Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 00:00

02 NOVEMBRE

 

- Commémoraison des fidèles Défunts, à propos de laquelle on retiendra ces témoignages :

Tertullien (II.) : "Nous offrons des sacrifices pour les Défunts et pour les martyrs au jour anniversaire de leur mort. La tradition approuve cette pratique, la coutume la confirme et la Foi l'observe". 

s. Jean Chrysostome (IV.) affirme que cette tradition remonte aux temps apostoliques. 

s. Augustin (V.) mentionne l'usage établi par l'Eglise de commémorer tous les Défunts. La date du 2 novembre remonte à Odilon de Cluny.

III.

S Victorinus, évêque à Pettau, auteur de commentaires sur l'Ecriture.

IV.

S Markianos, ermite à Cyr ; il savait donner des leçons avec discrétion, même aux évêques.

S Iustus, martyr à Trieste.

SS Carterios, Agapios, Attikos, Eudoxios, Styriacos, Eustratios, Marinos, Nicopolitianos, Okeanos, Tobia, soldats brûlés vifs, martyrs à Sébaste.

SS Acindynos, Pigasios, Aphthonios, Elpidiphoros, Anempodistos, martyrs en Perse.

S Markianos, ermite à Cyr.

VI.

S Ambroise, abbé à Agaune.

S Domninus, évêque à Vienne.S Vulgan, écossais, compagnon de s. Colomban, venu à Lens.

S Maoc (Mieu), disciple de s. Samson en Bretagne.

VII.

Ste Wenefrid, vierge en Pays de Galles, martyrisée pour avoir voulu conserver sa chasteté ; source miraculeuse et pèlerinage à Treffynnon.

S Georgius, évêque à Vienne.

S Hernin, moine en Bretagne.

S Efflam, sorte de s. Alexis anglais, ermite en Bretagne.

XII.

S Malachie, moine irlandais, évêque à Connor puis Armagh, grand partisan des usages romains ; ami de s. Bernard, fondateur d'un monastère à Mellifont ; la "prophétie de Malachie" est certainement une malheureuse supercherie. 

XVI.

B Giacomo Ungarelli, franciscain à Forlí.

Bse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, aïeule de Henri IV, belle-sœur de Philippa de Gueldre et ancêtre de s. Louis de Gonzague, sainte épouse, mère et veuve ; ses enfants établis, elle se donna aux mortifications (que l'évêque lui fit modérer) et aux bonnes œuvres et fut clarisse à Argentan.

B John Bodey (Body), laïc martyr à Winchester.

XIX.

B Pio de San Luigi Campidelli (1868-1889), passionniste italien, béatifié en 1985.

XX.

B Mateo López y López (1911-1938), prêtre diocésain espagnol, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

Victorinus de Ptuj

250-303

 

Né vers 250, Victorinus naquit peut-être en Grèce, tant il est vrai qu’il s’exprime mieux en grec qu’en latin.

Il fut évêque de Poetovio (act. Ptuj, Slovénie).

S.Jérôme fait allusion à lui de nombreuses fois. C’est surtout par lui qu’on sait que Victorinus a commenté beaucoup de livres de la Sainte Ecriture, mais presque tous ont été perdus. Celui qui nous reste est le commentaire sur l’Apocalypse.

Jérôme écrivit de Victorinus :

Victorin, évêque de Pettau, ne savait pas le latin aussi bien que le grec. Ses œuvres, d’une haute inspiration, semblent médiocrement rédigées.

Comme les évangélistes, il a parlé des frères du Seigneur, mais sans les dire fils de Marie. Cette phrase est importante, car beaucoup de nos contemporains prétendent que Marie eut d’autres enfants que Jésus, du fait qu’on parle des frères du Seigneur (cf. Mt 13:55-56 ; Mc 6:3).

Victorinus a passablement donné dans la mouvance du millénarisme (rêve d’une période de mille ans d’abondance matérielle dont bénéficieraient les justes avant la résurrection finale). C’est pourquoi ses écrits n’ont pas été recensés partout au même titre que ceux d’autres commentateurs.

