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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 00:00

12 JANVIER

 

III.    

Ste Tatienne, martyre romaine.

IV.    

S Merce (Meortius), soldat chrétien africain, décédé des suites de ses tortures.

S Arcadius, martyr à Césarée de Maurétanie.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

S Probe, évêque à Vérone.

?    

S Satyre, martyr qui fit tomber une statue d’idole par un signe de croix.

Ss Zotique, Rogat, Modeste, Castule, martyrs en Afrique.

V.    

Ss Tigrios, prêtre, et Eutropios, lecteur, longuement et durement torturés à Constantinople pour leur fidélité à s.Jean Chrysostome, martyrs.

VI.    

Ste Cæsaria, abbesse à Arles, sœur de s. Césaire d’Arles, qui lui rédigea une Règle.

S Victorien, italien, abbé à Asane.

S Nazaire, espagnol, abbé bénédictin à Asane, successeur de s.Victorien.

VII.    

S Ferréol, évêque à Grenoble, martyr.

S Benoît Biscop, anglais, fondateur d’une abbaye à Wearmouth, à Girwy ; il voulut des églises en pierre, à la française, et favorisa les cérémonies et le chant romains.

XI.    

S Etienne, abbé à Liège.

XII.    

S Aelred, abbé anglais cistercien à Revesby, puis Rievaux, d’une immense douceur.

S Martín de León (de la Sainte Croix), chanoine de Saint-Augustin, très expert de la Sainte Ecriture.

XVII.  

Bx martyrs japonais, laïcs, béatifiés en 2008 ; ce sont :

Ludovicus Amagasu Iemon, son fils Vincentius Kurogane Ichibiyōe et sa femme Thecla avec leur fille Lucia de 1 an, 

Michaël Amagasu Tayemon et sa femme Dominica avec leur fille Iusta de 3 ans, 

Maria Itō et ses trois enfants Marina, Petrus et Matthias, 

Timotheus Ōbasama et sa femme Lucia, 

Ioannes Gorōbyōe, Ioachim Saburōbyōe, 

Ioannes Banzai Kazue et sa femme Aurea avec leur fils Antonius de 12 ans ; leur fille Rufina et son mari Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha de 5 et 1 an, 

Simon Takahashi Seizaemon et sa fille Thecla de 13 ans, 

Paulus Nishihori Shikibu, 

Ludovicus Jin’emon et sa femme Anna, 

Mancius Yoshino Han’emon et sa femme Iulia, 

Antonius Anazawa Han’emon et sa femme Crescentia avec leurs fils Paulus, Romanus et Michaël, 

Andreas Yamamoto Schichiemon et sa femme Maria avec leur fille Ursula, 

Ignatius Iida Soemon et sa femme Lucia, 

Ioannes Arie Kiemon et sa femme Magdalena avec leur fils Petrus, 

Alexius Satō Seisuke et sa femme Lucia avec leur fille Elisabeth, 

Paulus Satō Matagorō (frère du précédent Alexius Satō), et toute la famille Shichizaemon, dont on ne connaît ni le prénom du père ni celui des deux filles de 5 et 3 ans, la mère s’appelant Magdalena.

En outre : Alexis Choemon, avec son beau-frère Candidus et le neveu de celui-ci Ignatius, de 1 an.

S Bernardo de Corleone, capucin à Caltanissetta et mystique, après avoir blessé en duel un autre militaire, canonisé en 2001.

XVIII.    

Ste Marguerite Bourgeoys, née à Troyes, apôtre au Canada où elle fonda la Congrégation de Notre-Dame, pour la formation des femmes et des jeunes filles, considérée comme la co-fondatrice de Montréal et de l’Eglise au Canada, première sainte de ce pays, canonisée en 1982.

B Antoine Fournier, artisan, martyr à Avrillé, béatifié en 1984.

XIX.    

B Pierre-François Jamet, prêtre assistant des Filles du Bon Sauveur, béatifié en 1987.

S Eustachio (Antonio Maria) Pucci, des Servites de Marie, curé à Viareggio, mystique.

XX.    

B Francisco Salamanca Bujalance (1875-1939), prêtre espagnol martyr, béatifié en 2021.

B Nicolas Bunkerd Kitbamrung (1895-1944), prêtre thaïlandais, apôtre ardent, martyr prisonnier des Japonais, après avoir baptisé soixante-huit autres prisonniers, béatifié en 2000.

Arcadius de Césarée de Maurétanie

† 305

 

Arcadius était un notable personnage qui vivait, selon certains, en Achaïe, mais plutôt, selon d’autres, en Afrique du Nord, et plus précisément en Maurétanie.

La persécution contre les Chrétiens s’était déchaînée ; on ignore si ce fut celle de 259 sous Valérien ou celle de 304 sous Dioclétien.

Arcadius pensa bien faire de sortir de Césarée (act. Cherchell, Algérie) et d’aller se cacher en un lieu qu’il ne dévoila à personne, dans le but de prier Dieu en secret, sans déranger personne et sans être dérangé.

Si l’on ne retrouvait pas Arcadius, on s’aperçut de son absence, et on envoya des soldats chez lui pour l’arrêter. Les soldats ne trouvèrent qu’un parent du notable, qui ignorait tout de la cachette d’Arcadius et ne put donc y conduire les soldats. Vexés, ceux-ci arrêtèrent cet homme, qui fut mis en prison jusqu’à ce qu’on découvrirait enfin Arcadius.

Arcadius apprit le sort de son parent. Pour le faire libérer, il alla alors se présenter spontanément au gouverneur. Le parent fut libéré. Mais Arcadius fut sommé de sacrifier aux dieux païens, ce qu’il refusa absolument.

Le gouverneur le fit d’abord écorcher par des ongles de fer, écarteler sur le chevalet, mais Arcadius restait calmement ferme dans sa foi. Le gouverneur, furieux, ordonna alors de couper à sa victime toutes les articulations des pieds jusqu’aux cuisses et des mains jusqu’aux épaules. Le Martyr put encore se servir de sa langue pour continuer d’exhorter les assistants à croire au Dieu unique.

Ce pouvait être vers 305.

La cruauté de ce martyre rappelle bien le martyre de s.Jacques l’Intercis (v. 27 novembre).

Saint Arcadius de Césarée de Maurétanie est commémoré le 12 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tigrios et Eutropios de Constantinople

† 404

 

Tigrios était un esclave, originaire de la région du Tigre, d’où son nom.

Esclave, son grand rêve était d’obtenir un jour la liberté ; il économisa dans cette intention chaque sou possible, pendant des années, et finit par acquérir la condition d’un homme libre.

Mais il n’en tira aucun sentiment d’orgueil ; il pensa qu’il devait offrir cette liberté à Dieu, et demanda à être moine.

Sur ces entrefaites, il rencontra s.Jean Chrysostome (v. 13 septembre), qui fut en admiration devant la foi si vive de ce pauvre esclave ; il le garda près de lui et, contrairement aux canons trop rigides, l’ordonna diacre, puis prêtre, arguant à qui l’interrogeait qu’il ne connaissait personne qui avait la foi de Tigrios. On voit ici comment l’Eglise sait maternellement faire des exceptions aux règles.

Eutropios était un adolescent (peut-être un orphelin) élevé par les soins du Chrysostome et nommé lecteur. Il était tout dévoué à l’évêque et c’est lui qui introduisit les deux envoyés d’un «synode» qui venait de condamner Chrysostome pour ses nombreux crimes. On voulait enlever l’évêque et, en même temps aussi Tigrios. Ce fut un échec.

On ne va pas ici reprendre les nombreux épisodes de la persécution engagée par l’impératrice Eudoxia contre Chrysostome ; on ne peut même pas les résumer par l’adjectif inhumains, ou honteux, ou horribles ; les mauvais traitements imposés au saint évêque le furent réellement.

Mais quand le feu s’attaqua à la cathédrale Sainte-Sophie (juin 404), Eutropios fut le premier arrêté, accusé et sommé de témoigner ; il devait raconter de quelle façon Chrysostome avait mis le feu au sanctuaire : évidemment, le jeune garçon pouvait en toute vérité proclamer qu’il n’avait vu personne mettre le feu à la cathédrale, ni Chrysostome, ni les évêques, ni les diaconesses.

On l’étendit alors et on le flagella durement avec des tiges de différents calibres, pour le frapper sur les articulations, pour lui arracher la peau. Après ce supplice, Eutropios répondit de nouveau calmement : Je ne sais rien de ce que vous me demandez. On le frappa encore sur les os, et Eutropios, à bout de forces, répondit impertubablement la même chose que précédemment. Nouvelle torture, avec des pointes de fer rougies au feu ; cette fois-ci, Eutropios ne répondit plus rien. On passa à d’autres tortures, Eutropios ne parla plus ; on finit par s’apercevoir qu’il avait rendu son âme à Dieu et les bourreaux furent bien humiliés de constater qu’ils avaient torturé un cadavre. On l’enterra de nuit.

C’est alors qu’on fit comparaître Tigrios. Le prêtre était si reconnaissant envers Chrysostome, qu’il préférait être mis en morceaux plutôt que de prononcer la moindre parole contre son bienfaiteur. Le préfet de police lui fit écraser l’un après l’autre tous les doigts des mains puis des pieds ; ça ne suffisait pas aux ennemis de la Vérité : on flagella Tigrios jusqu’à ce que sa chair et sa peau ne fussent plus attachés à son corps que comme des haillons. Tigrios, imperturbablement, affirma constamment qu’il considérait Chrysostome comme un saint.

Tigrios survécut à ces horribles tourments ; refusant catégoriquement de communier avec le nouveau patriarche Arsakios, dont un historien contemporain disait qu’il avait la faconde d’un poisson et la chaleur oratoire d’une grenouille - il fut exilé en Mésopotamie, sa terre d’origine, où il mourut.

Les saints Tigrios et Eutropios de Constantinople, considérés à juste titre comme martyrs, sont commémorés le 12 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cæsaria d’Arles

475-540

 

Les dates de Cæsaria restent approximatives, déduites des meilleures sources concernant son grand frère, Césaire d’Arles (v. 27 août), tous deux nés dans le territoire de Chalon-sur-Saône, de parents gallo-romains, chrétiens.

Jeune encore, Cæsaria fut formée dans un monastère de Marseille.

Lorsque son frère fut nommé évêque d’Arles, il y fonda une communauté de moniales, à la tête de laquelle il mit sa sœur (vers 512 ou 518). Cette abbaye fut dédiée à saint Jean le Baptiste.

La règle qu’elles observèrent fut écrite par Césaire lui-même, sur la base de sa longue expérience et de celle de sa sœur. Le temps passait à chanter la Louange divine et à recopier des parchemins.

L’abbatiat de Cæsaria fut, dit-on, bref ; elle mourut peu après la dédicace de la basilique Sainte-Marie, qui eut lieu en 524. Mais les auteurs ne sont pas unanimes pour déterminer combien dura ce «peu après» : une période qui s’étend tout de même de 524 à 540.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Cæsaria au 12 janvier.

 

 

Ferréol de Grenoble

† 660

 

Ferréol (Ferreolus en latin, traduit en Ferriolus, Fergeol, Ferjeuil, Fergeolus, Ferjus) fut le quatorzième évêque de Grenoble, de 654 à 659.

Il était en train de prêcher non loin de Grenoble, sur l’actuel mont Rachais, lorsque des sicaires firent pleuvoir les flèches sur lui.

Plus tard, on attribua la paternité de cette exécution à Ebroïn, maire du palais terriblement cruel et ennemi de la religion, qui l’aurait chassé de son siège et exilé, avant de le faire exécuter ; Ferréol serait ainsi la première ou une des toutes premières victimes d’Ebroïn.

L’église de La Tronche, proche du lieu du martyre, porte le nom de l’Evêque, dont le culte immémorial fut confirmé en 1907.

Saint Ferréol est commémoré le 12 janvier au Martyrologe Romain.

Benoît Biscop

628-690

 

Celui que les Français nomment communément Benoît Biscop, s’appelait Biscop Baducing. Il naquit vers 628 d’une noble famille.

Il passa quelques années à la cour du roi de Northumbrie, Oswiu.

A vingt-cinq ans, il partit à Rome pour visiter le tombeau des saints Apôtres, s’instruire mieux des éléments de la foi et des degrés de la perfection chrétienne. De retour en Angleterre, il s’adonna avec ardeur à l’étude de l’Ecriture.

Il partit pour la deuxième fois à Rome : il devait y accompagner Alcfrid, le fils d’Oswiu, qui finalement le retint à la maison. Sur le retour, il s’arrêta à l’abbaye de Lérins pendant deux ans, recevant l’habit et la tonsure, et s’efforçant de vivre la règle avec assiduité. 

Puis il repartit à Rome, une troisième fois. Il rencontra alors le pape Vitalianus (v. 27 janvier), qui allait envoyer en Angleterre Theodorus et Adrianus (v. 19 septembre et 9 janvier) et lui enjoignit de les accompagner. On pourra admirer au passage la soumission facile de Biscop à l’ordre du Pape.

Aussitôt arrivés dans le Kent, Theodorus nomma Biscop abbé de SS.Pierre-et-Paul de Cantorbury, charge qu’il ne recouvrit que deux années, cédant la place à Adrianus, dès qu’il put revenir en Angleterre.

Pour la quatrième fois, Biscop prit le chemin de Rome. Il voulait davantage encore d’informations sur les lois de l’Eglise, sur la vie monastique, la liturgie, aussi demeura-t-il assez longtemps en Italie, séjournant en divers endroits et amassant tout ce qu’il put trouver de livres, de reliques, et mille informations qu’il voulait rapporter dans son pays.

Une fois de retour, il fonda deux abbayes, Wearmouth et Girmy (devenu plus tard Jarrow), respectivement sous le patronage de saint Pierre et de saint Paul. Pour l’église de Wearmouth, il fit venir des artisans de France, pour construire l’édifice en pierres, et non plus en bois, y confectionner de beaux vitraux, décorer les murs de belles fresques, le «catéchisme» des foules. Les deux monastères n’étant pas très éloignés l’un de l’autre, Biscop les gouverna tous les deux au début, puis confia Wearmouth à Easterwin, Jarrow à Ceolfrid (v. 7 mars et 25 septembre). C’est de ces abbayes que devait sortir un peu plus tard s. Bède (v. 26 mai).

Libéré du souci du gouvernement, Biscop refit un cinquième long voyage. Il n’avait jamais assez de documentation, de reliques. S. Bède en écrivit : Dans sa charitable prévoyance, ce père vraiment actif a travaillé pour que ses enfants vécussent en repos ; il a entrepris des courses multiples pour leur permettre de servir paisiblement le Seigneur dans l’enceinte de leurs retraites, sans être obligés d’en sortir.

L’intense activité de Biscop fut ainsi à la source des premières bibliothèques monastiques d’Angleterre ; il s’appliqua à introduire la liturgie et le chant romains dans son pays. Le pape lui envoya même le maître de la musique et des cérémonies du Vatican, Jean de Saint-Martin.

Devenu vieux et infirme, Biscop se montra très patient dans l’infirmité, supportant la douleur sans révolte et même avec joie. Les trois dernières années, il fut paralysé et garda le lit : alors quelques moines venaient autour de lui et alternaient l’office, auquel il se joignait à sa façon.

Easterwin et son successeur Sigfrid étant morts, Biscop établit Ceolfrid à la tête des deux abbayes.

Après avoir reçu le viatique, Biscop s’éteignit, le 12 janvier 690.

Les deux abbayes qu’il avait fondées furent détruites par les Danois envahisseurs, et de nouveau lors du schisme d’Angleterre.

Mentionné le 12 janvier au Martyrologe Romain, Biscop est le saint patron de la congrégation bénédictine anglaise et aussi, récemment (2004), de la ville de Sunderland.

 

 

Aelred de Rievaulx

1109-1167

 

Le prénom Aelred pourrait s’écrire aussi Ethelred et Ailred.

Aelred naquit vers 1109 à Hexham, d’une ancienne famille d’Angleterre du Nord, un des trois enfants de Eilaf. Sa sœur aussi fut consacrée.

Après ses études à Hexham, le roi d’Ecosse David voulut l’avoir à la cour ; Aelred séjourna ainsi à Roxburgh de 1124 à 1133 et devint majordome ; il y conquit l’estime de tous les courtisans par sa douceur de caractère.

On put ainsi mesurer son degré de maîtrise de soi lorsque quelqu’un l’invectiva devant tout le monde et qu’il lui exprima sa gratitude pour l’avoir aidé à voir ses fautes : l’autre tomba à genoux de honte et de repentir ; une autre fois, on l’interrompit brusquement tandis qu’il exposait son discours au roi, mais il attendit tranquillement de pouvoir reprendre, sans montrer la moindre gêne.

Cependant cette vie de cour déplaisait à Aelred ; il la quitta après mûre réflexion et partit au loin, dans le comté d’York, à l’abbaye cistercienne de Rievaulx, récemment fondée. L’abbé William, un disciple de saint Bernard (v. 20 août), le reçut en 1135.

Désormais, l’ancien humaniste qui prisait Cicéron, le trouvait fade à côté de l’Ecriture. La lecture de la Bible était ses délices et lui causait une grande émotion. Sa douceur de caractère se doubla d’un amour de la sanctification et le poussa très haut dans les vertus. Il se lia d’amitié avec un moine nommé Simon qui semblait sourd-muet tant il estimait le silence.

Devenu maître des novices, Aelred fut élu abbé à Revesby en 1142, bien contre son gré, et en 1143 on le rappelait à Rievaulx pour assumer la charge d’abbé. Il avait trois-cents moines à diriger, ainsi que cinq abbayes-filles à visiter, ce qu’il fit avec sa douceur fraternelle habituelle, dans un climat de grande amitié avec tous. Aelred écrivit ces lignes à propos de ses moines : 

Nous mangeons peu, nos habits sont rudes et grossiers, nous ne buvons que de l’eau, nous dormons à peine, n’ayant pour lit qu’une natte très dure ; quand le sommeil commence à nous faire sentir sa douceur, la cloche nous réveille et nous oblige à nous lever. J’omets de dire que nous mangeons notre pain à la sueur de notre front ; nous ne parlons qu’à trois personnes et encore seulement quand la nécessité l’exige. Assimilés aux bêtes de somme, de quelque côté qu’on nous tourne et qu’on nous mène, nous y allons sans la moindre résistance ; nous portons les fardeaux qu’on nous impose sans jamais en refuser aucun. La volonté propre n’a chez nous aucun moyen de s’exercer, nous n’avons même pas le moyen d’être oisifs ou de nous divertir. Parmi nous, on ne trouve aucun procès ; la paix, la tranquillité règnent partout. Il y a une telle concorde antre les frères que tout y est commun ; ce qui appartient à l’un appartient à l’autre ; il n’y a aucune acception de personnes ; seules la nécessité ou les infirmités mettent quelque différence ou quelque distinction entre les frères.

L’extrême mansuétude de l’abbé a été légendaire, mais il savait user de son autorité quand il le fallait : il déposa sans tarder l’abbé de Melrose, filiale de Rievaulx, apprenant qu’il s’emportait contre ses moines. Quand l’empereur Barbarousse fit nommer un antipape contre Alexandre III, Aelred prit solennellement parti pour le pape légitime.

Aelred refusa plusieurs évêchés qu’on lui proposa.   

Ses dernières années furent endolories par la goutte et la pierre, qui ne diminuèrent pas son activité.

Il nous a laissé des Sermons, trois traités : Sur l’amitié spirituelle, Speculum caritatis, Sur l’institution des recluses, ainsi que des œuvres historiques.

En 1163, il eut l’occasion d’exposer la vie de saint Edouard le Confesseur (v. 5 janvier) et nous a laissé une admirable homélie.

En 1164, il fit une mission en Ecosse, pour rencontrer les Pictes et tenter de les civiliser.

Aelred mourut après vingt-deux années d’abbatiat, le 12 janvier 1167, son dies natalis dans le Martyrologe.

Il fut peut-être canonisé en 1191, mais il n’existe pas de document formel pour l’attester. Quant à l’abbaye de Rievaulx, elle n’est plus qu’une solennelle ruine, qui laisse cependant entrevoir la beauté et l’étendue des constructions.

 

 

Martín de León

1120-1203

 

Il naquit vers 1120-1130 de Juan et Eugenia à (ou près de) León (Espagne).

Ses pieux parents s’étaient promis qu’à la mort de l’un d’eux, l’autre serait entré en religion. Ce fut la maman qui mourut la première, et Juan entra chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin à León. 

Mais Martín était encore bien petit : Juan le prit avec lui, ce qui amena le petit garçon à devenir moine spontanément : ayant appris à lire, il fut automatiquement initié au chant des Religieux et sut bientôt par cœur les psaumes, les hymnes et les antiennes du psautier.

Vers dix-huit ou vingt ans, il fut ordonné sous-diacre. Il avait vingt-cinq ans ou un peu plus, lorsque Juan mourut à son tour (1154) ; Martín vendit alors tout ce qu’il possédait et commença un long pèlerinage qui dura une trentaine d’années et passa par Oviedo, Compostelle, Rome, Jérusalem, Antioche, Constantinople, Italie, France (Chartres, Reims, Paris), Angleterre et Irlande, Toulouse, Narbonne (Béziers), avant de retrouver son point de départ à León. Voyons maintenant quelques détails de ce long périple.

A Rome, c’était la période du carême. Martín voulut vivre intensément ce moment dans la Ville Eternelle : il prit seulement quatre repas par semaine, avec seulement pain et eau. Le pape le sut et l’appela, mais on ne sait pas quel fut l’objet de l’audience.

A Jérusalem, Martín servit à l’hôpital pendant deux années.

A Constantinople, il acheta un beau tissu de soie, qu’il pensait offrir aux Chanoines à son retour mais qui, on va le voir, lui causera quelques ennuis.

En France, il étudia la théologie avec Pietro Lombardo.

A Toulouse, il vénéra la tombe de saint Saturnin (v. 29 novembre).

Près de Narbonne, probablement à Béziers, on l’accusa d’avoir volé le fameux tissu de soie et il passa quelque temps en prison, jusqu’à ce que le malentendu fût dissipé.

Le voilà donc au terme de ses pérégrinations ; il rentra tout naturellement dans le couvent des Chanoines, leur remit le beau tissu de soie, et fut bientôt ordonné diacre et prêtre. C’est à ce moment que Martín prit le nom de Martín de la Sainte Croix.

Un contentieux entre les Chanoines et l’évêque détermina Martín à passer à l’autre couvent de Chanoines, San Isidoro, où cependant ses austérités effrayèrent les Religieux : Martín ne mangeait que fromage et œufs, jamais de viande, du vin seulement s’il était malade ; il dormait par terre, véritablement «sur la paille» ; et il allait voir les malades même de nuit ; en outre parfaitement obéissant à la règle, très dévôt du Saint-Sacrement.

C’est sur son initiative que furent édifiés dans le couvent l’oratoire de la Sainte-Croix, où il installa son scriptorium et sa propre cellule, et la chapelle de la Très Sainte Trinité, consacrée en 1190, pour y abriter les reliques qu’il avait rapportées de ses voyages et pour servir de cimetière des Chanoines.

Il fut chargé du Scriptorium et se mit lui-même à écrire. Il composa une Concordance de l’Ancien et du Nouveau Testament et se fit aider de sept clercs pour la rédaction, la relecture et la décoration des textes. Lui-même devait alors souffrir de rhumatismes, car il soutenait ses bras par des cordes attachées aux poutres. Martín est considéré comme l’auteur le plus important dans l’Espagne du 12e siècle.

Des évêques, des nobles, des personnes de sang royal, venaient fréquemment le consulter.

On raconte que saint Isidore (v. 4 avril) lui fit manger un petit livre, après quoi Martín put comprendre le sens profond de l’Ecriture. Ce miracle rappelle l’épisode du livre de l’Apocalypse (Ap 10:8-11).

Martín guérissait les malades de cette façon : il demandait d’abord au malade de proclamer sa foi, puis  lui faisait un signe de Croix en prononçant les mots Au nom du Père, etc, et ajoutait simplement : Sois guéri. Ainsi furent aidés des gens souffrant de fièvre, de paludisme, de rages de dents, d’abcès…

Il annonça le jour de sa mort, qui advint effectivement le 12 janvier 1203.

Un culte spontané a «canonisé» Martín dès sa mort.

Le Martyrologe le mentionne à présent au 12 janvier.

Nota. Les trente premiers Martyrs de cette page sont simplement rangés par ordre alphabétique de leur prénom. Si l’on veut avoir une idée approximative de leur âge, on pourra, le cas échéant, se reporter à leurs proches, le même jour, dont parfois on connaît mieux les dates de naissance.

 

Alexius Satō Seisuke

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Alexius fut massacré en haine du Christ avec son frère Paulus Satō Matagorō, son épouse Lucia Satō et leur fille Elisabeth Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Andreas Yamamoto Shichiemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Andreas fut massacré en haine du Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également son épouse Maria Yamamoto et leur fille Ursula Yamamoto, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Antonius Anazawa Han’emon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon), apparemment frère de Mancius Yoschino Han’emon.

Antonius fut massacré en haine du Christ, avec son fils Paulus Anazawa Juzaburō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également son épouse Crescentia Anazawa et leurs autres fils Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Aurea Banzai

† 1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Aurea fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Ioannes Banzai Kazue, leur fils Antonius Banzai Orusu, leur fille Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Crescenzia Anazawa

?-1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Crescenzia fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

En même temps furent massacrés ses deux jeunes enfants Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, tandis qu’à Okusanbara (Yonezawa) était massacré le même jour son époux Antonius Anazawa Han’emon et son fils aîné Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ignatius Iida Soemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ignatius fut massacré en haine du Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également son épouse Lucia Iida à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioachim Saburōbyōe

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date non précisée, à Wada (Miyagi, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Arie Kiemon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ioannes fut massacré en haine du Christ avec son fils Petrus Arie Jinzō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également son épouse Magdalena Arie à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Banzai Kazue

† 1629

 

Ce père de famille japonais était né à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ioannes fut massacré pour sa fidélité au Christ avec son épouse Aurea Banzai, leur fils Antonius Banzai Orusu, leur fille Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Iulia Yoshino

?-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Iulia fut massacrée en haine du Christ, avec son époux Mancius Yoshino Han’emon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Iida

?-1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacré également son époux Ignatius Iida Soemon à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Ōbasama

† 1629

 

Cette épouse japonaise était née à une date non précisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Timotheus Ōbasama à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Satō

?-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ avec son époux Alexius Satō Seisuke et leur fille Elisabeth Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ludovicus Amagasu Iemon

† 1629

 

Ce père de famille japonais était né à une date inconnue, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son fils, Vincentius Kurogane Ichibiyōe, l’épouse de ce dernier, Thecla Kurogane, et leur fille, Lucia Kurogane, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Magdalena

?-1629

 

Cette maman japonaise, dont on n’a pas retenu la date de naissance, était née à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec son époux N… Shichizaemon et leurs deux petites filles à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Magdalena Arie

?-1629

 

Cette épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Magdalena fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés son époux Ioannes Arie Kiemon avec leur fils Petrus Arie Jinzō à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Mancius Yoshino Han’emon

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Mancius fut massacré en haine du Christ, avec son épouse Iulia Yoshino, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Maria Itō

† 1629

 

Cette mère de famille japonaise était née à une date inconnue, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Maria fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec ses trois enfants : Marina Itō Chōbo, Petrus Itō Yahyōe et Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Maria Yamamoto

?-1629

 

Cette épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Maria fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Au même moment fut massacrée sa fille Ursula Yamamoto et, le même jour mais à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata), son époux Andreas Yamamoto Shichiemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Marina Itō Chōbo

† 1629

 

Cette petite fille japonaise d’âge non précisé était née à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Marina fut massacrée en haine du Christ avec sa mère Maria Itō et ses deux petits frères, Petrus Itō Yahyōe et Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Matthias Itō Hikosuke

† 1629

 

Ce petit garçon japonais d’âge non précisé était né à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Matthias fut massacré en haine du Christ avec sa mère Maria Itō, sa grande sœur Marina Itō Chōbo et son grand frère Petrus Itō Yahyōe, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Anazawa Juzaburō

?-1629

 

Ce jeune garçon était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ, avec son père Antonius Anazawa Han’emon à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour furent massacrés également sa mère Crescentia Anazawa et ses jeunes frères Romanus Anazawa Matsujiro et Michaël Anazawa Osamu, à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Sanjūrō

† 1629

 

Ce jeune époux et père japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec ses beaux-parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, son épouse Rufina Banzai et leurs enfants Paulus et Martha, et le frère de son épouse Antonius Banzai Orusu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Satō Matagorō

?-1629

 

Ce laïc japonais marié était né à une date non précisée à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec son frère Alexius Satō Seisuke, l’épouse de ce dernier Lucia Satō et leur fille Elisabeth Satō, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Petrus Arie Jinzō

?-1629

 

Cet enfant japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Petrus fut massacré en haine du Christ avec son père Ioannes Arie Kiemon à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour fut massacrée également sa mère Magdalena Arie à Nukayama (Yonezawa, Yamagata).

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Petrus Itō Yahyōe

† 1629

 

Ce petit garçon japonais d’âge non précisé était né à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Petrus fut massacré en haine du Christ avec sa mère Maria Itō, sa grande sœur Marina Itō Chōbo et son petit frère, Matthias Itō Hikosuke, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Rufina Banzai

† 1629

 

Cette jeune épouse et mère japonaise était née à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Rufina fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, son frère Antonius Banzai Orusu, son époux Paulus Sanjūrō et leurs enfants Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (N…)

?-1629

 

Ce laïc japonais marié, dont on n’a pas retenu le prénom, ni la date de naissance, était né à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Il fut massacré en haine du Christ avec son épouse Magdalena et leurs deux petites filles à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Simon Takahashi Seizaemon

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date non précisée à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Simon fut massacré en haine du Christ avec sa fille Thecla Takahashi, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Timotheus Ōbasama Jirōbyōe

† 1629

 

Ce laïc japonais était né à une date imprécisée, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son épouse Lucia Ōbasama, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Anna

1549-1629

 

Cette laïque japonaise mariée était née vers 1549 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Anna fut massacrée en haine du Christ, avec son époux Ludovicus Jin’emon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ioannes Gorōbyōe

1549-1629

 

Ce laïc japonais était né vers 1549, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ludovicus Jin’emon

1549-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1549 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Ludovicus fut massacré en haine du Christ, avec son épouse Anna, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Michaël Amagasu Tayemon

1594-1629

 

Ce père de famille japonais était né vers 1594, à Yonezawa (Yamagata, Japon), apparemment frère de l’autre martyr Ludovicus Amagasu Iemon, massacré le même jour.

Michaël fut massacré pour sa fidélité au Christ avec son épouse Dominica Amagasu et leur fille Iusta Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus Nishihori Shikibu

1598-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1598 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Alexis Choemon

1603-1629

 

Ce laïc japonais marié était né vers 1603 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Alexis fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son beau-frère Candidus Bōzu et le neveu de ce dernier Ignatius.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Vincentius Kurogane Ichibiyōe

1603-1629

 

Ce jeune père de famille japonais était né vers 1603, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Il fut massacré pour sa fidélité au Christ à Okusanbara (Yonezawa), avec son père Ludovicus Amagasu Iemon, son épouse Thecla Kurogane et leur fille Lucia Kurogane, le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Dominica Amagasu

1606-1629

 

Cette mère de famille japonaise était née vers 1606, à Wakamatsu (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Dominica fut massacrée pour sa fidélité au Christ avec son époux Michaël Amagasu Tayemon et leur fille Iusta Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Thecla Kurogane

1611-1629

 

Cette jeune femme japonaise de dix-huit ans était née vers 1611 à Sado (Niigata, Japon).

Thecla fut massacrée en haine du Christ avec son époux Vincentius Kurogane Ichibiyōe et leur fille Lucia Kurogane, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Candidus Bōzu

1615-1629

 

Cet adolescent japonais de quatorze ans était né vers 1615 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Candidus fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son neveu Ignatius et son beau-frère Alexis Choemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Romanus Anazawa Matsujiro

1615-1629

 

Cet adolescent japonais de quatorze ans était né vers 1615 à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Romanus fut massacré en haine du Christ avec sa mère Crescenzia Anazawa et son petit frère Michaël Anazawa Osamu à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour à Okusanbara (Yonezawa) étaient massacrés aussi leur père Antonius Anazawa Han’emon et leur frère Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Thecla Takahashi

1616-1629

 

Cette jeune adolescente japonaise de treize ans était née vers 1616 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Thecla fut massacrée en haine du Christ avec son père Simon Takahashi Seizaemon, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Antonius Banzai Orusu

1617-1629

 

Ce jeune garçon japonais de douze ans était né vers 1617 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Antonius fut massacré en haine du Christ avec ses parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, sa sœur Rufina Banzai et son époux Paulus Sanjūrō avec les enfants de ces derniers Paulus et Martha, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Michaël Anazawa Osamu

1618-1629

 

Cet adolescent japonais de onze ans était né vers 1618 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Michaël fut massacré en haine du Christ avec sa mère Crescenzia Anazawa et son grand frère Romanus Anazawa Matsujiro à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour à Okusanbara (Yonezawa) étaient massacrés aussi leur père Antonius Anazawa Han’emon et leur frère Paulus Anazawa Juzaburō.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Paulus

1624-1629

 

Ce petit garçon japonais de cinq ans était né vers 1624 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Paulus fut massacré en haine du Christ avec sa petite sœur Martha, leurs parents Paulus Sanjūrō et Rufina Banzai, le frère de cette dernière Antonius Banzai Orusu et leurs parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (NX…)

1624-1629

 

Cette petite fille japonaise de cinq ans, était née vers 1624 à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec ses parents, N… Shichizaemon et Magdalena, ainsi que sa petite sœur de trois ans, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Elisabeth Satō

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans était née vers 1626 à Shindōgadai (actuelle Shimo Hanazawa, Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elisabeth fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Alexius Satō Seisuke et Lucia Satō à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Iusta Amagasu

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans était née vers 1626, à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Iusta fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Michaël Amagasu Tayemon et Dominica Amagasu, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Shichizaemon (NY…)

1626-1629

 

Cette petite fille japonaise de trois ans, était née vers 1626 à Shindōgadai, actuelle Shimo Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Elle fut massacrée en haine du Christ avec ses parents, N… Shichizaemon et Magdalena, ainsi que sa grande sœur de cinq ans, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ursula Yamamoto

1626-1629

 

Cette petite fille de trois ans était née vers 1626 à Nukayama (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Ursula fut massacrée en haine du Christ à Nukayama (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Au même moment fut massacrée sa mère Maria Yamamoto et, le même jour mais à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata), son père Andreas Yamamoto Shichiemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Ignatius

1628-1629

 

Ce bébé japonais d’un an était né vers 1628 à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata, Japon).

Ignatius fut massacré en haine du Christ à Hanazawa (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

Le même jour et au même endroit furent massacrés également son oncle Candidus Bōzu et le beau-frère de ce dernier Alexis Choemon.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Lucia Kurogane

1628-1629

 

Cette petite fille japonaise de un an était née vers 1628 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Lucia fut massacrée en haine du Christ avec ses parents Vincentius Kurogane Ichibiyōe et Thecla Kurogane, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

 

 

Martha

1628-1629

 

Ce petit bébé japonais de un an  était né vers 1628 à Yonezawa (Yamagata, Japon).

Martha fut massacrée en haine du Christ avec son grand frère Paulus, leurs parents Paulus Sanjūrō et Rufina Banzai, le frère de cette dernière Antonius Banzai Orusu et leurs parents Ioannes Banzai Kazue et Aurea Banzai, à Okusanbara (Yonezawa), le 12 janvier 1629.

 

Voir la notice : Japonais Martyrs 1622-1639

Filippo Latini de Corleone

1605-1667

 

Filippo naquit le 6 février 1605 à Corleone (Palerme, Sicile), cinquième des huit enfants de Leonardo Conciapelli et Francesca Sciascia, qui le firent baptiser le jour même de la naissance. Il apprit d’eux l’amour du travail, la générosité envers les pauvres, la piété. Sa mère était tertiaire franciscaine et guida ses enfants à la pratique des Sacrements.

Un des frères de Filippo se nommait Giuliano, fut prêtre et mourut en odeur de sainteté ; un autre, Luca, fut un citoyen de toutes les vertus.

Filippo recourait fréquemment au sacrement de la Réconciliation, chaque fois que son âme était agitée par quelque problème. Il ne dédaignait pas non plus parcourir les rues en demandant l’aumône pour les pauvres prisonniers.

Il commença par exercer le métier de cordonnier et devint, comme son père, maître cordonnier ; mais aussi il apprit à manier l’épée, et devint très connu pour sa force et ses «victoires» et devint la première épée de Sicile ; il avait le droit (et la mission) de parcourir les rues de nuit et de défendre toute personne en situation dangereuse ; de jour, il prit plusieurs fois la défense de demoiselles menacées par des soldats malveillants.

On lui suggéra de se marier, mais il répondit, en montrant une corde accrochée au mur, que son épouse était «le cordon de saint François» (d’Assise, v. 4 octobre).

Il lui arriva d’être provoqué simplement par jalousie de sa force ; sa victime décida un jour de se venger et voulut le faire assassiner. Le sicaire vint le provoquer dans sa boutique. On arriva au duel et Filippo finit par blesser son rival en le rendant invalide pour la vie. Certes, il avait agi en situation de légitime défense, mais sa conscience lui reprochait d’avoir ainsi blessé son adversaire. Il lui demanda pardon et, plus tard, s’ingénia à l’aider même économiquement par des amis.

Filippo, ayant mûrement réfléchi, alla frapper à la porte des Capucins de Caltanissetta, sans autre idée que celle de disparaître et expier ses «fautes» de jeunesse. C’était en 1631.

Il reçut l’habit et le nom de fra Bernardo. Sans grande culture, il resta simple frère convers.

Dès lors, sa vie fut uniquement pénitence, humilité, et obéissance. Aux charges habituelles de la vie conventuelle et aux tâches qu’on lui confiait (la cuisine et le jardin), il ajouta des mortifications exigeantes, dormant sur le sol et seulement trois heures, jeûnant, luttant aussi contre les assauts du Démon qui, décidément, ne supporte pas la conversion des pécheurs et se venge en les tentant de toutes les manières.

Dans ce chemin vers la perfection, tout n’était pas facile et l’humble Bernardo pouvait redevenir Filippo ; c’est ainsi qu’un jour où on lui avait fait remarquer un peu vertement telle «faute», le sang lui monta à la tête et il rétorqua : Où est donc mon épée ?, mais il se ressaisit tout de suite…

Frère Bernardo reçut des grâces particulières : il s’éleva à un très haut degré de contemplation, eut des lumières sur les saints mystères, pénétra les pensées d’autrui, rendit la santé à beaucoup de malades. On venait de loin lui demander conseils et prières.

Il eut plusieurs fois la faveur de la visite de Notre-Dame avec l’Enfant-Jésus. Devant le Saint Sacrement, il pouvait être ravi en extase ; un témoin le vit un jour avec l’Enfant-Jésus dans les bras ; Bernardo communiait chaque jour, ce qui était très rare pour l’époque, mais il ne pouvait pas faire autrement.

On signale qu’un jour, en plein réfectoire, où il mangeait humblement, à genoux, un croûton de pain sec, Notre Seigneur lui apparut, l’encouragea doucement et lui donna à manger un morceau de pain après l’avoir imbibé du Sang de son Côté : Bernardo en ressentit un délicieux réconfort.

Une autre fois qu’il lui avait échappé un mot un peu vif envers un confrère, il lui demanda pardon, partit à la cuisine et, avec un tison de la cheminée, se brûla la lèvre fautive.

On venait à lui en toutes situations difficiles. Il réconforta si souvent les futures mères et leur annonça un heureux accouchement, qu’on le surnomma le protecteur des jeunes mamans.

De l’humour aussi : à une dame qui se plaignait de son mari, il conseilla de raccourcir un peu la langue, et tout s’arrangerait.

On pourrait raconter encore une foule de manifestations où la prière de Bernardo fut exaucée de façon vraiment extraordinaire, mais cette notice ne finirait pas.

Mais Bernardo eut à subir des humiliations de la part de certains Franciscains, particulièrement d’un qui espérait être élu gardien, et qui ne fut pas choisi, suite à l’intervention de Bernardo. Le non-élu le lui fit bien payer : quand Bernardo fut de passage dans son couvent, il le fit agenouiller devant tout le monde en pénitence, au pain et à l’eau. Il lui reprocha d’être trop souvent à l’église et pas assez à la cuisine, ce qui était matériellement vrai, mais Bernardo se permit de répondre que les Frères ne manquaient de rien et n’avaient pas motif de se plaindre. Ensuite, tout en pardonnant les reproches non mérités, il alla se brûler les lèvres, pour se punir d’avoir répondu. Dans un autre couvent où cette persécution l’avait précédé, on l’obligea à se présenter au réfectoire avec un récipient sale attaché au cou. Bernardo avala l’humiliation sans rien dire.

Il s’éteignit le 12 janvier 1667, son dies natalis au Martyrologe. D’autres miracles advinrent ce jour-là et les suivants ; fra Bernardo apparut à plusieurs personnes en leur disant Je vais au Paradis !

Il fut béatifié en 1768 et canonisé en 2001.

 

 

Marguerite Bourgeoys

1620-1700

 

Sixième des douze enfants d'Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, Marguerite naquit à Troyes en Champagne (France), le Vendredi Saint 17 avril 1620. Baptisée le jour même, elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie.

A dix-neuf ans elle perdit sa mère. L'année suivante, le dimanche 7 octobre 1640, lors d’une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, la vue d'une statue de la Vierge, la pénétra profondément : elle irait se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. Désormais elle se consacrera sans retour à chercher et suivre la volonté de Dieu sur elle.

Elle pensa entrer au Carmel, puis chez les Clarisses, mais on la refusa.

Elle s'inscrivit dans une congrégation de jeunes filles pieuses et charitables, vouées à l'enseignement des enfants des quartiers pauvres de Troyes. En 1643, elle fera le vœu de chasteté perpétuelle.

Lorsqu'elle apprendra la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada, elle percevra un premier appel à la vie missionnaire, appel qui se précisera en 1652, lors d'une rencontre avec le Sieur de Maisonneuve, fondateur et gouverneur en Nouvelle-France, qui recherchait une institutrice laïque pour donner gratuitement des leçons aux enfants français et indiens. Justement, la Sainte Vierge elle-même lui apparut et confirma sa vocation : Va, je ne t'abandonnerai pas, lui dit-elle.

