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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 23:00

07 SEPTEMBRE

III.

Ste Regina, martyre à Alésia. 

IV.

S Jean (Euéthios), martyr à Nicomédie.

S Sozon, martyr à Pompeiopolis.

SS Festus et Desiderius, martyrs à Bénévent, respectivement diacre et lecteur.

S Evurtius, évêque à Orléans.

S Augustal, évêque à Toulon.

S Viventius, évêque à Reims.

V.

S Gratus, évêque à Aoste et patron de la ville.

S Memorius, diacre à Troyes, massacré avec sept clercs par les Huns.

S Alpinus, évêque à Châlons-en-Champagne.

VI.

S Cloud, troisième fils de Clodomir, ermite à Nogent, plus tard Saint-Cloud.

?

S Faciolus (Faziol), vénéré en Sarthe.

Ste Carissime (Carême, Crême), recluse près d'Albi.

VIII.

Ste Madelberte, abbesse à Maubeuge, fille des ss. Vincent de Soignies et Valtrude, nièce de ste Aldegonde, sœur des ss. Landry, Adeltrude (à laquelle elle succéda), et Deutelin.

S Hilduard, abbé-évêque à Dickelvenne.

SS Alcmond et Tilbert, évêques à Hexham.

X.

S Gauzelin, évêque à Toul, réformateur des abbayes.

XII.

S Jean, compagnon de voyage de s. Pierre Damien, évêque à Gubbio, ce dont il mourut peu après.

XIII.

S Etienne de Châtillon, chartreux, prieur, évêque à Die.

XVII.

SS Marek Križevčanin, István Pongrácz et Melchior Grodziecki, martyrs en Hongrie (maintenant en Slovaquie), horriblement torturés par des protestants ; Marek était un chanoine croate, István un jésuite hongrois, Melchior un jésuite tchèque ; canonisés en 1995.

Bx Thomas Tsūji, prêtre jésuite japonais, avec son hôte Ludovicus Maki et son fils Ioannes, brûlés vifs à Nagasaki.

Bx John Duckett et Ralph Corby, prêtres anglais (Ralph était jésuite), martyrs à Tyburn ; au ministre qui voulait discuter, John répondit : "Sir, je ne viens pas ici pour apprendre ma foi, mais pour mourir en la professant."

XVIII.

Bx Claude-Barnabé Laurent de Mascloux, chanoine en Haute-Vienne, et François d'Oudinot de la Boissière, chanoine à Limoges, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

B Giovanni Battista Mazzucconi, prêtre milanais, missionnaire martyr en Océanie, béatifié en 1984.

XX.

Bse Eugenia Picco (Anna Eugenia, 1867-1921), fille d'un père aveugle et musicien à la Scala de Milan, et d'une mère frivole ; religieuse puis supérieure des Petites Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, elle enseigna la musique, le chant et le français ; béatifiée en 2001.

B Ignacy Klopotowski (1866-1931), prêtre polonais très actif pour soulager les misères du peuple, fondateur des Sœurs de la Bse Vierge Marie de Lorette, béatifié en 2005.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2001 :

Carmélites de la Charité : près de Valencia, Ascensión Lloret Marcos (A. de Saint Joseph Calasanz, *1879) ;

  - béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Guadalajara, le prêtre Félix Gómez-Pinto Piñero (*1870) ;

Carmes déchaux : à Tolède, le prêtre Gregorio Sánchez Sancho (Tirso de Jésus Marie, *1899) ; à Barcelone, le prêtre Antonio Bonet Seró (Antonio María de Jésus, *1907), et le profès Josep María Masip Tamarit (Marçal de Sainte-Anne, *1914) ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : à Madrid, Alberto José Larzábal Michelena (Junián Alberto) et Eusebio Angulo Ayala (Luis Victorio) (*1893, 1894).

 

 

Regina d’Alesia
† 3
e siècle

On suppose que Regina (Reine, Régine) fut mise à mort par le général romain qui s’appelait Olibrius, pour avoir refusé d’épouser cet homme païen.
Des fouilles archéologiques, s’appuyant sur les écrits de Jules César dans son Histoire des Gaules», effectuées de 1862 à 1865, puis en 1913 et en 1956, ont mis à jour les vestiges d’une basilique chrétienne dédiée à sainte Reine.
L’oppidum d’Alésia (mont Auxois dominant à 407 m les vallées de l’Oze et de l’Ozerain) est un site chargé d’histoire. Dès 52 avant Jésus-Christ, Jules César avec ses légions romaines y brise la résistance des valeureux gaulois avec à leur tête Vercingétorix. On affirme aujourd’hui avec assez de certitudes que la localité actuelle d’Alise-Sainte-Reine est bien l’endroit où Vercingétorix se rendit aux Romains en -52.
Toujours à Alésia (Alise-Ste-Reine), la fontaine Sainte-Reine aurait fait jaillir ses eaux miraculeuses à l’emplacement de la décapitation de la martyre. A proximité de cette fontaine, une chapelle, fréquentée par les pèlerins depuis le Moyen Age, expose une statue de la Sainte (du 15
e siècle). De même, au lieu dit Les Trois ormeaux, une autre statue, plus récente, la représente. 
Dès 864, les reliques de sainte Reine ont été transportées à Flavigny-sur-Ozerain (Côte d’Or).
Un hospice Sainte-Reine a été fondé en 1660 par saint Vincent de Paul. Il a été conçu pour loger les malades venus en pèlerinage. Il a gardé sa fonction hospitalière, mais a subi des transformations à partir de 1975, une partie des anciens bâtiments ayant été démolie au bénéfice d’une construction neuve. Dans la chapelle, la grille du chœur, en fer forgé, et une suite de tableaux offerts par Anne d’Autriche relatent la vie et le martyre de sainte Reine.
Le culte de la Martyre est ancien mais on ne sait plus rien d'elle. Sainte Reine est vénérée depuis au moins 628 à Alise-Sainte-Reine (Côte d'Or), près d'Alésia. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. 
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Reine d’Alesia au 7 septembre.


Sozon de Pompeiopolis
† 304

Un texte ancien affirme que Tarasios reçut au baptême le nom de Sozon.
Plus tard, à Pompeiopolis (auj. Mezitli, Turquie CS), il aurait mutilé une statue païenne de la déesse Artémis et pour ce motif fut jeté aux flammes, peut-être en 304.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sozon de Pompeiopolis au 7 septembre.


Festus et Desiderius de Benevento
† 305

On verra le 19 septembre comment le Martyr Ianuarius de Benevento était accompagné du diacre Festus et du lecteur Desiderius.
A propos de ces derniers, nommés dans le récit concernant Ianuarius, on ne trouve pas de mention du moment de leur martyre. Moururent-ils avant Ianuarius, durant les supplices qu’ils éprouvèrent (304), ou bien l’année suivante (305) ?
Il faut reconnaître qu’on n’est pas sûr qu’il s’agisse ici des Compagnons de Ianuarius.
Le Martyrologe Romain mentionne Festus et Desiderius de Benevento au 7 septembre.


Evurtius d’Orléans
4
e siècle

Evurtius (Euverte) était, dit-on, originaire de Rome, où il était sous-diacre.
Il voulut retrouver son frère et sa sœur, enlevés quarante ans plus tôt lors d’une invasion de barbares, et parcourut la Gaule.
Arrivé à Orléans, il se trouva mêlé à toute une foule qui devait nommer le nouvel évêque de la ville. Or, par trois fois, on vit une colombe se poser sur la tête d’Evurtius. La colombe devait être celle du Saint-Esprit, et l’on appela Evurtius à devenir le quatrième évêque d’Orléans.
Les dates sont très incertaines et on les déduit d’autres dates elles-mêmes approximatives ; si Evurtius fut le quatrième évêque d’Orléans, il dut très probablement vivre au quatrième siècle, et c’est bien probable aussi que ce soit lui l’évêque Eortius qui signe au concile de Valence en 374.
Deux événements marquent l’épiscopat d’Evurtius : par sa prière, il arrêta un grave incendie qui menaçait la ville ; successivement, il commença la construction d’une nouvelle cathédrale, plus grande que la premère.
Les travaux de cette construction furent marqués par la découverte d’une amphore pleine de pièces d’or à l’effigie de Néron ; estimant honnêtement que ce trésor appartenait au bien public, Evurtius le fit porter à l’empereur Constantin à Rome ; ce dernier répondit en renvoyant à l’évêque la somme triplée, ainsi que d’importants cadeaux pour cette nouvelle cathédrale.
Evurtius aura l’occasion de retrouver ses frère et sœur, qu’il était venu chercher au début de sa longue aventure : il les retrouva à Soissons, pénitents, priant pour retrouver leur frère Evurtius, qui leur donna l’absolution.
La nouvelle cathédrale étant achevée, Evurtius procéda à sa dédicace, en présence d’autres évêques. Pendant la célébration, lorsque l’évêque éleva le Précieux Sang à la Consécration, apparut la Main divine qui bénissait l’assistance et le nouveau temple chrétien.
Avant de mourir, Evurtius désigna son successeur en la personne de s.Aignan (v. 17 novembre).
De la mort d’Evurtius, on ne connaît pas l’année, mais seulement le jour : 7 septembre, date retenue par le Martyrologe Romain.


Gratus d’Aoste
† 304

Gratus accompagnait l’évpeque Austasius lequel, après avoir était été évêque de Verceil, érigea le diocèse d’Aoste et en fut le premier évêque.
Vers 451, Gratus lui succéda.
On affirme que, lors d’un pèlerinage en Palestine, Gratus y aurait trouvé le chef de s.Jean-Baptiste (v. 29 août) et l’aurait rapporté en Aoste. Il est très difficile de suivre l’itinéraire des reliques des Saints. Le chef de s.Jean-Baptiste se trouverait actuellement à Amiens.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gratus d’Aoste au 7 septembre.


Memorius de Troyes
† 451

Memorius (parfois Nemorius) était un diacre ou archidiacre de Troyes (Aube).
Lors de l’invasion des Huns, l’évêque Loup (v. 29 juillet) aurait envoyé Memorius avec sept jeunes clercs, croix en tête, au devant d’un détachement qu’envoyait Attila. Memorius lui-même portait solennellement le livre des Evangiles.
Le soleil, à ce moment-là, aurait tant brillé, que ses rayons, frappant l’Evangéliaire, auraient été réfractés vers le cheval d’un général d’Attila ; le cheval s’emballa et fit tomber le général, qui fut tué. Furieux, Attila ordonna de décapiter sur place Memorius et les sept clercs.
L’endroit de cet épisode serait la localité Saint-Mesmin, qui s’appela Saint-Pierre-en-Breuil au dix-huitième siècle.
Il faut reconnaître que, dans la notice de s.Loup, mentionnée ci-dessus, le passage d’Attila à Troyes est mentionné différemment : Loup se serait déplacé personnellement pour rencontrer Attila ; peut-être le fit-il après le meurtre de Memorius, pour implorer la clémence d’Attila.
Le Martyrologe Romain mentionne Memorius et ses Compagnons de Troyes au 7 septembre.

Alpinus de Châlons-en-Champagne
† 480

Alpinus était issu d’une grande famiille, celle des Béthune-Sully, et fut seigneur de Baye (Marne).
Il fit des études à l’abbaye de Lérins.
Il dut se montrer particulièrement érudit et sûr, car il fut envoyé en compagnie de Germain d’Auxerre et de Loup de Troyes (v. 31 et 29 juillet) en Bretagne, pour y combattre l’erreur du pélagianisme. C’était vers 429, ce qui peut faire remonter sa naissance approximativement au début du cinquième siècle.
Vers 433, il devint le huitième évêque de Châlons-en-Champagne.
En 451 - comme le fit s.Memorius, v. supra - il se porta au-devant d’Attila, l’implorant d’épargner la ville ; si sa mission réussit, les hordes d’Attila dévastèrent les campagnes. L’évêque n’épargna pas sa fatigue pour aller relever et la foi et les sanctuaires.
Il fonda l’église Saint-Vincent qui, devenue cathédrale, fut placée sous le vocable de S.Etienne.
Alpinus mourut le 7 septembre 480 à Baye.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Alpinus de Châlons-en-Champagne au 7 septembre.

 

Cloud

515-560

 

Clodoald, plus connu sous le nom de Cloud, était le fils du roi Clodomir et petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Après la mort de son père, ses oncles, Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte veuve revêtit Cloud, qui n'avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas que ses petits-enfants allaient être égorgés sans pitié par ses propres fils. Cloud fut cependant sauvé du massacre et put échapper à toutes les recherches de ses oncles.

Le jeune prince grandit en paix dans un monastère, et, trouvant toute sa joie au service de Dieu, il préféra la tonsure à la couronne. Il choisit plus tard, pensant y finir ses jours, le monastère d'Agaune, dont les neufs cents religieux partagés en neuf chœurs, se succédaient tour à tour devant l'autel et chantaient l'office sans interruption, le jour et la nuit. 

Dieu ne voulut pas laisser longtemps ce trésor enfoui, car il accompagna les vertus du prince du don des miracles. Un jour qu'il se promenait aux environs de sa cellule, un mendiant à moitié nu se présenta à lui, implorant sa charité. Le prince, devenu moine, n'avait rien ; les pauvres vêtements qu'il portait étaient les seuls objets qu'il eût à sa disposition ; il ne voulut pas cependant rebuter un membre du Sauveur Jésus, et, se dépouillant de son manteau, il en revêtit le mendiant. Le soir, celui-ci reçut l'hospitalité dans une chaumière voisine, et, pendant qu'il dormait, ô prodige ! le vêtement qu'il avait reçu rayonnait d'un éclat plus merveilleux que les brillants habits des princes.

Cloud fut ordonné prêtre malgré les protestations de son humilité, et fut le premier des princes de France qui gravit les degrés de l'autel. C'est à Paris qu'avait eu lieu l'ordination ; le nouveau prêtre obtint du roi Childebert, son oncle, une propriété voisine de la capitale pour y finir ses jours dans la solitude. Cet endroit devrait être Nogent, qui s’appela plus tard Saint-Cloud.

Il ne semble pas qu’il y ait jamais eu là de monastère. Toutefois une tradition raconte que, dès qu'on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, on y accourut de toutes parts pour se mettre sous sa direction ; quelques cellules devinrent un monastère ; Cloud y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l'exemple de toutes les vertus. 

Ces miracles firent accourir des foules immenses à son tombeau, autour duquel se forma la ville de Saint-Cloud. 

La piété naïve de nos pères a porté les cloutiers à le choisir pour patron. Et tant qu’à faire, on l’invoque aussi contre les furoncles…

Saint Clodoald (Cloud) est mentionné au Martyrologe le 7 septembre.

 

 

Carissime d'Albi

VIsiècle

 

La Sainte est représentée agenouillée dans la forêt, en vue du pont d’Albi. Un ange apporte des pains !

Née à Albi en France, elle se retire comme recluse dans une forêt près de sa ville. Elle ira vivre, quelques années plus tard, dans le monastère de Viants, près de Gaillac.

Sainte Carissime est traditionnellement vénérée comme une vierge qui a vécu en ermite, à l'époque mérovingienne (sans doute au VIe ou VIIe siècle). Une chapelle située dans la plaine d'Albi, sur la rive gauche du Tarn, face à Castelnau-de-Lévis, a longtemps perpétué son souvenir, là où existe encore aujourd'hui un lieu-dit portant le nom de Sainte-Carême, sur la paroisse de Fonlabour. Sous l'Ancien Régime, plusieurs familles d'Albi y avaient leur tombeau. On peut selon toute vraisemblance y situer le lieu de sa sépulture et sans doute même celui où elle a vécu dans la solitude.

Une charte de 861 mentionne ses restes à Vieux. Ils ont dû y être apportés, comme ceux de saint Amarand et saint Eugène avec lesquels ils ont été placés à la cathédrale en 1494.

C'est seulement au XIIe siècle qu'a été composée une vie légendaire de la sainte. L'auteur savait qu'elle est Albigeoise d'origine, qu'elle est vénérée sur les rives du Tarn et que ses reliques sont à Vieux. Pour concilier ces données, il imagine l'histoire de la fugue nocturne de Carissime pour échapper au mariage que ses parents veulent lui imposer avec Hugues de Castelviel : elle séjourne dans une forêt profonde, à deux milles de la ville, franchit miraculeusement la rivière et se réfugie auprès de saint Eugène, qui construisait à Vieux son monastère…

Elle est mentionnée le 7 septembre au Martyrologe.

 

 

Madelberte de Maubeuge

† 705

 

Quelle belle famille, celle où a pu éclore tant de sainteté !

Au VIIe siècle, vivaient deux pieux époux, Madelgaire et Valtrude (qui portent aussi les noms de Mauger et Waudru). Ils eurent quatre enfants : Landry, Dentelin, Adeltrude, Madelberte. En outre, Valtrude avait pour sœur Aldegonde.

Cette brève revue de famille pourrait sembler tout-à-fait banale, si l’on omettait de signaler que ces sept personnages sont tous vénérés et entourés d’un culte (v. 14 juillet, 9 et 17 avril, 16 mars, 25 février, 30 janvier ; toutefois, les saints Landry et Dentelin ne sont plus inscrits dans le Martyrologe). 

Madelberte était la plus jeune des filles de saint Madelgaire, surnommé Vincent, et de sainte Valtrude. Comme sa sœur Adeltrude (ou Aldetrude), elle se retira avec sa tante, sainte Aldegonde, à Maubeuge, quand celle-ci y alla fonder un monastère. C'est là que, toute petite encore, elle acheva de se former. On la remarqua pour ses belles vertus : régularité dans l’observance, douceur, bonté, obéissance.

Sa charité pour les pauvres et les malheureux se révélait aussi très souvent par les actes les plus touchants, à l’image de ses parents qui lui avaient donné, les premiers, l'exemple de la compassion pour les indigents et les affligés.

Adeltrude fut abbesse après sa tante Aldegonde. Puis Madelberte fut à son tour élue pour succéder à sa sœur. 

Elle devint véritablement alors le modèle comme la supérieure de ses compagnes, qui pouvaient reconnaître dans toute sa conduite les exemples des vertus qui conduisent à la perfection de leur saint état. 

Sainte Madelberte gouverna sa communauté l'espace de neuf ans, et mourut un 7 septembre vers l'an 705 dans les plus admirables sentiments de piété.

Son corps, déposé avec honneur dans l'église du monastère devint aussitôt un objet de vénération pour les habitants de la contrée, qui avaient une grande confiance dans la puissance de ses prières. Quelques guérisons extraordinaires servirent encore à accroître cette dévotion des fidèles envers leur nouvelle patronne. Les auteurs en rapportent une entre autres, qui arriva peu de temps après la mort de la Sainte, et qui fit grand bruit dans tout le pays.

Un homme très religieux, des environs de Maubeuge, était devenu complètement sourd de l'oreille droite. Cette infirmité l'affligeait beaucoup, et il demandait souvent à Dieu de le guérir. Une nuit, pendant son sommeil, il crut entendre une voix qui lui disait : Lève-toi, va au monastère de Maubeuge, dans l'église de Saint-Pierre, où repose le corps de la vierge Madelberte : tu seras guéri auprès de son tombeau. Le matin venu, cet homme se hâta d'exécuter l'ordre qui lui avait été donné, et se rendit au monastère, où l'on venait de commencer le Saint Sacrifice de la Messe. Là, il se prosterne avec piété, et continue dévotement les prières de la Messe. Tout à coup, au moment de l'Évangile, il commence à éprouver une transpiration extraordinaire. Son visage pâlit, ses membres tremblent, et une humeur aqueuse s'échappe de son oreille malade. Au même instant il se sent guéri de son infirmité, qui ne reparut plus dans la suite.

Les reliques de sainte Madelberte restèrent à Maubeuge jusqu'en 722. A cette époque, elles furent transportées à Liège par saint Hubert, le premier évêque de ce siège qui continuait celui de Maastricht. On les plaça dans l'église cathédrale, après les avoir enfermées dans une châsse, où se trouvaient aussi celles de saint Théodard, l'un des prédécesseurs de saint Hubert. Elles étaient encore très bien conservées en l'année 1489, époque à laquelle on les visita.

Sainte Madelberte est mentionnée le 7 septembre dans le Martyrologe.

 

 

Gauzelin de Toul

† 962

 

Gauzelin appartenait à une noble famille franque et jouissait ainsi de larges possessions en Lorraine.

Après avoir été notaire à la chancellerie royale depuis 913, il fut nommé évêque de Toul en 922 : il en était le trente-deuxième titulaire.

Les  territoires de Lorraine furent dévastés par deux invasions hongroises déjà en 928 et à nouveau en 954 ; l’évêque sut venir en aide aux populations affligées.

Gauzelin appuya de toutes ses forces la réforme des monastères, en les soustrayant à la domination des seigneurs locaux ; il reprit ainsi les abbayes de Bonmoutier, de Moyenmoutier, de Montier-en-Der, de Varennes peut-être, de Saint-Epvre à Toul ; en cette dernière, il fit introduire les habitudes des bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire.

La «juridiction» de Gauzelin s’exerçait de façon très respectueuse : il ne prélevait que des taxes symboliques de ces monastères, mais pourvoyait largement à leurs dépenses, lors d’un passage de l’empereur par exemple. Par ailleurs, il laissait aux moines la totale liberté d’élire leur abbé.

Gauzelin commença l’édification d’une nouvelle abbaye à Toul, qui fut achevée par son successeur, s.Gérard (v. 23 avril).

Après une douloureuse maladie qui dura quatre ans, Gauzelin rendit son âme à Dieu le 7 septembre 962, après quarante ans d’épiscopat.

Lors de la Révolution, une sage abbesse réussit à mettre en sûreté ses reliques.

Saint Gauzelin de Toul est commémoré le 7 septembre dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Lodi
1025-1105

Giovanni (Jean) était né vers 1025 à Lodi (Lombardie, Italie N).
On ne lui connaît pas d’autres détails sur sa famille et sa formation, sinon qu’il abandonna la vie séculière peu après avoir pratiqué les artes liberales.
En 1059, s. Pier Damiani (v. 22 février) fut chargé par le pape d’une importante mission à Milan et, au retour, s’arrêta à Lodi. On présume que c’est alors que la figure charismatique de Pier Damiani impressionna Giovanni au point de le décider à rejoindre Fonte Avellana, l’ermitage des religieux Camaldules.
Peut-être ne s’y rendit-il qu’en 1064, mais il est certain qu’il y alla très jeune.
Peu après, Giovanni fut ordonné prêtre.
Pier Damiani se comporta vraiment en père spirituel envers Giovanni, et eut pour lui une prédilection au point de s’en faire accompagner dans ses grands voyages : deux fois au Mont Cassin, une fois en Allemagne (où Pier Damiani représentait le pape au concile de Francfort).
Il est très probable que Giovanni était aux côtés de Pier Damiani, lorsque ce dernier s’éteignit à Ravenne en 1072 ; c’est encore lui qui fut chargé d’en rédiger la biographie.
En 1082, Giovanni fut prieur général à Fonte Avellana. Il n’aimait pas mitiger la règle et maintenait la rigueur qu’avait imposée Seigneur Piero. Cela dit, il restait extrêmement doux et humble avec tous les Confrères.
En 1084-1085, il y eut une grande famine, et Giovanni distribua à la population les ressources du monastère ; il vendit même des terrains pour acheter du blé dans les Pouilles.
En 1104, malgré son âge et sa fatigue, on le nomma évêque à Gubbio. Comme tel il s’appliqua à la réforme du clergé ; ayant ramené un prêtre à se réconcilier avec Rome, il réussit à conjurer un probable schisme entre une partie du clergé et Rome.
Mais il n’en pouvait plus : Giovanni mourut à Gubbio le 7 septembre 1105.
On dit qu’il fut canonisé par le pape Pascal II, qui mourut en 1118.


Etienne de Châtillon
1155-1208

Etienne de Châtillon ou du Bourg, était d’une bonne famille lyonnaise et naquit en 1155 au château de Châtillon.
Durant ses études, il se révéla d’un caractère doux et modeste.
Il dut être ordonné prêtre vers 1180. En 1181, il entra à la chartreuse de Portes-en-Bugey, dont il devint prieur.
En 1202, on le nomma évêque de Die (Drôme), bien malgré lui. Un de ses soucis fut de ramener les diocésains à l’observance du repos dominical. Son biographe affirme que, pour leur faire peur, il aurait fait apparaître sous leurs yeux les démons qu’ils servaient, monstres difformes, noirs, cornus, puant et jetant feux et flammes.
C’était une manière dans l’esprit des sculptures de nos cathédrales, et si l’enfer est autre chose que cela, il reste un état où les âmes sont perpétuellements séparées de Dieu, de l’Amour. Plus d’amour, partant plus de joie, écrivit notre Fabuliste français.
Il ne fit pas de testament : tout appartenait à l’Eglise. Ses dernières recommandations étaient pour la charité fraternelle.
Sur son lit de mort, il bénit une malade qu’on avait autorisée à l’approcher : elle fut guérie instantanément.
Etienne mourut le 7 septembre 1208.
Faute de proclamation officielle, la tradition s’est chargée de le canoniser, à la suite de nombreux miracles opérés sur sa tombe.
Ses reliques furent détruites  en 1561 par les Huguenots déchaînés.

 

István Pongrácz (Štefan Pongrác)

1582-1619

Melichar Grodecký (Melchior Grodziecki)

1584-1619

Marko Križevčanin

1589-1619

 

Nota : l’orthographe de ces trois noms varie selon qu’elle est transcrite en hongrois, en tchèque, en croate ou en slovaque.

1. István (Etienne) Pongrácz était né vers 1582 au Château d’Alvincz (Transylvanie, actuelle Vințu de Jos en Roumanie), dans une famille noble hongroise ; il fit ses études à Kolozsvár (Transylvanie ; aujourd’hui Cluj, Roumanie) puis entra chez les Jésuites - malgré la consternation des parents -, d’abord à Prague, ensuite à Ljubljana (Slovénie) pour ses études de philosophie ; professeur au collège de Klagenfurt (Autriche) de 1609 à 1611, il fit ensuite la théologie à Graz (Autriche) et fut ordonné prêtre en 1615. 

Nommé directeur du collège et prédicateur à Hormonna (actuelle Humenné, Slovaquie), il dirigeait la petite communauté catholique de cette ville, très menacée par les constants conflits interethniques et interconfessionnels.

2. Melichar Grodecký (Melkior Grodziecki) était né en 1584 à Cieszyn (Moravie, actuelle Český Těšín en République tchèque). C’était un camarade d’études d’István au noviciat des Jésuites. Après ses études, il enseigna quelques années et, en 1614, fut envoyé comme prédicateur à Prague ; en 1618, il fut envoyé à Košice comme aumônier militaire.

3. Marko Stjepan Krizin (Marc Etienne) était né à Križevci (Croatie) en 1589 ; il fit ses études au collège de Vienne chez les Pères jésuites, puis à l’université de Gratz, où il reçut le doctorat en philosophie.

De 1611 à 1615, il fréquenta le Collège Germano-hongrois de Rome, où il se présentait comme Croate.

Ayant reçu le sacerdoce, il revint dans le diocèse de Zagreb, puis fut appelé à diriger le séminaire de Trnaca et fut nommé chanoine de la cathédrale d’Esztergom.

Au début de 1619, il fut appelé à administrer l’ancienne abbaye de Széplak, proche de Košice.

 

Que se passa-t-il en 1619 ? Un des lieutenants du prince philo-protestant entra dans Košice en promettant la vie sauve à l’ensemble de la population, mais dès le 5 septembre, il envoyait des soldats garder à vue nos trois prêtres, les deux Jésuites et le chanoine, alors présents dans la ville.

Le père Pongrácz fit demander le motif de cette garde à vue, tandis qu’à la mairie on discutait sur le sort des catholiques ; certains proposaient leur massacre général, la majorité cependant obtint la grâce de la population catholique, mais pas pour les trois prêtres, dont il n’était pas question dans la discussion précédente.

Pendant ce temps, les soldats s’en prenaient déjà à leurs prisonniers : ils leur demandèrent tout ce qu’ils possédaient, pillèrent tout ce qui avait de la valeur dans la maison et dans l’église.

Un envoyé du lieutenant vint proposer de la part de celui-ci la liberté au chanoine, s’il reniait le catholicisme. Il lui promettait en même temps la prévôté de Széplak et d’autres dignités. Le fidèle chanoine refusa bien évidemment.

La garde à vue continua ; les prisonniers n’avaient rien à manger ni à boire ; on leur proposa seulement, exprès, un morceau de viande le vendredi, qu’ils laissèrent.

Dans la nuit du 6 au 7 septembre, une bande de soldats vint tambouriner à la porte des deux jésuites ; ayant ouvert, le père Pongrácz reçut un formidable coup qui l’envoya contre le foyer ; les deux Jésuites reçurent de violents coups de poing et de pied, furent jetés à terre, attachés et violemment dévêtus. On devine quelles douleurs atroces ils subirent alors, au milieu des moqueries infâmes des soldats. Les deux pères invoquaient Jésus et Marie.

Puis les soldats passèrent dans la pièce où se trouvait le chanoine. Même sort, même supplice.

On fouilla pour trouver des «preuves» de leur conspiration contre les protestants. Il n’y avait rien. 

Voulant alors empêcher le père Pongrácz d’invoquer Jésus et Marie, les soldats lui coupèrent le nez et les oreilles et les lui enfoncèrent dans la bouche et lui broyèrent les doigts dans la gâchette d’un fusil, puis ils lui serrèrent si fortement une corde autour du cou, que les yeux sortaient des orbites. Le père murmurait encore : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

Après ces tortures, ils attachèrent les trois prêtres par les poignets et les accrochèrent nus aux poutres du plafond, avec de grosses pierres aux pieds. Ils allumèrent en dessous des flambeaux, qui faisaient couler la graisse avec le sang, laissant apparaître les côtes et les entrailles. Les prêtres continuaient à invoquer Jésus et Marie.

Au matin du 7 septembre 1519, les bourreaux détachèrent les victimes et les frappèrent encore. 

Le chanoine Križin et le père Grodecký furent décapités ; leurs corps et leur tête furent jetés dans la fosse d’aisance. L’autre Jésuite, le père Pongrácz, fut assommé de deux coups violents sur la tête, et réuni à ses Compagnons.

C’est apparemment le sacristain qui put observer toute la scène depuis sa cachette. Partis les soldats, il se rapprocha et entendit des gémissements : le père Pongrácz avait repris connaissance et demandait du secours. Le sacristain, affolé, n’osa pas intervenir, et le pauvre Père agonisa là pendant encore une vingtaine d’heures, pendant lesquelles il continuait à invoquer Jésus et Marie. Il expira au matin du 8 septembre.

Même la population protestante «protesta» contre une telle barbarie.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1905, et canonisés en 1995.

 

 

Thomas Tsūji

1570-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Thomas appartenait à une noble famille d’Ōmura et était né vers 1570 à Sonogi (Nagasaki).

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1589, et apprit à corriger son caractère dur et sa franchise un peu trop directe.

Il fut ordonné prêtre.

En 1614, il partit quatre ans à Macao. Au retour, la persécution l’effraya et il quitta l’Ordre. Mais le repentir l’agita et il demanda sa réadmission. Les Supérieurs pouvaient avoir quelque hésitation, mais considérant le manque de prêtres, le reçurent : ils ne devaient pas le regretter, car l’épreuve avait fortifié le prêtre.

Il fut arrêté le 21 juillet 1626, juste après avoir célébré la Messe : aux gardes, il répondit qu’il ne se sentait pas digne d’être prêtre, mais au gouverneur il déclara ouvertement qu’il était prêtre et jésuite, et expliqua sa réponse aux gardes par le fait qu’ils n’avaient pas qualité de l’interroger.

Il eut aussi le cran de reprocher au gouverneur son apostasie, et fut envoyé à la prison d’Ōmura, pendant un an.

Ramené à Nagasaki, il subit la peine du feu, en même temps que deux laïcs, père et fils, chez lesquels il avait célébré la Messe. Jusqu’à la fin, il les exhorta à la patience et continua d’harranguer les bourreaux.

Le père Thomas mourut le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ludovicus Maki Soetsu

1577-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ce laïc japonais, né vers 1577 à Nagasaki, appartenait au Tiers-Ordre franciscain.

Ayant hébergé le père Thomas Tsūji pour la célébration de la Messe, il fut arrêté avec son fils, Ioannes Maki Jizaemon.

Il subit le supplice du feu à  Nagasaki le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Maki Jizaemon

1600-1627

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Ce laïc japonais, né vers 1600 à Nagasaki, était le fils de Ludovicus Maki Soetsu.

C’est chez eux que le père Thomas Tsūji vint célébrer la Messe ; ils furent arrêtés tous trois le 21 juillet 1626.

Comme le père Thomas et son père, Ioannes subit le supplice du feu à  Nagasaki le 7 septembre 1627 et fut béatifié en 1867.

 

 

Ralph Corby

1598-1644

 

Ralph Corby ou Corbie était né le 25 mars 1598 à Maynooth (Irlande), deuxième des six enfants de Gerald et Isabella.

Toute cette famille se consacra à Dieu : Ambrose, Ralph et Robert furent jésuites ; Richard mourut durant ses études à Saint-Omer ; Mary et Catherine furent bénédictines à Bruxelles). Après que les enfants entrèrent dans les Ordres, le papa devint frère coadjuteur jésuite en 1628 et la maman fut bénédictine.

Avant sa mort, Gerald, le papa, ramena à la Foi son père, Ralph, qui était centenaire. Gerald mourut à Watten en 1637.

La maman mourut, centenaire aussi, en 1652 à Gand.

Ambrose se forma à Saint-Omer, puis Rome ; il entra chez les Jésuites à Watten en 1627. Après avoir enseigné à Saint-Omer, il fut quelques années à Gand puis nommé directeur spirituel au Collège anglais de Rome, où il mourut.

Ralph se forma à Saint-Omer en France, à Séville en Espagne ainsi qu’au Collège royal San Albano de Valladolid. Vers 1626 il entra chez les Jésuites et repartit pour l’Angleterre vers 1631.

Pendant douze années, il travailla dans la clandestinité autour de Durham, sous le pseudonyme de Ralph Corbington ou Corrington.

Il fut arrêté alors qu’il célébrait la Messe à Hamsterley, le 8 juillet 1644. On l’emmena à Londres et il retrouva à Newgate le jeune prêtre John Duckett.

Condamné à mort, il aurait pu obtenir sa liberté grâce à l’intervention de l’Ordre jésuite, mais il proposa d’être échangé avec John, qui était plus jeune que lui. John, lui, refusa d’être libéré sans son ami, de sorte qu’on les exécuta tous les deux.

A Tyburn, on leur rasa la tête ; ils portaient leur habit religieux ; ils firent une courte allocution à la foule, s’embrassèrent, et furent unis dans le martyre, le 7 septembre 1644.

