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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 10:01

Gottfried de Cappenberg

1097-1127

 

Gottfried naquit en 1097 à Cappenberg (Westphalie, Allemagne W), descendant de Charlemagne par son père, Gottfried 1er, et des ducs de Souabe, par sa mère Beatrix. Il avait un jeune frère, Otto, qu’on va retrouver bientôt, et deux sœurs : Gerberga et Beatrix. La fortune des héritiers était immense.

Le château de Gottfried fut une école de modestie, de justice et de vertu. D’un caractère doux, d’une bonté sans bornes, le jeune prince montrait la prudence d’un vieillard. Un de ses désirs était de transformer son château en un véritable monastère.

En 1120, notre héros épousa Jutta de Werl, fille de Friedrich d’Arnsberg ; si l’union était heureuse, il y eut cependant un dissentiment par le fait que ni Jutta ni Otto, plus mondains que Gottfried, n’étaient favorables à cette transformation et s’efforçaient de détourner Gottfried de la vie religieuse. Mais on va voir que la patience de Gottfried fut gagnante.

Dans le cadre de la fameuse Querelle des investitures, Gottfried appuya d’emblée l’évêque de Münster, fidèle au pape, contre le duc Lothar. Quand Münster fut attaquée, la cathédrale brûla : l’incendie fut attribué à Gottfried, qui fut accusé de trahison par l’empereur. La situation pouvait s’envenimer gravement, mais c’est alors que Gottfried et son frère Otto rencontrèrent saint Norbert (v. 6 juin) et lui remirent leurs possessions : désormais, ces terres et leurs propriétaires étaient sous la protection de l’Eglise, Cappenberg allait devenir un grand monastère prémontré.

Ainsi, en 1022, Gottfried remit à saint Norbert les clefs de son domaine, qui fut béni par l’évêque de Münster. Gottfried voulait porter l’habit prémontré, mais saint Norbert lui conseilla prudemment de patienter un peu. En 1024, Gottfried reçut la tonsure monacale et l’habit de l’Ordre.

Il y eut bientôt une belle église, un hôpital, puis un couvent pour moniales à Nider Clooster (plus tard Wesel), où Jutta fut une des premières à prendre le voile, puis un autre encore à Varlar, où entra Otto, et un quatrième enfin à Ilbenstadt.

Le père de Jutta se dressa en travers des saints projets de Gottfried, et même avec les armes, mais Dieu permit qu’il mourût bientôt (1024). Quant à Jutta, elle comprit qu’elle n’était peut-être pas faite pour la vie monacale et quitta le cloître.

Gottfried, grand prince, se montra le plus humble des religieux, visitant les malades, balayant, lavant les assiettes. On dit que ses mortifications étaient effrayantes.

Saint Norbert voulait l’ordonner prêtre, en tout cas l’avoir près de lui. Mais Gottfried obtint de se retirer humblement dans le monastère d’Ilbenstadt, et c’est là qu’il mourut, très jeune encore, le 13 janvier 1127.

Gottfried n’a été «canonisé» que dans son Ordre Prémontré ; il est mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 janvier.

Ajoutons un mot sur son frère Otto : entré dans l’Ordre, il fut prieur à Cappenberg pendant seize ans. Ardent propagateur du culte marial et très dévôt de l’apôtre saint Jean, il mourut saintement le 27 janvier 1172 et fut «béatifié» seulement dans son Ordre.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 00:00

Engelbert  de Berg

1185-1225

 

Engelbert était le cadet d’une famille issue des comtes de Berg, qui donnèrent en un siècle cinq évêques à Cologne.

Il naquit vers 1185 et fut nommé prévôt de Saint-Georges de Cologne, alors qu’il n’était qu’un enfant. Quand mourut le prévôt de la cathédrale (1199), l’archevêque le préconisa, mais il fallut tenir compte des prétentions d’un autre candidat, et l’affaire traîna à la cour pontificale. En 1203, Engelbert était devenu sous-diacre, avait acquis à lui quelques chanoines, et fut élu.

En 1205, l’archevêque de Cologne fut excommunié pour avoir sacré empereur le candidat rival de celui qu’appuyait le pape ; Engelbert fut à son tour excommunié, ayant soutenu l’archevêque. A la mort de l’empereur et de l’archevêque de Cologne, l’excommunication d’Engelbert tombait d’elle-même. Il fut absous.

