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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 19:29

Regina d’Alesia
† 3
e siècle

On suppose que Regina (Reine, Régine) fut mise à mort par le général romain qui s’appelait Olibrius, pour avoir refusé d’épouser cet homme païen.
Des fouilles archéologiques, s’appuyant sur les écrits de Jules César dans son Histoire des Gaules», effectuées de 1862 à 1865, puis en 1913 et en 1956, ont mis à jour les vestiges d’une basilique chrétienne dédiée à sainte Reine.
L’oppidum d’Alésia (mont Auxois dominant à 407 m les vallées de l’Oze et de l’Ozerain) est un site chargé d’histoire. Dès 52 avant Jésus-Christ, Jules César avec ses légions romaines y brise la résistance des valeureux gaulois avec à leur tête Vercingétorix. On affirme aujourd’hui avec assez de certitudes que la localité actuelle d’Alise-Sainte-Reine est bien l’endroit où Vercingétorix se rendit aux Romains en -52.
Toujours à Alésia (Alise-Ste-Reine), la fontaine Sainte-Reine aurait fait jaillir ses eaux miraculeuses à l’emplacement de la décapitation de la martyre. A proximité de cette fontaine, une chapelle, fréquentée par les pèlerins depuis le Moyen Age, expose une statue de la Sainte (du 15
e siècle). De même, au lieu dit Les Trois ormeaux, une autre statue, plus récente, la représente. 
Dès 864, les reliques de sainte Reine ont été transportées à Flavigny-sur-Ozerain (Côte d’Or).
Un hospice Sainte-Reine a été fondé en 1660 par saint Vincent de Paul. Il a été conçu pour loger les malades venus en pèlerinage. Il a gardé sa fonction hospitalière, mais a subi des transformations à partir de 1975, une partie des anciens bâtiments ayant été démolie au bénéfice d’une construction neuve. Dans la chapelle, la grille du chœur, en fer forgé, et une suite de tableaux offerts par Anne d’Autriche relatent la vie et le martyre de sainte Reine.
Le culte de la Martyre est ancien mais on ne sait plus rien d'elle. Sainte Reine est vénérée depuis au moins 628 à Alise-Sainte-Reine (Côte d'Or), près d'Alésia. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. 
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Reine d’Alesia au 7 septembre.

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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 10:53

Ramón Esteban Bou Pascual

1903-1936

 

Les époux Bou Pascual trouvèrent le 12 octobre 1903 un petit bébé abandonné dans un arbre à Polop de la Marina (Alicante) et l’adoptèrent, lui donnant au baptême les noms de Ramón Esteban (Raymond Stéphane).

L’enfant vécut chez ces parents adoptifs à Benimantell et grandit dans la foi ; il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1930.

Il fut vicaire à Almusafes, aumônier des Religieuses du Christ-Roi de Benifaió (Valencia), et curé de Planes.

Lors de la révolution de 1936, l’église fut prise d’assaut et fermée ; il dut partir à Catamarruch, puis à Benimantell chez une tante, où il resta jusqu’au 15 octobre. Apprenant que les miliciens venaient le chercher, il réussit à prendre la fuite et demanda à être reçu ici ou là, mais on le lui refusa, par crainte des représailles (ou par haine du clergé). Finalement, il revint chez sa tante, où il apprit qu’en son absence, on avait arrêté son père et son frère. Alors, il alla se rendre.

Au matin du 17 octobre 1936, on l’emmena jusqu’au cimetière, où il fut criblé de balles.

Juste avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux : il avait trente-trois ans depuis quelques jours.

Ramón Esteban fut béatifié en 2001.

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 23:00

Chrysanthus et Daria à Rome
3
e siècle

Né en Égypte, Chrysanthus était fils d'un sénateur romain en charge à Alexandrie. Jeune encore, il accompagna son père à Rome où, en bon étudiant avide de la vérité, il découvrit les Saintes Ecritures.
On lui indiqua un prêtre, Carpophorus, qui l’initia et le prépara au baptême.
Dans son enthousiasme, Chrysanthus se mit à parler du Christ, à évangéliser, montrant sans se gêner sa conviction chrétienne.
Evidemment, le père ne la voyait pas de cette façon : il fit enfermer son garçon, le mit au pain et à l’eau, ce qui donna à Chrysanthus l’occasion d’expérimenter avec joie ce qu’est le jeûne.
Puis son père tenta de le corrompre, en l’installant dans une chambre somptueuse, en compagnie de cinq créatures ravissantes, dont il se débarrassa bien vite en priant Dieu de leur insuffler un sommeil profond.
Alors, on introduisit une prêtresse, Daria qui, sans pouvoir convaincre Chrysanthus, finit plutôt par accepter ce que lui disait Chrysanthus. C’est elle qui se convertit. Ils simulèrent vouloir se marier, obtenant ainsi leur libération ; mais ce fut pour reprendre avec encore plus d’ardeur le travail d’évangélisation.
Une des plus remarquables conquêtes de Chrysanthus fut la conversion du tribun Claudius et de toute sa maison. Furieux, l’empereur (Numérien, dit-on, bien qu’il ne soit pas dit qu’il y ait eu des persécutions à cette époque) fit noyer ou décapiter tout ce monde.
Chrysanthus fut ensuite enfermé à la Prison Mamertine, et Daria dans un lupanar. D’autres prodiges s’étant manifestés, l’empereur fit conduire les deux «époux» sur la Via Salaria, où ils furent assommés par une pluie de pierres et de terre.
Il n’y a malheureusement aucun document à disposition sur ces faits, qu’on ne connaît que par tradition.
Les saints Chrysanthus et Daria sont mentionnés le 25 octobre au Martyrologe.

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 00:00

31e dimanche per annum - B

 

Le livre du Deutéronome (la «deuxième Loi», la Loi nouvelle) pourrait être appelé le «testament» de Moïse, car il expose les ultimes enseignements et recommandations que Moïse donna à tout le peuple d’Israël à la veille d’entrer dans la Terre Promise. Moïse sait en effet qu’il n’entrera pas dans cette Terre (cf. Nb 20:12). Avant de mourir, il s’adresse une dernière fois au peuple choisi.

