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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 00:00

 

27 DÉCEMBRE

 

II.

S Jean, "le disciple que Jésus aimait", apôtre et évangéliste, évêque à Ephèse, auteur du quatrième évangile et de trois épîtres ainsi que de l’Apocalypse.

IV.

Ste Fabiola, veuve romaine ; elle avait renvoyé son premier mari qui était adultère, et s'était remariée "pour ne pas brûler", dit s. Jérôme en l'excusant ; pénitente, elle fonda le premier hôpital de Rome.

?

S Alain, évêque à Quimper.

V.

Ste Nicaréti, vierge à Constantinople, où elle soutint s. Jean Chrysostome.

IX.

SS Theodoros et Theophanis, deux frères moines à Jérusalem, appelés graptoi (“marqués”), parce qu'à Constantinople on leur marqua au fer rouge des ïambes sur le visage ; Theophanis, auteur de nombreux poèmes liturgiques, serait ensuite devenu évêque à Nicée.

XII.

B Walto, abbé à Wessobrunn, connu pour sa bonté.

XIV.

B Bonaventura Tolomei, dominicain à Sienne, après une adolescence agitée.

XVI.

S John Stone, prêtre augustin anglais, martyr à Canterbury (le 23 au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

   Alejo Pan López (Ambrosio, *1888), prêtre capucin, à Santander, béatifié en 2013 ;

   Alfredo Parte Saiz (A. de la Vierge, *1899), prêtre piariste, à Santander, béatifié en 1995 ;

   José María Corbin Ferrer (*1914), laïc mort en prison à Santander, béatifié en 2001.

Bse Sara Salkaházi (1899-1944), religieuse hongroise de l'Assistance, très active en faveur des ouvrières, fusillée par des soldats communistes, béatifiée en 2006.

B Odoardo Focherini (1907-1944), journaliste italien, père de sept enfants, fervent ennemi du fascisme et du nazisme, arrêté par les SS, mort en camp de concentration à Hersbruck ; béatifié en 2013.

B Francesco Spoto (1924-1964), prêtre italien des Missionnaires Serviteurs des Pauvres, martyr en République Démocratique du Congo, béatifié en 2007.

Bx Alain Dieulangard, Jean Chevillard, Charles Deckers, Christian Chessel (*1919, 1924, 1924, 1958), prêtres des Pères Blancs, martyrisés à Tizi Ouzou en 1994, béatifiés en 2018.

Jean, Apôtre

1er siècle

 

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».

De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.

On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.

D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée.

Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».

C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.

Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).

C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.

C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.

Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.

Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.

Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :

Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).

Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.

Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.

Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.

C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.

L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.

 

 

Fabiola de Rome

† 399

 

La gens Fabia était une des plus illustres de Rome.

Fabiola eut le malheur d’épouser un homme qui, en peu de temps, se montra si infidèle et si vicieux, qu’elle le renvoya.

C’est qu’il arrive que les caractères se dissimulent et ne se révèlent qu’après le mariage. Dans une telle situation, aujourd’hui, l’Eglise examinerait avec attention les circonstances et pourrait déclarer nul un tel mariage, contracté sur une fraude : Fabiola ignorait les vrais sentiments de cet homme.

Mais elle était jeune encore, et accepta de se remarier. On ne peut le lui reprocher.

Ce second mari, cependant, mourut bientôt. Fabiola accepta alors son veuvage, et voulut «expier» le passé.

Elle se mit au rang des pénitents ; elle s’humilia devant le clergé, les cheveux en désordre, comme si c’était elle qui avait péché par adultère, ayant comme partagé les fautes de son coupable mari.

Elle avait une fortune colossale : elle vendit tout ce qu’elle avait pour secourir les malades et les pauvres, en fondant le premier hôpital de Rome. Elle y portait elle-même des malheureux dont personne ne s’occupait et dont les plaies faisaient parfois horreur, au point que des pauvres en bonne santé enviaient les malades, nous dit s.Jérôme, qui la connut pesonnellement et dont nous tenons tous ces détais (v. 30 sept.).

Elle mit aussi ses deniers au service du clergé et des monastères.

En 394, elle rejoignit la communauté fondée par s.Jérôme à Bethléem, mais en repartit en 395, devant la menace des Huns envahissants. Elle revint à Rome.

Avec s.Pammachius (v. 30 août) elle fonda à Ostie un hospice pour recevoir les étrangers : on en parlait jusqu’en Bretagne et chez les Parthes !

Quand Fabiola mourut, en 399, ses funérailles furent un véritable triomphe. S.Jérôme écrivit d’elle qu’elle fut gloire pour les chrétiens, prodige pour les païens, deuil pour les pauvres, consolation pour les moines.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Fabiola de Rome au 27 décembre.

 

 

Theodoros et  Theophanis

† 844 et 845

 

Ces deux frères avaient pour père un certain Ionas, qui mourut prêtre au monastère de Saint-Sabas à Jérusalem.

Ils naquirent respectivement en 775 et 778, à Jérusalem.

Vers 800, les deux garçons furent confiés à un moine du même monastère Saint-Sabas, nommé Michail, qui leur enseigna la rhétorique, la philosophie, la poésie et l’astronomie.

Theodoros s’absenta un moment du monastère pour compléter sa formation auprès d’autres maîtres, puis revint à Saint-Sabas. Les articles qu’il écrivait, remplis de foi et de doctrine, convainquirent le Supérieur de le faire ordonner prêtre.

En 809, les Arabes dévastèrent entièrement la ville sainte de Jérusalem ainsi que les monastères. Il fallait songer à trouver un autre havre.

A cela s’ajouta, en 811, une regrettable controverse qui opposa les moines de Jérusalem (grecs) et les moines bénédictins (latins) au sujet du Saint Esprit : devait-on dire que cet Esprit procédait autant du Père que du Fils ? Il y eut même des bagarres !

Tandis qu’en Occident un concile avait énoncé à Aix-la-Chapelle (809) la doctrine perenne de l’Eglise, il fut convenu que chaque parti enverrait une délégation au pape. La délégation grecque était composée de Michail, Theodoros et Theophanis. Mais leur voyage s’arrêta à Constantinople, où ils furent confrontés à une autre polémique, l’iconoclasme, avec Léon l’Arménien.

Michail et ses deux compagnons logeaient au monastère de Chora : on les convoqua, on les flagella d’importance et on les interna à Phiala ; puis on les sépara, et les deux frères furent enfermés dans un fort à la jonction du Bosphore et de la mer Noire. Ce n’est qu’en 820 que le nouvel empereur les libéra : les deux frères furent logés dans un monastère de Sosthène sur la côte européenne du Bosphore. Malheureusement, l’empereur Theophilos reprit en 832 la lutte acharnée contre les partisans du culte des Images, et enferma à nouveau nos deux héros. Ils furent flagellés jusqu’à l’os et relégués dans l’île d’Aphousia.

En 836, l’empereur les fit comparaître à Constantinople. Il les insulta, les gifla, et fit «graver» au fer rouge sur leur visage quelques vers qui disaient à peu près ceci : Tous désirent se rendre à la Ville où le Verbe de Dieu posa ses pieds très purs. Ils naquirent en ce lieu vénérable, mais furent expulsés comme apostats. Ils se réfugièrent dans la Ville (Constantinople). Aussi les a-t-on notés sur leur face comme criminels, et condamnés à être chassés derechef. Ce n’était pas suffisant : l’empereur leur fit retirer leurs vêtements et les fit flageller encore une fois.

Theodoros prit la parole : Nous sommes les seuls, depuis des siècles, auxquels on ait fait cela. Vous avez inventé une pratique inédite, et vous pouvez taxer de bénignité tous ceux qui ont fait rage contre notre divine religion.

C’est cet horrible supplice qui a valu aux deux Frères le surnom de Grapti (inscrits, gravés).

On les exila à nouveau, à Karta limèn (Chalcédoine).

Theodoros mourut là le 27 décembre 844. Un autre récit, peut-être mieux informé, ajoute que Theophanis fut nommé évêque de Nicée en 842 et mourut à Constantinople le 11 octobre 845.

On a conservé beaucoup de poèmes liturgiques de Theophanis.

Les deux Frères Grapti sont commémorés le 27 décembre dans le Martyrologe Romain.

Walto de Wessobrunn

1090-1156

 

Walto (ou Balto, ou Waltho) était né vers 1090, peut-être de famille noble.

Entré au monastère bénédictin de Wessobrunn (Bavière, Allemagne), il en devint le treizième abbé.

Sa bonté valut à son monastère bien des amitiés.

Il aimait la culture et encouragea une recluse, Diemut, à recopier jusqu’à une quarantaine d’ouvrages.

Il mourut le 27 décembre 1156.

En 1200, on commença à fêter son anniversaire, au 27 décembre. Ce jour-là, on servait aux moines un bon verre de vin, en souvenir d’un miracle qui avait eu lieu un Jeudi saint : l’eau s’était changée en vin, par la prière (ou l’intercession) de Walto.

Des miracles illustrèrent sa tombe.

Walto n’est pas inséré dans le Martyrologe.

 

 

John Stone

1509-1539

 

Les dates précises de ce Religieux restent assez imprécises, comme du reste aussi les indications sur sa jeunesse.

John Stone était un prêtre augustin anglais. Il était docteur en théologie et fut quelque temps professeur et prieur à Droitwich. Il vécut donc la majeure partie du temps au monastère de Canterbury (Kent, Angleterre).

On chercha à le faire plier pour approuver le divorce du roi Henri VIII, mais en vain. Plus tard, il parla ouvertement contre l’attitude du roi, sans pour autant être tout de suite inquiété pour cet acte de courage.

En décembre 1538, l’évêque (protestant) de Dover vint intimer aux Religieux de quitter leur monastère et de signer l’Acte de Suprématie ; ils le firent, sauf notre John, qui fut immédiatement envoyé à Londres et mis à la Tour. En octobre 1539, on le renvoya en jugement à Canterbury, où il fut formellement accusé de trahison et condamné à mort, le 6 décembre.

Dans l’attente de son martyre, après un jeûne complet de trois jours, il entendit une voix qui l’appelait par son nom et l’invitait à rester courageux et à témoigner jusqu’au bout pour la Vérité.

L’exécution se fit attendre au 27 décembre suivant. Il dit à ses bourreaux : Voyez, j’achève mon apostolat dans mon sang ; dans ma mort, je vais trouver la vie ; car je meurs pour une sainte cause : la défense de l’Eglise de Dieu, infaillible et immaculée.

En tant que traître, il mérita d’avoir son corps et son chef exposés à l’entrée de la ville, après que son cœur et ses organes aient été brûlés sur la place.

C’était donc très probablement le samedi 27 décembre 1539. Le Martyrologe Romain l’a introduit au 23 décembre.

Il fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

 

 

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (voir au 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

 

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie nord), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

 

 

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (voir au 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

Alain Dieulangard

1919-1994

 

Alain était né le 21 mai 1919 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

Il fit des études de Droit puis entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1949, à Thibar (Tunisie), il fit la profession et, en 1950, il reçut le sacerdoce.

Toute sa vie sacerdotale se passa en Algérie, particulièrement dans la Kabylie, à Tizi Ouzou, où il enseigna.

Comme ses confrères, il parlait couramment l’arabe, et aussi le tamazight local. Enseignant et catéchiste, il parcourait les montagnes pour rencontrer les habitants de petits villages reculés.

Très réservé, il semblait parfois être plutôt moine contemplatif que missionnaire ; les gens de l’endroit l’avaient surnommé Mahfouz (Hérisson). Il était très respecté et aimé.

Le père Alain reçut la palme du martyre avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, leur dies natalis commun au Martyrologe.

Lors de l’enterrement des quatre prêtres, il y avait tant de monde présent, que l’évêque commenta : C’est bien la première fois que quatre mille Musulmans assistent aux obsèques de quatre prêtres catholiques.

Les quatre furent béatifiés en 2018.

 

 

Jean Chevillard

1924-1994

 

Jean naquit le 27 août 1925 à Angers (Maine-et-Loire), de parents chrétiens qui eurent quatorze enfants. Les parents montrèrent leur piété mariale en accolant le nom de Marie au prénom de chacun d’eux.

Dans les ancêtres de la famille se trouve une Bienheureuse : Françoise Suhard, martyrisée lors de la Révolution française (v. 16 avril).

En 1935 Jean fit la Communion solennelle (notre «Profession de Foi»).

Après ses études secondaires, il entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1940, il rejoignit l’Afrique du Nord pour continuer sa formation, à Thibar (Tunisie).

En 1943, il fut mobilisé dans les Chasseurs d’Afrique et participa à la campagne de libération, comme infirmier dans la 1e Armée, avec laquelle il remonta jusqu’en Alsace et en Allemagne.

En 1949 il fit son serment missionnaire et, en 1950, reçut le sacerdoce à Carthage.

Nommé en Algérie, il y resta presque toute sa vie, comme responsable de centres de formation, comme supérieur et économe régional.

En Alger, il fut chargé de transformer l’ancien noviciat des Pères Blancs en centre de formation professionnelle.

De 1962 à 1972, le p. Jean Chevillard fut à Maison Carrée. Puis il fut Assistant du Provincial de France à Paris, avant d’être nommé Supérieur régional pour l’Algérie.

Responsable de l’Ordre des Pères Blancs pour l’ensemble de la Kabylie, c’est lui qui devait rencontrer les autorités locales.

C’est en 1984 qu’il fut nommé Supérieur à Tizi Ouzou.

Le père Chevillard fit beaucoup pour le développememnt des établissements diocésains, qui accueillirent jusqu’à quarante mille élèves. C’est dire la présence forte de la France auprès de la population. En outre, le p.Chevillard organisa un secrétariat d’écrivains publics, pour aider les Kabyles à rédiger des papiers officiels.

Le père Jean reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, en la fête de son saint Patron, l’apôtre Jean, et le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

 

 

Charles Deckers

1924-1994

 

Né le 26 décembre 1924 à Anvers (Belgique), Charles entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Algérie en 1955. Les confrères l’appelaient gentiment Charlie.

Au début, le p.Charles séjourna à la Casbah d’Alger, pour y étudier la langue arabe. On lui donna le surnom de Arezki.

Il fut professeur à Tadmait et responsable du Centre professionel à Tizi-Ouzou. Son activité primordiale fut toujours d’aider les jeunes à se former, à apprendre un bon métier, à construire ce nouveau pays de l’Algérie récemment devenue indépendante. Il avait aussi été nommé professeur d’arabe dans un collège de jeunes filles, dont certaines étaient très pauvres : il les ramenait à la maison. Le père Charles fréquentait aussi le club sportif local, où il se fit beaucoup d’autres amis.

Bientôt, il en vint à demander et obtenir la nationalité algérienne. Mais l’islamisme naissant réussit tout de même à obtenir l’expulsion du Père hors du département. Pendant quelque temps, le père Charles revint en Belgique, où il fonda un centre de dialogue islamo-chrétien à Bruxelles, El Kalima, et où il rencontra à nouveau beaucoup de gens musulmans, dans les écoles et dans les prisons.

Puis il fit un séjour au Yémen, avant de retourner en Algérie. Mais comme son statut était incertain - même les autorités ne savaient dire s’il était encore expulsé ou non, il demeura à la basilique de Notre-Dame d’Afrique comme vicaire aux côtés du recteur, ce qui ne l’empêcha pas de faire de fréquents voyages en Kabylie pour y retrouver les habitants et ses amis.

Toute la population l’estimait, de façon réellement unanime.

Le 26 décembre 1994, il fêta joyeusement ses soixante-dix ans. Le lendemain, 27 décembre, fête de saint Jean Apôtre, il partit en voiture pour Tizi Ouzou, où il devait fêter son Confrère, le père Jean Chevillard.

Le père Charles fut alors abattu avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994. La pauvre cuisinière et sa fille furent enfermées dans la cuisine pendant que des islamistes exécutaient les quatre Religieux ; elles ne s’en remirent jamais.

Présent aux funérailles du père Deckers, le ministre algérien de la formation professionnelle fut à son tour abattu quelques mois plus tard.

Reconnus comme martyrs, les quatre Pères Blancs auront leur dies natalis commun au Martyrologe, le 27 décembre.

Ils furent béatifiés en 2018.

 

 

Christian Chessel

1958-1994

 

Né le 27 octobre 1958 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), Christian Chessel acheva ses études d’ingénieur en 1981, les complétant ensuite par une licence de lettres et de théologie.

Etrangement, on ne trouve aucune autre information sur les origines familiales et l’enfance de ce jeune prêtre.

Il fit ensuite un stage de coopération en Côte d’Ivoire, avant d’entrer chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

C’est en 1991 qu’il prononça les vœux à Rome ; il reçut le sacerdoce l’année suivante.

Envoyé dans la communauté de Tizi Ouzou, il s’apprêtait à fonder une nouvelle bibliothèque pour les étudiants.

Il fréquentait les moines cisterciens de Tibhirine, où il connut de près le p. Christian de Chergé, particulièrement dans le cadre du Ribât-es-Salam (Lien de Paix), fondé par ce dernier pour approfondir le rapprochement entre Chrétiens et Musulmans.

Après l’opération du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) contre des terroristes, des représailles s’abattirent sur les ressortissants français. Le père Christian Chessel reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 00:00

26 DÉCEMBRE

 

I.

S Étienne, diacre protomartyr (cf. Ac 6-7).

?

S Marin, martyr (à Antioche). 

III.

S Denys, pape (259-268) : prudent, soucieux de la doctrine catholique.

S Archélaüs, évêque à Kaskharôn ; il eut deux discussions théologiques avec Manès.

IV.

S Zenon, évêque à Maïouma après la persécution ; jusqu'à sa mort, il tissait le lin pour gagner de quoi vivre et faire l’aumône ; ses trois cousins, martyrs, Eusebios, Nestabios et Zenon sont nommés au 21 septembre.

V.

S Zosime, pape (416-417).

VI.

S Tathan, abbé à Llantathan ; irlandais, neveu de s. Samson de Dol, il serait le premier Saint celtique venu au pays de Galles.

S Théodore, mansionnaire de la basilique Saint-Pierre de Rome ; il eut une vision de s. Pierre. 

S Euthymios, évêque à Sardes, exilé et martyrisé à cause de l’iconoclasme ; il ne put rester à Sardes que pendant seize des quarante-quatre années de son épiscopat.

XIX.

Ste Vicenta Mara López y Vicuña, fondatrice des Filles de Marie Immaculée (pour le service domestique) ; elle avait une grande dévotion au Sacré-Cœur.

XX. 

B Jaume Mases Boncompte (Lambert Carlos, 1894-1936), lasallien, martyr brûlé vif à Barcelone, béatifié en 2007.

Bses Margarita Aknaet Phila (*1900) et Lusia Khambang (*1917), des Amantes de la Croix, Akatha Phuttha (*1882), Sesilia Butsi (*1924), Bibiana Khamphai (*1925), Maria Phon (*1929), laïques, martyres thaïlandaises (1940); durant le procès de béatification, le brigadier Lu reconnut les avoir fait exécuter pour déraciner la foi ; béatifiées en 1989.

B Secondo Pollo (1908-1941), prêtre italien, aumônier militaire durant la deuxième guerre mondiale, où il fut mortellement blessé ; béatifié en 1998.

Etienne, protomartyr
1er siècle

Le latin Stephanus, calqué sur le grec Stephanos, signifie «couronné», nom véritablement prédestiné pour ce premier Martyr de l’Eglise naissante.
Alors que le latin s’est peu à peu déformé en Estienne au Moyen-Âge, pour aboutir à la forme classique Etienne, la forme grécisante Stéphane est réapparue dans les temps récents, sans parler des autres formes d’origine anglaise ou américaine.
C’est dans le livre des Actes des Apôtres que nous pouvons trouver les informations les plus justes sur saint Etienne.
Etienne fait partie des sept premiers Diacres institués par l’Eglise (Ac 6:1-6), qui furent choisis pour servir aux tables et soulager ainsi le travail des apôtres.
Il est dit ensuite qu’Etienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple (Ac 6:8). On l’arrêta, de faux témoins intervinrent, le sanhédrin condamne Etienne à la lapidation (Ac 6:11-15 - 7). On notera la grande ressemblance entre ce martyre et la mort de Notre-Seigneur.
Tandis qu’Etienne expire en pardonnant à ses bourreaux (Ac 7:60), comme fit Jésus en croix (cf. Lc 23:34), il est dit qu’un certain Saul approuvait ce meurtre (Ac 8:1). Etienne, en mourant, pardonne pleinement à Saul qui, peu après, se convertira en effet sur le chemin de Damas (Ac 9:1-30).
De la première annonce des apôtres, Etienne est celui qui, le premier, versa son sang pour le Christ. De là vient son surnom de Protomartyr.
De là vient aussi qu’on a conservé l’habitude de célébrer la fête de saint Etienne au lendemain de Noël : après la naissance du Christ, la naissance au ciel de son premier Témoin.
Un esprit pointilleux pourrait suggérer que la fête des saints Innocents devrait précéder celle de saint Etienne, mais ces dates se sont peu à peu fixées dans le calendrier de l’Eglise, et il serait malvenu de transformer cette belle tradition.
En 415, une révélation fit retrouver les corps de saint Etienne avec ceux de Gamaliel et Nicodème, prélude à la construction d’une basilique, qui fut malheureusement détruite moins de deux siècles après par les Perses, et dont on a retrouvé quelques mosaïques dans des fouilles récentes. Décidément, la terre du Seigneur sera donc toujours la proie des guerres…
Des reliques de saint Etienne ont ensuite circulé en Occident. Beaucoup de sanctuaires furent élevés en l’honneur du Protomartyr, une trentaine rien qu’à Rome, avant les nombreuses cathédrales construites en Gaule, en particulier celle de Bourges.
Et mentionnons pour terminer que saint Etienne est nommé dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon romain de la messe.


Denys pape
258-268

Le seul pape qui portât le nom de Denys était romain et succéda à saint Sixte II comme vingt-cinquième pape.
On ne connaît rien de sa vie antérieure, mais il avait déjà une notoriété certaine sous les deux papes précédents, saint Etienne 1er et saint Sixte II.
Cette notoriété apparaît dans la correspondance d’un autre Denys, le patriarche d’Alexandrie. Ce dernier avait une grande considération pour son homonyme romain ; quand Denys fut pape, il se mêla de la diatribe qui opposait le patriarche d’Alexandrie aux partisans de Sabellius, dont les expressions mettaient le Fils de Dieu au-dessous du Père (subordinationisme). Un concile réuni à Rome aboutit à une encyclique claire et calme sur la bonne doctrine trinitaire, sans nommer (encore moins condamner) certaines expressions maladroites de Denys d’Alexandrie. Cette encyclique ne fut pas mal accueillie en Orient et les relations entre les «deux Denys» n’en souffrirent pas.
Il ressort plutôt de ces échanges que le pape n’hésite pas à arbitrer une situation difficile de l’Eglise orientale et à imposer, sans autoritarisme, la doctrine une et sainte à cette Eglise d’Alexandrie qui est, à cette époque, la plus importante en Orient.
L’empereur Gallien publia à la même époque un rescrit restituant à l’Eglise ses lieux de culte. 
Saint Denys mourut le 26 décembre 268, de mort naturelle apparemment, et fut enseveli dans le cimetière de Calliste.
Son successeur fut saint Félix 1er.