Pour obtenir l’indulgence promise aux croisés, il s’engagea pour quarante jours - durée minimum exigée - dans la campagne contre les Albigeois (1211).

A la suite de nouveaux troubles, c’est Engelbert qui fut alors choisi pour monter sur le siège de Cologne, en 1216.

Dès lors, Engelbert ne ménagea pas sa peine pour imposer, même par la force, le droit et la loi dans le diocèse. Il fit deux campagnes contre le duc de Limbourg pour l’obliger à restituer des terres illégalement acquises ; il occupa un château sur la Moselle et le conserva, malgré l’avis contraire du pape ; il intervint dans l’élection de l’abbesse de Willich : malgré les juges envoyés par le pape, il occupa l’abbaye, en perçut les revenus jusqu’à confirmation de celle qu’il favorisait.

Dans son diocèse proprement-dit, il accueillit favorablement les frères dominicains et franciscains.

En 1220, l’empereur Frédéric, voulant s’installer en Italie, confia à Engelbert le gouvernement de la Germanie.

Une telle énergie ne pouvait pas rester sans susciter des oppositions. Lors d’un déplacement pour aller consacrer une église, Engelbert fut entouré traitreusement et mortellement frappé.

On ne peut qualifier cette mort de «martyre». Comme le mentionne le Martyrologe Romain, Engelbert fut assassiné le 7 novembre 1225.

Fut-il inspiré dans ses choix, dans ses interventions ? On pourrait discuter sur les vertus héroïques de ce soldat sans scrupules. Mais d’autres faits se produisirent post mortem : on rapporte que plusieurs personnalités, après avoir exprimé leur désappointement sur la «sainteté» d’Engelbert furent gravement frappés de maladie, d’infirmité, et ne guérirent miraculeusement qu’après avoir demandé pardon au Défunt. Engelbert jouissait donc si peu d’un renom de sainteté universelle qu’après sa mort encore il devait punir ses détracteurs, quitte à leur pardonner s’ils venaient à résipiscence. Mais ses partisans n’hésitaient pas à parler de son «martyre».

Finalement il arriva dans les pages du Martyrologe, qui rappelle son combat pour les libertés de l’Eglise.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 00:00

Antonio Baldinucci

1665-1717

 

Antonio naquit le 13 juin 1665 à Florence, cinquième fils de Filippo et Caterina Scolari, de très bons parents, et illustres : Filippo appartenait à l’Accademia della Crusca (notre Académie Française). Antonio qualifia lui-même sa pieuse mère de petite sainte.

Il reçut au baptême le nom du Saint du jour, Antonio de Padoue ; Filippo en aurait d’ailleurs reçu une grâce particulière de guérison.

Le frère aîné d’Antonio devint prêtre dominicain ; le quatrième, prêtre diocésain. Antoine entra chez les Jésuites, qui lui semblèrent les plus indiqués pour le salut des âmes.

Ses bonnes qualités le firent admettre à seize ans au noviciat. Il étudia à Rome et exprima son désir de partir aux missions lointaines, en Inde ou au Japon. 

En attendant, on le faisait déjà prêcher sur les places de Rome, avant même sa profession solennelle.

Malheureusement, il n’avait pas une santé solide, et ses missions lointaines furent en réalité l’Italie centrale.

En 1692, malade, il fut soigné au tabac chiqué et fumé, remède efficace pour l’époque, et qui ne contenait pas les substances nocives qu’on lui a ajoutées par la suite.

Antonio était un actif : il pouvait parcourir ses soixante-dix kilomètres chaque jour. A peine remis, il parcourut les campagnes de la zone de Frascati (environs de Rome) et combla son auditoire de sa méthode énergique : pieds nus, flagellation sur les épaules découvertes, catéchismes, conférences, processions (parfois trois par jour), chaînes au pieds, corde au cou…  Tout cela ne manquait pas de frapper les gens, qu’il réveilla de la torpeur spirituelle.

Lors d’une mission en 1708, il se sentit près de la mort, assailli de douleurs si graves qu’il (lui) fallut en deux jours prendre les saints sacrements de viatique et d’extrême onction. Et comme pour tout (il était) rapide, le cinquième jour (il se trouvait) libre pour recommencer les fonctions interrompues.

Une autre fois, l’hiver 1709, il fallit rester comme congelé sur la route. Là encore, il retrouva des forces.

