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24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 23:00

25 MAI

 

III.

S Canio, évêque et martyr à Atella.

S Urbain, évêque romain, qu’on confond avec le pape du même nom (cf.19 mai).

IV.

S Dionysios, évêque à Milan, adversaire et victime des ariens, exilé en Cappadoce.

Ss Mauxe et Vénérand, martyrs décapités près de Acquigny, où on les invoque pour obtenir la pluie.

V.

S Zenobius, évêque à Florence.

VI.

S Lyé, abbé à Mentenay : son prédécesseur avait fondé cette abbaye et succéda à s. Remi à Reims.

VIII.

S Aldhelm, abbé à Malmesbury, premier évêque à Sherborne ; il lisait la Bible en hébreux, parlait grec, écrivait prose et vers en latin.

S Bede le Vénérable, bénédictin clunisien à Jarrow, auteur d'une "Histoire des Anglais", encyclopédie de quarante-cinq volumes qui lui valut le titre de Père de l'histoire anglaise.

X.

S Genadio, évêque à Astorga, où il fonda ou fit revivre quarante-huit monastères.

S Grégoire VII, pape (1073-1085), bénédictin, réformateur de l'Eglise et illustre dans la "querelle des investitures" (cf. l’épisode de Canossa avec l’empereur Henri IV).

XIII.

B Gerardo Mecatti de Villamagna, croisé prisonnier des Turcs ; il fut servant à l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis reçut en Italie l’habit du tiers-ordre franciscain.

S Gérard de Lunel, saint homme parti de l’Hérault avec son frère pour la Terre Sainte, mais mort en route, et enterré à Montesanto.

XV.

S Andrea Giacomo-Filippo Bertoni, épileptique dans sa jeunesse, prieur des Servites à Faenza.

XVII.

Ste Catarina (Maria Maddalena) de' Pazzi, carmélite déchaussée à Florence, mystique, qui ne perdit jamais la joie dans ses dures épreuves spirituelles.

XIX.

S Phêrô Ɖoàn Văn Vân, catéchiste vietnamien, martyrisé à presque quatre-vingts ans, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ste Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de l’Institut des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus (une de leurs maisons est à Poitiers, où vécut Sœur Josefa Menéndez).

S Denis Ssebuggwawo Wasswa, seize ans, un des jeunes martyrs de l’Ouganda, fêté le 3 juin.

XX.

Ss Cristóbal Magallanes Jara (*1869) et Agustín Caloca Cortés (*1898), prêtres mexicains martyrs (fusillés en 1927), béatifiés en 1992, canonisés en 2000 et fêtés avec leurs Compagnons le 21 mai.

B Mykola Tsehel’s’kyi (1896-1951), prêtre ukrainien, père de quatre enfants, mort en camp à Javas, martyr béatifié en 2001.

Canio d’Atella

† 292 ou 430

 

Il y a deux sources anciennes concernant Canio. Elles diffèrent en des points de détail, mais concordent sur l’essentiel.

L’essentiel est que Canio était un évêque d’Afrique, arrêté au moment de la persécution, torturé de mille façons puis abandonné sur une barque sans voile qui arriva cependant sur les côtes de Campanie. De là, Canio rejoignit Atella où il prêcha, et où aussi des ennemis le mirent à mort.

Les détails divergents sont les suivants : 

La persécution était celle de Dioclétien (292) ou celle du roi arien Genséric (années 430).

Dans le premier cas, Canio fut flagellé avec des fouets garnis de plombs, brûlé avec des torches enflammées, jeté en prison déjà mourant. Le lendemain, il fut suspendu et encore fouetté jusqu’à perdre tout son sang, mais Canio continuait à proclamer la Foi et à instruire le peuple ; beaucoup de païens se convertirent, et furent immédiatement décapités. Canio fut écartelé sur le chevalet, encore fouetté avec ce raffinement qu’on lui fit couler du plomb fondu sur ses plaies. Il devait être décapité, mais un terrible ouragan se déchaîna, mettant en fuite les bourreaux. C’est alors que le préfet romain fit monter Canio sur un bateau sans rame ni voile, qui cependant accosta rapidement en Campanie.

Dans le deuxième cas, Genséric fait monter douze évêques africains - avec beaucoup d’autres fidèles chrétiens - sur un bateau sans rame ni voile, qui accoste en Campanie, où les douze évêques se séparent et vont évangéliser les populations. Canio se fixe à Atella.

Les deux versions se rejoignent ici, affirmant que les ennemis du Christ voulurent lapider Canio. Le premier texte complète le fait avec ces détails surprenants : poursuivi, Canio se cache sous un buisson que les araignées couvrent immédiatement avec leur toile, et où Canio, exténué, rend son âme à Dieu. Un oiseau veille sur son corps, on voit l’âme de Canio s’envoler vers le ciel ; plus tard une source jaillit du tombeau.

Beaucoup de miracles furent attribués à Canio : un malade victime d’une grave angine, un aveugle, un possédé, furent guéris. 

Atella se trouve en région Basilicate, province de Potenza, Italie S.

Saint Canio d’Atella est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dionysius de Milan

† 361

 

Dionysius fut le onzième évêque de Milan, de 350 à 355.

Durant ces quelques années, il souffrit beaucoup pour la défense de la foi du concile de Nicée (325).

Lors du concile de Milan (355), pensant agir au profit de la paix intérieure de l’Eglise, il eut la faiblesse de signer la condamnation du grand évêque Athanase, soi-disant accusé de crime de lèse-majesté contre l’empereur. Mais il signait à la condition que tous les évêques ariens recevraient la foi de Nicée, ce à quoi tous s’engagèrent. 

Ce n’était qu’une manœuvre. Dionysius comprit trop tard son erreur ; mais comment la réparer ? Eusèbe de Verceil (v. 1er août) vola à son secours. Il fit remarquer qu’il ne pouvait signer après Dionysius, puisque Dionysius était son élève ; les ariens acceptèrent de corriger les tablettes et rayèrent la signature de Dionysius. Mais Eusèbe alors refusa catégoriquement de signer, Dionysios également.

Rien ne fit plus changer d’avis Dionysius.

Les trois évêques Eusèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari (v. 20 mai) et Dionysios furent exilés. Dionysios fut envoyé en Cappadoce, surveillé par des évêques ariens. Il était chargé de chaînes, sans cesse déplacé de plus en plus loin, mais toujours salué par les populations ; il reçut même une lettre d’encouragements du pape Libère.

Il fallait un remplaçant à Dionysius : l’empereur y installa un oriental, qui ne comprenait pas le latin…

Dionysius mourut en 361 ; son corps repose aujourd’hui dans la cathédrale de Milan.

Saint Dionysius de Milan est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zenobius de Florence

† 425

 

Zenobius (devenu Zanobi en italien) était né vers le milieu du 4e siècle à Florence.

Tôt baptisé, il reçut une formation chrétienne et fut vite admis dans le clergé.

En 394, s.Ambroise (v. 7 décembre) s’arrêta à Florence où il remarqua Zenobius et le prit comme compagnon pour aller trouver le pape Damase (v. 11 décembre) à Rome.

C’est ce même pape qui aurait alors ordonné diacre Zenobius et même lui aurait confié une mission à la cour de Constantinople.

De retour à Florence, il fut unanimement préconisé pour devenir le deuxième évêque de la ville (ou le sixième, si l’on considère les quatre premiers évêques «légendaires»).

Vers 405, Zenobius organisa la résistance contre l’Ostrogoth Radagaiso et ses troupes.

Zenobius apparaît comme le véritable organisateur du diocèse de Florence, par la construction d’églises, le développement de l’évangélisation et de la liturgie.

Parmi les nombreux miracles attribués à Zenobius, on parle de la résurrection d’un petit enfant.

Ecrivant vers 422, s.Ambroise parle de Zenobius comme d’un saint homme.

Zenobius mourut donc après cette date, entre 422 et 429.

On dit que lors des funérailles, au passage de son corps, un arbre sec se remit à fleurir.

Saint Zenobius de Florence est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lyé de Mantenay

† 545

 

L’abbaye à Mantenay fut fondée au début du 6e siècle par Romain qui, en 533, fut appelé à succéder à s.Remi (v. 13 janvier) sur le siège de Reims.

C’est alors que son disciple, Lyé (Léo en latin), fut nommé abbé de Mantenay.

Les vertus et les miracles de celui-ci le firent vénérer durant sa vie et après sa mort.

Il mourut vers 545.

Le village prit ensuite son nom. 

L’abbaye fut détruite en 959 par les Saxons, un château-fort y fut construit par les rois, forteresse servant à protéger la ville de Troyes.

Saint Lyé de Mantenay est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Aldhelm de Sherborne

639-709

 

Aldhelm naquit vers 639 en Wessex (Angleterre), parent du roi Ine. Son père serait un certain Kenten, peut-être le roi du Wessex Centwine.

Son premier maître fut l’irlandais Maildubh, puis l’italien Adriano, qui venait d’être envoyé de Rome pour accompagner Théodore, le futur évêque de Canterbury (v. 19 septembre). Fort de cette formation, Aldhelm fut en mesure de lire l’Ecriture dans le texte hébraïque, de parler grec, d’écrire et de versifier en latin, sans oublier ses connaissances dans le droit romain, l’astronomie et l’astrologie.

Il revint vers son premier maître auquel, en 675, il succéda comme abbé du nouveau monastère de Malmesbury. Il le restera trente années et fonda deux autres monastères bénédictins à Frome et Bradford.

Très austère, il était capable de s’immerger dans l’eau glacée pendant la récitation d’un psautier. Mais ce n’était pas un cœur dur ; il composait et chantait des poèmes, qu’on n’a malheureusement pas retrouvés : il les chantait le dimanche sur un pont où passaient les villageois, qui ne fréquentaient guère l’église ; ainsi il les rassemblait et leur adressait quelque bonne exhortation.

Il écrivit plusieurs ouvrages en latin, dont le plus connu est son Eloge de la Virginité, destiné aux moniales de Barking. Sur le même thème, il dédia un long poème à Notre-Dame, maxima abbatissa, la plus grande abbesse. Il semble avoir été le premier Anglo-Saxon à écrire en vers latins, et s.Bede le Vénérable (v. 26 mai) l’eut en grande estime. Sa réputation gagna l’Irlande, la Gaule, l’Italie.

Aldhelm alla trouver le pape à Rome ; il était tout-à-fait acquis aux usages romains, et s’efforça d’y gagner les moines de Cornouaille.

En 705, fut créé le diocèse de Sherborne, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 25 mai 709, après une vie toute sainte, remplie de miracles qui continuèrent après sa mort.

Saint Aldhelm de Sherborne est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genadio d’Astorga

865-936

 

Genadio (on l’appelle populairement Juanacio) était originaire du Bierzo (Espagne NO), où il était né vers 865. On l’a dit parent d’Ordoño Ier et fils d’Alfonso III et de Jimena des Asturies.

Il devint moine au monastère d’Ayoó de Vidriales puis, vers 892-895, au monastère de San Pedro de Montes, complètement abandonné. Avec douze confrères, il le restaura et, en 896, il en fut nommé abbé.

Ce fut ensuite une succession de restaurations ou de fondations que Genadio entreprit ; il y en eut une quarantaine dans le seul diocèse d’Astorga. On retiendra ici seulement ceux de Santiago de Peñalba*, San Alejandro, Santa Leocadia de Castañeda, San Andres.

En 908, Genadio fut nommé évêque d’Astorga et devint le conseiller préféré des rois Alfonso III, García Ier et Ordoño II.

En 919 cependant, il décida de se démettre pour revenir à la solitude du monastère et se retira à Valle del Silencio.

On lit parfois qu’en 930, à la mort de son successeur Fortis, Genadio administra le diocèse jusqu’à la nomination du nouvel évêque (932), mais cette vacance n’apparaît pas dans la liste officielle des évêques d’Astorga.

L’œuvre de restauration de Genadio contribua beaucoup à repeupler toute la région du Bierzo.

Genadio  mourut à Peñalba de Santiago* en 936, le 24 ou 25 mai.

Saint Genadio d’Astorga est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

* La localité Santiago de Peñalba a pris ensuite l’appellation inversée Peñalba de Santiago.

 

Grégoire VII, pape

1073-1085

 

Ce cent-cinquante-septième pape, qui devait succéder à Alexandre II, était le fils d’un humble charpentier de Toscane. Ildebrando - c’était son prénom de baptême - grandit et étudia à Rome, où il entra dans le clergé.

Ildebrando, devenu abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, réforma ce monastère avec succès, au point que le pape Léon IX l’envoya comme légat pontifical en France pour lutter contre la simonie et le nicolaïsme (la simonie était la pratique d’acheter des charges ecclésiastiques ; le nicolaïsme, celle de certains clercs qui vivaient maritalement). C’est lui aussi qui obtint la rétractation de Bérenger, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie, et le fit réadmettre dans la communion. En outre, il avait procédé à une première révision des lois de l’Eglise, qui devait être reprise ensuite par s.Pietro Damiano pour aboutir à la constitution du droit canonique.

Six papes s’étaient succédé sur le siège de Saint-Pierre durant seulement un quart de siècle. A la mort d’Alexandre II, il fallait quelqu’un qui achevât l’œuvre de ces papes trop éphémères. Ildebrando, qui avait été leur conseiller, fut l’élu ; il n’avait pas soixante ans (cinquante-trois ou cinquante-huit, suivant la datation incertaine de sa naissance).

Grégoire VII eut d’abord deux soucis, mais là il ne put réaliser ses projets : il aurait voulu mettre fin au schisme d’Orient, et reprendre Jérusalem tombée tout récemment aux mains des Turcs.

Le nouveau pape fut plus efficace dans l’œuvre de la réforme intérieure de l’Eglise. Il s’appuya fortement sur ses légats pour s’informer validement des faits en divers pays et pour y prendre en son nom toutes mesures qu’ils auraient jugées nécessaires. Il y eut parmi eux Hugues de Die, Hugues de Cluny.

Contre la simonie, il intervint énergiquement : toute personne ayant obtenu à prix d’argent une quelconque charge, devenait par le fait-même inhabile à la remplir. Sur ce problème se greffa celui de la querelle des Investitures : le nouvau pape réaffirma son autorité pour nommer ou déposer les évêques ; pour créer les évêchés ; pour convoquer un concile et même pour déposer un souverain.

Contre le nicolaïsme, il était interdit aux clercs indisciplinés de célébrer la messe ; interdit aux fidèles d’y assister. Des évêques furent suspendus. Grégoire VII écrivit à l’archevêque de Cologne : “Sans la chasteté, les autres vertus ne valent rien, de même que la chasteté perd son prix si elle n’est accompagnée des autres vertus.”

Le conflit s’exacerba entre le pape et l’empereur germanique. Henri IV se permit de nommer et de faire sacrer son propre partisan comme archevêque à Milan, puis un autre à Fermo, puis à Spolète. Le pape le lui reprocha sévèrement, à quoi l’empereur répondit en réunissant une assemblée à Worms, où vingt-cinq évêques déclarèrent refuser obéissance au pape, et envoyaient au pape une injonction à abdiquer. Le pape ne pouvait accepter et délia les sujets de l’empereur de leur devoir d’obéissance.

La Thuringe se déclara contre l’empereur, qui intervint en exterminant toute la population. A Rome, le préfet Censius, ami de l’empereur, fit arrêter le pape en pleine célébration de la messe de Noël (1075). La foule l’obligea à le libérer. Henri IV écrivit même au pape cette lettre grossière : “Descends, descends, descends ! Tu es maudit pour les siècles des siècles.”

Le prince Rodolphe de Souabe menaça Henri ; celui-ci fit semblant de s’adoucir, et finit par être conduit à Canossa, où se trouvait le pape et à qui il implora son pardon (janvier 1077).

Après s’être “rendu à Canossa”, Henri chercha à reprendre le contrôle de la situation, tandis que le pape regagnait Rome. Là, après quelques années d’incertitude, un concile finit par excommunier l’empereur (1080).  Ce dernier se vengea en faisant élire un antipape, Clément III, mais il fut vaincu en octobre 1080 par les troupes de Rodolphe.

Henri réussit à rentrer dans Rome en 1084, à se faire couronner par son pape Clément III, mais dut quitter la Ville rapidement, menacé par Robert Guiscard, le duc de Pouille et de Calabre, qui arrivait avec ses troupes normandes. Henri remonta en Germanie et put encore imposer son autorité pendant de longues années, jusqu’à ce que ses propres fils l’obligent à abdiquer ; il finit misérablement ses jours à Liège en 1105.

Pendant ce temps, le pauvre Grégoire VII s’était réfugié à Salerne, ne se sentant plus en sécurité à Rome. Fatigué et brisé par tant de luttes, il s’éteignit là le 25 mai 1085, après douze années de pontificat. Il fut canonisé en 1606, et eut pour successeur Victor III.

 

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

 

 

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’un saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

 

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remarqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

 

 

Catarina (Maria Maddalena) de’ Pazzi

1566-1607

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l'une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit le 2 avril 1566 à Florence de l'illustre famille des Pazzi. Son père était Camillo Geri de’ Pazzi et sa mère Marie-Laurence de Bondelmonte. Elle fut nommée Catarina à son baptême en l'honneur de sainte Catherine de Sienne qu'elle eut toujours en grande vénération.

Dès l'âge de sept ans, à l'école du Ciel, elle était formée à l'oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d'épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l'enfant s'approchait d'elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c'est dès lors qu'elle fit à Jésus le vœu de n'avoir jamais d'autre époux que Lui. C'est en effet à l'âge de douze ans qu'elle fit le vœu de conserver la virginité. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier, elle s'écria : " Je livrerais plutôt ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme."

Son père avait été nommé gouverneur de la ville de Cortone par le grand-duc de Toscane et avait laissé notre sainte en pension chez les religieuses de Saint-Jean à Florence.

A son retour il lui chercha un parti mais sa fille lui représenta son désir d'entrer au Carmel. Elle y entra en habit séculier et quinze jours après en ressortit pour trois mois par obéissance pour son père qui voulait éprouver sa vocation. Enfin, elle fut admise définitivement au Carmel avec la bénédiction affectueuse et chaleureuse de ses parents.

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu'on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie fut un miracle continuel ; elle ne vécut que d'extases, de ravissements, de souffrances, d'amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d'affreuses tentations ; son arme était l'oraison, durant laquelle elle s'écriait souvent : " Où êtes-Vous, mon Dieu, où êtes-Vous ?"

Un jour, tentée plus fortement qu'à l'ordinaire, elle se jeta dans un buisson d'épines, d'où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Le feu de l'amour divin était si brûlant en elle, que n'en pouvant supporter l'ardeur, elle était obligée pour la tempérer de répandre de l'eau sur sa poitrine. Souvent ravie hors d'elle-même, elle éprouvait de longues et merveilleuses extases, dans lesquelles elle pénétrait les mystères célestes, et recevait de Dieu des faveurs admirables. Fortifiée par ces secours, elle soutint un long combat contre le Prince des ténèbres, livrée à la sécheresse et à la désolation, abandonnée de tout le monde, et poursuivie de diverses tentations, par la permission de Dieu, qui voulait en faire le modèle d'une invincible patience et de la plus profonde humilité.

Mais Notre Seigneur ne l'abandonna pas, qui lui prescrivit des règles admirables pour la conduite de sa vie :

1. d'avoir la même pureté dans toutes ses paroles et toutes ses actions, que si elles étaient les dernières heures de sa vie.

2. De ne donner jamais d'avis sans avoir auparavant consulté Jésus-Christ attaché à Sa croix.

3. D'avoir toujours un saint empressement de faire la charité aux autres.

4. De ne faire pas plus de cas de son corps que de la terre qu'on foule aux pieds.

5. de ne refuser jamais à personne ce qu'elle pourrait accorder.

6. d'avoir autant qu'il lui serait possible beaucoup de condescendance pour les autres.

7. de faire autant de cas de ces règles que si Jésus-Christ même les lui avait données.

8. d'offrir souvent, depuis les six heures du soir jusqu'au temps de la communion, la Passion de Jésus-Christ à son Père, et de s'offrir aussi elle-même, et toutes les créatures, en mémoire de ce qu'il fut séparé de sa sainte Mère depuis sa Passion jusqu'à la Résurrection et, enfin, de tâcher de visiter le Très Saint Sacrement le jour et la nuit, jusqu'à trente fois, si la charité ou l'obéissance ne lui en ôtait les moyens.

9. d'être toujours, et en toutes ses actions, transformée en Jésus-Christ, par la résignation à Sa volonté.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots : La Volonté de Dieu ! qu'elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs : Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu ? Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant : Mes sœurs, oh ! que la Volonté de Dieu est aimable !

Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d'immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander soulagement, elle s'écriait bien souvent : Toujours souffrir et ne jamais mourir !

Son cœur était un brasier ardent consumé par l'amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit : Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.

Elle répétait souvent : Si je savais qu'en disant une parole à une autre fin que pour l'amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu'un Séraphin, je ne le ferais jamais.

Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci : Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n'aimer que Lui seul !

Elle rendit son âme le 25 mai 1607, le lendemain de l'Ascension à midi. Son visage devint si beau et si vermeil que personne ne se lassait de le regarder.

Son corps, revêtu d'une tunique, d'un scapulaire et d'un manteau de taffetas blanc, fut inhumé derrière le grand autel, où, deux ans après, il fut trouvé aussi sain et intact que le jour où il y avait été mis ; de plus, son corps exhalait un parfum admirable, quoiqu'il eût été inhumé sans cerceuil et sans avoir été embaumé.

Urbain VIII l'a déclarée bienheureuse en 1626 et Clément X l'a canonisée en 1669. Inscrite au Martyrologe Romain le 25 mai, elle est également au calendrier universel de l’Eglise depuis la réforme de l’après-concile Vatican II.

Une de ses reliques se trouvait encore au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Abbeville.

 

Prière.

 

" Votre vie ici-bas, Ô Madeleine, a semblé celle d'un ange que la volonté divine eût captivé sous les lois de notre nature inférieure et déchue. Toutes vos aspirations vous entraînaient au delà des conditions de la vie présente, et Jésus se plaisait à irriter en vous cette soif d'amour qui ne pouvait s'apaiser qu'aux sources jaillissantes de la vie éternelle. Une lumière céleste vous révélait les mystères divins, votre cœur ne pouvait contenir les trésors de vérité et d'amour que l'Esprit-Saint y accumulait; et alors votre énergie se réfugiait dans le sacrifice et dans la souffrance, comme si l'anéantissement de vous-même eût pu seul acquitter la dette que vous aviez contractée envers le grand Dieu qui vous comblait de ses faveurs les plus chères.

 

Âme de séraphin, comment vous suivrons-nous ? Qu'est notre amour auprès du vôtre ? Nous pouvons cependant nous attacher de loin à vos traces. L'année liturgique était le centre de votre existence ; chacune de ses saisons mystérieuses agissait sur vous, et vous apportait, avec de nouvelles lumières, de nouvelles ardeurs. L'Enfant divin de Bethlehem, la sanglante Victime de la croix, le glorieux Epoux vainqueur de la mort, l'Esprit rayonnant de sept dons ineffables, vous ravissaient tour à tour ; et votre âme, renouvelée par cette succession de merveilles, se transformait toujours plus en celui qui, pour s'emparer de nos cœurs, a daigné se traduire lui-même dans ces gestes immortels que la sainte Eglise nous fait repasser chaque année avec le secours d'une grâce toujours nouvelle. Vous aimiez ardemment les âmes durant votre vie mortelle, Ô Madeleine ; votre amour s'est accru encore dans la possession du bien suprême ; obtenez-nous la lumière pour voir mieux ce qui ravissait toutes vos puissances, l'ardeur de l'amour pour aimer mieux ce qui passionnait votre cœur."

Phêrô Đoàn Văn Vân

1780-1857

 

Phêrô (Pierre) était né vers 1780 à Kẻ Bói (Hà Nam, Vietnam).

Ce laïc fut professeur et responsable de la gestion des terres. Très consciencieux, il travaillait avec passion.

A vingt-cinq ans, il fut catéchiste.

Phêrô se montra doux avec les doux, proche des pauvres, mais très sévère pour lui-même. Il mangeait peu, et portait un habit très simple. Il se porta au secours des malades, assistait les mourants, s’efforçait d’apaiser les litiges. Dans le diocèse, on disait : Untel est aussi vertueux que Vân.

Dénoncé, arrêté par erreur alors qu’on cherchait un prêtre, il rappela qu’il n’était qu’enseignant, et non prêtre. On lui proposa d’apostasier, ce qu’il refusa nettement.

Il fut torturé sur tout son corps dans la prison de Sơn Tây.

Le 25 mai 1857, ce vieillard de soixante-dix-sept ans fut traîné, chargé de chaînes, une corde au cou. Phêrô se montrait calme, souriant ; arrivé au lieu du supplice, en-dehors de la ville, il demanda un moment pour prier.

Il fut décapité à Sơn Tây (Ha Tay), le 25 mai 1857.

Il a été béatifié en 1909, canonisé en 1988.

La fête commune des Martyrs vietnamiens est fixée au 24 novembre.

 

 

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

 

 

Denis Ssebuggwawo Wasswa

1870-1886

 

Ce garçon de seize ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 25 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Cristóbal Magallanes Jara

1869-1927

 

Fils de Rafael Magallanes et Clara Jara, Cristóbal naquit le 30 juillet 1869 à Totatiche (Jalisco, Mexique). Les parents étaient d’humbles paysans ; le petit garçon gardait les bêtes et travaillait à la ferme, jusqu’à ses dix-neuf ans ; c’est alors qu’il entra au séminaire de Guadalajara en 1888.

Ordonné prêtre en 1899, il fut aumônier à l’école des arts de Guadalajara, puis curé à Totatiche : là, il collabora à l’établissement d’écoles, d’ateliers de charpenterie et d’autres travaux industriels.

Il s’intéressa personnellement à l’évangélisation du peuple Huichol, par la mission à Azqueltán. Il y fonda un orphelinat, une maison de repos, des centres de catéchèse, des églises, des écoles ; il aida les paysans à améliorer leurs cultures par l’adduction d’eau, la technique de l’irrigation, de nouvelles plantations ; il réussit à faire diviser des terrains pour les attribuer à des familles pauvres.

En 1914, le gouvernement laïc ferma le grand séminaire : immédiatement Cristóbal en ouvrit un l’année suivante dans sa paroisse, qui accueillit tout de suite dix-sept élèves. L’archevêque lui envoya un préfet et deux professeurs. Des plus de cent séminaristes qui se préparèrent là au sacerdoce, il y eut son propre vicaire et compagnon de martyre (Agustín Caloca) ainsi que le futur évêque José Pilar Quezada Valdés.

Malgré sa totale indépendance dans le mouvement armé de rébellion, il fut faussement accusé de pousser les Cristeros à la révolte. Arrêté le 21 mai 1927, pendant qu’il se rendait dans une ferme privée pour y célébrer la Messe, il remit le peu qui lui restait à ses bourreaux, leur donna l’absolution et, sans aucun jugement, fut exécuté quatre jours après à Colotlán (Jalisco), en même temps que Agustín Caloca.

Ses derniers mots furent : Je meurs innocent, et je prie Dieu que mon sang serve à l’unité de mes frères mexicains.

C’était le 25 mai 1927.

Cristóbal fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 25 mai, tandis que sa fête liturgique est au 21 mai, où il est fêté avec ses Compagnons Martyrs. 

 

 

Agustín Caloca Cortés

1898-1927

 

Agustín était né le 5 mai 1898 à Teúl de González Ortega (Zacatecas, Mexique), un des dix enfants de J.Edwiges Caloca et María Plutarca Cortés.

A cinq ans, le petit Agustín eut la variole, dont les conséquences firent que ses bras restèrent comme atrophiés, ce qui ne l’empêcha pas de jouer allègrement avec ses camarades.

Il reçut sa première formation du curé du village lequel, voyant des signes de vocation sacerdotale, le dirigea vers le séminaire de Guadalajara (1912).

Après deux années, il fut obligé de revenir chez lui, car le séminaire était menacé par les troupes révolutionnaires. 

Lorsque le curé de Totatiche ouvrit un séminaire dans sa paroisse, Agustín y fut admis pour terminer ses études de latin et de philosophie. Or, le curé était justement Cristóbal Magallanes.

Après les études de théologie, Agustín fut ordonné prêtre en 1923. A la demande du même Cristóbal Magallanes, Agustín fut nommé vicaire de Totatiche et professeur au séminaire : c’est que, durant ses années de préparation, on avait noté ses qualités excellentes d’humilité, d’obéissance, de piété. On jugeait avec raison qu’il pouvait être un excellent modèle pour les jeunes séminaristes.

Au début de 1927, il fut contraint, avec les douze séminaristes, de se réfugier à Cocoazco. En mai, il dut cependant se rendre à Totatiche pour voir où en était la situation des autres séminaristes. Or, le 21 mai vers dix heures du matin, on apprit que des soldats se trouvaient à l’entrée de Totatiche. Le père Agustín conseilla à tout le monde de se disperser rapidement dans les maisons alentour.

Lui et un autre séminariste cherchèrent à mettre en sûreté des livres ; en cours de route, Agustín remarquait l’inquiétude du séminariste et le rassura.

A un certain moment, Agustín conseilla au séminariste de cacher les livres sous une grosse pierre. Pendant qu’il y était, une troupe de soldats passa, bousculant des Cristeros. Le séminariste était derrière un tronc d’arbre ; quand il sortit de sa cachette, le père Agustín avait disparu.

En réalité, la troupe, guidée par le général Goñi, avait enlevé Agustín et l’avait emmené à Totatiche. Le même jour, on arrêta le curé, Cristóbal Magallanes. Tous deux se retrouvèrent en prison, avec quatre Cristeros.

On proposa à Agustín la liberté, en raison de son jeune âge, mais il ne voulut pas se séparer de son curé.

Les habitants supplièrent le général de libérer ces prêtres qui étaient si pacifiques. Le général promit sur l’honneur de les transférer à Mexico, où leur vie ne serait pas en danger. Les faits furent assez différents.

Le 23 au matin, les deux prêtres furent conduits, via Momáx, à Colotlán, où ils arrivèrent le 25 au matin. Un ordre semblait devoir les faire partir pour Mexico : c’était en réalité pour aller les fusiller.

Devant la mort, le père Agustín dit seulement ces mots de saint Paul : 

C’est pour Dieu que nous vivons, c’est pour Lui que nous mourons (cf. Rm 14:8).

Agustín eut un moment de panique, comme pour éviter la décharge en se détournant ; le chef du peloton vint le «remettre en place» à coups de crosse dans le visage. Le père Magallanes le tranquillisa : Calme-toi, Père, Dieu a besoin de martyrs ; juste un instant, et nous serons au Ciel.

Les deux corps furent ensevelis sur place. Lorsqu’on voulut les transférer, en 1933, on s’aperçut que le cœur du père Caloca était incorrompu, parmi les os du Martyr. Une balle était restée incrustée dans ce cœur, preuve du martyre.

Le père Agustín Caloca a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

Mykola Tsehel’s’kyi

1896-1951

 

Mykola (Nicolas) naquit le 17 décembre 1896 à Strusiv (Ternopil, Ukraine).

Les prêtres de l’Eglise uniate ont la possibilité d’être mariés, s’ils contractent le mariage avant leur ordination. Prêtre de l’archiéparchie (archidiocèse) de Lviv, Mykola était marié, et avait deux fils et deux filles.

Il fut ordonné en 1925, après avoir obtenu son diplôme de l’université théologique de Lviv.

Les autorités soviétiques tentèrent d’éradiquer l’Eglise catholique, en la rattachant de force à l’Eglise orthodoxe, qui était affiliée au pouvoir. Mais le clergé résista farouchement. Le père Mykola fut intimidé, menacé : son courage ne fut pas ébranlé.

Arrêté pour sa foi en 1946, il reçut une peine de dix années de prison et dix ans de travaux forcés. Il fut enfermé dans le camp de Javas (Mordovia, Russie), où il mourut le 25 mai 1951.

Il fut béatifié en 2001, parmi vingt-cinq Martyrs de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne et de l’Eglise russe catholique.

Il est fort possible que ses descendants soient actuellement vivants, et qu’ils pourraient nous donner plus d’informations sur ce Martyr.

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 23:00

24 MAI

 

I.

S Manaen, frère de lait de Hérode le Tétrarque, docteur et prophète à Antioche (cf. Ac 13:1).

Ste Jeanne, épouse de Chuza, l’intendant de la maison de Hérode ; l’une des saintes femmes qui apprirent les premières la résurrection du Christ (cf. Lc 8:3 ; 24:10).

II.

S Zoellus, martyr à Lystre.

III.

S Servulus, martyr à Trieste en Istrie.

?

S Mélèce, général, mis à mort avec ses soldats et leurs familles.

S Patricius, abbé ou évêque à Bayeux. 

IV.

Ss Donatianus et Rogatianus, frères, l'un baptisé et l'autre catéchumène, martyrs à Nantes.

V.

S Vincent de Lérins, auteur du fameux Commonitorium, dans lequel il définit la vraie Foi : universalité, antiquité et unanimité des croyances ; son idée de "développement" du dogme fut reprise par le Concile Vatican I.

VI.

S Simeon Stylite le Jeune, thaumaturge ; il monta sur sa première colonne à sept ans et obtint la grâce de vivre sans se nourrir ; sa mère, ste Martha, est au 5 juillet. 

XI.

S Benoît de Capoue, moine bénédictin.

XIII.

B Gérard de Lunel, seigneur, puis ermite avec son frère près du pont du Gard, mort en Italie durant un pèlerinage pour la Terre Sainte.

S Jean de Montfort, de l’ordre des Templiers, vénéré à Nicosie (XIV.?).

XIV.

B Filippo de Plaisance, augustin, qui avait revêtu une tunique de fer.

XVII.

B Juan de Prado, franciscain espagnol, missionnaire au Maroc, où le sultan le condamna au martyre par le feu.

Ss Kim Ŏb-i Magdalena, Pak A-gi Anna, Yi So-sa Agatha, Kim A-gi Agatha, Yi Kwang-hŏn Augustinus, Han A-gi Barbara, Pak Hŭi-sun Lucia, le catéchiste Nam Myŏng-hyŏk Damianus, Kwŏn Tŭg-in Petrus ; tous laïcs mariés coréens, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

B Louis-Zéphyrin Moreau (1824-1901), évêque à Saint-Hyacinthe au Canada, “évêque du Sacré-Cœur”, fondateur de la première association ouvrière canadienne, l’Union Saint-Joseph, et d’un institut de Sœurs de Saint-Joseph pour l’instruction des enfants, béatifié en 1987.

B Józef Kurzawa (1910-1940), prêtre polonais assassiné par la Gestapo en 1940, béatifié en 1999 (le 23 au Martyrologe).

 

Manaen

1er siècle

 

Saint Luc écrit dans les Actes des Apôtres : 

Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des docteurs et des prophètes parmi lesquels étaient Barnabé, Siméon qui est appelé le Noir, Lucius de Cyrène, Manahen qui était frère de lait d’Hérode le Tétrarque, et Saul (Ac 13:1).

L’Ecriture inspirée ne nous informe pas davantage. 

C’est à la cour d’Hérode que Manaen était en contact direct avec Chuza, l’intendant d’Hérode, et mari de cette Jeanne, dont le même saint Luc parle dans son évangile (8:3 et 24:10), et qui est commémorée le même jour que Manaen.

En hébreux, Manaen signifie Consolateur.

Une «sainte âme», dont les révélations célestes qu’elle reçut doivent être prises avec les précautions d’usage, raconte que Manaen fut disciple de Jean-Baptiste, puis de Jésus. Mais il conservait des liens avec la cour d’Hérode et eut quelques difficultés à s’en défaire complètement.

C’est lui qui courra annoncer à Jésus le martyre de Jean-Baptiste.

Le Martyrologe mentionne ce fidèle serviteur au 24 mai.

 

 

Jeanne de Chuza

1er siècle

 

D’après l’évangéliste Luc, Jeanne était l’épouse de Chuza, intendant d’Hérode Antipas (Lc 8:3), ce qui fait supposer à juste titre qu’elle était connue de Manaen, frère de lait d’Hérode, qu’on fête le même jour qu’elle.

