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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 00:00

 

Clemens Kyūemon

1574-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était un Japonais né vers 1574.

Laïc baptisé, il fut le guide du père Navarro, avec lequel il fut arrêté. 

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 00:00

Raniero de Borgo Sansepolcro

† 1304

 

Raniero (Raignier) naquit à Borgo Sansepolcro («le quartier du Saint Sepulcre», Toscane, Italie C)).

Il entra chez les Franciscains de cette localité comme frère convers, et y accomplit les tâches les plus humbles, dans l’effacement, uniquement pour servir Dieu dans ses Frères ; il fut ainsi jardinier, portier, quêteur.

Les gens le connaissaient bien et recoururent à lui car sa prière (et sa sainteté) obtenaient des grâces et des miracles. Très peu après sa mort, une paralytique obtint la guérison après avoir invoqué «le nouveau Saint» de Borgo. Deux petits bébés morts-nés furent aussi ressuscités par son intercession, ce pourquoi on invoque Raniero pour les jeunes mamans.

Raniero mourut en plein service fraternel, le 1er novembre 1304, dans la cave d’où il prenait les victuailles pour le repas. Si Jésus naquit dans une étable, Raniero mourut dans la cave ; le serviteur imitait l’humilité du Maître.

Le culte du bienheureux Raniero fut reconnu en 1802 et le Martyrologe le mentionne au 1er novembre.

 

Il y a un autre bienheureux Raniero di Borgo Sansepolcro, au 16e siècle, absent du Martyrologe.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 00:00

Simone de Collazzone

1208-1250

 

Le toscan Simone était le neveu de l’empereur Othon IV, dont l’épouse était sa tante maternelle. Il naquit à Collazzone (Pérouse, Italie C).

Une fois entré chez les Frères Mineurs, il fut envoyé en Germanie vers 1221-1223.

Sa prudence et son humiité lui valurent les postes de ministre de la Marche, puis de l’Ombrie.

Il prêchait bien, si bien qu’il conquit sa mère, ses sœurs et ses nièces à la vie religieuse ! Outre ce «miracle», on lui en attribuait beaucoup d’autres, comme la résurrection d’un enfant noyé.

En 1248, on le trouve à Marseille.

Il s’éteignit vers 1250 , un 1er novembre.

Le procès de canonistiton fut ouvert dès 1252, repris aux 18e et 19e siècles, mais sans aboutir et, malgré un culte public bien vivant, le Martyrologe ne l’a pas retenu.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 20:20

Pierre Thomas de Sales

1305-1366

 

Né en 1305 dans le petit village languedocien de Sales, Pierre fut contraint, à cause de la pauvreté de ses parents, d’aller demander l’aumône à Montpellier pour pouvoir ainsi étudier. 

Très doué pour l’étude, d’écolier il devint vite maître, et rejoignit Agen pour avancer dans la connaissance des arts libéraux. Il y rencontra les pères Carmes, qui l’invitèrent à enseigner les humanités dans leur collège de Lectoure. Il n’avait que vingt ans.

Puis ils l’admirent au noviciat de Condom ; Pierre fit la profession à vingt-deux ans et, après de bonnes études, fut ordonné prêtre. Déjà il brillait autant par sa science que par sa modestie.

Il faut noter ici sa profonde dévotion mariale. Il écrivit un ouvrage marial De purissima B.V.Mariæ conceptione libellus, dans lequel il affirme clairement l’immaculée conception de la Mère de Dieu. En échange, la Très Sainte Vierge lui apparut et lui promit qu’elle ne le délaisserait jamais. Un jour qu’il avait la voix si prise qu’il ne pouvait articuler un mot, il se tourna vers l’image de la Vierge et recouvra immédiatement la voix.

On l’envoya enseigner la philosophie et la théologie à Bordeaux, Albi, Agen, Cahors et Paris. Là, par obéissance il fut bachelier puis docteur en théologie en seulement trois ans, et enseigna aux jeunes de son ordre pendant plusieurs années.

En 1342, nommé procureur général de son Ordre, il alla résider en Avignon, où se trouvait alors le pape. On y apprécia son éloquence. Un jour qu’il avait prêché contre le luxe des dames, on vit celles-ci déposer à ses pieds tout leur or, les perles, colliers et autres bijoux précieux, tellement il avait été persuasif par ses exhortations à vivre l’évangile. Une autre fois, il obtint par sa parole et sa prière une pluie abondante pour remédier à une longue sécheresse. En dehors de ses obligations et des prédications, il n’omettait jamais l’office avec les confrères et célébrait chaque matin la sainte Messe dans laquelle, disait-il, il trouvait beaucoup plus de lumières que dans ses études précédentes.

