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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 23:00

23 AVRIL

 

III.    

Ss Félix, Fortunat et Achillée, martyrs à Valence, où s. Irénée les avait envoyés ; Félix était prêtre, les autres diacres. 

IV.    

S Georgius, officier romain martyr en Palestine ; on ne sait rien de lui, mais il est le patron de l'Angleterre, de l'Aragon, du Portugal, de l'Allemagne, de Gênes et de Venise, et protecteur de Ferrare ; il devait venir de Cappadoce (d’où la “Géorgie”).

S Eulogios, évêque à Edesse de Syrie ; il avait été arrêté et exilé en Egypte et, une fois revenu, succéda à l'évêque, Barsès, mort en exil ; il mourut le Jeudi saint.

V.    

S Marolus, évêque à Milan, originaire de Syrie, ami du pape Innocent 1er.

Ste Pusinne (VI. ?), vierge près de Corbie ; ses six sœurs sont aussi honorées du titre de saintes : Emma (Amée), Hoylde (Houe), Lutrude (Lindrue), Francule, Libérie, Menehould.

VI.    

S Ibar, évêque en Irlande, qu’il avait en partie évangélisée avant s. Patrick.

X.    

S Gérard, évêque à Toul, où il fit cesser la peste par ses prières et ses larmes. 

S Vojtěch, évêque à Prague : par trois fois, ne réussissant pas à convertir ses diocésains encore trop païens, il se retira dans un monastère, puis il alla en Prusse où il subit le martyre.

XII.    

S Georgio, évêque à Suelli.

XIII.    

B Egidio, d’Assise, fidèle recrue de s. François, connu pour son obéissance ingénue.

B Gilles, né à Nantilly, chapelain de s. Louis IX, qui le nomma évêque à Damiette, puis à Tyr.

XV.    

Bse Elena Valentini, de Udine, mariée à quinze ans, puis tertiaire augustine quand elle fut veuve.

XX.    

Bse Teresa Manetti (Marie de la Croix, 1846-1910), italienne fondatrice près de Florence des Sœurs tertiaires carmélites de Sainte-Thérèse, pour l’adoration et pour l’enfance pauvre et abandonnée ; béatifiée en 1986.

Bse Maria Gabriella Sagheddu (1914-1939), sarde, trappistine à Grottaferrata où elle offrit sa vie pour l'unité de l'Église, béatifiée en 1983.

 

Georges de Lydda

† ? 303

 

Ce qui est certain, dans la vie de cet illustre soldat, c’est qu’il fut martyrisé à Lydda en Palestine (ou non loin de cette ville).

Ce qui le semble moins, c’est tout ce qu’on trouve dans divers manuscrits postérieurs, remontant à une tradition ancienne dont on n’a malheureusement pas de témoignages sûrs.

A partir de là, tout sera dit au conditionnel.

Georges serait le fils de Gerontius, un idolâtre, et de Polychronia, une chrétienne. Le père était d’origine cappadocienne (Turquie C) et vivait en Arménie.

On a dit que le nom de Georgius serait à l’origine du nom de la Géorgie, mais cette étymologie est aujourd’hui réfutée au profit d’une autre, qui prétend que le nom vient du grec, georgia, agriculture.

Georgius donc, fut dès sa jeunesse animé d’un grand zèle pour la religion chrétienne, et n’hésitait pas à détruire les temples païens, à en abattre les statues, même à tuer les prêtres païens, tout en se «rachetant» par d’abondantes aumônes aux pauvres.

La Légende dorée de Giacomo de Voragine ajoute que Georgius aurait abattu un monstre dans la province de Libye, délivrant ainsi la fille du roi qui devait être livrée à la bête et provoquant la conversion de toute la population. On a pu attribuer cette victoire au grand soldat par imitation du combat entre saint Michel et le Dragon infernal, ou par allégorie de la victoire du Bien sur le Mal, de la Foi sur le Péché, avec ces deux différences que l’archange saint Michel porte des ailes et n’a pas besoin de cheval pour se déplacer.

Georgius aurait été tribun dans l’armée impériale. Au moment où l’empereur Dioclétien se préparait à exterminer la religion chrétienne, Georgius aurait été sommé de sacrifier aux dieux païens, et cela se passait à Lydda, en Palestine.

Sur son refus, il subit alors une série de tortures : flagellation avec lanières de cuir garnies de petits plombs, écrasement de la poitrine avec une lourde pierre, déchirures sur tout le corps, qu’un ange vint miraculeusement guérir. 

Georgius se présenta à nouveau devant l’empereur, provoquant la conversion de deux chefs de l’armée et de l’impératrice elle-même. Jeté pendant trois jours dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit indemne ; obligé de marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu, il en fut encore une fois guéri miraculeusement.

Dioclétien, changeant de tactique, chercha à l’amadouer, et Georgius feignit d’être convaincu ; mais conduit au temple païen, il renversa les idoles d’un seul signe de croix.

A ce point, la sentence impériale fut irrémédiable et définitive : Georgius fut décapité.

Saint Georges bénéficia d’un culte extraordinaire dans tout l’Orient, puis en Occident. La seule Egypte avait une quarantaine d’églises consacrées à lui. Il y a à Rome une église Saint-Georges-in-Velabro, dont on ignore l’origine. 

Lors des croisades, l’invocation à saint Georges et à saint Demetrius était habituelle : on leur attribua la reprise de Jérusalem.

En Angleterre, un concile tenu à Oxford en 1222 ordonne que la fête de saint Georges soit une fête d’obligation. L’Ordre de la Jarretière était à l’origine l’ordre des Chevaliers de saint Georges. La célébration de la fête de saint Georges devait avoir la même solennité que celle de Noël, et les Protestants conservèrent cette fête dans leur calendrier. En Angleterre, Georges ne porte pas d’s : George.

Cette fête est traditionnellement au 23 avril. La fête, un moment retirée du calendrier romain, y fut remise récemment.

Il est trop long d’énumérer tous les pays, tous les mouvements et associations qui se réclament de saint Georges. En voici quelques-uns : 

Les pays : Géorgie, Ethiopie, Angleterre, Serbie, Espagne (Aragon et Catalogne), Russie, Grèce. La Croix de saint Georges figure sur le drapeau anglais, et sur les armoiries de Russie.

Les villes : Beyrouth, Gênes, Venise, Barcelone, Rio de Janeiro.

Les ordres : Ordre du Temple, ordre Teutonique.

Les associations : l’armée blindée française, l’armée bulgare, les gendarmes à cheval belges, certains Scouts.

 

 

Eulogios d’Edesse

† 382

 

La ville d’Edesse dont il est question était la capitale de l’Osroène, une province à l’est de la Syrie, dans le grand territoire de l’Arménie ; elle fit plus tard partie de la Mésopotamie, puis de la Syrie (auj. Şanlıurfa en Turquie). On parle en général d’Edesse de Syrie, pour la distinguer de la ville homonyme de Macédoine.

Eulogios était un ermite qui vivait dans la solitude non loin d’Edesse. Son nom correspond à notre Benedictus, Benoît.

Le saint évêque Barsès (v. 30 janvier ?) se l’attacha dans l’activité pastorale.

Quand Barsès fut relégué en Mésopotamie à cause de son attachement à la doctrine de Nicée, l’empereur Valens lui fit substituer un évêque arien, que la population refusa d’accueillir. Il ordonna au préfet Modeste d’expulser de l’église d’Edesse tous les fidèles qui s’y étaient rassemblés, même à coups de bâtons et de massues, mais Modeste ne put se résoudre à sévir de la sorte, encore moins à les faire périr tous.

Valens fit convoquer alors Eulogios, ainsi qu’un certain Protogenos (le premier-né), lesquels exposèrent calmement que, les catholiques étant déjà soumis à un évêque, ils ne pouvaient se soumettre à un autre.

Modeste fit alors arrêter quatre-vingts prêtres et diacres, qu’il relégua en Thrace (Grèce N). Eulogios et Protogène furent exilés à Antinoe (Egypte). Ce ne fut pas totalement négatif, loin de là : Eulogios y prêcha la Bonne Nouvelle et gagna beaucoup d’âmes au Christ, des miracles ayant confirmé sa parole.

Quand la paix revint dans l’Eglise à la mort de Valens (378), Eulogios fut appelé à succéder à Barsès sur le siège d’Edesse, ce dernier étant mort en exil, tandis que Protogène devint évêque de Carrhæ, au sud d’Edesse.

Eulogios participa au concile d’Antioche (370), durant lequel il reçut la consécration épiscopale. Il participa également au concile de Constantinople (381).

Il mourut peu après, sans doute en 382, le Jeudi Saint.

Saint Eulogios d’Edesse est commémoré le 23 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marolus de Milan

† 423

 

Marolus était originaire de Syrie.

Venu en Occident, à Rome, il fut pris en grande estime par le pape Innocent 1er (v. 12 mars).

En 408, il fut choisi comme quinzième évêque de Milan, succédant à s.Venerius (v. 6 mai).

Il s’éteignit à Milan après quinze années d’épiscopat, en 423.

Lui succéda un autre Saint, Martinianus (v. 29 décembre).

Saint Marolus de Milan est commémoré le 23 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Il y a probablement eu des évêques à Milan avant le 3e siècle, puisque ce diocèse fut fondé dès le 1er siècle, mais leurs noms, leur existence même, ont été victimes de la sévérité des spécialistes historiens…

 

 

Gérard de Toul

935-994

 

Ce Gérard naquit à Cologne en 935 du temps de l’empereur Othon ; il avait un frère, Azelinus, qui fut comte de Toul.

Les parents très chrétiens, Ingramme et Emma, confièrent son éducation à des clercs qui vivaient en commun près de l’église, et l’enfant fut assez tôt orphelin de ces bons parents.

La maman avait été frappée par la foudre et l’enfant, dans sa candeur, crut que c’était là la punition de ses fautes à lui ; il s’imposa une pénitence rigoureuse. Mais aussi, il choisit de vivre dans la chasteté constante.

Il fut nommé cellérier, on l’ordonna prêtre (malgré la crainte qu’exprimait son humilité), et fut finalement désigné pour occuper le siège épiscopal de Toul après la mort de Gauzelin ; c’est l’archevêque Bruno de Cologne qui le sacra, en 963.

Trente-troisième évêque de Toul, Gérard fut le pasteur de tout son peuple, au sens propre du mot, le guidant, l’exhortant, écartant les brebis galeuses.

Gérard travailla intensément pour préserver les droits de l’Eglise contre la puissance séculière ; il protégea activement les monastères (Saint-Evre, Saint-Mansuy, Bouxières, Saint-Gengoult) et développa le culte envers les Saints, avec la vénération des saintes reliques. Il encouragea vivement l’école de chant grégorien de l’abbaye de Gorze. Il fit construire et célébra la dédicace de la cathédrale de Toul en 981. Dieu le favorisa du don des miracles et de prophétie.

Une nuit que le sacristain avait laissé brûler un cierge devant les reliques de saint Mansuet, l’évêque eut connaissance, par révélation, de l’incendie qui menaçait l’édifice et envoya aussitôt un de ses clercs pour arrêter le désastre.

Lors d’un déplacement sur la Moselle, le clerc qui l’accompagnait laissa tomber dans l’eau le reliquaire de la Sainte Croix qu’il portait ; au retour, Gérard plongea la main dans l’eau et récupéra son précieux trésor.

Lors d’une épidémie de peste, qui ne cessait de s’étendre malgré les prières, Gérard redoubla ses pénitences, exhorta le peuple à une conversion sincère, et le mal cessa tout d’un coup.

Gérard avait une louable habitude : après la prière du soir, il donnait l’absolution à tous ceux qu’il avait excommuniés. Or, un jour que deux puissants seigneurs avaient juré de l’assassiner en représailles pour l’excommunication qu’ils s’étaient attirée, ils le suivirent et menacèrent de l’exécuter s’il ne suspendait pas sa sentence ; Gérard y consentit, à deux conditions : ils feraient une sincère pénitence et répareraient les dommages causés à l’Eglise. L’un d’eux promit, mais ne tint pas sa promesse, et fut bientôt excommunié par tous les évêques de France.

On mettait en doute la sainteté de son prédécesseur, Gauzelin. Gérard obtint de Dieu la révélation que Gauzelin avait au Paradis la même gloire qu’Apollinaire de Ravenne (v. 23 juillet).

Il fut averti de sa prochaine mort, et l’annonça à l’entourage. Après le chant des Matines, il se rendit à l’autel de saint Blaise pour y prier, comme d’habitude, et perçut alors une violente douleur à la tête, comme s’il avait reçu un coup de lance ; on le porta sur son lit, où il expira peu après, le 23 avril 994.

Saint Gérard sera par la suite appelé le très saint Gérard, homme rempli de la grâce de Dieu, lumière de la patrie. La ville de Gerardmer, ou plutôt le lac qui s’y trouve, devrait son nom vraisemblablement au saint évêque.

Gérard de Toul a été canonisé en 1051 par le pape Léon IX à peine élu et en voyage apostolique à Toul.

Vojtěch de Prague

956-997

 

Vojtěch (Adalbert) était le fils du duc Slavnik et avait un frère, Sobeslav.

Notre Vojtěch naquit vers 956 à Libice nad Cidlinou (Bohême). Il étudia sous la conduite de l’archevêque Adalbert de Magdeburg, et c’est par reconnaissance envers ce dernier que Vojtěch voulut en prendre le nom, à la confirmation selon certains, à la mort d’Adalbert en 981 selon d’autres.

En rentrant chez lui, Vojtěch-Adalbert emportait une riche bibliothèque qu’il s’était formée et qui montrait sa grande érudition.

En 983, il reçut les ordres sacrés à Prague, et fut appelé à succéder à son évêque la même année.

Adalbert voulait mener une vie de pénitence et d’austérités ; on ne le vit jamais rire ; il entra dans Prague les pieds-nus ; il recevait chaque jour douze pauvres à sa table, visitait les malades et les prisonniers, s’imposait  des jeûnes, des veilles, portait le cilice…

Adalbert était «trop» saint pour ses diocésains ; ceux-ci étaient encore trop attachés à leurs habitudes païennes et Adalbert, constatant son inutilité, partit à Rome en 989. Le pape l’autorisa à entrer dans un monastère bénédictin (au Mont Cassin selon certains). 

En 992, sur la demande de l’archevêque de Mayence, Adalbert reprit son diocèse et y implanta le premier monastère bénédictin de Bohême à Břevnov ; mais il dut repartir une nouvelle fois, pour la même raison ; cette fois-ci, Adalbert fut nommé prieur de son monastère, où l’empereur Othon III vint lui rendre visite durant son séjour à Rome.

Une troisième fois, Adalbert tenta - par obéissance au pape - de rentrer dans son diocèse de Prague, après un pèlerinage à travers la France (Fleury-sur-Loire, Tours, Paris) ; mais cette fois-ci, les diocésains étaient furieux contre lui et le chassèrent ; ils allèrent jusqu’à massacrer toute sa famille et à en piller les possessions (993).

Adalbert avait prévu cette situation et avait reçu du pape la mission d’évangéliser les autres populations plus au nord. Il se rendit en Prusse, protégé par le duc de Pologne, Boleslas le Vaillant, qui lui fournit une escorte de trente soldats.

A Dantzig, Adalbert put baptiser des païens, puis remonta jusque sur les bords de la Mer Baltique, en Sambie, où il renvoya son escorte. Là, les Prussiens l’attaquèrent et le laissèrent évanoui ; plus loin, à Tenkitten (auj. Beregowoje), des prêtres païens le ligotèrent, le percèrent de lances et le décapitèrent.

Adalbert mourut le 23 avril 997 et fut tout de suite canonisé.

Si l’on connaît ces détails, c’est que ses deux compagnons ne furent pas mis à mort : ayant réussi à tromper la vigilance de leurs gardiens, ils purent revenir raconter à Boleslas ce qu’ils avaient vécu.

Boleslas se hâta d’aller racheter aux païens le corps du Martyr. Ensuite, les reliques d’Adalbert subirent de telles vicissitudes, qu’on se trouve actuellement en présence de deux corps, de deux crânes, qui sont jalousement conservés l’un à Gniezno, l’autre à Prague. A Rome, l’église Saint-Barthélemy-en-l’Ile, construite d’abord en l’honneur de saint Adalbert, en conserve une importante relique, déposée par Othon III.

Par son martyre, Vojtěch de Prague a eu enfin une influence considérable sur la christianisation de la Bohême et toute l’Europe centrale. On l’a prit comme céleste protecteur de la Bohême, mais aussi de la Pologne, de la Hongrie et de la Prusse.

 

 

Giorgio de Suelli

† 1117

 

Le même jour où l’on fête le soldat s.Georges, on fête un autre Georges, fils de Lucifero et Vivenzia, d’humbles serviteurs d’une dame de Cagliari (Sardaigne), qui s’appelait Greca.

Cette dame eut la bonté d’affranchir le jeune Georgio pour lui permettre d’entreprendre la route du sacerdoce.

Giorgio n’avait que vingt-deux ans, quand il fut nommé premier évêque du tout nouveau diocèse de Suelli. Ce diocèse ne connut que dix-sept évêques et fut absorbé trois siècles plus tard dans celui de Cagliari. 

Ce jeune évêque fut réputé pour sa piété et son zèle pour le salut des âmes de son diocèse, mais surtout pour ses miracles.

Il aurait ainsi libéré d’un geste la table du juge Torchitorio d’insectes malvenus, ressuscité un garçon à Lotzorai, rendu la vue à un aveugle de Urzulei. Dans ces deux derniers cas, on notera que Giorgio se déplaçait beaucoup, Suelli étant au sud de l’île, tandis que Lotzorai et Urzulei sont au centre.

Il mourut le 23 avril 1117 et son culte fut confirmé en 1609. Il fut le seul évêque de Suelli canonisé.

Saint Giorgio de Suelli est commémoré le 23 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Egidio d’Assise

1190-1262

 

Egidio (Gilles) naquit vers 1190 à Assise où il vivait probablement en simple paysan.

En 1208 (ou 1209), il entendit raconter comment Bernardo Quintavalle et Pietro di Catania, deux hommes d’Assise, avaient tout quitté pour suivre François d’Assise ; le 23 avril, il alla se présenter à François, qui eut l’inspiration de lui répondre que Dieu l’appelait à la sainteté.

Egidio avait un cœur en or, une foi intrépide, une ardeur dans la recherche de la perfection, un amour inconditionnel pour Dieu. Saint François l’appréciait beaucoup et le prit avec lui pour aller trouver le pape en 1209.

Egidio accompagna le frère Elia à Tunis, d’où les chrétiens les contraignirent à repartir plus vite que prévu, par crainte de l’attitude hostile des musulmans.

En 1212, Egidio fit le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, puis celui de Jérusalem, en s’arrêtant au passage à Saint-Michel du Mont Gargan et à Saint-Nicolas de Bari.

Partout, il s’efforçait de gagner son pain en se rendant utile : porter l’eau, couper les fagots, enterrer les morts ; à Rieti, il fit le ménage de la maison d’un cardinal.

Toute occasion lui était bonne pour parler aux gens, avec un bon sens désarmant et une conviction indiscutable. A un confrère qui se disait «dérangé» par le supérieur pendant son oraison, il lui dit : La véritable prière, c’est de faire la volonté de son supérieur. Les dernières années de sa vie se passèrent à l’ermitage de Monteripido (Pérouse), où il vécut dans la contemplation et l’extase presque continue. Beaucoup y vinrent l’écouter parler, jusqu’au Pape lui-même.

On a dit plus haut qu’il s’était présenté à saint François le 23 avril : il mourut le 23 avril 1262. On sut par une révélation qu’à sa mort, il obtint de Dieu la libération des âmes du Purgatoire.

Egidio fut bientôt vénéré et son culte fut approuvé en 1777.

 

 

Gilles de Tyr

1200-1266

 

Gilles vint au monde en doulce France, à Nantilly (Saumur, Maine-et-Loire) au début du 13e siècle, peut-être même à la fin du 12e.

Il étudia le droit à Angers (où il l’enseigna ensuite) ainsi qu’à Paris.

C’est en 1241 que le roi Louis IX en fit la connaissance et le prit comme aumônier.

En 1245, Gilles accompagna le roi dans la croisade, et fut nommé archevêque de Damiette quand cette ville fut prise et la cathédrale édifiée en 1249. Mais après la défaite de Mansourah (1250), l’archevêque se trouva sans ressources. Saint Louis le nomma alors garde des sceaux et lui octroya une forte pension.

Gilles accompagna le roi dans la Palestine. En 1253, il fut décidé de procéder à la réfection des murailles de Sidon ; mais une incursion de l’armée de Damas fit beaucoup de morts, que saint Louis et Gilles enterrèrent de leurs mains.

En 1254, Gilles succéda à l’archevêque de Tyr qui venait de décéder. Après le départ du roi pour la France, Gilles s’efforça de gouverner son troupeau en vrai pasteur, mais dut constater que la division s’installait de nouveau entre les Chrétiens. Il dut notamment examiner le cas d’un certain Signoretto, clerc italien, qui sema la discorde et le scandale dans le diocèse d’Acre, dont l’évêque était momentanément absent ; il fallut presque en venir aux armes, car Signoretto était armé ; il fut finalement convaincu de faux et usage de faux. Cet épisode, avec d’autres non moins pendables, découragèrent profondément Gilles pour la poursuite des croisades.

En 1260, il vint en France demander une aide financière : la douceur de sa parole persuada beaucoup de gens d’être généreux, mais l’argent fut en bonne partie englouti pour une autre cause urgente en Italie, de sorte que Gilles serait reparti à Tyr aussi pauvre qu’il en était venu. Mais il n’en eut pas même le temps.

Retenu en Italie et à Rome comme légat du pape, il obtint, mais trop tard, de pouvoir regagner son diocèse lointain : épuisé de fatigues, dévoré par la fièvre, il succomba au cours d’un nouveau voyage, après quelques jours de vives souffrances, à Dinant (Flandre), le 23 avril 1266.

Selon le désir de Gilles, son corps fut enterré à Nantilly. Le long du parcours, les foules le vénéraient. En 1614, on retrouva le corps dans l’église et des miracles eurent lieu, notamment des guérisons de fièvres.

Il y eut une nouvelle reconnaissance des reliques en 1699, mais elles disparurent après la Révolution.

 

 

Elena Valentini

1396-1458

 

Elena vit le jour en 1396 ou 1397 à Udine (Frioul, Italie NE) dans la famille Valentini, seigneurs de Maniago.

En 1414 elle épousa un certain Antonio Cavalcanti, dont elle aura six enfants.

A quarante-cinq ans, elle fut veuve, et libre d’entrer dans le Tiers-Ordre augustin.

Dès lors, elle vécut cinq années dans la solitude de sa maison, dont elle ne sortait que pour aller à l’église, priant et lisant l’Ecriture ou des vies de Saints ; puis, elle s’installa chez sa sœur, Perfetta (Parfaite), elle aussi tertiaire, et elles vécurent comme deux moniales.

Ayant vendu ses bijoux, Elena vécut dans une grande pénitence, s’imposant le jeûne, l’abstinence, la flagellation, le silence aussi. Elle mit dans son lit des pierres, mais aussi «trente-trois cailloux» dans ses chaussures, en pénitence pour les nombreuses heures qu’elle avait passées à danser et en souvenir des trente-trois années de la vie du Christ.

Son existence ne fut pas exempte d’épreuves, de sécheresse spirituelle, de tentations diaboliques, mais Dieu la réconforta par des moments d’extases et de visions célestes, et la récompensa aussi par le don des miracles, et de la connaissance des âmes.

Les dernières années de sa vie, elle resta étendue sur son «lit», ces pierres recouvertes d’un peu de paille, suite à la fracture de ses deux fémurs.

Elena Valentini mourut le 23 avril 1458 et son culte fut confirmé en 1848.

 

 

Teresa Manetti

1846-1910

 

Née le 2 mars 1846 à Campi Bisenzio (Florence, Italie) de Gaetano Manetti, simple éleveur de volailles, et Rosa Bigagli, Teresa Adelaide Cesira sera appelée Bettina par son entourage.

Elle n’avait que quelques mois lorsque son père mourut. 

En 1865, étant retenue au lit, la lecture et une vision de sainte Thérèse d’Avila lui suggèrent de se consacrer à Dieu.

En 1874, avec deux amies, elles se retirent dans une petite maison et entrent dans le Tiers-Ordre Thérésien. C’est le point de départ d’un nouvelle famille religieuse, que Bettina voudrait à la fois contemplative et ouverte à l’assistance auprès des jeunes filles et des petites orphelines : ce sera les Sœurs Carmélites de Sainte Thérèse.

Le succès de cette initiative ne se fit pas attendre ; en Toscane et dans toute l’Italie, les vocations se multiplièrent, ainsi que les occupations. En 1887, on doit construire un nouveau couvent avec une église à Campi Bisenzio.

En 1904, le pape approuve l’Œuvre. Peu après, des maisons s’ouvrent en Syrie et en Palestine. Sœur Teresa (Bettina) obtient l’autorisation de l’Adoration perpétuelle eucharistique dans la maison de Campi Bisenzio. 

La nouvelle famille religieuse, les Sœurs Carmélites de Sainte Thérèse, s’installe au Brésil, au Liban, en Terre Sainte. Les Sœurs «Bettine», comme les appelle gentiment la population, sont maintenant aussi en République Tchèque.

Sœur Teresa fut frappée d’une maladie incurable et mourut en odeur de sainteté le 23 avril 1910 ; elle sera béatifiée en 1986.

 

 

Maria Gabriella Sagheddu

1914-1939

 

Née le 17 mars 1914 à Dorgali (Sardaigne) d’humbles bergers, Maria grandit dans un milieu catholique fervent.

Elle fait partie de l’Action Catholique, elle aime visiter et soigner les malades et les vieillards. Ce n’est pas pour autant une sainte, car elle est vive, impatiente, critique…

En 1935, elle entre chez les Trappistines de Grottaferrata (Frascati, Latium, Italie), avec le nom de Maria Gabriella. Son vilain petit caractère pourrait l’empêcher de rester dans la communauté, mais elle se combat : elle reçoit l’habit en 1936 et fait sa première profession en 1937, en la fête du Christ-Roi (à l’époque, le dernier dimanche d’octobre).

A cette époque, la communauté de Grottaferrata était particulièrement engagée dans la prière pour l’œcuménisme et Maria Gabriella offrit spontanément sa vie à Dieu pour cette cause. 

Dieu agréa son sacrifice. Atteinte de tuberculose, elle mourut après quinze mois de grandes souffrances, le 23 avril 1939. Elle venait d’avoir vingt-cinq ans.

Maria Gabriella Sagheddu a été béatifiée en 1983.

 

Le couvent de Grottaferrata a ensuite été transféré à Vitorchiano (Viterbo, Latium, Italie).

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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 23:00

22   AVRIL

 

II.

S Soter, pape (166-175), martyr ; dans ses deux épîtres il condamne les diverses hérésies tenant au gnosticisme ; en particulier, dans la deuxième, dirigée contre Marcion, il rappelle que le ministère sacré est interdit aux femmes.

S Epipodius, martyr à Lyon.

III.

S Leonidas, martyr à Alexandrie, père de Origène ; celui-ci avait 17 ans quand son père fut arrêté et décapité pour sa foi ; il était si désireux de mourir avec lui qu'il voulut le rejoindre devant le tribunal ; sa mère dut cacher ses vêtements pour l'empêcher de sortir ; une riche femme pourvut aux besoins de la veuve et de ses sept enfants. 

Ss Parmène, Heliménas, Chrysotèle (prêtres), Luc et Mucius (diacres), martyrs à Cordula.

S Néarque, ami intime de s. Polyeucte, martyr à Cananéote.

S Caïus, pape (283-295) ; il serait dalmate et parent de Dioclétien ; un décret de lui précise qu’on ne peut ordonner un évêque que si celui-ci a préalablement reçu les quatre ordres mineurs, le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise ; il vécut neuf années dans les catacombes pour échapper à la persécution de Dioclétien.

IV.

S Héliodore, évêque à Phenek, et ses compagnons : les prêtres Dausa et Maryahb, le diacre Abdiso ; Maryahb aurait été aussi êvêque.

S Akepsimas, évêque à Anitha, martyr avec les ss. Jacques, Aïthala et Joseph, prêtres ; il avait quatre-vingts ans ; puis furent aussi martyrisés les évêques Maréas et Bicor, les diacres Azadane et Abdièse, et quantité d’autres : ste Tarbule, sœur de l’évêque s. Siméon, fut sciée en deux.

VI.

S Agapitus 1er, pape (535-536) : il régla le mode d’élection du pape ; il mourut à Constantinople, où il était allé pour rétablir l’ordre dans ces Eglises (monophysisme). 

S Léon, évêque à Sens ; il fut co-signataire d’une lettre de reproches à s. Remi (qui avait en la circonstance préféré la charité à la rigueur des canons pour punir un prêtre).

S Julien, évêque à Vienne.

VII.

S Theodoros le Sycéote, grand dévôt de s. Georges ; d’abord solitaire, il dut être soigné pour les plaies que lui causaient ses mortifications ; évêque à Ancyre, il fit tout pour être déchargé, en recourant jusqu’à l’empereur. 

