maria s’engagea dans l’éducation des enfants et surtout au service des pauvres. Son programme en faveur des marginalisés s’opposait radicalement aux intérêts des grands exploitants.
Le 25 février 1995, à Nachanbore Hill (Indore) un tueur professionnel, à la solde des grands propriétaires, la frappa dans l’autobus de cinquante-quatre coups de couteau.
En mourant, Rani Maria ne répétait que le nom de Jésus !
Le meurtrier, Jeevan Singh, fut condamné à la prison à vie, mais fut relâché en 2006 pour sa bonne conduite ; il fut visité en prison par la sœur de Rani Maria, qui lui pardonna ; la maman de Rani Maria vint aussi lui rendre visite, et lui baisa les mains en signe de pardon. Toute la famille pardonna Jeevan Singh et le considéra comme un des leurs. Jeevan pleura de joie en apprenant que Rani Maria allait être béatifiée.
Reconnue martyre, sœur Rani Maria a été béatifiée en 2017.
Rani Maria Vattalil sera commémorée le 25 février dans le Martyrologe Romain.

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 13:40

Miguel Facerías Garcés
1861-1937

Né le 22 février 1861 à Perarrúa (Huesca), Miguel était le fils d’un tailleur, prénommé aussi Miguel, et de María, d’humbles chrétiens qui firent baptiser leur enfant huit jours après la naissance.
A son tour, Miguel apprit et exerça le métier de tailleur.
En 1881, il entra dans la congrégation des Clarétains comme frère convers. La maladie l’obligea à revenir dans sa famille le temps de soigner de pénibles vomissements de sang : il versait déjà son sang… Rétabli, il reprit le noviciat et fit la profession en 1883.
On peut dire qu’il continua à exercer son métier de tailleur, mais pour la gloire de Dieu : toutes les tuniques que devaient porter les Religieux, les réparations qu’il fallait y porter aussi, passaient par ses mains. Le Frère était tout attentif à rendre service.
Il fut dans la communauté d’Alagón, puis en celle de Cervera (1889). C’est alors qu’il publia un opuscule sur l’art du tailleur, assez bien accueilli et qui fut réédité tant à Cervera qu’à Barcelone en 1910.
En 1904, il dut aller à Olesa de Montserrat, où il fut soigné à nouveau pendant deux années.
En 1906, on put l’envoyer à Vich, où il demeura jusqu’à la mort, toujours occupé à couper et à coudre des vêtements.
En juillet 1936, son «métier» fut interrompu car il fut contraint d’abandonner le collège et de se réfugier chez un ami de l’endroit. Désormais, il allait occuper son temps dans la prière, l’abandon à Dieu et la préparation à l’ultime rencontre.
Avec un autre Confrère, malade comme lui, ils se présentèrent au Comité pour demander l’autorisation d’être hébergés dans un autre établissement, un ancien couvent de Religieuses devenu hospice municipal pour les vieillards.
Au Comité, on leur demanda qui ils étaient. Il répondit qu’ils étaient Frères du Cœur de Marie (les Clarétains en effet se disent Fils du Cœur Immaculé de Marie). On leur répondit : Vous méritez de recevoir quatre balles. Oh, répondit le Frère Miguel, comme nous sommes des petits vieux, deux suffiront.
Le 13 août, ils obtinrent l’autorisation. Mais Miguel ne craignait pas de sortir pour aller voir les Confrères là où ils s’étaient réfugiés. On lui fit remarquer qu’il s’exposait beaucoup. Il répondait : Je m’en fiche, s’ils me tuent.
Le 17 décembre, l’hospice fut supprimé. Miguel, son Confrère et deux autres encore, trouvèrent refuge dans une ferme voisine à Santa Cecilia de Voltregá ; là encore, Miguel rendit ses services de tailleur, enseignant aussi le catéchisme aux enfants de la famille.
On dénonça les Frères au maire du pays. Ce dernier affirmait qu’il devait nettoyer le pays de la cochonnerie cléricale. Le 22 février 1937, donc, jour du soixante-seizième anniversaire du Frère Miguel, se présentèrent à quinze heures quatre miliciens, le maire, le président du Comité et deux autres. Miguel priait dans le bois voisin ; il s’apprêtait à rentrer, quand on lui fit des gestes de rester dehors et de se cacher, mais il ne comprenait pas et s’avançait tranquillement.
Les  hommes lui dirent qu’ils l’arrêtaient. Sa réponse fut :  Si c’est la volonté du Seigneur, je suis préparé pour le martyre.
Qui êtes-vous ?
Le tailleur des Missionnaires.
Vous connaissez quelqu’un à Vich ?
Oui, le Maire.
Suivez-nous !
Vous me permettez de me changer ?
(et à la maîtresse de maison) Le plus certain, c’est qu’ils vont me tuer. Tenez, prenez ces chapelets, ils vont les profaner…
Comme tout le monde pleurait, le maire s’échauffa : Les larmes ne me touchent pas, même ma femme n’y arrive pas !
Et la maîtresse de maison : Si vous voulez le tuer parce qu’il a dit la messe, sachez qu’il ne l’a jamais célébrée !
Au Comité, on se moqua du Frère. Même le chauffeur s’en prit au président : Espèce de sale bête, où veux-tu en finir avec ce petit vieux ? Tu n’as pas honte de zigouiller un vieillard pareil ?  Et l’autre : C’est un frère ou un chanoine. C’est notre devoir d’en finir avec cette race.
Puis ils partirent à Vich. D’après certains témoins, c’est au matin du 23 février qu’on emmena le frère Miguel au lieu-dit Pont del Llop, où ils le fusillèrent. Malgré ce détail, on a retenu le 22 février comme le jour «officiel» de sa mort.
Frère Miguel fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Miguel Facerías Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 février.

