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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 14:02

Rafael Alcocer Martínez

1889-1936

 

Rafael Alcocer Martínez naquit le 29 octobre 1889 à Madrid (Espagne C).

Il entra chez les Bénédictins de Silos (dépendants de la congrégation de Solesmes) et fut ordonné prêtre dans la petite communauté madrilène de Notre-Dame-de-Montserrat.

Brillant auteur et orateur, le père Rafael publia des ouvrages sur la littérature arabe, sur s.Domingo de Silos et ste Teresa d’Ávila ; on apprécia beaucoup ses belles conférences à l’Université de Madrid et à l’Athénée de Valladolid.

Au début de la Guerre civile de juillet 1936, cette communauté fut dissoute pour permettre à chacun de chercher refuge.

Certains furent vite retrouvés, et condamnés à mort pour le grave délit d’être prêtres.

Rafael fut abattu à La Elipa aux environs de Madrid, le 5 octobre 1936.

Rafael Alcocer Martínez fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 5 octobre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:49

Isidro Fernández Cordero

1893-1936

 

Isidro Fernández Cordero naquit le 15 mai 1893 à Murias (Asturies, Espagne NW), troisième des cinq enfants de Buenaventura Fernández y Méndez et Florentina Cordero Suárez. Deux de ces enfants furent religieux dominicains.

En 1922, Isidro épousa Celsa García, qui mit au monde sept enfants, dont trois furent religieux.

Au début de leur mariage, les époux tinrent un petit commerce-bar, mais pour nourrir tant de bouches, Isidro dut aller travailler aux mines.

Très chrétien, Isidro était fidèle à la Messe, à l’association de l’Adoration nocturne (dont il était le trésdorier). Des Chrétiens comme lui étaient inévitablement la cible des anarchistes.

De fait, dès le début de la révolution de juillet 1936, Isidro fut brusquement surpris chez lui à l’heure du diner, et non moins brusquement conduit au Comité Civil, où il fut accusé de «prier» et donc immédiatement mis en prison : il se trouva alors enfermé dans la salle de garde des Adorateurs, non loin de l’église.

On les libéra provisoirement, leur inculquant l’obligation de se présenter à chaque demande, sinon leurs familles auraient été menacées. Isidro se cacha dans une maisonnette de la montagne.

Aux premiers jours du mois d’août, sa sœur Jesusa vint le prévenir qu’il était convoqué au Comité, et qu’il devrait plutôt s’enfuir à León, la ville proche. Isidro répliqua qu’il n’avait rien à se reprocher, sinon d’être catholique, et qu’il ne voulait pas faire courir de risques à sa famille. Il alla se présenter - et fut arrêté.

Durant sa captivité, il priait le chapelet chaque jour et reçut des visites de son épouse et de ses enfants. Voici quelques-unes des paroles qu’il leur adressa et qu’ils ont fait connaître par la suite :

Je ne peux pas (fuir). De toutes façons, je suis un témoin de Jésus-Christ. Vous devez pardonner à tous, comme je leur pardonne. De tout cœur.

Dis (à ta mère) que nous ne nous verrons plus. Dis-lui aussi de ne pas pleurer, parce que nous sommes des martyrs ; ils nous persécutent et ils nous giflent, comme pour Jésus-Christ. Priez beaucoup pour nous. Nous nous reverrons au Ciel.

Le 20 octobre, lui et un autre collègue furent conduits à l’intérieur de l’église paroissiale, où on les obligea à creuser leur propre tombe. Survint également leur curé, don Genaro, qui allait partager leur sort.

Le 21 octobre, les deux ouvriers furent égorgés et décapités, et jetés dans ces fosses, ainsi que leur curé, qui reçut un coup de pistolet à la tempe.

Isidro Fernández Cordero fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 21 octobre.

A cette cérémonie de béatification, était présent le dernier fils vivant d’Isidro, Enrique, âgé de quatre-vingt cinq ans, né en 1931.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:48

Secundo Alonso González

1888-1936

 

Secundo Alonso González naquit le 13 mai 1888 à Cabo (Asturies, Espagne NW), cinquième des six enfants de Manuel Alonso et Isabel González, d’humbles paysans.

Trois de ces six enfants furent Religieux, dont deux prêtres dominicains en Indochine.

Le 21 octobre 1911, Secundo épousa María Lobo Alonso, qui mit au monde douze enfants, dont cinq moururent en bas âge, et deux devinrent prêtres.

Secundo dut aller travailler aux mines, pour nourrir tant de bouches, et complétait encore son petit salaire par des travaux de menuiserie.

En 1926, sa brave épouse mourut en couches (ainsi que la petite fille) et il se remaria avec María Suárez González.

Profondément croyant et engagé, il se trouva à la tête de l’Association Eucharistique nocturne, de la confraternité du Rosaire, du syndicat des mineurs chrétiens.

Quand éclata la guerre civile de juillet 1936, il refusa de se cacher, n’ayant rien à se reprocher. Mais c’était un «gros poisson» pour les anarchistes, qui l’arrêtèrent et le soumirent à de pénibles interrogatoires. Secundo ne répondit pas, mais subit les coups et les insultes.

Enfermé dans la salle de garde de l’Adoration nocturne, il y retrouva d’autres membres de l’association. Il les exhorta à prier le chapelet. Il fut encore maltraité et torturé.

A la fin de juillet, on les libéra tous, provisoirement, avec obligation de se présenter régulièrement. Le 11 août, on arrêta de nouveau Secundo, qui fut conduit en prison ; les moqueries, les insultes reprirent, mais lui priait encore plus intensément.

Le 20 octobre, lui et un autre collègue furent conduits à l’intérieur de l’église paroissiale, où on les obligea à creuser leur propre tombe. Survint également leur curé, don Genaro, qui allait partager leur sort.

Le 21 octobre, les deux ouvriers furent égorgés et décapités, et jetés dans ces fosses, ainsi que leur curé, qui reçut un coup de pistolet à la tempe.

Ce jour-là, Secundo «fêtait» les vingt-cinq années de son premier mariage.

Secundo Alonso González fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 21 octobre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:46

Genaro Fueyo Castañon

1864-1936

 

Genaro Fueyo Castañón naquit le 23 janvier 1864 à Linares (Congostinas del Puerto, Asturies, Espagne NW), de Ramón Fueyo Barros et Isabel Castañón Díaz, qui eurent six enfants ; l’un d’eux, Estanislao, fut cistercien ; Genaro fut prêtre.

Il entra en effet au séminaire à Oviedo et fut ordonné prêtre en 1887.

D’abord vicaire à Jomezana, il fut nommé curé à Congostinas, sa ville natale.

En 1899, il fut nommé curé à Nembra, où son zèle infatigable l’imposa à la reconnaissance unanime des habitants. Genaro était un pince-sans-rire plein d’humour, mais un pasteur toujours préoccupé du bien des paroissiens, qu’il allait aider de toutes les façons qu’il pouvait.

Il relança l’Adoration nocturne eucharistique, et y consacrait chaque mois une nuit entière. Il fut attentif aux jeunes qui ressentaient quelque vocation et en orienta plus d’une centaine à la vie religieuse. Il hébergea dans une salle de la paroissse les mineurs chrétiens réunis en syndicat, et ouvrit une école gratuite pour leurs enfants.

Lors des premières émeutes anarchiques de 1934, il n’échappa à la mort que grâce aux informations que lui apportèrent des paroissiennes : il eut le temps de se réfugier chez son frère Cesáreo.

Mais ce n’était qu’un sursis. En octobre 1936, il fut arrêté et mis dans la prison de Moreda. Le 21 octobre, on le conduisit dans son église, on l’y fit entrer avec grande violence, sauvagement malmené par des hommes qu’il avait lui-même baptisés et préparés à la Première communion. Il s’aperçut alors que, non loin de l’autel, deux mineurs de ses paroissiens étaient déjà en train de creuser des fosses, pour eux-mêmes et pour leur curé. Pour ces deux hommes, il y aura une notice à part.

Don Genaro demanda calmement à être le dernier abattu, pour pouvoir rester auprès des deux autres condamnés. Ceux-ci furent tués à coups de couteaux, et décapités, au point que don Genaro eut un bref  malaise. S’étant repris, il dit à ceux qui allaient le tuer, qu’il s’étonnait beaucoup que ses propres paroissiens voulussent le mettre à mort, mais il demandait pardon à Dieu pour eux. Il reçut alors un coup de pistolet à la tempe.

Genaro Fueyo Castañon fut béatifié avec ses deux compagnons en 2016, et inscrit au Martyrologe le 21 octobre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:18

Antonio González Alonso

1912-1936

 

Antonio, né le 11 avril 1912 à Nembra (Asturies, Espagne NW), était le huitiième des dix enfants d’un couple d’agriculteurs, Severino González et Josefa Alonso.

Deux de ces enfants moururent en bas âge ; deux devinrent prêtres dominicains (Julio aux Philippines, Jesús  au Texas) et une dominicaine à Gijón.

Le papa avait déjà un frère prêtre, missionnaire aux Philippines ; lui-même était un fidèle de l’Adoration nocturne et y conduisit tous ses enfants au fur et à mesure qu’ils grandissaient ; Severino administrait aussi la confraternité des Ames du Purgatoire.

Antonio ressentit aussi l’appel à la consécration, et entra dès 1923 à l’école apostolique dominicaine de La Mejorada (Valladolid), où il rejoignit son aîné Jesús.

En 1927, après d’excellentes études, il entra au postulat, puis au couvent d’Ávila, où il prit l’habit pour son noviciat, et fit la profession temporaire.

Malheureusement, il fut frappé de tuberculose et ne put se remettre ; il céda aux conseils des médecins et renonça à la voie sacerdotale. Rentré à la maison, il eut une vie toute monacale, participant à l’Eucharistie quotidienne, à l’Adoration nocturne, dirigeant les jeunes Tarcisi (émules de s.Tarcisius, v. 15 août), et s’inscrivit à l’Ecole Normale d’Oviedo en 1935, en vue du Magistère, pour enseigner dans les écoles.

Le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec son frère Cristóbal ; à ce dernier, il dit : Voilà pour moi une occasion de donner ma vie à Dieu comme martyr ; mais toi, il faut que tu aides les parents à la maison. De fait, Cristóbal ne fut pas martyrisé avec lui.

Les gardiens voulurent obliger Antonio à déchirer une belle image du Sacré-Cœur, qui était dans l’église de Nembra, et à casser la pierre d’autel. Antonio s’y refusa ; on lui laisssa vingt-quatre heures pour réfléchir encore, après quoi il réitéra son net refus, en conscience. En outre, comme il refusait de prononcer un blasphème, on lui coupa la langue.