Jeanne suivit Jésus, et fut une des saintes femmes qui se rendirent au tombeau pour embaumer le corps de leur divin Maître. 

Témoins de la résurrection du Christ, ayant vu deux hommes aux habits resplendissants, elles coururent annoncer la nouvelle aux apôtres (Lc 24:10).

Jeanne de Chuza est mentionnée au Martyrologe le 24 mai.

 

 

Zoellus de Lystre

2e ou 3e siècles

 

Zoellus fut martyrisé à Lystre (act. Turquie C).

C’est là tout ce qu’on sait de lui, mais c’est le plus important. 

Son martyre se situe vers les 2e ou 3e siècles.

Gloire à lui !

Saint Zoellus de Lystre est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Servulus de Tergeste

?

 

Servulus fut un temps associé au martyr Zoellus (ci-dessus).

On l’en a dissocié : il aurait été martyrisé à Tergeste (Istrie, act. Trieste, Italie NE), à une date inconnue.

Saint Servulus de Tergeste est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatianus et Rogatianus de Nantes

† 304

 

Donatien était un adolescent de naissance illustre, qui reçut le baptême avec une grande ferveur, et montra sa foi avec une ferveur encore plus grande.

Rogatien, son jeune frère, avait appris de lui les éléments de la religion chrétienne. Il désirait beaucoup le baptême, et ce d’autant plus que la persécution était imminente, et il ne voulait pas échapper au martyre que, certainement, son frère aîné allait subir.

Malheureusement, le prêtre qui pouvait le baptiser s’enfuit de la ville. Et juste après arriva à Nantes le légat romain chargé d’exécuter les ordres : qui aurait refusé de sacrifier à Apollon et à Jupiter, serait décapité.

Dès que ce personnage apparut à Nantes, on lui dénonça Donatien et son frère. Donatien fut arrêté le premier : après un premier interrogatoire, il fut mis aux fers dans un cachot.

Vint le tour de Rogatien, qui rejoignit son frère.

Il communiqua à Donatien ses pensées : en l’absence du prêtre, peut-être qu’un baiser de son frère aîné «remplacerait» le baptême ? Donatien invoqua le Seigneur : Que la foi pure de Rogatien lui tienne lieu de baptême ; et si le préfet nous fait mourir demain, que le sang répandu de Rogatien lui soit comme l’onction du chrême.

Après une nuit de veille et de prière, les deux frères furent présentés à nouveau au juge, qui les fit suspendre au chevalet : ils eurent tout le corps déchiré. Après une série de supplices, qu’on peut seulement imaginer parce qu’ils ne sont pas décrits dans le témoignage du témoin, le bourreau eut encore l’idée de percer d’une lance le cou des deux victimes, puis les décapita.

C’était le 24 mai 304.

Pendant longtemps, deux croix marquèrent l’endroit du martyre des deux Enfants nantais. Elles furent brûlées sous la Révolution, rétablies sous Louis XVIII, et remplacées en 1896 par deux croix de granit.

Les reliques des Martyrs, qui se trouvaient à la cathédrale, furent détruites sous la Révolution ; par bonheur, on en avait quelques-unes dans un autre sanctuaire.

Saints Donatianus et Rogatianus sont commémorés le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vincent de Lérins

† 448

 

Vincent naquit à Toul et eut un frère, Lupus, futur évêque de Troyes (v. 29 juillet).

Après sa première formation, il recouvra des fonctions assez importantes, qu’il appelle lui-même les combats du siècle.

Fuyant ce tourbillon, il vint au monastère de Lérins, qu’avait fondé s.Honorat (v. 16 janvier).

Moine discipliné, il se livra à l’étude assidue de l’Ecriture et des Pères de l’Eglise.

Il fut ordonné prêtre.

C’est peut-être lui le Vincent auquel s.Eucher (v. 20 février) confia l’éducation de son fils.

Vers 434, sentant le poids des années - et quelques défaillances de sa mémoire, il rédigea un texte très fameux, le Commonitorium, dans lequel, avec des références à l’Ecriture et aux Pères, il énonce les principes de la doctrine de l’Eglise.

Selon lui, il faut s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours, par tous. Quant à expliciter le dogme et à faire évoluer l’expression de celui-ci, il faut veiller à ce que ce soit un progrès de la foi, non un changement : dans l’identité d’un même dogme, d’un même sens, d’une même pensée. Cette doctrine si claire fut reprise par le concile de Vatican I.

On a parfois objecté que certaines expressions de Vincent seraient à l’encontre de s.Augustin (v. 29 août) : il n’avait peut-être pas le texte exact de l’évêque d’Hippone.

Vincent mourut certainement avant 450, date de la mort de l’empereur Théodose.

Saint Vincent de Lérins est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simeon Stylite le Jeune

520-596

 

Simeon naquit vers 520 à Antioche de Syrie, d’un père originaire d’Edesse nommé Ioannis, et d’une mère qui est commémorée dans le Martyrologe au 5 juillet.

Cette sainte femme, Martha, ne se décida à épouser Ioannis que pour obéir à ses parents. Avant même la naissance de son fils, elle aurait eu révélation de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin) du nom à donner à l’enfant.

La naissance de Simeon advint sans les douleurs habituelles et Martha le porta quarante jours après au sanctuaire de s.Jean-Baptiste.

L’enfant fut baptisé à l’âge de deux ans et dès lors sut parler couramment.

En 525, un tremblement de terre détruisit la maison familiale, Ioannis mourut. Martha chercha plusieurs jours son enfant, et ne le retrouva que sur une révélation.

Bientôt après, Simeon se retira dans la montagne et vécut au milieu des bêtes, avant d’être reçu dans un proche monastère.

A sept ans, il décida de s’isoler sur une colonne (en grec styli) : ce jour-là, c’est sa mère qui ouvrait la procession, portant la croix, et montrant à tous sa joie d’avoir un tel fils. Elle mourut peu de temps après et fut enterrée non loin de la colonne de Simeon.

Les démons tentèrent vigoureusement le jeune Simeon, mais il en triompha encore plus vigoureusement. En plus, Dieu lui faisait déjà accomplir des miracles : il délivrait des possédés, guérissait des malades ; d’autres moines venaient le consulter, il leur répondait avec grande sagesse. 

Il voulut se construire une colonne plus haute, pour s’isoler davantage ; auparavant, il fut ordonné diacre ; il demeura sur cette colonne pendant huit années ; il passait la nuit en prières, suspendu par la main gauche et, de la droite, se frappant la poitrine, et resta trente jours sans dormir. Il demanda - obtint- de Dieu la grâce de ne plus manger.

On vint si nombreux l’admirer et lui demander son aide, qu’il se fit «aider» par des disciples qui parlaient et agissaient en son nom.

A vingt ans, il résolut de s’isoler davantage, sur un rocher d’une montagne. Dieu lui fit savoir que cette montagne s’appellerait admirable ; Simeon reçut révélation des maux qui s’abattraient sur cette même région ; il se construisit une colonne encore plus haute, que le Christ vint lui-même bénir.

Simeon s’y rendit, y fut ordonné prêtre, et ne la quitta plus jusqu’à la mort. Les miracles se multiplièrent encore, parfois même à grande distance, par la seule image de Syméon.

Il expira un 24 mai, sans doute en 596, étant resté soixante-huit années sur sa colonne.

Il y a un autre Simeon Stylite, l’Ancien, fêté le 27 juillet, mort en 459.

Saint Simeon Stylite le Jeune est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

Filippo de Plaisance

? - 1306

 

Filippo faisait partie des Ermites de Saint-Augustin à Plaisance.

Il eut cette mortification particulière qu’il portait sous son habit religieux une tunique métallique. Ce qui pourrait nous apparaître comme un trait original était pour Filippo la sincère expression de son union à la passion du Christ.

Il mourut le 24 mai 1306.

Il a été introduit dans la récente édition du Martyrologe.

 

 

Juan de Prado Díez

1563-1631

 

Né vers 1563 à Morgovejo (León, Espagne), de famille noble, Juan fut orphelin à cinq ans.

Grâce à la charité d’un prêtre, il commença des études à Salamanque puis, en 1584, entra dans l’Ordre franciscain à Rocamador (Badajoz).

Il fit la profession en 1585 et fut ordonné prêtre.

Excellent prédicateur, vraiment soutenu par des grâces particulières, il jeûnait, s’imposait le cilice ; il participa aussi à des discussions où il défendit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Successivement, il fut nommé maître des novices, plusieurs fois gardien (supérieur) de différents couvents (Badajoz et Séville), conseiller provincial, et supérieur de la nouvelle Province d’Andalousie (1620-1623).

Une cruelle calomnie pesa un moment contre son innocence virginale, qui fut cependant reconnue, confirmée par une telle austérité de vie.

Après avoir assumé ces responsabilités, il demanda à partir évangéliser en Guadeloupe. Ses démarches n’aboutirent pas, mais on l’envoya au Maroc, où tant de prisonniers chrétiens subissaient les mauvais traitements des Musulmans, et ne disposaient pas d’aumôniers catholiques. Il y alla en 1630 avec la bénédiction du Pape, qui le nommait par la même occasion préfet apostolique pour cette région.

Juan y parvint le 7 décembre, accompagné du prêtre Matías de Saint-François et du Frère Ginés de Ocaña.  L’accueil de la part des chrétiens fut enthousiaste, car ils n’avaient pas vu de prêtres depuis plus de quarante ans. Durant le carême 1631, les Religieux en confessèrent beaucoup et les réconfortèrent.

Mais voilà que mourut le roi qui avait accordé le sauf-conduit. Qu’allait faire le nouveau roi ? On ne le savait pas, et le gouverneur (portugais) conseilla aux Religieux de rester plus discrets dans leurs activités. Après un certain temps, leur zèle fut plus fort et les poussa à sortir de leur abri. Le gouverneur l’apprit, leur promit de les aider et les fit conduire à Mazagán, de là à Azamor, où se trouvaient beaucoup de Maures. Juan s’y présenta avec un drapeau blanc, en signe de paix.

Le maire commença par bien les recevoir, grâce à leur sauf-conduit. Mais ce sauf-conduit n’était plus valable, et les Religieux étaient alors prisonniers du nouveau roi. On les conduisit à Marrakech, où le roi les fit mettre en prison.

Après quelques jours, le roi les convoqua pour les interroger et demanda à Juan quelle était la loi meilleure, celle de Mahomet ou celle des Chrétiens. Juan n’hésita pas à répondre selon la Vérité. Fâché, le roi les fit fouetter en sa présence, puis jeter dans un cachot étroit, sombre et humide, surveillés par un gardien méchant, et condamnés à moudre le sel.

Le roi convoqua à nouveau Juan, lui posa d’autres questions et le fit encore fouetter cruellement. Quelques jours après, Juan répondit au roi : Tyran, tu veux faire perdre les âmes que Dieu a faites pour Lui ! Furieux, le roi le frappa à la tête avec son sabre, et ses serviteurs le frappèrent sur la bouche, car il continuait de prêcher. Le roi se fit apporter un arc et des flèches, et lui en tira quatre. Puis il ordonna de le faire brûler vif aux portes de son palais.

Juan ne pouvait plus marcher. On demandait à des prisonniers chrétiens de l’emmener, mais ils hésitaient. Juan les encouragea : Vous n’offensez pas le Bon Dieu ! Emmenez-moi, sinon ils vous feront du mal.

Le roi suivait la scène depuis une fenêtre ; on entassa du bois, on fouetta encore Juan, qui prêchait toujours, et les badauds lui jetèrent des pierres.

Juan fut ainsi torturé et martyrisé le 24 mai 1631.

Les deux autres survécurent miraculeusement aux tortures et purent ensuite rapporter ce dont ils avaient été témoins.

Le roi fut bientôt puni de sa cruauté, assassiné et remplacé par son frère, qui accorda plus de licence aux Religieux pour leur apostolat.

Juan de Prado fut béatifié en 1728.

 

 

Kim Ŏb-i Magdalena

(Gim Eob-i Magdallena)

1774-1839

 

 

Née en 1774 à Seoul, elle désirait rester vierge, mais fut forcée de se marier par ses parents. Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle vécut à Seoul avec sa mère, dont elle supporta avec patience le tempérament difficile.

 

Après la mort de celle-ci, Magdalena continua d'enseigner le catéchisme aux enfants et à baptiser les enfants païens en danger de mort.

 

Elle montra un cran remarquable durant les interrogatoires et les tortures : pendant qu'on torturait sa compagne Han Barbara, elle n'hésitait pas à expliquer au chef de police les points importants de la doctrine chrétienne.

 

D'après les notes de la police, Magdalena fut condamnée à mort pour trois motifs : elle lisait des livres chrétiens, elle possédait des images saintes, elle croyait en l'hérésie catholique.

 

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque soixante-six ans.

 

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Pak A-gi Anna

(Bak A-gi Anna)

1783-1839

 

Née en 1783 à Kangchon (Gangwon-do, Corée S), Anna était d'une famille catholique qui vivait près de la rivière Han.

 

Elle avait une toute petite mémoire et n'arrivait qu'à grand-peine à retenir les réponses du catéchisme et les prières. Elle disait souvent : Bien que je ne connaisse pas le Bon Dieu aussi bien que je voudrais, je veux faire tout mon possible pour l'aimer.

 

Elle épousa un homme catholique, à dix-huit ans, et éleva ses enfants dans la foi.

 

Elle avait une particulière dévotion pour la passion de Notre Seigneur et méditait les larmes aux yeux sur les cinq Plaies. Quand elle entendit parler de la persécution, ses yeux brillèrent à l'idée de pouvoir devenir une martyre.

 

Elle fut arrêtée avec son mari et son fils aîné, mais elle seule resta en prison.

 

Elle fut si brutalement battue que l'on voyait ses os.

 

Mais sa plus grande difficulté lui vint de son mari et de son fils qui venaient la voir chaque jour, pour lui demander d'apostasier, de revenir à la maison, pour soigner sa mère malade et tenir la maison. Le chef de la police à son tour la pressait de renier sa foi pour accompagner son mari et son fils à la maison.

 

Elle répétait : Pourquoi risquerais-je ma vie éternelle pour vivre à peine quelques jours de plus ici ? Et au chef de la police : Mon mari et mon fils peuvent suivre leur route. Moi, je suis bien déterminée à suivre ma route et à mourir pour ma foi.

 

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque cinquante-sept ans.

 

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi So-sa Agatha

(Yi So-sa Agata)

1784-1839

La vie d'Agatha se passa dans une extrême pauvreté et en même temps dans une atmosphère de profonde paix intérieure.

Elle était née en 1784 à Icheon (Gyeonggi-do, Corée S). Après la mort de son père, elle perdit tout ce qu'elle avait et vécut avec sa vieille maman et son jeune frère (Yi Ho-yŏng Petrus, qui fut martyrisé le 25 novembre 1938, et canonisé avec elle).

Un témoin raconta qu'on ne peut décrire toutes les difficultés qu'elle eut à surmonter. Malgré sa pauvreté extrême, elle avait toujours un aspect pacifique et un joyeux sourire. Il est impossible de se rappeler tout ce qu'elle put dire et faire de beau et de bien.

Elle fut battue avec une grande cruauté et ses jambes furent toutes tordues. Et comme elle ne voulait pas renier Dieu et sa foi, on lui enleva son habit et on la suspendit avec les bras liés derrière le dos, pour la battre sur tout le corps avec un bâton d'environ deux mètres cinquante de long, de l'épaisseur d'un bras ; quatre bourreaux se relayaient sans arrêt. Tout le corps d'Agatha saignait abondamment ; mais son courage demeura ferme.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait presque cinquante-six ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

 

Kim A-gi Agatha

(Gim A-gi Agata)

1787-1839

Née en 1787 à Séoul, Agatha était de famille païenne ; elle épousa un mari qui l'entraîna pendant longtemps dans des pratiques superstitieuses, qu'elle finit par abandonner et brûler grâce aux bons conseils de sa sœur aînée, qui était catholique.

Agatha avait peu de mémoire et ne pouvait retenir les prières du matin et du soir.

Durant l'interrogatoire, elle déclara : Je ne connais rien d'autre que Jésus et Marie. J'aime mieux mourir que renier Jésus et Marie.

Elle fut durement torturée, mais ne céda pas. Une fois en prison, les autres Catholiques la reçurent joyeusement : Bienvenue, Agatha, toi qui ne connais que Jésus et Marie ! Ils lui enseignèrent les principales vérités de la Foi et la baptisèrent.

Elle endura encore d'autres tortures, courageusement et sans plier. Le motif de sa condamnation à mort était, comme pour Kim Magdalena, qu'elle professait l'hérésie catholique, qu'elle lisait des livres chrétiens et qu'elle avait des images pieuses.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait cinquante-trois ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi Kwang-hŏn Augustinus

(Yi Gwang-heon Auguseutino)

1787-1839

Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Gyeonggi-do, Corée S), d'une famille noble. Son jeune frère,  Yi Kwang-nyŏl Ioannes Baptista, mourra lui aussi martyr, le 20 juillet de la même année (1838), et sera lui aussi canonisé.

Il épousa Kwŏn Hŭi Barbara, qui mourra martyre à son tour, le 3 septembre 1838, et sera canonisée avec lui.

De ce mariage naîtra une fille, Agatha, elle aussi martyrisée à dix-sept ans le 9 janvier 1840, et canonisée avec ses parents.

Augustinus avait un excellent caractère, tolérant, plein de talents et de grande intelligence. Jeune, il aimait les plaisirs et la vie aisée. Mais à trente ans tout changea, quand il devint catholique avec son épouse et son jeune frère. Il prit le nom d’Augustinus, en souvenir de la conversion de saint Augustin. Désormais, sa vie fut exemplaire.

Pour échapper aux persécutions, il déménagea plusieurs fois, et perdit finalement tous ses biens. Il embrassa la pauvreté avec la foi d’un vrai Chrétien. Personne ne l’entendit se plaindre.

Ce fut la communauté chrétienne qui se cotisa pour lui acheter une habitation, au-delà de la Porte Etroite Ouest.

Augustinus devint catéchiste, et sa maison servit de chapelle. Il était toujours prêt à rendre service, à convertir les tièdes, à enseigner aux catéchumènes. Il s’occupait des malades, baptisait les enfants en danger de mort.

Lors de la persécution, toute la famille fut arrêtée, le 7 avril 1839, voici comment : bien que la maison eût l’apparence d’une auberge, on la réquisitionna et on arrêta tous les catholiques qui s’y trouvaient. Parmi ceux-ci se trouvait l’épouse d’un catéchumène, qui en réclama la libération. En échange il donna le nom de cinquante-trois Catholiques qu’il connaissait, dont Augustinus et les siens.

On lui proposa la libération de son épouse et de ses enfants, s’il acceptait juste de dire qu’il n’était pas chrétien. Il répondit : Je ne peux pas renier Dieu parce que j’aime ma femme et mes enfants. Je ne peux pas leur montrer ma faiblesse.

Les policiers le battirent sur les jambes avec un gourdin triangulaire puis il reçut le même supplice que saint Chŏng Kuk-bo Protasius le 20 mai précédent. Il saignait abondamment, sa chair était en lambeaux et l’on voyait ses os, brisés par les coups. Ceux qui le voyaient en étaient horrifiés, mais Augustinus ne bronchait pas.

Même le chef de la police se fatigua de le torturer et lui montra de la «sympathie», lui proposant de dire seulement qu’il obéirait au roi. Augustinus en profita pour demander la libération de ses deux enfants, en particulier de sa fille qui se trouvait au milieu des voleurs. Le chef de police lui proposa de les libérer purement et simplement, s’il apostasiait. Augustinus refusa.

Les enfants d’Augustinus et sa vieille maman de quatre-vingt ans demeurèrent volontairement en prison.

Le vendredi 24 mai 1839, Augustinus fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque cinquante-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

Han A-gi Barbara

(Han A-gi Bareubara)

1791-1839

Née vers 1791 à Kwang-chon (Gangweon-do, Corée du Sud), dans une famille déjà catholique, Barbara vécut longtemps sans prêter attention à la Foi.

Elle épousa un païen.

Un jour, sa mère vint lui rendre visite en compagnie de Kim Magdalena, qui l’aidèrent à voir son erreur ; à partir de ce moment, Barbara vécut en chrétienne exemplaire.

Quand elle eut environ trente ans, son mari et ses enfants moururent. Elle revint chez sa mère.

Elle avait le souci du salut des âmes et enseignait aux catéchumènes. Elle n’épargnait pas sa peine pour aller baptiser les enfants en danger de mort, pour supplier les païens de se convertir ; elle jeûnait et offrait des sacrifices pour obtenir la bénédiction de Dieu sur ses activités.

Barbara fut arrêtée avec Kim Magdalena.

Torturée, elle ne manqua aucune occasion de professer sa foi.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait quarante-huit ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

 

Pak Hŭi-sun Lucia

(Bak Heui-sun Luchia)

1801-1839

Lucia, née en 1801 ou 1802 à Seoul, était de famille bourgeoise. Sa sœur aînée était Pak K'ŭn-agi Maria, elle aussi martyrisée (le 3 septembre 1839) et canonisée avec elle.

Sa beauté et son intelligence la firent appeler à la cour royale, où elle devint dame de cour de la reine, mais elle était dans une position supérieure aux autres dames de cour, à cause de ses grandes qualités.

Vers quinze ans, elle refusa les avances du jeune roi, avec un courage inouï pour une Coréenne.

Lucie était très cultivée en littérature chinoise et coréenne, et la reine lui demandait d’enseigner aux autres dames de cour.

Vers trente ans, elle entendit parler de la foi catholique et voulut se convertir. Ce n’était pas facile car elle ne pouvait s’éloigner du palais royal : la reine la désirait près d’elle, elle devait surveiller les autres dames de cour et tenir les archives du roi.

Pour motiver son absence, elle prétendit être malade et s’en vint chez son neveu (car son père n’aimait pas les Catholiques).

Regrettant tout le temps qu’elle avait passé dans le plaisir, elle s’efforça de remplir tous ses devoirs religieux fidèlement, dans la mortification, particulièrement dans sa nourriture et dans son habillement.

Par son exemple, elle amena toute la famille de son neveu au Catholicisme.

Puis elle vint habiter chez Chŏng Agatha. Avec celle-ci, elle acheta une maison à Seoul, où elles s’installèrent avec d’autres pieuses femmes. C’est là que des policiers vinrent l’arrêter le 15 avril 1839. Avant de quitter la maison, elle donna de l’argent aux policiers, et leur offrit à boire et à manger.

Interrogée par le chef de la police, elle réaffirma sa foi en Dieu, créateur de la vie, et refusa de donner les noms des autres Catholiques.

Conduite à la Cour criminelle, elle subit la torture par trois fois, recevant à chaque fois trente coups, qui lui brisèrent un os de la jambe. Elle essuya la blessure avec sa longue chevelure, disant : Maintenant, je vais pouvoir souffrir les douleurs de notre Seigneur et de Marie.

Rappelée à la cour, elle s’y traîna avec sa jambe cassée et tout le monde admira son courage. Devant le juge et toute la cour, elle expliqua si bien la doctrine catholique que les juges ne surent rien lui répliquer.

Elle rédigea une lettre pour ses frères catholiques, qui malheureusement fut perdue. Elle les y invitait, croit-on, au courage et leur procura une profonde émotion. Même en prison, Lucia s’occupa des détenus malades, tant au point de vue physique qu’au spirituel.

Juste avant d’être exécutée, Lucia demanda à l’un des bourreaux de bien aiguiser son sabre et de la décapiter d’un seul coup.

Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle resta calme et continua de prier jusqu’à la fin. Elle avait trente-huit ans.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Nam Myŏng-hyŏk Damianus

(Nam Myeong-hyeok Damiano)

1802-1839

Damianus était né en 1802 à Munan (Seoul, Corée S), dans une famille de la noblesse.

Son enfance passa dans la dissipation et le désordre, au milieu de mauvais camarades.

Vers trente ans, il commença à étudier la religion catholique et à la pratiquer. Un prêtre chinois le baptisa.

Sa conviction et sa formation furent assez solides pour qu’il devînt même catéchiste. Il réunissait les gens chez lui et leur enseignait l’évangile. Il s’occupait autant des catholiques encore tièdes que des non-catholiques. Il rendait visite aux malades et se préoccupait de baptiser les enfants en danger de mort. Tout le monde le respectait.

Quand on lui demandait comment il voulait être appelé au Paradis, il répondait : Nam Damianus le Martyr et Membre de la Confraternité du Saint-Scapulaire.

Il s’entendait très bien avec son épouse, Yi Yŏn-hŭi Maria, qui s’occupait avec lui de bonnes œuvres (et qui mourra martyre le 3 septembre de la même année).

Quand la persécution se déchaîna en 1839, un catéchumène eut la faiblesse de donner à la police une liste de cinquante-trois noms, parmi lesquels ceux des deux catéchistes : Yi Augustinus et Nam Damianus.

Ces deux derniers furent arrêtés immédiatement, avec leur famille. Les objets du culte qui devaient servir pour Mgr Imbert, se trouvaient chez Damianus, et furent réquisitionnés. Pour avoir été trouvé en possession de ces objets, Damianus fut interrogé encore plus durement que les autres. Pour protéger l’évêque, Damianus affirma au chef de la police que les objets avaient appartenu à un autre prêtre, déjà martyrisé en 1801. Le chef fit semblant de le croire, car il craignait beaucoup que l’affaire prît une énorme importance, s’il arrêtait un étranger. Mais il interrogea encore Damianus, pour intimider les autres :

- Ton témoignage est faux. Les objets qu’on a trouvés chez toi sont tout neufs, ils ne peuvent avoir servi il y a quarante ans.

Damianus ne répondit rien et n’ouvrit plus la bouche. Il fut torturé durement. Ses os furent brisés ; il fut battu si fort, qu’il en resta inconscient pendant quatre jours. Après qu’il reprit connaissance, il fut condamné à mort.

Il écrivit alors une lettre à son épouse qui était elle aussi en prison. Il lui disait :

Le monde n’est rien d’autre qu’une hôtellerie où nous ne faisons que passer. Notre vraie demeure est le Ciel. Suis-moi, deviens une martyre. Je souhaite que nous nous retrouvions dans le royaume de la gloire éternelle.

Le vendredi 24 mai 1839, il fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque trente-huit ans.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Kwŏn Tŭg-in Petrus

(Gweon Deug-in Peteuro)

1805-1839

 

Petrus était né à Seoul, de parents catholiques.

Enfant, il fut orphelin de père, et sa mère mourut quand il avait seize ans.

Il avait déjà acquis de solides habitudes : il se levait toujours avant le premier chant du coq et priait jusqu’au lever du jour. On le connaissait pour sa gentillesse envers tout le monde.

Après la mort de sa mère, il se maria. D’abord, il travailla à la pharmacie de son frère, puis il créa son propre petit commerce, fabriquant des crucifix et des médailles pieuses.

Dès le début de la persécution de 1839, il fut arrêté avec tous les siens, le 16 janvier. Ce fut la première famille arrêtée. Apprenant la nouvelle, Mgr Imbert revint à Seoul pour consoler et réconforter les Catholiques en désarroi.

Ils furent tous interrogés et torturés de diverses manières. L’épouse de Petrus et son beau-frère cédèrent aux tortures, renièrent leur foi et furent relâchés. De la prison, Petrus leur écrivit pour les faire changer d’attitude. D’après leur belle-fille, Yi Agatha, l’épouse de Petrus reconnut son erreur, et se repentit.

Au chef de la police, Petrus répondit :

Nous devons tous remercier Dieu, qui est le Créateur des anges, des hommes et de tout ce qui existe sur terre. Tout homme doit l’adorer.

Refusant de donner des noms, il affirma aussi : Je ne peux le faire, car ma religion enseigne de ne pas faire de mal aux autres.

Il fut durement torturé, et le chef de la police ordonna aux autres prisonniers de le battre. Ils le firent si cruellement que Petrus faillit en mourir par deux fois.

Une des raisons de sa condamnation à mort est qu’il fabriquait et vendait des articles religieux.

Martyrisé le vendredi 24 mai 1839 à Seoul, devant la Porte Etroite Ouest, il avait trente-quatre ans.

Des témoins affirmèrent que, même après sa mort, son visage portait un mystérieux sourire.

La fête commune liturgique de tous ces Martyrs, béatifiés en 1925 et canonisés en 1968, est établie au 20 septembre.

 

Louis Zéphyrin Moreau

1824-1901

 

Cinquième des treize enfants de modestes paysans catholiques canadiens, Louis naquit à Bécancour (Québec) le 1er avril 1824. Son père s’appelait Louis et sa mère Marie-Marguerite Champoux.

Après des études aux séminaires de Nicolet (où il fut aussi professeur), et malgré une santé fragile, il compléta ses études théologiques à Montréal et fut ordonné prêtre en 1846. Lui qu’on avait hésité à accepter et qui avait dû momentanément suspendre ses études, fut en réalité ordonné à vingt-deux ans !

Il devint le secrétaire des trois premiers évêques du diocèse, et se mérita l’affection et l’admiration de tous par ses vertus.

Sa charité sans borne le désigna pour être aumônier des pauvres du Convent de la Providence.

Il fut bientôt curé de la cathédrale de 1854 à 1876, avec une interruption de 1860 à 1870 ; il reçut les charges de procureur diocésain et vicaire général.

A la mort de l’évêque de Saint-Hyacinthe (1875), il fut pour la quatrième fois Administrateur du diocèse sede vacante. Il fut alors nommé évêque de ce diocèse, un diocèse fondé en 1852 par la subdivision de celui de Montréal.

Sacré en 1876, il fut le quatrième évêque du diocèse et choisit pour devise : Je puis tout en Celui qui me fortifie (cf. Ph 4:13).

Ses multiples activités et sa correspondance volumineuse étonnaient ceux qui craignaient pour sa faible santé.

Il fonda le Chapitre de la cathédrale et s’intéressa de près à l’éducation.

Le “bon Monseigneur Moreau”, très aimé de ses fidèles, fonda les Sœurs de Saint-Joseph, avec la vénérable Elisabeth Bergeron, pour l’éducation à la foi des jeunes en monde rural. Il encouragea aussi la fondation des Sœurs de Sainte-Marthe, pour subvenir aux besoins du séminaire et du clergé. Il créa l’Union Saint-Joseph, qui deviendra plus tard la Caisse Desjardins.

Entouré de l’affection de son clergé et des fidèles, il fêta ses noces d’or sacerdotales, et décéda peu de temps après, le 24 mai 1901, en odeur de sainteté.

Déclaré vénérable en 1973, il fut béatifié en 1987.

 

 

Józef Kurzawa

1910-1940

 

Józef était né le 6 janvier 1910 à Świerczynie, de Jan et Józefa Archańskich.

Il termina le lycée en 1928, entra à l’école Adam Asnyka de Kalisz, puis à l’Ecole des officiers de réserve d’infanterie à Jarocin, pour intégrer finalement en 1931 le séminaire de Włocławek, où il fut ordonné prêtre en 1936.

Durant les courtes années de pastorale où il exerça son intense activité, il s’occupa beaucoup des enfants et des jeunes, ce qui lui valut le respect unanime.

Vicaire de Wincenty Matuszewski, qui était curé à Osięciny, il fut arrêté avec ce dernier en septembre 1939. 

Tous deux furent assassinés dans la forêt voisine, Wincenty le 23 et lui le 24 mai 1940 : il avait trente ans, à peine quatre années de sacerdoce.

Béatifiés ensemble en 1999 comme Martyrs de la persécution nazie, ils sont commémorés ensemble au Martyrologe du 23 mai. 

 

En Pologne, les cent-huit Martyrs polonais sont fêtés le 13 juin.

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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 23:00

23 MAI

 

III.

Ss Montanus, Lucius, Iulianus, Victoricus, Victor, Flavianus, Primolus, Donatianus, Renus, Quartillosa, martyrs à Carthage.

IV.

S Ephebius, évêque à Naples.

S Desiderius, évêque à Langres, victime du pillage de Langres par les Vandales, invoqué comme protecteur et garant des serments, et contre les catastrophes.

VI.

S Spes, fondateur de plusieurs ermitages à Campi, aveugle pendant quarante années.

Ss Eutychius et Florentius, ermites à Campi ; Eutychius succéda à s.Spes ; Florentius faisait garder ses brebis par un ours serviable ; Eutychius est invoqué contre la sécheresse.

S Honoratus, abbé près de Subiaco, où s.Benoît avait vécu auparavant.

VIII.

S Syagrius, évêque à Nice.

IX.

S Michaïl, évêque à Synnada, très en faveur auprès des empereurs, mais exilé au moment de la reprise de l’iconoclasme.

X.

S Guibert, de la région de Namur, fondateur d’un monastère bénédictin à Gembloux, et retiré à Gorze. 

XII.

S William de Rochester, boulanger, assassiné par l’orphelin qu’il avait adopté.

XVIII.

S Giovanni Battista de’ Rossi, gênois, prêtre à Rome, apôtre et catéchiste des petites gens : cochers, paysans, bergers, malades et prisonniers ; il mourut si pauvre, que l'hospice dut payer ses funérailles.

Apparition de Notre-Dame du Laus. 

XX.

B Wincenty Matuszewski (*1869-1940), prêtre polonais assassiné par la Gestapo en 1940, béatifié en 1999.

Bse Maria Gargani (Maria Crucifiée du Divin Amour, 1892-1973), fondatrice italienne des Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, béatifiée en 2018.

 

Martyrs d’Afrique

† 259

 

Les Héros dont on va parler n’ont pas versé leur sang le même jour ni dans les mêmes circonstances, quoique dans une même période. Ils ont en commun d’avoir été martyrisés en Afrique, peut-être même à Carthage.

Peu après le martyre de s.Cyprien, le 14 septembre 258, sous le prétexte d’avoir fomenté une émeute - que le procureur avait lui-même organisée -, furent arrêtés d’abord Lucius, Montanus, Iulianus, Victoricus, Donatianus ; ensuite Flavianus, Primolus, Renus, Victor, Quartillosa.

Nous avons le bonheur de posséder une lettre écrite par les prisonniers eux-mêmes, et qui porte toutes les garanties de l’authenticité. En voici les éléments commun à tous, puis suivront les épisodes liés à certains d’entre eux. On n’a pas de détails pour chacun, mais ce qui est rapporté est très édifiant.

Au soir de leur arrestation, le procureur projetait de condamner tous ces Chrétiens à être brûlés vifs, mais le lendemain, le feu s’éteignit. On les remit en prison, où une grande lumière les enveloppa. Ensuite, on les laissa souffrir la faim et la soif.

Ils eurent la visite d’un prêtre Lucianus, d’un sous-diacre Herennianus et d’un catéchumène nommé Ianuarius, qui leur apportaient l’Eucharistie.

La détention dura huit mois, de septembre 258 à mai 259. 

Lucius, Iulianus, Victoricus et Montanus, furent décapités le 23 mai, Flavianus le 25, Victor - et peut-être Donatianus, peu après.

 

Lucius, doux et timide de nature, marcha au supplice le premier.

Montanus, qui avait eu une petite altercation avec Iulianus au point d’être en froid avec lui, se vit en vision avec une belle tunique blanche, mais avec quelques taches, parce qu’il ne s’était pas réconcilié tout de suite avec Iulianus. Il avançait avec une belle prestance et une grande assurance, exhortant tous les badauds à la concorde, à la conversion. Au moment d’être décapité, il demanda à Dieu que Flavianus reçût à son tour le martyre trois jours après ; comme on va le voir, il fut exaucé, au grand étonnement des témoins.

Iulianus et Victoricus recommandaient aux fidèles la concorde et leur rappelaient la nécessité d’aller soulager les prisonniers qui avaient faim.

Victor : prêtre ; il eut la vision d’un petit enfant lumineux lui annonçant la fin prochaine de leur combat.

Flavianus, prêtre, ancien professeur, mais dont les anciens élèves contestaient sa condition de prêtre, vit pour cela son heure retardée et fut mis à mort seulement deux jours après les premiers. Il exultait littéralement. Juste avant de mourir, il donna le baiser de paix à ceux qui l’entouraient et recommanda aux fidèles de choisir le prêtre Lucianus pour succéder à Cyprien. Il mourut le 25 mai, le troisième jour après le premier groupe, comme l’avait demandé Montanus dans sa prière.