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 08:38

John Sullivan
1861-1933

John Sullivan naquit le 8 mai 1861 à Dublin (Irlande), de Sir Edward Sullivan, futur premier ministre d’Irlande, et Elizabeth Bailey. Le père était protestant, la mère catholique.
Comme ses frères, John fréquenta à partir de 1873 la Portora Royal School (Enniskillen, Irlande N), la plus prestigieuse école protestante du moment. 
A partir de 1879, John étudia les langues classiques au Trinity College de Dublin : en 1885, il y obtint la Médaille d’or ; c’est alors qu’il eut la brutale épreuve de la mort subite de son père.
Il alla étudier le droit au Lincoln’s Inn de Londres. En 1888, il obtint son diplôme et commença à pratiquer le droit.
Il voyagea beaucoup ; c’était un jeune homme apparemment mondain, très élégant, mais intérieurement, John était en recherche ; la vie monastique l’attirait : en 1896, il passa plusieurs mois dans le monastère du Mont Athos (Grèce).
Finalement, cette même année 1896, de retour à Londres, il fut reçu dans l’Eglise catholique en l’église des Jésuites à Farm Street. A partir de ce moment-là, il modifia tout son genre de vie : il retira de sa chambre tout le superflu, il s’habilla très simplement. Il se mit à visiter les malades, les vieillards, leur apportant de petits cadeaux, leur lisant des livres.
Il entra chez les Jésuites au noviciat St.Stanislaus de Tullabeg en 1900, suivit les cours de philosophie au Stonyhurst College (Angleterre) et ceux de théologie à Milltown Park et fut ordonné prêtre en 1907.
Son apostolat fut désormais le Clongowes Wood College (Kildare), où il fut le professeur de nombreux élèves, mais surtout où il fut un excellent directeur spirituel pour les internes de l’établissement.
Cet apostolat connut une brève interruption, de 1919 à 1924, quand John fut nommé recteur de Rathfarnham Castle (Dublin). 
Les élèves le firent connaître aux parents : on était attiré par son genre de vie austère, son amour de la prière, sa sollicitude pour les pauvres et les malades des environs. On vint en foule lui demander des conseils, des prières.
John passa ses dernières années à St.Vincent’s Nursing Home, pas très loin de la maison familiale. Sa mort advint le 19 février 1933.
Le père John Sullivan  fut béatifié en 2017.
John Sullivan sera commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain.