Le 11 septembre, donc, on l’emmena en voiture à Moreda. En passant devant la maison des parents, Antonio réussit à crier à sa mère : Adieu, Maman, on se revoit au Ciel ! On arriva à la localité Puerto de San Emiliano ; le conducteur de la voiture, qui raconta les faits, affirma n’avoir entendu aucun coup de feu, laissant supposer qu’on acheva Antonio en le frappant, puis qu’on le jeta dans un puits. On n’a pas retrouvé son corps.

Antonio aurait peut-être pu devenir prêtre malgré la maladie : il s’est immolé totalement dans le martyre.

Antonio González Alonso fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 septembre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 00:00

 

25 NOVEMBRE

 

III.

S Mercurios, soldat martyr à Césarée de Cappadoce ; il s'agirait plutôt de Mâr Qurios.

S Moyses, prêtre martyr à Rome ; il soutint s. Cyprien contre Novatien.

IV.

S Botros, évêque à Alexandrie ; il condamna Arius, combattit Mélèce, et mourut martyr ; on commémore avec lui trois autres évêques égyptiens : Hesychius, Pachomius et Theodorus, le prêtre Faustus, ainsi que Dius et Ammon. 

Ste Catherine, vierge et martyre à Alexandrie ; patronne des philosophes, pour avoir tenu tête à toute une équipe de sages païens ; elle apparut à Ste Jehanne d'Arc.

S Marculus, évêque en Numidie, martyr.

?

Ste Joconde, vierge à Reggio Emilia.

S Alain, à Lavaur. 

VI.

S Maurinus, martyr près d'Agen.

S Teilo, évêque à Llandaff.

VIII.

Bse Imma, abbesse à Karlburg.

XI.

B Bernold, bénédictin à Ottobeuren.

S Egbert, abbé à Munsterschwarzach, à Lambach. 

XIV.

Bse Béatrice d'Ornacieux, chartreuse fondatrice à Eymeu.

XV.

Bse Elisabeth Achler, surnommée "la Bonne", tertiaire franciscaine à Reute, mystique.

XIX.

S Yi Ho-yŏng Petrus, catéchiste coréen, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; sa sœur Agata est commémorée le 24 mai.

XX.

Bx Santiago Meseguer Burillo (*1885) et Jacinto Serrano López (*1901), prêtres dominicains espagnols fusillés près de Teruel en 1936, et béatifiés en 2001.

Mercurios de Césarée de Cappadoce

† 250

 

Ce martyr inconnu pourrait fort bien être le Mâr Qurios ou saint Qurios dont parlèrent les Syriens. Dans leurs transcriptions, les Grecs crurent avoir affaire à «Marcurios», qui devint saint Mercurios.

Ce soldat était en garnison en Arménie. Un ange - ou le Christ lui-même - lui apparut, le poussant à attaquer l’ennemi sans tarder, lui rappelant seulement : N’oublie pas le Seigneur ton Dieu.

Vainqueur, Qurios fut fait généralissime par l’empereur Dèce. L’ange rappela à Qurios son conseil. Ce dernier se souvint alors que son père était chrétien.

Quand ensuite l’empereur invita Qurios à sacrifier à la déesse Artemis, Qurios se déclara chrétien : il déposa sa chlamyde et sa ceinture aux pieds de Dèce, qui l’envoya en prison. L’ange apparut à nouveau, pour réconforter Qurios.

Le lendemain, Qurios renouvela sa profession de foi. Il fut attaché à quatre poteaux et, pendant qu’on allumait un feu sous son corps, on le flagellait d’importance - au point que le sang éteignit les flammes. Reconduit en prison, il fut soigné par l’ange.

Le jour suivant, l’empereur s’étonnait de voir Qurios guéri et l’accusa de magie. Puis il lui fit appliquer des fers rouges ; on le suspendit la tête en bas avec une pierre au cou et on le frappa encore, avec des verges d’airain. L’empereur ordonna finalement de transporter Qurios en Cappadoce et de l’y décapiter.

Cela pouvait se passer vers 250, sous Dèce. Difficile alors d’assimilier Qurios à l’un des Quarante soldats martyrs en Cappadoce (v. 9 mars), mis à mort en 320.

On raconta plus tard que c’est le même Mâr Qurios qui serait apparu, sur ordre divin, auprès de Julien l’Apostat pour le faire mourir d’un coup de lance (363).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mercurios de Césarée de Cappadoce au 25 novembre.

 

 

Moyses de Rome

† 251

 

Au moment de la brutale persécution de Dèce, le prêtre romain Moyses eut un rôle important dans la conduite de l’Eglise romaine, privée alors de son pape pendant quinze mois, après le martyre de s.Fabien en 250 (v. 20 janvier).

Il était aux côtés de Novatien, tant que ce dernier resta dans le juste chemin de la fidélité à l’Eglise.

Arrêté avec un autre prêtre, Maximus, et deux diacres, Rufinus et Nicostrates, Moyses continuait de montrer l’exemple de la foi, de la modération, de la clairvoyance. Tandis que Novatien se laissait prendre par un courant intransigeant, Moyses restait en communion avec l’évêque de Carthage, s.Cyprien (v. 14 septembre). La question importante était la réadmission des lapsi, de ceux qui avaient eu la faiblesse de renier un moment leur foi pour échapper au martyre. Cyprien et Moyses étaient partisans de les réadmettre moyennant une pénitence appropriée ; Novatien, non.

Moyses mourut en prison, en janvier ou en février 251, victime de sa détention prolongée.

Novatien, on le sait, brigua l’élection papale, mais fut vivement écarté ; c’est s.Corneille qui fut élu.

Moyses ne fut pas mis à mort, mais fut considéré comme martyr, pour sa fidélité sans faille à l’Eglise, qu’il défendit courageusement dans le danger.

Bien que Moyses mourût en début d’année, le Martyrologe Romain le mentionne encore, arbitrairement, au 25 novembre.

 

 

Catherine d’Alexandrie

4e siècle

 

Descendante d’un certain roi arménien Costos, sainte Catherine vivait à Alexandrie, lors du passage de l’empereur qui voulut inviter tous ses sujets à participer à un culte païen.

Apprenant ce qui se passait, la jeune fille - elle n’avait que dix-huit ans - alla se présenter fièrement à l’empereur pour lui reprocher son impiété.

L’empereur n’avait pas d’arguments à lui opposer : il fit venir cinquante philosophes qui devaient interroger Catherine et réussir à la confondre. Mais c’est elle qui leur cloua le bec, et l’empereur les fit brûler vifs.

Emprisonnée, Catherine convainquit même l’impératrice, qui fut mutilée et décapitée par ordre de l’empereur.

A son tour, l’officier de l’empereur, avec ses deux-cents soldats, confessa la foi chrétienne, et tous furent décapités.

Catherine devait être soumise au supplice de la roue : bras et jambes attachés autour d’une roue, elle devait «tourner» sans interruption, fouettée entre temps sur toutes les parties du corps, jusqu’à la mort ; mais miraculeusement, cette roue se brisa et vola en éclats.

Elle fut finalement décapitée.

Les anges se chargèrent de sa sépulture, la transportant sur le mont Sinaï, en un sépulcre tout neuf, d’où sortent du lait et de l’huile qui guérissent les maladies.

Tous les détails de cette Passio sont jugés invraisemblables par les historiens, qui en déduisent que même la Sainte en question n’est qu’une fiction.

Sainte Catherine fut immensément célèbre à partir du 9e siècle ; particulièrement elle devint la patronne des philosophes, mais aussi des jeunes filles encore vierges.

Sa fête, au 25 novembre, fut omise lors de la réforme du calendrier en 1970, mais réapparut une vingtaine d’années plus tard.

Quelle est donc cette sainte Catherine d’Alexandrie qui apparut à sainte Jehanne d’Arc ?

 

 

Botros d’Alexandrie

† 311

 

Botros (Pierre) naquit grâce à la bénédiction que le patriarche Theonas (v. 28 déc.) donna à sa mère, jusque-là stérile. Le même Theonas baptisa l’enfant et l’ordonna prêtre à seize ans.

Lors de la dispute avec Sabellius, Botros lui porta la contradiction ; non seulement il le réduisit au silence, mais la main de Dieu s’abattit sur Sabellius, qui tomba raide mort.

Botros fut désigné par Theonas pour gouverner l’Eglise d’Alexandrie (Egypte) en 300. Il en était le dix-septième pasteur.

Il allait diriger cette grande communauté pendant douze ans : trois ans avant la persécution de Dioclétien, neuf ans ensuite.

Eusèbe de Césarée dit qu’il pourvoyait sans se cacher, au bien général des Eglises. Et aussi qu’il était un de ces docteurs divins de la piété chrétienne.

Si Arius fut le grand ennemi de la Foi unique au quatrième siècle, Botros eut à combattre d’abord contre un autre évêque d’Egypte, Meletius, évêque de Lycopolis, qui profita de la prison de Botros pour s’immiscer dans l’Eglise d’Alexandrie et y imposer ses vues. Botros dut faire convoquer un synode pour examiner cette situation, mais Meletius demeura sur ses positions et s’installa dans le schisme.

Arrêté à son tour, Mélèce se retrouvait avec Botros ; même dans la prison, le schisme perdurait.

Au début de 311, les prisonniers furent libérés, mais la persécution reprit très vite avec Maximin Daia.

Ainsi, sans nul motif, (Botros fut) appréhendé contre toute attente ; subitement, sans jugement, comme sur ordre de Maximin, il (fut) décapité. Avec lui, plusieurs évêques d’Egypte subirent même traitement.

Ces autres évêques furent : Phileas, Hesychius, Pachomius, Theodorus. Le Martyrologe ajoute qu’il y eut beaucoup d’autres Martyrs. Parmi ceux-ci, ont été mentionnés Faustos, Dias et Ammon (v. 8 septembre).

C’était le 25 novembre 311. Botros fut le dernier des Martyrs et c’est pour cela qu’en Orient on l’a surnommé le sceau des Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Botros d’Alexandrie au 25 novembre.

 

 

Marculus de Numidie

† 347

 

La notice du Martyrologe dit ceci :

En Numidie, l’évêque saint Marculus. On rapporte que, au temps de l’empereur Constant, il fut précipité du haut d’un rocher par un certain Macarius et mourut en martyr.