VIII.

S Frodulphe (Frou), ami de s. Merry et comme lui ermite près de Paris. 

Ste Opportune, abbesse à Almenèches ; elle savait commander aux animaux.

B Adalbert d’Ostrevent, époux de ste Reine et père de dix filles, dont ste Ragenfrède, fondatrice d’un monastère à Denain, où il mourut.

X.

Ste Sénorine, abbesse à Vieyra puis Basto ; elle succédait à sa tante.

XI.

B Wolphelme, abbé à Gladbach, Siegburg, Brauweiler, où il fit lire la Bible intégralement chaque année.

XIV.

B Francesco Venimbeni, franciscain (puis supérieur) à Fabriano, qu’il dota d’une riche bibliothèque.

XX.

B Ndoc Suma (1887-1958), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Soter, pape

166-175

 

Le pape saint Anicet étant décédé (peut-être martyr) le 20 avril 166, Soter lui succéda, douxième pape après saint Pierre.

Soter (Soterius, Sotirios) était le fils de Concordius, et naquit à Fondi au nord de Terracina, en Italie méridionale.

On lui attribue deux Lettres, dont l’une, aux Corinthiens, est perdue, mais dont parle l’évêque Denis de Corinthe : “Soter, suivant en cela l’exemple de ses prédécesseurs, vint en aide par ses aumônes aux Églises des diverses villes ; dans ses lettres, il donnait aux chrétiens qu’il assistait de salutaires conseils, les exhortant à demeurer fermes dans la foi, à rester unis aux évêques et aux prêtres qui les gouvernaient.”

Cette charité s’adressait particulièrement aux chrétiens persécutés, dans les prisons ou dans les mines. 

Soter y condamne plusieurs hérésies liées au gnosticisme : les archontiques, les adamites, les caïnites, les antitactes, les ophites. On le voit, les erreurs existaient dès les débuts de l’Église et l’Autorité s’appliquait à les éliminer du sein des croyants.

L’autre lettre est adressée aux évêques d’Italie et se dresse contre l’hérésie gnostique de Marcion. C’est aussi dans cette lettre que Soter rappelle que le ministère sacré est interdit aux femmes.

Soter ordonna onze évêques, dix-huit prêtres et neuf diacres.

Il fut martyrisé sous Marc-Aurèle le 22 avril 175.

Il eut pour successeur saint Eleuthère.

Le Martyrologe Romain, qui le commémore le 22 avril, commémore le même jour deux autres papes qui moururent l’un en 296 (Caïus), l’autre en 536 (Agapitus Ier).

 

Epipodius de Lyon

† 177

 

Epipodius naquit à Lyon.

Il grandit en compagnie d’un certain Alexandre, d’origine grecque, et cette amitié dura jusqu’à la mort. On se rappellera volontiers ici l’amitié qui unit Basile le Grand et Grégoire de Nazianze (v. 1er et 25 janvier). Cet Alexandre est mentionné le 24 avril.

Ils s’encourageaient réciproquement aux saintes vertus chrétiennes, à la tempérance, à la pauvreté, à la chasteté, aux œuvres de miséricorde.

Lors de la terrible persécution où périt entre autres s.Pothin (v. 2 juin), ils purent rester inconnus, ayant trouvé refuge auprès d’une pieuse veuve des environs de Lyon. Mais au lendemain de cette persécution, un officier les découvrit «par hasard» et les dénonça. 

C’est là qu’Epipode tenta de fuir, perdant une de ses chaussures, que la veuve conserva pieusement.

Le gouverneur, furieux de constater qu’il existait encore des Chrétiens malgré ses représailles précédentes, fit mettre en prison les deux amis sans même les juger, leur crime étant manifeste. Trois jours après, on les interrogea et ils répondirent qu’ils se nommaient Chrétiens. On les sépara.

Epipode répondit au gouverneur : La vie que tu me proposes est pour moi une éternelle mort ; la mort dont tu me menaces est un passage à une vie qui ne finira jamais… Le gouverneur fit frapper cette noble bouche à coups de poing ; Epipode perdit des dents, sa bouche saignait. On le mit sur le chevalet, on lui déchira les côtes avec des ongles de fer ; la populace demanda même de sévir d’elle-même sur Epipode, jugeant ces supplices trop lents. Epipode fut alors immédiatement décapité.

C’était le 22 avril 177.

Comme on l’a dit plus haut, on verra le 24 avril ce qui concerne Alexandre.

Après ce martyre, la pieuse veuve qui avait récupéré le soulier d’Epipode s’en «servit» pour demander à Dieu des grâces par l’intercession du Martyr. Plusieurs malades guérirent.

Les restes des deux Martyrs furent presque entièrement détruits par les Huguenots en 1562.

Saint Epipodius de Lyon est commémoré le 22 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leonidas d’Alexandrie

† 204

 

D’après son nom, Leonidas devait être d’origine grecque.

Il fut rhéteur en Alexandrie d’Egypte. Marié, il eut sept enfants dont nous connaissons bien l’aîné : Origène.

Comme ce dernier n’est pas inscrit au Martyrologe, mais est resté extrêmement célèbre dans la Patristique, on en dira ici quelques mots.

Origène fut l’élève le plus cher de Leonidas. Ce dernier lui enseignait les lettres, mais particulièrement l’Ecriture, dont il lui faisait chaque jour réciter par-cœur un passage. Origène se passionna pour cet exercice, et finit par accabler son père de questions sur le sens profond des passages de l’Ecriture. On dit que le papa allait parfois délicatement baiser la poitrine de son enfant endormi, en remerciant Dieu d’avoir un fils tellement ouvert à la Parole de Dieu.

Vint la persécution de Septime Sévère. Enflammé du désir d’imiter les Martyrs, Origène tenta de mille façons d’aller se présenter spontanément au juge : un jour, sa mère ne trouva pas d’autre expédient pour l’en empêcher, que de lui cacher ses vêtements !

Leonidas fut arrêté. Origène lui fit parvenir une lettre, où il l’exhortait à ne pas faiblir, à ne pas se soucier de ses sept enfants. Effectivement, ce digne père chrétien fut fidèle jusqu’au bout, et fut décapité.

On pense que ce fut en 204.

Sa veuve et ses enfants ne furent pas abandonnés de la Providence : une riche veuve les prit sous sa protection. 

Si l’on veut maintenant chercher à comprendre pourquoi un saint homme comme Origène n’est pas dans le Martyrologe, on dira délicatement qu’il crut bon de s’appliquer à la lettre le verset de Mt 19:12c, tandis que ce verset doit être pris dans un sens plus intérieur et spirituel, le Christ et l’Eglise ne pouvant pas permettre une telle blessure.

Saint Leonidas d’Alexandrie est commémoré le 22 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caïus, pape

283-295

 

Ce vingt-huitième pape, qui succédait à saint Eutychien, était d’origine dalmate.

Il est dit que son pontificat fut assez tranquille. Mais il dut se cacher pendant neuf années, au terme desquelles il aurait été découvert et décapité. Certains nient ce fait, prétextant que Caïus est mort une année avant la persécution de Dioclétien en 296.

Durant son pontificat, Caïus rappela que tout candidat à l’épiscopat doit en avoir franchi les étapes auparavant, énumérant ces étapes : portier, lecteur, exorciste, acolyte, sous-diacre, diacre, prêtre. Ces sept degrés étaient encore en vigueur jusqu’au Concile Vatican II, après lequel on n’en conserva plus que quatre : lecteur, acolyte, diacre et prêtre.

Caïus divisa la ville de Rome en diaconies.

Il ordonna cinq évêques, vingt-cinq prêtres et huit diacres.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 22 avril, son dies natalis.

Le pape qui lui succéda fut saint Marcellin.

 

 

Agapitus Ier 

535-536

 

Ce pape, le cinquante-septième, eut un pontificat d’une année à peine, ayant été élu en juin 535 pour succéder à Jean II.

Romain, il était archiprêtre du clergé de Rome dans l’église des Saints-Jean-et-Paul.

Il s‘occupa d’assurer un mode traditionnel dans l’élection des souverains pontifes.

Il gagna Constantinople pour rencontrer l’empereur Justinien Ier et rétablir l’ordre dans les Églises d’Orient : il déposa le patriarche Anthime, favorable au monophysisme, et reçut la profession de foi catholique de l’empereur.

C’est là qu’il mourut, le 22 avril 536, jour où il est commémoré au Martyrologe Romain.

Après de magnifiques funérailles, son corps fut transporté à Rome et inhumé au Vatican.

Le pape qui vint après Agapitus Ier fut saint Silvère.

 

 

Léon de Sens

† 541

 

Léon fut le seizième évêque de Sens. 

On ne connaît pas l’exacte date de la fin de l’épiscopat précédent. Mais on sait qu’il se fit représenter au concile d’Orléans de 533, qu’il participa à celui de 538.

Léon eut l’occasion de co-signer une lettre de plusieurs évêques à l’adresse de s.Remi de Reims (v. 13 janvier) ; Remi avait (seulement) repris un de ses prêtres gravement coupable (on ne dit pas de quoi, peut-être d’adultère), au lieu de le punir sévèrement, et les évêques jugèrent opportun de blâmer Remi pour son excessive bonté. Il faut dire que Remi avait alors plus de quatre-vingt-dix ans et, pour cela au moins, avait peut-être droit à plus de prévenances de la part de ses «jeunes» collègues d’épiscopat. Le fait est que Remi répondit avec non moins de vigueur, leur rappelant le devoir de la charité. Où l’on voit que la sainteté admet aussi quelques petits écarts.

Léon était aussi en délicatesse avec le roi Childebert, car il avait prêché dans la ville de Melun, dans le royaume de ce dernier, tandis que Sens se trouvait dans le royaume de Théodebert, et les deux rois étaient en lutte. Quand les habitants de Melun demandèrent à Childebert de leur nommer un évêque, Childebert pensa tout de suite à Léon, dans l’espoir de bien détacher Melun de Sens, mais Léon s’empressa de l’en dissuader, pour ne pas détériorer davantage les relations entre lui et le roi.

Ces «petits problèmes» n’empêchèrent pas Léon de faire d’éclatants miracles de son vivant.

Il mourut en 541, et l’église des Ss.Gervais-et-Protais où il fut inhumé prit par la suite son nom.

Les miracles ne cessèrent pas avec sa mort. 

Saint Léon de Sens est commémoré le 22 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros le Sycéote

550-613

 

Il y a vingt Théodore dans l’actuel Martyrologe - l’ancien en comportait une quarantaine. Rien d’étonnant donc que l’un ou l’autre ait reçu un surnom.

C’est le cas de Theodoros le Sycéote, originaire de Sykeon (Anastasiopolis, Galatie, actuelle Turquie C), qui naquit vers le milieu du 6e siècle, d’une mère aubergiste et à l’occasion prostituée, et d’un messager impérial de passage.

Dès sa naissance, Theodoros fut l’objet d’une spéciale protection de s.Georges (v. 23 avril), qui le guérit d’une grave maladie.

Dès son enfance, Theodoros se signala par ses visions, ses miracles, son ascèse. A huit ans, il se retirait déjà dans l’oratoire de Saint-Georges, sans participer aux jeux de ses camarades. A la maison, il ne prenait qu’un repas. C’était peut-être excessif à cet âge, et sa mère voulait l’en détourner, mais s.Georges lui-même intervint pour la convaincre de laisser son enfant grandir ainsi.

A quatorze ans, Theodoros fit croire à sa disparition en se faisant emmurer vivant dans une petite caverne qu’il s’était creusée. Ses miracles se répétèrent cependant, et ses austérités effrayantes conduisirent l’évêque d’Anastasiopolis à le faire sortir de sa caverne, presque mourant, à le soigner, mais aussi à lui conférer sans tarder le sacerdoce, alors que Theodoros n’avait que dix-sept ans.

Theodoros fit alors un pèlerinage à Jérusalem, visitant au passage les anachorètes et les monastères. L’abbé de Choziba lui remit l’habit monastique.

Revenu dans sa caverne, Theodoros reprit ses exercices d’ascèse : de Pâques à Noël, il vivait dans une étroite cage de fer, de l’Epiphanie à Pâques, dans sa cavité souterraine, dont il ne sortait que les samedi et dimanche, pour participer à la liturgie et pour prêcher.

Bientôt, sa solitude se peupla de disciples, pour lesquels il construisit un monastère.

Ses miracles se multipliaient : guérisons, exorcismes ; mais aussi, Theodoros mit fin à une sécheresse, à une invasion de sauterelles ; il domptait par sa douceur les bêtes sauvages…

Il eut la visite de personnages, parmi lesquels le futur empereur Maurice, auquel il prédit l’accession au trône.

Il fut appelé à succéder à l’évêque d’Anastasiopolis, mais préféra vite se démettre et, pour cela, alla «plaider sa cause» auprès de l’évêque d’Ancyre, du patriarche de Constantinople, de l’empereur. Même saint Georges lui ordonna de rentrer dans son pays. On finit par accepter sa renonciation, mais on lui laissa les insignes de l’épiscopat. Theodoros eut la joie de pouvoir retourner dans son monastère.

On l’appela encore à Constantinople, où il guérit de la lèpre le fils de l’empereur. Il n’arrêtait pas de faire des miracles, ni de prophétiser. Inutile d’ajouter qu’il fut un éminent propagateur du culte de saint Georges.

Theodoros s’éteignit en 613, la veille de la fête de saint Georges, le 22 avril.

Saint Theodoros le Sycéote est commémoré le 22 avril dans le Martyrologe Romain.

Opportune de Montreuil

† 770

 

Opportune naquit au château d’Exmes (Argentan, Orne). Elle eut un frère, Chrodegang (v. 3 septembre), qui fut évêque de Sées, et une tante, Lanthilde, qui fut abbesse à Almenèches.

Jeune encore, elle voulut se consacrer à Dieu et obtint de ses parents la permission de se retirer. On a supposé que ce fut à Monasteriolum, qui n’est autre qu’un «petit monastère» et qui serait l’origine de la commune de Montreuil-la-Cambe.

La jeune novice grandit rapidement en vertu et en sainteté, au point qu’elle fut élue abbesse. Elle n’osait pas assumer une telle mission, mais un avertissement céleste lui révéla que c’était là la volonté divine. Désormais, elle chercha à redoubler ses efforts pour se sanctifier et être la première à accomplir ce qu’elle demandait avec douceur aux moniales.

Dieu lui donna de faire des miracles. Il y en eut de retentissants :

Un paysan avait confisqué l’âne du monastère ; il trouva au petit matin son pré entièrement recouvert de sel ; repenti, il restitua la bête et fit don du pré au monastère ; ce fut le Pré Salé.

Or sur ce Pré Salé s’abattit une nuée d’oiseaux, qui allaient absorber tout le grain qu’on y avait semé ; Opportune «convoqua» cette compagnie, lui adressa de gentils reproches et la congédia ; mais les oiseaux ne partaient plus, ils semblaient attendre «quelque chose» qui leur manquait : c’était l’oiseau qu’un serviteur avait abattu. Opportune ressuscita aussi le volatile ; la troupe s’envola et le pré fut désormais fertile.

Une douloureuse épreuve frappa bientôt Opportune : son frère évêque fut assassiné par un «rival» et considéré comme «martyr» ; elle le fit inhumer dans le monastère, et demanda à Dieu de la réunir à lui, ce qui arriva peu après, en ou vers 770, le 22 avril.

Beaucoup de miracles eurent lieu à son tombeau ; les deux monastères de Lanthilde et Opportune furent plus tard détruits lors des invasions normandes, mais les reliques d’Opportune furent transférées à temps à Moussy-le-Neuf.

Sainte Opportune est commémorée le 22 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco Venimbene

1251-1322

 

Francesco Venimbene naquit en 1251 à Fabriano (Ancone, Marches, Italie E), de Compagno, un médecin, et Margherita di Federico.

A dix ans, il fut malade à mourir et sa mère le transporta au tombeau de saint François d’Assise, qui était mort en 1226. L’un des douze premiers compagnons du Fondateur, Angelo Tancredi, prédit alors que ce jeune garçon serait un jour frère mineur.

Francesco guérit et fit des études. A quinze ans, il entendit une voix lui dire : Va trouver Graziano et fais tout ce qu’il te dira. On croirait entendre le conseil de Marie à Cana : Tout ce qu’il vous dira, faites-le (Jn 2:5). Au même moment, ledit Graziano, gardien (supérieur) du couvent de Fabriano, était averti qu’un candidat arrivait.

A seize ans, Francesco fut ainsi admis au noviciat, sous la bienveillante direction de Graziano et  Rainero. Il en obtint la permission de se rendre à Assise à l’occasion de l’indulgence de la Portioncule et y rencontra le frère Leone, compagnon lui aussi de saint François, dont il lut les écrits.

L’étude assidue de la théologie et la pratique de l’oraison firent de Francesco un savant théologien, un habile prédicateur et surtout un religieux éminent en sainteté. Il portait un vieil habit tout usé, s’imposait la discipline, dormait le moins possible pour prier davantage. Son zèle le portait auprès des pauvres et des malades. 

Quand il prêchait, surtout sur les mystères de la Passion du Sauveur, son émotion lui faisait verser des larmes. Il priait intensément pour les âmes du purgatoire et célébrait la Messe avec une particulière ferveur.

Il aimait rester longtemps au confessional pour procurer aux âmes le soulagement de la miséricorde divine.

Grâce à la générosité de son père, Francesco dota le couvent d’une abondante collection d’ouvrages de toutes les matières : patrologie, scolastique, exégèse, philosophie, mathématiques, dans le but d’aider les Religieux à acquérir la science nécessaire pour combattre les erreurs.

Quand fut construit un nouveau couvent à Fabriano, il en fut deux fois le gardien, prêchant d’exemple dans l’application rigoureuse de la règle franciscaine.

Il fut divinement averti du jour et de l’heure de sa mort, qui advint le 22 avril 1322.

Son corps est resté incorrompu.

Son culte fut reconnu en 1775.

 

 

 

Ndoc Suma

1887-1958

 

Ndoc Suma naquit le 31 juillet 1887 à Nënshat (Lezhë, Albanie).

Il étudia au collège Canisianum des Jésuites à Innsbruck (Autriche) et fut ordonné prêtre en 1911.

Sous le régime communiste, il fut arrêté le 8 décembre 1946, mis en prison sous l’accusation calomnieuse d’avoir hébergé des criminels, c’est-à-dire évidemment des Chrétiens. Condamné à trente années de travaux forcés, il y perdit bientôt la santé.

Agé et malade, il devenait un «poids» pour l’administration, et fut remis en liberté, en 1954. Mais le père Ndoc ne se remit jamais ; il s’éteignit à Shkodër le 22 avril 1958 (on trouve aussi la date 1962).

Reconnu martyr, Ndoc Suma fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 22 avril.

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20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 23:00

21 AVRIL

 

II.

S Apollonius, sénateur et philosophe romain, auteur courageux d’une Apologie, martyr à Rome. 

IV.

Ss Apollon, Isace et Codrat, martyrs à Nicomédie.

?

S Aristus, prêtre martyr à Alexandrie.

V.

S Maximien, romain, évêque à Constantinople, dont la douceur contribua à reporter la paix après l’erreur de Nestorius. 

VI.

S Cyprien, évêque à Brescia.

VII.

S Bruno, gallois, fondateur et abbé à Clynnog-Fawr.

VIII.

S Anastasios le Sinaïte, ermite, dialecticien et théologien : il alla plusieurs fois en Egypte pour convaincre monophysites, sévériens et juifs ; on l’appela “le nouveau Moïse”.

S Maelrubha, irlandais, fondateur et abbé à Aber Crossan. 

XI.

S Wolbodon, évêque à Liège ; s. Laurent l’avertit de sa fin prochaine ; enterré au monastère de Saint-Laurent à Poppon, il fit tant de miracles que l’abbé lui ordonna d’y mettre fin, pour ne pas troubler le silence.

XII.

S Anselmo, piémontais, abbé au Bec, archevêque à Canterbury contre son gré ; grand théologien et philosophe, il fait en quelque sorte le lien entre s. Augustin et s. Thomas d'Aquin. 

B Fastrède, troisième abbé à Clairvaux, puis abbé général de Cîteaux.

XIV.

B Giovanni Saziari, tertiaire franciscain italien, mort à Cagli (Pesaro), béatifié en 1980.

XV.

B Bartolomeo Cerveri, dominicain italien, martyrisé au moment où il allait à Cervier.

XIX.

S Johann Birndorfer (Konrad de Parzham), frère capucin, portier à Altötting.

XX.

S Roman Adame Rosales (1859-1927), prêtre mexicain martyr, connu pour son humilité et son activité dans les missions populaires; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Volodomyr Bairak (Vitalii, 1907-1946), prêtre ukrainien de l’ordre de Saint-Josaphat, martyrisé quelques jours avant Pâques, béatifié en 2001.

 

Apollonius

† 185

 

Apollonius était un personnage important, peut-être même un sénateur romain, d’après saint Jérôme.

Il comparut devant le préfet Perennius et tout le Sénat, pour répondre de sa foi chrétienne. On le sommait de sacrifier à l’image de l’empereur Commode.

Il y eut deux audiences, à trois jours d’intervalle.

De ces audiences, voici deux réponses d’Apollonius : 

Je suis prêt à jurer, par le vrai Dieu, que je vénère l’Empereur et prie pour sa Majesté.

Tous les jours, nous prions le Dieu invincible du ciel pour Commode qui règne sur terre.

Apollonius fut décapité sur le champ, à une date qui, d’après le Martyrologe, devrait être le 21 avril, probablement en 185. 

 

 

Aristus d’Alexandrie

† ?

 

Le prêtre Aristus (Aristo ?) n’est connu que par la mention qu’on a fait de son nom dans quelque document ancien.

Il faut se résoudre à dire qu’on ne sait absolument rien d’autre de lui.

Il reçut la palme du martyre en Alexandrie d’Egypte.

Saint Aristus d’Alexandrie est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasios le Sinaïte

615-700

 

Il y a eu des confusions entre le patriarche Anastasios d’Antioche (v. 20 avril) et Anastasios le Sinaïte.

On ne connaît guère sa vie. Il a pu naître vers 615-620 en Alexandrie d’Egypte ou en Chypre.

Ayant quitté Chypre pour la Terre sainte, il aboutit finalement au monastère du Sinaï, d’où son surnom ; par la suite, on lui confiera l’hôpital du monastère, d’où l’on a déduit qu’il avait des connaissances médicales, puis il y fut higoumène (supérieur, abbé). 

Mais il sortit de son silence et de sa solitude pour aller prêcher et rappeler la juste doctrine en Egypte, où circulaient toujours des courants monophysites, ou sévériens, ou juifs.

C’est ainsi qu’il fut présent en Alexandrie vers 640, et de nouveau un peu plus tard.

La vigueur de son génie, son talent de conférencier infatigable et de dialecticien puissant, sa doctrine théologique sûre, l’ont fait surnommer le nouveau Moïse. 

Quelques ouvrages ou extraits de ses ouvrages nous sont parvenus. On parle du Hodegos (Guide), qu’il écrivit contre les hérétiques après l’invasion de l’Egypte par les Musulmans ; des Six Chapitres contre les Monothélites ; des Seize chapitres contre les Monophysites. Dans une de ses exégèses, il avance que tous les détails de la création doivent s’entendre du Christ et de l’Eglise.

On sait qu’il connut le sixième concile œcuménique (680), et qu’il vécut encore une vingtaine d’années plus tard.

Il mourut donc vers ou peu après 700.

Comme chez les Orientaux, saint Anastasios le Sinaïte est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maelrubha d’Ecosse

642-722

 

Il naquit dans le comté de Derry (Irlande N) en 642, de Elganach, un descendant du roi d’Irlande Niall, et de Subtan, nièce de s.Comgall (v. 10 mai).

C’est auprès de ce dernier, qu’il reçut son éducation, à Bangor.

En 671, il partit pour l’Ecosse avec quelques compagnons. Il fonda une demi-douzaine d’églises et s’établit à Aber Crossan, où il fonda un grand monastère, qu’il gouverna pendant un demi-siècle.

De là, il entreprit des missions, jusqu’à l’île de Farr, où il aurait été martyrisé (ou du moins mis à mort) par des pirates danois à Teampull, là où il s’était construit une petite cabane.

En 1898, son culte fut confirmé.

Saint Maelrub est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas du martyre.

Anselmo de Canterbury

1032-1109

 

Anselmo est né au Val d’Aoste (Italie NO), dans une famille riche et noble, en 1032 ou 1033. Il montra vite une grande ardeur pour l’étude et reçut une bonne formation auprès des bénédictins, où il commença à prendre goût pour la vie monastique. 

Avant sa quinzième année il demanda son admission, mais se heurta à la vive opposition de son père, qui n’avait que lui comme héritier. Anselmo devint malade et, croyant sa fin proche, demanda à recevoir au moins l’habit religieux, ce qui ne fit qu’irriter davantage le père. Anselmo guérit toutefois et son père, pour lui enlever toute idée de vie monastique, le produisit dans le monde, où effectivement le garçon prit goût pour les frivolités. Sa mère l’avertissait, mais elle mourut bientôt. Anselme n’avait pas vingt ans.

Comme le père s’irritait toujours plus contre son fils, Anselme prit simplement le parti de quitter la maison avec un domestique et s’en alla vers la France, pour finalement arriver à l’abbaye normande du Bec, où enseignait l’illustre Lanfranc. Là, Anselme brilla par ses qualités étonnantes et la profonde intelligence qui l’établit bien vite au premier rang des élèves. Mais il voulait davantage : après quelques hésitations et ayant pris conseil, il se décida pour la vie monastique dans cette abbaye du Bec (cette abbaye est à l’origine de la ville de Le Bec-Hellouin, dans l’Eure).

Il y était arrivé à vingt-six ans : à trente ans il était déjà prieur. Sa douceur et sa rectitude l’aidèrent à surmonter les difficultés des moines qui étaient un peu jaloux de son ascension : au point que, à la mort de l’abbé, en 1078, c’est lui qui fut élu à cette charge, à l’unanimité des moines. Entre temps, Lanfranc était devenu archevêque de Canterbury, et tous deux échangeaient une correspondance suivie, et la bonne réputation d’Anselme alla jusqu’à Rome. 

Les événements politiques liés à Guillaume le Conquérant, puis au Comte de Chester (Angleterre) aboutirent finalement à l’unanime élection d’Anselme au siège de l’archevêché de Canterbury, auquel autant lui que ses moines tentèrent de s’opposer, en vain d’ailleurs. Mais cette “promotion” ne fut que le début d’années extrêmement pénibles pour Anselme, qui dut affronter les prétentions du roi d’Angleterre, Guillaume le Roux,  en matière d’investitures et de taxes, et faire deux fois le voyage à Rome pour rencontrer le pape. Au cours d’un de ces voyages, il accomplit de nombreux miracles par sa bénédiction et sa prière. 

L’avènement du nouveau roi d’Angleterre, Henri Ier , n’apporta pas les changements qu’on espérait, au contraire, et le roi prétendait investir lui-même les évêques et les abbés, interdisant même à Anselme de rentrer en Angleterre de retour de Rome. Finalement le roi dut s’incliner, mais Anselme mourut peu après.

Saint Anselme était un penseur, plus encore qu’un professeur ; il est tenu pour le théologien le plus important du XIe siècle et pour le père de la philosophie scolastique. Il accepta de mettre par écrit sa pensée et publia : De la vérité ; Du libre arbitre, De la chute du diable, Du grammairien ; mais ce sont surtout le “Monologium” et le “Proslogion” qui le rendirent célèbre, même si ses arguments ont été diversement acceptés par la suite. On a aussi de lui un “Cur Deus homo”, un traité de la “Procession du Saint-Esprit”, un livre sur la “Conception de la sainte Vierge et le péché originel”. 

Quelques idées de saint Anselme : 

Il expose des preuves rationnelles de l'existence de Dieu et soutient qu'il est possible de concilier la foi et les principes de la logique et de la dialectique. Il est convaincu que la foi elle-même pousse à une compréhension rationnelle plus intelligente (fides quærens intellectum) ; la foi est un don et un  point de départ, mais aucun argument rationnel ne peut renverser et détruire la Foi. La raison vraie conduit nécessairement aux vérités de la foi.

Pour  prouver rationnellement l’existence de Dieu, et cela même pour celui qui ne croit pas en Dieu, Anselme expose son célèbre «argument ontologique». D’abord il définit Dieu comme “ce qui est tel qu’a priori rien de plus grand (de plus parfait) ne peut être pensé” (aliquid quo maius nihil cogitari potest). Celui qui cherche à comprendre si Dieu existe, peut comprendre ce principe parce qu’il se trouve dans son intelligence. Si l’on admet à présent que ce qui est plus parfait n’est pas seulement pensé mais qu’en plus, il existe en réalité a priori, alors doit exister nécessairement "ce qui est tel qu’on ne peut rien penser a priori de plus parfait".