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 20:56

Teresio Olivelli
1916-1945

Il naquit le 7 janvier 1916 à Bellagio (Côme, Lombardie, Italie N), où la famille habitait avant de retourner à Zeme. Teresio avait un oncle prêtre, don Rocco Invernizzi.

Teresio fréquenta assidument sa paroisse à Mortara et fit partie de l’Action Catholique, des conférences S.Vincent-de-Paul, de la FUCI (Fédération Universitaire des Catholiques Italiens). Après le collège de Mortara et le lycée de Vigevano, il fit son droit à l’université de Pavie et passa le doctorat en 1938. Contraint de s’inscrire à la GUF (Jeunesse Universitaire Fascite), il fut nommé assistant à la chaire de droit administratif à l’Université de Turin. En 1939, il fut appelé à Rome, où pendant plusieurs mois, il fréquenta l’Institut National de Recherche, rencontrant là beaucoup de personnalités du monde culturel et politique.

Dans les rangs du fascisme, il s’ingénia imperturbablement à prôner les valeurs chrétiennes ; c’était un fasciste «anormal», hors normes. Quand l’Italie s’apprêtait à entrer en guerre, il voulait que cette guerre servît à l’Italie à défendre les valeurs chrétiennes contre le nazisme, mais quand l’Italie s’allia avec l’Allemagne contre la France, il se rebella contre le fascisme.

En 1941, cependant, il se déclara volontaire pour rester au milieu des jeunes militaires de son âge qu’on envoyait au front. Il demanda à partir sur le front russe, pour soutenir les soldats italiens, les aider à prier, à supporter l’épreuve : il y fut envoyé comme sous-lieutenant. Quand les Italiens durent battre en retraite et faire de longues marches à pied, Teresio s’arrêta souvent pour secourir des blessés, des affamés qui, sinon, seraient morts sur place : beaucoup lui durent la vie.

Rentré miraculeusement sain et sauf en Italie, abandonnant sa situation à Rome, il se prodigua à répandre un idéal chrétien dans la population de Brescia, Milan, Crémone, dans des réunions, des conférences, partout où il pouvait prendre la parole.

En 1943, à la chute du fascime, il fut nommé recteur du collège Ghislieri de Pavie ; avec la Résistance, il «résistait», mais sans esprit de vengeance, avec amour et sacrifice pour une vraie paix : il était rebelle à la guerre, à la haine, au compromis, et pour cela il fut activement recherché par les Allemands. Arrêté une première fois, il put s’évader et s’engagea dans la Résistance à Brescia. Il fonda et diffusa un journal clandestin, Il Ribelle.

On finit par l’arrêter à Milan en avril 1944 ; de la prison milanaise, on le transféra au camp de concentration de Fossoli, puis à celui de Flossenbürg (Bavière) en septembre 1944 ; là encore, il s’efforçait d’épauler les plus faibles, de les aider à prier. Il n’y eut que lui pour assister les malades de dysenterie.

Le 30 septembre, il demanda lui-même à accompagner ceux des prisonniers qui étaient envoyés au camp de Hersbruck, pour pouvoir rester aux côtés des plus exposés, des plus faibles. De nouveau, il faisait tout pour prier et faire prier, pour organiser des lectures d’Evangile. Les chefs le haïssaient, parce qu’ils défendait les faibles, parce qu’il se chargeait de porter les malades à l’infirmerie, parce qu’il les assistait autant qu’il le pouvait. Chaque fois qu’ils le surprenaient, ils le battaient. La «goutte qui fit déborder le vase» fut le 31 décembre 1944, lorsque Teresio s’interposa entre un kapo et un prisonnier ukrainien qu’il battait : il reçut alors un violent coup de pied dans le ventre, dont il ne put se remettre. Il agonisa pendant plus de deux semaines.

Teresio mourut aux premières heures du 17 janvier 1945. Son corps disparut dans le four crématoire.