Cette cinquième partie de la Loi, de la «Torah», n’est pas vraiment une deuxième Loi, supprimant la précédente, mais reprend la quintessence de la première révélation reçue par Moïse au Mont Horeb pour la nouvelle génération du peuple, la génération qui n’a pas connu toutes les vicissitudes de la traversée du désert : maintenant, elle s’apprête à arracher aux païens cette Terre Promise.

L’extrait d’aujourd’hui commence par le mot «craindre», qu’il faut bien comprendre dans son sens positif. La crainte de Dieu n’est jamais une «peur» quelconque devant un Etre tout-puissant et implacable dans ses décisions ; ce serait vraiment là construire une image du Créateur incompatible avec sa Bonté et sa Miséricorde.

La Crainte de Dieu est une vertu qui comporte à la fois un amour inconditionné pour notre Père céleste, un immense respect pour cet Etre parfait, un désir profond d’être en communion avec Lui. La peur est quelque chose de naturel, que nous inspire un danger quelconque ; la Crainte de Dieu doit nous inspirer bien au contraire l’attirance vers la Perfection divine, comme un aimant attire à lui tout objet en fer ; Dieu est notre Aimant, et qui, mieux que Lui, peut porter ce nom ?

C’est par amour pour Dieu que les enfants d’Israël doivent mettre en pratique tous les commandements de la Loi, et Moïse assure à ses auditeurs que, tant qu’ils y seront fidèles, ils recevront la bénédiction de Dieu.

Dans un style très solennel, liturgique même, Moïse adresse cette sublime recommandation : 

«Ecoute, Israël…», en hébreu : SHEMA, ISRAËL…

D’abord, Moïse rappelle l’essence-même du judaïsme, le monothéisme :  Yahwe est le Dieu unique ; il n’y en a pas d’autre. Et ce Dieu unique, il faut L’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force

Le «Shema» est resté encore aujourd’hui «la» prière fondamentale de tout juif pieux. C’est la pierre d’angle de sa foi en un Dieu unique, un Dieu d’amour qui veut notre amour. C’est aussi le commandement fondamental que Jésus nous a rappelé : Voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes (Mt 22:38-40). Et c’est également ce qu’écrit l’évangéliste Marc, que nous allons lire.

 

*       *       *

 

Il y a apparemment une erreur dans le choix du psaume d’aujourd’hui : si le titre indique bien Psaume 17 , le texte provient en réalité du psaume 118, de contenu analogue (cf. Ps 118:97-106). C’est une louange à Dieu, notre Lumière, qui nous conduit au salut.

Mais dans le psaume 17, il y a cette acclamation au Rocher, qui personnalise la force de Dieu. C’est de ce Rocher que jaillit l’Eau vive dans le désert (Ex 17:1-7), et c’est à ce Rocher que nous nous accrocherons pour rester forts contre l’Ennemi.

En introduction à ce psaume, David rappelle qu’il l’écrivit en action de grâces à Dieu, pour l’avoir arraché à la main vengeresse de Saül. 

Ce n’est pas sans référence à ce Rocher, que Jésus a surnommé Simon Pierre, et que sur cette Pierre il a fondé l’Eglise (Mt 16:18).

Le psalmiste, qui s’attache à la Loi de Dieu, ne se montre pas contraint d’adhérer à cette Loi par la force, contre sa volonté : il aime la Loi de Dieu, qui lui donne la force intérieure de l’âme. 

Cette Loi d’amour n’a pas changé avec le Nouveau Testament. Ce qui était propre à l’Ancien Testament, dans l’attente du Messie, a été porté à accomplissement par Jésus-Christ. C’est ainsi que le Sacerdoce d’Aaron reçut sa pleine maturation dans le Sacerdoce du Christ.

 

*       *       *

 

Dans l’ancienne Alliance, dit l’auteur sacré, un grand nombre de prêtres se sont succédé, qui devaient offrir chaque jour des sacrifices. Nous pourrons objecter : mais les prêtres de l’Eglise catholique, eux aussi, meurent, et doivent être remplacés ; et eux aussi doivent chaque jour célébrer le Saint Sacrifice de la Messe.

Tous ces sacrifices sont de nature différente. Dans l’ancienne Alliance, il fallait offrir un sacrifice nouveau pour chaque occasion, pour chaque péché, pour chaque impureté ; il fallait une quantité de prêtres pour offrir tant de sacrifices, c’était toute une tribu, la tribu sacerdotale de Levi, sans territoire précis en Israël, mais présente en plusieurs villes, et qui était exclusivement attachée au service du Temple.

Le Sacrifice de Jésus, en revanche, est unique, et définitif. Jésus, victime parfaite et sans tache, s’est offert une fois pour toutes sur la Croix. Ce Sacrifice marque la victoire totale sur le péché de toute l’humanité. Quand les prêtres offrent le Sacrifice de la Messe, ils répètent, mystérieusement mais réellement, ce même et unique Sacrifice, qui retombe en grâces sur chacun de nous, permettant ainsi aux fidèles, à leur tour, de recevoir l’Eucharistie en nourriture.

Quand un prêtre ne célèbre pas la sainte Messe, quelle qu’en soit la raison - car les prêtres aussi ont le droit d’être malades ou fatigués, parfois même à bout de forces… -, il ne retire rien au Sacrifice unique du Christ ; certes, il prive lui-même et les fidèles de grâces intérieures précieuses, auxquelles cependant l’Eglise rappelle qu’ils peuvent suppléer par une «communion de désir», en s’unissant aux autres Messes qui se célèbrent ailleurs dans le monde entier et en appelant de tout leur cœur la présence de Dieu en eux.

L’Eglise a besoin de prêtres, de nombreux prêtres ! Il y en a beaucoup dans les pays dits du Tiers-Monde, et il en vient souvent dans nos régions. Notre société occidentale a besoin de se réveiller, d’aimer Dieu de tout son cœur, pour que nombreux soient ceux qui acceptent de répondre à l’appel de Dieu, de se consacrer à Lui pour annoncer l’Evangile et célébrer les Sacrements.

 

*       *       *

 

Le scribe qui s’est adressé à Jésus fait une remarque que nous ne devons pas oublier : tous les sacrifices du Temple demeureront peu de choses, s’il n’y a pas d’abord, et avant tout, l’amour de Dieu et du prochain. Ce scribe avait compris que les choses extérieures sont trop facilement rituelles et mécaniques, s’il n’y a pas au-dedans de nous une vraie vie spirituelle, une vraie écoute de Dieu, une vraie disposition du cœur à appliquer la Parole divine.