Saint Anselme étend l’argument en constatant que, d’après la définition de départ de Dieu, la non-existence d’un tel être est inconcevable, car ce qui existe nécessairement, est plus parfait que quelque chose dont la non-existence peut être pensée, et qui existe donc par contingence. 

Cet “argument ontologique” fut âprement discuté tout au long du Moyen Age.

Saint Anselme préférait plutôt former les adolescents, que de leur enseigner la grammaire ; il voulait développer en eux trois dispositions : le goût du silence, la réserve dans le maintien, la pudeur, et recommandait de toujours les traiter avec douceur et bonté.

Très affaibli par cette vie de labeurs et de contrariétés, il remit son âme à Dieu en ce 21 avril de 1109, au matin du Mercredi Saint. La première demande de canonisation fut due à s.Thomas Becket en 1163, elle fut officialisée en 1492, et saint Anselme fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1720.

 

 

Giovanni Saziari

1327 env. -1372

 

Né à Cagli (Marches, Italie) de parents simples, Giovanni vécut de son petit arpent de terre, dans l’actuel quartier de Cabaldello.

A cette époque, les bagarres entre troupes de châteaux rivaux étaient fréquentes. Giovanni ne se mêlait pas à ces rixes. Il était tertiaire de l’Ordre franciscain. En dehors de son travail des champs, il priait. Tous aimaient cet homme solitaire, pieux, doux et aimable.

Sa sainteté lui permit de faire des miracles, particulièrement lors d’une épidémie de peste.

Les miracles continuèrent après sa mort, qui eut lieu le 21 avril 1372.

Un notaire d’Imola enregistra différents miracles en 1374, et un document de 1441 parle déjà du Bienheureux Giovanni. Les habitants de Cagli parlent toujours du bienheureux Jeannot (beato Giovannino).

L’examen récent de ses restes a pu déterminer que Giovanni avait à peu près quarante-cinq ans au moment de sa mort, ce qui fit dater sa naissance à 1327 environ.

Le culte de Giovanni Saziari a été reconnu officiellement en 1980.

 

 

Bartolomeo Cerveri

1420-1466

 

Bartolomeo vint au monde en 1420 à Savigliano (Turin, Italie NO), fils de Giovannino, notaire.

Le nom de famille Cerveri provenait d’une ancienne possession acquise deux siècles auparavant, perdue au 14e siècle, mais dont les descendants conservèrent le titre. Comme on le verra plus bas, notre héros n’y est jamais allé.

A douze ans, Bartolomeo fut très impressionné par la prédication de saint Bernardino de Sienne (v. 20 mai) et commença dès 1434 à Savigliano des études de philosophie, théologie et droit canonique.

En 1435, il commença le noviciat chez les Dominicains de l’endroit, et fut ordonné prêtre en 1445.

En 1452, il fut brillamment reçu docteur au Studium de Turin, où il enseigna pendant une année.

En mai 1453, il fut nommé prieur du couvent de Savigliano.

A partir de 1455, il fut visiteur des couvents de Turin, Revello, Racconigi et Saluzzo.

De nouveau prieur à Savigliano en 1457, il y enseigna probablement jusqu’en 1459.

Durant cette courte période, il fit achever, grâce à l’héritage paternel, l’église de saint Dominique, et en fit ériger une autre en l’honneur de saint Vicente Ferrer, qui venait d’être canonisé (1455).

En 1463, il fut nommé inquisiteur pour le Piémont et la Ligurie. Cette mission ne signifiait pas autre chose que démasquer les hérétiques qui détournaient la population de la Vérité catholique ; la démarche de l’inquisiteur comportait des rencontres et des discussions avec les hérétiques, pour les confondre et les induire à revenir dans le droit chemin. Les «tortures» dont on a abreuvé nos oreilles n’ont jamais été le fait de l’Eglise du Christ, qui est par définition riche en miséricorde (cf. Eph 2:4) ; les erreurs ont pu être le fait malheureux de cas isolés, mais jamais une institution.

Bartolomeo entreprit sa mission avec toute l’ardeur du missionnaire avide de Vérité et de Charité. 

Au début de l’année 1466, il annonça le tragique destin qui l’attendait. En effet, au début du mois d’avril, il apprit que les Vaudois l’épiaient. Il devait se rendre, justement, à Cervere, son pays d’origine, et décida d’y aller sans escorte armée, avec seulement deux confrères. 

Avant de partir, il se confessa et dit à son confesseur : Je m’appelle Bartolomeo «de Cerveriis», quoique je ne sois jamais allé dans cette localité ; j’y vais remplir l’office d’inquisiteur, et j’y terminerai mes jours.

Arrivés aux abords de Cervere, ils furent attaqués par cinq Vaudois. Bartolomeo fut tué sur le coup et on lui fit en outre une grave blessure en forme de croix sur le bas-ventre ; un des compagnons fut blessé, tandis que l’autre put s’échapper et témoigner des faits.

La blessure ne saigna pas immédiatement ; on put transporter le Martyr dans l’église, où alors le sang coula en abondance.

C’était le 21 avril 1466.

Il y eut quantité de miracles autour de la sépulture de Bartolomeo.

Les assassins, bientôt arrêtés, furent exilés et condamnés à la confiscation de leurs biens. On peut voir d’après le récit que ce n’est pas l’Eglise qui a torturé les hérétiques.

Honoré comme martyr, Bartolomeo fut considéré comme Bienheureux, et son culte fut approuvé en 1853.

Johann Birndorfer

1818-1894

 

Neuvième de dix enfants, Johann naquit le 22 décembre 1818 à Parzham (Basse Bavière, Allemagne S).

Il était adolescent quand moururent l’un après l’autre sa mère et son père.

Sa piété était connue, mais il attendait, cherchant sa voie. Finalement, en 1849, il vint frapper chez les Capucins qui desservaient le sanctuaire de Notre-Dame d’Altötting.

Il y prit le nom de Konrad (qu’on écrit aussi Conrad) et assista le portier du couvent pendant deux ans, puis fut infirmier quelques mois à Burghausen.

Il commença le noviciat proprement dit en 1851, à Laufen am Salzach. Il fut très éprouvé dans sa santé, mais sa sainteté personnelle convainquit les Supérieurs de l’admettre à la profession (1852).

Sa fonction fut désormais celle de portier, à Altötting.

Son devoir était de répondre aux visiteurs. Il le remplit toute sa vie avec un dévouement jamais lassé. Il ne se fâchait jamais, même quand la sonnette retentissait plusieurs fois de suite, tirée par un gamin prestement disparu, ou par des petites filles qui, d’un air ingénu, réclamaient un Père qu’elles savaient absent. Une exceptionnelle sûreté de coup d’œil lui faisait distinguer immédiatement l’importun du timide maladroit, inquiet de déranger. Il n’était pas dupe des quémandeurs et il avait la force d’être toujours aimable. Jamais il ne grognait, jamais il ne se laissait aller à dire une parole désobligeante. Il préférait les réponses brèves, se gardant de s’attribuer le rôle d’un directeur de conscience, mais ses rares paroles avaient une efficacité extraordinaire : plusieurs religieux et religieuses reconnurent qu’il leur avait révélé leur vocation ; à bien des pécheurs il donna le courage de se convertir. Et il devait encore être plus sastisfait quand son silence avait suffi : un jeune homme se précipita un jour au confessionnal, avouant qu’il avait été bouleversé par un simple regard du Frère portier.

Logé dans la plus mauvaise cellule du couvent, il profitait de la paix de la nuit pour prier longuement. Et, dans la journée, il allait se recueillir dans le petit oratoire Saint-Alexis entre deux coups de sonnette. Il eut la grande joie d’en voir agrandir la fenêtre, d’où il pouvait apercevoir le tabernacle de l’église conventuelle.

Il s’inquiétait toujours de ses frères et sœurs, de leur vie chrétienne. Trois fois il fut envoyé passer quelques jours dans son village ; il y était si bien reçu, qu’il appréciait encore plus de rentrer dans le silence de son couvent.

En 1886, il se remit contre toute attente d’une vilaine broncho-pneumonie, durant laquelle il reçut le Sacrement des malades.

Le 18 avril 1894 au soir, il vint trouver le Père Gardien pour lui dire que ça n’allait plus du tout. Le Gardien lui donna une cellule un peu plus confortable, et un remplaçant à la porterie.

Le 21 avril, il reçut le Sacrement des malades. Peu après, il entendit sonner deux fois à la porte ; pensant que son remplaçant n’avait pas entendu, il se leva, mais s’écroula dans le couloir, dans les bras d’un novice qui y passait. Ce fut son dernier effort.

Le Frère Konrad de Parzham mourut au soir du samedi 21 avril 1894.

Béatifié en 1930, il fut canonisé en 1934.

 

 

Román Adame Rosales

1859-1927

 

Román était né le 27 février 1859 à Teocaltiche (Jalisco, Mexique).

Devenu prêtre en 1890, après plusieurs postes il fut curé à Nochistlán (Guadalajara) en 1913, et successivement vicaire épiscopal forain pour les paroisses de Nochistlán, Apulco et Tlachichila.

On a conservé de lui le souvenir d’un homme qui ne se plaignait jamais. Devant n’importe quelle souffrance, il disait gentiment : Que tout soit pour Dieu.

Une activité fébrile au service du peuple de Dieu : missions populaires, constructions de chapelles pour permettre l’adoration du Saint Sacrement. Dans sa paroisse, il fit construire une église en l’honneur de saint Joseph.

Sa dévotion eucharistique et mariale le poussa à fonder l’association de l’Adoration nocturne et celle des Filles de Marie.

Quand la loi Calles ordonna la fermeture de tous les lieux de culte, il continua à célébrer les sacrements en cachette. 

La veille de son arrestation, il disait : Quel bonheur ce serait d’être martyr. Verser mon sang pour la paroisse !

Il fut en effet trahi ce soir-là et arrêté le 19 avril 1927. On envoya trois cents soldats pour arrêter le prêtre, qui était sans défense. En pleine nuit, on le tira du lit. Le pauvre prêtre de soixante-huit ans dut partir à pied et sans chaussures jusqu’à Yahualica. En passant la rivière Ancho, un des soldats, par compassion, eut le courage de lui donner son cheval et de recevoir une volée d’insultes de ses camarades.

Le père Román fut tenu ligoté pendant près de trois jours, sans boire ni manger. Le jour, il était attaché à une colonne de la place publique, la nuit à l’intérieur du poste de police.

Trois fidèles se présentèrent au colonel pour demander la libération du curé. Le colonel demandait six mille pesos-or pour le délivrer. Les gens du village voulaient apporter la rançon, mais le colonel avait l’intention de faire fusiller tous ceux qui se présenteraient. Les mêmes intervinrent de nouveau pour éviter ces représailles. Finalement, tout espoir fut perdu.

Au soir du 21 avril, on conduisit le curé au cimetière municipal. Une foule de fidèles suivait, demandant la liberté du condamné.

Au moment de son exécution, le curé refusa d’avoir les yeux bandés ; il demanda seulement de ne pas être visé à la tête. 

Juste avant l’exécution, un des soldats refusa plusieurs fois de préparer les armes : sur place, on lui retira son uniforme et on le plaça à côté du père Román. On donna l’ordre de tirer et les deux victimes, le père Román et le soldat Antonio Carrillo Torres, tombèrent dans la fosse qu’on avait préparée derrière eux.

Plus tard, on put déterrer le corps du prêtre et l’ensevelir décemment à Nochistlán. Au moment de l’exhumation, on put observer que le chapelet du prêtre s’était incrusté dans son cœur, pétrifié.

C’était le 21 avril 1927.

Le père Román a été béatifié en 1992, canonisé en 2000.

Une fête commune célèbre les Martyrs mexicains le 21 mai.

Si le soldat Antonio Carrillo Torres n’a pas été inclus dans le groupe de ces Martyrs, on peut être certain que son courage lui aura ouvert toutes grandes les portes du Paradis.

 

 

Volodomyr Bairak

1907-1946

 

Volodomyr (ou aussi Vitalii, Vitalij) est né le 24 février 1907 à Shvaikivtsy, province de Ternopil (Ukraine).

Il appartenait au clergé grec-catholique et entra dans l’Ordre de Saint-Josaphat le 4 septembre 1924. 

Ordonné prêtre le 13 août 1933, il fut nommé prieur au monastère de Drohobych en 1941, pour remplacer Yakym Senkivskyi, martyrisé peu avant.

Volodomyr était connu pour sa gentillesse, son zèle missionnaire et sa prédication. C’était un vrai directeur spirituel.

Arrêté pour sa foi en septembre 1945 par le NKVD, on lui confisqua tous ses “biens” et le condamna à huit ans de travaux forcés.

Dans la prison de Drohobych, il fut battu à mort le 21 avril 1946, jour de Pâques, ou quelques jours avant cette fête. Cette année-là, Orthodoxes et Catholiques fêtaient Pâques le même jour.

Reconnu martyr, il fut béatifié en 2001 en même temps que vingt-quatre autres Compagnons victimes de la persécution communiste.

Le Martyrologe mentionne notre Bienheureux le 16 mai, mais Pâques ne tombe jamais à cette date.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 23:00

 

20 AVRIL

 

I.

Ss Sulpicius et Servitianus, martyrs à Rome.

II.

S Anicet, pape (155-166) ; c’est lui qui aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs.

IV.

S Secundino, martyr à Cordoue.

Ss Victor, Zotique, Zénon, Acindyne, Césaire, Sévérien, Chrysophore, Théonas, Antonin, martyrs à Nicomédie.

S Marcellinus, africain, premier évêque à Embrun, où il lutta contre le paganisme et  l’arianisme.

S Theodoros, solitaire près de Constantinople, surnommé “Trichinas” à cause de son rude vêtement en poils de chèvre.

V.

S Marcianus, berrichon, moine à Auxerre, où il s’occupa des vaches de la ferme jusqu’à sa mort. 

S Théotime, surnommé “le Philosophe” pour sa science, puis évêque à Tomes, ami de s. Jean Chrysostome.

VI.

Ste Heliena Consalvo, solitaire italienne, à Laurino.

VII.

S Anastasios, évêque à Antioche de Syrie, martyr.

IX.

S Wiho, évêque à Osnabrück : le pape ratifia cette nomination faite par Charlemagne.

B Harduin, moine copiste à Fontenelle, puis anachorète dans une grotte proche.

X.

B Hugues d’Anzy, poitevin, moine de Saint-Sabin, maître des novices à Saint-Martin d’Autun, co-fondateur de Cluny puis de Anzy-le-Duc, où il fit construire un magnifique hôpital pour les pauvres. 

XII.

S Géraud, seigneur de Salles, fondateur d’abbayes, mort dans l’une d’elles, comme servant de messe.

Bse Oda, vierge en Brabant ; pour échapper au mariage, elle se coupa les narines ; elle fut prieure de l’ordre de Prémontré à Bonne-Espérance.

Ste Hildegonde, qui vécut des aventures extraordinaires sous le nom de Joseph, et finit ses jours dans l’abbaye (masculine) de Schönau. 

XIII.

Bx Domenico Vernagalli, camaldule, fondateur d’un hôpital pour orphelins à Pise.

B Jean, abbé cistercien à Igny puis à Clairvaux et à la Grâce-Dieu.

XIV.

Ste Agnese de Montepulciano, mystique dominicaine, première abbesse, à 15 ans, du couvent de Procena, puis supérieure à Montepulciano.

B Simone Rinalducci de Todi, augustin, théologien et prédicateur.

B Giovanni, solitaire puis tertiaire franciscain à Masaccio, dont il est le patron.

XVI.

Bx James Bell, prêtre, et John Finch, père de famille ; James avait renié sa foi et s’était réconcilié vingt ans après ; John était fermier et abritait les prêtres ; tous deux furent martyrisés par pendaison à Lancaster.

Bx Richard Sargeant et William Thomson, prêtres anglais martyrs à Tyburn, béatifiés en 1987.

B Maurice MacKenraghty, prêtre martyr en Irlande, béatifié en 1992.

XVII.

B Antony Page, jésuite anglais martyr à York, béatifié en 1987 avec soixante deux autres. 

Bx Francis Page, jésuite, Robert Watkinson et Thomas Tichborne, prêtres anglais martyrs à Tyburn béatifiés en 1987.

XIX.

Bse Dina (Chiara) Bosatta de Pianello, collaboratrice du b.Guanella à Come où elle ouvrit la première Petite Maison de la Divine Providence, et morte de tuberculose à vingt-neuf ans, béatifiée en 1991.

XX.

B Dionís Domínguez Martínez (Doménec Ciríac, 1911-1937), des Frères Maristes espagnols, martyr à Madrid et béatifié en 2013.

B Michel Coquelet (1931-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Sulpicius et Servitianus à Rome

† 97

 

Ces deux Romains, d’après la tradition, auraient été gagnés à la foi devant les miracles accomplis par sainte Domitilla (v. 7 mai).

Ils auraient été les fiancés d’Euphrosina et Theodora.

Dénoncés, ils refusèrent de sacrifier aux idoles et furent décapités.

Si ce martyre devait faire suite à celui de Domitilla, il serait logique de le situer au mois de mai. Mais de vieux manuscrits les ont inscrits au 20 avril, l’année qui suivit le martyre de Domitilla, donc en 97.

Saints Sulpicius et Servitianus sont commémorés le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anicet

155-166

 

Anicet, né à Émèse de Syrie, fut le onzième pape, succédant à saint Pie Ier.

Dans le clergé de Rome se trouvaient alors Soterius et le diacre Eleutherius, qui tous deux succédèrent à Anicet.

Ce pape reçut la visite de Polycarpe (v. 23 février), vénérable évêque de Smyrne, lui-même disciple de l’apôtre saint Jean. Polycarpe, qui mourut martyr peu après son retour à Smyrne (156) était alors un vieillard de quatre-vingt cinq ans, qui n’épargnait pas sa fatigue pour aller rencontrer l’évêque de Rome.

Ils discutèrent de plusieurs points de doctrine, et Anicet condamna plusieurs erreurs : de Valentinus, de Marcion, et d’autres. Marcion en était arrivé à contester les textes de l’Ancien Testament, prétendant que le Dieu de l’Ancien Testament n’était pas le même que Celui du Nouveau. On sait que Marcion fut exclu de la communauté de Rome dès 144.

Mais Anicet et Polycarpe ne purent se mettre d’accord sur un point : comment établir la date de la fête de Pâques ? Polycarpe avait connu auprès de saint Jean une pratique, tandis que Rome avait fini par en établir une autre. Anicet ne voulait pas faire revenir Polycarpe sur un si saint héritage, et Polycarpe ne pouvait s’opposer à l’autorité du Successeur de Pierre. Anicet se contenta de dire qu’il fallait suivre l’usage des Anciens.

La date de Pâques fut un objet de controverse en Orient et Occident pendant très longtemps , et ne fut réglée qu’au concile de Nicée en 325 (encore qu’actuellement l’Eglise d’Orient célèbre souvent la fête de Pâques plus tardivement que l’Eglise d’Occident). Mais la paix entre Anicet et Polycarpe ne fut pas brisée pour autant : le pape déféra même à Polycarpe la célébration de l’Eucharistie.

Il est dit qu’Anicet aurait prohibé aux clercs de porter les cheveux longs.

On doute qu’Anicet mourut martyr. S’il le fut, on n’en connaît pas les circonstances.

Il mourut un 17 ou un 20 avril, et c’est cette dernière date qui est retenue par l’actuel Martyrologe.

 

 

Secundino de Cordoue

† 306

 

Cordoue, capitale de l’Espagne Bétique, fut conquise par les Romains en 169, et le Christianisme s’y développa dès le 3e siècle : son premier évêque, Ossius, y mourut centenaire en 357.

Secundino vivait à Cordoue et brûlait de zèle pour répandre la foi en l’unique Dieu.

Il brûlait aussi d’un ardent désir de recevoir la couronne du martyre.

Quand parurent les édits de persécution de Dioclétien, il fut arrêté, soumis à la question, torturé longuement et finalement décapité. Son vœu était accompli.

La ville de Cordoue devait connaître une autre persécution, au 9e siècle, mais sous la domination musulmane. Une cinquantaine de Martyrs périrent, dont parle le Martyrologe à différentes dates.

Saint Secundino de Cordoue est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcellinus d’Embrun

† 374

 

Marcellinus naquit en Afrique (l’actuelle Tunisie). 

Dieu lui inspira le zèle de la prédication et, quittant sa famille et son pays, s’en vint débarquer à Nice, avec deux compagnons nommés Vincentius et Domninus.

Il s’établit d’abord dans une solitude, où il bâtit une chapelle. Il la fit consacrer par s.Eusèbe de Verceil, alors en exil (v. 1er août).

Mais Eusèbe eut une inspiration bien plus forte : il fit venir l’évêque de Valence (Æmilianus, v. 13 septembre) et consacra évêque Marcellinus, l’établissant en la ville d’Embrun.

Marcellinus ne pouvait plus s’adonner à la prédication comme il l’espérait : il envoya ses deux Compagnons à Digne, tandis qu’il demeurait dans son diocèse.

Dieu lui donna le don des miracles, qui furent retentissants.

Pour baptiser les nombreux convertis, il construisit un baptistère près de son église : l’eau y jaillit en telle abondance que l’évêque put baptiser sans interruption pendant sept jours, et que les malades purent boire de cette eau pour obtenir leur guérison.

Un jour qu’une coupe précieuse s’était brisée, Marcellinus la recomposa d’un simple signe de croix et s’en servit souvent.

C’est alors que sévit la douloureuse doctrine hérétique d’Arius, et Marcellinus s’efforça d’en atténuer les effets dans toute la région. L’empereur Constance voulut alors le faire arrêter, mais un des émissaires eut le bras paralysé au moment de le frapper. Il insulta Marcellinus : Il ne te suffisait pas de nous avoir expulsés d’Afrique, tu veux aussi nous troubler en Gaule. Marcellinus fit sortir le diable qui parlait par la bouche de cet homme.

Une autre fois, des ariens s’emparèrent de Marcellinus, le conduisirent sur une hauteur, d’où ils précipitèrent l’évêque ; mais Marcellinus se releva indemne, comme le dit le psaume : Il a envoyé ses anges pour te garder en toutes tes voies ; ils te porteront dans leurs mains, pour ne pas que ton pied heurte la pierre (Ps 90:11-12).

Enfin, pour fuir d’autres vexations, Marcellinus se cacha dans des grottes, qu’il ne quittait discrètement que pour accomplir certaines fonctions de son saint ministère. Il put réintégrer son siège en 361, et reprit son apostolat fécond.

Il mourut le 13 avril 374. Mais on retarda de quelques jours ses funérailles, pour laisser aux évêques de la région le temps d’arriver, de sorte que la depositio de Marcellinus se fit le 20 avril suivant.

L’évêque était mort, mais il continuait d’opérer des miracles. Une huile suintait de son tombeau : elle guérit des malades frappés de la peste ; Marcellinus apparut au-dessus des murailles lors d’un siège, mettant l’ennemi en déroute ; s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que si la lampe qui brûlait devant son tombeau venait à s’éteindre par l’effet du vent, elle se rallumait d’elle-même.

D’importantes reliques de Marcellinus arrivèrent au diocèse du Puy, où l’on croit que les révolutionnaires les détruisirent en 1789 ; celles qui restaient à Embrun, furent détruites par les Huguenots en 1585 ; l’église de Digne possède la relique du chef de s.Marcellinus.

Saint Marcellinus d’Embrun est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros Trichinas

† 5e siècle

 

Theodoros - don de Dieu, Dieudonné - vivait à Constantinople, puis se retira dans le désert.

Il portait comme habit une peau de chèvre au poil très rude, qui lui valut le surnom de Trichinas.

Il eut l’occasion d’accomplir beaucoup de miracles, notamment la délivrance de possédés du démon.

On est incertain sur la date de sa mort : 4e ou plutôt 5e siècle.

Après sa mort, son saint corps exsuda un baume grâce auquel beaucoup de malades furent guéris.

Saint Theodoros Trichinas est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcianus à Auxerre

† 488

 

Originaire du Berry, Marcianus quitta sa région pour éviter la présence de Goths ariens, et s’en vint frapper à la porte du monastère d’Auxerre, gouverné par s.Mamertin (v. 30 mars ?).

Pour éprouver sa nouvelle recrue, Mamertin ne trouva rien de mieux que d’envoyer Marcianus garder les vaches de la ferme. Il resta à cette «charge» jusqu’à sa mort.

Avec quelques autres moines qui travaillaient avec lui, il ne pouvait assister à la Messe que le dimanche, dans un village voisin.

On peut s’interroger sur l’inspiration que put avoir l’abbé, en établissant ainsi Marcianus à l’écart de la vie monastique, de l’office divin, de l’Eucharistie. Mais on admirera l’esprit de totale obéissance de Marcianus, qui se consomma ainsi en sainteté par son humilité.

Il mourut un mercredi de Pâques, un 20 avril, probablement en 488.

Son corps fut plus tard rapporté au monastère d’Auxerre, qui en prit le nom.

Saint Marcianus est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Heliena Consalvo de Laurino

509-530

 

Heliena (Elena, Hélène) naquit vers le début du 6e siècle à Laurino (Salerno, Campanie, Italie SO), de parents pauvres.

Encore petite, elle s’adonna déjà à des exercices de piété, pour lesquels ses braves parents la traitèrent de folle. Aussi se retira-t-elle dans une sorte de caverne à quelques kilomètres de la maison, dans la localité de Pruno.

Elle se nourrissait d’herbes et de racines. Sa réputation de sainteté et ses miracles lui attirèrent des visiteurs.

Quand elle mourut, vers 530, son corps fut enseveli dans la cathédrale de Capaccio-Paestum, puis passa à s.Elzéar de Sabran (v. 27 septembre), puis à la cathédrale d’Ariano Irpino et revint à Laurino en 1882.

Sainte Heliena de Laurino est commémorée le 20 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant la place au siècle suivant.

 

 

Anastasios d’Antioche de Syrie

† 609

 

On a souvent cru que cet Anastasios était le patriarche nommé à ce siège en 559 et rétabli en 593. Mais il s’agit de deux personnages du même nom qui se sont succédé. 

Il y a aussi un Anastasios, moine au Mont Sinaï, commémoré le 21 avril.

Celui dont il est question ici fut nommé patriarche d’Antioche de Syrie à la fin de 598 ou au début de 599, succédant à son homonyme.

C’était un homme cultivé, connaissant le latin, ce qui lui permit de traduire la Regula pastoralis du pape Grégoire Ier (v. 12 mars) : ce dernier avait représenté le pape à Constantinople et était apprécié en Orient.

Lorsque l’empereur Phocas crut nécessaire de forcer les Juifs à passer au christianisme, il y eut de fortes révoltes. En particulier ceux d’Antioche se rebellèrent contre le patriarche, s’en saisirent et le maltraitèrent de la façon la plus honteuse. Attaché par les pieds, traîné par toute la ville, mutilé, brûlé vif, il acheva son glorieux martyre un 21 décembre ou un 21 avril, de l’an 609.

Saint Anastasios est commémoré le 21 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wiho d’Osnabrück

772-805

 

Wiho (ou Wicho) était né en 772 en Frise.

Il reçut sa formation auprès de Grégoire d’Utrecht (v. 25 août).

Sans doute sur la recommandation de ce dernier, Charlemagne se chargea de le nommer évêque d’Osnabrück : le diocèse venait d’être fondé et il fallait y mettre un évêque digne de cette mission. Le pape ratifia ce choix.

Il y a cependant un doute sur la date de cette nomination. On disait précédemment que le diocèse fut fondé vers 780, tandis qu’on croit actuellement qu’Osnabrück devint le siège de cet évêché seulement vers 800.

Il est avéré de toutes façons que Wiho fut un pasteur vraiment zélé, et qu’il eut aussi beaucoup à souffrir.

Il fonda une école cathédrale, ancêtre du Gymnasium Carolinum, une des plus anciennes écoles d’Allemagne.

Selon les dates mentionnées ci-dessus, l’épiscopat de Wiho dura donc soit une vingtaine d’années, soit quelques années. Le diocèse d’Osnabrück a choisi les dates extrêmes de 783-805, soit vingt-deux ans d’épiscopat.

Wiho mourut le 20 avril 804 ou 805.

Saint Wiho est commémoré le 20 avril dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Domenico Vernagalli

1180-1219

 

Domenico était né vers 1180 à Pise dans une famille aisée.

On dit qu’une fois ordonné prêtre, il entra chez les Camaldules comme frère convers, vers 1200. Toutefois on pourra se poser la question de l’exactitude de cette information : s’il était prêtre (à vingt ans ?), il devait célébrer la Messe et prier le Bréviaire, et n’était donc pas Convers.

il fut curé à Pise en 1204, sans jamais abandonner ses habitudes d’austérités et de mortifications. Il se nourrissait surtout de produits lactés, et prenait très peu de fruits ou légumes, et de viande (voir plus bas).

Touché par cette plaie des enfants abandonnés, il fonda à Pise un orphelinat, en 1218.

Il mourut le 20 avril 1219, très vite honoré d’un culte qui fut approuvé en 1854, lui donnant ainsi le titre de Bienheureux.

Un examen de ses os fut exécuté tout récemment, qui a conduit à ces conclusions : Domenico mourut vers la quarantaine ; c’était un ascète qui devait jeûner souvent.

