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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:30

Abbon de Fleury-sur-Loire

940-1004

 

Abbon était né vers 940 dans l’Orléannais, de Lyé et Ermengarde.

Encore enfant, il fut confié aux moines de l’abbaye de Fleury.

Le jeune garçon était naturellement porté à étudier ; il retenait tout ce qu’il entendait, au point que de bonne heure on lui confia l’enseignement de la lecture et du chant.

Après avoir assimilé tout ce qu’on pouvait lui enseigner en matière de grammaire, d’arithmétique et de dialectique - c’est-à-dire peu de choses, au goût de l’intéressé - , il se rendit à Paris et à Reims, mais fut déçu du peu qu’il put y apprendre. A Orléans, il prit des leçons de musique auprès d’un clerc. Il étudia la rhétorique tout seul, et travailla énormément sur les nombres. Il fut bientôt une encyclopédie vivante.

Ses recherches en mathématique aboutirent à des conclusions assez originales pour l’époque.

Vers 975, il fut nommé écolâtre de Fleury. C’est pendant les dix années de cette charge qu’il écrivit la plupart de ses traités scientifiques. Il se pencha sur le problème de la date de Pâques, et proposa déjà d’avancer de plusieurs années la date de la naissance du Christ.

En 985, le nouvel abbé de Fleury choisit Abbon pour être écolâtre à York, où un ancien moine de Fleury, Oswald (v. 29 février), devenu évêque, avait besoin d’un homme comme Abbon. Si ses élèves bénéficièrent heureusement de son enseignement, Abbon restait très nostalgique de son abbaye et fut fort content d’y être rappelé ; diacre, il fut ordonné prêtre par Oswald avant son départ et revint en France chargé de cadeaux - ainsi que d’un notable embonpoint…

En 987, Abbon fut élu abbé de Fleury. Désormais illustre, il profita de sa position pour asseoir les droits des abbayes en France. 

Par exemple, un de ses premiers soucis lui vint d’un châtelain qui rançonnait outrageusement un prieuré qui dépendait de Fleury, dans le diocèse d’Orléans dont l’évêque était un ennemi juré de Fleury (cela arrive effectivement, hélas…). Abbon fit appel au roi : peu après, les troupes arrivaient et détruisaient le domaine du châtelain. Plus tard, le pape donna constamment raison aux sages revendications d’Abbon, y compris contre les évêques de Gaule.

Abbon s’employa à développer la culture intellectuelle des moines. Il voyait dans le travail intellectuel un moyen efficace de combattre les vices de la chair et d’avancer dans la vertu.

En 993, les évêques réunis à Sant-Denis, décidèrent tout bonnement que le produit des dîmes devait leur revenir intégralement ; Abbon protesta, vainement. Des moines intervinrent et firent sortir les évêques, disons, manu militari, en tout cas sans beaucoup de ménagements. L’évêque d’Orléans - encore lui - ne se gêna pas pour rédiger un pamphlet contre les moines, qu’il traitait de mous comme du cartilage, au lieu d’être vigoureux comme les os ; non content, il fit tendre sur la route de Tours un guet-apens contre Abbon, qui n’y échappa que de justesse. Abbon écrivit au roi.

Par la suite, il chercha à échapper entièrement à la juridiction des évêques. En 995, il crut le moment venu d’en référer au pape, mais on était en plein dans la lutte des familles romaines pour mettre leur candidat sur le siège de Saint-Pierre. Abbon patienta - et obtint enfin le privilège qu’il attendait tant pour les abbayes. Il l’obtint en 997. En même temps, le pape décorait Abbon du titre de premier abbé de la Gaule.

Désormais, il était interdit aux évêques de troubler le monastère ou d’y exercer une contrainte. L’évêque diocésain ne pouvait venir au monastère ou y célébrer la messe sans y être invité, il ne pouvait refuser d’ordonner un moine digne de l’être, ni revendiquer la moindre autorité sur ceux qu’il avait ordonnés. L’abbé pouvait excommunier tel moine indigne, le clergé devait appliquer la sentence.

Inversement, on recourait à Abbon pour régler des affaires épineuses. Sa modération et sa prudence firent merveille.

Ainsi en 1002, un abbé de Chartres avait été chassé par ses moines. Abbon apaisa les moines, et surtout pria l’évêque de recevoir l’abbé sans le condamner : l’abbé comprit ses erreurs, s’en repentit et put reprendre sa place.