Ralph Corby fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Duckett

1603-1644

 

John naquit à Underwinder (Sedbergh, Yorkshire, Angleterre).

C’était un parent du bienheureux James Duckett (v. 19 avril). 

Il se prépara au sacerdoce à Douai, fut ordonné prêtre en 1639 et fit encore trois années d’études à Paris, durant lesquelles on le voyait de longues heures en prière devant le Saint-Sacrement. Il fit aussi une longue retraite de deux mois chez des Cisterciens, pour se préparer à sa prochaine mission.

Retourné en Angleterre, il travailla dans la clandestinité à partir de 1642 auprès de Catholiques à Durham.

Le 2 juillet 1644 il fut arrêté près de Wolsingham, tandis qu’il allait baptiser deux enfants.

Mis en prison à Londres, il y trouva Ralph Corby, prêtre jésuite.

Accusé d’être un prêtre catholique, il devait être exécuté avec Ralph. Ce dernier pouvait être libéré, mais proposa d’être échangé avec John, plus jeune que lui ; John, de son côté, refusa d’être libéré sans son ami, et finalement ils furent tous les deux hanged, drawn and quartered.

John Duckett mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 7 septembre 1644.

On avait conservé de lui quelques reliques (une main, des vêtements), mais on les cacha tellement bien qu’on ne les a pas retrouvés.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Claude-Barnabé Laurens de Masclou

1735-1794

 

Nota : il semble que l’orthographe Laurens puisse être préférée à celle Laurent.

Ce digne prêtre du diocèse de Limoges était né le 11 juin 1735 à Dorat (Haute-Vienne), le jour de la fête de saint Barnabé, dont il reçut le nom au baptême. 

Prêtre, chanoine de Dorat, il fut un des nombreux ecclésiastiques déportés de la Haute-Vienne et entassés par centaines dans les cales du Deux-Associés à Rochefort.

Un rescapé put écrire de lui ces mots élogieux : 

Ce digne et respectable prêtre avait l’esprit très cultivé, et infiniment d’honnêteté dans le caractère. Il fit paraître aux approches de la mort autant de résignation, de calme et de sérénité, qu’il avait montré de religion, de douceur et d’aménité avant de tomber malade. Au reste, ces estimables qualités qui faisaient proprement le fond de son caractère, n’abandonnèrent pas un seul instant sa belle âme, durant tout le cours de sa vie.

Le chanoine Claude-Barnabé mourut le 7 septembre 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

François d’Oudinot de la Boissière

1747-1794

 

Ce digne prêtre du diocèse de Limoges était né le 3 septembre 1746 à Saint-Germain (Haute-Vienne). 

Prêtre, chanoine de Limoges, chanoine honoraire de la collégiale d’Uzerche, il fut un des nombreux ecclésiastiques déportés de la Haute-Vienne et entassés par centaines dans les cales du Deux-Associés à Rochefort.

Le chanoine François d’Oudinot de la Boissière mourut le 7 (ou le 12 ?) septembre 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Giovanni Battista Mazzucconi

1826-1855

 

Il naquit le 1er mars 1826 à Rancio di Lecco (Italie), dans une famille très chrétienne de douze enfants, dont trois seront prêtres et quatre religieuses.

Une fois entré au séminaire diocésain, il eut l’occasion de suivre une retraite à la Chartreuse de Pavie, où le prieur leur parla de ses précédentes missions en Inde : Giovanni conçut dès lors une irrévocable vocation missionnaire.

Son directeur spirituel le traita de fou, mais il persévéra dans son intention. Ce qui lui manquait était un institut pour se préparer aux missions. Or voilà que justement un certain Angelo Ramazzotti, sur la demande du pape, fonda cet Institut qui deviendrait ensuite l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

A peine ordonné prêtre en 1850, il intégra ce nouvel Institut et s’ «entraîna» littéralement à la vie missionnaire, se privant, se contentant de peu, faisant pénitence. 

Il obtint ainsi de partir pour l’Océanie. Quittant Londres avec quelques compagnons en mars 1852, il arriva en Australie après plus de trois mois de voyage, y apprit les premiers rudiments de la langue des habitants et repartit dès que possible pour l’île de destination : Woodlark. 

Il fallut d’abord se faire accepter par les habitants… et s’habituer au climat : le père Giovanni prit la malaria et dut se faire soigner à Sidney. 

Entre temps, les autres compagnons avaient subi de graves pertes : les habitants s’étaient révoltés contre les missionnaires et un catéchiste avait déjà été abattu. Les communications étant insuffisantes, le père Giovanni ne savait rien. Tandis que les missionnaires, par précaution, revenaient tous en Australie, le père Giovanni repartait tout joyeusement pour l’île de Woodlark. A peine arrivé près des côtes, il fut accueilli traitreusement par un des chefs qui, feignant de le saluer poliment, s’avança et lui assena un violent coup de hache sur la tête.

Avec le père, furent aussi abattus les membres d’équipage du bateau, et tous furent jetés à la mer, le 7 septembre 1855.

La mort du père Mazzucconi sembla aux hommes un échec regrettable, mais l’Eglise y a reconnu le don total jusqu’à la mort, pour le seul amour du Christ et le souci du salut des âmes.

Giovanni Mazzucconi a été reconnu martyr, et fut béatifié en 1984.

 

 

Eugenia Picco

1867-1921

 

Elle naquit le 8 novembre 1867 à Crescenzago (Milan, Italie), de Giuseppe, aveugle et violoniste à la Scala de Milan, et de Adelaide Del Corno.

A cause des tournées musicales de la Scala, les parents étaient souvent absents et Eugenia fut confiée à des oncle et tante. Le papa mourut (mystérieusement, dit-on), durant une de ces tournées : du moins, la maman le fit croire à la petite Eugenia et se remaria : naquirent ainsi trois autres enfants.

Tandis que cette maman envisageait pour sa fille une vie mondaine et artistique, Eugenia de son côté fréquentait bien plus volontiers l’oratoire des Ursulines de Milan et la basilique Saint-Ambroise.

Un soir, raconta-t-elle, elle reçut une grâce de transverbération, qui la transperça littéralement comme une lame de lumière (mai 1887). Dès lors, elle ne songea qu’à se séparer de la famille, et dut affronter l’opposition de sa mère.

Eugenia songeait aux Ursulines de Milan, qui cependant, vu les circonstances, l’orientèrent vers d’autres Religieuses à Parme, récemment fondées, les Petites Sœurs des Cœurs de Jésus et Marie.

Ainsi, Eugenia s’enfuit de chez elle en août 1887, arriva comme prévu chez les Religieuses de Parme, où elle fit le noviciat, et la première profession en 1891, avec le nom de Anna Eugenia. La profession solennelle eut lieu trois ans plus tard.

D’éducatrice, elle devint maîtresse des novices, archiviste, secrétaire et, en 1911, supérieure générale, jusqu’à sa mort. Comme telle, elle se préoccupa d’enrichir le niveau spirituel et culturel de toutes les Sœurs.

Elle enseigna la musique, le français ; durant la Guerre, elle accueillit des blessés dans la maison-mère, elle travailla dans les hôpitaux militaires et se préoccupa des enfants des soldats.

Son mot d’ordre était : Souffrir, se taire, aimer.

En 1919, elle dut subir l’amputation de la jambe droite, à cause d’une artosinovite.

Elle venait d’être réélue supérieure, quand elle fut terrassée par la tuberculose.

Elle mourut le 7 septembre 1921 à Parme, et fut béatifiée en 2001.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un Burundais vivant au Zaïre, père de quatre enfants, opéré en urgence et victime d’une grave hémorragie.

 

 

Ignacy Klopotowski

1866-1931

 

Il naquit le 20 juillet 1866 à Korzeniówce (Drohiczyna, Pologne), de Jan Kłopotowski and Isabella Dobrowolska ; le 28 juillet, il reçut le baptême en la fête de s.Ignace de Loyola, dont il porta le prénom.

Après le lycée de Siedlce, il fréquenta le séminaire de Lublin et l’académie théologique de Saint-Petersbourg.

Ordonné prêtre en 1891, il fut vicaire à Lublin, aumônier à l’hôpital, puis recteur de l’église des Grecs catholiques ; il organisa des conférences sur l’Ecriture, et fut très actif pour la catéchèse et la prédication ; il enseigna la théologie morale et le Droit canon à Lublin pendant quatorze ans.

Surtout, constatant la misère des populations, il institua des œuvres caritatives : une maison pour les sans-abris à Lublin, des ateliers pour les chômeurs et les jeunes, une école d’arts et métiers, un refuge pour les femmes, un orphelinat, un foyer pour vieillards. Il étendit aussi sa sollicitude aux villages voisins où il fonda des écoles, avec la collabortion des Sœurs de Marie Immaculée, et subit même des tracasseries de la part des autorités russes.

Le père Ignacy écrivait et publiait des brochures. En 1908, il monta à Varsovie une imprimerie. Ses revues bon marché se voulaient à la fois religieuses et patriotiques ; il y eut l’hebdomadaire «Semence», le mensuel «Bon Serviteur», le magazine pour enfants «Ange Gardien», également «La Revue Catholique» et «La Voix du Prêtre».

Quant on est vraiment animé d’un saint zèle, on trouve les idées, l’énergie et les moyens pour mener ainsi tant de travaux apostoliques, en vue du bien des âmes.

A partir de 1913, don Ignacy intensifia ses publications. C’est alors qu’il fonda les Sœurs de Lorette, qui devaient prendre en charge les éditions. 

Il mourut subitement le 7 septembre 1931 à Varsovie, et fut béatifié en 2005.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un prêtre qui avait été sauvagement aggressé et gravement blessé en 1991.

Félix Gómez-Pinto Piñero

1870-1936

 

Il vit le jour le 18 mai 1870 à La Torre de Esteban Hambrán (Tolède, Espagne) et fut baptisé le 25, dans une bonne famille de paysans.

En 1886, il entra au noviciat franciscain de Pastrana, où il professa en 1887.

Après les études de philosophie à Pastrana et La Puebla de Montalbán, il fit en 1890 la profession solennelle.

Il étudia la théologie à Consuegra puis Belmonte.

Il y eut en 1891 une inondation catastrophique à Consuegra et ce fut Félix qui transporta le plus de cadavres sur ses épaules jusqu’au cimetière.

En 1894, il y eut un autre épisode pénible : les jeunes théologiens eux-mêmes organisèrent une marche de protestation contre le Gardien (Supérieur) du couvent ; le Frère Félix suivit le groupe au début, mais s’en détacha presqu’aussitôt.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Sa première mission fut… les Philippines, où il fut vicaire, puis curé sur l’île de Polillo. Or il y eut ces années-là des mouvements indépendentistes, et lui-même fut fait prisonnier pendant seize mois (et certainement pas seize ans !), pendant lesquels il souffrit la faim, des marches forcées par grande chaleur et sous la pluie.

En 1899, il fut libéré et rapatrié sur Manille. Dès que la situation le permit, il repartit pour l’île de Samar.

En 1913-1914, il passa quelques mois au couvent franciscain du Saint-Sépulcre à Jérusalem, puis fut rappelé en Espagne.

Il fut envoyé au couvent de Pastrana, où il avait fait le noviciat.

En 1919, il repartit pour les Philippines, où il fut curé sur les îles de Samar et Bay, jusqu’en 1930.

Il revint en Espagne en 1933, et fut envoyé à Pastrana, où il resta jusqu’en 1936, très actif autant dans la vie de communauté que dans les activités sacerdotales ; son zèle pour les malades le fit appeler l’apôtre des malades.

Quatre jours après le début du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, le couvent de Pastrana dut être évacué et les Religieux trouvèrent un accueil fraternel dans les familles du pays.

Le 27 juillet, le couvent fut pris d’assaut par les miliciens.

Le père Pinto, pour sa part, fut reçu chez les parents d’un Confrère, jusqu’à la fin du mois d’août. Quand on signalait une fouille, il disparaissait vite dans la campagne et se cachait dans une cabane.

Le 2 ou le 3 septembre, on l’y aperçut et il fut dénoncé. On envoya quatre jeunes pour l’arrêter. En l’emmenant au pays, ils lui demandaient de répéter d’infâmes blasphèmes et il leur rétorqua : Quelle horreur ! Tuez-moi si vous voulez, mais ça, je ne le dis pas.

Parvenus au pays, ils le firent entrer dans un café, où ils recommencèrent leurs vilains jeux. Le maire le fit enfermer dans la «prison», l’ancien couvent San Francisco.

Le 6 septembre, des miliciens vinrent lui tenir des discours contre la religion. Il tenta de répondre et finit par conclure : De toutes façons, je suis né en croyant en Dieu, j’ai vécu en croyant en Dieu, je mourrai en croyant en Dieu.

Il ne fut pas assassiné sur le moment, car le maire était présent, mais dans une réunion suivante entre miliciens et le maire, il fut décidé de le tuer la nuit-même. 

Vers minuit, on le fit sortir de là, et on le fit monter en camion, direction Hueva (Guadalajara), au lieu-dit La Galiana : on le fit descendre et marcher sur la route. Après quelques mètres, le maire et les miliciens lui tirèrent dans le dos.

En tombant, le père Félix cria encore : Je vous pardonne ! Vive le Christ Roi !

Après le coup de grâce, ils le traînèrent dans le fossé. C’était le 7 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Ascensión Lloret Marco

1879-1936

 

Elle vit le jour à Gandía (Valencia, Espagne) le 21 mai 1879, veille de la fête de l’Ascension, dont elle porta le nom.

En 1898, elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) et prit le nom de Ascensión de Saint-Joseph-Calasanz.

Sa préférence allait toujours pour la dernière place, la plus cachée.

Après sa profession, elle œuvra à Castellón, Valencia jusqu’en 1916, puis à Benejama (Alicante).

Lors des soulèvements de 1936, le collège dut être évacué et Ascensión vint se réfugier dans sa famille à Gandía, le 28 juillet. Son frère Salvador, prêtre piariste, se trouvait là aussi.

Le 7 septembre, six miliciens armés vinrent les arrêter pour les fusiller. On n’en sait pas plus, sauf peut-être qu’ils furent abattus au cimetière de Tavernes de Valldigna, mais on n’en a pas retrouvé les corps.

Ascensión a été béatifiée en 2001.

 

 

 

Alberto José Larzábal Michelena

1893-1936

 

Il naquit le 4 février 1893 à Irun (Guipuzcoa, Pays Basque, Espagne), dans une famille très chrétienne. Il eut un frère prêtre, qui mourut de la grippe espagnole en 1917.

Alberto montra de grandes qualités dès sa jeunesse. Très ordonné d’abord ; généreux ensuite : on le vit souvent donner son goûter aux pauvres ; rempli de zèle enfin, au point d’acheter avec ses quelques sous de bons journaux à présenter à la place de la mauvaise presse dans les bars et chez le coiffeur.

Au terme de ses études, il fut un moment employé dans les Chemins de fer, comme son père. Mais il voulait faire plus. Il commença par fonder une association des Bons Amis, où il réunissait des adolescents pour parler du Bon Dieu et de l’Eglise.

Rien d’étonnant à sa décision finale, de se présenter au noviciat lasallien de Bujedo, où ses qualités trouvèrent leur épanouissement.

On lui confia la sacristie. 

Il professa en 1911 avec le nom de Junián Alberto.

Il exerça ses fonctions à Donostia (en espagnol San Sebastian, 1911-1918), Irun (1918-1920), Donostia (1920-1929), Azkoitia (1929-1930), Griñon (1930-1934) et Madrid.

On lui confia alors la direction de la revue mensuelle Vida y Luz, de la Croisade eucharistique, et du bulletin du Saint-Enfant Jésus. C’est dans ces travaux qu’il montra toutes ses capacités techniques, organisatrices, et apostoliques.

Sans délaisser ses habitudes de piété, il se donna tellement au travail qu’il en tomba régulièrement malade au point de garder la chambre deux ou trois jours par mois, ce qui l’agaçait, non pas pour les souffrances, mais pour le retard que prenait le travail. En attendant, on admirait l’essor des publications, la qualité de l’impression.

En outre, il s’était créé une importante collection personnelle de textes bibliques brièvement commentés, au profit des élèves. Mais tout cela disparut dans la tourmente du soulèvement de 1936.

En août 1936, le Frère se fit un devoir d’accompagner fidèlement le Frère Luis Victori (Eusebio Angulo) pour ses soins. Ne pouvant un jour rentrer dans leur maison à la suite de l’arrestation des autres Frères et de la fermeture de l’établissement, ils se réfugièrent chez des amis. 

Le 30 août, ils ne revinrent pas. Ce n’est que bien plus tard que le directeur de la maison de Madrid découvrit à la Direction Générale de Sécurité des photographies datées. 

En réalité ils furent fusillés tous deux non pas le 30 août, mais le 7 septembre 1936, dans le quartier Arganzuela (Madrid).

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Eusebio Angulo Ayala

1894-1936

 

Il naquit le 14 décembre 1894 à Quintanilla (Irun, Guipuzcoa, Pays Basque, Espagne).

Après son frère aîné, il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Bujado en 1910 et professa avec le nom de Luis Victori.

Les supérieurs pensèrent un moment le renvoyer chez lui à cause de son caractère trop rude ; mais le Supérieur les fit patienter, leur disant qu’ils avaient là un diamant, mais encore à l’état brut. Le jeune Frère donna raison à ce sage Supérieur, et sut se dominer au point de devenir d’une douceur exemplaire.

Durant sa première année d’apprentissage, auprès des petits enfants, il se montra excellent pédagogue, assidu à préparer ses cours et à continuer à se former intellectuellement.

Il exerça ses fonctions à Xixon (1912-1913), La Felguera (1913-1921) ; il fut alors atteint de fortes douleurs à l’estomac et fut transféré à Madrid (1921-1929) ; remis (au moins en apparence), il fut nommé directeur à Séville (1929-1933), où il créa l’Association des Pères de Famille et où l’archevêque rétablit les classes supprimées lors des bouleversements de 1931.

De nouveau repris par les douleurs, il fut envoyé à la station balnéaire de Fuente Amarga, où il ne put supporter le traitement ; il revint à Séville, disposé à souffrir patiemment comme le voudrait la Providence.

A cause de la loi de sécularisation, les Frères durent porter des vêtements civils. C’est alors que le Frère fut nommé directeur de l’école de Mudela (1933-1936).

Il se décida en 1935 à subir une intervention chirurgicale, pour laquelle il se déplaça à Madrid en juillet 1936. Il ne savait pas que ses douleurs allaient vraiment finir, encore moins de quelle façon glorieuse.

Il se trouvait en-dehors de la maison, lorsque les miliciens y firent irruption et firent prisonniers tous les Frères présents. Mais il ne savait rien et trouva la porte close, aussi dut-il trouver refuge chez des amis, en compagnie du Frère Julián Alberto (Alberto José).

Pensant retrouver les Frères absents, il allait matin et soir à la gare de Atocha, espérant les voir revenir ; mais ses allées-et-venues furent remarquées et on le suivit.

Il fut arrêté dans le quartier madrilène La China. On a dit qu’il fut fusillé le 30 août, comme le Frère Julián Alberto ; mais on a retrouvé une information selon laquelle il fut fusillé le 7 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josep Padrell i Navarro
1898-1936

Josep naquit le 8 mars 1898 à La Pobla de Mafumet (Tarragonès, Catalogne, Espagne), de Josep et Magdalena, qui le firent baptiser le 11 mars.
Il y eut au moins deux autres garçons dans cette famille très chrétienne : Antoni et Lluís.
Au séminaire de Tarragona, en marge de ses études, Josep montra un talent remarquable pour l’harmonie et le contrepoint.
Il reçut l’ordination sacerdotale en 1922.
On trouve dans les archives du séminaire une grande quantité d’œuvres qu’il écrivit durant les années où il fut maître de chapelle du séminaire.
Si la révolution de 1936 n’avait pas tronqué cette vie, don Josep aurait certainement une grande place dans la musique religieuse du 20
e siècle.
Lors de la persécution religieuse de 1936, don Josep était vicaire et organiste à L’Espluga Calba (Lleida). Il accepta de venir se réfugier chez son frère Lluís à Barcelone, chez lequel il resta quatre ou cinq jours.
La belle-sœur de Josep, qui connaissait ses dons musicaux, lui suggérait de s’engager dans quelque compagnie de théâtre ou de zarzuela, mais il lui répliqua : Si je le fais et que je tombe dans quelque péché, je préfère mourir.
Il partit avec son frère s’installer dans une auberge de Girona. Mais voilà que dans le train, un employé reconnut Lluís et le dénonça : on les arrêta. A la gare, on leur prit tout ce qu’ils avaient et on les interrogea.
A Lluís : Quel métier fais-tu ? - Paysan.
A l’abbé Josep : Et toi ? Lluís s’empressa de répondre avant son frère : Il est paysan, comme moi. Eux : Réponds, toi ! Et Josep : Lluís, pourquoi nier ? Je suis prêtre ! S’ils veulent me tuer pour ça, ils peuvent le faire.
On les emmena à la prison de Barcelone.
Ce même 7 septembre, à huit heures du soir, des miliciens entrèrent dans leur cellule et disaient entre eux : Les voilà ! Ils leur apportèrent un souper, mais seul Josep mangea, calmement, tranquillement. Lluís ensuite s’agenouilla devant son frère prêtre, et se confessa.
Vers vingt-et-une heures, les miliciens revinrent les chercher et les firent monter dans une voiture, escortée par une autre voiture. Ils se dirigèrent vers l’Arrabassada. En route, Lluís demanda aux miliciens où ils les emmenaient et son frère Josep lui dit : Ne t’inquiète pas, Lluís, la mort n’est rien. Pardonne-leur, Lluís, pardonne-leur, ne conserve aucune rancœur.
En descendant de la voiture, Lluís dit à son frère Josep : Saute par cette porte et sauve-toi. Et Josep : Non, je ne m’échapperai pas ; la mort n’est rien ! Lluís lui redit de s’enfuir, et Josep répéta : Non, je ne m’enfuirai pas.
Alors, ils s’embrassèrent et Josep dit à son frère : Au ciel !
Lluís n’était pas convaincu par les paroles de son frère prêtre. Il se jeta contre le chef de la patrouille ; il y eut une petite bagarre ; un autre milicien donna un bon coup de crosse de fusil dans le ventre de Lluís, qui se mit à courir, tandis que Josep restait là, sans bouger.
Lluís réussit à se cacher dans les buissons ; les balles sifflaient, l’une le blessa au bras, mais il put se sauver. En courant, il tomba contre une clôture de buissons épineux. Il se retourna et vit encore son frère, debout au même endroit.
Juste après, le prêtre fut abattu.
Quant à Lluís, avec sa blessure au bras, on pouvait le suivre par les traces de son sang, mais on finit par abandonner la poursuite ; il se rapprocha d’une maison de campagne et entendit qu’on y priait le chapelet ; il frappa, montra son bras : on le banda et on lui offrait l’hospitalité, mais il ne voulait pas compromettre ces gens charitables ; il continua son chemin.
C’était le 7 septembre 1936. Plusieurs récits portent la date du 8 septembre, mais la suite des faits tels qu’ils se présentent, montre bien que don Josep expira au soir du 7 septembre.
Don Josep a été béatifié en 2013.

Gregorio Sánchez Sancho

1899-1936

 

Né le 19 avril 1899 à Valdecarros (Salamanque), Gregorio reçut le baptême le 23 suivant, et la confirmation en 1909. Il était le troisième fils de la famille.

Tout jeune, on le voyait toujours avec des livres entre les mains. En 1910, il entra au Collège thérésien (carme) de Medina del Campo, où se trouvait déjà un de ses frères.

Après le noviciat à Segovia, il prit l’habit en 1915 et fit la profession religieuse en 1916, prenant le nom de Tirso de Jésus-Marie.

Ses études de philosophie achevées (Ávila, 1920), ainsi que celles de théologie (Tolède et Salamanque), il fut ordonné prêtre en 1923 à Segovia.

Il fut envoyé en mission à Cuba, où il se trouvait dès 1924. Il exerça son activité pastorale à La Havane, à Ciego de Ávila, Matanzas, Sancti Spiritus. Il fut directeur de l’apostolat de la prière, prédicateur recherché pour les grandes occasions.

Ce bon prêcheur écrivait beaucoup, y compris des poèmes, qui furent publiés dans un journal paroissial.

Les nouveaux Supérieurs d’Espagne le rappelèrent en 1933, pour la communauté de Tolède. Il continua d’écrire de nombreux articles, des poésies, en plus de son activité pastorale à Tolède, Madrid, Talavera, Salamanque.

De retour de Madrid à Tolède, le 19 juillet 1936 au soir, il reçut l’hospitalité chez une pieuse personne, sur le conseil du Supérieur ; le lendemain, il rejoignit le couvent, et le 21 au soir, il retourna chez cette personne, jusqu’au 24 août, vivant dans le plus grand recueillement.

Au matin du 24 août, des miliciens frappèrent. Il alla ouvrir, après s’être agenouillé quelques secondes devant l’image de la Sainte Vierge. Les miliciens lui demandèrent ses papiers. Il ne les avait pas encore tous mis à jour, depuis son retour de Cuba.

Ils l’emmenèrent au commissariat, et le laissèrent revenir à la maison, où il demanda à prendre une tisane de tilleul. Pendant que la Dame la préparait, les miliciens revinrent et cette fois arrêtèrent le père Tirso. 

On le transporta de ci et de là, pour le mettre finalement dans la prison provinciale, le 27 août, en attente d’un jugement. Prisonnier, le père Tirso est «suspect».

Une sorte de «jugement» a lieu. Le juge lui demande s’il est voyageur de commerce : le père Tirso le laisse dire ; quand on lui demande quelle a été sa participation dans les tirs qui se sont échangés dans le couvent (où il n’était pas les jours précédents), il répond qu’il n’y a pas participé, et précise alors qu’il est Religieux carme. Le juge est bien obligé de conclure qu’il n’y a pas d’élément à charge de l’accusé. 

 Cependant le Tribunal Populaire écrit que, le 6 septembre à neuf heures, on procède contre Gregorio Sánchez Sancho, pour rébellion militaire. De plus, la session se tient dans le palais archiépiscopal de Tolède. On revient sur la «participation» du père Tirso aux tirs échangés depuis le couvent (en effet, des gardes civils s’étaient retranchés dans le couvent et tiraient sur les républicains pour les empêcher d’entrer dans la ville) : on voulait absolument que le père Tirso eût été à la tête des retranchés.

La sentence tomba, inexorable : le père Tirso, accusé de «rébellion militaire», était condamné à mort. 

De retour à la prison, dans la journée du 6 septembre, le père Tirso écrivit à ses parents ses sentiments de pardon envers ceux qui l’avaient condamné et leur demanda de pardonner aussi à leur tour. 

Au matin du 7 septembre, on l’emmena soi-disant à Ocaña, mais on s’arrêta au cimetière. Le Père demanda : Vous ne me disiez pas qu’on allait à Ocaña ? Et pour toute réponse, on lui répondit qu’il fallait exécuter la sentence.

Devant le mur du cimetière, les soldats et les miliciens tirèrent au sort pour désigner qui tirerait. On demanda au Père comment ils devaient tirer, et s’il fallait lui bander les yeux, à quoi il répondit qu’ils fissent comme ils voulaient, puis il demanda à avoir les yeux bandés, tout cela avec un calme impressionnant. 

Tenant son crucifix entre les mains, il le baisait et disait des mots de miséricorde, de bonté, de pardon envers tous ceux qui allaient lui enlever la vie. Au moment de mourir, il pardonna encore à ses bourreaux, les bénissant et leur montrant son amour fraternel.

Une première décharge fit tomber le Religieux, mais il n’était pas mort. On rappela les miliciens, qui à leur tour interrogèrent le médecin : ce dernier constata qu’effectivement le Religieux n’était pas mort, et les miliciens tirèrent à nouveau.

C’était au matin du 7 septembre 1936. 

Gregorio-Tirso Sánchez Sancho fut béatifié en 2007.

 

 

Antonio Bonet Seró

1907-1936

 

Il vit le jour le 20 mars 1907 à Albi (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 25, puis confirmé le 6 avril suivant, selon la coutume de l’époque.

Il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux à Palafrugell en 1917.

En 1922, il entra au noviciat à Tarragona, où il professa en 1923, avec le nom de Antonio María de Jésus.

Après les études de philosophie à Badalona, il fut envoyé à Rome pour celles de théologie, et y fut ordonné prêtre, en 1929.

En 1931, il fut nommé à Barcelone pour y enseigner la théologie d’abord, et y être directeur ensuite.

En 1936, le chapitre le confirma dans cette charge, en même temps que comme prieur de Palafrugell.

Le 19 juillet de cette même année, le père Antonio était dans le train pour Badalona, où il devait tenir des prédications. Le train s’arrêta brusquement et le père se mit spontanément à la fenêtre pour observer ce qui se passait : il fut aussitôt repéré, arrêté, et maltraité.

Dès qu’il le put, il se réfugia chez des amis, vêtu en paysan.

Le 24 juillet, il arriva au couvent de Barcelone, pour rencontrer les Religieux blessés. Il alla se réfugier dans une dépendance de son frère à la campagne, avec d’ailleurs le Frère Marçal (Marcelo) et quelques autres (voir la notice José María Masip Tamarit).

Le 3 septembre, on les découvrit, on les arrêta et on les emmena à un chalet du Paseo de San Juan. 

Le 7 septembre, on les fit sortir de là, et on ne les revit plus.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Josep María Masip Tamarit

1914-1936

 

Il vit le jour le 2 mars 1914 à El Cogul (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 4.

Ses parents s’en vinrent à Lleida et se mirent au service des Carmélites Déchaussées. C’est ainsi que leur petit garçon connut l’Ordre. Il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux à Palafrugell.

En 1929, il entra au noviciat à Tarragona, où il professa en 1930, avec le nom de Marçal de-Sainte-Anne.

En 1931, il fut envoyé au Mont Carmel (Israel) pour y faire la philosophie en même temps que cette période servait au service militaire, dans le cadre d’une coopération à l’étranger. Puis il revint à Barcelone, pour la théologie.

Vers le 20 juillet, il fut violemment frappé dans la rue avec une crosse de fusil et il s’écroula sur un Confrère, Juan José, qui était déjà à terre, mortellement blessé. Marçal était si rougi par le sang de ce dernier, qu’on le crut blessé et qu’il fut transporté à l’hôpital. Mais il s’en échappa bien vite et rejoignit des amis à Barcelone.

Peu après, il retrouva le père Antoni Bonet Sero, avec lequel il alla dans une propriété du frère de ce dernier.

Le 3 septembre, on les découvrit, on les arrêta et on les emmena à un chalet du Paseo de San Juan. 

Le 7 septembre, on les fit sortir de là, et on ne les revit plus.

Ils furent béatifiés en 2007.

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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 23:00

06 SEPTEMBRE

 

-VI.

S Zacharie, un des douze Petits Prophètes ; il exhorta les Juifs à reconstruire le Temple, comme Aggée, près duquel il repose.

I.

SS Onésiphore (et Porphyre ?), l'un disciple de s. Paul (cf. 2 Tim 1:16-18), l'autre moins connu.

III.

SS Sanctien et Augustin, martyrs près de Sens, d'origine espagnole.

?

S Frontignan, martyr à Alba Pompea.

V.

SS Donatianus, Præsidius, Mansuetus, Germanus, Fusculus, Lætus, évêques en Afrique, victimes des Vandales ariens.

S Pétrone, évêque à Vérone.

VI.

S Eleutherius, abbé à Rome ; sa prière fit relever un mort et chasser un démon.

VII.

SS Félix et Augebert, esclaves anglais rachetés à Rome par s. Grégoire le Grand, missionnaires dans leur pays, massacrés près de Langres durant un de leurs voyages. 

S Cagnoaldus, frère de s. Faron et de ste Fare, disciple de s. Colomban à Luxeuil, évêque à Laon.

S Magnus, abbé à Füßen, invoqué contre les insectes nuisibles aux cultures.

S Fauste, abbé à Syracuse.

S Imbert, abbé à Nevers.

?

S Saffier, près de Bourges.

Ste Eve, martyre, patronne de Dreux.

Ste Impère, à Mauprevoir.

IX.

Ste Bega, vierge irlandaise, solitaire en Cumbria, sans doute à distinguer d'une sainte Begu, moniale à Hackness.

S Gondulphe, évêque à Metz.

XIII.

B Liberato de Lauro, franciscain à San Liberato ; ses macérations excessives causèrent sa dernière maladie.

XIX.    

B Cho Hae-song Ioannes, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Diego Llorca Llopis (*1896) ;

Mineurs Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Cándido Rivera y Rivera (Pedro, *1912) (date incertaine) ;

Salésiennes : à Barcelone, Carmen Moreno Benítez et Amparo Carbonell Muñoz (*1885, 1893) (le 1er septembre au Martyrologe) ;

Laïcs : près de Valencia, Pascual Torres Lloret (*1885), père de famille, qui protégea le Saint-Sacrement chez lui.

- béatifié en 2007 :

Augustins : près de Gijón, le prêtre Vidal Ruiz Vallejo (*1892). 

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Tomás Capdevila Miquel (*1903) ;

Capucins : aux Asturies, le prêtre Felipe Llamas Barrero (Domitilo, *1907) ;

- béatifiés en 2021 :

Diocésains : près de Castellón, Francisco Escura Foix (*1898) ; près de Badajoz, Antonio Frutos Tena Amaya (*1905).

 

B Jan Czartoryski (Michał, 1897-1944), prêtre dominicain polonais martyr, fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

B Olinto Marella (1882-1969), prêtre italien d’une immense charité, suspendu injustement a divinis pendant seize ans puis réhabilité, béatifié en 2020.

B Tomás Ramírez Caba (1934-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.

Zacharie, prophète

env. VIe -Ve siècles avant Jésus-Christ

 

Saint Zacharie est l’un des Douze “petits” Prophètes, ainsi appelés parce que leurs livres sont moins développés que les quatre “grands” Prophètes : Isaïe, Ezéchiel, Jérémie, Daniel.

Zacharie semble avoir appartenu au milieu des rapatriés de Babylone. 

Il était fils du prêtre Iddo. 

Des influences sacerdotales qui rappellent Ézéchiel sont sensibles dans son œuvre : le prêtre joue un grand rôle dans l’attente du Messie ; auprès du rejeton de David, Zacharie poste un lévite ; il tient à la pureté de la Terre Sainte : cette expression, qui nous est devenue familière malgré la douloureuse situation de la Terre de Jésus-Christ - est du prophète Zacharie. 

Zacharie est soucieux du primat du spirituel, du moral, comme les prophètes anciens.

Son livre, difficile et obscur par moments, comprend une sorte de journal, où la grande question d’actualité est la restauration du Temple de Jérusalem. Zorobabel est le maître de l’heure. Ce journal est illustré de huit visions dans la manière apocalyptique.