Exténué de ses longues péripéties, il s’éteignit à Pofi le 7 novembre 1717. Ses dernières paroles furent : Paradis, ô Paradis, ô belle patrie (d’un chant populaire).

Il fut béatifié en 1893.

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 00:02

Christina Bruso de Stommeln

1242-1312

 

Christina vint au jour en 1242 à Stommeln (Cologne, Allemagne O), de parents agriculteurs, qui eurent cinq enfants : Christina, Hilla, Gertrud, Heinrich, Sigwin.

Elle apprit à lire le psautier, mais ne sut jamais écrire.

A dix ans, elle eut sa première vision du Christ, qui l’invitait à se consacrer entièrement à Lui.

A treize ans, elle quitta la maison familiale, sans la permission de ses parents, pour rejoindre un couvent de béguines à Cologne. Mais les braves religieuses ne pouvaient supporter d’avoir parmi elles une petite fille déjà si avancée dans l’ascèse et qui, en plus, était favorisée continuellement de visions. Elles la renvoyèrent.

En 1259, Christina regagna sa famille. On ne nous dit pas comment la famille se comporta pendant ces quatre années d’absence, ni comment elle accueillit la «fugitive».

En 1267, elle eut la visite d’un Dominicain suédois, Petrus de Dacie, qui resta en relation épistolaire avec elle jusqu’à la fin de sa vie. Elle lui écrivait en dictant ses lettres au curé de Stommeln.

Durant la semaine sainte de 1269, Christina reçut les stigmates de la Passion du Christ ; elle recevait la visite du Christ, de la Vierge Marie, des Anges, mais subissait aussi des tortures diaboliques ; d’après ses propres aveux, elle en supporta jusqu’à des milliers simultanément, qui lui provoquaient des brûlures, des blessures, et allaient jusqu’à mélanger des serpents et des excréments dans sa nourriture. A la fête de Pâques de 1283, il y en eut deux-cent mille (sic).

Il n’y a pas lieu de mettre en doute ses affirmations, pas plus que son zèle pour hâter la délivrance des âmes du purgatoire.

En 1278 mourut le père de Christina et celle-ci chercha avec son frère Sigwin à maintenir la ferme des parents, qui traversait depuis plusieurs années de graves difficultés financières. En 1280, Sigwin se mit au service des Dominicains en Suède. 

En 1288 cependant, ces épreuves cessèrent. Christina fut entourée de la vénération du clergé et du peuple, d’autant plus que des miracles se vérifièrent, comme la guérison du comte de Clèves.

Elle mourut à Stommeln le 6 novembre 1312, jour de sa mention au Martyrologe, et fut béatifiée en 1908.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:28

Erhard de Regensburg

† - 686

 

Le nom de cet évêque a connu une foule d’orthographes : Eerhard, Erhard, Eberhard, Erard et même Garibald ; on l’a relié à l’Ecosse, à l’Irlande, à Regensburg (Ratisbonne), par références aux diverses circonstances de sa vie.

Les études les plus autorisées le font naître au 7e siècle en Irlande.

Il aurait été déjà évêque à Ardagh (Irlande). Certains historiens précisent qu’il fut évêque à Narbon en Irlande, transformation de N’Ardagh.

Les mêmes historiens l’envoient alors à Rome en pèlerinage, puis dans un endroit solitaire des Vosges, non loin du monastère de Moyenmoutier, où son frère Hidulf était abbé (v. 11 juillet). avant de venir missionner en Germanie. Si le fait est vérifiable, il ne peut avoir été sacré par saint Boniface (v. 5 juin).

Il assista l’archevêque de Trier (Trèves) et fut nommé évêque à Regensburg (qu’on traduit Ratisbonne en français).

Thaumaturge, Erhard fut divinement informé d’aller baptiser Odile, jeune fille alsacienne qui était née aveugle et, pour cela, rejetée par son père. Odile (Ottilia, v. 13 décembre) recouvra la vue à son baptême et fut réhabilitée par son père. On a ici avancé qu’Erhard se rendit avec son frère Hidulf à Parma, mais les textes disent Palma, qu’on a traduit par Baume-(les-Dames).

Des miracles ont été attribués à saint Erhard : il aurait guéri le bétail, creusé une grotte et fait jaillir une source d’eau. 

Erhard mourut en ou vers 686 (on avance parfois 707).