Cet épisode s’inscrit dans le cadre de la longue diatribe du donatisme. Cette «doctrine» dérivait du nom de Donatus, évêque de Cellæ Nigræ (Numidie, auj. Baghaï, Algérie), mais remontait aux premières persécutions de Dioclétien en 303.

A cette occasion, des prêtres et des évêques avaient cédé à la pression subie par les autorités civiles, en livrant (tradere) des objets et des livres du culte chrétien. On les appela les traditores (le mot a donné le français traître).

Selon certains rigoristes - et Donatus prit leur tête à partir de 312 - les sacrements conférés par des traditores n’étaient pas valides. L’Eglise romaine, cependant, affirma que, dans tout sacrement, c’est le Christ qui agit, indépendamment de la dignité du ministre qui l’exerce.

Les donatistes refusaient de se plier. L’empereur Constantin fut sollicité d’intervenir, deux conciles se prononcèrent contre le courant donatiste (Rome en 313, Arles en 314).

Ces débats dégénérèrent en véritables bagarres en Afrique. Et comme il arrive dans les cas de rébellion, se joignirent aux donatistes d’autres éléments agitateurs. La situation prenait l’allure d’une guerre civile à peine voilée. Même entre les donatistes, s’éleva la division.

L’empereur Constant voulut pacifier cette rébellion. Il fit envoyer des subsides aux communautés. Donatus refusa. C’est ainsi qu’on arrive à notre évêque Marculus.

Ce dernier appartenait au courant donatiste. On ne sait par qui ni pour quoi il fut mis en prison, ni combien de temps, ni qui prit la décision de le faire précipiter du haut d’un rocher (347). On a attribué ce geste à un certain Macarius.

Devant tant de questions, on ne comprend pas pourquoi Marculus a été maintenant inséré dans le Martyrologe.

Le donatisme persévéra jusqu’au concile de Carthage (411), qui le condamna fermement.

La cause de Marculus restait imprécise. Selon s.Augustin, l’évêque d’Hippone (v. 28 août), Marculus se serait lui-même suicidé.

Le Martyrologe Romain mentionne saint (?) Marculus de Numidie au 25 novembre.

 

 

Maurinus d’Agen

6e siècle

 

L’histoire et la passion de Maurinus en laissent perplexes plus d’un.

Après dix-huit années de mariage, Euticius et Alabanna mirent au monde Maurinus.

Euticius était préfet d’Agen au nom d’un roi de Lectoure nommé Valduanus, que les historiens ne connaissent pas. Ce même Euticius était chrétien, mais en secret.

A douze ans, Maurinus se rendit auprès de Germain de Capoue (v. 30 octobre), qui le baptisa puis l’ordonna diacre. Maurinus resta sept ans auprès de Germain.

Ce dernier cependant, eut une vision qui lui conseillait de renvoyer Maurinus dans son pays d’origine.

A peine arrivé, Maurinus délivra un possédé, ce qui le rendit célèbre. Euticius son père était fort content de revoir son fils, mais au même moment, le roi Valduanus se mit à persécuter les Chrétiens. Alors commence la véritable passion de Maurinus

Il fut d’abord arrêté, tandis que son père fut décapité avec soixante-dix-huit compagnons.

Dans son cachot, Maurinus ressuscita trois jeunes gens qui avaient été foudroyés ; Valduanus, furieux et sans doute diaboliquement jaloux, le fit flageller jusqu’à mettre ses os à nu, puis le renvoya en prison.

La nuit, un ange vint libérer Maurinus et neuf autres chrétiens. Au matin, les gardiens se convertirent en retrouvant Maurinus et ses compagnons sur une montagne voisine. Le roi fit décapiter ces neuf compagnons et flageller de nouveau Maurinus, mais les fouets frappèrent les bourreaux. Jeté dans une fournaise, Maurinus en ressortit indemne. Un bourreau ayant reçu l’ordre de le décapiter, restait terrorisé, de sorte que Valduanus frappa lui-même Maurinus, lui détachant la tête et l’épaule.

Maurinus ramassa sa tête et alla la déposer à une quarantaine de kilomètres de là, à une fontaine où une lépreuse guérit.

Beaucoup de conversions eurent lieu alors, et une basilique s’éleva sur le tombeau de Maurinus.

Il y eut plus tard un monastère Saint-Maurin entre Agen et Moissac.

Saint Maurinus d’Agen est commémoré le 25 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Béatrice d’Ornacieux

1260-1303

 

Née à Ornacieux (Isère) vers 1260, Béatrice (Beatrix) entra toute jeune à la Chartreuse de Parménie en 1273. 

On l'envoya ensuite fonder un monastère à Eymeu (Drôme). Elle vécut avec ses consœurs dans la plus grande pauvreté.

Elle mourut dans le dénuement le 25 novembre sans doute en 1303. 

Une moniale chartreuse contemporaine de la Bienheureuse, Marguerite d'Oingt a écrit sa biographie où elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié. Cette vie est écrite dans le savoureux dialecte franco-provençal, sous le titre Li Vita seiti Biatrix, virgina de Ornaciu.

Béatrice fut reconnue bienheureuse en 1869.

Elle est inscrite dans le Martyrologe au 25 novembre, et localement fêtée le 13 février.

 

 

Elisabeth Achler

1386-1420

 

Née le 25 novembre 1386 à Waldsee (Allemagne S), Elisabeth était la fille de Hans et Anna, des tisserands ; elle eut deux frères.

 Elle vécut chez elle et aida ses parents dans leur artisanat.

A quatorze ans, elle devint Tertiaire franciscaine, guidée par son confesseur Conrad Kügelin, chanoine de Saint-Augustin.

Après quelque temps de vie partagée avec une autre béguine à Waldsee, elle fit partie d’une équipe de cinq jeunes femmes qui s’établirent à Reute dans une nouvelle fondation, sous l’impulsion de Jakob von Metsch. Cette maison devint  en 1406 un véritable couvent, qui adopta la règle du Tiers-Ordre franciscain.

Elisabeth y assuma la cuisine, recevait les pauvres et vécut fort pénitente, quasi recluse. Elle fut surnommée «la Bonne» : Gute Beth.

Elle était comme obsédée par la Passion du Christ, et son corps en porta les stigmates. Son confesseur rédigea une Vita, dans laquelle il relate les visions, les extases dont fut favorisée Elisabeth. Il raconte aussi comment elle vécut trois années sans manger et que donc elle n’avait rien à évacuer, comme y fait allusion le Christ dans l’évangile (cf. Mt 15:17) ; mais le Démon vint déposer dans la chambre des déchets humains, à l’odeur repoussante, mélangée à une odeur de soufre, pour faire croire qu’en réalité Elisabeth mangeait en secret.

Elle mourut le 25 novembre 1420 à Reute, le jour de son trente-quatrième anniversaire, et son culte fut reconnu en 1766.

 

 

 

Yi Ho-yŏng Petrus

(Yi Ho-yeong Peteuro)

1803-1838

 

Petrus était né en 1803 à Ich’ŏn (Gyŏnggi-do, Corée S).

Après la mort de son père, il vint vivre à Seoul, avec sa sœur aînée Agatha et leur mère, et vivaient dans une extrême pauvreté, car la mère avait été dépouillée de tous ses biens.

Petrus aida beaucoup le prêtre chinois Yu, ce qui lui valut d’être nommé catéchiste.

Il eut un rêve : il passait une sorte d’examen, il entendait une musique merveilleuse et quelqu’un lui disait que «l’assistant du Roi» l’aimait beaucoup. Il comprit que son saint Patron, saint Pierre, l’invitait à se préparer au martyre.

En février 1835, sur le chemin de sa maison, il fut arrêté par un groupe d’hommes qui l’attendaient.

Il resta près de quatre années en prison, où on lui fit souffrir toutes sortes de tortures. Sa sœur Agatha aussi fut arrêtée ; ils se soutinrent l’un l’autre en prison.

On a de Petrus une lettre où il décrivit ses interrogatoires et les tortures qu’il subit.

On lui demanda pourquoi il professait une religion qui interdisait le respect envers les parents et que le gouvernement avait interdite. Réponse :

C’est faux. Tout homme qui se dit catholique doit le respect au roi et à ses parents ; il aime aussi les autres hommes.

Autre question : Pourquoi n’offres-tu pas de sacrifices aux défunts ? Tu ne vaux pas même une bête et tu mérites la mort. Réponse :

Il est ridicule d’offrir à manger à quelqu’un qui est mort. Celui qui peut donner sa vie pour le roi n’est pas un traître. Dieu est le Roi des rois, créateur du ciel et de la terre, des hommes, des anges, de toutes les créatures de l’univers… Comment osez-vous condamner quelqu’un qui préfèrerait mourir que de renier le Père de toute la race humaine ?

Le juge le battit jusqu’à ce que ses jambes fussent disloquées, lui demandant encore une fois de renier Dieu. Réponse : Je ne pourrai jamais renier Dieu.

Le juge le fit battre à nouveau, sur le ventre et sur les jambes, et lui dit : Si seulement tu cries de douleur, je dirai que tu as renié. Pierre ne répliqua pas un mot.

Lui et sa sœur Agatha désiraient subir ensemble le martyre. Mais Dieu ne l’exauça pas sur ce point. Il tomba malade en prison, à la suite des si douloureuses tortures qu’il avait subies, et affirma qu’il se soumettait avec joie à la volonté de Dieu, si Dieu préférait qu’il mourût en prison.

Durant ces quatre années de prison, de tortures inimaginables, d’interrogatoires, Petrus ne céda pas un instant. Sa constance, mais aussi sa gentillesse et sa simplicité, édifièrent beaucoup les gardiens, ainsi que ses compagnons de prison.

Il s’éteignit dans sa prison, le 25 novembre 1838, à l’âge de trente-cinq ans.

Sa sœur Yi So-sa Agatha fut martyrisée le 24 mai suivant.

Petrus est le premier martyr de la persécution qui frappa cette année-là la jeune et courageuse communauté chrétienne coréenne, déjà constituée avant-même l’arrivée des premiers missionnaires envoyés par les Missions Etrangères de Paris. On a pu estimer à huit-mille les victimes de ces persécutions successives.

Le dies natalis de Petrus est au 25 novembre, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens a été placée au 20 septembre.

Petrus et Agatha furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Santiago Meseguer Burillo

1885-1936

 

Né le 1er mai 1885 à Híjar (Teruel), Santiago (ou Jaime, Jacques) reçut le nom du Saint qu’on fêtait ce jour-là à cette époque, Jacques (le mineur).

Il fréquenta l’école à Híjar, et étudia aussi le latin.

Entré au couvent dominicain de Corias (Asturies), il étudia ensuite la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1905.