Une deuxième partie est nettement différente. Il n’y est pas question du Temple ou de Zorobabel, mais d’une théocratie directe, ou bien d’un roi futur, doux et pacifique, ce Roi qui entrera solennellement à Jérusalem, peu avant d’être mis en croix (Mt 21:4-5).

Saint Matthieu cite Zacharie en 26:31 et 27:9. Saint Jean (Jn 19:37) reprend à son tour Zacharie lors du coup de lance du centurion : Ils regarderont vers celui qu’on a transpercé (Za 12:10). Et la liturgie de la Semaine Sainte reprend le verset suivant : Ils feront sur lui la lamentation comme on la fait pour un fils unique et ils le pleureront comme on pleure un premier-né (Za 12:10b).

La liturgie de la fête du Christ-Roi s’inspire aussi de Zacharie :

Il proclamera la paix pour les nations. Sa domination ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre (Za 9:10).

La première partie du livre de Zacharie (1-8) est dans un style assez original, avec des oracles datés et attribués à Zacharie.

La deuxième partie présente d’autres oracles, sans dates, sur le pasteur, le troupeau, la Jérusalem renouvelée.

Saint Zacharie, prophète, est mentionné au Martyrologe romain le 6 septembre ; en Orient, au 8 février ou au 16 mai.

 

 

Onésiphore

1er siècle

 

Onesiphoros est mentionné par saint Paul dans sa seconde lettre à Timothée. Vers 66, Paul est enchaîné à Rome : son martyre est proche et il écrit à Timothée qui se trouve à Éphèse : 

Que le Seigneur fasse miséricorde à la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent réconforté et n’a pas eu honte de mes chaînes. Au contraire, dès sa venue à Rome, il n’a pas eu de repos qu’il ne m’ait découvert. Que le Seigneur Dieu lui donne de trouver miséricorde auprès du Seigneur Jésus lors de son grand jugement. Et tous les services qu’il m’a rendus à Éphèse ! tu les connais mieux que personne (2Tm 1:16-18).

Dans la salutation finale de la même épître, Paul mentionne encore cette chère famille : 

Salue Prisca et Aquilas, ainsi que la maison d’Onésiphore (2Tm 4:19).

Par là nous voyons qu’Onésiphore pouvait être un chrétien d’Éphèse, qui s’était mis corps et âme au service de l’Église, et de saint Paul. 

En Orient, Onésiphore est devenu un des soixante-dix disciples du Seigneur, et même successivement évêque à Kolophonia (Îles Ioniennes). 

Saint Onésiphore est mentionné au Martyrologe le 6 septembre.

 

Evêques martyrs en Afrique
† 484

En février 484 furent convoqués à Carthage quatre cent soixante-dix évêques catholiques d’Afrique.
Le roi arien fit d’abord arrêter l’un des plus remarquables par sa sagesse et sa vigueur, Lætus, évêque de Nepte. Cet évêque fut longtemps enfermé dans un sombre cachot, puis jeté aux flammes. 
Ceci devait, dans l’esprit du roi, intimider les autres évêques qui, cependant, surent lui résister. Le roi les fit fustiger par cent-cinquante coups de bâtons, puis exiler.
Outre le martyr Lætus, déjà nommé, on a retenu les noms de : 
Donatianus ;
Præsidius, évêque de Sufetula, un homme d’esprit bien pénétrant ;
Mansuetus ;
Germanus ;
Fusculus.
Tous ces vaillants Confesseurs de la Foi souffrirent donc l’exil, loin de leurs fidèles, et moururent des suites des tortures subies, ou aussi des mauvais traitements qu’ils reçurent ensuite.
Le Martyrologe Romain mentionne ces saints évêques d’Afrique au 6 septembre.

 

 

Eleutherius de Spolète

6e siècle

 

On ne connaît rien, à proprement parler, de la vie de ce Personnage. S.Grégoire le Grand (v. 12 mars) loue sa sainteté, pleine de simplicité et de force d’âme.

Grégoire l’avait connu à Rome, au monastère bénédictin où ils furent confrères. Puis Eleutherius fut abbé du monastère Saint-Marc de Spolète.

Ses disciples racontaient qu’en priant il avait fait lever un mort. Grégoire ajoute : C’était un homme d’une telle simplicité et componction ! Nul doute que des larmes sorties d’une âme si humble et si simple ne pussent obtenir beaucoup de Dieu.

Grégoire raconte un autre miracle, qu’il avait entendu raconter de la bouche-même d’Eleutherius. Etant en voyage, ce dernier demanda un soir l’hospitalité à un couvent de religieuses. Or, il y avait là un enfant que le diable agitait chaque nuit. Les religieuses demandèrent à l’Abbé de le garder près de lui, dans l’espoir qu’il le délivrerait du Malin. L’enfant sembla tout-à-fait guéri et suivit Eleutherius à son monastère. Eleutherius, pris par un petit sentiment présomptueux, dit à ses Frères : Voyez, le diable se jouait de ces sœurs, mais maintenant qu’on a eu recours aux serviteurs de Dieu, il n’a pas osé s’approcher de l’enfant. Et voilà que le diable reprit l’enfant. Eleutherius supplia alors les Frères de jeûner avec lui, jusqu’à la délivrance définitive de l’enfant. Et Grégoire de commenter : Eleutherius, ayant été un peu tenté par l’orgueil, ne chassa le Démon qu’en s’y faisant aider par les Frères.

Grégoire ajoute aussi comment à Rome le même Eleutherius l’avait guéri un samedi saint de grandes douleurs à l’abdomen.

Saint Eleutherius de Spolète est maintenant commémoré le 6 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magnus de Füßen

7e siècle

 

Il est difficile de situer exactement ce Personnage.

D’après une Vie à propos de laquelle les historiens expriment quelques doutes, les deux saints Colomban et Gall (v. 23 novembre et 16 octobre) s’arrêtèrent à Arbon (Suisse NE), où ils rencontrèrent Magnus, un clerc. Gall, malade, fut soigné par Magnus et fut abbé de la petite communaué qui se formait à Füßen (Bavière, Allemagne S).

Peu après la mort de Colomban à Bobbio, Magnus alla vénérer le tombeau du Fondateur et, de retour à Füßen, succéda à Gall.

C’est alors que Magnus fut chargé, par l’évêque d’Augsburg, Wichbert, d’évangéliser la région de l’Allgau. C’est là que les historiens achoppent, car cet évêque vivait plus d’un siècle après la mort de Colomban et Gall : Magnus aurait dû vivre au moins cent cinquante ans pour le rencontrer.

Le texte de la Vie, fut apparemment repris, corrigé et complété ; il y eut peut-être une erreur sur le nom de cet évêque. Ou alors, il y eut une confusion avec un certain Magnoald, qui vivait aussi au 7e siècle. 

Magnus aurait fait beaucoup de miracles, notamment avec son célèbre bâton, grâce auquel on luttait efficacement contre les insectes nuisibles aux cultures.

Magnus a été nommé Apôtre de l’Allgau.

Son culte est très ancien et remonte déjà au 9e siècle.

Saint Magnus de Füßen est commémoré le 6 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cagnoaldus de Laon

† 639

 

Cagnoaldus (aussi Chainoaldus, ou Gainaldus) - en français Cagnoald ou Cagnou - était fils de Angnéric et Leodegonde, saints parents également de sainte Fare et de saint Faron (v. 7 décembre et 28 octobre).

Ces gens-là avaient des propriétés dans la région de Meaux et Cagnoaldus naquit au château de Champigny.

A partir de 594, il étudia et fut moine à Luxeuil sous la direction de s.Colomban (v. 23 novembre), qu’il suivit fidèlement jusqu’à Bregenz, lorsque son maître fut contraint de quitter la Gaule (vers 612).

Peu après, Cagnoaldus fut abbé du monastère Saint-Vincent de Laon.

Vers 623, il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Laon, dont il fut le sixième titulaire.

En 625, il participa au concile de Reims ; en 627, au concile de Clichy et, en 632, il figure parmi les signataires de la charte de s.Eloi (v. 1er décembre) pour l’abbaye de Solignac.

C’est la dernière fois qu’on a un témoignage concernant Cagnoaldus. Il mourut en (ou vers) 639, un 6 septembre.

Neuf siècles plus tard, sa tombe fut saccagée par des Anglais en 1539.

Saint Cagnoaldus de Laon est commémoré le 6 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bega de St Bees

9e siècle

 

Un vieux manuscrit de l’abbaye cistercienne de Holmcultram (Cumbria, Angleterre NO, détruite en 1538) parle de sainte Bega.

Princesse irlandaise, promise au fils du roi de Norvège, elle s’enfuit, traversa la mer et vint vivre sur la côte de Cumbria, où se développa la localité de St Bees.

Trouvant la forêt de l’endroit bien adaptée pour une vie de solitaire, Bega s’aménagea là une petite cellule dans la roche, et y vécut plusieurs années.

A l’approche de dangereux pirates, sa frayeur n’était pas de mourir, d’être maltraitée ou de perdre ses affaires, mais de perdre sa virginité, son plus précieux trésor. Elle pria, et fut informée dans sa prière qu’elle devait partir. Elle laissa seulement sur place un bracelet qui, par les miracles qu’on en obtiendrait, resterait le témoin de la sainte vie de Bega.

Le même récit ajoute qu’après cette période de vie solitaire, Bega rejoignit la Northumbrie, où elle émit les vœux, probablement dans quelque communauté locale.

Par la suite, elle aurait même fondé le monastère de Hartlepool (ce que les modernes contestent, l’attribuant plutôt à une autre moniale, nommée Heui, du 7e siècle, alors que les incursions des Vikings ne datent que du 9e siècle).

Un des miracles attribués à sainte Bega fut le miracle de la neige : des moines craignaient d’être expulsés par un comte, mais le jour du jugement du tribunal, toute la région était couverte de neige, sauf leur monastère, et ce jour-là était le jour de la fête de sainte Bega.

Un autre «miracle» concerna un jeune homme de la région, qui voulait voler un cheval ; sa mère l’avertit sévèrement de ne pas commettre une telle injustice dans la région de sainte Bega, mais il persista dans son intention - et fit une chute mortelle peu après.

Un autre encore fut la conversion de trois assassins qui, ayant confessé leur péché à sainte Bega, furent délivrés par elle et fondèrent ensuite un sanctuaire. 

Ou encore la guérison de deux frères malades qui, venus prier jusqu’à St Bees, recouvrirent la santé et repartirent en laissant sur place la petite charrette avec laquelle on les avait amenés.

Cette sainte Bega, commémorée traditionnellement le 7 novembre, est peut-être celle dont parle le Martyrologe Romain actuel au 6 septembre, qui cependant la situe au 7e siècle.

Liberato de Lauro

1214-1258

 

Il y a eu une controverse à propos de ce Liberato, qu’on a confondu avec un autre Liberato de Macerata.

Liberato de Lauro était né vers 1214 à Loro Piceno (Macerata, Marches, Italie C), de la famille Brunforte, et avait (au moins) un frère, Gualterio.

Il n’eut qu’un attrait : la vie franciscaine, saintement illustrée par les premiers disciples de saint François (v.4 octobre).

En 1234, il remit tout son héritage à son frère pour aller vivre au couvent franciscain de Soffiano tout proche.

Ordonné prêtre, il se retira dans la solitude pour faire pénitence et prier. Il ne parlait presque pas, et seulement de Dieu. On disait qu’il n’était pas humain, mais vraiment angélique.

Les fioretti racontent que, pendant qu’il était ainsi ravi en prière, tous les oiseaux du ciel venaient se poser sur lui et gazouillaient merveilleusement.

Ses nombreuses macérations en vinrent à nuire à sa santé, et déterminèrent une grave maladie, ce en quoi il ne fut pas inspiré et ne doit pas être suivi, car même les Saints ne doivent pas être imités dans leurs erreurs. Bien sûr, Liberato ne voulait pas entendre parler de médecin - et qu’aurait fait le disciple d’Hippocrate dans un tel cas ? Par contre, il se confia totalement à Jésus-Christ et à sa Mère, qui daigna le visiter avec toute une suite d’anges et de saints, et le consoler.

Il s’éteignit alors, le 6 septembre 1258. Le bourg prit bientôt le nom de San Liberato, expression d’une canonisation populaire. Son culte fut reconnu en 1868, mais Liberato ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Cho Hae-song Ioannes

1811-1839

 

Cho Hae-song Ioannes est un laïc coréen né en 1811 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Wonju (Gangwon-do) le 6 septembre 1839 et béatifié en 2014.

 

 

 

Pascual Torres Lloret

1885-1936

 

Ce laïc était né le 23 janvier 1885 à Ontinyent.

Marié en 1911 avec Leonor Pérez Canet, il avait quatre enfants, deux fils et deux filles.

Il exerçait simplement le métier de maçon.

Son engagement ecclésial était un exemple vivant de sa conviction : Adorateur de l’Eucharistie, il participait chaque matin à la Messe ; dévôt de la Sainte Vierge, membre actif de l’Action Catholique, il appartenait aussi aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul et soutenait financièrement la léproserie de Fontilles.

En juillet 1936, il fut arrêté une première fois le 25, puis relâché.

Il ne se dissimula pas pour autant et, au contraire, redoublait de charité en rendant visite à ses amis pour les réconforter ; il cacha chez lui les vases sacrés et les livres saints de sa paroisse, et même le Saint Sacrement qui, sinon, aurait été profané dans l’église.

Durant le mois d’août, il fut appelé à comparaître trois fois devant le Comité.

Finalement, on l’arrêta à midi du 6 septembre 1936, on le conduisit au siège de la Garde civile, où on le garda jusqu’à minuit. Il fut alors emmené au cimetière et fusillé, pour le seul motif de sa ferveur religieuse.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Carmen Moreno Benítez

1885-1936

 

Carmen vit le jour le 24 août 1885 à Villamartín (Cadix, Espagne).

Peu après la mort de son père, elle fut au collège des Filles de Marie Auxiliatrice (Salésiennes) à Séville et commença le noviciat en 1908, à la suite de sa sœur Paz.

Ayant obtenu son diplôme de Maîtresse, elle enseigna en diverses maisons (Ecija, Valverde del Camino, Jerez de la Frontera, Séville), et fut directrice à Valverde del Camino (Huelva).

Dans cette maison, elle connut et apprécia Eusebia Palomino, excellente cuisinière, et future bienheureuse (v. 10 février).

En 1936, elle se trouvait à Sarriá, comme vicaire de la communauté. Il y avait là quelque soixante-dix Religieuses, douze novices et dix jeunes filles, qui se dispersèrent rapidement dès le 19 juillet. Quelques-unes trouvèrent un excellent accueil chez un protestant allemand. D’autres purent embarquer à Barcelone sur des bateaux italiens.

Sœur Carmen préféra rester, avec Sœur Amparo, pour assister une Sœur récemment opérée d’un cancer.

Le 1er septembre, on vint arrêter les trois Religieuses.

Ensuite, on ne parle plus de la malade. Mais au matin du 6 septembre 1936, on vint appeler les deux Sœurs, Carmen et Amparo, qu’on conduisit à l’hippodrome, non loin de la mer, où on les fusilla.

Elles furent béatifiées en 2001.

 

 

Vidal Ruiz Vallejo

1892-1936

 

Vidal naquit le 6 novembre 1892 à Carrión de los Condes (Palencia, Espagne).

Il entra dans l’Ordre augustinien, fit la profession en 1909 et fut ordonné prêtre en 1917.

Son travail se déroula à Ribadeo et Ceuta, puis il fut nommé en 1929 maître pour les profès à Uclés.

A partir de 1935, il fut à Gijón (Asturies).

Le 18 juillet 1936, la communauté fut dispersée et les Religieux durent se réfugier chez des familles amies.

Le 6 septembre, le père Vidal tenta de revenir au couvent pour y récupérer des livres et des documents. C’est alors qu’il fut arrêté et martyrisé.

Il reçut la couronne du martyre à Piles (Gijón) le 6 septembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Amparo Carbonell Muñoz

1893-1936

 

Amparo vit le jour le 9 novembre 1893 à Alboraya (Valencia, Espagne) et voulut entrer chez les Filles de Marie Auxiliatrice (Salésiennes).

Humble paysanne, elle connut beaucoup de difficultés pour être acceptée, pour se préparer, mais patiemment elle conquit la victoire ; elle entra en 1920 et fut admise à la profession en 1923.

On l’envoya à la maison de Sarriá, pour s’occuper de la ferme, du jardin - ce qu’elle savait très bien faire depuis l’enfance - mais aussi du théâtre, toutes choses qu’elle accomplit humblement, malgré sa faible santé.

Sœur Amparo préféra rester, avec Sœur Carmen, pour assister une Sœur récemment opérée d’un cancer.

Le 1er septembre, on vint arrêter les trois Religieuses.

Ensuite, on ne parle plus de la malade. Mais au matin du 6 septembre 1936, on vint appeler les deux Sœurs, Carmen et Amparo, qu’on conduisit à l’hippodrome, non loin de la mer, où on les fusilla.

Elles furent béatifiées en 2001.

 

 

Diego Llorca Llopis

1896-1936

 

Diego naquit le 2 juillet 1896 à Oliva (Valencia, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il fréquenta le collège tenu par les Sœurs Carmélites du lieu ; il était un fidèle servant de messe à la paroisse.

En 1910, à quatorze ans, il suivit les Exercices spirituels des Jésuites à Gandía, et ressentit en lui l’appel de Dieu, mais n’en dit rien jusqu’à être sûr de cette vocation. 

Il entra au séminaire de Valencia en 1913, mais interrompit les études pour faire trois années de service militaire.

En 1925, il fut ordonné prêtre.

Il exerça le saint ministère à Setla y Mirarrosa (Vergel), Benisa, Denia, toutes localités proches de Alicante. La population de Benisa réclama son retour. C’est là que, dans une de ses ultimes prédications, il affirma qu’il offrirait volontiers (sa) vie au Seigneur pour la normalisation de la situation en Espagne.

En 1936, ce furent les autorités elles-mêmes de Benisa qui s’arrangèrent pour le reconduire en sûreté chez ses parents à Oliva. Ses parents, cependant, lui conseillèrent de se cacher, mais il refusa de le faire, n’ayant fait de mal à personne.

Le 5 septembre, trois miliciens vinrent fouiller la maison, sans le trouver.

C’est sur dénonciation qu’ils le retrouvèrent et, le lendemain, l’assassinèrent au lieu-dit La Garganta à Gata de Gorgos (Alicante), pour le seul fait qu’il était prêtre.

L’un des miliciens affirma que, avant de recevoir les balles, il leur pardonna et mourut en criant : Vive le Christ Roi !

Ce martyre eut lieu le 6 septembre 1936, et l’abbé Diego Llorca Llopis fut béatifié en 2001.

 

 

Francisco Escura Foix

1898-1936

 

Francisco Escura Foix naquit le 20 mai 1898 à Benicarló (Castellón, Espagne E).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 6 septembre 1936 à Benicarló.

Francisco Escura Foix sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

 

 

Tomás Capdevila Miquel

1903-1936

 

Il naquit le 22 janvier 1903 à Forès (Espagne), de Tomás et Dolors.

Sa vocation autant que son intelligence s’éveillèrent très tôt, et il entra au séminaire de Tarragona.

Ordonné prêtre en 1928, il fut nommé vicaire à Altafulla, en même temps qu’on le fit préparer son doctorat à l’université de Tarragona.

Il fut ensuite nommé à Tarragona (Sainte-Trinité), Riudecanyes, Sarral et Montbrió del Camp, et finalement recteur à Conesa.

Ce prêtre zélé, travailleur, vint se réfugier chez les siens en 1936.

Le 6 septembre, lors d’une fouille à la maison, il tenta de fuir par derrière. On le vit et on le rattrappa. On lui demanda : Qu’est-ce que tu fais ici ? Il répondit en s’amusant : Ben, je suis ici ! - Les mains en l’air, et avance !, lui répondit-on. Il obéit sans résistance.

Revenu à la maison, il embrassa sa mère en lui disant : Ne pleure pas ma mort, ne nous vengeons pas.

Il y eut un simulacre de jugement et on le remit à des hommes sans pitié, en leur disant : Faites-en tout ce que vous voulez.

Ils partirent en camion ; chemin faisant, ils lui taillèrent les organes génitaux, et lui crevèrent les yeux.

Arrivés à Solivella, on le fit descendre du camion et, au milieu de toutes sortes de blasphèmes et de sarcasmes, on le fit aller jusque devant le cimetière, où on l’abattit par balles, au moment où l’horloge sonnait les vingt-trois heures.

Martyr de son sacerdoce et de la chasteté, don Tomás mourut héroïquement le 6 septembre 1936, à trente-trois ans, et fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Frutos Tena Amaya

1905-1936

 

Antonio Frutos Tena Amaya naquit le 25 juin 1905 à Benquerencia (Badajoz, Espagne S0).

Il fut ordonné prêtre.

Son martyre eut lieu le 6 septembre 1936 à Malpartida.

Antonio Frutos Tena Amaya sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

 

 

Felipe Llamas Barrero

1907-1936

 

Felipe vit le jour le 3 septembre 1907 à Ayoó de Vidriales (Zamora, Espagne).

Entré chez les Capucins en 1923, il reçut l’habit et prit le nom de Domitilo.

Il fit la profession en 1924 et fut ordonné prêtre en 1931.

Excellent prédicateur, il se trouvait à Gijón (Asturies) en 1936.

Parti pour prêcher, il fut arrêté le 3 août, emprisonné à Candas, où il refusa de retirer son habit.

Il gagna la sympathie des codétenus ; quand on apprit la victoire des nationalistes, certains préconisaient de «prendre leur revanche», et le père Domitilo les reprit : Nous devons pardonner.

Mais on ne lui pardonna pas son sacerdoce et son apostolat.

Le 6 septembre dans la nuit, on l’emmena au cimetière de Peón, où il reçut la palme du martyre avec vingt-deux autres victimes, auxquelles il donna l’absolution sacramentelle. 

Il tomba en criant encore Vive le Christ Roi, le 6 septembre 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Cándido Rivera Rivera

1912-1936

 

Cándido vit le jour à Villacreces (Palencia, Espagne) le 3 septembre 1912.

Il entra en 1925 au couvent des Frères Mineurs Conventuels de Granollers (Barcelone), et prit le nom de Pedro, en référence à saint Pedro d’Alcántara (v. 18 octobre).

Il commença les études de philosophie à Barcelone, les poursuivit à Ósimo (Italie), et acheva la théologie à Rome, où il fit aussi la profession solennelle en 1933 et fut ordonné prêtre en 1935, la même année où il passa la licence en théologie.

On le décrivit comme exemplaire en tout et pour tout. Il savait aussi peindre avec un certain talent. Il était petit de taille, mais en imposait par sa piété et son sérieux.

Il fut alors nommé Gardien (supérieur) à Granollers, après le père Dionisio Vicente Ramos, devenu aveugle (v. 31 juillet).

Le 19 juillet 1936 au soir, il se réfugia non loin du couvent ; le 20, il s’y rendit pour célébrer encore une fois la Messe, mais il dut s’enfuir et se cacher trois jours dans une autre famille, la peur au ventre, sachant bien que non seulement sa vie était en danger, mais aussi celle de ceux qui l’hébergeaient. De jour, il se cachait dans les vignes.

Il fut arrêté le 25 juillet, conduit à la prison de Granollers, où il retrouva des Confrères. Sa résolution était de mourir en criant Vive le Christ Roi !

Il se trouva qu’un des prisonniers était «ami» du chef du Comité, de sorte que tous les prêtres et les religieux obtinrent alors un sauf-conduit et sortirent de prison le 27 juillet.

Il alla se confesser au curé de la paroisse de Llinás, lui disant : Si j’ai la grâce d’être tué, je mourrai en criant ‘Vive le Christ Roi’.

Le père Pedro rejoignit la maison d’un ouvrier qui avait travaillé au couvent puis, vers le quinze août, rejoignit Barcelone, d’où il expédia une lettre au Grand Pénitencier de Saint-Pierre de Rome, annonçant le martyre de ses Confrères (Dionisio Vicente Ramos, Francisco Remón Játiva, Modesto Vegas Vegas) et, peut-être aussi, écrit-il, de quelques autres dont on n’a plus de nouvelles.

Le 22 août, il fut dénoncé et arrêté. Quand il entendit prononcer son nom, il se présenta lui-même : C’est moi, je suis à votre disposition. En partant, il remercia la personne qui l’avait hébergé, demandant pardon pour le dérangement ; cette personne était cousine d’un autre jeune postulant franciscain présent à ce moment-là, auquel un milicien dit : Jeune homme, c’est tes treize ans qui te dispensent de suivre le même sort que ton copain.

On n’a jamais pu savoir avec exactitude le mode et le jour du martyre du père Pedro. Le 24 août, on le donnait encore pour «certainement vivant». Les récits furent différents : 

- les uns dirent qu’il fut conduit à Montcada, qu’il y fut jeté vivant dans un puits, ou fusillé et enterré au cimetière du même endroit ;

- d’autres, qu’on le tua à l’Arrabassada de Barcelone ; 

- d’autres encore que son corps - déjà mort ou encore vivant - aurait été jeté en pâture à des cochons, que les anarchistes avaient installés dans le couvent Sant Elías, devenu leur fameuse tcheka. Cet horrible martyre pourrait effectivement être vérifié, puisqu’il fut connu plus tard que le chef de la tcheka nourrissait plusieurs centaines de porcs avec de la chair humaine ; parmi les victimes se trouva une Religieuse (Apolonia Lizárraga), qui fut coupée en quatre, avant d’être réduite en petits morceaux qu’on donna en pâture à ces cochons ; elle a été béatifiée en 2007.

 

Dans le diocèse de Barcelone, on mentionne le père Pedro comme fusillé le 6 septembre 1936. Le Martyrologe Romain le mentionne au 1er septembre, à quelques jours de son vingt-quatrième anniversaire.

Le père Rivera a été béatifié en 2001.

 

Jan Franciszek Czartoryski

1897-1944

 

Il vit le jour le 19 février 1897 à Pełkinie (Podkarpackie, Pologne), sixième des douze enfants du couple princier Witold et Jadwiga Dzieduszycka.

Witold Czartoryski était un membre éminent de la société polonaise, industriel, député, membre de l’Action Catholique ; il mourut en 1945 à quatre-vingt-un ans.

L’aînée de ces douze enfants fut Visitandine ; deux autres garçons furent prêtres.

Après ses premières études à la maison, Jan fréquenta l’université de Lviv, où il obtint le diplôme d’ingénieur en architecture.

Lors de la défense de Lviv, sa bravoure lui valut plusieurs décorations : Médaille de l’Indépendance, Croix des défenseurs de Lviv, Croix de la Vaillance.

En 1927, il entra chez les Dominicains à Cracovie, où il professa en 1928 avec le nom de Michał.

Il fut ordonné prêtre en 1931.

Comme dominicain et architecte, il collabora à la construction du nouveau couvent dominicain de Varsovie en 1937-1939.

Entre autres nominations, il fut maître des novices.

Bien que de famille noble princière, il voulut toujours demeurer effacé et accomplir les tâches les plus humbles ; un jour qu’il voyait un Confrère en train de nettoyer les toilettes, il lui dit malicieusement : Va donc arroser les fleurs dans la sacristie, et il prit sa place.

Conscient de la situation, il rappelait qu’il fallait savoir se préparer au martyre.

Le 1er août 1944, devant aller consulter un ophthalmologue, il se trouva mêlé à l’insurrection de Varsovie (qui devait faire près de deux-cents mille victimes) ; ne pouvant retourner à son couvent, il trouva un hébergement chez un ami et, dès le lendemain, se proposa volontaire comme aumônier des soldats. 

Il se dévoua à l’assistance des malheureux blessés, redonnant la paix, calmant les révoltés, confessant, absolvant. 

Le 6 septembre, après la chute du quartier, il se trouvait parmi les derniers blessés dans un sous-sol de l’hôpital. Les Allemands tirèrent par les fenêtres, achevant tous ceux qui s’y trouvaient. Déjà gravement blessé, le père Michał succomba et son corps fut brûlé sur une barricade à proximité, le 6 septembre 1944 à Varsovie (Pologne).

Il fut béatifié en 1999.

 

Nota. Sur le prince Auguste Czartoryski, parent du père Michał, voir au 8 avril.

 

 

Olinto Marella

1882-1969

 

Olinto Marella naquit le 4 juin 1882 à Pellestrina (Venise, Italie NE), deuxième des trois enfants d’un père médecin, Luigi, et d’une mère institutrice, Carolina de’ Bei.

Le papa mourut en 1892 et un des frères d’Olinto, Ugo, mourut aussi, en 1902. L’autre frère s’appelait Tullio.

En 1896, Olinto entra au séminaire et, une fois ordonné prêtre (1904), poursuivit des études universitaires à l’Apollinaire de Rome : là, il se lia d’amitié avec un certain Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, et fut reçu au doctorat en Théologie et en Philosophie.

Il fut nommé professeur au séminaire de Chioggia. Simultanément, il se préoccupa de la trop importante population analphabète italienne, et créa le Ricreatorio popolare (Récréation Populaire) ainsi qu’une école maternelle à Pellestrina.

Son style était nouveau et tranchait avec certaines idées reçues ; et puis, il eut l’audace de recevoir chez lui un prêtre récemment condamné pour modernisme, Romolo Murri, comme s’il n’était pas permis de rester charitable même (et surtout) avec un condamné. Certains prêtres, jaloux de son influence, ne se gênèrent pas pour l’accuser à son tour de modernisme, ce qui eut pour conséquence que don Olinto fut exclu du clergé en 1909, suspendu a divinis et, dirait-on aujourd’hui, mis au chômage. Les hommes d’Eglise, qui prêchent la charité, sont parfois impitoyables dans leurs sentences.

On ne peut imaginer la douleur qu’éprouve un prêtre que l’on prive de son état sacerdotal : c’est un peu comme interdire à un père en bonne santé d’avoir des enfants. Et pour Olinto, cette peine dura pendant seize année.

Que fit don Marella ? Il se soumit humblement, quitta son diocèse et erra dans diverses villes du pays, pour enseigner la philosophie. En 1916, il obtint le doctorat en Histoire de la Philosophie ainsi que l’aptitude à enseigner, qu’il mit à profit à Treviso, Messina, Pola, Rieti, Padoue.

Pendant tout ce temps, notre victime ne critiqua jamais l’Eglise. Il s’occupa des pauvres de diverses façons, édifiant par sa conduite et son zèle. Enfin en 1925, le Cardinal Giovanni Battista Nasalli Rocca di Corneliano, nouvel archevêque de Bologne, s’émut de cette situation anormale et s’employa à réhabiliter le pauvre prêtre. Ressuscité, don Olinto reprit et élargit son activité dans les milieux défavorisés.

En 1934, il fonda le Pieux Groupe d’Assistance religieuse dans les Agglomérations des plus pauvres.

En 1941, il fonda une association de tertiaires franciscains «Pro infantia et iuventute».

Pendant la guerre, il sauva la vie à un groupe de Juifs, cacha chez lui une trentaine de militaires destinés à la déportation, sauva un père de famille qui était déjà devant le peloton d’exécution, ainsi qu’une religieuse arrêtée par les Nazis.

Après cette guerre atroce, il créa en 1948 la Città dei Ragazzi (Cité des Garçons), pour accueillir des gamins des rues, des orphelins, pour lesquels il passait des heures dans les rues de Bologne à mendier.

Des confrères le critiquèrent encore, même le Saint-Office du Vatican demandait chaque année au diocèse de Bologne un rapport écrit sur les activités de don Olinto.

En même temps, beaucoup de volontaires s’offrirent pour l’aider. Un second refuge s’ouvrit en 1954 à San Lazzaro di Savena, et encore un Village artisanal et une Maison de la Charité.

Don Olinto savait aussi éclairer les esprits, et l’on note parmi ses dirigés Gianna Beretta Molla et Maria Bolognesi (v. 28 avril et 30 janvier).

C’est dans cette maison de San Lazzaro di Savena qu’il s’éteignit, le 6 septembre 1969.

Son œuvre continue, à Bologne, avec beaucoup de volontaires qui sont là pour accueillir tout un monde de personnes en difficulté : drogués, migrants, filles-mères, jeunes sans travail.

Suite à la reconnaissance d’un miracle, don Olinto Marella devait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

 

 

Tomás Ramírez Caba

1934-1980

 

Tomás Ramírez Caba naquit le 30 décembre 1934 à Chajul (Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était aussi sacristain de la paroisse de Chajul, comme Domingo del Barrio Batz (v. 4 juin).

Il fut assassiné pour sa foi à Chajul, le 6 septembre 1980.

Tomás Ramírez Caba devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 6 septembre.

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 23:00

05 SEPTEMBRE

 

I.

S Romulus, intendant du palais de Trajan, à qui il reprocha sa cruauté, martyr.

Ste Raïssa, martyre à Alexandrie, une des quatre filles de l'apôtre Philippe (ou bien : IV., fille d'un prêtre de Tamieh, sur la frontière du désert de Libye).

IV.

SS Eudoxe, Zénon, Macaire, martyrs à Mélitène.

S Anianus, évêque à Besançon., constructeur de l'église des ss. Ferréol et Ferjeux.

SS Urbanus, Theodoros, Menedemos, trois des quelque quatre-vingts clercs et laïcs entassés sur un vaisseau qu'on fit brûler en mer près de Nicomédie.

?

SS Acontus, Nonnus, Herculanus et Taurinus, martyrs à Porto.

S Quintus, martyr à Capoue.

V.

S Taurin, énigmatique évêque à Auch. 

S Arateur, évêque à Verdun.

VI.

S Génébaud, premier évêque à Laon : il avait épousé la nièce de s.Remi et ils vivaient séparés, voulant être consacrés à Dieu ; s.Remi le consacra évêque du nouveau diocèse ; Génébaud reçut souvent sa femme : il en eut un fils et une fille, qu'il appela Larron et Vulpecula ; il avoua sa faute à Remi, qui le fit enfermer dans une cellule avec un lit en forme de cercueil, pendant sept ans, au bout desquels un ange avertit Remi de délivrer Génébaud ; il reprit ses fonctions, mourut en paix et son fils lui succéda.

VII.

S Anséric, évêque à Soissons.

S Bertin, abbé à Sithiu.

? Ste Obdulia, vierge à Tolède. 

X.

Ste Madruyna, abbesse à Barcelone et martyre : faite esclave à Majorque, elle s'enfuit, mais fut blessée et en mourut.

XI.

S Alberto, abbé à Butrio, qui changea l'eau en vin pour prouver son innocence.

XII.

B Giovanni il Bono de Siponte, fondateur du monastère Saint-Michel sur la côte dalmate.

XIV.

B Gentile de Matelica, franciscain italien martyr en Perse.

XVII.

B William Browne, laïc anglais martyr, pendu à Ripon.

XVIII.

B Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence, déporté aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Phêrô Nguyên Van Tu et Giuse Hoàng Luong Canh, l'un prêtre dominicain et l'autre médecin, vietnamiens martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : près de Barcelone, les prêtres Josep Puig Bret, Mateu Casals Mas, Jaume Girón Puigmitjà (*1860, 1883, 1887) ; les profès Josep Clavería Mas, Joan Rafí Figuerola, Josep Solé Maimó, Josep Cardona Dalmases (*1875, 1885, 1890, 1916).

Ste Agnes Gonxha Bojaxhiu (Mère Teresa de Calcutta, 1910-1997), d'origine albanaise, religieuse en Irlande chez les sœurs de Notre-Dame de Lorette, puis fondatrice à Calcutta d'une double congrégation de Missionnaires de la Charité au service des malades et des abandonnés ; béatifiée en 2003, canonisée en 2016.

 

Romulus de Rome
1
er siècle

Ce saint romain aurait été l’intendant du palais de Trajan.
Devant la cruauté de l’empereur pour les Chrétiens, il aurait vivement protesté, se méritant par là d’être copieusement battu de verges, puis décapité.
Le récit qu’on a de sa Passio n’ayant pas donné suffisamment de preuves historiques, le courageux Martyr n’a pas été retenu dans l’édition actuelle du Martyrologe.
Il était précédemment mentionné au 5 septembre.

Acontus, Nonnus, Herculanus, Taurinus de Portus Augusti
?

Ces quatre Martyrs ne sont connus que par leur nom.
Le lieu de leur martyre, Portus Augusti ou Portus Romanus, est l’immense port que les empereurs romains firent construire non loin d’Ostie (Italie C) pour accueillir les nombreux et grands navires. 
Le Martyrologe Romain mentionne Acontus, Nonnus, Herculanus et Taurinus de Portus Augusti au 5 septembre.

Nota. L’édition actuelle du Martyrologe écrit Acontus ; c’était autrefois Acontius.


Quintus de Capoue
?

Quintus est un martyr honoré à Capoue, peut-être un enfant.
La date de son martyre est inconnue.
Le Martyrologe Romain mentionne s.Quintus de Capoue au 5 septembre.


Raïssa
4e siècle

Cette jeune fille qu’on avait présentée comme une des quatre filles de l’apôtre Philippe, s’est révélée être la fille d’un prêtre païen de Tamieh, dans le désert de Libye.
Elle avait vingt ans au moment de la persécution de Dioclétien (304).
Croisant un cortège de chrétiens prisonniers, qu’on conduisait à Alexandrie au milieu de mille douleurs et mille insultes, pour ensuite les y mettre à mort, elle protesta et voulut se joindre au groupe.
N’étant pas prévue dans la procédure, elle fut d’abord repoussée, mais elle persévéra dans son intention ; elle était si déterminée, qu’elle blasphémait contre tous les dieux païens, responsables de tant d’iniquités.
Les bourreaux furent convaincus de la «garder», et lui firent subir la décapitation.
Sainte Raïssa aurait été martyrisée le 5 septembre 304, mais ne se trouve pas dans les Martyrologes. Son nom est fréquemment donné en Russie.


Urbanus, Theodoros, Menedemos à Nicomédie
† 370

L’empereur Valens, qui n’était pas particulièrement théologien, favorisait l’arianisme et persécuta les Chrétiens.
A Constantinople, il fit arrêter quelque quatre-vingts clercs et laïcs, qu’il fit entasser sur un vieux navire, avec ordre de conduire le bâtiment au large de Nicomédie  (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) et d’y mettre le feu.
Parmi les victimes de cette fureur, on a retenu trois noms : Urbanus, Theodoros et Menedemos.
La date de cet épisode est 370. 
L’empereur mourut huit ans plus tard, percé d’une flèche, alors que son armée si puissante était complètement écrasée à Andrinople (Thrace).
Le Martyrologe Romain mentionne Urbanus, Theodoros, Menedemos et leurs Compagnons de Nicomédie au 5 septembre.


Bertin de Sithiu
610-709

Le monastère de Sithiu (Pas-de-Calais) remontait à saint Omer (v. 1er novembre). Son premier abbé fut Mommelin, auquel succéda Bertin vers 661, lorsque Mommelin devint évêque de Noyon (v. 16 octobre).
Bertin gouverna l’abbaye pendant près d’un demi-siècle, jusqu’à sa mort.
On le rencontre en divers actes importants. En 663, Omer et Bertin édifièrent sur une hauteur près de Sithiu, une église dédiée à Notre-Dame, avec un cimetière. Cette même année, Omer concéda à l’abbaye de Sithiu un privilège qui la détacha de toute éventuelle emprise de l’autorité épiscopale. En 675, Bertin assista à la lecture solennelle du testament de s.Amand, le grand apôtre de la Belgique (v. 6 février).
Quand Bertin mourut, en 709, il était quasi centenaire.
L’abbaye de Sithiu, devenue abbaye Saint-Bertin, ne nous offre plus aujourd’hui que de tristes ruines.
Saint Bertin est commémoré le 5 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Alberto de Butrio

† 1073

 

Tous les documents concernant Alberto semblent avoir irrémédiablement disparu. Il nous reste quelque tradition.

Vers 1030, Alberto vint s’installer dans la solitude proche de la petite vallée du Borrione.

Sa prière obtint la guérison d’un petit enfant muet du marquis de Casasco, lequel fit construire une église pour permettre à Albert et à ses disciples de célébrer l’office divin.

A partir de là s’éleva bientôt un monastère, l’abbaye de Butrio (Tortona, Italie NO) et Alberto en aurait été le premier abbé. On y observait la Règle bénédictine.

L’unanimité dut être momentanément battue en brèche par l’Ennemi de la paix, et quelque moine se crut en devoir de dénoncer l’Abbé qui, selon lui, ne satisfaisait pas l’obligation du jeûne.

L’affaire dut prendre de l’ampleur, car Alberto dut se déplacer jusqu’à Rome pour plaider sa cause devant le pape. En plein repas, servi au pape, à trois cardinaux et à notre Alberto, celui-ci changea devant eux l’eau de la table en vin, prouvant ainsi son innocence et sa soumission à l’Eglise. Une fresque ancienne illustre ce miracle.

L’abbaye eut un essor assez rapide et important ; elle avait des possessions jusqu’à Plaisance, Pavie, Alessandria et Gênes.

Alberto s’éteignit vers 1073. Si l’on n’a pas de dates plus précises, on sait que le culte de s.Alberto est ancien, quoique assez localisé.

L’abbaye fut le refuge d’Edouard Plantagenet, de Friedrich Barbarossa, de Dante Alighieri ; elle déclina au 15e siècle, fut abandonnée au 16e pour servir de paroisse ; grande partie des bâtiments tombèrent en ruine et l’abbaye fut supprimée au 19e siècle. Au 20e siècle, s.Luigi Orione (v. 12 mars) y installa une petite communauté.

Saint Alberto de Butrio est commémoré le 5 septembre dans le Martyrologe Romain.

Giovanni il Buono de Siponto

fin 12e siècle

 

On a vu le 20 juin l’origine de la congrégation bénédictine de Pulsano, avec s. Giovanni de Matera.

La congrégation compta jusqu’à une vingtaine de monastères, mais s’éteignit au 14e siècle. Récemment cependant, le monastère de Pulsano a été repris par une congrégation à la fois bénédictine et basilienne, où les moines des deux communautés partagent leurs occupations quotidiennes et maintiennent les deux liturgies, orientale et romaine.

Giovanni il Buono (Jean le Bon) était originaire de Siponto. La localité de Siponto se trouve dans le «galon» de la botte italienne, une région directement influencée par la Règle de Pulsano.

Après avoir reçu sa formation, il émigra en face de l’Italie, sur une petite île de l’actuelle Croatie, l’île de Mljet et là il construisit le monastère de Saint-Michel.

Giovanni devait avoir un caractère immensément doux (pour les autres), pour les pauvres et les bisogneux et se mérita le surnom de Bon, mais on a du mal à trouver quelques traits de cette bonté. Quelle humilité !

Le bienheureux Giovanni est mentionné au Martyrologe Romain le 5 septembre, alors qu’on en a retiré les noms des deux successeurs de Giovanni de Matera, les bienheureux Giordano et Gioele.

 

 

Gentile Finaguerra de Matelica

1290-1340

 

Il est agréable de porter un tel prénom : Gentile naquit en 1290 dans la noble famille des Finaguerra à Matelica (Italie CE).

Conquis par l’idéal franciscain, il en prit l’habit et reçut le sacerdoce.

Après une intense activité de prédication en diverses régions d’Italie, il voulut imiter davantage saint François et se retira sur le mont Alverne. Sa profondeur d’esprit le fit mettre plusieurs fois à la tête du couvent.

Il fut alors envoyé en Egypte pour y prêcher l’Evangile. Arrivé là-bas, il eut tant de difficulté à apprendre l’arabe, qu’il serait reparti pour l’Italie si, par une intervention divine, il n’avait pas rapidement appris à s’exprimer non seulement en arabe, mais dans les langues des pays voisins. C’est ainsi qu’après l’Egypte, il alla évangéliser dans la péninsule du Sinaï, en Palestine, en Turquie, jusqu’en Perse.

Les conversions furent très nombreuses, au point d’inquiéter les autorités. On sait que le texte du Coran maudit ceux qui passent de l’Islam au Christianisme. Encore aujourd’hui, les convertis risquent la mort pour cette «trahison».

Gentile était en train de prêcher à Tauris (actuelle Tabriz, Azerbaïdjan), lorsqu’un groupe de Musulmans se saisirent de lui et le décapitèrent d’un coup de cimeterre, le 5 septembre 1340.

Gentile fut honoré comme martyr du Christ et son corps fut ramené à Venise.

Son culte fut reconnu en 1795, mais il n’est pas mentionné au Martyrologe Romain.

 

 

William Browne

?-1605

 

William était né à Northampton (Angleterre).

Ce prêtre exerça le saint ministère auprès des Catholiques clandestins d’Angleterre.

Arrêté, il fut condamné à mort.

William Browne mourut en martyr à Ripon, le 5 septembre 1605.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Florent Dumontet de Cardaillac

1749-1794

 

Il était né le 8 février 1749, à Saint-Médard (Haute-Vienne).

Prêtre, chanoine et vicaire général du diocèse de Castres.

Il était l’aumônier de Monsieur (frère de Louis XVI et futur Louis XVIII) et de la Comtesse de Provence.

Cet humble prêtre, petit de taille mais haut en mérites, après avoir passé plusieurs années à la cour, s’en éloigna avant même la Révolution. Il savait, par sa vivacité et sa délicatesse, réconcilier les mondains avec la dévotion. Il était plein d’esprit, ingénieux, courageux, zélé et charitable tout à la fois.

Rempli d’affection pour sa sainte et vénérable mère, il s’était efforcé, pour rester auprès d’elle, de ne pas s’exposer et d’éviter ainsi la déportation, mais il fut pris dans le filet des révolutionnaires  et «entassé» à bord du navire négrier Deux-Associés (aux pontons de Rochefort).

Sa charité naturelle le poussa à assister avec un zèle tout fraternel ses Confrères plus malades que lui, leur fournissant tout ce qu’il pouvait de bouillons et tisanes, et même de médicaments, qu’il se procurait discrètement à prix d’or, ayant réussi à dissimuler un petit magot, dont il se servait ainsi pour exercer la charité.

Il complétait tout cela par ses exhortations profondes et fortifiantes, autant que fraternelles.

Unanimement regretté, il mourut le 5 septembre 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Giuse Hoàng Lưong Cảnh

1763-1838

 

Né vers 1763 à Làng Văn (Bắc Giang, Vietnam), Giuse (Joseph) était un laïc, du Tiers-Ordre dominicain et catéchiste.

Sur les circonstances de son arrestation et de sa condamnation, on lira avec profit la notice de Phêrô Nguyễn Văn Tự, martyrisé le même jour.

Giuse reçut la couronne du martyre le 5 septembre 1838 à Bắc Ninh Tai (Vietnam).

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête liturgique célèbre l’ensemble des Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Văn Tự

1796-1838

 

Né vers 1796 à Ninh Cường (Nam Ɖịnh, Vietnam), Phêrô (Pierre) entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre en 1826.

C’est grâce à un catéchiste témoin oculaire, qu’on connaît les actes de ce Martyr.

Le 29 juin 1838, jour de la fête de saint Pierre, un mandarin militaire, à la tête d’une troupe, cerna le village où le Dominicain était caché ; averti à temps, il eut le temps de s’enfuir avec son catéchiste, Ɖaminh Bùi Văn Úy, dans un village voisin ; mais il fut dénoncé et arrêté. 

A peu près à la même époque furent pris cinq chrétiens : un catéchiste très dévoué au père Tự, Phanxicô Xaviê Hà Trọng Mậu, qui avait la garde d’un presbytère proche de Ɖuc Trai ; un vieillard de soixante-dix ans, Giuse Hoàng Lưong Cảnh, tertiaire dominicain ; deux journaliers, Augustinô Mới et Stêphanô Nguyễn Văn Vinh ; et un jeune père de famille de vingt-sept ans, Tôma Nguyễn Văn Ɖệ.

Tous comparurent ensemble et on les pressa de fouler aux pieds le crucifix, conformément aux instructions royales ; le refus fut énergique et accompagné d’un enseignement sur la signification de la Croix et sur la doctrine chrétienne. La sentence qui fut prononcée contre les sept compagnons était ainsi rédigée : 

Bien que le christianisme ait été plusieurs fois proscrit, les docteurs européens continuent à rester dans ce royaume et à l’infester de leurs erreurs. Le peuple, dans son ignorance, se laisse prendre à leurs artifices, adopte tous leurs mensonges comme des vérités, et s’y attache si fortement que c’est merveille lorsqu’on voit un chrétien abandonner sa religion. Les missionnaires sont l’objet d’un grand dévouement de la part de ceux qu’ils ont trompés ; on les cache au mépris de la loi qui les condamne ; il n’est pas de peine qu’on ne se donne pour mettre leurs vies à l’abri des dangers. Nous pensons que des châtiments sévères pourront seuls apporter un remède à ce désordre et faire rentrer les chrétiens dans le devoir. 

C’est pourquoi nous condamnons Văn Tự et Hoàng Cảnh à être étranglés ; Úy et Mới, serviteurs de Văn Tự, à recevoir cent coups, après quoi ils seront exilés à mille lieues de leur pays dans la province de Binh-Ɖinh pour y être occupés aux travaux forcés. La même peine est prononcée contre Ɖệ, Vinh et Mới, pour les punir de leur incorrigible attachement à la loi chrétienne.

La formulation de la sentence est révélatrice, et même a posteriori un éloge des Chrétiens vietnamiens. Certes, il y eut des défaillances, mais aussi des Martyrs héroïques, jusqu’au bout.

La sentence devait être approuvée par le roi, qui désirait surtout des apostasies, plutôt que de faire des martyrs. Il y eut donc un second procès, plus long, à partir du 9 août. En-dehors des séances, les prisonniers furent durement maltraités dans leur prison.

Le 27, une nouvelle sentence fut prononcée, assez semblable à la première, mais que le roi cassa, ordonnant la décapitation immédiate du prêtre et du vieux catéchiste, et la mort sur le gibet des autres prisonniers après une détention dont la durée n’était pas spécifiée (elle devait durer jusqu’en décembre de l’année suivante).

Le jour de son exécution, le père Phêrô revêtit l’habit de son Ordre ; au mandarin qui lui en demandait la signification, il répondit : Ce vêtement blanc est l’habit de notre Ordre ; sa blancheur est le symbole de la pureté qu’un chrétien préfère à tous les trésors ; ceci est la croix que je vénère ; puisque je donne ma vie pour n’avoir pas voulu la profaner, je demande à la tenir dans mes bras jusqu’à mon dernier soupir.

Le père Phêrô Nguyễn Văn Tự reçut la couronne du martyre le 5 septembre 1838 à Bắc Ninh Tai (Vietnam), ainsi que le catéchiste Giuse ; tous les autres, le 19 décembre 1839.

Ils ont été béatifiés en 1900 et canonisés en 1988.

Une fête liturgique célèbre l’ensemble des Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

Josep Puig Bret
1860-1936

Né le 28 avril 1860 à Cistella (Girona) et baptisé le lendemain, Josep Juan Esteban était le fils de Francisco et María.

Après le Petit séminaire qu’il fit à Girona, il entra en 1879 au postulat des Pères clarétains à Thuir (Pyrénées Orientales, France), où il fit aussi son noviciat, achevé par la profession en 1880. Puis il alla à Gracia (Barcelone) pour la théologie.

Il reçut les Ordres entre 1881 et 1883. Pour être ordonné prêtre, il lui «manquait» sept mois aux vingt-quatre ans canoniques : il fallut avoir une dispense d’âge de la Congrégation vaticane.

En 1884, il fut envoyé au Mexique : professeur à Toluca, supérieur à Mexico, où il devait restaurer l’église de fond en comble. La situation en général n’était pas facile et le p.Josep souffrit beaucoup de calomnies diverses ; il fut transféré à Puebla de los Ángeles (1898), Orizaba (1900), où il supporta humblement encore bien des contradictions.

En 1903, il revint en Espagne : Vic, puis La Selva del Campo (1906), Barcelone : dans cette maison généralice, il s’occupa beaucoup des éditions clarétaines. Puis il reçut diverses missions à La Selva, à Sallent, à Solsona ; en 1933, il fut envoyé à Sabadell.

Dans cette localité, la persécution s’annonça dès 1934. A partir du 19 juillet 1936, les membres de la communauté se dispersèrent dans des maisons d’amis : le p.Josep se réfugia comme «vieillard» chez les Petites Sœurs des Pauvres, et c’est là qu’il fut arrêté le 4 août.

Tous les autres membres de la communauté furent arrêtés les uns après les autres et se retrouvèrent en prison, pendant un mois, reprenant en quelque sorte leur vie de communauté, au point que le p.Josep écrivait : Nous allons bien, on est un peu comme à la maison.

Le 4 septembre peu avant minuit, on fit sortir de la prison les trois prêtres clarétains sans beaucoup de ménagement et on les emmena sur la route de Castellar, où on les fusilla, au petit matin du 5 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Puig Bret sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Clavería Mas
1875-1936

Il naquit le 29 août 1875 à Vic (Barcelone) ; on a perdu les dates de son baptême et de sa confirmation, car les registres paroissiaux ont été détruits lors de la révolution marxiste de 1936.

Il était un des six enfants d’un humble ouvrier, Segismundo, époux de Rosa.

Il entra comme Frère convers chez les Pères clarétains en 1900, fit la profession en 1901 et fut sacristain à Cervera, puis à Sabadell (1913).

Il était resté «frère» à cause de sa difficulté à l’étude, mais il était très diligent pour rendre service.

Comme ceux de la communauté de Sabadell, il dut quitter la maison le 19 juillet 1936. Le 20, il put y retourner avec les autres pour la célébration de la Messe et tous repartirent dans leurs cachettes à midi. Le soir, il accompagna le p.Puig chez les Petites Sœurs des Pauvres. Ils y restèrent jusqu’au 4 août.

Ce jour-là dans la soirée, arrivèrent des miliciens pour les arrêter : Maintenant, on va vous conduire à un endroit où vous serez bien mieux qu’ici. C’était la prison, où ils retrouvèrent d’autres Confrères.

Au bout d’un mois, on vint les réveiller le 4 septembre peu avant minuit ; emmenés à la localité Terrasa, ils furent fusillés le 5 septembre 1936 vers 5 heures du matin.

Béatifié en 2017, Josep Clavería Mas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Joan Rafí Figuerola
1875-1936

Né le 30 octobre 1875 à Vilabella (Tarragona), il fut ondoyé par sa marraine le jour-même, car on le croyait en danger mortel ; les rites furent complétés dès le lendemain. Il s’appelait Joan Pedro Antonio. Ses parents, José et Rosa, étaient de bons chrétiens et eurent la grâce d’avoir quatre garçons prêtres, tous dans la congrégation des Clarétains : Pablo, Joan, Jaume, Ramón.

Joan entra dans la congrégation à Cervera (1900), où il retrouvait son frère Pablo - lequel allait partir au Chili. Novice (1901), Joan fit la profession comme Frère convers. Il eut la charge de tailleur. Puis on l’envoya à Pamplona, Solsona, Barcelone (Gracia), San Feliu de Guixols, Tarragona, Cartagena, Gerona, Sabadell. Partout, il était chargé des vêtements, parfois aussi de la sacristie et de l’accueil.

En 1909 à Barcelone, il fut témoin de la Semaine Tragique, durant laquelle la maison et l’église furent détruites.

Le 19 juillet 1936, il dut comme tout le monde évacuer la maison et se réfugier chez l’habitant, une quinzaine de jours. Il se trouvait avec le frère Cardona.

Les miliciens se présentèrent le 4 août. On leur dit que ces deux personnes étaient des élèves des Missionnaires Clarétains et les miliciens prétendirent les reconduire chez eux, en fait ils les emmenèrent à la mairie, puis en prison, où se trouvaient déjà d’autres membres de la même communauté. Ils allaient rester là pendant un mois.

Comme on l’a dit pour d’autres prêtres, les prisonniers furent réveillés au soir du 4 septembre peu avant minuit et emmenés sans trop de ménagement à Tarrasa.

C’était le 5 septembre 1936 au petit matin.

Béatifié en 2017, Joan Rafí Figuerola sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Mateu Casals Mas
1883-1936

Né le 10 septembre 1883 à Bagá (Barcelone), il fut baptisé le lendemain avec les noms de Mateu Lorenz Josep. Il était l’avant-dernier des neuf enfants de Mateo et Dolores.

Cette pieuse maman infusa dans le cœur de son fils la dévotion à la Passion du Christ, à laquelle il resta fidèle, particulièrement durant les cérémonies de la Semaine Sainte. Mais la route de l’adolescent ne fut pas une trajectoire en ligne droite ; il connut ses «libertés» et prit le temps de travailler dans les champs et dans les bois, puis comme tisserand. Après la mort de sa mère (1897), il commença à se «convertir».

Il entra au séminaire de Solsona, grâce à la générosité de sa tante ; petit à petit, il prit conscience que sa vraie vocation le conduisait vers les Pères clarétains. Rejoindre la plus proche maison de cette Congrégation n’était pas facile : il fallut vaincre les oppositions de la famille, les moqueries des «amis», trouver un peu d’argent pour le voyage ; en outre, pour aller prendre le train à Ripoll (il n’avait encore jamais vu un train de sa vie), il fit neuf heures de marche à pied (près de quarante kilomètres), pour arriver tard le soir à Vic. C’était en juillet 1902, il avait dix-neuf ans.

Il commença ainsi le noviciat ; sa conversion était profonde. Il fut sévère pour lui-même, pour son alimentation, et il s’offrit totalement à la Sainte Vierge Marie. Il avait de très bonnes dispositions morales et intellectuelles ; il dut cependant consulter un spécialiste de Barcelone, pour quelques «troubles» nocturnes. Mais il fut rassuré et fit la profession en août 1903.

Il fit les études de philosophie à Cervera, celles de théologie à Alagón, et fut finalement ordonné prêtre en 1911.

Ses insomnies et ses maux de tête ne l’abandonnèrent pas. Mais il fut fidèle à sa vocation. On l’envoya à Aranda de Duero, puis Alagón et Solsona (1913). En 1916, il fut professeur de théologie mystique, tout en travaillant activement au salut des âmes par la prédication en divers lieux.

En 1922, il fut supérieur de Sabadell, en 1930 à Cervera, puis Solsona, de nouveau Sabadell en 1934, où il vécut les premières persécutions républicaines. Lui qui avait connu ses hésitations, était désormais considéré comme un saint.

Le 19 juillet 1936, devant abandonner leur maison, les Religieux se dispersèrent chez des amis. Le 20 juillet, le p.Mateu célébra dans la chapelle des Petites Sœurs des Pauvres. Ceci dura jusqu’au 4 août : ce jour-là, on vint l’arrêter pour l’envoyer en prison. On suppose que les révolutionnaires eurent en mains la liste des adresses où se trouvaient les Religieux clarétains.

En prison, les Clarétains organisèrent leur prière commune ; des familiers venaient leur rendre visite ; à l’un qui proposait sa maison au p.Mateu pour sa sortie de prison, il répondit qu’il pressentait qu’il mourrait avant d’être libéré. 

En effet, au soir du 4 septembre, on vint sortir tous les prisonniers, quinze en tout, qu’on emmena sur la route près de la localité San Quirico de Tarrasa ; en chemin, les condamnés chantaient à tue-tête Vive le Christ Roi, Vive le Cœur Sacré de Jésus !. On les fusilla par groupes de quatre (trois pour le dernier groupe) au matin du 5 septembre 1936 vers cinq heures.

Béatifié en 2017, Mateu Casals Mas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Jaume Girón Puigmitjà
1887-1936

Né le 11 octobre 1887 à Sant Cristóbal las Fonts (Girona), il fut baptisé le lendemain même. Contrairement à l’habitude d’alors, il ne fut pas confirmé durant son enfance, à moins qu’on n’ait pas retrouvé son acte de confirmation : le fait est qu’il fut confirmé sous condition en 1917, à vingt ans.

Le père de Jaume, Pedro, était un simple journalier ; avec son épouse, Francisca, ils durent déménager à San Pedro de las Presas, puis Olot. Jaume eut deux frères. La maman mourut en 1899 et le papa se remaria.

Jaume entendit l’appel de Dieu pendant qu’il gardait le troupeau de son père. Il commença à étudier avec le maître d’école, mais apprit pratiquement tout seul. Il ne perdait pas un moment pour lire et étudier.

Il fut reçu au Petit séminaire d’El Collell comme externe, c’est-à-dire que, pour éviter la pension trop onéreuse du séminaire, il dormait dans une famille d’accueil en échange de divers services. Jaume fit cette vie pendant six années, cheminant  toujours à pied matin et soir. Excellent élève, il fut qualifié Meritissimus maior. 

En 1909, il fit son service militaire au Maroc. En 1912, on le voit au séminaire de Gerona, pour la théologie, toujours en «externe». Mais une conférence du p.Josep Puig le convainquit d’entrer chez les Clarétains. C’est ainsi qu’il arriva au noviciat de Cervera en 1915, à vingt-huit ans.

L’année se passa de façon convainquante, Jaume fit la profession en 1916 et put achever les études de théologie pour être ordonné prêtre en 1919, à trente-deux ans. Entre temps, on le mettait déjà au travail pour enseigner la Logique.

Sitôt après son ordination, il fut envoyé à Vic comme préfet des postulants, où on le vit bien souvent dans la bibliothèque, à lire d’autres livres encore pour approfondir ses connaissances. Déjà, il passait pour un «saint». Il fonda l’Association des Mères Chréitennes. Il aurait désiré aller en mission en Chine ou en Amérique, mais on avait besoin de lui en Espagne. 

Il fut préfet des étudiants en théologie à Cervera (1925-1927), puis à Barcelone : de là, on l’envoya en différents centres religieux de France et d’Allemagne, pour observer comment s’organisaient là-bas les retraites, puis il revint à Vic, où il fut supérieur (1928). Ses prédications étaient très suivies et il fallut les déplacer dans la cathédrale.

Le p.Jaume s’occupa de la nouvelle maison du noviciat. Il eut un pressentiment : il «voyait» que cette maison allait être profanée, que les ouvriers allaient se révolter, que lui, Jaume, serait assassiné, qu’on devrait aller à la Messe en cachette, que beaucoup de prêtres mourraient…

En 1930, il fut mal soigné pour un grave mal de dents, au point qu’il en resta malade du cœur ; maigre, il prit du poids et les jambes lui pesaient.

Il fut envoyé à Solsona (1931) puis Barcelone (1932), mais pas comme supérieur. Ses prédications tournaient beaucoup autour de la question sociale, qui le préoccupait. Dès 1934, il sentait venir la révolution et priait chaque jour à la messe pour celui qui devait être son bourreau ; ce sont là ses propres paroles.

Il fut si estimé, qu’il fut désigné comme représentant de toute la province au chapitre général de 1934.

En 1934, il fut nommé supérieur de la grande maison de Cervera, charge dont il se sentait absolument incapable. Dès le mois de mai 1936, les autorités civiles l’invitèrent à quitter la maison sans tarder. Lui s’ingéniait à envoyer à Andorre le maximum de personnes de la maison, en particulier les plus jeunes. On ne l’écoutait pas, il en était découragé.

Le 21 juillet 1936, la communauté fut expulsée. Le Père trouva à se réfugier à l’hôpital de Barcelone, où les Religieuses mirent deux salles à disposition des Clarétains. 

Au mois d’août, le p.Jaume eut une grave crise de foie et resta au lit pendant deux semaines. Le 2 septembre, arriva la convocation du Père au Comité. On reparla d’une fuite pour Andorre. Il partit de l’hôpital le 3, à trois heures du matin, passa la nuit suivante dans une cabane à Torá puis, se croyant perdu, demanda son chemin à un pasteur - qui lui indiqua un mauvais chemin et alla immédiatement le dénoncer : on lui avait promis en effet qu’on le paierait suffisamment pour ses dénonciations, de sorte qu’il n’aurait plus à travailler… mais il ne reçut jamais une pièce de monnaie.

Le Père était donc en route ; il trouva bon accueil dans une ferme, mais ceux du Comité arrivèrent. On repartit pour Torá, où l’on fit la fête pour la prise du père Jaume. Ce dernier avait les pieds enflés et les chaussures toutes défaites. Il leur dit : Je suis un fils d’ouvrier, j’ai consacré ma vie aux ouvriers et vous, qui vous dites ouvriers, vous allez me tuer ? Certains furent touchés de cette déclaration, de sorte que la «sentence» de condamner à mort le Prêtre ne fut pas unanime. On l’emmena à la prison, en passant par tout le village pour bien le faire voir de tous, au milieu de moqueries, de blasphèmes, de coups. Le Père resta là de seize heures à une heure du matin.

C’est à ce moment que les miliciens décidèrent de le tuer ; certains voulaient le brûler vif, mais ils n’avaient pas assez d’essence. On le fit aller à pied de la prison au Comité ; on voulut réquisitionner un camion pour transporter le Père et les miliciens au lieu de l’exécution, mais le propriétaire du camion refusa et détacha un câble du moteur pour empêcher le camion de partir. Un autre monsieur refusa aussi de prêter sa voiture : comme on le menaçait d’être exécuté avec le Père, il se sentit contraint. Parvenu au cimetière de Castellfollit de Riubregós, ils l’obligèrent à éteindre les phares et à laisser allumé le moteur.

Il y avait là une vingtaine de miliciens. Le Père demanda à être fusillé de face. Il put aussi leur parler : Si vous me tuez, la moitié du pays portera le deuil pendant vingt ans… Ce que vous faites aujourd’hui, vous verrez qu’on vous le fera plus tard… Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Et en leur répétant qu’il leur pardonnait, la main sur le cœur : Allez, tirez droit ici ! Et en tombant : Vive le Christ Roi !

Des balles qu’il reçut, sept étaient mortelles. C’était le 5 septembre 1936 à deux heures du matin.

Béatifié en 2017, Jaume Girón Puigmitjà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Solé Maimó
1890-1936

Né le 21 août 1890 à Guardiolada (Lleida), il était le fils de Isidro et Rosa.

Il apprit le métier de maçon et, à vingt-cinq ans entra chez les Pères clarétains de Cervera comme frère convers (1915).

Après la profession, il resta à Cervera comme tailleur, cuisinier et maçon ; il fut ensuite à La Selva del Campo, de nouveau à Cervera, Solsona, de nouveau à La Selva comme infirmier, car beaucoup avaient pris la grippe. Finalement, il fut envoyé à Barcelone (1935).

C’était un Religieux très serviable en même temps que très méditatif. On l’aimait beaucoup.

Le 19 juillet 1936, il fallut abandonner la maison : il réussit à rejoindre la maison clarétaine de Sabadell avec un autre Père ; les membres de la communauté s’étaient déjà éparpillés, mais celui qui gardait encore la maison leur prépara de quoi manger ; ensuite, le Frère rejoignit le p.Clavería.

Le frère Josep était inconnu à Sabadell, mais il fallait rester prudent. Encore assez leste, il accrocha une corde et se laissa glisser dans la maison voisine, qui était vide. Il le fit chaque soir et «remontait» le matin pour passer la journée avec le p.Clavería, auquel il servait la Messe et qui lui donnait la Communion. Parfois, il restait toute la journée dans sa cachette, et on lui passait un plat avec la même corde.

La 4 août, contrôle. Les miliciens ne le connaissaient pas et il aurait pu s’échapper avec sa corde, mais en entendant son nom, il se présenta, le chapelet entre ses doigts, monta sans rien dire dans la voiture qui attendait devant la porte, et fut emmené à la prison, où se trouvaient les autres Membres.

Comme cela a été dit, on les appela au soir du 4 septembre et ils furent conduits à la localité Tarrasa, où ils furent fusillés à 5 heures du matin,  le 5 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Solé Maimó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Cardona Dalmases
1916-1936

Né le 31 mars 1916 à Prades-Molsosa (Lleida), il était le fils d’un ouvrier, Marcelino, et de Luisa, qui lui donnèrent au baptême les noms de Josep Amadeo Luis.

Il entra au postulat des Pères clarétain de Vic en 1930, y fit le noviciat et émit la profession en 1932.

Il fut envoyé à Cervera, et de là à Sabadell pendant quelques jours, où il fut aux cuisines, ce qui lui plaisait beaucoup. En 1934, il fut à Solsona, d’où il revint à Sabadell, toujours comme cuisinier.

Il partagea évidemment les circonstances qu’on a déjà racontées plus haut, concernant par exemple le frère Joan Rafí : évacuation de la maison clarétaine le 19 juillet 1936 et accueil en maisons de particuliers, passage à la maison le 20 pour la Messe, retour chez les particuliers, jusqu’au 4 août.

La 4 août, contrôle. On dit aux miliciens que ce jeune homme était un élève des Missionnaires Clarétains, mais eux, avec de belles promesses, l’emmenèrent immédiatement à la prison, où se trouvaient les autres Membres de la communauté. Là encore, Josep fit son travail de cuisinier.

Comme cela a été dit, on les appela au soir du 4 septembre et ils furent conduits à la localité Tarrasa ; durant le trajet, les prisonniers criaient Vive le Christ Roi ! Vive le Sacré Cœur de Jésus ! Ils furent fusillés à 5 heures du matin,  le 5 septembre 1936. Le Frère Josep avait vingt ans.