Zenon de Maïouma
300-400

On a déjà amplement parlé de Zenon le 21 septembre, dans la notice concernant ses trois cousins, les martyrs Eusebios, Nestabios et Zenon.
Zenon et son frère Aiax étaient de Maïouma, le port de Gaza (Palestine) ; Aiax se retira dans un monastère avec deux de ses trois fils et fut plus tard évêque. 
Consacré à Dieu dès sa jeunesse, Zenon devint lui aussi évêque, à Maïouma, du temps de l’empereur Théodose, donc entre 380 et 395.
Seule la maladie pouvait lui faire manquer un office liturgique.
De sa formation monastique, il gardait le goût du travail manuel et tissait le lin : il gagnait ainsi sa vie et de quoi faire des aumônes. Il travailla de la sorte jusqu’à la fin de sa vie, lui, le doyen de l’épisopat.
L’historien Sozomène connut Zenon quand ce prélat était presque centenaire. Les dates proposées ci-dessus restent cependant conjecturales, puisqu’on ne sait pas exactement en quelle année Zenon naquit et mourut. Mais l’année 362, proposée dans le Martyrologe comme date de sa mort, est certainement une coquille : cette année-là, comme on l’a vu le 21 septembre lors du martyre de ses trois cousins, Zenon n’était pas encore évêque.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Zenon de Maïouma au 26 décembre.


Zozime pape
416-417

Ce successeur de saint Innocent 1er était le quarante-et-unième pape, fils d’un Grec qui s’appelait Abraham. On peut supposer qu’il s’appelait effectivement Zozimos, «plein de vitalité».
Il fut élu le 18 mars 416 ou 417, et mourut donc en 417 ou 418.
Pour un si bref pontificat, les mesures énergiques de ce pape ne manquèrent pas, d’ailleurs différemment appréciées par la postérité.
Il établit que c’était l’archevêque d’Arles qui avait la primauté sur celui de Vienne : même dans l’Eglise, le pape doit prendre le temps de régler de petits différends sur des questions aussi humaines et terrestres que des préséances.
Zozime condamna la doctrine volontariste de Pélage et Cælestius, qui abaissait l’action de la grâce divine.
En vingt et un mois, il consacra huit évêques, dix prêtres et trois diacres.
Il s’éteignit le 13 ou même le 25 décembre, et fut enterré le 26 décembre 417 (418) dans la basilique de Saint-Laurent sur la Via Tiburtina.
Son successeur devait être saint Boniface 1er.


Euthymios de Sardes
754-831

La jeunesse d’Euthymios n’est pas bien connue.
Il étudia dans Alexandrie d’Egypte et, revenu dans sa région natale, vécut dans un monastère, où il fut successivement ordonné diacre, puis prêtre.
Vers 787, il fut appelé à être l’évêque de Sardes : il n’avait que trente-trois ans. Le site archéologique de Sardes se trouve dans l’actuelle Turquie méridionale ; c’est à cette Eglise qu’est adressée une des sept lettres de Jean (v. Ap 3:1-6).
Cette même année-là, donc, Euthymios siégea parmi les pères du deuxième concile de Nicée, où fut condamné l’iconoclasme.
Sous l’impératrice Irène (†803), Euthymios accomplit en 798 une mission auprès du calife de Bagdad, Hâroun ar-Rachîd.
Sous Nicéphore 1er, Euthymios fut accusé d’avoir fait entrer dans la vie monastique une jeune fille convoitée par l’empereur (ou un fonctionnaire de celui-ci) ; l’affaire tourna mal et l’évêque fut exilé sur l’île de Pantellaria (entre Sicile et Tunisie), de 803 à 811.
Libéré à la mort de Nicéphore, Euthymios ne put retourner dans son diocèse. Il se retira dans un monastère de Bithynie, où des envoyés impériaux tentèrent, en 814, de le gagner à l’iconoclasme. Conduit à Constantinople, Euthymios réitéra sa position en face de l’empereur Léon l’Arménien et fut alors relégué sur l’île de Thasos (Thrace, Grèce N). 
En janvier 821, Euthymios fut rappelé à Constantinople ; il apparaissait alors comme le principal exposant de la doctrine orthodoxe sur le culte des saintes Images et, vers 826, fut à nouveau interné au cap Akritas (Grèce SW), pendant trois années, dans une prison obscure et infecte.
En 831, nouveau scandale politique qui relança les accusations contre Euthymios. Il fut interrogé par l’empereur en personne qui, exaspéré, frappa l’Evêque de quatre gifles, le fit dépouiller de ses vêtements et exiler sur un îlot de la mer de Marmara. Euthymios y retrouva Methodios, le futur patriarche de Constantinople.
En décembre 831, trois envoyés impériaux vinrent interroger à nouveau Euthymios, qui reçut cent-vingt coups de nerfs de bœuf. Euthymios survécut huit jours à ce traitement et mourut dans les bras de Methodios, le 26 décembre 831, âgé de soixante-dix-sept ans.
Son épiscopat avait duré quarante-quatre ans, mais il n’avait séjourné que seize ans dans son diocèse. Il se pourrait même que son successeur, Jean, eût été nommé avant 831, pour remplacer l’évêque exilé et emprisonné.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Euthymios de Sardes au 26 décembre.

 

Vicenta María López y Vicuña
1847-1890

Les parents de Vicenta étaient à Cascante (Navarre, Espagne), mais la destination de leur fille fut Madrid.
Elle naquit à Cascante le 22 mars 1847, de José María López, avocat à Pampelune, et de María Nicolasa Vicuña.
En 1857, Vicenta fut confiée à ses oncle et tante madrilènes, Manuel María et María Eulalia Vicuña. Ceux-ci dirigeaient une œuvre de charité en faveur des femmes qui rejoignaient la capitale espagnole pour y trouver du travail.
Vicenta fut spirituellement guidée par les Jésuites et, au terme de son adolescence, se sentit appelée à prolonger l’œuvre de ses oncle et tante. Elle avait dix-sept ans, et son directeur spirituel lui conseilla d’attendre un peu.
Le moins qu’on puisse dire est que ses propres parents ne lui donnèrent pas facilement leur assentiment : ils demandèrent à leur fille de revenir à Cascante, mais Vicenta repartit à Madrid en 1869. C’est avec sa tante qu’elle réunira les premières femmes dans un appartement de Madrid, dès 1871.
La situation socio-politique ne favorisait pas non plus un tel projet ; Vicenta manquait de subsides, et l’on ne voyait pas d’un bon œil une femme fonder une œuvre pour des «auxiliaires de vie» ; en un mot, tout et tous contrariaient ses projets, mais sa vocation était irrésistible : s’appuyant sur l’énergie mystique du Sacré-Cœur de Jésus, et soutenue par l’archevêque de Madrid, elle fonda en 1876 la congrégation des Religieuses de Marie Immaculée, destinée à procurer la sanctification et la perfection personnelles, et la sanctification et le progrès des jeunes qui se dédient au service domestique.
Trois ans plus tard déjà, Vicenta n’avait que trente-deux ans lorsqu’elle ressentit les premiers symptômes de la tuberculose. Les séjours aux stations balnéaires de Panticosa (Huesca) et de El Molar (Madrid), ne donnèrent pas les résultats qu’on en pouvait espérer.
Malgré cela, Vicenta voyagea et prêta main forte à la fondation des maisons de Madrid, Saragosse, Jerez de la Frontera, Séville, Barcelone, Burgos.
Pour cette dernière fondation, elle suivit tous les épisodes de l’achat du terrain et de la construction, depuis sa chambre de Barcelone, où elle fit profession solennellement le 31 juillet 1890, fête de saint Ignace de Loyola.
Elle s’éteignit le 26 décembre 1890.
Béatifiée en 1950, elle fut canonisée en 1975.


Jaume Mases Boncompte
1894-1936

Jaume (Jaime, Jacques) était né à Agramunt (Lleida) le 14 avril 1894, et fut baptisé le 16.
Elève des Frères Lasalliens (des Ecoles Chrétiennes) à Agramunt, il voulut en suivre la vocation.
Novice en 1908 à Calaf, puis en 1910 à Irún, il prit le nom de Lamberto Carlos, et passa au scholasticat de Talence (Gironde, France), où le français devint sa seconde langue. Il resta à Talence comme professeur pendant deux années.
C’est en Belgique (Lembecq-lez-Hal) qu’il fit les vœux perpétuels. 
Revenu en Espagne, il enseigna à Manresa, puis à Mollerusa où, en 1924, il fut nommé sous-directeur. 
Il fut successivement directeur à Pons, Monistrol, et de nouveau Pons, entre 1927 et 1933, date à laquelle il prit la direction de Mollerusa ; en 1935 il fut professeur à Bonanova.
Le 19 juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par une multitude de miliciens, obligeant les Frères à quitter la maison ou à se faire arrêter.
Un de ceux qui purent s’échapper, fut le Frère Lamberto, qui se réfugia chez un de ses frères en ville. Après la mort du Frère Crisóstomo (voir la notice José Llorach Bretó), il s’exposa à rencontrer les Frères dispersés dans Barcelone pour leur faire parvenir les ressources nécessaires.
Il devait souvent changer de domicile pour sa sécurité. Le 1er octobre, il alla chez une cousine, et pour calmer les soupçons, essaya de se déguiser en docker ; habillé en ouvrier, couvert de poussière, les mains pleines de graisse… il fallit partir en bateau, mais le soir du 19 décembre, il dut faire quelques achats avec sa cousine. En sortant, il rencontra un autre Frère et lui remit discrètement un peu d’argent.
Peu après, ils croisèrent deux miliciens qui les mirent les mains en l’air ; voyant le document de la UGT (le Syndicat des Ouvriers de gauche), ils les laissèrent libres, mais l’un des deux miliciens, méfiant, demanda à l’autre Frère : Dis, ce n’est pas un Frère ? - Je n’en ai aucune idée. Je sais seulement qu’il est professeur et qu’il m’a enseigné en France. 
A cet instant arriva une voiture de miliciens, et on les fit monter. Arrivait aussi la cousine du Frère, et comme elle posait des questions sur lui, on l’embarqua avec. Dans la voiture, le Frère Lamberto déchira en petits morceaux un papier contenant quelques indications, et les jeta par la fenêtre ; un milicien lui adressa des reproches et des insultes, et récupéra les morceaux de papier.
Arrivés au commissariat, ils furent incarcérés. Le Frère qui l’accompagnait (et qui fut plus tard libéré) raconta que, de sa cellule, il entendait les miliciens qui hurlaient contre le Frère Lamberto : C’est un curé ! C’est un curé !
Vers onze heures du soir, on les emmena au lieu-dit Rabasada, où avaient déjà eu lieu tant d’exécutions ; les Frères se recommandèrent à Dieu, mais on les remit en prison.
Le lendemain, ils conduisirent Lamberto et sa cousine à la pharmacie dont ils avaient trouvé l’indication sur le fameux papier déchiré par le Frère et qu’ils avaient tenté de reconstituer. A force de menaces et d’insultes contre le pauvre pharmacien, ils réussirent à lui faire dire qu’il connaissait le Frère et qu’il était effectivement Religieux.
Ils reconduisirent la cousine en prison, et l’on ne sut plus rien de Lamberto, jusqu’à la fin de la guerre, lorsqu’une ancienne milicienne reconnut au tribunal l’avoir brûlé vif le 26 décembre 1936.
La date de ce martyre a parfois été portée au 16 décembre, par erreur : le dies natalis du Frère Lamberto est le 26 décembre.
Il a été béatifié en 2007.

Martyres de Thaïlande
1940

On a vu le 16 décembre comment le catéchiste Filip Siphong Onphithakt avait courageusement confessé sa foi et versé son sang pour le Christ.
Loin d’impressionner et de décourager les Chrétiens de Songkhon, le village de Filip, sa mort redonna encore plus de vigueur à six femmes qui furent à leur tour arrêtées et menacées par les soldats.
Parmi ces six femmes, il y avait deux Religieuses des Amantes de la Croix, une demoiselle et trois jeunes filles.
Sœur Margarita Aknaet Phila, de trente-et-un ans
Sœur Lusia Khambang, de vingt-trois ans
Akatha Phuttha, de cinquante-neuf ans
Sesilia Butsi, de seize ans,
Bibiana Khamphai, de quinze ans, 
Maria Phon, de onze ans.

Le chef de la police les soupçonnait - bien à tort, de faire de l’espionnage au service de la France, durant cette guerre franco-siamoise.
Le jour de Noël, l’officier rassembla la population devant l’église. Il expliqua qu’il avait l’ordre de supprimer le Christianisme et que, pour cette raison, il leur donnait à choisir entre l’apostasie et la mort. La jeune Sesilia Butsi répondit sur place qu’elle était prête à accepter la mort, mais l’officier sembla ne pas l’avoir entendue.
La nuit suivante, Sœur Aknaet écrivit une lettre à ce chef de police, au nom de ses Compagnes. Elle la fit porter à l’officier par Sesilia.
Voici la lettre, dans une traduction de l’anglais : 
Au Chef de Police de Songkhon.
Hier soir, vous avez reçu l’ordre d’effacer définitivement le Nom de Dieu, le seul Seigneur de nos vies et de nos pensées. Nous n’adorons que Lui, Monsieur. Quelques jours plus tôt, vous nous aviez fait savoir qu’il n’était pas dans vos intentions d’effacer le Nom de Dieu, et nous étions rassurées, de sorte que nous pûmes sans peur retirer notre habit religieux, qui montrait que nous étions Ses servantes. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous professons que la religion du Christ est la seule vraie religion. C’est pourquoi nous voudrions maintenant répondre à la question que vous nous avez posée hier soir, et à laquelle nous ne pûmes répondre, parce que nous n’y étions pas préparées. Maintenant, nous vous présentons notre réponse. Nous vous demandons d’accomplir avec nous l’ordre que vous avez reçu. S’il vous plaît, ne retardez pas davantage. S’il vous plaît, exécutez cet ordre. S’il vous plaît, ouvrez-nous la porte du ciel, de sorte que nous puissions confirmer que, en dehors de la religion du Christ, personne ne peut aller au ciel. S’il vous plaît, faites-le. Nous sommes bien prêtes. Quand nous serons parties, nous nous souviendrons de vous. S’il vous plaît, ayez pitié de nos âmes. Nous vous serons reconnaissantes et nous vous remercierons pour cela. Et au dernier jour, nous nous reverrons face à face.
N’attendez pas, Monsieur, ne remettez pas. Ô Dieu, nous respectons tes ordres, nous voulons êtres tes témoins, ô Dieu que nous aimons. 
Cher Monsieur, nous avons bien pris notre décision.

On retrouve dans cette lettre les accents de celle écrite par saint Ignace d’Antioche, où il suppliait ses diocésains d’avoir pitié de lui et de le laisser aller être la proie des bêtes (v. 17 octobre).
Le 26 décembre 1940, l’officier convoqua de nouveau les Religieuses et les autres Compagnes, qui répétèrent leur ferme propos de ne pas apostasier. Les soldats emmenèrent les six femmes au cimetière et les fusillèrent.
Par bonheur, le chef du village put retrouver cette fameuse lettre (ou une copie) et la remit aux prêtres, lorsqu’ils purent revenir en Thailande, en 1943.
Plus tard, lors de l’enquête sur le martyre, le brigadier vint témoigner et confirmer qu’il avait bien donné cet ordre en haine de la religion chrétienne.
Avec le catéchiste Filip, les deux Religieuses et leurs quatre Compagnes furent béatifiées en 1989.


Akatha Phutta
1882-1940

Akatha (Agathe) était née en 1882 à Ban Kengpho (Savannakhet, Laos).
Avec ses cinquante-huit ans, elle était la plus ancienne du groupe de ces sept Martyrs. C’était une pieuse demoiselle, d’origine laotienne, qui avait embrassé le christianisme en 1918, à trente-sept ans. 
Elle était la cuisinière du couvent des Religieuses.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Margarita Aknaet Phila
1909-1940

Margarita était née en 1909 à Ban Nahi (Nong Khai, Thailande).
Entrée chez les Amantes de la Sainte Croix, elle avait pris le nom de Aknaet (Agnès).

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Lusia Khambang
1917-1940

Lusia (Lucie) était née le 22 janvier 1917 à Ban Wiang Khuk (Nong Khai, Thailande).
Elle faisait partie des Amantes de la Sainte Croix.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Sesilia Butsi
1924-1940

Sesilia (Cecile) était née le 16 décembre 1924 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.
C’est elle qui répondit une première fois, avec fermeté, à l’officier qui invitait la population à apostasier.
C’est elle aussi qui lui porta la lettre de Sœur Aknaet.
On le voit : elle avait seize ans.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Bibiana Khamphai
1925-1940

Bibiana était née le 4 novembre 1925 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.
Pieuse, elle rendait souvent visite aux Religieuses du couvent des Amantes de la Croix.
Elle versa son sang pour le Christ à quinze ans.

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Maria Phon
1929-1940

Maria était née le 6 janvier 1929 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ. 
Digne de sainte Agnès (v. 21 janvier), elle préféra la mort à l’apostasie, à onze ans.
On pourrait lui appliquer le mot de saint Quodvultdeus (v. 19 février) à propos des Saints Innocents : 
Ils n’ont pas encore la force de combattre en bougeant leurs bras, et ils portent déjà la palme de la victoire (Necdum mótibus membrórum valent suscípere pugnam, et victóriæ iam éfferunt palmam).

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)


Secondo Pollo
1908-1941

Né le 2 janvier 1908 à Caresanablot (Vercelli, Piémont, Italie nord-ouest), deuxième des cinq enfants de Carlo et Marta Ottino, de bons paysans, il reçut deux jours après au baptême les noms de Secondo et Giovanni. 
Il fréquenta d’abord l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes. Puis il entra à onze ans au Petit séminaire de Vercelli. Après la philosophie, il fut envoyé faire la théologie au Séminaire Pontifical Lombard.
En 1931, diacre, il reçut le doctorat en philosophie à l’Académie Saint-Thomas, et celui de théologie à la Grégorienne. Difficile de faire plus !
Le 15 août suivant, il fut ordonné prêtre.
On lui confia d’abord une classe au petit séminaire, en même temps que la direction spirituelle (appréciée !) des jeunes séminaristes puis, de 1936 à 1940, l’enseignement de la philosophie et de la théologie au grand séminaire de Vercelli. En outre, il était aumônier diocésain de l’Action Catholique, une mission dans laquelle le jeune prêtre montra tout l’enthousiasme de sa jeunesse, de son zèle pour la sanctification des jeunes et pour les inciter à montrer partout leur foi convaincue.
Quand la guerre éclata, il tint à suivre les garçons qu’il avait déjà guidés, et demanda à être pris comme aumônier militaire, malgré un défaut à l’œil gauche qui limitait sa vision. 
Il fut donc nommé aumônier au troisième bataillon «Val Chisone» de la Division Alpine «Alpi Graie». En 1941, ce bataillon fut envoyé à Cervice (Montenegro). 
C’est sur le champ de bataille que, portant secours à un blessé, il fut atteint d’une balle qui lui sectionna l’artère fémorale : c’était la mort en quelques instants.
Don Secondo Pollo mourut ce jour-là, 26 décembre 1941, versant son sang pour le Prochain qu’il aimait comme le Christ. Il avait, lui aussi, trente-trois ans.
L’Etat italien lui décerna immédiatement la médaille d’argent à la valeur militaire.
Voici le témoignage du Général Faldella, alors colonel commandant le troisième Régiment Alpin : 
(Don Pollo) accomplissait son ministère avec une intime satisfaction, avec amour et esprit de service… Le but de son activité, à mon avis, était la charité, c’est-à-dire le service de Dieu et du Prochain, le bien des âmes… Don Pollo avait une personnalité qui suscitait l’admiration, et pourtant il était l’humilité personnifiée, il semblait vouloir disparaître, sans pouvoir s’éclipser. Son intelligence, sa culture, son éminente bonté, le mettaient en avant.
Et voici la citation militaire : 
Aumônier d’un bataillon alpin, durant plusieurs journées de combat, malgré les mauvaises conditions physiques, il se dépensait sous le feu violent de l’ennemi, pour apporter la parole de la foi et le réconfort spirituel aux combattants des premières lignes. Avec audace et sans crainte du danger, il s’avançait là où le combat était le plus intense et, tandis qu’il accomplissait son ministère, était mortellement frappé par des balles de mitrailleuse. Sans se préoccuper pour soi-même, tout en  conseillant d’aller soigner les autres blessés, il expirait avec sérénité.
L’abbé Secondo Pollo fut béatifié en 1998.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 00:00

25 DÉCEMBRE

 

I.

La Nativité du Sauveur (cf. Lc 2:1-20).

III.

Ste Eugenia, martyre romaine.

SS Iovinus et Basileus, martyrs à Rome.

IV.

Ste Anastasia, martyre en l'île de Palmaria ; une église lui est dédiée à Rome, et elle est mentionnée au Canon Romain.

VII.

Ste Adalsinde, fille de ste Rictrude, à Marchiennes.

IX.

Ste Alburge, sœur du roi Egbert ; elle installa des religieuses à Wilton et vivait avec elles.

XII.

S Pierre le Vénérable, abbé à Cluny.

XIII.

S Pierre Nolasque, languedocien, fondateur de l'ordre de Notre-Dame-de-la-Merci pour le rachat des captifs.

B Bentivoglio de Bonis, franciscain à Assise, thaumaturge.

XIV.

B Iacopone de Todi, l'auteur du Stabat Mater .

XVII.

B Michaël Nakashima Saburoemon, frère jésuite, horriblement martyrisé au mont Oungen. 

XIX.

Bse Antonia Maria Verna, fondatrice italienne des Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception de Ivrea, béatifiée en 2011.

XX.

Bse Maria Therese von Wüllenweber (Marie des Apôtres, 1833-1907), allemande, fondatrice des Sœurs du Divin Sauveur, pour les missions.

S Adam Chmielowski (Albert, 1845-1916), polonais, qui avait participé à l'insurrection contre la Russie ; tertiaire franciscain, fondateur de deux tiers-ordres (albertins et albertines), pour les mendiants à Cracovie, béatifié en 1983 et canonisé en 1989.

Bse Teodora Fracasso (Elia de Saint-Clément, 1901-1927), du tiers-ordre dominicain puis carmélite à Bari, béatifiée en 2006.

Eugenia de Rome

?

 

Il est impossible d’avoir la lumière sur les extraordinaires péripéties de la vie d’Eugenia. On ne va ici avancer que ce qui fait justement difficulté dans sa Passio.

Elle aurait vécu entre 176 et 268, dates extrêmes des empereurs dont il est question, Commode et Gallien. Elle aurait pu mourir ainsi vers quatre-vingts ans, alors qu’on la présente de bout en bout comme une jeune fille charmante et jolie.

On lui donne pour père un certain Philippus qui, de préfet d’Egypte, devint ensuite évêque d’Alexandrie, alors qu’on ne connaît là-bas aucun préfet ni aucun patriarche de ce nom.

Eugenia aurait par hasard rencontré dans les environs d’Alexandrie un évêque Helenus (?) qui était entouré de dix mille hommes : difficile, et téméraire, en temps de persécution, d’oser organiser une telle procession ouvertement.