On ne connaît pas de détails particuliers sur l’apostolat de Victorinus.

Il reçut la grâce du martyre vers 303, peut-être par la décapitation, puisqu’il est parfois représenté avec une épée.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Victorinus de Ptuj au 2 novembre.

 

 

Iustus de Trieste

† 303

 

Pendant la même persécution où mourut Victorinus, mourut aussi Iustus, à Trieste.

Il aurait été condamné par Manaccius à être jeté dans la mer avec des masses de plomb attachées aux pieds et aux mains. Mais les liens s’étant rompus, son corps fut rejeté au rivage ; le Martyr apparut au prêtre Sébastien, qui vint l’ensevelir respectueusement.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Iustus de Trieste au 2 novembre.

 

 

Martyrs de Sébaste

† 310

 

Les dix soldats dont il est question ici, étaient en garnison à Sébaste (act. Sivas, Turquie C)., au temps de l’empereur Licinius.

En voici les noms :

  • Carterios
  • Agapios
  • Eudoxios
  • Styrakios (ou Styriakos)
  • Tobias
  • Atticos
  • Eustratios
  • Marinos
  • Nicopolitianos
  • Okeanos

Pour leur fidélité au Christ, ils furent torturés par leur chef, Marcellus, puis emprisonnés. On les flagella avec des nerfs de bœuf, on leur arracha les dents.

Pendant le supplice, le chef dit à Carterios : C’est toi, et toi seul qui as détourné le peuple de la soumission à l’empereur. Le soldat répondit : Je suis cause, non du soulèvement du peuple contre l’empereur, mais de sa marche vers le Christ, roi immortel.

Comparurent ensuite Styrakios, puis Tobias et Nicopolitianos.

Après divers supplices, ils furent tous brûlés vifs.

Dans le Martyrologe, ne sont nommés que les cinq premiers de notre liste ; les cinq autres sont les compagnons.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Carterios et ses neuf Compagnons au 2 novembre.

 

 

Martyrs de Perse

† 350

 

Sous le roi de Perse Sapor II († 379), périrent une grande quantité de Chrétiens.

On a ici les noms de cinq d’entre eux, qui furent particulièrement célèbres.

  • Akindynos
  • Pigasios
  • Aphthonios
  • Elpidiphoros
  • Anempodistos

Ces cinq hommes étaient des dignitaires de la cour du roi de Perse. Quand la persécution se déclencha, Akindynos, Pigasios et Anempodistos vinrent se réfugier dans une maison particulière, où ils exhortaient d’autres Chrétiens à rester fidèles au Christ.

Arrêtés, ils furent amenés devant le roi pour être interrogés. Comme le roi blasphémait le nom du Christ, il fut frappé de mutisme et de surdité. Les Martyrs le guérirent.

Le roi les fit étendre sur des lits de fer brûlants, puis ordonna de les plonger dans des chaudrons remplis de plomb fondu, mais les Héros n’en eurent aucun mal. C’est alors que se convertit le soldat Aphthonios, qui fut décapité sur place.

On soumit alors les Martyrs à de nouveaux supplices qui, non seulement ne leur firent pas de mal, mais entraînèrent la conversion d’un sénateur, Elpidiphoros. Le récit parle aussi de la conversion de sept mille autres personnes, qui reçurent alors le baptême chrétien et furent tous décapités. Il faut reconnaître qu’on a du mal à comprendre la situation ; peut-être ne s’agissait-il que de sept hommes, qui étaient présents et assistaient aux supplices infligés à nos Héros.

Ceux-ci furent ensuite jetés dans une fosse emplie de bêtes sauvages, qui ne leur firent pas de mal. A la vue de ce prodige, la mère du roi se convertit.

Alors on les décapita tous les trois, avec la mère du roi ainsi que vingt-huit autres Compagnons.

On situe ces événements vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq martyrs et leurs nombreux Compagnons au 2 novembre.

 

 

Markianos de Cyr

† après 381

 

La famille de Markianos était riche, et l’une des premières de Cyr (Osrhoène). Markianos avait une sœur, dont le fils s’appelait Alypios.