 

Jean de la Grâce-Dieu

† 1280

 

Avant d’être nommé à la Grâce-Dieu, Jean fut abbé à Igny (Marne), de 1232 à 1234, et fut désigné comme Jean 1er, car il y eut huit abbés de ce nom dans cette abbaye.

En 1257, il fut abbé à Clairvaux (Aube), jusqu’en 1260 (ou 1261), toujours avec son titre de Jean 1er , car il y eut là aussi huit abbés de ce nom.

A partir de 1261, il fut abbé à la Grâce-Dieu (Doubs). Mais cette date reste hypothétique, car les listes ne correspondent pas : la liste des abbés de la Grâce-Dieu indique un Jean entre 1257 et 1264, d’ailleurs nommé Jean 2.

Notre abbé reçut finalement le titre honorifique d’archevêque in partibus de Mitylène.

Il mourut le 20 avril 1280 à Clairvaux.

Les Cisterciens le considèrent comme Bienheureux.

Signalons que l’abbaye d’Igny fut supprimée en 1790, et «ressuscita» en 1876 ; bombardée en 1918, c’est depuis 1929 une abbaye de moniales cisterciennes.

L’abbaye de Clairvaux, après des siècles de gloire, fut vendue en 1789 et devint en 1808 cette fameuse prison qu’elle est toujours, avec des services des ministères de la justice et de la culture, qu’on peut visiter.

L’abbaye de la Grâce-Dieu fut aussi vendue en 1790, occupée par une forge en 1792, et rachetée par les Cisterciens en 1844. En 1929, s’y installèrent des Cisterciennes, qui gagnèrent Igny en 2008, laissant les bâtiments aux Travailleuses Missionnaires.

 

 

Agnese Segni

1268-1317

 

Agnese Segni vit le jour le 28 janvier 1268 à Gracciano (Montepulciano, Sienne, Toscane, Italie C), de bons parents aisés et très chrétiens ; son père s’appelait Lorenzo. Au moment de la naissance d’Agnese, il remarqua autour du berceau des flambeaux mystérieux, qui devaient annoncer de quelles vertus Agnese allait illuminer la vie monastique.

On rappellera ici que, pendant longtemps, l’Eglise a célébré le 28 janvier une deuxième fête de sainte Agnès (la jeune martyre romaine, v. 21 janvier) et que les parents Segni donnèrent à leur fille le nom d’Agnès qu’on fêtait donc aussi ce 28 janvier.

A peine âgée de quatre ans, la petite fille se mettait en quête d’un endroit solitaire pour offrir à Jésus ses prières et sa personne, pour lui demander de bénir ses parents.

Elle emmenait ses compagnes visiter les sanctuaires de voisinage, selon ce que son âge et ses parents lui permettaient de faire. A neuf ans, à Montepulciano, une troupe de corbeaux s’abattit sur Agnese en croassant, cherchant à lui crever les yeux ; elle invoqua Jésus et la troupe s’envola ; le biographe qui rapporta l’épisode affirma que c’étaient en réalité des démons, qui présidaient à une maison de débauche proche et que la présence de la pure Agnese dérangeait.

Peu après, Agnese demanda à entrer au couvent. Les parents objectèrent qu’elle était encore bien jeune, mais la prière obtint de Notre-Seigneur l’abaissement de tous les obstacles et Agnese entra chez les Religieuses de Montepulciano ; celles-ci vivaient seulement sous la règle augustine, sans appartenir à aucun Ordre particulier, et portaient un habit de toile grossière, un véritable sac, et on leur donnait le nom de Sœurs du Sac. Agnese s’y trouva extrêmement bien, priant autant qu’elle le désirait, sachant déjà s’imposer des mortifications, édifiant la communauté par son humilité et son obéissance.

Elle avait quatorze ans lorsqu’on la mit à l’épreuve en la nommant économe : humblement, elle protesta qu’elle était bien trop jeune pour s’acquitter d’une telle responsabilité, mais elle obéit et sut se montrer tout-à-fait à la hauteur de sa charge, venant au-devant de tous les besoins des Religieuses, sans jamais se plaindre d’avoir moins de temps pour la prière. Il est en effet très agréable à Dieu de le «quitter» pour le retrouver dans l’attention au prochain. La Vierge Marie la récompensa en lui remettant trois petites pierres très belles, pour lui annoncer qu’elle construirait plus tard un monastère en l’honneur de la Mère du Christ.

C’est qu’Agnese était déjà l’objet de faveurs célestes particulières : on la vit en état de lévitation, en extase ; elle faisait des miracles.

On remarqua que des violettes ou des roses ou des lys poussaient là où elle s’était agenouillée ; une nuit de l’Assomption, la Sainte Vierge lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras ; un autre jour qu’elle était ravie en prière au fond du jardin, elle laissa passer l’heure de la Messe : attristée pour avoir perdu l’occasion de recevoir l’Eucharistie, elle eut la visite d’un ange qui lui donna la Communion.

Elle reçut la visite de deux ermites camaldules, qui voulaient l’entendre parler de la vie spirituelle ; au moment du repas, s’éleva une rose au parfum très fort au milieu du plat et Agnese commenta que le Seigneur, par cette fleur épanouie en plein hiver, voulait montrer combien la conversation avec ces bons moines l’avait réchauffée ; mais ces derniers racontèrent qu’ils avaient été eux-mêmes réchauffés par les propos d’Agnese. 

A quinze ans, elle fut sollicitée pour construire un couvent à Acquapendente et en être la supérieure ! Heureusement, le pape lui-même mit un terme à cette démarche. Mais ce furent les habitants de Montepulciano qui eurent gain de cause. Il arriva qu’Agnese, en vision, se vit en face de trois navires conduits respectivement par saint Augustin, saint François d’Assise et saint Dominique, discutant entre eux qui attirerait Agnese dans sa famille religieuse ; c’est saint Dominique qui l’emporta. Peu après, en 1306, un ange vint annoncer à Agnese qu’elle allait bientôt faire construire un monastère là où les corbeaux l’avaient assaillie, et que ce monastère serait dédié à la Très Sainte Trinité, à la Très Sainte Vierge, et à saint Dominique. C’était l’accomplissement de la prophétie que lui avait faite Marie quelque temps auparavant en lui remettant les trois petites pierres.

Agnese fut donc bientôt la Supérieure de vingt Religieuses dominicaines.

Par sa prière, elle obtint assez de pain un jour que la communauté n’en avait plus du tout (le fait fut raconté par le Christ à Catherine de Sienne, v. 29 avril) ; elle délivra un possédé, convertit des libertins qui l’avaient insultée…

Elle comprit que sa dernière heure approchait, lorsque de grandes douleurs l’accablèrent et que son ange vint lui dire qu’elle allait boire le calice amer auquel le Christ avait bu avant elle ; on lui proposa d’aller aux eaux salutaires de Clanciano, non loin de Montepulciano ; Agnese savait que c’était inutile, mais obéit au conseil, et le Seigneur répondit à cet acte d’obéissance non pas par la guérison d’Agnese, mais par d’autres miracles au passage d’Agnese : une nouvelle source jaillit à Clanciano, où guérirent tous les autres malades et qu’on appela depuis Eau de sainte Agnese ; une autre fontaine fit couler un vin excellent ; une jeune fille eut son genou infirme guéri ; un enfant noyé ressuscita.

De retour au couvent, elle s’alita ; voyant les Religieuses attristées, elle le leur reprocha gentiment : Si vous m’aimiez comme vous devez, chères filles, vous ne pleureriez pas ainsi ; les amis se réjouissent du bien qui arrive à leurs amis. Le plus grand bien qui puisse m’arriver, c’est de m’en aller à notre Epoux. Soyez-lui fidèles, à cet Epoux si bon. Persévérez toujours dans l’obéissance et je vous promets de vous être plus utile au ciel que si je restais parmi vous.

Elle ajouta : Mon bien-aimé est à moi, je ne le quitterai plus, et s’endormit dans le Seigneur, le 20 avril 1317, à minuit. A cette heure-là, les bébés se réveillèrent et éveillèrent leurs parents.

Lorsque Catherine (Caterina) de Sienne vint vénérer son corps en 1380, elle s’inclina pour baiser le pied d’Agnese : ce pied se souleva alors spontanément pour se présenter à la vénération de Caterina, et serait depuis resté dans cette position. Son corps est resté préservé de la corruption.

Agnese Segni a été béatifiée en 1608, et canonisée en 1726.

 

 

Simone Rinalducci

1260-1322

 

Simone était né à Todi (Ombrie, Italie centrale) dans la deuxième moitié du 13e siècle. 

Entré chez les Augustins en 1280, il acquit une grande notoriété pour sa vaste science théologique et aussi pour ses miracles. Il fut nommé professeur, prieur dans divers monastères et prêcheur. 

Devenu provincial pour l’Ombrie, il fut injustement calomnié en plein chapitre (1318) par des confrères, sans doute jaloux de sa célébrité. Simone ne chercha pas à se défendre et resta silencieux, comme notre divin Maître. 

Les accusations furent d’abord prises très au sérieux et Simone accepta humblement les solennels reproches, qui furent sans doute levés par la suite, car il fut nommé prêcheur à Bologne.

Dans cette dernière ville, il devint célèbre pour sa façon plaisante de s’exprimer ; il sut dispenser beaucoup d’instructions au peuple, qu’il complétait par l’exemple de sa sainte vie personnelle.

En 1311, apparemment surtout sur requête du père Rinalducci, les Augustins reçurent la charge pastorale d’une église du diocèse de Terni.

Simone Rinalducci mourut au monastère de Saint-Jacques-le-Majeur de Bologne, le 20 avril 1322.

Son culte fut confirmé en 1833 ; il est donc considéré comme Bienheureux, même si une proclamation solennelle n’a pas eu lieu.

 

 

Giovanni de Masaccio

† 1399

 

Il ne s’agit pas ici de l’illustre peintre du 15e siècle.

Né à Masaccio de parents pauvres, notre Giovanni grandit dans la foi protestante qu’il en reçut.

Des proches lui enseignèrent cependant la vérité catholique et, adolescent, il se retira dans une grotte pour y mener la vie d’ermite.

On sait qu’il y subit divers assauts du démon.

Sur la fin de ses jours, il revêtit l’habit des tertiaires franciscains.

Divers prodiges se produisirent au moment de sa mort, qui eut lieu le 20 avril 1399.

Giovanni devint ainsi le céleste patron de la ville de Masaccio, mais il n’est pas resté dans le récent Martyrologe Romain (ni d’ailleurs dans les moteurs de recherche).

James Bell

1520-1584

 

Né à Warrington (Lancashire, Angleterre) vers 1520, James étudia à Oxford avant d’être ordonné prêtre sous le règne de Mary.

Malheureusement, il devint «conformiste» sous le règne d’Elizabeth, et pendant vingt ans n’administra que quelques sacrements en divers endroits d’Angleterre. A la fin, sa conscience lui fit penser au salut des âmes ; destitué de tout ministère, il songea à assumer un petit enseignement, au moins pour pouvoir manger. Dans cette perspective, il rencontra l’épouse d’un directeur, une pieuse femme catholique, qui lui suggéra de se réconcilier avec l’Eglise catholique.

Au bout de quelque temps, il put reprendre les fonctions sacerdotales et, pendant deux années,  se dédia de tout son cœur au travail missionnaire.

Il fut finalement appréhendé le 17 janvier 1584, et reconnut son état sacerdotal.

On le traduisit en justice à Manchester le même mois, et déféra aux assises de Lancaster en mars.

Quand il entendit la sentence du juge, il prononça cette pétition : Je demande à sa Seigneurie, qu’elle veuille bien ajouter à la sentence que mes lèvres et mes bouts de doigts puissent être coupés, pour avoir juré et souscrit les articles des hérétiques, contraires autant à ma conscience qu’à la Vérité divine.

Puis il passa la nuit en prières.

On ne sait pas si on lui fit effectivement subir ce raffinement de souffrances qu’il implorait, mais il fut «hanged and quartered», pendu et écartelé, le même jour que le laïc John Finch (ou Farmer).

C’était le 20 avril 1584.

James Bell a été béatifié parmi plus de cent martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du 10 avril 1584, et John Farmer comme compagnon de James. Il semble bien que ce soit une double erreur.

 

 

John Finch

1548-1584

 

John était né vers 1548. C’était un laïc d’Eccleston (Lancashire, Angleterre), d’une vieille famille catholique bien connue, mais il semble qu’il soit tombé momentanément dans le schisme.

A l’âge de vingt ans, il vint à Londres passer environ une année avec des cousins à Inner Temple. Ce séjour lui donna l’occasion de voir la différence entre le style de vie des Protestants et celui des Catholiques, et de se décider à vivre dans le Catholicisme.

De retour au Lancashire, il se réconcilia avec l’Eglise catholique. 

Il se maria, et fit de sa maison un centre de mission pour aider les prêtres de toutes les façons, les cachant aussi, et travaillant avec eux pour la catéchèse.

Ce zèle le signala aux autorités, qui l’arrêtèrent à Noël 1581, au moment où il conduisait un prêtre, qui fut arrêté avec lui.

On le pressa et on le tortura de toutes les façons pour l’amener à apostasier et livrer des informations, en vain.

On le tira par les pieds en lui faisant heurter les pierres avec la tête ; on l’enferma dans un sombre cachot, sans même un lit pour s’étendre, et quelques rares morceaux de foie de bœuf comme nourriture.

Après trois années de prison, il passa en jugement à Lancaster, en même temps que trois autres prêtres (on ne dit pas lesquels).

Le 18 avril 1584, il fut jugé coupable et, après avoir passé la nuit à convertir quelques compagnons de prison, il fut exécuté à Lancaster avec James Bell, le 20 avril 1584.

Ils font partie des cent et quelques Martyrs béatifiés en 1929.

 

Nota. On rencontre parfois la date du «10 avril» 1584, et «John Farmer» au lieu de John Finch. Il semble que ce soit une double erreur.

 

 

Maurice MacKenraghty

1500-1585

 

Né vers 1500 à Kilmallock (Irlande), d’un père orfèvre, Maurice (Muiris mac Ionrachtaigh en gaélique) embrassa la vie ecclésiastique et fut reçu bachelier en théologie. On ne dit pas où il fit ses études.

Revenu en Irlande, il fut aumônier de Gerald FitzGerald, comte de Desmond, et partagea le sort de son patron dans ses débats contre la reine Elizabeth 1re d’Angleterre.

Fuyant avec ce comte en septembre 1583, il fut surpris à Sliabh Luachra par les hommes de Lord Roche, et conduit au comte de Ormond. Celui-ci ordonna de l’enchaîner avec Patrick Grant et de les envoyer en prison à Clonmel. Là ils furent aux fers, mais Maurice put encore confesser ses compagnons de prison, jusqu’en avril 1585.

Son gardien fut alors soudoyé par Victor White, un bourgeois de la ville, qui put ainsi faire délivrer Maurice et lui permettre de célébrer l’Eucharistie dans sa maison. C’était le dimanche de la passion. Mais le gardien prévint en secret le gouverneur de Munster, pour lui suggérer d’arrêter tous ceux qui participeraient à cette messe.

Au matin, toute une troupe surgit autour de la maison et arrêta White. Maurice avait eu le temps de se cacher sous un tas de paille. Il fut blessé par un coup d’épée qu’on envoya dans le tas, mais il put s’échapper et se cacher dans la forêt. 

Toutefois, sachant que la vie de Victor était en danger à cause de lui, il se constitua. Aussitôt il fut soumis à la loi martiale. On lui proposa l’absolution de son délit, s’il acceptait de se «conformer» à la religion d’Etat, mais il se refusa à renier la foi catholique et l’autorité du pape.

Il fut exécuté comme traître. Il avait environ quatre-vingt-cinq ans. 

Sa tête fut exposée sur la place du marché et son corps, racheté par des soldats, fut enterré derrière le maître-autel du couvent des Franciscains.

C’était le 20 avril 1585.

Maurice a été béatifié en 1992.

 

 

Richard Sargeant

1558-1586

 

Né vers 1558 à Gloucester, il était probablement un fils de Thomas Sergeant de Stone (Gloucestershire) et de Katherine Tyre de Hardwick.

Il étudia à Oxford en 1570-1571 où il fut diplômé, puis à Reims, au Collège Anglais, en 1581. Il fut ordonné sous-diacre à Reims (1582), diacre à Soissons (1582) et prêtre à Laon (1583).

Il célébra sa première messe le 21 avril et partit pour l’Angleterre le 10 septembre.

Il fut dénoncé au Old Bailey de Londres comme Richard Lea (ou Lee) alias Long (ou Longe).

Arrêté et condamné à mort, il subit le supplice le 20 avril 1586, avec William Thomson.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

William Thomson

1560-1586

 

Né vers 1560 à Blackburn (Lancashire), William fut ordonné prêtre à Reims en 1584.

De retour dans son pays, il exerça le ministère sous le pseudonyme de Blackburn. Il fut arrêté alors qu’il célébrait la messe, chez Roger Line, le mari de Anne Line (martyrisée le 27 février 1601, et canonisée).

Condamné à mort avec Richard Sargeant pour le crime d’être prêtres et d’avoir pénétré dans le royaume, ils furent martyrisés par pendaison à Tyburn le 20 avril 1586 : William avait vingt-six ans, d’après la date présumée de sa naissance, et à peine deux années de sacerdoce.

Il a été un de ceux béatifiés, avec Richard, en 1987, quatre siècles après leur martyre.

 

 

Antony Page

1563 ? -1593

 

Ordonné prêtre à vingt ans, en 1591, Antony (Anthony) ne peut être né en 1571. Au moins quelques années plus tôt, certains donnent 1563.

De bonne famille, il était né à Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres).

Il étudia à Oxford, comme «scholaris Mri-Wodson» (élève du maître Wodson), puis passa à Douai, au Collège Anglais, en 1584. 

Après avoir reçu les ordres mineurs (1585), il reçut le diaconat à Douai en 1590, et le sacerdoce à Reims en 1591.

Un témoin contemporain le décrit comme un homme d’une admirable humilité, d’une modestie et d’une pureté virginales, d’une érudition et d’une piété hors du commun, et ayant fait l’unanimité autour de sa singulière candeur d’esprit et de la douceur de son comportement. 

Il revint très vite en Angleterre pour assister les Catholiques durant la persécution d’Elizabeth I.

Arrêté, jugé coupable du crime d’être prêtre, il fut exécuté à York en avril 1593, le 20 ou le 30 avril. Le Martyrologe le mentionne le 20 avril.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Francis Page

1577 ? -1602

 

Né à Anvers (Belgique), il était d’une famille protestante anglaise de Harrow-on-the-Hill (Middlesex, Londres), et donc probablement parent d’Antony Page, prêtre martyrisé en 1593, également un 20 avril.

Il vint à Londres pour se former dans le Droit, et tomba amoureux de la fille d’un avocat catholique, chez lequel il travaillait. Mais cette jeune fille n’acceptait de se marier que s’il devenait catholique à son tour.

Il rencontra le confesseur de son camarade de chambrée, un père jésuite du nom de John Gerald, et étudia la religion catholique. Mais plus il l’étudiait, plus il se sentait appelé au sacerdoce. Au désespoir de sa fiançée, mais suivant l’appel de Dieu, il renonça au mariage.

Quand le père Gerald fut arrêté, Francis passait chaque jour à la prison pour entrevoir le prêtre et en recevoir la bénédiction. Il finit par être remarqué et arrêté quelque temps.

Relâché, réconcilié dans l’Eglise catholique, il passa en France où il fut formé au Collège Anglais de Reims. Puis il fut ordonné prêtre à Douai en 1600.

Passé en Angleterre, il échappa de justesse à une première arrestation lorsque, sur le point de célébrer la messe, des «chasseurs de prêtres» firent irruption dans la maison. Il eut juste le temps de retirer les habits liturgiques, de cacher les objets du culte et de se mêler aux personnes présentes, venues pour prier. La maîtresse de maison l’aida à s’enfuir, mais fut elle-même arrêtée et plus tard exécutée pour avoir abrité un prêtre (il s’agit de Anne Line, v. 27 février).

Francis fut finalement arrêté à son tour l’année suivante. En prison, il fut admis dans l’Ordre des Jésuites.

Condamné à mort pour le délit d’être prêtre, il subit le martyre avec ses confrères Robert Watkinson et Thomas Tichborne, par pendaison à Tyburn le 20 avril 1602.

Lui et Robert furent été béatifiés en 1929, Thomas à son tour en 1987.

 

 

Robert Watkinson

1579-1602

 

Né en 1579 à Hemingborough (Yorkshire), Robert reçut sa formation sacerdotale à Douai et Rome, avant d’être ordonné prêtre à Arras.

Aussitôt ordonné prêtre, en 1602, il traversa la Manche pour l’Angleterre. Peu de jours après son arrivée, il tomba malade et se soumit aux soins d’un pharmacien de Londres.

Tandis qu’il marchait dans la rue, il rencontra un inconnu, sous les traits d’un homme vénérable et âgé, qui le salua en ces termes : Que Jésus vous bénisse, Monsieur, vous me semblez malade et atteint de bien des infirmités ; mais ayez courage, car dans quatre jours, vous en serez guéri.

C’est ce qui arriva. En effet, un prêtre apostat le dénonça traîtreusement, et le samedi suivant, 17 avril, Robert fut arrêté, jugé, et condamné à mort pour le délit d’être prêtre.

Au matin du jour de l’exécution, il eut ce qu’il fallait pour célébrer la sainte Messe. Ceux qui purent assister, parmi lesquels Henry Owen, remarquèrent une lumineuse auréole sur sa tête, depuis la consécration jusqu’à la communion.

Robert n’avait que vingt-trois ans, et à peine un mois de sacerdoce.

Il fut exécuté à Tyburn le mardi 20 avril, avec Francis Page et Thomas Tichborne.

Robert et Francis furent béatifiés en 1929, Thomas en 1987.

 

 

Thomas Tichborne

1567-1602

 

Thomas était né à Hartley (Hampshire, Angleterre) en 1567, de Nicholas et Mary Myll. Il avait un frère, nommé aussi Nicholas.

Il fut formé à Reims et à Rome, et ordonné prêtre le jour de l’Ascension, 17 mai 1592.

Retourné dans son Hampshire natal, il put exercer son ministère jusqu’au début de 1597.

Arrêté et envoyé à la prison de Gatehouse (Londres), il s’échappa à l’automne 1598, avec l’aide de son frère Nicholas et d’un autre ami, Thomas Hackshot, qui furent pour cela exécutés peu après (mais ne font pas partie des Martyrs Bienheureux).

Trahi par un prêtre apostat, Thomas fut de nouveau arrêté ; condamné à mort le 17 avril 1602, avec James Duckett, Francis Page et Robert Watkinson. James fut exécuté le 19 avril, tandis que Thomas, Robert et Francis le furent le 20 avril 1602.

Il semble que Thomas Tichborne ait été oublié de toutes les listes. Il n’est pas même mentionné dans le Martyrologe, quoiqu’il soit recensé dans les béatifiés de 1987.

Dina Bosatta

1858-1887

 

Née le 27 mai 1858 à Pianello del Lario (Côme, Italie N) de Alessandro Bosatta (un producteur de soie) et de Rosa Mazzucchi, Dina était la sœur de Marcellina Bosatta. Elle avait aussi un frère.

Elle fut très vite orpheline de son père, qui mourut d’un infarctus à quarante-sept ans, en 1861. La Maman confia la soierie à son fils aîné, et la petite Dina à sa grande sœur, qui avait quinze ans. 

Dina reçut la Confirmation en 1868, et la Première communion l’année suivante.

Dina dut d’abord se contenter de l’enseignement que donnait le brave curé de Pianello chaque dimanche après-midi ; en contre-partie, elle lui rendait des services à la cuisine et à la sacristie.

Puis elle fut confiée aux Filles de la Charité (Canossiennes) de Gravedona Lario. Elle pensait entrer en religion chez elles, et commença le noviciat à Côme. Mais Dina, qui avait une faible constitution, se montrait trop introvertie, trop refermée sur elle-même et semblait plutôt destinée à une vie plus contemplative. Elle revint dans son pays, assez découragée.

Elle se lia, avec sa sœur Marcellina, à l’œuvre fondée par leur curé pour assister les vieillards et l’enfance abandonnée, l’hospice du Sacré-Cœur. Marcellina l’aida à dépasser son «blocage» et Dina put s’occuper avec fruits de l’instruction des petites filles. Elle y montra un zèle admirable pendant sept années.

A la mort de ce bon prêtre, arriva en 1881 don Luigi Guanella (v. 24 octobre), qui donna un nouvel élan à l’œuvre : les pieuses femmes qui y travaillaient purent se consacrer, et Dina prit le nom de Chiara (Claire). Elle qui était si timide, fut chargée de la formation spirituelle des autres Sœurs et, comme telle, considérée comme co-fondatrice des Filles de Marie de la Providence, dont la devise était In omnibus caritas, en toutes choses l’amour du prochain.

Chiara n’était pas seulement maîtresse des novices : elle fut active à la paroisse auprès des enfants et des jeunes, et auprès des malades. Entre 1881 et 1882, elle rejoignit les Sœurs canossiennes de Gravedona, où elle pensait suivre une formation pour le diplôme d’enseignante de premier degré, qui était alors obligatoire. Mais le ministre de la culture retira cette obligation et Chiara resta dans cet hospice jusqu’en juillet, avant de revenir à Pianello, où on l’attendait : elle fut tour à tour infirmière, enseignante, formatrice de couture et broderie, et représentante de l’hôpital.

En 1884, les Canossiennes (qui, on s’en souvient, l’avaient écartée quand elle avait dix-huit ans), la rappelèrent pour diriger des travaux d’embellissement dans leur église. Elle pensait venu le moment de re-solliciter son admission chez elles, mais don Guanella eut la claire inspiration de lui dire que sa place était à Pianello, à l’hospice du Sacré-Cœur. 

Il y avait là tout un monde de Religieuses, postulantes, orphelines, vieillards, malades, mourants aussi… sans oublier la catéchèse des filles et les soins aux malades.

Cela ne suffisait pas. Chiara fut envoyée dans une école de Dongo, sur le lac de Côme, pour remplacer une institutrice. Elle y alla chaque jour à pied, exposée parfois aux moqueries des passants. Ce qui la soutint, fut son amour de l’obéissance, par laquelle Dieu lui donna beaucoup de grâces.

Don Guanella avait un frère, Lorenzo, qui voulait ouvrir une Citadelle de la Charité à Ardenno, et où le rejoignit Chiara. Elle devait se partager entre Ardenno et Pianello. Puis don Guanella put louer une maison à Côme, qu’il appela la Petite Maison de la Divine Providence. Ce fut encore Chiara qui fut appelée à diriger cette fondation, la future maison-mère de l’œuvre de don Guanella.

Celui-ci finit par transformer sa petite communauté en congrégation des Filles de Marie de la Providence.

Chiara fut frappée par beaucoup d’épreuves et de tentations intérieures ; elle se sentit coupable, une voix intérieure l’accusait. Cela dura plusieurs années, sans que personne ne s’aperçut de rien, sinon qu’on pouvait supposer qu’elle souffrait de sa faible constitution.

A l’automne 1886, la mauvaise saison fut la cause de plusieurs maladies parmi les patients. On manquait de couvertures et Chiara donna la sienne à une vieille dame. Elle en contracta une broncho-pneumonie, et une forte irritation des voies respiratoires, qui aboutirent à une phtisie généralisée.

Revenue à Pianello, elle dut garder le lit pendant cinq mois, et offrit sa vie pour la conversion des pécheurs et l’avenir de l’Œuvre. Le médecin lui conseilla de ne plus quitter son Pianello natal ; elle s’établit dans la cure de Pianello. La maladie empira et elle mourut saintement le 20 avril 1887, à vingt-neuf ans.

Elle a été béatifiée en 1991, gratifiée du titre de martyre de la charité, que lui donna le pape dans son homélie.

 

 

Dionís Domínguez Martínez

1911-1937

 

Dionís (Denys) était né le 24 janvier 1911 à Villoria de Órbigo (León, Espagne catalane), un des sept enfants de Miguel et Teodora, dont deux filles furent aussi religieuses.

Dionís fut baptisé dès le 25 janvier, reçut la Première communion en 1921 et fut confirmé en 1927. Sa mère désirait beaucoup qu’il devînt prêtre, mais elle fut tout aussi heureuse lorsque son fils lui exprima le désir d’être Frère Mariste.

Il entra en 1925 dans cette congrégation à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1926 ; en 1927 il reçut l’habit et le nom de Doménec Ciríac ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1934.

Après Tuy, il fut envoyé à Madrid.

La congrégation était réellement sa famille, pour laquelle il se donna corps et âme. Il était entièrement ouvert aux directives du directeur du collège et n’avait d’autre souci que d’être un professeur zélé auprès de ses élèves. Il y réussit pleinement, mais pour peu de temps…

Le 18 juin 1936, il dut, comme les autres, quitter la maison de Madrid et trouver refuge chez des parents, pour lesquels il travailla comme vendeur de légumes au marché.