Beaucoup de chrétiens reprochent aux fidèles de ne pas être cohérents entre leur pratique à l’Eglise et leur vie de chaque jour… Mais personne ne les empêche, eux, de donner le bon exemple, en accordant leur vie à l’Evangile ; grâce à eux, nos églises se rempliraient à nouveau de chrétiens authentiques, exemplaires, fervents, et nos célébrations y gagneraient !

Il reste que Jésus ajoute encore une réflexion : Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Le bon scribe avait déjà beaucoup cheminé intérieurement, son cœur aimait la Vérité, il lui restait à adhérer au Christ, à Le reconnaître comme le Messie, contrairement aux autres scribes qui ne cessaient de critiquer Jésus. Peut-être l’a-t-il fait : seul Dieu le sait.

Et nous ? Où en sommes-nous ? Sommes-nous comme ce scribe anonyme ? Aimons-nous Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes ? Les sacrements que nous demandons, baptême, communion, mariage, sont-ils vraiment des démarches chrétiennes, ou seulement l’occasion de faire de belles photographies ? 

 

*       *       *

 

Que nous manque-t-il ? Qu’est-ce qui entrave notre route ? Nous manque-t-il de l’élan, de la force, de la persévérance ? Relisons la Prière du jour, et disons-la avec conviction : 

Accorde-nous de progresser sans que rien nous arrête.

Et quelle sera notre force ? Nous le disons dans la dernière Prière : fortifiés par tes sacrements, par l’Eucharistie.

Béni soit Jésus au Très Saint Sacrement de l’autel !

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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 13:49

María del Tránsito Eugenia des Douleurs Cabanillas Sánchez
1821-1885

María del Tránsito Eugenia des Douleurs naquit le 15 août 1821 à Santa Leocadia, l’actuelle Villa Carlos Paz près de Córdoba (Argentine). C’est en souvenir du jour de sa naissance qu’on lui a donné le nom de Marie, complété par celui de Tránsito, ce “passage” étant celui de la mort à la gloire du ciel, que fit Marie en son Assomption. Dans les pays de langue espagnole, il est fréquent que les filles portent le nom de Asunción, en italien Assunta, ce qui en revanche ne se traduit pas facilement en français.
Le papa, Felipe Cabanillas Toranzo, descendait d’une famille de Valencia (Espagne), émigrée en Amérique dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, où elle fit une certaine fortune, mais surtout où elle donna l’exemple d’une vie profondément chrétienne.
En 1816, Felipe épousa Francisca Antonia Luján Sánchez, d’où naquirent onze enfants : trois moururent tout petits, quatre se marièrent, les quatre autres furent consacrés, l’un prêtre, les trois autres religieuses.
La nôtre, María, était la troisième. Elle fut baptisée en janvier 1822 ; c’est ce jour qu’on lui donna, comme on l’a dit plus haut, les noms de María du Tránsito, c’est-à-dire Marie (de l’) Assomption, auquel on ajouta aussi celui d’Eugenia des Douleurs. Elle reçut la confirmation en 1836, assez tard pour l’époque, mais c’était dû à l’éloignement du centre diocésain.
L’enfance de María se passe à Punilla, à Río Segundo.
La ville de Córdoba était déjà héritière d’une riche activité intellectuelle : une université du XVIIe siècle, fondée par l’évêque Fernando Trejo y Sanabria, les collèges Sainte-Catherine et Sainte-Thérèse. María les fréquente à partir de 1840, en même temps qu’elle s’occupe de son jeune frère au séminaire Notre-Dame de Lorette.
1850 : Felipe meurt. La maman accueille sous son toit cinq autres cousines orphelines. Toute la famille s’installe à Córdoba, près de l’église Saint-Roch. María participe intensément à l’Eucharistie, à la catéchèse, aux œuvres de miséricorde, avec sa sœur Rosario. 
La vie sociale n’est pas facile ; les luttes fratricides agitent les esprits ; le libéralisme anticlérical sévit ; María s’insère dans les Conférences S.Vincent de Paul et s’efforce d’apporter partout où elle peut la douceur, la bonté de cœur, l’ouverture de soi à toutes les nécessités, en particulier lors de l’épidémie de choléra qui fera quatre-mille morts en 1867.
1853 : elle a la joie d’assister à l’ordination sacerdotale de son frère.
1858 : décès de la maman, Francisca. María entre dans le tiers-ordre franciscain. Son directeur spirituel, Buenaventura Rizo Patrón est le futur évêque de Salta. 
En 1859, elle fait le vœu de virginité perpétuelle ; elle songe à fonder un Institut pour l’instruction chrétienne des enfants pauvres et abandonnés.
En 1873, elle fait un essai chez les Carmélites de Buenos Aires, mais sa santé ne résiste pas et elle doit en sortir l’année suivante. Elle essaie alors chez les Visitandines de Montevideo, mais de nouveau tombe malade.
Soutenue par des pères franciscains, elle met en œuvre son projet le 8 décembre 1878, avec deux autres compagnes, Teresa Fronteras et Brígida Moyano : c’est le début de la Congrégation des Sœurs Tertiaires Missionnaires Franciscaines d’Argentine.
Les trois font leur consécration le 2 février 1879. A la fin du mois, María demande l’agrégation de son institut à l’Ordre franciscain. C’est probablement à cette date qu’elle complète son nom de religieuse avec “Jésus au Saint-Sacrement” (Jesús Sacramentado).
Ainsi ce nouvel institut avait la vocation de propager un esprit franciscain de paix, d’amour et de miséricorde, pour faire face au laïcisme envahissant qui menaçait la jeunesse.
Les vocations affluèrent en peu de temps, au point qu’on dut ouvrir trois autres maisons du vivant de la Fondatrice : à San Vicente, à Río Cuarto et à Villa Nueva.
María dirigeait tout ce monde avec prudence, sagesse, patience, force d’âme, dans un esprit de générosité, de pénitence et de mortification, avec totale confiance à la divine Providence, qui d’ailleurs lui répondait de façon étonnamment surprenante.
La sainteté de María était tout intérieure, discrète, humble, effacée, obéissante, donnant l’exemple de l’oubli total de soi pour se donner aux autres.
Les activités des Sœurs se développent dans les écoles, les collèges, les lycées, les hôpitaux, les maisons de retraite…
María s’éteignit à ce monde le 25 août 1885.
Une guérison inexpliquée, miraculeuse, attribuée à l’intercession de María aboutit à sa béatification, en 2002.
Le Martyrologe la mentionne au 25 août.