Il participa à la rédaction de la revue thomiste La Ciencia, à Madrid et au collège de Vergara.

Ensuite, il fut envoyé aux couvents de Barcelone, Solsona, Valencia, surtout comme professeur. En 1934, il fut promu Maître en Théologie.

Au moment de la révolution de 1936, il se trouvait en déplacement momentané à Barcelone, où il se réfugia chez des amis, durant environ quatre mois.

Lui et l’autre père dominicain Jacinto Serrano López, furent arrêtés et jetés en prison avec d’autres, à la prison de El Clot, où ils furent assassinés. Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago le fut également le même jour.

Le père Santiago Meseguer fut béatifié en 2001.

 

 

Jacinto Serrano López

1901-1936

 

Né le 10 juillet 1901 à Urrea de Gaén (Teruel), Jacinto fut orphelin de mère presque à sa naissance, et de père à six ans.

Il entra à l’école des Dominicains de Solsona en 1913.

Entré au noviciat, il fera les premiers vœux en 1917, la profession solennelle en 1920 et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut envoyé pour enseigner aux couvents de Calanda et de Valencia, tandis qu’il prépare (et obtient) la licence de Physique et Chimie à l’université.

Son activité fut multiple : outre les prédications et les conférences, il dirigeait la revue Rosas y Espinas (Roses et Epines), collaborait à le Revue Contemporaine, dirigeait l’Association de la Bienheureuse Imelda, où il développa une excellente catéchèse pour les enfants pauvres, dont s’occupaient de bonnes demoiselles (La bienheureuse Imelda est une dominicaine du 14e siècle, très liée à l’Eucharistie, fêtée le 12 mai).

Au moment de la révolution de 1936, le père Jacinto fut élu Vicaire provincial et, en tant que tel, organisa l’évacuation en France de ses Confrères. Lui-même resta à Barcelone, soucieux de la situation de ceux qui restaient encore.

Vers la mi-novembre, il fut arrêté par des connaissances qui venaient justement de son village, Urrea, et qui le reconnurent.

Enfermé quelques jours au château de Montjuic, il fut transféré à La Puebla de Híjar, soumis à interrogatoires et conduit devant un peloton d’exécution.

Avant de mourir, il cria bien fort : Vive le Christ Roi !

Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago Meseguer le fut également le même jour.

Le père Jacinto Serrano López fut béatifié en 2001.

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 14:29

Antonio González Alonso

1912-1936

 

Antonio, né le 11 avril 1912 à Nembra (Asturies, Espagne NW), était le huitiième des dix enfants d’un couple d’agriculteurs, Severino González et Josefa Alonso.

Deux de ces enfants moururent en bas âge ; deux devinrent prêtres dominicains (Julio aux Philippines, Jesús  au Texas) et une dominicaine à Gijón.

Le papa avait déjà un frère prêtre, missionnaire aux Philippines ; lui-même était un fidèle de l’Adoration nocturne et y conduisit tous ses enfants au fur et à mesure qu’ils grandissaient ; Severino administrait aussi la confraternité des Ames du Purgatoire.

Antonio ressentit aussi l’appel à la consécration, et entra dès 1923 à l’école apostolique dominicaine de La Mejorada (Valladolid), où il rejoignit son aîné Jesús.

En 1927, après d’excellentes études, il entra au postulat, puis au couvent d’Ávila, où il prit l’habit pour son noviciat, et fit la profession temporaire.

Malheureusement, il fut frappé de tuberculose et ne put se remettre ; il céda aux conseils des médecins et renonça à la voie sacerdotale. Rentré à la maison, il eut une vie toute monacale, participant à l’Eucharistie quotidienne, à l’Adoration nocturne, dirigeant les jeunes Tarcisi (émules de s.Tarcisius, v. 15 août), et s’inscrivit à l’Ecole Normale d’Oviedo en 1935, en vue du Magistère, pour enseigner dans les écoles.

Le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec son frère Cristóbal ; à ce dernier, il dit : Voilà pour moi une occasion de donner ma vie à Dieu comme martyr ; mais toi, il faut que tu aides les parents à la maison. De fait, Cristóbal ne fut pas martyrisé avec lui.

Les gardiens voulurent obliger Antonio à déchirer une belle image du Sacré-Cœur, qui était dans l’église de Nembra, et à casser la pierre d’autel. Antonio s’y refusa ; on lui laisssa vingt-quatre heures pour réfléchir encore, après quoi il réitéra son net refus, en conscience. En outre, comme il refusait de prononcer un blasphème, on lui coupa la langue.

Le 11 septembre, donc, on l’emmena en voiture à Moreda. En passant devant la maison des parents, Antonio réussit à crier à sa mère : Adieu, Maman, on se revoit au Ciel ! On arriva à la localité Puerto de San Emiliano ; le conducteur de la voiture, qui raconta les faits, affirma n’avoir entendu aucun coup de feu, laissant supposer qu’on acheva Antonio en le frappant, puis qu’on le jeta dans un puits. On n’a pas retrouvé son corps.

Antonio aurait peut-être pu devenir prêtre malgré la maladie : il s’est immolé totalement dans le martyre.

Antonio González Alonso fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 septembre.

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 09:08

Hubert Unzeitig

1911-1945

 

Hubert Unzeitig naquit le 1er mars 1911 à Greifendorf, un village de la région sudète en Tchéquie ; aujourd’hui le village a pris le nom de Hradec nad Svitavou.

La sœur d’Hubert s’appelait Regina.

En 1928, il entra chez les Missionnaires de Mariannhill à Reimlingen, où il prit le nom d’Engelmar, sous lequel il est principalement connu.

En 1939, il fut ordonné prêtre ; une de ses premières courageuses interventions, fut de célébrer la Messe pour des prisonniers français. Nommé curé à Glöckelberg (Bohême), il rencontra des membres de la Jeunesse Hitlérienne, qui le dénoncèrent pour ses prises de position.

Ayant en effet protesté contre la persécution des Juifs, il fut arrêté en avril 1941, incarcéré six semaines à Linz, puis déporté sans jugement à Dachau, où il porta le numéro 26147, dans la baraque 26. Engelmar portait l’étoile rouge, en tant que «sauveur de Juifs», qui portaient l’étoile jaune.

Il s’efforça de réconforter dans leur foi les prisonniers. Dans ce camp réservé aux «ennemis de l’Etat», se trouvaient près de trois mille hommes, prêtres catholiques à 95%, les autres étant Juifs, pasteurs protestants ou Témoins de Jéhovah. Il apprit aussi le russe pour s’entretenir avec les prisonniers russes. Aux prisonniers qui souffraient de la faim davantage que lui, il donnait sa petite ration.

En 1944, une épidémie de typhus se déchaîna dans les baraquements. Les malades étaient entassés dans une baraque à part et abandonnés à leur sort ;  vingt prêtres, dont Engelmar obtinrent de pouvoir aller les visiter et les réconforter ; bien conscients du danger qu’ils couraient, ils se dépensèrent, administrèrent le Sacrement à des centaines de mourants, donnant l’absolution aussi à des Russes non catholiques, très nombreux dans ce camp. Les survivants dirent qu’ils avaient surnommé Engelmar l’Ange de Dachau. Seuls deux des vingt volontaires survécurent.

Gagné lui-même par l’épidémie, Engelmar mourut en effet le 2 mars 1945, à trente-quatre ans. On put faire sortir du camp ses cendres clandestinement, pour les replacer plus tard à Würtzburg, en 1968- durant le Printemps de Prague -.

Six semaines après la mort d’Engelmar, arrivaient les Américains pour ouvrir les portes du camp de Dachau. Or, un de ces soldats fut atteint de cancer et, par l’intercession du père Engelmar, obtint sa complète guérison.

Il est heureux de constater qu’actuellement Allemands et Tchèques, maintenant réconciliés, se retrouvent ensemble pour prier le père Unzeitig, dans son village natal.

On nous permettra aussi ici une réflexion amusante sur le nom de famille du père Engelmar : Unzeitig, qui signifie prématuré, pourrait s’appliquer à notre Bienheureux qui mourut «prématurément», si jeune ; mais devant Dieu il était consommé en sainteté, mûr, et prêt pour la moisson éternelle.

Hubert-Engelmar Unzeitig fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 2 mars.

Si le miracle mentionné ci-dessus est confirmé, il pourrait servir à la prochaine canonisation du Martyr.

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 00:00

 

24 NOVEMBRE

III.

S Chrysogone, martyr à Aquilée, mentionné au Canon romain.

?

S Crescentien, martyr à Rome.

IV.

Ste Firmina, martyre à Amelia.

S Protasius, évêque à Milan, ami et défenseur de s. Athanase.

S Carion, moine à Scété où il se retira en laissant ses deux enfants à sa femme ; son fils le rejoignit et dépassa son père en mérites d'humilité et de silence.

S Romanus, prêtre à Blaye ; qui était en danger de naufrage n'avait rien à craindre tant qu'il apercevait la basilique ; celle-ci est désormais en ruines.

VI.

S Kenan, évêque à Dulcek ; son corps est resté sans corruption dans la tombe.

S Protais, reclus en Auvergne.

S Pourçain, abbé à Mirandense ; il brisa d'un signe de croix une coupe empoisonnée. 

VII.

S Colman, premier évêque à Cloyne ; il fut barde païen puis baptisé par s. Brendan.

S Bieuzy, ermite en Bretagne, disciple de s. Gildas.

Ste Eanflède, reine en Angleterre, fille de s. Edwin et de ste Ethelburge, mère de ste Elflède ; très attachée à Rome, elle tenait cependant à la date locale de Pâques. 

VIII.

S Marin, très fêté à Cornot et dans le Jura, mais inconnu.

IX.

Stes Flora et María, martyres à Cordoue ; Flora fut scalpée à coups de fouet.

XII.

B Albert de Louvain, évêque à Liège ; contesté, il dut être sacré à Reims, où il fut martyrisé deux mois plus tard.

XIII.

B Balsamus, abbé à La Cava.

XIX.

SS Pierre-Rose-Ursule Dumoulin Borie, évêque, Vinh Sơn Nguyễn Thế Diểm et Phêrô Võ Ɖǎng Khoa, prêtres vietnamiens ; le premier, un géant de 1m85, condamné à la décapitation, dut recevoir sept coups, d'un bourreau ivrogne ; les deux autres furent étranglés ; ces martyrs, avec de nombreux autres Compagnons ont été canonisés en 1988 et sont fêtés ensemble en ce jour, quoique nommés individuellement tout au long de l’année à leurs respectifs dies natalis.