Or, en avril 1937, il fut convoqué pour le service militaire, à Valencia. Au moment où il retirait son sauf-conduit pour le voyage, il fut reconnu et dénoncé par un ancien élève du collège mariste.

Les deux autres Frères qui étaient avec lui purent prévenir une cousine, qui ne put jamais savoir ce qu’on avait fait du Frère Doménec.

On retrouva son corps dans une rue de Madrid et l’autopsie révéla qu’il avait été assassiné le 20 avril 1937. Le Frère Doménec avait vingt-six ans ; il fut béatifié en 2013.

 

 

Michel Coquelet

1931-1961

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Michel Coquelet naquit le 18 août 1931 à Wignehies (Nord), dans une famille nombreuse, très chrétienne, et reçut le baptême le 23 août suivant.

En 1935, la famille se transporte à Puiseaux (45), où la maman complète le maigre salaire du papa avec des ménages.

En 1942, Michel entre au collège de Pithiviers et, en 1945, au petit séminaire de Solesmes (59).

En 1948, après le baccalauréat, Michel entre au noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, à La Brosse-Montceaux (78), où on le note moyen, mais aussi plein d’humour.

Durant le service militaire au Maroc, il développera une grande compétence dans le soin des malades.

En 1956, il fut ordonné prêtre.

En 1957, il partit pour le Laos, comme il le désirait depuis longtemps.

Lui, l’élève moyen, fut d’abord professeur de français au petit séminaire de Paksane : un évêque exprimera plus tard sa joie d’avoir eu un si bon professeur de français.

En 1959, il fut envoyé dans le village de Sam Tom (Xieng Khouang), puis en 1961 à Phôn Pheng.

Le 20 avril 1961, dénoncé à la guérilla, il fut arrêté par des soldats qui prétendaient que son supérieur l’appelait à Xieng Khouang. Michel comprit leur mensonge. Laissant là sa bicyclette, il suivit les soldats et fut abattu non loin de la route en direction de Ban Sop Xieng. Il n’avait pas trente ans.

Ensuite les soldats allèrent détruire la chapelle de Sam Tom, où ils torturèrent et tuèrent aussi le chef du village et son secrétaire. De la chapelle on ne retrouva plus tard qu’un petit ciboire.

Michel Coquelet a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 20 avril dans le Martyrologe Romain.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 18:30

Eliseo Maneus Besalduch
1896-1936

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

Eliseo vit le jour le 15 décembre 1896 à San Mateo (Castellón, Espagne).
Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Eliseo María, et fut ordonné prêtre.
Il fut nommé maître des novices au monastère de Tárrega.
Il fut béatifié en 2007.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 18:30

Eliseo Maneus Besalduch
1896-1936

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

Eliseo vit le jour le 15 décembre 1896 à San Mateo (Castellón, Espagne).
Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Eliseo María, et fut ordonné prêtre.
Il fut nommé maître des novices au monastère de Tárrega.
Il fut béatifié en 2007.

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 23:00

 

19 AVRIL

 

III.

S Mappalicus, martyr à Carthage, avec d’autres compagnons : Bassus, Paulus, Fortunio, Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston..

IV.

S Vincent, martyr à Collioure.

S Crescent, sous-diacre de l’évêque Zénobe à Florence.

Ste Martha, vierge martyre en Perse, martyrisée le jour de Pâques.

V.

S Paphnuce, martyr à Jérusalem, le père de ste Euphrosine (11 février), et peut-être le même que celui du 24 septembre.

VII.

S Floibert, abbé de deux monastères à Gand.

IX.

S Georgios, évêque à Antioche de Pisidie, mort en exil à cause des iconoclastes. 

S Jean le Paléolaurite, moine au désert de Sukka.

X.

S Tryphon, évêque à Constantinople pendant trois ans, moine.

Ss Lazare, roi, et sa fille Aza, venus d’Orient à l’abbaye de Moyenmoutier.

S Gerold, ermite dans le Wallgau, où il eut entre autres disciples, ses deux fils.

XI.

S Elphège, évêque à Winchester puis Canterbury, martyr des Danois. 

S Léon IX, pape (1049-1054), évêque à Toul et pape à quarante-sept ans ; avec Hildebrand, futur Grégoire VII, il combattit l'hérésie, la simonie, le concubinage des clercs, les investitures laïques, etc.

Ste Emma, sœur de s. Meinwerk, veuve allemande ; elle donna toute sa grande fortune aux pauvres. 

XII.

B Burchard, disciple chéri de s. Bernard, abbé à Bellevaux, fondateur aussi de Notre-Dame de Buillon (moutier et église maintenant disparus).

B Bernard le Pénitent, dont on ignore les graves “fautes” pour lesquelles il voulut embrasser l’état de pénitent ; il finit par être moine à Saint-Bertin.

XIII.

B Werner, enfant martyrisé par des Juifs à Wammenrat, le Jeudi Saint ; des reliques de lui arrivèrent à Besançon, où les vignerons le prirent comme patron.

B Corrado, franciscain à Ascoli, où il fut grand ami du futur pape Nicolas IV ; missionnaire en Afrique, professeur à Paris, il mourut juste avant d’être créé cardinal.

XVII.

B James Duckett, laïc anglais marié, converti au catholicisme, martyrisé avec celui qui l’avait trahi et qu’il convertit en prison.

XX.

Bx Ramón (*1875) et Jaime (*1878) Lluch Candell, prêtres des Fils de la Sainte Famille, martyrisés à Barcelone en 1937, béatifiés en 2013.

 

 

Mappalicus de Carthage

† 250

 

De Mappalicus - et de ses quinze Compagnons - on ne sait rien sur leur vie.

Mappalicus eut la douleur de voir «tomber» sa mère et sa sœur, qui renièrent leur foi. Au moment d’être arrêté, il leur envoya un message fraternel de paix, pour les encourager à se reprendre.

L’évêque s.Cyprien (v. 14 septembre) loue en termes magnifiques le courage, la fidélité, la mort glorieuse de ces Héros.

L’édit de persécution de Dèce parut au début de 250. Les arrestations commencèrent en avril. Le proconsul cherchait à affaiblir ses victimes par des tortures répétées, dans le but de les amener à l’apostasie.

Le 18 avril, au milieu de ses tortures, Mappalicus annonça au proconsul : Demain, tu verras le combat.

C’est en effet le 19 avril 250 que Mappalicus expira au milieu des tourments.

Avec lui, souffrirent aussi seize autre Athlètes du Christ, qui ne moururent pas ensemble, mais dans la même période : 

  • Bassus, dans une carrière
  • Paulus, juste après son interrogatoire
  • Fortunio, une fois remis en prison après des tortures et où il expira
  • Tous les autres, morts de faim en prison : Fortunata, Victorinus, Victor, Heremius, Credula, Hereda, Donatus, Firmus, Venustus, Fructus, Iulia, Martialis, Ariston.

Saint Mappalicus de Carthage et ses seize Compagnons sont commémorés le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martha (Perse)

† 341

 

Se reporter à Pusicius et Martha (Perse), le 18 avril.

 

 

Georgios d’Antioche de Pisidie

† 818

 

Ce Georgios, distinct du Cypriote et du Syncelle, vécut à l’époque de la persécution iconoclaste. 

Il avait d’abord embrassé la vie monastique.

Devenu évêque d’Antioche de Pisidie, il refusa de renoncer au culte des Saintes Images et fut envoyé en exil où il eut beaucoup à souffrir.

Il mourut en exil.

Saint Georgios d’Antioche de Pisidie est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

Le site d’Antioche de Pisidie (act. Turquie SO) n’est qu’un champ de pierres. Détruite en 713 lors d’une nouvelle avancée des Sarrasins, elle fut supplantée par la nouvelle ville de Yalvaç.

 

 

Gerold de Großwalsertal

900-978 

 

Gerold naquit vers 900 en Rhétie (act. Allemagne S - Autriche), de famille noble.

Il aurait été marié et père ; en 970 cependant, se séparant de son épouse et de ses (grands) enfants, il quitta le monde, remit ses biens à l’abbaye d’Einsiedeln et vécut en ermite, dans une forêt du Wallgau sur la rivière de Lutz.

Il fut découvert dans sa retraite par Othon, comte de Jabgert, qui lui fit construire une église et un petit monastère.

Des disciples vinrent se ranger sous la conduite de Gerold, les premiers étant ses propres fils, Udalric et Cunon.

Il mourut à Frisun (act. Sankt-Gerold im Großen Walsertal) en 978.

Dans les propriétés de l’abbaye d’Einsiedeln se trouve un petit prieuré, où furent déposés les ossements de Gerold. Récemment, des fouilles les ont remis à jour.

Saint Gerold de Großwalsertal est commémoré le 19 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elphege

954-1012

 

Elphege (ou Alphege) s’appelait aussi Godwine : né en 954, il suivit l’appel de Dieu et quitta sa mère toute jeune veuve.

Après un séjour au monastère de Deerhurst (comté de Gloucester), il s’orienta vers une vie plus solitaire et se construisit une cabane près de Bath, où le rejoignirent d’autres compagnons. Ainsi naquit un monastère, dont Elphege devint abbé, en 970 : il avait seize ans !

Un de ses avis aux moines était d’éviter le “mensonge d’action”, en prenant l’habit religieux sans en garder le véritable esprit.

En 984, l’archevêque de Cantorbury, saint Dunstan, eut révélation de choisir Elphege pour succéder à Ethelwold comme évêque de Winchester ; ayant fini par céder, il fut consacré le 19 octobre.

Ce fut un évêque très austère pour lui-même, rempli de charité pour les pauvres, au point qu’on ne rencontrait plus de mendiant dans Winchester. Il concentra tous ses efforts pour amener à la conversion les païens du nord de l’Angleterre. Il reçut le roi norvégien Olaf et lui administra la Confirmation.

Elphege fut ensuite choisi pour succéder à saint Dunstan à Cantorbury. Parti à Rome pour recevoir le pallium, il fut dépouillé et renvoyé par les habitants d’une petite localité de l’Italie du nord : comme un incendie se déclara juste après, les habitants coururent chercher Elphege pour lui demander pardon, et sur sa prière l’incendie épargna la ville (mais on ne connaît pas le nom de cette localité).

Dans son diocèse, Elphege réprima les abus et restaura la discipline ; il fit établir le jeûne du vendredi (concile d’Enham en 1009).

Les Danois vinrent ravager le royaume et Elphege s’employa à secourir les populations éprouvées, mais aussi à convertir les envahisseurs. Ce fut le signal de son sacrifice.

Les barbares massacrèrent sans pitié les habitants, assaillirent la cathédrale où s’étaient réfugiés Elphege et ses moines, y mirent le feu, firent périr une partie des moines et capturèrent l’archevêque, espérant en tirer une bonne rançon. Sur ces entrefaites, une grave épidémie ravagea les rangs danois, qui recoururent aux prières du prélat et recouvrèrent la santé, le jeudi saint 1012. 

Mais les chefs danois ne renonçaient pas à la rançon qu’ils avaient exigée ; à quoi le pauvre Elphege fit remarquer qu’après la destruction de la ville, il ne restait rien à leur donner. Aussi les barbares se jetèrent sur lui, le frappèrent avec leurs haches, le lapidèrent avec tout ce qu’ils trouvaient sous la main, tandis qu’Elphege, comme autrefois saint Etienne, priait : “Jésus, bon et incomparable pasteur, aie compassion des enfants de ton Église, que je te recommande en mourant”. Un Danois, d’ailleurs confirmé la veille par le même Elphege, l’acheva en lui fendant la tête avec sa hache.

Le martyre d’Elphege eut donc lieu il y a mille ans, le samedi de Pâques, 19 avril 1012.

Son corps fut plus tard transporté à Londres, puis à Cantorbury. Dès 1078, il fut reconnu comme martyr, et vénéré comme saint. Le Martyrologe le mentionne effectivement au 19 avril.

 

 

Léon IX

1049-1054

 

Léon IX fut le cent cinquante-deuxième pape, successeur de Damase II. Le très agité 11e siècle vit se succéder sur le siège de Pierre vingt-deux papes et quatre anti-papes.

Baptisé Bruno au baptême - certains disent Brunon, les deux sont possibles - il était né le 21 juin 1002 au château d’Egisheim en Alsace, de Hugo et Hedwige, qui étaient de l’aristocratie. Sa sœur, Gepa, devint abbesse de Neuß.

Bruno fut confié à cinq ans à l’école épiscopale de Toul, où il se montra extrêmement doué pour les études, qu’il accomplit avec rapidité.

Durant son adolescence, Bruno fut un jour durant son sommeil agressé au côté droit du visage par quelque bête venimeuse : réveillé par la douleur, Bruno put se débarrasser de la bête, mais resta longtemps blessé. Une nuit, il vit un saint moine lui faire le signe de la croix sur les lèvres et les parties tuméfiées, après quoi la guérison complète se fit en quelques jours : Bruno fut toujours convaincu qu’il s’était agi de saint Benoît, en récompense pour l’action bienfaitrice de ses parents en faveur des monastères.

Bruno entra dans la cléricature, il était diacre à vingt-trois ans (et probablement prêtre à vingt-quatre), quand on le proposa pour succéder à l’évêque défunt de Toul. L’empereur Conrad voulut le faire sacrer à Rome par le pape, mais Bruno refusa humblement, par égard pour son métropolite, l’archevêque de Trêves qui le sacra à Trèves. C’était en 1027, Bruno avait vingt-cinq ans.

Une des priorités du nouvel évêque, fut l’attention aux monastères, surtout bénédictins. Il agrégea à Cluny les deux abbayes de Saint-Mansuy et Moyenmoutier, où il nomma des abbés choisis parmi les moines en remplacement des abbés laïcs indignes ; il acheva l’abbaye de moniales de Poussay.

Lors d’une malheureuse guerre entre Eudes de Champagne et Conrad de Bourgogne, il vendit les vases sacrés pour venir en aide aux populations malheureuses.

Chaque jour, Brunon priait beaucoup, veillait la nuit, il priait particulièrement saint Pierre, et fit chaque année le pèlerinage à Rome. Une année que sa suite avait été frappée par une contagion, il trempa une relique de saint Epvre dans du vin, qu’il distribua aux malades : la contagion disparut. Une année où il fut particulièrement éprouvé intérieurement, il se fit une nuit porter devant l’autel de saint Blaise, où il fut ravi en extase : saint Blaise vint le soigner ; sortant de l’extase, il sentit ses forces revenir et put chanter tout l’office de nuit avant de revenir chez lui à pied.

Il fut touché par plusieurs deuils dans sa famille : deux frères, ses parents, l’empereur Conrad moururent, et son beau-frère subit une condamnation et une excommunication.

Le pape Damase II mourut en 1048. A cette époque, le choix du pape devait avoir l’agrément de l’empereur, et ce fut Bruno qui fut désigné à l’unanimité. Il prit le temps de célébrer Noël dans son diocèse, et arriva à Rome le 2 février 1049, où il fut acclamé.

Avec le nom de Léon IX, Bruno commença alors une campagne en règle contre deux abus qui sévissaient dans le clergé : la simonie et l’incontinence des clercs. Un premier synode romain ne réunit que peu d’évêques ; il le compléta par d’autres synodes tenus en diverses localités, dans l’ordre : Pavie, Reims, Mayence, Salerne, Siponto, Rome, Mantoue (où ses ennemis pénétrèrent dans l’église-même pour en empêcher les débats.

En dehors de ces synodes, le pape s’arrêta aussi en diverses localités : entre autres à Toul, dont il conserva l’administration, mais il parcourut les diocèses d’Italie, la Bourgogne et l’Alsace, les villes d’Allemagne. L’archevêque Berthald de Besançon fut déposé ; le duc de Basse-Lorraine fut excommunié jusqu’à ce qu’il fît pénitence ; l’abbé de Pothières fut déposé ; l’évêque de Langres excommunié ; l’hérésiarque Bérenger fut excommunié. Le schisme de Michel Cérulaire s’étant accentué, les légats du pape durent l’excommunier au nom de Léon IX.

Une expédition malheureuse contre les Normands de basse Italie tourna finalement en faveur du pape : les Normands se soumirent à lui et se constituèrent ses vassaux.

En février 1054, il sentit que son heure approchait. Il revint à Rome et se fit porter devant l’autel de saint Pierre. Le 17 avril, il annonça sa mort pour le 19. Le 18 il se fit porter encore une fois devant l’autel de la Confession, où il s’endormit pour son dernier sommeil. 

Selon une autre version, Léon IX avait fait venir tout le clergé romain en la basilique Saint-Pierre le 19 avril ; il leur adressa la parole une dernière fois et, s’étant retourné vers l’autel, il se signa et s’écroula, mort.

Il s’éteignit au matin du 19 avril 1054, après un pontificat de cinq années, deux mois et sept jours.

On grava sur sa tombe le distique suivant : 

 

Victrix Roma dolet, nono viduata Leone        

Ex multis talem non habitura Patrem.        

 

Rome victorieuse souffre, devenue veuve de Léon IX,

Parmi tant d’autres, elle n’aura plus un tel Père.

 

Dans les quarante jours qui suivirent les funérailles de Léon IX, on put attribuer au défunt soixante-dix guérisons extraordinaires. En 1087, la canonisation populaire fut officiellement ratifiée, selon l’usage de l’époque. Lors d’une exhumation des restes en 1606, le corps fut trouvé en parfaite conservation.

Le successeur de Léon IX fut Victor II.     

 

 

Werner d’Oberwesel

1271-1287

 

L’histoire de ce garçon fut longtemps considérée comme véridique ou au moins vraisemblable. Ce n’est pas la seule du genre, et pourrait avoir pris naissance dans un milieu anti-sémite.

Werner donc, serait né à Womrath (Bacharach, Rhénanie-Palatinat, Allemagne) d’un vigneron qui le laissa orphelin assez tôt. 

Sa mère s’étant remariée, son beau-père le maltraita suffisamment pour lui faire quitter la maison.

Il se mit ainsi au service d’un Juif d’Oberwesel, tout en conservant ses habitudes chrétiennes de l’enfance.

Le Jeudi saint, 19 avril 1287, le garçon de seize ans assista à l’office et communia. Sur le chemin du retour, une bande de malfaiteurs l’arrêta ; on voulait lui faire rendre l’Hostie. Pour cela, ils le maltraitèrent, le pendirent par les pieds jusqu’à le faire vomir, puis s’acharnèrent sur lui, lui ouvrant les veines et, finalement, le firent mourir.

La nuit suivante, ils voulurent noyer le corps dans le Rhin, mais n’y parvenant pas, l’enfouirent dans un trou quelque part à Bacharach.

Le corps fut découvert et enterré décemment à Saint-Cunibert de Bacharach ; des miracles attestèrent la sainteté et le martyre du jeune adolescent.

La rumeur du crime fanatique, durant la Semaine Sainte, tourna vite en celle de crime rituel anti-chrétien, et l’on accusa les Juifs. Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’un crime sexuel. Une vingtaine de Juifs furent arrêtés et exécutés. 

L’empereur Rudolf ordonna de verser une «rançon» réparatrice à la communauté juive, et de brûler le corps de Werner, mais ses ordres ne furent pas exécutés.

Au 15e siècle, une église fut élevée en l’honneur de Werner ; au 16e siècle, des reliques (un doigt) arrivèrent à l’église Sainte-Madeleine de Besançon, où les vignerons prirent Werner pour leur patron, sous le nom de Vernier, et ceux d’Auvergne sous le nom de Verny.

En réalité, Werner n’a pas été béatifié officiellement.

Une des ombres évidentes de ce récit est l’impossibilité où les malfaiteurs se sont trouvés de «noyer» le corps de leur victime dans le Rhin : le corps serait-il devenu soudain trop pesant pour leurs bras ? ou serait-il revenu sur la berge du fleuve malgré le courant ? Par ailleurs, comment a-t-on découvert ce corps «par hasard», justement au moment de Pâques ?

Récemment, en 1963, le diocèse de Trier fit rayer le nom du «martyr Werner» dans son calendrier.

Une telle histoire fait frissonner. Que Dieu pardonne aux uns et aux autres, qu’ils soient les assassins ou les auteurs de la légende… Werner serait bien inspiré de nous révéler la vérité.

 

 

Corrado d’Ascoli

1234-1289

 

Corrado (Conrad) était de la noble famille des Miliani et naquit à Ascoli le 18 septembre 1234, le lendemain du jour anniversaire où François d’Assise reçut les stigmates (cette commémoration se faisait jusqu’au récent Concile Vatican II).

Un religieux franciscain avait prédit à la mère de Corrado que son enfant serait un Saint. Or Corrado eut l’esprit prophétique dès l’enfance : toutes les fois qu’il rencontrait un certain petit garçon du nom de Girolamo (Jérôme) Massi, il s’agenouillait devant lui avec révérence : ce garçon se lia d’amitié avec Corrado, et devint plus tard le pape Nicolas IV.

Corrado et Girolamo furent inséparables : ils entrèrent ensemble dans l’Ordre franciscain à Ascoli, d’où ils furent envoyés à Assise puis à Pérouse.

Par humilité, ils auraient voulu éviter l’honneur du doctorat, mais un ange les avertit de suivre la volonté de leur supérieur. Puis ils prêchèrent à Rome plusieurs années.

Girolamo devint supérieur général de l’Ordre, et permit à Corrado de passer en Afrique, où il convertit de nombreuses familles d’idolâtres. Sa prédication avait pour centre le Mystère de la Sainte Trinité.

Corrado était si adonné à la méditation de la Passion, qu’il ne pouvait penser à autre chose, surtout le Vendredi saint. Ce jour-là chaque année, Notre-Seigneur lui apparaissait crucifié, couronné d’épines, et le faisait participer à ses souffrances depuis minuit jusqu’à la neuvième heure.

Comme le Sauveur, Corrado guérissait les malades, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les paralytiques, chassait les démons. Il ressuscita deux morts.

Il se mortifiait sévèrement, couchant sur une planche, dormant peu, marchant nu-pieds, jeûnant au pain et à l’eau quatre fois par semaines. Les mardis et les jeudis il priait spécialement pour les âmes du purgatoire.

Revenu à Rome, il prêcha deux années, passa à Paris pour enseigner la théologie ; le dimanche il prêchait et trouvait encore le temps de visiter les malades.

C’est alors que Nicolas IV le rappela à Rome, sans lui dire pourquoi : il voulait le faire cardinal. Mais Corrado tomba malade en chemin, justement à Ascoli.

Il prédit le jour et l’heure de sa prochaine mort, et mourut effectivement le 19 avril 1289.

En 1371, on voulut exhumer son corps, qu’on trouva incorrompu et exhalant une merveilleuse fragrance.

Le culte de Corrado d’Ascoli fut approuvé au 19e siècle, mais notre Bienheureux s’est humblement retiré du Martyrologe.

 

 

 James Duckett

?-1601

 

Né à Gilfortrigs (Skelsmergh, Westmoreland, Angleterre), James grandit dans le protestantisme. Son parrain fut James Leybourbe de Skelsmergh, qui fut martyrisé lui aussi.

Il semble que James ait trouvé la foi catholique durant les années où il fut apprenti à Londres,  après la lecture de livres catholiques.

Avant-même d’être reçu dans l’Eglise, il subit la prison par deux fois, pour n’avoir pas assisté aux offices protestants. Il fut contraint de transiger pour son apprentissage : son employeur (chez lequel il avait trouvé les livres en question) intercéda à chaque fois pour obtenir sa libération, mais le pria ensuite de changer d’employeur.

Il put enfin entrer dans l’Eglise catholique, grâce à un vénérable prêtre nommé Weekes, lui aussi en prison à Gatehouse (Westminster).

Deux ou trois ans après, vers 1590, James épousa une veuve catholique mais, des douze années que dura cette vie conjugale, il en passa pas moins de neuf en prison, à cause de son zèle pour propager la littérature catholique, tant il était convaincu dans sa nouvelle foi.

C’est son fils John, devenu chartreux, qui put raconter plus tard ce qu’il savait de son père.

Sa dernière arrestation fut le résultat d’une trahison : Peter Bullock, un relieur mis en prison, avait donné son nom pour obtenir sa propre libération. Le 4 mars 1601, la maison de James fut fouillée, on y trouva des livres catholiques, et James fut immédiatement transféré à Newgate.

Durant le procès, Bullock témoigna qu’il avait relié des livres catholiques pour James, qui reconnut le fait. Le barreau ne jugeait pas coupable James, mais le Juge fit remarquer que James Duckett avait fait relier un livre particulièrement odieux aux Anglicans pour son contenu virulent. Le jury modifia alors son verdict, déclara James coupable de crime et le condamna à mort. 

En même temps, on condamna trois prêtres : Francis Page, Thomas Tichborne, Robert Watkinson, qui furent exécutés le lendemain. 

Le traître Bullock ne sauva pas sa peau pour autant : il fut emmené dans la même charrette à Tyburn. En chemin, on tendit un verre de vin à James, qui le but et le tendit à son épouse en lui demandant de boire aussi pour Bullock, en lui pardonnant. L’épouse refusait, mais James la «gronda» gentiment, jusqu’à ce qu’elle acceptât.

Parvenus à la potence, James pensait toujours à son traître : il l’embrassa et le conjura de mourir dans la foi catholique. Malheureusement, il ne semble pas que Bullock ait consenti.

C’était le 19 avril 1601.

James Duckett fut béatifié en 1929.

 

Ramón Llach Candell

1875-1937

 

Ramón naquit le 24 mai 1875 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

En 1887, Ramón entra au collège de Palomar, où il étudia le latin, la rhétorique, la poésie, la philosophie et les premiers éléments de théologie dogmatique et morale.

En 1888, il commença le noviciat et fit les premiers vœux à Cambrils en 1894.

Après la profession solennelle (1897), il reçut l’ordination sacerdotale en 1899.

Il fut très vite destiné à l’enseignement, particulièrement des mathématiques où il excellait. Professeur remarquable, il fit partie de la commission pour l’enseignement et, en 1926, participa au pélerinage à Rome du Magistère National.

Travailleur persévérant, le père Ramón écrivit dans le bulletin de l’Institut, autant en latin qu’en catalan et en espagnol. 

Homme pédagogique et de gouvernement, il eut à diriger plusieurs maisons, y laissant le souvenir de quelqu’un de sérieux dans son travail, en même temps qu’agréable par son entrain.

En 1936, il se trouvait à Les Corts, comme économe et professeur. Il s’en vint à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone pour enseigner à l’Académie Guiu, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier ses restes ; sa mort fut inscrite sur un registre de Barcelone.

Le père Ramón, ainsi que son frère Jaime, furent béatifiés en 2013.

 

 

Jaime Llach Candell

1878-1937

 

Jaime naquit le 1er octobre 1878 à Torelló (Barcelone, Espagne), de Vicente et Concepción.

Des neuf enfants de la nombreuse fratrie, quatre furent membres des Fils de la Sainte Famille (trois prêtres et un frère), deux furent clarétins, une religieuse, et deux furent des épouses chrétiennes. 

Sur les traces de son frère aîné Ramón, Jaime entra à son tour dans le même institut des Fils de la Sainte Famille, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Il fut vicaire et économe au collège de Vilafranca del Penedés, ainsi qu’examinateur général.

Comme Ramón, il possédait une vaste culture, autant ecclésiastique que civile, et particulièrenet dans les sciences et les mathématiques.

Après Vilafranca, il fut à Vilatorta, jusqu’à la guerre civile.

En 1936, il accompagna son frère Ramón à Girona jusqu’au début de 1937, puis rejoignit Barcelone, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que le 17 avril 1937, dans l’après-midi, des miliciens vinrent arrêter Ramón et son frère Jaime. Les deux prêtres furent conduits au poste central, puis à la prison San Elías.

Deux jours après, le 19 avril 1937, ils furent conduits au cimetière de Montcada, où on les fusilla.

On n’a pas pu identifier leurs restes ; leur mort fut consignée sur un registre de Barcelone.

Le père Jaime, ainsi que son frère Ramón, furent béatifiés en 2013.

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 23:00

4e dimanche de Pâques - B

 

Aujourd’hui nous entendons Pierre proclamer que c’est au nom de Jésus qu’il a opéré la guérison du boîteux, ce Jésus crucifié et maintenant ressuscité. 

On ne peut évaluer exactement combien de temps est passé entre la Pentecôte et cette guérison, car le texte des Actes dit seulement qu’ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple (Ac 2:46) ; quelques semaines probablement. 

Il reste que, d’après les Actes des Apôtres, ce boîteux guéri est le premier cas de guérison opérée par Pierre après la Pentecôte. A travers ce boîteux, c’est de toute l’humanité qu’il s’agit : dans la résurrection du Christ, l’humanité tout entière se redresse et retrouve la force de marcher.

Quelle différence entre le Pierre d’il y a deux mois environ, peureux, menteur, qui ne connaît pas cet Homme, et le premier Pape qui, aujourd’hui, harangue les Juifs dans le Temple de Jérusalem ! 

Entre temps, Pierre a pleuré son péché, il a répété à Jésus son amour, et Jésus lui a confié le soin du troupeau de Ses brebis et de Ses agneaux (Jn 21 : 15sq).