Bientôt, il fut légat pontifical à Gênes (1353), pour négocier un rapprochement avec Venise ; puis nonce à Naples, ainsi qu’auprès de l’empereur Karl IV, couronné roi d’Italie à Milan, puis en Serbie pour réconcilier des schismatiques avec le Saint-Siège.

En 1354, il fut nommé évêque, et comme tel continua sa vie diplomatique : légat pontifical et conciliateur entre Venise et la Hongrie, puis à Constantinople (1358), où il reçut la profession de foi de l’empereur Jean Paléologue.

Après l’heureuse conclusion de cette ambassade, Pierre Thomas fut nommé légat général et spécial du Saint-Siège pour toute la «Thrace», ce qui équivalait au patriarchat de Constantinople, Chypre, Crète, Smyrne, Athènes.

Pierre alla ensuite assister l’empereur dans une expédition contre les Turcs, qui fut brillante. En Chypre, il ramena à la foi romaine tout le clergé, évêques et prêtres ; en outre, il persuada le roi de Chypre de partir délivrer Jérusalem.

Le Vatican approuvait l’idée, qui ne fut mise à exécution qu’en 1365, sous la conduite de Pierre Thomas, nommé à présent archevêque. Mais avant de partir, Pierre fut chargé d’une mission de paix entre Milan et Bologne, qui réussit et après laquelle on chargea Pierre d’organiser la nouvelle université de Bologne. Puis, à défaut d’autre meilleure autorité, il fut nommé légat pontifical pour diriger l’expédition contre les Turcs. En plus de cela, le pape nomma Pierre Patriarche de Constantinople.

Pierre retrouva les troupes à Venise ; il y eut douze milles Croisés qui partirent pour Rhodes et, de là, à Alexandrie. Le légat commença par préparer les hommes de la troupe en les exhortant à changer de vie, à recevoir les sacrements. Le moment du combat venu, il ne portait pas les armes, mais la croix, au milieu des combattants et reçut plusieurs blessures qui occasionnèrent sa mort quelques mois plus tard. Alexandrie fut prise en une heure (4 octobre 1265), tant les habitants eurent peur de cette armada, mais les Croisés n’eurent pas le courage de mener leur attaque jusqu’au bout, de sorte que l’expédition se solda bientôt par un échec total.

Pierre Thomas, bien triste, se retira à Famagosta. Il s’arrêta au couvent des Carmes, célébra avec eux les fêtes de Noël, mais prit froid. Après quelques jours de forte fièvre, après s’être confessé et avoir reçu le sacrement des malades, il s’éteignit pendant le récit de la Passion, le 6 janvier 1366.

On peut rester étonné de voir un humble religieux recevoir tant de marques de dignité et surtout de se retrouver à la tête d’une armée entière et de la mener au combat. Il ne faut pas oublier que nous sommes au 14e siècle, dans des circonstances difficiles et bien différentes de notre époque ; on notera aussi que Pierre Thomas  avançait d’abord et surtout avec la prière et, avant d’emmener ses hommes à l’assaut, commençait par utiliser les armes spirituelles pour déposer toute cette armée et l’expédition d’abord entre les mains de la Providence.

Le fait qu’il soit mort des suites de ses blessures l’a fait parfois considérer comme martyr, quoiqu’il ne l’ait pas été à proprement parler. Le Martyrologe, effectivement, ne lui donne pas ce titre en le mentionnant, au 6 janvier. 

Note. Il y a un autre Pierre Thomas, prêtre et martyr en 1794, voir au 21 janvier.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 19:46

    La fête de tous les Saints

 

 

Une grande confusion s’est depuis longtemps installée dans les esprits de beaucoup de fidèles, à savoir que la Toussaint soit la triste journée des Morts. Nous parlerons des Morts demain, 2 novembre, et nous verrons même que ce jour ne doit pas être triste.

Aujourd’hui, 1er novembre, nous fêtons dans une grande joie tous les Saints et toutes les Saintes du Paradis. Cette fête existe dans l’Eglise depuis des siècles.

Dès le IVe siècle les Eglises d’Orient célébraient en une fête commune tous les martyrs de la terre. Saint Ephrem composa pour cette circonstance une hymne où l’on voit qu’à Edesse cette fête était fixée au 13 mai. Dans le reste de la Syrie, elle était placée au vendredi après Pâques. Dans une homélie sur les Martyrs, saint Jean Chrysostome précise qu’il parle le premier dimanche après la Pentecôte ; cet usage a été conservé jusqu’à nos jours par l’Eglise byzantine, qui a par une évolution normale transformé la fête des “Martyrs de toute la terre” en celle de “Tous les Saints”.