Sans attendre, Marguerite quitta Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet.  Dès la traversée, on l’appela la Sœur Bourgeoys pour son dévouement auprès des malades (une épidémie emporta huit passagers). Elle aborda à Montréal le 16 novembre suivant et se mit à l'œuvre sans attendre, devenant l'âme de la colonie qui, peu à peu, reprit vie. On la considéra à juste titre comme co-fondatrice de Montréal, avec Jeanne Mance, l’infirmière, et Maisonneuve, le maître d'œuvre.

Pour stimuler la piété des colons, elle fit relever la Croix du Mont-Royal abattue par des Indiens ennemis ; elle entreprit la construction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l'importance des familles dans l'édification de ce pays nouveau, elle perçut le rôle prépondérant des femmes et mit tout en œuvre pour les former. En 1658, dans une étable que lui céda le gouverneur, elle ouvrit la première école à Montréal : comme pour le Christ, l’œuvre commençait dans une étable…

Puis elle fonda une congrégation de laïques, inspirée de celle de Troyes, mais adaptée aux nécessités nouvelles, pour répondre aux besoins des femmes et des jeunes filles dont l'ignorance religieuse et profane risquerait de compromettre la bonne éducation des enfants et l'avenir de la colonie. A partir de 1659, elle accueillit les filles recrutées par les curés de France ou dotées par le Roi pour venir se marier à Montréal, se comportant à leur égard comme une véritable mère. Ainsi naquit un système scolaire et se tissa un réseau d'œuvres sociales qui, peu à peu, s'étendront à tout le pays, ce qui vaudra à Marguerite le titre de Mère de la Colonie et de co-fondatrice de l'Eglise au Canada.

Trois fois, elle repassa en France pour y chercher de l'aide. Depuis 1658, le groupe des institutrices qui l'avait suivie dans sa vie de prière, d'héroïque pauvreté et d'inlassable dévouement au service du prochain, prit l'aspect d'un véritable institut religieux, s'inspirant de la vie voyagère de Marie et, par conséquent, non cloîtré : une innovation pour l'époque, car on ne voyait les Religieuses que cloîtrées ; ce fut le cas aussi pour la Visitation, fondée par saint François de Sales.

Les souffrances inhérentes à une telle fondation ne furent pas épargnées à celle qui en avait pris l'initiative. L’approbation de constitutions eut des péripéties : Marguerite fit le voyage exprès à Paris où l’évêque de Laval était en déplacement et qui la reçut fort mal. Elle dut revenir à Montréal très déçue et très mortifiée.

Marguerite pensait se décharger de la direction de l’Œuvre. Nouveau malheur : les deux Religieuses auxquelles elle pensait, moururent dans l’incendie de leur maison. En plus, l’évêque était d’avis de fusionner l’Institut avec celui des Ursulines. Marguerite dispersa les Religieuses dans les autres maisons, se réfugia dans la petite étable du début, et songea à reconstruire. Et voilà que le nouvel évêque demanda des Religieuses pour Québec !

Vers 1689, une nouvelle épreuve s’abattit sur la maison : une des Sœurs avait des «révélations» des Ames du Purgatoire : Mère Bourgeoys était en état de péché mortel. L’imposture fut découverte, mais seulement quatre ans plus tard.

L'œuvre progressait malgré tout : après avoir reçu sa charte civile de Louis XIV en 1671, et une première approbation de vie commune en 1676, la Congrégation de Notre-Dame reçut enfin l'approbation de ses Constitutions religieuses en 1698. L’évêque aura dû venir jusqu’à Paris et discuter avec le supérieur de Saint-Sulpice pour se convaincre des intentions de Marguerite.

Les Sœurs purent enfin émettre leurs vœux publics, et Marguerite prit le nom de Sœur du Saint-Sacrement.

L'étape de la fondation ainsi franchie, Sœur Bourgeoys avait accompli sa mission : quarante sœurs étaient là pour continuer son œuvre.

La Fondatrice mourut à Montréal, le 12 janvier 1700, en grande réputation de sainteté, après avoir offert sa vie pour la guérison d'une jeune sœur.

L'action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l'engagement de ses filles. Plus de deux mille six-cents sœurs de la Congrégation de Notre-Dame œuvrent dans les champs d'activité les plus divers : de l'école au Collège ou à l'Université, de la promotion sociale à la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine. On les retrouve au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, en Amérique Latine, au Cameroun, et tout récemment en France.

Marguerite Bourgeoys a été béatifiée en 1950 et canonisée en 1982. Elle est la première Sainte du Canada.

 

 

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier (ci-après), quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Antoine Fournier

1736-1794

 

Ce laïc était né le 26 janvier 1736 à La Poitevinière (Maine-et-Loire).

Il était marié. C’était un artisan.

Il fut massacré par les troupes révolutionnaires à Avrillé (Maine-et-Loire), le 12 janvier 1794.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre-François Jamet

1762-1845

 

Il naquit le 12 septembre 1762 à Frênes (Orne) de Pierre Jamet et Marie-Madeleine Busnot, de bons paysans aisés qui, de leurs neuf enfants, en eurent trois prêtres et une religieuse.

Après ses études secondaires, Pierre-François étudia la philosophie et la théologie à Caen, puis entra au séminaire des pères Eudistes en 1784.

Ordonné prêtre en 1787, il fut nommé en 1790 aumônier des Religieuses du Bon Sauveur.

Durant la Révolution, il continua son ministère dans la clandestinité et, après la tourmente, restaura l’institut des mêmes Religieuses, au point qu’elles l’appelèrent leur second fondateur.

En 1815, nouvelle expérience : il donna des leçons à deux jeunes filles sourdes ; à cette époque, ces handicapés étaient considérés comme malades mentaux, et laissés pour compte ; l’abbé Jamet, après avoir consulté à Paris les spécialistes de l’époque, mit peu à peu au point sa propre méthode originale pour l’enseignement des sourds, utilisant le langage des mains ; il présenta son travail à l’Académie des Sciences de Caen.

En 1816, il ouvrit une dépendance du Bon Sauveur pour les sourds-muets.

De 1822 à 1830, il sera en même temps recteur de l’université de Caen.

Pierre-François Jamet mourut le 12 janvier 1845, et fut béatifié en 1987.

 

 

Eustachio Pucci

1819-1892

 

Deuxième des sept enfants de pieux parents, Eustachio naquit le 16 avril 1819 à Poggiole di Vernio (Florence, Italie).

Il apprit vite à aimer l’église et la sacristie, où son père remplissait les fonctions de sacristain. Puis le curé lui enseigna le latin.

Eustachio voulait entrer dans l’Ordre des Servites et son père s’y opposa longtemps, mais l’adolescent gagna et entra au couvent de Florence en 1837, y prit l’habit et le nom de Antonio Maria.

En 1843, il fut ordonné prêtre.

Il n’eut qu’un poste : Viareggio, où il fut d’abord vicaire pendant trois ans, puis curé pendant… quarante-six ans. Cette longue présence semble aujourd’hui exagérée, mais un saint prêtre comme Antonio ne s’attachait pas à sa paroisse de façon humaine : il cherchait le salut des âmes, et il ne négligea aucun moyen pour atteindre son but sacerdotal.

A cela s’ajouta sa nomination comme supérieur des Servites en 1859, et provincial de 1884 à 1890.

Le curatino (petit curé), comme l’appelaient gentiment ses braves paroissiens, développa dans sa paroisse un zèle remarquable, doublé d’un profond esprit d’organisation. Outre sa générosité instinctive qu’il mit amplement à la disposition des victimes du choléra en 1854, 1855 et 1884, il organisa une véritable Action Catholique avant la lettre, pour tous les âges ; il institua ainsi plusieurs associations : pour les jeunes, la Compagnie de Saint-Louis ainsi que la Congrégation de la Doctrine Chrétienne, pour les dames la Congrégation des Mères Chrétiennes, et pour les adultes il réorganisa la Douce Compagnie de Notre Dame des Douleurs.

En 1853, il fonda une institution pour l’éducation des jeunes filles, les Sœurs «mantellate» Servites de Marie, et une autre pour les enfants malades pauvres, qui fut le premier hôpital marin.

En outre, il introduisit les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul et les œuvres missionnaires.

Mais le curatino n’était pas un activiste. Son intense vie intérieure était la base de ses activités. On le vit en état de lévitation durant la Messe, il eut des extases, on lui attribuait déjà des guérisons miraculeuses…

Il célébra la Messe la dernière fois pour l’Epiphanie C’est en accomplissant héroïquement un ultime devoir de charité, qu’il acheva cette longue vie sacerdotale : il secourut un malade lors d’une forte tempête et fut frappé de pneumonie foudroyante, le 12 janvier 1892.

Béatifié en 1952, il fut canonisé en 1962.

Francisco Salamanca Bujalance

1875-1939

 

Francisco Salamanca Bujalance naquit le 8 décembre 1875 à Baena (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 12 janvier 1939 à Villanueva de Córdoba.

Francisco Salamanca Bujalance sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 janvier.

 

 

Nicolas Bunkerd Kitbamrung

1895-1944

 

Quel est le nom exact de ce Thaïlandais ? On trouve Nicolas, Nikholas, Nikola ; Benedikto Chunkim, Benedikto Xunkim ; Kitbamrung, Krisbamrung…

Bunkerd naquit le 11 (ou le 31) janvier 1895 (on renoncera au 28 février puisqu’il fut baptisé le 5 février) à Sam Phran (Nakhon Pathom, Thailande), de parents convertis au Catholicisme, Joseph Poxang et Agnes Thiang Kitbamrung, qui eurent six enfants. 

Il fut baptisé par un prêtre des Missions Etrangères de Paris, et reçut le nom de Nicolas.

Il entra à treize ans au Petit séminaire de Hang Xan, puis en 1920 au Grand séminaire de Malaisie. Ses résultats furent excellents ; de caractère, il se montrait un peu têtu. La testardise dans l’erreur peut être problématique, mais dans le bien, elle engendre une persévérance fructueuse. C’est ce qui arriva.

Ordonné prêtre en 1926, il exerça le ministère sacerdotal dans le nord et le nord-est du pays, à Bang Nok Khuek, Phitsanulok, Chiangmai, Lampang, Khorat, Non Kaeo. Il eut l’occasion de rencontrer les Salésiens à leur arrivée en Thailande (1927), et les aida à étudier la langue, en même temps qu’à enseigner le catéchisme.

De son côté, il s’attacha à étudier le Chinois.

Successivement, entre 1930 et 1937, il fut chargé d’évangéliser le nord du pays, jusqu’au Laos ; il travailla énergiquement à ramener à la foi des Catholiques renégats dans le nord du pays, jusqu’en Birmanie, au-delà des fleuves et des montagnes.

En 1937, c’était sa quatrième mission, en tant que curé à Khorat et il poursuivit son activité malgré la malveillance d’un gouvernement qui considérait les Catholiques comme des gens «non patriotiques», étant liés aux missionnaires français, donc «ennemis».

Lors des conflits entre la France et l’Indochine, Nicolas fut accusé faussement d’espionnage en faveur de la France.

Au matin du 12 janvier 1941, il sonna la messe du dimanche : il fut pour ce motif arrêté et condamné à quinze ans de prison.

Dans la prison de Bang Khwang, il ne se contenta pas de compter les jours et les mois ! Sans perdre de temps, il annonça la Bonne Nouvelle à ses camarades de cellule et en baptisa jusqu’à soixante-huit !

N’ayant pas le bréviaire avec lui, il priait le chapelet.

Les pénibles conditions de vie dans la prison lui causèrent la tuberculose. On l’avait mis exprès au milieu des malades pour le contaminer. Il fut finalement abandonné dans un hôpital, mal, ou même pas soigné, en raison de son catholicisme.

Avant de mourir, il exprima son pardon envers ses détracteurs et persécuteurs.

Trois ans après son arrestation, Nicolas mourut à Tomhom (Bangkok) le 12 janvier 1944.

L’Eglise a reconnu son martyre : c’est le premier Martyr thaïlandais.

Il a été béatifié en 2000.

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 00:00

11 JANVIER

 

II.

S Hygin, pape (138-142) : grec d’origine, peut-être à l’origine des ordres mineurs.

S Leucius, premier évêque à Brindes, venu d'Egypte, thaumaturge.

III.

S Salvius, martyr en Afrique.

IV.

S Petrus Balsamus, martyr à Aulone, crucifié.

S Tipasius, soldat romain, martyr à Tigava.

V.

S Théodose, anachorète puis abbé à Rhosus.

Ste Honorata, vierge à Pavie, sœur de l’évêque Epiphanius.

?

S Alexandre, évêque à Fermo et martyr.

Ss Pierre et Leuce, à Alexandrie.

VI.

S Théodose le Cénobiarque, supérieur des cénobites près de Jérusalem ; il y avait dans la communauté trois églises, pour les lectures en grec, arménien et slave ; il mourut à cent-cinq ans.

S Anastase, romain, moine au maont Soratte.

S Béadan, irlandais, abbé en Gaule.

VII.

S Vital, moine à Gaza : pour convertir des prostituées, il leur apportait le gain de son travail et les invitait à se convertir, leur demandant le silence là-dessus ; à sa mort les nombreuses prostituées converties lui rendirent témoignage.

IX.

S Paolino, grand ami de Alcuin et évêque (patriarche) à Aquilée.

XV.

B Bernardo Scammacca, dominicain à Catane ; il voulut expier une jeunesse agitée qui s’était achevée par une grave blessure au cour d’un duel.

XVI.

B William Carter, martyr en Angleterre, pendu à Tyburn, béatifié en 1987.

XVII.

Bx Ioannes Hattori Jingorō et son fils Petrus de cinq ans ; Michaël Mitsuishi Hikoemon et son fils Thomas de douze ans, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XVIII.

S Francesco Antonio Placidi (Tommaso) de Cori, berger, puis franciscain à Viterbe, Velletri, Orvieto, Civitella ; béatifié en 1786, canonisé en 1999.

XIX.

Bse Ana María Janer Anglarill, fondatrice espagnole des Sœurs de la Sainte Famille de Urgell, béatifiée en 2011.

XX.

B Franciszek Rogaczewski (1892-1940), prêtre polonais fusillé près de Gdansk, béatifié en 1999.

Hyginus

† 142

 

Saint Hygin est le neuvième pape, succédant à saint Télesphore.

Les dates de cette période restent incertaines, et Hyginus aurait été pontife entre 135 et 138, pour d’autres de 138 à 142.

Son nom suggère qu’il était grec d’origine.

Il affronta l’hérétique gnostique Valentin, lui opposant la douceur de ses arguments, mais mourut sans voir l’heureuse fin de ses efforts.

D’après le Liber pontificalis, il ordonna sept évêques, quinze prêtres et cinq diacres. Il a peut-être institué les ordres mineurs.

Il mourut (ou fut inhumé) le 11 janvier 142, près de saint Pierre au Vatican, ayant peut-être subi le martyre, à moins qu’on lui ait donné le titre de Martyr pour avoir souffert durant cette difficile période de persécutions.

Son successeur fut saint Pie 1er.

 

 

Leucius de Brindes

2e ou 4e siècle

 

On vénère traditionnellement Leucius comme le premier évêque de Brindes (Pouilles, Italie SE).

Il serait né en Alexandrie d’Egypte où, élevé dans le christianisme, il aurait déjà accompli de nombreux miracles.

Venu en Italie, il y fonda l’Eglise de Brindes, reçut le sacerdoce, puis l’épiscopat.

Certes, l’Eglise de Brindes est très ancienne. Et si Leucius y reçut l’ordination, c’est qu’un évêque s’y trouvait déjà à son arrivée. On n’a pas de réponse à cette question.

On attribue à Leucius la construction d’une église en l’honneur de Notre Dame et une en l’honneur de s.Jean-Baptiste.

De nombreux idolâtres se convertirent alors que, par sa prière, il obtint une pluie abondante qui mit fin à une longue sécheresse.

Saint Leucius est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salvius en Afrique

3e siècle

 

On peut se fier à la sincérité de s.Augustin au sujet du martyre de Salvius.

Le saint Docteur, dans une homélie, fait allusion à ce qu’il a déjà dit dans un discours précédent, au sujet du martyr Salvius, en son dies natalis.

Malheureusement, le discours en question est perdu. L’on ne connaît donc rien sur la personnalité du Martyr, les circonstances et le lieu de sa mort.

S.Augustin mourut en 430. S’il a prononcé son discours le jour-même de la mort de Salvius, ce dernier a pu mourir au début du cinquième siècle ou à la fin du quatrième. Mais si Augustin s’exprima au jour anniversaire, Salvius a pu très bien être martyrisé dès le troisième siècle, par exemple lors de la persécution de Dèce (250), comme le suggère le Martyrologe.

Saint Salvius (de Carthage ?) est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petrus Balsamus

† 291

 

Malgré un bon nombre de petites variantes sur des détails, les témoignages concordent sur ce célèbre Martyr.

Balsamus ne serait qu’une des formes de son surnom, orthographié aussi Anselanus, Abselamus, Abesalamites…

Originaire d’Eleutheropolis (Palestine), il aurait été arrêté à l’époque de l’empereur Maximin († 238), ou de Dioclétien († 311), à Aulone (Aulana, Samarie) et d’abord soumis par le gouverneur Severus (ou Firmilianus) à un interrogatoire, dont voici quelques extraits :

- Du nom de mon père, je m’appelle Balsamus ; au baptême j’ai reçu le nom de Petrus.

- (sur son pays et sa famille) : Je suis chrétien.

- Il est une loi du roi éternel, d’après laquelle quiconque sacrifie aux démons, périra.

- Je ne puis jamais me déterminer à sacrifier à des dieux de bois et de pierre.

Severus fit étendre Petrus sur le chevalet. Petrus : Je t’ai déjà dit que je ne sacrifie qu’au Dieu pour lequel je souffre.

Les tourments s’amplifièrent. Petrus se mit à chanter le psaume : J’ai demandé une chose à mon Seigneur, et celle-là seulement : d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie (Ps 26:4).

On appela d’autres bourreaux, moins fatigués que les premiers ; la foule invitait Petrus à s’épargner ces tourments.

Severus décida finalement de faire clouer Petrus sur une croix. Les auteurs ne sont pas unanimes dans la description du supplice final : croix ? feu ? croix puis feu ?

Le texte du Martyrologe mentionne Petrus Apselamus ou Balsamus, mort sous Maximin, et par le feu, à Césarée de Palestine, en 309.

Saint Petrus Balsamus est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tipasius à Tigava

4e siècle

 

Tipasius était un soldat romain chrétien.

Mis en congé, il gagna la Maurétanie pour y mener la vie d’un ascète.

L’empereur Maximien le rappela cependant avec d’autres vétérans pour combattre les Maures, mais Tipasius refusa de participer à un rite païen.

Comme il avait annoncé courageusement à l’empereur plusieurs victoires dans les prochains jours, Maximien ne le fit pas décapiter, mais le mit aux arrêts. La victoire obtenue, Maximien le libéra avec les félicitations officielles. Tipasius retourna à sa vie solitaire.

Sous la persécution de Dioclétien, Tipasius fut de nouveau rappelé, mais il refusa franchement et, pour ce motif, fut traduit devant le gouverneur de Maurétanie, Claudius. On le fit passer de ville en ville, couvert  de liens et de chaînes : sur son passage, des miracles se produisirent, au point que Claudius pensa le libérer, mais sur l’insistance des officiers païens (et jaloux), il le soumit à un ultime interrogatoire, et ordonna de la décapiter en-dehors de la ville de Tigava.

Saint Tipasius de Tigava est commémoré le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honorata de Pavie

5e siècle

 

S.Epiphanius (v. 21 janvier) avait quatre sœurs, Speciosa, Luminosa, Liberata et Honorata.

Epiphanius remit le voile à Honorata et elle fit partie du couvent Saint-Vincent de Pavie.

Ce couvent fut l’objet du pillage auquel Odoacre soumit la ville de Pavie en 476.

Luminosa et Honorata furent faites captives et Epiphanius s’employa à les racheter, ainsi que bon nombre d’autres captifs.

Après la mort de Luminosa, Honorata passa ses dernières années dans les bonnes œuvres et s’endormit vers 500.

Sainte Honorata est commémorée le 11 janvier dans le Martyrologe Romain.

Théodose le Cénobiarque

423-529

 

Les dates ici indiquées sont bien confirmées par beaucoup de témoignages : Théodose mourut plus que centenaire, sans le secours des moyens thérapeutiques que nous connaissons aujourd’hui.

Il naquit en 423 à Garissus (Cappadoce, actuelle Turquie), de pieux parents qui lui donnèrent les premiers exemples d’une vie vraiment chrétienne.

Après qu’il eut étudié la Parole de Dieu, il fut ordonné lecteur. Puis, comme Abraham, il quitta son pays, sa famille, parents et amis, et se rendit à Jérusalem.

En chemin, il visita Siméon le Stylite (v. 27 juillet) qui prophétisa : Théodose, homme de Dieu, sois le bienvenu, lui prédisant alors sa glorieuse destinée comme chef d’un nombreux troupeau.

Théodose visita les saints Lieux, puis alla se mettre sous la conduite d’un pieux vieillard nommé Longin. Celui-ci lui fit rencontrer une sainte dame, qui lui proposa de présider aux offices de l’église dont elle s’occupait, mais Théodose craignit la vanité et alla s’installer dans une grotte où, pendant trente ans, il ne mangea pas une miette de pain, prenant ce qu’il trouvait : herbes sauvages, dattes, légumes.

Des disciples vinrent lui demander de les aider ; cinq, six, bientôt beaucoup plus. Sa première leçon était qu’il fallait constamment penser à la mort. Il fit creuser une grande fosse, là où serait leur cimetière, et demanda lequel d’entre eux voulait l’inaugurer. Un certain Basile vint s’agenouiller et lui demander sa bénédiction ; Théodose fit célébrer l’office des troisième, neuvième et quarantième jours pour les défunts, et Basile mourut effectivement, quoique paraissant en parfaite santé. C’est une occasion ici de remarquer qu’en ce cinquième siècle, existait déjà la prière pour les morts, trois, neuf et quarante jours après le décès.

Un autre miracle accrut encore l’autorité de Théodose. Une veille de Pâques, les vivres vinrent à manquer totalement, même le pain pour l’Eucharistie. Théodose fit prier, et deux mulets apportèrent de quoi subvenir à la communauté jusqu’à la Pentecôte (donc pour cinquante jours).

Les vocations se multipliant, on construisit un monastère non loin de Bethléem. On y remarquera le sens de l’organisation de Théodose. Il y eut trois infirmeries (pour les malades, pour les personnes âgées et pour les déments), puis une hôtellerie pour les hôtes de passage ; on éleva quatre église : trois pour les offices dans les langues grecque, slave, arménienne, où l’on célébrait la messe des catéchumènes ou liturgie de la parole ; la quatrième était pour les «pénitents» ; la Messe proprement dite se célébrait ensuite dans l’église grecque.

On vivait du travail manuel, dans le plus profond silence fraternel et le dévouement charitable.

Théodose devenait ainsi cénobiarque, chef des cénobites, tandis que non loin de là vivait Sabas, chef des ermites (v. 5 décembre), et grand ami de Théodose, qu’il recevait régulièrement.

Tous deux, Théodose et Sabas, se déclarèrent résolument contre les erreurs dogmatiques des eutychiens et des acéphales. Un jour à Jérusalem, Théodose déclara solennellement : Quiconque ne reçoit pas les quatre conciles généraux comme les quatre évangiles, qu’il soit anathème ! Ce courage fit que d’abord une femme malade guérit aussitôt après avoir touché le vêtement de Théodose, puis valut à l’abbé l’exil : l’empereur impie mourut peu après et Théodose put bientôt revenir parmi les siens.

Théodose était d’une profonde humilité. Il se jeta un jour à genoux devant deux moines qui se disputaient, jusqu’à ce qu’ils se réconciliassent. Une autre fois, un moine en était venu à excommunier l’abbé lui-même : Théodose se soumit humblement, ce qui provoqua la honte, et la conversion du moine fautif.

Les dernières années de sa vie, Théodose souffrit d’une douloureuse maladie, qu’il supporta très patiemment, refusant de demander à Dieu un adoucissement de ses souffrances, ce qui serait une marque d’impatience et lui enlèverait sa couronne.

Il mourut le 11 janvier 529, à cent-cinq ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Théodose au 11 janvier.

 

 

Paolino d’Aquilée

730-802

 

On a récemment situé son lieu de naissance à Premariacco (Frioul, Italie NE), vers 730, de parents qui pouvaient être lombards.

Extrêmement instruit, il fut grammaticæ magister, et d’une telle célébrité que Charlemagne, en 776, lui donna une terre en Lombardie.

Dans les années 80, on le voit dans le cercle des dignitaires de la cour de l’empereur, et le théologien Alcuin ne cache pas son admiration pour lui, le qualifiant de Timothée, ou bien de Lux patriæ. L’estime, d’ailleurs, était tout-à-fait réciproque. De la correspondance entre eux deux, il ressort qu’Alcuin considérait Paolino comme son père, et Paolino mettait toute sa confiance dans la science théologique d’Alcuin.

En 787, Paolino fut nommé patriarche d’Aquilée, ce qui pourrait légitimement faire supposer qu’il était déjà prêtre, en tout cas il se fit violence pour accepter cette charge pastorale.

Il fut vraiment dès lors la Lumière de l’Eglise. A l’intérieur de son diocèse, il veilla au maintien de la doctrine et à une juste discipline ecclésiastique. En 791, un concile régional renouvela la condamnation du nestorianisme.

A l’extérieur, il participa à beaucoup de conciles tenus à Aix-la-Chapelle, Regensburg, Francfort. Il fut même légat pontifical. Au concile de Francfort de 794, il s’illustra dans la condamnation des erreurs d’Elipando de Tolède et de Felice d’Urgell sur l’adoptianisme. Un ouvrage de Paolino contre ce dernier lui valut le qualificatif d’inclytus auctor, auteur célèbre.

Parmi les écrits poétiques de Paolino, on signalera le fameux Ubi cáritas est vera, Deus ibi est, qui se chante encore le Jeudi Saint, au moment du Lavement des pieds.

Les documents anciens attestent les miracles qui eurent lieu du vivant de Paolino, mais aussi après sa mort.

Paolino mourut le 11 janvier vers 802, à Cividale del Friuli.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Paolino le 11 janvier.

Bernardo Scammacca

1430-1487

 

Bernardo vit le jour en 1430 à Catane (Sicile) ; son père était de la noble famille des Scammacca, sa mère de celle des Rubeis.

Son éducation fut chrétienne assurément, mais Bernardo glissa peu à peu dans la double vie et dans les graves désordres du plaisir.

Il en vint un jour à se battre en duel avec le fils du vice-roi de Sicile ; il en reporta une si grave blessure à la jambe, qu’il fut immobilisé un certain temps.

Un revers, un accident, sont souvent l’occasion de réfléchir. Bernardo comprit ses erreurs et voulut les réparer. Dès qu’il put marcher, il alla frapper à la porte des Dominicains. C’était en 1452.

Dans l’ombre et le silence du couvent, il voulut expier ses fautes, dans la prière et la mortification, le jeûne et les privations de toutes consolations humaines ; il pleurait continuellement ses excès de jeunesse. Cette montée dans la voie de la sainteté l’illumina et l’on vint lui demander conseil. Il avait une soif particulière pour la conversion et le salut des âmes tombées dans le péché.

Bernardo fut élu prieur de son couvent, puis à Palerme, enfin vicaire pour toute la Sicile. Effacé autant qu’il le put durant sa vie conventuelle, il le fut aussi dans la sépulture commune de son Ordre. Il mourut le 11 janvier 1487.

Les miracles, cependant, illustrèrent l’humble Dominicain. Quand on voulut procéder à la reconnaissance de son corps, un parfum céleste se dégagea de la tombe et les cloches se mirent à sonner toutes seules. Le corps de Bernardo était intact, et l’est resté.

Son culte fut confirmé en 1825.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Bernardo Scammacca au 11 janvier.

 

 

William Carter

1548-1584

 

William (Guillaume) naquit en 1548 à Londres, de John Carter, un marchand de tissus, et de Agnes.

De 1563 à 1573, William fut apprenti chez un imprimeur, puis fut secrétaire de Nicholas Harpsfield, le dernier archidiacre de Canterbury, qui fut bientôt mis en prison.

Il se maria et ouvrit une imprimerie, sous le nom de Johannes Bogardi, et établissant ses publications à Douai, pour tromper la surveillance des autorités anglaises.

Il publia des livres catholiques, parmi lesquels une édition de mille exemplaires de A Treatise of Schism (Gregory Martin), qui lui valut l’arrestation à Poultry Counter en septembre-octobre 1578, et la prison à Gatehouse.

On chercha aussi à extorquer des informations de son épouse, qui était terrorisée. Cette femme mourut peu après, durant la prison de son époux.

En 1582, William fut transféré à la Tour de Londres, où il paya ses repas de sa poche, jusqu’en été.

On le tortura sur le chevalet.

Dans le livre en question, était écrit que la foi catholique triompherait ; il était rappelé aussi que Judith avait tué Holopherne (cf. Livre de Judith) ; ce paragraphe fut interprété comme une incitation à l’assassinat de la reine, ce qui n’avait évidemment jamais été l’intention des Catholiques. En quinze minutes, la cour de Old Bailey décida de la culpabilité de William et de sa condamnation à mort.

William fut exécuté à Tyburn le 11 janvier 1584, et fut béatifié en 1987.

 

 

Michaël Mitsuishi Hikoemon

1559-1609

Thomas Mitsuishi

1597-1609

 

Michaël était un laïc né vers 1559 à Yatsushiro (Kumamoto, Japon).

Son petit garçon, Thomas Mitsuishi, était né vers 1597. Il avait donc douze ans.

Ils furent tous deux martyrisés au cours cette longue vague de persécution, à Yatsushiro (Kumamoto), le 11 janvier 1609.

Ils furent béatifiés parmi cent quatre-vingt huit Compagnons, en 2008.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Ioannes Hattori Jingorō

1570-1609

Petrus Hattori

1604-1609

 

Ioannes était un laïc né vers 1570 à Muro (Nara, Japon).

Il était marié.

Son petit garçon, Petrus Hattori, était né vers 1604. Il avait donc environ cinq ans.

Ils furent tous deux martyrisés au cours de cette longue vague de persécution, à Yatsushiro (Kumamoto), le 11 janvier 1609.

Ils furent béatifiés parmi cent quatre-vingt huit Compagnons, en 2008.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Francesco Antonio Placidi

1655-1729

 

Né le 4 juin 1655 à Cori (Latina, Latium, Italie C), ce futur franciscain reçut prophétiquement les noms de Francesco et Antonio ; il fut orphelin de ses deux parents à quatorze ans.

Il voulait entrer dans le monastère des Franciscains de son village natal, mais il préféra attendre que ses deux jeunes sœurs fussent établies.

Après le mariage de celles-ci, il se présenta chez les Frères Mineurs Franciscains, à vingt-deux ans. On l’envoya faire le noviciat à Orvieto, où il prit le nom de Tommaso.

Ordonné prêtre en 1683 à Velletri, il fut immédiatement nommé vice-maître des novices. Puis il fut envoyé dans les environs de Subiaco, où ses excellentes prédications (ainsi que ses miracles) lui valurent le surnom d’apôtre de Subiaco. Il resta parfois dans le confessionnal du matin au soir, sans manger. On l’appelait au chevet des malades et des mourants ; il savait réconcilier les ennemis ; sa prière obtenait des guérisons, la multiplication du pain…

Voulant appliquer la règle de la pauvreté dans son absolu, il n’accepta jamais d’honoraires de messe. Humble, il réussit à se faire piétiner par les Confrères à l’entrée du réfectoire. Patient, il supporta la sécheresse intérieure sans perdre la paix, ainsi qu’une douloureuse plaie à la jambe qui le tourmenta toute sa vie.

Insatisfait, il demanda à se retirer au couvent de Civitella (aujourd’hui Bellegra), pour une vie plus retirée encore et plus solitaire. Il s’y présenta en ces termes : Je suis Tommaso de Cori, et je viens pour devenir saint. C’est là qu’il mourra quarante ans plus tard. Entre autres, il eut comme disciple saint Teofilo de Corte (v. 19 mai).

L’obéissance l’obligera à quitter cette chère retraite pour être le gardien (c’est le nom que les Franciscains donnent à leur Supérieur) du couvent de Palombara, où il restera six années, y instaurant le même genre de retraite qu’à Bellegra. C’est lui qui écrivit les règles de ces deux couvents.

Les témoins de sa vie purent observer l’importance qu’il donnait au mystère de l’Eucharistie. Plusieurs fois il eut des extases durant la célébration de la Messe : lui apparurent l’Enfant Jésus, la sainte Vierge, saint François. Il n’avait pas une vie intérieure totalement tranquille, il eut ses moments de sécheresse, mais sa recherche de l’intimité avec la vie divine l’aida à passer ces quarante années de vie religieuse dans une apparente sérénité.

Nourri de cette vie, il était totalement ouvert aux nécessités des autres, aidant les pauvres, conseillant ses frères (on a de lui de nombreux billets et lettres), dans la plus grande simplicité franciscaine.

Il mourut le 11 janvier 1729.

Il a été béatifié en 1786, canonisé en 1999.

Il a été proclamé co-patron de la ville de Rome.

Ana María Janer Anglarill

1800-1885

 

Troisième de quatre enfants d’une famille très chrétienne, Ana María naquit le 18 décembre 1800 à Cervera (Lleida, Espagne).

C’est l’époque de l’invasion napoléonienne, et la petite Ana María connut très tôt ce qu’est la guerre, la privation, la faim, l’épidémie, la souffrance.

A dix-huit ans elle fit partie de la Fraternité de Charité de l’hôpital de Castelltort de Cervera, dont la mission des religieuses était l’assistance aux malades et aux pauvres, ainsi que l’enseignement et le catéchisme au Collège Royal.

Après sa profession, elle fut nommée maîtresse des novices et supérieure.

En 1833, l’hôpital devint hôpital militaire, à cause de la guerre carliste, et les religieuses furent expulsées en 1836. Ensuite, quand Carlos de Bourbon la rencontra, il lui confia la coordination de tous les hôpitaux de la zone carliste.

Les Consœurs acceptèrent et Ana María s’occupa des hôpitaux de Solsona, Berga, la Vall d’Ora et Boixadera. Les belligérants des deux côtés la reconnurent comme la Mère.

Malgré cela, cette Mère fut faite prisonnière avec trois autres Sœurs et elles durent s’exiler à Toulouse.

Elles purent revenir en 1844 à Cervera et Ana María y fut la directrice de la Maison de Charité : elle recevait les orphelins, les jeunes désœuvrés et les vieillards. Des cours furent aussi donnés aux petits enfants du bourg.

En 1859, l’évêque d’Urgell lui confia l’hôpital des pauvres de La Seu d’Urgell. C’est là qu’elle fonda l’Institut des Sœurs de la Sainte Famille d’Urgell, pour l’éducation chrétienne des enfants et des jeunes et pour l’assistance auprès des malades et des vieillards.

En 1860, l’évêque approuva les Règles et les Constitutions. La Maison de Charité de Cervera fut réunie à cet Institut.

A partir de 1863, s’ouvrirent jusqu’à vingt-trois maisons : Cervera, Tremp, Oliana, Sant Andreu de Palomar, Llívia, Les Avellanes… Les Religieuses furent reconnues officiellement comme maîtresses d’école.

Il y eut des périodes difficiles : en 1868, les religieuses furent dispersées par la révolution ; entre 1874 et 1880 il y eut des tensions internes, à cause de l’intervention trop personnelle d’un «directeur spirituel».

Le Chapitre général de 1880 élut Ana María supérieure générale. En 1883, elle fut élue vicaire et conseillère générale. Elle passa ses dernières années à Talarn, entourée d’élèves, de jeunes novices et professes.

Au moment de mourir, elle voulut être sur le sol, comme une pécheresse, par amour pour le Christ.

Elle mourut le 11 janvier 1885 à Talarn (Lleida), et fut béatifiée en 2011.

 

Le miracle retenu pour la béatification fut en 1951, grâce à l’intercession d’Ana María, la guérison instantanée, durable et totale d’une femme qui avait perdu complètement toute mobilité, et cela d’une façon que les médecins déclarèrent tout-à-fait inexplicable. Cette dame, après beaucoup d’épreuves familiales (décès et maladies, y compris l’accident mortel de son père renversé par un tramway), était frappée par une polyarthrose déformante, qui la réduisait peu à peu à l’immobilité complète sur un fauteuil roulant. Sur le conseil d’une des Religieuses, la malade commença la neuvaine à Ana María : comme elle ne savait pas lire, une compagne lisait la prière, demandant à Dieu, par l’intercession d’Ana María au nom de la malade, de pouvoir se déplacer seule et se débrouiller elle-même. On lui appliqua une relique d’Ana María. Le 9 juin 1951, cinquième jour de la neuvaine, une force irrésistible la poussa à se lever et à s’agenouiller ; elle se mit à proclamer : La Mère fondatrice m’a guérie. Désormais, la malade put se déplacer seule et rendre ses services aux autres.

 

 

Franciszek Rogaczewski

1892-1940

 

François naquit le 23 décembre 1892 à Lipinka (actuelle Cujavie-Poméranie, Pologne),

En 1918, il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Gdansk.

Il exerça le saint ministère à Gdansk même, où les fidèles appréciaient ses conseils de confesseur.

Il est dit quelque part qu’il fut aussi à Paris en la paroisse du Christ-Roi, comme aumônier des ouvriers polonais, qui étaient nombreux à Paris ; mais cette information est-elle correcte ? Il semble qu’il n’y ait pas de paroisse du Christ-Roi à Paris ; le magnifique sanctuaire du même nom qui y fut construit ne fut achevé qu’en 1940 (et d’ailleurs lamentablement abandonné, vendu, détruit, laissant la place en 1977 à l’ensemble Les Immeubles du Panthéon).

De retour dans sa patrie peu avant le début de la Deuxième guerre mondiale, l’abbé Rogaczewski vécut l’invasion de son pays par les troupes nazies et fut arrêté dès le 1er septembre 1939.

Ce jour-là une rafle fit déjà trente-quatre victimes, âgées de deux à soixante-seize ans, dont huit brûlées vives ; quelques mois plus tard, trente-huit autres victimes furent exécutées ; personne ne pourra savoir exactement combien de victimes perdirent ensuite la vie dans ces circonstances ; on estime que soixante-dix pour cent des quelque cent-trente mille victimes du camp de Stutthof furent exécutées. L’horreur de ces souvenirs fait que la loi polonaise actuellement, ne permet pas aux enfants de moins de treize ans de le visiter.

Accusé pour son christianisme et pour son sacerdoce, l’abbé Rogaczewski fut beaucoup torturé, jusqu’à être fusillé dans ce camp de Stutthof, près de Gdansk, le 11 janvier 1940. Il venait de passer les quarante-sept ans.

Il a été béatifié en 1999.

 

Il y a un autre prêtre du même nom, mais Albert de prénom, mort à Buchenwald, dont la cause est aussi introduite.

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

2e dimanche per annum - B

 

Après que nous avons revécu la naissance et l’enfance du Verbe de Dieu incarné, l’Eglise nous invite à écouter ce Verbe fait chair.

La première lecture nous présente le petit Samuel qui, docilement, selon le conseil du prêtre Eli, répond à Dieu : Parle, ton serviteur écoute. Il se met entièrement à la disposition de Dieu, sans retour en arrière, sans hésitation.

Durant toute sa mission sur terre, le Christ n’a fait que se soumettre à la volonté de Dieu, pour accomplir totalement le sacrifice que Dieu attendait de lui. On pourrait très bien dire que, le premier, le Christ a dit à son Père : Parle, ton serviteur écoute. Rappelons-nous que le verbe «obéir» vient tout droit du latin «obaudíre», écouter. Obéir, c’est écouter pleinement.

Ce qui précède ne veut pas pour autant dire que le Christ n’avait pas de volonté humaine propre. Parfaitement homme, Jésus-Christ avait sa volonté  humaine, qu’en homme parfait il soumit à la volonté divine. L’Eglise a combattu l’erreur du monothélisme lors du troisième concile de Constantinople (681).

 

*       *       *

Un mot sur le psaume 39 qui relie les deux lectures. David, entrevoyant le Messie, exprime l’offrande de celui-ci, exprimant à Son Père le don total de Sa Personne, Sa confiance tandis qu’Il se voit entouré d’ennemis.

Quand il dit Tu as ouvert mes oreilles, il exprime ce qu’on a dit plus haut : le Verbe incarné est prêt à écouter. Dans son épître aux Hébreux, saint Paul citera ce verset dans sa version grecque (Tu m’as façonné un corps, He 10:5-7).

Le Serviteur ajoute encore : Je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ta vérité à la grande assemblée : David annonce là la vie publique du Christ et son enseignement.

 

*       *       *

La deuxième lecture n’a pas de rapport direct avec la première et avec l’évangile. C’est la reprise de la première épître aux Corinthiens, dont on a lu les cinq premiers chapitres l’an dernier à la même époque. 

La péricope d’aujourd’hui fait partie du chapitre 6, où Paul parle de la pénible situation matrimoniale de certains Corinthiens, même chrétiens. Nos traducteurs ont peut-être craint d’offenser certaines consciences et n’ont pas traduit littéralement les mots de Paul. 

Or l’Apôtre ne parle pas d’impureté, un mot ambigu qu’on ne sait pas bien expliquer ; il parle précisément, en revanche, de la fornication, un mot qu’on masque souvent dans nos cours de catéchèse et dans nos familles, dans nos collèges et dans nos lycées. Quelques allusions vagues, parfois ironiques en coin, permettent de supposer “quelque chose”, sans qu’on dise quoi, tandis qu’un discours franc, précis, honnête, aiderait notre jeunesse à savoir se bien comporter. 

Il n’est pas permis par Dieu de vivre une situation matrimoniale sans que le mariage soit d’abord prononcé ; là se trouve le péché de la fornication. A plus forte raison, Dieu ne permet pas une autre liaison matrimoniale en-dehors d’un mariage déjà contracté : c’est l’adultère. 

C’est là une doctrine qui peut sembler difficile à beaucoup de nos contemporains, mais nous avons tous dans le cœur ce sentiment d’une situation stable et fidèle dans le mariage. Ce qui manque à beaucoup, c’est la persévérance, l’humilité et le pardon pour reconnaître et pardonner les erreurs.