Eugenia, pour pouvoir entrer dans le «monastère» d’Alexandrie, se déguisa en homme, fut admise et fut même élu(e) abbé : mais il n’y avait pas de monastère en Alexandrie au troisième siècle. Surtout, on n’imagine pas qu’une jeune femme puisse si longtemps se faire passer pour un homme dans un «monastère» où l’on chante continuellement l’office divin.

Plus tard, elle se fit reconnaître à toute sa famille ; son père, converti, fut assasiné sur l’ordre du nouveau préfet ; elle revint à Rome avec sa mère et ses frères. Eugenia aurait alors réuni des vierges et le pape serait venu chaque samedi célébrer pour elles les Saints Mystères. Ce détail est suspect : en temps de persécution, on n’organise pas de cérémonies aux mêmes lieux et jours, pour déjouer les manœuvres des observateurs.

Suite à une trahison, Eugenia fut sommée par l’empereur de sacrifier aux dieux païens, fut conduite au temple de Diane (qui s’effondra à son arrivée), fut précipitée dans le Tibre une pierre au cou - mais la pierre éclata et Eugenia fut transportée assise sur les eaux du fleuve, on la jeta dans les fourneaux des thermes - qui s’éteignirent, on l’enferma huit jours sans nourriture dans un cachot obscur, où le Christ vint lui donner l’Eucharistie ; enfin, le jour de Noël, elle fut décapitée.

Il faut remarquer ici qu’au troisième siècle, on ne fêtait pas la Naissance du Christ au 25 décembre. La fête n’apparut qu’au siècle suivant.

Pour être complets, ajoutons que les saints Protus et Hyacinthus (v. 11 septembre) apparaissent aussi dans les étonnantes péripéties d’Eugenia.

Si l’on retire donc de la Passio d’Eugenia tous ces détails difficiles, il ne reste plus grand-chose à dire : Eugenia est une martyre romaine du deuxième ou du troisième siècle.

La belle église Sainte-Eugénie de Biarritz (Pyrénées Atlantiques), édifiée au début du vingtième siècle, reçut sa dédicace par référence à l’impératrice - d’origine espagnole - Eugenia de Montijo.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eugenia de Rome au 25 décembre.

 

 

Iovinus et Basileus de Rome

† 258

 

On croit généralement que Iovinus et Basileus furent martyrisés à Rome vers 258.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Iovinus et Basileus de Rome au 25 décembre.

 

 

Anastasia

4e siècle

 

La Martyre Anastasia a une Passio qui nous laisse un peu déconcertés, à cause des invraisemblances accumulées, dans les dates, dans les lieux et dans les noms.

Il semblerait qu’Anastasia vivait sous Dioclétien, qui fut empereur de 284 à 305. Or Dioclétien avait établi son siège en Orient, laissant l’Occident à Maximien.

Anastasie est dénoncée à Dioclétien pour avoir visité des Chrétiens en prison, et enseveli leurs corps. C’est à Sirmium (dans l’actuelle Serbie) où était en déplacement Dioclétien, qu’elle est arrêtée.

C’est probablement là aussi qu’elle est martyrisée, attachée à un poteau et brûlée vive, le 25 décembre.

De savantes recherches archéologiques exécutées à Rome sous la basilique de Sainte-Anastasie, révéleraient que cette basilique remonterait déjà au 3e siècle, et qu’elle aurait été construite sur (ou dans) la propriété d’une riche Anastasie, homonyme de notre Martyre mais dont on ignore tout de la vie.

On fêtait donc en cette basilique la martyre Anastasie, à son dies natalis, le 25 décembre. La messe y était célébrée au petit matin, entre la messe de la nuit de Noël et la messe du jour, ce qui finit par donner lieu à la messe de l’aurore, à l’heure où les bergers vinrent adorer l’Enfant-Jésus ; cette messe finit par supplanter peu à peu la mémoire de sainte Anastasie. Au 9e siècle, il existait encore deux formulaires de messe pour le matin de Noël, l’une de Noël, l’autre de sainte Anastasie, et l’Eglise de Rome fit savoir que Là où il y a des reliques de sainte Anastasie, ou son corps, on dit les oraisons de sainte Anastasie selon la coutume romaine, là où il n’y en a pas, on dit celles de l’Incarnation du Seigneur. Le mot Incarnation est impropre ici, car elle eut lieu le 25 mars, jour de l’Annonciation ; il faudrait lui préférer le mot Naissance.

Sainte Anastasie est mentionnée dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon Romain de la messe.

Le Martyrologe Romain cite sainte Anastasia, comme martyre à Sirmium, au 25 décembre.

Pierre le Vénérable

1092-1156

 

Pierre était un des nombreux enfants de Pierre-Maurice de Montboissier et Raingarde de Semur, qui habitaient à Cunlhat (Puy-de-Dôme), et eurent huit enfants, tous garçons :

  • Heraclius devint archevêque de Lyon ;
  • Pierre devint abbé à Cluny ;
  • Pons, abbé à Vézelay ;
  • Jourdain, abbé à la Chaise-Dieu ;
  • Arman, abbé à Manglieu ;
  • Othon mourut jeune ;
  • Hugues, qui se maria, eut deux filles (Poncie et Marguerite), qui entrèrent au monastère de Marcigny ;
  • Eustache, lui, assura la perpétuité du nom.

Maurice, le père, bénéficia des excellents conseils de sa généreuse épouse et s’était presque décidé comme elle à embrasser la vie religieuse, quand il mourut au retour d’un pèlerinage en Terre sainte. Raingarde avait depuis longtemps voué toute sa vie à Dieu et ne tarda pas, une fois veuve, à entrer à l’abbaye de Marcigny, où elle donna les signes des plus humbles vertus. Elle mourut très saintement le 24 juin 1135.

On peut imaginer aisément l’ambiance qui régnait dans cette belle famille, avec une telle maîtresse de maison.

Pierre, donc, était né vers 1092, et fut consacré à Dieu dès l’enfance.

Il fut élevé au prieuré bénédictin de Sauxillanges, émit les vœux sous Hugues de Cluny (v. 29 avril), fut écolâtre (professeur) et prieur à Vézelay sous Pons de Melgueil, élu prieur près de Grenoble en 1120, et abbé de Cluny en 1122.

En 1124, devant se déplacer en Aquitaine, on l’informa que son ancien abbé de Vézelay, Pons, profitait de son absence pour envahir et dévaliser Cluny ! Il le fit excommunier.

En 1130, il prit décidément parti pour le pape légitime.

L’abbaye de Cluny, qui compta jusqu’à quatre-cents moines sous Pierre, était arrivée à sa plus haute splendeur ; elle devait décliner après Pierre, victime de cette même splendeur, qui corrompt l’âme de l’intérieur quand l’homme, même moine, s’habitue à la gloire.

En 1132 d’ailleurs, Pierre réunit un chapitre général de deux cents prieurs, pour restaurer la discipline dans l’Ordre et, en 1146, promulgua des statuts concernant la liturgie et les coutumes.

En 1135, Pierre eut la charité d’accueillir Abélard, universellement condamné, poursuivi et chassé. Il organisa aussi une rencontre de réconciliation entre Bernard de Clairvaux et Abélard. A la mort de ce dernier, il fit écrire sur sa tombe une formule de pleine absolution de tous ses péchés.

L’abbatiat de Pierre dura trente-quatre ans ; pendant ce tiers de siècle, Pierre encouragea beaucoup l’étude, la copie de manuscrits, tant religieux que des auteurs païens. Il tint une ample correspondance avec beaucoup de personnages, des papes aux bienfaiteurs, et avec saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août) ; l’attitude de ce dernier ne fut pas toujours réservée vis-à-vis de Cluny, mais Pierre l’amena à plus de douceur et ils furent bons amis.  Pierre conbattit aussi l’hérésie de Pierre de Bruys.

Il reçut des missions diplomatiques importantes, pas toutes couronnées de succès. 

Particulièrement digne de mention fut sa démarche en direction des Musulmans ; à leur égard, il fit traduire en latin le Coran, entre 1141 et 1143, et qu’il intitula : Lex Mahumet pseudoprophetae. Il réfuta les doctrines des Musulmans, et leur disait gentiment : Je vous invite au salut. Il préférait la discussion pacifique et respectueuse à la démarche des croisades.

Il fut sévère à l’adresse des Juifs, contre lesquels il écrivit un traité : Adversus Iudæorum inveteratam duritiem («contre la dureté invétérée des Juifs», reprenant l’expression du Christ dans l’Evangile, qui reproche aux Pharisiens leur endurcissement, cf. Mc 10:5).

Pierre eut quelques démêlés avec Vézelay, et rédigea en 1145 une charte de bons rapports entre la commune et l’abbaye. En 1154, les prieurés anglais et italiens cherchèrent à se rendre indépendants de l’abbaye centrale. Les dernières années, il connut des tristesses, victime de son désir de paix et de modestie : on profitait de sa douceur. L’abbaye, justement et comme on l’a dit plus haut, périclita après lui.

Pierre s’éteignit le jour de Noël, 25 décembre 1156.

C’est l’empereur Barberousse qui en 1153 lui donna le titre de Vénérable (à moins qu’il l’ait répété après l’avoir entendu d’autres, plus admiratifs. 

Pierre n’a pas été béatifié ni canonisé, quoique Rome ait autorisé en 1862 de le mentionner parmi les Saints fêtés globalement à Clermont ; le Martyrologe Romain a accueilli récemment le bienheureux Pierre le Vénérable, au 25 décembre.

 

 

Bentivoglio de Bonis

1188-1232

 

Bentivoglio est un prénom italien rare, mais dont la formule est couramment utilisée dans cette langue : dire à un Italien «Je te veux du bien» (Ti voglio bene), c’est lui exprimer combien on l’estime, qu’on lui est reconnaissant.

Bentivoglio, donc, naquit en 1188 à San Severino Marche (Italie CE), de pieux et nobles parents, Giraldo de Bonis et Albasia.

Il fut sans tarder attiré par l’idéal et la parole enflammée d’un Franciscain, Paolo de Spolète, et fut admis à Assise par saint François lui-même (v. 4 octobre).

Ordonné prêtre, il devint un modèle accompli de simplicité, d’humilité, de pénitence. Infatigable dans son zèle pour annoncer la Parole de Dieu, il fut favorisé du don des miracles et des extases.

Ainsi, le curé de San Severino fut tellement frappé par une de ces extases, qu’il demanda à être admis parmi les Frères de François.

Un des autres prodiges signalés fut le suivant. Bentivoglio était chargé d’assister un lépreux au couvent Ponte della Trave et ce jour-là s’y trouvait seul, lorsque lui arriva l’ordre de rejoindre sans tarder un autre couvent à Potenza Picena, à vingt kilomètres. Que faire du malheureux lépreux ? Il le chargea sur ses épaules et se mit en marche au petit matin ; avant même le lever du soleil, il était arrivé à destination. Il est évident que tout le pays fut témoin et raconta l’épisode. Dieu avait ainsi récompensé l’obéissance spontanée du Frère.

Bentivoglio s’endormit dans le Seigneur, au jour de la naissance du Sauveur, le 25 décembre 1232, aussitôt vénéré comme un Saint.

Le culte voué à Bentivoglio fut confirmé en 1852.

 

 

Iacopo de’ Benedetti de Todi

1230-1306

 

Iacopo (Jacques) naquit vers 1230 à Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), de famille bourgeoise.

Il étudia le droit à Bologne, obtint le doctorat et revint exercer à Todi.

Avocat habile, juriste mondain, il ne résistait pas à certaines manières originales dans son acoutrement. Il aimait la vie. Il épousa Vanna (Jeanne) di Bernardino di Guidone, dont il eut une fille.

Un accident, lors d’une fête, causa la mort de son épouse en 1268 : une estrade s’écroula. Iacopone s’aperçut alors que son épouse portait un cilice. Tout ceci fit profondément réfléchir le juriste, qui sans attendre vendit ses biens, prit l’habit d’ermite et vécut en vagabond.

Il restait très original, mais dans la pénitence, par exemple il s’ «humiliait» à marcher à quatre pattes harnaché comme un âne…  C’est dans ces circonstances que les enfants le surnommèrent Iacopone («gros Jacques»). Il ne manquait pas une occasion de souligner la vanité de la vie.

En 1278, il frappa à la porte des Franciscains de Todi. Le Gardien était en droit d’hésiter un peu pour admettre un tel candidat ! Iacopone devint frère convers. Ses mortifications continuaient.

Voulant expier sa gourmandise d’autrefois, il se procura des abats, qu’il suspendit dans sa cellule, juste pour les humer et s’imposer de les voir, de s’en approcher, sans y toucher. Les beaux morceaux devinrent une charogne infecte, dont l’odeur se répandit bien en-dehors de la cellule ; le Frère Iacopone n’eut pas de peine à «avouer» sa pénitence ; on lui en donna une autre : d’être enfermé à la fosse d’aisance. On verra là que les moines, eux aussi, ne manquaient pas d’originalité.

Dans la querelle qui opposa les Franciscains «spirituels» et les «conventuels», il prit énergiquement parti pour les spirituels, appuyés par le pape Célestin V (celui qui devait démissionner), et se permit de brimer le pape qui favorisait les conventuels : Boniface VIII l’excommunia, le fit emprisonner, et pendant plusieurs années. Même durant l’année sainte 1300, le pape lui refusa l’absolution. Il ne fut libéré qu’à la mort du pape en 1303.

Iacopone, désormais septuagénaire et affaibli, fut recueilli chez des Clarisses de Collazzone, qui lui montrèrent toute l’attention possible.

Ce célèbre pénitent écrivit des poèmes qui lui valurent une place dans la littérature italienne. On lui attribue généralement le Stabat Mater, que nous chantons le 15 septembre en la fête de Notre-Dame des Douleurs.

Iacopone mourut saintement à Collazzone le jour de Noël, 25 décembre 1306.

Un culte se développa autour de son tombeau et fut reconnu en 1868, mais Iacopone n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Michaël Nakashima Saburōemon

1583-1628

 

Michaël Nakashima Saburōemon était né vers 1583 à Machiai (Kumamoto, Japon), de parents non chrétiens.

Il fut baptisé à onze ans et, encore adolescent, fit le vœu de chasteté.

Quand le Christianisme fut déclaré hors la loi, Michaël invita celui qui l’avait baptisé, le père Baeza, à venir habiter chez lui ; il y resta jusqu’à son arrestation et sa mort en 1626. Michaël hébergea alors un autre prêtre chez lui, sachant bien quels risques il prenait, mais il était trop heureux d’assister à la Messe chaque jour.

C’est en considération de ce courage fidèle qu’il fut admis dans la Société de Jésus, comme Frère, en 1627.

Il fut arrêté en août de cette même année et resta en prison pendant toute une année.

En septembre 1628, les autorités demandèrent à la population de pourvoir au bois qui aurait servi au martyre des missionnaires. Le Frère Michaël refusa.

Il fut immédiatement dénoncé et arrêté ; sa maison fut confisquée ; il fut durement battu et jeté en prison. Les jours suivants, on le battit plusieurs fois encore, pour le faire apostasier ; il déclara aux bourreaux : Vous pouvez me mettre en morceaux, faire sortir mon âme de mon corps, mais nous n’arriverez pas à faire sortir de ma bouche le moindre mot contre ma foi.

Les bourreaux lui infligèrent la torture de l’eau, en le forçant à ingurgiter d’énormes quantités d’eau au moyen d’entonnoirs enfilés dans les narines. Puis ils sautaient sur son ventre, pour faire ressortir l’eau absorbée. Il résista à l’apostasie ; à un ami qui vint le voir, il dit que, si la douleur devenait insupportable, il invoquait la Sainte Vierge, et la douleur cessait immédiatement.

Le 24 décembre, on procéda à une nouvelle torture de l’eau. Puis on l’emmena à Shimabara, au Mont Unzen, là où jaillissent des eaux sulfureuses ; ces eaux ont la propriété de détruire les chairs en un instant ; les bourreaux le firent d’abord entrer dans une poche d’eau peu profonde, pendant quelques instants, puis dans une poche plus profonde, où les chairs se détachèrent des pieds. Puis on le poussa dans un endroit plus profond encore, où l’eau lui arrivait au cou : quand on l’en sortit, il ne pouvait plus marcher, son corps n’étant qu’une plaie ouverte, laissant apparaître tous les os. On le laissa là toute le nuit, au froid, sur l’herbe. 

Le matin de Noël, 25 décembre 1628, les bourreaux revinrent dès le lever du soleil ; comme le pauvre Michaël ne pouvait plus se déplacer, ils s’ingénièrent à dériver l’eau sulfureuse sur sa tête et son corps. Cet ultime supplice dura encore deux heures. Les seuls mots qui sortirent de la bouche de Michaël furent : Jésus, Marie !

Michaël Nakashima Saburōemon fut béatifié en 1867.

Antonia Maria Verna

1773-1838

 

Guglielmo Verna et Domenica Maria Vacheri, de pauvres paysans de Pasquaro (Rivarolo, Turin, Italie) eurent deux enfants ; la deuxième naquit le 12 juin 1773 et reçut le jour même au baptême le nom de Antonia Maria.

La famille est si pauvre, qu’elle n’a qu’une pièce pour abriter toute la famille, mais on y est très uni dans la foi et les principes chrétiens. Domenica sait enseigner à ses enfants les premiers éléments du catéchisme.

Quand Antonia peut fréquenter les leçons de catéchèse paroissiales, elle s’empresse de répéter ce qu’elle y a appris aux enfants qu’elle réunit autour d’elle. Elle a trois dévotions particulières : l’Enfant Jésus, la Vierge Marie Immaculée, et saint Joseph.

Quand elle a quinze ans, elle parle de se consacrer à Dieu, mais les parents voudraient la marier à quelque bon parti, et il n’en manque pas car la jeune fille attire les regards. Mais Antonia, bien conseillée par son directeur spirituel, fait le vœu de virginité perpétuelle et, pour mettre fin aux prétentions, quitte le pays.

Or, à cette époque, la Révolution française répand ses idées dans l’Italie ; Antonia comprend que la société est menacée par le laïcisme, le naturalisme, le rationalisme, par les soi-disant «droits de l’homme», en opposition avec les devoirs de l’homme envers son Créateur.

Antonia n’a que dix-huit ans, mais comprend que pour contrer cette invasion d’idées perverses, il faut agir au niveau de l’éducation, et de l’éducation chrétienne.

Après son vœu de virginité, elle veut reprendre et compléter sa propre instruction, et retourne sur les bancs de l’école : huit kilomètres à pied chaque jour, dans la prière et la pénitence, pour fréquenter la Scuola del Gesù (Ecole du Jésus ou Institut Rigoletti) à San Giorgio Canavese. Elle reprend à Pasquaro son activité apostolique, instruisant les enfants, ramenant les plus grands aux pratiques chrétiennes, réconfortant les faibles et les affligés, patiemment.

Pasquaro ne lui suffit plus : elle s’établit dans la localité proche, Rivarolo Canavese, entre 1796 et 1800. Période très difficile, à cause de l’invasion des idées révolutionnaires françaises, et des troupes napoléoniennes ; la population s’appauvrit, la délinquance s’élargit.

La petite maison d’Antonia lui sert de cloître, de chaire d’enseignement, mais est trop petite, car elle veut assister les malades. Elle commence de s’entourer de compagnes ; une première communauté est en train de se constituer, qui vont s’appeler les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception.

On est dans les premières années du 19e siècle, mais Antonia devra attendre 1828 pour recevoir les premières lettres patentes de l’approbation et prendre un habit religieux. 

Comme il est question, de la part des Pères Lazaristes de Turin, d’ «annexer» ces Sœurs de la Charité à celles fondées en France par saint Vincent de Paul (v. 27 septembre), Antonia se met sous la protection de l’évêque d’Ivrea, qui lui donne l’approbation ecclésiastique en 1835. Les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception s’appelleront désormais «d’Ivrea», là où Antonia établit la maison-mère.

Antonia Maria meurt le jour de Noël 1838 à Rivarolo Canavese.

Elle a été béatifiée en 2011. Dans l’Institut, on la fête non pas à son dies natalis (qui est le jour de Noël), mais, exceptionnellement, le 12 juin, anniversaire de sa naissance sur terre.

Les Sœurs se donnent de tous côtés, gratuitement, sans réserve, par amour de Dieu, à l’image de Marie Immaculée. Elles se sont répandues en Italie, au Moyen-Orient, en Amérique. Ce sont elles qui œuvrent à la basilique de l’Annonciation à Nazareth.

Le miracle retenu pour la béatification de la Mère Antonia Maria se produisit en 1947 à Zurich (Suisse). Le 26 décembre au soir, le médecin d’une des Religieuses, malade de broncho-pneumonie, affirme qu’il n’y a plus d’espoir de la guérir. Les Religieuses prient intensément. Le lendemain matin, croyant venir constater le décès, le médecin constate en fait la parfaite guérison de la Religieuse.

 

Un événement vraiment miraculeux se produisit à Turin en 1859, en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre.

Deux époux décidèrent de passer au protestantisme et voulurent vendre de vieux meubles ainsi qu’un cadre de la Vierge, peint sur bois. Or voilà que les trois acquéreurs se mirent à blasphémer la Vierge Marie et à vouloir briser l’image avec une hache : mais c’est la hache qui se cassa, et l’image resta intacte. Ils jetèrent l’image au feu, mais seul le bois extérieur brûla, laissant l’image encore intacte. Les profanateurs, pris de panique, s’enfuirent, et le propriétaire cacha l’image. Sa femme voulut à son tour l’asperger d’alcool et la brûler, en vain. Pleins de remords, ils demandèrent conseil à un prêtre, qui leur suggéra de remettre l’Image à une pieuse personne, et les époux décidèrent de la donner aux premières Religieuses qu’ils rencontreraient, au soir de ce mercredi saint de 1860. Les religieuses se trouvèrent être de la Congrégation de l’Immaculée Conception d’Ivrea.

Depuis, l’Image miraculeuse est jalousement conservée par les Religieuses, et exposée à la vénération publique dans leur maison-mère, avec de nombreux miracles qui advinrent successivement et qui furent régulièrement consignés et examinés par un procès canonique.

 

 

Therese von Wüllenweber

1833-1907

 

Therese naquit le 19 février 1833 au château de Myllendonk (Korschenbroich, Mönchengladbach, Allemagne nord), aînée des cinq filles du baron Theodor de Wüllenweber et de Elisabeth Lefort.

Elle fut pensionnaire chez les Bénédictines de Lüttich (Liège) en 1848, et revint deux ans après chez son père, qui l’initia à l’administration de la propriété.

En 1857, elle tenta son admission chez les Sœurs du Sacré-Cœur à Blumenthal (Vaals, Pays-Bas), en 1860 chez celles de Warendorf, en 1861 à Orléans, en 1863 à la Visitation de Mülheim, en 1868 chez les Adoratrices en Belgique : ce fut toujours un échec, car elle n’y trouvait pas sa vocation.

En 1876, elle acquit des bâtiments d’une ancienne fondation à Mönchengladbach, et y ouvrit l’Œuvre Sainte-Barbara, pour des orphelins. 