Le choix de ces différentes dates est significatif : on a voulu associer les Saints au triomphe du Christ à Pâques ou à l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte ; suivant la poétique formule de l’empereur Léon le Sage, l’Eglise célèbre les fleurs produites par la terre arrosée des fleuves du Saint-Esprit.

Comme souvent, l’Orient a montré la voie à l’Occident. C’est probablement le 13 mai 609 que le pape Boniface IV transforma le Panthéon de Rome en une église de la Bienheureuse Marie toujours Vierge et de tous les Martyrs. C’était la première fois qu’un temple païen devenait église chrétienne. Sans doute la Providence y avait préparé le terrain, en faisant que justement l’architecture de ce temple fût tout-à-fait exceptionnelle : la voûte surbaissée éclairée seulement par son centre où pénètrent la lumière et le ciel.

Successivement, à la fête de “tous les Martyrs”, se substitua peu à peu la fête de “tous les Saints”, avec les Confesseurs et les Vierges. La première mention d’une véritable “Toussaint” apparaît à Salzburg à la fin du VIIIe siècle, sans doute par l’influence du théologien Alcuin, lui-même abbé à Tours.

Certains demanderont : Pourquoi une fête de “Tous” les Saints, puisqu’on les fête déjà tout au long de l’année ? C’est une bonne question, qui masque toutefois une mauvaise information assez généralisée aujourd’hui. C’est l’occasion de parler d’un Livre de l’Eglise, qui s’appelle le “Martyrologe”. 

Selon une habitude remontant aux premiers temps de l’Eglise, on a consigné par écrit, dans un premier temps, la liste de tous les Martyrs, au jour de leur mort (c’est-à-dire au jour de leur naissance au Ciel, leur jour “anniversaire”, qu’on a appelé le dies natalis) ; plus tard, on y adjoignit peu à peu tous les Saints canonisés officiellement, et dernièrement aussi tous les Bienheureux. Certains jours, il y a deux pages entières de liste de Saints et Bienheureux, c’est dire combien il est impossible de les fêter chaque jour tous à la fois. On ne pourra que vivement conseiller à tous les fidèles la lecture assidue de ce beau Livre.

Dans son calendrier officiel, l’Eglise fête certains Saints particulièrement caractéristiques : les Apôtres, les Fondateurs d’Eglises locales, le ou les premiers Martyrs de ces Eglises, les Pères de l’Eglise, les Docteurs. Bien évidemment, l’Eglise ne dispose “que” de trois-cent soixante-cinq jours, alors que les Saints sont des milliers et des milliers.

Autre question maintenant : Quel intérêt représentent pour nous ces célébrations en l’honneur des Saints ? N’avons-nous pas suffisamment de l’enseignement de Christ dans l’Evangile ?

Posée ainsi, cette judicieuse question porte en elle-même sa réponse parfaitement théologique : notre vie doit suivre en tout celle de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Il n’y a que Jésus que nous pouvons et devons imiter en tout, sans risque de nous tromper. Et il n’y a que Jésus envers qui nous devons avoir des attitudes d’adoration. En langage musical on pourrait dire que Jésus a écrit la partition de l’Evangile, tandis que les Saints l’ont interprétée.  

Les Saints, eux, ne sont pas de “petits dieux” subalternes, qui devraient accaparer notre dévotion et satisfaire tous nos caprices : obtenir ceci, faire que cela se fasse ainsi et pas autrement, jusqu’à certaines attitudes proches d’une véritable superstition. Dans beaucoup d’églises, de braves personnes se précipitent sur les cierges ou les luminaires à allumer devant une statue de Madone ou de saint Antoine, sans même adresser un petit salut à Celui qui est présent réellement dans le Tabernacle eucharistique. Ne disons pas que ces personnes soient de mauvaise foi ! Simplement, leur dévotion est mal éclairée, et les prêtres doivent s’employer à le leur expliquer patiemment.

En revanche, théologiquement, l’Eglise nous rappelle chaque jour que les Saints ont été des êtres humains comme nous, avec leurs faiblesses, leurs erreurs, leurs défauts, qu’ils ont combattus de toutes leurs forces durant leur vie terrestre, par amour de Dieu et pour se rapprocher toujours plus de la perfection à laquelle Dieu nous convie. En regardant ces saintes Figures, en admirant les grands moments de leurs vies, leurs combats, nous ne pourrons qu’être encouragés à les suivre, bien persuadés que ce qu’ils ont fait pourrait aussi être humainement à notre portée, la grâce de Dieu aidant.