En 1004 maintenant, ce fut le tour des moines de Micy, qui signifièrent à leur abbé de ne plus entrer dans l’abbaye, lassés qu’ils étaient de ses absences répétées ; Abbon calma les moines, convainquit l’abbé, et tout rentra dans l’ordre.

Le cas de l’abbaye de la Réole (Gascogne) fut plus grave, et même fatal. Abbon y avait envoyés quelques moines, qui furent tellement maltraités par les Gascons, qu’il rentrèrent à Fleury. Abbon s’y rendit en personne, en l’été 1004, avec quelques moines.

La réception fut assez calme, le 9 novembre ; le 11 (fête de s.Martin !), il y eut déjà une dispute entre les moines de la Réole et ceux de Fleury, au sujet de la nourriture des chevaux. Le 13, Abbon eut l’occasion de réprimander un moine qui sortait du monastère pour aller manger ailleurs. Ce dernier suscita une véritable émeute avec les gens du pays. Les moines gascons et français en vinrent aux mains. Abbon, qui était alors dans le cloître à rédiger des tables de comput, entendant le bruit, descendit pour apaiser les siens. Il reçut un coup de lance dans les côtes. Il eut la force d’envoyer son secrétaire essayer de calmer les «combattants» ; épuisé par le sang qu’il avait perdu, il mourut.

Son chambrier mourut le lendemain ; son écuyer, le 30 novembre.

Curieusement, les reliques d’Abbon demeurèrent à la Réole ; elles furent jetées par les protestants en 1577.

Saint Abbon de Fleury est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:29

Warmondo d’Ivrea

930-1011

 

Warmondo (Veremondo) naquit vers 930, de la famille noble des Arborio.

Vers 965, il devint le quatorzième évêque d’Ivrea, une charge qu’il allait maintenir jusqu’à sa mort, vers 1011.

Il fit consolider les fondements de la cathédrale d’Ivrea, et surtout développa beaucoup l’activité du scriptorium, qui produisit de précieux manuscrits magnifiquement décorés de miniatures et de lettres d’or, encore conservés dans la bibliothèque capitulaire.

Mais le point central de son activité fut la continuelle lutte qui l’opposa au marquis d’Ivrea, Arduino. Ce dernier montrait des prétentions injustes contre les privilèges de l’évêque, et l’évêque dut recourir à l’empereur Otto III.

Grâce à ce dernier, Warmondo obtint la faculté d’administrer la justice, de percevoir des taxes… et de lever des troupes. L’évêque était ainsi un «évêque-comte». Il n’était pas le seul à cette époque.

Mais la lutte était loin d’être achevée. Arduino réussit à chasser Warmondo de la ville, et Warmondo lança contre lui une terrible sentence d’excommunication. Il en appela encore une fois à l’empereur. En 1001, Arduino s’empara d’Ivrea et de Vercelli et, après la mort de l’empereur, se fit proclamer roi d’Italie (1002).

En 1003, Warmondo n’était toujours pas rentré en possession de son siège. Un intrus, Ottobiano, l’occupait. En 1004, le nouvel empereur battit Arduino, et restitua à Warmondo son siège et son diocèse.

On connaît mal les dernières années de l’épiscopat de Warmondo. Même la date de sa mort est incertaine : on parle de 1011 ou 1012, date à laquelle il se peut qu’Ottobiano ait repris possession du siège d’Ivrea.

Le culte de Warmondo fut reconnu en 1857 ; ce Bienheureux est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 00:35

Lucido d’Aquara

960-1038

 

Lucido naquit vers 960 à Aquara (Salerno, Campanie, Italie SO).

A quinze ans, il entra à l’abbaye de Saint-Pierre, proche d’Aquara.

Le prince Guaimario IV de Salerno le prit bientôt comme conseiller.

Lucido intégra ensuite l’abbaye bénédictine de Monte Cassino, puis celle de La Cava de’ Tirreni.

Il fonda le monastère Sainte-Marie de l’Albaneta.

Il mourut en 1038 et son culte fut reconnu en 1880.

Saint Lucido d’Aquara est maintenant commémoré le 5 décembre dans le Martyrologe Romain.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 10:47

Lebuinus de Deventer

† 775

 

Lebuin (Lebwin, Liafwin) naquit en Angleterre de parents anglo-saxons.

Il fut moine à Ripon.

Après son ordination sacerdotale, il vint en 754 à Utrecht, où l’accueillit volontiers l’administrateur apostolique Grégoire (v. 25 août).