Donatianus : c’est le cinquième du groupe mentionné dans le Martyrologe ; peut-être y a-t-il eu ici une erreur et qu’on l’ait mentionné à la place de Flavianus, plus représentatif.

Il y eut d’autres Martyrs, mentionnés dans le récit, mais qui, s’ils furent bientôt martyrisés eux aussi, ne sont pas mentionnés dans le Martyrologe de ce même jour : 

Primolus ; Renus, qui eut la vision des Martyrs conduits au supplice, accompagnés d’une belle lampe  toute brillante ; Quartillosa, dont le mari et le fils avaient été martyrisés trois jours plus tôt ; elle vit son fils sous les traits d’un grand jeune homme, qui apportait aux prisonniers deux belles coupes de lait et leur annonçait qu’ils allaient bientôt boire une troisième coupe.

Ces saints Martyrs d’Afrique sont commémorés le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

Desiderius de Langes

† 265 ou 407

 

Une ancienne controverse existe toujours au sujet de Desiderius (Désiré, Didier).

On l’a d’abord fait originaire de Lombardie.

Puis il fut longtemps admis que cet évêque de Langres avait été mis à mort par le chef des Vandales, Crocus, qui assiégea la ville de Langres vers 265.

Mais au 7e siècle, un certain Varnahaire écrivait que Didier, voulant protéger son peuple, tâcha de convertir à la modération le farouche arien qui commandait les envahisseurs. Il lui présenta un évangile mais le Barbare, qui n’entendait pas la langue de Didier, oublia qu’il était chrétien lui aussi et fit exécuter l’évêque, avec son archidiacre Vincentius. Quant au bourreau, il fut à l’instant frappé de folie et se fracassa la tête contre les remparts de la ville, à la terreur des témoins.

Cela se serait passé, d’après Sigebert de Gembloux, en 411 ou 407.

L’on montrait encore, du temps de ce Varnahaire, le livre saint taché du sang du Martyr. 

A ces deux dates fort éloignées l’une de l’autre, s’en ajoute une troisième, 346, où Didier participa à un concile de Cologne, et qui semble bien exclure les deux autres, sauf si Didier était alors un tout jeune évêque d’une trentaine d’années : il serait mort nonagénaire.

La liste épiscopale de Langres présente actuellement un Didier, troisième évêque de Langres, mort en 265, et un Desiderius, évêque en 410-411. Est-elle authentique, ou ne s’appuie-t-elle que sur les données précédentes ? La recherche reste ouverte.

On invoque s.Didier comme garant des serments, et contre les catastrophes.

Saint Desiderius de Langes est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ephebius de Naples

† 308

 

Ephebius (Efebo, Eufebio, Eframo) aurait été d’origine romaine, avant d’être promu au siège épiscopal de Naples.

D’après les listes reconstituées, il en aurait été le huitième évêque.

On le décrivait comme un homme de belle stature. Il fut un vrai pasteur au service de la communauté. Il aurait aussi accompli de nombreux miracles.

Ephebius serait mort au début du 4e siècle.

Saint Ephebius de Naples est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Spes de Campi

† 510

 

Spes, l’Espérance, cette grande vertu théologale, était le nom du moine dont il va être question brièvement.

Brièvement, parce que sa vie monastique se résume à une longe épreuve de quarante années : il fut privé de la vue. 

On peut cependant rappeler qu’avant sa vie monastique, il jouit d’une situation aisée et mondaine, dont il voulut faire pénitence.

Il vivait dans un des monastères qu’il avait fondés, à Cample (auj. Campi, Norcia, Perugia, Italie C). Dieu le favorisa cependant de grandes lumières intérieures. A la fin, Spes recouvra la vue et eut la révélation de sa mort prochaine.

En cette attente, il fut envoyé, également sur révélation, prêcher aux monastères voisins. Quinze jours plus tard, il s’en revint en son monastère.

Il convoqua alors tous les moines, reçut le Viatique et entonna un psaume. Pendant que les moines continuaient la psalmodie, Spes s’endormit dans le Seigneur, et l’on vit son âme sous forme de colombe, qui s’envolait vers le Ciel, le 28 mai 510.

Saint Spes est maintenant commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain, le même jour que ses deux successeurs, Eutychius et Florentius.

 

 

Eutychius de Campi

† 540

 

Eutychius (Eutizio) succéda à s.Spes dans le gouvernement des monastères fondés par ce dernier.

L’activité et la personalité d’Eutychius lui méritèrent le qualificatif d’évangélisateur de la vallée. La population s’habitua à l’invoquer pour obtenir la pluie en temps de sécheresse.

Grâce à lui, la communauté monastique atteignit un très haut niveau de spiritualité, d’équilibre, d’organisation.

Il mourut le 23 mai 540.

En même temps que s.Eutychius, sont commémorés le 23 mai dans le Martyrologe Romain s.Spes et s.Florentius.

 

 

Florentius de Campi

† 540

 

Florentius était le compagnon de cellule de s.Eutychius, mais tandis que ce dernier sortait pour prêcher à la population, Florentius demeurait dans la cellule et priait.

Quand Eutychius fut appelé à succéder à Spes, il laissa seul Florentius pour aller visiter les ermitages alentour. Florentius, souffrant de cette solitude, pria Dieu de lui envoyer un compagnon. Ce fut un gentil animal, un ours, qui vint l’attendre devant sa cellule. Florentius lui confia la garde de ses brebis : il les conduisait au pâturage et les ramenait vers 15 heures les jours de jeûne, un peu plus tôt les autres jours.

Pendant ce temps, Florentius continuait de prier, et obtenait aussi des miracles par sa prière, au point que le diable de la jalousie pénétra dans le cœur de quatre ermites qui dépendaient d’Eutychius, lesquels tuèrent la pauvre bête innocente. 

Florentius, ne voyant pas arriver son troupeau à l’heure habituelle, partit à sa recherche et trouva son ami l’ours sans vie ; il en fut triste, mais plus encore pour les auteurs de cette méchanceté. Eutychius vint le consoler fraternellement. Florentius se laissa alors aller à demander à Dieu de punir Lui-même les auteurs du forfait, qui moururent tous les quatre, frappés d’éléphantiasis. Le pauvre Florentius alors se reprocha sa pensée et s’accusa de meurtre.

Mais Dieu lui pardonna et lui accorda de faire d’autres miracles encore. Un de ceux-là fut qu’une troupe d’oiseaux s’abattit pour tuer et emporter un même nombre de serpents qui barraient le passage à un diacre venu lui rendre visite.

S.Grégoire le Grand (v. 12 mars) explique que Florentius était exaucé aussi rapidement qu’il obéissait aux préceptes de Dieu.

Florentius se retira les dernières années à Foligno et mourut à peu près à la même période que s.Eutychius, vers 540.

Saint Florentius de Campi est commémoré avec s.Eutychius et s.Spes le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honoratus de Subiaco

499-598

 

Honoratus est cet abbé du monastère bénédictin de Subiaco, où vécut s.Benoît lui-même peu auparavant.

Il est censé avoir vécu quatre-vingt dix-neuf ans, ce qui permet de dater son année de naissance. On le représente aussi pour cette raison comme un grand vieillard à la barbe très longue.

Il disposa le premier monastère de Benoît à l’usage du chapitre et construisit un autre monastère à côté, dédicacé aux saints Côme et Damien. 

Honoratus mourut en 598.

En 601, les envahisseurs lombards détruisirent le monastère, qui fut reconstruit un siècle plus tard. Dédié aux saints Benoît et Scholastique, il fut à nouveau détruit en 840 par les Sarrasins, en 981 par les Hongrois. Puis les papes le prirent sous leur directe protection.

Il ne faut pas confondre notre personnage avec un autre abbé du même nom à Fondi.

Saint Honoratus de Subiaco est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Syagrius de Nice

† 788

 

On a fait de ce Syagrius un neveu de Charlemagne, mais les dates qu’on connaît ne permettent pas de justifier cette parenté. En revanche, que Charlemagne ait abondamment doté le nouveau monastère de Saint-Pons, reste fondé sur des documents authentiques.

Syagrius aurait donc été d’abord moine à Lérins.

Il passe pour être le fondateur du monastère bénédictin de Saint-Pons, près de Nice, en 777, et devint évêque de cette ville la même année. C’était le douzième ou treizième évêque de ce siège (son présumé fondateur, s.Bassus, ayant été évêque non pas de Nice, mais de Nicée, en Asie Mineure).

Autant Syagrius était réputé pour son humilité comme abbé, autant il le resta comme évêque.

Toujours discret, toujours actif, rempli de zèle pour le salut des âmes, il accomplit aussi des miracles, comme la résurrection d’un enfant déchiqueté par un cheval en furie.

Il mourut en 787 ou 788.

Saint Syagrius de Nice est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Michail de Synnada

† 826

 

Michaïl fut moine au monastère que s.Tarasios (v. 18 février) avait fondé sur le Bosphore.

Ce monastère était destiné à y former des moines fidèles à l’orthodoxie et dont seraient sortis des évêques courageux. Ce fut le cas pour Michaïl.

Il devint évêque de Synnada (Phrygie, Asie Mineure, act. Şuhut, Turquie) vers 787 et fut alors un des premiers personnages de l’Eglise d’Orient.

En 806, l’empereur l’envoya à Bagdad négocier la paix avec Hâroun-ar- Rachîd.

Plus tard, le nouvel empereur Michel Ier envoya auprès de Charlemagne une ambassade guidée par Michaïl. En même temps, celui-ci devait s’arrêter à Rome pour remettre au pape des lettres de la part du patriarche. Ces rencontres démontraient la pleine communion entre Rome et Constantinople, entre les deux empires d’Orient et d’Occident.

A Rome encore, Michaïl rencontra un moine crétois, errant, qu’il emmena à Constantinople et confia à un monastère du Cap Acritas, où il brilla de toutes les vertus.

Les choses changèrent sous l’empereur Léon l’Arménien, qui reprit l’iconoclasme. Michaïl demeura ferme en la matière et exposa ses reproches à l’empereur : ce courage lui valut l’exil à Eudocias en 815.

Ce furent alors onze années d’épreuves, avec d’autres exilés qu’il soutint de toutes ses forces.

Il mourut là-bas, le 23 mai 826.

Saint Michail de Synnada est commémoré le 23 mai dans le Martyrologe Romain.

William de Rochester

† 1201

 

William était né à Perth (Ecosse) au 12e siècle.

Après une jeunesse qu’on qualifie d’orageuse, il se tourna entièrement vers Dieu et les bonnes œuvres, en particulier à l’égard des pauvres et des enfants abandonnés. Boulanger de son état, il donnait en aumônes le dixième de son gain.

Chaque jour il se rendait à la Messe. Un matin, il trouva un petit enfant abandonné sur le seuil de l’église ; il le recueillit, l’adopta en lui donnant le nom de David et lui enseigna son métier.

Bien plus tard, William emmena son «fils» David en pèlerinage aux Lieux Saints. Mais à la première étape qu’ils firent, à Rochester, David s’en prit à son bienfaiteur, le frappa, l’égorgea et s’enfuit après l’avoir dépouillé. C’était le 23 mai, vers 1201.

Comment vint-on à connaissance de ce meurtre, on ne le dit pas. Le fait est qu’une pauvre folle eut l’idée de tresser une couronne de fleurs qu’elle déposa sur la tête de William, puis qu’elle appliqua sur sa tête, et elle s’en trouva guérie. D’autres miracles se produisirent, qui firent considérer William comme martyr.

En 1256, le pape fut informé des faits et canonisa William.

Cependant, le Martyrologe Romain actuel ne l’a pas conservé dans ses pages.

 

 

Giovanni Battista de Rossi

1698-1764

 

Né le 22 février 1698 à Voltaggio (Gênes, Italie NO) de parents pauvres et très pieux, qui donnèrent à leurs enfants une très bonne orientation chrétienne. Plusieurs des enfants moururent en bas âge.

Un noble gênois remarqua le petit enfant de chœur et proposa au papa de se charger de son éducation ; puis un parent, chanoine, l’invita à Rome, pour veiller à son instruction. Giovanni Battista entra ainsi à treize ans au Collège romain.

On croyait revoir en lui un Luigi Gonzaga (v. 21 juin), et il avançait brillamment dans les études ; il pouvait aborder le Droit et devenir un juriste réputé, mais il préféra le sacerdoce.

Son père mourut vers 1714 ; quoique pauvres, la mère et les sœurs acceptèrent le «départ» de Giovanni Battista, qui commença les études de théologie.

Mais le jeune garçon s’imposa d’imprudentes mortifications, comme il le reconnut plus tard, et tomba malade. Désormais, il fut sujet à des crises d’épilepsie, et son estomac ne pouvait plus supporter la nourriture. Il dut étudier privément, comme simple auditeur chez les Dominicains de la Minerve (à Rome). Ses efforts, son humilité et la grâce de Dieu, lui donnèrent les qualités nécessaires pour l’apostolat.

Ordonné prêtre en 1821, il s’engagea par vœu à ne jamais accepter un quelconque bénéfice ecclésiastique. Il tenait à exercer son apostolat parmi les pauvres, les ignorants, les prisonniers, les criminels, les prostituées (pour lesquelles il fonda un hospice en vue de les écarter de la rue). Il fonda deux hôpitaux.

A la mort du bon chanoine qui l’avait appelé à Rome, il reçut l’ordre de son confesseur d’accepter l’héritage du chanoine : il reprit le canonicat, sans pour autant conserver la belle demeure qu’on lui donnait. Il mit à profit ses revenus pour installer dans l’église Sainte-Marie-in-Cosmedin un orgue et un organiste.

Il gagna la faveur des autres chanoines et en obtint qu’ils ajoutassent les litanies de Marie à la fin de leur office. L’église Sainte-Marie-in-Cosmedin fut bientôt le rendez-vous de tous ceux qui accouraient auprès de Don de Rossi. Lui qui n’osait pas confesser, par humilité, devint un des confesseurs les plus appréciés et recherchés de Rome et des environs.

Il prêcha beaucoup, y compris chez les Religieuses, et lors des retraites des séminaristes. Sous son influence, tout le clergé de Rome fut transformé, grâce aussi à une Pieuse Union de Prêtres qu’il fonda.

La fin de sa vie fut accablée par des crises de plus en plus fréquentes. La dernière le terrassa à Rome le 23 mai 1764.

Giovanni Battista de Rossi fut béatifié en 1860 et canonisé en 1881.

 

 

Wincenty Matuszewski

1869-1940

 

Wincenty, le fils du couple polonais Jozef et Jozefa Strużyńskiej, était né le 3 mars 1869 à Chruścieleńskiej Wola.

Après le séminaire de Włocławek, il fut ordonné prêtre en 1895.

Il eut plusieurs postes où il exerça les activités pastorales, à Widawa, Nieszawa, Włocławek, Czȩstochowa (1901-1906), Moszczenica et Ostrowąs et finalement à Osięciny (1918).

Dans cette dernière localité, il était même président d’honneur du Service des incendies et membre du Conseil local.

Son attitude tolérante lui valut l’estime des Juifs et des Allemands qui vivaient là. Les pauvres connaissaient sa charité.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, la Pologne fut envahie par les troupes nazies en septembre 1939 et le père Wincenty fut arrêté avec vingt-deux otages. 

Plus tard il fut assassiné dans la proche forêt, le 23 mai 1940, tandis que son vicaire de paroisse, Józef Kurzawa, fut assassiné le lendemain.

Ces deux prêtres, mentionnés le 23 mai au Martyrologe, font partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

 

 

Maria Gargani

1892-1973

 

Maria naquit au soir du 23 décembre 1892, à Morra de Santis (Avellino, Latium, Italie C) ; elle était la benjamine des huit enfants de Rocco et Angiolina De Paola.

Le papa était un homme fort pieux et c’est lui qui se chargea de l’enseignement du catéchisme à ses enfants.

Maria fit son «école primaire» à la maison, puis chez son oncle à Avellino ; elle réussit sans peine son examen de maîtresse d’école en 1913.

Dans la région de Foggia, de 1913 à 1945, elle allait se donner entièrement à la formation des enfants du catéchisme pour les préparer à la Première communion. C’est durant cette période qu’elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain, ayant découvert en s.François d’Assise «le» Saint qui l’inspirait dans son amour pour Dieu.

Mais ce qui marqua très profondément Maria, à partir de 1916, ce fut la direction spirituelle qu’elle reçut du père Pio de Pietrelcina (v. 23 septembre). Jusqu’en 1915, Maria avait eu successivement deux pères spirituels, dont le second fut appelé à être aumônier militaire durant la guerre ; c’est ce dernier qui adressa Maria au père Pio. Il s’ensuivit une correspondance soutenue et l’on conserve plus d’une soixantaine de lettres que reçut Maria de ce Prêtre stigmatisé.

Dès 1934, Maria commença à réunir autour d’elle des jeunes filles qui étaient captivées par son amour de Dieu. Ce fut le début des Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, vivement encouragées par le père Pio, bientôt approuvées par l’évêque de Naples, où s’établit la maison-mère. Maria y fit sa profession en 1936, avec le nom religieux de Marie Crucifiée du Divin Amour.

Elle fit la profession perpétuelle en 1956.

Elle mourut à Naples le 23 mai 1973.

Le miracle qui fut examiné dès 1975 pour sa béatification, fut la guérison d’une femme italienne affectée d’un cancer généralisé. Guérie, celle-ci vécut encore trente année.

Les Religieuses appartenant aux Sœurs Apôtres du Sacré-Cœur, s’occupent de l’évangélisation des enfants, des pauvres, des marginalisés. Elles prêtent ainsi leur concours dans les paroisses. Elles sont présentes en Afrique (Burkina Faso, Bénin).

Maria Crocefissa a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 23 mai au Martyrologe.

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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 23:00

22 MAI

 

II.

S Marcien, évêque à Ravenne.

III.

Ss Castus et Æmilius, martyrs par le feu en Afrique, après avoir apostasié une première fois.

IV.

S Basiliskos, évêque martyr à Comana.

S Ausonius, premier évêque à Angoulême.

?

Ss Faustin et Vénuste, martyrs en Afrique.

Ste Hélène, vierge à Auxerre.

V.

Ste Quiterie, vierge très mal connue, martyrisée et vénérée à Aire-sur-l’Adour.

VI.

B Romain, compagnon de s. Benoît ; on ne sait s’il faut le distinguer d’un s. Romain, abbé de la région d’Auxerre à la même époque.

Ste Iulia, vierge crucifiée en Corse, dont elle est patronne ainsi que de Livorno (VII.?).

VII.

S Loup, évêque à Limoges, désigné par Clotaire II après qu’il en eut guéri le fils.

IX.

S Aigulphe, évêque à Bourges.

X.

S Giovanni, abbé à Parme.

XII.

S Atton, espagnol ou toscan, supérieur de l‘ordre de Vallombreuse et évêque à Pistoia.

S Foulques, pèlerin anglais mort incognito près de Aquino, mais qui apparut ensuite et se fit transférer ailleurs. 

XIV.

Ste Rosanna !Umiltà), veuve et recluse, puis abbesse de l’ordre de Vallombreuse à Faenza.

XV.

Ste Rita de Cascia (Margherita Lotti), patronne des causes désespérées, “la sainte de l'impossible” ; elle pardonna aux assassins de son mari et obtint de Dieu la mort de ses deux fils plutôt que de les voir se venger ; enfin augustine, elle finit sa vie dans l’épreuve presque constante.

XVI.

B John Forest, franciscain anglais martyr, brûlé vif.

XVII.

Bx Pedro de l’Assomption, franciscain, João Baptista Machado, jésuite, prêtres martyrs au Japon.

XIX.

Ss Micae Ho Dính Hy, mandarin annamite et catéchiste, et Laurensô Ngôn, paysan tonkinois, martyrs canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Maria Domenica Brun Barbantini, italienne, veuve après six mois de mariage, fondatrice de la pieuse union des Sœurs de la Charité au service des malades ; béatifiée en 1995.

XX.    

Bx Francisco Salinas Sánchez et José Quintas Durán (*1914), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017.

Castus et Æmilius  en Afrique

† 250

 

L’évêque de Carthage s.Cyprien (v. 14 septembre) a connu ces deux Martyrs et en a fait l’éloge.

Dans un premier temps, Castus et Æmilius cédèrent à la chaleur des flammes et apostasièrent. Se ressaisissant, ils réaffirmèrent leur foi et, à nouveau soumis aux flammes, persévérèrent jusqu’à la mort.

Comme la grâce de Dieu est puissante ! Voici deux apostats qui retrouvent la Vérité et pour elle acceptent librement la mort. Comme leur exemple est réconfortant pour tous les pécheurs !

S.Cyprien ne dit pas qu’ils furent martyrisés à Carthage, mais en Afrique, et bien probablement au moment de la persécution de Dèce, vers 250.

Saints Castus et Æmilius sont commémorés le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basiliskos de Comana

† 308

 

Basiliscos était évêque à Comana, dans cette ville où devait mourir s.Jean Chrysostome en 407 (v. 14 septembre).

De cette ville (Pont, act. proche de Tokat, Turquie CN), il ne reste que quelques ruines.

Un des supplices imposés à Basiliskos consista à lui faire enfiler des chaussures garnies de clous rougis au feu. Il fut ensuite décapité et jeté à la rivière.

C’était sous l’empereur Maximien, vers 308.

Saint Basiliskos de Comana est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ausonius d’Angoulême

4e siècle

 

Ausonius est traditionnellement considéré comme le premier évêque d’Angoulême.

On le situe au 4e siècle.

On aimerait bien savoir quelque chose sur un Fondateur d’Eglise comme lui, mais les documents manquent tout-à-fait. 

Saint Ausonius d’Angoulême est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quiterie d’Aire-sur-l’Adour

† 5e siècle

 

Les récits un peu tardifs concernant Quiterie ne présentent pas vraiment tous les gages d’une réelle authenticité. L’historicité de Quiterie cependant reste fondamentale.

Elle aurait été la fille d’un roi d’on ne sait quel royaume, de nom Cattilius, et d’une mère nommée Calsia, qu’on fait descendre de Julien l’Apostat, alors que ce dernier mourut sans aucune postérité.

Devenue chrétienne à treize ans, sur une révélation d’un ange, Quiterie refusa l’offre de mariage qu’on lui proposait avec un certain Germanus, et s’enfuit, toujours guidée par son ange.

Elle crut trouver refuge dans le royaume de Lentinianus, mais ce roi arien la fit jeter en prison. Il semble difficile de croire que c’est l’ange qui l’ait guidée dans cette direction.

De sa prison et par sa prière, Quiterie opéra plusieurs prodiges, qui lui obtinrent la liberté.

Mais le fiancé éconduit réussit à retrouver notre Héroïne et la fit décapiter.

Ce pouvait être vers la fin du 5e siècle, en même plus précisément en 477.

Une source miraculeuse jaillit au tombeau de Quiterie, dans un faubourg d’Aire-sur-l’Adour.

Sainte Quiterie d’Aire-sur-l’Adour est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulia de Corse

7e siècle

 

Les plus anciens documents mentionnent sainte Julie en Corse.

Peu à peu, elle devint martyre, et même crucifiée.

Les moines qui recueillirent son corps sur l’île Gorgona, trouvèrent près d’elle un manuscrit rédigé par les anges, racontant sa vie, son martyre et son agonie. Mais pourquoi les bons moines n’ont-ils pas conservé un document si précieux et si rare ?

Il pourrait être probable que Julie fût originaire de Carthage (Tunisie) et réduite en esclavage lors d’une invasion des Perses (616) et vendue à un négociant oriental. Par la suite, ce négociant s’en serait «débarrassé» en Corse du Sud, où des brigands la firent mourir.

Sainte Julie est la patronne de la Corse.

Sainte Iulia est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Loup de Limoges

† 632

 

On ne connaît pas l’origine et l’adolescence de ce Lupus.

Il appartint à cette communauté de prêtres chargés d’honorer les reliques de s.Martial (v. 30 juin) à Limoges.

En 614, c’est lui qui fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Limoges, et voici comment.

A la mort de l’évêque Ferréol, clergé et peuple proposèrent au roi Clotaire II trois prêtres dont le prêtre Loup.

Au même moment, le fils de Clotaire fut très gravement malade, et un songe révéla à la reine que l’enfant serait guéri par un prêtre de Saint-Martial : Loup était tout désigné. Non seulement il guérit l’enfant, mais le roi voulut le remercier en le désignant pour l’épiscopat de Limoges, malgré les protestations de Loup.

Il fut donc consacré, en 614.

C’est Loup qui signa la charte de fondation de l’abbaye de Solignac (631).

Loup mourut vers 632 et les miracles se multiplièrent par la suite.

Durant la Révolution française, la châsse contenant le corps de s.Loup, fut détruite, mais le chef et un bras furent sauvés.

Saint Loup est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni de Parme

† 990

 

Giovanni était né à Parme de famille noble.

Devenu chanoine de la cathédrale de Parme, il fit plusieurs fois le pèlerinage en Terre Sainte, et c’est à Jérusalem qu’il reçut l’habit bénédictin.

L’évêque de Pavie le rappela pour être le premier abbé du nouveau monastère Saint-Jean, fondé en 983, en présence de s.Mayeul, l’abbé de Cluny (v. 11 mai). Ce dernier put faire part à Giovanni de son expérience : l’abbé devait désormais être élu, et non nommé ; en même temps, on luttait ainsi contre la simonie et contre les ingérences externes. 

Ce monastère de Parme est connu (aussi) pour sa pharmacie.

Giovanni le gouverna pendant sept années, au terme desquelles il s’endormit en paix, en 990.

Saint Giovanni de Parme est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

Rosanna (Umiltà) Negusanti

1226-1310

 

Rosanna Negusanti vit le jour à Faenza (Ravenne, Emilie-Romagne, Italie NE) de nobles parents, Elimonte et Richelda.

Tandis que les parents cherchaient à l’habiller avec élégance, Rosanna préférait donner aux pauvres ce qu’elle avait et s’occuper à la prière. Elle eut une précoce dévotion envers l’Evangéliste Jean.

Elle avait quinze ans à la mort de son père. 

Quand l’empereur Barberousse occupa Faenza, un de ses proches demanda la main de la belle Rosanna, mais il obtint une claire fin de non-recevoir ; ensuite, Rosanna fit plaisir à sa mère en épousant à seize ans un certain Ugonotto dei Caccianemici - ce patronyme signifie chasse les ennemis -, et mit au monde deux bébés qui moururent très vite. Elle-même proposa, en vain, à son mari une séparation corps et biens, mais ce furent les médecins à conseiller vivement à Ugonotto la continence absolue.

Après la mort de sa mère, Rosanna convainquit enfin son mari à entrer, comme elle, dans la vie religieuse. Ils entrèrent au double couvent de Sainte-Perpétue, aux environs de Faenza. Rosanna s’appela désormais Umiltà. Ugonotto mourra en 1256.

Umiltà eut alors la grâce de guérir, dit-on, miraculeusement, d’une grave maladie puis, en 1254, se retira près du couvent de Saint-Apollinaire, sous la règle de s. Giovanni Gualberto (v. 12 juillet), une règle austère inspirée de la bénédictine ; elle vécut donc là en recluse dans une petite cellule, pendant douze années, vivant dans la prière et le jeûne, donnant quelques conseils à ceux qui les lui demandaient.

D’autres femmes voulurent l’imiter et se placer sous sa direction. L’évêque lui conseilla alors de fonder un monastère (1266) ; obéissante, Umiltà réunit ses neuf Compagnes dans un ancien monastère proche de Florence, où elle dut être l’abbesse : elle se retrouvait mère, montrant toute sa douceur et sa sagesse pour guider les Religieuses sur la voie de la sainteté. Le monastère vivait selon la même règle de Giovanni Gualberto, le règle dite de Vallombreuse. Il y eut une autre fondation à Florence en 1281.

Umiltà eut l’occasion de multiplier le pain, un jour où la communauté allait en manquer.

Elle mourut le 22 mai 1310, à un âge fort avancé.

Son corps, quoiqu’enseveli dans la terre nue, fut retrouvé absolument intact l’année suivante.

Le culte qui s’est développé très rapidement, fut confirmé en 1720. En 1942, Umiltà fut déclarée co-patronne de Faenza.

 

 

Rita Lotti

1381-1457

 

Fille d’Antonio Lotti et d’Amata Ferri, Rita naquit à Roccaporena près de Cascia (Ombrie, Italie). Son nom est bien probablement le diminutif de Margherita.

On dit qu’à sa naissance un essaim d’abeilles aurait virevolté autour d’elle sans lui faire aucun mal.

Les parents de Rita étaient estimés pour leur esprit de conciliation, car ils savaient répandre la concorde dans ces temps où les factions et les vengeances étaient fréquentes.

Particulièrement Rita eut à épouser un brave jeune homme, Paolo Mancini, d’où leur naquirent deux jumeaux, Giacantonio et Paolo Maria. Or, le papa, Paolo, fut un jour abattu dans une de ces rixes de villages et les deux garçons, en grandissant, montrèrent leur désir de venger leur père. C’est là que Rita se montra mère exemplaire et respectant Dieu par-dessus toutes choses : elle pria Dieu de lui enlever ses deux garçons plutôt que de les voir devenir assassins, ce que Dieu lui accorda. En effet, en peu de temps ces deux garçons moururent coup sur coup de la peste.

Rita était désormais libre de se consacrer, comme elle en avait le désir. Mais les Augustines de Cascia ne l’acceptèrent pas, car elle était veuve, et cela n’était pas admis. En outre, le monastère craignait des représailles de l’un ou l’autre des clans impliqués dans l’assassinat de Paolo, et imposèrent à Rita comme condition d’admission, de s’engager à réconcilier les deux factions.

Elle y réussit, quoique avec mainte difficulté. D’autres sources prétendent que son introduction dans le monastère advint par intervention céleste, les saints Jean-Baptiste, Augustin et Nicola de Tolentino ayant ensemble introduit Rita à l’intérieur de la clôture du monastère. Pourquoi pas ? 

Très soumise à la règle, elle montra une grande sainteté par sa prière et sa mortification. Elle obtint de participer à la Passion du Seigneur en recevant sur le front une plaie due à la couronne d’épines qu’elle portait dès lors invisiblement. Pour cette raison, ses consoœurs l’isolèrent complètement, pour éviter l’odeur fétide qui se dégageait de cette plaie.

Rita ne s’en émut pas. Elle approfondit sa vie intérieure et se sanctifia. Elle eut aussi le don des miracles, qui la rendirent célèbre malgré elle.

En 1450 elle eut la joie de participaer au pèlerinage à Rome, à l’occasion du Jubilé proclamé par le pape. 

Consommée en vertus et en sainteté, elle s’éteignit le 22 mai 1457, et elle continua de manifester sa sainteté par des miracles nombreux.

Rita de Cascia est invoquée comme l’avocate des causes désespérées, mais également contre la petite vérole. Sur la base de récentes analyses scientifiques, on a cru pouvoir déceler sur son front les traces d’une ostéomyélite, et sur son pied les signes de quelque maladie douloureuse comme la sciatique, dont elle souffrit beaucoup les dernières années de sa vie.

 Béatifiée en 1627, elle sera canonisée en 1900, et inscrite au calendrier universel de l’Eglise catholique par saint Jean-Paul II.

 

 

John Forest

1471-1538

 

John vit le jour en 1471 dans les environs d’Oxford et entra en 1491 dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains de l’Observance, à Greenwich, un monastère accolé au Palais Royal, et devint par là le confesseur de la reine Catarina d’Aragon.

En 1500, il se retrouva à Oxford pour d’autres études de théologie. On ne sait s’il poursuivit ces études jusqu’au doctorat. En 1525, il était très probablement provincial pour son Ordre, d’après les mesures qu’il prit contre certains religieux récalcitrants.

Dès 1531, les Franciscains furent l’objet de la haine du roi, à cause de leur prise de position contre son divorce et son inclinaison vers le Protestantisme.

En novembre 1532, John exposa clairement à l’ambon les projets du roi de supprimer l’Ordre en Angleterre et de répudier Catarina pour épouser Anne.

Au début de 1533, il y eut une tentative de «réconciliation» entre lui et le roi, mais le père John fut arrêté en 1533, enfermé à Newgate et condamné à mort, l’exécution de la sentence restant encore suspendue.

En 1534, l’Ordre franciscain de l’Observance fut effectivement supprimé, et les Religieux dispersés dans d’autres couvents. John fut même relâché ; en 1538 il fut confiné dans une autre communauté franciscaine à Smithfieldx (Londres), puis dans le nord du pays.

Mais il fut à nouveau mis en prison à Newgate, pour son refus de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise, avec d’autres Frères. On lui permit toutefois de célébrer la Messe et d’entendre des confessions. Il put ainsi rester en communication avec la reine ; mais il commit aussi l’imprudence de publier un petit traité sur l’autorité suprême du pape. Le père Forest fut dénoncé au roi, encore une fois.

Le 8 avril 1538, on le somma encore d’abjurer, ce qu’il refusa de faire. On décida alors de procéder à l’exécution de la sentence de 1533.

On voulut même obtenir de Cromwell l’exécution immédiate du Religieux. Un évêque fut désigné pour exhorter la victime (et la foule) à «abjurer» à l’endroit de la potence, mais John refusa ; il fut martyrisé à Smithfield (Londres), le 22 mai 1538. D’abord torturé pendant deux heures, il fut jeté aux flammes, ainsi que le gibet auquel il était pendu.

On raconte (?) qu’on avait apporté sur le bûcher une très ancienne statue provenant de l’église de Llanderfel (Pays de Galles) et qu’ainsi s’était réalisée une prophétie, selon laquelle cette statue aurait «mis le feu à une forêt». Ainsi mourut le père Forest, en martyr.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1886, avec valeur de béatification.

 

 

Pedro de l’Assomption

1570-1617

 

Pedro était né vers 1570 à Cuerba (Tolède, Espagne).

Il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins.

Envoyé aux missions du Japon en 1608, il fut Gardien du couvent de Nagasaki.

Son arrestation advint par ruse, lorsqu’un fonctionnaire de Nagayo (Ōmura) feignit de vouloir se confesser.

En prison, il vit arriver le père João Baptista Machado et voulut embrasser ses pieds. Ce geste était d’autant plus humble et convaincu que, précédemment, il y avait eu de petites «rivalités» entre les Franciscains et les Jésuites. Les hommes sont des hommes et même en pays de mission et en temps de persécution, ils peuvent céder à des sentiments humains.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière. 

Au moment de son supplice, Pedro déclara avoir demandé cette grâce du martyre. Il fit un geste pour demander le silence : il voulait parler de la tolérance, mais son discours commençait déjà d’être trop long, et les bourreaux s’impatientaient.

Les deux prêtres s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. La tête de Pedro tomba dès le premier coup.

Ce martyre eut lieu à Kōri (Ōmura, Nagasaki) le 22 mai 1617.

Pedro a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

 

 

João Baptista Machado de Távora

1580-1617

 

João Baptista était né vers 1580 à Angra do Heroismo (Terceira, Açores, Portugal), de noble famille.

Il n’avait pas sept ans qu’entendant parler du Japon, il exprima son désir d’aller y parler du Christ.

Il entra à seize ans chez les Jésuites de Coimbra et partit en 1600 pour Macao, où il acheva ses études et fut ordonné prêtre.

Envoyé au Japon en 1609, il apprit la langue, dans laquelle il put s’exprimer étonnamment bien et travailla infatigablement dans la région de Kyōto ; mais en 1614 sortit une loi qui interdisait à tout étranger de rester dans le pays. Loin de s’en inquiéter, il se réfugia dans la clandestinité pour continuer son apostolat. Il se replia sur Nagasaki et de là gagna les îles de Gotoh, qui représentaient un refuge idéal pour les Chrétiens. Le père João Baptista y opéra, dit-on, plusieurs guérisons miraculeuses. 