Béatifié en 2017, Josep Cardona Dalmases sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Anjezë Gonxhe Bojaxhiu
1910-1997

Anjezë (Agnès) naît en Albanie le 26 août 1910, à Skopje, de parents commerçants et catholiques. Elle a une sœur et un frère aînés : Age et Lazare.
Son père, Kol (Nikola), gère plusieurs entreprises en bâtiment, vend des produits pharmaceutiques. Il est de la région nord de l’Albanie. Fait relativement rare pour une région sous l’influence ottomane, Kol tient à ce que ses enfants fréquentent l’école ; à la maison, ils aident aux travaux domestiques et reçoivent leur éducation religieuse de leur mère.
Celle-ci, qui se nomme Drâne, leur montre l’exemple de la charité chrétienne. Son mot d’ordre est : Quand vous faites du bien, faites-le comme une pierre que vous jetez à la mer, claire réminiscence de l’Évangile, quand Jésus-Christ donne ce conseil : Quand tu fais l’aumône, que ta gauche ignore ce que fait ta droite (Mt 6:3). Les pauvres trouvent leur place à la table familiale. Drâne recommandera à Agnès : Ma fille, n’accepte jamais une bouchée qui ne soit partagée avec d’autres.
Agnès fait sa première communion à cinq ans et demi, et reçoit la confirmation à six ans.
Au lendemain de la pénible Guerre mondiale, le père d’Agnès meurt d’un malaise en 1919 ; les entreprises font faillite, Drâne doit ouvrir un atelier de couture pour subvenir aux besoins de la famille. Mais la foi reste forte : tous participent activement à la vie paroissiale (veillées de prières, offices, chorale). Agnès est soprano à la chorale, elle joue au théâtre, elle apprend la mandoline.
Vers douze ans, Agnès ressent l’attirance pour la vie religieuse, mais hésite plusieurs années, car si elle aime la solitude, elle n’a pas une bonne santé et est sujette à des rhumes chroniques.
Par le père jésuite Franjo Jambrekovic, elle s’intéresse aux missions. Après un pèlerinage au sanctuaire marial de Letnice, elle se décide pour la vie consacrée. 
Sa mère accepte volontiers (tandis que le frère, Lazare, trouve cela du “gâchis”).
Agnès quitte l’Albanie en 1928 et rejoint à Dublin (Irlande) les Sœurs de Notre-Dame de Lorette, chez qui elle apprend l’anglais ; en fin d’année, elle rejoint l’Inde pour faire son noviciat.
La pauvreté locale l’effraie : Si les gens de nos pays voyaient ces spectacles, ils cesseraient de se plaindre de leurs petits ennuis, écrit-elle à un journal de son village.
Elle fait son postulat et son noviciat à Darjeeling. En 1931, elles fait ses vœux temporaires et prend alors le nom de Mary-Teresa, pour se mettre sous le patronage de Thérèse de Lisieux, canonisée récemment et proclamée patronne des missions.
Elle travaille quelques mois dans un dispensaire au Bengale, puis devient enseignante à Calcutta de 1931 à 1937. Elle a des classes de trois-cents enfants, qui ont tôt fait de l’appeler Ma, Mère.
En 1937, elle prononce ses vœux définitifs.
Elle est directrice à l’école Sainte-Marie de Calcutta, réservée aux classes sociales supérieures. Mais elle fréquente les bidonvilles, cherchant à consoler les plus démunis.
En 1946, elle perçoit comme un appel céleste très clair : elle doit sortir de son couvent pour aller vivre au milieu des pauvres. C’est le 10 septembre 1946.
Elle tombe malade et reçoit des soins pour un début de tuberculose. Elle médite et mûrit son appel. L’évêque demande à Rome l’autorisation de l’exclaustration pour Mary-Teresa : cette autorisation est accordée par Pie XII, pour un an.
Elle se confectionne un sari bleu et blanc et se sépare avec difficulté de ses Consœurs, avec cinq roupies en poche.
Elle reçoit une formation d’infirmière à Patna, revient quatre mois après et loge chez les Petites Sœurs des Pauvres.
Elle commence à donner des leçons dans la rue, dès le 21 décembre 1948 ; dix jours plus tard, ils sont plus de cinquante. Elle cherche un local, elle leur explique ce qu’est un savon, et à quoi ça sert. Elle ouvre une école dans un bidonville. 
Elle préfère ne pas dépendre non plus des Petites Sœurs des Pauvres : elle trouve un logement de fortune, prie et fait de l’enseignement, elle mendie.
Dès 1949, d’anciennes élèves la rejoignent. L’évêque prolonge l’autorisation de l’exclaustration. Les vocations arrivent, à qui Teresa demande d’achever leurs études supérieures. Elle écrit une première Règle pour les “Missionnaires de la Charité”, nouvelle congrégation qui voit sa naissance officielle le 7 octobre 1950, jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire.
Ne pouvant faire admettre à l’hôpital un mourant qui s’éteint dans ses bras, elle obtient un local pour assister les plus pauvres mourants : Nirmal Hriday, Maison au cœur pur, Foyer pour mourants abandonnés. Cette présence semble faire concurrence au proche temple hindou de Kaligat, une émeute éclate, mais la police protège Teresa ; peu après, un tuberculeux, rejeté comme intouchable, est recueilli par les Sœurs, ce qui conduira à établir de meilleures relations avec les hindous.
Une maison est achetée, où les religieuses doivent vivre dans l’extrême pauvreté ; Teresa refuse même l’aide du Vatican.
Un jour, Teresa découvre un malheureux enfant, dévoré par un chien. Elle ouvre alors un orphelinat le 24 novembre 1955 : Nirmala Sishu Bavan. 
Toute sa vie, Teresa militera pour la Vie et s’opposera à l’avortement. Lors de la remise du Prix Nobel de la Paix, elle déclarera que le monde ne connaîtra pas la paix, tant qu’on y permettra l’avortement. Elle cherche à éduquer les femmes à la contraception naturelle, et à faire adopter les enfants des femmes qui, sinon, voudraient avorter.
La charité des Sœurs se tournera bientôt vers les lépreux, exclus du fait de la croyance au mauvais karma. Teresa envoie des ambulances pour soigner les lépreux là où ils sont.
Mère Teresa s’adjoint les Coopérateurs souffrants, personnes malades qui s’unissent dans la prière aux missionnaires de la Charité.
L’aide arrivera peu à peu : du Premier Ministre du Bengale, des laïcs aussi. Teresa est invitée à la BBC.
Dès 1959, c’est l’expansion en-dehors de Calcutta : Ranchi, New Dehli (en présence du premier ministre Nehru), Jansi, Agâ, Asansal, Bombay, où une polémique s’enflamme contre Teresa, parce qu’elle y avait ouvertement critiqué l’extrême pauvreté qui y régnait. Mais en 1962, le président indien la décore de la Padma Shri pour toute son œuvre.
En 1963, l’hôpital pour lépreux de Calcutta est détruit, et Teresa veut en construire un à Asansol. Le pape Paul VI, en visite en 1965, lui offrira sa limousine… qu’elle mettra aux enchères pour financer la construction.
La même année 1963 voit la fondation de la branche masculine des Missionnaires de la charité, approuvés en 1967. Ils s’implanteront en Amérique latine à la demande de Paul VI.
Les religieuses, elles, s’implantent en Haïti, aux Philippines, au Yémen, au Bengladesh, en Tanzanie, dans les pays de l’ancienne URSS, à Rome. Dans le Yémen musulman, Mère Teresa est invitée par le Premier Ministre lui-même à ouvrir des cours de couture et à s’occuper de lépreux. On la surnomme Mère sans frontière.
En 1969, la congrégation est reconnue de droit pontifical. Ouverture d’une maison à New York et d’un noviciat à Londres.
1976 : fondation de la branche des contemplatives, les Sœurs du Verbe, qui consacrent leur temps à la prière pour les pauvres. Première maison à New York.
Teresa reçoit le prix Balzan en 1978, le prix Nobel de la paix en 1979, la médaille de la Liberté en 1985, des mains du président Ronald Reagan. D’autres reconnaissances suivront aussi.
Mère Teresa intervient partout où la charité la conduit, à Beyrouth, à Bhopal, à New York, en Albanie, son pays natal… C’est à New York qu’elle ouvre le premier foyer pour victimes du sida.
Un premier arrêt cardiaque en 1989 n’empêche pas qu’on la réélit supérieure, un deuxième arrêt cardiaque en décembre 1991, et une tumeur à l’estomac auront raison de cette personne à la santé “fragile”, qui s’éteint le 5 septembre 1997, à Calcutta où elle était revenue.
Cette géante de la Charité connut une très longue nuit de la foi, dans l’aridité de la solitude, de l’inquiétude, du manque de consolation intérieure. C’est là qu’on mesure tout le mérite de sa persévérance. Mère Teresa est ainsi une grande mystique, au même titre que Thérèse d’Avila ou que Jean de la Croix.
Les musulmans bengali l’appellent Zinda Pir (Sainte Vivante), le Dalaï-Lama l’avait en profond respect.
A la mort de Mère Teresa, les religieuses sont près de quatre-mille, avec plus de six-cents maisons dans cent-vingt-trois pays.
Mère Teresa fut béatifiée en 2003, avec une exception aux lois de l’Église qui d’ordinaire attend une vingtaine d’années pour béatifier. L’année 2016 verra sa canonisation.
Elle est inscrite au 5 septembre dans le Martyrologe romain.

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 23:00

Jean-Paul Ier pape
1912-1978

Albino Luciani naquit le 17 octobre 1912 à Canale d’Agordo (Belluno, Italie N), aîné des quatre enfants (Federico, Edoardo, Nina) de Giovanni Luciani, verrier à Murano, et Bortola Tancon, une fervente chrétienne.
Ce n’est pas le papa qui encouragea son fils dans la voie cléricale, mais la maman ; l’enfant entra au Petit séminaire de Feltre, puis au Grand de Belluno. Ses excellents résultats le firent envoyer compléter sa formation à l’Université Grégorienne de Rome, où il recevra le doctorat en théologie ; sa thèse s’intitule «Origine de l’âme dans la pensée de Rosmini».
Il fut ordonné prêtre en 1935.
Il fut d’abord vicaire à Canale d’Agordo, fut nommé professeur à l’Institut Technique Minier, puis au Grand séminaire de Belluno, dont il sera aussi vice-directeur en 1937.
En 1958, il fut consacré évêque pour le diocèse de Vittorio Veneto. Dans cette ville, il s’occupa d’un scandale financier organisé par deux de ses prêtres : l’évêque refusa de couvrir ces coupables et remboursa toutes les victimes grâce à la vente de biens et trésors du diocèse.
En 1966, éclata aussi un véritable schisme dans une petite paroisse du diocèse, où les habitants voulaient un autre curé que celui nommé par leur évêque ; on en arriva à la fermeture officielle de l’église et, finalement, à l’établissement d’une réelle communauté orthodoxe de rite byzantin, parallèlement à la communauté catholique, rétablie dans cette commune.
En 1969, après la clôture du concile de Vatican II, Mgr Luciani fut nommé patriarche de Venise ; en 1972, vice-président de la Conférence Episcopale Italienne ; en 1973, cardinal.
En 1978, il succéda au pape s.Paul VI, prenant le nom de Jean Paul, en mémoire des papes Jean XXIII et Paul VI.
C’est ce deux-cent soixante-troisième pape qui inaugura les discours à la première personne du singulier (au lieu du "nous"), et renonça à porter la tiare pontificale.
Ce légendaire pape du sourire affirma aussitôt son aversion pour l’avortement et la contraception, ainsi que pour la politique communiste.
Jean Paul I
er mourut subitement au matin du 28 septembre 1978, après trente-trois jours de pontificat.
On ne reprendra pas ici les nombreux textes faisant allusion à une présumée conspiration ayant aboutit à l’assassinat de ce saint Pape.
La cause de béatification de Jean Paul I
er fut ouverte en 1990. Une guérison miraculeuse obtenue par l’intercession du Pape défunt, aboutit à sa béatification, prévue pour 2022.
Jean Paul I
er sera inscrit au Martyrologe le 28 septembre.

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 23:00

04 SEPTEMBRE

 

-XIII.

S Moïse, législateur et prophète.

II.

S Marcellus, célèbre martyr à Chalon-sur-Saône.

IV.

SS Théodore, Ammien et Julien, martyrs à Nicomédie, compagnons présumés de s. Océan (cf. 18 septembre).

?

Ste Aussile, à Thil-en-Auxois.

V.

S Boniface Ier, pape (418-422), consciencieux et prudent.

S Salvin, évêque à Verdun.

Ste Munessa, vierge irlandaise, morte après avoir été baptisée par s. Patrice ; elle ne voulait avoir d'époux que le créateur du soleil.

VI.

S Calétric, évêque à Chartres.

VII.

S Ultan, évêque à Ard Breacain, qui aimait les bains ascétiques glacés.

Ste Rhuddlad, vierge patronne de Llanrhuddlad.

IX.

Ste Ida, alsacienne, descendante de Charles Marte, veuve et bienfaitrice.

S Frezal, évêque à Mende, assassiné par un neveu ambitieux.

S Sulpice, évêque à Bayeux, peut-être le même que s. Sulpice le Pieux à Bourges.

XI.

Ste Irmgarde, comtesse à Süchteln.

XII.

Ste Rosalia, solitaire près de Palerme, dont elle est patronne, invoquée contre la peste, depuis que le fléau cessa en 1624 lors d'une procession de ses reliques.

XVI.

Bse Caterina Mattei, tertiaire dominicaine et mystique piémontaise, stigmatisée.

XVII.

B Nicolò Rusca, prêtre, martyr en Suisse, béatifié en 2013.

XVIII.

B Scipion-Jérôme Brigeat de Lambert, doyen du chapitre à Avranches, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse Dina Bélanger (Marie de Sainte-Cécile-Romaine, 1897-1929), canadienne, élève de piano et d'harmonie au conservatoire de New-York, religieuse de la congrégation de Jésus-Marie, béatifiée en 1993.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Ouvriers du Sacré-Cœur : près de Castellón, José Pascual Carda Saporta (*1893) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Francisco Sendra Ivars (*1899) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre José Bleda Grau (Berardo de Lugar Nuevo de Fenollet, *1867) ;

- béatifié en 2007 :

Trinitaires : près de Jaén, le prêtre José Vicente Hormaechea Apoita (José de Jésus-Marie, *1886) ;

- béatifiés en 2013 :

Mineurs Franciscains : près de Murcia, le prêtre Pedro Sánchez Barba (*1895), et le clerc Baltasar Mariano Muñoz Martínez (Buenaventura, *1912) ;

Fr.Maristes : aux Asturies, Restituto Santiago Allende (*1902) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Facundo Fernández Rodríguez, Juan Muñoz Quero et Juan Moreno Juárez (*1869, 1876, 1891) ;

- béatifié en 2019 :

Séminariste : à Gijón, Luis Prado García (*1914) ;

- béatifiés en 2021 :

Laïcs : près de Cordoue, les deux frères Claudio Pedro et Francisco de Sales Gómez Gil (*1883, 1894).

 

Moïse

13e siècle avant Jésus-Christ

 

Toute la vie et l’œuvre de Moïse se trouvent rapportés dans la sainte Écriture, depuis le livre de l’Exode jusqu’à la fin du livre du Deutéronome.

La naissance de Moïse est racontée dès le début du livre de l’Exode (Ex 2). Le pharaon d’Égypte avait décrété de jeter au fleuve tout nouveau-né de la communauté d’Israël, mais la maman de Moïse eut l’idée de le mettre dans une nacelle, où le découvrit bientôt la fille du Pharaon, qui l’adopta. Moïse a une sœur, Myriam ou Marie, et un frère, Aaron, tous deux ses aînés.

Moïse grandit donc au palais royal, et devint même un grand personnage, en faveur auprès des courtisans et auprès du peuple (Ex 11:3).

Mais Moïse appartient à son peuple, il fréquente sa communauté et la défend. Il tue un contremaître égyptien en train de battre un Israélien. Mais on l’apprend, et il s’enfuit à Madiân (dans le sud de la presqu’île d’Arabie, de l’autre côté du Sinaï. C’est là qu’il épouse Cippora et devient père de Gershom (Ex 2:21-22).

Dieu l’appelle à revenir en Égypte pour sortir son peuple de l’esclavage. C’est la fameuse vision du buisson ardent (Ex 3). A ce moment-là, Moïse a quatre-vingts ans (Ex 7:7).

Viennent les Plaies d’Égypte par lesquelles Dieu et Moïse finissent par convaincre le Pharaon de laisser partir les Israélites, le passage de la Mer Rouge, la remise des Tables de la Loi au Mont Sinaï et le triste épisode du Veau d’or, et toutes les prescriptions relatives à l’institution du sacerdoce d’Aaron et des rites liturgiques.

Tout cela est consigné, de la main même de Moïse, dit-on, dans les livres de l’Exode, des Nombres, du Lévitique et du Deutéronome.

A Meriba, Moïse déplut à Dieu, quand il douta un instant de la parole divine, et frappa deux fois au lieu d’une le rocher d’où devait jaillir l’eau rafraîchissante. C’est pourquoi Dieu lui interdit l’accès dans la Terre Promise.

Avant de mourir, Moïse institua Josué pour lui succéder et pour guider le peuple dans la Terre Promise.

La mort de Moïse est décrite dans l’ultime chapitre du Deutéronome (Dt 34), qui n’a donc pas été écrit de sa main.

Moïse, conducteur du peuple, préfigure le Christ, Voie qui conduit son peuple vers la Vérité et la Vie.

Presque tous les livres de la Sainte Écriture parlent de Moïse. Peu avant la passion, Jésus apparaît transfiguré sur le mont Thabor entre Moïse et Élie, représentant l’un, la Loi, et l’autre, tous les Prophètes (Mt 17:1-8 : Mc 9:2-8 ; Lc 9:28-36).

Saint Moïse est commémoré avec les Grecs au 4 septembre.

 

 

Marcellus de Chalon-sur-Saône

2e siècle

 

Marcellus aurait été lié à un groupe de martyrs de Lyon, peut-être même ceux de 177 et aurait été délivré miraculeusement par un ange pour aller porter la Bonne Nouvelle ailleurs.

A Chalon-sur-Saône, Marcellus aurait été reçu par un certain Latinus, un païen ; Marcellus lui demanda s’il avait vraiment confiance en ces morceaux de pierre qu’il adorait. Latinus se convertit au Christ.

Plus loin, il passa devant la villa du préfet Priscus, où on l’invita à participer à la fête. Mais les viandes venaient d’être offertes aux dieux païens, et Marcellus refusa d’en prendre, car il était chrétien.

Les païens alors mirent Marcellus entre deux arbres, dont ils inclinèrent les branches pour les attacher à ses bras ; quand les branches furent relâchées, le corps de Marcellus fut tout disloqué, mais il respirait encore et confessait toujours le Christ.

On le conduisit devant d’autres statues païennes, en vain. Finalement, le préfet le fit enterrer jusqu’à la ceinture, et c’est dans cette position que Marcellus rendit son âme à Dieu, trois jours plus tard.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Chalon-sur-Saône au 4 septembre.

 

 

Boniface Ier

418-422

 

Quarante-deuxième pape, Boniface succède à saint Zosime en 418.

C’était un prêtre de Rome, qui avait déjà eu quelque mission d’un pape précédent : Innocent Ier l’avait envoyé à Constantinople.

Quand Zozime meurt, une partie du clergé s’empresse d’élire un certain Eulalius. Mais le clergé “officiel” élit Boniface.

Eulalius est sacré au Latran le 29 décembre, et Boniface à Saint-Marcel, le même jour.

Ce schisme va trouver sa solution par l’intervention de l’empereur Honorius, alors à Ravenne. Il fait éloigner de Rome les deux Candidats et annonce un concile à Spolète pour le 13 juin 419. Sans attendre, Eulalius cherche à regagner Rome, provoquant les troubles qu’on imagine, de sorte que l’empereur le fait expulser. On en ignore la fin.

Boniface était vénérable par l’âge et par l’expérience.

Sollicité par Augustin d’Hippone contre les Pélagiens, Boniface obtint que tous les évêques souscrivissent une condamnation de l’hérésie pélagienne.

Il pria l’évêque d’Arles, Patrocle, de renoncer à se croire primat des Gaules.

Il veilla à l’indépendance de l’Illyrie (région au nord de la Grèce) contre les prétentions de Constantinople. 

Boniface Ier mourut le 4 septembre 422. Il est mentionné au même jour dans le Martyrologe. 

Après Boniface, fut élu pape Célestin Ier.

 

 

Calétric de Chartres

532-570

 

Les dates de Calétric restent très imprécises, car on ne connaît pas exactement les dates des deux évêques qui l’ont précédé et suivi sur le siège de Chartres.

Son prédécesseur immédiat, s.Lubin (v. 15 septembre ?) mourut après 551 ; son successeur Pappolus est attesté vers 573 ; un poème contemporain attribue à Calétric une vie de trente-huit ans. C’est à partir de ces éléments qu’on a fait figurer ci-dessus des dates approximatives pour notre Personnage.

Il s’appelait C(h)aletricus, que le français a traduit par Calétric ou Caltry, et descendait d’une noble lignée. Il avait une sœur, Mallegonde.

Celle-ci vint un jour avertir s.Lubin que son frère était bien malade. Lubin - que d’aucuns présentent comme le maître et ami de Calétric - Lubin prend les saintes huiles et, en se hâtant, prie ainsi le Seigneur : Seigneur, toi qui sais tout, si tu juges que ton serviteur doit être utile à l’Eglise, rends-lui la santé !» Calétric recouvre la santé avant même la fin des onctions.

Il succéda donc à s.Lubin.

Tout ce qu’on connaît de lui ensuite est sa participation aux conciles de Paris (vers 560) et de Tours (567 ou 568).

S.Venance Fortunat (v. 14 décembre) fut l’auteur du poème dont il était question plus haut. Il y vante les qualités musicales de Calétric : Il a chanté les psaumes avec d’harmonieux accents. Il a fait retentir les louanges de Dieu sur les instruments sacrés, expression qui semble être davantage inspirée de l’Ecriture que de la vraie histoire. 

Saint Calétric de Chartres est commémoré le 4 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ida de Herzfeld

770-825

 

Ida naquit vers 770-775 en Alsace, aïeule ou bisaïeule de Charles Martel (il y a des variantes généalogiques).

En 786, Charlemagne la maria au noble Ekbert, qu’elle accompagna sur ses terres proches de l’actuelle Osnabrück. Sur leur chemin, ils plantèrent leur tente près de Hirschfelder, où Ida vit en songe un Ange qui lui demandait de bâtir là une église : ce fut l’origine d’une communauté qui donna naissance à la localité de Herzfeld.

A ce moment-là, les Francs et les Saxons étaient en guerre. Ida prit ces derniers sous sa protection. 

En 811, mourut Ekbert. La jeune veuve s’occupa de soulager les pauvres, se recueillant dans sa chapelle de Herzfeld, sur la Lippe.

Elle s’éteignit dans cette dernière localité, le 4 septembre 825 et son culte se développa rapidement.

Les armes de Herzfeld comportent un cerf, symbole des Saxons assiégés par les Francs. Ida est souvent représentée avec un cerf auprès d’elle.

Sainte Ida de Herzfeld est commémorée le 4 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frezal de Mende

780-826

 

Fredaldus, devenu Frezal en français, serait né vers 780, dans la haute vallée du Lot, fils de Guillaume de Gellone, un très noble consul. La famille semble appartenir au monde noble gallo-romain, qui donna à l’Eglise ou à l’Etat plus d’un dignitaire et Frezal se trouvait être cousin de Louis le Pieux, le fils de Charlemagne.

Frezal fut appelé à être évêque du peuple des Gabales, en Gévaudan, l’actuelle Lozère. Il apparaît comme le quatorzième titulaire de ce siège, si les listes épiscopales sont confirmées.

Parvenu à un âge fort avancé, Frezal était encore un homme vigoureux, et le diable suscita dans le cœur de Bucilinus, un neveu de Frezal, le pensée de l’assassiner pour en prendre la place. Bucilinus vint donc trancher la tête de son oncle en sa propre maison. La «légende» affirme que le diable aurait ensuite étranglé Bucilinus lui-même juste après son forfait.

Frezal - comme saint Denys à Paris (v. 9 octobre) - ramassa sa tête ensanglantée et la porta à l’endroit où il voulait être enseveli. 

Ce tombeau se trouve près de La Canourgue, où jaillit une fontaine. Une chapelle y fut construite. Au 17e siècle, on pensa ramener le cercueil de l’Evêque martyr à Mende, mais il fut impossible de le déplacer plus loin que la porte de la chapelle.

A cette époque-là du moins, le corps de Frezal fut retrouvé entier. Depuis, il a été à nouveau examiné ; récemment des analyses scientifiques ont prouvé la véridicité de la «légende».

Saint Frezal de Mende est commémoré le 4 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Irmgarde de Süchteln

† 1089

 

Il est attesté que Irmgarde fut une comtesse à Süchteln, une sainte femme qui mit ses biens au service de l’Eglise.

Certains l’auront identifiée avec une Irmentrude de la maison de Luxembourg.

Acceptons qu’elle fut la fille du comte Godizo d’Aspel et qu’elle naquit avant 1013.

Elle aurait fondé une église à Haldern, une collégiale à Rees. On connaissait son grand amour du Prochain et sa profonde piété.

Elle serait allée par trois fois en pèlerinage à Rome, d’où elle aurait rapporté d’importantes reliques, en particulier une importante partie du chef du saint pape Sylvestre (v. 31 décembre), qu’elle aurait remise à la cathédrale de Cologne.

Elle mourut vers 1082-1089 et est honorée dans le diocèse de Cologne.

Son culte fut approuvé par Rome.

Saint Irmgarde de Süchteln est commémorée le 4 septembre dans le Martyrologe Romain.

Rosalia Sinibaldi de Palerme

1128-1165

 

Une figure aussi populaire que quasi inconnue ! Des légendes existent. Certains faits tiennent de la vraisemblance.

Ainsi, sa naissance, vers 1128, aurait été annoncée au comte Ruggero, parent des Sinibaldi. L’ange disait qu’elle serait une rose sans épine, aussi reçut-elle le nom de Rosalia.

Le comte Sinibaldi faisait remonter ses origines à Charlemagne ; son épouse, Maria Guiscardi, était parente de la cour normande.

Un jour, le comte Ruggero fut sauvé de l’attaque d’un animal par le comte Baldovino ; en reconnaissance, ce dernier demanda la main de Rosalia, qui vivait à la cour de Ruggero.

Mais Rosalia se tailla les cheveux et refusa le mariage. Elle alla chez les religieuses Basiliennes de Palerme mais, pour fuir les assauts des parents, se retira dans la solitude du Mont Pellegrino, près de Palerme.

La famille cessa de la troubler, mais on vint la visiter et lui demander conseils et prières ; Rosalia finit par abandonner une fois de plus son refuge pour rejoindre une grotte isolée sur le Monte Pellegrino. Les pèlerinages reprirent ; un 4 septembre de 1165 (environ), on trouva Rosalia morte.

L’archevêque de Palermo canonisa Rosalia vers 1190.

En 1624, Rosalia apparut à un pauvre désespéré qui voulait se jeter dans la mer, après la mort de son épouse lors de l’épidémie de peste. Rosalia lui fit voir la grotte où elle avait vécu et l’envoya inviter l’archevêque à organiser une procession dans la ville avec les reliques d’elle-même, pour faire cesser l’épidémie de peste ; comme «signe» de vérité, elle lui annonça qu’il serait alors pris par la peste et qu’il en mourrait. Tout arriva ainsi.

Rosalia fut dès lors invoquée contre le fléau de la peste.

Non loin de Palerme fut retrouvée une inscription dans une grotte : Ego Rosalia Sinibaldi, signalant que Rosalia aurait séjourné dans cette grotte avant de gagner le Mont Pellegrino. Elle se serait ainsi elle-même définie comme la fille du comte Sinibaldo.

Successivement, sainte Rosalia fut inscrite au Martyrologe en 1630.

 

 

Caterina Mattei de Racconigi

1486-1547

 

Elle vit le jour en 1486 à Racconigi (Piémont, Italie NO), première fille, après cinq garçons, du forgeron Giorgio et de Billia Ferrari.

A Racconigi, Caterina s’appelle Catterina. Le nom de famille est soit Mattei, soit de Mattei.

La famille était si pauvre, et la maman en si mauvaise santé, que le frère aîné porta sa petite sœur dans le village auprès des jeunes mamans pour demander une tétée pour l’amour de Dieu.

Les phénomènes extraordinaires se multiplièrent très vite en cette humble créature. A cinq ans, elle fut fiancée à l’Enfant-Jésus. Notre-Dame demanda pour Jésus le cœur de la petite fille, qui répondit : Je ne sais pas où il est. Si vous le trouvez, je le donne. Caterina accepta d’obéir à Jésus et de souffrir pour lui. Jésus lui apparut, entouré de s. Pietro de Vérone (v. 6 avril) et de ste Catherine de Sienne (v. 29 avril), deux Dominicains illustres.

Caterina reçut les stigmates de la Passion, invisibles mais très sensibles ; son épaule fut toute déformée par le poids de la Croix. Jésus imprima sur son cœur les mots : Iesu spes mea (Jésus, mon espoir).

Elle apprit à lire mystérieusement, mais seulement pour lire le psautier.

Deux anges lui remirent une robe constellée de croix, lui expliquant : C’est de la part de Dieu, tu seras toujours dans la peine, dans l’affliction.

Parmi ses peines, elle dut affronter le tribunal ecclésiastique de Turin, où on l’avait accusée de sorcellerie, mais elle fut totalement blanchie.

En 1514, elle prit l’habit du Tiers-Ordre dominicain.

Au comte de Racconigi, qui l’estimait énormément, succéda un personnage qui préféra l’exiler, et Caterina s’installa à Caramagna Piemonte.

On continua de parler d’elle ; parmi ses admirateurs fut le comte Francesco Pico della Mirandola, qui en écrivit ensuite la biographie. Mais les détracteurs finirent par circonvenir même les Dominicains, qui l’abandonnèrent. Satan lui suggéra même le suicide. Elle ne se rebella pas : Je suis rachetée par Jésus. Il aura soin de moi. Les Pères de mon ordre ne me sont pas indispensables. C’est pour l’amour de Dieu que j’ai pris leur habit, non pour eux ; Jésus est mon espoir. Mais les Pères revinrent de leur prévention et lui envoyèrent un des leurs.

Caterina mourut le 4 septembre 1547.

Son culte fut confirmé en 1808.

 

 

Nicolò Rusca

1563-1618

 

Nicolò naquit le 20 avril 1563 à Bedano (Ticino, Suisse italienne), aîné des cinq enfants de Giovanni Antonio Rusca, un notaire, et Daria.

Des cinq enfants de cette famille chrétienne, Nicolò, Bartolomeo et Luigi furent prêtres, et Margherita bénédictine.

L’unique qui se maria, Cristoforo, devait à son tour être le père de deux autres prêtres.

Nicolò commença l’étude du latin auprès de son curé, qui l’envoya ensuite à Rome, où un parent était au service du cardinal Farnese. Il étudia six mois chez les Jésuites, puis passa à Milan, où il fit d’excellentes études au Collège Helvétique, fondé par le cardinal Carlo Borromeo (voir au 4 novembre).

En 1587, il reçut l’ordination sacerdotale.

Il fut d’abord à Sessa Montegggio, puis, en 1590, archiprêtre à Sondrio.

En 1591, il obtint le doctorat en théologie, à Pavie.

Sondrio était dans une région où la réforme protestante avait provoqué des tensions. On en était arrivé à «permettre» les deux confessions, partageant les entrées entre ministres catholiques et protestants. Dans cette situation délicate, le prédécesseur de Nicolò eut une action très contestée, la population ne réussissant pas à savoir s’il était prêtre ou frère, ecclésiastique ou laïc.

L’abbé Rusca arriva donc en «sauveur», accueilli chaleureusement par la population. En trente ans, il s’occupa activement de la pastorale des enfants et des adultes, donnant le catéchisme à ceux-là, et créant pour ceux-ci la Compagnie du Très-Saint-Sacrement. De plus, sa formation lui permettait de tenir des débats importants.

Il procéda aussi à l’embellissement de la collégiale, avec un orgue, des confessionaux et des cloches. Il entretint de bons rapports avec les confrères de l’endroit, et put susciter beaucoup de vocations sacerdotales.

Rusca savait répondre aux Protestants, mais sans jamais exprimer un seul mot blessant envers leurs personnes, ce qui lui valut même des amitiés avec certains ministres protestants.

Mais la situation générale se répercutait localement à Sondrio, où la tension demeurait. En 1608, Rusca fut arrêté pour avoir «violé les dispositions sur la tolérance religieuse», simplement parce qu’il avait blâmé un jeune catholique d’avoir participé à un culte protestant. Mais il fut quitte pour cette fois.

On en vint à l’accuser de complot contre un ministre réformé, d’avoir voulu le traduire à l’Inquisition Romaine, d’avoir soudoyé des soldats… il fut encore une fois absout.

On en vint à l’accuser d’appuyer une alliance avec les Espagnols. La nuit du 24 au 25 juillet 1618, on l’arrêta chez lui, on l’emmena à Coira où on le mit en prison, puis on le transféra à Thusis pour y être jugé par un tribunal de Réformés.

Plusieurs interventions de la part de la population autant que des autorités cantonales catholiques, n’aboutirent pas. On leur refusa la possibilité de défendre l’abbé Rusca.

Le procès commença en septembre. On y reprit les précédentes accusations, on en ajouta d’autres, jusqu’à celle de rébellion contre les lois. On le tortura, du 2 au 4 septembre. On reprit l’interrogatoire. 

Exténué, Nicoló demanda à pouvoir se confesser à un prêtre catholique, ce qu’on lui refusa. Il mourut au soir du 4 septembre 1618.

A ce moment-là, Nicoló était encore suspendu par les bras à une corde, qui lâcha. Le corps tomba lourdement à terre, mais on s’acharna et on le suspendit à nouveau, comme s’il n’était pas encore mort. Puis on ordonna de l’enterrer au pied du gibet, et de confisquer ses biens.

En juillet 1619, de pieuses mains purent l’extraire en cachette et le reposer dignement dans la proche abbaye de Pfäfers. Les restes du Martyr se trouvent maintenant à Sondrio.

Nicoló Rusca fut béatifié en 2013.

 

 

Scipion-Jérôme Brigeat Lambert

1733-1794

 

Il était né le 9 juin 1733 à Ligny-en-Barrois (Meuse).

Prêtre du diocèse d’Avranches, il était d’une grande culture et fut nommé vicaire général du diocèse d’Avranches en 1763.

C’était un orateur, un musicien, et surtout se distingua par son extrême bonté ; il fut littéralement captivé par la ville qui l’accueillait.

Il y connut quatre évêques et fut élu Grand Doyen du Chapitre cathédral en 1788.

Cette même année, il reçoit une mission particulière et «dangereuse» : il doit recevoir les enfants du duc d’Orléans (futur Philippe Egalité), dont l’aîné, Louis-Philippe, sera roi des Français en 1830.

Lorsque la Révolution eut supprimé le diocèse d’Avranches, Mgr Brigeat Lambert se retira dans sa famille, mais une dénonciation le fit arrêter en 1793.

