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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00

6e dimanche per annum

 

*       *       *

La lèpre occupe dans le Lévitique une place très importante (deux chapitres : Lv 12 et 13). 

On ne contracte cette maladie qu’après un contact prolongé avec un autre malade, et elle cesse d’être contagieuse dès qu’on commence de la soigner, même si ses effets sont encore visibles.

Or, théologiquement, cette maladie ressemble à une autre, spirituelle : l’erreur. On tombe dans une erreur quelconque après avoir fréquenté assez longuement, de façon physique ou seulement intellectuelle, quelqu’un qui se trouve déjà dans cette erreur, mais aussi on est déjà bien soulagé dès qu’on commence de lutter contre cette erreur, même si parfois il n’est pas facile d’en éradiquer toutes les coséquences.

Pour cette similitude, la lèpre était donc vue symboliquement comme le signe extérieur d’un état intérieur fautif, dévié, étranger à la Loi divine. C’était pour cela le rôle du prêtre de la constater et de se prononcer. Ce pécheur, impur, devait être exclu du camp, de même qu’un hérétique, dans l’Eglise, est excommunié.

Dans la Loi, il n’existait pas encore de sacrement pour la réconciliation ; le pécheur devait attendre sa guérison dans la pénitence. On verra tout-à-l’heure dans l’évangile comment Jésus perfectionnera la Loi.

 

*       *       *

Le psaume 101 est un cri confiant du pécheur vers Dieu ; c’est un des psaumes traditionnels «de la pénitence». Le premier verset est chaque jour répété par tous ceux qui prient la Louange des Heures (le bréviaire), pour invoquer la présence de Dieu.

S’adresser à Dieu implique en effet qu’en premier lieu on sache se reconnaître pécheur et qu’on demande pardon. C’est le sens du rite initial de la Messe. 

Après cet appel à la miséricorde de Dieu, le psaume s’achèvera sur une vision de la consolation, du rétablissement de Sion (la colline de Jérusalem, symbole de l’Eglise) où se joindront peuples et royaumes pour rendre un culte à Yahvé (v. 23). 

La réponse de Dieu se manifeste dans son infinie miséricorde. La première antienne de Communion y fait allusion : Ils mangèrent et furent rassasiés, leur attente ne fut pas trompée.

 

*       *       *

Puisque la première lecture est en lien direct avec l’évangile, lisons tout de suite le récit de la guérison du lépreux.

Ce pauvre lépreux vient trouver Jésus, spontanément, librement ; il tombe à genoux, humblement ; et dans un acte de foi sincère, il déclare au Médecin céleste : Tu peux me purifier.

Il n’est pas allé dire cela aux prêtres du Temple, mais il vient le dire à Celui qu’il reconnaît comme seul habilité à remettre les péchés, à Dieu. Il y ajoute cette expression : Si tu le veux…

Nous avons là tous les éléments de notre sacrement de Réconciliation : le pécheur doit y reconnaître son péché, l’avouer au prêtre et vouloir s’en débarrasser, et le prêtre doit avoir cette intention de remettre le péché. Jésus y ajoute ce geste si bienveillant : il le toucha, en signe d’élection, comme s’il lui disait : Toi, toi qui m’as dit ‘si tu le veux’, toi, je te guéris.

Toute faute, tout désordre, appelle une «restauration» ; le pécheur, pour être pleinement pardonné, doit réparer sa faute. C’est le sens de l’injonction de Jésus : Va te montrer au prêtre, qui constatera la guérison, donc le pardon reçu de Dieu. A partir de ce moment, le pécheur guéri reprendra sa place dans l’assemblée.

Les prêtres seuls savent quelle joie ils ont de remettre les péchés aux pénitents ; et ceux qui vont confesser leurs péchés au prêtre peuvent dire quel soulagement ils ressentent en se relevant, absous. 

On fera ici une différence entre l’absolution qu’on reçoit au début de la Messe ou lors d’une cérémonie pénitentielle, et le sacrement proprement dit de la Réconciliation. Dans les deux premiers cas, le prêtre remet les fautes légères aux personnes présentes, avant de passer au Sacrifice ; dans le Sacrement, le prêtre donne l’absolution pour des péchés plus graves ou plus fréquents, après que le pénitent les ait reconnus explicitement et qu’il ait exprimé son ferme désir de s’en amender.

Mais Jésus demande en plus quelque chose de bien particulier à ce cher Converti : Ne dis rien à personne ! 

Comment ne rien dire, quand on est guéri d’une si horrible maladie comme la lèpre ? Oui, Jésus demande la discrétion, car le bruit extérieur, les nouvelles à sensation qu’on colporte, tout ce qui est clamé en gros titre dans la presse quotidienne - ne favorisent pas la vraie conversion du cœur, la vraie conversion que Dieu attend de nous.

L’évangile ne dit pas que le lépreux ait été de quelque façon “puni” d’avoir parlé, mais Jésus se trouve désormais dans l’impossibilité de parler vraiment au cœur des hommes qu’il rencontre, car il est assailli par toute une foule hurlante et délirante qui crie et gesticule, genre de manifestation populaire bien en vogue déjà à l’époque de Jésus, et qui ne favorise guère un climat spirituel de prière.

 

*       *       * 

Comme les dimanches passés, nous lisons les conseils de l’apôtre Paul aux Corinthiens. Dimanche dernier, il s’était concentré sur la nécessité de prêcher la Bonne Nouvelle ; aujourd’hui, il ose des expressions en apparence orgueilleuses sur lui-même : Faites comme moi - Prenez-moi pour modèle.

Saint Paul ne dit pas du tout qu’il est parfait, sans défaut, et qu’il faille l’imiter en tout. Mais comme il a entendu et vu le Christ sur le chemin de Damas (cf. Ac 9), il explique ainsi son comportement : puisque mon modèle à moi, c’est le Christ, vous pouvez être tranquilles que je n’agis qu’en exacte conformité avec le Christ.

Quel Apôtre aurait-il été, s’il avait prêché autre chose que l’enseignement du Christ, et si lui-même vivait autrement que ne le lui a enseigné le Christ ?

N’être jamais cause de scandale par nos façons, tout faire «pour la gloire de Dieu» : conduire la voiture, faire le ménage, ou la cuisine bêcher le jardin, rédiger un devoir à l’école, toute action exécutée le plus parfaitement possible, plaît à Dieu et constitue un bon exemple pour tous ceux qui nous voient.

Puisque Paul parle ici de manger, boire, rappelons-nous la consigne laissée par Jésus à ses disciples : Mangez ce qu’on vous servira (Lc 10:7), contraire à toutes sortes d’abstinence, où certains, même Chrétiens, jugent telle ou telle nourriture «impure» à la consommation. Paul aussi déclarera aux mêmes Corinthiens : Mangez tout ce qui se vend au marché (1Co 10:25).

 

*       *       *

Avec le lépreux, dont l’attente ne fut pas trompée, cherchons à vivre selon (la) grâce divine, pour reprendre l’expression de la Prière du jour.

Cette attente du pardon nous conduira vers l’esprit du prochain Carême.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00

07  FEVRIER

 

III.

S Maximus, évêque à Nole, prédécesseur de s.Félix.

?

S Théopempte, martyr en Grèce.

IV.

S Chrysole (Chryseuil), arménien venu à Comines, martyr.

S Augule (Aule), évêque à Londres et martyr.

S Adauctus, questeur romain, martyr en Phrygie.

S Parthenios, évêque à Lampsaque, thaumaturge.

Ste Iuliana, veuve à Florence . 

S Moïse, solitaire puis évêque en Egypte.

VI.

S Fidèle, évêque à Mérida, venu d’Orient.

S Meldan, ermite irlandais, peut-être aussi évêque.

S Tresanus, d’une famille irlandaise de dix enfants, installé près de Reims comme porcher, ordonné prêtre par s.Remi, actif à Mareuil-sur-Marne.

S Lorenzo Maiorano, évêque à Siponto du temps de l’apparition de s. Michel au Monte Gargano ; il y édifia un sanctuaire en son honneur.

VIII.

S Richard, roi anglais, père des ss. Winebald, Willibald et Walburge, mort subitement à Lucques, au cours de son pèlerinage à Rome.

S Amulwin, abbé à Lobbes.

X.

S Lucas le Jeune, thaumaturge, solitaire en divers endroits de Grèce.

XIII.

B Rizziero, disciple de s. François d’Assise.

XV.

B Antonio de Stroncone, franciscain thaumaturge à Fiesole, aux Carceri (Assise).

XVI.

B Thomas Sherwood, martyrisé à Londres avant même ses études théologiques.

Bx Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, un prêtre et un frère jésuites, dévôts de l’Eucharistie, martyrisés un dimanche à Audenas.

XIX.

S Francesco Pontillo (Egidio Maria de Saint-Joseph), franciscain très humble à Naples, canonisé en 1996.

S Francesco Maria (Giovanni) Lantrua, franciscain de Triora, martyr en Chine, un des cent-vingt canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

Bse Jeanne Marie Rendu (Sœur Rosalie), des sœurs de la Charité, active à Paris, béatifiée en 2003.

Bse Eugénie Smet (Marie de la Providence), fondatrice de la société des Auxiliatrices des âmes du purgatoire, qui gagnèrent même la Chine du vivant de la fondatrice.

B Pie IX (1846-1878), le pape qui proclama le dogme de l’Immaculée Conception et convoca le concile de Vatican I, béatifié en 2000.

Bse Anna Maria Adorni Botti, veuve italienne, fondatrice des Servantes de l’Immaculée, béatifiée en 2010.

XX.

Bse Ludwika Szczęsna (Klara, 1863-1916), co-fondatrice polonaise des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2015.

Bx Anselmo Polanco Fontecha (*1881), évêque à Teruel, martyr en 1939 avec son vicaire général Felipe Ripoll Morata (*1878) après un emprisonnement de plus d’un an, béatifiés en 1995. Ils sont les deux derniers martyrs de cette sombre période de l’histoire espagnole.

B Wojciech Nierychlewski (1903-1942), prêtre polonais de la congrégation de Saint-Michel, martyr au camp d'Auschwitz, béatifié en 1999.

B Alfredo Cremonesi (1902-1953), missionnaire italien martyrisé en Birmanie, béatifié en 2019.

B Petro Verhun (1890-1957), prêtre gréco-catholique ukrainien, visiteur apostolique en Allemagne et relégué en Sibérie, martyr béatifié en 2001.

Maximus de Nole

† 251

 

Il y a eu deux évêques de Nole nommés Maximus : l’un du deuxième siècle, l’autre de la fin du troisième siècle, celui dont on va parler ici, quoique nous n’ayons de lui que fort peu de détails.

Il fut le treizième évêque du siège de Nole (Naples, Campanie, Italie SW).

Dans la notice de Felix de Nole (v. 14 janvier), on a vu comment ce dernier fut ordonné prêtre par l’évêque Maximus.

Vers 250, l’évêque Maximus, déjà malade, par prudence pour son troupeau diocésain, se cacha au moment de la persécution, confiant à Felix le soin des fidèles.

Les persécuteurs vinrent donc arrêter Felix et on l’enferma dans un cachot infect jonché de têts de pots cassés. Ici se renouvela l’intervention racontée dans Ac 12:1-11 : un ange vint libérer Felix et le conduisit immédiatement auprès de Maximus, épuisé de soucis et de privations, mourant.

Felix approcha des lèvres de Maximus une grappe de raisin, qui le réconforta beaucoup ; Felix le prit sur ses épaules et le reconduisit à sa maison, où une sainte femme l’entoura de ses soins.

Maximus mourut bientôt après, peut-être peu de temps après l’arrêt de la persécution (251).

Saint Maximus de Nole est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Parthenios de Lampsaque

4e siècle

 

Parthenios naquit à Melitopolis (Mysie, act. Melitopol, Ukraine SE), sur la Mer d’Azov.

Son père, Christodule (adorateur du Christ), était un diacre.

Parthenios resta ignorant des lettres humaines, mais très savant à propos de l’Ecriture.

Son humble métier consistait à pêcher et à vendre le produit de son travail au profit des indigents.

Vers dix-huit ans, Dieu lui accorda le don des miracles, et particulièrement celui de chasser les démons.

L’évêque Philippos de Melitopolis alors, constatant les vertus de ce nouvel exorciste, lui conféra le sacerdoce.

Parthenios exerça son pouvoir divin aussi pour les animaux : un chien enragé qui venait de rompre sa chaîne, mourut d’un signe de croix que traça Parthenios.

Puis Parthenios fut sacré évêque de Lampsaque (Phrygie, act. Lapseki, Turquie W), dont il convertit la population encore païenne, par ses exhortations patientes, ses prières et surtout ses miracles.

Il obtint de l’empereur Constantin de l’aide matérielle pour édifier une église. Lors des travaux, un ouvrier, Eutychianos, fut renversé sous les roues d’un chariot ; Parthenios le fit ressusciter.

Un autre miracle significatif et édifiant vaut la peine d’être raconté ici : Parthenios était allé rendre visite à l’évêque d’Héraclée (Thrace), qui était très malade ; mais Parthenios sut par une inspiration divine l’origine de ce mal : l’avarice de l’évêque ! Il le supplia de restituer à Dieu le bien des pauvres ; le malade convoqua tous les pauvres dans une église, leur distribua tous ses biens, et guérit trois jours après.

Un jour que Parthenios était en train de chasser un démon, il lui dit : Je connais un homme qui pourrait te recevoir. Et le démon : Qui donc ? Parthenios : Moi ! Le démon alors s’enfuit en hurlant : Comment pourrais-je entrer dans la maison de Dieu ?

On suppose avec juste raison que Parthenios participa au concile de Nicée (325), même si l’on n’en a pas de preuve matérielle.

Saint Parthenios de Lampsaque est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuliana de Florence

4e siècle

 

Iuliana (les Italiens écrivent aujourd’hui Giuliana) était peut-être originaire de Bologne.

Devenue veuve, elle fit construire une basilique à Florence. Cette basilique existait du temps de l’épiscopat de s.Ambroise (v. 7 décembre) et fut donc édifiée au plus tard dans les années 370-380.

C’est l’unique date, et bien approximative, qu’on peut avancer concernant Iuliana.

L’ancien Martyrologe parlait de Iuliana de Bologne, l’actuel de Florence.

Sainte Iuliana de Florence est commémorée le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moïse évêque en Egypte

315-389

 

Si Moïse conduisit le Peuple de Dieu d’Egypte en Terre promise, celui dont il est question ici est un Egyptien, né vers 315, peu de temps après la paix constantinienne, de parents qui sans doute étaient chrétiens.

Mais si Moïse ne reçut pas tout de suite le baptême, il se convertit certainement de très bonne heure. 

Il choisit de se retirer dans la solitude du désert situé entre l’Egypte et la Palestine.

Dieu récompensa ses grandes vertus par le don des miracles, si nombreux qu’il devint célèbre malgré lui.

En 377, la reine saracène Mauvia (en arabe Mâwiiya) s’attaqua aux Romains présents en Syrie et au Liban, réussissant à plier l’empereur Valens, qui dut traiter avec elle. Une des clauses était celle-ci : les Saracènes cesseraient leurs raids s’ils obtenaient un évêque propre, et particulièrement notre Moïse. 

Valens, qui appuyait les hérétiques ariens, tenta de faire consacrer Moïse par Lucius, l’évêque (hérétique) d’Alexandrie, mais Moïse s’y refusa énergiquement. Il fut consacré par un des évêques orthodoxes (fidèles au Credo de Nicée), que Valens lui-même avait envoyés en exil dans le désert du Neguev.

On ne sait pas précisément de quel siège Moïse fut évêque, mais on croit volontiers qu’il fit beaucoup de conversions, défendant la pureté de la foi catholique.

On croit qu’il mourut vers 389.

Saint Moïse, évêque en Egypte, est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lorenzo Maiorano de Siponto

460-545

 

Les troupes du roi goth Theodoric avaient apporté bien des troubles dans la région des Pouilles (Italie) à la fin du 5e siècle. A cette époque, la région de Siponto était encore sous la juridiction de l’empereur d’Orient.

Peu avant 490, les habitants demandèrent un nouvel évêque à l’empereur Zénon de Constantinople. Ce dernier désigna un parent, connu comme Lorenzo Maiorano.

De celui-ci, on sait peu de choses. Son nom n’a rien d’oriental. Sa date de naissance reste hypothétique.

Lorenzo vint d’abord se présenter au pape Gélase, qui le consacra ; il apportait aussi avec lui de précieuses reliques, et surtout une icône mariale, et fut accueilli avec enthousiasme.

Si Lorenzo remplit saintement sa charge et fit construire une église en l’honneur de saint Pierre, il est surtout resté célèbre dans l’histoire pour sa position au cœur de l’apparition de l’archange saint Michel au Monte Gargano.

D’après les récits anciens, un habitant de l’endroit, certain Elvio Emanuele, en 490, perdit un taureau, le plus beau de son troupeau. La bête s’était réfugiée dans la «caverne des mages», repaire d’un mystérieux mage. Elvio, ne pouvant retirer l’animal, pensa le tuer, mais la flèche qu’il lui décocha, revint à lui comme un boomerang. Il en parla à l’évêque Lorenzo, qui lui conseilla de prier et jeûner pendant trois jours.

Passé ce délai, saint Michel apparut en songe à Lorenzo, lui demandant d’ouvrir la grotte au culte chrétien. Mais Lorenzo jugea prudent d’attendre que cette grotte fût libérée du culte païen. Deux ans plus tard, quand la ville fut assiégée par Odoacre, Lorenzo demanda à celui-ci et obtint trois jours de trêve pour la population : saint Michel lui apparut alors de nouveau, promettant qu’il aurait aidé les habitants s’ils attaquaient l’envahisseur. Au bout des trois jours, les Sipontins attaquèrent, et une pluie de grêle et de sable mit en fuite les barbares. Lorenzo alors organisa une procession jusqu’à la grotte (mais sans y entrer) et demanda ensuite au pape quoi faire. Le pape ordonna un jeûne de trois jours, au terme desquels Lorenzo aurait dû consacrer la grotte et l’ouvrir ainsi au culte chrétien. A la suite d’un nouveau songe, saint Michel dit à Lorenzo que le lieu était déjà consacré par sa présence, et qu’il suffisait de prendre possession de la grotte, qui fut alors consacrée à l’archange saint Michel, le 29 septembre 493. C’est l’origine de la fête actuelle du 29 septembre.

Plus tard Lorenzo aurait recouru aussi à l’intercession de saint Michel pour repousser une invasion ; il aurait prophétisé la guerre avec les Goths ; Totila lui aurait fait envoyer un cheval que personne n’arrivait à dompter, et qui se soumit immédiatement à Lorenzo ; Siponto fut alors épargnée.

L’évêque Lorenzo mourut à Siponto, le 7 février 545, peut-être centenaire, peut-être au retour d’un voyage de Constantinople, peut-être victime d’une nouvelle invasion barbare.

La ville de Siponto allait être détruite par les Slaves au 7e siècle et disparut lors d’un tremblement de terre en 1223 ; c’est la ville de Manfredonia, construite par le roi Manfredi, qui la remplaça.

Le pèlerinage de Saint-Michel-au-Mont-Gargano est toujours très fréquenté ; de très nombreuses grâces ont été accordées aux prières des fidèles car, comme l’avait annoncé saint Michel à l’évêque : Là, les péchés des hommes pourront être pardonnés.

L’icône de la Vierge Marie de Siponto, apportée par Lorenzo de Constantinople, a été solennellement couronnée en 1955 par le cardinal Roncalli, futur Jean XXIII (v. 3 juin).

Saint Lorenzo Maiorano est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

 

 

Richard, roi

† 722

 

Richard, né en Wessex, était roi des Saxons situés à l’ouest de l’Angleterre, marié à Wuna ou Winna, une parente de saint Boniface (v. 5 juin). Ils eurent trois enfants : Winebald, Willibald et Walburge (v. 18 décembre, 7 juillet et 25 février).

Lorsque Willibald, à trois ans, fut gravement malade, il guérit par les prières de Richard. 

Il semble que Richard ait abdiqué volontairement. Sa piété le portait à entreprendre alors un long pèlerinage. Il laissa en Angleterre son épouse et la petite Walburge, qui n’avait que dix ans, et emmena avec lui ses deux garçons.

En France, il prit le temps de s’arrêter en divers endroits, Rouen d’abord, quelqu’autre monastère ou lieu de pèlerinage fréquenté et parvint à la ville italienne de Lucques. Il ne devait pas aller plus loin : il y mourut subitement et y fut enterré (722).

On verra aux dates respectives ce que devinrent alors ses deux fils et sa fille.

Les habitants de Lucques cependant, constatèrent que de nombreux miracles s’opéraient au tombeau du pieux roi, qu’ils honorèrent désormais d’un culte soigné.

Suivant le trait particulier qu’on a voulu souligner en Richard, celui-ci a été appelé Richard le Pèlerin, Richard le Saxon, Richard de Wessex, et aussi Richard de Souabe, dont il aurait été originaire d’après un autre récit moins autorisé.

Saint Richard est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

L’auteur de la Chanson d’Antioche, Richard le Pèlerin, du 12e siècle, n’a rien à voir avec le roi s.Richard.

 

 

Lucas le Jeune

890-946

 

Lucas naquit vers 890 en Thessalie (Grèce), où ses ancêtres s’étaient réfugiés lors des invasions sarrasines. 

Jeune, il pratiqua des abstinences extraordinaires, que ses parents voulurent faire cesser mais, voyant qu’elles venaient chez lui d’une inspiration divine, ils le laissèrent libre de continuer.

Appliqué à la garde des troupeaux, Lucas montra une grande générosité à l’égard des pauvres. 

Désireux de mener la vie monastique, il s’éloigna un jour de la maison paternelle, mais tomba entre les mains de soldats, qui lui reprochèrent d’avoir abandonné les parents. L’épisode aurait pu se terminer de façon banale, mais le garçon affirma que c’est Dieu qui l’appelait. Les soldats alors se moquèrent de lui, le maltraitèrent, l’enfermèrent et ne lui rendirent la liberté qu’après plusieurs jours. Quand Lucas raconta son aventure aux parents, ils se moquèrent bien de lui, eux aussi.

Deux moines rentrant de Rome s’étant arrêtés sous le toit paternel, Lucas supplia ses parents de le laisser partir avec eux ; les moines le conduisirent à un monastère d’Athènes, où il reçut l’habit de novice. Mais le supérieur, ayant appris que la mère de Lucas priait pour le retour de son fils, lui conseilla de retourner chez lui. Lucas obéit.

Quatre mois plus tard, il obtint la permission de se retirer sur le mont Ioannitsis, non loin de l’isthme de Corinthe. Là, il passait les nuits en prière. Un jour qu’il voulut rendre visite à un supérieur de monastère, et qu’on cherchait à l’y retenir, il résista fortement et regagna sa solitude. Il y resta sept années.

Une invasion de Bulgares l’obligea à se réfugier plus au sud. A Patras, il se mit au service d’un stylite (solitaire vivant seul sur une colonne, séparé du monde) : ce dernier cependant, pour le mettre à l’épreuve, ne cessait pas de l’insulter et de le rouer de coups, ce que Lucas supportait humblement - et pendant dix ans.

Après cette longue épreuve, il reprit sa vie solitaire, puis regagna le mont Joannitsis, où il reçut la visite de l’évêque de Corinthe.

Lucas fut favorisé de grâces extraordinaires : miracles, connaissance des pensées secrètes et de l’avenir, expulsion des démons, qu’il chassait d’un signe de croix. A un vieux moine malade, il rappela que la maladie est utile à la perfection de l’âme, puis il le guérit.

Les années passaient, et Lucas dut changer plusieurs fois d’habitation ; il se fixa finalement à Soterium, où il resta sept années, jusqu’à la mort. Aux foules qui, désormais, venaient le voir et le consulter, il annonça sa mort et désigna l’endroit où il voulait être enseveli.

Sa dernière parole fut : En toi, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30:6). Il s’éteignit vers 946.

Saint Lucas le Jeune, surnommé aussi le Thaumaturge, est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

Nota. Il est dit que le qualificatif de le Jeune a été donné à Lucas pour le distinguer de l’Ancien, «mort plus d’un siècle avant lui et qu’on vénère le 6 novembre», et d’autre part qu’il ne faut pas le confondre avec un autre Lucas le Jeune, stylite, «à peu près contemporain» et commémoré le 11 décembre. Nous n’avons trouvé trace ni de l’un ni de l’autre.

Rizziero de Muccia

? - 1236

 

Rizziero (on trouve parfois Rizzerio) naquit à Muccia (Marches, Italie CE) dans une famille aisée, et partit étudier à l’université de Bologne, où il se lia d’amitié avec Pellegrino de Falerone (v. 27 mars).

Un 15 août, ils y entendirent prêcher Francesco d’Assise (v. 4 octobre), à son retour de Palestine.

Touchés et convaincus par les exhortations de Francesco, ils décidèrent sur le champ d’abandonner le monde et ses tentations, pour demander à Francesco de les admettre. Ce dernier fut illuminé sur eux. A Rizziero il prédit :  Tu seras prêtre, tu exerceras l’apostolat, tu serviras Dieu et tes frères dans les charges de l’Ordre.

On note ici l’esprit franciscain de la «charge» : toute charge est un service à rendre aux frères, et non une forme de gouvernement. Un supérieur de couvent (on le nomme gardien chez les Franciscains) est là pour aider, non pour imposer son autorité.

Rizziero, donc, fut admis dans la familiarité de Francesco et devint un religieux d’une rare prudence et d’une vertu consommée.

Devenu ministre (=serviteur) provincial dans les Marches, il s’appliqua à maintenir les religieux dans la parfaite observance de la règle, surtout de la pauvreté.

Il subit une pénible épreuve : le Démon l’aveugla, lui fit croire qu’il était damné, et que Francesco ne priait plus pour lui. Il cherchait, mais en vain, à dominer cette pensée par des jeûnes et des macérations, mais rien n’y faisait. Il se décida à aller trouver Francesco lui-même, pensant : S’il me reçoit avec sa tendresse habituelle, je reprendrai espoir. Or Francesco fut divinement averti de son arrivée et envoya au-devant de lui deux Frères pour lui faire dire qu’il était l’un des Frères les plus chers à son cœur.

Ayant entendu ces bonnes paroles, Rizziero reprit courage et se hâta d’arriver auprès de Francesco, qui lui confirma ce qu’on venait de lui dire. Désormais, la tentation disparut et Rizziero vécut encore dix années dans son couvent de Muccia, plein de mérites, de miracles aussi.

Son dies natalis est maintenant au 7 février dans le Martyrologe Romain.

Le culte qu’on lui rendait a été confirmé en 1838.

 

La bibliothèque Vaticane possède un manuscrit de deux pages contenant une exhortation du bienheureux Rizziero :

Quiconque veut parvenir à la connaissance de la paix par un chemin rapide et direct, et posséder pleinement cette paix dans son âme, doit d’abord se dépouiller de l’amour de toute créature et de soi-même, ensuite s’abandonner entièrement à Dieu, sans se réserver pas même le temps, dont on ne doit plus disposer selon son propre attrait, mais toujours selon l’appel de Dieu et sa sainte vocation.

 

 

Antonio Vici de Stroncone

1381-1461

 

Antonio vit le jour en 1381 à Stroncone (Italie), dans la famille des Vici. Ses parents, Lodovico et Isabella, appartenaient au Tiers-Ordre franciscain.

Il eut l’inspiration de mater son petit corps par des jeûnes, des privations, des veillées de prière. A douze ans, il obtint - non sans peine, en raison de son âge - de porter l’habit franciscain chez les Observants de Zoccolanti.

Après sa profession, il fut envoyé à Fiesole, où il se trouva sous la direction de son oncle paternel, Giovanni Vici.

Treize ans plus tard, Antonio fut nommé maître des novices en second, aux côtés de Tommaso de Florence (v. 31 octobre), qu’il assista aussi dans la lutte contre les fraticelles, des communautés isolées qui n’obéissaient à aucune autorité.

En 1431, Antonio fut nommé au couvent des Carceri d’Assise. Il devait y rester trente années, comme humble quêteur, donnant beaucoup de temps à la contemplation… et à des austérités effrayantes. Il chérissait l’obéissance envers ses supérieurs, et recherchait les occupations les plus humbles. Jamais un murmure, jamais une plainte ne sortirent de sa bouche.

Dieu lui donna le don des miracles et de prophétie.

La dernière année de sa vie, il fut appelé au couvent de San Damiano, où il mourut le 7 février 1461.

Son culte immémorial a été approuvé en 1687.

 

 

Thomas Sherwood

1551-1578

 

Les parents de Thomas eurent les premiers à souffrir pour leur foi et subirent la prison.

Thomas naquit en 1551 à Londres et, après ses premières études, aida son père qui tenait un commerce de laine, pendant une dizaine d’années.

C’était un homme d’esprit, équilibré, bien instruit dans les choses de la religion, et volontiers actif parmi les Catholiques pauvres. Fin et de bonne constitution, il se montrait toujours gai, et le resta jusqu’à son martyre.

Ressentant l’appel au sacerdoce, il prit ses dispositions pour son voyage à Douai et ses études au Collège anglais. Mais il fut trahi. Arrêté et interrogé par le juge, il déclara ne rien savoir ni de la bulle papale ni de l’excommunication de la Reine, mais ajouta qu’à son avis, si la Reine était effectivement excommuniée, ses décisions pourraient perdre leur légitimité. Pour cela, Thomas fut détenu à Westminster.

A partir du 17 novembre 1577, il fut enfermé à la Tour de Londres, dans un strict isolement qui empêchait tout contact, et s’il ne voulait pas dire ce qu’on voulait lui faire dire, il serait enfermé au cachot, avec les rats.

Il fut interrogé plusieurs fois, subit le chevalet pour avouer où il avait entendu la Messe, et qui y était présent, mais il demeura inébranlable. Il subit encore le supplice du chevalet avant d’être jeté dans un sombre et humide cachot, absolument nu, sans nourriture, et devant s’étendre sur la terre battue. Ses amis ne purent lui apporter le moindre soulagement, sauf un peu de paille, que lui fournit William Romper.

Il passa en jugement le 3 février 1578, fut reconnu coupable de haute trahison pour avoir refusé l’autorité suprême de la Reine sur l’Eglise, et fut exécuté à Tyburn quatre jours plus tard, le 7 février 1578 ; il avait vingt-sept ans.

Thomas est un de ces Martyrs anglais dont le culte fut reconnu en 1886, et qui sont désormais comptés parmi les Bienheureux.

 

 

Jacques Salès

1556-1593

 

Il naquit le 21 mars 1556 à Lezoux (Puy-de-Dôme), d’un père attaché au service de l’évêque, ce qui valut au garçon une bourse pour étudier au collège jésuite de Billom.

Jacques, unique fils de ses parents, hésita un peu avant de parler de sa vocation, car il savait que ses parents comptaient sur lui. Mais l’appel de Dieu fut plus fort.

Ayant postulé son admission, Jacques fut envoyé suivre le cours de rhétorique au Collège de Clermont de Paris, puis fit le noviciat à Verdun.

Il fit la profession en 1575 ; on l’envoya faire la philosophie à Pont-à-Mousson et il repartit au Collège de Clermont d’où il sortit maître ès arts ; en même temps qu’il faisait la théologie au même Collège, il enseignait à Pont-à-Mousson.

Ordonné prêtre en 1585, son enseignement philosophique provoqua une réelle admiration ; il reçut aussi, en 1587, le doctorat en théologie.

Cette célébrité ne l’aveuglait pas ; sa dévotion allait à l’Eucharistie ; son désir, aux missions des Indes ; son aspiration suprême, au martyre.

Fin 1589, il fut envoyé se reposer à Dole (Jura), d’où il partit prêcher à Ornex, répandant la dévotion eucharistique.

En 1590, il fut nommé théologien à Tournon, d’où il «missionna» jusqu’à Valence, et Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité qu’il eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume Saultemouche, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

 

 

Guillaume Saultemouche

1557-1593

 

Il naquit à la fin de 1557 près de Saint-Germain-l’Herm (Puy-de-Dôme) d’un petit commerçant, d’origine italienne, et d’une mère française.

Il se trouvait employé dans le même collège jésuite de Billom où étudiait Jacques Salès, futur Jésuite.

Ce bon garçon n’avait aucune attirance pour l’étude et resta illettré, mais avait une âme toute pure, qui lui donnait toute sa science. Il demanda à être admis comme Frère coadjuteur.

En 1579 commença son aventure religieuse. Il fut portier et cordonnier au service des Jésuites,  à Pont-à-Mousson, à Verdun, à Lyon, à Tournon. 

C’était un Frère plein d’attentions, d’une parfaite obéissance. Il avait en outre une profonde dévotion envers l’Eucharistie, devant laquelle il passait de longues heures en prière, son chapelet à la main. On l’appelait l’ange en forme humaine.

On le désigna pour accompagner le père Jacques Salès à Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité que Jacques eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia avec Guillaume chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

Francesco Pontillo

1729-1812

 

Francesco naquit à Taranto (Pouilles, Italie du Sud) le 16 novembre 1729, de Cataldo et Grazia Procaccio, aîné de quatre enfants.

Il reçut au baptême les noms de Francesco, Antonio, Pasquale, qui furent comme d’involontaires présages de sa vie franciscaine : franciscain, il répétera les miracles de s.Antoine de Padoue, la ferveur eucharistique de s.Pasquale.

Francesco grandit dans la ferveur : visites au Saint Sacrement, dévotion à Marie, membre de la confraternité du Rosaire.

Il est probable qu’il restât quasi illettré, car tout jeune il fut envoyé travailler chez un tanneur, tout en conservant ses habitudes de dévotion : avant d’aller travailler, il assistait à la messe et communiait, en commençant son travail il faisait un grand signe de croix… au point que son patron disait : Depuis que j’ai Francesco chez moi, ma boutique est devenue un oratoire.

Le père de Francesco mourut en 1747, et Francesco dut travailler suffisamment pour nourrir sa mère et ses petits frères. Il se mit alors au métier de cordier, un peu plus rentable que l’autre, ce qui lui permit aussi d’aider les pauvres, sans rien conserver pour lui-même.

Il souffrit de voir sa mère se remarier, mais son beau-père eut la bonté de le laisser libre de son travail, de son salaire et de ses devoirs familiaux, de sorte qu’il put librement choisir la voie religieuse à laquelle il aspirait depuis longtemps.