Dieu ne nous demande pas d’être parfaits ici-bas, tout-de-suite, et sans jamais céder à quelque tentation. Dieu connaît notre faiblesse et ne nous la reprochera jamais. Ce qu’Il attend de nous, est un effort, une recherche du mieux, et cela, chacun peut le faire.

C’est dans ce sens-là que nous pouvons recourir à nos grands Amis, les Saints : “Toi, saint X qui as réussi à faire ceci, cela, aide-moi, donne-moi quelque chose de ton amour pour Dieu, quelque chose de ta force d’âme”. C’est un peu comme si, pour mieux préparer un examen, j’appelle un de mes camarades en lui disant : Toi, tu es bien préparé, tu ne pourrais pas venir relire avec moi telle matière ? Personnellement, je ferai le même travail pour mon examen, mais de le faire en compagnie d’un camarade mieux préparé que moi et que j’aime bien, cela me donnera plus d’ardeur pour me préparer. 

N’oublions pas non plus cet élément doctrinal, souvent oublié, de la puissante intercession des Saints auprès de Dieu. Ce que les Saints ont pu réaliser, leur combat spirituel, leur montée vers la perfection, leurs miracles aussi, tout cela est le fruit de la grâce de Dieu, à laquelle ils ont correspondu pleinement. Honorer leurs victoires et leur sainteté, c’est honorer la grâce et la puissance de Dieu. Dieu se réjouit de voir ainsi mis à l’honneur la Sainte Vierge, les Apôtres et les Martyrs, les Confesseurs et les Docteurs, les Vierges et les Veuves, de tous âges et de toutes époques.

C’est aussi dans cette perspective que depuis les débuts, les Chrétiens ont pris l’habitude de donner à leurs petits enfants non plus des noms de divinités, de héros ou de “vedettes”, mais des noms de Martyrs : très souvent furent donnés les noms de Pierre, Paul, Laurent, et celui-là-même de “Martyr”. Ce prénom qu’on reçoit au sacrement du Baptême n’est jamais un hasard, et tous nous pourrons trouver dans tel ou tel trait de la vie de notre saint Patron, quelque chose qui se rapportera à notre vie. On aimera comprendre pourquoi on invoque saint Antoine de Padoue pour retrouver un objet perdu, saint François Régis pour les femmes stériles, sainte Claire pour la télévision, Notre Dame de Lorette pour les aviateurs, etc. 

Les Saints nous attendent au Ciel : saint Jean-Baptiste, saint Joseph, saint Pierre, saint Paul, saint Benoît, saint Vincent de Paul, saint François, saint Jean-Marie Vianney… Ce devrait être pour nous un stimulant très fort de penser que dans “peu” de temps nous serons en leur compagnie, au Ciel, devant Dieu, avec Marie, la glorieuse Mère de Jésus et Ses myriades d’Anges et de Saints.

Oh ! dans le Ciel, il n’y aura plus de maladies, plus de souffrances, plus de jalousies, plus de rivalités ; plus d’impôts, plus de procès ; plus de voitures, plus de moteurs, plus de catastrophes… 

Vraiment, il y a de quoi se réjouir, en ce jour de Toussaint. Réjouissons-nous tous et mettons-nous vraiment à l’école de Jésus-Christ, à la suite de tous les Saints ; apprenons à connaître qui est notre saint Patron ou notre sainte Patronne, fêtons-les au jour de leur “naissance au ciel”.

Bienvenue à tous ceux et celles qui viendront consulter quelque notice sur ce blog ; il contient pour l’heure environ six mille notices de Saints, et pourrait à terme en contenir le double.

Bonne fête de tous les Saints à tous !

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:21

Pierre Thomas

1305-1366

 

Né en 1305 dans le petit village languedocien de Sales, Pierre fut contraint, à cause de la pauvreté de ses parents, d’aller demander l’aumône à Montpellier pour pouvoir ainsi étudier. 

Très doué pour l’étude, d’écolier il devint vite maître, et rejoignit Agen pour avancer dans la connaissance des arts libéraux. Il y rencontra les pères Carmes, qui l’invitèrent à enseigner les humanités dans leur collège de Lectoure. Il n’avait que vingt ans.

Puis ils l’admirent au noviciat de Condom ; Pierre fit la profession à vingt-deux ans et, après de bonnes études, fut ordonné prêtre. Déjà il brillait autant par sa science que par sa modestie.