Celui-ci l’envoya prêcher dans l’Overijssel, accompagné de Marchelm (v. 14 juillet), un fidèle disciple de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Une pieuse veuve nommée Abarhilda les aida à construire deux sanctuaires, l’un à Wilp, l’autre à Deventer. 

Rapidement, quelques personnalités adhérèrent à la proclamation de l’Evangile, comme Folcbracht. Mais d’autres au contraire appelèrent une troupe de Saxons pour incendier l’église de Deventer. Lebuinus, protégé par les Chrétiens épouvantés qui s’enfuirent, put se mettre à l’abri.

Peu après, lors de l’assemblée annuelle des Saxons à Marklo, Lebuinus s’enhardit tout simplement à s’y présenter pour prêcher la Vérité avec toute sa force. Plusieurs chefs allaient l’assommer avec leurs bâtons, mais l’un d’eux, Buto, rétorqua sagement : Nous recevons avec honneur les ambassadeurs des Normands, des Slaves et des Frisons, ne devons-nous pas traiter avec respect un envoyé de Dieu ?

Lebuinus put revenir indemne à Deventer et reconstruisit l’église. Il mourut peu après, vers 775, et fut enterré dans son église.

Les Saxons firent à nouveau irruption à Deventer et détruisirent une deuxième fois cette église. S.Liutger (v. 26 mars) voulut retrouver les reliques de Lebuinus, en vain. Lebuinus lui apparut alors et lui indiqua l’endroit où elles se trouvaient.

Saint Lebuinus de Deventer est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 00:36

Aper en Maurienne

7e siècle

 

Aper («sanglier», en français Aupre, Avre) vivait dans la région de Sens (Yonne).

Il voulut appliquer strictement ces deux conseils évangéliques : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple et Nul n’est prophète en son pays (Lc 14:33 et 4:24). Il partit vers le Sud.

Les récits divergent. 

Dans un premier texte, Aper demanda à l’évêque de Maurienne, Leporius, un lieu où il pourrait se retirer pour y prier et évangéliser le peuple. Aper fut dirigé vers une église Saint-Nazaire ; malgré la sainteté de sa vie, des calomnies parvinrent aux oreilles de l’évêque de Grenoble qui décréta une enquête. Ses envoyés voulurent forcer Aper à les suivre mais, en chemin, sur la prière d’Aper, une biche vint providentiellement les désaltérer de son lait ; reconnaissant le prodige, l’évêque de Grenoble s’excusa et Aper regagna son église. Un jour, son serviteur serait mort de noyade, si Aper ne l’avait retiré des eaux contre tout espoir.

Un autre récit expose qu’Aper s’adressa d’abord à l’évêque de Grenoble, Clair, qui le reçut dans son clergé et lui confia la paroisse de La Terrasse. Des calomnies firent fuir Aper, qui vint s’installer là où est maintenant Saint-Avre (Savoie).

Il n’y a guère de commun entre les deux versions que les calomnies et l’évêque de Grenoble. Par ailleurs, il semble étrange, dans le premier récit, que l’évêque de Grenoble diligente une enquête en-dehors de son diocèse. Le Martyrologe Romain se contente de mentionner la vie solitaire et pénitente d’Aper.

Saint Aper est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:28

Georges de Vabres

† 884

 

Georges naquit dans une famille chrétienne de la noblesse et acquit par sa formation intellectuelle et spirituelle un degré vraiment supérieur de culture et de piété.

Il résolut de quitter le monde pour se donner tout à Dieu et entra à l’abbaye bénédictine Sainte-Foy de Conques (act. Aveyron), où il fut ordonné prêtre.

Lors de l’invasion des Normands (vers 862), le monastère dut être abandonné et les religieux se replièrent sur Toulouse, où le comte Raymond voulait aussi favoriser la construction d’un nouveau monastère.

Ainsi naquit l’abbaye bénédictine de Vabres (act. Aveyron), qui fut fondée dès 862.

Georges en fut donc un des moines fondateurs. Il y brillait tellement par ses vertus, sa fidélité à la Règle et sa science, qu’on parla de lui alentour.

Avertissement aux lecteurs : ce qui suit reste conjectural. Il semble qu’il faille distinguer deux Georges, l’un moine à Vabres, l’autre évêque de Lodève.

En 863, Georges fut appelé au siège épiscopal de Lodève, devenant le neuvième (ou dixième) évêque de ce diocèse (qui sera supprimé sous la Révolution et rattaché à celui de Montpellier).

Georges gouverna son diocèse avec la sagesse et la prudence qui font les Saints, et c’est saintement qu’il s’endormit dans le Seigneur, vers 884.