A vingt-quatre ans donc, il entra chez les Franciscains de Taranto, dans la branche des réformés ou Alcantarini. Il prit d’abord le nom de Egidio (Gilles) de la Mère de Dieu, puis préféra Egidio Maria de Saint-Joseph, en référence à l’humble vie de la Sainte Famille de Nazareth.

Le noviciat eut lieu à Galatone. Puis il passa à Squinzano, puis à Naples en 1759, au couvent de saint Pasquale de Chiaia.

D’abord à la cuisine, il s’occupa ensuite du tissage de la laine, puis devint le portier du couvent, toujours aimable et délicat avec les visiteurs, quels qu’ils fussent. Il faut préciser ici que, selon la volonté du fondateur et réformateur Pedro di Alcantara, la charge de portier doit être confiée au meilleur des frères, car c’est de ce premier contact que les visiteurs conserveront un bon sentiment de tout le couvent.

De fait, la patience du frère Egidio, sa charité, sa douceur, furent les qualités dont parlèrent bien vite tous les malheureux de Naples, et ils étaient nombreux, qui venaient frapper à la porte. Constatant cette sainteté peu commune, les supérieurs nommèrent ensuite Egidio quêteur, charge qu’il devait exercer dans les rues et places publiques, et qu’il recouvra durant un demi-siècle.

Bien sûr, Egidio ne se contentait pas de demander de l’argent : il parlait, il visitait, il consolait, il transmettait la paix, il écoutait ceux qui lui confiaient des intentions de prières, il partageait les peines et les chagrins de tous. La journée finie, il repartait aux pieds de Notre-Dame du Puits, où il passait la nuit à prier, à pleurer, à implorer pour les malades, les familles pauvres, les égarés, les pécheurs. Il mérita bientôt le surnom de Consolateur de Naples.

Finalement, tous recouraient à lui, croyants ou sceptiques. On ne compte pas les effets miraculeux de sa prière, qu’il dissimulait en exhibant une relique de saint Pasquale Baylon qu’il conservait toujours. Les miracles qu’on lui attribua sont légion : guérisons, prédictions, multiplications de fruits ou légumes, résurrections même… 

On cite universellement ce miracle vraiment extraordinaire, concernant une génisse appartenant au couvent.

Celle-ci se promenait souvent par les rues de Naples, avec au cou le nom du couvent (San Pasquale), et rentrait fidèlement tous les soirs ; elle s’appelait Catarinella (Catherinette). Un jour, elle ne revint pas. Egidio va droit à la boutique d’un certain boucher et lui intime l’ordre d’aller à «telle» grotte, qui servait à l’époque de chambre froide : Catarinella avait déjà été mise en morceaux. Egidio se fait apporter la peau de la bête, y replace tous les morceaux, recoud la peau et, avec un grand signe de croix proclame : Au nom de Dieu et de saint Pasquale, Catarinella, lève-toi et… au couvent ! Et la bête s’en revint «chez elle».

Egidio souffrait déjà d’une douloureuse sciatique ; il prit en plus un asthme pénible, compliqué d’une «hydropisie» ou œdème de poitrine et finalement mourut le 7 février 1812.

Il fut béatifié en 1888 et canonisé en 1996.

 

 

Francesco Maria Lantrua

1760-1816

 

Francesco naquit le 15 mars 1760 à Molino (Triora, Ligurie, Italie), de Antonio Maria Lantrua et Maria Pasqua Ferraironi.

Après quelques études chez les Barnabites de Porto-Maurizio, il entra en 1777 chez les Frères Mineurs Conventuels de Rome, où il prit le nom de Giovanni (Jean), rendu en chinois par Liu Fangji ou Liu Fang-chi.

Ordonné prêtre en 1784, il enseigna d’abord la théologie à Tivoli, Tarquinia. Gardien (c’est-à-dire supérieur) à Tarquinia, Velletri et Montecelio, il fut ensuite envoyé comme missionnaire en Chine, où il arriva à Macao en 1800 : il commença par se vêtir à la chinoise, apprendre le chinois, et initia son activité de prédication.

Il exerça le ministère sacerdotal parmi sept-mille fidèles, résidant surtout à Wangijawan (Hanzhong).

A partir de 1812 il travailla dans le vicariat apostolique de Hu Guang.

Arrêté pour activité «subversive», il célébra la messe pour la dernière fois le 26 juillet 1815. Il fut arrêté avec d’autres fidèles, torturé et mis en prison.

Le 7 février 1816, il fut conduit au lieu du supplice : après avoir fait le signe de la croix, il s’inclina cinq fois, à la manière des Chinois chrétiens, en signe de reconnaissance à la Sainte Trinité : pour la création, pour la rédemption, pour la foi, pour la grâce des sacrements, pour toutes les grâces reçues.

Lié à une croix, il fut étranglé avec une corde qu’on lui serra autour de la gorge, à Changsha (Hunan).

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

 

Jeanne-Marie Rendu

1786-1856

 

Jeanne Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris.

Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres refusent ce serment. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace : Prenez garde, je dirai que Pierre n'est pas Pierre. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation.

C'est dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère.

La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites sœurs.

Au lendemain de la Terreur, madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité.

En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande.

Le 25 mai 1802, Jeanne Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle va avoir 16 ans ! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les voyageuses sont accueillies par cinquante jeunes en formation. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans !

La soif d'action, de dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie s'engage par vœux au service de Dieu et des pauvres.

En 1815, Sœur Rosalie devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle, d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante.

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres charitables va s'établir pour contrer la pauvreté.

Elle répétait souvent : Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau. Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance : elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul : Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu. Comme l'affirme une sœur, elle vivait continuellement en la présence de Dieu : avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau.

Elle était attentive à assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait : Ma Sœur, commençons notre oraison !. Elle en indiquait le plan, la division en peu de mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu : elle lui parlait de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde : Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue, disait-elle.

Les pauvres eux-mêmes avaient remarqué sa manière de prier et d'agir, rapporte une de ses compagnes. 

Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des âmes.

Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres !

Les pauvres vous diront des injures, plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes — disait-elle — Rappelez-vous ces haillons qui vous cachent notre Seigneur.

Les Supérieurs lui confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie : Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier ; et si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même. En raison du nombre croissant de sœurs, le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu.

Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au-delà , les villes de province. Les dons affluent vite. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent des évêques, des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint Vincent de Paul. Elle était au centre du mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXe siècle.

Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues!

Durant les journées d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants. Sœur Rosalie souffre : elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent l'admiration.

Lorsque l'ordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire.

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur : elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter.

De santé fragile, Sœur Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse, l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle. 

Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie.

De nombreux articles de presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des sentiments du peuple.

L'Univers, principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot, écrit dès le 8 février : Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris : ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux.

Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : Les malheureux du 12e arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable : la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier.

Le journal officiel de l'Empire, le Moniteur, loue l'action bienfaisante de cette Sœur : Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante-deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège.

Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos réservé aux Filles de la Charité, le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. 

Sur la tombe toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots : À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture : hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.

Il y a à Paris une Avenue Sœur Rosalie, dans le 13e arrondissement.

Sœur Rosalie a été béatifiée en 2003, et inscrite au Martyrologe le 7 février.

 

 

Eugénie Smet

1825-1871

 

Eugénie Marie-Joseph Smet est née le jour de l’Annonciation, le 25 mars 1825, à Lille en France, dans une famille aux traditions chrétiennes solides. 

Très tôt l'action de la grâce se fait sentir dans son âme, et deux choses la fascinent surtout: le Purgatoire et la Divine Providence. Mon Dieu, prie-t-elle à l'âge de 12 ans, vous êtes ma Providence : ah ! si je pouvais un jour être la vôtre ! Alors qu'elle cherchait le moyen d'«être la providence de Celui qui la comblait de biens», elle se fit cette réponse: Ah ! voici comment je serai la providence du bon Dieu: Il aime tant les âmes du Purgatoire et il ne peut les délivrer à cause de sa justice ! eh bien ! moi, je lui donnerai ces âmes qu'Il aime et je demanderai à tout le monde de Lui en donner par des prières et par de petits sacrifices.

Bien que décidée à secourir les âmes du Purgatoire, Eugénie ne sait pas encore à quel genre de vie Dieu l'appelle. Le jour de la Toussaint 1853, pendant la Sainte Messe, l'inspiration d'établir une association de prières et de bonnes œuvres pour les âmes des défunts lui est donnée. Le lendemain, jour de la Commémoraison des fidèles trépassés, cette pensée lui vient : Il y a des communautés qui répondent à tous les besoins de l'Église militante, mais il n'y en a aucune qui soit entièrement consacrée à l'Église souffrante par la pratique des œuvres de zèle et de charité. Ce sera là l'idée maîtresse de l'Association, et de l'Institut religieux qui en sortira. 

Eugénie, qui deviendra Mère Marie de la Providence, avait toujours eu l'intuition que les œuvres de miséricorde, surtout celles qui sont faites en faveur des pauvres de ce monde, sont le moyen le plus efficace pour secourir les pauvres de l'au-delà. En se faisant les servantes des pauvres, des malades, des prisonniers, des vieillards, en un mot de tous les nécessiteux, les Auxiliatrices des âmes du Purgatoire réaliseront l'idéal de leur fondatrice : Prier, souffrir et agir pour les âmes du Purgatoire.

La fondation d'un ordre religieux passe toujours par le creuset de l'épreuve. Mille angoisses vont assaillir le cœur de la Mère Marie de la Providence: désolations intérieures profondes, dénuement matériel complet. Mais la Providence ne lui manque jamais. Un jour, alors que son âme est éprouvée par de profondes amertumes, elle confie ses perplexités au saint curé d'Ars. Celui-ci lui fait répondre: M. le Curé sourit au récit de toutes vos épreuves, et il me charge de vous dire que ces croix sont des fleurs qui bientôt donneront leurs fruits... Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous? Dans une autre lettre, il conclut ainsi: Une maison qui s'élève sur la croix ne craindra plus l'orage ni la pluie: c'est le sceau divin.

Pendant que son Institut étend ses ramifications en France et à l'étranger, Mère Marie de la Providence gravit son calvaire, rongée par un mal qui ne lui laisse aucun répit. Accablée par la souffrance, elle garde extérieurement sa tranquille assurance, sa ferveur et sa gaieté communicatives. Personne mieux qu'elle ne sait consoler toutes les peines, répandre la confiance et la paix. Toute ma force, répète-t-elle souvent, est dans la vue de mon crucifix. Son ardente charité la consume entièrement pour Dieu et les âmes. 

En 1870, au plus fort de la guerre franco-allemande, les pensées de la Mère l'emportent davantage encore au Purgatoire : Mon Dieu, s'écrie-t-elle, que d'âmes paraissent devant vous ! Mon Jésus, miséricorde ! Je ne puis plus penser à autre chose qu'aux âmes qui entrent dans leur éternité. Ceci au moins est une vérité ! et quelle vérité ! 

Le 7 février 1871, la sainte fondatrice rend doucement son âme à Dieu. Elle avait vécu sur la croix, la croix lui ouvrait le Paradis. Attachons-nous à la croix, avait-elle dit peu de temps auparavant: elle est notre unique espérance... La vie est si courte...! et l'éternité ne finira jamais. Soyons déjà de l'éternité.

Elle a été béatifiée en 1957 et se trouve inscrite au Martyrologe le 7 février.

Pie IX

1846-1878

 

Giovanni Maria était le fils du comte Girolamo Mastai Ferretti et de Caterina Solazzi, une famille installée dans les Marches d’Ancône depuis plusieurs siècles. Ce comte était le maire de Senigallia, où naquit Giovanni Maria, le dimanche 13 mai 1792, aîné de neuf enfants.

Après ses études chez les Clercs réguliers de Ecoles Pies (Piaristes) de Volterra (Toscane), il étudie la philosophie et la théologie à Rome et sera ordonné prêtre en 1819.

Son entrée aux Gardes Nobles lui a été refusée, car il était sujet à l’épilepsie. 

Prêtre, il est nommé directeur spirituel d’un grand orphelinat romain puis, en 1823, est envoyé à la nonciature du Chili.

A son retour en 1825, il est nommé chanoine de Sainte-Marie in Via Lata et directeur de l’établissement Saint-Michel, où quelque deux mille élèves reçoivent une formation professionnelle (c’est la première école européenne de cette envergure).

En 1827, il est nommé évêque de Spolète, transféré à Imola en 1832, et créé cardinal en 1840.

Il est élu deux-cent cinquante-cinquième pape en 1846, pour succéder à Grégoire XVI. Le conclave n’avait pas duré vingt-quatre heures. L’élu prit le nom de Pie IX, en hommage à Pie VII.

Après comme avant son élection, Pie IX conserva un régime frugal et un horaire soutenu, consacrant chaque jour cinq heures à la prière, et treize au travail.

A cette époque, les Etats Pontificaux couvraient de larges provinces en Italie, et le pape en était le souverain. Pie IX voulut y apporter des réformes innovatrices (liberté de presse), créer un gouvernement composé majoritairement de laïcs, apporter des modernisations (chemin de fer, télégraphe, éclairage public).

Le pape est toutefois écartelé entre sa volonté d’ouverture et la pression des libéraux qui pensent s’appuyer sur lui pour «libérer» l’Italie et créer l’unité italienne autour du roi du Piémont. Une émeute à Rome oblige le pape à rester retranché dans son palais du Quirinal, pendant huit jours, au terme desquels l’ambassadeur de France réussit à le faire sortir sous un déguisement. Le pape se réfugie à Gaète (1848).

En 1849, une «assemblée nationale» s’établit à Rome et procède à une première persécution religieuse : expulsion des congrégations, confiscation de leurs biens, pillage des églises ; des bandes sillonnent les Etats Pontificaux et se livrent aux pillages, massacres, incendies.

La France envoie des troupes, conduites par le général Oudinot, pour évacuer de Rome les révolutionnaires. Le pape peut rentrer dans Rome triomphalement en avril 1850.

Toujours en 1850, le pape crée quatorze cardinaux et, jusqu’en 1860 procédera à cinquante-six béatifications. Il appuiera les congrégations bénédictines de Subiaco et du Mont-Cassin, ainsi que le retour en France des Dominicains et des Franciscains, précédemment chassés par la Révolution.

En France, de nombreuses nouvelles congrégations vont être fondées, entre autres les Missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, les Religieux de Notre-Dame de Sion (par les frères Ratisbonne), les Sacramentins (par s.Pierre-Julien Eymard), le Prado (par le père Antoine Chevrier)… En Italie aussi de très nombreux Instituts virent le jour, particulièrement les Salésiens de saint Giovanni Bosco.

 

En 1854, le pape proclame le dogme de l’Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis, confirmée par les apparitions de Lourdes en 1858. En 1856, la fête du Sacré-Cœur est étendue à toute l’Eglise.

L’agitation en Italie n’était pas calmée ; des mesures anti-cléricales frappaient l’Eglise. En 1855 Pie IX dut fulminer l’excommunication contre tous les violateurs des libertés de l’Eglise.

Pendant ce temps, Napoléon III, après avoir soutenu Victor-Emmanuel contre les Autrichiens, devait maintenant aussi soutenir le pape ; deux Italiens voulurent alors attenter à la vie du couple impérial : l’attentat à l’Opéra de Paris, où trois bombes provoquèrent huit morts et cent quarante-huit blessés, laissa cependant l’empereur indemne ; et leurs auteurs (Orsini et Pieri) furent condamnés à mort. Ensuite Napoléon III promit à Cavour de l’aider à expulser les Autrichiens d’Italie (batailles de Montebello, Palestro, Magenta, Solferino). 

Les révolutionnaires italiens continuèrent leurs machinations ; le gouvernement français lâcha alors la papauté. Pie IX appela le général de Lamoricière pour constituer un corps spécial, les zouaves pontificaux.

Victor-Emmanuel s’étant proclamé roi d’Italie, avec Rome comme capitale, Napoléon décida de se retirer de Rome. Garibaldi s’en prit aux détachements pontificaux, fut battu par le colonel de Charette à Nerola puis par le général Kanzler à Mentana (1867).

Entre temps le Pape continuait de s’occuper de l’Eglise malgré ces événements politiques. Il canonisa les Martyrs japonais (5 février), saint Josaphat Kuncewicz (12 novembre), les Martyrs de Gorcum (9 juillet), saint Paul de la Croix (18 octobre), saint Leonardo de Porto-Maurizio (26 novembre), sainte Germaine Cousin (de Pibrac, 15 juin)…

L’encyclique Nullis certe vobis (1860) condamne la politique de Napoléon III ; Quanta cura et le Syllabus (1864), condamnent le rationalisme et le naturalisme ; Etsi multa (1873) condamnera le césarisme. 

Pie IX convoque le concile de Vatican I qui s’ouvre le 8 décembre 1869. A la totale unanimité, les pères du concile approuvèrent une Constitution dogmatique sur la foi catholique ; puis à l’unanimité moins deux voix, le dogme de l’Infaillibilité pontificale. 

Il était temps d’achever ce Concile : après la défaite de Sedan et la chute de l’empereur Napoléon III, le général Cadorna s’empara de Rome et Pie IX dut capituler définitivement (1870). Rome fut entièrement saccagée, tous les bâtiments officiels réquisitionnés par le pouvoir civil (y compris le palais du Quirinal), toutes les subventions aux hôpitaux et autres œuvres de bienfaisance furent supprimées. Le Pape restait enfermé dans le Vatican.

Pie IX s’éteignit le 7 février 1878. Son pontificat, le plus long de l’histoire après saint Pierre, avait duré trente-deux ans. Son successeur fut Léon XIII.

Pie IX a été béatifié en 2000.

 

 

Anna Maria Adorni

1805-1893

 

Anna Maria naquit à Fivizzano (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 19 juin 1805, et perdit son père à quinze ans. Elle se retira avec sa mère à Parme, où elle épousa en 1826 Domenico Botti, un employé de la maison ducale de Parme. 

De leurs six enfants, l’unique qui resta en vie, devint moine bénédictin.

Après la mort de son mari (1844), cette veuve bien éprouvée par tant de deuils se mit à visiter les prisonnières et à accueillir les filles de la rue. D’autres pieuses personnes se joignirent à elle et formèrent une Pieuse Union de dames qui visitaient les prisons, approuvée par la duchesse de Parme.

De là se forma l’institut du Bon Pasteur pour accueillir les ex-prisonnières et les réinsérer dans la société, ainsi que pour venir en aide aux jeunes filles et fillettes abandonnées.

Anna Maria (qu’on appelait désormais Carolina Botti) donna naissance, avec huit compagnes, à la congrégation des Servantes de l’Immaculée (Ancelle dell’Immacolata), qui fut approuvée en 1893.

L’évêque qui guidait le diocèse de Parme à l’époque d’Anna Maria, était Guido Maria Conforti (v. 5 novembre) : il écrivit que la charité de cette femme était sans limites. En effet, Anna Maria était près de toutes celles qui étaient en difficulté, qui souffraient physiquement ou moralement.

Anna Maria était aussi appelée le Rosaire vivant, tant elle passait de temps à prier, spécialement durant le mois du Rosaire (octobre).

Elle mourut le 7 février 1893, et fut béatifiée en 2010.

 

Le miracle obtenu par son intercession et qui servit à la béatification, fut la guérison totale et inexplicable d’un homme frappé d’encéphalite léthargique, père d’une des Religieuses de cette congrégation.

 

 

Ludwika Szczęsna

1863-1916

 

Elle naquit le 18 juillet 1863 à Cieszki (Lubowidz, Żuromin, Pologne), sixième des sept enfants de Anton et Franciszki Skorupska, qui la firent baptiser le 24 juillet suivant. 

Les parents n’étaient pas fortunés et durent plusieurs fois déménager, à la recherche d’un meilleur emploi. Ludwika ne put aller à l’école. Elle reçut son éducation à la maison jusqu’à douze ans, quand mourut la maman. Le papa se remaria avec Antonina Wieckowska, qui n’avait que cinq ans de plus que Ludwika.

A dix-sept ans, elle déclara franchement à son père, qui voulait la marier, qu’elle préférait se consacrer à Dieu. Elle quitta la maison et partit à Mława, où elle travailla comme couturière.

En 1864, l’autorité russe voulut supprimer tous les monastères de Pologne. Pour pallier à ce vide, un prêtre fonda beaucoup d’Associations pieuses, dont les membres laïcs vivaient dans le monde comme consacrés. Ce prêtre était le b. Honorat Koźmiński (v. 16 décembre).

En 1885, Ludwika en devint la fille spirituelle et fréquenta les Servantes de Jésus, une des fondations du père Honorat. C’était apparemment une boutique de tailleur, qui cachait un véritable noviciat.

Elle ouvrit alors un refuge pour femmes à Lublin. Découverte, elle dut se replier à Varsovie, puis à Cracovie.

En 1893, elle rencontra s. Józef Sebastian Pelczar (v. 28 mars), avec lequel elle fonda les Servantes du Sacré-Cœur de Jésus (1894), dont le but était de propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur. C’est alors qu’elle prit le nom de Klara en souvenir de sainte Chiara d’Assise (v. 11 août).

En 1903, on diagnostiqua à Klara un cancer, qui ne fut opéré qu’en 1910. Dans l’intervalle, elle visita la nouvelle maison ouverte en Alsace et fit le pèlerinage à Lourdes.

En 1907, elle fut élue Supérieure générale et ouvrit plus de trente maisons, au service des femmes et des malades ; les Religieuses assistèrent les jeunes mamans dans les crêches, les jeunes filles en leur enseignant la couture, les enfants au catéchisme ; l’œuvre intensifia beaucoup son activité au moment de la Première Guerre Mondiale.

C’est durant cette période que Klara mourut, le 7 février 1916, à Cracovie.

Elle fut béatifiée en 2015.

 

 

Felipe Ripoll Morata

1878-1939

 

Felipe naquit le 14 septembre 1878 (fête de la Sainte Croix) à Teruel, dans une famille pauvre, mais riche de foi.

Ordonné prêtre en 1901, il fut professeur, puis directeur spirituel, enfin recteur du séminaire et vicaire général de Mgr Anselmo Polanco Fontecha, avec qui il partagea le martyre, le 7 février 1939.

Son dies natalis est donc le 7 février.

Ils sont les deux derniers Martyrs de la persécution espagnole, et furent béatifiés ensemble en 1995.

 

 

Anselmo Polanco Fontecha

1881-1939

 

Anselmo naquit à Buenavista de Valdavia (Palencia, Espagne) le 16 avril 1881, de pauvres paysans Basilio et Ángela, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Ses premières études se font à Barriosuso, où il apprend le latin et fait ses humanités. A quinze ans, il entre au noviciat des pères Augustiniens de Valladolid (dont le supérieur est un de ses oncles), reçoit l’habit en 1896 et fait la profession l’année suivante. Une vilaine tuberculose pulmonaire l’oblige à retourner chez lui pendant un certain temps ; sa conduite est édifiante et fait dire aux paysans que Etre frère, c’est pareil que d’être un saint ! Sa petite sœur de quatre ans meurt à ce moment-là.

Guéri, il passe au monastère de Santa María de La Vid (Notre Dame de la Vie, Burgos), où il fait la profession solennelle en 1900 et est ordonné prêtre en 1904. Il célèbre sa première messe le jour de Noël.

On l’envoie en Allemagne pour compléter ses études et dès 1907, il est professeur. En 1922 il est recteur du Collège de Valladolid ; à cette occasion, sa mère lui dit : Tu as été un bon fils pour tes parents, maintenant sois un bon père pour tes enfants. 

En 1929 il est élu conseiller pour les Philippines, et provincial en 1932, ce qui l’oblige à voyager pour visiter les autres monastères de cette même congrégation : aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, en Argentine, au Pérou et en Colombie, en Italie.

En 1935, il est nommé évêque de Teruel, au moment où se déclencha le soulèvement militaire contre la République. Sa devise épiscopale est Je dépenserai très volontiers et me dépenserai moi-même tout entier pour vos âmes (2Co 12:15). Son père était retenu par la maladie, mais sa mère était présente à la consécration, et baisa son anneau avec une profonde émotion.

Son horaire était strict : levé à cinq heures, il célébrait la messe et rendait grâces avec profond recueillement ; il était toujours vêtu de son habit religieux ; jamais de café, ni de liqueur, ni de tabac. Il assistait à genoux aux cérémonies eucharistiques ; recevait ses prêtres sans les faire attendre. 

Il ne mit pas de bornes à son zèle, allant visiter les blessés de tous les bords. Sa mère mourut durant cette période : il alla célébrer les obsèques dans son pays natal. Après, on lui conseillait de demeurer quelque temps éloigné de Téruel, en attendant la fin de la bourrasque républicaine, mais il répondit : Le pasteur doit rester là où se trouvent ses brebis. Il n’eut jamais un mot dur contre ceux qui attaquaient sa ville ; délicatement, il parlait de frères dans l’erreur.

Particulièrement, il refusa catégoriquement de retirer sa signature de la lettre collective de l’Episcopat espagnol condamnant les persécutions.

Le séminaire de Téruel fut détruit, ainsi que le palais épiscopal ; toute une aile de la cathédrale fut bombardée (la ville reçut trois-cent-douze bombardements…), de sorte que Mgr Polanco se réfugia au monastère Sainte-Claire. On vint l’y arrêter le 8 janvier 1938, le lendemain du jour où se rendirent les forces nationales commandées par le colonel Rey d’Harcourt. Le ministre de la guerre républicain voulait faire escorter l’évêque jusqu’à la frontière française et le laisser libre, mais le gouvernement s’y opposa, de sorte que l’évêque, avec son vicaire général ainsi que le colonel, furent mis en prison.

Avec d’autres prisonniers, Mgr Polanco fut transféré par le train à la prison de Valencia (l’ancien couvent cistercien), puis à celle de Barcelone, le «Dépôt pour prisonniers et évadés du 19 juillet», installé dans le couvent des Servantes de Marie. Avant la chute de Barcelone aux mains des franquistes, les prisonniers furent transférés le 23 janvier 1939, successivement en train à Perpetua de Mogoda, Campdevánol, Puigcerdá, Ripoll, puis à pied à San Juan de las Abadesas, en camion à Figueras, enfin Can de Boach, à Pont de Molins.

Le 7 février au matin, trente soldats envoyés par le chef communiste chargèrent en camion quatorze de ces prisonniers, parmi lesquels l’évêque, son vicaire général et le colonel Rey d’Harcourt. Ils prirent la route des Escaules, s’arrêtèrent à un kilomètre et demi, tout près de Can Tretze, et obligèrent les prisonniers à remonter le lit desséché du Muga, où ils les fusillèrent. Puis ils répétèrent l’opération pour vingt-six autres prisonniers.

Dix jours plus tard un paysan les découvrit, roulés dans le fossé.

Une pierre fut posée à cet endroit : Passant, ici la furie rouge laissa quarante martyrs comme empreinte de son passage (…) Pense à eux avec une prière.

Le corps de l’évêque, à moitié brûlé, ne subit pas la putréfaction. Les autorités de Teruel le firent reporter dans la capitale de son diocèse.

Mgr Anselmo Polanco Fontecha fut béatifié en 1995, avec son vicaire général, Felipe Ripoll Morata ; leur dies natalis commun est au 7 février.

Wojciech Nierychlewski

1903-1942

 

Wojciech (Adalbert) naquit à Dąbrowice (Łódzkie, Pologne) le 20 avril 1903.

Il entra dans la récente congrégation de Saint-Michel, fondée par un salésien, Bronislas Markiewicz. Le père Wojciech fut un prêtre et un éducateur aux multiples talents.

Après les habituelles études de philosophie et de théologie, qu’il fit à l’université Jagellon de Cracovie, Wojciech fut ordonné prêtre en 1932.

Il disait qu’il aurait volontiers accepté d’être martyr de Jésus crucifié.

Il supervisait l’édition d’un petit journal catholique, qui s’appelait Modération et Travail. Lors d’une descente de la Gestapo, en octobre 1941, il s’offrit à la place d’un technicien père de famille qui allait être arrêté.

Emprisonné à Cracovie, il fut déporté à Oświęcim (Auschwitz) en janvier 1942. Là, on le tortura en le plongeant successivement dans de l’eau glacée puis dans une cuve d’eau bouillante (d’aucuns dirent qu’il avait été noyé). Il en mourut, le 7 (ou le 9 ?) février 1942. 

Il a été béatifié parmi cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Alfredo Cremonesi

1902-1953

 

Alfredo naquit le 15 mai 1902 à Ripalta Guerina (Cremona, Italie), aîné des sept enfants de Enrico et Maria Rosa Scartabellati, des parents très chrétiens. On connaît les prénoms et les dates de cette belle famille : Alfredo, Tarcisio, Ernesto, Giovanni, Giuseppe, Rodolfo, Teresina, six garçons et une petite sœur, qui porta le nom de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions.

Alfredo fut baptisé dès le 16 mai 1902, confirmé en 1908, et reçut la Première communion en 1909.

Entré au séminaire de Crema, Alfredo souffrit d’une grave maladie du sang, qui allait compromettre sa vocation sacerdotale, mais dont il guérit miraculeusement par l’intercession de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il désirait entrer dans un institut missionnaire, mais son père s’y opposait fermement, malgré son appartenance à l’Action Catholique. Finalement, le père céda aux instances de son épouse et de son fils, et Alfredo entra en 1922 à l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

En 1924, Alfredo reçut l’ordination sacerdotale, et fut envoyé en Birmanie l’année suivante.

En novembre 1925, il débarqua dans cette Birmanie inconnue, dont il apprit vite la langue et les coutumes.

On lui confia la gestion économique de la maison des missionnaires.

L’évêque l’envoya alors dans le district de Donokù, perdu dans les montagnes, où vivait la population des karens. Alfredo s’y rendit avec tout son enthousiasme et son expérience encore trop fraîche, mais il ne se découragea pas par les difficultés qu’il rencontrait. Il conquit les habitants, qui le surnommèrent le sourire de la mission.

Arriva cette Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Japonais tentèrent d’imposer leur joug dans toute l’Asie extrême-orientale. Alfredo tomba entre leurs mains et fut interné à Moso (Inde), où il souffrit beaucoup. En 1947, il fut enfin libéré, mais pour retrouver tout son œuvre saccagé, détruit, anéanti… On pouvait être découragé, mais Alfredo se remit courageusement au travail.

Ce n’était pas fini. La Birmanie acquit bientôt son indépendance, la guerre civile mit aux mains différents groupes ethniques, les catholiques furent à nouveau menacés. Alfredo dut se retirer et se réfugier à Taungû, puis à Donokù (1952). Comme dans toutes les guerres civiles, les factions se déchirent sans trop savoir encore pour qui et pour quoi on se bat ; les habitants étaient accusés là de soutenir les rebelles karens contre la gouvernement : Alfredo prit vaillamment leur défense.

La réponse des gouvernementaux fut disproportionnée et injuste : les soldats firent irruption à Donokù le 7 février 1953, détruisant, incendiant tout sur leur passage ; puis ils abattirent le prêtre d’un coup de fusil.

Alfredo Cremonesi a été reconnu martyr et béatifié en 2019.

 

 

Petro Verhun

1890-1957

 

Ce prêtre de l’archiéparchie de Lviv (Ukraine) était né le 18 novembre 1890 à Horodok (Lvov), où il étudia la philosophie.

Il fut ordonné prêtre le 30 octobre 1927, selon le rite grec-catholique (uniate).

Il fut d’abord responsable des catholiques ruthènes d’origine ukrainienne sub-carpathique et d’autres pays limitrophes de l’ancien empire austro-hongrois, en même temps que des grecs-catholiques ukrainiens résidants à Berlin, et dont il deviendra visiteur apostolique en 1940.

En 1945, les services secrets soviétiques l’arrêtèrent à Berlin et le condamnèrent à huit ans de travaux forcés.

Libéré en 1952, gravement malade, il mourut à Angarsk (Krasnoyarsk, Sibérie) le 7 février 1957.

Il a été béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Martyrs ukrainiens.

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 00:00

06 FEVRIER

 

I.

S Bucole, évêque à Smyrne.

III.

S Antolianus, martyr à Clermont.

Ste Dorothée, vierge à Césarée de Cappadoce, et l’avocat s. Théophile, martyrs.

? Ss Saturnin et Revocata, martyrs.

IV.

Ste Dorothée, vierge à Alexandrie, enfuie dans les montagnes pour échapper aux sollicitations de l’empereur.

Ss Silvanus, évêque à Emèse, le diacre Lucas et le lecteur Mocius, livrés aux bêtes et martyrs.

V.

S Amand, évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Ss Mel, abbé et premier évêque à Ardagh.

VI.

S Vedastus, catéchiste de Clovis, évêque à Arras et Cambrai, patron de la ville et du diocèse d’Arras.

VII.

S Amand, évêque missionnaire surtout en Flandre (Maastricht), fondateur de monastères, en particulier Elnone.

S Ina, roi anglais et législateur, bienfaiteur et fondateur d’abbayes, retiré à Rome.

VIII.

Ste Reinildis, abbesse avec sa sœur Herlindis à Maaseik.

XII.

B Ernold, abbé à Bonneval.

S Guarino, augustin à Pavie (mais qui se cacha quand on l’y nomma évêque), évêque à Palestrina, cardinal.  

S Aldric (Elric), de famille royale, porcher chez les norbertines à Fussenich.

XIV.

S Brynolf Algotsson, évêque à Skara.

B Angelo de Furci, fils de parents âgés, augustin à Naples. 

B Antonio, augustin à Mondola près Ancône, mort à quatre-vingt-quinze ans.

Bse Françoise, tertiaire franciscaine à Gubbio.

XX.

Bse Regina Christine Bonzel (1830-1905), allemande, fondatrice des Sœurs Franciscaines de l'Adoration Perpétuelle, béatifiée en 2013.

B Alfonso Maria Fusco (1839-1910), prêtre près de Salerne, actif en milieu agricole, fondateur des Sœurs de Saint-Jean-Baptiste, pour les pauvres et les orphelins, béatifié en 2001, canonisé en 2016, spécial protecteur des pauvres et des bisogneux.

S Francesco Spinelli (1853-1913), prêtre fondateur, à Bergame, des Sœurs Adoratrices, béatifié en 1992, canonisé en 2018.