Saint Paul nous rappelle une grande vérité : Tout être qui reçoit le baptême du Christ fait désormais partie du Corps du Christ, il est comme ce greffon enté sur un arbre pour en recevoir la vie ; celui qui reçoit la Vie du Christ ne s’appartient plus à lui-même, il est une créature nouvelle. Si un homme veut alors s’unir à une femme dans le lien du mariage, pour accomplir la Loi de Dieu, ils doivent ensemble s’unir dans le Christ et, en Christ, ne plus faire qu’une chair - qui se manifestera dans l’enfant qui en naîtra ; cette doctrine remonte aux premiers versets de la Sainte Ecriture (Gn 2:24). 

Les exemples de saint mariage n’ont pas manqué tout au long des siècles, depuis Adam et Eve, à Abraham et Sara, Joachim et Anne, Joseph et Marie, le saint empereur germanique Henri et sa femme Cunégonde, jusqu’à ce couple romain des bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés en 2001, et - encore tout récemment béatifié, le couple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, les bienheureux Louis et Zélie Martin.

Ceux qui voudront lire le passage de saint Paul dans le texte, se rendront compte de la force des expressions de l’Apôtre, dont on évite même quelques versets dans la lecture publique. C’est peut-être prudent, mais c’est aussi regrettable de priver nos oreilles d’avertissements aussi solennels, autorisés, et salutaires.

Peut-être pourrions-nous ici répéter les paroles du jeune Samuel : Parle, ton serviteur écoute !

 

*       *       *

L’évangéliste saint Jean ne fait pas le récit du baptême de Jésus-Christ, déjà raconté par les autres évangélistes : nous avons lu cet épisode en saint Marc dimanche dernier. Aujourd’hui, nous lisons en saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste, un témoignage “théologique” et messianique s’il en fut.

Jean-Baptiste voit arriver Jésus. Humainement parlant, il aurait pu recevoir son Cousin avec quelques marques d’affection - car ils ne s’étaient peut-être pas vus depuis leur naissance. Au contraire, Jean est très réservé, effacé ; et il nous livre cette phrase magnifique que, depuis, l’Eglise répète à chaque Messe : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Dans l’Ancien Testament, l’agneau a toujours été pris pour le sacrifice le plus parfait, pour sa douceur même, sa blancheur innocente, son mutisme devant la souffrance, en un mot l’image la plus adéquate du Sacrifice du Messie qui marchera vers la Croix avec douceur, soumission, et en toute innocence, s’offrant pour expier les péchés dont il se charge sans les avoir jamais commis. Au moment de la fête des Expiations, on envoyait dans le désert le “bouc émissaire”, chargé par le grand prêtre des malédictions qu’il voulait ainsi détourner de dessus le peuple. Aujourd’hui, cet Agneau s’actualise de façon vivante en la Personne du Christ.

Le lendemain, dit l’Evangéliste - ces deux mots introduisent le texte d’aujourd’hui - Jean se tenait encore là, et répète les mots qu’il avait dits la veille :  Voici l’Agneau de Dieu. 

Il faut imaginer cette scène vraiment mystérieuse : encore une fois, Jean-Baptiste reste discret, il fixe les yeux sur Jésus qui passait et dit seulement Voici l’Agneau de Dieu. Sa mission est seulement d’annoncer, de précéder, puis de disparaître en présence de Jésus. Il invite la foule a écouter cet Homme, à Le suivre, et Lui seulement.

Les disciples du Baptiste n’hésitent pas ; ils suivent Jésus. André est le premier appelé, celui que nos Frères d’Orient appellent le “Protoclet” ; l’autre n’est pas nommé et ne sera peut-être pas un Apôtre ; mais c’est alors que Simon entre en scène, et que Jésus l’appelle “Képha”, Pierre. Le nom ou le surnom qu’on donne à quelqu’un lui reste toujours comme une marque indissociable de sa personne, expression de sa mission particulière. Au jour du baptême, nous recevons un nom qui ne nous quittera jamais ; parfois aussi c’est à leur confirmation que certains chrétiens prennent ou ajoutent un autre nom, comme s. Jean-Marie Vianney qui ajouta celui du Baptiste.

 

*       *       *

 

Pour conclure, relisons pour une fois la Prière sur les Offrandes, où est exprimée la doctrine du Sacrement Eucharistique de la Messe : Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial,  c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

A chaque Messe, Christ se fait présent, un au milieu de nous, se donnant à nous et nous unissant à Lui-même. Chaque Messe est pour ainsi dire une Naissance du Christ, et une renaissance de notre personne “par Lui, avec Lui et en Lui”.

    

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:00

10 JANVIER

 

I.

S Nicanor, un des sept premiers diacres, martyr à Jérusalem ou en Chypre, commémoré le 28 juillet avec les autres “candidats”.

III.

Ste Floride, vierge martyre à Dijon.

Stes Thècle et Justine, deux riches dames qui assistaient les chrétiens, martyres à Lentini.

IV.

S Miltiade, pape (311-314) : africain, le premier pape de la paix constantinienne ; c’est par erreur qu’on l’a inscrit au 10 décembre : il est mort un 10 janvier.

S Paul, premier ermite en Egypte, mort à cent treize ans, dont quatre-vingt-dix dans le désert ; deux lions vinrent creuser sa tombe ; il est connu par ce qu’en a écrit l’ermite s. Antoine.

V.

S Grégoire de Nysse, frère des ss. Basile le Grand, Pierre de Sébaste et Macrine, marié puis consacré par son frère évêque à Nysse ; il administra aussi Sébaste ; ses écrits trinitaires sont parmi les meilleurs de la Patristique.

S Ioannis, évêque à Jérusalem, défenseur de l’orthodoxie.

S Petronius, moine à Lérins, évêque à Die ; son frère s.Marcel lui succéda.

S Marcianus, bienfaiteur à Constantinople, prêtre, économe, thaumaturge.

VII.

S Domitianus, évêque à Mélitène, parent de l’empereur Maurice.

S Valerius, ermite près de Limoges.

Ste Séthride, vierge anglaise venue à Brie, abbesse.

S Agathon, pape (678-681) : il fit rétablir s.Wilfrid sur son siège, et convoqua le VIe concile de Constantinople qui condamna le monothélisme.

X.

S Arconce, évêque à Viviers, martyrisé par les habitants excités par des brigands.

S Pietro Urseolo, doge à Venise, moine à Cuxa après avoir laissé son épouse et son fils.

XII.

B Benincasa, abbé à La Cava, fondateur d’un autre monastère à Monreale.

XIII.

S Guillaume, abbé cistercien à Châlis, évêque à Bourges, dont il est patron.

S Gonçalo d’Amarante, dominicain espagnol; ermite, il fit construire un pont sur le Tamaga.

B Grégoire X, pape (1271-1276) : élu pendant qu’il était en Terre Sainte, il convoqua le concile à Lyon, où fut proclamée l’union entre les Eglises d’Orient et d’Occident.

XVI.

B Bernardino (Egidio) Di Bello, franciscain mystique à Lorenzana.

Bse Ana des Anges Monteagudo, dominicaine au Pérou, mystique, béatifiée en 1985.

XIX.

Bse Adèle de Batz de Trenquelléon, fondatrice française des Filles de Marie Immaculée (Marianistes), béatifiée en 2018.

B Mamerto Esquiú, évêque argentin des Frères Mineurs Conventuels, béatifié en 2021.

XX.

Ste Léonie Aviat (Françoise de Sales, 1844-1914), française, fondatrice des Sœurs oblates de Saint-François-de-Sales, pour les jeunes ouvrières, béatifiée en 1992, canonisée en 2001.

Bse María Dolores Rodríguez Sopeña (1848-1918), andalouse, très active dans le monde social, à l’origine de plusieurs œuvres apostoliques pour le monde ouvrier, béatifiée en 2003.

B Pascuál Roda Díaz (1908-1937), laïc espagnol, martyrisé près d’Almería, béatifié en 2017. 
 

Nicanor, diacre

1er siècle

 

Nicanor fut un des sept premiers Diacres de l’histoire de l’Eglise, dont saint Luc parle de l’institution dans les Actes des Apôtres (Ac 6:1-6).

Nicanor est le quatrième de la liste, mais on ne sait rien de lui.

Une «tradition» rapporte qu’il aurait été martyrisé à Jérusalem, en même temps qu’Etienne, mais il est curieux que Luc n’en parle pas dans le récit du martyre de saint Etienne. En revanche, une autre tradition fait mourir martyr Nicanor en l’île de Chypre, où les Chrétiens le commémorent effectivement au 10 janvier.

Rejoignant l’Eglise grecque, l’actuel Martyrologe ne mentionne plus Nicanor au 10 janvier, mais au 28 juillet, en même temps que les autres diacres dont on n’a pas d’autres données historiques vérifiées : Prochorius, Timon, Parmenas, Nicolaus, tandis qu’Etienne et Philippe ont leur fête propre (26 décembre et 11 octobre).

 

 

Miltiade, pape

311-314

 

Saint Miltiade fut le trente-deuxième pape. On l’a parfois appelé Melchiade.

Originaire d’Afrique du Nord, il fut élu pour succéder à saint Eusèbe, que l’empereur Maxence avait fait exiler en 310. Le siège resta vacant jusqu’en 311, quand Galère promulgua un édit de tolérance.

Dès son élection, Miltiade recouvra les biens de l’Eglise confisqués lors des précédentes persécutions de Dioclétien. L’année suivante, survint l’événement majeur de son pontificat : la victoire de Constantin sur Maxence au pont Milvius (312) et de conséquence l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens (313). Désormais, non seulement l’Eglise retrouvait son autonomie, mais l’empire contribuerait aussi aux constructions d’églises. Miltiade vint alors résider au Palais du Latran, et la basilique adjacente fut commencée à cette période.

La même année (avril 313), Miltiade présida un concile romain qui condamnait la doctrine donatiste. Donat sévissait en Afrique, et Miltiade le connaissait bien.

Durant les deux ans et demi de son pontificat, Miltiade ordonna douze évêques, sept prêtres et cinq diacres.

Ce même pape aurait interdit de jeûner le dimanche. Il aurait aussi ordonné de porter dans chaque église un morceau de Pain consacré par le pape à sa messe, en signe de pleine «communion» avec le pape.

Longtemps Miltiade fut retenu au 10 décembre, suite à une erreur évidente du Liber pontificalis.

En vérité, saint Miltiade mourut le 10 janvier 314, et fut enterré dans le cimetière de Calliste. Autre erreur probable : il ne semble pas qu’il mourût martyr, au moment où la paix était accordée à l’Eglise.

 

 

Paul premier ermite

229-342

 

Cette histoire est tellement merveilleuse, qu’on aurait du mal à y porter créance, si elle n’avait pas eu pour témoins des personnages dont il est impossible de mettre en cause la sincérité.

Paul (Pavlos) naquit en 229 en basse Thébaïde (Egypte), de parents fort riches. Il eut une sœur aînée.

Vite, ces pieux parents firent faire à leur fils de bonnes études dans les lettres grecques et égyptiennes.

Vers 244, moururent les parents, laissant à leur fils un immense héritage, qui fit la jalousie de son beau-frère. De plus, la persécution de Dèce (250) se déchaîna ; Paul alors abandonna tout ce qu’il avait pour aller vivre au désert, loin de la persécution, loin du monde, loin du bruit de la ville.

Dieu alors lui suggéra de rester là. Peu à peu, Paul goûta la joie de la solitude, de la prière et de la contemplation ; il trouva bientôt une caverne flanquée d’un grand palmier, près d’une source d’eau claire, qui avait pu être le repaire de faux monnayeurs, car il trouva aussi des outils, des enclumes, des moules, des poinçons.

Paul remercia la Providence pour tout cela : le palmier lui servirait pour la nourriture et le vêtement, l’eau le désaltérerait… A cela, Dieu ajouta la fidélité d’un corbeau qui lui apporta chaque jour un demi-pain, renouvelant le prodige accordé au prophète Elie (cf. 1R 17:6).

C’est le grand saint Antoine (v. 17 janvier) qui fut personnellement témoin des derniers moments de la vie de Paul et qui écrivit d’autres détails sur lui.

Antoine avait quatre-vingt dix ans quand il lui fut révélé d’aller trouver Paul, qui en avait cent treize.  Quand ils furent en présence, le corbeau apporta double ration de pain.

Au terme de leur entretien, Paul annonça à Antoine que son heure était proche, et le pria d’aller chercher… le manteau d’Athanase (v. 2 mai), car Antoine avait conservé ce précieux objet du Soldat de la foi trinitaire ; Paul désirait par là d’une part rappeler sa parfaite union à la doctrine soutenue par Athanase, et d’autre part éviter à Antoine la tristesse d’assister à sa mort.

Antoine courut à son monastère et en revint promptement, sans doute porté miraculeusement car son grand âge ne devait pas lui permettre d’aller vite ; peu avant d’arriver à la grotte de Paul, il eut une vision de l’âme de Paul, qui montait au ciel rayonnante, au milieu des Anges et des Saints, des Prophètes et des Apôtres ; il trouva par contre Paul à genoux, la tête levée et les mains étendues vers le ciel : il le crut encore vivant, mais comprit que ce corps était sans vie ; il l’enveloppa dans le manteau d’Athanase, chanta des hymnes et des psaumes. Au moment de l’enterrer, il vit arriver deux lions qui rugissaient visiblement de tristesse et se mirent à gratter la terre jusqu’à obtenir une tombe de la grandeur nécessaire ; Antoine y roula le corps de Paul et le recouvrit de terre. Puis il bénit les lions, qui se retirèrent doucement.

Antoine rapporta la tunique de Paul, qu’il avait confectionnée avec les feuilles du palmier ; il la porta à Pâques et à la Pentecôte.

La mort de Paul advint en 342, sans doute le 10 janvier. Il avait cent treize ans, dont plus de quatre-vingt dix passés au désert. Antoine, rappelons-le, mourut en 356.

Saint Paul, premier ermite, est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire de Nysse

335-400

 

La notice de s.Basile le Grand (v. 1er janvier) contient tous les éléments concernant la famille de Grégoire.

Leurs parents, Basile et Emmélie, sont fêtés le 30 mai. Grégoire était le jeune frère de Basile.

Il naquit vers 335, et à Césarée de Cappadoce.

Il fut appliqué à l’étude des lettres, mais il paraît certain qu’il n’eut pas l’avantage de fréquenter les grandes écoles, comme son aîné.

Il remplissait déjà dans l’Eglise l’office de lecteur, quand il fut séduit par les attraits du monde, se fit professeur de belles-lettres, et se maria avec une certaine Theosebie.

Grégoire regretta ce pas ; d’un commun accord avec son épouse, ils se séparèrent et vécurent désormais dans la plus parfaite chasteté. Grégoire revint à l’état ecclésiastique : il rejoignit le monastère de son frère Basile sur les bords de l’Iris dans le Pont.

Quand Basile fut élevé au siège épiscopal de Césarée, les évêques montrèrent un certain désappointement, plus dû à la jalousie qu’à quelque défaut de Basile ; Grégoire soutint son frère, qui l’appela à son service.

En 371 donc, Grégoire rejoignit son frère Basile, qui le consacra bientôt évêque de Nysse. Fidèle à la doctrine trinitaire proclamée par s.Athanase (v. 2 mai) et signée au concile de Nicée (325), Grégoire subit la haine des évêques ariens, qui allèrent jusqu’à le déposer. Grégoire voulut démissionner, mais un autre grand Docteur, Grégoire de Nazianze, l’ami de Basile, l’en dissuada fraternellement. D’ailleurs, il put reprendre son siège en 378. L’année suivante, 379, mourut Basile.

Cette même année, il fut à Antioche, où on le chargea d’une mission auprès des évêques d’Arabie et de Palestine.

En 380, on le nomma archevêque de Sébaste.

En 381, il participa au concile de Constantinople, où il fut un des rédacteurs du Symbole, ce Credo que nous proclamons chaque dimanche à la Messe. En outre on le chargea d’organiser la communion catholique dans le Pont, avec deux autres prélats, Hellade de Césarée et Otrée de Mélitène.

Grégoire fut souvent appelé à Constantinople, car on recherchait ses oraisons, sa parole, ses discours, emplis de doctrine.

Vers 394, mourut Theosebie. Cette même année fut célébré à Constantinople un concile avec le patriarche Nectaire ; c’est le dernier événement où l’on retrouve le nom de Grégoire.

Grégoire mourut le 10 janvier, vers 400.

Il fut un écrivain fécond en exégèse, dogme, ascétisme. Ses écrits font partie des meilleures productions de la patristique, notamment par ses vues sur le mystère de la Sainte Trinité.

Saint Grégoire de Nysse est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean II de Jérusalem

† 417

 

Jean fut choisi pour être le quarante-deuxième évêque et patriarche de Jérusalem. Il succédait à s.Cyrille (v. 18 mars), ce qui suppose qu’il en avait les qualités et la doctrine.

Mais son épiscopat fut troublé par des polémiques théologiques.

L’autorité de Jean fut contestée par rien moins que s.Jérôme (v. 30 septembre), dont on connaît la plume acerbe, lorsqu’il en éprouvait la nécessité. Quand Jean accueillit charitablement chez lui les moines égyptiens chassés par l’évêque Théophile d’Alexandrie, qui les accusait de déviation origéniste, Jérôme s’en prit violemment contre le patriarche Jean.

Jérôme y revint à propos d’un certain Pelagius, dont la doctrine, en Occident, était cette fois-ci sévèrement mise en accusation par s.Augustin d’Hippone (v. 28 août). Pelagius fut accueilli pendant un certain temps à Jérusalem, en 411, avant d’en être expulsé.

L’autorité de Jérôme a fait que les écrits de Jean furent éclipsés, parfois oubliés, ou attribués à d’autres. Il semble que Jean ait été l’auteur de Catéchèses Mystagogiques, d’homélies diverses qu’on a conservées en grec, en géorgien, en arménien.

Saint Jean II de Jérusalem est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petronius de Die

† 463

 

D’une famille sénatoriale d’Avignon, Petronius avait un jeune frère, Marcel.

Petronius se fit moine à l’abbaye de Lérins.

Vers 453, il fut choisi pour être le dixième évêque de Die.

Ce pasteur fut constamment occupé de l’instruction de son peuple.

Il s’appliqua aussi à former son frère Marcel et l’eut comme assistant pendant dix années, c’est-à-dire pendant toute la durée de son épiscopat.

Petronius mourut vers 463, un 10 janvier.

C’est son frère Marcel qui lui succéda (v. 17 janvier).

Le tombeau de Petronius fut témoin de miracles éclatants.

Saint Petronius de Die est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcianus de Constantinople

† 471

 

Marcianus naquit et vécut à Constantinople, mais était de famille romaine apparentée à la famille impériale de Théodose.

Ses parents étaient riches, mais lui remirent surtout la richesse de leur foi : Marcianus grandit dans l’innocence des mœurs, dans la prière et les jeûnes, à l’imitation de s. Jean-Baptiste. A cette sainte vie correspondait aussi une grande largesse envers les pauvres et l’Eglise, que Marcianus pratiquait en toute discrétion, selon le précepte de Jésus : Que ta gauche ignore ce que fait ta droite (Mt 6:3).

La patriarche Anatolios († 458) voulut l’ordonner prêtre ; Marcianus n’accepta qu’après avoir longuement médité, se sentant indigne.

Il fit de l’instruction des pauvres son emploi de prédilection, et mit sa fortune à leur service ; il fit bâtir des églises, des hôpitaux.

Comme cela arrive quand la vertu vécue est une leçon vivante et un reproche pour les faibles, une cabale s’abattit sur le pauvre Marcianus, qu’on accusa de novatianisme ; sagement, patiemment, il ne répondit rien, et cette persécution ne lui fit rien d’autre que de le purifier davantage.

Le patriarche Gennadios († 471) au contraire ne l’en estima que davantage et le nomma économe, en quelque sorte vicaire général. Marcianus n’en fut que plus humble et plus désintéressé, continuant son travail de bâtisseur ou de restaurateur.

Un jour qu’il avait donné à un malheureux son propre habit de dessous, on vit sous sa tunique un habit tout brillant d’or et de diamants. Ce miracle, et d’autres, aidèrent bien des hérétiques à se convertir.

Marcianus mourut vers 471.

Saint Marcianus de Constantinople est commémoré le 10 janvier dans le Martyrologe Romain.

Domitianus de Mélitène

566-602

 

Domitianus naquit vers 566, de parents aisés et chrétiens, peut-être même apparentés avec l’empereur Mauritius. Ses parents se nommaient Theodorus et Eudokia.

Il fut veuf et vécut dans la solitude et la prière.

De sa proximité avec l’empereur, lui vinrent des missions importantes, en particulier vers 590 le rapprochement avec le roi Chosroès de Perse, qui put ainsi reprendre son siège après une insurrection.

Vers l’âge de trente ans, Domitianus reçut la consécration épiscopale pour le siège de Mélitène (Cappadoce, act. Malatya, Turquie C).

Il profita de son ascendant sur l’empereur pour faire construire des églises, des hôpitaux, des maisons pour les pauvres.

Dans une correspondance avec le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), il parle de l’échec de ses efforts pour amener Chosroès et son peuple à la conversion, et le saint pape le consola en lui rappelant que la récompense viendrait dans la vie éternelle. Pareillement, ils échangeaient leurs points de vue sur l’exégèse biblique.

En 597, Mauritius le constitua son exécuteur testamentaire, mais Domitianus mourut le premier, le 10 janvier vers 602, à Constantinople.

D’abord inhumé à Constantinople, il fut transféré avec honneur à Mélitène et son tombeau fut le théâtre de nombreux miracles.

 

 

Valerius en Limousin

537-620

 

Valerius (Valery, Vaury, Vaulry) était originaire de la province de Reims, né vers 537 de parents nobles et chrétiens.

En 565, il se rendit à Limoges pour vénérer les reliques de saint Martial (v. 30 juin).

La région lui plut ; il s’installa dans les environs, et vécut en ermite dans une petite cellule qu’il se construisit, dont il ne s’éloignait que très rarement, mais où on venait le trouver pour recourir à ses prières, qui obtinrent sans doute des miracles. Il eut aussi des disciples.

Il mourut, dit-on, à un âge avancé, octogénaire.

L’endroit de son ermitage a donné naissance à la localité de Saint-Vaury (Creuse).

Saint Valerius (Vaury) est commémoré le 10 janvier au Martyrologe Romain.

 

 

Agathon, pape

678-681

 

Saint Agathon fut le soixante-dix-neuvième pape, après Donus.

Il était sicilien, né vers la fin du 6e siècle, probablement à Palerme (dont il est le patron).

Moine avant de devenir trésorier de l’Eglise de Rome, il fut remarqué pour sa science, sa profonde humilité, sa douceur de caractère et son intime désir de faire le bien, autant de qualités qui lui valurent l’élection au siège de Pierre.

C’est d’ailleurs à Agathon que l’on doit une très belle définition de l’infaillibilité pontificale :

En vertu de l’assistance divine, jamais cette apostolique Eglise (de Rome) n’a dévié de la voie de la vérité, ni professé l’erreur sous quelque forme que ce soit. Son autorité, qui est celle même du Prince des Apôtres, a toujours été reconnue par l’universalité de l’Eglise catholique.

Cette définition fut exprimée au moment du concile de Constantinople, 6e œcuménique, qui devait condamner le monothélisme (680-681). Cette doctrine prétendait qu’il n’y avait en Jésus-Christ, Fils de Dieu, qu’une seule volonté, tandis que l’Eglise voulut au contraire rappeler qu’en vertu de l’union hypostatique, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, a abrité en lui deux volontés, l’une divine, l’autre humaine.

Agathon écrivit à ce Concile l’exposé exact et définitif de la juste doctrine catholique des deux volontés.

Le Concile ayant adhéré quasi unanimement à cette doctrine, les Pères mirent en demeure le patriarche Macaire d’Antioche, qui professait le monothélisme, d’adhérer à son tour à la doctrine commune. Sur son refus, il fut déposé.

Par la même occasion, les légats du pape obtinrent enfin de l’empereur la diminution de la taxe que les papes devaient payer à l’empereur au moment de leur élection, et aussi l’exemption de l’approbation de cette élection par l’exarque de Ravenne «au nom de l’empereur».

Le concile de Constantinople est sans doute l’événement majeur du pontificat d’Agathon. Précédemment, le même pape eut à régler deux affaires avec l’Eglise en Angleterre.

L’abbé de Wearmouth, Benoît Biscop, sollicita du pape des privilèges pour son abbaye, mais aussi le concours du grand chantre de la basilique Saint-Pierre, pour enseigner à ses moines le vrai chant de Rome. Le pape saisit l’occasion pour examiner la doctrine des Anglais, ce qui suscita un concile à Hatfield, et une profession de foi du clergé anglais.

L’autre affaire fut le rétablissement sur son siège d’York de l’archevêque Wilfrid, qui avait été déposé de façon irrégulière. Wilfrid se présenta à Rome, et montra une si humble disponibilité à accepter la décision romaine, que sa déposition fut purement annulée (v.  24 avril).

Le pape saint Agathon mourut peut-être de l’épidémie de peste qui sévit à Rome en 680, de sorte qu’il n’eut pas le temps de recevoir les conclusions du concile de Constantinople. Le Liber pontificalis le fait mourir le 10 janvier 681, jour qui serait plutôt celui de ses funérailles, mais qui est retenu comme dies natalis au Martyrologe.

Saint Agathon fait lui-même remarquer que le style de ses écrits n’atteint pas le niveau de celui de ses prédécesseurs, conséquence des temps difficiles où il vit.

Le successeur de saint Agathon sera saint Léon II.

 

 

Arconce de Viviers

† 745

 

Arcontius fut évêque du diocèse de Viviers au 8e siècle.

L’épisode clef qu’on a retenu de lui fut qu’il fut victime de son attitude pour défendre les intérêts de l’Eglise. Une «émeute» eut lieu entre 740 et 745, qu’on a souvent attribuée aux habitants, mais qui aurait été plutôt fomentée par une bande de brigands venus du Nord.

L’ancien Martyrologe décrivait ainsi la situation : Pour la défense des libertés de son Eglise, il confondit ses ennemis ; frappé de coups et abreuvé d’insultes par les habitants de Viviers, il fut décapité par eux sur la place de la Trau.

Les reliques de saint Arcontius furent vénérées dans la cathédrale de Viviers jusqu’au 16e siècle, lorsque les Calvinistes détruisirent la châsse et les reliques qui s’y trouvaient.

L’actuel Martyrologe mentionne seulement le martyre d’Arconce, sans les détails précédents. Cette fête est au 10 janvier.

 

 

Pietro Orseolo

928-987

 

Il naquit en 928 à Rivo Alto (Udine, Italie NE), d’une très ancienne famille de Venise.

Vers 948, il aurait été mis à la tête d’une expédition navale dirigée contre des pirates dans l’Adriatique, dont il revint victorieux.

En 956 il se maria avec Felicia et eut un fils, Pietro (futur Pietro II).

En 976, il y eut un soulèvement qui renversa le doge de Venise Pietro Candiano IV. Il n’est pas certain, mais cela reste une forte suspicion, que Pietro non seulement prit part à cette insurrection, mais qu’il intervint directement dans l’assassinat du doge, de l’incendie du palais et d’une partie de la ville. Saint Piero Damiani (v. 22 février) en fait d’ailleurs le principal responsable.

La conspiration devait cependant être bien orchestrée, car loin d’être jugé pour son action, c’est justement notre Pietro Orseolo qui fut choisi comme doge.

Son action fut d’abord réparatrice : il fit reconstruire le palais et l’église, édifia deux hôpitaux, écouta favorablement les réclamations de la veuve du doge assassiné et lui restitua toutes les propriétés de son mari.

Or, en septembre 978, Pietro disparut. Même son épouse et son fils affichaient une ignorance de l’endroit où il pouvait être. La réalité était que le doge avait quitté Venise et était venu se réfugier dans l’abbaye bénédictine Saint-Michel de Cuxa en Roussillon, sur la frontière franco-espagnole. Il est toutefois probable que les époux avaient déjà arrêté dans leur cœur une semblable décision depuis un certain temps : Pietro aurait nourri le désir d’être moine et vivait avec son épouse dans la chasteté totale.

A Cuxa, Pietro fut un moine exemplaire. Après quelque temps, il voulut entrer dans une plus grande solitude, se construisit une cabane et vécut en ermite pendant encore plusieurs années.

Il mourut le 10 janvier 987 ou 997.

Des miracles se produisirent sur sa tombe. En 1027, eut lieu une translation de ses reliques, cérémonie qui équivalait déjà à une béatification.

Pietro Urseolo fut canonisé en 1731. Des reliques de lui furent remises à Venise dès 1732. Celles qui restèrent à Cuxa furent transférées à Prades au moment de la Révolution.

Benincasa

? - 1194

 

C’est un signe providentiel, pour un abbé, de s’appeler Benincasa, «bien à la maison».

On ne le connaît d’ailleurs que pour son abbatiat au monastère de La Cava (Sicile), dont il fut le huitième abbé, à partir de 1171.

En 1172, le roi de Sicile Guglielmo II fut gravement malade et appela pour en être réconforté le cher abbé Benincasa : celui-ci l’assista, et le guérit. Reconnaissant, le roi fit «cadeau» aux moines de La Cava du monastère qu’il avait fait construire à Monreale. Cent moine de la Cava, guidés par Teobaldo, s’y installèrent, mais la nouvelle abbaye resta indépendante de la Cava, par décision papale.

L’abbaye avait aussi sa flotte. Benincasa obtint par exemple du roi Baudoin de Jérusalem l’exemption de droit d’accostage pour ses navires sur les côtes de Palestine. De même pour le port de Vietri (Salerno, Campanie), où le représentant de Constantinople se montrait trop exigeant pour la flotte de La Cava, le roi de Sicile intervint à nouveau en faveur de l’abbé Benincasa.

C’est aussi à l’abbaye de La Cava, sous l’abbatiat de Benincasa, que Lando de Sezze (l’antipape Innocent III) fut «enfermé» et mourut (1180).

L’abbé Benincasa mourut le 10 janvier 1194. Le culte des huit premiers abbés de La Cava fut confirmé en 1928.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Benincasa au 10 janvier.

 

 

Guillaume de Corbeil (de Bourges)

1120-1209

 

Guillaume naquit en 1120, fils de Baudoin de Corbeil et d’Eustachie de Châtillon.

On trouve quelque fois cette étrange information selon laquelle Guillaume aurait été élevé par son «oncle maternel, Pierre l’Ermite», qui mourut en réalité avant la naissance de Guillaume.

Mais il est bien établi qu’un oncle de Guillaume, archidiacre de Senlis, s’occupa de la formation intellectuelle et spirituelle du jeune homme.

Guillaume reçut un canonicat à Soissons, puis à Paris, mais résigna ces bénéfices pour se retirer dans la solitude : il essaya Grandmont (Limoges), qu’il quitta à cause de dissensions internes, et rejoignit Pontigny. Il y reçut l’habit cistercien et devint prieur.

Il fut ensuite nommé abbé de Fontaine-Saint-Jean (1187), puis abbé de Chaalis. Il y resta jusqu’à sa nomination au siège épiscopal de Bourges (1200).

Cette élection eut quelque chose de «providentiel». On ne trouvait pas de candidat adéquat pour succéder à l’évêque défunt. On fit appel à l’archevêque de Paris lequel, après avoir glissé sous la nappe de l’autel trois billets portant le nom de trois abbés cisterciens et après avoir célébré la sainte Messe, retira de dessous le nappe un des trois billets : c’était celui qui portait le nom de Guillaume.

Déjà au monastère, Guillaume s’imposait une mortification continuelle des sens et montrait en même temps une grande douceur et une gaîté communicatives ; quand on lui apporta la nouvelle de son élection, il fut surpris et effrayé, et il fallut l’autorité de l’abbé de Cîteaux ainsi que celle du légat papal pour le plier à accepter.

Dès lors, il chercha à maintenir ses habitudes monacales et à éviter toute solennité inutile. Il garda son habituel cilice, s’interdit toute prise de viande (même s’il en faisait servir à ses hôtes) ; il visita les pauvres, les prisonniers…

Sa fermeté, doublée de douceur infinie, lui aliéna un moment les clercs de Bourges, mais aussi le roi Philippe-Auguste, lors de son divorce : il jeta sur la ville de Bourges l’interdit proclamé par le pape. Au bout de quelque temps cependant, le roi rendit à Guillaume son estime, et les clercs vinrent humblement demander pardon à leur évêque.

Guillaume ramena à la foi romaine des hérétiques albigeois ; il songeait même à partir en mission pour en gagner davantage encore, mais la maladie et la fièvre l’en empêchèrent. En janvier 1209, il fit son testament et demanda l’Onction des Malades ; le 9 janvier, pour recevoir le Viatique, il se força à tomber à genoux et se fit étendre à terre sur un cilice couvert de cendres.

Le saint évêque mourut le 10 janvier 1209, à quatre-vingt-neuf ans.

Les nombreux miracles avenus déjà de son vivant le firent promptement béatifier (1217) et canoniser (1218).

On remit une de ses côtes au Collège de Navarre et un os du bras aux moines de Chaalis ; ce sont les seules reliques qu’on put conserver, car son corps fut profané d’abord par les Huguenots puis par les Révolutionnaires.

L’Université de Paris l’a pris comme céleste patron, ainsi que les armuriers.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Guillaume au 10 janvier.

 

 

Gonçalo de Amarante

1186-1260

 

Si l’on dit ne rien savoir de lui durant sa jeunesse, on situe sa naissance en 1186 à Tagilde (Portugal), de famille noble.

Il montra, paraît-il, dès son baptême des signes évidents de son attraction pour la religion, déterminant l’archevêque de Braga à pourvoir à son éducation. Le prélat prit le garçon comme domestique, puis le prépara au sacerdoce.

L’archevêque le mit alors à la tête d’une abbaye, mais peu après Gonçalo remit à son neveu ce bénéfice et partit pour la Terre sainte, où il pélégrina pendant quatorze années. Après cette longue absence, le neveu en question - qui le croyait mort -, l’accueillit fort mal et Gonçalo se retira humblement dans une cabane, menant une vie d’ermite : prière, prédication alentour ; puis il alla frapper chez les Dominicains de Vimaro, où il fut admis.

Mais la solitude l’invitait encore ; il obtint la permission de retourner à sa cabane, et y vécut jusqu’à la fin de sa vie. Il priait, il prêchait, et fit aussi quelque chose d’insolite.

Non loin coulait un fleuve rapide et dangereux, le Tamaga. Gonçalo y fit venir des ouvriers pour y construire un pont. Durant les travaux, il obtint une abondance de poissons pour nourrir les ouvriers, et, nouveau Moïse, fit jaillir un bon vin d’un rocher pour les désaltérer.

On parle aussi des fréquentes apparitions qu’il eut de la Sainte Vierge. Elle se trouvait là au moment de sa mort, le 10 janvier 1260.

Bien d’autres récits illustrent les miracles qu’il accomplit. Gonçalo fut béatifié en 1560, mais son tombeau fut retrouvé absolument vide…

Gonçalo est, paraît-il, l’ami des chats et des lapins. On voudrait savoir quelle merveille le Saint aurait accomplie à leur égard.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Gonçalo le 10 janvier.

 

 

Grégoire X

1272-1276

 

Teobaldo Visconti était né à Plaisance en 1210, d’une noble famille ; dès sa jeunesse il montra une vertu peu commune ; son ardeur à l’étude lui valut la parfaite connaissance du droit canonique ; quand il avait du temps de reste, il fréquentait l’université de Paris pour s’y perfectionner, ce qui lui valut la sympathie du roi Louis IX (v. 25 août).

Chanoine de Lyon, archidiacre de Liège, il se vit offrir l’évêché de Plaisance, qu’il refusa humblement.

Lors du 1er concile de Lyon (1245), 13e œcuménique, l’archevêque de Lyon le voulut à ses côtés comme théologien. Puis il accompagna le cardinal Ottoboni en Angleterre, où ce dernier devait reporter la paix entre le roi et les barons.

Ensuite, il dut prêcher la croisade par mandat papal, et pour cela il dut commencer par mettre l’harmonie entre les princes occidentaux. Puis il se rendit en Palestine pour soutenir autant que faire se pouvait, le moral des croisés qui s’y étaient établis en reprenant les Lieux Saints aux Musulmans.

Il était là-bas, à Ptolémaïs (Saint-Jean-d’Acre) quand lui arriva une nouvelle inattendue : après quatre années de vacance du siège apostolique, les quinze cardinaux avaient fini par déléguer six d’entre eux pour choisir un candidat, qui fut notre Teobaldo.

La nouvelle faisait la joie des chrétiens de Terre Sainte. Teobaldo prit le nom de Grégoire X et vint en Italie. Il n’oubliait pas la Terre Sainte : il appela les villes d’Italie et de France, et le roi Philippe (fils de saint Louis) à cette cause.

Il convoqua un grand concile à Lyon, où l’on devait débattre des secours à apporter en Terre Sainte, de la réforme de l’Eglise, et de l’union avec l’Eglise d’Orient.

Pendant que se préparait ce concile, Grégoire X appelait les villes d’Italie à faire la paix entre elles, car les querelles entre Guelfes et Gibelins étaient interminables, avec leurs conséquences de rivalités, de vengeances, d’assassinats et autres violences. Grégoire X soutint l’accession au trône impérial de Rodolphe de Habsbourg, contre Alphonse de Castille.

A Lyon vinrent de très nombreux prélats. Saint Bonaventure s’y trouvait (v. 15 juillet), et mourut durant la cinquième session ; saint Thomas d’Aquin devait s’y rendre aussi, mais mourut en chemin (v. 7 mars).

L’union avec les Grecs fut reconnue, proclamée, sanctionnée par le chant unanime du Credo, où l’on répéta par trois fois le Filioque, les Grecs ayant reconnu sans difficulté que le Saint-Esprit procède et du Père et du Fils.

Le pape y proposa une constitution relative à l’élection du pontife, pour éviter la longue vacance qui s’était produite avant son élection. On procéda aussi au baptême de l’un des ambassadeurs tartares qui était présent. Le roi de France, Philippe, remit au pape le Comtat Venaissin.

Pour conclure, le pape invita les prélats à promouvoir la réforme interne de l’Eglise, en commençant… par eux-mêmes.

Grégoire X resta très sobre dans sa vie privée : il lavait les pieds chaque jour à des pauvres, faisait porter des aumônes à des malheureux, ne mangeait qu’un repas quotidien, priait et méditait beaucoup.

Au retour du concile, Grégoire X ne revit pas Rome : il voulut passer par Lausanne, Milan, et dut s’arrêter en Toscane, où la fièvre et une pleurésie l’amenèrent à sa dernière heure. Il mourut pieusement à Arezzo le 10 janvier 1276.

Grégoire X a été béatifié après les nombreux miracles qui s’opérèrent par la suite. Son culte fut approuvé en 1713.

Le Martyrologe le mentionne au 10 janvier.

Son successeur fut Innocent V.

 

 

Bernardino Di Bello

1443-1518

 

Né vers 1443, Bernardino était d’une famille humble et chrétienne. Il naquit à Lorenzana, non pas la cité toscane, mais en Basilicata (Italie S).

Pieux, il s’arrêtait longuement à l’église et se retira, une fois adolescent, dans la solitude près d’un sanctuaire marial, où il parvint à un haut degré de contemplation : ce fut au point qu’il pouvait inviter les oiseaux à voltiger autour de lui et picoter leur nourriture dans sa main.

On recourut à ses prières, des miracles eurent lieu. Il alla se mettre au service d’un agriculteur pour échapper à la curiosité des habitants. Mais ses fréquentes extases ne cessaient pas, tandis que son travail avançait aussi bien, de sorte que son patron le laissa se consacrer entièrement à Dieu.

Bernardino alla frapper ches les Observants, qui le reçurent avec plaisir ; il prit le nom de Egidio au moment de sa profession.

On lui confia le jardin ; il eut la permission de se construire une cabane où il pouvait se livrer tranquillement à la pénitence et à la contemplation. Les extases continuèrent, la visite des oiseaux également, et les miracles furent au rendez-vous. Ainsi, il ramena à la foi beaucoup de pécheurs.

Quelqu’un cependant ne l’entendait pas de cette oreille. Le Démon lui réserva des assauts particulièrement durs et douloureux, allant jusqu’à le frapper et le blesser violemment. Egidio redoubla de pénitences et de prières, pour ne pas succomber à la tentation.

Il mourut le 10 janvier 1518 et de nombreux miracles s’opérèrent à son tombeau. Six ans après sa mort, on retrouva son corps absolument intact et flexible. Son culte fut confirmé en 1880.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Egidio au 10 janvier.

Ana Monteagudo Ponce de León

1602-1686

 

Ana naquit le 26 juillet 1602 (ou 1604) à Arequipa (Pérou), quatrième des huit enfants de Sebastián Monteagudo de la Jara, espagnol, et de Francisca Ponce de León. Elle porta le nom de la Sainte du jour : sainte Anne.

Il y a un doute sur l’année de cette naissance, car les archives de la paroisse brûlèrent dans un incendie en 1620.

On sait seulement que dès trois ans, Ana fut confiée aux Dominicaines, qui furent certainement à l’origine de sa vocation.

Quand elle eut environ quatorze ans, la famille voulut la reprendre à la maison, mais elle y continua son genre de vie acquis au monastère : quand elle avait terminé ses tâches domestiques, elle se retirait pour prier. Elle eut la vision de sainte Catherine de Sienne (v. 29 avril), qui l’encouragea, de la part du Bon Dieu, à entrer chez les Dominicaines où, malgré bien des difficultés, il ne lui manquerait rien.

La famille en vint à organiser le mariage de la jeune fille, et la surveillait sans relâche. Mais un jour Ana profita de l’inattention des siens et sortit de la maison ; providentiellement, elle rencontra dans la rue un gentil garçon qui l’accompagna au monastère et qui vint ensuite prévenir les parents. Ce garçon, prénommé Domingo, était probablement saint Dominique lui-même (v. 6 août).

La suite des événements dut être assez agitée : la famille s’en vint au monastère pour supplier Ana de revenir, lui promettant mille choses, et en venant enfin aux menaces et aux insultes. Non seulement, mais la Prieure elle-même conseillait à Ana d’écouter ses parents, tandis que les autres moniales étaient du côté d’Ana. Il y eut un compromis : Ana serait restée au couvent jusqu’à ce que les esprits fussent un peu calmés, et l’on verrait alors ce qui serait mieux pour la gloire de Dieu.

La brave Prieure, qui désirait se concilier la famille et éviter d’autres soucis, traita Ana avec la dernière sévérité, pour la contraindre à repartir chez elle. Mais Ana restait ferme dans sa décision : elle fut alors défendue par son frère, Stefano, qui réussit à calmer, puis convaincre la famille, et même la Prieure. Stefano eut les mots adaptés pour gagner la bataille : Ana resta au monastère, et la Prieure reconnut sa vocation authentique.