Les récits ont parfois complété ces faits connus par l’ajout d’un frère (ou deux) d’Erhard, de leur voyage à Rome où ils auraient rencontré le Pape (certainement pas Formose, qui vivait deux siècles plus tard ; il est difficile de supposer quel pape les aurait reçus, puisqu’il y en eut vingt durant le 7e siècle.

Le culte rendu à Erhard est attesté dès le 8e siècle et l’on n’a pas manqué de lui donner beaucoup de travail  comme céleste protecteur contre les maladies des yeux, contre les maladies du bétail et contre la peste, pour les boulangers et les forgerons, pour les mineurs et les cordonniers, pour les hôpitaux ; il est bien sûr le patron de Regensburg.

Un groupe de religieuses (les Erardinonnen ou Nonnes d’Erhard) s’est constitué pour prier perpétuellement sur la tombe d’Erhard, à Regensburg. Le pape Léon IX les a approuvées.

Saint Erhard est mentionné le 8 janvier dans le Martyrologe Romain.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:26

Maria Teresa Casini

1864-1937

 

Elle fut la première fille de Tommaso Casini et Melania Rayner, née le 27 octobre 1864 à Frascati (Rome, Italie C), et fut baptisée deux jours après.

Tommaso était ingénieur et Melania d’origine belge. Tommaso invita à la cérémonie du baptême les pauvres et leur remit une obole à chacun.

Une notice récente affirme que Maria Teresa était la plus jeune fille de ce couple appartenant à la bourgeoisie, et qu’à l’occasion du baptême, son père lui fit distribuer elle-même des aumônes aux pauvres. Ces détails ne semblent pas s’harmoniser avec les paragraphes ci-dessus.

Vers 1874, mourut le papa et Melania s’établit avec Maria Teresa à Grottaferrata, chez les grands-parents. L’année suivante, Maria Teresa fut au collège Santa Rufina de Rome, chez les Dames du Sacré-Cœur.

En 1876, elle reçut la Première communion et promit à Jésus-Christ de lui appartenir pour toujours.

Sa santé la fit revenir à la maison. Elle se confia à l’abbé Arsenio Pellegrini, supérieur de l’abbaye basilienne de Grottaferrata.

A la fin d’une Messe, elle vit le Cœur du Christ blessé par une épine, avec ce message : Cette épine est enfoncée dans mon Cœur par les prêtres qui oublient leur caractère sacerdotal et, par leur infidélité, offensent mon Père céleste.

En 1885, elle entra chez les Clarisses de Rome, reçut l’habit en 1886 et le nom de Maria Serafina du Cœur de Jésus transpercé. Mais sa santé la contraignit à quitter ce monastère en décembre de la même année.

Une fois remise, elle fréquenta la chapelle du Sacré-Cœur de l’église paroissiale, assez délaissée. Elle chercha à la restaurer, puis se rapprocha d’une sainte femme romaine, Maria Rosaria, et de sa petite communauté des Vraies Amantes du Cœur de Jésus. Elle s’en occupa avec amour, durant sa maladie de tuberculose, dont elle mourut en 1887. Ce n’était pas là la vocation de Maria Teresa. L’Abbé de Grottaferrata n’avait peut-être pas été bien inspiré dans sa direction, de même quand il conseillait à Maria Teresa d’aller quêter dans les rues pour avoir des subsides et payer sa pension ou son loyer.

Revenue à Grottaferrata, elle habita avec deux autres compagnes dans une petite maison privée qu’elle fit construire grâce à son héritage. En 1894, elles prirent le nom de Victimes du Sacré-Cœur, avec la clôture stricte. Maria Teresa prit le nom de Maria Teresa du Cœur de Jésus Transpercé et fut la supérieure. Peu à peu, elle renonça à suivre l’Abbé Pellegrini, trop occupé, et choisit comme directeur le père mariste Joseph Gallois.

Un premier décret de louange arriva en 1896. L’évêque de Frascatti leur conseilla de renoncer à la clôture. En 1910, s’ouvrit à Grottaferrata un premier patronnage pour jeunes filles, dans le but de les orienter à fonder des foyers fervents, d’où naîtraient des jeunes qui pourraient être prêtres. Ce patronnage s’installa à Rome et les Religieuses prirent le nom d’Oblates du Sacré-Cœur de Jésus.