S Mateo Correa (1866-1927), prêtre mexicain, martyrisé pour avoir maintenu le secret de la confession ; fêté le 21 mai avec ses Compagnons, béatifiés en 1992, canonisés en 2000.

 

Bucole de Smyrne

1er siècle

 

En essayant de recouper plusieurs informations, on a du mal de situer cet évêque.

Il aurait été le premier évêque à Smyrne, et aurait conféré le sacerdoce et l’épiscopat à saint Polycarpe (v. 23 février).

Mais on dit ailleurs que Polycarpe reçut l’épiscopat de l’apôtre Jean.

Quant au «premier» évêque de Smyrne, une autre source parle d’un certain Stratée, avant Bucole, et même encore d’un certain Ariston avant ce dernier. Il sera sans doute impossible de trancher. 

On pourra supposer que le prédécesseur de Polycarpe ait reçu un surnom : Ariston étant le superlatif de «bon», et Bucole signifiant «pastoral», deux épithètes qui peuvent très bien s’appliquer à un saint évêque. C’est là une hypothèse tout-à-fait gratuite, mais qui en vaudra bien d’autres.

Les Grecs mentionnent saint Bucole le 6 février, mais pas le Martyrologe Romain.

 

 

Antolianus de Clermont

† 265

 

Ce Martyr fut victime du roi aleman Chrocus, lors de l’incursion ravageuse de ses troupes en Gaule, durant le règne de l’empereur Gallien.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) dit qu’avec lui souffrirent Liminius, Cassius et Victorinus.

Saint Antolianus de Clermont est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dorothée et Théophile de Césarée de Cappadoce

† 304

 

Les martyres de Dorothée et Théophile sont particulièrement unis en une seule histoire.

Dorothée vivait à Césarée de Cappadoce, où ses parents avaient subi le martyre. Elle priait et jeûnait, et édifiait les habitants par son humilité, sa douceur, sa prudence.

Le gouverneur Saprice la fit arrêter en application des décrets de Dioclétien.

«Quel est ton nom ? lui demande-t-il.

- Je me nomme Dorothée.

- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels.

- Je n'adore que le Dieu du ciel, car il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui. »

- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet.

- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels.»

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi :

«Pourquoi retardes-tu mon bonheur ? Je suis chrétienne ! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort.

- Et qui est Celui que tu désires ?

- C'est le Christ, le Fils de Dieu.

- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse.

- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du Christ et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux.»

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié ; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre.

Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. «Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au Christ deux âmes que le démon Lui avait ravies.» Et se tournant vers le juge : «Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles !»

Elle fut condamnée à être frappée du glaive. «Je te rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que tu m'appelles en ton Paradis.»

 

*       *       *

 

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria, par raillerie, de lui envoyer des fruits ou des roses du jardin de son époux. Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa Jésus-Christ.

On le dénonça immédiatement à Saprice, qui l’interrogea. 

«Quelle passion te dévore ? Ce nom, tu ne voulais pas en entendre parler… Et quand es-tu devenu chrétien ?

- Oui, j’ai offert des sacrifices aux dieux ; mais je reconnais maintenant que ce sont de vaines divinités…

- Je le vois, tu veux mourir. Je vais t’infliger divers tourments et te faire souffrir ensuite une mort cruelle.

- Je désire mourir au plus vite pour le saint nom de Jésus-Christ, mon maître. Accomplis ton dessein.» 

Théophile subit le martyre ce jour même en rendant grâces à Jésus-Christ.

Dorothée et Théophile sont inscrits au 6 février dans le Martyrologe.

 

 

Silvanus d’Emèse

† 311

 

Il y a une incertitude au sujet de ce Silvanus, évêque d’Emèse (l’actuelle ville martyre de Homs, Syrie).

D’après l’historien Eusèbe de Césarée, Silvanus mourut en 311, martyr, après quarante années d’épiscopat.

D’après Baronius, Silvanus souffrit vers 284, sous Numérien.

D’après le Martyrologe actuel, Silvanus souffrit vers 235-238, sous Maximin, en compagnie de son diacre Lucas et de son lecteur Mocius ; tous les trois furent livrés aux bêtes.

Saint Silvanus d’Emèse est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mel d’Ardagh

† 490

 

Mel aurait été un neveu de s.Patrice (v. 17 mars).

Il construisit un monastère à Ardagh (à moins que ce fût s.Patrice lui-même) ; il y exerça la juridiction simultanée d’abbé et d’évêque ; il passe pour avoir été ainsi le premier évêque d’Ardagh.

Dieu le favorisa du don de prophétie, et il annonça la grandeur et la sainteté de ste Brigit de Kildare (v. 1er février). C’est probablement lui qui remit le voile des vierges à Brigit.

Il serait mort vers 490.

Traditionnellement, on lui adjoint trois frères : Melchu, co-évêque de Mel ; Munis, évêque de Forgney ; Rioc, abbé d’Inisbofinde. Mais ces trois derniers ne sont plus mentionnés dans le Martyrologe.

En réalité le «diocèse» d’Ardagh fut officiellement érigé en 1111 ; la cathédrale en fut détruite en 1496 ; une nouvelle fut construite au dix-neuvième siècle, qui fut détruite par le feu le jour de Noël 2009. Le diocèse d’Ardagh fut réuni à celui de Clonmacnoise, actuellement à celui de Kilmore et Elphin.

Saint Mel d’Ardagh est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vedastus d’Arras

† 540

 

Vedastus - qui est devenu Vaast ou Gaston, et Foster en anglais - avait ses origines aux frontières du Périgord et du Limousin ; sa famille devait posséder beaucoup de biens.

Nouvel Abraham, il quitta son pays, sa famille et ses biens pour venir vivre en reclus à Toul ; l’évêque le connut et l’ordonna prêtre.

C’est Vedastus qui prépara Clovis au baptême, l’accompagnant de Toul à Reims. En route, Vedastus rendit la vue à un aveugle, ce qui acheva de bien disposer et le roi et les membres de sa suite pour recevoir la Lumière.

C’est ainsi que s. Remi (v. 15 janvier) garda Vedastus quelque temps dans son diocèse, dont les fidèles furent très édifiés par l’action de Vedastus.

En 499, s.Remi l’ordonna évêque d’Arras, un diocèse complètement ravagé par les incursions d’Attila. Quand Vedastus fut à l’entrée de la ville, il guérit un aveugle et un boîteux : il allait aider le peuple à voir la Vérité et à marcher droit.

Le travail était immense ! L’église servait de retraite aux bêtes fauves : Vedastus aurait ordonné à un ours (ou à un loup) de n’y plus reparaître - et la bête obéit ; les seigneurs s’adonnaient à des festins interminables. Un jour que Vedastus était invité avec le roi chez un des leudes, il fit un signe de croix en entrant dans la salle du festin, et toutes les coupes de cervoise se brisèrent.

L’épiscopat de Vedastus dura quarante années.

En 510, il reçut aussi la charge du diocèse de Cambrai. On sait par témoignages historiques que les actions de l’Evêque furent véritablement considérables.

Il fut pris de fièvre violente à Arras. Vers la fin de janvier ou le début de février 540, on vit sortir de sa maison une intense lumière ; prévenu, Vedastus annonça sa propre mort prochaine, et décéda le 6 février 540.

Saint Vedastus est commémoré le 6 février au Martyrologe Romain.

 

 

Amand d’Elnone

VIIe siècle

 

Dix Saints connus portent ce nom, qui signifie “qu’il faut aimer”. Le plus ancien est le premier évêque de Strasbourg, mort au IVe siècle. Mais on ne connaît rien de sa vie.

Un des plus connus, en revanche, naquit à la fin du VIe siècle sur le territoire d’Herbauges, non loin de Nantes. Parvenu à sa vingtième année, il voulut se donner entièrement à Dieu et se rendit dans l’île d’Yeu, près de l’île de Ré et frappa à la porte du monastère où on le reçut volontiers.

Un jour, pour éprouver sa vertu d’obéissance, l’abbé lui demanda de faire un travail dans un endroit écarté de l’île. Amand s’y rend, mais aperçoit non loin un énorme serpent ; effrayé, mais désireux de ne pas s’écarter de l’ordre reçu, il se prosterne, prie, fait le signe de la croix en direction du monstre en lui ordonnant de se retirer : le reptile disparaît alors en mer.

Amand devait connaître la contradiction de la part de son père, Serenus. Ce dernier rêvait pour son fils unique des honneurs et des richesses. Il retrouve Amand, lui parle doucement, puis se fait menaçant. Amand lui répond fermement : Mon Père, je désire uniquement servir Dieu et ne demande rien des biens dont tu me parles ; laisse-moi seulement me dévouer tout entier au service de Jésus-Christ.

Amand dut cependant s’éloigner de l’île d’Yeu et s’en vint au tombeau de s.Martin de Tours. Il pria alors le Seigneur intensément de ne pas le faire revenir en son pays, mais de lui permettre de voyager et de se fatiguer dans l’apostolat. Il commence de vivre parmi les moines de Tours mais peu après, il est poussé par Dieu à aller demander à un saint prêtre de Bourges ce qu’il doit faire : ce sera de s’enfermer dans une cellule, dans l’attente de savoir la sainte volonté de Dieu. Amand passera là quinze années à prier, à faire pénitence, et aussi à se préparer au sacerdoce.

Dieu appelle Amand à Rome. Il s’y recueille dans l’église de Saint-Pierre, dont un des portiers croit bien faire de l’expulser, le prenant pour un malfaiteur. Amand alors se prosterne à l’extérieur du portail et continue de prier. Saint Pierre lui apparaît : il l’invite à retourner en Gaule pour travailler à l’évangélisation. Amand revient à Bourges, on le fait évêque, non pas d’un siège particulier, mais avec mission de voyager : il se rend ainsi dans le pays de Gand, en Flandre, en Brabant, fondant des monastères dont celui d’Elnone, où il devait mourir plus tard.

Amand ressuscita un jour un condamné à mort pendu, le baptisa et lui recommanda d’avoir désormais une vie vertueuse. 

En 646 il fut installé quelques années sur le siège de Maastricht, dont il demanda au pape de démissionner, lors de son troisième voyage à Rome. Il continua de voyager (chez les Slaves au-delà du Danube, chez les Gascons dans les Pyrénées, en Rouergue, en Beauvaisis...). 

Saint Amand mourut paisiblement au milieu de ses disciples, le 6 février de l’an 679 (ou 684), et on le fête ce jour-là. 

Le monastère d’Elnone prit le nom de Saint-Amand et y conserva le corps du Saint.

Reinildis de Maaseik

† 750

 

Les deux sœurs Reinildis et Harlindis étaient les filles du comte Adalard. On les nomme aussi Relinde (parfois Renula) et Harlinde.

Elles furent éduquées dans un couvent de Valenciennes, où elles apprirent tous les arts possibles : écriture et lecture bien sûr, chant, peinture, tissage, broderie, couture.

Au terme de cette période, elles manifestèrent leur désir de ne pas vivre dans le monde et leur père construisit pour elles, en 720, le monastère d’Aldeneik (Maaseik, Limbourg belge). Elles s’y installèrent avec douze autres jeunes filles, et furent rejointes ensuite par beaucoup de demoiselles de la région. On y vécut selon la règle bénédictine.

On dit parfois que ce monastère se trouvait à Eike, il faut entendre «Eike sur la Meuse», d’où Maas-eik.

La communauté reçut la visite des saints Boniface et Willibrord (v. 5 juin et 7 novembre), qui leur remirent le voile des vierges.

La maison devint un centre réputé pour ses objets d’art, de décoration d’ornements et de nappes, d’écriture et d’enluminure.

Reinildis et Harlindis cependant n’étaient pas activistes ; elles travaillaient beaucoup, mais mettaient leur propre sanctification au premier plan de leurs préoccupations. Le Malin leur ménagea plus d’un obstacle, mais elles y résistèrent victorieusement.

Leurs parents finirent par les rejoindre à leur tour ; après leur mort, ils furent ensevelis dans le couvent.

Les deux sœurs «gouvernaient» ensemble : pas de jalousie, pas d’ambition personnelle, mais une sainte rivalité dans la sainteté. Ensemble elles vivaient, ensemble elles décidaient… ensemble elles accomplissaient des miracles. Le jour de la présence de Boniface et Willibrord, elles changèrent l’eau en un excellent vin pour eux.

On dit qu’Herlindis mourut la première vers 745, un 12 octobre, mais on ne la trouve pas dans le Martyrologe, tandis que Reinildis, qui mourut quelques années plus tard, est mentionnée au 6 février.

Les miracles qui s’opérèrent sur leur tombeau, firent proclamer leur sainteté.

 

 

Guarino de Palestrina

1080-1158

 

Guarino vit le jour à Bologne (Italie) vers 1080, de la noble famille des Guarini. Sa mère était de la famille des Foscari.

Après avoir été féru de littérature, Guarino contrecarra les projets de sa famille en déclarant haut et fort qu’il ne voulait s’attacher qu’à Jésus-Christ. Il donna son héritage pour faire construire un hôpital.

Admis dans le clergé de Bologne, il entra bientôt chez les Chanoines de Saint-Augustin. Autour de 1104, il reçut le sacerdoce et rejoignit le monastère de Mortara.

En 1139, sa science et sa vertu le firent nommer évêque de Pavie, mais il échappa à la consécration en sautant par une fenêtre et en allant se cacher on ne sait où, aussi longtemps qu’on n’eut pas élu quelqu’un à sa place. Puis il reparut.

Malgré son stratagème, ou peut-être à cause de celui-ci, le pape tint en 1144 à le créer cardinal et à le nommer évêque de Palestrina, un petit diocèse des environs de Rome. La ville lui fit don de jolis chevaux, qu’il vendit au profit des pauvres.

Guarino n’en continua pas moins sa vie austère ; il fut un pasteur zélé pour le salut de ses diocésains. Se sentant indigne de sa position, il chercha par deux fois à quitter la place : une première fois, le pape le rappela de Subiaco ; la seconde fois, il rencontra à Ostie des Sarrazins et dut se réfugier à Rome, avant de regagner son siège. 

Il participa à trois conclaves à Rome, d’où sortirent les papes Eugène III (v. 8 juillet), Anastase IV et Adrien IV.

Il méditait souvent sur la mort. Quand il se sentit proche de l’Heure, il recommanda encore à son clergé le zèle pour la sanctification des âmes.

Il expira le 6 février 1158.

Les miracles avenus sur son tombeau le firent canoniser dès 1159.

Quand la ville de Palestrina fut saccagée (1473), on mit les restes de Guarino en sécurité, mais on ne les a pas retrouvés ensuite.

 

 

Hildegonde de Cologne

† après 1183

 

Hildegonde est regardée comme la fille d’Herman et d’Hadwige, de la maison des comtes de Lidtberg, dans l’ancien archevêché de Cologne.

Après la mort d’Herman, Hadwige se rendit avec Gertrude, la troisième de ses filles, au couvent de Dunwald, de l’ordre des Prémontrés, pour y terminer ses jours dans le silence et la retraite.

Cet exemple fit une profonde impression sur Hildegonde, qui avait épousé le comte Lothaire d’Arnsberg et l’avait rendu père de deux fils, Théodoric et Herman, et d’une fille, Hadwige. La mort lui ayant enlevé son époux et son fils Théodoric, et Herman s’étant dévoué au service de Dieu dans le couvent de Kappenberg, elle entreprit vers l’an 1165 un pèlerinage vers les tombeaux des Apôtres, et y forma le vœu de consacrer toute sa fortune à des œuvres de piété.

A son retour elle partagea le patrimoine de son père avec sa sœur Elisabeth de Randerode, fonda un couvent de religieuses à Mehren, au-dessous de Neuss sur le Rhin, et le soumit à la règle de Prémontré. Ce partage ainsi que la fondation du couvent furent confirmés en 1166 par l’archevêque de Cologne et par le pape en 1179.

Le nouvel établissement fut soumis, quant aux affaires spirituelles, au couvent de Steinfeld. Hildegonde y prit le voile avec sa fille Hadwige, et fut bientôt nommée prieure. Elle eut la satisfaction de voir les sœurs aspirer avec un zèle infatigable à l’esprit de pénitence et de perfection chrétienne, et devenir les ornements de l’Eglise. Les vertus qu’elle voyait fleurir autour d’elle, et qui la remplissaient d’étonnement et de reconnaissance envers celui qui est la source de tout bien, lui inspirèrent aussi un élan plus sublime ; et elle s’était placée en effet à un degré éminent de perfection, lorsque le Seigneur l’appela hors de ce monde, et lui donna la couronne des Bienheureux. 

Sa mort arriva le 6 février, après l’année 1183.

Son fils Herman, prieur de Kappenberg, enterra son corps devant le grand autel de l’église de Mehren et sa fille Hadwige lui succéda (v. 14 avril). 

Aussitôt après sa mort, on l’honora sous le titre de Sainte et on implora son intercession. Elle n’a pourtant jamais été solennellement canonisée.

 

 

Brynolf Algotsson

1248-1317

 

Brynolf naquit vers 1248 probablement à Skara (Suède), de Algot Brynolfsson et Margareta Petersdotter.

Il étudia à Paris dès l’âge de dix-huit ans.

De retour à Skara, il fut doyen du chapitre de la cathédrale.

En 1278, il fut élu évêque de Skara.

Homme de grande culture, il fut l’auteur de quatre hymnes en vers rimés sur les Martyrs Elin (v. 31 juillet) et Eskil (12 juin), sur la Sainte Vierge et la Couronne d’Epines du Sauveur, dont une épine se trouvait dans la cathédrale. Ces hymnes représentent les premiers et en même temps les plus beaux écrits de la Suède du Moyen-Age. 

En 1277, il hérita de plusieurs fermes de Bengt, un seigneur de sa parenté ; en outre, il régissait les forêts de Kinnevik, Kåkinds, Kallant et Ridge.

Il réunit un synode en 1280.

Brynolf publia en 1281 une loi concernant les dîmes qu’on devait à l’évêque.

On lui doit la construction du château Lekkia (1298) sur l’île de Kållandsö.

Ainsi, par son activité littéraire, liturgique, pastorale et sociale, l’évêque de Skara apparut dès son vivant comme le modèle du pasteur soucieux de son peuple.

Dès sa mort, le 6 février 1317, il reçut un culte local ; sainte Brigitte (v. 23 juillet) eut révélation de sa sainteté ; il fut canonisé durant le concile de Constance (1414-1418).

Le Martyrologe le mentionne au 6 février.

 

 

Angelo de Furci

1246-1327

 

La naissance de cet ange à Furci (Chieti, Abruzzez, Italie CE) fut le résultat de la piété de ses bons parents qui, âgés, recoururent à Dieu pour obtenir le don de la paternité. Par l’intercession de l’Archange saint Michel (v. 29 septembre) et de saint Augustin (v. 28 août), ils furent exaucés et vouèrent leur garçon dès sa naissance, à saint Michel.

Angelo fut confié aux moines bénédictins de Cornaclano, dont l’abbé était un oncle maternel ; à dix-huit ans, il voulut entrer dans la cléricature. Son père, sur le point de mourir, lui conta l’origine de sa naissance ; Angelo comprit qu’il devait ainsi entrer sous la Règle de Saint-Augustin et rejoignit les Ermites de Saint-Augustin à Vasto (1266).

On l’envoya à Naples pour y achever sa formation théologique et il reçut le sacerdoce.

Après sa profession religieuse, il fut à Paris pendant cinq ans et, à son retour, enseigna la théologie à Naples. Il rédigea un commentaire sur l’évangile de Matthieu, qui ne nous est pas parvenu.

En 1287, il fut élu provincial de son Ordre, mais il refusa les évêchés qu’on lui proposa, Melfi et Acerra.

C’est le 6 février qu’il mourut à Naples et les miracles ne tardèrent pas à fleurir à son tombeau.

Le culte dont il fit l’objet fut ratifié en 1888.

 

 

Regina Christine Wilhelmine Bonzel

1830-1905

 

Regina (Reine) naquit le 17 septembre 1830 à Olpe (Arnsberg, Sauerland, Allemagne), le jour où l’on fêtait les Stigmates de saint François d’Assise. Si elle reçut au Baptême les noms sus-mentionnés, il semble qu’on l’ait communément appelée Aline.

Les parents étaient des bourgeois aisés, mais le père mourut assez tôt ; la maman éduqua sa fille selon la vie spirituelle reçue dans la paroisse.

Aline, donc, étudia chez les Ursulines de Cologne, et manifesta vite son intention d’être religieuse. Sa mère protesta, sans s’y opposer, mais la jeune fille eut des ennuis de santé, cardiaques, qui retardèrent son entrée.

En 1850, elle entra cependant dans le Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de Maria Theresia (avec un h, qui n’existe pas en latin). Membre d’une association caritative (pour soutenir les pauvres et les malades sans défenses), elle en devint la directrice en 1857.

Elle ouvrit une école pour orphelins à Olpe : ce fut le début de la nouvelle Congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Adoration Perpétuelle.

Les débuts ne furent pas aisés, car la nouvelle communauté semblait «faire concurrence» avec une autre déjà établie à Olpe. L’autorité ecclésiastique intervint pour pacifier l’atmosphère : les deux communautés pouvaient très bien se compléter.

En 1863, l’évêque autorisait la nouvelle petite communauté à adopter la règle franciscaine. Maria Theresia devint la Mère supérieure. Elle fit ce qu’on lui demanda, écrivant une règle, trouvant une assistance financière, dessinant l’habit (qui sera porté jusqu’en 1960). Mère Theresia se confia dévotement à saint Joseph, dont elle ajouta le nom à celui de toutes les Sœurs.

On la voyait souvent à genoux en adoration devant le Saint Sacrement, de jour comme de nuit. C’était la partie «contemplative» de sa vocation personnelle, qu’elle transmit à toute sa congrégation.

Il fallut s’organiser pour ne pas tomber dans les griffes du Kulturkampf de l’époque ; toutes les ressources des pauvres sœurs furent mises sur le compte de Mademoiselle Aline Bonzel, mais on ne put accepter de nouvelles recrues.

En 1875, un couvent s’ouvrit aux Etats-Unis, où Mère Theresia envoya des «religieuses» vêtues civilement. Elles furent plus de six-cents à partir pour les Etats-Unis entre 1885 et 1896. Quand la vigueur du Kulturkampf s’estompa, d’autres vocations affluèrent encore : à la mort de la Fondatrice il y avait plus de soixante-dix maisons en Allemagne et plus de quarante aux Etats-Unis.

La fondation américaine (La Fayette) se développa rapidement : elle comprenait un bâtiment pour les postulantes, un pour le noviciat, un hôpital de trois-cent cinquante lits, une école d’infirmières, un collège et une école supérieure. Un autre centre s’établit à Mishawaka, qui devint la maison-mère.

Les Religieuses s’implantèrent dans les diocèses de Chicago, Indianapolis, Fort Wayne-South Bend, et de là essaimèrent au Brésil et aux Philippines. 

La Fondatrice fut continuellement réélue comme Supérieure, jusqu’à la fin de sa vie, malgré son désir à chaque fois exprimé de ne pas l’être.

En 1900, elle reçut de l’empereur la médaille de l’Ordre de la Croix-Rouge, en reconnaissance pour son immense travail.

Une première maladie menaça ses jours en 1903. Guérie, elle fut encore réélue en 1904, malgré ses protestations.

Mère Maria Theresia mourut à Olpe le 6 février 1905, et fut béatifiée en 2013.

Le miracle retenu pour cette béatification est la guérison d’un jeune enfant, maintenant adulte, de Colorado Springs.

Alfonso Maria Fusco

1839-1910

 

Aniello Fusco, un bon paysan, et son épouse Giuseppina Schianova, habitaient à Angri (Salerne, Italie), où naquit leur garçon le 23 mars 1839, aîné de cinq enfants.

Désireux d’un enfant qui n’arrivait pas, le couple avait fait un pèlerinage à la tombe de Alfonso Maria de’ Liguori. Un père rédemptoriste leur avait prédit qu’ils auraient un garçon, et qu’il porterait le nom d’Alfonso. Deux mois après cette naissance, était canonisé saint Alfonso (v. 1er août).

Les pieux parents le confièrent tôt à une école chrétienne tenue par des prêtres. Le petit Alfonso ne pensa bientôt plus qu’à devenir prêtre à son tour : chez lui, il «jouait» au prêtre, officiant à son petit autel, chantant les hymnes qu’il entendait à l’église. Il reçut la Première Communion et la Confirmation à l’âge de sept ans, chose très exceptionnelle à cette époque.

On rapporte qu’un jour, le petit Alfonso s’apprêtait à sortir, par une journée très froide de février, avec du linge sous le bras. Sa maman, pensait qu’il voulait l’aider à la lessive, lui dit que ce n’était pas le jour ; et lui de répondre qu’il portait un drap à un petit garçon malade qui avait froid.

En 1850, Alfonso entra au petit séminaire de Nocera dei Pagani. On n’a de toute cette période qu’un seul détail (car les archives furent perdues) : dans un rêve, Alfonso entendit Jésus-Christ lui demander de fonder un institut pour Religieuses, et un orphelinat pour petits garçons et pour petites filles, ce qu’il s’appliqua à réaliser après son ordination sacerdotale. Il fut ordonné prêtre à la fête de la Pentecôte de 1863.

En 1870, il reçut chez ses parents les premiers orphelins. Alfonso prit sur lui tous les frais de ce petit embryon d’école. 

En 1877, une riche veuve d’Angri, Raffaella Graziano, donna sa propriété en faveur des orphelines. Alfonso confia d’abord cet orphelinat à des Sœurs Compassionistes. Mais ce n’était pas là exactement ce que voulait Notre-Seigneur. 

C’est alors qu’eut lieu la rencontre avec une pieuse demoiselle, Maddalena Caputo, qui de concert avec quelques autres personnes, voulait se donner à une vie de sanctification, dans la pauvreté et la charité envers les pauvres orphelins.

Cette congrégation des Sœurs de saint Jean-Baptiste ou Baptistines commençait sous de bons auspices, mais les difficultés furent grandes, car comme dans beaucoup de fondations, on se méfie des nouveautés, on hésite, les fonds sont rares. Les autres prêtres ne voient pas d’un bon œil ce jeune prêtre qui a l’air de leur faire la leçon en se donnant aux autres plutôt que de rester enfermé bien au chaud entre quatre murs.

L’évêque tarda longtemps avant de lui donner la permission. L’Institut commença officiellement en 1878 avec quatre jeunes filles. Deux ans après, l’évêque procédait à la vêture. Maddalena prenait le nom de Sœur Crucifiée du Divin Amour. L’Institut s’appelait : Ordre des Sœurs Baptistines du Nazaréen, et la maison, Petite Maison de la Providence.

Pour former d’abord les Religieuses, Alfonso ouvrit une maison de formation à Benevento, ainsi ces Religieuses pourraient à leur tour dispenser un enseignement chrétien, intellectuel et scientifique aux petites orphelines.

Tout ce travail n’empêchait pas don Alfonso de prêcher abondamment dans la paroisse et dans les environs. Puis, en 1889, il ouvrit l’Œuvre des Petits Artisans, sous la protection de saint Michel Archange, pour les orphelins. Il y en eut tellement, qu’il se crut obligé de construire une aile nouvelle à la Petite Maison. Mais là, Sœur Crucifiée fut en contraste, redoutant le voisinage des garçons et des filles. Le contentieux s’arrangea par la création, toujours sur une idée d’Alfonso, de l’Ecole des Petits Artisans, où les orphelins auraient appris un métier. L’école acquit une renommée et un niveau appréciable, au point qu’une imprimerie permit bientôt de publier des ouvrages pour répandre le message chrétien.

Dans la Petite Maison furent aussi accueillies des jeunes filles difformes, dont ne voulait pas la société bourgeoise. L’une d’elles vécut là jusqu’à la soixantaine.

L’institut grandit, s’implanta dans seize villes d’Italie et en Amérique du Nord.

Une tempête douloureuse s’abattit : la supérieure elle-même, Sœur Crocifissa, tenta avec la supérieure de la maison de Rome, de refonder l’Institut en-dehors de l’autorité de don Alfonso. On lui ferma même la porte au nez quand il se présenta en personne à la maison de Rome. Tout endolori, il alla à la statue de son saint Patron, Alfonso de’ Liguori, en la basilique Saint-Pierre, et pria ainsi : Si je sais souffrir comme toi, je serai saint moi aussi !

Même le Cardinal Vicaire de Rome se mit contre lui. Mais finalement, c’est Alfonso qui gagna la partie, on le reconnut et il resta à sa place. 

Ce qui se dit ici en deux lignes ne peut pas rendre la profonde tristesse que put éprouver ce saint prêtre qui se retrouvait ainsi à la rue. Seule la sainteté peut expliquer une telle constance.

Dans la nuit du 5 au 6 février 1910, entouré de ses Filles fidèles, il s’exclama : Merci, Seigneur, j’ai été un serviteur inutile (cf. Lc 17:10), puis s’adressant à elles : Du ciel, je ne vous oublierai pas, je prierai toujours pour vous. Et il s’endormit en paix.

Tout de suite, le bruit se répandit : Le père des pauvres est mort, le saint est mort ! 

Tandis que l’Institut grandissait et s’implantait sur tous les continents, l’Eglise peu à peu reconnaissait les vertus héroïques d’Alfonso, qui fut béatifié en 2001 et canonisé en 2016.

 

Le miracle retenu pour cette béatification concerne un petit garçon de Zambie, frappé de malaria cérébrale, qui aurait dû le porter à la mort en quelques jours, d’autant plus que le cas se compliquait d’une broncho-pneumonie ; l’enfant était dans un coma du troisième degré. La maman, qui appartenait aux Adventistes du Septième Jour, fut alors vivement exhortée par une Religieuse baptistine de prier avec elle en invoquant Alfonso Maria Fusco. Elle mit une petite image de don Fusco sous l’oreiller du malade : le lendemain matin, l’enfant appelait sa maman, il n’avait plus de fièvre, ni de broncho-pneumonie, il mangea un peu en chantonnant.

Il fallut se rendre à l’évidence : tous les signes de maladie avaient disparu, aucune séquelle n’apparaissait malgré dix jours de coma profond. La guérison fut immédiate, complète et durable.

Le médecin, qui avait déjà vu des centaines de cas semblables, affirmait que tous ces enfants meurent par œdème cérébral en quatre jours, tandis que ceux qui s’en sortent, demeurent lourdement affectés de séquelles graves.

 

 

Francesco Spinelli

1853-1913

 

Francesco naquit le 14 avril 1853 à Milan (Italie), de parents fermiers au service des Marquis Stanga.

Il grandit dans la foi, dans la joie ; sa mère lui apprit à visiter les malades, et lui réunissait volontiers ses camarades pour leur organiser de petits spectacles, et leur parler de Jésus-Christ.

Répondant à l’appel divin, il reçut le sacerdoce en 1875 à Bergame.

Lors de son pèlerinage à Rome (car 1875 est une Année Sainte), il eut une vision dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure : il vit des Religieuses en adoration devant le Saint-Sacrement. Sa vraie vocation se dessinait.

Pour commencer, il exerça l’enseignement dans une école du soir, dans une paroisse, au séminaire ; il fut aumônier de Religieuses.

En 1882, avec quelques jeunes filles, il ouvrit un premier couvent de Sœurs Adoratrices.

Bientôt, s’ouvriront d’autres maisons pour accueillir des malades, des handicapés, des pauvres.

En 1889, à la suite d’un involontaire problème financier, don Spinelli dut affronter un procès et quitter le diocèse de Bergame pour s’installer à Crémone. La fondation se divisa en deux branches : les Sœurs Sacramentines d’un côté, et les Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement de l’autre, dont s’occupa don Spinelli.

Ces Adoratrices furent approuvées : elles adoraient le Saint Sacrement jour et nuit, et assistaient les pauvres et les souffrants.

Don Spinelli se porta auprès de tous les nécessiteux, particulièrement auprès des handicapés, qu’il aidait à valoriser leurs propres possibilités pour tenter de les rendre plus autonomes.

Don Francesco Spinelli mourut à Rivolta d’Adda (Cremona) le 6 février 1913 ; il fut béatifié en 1992 et canonisé en 2018.

L’autre branche des Sœurs Sacramentines évolua aussi, et leur Fondatrice, Caterina Geltrude Comensoli a été canonisée (v. 18 février).

 

 

Mateo Correa Magallanes

1866-1927

 

Mateo naquit le 23 juillet 1866 à Tepechitlán (Zacatecas, Mexique), de Rafael Correa et Concepción Magallanes.

Il appartint aux Chevaliers de Colomb (Knight of Columbus).

Il étudia d’abord à Guadalajara (1881), après quoi sa bonne conduite et son travail studieux lui valurent une bourse pour entrer au séminaire de Zacatecas ; il fut ordonné prêtre en 1893.

Parmi les fidèles qui reçurent de lui la Première Communion, il y eut le futur martyr Miguel Pro, qui tombera sous les balles la même année que Mateo (voir au 23 novembre).

Mateo fut nommé à Concepción del Oro en 1898, et à Colotlán en 1908. Suite aux dispositions anti-cléricales du gouvernement, il dut se cacher.

En 1926, il fut nommé à Valparaíso. En mars, le général Eulogio Ortiz se fit présenter les deux prêtres Correa et Arroyo, ce qui provoqua un soulèvement de la population. Le général fit déférer les prêtres avec d’autres jeunes à Zacatecas, mais ils furent libérés, à la grande fureur du général.

Mateo fut de nouveau arrêté en 1927 tandis qu’il portait le Viatique à une personne invalide.  Vite il consomma les saintes Hosties avant qu’elles fussent profanées.

Accusé d’appartenir au mouvement des Cristeros, il fut jeté en prison à Durango. Le 5 février 1927, le général Eulogio Ortiz lui demanda de confesser quelques-uns des prisonniers, qui allaient être exécutés, ce que Mateo accepta volontiers de faire ; mais ensuite, malgré la menace du général, il refusa catégoriquement de dire ce que les prisonniers avaient dit en confession. Le général lui pointa le pistolet sur la tempe, mais Mateo persista.

Le 6 février 1927 au matin, on l’emmena dans un cimetière de la périphérie de Durango, où on l’abattit d’une balle dans la tête. Le corps de Mateo Correa resta là pendant trois jours.

Mateo fait partie des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Leur fête commune a été établie au 21 mai, tandis que le dies natalis propre de saint Mateo est au 6 février.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 19:36

05 FEVRIER

 

-XVIII.