Markianos abandonna ce milieu pour se retirer au désert où il édifia une toute petite cellule juste capable de le contenir. Il l’entoura d’une solide barricade délimitant un espace fort restreint, et y passait ses journées à réciter les Psaumes et à lire les Ecritures. Il montrait déjà sa sagesse : sachant qu’un jeûne total prolongé durant plusieurs jours engourdit l’esprit, et que le repas qui le suit ne fait qu’accentuer ce malaise, il se fixa la règle de manger chaque jour, fort peu d’ailleurs : un quart de livre de pain lui suffisait.

Un des disciples de Markianos, Agapitos, devint évêque d’Apamée et y fonda des monastères. Un autre disciple, Eusebios, fut le supérieur - l’abbé - des autres recrues qui voulaient profiter de l’exemple de Markianos.

Eusebios vit une nuit la tête de Markianos tout illuminée, signe de son intelligence des Ecritures ; apercevant un jour un dragon qui, grimpé sur la clôture, regardait le saint comme s’il voulait le dévorer, il lui cria de s’enfuir : sans s’émouvoir, Markianos fit un signe de croix et souffla sur le dragon qui tomba brisé en morceaux.

Markianos savait dissimuler son pouvoir de faire des miracles : voyant une fiole d’huile déposée subrepticement à sa porte pour la rendre miraculeuse, il ordonna au vieillard qui l’avait apportée de la rendre aussitôt à son propriétaire ; celui-ci, un homme de Bérée, eut la joie de constater qu’à l’instant même sa fille, possédée du démon, avait été guérie.

Vers 381, Markianos eut un jour la visite de cinq évêques, accompagnés d’autres personnages. Ils s’assirent pour écouter Markianos, qui cependant n’ouvrait pas la bouche. Finalement, il leur rappela que Dieu parlait à chaque instant, et dans l’Ecriture, et que, si nous ne L’écoutons pas nous-mêmes, comment lui, Markianos, pourrait aussi parler ? Les évêques, édifiés de cette humilité, voulurent ordonner prêtre Markianos, mais aucun d’eux n’osa lui imposer les mains.

Un autre ermite vint le visiter. Markianos voulait fraternellement le retenir à manger, mais l’autre prétendait continuer son jeûne. Markianos lui dit : La charité est plus agréable à Dieu que le jeûne, parce que sa loi nous le commande, au lieu que le jeûne dépend de nous.

Sa sœur vint avec son fils lui apporter quantité de victuailles. Markianos ne voulut rien prendre parce que sa sœur lui montrait cette largesse seulement à cause de leur parenté, et non d’abord pour plaire à Dieu.

Markianos prévoyait aussi le jour de sa mort. Il fit jurer à son fidèle Eusebios de l’enterrer secrètement, assisté de deux hommes sûrs ; ce n’est que très longtemps après, que l’un des fossoyeurs révéla aux moines le temps et le lieu de cette sépulture. Cette date de la mort de Markianos ne nous est pas connue  non plus; ce fut certainement après 381, mais on n’en sait pas plus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Markianos de Cyr au 2 novembre.

 

 

Ambroise d’Agaune

† 520

 

Ambroise fut d’abord moine à l’Ile-Barbe (Lyon). Il fut abbé du même monastère.

En 515, fut fondée l’abbaye d’Agaune (Valais, Suisse), dont le premier abbé désigné devait être Hymnémode, qui n’accepta cette charge qu’à la condition d’être secondé par Ambroise.

Hymnémode devait être fort âgé ou malade, pour insister ainsi à avoir près de lui un second. De fait, il mourut quelques mois après l’installation (janvier 516).

Ambroise fut donc le deuxième abbé d’Agaune, mais c’est lui qui en dirigea toute l’organisation.

Un de ses mérites fut d’instaurer là la laus perennis, consistant à faire chanter l’office alternativement par deux groupes de moines (ou plus, en fonction des vocations) pour que jamais cette louange ne s’arrête dans l’église. Il aurait ainsi été le premier en Occident à instaurer cette habitude.

Il fit aussi reconstruire la basilique Saint-Maurice.