A partir de 1922, les Oblates inaugurèrent aussi des Patronnages pour garçons, les Petits Amis de Jésus, pour éduquer de jeunes garçons jusqu’à l’âge de douze ans et, éventuellement, les orienter vers le Petit séminaire. L’évêque de Foggia les encouragea vivement et ouvrit un collège à Orsara dans ce but.

Il y eut une autre fondation, à la suite du premier conflit mondial : des maisons pour prêtres âgés, malades et dans le besoin.

Brusquement, en 1925, Maria Teresa fut obligée de garder le lit à la suite d’une attaque. Elle demeura désormais à Grottaferrata, tout en recevant continuellement des prêtres, des séminaristes, des religieuses, qui lui demandaient des conseils et des paroles de consolation.

Le 18 mars 1937, elle reçut l’Onction des malades et mourut le 3 avril.

Un an plus tard était ordonné le premier prêtre issu de cette formation.

Le miracle retenu pour la béatification eut lieu aux Etats-Unis en 2003. Un petit garçon de onze ans resta sous l’eau de la piscine pendant onze minutes. S’il sortait du coma, il aurait conservé de graves séquelles cérébrales définitives. Or dans cette ville de Campbell (Ohio) résidaient des Oblates. La maman mit sous l’oreiller du petit garçon une image de Maria Teresa et deux jours après, vendredi 27 juin 2003 (fête du Sacré-Cœur), l’enfant commença à se réveiller, puis se reprit convenablement, mangea, et rentra chez lui. La commission examina toutes les circonstances et aboutit à la conclusion certaine qu’il n’y avait pas d’explication scientifique à donner pour cette guérison, visiblement obtenue par intercession de Mère Maria Teresa. Le pape François autorisa la promulgation du miracle, le 22 janvier 2015.

Mère Maria Teresa Casini a été béatifiée à Frascati le 31 octobre 2015.

Les Oblates sont de droit pontifical depuis 1947 et sont présentes en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Pérou, en Inde et en Guinée Bissau.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 00:03

Guiraud de Béziers

1070-1123

 

Geraldus (Guiraud, Geraud) naquit vers 1070 à Puissalicon (Hérault).

Il était né avant terme et fut très vite baptisé : l’eau du baptême aurait bouillonné comme pour fêter cette heureuse naissance.

Vers 1083, il entra au prieuré de Roujan, chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui étaient six ou sept, vingt ans après la fondation.

En 1106, Guiraud en devint le prieur. Sous son administration, furent édifiés un hôpital, une église, et les bâtiments réguliers.

Cette communauté avait ses offices solennels, ajoutant à l’office régulier celui de la Sainte Vierge et celui des Morts. Les jours de fête, c’était le silence complet.

En 1122, Guiraud fut élu vingt-huitième évêque de Béziers.

On dit de lui que par sa bonté il entretenait la paix dans les maisons religieuses où il séjournait.

Son épiscopat fut brutalement suspendu, lorsqu’une douloureuse hydropisie le mena à la tombe, le 5 novembre 1123. 

Saint Guiraud est mentionné le 5 novembre au Martyrologe Romain.

Son anneau pastoral était une améthyste sertie d’argent ciselé, de forme triangulaire, large de trois centimètres, marqué du double écusson : léopard et lion. Il était conservé dans l’église de Roujan, où il fut volé à la fin du 20e siècle.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 00:00

Gomidas Keumurdjian

1656-1707

 

Des articles apparemment bien informés nomment notre héros Der Gomidas.

Gomidas donc, né vers 1656, était le troisième fils de Mardiros Keumurdjian, un pieux commerçant arménien de Constantinople, où il fut un des membres les plus remarquables du clergé arménien.

A son tour, Gomidas se maria à vingt ans avec Huru, une jeune fille originaire de Césarée de Cappadoce, avec laquelle ils eurent deux fils et cinq filles.

En 1685, Gomidas fut ordonné prêtre, dans ce rite arménien où l’on tolère l’ordination d’hommes mariés.

Or l’Eglise d’Arménie, traditionnellement, refuse le Concile de Chalcédoine (451). A cette époque, les Arméniens refusèrent le dogme des deux natures du Christ, à cause d’un problème de traduction où ces deux natures semblaient signifier pour eux deux personnes. Finalement, l’attachement à la doctrine monophysite (=une seule nature) s’amalgama à l’identité nationale.

Au 17e siècle, il y eut un grand mouvement pro-latin, et beaucoup de communautés arméniennes rejoignirent la foi catholique, et Gomidas fut du nombre.