S Jacob, patriarche.

III.

S Isidore, soldat martyr à Alexandrie, peut-être le même que celui du 15 mai.

Ste Agathe, jeune vierge de Palerme martyre à Catane, à treize ans, nommée au Canon Romain.

IV.

Ste Théodule, avec les ss. Boèce, Evagre, Macaire, Helladius, martyrs à Anazarbe.

S Agricole, évêque à Tongres.

V.

Ste Calamanda, vierge et martyre vénérée en Espagne, peut-être compagne de ste Ursule, invoquée pour obtenir la pluie.

VI.

S Avitus, évêque à Vienne, successeur de son père ; il débarrassa la Gaule de l’arianisme.

VII.

S Ingenuinus, évêque à Sabiona.

VIII.

S Bertulphe (Bertou), fondateur d’un monastère et abbé à Renty ; il fut un jour protégé de l’orage par un aigle qui étendit ses ailes au-dessus de sa tête.

Ss Indract et ses compagnons, pèlerins irlandais “martyrisés” à leur retour de Rome par des domestiques cupides qui les croyaient chargés de trésors.

S Voel, écossais, reclus à Soissons. 

IX.

Bx Domitien et Marie, époux, ducs de Carinthie, où ils convertirent les païens.

X.

S Luca, sicilien, abbé basilien en plusieurs monastères de Calabre.

S Sabas le Jeune, moine en Calabre avec son frère s. Macaire.

XI.

S Albuinus, évêque à Bressanone, où il avait transféré le siège de Sabiona

Ste Agathe Hildegarde, pieuse épouse défenestrée par son mari en colère ; elle resta indemne et son mari se repentit.

Ste Adelheid de Geldern, première abbesse à Villich, puis aussi à Cologne. 

XVI.

Ss vingt-six Martyrs du Japon crucifiés à Nagasaki, fêtés le 6 février :
- jésuites japonais : les clercs Paulus Miki et les convers Ioannes Soan de Gotō et Didacus Kisaï ;  
- franciscains : les prêtres espagnols Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, Martín de l’Ascension Loinaz Amunabarro Aguirre et Francisco Blanco Pérez ; le convers espagnol (et thaumatuge) Francisco de Saint-Michel Andrade Arco ; le clerc mexicain Felipe de Las Casas y Martínez (de Jésus) (ses désordres l’avaient fait chasser de sa famille et même une première fois de l’Ordre) ; le convers indien Gonçalo García ; en outre les dix-sept laïques tertiaires franciscains, tous japonais : Franciscus de Kyōto, Michaël Cozaki et son fils Thomas de quinze ans, Ioachim Sakakibara, Paulus Suzuki, Ioannes Kinuya, Gabriel de Ise, Antonius de Nagasaki et Ludovicus Ibaraki (tous deux de treize ans) ; Cosmas Takeya, Franciscus Kichi, Leo Karasumaru, Matthias de Kyōto, Paulus Ibaraki, Petrus Sukejirō, Thomas Dangi, Ventura de Kyōto.

XVIII.

Bse Françoise Mézière, vierge et martyre, qui s’était vouée à la formation des enfants et aux soins des malades.

XIX.

Bse Elisabetta Canori Mora, mère de famille romaine, tertiaire trinitaire, dont l’époux se convertit enfin quand elle mourut et devint ensuite prêtre ; béatifiée en 1994.

XX.

S Jésus Méndez Montoya (1880-1928), prêtre mexicain, maître de musique, martyr fusillé, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Primo Andrés Lanas (1877-1937), prêtre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, martyr à Madrid, béatifié en 2013.

Jacob, patriarche

18e siècle avant Jésus-Christ

 

Le patriarche Jacob était le fils d’Isaac et Rébecca, et donc le petit-fils du patriarche Abraham.

Toute l’histoire de Jacob se trouve dans le livre de la Genèse, des chapitres 25 à 50.

Jacob était le frère jumeau d’Esaü, et naquit le second. L’Ecriture rapporte qu’Isaac «préférait» Esaü, qui lui préparait de bons plats, mais que Rébecca préférait Jacob, car Dieu lui avait annoncé que l’aîné servira le cadet (Gn 25:23).

On se rappelle comment Jacob «acheta» à Esaü son droit d’aînesse avec un plat de lentilles, et comment ensuite il «trompa» Isaac en se faisant donner la bénédiction paternelle qui aurait dû échoir à Esaü. Ce stratagème mensonger reste mystérieux, même pour les Pères de l’Eglise et on ne peut que conjecturer que Rébecca fut divinement inspirée d’agir ainsi.

Jacob eut deux épouses, Léa et Rachel, deux sœurs filles de Laban, qu’il épousa chacune après sept années de patient service chez Laban. 

De Léa, Jacob eut Ruben, Siméon, Lévi et Juda ; plus tard Issachar, Zabulon et l’unique fille de Jacob, Dina.

Rachel, qui était stérile, pria Isaac d’accepter sa propre servante Bilha, dont il eut Dan et Nephtali. 

A son tour Léa, devenue stérile, proposa sa servante Zilpa à Isaac, qui en eut Gad et Asher.

Enfin Rachel enfanta Joseph, et plus tard encore Benjamin, et mourut de ce dernier accouchement.

Joseph fut vendu par ses frères et devint plus tard le maître du palais du Pharaon. Il eut à son tour deux fils, que plus tard Jacob adoptera au même titre que ses fils, Ephraïm et Manassé.

Jacob fut le protagoniste de deux épisodes fameux. L’un fut le songe dans lequel les anges descendaient et montaient sur une très haute échelle : ce fut le moment d’une bénédiction particulière de Dieu, qui donnait cette terre à Jacob et à sa descendance (Gn 28:10-22). L’autre épisode fut la lutte avec un mystérieux personnage, une manifestation divine, au terme de laquelle Dieu lui donna le nom d’Israël, qui signifierait «fort contre Dieu» (Gn 32:29).

Dans le livre du Siracide (Si 44:22), Jacob reçoit l’alliance de Dieu sur sa tête. Ce patriarche, à l’origine des douze tribus d’Israël, est l’un des grands personnages en qui Dieu a signalé sa gloire et sa puissance.

Jacob adopta les deux enfants de Joseph, mais rejeta de l’héritage Ruben pour son inceste (cf. Gn 35:22), ainsi que Siméon et Lévi pour leur attitude traître (cf. Gn 34:25-31). La tribu de Siméon fut absorbée par celle de Juda, celle de Lévi ne subsista que pour son office religieux. Ainsi s’explique le nombre des douze tribus d’Israël.

Le Martyrologe Romain ne mentionne pas explicitement Jacob. Il fut pendant un temps inséré dans certains autres Martyrologes, au 5 février, d’où sa présence ici. Il est inclus dans la commémoraison commune qui se fait de tous les saints Ancêtres du Christ, le dimanche précédant Noël chez les Grecs, la veille de Noël dans le nouveau Martyrologe.

 

 

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toutes la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

 

 

Avitus de Vienne

† 525

 

Sextus Alcimus Ecdicius Avitus naquit vers 450 à Vienne en Gaule (act. Isère), dans une famille qu’on disait apparentée aux empereurs romains, et chrétienne. C’est l’évêque de Vienne, Mamert (v. 11 mai), qui le baptisa.

Son père s’appelait Esychius : il eut deux autres fils, dont le futur abbé Apollinarius, après quoi il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Vienne à la mort de s. Mamert (475). 

Comme en d’autres situations rencontrées dans les vies des Saints, à partir du moment où un homme marié était appelé au sacerdoce ou à l’épiscopat, lui et son épouse vivaient désormais comme frère et sœur ; en général, l’épouse entrait dans un monastère.

Le rang de cette noble famille apportait à Avit une certaine considération mondaine, mais Avit montra bien plus d’intérêt pour l’étude et les œuvres de charité. 

On dit de lui qu’il se maria et eut des enfants. Devenu veuf à quarante ans, il distribua son patrimoine aux pauvres, puis se retira dans un monastère.

Vers 490 mourut Esychius, et c’est Avit qui lui succéda.

Ce fut un épiscopat actif, tourné vers la sanctification des fidèles, vers le bien de tous, et Avit y montra toute sa sollicitude paternelle.

On verra à propos de s.Epiphane de Pavie (v. 21 janvier) les tribulations que ce dernier eut à souffrir : Avit lui vint en aide avec une charité toute fraternelle, payant lui-même le rachat des captifs de Pavie.

Mais il montra aussi son souci doctrinal et combattit l’arianisme du roi des Burgondes Gondebaud ainsi que de Clovis. Gondebaud resta «arien», tout en favorisant par ailleurs le christianisme : c’est pour lui qu’Avit rédigea un opuscule contre l’eutychianisme, à destination de l’empereur Anastase. Quand Clovis reçut le baptême (496), il l’en félicita par écrit. Ses écrits pastoraux, doctrinaux et poétiques montrent son érudition, louée par tous les contemporains.

Le fils de Gondebaud, par contre, fut conquis par les conseils d’Avit et donna l’autorisation de reprendre les synodes provinciaux, ainsi à Epaone (517, peut-être Evian-les-Bains), où Avit eut une grande influence sur les décisions prises. On a dit d’Avit que c’est grâce à sa prédication et à ses écrits, qu’il délivra la Gaule de l’arianisme. Un autre évêque de Vienne, Adon (v. 16 décembre), affirma qu’Avit fut la lumière de l’Eglise des Gaules.

Avit prit parti ouvertement pour le pape légitime Symmacus (v. 19 juillet), contre l’intrus Laurentius ; il en soutint aussi le successeur, s. Hormidas (v. 6 août), dans ses démêlés avec Constantinople.

Cet évêque zélé mourut le 5 février, vers 525.

 

 

Ingenuinus de Sabiona

† 605

 

L’évêché de Sabiona remonte à la fin du 6e siècle et son premier évêque connu est Ingenuinus (on croit qu’il eut cependant un prédécesseur, un certain Materninus).

Les recherches historiques tendent à affirmer qu’il fut évêque au moins depuis 579.

Il eut le tort ou la faiblesse, avec l’évêque de Trente, d’adopter une position schismatique en refusant de condamner les Trois-Chapitres (malheureuse intervention de l’empereur Justinien en matière théologique,  soutenant l’erreur monophysiste selon laquelle Jésus-Christ n’avait qu’une nature, divine).

Mais l’évêque sut se remettre en paix avec Rome, et sa sainte vie fut illustrée de miracles.

Si c’est tout ce qu’on sait de lui, n’oublions pas que reconnaître son erreur est une preuve de grande humilité et de sainteté.

Cet évêque mourut à Sabiona, dont le siège fut transféré à Bressanone par s. Albuinus (v. ce même jour).

Saint Ingenuinus est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

 

 

Luca de Demenna

920-993

 

Luca vint au monde à Demenna (Castrugiuvanni, act. Enna, Sicile centrale), peut-être de Giovanni et Tedibia (il semble qu’il y ait une controverse là-dessus). Il avait une sœur, Caterina.

A dix-huit ans, ayant mûrement réfléchi, il abandonna l’idée de se marier et décida d’entrer dans la voie du monachisme.

Il reçut la formation des moines basiliens (orientaux) d’Agira, sous Sabas le Jeune de Collesano (v. ce même 5 février).

De là, il passa en Calabre, sous s.Elia le Spéléote (v. 11 septembre) à Melicuccà (Reggio Calabria). Il y reçut des grâces particulières pour l’interprétation de l’Ecriture, malgré son manque d’instruction précédente.

En 950, ayant eu révélation des prochaines invasions sarrasines, il remonta jusqu’au si fameux monastère du Mercurion, entre la Calabre et la Lucanie. Il restaura ou fonda la laure de Noepoli. Pendant sept années, il demeura là avec des disciples, dont le travail transforma cette zone désertique en un véritable jardin, non sans provoquer la jalousie d’un seigneur voisin qui, cependant, ne réussit jamais à leur faire du tort.

Cherchant plus de solitude, car on venait le voir en foule, Luca vint près du fleuve Agri, où il restaura le monastère de Saint-Julien. Là, il s’occupa de recueillir et soigner les soldats blessés dans les rencontres conflictuelles entre Sarrasins et troupes impériales. Puis, le conflit entre les empereurs Otto et Niképhoros l’obligea encore à s’enfuir.

Près d’Armento (Potenza), avec d’autres disciples, il fonda le monastère des saints Elie et Anastase à Carbone (971). Bientôt, il fut rejoint par sa sœur Caterina et ses deux fils, auxquels il remit l’habit monastique. Caterina  s’installa dans un monastère.

On rapporte que, à l’arrivée des Sarrasins, Luca sortit à cheval du monastère avec quelques-uns de ses disciples, et que les Sarrasins, le voyant entouré d’une vive lumière, s’enfuirent à toute vitesse.

Luca fut nommé abbé (archimandrite) à Saint-Julien.

Les dernières années, la maladie le contraignit de boîter.

Après avoir visité s.Vitale (v. 9 mars), il mourut à Armento, assisté par s.Sabas de Collesano vers 984 ou 993, un 13 octobre ou un 5 février.

Saint Luca est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain. 

Actuellement, la localité San Luca, à la pointe de la Calabre, a malheureusement acquis une triste renommée.

 

 

Sabas le Jeune

† 995

 

Ce moine vit le jour à Collesano (Sicile), de Cristoforo et Kalí. Son frère s’appelait Macario (v. 16 décembre).

Le premier des quatre à vouloir quitter le monde, fut Cristoforo lui-même (v. 17 décembre) ; son épouse suivit son exemple, ainsi que les deux fils. 

Tandis que Kalí fondait de son côté une petite communauté de femmes, les trois hommes furent quelque temps à Agira.

Cristoforo, comme on le verra, demanda la permission de se retirer dans un ermitage, Saint-Michel de Ktisma, où ses fils et d’autres habitants de Collesano le rejoignirent.

Devant l’invasion arabe, et à cause d’une grande carestie, ils se réfugièrent en Calabre et s’unirent à ces nombreux ermites du mont Mercurio. Cristoforo alors, voulant faire un pèlerinage à Rome, nomma abbé son fils Sabas ; à son retour, et devant une nouvelle menace musulmane, ils se transférèrent en Basilicata et y construisirent un monastère, Saint-Etienne sur le Sinni, où mourut Cristoforo, assisté de ses enfants. 

Sabas et Macario dirigèrent ensuite les communautés fondées par leur père. Sabas dut une nouvelle fois monter plus au nord, jusqu’à Salerne, et fonda d’autres monastères dont il confia plus tard la direction à son frère Macario.

Sabas fut un thaumaturge renommé. Les témoignages de guérisons, de multiplication de nourriture, de visions, sont nombreux.

Sabas dut venir plusieurs fois à Rome, pour intervenir à la cour d’Otto II et de Teofano, et rejoignit le monastère romain de Saint-Césaire, où il s’éteignit le 5 février, vers 995.

On a donné à Sabas le surnom de Jeune pour le distinguer de l’autre Sabas, v. 5 décembre.

Saint Sabas le Jeune est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

Albuinus de Bressanone

† 1006

 

Albuinus fut le vingt-huitième évêque de Bressanone (Tyrol, auj. Italie), ou plutôt :  vers 976 il fut évêque de Sabiona, dont il transféra le siège à Bressanone ; il fut ainsi le vingt-huitième à Sabiona, et le premier à Bressanone.

On sait qu’il fut hautement apprécié par l’empereur s.Heinrich (v. 13 juillet), qui le combla de bienfaits.

Il mourut à Bressanone, le 5 février 1006.

Il transféra de Sabiona le corps d’Ingenuus et les deux évêques furent désormais honorés ensemble le 5 février.

 

 

Adelheid de Geldern

960-1021

 

Adelheid ou Adélaïde naquit vers 960-970, troisième des cinq enfants du «comte» Megingoz de Gueldre et de Gerberge. Geldern (ou Gueldre) est une ville de l’actuelle Rhénanie (Allemagne O).

Adelheid grandit dans une atmosphère de piété, où elle trouvait ses délices.

A la mort du frère aîné, Gottfried (977), les parents en utilisèrent l’héritage pour fonder l’abbaye de Vilich et la première abbesse fut tout simplement Adelheid elle-même, qui n’avait pas vingt ans.

Humble et prudente, la noble héritière préféra aller d’abord se former à l’observance régulière dans le monastère Notre-Dame à Cologne, dont l’abbesse était sa jeune sœur, Bertrada.

Elle gouverna ensuite pendant plusieurs années la communauté de Vilich, où elle introduisit la Règle bénédictine, donnant aux religieuses l’exemple de toutes les vertus. Sa mère, Gerberge, vint à son tour prendre le voile, acceptant de se soumettre à la direction de sa fille. Gerberge mourut en 995, suivie de Megingoz en 998.

A la mort de Bertrada (1000), l’évêque demanda à Adelheid de gouverner l’une et l’autre abbayes, de Cologne et de Vilich, ce qu’elle fit pendant trois années.

On rapporte maints miracles opérés par Adelheid de son vivant et après sa mort, qui advint à une date difficile à préciser, en fonction des recherches, entre 1010 et 1021.

Sainte Adelheid est commémorée le 5 février au Martyrologe Romain.

Japonais martyrs à Nagasaki

† 1597

 

Une des plus dures persécutions qu'aient essuyées les chrétiens du Japon est celle de Taicosama.

La mission du Japon avait débuté avec succès en 1549 avec s.François-Xavier (v. 3 décembre), mais en 1582 l'empereur voulut faire partir les Jésuites, considérés par certains comme un danger national. Les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. 

En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires. La méfiance s'accrut encore lorsqu'une quinzaine de Franciscains débarquèrent en 1593 et construisirent deux couvents, prêchèrent et baptisèrent de nombreux Japonais.

L'empereur du Japon ordonna en 1596 d'arrêter tous les missionnaires qu'on trouverait et de les mettre à mort. Ainsi furent arrêtés le 8 décembre six franciscains, trois jésuites dont Paul Miki et dix-sept laïcs tertiaires franciscains. 

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait ; on les condamna d’abord à avoir le nez et l’oreille gauche coupés, mais on ne les amputa finalement «que» du lobe de l’oreille gauche. L'empereur les envoya à Nagasaki où il avait fait dresser vingt-six croix sur lesquelles ils furent crucifiés face à la mer.

Ces vingt-six martyrs étaient :

Trois Jésuites :

  • Paulus Miki, clerc jésuite,
  • Ioannes Gotō Soan, frère jésuite japonais,
  • Didacus Kisaï, frère jésuite japonais.

Six Franciscains :

  • Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, prêtre espagnol,
  • Martín Loinaz Amunabarro (Aguirre) de l’Ascension, prêtre espagnol, professeur de théologie,
  • Francisco Blanco Pérez, prêtre espagnol,
  • Felipe Las Casas Martínez de Jésus, mexicain, clerc profès,
  • Gonçalo Garcia, des Indes Orientales, frère convers,
  • Francisco Andrade Arco de Saint-Michel, frère convers.

Dix-sept laïcs Tertiaires Franciscains, tous japonais (en ordre alphabétique) :

  • Antonius, de treize ans,
  • Cosmas Takeya,
  • Franciscus, 
  • Franciscus Kichi,
  • Gabriel (jeune laïc de vingt ans, catéchiste),
  • Ioachim Sakakibara,
  • Ioannes Kinuya (catéchiste),
  • Leo Karasumaru (catéchiste),
  • Ludovicus Ibaraki, de treize ans (? fils de Paulus, infra),
  • Matthias,
  • Michaël Kozaki (marié),
  • Paulus Ibaraki,
  • Paulus Suzuki (marié, catéchiste),
  • Petrus Sukejirō,
  • Thomas Dangi (catéchiste),
  • Thomas Kozaki, de quinze ans (fils de Michaël, supra),
  • Ventura.

 

Les pauvres et les lépreux firent parvenir une pétition aux autorités pour que, non seulement ces Religieux ne fussent ni bannis ni mis à mort, mais même qu’ils se multipliassent dans le pays.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Un des Martyrs suspendus à la croix, n'osait répéter que les paroles du bon Larron : Seigneur, souviens-toi de moi !

Les enfants ne furent pas moins admirables. On trouvera dans certaines de leurs notices les dernières paroles qu’ils dirent avant de mourir.

Ils furent tous achevés d'un coup de lance dans le cœur. C’était le 5 février 1597.

Il y avait là plusieurs milliers de personnes. Vint un moment où les chrétiens ne purent se retenir et s’avancèrent pour recueillir le sang des Martyrs ou des fragments de leurs vêtements. Les soldats les repoussèrent avec violence. 

Le frère du gouverneur de Nagasaki, qui était d’ailleurs un ami personnel de Paulus Miki, mit en place des sentinelles pour mainteneir l’ordre, puis se retira. On le vit toutefois pleurer au bas de la colline.

Malgré la surveillance, il y eut un continuel mouvement de vénération autour de cette Colline des Martyrs, Nishizaka. 

Il est dit dans les actes de la béatification, que les jours qui suivirent le martyre, les corps restèrent intouchés par les bêtes, que chaque vendredi une colonne de feu les éclairait et que deux mois après le sang était encore frais. L’année suivante, un envoyé des Philippines put recueillir les restes des Martyrs et de leurs croix.

Ce furent les premiers martyrs du Japon et leur dies natalis est commémoré au Martyrologe le 5 février. 

Comme on fête ce jour-là sainte Agatha, leur fête a été établie au 6 février.

Ces glorieux Martyrs japonais furent béatifiés dès 1627 et canonisés en 1862.

 

Coïncidence frappante : le pape Pie IX qui les a canonisés et qui est maintenant Bienheureux, a son dies natalis le 7 février.

 

 

Cosmas Takeya

?-1597

 

Cosmas était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus Kichi

?-1597

 

Franciscus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Leo Karasumaru

?-1597

 

Leo était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Matthias de Kyōto

?-1597

 

Matthias était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Ibaraki

?-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être le père, ou au moins un parent du jeune Ludovicus, également martyrisé ce jour-là.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Petrus Sukejirō

?-1597

 

Petrus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Dangi

?-1597

 

Thomas était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ventura de Kyōto

?-1597

 

Ventura était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Didacus Kisai

1533-1597

 

Didacus (Jacques) était né en 1533 à Haga (Okayama, Japon).

Marié et père d’un enfant, il se vit obligé de se séparer de son épouse qui, reniant sa foi, était retournée au culte païen et s’obstinait à demeurer dans son erreur.

Délié des liens du mariage, il se donna entièrement à la Compagnie de Jésus et rendit mille services aux Pères. Il vint habiter dans la communauté, y faisait mille travaux quotidiens, restait à la porterie et recevait les visiteurs, à l’occasion enseignait des rudiments de catéchisme aux candidats au baptême. 

Il aimait particulièrement les mystères douloureux du chapelet, qu’il priait chaque jour. Il s’en était même fait un petit livret qu’il avait calligraphié et décoré de sa main très habile, pour l’avoir toujours sous les yeux. C’est ainsi qu’il conçut une réelle soif de souffrir et de mourir pour le Christ. Par là aussi il acquit une profonde humilité, se disant tout-à-fait indigne du martyre et de la compagnie des Saints et même de la Compagnie de Jésus, dans laquelle il fut admis peu avant de mourir, tellement indigne qu’il refusa de remettre ne serait-ce que son mouchoir à ceux qui lui demandaient quelque chose à conserver en souvenir de son martyre. 

C’est le 5 février 1597 qu’eut lieu ce martyre.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Pedro Bautista Blásquez y Blásquez

1542-1597

 

Né le 24 juin 1542 en la fête de saint Jean-Baptiste, à San Esteban del Valle (Ávila, Espagne), Pedro (Pierre) reçut aussi le prénom de Bautista (Baptiste). Ses parents s’appelaient Pedro et María, des plus nobles familles de Castille.

Pedro étudia à Salamanque et, d’ailleurs contre les prévisions des parents, entra chez les Frères Mineurs Franciscains (Alcantarins) à Arenas ; il fit profession en 1568, et ayant déjà accompli précédemment les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre très peu après.

Il fut nommé professeur et supérieur de diverses communautés.

Mais la prédication en terre espagnole ne suffisait pas à son idéal : dans son cœur, il était appelé à traverser les mers et à porter l’Evangile à ceux qui ne le connaissaient pas ; son rêve était la Chine et le Japon.

Avec la permission des Supérieurs, il partit d’abord pour le Mexique en 1581, où il resta trois ans et fut l’ami des Indios ; puis il partit pour les Philippines, où il arriva en 1584.

Son zèle le poussa à aller au-devant de toute la population, y compris et surtout les pauvres et les malades, les lépreux en particulier, ouvrant des maisons pour l’éducation et pour les soins.

En 1593, Pedro Bautista fut choisi pour aller au Japon, où il obtint assez facilement de pouvoir enseigner l’Evangile, car il savait présenter la Bonne Nouvelle sans s’imposer, sans imposer sa loi, bien au contraire en s’incorporant dans la vie quotidienne japonaise.

Il vivait très pauvrement. Il fonda des couvents à Kyoto, Osaka et Nagasaki, et deux hôpitaux.

Les Pères franciscains travaillèrent sans s’épargner, au service de toutes les âmes, et conquirent l’estime de la population, par l’amour avec lequel ils soignèrent les malades et particulièrement les lépreux.

Un jour de Pentecôte, le père Pedro Bautista guérit publiquement une jeune fille lépreuse.

Mais la jalousie s’empara de certains milieux ; les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires.

L’arrestation du père Pedro Bautista et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; on les mit en prison à Meaco, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait, au père Pedro on coupa l’oreille gauche.

La condamnation a mort fut émise le 8 janvier 1597.

Le père Pedro Bautista fut le dernier à mourir. Auparavant, il invita encore les chrétiens présents à pardonner aux bourreaux. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Andrade Arco

1544-1597

 

Francisco était né vers 1544 à La Parilla (Valladolid, Espagne).

Il entra chez les Franciscains Alcantarins comme frère convers, avec le nom de Francisco de Saint-Michel et rejoignit les missions extrême-orientales du Japon.

Il fut favorisé du don des miracles et opéra des conversions.

L’arrestation des Religieux eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus de Kyōto

1548-1597

 

Franciscus était né en 1548 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Michaël Kozaki

1551-1597

 

Michaël était né en 1551 à Ise (Mie, Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le père de Thomas Kozaki, martyrisé le même jour.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gonçalo Garcia

1556-1597

 

Gonçalo était né en 1556 à Bassein (Mahārāshtra, Inde), de père portugais et de mère indienne.

Il devint homme d’affaires et partit au Japon.

En 1591, il se trouva à Manille et servit d’interprète au père Pedro Bautista Blásquez, avant de l’accompagner au Japon. Désormais il resterait au service des Pères, comme frère convers.

L’arrestation des Pères et de leurs Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioachim Sakakibara

1556-1597

 

Ioachim était né en 1556 à Ōsaka (Japon).

Il était médecin et fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Suzuki

1563-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Paulus Miki

1564-1597

 

Paulus était né en 1564 à Awa (île Shikoku, Ōsaka, Japon) et fut baptisé à cinq ans, avec ses parents. Le père était capitaine et vassal de Oda Nobunaga, un des premiers unificateurs du Japon.

Les parents envoyèrent leur fils étudier au petit séminaire dirigé par les Jésuites à Kyushu, transféré par la suite à Takatsuki.

En 1586, Paulus entra au novicat jésuite, à Arie.

Il fit la profession en 1588 et poursuivit les études à Arnakusa et Nagasaki. Si le latin lui posa assez de problèmes, il se montra excellent catéchiste et prédicateur ; il n’était pas encore prêtre, qu’il participait déjà à des débats avec des non-chrétiens.

En 1592, il fut assistant du Provincial à Ōsaka et, par sa prédication, conquit déjà des Samurai. Mais la persécution commença.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596. Japonais, Paulus ne fut pas arrêté, mais il insista lui-même pour partager le sort des pères Jésuites.

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, Paulus profitait plutôt de ce «voyage» pour exhorter les gens à se convertir au Christ.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le 5 février 1597, peu avant de mourir en croix, Paulus renouvela ses vœux de religieux. Une fois crucifié, il continua de prêcher la foi chrétienne et pardonnant aux bourreaux : Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien ! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême.

Paulus avait trente-trois ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Martín de Loinaz y Amunabarro (Aguirre)

1567-1597

 

Il n’y a aucune certitude sur l’origine de Martín. Il était certainement du Guipuzcoa (Pays basque espagnol), et était né vers 1567.

Pour certains, il était de la famille Loinaz y Amunabarro, à Beasain ; pour d’autres, de la famille Aguirre à Vergara.

L’unique certitude est qu’il prit l’habit franciscain, et le nom de Martín de l’Ascension. Ensuite, les faits sont plus précis.

Il étudia à Madrid, et c’est là qu’il aurait entendu la vocation missionnaire ; il fut ordonné prêtre en 1590.

Il fut professeur de philosophie à Madrid, puis à Alcalá de Henares, lorsque parut une «demande de volontaires» pour les missions.

Un premier départ eut lieu en 1592, qui s’acheva par un retour à la maison, après de fortes tempêtes et de lourdes pertes dans la flotte.

Un nouveau départ eut lieu en 1593, et le père Martín s’embarqua pour le Mexique ; ils étaient cinquante Religieux.

A Mexico, il enseigna pendant un an, puis repartit pour les Philippines en 1594, où il enseigna encore philosophie et théologie, de façon si magistrale qu’on ne lui permit pas facilement de repartir pour le Japon.

Il y parvint enfin en 1596.

Après quelques jours à Nagasaki, il fut au couvent de Miyako (Kioto) et apprit la langue, suffisamment rapidement pour pouvoir aborder les malades. Puis il passa à Osaka, comme supérieur du couvent.

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Kinuya

1568-1597

 

Gabriel était né en 1568 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Blanco Pérez

1570-1597

 

Il naquit à Santa María de O Tameirón ou dans les environs (Monterrey, Galice, Espagne). Il semble qu’il n’ait été baptisé qu’à sept ans, en 1577. Ses parents étaient Antonio Blanco et Catalina Pérez.

Des «histoires» ont circulé sur son enfance. 

Il s’amusait à prendre du grain dans des champs pour donner aux oiseaux ; quand les maîtres s’en plaignirent à son père, il lui répondit de ne pas s’inquiéter : ce furent justement ces champs-là qui donnèrent la meilleure récolte.

Une autre fois, la charrette de grain se renversa avec les bêtes qui la tiraient et toute la récolte était par terre. Le temps que le papa appelât des hommes du village pour l’aider, ils trouvèrent le petit Francisco en train de faire avancer les bêtes et la charrette, comme si rien ne s’était passé. Et quand le papa lui demanda qui l’avait aidé, il répondit que c’était le Bon Dieu, et qu’il s’était seulement cassé un ongle.

Il fit d’excellentes études d’abord à Verín, puis à Salamanque. De là, il abandonna les études pour entrer chez les Franciscains de Villalpando en 1586.

On lui confia l’infirmerie, et il montra la plus grande diligence envers les malades, toujours avec douceur.

Ce fut un Religieux particulièrement innocent d’âme, si pur que, lorsqu’on apprit la nouvelle de son martyre, on dit qu’il avait conquit trois couronnes : le martyre, la sainteté et l’innocence.

Après la profession (1587), il reprit les études à Salamanque, mais en s’imposant de telles mortifications qu’il en perdit la santé ; on l’envoya se reposer à Pontevedra.

Là, il rencontra un Confrère qui allait partir pour les Indes. Il voulait l’accompagner, mais sa santé n’était pas rétablie. Il imagina alors d’aller coucher neuf nuits de suite dans le cimetière, sur la tombe de Juan de Navarrete, un Religieux mort en odeur de sainteté : le neuvième jour, il était en pleine forme.

Il n’était que diacre quand il put enfin partir pour les missions d’Extrême-Orient (1593). Le voyage se faisait par le Mexique, où Francisco reçut l’ordination sacerdotale (car il n’y avait pas encore d’évêque à Manille) et l’on parvint enfin à Manille, où il acheva ses études de théologie avec le père Martín de l’Ascension, avec lequel il allait passer au Japon et y partagerait bientôt le martyre.

Francisco fut à Miyako, où il s’occupa de la léproserie et surtout, en trois mois, apprit la langue. Pour lui nous, les religieux, nous n’avons pas de patrie ; ma patrie actuelle est le Japon, et mes compatriotes, les Japonais. Le père Martín parla au Supérieur des Philippines de la facilité quasi miraculeuse que Francisco eut à apprendre le japonais, qui lui semblait un jeu d’enfant.

 

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Il se pourrait que Francisco soit l’unique Saint de Galice.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Felipe de las Casas y Martínez

1572-1597

 

Felipe naquit à Mexico en 1572, aîné des onze enfants de Alfonso de las Casas et Antonia Martínez, des parents espagnols. Le papa était parent du célèbre Religieux missionnaire, Bartolomé de las Casas.

Le petit Felipe était vif et espiègle. Il étudia à Mexico et s’intéressa à l’artisanat de l’argent, de sorte que, plus tard, les gens du métier le prirent comme Patron.

Il dut commettre quelques désordres : sa famille l’expulsa. Il se réfugia dans un couvent franciscain, mais en ressortit et retomba. A vingt-et-un ans, Felipe s’en alla aux Philippines, en quête d’aventures. Mais ses «aventures» le menèrent au couvent des Franciscains de Manille, où il prit le nom de Felipe de Jésus.

Un an après, il fit la profession (1593). Trois ans après, il devait recevoir l’ordination sacerdotale : il repartit pour cela à Mexico, car les Philippines n’avaient pas encore d’évêque.

En réalité, le voyage fut des plus mouvementés, et le bateau arriva… au Japon, où commençait justement la persécution.

Felipe fut à Miyako et partagea désormais le sort des Martyrs.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Felipe était mal attaché à la croix, de sorte que l’anneau du cou l’étouffait ; on lui donna tout de suite deux coups de lance dans la poitrine ; il mourut en répétant : Jésus !

Il est le premier Saint du Mexique.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gabriel de Ise

1577-1597

 

Gabriel était né en 1577 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Soan de Gotō

1578-1597

 

Ioannes était né en 1578 à Fukue, croit-on (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon), de parents chrétiens.

Il fréquenta les Jésuites et montra une telle facilité à assimiler l’enseignement, qu’il fut envoyé à Osaka pour aider là le responsable et pour former les néophytes.