Telle est la miséricorde de Dieu envers tous ceux qui demandent pardon sincèrement. Même Judas aurait obtenu miséricorde, s’il s’était pendu au cou de Jésus pour lui demander pardon. 

 

*       *       *

Eternel est son amour !

C’est le cri enthousiaste par lequel commence et s’achève le psaume 117, ce psaume par excellence qui proclame la victoire de la Résurrection et que nous répétons souvent durant ce temps pascal.

Le psalmiste y évoque la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, devenue maintenant pierre d’angle : désormais, celui qui représentera Jésus, sera Pierre, le premier pape de l’Eglise.

Plus loin - mais nous ne le lisons pas aujourd’hui - le psalmiste parle du Jour que le Seigneur a fait. Ces jours-ci l’Eglise ne cesse de nous faire répéter : Voici le jour que Dieu a fait : exultons et réjouissons-nous en ce Jour.

Dans l’ancienne Alliance, le jour du repos était le septième, le jour du sabbat, le jour où Dieu «se reposa». En réalité, ce sabbat préfigurait le jour de l’attente, au lendemain de la mort du Christ, tandis que Jésus «reposait» dans la tombe. Puis, quand le Sauveur réapparaît vivant, ressuscité, ce jour glorieux devient dans la nouvelle Alliance “le” jour de Pâques, le jour où les fidèles se retrouveront pour célébrer la mort et la résurrection du Christ.

Saint Augustin écrit aux Néophytes : (Le jour de Pâques) est le troisième jour après la passion, mais dans le compte des jours qui suivent le sabbat, c’est le huitième, en même temps que le premier.

Le Premier jour, Dieu créa la lumière ; le huitième, il re-créa la Lumière, dans la résurrection du Fils de l’homme, la vraie Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1:9). Une image très parlante du rapport entre le 1 et le 8, nous est offerte par les sept notes de la gamme classique : la huitième, l’octave, est comme la première.

Rappelons-nous ici que, dans le récit de la création, le soleil n’apparaît qu’au quatrième jour ; le soleil n’est pas toute la Lumière, c’est une étoile seulement qui nous éclaire le jour et que la lune reflète la nuit. Les physiciens sauront mieux nous expliquer que l’ultime élément de la matière est un grain de lumière.

On pourrait ainsi synthétiser la création tout entière comme un concentré de lumière. Si la lumière de notre nature a été ternie par le péché, elle a retrouvé sa splendeur dans la résurrection du Christ.

 

*       *       *

Il y a quelque chose de mystérieux dans l’extrait de l’épître de Jean, qu’on laisse parfois passer et qu’on oublie ensuite sans chercher à l’approfondir.

Jean dit textuellement : Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

L’Apôtre ne se trompe pas : quand nous verrons Jésus dans sa gloire, nous serons semblables à lui ! Le seul fait de voir la Lumière nous transformera nous-mêmes en cette Lumière divine. Serons-nous comme Pierre, Jacques et Jean lors de la Transfiguration, sur le Mont Thabor ? Oh, certainement plus que cela, beaucoup plus que cela : sur le Mont Thabor, les Apôtres étaient encore des hommes de la terre, tandis que quand nous verrons Jésus dans sa gloire, nous aurons définitivement quitté cette terre, nous appartiendrons à un monde immatériel. Pour autant que nous nous y serons préparés, nous serons alors nous-mêmes, à notre tour, des corps glorieux : nous serons dans la lumière divine.

*       *       *

Telle est la destinée du troupeau du Bon Pasteur : être dans la lumière, dans l’esprit de la première Lettre de Jean : Si nous marchons dans la Lumière, comme il est lui-même dans la Lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres (1Jn 1:7). Appartenir au troupeau du Christ ne signifie pas que nous soyons des moutons de Panurge, sans intelligence, sans volonté, sans discernement.

Le troupeau dont parle aujourd’hui le Bon Pasteur, est constitué d’innombrables brebis dont chacune, prise individuellement, constitue une cellule unique et parfaite de l’immense famille des élus, de tous ceux qui s’efforcent de demeurer dans la Lumière.

Une remarque de stylistique s’impose ici, concernant la phrase du Seigneur Ego sum pastor bonus : 

N’importe quel lycéen remarquera qu’une telle phrase, en latin, présente plusieurs singularités. Normalement, on n’exprime le «je» (ego) que pour insister ; ensuite, un verbe (sum) se met en fin de phrase ; et un adjectif (bonus) se pose avant le nom, de sorte qu’une phrase latine «classique» devrait être ici : Bonus pastor sum. Si la construction est différente, c’est que l’auteur a voulu insister particulièrement, comme en grec : 

Ego sum pastor bonus devrait alors se rendre ainsi : C’est moi qui suis le pasteur, le Bon (pasteur).

En grec, il y a justement un article avant bonus, pour bien exprimer cette spécification précise : celui qui est bon.

Dans ces quelques mots, notre Sauveur veut nous rappeler que, derrière et au-delà de tous les «pasteurs» qui ont la charge du troupeau des fidèles, le vrai et unique Pasteur, c’est le Christ. Tous les pasteurs ne sont là que pour nous conduire vers l’Unique Pasteur, étant bien entendu que ces pasteurs sont eux-mêmes des brebis dans l’unique troupeau de l’Eglise du Christ.

Des pasteurs, il y en aura toujours, comme le dit saint Augustin ; mais ils ne doivent être pasteurs qu’en Jésus, qu’à la manière de Jésus, en se donnant comme Jésus, en aimant comme Jésus, en pardonnant, en souriant, en souffrant comme Jésus.

Prêtres et non-prêtres doivent tous regarder la Lumière du Christ, s’en imprégner.

*       *       *

En ce dimanche du Bon Pasteur, l’Eglise nous fait prier pour les vocations sacerdotales, pour que, dit la Prière, le troupeau parvienne là où son Pasteur est entré victorieux.

De tout notre cœur, demandons à Dieu des vocations sacerdotales, des hommes qui assument tout l’amour du Pasteur pour Ses brebis.

 

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 23:00

18 AVRIL

 

II.

S Calocer, chef des soldats, martyr à Albenga.

Ss Eleuthère, évêque, et sa mère Anthia, martyrs à Rome ; on ne peut dire clairement où Eleuthère fut évêque.

IV.

Ss Elpidius, Hermogenes, Caius, Aristonicus, Rufus et Galatas, martyrs à Mélitène.

S Pusicius, intendant des travaux du roi Sapor, qui se convertit au moment du martyre de s. Siméon (voir 17 avril) : on lui fit un trou dans le cou pour lui arracher la langue et il devint aussi martyr.

VI.

S Eusebius, évêque à Fano, peut-être mort prisonnier à Ravennecomme le pape Jean Ier.

VII.

S Laserian (Molassus), d’origine écossaise, moine et apôtre en Irlande, évêque.

VIII.

S Ursmer, abbé à Lobbes (et évêque), apôtre de la Flandre.

Ss Hidulphe et Aya, deux époux consacrés dans la continence parfaite, ensuite retirés lui à Lobbes, elle à Châteaulieu ; Aya est invoquée contre les procès injustes. 

S Wicterp, évêque à Augsburg.

IX.

Ste Anthousa, vierge, fille de l’empereur Constantin Copronyme.

S Ioannis l’Isaurien, champion de l’orthodoxie contre les iconoclastes. 

S Perfecto, prêtre martyr à Cordoue.

Ste Athanasia, deux fois veuve, puis abbesse dans l’île d’Egine et thaumaturge.

S Cosmas, évêque à Chalcédoine, victime des mauvais traitements des iconoclastes. 

XI.

S Gébuin (Jubin), évêque à Lyon.

XII.

B Idesbald, abbé cistercien à Notre-Dame des Dunes, grand promoteur du chant liturgique..

S Galdino della Sala, évêque à Milan ; il travailla beaucoup à rallier toute sa région au pape légitime.

XIII.

B Bertrand de Garrigues, un des premiers compagnons de s.Dominique et son confident, prieur à Toulouse, chapelain des sœurs dominicaines à Prouille (le 6 septembre au Martyrologe).

S Bartolomeo (Amadio) Amidei, un des Fondateurs de l'Ordre des Servites de Marie, fêté le 17 février.

XV.

B Giacomo d’Oldo, de Lodi ; lui et sa femme étaient assez frivoles, mais devinrent tous deux tertiaires franciscains ; il fut prêtre.

B Andrea de Montereale, pieux berger des Abruzzes, entré chez les augustins à quatorze ans, provincial pour l’Ombrie, prédicateur en Italie et en France.

XVI.

B Ioannis de Ioannina, tailleur, martyr ; il abandonna la mahométisme et fut brûlé vif à Constantinople.

XVII.

B Andrea Hibernon, franciscain puis carme espagnol, mystique ; il aimait les travaux les plus humbles, et travaillait à convertir les Maures. 

Bse Barbe (Madame Acarie, puis Marie de l'Incarnation) Avrillot, fondatrice française de nombreux Carmels réformés dans l'esprit de ste Thérèse d'Avila ; veuve, elle fut simple converse carmélite à Amiens, puis à Pontoise.

XVIII.

B Joseph Moreau, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XIX.

B Luca Passi, prêtre italien, fondateur de l'institut des Sœurs Maîtresses Dorothéennes, béatifié en 2013.

XX.

Bse Savina Petrilli (1851-1923), italienne, fondatrice des Sœurs des Pauvres de Sainte-Catherine de Sienne, pour les enfants abandonnés et toutes personnes démunies ; béatifiée en 1988.

B Roman Archutowski (1882-1943), prêtre polonais et martyr au camp de concentration de Majdanek, mort le jour des Rameaux, béatifié en 1999.

B Louis Leroy (1923-1961), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Pusicius et Martha (Perse)

† 341

 

L’empereur de Perse Sapor II (310-381) considérait comme ennemis personnels tous ceux qui avaient quelque lien avec l’empire romain : les Chrétiens, liés à l’Eglise de Rome, étaient forcément, selon lui, des alliés de l’empire romain.

Vers 341-344, il décréta contre les Chrétiens un très lourd impôt ; lorsque l’un d’eux refusa de le payer, ce geste fut considéré comme un acte de rébellion, synonyme d’activité subversive contre l’empereur de Perse.

Ce fut l’occasion d’une violente persécution. Ayant refusé d’adorer le soleil, l’évêque Siméon bar Sabas fut décapité après l’exécution d’une centaine d’autres Compagnons, évêques, prêtres, diacres et autres clercs, qui furent égorgés sous ses yeux, le 17 avril.

Avec saint Siméon furent aussi décapités deux prêtres, Habdelai et Ananias. Ce dernier avait été soudain pris d’un tremblement juste avant d’être exécuté. C’est alors qu’intervint Pusicius, qui venait d’être créé intendant des travaux du roi, chrétien en secret. Il exhorta fortement Ananias : Courage, ferme un instant les yeux et tu les ouvriras à la lumière du Christ.

Pusicius fut saisi sur-le-champ et conduit devant Sapor. Pusicius déclara : Je voudrais échanger cet honneur plein de troubles et de peines contre leur foi ; la mort qu’ils endurent est à mes yeux le comble du bonheur. 

Sapor ordonna de lui faire subir un atroce supplice : lui percer le cou et lui arracher la langue.

Ainsi mourut glorieusement saint Pusicius, en ce Samedi Saint de 341. 

Le lendemain, jour de Pâques, fut à son tour exécutée la fille de Pusicius, Martha, qui était vierge et fut accusée de christianisme.

Le Martyrologe mentionne saint Siméon bar Sabas le 17 avril, saint Pusicius le 18 avril, sainte Martha le 19 avril.

Une autre source, orthodoxe, retient plutôt la date du 13 avril 344 pour saint Siméon, et les jours suivants, jusqu’au 23 avril, pour les autres. Il y aurait eu en tout onze cent cinquante Martyrs. 

 

 

Hermogenes et Elpidius

4e siècle ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne le 18 avril deux Martyrs, Hermogenes et Elpidius, qui étaient autrefois accompagnés de quatre autres : Caius, Aristonicus, Rufus, Galatas.

Le martyre de ces héros du Christ aurait eu lieu à Mélitène (Arménie) au 4e siècle, selon des traditions invérifiables.

Il convient toutefois de s’arrêter sur Elpidius, dont le nom fut édulcoré en Expeditus, et qui fut favorisé d’une popularité pour le moins ingénieuse.

Le nom-même d’Expeditus engendra en Allemagne une dévotion assez vive, qui faisait du glorieux Martyr le patron des causes urgentes. On le représenta écrasant du pied un corbeau, dont le cri (Cras !) signifie en latin Demain.

Cette explication est peut-être juste. Mais il faut reconnaître que ce «faux» Saint est très efficace.

Saint «Expédit» était autrefois vénéré le 19 avril ; Hermogenes et Elpidius, alias Expeditus, sont aujourd’hui commémorés le 18 avril.

 

 

Eusebius de Fano

† 541

 

Eusebius fut nommé évêque de Fano, septième de ce titre, en 502.

On sait qu’il établit une école pour ses clercs, ce qu’on appellerait aujourd’hui un séminaire.

Le pape était alors s.Symmaque (v. 19 juillet), dont l’élection avait été contestée : deux conciles à Rome avaient proclamé sa légitimité et banni ses adversaires. Eusebius faisait partie des pères conciliaires.

Lorsque le pape Jean Ier (v. 18 mai) dut aller à Constantinople pour rencontrer l’empereur, Eusebius l’accompagnait ; au retour, ils furent tous deux mis en prison à Ravenne par le roi Théodoric.

Certains ont cru qu’Eusebius s’éteignit dans cette prison en 526, un mois environ avant Jean Ier ; c’est aussi la date indiquée dans le Martyrologe Romain ;  mais comme le successeur d’Eusebius - dont on ignore le nom - fut nommé en 541, il est difficile d’imaginer que ce diocèse fût vacant pendant une quinzaine d’années ; on peut donc supposer une date plus tardive pour la mort d’Eusebius, soit en prison à Ravenne, soit à Fano, vers 540.

Saint  Eusebius de Fano est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laserian de Leighlin

† 639

 

Laserian (Lasserian Laisren), nommé aussi Molassus ou Molaisse (ce qui signifie saint Laserian), vit le jour en Irlande, où ses parents avaient été exilés. Sa mère, Gemma, descendait du roi d’Ecosse Áedán. Il avait un frère, Goban (v. 20 juin).

Sa mère le conduisit, jeune encore, dans sa terre natale, mais il revint en Irlande se mettre sous la sainte conduite de s.Fintan (v. 17 février), à Iona, croit-on.

Il se rendit à Rome, où le pape Grégoire 1er le reçut (598) et lui confia la mission d’évangéliser l’Irlande.

Plus tard, Laserian se rendit une seconde fois à Rome, où le pape Honorius Ier le sacra évêque, et le nomma son légat pour l’Irlande. Il le chargea en particulier de convaincre les Irlandais à adopter la date romaine de Pâques. On rappellera ici que s.Fintan tenait farouchement au calendrier irlandais. Mais après le concile de Magh-Lene (631), les évêques irlandais passèrent au calendrier romain.

En 637, Laserian remplaça son frère s.Goban à la tête du monastère de Leighlin, lorsque celui-ci gagna la Gaule.

Laserian mourut en 639.

Saint Laserian de Leighlin est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursmarus de Lobbes

644-713

 

Ursmarus (Ursmar ou Ursmer) naquit le 27 juillet 644 à Floyon (Avesnes-sur-Helpe, Nord).

Sa naissance fut précédée - et suivie - de faits merveilleux. L’enfant montra très tôt des signes d’une grande piété et d’une sagesse prématurée. Sa mère et sa marraine se préoccupèrent de lui procurer une instruction solide, successivement complétée par l’approfondissement des sciences profanes et de l’Ecriture.

S.Amand (v. 6 février) remarqua ce jeune homme exceptionnel, l’admit dans les rangs de la cléricature et lui conféra le sacerdoce (670).

Les premières missions d’Ursmarus le conduisirent à La Fagne et en Thiérache, et furent couronnées d’un grand succès.

C’est alors que le comte Hidulphe, dûment appuyé par le maire du palais Pépin de Herstal, réussirent à convaincre Ursmarus de prendre la direction du monastère de Lobbes, que son fondateur, s.Landelin (v. 15 juin) avait quitté pour embrasser la vie érémitique. Ursmarus acheva la construction de l’abbaye, en assura les revenus, et réussit à mettre les moines sur un réel chemin vers la sainteté.

Ursmarus voulut aussi apostoliser les Ménapiens et les Morins et, pour obtenir d’abondantes grâces, fit le pèlerinage à Rome. Il emportait avec lui des lettres cachetées avec le sceau de Pépin d’Herstal à l’adresse du pape ; Ursmarus les lui remit, sans savoir que, justement, Pépin y suppliait le pape de consacrer évêque Ursmarus. Le pape n’eut pas de difficulté à se convaincre de la dignité d’Ursmarus : il le sacra évêque et lui donna de grands pouvoirs pour ordonner des prêtres et édifier des églises dans toute la région du Hainaut et de la Flandre.

En 697, Ursmarus consacra l’église de son monastère de Lobbes. On lui remit aussi le domaine d’Oudenbourg, ainsi que la ville de Zegelsem, où s’élevèrent bientôt des nouveaux sanctuaires.

Ursmarus avait un régime très sévère : ni viande, ni poisson, et de l’eau comme unique boisson. Et bien qu’il souffrît près de dix années de violents maux de dents, il ne le laissa jamais paraître, conservant un inaltérable visage rayonnant de joie. On le dépeignait comme un maître habile dans les Ecritures, un vrai pasteur, un gardien des âmes, père des veuves et des orphelins, libérateur des captifs.

Peu avant de mourir, il remit sa charge dans les mains de son disciple Ermin (v. 25 avril) et s’éteignit doucement le 18 avril 713.

Les miracles qui se produisirent sur son tombeau aboutirent à sa canonisation en 823. S.Ursmarus est invoqué pour la santé des enfants, en particulier à la Fontaine de saint Ursmer, près de Floyon. Au 10e siècle, à l’approche des hordes magyares, les populations invoquèrent saint Ursmer, et une pluie orageuse vint immédiatement semer la panique chez l’envahisseur, qui recula.

Saint Ursmarus est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthousa de Constantinople

757-811

 

La naissance d’Anthousa (Anthuse) est déjà une histoire.

L’empereur Constantin Copronyme, après son père, avait soutenu la lutte iconoclaste ; or, une recluse nommée Anthousa, qui vivait près de Constantinople, eut la hardiesse de soutenir au contaire le culte des saintes Images, au point que l’empereur la fit arrêter et s’apprêtait à lui faire subir mille mauvais traitements ; sa troisième épouse, Eudokia, obtint par ses larmes insistantes la grâce de cette recluse, laquelle, en retour, annonça à l’impératrice, qu’elle mettrait bientôt au monde une fille : c’est celle dont on va parler maintenant.

La petite fille naquit vers 757 et reçut à son tour le nom d’Anthuse. Elle grandit dans la crainte de Dieu et loin des déviations de son père. Celui-ci voulut la marier, mais elle s’y opposa de toute son âme.

A partir de 775, à la mort de Constantin Copronyme, Anthuse renonça à toutes les faveurs de la cour, abandonna à son frère aîné Léon tous ses droits à la couronne et ne se réserva que la disposition de ses biens, pour réparer les monastères détruits par son père, racheter des Chrétiens réduits en esclavage par les Musulmans, et se donner à maintes bonnes œuvres : elle devint la mère des orphelins et des enfants abandonnés, elle les réunissait et les instruisait, elle assistait les mourants, créait des hospices pour les malades et les vieillards pauvres, qu’elle allait soigner personnellement.

Sur la fin de sa vie, elle reçut le voile des femmes consacrées, des mains du patriarche Tarasios (v. 18 février) et se retira dans le monastère d’Euménie, où elle mourut à une date qu’on fait varier entre 790 et 811.

Sainte Anthusa est commémorée le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Isaurien

† 820

 

Originaire d’Isaurie (act. Turquie S), Ioannis conçut dès sa jeunesse un grand amour pour le Christ.

Il se mit sous la conduite de s.Grégoire le Décapolite (v. 20 novembre), auquel il se soumit filialement et qu’il servit fidèlement, le considérant comme une image vivante de Jésus-Christ.

Ensemble ils défendirent le culte des Saintes Images pendant la persécution iconoclaste.

Ioannis mourut en 820 et reçut la sépulture non loin d’un autre vaillant Soldat, son ami Ioseph l’Hymnographe (v. 3 avril).

Saint Ioannis l’Isaurien est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain, qui cependant le fait mourir en 842.

 

 

Perfecto de Cordoue

† 850

 

Perfecto était de Cordoue.

Il fut élevé dans la communauté de prêtres de l’église Saint-Aciscle, où il se distingua par son étude assidue de l’Ecriture.

Il fut ordonné prêtre et mit son zèle au service des fidèles attristés par le joug musulman.

Un jour, des Musulmans le prièrent de s’exprimer sur Mahomet et sur Jésus-Christ ; prudemment, il démontra la divinité du Fils de Dieu, au regard duquel Mahomet n’avait pas grande autorité. Les interlocuteurs de Perfecto cachèrent leurs réels sentiments et, quelques jours plus tard, firent arrêter Perfecto, le conduisirent devant leur juge et le dénoncèrent comme blasphémateur.

Chargé de fers et mis en prison, Perfecto se prépara au martyre dans le calme et la prière. Le jour arriva : le 18 avril 850, après avoir une dernière fois confessé sa foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur, il fut décapité. C’était la première victime de cette période.

Reconnu martyr, Perfecto a vite été honoré sur les autels, et jusqu’en France.

Saint Perfecto de Cordoue est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanasia d’Egine

790-860 

 

Athanasia naquit vers 790 en l’île d’Egine, de Niketas et Ireni, de nobles chrétiens.

Parut un édit impérial, qui demandait aux jeunes femmes en âge de se marier, d’épouser un officier. Elle qui voulait se consacrer, fut ainsi obligée à seize ans d’épouser un jeune officier, qui fut tué dans un raid contre les Arabes, deux semaines après le mariage.

Elle épousa ensuite un homme profondément religieux, qui finalement préféra devenir moine, avec sa permission, de sorte qu’elle était libre de suivre elle aussi son attrait pour la vie religieuse.

Elle vendit ses biens, transforma sa maison en un véritable couvent et favorisa la construction de sanctuaires. Sa communauté se déplaça à Timia, non loin d’une église Saint-Etienne : Athanasia en devint higoumène (supérieure).

Elle eut le don des miracles et les foules affluèrent pour la connaître. Athanasia alors alla vivre comme anachorète à Constantinople pendant sept années, durant lesquelles elle eut l’occasion de conseiller l’impératrice.

Puis elle regagna l’île d’Egine, où elle mourut un 14 ou un 15 août, en 860.

Comme les ménées grecs la placent au 18 avril, c’est cette date qui a été retenue dans le Martyrologe Romain.

Idesbald des Dunes

1090-1167

 

Idesbald naquit vers 1090 à Furnes (Belgique), dans la riche famille des van der Gracht, de la petite noblesse.

Intelligent, il acquit une grande culture, et en particulier dans le domaine du chant religieux.

Très tôt il fut du nombre des chanoines de la collégiale, et nourrit une grande prédilection pour l’office divin.

Imitant son père, vers 1150 Idesbald renonça à tous ses biens et demanda son admission à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame des Dunes.

Il fut bientôt nommé maître de chœur, une charge qui n’est pas toujours de tout repos, car même si l’autorité du maître de chœur est reconnue, ce dernier n’en est pas pour autant moins soumis aux préférences, parfois capricieuses, des Supérieurs, ce qui génère parfois de douloureux conflits.

En 1155, il succéda comme abbé à Robert de Bruges, qui devenait abbé de Clairvaux.

L’abbaye grandit en prestige ; elle reçut des privilèges ; les grands venaient y puiser conseils et exemples.

Idesbald mourut le 18 avril 1167.

Son cercueil fut un peu oublié, mais retrouvé en 1623 : le corps était intact !

Le culte de s.Idesbald fut reconnu en 1894. Les cultivateurs et les pêcheurs belges l’invoquent comme leur céleste Patron.

Saint Idesbald des Dunes est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galdino della Sala

1096-1176

 

Galdino, né vers 1096, était le fils d’un gentilhomme de Milan.

Il se prépara intensément au sacerdoce, par l’étude de l’Ecriture ; mais surtout on remarqua ses vertus, en particulier sa grande innocence.

Ordonné prêtre, les évêques le firent archidiacre puis chancelier de l’Eglise de Milan. Les deux archevêques Robaldo et Oberto s’appuyaient volontiers sur ce saint prêtre et lui déléguaient d’importantes charges.

En 1159, lors du schisme de Victor IV (soutenu par l’empereur Barbarossa contre le pape Alexandre III), Galdino se rangea délibérément du côté du pape légitime. La riposte de l’empereur fut sévère : il mit le siège devant Milan et fit mettre Galdino en prison pendant six mois.

L’archevêque de Milan, Oberto, se réfugia à Gênes, où se trouvait Alexandre III et où les rejoignit Galdino. Tous partirent se mettre en sûreté à Maguelone, Montpellier et Clermont. 

En 1165, Alexandre put revenir à Rome, toujours accompagné des fidèles Oberto et Galdino, et créa cardinal ce dernier ; il aurait bien créé cardinal aussi Oberto, mais celui-ci mourut à ce moment-là.

Le 18 avril 1166, le même pape consacrait Galdino archevêque de Milan ; c’était le quatre-vingt-quatrième titulaire de ce siège.

En 1167, la Ligue Lombarde parvint à expulser définitivement les lieutenants de Barbarossa et Galdino put prendre possession de son siège.

Son travail était immense : il devait déposer les prêtres et évêques schismatiques, et nommer des évêques dans presque toutes les villes de Lombardie ; il érigea le diocèse d’Alessandria, dont la ville prenait le nom du pape Alexandre III. Pasteur dévoué, il prêcha en tous lieux, assista les pauvres, rétablit le rit ambrosien, régla des détails de discipline pour le clergé, combattit l’hérésie cathare.

Dix ans après sa consécration épiscopale, jour pour jour le 18 avril 1176, Galdino achevait son homélie, quand un malaise le terrassa. Il mourut à la fin de la messe. C’était le dimanche de Quasimodo, deuxième de Pâques.

Saint Galdino della Sala est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Garrigues

† 1230

 

Bertrand était né à Garrigues (Nîmes, Gard), vers la fin du 12e siècle.

Jeune prêtre diocésain, il fut séduit par l’idéal, la sainteté et le projet de saint Dominique (v. 6 août), et en fut un des premiers disciples.

Il fut nommé supérieur du couvent de Toulouse (1215), un poste qu’il recouvra plusieurs fois.

En 1217, il fut envoyé par son maître à Paris pour y fonder le couvent Saint-Jacques (1217), puis il fonda aussi à Montpellier (1220) et en Avignon.

En 1221, il fut nommé provincial pour toute la France méridionale.

A la mort de saint Dominique, il fut aussi le zélé aumônier des sœurs dominicaines du couvent de Prouille.

Bertrand mourut au couvent cistercien de Bouchet (Orange), où il prêchait une retraite. C’était le 18 avril 1230.

Si les fidèles l’avaient déjà canonisé depuis longtemps, son culte ne fut officiellment reconnu qu’en 1881. A l’époque, on lui assigna le 6 septembre comme jour de sa fête, sans doute pour le célébrer hors du temps de Pâques. C’est aussi cette date que maintient le Martyrologe.

Mais pour uniformiser notre travail, nous l’avons inscrit au 18 avril, son dies natalis.

 

 

Bartolomeo Amidei

1204-1266

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Amadio, car vraiment il aimait Dieu.

Toute sa vie il resta dans le couvent du Monte Senario.

Il ressuscita un enfant noyé.

Lors de sa mort, tous virent monter une flamme de feu, indiquant l’amour qu’il avait pour Dieu.

Il quitta ce monde, le 18 avril 1266. 

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Giacomo d’Oldo

† 1404

 

Giacomo naquit à Lodi (Lombardie, Italie N), de Francesco Marchesi et Fior di Mina.

Lui et son épouse vivaient dans les mondanités du siècle ; ils eurent trois enfants. 

Lors d’une épidémie de peste qui frappa la ville, il vint se réfugier chez son beau-père ; il entra un jour dans l’église, et considéra la tombe d’un de ses amis : comme elle était étroite, et comme nous sommes réduits à peu de chose après la mort ! Cette réflexion le fit changer complètement à peine sorti de l’église.

Il se donna aux mortifications, au mépris du monde, et allait jusqu’à envisager de se séparer de son épouse pour adhérer au Tiers Ordre franciscain ; mais la loi de Dieu ne permet pas une telle résolution, à moins qu’elle ne soit prise de concert entre les deux époux, et qu’ils n’aient plus leurs enfants à charge.

Dieu permit cependant que cette épouse mourût, laissant Giacomo libre de sa destinée. Il vendit tous ses biens, les distribua aux pauvres, et se prépara au sacerdoce. Sa maison devint un petit monastère, où quelques compagnons le rejoignirent.