Bse Maria-Anna Sala, éducatrice italienne, des Sœurs Marcellines, atteinte d'un cancer à la gorge, béatifiée en 1980. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Carmélites de la Charité : près de Valencia, Paula Isla Alonso (P. de Sainte Anastasie), Niceta Plaja Xifra (N. de Saint Prudence), Antonia Gosens Sáez de Ibarra (A. de Saint Timothée), Daría Campillo Paniagua (D. de Sainte Sophie), María Concepción Odriozola Zabalía (M.C. de Saint Ignace), Erundina Colino Vega (E. de N.Dame du Mont Carmel), María Consuelo Cuñado González (M.C. du Saint-Sacrement), Feliciana de Uribe Orbe (F. de N.Dame du Mont Carmel), Concepción Rodríguez Fernández (C. de Sainte Madeleine), Clara Ezcurra Urrutia (Cl. de Notre Dame de l'Espérance), Justa Maiza Goicoechea (J. de l'Immaculée), Cándida Cayuso González (C. de Notre Dame des Anges) (*1863, 1863, 1870, 1873, 1883, 1882, 1884, 1893, 1895, 1896, 1897, 1901) ;

- béatifié en 2007 :

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Félix Alonso Muñiz (*1896).

Chrysogone

3e-4e siècles

 

Ce Martyr très illustre est pourvu d’une Passio à laquelle les historiens ne reconnaissent pas une très grande valeur.

Des différents témoignages qu’on possède, on peut légitimement déduire que saint Chrysogone fut réellement martyr à Aquilea (Nord-Est de l’Italie), et même peut-être l’identifier avec le troisième évêque de cette ville.

Une église Saint-Chrysogone existe à Rome dès le 4e siècle. On avance que cette église avait été construite sur une propriété d’un certain Chrysogone et qu’on y adjoignit ensuite le titre de «saint Chrysogone» en l’honneur du Martyr.

Dans cette hypothèse, Chrysogone aurait été romain, responsable de beaucoup de conversions, et finalement fait décapiter et jeter à la mer par l’empereur Dioclétien, qui se l’était fait amener à Aquilée, où il résidait alors. Ceci expliquerait que saint Chrysogone fut honoré autant à Rome qu’à Aquilée.

Il reste que saint Chrysogone fut célèbre, au point d’être mentionné dans la prière du Communicantes du Canon romain de la Messe. Les Grecs l’appellent Megalomartyr.

La date de sa fête, au 24 novembre dans le Martyrologe, peut remonter au jour de la dédicace de l’église romaine.

 

 

Firmina d’Amelia

† 303

 

Firmina aurait été une vierge martyrisée à Amelia (Ombrie, Italie C), pour avoir refusé les avances d’un consul.

On lui fit subir diverses tortures, on la suspendit en l’air et on alluma sous elle des torches ardentes, qui devaient l’asphyxier et la brûler.

Les reliques en auraient été découvertes au neuvième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Firmina d’Amelia au 24 novembre.

 

 

Protasius de Milan

† 343

 

Protasius fut le huitième évêque de Milan, le neuvième si l’on tient compte de l’énigmatique s.Barnabé (v. 11 juin). Son épiscopat commença vers 328.

Il tint sa place dans l’atmosphère empoisonnée de l’arianisme. Il fut un de ceux qui entouraient s.Athanase (v. 2 mai) devant l’empereur Constant (342), et il était présent au concile de Sardique (343). Il est douteux qu’il fût présent aux conciles de Milan de 345 et 347.

Un catalogus lui accorde vingt-cinq années d’épiscopat, induisant ainsi à 353 la fin de sa vie : ce document est sans doute mal informé : si Protasius était encore évêque en 353, il faudrait effacer de la liste ses deux successeurs. Il mourut donc vers 343, après quinze années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Protasius de Milan au 24 novembre.

 

 

Romanus de Blaye

† 385

 

Ce Romain était peut-être d’origine africaine ou provençale.

Devenu moine (on ne nous dit pas où), il vint par Narbonne et Toulouse à Bordeaux et s’installa à Blaye. Il n’est pas clair si Romanus fut moine avant son voyage (il aurait pu venir de Lérins, par exemple) ou s’il appartint à la communauté de Tours, près de s.Martin.

Toujours est-il que s.Martin vint l’ordonner prêtre à Blaye (Gironde) en lui confiant l’évangélisation de la région.

Romanus dut faire beaucoup de miracles et être très célèbre, et plusieurs localités d’Aquitaine portent son nom.

Vers 385, Romanus mourut et ses obsèques furent présidées par le même s.Martin.

Sur son tombeau fut érigée une basilique et un monastère. S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que, tant que de la mer les matelots apercevaient la basilique, ils n’ont rien à craindre. Cette basilique est désormais en ruine ; la nouvelle église, du dix-septième siècle, s’appelle aussi Saint-Romain.

A Blaye furent enterrés au septième siècle le roi d’Aquitaine Caribert et son fils, assassinés en 631, ainsi que les héros de la Chanson de Roland : Roland, Olivier, Turpin, au siècle suivant.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Blaye au 24 novembre.

 

 

Pourçain, abbé en Auvergne

† 532

 

Portianus - Pourçain, était l’esclave d’un païen assez dur, dans le Massif Central. Il gardait probablement les porcs, d’où son nom.

Plusieurs fois il chercha à s’enfuir, trouvant refuge auprès du monastère proche.

Au bout de plusieurs de ces épisodes, Pourçain supplia l’abbé de convaincre son patron de ne plus le malmener comme avant. Ayant promis, le patron voulut prendre le chemin du retour avec son esclave, mais il devint aveugle et ses yeux le torturaient. Il supplia l’abbé, qui ordonna à Pourçain d’imposer ses mains sur les yeux malades ; Pourçain, humblement, n’osait, mais finalement le fit, et son patron fut totalement guéri.

Successivement, Pourçain put entrer dans ce monastère et sa sainteté le fit choisir pour succéder à l’abbé (481).

Il s’imposa des mortifications sans doute excessives. A force de jeûnes, il n’avait plus de salive et, pour humecter ses gencives en été, il y appliquait du sel.

En 532, déjà fort âgé, il alla trouver le roi Théodoric dont les soldats avaient envahi l’Auvergne et ravageaient tout sur leur passage, emmenant avec eux beaucoup de prisonniers. Une fois dans le camp du roi, Pourçain fut accosté par l’officier du roi qui lui offrit une coupe de vin : Pourçain bénit cette coupe, qui se rompit, laissant le vin couler par terre tandis qu’un vilain serpent s’en éloignait. La coupe était empoisonnée ! Toute l’armée alors vint vénérer le saint vieillard et le roi libéra tous les captifs qu’il avait pris.

Ce n’était pas la seule attaque du Démon. Une nuit, il fit apparaître des flammes dans la cellule de l’abbé, qui les fit disparaître d’un signe de croix.

Pourçain mourut à un âge très avancé, mais à une date inconnue ; en tout cas après 532.

Le petit monastère qu’il dirigea, s’appelait Mirandense ; on sait seulement qu’il prit par la suite le nom de Saint-Pourçain.

Saint Pourçain est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Colman de Cloyne

† 600

 

Des Colman, il y en a beaucoup. On a déjà rencontré Colman d’Ecosse, Colman de Dromore, et Colman mac Duagh (v. 6 juin, 7 juin et 29 octobre).

Celui d’aujourd’hui aurait été un barde païen, avant de recevoir le baptême des mains de s.Brendan (v. 16 mai).

Il aurait évangélisé les régions de Limerick et de Cork.

On peut supposer qu’il fut abbé d’un centre monastique à Cloyne, où il n’y avait pas encore d’évêque à cette époque. Colman dut y exercer l’autorité épiscopale et reste vénéré comme le premier évêque de Cloyne. En réalité, le premier évêque «officiel» de Cloyne est signalé au 12e siècle, et s’appelait : Gilla na Náem Ua Muirchertaig (ou Néhémias).

Saint Colman de Cloyne est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Flora et María

† 851

 

Le prêtre Eulogio vivait à Cordoue et fut ensuite élu évêque de Tolède. Il mourut lui-même martyr en 859 (v. 11 mars). C’est à lui qu’on doit la relation sur la vie et la mort de Flora et María.

Euloge était l’animateur de la résistance chrétienne contre l’Islam à Cordoue, quand il vit Flora pour la première fois. Il raconte qu’elle était née vers 845, d’un loup et d’une brebis : son père païen vivait à Séville où il mourut bientôt ; sa mère était chrétienne et de famille noble ; ils avaient un fils, et deux filles qui furent baptisées.

Petite, elle donnait aux pauvres la portion qu’on lui servait, et furtivement accomplissait le bienheureux jeûne. Il fallait l’obliger à manger, et elle n’y consentait que le soir.

En grandissant, Flora trouvait honteux d’avoir un christianisme tout caché. Son frère, musulman et fanatique, la gênait fort. Elle s’enfuit un jour chez des chrétiens. Le frère prit des clercs comme otages et les fit incarcérer. Flora revint à la maison pour ne pas faire souffrir les autres pour elle. Son frère essaya de la séduire, puis la mena au juge.

C’est là qu’on la torture en la maintenant par les deux bras tandis qu’on lui fouaille la tête jusqu’à la rendre chauve. Presque évanouie, elle est rendue à son frère, pour qu’il la soigne, l’instruise ou la ramène si elle ne se convertit pas. Dès qu’elle se sent guérie, Flora “fait le mur”, est recueillie chez un chrétien et se cache pendant six ans.

C’est pendant ce temps qu’elle rencontre une autre petite chrétienne, María, de famille chrétienne et dont le frère était diacre.

Ensemble elles vont réaffirmer leur foi au juge. Le cadi les renvoie dans un cachot malpropre, parmi les femmes de mauvaise vie. Elles jeûnent et prient. Euloge vient les réconforter. Après un troisième avertissement du cadi, elles sont conduites au tribunal où on les interroge. Elles résistent jusqu’au bout.

Enfin, elles sont décapitées : on laisse leurs corps aux chiens et aux oiseaux, puis on les jette au fleuve. On ne retrouvera pas le corps de Flora. Les chefs des deux martyres sont conservés dans la basilique de Saint-Aciscle. Euloge assure que c’est grâce à leur prière qu’il fut libéré quelques jours plus tard et il fit parvenir à la sœur de Flora la ceinture qu’elle portait en prison.

Le martyre de Flora et María eut lieu vers quinze heures de l’après-midi le 24 novembre 851, et c’est en ce jour qu’on célèbre leur fête.