Quand il mourut, en 520 ou 521, c’est dans cette basilique qu’il fut inhumé.

Saint Ambroise d’Agaune est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Vienne

† 538

 

Domninus fut le vingt-deuxième évêque de Vienne (Gaule), d’après les récentes indications de la liste épiscopale.

Il aurait particulièrement été ami des pauvres, libérateur des prisonniers, ce qui montre une sollicitude pastorale singulière.

Son épiscopat dura peu, mais les dates en sont incertaines ; elles pourraient se situer entre 533 et 538.

Cet évêque n’est pas le s.Domninus de Grenoble, qui vécut deux siècles plus tôt et se trouvait au 5 novembre dans le Martyrologe (mais en a été retiré récemment).

Saint Domninus de Vienne est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wenefrid de Holywell

7e siècle

 

Gwenfrewi naquit en Pays de Galles, de noble naissance.

Son oncle, Beuno, la forma à la piété et édifia une église à Treffynnon, à proximité de l’actuel Holywell.

Entrée au monastère de Gutherin, sous s.Elerius, elle fut un jour menacée dans sa chasteté par le prince Caradoc. Elle s’enfuit, mais le prince la rattrappa et la décapita.

Une source miraculeuse jaillit à l’endroit où tomba cette tête, à Holywell. Beaucoup de guérisons eurent lieu à cette source.

Les pèlerinages ont continué même au temps des persécutions, au point qu’un Protestant déplorait en  1583 qu’Holywell fût encore fréquenté chaque année par des foules.

Les Anglais rebaptisèrent Gwenfrewi Wenefrid.

La source, tarie en 1917, à cause de travaux d’extraction minière, reprit ensuite.

Sainte Wenefrid de Holywell est commémorée le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georgius de Vienne

† 699

 

Il fut le quarante-et-unième évêque de Vienne (Isère), d’après la liste épiscopale la plus récente.

Il est difficile de dire ou résumer ce qui n’est écrit nulle part.

Même la date ci-dessus n’est pas sûre : elle est parfois anticipée d’une trentaine d’années.

Saint Georgius de Vienne est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Malachie d’Armagh

1094-1148

 

Malachie, de son nom gaélique Máel Máedóc Ua Morgair, était né vers 1094 à Armagh (Irlande), de parents très chrétiens.

Dès qu’il le put, il se mit sous la direction du reclus Imhar O’Hegan, un saint homme qui attira beaucoup de vocations et leur inculqua l’amour de l’Eglise Romaine.

Remarqué par l’évêque d’Armagh, M. fut ordonné diacre et prêtre (1119) et assista le vieux prélat dans son gouvernement ; c’est ainsi qu’il se dépensa beaucoup pour rétablir (ou établir) les rites romains des sacrements, trop délaissés.

Il fut aussi l’objet des attentions d’un autre évêque, celui de Lismore, qui l’appela auprès de lui et lui enseigna les habitudes monastiques.

Quand on chercha un abbé pour Bangor, l’élu fut un oncle de Malachie, qui ne garda pour lui que les terres de l’abbaye, tandis qu’il chargeait Malachie de l’administration et du gouvernement de l’abbaye (1129). Malachie, dit-on, fit construire une église et des bâtiments : mais où vivaient et qu’avaient donc fait les moines auparavant ? 

M. fut bientôt appelé au siège de Connor, qu’il n’accepta qu’à contre-cœur (1124) ; il travailla à y restaurer la pratique des sacrements de Réconciliation et du Mariage, tombés en désuétude. Ses moines de Bangor l’assistèrent dans ce travail d’évangélisation. Mais bientôt, une guerre locale l’obligea à quitter Connor et à se réfugier dans le comté de Kerry, où il fonda une autre abbaye, à Iveragh.

En 1129, il fut question de l’élire au siège d’Armagh, mais l’élection ne put se faire qu’en 1132, et dès 1137 M. renonçait au titre de primat, devant les difficultés qui lui créait un «rival» à Armagh.

M. divisa alors d’autorité le diocèse de Connor, se réserva ainsi le nouveau diocèse de Down tout en résidant à Bangor. En réalité, son influence s’étendait sur toute l’Irlande, qui lui reconnaissait un primat incontestable.