Quand la maison fut attaquée par des soldats, il aurait pu s’évader et se mettre à l’abri, mais il préféra partager le sort de la Compagnie de Jésus. Il emballa rapidement et mit en sécurité tous les objets sacrés de la chapelle, dont il avait la charge.

Puis, grâce aux bons soins de Paulus Miki, comme messager et interprète, il demanda à être admis à la profession de l’Ordre. La réponse favorable lui parvint quelques jours plus tard. Pour s’en rendre plus digne, il s’efforça de supporter avec empressement et avec joie tout ce qui pouvait arriver de désagréable durant le transfert de Miyako à Nagasaki.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596, et Ioannes fut du nombre.

La sentence de mort fut émise un mois plus tard.

Quand Ioannes arriva devant sa croix, il sauta de joie. On vit alors arriver son père, serein, qui ne montrait ni larmes ni douleur : au contraire, heureux de la joie de son fils. Ioannes l’embrassa et l’exhorta à tout laisser pour penser à son salut éternel, comme lui-même l’avait fait jusque là ; et son père de lui répondre : Mon cher fils, reste bien courageux et constant ; tu vas mourir pour le Christ, pour la Foi ; je vais m’empresser de l’annoncer à ta mère ; sache que, s’il est possible, nous n’avons pas envie d’une autre mort pour nous deux. Ioannes l’en félicita, lui remit son chapelet ainsi qu’un autre petit souvenir pour sa mère. Le père resta sur place et ne se retira qu’après avoir recueilli le sang de son fils.

Ioannes montra la constance que souhaitait son père ; il encouragea aussi les autres Martyrs, jusqu’au moment où, devant recevoir le dernier coup de lance fatal, il répéta une dernière fois les noms de Jésus et Marie.

Le 5 février 1597 eut lieu ce martyre. Ioannes allait avoir dix-neuf ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Kozaki

1582-1597

 

Thomas était né en 1582 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le fils de Michaël Kozaki, martyrisé le même jour.

Il avait quinze ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Antonius de Nagasaki

1584-1597

 

Antonius était né en 1584 à Nagasaki (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Au moment de son martyre, Antonius résista aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat : Je méprise vos promesses et la vie elle-même : je désire être attaché à la croix pour l'amour de Jésus crucifié. 

Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume 112 qu’il avait appris par-cœur : Laudate, pueri, Dominum (Enfants, louez le Seigneur), et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le Ciel.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ludovicus Ibaraki

1584-1597

 

Ludovicus était né en 1584 à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être fils (ou jeune parent) de Paulus Ibaraki, martyrisé le même jour.

Au moment de son martyre, il fut invité par un assistant païen à renoncer à sa foi. Fermement il lui répondit : C'est toi qui devrais te faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Françoise Mézière

1745-1794

 

Françoise naquit et fut baptisée le 25 août 1745 à Mézangers (Mayenne), de René qui eut six enfants de sa première épouse, Françoise Rousseau, et trois autres de sa seconde épouse, Marie Heurtebise. A nouveau veuf, il épousera Marie Coutelle.

René Mézière, outre qu’excellent chrétien, était un agriculteur actif et consciencieux : il fit quadrupler le rendement de sa ferme, qui appartenait à l’abbaye bénédictine d’Evron ; en reconnaissance, l’économe de l’abbaye fit reconstruire la maison de René, La Maulorière.

1749 fut l’année de la mort de la première épouse et du remariage avec Marie, qui mourut à son tour en 1754. En neuf ans, la petite Françoise vit donc mourir sa mère et sa belle-mère, ainsi que sa sœur aînée.

En 1758 eut lieu le troisième mariage de René Mézière, avec Marie Coutelle ; celle-ci avait une cousine, Marguerite Coutelle, qui s’occupait à la paroisse Saint-Léger de la petite école fondée par le curé.

En 1768, à vingt-trois ans, Françoise exprima son désir d’apostolat. Elle se joignit à la petite école d’Evron, fondée par l’abbé bénédictin, et aux équipes charitables qui œuvraient selon l’esprit de s.Vincent de Paul (v. 27 septembre).

En 1770, Marguerite Coutelle appela Françoise pour se faire aider. Françoise montra des dons remarquables pour enseigner, mais aussi pour soigner toutes sortes de blessures ainsi que pour tenir la sacristie. Elle deviendra la directrice de l’école à la mort de Marguerite en 1772. 

Arriva la cruelle période de la Révolution. Françoise refusa évidemment de prêter le serment constitutionnel et ne put continuer d’enseigner, mais elle poursuivit ses activités auprès des malades. Les prêtres durent se cacher ou partir pour Laval et Françoise se trouva bien seule.

Elle s’activa au milieu de tous les dangers, pour servir d’intermédiaire entre le curé et les malades. Lors de la retraite de l’armée vendéenne, elle soigna des soldats blessés. Deux de ceux-là furent arrêtés avec elle dans le nuit du 4 au 5 février 1794. Elle fut conduite à Evron, de là à Laval avec les deux soldats, escortés par des gardes à cheval.

Les registres du procès ont, comme par hasard, disparu. Voici l’accusation : 

Françoise Mézière, sœur de la charité de la commune de Saint-Léger, district d’Evron, arrêtée et accusée d’avoir nourri pendant neuf jours deux brigands réfugiés dans une cabane ; d’avoir soigné religieusement les blessures de l’un d’eux et de lui avoir apporté tous les secours dont elle était capable, secours qu’elle avait refusé à d’intrépides volontaires ; de ne pas vouloir révéler en outre une autre cabane en laquelle, comme tout semble l’affirmer, sont cachés sept autres brigands ; d’avoir observé le plus grand silence à ce sujet envers la municipalité ; d’avoir refusé de prêter serment de fidélité aux lois de la patrie ; d’avoir des milliers de fois, comme une autre vipère de l’espèce sacerdotale, vomi outrageusement des invectives contre le système républicain.

Il est évident que Françoise n’aurait jamais «refusé à d’intrépides volontaires» les secours de la charité : on aurait produit les intéressés pour témoigner.

L’énoncé des accusations portait en lui-même l’énoncé de la condamnation : Françoise fut condamnée à mort. Elle reçut cette condamnation en faisant une révérence aux juges, les remerciant de lui procurer le bonheur d’aller directement au Ciel. A quoi, un des juges eut encore le front de rétorquer : Puisque tu vas voir ton bon Dieu, présente-lui mes félicitations !

Françoise fut donc guillotinée à Laval le 5 février 1794 et béatifiée en 1955.

 

 

Elisabetta Canori Mora

1774-1825

 

La famille Canori était très chrétienne. Le père, Tommaso, gérait plusieurs fermes agricoles ; des quatorze enfants qu’il eut avec son épouse, Teresa Primoli, six moururent en bas âge. 

Elisabetta naquit à Rome le 21 novembre 1774, jour de la Présentation de Marie au Temple. Elle avait cinq frères et une sœur (Maria) aînés, et aura une petite sœur (Benedetta).

Tommaso Canori était un bon propriétaire, et cherchait à gérer ses propriétés avec gentillesse, mais on abusa de sa bonté et des créditeurs le mirent en difficulté. De mauvaises récoltes s’ajoutèrent aux difficultés et le papa finit par confier ses deux petites filles à son frère.

Ce dernier les confia à son tour aux Religieuses augustiniennes de Cascia (le célèbre monastère où vécut sainte Rita, v. 22 mai). Elisabetta s’inséra parfaitement dans l’atmosphère monastique.

Revenue à Rome, elle eut une vie quelque peu mondaine, qu’elle jugera plus tard sa «trahison». 

Grâce à la bienveillance d’un bon prélat qui s’offrit pour payer les frais de pension, Benedetta entra chez les Oblates de Saint Filippo Neri, mais Elisabetta préféra rester dans le monde, aux côtés de sa famille en difficulté. Elle se maria en 1796 avec Cristoforo Mora.

Cristoforo était un excellent garçon chrétien, avocat, mais faible : il trahit son épouse. Elisabetta supporta l’épreuve sans se plaindre, espérant toujours une conversion ; à ce coup dur s’ajouta que ses deux premiers enfants moururent peu après la naissance.

Pour payer les énormes dettes de son mari, Elisabetta vendit tous ses bijoux, qui d’ailleurs ne suffisaient pas. Cristoforo, de son côté, devint grossier. Ses parents, par mesure d’économie, lui proposèrent de quitter son bel appartement et de venir habiter chez eux avec son épouse. Elisabetta accepta encore cette épreuve qui rompait toute intimité conjugale et familiale, l’offrant pour la conversion de son mari.

Une quatrième naissance, heureuse, vint adoucir cette vie rude. Mais une maladie terrassa Elisabetta, qui en guérit «miraculeusement». Ce sera le point de départ d’une vie encore plus intérieure. Elle prit la résolution de ne jamais se fâcher et de s’imposer une vie de mortification.

Elle dut supporter les accusations de ses belles-sœurs, qui la rendaient responsable des écarts de son mari. Celui-ci en vint même à la menacer d’un couteau.

Quand mourut le beau-père (1812), la famille la mit à la porte. Nouvelle épreuve, mais aussi occasion de se retrouver avec elle-même.

Elle dut travailler de ses mains pour vivre. Elle éleva très chrétiennement ses filles, et en même temps ouvrit son logis aux pauvres. Elle visitait les malades, elle priait. Elle assistait particulièrement les familles en difficulté. Finalement elle entra dans le Tiers-ordre des Trinitaires, un Ordre fondé à la fin du 12e siècle pour obtenir la libération des captifs.

La «sainteté» d’Elisabetta devint connue ; elle faisait des miracles, elle avait des expériences mystiques (extases, prophéties), mais conservait son style de vie modeste, discret. Elle s’offrait pour la conversion de son époux, pour le pape, pour l’Eglise et la ville de Rome.

A Noël 1824, l’œdème la frappa de nouveau. Elle savait que ce serait sa dernière maladie. Elle eut la joie de voir son mari reprendre sa place à la maison ; il restait de longues heures auprès d’elle. Pleine d’amour, elle lui prédit même qu’il reviendrait pleinement à Dieu.

Elle mourut le 5 février 1825, le soir. Mais son mari, comme de coutume, n’était pas là à cette heure-là. Il revint à l’aube, et la trouva morte. Là commença sa vraie conversion.

Comme elle le lui avait prédit, son mari se convertit, entra dans le même Tiers-ordre trinitaire, puis chez les Franciscains Conventuels et devint prêtre. Il mourra en 1845, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, une fête chère à Elisabetta.

Elisabetta Canori Mora a été béatifiée le 24 avril 1994.

 

 

Jesús Méndez Montoya

1880-1928

 

Ce prêtre mexicain naquit à Tarímbaro (Michoacan) le 10 juin 1880, de parents pauvres, Florentino Méndez et María Cornelia Montoya.

Baptisé le 12 juin, il reçut la Confirmation le 12 septembre 1881, selon la coutume de l’époque.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Morelia en 1894, où il étudia avec persévérance. Des paysans de son village participèrent aux frais de ses études.

Il reçut le diaconat en 1905, et le presbytérat en 1906. 

Une fois ordonné prêtre, il fut vicaire successivement à Huetamo, Pedemales, enfin à Valtierrilla (Guanajuato). Dans les deux premiers postes, son zèle lui provoqua un sérieux arrêt de santé, car il s’était fatigué jusqu’à l’épuisement.

Ce fut un prêtre tout à tous, qui passait de longues heures au confessionnal, où les chrétiens venaient volontiers recevoir ses bons conseils. Il fonda diverses associations ou confraternités, pour l’apostolat de la prière, l’adoration perpétuelle. 

Il n’hésitait pas, tout en se cachant quand il le fallait, à baptiser et célébrer de nuit, visitant les malades de jour, remplaçant autant que possible les autres prêtres qui étaient obligés de sa cacher et de changer de localité pour échapper aux recherches.

Il vivait pauvrement, avec les familles pauvres du village. 

Il monta aussi une belle chorale, grâce à ses dons musicaux, pour rehausser la liturgie.

Le 5 février 1928, les troupes fédérales entrèrent dans le village dans l’intention d’éliminer un groupe de cristeros qui avaient pris les armes, et se dirigèrent vers la maison du prêtre. Jesús, lui, n’avait jamais touché à une arme. A ce moment précis, il venait de terminer la célébration de la messe. Lui qui portait le nom de notre Seigneur, s’identifia au Maître jusqu’au bout.

Il s’empara d’un ciboire contenant les saintes hosties de l’Eucharistie, et tenta de sortir par une fenêtre du presbytère, qui se trouvait juste à côté du clocher de l’église. Les soldats, qui ne le connaissaient pas, pensèrent que c’était un cristero, et qu’il cachait une arme, mais Jésús montra qu’il n’avait pas d’armes. 

Les soldats lui demandèrent : C’est vous le Curé ? et il répondit : Oui, c’est moi. Ils l’arrêtèrent. Et lui, gentiment : Les Hosties consacrées, vous n’en avez pas besoin, laissez-les moi et il demanda aux soldats juste le temps de les consommer. Ils le lui permirent et il s’agenouilla pour communier. Puis les soldats : Nous n’avons pas besoin de choses précieuses, donnez ça aux vieilles (voulant dire qu’il n’avait qu’à remettre le ciboire à sa sœur qui était là, Luisa, ainsi qu’à sa domestique, María Concepción). Jesús leur remit le ciboire en disant : Prenez-en soin, et laissez-moi, c’est la volonté de Dieu. Puis se dirigeant vers les soldats : Faites de moi ce que vous voulez ; je suis prêt. 

Six ou huit soldats le menèrent un peu plus loin de la place, le mirent assis sur un tronc qui se trouvait là, entre deux soldats. Le capitaine voulut tirer, mais son pistolet ne fonctionna pas ; il ordonna aux soldats de tirer ; ils s’y prirent par trois fois, sans y arriver (peut-être firent-ils exprès…), alors le capitaine, furieux, ordonna à Jesús de se lever, le fouilla, lui arracha un crucifix et une médaille qu’il portait au cou, le mit à côté d’un agave, et lui tira dessus. Le père Jesús tomba, mort. Il pouvait être sept heures du matin, de ce 5 février 1928.

L’après-midi, vers quinze heures, on ramassa le corps du prêtre martyr pour le porter à Cortazar, où les soldats le mirent contre la voie ferrée, pour que le prochain train pût le déchiqueter, non sans avoir fait défiler là toutes les personnes qu’ils avaient arrêtées. Toutefois, les épouses des officiers vinrent retirer le corps du Martyr pour le reporter à un autre endroit, où les soldats voulurent le jeter dans le fumier des chevaux. Mais les femmes s’y opposèrent encore une fois, et c’est alors qu’un pieux monsieur, Elías Torres, demanda le corps pour l’ensevelir, et on le lui concéda.

Le père Jesús fut alors dignement enseveli à Cortazar, avant d’être reporté à l’église de Valtierrilla cinq ans plus tard.

Il a été béatifié en 1992 avec ses vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, et canonisé en 2000. Leur fête commune est au 21 mai, mais le dies natalis de Jesús Mendez Montoya est au 5 février.

 

 

Primo Andrés Lanas

1877-1937

 

Né le 7 février 1877 à Maeztu (Alava, Pays Basque, Espagne) de Román et Isidra, il reçut au baptême le nom de Primo.

En 1912 il entra chez les Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, prenant le nom de Trinidad.

Après la profession, il fit partie de diverses communautés, avant d’être supérieur à l’hôpital psychiatrique de Palencia en 1922 et, finalement à partir de 1936, économe de San Rafael à Madrid.

On a retenu de lui cet enseignement : Les biens de la terre durent bien peu et, d’habitude, sont des pièges ; les biens spirituels, par contre, sont pour toujours, éternels. Retenez bien ça : éternels !

Ce Religieux fidèle, scrupuleux, dut, le 25 octobre 1936, quitter avec sa communauté l’hôpital de Madrid, qui fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, et transformé en prison.

Expulsé de son hôpital, il se réfugia chez des amis dans Madrid et, grâce à un sauf-conduit basque, se déplaçait assez facilement pour aller retrouver et encourager d’autres Frères dispersés.

Reconnu cependant, il fut arrêté et martyrisé à Madrid le 5 février 1937, deux jours avant son soixantième anniversaire.

On n’a pas retrouvé son corps. Seule une photographie le montrant blessé à la tête et à une main, fut la preuve qu’il avait été assassiné.

Le père Primo fut béatifié en 2013.

 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 00:00

04 FEVRIER

 

I.

Ste Véronique, qui essuya le visage du Christ durant sa passion (vera icona) ; elle s’appelait Serapia.

?

S Gemmulus, germain martyr à Ganna.

S Jasime, thaumaturge grec.

III.

Ss Papias, Diodorus, Conon et Claudianus, martyrs à Pergé de Pamphilie. 

IV.

S Eutychius, martyr romain.S Philéas, évêque à Thmuis et martyr, avec le tribun s. Philorome.

S Jean, évêque à Irénopolis.

? Ss Aquilin, Gémine, Gélase, Magne, Donat, martyrs.

V.

S Isidore, moine à Lychnos, théologien, dont on a conservé plus de deux mille lettres.

VI.

S Aventin, évêque à Chartres : élu à la place de Solemne qui se cachait, il se retira quand on eut retrouvé Solemne.

S Aventin, solitaire sur une île près de Troyes.

S Théophile le Pénitent, économe éconduit, qui fit un pacte avec le diable pour se venger, mais en obtint le pardon de la Vierge Marie qu’il invoqua.

S Vincent, évêque à Troyes.

VII.

S Liéfard, évêque à Canterbury et martyr à Cambrai, de retour de Rome.

VIII.

S Modan, abbé à Dryburgh, patron de Rosneith.

IX.

S Raban Maurus, abbé à Fulda, évêque à Mayence, une des gloires intellectuelles de son siècle.

S Nikolaos Studite, moine à Constantinople, sans cesse tourmenté par l’iconoclasme.

XII.

B Simon, abbé à Auchy, retiré à Gand.

S Gilbert, seigneur de Sempringham, prêtre et fondateur de monastères qu’il dut diriger contre son gré, mort aveugle et plus que centenaire.

XVI.

Ste Jeanne de Valois, mariée à douze ans à Louis XII, qui n’en voulait pas et la répudia, fondatrice à Bourges de l’ordre des Annonciades.

B John Speed, martyr anglais ; il avait aidé des prêtres.

XVII.

S Eufranio Desideri (Giuseppe de Leonessa), capucin torturé à Constantinople, mort à Amatrice.

S Joaõ de Brito, jésuite portugais, martyr en Inde.

Véronique

1er siècle

 

Une très ancienne tradition, constante, présente Véronique comme cette pieuse femme qui vint à la rencontre de Jésus pendant sa montée au Calvaire, et qui lui essuya le visage avec un linge.

Ce linge porta depuis imprimée l’image du Christ souffrant et a inspiré à cette femme courageuse son nom habituel de Véronique, du latin vera icon, vrai visage. Grécisé, le nom de Véronique devint Bereniki , qui porte la victoire, d’où en français Bérénice.

La scène de la rencontre entre Jésus et «Véronique», mais sans nommer celle-ci, est la sixième station de la traditionnelle dévotion du Chemin de Croix.

A Rome, on a très longtemps retenu que Véronique fut bientôt mandée à Rome par l’empereur Tibère, malade ; celui-ci guérit en contemplant le Voile, que Véronique confia ensuite au pape Clément. Mais comme malheureusement toute l’Antiquité ne parle plus de ce Voile, certains en ont déduit que l’épisode était sans aucun fondement historique. 

Il reste que l’on conserve dans la basilique Saint-Pierre de Rome un «Voile de Véronique», que l’on a exposé en certaines occasions solennelles.

Voyons maintenant, mais discrètement et avec la réserve que recommande toujours l’Eglise, ce qu’écrit à propos de Véronique une Religieuse inculte et ignorante du 19e siècle, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février).

 

*       *       *

 

Séraphia était parente de Jean-Baptiste, car son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle était aussi parente du vieillard Siméon.

Elle avait épousé Sirach, membre du Sanhédrin, qui d’abord la fit beaucoup souffrir pour son attachement au Christ, puis se rapprocha de Joseph d’Arimathie et de Nicodème, et quitta finalement le Sanhédrin. 

Lors de l’entrée triomphante du Seigneur à Jérusalem, Seraphia avait détaché son voile pour l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta à Jésus et que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.

 

*       *       *

 

Sainte Véronique est vénérée traditionnellement le 4 février en Occident, quoiqu’elle ne soit pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Martyrs de Pergé

† 250

 

Trois martyrs moururent à Pergé (Pamphilie, act. Antalaya, Turquie SW) durant la persécution de Dèce (250).

Leurs noms sont : Papias, Diodorus, Claudianus. On y ajoutait aussi Conon, qui n’est plus mentionné actuellement. 

On ne nous dit pas s’ils étaient de cette région, s’ils étaient Grecs ou Latins et envoyés là en exil : leurs noms devraient peut-être s’écrire différemment. On a pris ici les formes latines du Martyrologe.

Ils auraient souffert le martyre peu avant s.Nestor (v. 25 février).

Saints Papias, Diodorus, Claudianus sont commémorés le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychius de Rome

† 304

 

D’Eutychius, on sait seulement qu’il acheva sa vie à Rome par le martyre, assez probablement durant la persécution de Dioclétien.

Le Martyrologe précise qu’on lui fit souffrir pendant longtemps les insomnies et la faim, et qu’enfin on le précipita en mer (ou au fond d’un gouffre, barathrum).

Le pape Damase 1er († 384) rédigea une inscription pour le tombeau d’Eutychius, dans la catacombe de Saint-Sébastien.

Saint Eutychius de Rome est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidore de Péluse

† 449

 

Isidore naquit en Alexandrie d’Egypte dans la seconde moitié du cinquième siècle, de famille illustre.

De par le style de ses lettres, on déduit qu’il dut recevoir une excellente formation dans cette ville, si célèbre par son phare mais surtout par sa bibliothèque d’environ sept cent mille volumes.

Mais Isidore fut attiré par la Science de Dieu et la vie cénobitique organisée par s.Pacôme (v. 9 mai) ; il fut admis au monastère de Lychnos (région de Péluse). 

En principe, les moines suivent une Règle ; Isidore, d’emblée, fut une Règle vivante, un nouveau Jean-Baptiste.

On hésite à dire qu’il reçut le sacerdoce ou qu’il fut abbé. Lui-même rappelait qu’il n’était appelé qu’à défendre l’Eglise contre ses ennemis.

Sa parole et ses écrits étaient francs, directs ; quelquefois ses «ennemis» le lui firent bien comprendre, mais Isidore ne redoutait pas les persécutions. Il écrira plutôt : Je ne suis pas encore arrivé à prier avec une charité pure et ardente pour ceux qui ne cessent point de me faire tort. Pour lui, toute «persécution» était comme un moyen de rendre l’Eglise plus éclatante.

Il s’efforça de modérer la sévérité de Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin), qui était allé jusqu’à retirer le nom de s.Jean Chrysostome des dyptiques d’Alexandrie. Il l’appela aussi à mettre moins d’âpreté dans la discussion avec Jean d’Antioche : Je te conjure de mettre un terme à cette dissension pour ne pas créer une éternelle division à propos de religion. A un autre : Demeure ferme dans la doctrine de l’Eglise : elle nous enseigne que Dieu, en prenant l’humanité, n’a souffert ni changement, ni confusion, ni partage.

Et voici un avertissement qui est valable pour chacun, à propos des livres que parfois on entasse sans les utiliser, comme du blé trop abondant dévoré par les mites : Les livres qu’on ne lit pas deviennent aussi la pâture de ces insectes.

Vers la fin de sa vie, ses «ennemis» réussirent à lui faire quitter son monastère ; sans aigreur, Isidore regarda l’exil comme un moyen de sanctification.

On a retrouvé plus de deux mille lettres d’Isidore. C’est dire combien, dans sa solitude, ses vertus l’avaient rendu vénérable et célèbre dans tout l’Orient.

On ne nous dit pas si Isidore rentra d’exil ; il s’éteignit dans une grande vieillesse, un 4 février d’une année qui peut être 449.

Saint Isidore de Péluse est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

Adventinus de Chartres

† 528

 

Cet archidiacre de l’Eglise de Chartres avait un frère, Solemnis (Solenne, Solen), qui fut choisi pour être évêque, mais qui, se sentant indigne d’une telle mission, se cacha si bien que l’assemblée élut Adventinus à sa place.

Une fois sacré et installé, Adventinus (ou Aventin) fut donc le quinzième évêque du siège de Chartres (ou le dix-huitième, car la chronologie n’est pas établie de façon certaine). 

Solenne alors reparut, se croyant «hors de danger», mais fut acclamé comme le vrai évêque : Adventinus lui céda la place et se retira à Châteaudun, qui se trouve à une petite cinquantaine de kilomètres au sud de Chartres.

Quand mourut Solemnis (507), Adventinus fut rappelé pour lui succéder. 

On sait qu’il participa au concile d’Orléans en 511.

Il mourut vers 528.

Saint Adventinus, différent de saint Adventinus de Troyes, est également nommé le 4 février dans le Martyrologe.

 

 

Adventinus de Troyes

† 537

 

Adventinus (Aventin) naquit à Bourges sur la fin du 5e siècle.

Ayant entendu parler de l’évêque de Troyes, s. Loup (v. 29 juillet), il vint se mettre à son école. Le successeur de s.Loup, s.Camélien (v. 28 juillet), remarqua les excellentes qualités d’Aventin et le nomma parmi ses clercs, faisant de lui l’économe de ses revenus. Aventin s’acquitta très activement de sa mission, pensant au clergé, mais aussi aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. On rapporte que, plus il donnait, plus les biens se multipliaient.

La prudence fit comprendre à Aventin de se retirer du commerce des hommes, pour fuir la tentation d’orgueil qui pouvait le tourmenter devant ses prodiges. Avec la permission de l’évêque, il se retira sous les murs de la ville et se fit une petite chaumière adossée à une chapelle peu fréquentée. Il y vécut en anachorète. Mais les gens ne l’oublièrent pas et, alors qu’Aventin avait cherché l’isolement, il fut assailli de visiteurs, de toutes sortes de gens qui lui demandaient des conseils, des prières, un soutien.

Il se retira un peu plus loin, sur une petite île de la Seine ou d’un des nombreux ruisseaux qui s’y jettent ; mais l’évêque l’appela aux Ordres sacrés et lui conféra le sacerdoce.

Aventin occupa son temps, outre qu’à la prière, à l’étude de l’Ecriture et à la lecture de la vie des Saints. Sévère avec lui-même, il ne portait qu’une simple haire, ne mangeait qu’un peu de pain d’orge avec des racines et de l’eau, jeunaît trois jours par semaine et couchait sur une planche garnie de peaux.

Un ours vint le déranger ; il souffrait d’une épine sous la patte ; Aventin le soigna amoureusement. Une biche vint se réfugier, fuyant les chasseurs : Aventin la prit sous sa protection. Un religieux lui apporta de petits poissons qu’il avait pêchés : Aventin les rejeta dans l’eau pour les laisser en vie.

Ce saint prêtre, anachorète et thaumaturge, mourut le 4 février 537 et fut presque immédiatement considéré comme saint, devant les nombreux miracles qui se produisirent sur sa tombe.

Son corps fut retrouvé «en bon état» au 13e siècle ; diverses reliques furent extraites au long des siècles et on enchâssa ce qui en restait. La châsse, les tissus d’or et de soie, furent profanés et jetés au vent en 1794. Le peu qu’on put récupérer fut précieusement conservé.

Le dernier curé de Saint-Aventin fut décapité en 1792. L’église de Saint-Aventin, la plus ancienne de Troyes et qui remontait au 6e siècle, fut vendue comme bien national à la Révolution, servit de magasin de bois et de charbon, et fut démolie en 1833. Il y a une autre église dédiée à Saint Aventin à Creney-près-Troyes.

Il y a deux saints Aventin le même jour au Martyrologe, le 4 février.

 

 

Raban Maurus

784-856

 

Raban naquit vers 784 à Mayence. On a latinisé son prénom en Rabanus, mais aussi Hrabanus.

A l’âge de dix ans, il fut confié à l’abbaye de Fulda, où il reçut l’habit bénédictin et manifesta une très vive intelligence, une profonde avidité pour l’étude.

En 801, il fut ordonné diacre, et envoyé à Tours pour y achever ses études avec le célèbre Alcuin, sous la direction duquel il pratiqua les arts libéraux et approfondit l’Ecriture sainte. C’est Alcuin qui le surnomma Maurus, non pas parce qu’il était «maurus, noir», mais parce qu’il était son élève préféré, comme s. Maurus l’était de s. Benoît (v. 15 janvier et 21 mars).

De retour à Fulda, Raban fut chargé de l’école du monastère ; il donna à ce foyer de science toute sa célébrité par ses élèves, par le choix des professeurs et par la riche bibliothèque qu’il y organisa.

En 814, Raban fut ordonné prêtre. Ce fut alors une période difficile, durant laquelle l’abbé, sans doute jaloux de l’importance que prenait Raban, alla jusqu’à lui confisquer ses instruments de travail. Raban fit un pèlerinage aux Lieux saints ; pendant ce temps, l’abbé en question fut expulsé et remplacé.

En 822, le choix d’un nouvel abbé tomba cette fois-ci sur Raban. Il continua de développer les activités de l’abbaye sur tous les plans : liturgie, sciences, et surtout vie monastique, dont il cherchait à donner l’exemple le premier. Il fit construire jusqu’à trente églises ou chapelles pour développer le culte divin.

Raban eut aussi un rôle pacificateur entre les membres de la famille impériale, ce qui n’alla pas sans difficulté. On établit parfois un lien entre ce rôle et un «exil» auquel il aurait été forcé.

C’est ainsi qu’842, il abdiqua, pour se retirer dans le silence et la prière, non loin du monastère ; réhabilité en 845,  il fut en 847 appelé à gouverner le diocèse de Mayence.

Il convoqua deux conciles et prit d’excellentes mesures pour la vie du clergé ; lors de la famine de 850, il resta dans le village de Winkel im Rheingau pour y servir lui-même des repas chauds à plus de trois cents personnes.

C’est aussi pendant qu’il était à Winkel qu’il contracta une violente maladie. Après avoir légué à l’abbaye ses livres et reçu les derniers Sacrements, il s’éteignit le 4 février 856, son dies natalis au Martyrologe.

De tous ses ouvrages, on signalera un de ses poèmes sacrés, le Veni, Creátor Spíritus, invocation à l’Esprit-Saint traditionnellement chantée aux moments importants de la vie de l’Eglise (ordination sacerdotale ou épiscopale, élection du pape, synodes et conciles). L’impulsion que Raban Maurus donna à la langue allemande, lui a valu le titre de Præceptor Germaniæ.

 

 

Nikolaos Studite

793-868

 

La famille de Nikolaos habitait la Crète, où il naquit vers 793. Il avait un frère, Titos.

A cette époque vivait à Constantinople, dans le monastère de Stude, son oncle Theophanos ; le supérieur (archimandrite) était Theodoros (v. 11 novembre). Les bons parents préférèrent se séparer de leur petit Nikolaos pour le confier à ce monastère et lui assurer une éducation soignée. Nikolaos arriva donc à Constantinople à dix ans.

Après quelques années, ayant fait d’importants progrès dans l’exercice des virtus, Nikolaos reçut l’habit monastique. On voulut aussi l’ordonner prêtre, et il fallut «lutter» énergiquement contre son humilité pour lui faire accepter le sacerdoce. 

Sur ces entrefaîtes, son frère Titos vint l’informer des ravages perpétrés par les Sarrasins en Crète : leurs parents avaient été emmenés captifs. Titos fut alors si édifié par son frère, qu’il renonça à son tour au monde.

Nikolaos était un fidèle de Theodoros et le suivait partout. Mais il travaillait beaucoup aussi, rédigeait des ouvrages ou recopiait des manuscrits.

En 815, l’empereur Léon l’Isaurien déclencha une nouvelle lutte iconoclaste. Il exila Thedoros et Nikolaos en Mysie, de l’autre côté de la Propontide (act. Mer de Marmara, Turquie).

Après de longues années, Theodoros et Nikolaos purent reprendre leur vie monastique ; Theodoros mourut en 826, et Nikolaos choisit de vivre dans une cabane non loin du sépulcre de son cher maître, mais une nouvelle persécution l’obligea encore à s’exiler pendant quelques années dans le désert.

En 848, il fut élu archimandrite du monastère de Stude et ne put se dérober à un tel choix. Mais il réussit au bout de trois ans à faire élire un autre supérieur, Sophronios, qui mourut quatre ans plus tard ; Nikolaos fut alors de nouveau appelé à reprendre sa charge en 855. 

Quand Photius s’empara du siège de Constantinople, Nikolaos et son frère quittèrent le monastère de Stude, mais on chercha ensuite à les rappeler, même par la force, et l’on finit par reconduire Nikolaos à Stude, manu militari. Quand le patriarche de Constantinople légitime fut rétabli, Nikolaos fut à nouveau investi de la charge abbatiale, malgré son âge et ses infirmités ; l’empereur se plaisait à le recevoir et à l’écouter.

On connaît beaucoup de miracles accomplis par Nikolaos, notamment la guérison de l’impératrice Eudoxia.

Saint Nikolaos Studite mourut paisiblement le 4 février 868.

 

 

Gilbert de Sempringham

1083-1190

 

Gilbert naquit vers la fin du 11e siècle, fils de Jocelin, seigneur de Sempringham.

On l’envoya étudier à Paris, où il reçut le diplôme de maître ès arts.

De retour chez lui en 1120, Gilbert ouvrit une petite école pour les enfants, auxquels il enseignait les premiers éléments de la culture, mais aussi de la foi.

Son père lui confia l’administration de deux paroisses à Sempringham et Tirington, où il s’occupa généreusement des pauvres, leur donnant tout ce qu’il avait de trop.

L’évêque de Lincoln apprit cette générosité et s’attacha Gilbert, qui reçut les ordres mineurs ; puis le nouvel évêque l’ordonna prêtre et le nomma pénitencier du diocèse ; il lui proposa aussi de le nommer archidiacre, mais Gilbert répondit qu’il ne connaissait pas de meilleure voie de perdition !