Il faut noter ici sa profonde dévotion mariale. Il écrivit un ouvrage marial De purissima B.V.Mariæ conceptione libellus, dans lequel il affirme clairement l’immaculée conception de la Mère de Dieu. En échange, la Très Sainte Vierge lui apparut et lui promit qu’elle ne le délaisserait jamais. Un jour qu’il avait la voix si prise qu’il ne pouvait articuler un mot, il se tourna vers l’image de la Vierge et recouvra immédiatement la voix.

On l’envoya enseigner la philosophie et la théologie à Bordeaux, Albi, Agen, Cahors et Paris. Là, par obéissance il fut bachelier puis docteur en théologie en seulement trois ans, et enseigna aux jeunes de son ordre pendant plusieurs années.

En 1342, nommé procureur général de son Ordre, il alla résider en Avignon, où se trouvait alors le pape. On y apprécia son éloquence. Un jour qu’il avait prêché contre le luxe des dames, on vit celles-ci déposer à ses pieds tout leur or, les perles, colliers et autres bijoux précieux, tellement il avait été persuasif par ses exhortations à vivre l’évangile. Une autre fois, il obtint par sa parole et sa prière une pluie abondante pour remédier à une longue sécheresse. En dehors de ses obligations et des prédications, il n’omettait jamais l’office avec les confrères et célébrait chaque matin la sainte Messe dans laquelle, disait-il, il trouvait beaucoup plus de lumières que dans ses études précédentes.

Bientôt, il fut légat pontifical à Gênes (1353), pour négocier un rapprochement avec Venise ; puis nonce à Naples, ainsi qu’auprès de l’empereur Karl IV, couronné roi d’Italie à Milan, puis en Serbie pour réconcilier des schismatiques avec le Saint-Siège.

En 1354, il fut nommé évêque, et comme tel continua sa vie diplomatique : légat pontifical et conciliateur entre Venise et la Hongrie, puis à Constantinople (1358), où il reçut la profession de foi de l’empereur Jean Paléologue.

Après l’heureuse conclusion de cette ambassade, Pierre Thomas fut nommé légat général et spécial du Saint-Siège pour toute la «Thrace», ce qui équivalait au patriarchat de Constantinople, Chypre, Crète, Smyrne, Athènes.

Pierre alla ensuite assister l’empereur dans une expédition contre les Turcs, qui fut brillante. En Chypre, il ramena à la foi romaine tout le clergé, évêques et prêtres ; en outre, il persuada le roi de Chypre de partir délivrer Jérusalem.

Le Vatican approuvait l’idée, qui ne fut mise à exécution qu’en 1365, sous la conduite de Pierre Thomas, nommé à présent archevêque. Mais avant de partir, Pierre fut chargé d’une mission de paix entre Milan et Bologne, qui réussit et après laquelle on chargea Pierre d’organiser la nouvelle université de Bologne. Puis, à défaut d’autre meilleure autorité, il fut nommé légat pontifical pour diriger l’expédition contre les Turcs. En plus de cela, le pape nomma Pierre Patriarche de Constantinople.

Pierre retrouva les troupes à Venise ; il y eut douze milles Croisés qui partirent pour Rhodes et, de là, à Alexandrie. Le légat commença par préparer les hommes de la troupe en les exhortant à changer de vie, à recevoir les sacrements. Le moment du combat venu, il ne portait pas les armes, mais la croix, au milieu des combattants et reçut plusieurs blessures qui occasionnèrent sa mort quelques mois plus tard. Alexandrie fut prise en une heure (4 octobre 1265), tant les habitants eurent peur de cette armada, mais les Croisés n’eurent pas le courage de mener leur attaque jusqu’au bout, de sorte que l’expédition se solda bientôt par un échec total.

Pierre Thomas, bien triste, se retira à Famagosta. Il s’arrêta au couvent des Carmes, célébra avec eux les fêtes de Noël, mais prit froid. Après quelques jours de forte fièvre, après s’être confessé et avoir reçu le sacrement des malades, il s’éteignit pendant le récit de la Passion, le 6 janvier 1366.

On peut rester étonné de voir un humble religieux recevoir tant de marques de dignité et surtout de se retrouver à la tête d’une armée entière et de la mener au combat. Il ne faut pas oublier que nous sommes au 14e siècle, dans des circonstances difficiles et bien différentes de notre époque ; on notera aussi que Pierre Thomas  avançait d’abord et surtout avec la prière et, avant d’emmener ses hommes à l’assaut, commençait par utiliser les armes spirituelles pour déposer toute cette armée et l’expédition d’abord entre les mains de la Providence.