Il alla à Rome pour discuter de cette situation avec le pape.

En chemin, il s’arrêta à Clairvaux, où il rencontra saint Bernard (v. 20 août), rencontre qui fut le début d’une profonde amitié. Le pape accueillit favorablement les propositions de M., sauf celle de devenir moine de Clairvaux, et le nomma son légat en Irlande. 

Au retour, donc, M. laissa auprès de saint Bernard quatre membres de sa suite, qui devaient se former à la vie monastique : ce fut l’origine de la fondation de l’abbaye irlandaise de Mellifont en 1142, qui eut jusqu’à vingt-cinq abbayes-filles en Irlande.

Rentré dans son diocèse, M. poursuivit infatigablement son apostolat, s’efforçant de faire pénétrer en Irlande les usages romains. Les difficultés qu’on lui opposa ne furent pas minces. Pour les contrer, M. appliquait sans cesse ces principes : Mépriser le monde, ne mépriser personne, se mépriser, mépriser d’être méprisé, ce sont quatre choses bonnes. A cela s’ajoutaient les miracles et les prophéties, qui consolidaient son enseignement.

En 1148, les évêques d’Irlande réunis en concile à Inispatrick, désignèrent M. pour aller implorer du pape la remise du pallium à leurs archevêques ; on sait que le pallium est le signe de la communion entre un archevêque et le pape.

Ce devait être le dernier voyage de M. Pour commencer, le Plantagenêt retarda tant qu’il put son embarquement. Puis M. s’arrêta à Clairvaux ; c’était la mi-octobre ; le 18, il fut saisi de fièvre et s’alita. Il prenait simplement les remèdes qu’on lui proposait, ajoutant : C’est par charité pour vous que j’obéis. Il déclina et s’éteignit au matin du 2 novembre 1148.

C’est saint Berrnard lui-même qui écrivit la Vie de Malachie, en vue d’une canonisation qui advint dès 1190.

Il a été question plus haut des prophéties de M. et l’on reparle périodiquement de la prophétie de Malachie, concernant les papes futurs et leur attribuant une «devise» qui correspondrait à leur personne ou à leur pontificat. Il vaut mieux ne pas s’y attarder.

 

 

Giacomo Ungarelli

† 1517

 

Giacomo Ungarelli ou Vagarello était de Padoue et entra chez les Franciscains de l’Observance.

On le vit en 1505 fonder une confrérie de Jésus, et en 1507 organiser un mont-de-piété à Ferrare.

A défaut d’autres détails intéressants sur sa sainte vie, on peut trouver à son endroit cet éloge : de doctrine excellente, d’admirable piété, de zèle et d’ardeur infatigables et prodigieux à extirper les vices, à allumer dans les âmes l’amour des choses divines, jusqu’à imposer la confusion au Démon, et tout cela pour la plus grande gloire de Dieu.

A Orte, où sévissait la sécheresse, il exhorta les habitants à prendre l’engagement de fêter solennellement saint Michel Archange et leur promit en échange une abondance de pluie : à peine les habitants prêtèrent ce serment, que se déchaîna une pluie généreuse et fructueuse, pour la plus grande consolation des paysans qui en retirèrent de riches récoltes.

Il composa quelques écrits, comme : De malitia et impietatibus Iudæorum modernorum…

Giacomo s’éteignit à Forlí le 2 novembre 1517 (c’est la date de l’inscription que porte sa pierre tombale, mais certaines études anticipent cette date au 22 octobre 1508)

Il ne se trouve pas dans les pages du Martyrologe Romain.

 

 

Marguerite de Lorraine (d’Alençon)

1463-1521

 

Elle naquit en 1463, fille de Ferri de Lorraine, comte de Vaudémont et de Yolande d’Anjou.

Son grand-père, le «bon roi René», séjournait en Avignon, où elle fut envoyée pour son éducation. Elle y lut les Vies des Pères du désert, qui l’inspirèrent profondément.