Il fit un pèlerinage à Jérusalem, où il rencontra la même division entre Arméniens, partisans ou ennemis de Rome.

En 1702, le nouveau patriarche arménien de Constantinople exigea du clergé une profession de foi monophysite. Gomidas était très exposé ; il ne cessait de montrer combien de Saints vénérés par l’Eglise arménienne avaient été d’ardents défenseurs du concile de Chalcédoine. Il dut se cacher. Il publia une traduction en vers des Actes des Apôtres (1704).

Le patriarche ayant été renversé, il y eut une paix éphémère, durant laquelle Gomidas écrivait à son fils (étudiant à Rome) : Les prêtres ont rendu notre nation ridicule devant les Turcs, les Juifs, les Grecs et les Francs.

A l’avènement du nouveau vizir, Ali Pacha (1706), fut l’occasion d’une dénonciation des «Francs» (fidèles pro-romains) : le fameux patriarche avait été enlevé, conduit en France, où il s’était converti au catholicisme (il devait mourir à Paris en 1711). Ali Pacha fit rechercher les catholiques. Gomidas, qui s’était caché, fut découvert et arrêté durant le carême 1707.

Une intervention d’amis, une forte somme d’argent, convainquit le vizir de libérer Gomidas, qui reprit ses prédications dès le Vendredi Saint 22 avril 1707. Mais Gomidas voyait en songe sa tête couronnée et en sang.

Le nouveau patriarche arménien reprit la persécution. Début novembre 1707, il fit arrêter Gomidas. Traduit devant le vizir, Gomidas fit remarquer à ce dernier combien il était anormal pour un vizir musulman d’avoir à trancher entre deux partis catholiques.

Ali Pacha proposa simplement à Gomidas d’adhérer à l’Islam, pour échapper ainsi à toute condamnation. Gomidas resta calme et inébranlable ; il fut même extrêmement réconforté d’entendre son épouse l’encourager à mourir plutôt qu’à trahir la foi.

On le conduisit au supplice ; il s’agenouilla vers l’Orient, récita le Credo de Nicée-Constantinople, symbole de la foi catholique romaine et fut décapité d’un coup de cimeterre. Toute sa passion comporte de nombreux traits tout-à-fait similaires à ceux de la Passion du Christ.

C’était le samedi 5 novembre 1707.

L’ambassadeur de France, craignant des représailles de la part des Musulmans, fit évacuer le corps du Martyr : les restes arrivèrent dans la chapelle des Jésuites de Lyon, mais disparurent lors de la suppression de la Compagnie : on avait dû les mettre en «sûreté».

Les miracles et les vertus de Gomidas attirèrent l’attention de Rome : il fut béatifié en 1929.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 20:27

Adalhardus de Corbie

752-826

 

Le nom de cet abbé a été traduit en français Adal(h)ard ou Adélard.

Fils de Bernardus et petit-fils de Charles-Martel, donc neveu de Pépin le Bref, il était cousin de Charlemagne, de dix ans son aîné. On l’a fait naître à Huise (Flandre), ce qui est contesté.

Il avait un frère aîné, Wala, et deux sœurs, Gondrade et Théodrade ; tous furent religieux.

Bernard légua à son fils Adélard son immense domaine du Brabant, qu’Adélard remit à l’abbaye de Corbie.

Adélard grandit à la cour et y apprit le tudesque, le latin et le roman ; il se familiarisa tellement avec le style de saint Augustin, qu’on l’a appelé l’Augustin de son époque. 

Charlemagne lui confia quelques missions et Adélard prit part à des expéditions contre les Saxons et les Sarrasins, puis contre les Lombards. Lorsque Charlemagne répudia Désirée, son épouse, Adélard quitta la cour (772).

Il se retira près de Benevento (Italie SO), puis entra à l’abbaye de Corbie. C’était un contemplatif, et son travail aux champs ne l’empêchait pas de vaquer à ses méditations. Mais les grands du royaume venaient lui demander d’intercéder pour eux auprès de Charlemagne ; intensément soucieux de rester incognito et dans le silence, il obtint d’aller au Mont Cassin mais, vite découvert, il fut rappelé à Corbie où on l’élit abbé (781).