Elle rencontra en 1882 un jeune prêtre, Franziskus Maria Jordan, qui avait déjà fondé une Société enseignante apostolique. Therese fit des vœux privés.

En 1885, l’Institut féminin se détachait des Salvatoriens et prenait le nom de Sœurs de la Charité de la Mère Dolorosa, tout en restant proche de l’idéal du Fondateur.

En 1888, ils fondèrent ensemble à Tivoli le Second Ordre Enseignant Catholique et Therese put émettre les vœux de religion. Supérieure de son Institut, elle prit le nom de Maria des Apôtres.

En 1893, l’Institut devint la Société du Divin Sauveur, dont la branche féminine prenait le nom distinct de Sœurs du Divin Sauveur ou Salvatoriennes.

Des maisons s’ouvrirent en Europe : Italie, Suisse, Autriche, Hongrie, Belgique ; en Inde et aux Etats-Unis. La Mère voyagea beaucoup pour consolider ces fondations.

A la fin de sa vie, Maria perdit peu à peu la vue, souffrit d’asthme, et mourut de méningite à Noël, le 25 décembre 1907.

L’Institut, qui fut reconnu en 1911 et approuvé en 1926, compte maintenant plus d’un millier de Religieuses dans une vingtaine de pays.

Sa tombe se trouvait à Rome, au cimetière Teutonico. Le corps fut exhumé pour être reporté à la Maison-mère de Rome, en vue de la béatification, qui eut lieu en 1968.

 

 

Adam Chmielowski

1845-1916

 

Le Frère Albert, qui dans le siècle s’appelait Adam Chmielowski, naquit à Igołomia, près de Cracovie en Pologne, le 20 août 1845, premier des quatre enfants de Wojciech et Józefa Borzysławska, qui descendaient de famille noble. 

Adam fut ondoyé le 26 août, et les autres rites du baptême furent complétés en juin 1847 à Varsovie. 

Les quatre enfantsz (Stanisłas, Marian, Jadwiga) grandissent à Varsovie, où déjà Adam se montre charitable envers les pauvres et partageant avec eux ce qu’il avait.

Le papa mourra en 1853. En 1855, avec une bourse d’état, Adam passera une année à l’Ecole des Cadets de Saint-Petersbourg, d’où sa mère le fit revenir, inquiète de l’influence de l’éducation russe sur son fils ; elle l’envoya au lycée de Varsovie. Cette bonne maman mourra en 1859 et l’adolescent sera confié à la tante paternelle, Petronela.

En 1863, c’est l’insurrection polonaise contre l’oppression tsariste. Adam, qui est alors étudiant à l’Ecole d’Agriculture de Puławy, adhéra au mouvement avec enthousiasme, mais fut gravement blessé dans un combat près de Mełchów ; il fut fait prisonnier, on dut l’amputer de la jambe gauche, sans anesthésie, chose qu’il supporta avec un courage exceptionnel.

Grâce à l’intervention de parents, il s’enfuit de la prison mais dut quitter la Patrie. Il se retrouva à Paris où il étudia la peinture ; puis il passa à Gand en Belgique où il fréquenta l’Ecole d’ingénieurs, et reprit les études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Münich en Bavière, jusqu’en 1874, quand il pourra profiter d’une amnistie et retourner dans sa patrie. 

Il chercha un nouvel idéal de vie et se demanda : En cultivant l’art, peut-on aussi servir Dieu ? Jusqu’à présent, sa production artistique ne comprenait que des sujets profanes et il se mit alors à représenter des thèmes sacrés. Un de ses meilleurs tableaux sacrés, son “Ecce Homo”, est l’aboutissement d’une profonde réflexion sur l’amour miséricordieux du Christ pour l’homme, qui conduisit Adam vers une réelle métamorphose spirituelle. Partout où il passait, on notait la cohérence de sa vie avec son idéal chrétien, et il marquait profondément ceux qui le rencontraient.

Convaincu que, pour servir Dieu, il faut Lui dédier et l’art et le talent, il entra en 1880 dans la Compagnie de Jésus (Jésuites) comme frère laïc ; mais il dut interrompre le noviciat au bout de six mois, à cause de sa mauvaise santé.

Ce fut alors une profonde crise spirituelle, qu’il dépassa en commençant une nouvelle vie toute donnée à Dieu et à ses frères. Se trouvant alors chez des parents en Podolia (région de Pologne sous domination russe), il fit connaissance du Tiers-Ordre de saint François, et se mit à visiter les paroisses de la zone, restaurant les tableaux et diffusant l’esprit du Tiers-Ordre parmi la population rurale.

Contraint de quitter la Podolia, il revint à Cracovie où il s’établit non loin des Pères Capucins. Là, il poursuivit son activité de peintre en se donnant en même temps à l’assistance des pauvres, leur destinant ce qu’il gagnait avec ses tableaux.

Sur ses entrefaites, il eutl’occasion de connaître la douloureuse situation de certains mendiants, entassés dans des sortes de dortoirs publics, à Cracovie, et il décida de se porter à leur secours.

Par pur amour de Dieu et du Prochain, Adam renonça au succès que lui donnait la pratique de l’art, au bien-être matériel, aux milieux aristocratiques, et décida d’aller vivre parmi les pauvres, pour les soulager de leurs misères morales et matérielles. Dans leur dignité foulée aux pieds, il voyait le Visage du Christ outragé, et voulait, en eux, Lui redonner Sa dignité.

C’est ainsi que, le 25 août 1887, il endossa une bure grise, prit le nom de Frère Albert et, un an après, avec la permission du Cardinal Dunajewski, prononça les vœux de tertiaire franciscain : c’est là qu’en 1888 commença la Congrégation des Frères du Tiers-Ordre de saint François, Serviteurs des Pauvres. Ceux-ci prirent en charge le dortoir des hommes. Puis ce fut le tour du dortoir des femmes, pris en charge par la branche féminine de la Congrégation, en 1891, sous la maternelle direction de la Servante de Dieu, la Sœur Bernardyna Jabkonska.

Avec sa double Congrégation, dans un esprit de totale disponibilité, il se mit au service des plus pauvres, des déshérités, des laissés-pour-compte, des marginaux et des vagabonds. Il organisa pour eux des maisons d’assistance matérielle et morale, en leur offrant la possibilité d’assumer librement de petits travaux d’artisanat, aux côtés des frères et des sœurs, sous un même toit, leur permettant ainsi de gagner de quoi vivre.

Malgré son invalidité et la prothèse plutôt rudimentaire qu’il portait, il voyageait beaucoup pour fonder de nouveaux refuges en d’autres villes de Pologne, comme aussi pour rendre visite aux maisons religieuses. Ces maisons étaient ouvertes à tous, sans distinction de nationalité ou de religion. En outre, il ouvrit aussi des maisons et des orphelinats pour les enfants et les jeunes, des asiles pour les vieillards et les malades incurables, des soupes populaires. Pendant la première Guerre Mondiale, il envoya ses Sœurs dans les hôpitaux militaires et même aux abords des champs de bataille.

De son vivant, ce furent ainsi vingt-et-une maisons religieuses qui s’ouvrirent, où travaillaient quarante Frères et cent-vingt Sœurs.

Par sa vie exemplaire, il enseigna qu’ il faut être bon comme le pain… que chacun peut prendre pour satisfaire sa faim. Il sut montrer à ses religieux comment vivre dans la plus grande pauvreté évangélique, selon l’exemple de s.François d’Assise. Il confia son œuvre caritative à la Providence divine avec une confiance totale. Sa force lui venait par la prière, l’Eucharistie et l’union au Mystère de la Croix.

Rongé par le cancer à l’estomac, il mourut à Cracovie le jour de Noël 1916, au même endroit où étaient accueillis les pauvres. Avant de mourir, montrant la Vierge de Czestochowa, il dit aux Frères et aux Sœurs : C’est cette Vierge qui est votre Fondatrice, ne l’oubliez pas ; et encore : Avant toute chose, vivez dans la pauvreté.

Ceux qui l’ont rencontré et connu ont gardé de lui un merveilleux témoignage de foi et de charité. A Cracovie et dans toute la Pologne, on l’appelle le Père des Pauvres et aussi le saint François polonais du XXe siècle, pour son esprit de réelle pauvreté évangélique.

L’histoire de l’Eglise est vraiment marquée par l’exemple de Frère Albert. Non seulement il a donné son vrai sens à l’Evangile de la miséricorde du Christ, mais il le reçut dans son cœur et le vécut avec la plus profonde intensité.

Aujourd’hui, les Frères et les Sœurs “Albertins” poursuivent le charisme de leur Fondateur en Pologne, mais les Sœurs sont aussi présentes en Italie, aux Etats-Unis et en Amérique Latine.

Frère Albert a été béatifié le 22 juin 1983 et canonisé le 12 novembre 1989 à Rome.

 

 

Teodora Fracasso

1901-1927

 

Teodora (le nom signifie «Don de Dieu»), naquit à Bari (Italie sud) le 17 janvier 1901, troisième des neuf enfants de Giuseppe, un artiste peintre, et Pasqua Cianci ; elle fut baptisée quatre jours plus tard par son oncle, don Carlo Fracasso. 

Des neuf enfants, ne vécurent que cinq d’entre eux, outre Teodora : Prudenzia, Anna, Domenica et Nicola.

A cinq ans, elle eut un rêve, dans lequel une belle Dame avançait parmi des lys fleuris, puis disparaissait. La pieuse maman de Teodora lui expliqua ce que pouvait signifier cela, et la petite fille promit à la Dame de devenir religieuse.

A l’école chez les Religieuses des Saintes Stigmates, elle se prépara à dix ans pour la Première communion, qui devait avoir lieu le 8 mai 1911. La nuit précédente, elle rêva cette fois-ci de Thérèse de Lisieux, qu’elle ne connaissait pas encore (elle était morte en 1897 et ne devait être béatifiée qu’en 1923, et canonisée en 1925) - qui lui annonçait : Tu seras moniale comme moi, et la nommant Elia.

En outre, le jour de cette Première communion, Jésus lui parla et lui dit qu’elle allait beaucoup souffrir dans sa vie ici bas.

Elle continua sa formation, apprit la couture et la broderie. Elle fit partie de deux associations pieuses, l’une, eucharistique, inspirée de la bienheureuse Imelda Lambertini (voir au 13 mai), l’autre, la Milice Angélique inspirée par saint Tommaso d’Aquino (voir au 28 janvier).

L’adolescente aimait réunit ses amies chez elle pour parler de choses profondes, méditer, prier : c’est ainsi que le petit groupe priait, lisait l’Evangile, l’Imitation du Christ, les vies de Saints, et tout particulièrement celle de Thérèse de Lisieux, qu’elle appelait ma très chère Amie du ciel.

Entrée dans le Tiers-Ordre dominicain, Teodora y fut novice en 1914, avec le nom d’Agnese et fit la profession en 1915, avec une dispense d’âge car elle n’avait que quatorze ans. 

Cette jeune adolescente montrait un zèle apostolique surprenant, par exemple dans son attention envers les ouvriers de l’atelier de son père, les assistants dans leurs maladies, confectionnant de petits cadeaux pour les nouveaux-nés, enseignant le catéchisme aux jeunes enfants…

En 1917, elle eut un nouveau directeur spirituel qui, considérant son charisme particulier, l’orienta vers une autre famille : les Carmélites de Bari.

C’est ainsi que Teodora, alias Agnese, devint sœur Elia de Saint-Clément à partir de 1920, année où elle entra au Carmel et en reçut l’habit.

Evidemment, elle s’abreuva de la «petite voie» de Thérèse de l’Enfant-Jésus.

On pourrait croire que le chemin de la nouvelle Carmélite était tout tracé et que les jours passaient dans l’insouciance : il y a aussi des jalousies et des incompréhensions dans les couvents, et sœur Elia en fut victime.

En 1923, la Mère Prieure la nomma maîtresse de couture dans l’école des petites filles qui dépendait du Carmel ; mais la directrice de l’école, une autre Carmélite, un peu trop sévère et autoritaire, ne voyait pas d’un bon œil l’influence qu’Elia avait sur les fillettes par sa bonté et sa patience, aussi la fit-elle éloigner de cette place au bout de deux ans : Elia dut se replier dans sa cellule, où elle faisait tous les travaux de couture qu’on lui apportait.

La Prieure cependant l’estimait beaucoup, et la nomma à la sacristie.

Cette année-là, en 1925, l’année de la canonisation de la Carmélite de Lisieux, Elia fit la profession solennelle.

Une de ses sœurs la rejoignit au Carmel, prenant le nom de la sœur de sainte Thérèse, Celina.

En janvier 1927, une forte grippe secoua la jeune Religieuse, avec des maux de tête effrayants, dont elle ne se plaignait pas. Le 21 décembre, une forte fièvre et d’autres symptômes commencèrent à inquiéter les Religieuses. Le médecin diagnostica le 24 une possible méningite, sans s’allarmer cependant. Le 25, jour de Noël, deux autres médecins ne purent que constater l’irréversibilité du mal.

Sœur Elia mourut à midi, ce 25 décembre 1927, accomplissant sa prophétie : Je mourrai un jour de fête.

Teodora-Agnese-Elia fut béatifiée en 2006.

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 00:00

24 DÉCEMBRE

 

-XX

La commémoraison de tous les saints ancêtres du Christ.

V.

S Delphinus, évêque à Bordeaux ; il baptisa s. Paulin de Nole.

VI.

Ste Tarsilla, vierge, tante de s. Grégoire le Grand.

VIII.

Ste Irmine, fille de Dagobert II, protectrice des missions de s. Willibrord.

Ste Adèle, (autre ?) fille de Dagobert II, fondatrice d'une abbaye à Pfalzel.

XI.

B Bruno, convers bénédictin à Ottobeuren.

XV.

S Jan de Kȩty, prêtre polonais, professeur à Cracovie, un temps curé, prédicateur, grand voyageur ; controversiste, il savait toucher par sa douceur ; fêté le 23 décembre.

XVIII.

B Bartolomeo Maria Del Monte, prêtre à Bologne ; cinquième enfant, ses frère et sœurs moururent en bas âge ; fervent de l'Eucharistie, il prêcha partout avec un immense succès et fonda l'Œuvre Pie des Missions ; béatifié en 1997.

XIX.

Ste Costanza (Paola-Elisabetta) Cerioli, veuve, fondatrice de l'Institut de la Sainte-Famille à Bergame, pour s'occuper des petits garçons et des petites filles pauvres, canonisée en 2004.

S Yussuf Makhluf (Sharbel), prêtre et ermite maronite dont le corps est resté intact, souple, exsudant une sorte de baume miraculeux, fêté le 24 juillet.

XX.

B Ignacio Caselles García (Juan Crisóstomo, 1874-1936), capucin espagnol martyr à Orihuela, béatifié en 2013.

B Pablo Meléndez Gonzalo (1876-1936), avocat espagnol père de dix enfants, martyr (avec son fils Alberto) près de Valencia, béatifié en 2001 (le 23 décembre au Martyrologe).

Delphinius de Bordeaux
† 404

Les dates de Delphinius restent assez approximatives.
Il est le deuxième évêque de Bordeaux (après Orientalis) et aurait siégé à partir de 380, ou peut-être un peu avant.
De ce long pontificat, on retiendra d’abord le concile de Saragosse (380), auquel participa Delphinius. On y condamna la doctrine de Priscillianus, décision réitérée au concile de Bordeaux, présidé cette fois par Delphinius lui-même en 384. 
Concernant Priscillien, il sera jugé et condamné à mort dans un tribunal civil à Trèves (385), malgré les efforts de s.Martin (v. 11 nov.) pour obtenir sa grâce. Dans cette affaire, l’attitude commune de Delphinius, de s.Ambroise de Milan (v. 7 déc.) et du pape Damase (v. 11 déc.) montre combien ces trois personnages étaient liés par une même doctrine et une réelle amitié.
S.Paulinus de Nole (v. 22 juin) fut le disciple de Delphinius et fut baptisé par lui, avant d’être nommé évêque à Nole (Italie). La correspondance entre eux deux nous apprend qu’en 399, Delphinius fut assez gravement malade.
Delphinius mourut vers 402 ou 403, après un épiscopat d’environ un quart de siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Delphinius de Bordeaux au 24 décembre.


Tarsilla de Rome
6. siècle

Le saint pape Grégoire le Grand (v. 3 sept.) avait de qui tenir : sa mère sainte Silvia et deux de ses tantes paternelles, les vierges Tarsilla et Æmiliana, sont au Martyrologe (v. 3 nov. et 5 janv.). Mais aussi, le pape s.Felix III était un de leurs ancêtres (v. 1.mars). 
Or, ce s.Felix apparut en songe à Tarsilla - vers la fin du sixième siècle, lui disant : Viens ! je vais te recevoir dans cette Maison de lumière !
Au réveil, Tarsilla fut prise de fièvre et mourut très peu après.
Quand on lava son corps, on s’aperçut que la peau de ses genoux et de ses coudes était durcie, à la suite de ses longues prières.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Tarsilla de Rome au 24 décembre.


Irmine de Trèves
† 708

Une pieuse tradition, aujourd’hui contestée, présente Irmine comme la fille du roi Dagobert.
Alors qu’elle était fiancée au comte Hermann, ce dernier mourut, avant le mariage. Récemment, on aurait cependant avancé qu’elle fut l’épouse d’Hugobert († 697) et la mère de cinq filles (Adela, Rolande, Plectrude, Regentrude, Bertrade), mais ces données sont encore à vérifier.
Irmine fonda alors le monastère d’Oeren à Trèves et elle en fut l’abbesse.
Grand soutien de l’activité de s.Willibrord (v. 7 novembre), elle lui céda sa villa d’Echternach en 698, avec l’église et le petit monastère qu’elle y avait fait construire. Par la suite, elle lui donna aussi une villa proche de Tolbiac et une autre à Steinheim. 
Elle lui remit aussi une vigne près de Trèves : ce n’est pas que l’évêque eût grand besoin de boire de ce breuvage, mais il ne faut pas oublier que les prêtres célèbrent nécessairement la Messe avec du vin.
Irmine mourut la veille de Noël, vers 708.
L’abbaye d’Oeren, plus tard appelée Sainte-Irmine, transformée en hôpital en 1804, fut détruite par les bombardements de décembre 1944 ; on a reconstruit les bâtiments, mais pas l’église.
Sainte Irmine de Trèves est commémorée le 24 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adula
8e siècle

Des incertitudes ont plané sur les documents concernant cette Sainte.
Adula (Adèle) aurait été fille de Dagobert II, et grand-mère de l’évêque saint Grégoire d’Utrecht (voir au 25 août).
A la mort de son époux, elle se fit religieuse et fonda l’abbaye de Pfalzel (Trèves, Allemagne), dont elle fut même abbesse.
Si ces données se vérifiaient, Adèle serait la sœur de sainte Irmine, autre fille de Dagobert II, et fêtée le même jour, morte une trentaine d’années avant Adèle.
Adèle serait morte vers 735, un 24 décembre.
Elle n’est pas mentionnée au Martyrologe romain actuel.


 

Jan de Kęty

1390-1473

 

Jan (Jean) naquit le 23 ou le 24 juin 1390 à Kęty (Cracovie, Pologne), non loin de l’actuelle Oświęcim (Auschwitz). En français, on écrit d’ordinaire Kenty.

Il était fils de Stanisłas, bourgeois et maire de Kęty, et Ana. Il leur devait une douceur de caractère qu’il montra dès son enfance.

Après ses études de philosophie à l’université Jagellone de Cracovie, il fut ordonné prêtre à trente ans environ. 

Il fut professeur à l’école monastique de Miechow à partir de 1421. Il recopiait des manuscrits avec une ardeur inlassable : on en aurait reproduit en micro-flms plus de dix-huit mille pages. On a aussi retrouvé de lui des fragments de chants à deux voix.

En 1429 il enseigna à l’université de Cracovie la logique, la physique ; il commenta Aristote ; il fut deux fois doyen de la faculté.

En (ou vers) 1420, il entreprit des études approfondies de théologie, il fut bachelier et, plus tard, docteur (1443). Dans l’intervalle, il fut curé de paroisse à Olkuszu (1439), mais peu de temps : il conçut de la crainte pour la responsabilité qu’il portait devant Dieu pour les âmes, et demanda à être déchargé de cette mission, pour retourner à l’enseignement. 

En dehors de la prédication et de l’enseignement, Jan priait et se mortifiait. Il dormait peu, mangeait peu, portait un cilice et se frappait avec la discipline. Il s’arrangeait pour être inaperçu dans ses aumônes, par exemple en laissant traîner son manteau pour cacher ses pieds nus. Un jour, la Sainte Vierge lui apparut et lui rendit le manteau qu’il venait de donner à un pauvre transi de froid. 

Les trente dernières années de sa vie, il renonça totalement à la viande ; mais un jour qu’il était vivement tenté d’en manger, il rôtit un morceau qu’il prit dans ses mains en disant : Ô chair, tu aimes la chair, jouis-en à ton aise ; la tentation cessa pour toujours.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il fut tout dépouillé par des brigands ; ils lui demandèrent enfin s’il n’avait rien d’autre et Jan répondit que non ; mais il se souvint ensuite d’avoir cousu dans son manteau quelques pièces d’or : il héla ses voleurs, et courut leur donner les pièces ; eux, confus, lui rendirent tout ce qu’ils avaient pris.

Il alla quatre fois à Rome, à pied, prier sur le tombeau des Apôtres. Il se rendit aussi à Jérusalem, où il prêcha le Christ crucifié aux Turcs. 

C’est à lui que remonterait la coutume de réserver «la part du pauvre» lors d’un repas : en effet, un pauvre avait frappé à la porte au moment où Jan se trouvait au réfectoire ; il lui fit remettre son repas. D’où la formule rituelle Pauper venit, à laquelle on répond Jesus venit (Un pauvre est venu - C’est Jésus qui est venu).

Il eut des visions célestes, surtout sur la passion du Christ, qui le ravissaient en extases des nuits entières.

Sa vie terrestre cessa la veille de Noël, 24 décembre 1473, peut-être la seule date certaine que nous ayons de sa longue vie. Quant aux miracles qu’il opéra durant sa vie, ils ne cessèrent pas après sa mort.

Il a été béatifié en 1680, canonisé en 1767 et le Martyrologe romain le commémore le 24 décembre. Jan de Kęty a longtemps été fêté le 20 octobre.

Saint Jan de Kęty est le patron de la Pologne. On l’invoque spécialement dans les cas de phtisie et d’épidémies.

 

Un institut de vie consacrée a été fondé récemment à Chicago sous l’appellation de Chanoines Réguliers de Saint-Jan-de-Kęty (Canons Regular of St. John Cantius ou Society of St. John Cantius), avec pour mission de redécouvrir le sens du sacré dans la liturgie et la culture catholique.

 

 

Bartolomeo Maria Del Monte

1726-1778

 

Né le 3 novembre 1726 à Bologne (Italie), Bartolomeo était le cinquième enfant de parents aisés de cette ville, mais ses quatre aînés étaient morts à la naissance, de sorte qu’Anna Maria Bassani, la maman, avait fait un vœu particulier à saint Francesco de Paola (voir au 2 avril) pour avoir un fils.