Lui-même chercha à se mortifier durement, rejetant la viande et le vin, buvant une eau imprégnée ou de myrrhe ou d’absinthe, dormant sur la terre nue, observant plusieurs carêmes durant l’année. Il exagéra tellement ses pénitences que l’évêque dut intervenir pour lui imposer un adoucissement à ses rigueurs. 

Giacomo circula, prêchant, exhortant les habitants à changer de vie, et beaucoup entrèrent dans les Ordres.

Il annonça les malheurs qui devaient s’abattre sur la région, conseillant aux habitants de quitter leurs terres et de rentrer dans la ville ; ceux qui refusèrent furent effectivement victimes des troupes ennemies, et réduits en captivité pour n’avoir pas cru à ses avertissements ; et Giacomo lui-même alla les consoler. 

Visitant les malades de l’hôpital, il annonça à son compagnon qu’ils mourraient bientôt. Le compagnon mourut effectivement le premier, et Giacomo le 18 avril 1404, montrant une grande joie de quitter ce monde pour un monde meilleur.

On l’ensevelit avec l’habit franciscain. Les miracles abondèrent et, sept ans plus tard, on voulut lui donner une sépulture plus soignée ; à cette occasion, on retrouva son corps incorrompu et exhalant un délicieux parfum.

Giacomo d’Oldo fut considéré Bienheureux, mais son nom ne se trouve plus au Martyrologe Romain.

 

 

Andrea de Montereale

1397-1479

 

Andrea naquit vers 1397 à Mascioni (L’Aquila, Abruzzes, Italie CE), de parents très pauvres.

On a récemment proposé des dates légèrement modifiées pour Andrea. Il serait né plutôt vers 1402.

La famille ne le destinait, apparemment, qu’à garder les moutons, ce qu’il fit jusqu’à quatorze ans.

A cet âge-là, il rencontra un Religieux de l’Ordre de Saint-Augustin, qui venait du proche monastère de Montereale. Le jeune garçon devait y avoir pensé depuis un certain temps, et son désir devait être intense : le bon Religieux emmena Andrea au monastère, où il fut tout de suite admis.

Qui sait ce que fut la réaction des parents d’Andrea ? Il ne quitta certainement pas la maison paternelle sans les avoir salués, leur promettant ses ferventes prières ; et les braves paysans, tout émus, ne furent pas mécontents de voir leur fils en de bonnes mains.

A Montereale, Andrea observa la Règle avec une fidélité exemplaire, et se jeta dans les études avec enthousiasme. 

Il fut ordonné prêtre en 1421 : à dix-neuf ans (?) selon la chronologie corrigée, à vingt-quatre selon la tradition, ce qui semble plus plausible.

En 1431, on le voit étudier la théologie à Rimini, puis Padoue, Ferrare ; il fut lecteur et bachelier.

En 1438, il fut nommé professeur à Sienne et reçut le titre de Maître en Théologie.

Successivement (1444 ou 1453) il fut nommé provincial de son Ordre pour l’Ombrie. En outre, le Supérieur Général le délégua plusieurs fois pour aller réformer des couvents, à Norcia, Amatrice, Cerreto. Andrea obéit, se rendit sur place, mais reçut les habituelles contradictions des moines qui n’acceptent pas de se corriger. 

Andrea souffrit beaucoup. A Sienne également, on le calomnia. Andrea démissionna. Mais son innocence fut reconnue, au point que le Général de l’Ordre écrivit en 1463 qu’Andrea avait montré le plus haut degré de la sainteté.

En 1471 en effet, Andrea fut réélu provincial. Il alla prêcher dans toute l’Italie et en France. Il portait le cilice, couchait sur la dure, veillait la nuit en prière dans l’église et ne manquait pas d’y ajouter d’autres mortifications discrètes.

Il passa les dernières années de sa vie à Montereale. On dit qu’il prédit le jour de sa mort, mais il n’y a pas d’accord sur ce jour, 11 ou 18 avril 1479.

Quand il mourut, on entendit le chant des Anges, et les cloches sonnèrent d’elles-mêmes pendant toute une journée.

Le culte d’Andrea a été reconnu en 1764.

Saint Andrea de Montereale est commémoré le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Ioannina

1522-1546

 

L’Epire, cette région du nord de la Grèce, fut sous la domination ottomane depuis le XVe siècle  jusqu’au début du XXe siècle. Elle est maintenant en grande partie divisée entre la Grèce, la Bulgarie et l’Albanie. C’est dans cette région que sévit le fameux Ali Pacha au XIXe siècle.

La plus importante ville de l’Epire s’appelle en grec Ioannina, Ianina en bulgare et Ianinë en albanais. 

Ioannis était né en 1522 à Terovo, près de Ioannina, où il vivait avec ses parents. Il était tailleur. Après la mort de ses parents, il vint à Constantinople et ouvrit une boutique de tailleur, qui fut florissante. 

Là, ou peu avant d’y arriver, il renonça à l’Islam et devint chrétien. En revanche, beaucoup de marchands quittèrent le christianisme pour adhérer à l’Islam, par pure convenance. Ioannis ne se priva pas de le leur reprocher. Il fut aussitôt dénoncé pour avoir “abandonné la religion de Mahomet”.

Il se savait menacé, mais se sentait heureux de mourir pour le Christ. Il rencontra son père spirituel, qui l’aida à se préparer à la mort par la prière et le jeûne. La nuit du Vendredi Saint, il se vit en rêve au milieu des flammes. Le lendemain il reçut l’Eucharistie et la bénédiction du prêtre.

Au moment où il se rendit sur la place du marché, il fut invectivé par les autres marchands. On le tortura, on le battit avec des verges et des cannes de fusil, puis on le mit en prison. 

Le lendemain, jour de Pâques, on l’amena pour le torturer encore, mais lui de toutes ses forces chanta Le Christ est ressuscité des morts, et adressa à ses tortionnaires ces mots enthousiastes : Faites tout ce que vous voulez pour m’envoyer le plus vite possible dans l’autre Vie. Je suis l’esclave du Christ, je marche derrière le Christ, pour Lui je meurs ! Puissé-je vivre avec Lui.

On le chargea de chaînes et on le conduisit à l’endroit du bûcher. Quand le feu fut allumé, il s’y jeta courageusement. Mais un voisin craignit pour sa propre maison, et fit éteindre le feu. On retira du feu Ioannis à moitié brûlé, et on alluma un autre bûcher plus loin, où Ioannis se précipita de lui-même. Des Grecs intervinrent alors et soudoyèrent les officiers, leur demandant de décapiter l’homme pour lui épargner plus de souffrances. C’est ainsi que Ioannis fut décapité, le 18 avril 1546, à vingt-quatre ans.

On jeta son corps et la tête dans le feu.

Ioannis n’est pas commémoré dans le Martyrologe Romain, mais sa mémoire est retenue dans un calendrier d’Epire, au 18 avril et les Orthodoxes le commémorent à cette date, sous le vocable de Ioannis le Jeune.

C’est un des très nombreux cas de musulmans convertis au christianisme, persécutés par leurs coreligionnaires ou même leurs familles, qui ne leur permettent pas de renoncer à l’Islam. Le phénomène est d’autant plus triste et injuste qu’il perdure encore de nos jours, malgré tout ce qu’on proclame en fait de droits de l’homme, de tolérance et de liberté de conscience.

Andrés Hibernon

1534-1602

 

Andrés Hibernon vit le jour à Murcia (Espagne sud-est) en 1534, de parents originaires de Carthagène, ruinés après des revers de fortune.

L’enfant fut baptisé en la cathédrale de Murcia, où un de ses oncles était chapelain, puis passa son enfance à Alcantarilla, et sa jeunesse chez un autre oncle à Valencia. 

Il avait (au moins) une sœur, et c’est pour constituer une dot honorable à celle-ci qu’il travailla avec ardeur chez son oncle. Mais au retour de Valence, il fut dévalisé par des brigands. Tout le fruit de ce beau travail parti en fumée en quelques minutes, le fit réfléchir. Il décida désormais de travailler pour Dieu.

Il entra chez les Franciscains Observants d’Alcantarilla en 1556, comme frère convers, puis passa à ceux de la province voisine, dont les observances étaient plus rigoureuses.

Avec une humilité profonde, il se considérait comme le plus grand des pécheurs ; il préférait aller aux tâches les plus basses ; il se réjouissait d’aller affronter les moqueries pour faire la quête alentour ; il s’imposait en outre des austérités sévères, dont le cilice de fer qu’il s’était fabriqué lui-même. 

Il avait une prédilection pour aider les Confrères, les soigner à l’infirmerie ; à l’accueil, il recevait les pauvres avec une exquise douceur.

Lui qui était pratiquement sans instruction, eut la grâce de répondre à des questions difficiles que lui posèrent des théologiens.

Une telle élévation d’esprit ne pouvait rester sans une contrepartie divine : il fut favorisé d’extases, il put biloquer, multiplier la nourriture, il prophétisa.

Sa pureté virginale correspondait à son amour envers la Vierge Marie. Les anges lui apparurent et l’aidèrent quand ce fut nécessaire.

Ses Supérieurs eurent une totale confiance en lui et lui confièrent la réforme d’autres couvents : Murcia, Valencia, Gandia.

Quatre ans avant de mourir, il annonça le jour et l’heure de sa fin, qui arriva comme prévu le 18 avril 1602.

D’autres miracles postérieurs à sa mort aboutirent à sa béatification en 1791.

 

 

Barbe Avrillot-Acarie

1566-1618

 

Barbe naquit le 1er février 1566 à Paris, de parents aussi catholiques que nobles. Nicolas Avrillot, maître des comptes à la Chambre de Paris et chancelier de la reine Marguerite de Navarre avait épousé Marie Lhuillier, qui firent baptiser leur fille le 2 février.

Barbe fut confirmée à sept ans, et fut placée chez les Clarisses de Longchamps à onze ans. L’année suivante, elle reçut l’Eucharistie, avec une ferveur qui étonna son entourage. Elle-même, à cet âge, présentait le fouait quand elle se sentait coupable de quelque faute. 

Cependant, les parents la rappelèrent dès 1580 pour lui faire mieux goûter le monde. Madame Avrillot lui interdit même de songer à entrer à l’Hôtel-Dieu pour soigner les malades.

En 1582, Barbe accepta docilement le parti que les parents lui présentèrent, et épousa Pierre Acarie, un gentilhomme tout dévoué au Catholicisme.

Ils eurent trois garçons et trois filles, que la maman éleva avec un soin très chrétien. Barbe continuait à entretenir jalousement sa vie intérieure et, dès l’âge de vingt-deux ans, elle reçut des faveurs célestes : ravissements, extases, visions ; son mari s’en inquiéta, la famille aussi ; on avertit des médecins, mais un sage prêtre rassura Madame Acarie, qui retrouva la paix.

Pierre Acarie, pendant ce temps-là, soutenait fortement le mouvement en faveur de l’abjuration d’Henri IV, et mit en jeu jusqu’à sa fortune. Quand le roi sa rallia au Catholicisme, Pierre dut seulement s’éloigner de Paris, mais donc se séparer de son épouse, qui, elle, devait rester à Paris et aider ses enfants. Ceux-ci ayant été reçus qui au couvent de Longchamps, qui au collège Calvi, qui chez des parents, Barbe se réfugia chez Madame de Bérulle. Elle s’occupa activement et énergiquement de remettre en état les affaires de son mari, réussit à le faire rapprocher de Paris, et même à le faire accepter dans Paris, rue des Juifs (1599). Durant ces nombreux déplacements, elle tomba trois fois de cheval et en conserva des douleurs pendant toute sa vie.

Durant toutes ces épreuves, Madame Acarie rayonna par son humilité et son habileté ; on la connut, on vint la voir, l’écouter, on parlait de ses extases. Saint François de Sales (v. 28 décembre), saint Vincent de Paul (v.27 septembre), et même la reine Marie de’ Medici, voulurent la rencontrer. Ce fut au point que son mari en prit un peu ombrage : C’est une chose très incommode que d’avoir une femme si vertueuse et de si bon conseil. Chacun prend confiance en elle et l’on vient de tous côtés pour la consulter. Madame Acarie laissait passer ces petits orages très patiemment, si bien que même Pierre ironisait de lui-même : On dit que ma femme sera sainte un jour, mais j’y aurai bien aidé, et il sera parlé de moi en sa canonisation à cause des exercices que je lui aurai donnés.

C’est en 1601 que commença la vraie mission extraordinaire de Madame Acarie. Sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) lui apparut et lui annonça qu’elle devrait ouvrir en France des monastères du Carmel. Madame Acarie eut bientôt l’appui et de son confesseur, et de la princesse de Longueville, qui obtinrent du roi l’autorisation d’ouvrir ces maisons : Paris, Pontoise, Amiens, Tours, Rouen furent ouvertes entre 1603 et 1609.

Les trois filles de Madame Acarie entrèrent au Carmel. Elle-même, après la mort de son mari (1613) y entra en 1614, à Amiens, en qualité de sœur converse. Elle reçut l’habit et prit le nom de Marie de l’Incarnation. Dieu fit que l’une de ses filles devint sous-prieure à Amiens, et Madame Acarie-Sœur Marie de l’Incarnation se fit une joie de lui obéir en toute simplicité.

Marie de l’Incarnation fit ses vœux en 1615, au comble de la joie. En 1616 cependant, on l’envoya au Carmel de Pontoise, en raison de sa mauvaise santé, pour être plus proche de Paris et ainsi mieux aider ce couvent dans ses embarras matériels et financiers.

En 1618, Marie de l’Incarnation tomba malade ; un rhume dégénéra en inflammation de la poitrine, d’autres difficultés surgirent. Elle se prépara douloureusement mais sereinement à la mort, qui advint le mercredi de Pâques, 18 avril 1618.

«Madame Acarie», Marie de l’Incarnation, fut béatifiée en 1791. 

Ses restes précieux furent préservés en 1792, grâce à un ami du monastère, et furent replacés dans la chapelle du couvent en 1822.

 

    

Joseph Moreau

1763-1794

 

Joseph était né le 21 octobre 1763 à Saint-Laurent-de-la-Plaine (Maine-et-Loire).

On connaît quelques détails de sa vie par l’interrogatoire qu’il subit à Angers, d’abord le samedi 12 avril 1794, veille du dimanche des Rameaux.

Il reçut au baptême les noms de Joseph René Jacques Henri.

Vicaire à Saint-Laurent-de-la-Plaine au début de la Révolution, il quitta ses fonctions et passa en diverses localités (Botz, La Chapelle-Aubry, Saint-Quentin, Ancenis), demandant l’hospitalité et un peu de pain pour survivre.

Il fut arrêté à Legatz, près de Combrée, où il se cachait avec un autre prêtre, qui fut tué.

Après ce premier interrogatoire, il fut conduit dans les prisons d’Angers. Il fut de nouveau interrogé le Lundi saint, 14 avril 1794, devant le Comité révolutionnaire qui siégeait à l’évêché.

Le Jeudi saint, 17 avril 1794, il est à nouveau interrogé devant la Commission militaire. Il reconnaît avoir conduit des processions à un «chêne» où l’on priait une bonne vierge ; il s’agit de toute évidence d’une dévotion locale à Notre-Dame du Chêne. Les Républicains l’accusèrent de se cacher dans l’arbre pour faire mouver une ci-devant bonne vierge (!) et l’abbé Moreau répondit qu’il n’aurait pu se mettre dans le chêne parce que le chêne n’était pas assez gros. On lui demande combien de fois il a baisé la mule du Pape, en réalité ou en idée (sic !), à quoi il répond, non sans ironie, qu’il y avait trop loin pour entreprendre ce voyage. Curieusement, on lui demande aussi quels sont ses rapports avec les fidèles de Louis XVII : les Révolutionnaires avaient-ils conscience que l’héritier de Louis XVI était bien vivant ?

Joseph Moreau fut déclaré coupable et devait être exécuté dans les vingt-quatre heures.

Il fut guillotiné le Vendredi saint 18 avril 1794, sur la place du Ralliement à Angers.

Il fait partie des quatre-vingt dix-neuf Martyrs de la Révolution française, béatifiés en 1984 (voir la notice Avrillé (Martyrs d’))

 

 

Luca Passi

1789-1866

 

Luca était né le 22 janvier 1789 à Bergame (Italie nord-est) dans une famille célèbre. Son père était le comte Enrico Passi de’ Preposulo, sa mère était Caterina Corner. Un parent fut le célèbre prêtre Marco Celio Passi. Luca avait un jeune frère, Marco, qui serait prêtre lui aussi.

Dès 1810, Luca fut le directeur spirituel d’une confraternité du Saint Sacrement à Calcinate et, en 1811, d’une autre de la Doctrine Chrétienne.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1813.

Dès sa jeunesse, Luca fut vivement impressionné par les événements révolutionnaires français, et de leurs conséquences néfastes en Italie : dégradation morale, analphabétisme, ignorance religieuse…

En 1815, il fit partie du «collège apostolique», une pieuse union sacerdotale regroupant des prêtres liés par un vœu spécial d’obéissance à leur évêque et au pape. Luca reçut le titre de missionnaire apostolique.

Avec son frère Marco, il organisa une nouvelle confraternité, de Saint-Raphaël et de Sainte-Dorothée, pour l’éducation chrétienne des enfants et de la jeunesse. Le pape les encouragea. La branche masculine (Saint-Raphaël), prit pied à Gênes, mais sans beaucoup se développer, à cause des mouvements révolutionnaires de 1848-1849. En revanche, la branche féminine (Sainte-Dorothée) se développa davantage, donnant naissance même à des congrégations nouvelles.

C’est ainsi que naquit en 1838 à Venise l’Institut des Sœurs Maîtresses de Sainte-Dorothée, qui se trouve encore actuellement en diverses contrées d’Afrique et d’Amérique Latine.

Don Luca disait aux dorothéennes : Qui ne brûle pas, ne met pas le feu (Chi non arde, non accende), pour stimuler toujours plus leur zèle.

Don Luca Passi mourut à Venise le 18 avril 1866, et fut béatifié en 2013.

Savina Petrilli

1851-1923

 

Née le 29 août 1851 à Sienne, deuxième fille de Celso et Matilde Venturini.

Savina fut profondément marquée par sainte Catherine de Sienne, dont elle lut la vie à dix ans. C’est par cette lecture qu’elle conçut une grande dévotion envers l’Eucharistie, la Passion du Christ et l’Eglise. 

Dès sa Première communion (à douze ans), elle chercha à recevoir souvent l’Eucharistie et fit partie des Enfants de Marie. 

Elle fit le vœu de virginité à dix-sept ans et eut le privilège d’être reçue en 1869 par le pape, qui l’invita à imiter sa compatriote, sainte Catherine de Sienne.

Elle a dans son cœur un projet, qu’elle confie à sa sœur mourante, Emilia, laquelle lui promet de prier pour elle au Ciel.

Avec quelques compagnes, elle fonde en 1874 la congrégation des Sœurs des Pauvres de Sainte Catherine de Sienne, qui reçut l’approbation papale en 1877. La première maison s’ouvrit à Onano (Viterbe), la première mission au Brésil en 1903, et l’approbation définitive se fit en 1906.

Le charisme de Savina est de vivre radicalement le sacerdoce du Christ dans l’adoration et dans la totale dépendance de la volonté du Père, jusqu’à l’immolation, et ce en priorité dans le service des pauvres.

Les Religieuses s’occupèrent des personnes les plus démunies, leur apportant réconfort matériel et moral.

Savina émit le vœu de ne rien refuser volontairement au Seigneur, celui de parfaite obéissance à son confesseur, celui de ne jamais se plaindre consciemment au milieu des souffrances externes ou internes, celui enfin de complet abandon à la volonté de Dieu.

Dans ce «complet abandon», Savina eut constamment à faire front à des problèmes financiers, et même à quelques persécutions religieuses.

L’action des Sœurs atteignit l’Amérique Latine, où elle se rendit plusieurs fois.

Après sa mort, l’Institut gagna l’Argentine, le Paraguay, les Etats-Unis, l’Inde et les Philippines. Il y a une vingtaine de maisons en Italie.

Savina mourut du cancer, à Sienne, le 18 avril 1923, et fut béatifiée en 1988.

 

 

Roman Archutowski

1882-1943

 

Né le 5 août 1882, il était de riche famille de propriétaires terriens. 

Après ses études à Pultusk et Suwalki, il est au grand Séminaire Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, et sera ordonné prêtre en 1904.

Il exerce ses fonctions pastorales dans la paroisse de Yezhov, puis est envoyé compléter ses études théologiques à l’Académie théologique catholique de Saint-Petersbourg.

A partir de 1910 il est préfet au gymnase Saint-Stanislas-Kostka, dont il sera directeur de 1925 à 1940.

Il occupera aussi divers postes à la Curie archiépiscopale.

En 1940 il est vice-recteur au Grand Séminaire de Varsovie.

En 1942, il est incarcéré par deux fois à Pawiak. Maltraité, battu, il ne céda jamais aux menaces, préférant unir ses souffrances à celles de Jésus-Christ.

Le 23 mars 1943, il est emmené dans le camp de concentration de Maydanek, où il contracte le typhus.

Témoin de la foi, courageux jusqu’au bout dans l’acceptation de ses souffrances, il meurt le dimanche des Rameaux, 18 avril 1943, jour où il est commémoré au Martyrologe.

Son corps fut incinéré sur place.

Roman a été béatifié avec cent-sept autres Confesseurs de la Foi polonais en 1999.

 

 

 

Louis Leroy

1923-1961

 

Ce martyr fait partie des dix-sept Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Louis naquit le 8 octobre 1923 à Ducey (Manche), aîné des quatre enfants d’un bonne famille paysanne.

Pendant une dizaine d’années, il travailla à la ferme familiale, tout en désirant devenir prêtre.

Après le service militaire, en 1945, il entra chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) : d’abord au juniorat de Pontmain pour compléter ses études, où on le nota Très appliqué, résultats moyens. Le latin lui était particulièrement rébarbatif, mais il s’acharna, malgré ses maux de tête.

En 1947, lors d’un pèlerinage à Lisieux, il confiait à un camarade qu’il désirait le martyre.

En 1948-1949, au noviciat de La Brosse-Montceaux, on note sa droiture, son intelligence pratique, un certain entêtement, une grande docilité et une grande charité. Un de ses collègues le dit très gai, un ami.

Après ses études de philosophie et de théologie à Solignac, il fut ordonné prêtre en 1954.

En 1955, on l’envoyait au Laos.

Du Laos il conserva un lien particulier avec les Carmélites de Limoges, auxquelles il prodiquait ses conseils de paysan. 

Au Laos, il fut frappé d’une surdité précoce, et s’efforça d’apprendre les langues du pays. Il n’est pas très satisfait de ses petits progrès, mais il reste infatigable auprès des malades, des pauvres, des pécheurs.

Il fut d’abord à Xieng Khouang, puis Tha Ngon (Ventiane), à nouveau Xieng Khouang, enfin Ban Pha.

On peut dire qu’il se dévoua totalement corps et âme, parfois un peu déçu tant il désirait faire plus pour le Règne du Christ.

En 1961, on le signala à la guérilla. Le prêtre aurait pu s’enfuir, et les chrétiens l’y poussaient, mais notre bon normand têtu ne pouvait abandonner son poste. Le 18 avril, des soldats vinrent le chercher. Il enfila sa soutane, prit sa croix et son bréviaire.

D’après quelques témoignages, on l’aurait interrogé, frappé, et brûlé au visage jusqu’à le rendre méconnaissable, puis abattu.

Louis était exaucé : il reçut la palme du martyre, (vers) le 18 avril 1961 à Ban Pha (Xieng Khouang, Laos).

Il a été béatifié le 10 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 18 avril dans le Martyrologe Romain.

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 23:00

17 AVRIL

 

II.

Stes Isidora et Neophyta, deux sœurs martyres à Lentini.

IV.

S Siméon bar Sabas, évêque à Séleucie-Ctésiphon, martyr décapité après cent autres compagnons ; l’intendant du roi, le vieil eunuque Usthazades, qui avait un moment apostasié, proclama sa foi et fut décapité aussi avec cent autres chrétiens. 

S Innocens, évêque à Tortona; défenseur de la Foi, il passa dix années en prison, puis fut consacré évêque par le pape Silvestre.

?

Ss Petrus, diacre, et Hermogenes, martyrs à Mélitène. 

V.

S Akakios, évêque à Mélitène, fervent adversaire de Nestorius à Ephèse, mais ensuite déposé injustement de son siège..

VI.

S Pantagathus, évêque à Vienne (Isère), considéré comme le plus saint et le plus savant évêque de son temps. 

VII.

S Donnan, écossais, abbé sur l’île de Eigg, massacré par des Danois avec ses cinquante-deux moines, le jour de Pâques.. 

Ste Potentienne, vierge près de Villanueva.

VIII.

S Vandon, abbé à Saint-Wandrille, exilé injustement par Charles Martel, rétabli par Pépin le Bref.

S Landry, évêque à Metz ou Meaux, on ne sait pas ; son père se fit moine et fonda les abbayes de Hautmont et Soignies : à la mort de son père, il resta à Soignies, s’occupa des deux abbayes et ne revint pas dans son évêché ; sa mère est ste Vaudru, sa sœur ste Adeltrude.

IX.

Ss Elia, Pablo et Isidro, martyrs à Cordoue.

XI.

S Robert, fondateur et abbé (malgré lui) du monastère de la Chaise-Dieu.

XII.

S Robert, abbé à Molesme, où échoua la réforme, puis à Cîteaux ; par obéissance il retourna à Molesme, où la réforme réussit enfin.

B Gervin (Gervais), solitaire puis abbé à Aldenbourg.

B Eberhard de Wolfegg, prieur du monastère prémontré à Marchthal.

XIII.

B Rudolf, enfant martyrisé par des juifs à Berne.

XIV.

B Giacomo de Cerqueto, prêtre augustin à Perugia, très patient dans la maladie.

XV.

Bse Thora Gambacorta (Chiara), fiancée de force à sept ans, mariée à douze, veuve à quinze ans, elle fut un moment clarisse à Pise, reprise par son père qui l’enferma, et put enfin devenir dominicaine à Pise, où elle sera prieure avant de mourir.

XVII.

Bse Maria Ana de Jésus Navarro de Guevara, madrilène, religieuse de l’ordre de Notre-Dame de la Merci, dont elle fonda une autre branche.

B Henry Heath, franciscain anglais martyr à Londres (Tyburn), béatifié en 1987.

Bse Kateri Tekakwitha (“qui avance en tâtonnant”, parce qu’elle était presque aveugle de naissance), indienne iroquoise convertie et baptisée par les missionnaires jésuites du Canada ;  première indienne à faire vœu de chasteté et béatifiée, en 1980, puis canonisée en 2012.

XVIII.    

B Won Si-bo Iacobus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XX.

B Lucien Botovasoa (1908-1947), instituteur malgache et père de cinq enfants, décapité pour sa foi, béatifié en 2018.

 

Petrus et Hermogenes de Mélitène

† 4e siècle

 

De ces deux Martyrs, on ne sait rien de certain, pas même le lieu et la période de leur martyre.

Petrus était peut-être diacre, et Hermogenes son assistant (serviteur ? acolyte ?).

On les situait autrefois en Antioche, mais l’actuel Martyrologe corrige maintenant Mélitène en Arménie.

Leur martyre a pu avoir lieu au 4e siècle.

Saints Petrus et Hermogenes de Mélitène sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siméon bar Sabas de Séleucie et Usthazade

341

 

Siméon bar Sabas était évêque de Séleucie-Ctésiphon sous le roi de Perse Sapor II.

Signalons que la ville de Séleucie était une fondation grecque, reprise par les Romains, et qui déclina peu à peu en face de Ctésiphon. De cette dernière il ne reste aujourd’hui qu’une arche de trente mètres de haut. Cette ville magnifique fut détruite en 637 par les musulmans envahisseurs : ils n’eurent pas honte de soumettre l’immense bibliothèque à un incendie qui dura une semaine, nuit et jour. Les ruines servirent à la construction de Bagdad, à une trentaine de kilomètres.

Siméon, donc, avait été l’évêque coadjuteur de l’évêque Papa. En 325, il avait envoyé au concile de Nicée, pour le représenter, le prêtre Sciadhustes, qui lui rapporta les décrets du concile et en même temps la décision des Pères du concile de le nommer métropolitain pour toute la Perse. C’est dire la réputation qu’il avait aux yeux de toute l’Eglise.

Quand Sapor II promulga son édit de persécution (340), qui interdisait d’embrasser le christianisme sous peine d’être réduit à l’esclavage, Siméon lui adressa une noble lettre où il proclamait sa volonté de rester fidèle à Dieu, ainsi que tout son troupeau.

Sapor II entra dans une fureur noire et ordonna de mettre à mort les prêtres et les diacres chrétiens, de raser jusqu’au sol toutes les églises et d’employer tous les vases sacrés à des usages profanes. Il se fit amener Siméon pour le faire juger en sa présence.

Une des raisons de la colère de Sapor, était que Siméon adorait «le dieu de César», le dieu de l’empereur romain, son ennemi.