C’est en avril 1617 qu’il fut arrêté, non loin d’Ōmura, sur l’ordre d’un apostat qui était lui-même le petit-fils du premier seigneur japonais converti (Bartolomæus Ōmura Sumitada). Les soldats qui arrêtèrent le père lui avouèrent qu’ils étaient tous catholiques, mais que c’était par crainte pour leur vie et celle de leurs familles, qu’ils obéissaient aux ordres du seigneur.

Le bateau ne put partir tout de suite à cause du vent contraire ; le père en profita pour célébrer chaque jour la Messe, ce qui permit à de nombreux fidèles de venir se confesser et de communier. Le 29 avril, on put lever l’ancre : durant la traversée, les soldats se confessèrent. Arrivés au port d’Ōmura le soir, le père fut conduit en prison dans une véritable procession aux flambeaux, comme Jésus lors de son arrestation à Gethsémani.

En prison, il retrouva le père jésuite Pedro de l’Assomption, qui voulut lui baiser les pieds respectueusement, mais João l’en empêcha ; il continuait de catéchiser les prisonniers, d’écrire des billets aux autres missionnaires et aux Chrétiens. Des Chrétiens qui avaient précédemment apostasié vinrent se confesser.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

João Baptista déclara alors qu’il avait vécu trois grands jours dans sa vie : celui où il entra dans la Compagnie de Jésus, celui où il fut condamné à mort, et maintenant celui où il allait mourir pour l’amour de Jésus. 

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière.

Ils subirent le martyre le 22 mai 1617.

L’un comme l’autre, ils montraient leur joie de donner leur vie pour Jésus-Christ.

Ils s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. Après avoir reçu deux coups, qui n’avaient pas été mortels, João Baptista se releva, et se remit à genoux pour recevoir un troisième et ultime coup.

Il a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Micae Hô Đình Hy

1808-1857

 

Micae (Michel) était né vers 1808 à Như Lâm (Thừa Thiên, Cochinchine nord : Vietnam).

Sa famille était chrétienne, et comptait douze enfants, il était le plus jeune.

Marié avec un Chrétienne, ils eurent deux garçons et trois filles.

Devenu grand mandarin à l’âge de vingt-et-un ans, intendant des soieries royales, c’était un mandarin de la haute société. Il commerçait avec Singapour et la Malaisie.

Son fils aîné voulut être prêtre et il l’envoya étudier en Indonésie. Mais quand son autre fils mourut à douze ans, il se refusa à rappeler son aîné, ce qui aurait été la tradition confucianiste.

Durant toutes ces années où il recouvrit un poste royal, il s’ingénia à protéger les missionnaires, en les faisant passer pour des correspondants de commerce, et les aidant ainsi à traverser le Vietnam discrètement et en toute sécurité.

Un jour que son bateau avait accroché un autre bateau de commerce, il vendit sa propre tenue officielle pour payer les frais de réparation (ce jour-là, son bateau transportait l’évêque des Missions Etrangères de Paris). 

On lui confia les archives des activités missionnaires, en principe illégales.

Jusque tard, il ne pratiquait pas publiquement sa foi, se contentant de protéger la communauté chrétienne, ce qui contrariait ses collègues mandarins.

Il fut dénoncé par un magistrat local, auquel il avait refusé d’accéder aux filatures de soie royales, et fut arrêté à cause de ses activités chrétiennes.

Durant sa période d’emprisonnement, il joua un tour aux magistrats locaux, présentant un texte où il se disait avoir été enrôlé par le gouvernement français, et précisant que ce gouvernement n’appréciait pas les persécutions infligées aux Chrétiens. La duperie ne fonctionna pas : l’évêque lui-même fit comprendre à Micae que sa manœuvre ne ferait qu’engendrer plus de persécutions, outre que la France ne voulait pas justifier sa présence au Vietnam uniquement à cause des persécutions. Micae alors se rétracta et rédigea une déclaration exacte, et passa ses derniers jours dans le repentir et l’humilité. 

Il fut torturé plusieurs fois avant de subir le martyre, et particulièrement il fut humilié publiquement avant l’exécution. On lui confisqua tous ses biens. Des témoins affirmèrent qu’il avait demandé à mourir près de son village natal, plutôt qu’à l’endroit prévu pour l’exécution. Il voulut porter son habit officiel pour mourir, au lieu de la tenue de prisonnier. Il refusa son dernier repas.

Des prêtres purent lui administrer discrètement les derniers Sacrements. Il fut décapité à An Hòa (Quảng Nam), le 22 mai 1857.

Son épouse et sa belle-fille lui survécurent. Il fut le dernier membre haut-placé à être exécuté sous la dynastie Nguyễn.

En 1900, un historien vietnamien écrivit : 

L’empereur Tự Đức condamna sa vie terrestre,                                                      

 Le pape Léon le glorifia dans l’autre Vie.

Micae fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Rappelons que les Martyrs vietnamiens ont leur jour de fête commun le 24 novembre.

(Des contemporains critiquèrent souvent Micae pour sa première «confession», la jugeant responsable des persécutions successives ; mais quand le fils de Micae put revenir au pays, vingt-cinq ans après, il donna pleinement raison à son père : tous ceux que celui-ci avait nommés dans sa déclaration, toute sa famille, ses proches, les Chrétiens alentour, tous furent épargnés).

 

 

Laurenço Ngon

?-1862

 

Laurensô (Laurent) était né à Lục Thủy (Nam Định, Vietnam).

Marié, il fut arrêté une première fois pour avoir refusé de piétiner un crucifix. 

Relâché, il fut repris et emprisonné à An-Xa (Nam Định), où il ranima le courage des autres détenus. Invité à fouler la croix, il répondit : Je professe la religion du Seigneur du ciel et de la terre, et je ne la renierai jamais en piétinant la croix. Si vous me laissez vivre, c’est bien ; autrement c’est avec plaisir que je mourrai.

Après plus de huit mois de prison, il fut martyrisé le 22 mai 1862, un des derniers Martyrs avant le traité franco-vietnamien, qui mettait fin aux exécutions «légales», même s’il y en eut encore par la suite.

Laurensô a été canonisé en 1988, dans le groupe des cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Maria Domenica Brun Barbantini

1789-1868

 

Née le 17 janvier 1789 à Lucques (Toscane, Italie), Maria était l’aînée de quatre enfants de Pietro Brun, d’origine suisse, et de Giovanna Granucci.

Elle n’était qu’adolescente, lorsque moururent en peu de temps son père et ses trois petits frères. Sa mère l’aida à traverser ces épreuves avec foi.

En 1811, elle épousa Salvatore Barbantini, qui mourut cinq mois après leurs noces, alors qu’elle était déjà enceinte. Ayant perdu son «époux adoré», elle se donna entièrement à l’Epoux céleste.

Après la naissance de son fils, Lorenzino, elle maintint les activités commerciales de son mari, pour procurer à son fils la meilleure éducation possible, et donnait le temps qui lui restait (la nuit) au soin des pauvres malades de la ville. Avec quelques amies, elle créa la pieuse union des Sœurs de la Charité.

Or son fils mourut à son tour, à huit ans. Encore une fois, ce fut en s’élevant vers Dieu qu’elle trouva sa voie : comme elle avait pris Jésus-Christ comme Epoux après son mari défunt, elle s’offrit à Dieu comme mère spirituelle des infirmes après la mort de son fils. Son amour maternel la guidera vers les malades isolés, abandonnés, pauvres, mourants.

Par tous les temps, elle courait au chevet des malades, malgré la fatigue, le soleil brûlant ou la pluie diluvienne. Pour résister au sommeil, elle en arriva à s’appliquer du tabac sur les yeux, pour que le picotement l’empêchât de s’endormir et qu’elle pût continuer d’assister la malade.

Parfois, des gens malintentionnés la suivaient la nuit, mais elle sut courageusement les remettre en place.

Le clergé ne put ignorer cette femme si courageuse et ingénieuse. L’évêque lui confia la mission d’établir à Lucques un monastère de la Visitation, pour l’éducation de la jeunesse. Maria Domenica réussit dans l’entreprise : six ans après, le monastère ouvrait, et existe encore.

De là, Maria Domenica eut l’inspiration de fonder une famille nouvelle : les Sœurs Oblates Infirmières, pour servir le Christ dans ses membres malades. La fondation se fit en 1829.

Les Religieuses devaient servir le Christ souffrant, même au péril de leur vie.

L’évêque approuva les règles en 1841.

Comme cela arrive presque toujours, des calomnies s’abattirent sur la pauvre Fondatrice, qui les reçut «priant, pardonnant, avec amour pour ses persécuteurs».

Sa famille religieuse s’appelle actuellement : les Sœurs de saint Camille Servantes des Infirmes (Suore Ministre degli Infermi di San Camillo) ou Sœurs camiliennes, saint Camille de Lellis ayant été, au 17e siècle, à l’origine d’une famille de Religieux au service des Infirmes (voir au 14 juillet).

Maria Domenica s’éteignit à ce monde le 22 mai 1868 à Lucques.

Elle fut béatifiée en 1995.

Francisco Salinas Sánchez
1914-1938

Francisco naquit le 31 août 1914 à Almería, dans une famille chrétienne. Son père avait un petit atelier artisanal où il travaillait pour les pêcheurs du port.

Il fallait travailler pour vivre, mais Francisco sentait un appel encore plus exigeant : se consacrer à Dieu.

Il commença le séminaire - où il se lia de grande amitié avec Rafael Román Donaire (v. 8 décembre), mais la difficulté des études le rebutèrent ; en 1934 il préféra aller frapper au couvent des Franciscains de Orihuela, où il voulait être frère convers. Il commença le postulat.

En 1936, l’agitation révolutionnaire le fit rentrer chez les siens. Il avait vingt-deux ans et accomplit le service militaire. Il ne manqua pas une occasion de montrer son attachement au Christ, mais aussi se débrouilla pour rendre mille services envers les prisonniers et leurs familles. Connaissant bien les paysans, il put ainsi distribuer des denrées de première nécessité. Il fut même chargé de porter l’Eucharistie, là où le prêtre ne pouvait rejoindre les âmes.

Mais Francisco fut dénoncé. Arrêté, il fut transféré au camp de Turón, le 3 mai 1938. On voulut lui extorquer les noms de ceux qu’il connaissait ; malgré les cruelles tortures auxquelles on le soumit, il resta fidèle à Dieu et ne livra pas de noms.

Il mourut en Témoin du Christ, le même jour qu’un autre Compagnon, José Quintas Durán, le 22 mai 1938 dans ce camp de Turón. C’étaient deux amis d’enfance et du même âge.

Tous deux furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Francisco Salinas Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

 

José Quintas Durán
1914-1938

José naquit le 21 novembre 1914 à Almería, premier des huit enfants de bons parents chrétiens qui priaient le chapelet chaque soir.

Il participa à l’Adoration nocturne de l’Eucharistie, au groupe S.Louis-de-Gonzague ; il se confessait chaque dimanche pour communier ; le dimanche aussi, il accompagnait son père dans ses visites aux malades et aux pauvres.

Début juillet 1936,  il commença son service militaire. Quand la guerre civile éclata, le 19 juillet, il fut retenu prisonnier avec deux de ses frères, dont l’un, Luis, fut martyrisé le 4 août, et l’autre fut brutalement frappé et renvoyé chez lui. Quant à José, il resta en prison, puis fut envoyé au front de Cuenca. 

En avril 1938, il eut une permission pour revenir à Almería : le 4 avril, il fut de nouveau arrêté lorsqu’on apprit son appartenance au groupe S.Louis-de-Gonzague et on l’envoya le 3 mai au fameux camp de Turón.

Le 22 mai 1938, au terme d’une journée exténuante, on lui commanda de creuser une fosse ; à un moment donné, on lui tira dans les genoux et comme il se trouvait étendu au fond de la fosse, on commença à lui jeter de la terre pour l’ensevelir vivant. Il cria : Pour l’amour de Dieu, achevez-moi, Dieu vous pardonnera.

Il avait vingt-trois ans et demi. Il fut béatifié en 2017, comme son frère Luis.

Le nom du bienheureux José Quintas Durán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 23:00

21 MAI

 

?

S Timotheus, diacre martyr en Mauritanie.

III.

Ss Polyeuktos, Victorius et Donatus (?), martyrs l’un à Césarée de Cappadoce, l’autre à Rome, le dernier en Afrique.

IV.

S Constantin, empereur, inséré en ce jour dans le calendrier d'Orient avec ste Hélène.

S Second, martyr des ariens à Alexandrie, avec beaucoup d’autres.

VI.

S Paterne, né en Armorique, moine au pays de Galles, premier évêque à Vannes ; mort un 15 avril ; ce 21 mai fut le jour d'une translation de ses reliques.

S Hospice, ermite près de Nice, doué du don de prophétie et de miracles.

S Manços, martyr à Elvira.

IX.

Ste Isbergue, patronne de l’Artois, peut-être sœur de Charlemagne.

? Ste Gisèle, fille de Pépin le Bref, restée fidèle au vœu de virginité malgré la demande en mariage de plusieurs souverains.

XI.

S Thibaud, évêque à Vienne ; dans un concile qu’il réunit, on punit les clercs mariés et l’on rappela aux prêtres l’obligation de porter le viatique.

XIV.

S Hemming, évêque à Turku, ami de ste Brigitte de Suède.

XVIII.

B Jean Mopinot (fr.Léon), frère des Ecoles Chrétiennes, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Charles-Joseph-Eugène de Mazenod, réfugié en Italie pendant la Révolution, évêque à Marseille, fondateur des Oblats de Marie Immaculée, canonisé en 1995.

XX.

Bx Manuel Gomez González (*1877), religieux espagnol actif au Brésil, et Adílio Daronch (*1908), jeune laïc brésilien, martyrisés en 1924, béatifiés en 2007.

Bx moines de Tibhirine, retrouvés décapités en ce jour : les prêtres Paul Dochier (Luc), Christian Lemarchand (Bruno), Célestin Ringeard, le prieur Christian de Chergé, Christophe Lebreton (*1914, 1930, 1933, 1937, 1950) ; les frères Paul Favre-Miville et Michel Fleury (*1939, 1944) ; assassinés en 1996, ils furent tous béatifiés en 2018.

Timotheus de Maurétanie

?

 

De Timotheus, on ne connaît que le nom et sa qualité : il était diacre.

La Maurétanie est cette région d’Afrique du Nord qui couvrirait des territoires du Maroc et de l’Algérie.

Saint Timotheus de Maurétanie est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Polyeuktos de Césarée de Cappadoce

? 3e siècle

 

Il s’agit ici d’un Martyr historique, dont on ne connaît que le nom et le lieu de son martyre.

La ville de Césarée de Cappadoce est aujourd’hui Kayseri (Turquie centrale).

Il ne faut pas confondre ce Polyeuktos avec celui, bien plus célèbre, du 7 janvier.

Il est curieux que l’ancien Martyrologe mentionnait en même temps que Polyeuktos, un s.Victorius de Rome et un s.Donatus d’Afrique. Ces compagnons ne sont plus nommés dans l’actuelle version, même s’ils sont bien attestés historiquement.

Saint Polyeuktos de Césarée de Cappadoce est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Manços d’Elvira

VIe siècle

 

Manços (en latin Mancius), était probablement d’origine romaine. Il est peu connu et même un peu contesté, mais il fut tout de même assez célèbre pour qu’on lui dédicaçât une basilique construite sur son tombeau.

Il vivait à la fin du Ve siècle, et fut acheté comme esclave par des commerçants Juifs qui l’emmenèrent à Evora en Portugal. Là, il tomba entre les mains d’un maître qui détestait le christianisme et le fit mourir, au VIe siècle. 

Jusqu’ici vont les informations “historiques” fiables.

Il existe toutefois une autre tradition, qui ferait de saint Manços le premier évêque de Evora, et donc le fondateur de cette ville qui eut une histoire glorieuse, et une importance suffisante pour voir surgir en son centre des monuments maintenant classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa magnifique cathédrale est consacrée à Notre-Dame de l’Assomption.

Le Martyrologe Romain, qui mentionne Manços au 21 mai, ne parle pas de cet épiscopat, et pour cause : tandis que saint Manços est martyrisé au VIe siècle, on a la certitude de l’existence d’un évêché à Evora beaucoup plus tôt, puisqu’au concile d’Elvire en 303 est mentionné le nom de Quincianus, évêque à Evora.

Que le premier évêque d’Evora se soit peut-être déjà appelé Manços, on peut aussi le supposer, mais aucun document ne nous le prouve.

Il reste que Saint Manços est le patron principal de cette ville portugaise, qui est jumelée entre autres avec la ville française de Chartres, également dotée d’une magnifique cathédrale dédicacée à Notre-Dame.

 

 

Paterne de Vannes

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Paterne (Patern, Padern) naquit en Bretagne Armorique de Petran et Guéan, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur premier évêque (465). Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville. Cette même année fut d’ailleurs convoqué à Vannes un concile provincial, présidé par s.Perpetuus, archevêque de Tours (v. 30 décembre), au cours duquel fut entérinée la fondation de ce nouveau diocèse de Vannes et Paterne reconnu (et consacré) comme son premier évêque.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment le papa, Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait apparemment pas même été informé de ces événements ? On pourrait aussi se demander si une vie humaine suffit à accomplir tant de voyages et tant de fondations comme en fit Paterne.

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme d’Avranches (v. 15 avril) est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hospice de Nice

† 585

 

L’unique auteur qui a parlé de Hospicius est s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), contemporain de notre personnage.

Hospitius (Hospice) donc, était un ermite qui s’était fait enfermer dans une tour à quelque distance de Nice. Il se serra autour du corps des chaînes lourdes, qu’il couvrait avec un cilice rugueux. Son alimentation consistait en un peu de pain et quelques dattes ; ce festin étant trop riche, il le remplaçait en temps de Carême par des herbes qui lui arrivaient par quelque négociant d’Egypte : il en buvait l’eau de cuisson, puis il mangeait les herbes ensuite. Les ermites d’Egypte, paraît-il, consommaient les herbes en question, et cela faisait croire à certains habitants qu’Hospice était d’origine égyptienne.

Un homme aussi «original» ne pouvait rester ignoré ; on vint le voir, le questionner, lui demander de prier, de guérir des malades. Les miracles se multiplièrent : guérison d’un sourd-muet, d’un aveugle-né, de possédés. Humble et effacé, Hospice assurait que ces miracles étaient faits par Celui qui de rien a créé le monde.

Il eut le don de prophétie et annonça la prochaine invasion des Lombards, en punition de la dégradation de la piété dans la région. Il pressa même des moines qui vivaient non loin, de partir sans tarder, les rassurant que lui-même ne perdrait pas la vie lors de cette invasion.

En effet, quand les Lombards arrivèrent à la tour d’Hospice, ils crurent que cet homme couvert de chaînes était un brigand et voulurent le tuer ; le soldat qui leva son épée eut soudain le bras paralysé ; tandis que les autres fuyaient, Hospice guérit le soldat, qui se fit moine.

Hospice annonça sa mort trois jours avant l’événement ; il fit pratiquer une ouverture  à sa tour et fit appeler l’évêque pour venir l’enterrer. Au jour annoncé, Hospice retira ses chaînes, se prosterna longuement en prière, puis se coucha sur un banc ; c’est dans cette position qu’il mourut. Alors arriva l’évêque Austadius, qui lui donna la sépulture.

Cet évêque occupa le siège de Nice entre 581 et 585, ce qui permet de dater approximativement la mort d’Hospice.

Saint Hospice de Nice est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thibaud de Vienne

927-1001

 

Thibaud (Theobaldus) vit le jour vers 927 à Tolvon (Voiron, Isère), d’un père de race franque et d’une mère parente du roi de Bourgogne.

Ce dernier, Conrad le Pacifique, l’entoura d’une grande amitié, l’aida et le forma comme un fils.

Lorsqu’en 957 le clergé de Vienne (Isère) ne réussissait pas à imposer son candidat au siège épiscopal, à cause de la bourgeoisie locale qui voulait imposer le sien, le roi proposa Thibaud, qui fut unanimement accepté.

A la mort de ses parents, il disposa de son important héritage en faveur des pauvres et s’empressa d’affranchir les serfs.

En 994, il fit réunir un concile près de Lyon, où l’on confirma les possessions des abbayes de Cluny et de Romans, on interdit aux clercs la pratique de la chasse, on dénonça les clercs mariés et on fit aux prêtres l’obligation de porter le viatique aux mourants.

Thibaud mourut en 1001 après quarante-quatre ans d’épiscopat.

Signalons qu’il fut l’arrière-grand-oncle de s.Thibaud de Provins, l’ermite commémoré le 30 juin.

Le culte de Thibaud de Vienne a été confirmé en 1903.

Saint Thibaud de Vienne est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hemming de Abo

? - 1366

 

Hemming vit le jour dans la fin du 13e siècle à Abo (Balinge, Uppsala, Suède, auj. Turku, Finlande).

Après des études à Uppsala, il fut ordonné prêtre, puis envoyé compléter cette formation à Paris, où il connut le futur pape Clément VI. Il commença alors à se constituer une importante bibliothèque de théologie et de droit canonique.

En 1329, il fut nommé chanoine de la cathédrale d’Abo, et fut remarqué au point d’être choisi à l’unanimité des chanoines, pour devenir évêque, en 1338.

Hemming put accomplir un travail considérable dans son diocèse, qui en avait besoin : il créa la table épiscopale, développa l’enseignement dans les écoles, en particulier à l’intention des futurs prêtres. Il fit don à la cathédrale de sa bibliothèque et envoya ses meilleurs séminaristes étudier comme lui à Paris.

Il organisa des synodes pour reprendre toute la vie liturgique et spirituelle des diocésains.

En 1347, il vint à Paris sur invitation de sainte Brigitte (v. 23 juillet), rencontra Clément VI en Avignon pour le persuader de revenir à Rome, et proposa ses services pour rétablir la paix entre les deux rois de France et d’Angleterre.

Hemming mourut le 21 mai 1266, déjà honoré comme saint grâce aux nombreux miracles obtenus par son intercession. Toutefois, ces actes ayant été perdus, la canonisation fut lente. En 1514, on autorisa son culte ; l’actuel Martyrologe lui attribue le titre de Saint.

 

 

Jean Mopinot

1724-1794

 

Jean naquit à Reims le 12 septembre 1724.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Moulins en 1744, et prit le nom de Léon.

Arrêté dans la rafle générale des Religieux et des Prêtres au moment de la Terreur révolutionnaire, il se retrouva dans les cales d’un bateau négrier qui devait partir pour la Guyane, mais le bateau resta à Rochefort et les prisonniers moururent en grand nombre à la suite des mauvais traitements et des épidémies.  

Le frère Jean-Léon Mopinot était sur le «Les Deux Associés» et mourut sur l’Ile Madame (où l’on se débarrassait des mourants), le 21 mai 1794.

Il fut béatifié parmi une soixantaine d’autres Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Eugène de Mazenod

1782-1861

 

Né le 1er août 1782 à Aix-en-Provence, Charles Joseph Eugène était le fils unique de Charles Antoine de Mazenod et de Marie Rose Eugénie de Joannis. Monsieur de Mazenod, comme son père, était président à la cour des comptes ; Madame était d’une riche famille de médecins.

Fuyant la Révolution, la famille fut à Nice, puis à Turin, Venise, Naples, Palerme. C’est à Venise qu’un prêtre sema dans le cœur de l’adolescent Eugène les germes de sa vocation.

Eugène n’avait pas de compagnons de son âge, et se trouva de plus séparé de sa mère, qui demanda le divorce pour recouvrer en France ses propriétés.

En 1802, Eugène put revenir en France. Il hésita un moment, à cause de deux projets de mariage, mais se décida fermement pour les études théologiques et entra à Saint-Sulpice à Paris en 1808.

Il refusa de recevoir l’ordination des mains de l’évêque établi par l’empereur, et fut ordonné par l’évêque d’Amiens, un ami de famille originaire de Marseille. Ce dernier lui proposait d’être son vicaire général, mais Eugène refusa humblement, désirant se consacrer uniquement aux pauvres.

Il revint en Provence en 1812. Au lendemain de la Révolution, le travail était immense.

Au commencement, Eugène fut frappé par l’épidémie de typhus qui sévit dans la région ; mais il surmonta la maladie.

En 1816, il fonda les Missions de Provence, pour évangéliser les populations. Eugène sut innover, pour se mettre vraiment à la disposition des gens : il leur parlait en provençal, il allait les visiter chez eux, à domicile. D’autres prêtres se joignirent à lui.

En 1823, à la tête du diocèse de Marseille, supprimé en 1790 et enfin rétabli, fut nommé évêque Fortuné de Mazenod, l’oncle d’Eugène, qui prit ce dernier pour vicaire.

Une crise traversa les Missions de Provence, et Eugène dut aller chercher auprès du pape l’approbation nécessaire pour consolider son Œuvre : ce fut le début d’une nouvelle congrégation, des Oblats de Marie Immaculée (OMI).

En 1837, Eugène succèda à son oncle, démissionnaire (il avait quatre-vingt-huit ans).

En 1841, déjà six Oblats partirent pour l’Amérique, sur l’invitation du jeune évêque de Montréal.

A Marseille où la population s’accroissait très rapidement, Mgr de Mazenod créa vingt-et-une paroisses et fit construire trente-quatre églises.

En 1853, il posa la première pierre de la basilique Notre-Dame de la Garde.

La maladie le frappa début 1861. Il désirait mourir en pleine conscience. Doyen des évêques de France, il s’éteignit le 21 mai 1861.

Il fut béatifié en 1975, et canonisé en 1995.

Manuel Gómez González

1877-1924

 

Fils aîné de José Gómez Rodríguez et de Josefa González Durán, il naquit le 29 mai 1877 à As Neves (Tuy, province de Pontevedra en Espagne), et fut baptisé le lendemain. Selon l’habitude de l’époque, il reçut la confirmation l’année suivante.

Il fréquenta le Petit séminaire de San Pelayo, passa au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1902.

D’abord vicaire dans sa propre paroisse natale, il obtint la permission d’être incardiné dans le voisin diocèse portugais de Braga, où il exerça le ministère sacerdotal à Notre-Dame di Extremo, puis à Monsão.

La persécution anticléricale qui sévissait alors au Portugal le poussa à demander de partir pour le Brésil (1913).

Après une brève période à Rio de Janeiro, il remplaça dans le Rio Grande do Sul un curé qui, originaire lui-aussi du diocèse de Braga, devait revenir au Portugal à cause de la santé de son père, puis il assista ce dernier à son retour, comme vicaire pendant plusieurs mois, après lesquels il fut nommé curé de Nonoai (1915).

C’était une paroisse immense, où Manuel organisa la catéchèse, et promut intensément la participation des fidèles à la sainte messe et aux sacrements, luttant contre l’indifférence et cherchant par tous les moyens à améliorer leurs conditions de vie.

Il subdivisa le territoire de sa paroisse en petites communautés, ouvrant une petite école dans son propre presbytère, où il instruisait gratuitement les enfants et les adolescents. Il construisit un four pour la fabrication des briques, construisit la maison paroissiale pour accueillir gratuitement les plus pauvres, promut la culture du riz et des pommes de terre, et restaura son église.

En huit années, il transforma l’aspect de sa paroisse. Ceux qui l’ont connus ont témoigné : il souffrait avec ceux qui souffraient, il faisait toujours le bien, il ensevelissait les morts et assistait les veuves. Il se soucia de protéger les Indiens.

On a un témoignage très intéressant des deux sœurs d’Adílio, ce jeune garçon qui allait être martyrisé avec lui. L’une d’elles, Carmelinda, écrivit : “(Don Manuel) était très aimable et respecté de tous. On le considérait comme le personnage le plus important sur place. Il donnait des conseils, plein de charité, il enseignait à prier, à lire, à écrire. Ses Messes étaient très ferventes. J’y participais toujours avec ma famille.”

L’autre sœur, Zolmira, écrivait à son tour : “Don Manuel était très ami de ma famille. Lui et mon père étaient souvent en conversation. C’est lui qui me donna la première Communion. Tous les paroissiens l’admiraient, parce qu’il était l’une des rares personnes qui se souciaient des gens et instruisaient les fidèles. Don Manuel était sympathique, aimable, humble ; il avait de bons rapports avec tout le monde. C’était un travailleur, il allait partout juché sur son âne”.

Plusieurs fois don Manuel reçut la charge d’administrateur de la paroisse voisine de Palmeiras das Missões, près du fleuve Uruguay, tout près de la frontière argentine. Ce fut là l’occasion de son prochain martyre.

C’était en mai 1924 : l’évêque lui demanda d’aller visiter un groupe de colons brésiliens d’origine allemande. Après avoir célébré Pâques dans la paroisse de Nonoai, il entreprit le voyage en compagnie du jeune Adílio, sans trop se soucier des groupes révolutionnaires qui s’agitaient dans les environs.

Il s’arrêta d’abord à Palmeiras das Missões, pour y administrer les sacrements et rejoignit Colonia Militar, où il célébra la Messe le 20 mai 1924 : ce devait être sa dernière Messe.

On lui déconseillait de s’aventurer dans la forêt, mais son cœur brûlait d’aller porter la grâce divine à ces gens.

En cherchant son chemin, il rencontra quelques soldats qui, gentiment, lui proposèrent de l’accompagner ; c’était un piège. Manuel et son fidèle Adílio de seize ans furent conduits à un endroit isolé de la forêt, où les chefs militaires les attendaient.

Un témoin raconta : “Après moins d’une demi-heure, on entendit plusieurs coups de feu. Il était neuf heures du matin de ce mercredi 21 mai 1924. Nous nous demandions sur qui les soldats avaient pu tirer. Peu après, quand réapparurent les soldats, personne n’osait rien dire, par crainte des révolutionnaires, et encore moins aller voir dans la forêt ce qui s’était passé.

 C’est le lendemain soir que des jeunes virent arriver deux ânes seuls ; le paysan de l’endroit, qui ne les connaissait pas, commença par les chasser, et c’est alors qu’un autre paysan, monsieur Diesel, reconnut l’âne du père Manuel et du jeune Adílio. Sans perdre un instant, il enfourcha son cheval et courut demander à la paroisse de Trés Passos : Le père Manuel est-il arrivé pour dire la Messe ? On lui dit que non. On en déduisit alors qu’on l’avait abattu dans la forêt de Feijão Miúdo.”

 Effectivement, don Manuel et Adílio avaient été maltraités, puis attachés chacun à un arbre et fusillés en haine de la foi et de l’Eglise catholique.

Manuel et Adílio ont été béatifiés ensemble en 2007, et sont également nommés ensemble au Martyrologe du 21 mai.

 

 

Adílio Daronch

1908-1924

 

Ce jeune garçon brésilien était le troisième des huit enfants de Pedro Daronch et Judite Segabinazzi’s. Il était né le 25 octobre 1908 à Dona Francisca dans le Cachoeira do Sul (Rio Grande du Sud). La famille s’était transportée plusieurs fois, jusqu’à Nonoai en 1913.

Adílio était un de ces adolescents qui accompagnaient le Père Gonzalez dans ses longues visites pastorales, jusqu’aux Indiens de Kaingang d’où la famille était originaire. Il servait fidèlement la messe du Père Manuel, dont il avait reçu sa formation scolaire.

Quand le Père Manuel reçut la mission d’aller visiter des colons allemands établis non loin du fleuve Uruguay, il emmena avec lui son fidèle Adílio.

En route, il rencontra des révolutionnaires, qu’il exhorta au respect des autres, leur rappelant leur foi catholique commune. Mais un des extrémistes n’apprécia pas son discours, ni non plus le fait que Manuel donnait une digne sépulture aux victimes de ces bandes locales. 

Manuel et Adílio continuèrent leur route. On leur déconseilla de s’aventurer dans la forêt, mais Manuel désirait avant tout porter la Bonne Nouvelle, et brava le danger.

Ils rencontrèrent des militaires et leur demandèrent leur chemin. Ces derniers firent semblant de les guider et les conduisirent à un endroit isolé où les attendaient les chefs. On les malmena, on les attacha chacun à un arbre et ils furent ainsi fusillés en haine de la foi, le mercredi 21 mai 1924.

Fait surprenant : si les humains refusèrent le message de respecter les autres, la nature s’en chargea ; en effet, quatre jours après, les habitants de Très Passos retrouvèrent les deux corps des Martyrs encore intacts, sans qu’aucune bête de la forêt les eût touchés.

Adílio, en compagnie de son bien-aimé père Manuel, furent reconnus Martyrs, et béatifiés ensemble en 2007 ; le Martyrologe les commémore ensemble aussi le 21 mai.

 

 

Paul Dochier

1914-1996

 

Né le 31 janvier 1914 à Bourg-de-Péage (Drôme), Paul Gabriel Dochier était le troisième enfant d’une bonne famille. Le père, après avoir vendu la petite entreprise de chaussures, vivait de ses rentes. Les frère et sœur de Paul s’appelaient André et Marthe.

En 1932, mourut André de tuberculose ; cet épisode marqua beaucoup le jeune Paul ; après le baccalauréat, il entra à la faculté de médecine.

En avril 1937, Paul vint vivre à l’abbaye cistercienne Notre-Dame d’Aiguebelle, dont l’Abbé lui conseillera d’achever d’abord ses études de médecine. En 1938, il passa l’internat puis commença le service militaire.

Affecté à Goulimine, dans le Sud marocain, il ne sera pas en France en 1940, lors de la mort de sa mère. Mais quand il put venir dans cette France occupée, il alla auprès de Marthe Robin, qui l’encouragea à embrasser la vie monastique.

En décembre 1941, il fut admis dans l’abbaye d’Aiguebelle d’abord comme oblat, puis comme novice de chœur. Désormais, il sera frère Luc (s.Luc, on le sait, était médecin, v. 18 octobre). En réalité, un an plus tard, frère Luc décidera de rester frère convers, assistant aux offices depuis les bancs des fidèles.

En 1943, il se porta volontaire pour remplacer un père de famille prisonnier en Allemagne, sacrifice qui lui donna l’occasion surprenante de retrouver là-bas son beau-frère, prisonnier depuis deux ans. Il rencontra - et soigna - aussi des officiers russes, particulièrement mal traités par les Allemands.

Quand il revint en France, en été 1945, il était lieutenant. Il assista au spectacle désolant de la maison familiale brûlée et rejoignit Aiguebelle. En 1946, il fit profession et partit pour Notre-Dame-de-l’Atlas à Tibhirine (Maroc).

Il y ouvrit un dispensaire pour accueillir les malades et les blessés de la région. C’était une nouveauté pour les Trappistes, qui d’habitude ne sortaient pas du cloître ; ce dispensaire les ouvrait alors au monde extérieur et favorisait des contacts chaleureux avec la population.

En 1949, frère Luc prononça les vœux solennels. Il fut désormais chargé de la cuisine.

Jusques là, la vie au monastère se déroulait dans une ambiance pacifique et fructueuse. Mais avec la guerre civile et les agitations politiques, tout allait basculer dans la tourmente et le chaos.

En 1959, première épreuve lourde pour frère Luc, qui fut enlevé pendant dix jours par des moudjahidines ; ce choc - le Frère a quarante-cinq ans - l’obligea à être soigné à l’hôpital d’Alger d’abord, puis en France. Certains moines quittèrent l’Algérie, puis le gouvernement imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) ; la quasi intégralité des terrains viticoles fut nationalisée, les moines ne conservant qu’une douzaine des quelque quatre-cents hectares de l’abbaye.

En 1975, frère Luc fut à nouveau soigné en France ; on discuta alors de la fermeture du dispensaire. Mais frère Luc «imposa» gentiment son point de vue, de par son âge et son expérience - il a alors la soixantaine, il est de loin le «doyen» de la communauté - ; et comme il parlait très bien l’arabe dialectal des villageois, il était très proche d’eux. Le dispensaire resta ouvert.

La vigile de Noël 1993, des islamistes firent irruption dans le monastère, puis repartirent après avoir échangé quelques paroles avec le Prieur, le p. Christian de Chergé.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian Lemarchand

1930-1996

 

Né le 1er mars 1930 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), Christian Lemarchand était le fils d’un officier ; et comme tous les officiers changent de domicile au gré de leurs mutations, Christian vivra en Syrie, au Tonkin, en Algérie.

En 1939, à Orléansville (auj. Chlef), il reçut la Première communion et la Confirmation.