L’enfant fut baptisé dès le 4 janvier, sous les noms de Bartolomeo, Carlo, Maria, Melchiorre ; il reçut la Confirmation vers sept ans, des mains d’un certain Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV. Puis il fréquenta le collège des Jésuites.

Quand sa vocation mûrit, le garçon rencontra la forte opposition de son père, mais devenu majeur, il se prépara décidément au sacerdoce, voulant suivre les traces du grand prédicateur saint Leonardo de Porto Maurizio (voir au 26 novembre).

Il fut ordonné prêtre en 1749 et reçut en 1751 le doctorat en théologie.

Il se dédia à la prédication dans les paroisses du diocèse puis, invité toujours plus loin, parcourut les diocèses de toute l’Italie centrale et septentrionale : les missions de paroisses, les prédications de carême, les retraites au clergé, par centaines, obtinrent des conversions et des réconciliations nombreuses.

Sa parole était précise, exigeante, mais sans rigueur excessive, au point qu’on l’appela le missionnaire de la discrétion. Il invoquait particulièrement la Mère de Dieu sous le vocable de Mère de la Miséricorde.

En 1774, c’est lui qui fut chargé de prêcher à Rome le retraite préparatoire à l’Année Sainte pour le clergé.

Le pape voulait le retenir à Rome, mais il refusa. Le cardinal de Bologne l’avait nommé recteur du séminaire, il refusa aussi, humblement, pour rester libre de prêcher encore d’autres missions.

Plein de zèle missionnaire, il s’offrit pour les missions en Inde, mais désormais sa santé était trop affaiblie par ses continuels voyages par tous les temps et sur toutes les routes cahoteuses.

Avec son héritage, il fonda ainsi la Pieuse Œuvre des Missions, pour consolider son apostolat et celui d’autres prêtres qui auraient suivi son exemple. Pour eux il écrivit divers ouvrages, en particulier Jésus, dans le cœur du prêtre séculier et régulier (considérations pour chaque jour du mois), qui fut édité plusieurs années de suite et sera finalement imprimé par la Typographie vaticane en 1906.

Vers octobre de 1778, il annonça qu’il mourrait dans deux mois, la nuit de Noël, ce qui arriva : le 15 décembre, il ne put achever la célébration de la Messe ; survinrent des complications pulmonaires ; l’apôtre s’éteignit au soir du 24 décembre 1778, à Bologne.

Bartolomeo Maria fut béatifié en 1997.

 

 

Costanza Cerioli

1816-1865

 

Cette vaillante mère de famille naquit le 28 janvier 1816 à Soncino (Crémone, Italie nord), dernière des seize enfants de Francesco Cerioli et Francesca Corniani, des parents nobles et aisés.

A dix ans elle fut confiée aux Visitandines de Alzano, où elle développa ses dons naturels d’intelligence et de service fraternel, mais aussi où elle souffrit beaucoup de l’éloignement de la famille et s’habitua à se confier en Dieu seul.

En 1835, elle épousa - ou plutôt on lui fit épouser - un comte de soixante ans, avec lequel elle habita à Comonte. Son mari n’avait pas le caractère facile, ni une santé florissante, encore moins une foi débordante : elle l’assista fidèlement.

De ses trois enfants, l’un mourut à la naissance, l’autre à un an, le troisième à seize ans. Ce dernier, Carlo, peu avant de mourir, prédit à sa mère qu’elle aurait beaucoup d’enfants.

Veuve à la Noël de 1854, elle était encore vigoureuse, héritait de la fortune de son mari et voulut s’employer à faire du bien. 

Elle reçut chez elle deux orphelines, puis d’autres, puis des collaboratrices pour se faire aider, donnant ainsi naissance, le 8 décembre 1857, à une Œuvre nouvelle : l’Institut de la Sainte Famille.

Elle consacra ainsi toute sa forture et vendit tous ses bijoux, pour cette œuvre. Elle fit le vœu de chasteté et prit le nom de Paola Elisabetta.

Elle fonda ensuite l’institut masculin des Frères de la Sainte Famille, en 1863.

Le céleste Protecteur de ce double institut fut saint Joseph.

Après cette courte mais intense vie de charité, Costanza s’éteignit brusquement, chez elle à Comonte, le 24 décembre 1865.

Elle fut béatifiée en 1950, canonisée en 2004.

Youssef Charbel Makhlouf

1828-1898

 

Youssef Antoun (Joseph Antoine) reçut une éducation très pieuse dans son village familial de Bekaa Kafra (Liban nord), où il naquit le 8 mai 1828, un des cinq enfants de Antoun Zaarour Makhlouf et Brigitta Chidiac. 

Antoun, le papa, était un cocher, et mourut en 1831 au retour d’une corvée au service de l’armée turque. La maman se remaria avec Lahoud Ibrahim, un saint homme, qui devint lui-même le curé du village, sous le nom de Abdelahad.

La parenté de Youssef comptait aussi deux moines ermites. Toute cette sainte ambiance marqua profondément le petit garçon pendant toute son enfance.

Il apprit le syriaque et l’arabe à l’école.

Très orienté vers la prière solitaire, il conduisait souvent son petit troupeau vers une grotte où il avait exposé une icône de la Vierge Marie. Là, il priait tout le temps qu’il avait.

Il rejoignit en 1851 le monastère Notre-Dame de Maifouk, puis celui de Saint-Maron à Annaya, Beirouth) où il entra dans l’Ordre libanais maronite, prenant le nom de Charbel, par référence à un martyr de l’église d’Antioche du 2e siècle.

En 1853, le 1er novembre, il prononça ses vœux, puis alla étudier la philosophie et la théologie au monastère des Saints-Kobrianous-et-Justine à Kfifan (Batroun) et fut ordonné prêtre en 1859.

Il continua de suivre les conseils d’un saint moine, Nehemtallah Kassab Elhardiny, canonisé dans l’Eglise d’Antioche.

Après seize années passées à Annaya, il opta pour une vie plus retirée encore et demanda à rejoindre l’ermitage des Saint-Pierre-et-Paul, proche du monastère. Le supérieur hésitait à lui concéder cette permission, d’ordinaire rarement accordée. Pour convaincre le supérieur, Charbel demanda au sacristain de remplir la lampe du sanctuaire avec de l’eau à la place de l’huile : la lampe fonctionna quand même. Ce fut le premier miracle de Charbel, qui bien sûr obtint la permission demandée.

Toute la journée, il priait et adorait. Il ne sortira presque jamais de cet ermitage, pendant les vingt-trois années restantes de sa vie.

Le 16 décembre 1898, un accident cardio-vasculaire le frappa durant la célébration de la messe. Paralysé, il connut pendant huit jours une douloureuse agonie, et rendit son âme à Dieu le 24 décembre 1898.

Le jour de l’enterrement, il neigeait si fort qu’on n’y voyait rien. Dès qu’on commença à transporter le corps du saint moine, le temps s’éclaircit. 

Quelques mois plus tard, une belle lumière enveloppa la tombe. On s’aperçut que le corps était resté intact et suintait un mystérieux liquide huileux. Par la suite, on changea plusieurs fois les vêtements du père Makhlouf pour lui en remettre de propres, mais toujours le suintement continua, et continue encore, sans jamais aucune infection. Les experts n’ont jamais trouvé d’explication au phénomène. Des guérisons constantes et multipliées se produisirent : on en enregistra des dizaines de milliers, seulement au Liban, sans compter les autres de par le monde.

Un des miracles récents les plus célèbres fut la guérison inexplicable et étonnante d’une femme de cinquante-cinq ans, paralysée. En rêve, le 22 janvier 1993, elle vit deux moines auprès d’elle : l’un, qui se présenta comme saint Charbel, posa délicatement ses mains autour du cou pour «l’opérer», tandis que l’autre lui glissait un oreiller pour la soutenir. A son réveil, elle constata des cicatrices à son cou, et pouvait marcher normalement. Le lendemain, nouveau rêve, où saint Charbel lui expliquait qu’il avait fait cette «opération» pour faire comprendre aux Libanais qu’ils devaient retrouver la foi ; il lui demandait d’assister désormais à la messe chaque 22 du mois. 

Un autre «signe», non miraculeux en soi, mais non moins remarquable fut, dans les premières années du 20e siècle, une photographie des moines présents au monastère. Développée, la photographie faisait apparaître un moine de plus, que personne ne connaissait… sauf le plus ancien du monastère qui s’écria : Tiens ! le père Charbel ! La photographie, datée, peut encore être vue dans le monastère.

Ces signes de Dieu aboutirent à la béatification en 1965, et à la canonisation en 1977.

Le dies natalis est au 24 décembre, mais saint Charbel (on trouve aussi Sharbel) est vénéré au calendrier romain le 24 juillet. En effet, la liturgie ne célèbre pas de fête sanctorale en la vigile de Noël ; on opta pour l’anniversaire de l’ordination sacerdotale de saint Charbel, le 23 juillet ; mais ce jour-là est la fête de sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe ; aussi, la date retenue fut finalement le 24 juillet.

 

 

Ignacio Caselles García

1874-1936

 

Né le 18 novembre 1874 à Gata de Gorgos (Alicante, Espagne), de Vicente Caselles Boronat et Antonia García Durá, qui eurent sept enfants : l’un d’eux mourut très petit, et notre Ignacio en reprit le prénom.

Les enfants s’appelèrent : Bernardo (futur capucin aussi), Ignacio (qui mourra tout petit), Ignacio (le nôtre), Juan Bautista, Francisco, Antonio.

Le baptême d’Ignacio eut lieu le lendemain de sa naissance, et, on a trouvé en marge du registre de son baptême le mot capucin, ajouté plus tard par le curé. On y lit également quelques remarques : Ignacio vint servir la messe très jeune déjà, toujours premier servant, puis sacristain.

A douze ans, il entra au collège séraphique des Capucins de Orihuela, passa par le couvent de Masamagrell et fit la profession à Orihuela en 1892, prenant le nom de Juan Crisóstomo. Il fut ordonné prêtre en 1899.

Après quelques années à Ollería (Valencia), il revint à Orihuela, où il exerça le ministère pendant trente-six ans : confesseur, directeur spirituel et confesseur au séminaire diocésain.

On l’appelait gentiment Père Jeannot (Padre Juanito), en raison de sa petite taille.

Il répandait avec assiduité la dévotion des trois Je vous salue Marie quotidiens.

Lors des hostilités de 1936, il put se cacher quelques mois.

Découvert, arrêté le 24 décembre, il fut insulté toute la journée de cette veille de Noël. Le soir même, il fut conduit sur la route Arneva-Hurchillo, et fusillé : telle fut sa «nuit de Noël», qu’il passa dans la gloire du Ressuscité.

Le père Juan Crisóstomo a été béatifié en 2013.

 

 

Pablo Meléndez Gonzalo

1876-1936

 

Pablo (Paul) naquit le 7 novembre 1876, aîné des sept enfants d’une famille très chrétienne, qui le fit baptiser le 9 novembre suivant.

A quatorze ans, il «perdit» son père et dut consacrer tout son temps libre pour aider sa mère à élever ses petits frères et sœurs.

A quinze ans, il s’inscrivit dans les rangs d’une congrégation mariale et participa bientôt à l’adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Son amour pour l’Eucharistie le portait à la recevoir chaque jour à la messe. Puis, animé par cette force céleste, il allait visiter le Christ dans les malades.

Il fit des études de droit à Valencia, collaborant toujours à l’Action Catholique, dont il fut président pour la zone de Valencia.

Une fois avocat, il écrivit des articles dans les journaux, et fut même directeur de Las Provincias.

Il épousa en 1904 Dolores Boscá, qui mettra au monde dix enfants (Pablo, Antonio, Alberto, Rafael, Carlos, María Teresa, María Desamparados, María Luisa, Josefa, María Dolores).

Il s’engagea dans la politique, comme membre de la Ligue Catholique, et recouvrit quelques charges publiques, donnant toujours le témoignage d’une vie chrétienne sans compromis, et la préférence pour la moralité publique et les intérêts de l’Eglise.

Mais à Valence, on n’aimait pas les gens qui sentaient l’encens : dès 1931, les incidents commencèrent, reprirent en 1934, et explosèrent en 1936.

En juillet 1936, Pablo se trouvait à Paterna : on fouilla sa maison une première fois. Il se transféra à Valencia : impossible de trouver où se cacher, et de plus, il dut s’occuper de faire hospitaliser son fils Carlos. On lui proposa la fuite, il refusa, surtout pour son fils malade.

Le 25 octobre, on vint l’arrêter, avec son fils Alberto. On lui demanda : Vous êtes catholique ? Il répondit : Je suis catholique, apostolique et romain.

Le mandat d’arrêt provenait du Conseil Provincial de Vigilance Antifasciste : Monsieur Meléndez était catholique. C’était là tout son «crime» !

En prison, il dit à Alberto : Si la Providence nous destine au martyre, on nous fusillera, sinon on restera libres. Et aussi : C’est Dieu qui a permis que nous fussions ici. J’ai ordonné à ma famille de ne rien faire pour ma liberté. Je demande seulement à Dieu de me donner son amour et sa grâce, et cela me suffit.

Il répète encore cette phrase quand on lui annonce la mort de Carlos, son fils.

Au matin du 24 décembre, on fait sortir Pablo et Alberto, et on va les fusiller immédiatement, sur la route de Castellar (Valencia). On fait annoncer à la famille qu’on les a «mis en liberté» : une des filles se précipite au cimetière, où elle voit les deux cadavres, criblés de balles.

Le Martyrologe et quelques sources commémorent Pablo au 23 décembre.

Pablo Menéndez Gonzalo a été béatifié en 2001.

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 00:00

23 DÉCEMBRE

III.

Stes Victoire et Anatolie, vierges et martyres en Sabine.

SS Theodulus, Saturninus, Euporus, Gelasius, Eunicianus, Zoticus, Pontios, Agathopos, Basilide, Evaristos, martyrs à Gortyne ; chacun voulait être le premier à être décapité.

V.

S Benus (Besa), abbé en Egypte, mal identifié ; il aurait chassé un hippopotame, un crocodile.

S Sabinien, diacre et disciple de s. Romain à Condat.

VI.

S Servulus, paralytique à Rome ; inculte, il savait les Ecritures à force de se les faire lire.

VII.

S Asclèpe, évêque à Limoges.

S Caran, évêque en Ecosse.

S Dagobert II, roi et martyr , sans doute victime des factions politiques.

VIII.

S Frithebert, évêque à Hexham.

XII.

S Yves, confrère de s. Anselme (de Cantorbury) chez Lanfranc au Bec, évêque à Chartres, adversaire illustre de la simonie et dénonciateur de l'adultère de Philippe Ier. 

B Hartmann, évêque à Bressanone ; il réforma les chanoines.

S Thorlak (Thjorlay) Thorhallsson, évêque à Skalholt ; il voulait remettre en honneur et le célibat et le mariage et fonda le premier monastère d'Islande (Kirkjubaer).

XVI.

B Pedro Nicolás Factor, franciscain espagnol, mystique.

XVIII.

Ste Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d'Youville, fondatrice d'une congrégation de Sœurs de la Charité après avoir perdu quatre de ses enfants ; première Sainte du Canada, canonisée en 1990.

XIX.

S Antonio de Sant'Ana Galvao de França, franciscain marial, premier brésilien béatifié (1998) et canonisé (2007).

S Cho Yun-ho Yosep , catéchiste coréen de dix-huit ans, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; son père fait partie du même groupe de martyrs : Jo Hwa-seo Peteuro (cf. 13 décembre).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2007 :

Dominicains : les prêtres Enrique Cañal Gómez, Manuel Gutiérrez Ceballos, Eliseo Miguel Lagro, Enrique Izquierdo Palacios, Miguel Rodríguez González (*1869, 1876, 1889, 1890, 1892) ; les profès Bernardino Irurzun Otermín, Eleuterio Marne Mansilla, Pedro Luís y Luís, José María García Tabar (*1903, 1909, 1914, 1918), à Santander ;

Augustins : Epifanio Gómez Álvaro (*1874), prêtre, près de Santander.

Bse Karoline Anna Leidenix (Maria Berchmana Johanna, *1865), des Filles de la Divine Charité, martyre en 1941 en Bosnie-Herzégovine, béatifiée en 2011 (en même temps que ses compagnes du 15 décembre). 

Les Dix Martyrs de Crète
† 250

Conformément à l’édit de persécution de l’empereur Dèce (250), le proconsul de Crète invita la population à un sacrifice païen.
Dans la foule se trouvaient Theodulus, Saturninus, Euporus et Gelasius, qui habitaient Gortyne ; Eunicianus, à Ermaion, un faubourg de la même ville ; Zoticus, qui venait de Cnossos ; Pontius, de Lenta ; Agathopos de Panormos, Basilide de Kyolenias, Evaristos d’Héraclion.
Ces dix hommes se trouvaient donc sur la place de Gortyne, où le gouverneur voulait les faire participer à un culte envers la déesse Artémis.
Ayant entendu l’invitation du gouverneur, les dix protestèrent sincèrement. Arrêtés, ils se retrouvèrent en prison.
On les laissa circuler, mais pour être l’objet de la risée publique : on se moquait d’eux, on les frappait du poing, on leur crachait au visage, on leur jetait des pierres, on les traînait sur des tas de fumier…
Les tortures ne les firent pas changer d’avis et ils furent condamnés à mort. On leur brisa les membres et ils furent finalement décapités.
On les conduisit à un endroit appelé Alonion (qui existe encore). Ils étaient tous les dix si heureux d’obtenir si vite leur passeport pour le Paradis, que chacun essayait d’être le premier à être immolé.
Theodulus intervint et imposa le calme : rien ne pressait, sauf de prier et de louer le Créateur. Ils chantèrent le psaume 123 : 
Sans le Seigneur, qui nous protégea - il faut qu’Israël le dise ! -,  sans le Seigneur qui nous protégea, quand les hommes s’élevèrent contre nous, ils nous auraient engloutis tout vivants, quand leur colère s’enflamma contre nous ; alors les eaux nous auraient submergés, les torrents auraient passé sur notre âme ; alors auraient passé sur notre âme les flots impétueux. Béni soit le Seigneur qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents ! Notre âme s’est échappée comme l’oiseau du filet des oiseleurs ; le filet s’est rompu, et nous nous sommes échappés. Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait les cieux et la terre.
Près de Gortyne se trouve encore aujourd’hui le lieu-dit Aghi Deka, soit les Dix Saints.
Le Martyrologe Romain mentionne les dix Saints Martyrs de Crète au 23 décembre.


Servulus de Rome
6. siècle

Servulus («le petit esclave») était paralytique, probablement de naissance.
Il vivait à Rome avec sa mère et son frère, qui l’assistaient à tout moment.
On le déposait sous le portique de la basilique Saint-Clément, où il sollicitait la générosité des fidèles. Mais les aumônes qu’il recevait, il les repassait à plus pauvres que lui.
Il ne savait pas lire, mais s’était procuré des manuscrits de la Sainte Ecriture, qu’il se faisait lire par les bonnes personnes qui prenaient un peu de temps avec lui. Il finit par connaître très bien l’Ecriture.
L’offrande à Dieu de ses souffrances, était sa prière constante.
Servulus sentit arriver sa dernière heure. Il pria ceux qu’il put de l’aider à se maintenir sur ses jambes pour chanter la bonté divine ; il invita ses assistants à s’associer à son chant.
A un moment donné, il leur imposa le silence : Vous n’entendez pas toutes ces voix qui viennent du ciel ? Evidemment, personne n’entendait, mais Servulus était ravi, et mourut en cet état.
Ces détails nous viennent du pape Grégoire le Grand (v. 3 sept.), dont Servulus était contemporain.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Servulus de Rome au 23 décembre.

Thorlak Thorhallsson

1133-1193

 

Il faudrait écrire le nom de ce saint évêque d’Islande comme suit : Thorlakur Thorhallsson.

Thorlak était de famille aristocratique. Après sa première instruction auprès de sa mère, il reçut sa formation cléricale au sud de l’île, à Oddi, chez un vieux prêtre.

Ayant reçu le diaconat à quinze ans, puis le sacerdoce à dix-huit, il s’en vint étudier à Paris de 1153 à 1159, puis probablement aussi à Lincoln.

Revenu chez les siens, il fut accueilli avec joie, mais il étonna son monde en voulant mener une vie digne de la réforme grégorienne de ce 11e siècle. Il refusa énergiquement de se marier, contrairement à l’habitude de beaucoup de prêtres de l’île à cette époque et se retira auprès d’un prêtre érudit à Kirkjubaer.

Puis il fonda un monastère de Chanoines Réguliers à Thykkvibaer, où sa mère le rejoignit pour y prêter ses services.

Ordonné évêque de Skalholt en 1178, il s’efforça, quoique avec difficulté, de promouvoir la réforme grégorienne dans son diocèse et dans toute l’île. Il lutta contre la simonie, contre les investitures laïques, contre l’incontinence des clercs. Il voulut aussi remettre en honneur les saintes lois du mariage.

Les populations étaient trop ancrées dans leurs vieilles habitudes, et Thorlak ne réussit pas à convertir ses diocésains. Mais ceux-ci furent tout de même frappés par la sainteté de vie de leur évêque, par les miracles qu’il opéra aussi.

L’assemblée nationale, l’Althing, qui avait déjà admis le christianisme dans l’île dès l’an 1000, le proclamait saint quelques années à peine après sa mort, qui survint le 23 décembre 1093.

La canonisation officielle, de la part de Rome, ne fut proclamée qu’en 1984, et saint Thorlak fut alors reconnu comme Patron céleste de l’Islande.

 

 

Yves de Chartres

1040-1116

 

Yves naquit vers 1040 aux environs de Beauvais (Oise) d’Hugues d’Auteuil et Hilmenberge, de grands propriétaires.

Après ses études universitaires à Paris, où il apprit les belles-lettres et la philosophie, il se rendit étudier la théolgie à l’abbaye bénédictine du Bec : un de ses condisciples fut Anselme (v. 26 mai), sous la direction de Lanfranc (v. 28 mai), tous deux futurs archevêques de Canterbury.

En 1078, chanoine de Nesles (Picardie), il fut nommé doyen des chanoines réguliers de Beauvais ; Yves y enseigna dans l’église cathédrale. Déjà on venait, de loin, le consulter.

En 1090, il fut choisi pour être évêque de Chartres, en remplacement de l’indigne titulaire, déposé. Le peuple le voulait, le pape avait accepté, ainsi que le roi ; il y eut deux oppositions : Yves, et son métropolitain, l’archevêque de Sens. Yves se rangea à l’autorité papale, mais pas le métropolitain. Ce fut le pape qui sacra Yves.

Le nouvel évêque favorisa la piété et la vie religieuse du diocèse, créant le monastère de chanoines réguliers près de Chartres, soutint la fondation de l’abbaye bénédictine de Tiron, établit des religieuses (de Fontevrault) à Hautes-Bruyères et fonda un hôpital.

Il fut un bon administrateur, économe, mais généreux pour doter sa cathédrale de livres et d’ornements.

Il militait pour la trève de Dieu, et excommunia Gervais Ier de Chaâteauneuf ainsi que son fils Hugues II, qui l’avaient enfreinte.

Mais Yves fut célèbre par son autorité et sa sagesse dans des questions de grand retentissement. On le consultait de partout sur des problèmes canoniques. Les événements suivants vont l’illustrer.