Siméon, chargé de fers, comparut avec deux de ses prêtres, Abdécalas et Ananias. Il refusa de se prosterner devant le roi, comme il l’avait toujours fait par le passé par respect pour l’autorité. Mais cette fois-ci, expliqua Siméon, il comparaissait comme accusé, sommé de renier le vrai Dieu, ce qu’il ne voulait pas faire.

Sapor demanda d’abord gentiment à Siméon d’adorer le soleil. Siméon répliqua : Ce soleil s’est éclipsé et a pris le deuil à la mort de Jésus-Christ.

Ne pouvant faire changer d’avis Siméon, Sapor le fit mettre en prison jusqu’au lendemain. Il avait en aversion la religion chrétienne, mais en même temps il admirait Siméon, dont l’aspect majestueux imposait le respect.

Or, sur le passage de Siméon, se trouvait un vieil eunuque, Usthazade, qui avait élevé Sapor et jouissait de la plus haute considération dans le palais. Grand chambellan, premier des seigneurs de la cour, il avait abjuré la foi chrétienne pour plaire à son maître. Devant Siméon, il s’agenouilla, mais l’évêque détourna les yeux, pour lui faire comprendre la gravité de son péché. Usthazade fut profondément touché, courut chez lui prendre des habits de deuil et revint au palais où il confessa sa foi.

Le roi le fit exécuter sans retard. Usthazade lui fit cette ultime requête : de faire proclamer qu’il était mis à mort pour sa foi, et non pour quelque autre crime.

Usthazade fut martyrisé le Jeudi saint, treizième jour de la lune d’avril.

Le Martyrologe le mentionne le 17 avril, précisant toutefois qu’il mourut à la cour d’Artaxerxes, frère de Sapor.

Le Vendredi saint, Sapor se fit amener Siméon, qu’il tenta encore de plier à adorer le soleil. Sur le refus constant de l’évêque, Sapor fit venir cent autres prisonniers, évêques, prêtres et diacres qui, tous, refusèrent aussi d’adorer le soleil.

Ils furent tous décapités un à un sous les yeux de leur métropolite. Siméon fut finalement décapité à son tour, avec ses deux prêtres Abdécalas et Ananias.

Il est question de ce dernier dans la notice de saint Pusicius (18 avril).

Saint Siméon bar Sabas est mentionné le 17 avril au Martyrologe, comme Usthazade, bien qu’ils aient été exécutés un jour après l’autre.

 

 

Innocens de Tortone

285-353

 

La famille d’Innocens était attachée au christianisme : elle protégea les Chrétiens persécutés au début du 4e siècle ; on signale aussi un évêque Iulianus à Tortone, décapité à cette époque (mais qui n’est pas mentionné dans le Martyrologe).

Innocens serait né en 285. Il avait une sœur, Innocentia.

En 303, il fut mis en prison et ses biens furent confisqués.

En 313 seulement, après l’édit de Constantin, il recouvra la liberté et en profita pour aller à Rome réclamer la restitution de son héritage paternel.

Il rencontra le pape Silvestre, qui fut assez perspicace pour voir en Innocens un homme digne de servir l’Eglise : il l’ordonna diacre, prêtre, et le consacra évêque de Tortone. En 325, Innocens devenait le onzième évêque de ce siège.

Innocens ne participa pas au concile de Nicée qui se tenait justement cette année-là, car le concile s’acheva en juillet.

En revanche, Innocens fut extrêmement actif dans son diocèse, pour reprendre ce que la période précédente avait désorganisé. Il fit construire ou reconstruire plusieurs basiliques, la cathédrale (qui remplaça une synagogue). Avec sa sœur il fut à l’origine du monastère Sainte-Euphémie. Mais surtout, il retrouva les reliques du Fondateur du diocèse, Marcianus (v. 6 mars).

Innocens mourut, selon la tradition, le 17 avril 353, après vingt-huit ans d’épiscopat, à l’âge de soixante-huit ans.

Saint Innocens de Tortone est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios de Mélitène

† 435

 

Akakios (Acace) fut évêque à Mélitène (Arménie, act. Malatya, Turquie NE).

Au concile d’Ephèse (431), il se signala par son ardente déposition contre Nestorius.

Rentré dans son diocèse, il en fut injustement expulsé.

Malheureusement, on ne connaît guère de détails sur ce saint évêque, encore moins la raison pour laquelle il fut déposé et expulsé de son siège. On peut supposer qu’il y eut là une machination de la faction hérétique.

Saint Akakios de Mélitène est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pantagathus de Vienne

† 540

 

Pantagathus (Pantagathe), après avoir occupé des postes importants dans l’administration civile, se consacra ensuite au service de l’Eglise.

En 532, il fut nommé vingt-troisième évêque de Vienne (actuel département de l’Isère).

L’année suivante (533), eut lieu le 2e concile d’Orléans, où il fut décidé de ne plus sacrer diaconesses les femmes, et même d’excommunier celles qui, après s’être consacrées, se seraient remariées ; on y interdit le mariage entre proches parents ; on y condamna les Chrétiens qui retourneraient au culte des idoles.

En 538, Pantagathe signa les décisions du 3e concile d’Orléans, qui rappelait que le dimanche était le Jour du Seigneur, y interdisant les travaux des champs ; interdiction est faite aux clercs de pratiquer l’usure, et aux prêtres de conspirer (!) contre leur évêque ; il fut décidé qu’un esclave chrétien au service d’un Juif réfugié dans l’église, devrait être racheté par l’évêque.

Pantagathe acquit la réputation d’un des plus savants et des plus saints évêques de son temps.

Il mourut en 540.

Saint Pantagathe de Vienne est commémoré le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donnan d’Eigg

† 617

 

Donnan, irlandais d’origine, aurait pu être moine à Iona sous s.Columba (v. 9 juin) ou fit partie de l’Eglise des Pictes ; il aurait alors suivi le chemin de s.Ninian (v. 16 septembre). 

Il fut un des premiers missionnaires passés en Ecosse. 

Il fit beaucoup de conversions et fonda un monastère sur l’île d’Eigg (Hébrides intérieures, Ecosse). Ce fut le monastère de Kildonann.

En cette année 617, le monastère comptait cinquante-deux moines. Ils étaient en train de célébrer avec Donnan, leur abbé, la liturgie de Pâques, lorsque des pirates danois firent irruption et les massacrèrent tous.

Telle autre version indique que ce massacre aurait eu lieu sur ordre de la reine picte locale, ou encore sur menace d’une paysanne de l’endroit qui avait perdu ses droits à paître ses animaux.

Ces innocentes victimes furent commémorées et fêtées jusqu’en 1703, car l’île était restée catholique jusque là.

Le culte, quelque peu tombé en désuétude, fut rétabli en 1898 par décret papal.

Saint Donnan et ses moines d’Eigg sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Elia, Pablo et Isidro de Cordoue

† 856

 

D’après s.Euloge (v. 11 mars), Elia était né à Beja (actuel Portugal) ; venu à Cordoue, c’était un prêtre âgé. Pablo et Isidro, deux jeunes moines, étaient de ses disciples.

Lors de la persécution ordonnée par Mohammed, fils d’Abderadame II, ces trois Religieux furent condamnés à mort et attachés à des potences.

C’était en 856.

Un autre Pablo fut martyrisé à Cordoue, en 851, v. 20 juillet.

Les trois saints Elia, Pablo et Isidro sont commémorés le 17 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Robert de Turlande

1001-1067

 

Robert naquit vers 1001… au milieu d’une forêt, sa mère ayant été prise des douleurs de l’enfantement pendant qu’elle se rendait à un château voisin de sa maison : on interpréta cet incident comme un présage à la future vie érémitique de l’enfant.

De son père Géraud et de sa mère Raingarde, il était le cadet d’une famille nombreuse.

Un autre signe fut observé : les deux nourrices successives qu’on lui trouva n’étaient pas de bonnes mœurs, et l’enfant refusa de prendre leur lait.

Confié en 1018 aux chanoines de Saint-Julien de Brioude, il se forma à la piété en même temps qu’à la science sous ces excellents maîtres. 

Pieux garçon, il savait passer la nuit en prière, se montra très empressé pour soigner les malades.

Il reçut la tonsure et fut nommé chanoine. Ordonné prêtre, il célébra chaque jour la sainte Messe, ce qui n’était pas toujours l’habitude des prêtres.

Il fit bâtir à Brioude un hôpital et, au-delà de la santé du corps, s’employa à la santé des âmes et obtint maintes conversions.

Son amour pour la contemplation lui fit désirer d’entrer chez les Cisterciens de Cluny, mais la population l’en empêcha. Il fit alors un pèlerinage à Rome pour demander aux Apôtres de l’inspirer. Il alla au Mont-Cassin pour y approfondir la règle de saint Benoît.

Là-dessus, un soldat nommé Etienne de Chaliers, puis un autre nommé Dalmas, vinrent le trouver et s’établirent dans un petit ermitage en ruines non loin de Brioude.

Les habitants de l’endroit, d’abord mécontents de leur présence, s’adoucirent et même les aidèrent : ainsi naquit l’abbaye de la Chaise-Dieu (chaise étant à prendre au sens de casa, maison). Les travaux d’édification furent achevés en 1050.

La fondation fut approuvée par l’évêque de Clermont, par le pape et par le roi. L’évêque fit la dédicace de l’église, et y établit abbé notre Robert.

Robert, humblement soumis à cette décision, s’acquitta saintement de sa mission ; Dieu le récompensa par de nombreux miracles. L’abbé réunit sous sa règle quelque trois cents Religieux, présents dans une cinquantaine de maisons dans le Massif Central ; il rétablit le culte dans de nombreuses églises abandonnées du voisinage.

Divinement averti de sa fin prochaine, il embrassa un à un tous ses disciples et s’éteignit le 17 avril 1067.

Il aurait été canonisé en 1070.

 

 

Robert de Molesme

1029-1111

 

Robert naquit vers 1029 en Champagne.

A quinze ans il entra chez les Bénédictins de Moutier-la-Celle (Troyes).

Ce novice qui était plus porté pour la contemplation que pour les activités manuelles, fut nommé prieur dès l’achèvement du noviciat.

Les moines de Saint-Michel de Tonnerre le choisirent bientôt pour leur abbé, mais Robert les quitta assez vite, ne réussissant pas à reporter chez eux la pratique rigoureuse de la Règle bénédictine. Le prieur cependant l’empêcha de se joindre à quelques ermites qui vivaient par là, et le rappela. Finalement, Robert regagna Moutier-la-Celle.

Par obéissance, Robert dut être prieur de Saint-Ayoul, qui dépendait de Moutier-la-Celle. Mais les ermites de tout-à-l’heure réussirent à obtenir du pape le retour de Robert ; obéissant, celui-ci laissa Saint-Ayoul et revint parmi les ermites. L’endroit étant trop malsain, Robert les établit dans la forêt de Molesme (1075).

Leur vie austère provoqua l’admiration de l’évêque et des seigneurs, qui leur apportèrent des soutiens divers ; cette «opulence» fut la cause d’un refroidissement dans l’ardeur des ermites, et Robert les quitta.

Mais les ermites, malins, firent intervenir le pape, à travers l’évêque de Langres, pour rappeler Robert. Il revint donc, toujours obéissant, mais aussi réconforté par quelque signe céleste qui l’encourageait à persévérer, car il verrait bientôt le fruit de son souci pour porter les âmes dans le sentier de la perfection. Une nouvelle fois, les ermites de Molesme se montrèrent indociles, et Robert les quitta, avec Albéric et Etienne Harding.

En 1098, les trois, avec quelques autres confrères, s’adressèrent à l’évêque Hugues de Lyon, qui était le légat du pape pour la France et qui leur concéda le territoire de Cîteaux.

Ceux de Molesme insistèrent encore et le même légat pria Robert de laisser Cîteaux pour aller s’occuper de Molesme. Robert obéit encore une fois.

Désormais les deux abbayes allaient se développer admirablement. A Cîteaux, l’abbé fut Albéric et le prieur Etienne Harding. Molesme eut enfin son abbé, Robert, pendant neuf années, jusqu’à sa mort. L’Ordre cistercien était né.

La date de la mort de Robert comporte des variantes : on trouve le 21 mars 1110, le 17 ou le 29 avril 1111 ; il semble que la vérité soit pour le 17 avril 1111.

Robert fut béatifié (ou canonisé) en 1220.

 

 

Rudolf de Berne

1290-1294

 

Les informations sur ce Bienheureux peuvent être conjecturales.

Le petit garçon dont il est question ici aurait été mis à mort par des ennemis du Christ, un Samedi Saint, le 17 avril 1294.

Une opinion diffuse aurait attribué cette horreur à des Juifs, qui furent alors persécutés et arrêtés en masse.

Le corps de Rudolf, retrouvé quelques jours après ce meurtre, fut enseveli d’abord dans la cathédrale de Berne, près de l’autel de la Sainte-Croix, puis déposé en terre en 1528.

Le Martyrologe actuel ne le mentionne pas. On l’a maintenu ici pour évoquer un épisode qui est bien situé dans le temps, même si les circonstances précises en demeurent incertaines ou même douteuses.

Quelques points importants auraient en effet besoin d’être élucidés : qui était cet enfant ? où étaient ses parents ? Comment connaîtrait-on le prénom, mais pas le nom de la victime ? Les parents auraient-ils eux-même participé à ce «rite» sacrilège et diabolique ?

A la suite de miracles obtenus par l’intercession de Rudolf, son culte fut approuvé pour le diocèse de Berne, en 1869.

 

 

Giacomo Cinti

1284-1367

 

Giacomo naquit vers 1284 à Cerqueto (Pérouse, Ombrie, Italie).

Il entra dans l’Ordre augustinien à Pérouse, et se distingua par une généreuse obéissance, une grande patience et la sainteté de sa vie. On nota sa persévérance dans la prière, sa fidélité dans la virginité et sa sagesse.

Un exemple de sa parfaite obéissance se trouve dans l’épisode suivant. Giacomo allait célébrer la Messe, lorsque le Supérieur arriva et lui donna l’ordre de faire taire les grenouilles de l’étang proche du couvent, car ce jour-là elles dérangeaient vraiment la tranquillité du monastère. Certains pourraient objecter : pourquoi le Supérieur n’a-t-il pas lui-même donné cet ordre aux bestioles ? C’est très certainement qu’il connaissait la vertu de son cher Giacomo, et que ce dernier avait reçu de Dieu le don de commander aux bêtes et aux oiseaux du ciel.

De fait, Giacomo fit un grand signe de croix en direction des grenouilles, leur intimant l’ordre de se taire. Elles aussi obéirent sur le champ.

Giacomo, désormais plus qu’octogénaire, était en prière devant l’autel de la Sainte Vierge, lorsque l’heure de la mort sonna pour lui, le 17 avril 1367.

Le culte public se manifesta très vite, et fut confirmé en 1895.

Le bienheureux Giacomo de Cerqueto, comme on l’appelle, n’a été inclus au Martyrologe romain que dans la dernière édition de 2004.

 

 

Thora Gambacorta

1362-1419

 

Thora (Théodora) était née en 1362, à une époque où son père, Pietro, était exilé de Pise, dans le cadre de ces luttes incessantes qui ensanglantèrent les villes d’Italie. Elle avait trois frères.

Elle vécut à Venise, puis revint à Pise en 1369, quand son père fut remis en possession de ses biens.

Pietro promit alors sa fille à un riche seigneur local, Simone de Massa, alors que Thora s’était déjà consacrée à Jésus-Christ. Mais elle accepta avec soumission cette destinée, et le mariage fut célébré quand elle eut douze ans.

Ce que ne savait pas le brave Simone, c’est que la petite Thora, depuis l’enfance, répétait sans cesse au Seigneur : Tu le sais, Seigneur, que je ne veux pas d’autre Epoux que toi. Et encore dans le temps qui suivit son mariage, elle retirait devant le Crucifix son anneau d’épouse, pour Lui répéter la même prière. Sa pensée était toute dans la passion du Seigneur, et quand elle le pouvait, elle réunissait des filles de son âge pour en parler, pour les exhorter à la vertu.

Elle-même portait, sous ses habits somptueux, un rude cilice. Sa charité se porta auprès des pauvres et des malades ; elle s’associa à de pieuses femmes qui pratiquaient ainsi la charité, et qui avaient reçu chez elles une pauvre femme toute défigurée par un cancer affreux. Thora voulut aussi la servir et la soigner.

Or voici que son époux mourut, victime de quelque épidémie. Thora était veuve, à quinze ans ! Son père chercha à nouveau à la marier, mais Thora, cette fois-ci, prit des mesures énergiques : elle se coupa les cheveux, distribua aux pauvres ses tenues somptueuses et s’entendit avec les Clarisses : elle quitta la maison paternelle et alla revêtir l’habit franciscain, prenant alors le nom de Chiara (Claire).

Les frères de Claire en informèrent leur père qui, furieux, les envoya chercher de force sa fille. Les Religieuses, épouvantées, la laissèrent partir et Claire fut enfermée, avec son habit, dans un réduit du château paternel, sans lit, et la porte fut clouée.

En réalité, Claire se trouvait «cloîtrée» et pratiquait souvent le jeûne, car on oubliait de lui porter à manger.

Lors d’une absence de son père, sa mère consentit à la laisser aller se confesser et communier chez les Dominicains. Dieu alors lui révéla qu’elle serait dominicaine, et non franciscaine. De fait, un saint évêque espagnol, de passage en 1378 chez les Gambacorta, convainquit le père que sa fille avait une réelle vocation ; enfin Chiara rejoignit les Dominicaines, et même son père s’engagea à faire construire un autre couvent, où Chiara aurait fait appliquer la règle dominicaine authentique. Le couvent fut prêt en 1382.

Chiara y fut sous-prieure, puis prieure ; elle mit à profit les dons pécuniers qu’elle reçut, pour soulager la misère des pauvres et pour construire un orphelinat.

Malheureusement, les événements ne tournèrent pas en faveur du pauvre père Gambacorta ; des querelles reprirent ; le père de Chiara perdit la vie, ainsi que son fils Lorenzo ; deux autres fils disparurent. Celui qui avait trahi Pietro Gambacorta, mourut à son tour ; Chiara pardonna et en fit appeler l’épouse et les sœurs pour les secourir.

Chiara fut aussi en relations épistolaires avec des personnes revenues à Dieu, les exhortant à la vraie conversion intérieure, au détachement des biens du monde.

En 1419, comme elle l’avait annoncé, Chiara vit sereinement approcher l’heure de la rencontre finale avec son Epoux céleste. Ses douleurs s’intensifièrent durant le carême et elle expira doucement, le lundi de Pâques, 17 avril 1419.

Treize ans plus tard, on ouvrit son cercueil, dont il sortit un parfum très suave. Les ossements furent lavés, et une Religieuse atteinte de la lèpre, but de cette eau, qui la guérit instantanément.

Chiara est communément considérée comme Bienheureuse, bien qu’aucune reconnaissance n’ait eu lieu.

María Ana Navarro de Guevara y Romero

1565-1624

 

Née le 21 janvier 1565 à Madrid, María Ana eut une jeunesse difficile, car ses nobles parents Luis et Juana s’opposaient à son désir de devenir religieuse. 

Son père était fourreur, au service du roi Felipe II.

On la traita comme domestique, chargée des travaux ménagers. Après la mort de sa mère, son père se remaria avec une femme qui, de plus, maltraitait l’adolescente. Ils lui arrangèrent un mariage, qu’elle refusa : elle aurait même coupé ses cheveux pour décourager le prétendant.

María Ana finit par quitter la maison et chercha à entrer dans quelque monastère, mais sans y réussir, car elle n’avait pas une bonne santé ; elle souffrait des mains. Or les Ordres sont réticents à admettre des personnes malades, car les soins à leur accorder pourraient être trop lourds pour leurs finances limitées par la pauvreté.

Elle se retira en 1598 dans une maisonnette près de l’église tenue par les Religieux de l’Ordre de la Merci, pour y mener une vie de recluse. En 1606 elle fut affiliée à l’Ordre de la Merci, dont elle reçut l’habit de tertiaire en 1613. Désormais elle s’appellerait Mariana de Jésus.

Sa joie était grande, mais se doubla d’une douloureuse épreuve, par la présence d’une Consœur qui, officiellement chargée de l’assister dans ses tâches ménagères, en réalité lui imposa de grandes peines.

Elle fut favorisée d’apparitions, elle eut le don des miracles, elle fut souvent ravie en extase, toutes choses qu’elle dut décrire sur ordre de ses supérieurs.

Mariana mourut le 17 avril 1624, des conséquences d’une infection pulmonaire.

Son corps fut à diverses reprises exhumé, jusqu’en 1924, et apparut toujours intact, frais, et exhalant un agréable parfum.

Mariana de Jésus a été béatifiée en 1783.

Avec saint Isidore, elle est co-patronne de Madrid.

 

 

Henry Heath

1599-1643

 

Le nom du prêtre dont il va être question, fut porté aussi par un pionnier de la secte des Mormons au 19e siècle. Pour toute recherche, on sera avisé de bien faire attention à distinguer les deux personnages.

Notre Henry, fils de John Heath, reçut le baptême protestant à Peterborough le 16 décembre 1599.

Il étudia au Collège Corpus Christi de Cambridge à partir de 1617, fut diplômé en 1621 et devint ainsi le bibliothécaire du collège.

En 1622, il fut admis dans l’Eglise Catholique et s’en vint quelque temps au Collège anglais de Douai.

En 1625, il entra au couvent franciscain de Saint-Bonaventure, avec le nom de Paul de Sainte-Madeleine.

Dès 1643, il obtint à grand peine de pouvoir aller exercer le ministère sacerdotal en Angleterre. Il s’embarqua à Dunkerque déguisé en marin.

Un passager allemand lui paya sa place et voulait lui donner davantage d’argent pour le reste de son voyage mais, par esprit de pauvreté, Henry préféra mendier son pain de Douvres à Londres.

La nuit-même de son arrivée, il s’endormit devant la porte d’une habitation, dont le propriétaire l’envoya directement en prison, le prenant pour un voleur.

Quelques papiers qu’on lui trouva, montraient qu’il était catholique.

Interrogé dès le lendemain, il reconnut qu’il était prêtre et fut envoyé à Newgate. Peu après, il fut interrogé par une cour, devant laquelle il réitéra son identité sacerdotale. Tombant sous l’accusation de faire partie de «Jésuites, prêtres de séminaire et autres personnes désobéissantes du même genre». Il fut finalement déclaré coupable d’être prêtre présent dans le royaume de la Reine Elizabeth. 

A Tyburn, il se trouvait avec d’autres criminels qui étaient condamnés avec lui, et en réconcilia un juste avant d’être pendu, au moment où l’on allait retirer la charrette de dessous la corde.

L’habitude était qu’on torturait les condamnés, en les remettant à terre avant leur dernier soupir, pour les éviscérer et les décapiter (ou les écarteler). Mais le père Henri eut la «faveur» de rester pendu jusqu’à la mort.

C’était le 17 avril 1643.

Henry Heath fait partie des quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent béatifiés en 1987.

 

 

Kateri Tekakwitha

1656-1680

 

Kateri naquit à Ossermenon sur le bord de la rivière Mohawk, qui se trouve actuellement dans l’Etat de New York, non loin de Auriesville.

Sa mère était de la tribu algonquine et son père de la tribu des Agniers, donc de deux tribus iroquoises héréditairement ennemies. La maman éleva sa fille dans la foi chrétienne, mais celle-ci n’était pas encore baptisée. On ne dit pas si elle portait déjà son prénom de Kateri avant le baptême.

Orpheline dès l’âge de quatre ans, suite à une épidémie de petite vérole qui emporta ses parents, Kateri perdit quasiment la vue. Le surnom iroquois Tekakwitha signifie “celle qui avance en hésitant”. 

A l’âge nubile, on voulait la marier, mais elle préférait rester vierge, de sorte qu’on la traita comme une esclave. Elle fut insultée, méprisée et menacée. 

Elle reçut enfin le baptême grâce à la prédication des Pères jésuites venus de France : c’est à Ossermenon qu’avaient été martyrisés Isaac Jogues, René Goupil et Jean Lalande (v. 19 octobre et au 29 septembre). Et c’est le père jésuite Jacques de Lamberville qui la baptisera en 1676, le jour de Pâques, avec le nom chrétien de Kateri (Catherine).

Dès lors, sa ferveur redoubla et elle vécut en grande union avec le Christ crucifié.

Elle avait un grand désir missionnaire : convertir la vallée iroquoise. Elle viendra vivre à La Prairie en 1677 et restera sur les bords du fleuve Saint-Laurent pendant trois ans, non loin de l’actuelle Montréal.

Vingt mois après son baptême, elle reçut avec grande joie l’Eucharistie.

Le père Cholenec, convaincu que la virginité accomplissait son désir de se donner totalement au Christ, lui permit de faire le vœu de virginité perpétuelle, le 25 mars 1679, en la fête de l’Annonciation. Ce fut la première consécration de ce type connue chez les Indiens d’Amérique du Nord.

Kateri pratiquait assidûment le jeûne.

Ayant reçu le sacrement des Malades et le Viatique, elle mourut pieusement le 17 avril 1680 à Kahnawake (province de Québec), consumée par la fièvre. Sa dernière parole fut : Jésus, je t’aime.

Si la date de sa naissance est exacte, elle avait vingt-quatre ans.

On l’a appelée le lys des Agniers.

Déclarée Vénérable en 1943, Bienheureuse en 1980, elle a été canonisée en 2012.

 

 

Won Si-bo Iacobus

1730-1799

 

Won Si-bo Iacobus est un laïc coréen né en 1730 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Cheongju (Chungcheong-do), le 17 (ou le 3) avril 1799 et béatifié en 2014.

Lucien Botovasoa

1908-1947

 

Né en 1908 à Vohipeno (Madagascar SE), Lucien était l’aîné d’une grande fratrie de neuf frères et sœurs, enfants de Joseph Behandry et Philomène Neviantsoa (ou Neviasoa). Joseph était lui-même catholique depuis quelques années, les missionnaires étant arrivés à Vohipeno en 1899. Lucien reçut le baptême en 1922 - sa mère en 1925.

 

Excellent élève, Lucien fut envoyé chez les Jésuites de Fianarantsoa, dont il sortit premier. Revenu à Vohipeno, il y fut alors l’instituteur, à partir de 1928. Ses élèves l’appelleraient désormais Maître Lucien.

 

En 1930, il épousa une jeune fille de seize ans, Suzanne Soazana (apparemment, le nom de famille de cette jeune fille n’est que la transformation du prénom français). Suzanne était illettrée, mais bonne épouse fidèle  et mit au monde huit enfants, dont trois moururent en bas âge.

 

Lucien était un homme très actif. Il lisait beaucoup et étudiait toujours ; outre le malgache classique, il savait le français et le latin, l’allemand et l’anglais, le chinois ; il lisait des textes arabo-malgaches ; il jouait du clairon et de l’harmonium.

 

Instituteur hors pair, il enthousiasmait ses élèves, auxquels il lisait des Vies de Saints d’une façon si vivante qu’ils ne les oubliaient jamais. A l’église, il dirigeait la chorale. En-dehors de l’école, il rayonnait et amenait au baptême beaucoup de ses élèves.

 

Le curé, un bon père lazariste, tomba malheureusement dans l’alcoolisme ; Lucien continua de l’entourer et de l’aider, sans jamais en dire du mal. D’ailleurs, on ne vit jamais Lucien perdre son sourire.

 

En 1940, il fonda une petite fraternité d’esprit franciscain et s’engagea désormais dans la voie de la sanctification ; en dehors des heures d’enseignement à l’école, il s’habillait très pauvrement, la corde autour des reins ; il jeûnait les mercredi et vendredi ; il se relevait la nuit pour prier, et se levait dès quatre heures du matin pour aller adorer le Saint-Sacrement à l’église.

 

A partir de 1947, un courant indépendantiste essaya d’enrôler Lucien, qui refusait catégoriquement de s’occuper de politique. La Semaine Sainte, des massacres se déchaînèrent, les habitants s’enfuirent dans la forêt. Le mercredi de Pâques 9 avril 1947, Lucien revint dans la ville et rassembla ceux qu’il y trouva pour prier.

 

Le 17 avril, on convoqua Lucien au «clan» local ; il s’y attendait depuis longtemps et fit des adieux touchants à sa femme. Il refusa de s’enfuir, car sa fuite aurait déclenché des représailles contre sa femme et ses enfants - dont l’aîné avait quinze ans alors.

 

Au terme d’une longue discussion, durant laquelle Lucien répéta son net refus d’appartenir au groupe politique, il fut condamné à mort par le chef de clan.

 

En partant pour le lieu de l’exécution, Lucien prophétisa au chef des bourreaux qu’il mourrait chrétien.

 

Les bourreaux étaient de ses anciens élèves ; ils n’osaient le frapper ; c’est Lucien qui les exhorta à accomplir leur tâche ; il fut décapité au premier coup de hache.

 

Dix-sept ans plus tard, le chef des bourreaux se convertit effectivement sur son lit de mort, répétant : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur.

 

Martyrisé le 17 avril 1947, Lucien a été béatifié en 2018.

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