Condamné à la déportation, il fut «entassé» à bord du navire négrier Washington (aux pontons de Rochefort), où il s’employa de toutes ses forces à soigner et conforter ses Confrères.

Il mourut d’épuisement le 4 septembre 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Dina Bélanger

1897-1929

 

Les détails qu’on connaît sur cette Mystique proviennent principalement de son Autobiographie, écrite durant les dernières années de sa vie, par obéissance à sa supérieure.

Dina naquit le 30 avril 1897 à Québec (Canada), dans une famille aisée et très chrétienne.

Dès l’âge de dix-onze ans elle sent une attraction très forte pour Jésus-Eucharistie. Vers l’âge de dix-sept ans, elle s’offre comme victime à l’Amour divin. Elle communie chaque jour, puisant sa force dans le Sacrement divin.

Elle étudie le piano, et va se perfectionner à New-York pendant deux ans. Elle donne des leçons et des concerts. Malgré le succès, elle désire rester dans l’humilité.

Elle a vingt ans lorsqu’elle perçoit quelques faveurs célestes qui l’effraient un peu au début. Elle entend la voix du Christ. Le Christ lui donne deux “références” : l’Hostie (Jésus-Christ) et l’Étoile (Marie), qu’elle voyait sans cesse au-dessus de sa route.

Elle entre dans le Tiers-Ordre de saint Dominique et prend le nom de Sainte-Catherine-de-Sienne.

Au terme de ses études de piano, elle obtient son diplôme et continue ses concerts. Elle travaille beaucoup, sans trop savoir encore où la conduira son activité musicale. Jésus lui annonce qu’elle fera du bien surtout par ses écrits. D’ailleurs, lors d’une de ses tournées, elle est contaminée par une élève qu’elle a soigné de la scarlatine ; la maladie dégénère en tuberculose.

En 1921 elle entre chez les Religieuses de Jésus-Marie à Sillery, où elle prend le nom religieux de Marie-Sainte-Cécile-de-Rome. On sait que sainte Cécile est la patronne des musiciens.

Les expériences mystiques vont se multiplier, s’intensifier. 

Un jour, Jésus-Christ lui “prend” le cœur, et le remplace par son Cœur Sacré et le Cœur Immaculé de Marie.

Elle enseigne le piano à quelques élèves.

A l’automne 1922, elle doit rester à l’infirmerie. Elle écrit des poésies. Le Seigneur lui demande de consoler son Cœur outragé dans l’Eucharistie. Notre-Seigneur lui annonce qu’Il va la préparer à la mort. Il lui prédit qu’elle va bientôt faire sa profession et qu’Il “viendra la chercher” au moment de l’Assomption.

En novembre 1923, Dina voit dans une vision qu’elle “disparaît” totalement dans un feu d’amour, laissant place à Notre-Seigneur.

Dina doit rester en quarantaine, car sa maladie (la tuberculose) est contagieuse. Elle fera des séjours de plus en plus fréquents à l’infirmerie.

En août 1924, Dina se prépare à mourir pour la fête de l’Assomption, mais elle ne meurt pas vraiment. Elle comprit alors qu’elle venait en fait de naître à une vie nouvelle, à une vie de totale perfection, dans l’union parfaite à Notre-Seigneur.

En octobre 1924, elle prononce le vœu du “plus parfait” ; l’expression de cette perfection est pour elle l’obéissance.

A partir de septembre 1926, Dina vit intensément la passion du Christ, le jeudi et le vendredi. Elle est associée à l’Agonie de Jésus.

Le 22 janvier 1927, elle reçoit les stigmates du Christ, en présence de la Sainte Vierge. Jésus l’appelle sa petite “Moi-même”.

Dina a ses moments de tentations (découragement, angoisses, peurs, lassitudes), elle perd son sourire. Elle s’humilie davantage.

Août 1928 : elle retrouve la sérénité, la joie même. Elle participe à la joie des Élus au ciel, elle est heureuse.

Le 30 avril 1929, jour de son anniversaire, elle entre définitivement à l’infirmerie. Ses forces l’abandonnent, elle ne peut plus écrire à partir de juillet. Ses sœurs la trouvaient absorbée, gracieuse, souriante.

Elle meurt le 4 septembre 1929, dans sa trente-troisième année, vers trois heures de l’après-midi, suprême identification avec le divin Maître.

Elle a été béatifiée en 1993.

Signalons que, vers la même époque vivait en France une autre musicienne qui se consomma dans la sainteté : sainte Elisabeth Catez (de la Trinité, 1880-1906), dont la spiritualité rejoint étonnemment celle de Dina. Elle est fêtée le 9 novembre. Les deux Religieuses ne se connaissaient pas.

José Bleda Grau

1867-1936

 

Il vit le jour le 23 juillet 1867 à Lloc Nou de Fenollet (Valencia), aîné des trois enfants de José et Rosario Antonia, qui le firent baptiser le 28 juillet.

Jeune, il voulait devenir religieux, mais la famille avait besoin de lui pour travailler, vu que son frère faisait son service militaire à Cuba.

Entré dans l’Ordre des Capucins à trente-deux ans, il fit la profession comme Frère convers en 1901, avec le nom de Berardo de Lugar Nuevo de Fenollet.

En 1904, il fit la profession solennelle à Orihuela.

Dans le couvent de Orihuela où il resta toute sa vie, on le chargea de recueillir les aumônes et de coudre les habits de la communauté.

En juillet 1936, il dut abandonner son couvent pour se réfugier chez ses parents.

Ce vieillard quasi septuagénaire et presque aveugle, fut arrêté sans pitié le 30 août et dut encore supporter les mauvais traitements de ses bourreaux.

Le 4 septembre 1936 (c’est la date «officielle», mais on parle aussi de la même date du 30 août), on l’emmena à Genovés, sur la route Manuel-Benigánim, pour le fusiller.

C’est un habitant de l’endroit, passant par là avec son jeune fils, qui découvrit le cadavre : ils remarquèrent que son crâne était complètement détruit.

Le Frère Berardo, fut béatifié, en 2001.

 

 

Facundo Fernández Rodríguez

1869-1936

 

Né le 12 janvier 1869 à Válor (Grenade) d’un père boulanger, il fut baptisé le lendemain de sa naissance. Cette famille comptait sept enfants.

Quand Facundo voulut entrer au séminaire en 1884, son pauvre papa demanda qu’il fût admis malgré ses maigres ressources.  Un peu malentendant, Facundo avait l’habitude de parler fort.

Facundo fut ordonné prêtre en 1897. Il desservit plusieurs paroisses : Torvizcón, Mecina Alfahar, Nechite, Darrícal.

Il dut quitter cette dernière localité le 7 août 1936, à cause de la violence de la persécution. Il fut accueilli par un cousin à Válor, mais la surveillance était perspicace : on l’arrêta le lendemain.

Prisonnier à Ugíjar, puis à Berja, il fut assassiné avec deux autres prêtres au cimetière, le 4 septembre 1936

Béatifié en 2017, Facundo Fernández Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 4 septembre.

 

 

Juan Muñoz Quero

1876-1936

 

Il naquit le 29 août 1876 à Mecina Alfahar (Grenade).

Sa famille, quoique de condition modeste, put l’envoyer au séminaire de Grenade ; il fut ordonné sous-diacre en 1903, et l’on peut supposer qu’il fut ordonné diacre et prêtre l’année suivante, quoiqu’on n’en ait pas retrouvé les actes.

D’abord curé de Yátor, il le fut ensuite de Sorvilán. Ses paroissiens surent lui fournir les victuailles nécessaires, car il était très pauvre.

En 1936, les jeunes de la paroisse protégèrent son presbytère contre les représailles des révolutionnaires. Mais l’atmosphère changea quand il passa à la paroisse d’Albondón : les autorités ne lui laissèrent pas même le temps de décharger sa voiture, il dut repartir pour Grenade, puis retourna chez sa sœur à Válor.

Bientôt arrêté, il tomba malade dans l’affreuse prison où on l’enferma. Si on lui permit d’aller revoir sa sœur quelques instants, on alla le rechercher presque aussitôt pour l’envoyer à la prison de Berja.

Il fut assassiné avec deux autres prêtres au cimetière de Berja, le 4 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Juan Muñoz Quero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 4 septembre.

 

 

José Vicente Hormaechea Apoita

1880-1936

 

Il vit le jour le 1er septembre 1880 à Navarniz (Biscaye, Espagne), dans une famille typiquement basque.

Entré à seize ans chez les Trinitaires à Algorta (Bilbao), il prit le nom de José de Jésus-Marie.

Il reçut l’ordination sacerdotale à Madrid en 1903.

On l’envoya en mission à Cuba.

A son retour, il fut nommé supérieur à Cordoue, puis à Villanueva del Arzobispo (Jaén) en 1935.

Le 21 juillet 1936, les miliciens vinrent exiger des Religieux de leur remettre les armes cachées.

Le 22, ils revinrent exiger la même chose, et comme les pauvres Religieux n’avaient aucune arme à remettre, ils furent embarqués en camion : trois à l’intérieur, et le père José devait courir derrière, au milieu des moqueries de la populace.

Une fois à la prison, on lui arracha le scapulaire, son chapelet et les médailles qu’il portait au cou.

Le 23 juillet, il y eut un grave incident : un milicien voulut frapper don José avec sa crosse de fusil, et don José, instinctivement, fit un geste de défense, et écarta l’arme ; un coup partit, qui blessa légèrement le gardien au pied, un autre coup blessa sérieusement le père José, qui fut transporté à l’hôpital ; il devait y rester plus d’un mois.

Durant ce temps, il recevait de fréquentes «visites» de miliciens, à toute heure du jour ou de la nuit, pour l’insulter, blasphémer contre le Bon Dieu et contre l’Eglise. Une fois, ils le frappèrent avec un des crucifix de l’hôpital et le lui présentèrent ensuite pour le baiser, ce qu’il fit de tout son cœur. Puis ils lui demandèrent de le piétiner, ce qu’il refusa énergiquement.

On arriva ainsi au 4 septembre 1936. Vers une heure du matin, les miliciens exigèrent l’ouverture de la porte. Comme les Religieuses refusaient, ils appelèrent le maire, qui ordonna de leur ouvrir. Les miliciens se lancèrent dans l’hôpital, obligèrent les Religieuses à ouvrir l’infirmerie, forcèrent le père José à se lever pour aller déposer une déclaration à Jaén.

Le père José alla trouver dans la chambre voisine don Montoro pour lui dire : Notre heure a sonné ; donnons-nous l’absolution pour que Dieu ait pitié de nous.

Il s’habilla avec tout son calme. Il voulait être fusillé sur place, dans l’hôpital. Il leur demanda : Pour sortir d’ici, il me faut un ordre écrit du Gouverneur. Ils appelèrent leur chef, qui arriva vers trois heures, armé de son pistolet, ordonnant au Père de le suivre. Ce dernier répéta qu’il sortirait de l’hôpital seulement sur prescription écrite du maire. Le chef alors lui tira à brûle-pourpoint à la tempe droite.

Le père José s’écroula sur place, ce 4 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

 

Claudio Pedro Gómez Gil

1883-1936

 

Claudio Pedro Gómez Gil naquit le 28 janvier 1883 à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S).

Lui et son frère Francisco, deux laïcs mariés, soutenaient l’Eglise, qu’ils défendirent de leur sang plutôt que de trahir.

Leur martyre eut lieu le 4 septembre 1936 à Hinojosa del Duque.

Claudio Pedro Gómez Gil et son frère seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 4 septembre.

 

 

Juan Moreno Juárez

1891-1936

 

Il naquit le 15 décembre 1891 à Válor (Grenade) et fut baptisé trois jours plus tard.

Au séminaire de Grenade, il édifiait chacun par sa sainteté et son savoir.

Ordonné prêtre en 1916, il desservit la paroisse de Benínar.

Un trait particulier de sa vie sacerdotale est à retenir : il recevait chaque jour à table un pauvre.

Au début de la persécution religieuse de 1936, on fit circuler un prospectus infâme contre le Prêtre, au point que l’archevêque lui conseilla de retourner dans son pays. Il y arriva assez tôt pour mettre en sûreté la sainte image du Christ de la Yedra.

Le 5 août, il fut arrêté une première fois, mais libéré grâce à quelque connaissance. Le 10, les miliciens revinrent à la charge : le prêtre était sûrement communiste, puisqu’il recevait les pauvres, mais il avait tort de porter la soutane, motif pour lequel on venait l’arrêter. Aux siens, il dit en partant : Ne pleurez pas pour moi.

Au cimetière de Berja, où il fut conduit le 4 septembre avec d’autres, il se mit à genoux, embrassa le Crucifix, pardonna aux bourreaux et cria : Vive le Christ Roi ! Un des miliciens, en partant, disait : Moi, je n’y suis pour rien dans la mort des Saints !

Don Juan fut assassiné avec deux autres prêtres au cimetière de Berja, le 4 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Juan Moreno Juárez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 4 septembre.

 

 

José Pascual Carda Saporta

1893-1936

 

Il vit le jour le 29 octobre 1893 à Villarreal de los Infantes (Castellón de la Plana, Espagne).

Son frère aîné, Blas, sera aussi prêtre et martyr (il sera fusillé au début d’août 1936, mais fait partie d’une autre cause de Martyrs espagnols).

José rejoignit ce dernier au collège de Tortosa. Bientôt, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur.

Il n’était que sous-diacre, quand on le nomma préfet au séminaire de Tarragona.

Ordonné prêtre en 1918, il fut successivement au Petit séminaire de Belchite (Saragosse), puis à Tarragona (1922) comme préfet des théologiens.

En 1924, il fut envoyé à Mexico, où il fut actif dans la paroisse San Felipe, mais qu’il dut quitter en 1926, en raison de la loi anticléricale mexicaine.

Il fut alors envoyé au collège de Valencia, puis à Tolède, Valladolid, Saragosse et, en 1929, comme recteur à Belchite.

En 1930, il tenta de regagner Mexico, mais dut revenir immédiatement.

Envoyé à Valencia, il fut témoin de la triste journée du 11 mai 1931, où les ennemis de l’Eglise incendièrent églises et maisons religieuses. Le séminaire aussi fut en flammes, mais don José réussit à limiter les dégâts. Il passa alors à Burgos.

En 1934, il fut à Ciudad Real, jusqu’en 1936.

Il s’absenta quelques jours en juin 1936 pour prêcher une retraite à Tortosa, mais repartit précipitamment le 18 juillet, quand éclata la révolution.

A Ciudad Real, le séminaire fut envahi par les révolutionnaires, et don José obtint la permission de rejoindre la Fonda Francesca, d’où il pouvait, par la fenêtre, communiquer avec Mgr Esténaga, qui serait martyrisé un peu plus tard (v. 22 août).

Malgré le sauf-conduit qu’il avait obtenu pour rejoindre son pays, les miliciens l’attendaient à la descente du train et l’arrêtèrent.

Don Carda fut mis en prison dans l’ancien couvent des Dominicaines.

Le 4 septembre 1936, on l’en sortit pour l’emmener aux environs de Oropesa et là le fusiller.

Juste avant de tomber, don Carda remit aux miliciens sa montre et leur exprima sa reconnaissance pour le martyre qu’ils lui obtenaient ainsi.

Un témoin affiirma plus tard : Ils l’ont abattu, parce qu’il était prêtre, et aussi parce qu’il était particulièrement saint.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

 

Francisco de Sales Gómez Gil

1894-1936

 

Francisco de Sales Gómez Gil naquit le 30 octobre 1894 à Hinojosa del Duque (Cordoue, Espagne S).

Lui et son frère Claudio Pedro, deux laïcs mariés, soutenaient l’Eglise, qu’ils défendirent de leur sang plutôt que de trahir.

Leur martyre eut lieu le 4 septembre 1936 à Hinojosa del Duque.

Francisco de Sales Gómez Gil et son frère seront béatifiés en 2021, et inscrits au Martyrologe le 4 septembre.

 

 

Pedro Sánchez Barba

1895-1936

 

Il vit le jour le 1er juillet 1895 à Baena (Llano de Brujas, Murcia, Espagne), deuxième des sept enfants de José et Encarnación, qui le firent baptiser le lendemain de sa naissance. Il fut confirmé en 1898.

Il fréquenta les séminaires de Murcia et reçut l’ordination sacerdotale à Madrid en 1919.

Dès le séminaire, il fit partie du Tiers-Ordre franciscain et porta fidèlement sous ses habits le cordon de l’Ordre.

Depuis son ordination jusqu’à 1931, il fut administrateur du séminaire et conseiller de la Confédération Catholique Agricole.

En 1931, il fut nommé curé à San Bartolomé, une des plus importantes et anciennes paroisses de Murcia. Il y fonda l’Action Catholique. Son zèle sacerdotal le poussa à développer l’enseignement religieux parmi ses fidèles, et aussi à ramener dans le bon chemin des femmes de mauvaise vie.

Au moment du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, il vit partir en flammes l’édifice de La Verdad, ainsi que la porte d’une église et passa toute la nuit à veiller avec des jeunes de l’Action Catholique pour protéger celle de San Bartolomé. Puis il rejoignit sa famille à Baena.

Le 4 septembre 1936 vers deux ou trois heures du matin, des miliciens vinrent l’arrêter avec ses frères Fulgencio et José, ainsi qu’un autre jeune franciscain, frère Buenaventura. On relâcha José et on embarqua les trois autres en camion, direction El Esparragal.

Au lieu-dit Cuello de la Tinaja, don Pedro leur dit : Vous ferez ce que vous voulez de moi, qui suis prêtre ; mais mon frère, laissez-le, c’est l’unique personne qui puisse assister ma mère qui est très malade…

Une première décharge blessa gravement les trois prisonniers. Tombés à terre, ils reçurent encore des coups, qui achevèrent don Pedro et Frère Buenaventura, mais Fulgencio, le frère du prêtre, survécut miraculeusement, et c’est à lui qu’on doit ces témoignages.

Don Pedro fut béatifié en 2013, ainsi que Frère Buenaventura.

 

 

Francisco Sendra Ivars

1899-1936

 

Il vit le jour le 23 avril 1899 à Benisa (Alicante, Espagne), de José et María, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Enfant de chœur dans son pays, il entendit très tôt l’appel divin et entra au séminaire de Valencia.

Ordonné prêtre en 1924, il fut successivement à Tormos, Ráfol, Sanet, enfin Calpe en 1931, où il mit à profit ses capacités de menuisier, maçon et forgeron.

Comme catéchiste, il s’équipa avec les moyens les plus modernes possibles.

Sa parole était aussi claire que son comportement, et s’il savait conseiller ses fidèles, il avait aussi ses détracteurs.

Le 18 juillet 1936, le Comité révolutionnaire l’invita d’abord à retirer sa soutane, ce qu’il refusa catégoriquement ; on l’expulsa de la paroisse, et il rejoignit sa mère à Benissa.

Le 4 septembre 1936, des miliciens vinrent l’appréhender ; il embrassa sa mère, priant les miliciens de l’épargner ; après quelques mots de réconfort, il lui dit aussi d’accepter la volonté de Dieu.

Les miliciens dirent au prêtre que, s’il acceptait de se marier, ils ne lui feraient rien. Certains d’entre eux, qui le connaissaient bien, lui conseillaient de simuler seulement une telle position ; il refusa.

N’en pouvant rien tirer d’autre, ils le torturèrent, lui coupèrent les parties génitales au milieu des moqueries et des insultes. On le fusilla à la Garganta de Teulada (Alicante), ce même jour.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Restituto Santiago Allende

1902-1936

 

Restituto était né le 10 juin 1902, à Bustillo del Monte (Santander, Espagne), de Eusebio et Lorenza, de bons paysans très chrétiens, qui le firent baptiser dès le lendemain.

L’enfant fut confirmé en 1904.

Il entra en 1915 au collège des Frères Maristes à Anzuola (Guipúzcoa), où il montra des qualités peu communes pour l’étude et pour la musique.

Il y commença le noviciat en 1917 ; en 1918 il reçut l’habit et le nom de José d’Arimathie ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1926.

Il n’avait pas toutes les qualités : son caractère vivace lui rendait même difficiles ses rapports avec les Confrères.

Le Frère José fut envoyé à Zalla (1920), Bilbao (1923), Anzuola (1926), Oronoz (1927) ; puis à Grugliasco (Italie), pour une nouvelle période de formation, en 1930, d’où il sortit plus convaincu que jamais de dominer son caractère : malgré quelques «sorties» pour rappeler à l’ordre aussi bien les Confrères que les employés de la maison, il fut vraiment différent.

Il fut enfin envoyé à Ribadesella (Asturies) pour y ouvrir et diriger le nouveau collège. Il sut par sa bonté conquérir l’estime générale, mais aussi se fit quelques ennemis, parmi ceux qui détestaient l’enseignement catholique.

Pour donner plus de solennités aux fêtes, il monta une chorale à la paroisse et se mit à l’orgue. Les fidèles furent plus nombreux aux cérémonies.

C’est dans ce collège qu’on vint l’arrêter à une heure du matin le 26 juillet 1936. On l’enferma à la Maison du Peuple puis, le 11 août, dans l’église elle-même, qui servait de prison. Le 15 août, on l’envoya dans un coin de la cave de la mairie.

On l’en sortit le 4 septembre 1936 pour l’assassiner, à Sama de Langreo.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Baltasar Mariano Muñoz Martínez

1912-1936

 

Il vit le jour le 7 décembre 1912 à Santa Cruz (Llano de Brujas, Murcia, Espagne), dernier des six enfants de Antonio et Josefa, qui le firent baptiser le lendemain de sa naissance.

La sœur de Baltasar, Isabel, fut abbesse des Justiniennes à Murcia.

Encore tout petit, il fut orphelin de ses bons parents, de sorte que son frère aîné Antonio, qui avait quinze ans, s’occupa de lui. Quand il se maria, il prit Baltasar chez lui.

Il grandit ainsi avec piété, fidèle au chapelet quotidien, fréquentant l’école du village et gardant le troupeau.

En 1920, il reçut la Première communion et la Confirmation.

En 1926, il entra au collège franciscain de Cehegín.

En 1930, il entra au noviciat des Frères Mineurs franciscains à Las Huertas de Lorca, et prit le nom de Buenaventura.

Une première épreuve intervint en 1931, quand, à cause des soulèvements républicains, il dut partir quelques semaines dans sa famille. Rentré à Lorca, il fit la première profession en septembre 1931.

Il commença alors les années de philosophie à Santo Ángel et, en 1934, commença celles de théologie à Orihuela.

En janvier 1935, il fit la profession solennelle.

Le 24 juillet 1936, il quitta à nouveau le couvent, cette fois-ci définitivement, pour se réfugier dans sa famille, mais changeant continuellement d’endroit.

Le 4 septembre 1936 vers deux ou trois heures du matin, des miliciens vinrent l’arrêter, comme ils avaient déjà arrêtés ses frères Antonio et Ginés ainsi que le prêtre don Pedro Sánchez et ses deux frères. Ils relâchèrent Antonio, Ginés et un des frères de don Pedro.

On conduisit Buenaventura à quelques centaines de mètres de là, où se trouvaient déjà don Pedro et son frère. On les embarqua tous les trois en camion, direction El Esparragal, au lieu-dit Cuello de la Tinaja.

Là, se trouvaient quelque sept miliciens, armés, prêts à tirer. On aligna les trois victimes, Buenaventura au centre.

Une première décharge blessa gravement les trois prisonniers. Tombés à terre, ils reçurent encore des coups, qui achevèrent don Pedro et Frère Buenaventura, mais Fulgencio, le frère du prêtre, survécut miraculeusement, et c’est à lui qu’on doit ces témoignages.

Frère Buenaventura fut béatifié en 2013, ainsi que Don Pedro.

 

 

Luis Prado García

1914-1936

 

Luis Prado García vit le jour le 4 mars 1914, à San Martín de Laspra (auj. Pietras Blancas, Asturies, Espagne), dixième des treize enfants de José et Vicenta ; José travaillait à l’usine Arnao.

Les parents purent envoyer leurs enfants à l’école primaire, mais pas tous au collège.

Luis fut de ceux qui fréquentèrent le collège ; mais le matin, il allait d’abord à la messe ; à midi, il priait l’Angelus, et le soir le chapelet ; il était sacristain de la paroisse.

Pour intégrer le séminaire en 1930, il put bénéficier de l’héritage laissé par un brave homme de Avilés. Séminariste simple, humble, bon travailleur, il était si doux et si serviable, qu’on lui confia le soin de la sacristie et de l’infirmerie.

Après la mort des six séminaristes assassinés en 1934 (v. 7 octobre), il éprouva pour eux une sainte jalousie. En 1936, il trouva d’abord à se réfugier chez des parents à La Carriona (Avilés), mais fut découvert et conduit à Gijón ; on lui commandait de lever la main et de saluer la République, mais il répondait Vive le Christ ! Le 4 septembre 1936, on l’abattit de onze coups de feu, dont un dans la main et cinq dans le ventre ; tandis qu’il répétait encore Vive le Christ !, on lui tira dans la tête.

Luis fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 4 septembre dans le Martyrologe Romain.

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 23:00

03 SEPTEMBRE

 

I.

Ste Phibi, diaconesse à Cenchrées (cf. Rm XVI, 1-2).

IV.

Ste Basilissa, jeune vierge de neuf ans; martyre à Nicomédie.

S Sandalius, martyr à Cordoue.

S Mansuetus, évêque à Toul.

?

S Marinus, tailleur de pierres, diacre et ermite, à l'origine de la ville de San Marino.

VI.

S Oengus Mac Nisse, évêque en Irlande.

S Auxanus, évêque à Milan, qui fit par erreur une consécration irrégulière et s'en repentit.

S Maurillon, évêque à Cahors, qui soignait sa goutte en s'appliquant un fer rouge sur les jambes et les pieds.

VII.

S Grégoire le Grand, pape (590-604) et Docteur de l'Eglise, mort le 12 mars, fêté en ce jour, anniversaire de son ordination.

S Remacle, moine à Luxeuil, abbé à Solignac, évêque à Tongres.

S Aigulphus, bénédictin à Fleury-sur-Loire, à l'origine du transfert des reliques de s. Benoît, et plus tard abbé à Lérins, victime d'une conspiration dans son monastère, cause de son martyre.

S Frogentius, bénédictin à Fleury-sur-Loire, martyr.

S Rieul, évêque à Reims, qui avait auparavant épousé la nièce de son prédécesseur, s. Nivard, et s'était réconcilié avec l'assassin de ses fils. 

S Vitaliano, évêque à Montesarchio.

VIII.

S Balanus, moine en Irlande (Iona, Techsaxon).

S Chrodegang, évêque à Séez ; voulant faire le pèlerinage à Rome, il confia le diocèse à son frère, qui le fit assassiner à son retour.

XIII.

B Guala, dominicain et évêque à Brescia.

XVII.

Bx Bartolomé Gutiérrez (mexicain), Francisco Terrero de Jésus (espagnol), Vicente Carvalho (portugais), augustins ; Gabriel Tarazona de Ste-Madeleine (franciscain espagnol), Antonius Ishida Kyūtaku (jésuite japonais), Hieronymus Iyo de la Croix (japonais), tous prêtres sauf Gabriel, torturés d'abord avec de l'eau sulfureuse, puis brûlés à petit feu l'année suivante à Nagasaki.

Bse Brigida de Jésus Morello, jeune veuve génoise, puis fondatrice des Ursulines de Marie-Immaculée à Piacenza, béatifiée en 1998.

XVIII.    

Bx Martyrs de septembre au séminaire Saint Firmin à Paris : soixante-et-onze prêtres et religieux ; un diacre et trois laïcs dans la prison La Force, tous béatifiés en 1926 ; ce sont : 

- Diocésains : André-Abel Alricy, Bertrand-Antoine de Caupenne, Charles Carnus, Charles-Victor Véret, Claude-Louis Marmontant de Savigny, Claude-Sylvain-Raphaël Mayneaud de Bizefranc, Denis-Claude Duval, Etienne-Michel Gillet, François-Joseph Monnier, Georges-Jérôme Giroust, Gilbert-Jean Fautrel, Gilles-Louis-Symphorien Lanchon, Henri-Jean Milet, Jacques Dufour, Jacques-Léonor Rabé, Jacques-Louis Schmid, Jean Lemaître, Jean-Baptiste Bottex, Jean-Charles (Jean-Baptiste) Legrand, Jean-Jacques de la Lande, Jean-Joseph de Lavéze-Bellay, Jean-Michel Philippot (Phelippot), Jean-Pierre Le Laisant, Jean-Thomas Leroy, Joseph Falcoz, Joseph-Louis (Jean-Louis) Oviefre, Joseph-Marie Gros, Julien Le Laisant, Julien-François Hédouin, Louis-Jean-Matthieu Lanier, Marie-François Moufflé, Martin-François-Alexis Loublier, Michel Leber, Michel-André-Sylvestre Binard, Nicolas Bizé, Nicolas Gaudreau, Nicolas-Claude (Nicolas-Charles) Roussel, Philibert Fougère (Pierre-Philibert), Pierre Bonzé, Pierre Briquet (Brisquet), Pierre Brisse, Pierre Saint-James, Pierre-François Hénocq, Pierre-Jacques de Turménies, Pierre-Jean Garrigues, Pierre-Louis Joret, Pierre-Paul Balzac, Pierre-Robert-Michel Régnet, René-Joseph Urvoy, Yves-André Guillon de Keranrun, Yves-Jean-Pierre Rey de Kervizic ;

- Jésuites : Eloy Herque (du Roule), François-Hyacinthe Le Livec de Trésurin, Jean-Antoine Seconds, Jean-François-Marie Benoît (Vourlat), Michel-Marie-François de la Gardette, Nicolas-Marie Verron, Pierre-Michel (Pierre-Marie) Guérin du Rocher, René-Marie Andrieux, Robert-François (François-Robert) Guérin du Rocher ;

- Chanoines de Saint-Victor : Jean-Charles-Marie-Bernard du Cornillet ;

- Chanoines de Sainte-Geneviève : Jean-François Bonnel de Pradel (Pradal), Claude Pons (Ponse) ;

- Vincentiens (de la Mission) : Jean-Charles Caron, Nicolas Colin, Louis-Joseph François, Jean-Henri Gruyer ;

- Eudistes : Pierre-Claude Pottier ;

- Doctrine Chrétienne : Claude Bochot, Eustache Félix ;

- Capucins : Jean-Pierre Duval ;

- Diacre : Pierre-Florent Leclercq ;

- Laïcs : Sébastien Desbrielles, Louis-François Rigot, Jean-Antoine-Joseph de Villette.

XIX.       

SS Pak K’ŭn-agi Maria, Kwŏn-hŭi Barbara, Pak Hu-jae Ioannes, Yi Chŏng-hŭi Barbara, Yi Yŏn-hŭi Maria, Kim Hyo-Ch’u Agnes, laïques coréens torturés et décapités, canonisés en 1984, fêtés le 20 septembre. 

Bse Maria Velotti (Maria Luigia du Très-Saint-Sacrement, fondatrice italienne des Franciscaines Adoratrices de la Sainte-Croix, stigmatisée, béatifiée en 2020.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Lleida, Pius Salvans Corominas (*1878) ;

Fr.Maristes : près de Lleida, Joan Pastor Marco (Fabià), Baldomer Baró Riera (Aquilli), Lorenzo Gutiérrez Rojo (Félix Lorenzo) et Hilario de Santiago Paredes (Ligorio Pedro) (*1876, 1903, 1906, 1912) ;

Filles de la Sagesse : près de Madrid, Conceptión Pérez Giral, Dolores Úrsula Caro Martín, Andrea Calle González (*1887, 1893, 1904) ;

- béatifiés en 2021 :

Dominicains : près d’Almería, le prêtre Juan Aguilar Donis (*1886) ;

Ouvriers du S.Cœur : près de Jaén, Manuel Galcerá Videllet (*1877).

Bses Denise Leclerq et Jeanne Littlejohn (*1930, 1933), religieuses assomptionnistes, martyres en Algérie (1995), béatifiées en 2018.


 .

 

 

Phibi de Cenchrées

1er siècle

 

On écrit en général Phoebe, mais les Grecs prononcent Phibi.

Dans l’épître aux Romains, s.Paul écrit :

Je vous recommande Phibi, notre sœur, qui est diaconesse de l’Eglise de Cenchrées, afin que vous la receviez en notre Seigneur d’une manière digne des saints, et que vous l’assistiez dans les choses où elle aurait besoin de vous, car elle a donné aide à plusieurs et à moi-même (Ro 16:1-2).

Cenchrées (auj. Kekhries) était un des ports de Corinthe (Grèce). On se souviendra que s.Paul passa à Cenchrées où, ayant fait un vœu, il se fit raser la tête totalement (cf. Ac 18:18).

Phibi était donc diaconesse, c’est-à-dire assistante, comme le diacre assiste l’évêque, mais avec cette différence que le diaconat, premier échelon du sacerdoce, se confère dans le sacrement de l’Ordre, tandis que les diaconesses étaient en quelque sorte des religieuses, rendant mille services à la communauté, comme le font les infirmières, les sacristines, les catéchistes etc.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Phibi de Cenchrées au 3 septembre.

 

 

Basilissa de Nicomédie

4e siècle

 

D’après les manuscrits grecs, cette petite fille de neuf ans subit un long martyre.

Ni les fouets, ni le feu, ni les bêtes n’eurent raison de sa foi constante ; au contraire, elle convertit le préfet Alexandre à la foi du Christ. On la traîna hors de la ville, où elle mourut en priant.

C’était à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Basilissa de Nicomédie au 3 septembre.

 

 

Sandalius de Cordoue

4e siècle

 

Sandalius aurait été martyrisé au début du quatrième siècle, à Cordoue (Espagne S), vers 305.

Certains, moins convainquants, opineraient pour le neuvième siècle, durant la persécution musulmane.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sandalius de Cordoue au 3 septembre.

 

 

Marinus de Rimini

4e siècle

 

Marinus aurait été originaire de l’île dalmate d’Arborea.

Tailleur de pierres, il vint à Rimini (Italie NE) exercer le métier de maçon.

Sentant arriver la persécution, il se réfugia sur le mont Titano, bientôt suivi par tout un groupe de Chrétiens, qui formèrent ainsi la première communauté, événement officiellement daté du 3 septembre 301.

Lors de l’édit de Constantin (313), Marinus fut ordonné diacre par l’évêque de Rimini.

Marinus serait mort en 366, date retenue pour la fondation historique de la ville de Saint-Marin.

On se demande pourquoi Marinus resta diacre si longtemps, sans être ordonné prêtre. La réponse est peut-être dans sa profonde humilité. Devenu prêtre (ou évêque), il n’aurait plus eu le temps de vaquer à son travail de la pierre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marinus de Rimini au 3 septembre.

 

 

Mansuetus de Toul

4e siècle

 

Mansuetus (communément appelé Mansuy), aurait été originaire de Grande-Bretagne.