En 1480, elle revint en Lorraine et connut la pieuse duchesse Philippe de Gueldre (v. 28 février), qui l’encouragea vivement dans la voie de la sainteté.

En 1488, elle épousa le duc René d’Alençon, qui mourut déjà en 1492, lui laissant trois enfants encore bien jeunes.

Elle éleva ses enfants selon cette unique maxime : Il faut aimer Dieu plus que tout autre chose. Elle savait à l’occasion donner du bâton à son garçon, qui devint l’époux de Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er ; sa fille Françoise épousa Charles de Bourbon, grand-père de Henri IV ; Anne épousa le marquis de Montferrat, ancêtre de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Une fois son fils établi, elle se retira dans son château d’Essai (Sées), où elle mena une vie quasi monacale : prière la nuit, cilice, discipline, jeûne. En particulier elle portait sur la poitrine une petite croix garnie de pointes qu’elle pressait contre sa chair pour sentir quelque chose de la Passion de Jésus-Christ. L’évêque de Sées intervint pour lui conseiller de modérer cette ascèse. 

Elle ouvrit alors un dispensaire à Mortagne, où elle soignait à genoux les plaies des malades.

En 1519, toujours plus attirée par la solitude de la vie consacrée, elle prit le voile chez les Clarisses d’Argentan. C’était la séparation totale du monde ; elle écrivit à ses enfants : Vous n’avez plus de mère en moi que pour prier pour vous. Elle fut chargée de distribuer les aumônes au nom du couvent. Elle refusa absolument d’être élue abbesse.

En 1521, sa santé la fit envoyer au grand air de Mortagne, où elle devait en outre instaurer la règle de l’Observance clarisse chez les Religieuses. Là encore, elle refusa formellement d’être élue abbesse, et revint bientôt à Argentan, toujours malade.

Alors que son mari était mort le 1er novembre, Marguerite mourut, elle, le 2 novembre 1521.

Son culte fut reconnu en 1921.

On l’invoque pour l’heureuse issue des accouchements.

 

John Bodey

1549-1583

 

John naquit en 1549 à Wells (Somerset, Angleterre).

Au terme de ses études à Winchester et au New College d’Oxford, il reçut son diplôme en 1568, mais fut dégradé en 1576 par l’évêque protestant de Winchester.

En 1577, il vint au Collège anglais de Douai pour y étudier le droit, et revint en Angleterre en février 1578. On suppose qu’il se maria à ce moment-là.

Catholique, fidèle à sa foi, il refusa de reconnaître la suprématie du roi sur les décisions papales. Il fut pour ce motif mis en prison à Winchester.

Il fut condamné une première fois avec John Slade en avril 1583 ; il y eut sans doute un appel, et les deux furent à nouveau jugés, accusés et condamnés à mort, à Andover, le 19 août de la même année.

Entre les deux dates, John eut une controverse sur le Concile de Nicée avec le doyen de Winchester. Après la confirmation de la sentence de mort, il écrivit au même doyen depuis son école de patience, 16 septembre 1583, toute sa joie de mourir.

John Bodey mourut en martyr à Andover, le 2 novembre 1583, trois jours après son Compagnon.

Au pied de l’échafaud, il embrassa le bois de la potence et, entendant l’énoncé de la sentence pour trahison, il corrigea : Vous pouvez m’accuser de «trahison» pour avoir entendu la sainte Messe, ou pour avoir dit un «Ave Maria», mais je n’ai commis aucune trahison, je subis seulement la peine pour trahison ! Et il invoqua le Nom de Jésus.

Sa mère, très heureuse de la sainte mort de son fils, invita les voisins à venir se réjouir avec elle, pour l’union éternelle de l’âme de son fils avec l’Agneau de Dieu.

John Bodey fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Luigi Campidelli

1868-1889

 

Quatrième des six enfants de Giuseppe et Filomena Belpani, Luigi (Louis) naquit le 29 avril 1868 à Rimini (Emilie-Romagne, Italie CE), après Attilio, Emilia 1 et 2 (la première mourut à dix-huit mois), et avant Teresa et Adele.

Le papa mourut en 1874, de la thyphoïde, laissant cette grande famille dans une pauvreté encore plus grande.