En 1092, le roi se rendit coupable d’adultère. Yves n’assista pas à son remariage et fut pour cela mis aux arrêts pendant plusieurs mois ; c’est l’insistance du pape qui le fit libérer. Le roi fut excommunié en 1094 et de nouveau en 1095. Il fit semblant de promettre sa soumission, en 1096, mais ne tint pas sa promesse. L’excommunication fut confirmée encore en 1100 et les deux «conjoints» ne purent être réconciliés qu’en 1104, promettant de ne plus vivre ensemble.

Pendant la négotiation de cette affaire, Yves s’occupa de composer des collections canoniques, peut-être sur la demande d’Urbain II lui-même. Ainsi furent publiés : la Tripartita, les dix-sept livres du Decretum, résumé dans la Panormia. Dans ces travaux, Yves se montra conciliateur, non pas en mélangeant les concepts opposés entre eux, mais en distinguant plutôt ce qui est d’ordre strictement spirituel, inviolable, et ce qui peut être adapté aux circonstances. Selon lui, un évêque pouvait prêter fidélité au souverain, et recevoir l’anneau de l’Eglise ; c’est cette position qui prévalut peu à peu.

En 1095, il était au concile de Clermont, en présence du pape, qui lançait son appel pour la croisade ; en 1096, à celui de Tours, toujours avec le pape.

En 1100, nouvel épisode d’investiture d’évêque, concernant le siège de Beauvais. Le roi y avait promu un de ses sbires, que le pape désavoua sur l’intervention d’Yves.

Après le règlement de la situation matrimoniale du roi, qu’on a vue plus haut, Yves reçut à Chartres la visite du nouveau pape (Pascal II), à Pâques 1107, mais Yves était désormais malade et ne put assister au concile de Troyes. 

Il intervint encore auprès du roi d’Angleterre, pour le persuader d’accepter les décisions des conciles au sujet des investitures, mais c’est surtout saint Anselme qui ramena le roi à la raison.

A la mort du roi, Yves conseilla à Louis le Gros de se faire sacrer sans tarder, à Orléans, ce qui déplaisait au clergé de Reims, mais Louis suivit le conseil d’Yves et resta en bons termes avec l’Eglise.

En 1111-1112, il intervint encore pour calmer le climat difficile entre l’empereur d’Allemagne et le pape et qui ne fut apaisé qu’au concordat de Worms en 1122.

Yves de Chartres mourut le 23 décembre 1116, et fut l’objet d’une immédiate vénération.

Son culte a été confirmé en 1570.

 

 

Hartmann de Bressanone

1090-1164

 

Hartmann naquit vers 1090 à Polling (Passau, Bavière, Allemagne SE), dans une famille aisée.

Il étudia chez les Augustins de Passau et reçut un canonicat. Il fut ordonné prêtre.

Il contribua fortement au rétablissement de la Règle augustinienne, sur l’invitation de l’évêque de Salzbourg. De doyen du chapitre (1122), il passa à la maison de Chiemsee pour la réformer, puis sur invitation du margrave Leopold, à Klosterneuburg, où il fut doyen. Il se montra champion de la réforme grégorienne.

En 1140, il fut appelé au siège épiscopal de Brixen (auj. Bressanone), un grand diocèse à l’époque, qui faisait de Hartmann un éminent prince-évêque.

Après la pénible période de la Querelle des Investitures, il fallait remonter le diocèse. Hartmann commença par rétablir une certaine discipline dans le chapitre et d’en faire le modèle de son clergé. Célébrant chaque jour la Messe, il s’imposa le cilice, des flagellations, en même temps qu’il nourrissait une profonde vénération pour la Mère de Dieu.

Il fonda la nouvelle communauté augustinienne de Neustift, ainsi qu’un hospice pour les pèlerins pauvres.

Il mourut en odeur de sainteté le 23 décembre 1164.

Peu après on le considérait déjà bienheureux et même saint. Son culte fut confirmé en 1784.

 

 

Nicolás Factor Estaña

1520-1583

 

Nicolás Factor Estaña naquit le 29 juin 1520 près de Valencia (Espagne), de Vicente, un sicilien tailleur de son métier, et Ursula Estaña. Son premier prénom était en réalité Pedro, étant né le jour de la fête de saint Pierre. 

Il semblait être né pour suivre saint François d’Assise. Encore enfant, il se prosterna à la porte de son église paroissiale pour embrasser les pieds d’un lépreux. Il vint collaborer aux soins des malades dans l’hôpital. Il jeûnait chaque semaine.

Le jeune homme, qui n’avait aucune inclination pour quelque métier, entra chez les Franciscains Observants en 1537 et fut ordonné prêtre en 1544.

Il allait être chargé de la prédication pendant presque quarante ans. Mais sa sainteté le fit nommer Gardien (supérieur) de plusieurs couvents : Santo Espíritu, Chelva, Val de Jesús, Murviedro, Bocairent. Et il fut chargé de confesser les Religieuses de la Trinité à Valencia, les Clarisses à Gandía, les Carmélites à Madrid.

Sa prédication était enflammée, il émouvait et obtenait des conversions. 

S’il n’eut pas la permission d’aller verser son sang en pays musulman, il s’efforça de gagner des mahométans à la Vérité : à Segorbe, il leur proposa même l’épreuve du feu, pour leur prouver la vérité de la religion chrétienne.

Maître des novices, il s’humiliait devant eux et leur ordonnait de lui donner la discipline, exigeant un certain nombre de coups. A part cela, il s’imposait trois fois la discipline chaque jour ; il ne prenait que du pain et de l’eau. Il marchait pieds nus, il dormait sur une table, la tête sur une pierre. Avant de célébrer, il prenait un bain complet, mais d’eau froide : son amour de Dieu devait réchauffer l’eau.

Il soulagea les pauvres, leur donnant parfois jusqu’à la tunique ; quand il puisait dans le coffre du couvent pour donner l’aumône, jamais l’argent ne manqua pour les nécessités du couvent.

Nicolás aimait beaucoup la musique, et maniait les pinceaux adroitement.

Dieu le favorisa d’extases ; la Vierge Marie lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras. Un jour qu’il se trouvait devant l’archevêque de Tarragona, on entonna le psaume 112 (Laudate Pueri Domini), et Nicolás se trouva déjà en extase au second verset (Que le nom du Seigneur soit béni) : le prélat demanda alors à un peintre d’en faire immédiatement un tableau.

Nicolás eut de grands amis, tous aussi assoiffés de sainteté, parmi lesquels Pascual Baylón (v. 17 mai), Gaspar de Bono (v. 14 juillet), Juan de Ribera (v. 6 janvier) et surtout Luis Bertrán (v. 9 octobre).

Après la mort de ce dernier (1581), Nicolás voulut trouver plus d’austérité en passant chez les Récollets (réformés) d’Onda ; ce couvent ayant été supprimé, il rejoignit alors les Capucins de Barcelone, où la règle franciscaine stricte était plus conforme à celle des premiers Franciscains. Enfin en 1583, Nicolás regagna le premier couvent de l’Observance, où il avait commencé sa vie religieuse.

Nicolás Factor Estaña mourut le 23 décembre 1583, répétant Jésus, je crois.

Il fut béatifié en 1786.

 

 

Marguerite d’Youville

1701-1771

 

Cette fleur de la terre du Québec est l’aînée de six enfants. Elle naît le 15 octobre 1701 à Varennes (Montréal, Canada).

Son père est Christophe Dufrost de Lajemmerais, qui mourra en 1708. Sa mère est Marie-Renée Gaultier de Varennes. 

Son arrière-grand-père intervient et lui offre deux années d’études chez les Ursulines de Québec. Elle est déjà bien mûre pour son âge.

Elle revient chez sa mère, qu’elle aide de son mieux, et qu’elle accompagne à Montréal, car cette mère va se remarier. Marguerite, de son côté, fait des projets avec Louis-Hector Piot de Langloiserie. Mais cette famille désapprouve le remariage de la mère de Marguerite, qui doit alors rompre ses fiançailles et épouse alors en 1722 François d’Youville. Ils auront six enfants, dont quatre mourront en bas âge : Timothée, Ursule, Marie-Louise et Ignace. Les deux autres sont Joseph-François et Charles-Marie, qui deviendront prêtres.

Le foyer ne connaît pas le bonheur : François est indifférent, s’absente, boit et vend de l’alcool aux Indiens. Marguerite reste fidèle, elle le soigne avec grande tendresse lors de la maladie soudaine qui va l’emporter. Lorsqu’il meurt à trente ans en 1730, elle est enceinte du sixième enfant (qui sera mort-né). Il y a aussi à la maison la belle-mère de Marguerite, au caractère difficile…

La dévotion principale de Marguerite est Dieu le Père, dans sa bonté et sa providence. Marguerite continue vaillamment l’éducation de ses deux garçons, mais elle désire faire du bien autour d’elle, voulant se faire l’écho de la bonté de Dieu pour tous. En 1737, elle recueille chez elle une femme aveugle et, le 31 décembre de la même année, elle se consacre à Dieu pour Le servir dans la personne des plus démunis. Avec trois Compagnes, elle se trouve alors aux débuts des Sœurs de la Charité de Montréal, ou «Sœurs Grises».

Ces premiers pas ne sont pas simples : la bourgeoisie se moque d’elle ; on la calomnie ; elle-même devient malade et une de ses Consœurs décède. Un incendie détruit son logis. Mais elle est courageuse et persévère. Plus que jamais elle veut aider le plus grand nombre de personnes dans le besoin. Avec ses deux autres Compagnes, elle met tout en commun en 1745 et prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon, qui tombe en ruine. Elle devient la «mère des pauvres». Elle multiplie les services en faveur des pauvres et des malheureux, quels qu’ils soient : soldats infirmes, personnes âgées, malades mentaux, incurables, orphelins. Plus tard encore, les épileptiques, les lépreux, tous ceux qui étaient exclus de l’Hôtel-Dieu.

En 1755, l’évêque reconnaît et approuve la règle de l’Institut. De son côté, la Mère d’Youville assume la dette de 49000 livres pour restaurer l’établissement. Ses revenus étaient la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et les marchands.

Pendant la guerre de Sept Ans, il y a tant de soldats britanniques dans l’hôpital que toute une aile est appelée la salle des Anglais. En particulier, un soldat captif des Indiens et destiné à la torture, fut racheté par Mère Marguerite. Elle sauva plusieurs fugitifs, dont un qui plus tard prévint le bombardement de l’hôpital.

En 1765, l’hôpital est ravagé par un incendie, mais la foi et le courage de Marguerite ne sont pas ébranlés : elle invite ses Sœurs et les pauvres à accepter la volonté de Dieu et fait reconstruire l’hôpital. Vers la même époque, Marguerite achète une grande propriété à Châteauguay, qui lui permettra d’assurer l’approvisionnement en nourriture de tous ses pensionnaires ; elle y fait construire aussi un moulin. 

Marguerite aura servi toute sa vie Jésus-Christ en ses pauvres.

Epuisée, Marguerite meurt le 23 décembre 1771, dans une chambre de son hôpital, des suites d’une attaque subie début novembre.

Qui lui succédera sera une orpheline recueillie par elle : Thérèse Lemoine-Despins.

Le mot d’ordre de Mère Marguerite pour ses Sœurs est de maintenir l’union la plus parfaite entre elles. Ainsi les Sœurs Grises de Montréal vont se développer et donner naissance à d’autres communautés, à Saint-Hyacinthe, à Ottawa, à Québec, à Philadelphia et à Pembroke ; récemment aussi au Brésil, en Colombie… Elles entourent d’amour maternel tous ceux qui sont délaissés : orphelins, adolescents inquiets, jeunes filles bafouées, épouses abandonnées, malades…

Marguerite d’Youville a été béatifiée en 1959, canonisée en 1990. Elle est inscrite au Martyrologe à son dies natalis, le 23 décembre.

Le miracle retenu pour la canonisation est la guérison, en 1978 et par l’intercession de Marguerite, d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique.

Au Canada Marguerite d’Youville reste présente : la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Marguerite d’Youville, qui a mandaté le Centre Local de Développement (CLD), également intitulé à Marguerite d’Youville, un organisme à but non lucratif et reconnu par le ministère du Développement, afin de favoriser l’essor économique du territoire par le démarrage, la consolidation et l’expansion d’entreprises ainsi que la création d’emplois. On signalera aussi une Ecole primaire (trois-cents élèves au cœur du Vieux Cap-Rouge), un Refuge faunique (Île Saint-Bernard) où Marguerite avait acquis les terrains de Châteauguay.

Antonio Galvão de França

1739-1822

 

Quatrième de dix (ou onze) enfants d’une famille aisée et pieuse de Guaratingueta (Aparecida, Brésil), Antonio naquit le 10 mai 1739.

Son père, portugais (Antonio Galvão de França), était devenu la première personnalité du village ; membre du Tiers-Ordre franciscain, il était connu pour sa foi et sa générosité. Sa mère, Isabel Leite de Barros, fille d’agriculteurs, de la famille du célèbre Fernão Dias Pais, décéda prématurément en 1755 à trente-huit ans. Généreuse elle aussi, elle avait fait don de tous ses vêtements aux pauvres au moment de sa mort.

Antonio a treize ans quand il entre au séminaire des Jésuites de Belém, où se trouve déjà son frère aîné. Mais à cette époque, une «persécution» se déchaîne contre les Jésuites, et Monsieur Galvão conseille à son fils de frapper chez les Franciscains, au couvent Saint-Bonaventure de Macacu (Itaboraí, Rio de Janeiro).

Antonio a alors vingt-et-un ans. Comme novice il prend le nom de Antonio Galvão de Sainte-Anne, car sa famille était très dévote de sainte Anne. Au noviciat, Antonio est remarqué pour sa piété, son zèle, ses vertus. Il fait la profession solennelle en 1761, et fait en même temps le serment de toujours défendre la doctrine de l’Immaculée Conception, encore controversée à l’époque. Sa dévotion à Marie, en particulier par le chapelet, sera une des marques constantes de sa vie. 

Il est ordonné prêtre en 1762, et on l’envoie à São Paolo pour y achever ses études ; en chemin, il fait un petit détour par son pays natal pour y célébrer la première messe solennelle dans l’église où il avait été baptisé.

A partir de 1768, il exerce le saint ministère, confesse les religieuses et les membres du Tiers-ordre. Il se montre attentif aux difficultés des pauvres, des malades, des esclaves. On l’appellera homme de paix et de charité.

En 1770, invité à l’Académie des Arts, il présente diverses œuvres littéraires qu’il a composées.

Sur indication d’une Religieuse qui aurait reçu un message du Ciel, il fonde un nouveau monastère, Notre-Dame de la Lumière, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, après avoir dûment constaté que ce message était certainement authentique. Le couvent est fondé en 1774.

Il y eut une polémique au sujet de ce couvent. Un Supérieur fut d’avis de le fermer, et Antonio obéit. Mais les Religieuses n’entendaient pas quitter leur couvent, et la population faisait pression, ainsi que l’évêque, pour qu’il fût rouvert. Non seulement il rouvrit, mais on dut l’agrandir. Les travaux y durèrent près de trente ans. C’est maintenant un grand monastère, qui appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un incident faillit tourner à l’expulsion du frère Antonio. En 1780, un soldat est condamné à mort : il a légèrement blessé le fils du Capitaine de São Paolo. Le frère Antonio intervient en faveur du soldat, qui est exécuté ; en plus, le frère reçoit l’ordre de quitter la ville. La foule proteste, au point que pour éviter une révolution, le Capitaine rappelle le Religieux.

De son vivant il eut le don des miracles, de la lévitation, de la bilocation, de la prémonition.

Il mourut le 23 décembre 1822.

Jusqu’à ses funérailles, la foule vint le vénérer ; on tailla tant de morceaux de tissu de sa bure, qu’elle ne lui arrivait plus qu’aux genoux !

Antonio Galvão de Sainte Anne sera béatifié en 1988 et canonisé en 2007. C’est le premier brésilien autochtone béatifié et canonisé.

Un des miracles qu’il fit de son vivant est d’avoir guéri instantanément un malheureux qui souffrait énormément des reins. Il lui fit avaler une petite boulette de papier où il avait écrit ces mots d’une invocation à la Vierge Marie : Post partum, Virgo, inviolata permansisti. Dei genitrix, intercede pro nobis (Après l’enfantement, ô Vierge, tu es demeurée inviolée. Mère de Dieu, intercède pour nous). Encore actuellement, les religieuses distribuent chaque jour jusqu’à trois cents de ces «boulettes».

Le miracle retenu pour la canonisation, fut la naissance d’un petit Enzo, dont la maman ne parvenait pas à mener à terme ses grossesses. Elle prit une de ces «boulettes» et accoucha bientôt de son petit Enzo, qui avait onze ans quand il assista à la canonisation de saint Antonio Galvão.

Saint Antonio Galvão est l’un des patrons des JMJ de 2013, avec le bienheureux Jean-Paul II, Notre-Dame d’Aparecida, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et Saint Sébastien.

 

 

Cho Yun-ho Yosep

1848-1866

 

Yosep (Joseph) était né en 1848 à Sinchang (Chungchŏng-do, Corée). Il ressemblait beaucoup à son père, Cho Hwa-so Peteuro (voir au 13 décembre), et pratiquait fidèlement son christianisme, comme ses parents.

Marié à dix-sept ans, il vivait chez eux avec sa jeune épouse, lorsque la persécution éclata.

Il était de retour chez lui lorsqu’il vit qu’on emmenait son père, lequel lui cria de partir. Mais Josephus se rendit spontanément. Ainsi père et fils s’encouragèrent mutuellement à persévérer dans la foi.

Aux interrogateurs, Yosep répondit que son professeur de catéchisme avait été son grand-père qui, lui-même, n’avait jamais eu chez lui de livres catholiques. On tortura le jeune homme, qui résista aux souffrances et resta fidèle.

Puis on les envoya tous deux à la prison de Chŏnju.

En prison, on tortura encore et encore Josephus, qui défendit courageusement sa foi au Christ.

Le 13 décembre, on emmena le père de Yosep pour l’exécuter. Yosep demanda à être pris avec son père mais on lui répondit que, selon la loi, on ne pouvait exécuter père et fils le même jour au même endroit.

Le gouverneur insista encore auprès de Yosep, lui promettant la restitution de tous ses biens, s’il apostasiait. Yosep ne l’écouta pas même.

Au jour de l’exécution de Yosep, les bourreaux couraient en tirant la charrette en bois attachée au cou du garçon, pour l’éreinter encore plus, après les nombreuses et pénibles tortures qu’il avait déjà subies précédemment.

Parvenu à Sŏch’ongyŏ (Chŏnju), le lieu de l’exécution, le gouverneur revint à la charge avec ses vaines propositions, et bien inutilement.

Yosep mangea son dernier repas, qu’il fit précéder d’un grand et calme signe de croix.

On battit encore Yosep, qui finit par succomber sous les coups. Il avait presque dix-neuf ans.

Ainsi, trois générations avaient reçu la gloire du martyre, mais on n’a pas retenu la date précise concernant le grand-père ; le père de Yosep, comme on l’a vu, mourut le 13 décembre 1866.

Pour Yosep, ce fut le 23 décembre 1866.

Yosep a été béatifié en 1968, et canonisé en 1984, comme son père.

Enrique Cañal Gómez

1869-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 20 mars 1869 à Corias (Cangas del Narcea, Asturies, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il suivit l’école locale tenue par les Dominicains, et entra au noviciat, pour faire la profession en 1885 et les études de philosophie.

En 1889, il alla faire la théologie à Las Caldas de Besaya, où il fut ordonné prêtre en 1891.

En 1896, il fut aumônier des Dominicaines de Santillana del Mar.

Tout en conservant cette dernière charge (jusqu’en 1909), il fut en 1905 directeur et sous-prieur à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria), et prieur durant l’année 1906. Il avait une réelle réputation de sainteté.

En 1909, il fut au collège de Ségovie, en même temps qu’aumônier des Dominicaines, professeur et, à partir de 1910, supérieur de la communauté.

En 1911, autre mission : il fut sous-prieur et maître des Frères coopérateurs à San Pablo de Valladolid ; il fut aussi confesseur des Dominicaines à Porta Cæli, où on ne se gêna pas pour le calomnier honteusement : il n’en fut que plus estimé quand on comprit l’erreur qui le frappait.

De 1915 à 1928, il accomplit un travail extraordinaire au couvent de l’Olivar (Madrid), avant de regagner Las Caldas de Besaya comme directeur spirituel, directeur de l’école, maître des Frères coopérateurs. Il fut tout à tous, mais surtout un modèle unanimement apprécié de vie religieuse.

Lors de la révolution de 1936, il prêcha les exercices spirituels. Le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Epifanio Gómez Álvaro

1874-1936

 

Epifanio naquit à Lerma (Burgos, Espagne) le 7 avril 1874 et reçut le baptême le 9 avril.

Il entre chez les Augustiniens à Valladolid en 1890 et, durant ses études de théologie, est envoyé aux Philippines en 1896 pour y achever sa préparation sacerdotale et se préparer aux missions.

Il est ordonné prêtre à Manille en 1897 ; revenu en Espagne pour se refaire une santé (1899), il part au Brésil où il s’occupe activement de la paroisse et de l’enseignement.

De retour en Espagne, il est à Cádiz puis à Santander.

Quand la révolution éclate en juillet 1936, il se réfugie d’abord chez un particulier, mais il sera découvert et arrêté, puis porté à la tristement célèbre tchéka de Neila (Santander). 

De là, au soir du 22 décembre 1936, on le transporte au phare de Santander, d’où on le lance dans la mer, les mains attachées à la ceinture et une pierre au cou.

Le courant marin transporta son corps jusqu’aux côtes de Vendée, où il fut repêché avec le cadavre de beaucoup d’autres, certains méconnaissables.

Ce saint Religieux avait soixante-deux ans. Il a été béatifié en 2007. On place son dies natalis au 23 décembre.

 

 

Manuel Gutiérrez Ceballos

1876-1936

 

Manuel naquit le 4 février 1876 à Torrelavega (Santander, Espagne) et fut baptisé le 7 suivant.

Très tôt orphelin de père, il fut confié par sa mère aux pères Dominicains de Las Caldas de Besaya, où il fit ses études. Puis il entra au noviciatet de Padrón, professa en 1892 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1899.

Il eut une vie apostolique aussi intense que variée. Après quelques missions à travers l’Espagne, il partit pour le Pérou, de 1913 à 1917, où il espérait travailler parmi les peuplades d’Amazonie. Mais il demeura à Lima et, revenant en Espagne, il fut à Las Caldas de Besaya, transféré en 1923 à l’Olivar de Madrid, puis supérieur à Pamplona en 1924, année où il reçut le titre de prédicateur général.

En 1926, il passa à Atocha (Madrid), en 1927 à Salamanque comme professeur d’éloquence sacrée, en 1932 à Valladolid, en 1933 à Palencia, pour finir de nouveau en 1936 à Las Caldas de Besaya.

Ce Dominicain était un véritable prêcheur, d’une profonde piété : il se confessait avant de monter en chaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Manuel fut béatifié en 2007.