En 1130 cependant, après la mort de ses parents, Gilbert retrouva les terres paternelles. Il y fit construire un monastère de femmes, qui prirent la règle bénédictine, puis un autre d’hommes avec la règle augustinienne, qu’il chercha cependant à rattacher aux Cisterciens : ce lui fut l’occasion d’une profonde amitié avec saint Bernard (v. 20 août). Les moines prirent bientôt le nom de gilbertins. C’est Gilbert en effet qui les dirigeait, et fort bien, mais contre son gré et ne s’en jugeait absolument pas capable.

D’ailleurs, quelques-uns osèrent murmurer contre leur règle et s’en rapportèrent au pape… qui combla Gilbert de louanges.

Gilbert fut aussi calomnié d’avoir fait passer des secours à s. Thomas Becket, qui était exilé (v. 29 décembre).

Il mangeait peu : quelques racines et légumes. Le meilleur, il le déposait dans un plat près de lui, et le faisait donner aux pauvres.

Les dernières années de sa vie, Gilbert put enfin se décharger du gouvernement de son monastère ; un de ses disciples fut élu, auquel il montra la plus humble obéissance. Il devint aveugle.

A Noël 1189, il reçut le sacrement des malades en l’abbaye de Kaadeneia, mais se fit transporter à Sempringham, pour éviter des problèmes entre abbayes au sujet de ses reliques.

Le 3 février, il eut une syncope ; se réveillant, il répéta le verset du psaume : Distríbuit, dedit paupéribus (Ps 112:9) et dit à celui qui allait lui succéder : Voilà ce qu’il vous reste à faire. Il s’éteignit le 4 février 1190.

A la suite des miracles qui eurent lieu à son tombeau, Gilbert fut canonisé en 1202.

Quand Henri VIII supprima l’Ordre des Gilbertins, il comptait vingt-deux maisons. C’était le seul Ordre anglais fondé par un Anglais.

Jeanne de Valois

1464-1505

 

Jeanne était la fille de Louis XI de France et de Charlotte de Savoie ; son frère fut Charles VIII. Louis XI descendait du lointain Charles, comte de Valois, dont la maison succéda aux Capétiens et donna une douzaine de rois à la France.

Née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, elle fut dès son deuxième mois de vie, promise par son père au duc d’Orléans.

Vers l’âge de cinq ans, on l’envoya chez un cousin du roi, François de Bourbon-Beaujeu au château de Lignières, pour la détourner des habitudes de piété qu’elle prenait avec sa mère à Amboise.

Jeanne n’en priait que plus la très Sainte Vierge, qui lui parla au cœur quand elle n’avait que sept ans : Avant ta mort, tu fonderas une religion en mon honneur et, ce faisant, tu me feras un grand plaisir et me rendras service.

En attendant, elle devait passer par une singulière épreuve : Louis XI décréta le jour du mariage entre sa fille et le duc d’Orléans, futur Louis XII. On obtint des dispenses d’âge de Rome (1476) et l’on procéda en toute discrétion au sacrement chrétien du mariage, auquel Louis XI n’assista même pas. Le marié avait quatorze ans, Jeanne, douze. Elle devenait Jeanne de France.

Il est difficile de trouver mariage plus contestable. L’époux protesta inutilement contre la violence qu’on lui faisait, et s’empressa de démontrer la plus parfaite indifférence envers sa chaste épouse. Pour comble, la pauvre jeune reine souffrait d’une forte déviation de la colonne vertébrale. Rien n’attachait le duc à son épouse légitime, et il ne se gênait pas pour le dire. Pour sa peine, il fut trois années enfermé.

Malgré l’indifférence de son mari, Jeanne lui démontrera la plus grande bonté lorsqu’il sera fait prisonnier des troupes de Charles VIII.

A la mort de Charles VIII, Louis devint Louis XII (1498). Il demanda promptement la reconnaissance en nullité de ce mariage inexistant, assura une pension «royale» de douze mille écus à Jeanne, ainsi que la ville de Bourges, où les habitants l’accueillirent avec joie.

Jeanne y travailla en faveur des malades, des pauvres, des femmes tombées, de la formation intellectuelle des jeunes et des écoliers pauvres, des religieux et de la réforme des couvents.

Jeanne de France, redevenue de Valois, écrivait à saint Francesco de Paola (v. 2 avril), qui avait été à la cour du roi Louis XI ; il l’approuva dans son désir de fonder un ordre de Religieuses en l’honneur de l’annonciation de Notre-Dame, et son confesseur finit lui aussi par lui accorder son consentement, au bout de deux ans, convaincu que cet Ordre était voulu de Dieu.

Elle fonda ainsi l’Ordre des Annonciades, dont le supérieur fut son confesseur, le père Gabriel-Marie, tandis qu’elle, la supérieure, conservait le titre d’ancelle (ancilla : servante).

On dira ici que ce père Gabriel-Maria (1462-1532) était un franciscain immensément apprécié et qui recouvra beaucoup de charges, avant d’être nommé supérieur de l’Ordre des Annonciades (1526), qui le fêtent en son dies natalis, le 27 août.

Rome n’approuva la fondation qu’en 1501 et la maison fut bâtie à Bourges. Jeanne y fit les vœux en 1503.

Elle tomba malade peu après, et au début de 1504 comprit qu’elle n’aurait plus la force de rejoindre ses Sœurs : elle fit murer le passage entre son palais et le couvent, et expira le 4 février 1505.

On trouva sur son corps un rude cilice et sur ses reins une chaîne de fer dont les anneaux avaient provoqué des ulcères en différents endroits.

Cinquante-six ans après, le corps fut retrouvé sans corruption, mais les Huguenots eurent l’audace de le profaner, de le brûler et de disperser les cendres au vent (1562).

De nombreux miracles dus à l’intercession de Jeanne de Valois la firent officieusement proclamer sainte dès le 17e siècle ; en 1775, le culte fut approuvé ; en 1950, Jeanne de France (de Valois) fut solennellement canonisée.

Elle est mentionnée le 4 février au Martyrologe.

Que reste-t-il actuellement de cet Ordre dont on parle si peu ?

Du monastère de Bourges se fonda ensuite celui d’Albi (1506), d’Agen (1533), puis de Villeneuve-sur-Lot (1624). A celui-ci, complètement détruit à la Révolution mais heureusement reconstruit, s’ajoutent ceux de Thiais, Brucourt, Saint-Doulchard, et Menton. Celui de Peyruis s’est transféré à Alajuela (Costa-Rica). En Belgique, trois anciens monastères ont récemment fusionné en un nouveau, situé à Westmalle.

 

 

John Speed

?-1594

 

John Speed (ou Spence) naquit à Durham (Angleterre).

Il fut accusé d’avoir prêté assistance à John Boste (v. 24 juillet) : en effet, il l’accompagnait d’une maison à l’autre durant ses déplacements parmi les Catholiques.

Il fut arrêté avec John Boste chez Madame Grace Claxton qui, elle, échappa à la mort parce qu’elle avait un petit enfant.

John Speed mourut en martyr à Durham, le 4 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles, et canonisé en 1970 parmi les Quarante Martyrs anglais et gallois.

 

 

Eufranio Desideri

1556-1612

 

Eufranio Desideri était né le 8 janvier 1556 à Leonessa (Spolète, Italie).

(Le prénom de l’enfant fut peut-être un dérivé d’Eufrasio, qui est le nom d’un des apôtres de l’Espagne, mais on n’a pas trouvé de Saint «Eufranio»).

A seize ans, il tomba malade. A peine guéri, contrairement au projet matrimonial que son oncle nourrissait pour lui, et sans même prévenir ses parents, il rejoignit les Frères Mineurs Capucins d’Assise, aux Carceri, prenant le nom de Giuseppe, et fut ordonné prêtre en 1580 à Amelia.

Il observa une constante et jalouse abstinence dans sa nourriture, parlant à soi-même comme à un âne : Frère âne, tu n’as pas besoin de te nourrir comme on le fait pour un cheval de course ; contente-toi d’être un pauvre âne et d’être traité comme tel.

En 1587, il eut la permission de se rendre à Constantinople pour y assister les Chrétiens prisonniers. Non content de son «travail», il se mit aussi à prêcher dans la ville, tous les jours, jusqu’à ce que, n’en pouvant plus de résister à la «tentation», il osa pénétrer dans le palais du sultan. Immédiatement saisi par les gardes, il fut dûment torturé et condamné à mort (car l’Islam traite ainsi ceux qui ne sont pas de sa religion) : pendant trois jours il resta pendu à une croix par un pied et par un bras ; mais un être lumineux s’approcha, le détacha, guérit ses plaies et lui offrit une bonne nourriture substantielle. Puis l’ange disparut. Ebahi, le sultan commua la sentence en exil perpétuel.

Quelques-uns de ceux qui voulaient lui donner la mort demandèrent ensuite le baptême.

Déçu d’avoir échappé à la grâce du martyre, Giuseppe revint en Italie et prêcha dans toute la région des Abruzzes et de l’Ombrie, suscitant diverses œuvres de bienfaisance et sans oublier de faire des miracles à tour de bras. De retour à Rome, il était accompagné par un évêque grec qui rejoignit l’Eglise romaine à Rome.

Au bout de vingt années de ce labeur efficace, il apprit par révélation sa mort prochaine et se rendit au couvent d’Amatrice. La réalité était qu’il allait ressentir les douleurs d’un cancer, qu’on voulut opérer. Les chirurgiens pensaient le lier pendant l’opération, mais Giuseppe prit son crucifix et leur dit : Ce lien sera le plus fort de tous, il me tiendra immobile. L’opération cependant n’apporta pas le bienfait escompté et Joseph mourut le 4 février 1612.

Eufranio-Giuseppe fut béatifié en 1737 et canonisé en 1746.

Le miracle retenu pour la canonisation se produisit deux ans après la béatification. Une maman avait mis au monde un petit garçon dont on s’aperçut bientôt que les jambes n’avaient pas d’os : deux chirurgiens le constatèrent formellement, après avoir tordu, enroulé, plié les jambes comme un mouchoir. Ils n’avaient évidemment aucun remède pour cette malformation congénitale. La maman priait le bienheureux Giuseppe, mais apparemment sans réponse ; désespérée, le jour de Pâques 1739, elle déposa son enfant sur l’autel de Leonessa où se trouvait le corps du Bienheureux, et pensait le laisser là. Elle s’éloignait quand les larmes du petit garçon l’émurent : revenue sur ses pas, elle s’aperçut que le petit malade, qui avait alors deux ans, posait les pieds sur les degrés de l’autel et tenait debout tout seul. Cette fois-ci, le même médecin qui avait constaté l’infirmité, fut bien obligé de reconnaître la parfaite constitution de l’enfant. D’autres témoins apportèrent aussi confirmation de l’événement.

Ce grand missionnaire a été choisi par les Capucins comme le saint patron de leurs missions en Turquie.

 

 

João de Brito

1647-1693

 

Né le 1er mars 1647 à Lisbonne (Portugal), João était de famille aristocratique ; son père mourut comme vice-roi au Brésil. On trouve l’orthographe Brito et Britto. João avait un frère, Fernando Pereira, à qui l’on doit d’avoir écrit la vie de son frère religieux.

Il fit le vœu, lors d’une grave maladie, s’il guérissait, d’entrer chez les Jésuites, ce qu’il réussit enfin à faire, vainquant les difficultés de son entourage, et entrant au noviciat de Lisbonne en 1662. Il étudia à l’université de Coimbra.

Il partit en 1673 aux Indes et compléta sa formation théologique à Goa, avant de rejoindre les missions de Madura, au sud-est de l’Inde, dans l’actuelle région du Tamil Nadu. Il adopta lui-même un nom tamil : Arul Anandar. 

Mais les autorités l’ayant mis en prison (1684), il fut d’abord expulsé et revint au Portugal (1687), où il fut procureur pour les missions. Le roi Pedro II voulait le garder près de lui, mais il repartit en 1690 avec d’autres missionnaires pour cette même région de Marava où il avait été arrêté dix ans plus tôt.

La mission de Madura représentait une audacieuse tentative d’établir une Eglise catholique indienne suffisamment indépendante de toute domination européenne. João apprit les dialectes locaux, s’exerça à la culture du coton et vécut comme un hindou kshatriya : les membres de cette caste, une élite militaire, s’abstiennent de toute nourriture animale et de toute boisson alcoolisée, jusqu’à la fin de la vie : pas de viande, pas de poisson, pas d’œuf, pas d’alcool, et seulement des légumes, des fruits et des herbes.

João imagina une méthode imagée pour enseigner la foi catholique selon des catégories et des concepts qui convenaient à la pensée de ces peuples. Cette méthode remporta un grand succès.

Une des grandes conquêtes de João - et qui le conduisit au martyre, fut la conversion d’un prince polygame, Thadiyathevan. Quand celui-ci voulut ne garder qu’une femme, l’une des «renvoyées», nièce du roi voisin, fit un tabac qui dégénéra en persécution contre les Chrétiens. João fut arrêté avec d’autres catéchistes et conduit à la capitale, Ramnad (ou Ramanathapuram, sur la côte), où les Brahmanes demandaient sa mort.

Il fut conduit à Oriyur, à une cinquantaine de kilomètres de la côte, où il fut décapité, le 4 (11?) février 1693. 

João de Brito fut béatifié en 1853 et canonisé en 1947.

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 00:00

03 FEVRIER

 

-X.

S Azarias (Azaryahu), prophète (cf. 2 Ch 15:1-7).

I.

Ss Syméon et Anne, qui accueillirent Jésus au Temple lors de sa présentation (cf. Lc 2:22-38).

III.

S Celerinus, romain, diacre  à Carthage, martyr après ses oncles ss. Laurentinus et Ignatius et son aïeule Celerina.

?

Ss Félix, Symphrone et Hippolyte, martyrs en Afrique.

S Blaise, berger martyr à Césarée de Cappadoce.

IV.

S Blaise, évêque à Sébaste, martyr, un des quatorze Saints Auxiliaires, invoqué contre les maux de gorges (de dents), patron des cardeurs de laine et des tailleurs de pierre, par allusion aux épisodes de son martyre (guérison d’un enfant étouffé par une arête de poisson, supplice des ongles de fer) ; le souvenir s’en est maintenu dans la bénédiction de la gorge, avec deux cierges bénis en ce jour.

S Leonius, prêtre à Poitiers, très fidèle disciple de s.Hilaire.

S Anatole (Anatoile), pèlerin irlandais décédé près de Salins, dont il est le patron ; ou évêque à Adana exilé.

IV.-V.

Ss Teridius et Remedius, deux évêques à Gap. 

V.

S Lupicinus, évêque à Lyon.

VI.

S Laurent l’Illuminateur, syrien élu évêque à Spolète, dont les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes devant lui, fondateur d’un monastère à Farfa.

S Evance, évêque à Vienne.

VII.

S Adelin, disciple de s. Landelin, fondateur et abbé à Celles.

Ste Wereburge, fille de ste Ermenilde, moniale à Ely, supérieure des monastères de son pays, retrouvée sans corruption neuf ans après sa mort.

VIII.

Ste Berlinde, vierge à Moorsel, solitaire à Meerbeke, près du tombeau de son père.

IX.

S Oscar, apôtre en Danemark et en Suède, évêque à Hamburg et à Brême.

S Nithard, compagnon de s. Oscar, premier martyr en Suède.

X.

S Liafdag, évêque à Ripen et martyr.

XII.

Ste Marguerite d’Angleterre, vierge écossaise, pèlerine, cistercienne à Seauve-Benoîte.

XIII.

B Hélinand, ancien trouvère, cistercien à Froidmont.

XVI.

B John Nelson, prêtre jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B Justus Takayama Ukon, samouraï japonais, exilé pour sa foi à Manille, considéré comme martyr, béatifié en 2017.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l'Ordre des Minimes, canonisé en 2014 ; le 2 février au Martyrologe.

XIX.

Ste Claudine Thévenet (Marie de Saint-Ignace), fondatrice à Lyon de la congrégation de Jésus-Marie, pour les orphelines, canonisée en 1993.

Bse Marie Anne Rivier, fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie, pour les enfants abandonnés ; elle ouvrit quarante-six écoles dans le seul diocèse de Viviers, béatifiée en 1982.

Bse Maria Helena Stollenwerk, hollandaise, co-fondatrice de la congrégation des Missionnaires Servantes du Saint-Esprit avec le b. Arnold Janssen ; à la fin elle se consacra à l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1995.

XX.

B Alojs Andricki (1914-1943), prêtre allemand, martyr à Dachau, béatifié en 2011.

Azarias prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce saint prophète n'est pas un des quatre “grands” prophètes, ni un des douze “petits” prophètes de l'Ecriture.

C'est un saint homme qui eut son activité prophétique au nom du Seigneur vers l'an 95O avant l'avènement du Sauveur.

Il ne faut pas le confondre avec Azarias, un des trois jeunes gens jetés dans la fournaise, avec Daniel, par le roi Nabuchodonosor (cf. Dn 3).

On peut lire au livre des Chroniques (Chr 15:1-7) les quelques paroles qu'on lui attribue et qui sont fondamentales dans la vie de tout Croyant : 

Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec Lui. Quand vous le recherchez, il se laisse trouver. Quand vous l'abandonnez, il vous abandonne.

Ces trois petites phrases renferment toute une doctrine de la Providence divine envers nous, en même temps que la réponse à cette question si fréquente dans notre société : Est-ce que le Bon Dieu s'occupe parfois un peu de nous ?

Dieu n'est jamais absent, c'est vraiment L'offenser de le croire. La réalité est que l'homme a oublié Dieu ; c'est l'homme qui a prié Dieu de bien vouloir se retirer de notre vie sociale quotidienne ; délicatement, sans s'imposer, Dieu a accepté de rester à la porte, sur le trottoir, dehors, pendant que les hommes, à l'intérieur, cherchent désormais désespérément des solutions à leurs problèmes.

Malheur à nous ! Que saint Azarias veuille bien revenir et nous rappeler que c'est à nous à nous tourner vers Dieu et à Le rechercher de toutes nos forces.

Saint Azarias, prophète, qui n’est pas au Martyrologe, est commémoré le 3 février chez les Grecs.

 

 

Syméon et Anne

1er siècle

 

L'Eglise a célébré le 2 février, quarante jour après Noël, la présentation au Temple de Jésus, jour où, humblement, la Sainte Vierge s'est soumise au rite de la purification, dont sa virginité perpétuelle pouvait l'exempter.

L'évangile de cette fête nous a fait entendre l'émotion intense du vieillard Syméon ainsi que les propos de cette pieuse femme très âgée, Anna (cf. Lc 2:22-38).

L'Eglise nous propose de commémorer aujourd'hui, 3 février, ces deux personnages qui ne manqueront pas de nous inspirer respect et vénération.

Anna, tout d'abord, est une femme très âgée, qui pourrait avoir au moins quatre-vingts ans. Elle est dans le Temple, et on imaginera facilement que ceux qui l'entendent parler, peuvent éprouver un peu de condescendance envers cette brave grand-mère qui leur dit des choses assez mystérieuses.

Anna était inspirée de Dieu ; elle vivait uniquement avec Dieu, dans la prière et la louange, dans l'attente de la venue du Messie. Son inspiration, elle désirait la communiquer simplement, sans artifice, sans publicité, sans bruit, uniquement parce qu'elle savait qu'elle lui venait de Dieu. 

Syméon, lui, était aussi très âgé, et avait eu une révélation, il y a longtemps : il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il attendait donc en silence, priant, jeûnant, participant simplement aux assemblées dans le Temple, comme le ferait un bon fidèle assidu aux offices de sa paroisse.

Une tradition peu vérifiable scientifiquement nous dit qu’il était un prêtre du Temple, non pas un grand-prêtre, mais un prêtre d’une classe inférieure. Un pieux religieux, humble, discret, fidèle à la Loi sans ostentation, sans orgueil.

Mais voilà qu'on lui dit intérieurement que le Messie est là ! Sans attendre, sans hésiter, sans douter, il vient au Temple, il va droit vers la sainte Famille, et de ses mains décharnées et pures il soulève ce petit Bébé de quarante jours.

On pourra imaginer l'émotion et la joie immenses de cet homme devant la réalisation de la promesse de Dieu, mais on ne pourra peut-être pas exprimer l'intensité de cette émotion qui aura envahi tout son être. Il devait en avoir des larmes de joie, et ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient bien se demander ce qui lui arrivait. 

Toujours est-il que c'est à lui que revient la paternité du Nunc dimittis, ce chant que Syméon improvisa juste après avoir vu l'Enfant-Jésus, et dont voici une traduction : 

 

Maintenant, tu vas laisser partir en paix ton serviteur, Seigneur,

Car mes yeux ont vu ton Salut, 

Ce que tu as préparé à la face de tous les peuples : 

Lumière à révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

 

Ce chant tout bref termine l'office des Complies chaque soir, pour ceux qui prient le bréviaire ou chantent l'office divin dans les maisons religieuses.

Avec Syméon, nous pouvons chanter en fin de journée notre action de grâce pour ce que Dieu nous a donné de voir durant la journée écoulée.

Avec les Grecs, fêtons dans la joie ces deux saints personnages qui eurent la joie d’accueillir l’Enfant-Jésus.

Note. On trouve l’orthographe Syméon et celle, commune, Siméon. Cela permet de distinguer notre Syméon des autres Siméon du Martyrologe.

Celerinus de Carthage

† 280

 

Celerinus était Romain, de famille chrétienne. Il avait une sœur, Numeria. On va parler de leurs oncles Laurentius et Ignatius, et de leur aïeule Celerina.

Durant la persécution de Dèce (250), Celerinus fut déjà traduit devant cet empereur en personne : il subit alors des tortures qui lui laissèrent des marques visibles sur le corps, mais ne fit «que» dix-neuf jours de prison.

Il se rendit à Carthage pour donner à s.Cyprien (v. 14 septembre) des nouvelles des persécutions à Rome. 

Au retour, il constata avec tristesse la défection de sa sœur Numeria.

Il repartit à Carthage, peut-être avec ses deux oncles et l’aïeule, fuyant la persécution de Rome, mais on va voir qu’ils seront à leur tour martyrisés, à Carthage. 

Cyprien ordonna Celerinus lecteur. D’après les lettres de Cyprien, il semble que l’évêque aurait volontiers ordonné prêtre Celerinus, sans pouvoir réaliser son vœu ; peut-être Celerinus fut-il diacre. Cyprien en fait de grands éloges.

La persécution se déchaîna aussi à Carthage. Cyprien fut martyrisé en 258. Peut-être furent aussi martyrisés vers cette époque Laurentius, l’oncle paternel, et Ignatius, l’oncle maternel, et l’aïeule Celerina, dont le Martyrologe affirme qu’ils moururent bien avant Celerinus.

Celerinus fut à son tour martyrisé, en 280.

Saint Celerinus de Carthage, avec ses saints parents, est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (voir au 8 août).

 

 

Leonius de Poitiers

fin 4e siècle

 

Leonius (en français Lienne) fut un fidèle disciple de s.Hilaire (v. 13 janvier).

Hilaire devint évêque vers 350. Il ordonna prêtre Leonius, et en fit son confident.

Quand Hilaire fut envoyé en exil en Phrygie (act.Turquie), Leonius voulut l’y accompagner. Il partagea ses souffrances, et revint avec lui en Gaule, l’aidant et le soutenant dans sa lutte contre l’arianisme.

Il se trouvait aux côtés d’Hilaire à son lit de mort (368). Hilaire lui prédit alors le jour de sa mort.

Leonius mourut effectivement le 3 février, très âgé.

Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

Saint Leonius de Poitiers est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teridius de Gap

† 394

 

Teridius - que l’on a traduit Tigride en français - fut évêque de Gap au quatrième siècle, deuxième évêque (connu) de ce siège, après Demetrius, qui en fut le premier titulaire dès le premier siècle (? 26 octobre).

Le culte de s.Teridius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On le mentionne d’ailleurs avec son successeur, s.Remedius, dont on ne sait rien de plus.

Saint Teridius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Remedius de Gap

394-419

 

Remedius fut évêque de Gap au quatrième siècle, troisième évêque (connu) de ce siège, après Teredius, qui est fêté avec lui.

Le culte de s.Remedius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On constate seulement que son épiscopat dura vingt-cinq ans : un quart de siècle dont on a malheureusement perdu tout témoignage le concernant.

Saint Remedius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupicinus de Lyon

† 494

 

Le vingt-et-unième évêque de Lyon fut ce Lupicinus.

Son épiscopat ne dura que quelques années, vers 490, précédé par s.Patient et suivi par s.Rusticus (v. 11 septembre et ? 25 avril).

Le Martyrologe dit seulement qu’il fut évêque au temps de la persécution des Vandales, ce qui n’apporte pas une grande précision historique, puisque les Vandales envahirent la Gaule au début du cinquième siècle, quand Lupicinus n’était peut-être pas encore né.

On aura compris qu’on ne sait absolument rien de lui.

Il est cependant Saint, ce qui est beaucoup.

La date de sa mort est très conjecturale.

Saint Lupicinus de Lyon est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adelinus de Celles

† 696

 

Adelinus - qui est devenu Adelin ou Hadelin en français - était d’une noble famille d’Aquitaine et voulut assez tôt se consacrer à Dieu.

Il rejoignit Remacle (v. 3 septembre) à Solignac, puis à Metz et à Cougnon. Là, Remacle l’ordonna prêtre.

En 661, quand Remacle voulut s’établir à Stavelot, Adelinus l’y suivit encore.

Remacle invita alors Adelinus à fonder un autre monastère, qui devint l’abbaye de Celles (Dinant). Pépin d’Héristal et son épouse Plectrude l’aidèrent beaucoup.

Après avoir édifié ses disciples par ses exemples et ses instructions, Adelinus s’éteignit dans le Seigneur, un 3 février de 696 environ, son dies natalis au Martyrologe.

L’abbaye fut supprimée en 1797.

Saint Adelin est invoqué contre les maladies des enfants.

 

 

Wereburge d’Ely

† 700

 

Wereburga naquit au 7e siècle en Angleterre, de Wulfère et Ermenilde (v. 13 février ?), aînée des trois autres frères qui s’appelaient Wulfade, Rufin et Kenred ; on va le voir, les deux premiers furent martyrs, le troisième mourut à Rome en odeur de sainteté.

Le père de ces enfants était un homme non baptisé, et même d’une cruauté presque légendaire : il aurait lui-même massacré ses deux fils Wulfade et Rufin (autrefois au Martyrologe le 24 juillet) ; la mère au contraire était chrétienne.

Wereburge grandit en cultivant les vertus, particulièrement l’humilité, l’obéissance, la douceur ; aux dévotions qu’elle partageait avec sa mère, elle ajoutait déjà de longues heures de prière et de méditation.

Elle refusa opiniâtrement les offres de mariage qui se présentèrent, en particulier celle d’un seigneur très ami de son père ; celui-ci fut vivement affecté non seulement du refus de sa fille, mais aussi de l’opposition exprimée par ses deux fils à une telle union : il les massacra sur place ; c’est à la suite de ce martyre que, confondu par sa conscience, le malheureux roi fit construire un prieuré à Stone pour abriter les corps de ses deux fils.

Wereburge alla se réfugier dans l’abbaye d’Ely, que sa grand-tante Ethelrede avait fondée (v. 23 juin). Cette fois-ci, son père accompagna sa fille jusqu’à l’abbaye. Il mourut peu après.

De son côté, la maman, Ermenilde, prit le voile dans cette même abbaye. Wereburge fut bientôt chargée de diriger tous les monastères de la région, pour y établir une règle plus unifiée ; elle devenait ainsi Supérieure générale. Quand elle eut opéré sa mission, elle obtint du roi de l’aider à fonder encore  d’autres monastères.

Wereburga vivait déjà en moniale avant d’entrer à Ely ; maintenant, elle cherchait à donner l’exemple pour exhorter toutes les âmes à acquérir la sainteté et gagner le Ciel. Chaque jour, elle priait le psautier à genoux, passait de longs moments prosternée à l’église, souvent le visage baigné de larmes ; elle lisait les vies des Pères du désert et s’en inspirait à sa mesure ; elle ne prit jamais qu’un seul repas par jour.

Signes de cette grande sainteté, les miracles se produisirent. Un jour qu’une nuée d’oies sauvages s’était abattue sur les champs, le paysan qui y cultivait fut inquiet pour la récolte et vint avertir Wereburge ; tout simplement, elle rétorqua : Amène-moi tout ce monde ; le paysan obéit, convoqua les oies, qui vinrent aux pieds de Wereburge ; elle leur dit : Repartez en paix, mais ne revenez jamais plus sur nos champs, et les champs poussèrent désormais en toute tranquillité.

Comme elle se trouvait à Trentham, elle eut le pressentiment de sa fin prochaine ; elle s’éteignit en effet là, sur la fin du 7e siècle, vers 700.

Des miracles ayant eu lieu sur son tombeau, on rouvrit le cercueil en 709 et on trouva le corps de Wereburge incorrompu.

En 875, devant l’invasion des Danois, on transféra ces restes précieux à Chester, qui prit Wereburge pour patronne.

Au moment du schisme anglais et des persécutions, les reliques furent jetées au vent.

Sainte Wereburge est mentionnée dans le Martyrologe au 3 février.

 

 

Berlinde de Meerbeke

† 702

 

Berlende ou Berlinde était la fille d’un riche seigneur, nommé Odelard.

Ce dernier, malade de la lèpre, se retira dans son château de Meerbeke (Brabant flamand, act. Belgique), où sa fille se dévouait à son service. Odelard cependant se sentit avili par tant d’attentions et se fâcha jusqu’à déshériter sa brave fille.

Il faut raconter ici un épisode précédent de cet Odelard. Il avait décidé de léguer tous ses biens à la communauté de Nivelles. Après avoir préparé une motte de terre, une branche et un couteau, symboles du don, il s’était rendu à Nivelles. Arrivé devant le tombeau de sainte Gertrude (v. 17 mars), patronne de la communauté, Odélard avait tendu en sa direction la branche et le couteau, demandant à la Sainte d’accepter son présent. Le couvercle du sarcophage s’était alors soulevé : la main de Gertrude, surgissant hors de la tombe, avait saisi les deux objets symboliques en signe d’acquiescement. Aussitôt, le sarcophage s’était refermé. Très concrètement dans ce cas, le corps saint avait non seulement accepté, mais aussi cautionné le don.

On a donc dit que cet Odelard avait déshérité sa fille ; on ne sait pas au juste comment les événements s’enchaînèrent à ce moment précis.

Berlinde, qui s’occupait aussi de propager la foi dans Meerbeke, entra alors au monastère de Moorsel (Alost). 

Après la mort de son père, elle demanda à rester dans une petite cellule auprès de la tombe de celui-ci, dans une sévère et constante réclusion.

Berlinde mourut, croit-on, vers 702, un 3 février, son dies natalis dans le Martyrologe.

La ville de Meerbeke a pris Berlinde pour patronne céleste. Son église est dédiée à saint Pierre et sainte Berlinde.

Oscar

801-865

 

Oscar (Anschaire, Ansgar en allemand) naquit le 8 septembre 801 à Fouilloy (Somme).

Orphelin de mère à cinq ans, il fut confié à l’abbaye de Corbie, où il fut moine.

En 821, on l’envoya comme écolâtre (professeur) à la nouvelle abbaye de Nouvelle Corbie, aujourd’hui Corvey.

Sur la demande du roi Harald Klak de Danemark, nouvellement converti, Oscar fut choisi en 826 pour aller évangéliser cette contrée.

En 829, après une révélation céleste, Oscar accepta alors de partir pour la Suède, où il fut bien reçu par le roi Björn. La première communauté chrétienne fut fondée à Birka en 831.

Le bon résultat de ces missions aboutit à la création de l’archevêché de Hamburg, qui fut confié à Oscar. Il reçut l’ordination épiscopale des mains de l’évêque Drogon de Reims et fut confirmé par le pape Grégoire IV, qui en fit son légat pour toute la Scandinavie.

Il y eut bientôt des revers ; Oscar fut réduit à errer, sans ressources. Mais en 847, les deux évêchés de Brême et Hamburg furent réunis, et mis sous l’autorité d’Oscar.

De 848 à 854, Oscar fit une nouvelle mission, très heureuse, au Danemark, qui se solda par la conversion du nouveau roi Horich. Oscar poussa même de nouveau jusqu’en Suède, puis revint au Danemark où il réussit à ramener la paix troublée par le nouveau roi Horich le Jeune.

La cathédrale de Hamburg remonte à la période d’Oscar.

La conversion totale de la Scandinavie fut toutefois assez lente ; le Christianisme s’y implanta de façon stable seulement deux siècles plus tard.

Cet archevêque vivait continuellement en moine, portant un rude cilice et jeûnant fréquemment au pain et à l’eau. Il savait prêcher simplement et de façon convaincante, il donnait tous ses revenus aux pauvres, il fonda des hôpitaux et racheta des captifs, ce qui lui procurait sa plus grande joie. Pendant le carême, il servait chaque jour plusieurs pauvres à sa table.

Sa vie apostolique fut soutenue par plusieurs visions célestes.

Oscar mourut à Brême le 3 février 865.

Il fut presque immédiatement canonisé par son propre successeur à Brême, mesure confirmée par le pape en 867.

Saint Oscar est le patron du Danemark.

 

 

Hélinand de Froidmont

1160-1230

 

Hélinand (ou Elinand, en latin Helinandus, Elinandus, Elynandus) naquit vers 1160 près de St Just-en-Chaussée (Oise), d’une famille noble ; il avait (au moins) un frère, Guillaume (peut-être Ghislain).

Après ses études à Beauvais, profitant de ses origines aristocratiques, il fréquenta la haute société. Devenu trouvère, il se produisit en parfait intermittent du spectacle sur les places publiques et jusqu’à la cour royale.

La grâce de Dieu ayant travaillé dans son cœur, il laissa cette vie mondaine et entra à l’abbaye cistercienne de Froidmont.

Pendant quelques années, il observera un silence quasi total puis reprendra la plume, pour écrire sous une autre inspiration.

Modèle de piété, de mortification, il reçut le sacerdoce et se montra très zélé pour le salut des âmes, qu’il gagna à Dieu par ses prédications. Il attira aussi son propre frère au monastère. Il avait une dévotion spéciale à la passion de Notre-Seigneur et à la très Sainte Vierge. Toujours joyeux au dernier rang, il se consuma dans les travaux de la vie monastique.