Les miracles qui se multiplièrent après sa mort attestèrent sa sainteté, qui fut reconnue en 1628.

Le fait qu’il soit mort des suites de ses blessures l’a fait parfois considérer comme martyr, quoiqu’il ne l’ait pas été à proprement parler. Le Martyrologe, effectivement, ne lui donne pas ce titre en le mentionnant, au 6 janvier.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:20

Gertrud van der Oosten

? - 1358

 

Gertrud n’était pas «de l’Est», comme le laisse entendre le titre ci-dessus. Elle naquit de parents pauvres à Voorburch (Hollande).

Elle aimait chanter (ou aurait même composé) une chanson commençant par Het daghet in den Oosten (La lumière s’est levée à l’Est), cette lumière étant pour elle le Verbe divin incarné, nommé parfois Orient. De là lui est venu ce nom de van der Oosten.

Gertrud eut un fiancé, qui l’abandonna, non sans lui causer quelque ressentiment, mais elle s’abandonna dans les mains de la Providence.

Elle dut très tôt travailler à Delft et c’est dans cette ville qu’elle eut une vie de béguinage avec deux compagnes.

Méditant assidûment la Passion de Notre-Seigneur, elle en reçut les stigmates, le Vendredi Saint de 1340. Tout le monde eut vite fait d’apprendre cet événement difficile à dissimuler, tant le sang coulait abondamment. Mais craignant la vanité qu’elle pourrait en concevoir, Gertrud pria Dieu de lui retirer cette faveur : le sang disparut, mais les marques des stigmates demeurèrent.

Gertrud eut d’autres dons : elle prophétisa, elle connaissait des événements lointains, elle lisait dans les consciences, ce qui lui permettait d’aider les âmes à se convertir.

Elle mourut le 6 janvier 1358, et n’a jamais été canonisée. Au jour anniversaire de ses stigmates (Vendredi Saint), on expose la croix devant laquelle elle se trouvait alors.

Le Martyrologe ne la mentionne pas.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 00:01

Tommaso Bellacci de Florence

1370-1447

 

Fils de bouchers, et d’une mère très pieuse, Tommaso naquit vers 1370 à Lunari (Florence, Italie C).

A l’adolescence, il fut pris dans le tourbillon de l’agitation au point de risquer la prison. C’est alors qu’un bon chrétien le ramena à de meilleurs desseins : il demanda à entrer chez les Franciscains, à Fiesole, alors qu’il avait une vingtaine d’années.

On l’accueillit peut-être avec quelque réserve, mais Tommaso était résolu à expier ses forfaits et entama une vie de pénitence extraordinaire, avec des austérités effrayantes, mais surtout en pratiquant toutes les vertus, soutenu en cela par la grâce divine.

Il parvint à un haut degré de contemplation ; ses supérieurs le laissèrent s’isoler dans la campagne et dans les bois, où il restait parfois plusieurs jours. On l’aperçut élevé jusqu’au sommet des grands arbres de la forêt, et bien souvent environné d’une lumière éclatante.

Lui, le frère convers, fut nommé maître des novices ; sa renommée induisit d’autres franciscains à passer à l’Observance et à se mettre à son école.

On confia à Tommaso le soin de diriger toute une province en Calabre ; pendant plusieurs années il s’occupa à fonder des couvents réformés, et les miracles qu’il opérait consolidaient son œuvre et intensifiaient sa réputation de sainteté.

Six années plus tard, il était de retour en Toscane, pour travailler à la répression des fraticelles hérétiques, dont il réussit à débarrasser la région au bout de sept années d’effort, ce qui lui valut d’être nommé par le pape commissaire provincial. Lui-même s’établit alors à Scarlino.

C’est à Scarlino que se vérifia un prodige assez curieux et unique. Tommaso instaura la coutume de sortir de nuit avec tous les religieux dans le bois voisin en priant les psaumes de la pénitence, et chacun rejoignait sa cabane de branchages. Une nuit, des loups vinrent troubler la prière par leurs hurlements ; Tommaso intervint, leur reprocha d’avoir troublé la prière, et leur demanda gentiment de se taire, à quoi ils obtempérèrent. A la fin de la prière, chaque loup vint accompagner un des religieux et ne le quitta qu’après en avoir reçu la bénédiction. Le prodige se répéta chaque nuit, jusqu’à ce que, par une nuit froide d’hiver, les religieux ne sortirent pas, et dès lors les loups disparurent.