Albert de Louvain

1166-1192

 

Albert était né vers 1166 à Louvain (Brabant, Flandre, Belgique), second fils de Godefroid III et de Marguerite de Limbourg.

Il n’avait que douze ans (1178), lorsqu’on le pourvut d’un canonicat à la cathédrale de Liège. A cette époque, une telle place était un avancement, sans aucune obligation cléricale.

En 1187, Albert renonça à son titre et demanda à Baudouin V de Hainaut de l’adouber chevalier, peut-être pour partir en croisade. Mais le nouveau chevalier resta sur place.

Revenant donc sur sa décision, il récupéra son canonicat l’année suivante. Cette même année 1188, on le vit archidiacre du Brabant.

En 1191 (il avait vingt-cinq ans), il fut proposé pour le siège épiscopal de Liège, alors qu’il n’était que sous-diacre. Contesté par un rival du parti impérial, Albert alla à Rome demander au pape son approbation. Le pape trancha en faveur d’Albert : il fallait l’ordonner prêtre et évêque et il déléguait à l’archevêque de Reims le pouvoir de procéder à ces ordinations. Albert fut ordonné prêtre puis sacré évêque les 19 et 20 septembre 1192, à Reims.

Entre temps, l’empereur avait installé sur le siège de Liège son propre candidat, Lothaire. Quand l’empereur apprit la nomination officielle d’Albert, il fit détruire à Liège les maisons des partisans d’Albert. Le nouvel évêque ne put jamais entrer dans sa ville. Il resta à Reims.

C’est là qu’il monta rapidement les degrés de la sainteté. Il ne se révolta pas et n’admettait pas qu’on insultât son rival de Lothaire. Même un de ses adversaires reconnaissait qu’il était pieux et libéral.

Le propre frère de Lothaire organisa sa vengeance. Il envoya à Albert des hommes armés, qui se présentèrent comme des exilés. Au cours d’une promenade à cheval, ils frappèrent à mort le jeune évêque en lui brisant la tempe et le crâne, l’achevant de treize blessures.

Les hommes vinrent rendre compte de leur forfait à l’empereur, qui les accueillit avec satisfaction. Lothaire fut excommunié, quoiqu’il n’eût peut-être pas commandité directement l’assassinat d’Albert.

Albert avait été évêque deux mois, pendant lesquels il s’était efforcé d’administrer son diocèse par messagers. Il fut considéré comme martyr, non pas de la foi, mais de sa fidélité à l’Eglise de Rome. Il mourut le 24 novembre 1192, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Le culte de saint Albert fut confirmé en 1613.

On voulut ramener son corps de Reims à Louvain, mais il y eut une erreur. En 1918, après la Grande Guerre, on retrouva à Reims son cercueil intact, qui fut restitué à la Belgique en 1921. Une autopsie révéla que ce corps appartenait à un personnage de la trentaine (Albert mourut à vingt-six ans, ou guère plus), d’environ 1m80.

 

 

Balsamus de La Cava

? - 1232

 

Balsamus illustra son époque par sa douceur, sa sagesse et sa science.

On sait qu’il fut le dixième abbé du monastère bénédictin de La Cava (Naples, Italie SO), charge qu’il recouvra pendant vingt-quatre ans, de 1208 à 1232.

Même Frédéric II l’avait en estime, au point de le nommer justicier pour son territoire : au besoin, Balsamus aurait donc eu pouvoir de vie et de mort, mais n’en fit pas usage. Grâce aussi à la protection impériale, le monastère fut protégé des incursions (tandis que le Mont Cassin fut fortement endomamgé). 

Il profita plutôt de son crédit pour récupérer des biens ou des territoires injustement ravis au monastère.

L’abbaye put recevoir des hérétiques qui devaient y purger leur peine dans le silence et, si possible, dans la prière.

Cette abbaye connut une prospérité réelle ; elle possédait des ports, et le commerce lui apportait des bénéfices non négligeables.

Balsamus développa la bibliothèque. 

Il fut en bons rapports avec la noblesse et les donations affluèrent.

Le bienheureux Balsamus mourut le 24 novembre 1232 et son culte fut confirmé en 1928.

 

 

 

Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm

1761-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né en 1761 dans le village de An Dô (Quảng Trị), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Il fréquenta le séminaire de Kẻ Vĩnh (Nam Định) et reçut le sacerdoce.

Il exerça avec enthousiasme le saint ministère, s’occupant de former des catéchistes, de soulager les pauvres, avec beaucoup d’heureux résultats.

Dévôt de saint Joseph et de la Vierge Marie, il jeûnait le mercredi et le samedi.

Lors de la persécution, le père Vinh Sơn continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens. Il semble que sa cachette ait été révélée par d’autres détenus qui ne résistèrent pas aux tortures.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Phêrô Võ Đăng Khoa, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Etant âgé, le père Vinh Sơn fut légalement dispensé des tortures.

Le 24 novembre 1838, le père Vinh Sơn fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre, tandis que Mgr Dumoulin Borie fut décapité.

Le père Vinh Sơn fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Phêrô Võ Đăng Khoa

1790-1838

 

Phêrô (Pierre) était né en 1790 dans le village de Shunyi (Quỳnh Lưu, Nghệ An), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Enfant précoce et pieux, il étudiait avec grande intelligence dès huit ans, de sorte que son père l’envoya au séminaire de Vĩnh Trị (Nam Định), où enseignait le père Jeantet.

Pierre fut ordonné prêtre en 1820.

Pendant neuf ans, il exerça avec enthousiasme le saint ministère, aux côtés d’un autre prêtre vietnamien, Luca Loan Đăng Vĩnh Phước, avec beaucoup d’heureux résultats.

Lors de la persécution, le père Phêrô continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens.  Devant changer constamment de domicile, il rappelait volontiers cette phrase du Christ : Les renards ont des tanières, les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête (Mt 8:20).

On le découvrit cependant dans la nuit du 2 juillet 1838 et il fut amené, ligoté, à Đồng Hới (Quảng Bình) le 7 octobre suivant. On l’interrogea à plusieurs reprises, pour lui extorquer des révélations sur les cachettes d’autres prêtres ; il reçut jusqu’à soixante-seize coups de fouet.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Vinh Son Nguyễn Thẽ Ɖiêm, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Le 24 novembre 1838, le père Phêrô fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre.

Phêrô Võ Đăng Khoa fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Pierre Dumoulin Borie

1808-1838

 

Pierre-Rose-Ursule naquit le 20 février 1808 au moulin (d’où son surnom) de Cors, près Beynat (Corrèze), de Guillaume-Pradel Borie et Rose Labrunie, qui avaient déjà cinq enfants.

On peut dire que la courte vie de Pierre fut jalonnée de coups forts.

A trois ans, une maladresse fit qu’il eut le bras droit ébouillanté. Quand on retira la manche, l’épiderme partait avec, et l’enfant, sans crier, dit simplement : Vous me faites mal !

Adolescent, il se jette dans la Dordogne pour sauver un enfant qui se noie, et manque d’y rester lui-même.

Il vola un jour quelques fruits, et on le conduisit les mains liées derrière le dos pour aller faire amende honorable. Un autre jour, tout en larmes, il avoua aussi à sa mère qu’il lui avait volé deux sous.

Il commença à étudier chez son oncle prêtre, fréquenta le collège. Un jour, ses camarades le fouettèrent et l’attachèrent à un arbre, mais on ne précise pas quel était ce «jeu», ni pourquoi le garçon, déjà gaillard, se laissa faire, ni qui le découvrit, et quand… 

Les études n’étaient pas vraiment brillantes, en particulier pour le latin ; son oncle eut l’idée de le vexer en enseignant les rudiments du latin à sa petite sœur, bien plus jeune : l’expérience produisit son effet, et l’adolescent ingurgita les déclinaisons avec avidité.

Grandissant, Pierre semblait vouloir courir aux aventures, mais voilà qu’une bonne maladie fit assez souffrir - et réfléchir le jeune homme qui avait maintenant dix-huit ans. Guéri, il voulut servir Dieu tout de bon. Les Missions ? La médecine (pour guérir beaucoup de malades) ? La Trappe ? 

Son père l’orienta vers le grand séminaire du diocèse, et Pierre accepta sans regarder en arrière. Il écrivit même : Je ne me regarde plus comme votre fils ! J’appartiens à l’Eglise, à Dieu seul !

Désormais Pierre est un bon géant d’un mètre quatre-vingt-cinq, bien bâti, vigoureux, un numéro qui ne peut pas passer inaperçu. 

Cette première année au séminaire ne fut pas trop facile, car il fallait apprendre à se plier à un horaire, un règlement, choses nouvelles pour Pierre. Mais il se combattit, et reçut la tonsure à la fin de l’année. La lecture des Annales de la Propagation de la foi firent monter en son cœur le désir de partir en mission. Déjà, durant l’été suivant, ce grand séminariste fraîchement vêtu de sa soutane, s’occupait à parler aux enfants, aux pauvres, aux malades.

Au séminaire, il est chargé de l’infirmerie ; le temps qu’il récupère le soir, il le passe devant le Saint-Sacrement. Pierre s’entraînait à se passer de tout superflu.

L’épreuve ne l’abat pas lors de la mort de son père (1828), il persévère, et confie à sa mère qu’il partira en missions. On imagine les larmes de cette veuve, mais Pierre resta ferme : il quitta de nuit la maison familiale et, une fois à Paris, prit ses mesures pour «disparaître» à peine arriverait sa mère pour le convaincre de revenir à la maison.

Son apostolat commençait dans les rues de Paris : il sut préparer admirablement une bande de gamins à la première Communion.

Il dut supporter une opération à la main, une autre au genou : souffrances «minimes» qui lui en préparaient bien d’autres.

Ordonné diacre en mars 1830, il voulut sortir dans la rue au moment des Journées de juillet, «pour voir». Il s’était déguisé avec un costume de chasse, mais on le prit pour un Suisse de la garde royale ; on cria A mort, mais on s’aperçut vite que ce Limousin n’avait pas l’accent suisse !

Finalement il quitta Paris le 2 novembre 1830, devant recevoir l’ordination sacerdotale à Pondichéry (Inde orientale). Mais une dispense arriva entre temps et cette ordination eut lieu à Bayeux, le 21 novembre, jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple. Pierre avait 22 ans.

Le voyage pour les terres de mission fut très long : Pierre débarqua le 15 juillet à Macao, et arriva au Tonkin en mai 1832. Le bateau avait failli être englouti par deux trombes successives, et un typhon avait sérieusement touché la ville de Macao. L’empereur Minh persécutait déjà les chrétiens, ce qui obligeait Pierre à faire un long détour par Saïgon, pouvant difficilement se cacher à cause de sa haute taille, au milieu de gens habituellement si petits.