De son travail scripturaire, on a retenu le Chronicon, en latin, contenant une foule de détails, de petits traités, des sermons pour les fêtes, des lettres ; il n’y s’agit donc pas d’une chronique à proprement parler. On a aussi d’Hélinand les Vers de la Mort, en français avec des expressions bien picardes, en cinquante strophes typiquement «hélinandiennes», où l’auteur s’adresse à la Mort et l’invite à persuader ses amis de quitter le monde pour la vie religieuse. Dans le Martyrium, il exalte les martyrs Gereon et Compagnons (v. 10 octobre).

Hélinand mourut un 3 février d’une année variant de 1223 à 1237. Le Martyrologe lui assigne comme dies natalis le 3 février.

L’Eglise ne s’est pas prononcée sur le bienheureux Hélinand. L’Ordre cistercien l’a retenu dans son calendrier.

 

 

John Nelson

1535-1578

 

John était né vers 1535 à Skelton (York) et avait quatre frères.

En 1573, il passa à Douai pour se préparer au sacerdoce et reçut l’ordination à Binche (Hainaut) de l’archevêque de Cambrai, en 1576.

On croit qu’il entra dans l’ordre des Jésuites peu après.

Deux de ses frères allèrent aussi se préparer au sacerdoce à Douai.

John partit en mission en Angleterre en novembre 1576, à Londres. Vers la fin du mois, après avoir pratiqué un exorcisme, le démon chassé «prophétisa» qu’il allait être arrêté et condamné.

Dès le 1er décembre, il fut arrêté le soir, tandis qu’il priait le bréviaire (il en était au Nocturne de Matines, qu’on appelle maintenant la Lecture, et qui se lisait habituellement la veille au soir du jour concerné).

On l’enferma à Newgate, suspecté d’être papiste.

Après une semaine, il fut interrogé et refusa de reconnaître l’autorité de la Reine sur l’Eglise. Considérant ainsi la Reine comme schismatique, il était passible de mort : il y fut condamné le 1er février 1578.

On le relégua au fond d’un profond souterrain de la Tour de Londres où, nourri au pain et à l’eau, il put célébrer la Messe.

Le jour de son exécution, il put revoir quelques membres de sa famille, mais refusa de rencontrer des ministres protestants. Au moment de son exécution, il refusa de demander pardon à la Reine qu’il n’avait jamais offensée. Puis il pria en latin, avec quelques catholiques présents. Au moment d’être pendu, à Tyburn, il déclara : Je pardonne à la Reine et aux auteurs de ma mort.

C’était le 3 février 1578.

Le culte rendu à John Nelson fut reconnu en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Justus Takayama Ukon

1552-1615

 

Iustus était né vers 1552 à Haibara-cho, Nara (Japon). En réalité il s’appelait Hikogorō. Il était l’aîné des six enfants de Takayama Tomoteru, un riche seigneur.

En 1564, son père se convertit au catholicisme. Hikogorō recevra alors au baptême le nom de Justus ; lors de la cérémonie marquant son passage à l’âge adulte (la seijin shiki), il s’appellera Shigetomo. Et comme il prétendait à un poste d’officier, il prit aussi le nom de Ukon. Couramment, il s’appellera Takayama Ukon.

Lors de la seijin shiki, la conclusion de ce «rite» était un duel avec un compatriote, et Justus tua son adversaire. Blessé tout de même, il réfléchit durant sa convalescence et comprit qu’il devait mieux accorder sa vie à sa foi.

En 1574, il se maria ; il eut trois enfants, deux garçons qui moururent petits, et une fille.

Iustus et son père acquirent le château de Takatsuki ; ils étaient daimyo kirishitan, des daimyo chrétiens. Ils profitèrent de leur position pour parler du Christ et firent beaucoup de conversions.

En 1587, lors de la première interdiction du catholicisme, Justus demeura fidèle à son baptême et renonça à sa propriété. Il vécut dans la clandestinité, protégé par des amis.

Lors de la nouvelle interdiction en 1614, il fut expulsé et rejoignit Manille avec trois cents Chrétiens japonais. Voir à ce sujet la notice Japonais Martyrs 1603-1639.

Le gouvernement des Philippines projeta alors une action militaire au Japon, en vue d’y obtenir la protection des Chrétiens, mais Justus s’y opposa.

Malade, il mourut peu après ; il y a un flottement  sur le jour précis de sa mort : 3 ou 5 février 1615.

Justus n’a pas versé son sang, mais il a donné sa vie pour le Christ et son martyre a été reconnu en 2016 ; il a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Justus Takayama Ukon sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 février.

 

 

Giovanni Battista Saggio

1650-1709

 

Giovanni Battista ou Giovanbattista (Jean-Baptiste) naquit le 6 janvier, jour de l’Epiphanie, à Longobardi (Cosenza, Calabre, Italie), aîné des trois enfants de Fulvio et Aurelia Pizzini, des parents trop pauvres pour lui permettre d’aller à l’école. Ils lui firent donner au baptême les noms de Giovanni Battista Clemente.

Sa foi profonde le conduisait à l’église de l’Ordre des Minimes, où il priait parfois des journées entières. Il fut confirmé à dix-huit ans. Les vendredis et samedis, il jeûnait au pain et à l’eau, distribuant aux pauvres son repas.

En 1670, bravant l’opposition des parents, qui avaient besoin de lui pour les travaux des champs, il demanda au couvent des Minimes un habit et alla se présenter dans cette tenue à sa mère, pensant la convaincre. Mais elle lui demanda au contraire de retirer ça sur place et de ne plus mettre les pieds dans ce couvent. Giovanni Battista commença à obéir, mais perdit alors la vue : il ne la recouvrit qu’en remettant l’habit religieux, convainquant ainsi les parents de cesser leur opposition.

Sans tarder, le jeune homme alla demander son admission. On l’envoya au couvent de Paola, où il prit l’habit (officiellement), comme Frère convers, avec le nom de Nicola (sans s en italien).

Après le noviciat, il fut envoyé comme portier, jardinier, cuisinier ou sacristain, au couvent de Longobardi, puis changea plusieurs fois : San Marco Argentano, Montalto, Uffugo Cosenza, Spezzano della Sila, Paterno Calabro. Il fut appelé à Rome pour la paroisse de Saint-François-de-Paola ai Monti.

Il y fut encore et toujours portier, recevant tous ceux qui venaient demander de l’aide. Il arrivait qu’il n’eût rien à donner, et il se faisait alors insulter vertement, supportant les humilitations sans rien dire. Ses vertus lui attirèrent cependant bientôt des foules de personnes.

Il eut ses épreuves, la plus marquante étant celle du Provincial lui-même, qui le considérait un bon-à-rien, tout juste bon à nettoyer les sabots des chevaux ; le Frère écouta cela sans rien dire, s’en jugeant tout-à-fait digne pour avoir offensé Dieu.

Transféré en 1695 à Fiumefreddo Bruzio puis Cosenza, il fut rappelé en 1696 à Longobardi, où il quêta pour obtenir des subsides en vue de l’achèvement des travaux à l’église : deux ans plus tard, tout était achevé.

En 1697, il fut de nouveau envoyé à Rome comme portier : il y passa les dernières années de sa vie. Tous accouraient pour lui demander quelque chose, un conseil, une prière, une aumône, un habit… Dès le matin il leur préparait la soupe de midi, qu’il leur servait après une prière. Il ne manquait jamais ce rendez-vous, une fois en renonçant même à l’audience papale, une autre fois faisant répondre au prince Colonna : Les pauvres de Jésus-Christ m’attendent à cette heure-ci, mais je pourrai me rendre chez leurs Excellences à un autre moment.

La famille Colonna-Pamphili le choisit comme parrain de leur héritier.

Le Frère pratiquait des pénitences dures : il couchait sur deux tables de bois, s’imposait des flagellations, des cilices, des chaînes : il conserva ainsi son innocence baptismale, mais aussi il stupéfia, malgré son ignorance native, par sa connaissance profonde des Vérités chrétiennes. On lui demanda comment il faisait pour rester sans dormir ni manger ni boire des journées entières et il répondit tout simplement : J’ai un tel amour pour Dieu, que je ne pense qu’à lui. Je ne désire rien d’autre que lui plaire. Le fervent amour que j’ai pour lui est tel que, pour l’éteindre, je devrais me jeter dans un fleuve. On le trouva souvent en extase ; à entendre seulement parler des Vérités, à voir les trois doigts de la main d’un confrère, il était transporté en ravissement. L’unique moyen de le «rappeler» était de lui commander : Par obéissance… ! et il ramenait ses bras contre lui, baissait la tête, répondant : Deo gratias !

Si on lui demandait comment aimer Dieu, il répondait : Il faut être humble !

Le pape fit exposer la sainte Image Achéropite du Saint-Sauveur, conservée au Latran, demandant des prières pour faire cesser la guerre de Succession. Le Frère Nicola s’y rendit deux fois par jour, s’offrant personnellement pour l’Eglise et la paix : peu de jours après, il dut s’aliter avec la fièvre.

Il fit sa confession générale, demanda les derniers sacrements et annonça, contre l’avis bienveillant des médecins, qu’il mourrait après la fête de la Purification de Marie.

Au matin du 3 février 1709, il fit sur les présents trois fois le signe de la croix avec les trois doigts de la main droite, répétant Le Paradis ! Le Paradis ! Puis il s’éteignit.

Il y eut tant de monde à ses funérailles, qu’on dut laisser exposée sa dépouille pendant trois jours.

Il fut béatifié en 1786 et devait être canonisé en 2014. Il est inscrit au 2 février dans le Martyrologe.

Claudine Thévenet

1774-1837

 

Seconde de sept enfants, Claudine naquit près de Lyon le 30 mars 1774, de Philibert Thévenet, qui tenait un négoce. 

Ses proches l’appelèrent Glady. On l’appelait aussi la petite violette, à cause de tous les petits travaux qu’elle faisait à la maison.

Sa bonté et sa douceur exercèrent très tôt une heureuse influence sur ses frères et sœurs. A neuf ans elle sera formée chez les Bénédictines de l’abbaye Saint-Pierre, place des Terreaux.

Quand éclata la Révolution, Claudine avait quinze ans. Les malheurs qui suivirent la frappèrent profondément. Lors des heures tragiques qui agitèrent la ville de Lyon en 1793, Claudine se retrouva un jour seule avec sa mère et ses quatre petits frères. On ne savait où était le papa ; les deux frères aînés étaient engagés au combat ; et l’oncle maternel se trouvait du côté où étaient les révolutionnaires. Claudine priait, confiante.

Le père revint à la maison ; les deux frères aussi, dans un premier temps, mais ils furent dénoncés, arrêtés et mis en prison, en attendant leur exécution. Les autorités arrêtèrent et exécutèrent des centaines d’habitants, par mesure de représailles. Chaque jour, Claudine cherchait à apercevoir ses frères dans le convoi des condamnés. Elle les vit le 5 janvier. Courageusement, elle réussit à s’approcher. L’un des deux lui souffla : Prends dans ma chaussure une lettre pour notre mère. On imagine son émotion. Mais en plus, l’un des deux frères eut encore le temps de lui lancer cette phrase sublime : Glady, pardonne, comme nous pardonnons.

Il y eut un coup de feu, puis le coup de grâce avec une épée. C’en était trop pour elle, qui en conserva toute sa vie une prédisposition aux migraines. Louis-Antoine et François-Marie avaient respectivement vingt et dix-huit ans, tandis que Claudine en avait presque vingt.

Elle revint à la maison avec la précieuse lettre : en fait, deux petits mots, écrits par chacun des deux frères, qui les signèrent tous les deux. Ils avaient écrit : Nous allons être plus heureux que toi ; dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu. Nous allons vers le Cœur de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous nous remettons entièrement à sa miséricorde. Ils eurent la possibilité tous les deux de se confesser à un prêtre malade et assez âgé, arrêté et condamné avec eux.

Quand le calme revint à Lyon, la famille se refusa chrétiennement à toute accusation du délateur devant la justice. 

Puis Claudine se décida à soulager toutes les misères qu’elle côtoierait dans cette paroisse Saint-Bruno, avec cette foi et cette charité profondes, qu’elle cherchait à transmettre à chaque instant. Convaincue qu’une grande partie des malheurs qui sévissaient, étaient le résultat de l’ignorance de Dieu,  Claudine brûlait du désir de Le faire connaître, surtout aux enfants et aux jeunes.

Elle commença par intensifier sa prière, s’inscrivant dans les rangs de la Confraternité du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique était à l’honneur. Puis elle gagna à ses idées quelques autres dames.

Durant l’hiver 1815, un jeune prêtre trouva sous le porche d’une église deux fillettes abandonnées, qu’il amena au curé de la paroisse ; ce dernier lui dit : Allez frapper chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et organise toutes les bonnes œuvres de la paroisse. Claudine s’en occupa maternellement, et ce fut là pour elle le stimulant de son profond amour pour les enfants abandonnés. La maison de son amie, Marie Chirat, où furent élevées les petites filles, devint ainsi la Providence du Sacré-Cœur.

Peu de temps après, un saint prêtre, l’abbé Coindre, qui avait fondé de son côté la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, suggéra à Claudine l’idée d’une société vraiment organisée et adaptée aux œuvres qu’elle voulait assumer. Il lui proposait la règle de saint Augustin et les constitutions de saint Ignace de Loyola. Ainsi prit naissance le 31 juillet 1816 la Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus, dans la Providence de la paroisse Saint-Bruno (concernant saint Bruno, v. 6 octobre). Cette Providence deviendra le 6 octobre 1818 la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, au lieu-dit Les Pierres-Plantées, dans le quartier de la Croix-Rousse. Très vite, une deuxième «Providence» fut ouverte, pour la fabrication de la soie. Claudine était à la fois «effrayée» de son entreprise et confiante en la providence divine. 

Deux années plus tard, mourut sa mère, qu’elle aimait beaucoup. Une grosse épreuve pour Claudine, mais aussi l’occasion pour elle d’agir désormais en toute liberté. 

L’œuvre se développait ; on s’installa à Fourvière en 1820, sur un terrain acheté à la famille Jaricot (Pauline Jaricot fut à l’origine de l’œuvre de la Propagation de la Foi) ; mais les critiques aussi allaient bon train : on traitait de ridicule cette Supérieure, on se moquait de ces gamines et de leurs maîtresses… Claudine enseignait le pardon et la patience.

 Quand l’abbé Coindre fut transféré au diocèse du Puy, il y appela la nouvelle famille religieuse, qui sera approuvée dans le diocèse du Puy dès 1823, et dans celui de Lyon en 1825.

Le but principal de la congrégation est de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu’à leur vingtième année, leur enseignant à lire, écrire, compter, et un métier avec une bonne formation chrétienne. Mais Claudine voyait plus loin : elle ouvrit aussi un pensionnat pour les jeunes filles bourgeoises, qui avaient, elles aussi, besoin de recevoir une base solide avant de fonder une famille. Ainsi, la congrégation de Jésus-Marie allait s’ouvrir aux besoins des toutes les classes sociales, mais avec une préférence pour les enfants et les jeunes les plus pauvres.

Pour obtenir les titres exigés par l’Etat, elle s’inscrivit aux examens pour le diplôme officiel, en 1822, à quarante-huit ans !

Les épreuves s’accumulèrent : les milieux ecclésiastiques proposeront à Claudine de fusionner sa Famille avec l’autre déjà existante des Dames du Sacré-Cœur, de sainte Madeleine-Sophie Barat (v. 25 mai) ; l’abbé Coindre allait décéder en 1826, ainsi que quelques-unes des premières sœurs ; en 1831 et 1834, des mouvements sociaux divisèrent Lyon et Claudine se trouvera entre les deux clans, cherchant à faire la paix ; en plus de tout cela, l’aumônier des Religieuses n’aimait pas l’idéal de saint Ignace et prétendait modifier profondément l’esprit de la congrégation : Claudine dut résister, avec douceur mais très fermement, et ce avec parfois des scènes épiques… Tout cela secouera fortement le courage de la Fondatrice, qui saura résister à toutes les pressions, mais aussi y perdra la santé.

Avec courage et hardiesse même, elle entreprit des constructions, une chapelle ; elle rédigea les Constitutions. C’était une organisatrice-née.

Elle chercha à faire tout pour plaire à Dieu, à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. A ses Sœurs, elle inculca son amour maternel : Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères, tant de l’âme que du corps. Les seules (partialité et préférence) que je vous permets, sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts ; celles-là, oui, aimez-les beaucoup ! 

Ses dernières paroles seront : Que le bon Dieu est bon !

Claudine Thévenet, qui avait pris le nom religieux de Mère Marie Saint-Ignace, s’éteignit à cette vie terrestre le 3 février 1837, un vendredi à 15 heures.

Cinq ans après, dès 1842 des Religieuses essaimaient en Inde, en Espagne en 1850, au Canada en 1855. Actuellement elles sont près de deux-mille, dans près de deux-cents maisons sur les cinq continents.

Claudine Thévenet - Marie Saint-Ignace a été béatifiée en 1981 et canonisée en 1993.

 

 

Anne-Marie Rivier

1768-1838

 

Anne-Marie naquit le 19 décembre 1768 à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche), troisième des quatre enfants d’un aubergiste, Jean-Baptiste Rivier et de son épouse Anne-Marie Combe. Une des sœurs de Anne-Marie s’appelait Cécile.

A un an et demi, elle tomba de son berceau, de sorte qu’Anne-Marie (Marinette, comme l’appelaient ses parents) ne put marcher ni grandir normalement.

Sa mère, cependant, était une femme pleine de foi et passa avec sa petite fille des heures entières de prière devant une Piéta vénérée dans les environs. 

Le 7 septembre 1774, mourut le papa de Marinette. Le lendemain, 8 septembre 1774, en la fête de la Nativité de Marie, la petite fille se sentit la force de marcher, quoiqu’encore avec les béquilles. Elle n’avait pas pu se mettre sur ses jambes depuis près de cinq années.

Marinette reprit des forces, mais ne jouit jamais vraiment d’une vraie bonne santé. Elle avait promis à la Sainte Vierge que, si elle guérissait, elle s’occuperait de faire l’école aux enfants.

En 1777, nouvel accident : Marinette se casse une jambe dans l’escalier. Sa mère lui frictionne la jambe avec de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles : Marinette est guérie au bout de quinze jours, en la fête de l’Assomption.

A dix-sept ans, elle demanda son admission chez les Sœurs de Notre-Dame de Pradelles (Haute-Loire), où cependant sa santé trop délicate ne lui permit pas de rester. Cette petite jeune fille d’1 mètre 32 ne se vexe pas : Puisqu’on ne veut pas me laisser entrer au couvent, j’en ferai un moi-même.

Sans perdre courage, elle ouvrit à Montpezat une petite école, s’entoura de compagnes et alla visiter les malades, recevant aussi les jeunes qui ne savaient où aller pour s’occuper.

Survint la Révolution. Entre 1790 et 1792, Anne-Marie alla faire l’instruction et le catéchisme à Saint-Martin-de-Valamas puis revint à Montpezat. Quand le prêtre manquait, Anne-Marie ne se gênait pas pour organiser des moments de prière, pour parler de la Bible et pour raconter les vies des Saints. Si l’église est fermée, elle fait de sa maison un petit couvent.

Elle aurait pu être arrêtée et passer en jugement : à la mort de sa mère (1793), on se «contenta» de lui confisquer sa maison, de sorte qu’elle dut se transférer à Thueyts, à cinq kilomètres de là, chez un prêtre de Saint-Sulpice. Anne-Marie et ses quatre compagnes purent reprendre leur activité et, en 1796, se consacrèrent.

La nouvelle famille religieuse était née : les Sœurs de la Présentation de Marie s’occuperaient désormais de l’enseignement, du soin des orphelins, des malades, mais aussi de l’éducation religieuse pour les adultes. Dès l’année suivante, elles étaient douze.

Pendant le Directoire, de 1797 à 1799, les Sœurs subirent encore des persécutions, en provenance de Privas, mais elles purent résister et tenir. En 1799, le Grand Vicaire de Viviers les prendra sous sa protection. Jusqu’en 1802, l’Oeuvre va rayonner et prospérer : les fidèles veulent réapprendre ce qu’ils ont oublié durant ces dix années de perturbation.

La reconnaissance pontificale tardera, en raison des relations très tendues entre l’empereur et le pape, mais Anne-Marie continuera sur sa lancée. En 1803 fut ouvert un noviciat proprement dit, en 1810 étaient déjà ouvertes quarante-six maisons. Un orphelinat fut ouvert en 1814.

En 1815, la maison-mère se déplaça à Bourg-Saint-Andéol. 

En 1820, la congrégation comptait quatre-vingt huit maisons dans huit diocèses.

En 1830, le roi reconnaîtra légalement la Congrégation.

En 1838, l’année où mourut la Fondatrice, il y avait cent quarante-et-une maison, abritant plus de trois-cents Religieuses dans quinze diocèses. Cette progression est une rareté dans l’histoire de l’Eglise.

Anne-Marie Rivier mourut le 3 février 1838. 

Elle prédit que ses Sœurs auraient traversé les mers : actuellement, elles se trouvent sur tous les continents ; elles sont plus de trois mille.

Anne-Marie Rivier a été béatifiée en 1982.

 

 

Maria Helena Stollenwerk

1852-1900

 

Maria Helena naquit à Rollesbroich (Simmerath, Aachen, Allemagne) le 28 novembre 1852, de Johann Peter Stollenwerk et de Anna Maria Bongard, qui consacra sa fille à la Sainte Vierge avant même sa naissance.

Dès qu'elle fréquenta l'école primaire de son petit village, elle s'enthousiasma pour la lecture des bulletins de l'Association de la Sainte Enfance, qui devint par la suite une Œuvre Pontificale. C'est ainsi que grandit en elle le désir de venir en aide aux enfants de Chine.

A vingt ans, elle ne trouvait toujours pas d'Institut en Allemagne qui pût lui permettre de partir pour la Chine. Mais en visite à Steyl (Pays Bas), elle rencontra le fondateur des Verbites, Arnold Janssen (v. 15 janvier), qui avait le désir de fonder une famille religieuse de Sœurs missionnaires, tout en attendant un signe de Dieu.

Maria Helena avait désormais trente ans et commença par servir comme auxiliaire de cuisine dans une des maisons ouvertes par le père Janssen. Elle fut rejointe par Hendrina Stenmanns et toutes deux vécurent dans une toute petite maison pendant quelques années, avant d'intégrer un couvent vide.

Le 8 décembre 1889, avec le nom de Mère Maria, elle fonda, avec le père Arnold Janssen, les Sœurs Missionnaires sous la dénomination de Servantes du Saint Esprit. Maria Helena se retrouvait tout d'un coup co-fondatrice et supérieure. L'institut se développa tout de suite et des sœurs partirent pour l'Argentine dès 1895, puis au Togo.

Pour ne pas sombrer dans le pur activisme, Arnold Janssens voulut appuyer le nouvel Institut sur la prière et l'adoration. Aussi ouvrit-il une autre branche de Contemplatives, dont Mère Marie voulut faire partie, cette fois-ci sous le nom de Sœur Maria Virgo (Marie Vierge).

Le vrai rêve de Maria Helena ne se réalisa jamais : elle ne put jamais partir pour la Chine, qui resta son vœu le plus cher et le plus intime. Mais ce rêve se réalisa en tant qu'elle y travailla de toute son ardeur dans la prière et l'offrande d'elle-même.

Cette offrande se concrétisa encore plus par la maladie qui la frappa et elle prononça ses vœux comme sœur adoratrice du Saint Esprit sur son lit de mort, le 3 février 1900.

Elle a été béatifiée en 1995.

 

 

Alojs Andricki

1914-1943

 

La famille Andricki habitait à Radibor (Bautzen, Saxe). Le père, Jan, était professeur et directeur d'école, organiste et cantor ; la mère s'appelait Madlena, née Cyžec. Ils eurent six enfants, quatre garçons (Alojs, Jan, Gerat, Alfons) et deux filles (Marja, Marta).

Dans cette région limitrophe d’Allemagne, une grande majorité des habitants parle le sorabe, cette langue slave proche du tchèque avec des influences polonaises.

Les quatre garçons étudièrent la théologie, et le plus jeune (Alfons, jésuite) tomba lors de la Deuxième guerre mondiale.

Alojs fréquenta l'école élémentaire de son pays, le collège de Bautzen et passa son baccalauréat avec mention Très bien. Il fut membre de l'association Włada et même son président pendant deux ans. Un peu plus tard il collabora au périodique Serbski Student.

De 1934 à 1938 il étudia la philosophie et la théologie à Paderborn, tout en résidant au séminaire de Schmochtitz (diocèse de Meißen). 

Prêtre en 1939, il fut chapelain à la cathédrale de Dresde, préfet des Petits Chanteurs de Dresde et président de la grande famille Kolping, une association catholique fondée au 19e siècle par Adolf Kolping pour promouvoir l'idéal de la famille catholique (v. 4 décembre).

Ses prises de position contre le régime nazi et son origine ne le faisaient pas voir d'un œil favorable par les autorités. Après l'avoir recherché et menacé, on l'arrêta le 21 janvier 1941 et il fut enfermé dans la prison de Dresde.

Accusé formellement d'atteintes secrètes contre l'Etat et le Parti, il fut condamné à une peine de six mois de prison. Refusant toute collaboration avec le nazisme, il fut, dès octobre 1941, transféré au camp de concentration de Dachau, où il fut enfermé dans le block des Religieux (ou block des Curés), sous le numéro 27829.

Là, il réussit, avec d'autres détenus, à étudier la Sainte Ecriture et à célébrer. Il rencontra des prêtres du Cercle de Schönstatt, et connut Josef Kentenich, qui y arriva en mars 1942.

En décembre éclata une épidémie de typhus, que contracta Alojs. Le 19 janvier 1943 il fut admis dans le block des malades, en compagnie d'un autre prêtre, Hermann Scheipers. Ce dernier raconta que, mourant, Alojs demandait à un infirmier de lui appeler un prêtre pour lui apporter la sainte Communion, et qu'il s'entendit répondre : Il veut le Christ ? Il va recevoir une piqûre ! On lui fit alors une injection mortelle.

Alojs mourut le 3 février 1943.

Deux ans après, la direction du camp de Dachau fit parvenir à la famille l'urne des cendres de Alojs.

Reconnu martyr, l'abbé Alojs Andricki fut béatifié en 2011.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 00:00

02 FEVRIER

 

I.

La Présentation du Christ au Temple de Jérusalem, occasion du Nunc dimittis et de la prophétie du vieillard Syméon, et de celle de la prophétesse Anne (cf. Lc 2:22-38). (cf. Lc 2:22-38).

IV.

S Apronien, geôlier romain, martyr.

S Rhodippe, évêque à Lentini.

?

S Agathodore, jeune martyr à Tyane.

Ss Fortunat, Félicien, Firme et Candide, martyrs à Rome.

Ss Laurent et Hippolyte, martyrs à Fossombrone.

V.

S Flosculus, évêque à Orléans ; il aurait été cet enfant qui proclama évêque s.Aignan.

VII.

S Laurentius, compagnon de s.Augustinus en Angleterre et son successeur à Cantorbury.

S Adalbald (Adalbaud), fils de ste Gertrude de Hamage, père des ss.Mauront, Eusébie, Clotsinde et Adalsinde, “martyrisé” près de Périgueux.

Ste Hadéloge, fille de Charles Martel ou de Pépin le Bref, fondatrice de l'abbaye de Fitzingen.

VIII.

S Burchard, bénédictin anglo-saxon, premier évêque à Würzburg, sacré par s. Boniface.

XIV.

B Simone Fidati de Cascia, augustin, auteur et prédicateur, thaumaturge.

B Pietro Cambiani de Ruffia, dominicain piémontais, inquisiteur, poignardé à Susa.

XVI.

Ste Alessandra (Caterina) de’ Ricci, prieure dominicaine à Prato, mystique.

XVII.

Ste Jeanne de Lestonnac, nièce de Michel de Montaigne, veuve bordelaise et fondatrice des Filles de Notre-Dame, ordre féminin calqué sur celui des Jésuites.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l’ordre des Minimes, canonisé en 2014.

XIX.

B Stefano Bellesini, augustin à Trente puis à Gennazzano.

S Jean-Théophane Vénard, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

Ste Maria-Katharina Kasper, allemande, fondatrice des Pauvres Servantes de Jésus-Christ destinées au service des pauvres et à l’enseignement des enfants, béatifiée en 1978, canonisée en 2018.

XX.

B Louis Brisson (1817-1908), fondateur à Troyes des Oblats et des Oblates de saint François de Sales, béatifié en 2012.

B Andrea Carlo Ferrari (1850-1921), évêque à Guastalla, puis Côme, enfin Milan, où il soutint le projet de l’Université du Sacré-Cœur ; béatifié en 1987.

Bse Maria Domenica Mantovani (1862-1934), cofondatrice à Castelletto avec le b.Giuseppe Nascimbeni des Petites Sœurs de la Sainte Famille, pour la vie de paroisse et le secours des nécessiteux ; béatifiée en 2003.

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (1946-1990), catéchiste an Afrique du Sud, martyr, béatifié en 2015.

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (v. 8 août).

 

 

Flosculus d’Orléans

† fin 5e siècle

 

Flosculus (ou Flou) fut le onzième évêque d’Orléans.

Comme les Actes de Flosculus ont été perdus, on ne sait pratiquement rien de lui.

Une tradition assure que, petit enfant, ce fut lui qui désigna s.Aignan pour succéder à s.Euverte (v. 17 novembre et 7 septembre). 

Si la chronologie parvient à être vérifiée, Aignan fut évêque en 388 jusqu’en 453 ; quatre évêques lui succédèrent avant s.Prosper (460, v. 29 juillet) et notre Flosculus.

En supposant que Flosculus eût une dizaine d’années (ou moins) en 388, on pourra avancer qu’il mourut fort âgé, peut-être même centenaire. Son successeur, Dago, mourut vers 500.

Saint Flosculus d’Orléans est commémoré le 2 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurentius de Cantorbury

† 619

 

La première mention qu’on ait de Laurentius, est qu’il fit partie de ceux que le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) envoya de Rome en 595 pour aller évangéliser l’Angleterre. A leur tête se trouvait Augustinus (v. 26 mai). 

On présume de là que Laurentius était lui aussi un moine bénédictin du monastère romain Saint-André. On sait qu’il était prêtre.

Le voyage s’arrêta à Aix-en-Provence, traversa toute la Gaule et Laurentius prit part aux premiers travaux d’Augustinus. C’est lui que ce dernier envoya à Rome porter au pape la bonne nouvelle de la conversion du roi Ethelbert (598). Pour son retour, le pape lui adjoignit d’autres Compagnons encore (601).

Il fut sacré évêque, peut-être par Augustinus, et lui succéda sur le siège de Cantorbury (604).

En 613, il fit la consécration de l’église Saints-Pierre-et-Paul, commencée par Augustinus, et qui prit ensuite son nom.

Un des grands travaux de Laurentius fut de mettre d’accord les évêques d’Ecosse et de Bretagne, par exemple au sujet de la date de Pâques, perpétuel sujet de controverse : même un évêque local ne voulait pas manger avec Laurentius, pour ce seul motif que Laurentius célébrait selon le calendrier romain et non selon celui de la tradition locale.

A partir de 616, Laurentius subit une pénible épreuve, due au fait que le nouveau roi, Eadbald, retourna au paganisme, obligeant les missionnaires à quitter l’Angleterre ; il alla jusqu’à épouser sa belle-mère, selon une «coutume».

Déjà étaient partis les deux évêques, de Londres et de Rochester, Mellitus et Justus. Laurentius allait céder à son tour, lorsque s. Pierre lui serait apparu une nuit, lui passant une sévère correction de verges, dont Laurentius se réveilla passablement meurtri. S’étant montré en cet état au roi, ce dernier se serait converti sur place, devenant désormais un fidèle soutien des travaux de Laurentius. 

Si Justus put revenir à Rochester, il n’en fut pas de même pour Mellitus, car le sud-est de l’Angleterre restait encore sous l’administration du païen Rædwald ; il succéda cependant à Laurentius sur le siège de Canterbury.

Laurentius mourut, semble-t-il, le 2 février 619 et fut vite considéré comme un Saint.

 

 

Burchard de Würzburg

683-755

 

Il semble que Burchard était de souche noble anglo-saxonne, et se serait appelé Burkheard ; on écrit aussi son nom Burkard (en latin : Burckardus). On l’a fait naître vers 683 ou même seulement en 700.

Sans doute moine bénédictin, il accompagna saint Boniface (v. 5 juin) dans son expédition apostolique en Germanie vers 730. Il semble qu’il ait été le premier abbé du monastère de Rorfach (act. Neustadt am Main), d’où il partait prêcher dans les régions voisines, en Thüringe par exemple.

En 741, Boniface lui confia le nouveau diocèse de Würzburg, et le consacra évêque. Peu après, il fut un des trois co-consécrateurs de Willibald (v. 7 juillet).

L’évêché de Würzburg fut l’objet des attentions généreuses de Carloman, fils de Charles Martel.

Burchard participa aux conciles de Ratisbonne (742), d’Estinnes en Hainaut (743) ; puis au concile pan-germanique de 747, dont il fut chargé de porter les actes au pape.

En 749, il accompagnait l’abbé de Saint-Denis, Fulrad, pour traiter avec le pape du changement de dynastie chez les Francs.

En 750, il fonda l’abbaye de Saint-André à Würzburg, qui s’appela plus tard Saint-Burchard.

Burchard cessa son apostolat actif en 754, se retira et mourut dans le petit prieuré de Homburg am Main,  le 2 février 755.

On lui a fait l’honneur de l’invoquer contre les douleurs articulaires et rhumatismales.

Ses reliques, qui se réduisaient déjà au seul chef, disparurent durant la Guerre de Trente ans.

Simone Fidati de Cascia

1280-1348

 

Né vers 1280 à Cascia (Ombrie, Italie C), Simone s’intéressa d’abord à la littérature profane puis, suivant les conseils d’un Franciscain de l’Observance, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin.

Ordonné prêtre, il eut deux occupations principales : de jour la prédication, de nuit la rédaction d’ouvrages.

Il prêcha surtout en Toscane. Il s’en prenait aux pécheurs, leur rappelant le salut de leur âme, mais aussi à ses amis, auxquels il n’épargnait pas à l’occasion de vifs reproches. 