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 23:00

Jacques Burin
1756-1794

Né le 6 janvier 1756 à Champfleur (Sarthe), Jacques fut vacher et resta illettré jusqu’à l’âge de douze ans.
Au Petit séminaire il rattrappa vite son retard, passa au Grand séminaire du Mans, et fut ordonné prêtre le 23 septembre 1779 ou 1780.
D’abord vicaire à Lammay, il était devenu, en 1786 ou 1787, curé de Saint-Martin-de-Connée.
Dans cette campagne très pauvre, il distribuait ce qu’il avait pour nourrir et soutenir les habitants. C’est lui qu’ils choisirent comme représentant du peuple en 1789.
Le 20 février 1791, il avait prêté le serment réclamé, en réservant les droits du pape ; quand il eut connaissance de la condamnation de la Constitution civile du clergé par le pape Pie VI, la réserve qu’il avait posée ne lui sembla pas suffisante, et, pour éviter le scandale, il lut publiquement, le 12 juin 1791, le document pontifical.
Cet acte courageux lui valut d’être arrêté ; il fut emmené à pied enchaîné à la prison Sainte-Suzanne le 13 juillet suivant, fut transféré dans les  prisons de Laval, ramené à Sainte-Suzanne… et libéré grâce à une intervention des Chouans.
Il se réfugia alors au hameau de Coffrard, à Saint-Georges-sur-Erve ; pour pouvoir continuer à exercer son ministère, il se fit passer pour un marchand de fil, sous le nom de M. Sébastien.
Il rayonnait sur plusieurs paroisses, dont Saint-Martin-de-Connée, allant de refuge en refuge, dans des familles sûres.
Il ne pouvait cependant rester inconnu des révolutionnaires. Un jour de 1794, les filles d’un certain Lemaire de Courcité lui firent dire qu’elles voulaient le rencontrer. Mais c’était un traquenard. Ses amis lui conseillèrent de ne pas répondre, il crut de son devoir de ne pas éloigner des pécheurs qui pouvaient se repentir et fit répondre qu’il serait, le 17 octobre au Petit-Coudray à Champgenêteux. Quand il arriva, le fermier Rouland, conscient du danger, l’invita à se rendre dans une cachette. Il n’y alla pas. Les Gardes nationaux d’Evron cernèrent la maison ; Terre, ancien chantre d’Evron, qui guettait, l’aperçut et lui tira un coup de fusil, sans peut-être le reconnaître ; sa joie éclata quand, en le dépouillant, il trouva son calice et reconnut qu’il avait tué un prêtre.
Il jeta son corps sur le fumier. Il ne fut enterré, clandestinement, que trois jours plus tard, près de la ferme où il avait trouvé la mort, le 17 octobre 1794.
Jacques Burin fut béatifié en 1955.

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 23:00

30e dimanche per annum - B

 

Le passage du prophète Jérémie se trouve dans le Livre de la Consolation du même Prophète (30-31). Jérémie a dû le rédiger vers 622 avant Jésus-Christ. Depuis un siècle que des Juifs avaient été déportés à Babylone, on vivait en Israël loin de Dieu, on adorait des dieux païens jusque dans le Temple. Et voilà que sous le roi Josias, on retrouva le texte de la Loi, qu’on avait complètement oublié et égaré. Le roi Josias avait alors provoqué une profonde réforme religieuse. Allait-on voir revenir les exilés ?

Le retour ne sera pas immédiat ; trois autres déportations vont encore frapper les Juifs et le Temple sera détruit (587). Ce ne sera qu’en 538 que Cyrus proclamera la libération des Juifs et leur retour en terre d’Israël : presque deux siècles d’oppression, d’exil, loin de la Terre promise, loin de Jérusalem.

Jérémie, qui avait annoncé cette longue période d’affliction (ch. 29), ajoute maintenant cette consolation : l’épreuve prendra fin, Dieu sauvera son peuple, car Il l’aime encore. Lui-même ramènera les exilés, Juda et Israël seront rassemblés.

On comprend le motif de cette joie exubérante : Poussez des cris de joie !

L’aveugle et le boîteux qui reviennent sont en même temps tous ceux qui, enfin, voient la Lumière et marchent dans le droit chemin. Ce verset peut évoquer la phrase du Christ faisant répondre à Jean-Baptiste : Rapportez à Jean-Baptiste… : les aveugles voient, les boiteux marchent… (Lc 7:22). La femme enceinte et la jeune accouchée font ici allusion à la Vie qui continue malgré toutes les épreuves.

Plutôt que les eaux courantes auxquelles Dieu va conduire cette foule en liesse, il faudrait lire le texte original qui dit : des torrents d’eau, non pas des torrents dangereux et redoutables, mais emplis de cette eau vivifiante qui sera présente sans cesse, abondante, pour le rafraîchissement, pour la purification. Par opposition aux eaux stagnantes qui engendrent la pourriture, l’eau qui coule en abondance évoque le renouvellement. C’est toute une symbolique de Vie qui s’exprime ici.

*       *       *

Le psaume 125, un de ceux que répétaient les Juifs en montant vers le Temple de Jérusalem, évoque ce retour heureux, après la douleur de l'éloignement, après l’épreuve et la punition que le peuple juif s’était attirées par son idolâtrie.

De la même façon que ce peuple se sentait puni par Dieu, de même maintenant il remercie Dieu pour la joie qu’il reçoit. On pourrait rapprocher ce chant d’action de grâce du cantique de Marie qui, dans son Magnificat, remercie Dieu d’avoir jeté les yeux sur son humble servante (Lc 1:48).