Le missionnaire, qui s’était mis difficilement au latin, apprit la langue locale en trois mois et pouvait désormais confesser, enseigner, prêcher. Il absorbait indifféremment tout ce que la cuisine lui servait, gagnant ainsi le cœur des indigènes. Toujours riant, toujours audacieux : il n’ambitionnait rien de moins qu’aller faire l’apologie de la religion devant l’empereur ! La prudence le lui déconseilla.

En peu de temps, il a reconstitué deux couvents, remonté deux collèges ; il fait la classe à vingt-cinq enfants. On l’aime, on le respecte, on l’accueille avec enthousiasme, on l’appelle le «grand-père». Son surnom annamite est Cao, illustre, grand.

Son calvaire commence le 31 juillet 1838 à deux heures du matin. Trahi par un chrétien qui avait cédé aux tortures, il était poursuivi par les soldats. Il s’était caché dans une dune de sable, mais se présenta spontanément, d’une façon qui rappelle l’arrestation de Jésus à Gethsémani : Qui cherchez-vous, leur demanda-t-il (cf.Jn 18:4), ce qui les fit reculer un instant.

Etendu à terre, une tuile sous le menton et une autre sous le ventre, son mouchoir dans la bouche, il reçoit trente coups de rotin. Un gémissement aux derniers coups seulement et, pour toute réponse au mandarin qui lui demande comment il se sent : Je suis de chair et d’os comme les autres, et pas exempt de douleur. Mais après comme avant la torture, je suis également content.

Courageux et de bonne humeur malgré la souffrance, il raconta ensuite : Sur le refus de déclarer les endroits où j’ai habité pendant cinq ans, on m’a fait administrer, le 3 août au matin, trente coups de rotin, qui, fortement appliqués, m’ont laissé tout couvert de mon sang, et d’abord incapable de me relever moi-même ; mais un instant après qu’on eut jeté une poignée de sel sur mes plaies et que j’eus éprouvé des douleurs cuisantes, je me sentis aussi bien portant et joyeux qu’avant la cérémonie.

On le garda en prison, sous une cangue de douze kilogrammes, en même temps que deux autres prêtres indigènes, Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm. Il y avait aussi d’autres chrétiens avec lui, et il pouvait recevoir des visites. C’est alors qu’il apprit sa nomination à l’épiscopat : il devenait ainsi vicaire apostolique du Tonkin oriental, sa «paroisse» qui n’était pas encore érigée officiellement en diocèse.

On attendait la sentence qui devait frapper «Cao» ; la ratification arriva le 24 novembre 1838 : Mgr Borie devait être décapité, et les deux autres prêtres arrêtés avec lui, étranglés. Le mandarin était à la fois soumis aux ordres, et sensible à la personnalité de Mgr Borie : il fit, selon la loi, préparer une poule en repas aux trois condamnés, regrettant la condamnation à mort de ce jeune évêque (Mgr Borie avait juste trente ans), mais Mgr Borie le remercia pour ses «faveurs» et voulut même s’incliner devant lui en signe de reconnaissance : le mandarin fondit en larmes.

Le supplice fut affreux. On s’était rassemblé près de Dong-hoï ; le soldat qui devait porter le coup fatal avait voulu se «donner des forces» avec un petit verre, mais il était ivre, et sa main tout-à-fait incertaine : un premier coup porta une blessure de l’oreille à la mâchoire, un second souleva le haut de l’épaule sur le cou, un troisième fut meilleur, mais la tête de notre «bon géant» tenait encore. Il fallut sept coups pour achever la vie de ce vaillant Confesseur, encore dut-on en plus séparer le chef du tronc même après la mort constatée. Le mandarin, écœuré et furieux, fit administrer quarante coups de rotin au soldat maladroit.

On ne trouva pas de cercueil assez grand : quand on voulut un an après recueillir le corps du Martyr, on constata que les jambes sortaient du cercueil, mais le corps était bien conservé. La dépouille de Mgr Pierre Borie fut ramenée à Paris en août 1843.

Quelle émotion, quand la maman de Pierre apprit la mort glorieuse de son fils, dont elle s’était séparée à contre-cœur dix ans plus tôt ! Cette maman vécut encore dix années avant de s’éteindre en ce monde en 1858 (l’année des apparitions à Lourdes) et de rejoindre son cher fils dans la joie éternelle.

Mgr Pierre Dumoulin Borie fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, en même temps qu’une centaine d’autres Martyrs du «Viêt-Nam». Chacun d’eux est commémoré en son dies natalis au Martyrologe, mais une fête commune leur a été assignée, justement le 24 novembre, jour du dies natalis de saint Pierre Borie et de ses deux Compagnons Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm.

 

 

Maria Anna Sala

1829-1891

 

Maria Anna Sala naquit à Brivio (Lecce, Italie SE), le 21 avril 1829, cinquième des huit enfants de Giovanni Maria Sala et de Giovannina Comi, parents profondément chrétiens et vivant à l’aise en de bonnes conditions économiques. Monsieur Sala avait sa place dans le commerce du bois et possédait une belle villa au centre du pays. Baptisée le jour-même de la naissance, la petite fille reçut les noms de Maria Anna Elisabetta.

Comme ses nombreux frères et sœurs, Maria Anna reçut au sein de cette grande famille une bonne éducation chrétienne et une solide formation. Très intelligente, elle fut vite remarquée par sa maîtresse, Mademoiselle Alessandrina, à l’école primaire. Elle reçut la Confirmation le 12 septembre 1839, à dix ans, et pour la première fois l’Eucharistie, comme c’était la coutume à cette époque.

Comme elle avait de bonnes dispositions pour l’étude, on la confia aux Sœurs Marcellines de Vimercate, une récente congrégation fondée près de Milan par Mgr Luigi Biraghi, pour l’éducation chrétienne des jeunes filles de cette bourgeoisie qui commençait à se développer alors. En novembre 1846, à dix-sept ans, Maria Anna obtint brillamment son diplôme de l’enseignement pour les écoles primaires.

Elle rentra aussitôt dans son pays et se donna pleinement à l’assistance auprès de sa mère malade, aux soins de ses petits frères et sœurs, mais aussi autant que possible auprès des petits enfants de la paroisse, aux malades et à ceux qui étaient dans le besoin. Bientôt, elle sentit en elle cet appel divin à la consécration totale, au témoignage pour le Christ dans les écoles, et entra chez les Sœurs Marcellines.

Il y eut quelques difficultés, car alors la famille subit quelques revers économiques ; mais Dieu aidant, elle fut accueillie par le Fondateur lui-même. Là elle put s’épanouir et donner libre cours à ses deux aspirations fondamentales : nourrir une intense vie intérieure, et se donner activement à l’apostolat parmi les jeunes filles.

Son noviciat, commencé en 1849, se prolongea au-delà des temps habituels, à cause des vicissitudes politiques que l’Italie traversait alors, de sorte qu’elle ne prononça ses vœux qu’en 1852, au moment où la Congrégation obtenait enfin l’érection canonique, c’est-à-dire la reconnaissance officielle de la part de l’Eglise et du gouvernement (autrichien) d’alors.

Elle enseigna successivement la musique et le français dans les écoles primaires, en diverses écoles, jusqu’à Milan, où elle fut aussi assistante à l’Hôpital militaire, tout en préparant et obtenant brillamment le Diplôme supérieur de l’enseignement. Puis elle fut supérieure adjointe des élèves des grandes classes, envoyée ensuite à Gênes avec la même charge, et eut aussi des responsabilités importantes à Chambéry, où elle enseigna et dirigea des groupes de sœurs et de grandes élèves italiennes qui apprenaient le français.

La volonté du fondateur des Sœurs Marcellines était que les religieuses fussent en constant rapport avec les élèves, jour et nuit, à l’étude et à la récréation, à la prière et au travail, à table et au dortoir. C’était une tâche vraiment harrassante, que notre Maria Anna accomplit avec fidélité, sérénité et profond esprit de responsabilité, pendant plus de quarante années.

Rappelée à la maison-mère, elle fut Assistante Générale, sachant donner d’excellents conseils pour les affaires de la Congrégation. Maîtresse des novices, bibliothécaire, chancelière, économe : partout elle montra sagesse, prudence et exactitude, faisant tout remonter à la gloire de Dieu. Toujours disponible, son “J’arrive de suite” était proverbial.

Un des sacrifices qui lui coûta beaucoup fut son transfert de Gênes à Milan. “J’ai honte de moi-même, disait-elle,  parce que je me croyais prête à tout sacrifice, mais en pratique, la nature se manifeste encore bien vivace”.

Aux fatigues quotidiennes vint s’ajouter une tumeur à la gorge. Douleurs intenses et crises de toux lui imposaient d’interrompre son cours, mais elle se dominait, s’excusait pour le “mauvais exemple” qu’elle donnait, et achevait la leçon imperturbablement.

Elle s’éteignit enfin le 24 novembre 1891, à Milan, en odeur de sainteté. En 1920, on retrouva son corps absolument sans corruption, et elle fut béatifiée en 1980.

Paula Isla Alonso

1863-1936

 

Née le 28 juin 1863 à Villalaín (Burgos, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1887, avec le nom de Paula de Sainte Anastasie.

Après sa profession, elle fut envoyée à La Beneficencia de Alcoy, Cascant, Sabadell, Cardona, Villafraca, Alcoy, Valls, Espluga, Benicásim, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), d’habitude comme enseignante, sauf à Valencia où elle s’occupait de la garde-robe. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

Elle était là la plus ancienne des douze Religieuses.

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Paula préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Paula était une femme de grande piété, silencieuse et travailleuse.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Paula et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Niceta Plaja Xifra (ou Jofra)

1863-1936

 

Née le 31 octobre 1863 à Torrent (Girona, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1880, avec le nom de Niceta de Saint Prudence.

Après sa profession (1883), elle fut envoyée à Palafrugell et à Llagostera, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), en 1886, où elle resta jusqu’en 1936 et dont elle devint la Supérieure.

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où l’on allait les fusiller.

Niceta demanda à être exécutée la dernière, et au dernier moment, pria : Seigneur, tu me les as confiées et je te les ai rendues, maintenant que tu me les redemandes.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Niceta et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Antonia Gosens Sáez de Ibarra

1870-1936

 

Née le 17 janvier 1870 à Vitoria (Álava, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1887, avec le nom de Antonia de Saint Timothée.