Luigi (familièrement appelé Gigino) fit sa Première Communion en 1878 et voulut entrer chez les Passionistes dès douze ans, mais il dut attendre encore deux années. En attendant il édifiait tout le monde, étonnant de piété et de vertu.

Il fut reçu chez les Passionistes en 1882, dans leur couvent de Casale, proche de Rimini. Désormais, il portera le nom de Pio de Saint-Louis. On ne dit pas à quel saint Louis il se référait, mais on peut bien supposer qu’il admirait saint Luigi de Gonzaga (v. 20 juin).

En 1883, le noviciat fut transféré à Soriano, près de Viterbo, où Pio restera six mois seulement : en effet, pour ses études de lycée, pour la philosophie et la théologie, il sera à nouveau à Casale. 

En 1884, il fit les premiers vœux, admis à l’unanimité des voix par la communauté. 

En 1887, il reçut les Ordres Mineurs (à l’époque : Portier, Lecteur, Exorciste, Acolyte), mais fut bientôt frappé de tuberculose. Déjà, à la visite médicale pour le service militaire, il ne fut pas admis, parce que, pour un garçon d’un mètre soixante-quinze, il était «trop maigre de poitrine». Mais en 1888, les signes de la maladie ne laissaient plus de doute. 

Il s’était toujours montré enjoué, humble, assidu et exigeant pour lui-même ; malade, il offrit sa vie pour l’Eglise, pour le Pape, pour la congrégation, pour la conversion des pécheurs et pour (sa) chère Romagne natale.

Quelques jours avant de mourir, il revit sa chère maman au parloir et lui dit : Courage, Maman, nous nous reverrons au Paradis.

Peu avant d’expirer, il dit : Voici la Sainte Vierge ! et il mourut en souriant, le regard fixé vers le mur où il La vit.

C’était au soir du 2 novembre 1889 : il avait vingt-et-un ans.

En 1923, sa dépouille fut transférée à l’intérieur du sanctuaire de Casale ; en 1944, le sanctuaire croulera sous les bombes, mais le sépulcre de Pio restera en place ; en 1945, on retrouvera aussi sous les décombres l’image sainte de la Vierge, intacte.

Pio de Saint-Louis Campidelli a été béatifié en 1985.

Mateo López y López
1911-1938

Né le  1er janvier 1911 à Vera (Almería) et baptisé une semaine plus tard, il entendit l’appel de Dieu très tôt.

Il étudia au séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1935.

Il s’occupa de la paroisse de Lúcar. En 1936, les «autorités» révolutionnaires lui enjoignirent de quitter ce pays et de rejoindre sa mère à Vera. Il le fit. Mais là encore il fut persécuté, mis en prison, malmené. Même si les journées de feu de la persécution semblaient déjà un mauvais souvenir, à Vera ce n’était, hélas, pas fini.

Dans sa prison, don Mateo continuait à exercer son ministère, car se sachant à la veille d’être exécutés, les prisonniers lui demandaient tous de se confesser.

Le Prêtre, cependant, était pris de tuberculose, tellement que sa pauvre mère insista et put obtenir de faire transférer son fils à l’hôpital provincial. Mais là, les infirmières n’étaient pas des Religieuses : laïques, elles refusèrent l’accès à don Mateo. La maman n’avait plus autre chose à faire que de transporter son fils chez elle, à Vera.

Ainsi, don Mateo mourut dans sa propre famille, des suites de ses longues et douloureuses journées passées dans la prison des révolutionnaires, et rendit son âme à Dieu le 2 novembre 1938, jour des Morts ; il avait vingt-sept ans, dont trois de sacerdoce.

Reconnu martyr et béatifié en 2017 Mateo López y López sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 novembre.

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 00:00

 

NOVEMBRE

 

01 NOVEMBRE

 

- La fête de tous les Saints.

?

S Cæsarius, martyr mal connu, venu d'Afrique à Terracina, où il mit fin à un culte idolâtre. 

S Sever, martyr en Gascogne.

III.

S Benignus, martyr à Dijon, venu d'Orient ; l'actuelle cathédrale est l'église de l'ancien monastère.