En 1606 donc, Ana put commencer le noviciat, prenant le nom de Ana de los Ángeles (Anne des Anges), qu’elle vécut en cherchant à appliquer rigoureusement la Règle de saint Dominique. Elle s’imposa des mortifications diverses, la prière, la méditation et le jeûne. A l’imitation de saint Nicola de Tolentino (v. 10 septembre), elle s’habitua à prier pour les Ames du Purgatoire. Elle se disait grande pécheresse et suppliait les autres novices de la corriger.

Quand il fallut faire la profession, la famille s’obstina de nouveau, refusant de donner une «dot» au monastère, pour obliger Ana à rentrer dans le monde, mais son frère, l’abbé Stefano, intervint à son tour en offrant au monastère tout ce qui était requis pour sa sœur.

Désormais Ana rechercha véritablement la sainteté, d’abord dans une obéissance scrupuleuse, dans une rigoureuse pauvreté, récupérant les vieilles sandales et les vieux habits que ne portaient plus les autres Religieuses.

Elle se vit ainsi confier la sacristie, qu’elle administra avec la plus scrupuleuse attention, allant jusqu’à inviter les prêtres à plus de respect des choses saintes, leur proposant même une eau parfumée pour se laver les mains avant de célébrer.

Elle apprit alors que par son père elle était parente de saint Tomás de Villanueva (v. 8 septembre), envers lequel elle eut désormais une grande dévotion.

Cette grande sainteté n’était pas vraiment contagieuse : le monastère était en réalité en grande décadence : il y vivait quelque trois cents personnes, entre Religieuses, novices, domestiques, élèves, et autres orphelines et veuves, tout un monde entremêlé où naissait plus d’un conflit, générant une ambiance malsaine pour les jeunes novices.

Or, on nomma justement Ana Maîtresse des Novices. L’évêque, visitant en 1647 le monastère, le trouva dans un état de telle misère spirituelle, qu’il demanda de faire élire Ana comme nouvelle Prieure. Elle voulait refuser, mais une voix intérieure lui inspira d’accepter. Ana imposa doucement le retour à la rigueur de la règle, entre autres le silence ! Beaucoup de Sœurs se rallièrent à ses conseils maternels, mais quelques-unes lui résistèrent obstinément, qu’elle supporta patiemment et à qui elle pardonna aussi généreusement.

Son plus grand ennemi fut le Démon lui-même, qui la maltraita même physiquement : un jour il la précipita dans la fosse où l’on préparait le ciment pour construire l’église, mais elle fut sauvée ce jour-là par les Ames du Purgatoire.

Au terme de son mandat de Maîtresse des Novices, Ana fut bien contente de «rentrer dans le rang» pour reprendre ses méditations silencieuses, particulièrement sur la passion du Christ. Ses dix dernières années de vie furent une longue série de souffrances, qu’elle offrait pour les Ames du Purgatoire.

C’est vers cette époque qu’un artiste peignit un portrait d’Ana, l’unique qu’on ait d’elle.

Le 10 janvier 1686, elle sembla «aller mieux», de sorte qu’il y eut moins d’attention pour la soigner, et c’est ce jour-là qu’elle mourut, dans une totale discrétion, sans déranger personne.

Ana des Anges fut béatifiée en 1985.

Le miracle retenu fut la guérison totale, inattendue et scientifiquement inexplicable d’une dame de Arequipa, atteinte d’un grave cancer de l’utérus et de tout l’abdomen : deux jours après l’invocation à Ana des Anges, il y eut une soudaine amélioration ; un mois après, la patiente reprenait toutes ses activités ; c’était en 1932, et la personne mourut en 1966.

 

 

Adèle de Batz de Trenquelléon

1789-1828

 

Adèle naquit dans le château familial de Trenquelléon à Feugarolles (Lot-et-Garonne) ; elle aura un petit frère.

Leur mère, née Marie-Ursule de Peyronnencq de Saint-Chamarand, descendait de saint Louis.

Leur père était le baron Charles de Batz de Trenquelléon, officier au régiment des Gardes françaises à Paris. Au moment des premières émeutes de la capitale en 1789, ce régiment se rangea aux côtés de la population parisienne, et fut immédiatement dissout. Par la suite, le baron Charles de Batz protégea la fugue de Louis XVI, et dut s’exiler.

En 1797, Madame de Batz et ses deux enfants durent s’exiler à leur tour, en Espagne puis au Portugal, où les rejoindra le baron de Batz. En 1800, la famille put venir s’installer à San Sebastian, dans le Pays basque espagnol ; c’est là qu’Adèle reçut la Première communion, en 1801.

Ce fut pour Adèle un événement capital ; par la suite, elle notera avec grand enthousiasme les occasions où elle pourra recevoir l’Eucharistie : à cette époque, on n’avait pas coutume de communier fréquemment. Adèle parlait alors d’entrer au Carmel.

C’est aussi  en 1801 que la famille put regagner le château de Trenquelléon.

En 1803, Adèle reçut la Confirmation. Elle a quatorze ans, et c’est à cet âge qu’elle décide d’organiser un petit cercle d’amies, qu’elle appellera la Petite Société. Les membres s’engagent à une vie approfondie dans la prière et les sacrements, et à une activité missionnaire de charité et d’apostolat. L’association s’accroît, s’étend, recrute des prêtres. Adèle garde le lien avec tous par une intense correspondance. L’abbé Jean Larribeau deviendra le directeur spirituel d’Adèle.

En 1808, la Petite Société compte déjà une soixantaine de membres ; c’est alors qu’Adèle associe son groupe à celui de la Congrégation de l’Immaculée, fondée par le père Chaminade (v. 22 janvier), qui lui semblait avoir les mêmes idéaux et les mêmes buts.

C’est à cette période qu’Adèle, toujours guidée par l’abbé Larribeau, mais aussi par le père Chaminade, donnera naissance en 1816 à une nouvelle congrégation, les Filles de Marie Immaculée. Adèle prendra alors le nom religieux de Mère Marie de la Conception.

Les Religieuses, qu’on appela bientôt les Sœurs Marianistes, organisèrent un ouvroir, puis des classes gratuites pour les enfants pauvres ; des maisons s’ouvrirent ainsi à Tonneins, Condom, Bordeaux, Arbois.

Une de ses grandes amies fut la bienheureuse Emilie de Rodat (v. 19 septembre).

Adèle s’éteignit à cette vie le 10 janvier 1828, en s’exclamant Hosanna Filio David ! Hosanna au Fils de David !

La famille marianiste est vaste, ses membres sont ouverts à toutes les formes d’apostolat et sont présents dans de nombreux pays de tous les continents.

Adèle a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 10 janvier au Martyrologe.

 

 

Mamerto Esquiú

1826-1883

 

Mamerto Esquiú naquit le 11 mai 1826 à San José de Piedra Blanca (Argentine), de Santiago et María de las Nieves Medina. Santiago était un soldat catalan, envoyé pour combattre dans le Haut Pérou, où il fut fait prisonnier ; María donna à son fils le nom de Mamerto de l’Ascension, car ce 11 mai on fêtait s.Mamert et l’Ascension.

Il n’avait que cinq ans, qu’il portait déjà l’habit franciscain, que lui coupa sa mère.

En 1841 il entra au noviciat des Frères Mineurs Conventuels dans la province d’Asunción et, en 1842, émit la profession religieuse.

En 1848, il reçut le sacerdoce.

A partir de 1850, il enseigna au séminaire et fut directeur spirituel.

Son intégrité lui valut d’être député et membre du conseil du gouvernement de Catamarca, de 1855 à 1862. Il avait prononcé dans la cathédrale une solennelle allocution en faveur de la nouvelle constitution provinciale et, pour cela, fut surnommé l’orateur de la Constitution ; il fut vice-président de l’assemblée constituante.

En 1862, il passa à Tarija (Bolivie), où il se donna entièrement à l’apostolat, à l’évangélisation des tribus, la confession des malades ; deux ans plus tard, il reçut la charge d’enseigner au séminaire de Sucre. Il assuma la fondation de la revue El Cruzado (Le Croisé) et d’autres publications religieuses.

Dans ces pages, il prit la défense du pape Pie IX avec une telle ardeur, qu’il reçut un chaleureux remerciement personnel du Pape.

En 1872, il fut désigné pour être archevêque de Buenos Aires, ce qu’il refusa. Au contraire il voyagea en Equateur, au Pérou, en Bolivie, prêchant partout où il passait.

En 1876, il put accomplir son grand désir : aller en Terre Sainte, à Jérusalem. Le voyage, assez mouvementé, dura presque cinq mois, avec des haltes à Gênes, Rome, Naples, Alexandrie d’Egypte.

Fin 1877, le Général de l’Ordre franciscain le rappela à Rome pour lui confier la mission de rétablir dans l’Ordre l’idéal de s.François d’Assise. Mamerto rencontra alors le pape Léon XIII et revint en Argentine.

On le pria encore une fois d’apporter ses lumières pour la rédaction d’une nouvelle constitution.

En 1880, malgré ses réticences, il reçut l’ordination épiscopale pour le diocèse de Córdoba (Argentine), où il se dépensa sans compter pour le salut de toutes les âmes de son troupeau.

Ce saint évêque franciscain mourut brusquement dans la diligence qui le reconduisait, le 10 janvier 1883, à Posta del Suncho (Argentine).

On craignit que le Prélat eût été empoisonné : une autopsie révéla que son cœur était absolument intact.

Mamerto Esquiú sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 10 janvier.

 

 

Léonie Aviat

1844-1914

 

Léonie Aviat naquit à Sézanne, en Champagne, le 16 septembre 1844.

Elle fit ses études à la Visitation de Troyes, où la Supérieure du monastère, Mère Marie de Sales Chappuis, et l'aumônier, l'Abbé Louis Brisson, exercèrent sur elle une influence décisive. Formée à l'école de saint François de Sales (v. 28 décembre), elle se prépara, sans la savoir, à sa mission future : la fondation d'une Congrégation de spiritualité salésienne, dédiée à l'évangélisation de la jeunesse ouvrière.

Tout commence en 1866. C’est l'époque où se développe la grande industrie, attirant vers la ville une main-d'œuvre à bon marché : c'est le cas de Troyes, où les usines textiles embauchaient de très jeunes filles, venues de la campagne.

L'Abbé Brisson, apôtre au cœur ardent et déjà au nombre des précurseurs du grand mouvement social de la fin du XIXe siècle, avait ouvert en 1858, pour les jeunes ouvrières en bonneterie, une maison d'accueil destinée à leur assurer une éducation humaine et chrétienne complète. Devant l'impossibilité de trouver pour ce foyer, dénommé Œuvre Saint-François de Sales, une directrice et un encadrement stables, il décida, sous l'inspiration de Dieu, de fonder une Congrégation religieuse.

Il trouva en Léonie Aviat une collaboratrice de choix, en qui il reconnut par ailleurs une vocation religieuse. En effet la jeune fille, ses études achevées, avait quitté le monastère de la Visitation, avec la ferme intention d'y revenir comme Sœur converse. Mais l'Abbé Brisson et la Mère Chappuis lui conseillèrent d'attendre.

Obéissant à ce qu'elle considérait comme la voix de Dieu, elle en reçut bientôt un signe particulier qui ne pouvait être une illusion : entrée par nécessité dans l'usine d'optique de Sézanne, sa ville natale, un trait de lumière traversa son esprit et orienta sa décision. La vue de l'atelier peuplé de jeunes ouvrières appliquées à leur travail, sous l'œil attentif et maternel d'une surveillante, fit naître en son cœur le désir de prendre place parmi elles pour les conseiller et les guider. Cet attrait se fera plus pressant le jour où l'Abbé Brisson l'invitera à visiter l'œuvre ouvrière qu'il avait fondée à Troyes.

Le 18 avril 1866, Léonie entra à l'Œuvre Saint-François de Sales, avec une de ses anciennes compagnes de la Visitation, Lucie Canuet.

Le 30 octobre 1868, la jeune fondatrice vêtit l'habit religieux et reçut le nom de Sœur Françoise de Sales. C’était tout un programme, ainsi qu'elle l'exprima, en forme de prière, dans ses notes intimes : Saint François de Sales, vous m'avez choisie pour être à la tête de cette petite troupe, donnez-moi votre esprit, votre cœur... Faites-moi part de votre union à Dieu et de cet esprit intérieur qui sait tout faire avec lui et rien sans lui (Août 1871).

La petite troupe dont elle devenait le guide se mit sous la protection du saint Evêque de Genève et en adopta entièrement la spiritualité et la pédagogie, d'où l’appellation qu’elles prirent d’Oblates de Saint-François de Sales, c'est à dire offertes par toute leur vie à Dieu et au prochain.

Le 11 octobre 1871, Sœur Françoise de Sales fit profession et, l'année suivante, fut élue Supérieure ; la nouvelle Congrégation était ainsi établie canoniquement et pouvait prendre son essor.

La communauté grandit, les œuvres ouvrières se développèrent. En même temps, s'ouvrirent dans les paroisses des écoles élémentaires et, à Paris, le premier collège de jeunes filles, que Mère Aviat dirigera pendant huit ans. L'apostolat des Oblates s'étendit ainsi aux différentes classes sociales, à toutes les formes d'éducation et, dès les années de fondation, aux missions.

Après une période d'effacement qui mit en lumière sa grande humilité, Mère Françoise de Sales fut, en 1893, à nouveau élue Supérieure générale, charge qu'elle occupera jusqu'à sa mort.

Elle s’employa désormais à développer les œuvres de la Congrégation en Europe, en Afrique du Sud et en Equateur, entourant chaque communauté et chacune de ses Sœurs de son inlassable sollicitude.

En 1903, elle dut faire face à la persécution religieuse en France, pour y maintenir les maisons qui pouvaient l'être et transférer la Maison-Mère à Pérouse, en Italie.

En 1911, elle fit approuver les constitutions de l'Institut par le Pape saint Pie X.

Le 10 janvier 1914, elle mourut à Pérouse, dans la sérénité et l'abandon à Dieu, fidèle jusqu'à son dernier souffle à la résolution du jour de sa profession : M'oublier entièrement, laissant à ses filles cette consigne très salésienne : Travaillons à faire le bonheur des autres.

Léonie Aviat fut béatifiée en 1992 et canonisée en 2001 ; le Martyrologe la mentionne au 10 janvier.

 

 

María Dolores Rodriguez Sopeña

1848-1918

 

Elle naquit à Velez Rubio, Almería (Andalousie, Espagne), le 30 décembre 1848, quatrième des sept enfants de Tomás Rodríguez, jeune magistrat et Nicolasa Ortega Salomón.

Une maladie contractée à huit ans la laissa malvoyante pour le reste de ses jours.

En 1866, son père fut nommé magistrat au tribunal d'Almería. Là, dédaignant les fastes de la haute société et préférant le service au prochain, elle fit ses premières expériences d'apostolat, en apportant son aide matérielle et spirituelle à deux sœurs atteintes de typhoïde et à un lépreux, à l'insu de ses parents. A cette éppoque, une dame de la haute société ne se serait jamais aventurée à entrer en contact avec les gens pauvres, mais María voulait avoir une famille en Christ Jésus.

En 1869, installée à Madrid avec une partie de sa famille (car son père avait été nommé à Porto Rico), elle choisit un directeur spirituel et prêta son service en enseignant la doctrine dans la prison des femmes, dans l'hôpital de la Princesse et dans les écoles dominicaines.

En 1872, elle avait vingt-trois ans et la famille se réunit à Porto Rico, en Amérique du Sud, où elle resta pendant cinq ans. Là, eut lieu le contact avec les jésuites. Assistée par le Père Goicoechea, son premier directeur spirituel, elle fonda l'Association des Filles de Marie, ainsi que des écoles pour les jeunes filles de couleur.

En 1873, son père fut transféré à Santiago de Cuba, où le schisme religieux sur l'île limita l'activité de Dolores aux visites aux malades de l'hôpital militaire. Après la recomposition, elle travailla dans les quartiers périphériques et fonda des Centres d'Instruction pour l'enseignement, la catéchèse, la culture et l'assistance médicale.

En 1876, à la mort de sa mère, elle retourna à Madrid, où elle organisa sa vie autour de trois axes : le soin de sa maison et de son père, son apostolat habituel et la vie spirituelle.

En 1883, à la mort de son père, elle fréquenta les Sœurs Salésiennes, mais au bout de dix jours elle abandonna cette vie contemplative pour se consacrer à l'apostolat. Elle fonda une "Maison sociale" - entre autres pour l’aide à la réinsertion des prisonniers - et accomplit son apostolat dans les faubourgs, prémices de l'"Œuvre des Doctrines".

En 1892, sur l’instigation de l’évêque, elle fonda l'association de l'apostolat séculier (aujourd'hui Mouvement laïc Sopeña). Le gouvernement approuva et appuya l’expansion de son travail dans huit quartiers pauvres et surpeuplés des environs de Madrid.

En 1896, elle commença son activité hors de Madrid, surtout dans les grandes villes, et s'établit à Séville, où elle fonda L'Œuvre des Doctrines.

En 1900 elle reçut l’approbation romaine pour une sorte d’institut religieux.

En 1901, elle fonda l'Institut des Dames Catéchistes à Tolède, ainsi qu'une association civile (aujourd'hui Œuvre sociale et culturelle Sopeña - OSCUS). Ses Œuvres de Doctrine se transformèrent en "Centres ouvriers d'Instruction". En quelques années, elle fonda des Communautés et des Centres dans les villes les plus industrialisées, ainsi qu'une maison à Rome (1914) et au Chili (1917).

En 1902, le gouvernement espagnol reconnaissait l’OSCUS comme association civile d’œuvre sociale, approuvée aussi par le Vatican.

L’immense activité de María Dolores s’est ainsi organisée en trois branches : l’Institut des Catéchistes Dolores Sopeña, le Mouvement Laïc Sopeña et la OCSUS, dont elle fut choisie comme Supérieure Générale en 1910.

Actuellement cette triple institution est présente en Espagne, en Italie, et dans grande partie de l’Amérique Latine (Argentine, Colombie, Cuba, Chili, Equateur, Mexique et Saint-Domingue).

María Dolores mourut le 10 janvier 1918 et fut béatifiée en 2003.

 

 

Pascuál Roda Díaz

1908-1937

 

Pascuál vit le jour le 30 mars 1908 à Almería, de parents bons chrétiens.

Après de très bonnes études primaires, il passa la licence de Droit à l’Université de Grenade, en 1927, à dix-neuf ans !

Il fut conquis par la dévotion envers le Saint-Sacrement et la très Sainte Vierge. Il fit partie du Tiers-Ordre franciscain, mais aussi de Pieuses Unions sous le patronage des Saints jésuites Stanislas Kostka et Louis de Gonzague (v. 15 août et 21 juin).

Sa santé s’altéra très tôt : il souffrit de graves douleurs à l’estomac, mais il restait serein : Si je meurs, je passerai de cette vie à une meilleure, mais je ne mourrai pas. Il fut touché aussi par la faim, lorsque son père mourut prématurément.

En 1936, le Vendredi Saint, il eut l’audace d’organiser avec ses compagnons une procession avec la sainte image du Christ. Dans l’ambiance de cette période, c’était même risqué. De fait, le 25 juillet, il fut un des premiers arrêtés et jetés en prison. Il y resta six mois.

Le 10 janvier 1937, on l’emmena au lieu-dit Viator, proche d’Almería, où il fut abattu de huit balles tirées dans la tête.

Pascuál a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Pascuál Roda Díaz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 10 janvier.

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 00:00

09 JANVIER

 

II.

Ste Paschasie, vierge martyre à Dijon : elle reçut s.Bénigne qui la baptisa.

III.

Ss Epictète, évêque à Assur, Jucond, Second, Vital, Félix et d’autres, martyrs en Afrique.

? Ss Vital, Révocat et Fortunat, martyrs à Smyrne.

VI.

S Marcellinus, évêque à Ancône ; sa présence arrêta un incendie qui menaçait la ville.

VII.

S Vaneng, fonctionnaire royal normand ; il coopéra à la fondation d’abbayes à Fontenelle et Fécamp.

S Mauront, abbé à Saint-Florent-le-Vieil.

VIII.

S Adrianus, abbé à Nerida, puis Cantorbury.

S Fillan, abbé en Ecosse.

S Brithwald, abbé à Reculver, évêque à Cantorbury.

IX.

S Eustratios le Thaumaturge, abbé du monastère des Agaures en Bithynie.

XIII.

B Honoré de Buzançais, marchand de bestiaux assassiné par deux domestiques à Thénezay.

XIV.

Bse Giulia Della Rena, recluse à Certaldo.

XV.

B Antonio Fatati, évêque à Teramo puis à Ancone, chargé de mission par les papes.

XVII.

Bse Alix Le Clerc (Marie Thérèse de Jésus), fondatrice avec s. Pierre Fourier, de la congrégation de Notre-Dame, pour l’éducation des jeunes filles.

XVIII.    

Bx In Eon-min Martinus et Yi Bo-hyeon Franciscus, laïcs coréens martyrisés ensevelis vivants, béatifiés en 2014.

XIX.

Stes Yi Agata, vierge de seize ans, et Gim Teresa, veuve, martyres en Corée, canonisées en 1984 et fêtées le 20 septembre.

Bse Pauline Jaricot, de Lyon ; son enthousiasme missionnaire donnera naissance aux Œuvres Pontificales Missionnaire et au Rosaire Vivant ; béatifiée en 2021.

XX.

Bx Jósef Pawlowski (*1890) et Kasimierz Grelewski (*1907), prêtres polonais, pendus à Dachau en 1942, béatifiés en 1999.

Marcellinus d’Ancône

† 568

 

Marcellinus était de la noble famille des Boccamajore.

Il fut élu évêque d’Ancône à la mort de Trasone en 550 et fut donc le sixième évêque de ce siège.

L’hagiographie le présente unanimement comme un homme rempli de zèle pour la sanctification de ses diocésains.

Saint Grégoire le Grand (v. 12 mars) en écrit ceci :

Marcellinus atteint de la goutte, était obligé de se faire porter d’un endroit à l’autre par ses domestiques. Un jour, le feu prit à la ville d’Ancône, l’incendie se développa rapidement ; les habitants ne réussissaient pas à l’éteindre et la ville était menacée d’une ruine complète. Marcellinus se fit transporter sur le théâtre du sinistre et placer bien en face de l’incendie. Aussitôt, les flammes se replièrent sur elles-mêmes, impuissantes à dépasser le terrain occupé par l’évêque.

En cette occasion, il est précisé que l’évêque portait en ses mains le saint Evangile (ou quelque autre livre de prières) et qu’il fut légèrement endommagé. On le conserva longtemps après, comme preuve de l’événement et comme gage de la protection de Dieu. On s’en servait pour éteindre les incendies et pour guérir les malades.

Saint Marcellinus est commémoré le 9 janvier au Martyrologe Romain.

 

 

Adrianus de Cantorbury

† 710

 

Adrianus, né en Afrique, était passé en Italie pour y mener la vie monastique et fut abbé à Nerida (Naples). Il était connu pour sa science de l’Ecriture et sa grande sainteté.

Le pape Vitaliano (v. 27 janvier) fit appel à lui pour le siège de Cantorbury, vacant depuis la mort de Deusdedit (664), son successeur étant mort avant d’être consacré. En outre, on avait proposé un certain Ulphard, dont le pape avait annulé l’élection.

Mais l’humble abbé de Nerida s’effaça derrière un autre choix, proposant au pape le moine Theodorus (v. 19 septembre), ce pieux moine très docte, venu d’Asie Mineure et qui se trouvait alors à Rome. Adrianus se proposait tout juste de l’accompagner et de l’aider. Le pape accepta.

La route passait nécessairement par la Gaule, disons la France : Marseille, Arles, Paris… Le maire du palais Ebroin soupçonna Adrianus et le fit arrêter : qui sait si ce moine ne cachait pas un espion de l’empereur d’Orient, ou un agent qui travaillerait en Angleterre contre le pouvoir français ? Le fait est que, tandis que Theodorus continuait pour l’Angleterre, Adrianus était maintenu à Meaux, déplacé pendant près d’une année et enfin relâché et libre de rejoindre Theodorus (670).

Le nouvel évêque l’établit abbé du monastère Ss.Pierre et Paul, qu’avait fondé s. Augustin de Cantorbury (v. 27 mai).

Adrianus mit tout son zèle à faire apprendre le grec et le latin à ses moines, pour les initier à l’étude approfondie des Ecritures, mais surtout à leur enseigner le chemin de la sainteté.

Il mourut le 9 janvier 710. Son tombeau fut le théâtre de nombreux miracles. Le corps fut retrouvé intact en 1090.

 

 

Fillan

† 725

 

Fillan était le fils de Feriach et Kentigerna (v. 7 janvier), et petit-fils de Cellach Cualann, roi de Leinster.

Son nom est orthographié diversement : Filan, Phillan, Fáelán en vieil irlandais, Faolan en gaélique moderne.

Fillan pouvait être ébloui par son origine royale et les immenses propriétés de son héritage. Mais il préféra la vie consacrée à Dieu.

Il entra au monastère de Saint Fintan Munnu puis, en 717, quitta l’Irlande pour mener une vie érémitique en Ecosse. Il était accompagné de Kentigerna et de son oncle, Comgan (v. 13 octobre) et de ses enfants. Ils s’établirent à Loch Duich.

Par la suite, Fillan partit plus au sud et semble avoir été moine à Taghmon, puis à Pittenweem (Fife), où il devint abbé, charge qu’il exerça très saintement avant de s’en démettre quelques années plus tard.

Il se retira à Glen Dochart, puis Strathfillan (Tyndrum).

On dit qu’il avait au-dessus de son bras gauche un globe lumineux qui l’éclairait la nuit quand il voulait lire l’Ecriture et écrire ses commentaires. La tradition rapporte aussi que Fillan était un thaumaturge et guérissait les malades.

Autre merveille : tandis qu’il était un jour en train de labourer, un loup vint tuer le bœuf de Fillan. Celui-ci prononça un «sort» et le loup fut obligé de prendre la place du bœuf. On aurait inventé cette histoire pour rapprocher le nom de Fillan de son étymologie probable, le mot gaélique faol signifiant loup.

Fillan mourut le 9 janvier d’une année incertaine, qui pourrait se situer dans le premier tiers du 8e siècle.

Le roi Robert le Bruce attribua à Fillan sa victoire à Bannockburn (1314), car il en avait avec lui une insigne relique (un bras).

Jusqu’à une période récente, on plongeait des malades mentaux dans l’étang de saint Fillan, avec une corde qui les reliait aux fonts baptismaux ou à un banc de la chapelle (qui est en ruines) : si la corde était défaite au matin, le malade était guéri.

Suivant les sources, la fête de s. Fillan est diversement commémorée : 20 juin, 19 janvier, 9 janvier, cette dernière date étant celle du Martyrologe Romain.

 

 

Eustratios le Thaumaturge

† 9e siècle

 

D’après la fidèle Tradition, Eustratios naquit à Tarse de Cilicie (Asie Mineure, act. Turquie S), de Georgios et Megefy, des parents chrétiens et de condition aisée.

Vers sa vingtième année, enflammé par le désir de servir Dieu, il rejoignit le monastère des Agaures en Bithynie (act. Turquie NO), sur le Mont Olympe, où s’étaient déjà illustrés ses deux oncles maternels, Gregorios et Basilios, ce dernier étant même devenu higoumène (abbé). Il y avait plusieurs monastères dans cette région.

Là, selon la règle, Eustratios eut les cheveux coupés ; son combat contre le vieil homme fut sincère, énergique, dans une telle humilité et douceur, qu’il se gagna l’affection de tous les moines.

Il oublia le monde, se contentant de porter une simple chemise, dormant dans un coin qui n’était pas même sa propre cellule ; les moines racontèrent que, de toute sa vie monastique, Eustratios ne prit jamais l’espace suffisant pour étendre entièrement ses jambes pendant le sommeil.

Après la mort de Gregorios et Basilios, c’est Eustratios qui devint higoumène du monastère.

C’était la période douloureuse de la persécution iconoclaste et Eustratios se posa en défenseur courageux des saintes Images. Suivant le conseil de son disciple et ami Ioannis le Grand, célèbre ascète de l’Olympe, il quitta le monastère pour éviter la persécution, jusqu’à la mort du roi. La persécution passée, on put remettre les icônes en honneur dans le monastère et reprendre le culte. En officiant à l’autel, Eustratios ne cessait de répéter : Seigneur, aie pitié !

Il reçut le surnom de Thaumaturge, qui signifie «faiseur de miracles». Il fit en effet beaucoup de miracles, dont on aimerait bien avoir quelques exemples.

Le moment de sa mort étant venu, il appela à lui les moines, leur recommanda de maintenir les saintes traditions, ce qui leur garantirait la voie vers l’Eternité. Ayant prié, il leva les yeux au ciel et répéta le verset du psaume : En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30:6). Puis il s’endormit dans le Seigneur.

Il avait quatre-vint cinq (ou quinze) ans.

Saint Eustratios mourut au 9e siècle et se trouve mentionné le 9 janvier dans le Martyrologe Romain.

Honoré de Buzançais

† 1250

 

Il s’agit d’un saint personnage dont on n’a malheureusement pas de témoignages contemporains.

Il était né à Buzançais (Indre).

Marchand de bestiaux, Honoré était unanimement apprécié pour ses services, son honnêteté et sa générosité.

Il aimait aider les pauvres, et particulièrement les jeunes fiancées trop démunies pour avoir une dot correcte : il la leur offrait.

Lors d’un déplacement vers le proche village de Thénezay, il fut assassiné par deux de ses domestiques, qui lui avaient détourné de grosses sommes. Ils tentèrent de dissimuler leur crime en cachant le cadavre dans le bois.

Quand on le découvrit, on organisa des funérailles, au cours desquelles et après lesquelles des miracles se produisaient par le simple contact avec le corps du Défunt.

Il surgit alors une diatribe entre les deux localités de Buzançais et Thénezay : qui posséderait le saint corps ? Un compromis fit remettre la tête de la victime à Thénezay, le reste du corps à Buzançais, et les deux localités fêtèrent bientôt saint Honoré. Bien sûr, il ne s’agit pas du célèbre saint Honoré du 16 mai.

Il fut béatifié en 1444, et l’église de Thénezay se plaça sous son vocable.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Honoré de Buzançais le 9 janvier.

 

 

Giulia Della Rena

1319-1367

 

Giulia naquit, dit-on traditionnellement, en 1319 à Certaldo (Florence, Toscane, Italie C), dans une famille noble mais déshéritée.

Vers ses dix-huit ans, elle alla travailler chez les Tinolfi, des parents de Florence, où elle s’inscrivit dans le Tiers-Ordre de Saint-Augustin.

Elle revint vite à Certaldo, où elle se sentait plus en sécurité que dans la grande ville.

Lors d’un grave incendie, elle se jeta dans les flammes pour aller recueillir un petit enfant et le sauva. Pour éviter l’admiration des concitoyens, elle se retira dans une petite cellule accolée à l’église.

Par une petite ouverture, elle demandait l’aumône d’un peu de nourriture ou de tissu pour se confectionner ses vêtements.

Cette vie de recluse dura trente années. La mort de Giulia fut annoncée, comme pour d’autres Saints, par une mystérieuse sonnerie des cloches du village, le 9 janvier 1367. On la retrouva à genoux, émanant un parfum suave qui se répandait en-dehors de sa cellule. Grand concours de fidèles ; miracles…

Son culte fut approuvé en 1821.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Giulia le 9 janvier.

 

 

Antonio Fatati

† 1484

 

La famiglia Fatati était une des familles nobles d’Ancône (Italie CE).

Antonio y naquit au début du 15e siècle et eut deux frères, Marino et Iacopo.

Après ses études à Bologne, il recouvra une série de charges civiles et ecclésiastiques :

1431 : chanoine et archiprêtre de la cathédrale ;

1440 : administrateur du diocèse de Ragusa ; puis abbé commendataire de deux monastères proches d’Ancône ;

1444 : archiprêtre de la cathédrale d’Ancône ; puis vicaire général du diocèse de Sienne ;

1446 : chargé par le pape de la collecte des taxes pour Sienne, Lucques et Piombino ;

1447 : vicaire et chanoine de la basilique vaticane, puis chapelain principal et membre de la Chambre apostolique, ainsi que trésorier pour les Marches ;

1450 : évêque de Teramo, malgré ses hésitations, bien compréhensibles, sur ses possibilités de satisfaire à toutes ses obligations ; d’ailleurs, il résida à Macerata et non à Teramo : il y réduisit le nombre (et les rentes !) des chanoines, qui ne furent plus que seize ; à Teramo même, il imposa une taxe même au clergé, dont il se justifia devant toute la curie, pour expliquer la nécessité de remonter les finances de la ville ;

1454 : gouverneur et vicaire général pour les Marches, et trésorier pour Bologne ; il fit disparaître les brigands des Marches ;

1455 : il put s’installer à Teramo et fut choisi comme conseiller par le roi de Naples ;

1459 : célébration d’un synode diocésain ; cette activité et les bonnes mesures adoptées par l’évêque, amenèrent le pape à lui confier d’autres missions : croisade contre les Turcs décidée avec le pape à Mantoue ; collecteur des dîmes à Sienne ; suffragant du nouvel évêque de Sienne (pour aider ce tout jeune prélat de vingt-cinq ans) ;

1463 : transféré au siège épiscopal d’Ancône où il reçut l’année suivante le pape, qui d’ailleurs y mourut.

1466 : trésorier pour Bologne ; sa fidélité et son honnêté lui valurent l’exemption des taxes de douanes pour ses déplacements ultérieurs.

On pourrait croire, à la suite de ces nombreuses nominations, qu’Antonio fut seulement un bon fonctionnaire, fin connaisseur des affaires et de l’administration fiscale. Ce serait oublier l’austérité de sa vie, son humilité et sa prière intense. Envers les pauvres, il se montra généreux et prudent, et son épiscopat fut apprécié de tous.

Antonio mourut le 9 janvier 1484, et l’on retrouva son corps presque intact en 1529 : on lui attribua la cessation de la peste cette année-là et il fut béatifié en 1795.

Le Martyrologe Romain mentionne maintenant le bienheureux Antonio Fatati au 9 janvier.

 

 

Alix Le Clerc

1576-1622

 

La future fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame naquit en la fête de la Purification de Marie, le 2 février 1576, à Remiremont (Vosges), où elle grandit paisiblement.

Son père, Jean Le Clerc, était seigneur de Roville-aux-Chênes ; sa mère, Anne Sagay.

A dix-sept ans elle éprouva le désir de faire une profonde confession, dont la Sainte Vierge la félicita dans un rêve. Ce n’était pas le dernier «signe» qu’elle allait recevoir.

En 1595, la famille déménagea à Hymont, près de Mirecourt, toujours dans les Vosges. Hymont dépendait de la paroisse de Mattaincourt, dont le nouveau curé était un certain Pierre Fourier. Entre lui et Alix, les débuts furent difficiles, car il se montrait très sévère envers la jeune fille pour éprouver sa personnalité et sa vocation.

Alix vit en songe le diable qui emmenait au bal tous ses amis. Elle en éprouva une sainte frayeur et fit vœu de virginité.

Sa famille ne vit pas du tout favorablement son désir d’entrer chez les Clarisses de Pont-à-Mousson, comme le lui suggérait Pierre Fourier. Mais ils furent bien étonnés de l’entendre annoncer que, d’après un songe qu’elle avait fait, elle devait fonder une nouvelle Congrégation.

L’abbé Fourier, de son côté, voulait bien la soutenir, mais voulait - comme signe du Ciel - voir arriver quelques postulantes : justement, il s’en présentèrent quatre, et le pieux curé leur confiait l’instruction des petites filles pauvres.

Mais la famille… Monsieur Le Clerc envoya sa fille chez les Sœurs grises d’Ormes, non loin de là, où la pauvre Alix se morfondait.

Providentiellement, une chanoinesse de Poussay, Madame d’Apremont, voulut bien recevoir les jeunes filles dans son abbaye : Poussay satisfit Monsieur Le Clerc et bien sûr l’abbé Fourier.

Une école fut ouverte à Poussay, qui attira les élèves à la grande satisfaction des parents.  Bien plus tard, même un Jules Ferry, lui-même vosgien, évoquera l’école de Poussay comme la naissance de l’instruction primaire en Lorraine et de l’enseignement des filles en France.

Mais les chanoinesses furent jalouses de ces jeunes institutrices, de leurs mortifications, de leur succès : elles les installèrent à Mattaincourt (1599), où Pierre Fourier put les assister davantage.

Un orage menaça les institutrices-novices : on voulait les déplacer à Verdun, dans l’espoir que la séparation de Pierre Fourier ferait cesser ces nouveautés. Ce fut tout le contraire.

La petite communauté fut bientôt divisée en deux, une partie à Mattaincourt, l’autre à Saint-Mihiel, toujours dans une propriété de Madame d’Apremont. C’est là qu’Alix subit une terrible épreuve contre la foi, comme il arrive souvent dans la vie des Saints : la nuit de la foi, où l’on se croit abandonné de Dieu, condamné, inutile, et où le diable fait tout pour mener les âmes au désespoir et à l’abandon de leur mission. Mais Alix retrouva le calme, grâce aux bons conseils de Pierre Fourier.

En 1603, le cardinal Charles de Lorraine approuva le nouvel Institut. Les vocations affluèrent et d’autres maisons s’ouvrirent à Pont-à-Mousson et à Saint-Nicolas-du-Port (Meurthe-et-Moselle). Puis Alix put acheter le prieuré Notre-Dame à Nancy, ancienne maison bénédictine.

Revenue un moment à Mattaincourt pour se «ressourcer», Alix dut s’humilier devant les exigences de la supérieure et de Pierre Fourier, qui voulaient la mettre à l’épreuve. Elle fut quelque temps abaissée au rang des dernières novices, mais au lieu d’être brisée et révoltée, elle en sortit au contraire toute pacifiée et revigorée, tant elle était soumise et obéissante : elle accepta par exemple - non sans se combattre violemment - d’aller orner l’église au lieu d’assister sa mère mourante.

Pierre Fourier n’avait désormais plus de doute sur cette sainte vocation. En 1615, le nouvel Institut obtenait l’existence canonique.

Alix fut envoyée un moment chez les Ursulines à Paris, pour mieux connaître la vie religieuse. Elle faillit même unir son Institut aux Ursulines, mais le cardinal de Bérulle, consulté, le lui déconseilla et Alix rentra à Nancy.

En 1616, puis 1628, l’Institut fut habilité à recevoir des élèves internes, puis aussi externes. Les Religieuses feraient un quatrième vœu, celui d’enseigner la jeunesse.

Elles s’installèrent officiellement dans leur maison de Nancy en 1617, après leur prise d’habit et l’établissement de la clôture. Alix prenait alors le nom de Mère Thérèse de Jésus : elle se trouvait à la fois novice et maîtresse des novices ! Son nouveau confesseur, le jésuite Guéret, la pria d’écrire sa vie.

En 1618 se firent les premières professions. En 1621 Alix put acheter une nouvelle maison à Nancy.

En 1620, Alix retomba malade. A Nancy, elle eut encore la visite de la duchesse Marguerite, de l’évêque de Toul, de Pierre Fourier, et s’éteignit doucement le 9 janvier 1622.

Le corps d’Alix fut inhumé dans le chœur des Religieuses, mais six ans plus tard il fallut déplacer le corps pour exécuter des travaux, et depuis on perdit la trace de ces précieuses reliques. On les retrouva enfin en 1950 sans qu’on sache comment elles étaient arrivées au 9 rue Barrès à Nancy.

Alix Le Clerc a été béatifiée en 1847.

 

A la mort d’Alix, il y avait des maisons à Verdun, Châlons-en-Champagne, Bar-le-Duc, Mirecourt, Epinal, La Mothe-en-Bassigny, Soissons. Avant la Révolution, il y eut jusqu’à quatre-vingt quatre monastères et quatre mille Religieuses. Des péripéties diverses réduisirent ces glorieux effectifs à vingt-sept monastères et douze-cents Religieuses au 19e siècle.

Des Unions s’ouvraient aussi à l’étranger, s’inspirant de la Congrégation de Notre-Dame. Elles fusionnèrent en 1962 sous le nom de Chanoinesses de Saint-Augustin de la Congrégation Notre-Dame.

In Eon-min Martinus

1737-1800

 

In Eon-min Martinus est un laïc coréen né en 1737 à  Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Haemi (Chungcheong-do) le 9 janvier 1800 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Bo-hyeon Franciscus

1773-1800

 

Yi Bo-hyeon Franciscus est un laïc coréen né en 1773 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Haemi (Chungcheong-do) le 9 janvier 1800 et béatifié en 2014.

 

 

Kim Theresia

(Gim Teresa)

1797-1840

 

Kim Theresia était née en 1797 à Myŏnchŏn (Chungchŏng-do, Corée S).

Elle porte le même nom que Kim Tae-gŏn Andreas (Gim Dae-Geon Andeurea, v. 16 septembre), le premier prêtre de Corée, dont elle était la tante.

Ce n’était pas son seul parent martyr ; déjà avaient offert leur vie pour le Christ son grand-père et son père.

Theresia était une personne douce et charitable.

Elle épousa à dix-sept ans Son Joseph, qui mourut en prison pour sa foi à Haemi, devenant ainsi à trente-deux ans une jeune veuve avec beaucoup d’enfants à élever. Elle s’installa un moment à Séoul, mais revint dans sa maison en province.

Sa vie, déjà difficile, se passait dans la mortification continuelle ; Theresia jeûnait les mercredis et vendredis. On pouvait admirer cette parfaite épouse et veuve.

Durant la permanence du prêtre chinois Yu Pacificus, c’est elle qui fut choisie pour l’aider puis, après le départ du prêtre, elle s’occupa de l’évêque, Mgr Imbert (v. 21 septembre), tout en sachant très bien qu’elle s’exposait beaucoup.

Elle fut en effet bientôt arrêtée, le 19 juillet 1839, et retrouva en prison Yi Agatha.

Elle y subit en tout trois-cents coups de cudgel, dont dix coups déjà suffisent à mettre en sang la victime. On voulait lui extorquer des informations sur les missionnaires et les autres Catholiques, mais elle résista fermement et demeura ferme dans sa foi.

Au bout de six mois, les bourreaux voulurent en finir avec elle. Ils la mirent dans une cellule spéciale et lui passèrent une corde autour du cou, qu’ils tirèrent fortement à chaque extrémité. Theresia fut ainsi étranglée et mourut pour le Christ le 9 janvier 1840.