En 1945, il fut pensionnaire à La Rochelle et fit partie de ces mouvements de la jeunesse catholique que furent les Cœurs Vaillants et la Croisade Eucharistique. C’est dans cette belle ambiance joyeuse et chrétienne que naquit sa vocation sacerdotale.

Après le Grand Séminaire, il fut ordonné prêtre en 1956. Il sera alors nommé professeur de français à Thouars (Deux-Sèvres), dans le collège Saint-Charles dont il sera successivement nommé directeur. C’est un homme très cultivé, délicat, réservé, mais aussi généreux : il veut que son collège soit accessible aux enfants de familles pauvres, qu’il admet gratuitement.

Mais le prêtre s’interrogeait sur son éventuelle admission dans un ordre monastique. L’abbaye bénédictine de Ligugé, en 1961, fut un échec. En 1963, il visita l’abbaye cistercienne de Bellefontaine, où il retourna chaque année à partir de 1966 pour une retraite.

En 1981, il commença le postulat à Bellefontaine avec le nom de Bruno, comme le Fondateur des Chartreux, s.Bruno (v. 6 octobre).

En 1984, il fit un premier séjour de quelques mois à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où il ira définitivement s’établir en 1988. L’année suivante, il prononça les vœux définitifs.

Toujours en 1989, il fit partie des Frères qui ouvrirent une petite communauté à Fès (Maroc) et dont il fut nommé Supérieur.

En mars 1996, il se rendit à Thibirine, où devait se dérouler l’élection du nouveau Prieur.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

Une rue porte maintenant le nom de «l’Abbé Lemarchand» à Saint-Maixent.

 

 

Célestin Ringeard

1933-1996

 

Né le 29 juillet 1933 à Touvois (Loire-Atlantique), Célestin Ringeard fut mis en nourrice dès sa naissance, car son père était malade de la tuberculose (il devait mourir le mois suivant). Il avait une sœur aînée.

La famille avait une grande dévotion mariale, notamment lors de la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre. Cette date marquera plusieurs fois la vie de Célestin.

Après l’école primaire de Touvois, il fréquenta les Petits séminaires de Legé et Rezé, puis il commença la Grand séminaire à Nantes.

En 1957, il commença son service militaire à Rennes et fut bientôt envoyé à Saïda (Algérie), comme infirmier.

Lui et un autre infirmier eurent une attitude hautement courageuse en demandant de soigner dans leur infirmerie un officier du FLN blessé, au lieu de le laisser en prison. L’officier fut ainsi sauvé.

En 1959, Célestin réintégra le Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1960.

Il fut successivement professeur au Petit séminaire de Legé, vicaire de paroisse à Saint-Herbelain puis à Saint-Dominique (Nantes). Il se sentit spontanément attiré par les quartiers dits défavorisés, où sévissaient l’alcoolisme, la prostitution, la délinquance, jusqu’au jour où il quitta le ministère paroissial pour s’occuper uniquement de la «rue». Il anima un centre social pour les ex-prisonniers, il milita dans l’association Vie Libre pour accompagner et relever les Blessés de la Vie, comme les appela s.Jean-Paul II. Sa dernière épreuve fut le suicide d’un malheureux, homosexuel, qui l’avait appelé.

En 1983, après une longue retraite chez les Cisterciens de Bellefontaine, il y commença son noviciat le 8 septembre - une date de prédilection - et prononça les premiers vœux en 1985, encore le 8 septembre. Entre ces deux dates du noviciat, il se trouve que, le 8 septembre 1984, il eut un contact avec cet officier qu’il avait sauvé une trentaine d’années plus tôt.

En 1986, il partit pour intégrer la communauté cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où l’avaient précédé deux autres membres de Bellefontaine, le Père Bruno et le frère Michel.

Il eut l’émouvante surprise d’être accueilli à Alger par l’officier dont on a parlé plus haut, qui tenait à venir le remercier.

Dans la communauté de Tibhirine, le p.Célestin s’occupa des chants, de l’orgue, de l’hôtellerie. Assez bavard de nature, il eut à combattre son penchant pour observer le silence. Mais surtout, sensible, il dut être soigné pour des malaises cardiaques ; ainsi, après une «visite» d’insurgés la veille de Noël 1993, il dut être opéré de six pontages à Nantes et sa convalescence se prolongea longtemps à Bellefontaine, avant son retour en Algérie six mois plus tard.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian de Chergé

1937-1996

 

Né le 18 janvier 1937 à Colmar (Haut-Rhin), Charles-Marie-Christian de Chergé faisait partie d’une fratrie de huit enfants, dont le père était militaire.

Comme tous les militaires, Monsieur de Chergé dut changer plusieurs fois de résidence. C’est ainsi que l’enfance de Christian se déroula en Alger, où son père était commandant. Déjà à cette époque se dessina la vocation de Christian.

Puis la famille s’installa à Paris. Les études de Christian furent très brillantes ; l’année de son baccalauréat, en 1954, il reçut le prix d’excellence. Parallèlement, le jeune garçon participait aux activités des Scouts.

En 1956, il entra au Séminaire des Carmes à Paris.

En 1959, jeune officier, il sera envoyé en Algérie. Durant cette période, Christian faillit tomber dans une embuscade au détour d’une rue d’Alger. Une altercation avait éclaté, et un Musulman s’interposa pour le protéger ; or ce dernier était père de dix enfants - et fut retrouvé assassiné le lendemain matin. Ce fut une épreuve douloureuse pour Christian, qui en resta marqué toute sa vie.

En 1964, il fut ordonné prêtre à Paris et nommé chapelain à Montmartre.

En 1969, il choisit d’entrer chez les Pères Cisterciens (Trappistes). Il fit le noviciat à Notre-Dame d’Aiguebelle puis partit pour Tibhirine (Algérie), à l’abbaye Notre-Dame-de-l’Atlas.

Son engouement pour le dialogue avec l’Islam fut soutenu par ses Supérieurs et il fut envoyé à Rome, de 1972 à 1974, à l’Institut d’Islamologie des Pères Blancs : il y approfondit la culture et la langue arabes.

En 1979, il fonda le groupe Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), où les membres arabes et chétiens pourraient échanger et prier ensemble.

En 1984, l’abbaye de Tibhirine fut réduite à un simple prieuré : le gouvernement algérien en effet imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) et nationalisa la quasi totalité du terrain viticole. Le prieur fut alors le père Christian.

Durant les années de son priorat, le père Christian favorisera les rencontres amicales entre Musulmans et Chrétiens.

Un premier incident grave survint la nuit de Noël 1993, lorsque quelques hommes, armés, pénétrèrent de force dans les bâtiments des Pères. Ils eurent un bref échange avec le père Christian. Rien d’autre ne se passa ensuite - à part la tension dans laquelle les moines vécurent désormais, jusqu’au mois de mars 1996.

On sait que les sept membres de la communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, par un groupe d’une vingtaine d’hommes qui se disaient envoyés par le Groupe Islamique Armé (GIA).

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Paul Favre-Miville

1939-1996

 

Né le 17 avril 1939 à Vinzier (Haute-Savoie), Paul Favre-Miville était le fils d’un forgeron. La maman tenait le café-tabac du pays. Il avait également trois sœurs.

Membre de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC) et collégien à Thonon-les-Bains, il obtint son Brevet puis aida son père à la forge.

En 1959, il partit au service militaire en Algérie et fut sous-lieutenant parachutiste.

Ensuite, il suivit une formation professionnelle et devint un excellent plombier.

Fidèle à la Foi reçue dans sa jeunesse, il participait à la vie paroissiale, dans la chorale, dans les pèlerinages à Lourdes, en Terre Sainte, à Tamanrasset où est enterré le Bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). Il fut pompier bénévole et conseiller municipal.

En 1984, après la mort de son père, il entra comme frère convers chez les Pères Trappistes à Notre-Dame de Tamié.

En 1989 il fut envoyé à Tibhirine, où il fit la profession en 1991.

On le disait «serviable et ami de tous» ; il l’était en effet déjà par ses dons en mécanique, mais aussi par sa disponibilité au potager. Il installa le système hydraulique du village.

Tandis que la tension montait en Algérie, le Frère Paul fit un dernier voyage en France en mars 1996, où il acheta des pelles pour le monastère, ce qu’il commentait avec humour disant que c’était «pour creuser (leurs) tombes».

A son retour le 26 mars, il fut enlevé le soir même avec les six autres membres de la communauté de Tibhirine, par un groupe se réclamant du GIA. La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Il semble que le frère Paul avait reçu une balle dans la tête.

Reconnu comme Martyr ainsi que ses six Frères, il fut béatifié avec eux en 2018 et sera mentionné avec eux au Martyrologe le 21 mai.

 

Michel Fleury

1944-1996

 

Né le 21 mai 1944 à Sainte-Anne-sur-Brivet (Loire-Atlantique), Michel Fleury était d’une famille paysanne et travailla aux champs jusqu’à dix-sept ans.

Il passa ensuite neuf années à étudier au séminaire.

A vingt-sept ans, il fit partie de la communauté du Prado, dont l’esprit était de faire travailler des prêtres et des religieux en milieu ouvrier, pour y pratiquer un fécond apostolat. Michel fut ainsi ouvrier fraiseur à Lyon, puis Paris, ensuite à Marseille.

Successivement, il connut en 1980 les Pères Trappistes de Notre-Dame de Bellefontaine, où il entendit l’appel à faire partie de la communauté de Tibhirine (Algérie), en 1984.

Michel était cet homme discret, effacé même, qui aimait le silence, le travail au service des autres.

A Tibhirine, il fut cuisinier, et sut se mettre sans cesse au service de tous les Frères, se faisant efficace dans mille tâches quotidiennes, toujours avec le sourire.

Il fit la profession en 1986.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Sur la route où ils furent enlevés, on retrouva l’habit monastique du frère Michel.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996, jour anniversaire du Frère.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christophe Lebreton

1950-1996

 

Il semble bien que l’orthographe Le Breton soit erronée.

Né le 11 octobre 1950 à Blois (Loir-et-Cher), Christophe Lebreton était le septième d’une fratrie de douze enfants, sept garçons et cinq filles.

Entré au Petit séminaire dès la sixième, il passa le baccalauréat en juin 1968, dans un climat de très grande instabilité politique et sociale en France.

Il n’entra pas au Grand séminaire, mais fit des études de Droit, abandonnant même toute pratique religieuse. Il éprouva même des sentiments d’amour envers une jeune fille, qui cependant ne lui répondit pas.

Mais ce n’était pas une rupture totale avec Dieu ; Christophe s’engagea dans les camps d’été d’Emmaüs, l’œuvre de l’Abbé Pierre. Et surtout, grâce à un prêtre de Tours - où Christophe était surveillant dans le Petit séminaire - il connut et aima les écrits du bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). C’est ainsi que peu à peu, il prit conscience de sa vraie vocation : suivre Jésus et témoigner.

Il fit son service militaire au titre de la coopération en Algérie ; en Alger, il fit de l’enseignement auprès des enfants d’un quartier pauvre ;  il découvrit bientôt la communauté des pères Trappistes de Tibhirine ; désormais il restera très attaché à cette terre africaine.

En 1974, il commença le noviciat chez les Pères Trappistes de Tamié et l’achèvera à Tibhirine ; mais c’est à Tamié qu’il fera la profession en 1980.

Son Supérieur l’envoya alors faire une année d’apprentissage à Troyes, pour y apprendre le métier de menuisier ; puis il sera affecté à l’hôtellerie du monastère des Dombes. Jusques là, Christophe n’envisageait pas le sacerdoce ; il en prit conscience peu à peu et commença sa préparation.

C’est alors qu’il se porta volontaire pour rejoindre la communauté de Tibhirine, en 1987.

En 1990, il reçut le sacerdoce et sera bientôt nommé père-maître des novices et sous-prieur de la communauté. En même temps, il était chargé de la liturgie et du jardin, et c’est dans ce jardin qu’il développa son esprit de dialogue, avec les «frères musulmans» qui y travaillaient.

On a sur le frère Christophe un témoignage de première main sur ses sentiments et sa réflexion, dans son propre Journal ainsi que dans les Poèmes qu’il écrivit.

En décembre 1993, des Chrétiens croates furent assassinés à proximité du monastère de Tibhirine ; la nuit de Noël suivante, des islamistes armés - les moines les appelaient les frères de la montagne - s’introduisirent dans le monastère et échangèrent quelques paroles avec le Supérieur, puis s’en allèrent. Le frère Christophe s’était pendant ce temps réfugié avec un autre frère dans une cave. Cette expérience le fit réfléchir et l’aida à s’offrir totalement à Dieu, jusqu’au sacrifice s’il le fallait.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 23:00

20 MAI

 

I.

Ste Lydia, la marchande de pourpre à Philippes (cf. Ac 16,14-15). 

III.    

Ste Aurea, martyre à Ostie.

Ss Thalalæus et Asterius, martyrs à Edesse ; Asterius devait exécuter Thalalæus, mais se convertit en en voyant le courage.

IV.    

S Baudelius, martyr à Nîmes pour avoir interrompu un sacrifice païen.   

S Lucifer, évêque à Cagliari, intrépide et parfois excessif adversaire de l’arianisme, au point que certains se servirent de lui pour former un schisme ; on dit même qu’il serait peut-être mort séparé de la communion romaine, malgré la sainteté de sa vie personnelle.

S Hilaire, évêque à Toulouse.

V.

S Thalélée, anachorète près de Gabales, dont la patiente persévérance vint à bout des démons qui l’assaillaient.

VII.

S Amalbert, fils des ss. Germes et Domance, mort jeune.

S Outrille), évêque à Bourges.

S Anastasio, évêque presqu'inconnu à Brescia.

VIII.

S Teodoro, évêque à Pavie.

S Ethelbert, roi et martyr en Angleterre, assassiné traitreusement au moment où il demandait en mariage la fille d’un autre roi.

XII.

B Guido de Gherardesca, ermite à Castanetum (Etrurie).

S Jean Népomucène, prêtre bohème, martyrisé sur ordre du roi qui voulait en obtenir le secret des confessions de sa femme ; le 20 mars au Martyrologe.

XV.

S Bernardino de Sienne, franciscain et prédicateur enflammé, propagateur de la dévotion au saint Nom de Jésus, d'où la représentation qu'on en fait avec les trois lettres IHS (Iesus Hominum Salvator) ; canonisé six ans après sa mort.

XVI.

Bse Angelella Colomba, tertiaire dominicaine à Pérouse, qui cherchait à réconcilier les factions de cette ville.

XIX.

S Chŏng Kuk-bo Protasius, martyr coréen canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Hendrina Stenmanns (Josefa, 1852-1903), co-fondatrice allemande des Servantes du Saint-Esprit, béatifiée en 2008.

S Arcangelo Tadini (1846-1912), prêtre italien à Brescia, très actif dans le monde ouvrier, fondateur des Sœurs ouvrières de la Sainte-Maison de Nazareth pour l’éducation des ouvrières, avec lesquelles elles travaillent dans les usines, béatifié en 1999, canonisé en 2009.

Bx Rafaél García Torres et Tomás Valera González (*1904 et 1918), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017. 
B Jakub Pankiewicz (Anastazy, 1882-1942), prêtre polonais franciscain, fondateur des Sœurs antoniennes du Christ-Roi, gazé à Dachau, béatifié en 1999 ; il est mentionné au 20 avril dans le Martyrologe.

 

Lydia de Philippes

1er siècle

 

Alors que saint Paul prêchait à Philippes, raconte saint Luc dans les Actes des Apôtres, 

une femme nommée Lydia, marchande de pourpre de la ville de Thyatire et servant Dieu, nous écouta et le Seigneur ouvrit son cœur pour prêter attention à ce que disait Paul. Lorsqu’elle eut été baptisée, elle et sa maison, elle nous pria disant : «Si vous m’avez jugée fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous y força (Ac 16:14-15).

Cette femme pleine de bonne volonté, généreuse et hospitalière, est restée humblement dans une discrète réserve. 

On peut au moins en dire qu’elle fut la première Européenne à être convertie par l’Apôtre.

Les exégètes avancent qu’elle dut mourir déjà vers les années 50-55, puisque saint Paul, écrivant aux Chrétiens de Philippes après cette date, ne la mentionne pas.

Autrefois inscrite au 3 août dans le Martyrologe, elle a été remise au 20 mai, selon le calendrier oriental.

 

 

Aurea d’Ostie

† 250

 

L’histoire de cette Martyre présente quelques invraisemblances historiques, au point que les spécialistes la regardent avec quelque suspicion.

Chrétienne romaine, Aurea (la Dorée) aurait été expulsée de Rome et aurait trouvé refuge à Ostie. Elle y aurait fait des miracles retentissants, comme de libérer un Chrétien prisonnier en en faisant tomber les chaînes et en convertissant ainsi dix-sept soldats au christianisme - qui furent décapités, ou en ressuscitant le fils d’un sabotier.

Aurea aurait été torturées et précipitée en mer avec une grosse pierre au cou, puis son corps aurait été ramené au rivage par les vagues.

Une inscription ancienne, retrouvée récemment, porte cette indication : Chryse hic dormit, où le mot Chryse traduit Aurea : Aurea dort ici. Qui sait si cette Martyre n’était pas grecque ?

Sainte Aurea d’Ostie est commémorée le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thalalæus d’Egée

† 272

 

Thalalæus était un Martyr d’Edesse de Cilicie, une localité proche d’Egée (auj. Yumurtalık, Turquie S) ; de lui on ne sait rien de plus, sinon la date probable de son martyre en 272.

Ce qui est remarquable, c’est que le bourreau lui-même, un certain Asterius, fut frappé par le courage de sa victime et se convertit sur place, se méritant alors de recevoir la même couronne glorieuse.

Saint Thalalæus d’Egée est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baudelius de Nîmes

† 347

 

Baudelius (Baudille) était originaire d’Orléans.

Il existe maintes variantes à son nom : Baudille, Baudelle, Baudière, Beauzire, Bauzile ou Bauzille, Bauzély, Basile…

Certains ont affirmé qu’il était diacre.

Avec son épouse, il vint vers 287 dans la région de Nîmes pour évangéliser les populations encore païennes.

Y ayant interrompu un sacrifice païen, il fut arrêté, reçut maintes tortures, dont celle du fouet, puis fut décapité à la hache.

Ce pouvait être vers 350.

L’épouse de Baudelius procéda à l’inhumation de son cher mari au lieu-dit Valsainte.

Le tombeau du Martyr, théâtre de nombreux miracles, attirait les pèlerins à Nîmes. Le culte de s.Baudelius s’est étendu en Espagne et jusqu’en Europe centrale.

Saint Baudelius de Nîmes est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucifer de Cagliari

† 371

 

L’histoire de cet évêque commence en 353, à son accession au siège de Cagliari (Sardaigne). Il en fut le sixième titulaire.

Il avait l’heureuse fortune de s’appeler Lucifer, et il porta vraiment la lumière de la doctrine.

Il ne fut peut-être pas présent au concile de Nicée, mais il en défendit âprement les canons sur la foi trinitaire chrétienne.

En 355, il fut le légat papal au concile de Milan, dominé par l’empereur Constance qui voulait imposer la condamnation de s.Athanase (v. 2 mai). Lucifer résista fermement, et fut pour ce motif exilé au Moyen-Orient.

Mais en Syrie et en Palestine, il se trouva en face d’évêques ariens, qui ne lui ménagèrent pas les insultes et les mauvais traitements. Il écrivit beaucoup d’articles, et virulents, contre les hérétiques. Athanase les connut et les approuva en louant leur Auteur, une âme très religieuse et très sainte. En même temps, Lucifer maintenait un style de vie plein de sainteté, par son mépris des richesses, sa piété, son travail et son ardeur à défendre la Vérité.

Il y eut toutefois un accrochage à Antioche, où Lucifer crut bon d’ordonner évêque un prêtre qui, en réalité, était du parti opposé à l’évêque légitime. Il fut sévèrement blâmé même par un s.Jérôme (v. 30 septembre), d’autant plus qu’un concile réuni en Alexandrie devait statuer sur ce problème.

Revenu à Cagliari, Lucifer conserva la même intransigeance, allant jusqu’à refuser la communion avec certains évêques qui étaient revenus de leur adhésion à la formule de Rimini, jugée insuffisamment explicite. Lucifer s’obstina, jusqu’à une attitude que d’aucuns jugèrent être en rupture avec Rome. Ce serait exagéré de l’affirmer, bien que certaines Autorités aient estimé le contraire, comme s.Augustin  (v. 28 août) et même le pape Innocent Ier  (v. 12 mars). Mais aucun texte ne l’a établi.

Lucifer mourut ainsi dans la solitude de son diocèse, en 371.

Le malheur voulut qu’une secte se développât sur la mémoire de Lucifer, en rupture totale avec Rome. Ces lucifériens en vinrent à élire un antipape et à se trouver des adhésions jusqu’en Orient.

Pour mettre fin à cette pénible bourrasque, rappelons qu’en 1641, Urbain VIII intima le silence aux deux courants d’opinion. L’Eglise a tenu à conserver la mémoire de la sainteté et du zèle de Lucifer.

Saint Lucifer de Cagliari est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Brescia

570-608

 

Du vingt-cinquième évêque de Brescia, Anastasio, on n’est sûr que de son existence, mais aucune date ni aucun fait ne nous est parvenu avec certitude.

On dit qu’il fut sacré évêque par son maître, le pape s.Grégoire Ier (v. 12 mars), en 604 : il devait donc avoir au moins une trentaine d’années à cette date, ce qui peut faire placer sa naissance vers 570 ou même plus tôt.

L’épiscopat d’Anastasio se place ainsi entre ceux de Paterio et de Domenico.

Ce qui fait difficulté est que les dates avancées çà et là ne coïncident pas. Si la mort de Paterio a été établie en 606 et le début de l’épiscopat de Domenico en 655, on ne peut plus soutenir que l’épiscopat d’Anastasio ait duré de 604 à 608. L’épiscopat d’Anastasio a donc pu s’étendre sur près d’un demi-siècle, à moins que le siège ait été longtemps vacant, en cette époque troublée.

La mort d’Anastasio a été en effet située parfois en 608, mais on ne sait sur quel indice repose cette affirmation.

Quelque érudit a aussi avancé qu’Anastasio serait allé prêcher en Afrique, et en Espagne, mais il semble bien que les sources de ces hypothèses aient peu d’autorité.

On le voit, il est bien difficile d’avancer quelque chose de précis sur ce saint évêque.

Saint Anastasio de Brescia est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Austregisilius de Bourges

551-624

 

Austregisilius (en français : Austregisile, Austrille, et le plus souvent Outrille) naquit probablement en 551, de Auginus, dont la famille de la région de Bourges était certes illustre, mais pauvre.

Formé à l’étude des Ecritures, Austregisilius fut ensuite envoyé vers 575 à la cour du roi Gontran, où on le surnomma amicalement Mapparius (du nom de celui qui, chez les Romains, donnait le signal des jeux avec une mappa, un petit drapeau ; mais on n’a pas trouvé l’explication de ce jeu de mots).

On lui proposa un mariage ; demandant du temps pour réfléchir, il répondit avec grande sagesse : Si j’avais une bonne épouse, je craindrais de la perdre, si c’est une mauvaise, j’aime mieux ne pas en avoir. Puis il fut divinement averti qu’il pouvait suivre la voie sacerdotale ; il lui fut aussi annoncé qu’il serait évêque pendant douze années.

Avant de mettre ce projet à exécution, il fut calomnié par un courtisan, qui l’accusait d’avoir détourné des fonds du trésor royal. On invoqua le Jugement de Dieu et Austregisilius devait se battre en duel avec son accusateur, mais ce dernier tomba de cheval et mourut d’une fracture du crâne. Austregisilius quitta la cour.

Il fut ordonné sous-diacre par l’évêque d’Auxerre, s.Aunaire (v. 25 septembre) et, en 590, prêtre par l’évêque de Lyon, Ethère, un ancien sénateur. Ce dernier fit d’Austregisilius l’abbé de la basilique Saint-Nizier.

En 612 (ou peut-être dès 597), Austregisilius fut appelé à succéder à l’évêque de Bourges. C’était le vingt-deuxième de ce siège, et le premier d’ascendance wisigothe.

Les miracles qu’il avait commencé de faire avant son épiscopat, se multiplièrent alors : une femme paralytique fut guérie, ainsi qu’un aveugle ; une fillette possédée fut délivrée.

Le Martyrologe mentionne la grande sollicitude pastorale d’Austregisilius envers les pauvres, les orphelins, les malades et les condamnés à mort.

En 614, il participa au concile de Paris.

Il s’éteignit le 20 mai 624.

Saint Austregisilius de Bourges est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodoro de Pavie

† 750

 

Teodoro fit partie dès l’enfance du clergé de Pavie. Ordonné prêtre, il fut archiprêtre, puis archidiacre.

Il fut nommé évêque de Pavie en 740 : un ange serait apparu au roi lombard Desiderio, lui suggérant le choix de Teodoro pour le siège épiscopal. C’était le vingt-et-unième évêque de ce diocèse.

Lors du siège de Pavie par les armées de Charlemagne, la ville fut protégée miaculeusement par les prières de Teodoro. Mais Teodoro lui-même fut exilé plusieurs années.

Durant ce siège, Teodoro retourna une flèche qui allait le toucher, vers celui qui l’avait tirée, le tuant sur place ; Teodoro le ressuscita.

Teodoro mourut vers 750. Cette dernière date est assez approximative, car on ne connaît pas celles des évêques suivants. 

On a parfois écrit qu’il avait eu un épiscopat de près d’un demi-siècle, ce qui est réellement impossible : il fut nommé vers 740, son deuxième successeur est mentionné en 769 et son quatrième successeur fut nommé en 781.

Saint Teodoro de Pavie est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

Bernardino degli Albizzeschi

1380-1444

 

Né le 8 septembre 1380 à Massa Marittima, Bernardino perdit sa mère avant trois ans et son père à six ans. C’étaient de pieux parents, qui le firent baptiser le jour-même de la naissance.

Orphelin, Bernardino fut élevé par des parents à Sienne ; c’est pourquoi on l’appelle communément Bernardino de Sienne.

Il étudia le droit canonique, la théologie, les Ecritures.

Très poussé vers la dévotion mariale, il fut épris d’une très noble dame, la Vierge Marie, et s’affilia à dix-sept ans aux Disciplinati Confraternitatis B. Mariæ.

En 1402, il entra au couvent des Frères Mineurs de Sienne, puis gagna le couvent des Observants à Colombaio. Il fit la profession en 1403.

Au cours d’une quête en ville, il se servit de sa discipline pour repousser une femme de mauvaise vie : celle-ci fut définitivement convertie.

En 1404, il était ordonné prêtre, car il avait déjà accompli les études, et fut chargé de mission dès 1405. Ce fut désormais une vie de prédication qui le mena, à part quelques intervalles comme gardien de couvent (il fonda celui de Capriola, où il se retira aussi entre deux voyages), à Milan, Bergame, Côme, Mantoue, Plaisance, Brescia ; plus tard à Venise, Vérone, Vicenza, Belluno, Ferrare, Bologne, Florence, Sienne bien sûr, Arezzo, Pérouse, Orvieto ; le Latium avec Orvieto, Viterbe, Rome.

Partout, ses prédications touchèrent les pécheurs, réconcilièrent les factions, retournèrent les mœurs. 

Bernardino développa la dévotion au Saint Nom de Jésus, montrant partout les trois lettres IHS (Iesus, hominum Salvator : Jésus, Sauveur des hommes).

Ses prédications s’accompagnèrent de miracles retentissants, surtout de conversions de personnages importants. Il traversa un lac sur son manteau, le batelier ayant refusé de le passer. Il fit aussi le miracle de convaincre des dames de Florence d’abandonner leurs tenues luxueuses. Un lépreux fut guéri en chaussant les sandales de Bernardino…

Tout de même, en 1427, il fut dénoncé au pape comme hérésiarque et reçut l’interdiction de monter en chaire, jusqu’à ce que le pape fût mieux éclairé et, au contraire, encourageât Bernardin à parler.

Il refusa l’évêché de Sienne qu’on voulait lui proposer.

En 1438, de gardien de Capriola, il fut nommé vicaire général pour tous les couvents de l’Observance franciscaine, charge dont il démissiona en 1442.

Son dernier voyage de mission le porta - à dos d’âne cette fois-ci - en Lombardie, en Ombrie : Foligno, Spolète, Rieti, et L’Aquila, où il s’éteignit le 20 mai 1444, en la veille de l’Ascension.

On a pu conserver de lui plusieurs ouvrages des discours qu’il prononça peut-être par centaines.

Bernardino était ami de deux grands Saints contemporains : Giacomo de la Marche et Giovanni de Capistran (v. 28 novembre et 23 octobre). Ces deux derniers hâtèrent le procès en vue de la canonisation, qui advint en 1450.

Saint Bernardino de Sienne est fêté le 20 mai.

 

 

Colomba Guadagnoli de Rieti

1467-1501

 

Elle vit le jour à Rieti (Latium, Italie C) le 2 février 1467. Elle devait s’appeler Angelella, car on entendit chanter les anges autour de la maison au moment de sa naissance, mais elle reçut le nom de Colomba, car une colombe vint voltiger autour du baptistère, ce qu’on interpréta comme un signe du Ciel.

Effectivement, elle fut précoce pour la prière, les mortifications, le vœu de virginité. 

Petite, elle fut élevée chez les Dominicaines ; elle filait et cousait, pour réparer les habits des Dominicains de sa ville. 

Cherchant quelle serait sa voie, elle vit le Christ entouré de la cour des Saints : à douze ans, elle protesta de tout son cœur contre la volonté de ses parents qui l’avaient déjà promise en mariage, et rasa sa belle chevelure.

Toujours contre cette famille naturelle, elle entra dans la famille spirituelle du Tiers-Ordre dominicain en 1486, le jour des Rameaux.

Elle fut favorisée d’extases. Durant l’une d’elles, elle fut transportée en Terre Sainte.

Les habitants des villes voisines de Narni, de Foligno, cherchèrent à l’enlever pour avoir avec eux «leur» sainte. Finalement, en 1488, elle eut l’inspiration de quitter Rieti, mais sans trop savoir où aller. A Foligno, on l’arrêta comme vagabonde, mais l’évêque l’envoya à Pérouse pour y fonder un monastère dominicain ; elle obéit : plusieurs jeunes filles, voulant épouser l’Epoux divin, «s’envolèrent» de leurs familles pour la rejoindre ; c’est pour ce motif que le monastère fut appelé des Colombes.

Colomba intervint très efficacement dans Pérouse pour calmer les factions qui s’affrontaient sans relâche.  Elle s’occupa beaucoup des pauvres, qu’elle soulageait autant qu’elle pouvait.

Son action positive s’exerça particulièrement au sujet du pape Alexandre VI et de Lucrezia Borgia. Envers cette dernière, elle eut plusieurs fois l’occasion de lui reprocher sa vie désordonnée, au point que Lucrezia l’accusa de sorcellerie. 

Quant au pape Alexandre VI, dont la vie était un scandale public, il fut lui-même profondément impressionné par la sainteté de Colomba et l’eut en grande vénération. On rapporte ce fait que, passant à Pérouse, il n’osait s’arrêter pour saluer Colomba ; ce fut elle qui s’avança et, très respectueusement, alla baiser les pieds du Successeur de Pierre ; ce geste fut à la source de la conversion d’Alexandre, dont on sait qu’il mourut dans les plus sincères sentiments de contrition.

Colomba fut prieure à Pérouse pendant onze ans.

Le jour de sa mort, une autre Mystique, Osanna de Mantoue (v. 18 juin), vit son âme rayonnante monter au ciel.

Colomba de Rieti, qu’on appelle aussi Colomba de Pérouse, mourut le 20 mai 1501 et fut béatifiée en 1625.

 

 

Chŏng Kuk-bo Protasius

(Jeong Guk-bo Peurotasio)

1799-1839

 

Protasius était né à Songdo (Gyeonggi-do, Corée S) en 1799, dans une famille noble.

Son grand-père, un fonctionnaire d’état, avait eu des problèmes pour quelques irrégularités. Le père de Protasius, en revanche, souhaitait vivre en bon bourgeois, rompant avec les traditions de la famille. Il se déplaça à Seoul et trouva un travail dans une fabrique gouvernementale de cordages.

Protasius travailla aussi pour le gouvernement. C’était un homme bon et humble.

Vers la trentaine, il entendit parler de la foi catholique et reçut le baptême. Le prêtre chinois qui le baptisa, considérant la solidité de sa foi, lui confia un bâtiment récemment acquis, pour recevoir les Catholiques des environs et leur donner les sacrements. Protasius se montra aimable envers chacun et fit de son mieux pour s’occuper des fidèles.

Avec son épouse, il eut quatorze enfants, qui moururent tous en bas âge. Il endura toutes ces épreuves sans se plaindre. Il n’avait qu’un souci : lire des livres religieux et participer à des œuvres charitables.

En avril 1839, quand éclata la persécution, il fut arrêté avec son épouse. Au bureau de police, il subit de pénibles interrogatoires et fut torturé, mais ne renia pas sa foi. Mais quand il fut présenté à la cour supérieure, il fut tenté par les propos doucereux des employés et déclara qu’il voulait renoncer à sa religion.

Protasius fut remis en liberté et renvoyé chez lui. Mais le remord le prit : il n’arrêtait pas de pleurer, et resta sans manger plusieurs jours de suite. Encouragé par ses amis catholiques, il vint se constituer devant la cour. Il voulait absolument dire au juge qu’il rétractait son apostasie.

Les policiers ne firent pas attention à lui et le traitèrent de fou. Il persévéra à vouloir entrer, mais les policiers ne le lui permirent pas. Alors il resta à l’extérieur, devant la porte de la cour, jusqu’à ce que le juge sortît : il se présenta à lui et lui dit qu’il rétractait son apostasie. Il suivait le juge, qui ne voulait pas le croire, et lui répétait sa supplique.

Fatigué, le juge finit par le mettre en prison, où Protasius fut le bienvenu parmi les autres prisonniers catholiques. Il était au comble de la joie, à la pensée d’être bientôt martyr.

On le conduisit de nouveau devant la cour. Il fut d’abord battu avec un konjang, un gourdin en bois de chêne d’un mètre et demi de long, quinze à dix-huit centimètres de large, cinq centimètres d’épaisseur, muni d’un manche. Etendue sur le ventre, la victime recevait plusieurs coups de ce gourdin sur le postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang sortait abondamment, et ceux qui étaient autour pouvaient même recevoir du sang et des morceaux de chair de la victime.

Protasius reçut vingt-cinq coups.

Malade de typhoïde, il revint en prison à demi-mort. Il y mourut quelques heures après.

C’était le 20 mai 1839. Protasius avait environ quarante-et-un ans, et c’était le premier Martyr de cette persécution.

Il a été béatifié avec d’autres en 1925, et canonisé en 1968. Leur fête commune est le 20 septembre, tandis que le dies natalis de Protasius est au 20 mai.

Hendrina Stenmanns
1852-1903

Aînée de sept enfants, Hendrina naquit le 28 mai 1852 à Issum (Allemagne).
Elle apprit avec sa mère à visiter les pauvres et les malades. Après l’école, elle aida sa famille en travaillant dans une fabrique de soie.
A dix-neuf ans, elle entra chez les Franciscaines du Tiers-Ordre, mais le Kulturkampf se déchaîna et la vie religieuse était impossible.
A la mort de sa mère, Hendrina lui promit de s’occuper des autres enfants, même si elle devait renoncer à son idéal religieux.
Quelques années après, elle eut l’occasion de rencontrer Arnold Janssen (voir au 15 janvier), et le suivit à Steyl (Pays-Bas) pour y être la cuisinière. Intérieurement, Hendrina espérait par là soutenir de toutes ses forces la cause de la mission, rien qu’en travaillant à la cuisine.
Elle arriva donc à Steyl à l’âge de trente-deux ans. Elle n’avait qu’une idée : faire à chaque moment ce qu’elle voyait être la volonté de Dieu.
Cinq ans après cet humble début, elle put être au nombre des postulantes qui voulaient faire partie de la toute nouvelle branche féminine de la congrégation. Elle devenait ainsi co-fondatrice des Sœurs Missionnaires Servantes du Saint-Esprit (CMSSpS).
Le noviciat achevé, elle fit profession en 1894 et reçut le nom de Josepha.
D’abord responsable de toutes les questions pratiques de la maison, son expérience et sa fidélité la firent nommer maîtresse des postulantes. 
Très active, infatigable, elle se nourrissait dans la prière, le recueillement devant l’Eucharistie. Une de ses jaculatoires était Veni, Sancte Spiritus (Viens, Esprit Saint). 
Ses dernières années furent marquées par un asthme pénible ainsi que d’autres pathologies. Sur son lit de mort, elle répétait son testament : Chaque souffle d’une Servante du Saint Esprit devrait être «Viens, Esprit Saint».
Elle mourut le 20 mai 1903, et fut béatifiée en 2008.
La congrégation compte aujourd’hui environ trois mille Religieuses, dans une quarantaine de pays, sur les cinq continents.