 

 

Eliseo Miguel Largo

1889-1936

 

Eliseo naquit le 28 août 1889 à Lampreana (Zamora, Espagne) et fut baptisé le 31 suivant.

Il fit ses études à Las Caldas de Besaya et entra au noviciat dominicain ; il fit la profession en 1908 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1917. Il y accompagnait l’aumônier des Dominicaines dans ses visites au couvent. C’était un prêtre profond, qui se mortifiait et qui avait le souci de respecter sa Règle.

Il enseigna en divers collèges : Vergara (Guipúzcoa), La Felguera (Asturies) et Las Caldas de Besaya.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Le corps du père Eliseo fut retrouvé un mois plus tard au bord du quai de Somo, de l’autre côté de la baie de Santander.

Le père Eliseo fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique Izquierdo Palacios

1890-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 17 février 1890 à Oviedo (Asturies, Espagne), fut baptisé le surlendemain et confirmé le 3 avril 1893.

Après avoir commencé le séminaire diocésain, il entra au noviciat dominicain de Padrón (La Coruña) et fit la profession en 1906 ; il fit les études de philosophie à Corias.

En 1910, il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1914.

Il fut professeur à Corias et Navelgas (Asturies) puis fut envoyé à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria) comme supérieur et directeur, apprécié de tous.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Rodríguez González

1892-1936

 

Miguel naquit et fut baptisé le 10 juin 1892 à Piñera de Abajo (Asturies, Espagne) et confirmé en 1894.

Il commença l’étude du latin chez son curé et, à douze ans, entra au collège de Umieta (Guipúzcoa), puis passa à l’école apostolique (dominicaine) de Corias. Après la profession en 1909, il fit les études de philosophie.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1916. 

Ceux qui le connurent comme confrère ou professeur, surent en faire l’éloge comme d’un remarquable Religieux, estimé et admiré de tous.

Lui aussi fut nommé en divers postes : Las Caldas de Besaya, Corias, de nouveau Las Caldas en 1922, Vergara (Guipúzcoa) en 1926-1928, Ciaño (Langreo, Asturies), Navelgas en 1930-1931, enfin de retour à Las Caldas où il se trouvait en 1936.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le père Miguel fut béatifié en 2007.

 

 

Bernardino Irurzun Otermín

1903-1936

 

Bernardino naquit le 17 mai 1903 à Eguiarreta (Navarre, Espagne), fut baptisé le 19, veille de la fête du célèbre Bernardin de Sienne, dont il reçut le nom, et fut confirmé en octobre de la même année.

Attiré dès sa jeunesse par la vie religieuse, il entra au couvent de Corias comme frère coopérateur et y commença le noviciat, qu’il acheva à Salamanque, avec la profession en 1931. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un remarquable Religieux, obéissant et humble, excellent jardinier. Tout le temps libre dont il disposait, il le passait devant le Saint Sacrement.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le Frère avait trente-trois ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Bernardino fut béatifié en 2007.

 

Eleuterio Marne Mansilla

1909-1936

 

Eleuterio naquit le 17 février 1909 à Gusendos de los Oteros (León, Espagne), fut baptisé le 20, fête de saint Eleuthère, dont il reçut le nom, et fut confirmé en 1911.

Adolescent, il travailla aux champs.

En 1931, il fut attiré par la vie religieuse et commença le noviciat au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1933. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un excellent Religieux, très dévot de la Sainte Vierge. On lui confia principalement la cuisine.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Eleuterio fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Luis Luis

1915-1936

 

Pedro naquit le 11 septembre 1915 à Monsagro (Salamanca, Espagne), fut baptisé le lendemain, et fut confirmé en 1918.

Orphelin de mère à trois ans, il grandit auprès de sa grand-mère paternelle.

En 1928, il entra à l’école apostolique dominicaine de Las Caldas de Besaya, puis en 1931 passa à Corias. Mais la maladie l’obligea à revenir chez son père, où il travailla au milieu des bêtes du pâturage.

Il fréquenta le proche sanctuaire de Notre-Dame de la Peña de Francia où, en été 1932, les pères Dominicains lui suggérèrent la vie religieuse en tant que Frère coopérateur. Après le noviciat, il fut au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1934. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1935.

C’était un excellent Religieux, qui s’occupa principalement du vestiaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Pedro fut béatifié en 2007.

 

 

José María García Tabar

1918-1936

 

José María naquit le 10 décembre 1918 à Lubier (Navarre, Espagne), fut baptisé le 13 suivant, et fut confirmé en 1922.

Orphelin de père à deux ans, il partit avec sa mère à San Sebastián, où celle-ci trouva quelque petit travail pour élever ses enfants.

En 1925, elle confia son garçon aux Filles de la Charité de Vergara (Guipúzcoa), où José María reçut une excellente éducation. Après la première formation, il entra au collège des Dominicains, puis au séminaire de Saturrarán, mais les études étaient peut-être trop difficiles pour lui.

Très pieux cependant, il revint à Vergara et demanda son admission comme frère coopérateur parmi les Dominicains.

Il fi le noviciat au couvent de Salamanque, avec la profession en 1936. 

Il fut ensuite envoyé au mois de mai à Las Caldas de Besaya.

On lui confia la porterie. Là, il dut ouvrir souvent aux miliciens qui se présentaient, soit pour des enquêtes, soit pour des fouilles, soit aussi pour des arrestations.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le frère José María venait d’avoir dix-huit ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère José María fut béatifié en 2007.

 

 

Karoline Anna Leidenix

1865-1941

 

Karoline était née le 28 novembre 1865 à Enzersdorf (Vienne, Autriche), de Michael et Josefa Benkhofer, et fut baptisée deux jours plus tard.

Elle eut deux petites sœurs, Mathilde et une autre mort-née.

Le papa mourut bientôt, laissant la pauvre veuve dans une situation assez difficile. Les deux petites filles furent accueillies en 1878 par la fondatrice de la Congrégation des Filles de la Divine Charité, Mère Franziska Lechner. Le tribunal accorda une petite aide pécunaire à la maman.

D’élève, Karoline devint novice chez les mêmes Sœurs. Elle prend le nom de Marija Berchmana Johanna, émet les premiers vœux en 1883 et fera les vœux solennels en 1892.

Dès 1883 elle est envoyée en Bosnie. Elle se montrera une maîtresse très habile, très active, et quand les maisons de la Congrégation durent fermer, elle continuera à donner des leçons aux enfants, catholiques, orthodoxes ou musulmans. Elle fera aussi le catéchisme.

Durant la guerre mondiale, elle aidera dans l’hôpital de Višegrad, dont l’administration lui exprimera une reconnaissance officielle et publique pour son activité chrétienne et samaritaine, prête au sacrifice.

En 1931, elle est nommée maîtresse des novices à Sarajevo, où elle laissa un souvenir de réelle sainteté, pour sa prière, son esprit de sacrifice, son dévouement, sa délicatesse. Intelligente et humble, elle ne se vexait pas quand elle comprenait qu’elle avait fait quelque erreur dans la langue croate. 

Sœur Berchmana souffrait d’asthme, et ne se plaignait jamais. Exigeante pour elle, elle voulait que chacune fût aussi exigeante pour soi-même, par amour de la règle et de l’Eglise.

Elle eut l’occasion, durant un séjour à Breške (Tuzla), d’apprendre à lire et à écrire aux petits enfants, non seulement catholiques, mais aussi musulmans, de sorte que le peuple l’avait surnommée «la sœur turque». Revenue à Pale en 1939, à l’âge de soixante-quatorze ans, elle s’occupa alors particulièrement des enfants de familles orthodoxes, et fut surnommée «la mère serbe».

Vers la fin de sa vie, elle disait : Je suis reconnaissante à Dieu pour deux choses, d’abord parce que je suis née et que j’ai grandi dans la foi catholique, et ensuite parce que j’ai été religieuse.

Quand la maison fut assaillie et incendiée le 11 décembre 1941 (voir la notice sur Kata Ivanišević), et que les Religieuses durent marcher dans la neige pendant quatre jours, la pauvre Berchmana n’en pouvait plus. Presque aveugle, elle fut installée sur une luge, mais elle tombait souvent ; aussi fut-elle abandonnée dans une cabane, puis confiée à une famille de Sjetlina.

Elle parlait peu, elle souriait. Quand on lui donnait à manger, elle s’excusait de priver les autres de leur nourriture. Elle resta là une dizaine de jours, puis les soldats vinrent la prendre avec une luge. Le père de famille leur disait de la laisser, car elle ne pouvait pas marcher. Une heure après, l’un d’eux revint, avec autour du cou le rosaire de la Sœur, disant qu’elle le lui avait donné et qu’il le gardait parce qu’il en avait besoin. Puis on leur dit qu’on la conduisait vers les autres Sœurs, à Goražde.

En réalité, Sœur Berchmana fut abattue non loin de Sjetlina, sous le pont de Prača (qui se jette dans la Drina). Plus tard, une certaine Vesna reçut l’habit noir de la Religieuse, avec l’ordre d’en faire un drapeau pour les soldats. On n’a cependant jamais retrouvé la tombe de la Sœur Berchmana, qui fut probablement, elle aussi, jetée dans la rivière.

Sa mort arriva le 23 décembre 1941, et elle fut béatifiée avec ses Consœurs en 2011.

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 00:00

22 DÉCEMBRE

 

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S Ariston, martyr à Porto.

S Honorat, évêque à Toulouse.

III.

SS Cheremon, évêque et martyr à Nilopolis ; il fut le dernier martyr d’Egypte durant cette persécution.

IV.

S Flavien, père de ste Bibiane, martyr à Acquapendente.

VI.

S Amaethlu, patron de Llanfaethlu.

IX.

S Hunger, évêque à Utrecht.

X.

S Amaswinthe, abbé à Silva de Malaga.

XI.

Bse Jutta, recluse et religieuse à Disibodenberg, maîtresse de ste Hildegarde (qui lui succédera et en attestera les miracles).

XX.

Ste Francesca-Saveria Cabrini (1850-1917), dernière de treize enfants, fondatrice à Chicago des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur, vouée aux immigrants italiens aux Etats-Unis (déjà 50.000 à New York) ; elle ouvrit écoles et hôpitaux et, à cause de son succès, subira diffamations et persécutions ; elle est la patronne céleste de tous les émigrants.

 

Cheremon de Nilopolis

† 250

 

Cheremon était le vieil évêque de Nilopolis (ou Delas, non loin de Memphis, Egypte).

L’évêque Denys d’Alexandrie (v. 8 avril) conclut sa chronique de la persécution de Dèce en mentionnant précisément ce Cheremon :

Cheremon était très vieux et évêque de la ville appelée Nilopolis. S’étant enfui dans la montagne d’Arabie avec sa compagne, il n’est pas revenu et jamais les frères bien qu’ils aient beaucoup cherché n’ont pu voir ni eux, ni leurs cadavres.

Beaucoup, dans la même montagne d’Arabie, furent réduits en esclavage par les barbares Sarrasins ; certains ont été rachetés à grand-peine, avec beaucoup d’argent, les autres jusqu’à présent ne le sont pas encore.

De ce témoignage on ne peut tirer que des hypothèses. Cheremon était-il marié ? ou vivait-il avec cette compagne comme frère et sœur ? Mourut-il d’épuisement, de froid, de faim, ou dévoré par les bêtes ?

Une certitude : il est considéré comme Martyr, et beaucoup d’autres moururent dans les mêmes conditions atroces.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Cheremon de Nilopolis au 22 décembre.

Hunger d’Utrecht

† 866

 

Hunger est un évêque mal connu.

A la mort de l’évêque Luidger en 854, le choix de son successeur se porta d’abord sur le chanoine Craft, qui préféra renoncer à cette charge pour ne pas avoir à affronter quelque attaque probable des Vikings. Ainsi fut choisi Hunger. Il était le douzième successeur de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Ses relations avec ces Vikings furent pacifiques au début, mais quand ils se firent menaçants, tout le clergé d’Utrecht suivit l’évêque au Mont Sainte-Odile (Sint Odiliënberg), proche de Roermond.

En 858, Lothaire II y fit construire pour eux un monastère. Mais Hunger s’installa à Prüm, puis à Deventer.

Hunger se préoccupa de rester un homme de Dieu, et quand Lothaire voulut divorcer parce que son épouse était stérile, Hunger lui rappela le caractère sacré du mariage, fondé sur l’Ecriture et la Théologie ;  Lothaire divorça tout de même, mais Hunger avait su se montrer ferme sur la doctrine.

On trouve sa signature aux conciles de Savonnières et Metz (859 et 863) ; il était déjà malade au cours de ce dernier.

Il mourut à Prüm le 22 décembre 866.

Saint Hunger d’Utrecht est commémoré le 22 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jutta de Sponheim

1092-1136

 

Cette vierge était la fille des comtes Stephan et Sophia de Sponheim, et naquit vers 1092.

Stephan mourut trois ans après cette naissance et Sophia s’occupa de l’éducation de ses deux enfants, Jutta et son frère Hugo, qui devint archevêque de Cologne.

Jutta (Judith) eut à douze ans une maladie si grave, que sa guérison apparut comme un miracle, et amena Jutta à promettre de consacrer sa vie à Dieu, de sorte qu’elle refusa toutes les propositions de mariage qu’on lui fit par la suite.

A quatorze ans, contre l’avis de ses proches, elle fit sa consécration dans les mains de l’archevêque de Mayence. D’après une relation ancienne, elle reçut d’abord sa formation spirituelle d’une pieuse veuve qui s’appelait Uda de Göllheim ; avec Jutta se trouvaient aussi sa parente, Hildegard de Bingen, alors âgée de huit ans (voir au 17 septembre) et une autre jeune fille.

A la date probable du 1er novembre 1112, quand elle eut vingt ans, elle se retira non loin de l’église du Disibodenberg, où elle s’occupa de l’instruction des enfants. Hildegarde, qui avait alors quatorze ans, la suivit, et deux autres jeunes filles aussi.

Ce fut là le point de départ d’un couvent de religieuses bénédictines qui, avec celui des Bénédictins de l’endroit, forma un double monastère.

Quand Jutta mourut, en 1136, c’est Hildegarde qui lui succéda comme supérieure de cette communauté. Elle en écrivit alors que Dieu l’arrosa de sa grâce comme d’un ruisseau aux eaux abondantes, de sorte qu’elle n’accorda aucun repos à son corps par ses veilles, ses jeûnes et d’autres bonnes œuvres, jusqu’à ce qu’elle achevât d’une digne fin sa vie terrestre.

Parmi ces «bonnes œuvres» sont rapportées celle du changement de l’eau en vin qu’aurait opéré Jutta, ainsi que celle d’avoir traversé à pieds secs le Glan, la rivière locale.

Son frère Hugo mourut l’année suivante (1137).

On parla d’apparitions au tombeau de Jutta. L’Ordre bénédictin la vénère comme bienheureuse, au 22 décembre, mais elle n’a pas été insérée dans le Martyrologe.

 

 

Francesca Saviera Cabrini

1850-1917

 

Née à Sant’Angelo Lodigiano (Lodi, Lombardie, Italie nord), Maria Francesca était la treizième enfant de Agostino et Stella Oldini, des cultivateurs aisés. Elle naquit le 15 juillet 1850.

A treize ans, elle fit le vœu de virginité. A dix-huit ans, elle passa avec succès son examen de maîtresse d’école. A l’école elle se passionnait pour la géographie, feuilletant avidement les pages de son livre, imaginant qu’elle voyageait dans ces contrées lointaines.

En 1870 moururent ses parents.

Institutrice en 1872, elle voulait être missionnaire en Chine, mais sa santé fragile lui barrait l’accès en congrégation. Or en 1874, le curé de Codogno lui confia l’administration d’un orphelinat qui marchait mal. Francesca essaya de triompher du mal par le bien.

En 1877, elle réunit quelques compagnes et émit les premiers vœux de religion, ajoutant à son nom celui de Saviera (Xavière), confiant sa vie à saint François Xavier, ce jésuite missionnaire qui avait marché jusqu’en Chine au 16e siècle (voir au 3 décembre).

En 1880, l’évêque dut résolument fermer cette maison. Francesca lui parla de son attrait pour les missions. L’évêque lui dit : Je sais que tu veux être missionnaire. Je ne connais pas d’institut de ce genre. Fondes-en un.

Elle réunit donc ses amies et, par obéissance à l’évêque, fonda sa propre Congrégation sous le nom de Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur. Leur but : l’éducation des filles dans les pays catholiques, schismatiques ou païens. Les religieuses devaient appuyer leur travail sur le recueillement auquel étaient consacrées quatre heures quotidiennes. Francesca Saviera se levait une heure plus tôt que les autres, pour prier un peu plus. 

Plusieurs maisons s’ouvrirent en Italie et l’institut fut approuvé en 1888. Francesca était toujours fascinée par la Chine, mais plusieurs prélats, et le pape lui-même, lui parlèrent des Italiens, déjà cinquante-mille, émigrés aux Etats-Unis, dont la misère, matérielle et morale, était inquiétante.

Toujours obéissante, elle arriva à New York en 1889. Il n’y avait encore rien de fait, et l’évêque de New York pensa même la renvoyer en Italie. Francesca lui répondit : Monseigneur, nous sommes venues en Amérique par ordre du Saint-Siège, et nous devons y rester.

Bien vite elle ouvrit un orphelinat ; une maison-mère s’éleva à West-Park ; un hôpital à New York en 1892…

Elle entreprit un long périple qui la porta au Nicaragua, au Brésil, à Buenos Aires (Argentine), où elle ouvrit une école supérieure féminine. Elle reviendra en France, en Angleterre. Elle fera vingt-quatre fois la traversée de l’Océan Atlantique.

En 1907, les constitutions furent approuvées, alors que l’institut comptait déjà plus d’un millier de religieuses dans huit pays. La fondatrice ouvrit elle-même plus de cinquante fondations, dont un hôpital à Chicago, un préventorium en Californie. Peu avant sa mort surgira enfin un hôpital à Seattle, après bien des oppositions.

Francesca Saviera fut naturalisée en 1909, et mourut à Chicago le 22 décembre 1917. Celle qui avait une santé si fragile, s’est retrouvée à la tête d’une immense famille religieuse. Elle avait pris pour devise le mot de saint Paul : Je peux tout en Celui qui me rend fort (Ph 4:13).

En France, elle a créé un orphelinat à Noisy-le-Grand, qui est actuellement un lycée, près duquel a été édifiée une maison de retraite.

La Mère des émigrés, béatifiée en 1938 et canonisée en 1946, est la première sainte des Etats-Unis. Son dies natalis est le 22 décembre.

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 00:00

21 DÉCEMBRE

 

-VIII.

S Michée, prophète à Samarie, un des “Douze petits Prophètes” de l’Ecriture.

III.

S Themistocles, martyr en Lycie ; il chercha à se substituer à quelqu'un qu'on recherchait.

VII.

S Anastase, moine au Sinaï, évêque à Antioche ; persécuté, honteusement mutilé puis jeté au feu par des Juifs.

S Baudacharius, moine à Bobbio ; il multiplia la nourriture pour ses compagnons.

XI.

S Jean Vincent, dont on dit qu'après avoir été évêque à Ravenne, il construisit l'abbaye Saint-Michel à Cluse, sur révélation de l'Archange.

XV.

B Pierre Massaleno, sarde, camaldule à Torcello ; il ne parla que sur permission de son abbé et, souffrant des genoux, ne voulut pas se singulariser en demandant quelque dispense.

XVI.

B Domenico Spadafora, dominicain sicilien, fondateur d'une abbaye à Montecerignone.

Bse María Richenza (Maria Lorenza Longo), veuve espagnole, grande bienfaitrice et abbesse d’un monastère de Clarisses à Naples, béatifiée en 2021.

S Petrus Canisius, jésuite hollandais, zélé défenseur du catholicisme contre le luthéranisme en Allemagne ; il préconisa la communion sous les deux espèces, qui fut permise en Allemagne pendant quelque temps ; son catéchisme connut cinquante-cinq éditions en neuf langues ; le collège qu'il fonda à Fribourg devint Université ; il est Docteur de l'Eglise. 

XIX.

SS Phêrô Truong Van Thi et Anrê Tran Dung (Lac), prêtres annamites, décapités ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

B Peter Friedhofen, orphelin devenu ramoneur ; il aida sa belle-sœur veuve et ses onze enfants ; il fonda les Frères de la Miséricorde de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et mourut de tuberculose à Koblenz, béatifié en 1985.

XX.

B Gabriel Olivares Roda (1888-1936), prêtre franciscain espagnol, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

 

 

Michée prophète

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Michée est l’un des douze Petits Prophètes, dont le livre est assez court en comparaison des quatre Grands Prophètes.

Né à Moresheth, à l’ouest d’Hébron, il est appelé le Morashite. Il aurait été enterré non loin de là, dans cette même tribu de Juda.

Sa prédication prophétique s’est faite autour de 721 avant Jésus-Christ, date de la prise de Samarie. Il a donc connu Osée et Isaïe.

Son Livre annonce la désolation de Sion en punition de ses déviations : les riches accapareurs, les créanciers impitoyables, les commerçants fraudeurs, les familles divisées, les prêtres et les prophètes cupides, les chefs tyranniques, les juges vénaux… Difficile de croire que ces reproches étaient adressés aux seuls habitants d’Israël, sept siècles avant Jésus-Christ.

Michée annonce aussi la doctrine du Reste, d’où renaîtra l’Israël authentique, l’Eglise. Mais c’est surtout à propos de la naissance du Messie à Bethléem, que Michée est retenu dans l’Evangile.

L’évangéliste saint Matthieu raconte comment les Mages d’Orient, arrivés à Jérusalem,  cherchèrent à voir le roi des Juifs qui vient de naître, pensant à juste titre - et bien naïvement aussi - que tout le monde devait savoir où était ce roi… Leur demande circule et arrive à Hérode, qui convoqua alors les grands prêtres et les scribes pour leur demander où devait naître le Christ. Et eux de répondre sans ambages : A Bethléem, et de citer l’exacte prophétie de Michée :

Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël (Mt 2).

Or, la prophétie de Michée est celle-ci :

Mais toi, Bethléem Ephrata, pour être le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël ; ses origines remontent au temps jadis, aux jours antiques. C’est pourquoi Yahvé les abandonnera jusqu’au temps où aura enfanté celle qui doit enfanter. Alors le reste de ses frères reviendra aux enfants d’Israël. Il se dressera, il fera paître son troupeau par la puissance de Yahvé, par la majesté du nom de son Dieu. Ils s’établiront, car il étendra désormais son pouvoir jusqu’aux extrémités du pays. Lui-même, il sera paix ! (Mi 5:1-4).

On peut rester stupéfait de constater que ces prêtres étaient parfaitement informés de la naissance du Christ, grâce à une exégèse tout-à-fait juste de cette ancienne prophétie, transmise de génération en génération depuis cinq siècles. Malgré cette science, ils refusèrent le message de ce Chef.

Le saint prophète Michée fut longtemps commémoré le 15 janvier, en même temps que l’autre prophète Habacuc car, disait l’ancienne édition du Martyrologe, sous Théodose l’Ancien, leurs corps furent retrouvés par suite d’une révélation divine, apparemment en 385. On ne spécifie pas davantage les circonstances de cette révélation.