Elle fait partie des Martyrs coréens béatifiés en 1925 et canonisés en 1984, dont la fête se célèbre le 20 septembre.

 

 

Yi Agatha

(Yi Agata)

1823-1840

 

Agatha était née en 1823 à Seoul (Corée S).

Cette jeune laïque de seize ans fut jetée dans la prison de Seoul, avec son père Yi Kwang-hŏn Augustinus et sa mère Kwŏn Barbara, en avril 1839.

Yi Kwang-Hŏn Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Corée S).

Kwŏn-Hŭi Barbara était née en 1794 à Seoul.

Le chef de la police essaya par tous les moyens, y compris la torture, de faire abjurer la foi à cette jeune fille. Il dut s’avouer vaincu devant cette courageuse chrétienne : il était clair que la grâce divine lui donnait une force extra-ordinaire pour résister à toutes ces tortures.

Les gardiens tentèrent de lui faire croire que ses parents avaient renié leur foi et qu’ils avaient été relâchés. Agatha répondit pour elle et pour son jeune frère Damianus : Que mes parents aient renié leur religion, c’est leur affaire. Pour nous deux, nous ne pouvons pas trahir le Seigneur du ciel, que nous avons toujours servi.

En réalité, ses parents n’avaient jamais renié leur foi, au contraire : son père fut décapité le 24 mai, et sa mère fut martyrisée le 3 septembre 1839.

C’est un miracle qu’elle ait pu préserver sa virginité au milieu de ces gardiens qui vivaient comme des bêtes. Agatha reçut trois-cents coups de canne, et quatre-vingt-dix coups de gourdin, auxquels s’ajouta l’épreuve de la faim, de la soif et de la maladie. Sa pensée était continuellement pour ses parents martyrs : elle était déterminée à imiter l’exemple de leur fidélité au Christ.

Après neuf mois de prison, Agatha fut condamnée à être étranglée. Les bourreaux vinrent la chercher dans sa cellule, la conduisirent dans une pièce spéciale. Ils lui passèrent la corde autour du cou, et la tendirent pendant un long moment, et finalement en attachèrent les extrémités à des poutres.

Il ne semble pas que le jeune Damianus ait été martyrisé, du moins n’est-il pas nommé dans le groupe des Martyrs coréens canonisés. Peut-être que les bourreaux ont été plus cléments que les japonais, qui n’épargnaient pas même les petits enfants en bas âge.

Agatha a été béatifiée avec d’autres en 1925 et canonisée en 1984.

Elle est commémorée au Martyrologe le 9 janvier, tandis que tous les Martyrs coréens sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Pauline Jaricot

1799-1862

 

Cette demoiselle naquit le 22 juillet 1799 à Lyon, dans une fratrie qui comportera six frères et sœurs. Les parents, Antoine Jaricot et Jeanne Latier, sont plieurs et vendeurs de soie, une profession florissante alors ; c’est un couple uni, qui mène bien ses affaires. Paulette reçoit le baptême à domicile, d’un prêtre réfractaire : on était au lendemain de la Révolution et les chrétiens n’aimaient pas fréquenter les “prêtres” jureurs, imposés par le régime républicain.

Pauline grandit ainsi dans l’aisance. On ne pourra pas dire d’elle, comme dans certaines vies de Saints, qu’elle montra les signes de la plus grande sainteté dès l’enfance. Au contraire, vive, coquette, coléreuse, orgueilleuse, elle fréquente les réceptions bourgeoises, où elle plaît. Elle n’est pas mécréante pour autant : elle est fidèle, elle prie Marie et sait parler à Jésus Christ présent dans l’Eucharistie.

L’épreuve de la mort de sa mère va la faire réfléchir : elle trouve sa vie monotone, ennuyeuse. Tout change brusquement un dimanche de carême 1816 : elle n’a encore que seize ans, et un sermon entendu à l’église sur les vanités de ce monde, la décide à se tourner vers les pauvres et à se donner à l’apostolat. Elle fait refaire un récent portrait trop avantageux pour elle, et s’habille comme les pauvres, au point que sa femme de ménage ne veut plus sortir avec elle.

Noël 1816 : elle fait le vœu de virginité. Puis s’engage à être servante du Christ.

Elle trouve des compagnes de son âge dans son quartier, qui partagent son idéal de “Réparatrices du Cœur de Jésus méconnu et méprisé”, et distribue tout ce qu’elle peut pour aider les pauvres : restes de cuisine, argent, linge… Son père se fâche et lui défend de donner le linge sans sa permission.

A cette époque l’élan missionnaire connaît un profond renouveau, qui enthousiasme Pauline. La Propagation de la Foi est une structure de l’Eglise visant à aider les missionnaires dans leur difficile apostolat en pays lointains. Elle a alors une idée géniale : associer les petits à cette grande œuvre de l’Eglise. Comment ? En constituant des groupes de dix personnes qui prient chaque jour à la même intention, font une petite offrande hebdomadaire et s’engagent à former un nouveau groupe de dix personnes. Elle quête humblement auprès des ouvrières généreuses le “sou hebdomadaire”, quelque chose comme cinquante centimes d’euro. Son initiative a un gros succès, et son frère, qui est prêtre aux Mission Etrangères de Paris (MEP), l’encourage ; c’est le clergé local qui s’alarme, craignant une perte de profits pour les œuvres locales diocésaines.

Mais l’idée fait son chemin. L’œuvre de Pauline se structure en associations de 10, 100, 1000 personnes. En 1822, dix messieurs reprennent l’association pour porter la foi jusqu’au fond de l’Amérique et de l’Asie. Ce sera le premier maillon des Œuvres Pontificales Missionnaires, très actives encore aujourd’hui.

Pauline, pour sa part, reste dans l’ombre, humblement. Son confesseur lui ordonne même de se retirer de la vie active, de rester chez elle, où elle va s’occuper de son père et des tâches familiales. Son désir est d’aider les pauvres à acquérir une vie de prière, une vie chrétienne, comme antidote à l’athéisme du milieu bourgeois.

En 1826, Pauline a une autre inspiration : le Rosaire Vivant, en adoptant un moyen analogue à celui qui avait fait le succès de la Propagation de la Foi. Comme il est difficile de demander à chacun de prier chaque jour le rosaire dans son intégralité, elle confie à autant de personnes qu’il en faut la récitation quotidienne d’une dizaine de chapelet. A cette époque le rosaire comprend quinze mystères, donc quinze dizaines de chapelet. Les quinze membres d’un groupe de Rosaire Vivant prient chaque jour pour une même intention. Notons ici qu’aujourd’hui, un rosaire comporte vingt mystères, depuis l’institution par s.Jean-Paul II, des Mystères Lumineux.

Pauline anime les groupes par de petites circulaires, élargissant la prière aux intentions de l’Eglise universelle. Elle demande à chaque membre de s’adjoindre cinq autres membres. Cela devient une véritable armée en prière, favorisant la vie chrétienne et les belles vertus dans la société. Le Rosaire Vivant se développe en France, mais aussi à l’étranger, gagne l’Amérique, l’Afrique… Un certain Karol Wojtyla, polonais, connaîtra cette dévotion dans les années 1930 et découvrira seulement plus tard, une fois devenu Jean-Paul II, son initiatrice.

En 1832, Pauline achète sur la colline de Lorette à Lyon une grande maison pour abriter son association et pour “offrir à Notre-Dame de Fourvière un piédestal de verdure et de prière.” De cette maison seront expédiées dès la première année 240.000 livres, 80.000 images, 40.000 médailles et 19.000 chapelets ! La même année elle reçoit du pape Grégoire XVI l’approbation pour son œuvre. La quasi-totalité des évêques de France la soutiennent dans leur diocèse. En 1834, en deux années seulement, l’association comptera déjà plus d’un million d’adhérents, qui seront plus de deux millions à la mort de Pauline.

Une autre initiative, mal engagée, vaudra à Pauline l’échec, la ruine et même le discrédit. Elle aurait voulu remettre en marche les forges du Vaucluse, pour faire travailler les ouvriers pauvres dans une atmosphère chrétienne. Mais celui qui semblait l’appuyer est un escroc qui la trompe et l’entraîne à la faillite totale.

Pauline termine ses jours dans une pauvreté extrême et meurt, abandonnée de tous, le 9 janvier 1862.

Des années plus tard, elle sera réhabilitée, et son procès de béatification, ouvert par le Bienheureux pape Jean XXIII, est arrivé à sa conclusion, à la suite d’un miracle prodigieux.

L’année 2012 était le cent-cinquantième anniversaire de la mort de Pauline. Cette année-là, à Lyon, une petite fille de trois ans perdit connaissance à cause d’un étouffement ; à la suite d’un arrêt cardio-vasculaire de vingt minutes, les médecins suspendirent les traitements et restaient extrêmement pessimistes ; mais la famille demanda la poursuite de l’alimentation artificielle et commença une neuvaine de prières à Pauline Jaricot : la petite fille se réveilla et, successivement, disparurent totalement les symptômes d’un état végétatif qui semblait certain. La guérison fut totale.

Le miracle fut reconnu ; la béatification devrait arriver en 2021. Pauline sera alors inscrite au Martyrologe le 9 janvier.

Depuis 2005, la maison de Lyon est ouverte au public ; un lieu de calme et de recueillement, moins bruyant que la basilique de Fourvières. Les Lyonnais la connaissent peut-être moins que nos frères des missions lointaines, mais on vient par milliers visiter chaque année l’exposition qui y est installée.

Emblème du renouveau religieux du XIXe siècle, Pauline a découvert, un siècle avant le concile de Vatican II, ce qu’est le sacerdoce des fidèles, cette grâce du baptême qui nous unit tous dans l’unique Corps de Jésus-Christ et nous pousse à exercer ce sacerdoce par la prière personnelle et l’exemple de la charité vécue.

Józef Pawłowski

1890-1942

 

Józef était un des nombreux enfants de Franciszek et Jadwiga Kubackich et naquit à Dwikozy (Proszowice, Pologne) le 12 août 1890.

Après l’école primaire, il fréquenta dès 1901 le gymnasium de Pińczow et, en 1906, entra au séminaire de Kielce.

Entre 1911 et 1915, il étudia à l’université d’Innsbruck, où il fut reçu docteur en théologie.

Il fut ordonné prêtre en 1913.

Après quelques activités pastorales, il fut nommé en 1916 professeur d’archéologie biblique et d’exégèse au séminaire de Kielce, dont il devint sous-recteur en 1918, et recteur en 1936-1939.

Il écrivit une grande quantité d’articles sur des thèmes bibliques, sur les missions, la formation pastorale et le ministère sacerdotal.

En 1924, on lui décerna le titre honorifique de camérier secret du pape, en 1926 celui de chanoine honoraire, et de doyen du chapitre de la cathédrale en 1933.

Il manifesta sa grande charité de diverses façons : en obtenant des bourses d’études pour des séminaristes pauvres, en procurant des médicaments pour des malades, en soutenant les missions ; il donnait tout ce qu’il avait.

On lui devait le développement de l’Association Missionnaire du clergé, qui regroupait 95% des prêtres du diocèse, et bien d’autres associations : l’Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi, de l’Enfance de Jésus, de la Croisade missionnaire ; l’Association missionnaire féminine…

En 1939, il fut nommé curé de la cathédrale de Kielce, une charge devenue difficile quand les nazis occupèrent la place. L’abbé Pawłowski obtint d’être nommé aumônier pour la Croix-Rouge, et de s’infiltrer ainsi dans les camps de prisonniers, leur apportant des vêtements, faisant passer du courrier, de l’argent, les aidant même à s’évader, qu’ils fussent polonais ou allemands ou Juifs. Il célébra même une Messe dans la prison.

Dans le cadre de la paroisse, il organisa une soupe populaire : de cent-trente repas à l’automne 1931, on passa à trois-cent cinquante repas par jour en 1940.

Son activité finit par susciter la méfiance des autorités allemande. Il fut arrêté le 10 février 1941 et mis en prison. Le 15 avril, il fut emmené au camp d’Auschwitz, où il eut le numéro 13155. Un témoin raconta que (presque) chaque jour, il pria avec les co-détenus le chapelet et les litanies de Lorette. Le 4 mai 1941, il fut transféré au camp de Dachau, avec le numéro 25286.

Il y avait là jusqu’à trois cents prêtres, qui pouvaient prier, se retrouver pour célébrer la Messe. Leur travail était de porter la nourriture et de nettoyer le camp.

Peu avant de mourir, il confia cette pensée à un autre prêtre : Dieu est bon. Dans la situation la plus désespérée, il nous procurera une issue joyeuse de façon très inattendue. Vous verrez qu’il ne nous permettra pas d’attendre longtemps pour la libération.

Le 9 janvier 1942 à l’appel du matin, on lui remit un mystérieux papier, lui enjoignant d’emballer ses effets pour rejoindre un autre camp. Il attendit toute la journée au poste de garde jusqu’à l’appel du soir : c’était une situation qui précédait soit la mise en liberté, soit la mort. D’un mouvement ascendant des yeux, il fit signe à un co-détenu qu’il allait partir au Ciel.

Ensuite, on ne sait pas s’il fut abattu ou pendu. Mais il mourut certainement ce 9 janvier 1942.

A titre posthume, l’abbé Pawłowski reçut la Croix de Commandeur de l’Ordre de la Renaissance de Pologne.

Il fut un des cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, béatifiés en 1999.

Le Martyrologe le commémore le 9 janvier en même temps que le père Kazimierz Grelewski.

 

 

Kazimierz Grelewski

1907-1942

 

Kazimierz était le fils de Michał Grelewski et d’Eufrozyny Jarzinów et naquit à Dwikozy le 20 janvier 1907. Les parents étaient très chrétiens et actifs dans la paroisse. Le papa était meunier.

Le garçon reçut au baptême les noms de Kazimierz Blażej (Casimir Blaise), fit sa première communion en 1915 et reçut la Confirmation dans sa paroisse.

Il eut (au moins) un frère aîné (Stefan, qui mourra martyr lui aussi à Dachau) et une sœur (Jadwiga).

Après ses études au collège, il entra à l’école secondaire de Sandomierz en 1917 où il reçut le diplôme de fin d’études en 1923. Il se présenta alors au séminaire de Sandomierz.

Il fut tonsuré en 1925, ordonné sous-diacre et diacre en 1929, enfin prêtre le 4 août 1929 à seulement vingt-deux ans.

Au séminaire, on remarqua que Kazimierz était très serviable, modeste en même temps, passionné de littérature artistique et théologique.

Après son ordination, il fut nommé préfet de l’Ecole Kochanowski à Radom. Puis il fit par deux fois la demande d’aller fréquenter l’université catholique de Lublin. On ne put lui accorder cette faveur, par manque de prêtres, et il continua à enseigner dans l’école. En 1931 il prit part à une formation spécialisée de catéchèse à Sandomierz et co-organisa une exposition de l’artisanat à Radom. Il enseigna également à l’Ecole d’agriculture de Wachnie (banlieue de Radom).

Ayant lu Thérèse de l’Enfant-Jésus (qui avait été canonisée en 1925, v. 1er octobre), conquis par la «petite voie» de cette Sainte, il s’en fit un ardent propagateur et dirigea dans cet esprit tout un groupe de jeunes filles à Radom.

En 1937 il devint curé et prépara avec grande ferveur le Congrès Eucharistique international qui devait se tenir en 1939 à Budapest : là il rencontra le légat du pape, un certain Eugenio Pacelli, qui allait devenir le pape Pie XII. A Sandomierz il dirigea un groupe féminin dans l’esprit de la Croisade Eucharistique.

Au moment du déclenchement de la guerre, il resta courageusement à Radom et se retrouva un des rares prêtres sur place. Le 1er septembre 1939 il devint recteur de l’église Notre-Dame, l’actuelle cathédrale.

Comme recteur, il demanda aux gens de chanter à la fin de chaque messe, un hymne à la Vierge Marie, qui ressemblait beaucoup à l’hymne national Dieu garde la Pologne, que les Nazis avaient interdit.

Pendant la guerre, le père Kazimierz multiplia les activités clandestines et charitables : il continua un enseignement dans les écoles primaires, là où c’était encore possible, il ouvrit un orphelinat pour les enfants victimes de la guerre ; il y fit venir les enfants d’une paroisse voisine, où les forces de la Wehrmacht et la police, par représailles, avaient exécuté près de trois cents personnes.

Quand d’autres personnes des villages voisins furent mis en prison à Radom, il intervint en leur faveur auprès du personnel de la prison, qu’il connaissait bien. En raison de toute cette activité caritative, les habitants de Radom appelèrent le père Kazimierz l’apôtre des pauvres.

Le 4 avril 1940 eut lieu dans le bois de Firlej l’exécution de cent quarante-cinq paysans arrêtés dans le village de Gałki, accusés d’avoir favorisé les résistants du groupe Hubala. Il y avait aussi dans le groupe quelques femmes et des adolescents, qui chantaient leur confiance en Dieu. On les mit au bord d’une grande fosse commune, on y jeta une grenade et on les recouvrit aussitôt de terre alors qu’ils étaient encore en vie. Là encore, le père Kazimierz prit en charge les familles des victimes.

Dans la nuit du 24 janvier 1941 (quatre jours après son anniversaire) le père Kazimierz a été arrêté par un commando de la police secrète d’Etat, dans la maison paroissiale, au 6 rue Rwańskiej à Radom. Sa demeure fut entièrement saccagée et tout fut emporté, signe que la personne arrêtée était déjà condamnée à mort. Dans le même temps, on arrêta son frère Stefan (Etienne) et un autre prêtre qui passait par là, Józef Sznuro.

Il n’y avait pas qu’eux : la Gestapo arrêta aussi des médecins, des avocats, des ingénieurs, des professeurs, qu’ils emmenèrent tous dans des camions des soi-disant «Transports de Radom» vers le camp provisoire de Skarżysku-Kamiennej. Quand il quitta le camp, ses sous-vêtements tachés de sang furent renvoyés à sa famille. Fin février, on l’envoya au camp d’Auschwitz (où il porta le numéro 10443), et de là à Dachau, le 4 mai suivant, sous le numéro 25280.

D’Auschwitz, il envoya une petite carte à sa mère, datée du 16 mars 1941, écrite en allemand :

Ma très chère Maman, moi et mon frère, nous allons bien… Mon frère envoie sa lettre à Monsieur Lorek de Sandomir. Je te salue et dépose un baiser sur tes mains. Kazimir. (Ce Monsieur Lorek était l’évêque).

Le moral du père Kazimierz restait solide. Il eut la douleur de voir mourir son frère Stefan et écrivit encore à sa mère : Mon cher Stefan est mort dans mes bras (c’était le 9 mai 1941, Stefan avait quarante-trois ans).

Kazimierz était un confesseur recherché des prisonniers, et même des autres prêtres. Ils chantaient tous les matins l’office de la Sainte Vierge.

Un jour qu’un gardien le repéra, il le frappa et le renversa à terre. Kasimierz se releva et fit un signe de croix dans sa direction, en lui disant : Que Dieu te pardonne ! Le gardien alors se jeta sur lui et le frappa en criant : Et moi je vais t’envoyer directement à ton Dieu. Kasimierz se releva encore.

En décembre 1941, la sœur de Kazimierz, Jadwiga (Hedwige) demanda aux autorités du camp l’autorisation de faire passer à son frère des sous-vêtements chauds ; on lui répondit cinq jours plus tard, par la poste, que les prisonniers qui sont ici sont suffisamment fournis en vêtements chauds.

L’évêque Franciszek Jop, citant un témoin oculaire, affirma que Kazimierz fut pendu, ainsi que les deux autres prêtres Michałowicz et Pawłowski : le responsable des douches se trouvait en face de la cuisine, et put observer la scène.

Le cuisinier du camp - qui fut confirmé par un autre détenu - affirma que juste avant la pendaison, Kazimierz cria très fort : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu.

Cette exécution eut lieu le 9 janvier 1942 (huit mois jour pour jour après la mort du frère aîné, Stefan). Onze jours après, Kazimierz allait avoir trente-cinq ans. Pendant deux ans, sa pauvre mère fit des démarches pour retrouver son cher benjamin : elle n’arrivait pas à croire que Kazimierz n’était plus en vie.

Ce qui a été marquant dans l’activité sacerdotale de Kazimierz a été son zèle. Il n’était pas attaché aux choses matérielles. Il mettait toute sa confiance dans la Divine Providence et répétait sans cesse : Tout est dans les mains de Dieu.

Son travail dans la Croisade Eucharistique, dans l’Action catholique et dans la Congrégation mariale était inspiré par l’amour du Christ et de l’Eglise. Il répétait souvent : Cœur sacré de Jésus, que ton règne vienne. Avec une ferveur particulière il préparait les jeunes à la célébration du Christ Roi, une fête récemment instituée (1925).

Toujours souriant, il était plein de respect pour chacun. Tous ont appris de lui comment se sanctifier et comment prier. Il pu toucher le cœur de beaucoup d’enfants, dans cette ville toute gagnée au socialisme.

Chaque samedi après-midi il était au confessionnal et écoutait pendant des heures les enfants et leurs parents ; il avait une attention toute particulière pour les enfants.

Il ne recherchait pas pour autant la popularité. Il aimait ses confrères, les prêtres, et recherchait volontiers leur concours pour enseigner la religion. Pendant plusieurs années il recouvra la fonction d’aumônier dans un foyer de personnes âgées. L’évêque suffragant de Sandomirz écrivit de lui : Au travail, il était très calme, ne se mettait jamais en avant. Préfet parfait, il aimait les jeunes et chercha toute sa vie à inculquer aux jeunes l’amour du Christ et à les conduire le plus près possible du Christ. Il sut organiser parfaitement la Croisade eucharistique et la Congrégation mariale.

Kazimierz sut véritablement marcher sur les traces du Christ et y a entraîné les enfants et les jeunes. Son dévouement et toute sa vie ont profondément marqué les gens d’autres religions.

Un ancien élève attesta : Dans la classe il y avait une jeune fille juive qui restait volontiers dans la salle pour écouter les leçons du p. Kazimierz ; elle a apprécié l’homélie qu’il fit à une messe où elle put aussi assister. Nous étions témoins le dimanche de sa foi vivante et de sa profonde piété. Il avait une dévotion particulière à Notre-Dame de Błotnickie, patronne de Radom.

Le père Kazimierz Grelewski fut un des cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, béatifiés en 1999.

Le Martyrologe le commémore le 9 janvier en même temps que le père Józef Pawłowski.

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 00:00

08 JANVIER

 

II.

S Claudius Apollinaire, évêque à Hiérapolis, une colonne de l’Eglise en son temps, auteur d’une Apologie de la foi chrétienne, envoyée à l’empereur.III.

Ss Theophilos, diacre, et Helladios, martyrs en Libye.

S Lucianus, prêtre romain, apôtre du Beauvaisis, martyr avec les ss.Maximianus et Iulianus.

IV.

S Patient, évêque à Metz.

S Carterius, prêtre et martyr à Césarée de Cappadoce.

S Eugénien (Egémone ?), évêque à Autun, martyr.

V.

S Guilhelin, évêque à Londres.

S Séverin, apôtre du Norique, retrouvé incorrompu six ans après sa mort, transféré à Lucullanum lors d’une invasion barbare.

VI.

S Massimo, évêque à Pavie. 

VII.

S Georges, ermite à Choziba en Palestine ; il ne sortait que le dimanche pour s’entretenir avec ses frères.

S Nethelm, propriétaire écossais, puis anachorète et évêque à Aberdeen.

S Erhard, irlandais, évêque à Ardagh ; vénéré en Bavière.

VIII.

S Albert, évêque (?) à Cashel, mort à Regensburg, où il avait rejoint s. Erhard.

Ste Gudule, fille de ste Amalberge, vierge du Brabant, bienfaitrice des pauvres, patronne de Bruxelles.

Ste Pègue (Peggy), ermite près de son frère, s.Guthlac, à Croyland.

S Garibald, premier évêque à Ratisbonne.

XI.

S Wulsin, abbé à Westminster, évêque à Sherborne.

XV.

S Lorenzo Giustiniani, vénitien, évêque à Castello, puis à Venise, dont il fut le premier patriarche ; enterré seulement le 17 mars, son corps resta incorrompu.

XX.

Bse Eurosia Fabris Barban (1866-1932), mère de famille italienne exemplaire, béatifiée en 2005.
B Titus Zeman (1915-1969), prêtre salésien slovaque, martyr, béatifié en 2017.

Claudius Apollinarius

2e siècle

 

Ce Père de l’Eglise est très connu par les multiples éloges qu’en ont fait d’autres Pères, mais on n’a retrouvé de ses écrits que ce que ces derniers en ont cité.

Son nom se présente sous diverses formes : Apollinaris, Apolinaris, Apolinarius, qu’on fait ou non précéder de Claudius.

C’était un saint évêque en Phrygie (Asie Mineure), à Hiérapolis (sur la colline de Pamukkale, près de l’actuelle Denizli) où fut martyrisé l’apôtre Philippe (v. 3 mai) et où fut évêque s.Papias (v. 22 février).

D’après l’historien Eusèbe, Apollinaire envoya à l’empereur Marc-Aurèle une Apologie, dans laquelle il expliquait que la victoire de la Légion fulminante contre les Gades et les Sarmates, fut due à la prière des soldats, en majeure partie chrétiens, lesquels obtinrent une pluie assez abondante pour se désaltérer et empêcher l’ennemi de fondre sur leur camp (174). Saint Jérôme qualifie cette Apologie d’ouvrage insigne.

Apollinaire aurait aussi publié :

Cinq livres aux Grecs ; deux livres aux Juifs ; deux livres Sur la vérité ; un livre Sur la piété ; des écrits contre les hérésies : montanistes et encratites.

Apollinaire est également cité aux côtés d’autres Pères (Irénée de Lyon, Clément, Sérapion) pour soutenir que Jésus-Christ reçut une âme humaine au moment de son incarnation.

Comme on le voit, on ne sait vraiment rien d’autre sur la personne de Claudius Apollinarius.

Il dut mourir peu avant 180, et le Martyrologe le mentionne le 8 janvier.

 

 

Lucianus, Maximianus et Iulianus de Beauvais

† 290

 

Des incohérences chronologiques ont fait abandonner les premières recensions du martyre de ces trois héros.

Lucien, prêtre de Rome, fut envoyé pour prêcher en Gaule et son territoire fut le Beauvaisis, tandis que Denys était à Lutèce et Quentin à Soissons.

L’apostolat de Lucianus fut très fructueux et nombreux furent les convertis de l’idolâtrie.

Cet heureux travail fut (humainement) entravé par des magistrats romains, dont le tristement célèbre Rictiovarus, qui s’emparèrent de Lucianus et de ses deux compagnons, Maximianus et Iulianus.

On chercha à les faire apostasier, par de belles promesses, puis par les menaces, qui n’émurent pas nos Héros. On décapita Maximianus et Iulianus, puis Lucianus, à quatre milles de la ville de Beauvais.

Ajoutons que, parfois, on fait de Lucianus un évêque, ce qui ne semble pas assuré historiquement.

Saints Lucianus, Maximianus et Iulianus de Beauvais sont commémorés le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theophilos et Helladios de Libye

† 3e siècle

 

Theophilos et Helladios vivaient en Libye.

Le premier était diacre ; l’autre, non : peut-être un camarade de Theophilos, un parent, un néophyte gagné par la prédication du Diacre ?

La tradition des ménologes grecs affirme qu’ils furent d’abord déchirés avec des lanières de cuir, puis piqués avec des pointes très aiguës, enfin jetés dans le feu.

Leur martyre est mentionné au 8 janvier.

Saints Theophilos et Helladios de Libye sont commémorés le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Patiens de Metz

† 4e siècle

 

Patiens (Patient), d’après une ancienne tradition, aurait été Grec d’origine et aurait connu l’apôtre s.Jean lui-même en Asie Mineure.

Il aurait été choisi par Jean, à la demande de s.Pierre, pour aller prêcher l’Evangile dans la région de Metz. Jean lui aurait remis alors une de ses dents (?) en l’assurant qu’il aurait parlé la langue des habitants de Metz et le consacra évêque avant de l’envoyer en mission.

Patiens serait ensuite mort vers 157, à Metz, où ses reliques demeurèrent jusqu’à la Révolution.

Une chronologie plus exacte aurait établi qu’il fut, certes, le quatrième évêque de cette ville, mais au quatrième siècle.

Saint Patiens de Metz est commémoré le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severin du Norique

410-482

 

Severin provenait, croit-on, de l’Afrique du Nord, où il naquit vers 410, dans une famille distinguée. Mais Severin lui-même aurait constamment cherché, par discrétion, à cacher son origine.

Il dut fuir sa région vers 437 devant les Vandales ariens, et aurait gagné d’abord l’Asie Mineure où il aurait vécu dans un monastère. Puis il serait venu à Astura dans le Norique, l’actuelle région d’Autriche au sud du Danube.

Ce serait vers 454. Discrètement, il s’associa à la vie locale, priant, rendant service. Un jour, sortant de son habituel silence, il avertit toute la population que les Barbares approchaient. On se moqua de lui, et Severin gagna la ville proche de Commagen. Même scène, même incrédulité, mais un vieillard arriva bientôt d’Astura, annonçant qu’il fallait croire à cet individu, car justement Astura venait d’être dévastée. Les habitants de Commagen alors s’émurent et passèrent trois jours en prière et en pénitence. Un tremblement de terre alors se déchaîna de nuit et les Barbares, affolés, s’entretuèrent, libérant alors la ville.

On chercha à en savoir plus sur cet homme mystérieux, mais Severin ne révéla jamais rien sur lui-même.

Après Commagen, il prêcha à Favianes, dans des circonstances similaires ; mais alors la population crut à sa parole, se convertit sincèrement et fut ainsi libérée de la menace de la famine et des Barbares.

Vers 455, Severin fonda un monastère non loin de Favianes. Il réunit près de lui une petite communauté de saints moines.

Personnellement, il avait une vie très mortifiée : son lit était un cilice étendu à terre ; son unique vêtement, une tunique été comme hiver ; jeûne quotidien, une nourriture discrète au coucher du soleil ; en carême, un seul repas par semaine ; toujours pieds nus.

Plein d’une charité inépuisable, Severin rachetait les captifs. Il opéra des miracles, et même la résurrection d’un mort, mais ceci ne fut connu qu’après sa mort.

Au moment de mourir, il prophétisa à ses moines qu’ils devraient quitter la région.

Il mourut à Mautern an der Donau, le 8 janvier 482, au lendemain de l’anniversaire de s.Valentin, l’évêque de Rhétie mort en 475.

En 488, une nouvelle invasion de Barbares obligea effectivement les moines à partir ; ils voulurent emmener le corps de leur Père, qu’ils trouvèrent intact. Le cortège descendit en Italie et de nombreux miracles se produisirent au passage du saint corps. On arriva près de Naples, à Lucullanum, où un nouveau monastère fut construit et où l’on plaça le corps de s.Severin.

En 910, nouveau transfert du corps dans l’abbaye bénédictine de Naples.

Saint Severin du Norique est commémoré le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Massimo de Pavie

† 514

 

Saint Massimo (Maximus) est historiquement attesté comme évêque de Pavie, à cheval sur les 5e et 6e siècles, entre les deux autres saints évêques, Epifanio et Ennodio (v. 21 janvier et 17 juillet).

Epifanio mourut en 496, date à laquelle Massimo fut vraisemblablement consacré évêque. Il pouvait donc être né au plus tard vers 466.

Massimo participa à deux conciles romains convoqués par le pape Symmaque (v. 19 juillet) en 499 et 503.

Ennodio, qui rédigea une Vita de saint Epifanio, dit que son successeur, Massimo, imita les vertus de son prédécesseur.

On croyait qu’un autre saint Massimo avait été évêque de Pavie, au 3e siècle, mais il semblerait que ce serait le même personnage que celui d’aujourd’hui ; d’ailleurs le Martyrologe n’en parle pas.

Saint Massimo de Pavie est mentionné le 8 janvier au Martyrologe Romain.

Georges de Choziba

† 614

 

Georges était de famille cypriote et avait un frère, Héraclide, qui partit en Terre sainte pour y mener une vie ascétique et érémitique.

Quand moururent les parents, Georges voulut rejoindre son frère, mais ce dernier le jugea trop jeune pour ce genre de vie, et le confia au monastère de la Mère de Dieu à Choziba (act. Wadi Qelt, un site proche de l’actuelle Qasr al-Yahud, au nord de la Mer Morte).

Georges reçut la tonsure monacale et fut formé par un ancien, assez sévère. Il s’y soumit très humblement et très patiemment. Un jour que ce «maître» s’était fâché contre Georges, il le gifla violemment, mais sa main se dessécha sur place ; le moine ancien n’en put récupérer l’usage que sur les prières de Georges.

Mais pour échapper aux commentaires élogieux, Georges quitta le monastère et rejoignit son frère à Calamon, où il partagea sa cellule jusqu’à la mort d’Héraclide.

De Choziba, on rappela cependant Georges, sur révélation divine, pour y apaiser des dissentions. Georges vivait en reclus dans sa cellule toute la semaine ; le dimanche seulement il se mêlait à la communauté et entretenait les frères sur les choses divines.

En 614, Georges prédit que Jéricho allait être prise par les Perses, et Jérusalem encerclée. Des frères partirent se réfugier ailleurs ; d’autres restèrent à Calamon avec Georges. Les envahisseurs arrivèrent en effet. On sait que c’est en cette année qu’ils s’emparèrent de la précieuse Relique de la Croix du Christ, emmenèrent captifs beaucoup de survivants du siège, et massacrèrent beaucoup de moines, sauf Georges, qu’ils respectèrent et laissèrent repartir à Choziba. Lors de cette invasion, il y eut environ soixante-mille tués, d’après un récit contemporain.

Se sentant proche de la mort, Georges appela près de lui son fidèle disciple Antoine et s’éteignit dans ses bras. Antoine écrivit ensuite la Vie de son maître.

L’année de la mort de saint Georges se situe vers 614 ou peu après, et le Martyrologe le mentionne au 8 janvier.

 

 

Nethelm de Aberdeen

† 678

 

Nethelm ou Nathalan (Nethelmus, Nathalanus) était un grand propriétaire en Ecosse. Il distribua ses biens aux pauvres.

Constatant que le travail des champs convient le mieux aux contemplatifs, il s’y adonna et en fit un exercice de pénitence. Il mena pendant quelque temps la vie d’un anachorète et acquit une grande connaissance des sciences profanes et sacrées.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il rencontra le pape (s. Eugène 1er ou s. Vitalien, v. 2 juin et 27 janvier), qui le sacra évêque.

Rentré en Ecosse, il maintint son style de vie austère, prêcha l’Evangile aux populations, auxquelles il épargna ainsi l’hérésie du pélagianisme.

Il habitait à Tullicht, dans l’actuel diocèse d’Aberdeen, où il fit construire deux églises.

Sa mort arriva selon d’anciennes sources vers 452, selon le Martyrologe actuel vers 678.

Pendant longtemps, des miracles furent opérés sur son tombeau, jusqu’à l’époque du protestantisme.

Saint Nethelm est commémoré au Martyrologe Romain le 8 janvier.

 

 

Erhard de Regensburg

† - 686

 

Le nom de cet évêque a connu une foule d’orthographes : Eerhard, Erhard, Eberhard, Erard et même Garibald ; on l’a relié à l’Ecosse, à l’Irlande, à Regensburg (Ratisbonne), par références aux diverses circonstances de sa vie.

Les études les plus autorisées le font naître au 7e siècle en Irlande.

Il aurait été déjà évêque à Ardagh (Irlande). Certains historiens précisent qu’il fut évêque à Narbon en Irlande, transformation de N’Ardagh.

Les mêmes historiens l’envoient alors à Rome en pèlerinage, puis dans un endroit solitaire des Vosges, non loin du monastère de Moyenmoutier, où son frère Hidulf était abbé (v. 11 juillet). avant de venir missionner en Germanie. Si le fait est vérifiable, il ne peut avoir été sacré par saint Boniface (v. 5 juin).

Il assista l’archevêque de Trier (Trèves) et fut nommé évêque à Regensburg (qu’on traduit Ratisbonne en français).

Thaumaturge, Erhard fut divinement informé d’aller baptiser Odile, jeune fille alsacienne qui était née aveugle et, pour cela, rejetée par son père. Odile (Ottilia, v. 13 décembre) recouvra la vue à son baptême et fut réhabilitée par son père. On a ici avancé qu’Erhard se rendit avec son frère Hidulf à Parma, mais les textes disent Palma, qu’on a traduit par Baume-(les-Dames).

Des miracles ont été attribués à saint Erhard : il aurait guéri le bétail, creusé une grotte et fait jaillir une source d’eau.

Erhard mourut en ou vers 686 (on avance parfois 707).

Les récits ont parfois complété ces faits connus par l’ajout d’un frère (ou deux) d’Erhard, de leur voyage à Rome où ils auraient rencontré le Pape (certainement pas Formose, qui vivait deux siècles plus tard ; il est difficile de supposer quel pape les aurait reçus, puisqu’il y en eut vingt durant le 7e siècle.

Le culte rendu à Erhard est attesté dès le 8e siècle et l’on n’a pas manqué de lui donner beaucoup de travail comme céleste protecteur contre les maladies des yeux, contre les maladies du bétail et contre la peste, pour les boulangers et les forgerons, pour les mineurs et les cordonniers, pour les hôpitaux ; il est bien sûr le patron de Regensburg.

Un groupe de religieuses (les Erardinonnen ou Nonnes d’Erhard) s’est constitué pour prier perpétuellement sur la tombe d’Erhard, à Regensburg. Le pape Léon IX les a approuvées.

Saint Erhard est mentionné le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Albert de Cashel

† 700

 

La tradition rapporte que cet Anglais de naissance alla prêcher en Irlande.

Une biographie tardive disait de lui qu’il était anglais de naissance, angélique de mœurs. Sur la parenté entre les deux termes angélique et anglais, qui remonte à s. Grégoire Ier, v. 12 mars.

Albert aurait pu être aussi évêque de Cashel, quoiqu’une étude ait avancé que ce diocèse n’a pas été érigé avant 1118. On ne parle pas non plus de son sacre ; il aura sans doute pu avoir une activité apostolique digne d’un évêque.

Après son activité en Irlande, il passa en Bavière - ce qui exclut aussi, en principe, sa mission épiscopale en Irlande. A Regensburg (Ratisbonne) il trouva, dit-on, Erhard (v. ce même 8 janvier), qui était lui-même originaire d’Ecosse (ou d’Irlande). Dans une autre version, ce fut Erhard qui alla le chercher en Irlande.

Albert seconda Erhard dans l’activité évangélisatrice, malgré les douleurs au dos et aux hanches que lui causait le rhumatisme.

Ensemble ils firent le pèlerinage à Rome et jusqu’à Jérusalem. C’est au retour à Regensburg, ou peu après, qu’Albert mourut, apparemment le 8 janvier de l’an 800 (ou peut-être plutôt en 700, car Erhard mourut lui-même peu avant ou peu après 700). Le tombeau d’Albert est au Niedermünster de Regensburg.

Les deux «Britanniques» sont donc commémorés le même jour, 8 janvier, au Martyrologe Romain, qui qualifie toutefois Albert d’évêque.

Saint Albert a été canonisé en 1902, à moins qu’il se soit seulement agi d’une reconnaissance de culte immémorial.

 

 

Gudila

† 712

 

Le nom de Gudila a reçu maintes traductions ou transcriptions : déjà en latin ou en allemand Gudula, Guodila, en français Goule, Engoule, Gudule, en flamand Gôëlen.

Elle naquit au 7e siècle de parents de la noblesse brabantine, Witgerus et Amalberga, celle-ci parente de Pépin de Landen ; la famille avait sa propriété à Martinæ, qu’on croit localiser aujourd’hui à Merchtem.

Gudila eut pour marraine et éducatrice sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars), qui était la fille de Pépin de Landen.

A la mort de Gertrude (659 ou 664), Gudila revint chez ses parents, toute emplie des enseignements de la grande Abbesse. Elle se consacra à Dieu totalement et mena une vie toute de prière, de veilles, de jeûnes, retirée dans un petit village pas trop éloigné, mais séparé de l’habitation familiale. Par ses généreuses aumônes, elle fut vraiment la mère des pauvres et des affligés.

De ses (discrètes) pénitences, on signale qu’elle marchait toujours pieds-nus, mais qu’elle portait des «sandales» sans semelles, par modestie, pour tenter de masquer cette mortification.

Le diable n’aimait pas cette vierge trop pieuse ; il lui éteignait la lampe durant sa prière nocturne, mais la prière de Gudila la rallumait. L’Ennemi la persécuta longtemps, par des doutes et mille pensées abjectes, dont elle triompha par l’offrande répétée de toute sa personne à Dieu.

Elle eut le don des miracles. Par exemple, elle guérit sur place un enfant estropié pour lequel la pauvre maman lui demandait de prier ; une autre fois, elle guérit une lépreuse.

On l’aurait vue accrocher son gant à un rayon de soleil ! Rien n’est étrange pour les âmes mystiques unies à Dieu !

Gudila mourut le 8 janvier 712. Nombreux furent les pauvres gens qui vinrent accompagner son cercueil, reconnaissants, et affligés de perdre une telle mère.

Près de sa tombe à Hamm grandit un peuplier, où chantait merveilleusement un petit oiseau ; quand les reliques furent transférées à Moorsel, l’arbre et l’oiseau s’y transportèrent également.

Sainte Gudila est commémorée dans le Martyrologe Romain au 8 janvier.

 

Lorenzo Giustiniani

1381-1456

 

Lorenzo Giustiniani naquit le 1er juillet 1381 à Venise, d’un père qui mourut trop tôt, laissant veuve Quirina, une sainte femme forte qui devait désormais élever seule les cinq enfants qu’elle avait déjà mis au monde à vingt-quatre ans. Elle savait s’imposer des mortifications, un cilice, une ceinture de fer.

Son Lorenzo grandissait et, adolescent, était un beau jeune homme, élégant et distingué ; sa mère y craignait de l’orgueil, mais le garçon la rassura, lui promettant de rester fidèle à Dieu.

En effet, Dieu lui envoya une grâce toute spéciale quand il eut dix-neuf ans, et qu’il raconta lui-même : alors qu’il cherchait la paix pour son âme, il eut l’apparition d’une jeune fille très belle, qui lui proposa cette paix intérieure s’il l’épousait. C’était la Sagesse de Dieu, sous forme humaine, qui lui donna le baiser de paix avant de le quitter.