Arcangelo Tadini
1846-1912

Né le 12 octobre 1846 à Verolanuova (Brescia, Italie N), Arcangelo était un des fils des époux Tadini. Une famille aisée, dont il reçut un certain patrimoine, providentiel pour ses futures activités.
Un accident le rendit boîteux pour le reste de la vie.
Après son frère aîné, il entra à son tour au séminaire et fut ordonné prêtre en 1870.
La maladie l’obligea à passer sa première année de sacerdoce dans sa famille.
Il fut successivement vicaire à Lodrino (où il laissa le souvenir d’un excellent maître à l’école communale), aumônier au sanctuaire Sainte-Marie à Brescia, puis curé-archiprêtre à Botticino Sera.
A Lodrino, après des inondations qui avaient mis à la rue une partie de ses paroissiens, il organisa une soupe populaire pour trois-cents repas quotidiens.
Comme curé, il se dépensa dans toutes les directions : catéchèse, chorale, confraternités, liturgie.
Préoccupé par les conditions du monde ouvrier, il construisit à ses frais une usine de textile, ainsi qu’une maison d’accueil pour les ouvrières. Il fonda l’Association Ouvrière de Secours Mutuel, une nouveauté pionnière à cette époque, ainsi qu’une Congrégation de Religieuses Ouvrières de la Sainte Maison de Nazareth, dont la vocation devait être de travailler aux côtés des ouvrières laïques, pour leur donner un exemple d’éducation et un soutien moral.
Don Arcangelo sut anticiper les temps, en se préoccupant réellement du bien à apporter au monde ouvrier. On ne le comprenait pas toujours ; même de la part d’autres prêtres, il reçut des calomnies… Il savait que Dieu guidait son Œuvre.
Frappé par la maladie, fatigué par ses labeurs, Don Arcangelo mourut le 20 mai 1912.
Il fut béatifié en 1999, et canonisé en 2009.
Le miracle retenu pour la canonisation de Don Arcangelo fut la naissance des deux enfants, en parfaite santé, d’un couple déclaré médicalement absolument stérile et qui, par idéal, avait renoncé à la fécondation artificielle.


Rafaél García Torres
1904-1938

Né le 22 février 1904 à Níjar (Almería, Espagne SE), Rafaél fut baptisé dès le lendemain de ce jour.
Pour aider sa famille qui était pauvre, il se dédia au commerce après avoir achevé ses études.
Chrétien convaincu, il fit partie de l’Action Catholique, des Adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. C’était l’ange gardien et le bras droit du curé de la paroisse, don Berruezo (v. 31 août).
Lors de la persécution révolutionnaire, il refusa de se cacher, mais il fut dénoncé par un ancien bienfaiteur de la famille. Le 1
er mars, il fut mis en prison à Almería, d’où on le transféra au camp de Turón, où il fut victime de multiples tortures.
Il eut la force d’écrire aux siens pour les consoler.
Son martyre se prolongea et l’on s’acharna sur lui, pour le faire apostasier, mais il resta ferme dans sa foi. Alors qu’il ne pouvait plus se tenir sur ses jambes, il jeta à terre sa pelle et cria encore : Vive le Christ Roi ! Ce fut sa dernière parole, le 20 mai 1938 à Turón.
Rafaél  fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Rafaél García Torres sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Tomás Valera González
1918-1938

Tomás était né le 7 octobre 1918 à Sorbas (Almería, Espagne SE), deuxième des six enfants de Horacio Valera Gutiérrez de Cabiedes et María Teresa González Crespo. Horacio était directeur des Postes de Sorbas.
Qui le baptisa, fut l’abbé Fernando González Ros, qui devait être martyrisé le 10 septembre 1936.
Tomás fit partie des enfants de chœur et, encore adolescent, des adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. Il participa aussi à l’Action Catholique, peu de temps avant son arrestation.
Musicien dans l’âme, il fut clarinettiste dans l’harmonie municipale de son pays. C’était un garçon plein de vie, joyeux, boute-en-train.
Il passa son baccalauréat avec succès à seize ans.
Lors de la révolution de 1936, il s’opposa courageusement à ceux qui voulaient mettre le feu à l’église : Personne n’entrera dans l’église sans me passer dessus ! lança-t-il aux miliciens. Aussi fut-il arrêté, le 26 août 1936, mais vite relâché à cause de son jeune âge : il n’avait pas dix-huit ans !
Il tenta de se réfugier chez son oncle, mais il fut dénoncé par un compagnon de classe comme fasciste dangereux qui sentait les cierges, crime odieux et condamnable ! Avec son oncle, Tomás fut arrêté et conduit à la prison El Ingenio d’Almería ; l’oncle devait mourir d’un ulcère à l’estomac.
Tomás, grand garçon de dix-huit ans avait encore la charité et la force, en prison, de partager avec d’autres prisonniers les bonnes choses que lui apportait sa mère. Lui il se privait, et s’il demandait à sa mère de lui apporter davantage à manger, c’était pour donner davantage aux compagnons de prison.
D’Almería on le transféra aux carrières de Turón le 3 mai 1938. 
Une dame qui rendait visite aux prisonniers, vit, sans le connaître, ce beau grand garçon qui était gêné à cause de son pantalon déchiré ; le lendemain, elle lui en apporta un neuf, et Tomás lui dit qu’il espérait pouvoir la remercier un jour, en lui révélant son nom. La dame put rencontrer la mère de Tomás et lui raconta l’épisode.
Le 20 mai 1938, on commanda à Tomás de creuser la fosse pour enterrer un compagnon, peut-être bien Rafaél García Torres, qui mourut le même jour. Alors que Tomás était debout dans la fosse, il reçut un violent coup sur la tête et tomba en criant encore : Vive le Christ Roi !
Martyrisé le 20 mai 1938 à Turón, Tomás n’avait pas vingt ans.
Il a été béatifié avec Rafaél García Torres, ainsi que l’abbé Fernando González Ros, en 2017.
Le nom du bienheureux Tomás Valera González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Jakub Pankiewicz
1882-1942

Il naquit le 9 juillet 1882 à Nagórzany (Podkarpackie, Pologne), de Thomas et Telki Lenio, des agriculteurs.
Après l’école du village, il fréquenta le lycée à Sanok puis à Lviv (1896-1899).
En 1900, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains et prit le nom de Anastazy.
Après avoir complété quelques lacunes de ses études précédentes, il étudia la philosophie et la théologie à Cracovie et à Lviv. 
Il fut ordonné prêtre en 1906.
Il fut d’abord envoyé au couvent de Wielicska, où il eut l’occasion de prêcher.
En 1908, il fut nommé maître des novices et professeur à Włocławek.
En 1912, il fut envoyé à Lviv, puis à Cracovie en 1913. Là il fut aumônier des Sœurs Bernadines.
Pendant la Première guerre mondiale, il fut curé à Dżurkowa (Kolomyja), puis se retrouva aumônier militaire avec le grade de capitaine : il fut alors envoyé comme aumônier en Hongrie.
Après la guerre, le père Anastazy fut à Cracovie comme gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent Saint-Bernard, jusqu’en 1930.
Avec la permission de l’évêque, il acquit un terrain à Lodz pour construire une église et une école. Dès 1932, s’élevait un bâtiment où vivaient quelques religieux et où purent être reçus en 1937 des garçons de familles pauvres catholiques (mais aussi à l’occasion, protestants).
C’est alors qu’il confia cette œuvre aux Sœurs Antoniennes du Christ Roi.
L’œuvre fut interrompue par l’occupation nazie : l’école fut fermée, les locaux réquisitionnés pour l’armée, l’église transformée en garage et en écuries.
Le pauvre père Anastazy était désormais seul : il trouva à se loger dans une chambre chez le fossoyeur du cimetière, d’où il put continuer - au péril de sa vie - des activités pastorales : célébration de la messe, confessions, enterrements.
Les nazis savaient bien où résidait le père Anastazy, et ils l’arrêtèrent une première fois en avril 1940. Quinze jours après, ils le relâchèrent.
En octobre 1941, il fut à nouveau repris dans une rafle générale, où furent arrêtés et emmenés à Dachau tous les prêtres de Lodz.
Au camp de Dachau, le père Anastazy portait le numéro 28176. 
On ignore pourquoi il fut ensuite classé parmi les «handicapés» : soit fatigue extrême, soit simplement les soixante ans accomplis. Le 18 mai, il fut donc inscrit sur la liste de soixante détenus «handicapés», dont faisaient partie un évêque, et une quinzaine de prêtre polonais.
Le départ du camion fut particulièrement dramatique. Le camion était bondé, il fallait faire vite, le père Anastazy était l’un des derniers à monter. Il voulut donner la main à un autre condamné pour l’aider à monter, mais à ce moment-là, un soldat ferma violemment le portillon, et le père eut les mains coupées. On suppose que la cause première de sa mort fut cette hémorragie.
Les condamnés furent conduits à Hartheim (Linz), immédiatement gazés et brûlés. C’était le 20 mai 1942. Le Martyrologe le commémore sans doute par erreur au 20 avril.
Jakub Anastazy Pankiewicz fait partie des cent-huit Martyrs de Pologne sous le régime nazi, béatifiés en 1999.

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 23:00

19 MAI

II.

Ste Pudentiana, vierge romaine morte à seize ans ; elle ensevelissait les martyrs et mettait sa demeure et ses biens au service de l’Eglise.

S Pudens, romain, père des saintes Pudentienne (ci-dessus) et Praxède (cf.21 juillet).

III.

S Urbain Ier, pape (222-230), qu’il ne faut pas confondre avec un s. Urbain évêque à la même époque et vénéré le 25 mai.

IV.

S Philotère, dont on nie qu’il ait été martyr à Nicomédie.

Ste Cyriaque, vierge martyre à Nicomédie.

Ss Calogerus et Parthenius, eunuques au palais impérial, martyrs.

IX.

S Hadulfe, abbé et évêque à Arras.

X.

S Dunstan, évêque à Cantorbury, artiste, harpiste, auteur du Kyrie, Rex Splendens (VII) ;  il travailla à la réforme de la vie de l’Eglise en Angleterre.

XIII.

Ste Humiliana, mariée à seize ans, veuve à vingt-et-un, mystique à Florence.

S Célestin V, pape (1294) : premier cas dans l’Histoire, il préféra abdiquer en constatant son inaptitude à gouverner l’Eglise.

XIV.

S Yves (en breton Erwan ou Ewan) Helory, avocat civil et ecclésiastique, canonisé quarante-quatre ans après sa mort. Il est le patron des avocats et des juristes.

B Agostino Novello, sicilien d’origine espagnole, devenu augustin et, malgré lui, grand pénitencier de la cour pontificale.

Bx Juan de Cetina et Pedro de Dueñas, franciscains, martyrisés à Grenade, décapités par le roi lui-même.

XVII.

B Peter Wright, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

S Biagio de' Signori (Teofilo de Corte), franciscain, gardien à Fusecchio.

S Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe), capucin, quêteur pendant quarante ans ; il semait la joie et le réconfort partout où il passait ; canonisé en 1982.

B Jean-Baptiste-Xavier Loir (Jacques-Louis de Besançon), capucin à Lyon, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

B Raphaël Rafiringa (Raphaël-Louis, 1856-1919), malgache, des Frères des Ecoles Chrétiennes, béatifié en 2009.

Ste Verena Bütler (Maria-Bernarda, 1848-1924), supérieure capucine à Altstätten, puis missionnaire en Equateur et en Colombie, où elle fonda les Franciscaines de Marie-Auxiliatrice, béatifiée en 1995, canonisée en 2008.

Bx Lucinio Fontanil Medina (Primitivo, *1884), prêtre capucin à Madrid, et Alberto Linares de la Pinta (Alberto Joaquín, *1913), des Frères des Ecoles Chrétiennes près de Saragosse, martyrs en 1937 et béatifiés en 2013. 

Bse Pina Suriano (1915-1950), vierge sicilienne très active dans l’Action Catholique, béatifiée en 2004 ; deux années avant sa mort, elle s’était offerte pour la sanctification des prêtres.

Pudens

1er ou 2e siècle

 

Une longue tradition entoure ce personnage de la première antiquité chrétienne, mais des preuves précises manquent.

Il s’agirait d’un sénateur romain, Quintus Cornelius Pudens, ou même plutôt le fils de ce dernier. Il aurait accueilli saint Pierre chez lui, en aurait reçu le baptême et, devenu veuf, aurait donné tous ses biens aux pauvres et transformé sa maison en lieu de prière pour la communauté romaine. 

Il aurait eu quatre enfants, deux garçons : Novatus, Timotheus, dont on ne sait rien de particulier ; et deux filles, Pudentiana et Praxedes, si célèbres que deux églises portent leur nom à Rome. Sainte Pudentiana est commémorée le même jour que son père, sainte Praxède le 21 juillet.

Un martyrologe ancien affirme qu’il garda immaculée jusqu’à sa mort la robe d’innocence dont il avait été revêtu au baptême par les saints apôtres.

C’est peut-être à lui que fait allusion saint Paul dans sa deuxième épître à Timothée : Tu as le salut d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères (2Tm 4:21), Claudia pouvant même être l’épouse de Pudens (mais on n’a aucune information sur cet Eubulus, et on ne sait si Linus est le futur successeur de saint Pierre).

La même tradition fait de ce Pudens un martyr sous Néron (54-68). Les Orientaux le commémorent le 14 avril.

Au 5e siècle, les actes d’un synode mentionnent le titre de Pudens, une église romaine connue aussi comme ecclesia Pudentiana.

Autrefois, saint Pudens était commémoré le 19 mai. 

On a proposé de distinguer deux personnages : le sénateur d’une part, le père de Pudentiana et Praxède d’autre part. Ce deuxième Pudens aurait été un disciple du pape Pie 1er, qui mourut en 161.

La difficulté de se retrouver au milieu de ces dates, a fait que le nom même de Pudens et aussi de Pudentiana ont été retirés du Martyrologe actuel.

 

 

Pudentiana

2e siècle

 

Fille de Pudens, dont l’Eglise faisait mémoire ce même 19 mai, Pudentienne était, avec sa sœur Praxède, une vierge très fidèle de la communauté romaine.

Jeune encore à la mort de son père, elle remit à l’Eglise tous ses biens et donna leur liberté à ses «esclaves».

La maison de son père devint une église avec un baptistère puis, lors de la persécution d’Antonin (dit «le Pieux»), un refuge pour les Chrétiens.

Pudentienne était connue pour ses vertus, mais surtout pour le zèle qu’elle mit à ensevelir les Martyrs. 

Elle mourut à seize ans, déjà remplie de mérites et de bonnes actions.

Elle était donc commémorée le même jour que son père Pudens, le 19 mai.

 

 

Urbain Ier, pape

222-230

 

Voici un pape qui, malgré huit années de pontificat reste très mystérieux, car on en connaît peu de choses certaines.

Romain, fils de Pontianus, il succéda à saint Calixte Ier comme dix-septième pape, et fut sur le siège de Saint-Pierre sept ans, onze mois et douze jours.

Il ordonna un certain nombre d’évêques, de prêtres et de diacres, mais les chiffres sont discordants.

On lui attribue une encyclique, Ad omnes christianos.

Certains le donnent comme martyr, décapité le 24 juin 230 ; d’autres mentionnent sa mort (naturelle) au 19 mai, ce que fait l’actuel Martyrologe romain.

D’après la bienheureuse voyante stigmatisée, Anna Katharina Emmerick, c’est lui qui baptisa sainte Cécile, ainsi que son fiancé Valérien et le frère de ce dernier, Tiburce.

Il eut pour successeur saint Pontien.

 

 

Parthenius et Calogerus de Rome

† 302

 

Parthenius était eunuque et avait un haut emploi dans le palais impérial.

Calogerus, eunuque lui aussi, était le chef des camériers de la femme de l’empereur.

Les textes ne sont pas d’accord, mentionnant soit l’empereur Dèce († 251), soit Dioclétien († 305).

Ils furent tous deux martyrisés pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens. On les tortura de diverses façons et ils expirèrent sous les coups de bâtons embrasés qui leur brisèrent la tête.

Saints Parthenius et Calogerus de Rome sont commémorés le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Hadulphus d’Arras
† 728

Un mystérieux Ranulphus, qu’on fêtait le 27 mai, martyr, passait pour être le père de notre Hadulphus.
Hadulphus fut moine à Saint-Vaast d’Arras, peut-être prieur, puis abbé en 699 (ou un peu plus tard).
En 711 (ou 717), il fut unanimement appelé au siège épiscopal d’Arras, et unanimement aussi prié de rester en même temps abbé de son monastère.
Il mourut le 19 mai 728, unanimement pleuré.
Des miracles attestèrent sa sainteté.
Saint Hadulphus d’Arras est commémoré le 19 mai dans le Martyrologe Romain.


Dunstan de Canterbury
909-988

Dunstan naquit vers 909 à Baltonsborough (Glastonbury, Somerset, Angleterre), dans une famille très chrétienne, apparentée à la dynastie royale et d’où sortirent plusieurs évêques. Le père de Dunstan, Heorstan, était frère des évêques Athelm et Elphege (v. 8 janvier ? et 19 avril). La mère de Dunstan, Cynethryth, aurait reçu d’un mystérieux messager l’annonce que son fils serait une lumière pour l’Eglise d’Angleterre. Dunstan eut un frère, nommé Wulfric.
Dunstan reçut sa formation des moines irlandais qui vivaient en la vieille abbaye de Glastonbury, assez délabrée à cette époque. Le jeune garçon y apprit : la peinture, la calligraphie, l’art de la miniature, de la ciselure des métaux, et last but not least la harpe.
C’est à sa verve musicale que l’on devrait le Kyrie rex splendens du Kyriale vatican.
Dans cette abbaye, il reçut la tonsure et les ordres mineurs. C’est là aussi qu’il eut un rêve prémonitoire, qui se réalisera bien plus tard : il se voyait construire les bâtiments d’un monastère.
Adolescent, et sur présentation de son oncle Athelm, archevêque de Canterbury, il fut introduit à la cour, où cependant il fut mal accueilli, soit à cause de la supériorité de sa formation, soit à cause de son intégrité qui dérangeait. Des jaloux l’accusèrent de sorcellerie et il fut renvoyé.
Il songea alors au mariage, tandis que son oncle Elphege (ou Ælfheah), évêque de Winchester, lui suggérait la vie monastique ; Dunstan hésitait. Mais une grave maladie - une sorte de lèpre qui le conduisit à l’article de la mort - le fixa sur sa destinée : il se consacra à Dieu, sans toutefois encore appartenir à une communauté. Il fut ordonné prêtre, en même temps qu’un de ses amis, Ethelwood.
Dunstan se retira quelque temps à Glastonbury, dans une toute petite cellule, où il se concentra sur l’étude, la musique avec sa harpe… et la lutte contre le démon : on raconte qu’il gifla le Tentateur avec une espadrille.
En 940, le nouveau roi, Edmund, en fit son conseiller et, après un accident qui faillit lui coûter la vie, confia à Dunstan l’administration de l’abbaye de Glastonbury : Dunstan devenait abbé à trente ans, et chargé de reconstruire, matériellement et spirituellement, la communauté. En quinze ans, Dunstan éleva le niveau intellectuel et spirituel des moines, dont beaucoup devinrent qui abbés, qui évêques. La règle observée fut celle de s.Benoît (v. 11 juillet). Pour n’avoir pas à sortir de la clôture du monastère, maintenant restaurée, Dunstan confia les affaires économiques à son frère Wulfric.
Après Edmund, le roi Eadred renouvela sa confiance à Dunstan, qui en profita pour contribuer à l’unification du pays autour de la couronne. En 951 et 953, Dunstan refusa d’être nommé évêque (Winchester et Crediton), pour se consacrer à sa mission de conseiller du roi.
En 955, à l’avènement du jeune roi Eadwig, Dunstan préféra éviter ce pauvre débauché ; il s’enfuit et alla passer deux années près de Gand, dans un monastère réformé dépendant de Cluny, où il enrichit son expérience.
En 957, le nouveau roi Edgar rappela Dunstan : il lui donna l’évêché de Worcester (958), celui de Londres (959), enfin celui de Cantorbury en 960.
En qualité de primat, Dunstan consacra évêques Oswald et Ethelwood (v. 29 février et 1er août). Ces trois évêques soutinrent la réforme de l’Eglise d’Angleterre, qui connut bientôt une trentaine de monastères d’hommes et six de moniales. Lors d’une assemblée à Winchester, en 970, Dunstan et Ethelwood, approuvés par beaucoup d’abbés, rédigèrent une sorte de charte à l’usage de tous les monastères anglais, pour en renforcer la cohésion.
Dunstan continua, grâce à l’appui royal, à exercer une influence extrêmement bénéfique pour la vie de l’Eglise en Angleterre ; des lois contribuèrent à extirper les restes du paganisme, à développer le culte liturgique, à développer l’instruction du clergé.
Après la mort du roi Edgar en 973, et l’assassinat de s.Eadweard le Martyr (978, v. 18 mars), Dunstan cessa d’être conseiller du roi ; le jour du couronnement de ce dernier, il lui prophétisa les malheurs qui allaient bientôt s’abattre sur lui ; en 984, après une vision de s.André (v.30 novembre), il persuada le roi de nommer Ælfheah évêque de Winchester pour succéder à Æthelwold.
Désormais, il s’occupa exclusivement de son diocèse. Infatigable, il corrigeait encore des manuscrits au petit matin. Quand il alla se recueillir sur les tombes des ss.Augustin et Æthelberht (v. 26 mai et 24 février), il eut une vision des anges qui chantaient. Il s’occupa paternellement des jeunes étudiants qui venaient même d’Europe continentale pour profiter de l’école cathédrale.
La veille de l’Ascension de 988, des anges lui annoncèrent sa prochaine mort. Le jour de l’Ascension, Dunstan célébra une dernière fois la Messe ; il y prêcha et annonça sa mort imminente, puis il s’alita. Le samedi 19 au matin, on célébra la Messe près de lui, il reçut l’Onction des Malades et le Viatique. C’est alors qu’il s’éteignit à cette vie terrestre.
Il fut immédiatement vénéré comme un saint, et formellement canonisé en 1029. Il fut le Saint le plus vénéré en Angleterre jusqu’au martyre de s.Thomas Becket (v. 29 décembre).
Saint Dunstan de Canterbury est commémoré le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humiliana Cerchi

1219-1246

 

Humiliana Cerchi naquit en 1219 à Florence (Italie), d’un père issu de l’ancienne noblesse et qui eut… six filles et douze garçons.

On sait de son enfance qu’Humiliana se comportait toujours avec une docile obéissance envers ses parents, acceptant patiemment toutes sortes de situations contrariantes.

Son père cherchait, par l’intermédiaire des alliances de ses enfants, à élargir son pouvoir et ses domaines. Il arrangea ainsi le mariage d’Humiliana dès qu’elle eut seize ans. Le jeune fille, qui portait bien son nom, se soumit totalement à cette décision.

Cette vie maritale dura cinq ans, et elle eut deux filles. 

L’homme qu’elle avait épousé se montra cependant bien en-dessous des qualités de son épouse, qu’il traita durement. Malgré cela, Humiliana demeura fidèle. Son mari tomba bientôt gravement malade : non seulement elle le soigna avec profonde tendresse jusqu’à la mort, mais encore elle remit aux proches de celui-ci toute sa fortune personnelle, leur demandant seulement de pourvoir à réparer les injustices commises par son mari.

Elle s’en retourna à la maison paternelle. mais comme son père tentait de lui arranger un nouvelle alliance, elle quitta la maison. Elle alla revêtir l’habit des Tertiaires franciscaines et vécut dans la solitude, ne sortant que pour aller à l’église ou auprès des pauvres.

Son père alors la déshérita. Loin de se plaindre, Humiliana se réjouit de pouvoir ainsi renoncer à tout ce qu’elle possédait. Elle regrettait bien de ne pouvoir aider les pauvres, mais elle trouva son réconfort en allant mendier pour eux.

Humiliana reçut des dons extraordinaires, des extases, le don des larmes, les prophéties, mais elle eut aussi les épreuves du Démon, qui la tourmentait : il lui faisait voir les cadavres de ses proches, la frappait, l’étranglait, se présentait sous les traits d’un horrible serpent qui venait frôler sa tête pendant plusieurs jours… Humiliana le fit disparaître avec le Signe de la Croix, et délivra aussi d’autres personnes possédées.

Humiliana s’imposait aussi des mortifications surprenantes : elle jeûnait plusieurs fois la semaine, se contentant souvent de pain ; elle se donnait la discipline avec des nerfs de bœufs, ou des courroies ou des ronces ; son vêtement était en poils de chèvre et de crin ; quand elle ne veillait pas, elle dormait sur un sac de paille.

Elle se confessait chaque semaine, avant de communier le dimanche.

Elle tomba malade le jour de Pâques, en 1246. Après encore quelques tourments diaboliques, elle s’éteignit le 19 mai 1246, jour où la commémore le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1694.

 

Célestin V, pape

1294-1296

 

Pietro Angeleri del Morrone naquit en 1209 dans les Abruzzes, avant-dernier des douze enfants d’une humble famille.

Bénédictin vers sa vingtième année, il voulut vivre une vie plus érémitique et se retira dans une grotte. Bientôt rejoint par d’autres disciples, il devint finalement l’involontaire fondateur des Ermites de saint Damien, qui furent reconnus par Urbain IV et affiliés à l’ordre bénédictin. Ils eurent jusqu’à trente-six monastères. Pietro dut se déplacer plusieurs fois, et finalement laissa le gouvernement de ces monastères pour se retirer à nouveau dans la solitude.

Or, après la mort du pape Nicolas IV en 1292, le Saint-Siège resta vacant deux années, les cardinaux n’arrivant pas à trouver une majorité sur un nom. 

Un “saint homme” aurait alors fait savoir aux cardinaux que Dieu ferait sentir sa justice dans quatre mois si cet état se prolongeait. Certains affirment que ce message était signé de Pietro lui-même ; les cardinaux eurent alors l’idée unanime d’élire cet ermite (1294) et on l’envoya chercher pour le lui annoncer.

Surpris et effrayé, Pietro finit par accepter la volonté de Dieu. On l’emmena, mais pour abréger les temps, on s’arrêta à L’Aquila pour le sacrer évêque et le couronner pape (août 1294). Lui qui était âgé de quatre-vingt quatre ans, il voulut entrer dans la ville sur le dos d’un âne, comme le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Il prit le nom de Célestin V : il allait à son tour prendre le chemin du calvaire.

Célestin voulait favoriser tous les religieux austères, il concédait indulgences et faveurs, cédant parfois à la faiblesse et même se laissant tromper. Il nomma douze cardinaux, dont sept français, sans doute sur influence du roi Charles II. Au lieu de gagner Rome, il se laissa persuader de s’installer à Naples.

Célestin V voyait qu’il ne gouvernait pas l’Eglise. Il voulut renoncer et consulta. Après maintes réflexions, il annonça sa renonciation et son désir de retourner à sa solitude. 

On fut édifié de son humilité : le 13 décembre 1294, devant les cardinaux réunis, il descendit de son trône, déposa son anneau et les ornements pontificaux, et alla s’asseoir sur un tabouret.

Une humilité qui fut récompensée : passant ensuite devant un boîteux qui lui demandait sa bénédiction, Célestin (redevenu Pietro) lui répondit : “Lève-toi, lève-toi”, et l’infirme se releva.

Sans tarder, on élut à Naples un nouveau pape, Boniface VIII (décembre 1294), qui annula les concessions excessives accordées par Célestin V, mais aussi empêcha ce dernier de regagner son ermitage, pour éviter des soulèvements possibles des foules ; il voulait le maintenir sous bonne garde. Une escorte devait le ramener à Rome.

Malgré son grand âge, Pietro trompa l’attention de l’escorte, enfourcha un cheval et regagna le Monte Murrone ; on alla le chercher, il refusa de partir ; les moines le dissimulèrent ; puis il voulut s’éloigner à nouveau, mais on le reconnut ; il voulut s’embarquer pour la Grèce, mais le vent ramena le bateau au port ; on finit par le repérer et le pape Boniface VIII donna l’ordre de le lui amener à Anagni avec tous les honneurs dus à un pape (juin 1295).

“Emprisonné” avec deux de ses moines, Pietro accepta facilement cette nouvelle solitude et ne se plaignit jamais de son sort, jusqu’à sa mort onze mois après, le 19 mai 1296 ; il avait quatre-vingt sept ans.

Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le pape d’Avignon (Clément V) le canonisa en 1313, sous le nom de Pietro Celestino, reconnaissant ainsi à la fois la sainteté de l’ermite et l’authenticité du bref pontificat de son prédécesseur.

Célestin V avait été le cent-quatre-vingt douzième pape.

 

Note. On a plusieurs fois invoqué l’exemple de l’abdication de Célestin V à propos du pontificat douloureux de Jean-Paul II : certains préconisaient que ce dernier pût démissionner en raison de sa santé fortement compromise. 

Le pape reçoit une mission divine qu’il ne peut résilier une fois qu’il l’a acceptée. Mais les deux cas sont cependant différents : d’un côté Célestin V, qui constatait son impuissance et son incapacité, décida sans aucune contrainte sa propre démission pour le bien de l’Eglise et pouvait couvrir sa décision de sa propre autorité suprême ; de l’autre, Jean-Paul II répondait avec justesse qu’il “ne gouvernait pas avec ses jambes”, car il conserva jusqu’au bout sa pleine lucidité et son entière autorité sur le gouvernement de l’Eglise : ses écrits, ses décisions, ses nominations, ses voyages, ses discours le montrent bien ; en outre il voulut donner à tous l’exemple de l’acceptation du sacrifice de sa personne jusqu’au bout de ses forces physiques.

Maintenant, nous avons un autre cas de démission pontificale : Benoît XVI a humblement renoncé à exercer une charge qui lui était devenue trop lourde. En viendra-t-on à imposer aux papes, comme aux évêques, une «limite d’âge» ? Et si l’on clouait la bouche à un vénérable vieillard en lui disant : Tu n’es plus grand-père !…

N’avons-nous pas oublié le mot de saint Paul : Avec l’épreuve, Dieu nous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13) ?

 

 

Yves Helory de Kermartin

1253-1303

 

Ewan Helory vit le jour le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, dans la paroisse de Minihy-Tréguier, d’un humble gentilhomme et d’une mère fort pieuse. Il eut une sœur.

Le prénom, Ewan, qu’il reçut au baptême a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses. C’est un prénom à mille variantes, qu’on retrouvera sur internet ; pourquoi ce prénom ne pourrait-il pas dériver d’une forme altérée de Ioannes, comme Ivan en russe ? Le fait est que c’est à partir d’Ewan qu’on a fabriqué le nom latin Yvo, à son tour retraduit Yves en français.

Jusqu’à quatorze ans, Yves étudia avec un compatriote, Jean de Kerhoz puis, quand l’élève eut acquis la science du professeur, ils allèrent tous deux à Paris, où Yves étudiera en plus la théologie. Yves et Jean se dirigèrent ensuite à Orléans pour le droit.

Travailleur, Yves se démarqua vite de ses confrères bruyants. Il travaillait, il priait, impressionnant ses camarades par sa douceur et son innocence.

Ce fut au point qu’en 1280, il fut nommé official (c’est-à-dire juge ecclésiastique) à Rennes, alors qu’il n’avait que vingt-sept ans et n’était pas prêtre.

Avec ses modestes rentes, il hébergeait deux orphelins, se contentant de coucher sur un maigre grabat. Quand l’évêque de Tréguier l’apprit, il appela Yves pour être son official, lui faisant attribuer un bénéfice ecclésiastique, de sorte qu’Yves dut, par obéissance, accepter d’être ordonné prêtre.

L’activité juridique d’Yves est légendaire, et lui a valu d’être le céleste protecteur des avocats et des membres du barreau. Le trait dominant du saint Avocat, était avant tout de réconcilier les parties opposées, se faisant d’abord le protecteur du bon droit, même contre les puissants.

A partir de 1290, insatisfait de ses habituelles mortifications, Yves abandonna aussi ses habits soignés pour se contenter de la plus simple bure et de chaussures grossières. 

Son manoir de Kermartin devint une auberge où il accueillait chaque nuit les pauvres et les pèlerins de passage, tandis qu’il dormait à l’étage sur un peu de paille, la tête sur deux livres.

Yves fut curé de Tredrez, puis, plus proche, de Louannec, une paroisse qu’il dut faire émerger d’un niveau de grand abandon spirituel. Yves poussa l’audace jusqu’à célébrer la Messe en breton, et non en latin. Il prêcha beaucoup en divers endroits du diocèse.

Vers 1297, il renonça à sa charge d’official et, en 1298, se retira dans son manoir de Kermartin. En 1302, il voulut encore faire un pèlerinage à Saint-Renan (Quimper), dont il revint épuisé. Le 15 mai 1303, il célébra la messe pour la dernière fois. Il s’éteignit au matin du dimanche 19 mai 1303.

Bien sûr, la piété populaire le canonisa sans attendre et l’on se partagea ses reliques. Le procès de canonisation officiel s’ouvrit en 1330, la canonisation eut lieu en 1347. Voici comment commence la bulle papale de canonisation : 

Le doux créateur des astres, qui, dans sa grande clémence, illumine la succession des siècles, a daigné jeter une clarté nouvelle sur ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs ; le Père des lumières, Orient de l'éternelle lumière, admirable splendeur, a fait surgir de l'extrémité de l'Occident, je veux dire de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas. L'unique soleil a fait surgir un soleil reflétant dès maintenant sa propre lumière.

 

 

Matteo da Termini (Agostino Novello)

1240–1309

 

Matteo da Termini n’est connu ni par son prénom ni par son nom de famille ; de plus, l’année, 1240,  et le lieu de sa naissance restent approximatifs.

Matteo en effet naquit soit dans la province de Rieti (Italie C), à Tarano ou Terranova, soit dans celle de Palermo (Sicile), à Termini Imerese ou Trapani ou Taormina ou même Palermo… De toutes ces localités, celle de Termini Imerese pourrait correspondre au nom sous lequel Matteo fut inscrit au registre du baptême.

On a plus de certitudes sur les événements postérieurs de sa vie.

Il fit des études de droit à Bologne, où il eut comme compagnon d’études Manfredi, qui serait bientôt roi de Sicile. Docteur en droit civil et ecclésiastique, il enseigna sur place, avant d’être appelé par le même Manfredi à la cour de Sicile.

En 1266, dans la bataille où Manfredi perdit la vie, Matteo fut très gravement blessé, au point qu’on le laissa comme mort sur le champ de bataille. D’aucuns précisent qu’en réalité il avait quitté le champ de bataille à temps et que, bientôt atteint d’une dangereuse maladie, il résolut de changer complètement de vie.

Il songea à l’Ordre dominicain, mais choisit l’Ordre augustinien et entra au couvent de Palerme en 1268, et c’est là qu’il prit le nom du Fondateur historique de l’Ordre, Augustinus d’Hippone (v. 28 août), à ce détail près qu’on le nomma «nouvel Augustin», Agostino Novello. 

De Palerme, on l’envoya à Sienne, où il dissimula si bien sa science, qu’on le crut analphabète et qu’on lui réserva les tâches des serviteurs. Puis on l’envoya à Rosia, où un événement peu commun le fit sortir de l’incognito.