Parmi ses ouvrages, on cite L’Ordre de la vie chrétienne et le De Gestis Domini Salvatoris. A propos de ce dernier, on dit qu’en le rédigeant, Simone eut l’apparition de l’Enfant-Jésus qui lui présenta une boisson ; l’ayant bue, Simone conserva toute sa vie une grande douceur dans la bouche, au point que tous les aliments lui semblèrent insipides.

Il fut le témoin du miracle eucharistique de Sienne (1330) ; un prêtre avait glissé dans les pages de son bréviaire la sainte Hostie qu’il voulait porter à un malade (au lieu de la déposer proprement dans une pyxide) ; chez le malade, il s’aperçut que l’Hostie était toute en sang ; il comprit sa légèreté et vint s’en accuser en confession auprès de Simone, lui montrant les pages du bréviaire tachées.

Bien que préférant s’isoler, Simone eut par ses écrits et ses prédications une grande influence sur la vie de son époque. Il refusa toujours la moindre responsabilité de supérieur.

En 1348, il fut une des victimes d’une grande épidémie de peste. Il mourut apparemment le 2 février, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Son culte fut approuvé en 1833.

 

 

Pietro Cambiani

1320-1365

 

Pietro naquit vers 1320 à Ruffia (Cuneo, Piémont, Italie NO), de famille noble.

A seize ans, il entra chez les Dominicains de Savigliano et fit de brillantes études d’Ecriture Sainte, de Théologie et de Droit canonique.

Excellent prédicateur, rempli de doctrine sûre, conseiller avisé, il faisait parler de lui sans le vouloir, et le pape le nomma Premier inquisiteur pour le nord de l’Italie. Pietro s’établit à Turin.

Son principal ennemi fut l’hérésie vaudoise : d’abord partisans d’une stricte pauvreté évangélique, les vaudois en étaient arrivés à se heurter frontalement à l’autorité ecclésiastique, à mépriser les prêtres et les sacrements, à refuser le culte des Saints et l’existence du Purgatoire…

Pendant quatorze années, Pietro se déplaça par monts et par vaux, prêchant patiemment, ignorant la fatigue de ses voyages, n’épargnant pas sa peine et ramenant à l’Eglise beaucoup de gens tombés dans l’erreur. Il n’avait d’autres armes que la prière, le jeûne et les pénitences qu’il s’imposait.

Le succès des conversions ainsi opérées excita la jalousie et la colère de ses ennemis.

Au début de 1365, il s’était arrêté dans le couvent franciscain de Susa. Le 2 février au matin, il célébra la sainte Messe, au terme de laquelle deux individus lui demandèrent la faveur d’un colloque privé. On passa dans le cloître voisin et c’est alors que les deux hommes poignardèrent à mort le Religieux.

L’assassinat suscita grande émotion ; l’évêque dut «purifier» le saint endroit qui avait été ainsi profané. On parla de l’événement au loin et longtemps : le pape y fit allusion en 1375, s.Vicente Ferrer (v. 5 avril) en 1403.

Le culte du bienheureux Pietro fut confirmé en 1865 ; le Martyrologe le mentionne au 2 février.

 

 

Alessandra de’ Ricci

1522-1589

 

Alessandra vit le jour le 23 avril 1522 à Florence (Italie), et reçut au Baptême les noms de Alessandra Lucrezia Romula.

Orpheline de mère en 1528, elle fut confiée par son père aux Religieuses de Florence, où se trouvait sa tante, Luisa de’ Ricci.

Plus tard, le papa la rappela pour lui faire connaître la société mondaine et la pousser au mariage, mais Alessandra, à force d’insistance, obtint d’embrasser la vie religieuse : elle entra chez les Dominicaines de Prato, dont l’aumônier était un oncle paternel, le père Timoteo de’ Ricci.

A sa profession, elle prit le nom de Caterina.

En 1541, elle fut maîtresse des novices, puis sous-prieure ; c’est à partir de cette date qu’elle fut favorisée d’une extase particulière chaque jeudi à midi jusqu’au vendredi soir, contemplant comme dans la réalité la Passion du Sauveur. Catherine pria, et fit prier tout le couvent, pour obtenir de Dieu la cessation de cette faveur inhabituelle, et ces prières furent exaucées.

Elle n’en était pas quitte pour autant : Dieu lui fit faire des miracles, des prophéties ; elle pénétra les cœurs.

En 1547, elle fut élue prieure, une charge qu’elle recouvra pendant quarante-deux ans.

Caterina fut en relation épistolaire avec s.Filippo Neri, romain (v. 26 mai). Désirant tous deux pouvoir se rencontrer pour parler de Dieu, ils eurent simultanément une vision durant laquelle ils se parlèrent réellement pendant un long moment ; Filippo Neri attesta lui-même l’événement. La même chose se produisit entre Caterina et Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai)

Caterina eut un dernier privilège au moment de mourir : les assistants entendirent les chœurs célestes accueillir son âme au Paradis.

Ceci advint le 2 février 1589.

Alessandra-Caterina de’ Ricci fut béatifiée en 1732 et canonisée en 1746.

 

 

Jeanne de Lestonnac

1556-1640

 

Jeanne fut la fille de Richard de Lestonnac, un catholique convaincu, et de Jeanne Eyquem de Montaigne, une fervente protestante qui était la sœur de Michel de Montaigne. Jeanne était donc la nièce du célèbre philosophe sceptique, auteur du fameux Que sais-je ?

Michel de Montaigne la décrivit ainsi : Très pieuse, d’humeur joyeuse, intelligente et belle, la nature en avait fait un chef d’œuvre, alliant une si belle âme à un si beau corps et logeant une princesse en un magnifique palais.

L’Esprit-Saint lui parla intérieurement : Ne laisse pas s’éteindre l’appel que j’ai allumé dans ton cœur.

En 1572, Jeanne épousa la baron Gaston de Montferrand-Landiras, dont elle eut sept enfants, quatre seulement parvenant à l’âge adulte.

Veuve en 1576, Jeanne essaya la vie religieuse, à laquelle elle avait déjà songé dans sa jeunesse ; elle fit un essai de six mois chez les Cisterciennes Feuillantines de Toulouse, avec le nom de Jeanne de Saint-Bernard ; mais la règle était trop austère et elle dut renoncer.

Priant et cherchant, elle eut une vision : une multitude de jeunes filles en danger l’appelaient au secours, avec la Vierge Marie qui attendait sa réponse. Jeanne comprit : elle fondera avec quatre compagnes la Compagnie de Marie-Notre-Dame, une congrégation qui devait allier action et contemplation, sous le modèle et la protection de la Mère du Christ, Marie, et se vouer surtout à l’éducation des jeunes filles. Ce serait la première œuvre d’éducation féminine approuvée par l’Eglise.

Avant la reconnaissance officielle, Jeanne vint courageusement au secours des victimes de la peste à Bordeaux (1605), où elle se rendit compte de la misère des pauvres, et sentit là la présence de Jésus-Christ. Son cœur s’ouvrit encore plus à la jeunesse ; elle donnera à sa nouvelle famille des constitutions très apparentées à celles de l’ordre des Jésuites.

Fondée en 1607 sous l’appellation de Ordre de Notre-Dame, cette congrégation compta jusqu’à trente maisons, seulement en France, au moment de la mort de Jeanne (1640). Puis il y eut une implantation en Espagne, d’où les Religieuses irradièrent dans toute l’Amérique Latine.

Jeanne mourut le 2 février 1640, à quatre-vingt-quatre ans.

Elle fut béatifiée en 1900 et canonisée en 1949.

Le premier immeuble de la congrégation, rue du Hâ à Bordeaux, subsiste encore ; l’intérieur a été modifié en appartements. La chapelle, en revanche, fut affectée au culte protestant en 1805. 

L’Ordre de Notre-Dame s’est implanté dans le monde entier et, depuis 1956, s’appelle désormais Compagnie de Marie Notre-Dame, comptant un peu plus de quinze cents Religieuses.

 

 

Luigi Giuseppe Bellesini

1774-1840

 

Il vit le jour le 25 novembre 1774 à Trento (Italie), dans une famille de l’aristocratie.

Entré dans l’Ordre des Augustins, il prit le nom de Stefano et étudia à Rome et à Bologne, dont il fut chassé par les troupes d’occupation françaises. Il compléta donc ses années de théologie à Trento, et fut ordonné prêtre en 1797

En 1809, son couvent de Trento fut fermé ; il vint habiter chez son frère et ouvrit une petite école gratuite pour des enfants pauvres ; il développa une intense activité pastorale auprès des jeunes, leur procurant aussi de la nourriture et des vêtements, ce qui lui valut d’être nommé inspecteur des écoles primaires de Trento et des alentours.

En 1817, les ordres religieux furent réhabilités et Stefano retourna à Bologne ; son Supérieur l’appela ensuite à Rome comme maître des novices.

En 1826, il fut envoyé au couvent de Genazzano, non loin de Rome, où l’on vénère la célèbre image miraculeuse de Notre-Dame du Bon Conseil.

Lors d’une épidémie de choléra qui frappa la paroisse, il assista des malades ; il fit une chute et sa plaie s’infecta : il mourut après deux jours, le 2 février 1840.

Stefano Bellesini fut béatifié en 1904.

 

 

Jean-Théophane Vénard

1829-1861

 

Jean-Théophane naît le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (actuelle commune de Saint-Loup-Lamairé, Deux-Sèvres). Il a une sœur aînée (Mélanie) et deux frères, Eusèbe et Henri.

Jeune, il est enthousiasmé par les récits que l’on fait des missionnaires en Extrême-Orient, particulièrement par le récit du martyre de Jean-Charles Cornay (v. 20 septembre). 

Durant ses études au collège de Doué-la-Fontaine il est encore instable, irascible. Il est pieux cependant : il prie le chapelet, il fait sa Première communion en 1843, l’année où meurt sa maman. Son jeune frère Henri le rejoint au collège.

Bien qu’il se sente appelé au sacerdoce, Jean-Théophane hésite encore sur sa vocation,  car il ne se sent pas encore à la hauteur ; mais il entre au petit séminaire de Montmorillon, et enfin au grand séminaire de Poitiers (1848), où enfin il se sent vraiment heureux.

Là, il porte la soutane, il a désormais appris à dominer ses mouvements d’impatience ;  il est devenu un élève excellent, passionné par l’étude, le grec et l’hébreu. En 1850 sa décision est prise : il rejoindra les Missions Etrangères de Paris.

Il prend le train pour la première fois et arrive à Paris, où va avoir lieu le coup d’état du 2 décembre 1851. Il vote pour la première et peut-être pour la dernière fois.

Au séminaire il se lie d’amitié avec Joseph Theurel, avec lequel il partira bientôt en Asie et qui mourra là-bas évêque, en 1868.

Outre ses études, il est organiste, sacristain, et balayeur en chef ; il étudie avec avidité la physique, l’histoire naturelle et la géographie. Diacre en 1851, il est ordonné prêtre en 1852.

Arrivé à Hong-Kong, il cherche à apprendre le chinois : Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l’étude plus difficile pour les missionnaires ! 

Enfin arrive son ordre de mission pour le Tonkin ; au moment de s’embarquer, il apprend que le père Jean-Louis Bonnard vient d’étre martyrisé, un an après Augustin Schoeffler (v. 1er mai). Il pénètre au Tonkin clandestinement, apprend assez de vietnamien pour commencer à évangéliser. A cette époque, il y a de très fortes persécutions et il doit se réfugier dans des grottes ou des cachettes. L’édit de l’empereur ordonne de jeter à la mer les prêtres européens ; de couper par le milieu du corps les prêtres annamites ; de décapiter ou étrangler tout fidèle chrétien. Jean-Théophane rejoint le Tonkin occidental en juillet 1854.

Dans cette région, l’édit de persécution n’est pas appliqué, car le vice-roi a été guéri d’une maladie des yeux par le prêtre Paul Bao-Tinh, qui lui a demandé en retour de ne pas persécuter les chrétiens. 

Jean-Théophane arrive donc dans une région relativement tranquille, du moins protégée, pour le moment. Il apporte avec lui un harmonium et l’évêque le nomme maître de chapelle. Puis, contrairement à l’étude du chinois, Jean-Théophane se perfectionne très vite en vietnamien. Dans ses moments «libres», il traduit en vietnamien la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Il est nommé directeur du séminaire local. 

En 1860, un villageois le dénonce sous la pression des menaces. Il est arrêté à Ke-Beo le 30 novembre, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï.

Jean-Théophane est condamné à mort et exécuté le 2 février 1861.

Né en la fête de la Présentation de Marie au Temple, il fut exécuté en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, dans sa trente-deuxième année.

Dans les nombreuses lettres que son frère Eusèbe recueillit après sa mort, on y découvre une grande parenté de spiritualité entre lui et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; elle l’appréciait beaucoup et le fit largement connaître à son époque.

Jean-Théophane fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

Il est au Martyrologe du 2 février, mais fêté localement au 3 février, et avec tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Katharina Kasper

1820-1898

 

Catherine naquit le 26 mai 1820 à Dernbach (Westerwald, Rhénanie, Allemagne), un des huit enfants de Heinrich, un humble paysan, qui mourut en 1842.

Toute sa vie, Katharina eut une mauvaise santé, et dut traverser maintes difficultés, mais elle fut réconfortée par des visions qui l’encouragèrent.

En 1845, elle fonda une première association pour venir en aide aux malades, aux vieillards, aux orphelins et aux enfants. Ce fut le point de départ de la congrégation des Pauvres Servantes de Jésus-Christ, qui furent aussi appelées les Sœurs de Dernbach.

Les premières Religieuses firent leurs vœux en 1851 ; Katharina, prenant le nom maternel de Maria, dirigea la première communauté, jusqu’à ce qu’un prêtre fut nommé directeur spirituel (1853).

En 1868, l’évêque leur fit ouvrir des maisons à Fort Wayne (Indiana, USA).

L’approbation vaticane eut lieu en 1870 et Maria Katharina fut nommée Supérieure. Lors du Kulturkampf, elle contourna l’interdiction de recevoir d’autres novices en les recevant dans une autre maison religieuse hors du territoire prussien.

L’approbation définitive se fit en 1898, alors que la fondation comptait déjà près de deux mille membres dans près de deux cents maisons.

Actuellement, la congrégation est aussi présente en Inde et en Amérique Latine.

Cette heureuse Fondatrice mourut le 2 février 1898, fut béatifiée en 1978 et canonisée en 2018.

Louis Brisson

1817-1908

 

Louis Brisson naît à Plancy-l’Abbaye (Aube), dans le diocèse de Troyes, le 23 juin 1817. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Nourrissant un grand amour pour Dieu, il entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes. Il est ordonné prêtre en 1840.

En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant quarante-quatre ans, jusqu’en 1884, il approfondit la pensée et la spiritualité de s.François de Sales.

La supérieure, Mère Marie de Sales Chappuis, le presse de fonder des prêtres destinés à répandre la doctrine de s. François de Sales. C’était d’ailleurs le souhait de François de Sales de fonder une congrégation de prêtres continuant, selon son esprit, l'œuvre commencée, à côté de la Visitation. Le P. Brisson se montre d’abord réticent.

Mais en 1857, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de Saint-François de Sales pour la lutte contre la déchristianisation par la revitalisation de la foi et le retour à la pratique religieuse. Il nomme l’abbé Brisson directeur de l’Association pour le diocèse.

Le P. Brisson se propose aussi de soutenir la vie morale et chrétienne des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles divers ateliers et foyers. 

En 1858 il ouvre pour elles un premier foyer, le Hangar des Hirondelles ou Œuvre Saint-Jean.  Suivent d’autres foyers dans d’autres paroisses : Saint-Nicolas (1860), Tauxelles (1861), Saint-Nizier (1862). Cette première Œuvre de Saint-François-de-Sales groupera jusqu’à six cents jeunes filles.

En 1867, l’abbé Brisson achète des terrains aux Tauxelles et y construit une école pour les petites filles pauvres du quartier, et y accueillir le dimanche les jeunes ouvrières de la région.

Tauxelles est aussi le lieu de l’entreprise des frères Hoppenot, qui appuient l’abbé Brisson. En 1869, ils construisent un foyer avec dortoirs, réfectoire et buanderie, pour accueillir les jeunes ouvrières. Elles peuvent y apprendre le métier textile avant d’intégrer l’usine proche.

En 1869, Mgr Ravinet demande au P. Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, Saint-Etienne, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… mais sur l’ordre de son évêque, et aidé de quelques collaborateurs prêtres, il commence la congrégation des Oblats de saint François de Sales. Le collège devient le collège secondaire Saint-Bernard. L’abbé Brisson y enseigne la cosmographie. En dix ans, les élèves passent de douze à soixante-douze, le collège est dédoublé en Petit-collège (externat) et en Grand Saint-Bernard (internat). Puis le collège essaime à Mâcon, Saint-Ouen, Sainte-Savine, Auxerre, Morangis.

Les Oblats seront approuvés en 1887, et définitivement en 1897.

Collaboratrices de cette immense tâche seront deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat – canonisée en 2001, v. 10 janvier – et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs Oblates de saint François de Sales, qui seront approuvées dès 1890, et définitivement en 1911.

Les œuvres de ces deux congrégations se développent rapidement et elles se diffusent dans d’autres pays, notamment par des écoles, des pensionnats, des patronages. Le P. Brisson gouverne ses deux familles religieuses avec une connaissance approfondie des choses pratiques et une vie intérieure intense.

Le P. Brisson est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, il passe de longues heures en adoration devant l’Eucharistie et va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Sa vie est aussi marquée par l’épreuve, d’abord à cause de relations un peu difficiles avec l’autorité diocésaine, car l’évêque aurait préféré une congrégation diocésaine, tandis qu’elle dépend directement de Rome. Puis lors de la persécution religieuse, dont souffre la France dès la fin du 19e siècle, les Oblats et les Oblates du pays sont expulsés, leurs maisons, confisquées. 

Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904, à chercher refuge à Plancy-l’Abbaye, dans la maison de son enfance. Il est nommé Chanoine honoraire de la cathédrale de Troyes.

Mais ferme dans la foi, le P. Brisson est sûr de l’avenir de ses deux Instituts et n’est pas ébranlé dans son invincible confiance en Dieu. Il meurt le 2 février 1908, à quatre-vingt dix ans.

 

C’est la reconnaissance de la guérison miraculeuse d'un jeune Equatorien de la province du Chimborazo, due à l'intercession du P. Brisson, qui a permis sa béatification.

Un petit garçon de huit ans avait été victime en 1953 d'un accident survenu dans l'atelier de son père, mécanicien : la roue de fer d'un tracteur en réparation lui avait écrasé le gros orteil du pied droit et fracturé 2 autres doigts. Il fut soigné d'urgence mais sommairement car l'hôpital de son village n'était pas équipé ni les médecins spécialisés pour ce genre d'intervention. Son cas demeurait critique.

Les Sœurs Oblates, les enseignantes du petit garçon, firent, avec la famille, une neuvaine au P. Brisson et elles appliquèrent une relique sur le pied malade. L'enfant guérit, récupérant très vite toute sa mobilité et sa joie de vivre, sans séquelles, en un laps de temps que les médecins de la Commission d'enquête ont jugé inexplicable scientifiquement.

 

Aujourd'hui, la Congrégation des Oblats compte quelques centaines de religieux, prêtres et frères, et elle est présente en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

En France, les Oblats animent plusieurs paroisses, deux établissements scolaires – Saint-Bernard à Troyes et Saint-Michel à Annecy – diverses aumôneries, une revue, des rencontres salésiennes.

Ils ont pour mission de réaliser l'imitation du Christ et le service de l'Église dans le monde moderne, en vivant et en répandant la doctrine salésienne.

Les sœurs Oblates de saint François de Sales sont quelques centaines et poursuivent l'œuvre du P. Brisson au service de la jeunesse en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud.

 

Le Père Louis Brisson a été béatifié en 2012. Son dies natalis est le 2 février. Sa fête est toutefois célébrée localement le 12 octobre.

 

 

Andrea Carlo Ferrari

1850-1921

 

Andrea naquit le 13 août 1850 à Lalatta (Palanzano, Parma, Italie), de Giuseppe Ferrari et de Maddalena Longarini, de modestes personnes.

Ordonné prêtre en 1873, il fut successivement vicaire à Mariano, Fornovo di Taro, Saint Léonard de Parme ; puis co-directeur du séminaire de Parme en même temps que professeur de physique et de mathématiques. Une fois nommé directeur du séminaire en 1877, il enseigna la théologie dogmatique, l'histoire de l'Eglise et la théologie morale.

En 1879, il est nommé chanoine de la cathédrale de Parme.

En 1885 il publie sa Petite Somme de dogmatique générale, qui restera un des titres les plus courants à l'époque.

En 1890, il est évêque de Guastalla (Reggio Emilia), l'année suivante il est transféré à Come, et en 1894 le voilà cardinal et archevêque de Milan.

Il décide alors d'ajouter à son nom celui de Carlo, voulant prendre pour exemple saint Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), archevêque de Milan après le concile de Trente. 

Sous sa direction, on publia dès 1896 un catéchisme unique pour toute la Lombardie et le Piémont, un ouvrage qui servira de base à la publication du catéchisme de Pie X.

Il voulut faire établir dans chaque paroisse un patronage pour les garçons et pour les filles et affronta le problème de l'enseignement de la religion dans les écoles primaires.

Il organisa la visite pastorale systématique des huit-cents paroisses de son grand diocèse et organisa jusqu'à trois synodes diocésains et un concile provincial, ce qui ne se faisait plus depuis un demi-siècle.

A cela s'ajoutèrent un congrès eucharistique en 1895, un de Musique Sacrée, un autre pour le quinzième centenaire de saint Ambroise (1897), le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception (1904), et des apparitions de Lourdes (1908), le troisième centenaire de la mort de saint Charles Borromée (1910), avec un nouveau synode et un nouveau congrès eucharistique.

En 1912 il soutint la publication d'un nouveau quotidien, L'Italia, et fêta en 1913 le seizième centenaire de l'édit de Constantin, publié en 313 à Milan, pour donner la liberté de culte aux Chrétiens après les persécutions romaines.

Au milieu d'une telle activité, on pourrait croire que le cardinal Ferrari était une colonne en vue dans l'Eglise. Il eut cependant ses adversaires, et non des moindres, jusques et surtout au Vatican. En effet, dès cette fin de 19e siècle, il préconisait l'attribution d'une place importante aux laïcs dans l'Eglise ; ce qui pour nous est maintenant évident, était une idée tellement “chocante” pour l'époque, qu'on n'hésita pas à dénigrer le cardinal auprès du pape saint Pie X : on l'accusa de modernisme et le pape ne le reçut plus pendant cinq années. Ce n'est que le pape suivant, Benoît XV, qui détendit le climat et sortit le cardinal Ferrari de l'isolement.

Le cardinal Ferrari reçut la distinction de Chevalier Grand-Croix de l'Ordre du Saint-Sépulcre.

Les dernières années de sa vie, il souffrit beaucoup d'une tumeur à la gorge et s'éteignit en 1921, le 2 février.

Lentement le climat hostile à ce saint évêque s'ouvrit à la reconnaissance de ce qu'il avait préconisé pour la réforme interne de l'Eglise et qui déboucha sur le concile de Vatican II.

Finalement, le cardinal Andrea Carlo Ferrari fut proclamé bienheureux en 1987.

 

 

Maria Domenica Mantovani

1862-1934

 

Elle naquit le 12 novembre 1862 à Castelletto di Brenzone (Verona, Italie), aînée des quatre enfants de Giovanni Battista et Prudenza Zamperini. Elle ne fréquenta que les trois premières années de l'école primaire et ses qualités d'intelligence, de forte volonté et de bon sens complétèrent ce qui manquait à sa formation. De ses parents elle reçut l'exemple d'une piété saine et équilibrée, et fut habituée très tôt à prier et à aider les autres.

Elle reçut la Confirmation en 1870 et la Première communion en 1874. Tout son travail était d'aider les parents dans les travaux des champs.

En 1877 arriva un jeune prêtre à Castelletto : Giuseppe Nascimbeni, qui devait aider, puis remplacer l'ancien curé. Il encouragea vivement Maria Domenica à visiter les malades et à enseigner le catéchisme. Maria Domenica collabora vraiment avec son curé, un saint prêtre qui mourra en odeur de sainteté et sera béatifié en 1988 (v. 22 janvier).

En 1886, Maria Domenica fit privément le vœu de virginité, le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception. Elle se sentait de plus en plus attirée par Dieu et par Marie.

L'abbé Nascimbeni voudrait subvenir aux besoins spirituels de sa paroisse, et s'occuper plus profondément des enfants des rues, des jeunes filles désœuvrées, mais, ne trouvant pas de religieuses pour le seconder, avec l'approbation de l'évêque de Vérone, il se décide à fonder une congrégation nouvelle.

Quand en 1892 le père Nascimbeni fonde les Petites Sœurs de la Sainte Famille, Maria Domenica est évidemment une des quatre premières sœurs, en même temps co-fondatrice de la congrégation et supérieure ; elle prend le nom de Mère Marie de l'Immaculée.

Maria Domenica fit tout son possible pour aider ses sœurs à suivre le chemin qu'elle avait déjà parcouru avec les conseils du père Nascimbeni. Plus elle avançait, plus elle se sentait petite devant ce que Dieu lui demandait : les gens venaient nombreux lui demander conseil et réconfort. Elle laissait faire la Providence.

L'œuvre était destinée à un intense travail de collaboration paroissiale avec le curé, en visitant les malades, enseignant le catéchisme, secourant les pauvres et les vieillards chez eux, et aidant les jeunes filles à se préparer à leur mission de mères de familles chrétiennes. La congrégation fut une première fois approuvée par l'évêque en 1903.

A la mort du père Nascimbeni (1922), Maria Domenica continua de guider la congrégation naissante et mourut elle-même à Castelletto le 2 février 1934.

A cette date, les constitutions avaient été approuvées définitivement ; les sœurs étaient déjà plus de mille.

Actuellement, les Petites Sœurs de la Sainte Famille sont en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Elles se dévouent aux enfants et aux jeunes, aux familles, aux prêtres, aux vieillards et aux malades dans les paroisses.

Maria Domenica a été béatifiée en 2003.

En 2020, la reconnaissance pontificale d’un miracle ouvrit la voie à la canonisation.

 

 

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (Bakali)

1946-1990

 

Né le 16 juin 1946, dans le village de Mbahe (Thohoyandou, Afrique du Sud), il était l'aîné de cinq enfants. 

Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba, une tribu qui se considère comme issue du peuple juif.

Au lycée, il rencontra le père Benoît Risimati, qui lui enseigna la foi catholique : il fut baptisé le 21 avril 1963, avec les noms de Samuel Benedict, par référence particulière et reconnaissante envers son catéchiste, et reçut l’Eucharistie.

Trois mois plus tard, il reçut la Confirmation, des mains de l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck.

Il adopta désormais comme devise celle de saint Benoît : Ora et Labora (Prie et Travaille).

Il devint ensuite instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Il invitait les élèves pauvres à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide.

Le premier dans son village, il construisit une maison en briques avec ses propres économies, grâce à la vente des fruits et des légumes de son jardin. Prudent et bon administrateur, il s’acheta une voiture, un poste de télévision, un téléphone, ce qui ne manqua pas de susciter des jalousies, malgré tout le bien qu’il faisait ; on alla jusqu’à l’accuser d’utiliser des zombies (pratique sorcière consistant à ramener à la vie des êtres présumés morts).

En 1980,  il épousa une Luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui embrassa la foi catholique, et ils eurent huit enfants. Le dernier naquit quatre mois après la mort de Samuel Benedict.

Bon père, il «innova» dans la vie familiale, en aidant son épouse dans les tâches matérielles, dans l’éducation des enfants ; quand ceux-ci furent en âge de le faire, il les encouragea aussi à participer aux tâches quotidiennes, en-dehors des heures de l’école. Avec eux, il travaillait au potager, il plantait des arbres. Il invitait les autres pères de famille à en faire autant, particulièrement à aider leurs épouses.

On priait en famille ; chaque soir, on lisait l’Ecriture ; chaque dimanche, on participait à la Messe, ou à l’Assemblée dominicale si le prêtre était absent : dans ces derniers cas, c’est Samuel Benedict qui dirigeait l’office. A Noël, il institua le jour des Daswa : il invitait toute la famille et les proches parents à passer ensemble cette journée ; à l’occasion, les enfants recevaient du matériel scolaire, si précieux pour eux.

Lors d’une sécheresse survenue dans les années quatre-vingt, il intervint auprès des autorités et obtint des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école.

Catéchiste, membre actif de la paroisse, il favorisa la création d’une réelle communauté ecclésiale, préparant au baptême les catéchumènes. Ami des jeunes, il cherchait à les occuper sainement : il créa des clubs de football. Il aida beaucoup à la construction de la première église catholique de la région, à Nweli.

En un mot, Samuel Benedict était un homme très respecté de tous pour son honnêteté, son intégrité, sa sincérité, son humilité. On l’aimait aussi pour sa compassion et sa générosité envers les malades, les pauvres, les prisonniers. Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller.

Mais les vieilles croyances païennes n’étaient pas pour autant effacées. Lors d’un violent orage en janvier 1990, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases, et le chef estima que c’était là une manifestation de sorcellerie. Les membres de son conseil, réunis, décidèrent de consulter un «guérisseur» traditionnel, en se cotisant. Ce jour-là, Samuel Benedict arriva en retard à la réunion, de sorte que la décision avait été prise sans lui, et c’est en vain qu’il essaya de convaincre ses collègues de l’inutilité de cette pratique contre un phénomène purement naturel. Tout ce qu’il put faire, fut de refuser de payer sa quote-part, au nom de sa foi en Jésus-Christ.

La jalousie se ralluma, doublée de suspicion contre lui. On murmura, on l’accusa d’influencer les gens, de se prendre pour le chef. On résolut de le tuer.

L’occasion s’en présenta le 2 février suivant, lorsque la belle-sœur de Samuel Benedict l’appela pour conduire d’urgence son enfant très malade chez le médecin à Makwarela (Sibasa).

Sa première réaction fut : Avant de partir, prions. Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener un habitant d’un village voisin, chargé d’un lourd sac de farine de maïs. Plus loin, la route se trouva bloquée par des troncs d’arbre. Il descendit de voiture pour dégager la route, et fut alors assailli par toute une troupe d’hommes qui s’étaient embusqués derrière les buissons. 

On lui jeta des pierres ; saignant abondamment, il chercha à gagner un petit bar voisin, puis une cabane, dont on l’expulsa. Il criait : Epargnez ma vie ! Mais on l’encercla ; il s’agenouilla. Un homme armé d’un knobkerrie lui fracassa la tête ; puis il reçut d’autres coups et on l’arrosa d’eau bouillante.

C’était le 2 février 1990.

Reconnu martyr, Samuel Benedict sera béatifié en 2015.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 17:25

Hong Yŏng-ju Paulus
(Hong Yeong-ju Baolo)
1802-1840

Paulus était né en 1802 à Sŏsan (Chungchŏng, Corée S), dans un foyer déjà chrétien.
Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère, Hong Pyŏng-Ju Petrus, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.
Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.
Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.
On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou de renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Même les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.
Condamnés à mort, Petrus et Paulus furent conduits à Tangkogae (Seoul), et décapités : Petrus, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Paulus, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.
Petrus et Paulus ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…
Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.
Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 00:00

5e dimanche per annum

 

Devant les difficultés de toutes sortes qui se dressent contre nous, la tentation peut être forte de se décourager.  

Dans la première lecture, nous entendons le pauvre Job, affligé de toutes parts, qui expose à Dieu sa peine ; il est tenté même de se révolter.

L’histoire de Job est en général connue, mais pas dans ses détails. La lecture intégrale du texte peut aisément faire penser que, si le personnage de Job est historique, le récit biblique présente les faits d’une façon assez symbolique : comment par exemple expliquer qu’à chaque malheur un seul serviteur ait réussi à échapper au massacre pour venir prévenir Job (cf. Jb 1:15,16,17,19) ? Le récit lui-même des épisodes, répétitif, suggère une figure oratoire qui retient l’attention. 

Il reste que dans le personnage de Job chacun de nous peut se reconnaître, avec les épreuves multiples que nous vivons durant notre vie. Qui n’a jamais dit un jour Quelle corvée ! Quelle galère ! Qu’ai-je fait au Bon Dieu… ? Et de la plainte à la révolte, il n’y a qu’un pas.

Job évoque cette corvée, ces cauchemards, le travail qui apparemment ne sert à rien quand tout s’en va en fumée. Au chapitre 23, il parle de sa révolte ; au chapitre 27, il dit que Dieu lui refuse justice ; au chapitre 30, il semble se vanter des jours passés, et accepter à contre-cœur d’être la risée des gens qui sont plus jeunes… Mais à ces moments difficiles font suite des élévations sublimes : au chapitre 25, il qualifie Dieu de souverain redoutable, au chapitre 28, il fait un sublime éloge de la Sagesse de Dieu.

Saint Grégoire le Grand commente : Par le péché, nous sommes en désaccord avec Dieu ; il est donc juste que nous revenions à la paix avec lui par les épreuves… L’âme de celui qui est ainsi corrigé est rétablie par l’humilité dans la paix avec son Créateur. 

Mais la leçon principale que nous devons recevoir de Job, est la réponse qu’il fit à son épouse : Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! (Jb 2:10). Sa première réaction, à l’annonce de ses malheurs, fut une véritable soumission à la volonté de Dieu : Dieu a donné, Dieu a repris : que le nom de Dieu soit béni (Jb 1:22).

 

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Le psaume 146 fait écho à Job, en évoquant l’action de Dieu qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.

Quelles blessures Dieu soigne-t-il ? Fait-il un miracle chaque fois qu’un homme se casse un bras ou une jambe ? Certainement pas. Mais il y a des blessures intérieures que seul Dieu peut soigner : nos péchés. Seul lui est un juste juge, qui sait pardonner, qui sait punir, qui sait récompenser. C’est pourquoi le psaume continue : Le Seigneur élève les humbles et rabaisse les impies.

Comme Job, il faut recevoir de Dieu les bonnes choses comme les moins bonnes, les premières comme des grâces pour nous encourager, les autres comme d’autres grâces aussi pour nous corriger. Saint Paul le dit en d’autres termes : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1 Co 10:13).

 

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