Malgré une belle proposition de sa mère pour un mariage heureux, Lorenzo suivit plutôt le conseil d’un oncle, chanoine, et s’engagea dans la voie de l’ascèse. Lorenzo regarda le Crucifix et répondit : Seigneur, c’est toi mon espoir.

Il entra donc dans la congrégation des Chanoines de Saint-Georges in Alga, une famille religieuse à la règle sévère, dans laquelle Lorenzo se trouva tout à son aise. Il en ajouta : il ne sortait pas au jardin, ne s’approchait pas du feu pour se réchauffer, buvait peu même s’il avait soif, restait en méditation entre les Matines et l’Office matinal, chantait l’office sans s’appuyer à la miséricorde (ce petit support qui permet aux moines d’être un peu soulagés quand la position debout est trop rude, mais sans vraiment s’asseoir). Les Confrères songeaient à lui faire adoucir ces mortifications, mais il persévéra, confiant en la grâce de Dieu.

Il fut ordonné prêtre en 1407, élu prieur en 1409, prieur général en 1413 et 1421. Son souci de protéger et développer la congrégation lui valut le nom de second fondateur.

Extrêmement humble et effacé, il acceptait telle injustice sans broncher ; s’il allait faire la quête, il évitait sa famille qui lui aurait rempli sa besace pour lui éviter d’aller quêter plus loin ; il n’alla voir sa mère et ses frères mourants (Marco e Leonardo) qu’aux derniers moments, pour ne pas être tenté par l’ambiance famliale.

Un jour de Noël, il fallut le tirer d’une extase où il s’attardait, pour achever la Messe.

Un ancien chanoine, devenu pape (Eugène IV), le fit évêque de Castello en 1433, un siège qui allait être transféré à Venise en 1451. Lorenzo en fut nommé le premier patriarche.

Il élimina tout faste dans sa maison, l’argenterie, les domestiques inutiles. Il s’occupa de son diocèse avec un soin apostolique, rehaussant la liturgie, multipliant les monastères. Il distribua du bois de chauffage en hiver.

Ce n’était pas un orateur, mais il savait parler doucement et convaincre, jusqu’au doge de Venise ; mais il fut un écrivain rempli de zèle ; on a dit que sa langue n’était pas sans grâce, et son latin meilleur que celui de ses contemporains.

Lorenzo fut un jour mystérieusement averti qu’un de ses prêtres en était arrivé à vouloir se suicider, après une vie de débauche et ne pouvant élever ses enfants. Lorenzo le fit venir, l’avertit fraternellement sur ses devoirs, sur les peines qu’il encourait dans l’éternité, lui remit quelques pièces d’or : le malheureux changea complètement et fit une fin très pacifiée.

De ses nombreuses maximes, on retiendra celles-ci :

Il ne faut jamais perdre la confiance en Dieu : elle est la vie de l’âme.

Le riche ne se sauve que par l’aumône.

La vraie science tient dans ces deux propositions : Dieu est tout, moi rien.

Lorenzo écrivit jusqu’au dernier jour de sa vie. On voulut le coucher dans un lit, qu’il refusa. Au moment de sa dernière heure : Jusqu’ici, c’était de la farce, ça devient sérieux.

Tel confrère avait les larmes : Allez-vous-en avec vos larmes. C’est le moment de rire, pas de pleurer.

Le 8 janvier 1456, il dit encore Je viens à toi, mon Jésus, et expira.

Par un prodige qui n’arrive pas souvent, son corps resta sans corruption jusqu’au moment des funérailles, qui n’eurent lieu que le 17 mars suivant.

Pendant longtemps la célébration de sa fête se fit le 5 septembre.

Lorenzo Giustiniani a été béatifié en 1524 et canonisé en 1690.

 

 

Eurosia Fabris Barban

1866-1932

 

Eurosia naquit à Quinto Vicentino (Vicenza, Italie N) le 27 septembre 1866, de parents très chrétiens qui la firent baptiser trois jours plus tard. Eurosia n’était pas un nom habituel, et tous l’appelèrent Rosina (petite Rose).

Puis on déménagea à Marola en 1870, qui fut le village d’Eurosia pour toute la vie.

Il y avait bien une école, mais elle n’en fréquenta que les deux premières années, continuer aurait été un luxe excessif. Eurosia aimait lire, surtout l’Ecriture Sainte.

A quinze ans, elle enseignait le catéchisme ; sa méthode était tellement convaincante, douce, claire, que tous en conservaient un souvenir indélébile. A la maison, on lui demandait son avis dans les discussions entre frères et sœurs.

Belle et gentille, elle fut plusieurs fois demandée en mariage.

Quand le voisin, Carlo Barban, perdit son épouse, il demanda à Eurosia de venir travailler pour tenir la maison et s’occuper des deux petites filles : puis il la demanda en mariage. Elle accepta après avoir demandé conseil aux parents et au curé ; elle avait vingt ans (1886).

Carlo était un paysan bien installé, mais il avait hérité des dettes de son père. Eurosia le savait et, sans s’inquiéter, lui redonnait confiance en Dieu.

De cette union naquirent neuf enfants, dont les deux premiers moururent très jeunes. Cela, Eurosia le savait d’avance : la Sainte Vierge le lui avait prédit au sanctuaire de Monte Berico.

Ce n’était pas tout : une de ses nièces, Sabina, mourut pendant que son mari était à la guerre, durant le premier conflit mondial, et Eurosia en adopta les trois enfants. Voilà une maison bien remplie, pleine d’amour, et douze petites bouches à nourrir avec le seul travail du papa.

De ces douze créatures, six se marièrent, deux furent prêtres (Giuseppe et Secondo), deux furent franciscains (Angelo Matteo, qui fut le père Bernardino, et un autre, qui fut le frère Giorgio) ; Chiara Angela, la première adoptée, entrera chez les Sœurs de la Miséricorde à Vérone, et un autre mourut séminariste.

Eurosia, dite Rosina, était devenue… Mamma Rosa. Consciente de sa mission de mère éducatrice, elle priait, donnait l’exemple de la patience et de la douceur. Elle acceptait de vivre dans la pauvreté, dormant peu et se mortifiant pour mieux écouter la voix de Dieu.

Elle priait et faisait prier pour la conversion des pécheurs. A midi, elle versait un bol de soupe aux pauvres qui frappaient chez elle. Durant la guerre, en plus des enfants qu’elle avait adoptés, elle s’occupait autant qu’elle pouvait des veuves et de leurs enfants. Un jour qu’elle et son mari avaient accueilli une petite famille de passage, la mère accoucha et les époux Barban les gardèrent trois jours chez eux.

Toute sa vie, Eurosia fut dévote de l’Esprit Saint, qu’elle invoquait chaque jour pour demander la Lumière, pour vaincre les tentations. L’Eucharistie et la Sainte Vierge étaient ses deux autres références caractéristiques.

Ils étaient pauvres, mais savaient partager les produits du jardin et du poulailler. En outre, Eurosia enseignait la couture aux petites filles, particulièrement les robes de mariage ; en travaillant, on priait, on parlait du Bon Dieu.

Lorsqu’en 1916 se constitua dans la paroisse une communauté du Tiers-Ordre franciscain, Eurosia s’y inscrit, avec son fils Sante Luigi.

Après quarante cinq ans de mariage, veuve à son tour (1930), elle confia à son fils prêtre, don Giuseppe, que Dieu lui avait révélé la date de sa prochaine mort, dans dix-neuf mois.

Dès l’automne 1931, des douleurs rhumatismales attaquèrent les mains et les pieds, puis les épaules et les genoux : elle dut s’aliter. Début janvier, une pneumonie lui rendit la respiration très pénible. Elle s’éteignit le 8 janvier 1932, consciente et souriante.

Béatifiée en 2005, proclamée Patrone des Catéchistes en 2009, Eurosia est fêtée localement le 9 janvier.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison inexplicable d’une jeune femme de Vicenza, atteinte d’adénopathie trachéobronchiale. Malgré une importante thoracentèse, du liquide infectieux s’était répandu dans l’abdomen. Jusqu’au 30 novembre 1944, aucune issue n’était plus envisageable. Mais au matin du 1er décembre, l’abdomen était nettement soulagé et, peu de jours après, tout le liquide avait disparu, la fièvre également, sans aucune intervention médicale ; la guérison était totale en quelques jours. On avait prié par l’intercession d’Eurosia : sa présence était manifeste et fut dûment constatée par les autorités médicales et ecclésiastiques.

 

 

Titus Zeman

1915-1969

 

Titus Zeman naquit le 4 janvier 1915 à Vajnory (Bratislava, Slovaquie), aîné des dix enfants d’une humble famille.

Durant son enfance, il souffrit diverses maladies ; guéri soudainement, à dix ans, il promit à la Sainte Vierge d’être «son fils pour toujours» et il exprima le souhait d’entrer chez les pères Salésiens (fondés par s.Giovanni Bosco, v. 31 janvier), de sorte qu’il fréquenta leur école à Šaštín.

Au début, la famille n’était pas consentante et attendit deux années avant de laisser partir Titus. Ce dernier écrivit alors à ses parents de vendre un champ pour payer ses études, ajoutant même : Si j’étais mort, vous auriez trouvé l’argent pour mes obsèques. S’il vous plaît, utilisez cet argent pour payer mes études.

En 1931, il commença le noviciat et fit la première profession en 1932.

En mars 1938, il se trouvait à Rome pour sa profession solennelle, en l’église du Sacré-Cœur au Castro Pretorio. A Rome, Titus compléta ses études à l’Université Grégorienne, et les acheva à Chieri.

En juin 1940, il fut ordonné prêtre à Turin et revint dans son pays d’origine pour célébrer sa Première Messe.

Déjà en 1946, Titus fut inquiété par le régime communiste. Il refusait de retirer le crucifix de sa salle de classe, et fut pour cela renvoyé de l’école.

Jusqu’en 1950, il fut aumônier et catéchiste. Sportif et professeur de matières scientifiques, il savait entraîner les jeunes.

A partir de cette date cependant, le régime communiste interdit toute manifestation religieuse et envoya en camps de concentration tous les prêtres et les religieux qu’on pouvait arrêter. Titus eut alors l’idée courageuse d’organiser par deux fois un déplacement de jeunes vocations, pour les acheminer jusqu’à la maison-mère de Turin, où ils auraient achevé leur préparation. Plus de soixante jeunes hommes purent ainsi rejoindre Turin.

De ces expéditions très risquées, le père Titus disait : Même si je perds la vie, je ne considérerais pas vain de savoir qu’au moins un de ceux que j’ai aidés, soit devenu prêtre.

Ces deux expéditions réussirent, c’est à la troisième que la police intercepta le groupe et le père Titus (avril 1951). En attendant son procès, Titus subit dix mois de détention préventive, durant lesquels il fut torturé. Le procès eut lieu en février 1952 : Titus fut accusé de haute trahison et d’espionnage et risquait la peine de mort ; la Providence fit qu’il fut condamné «seulement» à vingt-cinq ans de prison.

Son numéro de prisonnier était le 024858. On imagine mal ce que pouvaient être les conditions de détention du père Titus. Expériences médicales, isolation prolongée durant plusieurs mois, travail avec l’uranium sans protection, ration alimentaire réduite au sixième. Le père Titus eut de graves pathologies : cardiaque, pulmonaire, neurologique. Témoin matériel de ces années, fut le «chapelet» qu’il se fabriqua avec du pain et du fil : cinquante-huit perles, une pour chaque période de torture qu’il subit.

En réalité, cette prison dura de février 1952 au 10 mars 1964, date à laquelle on remit le prêtre en liberté conditionnelle, en raison de ses très mauvaises conditions de santé.

En 1968, on lui permit de reprendre la célébration de la Messe.

Le 8 janvier 1969, le père Titus mourut d’un arrêt cardiaque à Bratislava, suite aux mauvais traitements reçus. Quelques mois plus tard, un procès en révison l’absolvait totalement.

Titus Zeman fut béatifié en 2017, et inscrit au Martyrologe le 8 janvier.

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 00:00

07 JANVIER

 

III.

S Polyeucte, soldat martyr à Mélitène, où il reçut le baptême de sang ; c’est ce martyr qui inspira la tragédie de Corneille.

IV.

S Lucien, syrien venu à Antioche où il fut prêtre et ouvrit une école d’exégèse : sa traduction en grec sur l’hébreu de la Bible fut précieuse à s.Jérôme ; durant son martyre, il ne répétait que ces mots : “Je suis chrétien”.

S Théodore, moine en Egypte.

?

S Cler, diacre martyr à Antioche.

Ss Félix et Janvier, martyrs à Héraclée.

V.

S Valentin, premier évêque à Passau.

S Crispino, évêque à Pavie.

S Valentian, évêque à Coire, très charitable.

VIII.

S Théau, esclave de Saxe racheté par s.Eloi, moine à Solignac. 

S Cyr, évêque à Constantinople.

Ste Kentigerne, veuve irlandaise, mère de s.Fillan.

IX.

B Witikind, duc de Westphalie, filleul de Charlemagne.

S Aldric, d’une famille saxonne, chapelain de l’empereur, évêque au Mans.

X.

S Rainaldus, moine à Cologne, tué par les tailleurs de pierre hostiles.

S Anastase, évêque à Sens ; il fit reconstruire l’église de l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif.

XII.

S Knud Lavard, fils du roi danois Eric 1er le Toujours Bon, et neveu de s. Knud IV le Saint, “martyr” d’une conspiration.

XV.

B Matteo Guimerà, dominicain sicilien, compagnon de s.Bernardino de Sienne, évêque à Agrigente, retiré à Palerme.

XVI.

B Edward Waterson, prêtre anglais martyr par la pendaison à Newcastel (le 8 janvier au Martyrologe).

XVII.

B Ambrósio Fernandes, homme d’affaires parti au Japon, où il devint frère jésuite et mourut en prison, martyr.

XVIII.    

B Pai Kwan-gyeom Franciscus, laïc coréen martyrisé enterré vivant, béatifié en 2014.

XIX.

S Giuse Tuân, paysan et père de famille, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Jeanne Haze (Marie-Thérèse), belge, fondatrice des Filles de la Croix pour les infirmes et les pauvres, béatifiée en 1991.

Polyeucte

† 250

 

Le nom de ce martyr est assez connu dans le monde littéraire français, pour la tragédie que Pierre Corneille a écrite en 1641, et qui s’inspire directement de la Passio de saint Polyeucte.

Polyeucte était un officier romain, d’origine grecque, stationné à Mélitène (aujourd’hui Malatya en Turquie). Il avait épousé Pauline, la fille du gouverneur de la province, Félix, et pouvait déjà avoir quelques enfants.

Quoiqu’encore païen, il écoutait amicalement ce que son compagnon Néarque lui disait sur le christianisme, quand fut publié l’édit impérial de la nouvelle persécution de Dèce.

Une vision (ou une apparition) du Christ inspira à Polyeucte une ferme espérance de la gloire céleste, et un grand désir du baptême de sang.

Ayant lu l’édit de l’empereur, Polyeucte le déchira publiquement, puis alla briser les statues de douze dieux qu’on portait en procession.

Ni les exhortations de Félix, ni celles de Pauline, ni celles des bourreaux éreintés de le frapper, ne purent ébranler Polyeucte. Il fut décapité.

La date historique de ce martyre semble avoir été établie au 7 janvier 250, comme le rappelle le Martyrologe romain.

Dès le 4e siècle fut construite à Mélitène une basilique en l’honneur de saint Polyeucte.

A Constantinople prévalut l’opinion que saint Polyeucte punissait les parjures ; c’est sans doute sur la base de cette croyance que les premiers rois de France confirmaient leurs traités par le nom de Polyeucte et le prenaient, avec saint Hilaire et saint Martin, pour juge et vengeur de celui qui romprait l’accord.

Peut-on qualifier d’imprudente l’attitude de Polyeucte ? Lui était-il permis d’affronter publiquement les autorités ? C’est sans doute la vision qu’il eut, qui lui suggéra son ardeur à se déclarer croyant, avant même d’avoir été baptisé. Il reçut le baptême du sang, qui lui ouvrait le Ciel.

La tragédie de Corneille comporte quelques altérations par rapport à l’Histoire, mais certains vers sont à la hauteur du Martyr :

Ainsi à Pauline :

Je vous aime,

Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même.

 

 

Lucien d’Antioche

† 312

 

Lucien était né à Samosate en Syrie.

Orphelin à douze ans, il alla à Edesse, où il se mit sous la direction d’un certain Macaire, un célèbre exégète.

Lucien put apprendre de lui la science des Ecritures, mais surtout un style de vie marqué par l’austérité, la mortification, le silence et la prière.

D’Edesse, Lucien vint à Antioche où il demanda le sacerdoce. Il ouvrit à son tour une école d’exégèse, comme il l’avait vu faire par Macaire à Edesse. Il entreprit alors une révision de la traduction de la Bible en grec, à partir du texte hébreu, un travail qui fut très répandu en Orient et dont se servit beaucoup saint Jérôme.

Il y eut une controverse au sujet d’un hypothétique moment de déviation doctrinale de Lucien : il aurait été séparé pendant un temps de la communion catholique. On peut suggérer que des faux aient circulé sous le nom de Lucien, ou que, dans le pire des cas, Lucien se soit un moment fourvoyé et soit rentré dans la pleine communion, après avoir compris son erreur.

Pratiquement, ses écrits, puis son martyre, attestent son orthodoxie.

Lucien était présent à Nicomédie lors de la persécution de Dioclétien. Dénoncé, il fut mis en prison, et y resta pendant de longues années.

Il fut traduit devant l’autorité romaine, en 311 seulement, et présenta une apologie du christianisme. Il fut remis en prison et privé de nourriture pendant deux semaines, après quoi on lui présenta des viandes offertes aux idoles, qu’il refusa.

Ramené devant le tribunal et questionné de mille façons, Lucien n’eut qu’une réponse à toutes les demandes : Je suis chrétien.

Lucien mourut le 7 janvier, soit décapité, soit en prison des suites de tous ces mauvais traitements.

Beaucoup de miracles ont été recensés. La veille de sa mort, jour de l’Epiphanie, il aurait demandé à ses amis de déposer le pain sur sa poitrine (car il était couché sur le dos, les mains liées), et aurait ainsi consacré l’Eucharistie, remplissant l’office de prêtre, d’autel et de victime, en prélude à sa mort glorieuse.

On possède le texte grec de Lucien, largement répandu au 4e siècle.

Le Martyrologe mentionne saint Lucien d’Antioche le 7 janvier. Ce n’est pas du tout le même qu’on fête le 8 janvier dans le Beauvaisis.

 

 

Crispino de Pavie

† 466

 

Crispino fut le septième évêque à la tête du diocèse de Pavie, dans la première moitié du cinquième siècle, après Obediano et s. Ursicino. Lui donner l’année 440 comme début de son épiscopat est une simple conjecture.

C’était l’époque du pontificat de Léon le Grand.

Crispino assista au concile de Milan de 451.

L’année de sa mort doit être 466.

Saint Crispino de Pavie est commémoré le 7 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentin de Passau

† 475

 

Une Vie de Valentin existe, assez peu estimée des historiens. Mais elle dit tout de même quelque chose de positif, en attendant plus amples précisions.

Valentin serait venu de la région des Pays-Bas, et vint à Passau en 435.

Il trouva une population encore sous le joug du paganisme ou aussi de l’arianisme, et tenta une première mission évangélisatrice, mais sans succès.

Il fit le pèlerinage au tombeau des Apôtres et reçut du pape Léon le Grand (v. 10 novembre) l’ordination épiscopale, mais là encore il subit des échecs qui, cependant, ne le découragèrent pas.

Chassé de Passau, il se mit à évangéliser la Rhétie, la région comprise entre Passau, St Gotthard, Ratisbonne, Coire et Bressanone, préparant ainsi le terrain pour l’évangélisation qui serait bientôt reprise par les missionnaires.

C’était le premier évêque du siège de Passau.

Il mourut un 7 janvier, vers 475, à Maïs.

Valentin fut invoqué comme le Patron céleste du diocèse de Passau.

Saint Valentin de Passau est commémoré le 7 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentian de Coire

† 548

 

Valentian (Valentinian) a dû naître vers 480.

Il semble avoir été le deuxième évêque de Coire.

Son neveu Paulinius fit graver sur la pierre tombale de son oncle que celui-ci fut d’une grande douceur envers les fugitifs, les nécessiteux et les prisonniers.

Le Martyrologe précise qu’il paya la rançon exigée pour la libération des captifs et fit de grandes largesses de vêtements pour couvrir ceux qui étaient nus (cf. Mt 25:36).

Valentian mourut le 7 janvier 548.

Saint Valentian de Coire est commémoré le 7 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tillon (Théau) de Solignac

612-702

 

Tillon ou Thielman est le nom apparemment d’origine de ce personnage ; il est devenu Théau en France, Hillon en Allemagne.

Né vers 612 de parents non chrétiens de Saxe, il fut très jeune enlevé par des brigands et revendu sur une place des Pays-Bas : l’acheteur se trouvait être un certain Eloi, futur évêque de Noyon et l’illustre Grand saint Eloi de la chanson.

Eloi était grand argentier du roi Dagobert. Il commença par confier son pupille à l’abbaye de Solignac (Haute-Vienne), où l’enfant fit de rapides progrès autant dans les sciences que dans la vertu. Adolescent, il revint auprès d’Eloi pour se former à l’art de l’orfèvrerie.

Théau occupait ses heures libres (et souvent des heures de la nuit) dans la prière, dans les larmes de pénitence. Aussi Eloi, devenu évêque à Noyon, lui conféra-t-il le sacerdoce.

La première mission que lui confia l’évêque, fut d’aller évangéliser les Saxons établis à Courtrai (act. Belgique), dont Théau connaissait bien la langue. Qui sait s’il n’y a pas retrouvé ses parents ? L’histoire ne le dit pas.

A la mort d’Eloi (659), Théau préféra retrouver sa première solitude et retourna à Solignac. On dit parfois qu’il y fut abbé, ce qui ne semble pas exact. Après un certain temps de vie monastique, il obtint de l’abbé la permission de vivre en reclus non loin de l’abbaye. Il se retira là où se trouve actuellement Nedde (Haute Vienne), puis Brageac (Cantal).

La sainteté de sa vie, sa simplicité, ses mortifications aussi, lui attirèrent beaucoup de visiteurs, curieux ou dévots : Théau les exhortait, les consolait. Aux malades, il faisait boire l’eau d’une source, qui les guérissait (à moins que ce fût là un saint subterfuge du Solitaire pour masquer les miracles que Dieu lui faisait opérer). Il eut aussi des disciples, près de trois-cents, dit-on.

Parvenu à cet âge vénérable de quatre-vingt dix ou même quatre-vingt quatorze ans, il sentit approcher sa dernière heure. Il dépêcha un jeune homme auprès de l’évêque de Limoges, pour le prier de vite venir l’assister et l’ensevelir. L’évêque, qui était lui-même malade, guérit immédiatement et accourut auprès de Théau.

Théau mourut le 7 janvier 702.

Son culte s’est rapidement répandu jusque dans les Flandres, où on l’invoquait pour obtenir la pluie, mais aussi pour les enfants malades. Ses reliques ont été partiellement détruites par les Calvinistes.

Saint Théau pourrait être le saint Patron de nos Théo. Le Martyrologe le mentionne au 7 janvier.

 

 

Kúros de Constantinople

† 712

 

Kúros, qu’on a latinisé en Cyrus et francisé en Cyr, était un moine solitaire sur une petite île proche du port d’Amastris (Paphlagonie, act. Amasra, Turquie NO) sur la Mer Noire.

Il aurait prédit à l’empereur Justinien II qu’il serait renversé, mais rétabli sur son siège. Or Justinien, justement renversé en 695, reconquit son trône ; mais il voulut éloigner aussi le patriarche de Constantinople qui avait plus ou moins trempé dans le complot : il le déposa, lui fit crever les yeux et l’exila à Rome. Il appela alors son «prophète», Kúros, et lui fit conférer la dignité patriarcale.

Kúros devenait ainsi le premier moine à être investi de cette dignité. Comme tel, il reçut le pape Constantin (709), invité à Constantinople par Justinien pour qu’il examinât quels canons pouvaient être approuvés parmi ceux du concile Quinisexte (dit aussi in Trullo) de 692, tenu par les seuls Grecs.

En 711, Justinien fut renversé et exécuté. Philippicos, qui le remplaçait, était un adepte du monothélisme (doctrine condamnée, prétendant qu’il n’y avait qu’une volonté dans la double nature, divine et humaine, de la personne du Christ). Justinien fit déposer Kúros et enfermer dans le monastère Saint-Sauveur in Chora (aux environs de Constantinople ; l’église, devenue mosquée en 1511, est actuellement le musée de Edirne Kapi).

C’est dans cette solitude que mourut Kúros, le 7 janvier 712 ou 714.

Saint Kúros a été introduit au Martyrologe Romain au 7 janvier.

 

 

Aldric du Mans

800-856

 

Aldric naquit vers 800, d’origine saxonne par son père Sion, et bavaroise par sa mère Gerildis.

Ceux-ci, parents de la famille impériale, envoyèrent Aldric vers 812 à la cour de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle. C’est le moment où Louis le Pieux reçut l’héritage de Charlemagne.

Louis estima beaucoup ce jeune garçon pieux et aimable ; Aldric cependant pensait à quitter la cour et, finalement, entra dans le clergé de Metz, où il fut ordonné prêtre.

Il fut nommé grand-chantre de la cathédrale, et fut nommé ce qu’on appellerait aujourd’hui «vicaire épiscopal» pour tout le clergé et les monastères du diocèse.

L’empereur Louis, cependant, le rappela pour en faire son chapelain de cour.

En 832, Aldric fut nommé évêque du Mans. Consacré le 22 décembre, il célébrait la solennité de Noël en présence de Louis qui s’était déplacé exprès.

Humble, patient, sévère envers lui-même, doux et charitable envers les autres, le jeune évêque consacra les vingt-quatre années de son épiscopat à assurer la prospérité matérielle de son troupeau. On dit qu’il fut le premier à faire exploiter la forêt de la Charnie. Usant de ses propres richesses, il vint en aide aux pauvres et aux captifs, construisit et restaura plusieurs monastères, fit construire un aqueduc pour amener l’eau des «sources d’Isaac» jusqu’à la fontaine désignée aujourd’hui sous le nom de Saint-Julien. Il veilla surtout à maintenir son clergé dans une exacte discipline, s’inspirant de ce qu’il avait vécu à Metz.

En 836, on le voit au concile d’Aix-la-Chapelle, où se réconcilièrent Louis et son fils Pépin.

Vers la même année, il fit parvenir d’importantes reliques de saint Liboire (v. 9 avril) à l’évêque de Paderborn, qui les lui avait demandées pour que les miracles qu’il en espérait convertissent la population de son diocèse, ce qui arriva en effet et fut aussi l’occasion d’intenses relations, encore actuelles, entre ces deux diocèses.

Les années suivantes, et surtout celles qui suivirent la mort de Louis (840), furent agitées à cause de la rivalité entre ses fils, Pépin, Lothaire et Charles le Chauve, et surtout leurs partisans. Aldric dut même quitter un moment son siège du Mans et en appeler au pape.

Il n’en continua pas moins son activité fébrile, jusqu’en 853, où il fut frappé par une attaque qui le laissa paralysé pendant deux ans, ce qui l’empêcha de participer au concile de Soissons ; ce fut l’occasion pour lui d’écrire aux autres évêques de prier pour lui.

Il s’éteignit le 7 janvier (on  trouve aussi le 24 mars) de 856.

On a cru remarquer, jusqu’à la Révolution française, qu’une huile mystérieuse émanait du marbre de la tombe de saint Aldric, qu’on prélevait pour obtenir la guérison des malades.

Saint Aldric est mentionné au 7 janvier dans le Martyrologe Romain.

Knud Lavard

1096-1131

 

Le Martyrologe connaît deux rois danois, tous les deux honorés du titre de Saint. Le plus connu, martyr, est celui qu’on vénère le 10 juillet. L’autre, son neveu, est honoré le 7 janvier.

Celui-ci, qu’on a surnommé Lavard, duc de Sleswig, était le second fils d’Erik Elgod (le Toujours Bon), roi de Danemark et de Bodil Thrugotsdatter. Il naquit le 12 mars (ou avril) 1096.

Erik 1er mourut en l’île de Chypre (1103) durant un pèlerinage aux Lieux saints et son fils aîné, Harald Kesja, fut écarté de la succession. Knud avait alors sept ans. Ce fut Niels, le frère d’Erik, qui régna.

En 1115, Knud arrivait à sa majorité et reçut le titre de duc du Jutland-du-Sud. Il gouverna sa principauté avec justice et sagesse.

Après la mort du roi des Obodrites, peuple voisin du Jutland, et de ses fils héritiers, Knud assuma en 1129 la succession de ce royaume, appuyé par l’empereur germanique Lothaire II, qui lui recommandait de poursuivre l’évangélisation de ce peuple.

Sa bonté, sa piété, lui gagnèrent l’affection de tout le peuple, mais une conspiration causa sa mort brutale : son rival pour la succession sur le trône de Danemark l’assassina à Haraldsted le 7 janvier 1131.

Erik avait trente-cinq ans. Son épouse, enceinte, se réfugia à la cour d’Asser Rig de Fjenneslev, où naquit son fils posthume Valdemar ; ce dernier règnera  à partir de 1157.

Knud Lavard fut canonisé dès 1171, et même déclaré martyr, mais l’actuel Martyrologe, au 7 janvier, ne lui donne pas ce titre.

 

 

Matteo Guimerà

1376-1450

 

Matteo Gallo de Gimena naquit vers 1376 à Agrigente (Sicile).

On ne s’est toujours pas expliqué les différents noms de famille avec lesquels on l’a appelé ; Guimerà est celui du Martyrologe Romain, mais on a aussi trouvé Sciascia, Limbeni, Gallo (ci-dessus), avec quelques autres variantes sur Guimerà, qui restent bien mystérieux ; certaines sources auraient aussi affirmé que les parents de Matteo étaient espagnols.

En 1392, il entra dans l’Ordre franciscain, toujours à Agrigente, où il fit la profession en 1394.

Il étudia la théologie à Bologne, puis à Barcelone, où il fut ordonné prêtre en 1400.

A Tarragona, il commença son apostolat par la prédication puis, de 1405 à 1416 il fut maître des novices à Padoue, avant de retourner en Espagne.

Fin 1417, il voulut connaître saint Bernardino de Sienne (v. 20 mai) et se joindre à la réforme préconisée par celui-ci et qui allait donner naissance aux Observants. Fidèle à l’enseignement de s. Bernardino, Matteo diffusa avec un zèle très efficace la dévotion au Saint Nom de Jésus ; on a dit qu’il était la grande trompette du très saint Nom de Jésus.

On a retrouvé récemment une correspondance importante entre Matteo et Bernardino, où l’on remarque la science de Matteo, son argumentation claire et son zèle à faire monter les âmes vers le Christ.

A partir de 1425, Matteo fut chargé par le pape de fonder des couvents de l’Observance : Messine, Palerme, Agrigente, Cammarata, Siracuse, Caltagirone (pour la Sicile), Barcelone en Espagne.

De 1425 à 1430, il fut vicaire provincial, de 1432 à 1440 commissaire général pour toute la Sicile.

Mais en 1427, il fit un nouveau voyage en Espagne, où l’on mentionne de nombreux miracles de guérisons ; même la Reine fut tellement frappée par sa prédication, qu’elle donna l’exemple de raccourcir ses amples vêtements de cour, pour moins offenser la pauvreté des petites gens. Lors du tremblement de terre de Barcelone, c’est Matteo que les Rois d’Espagne envoyèrent pour s’occuper des sinistrés. Ce fut pour lui l’occasion de fonder le nouveau couvent de Barcelone ; c’était le plus grand de l’Observance en Espagne ; il fut complètement détruit par la suite, entre autres par les Français en 1813. Matteo prêcha aussi à Vich, avec un énorme succès : des familles se réconcilièrent ; puis aussi à Valencia, pour le carême, et il y fit construire là aussi un couvent.

Après une brève période en Italie, il revint en Espagne sur l’invitation pressante de la Reine, et ne revint définitivement en Italie qu’en 1430.

La sainteté et les miracles de Matteo se manifestèrent aussi en Italie, mais il semble que ce soit l’Espagne qui en ait été davantage favorisée.

En 1442, le pape le nomma évêque d'Agrigente. Le nouveau prélat «scandalisa» le clergé en renonçant à tous ses revenus ecclésiastiques au profit des pauvres. On le dénonça à Rome et, tant qu’à faire, on l’accusa aussi d’adultère. Après enquête, le Saint-Siège le lava de toute accusation et le confirma dans sa charge.

Les calomnies continuèrent cependant d’insulter Matteo, qui crut bon de démissionner.

Il mourut saintement à Palerme, le 7 janvier 1450. Si le clergé ne se manifesta plus alors, le peuple, lui, «canonisa» très vite Matteo, dont le culte fut approuvé en 1767.

 

 

Edward Waterson

† 1594

 

Edward était londonien et avait été élevé dans l’Eglise d’Angleterre, qu’on appelle l’Eglise anglicane.

Il est dit que Edward, lors d’un voyage commercial en Turquie, reçut la proposition d’un riche Turc, d’épouser sa fille, s’il se faisait musulman. Ayant refusé avec horreur, il s’en vint à Rome.

En 1588 donc, à Rome, Richard Smith, futur évêque, l’amena à la foi catholique.

Successivement, Edward se rendit à Reims où il reçut la formation théologique et fut ordonné prêtre, le 11 mars 1592.

Durant l’été 1592, Edward retourna en Angleterre, pour assister les Catholiques persécutés. Il en avait un tel désir qu’en partant, il affirma que, même si on lui proposait le royaume de France pour rester là, il préférait partir pour l’Angleterre.

Il était avec un autre jeune prêtre, Joseph Lambton, qui fut arrêté, tandis qu’il réussit à s’échapper.

Mais il fut retrouvé et arrêté un an plus tard durant l’été 1593. Il fut enfermé dans la prison de Newgate, jusqu’après Noël. Il tenta de mettre le feu à sa porte de cellule pour s’enfuir.

Selon la «formule» des juges, il fut «pendu, éviscéré et écartelé», comme traître.

On rapporte que les chevaux refusèrent de tirer la charrette qui portait le condamné au gibet, et qu’à ce gibet, l’échelle trembla jusqu’à ce que le Martyr l’ait signée du signe de la Croix.

Ce martyre eut lieu le 7 janvier 1594, le 8 janvier du Martyrologe étant probablement une erreur.

Edward Waterson fut béatifié en 1929.

 

 

Ambrósio Fernandes

1551-1620

 

Ce laïc était né en août 1551 à Sisto (Porto, Portugal).

En 1571 il s’embarqua pour les Indes, où il rencontra de bons pères Jésuites. Ceux-ci lui suggérèrent de se mettre à la disposition du roi du Portugal, et d’intégrer la garnison chrétienne de Salsete, une localité sans cesse attaquée par des factions islamiques.

Mais il fut fait prisonnier ; une fois libéré, Ambrósio préféra déposer le métier des armes et se lancer dans le commerce. Il fut administrateur d’un commerçant de Goa, puis d’un autre à Macao pour lequel il faisait de nombreux voyages.

Lors d’une traversée houleuse, où Ambrósio faillit perdre la vie, le bateau fut contraint d’accoster à Hirado. Ambrósio promit alors d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Il fut reçu comme Convers, en 1579.

Il se dévoua totalement aux missionnaires jusqu’à être pendant vingt ans vice-ministre à Nagasaki.

Bravant le décret d’expulsion des chrétiens en 1614, il continua de faire tout ce qu’il pouvait à Nagasaki, jusqu’à ce qu’il fut arrêté en 1618, en même temps que le père Carlo Spinola et le laïc Domingos Jorge (v. 10 septembre et 18 novembre).

Les conditions de la prison de Suzuta (Ōmura) étaient si terribles, qu’Ambrósio en mourut, le 7 janvier 1620.

Son zèle au service de l’Eglise lui avait attiré la haine des ennemis du Christ et sa mort fut pour cela assimilée au martyre.

Il fut béatifié parmi deux-cent cinq Compagnons, en 1867.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

 

 

Bae Gwan-gyeom Franciscus

1740-1800

 

Bae Gwan-gyeom Franciscus est un laïc coréen né vers 1740 à Dangjin (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Cheongju (Chungcheong-do) le 7 janvier 1800 et béatifié en 2014.

 

 

Giuse Tuân

1824-1862

 

Giuse (Joseph) était un paysan, père de famille chrétien, né vers 1824 à Nam Đin (Nam Đnh, alors Tonkin, Vietnam).

Lors de la persécution de Tu Duc, les villages chrétiens devaient être rasés, et leurs habitants dispersés dans les villages païens, les familles chrétiennes étant soigneusement disloquées.

Sur la joue gauche les chrétiens devaient être marqués de deux caractères: "Ta Dao", ce qui signifiait: "religion perverse". Sur l'autre joue, ils portaient le nom de leur village de destination, de façon qu'ils ne pussent jamais s'en échapper.

Giuse fut arrêté à An Bai (Nam Ɖịnh, Tonkin) et sommé de fouler la croix aux pieds. Sa réaction fut de s’agenouiller et de prier devant la Croix du Sauveur.

Il fut décapité, le 7 janvier 1862. C’est la date proposée par le Martyrologe. On voit parfois la date du 7 juin.

Béatifié en 1951, il a été canonisé en 1988, parmi les cent dix-sept Martyrs du Vietnam.

Il y a un autre Giuse Tuân (Hoan), né en 1821, martyr lui aussi, mais c’est un prêtre dominicain, martyrisé le 30 avril 1861.

Les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Jeanne Haze

1782-1876

 

Jeanne était l’avant-dernière des six enfants du secrétaire du dernier prince-évêque de Liège, et naquit à Liège (Belgique) le 17 février 1782 (on trouve aussi la date du 27 février 1777, ce qui ferait mourir la Bienheureuse à quatre-vingt dix-neuf ans, mais cette date semble moins officielle que celle qu’on a choisie ci-dessus).

La France révolutionnaire occupa la Belgique jusqu’en 1815. La famille Haze dut fuir, et le père mourut dans ces circonstances à Düsseldorf. Les deux sœurs, Fernande et Jeanne, seraient volontiers entrées en religion, mais les lois antireligieuses interdisaient encore les congrégations religieuses et les deux sœurs s’organisèrent à domicile, discrètement, en groupe de piété. Elles vivaient de leçons privées à domicile.

La mère mourut à son tour en 1820.

Les deux demoiselles s’occupèrent à Liège des pauvres et des enfants abandonnés de la ville, au lendemain des ravages causés par l’esprit révolutionnaire français.

En 1824, on leur demanda de prendre en charge une école paroissiale, privée et très discrète, officiellement interdite par le pouvoir hollandais. Mais quand la Belgique acquit son indépendance (1830), Jeanne put faire reconnaître son établissement. Puis, avec quelques compagnes, elle donna naissance à la Congrégation des Filles de la Croix.

Dès 1833 elles prononcèrent leurs premiers vœux. Jeanne prit le nom religieux de Marie-Thérèse du Sacré-Cœur de Jésus. En 1845 l’archevêque les reconnut officiellement, et approuva les constitutions en 1851.

Le mot d’ordre de Jeanne était : Aller aux pauvres avec un cœur de pauvre.

La priorité des nouvelles Religieuses allait à l’éducation des jeunes filles, mais aussi aux malades à domicile, aux femmes incarcérées, à la catéchèse, aux personnes âgées et handicapées, à la broderie, pour occuper les enfants durant la journée et les adultes dans les soirées. On commençait à les connaître dans la ville : elles avaient la charge de la prison des femmes, d’une maison pour réhabiliter les prostituées, d’une maison d’accueil pour les mendiants.

Bien vite s’ouvrirent d’autres maisons en Allemagne (1849), en Inde (1861), en Angleterre (1863) et particulièrement dans le monde anglophone… jusqu’à cinquante communautés et près d’un millier de Religieuses, lorsque la Fondatrice s’éteignit.

Jeanne Haze mourut à Liège le 7 janvier 1876, à l’âge vénérable de quatre-vingt quatorze ans. Cinquante ans plus tard, le corps exhumé apparaissait intact.

Elle a été béatifiée en 1991.

Outre les pays mentionnés plus haut, les Filles de la Croix de Liège sont actuellement environ un millier, présentes dans cent treize maisons en Italie, au Congo belge, au Pakistan et au Brésil. En Inde, elles ont d’importants centres en pleine expansion.

Elles ont donné naissance à trois congrégations indigènes devenues autonomes, les Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, en Inde et au Congo-Kinshasa.

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 00:00

06 JANVIER

 

I.

Epiphanie du Seigneur : visite des Rois Mages à Bethléem (Mt 2:1-18).

III.

Ste Macre, vierge martyre à Reims.

IV.

Ss Julien et Basilisse, époux égyptiens ; Julien fut martyrisé.

V.

S Nilammon, reclus à Gerres ; il mourut tandis qu’on l’emmenait pour le faire évêque malgré lui.

S Felix, évêque à Nantes pendant trente-trois ans, administrateur efficace.

VII.

S Pierre de Doroverne, moine romain, abbé près de Cantorbury, enterré à Boulogne-sur-Mer parce qu’il mourut dans un naufrage près de Ambleteuse.

X.

Ste Wiltrude, veuve, fondatrice et abbesse en Bavière.

XI.

B Frédéric, prévôt en l’abbaye Saint-Vaast à Arras.

XII.

S Erminold, abbé à Prüfening ; il mourut des suites d’un coup reçu par un moine mécontent de sa fermeté.

B Macaire l'Écossais, bénédictin écossais, venu à Würtzburg et élu abbé de Saint-Jacques.

XIII.

S Raimundo de Peñafort, dominicain catalan, chargé de grandes missions (les “Décrétales”, recueil des ordonnances papales) ; il fit solenniser davantage la fête de l’Annonciation ;  il fit le voyage de l’île de Majorque à Barcelone sur son manteau en guise de barque : ce miracle valut la conversion du roi d’Aragon ; fêté le 7 janvier.

XIV.

Bse Gertrud van der Oosten, béguine à Delft, mystique.

S Pierre Thomas, carme français, nommé évêque et chargé de missions par le pape d’Avignon, mort à Famagosta ; il défendit l’Immaculée Conception de Marie.

S Andrea Corsini, carme, évêque à Fiesole, thaumaturge.

XVII.

S Juan de Ribera, vice-roi, évêque à Badajoz, puis à Valencia, dévôt de l’Eucharistie.