En 1288 en effet, le couvent fut emporté dans un dangereux procès, et Agostino se proposa au Prieur pour préparer la défense. Le juge comprit que ce travail venait de quelqu’un d’instruit et reconnut à Rosia son ancien camarade de Bologne. Finie la vie cachée d’Agostino !

Le Prieur général l’appela à Rome, le fit ordonner prêtre, lui fit rédiger les constitutions de l’Ordre, le présenta au pape qui en fit le Grand Pénitencier du Vatican.

En 1298, il dut s’incliner devant le choix du Chapitre (et l’ordre du pape) pour devenir Prieur général de l’Ordre ; il réussit quand même à démissionner en 1300, pour se retirer dans un autre couvent proche de Sienne, et se donner uniquement à la prière et aux œuvres de charité.

Quelques années plus tard, il fut averti de sa mort prochaine et s’y prépara sereinement.

Agostino mourut le 19 mai 1309, lundi de Pentecôte cette année-là. Les miracles accomplis par son intercession engendrèrent un culte populaire qui fut reconnu en 1759.

 

 

Juan Lorenzo de Cetina

1340-1397

 

Juan Lorenzo naquit en 1340 à Cetina (Calatayud, Saragosse, Espagne), de Juan Lorenzo, qui lui donna son nom, et grandit comme page à la cour du seigneur local.

Insatisfait de cette vie de luxe, il se retira dans un ermitage proche de Cartagena et y mena une vie de prière, de jeûne et de pénitence.

Il demanda à être admis au couvent franciscain de Monzón, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé à Barcelone pour y compléter sa formation, il cherchait à y convertir les Juifs et les Musulmans. Il obtint des conversions, mais des ennemis de l’Evangile commencèrent à le persécuter.

Envoyé au couvent de Chelva (Valencia), qui avait été fondé récemment (1388), il préféra là aussi une vie plus austère, dans une grotte de l’endroit, tout en revenant dans le couvent pour participer aux activités de la communauté.

C’est alors qu’il apprit comment quatre Confrères franciscains avaient été martyrisés à Jérusalem en novembre 1391 (v. 14 novembre) et le désir de partager leur sort lui fit aller en demander la permission au pape à Rome. Ce dernier lui suggéra d’aller prêcher aux Musulmans n’importe où, mais pas à Jérusalem. Juan pensait à Grenade, mais son Supérieur l’envoya à Cordoue, où sa prière et sa sainteté obtinrent divers miracles. Dans toute l’Espagne, on parla de frère Juan.

Juan se prépara à sa mission dans la prière et la sainteté de vie, et le chapitre de 1396 lui accorda finalement la permission d’aller précisément à Grenade. Il partit avec son jeune confrère, Pedro de Dueñas.

A Grenade, où ils arrivèrent le 28 janvier 1397 et commencèrent de parler du Christ, ils furent arrêtés par le cadi, qui chercha à les dissuader de parler publiquement, leur permettant de pratiquer leur foi privément, comme les autres Chrétiens. Mais les deux Franciscains continuèrent de prêcher la Vérité et furent finalement mis en prison. On les envoya travailler aux champs. 

De retour dans la ville, le roi les convoqua, les fit torturer et, ne pouvant les faire renier le Christ, fit décapiter Juan, espérant que Pedro, lui, apostasierait. Devant la constance de ce dernier, le roi le fit aussi exécuter. Une version autorisée du récit affirme que le roi lui-même les décapita.

Les restes des deux Martyrs furent récupérés par des Chrétiens et remis à des marchands catalans. Ils se trouvent principalement dans la cathédrale de Vich, tandis que d’autres reliques sont à Séville et à Cordoue.

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731.

 

 

Pedro de Dueñas

1379-1397

 

Pedro de Dueñas naquit vers 1379 à Bujalance (Cordoue, Espagne), d’Alonso et Isabel Sebastián. Alonso étant de Dueñas, Pedro fut aussi désigné de cette façon.

Le garçon travaillait aux champs et entendit l’appel à l’idéal franciscain ; il alla frapper au couvent San Francisco del Monte, proche de Cordoue, où se trouvait Juan de Cetina.

Après sa vêture, il fit la profession comme frère convers, et fut remarqué pour son  humilité. Il avait à peu près dix-huit ans. 

C’est Juan qui lui proposa de l’accompagner à Grenade ; le Gardien trouvait Pedro bien jeune et trop peu expérimenté pour une telle mission, mais accepta de le confier à la sainte compagnie de Juan.

Pour toute la suite de leur aventure, voir la notice Juan Lorenzo de Cetina

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731. 

Peter Wright

1603-1651

 

Peter naquit en 1603 à Slipton (Northamptonshire, Angleterre).

Après dix années d’activité comme avocat, il s’engagea dans l’armée anglaise aux Pays-Bas, mais la quitta après un mois, se réfugiant chez les Jésuites à Gand, pendant deux ans.

En 1629, il entra au noviciat de Watten et, après diverses charges à Liège et Saint-Omer, fut aumônier d’un régiment anglais basé en Espagne.

En 1644, il retourna en Angleterre pour accompagner le chef de ce régiment qui résidait chez le Marquis de Winchester, dont il devint ensuite l’aumônier en 1645, mais dans sa maison de Londres.

C’est là qu’il fut arrêté, le 2 février 1651.

Conduit à Newgate, il fut condamné par le tribunal de Old Bailey.

Peter Wright mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 19 mai 1651, lundi de Pentecôte, qu’on appelle White Monday. Il y avait plus de deux-mille badauds sur la place. Peter eut la «permission» de mourir «tout de suite», c’est-à-dire qu’il mourut réellement de la pendaison, alors que d’ordinaire on remettait sur pied avant leur complète expiration les condamnés pendus, pour les éviscérer alors qu’ils étaient encore bien conscients. Peter échappa à cette «boucherie».

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Biagio de’ Signori

1676-1740

 

Biagio (Blaise) naquit le 30 octobre 1676 à Corte (Corse, alors gênoise).

A dix-sept ans il entra chez les Capucins, et passa chez les Frères Mineurs de l’Observance, prenant en 1693 le nom de Teofilo.

On l’envoya étudier la philosophie à Rome, la théologie près de Salerno, où il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre.

Il embrassa ensuite la vie érémitique dans le Latium, où il rencontra saint Tommaso de Cori (v. 11 janvier).

Il resta proche de ce dernier à Bellegra, puis retourna en Corse en 1730, pour fonder un couvent franciscain à Zúani ; en 1734, il fut rappelé à Rome et à Bellagra en 1735, avant de fonder un nouveau couvent à Fucecchio (Toscane).

Biagio-Teofilo de Corte mourut le 19 mai 1740 à Fucecchio. Il fut béatifié en 1896 et canonisé en 1930.

 

 

Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe)

1668-1750

 

Pietro Fioretti (en religion Crispino) est né le 13 novembre 1668, à Viterbe (Latium, Italie), de parents ouvriers. Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la Vierge, et elle lui disait Voilà ta vraie Mère !

Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Pietro allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Pietro s'écria aussitôt : Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Pietro se releva sans une égratignure.

A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : Frère Crispino n'est pas un novice, mais un ange.

Il fut cuisinier dans le couvent de Tolfa. Une cuisine pauvre dans une cuisine propre était sa devise.

Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (Mia Signora Madre), puis revenez me voir.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispino dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispino les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispino allait réagir. A son retour, Crispino, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras et vous n'oserez rien dire !

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Filippo Neri: Le Paradis n'est point fait pour les lâches !

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? Crispino lui répondit : Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins. Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : «Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite».

Il mourut à Rome le 19 mai 1750 en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.

Crispino de Viterbe a été béatifié en 1806 et canonisé en 1982. Son corps parfaitement conservé repose à Rome.

 

 

Jean-Baptiste-Xavier Loir

1720-1794

 

Né le 11 mars 1720 à Besançon, Jean-Baptiste entra chez les Capucins au Petit-Forez (Lyon), prenant le nom de Jacques-Louis.

Lors de la Révolution, il fut déporté aux Pontons de Rochefort, avec de nombreux autres prêtres.

Il mourut à bord du Les Deux Associés, victime des mauvais traitements et des pénibles conditions de vie à bord de ce bateau négrier, en principe à destination de la Guyane, mais qui ne partira jamais.

On retrouva le Religieux, âgé de soixante-quatorze ans, figé, à genoux, le 19 mai 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

Raphaël Rafiringa 

1856-1919

 

Né le 13 novembre 1856 (ou peut-être le 3 novembre, ou aussi le 1er mai ?) à Mahamasina (Antananarivo, Madagascar), de Rainiantoandro et de Rahaga, Rafiringa grandit dans les coutumes de la famille, de son milieu et de la cour royale. Il avait une sœur, Ernestine.

Son père était forgeron à la cour royale, un métier qui consistait entre autres à mettre des anneaux de fer au cou, aux mains et aux pieds des prisonniers.

Rafiringa fut très impressionné par les premiers Frères des Ecoles Chrétiennes qui arrivèrent sur l’île. Il recevra le baptême à treize ans, sous le nom de Raphaël, et continuera sa formation chez les Frères.

En 1874, Rafiringa fut choisi pour être à son tour un jeune enseignant : il est Maître d’Ecoles Chrétiennes. Sa vocation mûrit, et il devint réellement postulant des Frères des Ecoles Chrétiennes, en 1876. Il ne pouvait rejoindre le noviciat sur l’Ile Bourbon (Réunion), et resta sur place, sous la conduite des Frères.

C’est à ce moment qu’il prit le nom religieux de Raphaël-Louis. Il fit les premiers vœux en 1879.

Cette année-là, le gouvernement malgache renvoya tous les étrangers français résidant à Madagascar. Les Religieux durent faire leurs malles, et confièrent à deux Malgaches le soin d’apostoliser Madagascar : l’une est Victoire Rasoamanarivo (v. 21 août), l’autre est notre Rafiringa.

Victoire dit en sanglotant au père Jésuite qui la quittait : Mon Père, je ferai ce que je pourrai. Rafiringa, lui, n’avait que vingt-sept ans, mais bien décidé à continuer sa vie religieuse. En saluant les Frères qui partaient, il leur dit : J’ai renouvelé mes vœux de trois ans il y a quelques jours, avec bonheur ; je regrette qu’ils ne soient pas perpétuels.

Rafiringa entretint une correspondance suivie avec le Supérieur, le mettant au courant de ses activités : il fut élu Préfet de l’Eglise catholique de l’Imerina par les chrétiens eux-mêmes ; il s’occupait des postulantes des Sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, leur donnant des conférences ; il suivait les écoles de Antananarivo, formant les maîtres ; il entretenait la piété des Eglises par des retraites, des prières, des exhortations ; il visitait les lépreux d’Ambahivoraka (actuelle Sabotsy Namehgana, à quinze kilomètres d’Antananarivo).

Ce n’était pas tout : il traduisait en malgache les livres français ; il écrivit aussi de nombreux ouvrages littéraires (poésie, théâtre, vies de saints). Il fut membre de l’Académie Malagasy en 1902.

Quand les missionnaires purent revenir sur l’île, Rafiringa reprit simplement son poste d’éducateur. 

En 1889, il fit la profession solennelle (les vœux perpétuels).

En 1894, lors d’un deuxième conflit entre Madagascar et la France, il fut à nouveau nommé responsable de la Mission Catholique.

Les missionnaires revinrent en 1896. Rafiringa continua d’aider l’Eglise et il enseigna la langue malgache aux résidents français.

En 1903, le général français Gallieni le décora de la Médaille du Mérite Civil pour l’efficacité de son engagement pour la pacification des relations entre France et Madagascar.

En 1915, il fut injustement accusé de conspiration et emprisonné avec deux autres Religieux. Il continua en prison sa vie de prière et de mortification, demandant à Dieu des vocations pour Madagascar. L’épreuve dura une année, au terme de laquelle il fut innocenté.

Frère Rafiringa-Raphaël-Louis mourut le 19 mai 1919 à Fianarantsoa.

Il a été béatifié en 2009.

 

 

Verena Bütler

1848-1924

 

Née le 28 mai 1848 à Auw (Aargau, Suisse), Verena était la quatrième des huit enfants de Heinrich et Katharina Bütler, d’humbles paysans très croyants, qui lui enseignèrent l’amour de Dieu et du prochain.

Verena fut baptisée le jour-même de sa naissance. Elle reçut la Première communion à douze ans, avec une telle ferveur qu’elle en resta marquée toute sa vie.

Après l’école primaire, elle participa aux travaux de la ferme et fut demandée en mariage par un bon jeune homme, qu’elle aima aussi. Mais l’appel de Dieu en elle-même fut plus fort et elle rompit tout lien sentimental humain pour répondre entièrement à cet appel divin.

Il semble qu’elle ait eu quelque «locution» intérieure, car elle écrivit : Expliquer mon état d’âme à quelqu’un qui n’a jamais reçu d’expérience semblable, est quelque chose d’extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. Et encore : Le Saint Esprit m’a enseigné à adorer, à prier, à louer, à remercier Jésus dans le tabernacle, à tout moment, même durant le travail et la vie courante.

Elle entra d’abord comme postulante dans un couvent de sa région, mais comprit que ce n’était pas là qu’elle était appelée.

Revenue dans son pays, où elle participa activement à la vie paroissiale, elle fut orientée par le curé vers les Franciscaines de Maria Hilf à Altstätten, chez qui elle entra en 1867.

En 1868, recevant l’habit, elle prit le nom de Maria Bernarda du Cœur de Marie, puis fit la première profession en 1869.

Bientôt élue maîtresse des novices, elle fut élue par trois fois supérieure de la communauté.

Après ces neuf années déjà bien remplies par son attitude fraternelle, elle reçut une invitation de l’évêque d’Equateur, à lui envoyer des Religieuses pour l’aider à annoncer l’Evangile.

Voyant là la volonté de Dieu, elle obtint de l’évêque de Saint-Gall et du pape les permissions nécessaires pour laisser la communauté et partir, avec six Compagnes, pour l’Equateur, en 1888.

Maria Bernarda pensait rester en lien étroit avec sa congrégation de Suisse. Mais Dieu l’amena plutôt à fonder une nouvelle famille religieuse : les Franciscaines Missionnaires de Marie Auxiliatrice.

L’évêque les reçut paternellement et leur confia la région de Chone, où l’absence de prêtres se faisait cruellement sentir. Les Religieuses se mirent hardiment au travail, rencontrant les familles, enseignant l’Evangile, reconduisant la population sur le chemin de l’église. Apprenant en même temps la langue et les coutumes des habitants, elles purent bientôt récolter des fruits abondants de leur semence.

La communauté elle-même grandit et l’on fonda bientôt deux autres maisons.

Les difficultés furent toutefois nombreuses et pesantes : même le clergé n’acceptait pas volontiers la «réussite» de ces Religieuses étrangères ; et quelques-unes se détachèrent pour fonder une autre famille. A cela s’ajoutaient les tracas quotidiens : l’extrême pauvreté, le climat inhabituel, les risques pour leur santé ou même leur vie. Tout cela, Mère Maria Bernarda le supporta avec son inébranlable bonté, son sens du pardon, et sa prière pour tous ceux qui lui occasionnaient des tristesses.

En ce qui concerne la nouvelle ramification dont il a été question ci-dessus, Maria Bernarda eut la clairvoyance de ne pas la considérer comme une désertion, mais comme une autre lumière de l’Esprit Saint : sa fondatrice, Maria Charitas Brader est d’ailleurs béatifiée elle aussi (v. 27 février).

Quand la communauté de Maria Bernarda s’était établie, l’ancien président chrétien de l’Equateur, Gabriele García Moreno, avait été assassiné depuis longtemps déjà (1875), et la révolution couvait. Une violente persécution reprit en 1895, obligeant les Religieuses à quitter le pays et à trouver refuge dans la voisine Colombie. L’évêque de Cartagena les reçut paternellement à son tour et leur confia un ancien hôpital, où elles purent s’établir. C’est là que Mère Maria Bernarda resta jusqu’à la fin de sa vie.

De nouveau la congrégation s’agrandit… et fonda des maisons en Autriche et au Brésil.

Mère Maria Bernarda donnait la préférence aux pauvres, aux marginalisés. Elle insuffla son idéal aux Sœurs pendant plus de trente ans. Même après avoir remis sa charge, elle continuait humblement à donner l’exemple du service humble et joyeux, par sa vie et ses lettres.

Frappée par des douleurs intestinales, entourée de l’amour et de la vénération de toutes les Sœurs, Mère Maria Bernarda s’éteignit le 19 mai 1924, à soixante-quatorze ans : elle en comptait cinquante-six de vie consacrée, et trente-huit en pays de mission.

En annonçant sa mort, le curé de la cathédrale dit aux fidèles : Aujourd’hui est morte une Sainte dans cette ville : la révérende Mère Bernarda ! 

Elle a été béatifiée en 1995, et canonisée en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison spontanée d’un cancer au cerveau d’un bébé colombien en 1967. Celui retenu pour la canonisation a été la guérison d’une femme médecin colombienne atteinte d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive.

 

 

Lucinio Fontanil Medina

1884-1937

 

Lucinio était né le 12 février 1884 à Villamizar (León, Espagne).

Il entra chez les pères Capucins, reçut l’habit en 1914, avec le nom de Primitivo et fit la profession en 1915 comme Frère convers.

Il fut au service de la maison d’El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Après une première arrestation, Lucinio fut libéré et trouva refuge chez un neveu et vécu dans une relative paix pendant quelques mois.

Finalement reconnu comme un des Religieux d’El Pardo, il fut arrêté le 19 mai 1937 à Madrid et abattu le même jour ou le lendemain, 20 mai, une des dernières victimes de cette cruelle période.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alberto Linares de la Pinta

1913-1937

 

Alberto naquit le 7 août 1913 à Cheste (Valencia, Espagne) et fut baptisé un mois plus tard, le 7 septembre.

En 1925, il rejoignit son frère chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, où il commença le «petit noviciat» (le collège).

En 1930, il commença le noviciat proprement dit et émit les vœux en 1931, avec le nom de Alberto Joaquín.

Il exerça son activité apostolique à Voltregá, à Berga, en 1934 à Bonanova.

Le 19 juillet 1936, il fallut rapidement évacuer le collège et chercher où se réfugier.

Alberto passa à la maison d’un ancien élève, puis rejoignit un de ses frères à Chiprana (Saragosse).

Un des plus féroces parmi les chefs révolutionnaires le découvrit et l’arrêta ; mais grâce à l’intervention de plusieurs personnalités, le chef le remit en liberté et lui confia même l’école de Chiprana. Comme l’établissement était assez éloigné de la maison de son frère, Alberto s’installa dans une famille proche de l’école.

Le 3 mai 1937, le chauffeur du Comité l’invita à monter dans son camion pour le faire passer dans la zone «nationale». Depuis, on ne sut plus rien de lui.

Mais au lendemain de la guerre, le curé de Castillonroy put donner des informations : Alberto avait été assassiné le 19 mai 1937.

Il a été béatifié en 2013.  

  

Pina Suriano
1915-1950

Née le 18 février 1915 à Partinico (Palerme, Sicile), unique enfant de Giuseppe et Graziella Costantino, modestes agriculteurs, Pina reçut le baptême le 6 mars suivant. Son prénom était, comme celui de son père, Giuseppina (Joséphine), mais on l’appela couramment Pina.
A sept ans, elle reçut la Première communion, après avoir reçu celui de Réconciliation (qu’on appelait à l’époque Pénitence), puis la Confirmation. Depuis peu, le pape Pie X avait encouragé les curés et les catéchistes à préparer les petits enfants à recevoir l’Eucharistie «dès l’âge de raison», donc vers la septième année.
Cette même année 1922, Pina entra dans les rangs de l’Action Catholique, dont elle franchit tous les «degrés» : benjamine, aspirante, jeune active ; plus tard déléguée (1938), secrétaire (1939-1948), cumulant en même temps la charge de présidente de 1945 à 1948, à la demande des jeunes filles elles-mêmes.
Elle participait à toutes les activités de l’Action Catholique au niveau paroissial ou diocésain, en parfaite entente avec le curé, son directeur spirituel.
En 1937 fut érigée une nouvelle paroisse, dont elle fit partie, et où elle continua son intense participation. Là aussi le nouveau curé fut son directeur, et futur biographe, un témoin authentique de cette belle âme.
En 1948 elle fonda et présida l’Association des Filles de Marie, rassemblant celles de ses compagnes qui voulaient vivre plus intensément encore leur foi, par la prière, les petits sacrifices de la journée, la sainte Messe, la communion et la méditation quotidiennes, l’étude de la Sainte Ecriture et la fidélité à l’enseignement de l’Eglise.
On pourrait peut-être se demander pourquoi une telle âme, si religieuse, n’était pas entrée dans telle ou telle congrégation. Ce serait oublier que des laïcs ont aussi la vocation à la sainteté, tout en vivant dans le monde, donnant un témoignage authentique de foi, de charité et d’espérance, au milieu de la société qui a besoin de ce levain spirituel.
Mais surtout, la famille de Pina ne manquait pas de «projets» pour elle. La maman l’aurait bien donnée en mariage, en lui objectant ouvertement qu’elle préférait une fille morte à une religieuse. Ce fut l’épreuve de vie de Pina, qu’elle appela même son martyre. Mais le cœur de Pina appartenait au Christ. En 1932, à dix-sept ans, elle avait fait le vœu de chasteté perpétuelle, et le renouvelait chaque mois, en accord avec son directeur spirituel et, de ce fait, repoussa toujours les propositions de mariage qu’on lui adressa.
En 1940, à vingt-cinq ans, elle eut la liberté d’entrer chez les Filles de Saint-Anne, à Palerme. Mais on lui trouva alors une malformation cardiaque qui lui interdisait la vie conventuelle. Elle reprit ses activités.
Renonçant à son désir, elle s’offrit à Jésus-Christ en victime pour la sanctification des prêtres. C’était le 30 mars 1948.
Son sacrifice devait plaire à Dieu, qui l’exauça bientôt. Une arthrite rhumatismale se manifesta, dont elle mourut «prématurément», mais à l’heure de Dieu, remplie de mérites.
Le 19 mai 1950, au moment de se rendre à la Messe, une violente attaque cardiaque interrompit cette vie terrestre toute donnée à Dieu. Pina avait trente-cinq ans.
Pina Suriano a été béatifiée en 2004.

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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 23:00

18 MAI

 

III.

S Venantius, martyr de quinze ans, mal connu, honoré à Camerino ; il aurait été suspendu par les pieds pendant plusieurs jours au-dessus d’un grand brasier, puis décapité.IV.

Ss Theodotus et sept vierges, martyrs à Ancyre ; il avait recueilli les reliques des vierges Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta, et fut décapité.

S Dioscorus, lecteur, martyr à Cynopolis.

S Felix, martyr à Split.

S Potamon, prêtre martyrisé en Alexandrie avec deux autres : Ortasius et Serapion

S Potamon, évêque à Héraclée, martyr, victime des ariens ; dans une première persécution, on lui avait crevé un œil et coupé une paupière.

VI.

S Jean Ier, pape (523-526) ; suite aux travaux de Denys le Petit il fixa la date de Pâques, prépara le travail de s. Grégoire le Grand pour le chant liturgique, affirma la primauté romaine en couronnant l'empereur Justin à Byzance, ce qui lui valut l’emprisonnement à son retour en Italie, par le roi arien, et il mourut d’épuisement dans sa geôle. 

XII.

B Burchard, curé à Beinwil.

S Eric IX, surnommé le Législateur, roi de Suède ; il contribua à l’évangélisation des Suédois et des Norvégiens, et fut martyrisé au sortir d’une messe ; patron de la Suède jusqu’au XVIe siècle.

XIV.

B Guillaume de Naurose, ermite de Saint-Augustin près de Toulouse.

XVI.

S Felice Porri de Cantalice, italien, devenu frère convers capucin après avoir échappé miraculeusement à un accident, quêteur, ami de s. Filippo Neri ; son exclamation favorite était Deo gratias ! il eut une vision de la Vierge Marie en mourant.

XIX.

S Son Cha-sŏn Thomas, laïque coréen, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Maria-Magdalena Merten (Blandina, 1883-1918), ursuline allemande, béatifiée en 1987. 

Bx Stanisław Kubski (*1876), prêtre diocésain, et Jan Marcin Oprządek (*1884), franciscain, martyrs polonais gazés à Hartheim, après avoir séjourné à Dachau, en 1942 et béatifiés en 1999.

Venantius de Camerino

3e siècle

 

Les critiques historiens n’attribuent pas une grande valeur aux Actes du martyre de ce Saint. Il est vrai que, parfois, cette littérature contient des éléments d’un caractère tellement extraordinaire, mais aussi tant de fois répétés en d’autres récits, qu’on peut se poser la question de savoir qui, et quand, écrivit ces lignes.

L’histoire de saint Venant appartient à ce genre-là. Mais on trouvera tout de même ici un résumé de son martyre, dont les éléments reposent certainement au moins sur quelques détails authentiques.

La ville de Camerino se trouve en Italie, dans la province des Marches, mais non loin de la célèbre Assise. Là sévissait au 3e siècle un préfet païen nommé Antiochus. La persécution de l’empereur Dèce (250) faisait ses ravages dans les rangs des chrétiens, mais notre Venantius, avec ses quinze ans, n’avait pas d’autre ambition que de rester fidèle à son idéal chrétien.

On le recherche et on l’arrête, on le menace, rien ne le fait fléchir ; on le fait flageller, on l’attache par les pieds et on allume un grand feu qui dégage une épaisse fumée pour l’asphyxier : il en sort indemne, provoquant la conversion des badauds et même des persécuteurs.

On le jette en prison, où les tourments continuent : charbons brûlants sur la tête, dents et mâchoires brisées, abandonné dans une fosse à purin puis exposé à cinq lions affamés. A chaque fois, l’Ange de Dieu le libère et le sauve.

Remis en prison, il guérit une foule de malades qu’on lui amène, et qu’il convertit au Christ.

Exaspéré, le préfet de la ville le fait jeter au bas des murs, mais il se relève indemne., chantant les louanges du Tout-Puissant.

On le ligote et on le traîne par toute la campagne, mais c’est encore Venantius qui fait surgir une fontaine pour désaltérer les pauvres soldats qui n’en peuvent plus. A chaque prodige, beaucoup se convertissent.

Finalement, avec dix autres chrétiens dont on ignore les noms, Venantius est décapité ; sa vie humaine n’aura duré que quinze années, mais il entre victorieux dans la vie éternelle.

Le culte de saint Venantius fut extrêmement répandu, de même que ce jeune martyr suscita une abondance de production artistique de tous genres. Quoiqu’il ne soit plus mentionné au Martyrologe, ce jeune martyr reste localement fêté le 18 mai. 

 

 

Theodotus d’Ancyre

et sept Vierges : Thecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona, Iulitta

† 303

 

Chrétien à Ancyre (actuelle Ankara, Turquie), Theodotus tenait ce qu’on appellerait un bar, dont il vivait chichement.

Il devait sa conviction chrétienne à une sainte femme, Thecusa, sa tante, et pratiquait toutes les saintes vertus envers tous, de n’importe quelle origine ou appartenance qu’ils fussent.

Lors de la nouvelle persécution de 303, Theodotus ne diminua en rien ses préoccupations envers le prochain, visitant les Chrétiens arrêtés en prison, leur apportant des vivres et des encouragements à la persévérance.

Là-dessus, les persécuteurs arrêtèrent Thecusa et six autres saintes femmes, toutes septuagénaires, qu’on força à se mêler à un défilé grotesque, où l’on portait solennellement deux statues païennes, Diane et Minerve, pour aller les «purifier» dans un étang voisin.

Parvenues à l’endroit, les saintes femmes se virent invitées à devenir les prêtresses de ces divinités païennes (et, bien sûr, à se prostituer). Sur leur net refus, on leur attacha une grosse pierre au cou et on les précipita dans l’étang.

Theodotus vit alors en songe sa tante Thecusa, qui l’informa de l’événement. Réveillé, il se décida sans attendre à aller retrouver ces corps, qu’il repêcha, non sans peine, on l’imagine. Un cousin de Thecusa l’aida dans sa besogne et les corps furent dignement ensevelis. Mais le cousin, arrêté à son tour, subit la flagellation et céda, avouant qui avait sorti de l’eau les corps des Martyres, et où ils se trouvaient ensevelis. Les païens se précipitèrent à l’endroit, déterrèrent les corps et les brûlèrent.

On n’arrêta pas Theodotus : il se présenta spontanément au gouverneur, qui lui proposa d’abord de grands honneurs, jusqu’à être pontife d’Apollos, à condition, bien sûr, d’apostasier et de sacrifier aux dieux païens. 

Theodotus répondit courageusement en réaffirmant sa foi et son inébranlable décision de rester fidèle au Christ. Il fut très durement torturé et, quand les soldats eux-mêmes furent lassés de le frapper, laissé dans sa prison. Quelques jours plus tard, on le tortura de nouveau avant de le décapiter.

Jeté au feu, le corps ne se consuma pas. Un prêtre de passage réussit à tromper les soldats qui montaient la garde et chargea le saint corps sur son âne. Le prêtre feignit de laisser partir la bête, qui alla s’arrêter plus loin, là où manifestement il fallait enterrer le Martyr. On y construisit une chapelle.

D’après le Martyrologe, les sept Vierges martyres étaient, outre Thecusa : Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona et Iulitta.

Le martyre des ces Vierges semble avoir eu lieu le 18 mai 303 (ou 304), et donc celui de Theodotus aurait eu lieu plutôt «dix-neuf jours plus tard», d’après un manuscrit ancien, soit le 7 juin, jour où les Grecs le fêtent en effet.

Le Martyrologe commémore cependant et les Vierges et Theodotus le 18 mai.

 

Nota. Actuellement, le Martyrologe ne mentionne plus un autre groupe de sept vierges martyres qui se trouvaient auparavant au 20 mars. 

Leur mention comportait d’étranges similitudes avec le groupe ci-dessus. Les sept noms étaient : Alexandra, Claudia, Euphrasia, Matrona, Iuliana, Euphemia, Theodosia. En outre, la localité était Amide, une ville de Paphlagonie (actuelle Turquie, nord).

Des confusions se sont souvent produites dans la rédaction des manuscrits. On aura pu transformer amita (tante) en Amide, Theodotus en Theodosia, Phaina en Euphrasia.

Ces sept vierges auraient été martyrisées une soixantaine d’années plus tôt que celles dont on parlait plus haut ; elles étaient accompagnées aussi par une certaine Derphutha et sa sœur. 

Apparemment, on a trouvé davantage de certitudes pour les faits du premier groupe, fêté le 18 mai, mentionné au Martyrologe.

Peut-être que tel rédacteur aura voulu donner plus d’importance à cette Derphutha, du reste inconnue par ailleurs, en lui adjoignant tout un groupe de Compagnes.

 

 

Dioscorus de Cynopolis

† 303

 

Dioscorus était le fils d’un lecteur à Cynopolis (peut-être Hardaï, auj. Sheikh Fadel, Egypte).

Dès le début de la persécution de Dioclétien, on soupçonna sa complicité avec son père pour cacher les livres liturgiques. Il fut arrêté et traduit devant le gouverneur d’Alexandrie. Les Actes de son procès sont authentiques.

Durant l’interrogatoire, le président du tribunal ordonna de brûler Dioscorus avec trois fers rougis au feu. Dioscorus n’en ressentit aucun effet ; mieux, les bourreaux constatèrent, avant d’appliquer le troisième fer, que le corps de Dioscorus était comme recouvert de rosée.

Une des magnifiques réponses de Dioscorus : Je suis venu ici de grand cœur afin que, même si j’ai péché un peu dans ma jeunesse, cela soit purifié dans le siècle à venir.

Un moment plus tard, le juge fit suspendre Dioscorus et lui poser sur le corps deux lampes brûlantes. Dioscorus demanda à Dieu qu’Il ouvrît les yeux des bourreaux : effectivement, ceux-ci virent une grande lumière et retirèrent les lampes.

Le juge ordonna de lui arracher la barbe petit à petit, de l’étendre et de le flageller, enfin de le décapiter.

Ce devait être vers 303.

Saint Dioscorus de Cynopolis est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Spalato

† 305

 

Ce Martyr reçut la couronne de son combat au début du 4e siècle.

Spalato (Dalmatie) est aujourd’hui Split (Croatie).

C’est sans doute par erreur qu’on en a parfois fait un évêque d’Epetium, (auj. Stobreč, Croatie), qui n’a jamais été un siège épiscopal.

Saint Felix de Spalato est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Potamon, Ortasius et Serapion d’Alexandrie

† 305

 

Potamon, Ortasius et Serapion étaient trois prêtres d’Alexandrie d’Egypte.

Ils furent martyrisés en Alexandrie, vraisemblablement au début du 4e siècle et sous Dioclétien, puisque la paix allait être accordée aux Chrétiens à partir de 313.

Saint Potamon d’Alexandrie, avec ses deux Compagnons, est mentionné dans le Martyrologe Romain, le 18 mai.

 

 

Potamon d’Héraclée

† 341

 

Potamon fut évêque d’Héraclée ou plutôt Heracléopolis Magna (Egypte) ; il y a huit villes Héraclée mentionnées dans l’Antiquité, de l’Italie à l’Asie Mineure.

Sous l’empereur Maximin II († 313), il avait eu l’œil droit crevé et la paupière gauche coupée.

En 325, il prit part au concile de Nicée.

En 335, il était au concile de Tyr et prenait hardiment la défense de s.Athanase (v. 2 mai) contre les ariens.

Quelques années plus tard, les ariens s’en prirent à lui à nouveau et le rouèrent de coups. L’évêque mourut de ses blessures.

Ce devait être vers 341.

Saint Potamon d’Héraclée n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain, sans doute «effacé» par un autre Potamon, martyr, plus connu (v. 18 mai).

 

 

Jean Ier

? - 526

 

Jean, fils de Constantius, naquit en Toscane, et vint à Rome pour ses études.

Il était cardinal-prêtre et archidiacre au moment de la mort du pape Hormisdas (523) et fut élu sur le siège de Saint-Pierre ; c’était le cinquante-troisième pape.

A Rome, il s’occupa de plusieurs cimetières et basiliques, et ordonna quinze évêques.

Une décision importante de ce pontificat fut la ratification des calculs du moine Denys le Petit, et de l’établissement de la date de la fête de Pâques, d’où il résulta le cycle pascal tel que nous l’observons encore maintenant. Jusqu’à cette date, la chrétienté suivait l’ère de Dioclétien, tandis que Denys compta les années à partir de la naissance de Jésus-Christ. 

Les savants ont contesté et contestent encore ce calcul, démontrant que le Sauveur est né en réalité quelques années avant la date calculée par Denys le Petit. Disons que si l’on arrive à préciser avec certitude absolue cette date, il sera impossible matériellement de revenir sur toutes les datations qui se sont effectuées depuis : il faudrait corriger toutes les éditions du monde entier.

Continuant l’œuvre d’autres papes, Jean Ier prépara le travail de saint Grégoire le Grand concernant le chant grégorien.

Mais l’événement important qui précipita la fin de ce pontificat, fut l’opposition qui s’éleva entre l’empereur (orthodoxe) d’Orient et le roi (arien) d’Italie.. Tous deux avaient - pour différents motifs - un grand respect pour le pape : l’empereur, parce qu’il était anti-arien ; le roi, parce qu’il avait un saint respect pour la personne du Pontife.

Mais le roi (Théodoric) s’opposa à la décision de l’empereur (Justin) de vouloir reprendre aux ariens les églises prises aux catholiques. Théodoric, y voyant probablement un désir de l’empereur d’établir son autorité en occident, força le pape à aller trouver l’empereur à Costantinople pour en obtenir de revenir sur son édit.

Le pape céda (ou fut obligé de le faire) et quitta Rome ; c’était la première fois qu’un pape s’éloignait de la Ville. Arrivé à Constantinople, il fut reçut avec beaucoup d’honneur par l’empereur (qui se fit re-couronner par lui) ; même le patriarche céda la place d’honneur au pape lors de la célébration de Noël (525).