Tandis que les Grecs commémorent Michée le 21 avril, le Martyrologe Romain l’a placé désormais au 21 décembre, peu de jours avant la fête de Noël.

 

 

Themistocles de Myre

† 251

 

Il n’y a pas que s.Nicolas qui illustra la ville de Myre (Lycie, actuelle Turquie d’Asie SW).

Themistocles était un simple berger des environs de Myre.

Le gouverneur Asclépios envoya des hommes à la recherche d’un certain Dioscoride, chrétien notoire de la ville. Les soldats passèrent près du troupeau de Themistocles et lui demandèrent s’il ne l’avait pas vu passer. Or Dioscoride venait de trouver refuge dans la cabane de Themistocles.

Ce dernier demanda tout simplement aux soldats d’épargner la vie du «fugitif», mais les soldats menacèrent de l’emmener, lui, à la place de Dioscoride, s’il ne le leur livrait pas. Themistocles se laissa arrêter. On remarquera au passage que les soldats ne se permettaient pas de forcer la porte de la cabane du berger.

Conduit devant Asclepios, Themistocles refusa d’indiquer la cachette de Dioscoride, et ajouta une petite prédication de son cru, rappelant que les dieux païens avaient des mœurs tout-à-fait honteuses et condamnables.

Le gouverneur le fit flageller sur le ventre jusqu’à ce que ses entrailles fussent mises à nu, puis le fit suspendre à un poteau pour qu’il fût déchiré par des peignes de fer - de ceux qu’on utilise pour carder la laine -, finalement il fut traîné dans les épines, où il expira bientôt.

Ce devait être en 251.

Sur la tombe de Themistocles, son bâton de berger prit racine et donna un merveilleux amandier.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Themistocles de Myre au 21 décembre.

Domenico Spadafora

1450-1521

 

La noble famille de Domenico avait séjourné à Constantinople et à Venise. Lui-même naquit en 1450 à Randazzo (Catane, Sicile), deuxième fils du baron de Maletto.

La noblesse humaine ne l’intéressant pas, il étudia d’abord chez les Dominicains de Palerme, y devint novice  et fut ordonné prêtre.

Il poursuivit ses études à Pérouse, Padoue et Venise. En 1478, il y fut reçu docteur en théologie.

Revenu en Sicile, il enseigna la théologie et fut au couvent de Messine.

Bientôt, le Général de l’Ordre l’appela auprès de lui à Rome.

Et voilà que, sur la demande des fidèles, l’évêque de Monte Feltro demanda aux Dominicains d’assumer un petit sanctuaire marial à Monte Cerignone. Domenico fut choisi pour acquérir le terrain nécessaire en vue de la construction d’un couvent et d’une église (1498).

Domenico en sera nommé supérieur, et le sera jusqu’à la mort.

On ne recensa pas moins de dix-huit guérisons de malades incurables, qu’il opéra de son vivant.

Le 21 décembre 1521, après avoir célébré la Messe, il convoqua tous les frères du couvent et leur demanda pardon pour ses fautes. Puis il se retira dans sa cellule et mourut.

Plus tard, quand on voulut replacer son corps avec plus d’honneurs, on le retrouva incorrompu et exhalant un agréable parfum.

Le culte envers Domenico Spadafora fut confirmé en 1921.

 

 

María Richenza

1463-1542

 

María Richenza naquit en 1463, probablement à Lerida (ou Lleida, Catalogne, Espagne NE), dans une noble famille.

Comme cela arrivait, elle fut donnée encore jeune en mariage à un illustre juriste, nommé Juan Llonc, qui allait être régent du Conseil royal d’Aragon. Le couple eut trois enfants.

Une grosse épreuve frappa bientôt María : lors d’une fête, elle dut faire une observation à un domestique, lequel, vexé, versa un poison dans le verre de María ; elle ne perdit pas la vie, mais resta complètement paralysée. Il fallait la transporter sur une civière.

En 1506, toute la famille accompagna à Naples le roi Fernando le Catholique, mais Juan dut bientôt repartir en Espagne, où il mourut en 1509.

María ne se découragea pas ; en 1510, elle se fit transporter au sanctuaire de Notre-Dame-de-Lorette, où elle recouvra toute sa mobilité, à la fin de la messe. Désormais elle se ferait appeler Maria Lorenza, à l’italienne, en italianisant aussi le nom de son mari en Longo. Maria prit alors l’habit du Tiers-Ordre franciscain et, de retour à Naples, se donna entièrement au service des malades et des pauvres.

En 1518, elle participa à l’érection de l’hôpital des incurables, où elle habita et assuma toute l’assistance sanitaire des malades.

Maria avait l’occasion de rencontrer des personnalités et son influence s’étendait largement. Elle forma ainsi un groupe de jeunes filles dans l’esprit du Tiers-Ordre franciscain ; à partir de 1529, les Capucins en furent les directeurs spirituels.

En 1535, grâce à l’influence de s.Gaetano de Thiene (v. 7 août), cette petite famille obtint l’approbation canonique comme Sœurs Franciscaines du Tiers-Ordre, adoptant résolument une orientation contemplative.

Cette même année 1535, Maria fut reprise par son infirmité antérieure, la paralysie. Elle confia la direction de l’hôpital à Maria Ayerbe et s’enferma dans une petite chambre du couvent proche. Il y avait là vingt jeunes aspirantes qui, le 8 septembre, firent leur profession en même temps que Maria et assumèrent la règle rigoureuse des Clarisses. En 1538, le pape confirmait cette institution, en limitant le nombre des religieuses à trente-trois, d’où l’appellation de Monastère des Trente-Trois qui fut donnée au couvent.

Maria adopta également l’esprit de réforme que sainte Colette (v. 6 mars) avait apporté aux Clarisses. Son corps était paralysé, mais pas son esprit : abbesse, elle continuait à diriger les religieuses.

Sentant approcher l’appel de l’Eternité, Maria Lorenza renonça à sa charge ; elle s’éteignit à ce monde le 21 décembre 1542.

María Lorenza Longo sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 21 décembre.

 

 

Petrus Canisius

1521-1597

 

Petrus naquit à Nimègue. Son vrai nom est Pieter Kanijs (qu’on écrit aussi Kanîs). Il naquit le 8 mai 1521. Jacob, son père, est (sans jeu de mot) le maire de Nimègue (Pays-Bas), alors dans le diocèse de Cologne. Ægidia van Houweningen, sa mère, mourut peu après la naissance de Petrus.

Mystérieusement, Petrus fut inspiré dès l’enfance à porter un cilice.

En 1536, il part à Cologne pour étudier les arts, le droit, la théologie. Après un court séjour à Louvain (1539), il est reçu Maître ès Arts à Cologne.

Son conseiller spirituel, Nicolaus van Esch, lui fait connaître plusieurs personnalités du monde catholique. En 1540, contre les désirs de son père qui lui proposait un mariage avec une riche jeune fille, Peter fait le vœu de chasteté.

Il est un des huit premiers membres du tout récent Ordre des Jésuites, et le premier Allemand à en faire partie. Il y entre le jour de ses vingt-deux ans, le 8 mai 1543, en faisant ses vœux à Mayence. Il fonde avec ses compagnons la première maison allemande de Jésuites à Cologne ; il va prêcher, en ville et dans les environs ; il participe à des débats et enseigne à l’université.

Ordonné prêtre en 1546, il publie alors les œuvres de saint Cyrille d’Alexandrie et de saint Léon le Grand ; puis il est appelé à Liège pour contrer les doctrines néfastes de l’archevêque apostat. En 1547, l’évêque de Augsburg l’appelle à participer au Concile de Trente, où il intervient par deux fois. C’est à ce moment-là que Pieter commençe à latiniser son nom en Petrus Canisius. 

Au concile, on était partagé sur le fait de donner l’Eucharistie sous les deux formes du Pain et du Vin. Petrus fut d’abord d’avis de le permettre pour les Chrétiens de Bohême et pour certains Catholiques dont il fallait consolider la foi ; mais plus tard il pensa que ce rite aurait plutôt divisé les Catholiques.

En 1548, il enseigne la rhétorique à Messine (Sicile), prêchant en italien et en latin.

A la demande du duc de Bavière, et avec l’approbation du pape, il est recteur et professeur de théologie à Ingolstadt (Munich) ; en chemin, il est reçu Docteur en théologie à l’université de Bologne ; puis il va être un des premiers Jésuites à être dirigés sur Vienne, pour organiser la Contre-réforme. Petrus connaîtra désormais une activité inlassable, sans borne, qui lui vaudra aussi des attaques : son nom lui vaudra le sobriquet de chien (en latin canis). On publiait des faux sous son nom.

A la cour, il contrera les positions d’un célèbre prêtre (Phauser), qui était passé au luthéranisme et s’était marié. Phauser dut démissionner et en gardera toujours de la rancœur contre Peter. Trois fois le roi proposera Petrus pour la charge épiscopale de Vienne, qu’il refusera toujours. 

En 1555 il publie son catéchisme ou Somme de la doctrine chrétienne, en réponse aux positions de Luther, et qui comptera deux-cents rééditions. L’évêque de Augsburg l’introduira dans toutes les écoles de son diocèse à partir de 1591.

Il prêchera en 1556 dans une cathédrale de Prague archi-comble. Petrus prit part à plusieurs discussions publiques à Worms et contre Melanchton : partout les Protestants, qui n’avaient pas de doctrine commune entre eux, devaient céder à la parole convaincante de Petrus.

Puis il fut à Strasbourg, où il prêcha, expliqua le catéchisme aux enfants, entendit leur confession, et confirma les habitants dans leur foi catholique. Appelé en Bavière, Petrus prêcha jusqu’à quatre fois par jour pour ramener les populations à la foi catholique.

Le pape l’envoya alors à Cracovie (Pologne), où il s’adressa au clergé et aux membres de l’université. En 1559 (l’année où il ouvre un collège à Munich), il est envoyé à la diète de Augsbourg, où il prêchera jusqu’en 1566 sur la demande du chapitre.

Petrus traite tous les thèmes de la religion : le Décalogue, la Messe, les prophéties, l’évangile du jour, la Justification, la Liberté chrétienne, l’interprétation des Ecritures, les Saints, les cérémonies de l’Eglise, les vœux religieux, les indulgences, l’obéissance aux autorités de l’Eglise, la confession, la communion, le jeûne, l’aumône. Mais il ne s’adresse pas qu’à la foule : il censure les fautes du clergé, quand celles-ci sont trop évidentes.

Il y a tant de monde qui vient l’écouter et se confesser à lui, qu’une partie clergé en prend ombrage ; on finit par un accord : Petrus se serait «contenté» de prêcher, laissant aux prêtres de la cathédrale l’administration des sacrements.

Durant cette période, Petrus voyage encore : en 1562 il ouvre le collège d’Innsbruck et devient le confesseur de la fille du roi, Magdalena. En 1563, il prêche en Souabe ; en 1564 il envoie des missionnaires en Bavière, fonde un collège à Dillingen. En 1565 il est à Rome pour le deuxième chapitre général de l’Ordre jésuite. Le pape le charge de répandre en Allemagne les décrets du Concile de Trente et de convaincre les autorités civiles de défendre l’Eglise catholique. Petrus rencontra beaucoup de princes et d’évêques, mais finit par renoncer à cette mission, constatant qu’elle suscitait des jalousies et aussi des suspicions d’espionnage ou d’interférence politique… A Wiesensteig il ramène la cour de Helfenstein au catholicisme. 

En 1567 Petrus enseigne à la cathédrale de Würzburg, va à Dillingen, Mayence, Speyer, Ingoslstadt, Innsbruck où s’ouvrira un collège en 1569. 

C’est à Dillingen qu’il recevra dans l’Ordre des Jésuites le jeune Stanislaus Kostka (voir au 15 août).

Le travail et la patience de Petrus ne s’arrêtaient pas. Toujours en voyage, toujours prêchant, toujours priant, toujours écrivant, il ramena et confirma dans le Catholicisme beaucoup d’âmes ébranlées par les doctrines luthériennes.

C’est encore Petrus qui fondera à Fribourg en Suisse le Collège Saint-Michel (1580), qui deviendra la célèbre université que l’on connaît (il sera momentanément fermé quand les Jésuites furent expulsés de Suisse). Fribourg n’avait pas été épargnée par les fausses doctrines, et c’est grâce à la prédication de Petrus que Fribourg resta ensuite un solide bastion de l’Eglise catholique. De là, Petrus alla aussi à Augsbourg, à Lucerne, où il alla vénérer la Vierge de Einsiedeln ; c’est là, d’après Petrus lui-même, que saint Nicolas de Flüe lui aurait demandé de ne jamais quitter Fribourg (sur saint Niklaus de Flüe, voir au 21 mars).

Il y resta. Il obtint du pape une permission pour ériger à Fribourg une maison d’impression, en même temps qu’il rencontrait les principaux éditeurs d’Anvers, Cologne, Dillingen, pour diffuser la doctrine catholique.

Petrus Canisius sut par sa charité et sa douceur, regagner au catholicisme beaucoup de régions de l’Europe centrale ; on l’a appelé le marteau des hérétiques, non pas pour la dureté de sa parole, qui était toujours patiente et respectueuse, mais pour le résultat obtenu.

Frappé d’hydropisie compliquée de catarrhe, épuisé de travaux, Petrus mourut le 21 décembre 1597. Son infirmier attesta qu’il passa cette dernière année dans la prière, le recueillement, parlant peu, écoutant. Il dut cesser de célébrer, avec tristesse, quelques jours avant sa mort. Il ne demandait rien, il ne se plaignait pas.

Petrus Canisius fut béatifié en 1864, canonisé en 1925, en même temps qu’il fut proclamé Docteur de l’Eglise. Pour le troisième centenaire de sa mort (1897), il fut appelé deuxième apôtre d’Allemagne, après saint Boniface (voir au 5 juin).

Depuis, il a été pris comme Patron du nouveau diocèse de Innsbruck (1964).

Si le dies natalis de saint Petrus Canisius reste au 21 décembre, il est localement fêté le 27 avril dans la zone germanique.

Phêrô Trưong Vǎn Thi

1763-1839

 

Pierre était né vers 1763 à K S (Hanoi, Vietnam).

A onze ans il se signala tellement par ses vertus et son zèle, qu’il fut bientôt nommé catéchiste.

Plus tard, la vocation sacerdotale s’épanouit en son cœur et il entra au séminaire. Il fut ordonné prêtre en 1806, à quarante-trois ans.

Pendant vingt-sept ans il exerça le ministère sacerdotal dans la province de Phú Thǫ, puis fut nommé curé à K Sông en 1833.

Les fidèles savaient qu’il n’avait pas une bonne santé, mais il jeûnait tout de même le vendredi. Il priait beaucoup, célébrait la messe chaque jour avec beaucoup de recueillement et mangeait très frugalement. Mgr Jeantet admirait en lui sa piété profonde, sa douceur et sa sagesse.

Lors de la persécution, il continua son activité mais discrètement, lorsqu’il fut arrêté le 10 octobre 1839.

On tenta de réunir la somme nécessaire pour le racheter, mais il fut conduit à Bình Lc, où il retrouva un autre prêtre célèbre au Vietnam, André Dũng Lc. En route, le père Phêrô, qui avait soixante-seize ans, n’avait plus la force de marcher et tomba, comme le Christ sous le poids de sa croix. Il donna à un soldat ses propres chaussures.

En prison, le père Phêrô jeûna encore plus, et reçut même le conseil de Mgr Jeantet de modérer ces mortifications.

Les interrogatoires ayant été inutiles pour tenter de faire apostasier les deux prêtres, ils furent condamnés à décapitation.

Le martyre advint à Ô Cu Giy, le 21 décembre 1839.

Phêrô Trưong Vǎn Thi fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Anrê Trn An Dũng Lc

1795-1839

 

André était né en 1795 à K S (Bc Ninh, Vietnam) dans une famille pauvre, déjà catholique.

Petit, il se faisait remarquer par son talent poétique et sa grande mémoire : il retenait déjà un texte par cœur après l’avoir lu deux fois.

A douze ans il reçut le baptême, et le nom de l’apôtre André.

Il fit des études au séminaire et fut ordonné prêtre en 1823.

D’abord vicaire à plusieurs paroisses, il fut ensuite nommé curé à K Ɖầm.

La persécution éclata dès 1833. En 1835 Anrê dut se cacher à K Roi.

Il fut plusieurs fois arrêté. La première fois, on ne savait pas qu’il était prêtre et il put être libéré contre rançon. C’est à ce moment qu’il changea de nom et porta celui de Lc.

Une deuxième fois, il put encore être racheté contre une forte rançon.

Libéré, il alla se confesser au père Phêrô Trưong Văn Thi ; au retour, il fut arrêté une troisième fois le 10 novembre 1839, alors qu’il cherchait à partir à bord d’une barque.

Les deux prêtres furent mis en détention à la prison de Bình Lc, d’abord traités avec assez d’égards, à cause des sentiments bienveillants du chef local, mais ils furent ensuite conduits à Hà Ni pour y être interrogés.

Les interrogatoires ayant été inutiles pour tenter de faire apostasier les deux prêtres, ils furent condamnés à décapitation. Au terme d’un de ces interrogatoires, le juge fit indirectement un éloge marqué de ces deux Confesseurs, disant qu’ Ils sont attachés à leur religion jusqu’à la folie !

En attendant la confirmation royale de la sentence, le père Anrê conquis l’amitié des gardiens, de sorte que les deux prisonniers purent recevoir des visites d’amis et de fidèles qui leur apportaient de la nourriture ; ils partageaient tout cela avec les gardiens, se réservant juste le strict nécessaire pour survivre. Ils ne prenaient de viande que le dimanche, le mardi et le jeudi.

Chaque jour, dès le petit matin, ils priaient à genoux longuement.

La confirmation de la sentence arriva en décembre. La veille de sa mort, Anrê envoya encore un poème à l’évêque, dans lequel il lui donne rendez-vous au Ciel.

Sur le chemin vers le lieu de l’exécution, Anrê priait, les mains jointes, et chantait des psaumes en latin.

Peu avant l’exécution, les bourreaux lui demandèrent pardon de devoir le décapiter. Anrê leur pardonna, pria encore un instant et inclina la tête pour recevoir le coup de sabre.

Le martyre advint à Ô Cu Giy (Sơn Tây, Hà Ni), le 21 décembre 1839.

Anrê Trn An Dũng Lc fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Peter Friedhofen

1819-1860

 

Peter était le sixième enfant d’une famille qui allait connaître une grande misère. Son papa meurt quand il n’a qu’un an et demi, et sa mère meurt à son tour quand il a neuf ans.

Il naquit à Weitersburg (Coblence, Allemagne O). Après l’école primaire, il apprit chez son frère aîné, Jakob, le métier de ramoneur, fut ramoneur ambulant pendant trois ans puis exerça son activité à Ahrweiler, enfin à Vallendar.

A la mort de Jakob, Peter s’occupa de sa veuve et de ses onze enfants, mais il se rendit compte que ni sa santé (un début de tuberculose) ni ses moyens ne pouvaient faire face à ces exigences croissantes.

Dès ses jeunes années, Peter se sentait poussé vers l’apostolat. En plusieurs paroisses il avait fondé de petites fraternités auxquelles il avait donné une règle, et que l’évêque de Trier avait approuvées.

Plus tard, dans ses déplacements comme Compagnon et comme Maître, il rencontra beaucoup de misère et de solitude, surtout parmi les malades. La compassion pour les malheureux, les malades et les gens dans le besoin le touchaient de plus en plus. Il finit par se consacrer totalement à Dieu et à rassembler autour de lui des Frères de la Miséricorde, des hommes qui partageaient ses sentiments. Et pour approfondir cette vocation, il voulut passer quelques mois dans un monastère.

L’évêque pensa fonder ces Frères de la Miséricorde dans son diocèse, pour soigner les malades. Il orienta Peter vers les Frères de Saint-Alexis, qui se trouvaient déjà à Aix-la-Chapelle, Cologne ou Neuss, mais Peter ne se sentait pas la force de faire revivre un Ordre ancien. Il voulait du neuf.

Il apprit alors ce que signifie fonder un Ordre. L’entreprise de construire une maison, coûteuse, difficile, échoua. Il reprit courage au contact d’une autre fondatrice, Katharina Kasper (voir au 2 février). Il exposa son projet à l’évêque, qui l’approuva et qui encouragea Peter à reprendre la construction, et aussi à apprendre les soins à donner aux malades. Peter alla commencer son noviciat à Aix-la-Chapelle, avec son ami Karl Marchand.

Il y apprit, écrit-il lui-même, comment soigner les malades et les mourants, comment faire les lits, reconnaître les signes des maladies et de la mort prochaine, aider les malades à manger et à boire, soigner les plaies, raccommoder les épaules, les fractures de bras et de jambes, les laver, etc.

En novembre 1850, il revient à Weitersburg, prêt à se mettre au travail. Mais l’endroit ne se prêtait pas à l’installation d’une telle œuvre de charité. Il alla s’installer avec ses Confrères à Coblence, où il fut aidé et recommandé par un jeune curé et par des médecins. Il trouva une maison adaptée à son projet. Les Frères de la Miséricorde pouvaient s’y retrouver ensemble après avoir soigné les malades en ville.

En 1851, Peter reçut l’habit, avec deux Compagnons. L’œuvre grandit vite. Elle fut reconnue pas la Princesse de Prusse (future impératrice Augusta).

En 1852, il fit les vœux perpétuels de religion. Il écrivit tout simplement : Que de larmes j’ai versées, quand je me suis retrouvé presque seul. Mais le Bon Dieu et ma chère Marie, Mère de Dieu, m’ont aidé et m’ont porté à la victoire.

A partir de 1853, les Frères s’installèrent aussi à Trèves, puis à l’étranger. Peter ne pouvait assumer tout ce travail, car la tuberculose l’envahissait. Il recommandait surtout à ses Frères l’esprit de pauvreté.

Après une longue agonie de six semaines, celui qu’on appelait partout le bon samaritain mourut le 21 décembre 1860, à quarante-et-un ans.

Il a été béatifié en 1985.

Les Frères de la Miséricorde de Marie-Auxiliatrice se trouvent actuellement, outre qu’en Europe, aussi en Amérique latine et en Asie. Ils tiennent des hôpitaux, des maisons de retraite, des centres de rééducation.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 15:43

Francisco Salamanca Bujalance

1875-1939

 

Francisco Salamanca Bujalance naquit le 8 décembre 1875 à Baena (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 12 janvier 1939 à Villanueva de Córdoba.

Francisco Salamanca Bujalance sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 12 janvier.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 15:34

Francisco Bejanaro Fernández

1877-1938

 

Francisco Bejanaro Fernández naquit le 1er juin 1877 à Añora (Cordoue, Espagne S).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 26 février 1938 à Daimiel (Ciudad Real).

Francisco Bejanaro Fernández sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 26 février.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 14:02

Juan Muñoz Mediavilla

1868-1936

 

Juan Muñoz Mediavilla naquit à Cabeza del Buey (Badajoz, Espagne O) le 2 décembre 1868, et reçut probablement le baptême le 4 décembre, jour de la fête de s.Jean Damascène, dont il porta le nom.

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 29 novembre 1936 à Cabeza del Buey.

Juan Muñoz Mediavilla sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 29 novembre.

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