S Carlo de Sezze, convers franciscain à Naziano puis à Rome ; peu lettré, très savant, il était consulté par les cardinaux et le pape.

XX.

Bse Rita Lopes de Almeida (Amada de Jesus, 1848-1913), portugaise fondatrice de l’Institut des Sœurs de Jésus-Marie-Joseph, pour les petites filles pauvres et abandonnées, béatifiée en 2006.

Ste Rafaela Porras y Ayllón (Rafaela Mara du Sacré-Cœur, 1850-1925), fondatrice à Madrid des Ancelles du Sacré-Cœur, réparatrices.

S Alfred Bessette (André, 1845-1937), d’une famille canadienne de dix enfants, “thaumaturge de Montréal”, des Religieux de Sainte-Croix, béatifié en 1982, canonisé en 2010.

Julien et Basilisse

4e siècle

 

Il y a des incertitudes sur ce saint couple.

Ils seraient nés à Antioche de Syrie, où ils auraient aussi été martyrs, mais d’autres sources les font mourir à Antinoé en Egypte.

Julien avait de riches parents, très chrétiens. Sur leur conseil il épousa à dix-huit ans une jeune fille, Basilisse, avec laquelle il garda une entière virginité, préférant consacrer leur fortune au soin des pauvres et des malades.

Leur maison devint en quelque sorte un immense hôpital, et saint Julien fut appelé plus tard Hospitalier.

Ils souffrirent tous deux des persécutions, sous Dioclétien. Basilisse ne mourut pas martyre, mais Julien subit beaucoup de tortures, avant d’être décapité, un jour qui devrait être le 6 janvier (parfois déplacé au 9 janvier), peut-être en 304 (ou en 313), et à Antinoé en Egypte.

Le Martyrologe mentionne au 6 janvier les saints martyrs Julien et Basilisse.

 

Note. L’histoire de Julien a aussi été écrite différemment. Ayant été mystérieusement averti qu’il aurait tué ses parents, Julien serait parti très loin, mais fut retrouvé par ses parents qui le recherchaient ; ils se présentèrent à Basilisse avant le retour de Julien, lequel, découvrant deux personnes dans son lit, crut y voir la trahison de son épouse et les décapita ; Basilisse lui ayant expliqué qu’elle avait donné à ses parents leur unique lit pour se reposer du voyage, Julien s’enfuit expier sa faute involontaire dans la solitude de la forêt. Cette histoire effrayante racontée par Giacomo de Voragine, rappelle assez le mythe d’Œdipe.

 

 

Felix de Nantes

† 582

 

D’après le témoignage de s.Venantius Fortunat (v. 14 décembre), Felix était d’une illustre famille d’Aquitaine.

Après une éducation soignée, Felix devint un orateur éloquent, doublé d’un homme adroit dans l’administration temporelle.

Vers 548 ou même dès 541, date de la mort de son prédécesseur, il fut choisi pour être le seizième évêque de Nantes.

En 548 justement, il porta à son achèvement la cathédrale de Nantes, qu’il consacra le 30 septembre 548, devant un grand nombre d’évêques.

Il assista à plusieurs conciles, notamment à Tours et Paris (567 et 573).

On le vit intervenir efficacement à plusieurs reprises auprès des Bretons soit pour sauver le frère du comte de Vannes, soit pour mettre fin à leurs ravages autour de Nantes (579).

En outre il fit faire d’importants travaux, sur ou le long de la Loire.

Il mourut le 6 janvier 582. Il aurait voulu désigner pour successeur son neveu, Burgondius, que Grégoire de Tours (v. 17 novembre) écarta, le trouvant trop jeune et lui préférant un certain Nonnecchius.

Saint Felix de Nantes est commémoré le 6 janvier dans le Martyrologe Romain.

Macaire l’Ecossais

† 1153

 

Macaire était «Scot» d’origine, écossais ou irlandais (les documents d’époque ne font pas la distinction).

Il se trouvait au monastère bénédictin «écossais» Saint-Jacques de Ratisbonne (Bavière) lorsque l’évêque de Würzburg demanda à cette abbaye d’envoyer à Würzburg une partie de ses moines pour fonder une nouvelle abbaye, également dédiée à saint Jacques.

C’est ainsi que Macaire devint abbé à Würzburg, de 1134 à 1153.

On sait qu’il fit le voyage de Rome en 1146, d’où il rapporta des reliques et des indulgences.

Le bienheureux Macaire est mentionné le 6 janvier au Martyrologe.

 

 

Raimundo de Peñafort

1175-1275

 

Ce Catalan s’appellerait plutôt Ramón de Penyafort dans sa langue maternelle. Il naquit au château de Peñafort, à Vilafranca del Penedés (Barcelone) en 1175.

Il est dit de lui qu’il montra dès l’enfance la sagesse d’un vieillard, fuyant les plaisirs, s’attachant à l’étude, et s’appliquant à une vertu d’obéissance scrupuleuse.

A vingt ans, il enseignait déjà la philosophie à Barcelone. Il partit à Bologne (Italie) pour se diplômer en droits civil et ecclésiastique. Il y resta trois ans comme professeur de droit.

Satisfaits de sa générosité, les Bolonais lui offrirent une bonne compensation financière, qu’il accepta seulement pour la redistribuer aux pauvres.

En 1219, son évêque le rappela à Barcelone, où il le nomma chanoine de la cathédrale, archidiacre, grand vicaire et official. Ces charges procuraient à Raimundo des revenus, qu’il partageait avec les pauvres.

Il fit solenniser la fête de l’Annonciation.

En 1222, il fut admis dans le tout nouveau couvent dominicain de Barcelone. Etre novice à plus de quarante ans impose de singuliers sacrifices sur soi-même : on ne trouva pas de novice plus humble et plus docile que lui.

Il demanda à recevoir une pénitence pour toutes les fautes qu’il avait accumulées avant d’être dominicain : on lui imposa d’écrire une Somme des cas de conscience à l’usage des confesseurs ; ce fut la première œuvre du genre.

On le chargea ensuite d’aller prêcher la croisade contre les Maures, en préparation de la venue du légat papal ; son succès lui valut d’être appelé auprès du pape Grégoire IX, qui le prit comme confesseur. Raimundo fut alors chargé de compiler les Décrétales, c’est-à-dire de mettre en ordre toutes les décisions disciplinaires des papes.

Le pape voulut le faire archevêque de Tarragona (Espagne), et Raimundo n’échappa à cette nomination qu’en désignant un autre candidat.

Epuisé par son travail, Raimundo tomba malada et dut rentrer dans son pays. Il réintégra son couvent, donnant sans cesse l’exemple d’un religieux soumis, pieux, discret. Chaque nuit, il se flagellait ; chaque jour, il se confessait avant de célébrer la Messe.

En 1238, il fut élu supérieur général de l’Ordre dominicain, charge qu’il n’accepta que parce qu’il y voyait l’expression de la volonté divine. Durant deux années, il visita à pied toutes les provinces puis, en 1240, il convoca un chapitre à Bologne et se démit de sa charge.

Le roi d’Aragon l’appela pour reconvertir la population, trop marquée par tant de siècles d’occupation musulmane. Raimundo invita Tommaso d’Aquino (v. 7 mars) à rédiger un ouvrage d’arguments en faveur du catholicisme. Ainsi parut la Somme contre les Gentils.

Raimundo fut aussi sincère que fidèle au roi : quand ce dernier tomba dans le vice, il lui en fit de solennelles remontrances mais, devant l’obstination du roi, il quitta l’île de Majorque où se trouvait alors le roi. Ne trouvant pas de bateau (car le roi avait interdit à quiconque de lui offrir le voyage), Raimundo étendit son manteau sur l’eau, y planta son bâton, releva un pan du tissu en forme de voile, et le vent, avec l’Esprit Saint, firent le reste : il accosta en Espagne très rapidement. Raimundo ramassa alors son manteau, demeuré aussi sec que d’habitude, et gagna le couvent. A la suite de ce prodige, le roi se convertit enfin.

C’est par référence à ce miracle que les véliplanchistes invoquent aujourd’hui saint Raimundo.

Raimundo acheva sa vie dans cette sainte maison de Barcelone, en 1275, le 6 janvier, jour de l’Epiphanie. Si les dates sont exactes, il avait presque cent ans.

Les très nombreux prodiges, vérifiés avant et après la mort de Raimundo de Peñafort, n’aboutirent que lentement à sa canonisation, en 1601.

Le Martyrologe le mentionne au 6 janvier, tandis que sa fête liturgique a été fixée au 7 janvier.

 

 

Gertrud van der Oosten

? - 1358

 

Gertrud n’était pas «de l’Est», comme le laisse entendre le titre ci-dessus. Elle naquit de parents pauvres à Voorburch (Hollande).

Elle aimait chanter (ou aurait même composé) une chanson commençant par Het daghet in den Oosten (La lumière s’est levée à l’Est), cette lumière étant pour elle le Verbe divin incarné, nommé parfois Orient. De là lui est venu ce nom de van der Oosten.

Gertrud eut un fiancé, qui l’abandonna, non sans lui causer quelque ressentiment, mais elle s’abandonna dans les mains de la Providence.

Elle dut très tôt travailler à Delft et c’est dans cette ville qu’elle eut une vie de béguinage avec deux compagnes.

Méditant assidûment la Passion de Notre-Seigneur, elle en reçut les stigmates, le Vendredi Saint de 1340. Tout le monde eut vite fait d’apprendre cet événement difficile à dissimuler, tant le sang coulait abondamment. Mais craignant la vanité qu’elle pourrait en concevoir, Gertrud pria Dieu de lui retirer cette faveur : le sang disparut, mais les marques des stigmates demeurèrent.

Gertrud eut d’autres dons : elle prophétisa, elle connaissait des événements lointains, elle lisait dans les consciences, ce qui lui permettait d’aider les âmes à se convertir.

Elle mourut le 6 janvier 1358, et n’a jamais été canonisée. Au jour anniversaire de ses stigmates (Vendredi Saint), on expose la croix devant laquelle elle se trouvait alors.

Le Martyrologe ne la mentionne pas.

 

 

Pierre Thomas

1305-1366

 

Né en 1305 dans le petit village languedocien de Sales, Pierre fut contraint, à cause de la pauvreté de ses parents, d’aller demander l’aumône à Montpellier pour pouvoir ainsi étudier.

Très doué pour l’étude, d’écolier il devint vite maître, et rejoignit Agen pour avancer dans la connaissance des arts libéraux. Il y rencontra les pères Carmes, qui l’invitèrent à enseigner les humanités dans leur collège de Lectoure. Il n’avait que vingt ans.

Puis ils l’admirent au noviciat de Condom ; Pierre fit la profession à vingt-deux ans et, après de bonnes études, fut ordonné prêtre. Déjà il brillait autant par sa science que par sa modestie.

Il faut noter ici sa profonde dévotion mariale. Il écrivit un ouvrage marial De purissima B.V.Mariæ conceptione libellus, dans lequel il affirme clairement l’immaculée conception de la Mère de Dieu. En échange, la Très Sainte Vierge lui apparut et lui promit qu’elle ne le délaisserait jamais. Un jour qu’il avait la voix si prise qu’il ne pouvait articuler un mot, il se tourna vers l’image de la Vierge et recouvra immédiatement la voix.

On l’envoya enseigner la philosophie et la théologie à Bordeaux, Albi, Agen, Cahors et Paris. Là, par obéissance il fut bachelier puis docteur en théologie en seulement trois ans, et enseigna aux jeunes de son ordre pendant plusieurs années.

En 1342, nommé procureur général de son Ordre, il alla résider en Avignon, où se trouvait alors le pape. On y apprécia son éloquence. Un jour qu’il avait prêché contre le luxe des dames, on vit celles-ci déposer à ses pieds tout leur or, les perles, colliers et autres bijoux précieux, tellement il avait été persuasif par ses exhortations à vivre l’évangile. Une autre fois, il obtint par sa parole et sa prière une pluie abondante pour remédier à une longue sécheresse. En dehors de ses obligations et des prédications, il n’omettait jamais l’office avec les confrères et célébrait chaque matin la sainte Messe dans laquelle, disait-il, il trouvait beaucoup plus de lumières que dans ses études précédentes.

Bientôt, il fut légat pontifical à Gênes (1353), pour négocier un rapprochement avec Venise ; puis nonce à Naples, ainsi qu’auprès de l’empereur Karl IV, couronné roi d’Italie à Milan, puis en Serbie pour réconcilier des schismatiques avec le Saint-Siège.

En 1354, il fut nommé évêque, et comme tel continua sa vie diplomatique : légat pontifical et conciliateur entre Venise et la Hongrie, puis à Constantinople (1358), où il reçut la profession de foi de l’empereur Jean Paléologue.

Après l’heureuse conclusion de cette ambassade, Pierre Thomas fut nommé légat général et spécial du Saint-Siège pour toute la «Thrace», ce qui équivalait au patriarchat de Constantinople, Chypre, Crète, Smyrne, Athènes.

Pierre alla ensuite assister l’empereur dans une expédition contre les Turcs, qui fut brillante. En Chypre, il ramena à la foi romaine tout le clergé, évêques et prêtres ; en outre, il persuada le roi de Chypre de partir délivrer Jérusalem.

Le Vatican approuvait l’idée, qui ne fut mise à exécution qu’en 1365, sous la conduite de Pierre Thomas, nommé à présent archevêque. Mais avant de partir, Pierre fut chargé d’une mission de paix entre Milan et Bologne, qui réussit et après laquelle on chargea Pierre d’organiser la nouvelle université de Bologne. Puis, à défaut d’autre meilleure autorité, il fut nommé légat pontifical pour diriger l’expédition contre les Turcs. En plus de cela, le pape nomma Pierre Patriarche de Constantinople.

Pierre retrouva les troupes à Venise ; il y eut douze milles Croisés qui partirent pour Rhodes et, de là, à Alexandrie. Le légat commença par préparer les hommes de la troupe en les exhortant à changer de vie, à recevoir les sacrements. Le moment du combat venu, il ne portait pas les armes, mais la croix, au milieu des combattants et reçut plusieurs blessures qui occasionnèrent sa mort quelques mois plus tard. Alexandrie fut prise en une heure (4 octobre 1265), tant les habitants eurent peur de cette armada, mais les Croisés n’eurent pas le courage de mener leur attaque jusqu’au bout, de sorte que l’expédition se solda bientôt par un échec total.

Pierre Thomas, bien triste, se retira à Famagosta. Il s’arrêta au couvent des Carmes, célébra avec eux les fêtes de Noël, mais prit froid. Après quelques jours de forte fièvre, après s’être confessé et avoir reçu le sacrement des malades, il s’éteignit pendant le récit de la Passion, le 6 janvier 1366.

On peut rester étonné de voir un humble religieux recevoir tant de marques de dignité et surtout de se retrouver à la tête d’une armée entière et de la mener au combat. Il ne faut pas oublier que nous sommes au 14e siècle, dans des circonstances difficiles et bien différentes de notre époque ; on notera aussi que Pierre Thomas avançait d’abord et surtout avec la prière et, avant d’emmener ses hommes à l’assaut, commençait par utiliser les armes spirituelles pour déposer toute cette armée et l’expédition d’abord entre les mains de la Providence.

Les miracles qui se multiplièrent après sa mort attestèrent sa sainteté, qui fut reconnue en 1628.

Le fait qu’il soit mort des suites de ses blessures l’a fait parfois considérer comme martyr, quoiqu’il ne l’ait pas été à proprement parler. Le Martyrologe, effectivement, ne lui donne pas ce titre en le mentionnant, au 6 janvier.

Note. Il y a un autre Pierre Thomas, prêtre et martyr en 1794, v. 21 janvier.

 

 

Andrea Corsini

1302-1373

 

Issu de l'illustre famille des Corsini, ce Saint naquit à Florence le 30 novembre 1302, le jour de saint André, dont il reçut le nom. Ses pieux parents, Nicola et Pellegrina (Pèlerine) prièrent longtemps avant de recevoir cette bénédiction ; ils s’engagèrent à consacrer à Dieu cet unique enfant.

La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l'église des Carmes, s'y transforma aussitôt en un agneau d'éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l'amour de la piété et de la vertu.

Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, Andrea, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n'avait d'autres ressources que ses larmes et ses prières.

Or un jour, Andrea, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi : "Ah! mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j'ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau ? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois la servir."

Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le cœur d'Andrea. Le lendemain il entra dans l'église des Carmes et, se prosternant devant l'image de Notre-Dame du Peuple : "Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui vous prie de le rendre désormais un agneau docile ; il veut vous servir dans l'Ordre du Carmel." Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l'admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.

Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits : l'esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles. Il résista aux sollicitations d’un oncle qui le rappelait dans le monde. Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l'amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu'il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d'obéissance, de ferveur et d'humilité.

Ordonné prêtre en 1328, il offrit à Dieu les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant : "Tu es mon serviteur, je t'ai choisi, et je serai glorifiée par toi." Dans la suite Andrea ne voulut plus d'autre titre que celui de Serviteur de Marie.

Dieu donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d'un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d'Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.

De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour Andrea, la ville de Fiésole le choisit pour évêque (1360). A cette nouvelle il prit la fuite et se cacha dans un couvent de Chartreux ; mais un  mystérieux petit enfant de trois ans dévoila sa retraite, en même temps qu’il apparaissait à Andrea pour le rassurer.

Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable ; Dieu lui accorda un jour de multiplier le pain qu'il distribuait aux indigents.

Il réussit à reporter la paix dans Bologne, sur mission du pape Urbain V.

Il fit aussi rebâtir sa cathédrale qui tombait en ruine.

Pris d'un mal subit le jour de Noël, il reçut de la Vierge Marie l’annonce de son prochain dernier moment. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat, le 6 janvier 1373, après avoir répété le dernier verset du Nunc dimittis : Lumen ad revelationem gentium, et gloriam plebis tuæ Israel (Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël).

Canonisé en 1629, Andrea est nommé au Martyrologe le 6 janvier.

Juan de Ribera

1532-1611

 

Le fils de Per Afán de Ribera (ou Rivera), duc d’Alcalá et marquis de Tarifa, vit le jour le 27 décembre 1532, et reçut le nom du Saint du jour, Jean l’Evangéliste.

Tout petit, il fut orphelin de mère. Son père fut successivement nommé vice-roi de Catalogne et de Naples.

Juan étudia à l’université de Salamanque et fut ordonné prêtre.

En 1562 déjà, il fut nommé évêque de Badajoz et, comme tel, s’efforça de rappeler à tous les diocésains la doctrine catholique, contre l’invasion des idées protestantes.

En 1568, il passa à l’archevêché de Valencia, avec le titre de patriarche d’Antioche, titres et missions qui lui permettaient d’affronter les multiples et difficiles problèmes liés à la présence musulmane. A cela s’ajouta sa nomination comme vice-roi de Valencia : désormais, Juan pouvait s’appuyer sur une double autorité, religieuse et civile.

Il joua un rôle important dans la décision du roi de repousser les Maures en 1609.

Pasteur zélé, imprégné de l’esprit du concile de Trente, il visita inlassablement les paroisses de son diocèse, relatant les faits dans une centaine de volumes manuscrits. Il célébra des synodes, fonda le Collège Royal du Corpus Christi pour préparer dignement les nouveaux prêtres. On l’appelait Le Patriarche ; le pape Pie V le surnomma Lumière de toute l’Espagne.

Il mourut à Valencia le 6 janvier 1611, jour de l’Epiphanie.

Béatifié en 1796, il fut canonisé en 1960.

 

 

Giancarlo Marchionne (Carlo da Sezze)

1613-1670

 

Le fils de Ruggero Marchionne et Antonia Maccioni, vit le jour le 22 octobre 1613, à Sezze (Latium, Italie C) et reçut au baptême le nom de Giancarlo (Jean-Charles). Il eu (au moins) une sœur, qui fut clarisse.

Un incident - qui reste mystérieux - le contraignit à cesser d’aller à l’école, et il travailla aux champs avec ses parents. A ses camarades, il parlait de Dieu, du Christ et des Saints.

Le jeune homme prononça dès 1630 le vœu de chasteté, en l’honneur de la Vierge Marie, et entra en 1635 chez les Frères Mineurs Réformés (une branche franciscaine qui fut réunie en 1897 aux Frères Mineurs), et prit le nom de Carlo de Sezze.

Le nouveau Frère eut les charges de cuisinier, de portier, de jardinier, de quêteur, dans les divers monastères où on l’envoya : Morlupo, Ponticelli, Palestrina, Carmineto, San Pietro in Montorio et San Francesco a Ripa (ces deux derniers à Rome). Mais aussi, alors qu’on le croyait quasi illettré, le Frère Carlo eut une très importante activité intellectuelle : il écrivit plusieurs ouvrages, partant de sa simple expérience personnelle (autobiographie) à des écrits de haute théologie mystique.

Durant une de ses extases devant le Saint-Sacrement, il reçut au cœur une «blessure» causée par un rayon venu de l’Hostie.

De hauts prélats vinrent le consulter, des papes l’appelèrent, ainsi que des membres de l’aristocratie romaine.

De son vivant déjà, il opéra des miracles, guérisons ou multiplication de nourriture.

Il mourut à Rome le 6 janvier 1670, jour de l’Epiphanie.

Il est dit que sa sœur clarisse, quant à elle, fut condamnée par le Saint-Office (l’actuelle Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi), mais on ne connaît pas les détails de ces faits. C’est cependant la raison pour laquelle le Frère Carlo ne fut béatifié qu’en 1882, et canonisé en 1959.

Saint Carlo est, avec saint Lidano (v. 2 juillet), le co-patron de Sezze.

 

 

Rita Lopes de Almeida

1848-1913

 

Rita naquit le 5 mars 1848 dans le petit village de Casalmendinho (Ribafeita, Viseu, Portugal), quatrième des cinq enfants de Manuel Lopes et de Josefa de Jesus Almeida.

Dans cette famille chrétienne, où l’on priait chaque soir le chapelet, Rita eut une dévotion spéciale pour la Sainte Famille, et un amour tout dévoué pour le Pape.

La politique portugaise de l’époque, inspirée des idées maçonniques, fit fermer les Ordres masculins, et interdire aux féminins de recruter.

Voyant les jeunes abandonnés à eux-mêmes, Rita sentit en elle une vocation missionnaire spéciale pour soustraire cette jeunesse à l’indifférentisme religieux, à l’immoralité, pour soutenir les valeurs de la famille et pour servir l’Eglise.

Elle parcourut les villages pour faire le catéchisme et prier le chapelet avec les gens. Elle aida ceux qu’elle put et même reçut à la maison des femmes nécessiteuses ou en danger. Cela n’alla pas sans heurts, et on attenta même à la vie de Rita.

Plusieurs fois on la demanda en mariage : refus. Son désir de se consacrer fut aussi contré par son père, qui l’aimait beaucoup et ne voulait pas s’en séparer. Masi à vingt-neuf ans, elle put entrer chez les Sœurs de la Charité à Porto, car cette congrégation, d’origine française et l’unique autorisée par l’Etat, s’occupait d’assistance sociale.

Mais Rita, voulant principalement s’occuper des petites filles pauvres, finit par obtenir de son confesseur la permission de quitter ce couvent.

Finalement à Ribafeita, elle put ouvrir en 1882 une maison pour un nouvel Institut des Sœurs de Jésus-Marie-Joseph, destiné à donner aux familles l’exemple de la Sainte Famille. Curieusement, c’est à la même époque qu’en Italie, Pietro Bonilli diffusait la dévotion à la Sainte Famille (voir au 5 janvier).

En 1902 elle ouvrit aussi un collège. Dès cette date, elle prit le nom de Rita Amada (Aimée) de Jésus. Trois mots résument son idéal : Aimer, souffrir, se taire.

Les écoles se multiplièrent, les difficultés aussi : le gouvernement chercha à fermer ces établissements ; on manquait d’argent ; et même une de ses religieuses la contesta à l’intérieur. En 1910 la République se déchaînait encore plus contre le clergé, qu’en France : tout le clergé étranger fut expulsé, les biens de l’Eglise expropriés. Rita se déguisa en bohémienne et s’enfuit, avec ses petites filles.

La tourmente passée, Rita revint à Ribafeita, regroupa des enfants et quelques sœurs, tandis que d’autres émigraient au Brésil : c’est grâce à cette expatriation que l’Institut put survivre. En 1912 s’ouvrit une maison à Igarapava (Ribeiráo Preto) puis, grâce aux nombreuses vocations qui y vinrent, l’Institut aura sa Maison généralice à Saõ Paolo.

Rita Amada mourut un mois à peine après la première installation de ses Religieuses au Brésil. Elle quitta ce monde le 6 janvier 1913, à Casalmendinho, son village natal.

En 1934 on put enfin ériger une province religieuse au Portugal. Actuellement ces Religieuses sont présentes en Amérique du sud (Bolivie et Paraguay), en Afrique (Angola, Mozambique).

Rita Amada a été béatifiée en 2006.

Rafaela Porras y Ayllón

1850-1925

 

Il y eut treize naissances dans le noble foyer de Ildefonso Porras et Rafaela Ayllón. C’étaient de bons chrétiens, assez riches et le père était en plus maire du village, Pedro-Abad (Cordoue, Espagne) ; ce dernier mourut du choléra qu’il avait cherché à combattre courageusement, en 1854. La maman éleva courageusement les six enfants qui restaient, et s’éteignit à la tâche en 1869.

Rafaela, qui était née le 1er mars 1850, était la dixième de cette fratrie ; à quinze ans, elle fit le vœu de virginité ; elle et sa sœur aînée, Dolorès, tinrent la maison. Elles allaient être inséparables pendant plus de vingt ans.

Elles s’occupèrent d’action sociale dans leur bourg, puis pensèrent entrer en religion, l’une carmélite, l’autre vincentienne, mais firent une retraite chez les Clarisses pour réfléchir.

En 1875, elles entrèrent à Cordoue dans une congrégation de Réparatrices, d’origine anglaise, mais elles allèrent s’installer à Madrid dont l’évêque était plus favorable à la fondation.

A Madrid, Dieu permit un fait extraordinaire qui obtint aux Religieuses de conserver chez elles la Présence réelle : deux jours de suite, la sœur sacristine constata, après la messe, la présence de grandes particules d’hostie dans le corporal du prêtre.

(On appelle corporal la petite nappe qu’on ouvre sur l’autel pour y poser à la Messe le calice et la patène, contenant le Corps et le Sang du Christ).

En 1877, Rafaela prit le nom de Rafaela María du Sacré-Cœur, Dolores celui de María du Pilar, et elles prononcèrent leurs vœux ; la première fut chargée de la formation spiritelle des novices, l’autre de l’intendance. C’était peut-être trop séparer les responsabilités, et c’est ce qui causa le drame treize ans plus tard.

Pour le moment, le vent fut en poupe. Les Réparatrices du Sacré-Cœur s’engageaient à réparer par l’adoration les outrages commis contre le Saint-Sacrement, à chanter l’office du Sacré-Cœur, celui de la Vierge Marie le samedi, à pratiquer quelques mortifications par la discipline et le cilice, à enseigner gratuitement.

Les vocations se multiplièrent rapidement, des maisons s’ouvrirent : Jerez de la Frontera, Saragosse, Bilbao, La Coruña, Cadix, Rome enfin.

En 1886, on leur demanda cependant de modifier leur nom de Réparatrices pour celui d’Ancelles (Servantes) du Sacré-Cœur.

L’approbation romaine arriva en 1887.

C’est à partir de 1890 que María du Pilar commença à s’émanciper de sa sœur Supérieure, la traitant de demeurée à qui voulait bien l’entendre.

María démissionna en 1893, prétextant le mauvais état des finances et entraînant à sa suite quelques consœurs. Au chapitre, on l’élut Supérieure générale, tandis que Rafaela se recueillit comme une inconnue dans la maison de Rome, pour les trente dernières années de sa vie.

Le schisme dura dix ans. María fut déposée en 1903 et elle accepta de prendre sa place de simple religieuse ; elle mourut en 1916.

Rafaela, de son côté, continua de vivre dans la discrétion, assistant aux fondations en Espagne, en Angleterre, en Amérique.

Les novices ignoraient totalement qui était cette vieille Religieuse si gentille et si pieuse : elle passait des heures à genoux devant le Saint-Sacrement, ce qui lui provoqua des douleurs très vives.

Rafaela mourut le 6 janvier 1925, et c’est alors qu’on connut la vérité. Elle apparut effectivement comme l’humilité incarnée.

Elle fut béatifiée en 1952 et canonisée en 1977.

 

 

Alfred Bessette

1845-1937

 

Alfred était le neuvième des treize enfants de Isaac et Clothilde, humbles travailleurs non loin de Montréal (Québec, Canada). Le papa était menuisier, charpentier, tonnelier et charron.

Né le 9 août 1845, Alfred fut baptisé dès le lendemain «sous condition», car il était très frêle. Alfred perdra quatre de ses frères et sœurs et sera tôt orphelin de père et mère : à Farnham le papa mourut d’un accident dans la forêt en 1855, tué par l’arbre qu’il abattait, et la maman mourut de tuberculose en 1857. C’est la tante Rosalie qui l’hébergea pendant trois ans.

Déjà bien préparé par sa mère, qui lui avait enseigné la dévotion à la Sainte-Famille, Alfred put recevoir la Première communion en 1857 et la Confirmation en 1858, mais il resta pratiquement sans instruction, et savait à peine signer son nom.

Il essaya un peu tous les métiers, mais sa très mauvaise santé et sa petite taille (1m55) ne lui permettaient pas d’avenir. Quand ses oncle et tante décidèrent de partir chercher de l’or en Californie, Alfred fut recueilli par le maire du village. Il essaia encore d’autres métiers dans divers villages, pour se retrouver apprenti boulanger et cordonnier en 1862.

Cette vie errante et misérable s’accompagna toutefois de manifestations qu’on qualifia d’étranges : Alfred s’imposait de dures mortifications, se privant de son dessert, portant une ceinture de cuir avec des pointes de fer, restant longtemps à genoux pour prier, les bras en croix, dans sa chambre ou à l’église…

Accompagnant d’autres Canadiens émigrant aux Etats-Unis, il alla vivre de 1863 à 1867 au Connecticut, au Massachusetts, au Rhode Island : il apprit ainsi l’anglais, tout en travaillant dans des filatures de coton ou dans des fermes.

En 1867 fut proclamée la Confédération canadienne et Alfred revint dans son pays d’origine. Il vécut chez sa sœur Léocadie et son frère Claude, à Sutton, puis chez le curé de Farnham, où étaient enterrés ses parents. Curieusement, le curé lui confia des travaux difficiles : le soin du cheval, le jardin, les gros travaux dans la cure, qu’Alfred exécutait gentiment, sans rien dire.

Quand le curé fut muté, Alfred revint chez le maire et s’en vint trouver l’abbé Joseph André Provençal. Alfred avait alors vingt-trois ans : l’abbé Provençal remarqua son dévouement, sa piété et l’orienta vers la Congrégation de Sainte-Croix de Montréal.

Alfred se présenta à cette communauté en 1870, muni d’une lettre de recommandation de l’abbé Provençal, annonçant au maître des novices qu’il lui envoyait un saint.

En décembre, Alfred prit l’habit et choisit comme nom de religion André (en reconnaissance pour l’abbé André Provençal). On le connaîtra désormais sous le nom de Frère André.

Le noviciat se prolongea (trois ans), on hésita à garder ce jeune homme toujours malade ; finalement on l’accepta et le nouveau maître des novices déclara : Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier.

Frère André fit ses premiers vœux en 1872 et la profession perpétuelle en 1874.

Qu’allait faire ce cher Frère illettré ? Il fut d’abord portier, et le sera jusqu’en 1909 : lui-même ironisera plus tard en disant qu’à son entrée dans la communauté, on lui avait montré la porte. Il balayait, faisait les courses, donnait l’aumône aux pauvres, faisait le barbier et l’infirmier, portait le courrier, les colis, accompagnait les élèves pendant les promenades. En un mot : le factotum !

Sa joie était de pouvoir aider, et de prier autant que possible, seul ou avec ceux qu’il rencontrait. Cette prière allait bientôt produire des fruits étonnants.

En 1877, un Frère de la communauté fut guéri d’une blessure à la jambe ; un autre put aller jouer dehors alors que la fièvre le clouait au lit… C’était Frère André qui faisait des miracles ! Tous les éclopés et les malades du coin assaillirent le petit Frère qui guérit tous les maux. Quelle était donc sa recette ?

Quand il entra dans la communauté (1870), le pape venait de proclamer saint Joseph patron de l’Eglise universelle. Frère André eut une dévotion particulière envers saint Joseph. Il en distribuait une médaille à ceux qui sollicitaient des prières, recueillait un peu d’huile de la lampe qui brûlait devant sa statue et conseillait aux malades de s’en frictionner avec confiance. Les guérisons furent nombreuses.

Mais survinrent aussi les suspicions : on accusa Frère André de charlatanisme, la communauté lui demanda de ne plus recevoir à l’intérieur du collège. Qu’à cela ne tienne, il se mit à l’arrêt du tramway sur le bord de la rue, où se retrouvaient de très nombreux voyageurs, tant et si bien que même la Compagnie, qui ne voyait pas d’un bon œil ces rassemblements, fermera les yeux devant l’énorme affluence de clients : c’était plutôt une bonne affaire !

Frère André installa une belle statue de saint Joseph non loin du collège sur la colline du Mont Royal, et demandera la permission d’y construire un petit oratoire. L’évêque accepta à condition que les frais fussent pris en charge par les demandeurs. Le petit oratoire fut inauguré en 1904.

Les guérisons se multiplièrent encore. Le pauvre Frère André avait beau répéter que c’était l’œuvre du Bon Dieu, par l’intercession de saint Joseph, tous parlaient à l’envi du thaumaturge de Mont Royal.

De 1908 à 1912, le petit oratoire dut être agrandi à quatre reprises. Les autorités du collège, qui avaient prié André de recevoir dehors, assumèrent désormais l’administration de l’oratoire ; on déchargea le Frère André de sa fonction de portier du collège pour le faire gardien de l’oratoire ; on lui accorda même un secrétaire pour répondre au courrier qu’il recevait. Sans le vouloir, et plutôt à contre-cœur, Frère André était devenu quelqu’un d’important !

A partir de 1915, ses supérieurs l’autorisèrent à prendre un peu de repos deux fois par an ; il en profita pour aller revoir les siens au Canada, ou des amis. Mais il ne put jamais rester incognito : même les chefs de gare annonçaient son arrivée, les gens se pressaient à sa descente du train, aux hôtels ou presbytères où il descendait. Les journaux locaux relataient les miracles continuels. De retour à la maison, il était chargé d’offrandes reçues en reconnaissance des faveurs obtenues.

Peu à peu, les supérieurs furent gagnés à la cause de Frère André. Ils comprirent enfin que tout ce mouvement ne s’appuyait que sur l’humble et sincère dévotion du Frère à saint Joseph, à la Sainte-Famille, au Sacré-Cœur. Frère André racontait la passion du Christ avec des larmes, qui gagnaient ceux qui l’écoutaient. Il priait, il faisait prier.

Le petit oratoire devint une immense basilique. Une crypte pouvant contenir mille personnes fut construite en 1917, sur laquelle allait s’élever cette basilique.

Dès 1920 le Frère André institua chaque vendredi soir une Heure sainte, suivie du Chemin de la Croix. Les autorités religieuses invitèrent les fidèles à élever des prières de réparation ainsi que pour contrer la menace du socialisme et du communisme.

Fin 1936, il restait à construire la coupole de la basilique, qui ne sera achevée vraiment qu’en 1967. La basilique est l’une des plus grandes du monde.

En cette fin d’année 1936, le Frère André se trouva à New York, pour solliciter du riche banquier Rockefeller une aide financière à cet achèvement. Fin décembre, un malaise le frappa. On le conduisit à l’hôpital de Saint-Laurent.

Au matin du 6 janvier 1937, jour de l’Epiphanie, Frère André mourut. Ce pauvre homme malingre et chétif avait atteint l’âge de quatre-vingt onze ans !

Des millions de fidèles défileront devant sa dépouille ; sa mort fut relatée dans le monde entier. Bientôt commença le procès de béatification.

En 1963, le corps du Frère André fut retrouvé intact.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison, en quelques jours, d’un malade américain atteint de cancer du foie puis généralisé. Un dossier de près de mille pages donna aux experts la conviction que cette guérison ne pouvait pas être le fruit de la médecine.

Un autre miracle a ensuite été retenu pour la canonisation. Il s’agissait d’un enfant de dix ans, renversé à bicyclette par une voiture : double fracture du crâne, hémorragie cérébrale majeure ; l’enfant, dans le coma depuis plusieurs semaines, était en phase terminale. Or, au moment où un parent priait à l’oratoire, l’enfant sortit du coma et se rétablit complètement. Ici encore, près d’un millier de pages de constatations et d’analyses conduisirent à l’authenticité du miracle.

Béatifié en 1982, Frère André (Alfred Bessette) fut canonisé en 2010.

 

Nota. On remarquera, non sans quelque étonnement, que moururent presque aux mêmes jours deux Bienheureux et un Saint qui ont favorisé la dévotion à la Sainte Famille : l’italien Pietro Bonilli (5 janvier), l’espagnole Rafaela Porras y Ayllón et le canadien Alfred Bessette (6 janvier), peu de jours après la fête de la Sainte Famille.

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 00:00

05 JANVIER

 

IV.

Ste Syncletika, vierge en Alexandrie.

V.

S Deogratias, évêque à Carthage ; il vendit tous les vases sacrés pour racheter des prisonniers chrétiens.

Ste Apollinaire, vierge réfugiée dans un monastère d’hommes sous un nom masculin.

Ste Aimée (Amma Talide), abbesse à Antinoé. 

VI.

Ste Æmiliana, tante du pape s. Grégoire le Grand.

VIII.

Ss Honobert et Arnulphe, évêques à Sens.

S Angilram, évêque à Metz, neveu de s. Chrodegand, aumônier de la maison de Charlemagne.

IX.

B Convoyon, abbé à Redon.

XI.

S Edward, roi en Angleterre, très dévot de saint Jean l’Evangéliste.

XII.

S Gerlac, ermite près de Maastricht, après une jeunesse agitée.

XIII.

B Ruggero, un des tout premiers franciscains, à Todi.

XVIII.

Bx François Peltier, Jacques Ledoyen et Pierre Tessier, prêtres guillotinés à Angers, béatifiés en 1984.

XIX.

S Jan Nepomucký Neumann, originaire de Bohème, rédemptoriste, évêque à Philadelphie, fondateur d’un tiers-ordre franciscain.

Bse Maria Repetto, aînée de neuf enfants, dont un fut prêtre et quatre religieuses ; elle s’activa dans l’Institut de Notre-Dame-du-Refuge à Gênes, où on l’appela la “sainte moniale” ; béatifiée en 1981. 

S Joannes Andreas (Karel de Saint-André) Houben, passioniste hollandais actif en Angleterre puis en Irlande, dévoué à l’œcuménisme et au sacrement de la Réconciliation, canonisé en 2007.

XX.

Bse Marcelina Darowska (1827-1911), jeune veuve polonaise, fondatrice des Sœurs de l’Immaculée Conception de la Bse Vierge Marie, pour les milieux agricoles et populaires, béatifiée en 1996.

B Pietro Bonilli (1841-1935), prêtre à Spolète, fondateur de plusieurs familles, pour répandre l’idéal de la Sainte Famille : Missionnaires de la Sainte-Famille, Œuvre de la Sainte Famille (pour la jeunesse abandonnée), Institut Nazzareno (pour enfants aveugles et sourds-muets abandonnés), Sœurs de la Sainte-Famille ; béatifié en 1988.

B Joan (Roberto) Grau i Bullich (1895-1937), prieur bénédictin à Montserrat, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

B Mariano Alarcón Ruiz (José Mariano des Anges, 1912-1937), prêtre des Carmes Déchaux, martyr près de Barcelone avec son père, béatifié en 2007.

Ste Genoveva Torres Morales (1870-1956), espagnole, mal amputée d’une jambe, fondatrice des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et des Anges à Saragosse, pour le service des femmes seules et délaissées, béatifiée en 1995, canonisée en 2003.

Syncletika d’Alexandrie

4e siècle

 

Syncletika naquit au 4e siècle, vers 315, en Alexandrie d’Egypte, de bons et pieux parents originaires de Macédoine. Elle avait une sœur aveugle.

La jeune fille avait de grandes vertus, était fort intelligente et belle, et bien des jeunes gens de la noblesse d’Alexandrie l’auraient demandée en mariage, si elle n’avait pas affirmé avec détermination son attachement irrévocable à l’Epoux divin. Elle pouvait répéter en vérité ce verset de l’Ecriture : Mon Bien-aimé est à moi, et je suis à Lui (Cant 2:16).

Déjà à la maison, elle commença une vie de grande mortification, avec des jeûnes rigoureux.

Quand ses parents moururent, elle distribua sans attendre son héritage aux pauvres puis, avec sa sœur, se retira loin de la ville, se fit couper les cheveux en signe de consécration, et vécut dans le silence et la prière, redoublant ses austérités, tout en n’en montrant rien à l’extérieur.

D’autres âmes pieuses voulurent se joindre à elle et en recevoir les enseignements. Elle finit par céder à leur demande, quoique se sentant elle-même bien imparfaite. Elle devint ainsi la fondatrice de la vie monastique féminine.

Son enseignement principal était l’amour total de Dieu et du Prochain. Pour illustrer le feu de l’Esprit, elle expliquait : Quand on s’approche d’un feu, la chaleur commence par nous faire piquoter les yeux, qui versent des larmes, mais ensuite on ressent les bienfaits de cette chaleur. Ainsi avec l’Esprit : au début, il faut verser bien des larmes de repentir, d’humiliation, de pénitence, puis on reçoit la douce chaleur de la présence de l’Esprit.

Le Démon osa venir importuner cette âme si belle, lui imposant des souffrances qui rappelèrent les épreuves du saint patriarche Job. Elle avait quatre-vingt cinq ans, lorsqu’une fièvre continue la tourmenta pendant trois ans ; puis un cancer lui dévora la bouche et tout le visage, tandis qu’un feu intense lui dévorait les entrailles.

Elle supporta ces horreurs avec calme et paix. Victorieuse de l’Ennemi, elle eut plusieurs visions : des anges vinrent la servir et, trois jours avant sa mort, elle annonça son prochain Départ.

Syncletika mourut, apparemment, le 5 janvier, vers 405.

Elle est un pilier de la vie spirituelle et mystique orientale.

Sainte Syncletika d’Alexandrie est commémorée le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Deogratias de Carthage

† 457

 

Après l’exil de s.Quodvultdeus (v. 19 février), le siège de Carthage (Afrique N) demeura quatorze ans sans pasteur.