L’abbatiat d’Adélard fut une période de grand développement intellectuel de l’abbaye : dans son scriptorium fut élaborée l’écriture minuscule caroline, ensuite adoptée en Occident. Les manuscrits enluminés à Corbie sont actuellement conservés dans plusieurs grandes Bibliothèques (Amiens, Paris et Saint-Pétersbourg). Adélard entretint une correspondance soutenue avec de grands dignitaires, parmi lesquels Alcuin, conseiller de Charlemagne et auquel il succéda.

Toujours en 781, Charlemagne eut recours à ses conseils, puis le nomma régent de son fils Pépin le Jeune à Pavie, qui n’avait que quatre ans ; quand mourut Pépin (810), Adélard fut le précepteur du jeune prince Bernard, qui avait douze ans.

La même année, il fut chargé par Charlemagne d’une légation auprès du pape Léon III, pour lui présenter les actes du concile d’Aix-la-Chapelle, où il était question d’insérer dans le Credo le fameux Filioque. Léon III n’y était alors pas favorable, non pas parce que la formule était hérétique (elle avait déjà été insérée par les évêques espagnols), mais parce que l’initiative venait d’un chef d’état laïc ; il l’autorisa cependant pour la Gaule.

Quand Louis le Débonnaire succéda à Charlemagne (814), le jeune Bernard se sentit lésé et chercha à combattre Louis ; mais il fut vaincu et tué. Louis pensa que cette révolte de Bernard était due à Adélard et à ses frère et sœurs, aussi les exila-t-il : Adélard à Noirmoutier, Wala à Lérins, Gondrade à Poitiers, Théodorade à Soissons. En 821, Louis comprit son erreur et rappela les exilés.

Adélard ne s’était pas alarmé le moins du monde ; il retrouva ses moines et reprit sa mission ; il les pressait de lui faire leurs observations : une fois qu’on osa lui suggérer de modérer ses mortifications, il répondit plaisamment : Je soignerai bien votre serviteur pour qu’il puisse vous servir le plus longtemps possible.

En 822, Adélard fonda l’abbaye de Corvey en Saxe (ou Nouvelle Corbie) et y nomma abbé son frère Wala. Tant pour Corbie que pourCorvey, il en rédigea les statuts, qui furent ensuite repris dans d’autres abbayes. Il fit construire plusieurs hôpitaux.

Fin 826, au retour de Corvey, Adélard fut pris de fièvre. L’évêque Hildemar de Beauvais, son ancien élève, lui rendit visite et lui administra l’Onction des Malades. Le 2 janvier 827, Adélard reçut le Viatique et s’éteignit en paix. Ce fut Hildemar qui célébra les obsèques.

En 1026 le pape autorisa l’élévation de son corps et la translation advint en 1040, ces rites équivalaient alors à la canonisation.

Les reliques les plus importantes d’Adélard furent conservées à Corbie. Lors de la Révolution, un particulier les dissimula soigneusement et les confia aux Jésuites de Saint-Acheul en 1827.

Adalhardus de Corbie est inscrit le 2 janvier au Martyrologe.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 18:15

Filippo Latini de Corleone

1605-1667

 

Filippo naquit le 6 février 1605 à Corleone (Palerme, Sicile), cinquième des huit enfants de Leonardo Conciapelli et Francesca Sciascia, qui le firent baptiser le jour même de la naissance. Il apprit d’eux l’amour du travail, la générosité envers les pauvres, la piété. Sa mère était tertiaire franciscaine et guida ses enfants à la pratique des Sacrements.

Un des frères de Filippo se nommait Giuliano, fut prêtre et mourut en odeur de sainteté ; un autre, Luca, fut un citoyen de toutes les vertus.

Filippo recourait fréquemment au sacrement de la Réconciliation, chaque fois que son âme était agitée par quelque problème. Il ne dédaignait pas non plus parcourir les rues en demandant l’aumône pour les pauvres prisonniers.

Il commença par exercer le métier de cordonnier et devint, comme son père, maître cordonnier ; mais aussi il apprit à manier l’épée, et devint très connu pour sa force et ses «victoires» et devint la première épée de Sicile ; il avait le droit (et la mission) de parcourir les rues de nuit et de défendre toute personne en situation dangereuse ; de jour, il prit plusieurs fois la défense de demoiselles menacées par des soldats malveillants. 

On lui suggéra de se marier, mais il répondit, en montrant une corde accrochée au mur, que son épouse était «le cordon de saint François» (d’Assise, v. 4 octobre).