Le psalmiste souligne qu’on le répète parmi les nations, car ces événements n’étaient pas inconnus, les bruits circulaient, on connaissait quel était ce peuple choisi par Dieu, libéré de l’Egypte au milieu de grands signes, tantôt puni, tantôt pardonné. Ici encore, on pourrait rapprocher ce verset du cantique de Marie annonçant que désormais toutes les générations (la) diront bienheureuse (Lc 1:48).

On retrouve ici les torrents, qui inondent brusquement le désert du Negeb, presque toujours sec.

Pour le peuple d’Israël, le chant de ce psaume évoqua peu à peu, au-delà du retour historique à Jérusalem,  l’ère messianique, l’avènement du Sauveur, avec Son règne de paix. Jérusalem signifie vision de paix.

 

*       *       *

 

L'auteur de l'épître – saint Paul ou un de ses plus fidèles disciples – présente la mission du grand-prêtre, qui est d'offrir des sacrifices pour les péchés, à commencer par ses propres péchés. Le grand-prêtre est le pontife (pontem facere) qui «fait le pont» entre Dieu et les hommes. Mais Jésus n’a pas de péchés à expier, c’est ce qui rend son sacrifice si parfait.

La deuxième antienne de communion nous rappelle que le Christ s'est livré pour nous en offrant à Dieu le seul sacrifice qui soit digne de lui (Eph 5:2). 

Cette mission sacrificielle ne vient que de Dieu. Aaron l'a reçue par une onction spéciale, mais pour un temps seulement, tandis que bien avant lui, Melchisédech l'a reçue par un appel tout spécial de Dieu, et non par quelque héritage humain. La même épître aux Hébreux rappelle que : Melchisédech, qui est sans père, sans mère, sans généalogie, dont les jours n’ont pas de commencement et dont la vie n’a pas de fin, qui est assimilé au Fils de Dieu, ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours (He 7:1,3). 

Ce sacerdoce visible était une manifestation du sacerdoce de Jésus-Christ : Jésus est prêtre parce qu'il est d'abord Fils de Dieu, selon une génération divine et éternelle, non humaine. Dieu lui dit en effet - l’épître cite un autre psaume : Tu es mon fils, c’est moi qui, aujourd’hui, t’ai engendré (Ps 2:7). «Aujourd’hui» exprime ici une éternité toujours présente : le Fils est l’éternel Engendré. Cette éternité se retrouve aussi dans le passé de je t’ai engendré ; en grec, cette formule exprime le résultat durable d’une action désormais accomplie une fois pour toutes. La génération éternelle du Fils de Dieu en fait en même temps LE prêtre éternel.

Que de fois lisons-nous ce verset du psaume 109 : Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. Pour l'éternité ! Tandis qu’Aaron et tous les prêtres d'Israël ont été chargés de cette mission durant et seulement durant leur vie, Jésus demeure prêtre éternellement ; à sa suite, et par le sacrement qu’il a confié à l’Eglise, tous les prêtres de l'Eglise reçoivent l'onction du sacerdoce pour l'éternité.

Quelle grandeur est ainsi liée au sacerdoce ! Même les prêtres, parfois, l’oublient, mais ils ne perdront jamais cette onction sacramentelle qui leur donne comme un nouveau caractère.

 

*       *       *

 

Jérémie nous a parlé de l’aveugle. En voici un, sur la route de Jésus.

Plein de foi, il appelle le Prêtre, Jésus ; il l'implore d'avoir pitié de lui. 

On pourrait remarquer deux aspects dans la psychologie de cet aveugle. D'un côté, sa foi réelle, à laquelle Jésus répond par un miracle, car c'est sa foi qui l'a sauvé. D'un autre côté, quelque chose qui, dans son âme, lui faisait sentir le besoin d'une lumière intérieure, pour sortir des ténèbres du monde où il se sentait prisonnier ; n’était-il pas un aveugle fictif, qui feignait la maladie pour toucher le cœur des passants ? 

Le texte dit qu’il bondit et courut vers Jésus, avant même sa guérison ; c’est donc qu'il y voyait suffisamment ! De faux aveugles, il y en a et il y en aura ; mais il en est qui sentent leur maladie intérieure et qui demandent à en être libérés ; pensons et convainquons-nous que nous sommes tous des aveugles.

Jésus nous apporte la lumière. Comme au moment de la création du monde, Dieu dit tout d'abord : Que la lumière soit (Gn 1:3), ensuite viennent les autres éléments de la création - le soleil et la lune seulement au quatrième jour. Cette lumière n’est pas encore la «vraie» lumière ! La vraie lumière est celle dont l'évangéliste Jean parle au début de son évangile : (Jésus) était la vraie lumière, qui illumine tout homme qui vient au monde (Jn 1:9). 

Il ne s’agit plus ici d’une lumière qui nous fait distinguer un objet d’un autre objet. Jésus illumine notre âme par la Vie qu’Il nous donne dans les Sacrements.

Il n’est pas question ici de mettre en doute le miracle de la guérison de cet aveugle. S’il était vraiment aveugle, le Christ lui a rendu la vue ; mais s’il était seulement aveugle dans son âme, ce qui est bien plus grave, Jésus lui a rendu la vue spirituelle, pour contempler la Vérité et la proclamer. Il y a une cécité intérieure qui nous frappe sans cesse, et dont nous devons sentir l’impérieux besoin d’être délivrés par la grâce divine.

A ce monde qui est tout entier plongé dans le mal (1 Jn 5:19), Jésus apporte la Lumière, le Salut. 

*       *       *

 

Qu'éclate alors notre action de grâces personnelle, avec l'antienne de communion : Joyeux d'être sauvés, nous acclamons le nom de notre Dieu

Toute personne qui reçoit l’absolution du prêtre, sent en soi cette libération, cette légèreté intérieure qui la réjouit.

A la suite du peuple juif qui se convertit de l’idolâtrie et retourna au seul vrai Dieu, à la suite de l’aveugle qui fut inondé de la vraie Lumière, demandons dans notre cœur la grâce de servir Dieu d’un cœur sans partage.

Demandons à Dieu de susciter beaucoup de vocations sacerdotales, beaucoup de saints prêtres selon l'ordre de Melchisédech.