Reconnu martyr de la Charité, Teresio Olivelli fut béatifié en 2018, et sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 janvier.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 21:55

José Acosta Alemán
1880-1937

Né le 27 mai 1880 à Cartagena (Murcia), José fit d’excellentes études et, à vingt-deux ans, était déjà ingénieur aux Mines.
C’est alors qu’il annonça à son père son désir d’entrer chez les Pères de la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens). Il fit le noviciat à Paris et fut ordonné prêtre.
Il avait un très fort attrait pour suivre les pas des missionnaires comme Jean-Gabriel Perboyre ou François-Régis Clet, martyrisés en Chine (v. 11 septembre et 18 février) : aussi fut-il envoyé pendant dix-huit ans dans cette Chine mystérieuse, où il put exercer un ministère très fécond au Tché-Ly et Chengtingfu.
En 1926, épuisé par ce labeur incessant, il revint en Espagne.
Il appartenait à la communauté de Madrid et son ultime poste fut à Totana (Murcia) ; il était professeur et aumônier du collège et de l’hôpital tenu par les Filles de la Charité.
Le 25 juillet 1936, il fut expulsé par les révolutionnaires, mais ne pouvant retourner à Madrid, il trouva refuge chez un ami fidèle, un certain Evaristo, qui le défendit jusqu’au bout.
Début août, le Père fut expulsé de cette maison à coups de poings et de pieds, mis en prison quelque temps. En septembre, on le fit sortir de là pour continuer de le battre et de l’insulter dans la rue ; on lui cassa les lunettes, pour l’empêcher d’y voir, il tomba dans l’escalier de la prison, on lui donna des coups de crosse de fusils, on le fit rouler par-terre à coups de pieds.
Remis en prison, il se retrouva avec deux autres prêtres de ses amis, Juan José Martínez Romero et Pedro José Rodríguez Cabrera. Tous trois se préparèrent à leur martyre. 
Les trois prêtres furent fusillés le 31 janvier 1937 dans cette prison de Totana.
Ils furent béatifiés en 2017.
Le nom du bienheureux José Acosta Alemán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 janvier.

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 21:53

Juan José Martínez Romero
1889-1937

Juan José naquit le 21 août 1889 à Totana (Murcia), de Jerónimo et Victoriana, qui le firent baptiser le jour même.
Il fréquenta le séminaire diocésain Saint-Fulgence et fut ordonné prêtre en 1914.
Les sept localités de son apostolat furent : Caravaca, Las Torres de Cotillas, La Unión, Lorca, Roldán Águilas, finalement Totana, le pays natal.
Don Juan José était aussi généreux et charitable qu’il soignait avec amour les célébrations liturgiques.
Lors de la révolution de 1936, l’église fut fermée d’office. Don Juan José se réfugia dans la maison familiale et continuait ainsi comme il pouvait, son ministère sacerdotal. Avec deux jeunes fidèles, il s’efforça de retirer de l’église paroissiale les objets sacrés, les ornements, d’autant plus qu’on avait déjà mis le feu au sanctuaire.
Il fut surpris «en flagrant délit» le 23 août à cinq heures du matin, violemment frappé au point qu’il ne pouvait plus tenir sur ses jambes, et jeté en prison, où il eut pour compagnons José Acosta Alemán et Pedro José Rodríguez Cabrera.
Un jour qu’on l’avait obligé à rester longtemps à genoux les bras en croix, pendant qu’on l’insultait et qu’on le frappait, il confia ensuite à ses compagnons : Je n’en pouvais plus, mais je t’assure que je n’ai jamais éprouvé tant de joie, parce que je souffrais pour le Christ. Une autre fois où une milicienne vint le maltraiter, il raconta ensuite qu’il ne s’était jamais autant amusé dans sa vie. Dans son dernier billet, écrit à un autre prêtre, il déclarait encore : Tu ne sais pas quelles douceurs nous apporte cette prison.
Il fut martyrisé le 31 janvier 1937, comme on l’a raconté dans la notice de José Acosta Alemán et fut aussi béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Juan José Martínez Romero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 janvier.

 

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