La renommée de Tommaso arriva sur l’île d’Elbe et en Corse, où on l’invita à fonder des couvents.

En 1439, il fit partie d’une délégation pontificale en Orient, pour inviter les chrétientés orientales au concile de Florence, où l’on devait chercher à parvenir à l’Unité.

Ce fut pour Tommaso l’occasion d’être reçu avec grande bienveillance par le sultan d’Egypte. Ses étapes successives ne sont pas claires chez les chronistes : il semble qu’il soit passé par Constantinople et la Géorgie. De l’Arabie, il chercha par trois fois à entrer en Ethiopie ; deux fois il fut arrêté et mis aux fers et dut sa libération à des marchands florentins qui payèrent une rançon (à moins que ces arrestations aient eu lieu auparavant, lors du passage par Constantinople) ; une troisième fois encore, il fut arrêté, torturé, abandonné dans une citerne vide avec à peine de quoi manger ; sa douceur convainquit les bourreaux de le transférer dans une prison meilleure et même de le laisser sortir : il en profita pour prêcher ; de nouveau arrêté, fouetté et condamné à mort, il fut libéré in extremis par une rançon payée par le pape lui-même. Toute sa vie, il regrettera d’avoir perdu cette occasion de verser son sang pour le Christ.

Il rentra en Italie, fut accueilli avec joie à Rome et regagna Scarlino en 1445.

En 1447, on le retrouve à Monte Piano d’où, deux ans après, il tenta de repartir à Rome pour solliciter du pape l’autorisation de repartir en Egypte. Mais c’était sans compter avec son grand âge, car il avait bientôt quatre-vingts ans. En fait, la fièvre l’arrêta à Rieti, où il mourut le 31 octobre 1447.

Son culte fut reconnu en 1771.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 00:00

Dominic Collins

1566-1602

 

Le nom gaélique de Dominic Collins est Doiminic Ó Coileáin.

Il naquit vers 1566 à Youghal (Cork, Irlande), dans une famille bien connue ; son père et son frère occupèrent la charge de Mayor de la ville.

En 1586, Dominic vint à Nantes et travailla pendant trois ans dans diverses hôtelleries, dans le but de gagner de quoi se payer un cheval et s’engager dans la cavalerie.

En 1589, il rejoignit les troupes de la Ligue Catholique du Duc de Mercœur, Philippe Emmanuel, contre les Huguenots ; il reçut le grade de capitaine (et précisément Capitaine La Branche), et fut nommé gouverneur des territoires repris aux Huguenots.

Avec une lettre de recommandations pour le roi Felipe II, il s’engagea dans l’armée espagnole et fut en garnison à La Coruña. Après neuf années, il décida de quitter l’armée, et le roi Felipe lui accorda une pension de vingt-cinq écus mensuels.

Cette belle aventure militaire allait s’orienter vers une autre milice : la Compagnie de Jésus. En effet, durant le carême de 1598, Dominic rencontra un père Jésuite, qui avait fondé un collège irlandais à Salamanque. Dominic voulut entrer dans l’Ordre, et fut présenté aux autorités du collège. Il fallait éprouver la vocation de ce soldat de trente-deux ans, examiner s’il pouvait se préparer au sacerdoce ou plutôt servir comme Frère lai. Dominic fit le noviciat à Santiago de Compostela. Il donna toute la mesure de ses capacités lors d’une épidémie, durant laquelle il se dévoua de façon remarquable et efficace auprès des malades et des mourants. Il était bien un peu vif de caractère, un peu obstiné aussi, mais ses bonnes qualités le firent accepter à la première profession, en février 1601.

Peu après, il fut désigné pour accompagner l’expédition de Felipe II, qui voulait aider les troupes irlandaises contre les anglaises. L’expédition partit en septembre 1601, mais n’arriva qu’en décembre à cause des très mauvaises conditions météorologiques ; de plus, la bataille de Kinsale (24 décembre) fut un désastre et Dominic resta auprès des cent quarante-trois soldats irlandais dans le château de Dunboy. Quand ce château tomba aux mains des Anglais en juin 1602, tous ces soldats, sauf deux, furent pendus ; après les avoir emmenés à Cork et les avoir torturés, les Anglais exécutèrent aussi les deux derniers soldats. Mais ils maintinrent en vie Dominic, voulant arriver à le faire apostasier dans sa propre ville d’origine : ils l’emmenèrent à Youghal, à quelque cent soixante-dix kilomètres de Cork, mais ne purent vaincre son courage.