 
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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 23:00

Géraud d’Aurillac

850-909

Le seigneur Géraud d'Aurillac et son épouse Adaltrude, probables parents des Carolingiens,  avaient dans leurs ascendants saint Césaire d’Arles et saint Yrieix (v. 27 et 25 août).
Dès avant la naissance de Géraud, son père avait vu en songe un grand arbre sortir de son pied droit ; peu de jours avant la naissance, les parents entendirent dans le sein de la mère la voix de leur enfant qui, plus tard, devait si souvent louer la Sainte Trinité.
Comme son père, Géraud était comte. Il apprit le métier des armes, la chasse, mais se révéla de santé médiocre ; il fut même un moment couvert de boutons qu’on ne parvenait pas à guérir ; Géraud se perfectionna intellectuellement : grammaire, musique, Ecriture, droit, au point qu’il étonnait les clercs qui passaient à la maison.
Il se trouva à la tête d’un immense domaine à la mort de ses parents, qu’il voulut administrer avec une sainte sagesse, dans un esprit évangélique.
Il songea bientôt à épouser une très jolie jeune fille qu’il avait rencontrée ; mais en voulant aller rendre visite à ses parents, il ne la reconnut pas, Dieu lui permettant de remarquer en elle des défauts inaperçus précédemment ; en «punition» de sa précipitation, Dieu le rendit aveugle pendant une année. Mais Géraud ne voulait pas laisser cette demoiselle et sa famille dans la nécessité : il accorda à la jeune fille une dot pour qu’elle pût se marier honorablement. Plus tard, le duc d’Aquitaine lui proposa sa fille, mais Géraud déclina l’offre pour conserver sa chasteté.
Géraud organisa sa vie sous le regard de Dieu : il vivait et s’habillait simplement ; il étudiait beaucoup ; il prenait comme serviteurs des laïques honnêtes ainsi que des clercs renommés, avec lesquels il priait chaque jour l’office divin et assistait à la messe ; il prenait un repas par jour, s’abstenait de viande trois fois par semaine, jeûnait souvent, entendait une bonne lecture avant et après le repas, dont il discutait ensuite avec son entourage.
Il se rendit sept fois en pèlerinage à Rome, distribuant sur son passage de larges aumônes à droite et à gauche, au point qu’on l’attendait là ou il passerait : le Mont-Joux, Aoste, Pavie, Plaisance, Lucques, Sutri…
Géraud administrait son domaine très sagement, mais aussi très efficacement, visiblement aidé par la grâce de Dieu. Un jour que ses subordonnés crurent qu’il les laisseraient piller ses terres, il essaya d’abord tous les moyens pacifiques pour les contraindre, en vain, et se décida à prendre les armes ; mais il ordonna à ses soldats de tenir leurs épées à l’envers : les hommes obéirent, à contre-cœur, comme on peut l’imaginer, mais remportèrent si vite la victoire, qu’ils comprirent que c’était Dieu qui combattait avec eux.
Le comte de Turenne se blessa lui-même avec son épée et rentra honteux. Le comte Adémar voulut le surprendre de nuit quand il dormait dans un pré, mais ne put le trouver ; Adémar occupa un de ses châteaux mais, quand il voulut attaquer Géraud, ses hommes crurent voir en face d’eux des tentes innombrables et se rendirent : Géraud les laissa partir. Le frère d’Adémar voulut prendre Aurillac tandis que Géraud assistait à la Messe : il ne put voler que sept chevaux et en perdit plus de soixante sur son retour, et mourut deux semaines plus tard, pendant qu’une tempête arrachait le toit de sa demeure.
Devant prendre les armes contre un petit seigneur brigand, un certain Arlaldus, Géraud réussit à s’en saisir sans le blesser et se contenta de lui dire : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation.
Le dimanche, Géraud présidait le plaid, assemblée de justice aux jugements sans appel ; s’il ne pouvait empêcher parfois une peine de mort, il n’hésitait pas à favoriser une évasion pour un délit mineur : il envoya deux malfaiteurs, condamnés à mort, chercher dans la forêt des lianes et leur ordonna de les rapporter pour se faire pendre ; ils ne revinrent jamais, d’autant plus qu’il n'y avait pas de lianes dans la forêt.
Frappé un jour de voir une pauvre paysanne pousser la charrue, parce que son mari était fort malade, il lui donna de quoi embaucher des domestiques pour l’aider ; rencontrant près de Rome un Berrichon malade et abandonné de ses compagnons de pèlerinage, il lui donna l’argent nécessaire pour se soigner et achever son voyage.
Géraud n’allait pas aux réunions bruyantes de seigneurs, préférant faire des pèlerinages aux tombeaux de saint Martial ou de saint Martin.
Toute sa vie fut ainsi une succession d’actes de générosité. Sa justice était véritablement évangélique. Il savait défendre son droit, mais aussi pardonner. Géraud ne chercha jamais à étendre son domaine, se contentant d’y faire régner la justice. Il pardonnait volontiers des injustices, des erreurs, des révoltes même.