Ses restes furent vénérés sans interruption jusqu’à la triste période de la Réforme, où ils furent dispersés au vent.

L’abbaye de Conques est actuellement occupée par des religieux de l’Ordre de Prémontré.

Saint Georges est à présent commémoré le 19 février dans le Martyrologe Romain, comme moine de Vabres. Un autre Georges, évêque de Lodève, est commémoré le 9 novembre.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:12

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps. 

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ ! 

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici. 

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:11

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines. 

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise. 

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:10

Basilio-Bartolomeo de Grottaferrata

980-1065

 

Basilio naquit vers 980 à Rossano (Calabre, Italie S) de famille noble originaire de Constantinople.

Baptisé avec le nom de Basilio, il est beaucoup mieux connu sous son nom religieux de Bartolomeo.

Il fut d’abord confié à sept ans, sur sa demande, aux moines du monastère de Caloveto.

Tout jeune encore, à douze ans, il alla à Vallelucio et se mit sous la direction de son compatriote, s.Nilo (v. 26 septembre), dont plus tard il écrivit la vie.

Passionné pour l’étude, il apprit plusieurs langues. 

En 994, il accompagna son maître à Serperi, avec Stefano, l’autre disciple fidèle de Nilo (v. 26 septembre), qui devait mourir peu après. En 1000, Nilo et Bartolomeo allèrent tous deux à Rome, implorer du pape une attitude miséricordieuse envers l’antipape Jean XVI, originaire lui aussi de Rossano ; mais on ne connaît pas le résultat de cette démarche. C’est durant ce déplacement que les deux auraient eu une apparition de Notre-Dame, leur demandant de construire là, à Grottaferrata, un nouveau monastère.

A Nilo succéda Paolo, puis Cirillo, Bartolomeo ayant refusé d’être élu abbé. Mais il fut contraint d’assumer la succession de Cirillo. Ce fut avant 1024, année de la consécration de l’église du monastère.

Il fit de son monastère un foyer de science et d’art, qui contrastait avec la pleine décadence où était tombée Rome à cette époque.

Bartolomeo contribua à l’écriture de manuscrits ; il rédigea des commentaires de l’Ecriture et composa des hymnes.

A cette époque où les familles aristocratiques rivales de Rome se disputaient l’honneur de mettre l’un des leurs sur le trône papal, Bartolomeo aurait tenu un rôle important pour une élection saine du successeur de Pierre ; mais on n’est pas certain de cette intervention, ni de son résultat.

On a dit aussi que Bartolomeo aurait conseillé d’abdiquer au malheureux Benoît IX, et qu’il l’aurait accueilli à Grottaferrata où il aurait eu la joie de le voir se convertir et mourir paisiblement peu avant lui ; le fait est douteux.

Quant il mourut, le 11 novembre 1065 (ou 1055), il fut aussitôt considéré comme saint à Grottaferrata, dont il devint le patron secondaire ; il fut introduit au martyrologe au 16e siècle.

Les reliques de Nilo et de Bartolomeo disparurent, croit-on, en 1300. La bibliothèque de l’abbaye est l’une des plus riches au monde en manuscrits : cinq cents en grec ancien et autant en latin, des centaines d’incunables et cinquante-mille livres imprimés.

Saint Bartolomeo est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 08:45

Birinus de Dorchester

600-649

 

Birinus naquit vers 600. Il n’était pas anglais, mais de souche franque.

Certains en ont fait un moine bénédictin de Saint-André à Rome.

En 634, il fut ordonné évêque par l’évêque de Gênes, Asterius, et envoyé par le pape Honorius au Wessex.

Son apostolat auprès des Saxons fut fructueux : le roi Cynegils le laissa prêcher dans cette région, avant de recevoir lui-même le baptême en 635, parrainé par le roi Oswald de Northumbrie (v. 5 août). Birinus n’a pas baptisé Oswald : celui-ci avait reçu le baptême en Irlande dans sa jeunesse.

En accord avec ces deux rois, Birinus établit son église à Dorchester : il en fut donc le premier évêque.

En 643, le successeur de Cynegils, Coenwalch, invita Birinus à fonder une église à Winchester.

Birinus aurait été également le fondateur des églises de Reading et Abingdon.

Vers 646, il dédia une église de Winchester à la Sainte-Trinité.

Il mourut le 3 décembre 649. 

Saint Birin de Dorchester est commémoré le 3 décembre dans le Martyrologe Romain.

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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Près de 9600 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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