Sur la place où il devait être exécuté, il y avait beaucoup de gens. Dominic leur parla en espagnol, en irlandais et en anglais, affirmant avec toute la force de son cœur qu’il était venu en Irlande pour défendre la foi catholique et qu’il était heureux de mourir pour cette foi. La foule était si émue, que le bourreau disparut ; on dut forcer un marin de passage à faire le travail.

Sans jugement, Dominic Collins fut ainsi exécuté dans sa ville natale, à Youghal, le 31 octobre 1602.

Il fut béatifié en 1992.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 00:00

Wolfgang de Ratisbonne

924-994

 

Wolfgang naquit vraisemblablement à Pfullingen (Souabe, Allemagne S) vers 924, de parents libres, moyennement riches.

Le garçon, une fois moine, traduisit malicieusement en latin son nom : Lupambulus, Loup (Wolf) qui marche (gehen).

A sept ans, Wolfgang fut placé chez un prêtre qui l’initia à la Bible, puis il étudia à l’abbaye de Reichenau et à l’école cathédrale de Würzburg, sous la direction d’Etienne de Novare. Mais un jour que Wolfgang sut mieux expliquer qu’Etienne un passage difficile d’un ouvrage latin, Etienne, vexé, le renvoya.

En 956, un de ses anciens confrères de Reichenau devint évêque à Trèves et l’appela auprès de lui. Wolfgang accepta seulement de former les jeunes élèves ; il nourrissait les plus pauvres d’entre eux, organisa la vie commune, tout en adoptant pour soi-même un style de vie déjà très simple, quasi monastique.

On voulut le nommer évêque de Trèves quand le siège fut vacant, ou à Cologne, auprès de l’archevêque Bruno (v. 11 octobre), mais il leur «échappa», alla partager ses biens entre les siens et entra en 965 au monastère bénédictin d’Einsiedeln (Suisse).

Wolfgang devint très vite une lumière consultée par tous les moines.

En 968, il fut ordonné prêtre. Fait curieux : alors qu’il désirait tant la vie retirée du monastère, Wolfgang sentit l’irrésistible besoin, une fois prêtre, d’aller prêcher dans la région de Pannonie (auj. Hongrie), où d’aucuns supposent qu’il baptisa lui-même le duc Geisa.

En 972, il fut cependant rappelé et on réussit à le nommer évêque pour Ratisbonne (Regensburg).

C’est lui qui, en 975, fonda le chœur cathédral, à l’origine des Domspatzen (Petits Chanteurs de Ratisbonne).

Une fois investi, son souci fut de relever le clergé, en commençant par les moines. Il releva l’abbaye bénédictine Saint-Emmeran de Ratisbonne en la rendant indépendante des Chanoines de la cathédrale Saint-Pierre. L’abbaye devint une pépinière de saints évêques, de précepteurs princiers, rayonnant au loin par son activité morale et intellectuelle. De son côté, l’évêque s’occupait des études et contrôlait personnellement les travaux des étudiants.

A l’intention des moniales, dont la vie claustrale s’était pareillement relâchée, il construisit un nouveau monastère où il invita celles qui le voulaient à y venir vivre la règle bénédictine dans son authenticité. L’abbaye connut un grand essor.

La région de Prague faisait partie du diocèse de Ratisbonne ; on voulut créer un nouveau diocèse pour Prague, et Wolfgang accepta de bon gré cette «séparation» de son propre diocèse. Il visita consciencieusement tout son territoire, prêchant et sachant toucher les cœurs. Il surveillait le bon état des sacristies.

Wolfgang conserva toujours son habit monacal, mais aussi ses habitudes claustrales, tôt levé, priant beaucoup dès le matin, célébrant la messe avec effusion de larmes ; il recevait qui voulait le rencontrer, invitant à sa table des pauvres.

En 994, il tomba malade à Pupping, lors d’un déplacement pour visiter la partie orientale du diocèse. Il reçut le viatique et demeura couché sur le sol dans un oratoire. Ses dernières paroles furent : Que Dieu ait pitié de moi pauvre pécheur, qui subis maintenant  la mort, et de tous ceux qui me regardent avec crainte et humilité. Puis il s’endormit définitivement.

Il mourut le 31 octobre 994 et fut canonisé en 1052.

Il est le céleste patron de la Bavière, de la ville et du diocèse de Ratisbonne, mais aussi de quantité d’artisans ; on l’invoque pour les maladies des hommes et du bétail. Des proverbes affirment que la pluie du 31 octobre annonce une bonne récolte pour l’année suivante.

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