Son grand désir aurait été de tout donner à l’Eglise et de devenir moine, mais l’évêque l’en dissuada. Géraud obtint tout de même d’être tonsuré comme les clercs, et ne se vêtit que comme eux.
Il faut rappeler ici que la tonsure de l’époque, comme on le voit sur toutes les miniatures, ne laissait sur la tête qu’une couronne de cheveux, rappelant ainsi la couronne d’épines du Christ ; c’était le signe de l’appartenance au clergé. Mais Géraud, d’une part, était déjà partiellement chauve, et de plus portait habituellement sa coiffe de comte, pour dissimuler discrètement cette tonsure. S’il devait paraître en public avec son épée, il la faisait porter devant lui pour ne pas la porter lui-même.
C’est Géraud qui est à l’origine de l’abbaye d’Aurillac (890 environ), qui grandit vite et fut consacrée en 962 ; elle obtint du roi un diplôme d’immunité daté 899, et fut donnée à Saint Pierre, de sorte qu’elle était absolument exempte de toute autorité laïque ou religieuse. Elle était dotée de revenus suffisants pour nourrir les moines. La première église s’écroula ; c’est la deuxième qui fut dédiée à saint Pierre. C’est là que fut formé un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. L’abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1569.
Il y eut beaucoup de miracles déjà du vivant du saint comte ; on savait que l’eau dont Géraud se lavait les mains, faisait des guérisons, d’un boîteux ici, d’un enfant aveugle là ; il semble que les miracles de Géraud aient intéressé particulièrement les aveugles, en France ou en Italie. Gêné par cette renommée, il cherchait à faire des miracles «en secret» (!), rien à faire, on criait même Saint Géraud, saint Géraud !
Géraud apprit mystérieusement en Italie qu’un ami moine était mort et fit prier pour lui ; on remarqua qu’en effet le moine était mort au moment où Géraud faisait prier pour lui.
Géraud perdit définitivement la vue pendant les sept dernières années de sa vie, et passa son temps à entendre de saintes lectures.
En septembre 909, Géraud dicta son testament, léguant la quasi totalité de ses domaines à l’abbaye d’Aurillac, rendant la liberté à cent serfs (le maximum fixé par la loi).
Il tomba malade à Saint-Cirgues (Lot), récita encore l’office le vendredi 13 octobre, dit encore Subvenite, sancti Dei (Venez, vous les saints de Dieu), et put recevoir l’Eucharistie.
Un clerc de Rodez eut la vision de saint Pierre, saint André, saint Paul et saint Martial, qui disaient : Il a pu faire le mal et ne l’a pas fait, et accompagnaient Géraud jusqu’au Ciel au chant du Te Deum. Sept années après cette pieuse mort, un clerc limousin demanda aux moines si le sarcophage continuait à s’élever ;  les moines furent bien surpris, en l’examinant, qu’il n’était plus enterré que jusqu’au couvercle, et que le prodige continuait encore.
Le comte Raymond de Toulouse s’obstinait à garder prisonnier le neveu de Géraud ; celui-ci apparut auprès du lit de Raymond et le menaça des pires châtiments : Raymond implora son pardon et relâcha le prisonnier.
Les miracles continuèrent après la mort de Géraud. Aurillac devint célèbre, les bâtiments insuffisants. Une nouvelle église fut consacrée en 962. De cette abbaye sortit un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. Un des abbés fut Odon, plus tard abbé de Cluny, et auteur de la première biographie de Géraud.
En 1569, les calvinistes détruisirent entièrement l’abbaye, brûlant tous les parchemins, les archives, les meubles ; l’église fut reconstruite plusieurs fois.
Géraud reste un exemple exceptionnel de «sainteté laïque» : il n’était ni prêtre, ni ermite, encore moins martyr ; il fut un saint homme, au sens propre du mot.
Saint Géraud est le patron de la Haute Auvergne.
Son culte s’est vite répandu, d’abord dans l’ordre de Cluny, puis dans toute l’Eglise. La fête de saint Géraud est au 13 octobre.

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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 23:00

Thomas Bullaker
1604-1642

Thomas Bullaker était né vers 1604 à Chichester (Angleterre).
Il était le fils unique d’un honnête médecin. Ses bons parents étaient tous deux de fervents Catholiques.
Thomas grandit dans l’innocence et la piété ; très tôt il fut envoyé au Collège anglais de Saint-Omer et, de là, à Valladolid, pour les études et la formation en vue du sacerdoce. Toujours en Espagne, Thomas réfléchit longuement et trouva sa voie dans l’Ordre franciscain, dont il reçut l’habit à Abrojo, non loin de Valladolid. Ce couvent fut aussi appelé Scala Cæli (échelle du Ciel), depuis qu’un de ses Supérieurs avait vu plusieurs fois saint François lui apparaître en signe de son contentement pour cette sainte maison.
En 1628, Thomas fut ordonné prêtre.
Parti pour l’Angleterre, il arriva à Plymouth, mais fut immédiatement arrêté et jeté en prison. On lui fit endurer de très pénibles épreuves pendant deux semaines et on le libéra.
Par disposition du Provincial franciscain, Thomas travailla alors parmi les Catholiques pauvres de Londres ; il le fit avec beaucoup de zèle et de piété, et pendant douze années environ.
Le 11 septembre 1642, le père Thomas fut arrêté pendant qu’il célébrait la Messe chez de pieux bienfaiteurs. C’est de lui-même qu’on a un récit de son arrestation et de son jugement.
Il fut condamné à être tiré sur un brancard jusqu’à Tyburn, pour y être pendu, remis à terre encore vivant, écartelé et décapité : hanged, cut down alive, quartered and beheaded.
Sur le chemin de la prison à la potence, un autre franciscain, Arthur Bell, lui aurait demandé : Frère, j’ai fait la profession avant toi. D’où vient-il que maintenant tu aies la priorité sur moi ? Et Thomas de lui répondre : C’est la volonté de Dieu. Mais tu vas bientôt me rejoindre. Arthur se souvint de la prédiction, quand il subit le martyre, un an plus tard, le 11 décembre 1643.
Thomas Bullaker subit le martyre à Tyburn le 12 octobre 1642 et fut béatifié en 1987.

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 23:00

29e dimanche per annum - B

 

 

Récemment (au 24e dimanche), nous avons entendu Jésus annoncer à ses apôtres qu’il devait souffrir, avant de ressusciter, et nous avons entendu Pierre protester, et se faire remettre en place sévèrement par son Maître.

Aujourd’hui, donc, nous lisons dans la première lecture cette prophétie extraite du chapitre 53 d'Isaïe, où le prophète annonce la passion du Sauveur ; c'est le quatrième chant du Serviteur de Yahvé, qui illustre plusieurs siècles à l'avance quelles seront les souffrances du Christ, et aussi sa victoire : A cause de ses souffrances, il verra la Lumière, c’est-à-dire : il ressuscitera.

Pierre ne pouvait l’ignorer, mais il n’avait pas fait le rapprochement entre ce Serviteur et le Messie Jésus, ou bien avait pensé qu’il s’agissait d’une sorte d’histoire pieuse, d’un «genre littéraire». 

L’homme n’aime pas la souffrance. Cette réaction toute spontanée prouve que notre être intime conserve la mémoire de la créature parfaite qui ne devait pas souffrir, tels qu’étaient Adam et Eve avant leur péché.

Mais Dieu avait besoin d’un sacrifice total, parfait, pour «refaire» la création. Cette perfection, seul Dieu pouvait la connaître, et c’est pourquoi en la Personne de Jésus ont été réunies et la divinité et l’humanité. Homme parfait, Jésus offrit à Dieu le Père un sacrifice parfait.