Après sa profession, elle fut envoyée à Valencia, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), entre autre comme sacristine. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la famille d’Antonia demanda à la Mère Provinciale (et obtint) que la Supérieure la renvoyât chez les siens, mais Antonia préféra rester avec ses Consœurs. Bientôt la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Antonia sut faire partager son esprit joyeux à toutes ses Compagnes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Antonia et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Daria Campillo Paniagua

1873-1936

 

Née le 8 septembre 1873 à Vitoria (Álava, Espagne), elle fréquenta le collège de Notre-Dame du Carmel de Madrid, tenu par les Carmélites de la Charité. Elle entra au noviciat de Vic (Barcelone) en 1895, avec le nom de Daria de Sainte Sophie.

Après sa profession, elle fut envoyée au collège de Vic, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), comme infirmière. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Daria préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Daria fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Daria et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Odriozola Zabalía

1882-1936

 

Née le 8 février 1882 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1904, prenant le nom de (María) Concepción de Saint-Ignace.

Après sa profession, elle fut envoyée la Beneficencia de Alcoy, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage, de l’infirmerie, de la sacristie et de l’église ; ella resta dans ces fonctions jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se montra très appliquée dans ses activités, bien organisée, sans rien oublier et surtout sans jamais se montrer «stressée».

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Erundina Colino Vega

1883-1936

 

Née le 23 juillet 1883 à Lagajeros (Zamora, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1915, prenant le nom de Erundina de Notre-Dame du Mont Carmel.

Vu qu’elle avait «déjà» trente-deux ans, il lui fallut une permission spéciale de la Supérieure Générale pour être admise.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia). 

Très cultivée, elle avait un grand talent pour s’occuper des personnes qu’on lui confiait. En outre, sa santé délicate lui occasionna des douleurs non insignifiantes, qu’elle supporta avec grande patience. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. Erundina pouvait même partir à l’étranger, mais elle préféra personnellement rester avec les Consœurs, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Erundina et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

María Consuelo Cuñado González

1884-1936

 

Née le 2 janvier 1884 à Bilbao (Biscaye, Espagne), elle connut les Carmélites de la Charité durant un voyage. Elle entra au noviciat de Vitoria en 1901 et prit le nom de María Consuelo du Saint-Sacrement.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia) comme enseignante, charge qu’elle accepta un peu à contre-cœur au début, mais qu’elle assuma généreusement par la suite, au point de se montrer une pédagogue-née, intelligente, imaginative et pleine d’entrain. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. María Consuelo eut l’occasion de passer dans la zone nationale, mais il lui en coûtait de se séparer de ses Sœurs : elle renonça au voyage et partagea désormais le sort de toutes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

María Consuelo et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Feliciana de Uribe y Orbe

1893-1936

 

Née le 8 mars 1893 à Múgica (Biscaye, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1913, prenant le nom de Feliciana de Notre-Dame-du-Carmel.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper des enfants malades, puis des messieurs malades, et resta dans cette fonction jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Feliciana savait se faire respecter, et sut délicatement imposer l’ordre et la propreté, sans oublier la prière et les sacrements. Elle savait anticiper les besoins de chacun et c’était à chaque fois une occasion de montrer son esprit de prière et de charité.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Feliciana et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Rodríguez Fernández

1895-1936

 

Née le 13 décembre 1895 à Santa Eulalia (León, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à León, puis entra au noviciat de Vitoria en 1916, prenant le nom de Concepción de Sainte Madeleine.

Après sa profession, elle fut envoyée d’abord au collège de Denia (Alicante), puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se distingua par sa foi et son esprit d’obéissance, qui l’aidèrent à accepter les épreuves.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Félix Alonso Muñiz

1896-1936

 

Il naquit le 2 mai 1896 à Oseja de Sajambre (León, Espagne) et fut baptisé le même jour. Il fut confirmé «beaucoup» plus tard, en 1917 (à l’époque, on donnait ce sacrement très tôt, parfois même peu de temps après le baptême).

Il entra à l’école dominicaine de Corias (Asturies), et fut un élève studieux et intelligent, puis passa au noviciat.

Après la profession (1913), il étudia la théologie à Salamanque, où il apprit aussi la musique, ce qui lui permit de tenir l’orgue. 

Il fut ordonné prêtre en 1920.

Sa mission le conduisit aux collèges de Vergara (Guipúzcoa), Oviedo et Astocha (Madrid).

Ce fut un excellent professeur et il s’intéressa particulièrement aux études sociales. De plus, il se spécialisa aussi en philosophie pour avoir plus d’impact dans son ministère social. Effectivement, il fut conseiller pour l’Action Catholique à Astocha.

C’était un homme extraverti, ouvert, amical, tranquille, optimiste et joyeux ; il possédait une belle voix et aimait faire des excursions à pied.

Le 18 août 1936, il se présenta spontanément à la Direction Générale de Sécurité, pensant éviter quelque agression, mais on l’arrêta et on le mit dans la prison Porlier. Habilement, il put consacrer l’Eucharistie et donner la Communion à des compagnons de prison, avec lesquels il priait et auxquels il lisait des passages des livres qu’il avait pu prendre avec lui. Son état d’âme calme redonnait courage aux autres.

Ayant donné l’absolution à un prisonnier blessé mortellement, on en déduisit officiellement qu’il était prêtre et fut inscrit sur la liste de ceux qui devaient être «mis en liberté», c’est-à-dire conduits au peloton d’exécution.

On le conduisit effectivement au lieu-dit Paracuellos del Jarama, dans les environs de Madrid, où il fut fusillé le 24 novembre 1936.

Le père Félix Alonso Muñiz fut béatifié en 2007.

 

 

Clara Ezcurra Urrutia

1896-1936

 

Née le 17 août 1896 à Uribarri de Mondragón (Guipuzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vitoria en 1920, prenant le nom de Clara de Notre-Dame de l’Espérance.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du vestiaire et du dortoir des petites filles.

Une grave maladie poussa le médecin à lui imposer le repos absolu, ce qu’elle accepta comme un gros sacrifice, sans rien perdre de sa joie et de sa douceur.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Clara et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Justa Maiza Goicoechea (Goikoetxea)

1897-1936

 

Née le 13 juillet 1897 à Ataun (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1920, prenant en 1922 le nom de Justa de Marie Immaculée.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage et de l’infirmerie, charges qu’elle recouvrit jusqu’à sa mort. Quand elle avait fini son travail, elle allait aider ses Consœurs.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Justa se montra très appliquée dans ses activités, silencieuse, efficace, et toujours de bonne humeur.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Justa et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001. 

 

 

Candida Cayuso González

1901-1936

 

Née le 5 janvier 1901 à Ubiarco (Santander, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à Madernia, puis entra au noviciat de Vitoria en 1921, prenant le nom de Candida de Notre-Dame des Anges.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

Elle était la plus jeune de la communauté.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Candida, avec Erundina, fut des premières à laisser la maison pour se réfugier dans le collège, puis rejoignirent les autres.

Une de ses cousines passa pour l’emmener à Oliva ; mais Candida finit par préférer rester, quittant sa cousine avec ces mots : Dis à ton père et à mes frères qu’ils ne se fassent pas de soucis pour moi ; que je meurs tout-à-fait tranquille, très contente, et que je donne avec plaisir ma vie pour Jésus.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936. Candida avait trente-cinq ans.

Candida et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 22:14

Elisabetta Sanna Porcu

1788-1857

 

Elisabetta Sanna naquit le 23 avril 1788 à Codrongianos (Sassari, Sardaigne), deuxième des neuf enfants de bons parents paysans ; le père était en outre le maire du pays, et l’un des enfants, Antonio Luigi, fut prêtre.

A peine âgée de trois mois, la petite fille eut la variole, qui lui rendit impossible le mouvement des bras pour faire le signe de Croix, pour manger, pour laver son visage et s’habiller ; mais elle pouvait travailler avec ses mains, pétrir le pain, l’enfourner et le défourner.

En 1794, elle reçut la Confirmation et apprit d’une pieuse personne l’importance de la prière et de l’adoration eucharistique. Elle fit la Première Communion peu après.

Profondément chrétienne, elle priait le chapelet quotidien, fréquentait l’église, aidait les pauvres ; à quinze ans, elle dirigeait et catéchisait un groupe de jeunes filles.

Un jour qu’elle regardait le Crucifix, elle entendit cette voix : Aie courage, et aime-moi ! Elle comprit alors qu’une mission particulière l’attendait.

Un bon garçon, Antonio Porcu, remarqua le courage et l’ardeur de cette jeune femme et l’épousa en 1807 ; ils eurent sept enfants. Elisabetta les éleva très chrétiennement, y associant aussi d’autres enfants du village ; d’autres mamans venaient aussi apprendre avec elle des prières et des cantiques.

Très organisée, elle maintint toujours en ordre la maison, travailla aux champs, visitait les malades, allait prier dans un sanctuaire marial proche.

En 1825, mourut Antonio, quand son plus jeune enfant n’avait que trois ans. Mais Elisabetta ne fut jamais découragée. Sa vie spirituelle s’approfondit et elle fit bientôt le vœu de chasteté. Elle projeta le pèlerinage en Terre Sainte, mais dut s’arrêter à Rome, où elle connut s.Vincenzo Pallotti (v.22 janvier). Ce dernier devint son conseiller spirituel, dont elle apprit à faire de toute activité un témoignage apostolique à la gloire de Dieu.

C’est à Rome qu’Elisabetta entra dans l’Ordre séculier franciscain. Elle devait rester romaine jusqu’à la mort.

Beaucoup vinrent lui demander ses lumières, ses conseils, de s.Vincenzo au cardinal Soglia. Il y eut quelqu’un de très mécontent, le Diable, qui lui imposa beaucoup d’épreuves, outre les maladies successives dont elle souffrit. Une de ses grandes souffrances fut aussi de ne pouvoir revenir dans sa famille en Sardaigne, mais elle fut fort soulagée en apprenant que les siens se portaient mieux. Elle consacra désormais tout son temps à faire du bien partout où elle le pouvait : auprès des malades, des pauvres, des enfants, tout en passant des heures en adoration.

En 1852, elle fut un des témoins dans le procès de béatification de s.Vincenzo Pallotti, qui était mort deux années plus tôt. Cette séparation fut une épreuve supplémentaire pour Elisabetta, qui ne perdit pas pour autant sa force dans son action évangélisatrice.

Elisabetta s’éteignit à son tour dans sa petite chaumière, le 17 février 1857.

Elisabetta Sanna fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 17 février.

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