De retour de Rome, il s’arrêta (ou on l’arrêta) à Toul pour y être le premier évêque.

Son épiscopat aurait duré de 338 à 375, soit trente-sept ans.

On l’invoque particulièrement pour la guérison des lépreux.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mansuetus de Toul au 3 septembre.

 

 

Oengus Mac Nisse

† 514

 

Oengus Mac Nisse (en latin : Macanisius), irlandais, passe pour avoir été baptisé par s.Patrice (v. 17 mars), avant de devenir un disciple de s. Olcán (v. 20 février ?).

On croit savoir qu’Oengus Mac Nisse vivait déjà en ermite à Kells, avant d’y fonder un monastère.

Il serait le fondateur et premier évêque-abbé de Connor (act. Antrim).

Saint Oengus Mac Nisse est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Auxanus de Milan

† 566

 

Auxanus (Ausano en italien), aurait été le trentième évêque de Milan, de 556 à 566, si du moins les listes épiscopales sont exactes.

Il y a un problème concernant Auxanus : une lettre du pape Pélage concernant l’évêque de Milan, le traite de schismaticus. Auxanus n’était certainement pas un ennemi de la doctrine ; les historiens ont essayé de comprendre la situation et ont avancé qu’Auxanus avait peut-être ordonné, et par erreur, Paulinus d’Aquilée qui, lui, n’était pas dans l’orthodoxie, ce qui pouvait justifier le jugement du pape. S’étant rendu compte de son erreur, Auxanus s’en repentit ; mais Pélage mourut en 561 et n’eut peut-être pas le temps de revenir sur son jugement.

Le repentir d’Auxanus doit susciter notre admiration ; il justifie pleinement la mémoire dont on a entouré l’évêque après sa mort et le culte qu’on lui a rendu.

Saint Auxanus de Milan est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rimagilus de Stavelot

600-669

 

Rimagilus, en français Remacle, était d’une famille d’Aquitaine, où il naquit vers 600.

Il entra au monastère de Luxeuil, où l’on observait la Règle de s.Colomban (v. 23 novembre).

En 632, il reçut de s.Eloi (v. 1er décembre) la mission de fonder une abbaye à Solignac, où l’on vivrait sous les deux Règles de s.Colomban et s. Benoît. Remacle y fut abbé pendant plus de dix ans.

En 645, il fondait encore à Cugnon, dans la forêt d’Ardenne.

Après 650, Remacle fut autorisé à fonder un double monastère à Stavelot-Malmédy. Cette fondation aurait joui d’une totale immunité. L’immense terrain concédé représentait un cercle de trente kilomètres de diamètre, avec d’autres possessions en basse Loire, des moulins, etc. 

De 652 à 662, on confia aussi à l’Abbé l’administration du diocèse de Tongres, sur le territoire duquel se trouvaient Stavelot et Malmédy. Remacle fut donc le vingt-sixième évêque de Tongres.

Remacle mourut le 3 septembre, vers 669.

Stavelot dépendit plus tard de Liège, Malmedy de Cologne.

Saint Rimagilus de Stavelot est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

Les deux abbayes de Stavelot-Malmedy furent pillées et supprimées en 1796. On en visite actuellement les ruines et quelques bâtiments.

 

 

Aigulphus de Lérins

630-675

 

S’il a vraiment existé (!) Aigulphus serait né à Blois vers 630, de parents pauvres et pieux qui, l’ayant enfin obtenu grâce à leurs prières ferventes, le consacrèrent à Dieu.

Adolescent, Aigulphus se mit sous la direction de l’abbé de Fleury-sur-Loire, à moins qu’il se soit d’abord adressé à Leobodus, abbé à Orléans, qui l’envoya ensuite à Fleury.

Il fut chargé d’aller récupérer les reliques de s.Benoît (v. 21 mars) au Mont-Cassin, après l’incursion destructrice des Lombards. S’étant bien acquitté de sa mission, il devint célèbre (ainsi que l’abbaye de Fleury-sur-Loire) et fut appelé à gouverner le monastère de Lérins (670).

Ce monastère venait à son tour d’être dévasté par les Sarrasins et le nouvel Abbé voulait tout mettre en œuvre pour le relever. Deux moines cependant, devenus suppôts du diable, entravèrent les travaux autant qu’ils le purent et même obtinrent du gouverneur Mummolus une troupe qui vint enlever Aigulphus et tous les moines restés fidèles à lui.

Les captifs eurent les yeux crevés et la langue coupée, et furent abandonnés sur un îlot proche de la Corse.

Ensemble ils répétaient à leur façon le psaume 94 : Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange. Aigulphus les exhortait patiemment à accepter ces souffrances comme la clé qui leur ouvrirait les portes du Ciel.

Leur gardien, touché par l’attitude de ces pieux soldats du Christ, offrit la liberté à Aigulphus, qui la refusa.

Au contraire, Aigulphus reçut un surplus de tortures et fut décapité.

Toute cette histoire qui semble très véridique, est contestée à la base par les historiens dits spécialistes, qui ne retiennent pour historiques que l’abbatiat d’Aigulphe à Lérins et l’incursion des Sarrasins, vers 675.

Saint Aigulphus de Lérins est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vitaliano de Montesarchio

† 699

 

Vitaliano aurait été évêque de Montesarchio, une localité située entre Capoue et Benevento (Italie), dont le nom latin (Caudium) nous rappelle immédiatement l’épisode des Fourches Caudines (321 av. JC).

Mais Capoue revendique aussi Vitaliano comme son vingt-cinquième évêque, de 693 à 718. Rien n’empêche que Vitaliano ait pu être nommé successivement aux deux diocèses, ou qu’il les ait cumulés pendant un temps. Les dates restent imprécises et permettent ces suppositions.

Une «tradition» existe selon laquelle, après avoir été acclamé par le peuple de Capoue, Vitaliano fut accusé de vie dissolue et promené en place publique vêtu d’habits de femme. Malgré sa parfaite innocence, l’évêque fut capturé, lié dans un sac de cuir et jeté au fleuve Garigliano ; porté miraculeusement à Ostie, Vitaliano fut alors rappelé par ses diocésains, mais il préféra se retirer.

Capoue fut bientôt frappée de sécheresse, de famine et de peste.

Vitaliano aurait fondé un  ermitage sur le Monte Partenio et y serait mort en 699 (ou même 718, cf. supra)).

Saint Vitaliano de Montesarchio est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chrodegang de Séez

† 770

 

Chrodegang (ou Godegrand) était de famille noble, peut-être d’Exmes. Il avait une sœur, Opportune (v. 22 avril).

Les vertus de Chrodegang le désignèrent pour devenir le dix-septième évêque de Séez, entre s.Loyer et s.Gérard. On ne sait quand Loyer termina ses jours, ni précisément quand Gérard commença son épiscopat : vers 765-770.

Chrodegang voulut mettre son épiscopat sous la protection de s.Pierre, et entreprit le pèlerinage à Rome. Mais pour ne pas laisser son diocèse sans direction, il le confia à son frère, Chrodebert.

Ce dernier, loin de correspondre à l’idéal de son frère, profita de l’absence de Chrodegang pour s’approprier des biens ecclésiastiques et alla jusqu’à se faire élire évêque à la place de Chrodegang. Il est vrai que le pèlerinage de Chrodegang dura quelque sept années, et ce fut certainement une erreur de la part de Chrodegang d’être absent de son diocèse si longtemps.

Dieu permet parfois des situations «irrégulières» pour aboutir à des circonstances qui retournent à Sa gloire. Ainsi, lorsque Chrodegang fut de retour, il s’arrêta d’abord auprès de sa sœur Opportune, qui était abbesse de Montreuil, puis rendit visite à sa tante Lanthilde, l’abbesse d’Almenèches. De passage à Nonant, Chrodebert l’aperçut et, sans phrase, le fit assassiner.

C’est ce martyre qui rendit célèbre Chrodegang, plus que toute sa vie, qu’on ne connaît finalement pas.

Il paraît que les buveurs ont repris la deuxième forme du prénom de Chrodegang, Godegrand, qui devint pour eux Godet grand, pour en faire leur saint Patron.

Saint Chrodegang de Séez est commémoré le 3 septembre dans le Martyrologe Romain.

Guala de Roniis de Brescia

1180-1244

 

Guala (Wala) naquit à Bergame (Italie N) vers 1180.

Vers 1218, déjà prêtre, il entra chez les Dominicains et fut nommé prieur à Brescia, déjà remarqué pour la sainteté de sa vie.

En 1219, assistant saint Domingo (v. 6 août) avec Rodolfo de Faenza et Reginald d’Orléans, il reçut les vœux de Diana d’Andaló (v. 10 juin) à Bologne. Les années suivantes, ce fut lui qui intervint personnellement auprès du pape pour obtenir le déplacement de quelques Religieuses dominicaines romaines à Bologne, en vue de l’établissement d’un monastère à Bologne (1223).

En 1221, au nom du Fondateur, il reçut de l’évêque de Brescia l’église de s.Faustino en faveur des Dominicains et, en 1223, il participait avec l’évêque à la solennelle procession des reliques des ss.Faustino et Jovite, après le terrible tremblement de terre de Noël 1222.

Quand mourut saint Domingo, le fondateur des Dominicains (1221), Guala eut la vision de l’entrée de Domingo dans la gloire du Ciel : sans savoir que Domingo était mort, il accourut à Bologne pour raconter aux Frères sa vision, et c’est alors qu’on lui annonça la mort de Domingo.

En 1226, une première mission lui fut confiée auprès des villes lombardes et de l’empereur Frédéric II, qui échoua. D’autres tractations continuèrent entre Trévise et Padoue, entre Bologne et Modène. Il est établi que c’est grâce à lui que fut signée la Paix de San Germano en 1230, qui assura une certaine tranquillité en Europe pendant huit ans ; un accord intervint enfin entre l’empereur et le Pape.

En 1230, il fut nommé évêque pour le siège de Brescia. Il est contestable que Guala ait commencé son épiscopat par le décret de la peine de mort pour les hérétiques ; il semble que l’empereur lui-même l’ait précédé dès 1224, et que Guala n’ait pas protesté, uniquement pour ne pas provoquer l’empereur contre la ville et le diocèse. Guala au contraire s’interposa constamment pour rétablir la paix entre les factions.

En 1232 et 1233, il fut chargé de mission auprès de l’empereur à Ravenne et auprès de l’évêque de Parme ; il assista à la canonisation de saint Domingo à Bologne.

Dans son diocèse, Guala lutta énergiquement contre le clergé simoniaque, mais aussi contre les potentats locaux qui voulaient s’emparer des biens de l’Eglise.

La situation politique et sociale de cette ville, comme dans toute la Lombardie, était continuellement sujette aux revendications de la population, tantôt montée contre l’empereur, tantôt dressée contre la papauté. Guala intervint en faveur de la paix, mais cherchant à soutenir l’Eglise et le Pape, ou l’Empereur (quand il n’était pas excommunié) pour en obtenir les faveurs, ou la Ligue lombarde, quand c’était possible.

En août 1238, Brescia résista énergiquement contre Frédéric II, qui dut se retirer après deux mois de siège. Mais en 1239, Guala fut exilé à la suite d’un mouvement populaire dans lequel convinrent la commune, le clergé, et même le légat pontifical ; Guala se retira près le monastère d’Astino et on lui nomma un remplaçant, qui ne fut jamais reconnu par Rome. La situation était compliquée, impliquant aussi le conseil des Dominicains ; il y eut plusieurs procès et appels. Guala dut aller trouver personnellement le pape à Rome pour lui expliquer la vraie situation. Finalement, en 1240, Grégoire IX nomma Guala inquisiteur de la Foi et lui confia une nouvelle mission auprès de l’empereur ; enfin, en 1243, Innocent IV rétablit Guala sur son siège et l’évêque fut accueilli triomphalement par les diocésains.

Revenu au monastère d’Astino pour une visite, Guala y mourut le 3 (ou le 5) septembre 1244.

Son culte fut confirmé en 1868.

Hieronymus Iyo

?-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Hieronymus Iyo naquit  à Nagasaki (Japon).

C’était un prêtre diocésain, membre du Tiers-Ordre franciscain et, dans cette dernière affectation, portait le nom de Hieronymus de la Croix.

Il porta sa croix jusqu’au bout et fut condamné avec Bartolomé Gutiérrez Rodríguez et ses Compagnons.

Le 2 septembre, le gouverneur Unémé envoya les deux prêtres japonais, Antonius Ishida et Hieronymus Iyo, avec le frère Gabriel Tarazona, chez des renégats, qui essayèrent sans succès de les faire apostasier.

Hieronymus consomma donc son martyre le 3 septembre 1632 et fut béatifié en 1867.

 

 

Gabriel Tarazona Rodríguez

1567-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Gabriel était né en octobre 1567 à Fonseca (Tolède, Espagne), de Pedro et Isabel, qui le firent baptiser le 22 octobre suivant ; il reçut la Confirmation en 1571.

Après avoir étudié et exercé la médecine, il entra comme Convers chez les Frères Mineurs Alcantarins vers l’âge de trente ans, prenant le nom de Gabriel de Sainte-Madeleine.

Ce fut une âme mystique. Il fut favorisé de dons extraordinaires.

On l’envoya en 1601 aux Philippines, et de là en 1606 au Japon, où des guérisons miraculeuses qu’il opéra dans les hôpitaux d’Osaka lui acquirent une certaine popularité. 

Une persécution éclata en 1613, mais les persécuteurs le laissaient circuler librement et même le relâchaient s’il venait à être arrêté dans une rafle de chrétiens.

Frère Gabriel était connu pour ses miracles, pour ses extases ; il lui arriva de devenir invisible à ses gardiens de prison, et de se trouver au même moment chez le gouverneur…

Ce gouverneur Unémé, cependant, qui voulait empêcher à tout prix le Christianisme de se répandre, garda chez lui le Frère, et se fit soigner par lui. Et voilà que sa nièce, guérie par la prière du Frère, se convertit : fureur du gouverneur, qui ordonna de conduire le Frère à Ōmura, où se trouvaient déjà le père Bartolomé Gutiérrez et ses Compagnons.

La suite des événements a été relatée dans la notice du père Bartolomé. Ajoutons que, lors du supplice de l’eau sulfureuse, le frère Gabriel, qui était déjà malade, n’y fut soumis «que» deux fois.

Le 1er septembre, il fut comme les autres condamné à mort.

Le 2 septembre, le gouverneur Unémé envoya les deux prêtres japonais, Antonius Ishida et Hieronymus Iyo, avec le frère Gabriel, chez des renégats qui essayèrent sans succès de les faire apostasier.

Gabriel consomma donc son martyre le 3 septembre 1632 et fut béatifié en 1867.

 

 

Antonius Ishida Kyūtaku

1570-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Antonius naquit en 1570 à Shimabara (Nagasaki, Japon).

Après ses études, il entra en 1589 chez les Jésuites et fut ordonné prêtre.

Convoqué par le Provincial des Jésuites à Nagasaki, il s’y rendit mais, soit qu’il ne fût pas assez prudent, soit qu’il n’eût pas le temps de l’être, il fut arrêté dès le 15 novembre 1629 sur ordre du gouverneur de Nagasaki, un certain Unémé.

Ce dernier lui montra des ornements sacerdotaux et l’invita à s’en revêtir. Le Père obéit et prêcha éloquemment la foi chrétienne. Unémé fut très intéressé, mais à la fin rappela les ordres de l’empereur et fit brûler tous les ornements, dont les cendres furent jetées à la mer. Une entrevue avec des bonzes, le lendemain, montra la supériorité du Jésuite, mais ne modifia pas la conduite du gouverneur. Unémé donna ordre de transférer le père Antonius à Ōmura, le 12 décembre 1629. Il y resta jusqu’en novembre 1631. Mais ce n’était pas encore l’heure du martyre.

(Pour la suite des détails de ce martyre, qu’on veuille bien lire la notice de Bartolomé Gutiérrez Espinosa).

En décembre 1631, le père Francisco souffrit six fois le supplice de l’eau sulfureuse.

La sentence de mort lui fut annoncée le 1er septembre 1632, comme on l’a vu pour Bartolomé Gutiérrez. Le 2 septembre, le gouverneur Unémé envoya encore Antonius et un autre prêtre (Hieronymus Iyo) chez des renégats, qui essayèrent, mais vainement, de les faire apostasier.

Antonius consomma son martyre, avec Hieronymus et les autres Compagnons, le 3 septembre 1632 et fut béatifié en 1867.

 

 

Bartolomé Gutiérrez Espinosa

1580-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Bartolomé naquit le 24 août 1580 à Mexico, de Alonso et Ana Rodríguez de Espinosa, et fut baptisé le 4 septembre suivant.

Après avoir étudié chez les Jésuites, sa vocation le conduisit chez les Augustins, où il fit la profession en 1597.

On l’envoya ensuite approfondir sa formation ès Arts et théologique à Yuririapúndaro, puis il fut ordonné prêtre et commença son apostolat à Puebla de los Ángeles.

En 1606, il partit sur le Espíritu Santo à destination des Philippines, où il fut d’abord confesseur pour les Espagnols, puis aurait été maître des novices à Manille.

En 1612, il fit un premier voyage au Japon, nommé supérieur pour un couvent, mais il fut vite contraint de repartir à Manille, où il s’occupa de la sacristie et fut maître des novices, parmi lesquels deux Japonais.

Il repassa clandestinement au Japon en 1617, avec Pedro de Zúñiga (voir au 19 août). 

Le père Bartolomé était déjà un homme d’apparence squelettique. Son calvaire allait commencer. 

Arrêté à Kikizzou le 10 novembre 1629, il fut conduit à Nagasaki. 

Au nord de Nagasaki, se trouve le mont Ungen, où jaillissent des eaux sulfureuses horriblement corrosives. L’eau pénétrée de soufre rejaillit à près d’un mètre ; ce liquide a le don de détruire les chairs en un instant. C’est en cela que consista le supplice du père Bartolomé et de ses Compagnons, qui étaient Vicente Simões de Carvalho, Francisco Terrero de Ortega Pérez, Antonius Ishida Kyūtaku, Hieronymus Iyo, Gabriel Tarazona Rodríguez, ainsi que Beatriz da Costa et Maria da Silva.

Le 3 décembre 1631, on les emmena au pied du mont Ungen. Le 5 décembre, on les attacha à une pierre et on leur versa sur la peau cette eau terrible, mais lentement, pour ne pas provoquer une mort subite. Le père fut soumis deux fois à ce supplice. Puis on prétendit les faire marcher sur le Crucifix, mais ils restèrent inébranlables. Le 5 janvier, on les ramena à Nagasaki, couverts de plaies et d’ulcères, mais fortifiés dans leur foi.

On attendit plusieurs mois la décision de l’empereur, ce qui permit aux prisonniers de faire parvenir des billets aux missionnaires cachés dans la ville.

Le 1er septembre, les Religieux furent condamnés à mort, les deux femmes exilées.

Le 3 septembre, on chargea les Religieux dans des litières bien fermées pour ne pas exciter la population. On les conduisit aux environs de Nagasaki, à Nishizaka, où on les attacha par un doigt seulement à des poteaux, pour leur permettre, éventuellement, de fuir aisément si la douleur venait à bout de leur courage. De plus, le bûcher avait été arrosé d’eau salée pour diminuer la force du feu et prolonger le supplice.

Quand les corps furent entièrement consumés, on jeta à la mer leurs cendres.

Bartolomoé Gutiérrez fut béatifié avec ses Compagnons en 1867.

 

 

Vicente Simões de Carvalho

1590-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Vicente naquit en 1590 à Albufeira (Portugal), de António et Catarina Pereira.

Après ses excellentes études, ses parents l’envoyèrent à Lisbonne, où il entra chez les Ermites Augustins et il fut ordonné prêtre en 1617.

Il fut envoyé aux missions d’Extrême Orient, et il put pénétrer au Japon en 1623, déguisé en jongleur ou en marchand des quatre-saisons, pour pouvoir s’introduire dans les maisons et parler du Christ aux païens, ou relever le courage des Chrétiens persécutés.

Il fut pris le 25 novembre 1629 et conduit le 12 décembre suivant à Ōmura, où il resta jusqu’en novembre 1631. Mais ce n’était pas encore l’heure du martyre.

(Pour la suite des détails de ce martyre, qu’on veuille bien lire la notice de Bartolomé Gutiérrez Espinosa).

Le père Vicente souffrit quatre fois le supplice de l’eau sulfureuse.

Il consomma son martyre le 3 septembre 1632 et fut béatifié en 1867.

 

 

Francisco Terrero de Ortega Pérez

1590-1632

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Francisco naquit en mai 1590 à Villamediana (Palencia, Espagne).

Après ses études, il entra en 1614 chez les Ermites Augustins de Valladolid. Il prit le nom de Francisco de Jésus et il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé aux missions d’Extrême Orient, et arriva à Manille en 1620. Il put pénétrer au Japon en 1623 avec le père Vicente Simões de Carvalho : il s’était teint le visage en noir et vendait des châtaignes, moyennant quoi il pouvait accoster les gens et leur parler du Christ.

Il fut pris le 18 novembre 1629 dans les montagnes d’Yukinura et conduit à Ōmura, où il resta jusqu’en novembre 1631. Mais ce n’était pas encore l’heure du martyre.

(Pour la suite des détails de ce martyre, qu’on veuille bien lire la notice de Bartolomé Gutiérrez Espinosa).

En décembre 1631, le père Francisco souffrit six fois le supplice de l’eau sulfureuse. C’est par une de ses lettres qu’on connaît le détail de ces eaux horribles. En outre, il fut attaché, en équilibre sur une pierre ronde, pendant toute une nuit glaciale.

Il consomma son martyre le 3 septembre 1632 et fut béatifié en 1867.

 

 

Brigida Morello

1610-1679

 

Brigida Morello vit le jour le 17 juin 1610 à San Michele di Pagana (Rapallo, Gênes, Ligurie, Italie nord-ouest), sixième des onze enfants du gouverneur de Rapallo, Nicoló, et de Lavinia Borzese.

Sa mère étant malade, elle dut s’occuper, à douze ans, de ses dix frères et sœurs. 

Quand elle parla à son père de sa vocation religieuse, ce dernier lui confia qu’il n’avait pas de dot suffisante à lui fournir pour la placer dans le meilleur couvent de Gênes. Brigida en tomba gravement malade, mais, dit-on, une vision de la Sainte Vierge avec l’Enfant Jésus dans les bras, lui apporta la guérison.

Désireuse pourtant d’entrer en religion, elle pria Dieu de l’éclairer sur la sainteté dans le mariage et, en 1633, épousa Matteo Zancano avec lequel elle s’établit à Parme, où Matteo possédait des mines de sel.

En 1636, devant les troupes espagnoles envahissantes, le couple dut quitter la demeure, et revint s’installer à Crémone après les combats. C’est alors que Matteo mourut de tuberculose, en 1637, cet époux qu’elle aimait plus que tout au monde et qui la laissait veuve et sans enfants.

Brigida fit alors le vœu de chasteté et s’occupa des pauvres, des malades, des activités paroissiales. En 1640, elle se déplaça à Plaisance et tenta d’être admise chez les Capucines, mais son état de veuve ne le permettait pas. Elle pratiqua alors de sévères mortifications, couchant sur la dure, marchant pieds-nus en hiver. 

La volonté de la Providence se manifesta par l’intermédiaire de la duchesse de Parme, Margherita de’ Medici, qui désirait ouvrir à Plaisance une maison pour l’éducation de la jeunesse féminine. Brigida répondit à cet appel. On dit qu’elle aurait alors vu en vision Notre-Seigneur qui lui proposait d’être la fondatrice de cette famille religieuse. 

Brigida réunit autour d’elle quelques jeunes dames, elle-même prenant le nom de Brigida de Jésus et fonda ainsi en 1649 la Maison de Sainte-Ursule à Plaisance, dont les Religieuses s’appelèrent par la suite les Ursulines de Marie-Immaculée. Elles devaient s’occuper de l’éducation chrétienne des jeunes, dans un esprit missionnaire et œcuménique. 

Brigida, la Fondatrice, refusa d’être supérieure et se contenta d’être l’économe ; elle se soumit humblement à sa Supérieure, faisant part à la communauté des inspirations célestes qu’elle recevait ; des personalités vinrent la consulter ; elle fut à son tour élue supérieure en 1665, et réélue jusqu’à sa mort. Elle alla aussi soigner les pauvres et les malades, qu'elle visitait à domicile ou à l’hôpital.

On a signalé des grâces particulières dont Dieu la favorisa, des dons mystiques comme des extases ou des miracles.

Pendant vingt-quatre ans elle fut elle-même affligée de différentes maladies. En 1659, elle aurait été guérie d’une tumeur maligne mortelle en se frottant le mal avec de l’huile de la lampe qui brûlait devant la statue de saint François-Xavier, envers lequel elle nourrissait une grande dévotion ; elle obtint plus tard que ce Saint fût reconnu comme co-protecteur céleste de Plaisance. Elle vénérait aussi particulièrement saint Nicolas (voir au 6 décembre) et saint Nicola de Tolentino (voir au 10 septembre), les patrons de son père. 

Brigida de Jésus mourut le 3 septembre 1679, à Plaisance.

Sa tombe disparut à Plaisance ; on conservait d’elles quelques précieux écrits, mais on ne reprit sa cause de béatification qu’au 20e siècle. Elle fut béatifiée en 1998.

Voici quelques extraits de l’homélie de Jean-Paul II lors de la messe de béatification :

"A une époque où les idéaux de la féminité étaient peu considérés, la bienheureuse Morello a mis en lumière, sans bruit, la valeur de la femme dans la famille et dans la société. Amoureuse de Dieu, elle fut pour cela disponible pour ouvrir son cœur et ses bras à ses frères et sœurs dans le besoin. Enrichie de dons mystiques, mais éprouvée, en même temps, par de longues et pénibles souffrances, elle ne cessa pas d'être pour ses contemporains une authentique maîtresse de vie spirituelle et l'exemple significatif d'une synthèse admirable entre vie consacrée et engagement social et éducatif. Dans ses écrits transparaît une invitation constante à la confiance en Dieu. Elle aimait à répéter: Confiance, confiance, le cœur grand ! Dieu est pour nous un Père et jamais il ne nous abandonnera !

Martyrs du 3 Septembre

1792

 

Faisant suite à ce qui a été dit la veille de ce jour, nous allons aujourd’hui considérer les victimes qui versèrent leur sang pour la Foi au séminaire Saint-Firmin et à la prison La Force, toujours à Paris.

On s’est demandé pourquoi les assassins, qui étaient pourtant nombreux, n’exécutèrent pas le même jour toutes leurs victimes. On a pensé que c’étaient les mêmes équipes qui passaient d’un lieu à l’autre, ce qui expliquerait le décalage.

Au séminaire Saint-Firmin, donc, les équipes d’assassins n’arrivèrent que le matin du 3 septembre. La veille, à vingt heures, le procureur du séminaire fut prévenu par des jeunes gens, qui le supplièrent de mettre ses jours en sûreté. Après des hésitations, il les suivit et traversa sans encombre le corps de garde. D’autres se sauvèrent également ou restèrent cachés dans un grenier, deux jours durant. Le 3, à cinq heures et demie du matin, les massacreurs pénétrèrent dans la maison, la visitèrent, mirent sous la sauvegarde de la loi cinq prêtres de la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Les autres, y compris le vénérable supérieur du séminaire, M.François, lazariste, furent précipités par les fenêtres ou assommés.

A la prison de La Force, on avait commencé, le 2 septembre, vers seize heures, l’appel des prisonniers, sous prétexte de les inscrire pour les envoyer combattre à la frontière. Cet appel dura jusqu’au soir, et on dit que les prisonniers qui ne rentraient plus avaient été transférés dans une autre maison d’arrêt.

Le massacre commença vers minuit. La plus célèbre victime fut la princesse de Lamballe. Les condamnations se faisaient au cri de : A l’Abbaye ! Le prisonnier que les juges n’avaient pas condamné était d’abord saisi par quatre brigands ; celui qui présidait aux massacres le conduisait, criant et lui ordonnant de crier comme lui : Vive la nation ! Ils arrivaient ainsi jusqu’au guichet de la prison. Là étaient les bourreaux. Au nombre d’environ soixante, ils formaient une haie prolongée jusqu’à l’extrémité de la rue, fermée par un trophée de cadavres, entassés les uns sur les autres. Le prisonnier était relâché au cri de : Grâce au bon citoyen ! D’un prêtre, on exigeait le serment de Liberté-Égalité, que prononçait d’abord un Marseillais, la main étendue sur les cadavres.  Si le prisonnier répétait le serment, les derniers bourreaux lui ouvraient le passage et il était libre.

Il y eut encore des victimes au Châtelet, à la Conciergerie et à Bicêtre, mais l’Église n’a pour l’instant retenu que les prêtres et religieux, ainsi que trois laïcs.

Les victimes du séminaire Saint-Firmin et de la prison La Force, que l’Église a béatifiées en 1926, sont au nombre de soixante-quinze. Ils se trouvent ci-après dans l’ordre alphabétique de leurs prénoms et, plus bas, dans l’ordre chronologique de leur naissance.

On a indiqué le poste qu’ils avaient au moment de leur mort. Quand ce n’est pas autrement spécifié, ce poste est à Paris.

 

André-Abel Alricy, 

Bertrand-Antoine de Caupenne, 

Charles Carnus, Charles-Victor Véret, Claude Bochot, Claude Pons (Ponse), Claude-Louis Marmontant de Savigny, Claude-Sylvain-Raphaël Mayneaud de Bizefranc, 

Denis-Claude Duval, 

Eloy Herque (du Roule), Etienne-Michel Gillet, Eustache Félix, 

François-Hyacinthe Le Livec de Trésurin, François-Joseph Monnier, 

Georges-Jérôme Giroust, Gilbert-Jean Fautrel, Gilles-Louis-Symphorien Lanchon, 

Henri-Jean Milet, 

Jacques Dufour, Jacques-Léonor Rabé, Jacques-Louis Schmid, Jean Lemaître, Jean-Antoine Seconds, Jean-Antoine-Joseph de Villette, Jean-Baptiste Bottex, Jean-Charles Caron, Jean-Charles (Jean-Baptiste) Legrand, Jean-Charles-Marie-Bernard du Cornillet, Jean-François Bonnel de Pradel (Pradal), Jean-François-Marie Benoît (Vourlat), Jean-Henri Gruyer, Jean-Jacques de la Lande, Jean-Joseph de Lavéze-Bellay, Jean-Michel Philippot (Phelippot), Jean-Pierre Duval, Jean-Pierre Le Laisant, Jean-Thomas Leroy, Joseph Falcoz, Joseph-Louis (Jean-Louis) Oviefre, Joseph-Marie Gros, Julien Le Laisant, Julien-François Hédouin, 

Louis-François Rigot, Louis-Jean-Matthieu Lanier, Louis-Joseph François, 

Marie-François Moufflé, Martin-François-Alexis Loublier, Michel Leber, Michel-André-Sylvestre Binard, Michel-Marie-François de la Gardette, 

Nicolas Bizé, Nicolas Colin, Nicolas Gaudreau, Nicolas-Claude (Nicolas-Charles) Roussel, Nicolas-Marie Verron, 

Philibert Fougère (Pierre-Philibert), Pierre Bonzé, Pierre Briquet (Brisquet), Pierre Brisse, Pierre Saint-James, Pierre-Claude Pottier, Pierre-Florent Leclercq, Pierre-François Hénocq, Pierre-Jacques de Turménies, Pierre-Jean Garrigues, Pierre-Louis Joret, Pierre-Michel (Pierre-Marie) Guérin du Rocher, Pierre-Paul Balzac, Pierre-Robert-Michel Régnet, 

René-Joseph Urvoy, René-Marie Andrieux, Robert-François (François-Robert) Guérin du Rocher, 

Sébastien Desbrielles, 

Yves-André Guillon de Keranrun, Yves-Jean-Pierre Rey de Kervizic.

 

André-Abel Alricy

1712-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 2 août 1712 à Crémieux (Isère). 

Aumônier à la prison Saint-Médard.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre Bonzé

1719-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Versailles, né en 1719 à Paris. 

Curé de Massy.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Claude Bochot

1720-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, né le 10 juillet 1720 à Troyes (Aube). 

Supérieur de la maison Saint-Charles de cette même congrégation.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre Brisse

1722-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Beauvais, né le 3 août 1722 à Brombos (Oise). 

Curé de Boran-sur-Oise.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Jean Garrigues

1725-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 2 mars 1725 à Sauveterre (Aveyron). 

 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Eustache Félix

1726-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, né le 23 avril 1726 à Troyes (Aube). 

Procureur et conseiller provincial de cette même congrégation.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

François-Hyacinthe Le Livec de Trésurin

1726-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 5 mai 1726 à Quimper (Finistère). 

 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Joseph Falcoz

1726-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 4 décembre 1726 à Saint-Sorlin d’Arves (Savoie). 

Chapelain de l’hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Claude Pons

1729-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Note : On trouve parfois l’orthographe Ponse.

Prêtre des Chanoines Réguliers de la Congrégation de France, né en 1729 à Saint-Pierre-le-Monastier (Haute-Loire). 

Chanoine régulier à Sainte-Geneviève de Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Nicolas-Claude Roussel

1730-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Nicolas-Claude (ou Nicolas-Charles) était prêtre du diocèse de Paris, né en 1730 à Paris. 

Confesseur des Hermites à Grosbois.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Gilbert-Jean Fautrel

1730-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 19 avril 1730 à Marcilly (Manche). 

Aumônier de la Maison des Enfants-Trouvés.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Charles Caron

1730-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la Congrégation de la Mission (Vincentiens), né le 30 septembre 1730 à Auchel (Pas-de-Calais). 

Curé de Collégien, au diocèse de Meaux.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Nicolas Colin

1730-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la Congrégation de la Mission (Vincentiens), né le 12 décembre 1730 à Grenant (Haute-Marne). 

Curé de Genevrières, au diocèse de Langres. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Michel Leber

1731-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1731 à Paris. 

Curé de La Madeleine.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Michel Guérin du Rocher

1731-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Pierre-Michel (ou Pierre-Marie ?) était le frère aîné de Robert-François (v. plus bas).

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né en 1731 à Sainte-Honorine-la-Guillaume (Orne). 

Supérieur de la Maison des Nouveaux-Convertis.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-François-Marie Benoît Vourlat

1731-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 26 mars 1731 à Lyon (Rhône). 

Aumônier des Dames de l’Adoration perpétuelle.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Antoine-Joseph de Villette

1731-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Laïc, né le 12 juin 1731 au Cateau-Cambrésis (Nord). 

Ancien officier, retiré au séminaire Saint-Firmin.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

Martin-François-Alexis Loublier

1733-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Sées, né en 1733 à Mortrée (Orne). 