Jésus à vraiment fait de sa vie un sacrifice d’expiation. Vraiment à cause de ses souffrances, il sera comblé. Réellement, parce qu’il a connu la souffrance, le juste justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés.

Jésus est l’Agneau de Dieu, qui porte (enlève) le péché du monde, avait dit Jean-Baptiste (Jn 1:29). Et parce qu’il enlève nos péchés, il nous donne l’accès à la justification, à la sainteté, à la vie éternelle.

*       *       *

Les trois strophes de psaume que nous avons à méditer sont tirées des neuf strophes du psaume 32, un bel hymne à la Providence, un chant à la Miséricorde et à l’Amour de Dieu.

Quand notre pensée se désespère à l’écoute des nouvelles des guerres, des attentats, des morts, regardons vers Dieu, qui est au-dessus de nous et qui voit tout. Il sait ce que font les hommes, il connaît les épreuves de chacun, il ne prive personne de Sa grâce : la terre est remplie de son amour.

Jésus, Dieu incarné et visible, a connu ces épreuves, il les a assumées comme personne ne pourrait le faire, jusqu’à connaître la mort. Seul un Dieu peut nous délivrer de la mort, comme l’a démontré Jésus par sa Résurrection, de même qu’il avait ressuscité le jeune homme de Naïm (Lc 7:11-17) et Lazare (Jn 11) .

*       *       *

Continuant la Lettre aux Hébreux, que nous poursuivrons jusqu’à la fin de l’année liturgique, nous y relisons comment son auteur rappelle aux Hébreux persécutés combien le Prêtre Jésus est le prêtre parfait, parce qu’il est, comme on l’a dit plus haut, Homme et Dieu.

Parfaitement Homme, Jésus sait partager nos faiblesses (ormis le péché, bien sûr). C’est plus qu’une compassion, si généreuse soit-elle, telle que l’ont démontrée tant de Saints au service des malades. Jésus s’est mis à notre place.

Pour recevoir la grâce de son secours, nous ne devons pas craindre de la demander à Dieu, de la désirer, de l’accueillir vraiment.

Est-ce que nous cherchons à nous imprégner de la Parole de Dieu, dans l’Ecriture ? Est-ce que nous nous efforçons de recevoir le Corps du Christ dignement, et souvent ?

N’avons-nous pas souvent remis : oui, je vais le faire…

*       *       *

On a souvent parlé de l'impétuosité de l'apôtre Pierre, de sa précipitation parfois naïve. Aujourd'hui, un épisode du même chapitre 10 de Marc nous amène à découvrir un autre genre de naïveté : Jésus venait de parler à ses Apôtres de leur «récompense» au ciel après qu'ils auront tout laissé pour Le suivre. 

Voilà donc les deux frères, Jacques et Jean, qui viennent demander une «faveur» pour ce Royaume futur, nous dirions «une promotion»... 

En Matthieu (Mt 20:20) c'est leur maman qui intervient. Le détail pourrait être sans importance, mais on observera qu'à cette occasion au moins, les deux apôtres Jacques et Jean n'ont pas encore vraiment laissé leur mère et leur famille pour suivre Jésus. Ni eux ni leur mère n'ont compris qu'ils devaient abandonner toute ambition terrestre.

Jésus reste patient avec eux et ne leur reproche pas leur erreur. Il les exhorte seulement, par sa question, à désirer plus ardemment partager avec lui la coupe qu'il doit boire

Mais inévitablement, les autres apôtres ne manquent pas, à leur tour, de céder à une réaction bien humaine aussi : ils s'indignent contre les deux «ambitieux». Oh ! Comme il est difficile, même entre amis, d'avoir toujours des sentiments détachés, libres de toute considération humaine, pour ne vivre que dans la charité fraternelle, humble et désintéressée !

Observons comment le Maître de la Vérité profite de l'occasion pour donner à tous, et à nous bien sûr, ne l’oublions pas, un enseignement qui est en même temps une prophétie : pour être le premier, il faut se faire le dernier, l'esclave de tous, comme le fera justement Jésus en acceptant de se livrer aux mains de ses ennemis, pour servir et non pour être servi.

Ne jugeons pas les Apôtres pour leurs petites sautes d'humeur ; pensons aux nôtres ! Et voyons comment chacun d'eux a su petit à petit faire un chemin vers la perfection, jusqu'à l'immolation totale pour la Vérité, pour l'amour de Dieu, en pardonnant totalement à ceux qui les maltraitaient, à l'image du Maître. 

Ainsi Pierre qui, condamné à la croix, demanda d'être immolé la tête en bas, se jugeant indigne de mourir comme son Maître ; ainsi Jacques, qui sera décapité à Jérusalem ; ainsi Jean qui, s'il n'est pas mort martyr, subit beaucoup de souffrances de la part de l'empereur païen qui l'exila à Patmos (la Tradition raconte qu'à Rome Jean aurait été précipité dans un chaudron d'huile bouillante, dont il serait sorti indemne, ce qui lui valut l'exil) ; Barthélemy fut écorché vif, de la tête aux pieds ; André fut crucifié sur la croix en X...

C'est aussi ce qu'on lit à propos des Martyrs des périodes récentes, au Japon, en Angleterre, en Corée, en Chine, au Mexique, en Espagne : torturés, ils priaient pour leurs ennemis, en leur pardonnant. 

Citons ce cas récent, du diacre espagnol Juan Duarte Martín, béatifié en 2007. Il avait déjà subi différentes tortures et fut horriblement mutilé en prison ; amené au lieu de son exécution, on lui ouvrit le thorax à coups de hache, on y  versa de l’essence et on y mit le feu. Dans cet état, le jeune diacre (il avait vingt-quatre ans), eut encore la force de dire : Je vous pardonne, et je demande à Dieu de vous pardonner. Vive le Christ Roi ! (15 novembre 1936).

*       *       *

Ces Martyrs nous ont donné l'exemple de servir Dieu sans partage, pour reprendre l'expression de la Prière du jour. 

Certes, le martyre est une grâce que Dieu ne donne pas à tous, mais nous sommes tous appelés à servir Dieu pleinement, en apprenant à être les serviteurs de nos frères.

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