Théodoric fut informé de tout cela et fut très irrité de ce que le pape n’ait pas obtenu ce qu’il voulait, de sorte qu’il fit arrêter et enfermer Jean Ier à Ravenne lors de son retour, avec ceux de sa suite : tous moururent de faim et d’épuisement dans cette geôle.

Jean Ier succomba le 18 mai 526 et fut honoré du titre de martyr. 

C’est saint Félix IV qui lui succéda.

Erik  de Suède

† 1160

 

Les origines d’Erik sont quelque peu incertaines. Il serait fils d’un noble nommé Jedward (Edward) - d’où son nom de Erik Jedvardsson - et de Cécilia, fille du roi suédois Blot-Sven, mais cette descendance apparaît douteuse pour les historiens. On suppose qu’il était plutôt un noble personnage, d’une province christianisée, non soumise au roi de Suède.

On pourrait ainsi supposer que, en opposition au roi païen Blot-Sven, une conspiration lui aurait préféré un roi chrétien et aurait acclamé roi notre Erik, vers 1156 ; ce choix en faveur d’Erik serait dû à son mariage avec la princesse danoise Kristina.

De cette union naquirent quatre enfants : Knut (qui succédera à son père), Filip, Katarina, Margareta.

Erik dut rapidemant faire face à un rival, Karl, fils du roi Sverker Ier de Suède, lui aussi acclamé roi vers 1156.

Chrétien, le nouveau roi Erik IX voulut propager le christianisme dans la Finlande voisine, encore païenne. Cette «croisade» lui paraissait aisée, mais il rencontra une résistance assez farouche et ne put «conquérir» que quelques localités sur la côte ; l’évêque André, qui l’accompagnait dans son expédition, mourut assassiné. On a un témoignage du pape Alexandre III (1159-1181), qui regrette que les Finnois promettent de se convertir quand ils sont menacés par l’armée, mais retournent au paganisme quand le «danger» est écarté.

Dans son pays, Erik s’occupa avec grand zèle de la juste administration de la Suède, protégeant et favorisant l’expansion du culte chrétien par la construction d’églises.

Il eut à cœur de promulguer une législation en faveur des droits des femmes.

Ce règne prometteur s’acheva rapidement. En mai 1160, Erik assistait à l’office divin, lorsqu’on l’avisa que les troupes danoises envahissaient le pays et s’approchaient. Il entendit la messe jusqu’à la fin et enfourcha ensuite sa monture pour marcher avec ses troupes contre l’envahisseur, le prince danois Magnus Henriksson. A la bataille d’Ostra-Aros, sur l’emplacement de l’actuelle Upsal, Erik tomba, percé de coups.

C’était le 18 mai 1160, jour de l’Ascension.

Erik IX fut de tous temps honoré pour ses vertus, ses mœurs austères et sa mort héroïque. Jusqu’à la Réforme du XVIe siècle, il fut reconnu comme le patron de la Suède.

Avec le titre de martyr, saint Erik IX de Suède est inscrit au Martyrologe le 18 mai.

 

 

Burchard de Beinwil

1100-1192

 

Burchard est un prénom germanique qui fut porté par plusieurs saints personnages, évêques ou abbés. Mais celui dont on va parler n’est pas de ceux-là.

Il naquit vers 1100, non loin de l’abbaye suisse de Mury (Aargau).

Prêtre, il fut nommé curé de Beinwil, une paroisse proche de la même abbaye, sur le Lindenberg.

Quoiqu’on ne sache presque rien sur lui, sinon qu’il administra sa paroisse avec beaucoup de zèle pastoral - ce qui est déjà très méritoire -, on rapporte qu’il aurait un jour redonné la vie à une grue.

L’oiseau avait été dressé par le prêtre et savait lui exprimer à sa façon beaucoup de choses. La grue lui fit comprendre les méfaits d’une famille, qui résolut alors de tuer la bête pendant son absence. A son retour, Burchard fut étonné de ne pas recevoir le salut de son cher animal, qu’il retrouva mourant (ou déjà mort) ; alors il lui rendit la vie.

Une autre fois, appelé au chevet d’une mourante, et parvenu quelques instants après la mort de celle-ci, il la «réveilla» pour lui administrer l’Onction des Malades.

Burchard serait mort le 18 mai 1192 (ou même seulement 1200).

On ne sait rien de plus sur lui, mais de nombreux miracles se produisirent à son tombeau. 

En 1506, un document officiel parle de Saint Burchard.

On le mentionnait autrefois au 20 août, jour où l’on fête s.Burchard, évêque de Worms, avec lequel il semble avoir été confondu.

Saint Burchard de Beinwil est commémoré le 18 mai dans le Martyrologe Romain, qui cependant lui donne le titre de Bienheureux.

 

 

Guillaume de Naurose

1297-1369

 

Il est regrettable que les maigres détails concernant Guillaume de Naurose soient simplement répétés d’une source à l’autre, sans informations plus approfondies.

Guillaume était né vers 1297 à Toulouse, dans une famille noble.

Entré vers 1316 dans l’Ordre des Augustins, il fut envoyé à Paris pour approfondir la théologie et reçut le sacerdoce.

De retour au monastère de Toulouse, il acquit une grande réputation de prédicateur, mais aussi pour sa charité envers les pauvres.

Il ne cessait de «prier, contempler, parler de Dieu». Il semble qu’il ait été favorisé d’extases et qu’il ait exercé plusieurs fois des exorcismes.

Il mourut le 18 mai 1369 et son culte fut confirmé en 1893.

 

 

Felice Porri de Cantalice

1515-1587

 

Né vers 1515, Felice (Félix) rendit vraiment heureux ses parents, d’humbles laboureurs de Cantalice (Rieti, Latium, Italie centrale).

Il montra dès son enfance une grande piété, pratiquant, malgré les pénibles travaux des champs, une rigoureuse mortification , et montrant d’extraordinaires vertus d’humilité et de douceur.

Il échappa à la mort alors que la charrue traînée par les bœufs lui passa sur le corps, déchirant ses habits mais le laissant indemne. Il vit là une indication providentielle à ne pas différer le projet qu’il avait formé de se donner à Dieu, et entra en 1544 comme frère convers ches les Capucins de Anticoli di Campagna (auj. Fiuggi).

En 1545, il émit la profession religieuse.

Jusqu’en 1547, il fut dans les couvents d’Anticoli, Monte San Giovanni, Tivoli et Palanzana (Viterbe).

De 1547 à sa mort, il fut chargé de quêter à Rome ; les dernières années de sa vie, il quêtait le pain, le vin et l’huile, qu’il partageait ensuite entre son couvent, les pauvres et les familles ruinées.

A Rome aussi, il fut un grand ami de Filippo Neri (v. 26 mai) ; tous deux se souhaitaient surnaturellement d’endurer les plus atroces supplices pour la gloire de Jésus-Christ.

Felice ne dormait que deux heures par nuit ; quand il ressentit de violentes douleurs au ventre, il les appela ses faveurs du ciel et ses roses du paradis, chantant des cantiques pour les calmer.

Il n’omit pas d’opérer les miracles dont Dieu lui avait confié le don ; il guérit beaucoup de bébés et d’enfants, au point qu’on le surnomma le Saint des Enfants.

Particulièrement, il apporta la guérison d’un élevage de vers à soie contaminés, en y introduisant des feuilles trempées dans l’eau (ce qu’il ne faudrait surtout pas faire en temps normal) ; les vers se multiplièrent, et Felice fut désormais choisi comme le saint Patron des éleveurs de vers à soie.

Il disait que son sac (qui contenait tant de choses, comme on l’a dit) ne lui pesait pas ; un jour que des coquins y introduisirent une pièce de monnaie, Felice se mit à crier, n’en pouvant plus de porter ce sac si lourd, assurant que le diable s’y était introduit.

Il marchait toujours pieds nus, refusant toujours les chaussures, même en hiver. Ses pieds étaient tout craquelés et on le vit plusieurs fois chez le cordonnier, occupé à recoudre ses talons crevassés ; mais après sa mort, ses pieds apparurent absolument sains et sans aucune cicatrice.

Pendant ces quarante années romaines, Felice édifia tous ceux qui le voyaient par son recueillement et son affabilité, profitant de la nuit et des jours de fête pour aller voir les malades et les pauvres ; partout il semait la paix et la charité par son exclamation favorite : Deo gratias !

Il tomba malade à la fin du mois d’avril 1587 et mourut le 18 mai suivant, ravi de joie par une vision de la Sainte Vierge.

Après la  mort, un mystérieux liquide suinta du corps de Felice, dont on se servit pour guérir des malades.

Un premier procès en vue de la canonisation fut achevé dès l’année de la mort, mais la béatification ne fut proclamée qu’en 1625 et la canonisation en 1712. 

 

 

Son Cha-sŏn Thomas

(Son Ja-seon Tomaseu)

1838-1866

 

Né en 1838 (ou à peu près, car il est difficile de concilier plusieurs sources), à Hongsŏng (ou Deoksan) (Ch’ungch’ŏng, Corée), Tomaseu (Thomas) était d’une famille catholique qui avait déjà eu ses martyrs.

Au moment de la persécution de 1866, Tomaseu persévérait dans la foi, conservait ses habitudes chrétiennes, avec son épouse. Jamais il n’omettait la prière du matin et du soir.

Peu de jours après l’arrestation de Mgr Daveluy (v. 30 mars), la police fit irruption dans son village, le 11 mars 1866, détruisant les propriétés des habitants catholiques. Ceux-ci présentèrent de légitimes plaintes auprès du gouverneur de district, qui promit des réparations.

Tomaseu se présenta personnellement au gouverneur dans le même but : le gouverneur lui demanda alors de renier sa foi. Tomaseu répondit : J’ai bien un peu peur de mourir, mais j’ai encore plus peur de renier Dieu.

On l’arrêta sur place et on le soumit à des tortures. On le suspendit par les pieds et on le battit violemment. On lui enfila des ordures dans la bouche. Tout cela ne réussit pas à lui faire abandonner sa foi.

Ses plaies étaient si profondes, qu’il faillit en mourir. Les prisonniers essayèrent de le soigner comme ils purent, sans grande efficacité. Tomaseu leur dit : Jésus et Marie vont venir soigner mes plaies. Or, peu de jours après, les plaies étaient miraculeusement guéries.

Le gouverneur de Tŏksan envoya Tomaseu à la prison de Haemi. Nouvelles tortures. On lui tordit et on lui brisa les jambes. Le gouverneur le força à mordre la chair de ses propres mains. Tomaseu resta ferme dans sa foi. Finalement, on l’envoya au gouverneur de Kongju, pour le condamner à mort.

L’oncle de Tomaseu, lui, avait apostasié, et suggérait à son neveu d’en faire autant, mais Tomaseu ne l’entendait pas de cette oreille. Pas un moment il n’abandonna ses prières, ses jeûnes, ses mortifications, même en prison, car on était en période de carême.

Le gouverneur de Kongiu le fit battre jusqu’à perdre connaissance, sans obtenir le moindre changement. Pour en finir, il l’étrangla.

C’était le 18 mai 1866. Tomaseu avait environ trente-huit ans.

Tomaseu fut enterré dix jours après son martyre : on dit que son corps était resté sans corruption.

Il a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984. Son dies natalis est au 18 mai, tandis que la fête de tous les Martyrs coréens est célébrée le 20 septembre.

 

 

Maria Magdalena Merten

1883-1918

 

Née le 10 juillet 1883 à Düppenweiler (Trèves, Sarre, Allemagne), Maria Magdalena était la neuvième des onze enfants d'humbles fermiers.

Après ses études locales, elle se diplôma comme institutrice à Marienau (Vallendar) (1902).

D'abord institutrice dans l'école laïque à Oberthal (Sarre) de 1902 à 1908, elle entra chez les Ursulines du Mont-Calvaire à Ahrweiler, voulant ainsi unir ses deux vocations à la vie religieuse et à l'enseignement. Sa sœur l'accompagna dans cette vocation.

Maria Magdalena y prit le nom de Blandina, mais même en Allemagne, on l'appela communément Blandine.

Elle fit la première consécration en 1910, puis la solennelle en 1913. 

De 1910 à 1916, à Saarbrücken puis à Trèves, elle se donna consciencieusement aux enfants qui lui étaient confiés, tout en menant une vie intérieure pleine de prière et de contemplation, particulièrement nourrie de la dévotion au Saint Sacrement.

Elle mourut de tuberculose à Trèves, le 18 mai 1918, à pas même trente-cinq ans.

Elle a été béatifiée en 1987. 

 

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison totale et durable d'une religieuse autrichienne, atteinte d'un mélanome.

 

 

Stanisław Kubski

1876-1942

 

Né le 13 août 1876 à Książ (Strzelno, Poméranie, Pologne) au sein d’une famille d’agriculteurs, Stanisław était le fils de Michał et Franciska.

Il étudia à Trzemesznie, Wągrowcu (où il passa son baccalauréat en 1897) : dans cette dernière école, les élèves avaient «fait grève» en 1906, en refusant de parler allemand.

Puis il entra au séminaire de Gnieźno.

Il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut successivement vicaire à Srem, curé à Gnieźno puis Inowrocław : cette église récente n’était pas encore consacrée ; il y installa l’image de Notre-Dame de Czestochowa. Puis il fut à nouveau à Gnieżno. Un de ses vicaires fut Alexei Sobaszek, futur martyr lui aussi.

C’est dans cette paroisse qu’il baptisa Jozef Glemp, futur cardinal.

Stanisław fut aussi aumônier de prison.

Le père Stanisław fut un pasteur zélé, qui s’occupa de tous les milieux de ses paroisses : enfants, jeunes, pauvres, ouvriers, artisans. Sa charité se déployait sans mesure, puisant sa force dans la dévotion au Saint-Sacrement.

Arrêté le 8 septembre 1939, il fut d’abord conduit à la caserne, les mains levées comme un brigand arrêté en flagrant délit. La nuit, il la passa à genoux dans la cour de la caserne.

On l’emmena à Dachau (où il porta le numéro 21878), puis à Büchenwald (21 novembre 1939) ; les tortures ne cessaient pas, il eut un bras cassé, mais il ne perdait pas sa sérénité et priait.

En mai 1942, désormais inapte au travail, il fut transporté à Hartheim, où les prisonniers subissaient des expériences pseudo-médicales, puis fut gazé à Linz (Autriche).

Sa mort est recensée au 18 mai.

Le père Stanisław a été béatifié en 1999.

 

 

Jan Oprządek

1884-1942

 

Né le 4 mars 1884 à Kościelec (Małopolskie, Pologne), Jan avait cinq frères et sœurs, enfants du couple très chrétien que formaient Stanislas et Juliana.

Après ses études primaires dans son village, il travailla comme ouvrier.

A vingt-huit ans, il entra chez les pères Capucins, au monastère Saint-Laurent Kazimierz de Cracovie (1912), où il prit le nom de Marcin (Martin).

Durant la Guerre mondiale, il fut enrôlé dans l'armée autrichienne.

En 1919, il reprit le noviciat, à Wrocław, puis revint à Cracovie où il fut portier.

Comme c'est l'habitude dans cet Ordre, il changea plusieurs fois de monastère : Przemysl, Lviv Konin, Wrocław, Kazimierz Dolny, de nouveau Wrocław.

Un an après le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, il fut arrêté dans le cadre des rafles de prêtres et religieux organisées par la Gestapo.

Il fut d'abord à Szczeglin (Poznan), puis Sachsenhausen (29 août 1940), puis Dachau.

On offrit aux plus âgés et aux handicapés la possibilité de choisir un camp “moins dur”, et le père Marcin (à qui il manquait un doigt à une main) crut ingénûment à cette proposition : en réalité, c'était pour transférer ces “malades” à Mauthausen ou Linz, en vue de les faire disparaître.

Ainsi, on les embarqua dans des wagons qui étaient de véritables chambres à gaz, et on les conduisit directement aux fours crématoires. 

Les autorités du camp annoncèrent que Marcin était décédé le 2 juin, mais il était mort déjà le 18 mai 1942.

Il a été béatifié en 1999.

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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 23:00

17 MAI

 

?

S Adrion, martyr à Alexandrie.

S Victor, martyr à Rome.

Ss Heraclius et Pauusl, martyrs à “Nivedunum”, au bord du Danube en Scythie.

Ss Solochon, Pamphamer et Pamphalon, trois soldats martyrs à Chalcédoine.

III.

Ste Restituta, vierge et martyre à Carthage.

VI.

S Æmilianus, évêque à Verceil, qui serait mort centenaire.

XVI.

S Pascual Baylon, franciscain espagnol ; il fit tant de miracles que s. Roberto Bellarmino, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il mourut le jour de la Pentecôte, au moment de l'élévation, le jour de ses cinquante-deux ans ; son amour pour l’Eucharistie en a fait le patron des Congrès Eucharistiques.

XVII.

Bx Ioachim Mine Sukedayū (sa femme Maria fut martyrisée le 28 février), Paulus Nishida Kyūhachi, Maria, Ioannes Matsutake Chōzaburō, Bartholomeus Baba Han’emon, Ludovicus Furue Sukeemon, Paulus Onizuka Magoemon, Ludovicus Hayashida Sōka, Magdalena Hayashida, Paulus Hayashida Mohyōe, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XIX.

S Baiduo Liu Wenyuan, catéchiste chinois exilé pendant vingt ans, étranglé, canonisé en 2000 et fêté avec ses compagnons le 9 juillet.

XX.

Ste Giulia Salzano (1846-1929), fondatrice des Sœurs catéchistes du Sacré-Cœur et dont la devise était : “A la plus grande gloire du Cœur de Jésus”, béatifiée en 2003, canonisée en 2010.

Bse Antonia Mesina (1919-1935), jeune fille sarde, très attachée à l’Eucharistie, à l’Action Catholique, martyre de la virginité ; son assassin se convertit et reçut les sacrements avant son exécution en 1937 ; béatifiée en 1987.

B Ivan Ziatyk (1899-1952), prêtre rédemptoriste ukrainien, martyrisé au goulag de Oserlag, béatifié en 2001 ; il mourut probablement plutôt en avril, "quelques jours après le Vendredi Saint".

Adrion d’Alexandrie

?

 

Adrion est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Adrion d’Alexandrie est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Rome

?

 

Victor est un Martyr dont on ne connaît que le nom.

Saint Victor de Rome est commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heraclius et Paulus à Nivedunum

?

 

Heraclius et Paulus sont des Martyrs dont on ne connaît que le nom. 

De même la localité Nivedunum n’a pas été vraiment identifiée. Autrefois, on l’a confondue avec Nevers en Gaule (58), et dans l’actuel Martyrologe on la situe au bord du Danube en Scythie (act. Ukraine S).

Saints Heraclius et Paulus à Nivedunum sont commémorés le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Restituta de Carthage

† 255

 

Le nom et le martyre de Restituta sont restés très célèbres, mais les documents authentiques manquent.

Restituta aurait été martyrisée à Carthage (Afrique proconsulaire, act. Tunisie) sous l’empereur Valérien et, après divers tourments, abandonnée sur une barque remplie de poix et d’étoupes, pour être brûlée en pleine mer.

Les flammes se retournèrent au contraire vers les bourreaux, et Restituta rendit alors son âme à Dieu.

La barque fut providentiellement poussée vers l’Italie et arriva à l’île d’Ischia, où les fidèles l’accueillirent avec grand respect. Une basilique dédiée à sainte Restitute fut construite à Naples.

Sainte Restituta de Carthage est commémorée le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æmilianus de Vercelli

† 506

 

Æmilianus naquit vers 450 (ou peut-être même plus tôt), sans doute dans le Piémont (Italie NO).

On a dit, mais le fait est contesté, qu’il vécut quarante années comme ermite près de Sostegno.

Il monta sur le siège épiscopal de Vercelli vers 493, ou un peu plus tard, devenant ainsi le treizième titulaire de ce diocèse.

La ville de Vercelli, comme tant d’autres cités, avait été dévastée par les incursions des Ostrogoths de Theodoric, et l’évêque chercha à obtenir de lui des conditions de vie acceptables. En effet, les impôts furent réduits et beaucoup d’esclaves affranchis. Plus particulièrement, il obtint de Theodoric de construire un pont, pour faciliter le travail des habitants.

Emiliano participa au pénible concile romain de 503 où le pape Symmaque, «réhabilité» par les évêques présents, prit des mesures pour mettre fin au schisme de Laurentius. Même Theodoric y mit du sien, en prenant des dispositions pour éviter les interférences externes dans l’élection du pape et les désordres qui s’ensuivaient.

On sait aussi qu’Emiliano donna le voile à quatre vierges, Licinia, Leontia, Ampelia et Flavia.

Il mourut le 11 septembre, vers 506. Selon sa date de naissance présumée, on l’a dit centenaire. 

On «oublia» son tombeau assez longtemps, même si la vénération de cet évêque se maintenait vivante. Le 17 mai 1181 cependant, l’évêque d’alors transféra les restes d’Æmilianus près du maître-autel, et c’est cette translation qui est maintenant retenue pour fêter Æmilianus. 

Saint Æmilianus de Vercelli est donc commémoré le 17 mai dans le Martyrologe Romain.

Pascual Baylon

1540-1592

 

Il naquit en 1540 le 17 mai, à Torre-Hermosa, dans le royaume d’Aragon en Espagne. Ses parents étaient d’humbles ouvriers de campagne, pauvres mais vertueux. Dès ses premières années, sa mère le conduisit fréquemment à l’église et lui apprit à adorer Jésus présent dans l’Eucharistie. L’enfant se sentit mystérieusement attiré vers le tabernacle. Un jour qu’il avait disparu de la maison, ses parents le retrouvèrent à l’église. Il s’était approché le plus près possible du tabernacle, et il était si absorbé dans sa prière qu’il ne s’apercevait pas du bruit qui se faisait autour de lui. 

Dès qu’il fut en âge de pouvoir rendre service, son père le plaça chez des fermiers comme berger. Déjà il manifestait un vif attrait pour la solitude et la prière. S’étant procuré quelques livres de piété, il se faisait apprendre à lire par des personnes de rencontre et apportait une grande application à s’instruire des vérités de la religion.

Il aimait aussi particulièrement la sainte Vierge. Quand il le pouvait, il conduisait son troupeau auprès d’un sanctuaire de Marie, Notre Dame de la Sierra. Là il se sentait plus près de sa mère du ciel et se trouvait à l’abri de tout danger. De sa main il avait sculpté sur sa houlette l’image de Notre-Dame, surmontée d’une hostie rayonnante, afin d’avoir toujours sous les yeux le double objet de sa dévotion. A genoux au milieu des champs, devant cette image, il priait avec autant de piété que s’il se fût trouvé à l’église. Chaque objet qui se présentait à son regard servait à exciter sa foi. Sans cesse il méditait sur les merveilles de la création, et par là s’élevait vers Dieu qu’il contemplait dans toutes ses œuvres. Il eut plusieurs fois des ravissements et ne put pas toujours cacher aux yeux des hommes les faveurs dont il était comblé par Dieu.

Tout pauvre qu’il fût, il trouvait cependant moyen de faire l’aumône, prenant pour assister les malheureux sur ce qu’on lui fournissait pour assurer sa subsistance.

Jamais on ne le vit maltraiter une brebis. Il veillait également avec soin à ne causer aucun dommage dans les pâturages voisins, et si quelque dégât se produisait, il indemnisait le propriétaire sur son propre salaire. Un jour qu’on lui refusa son argent, il aida à couper les blés de l’intéressé jusqu’à concurrence du dommage causé par ses bêtes.

Vers l’âge de vingt ans, il se rendit dans le royaume de Valence, où il y avait un couvent de franciscains que l’on appelait “Soccolans”, dans un lieu désert, non loin de la ville de Montfort. Son allure un peu gauche, son accoutrement bizarre, mirent en défiance les supérieurs qui lui refusèrent l’entrée du couvent. Il reprit alors son métier de berger chez les cultivateurs du voisinage ; mais il ne s’éloignait pas trop, afin de ne pas perdre des yeux le petit campanile du couvent. Il avait remarqué les sonneries de cloche ; il savait quand les religieux allaient à l’office, à la méditation, et il prenait part ainsi à leurs exercices. Et surtout, au moment du Saint-Sacrifice, il suivait par la pensée les mouvements du prêtre et s’unissait à ses prières. 

Des faits miraculeux prouvèrent plus d’une fois combien cette dévotion était agréable à Dieu. Un jour que la cloche annonçait l’approche de l’élévation et que le pieux berger était prosterné à genoux avec un saint respect, une hostie lui apparut soutenue par deux anges. Cette vision ne fit que raviver encore son amour envers le Dieu de l’autel.

Sa réputation de sainteté se répandit dans toute la région et lui ouvrit les portes du couvent. Le 2 février 1564, il reçut l’habit de Saint-François. Ses supérieurs, édifiés de l’humble soumission avec laquelle il avait supporté ce temps d’épreuve, voulaient le faire religieux de chœur, mais il refusa cet honneur et demeura frère convers, pour remplir les offices les plus bas et les plus pénibles, et se sanctifier davantage dans ce rôle plus humble.

Jamais on ne l’entendit critiquer personne. Son amour de la mortification lui faisait ajouter de nouvelles austérités à celles de la règle. Et s’il lui arrivait parfois de dépasser les limites de la prudence, cet excès-même était compensé par sa pureté d’intention et le peu d’attache qu’il avait à son propre sentiment. Dès que ses supérieurs le rappelaient à la modération, il déférait à leur avis avec la plus humble soumission.

Il prononça ses vœux perpétuels le 2 février 1565, n’ayant pas encore accompli vingt-cinq ans. Le Père Gardien aimait à dire qu’il n’avait connu personne qui fût à la fois plus dur à lui même et plus doux pour les autres, que frère Pascual. L’idéal qu’il se proposait était d’avoir pour Dieu un cœur de fils, pour le prochain un cœur de mère, et pour lui-même un cœur de juge.

Quand il changeait de couvent, conformément à la coutume de son ordre qui veut ainsi prévenir les attaches secrètes du cœur, on ne l’entendait jamais émettre la moindre plainte. Il trouvait là une excellente occasion de se regarder comme un étranger sur la terre. On le chargeait ordinairement de la porte et du réfectoire, parce qu’on le savait affable, discret, vigilant, actif et fidèle.

En qualité de portier, il avait coutume de distribuer aux pauvres les restes de la table, et pour que cette aumône fût profitable à leur âme en même temps qu’à leur corps, il adopta l’usage de prier avec eux avant et après chaque repas.

Son amour eucharistique grandit encore. Le plus souvent, quand ses fonctions ne le retenaient pas ailleurs, on le trouvait à l’église. Le premier, il était debout au milieu de la nuit pour les saintes veilles ; le dernier, il regagnait sa pauvre couche pour y prendre un repos très court.

Pendant quelque temps aussi, il remplit l’office de quêteur. La première visite, en arrivant dans un village, était pour l’Hôte divin du tabernacle. Et quand, le soir, il rentrait au monastère, épuisé de fatigue, pour se dédommager de n’avoir pu passer auprès de son Bien-aimé tout le temps de ses courses, il consacrait une grande partie de la nuit à l’adoration du Très Saint Sacrement.

Le Général de son ordre étant à Paris, il fut député vers lui pour les affaires de sa province. Il partit pour la France, sans se laisser effrayer par les dangers qu’il aurait à affronter de la part des huguenots, maîtres de presque toutes les villes qu’il lui fallait traverser. Maintes fois il fut exposé à la fureur des hérétiques qui le poursuivirent à coups de pierres et de bâton. Il reçut même à l'épaule une blessure dont il souffrit tout le reste de sa vie. Deux fois il fut arrêté comme espion et menacé de mort. Mais Dieu le délivra de tout danger.

Lorsqu’il se fut acquitté de sa mission auprès de son Général, il quitta la France pour retourner en Espagne, On ne l’entendit jamais parler des dangers qu’il avait courus. Il se contentait de répondre en peu de mots aux questions qu’on lui posait ; encore avait-il soin de supprimer tout ce qui aurait pu lui attirer quelques louanges.

Les dernières années se passèrent au couvent de Villa-Real près de Valence. Un jour, au cours du saint Sacrifice de la messe, Dieu lui révéla sa mort prochaine. Il en conçut une vive joie. Quelques jours après, il tomba gravement malade. Le Supérieur le fit transporter à l’infirmerie. Il reçut les sacrements avec une tendre piété, et s’endormit en prononçant le nom de Jésus, le 17 mai 1592, jour de la Pentecôte, jour de son cinquante-deuxième anniversaire, au moment de l’élévation de la sainte Hostie.

Il fit tant de miracles que saint Robert Bellarmin, lors du procès de canonisation, dira qu'on n'avait jamais rien vu de pareil ; il fut béatifié en 1618 et canonisé en 1690. Enfin il fut proclamé patron des congrès et œuvres eucharistiques en 1897. 

On le fête le 17 mai.

 

 

Paulus Nishida Kyūhachi

1553-1627

 

Il était né vers 1553 à Fukae (Shimabara, Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Magdalena Hayashida

1559-1627

 

Elle était née vers 1559 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C'était l'épouse de Ludovicus Hayashida Sōka (ci-après) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Hayashida Sōka

1560-1627

 

Il était né vers 1560 à Arie (Nagasaki, Japon).

Il était marié avec Magdalena (ci-dessus) ; leur fils Paulus fut martyrisé le même jour (voir plus bas).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Onizuka Magaemon

1563-1627

 

Il était né vers 1563 à Hachirao (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioachim Mine Sukedayū

1567-1627

 

Un des innombrables Catholiques martyrisés durant la première moitié du 17e siècle.

Ioachim était né à Kuchinotsu (Nagasaki, Japon), vers 1567.

C'était un magistrat de Kuchinotsu, et sa femme (Maria Mine) avait été martyrisée le 28 février 1627.

Il fut condamné à mourir dans la Bouche de l'enfer, un cratère de volcan actif sur le Mont Unzen (à une quarantaine de km à l’est de Nagasaki).

On le conduisit à cet endroit, le 17 mai 1627. Ioachim fut écorché vif, puis ébouillanté avec de l'eau sortant de ce cratère.

La patience qu'il montra à surmonter ce supplice horrible fit tellement enrager ses bourreaux, qu'ils lui écorchèrent les flancs avec leurs couteaux et qu'ils versèrent sur les plaies de l'eau sulfureuse.

Puis ils lancèrent Ioachim dans le cratère sulfureux.

Ioachim pouvait avoir soixante ans.

Le même jour furent exécutés neuf autres Compagnons (ci-dessus et ci-après).

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Bartholomeus Baba Han'emon

1574-1627

 

Il était né vers 1574 à Fukae (Nagasaki, Japon).

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ioannes Matsutake Chōzaburō

1589-1627

 

Il était né vers 1589 à Fukae (Nagasaki, Japon).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Ludovicus Furue Sukeemon

1590-1627

 

Il était né vers 1590 à Arie (Nagasaki, Japon). 

Il était marié.

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Maria de Fukae

1591-1627

 

Cette femme était née vers 1591 à Fukae (Nagasaki, Japon). 

Elle était mariée. C'était la sœur d'un autre martyr, Michael Yokichi (non encore béatifié).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Paulus Hayashida Mohyōe

1592-1627

 

Il était né vers 1592 à Arie (Nagasaki, Japon). 

C''était le fils de Ludovicus et Magdalena Hayashida (voir plus haut).

Son martyre, avec neuf autres Compagnons, eut lieu le 17 mai 1627.

Ils furent béatifiés dans un groupe de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, en 2008.

 

 

Baiduo Liu Wenyuan

1760-1834

 

Baiduo (Pierre) était né vers 1760 à Guizhou (Chine).

Il se maria et se convertit au Catholicisme.

Catéchiste, il subit une première fois la prison en 1797, puis il fut exilé en Mongolie pour sa foi, en 1814.

Ayant bénéficié d'une “mesure de clémence”, il put rentrer chez lui en 1827. Sans tarder, il se mit au service des missionnaires.

A la reprise de la persécution, beaucoup de Chrétiens furent mis en prison, mais Baiduo put éviter d'être arrêté.

Toutefois, courageusement, il visitait les prisonniers, pour les encourager, leur apporter consolation et réconfort. Parmi ces prisonniers, se trouvaient ses propres fils.

Baiduo fut repris et condamné à mort.

Son exécution, par strangulation, eut lieu le 17 mai 1834.

Il a été béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

Giulia Salzano

1846-1929

 

Née le 13 octobre 1846 à Santa Maria Capua Vetere (Caserta, Campanie, Italie), Giulia était la quatrième des sept enfants de Diego Salzano, un capitaine, et Adelaide Valentino, qui descendait de la famille de saint Alfonso de’ Liguori (v. 1er août). Giulia fut orpheline de son père à l'âge de quatre ans et grandit dans l'orphelinat des Sœurs de la Charité jusqu'à quinze ans.

Devenue institutrice, elle enseigna aussi le catéchisme à Casoria (Naples), où vint s'installer sa famille à partir de 1865.

Depuis sa jeunesse, elle sentait en elle une forte propulsion à la sanctification personnelle, en particulier par la dévotion au Sacré-Cœur : elle savait offrir de petites actions en réparation des péchés, elle se confessait et communiait souvent, elle était une habituée des "neuf premiers vendredis du mois", de l'adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Elle voulut se consacrer totalement au Sacré-Cœur, et se consacrer à l'évangélisation des petits et des jeunes. Son activité fut célèbre dans Casoria, où on l'appelait Madame Giulietta. Elle se lia d'amitié et dans cette œuvre d'évangélisation, avec Caterina Volpicelli, la fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur (v. 28 décembre).

Elle en arriva à fonder la congrégation des Sœurs Catéchistes du Sacré-Cœur, en 1890. Ce nouvel Institut suscita des perplexités et des jalousies ; on voulait le réunir aux Servantes du Sacré-Cœur, mais l'archevêque fit en sorte de protéger l'indépendance des Sœurs Catéchistes. Celles-ci prirent le voile en 1905, et purent bientôt essaimer en divers endroits de la province de Naples.

Mère Salzano fut aussi fortement soutenue par de saints prêtres, entre autres Ludovico de Casoria, lui aussi fondateur (v. 30 mars).

Les constitutions furent approuvées dès 1922, et l'Institut fut reconnu en 1960.

Comme elle l'enseignait à ses Consœurs, Mère Salzano voulut faire le catéchisme tant qu'elle aurait encore un fil de vie ; la  veille de sa mort, elle interrogea encore une centaine d'enfants qui se préparaient à la Première communion.

Elle mourut saintement le 17 mai 1929, fut béatifiée en 2003, puis canonisée en 2010.

Le miracle reconnu pour la béatification de Giulia concerna une petite fille de dix ans, guérie rapidement, totalement et durablement d'une grave sepsis avec méningite purulente, compliquée de coagulation intravasculaire disséminée et de syndrome de Waterhouse-Friederichsen.

Le miracle pour la canonisation, fut la guérison incompréhensible d'une femme, gravement blessée dans un accident de la circulation, dont le cœur cessa de battre pendant une bonne vingtaine de minutes durant l'opération. Puis il se remit à fonctionner ; le chirurgien, qui désespérait de sauver cette vie, dut finalement reconnaître que cette femme était sauvée, contre toute espérance.

L'institut des Sœurs Catéchistes s'est répandu en diverses villes d'Italie, mais aussi maintenant au Canada, au Brésil et au Pérou, en Inde et dans les Philippines.

Au moment de sa béatification, Jean-Paul II la proclama prophète de la Nouvelle Evangélisation.

 

 

Antonia Mesina

1919-1935

 

Née le 21 juin 1919 à Orgosolo (Nuoro, Italie), Antonia était la deuxième des dix enfants de Agostino, le garde champêtre, et Grazia Rubanu.

Elle reçut le sacrement de Confirmation en 1920, selon l'habitude du temps, puis la Première communion en 1926.

Dès 1929, elle fréquenta la Jeunesse Féminine de l'Action Catholique : d'abord comme benjamine, puis à partir de 1934, comme membre active.

Au matin du 17 mai 1935, après la messe, elle partit ramasser du bois pour entretenir le feu du four à pain. Elle s'y rendit avec une compagne, Annedda Castangia, qui sera témoin de l'hor