En 453 enfin, le roi Genséric permit l’élection d’un nouvel évêque : Deogratias.

D’une sainteté de vie admirable, ce digne pasteur consola et fortifia l’Eglise dans ses afflictions : l’exemple de ses vertus en même temps que ses discours contribuèrent à opérer ce résultat.

Deux ans après l’élection, Dieu permit que Genséric s’emparât de la ville de Rome, la mît à sac et déportât la plus grande partie du peuple romain. En Afrique, les Vandales et les Maures séparèrent à leur habitude les maris de leurs épouses, les parents de leurs enfants.

Dans ces circonstances, l’évêque Deogratias n’hésita pas à vendre tous les vases d’or et d’argent de son église, pour racheter ces captifs.

En outre, ne trouvant pas à Carthage de maisons en nombre suffisant pour loger tous ces infortunés, il transforma en dortoirs les deux grandes églises de Saint-Fauste et de Saint-Varius.

Beaucoup de prisonniers étaient tombés malades durant la traversée de la mer. L’évêque leur rendait de fréquentes visites, leur amenait des médecins, leur faisait porter les remèdes et les aliments nécessaires.

L’époque moderne sait, hélas, ce que signifie que de traverser la mer sur des embarcations de fortune et d’arriver (pas toujours) sur une plage inconnue, sans rien, dans le froid, la faim.

Deogratias passait ainsi même les nuits dans cet exercice de la miséricorde, sans égard pour son grand âge et sa faible santé.

Les ariens en furent jaloux et cherchèrent, d’abord, à entraver son action, puis à le faire mourir. Mais Dieu les devança, en accordant une sainte mort à ce digne prélat, qui s’éteignit le 5 janvier 457.

Saint Deogratias de Carthage est commémoré le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmiliana de Rome

† 594

 

Le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) eut l’occasion, dans une de ses homélies, de faire l’éloge de ses trois tantes : Tarsilla, Æmiliana et Gordiana.

Parlant de Tarsilla, qui mourut la première (v. 24 décembre), il affirma qu’elle apparut à sa sœur Æmiliana, pour l’inviter à venir partager son bonheur.

Æmiliana mourut le 5 janvier suivant, veille de l’Epiphanie, en 594.

Sainte Æmiliana de Rome est commémorée le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Konuuoion (Convoyon) de Redon

800-863

 

Les chartes anciennes portent le nom de Konuuoion ; ce nom d’origine celtique est composé de Kon et uuoion, «guerrier sincère», et s’écrit Konvoion en breton, Convoyon en français.

Konuuoion naquit vers 800 à Comblessac (Ille-et-Vilaine), d’une famille d’origine gallo-romaine de rang sénatorial.

Entré dans l’état ecclésiastique, il fut quelque temps archidiacre de l’évêque de Vannes, puis bâtit un monastère à Redon, où il se retira avec quelques compagnons, avec le soutien du prince local Ratvili et du roi de Bretagne Nominoë. L’abbaye bénédictine Saint-Sauveur de Redon remonte ainsi à 832.

Les évêques de la région ayant été accusés de simonie, Convoyon fit partie de la députation envoyée à Rome pour porter l’affaire devant le pape.

Vers 860, devant la menace des Vikings, la communauté dut quitter les lieux et se réfugier à Maxent (Plélan-le-Grand), sous la protection du nouveau roi de Bretagne Salomon.

Konuuoion mourut dans ce monastère, le 5 janvier 868.

Son culte a été confirmé en 1866 ; saint Konuuoion est commémoré le 5 janvier dans le Martyrologe Romain.

Edward le Confesseur

1002-1066

 

A la suite de grands troubles qui désolaient l'Angleterre, le prince Edward passa trente-cinq ans de sa vie en exil. Nous avons peu de détails sur cette période de son histoire.

Il naquit vers 1002 à Islip (Oxford, Angleterre). Doué d'un caractère doux, ami de la solitude, il était d’une piété quasi monastique.

Fils du roi Æthelred et d’Emma de Normandie, il reçut en 1042 l’héritage de la couronne des princes saxons, sur une manifestation divine, semble-t-il, et gouverna, pour ainsi dire, plus par sa piété que par son autorité, qui était toute spirituelle.

Il fut couronné en 1043 en la cathédrale de Winchester.

Modeste dans son port, Edward III savait être majestueux en public, par devoir. Il mangeait et buvait peu. Il voulut accomplir le vœu qu'il avait fait d'aller à Rome vénérer le tombeau du Prince des apôtres, mais il dut céder aux instances de ses sujets, qui avaient besoin de sa présence. Le pape le délia de son vœu ; en revanche, il fit construire une belle église en l'honneur de saint Pierre.

Politiquement, Edward fut contré par le seigneur du Wessex, Godwin, dont la fille Edith devint la femme d’Edward. Mais Godwin, profitant de la bonté du roi, se comporta en envahisseur jusqu’à être déclaré hors la loi, avant de mourir d’apoplexie un peu plus tard.

Edward est célèbre par son désintéressement et par sa charité envers les pauvres. A trois reprises différentes, il vit un des officiers de sa maison mettre la main aux trésors royaux ; la troisième fois, il se contenta de lui dire : Prends bien garde qu'on ne t’y surprenne ! Le trésorier du palais se plaignant au roi de ces vols, celui-ci, comme s'il n'eût rien su, lui dit : Pourquoi te  plaindre? Celui qui a pris cet argent en avait sans doute plus besoin que nous.

Sans se préoccuper du qu’en dira-t-on, il prit sur ses épaules un pauvre infirme tout perclus et le porta à l'église Saint-Pierre, où il fut guéri.

Edward, qui avait une grande dévotion à l’apôtre saint Jean, promit de ne jamais refuser l'aumône demandée au nom de saint Jean. Un jour, un pauvre lui ayant tendu la main au nom de cet apôtre, le roi, dépourvu d'argent, retira de sa main un riche anneau et le lui donna, pour ne pas le faire attendre. Saint Jean l'Évangéliste se montra plus tard, début août de 1065, à deux pèlerins anglais qui se mettaient en voyage pour les lieux saints ; il leur remit un anneau en leur disant : Portez cet anneau au roi ; c'est lui qui me l'a donné un jour que je lui demandais l'aumône en habit de pèlerin ; dites-lui que, dans six mois, je le visiterai et le mènerai avec moi à la suite de l'Agneau sans tache.

Edward mourut, en effet, six mois après, le 4, ou plutôt le 5 janvier 1066. Le 4 était juste le jour octave de la fête de saint Jean Evangéliste. Edward n’avait pas d’héritier, ayant probablement préféré vivre avec son épouse dans la chasteté.

Les moines de Westminster ainsi que la population acclamaient le roi défunt, dont la mort cimenta l’union des Anglais. Edward fut bientôt canonisé, en 1161 et surnommé Edward le Confesseur, pour le distinguer de son oncle Edward le Martyr (v. 18 mars).

 

 

Gerlac de Houthem

1100-1170

 

Gerlac naquit vers 1100 au pays de Walkenberg (Pays-Bas).

Il suivit la carrière des armes et se maria. Mais selon une habitude fréquente dans le métier des armes, l’homme se laissa aller à une vie assez déréglée.

Il se préparait pour un énième tournoi, quand on vint lui annoncer la mort subite de son épouse. Ce coup de foudre le fit rentrer en lui-même : il régla ses affaires et vint à Rome, où il se confessa et reçut du pape une pénitence sévère mais salutaire : il serait allé servir les malades à l’hôpital de Jérusalem, pendant sept ans. Il accomplit cette satisfaction avec profonde humilité.

De retour à Rome, il obtint la permission du pape de vivre en ermite dans son pays. Il se retira au creux d’un vieux chêne et se déplaça chaque jour jusqu’à l’église Saint-Servais de Maastricht, fort distante, pour participer à l’office des moines. Ces derniers, qui ne vivaient pas de façon aussi austère, dénoncèrent Gerlac à l’évêque, qui le condamna. Heureusement, le prélat ouvrit les yeux : il constata de lui-même que Gerlac ne dissimulait aucun «trésor» dans son chêne ; il fit abattre l’arbre et, avec les planches, ordonna d’en faire un oratoire pour Gerlac.

Une grande Mystique, sainte Hildegard (v. 17 septembre), connut en vision Gerlac et il se fit entre eux deux un saint échange. Hildegard obtint que des miracles signalassent la sainteté de Gerlac, et Gerlac obtint d’avoir un prêtre près de lui à ses derniers moments : le prêtre désigné tardant à arriver, il se présenta un bon vieillard qui lui administra les derniers sacrements ; on pense que ce fut saint Servais (v. 13 mai).

Un des «miracles» obtenus par Gerlac fut que la fontaine d’eau où il se désaltérait, donna du vin, en signe  que ses péchés étaient entièrement pardonnés.

Gerlac mourut le 5 janvier 1170, dans son petit oratoire. L’endroit s’appelle Houthem, terme par lequel on désigne habituellement Gerlac.

C’est dans cet oratoire que Gerlac fut inhumé ; plus tard, il s’y construisit un double monastère de moines et moniales norbertins, avec un hospice pour les malades, mais tout fut saccagé lors de la persécution protestante du 16e siècle.

Bien que Gerlac n’ait pas été canonisé officiellement, il est en grande vénération à Roermond, à Liège et à Cologne et le Martyrologe le mentionne au 5 janvier.

 

 

Ruggero de Todi

† 1237

 

Le peu qu’on connaisse de Ruggero est le plus important : il fut un des premiers Frères de Francesco d’Assise (v. 4 octobre).

On ne connaît pas sa date de naissance, ni sa famille, ni la date de sa mort.

Il naquit à Todi (Ombrie, Italie C).

Il fut un des tout premiers, en 1216, à recevoir l’habit des mains de Francesco d’Assise lui-même. Ce dernier l’avait en très grande estime : Est un bon frère mineur celui qui a la charité et la vie de frère Ruggero, car toute sa vie et son comportement sont illuminés et enflammés de la ferveur de la charité, à quoi le même Francesco ajoutait un éloge de l’esprit de pauvreté qui animait Ruggero.

Ce Frère devait être l’aumônier des Clarisses de Borgo San Pietro (Rieti), depuis sa fondation en 1228 ; en 1236, il assista aux derniers instants de la bienheureuse Filippa Mareri (v. 16 février).

De retour à Todi, il y mourut un 5 janvier, peut-être en 1237.

Les nombreux miracles qui se produisirent amenèrent le pape à autoriser sa fête à Todi dès l’année de sa mort ; cette fête fut étendue à tout l’Ordre en 1751.

Le Martyrologe mentionne le bienheureux Ruggero au 5 janvier.

François Peltier

1728-1794

 

Il naquit le 26 avril 1728 à Savennières (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Jacques Ledoyen

1760-1794

 

Il naquit le 3 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Pierre Tessier

1766-1794

 

Il naquit le 11 mai 1766 à La-Trinité-d’Angers (Maine-et-Loire).

Il fut guillotiné à Angers le 5 janvier 1794 et béatifié en 1984.

 

 

Johannes Nepomuk Neumann

1811-1860

 

Quand Johannes naquit, le 28 mars 1811, à Prachatitz, la Bohême faisait partie de l’empire austro-hongrois ; cette région faisant partie maintenant de la République tchécoslovaque, son nom s’orthographiera Jan Nepomucký Neumann.

Après ses études à České Budějovice, il entra au séminaire en 1831.

Il entra en 1833 à l’université Saint-Charles de Prague pour étudier la théologie, tout en s’intéressant aussi à l’astronomie et à la botanique, et mettant aussi à profit ses loisirs pour étudier six langues.

Curieusement, l’évêque refusa de l’ordonner prêtre. Motif : il y avait déjà trop de prêtres en Bohême. Bienheureux pays ! Mais Johannes désirait avant tout être prêtre, aussi émigra-t-il aux Etats-Unis, dans l’espoir d’y travailler pour les âmes.

Il arriva à New York avec rien d’autre que les habits qu’il portait, et un (pas deux) dollar en poche. Il se présenta à l’évêque, Mgr Dubois, qui l’ordonna trois semaines plus tard (juin 1836).

La première mission du jeune prêtre fut la pastorale des Allemands immigrés, qui habitaient dans la région des chutes du Niagara. Il n’y avait pas de paroisse encore. La «paroisse» de l’abbé Neumann partait de la région occidentale de New York et arrivait au lac Ontario. Il fallait se déplacer à cheval.

Les habitants sourirent à la vue de ce prêtre tout petit, dont les jambes n’arrivaient pas aux étriers. Il visita les malades, enseigna le catéchisme, forma des catéchistes, et établit sa résidence à North Bush (Tonawanda), près de l’église Saint-Jean-Baptiste.

Il était trop isolé. Il demanda à l’évêque, et obtint, la permission de faire partie de la congrégation des Rédemptoristes. Il fit son noviciat à Pittsburgh, premier candidat «américain», et fit la profession en 1842.

Il exerça son apostolat à Elkridge (Maryland) de 1849 à 1851, avec d’excellents résultats, malgré tant de difficultés, de sorte qu’il fut nommé Provincial pour les Etats-Unis.

En 1848, il fut naturalisé citoyen des Etats-Unis et fut nommé curé à Baltimore.

Le Saint-Siège apprécia cet apostolat : l’abbé Neumann fut nommé évêque de Philadelphia, un diocèse enrichi d’une forte affluence d’immigrants allemands, irlandais, italiens, qui avaient fui les guerres napoléoniennes.

Il y eut des problèmes entre les habitants (souvent protestants) et les arrivants, en général catholiques ; il y eut des heurts anti-catholiques et anti-immigration, et l’évêque eut envie de démissionner, mais le pape l’encouragea à persévérer.

Mgr Neumann fonda des paroisses pour tout ce monde (environ une par mois !), un système diocésain d’enseignement comprenant jusqu’à deux-cents écoles. Sa connaissance de l’allemand et de l’italien lui facilitèrent le contact avec ses paroissiens européens. Il fit venir aussi des congrégations de Religieuses.

L’évêque vécut toujours pauvrement, au milieu de cette population pauvre. Il n’utilisa qu’une paire de bottes durant tout son séjour aux Etats-Unis. Quand on lui offrait un habit neuf, il le donnait à un nouveau prêtre.

En 1854, il put faire le voyage à Rome, lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.

Ereinté par son travail continu, Mgr Neumann fut frappé d’infarctus en pleine rue, le 5 janvier 1860.

Il fut béatifié en 1963 et canonisé en 1977.

 

 

Maria Repetto

1809-1890

 

Elle naquit et fut baptisée le 31 octobre 1809 à Voltaggio (Alessandria, Italie NO), de Giovanni Battista, notaire, et Teresa Gazzale, qui eurent dix enfants après elle.

De ces onze enfants, quatre filles furent Religieuses, dont Maria, et un garçon devint prêtre.

Lors de sa Première communion, en 1819, elle ressentit le désir de rester toujours en union avec Jésus-Christ. Elle aimait lire des livres d’hagiographie (elle aurait sans doute eu du plaisir à consulter notre blog !). Sa mère lui enseigna la broderie.

En 1822, deux de ses petits frères moururent prématurément.

Avec sa sœur Giuseppina, elle rendait visite aux voisins et les deux fillettes s’ingéniaient à rendre de petits services : une aumône par ici, un travail de couture par là, de sorte que peu à peu germa dans le cœur de Maria le réel désir de devenir religieuse. Elle attendit cependant suffisamment pour que son absence ne causât pas de difficultés à la tenue de la maison.

En 1829, elle fréquenta les Sœurs de Notre-Dame du Refuge au Mont-Calvaire (ou Brignoline, car leur couvent se situait sur la place Brignole, du nom du célèbre gênois), et elle fit sa première consécration en 1831. Ces Religieuses étaient vouées à l’assistance des malades principalement.

La dot que Maria apportait était consistante, et elle fut reçue comme sœur de chœur, et pas seulement comme auxiliaire (ou domestique). Elle demanda à rester le plus possible ignorée de tous : elle se montra toujours très simple, joyeuse, passant son temps libre à broder et à coudre, toujours souriante, transmettant sans cesse sa dévotion inconditionnée à saint Joseph.

En 1835 et 1854, elle se porta volontaire pour aller soigner les victimes des épidémies de choléra. Elle se dépensa tellement que, malgré son effacement et sa petite taille, on se mit à la reconnaître de tous côtés comme la monaca santa (la sainte moniale) ; elle était particulièrement heureuse de rencontrer les pauvres et les malheureux.

En 1868, lors du transfert du couvent à Marassi (on devait construire la fameuse gare de «Brignole», la sœur Repetto fut chargée de l’accueil à la porterie du couvent, car sa vue baissait et elle ne pouvait plus manier l’aiguille. Désormais, elle accueillait tous ceux qui venaient de partout lui demander un sourire, une parole de réconfort, une prière : elle confiait toutes ses intentions à saint Joseph, en distribuait des images et des médailles à droite et à gauche, le Giuseppini, et obtenait réellement des grâces et des guérisons.

Un jour qu’on lui demanda quand, à son avis, leur Fondatrice (Virginia Centurione Bracelli, v. 15 décembre) serait proclamée bienheureuse, elle répondit que ça n’arriverait pas avant la béatification d’une autre des Religieuses de l’Institut, ignorant tout-à-fait qu’il s’agissait d’elle-même !

Un autre trait de sa pauvreté discrète, était de ne porter que la bure que ne pouvait plus mettre telle autre Consœur : elle récupérait le tissu «possible» et l’ajustait à sa petite taille.

Maria resta à son poste de portière jusqu’en 1889, à quatre-vingts ans, A cet âge, elle se retira désormais à l’infirmerie, jusqu’à sa mort, qui advint le 5 janvier 1890 : en mourant, elle murmura encore les paroles du Regina cæli.

Comme elle l’avait prophétisé sans le savoir, Maria Repetto fut béatifiée en 1981, quatre ans avant la Fondatrice (cette dernière ayant été, depuis, canonisée en 2003).

 

 

Joannes Andreas Houben

1821-1893

 

Né à Munstergeleen (Limbourg, Pays-Bas) le 11 décembre 1821, Joannes Andreas était le quatrième des onze enfants de Peter Joseph et Elisabeth Joanna Houban.

Il fut baptisé le jour même de sa naissance, reçut la Première Communion et la Confirmation en 1835.

Il fit ses études à Sittard puis Broeksittard, où il n’était pas brillant : il apprenait avec lenteur, mais avec grand sérieux.

Après quatre ans de service militaire, il travailla un peu au moulin de son oncle, puis entra chez les pères Passionistes en 1845, à Ere (Tournai, Belgique), prenant le nom de Karel (Charles) de Saint-André. Celui qui le reçut était un certain Domenico Barberi, italien, qui ira bientôt travailler aussi en Angleterre et qui est maintenant Bienheureux (v. 28 août).

Après avoir fait ses vœux et terminé ses études, il fut ordonné prêtre en 1850 et envoyé en Angleterre, comme vice-maître des novices à Broadway, en même temps que pour exercer le ministère sacerdotal dans la paroisse de Saint-Wilfrid, où il s’occupa activement des Irlandais immigrés.

En 1857, on l’envoya dans un monastère récemment fondé, au «Mount Argus» de Dublin (Irlande), qui sera sa patrie définitive. Très vite il fut apprécié pour ses dons de confesseur, mais aussi de réel guérisseur. Il fut tellement aimé des Irlandais, qu’ils l’appelèrent le Père Charles du Mont Argus. Il recevait chaque jour des montagnes de courrier, lui demandant des prières pour des malades. Toute la ville, même dans les rangs des non-catholiques, le reconnaissait comme «saint».

C’était un prêtre de très profonde piété, et particulièrement envers la Passion du Seigneur, Comme son divin Maître, il était extrêmement obéissant à ses supérieurs, fidèle dans les vertus de pauvreté, d’humilité, de simplicité, qui le caractérisaient. Sa mauvaise connaissance de l’anglais ne lui permit pas de prêcher, mais il fut un excellent conseiller spirituel.

On le sollicitait de toute l’Angleterre, mais aussi d’Amérique, d’Australie. Pendant une brève période, on pensa le soulager un peu de son travail en l’envoyant en Angleterre, mais il revint vite en Irlande.

Après un vilain accident qui le blessa à la jambe, l’infection gagna. Il mourut le 5 janvier 1893, et un journal écrivit qu’on n’avait jamais vu une telle explosion de sentiments religieux lors de la mort d’un homme, comme ce fut le cas pour le Père Karel.

Le père Karel de Saint-André fut béatifié en 1988 et canonisé en 2007.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison scientifiquement inexplicable d’un homme atteint d’une appendicite aggravée, comportant perforation, gangrène, péritonite généralisée touchant d’autres organes et provoquant une exténuante et longue agonie. Cet homme habite dans le village natal du Saint.

 

 

Marcelina Darowska

1827-1911

 

Marcelina naquit en janvier 1827, soit le 6, soit le 16, soit le 28, suivant les informations qu’on trouve, la date du 16 étant la plus fréquente, mais qui recopie l’autre ?

Ils habitaient Szulaki, dans la province ruthène sous domination russe (maintenant en Ukraine).

Jeune, elle travailla dans la propriété, mais aussi s’occupa des enfants, leur enseigna le catéchisme, visitait les malades. Elle voulait entrer dans la vie religieuse.

Elle fut cependant contrainte par son père à épouser un certain Karol Darowski, en 1849 ; après la naissance d’une fille et d’un garçon, coup sur coup moururent et Karol et son fils, de sorte qu’elle pouvait librement espérer s’engager dans la voie religieuse, dès qu’elle n’aurait plus de soucis pour sa petite fille, mais on ne connaît pas les décisions qu’elle prit au sujet de cette dernière, qui n’avait encore que trois ans.

En 1854, Marcelina fit à Rome le vœu privé de chasteté ; là, elle rencontra Józefa Karska, avec laquelle elle fonda une nouvelle congrégation, les Sœurs de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, la même année où fut proclamé ce dogme marial. La nouvelle famille religieuse devait s’occuper de l’éducation des jeunes filles, pour les préparer à leur tâche non seulement d’épouses et de mères, mais aussi de citoyennes, car on sait bien que le niveau de la société repose sur celui des familles.

Ce qui est moins connu, est qu’à partir de 1854, Marcelina eut des expériences mystiques intenses, qu’elle rapporta dans quelque cent quarante-quatre volumes manuscrits.

En 1861, elle fit les vœux perpétuels, prenant le nom de Maria Marcelina de l’Immaculée Conception. Après la mort de Józefa (1863), Marcelina rentra avec sa congrégation en Pologne, et s’établit à Jazłowiec, où elle ouvrit une première école. Cette localité passa plus tard à l’Ukraine et la maison fut transférée à Szymanów (Varsovie).

Durant les quelque cinquante années qu’elle vécut encore, Marcelina ouvrit sept maisons, avec des instituts de formation des sœurs et des écoles gratuites pour les plus pauvres.

Marcelina s’éteignit à ce monde le 5 janvier 1911, et fut béatifiée le 6 octobre 1996.

Pietro Bonilli

1841-1935

 

Pietro naquit le 15 mars 1841 à San Lorenzo di Trevi (Perugia, Italie centrale), de Sabatino et Maria Allegretti. Cette dernière était d’extraction modeste, et Sabatino dut s’éloigner des siens pour vivre avec sa chère épouse, alors que ses parents, plutôt aisés, auraient pu l’aider davantage.

Quand Pietro eut neuf ans, encouragé par son curé, il s’enhardit à demander aux parents de pouvoir étudier, et pour ce faire, de partir «travailler» à Trevi pour gagner un peu d’argent et se payer des leçons. Les parents, stupéfaits, inquiets, le laissèrent tenter l’aventure.

On ne sait au juste comment il s’y prit ; ce qui est sûr, est qu’il réussit à survivre. Puis il rencontra un bon et saint prêtre, don Ludovico Pieri, qui le prit sous sa protection.

Don Pieri le fit entrer au collège Lucarini, puis au séminaire de Spolète.

Il n’était encore que sous-diacre, quand l’évêque lui confia déjà la charge pastorale de Cannaiola di Trevi, un patelin complètement isolé et perdu au fin-fond du diocèse, marécageux et insalubre.

Devant le manque de prêtres, le saint garçon, qui n’avait que vingt-deux ans, fut ordonné prêtre en 1863, avec dispense du Saint-Siège pour l’âge. Il devait rester pendant trente-quatre ans dans sa petite paroisse.

Il eut l’excellente idée de rédiger dans un cahier les événements importants de sa présence et de son apostolat. La paroisse était complètement à l’abandon, desservie seulement par des remplaçants qui ne pouvaient assurer que la messe dominicale et les sacrements, mais pas l’instruction. En outre, les ressources de la paroisse étaient très faibles, ce qui explique aussi pourquoi aucun autre prêtre ne s’y intéressait.

Pietro fut cependant bien accueilli. Il commença par bonifier les terrains de la paroisse. Puis il invita toute la population à contribuer à la restauration de l’église et il aménagea le cimetière.

Ensuite il concentra ses efforts sur la dévotion à la Sainte Famille, pour servir de référence à tous les foyers de la paroisse. Il fonda une Compagnie des Gardes d’Honneur de la Sainte Famille et développa les exercices de piété, les fêtes, les processions, le culte au Saint protecteur local.

Puis il fonda la Pieuse Union de la Sainte Famille, en quatre sections selon l’âge et la condition des adhérents et s’appliqua à répandre la dévotion à la Sainte Famille ; il en écrivit un petit «règlement» qu’il soumit à l’approbation de l’archevêque, espérant que cette dévotion dépasserait même les frontières de l’Italie (ce qui arriva : c’est dans le sillage de cette dévotion que surgit la grande cathédrale de Barcelone, dédiée à la Sagra Familia).

Il se préoccupa de porter la Bonne Nouvelle auprès de tous, utilisant déjà les moyens que pouvait lui offrir l’imprimerie : ainsi sortit en 1880 L’apôtre de la Sainte Famille, imprimé d’abord à Foligno, puis à Trevi où il fit la grande folie d’acheter une imprimerie (1881), qu’il transporta ensuite à Cannaiola même (1884), utilisant pour le Bien ce moyen de l’imprimerie si souvent utilisé pour le Mal dans la société. Son imprimerie éditera des opuscules, des livres ; bientôt circulèrent des bibliothèques ambulantes.

En 1884, il fonda aussi un orphelinat, l’Orphelinat de Nazareth, qu’il organisa près de son imprimerie, pour donner un travail à ces orphelins. Et un autre pour les orphelines en 1886, avec des leçons de couture, de broderie, de cuisine, de tissage.

On observera qu’à la même époque, une portugaise confiait un nouvel Institut à la Sainte Famille, pour la formation des petites filles (voir Rita Lopes de Almeida, au 6 janvier).

Don Pietro, en 1893, s’intéressant aux malheureuses petites filles sourdes et muettes, et aveugles, se les fit signaler par tous les maires des environs, leur demandant quelque contribution pour ériger une maison en vue de les accueillir : ainsi naquit un Abri pour les sourds-muettes, dont les résultats suscitèrent l’admiration même des spécialistes.

Une des plus grandes joies de toute sa vie fut qu'en 1893, le Vatican approuva la fête de la Sainte Famille, qui devait se célébrer au troisième dimanche après l'Epiphanie, et qui actuellement se célèbre le dimanche après Noël.

Ne réussissant pas à trouver un personnel adéquat, ni de congrégation religieuse disposée à l’aider pour toutes ces œuvres, en 1888, il fonda la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Spolète. Des vocations arrivèrent, des maisons s’ouvrirent en Italie, en Sicile. L’archevêque donna son approbation en 1897, le Vatican en 1932.

Des personnalités furent enfin touchées par ses efforts, et l’aidèrent à prendre possession, en 1898, d’un ancien couvent à Spolète, où il put installer toute son œuvre, avec la typographie.

Cette même année, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Spolète, pour pouvoir rester sur place et gérer toute son œuvre. Il fallut quitter Cannaiola, après trente-quatre ans !

Mais il n’avait toujours que cinquante-sept ans ! Il fut pénitencier à la cathédrale, assailli par les pécheurs, puis administrateur et recteur du séminaire.

Quand l’archevêque fut nommé ailleurs, don Pietro fut pressenti comme Vicaire capitulaire (c’est-à-dire pour «remplacer» l’évêque en attendant la nomination officielle du nouveau), mais il refusa cette charge trop importante pour lui, pour s’occuper seulement de son œuvre.

En 1918, il reçut avec surprise le titre honorifique de Camérier du pape, ce qui lui permettait de porter le titre de Monseigneur. En 1930, il fut nommé Chevalier de la Couronne d’Italie, mais n’en voulut pas porter les insignes.

En 1929, à quatre-vingt huit ans, il dut subir une opération chirurgicale, qu’il supporta très bien.

Les dernières années de sa vie, il perdit peu à peu la vue, lui qui s’était tellement occupé des petits aveugles. Il continuait à recevoir, à confesser, à célébrer même, ayant assimilé par-cœur les textes de la liturgie.

Il s’éteignit enfin, nonagénaire, le 5 janvier 1935, après soixante-douze ans de sacerdoce.

Don Pietro Bonilli a été béatifié en 1986.

Les Sœurs de la Sainte Famille sont présentes en République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire.

 

 

Joan Grau i Bullich

1895-1937

 

Joan naquit le 14 avril 1895 à Coll de Nargó (Lleida, Espagne).

Il entra au collège des Bénédictins à Montserrat dès l’âge de quinze ans et revêtit l’habit monastique en 1913 ; en 1917, il fit la profession solennelle et prit le nom de Robert, et fut ordonné prêtre en 1920.

Ensuite il fut envoyé en Palestine pour accomplir ses obligations «militaires» en terres de mission.

En 1922, il fut préfet du collège et, en 1926, participera à une importante mission œcuménique en Bulgarie, en compagnie de Mgr Roncalli, futur pape Jean XXIII (v. 3 juin).

Il traduisit en catalan Le Christ, idéal du moine, l’œuvre célèbre du Bénédictin, dom Marmion (v. 30 janvier).

En 1928, il fut nommé prieur à l’abbaye de Montserrat, devant tenir la responsabilité de l’abbé, qui devait s’absenter.

En 1936, les miliciens prirent d’assaut le monastère. Certains moines eurent le temps d’aller se cacher, d’autres furent arrêtés, parmi lesquels le père Grau i Bullich.

Il reçut la palme du martyre, probablement à Barcelone, le 5 janvier 1937, et fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Alarcón Ruiz

1912-1937

 

Il naquit le 24 novembre 1912 à Murcia (Espagne).

Son père - dont on n’a pas retenu le prénom - excellent musicien, organiste chez les Pères Carmes de Barcelone, lui enseignera la musique et lui permettra de faire des études très avancées en la matière.

José Mariano entra au petit séminaire de Palafrugell à onze ans.

Novice carme à Tarragona, il prononça ses vœux le 8 septembre 1929, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, avec le nom de José Mariano des Anges.

Il poursuivit des études de philosophie, de théologie morale et de droit canonique à Barcelone, et fut prêtre le 11 avril 1936, l’année de la grande révolution en Espagne.

Au début de la guerre civile, il se réfugia d’abord chez sa sœur à Badalona, puis chez ses parents à Murcia.

La police enquêta, fouilla, découvrit et arrêta le père José Mariano. Son père voulut l’accompagner. C’était le 17 décembre 1936 : on a dit que c’était le jour de leur martyre, mais c’est le jour de leur arrestation.

Le martyre eut lieu près de Barcelone le 5 janvier 1937, vers vingt-deux heures : avec d’autres prisonniers, José Mariano et son père furent extraits de leur cellule, conduits sur la route de Montcada, et fusillés.

Enterrés dans une fosse commune, ils n’ont pas pu être retrouvés.

José Mariano et son père ont été béatifiés en 2007.

 

 

Genoveva Torres Morales

1870-1956

 

Née le 3 janvier 1870 à Almenara (Castille, Espagne), Genoveva reçut le nom de la Sainte du jour : Geneviève. Elle fut baptisée le lendemain.

Elle était la dernière de six enfants et, à l’âge de huit ans, perdit et ses parents (José et Vicenta) et quatre de ses frères et sœurs ; elle n’avait plus que son grand frère José, qu’elle entoura d’affection, mais qui vivait mal cette douloureuse situation. Tous deux grandirent dans la solitude et le repli sur eux-mêmes.

Devant s’occuper de la maison, Genoveva ne put continuer l’école, mais elle fut assidue à l’église, au catéchisme, à la messe du dimanche.

A dix ans, elle reçut la Première communion ; elle se plaisait à lire les livres de spiritualité de sa mère défunte, où elle découvrit que le secret de la vraie joie est de faire la volonté de Dieu ; ce devait désormais être le secret de sa vie.

A treize ans, Genoveva dut supporter une pénible opération : l’amputation de sa jambe gauche, gagnée par la gangrène. L’opération se fit à la maison, sans anesthésie suffisante, et fut horriblement douloureuse. Toute sa vie elle dut ensuite utiliser des béquilles.

Elle s’occupa pleinement de la maison, une fois que son frère resta veuf. Tout était bien propre, bien tenu. Mais en 1885, la pauvre Genoveva eut le corps couvert de plaies douloureuses, qui l’empêchaient de bouger. Il fallait trouver où la soigner, d’autant plus que José s’était remarié et son épouse n’avait pas bien envie de s’occuper de cette malade.

De 1885 à 1894, Genoveva fut donc reçue à la Maison de la Miséricorde de Valencia, tenue par les Carmélites de la Charité. Pendant ces neuf années, elle approfondit sa vie intérieure et aussi l’art de la broderie. Elle rencontra un bon prêtre, Carlos Ferrís (plus tard fondateur de la léproserie de Fontilles), qui l’accompagna saintement ; Genoveva centra sa piété sur l’Eucharistie, le Sacré-Cœur de Jésus, la Vierge Marie et les Saints Anges. Elle offrit toutes ses souffrances pour les pécheurs.

Elle découvrit ce qu’est la «liberté spirituelle» : J’aimais particulièrement la liberté du cœur, je travaillais et je travaille encore à y parvenir pleinement… Cela fait tant de bien à l’âme que tout effort n’est rien, comparé à l’état de liberté du cœur.

Genoveva aurait probablement voulu entrer dans la Congrégation des Carmélites, mais ses conditions physiques l’en auraient empêché. Elle se consacra néanmoins à Dieu.

En 1894, elle alla vivre avec deux autres pieuses dames, Isabel et Amparo, et toutes trois commencèrent une vie discrète faite de pauvreté et de solitude. Peu à peu germa dans l’âme de Genoveva l’idée d’une nouvelle famille religieuse, qui se serait occupée des femmes en difficulté, mettant en commun leurs maigres ressources et s’entraidant ensemble.

Il n’y avait pas de maisons pour de telles situations. Le chanoine Barbarrós encouragea Genoveva dans son idée et c’est ainsi qu’avec l’aide d’un autre père jésuite, Martín Sánchez, elle ouvrit une première maison à Valencia : la Société Angélique (1911). Très vite se regroupèrent d’autres femmes, soit en quête d’aide, soit désireuses d’aider les autres, toutes avides de vivre dans le même idéal. Genoveva n’oubliait pas pour autant le soutien de toute sa spiritualité : l’adoration eucharistique nocturne.

En 1912 elles prirent l’habit et émirent privément les vœux de religion à partir de 1915.

En 1925, l’archevêque de Saragosse reconnut officiellement le nouvel Institut et reçut la profession religieuse de Genoveva et de dix-huit autres Compagnes. Genoveva devint la Mère Générale de cet Institut, qui aura son siège principal avec le noviciat à Saragosse, aux pieds de la Vierge du Pilar.

D’autres maisons s’ouvrirent dans les grandes villes d’Espagne, au milieu de bien des difficultés cependant. Tant que ce fut possible, elles reçurent durant la persécution de 1936-1937 d’autres Religieuses ou personnes laïques. Puis les maisons furent confisquées et, après la tourmente de la guerre civile, il faudra toute la persévérance de Genoveva pour les récupérer.

Cette grande activité obligeait Genoveva à sortir de sa solitude, mais elle y voyait la volonté de Dieu et ne se laissait pas abattre par ses souffrances physiques ou intérieures. Elle puisait sa force dans l’adoration du Saint-Sacrement, s’offrant en expiation pour les péchés, dans l’humilité et la simplicité, l’oubli de soi et la charité ouverte aux autres.

Toujours aimable, usant de l’humour même pour ses douloureuses infirmités, qui allaient s’intensifiant, elle persévéra ainsi jusqu’à l’approbation officielle pontificale de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus et des Saints Anges, en 1953.

En 1955, sa santé périclita sérieusement. Le 8 décembre à Saragosse, elle put assister une dernière fois à la messe ; le 30 survint une attaque d’apoplexie. Recevant l’Onction des Malades, Mère Genoveva dit encore : Seigneur, que ta Volonté soit faite ! Elle entra dans le coma le 5 janvier 1956 au matin et mourut le soir, deux jours après la fête de sainte Geneviève et son quatre-vingt-sixième anniversaire.

Le peuple l’appela désormais L’ange de la solitude.

Genoveva Torres Morales fut béatifiée en 1995 et canonisée en 2003.

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 00:00

Baptême du Seigneur - B

 

Après la fête de l’Epiphanie, la liturgie de Noël fait un saut en avant dans le temps, en commémorant l’épisode du Baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Nos amis lecteurs retrouveront toujours les homélies de l’année A et pourront y puiser des éléments qui ne seront pas répétés ici. En revanche, nous allons nous attarder un peu plus directement sur les textes de cette année B.

Dans la première édition du Missel, ces lectures étaient les mêmes pour les trois années A, B, C ; seul différait l’évangile. Actuellement deux autres lectures précèdent l’évangile de saint Marc.

 

*       *       *

 

Voilà ce qu’annonçait Isaïe, huit siècles avant le Christ : manger de bonnes choses, des viandes savoureuses. Bien sûr, il ne s’agira pas de nos “réveillons”, parfois interminables et grotesques. Isaïe, avec son langage, veut annoncer ce festin eucharistique merveilleux, gratuit, où tout fidèle pourra se nourrir du Corps et du Sang du Verbe Incarné, Jésus-Christ, Fils de Dieu, fait homme.

Tout ce chant d’Isaïe n’est pas à prendre selon la lettre qui tue mais selon l’esprit qui vivifie (2 Co: 3,6b)  : le Prophète ne peut pas nous interdire d’aller acheter de quoi nourrir notre corps. Mais il nous adresse cet appel urgent à nourrir aussi et surtout notre âme, par les Sacrements de Jésus-Christ : Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, invoquez-Le tant qu’il est proche.

Cet appel est au chapitre 55 ; mais déjà au chapitre 12 Isaïe chantait la présence du Seigneur, et c’est aujourd’hui le Chant de méditation que nous avons, au lieu du psaume habituel. Le Prophète proclame : Il est grand au milieu de vous, le Saint d’Israël. 

 

*       *       *

 

La mission publique de Jésus-Christ commence à son Baptême ; elle s’achèvera par le sacrifice de la Croix. Sans la Croix, cette mission salvifique n’aurait pas été complète. Ainsi le souligne l’apôtre Jean, quand il dit que Jésus est venu par l’eau et par le sang ; et (que) celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit.

Témoignage impressionnant : toute la foule entendit cette voix mystérieuse, tandis que la divine Colombe voltigeait pacifiquement au-dessus de Jésus pour bien témoigner de sa divinité, du lien direct qui unissait cette Voix céleste et Jésus de Nazareth.

Le sang de Jésus, ce n’est pas non plus seulement celui qu’Il versera durant toute sa passion ; il y aura ce moment sublime où, après avoir rendu l’esprit (on pourrait peut-être écrire : rendu l’Esprit, avec la majuscule), jaillit de son côté percé par la lance, du sang et de l’eau, ces éléments divins des Sacrements de la Vie que Jésus nous a laissés avant de mourir : le baptême et l’eucharistie, l’un pour nous purifier, l’autre pour nous nourrir de son Corps et de son Sang ; et cet Esprit qu’il souffle du haut de la Croix, présage de la prochaine Pentecôte où les apôtres seront “confirmés” dans l’Esprit.

Eau, Sang, et Esprit, rendent chacun à leur façon témoignage à la Divinité de Jésus, et l’on ne peut pas prétendre croire en Lui, sans recevoir également Ses sacrements dans le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

 

*       *       *

 

L’évangéliste Marc est très bref, mais pas banal pour autant. Nous y lisons d’abord les paroles sublimes du Baptiste, bien conscient de sa mission de Précurseur ; de lui-même il dit ces mots pleins d’humilité : Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales ; on se souvient que, plus tard, Marie-Magdeleine se prosternera aux pieds de Jésus pour lui laver les pieds humblement, en signe de repentir : Jean-Baptiste se met encore en-dessous d’elle, ne se jugeant pas même digne de se courber devant son Maître. 

Mais ce n’est pas tout : Jean-Baptiste “relativise” en quelque sorte aussi sa propre mission, pourtant capitale, de préparation à la venue du Seigneur ; lui qui invite les foules à se convertir, à se faire purifier par le baptême, n’hésite pas à déclarer : Moi, je vous ai baptisés avec l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint, montrant bien par là combien le serviteur tenait à s’effacer devant le Maître, le précurseur devant le Messie, le prophète devant le Christ. Jean-Baptiste est surtout grand parce qu’il est humble.

Quand Jésus demandera à ses apôtres de baptiser au nom du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint, il n’annulera pas le baptême de Jean avec l’eau, mais il y ajoutera la puissance de l’Esprit, qui procède du Père et du Fils, selon l’expression que nous répétons dans notre Credo dominical. Le baptême de pénitence deviendra alors le Sacrement de la Vie nouvelle en Jésus-Christ.

 

*       *       *

 

 

Au jour de son Baptême, Jésus a trente ans environ ; il sera présent, visible, au milieu de son peuple pendant trois années. Aujourd’hui, Jésus est toujours présent parmi nous : dans l’Ecriture, dans les Sacrements et particulièrement dans l’Eucharistie, dans l’Eglise, avec son Chef, le Pape, avec nos Evêques et nos Prêtres, mais aussi dans nos Frères, surtout les plus humbles et les plus démunis, et il est au milieu de nous, chaque fois que deux ou trois sont réunis en (son) Nom.

Nous unir à Lui, nous transformer en Lui, faire Un avec Lui. Une des Prières du jour l’exprime : puisque nous reconnaissons que son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d’être transformés par lui au plus intime de notre cœur. 

On pourra aussi prêter attention à la prière que prononce le prêtre à la Messe, quand il unit une gouttelette d’eau au vin du calice : 

Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité.

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