Il lui arriva d’être provoqué simplement par jalousie de sa force ; sa victime décida un jour de se venger et voulut le faire assassiner. Le sicaire vint le provoquer dans sa boutique. On arriva au duel et Filippo finit par blesser son rival en le rendant invalide pour la vie. Certes, il avait agi en situation de légitime défense, mais sa conscience lui reprochait d’avoir ainsi blessé son adversaire. Il lui demanda pardon et, plus tard, s’ingénia à l’aider même économiquement par des amis.

Filippo, ayant mûrement réfléchi, alla frapper à la porte des Capucins de Caltanissetta, sans autre idée que celle de disparaître et expier ses «fautes» de jeunesse. C’était en 1631.

Il reçut l’habit et le nom de fra Bernardo. Sans grande culture, il resta simple frère convers.

Dès lors, sa vie fut uniquement pénitence, humilité, et obéissance. Aux charges habituelles de la vie conventuelle et aux tâches qu’on lui confiait (la cuisine et le jardin), il ajouta des mortifications exigeantes, dormant sur le sol et seulement trois heures, jeûnant, luttant aussi contre les assauts du Démon qui, décidément, ne supporte pas la conversion des pécheurs et se venge en les tentant de toutes les manières.

Dans ce chemin vers la perfection, tout n’était pas facile et l’humble Bernardo pouvait redevenir Filippo ; c’est ainsi qu’un jour où on lui avait fait remarquer un peu vertement telle «faute», le sang lui monta à la tête et il rétorqua : Où est donc mon épée ?, mais il se ressaisit tout de suite…

Frère Bernardo reçut des grâces particulières : il s’éleva à un très haut degré de contemplation, eut des lumières sur les saints mystères, pénétra les pensées d’autrui, rendit la santé à beaucoup de malades. On venait de loin lui demander conseils et prières.

Il eut plusieurs fois la faveur de la visite de Notre-Dame avec l’Enfant-Jésus. Devant le Saint Sacrement, il pouvait être ravi en extase ; un témoin le vit un jour avec l’Enfant-Jésus dans les bras ; Bernardo communiait chaque jour, ce qui était très rare pour l’époque, mais il ne pouvait pas faire autrement.

On signale qu’un jour, en plein réfectoire, où il mangeait humblement, à genoux, un croûton de pain sec, Notre Seigneur lui apparut, l’encouragea doucement et lui donna à manger un morceau de pain après l’avoir imbibé du Sang de son Côté : Bernardo en ressentit un délicieux réconfort.

Une autre fois qu’il lui avait échappé un mot un peu vif envers un confrère, il lui demanda pardon, partit à la cuisine et, avec un tison de la cheminée, se brûla la lèvre fautive.

On venait à lui en toutes situations difficiles. Il réconforta si souvent les futures mères et leur annonça un heureux accouchement, qu’on le surnomma le protecteur des jeunes mamans.

De l’humour aussi : à une dame qui se plaignait de son mari, il conseilla de raccourcir un peu la langue, et tout s’arrangerait.

On pourrait raconter encore une foule de manifestations où la prière de Bernardo fut exaucée de façon vraiment extraordinaire, mais cette notice ne finirait pas. 

Mais Bernardo eut à subir des humiliations de la part de certains Franciscains, particulièrement d’un qui espérait être élu gardien, et qui ne fut pas choisi, suite à l’intervention de Bernardo. Le non-élu le lui fit bien payer : quand Bernardo fut de passage dans son couvent, il le fit agenouiller devant tout le monde en pénitence, au pain et à l’eau. Il lui reprocha d’être trop souvent à l’église et pas assez à la cuisine, ce qui était matériellement vrai, mais Bernardo se permit de répondre que les Frères ne manquaient de rien et n’avaient pas motif de se plaindre. Ensuite, tout en pardonnant les reproches non mérités, il alla se brûler les lèvres, pour se punir d’avoir répondu. Dans un autre couvent où cette persécution l’avait précédé, on l’obligea à se présenter au réfectoire avec un récipient sale attaché au cou. Bernardo avala l’humiliation sans rien dire.

Il s’éteignit le 12 janvier 1667, son dies natalis au Martyrologe. D’autres miracles advinrent ce jour-là et les suivants ; fra Bernardo apparut à plusieurs personnes en leur disant Je vais au Paradis !

Il fut béatifié en 1768 et canonisé en 2001.

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