Curé de Condé-sur-Sarthe au même diocèse.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Antoine Seconds

1734-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né en 1734 à Rodez (Aveyron). 

Chapelain de l’hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Henri Gruyer

1734-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la Congrégation de la Mission (Vincentiens), né le 13 juin 1734 à Dole (Jura). 

Vicaire à Saint-Louis de Versailles. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Jacques de la Lande

1735-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse d’Evreux, né le 8 mars 1735 à La Forêt-Auvray (Orne). 

Curé de Saint-Martin d’Illiers-l’Évêque, au même diocèse.

Il fut député aux États généraux.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Robert-François Guérin du Rocher

1736-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Robert-François (ou Françlis-Robert) était le frère cadet de Pierre-Michel (v. plus haut).

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 23 octobre 1736 à Repas (Orne). 

Aumônier de l’hospice des Capucins.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Nicolas Bizé

1737-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 5 octobre 1737 à Versailles (Yvelines). 

Directeur du séminiaire Saint-Nicolas du Chardonnet.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Thomas Leroy

1738-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Meaux, né en 1738 à Epernay (Marne). 

Grand prieur de l’abbaye de Chanoines réguliers de Saint-Jean-des-Vignes et curé-prieur de La Ferté-Gaucher, au diocèse de Soissons.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-François Bonnel de Pradel

1738-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Note : On trouve parfois l’orthographe Pradal.

Prêtre des Chanoines Réguliers de la Congrégation de France, né le 5 septembre 1738 à Aix-les-Thermes (Ariège).

Chanoine régulier à Sainte-Geneviève de Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Denis-Claude Duval

1739-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1739 à Paris. 

Vicaire à Saint-Etienne-du-Mont.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Sébastien Desbrielles

1739-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Laïc, né le 28 avril 1739 à Bourges (Cher). 

Maître d’hôtel à l’Hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Pierre Duval

1740-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Né en 1740 à Paris, il entra chez les pères Capucins et prit le nom de Frère Côme.

Il était aumônier à l’hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Eloy Herque du Roule

1741-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 31 mai 1741 à Lyon (Rhône). 

Aumônier de l’hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

Jean-Joseph de Lavéze-Bellay

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1742 à Gluiras (Archèche). 

Confesseur des malades à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Philibert Fougère

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Philibert (Pierre-Philibert) était prêtre du diocèse de Nevers, né en 1742 à Paris. 

Curé de Saint-Laurent de Nevers.

Il fut député à l’Assemblée nationale.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

René-Marie Andrieux

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 16 février 1742 à Rennes (Ille-et-Vilaine). 

Ancien Supérieur de la communauté Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre Briquet

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Pierre Briquet (ou Brisquet) était prêtre du diocèse de Paris, né le 25 février 1742 à Vervins (Aisne). 

Professeur au Collège de Navarre.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Joseph-Marie Gros

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 22 mai 1742 à Lyon (Rhône). 

Curé de Saint-Nicolas du Chardonnet. 

Il fut député aux États généraux.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre Saint-James

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 18 octobre 1742 à Caen (Calvados). 

Recteur de l’Hôpital général.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Michel-André-Sylvestre Binard

1742-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 28 novembre 1742 à Laulne (Manche). 

Professeur au Collège de Navarre.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Michel Philippot

1743-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1743 à Paris. 

Chapelain du Collège de Navarre.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Claude Pottier

1743-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la Congrégation de Jésus et Marie (Eudistes), né le 20 septembre 1743 au Havre (Seine-Maritime). 

Supérieur du séminaire Saint-Vivien de Rouen. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Nicolas Gaudreau

1744-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Versailles, né en 1744 à Paris. 

Curé de Vert-le-Petit.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Florent Leclercq

1744-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Pierre-Florent était diacre du diocèse d’Amiens, né en 1744 à Hautvilliers (Somme). 

Élève au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, c’était apparemment une «vocation tardive», étant âgé de quarante-huit ans.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Michel-Marie-François de la Gardette

1744-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 5 septembre 1744 à Billon (Puy-de-Dôme). 

 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Jacques de Turménies

1744-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 5 octobre 1744 à Gournay-en-Bray (Seine-Maritime). 

Grand-maître du Collège de Navarre.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Charles Legrand

1767-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Jean-Charles (ou Jean-Baptiste) était prêtre du diocèse de Paris, né en 1745 à Versailles (Yvelines). 

Professeur au Collège de Lisieux, à Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Joseph-Louis Oviefre

1748-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Joseph-Louis (ou Jean-Louis) était prêtre du diocèse de Paris, né en 1748 à Paris. 

Directeur de la petite Communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Paul Balzac

1750-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 25 avril 1750 à Paris. 

Vicaire à Villejuif, retiré dans la communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Claude-Sylvain-Raphaël Mayneaud de Bizefranc

1750-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 2 mai 1750 à Digoin (Saône-et-Loire). 

Prêtre de la communauté de Saint-Etienne-du-Mont.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jacques-Léonor Rabé

1750-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 27 décembre 1750 à Sainte-Mère-Église (Manche). 

Chapelain de l’hospice des Enfants-Assistés.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

Louis-Joseph François

1751-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de la Congrégation de la Mission (Vincentiens), né le 3 février 1751 à Busigny (Nord). 

Supérieur du séminaire Saint-Firmin. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Louis-François Rigot

1751-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Laïc, né le 28 octobre 1751 à Amiens (Somme). 

Sous-sacristain à l’Hôpital de la Pitié.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jacques-Louis Schmid

1752-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 14 septembre 1752 à Paris. 

Curé de Saint-Jean l’Évangéliste.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Pierre Le Laisant

1753-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Frère aîné de Julien (v. plus bas) 

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1753 à Valognes (Manche). 

Vicaire à Dugny, au diocèse de Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Louis-Jean-Matthieu Lanier

1753-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1753 à Château-Gontier (Mayenne). 

Préfet du séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Bertrand-Antoine de Caupenne

1753-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 2 août 1753 à Jégun (Gers). 

Vicaire à Montmagny.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Gilles-Louis-Symphorien Lanchon

1754-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1754 à Les Pieux (Manche). 

Directeur spirituel des Religieuses de Port-Royal.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Marie-François Moufflé

1754-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 23 août 1754 à Paris. 

Vicaire à Saint-Merry.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Nicolas-Marie Verron

1754-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre de l’ordre des Jésuites, né le 7 novembre 1754 à Quimperlé (Finistère). 

Directeur des Religieuses de Sainte-Aure.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Robert-Michel Régnet

1755-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 19 mars 1755 à Cherbourg (Manche). 

Résidant à Paris. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Etienne-Michel Gillet

1758-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1758 à Paris. 

Directeur au séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Henri-Jean Milet

1759-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1759 à Paris. 

Vicaire à Saint-Hippolyte.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean-Charles-Marie-Bernard du Cornillet

1759-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre des Chanoines Réguliers de Saint-Victor, né le 4 août 1759 à Châteaubriant (Loire-Atlantique). 

Chanoine régulier de Saint-Victor à Paris et bibliothécaire de l’abbaye.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, à trente-trois ans, et béatifié en 1926.

 

 

Julien-François Hédouin

1760-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 3 octobre 1760 à Coutances (Manche). 

Chapelain de la Communauté de la Compassion.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Julien Le Laisant

1761-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Frère cadet de Jean-Pierre (v. plus haut).

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1761 à Valognes (Manche). 

Vicaire à Videcosville, au diocèse de Coutances.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Yves-Jean-Pierre Rey de Kervizic

1761-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1761 à Ploumez-Paimpol (Côtes-d’Armor). 

Vicaire à Saint-Jacques du Haut-Pas. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Pierre-Louis Joret

1761-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse d’Amiens, né le 28 octobre 1761 à Rollot (Somme). 

Résidant à Paris.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

François-Joseph Monnier

1763-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 18 mars 1763 à Paris. 

Vicaire à Saint-Séverin.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

Charles-Victor Véret

1763-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 17 juillet 1763 à Louvières (Calvados). 

 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Georges-Jérôme Giroust

1765-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1765 à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne). 

Vicaire à Gennevilliers.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jacques Dufour

1765-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né le 9 avril 1765 à Troisgots (Manche). 

Vicaire à Maison-Alfort.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

René-Joseph Urvoy

1766-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1766 à Plouisy (Côtes-d’Armor). 

Maître de conférences au séminaire des Trente-Trois. 

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

 

 

Jean Lemaître

1767-1792

 

(Voir la notice : Septembre (Martyrs du 3)

Prêtre du diocèse de Paris, né en 1767 à Beaumais (Calvados). 

Il avait donc vingt-cinq ans et avait été ordonné prêtre le 17 juin précédent.

Il fut martyrisé au Séminaire Saint-Firmin de Paris le 3 septembre 1792, et béatifié en 1926.

Pak K’ŭn-agi Maria

(Bak Keun-agi Maria)

1786-1839

 

Maria était née à Seoul (Corée S) en 1786. C’était la sœur de l’autre Martyre,  Pak Hŭi-sun Lucia (v. 24 mai).

Arrêtée et durement battue avec le cudgel, elle fut condamnée à mort comme sa sœur.

Mais une loi établissait qu’on ne pouvait exécuter le même jour deux membres d’une même famille, aussi Maria attendit quatre mois en prison après la mort de sa sœur Lucia.

Maria fut décapitée à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, elle est fêtée avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Kwŏn Hŭi Barbara

(Gweon Heui Bareubara)

1794-1839

 

Barbara était née à Seoul (Corée S) en 1794. C’était l’épouse de Yi Kwang-hŏn Auguseutino (v. 24 mai), la mère de Yi Agatha  (v. 9 janvier) et la belle-sœur de Yi Kwang-nyŏl Ioannes (v. 20 juillet).

Elle était née dans une famille païenne, mais se convertit avec son mari au Catholicisme.

Comme on l’a vu pour l’autre Martyre, Yi Yŏn-hŭi Maria, elle ne craignit pas d’accorder l’hospitalité à l’évêque et à ses missionnaires, ni de mettre sa maison à la disposition des fidèles pour la Messe et le catéchisme.

Arrêtée en 1839 et durement torturée de façon répétée, sa plus grande douleur fut de voir sa jeune fille de seize ans, Agatha, elle aussi arrêtée et torturée par la faim, la soif, le froid et les coups.

Barbara fut décapitée à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, elle est fêtée avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Pak Hu-jae Ioannes

(Bak Hu-jae Yohan)

1799-1839

 

Yohan était né à Yong-in (Gyeonggi-do, Corée S) en 1798 ou 1799. C’était le fils d’un autre Martyr,  Pak Laurentius (on n’a pas retrouvé ce nom dans la liste des martyrs actuellement béatifiés ; il y a bien Pak Chwi-deuk Laurentius, martyrisé en 1799, v. 3 avril, mais ce détail ne coïncide pas avec la déclaration de Yohan, voir plus bas ; si pourtant c’était le cas, le petit Yohan serait né l’année-même de la mort de son père).

Une fois marié, il vint avec sa famille à Seoul, où il fabriqua des espadrilles. Selon le témoignage de son épouse, c’était un travailleur, très croyant, qui répétait : Il faut que je meure martyr, pour sauver mon âme, et rappelait souvent à son épouse qu’elle devait supporter n’importe quelle souffrance pour obtenir le salut. Pour se mortifier, il se tapait sur les jambes avec un des outils qu’il utilisait dans son atelier. Pour s’encourager à la mortification, il racontait cette petite histoire (ou parabole) : Un saint vieillard, voyant un ver sortir d’une de ses plaies, l’y remit en disant : hé, toi, c’est là-dedans que tu dois manger.

Quand la persécution reprit en 1839, il n’eut pas peur. Il n’avait pas grand-chose à la maison : dans un grand pot de terre, il conservait un peu d’argent, qu’il divisa calmement, en deux, moitié pour lui et moitié pour son épouse ;  puis il conseilla à son épouse d’aller passer la nuit suivante chez sa tante.

Le lendemain, l’épouse apprit qu’il avait été arrêté.

Au bureau de police, on l’interrogea :

- Tes parents vivent encore ?

- Ma mère est morte il y a quelques années ; mon père a été décapité pour sa foi en 1801. Je n’ai pas d’autres parents.

- Tu sais que tu violes l’ordre du roi ?

- Mon Créateur, c’est Dieu. Je dois plus de fidélité à Dieu qu’au roi.

- Donne-nous les noms de tes complices ?

- Je ne peux pas faire de mal aux autres.

- Renie ta foi, si tu veux vivre.

- Ma religion est plus importante que ma vie.

On le battit quarante fois au cudgel. Yohan n’était qu’un lambeau de chair tout en sang. Le bruit de ses membres écrasés par le cudgel effrayait les autres prisonniers.

Yohan fut décapité à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifié en 1925 et canonisé en 1984, il est fêté avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Yi Chŏng-hŭi Barbara

(Yi Jeong-heui Bareubara)

1799-1839

 

Barbara était née à Pongch’ŏn (Sihŭng, Kyŏnggi, Corée S) en 1799.

C’était la fille de Hŏ Kye-im Magdalena (v. 26 septembre), la sœur de Yi Yŏng-hŭi Magdallena (voir au 20 juillet) et la tante de Yi Bareubara (v. 27 mai).

Née en 1799, elle montra dès sa jeunesse une foi inébranlable et une ferme volonté.

Quand son père voulut la donner en mariage à un païen, elle simula des maux de jambes et, pendant trois années, resta assise ou couchée par-terre. L’homme perdit patience et en épousa une autre. Barbara alors épousa un Catholique.

Mais son mari mourut deux ans après, et la jeune veuve retourna chez ses parents, puis alla vivre avec sa sœur Yi Yŏng-hŭi Magdalena à Seoul chez sa tante, Yi Teresa.

Elle fut arrêtée en 1839 et supporta très courageusement toutes les tortures qu’on lui infligea dans le but de la faire apostasier.

Barbara fut décapitée à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, elle est fêtée avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Yi Yŏn-hŭi Maria

(Yi Jeong-heui Bareubara)

1804-1839

 

Maria était née à Seoul (Corée S) en 1804. C’était l’épouse du martyr Nam Myŏng-hyŏk Damiano (v. 24 mai).

Cette femme à la forte volonté et très intelligente avait l’habitude courageuse de recevoir chez elle l’évêque Laurent Imbert (v. 21 septembre) et en général les missionnaires, ainsi que les fidèles, pour soigner les uns, exhorter les autres, tout cela avec grâce et la plus simple modestie.

Elle fut arrêtée en 1839, mise en prison et maltraitée. Elle reprocha sévèrement à ces hommes leurs manières si indélicates, mais quand son époux lui rappela qu’un Catholique doit mourir comme un agneau docile, elle supporta sans se plaindre tout ce qu’on lui imposa comme traitements pénibles et grossiers.

On avait mis son fils dans une cellule proche et on le torturait aussi ; Maria entendait ses cris et les gardiens lui disaient quelles tortures on infligeait à son fils. On espérait ainsi faire apostasier l’un ou l’autre, mais l’unique crainte de Maria était que son fils cédât aux tortures et reniât sa foi. Toutefois elle se rassura par la pensée que toutes ces souffrances étaient pour la gloire de Dieu ; tout ce qu’elle désirait, c’était le Ciel. Elle fut durement battue.

Ensuite, le récit ne donne pas d’autres détails sur ce garçon.

Maria fut décapitée à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, elle est fêtée avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Kim Hyo-ch’u Agnes

(Gim Hyo-chu Agyeseu)

1814-1839

 

Agnès était née à ou près de Seoul (Corée S) vers 1814 (ou 1816). C’était la sœur de Kim Hyo-im Columba (v. 26 septembre).

Sa famille était païenne, mais sa maman et ses six enfants devinrent catholiques à la mort du papa.

Agnès et ses deux sœurs, Columba et Clara, promirent à Dieu la chasteté.

Agnès fut décapitée à la Petite Porte Ouest, le 3 septembre 1839.

Béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, elle est fêtée avec l’ensemble des Martyrs de Corée le 20 septembre.

 

 

Maria Velotti

1826-1886

 

Maria Velotti naquit le 16 novembre 1826 à Soccavo (Naples, Italie), de Francesco et Teresa Napoletano, qui la firent baptiser le jour-même. Francesco s’était remarié après son veuvage et avait un fils, Giovanni.

L’enfance de Maria fut marquée par de rudes épreuves. Ses parents moururent vers 1828. La petite fille fut alors hébergée par une tante célibataire, qui la maltraita. Mariella, comme on l’appelait, n’avait qu’à se taire et faire les travaux de l’entretien de la maison ; elle ne mangeait pas à sa faim, était facilement battue et, voulant aller à la messe, devait y aller pieds-nus. Maria fut finalement «adoptée» par de bons voisins, Lorenzo Sabatino et Giuseppa Tuzzolo, qui n’avaient pas d’enfants.

Le résultat de cette période agitée, fut que la jeune fille savait à peine lire et écrire.

Plus tard, devenue adulte, elle eut l’opportunité de rencontrer son demi-frère Giovanni.

En 1849, Maria rencontra par bonheur un bon prêtre qui fut son directeur spirituel, Filippo Antonio da Domicella, qui l’accompagna dans son chemin spirituel : en 1853, elle revêtit un habit religieux et, l’année suivante, fit la profession chez les Franciscaines. Elle prit le nom religieux de Maria Luigia du Très-Saint-Sacrement, en souvenir de s.Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Dès 1853, Maria fut favorisée d’extases, de visions de Notre-Seigneur, de la Vierge Marie, de saint François d’Assise. Comme ce dernier, elle reçut les stigmates de la Passion, mais de façon invisible. Elle fut aussi persécutée par le Démon, qui la laissa blessée ; elle dut même rester alitée plusieurs jours. Outre ces grâces particulières, Maria s’imposait d’autres mortifications, portant un cilice et se flagellant.

Dans son petit couvent de Franciscaines, Maria devint la maîtresse des novices. Mais en 1867, le couvent ferma ses portes. Malade, Maria fut hospitalisée à Naples. On vint la voir, lui demander ses conseils, et aussi, pourquoi pas, fonder avec elle une nouvelle famille. Ce fut ainsi que naquit en 1875 la congrégation des Sœurs Franciscaines Adoratrices de la Sainte Croix, dont le but devait être la formation des jeunes filles et promouvoir leur rôle et leur place dans la société napolitaine. La maison était à Naples.

La renommée de Maria Luigia se répandait ; des guérisons lui étaient attribuées ; des vocations se présentèrent et la Fondatrice établit la maison-mère à Casoria, dans des locaux plus amples. Une école se fonda pour les jeunes filles de la campagne.

Les dernières années et surtout les dernières semaines de sa vie, Maria Luigia souffrit énormément, paralysée sur un fauteuil roulant, où elle mourut, le 3 septembre 1886.

Maria Velotti - Sœur Maria Luigia - fut béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 3 septembre.

 

Juan Pastor Marco

1876-1936

 

Juan était né le 16 janvier 1876 à Barcelone (Espagne), de Jaime et Eladia, qui le firent baptiser deux jours après.

Bien que barcelonais, Juan entra d’abord au séminaire de Girona (1889). C’est là qu’il connut des Frères Maristes français, qui venaient apprendre l’espagnol. C’est du moins ce qu’on trouve dans les relations, mais en Catalogne on risquait d’apprendre plutôt le catalan !

Pratiquement, Juan choisit la voie des Frères Maristes : il ne serait pas prêtre, mais aurait la charge d’enseigner à de jeunes garçons et peut-être aussi d’être missionnaire.

Il passa en France pour entrer en 1889 au noviciat des Frères Maristes de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme, France) ; en 1890 il reçut l’habit et le nom de Fabián ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1897.

Juan fut envoyé à Le Beausset, Var (1890) comme cuisinier ; puis comme professeur à Lambèse, Algérie (1891) et à Dieulefit, Drôme (1892) ; ensuite il enseigna en Espagne : Mataró (1893), Lleida (1895), San Andrés de Palomar (1901), Torelló (1902), Saragosse (1903), Lleida (1909), Barcelone (1911), Valencia (1912), Murcia (1913), Calatayud (1914), Lleida (1915), Barcelone (1922-1935).

Le Frère Fabián ne fut pas seulement professeur ; il fut chargé par ses Supérieurs pour les représenter devant les bureaux et les autorités civiles ; il fut un vrai Religieux, humble et serviable, pas toujours reconnu à la hauteur de ses démarches difficiles, mais toujours fidèle, toujours au service de Dieu, sans s’inquiéter du jugement des hommes.

Il se retira finalement, rempli de bonnes œuvres et de fatigues, à Las Avellanas, pour y être soigné.

A la croix de sa mauvaise santé, devait s’ajouter la croix du martyre : il fut assassiné à Las Avellanas le 3 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Manuel Galcerá Videllet

1877-1936

 

Manuel Galcerá Videllet naquit le 6 juillet 1877 à Caseras (Tortosa, Espagne NE).

Il étudia au séminaire de Saragosse et fut ordonné prêtre en 1901.

Outre son doctorat en théologie, il se passionna pour les langues (français, allemand, anglais).

Il entra dans l’association des Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur de Jésus, destinés à la formation spirituelle dans les séminaires. C’est ainsi qu’il fut administrateur dans les séminaires de Saragosse, Cuernavaca au Mexique, Badajoz, Barcelone et Valladolid. Il fut aussi à Rome, vice-recteur du Collège espagnol. Depuis 1934, il était directeur spirituel à Baeza, très apprécié des séminaristes.

Dès le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec don Aquilino Pastor Cambero.

Il fut assassiné à Ibros (Jaén) le 3 septembre 1936.

Manuel Galcerá Videllet sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 3 septembre.

 

 

Pius Salvans Corominas

1878-1936

 

Pius vint au monde le 2 janvier 1878 à Santa Maria de la Guàrdia, alias Guàrdia de Sagàs (Berguedà, Solsona, Catalogne, Espagne), de Josep et Raimunda, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Ordonné prêtre en 1902, il fut vicaire à Olvan, mais dut se retirer à cause de sa santé délicate.

Quand il fut remis, il fut nommé à la paroisse de Montdam, puis à celle de Fonollet, toujours dans le doyenné de Berguedà. Enfin il fut nommé curé de Santa Susanna (Solsonès).

En 1927, il dut abandonner cette paroisse, toujours pour motifs de santé, et il fut alors nommé aumônier des Sœurs des Ecoles Chrétiennes à Mollerussa (Pla d’Urgell).

La fidélité et la piété de ce prêtre, son humilité et sa patience dans l’épreuve, lui valurent une réputation de sainteté, parmi tous ceux, fidèles, prêtres, religieuses, qui venaient volontiers se confesser à lui.

Lors des premières émeutes de 1934 (la révolte des Asturies), il apprit la mort du confrère, Josep Morta, curé de Navàs (Bages) avec une sainte envie : Bienheureux curé de Navàs ! Moi aussi j’aimerais bien qu’on me coupât un doigt d’une main, si l’on m’assurait ainsi une mort comme celle de don Josep ! Ce prêtre (1867-1934) avait été martyrisé le 7 octobre 1934. Et aussi : Sachez qu’il n’y a pas de grâce plus grande que de pouvoir aller directement au Ciel !

Le 3 septembre 1936, des miliciens vinrent le trouver chez lui avant même le lever du jour. Le vieux prêtre aurait pu s’échapper, mais ne le fit pas ; il demanda seulement qu’on le laissât s’habiller. Puis il les suivit sans mot dire, comme un petit agneau ; il prit congé de sa bonne de cure en lui disant : Adieu, au ciel !

On le fit monter dans une voiture, qui partit directement au cimetière de Mollerussa. Là, on le fusilla et l’on mit le feu à son cadavre, qui portait encore la soutane. Il était cinq heures du matin.

Don Pius reçut donc la grâce tant désirée du martyre le 3 septembre 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Aguilar Donis

1886-1936

 

Juan Aguilar Donis naquit le 1er juin 1886 à Amuso de Campos (Palencia, Espagne).

Après ses études de philosophie et de théologie au couvent d’Almagro, il fut ordonné prêtre.

Envoyé en divers couvents, il se trouvait en 1936 à Almería.

Quand éclata la guerre civile, il se réfugia chez un bienfaiteur, pendant environ un mois. Le 26 août, il fut arrêté et subit des séances de torture.

Le 3 septembre, il fut assassiné au lieu-dit Pozo de La Lagarta, Tabernas, Almería.

Juan Aguilar Donis devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 3 septembre.

 

 

Conceptión Pérez Giral

1887-1936

 

Elle vit le jour le 10 janvier 1887 à Madrid (Espagne).

Orpheline à cinq ans, elle grandit dans la famille de sa mère, puis dans celle de son père.

Elle entra chez les Filles de la Charité. Son dernier poste fut Albacete.

Expulsées le 25 juillet 1936, les trois Sœurs se réfugièrent à Madrid chez les parents de l’une d’elles.

Puis elles pensèrent être plus en sécurité chez d’autres parents à Vallecas, mais on ne les accepta pas, par crainte des dénonciations possibles. Les Sœurs furent reconnues comme moniales, on les arrêta, on en abusa, avant de les mettre face au mur et de les fusiller, à Vallecas.

Sœur Conceptión refusa encore une fois de renier sa foi, et tomba en criant Vive le Christ Roi !

C’était le 3 septembre 1936 ; les trois Sœurs furent béatifiées en 2013.

 

 

Dolores Úrsula Caro Martín

1893-1936

 

Elle vit le jour le 21 octobre 1893 à Granátula (Ciudad Real, Espagne), en la fête de sainte Ursule, d’où son deuxième prénom.

Elle était maîtresse et infirmière, et finalement entra chez les Filles de la Charité, en 1917.

A Albacete, sa personnalité fit que même ses «ennemis» la respectèrent ; à Madrid, où elle fut le plus longtemps, elle s’occupa surtout de l’infirmerie.

Expulsées le 25 juillet 1936, les trois Sœurs se réfugièrent à Madrid chez un cousin de Dolores, qui les reçut très fraternellement.

Puis elles pensèrent être plus en sécurité chez d’autres parents à Vallecas, et Dolores sacrifia sa famille pour accompagner sa Supérieure, Andrea Calle. 

Mais on ne les accepta pas, par crainte des dénonciations possibles. Les Sœurs furent reconnues comme moniales, on les arrêta, on viola même Dolores et Andrea. Puis on les maltraita dans une arène, comme pour des taureaux, avant de les mettre face au mur et de les fusiller, à Vallecas (ou bien, selon un autre récit, en leur tirant une balle dans la tempe).

C’était le 3 septembre 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Baldomero Baró Riera

1903-1936

 

Baldomero était né le 29 septembre 1903, à Tiurana (Lleida, Espagne), un des nombreux enfants de José et María, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Ces parents très chrétiens moururent cependant très jeunes, ce qui marqua profondément Baldomero.

Baldomero entra en 1916 au séminaire des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanes en 1918 ; en 1919 il reçut l’habit et le nom de Aquilino ; un an après il faisait les premiers vœux.

Aquilino fut professeur à Vic (1921), Arceniega (1922, où il professa en 1925), Logroño (1932) et Las Avellanas (1933).

Durement éprouvé par l’absence de ses parents, Aquilino s’habitua à mettre sa confiance en Dieu seul ; il aimait se recueillir devant le Saint Sacrement, et faisait passer à ses élèves tout son élan pour la liturgie et pour la musique. Il avait en outre une grande dévotion envers les Ames du Purgatoire.

Ce fut un Religieux très humble, allant jusqu’à demander à genoux à ses élèves de lui rappeler ce qu’il aurait pu laisser passer comme imperfections ou fautes envers eux.

Arrêté à Las Avellanas, le Frère Aquilino subit le martyre le 3 septembre 1936, quand il avait trente-trois ans, l’âge du Christ.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Andrea Calle González

1904-1936

 

Elle vit le jour le 27 février 1904 à Plasencia (Cáceres, Espagne).

Elle était modiste, et finalement entra chez les Filles de la Charité, en 1930. C’était une femme forte, qui supporta courageusement des calomnies et des incompréhensions à son égard.

Elle fut infirmière à l’hôpital psychiâtrique de Almería et de Zaldívar, puis à Albacete, dans un établissement pour femmes atteintes de maladies mentales.

Expulsées le 25 juillet 1936, les trois Sœurs se réfugièrent à Madrid chez les parents de l’une d’elles.

Puis elles pensèrent être plus en sécurité chez d’autres parents à Vallecas, mais on ne les accepta pas, par crainte des dénonciations possibles. Les Sœurs furent reconnues comme moniales, on les arrêta, on viola Andrea et Dolores, on les conduisit dans une arène comme des bêtes, avant de les mettre face au mur et de les fusiller, à Vallecas (ou bien, selon un autre récit, en leur tirant une balle dans la tempe).

C’était le 3 septembre 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Lorenzo Gutiérrez Rojo

1906-1936

 

Lorenzo était né le 10 août 1906, fête de saint Laurent, dont il porta le nom, à Las Hormazas (Burgos, Espagne), de Enrique et Feliciana, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il entra en 1919 au collège des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Félix Lorenzo ; un an après il faisait les premiers vœux et fera la profession perpétuelle en 1928.

Ses supérieurs remarquèrent et apprécièrent dès le début sa profonde mansuétude, et le destinèrent sans difficulté à l’enseignement. 

Félix Lorenzo fut envoyé à Murcia (1924) et Saragosse (1930). 

Il n’eut pas d’autres postes : une insuffisance cardiaque l’obligea à se retirer à la maison-infirmerie de Las Avellanas en 1931. Au début, les médecins ne lui donnaient même que six mois de vie ; Dieu permit que ce fussent presque six années, mais extrêmement douloureuses. Cependant, le Frère Félix vécut ces années avec un inaltérable sourire, qualifié par ses visiteurs de enchanteur.

Quand sa maladie lui accordait quelque répit, il en profitait pour s’occuper utilement : la prière bien sûr, mais aussi des réparations d’horloges, où il excellait. Extrêmement habile de ses mains, il savait aussi combiner qui sait quel mécanisme utile en salle de Travaux pratiques pour la physique et la chimie.

Les anarchistes de 1936 ne s’arrêtèrent pas à la maladie des Frères Maristes : les Religieux, parmi eux Félix Lorenzo, furent assassinés à Las Avellanas le 3 septembre 1936.

Le Frère Félix Lorenzo fut béatifié en 2013.

 

 

Hilario de Santiago Paredes

1912-1936

 

Hilario était né le 13 mai 1912 à Cisneros de Campos (Palencia, Espagne), de Ignacio et Josefa, excellents chrétiens qui le firent baptiser le 19 mai. Il fut confirmé en 1907.

Le papa avait déjà eu en premières noces Francisca et Gregorio ; de son second mariage naquirent Ludivina, notre Hilario et Feliciano Emilio, qui devait le rejoindre chez les Maristes.

La maman, Josefa, mourut en 1916 et la fille aînée, Francisca, la «remplaça» maternellement à la maison.

Un oncle paternel, prêtre, eut une excellente influence sur le garçon.

Hilario entra en 1927 au collège des Frères Maristes à Carrión de los Condes (Palencia) ; ce collège était international et accueillait des élèves d’Amérique, dont la mentalité était fort différente de celle d’Hilario ; il en souffrit même beaucoup au début, et sut prendre sur lui pour surmonter l’épreuve. 

On l’envoya ensuite à Espira de l’Agly (Pyrénées Orientales), pour y achever ses études et perfectionner son français.

Il commença le noviciat à Pontós en 1930 ; en 1931 il reçut l’habit et le nom de Ligorio Pedro ; un an après il faisait les premiers vœux.

La même année, il dut faire son service militaire à Saragosse, dont l’atmosphère lui fut pénible et dont il se consolait en fréquentant la maison des Frères de cette ville. C’est durant cette période qu’il contracta la pénible maladie du Mal de Pott.

Au terme de cette épreuve, il reprit sa formation à Pontós (1934) et devait s’embarquer en 1935 pour le Mexique, mais il fut envoyé à Valencia. 

Il n’eut pas d’autres postes : il fut même contraint de se retirer à la maison-infirmerie de Las Avellanas en 1936. 

Les anarchistes de 1936 ne s’arrêtèrent pas à la maladie des Frères Maristes : les Religieux, parmi eux Ligorio Pedro, furent assassinés à Las Avellanas le 3 septembre 1936.

Le Frère Ligorio Pedro fut béatifié en 2013.

 

 

Denise Leclercq

1930-1995

 

Née le 8 janvier 1930 à Gazeran (Yvelines), Denise Leclercq entra en 1959 chez les Sœurs de N.Dame des Apôtres.

Au jour de sa profession, elle prit le nom de la jeune Martyre Bibiane (v. 2 décembre).

En 1961, elle fut envoyée en Algérie, à la maternité de Constantine.

En 1964, son nouveau poste fut en Alger, où elle fut responsable d’un centre de couture, de broderie d’art, de puériculture, au profit des seules jeunes qui n’avaient pu faire d’études.

A travers ces jeunes, la Sœur fut amenée à visiter les familles, à constater la grande misère de la population ; c’était pour elle l’occasion de manifester l’amour du Christ envers tous.

Lorsqu’en 1994, en raison de la difficile situation politique, la question se posa de rester ou de partir, la position de Sœur Bibiane fut claire : Ce sont les gens eux-mêmes qui ont demandé des Sœurs. Actuellement ils demandent que nous restions.

Sœur Bibiane reçut à son tour la palme du martyre à Belcourt (Alger, Algérie), alors qu’elle sortait de la Messe.

C’était le 3 septembre 1995, le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

Jeanne Littlejohn

1933-1995

 

Jeanne Littlejohn vint eu monde le 22 novembre 1933 à Tunis (Tunisie). On ne sait rien d’autre, pour le moment, sur sa famille et sa formation.

En 1957, elle entra chez les Sœurs de N.Dame des Apôtres.

Au jour de sa première profession, en 1959, elle prit le nom de Angèle-Marie.

De 1959 à 1964, elle fut à Bouzarea (Algérie), où sa Congrégation tenait un orphelinat et un internat. Elle y fut chargée des petites filles et de la formation des plus grandes dans la broderie.

En 1964, elle fut envoyée à la nouvelle Ecole des Arts d’Alger, pour y enseigner la broderie d’art.

Par sa douceur, Sœur Angèle-Marie conquit le cœur des élèves, d’autant plus qu’elle parlait leur langue.

L’atmosphère était alors lourde en Algérie, les ressortissants français et tout le clergé vivaient dans la totale et constante incertitude du lendemain.

Le dimanche 3 septembre 1995, Sœur Angèle assista à la Messe de l’après-midi dans le quartier de Belcourt, avec l’autre Sœur, Bibiane. Au sortir de la cérémonie, Angèle dit à Bibiane : Nous ne devons pas avoir peur. Nous devons seulement bien vivre le moment présent... Le reste ne nous appartient pas.

Quelques minutes plus tard, Sœur Angèle-Marie fut abattue de deux balles dans la tête. Elle reçut, ainsi que la Sœur Bibiane, la palme du martyre ce 3 septembre, dés