IV.

S Austremonius, premier évêque à Clermont-Ferrand.
V.

S Profuturus, évêque à Pavie, ordonné par s. Ambroise.

S Marcellus, évêque à Paris, thaumaturge dès sa jeunesse. 

S Romble (Romulus), prêtre en Berry ; l'église de Sancerre lui était dédicacée, avant d'être détruite par les Protestants.

S Maturinus, à Larchant ; comme il aurait guéri la fille d'un empereur de Rome, qui était folle, il est invoqué pour la guérison des fous ou des femmes méchantes, mais aussi par les bouffons, les marins bretons et les potiers d'étain.

VI.

S Lautein, abbé dans le Jura, fondateur de deux monastères, thaumaturge. 

S Severino, moine près de Tivoli, peut-être bénédictin.

S Magnus, évêque à Milan.

S Vigor, évêque à Bayeux ; il ressuscita une oie qu'on avait volée et tuée.

S Donat, moine en Espagne, venu d'Afrique pour fuir les barbares.

VII.

S Lézin, évêque à Angers ; il était comte, mais entra dans le clergé, voyant sa fiancée mourir de la lèpre ; il opérait une foule de guérisons.

S Genès, évêque à Lyon, ancien conseiller de la reine Bathilde.

S Florbert, abbé à Gand.

S Spinule, moine à Moyenmoutier ; il y eut tant de miracles après de sa mort, que l'abbé lui intima l'ordre de les faire cesser.

S Omer, moine de Luxeuil (avec son père), puis premier évêque à Thérouanne ; il ré-évangélisa la région et mourut aveugle.

XII.

B Berthold, abbé à Engelberg ; il écrivit contre Burchard, fit copier et décorer beaucoup de manuscrits, et annonça la mort de Barberousse parti en croisade.

XIII.

B Simone de Collazzone, franciscain italien ; il convainquit d'entrer en religion mère, sœurs et nièces ; thaumaturge, entre autres il ressuscita un enfant noyé.

XIV.

B Raniero, frère laïc franciscain à Borgo Sansepolcro, thaumaturge.

XVII.

Bx Pietro Paolo Navarro, prêtre jésuite calabrais, martyr au Japon avec trois amis japonais qui l'avaient aidé : Dionisius Fujishima Jubyoe, Petrus Onizuka Sadayu (dix-huit ans), et Clemens Kyuemon.

XVIII.

SS Jerónimo Hermosilla Aransáez, Balentin Berrioxoa de Arizti, Pere Josep Almató Ribera Auras, dominicains espagnols, martyrs au Tonkin : Jerónimo et Balentin venaient d'être sacrés évêques ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

B Lluís Estruch Vives (Eudald, 1918-1936), jeune clerc capucin, martyr près de Barcelone et béatifié en 2015. 

B Rupert Mayer (1876-1945), jésuite allemand qui dénonça le nazisme, connut la prison et le camp de concentration ; il mourut debout, en prêchant ; béatifié en 1987.

B Teodor Jurij Romzha (1911-1947), évêque à Oujhorod dans le rite ukrainien-byzantin, martyr victime d'un "accident" et d'un empoisonnement, béatifié en 2001.

 

Cæsarius de Terracina
1. siècle

L’empereur Claude régna de 41 à 54 : c’est à cette époque, affirme le narrateur, que remonte l’histoire qui va suivre.
Dans la cité de Terracina (Campanie, Italie SW) vivait un prêtre païen, nommé Firminus, qui avait persuadé la population que, pour le bien de la République, il fallait chaque année immoler à Apollon un cavalier : nourri et choyé pendant plusieurs mois, ce dernier devait, le 1er janvier, s’élancer et se noyer dans la mer.
Sur ces entrefaîtes, arriva on ne sait pourquoi, ni comment, un diacre d’Afrique, nommé Cæsarius, qui tenta d’empêcher ce rituel, en vain. Le malheureux cavalier se suicida en mer et son corps fut brûlé. 
Cæsarius, qui avait si fortement protesté, fut mis en prison. Le consulaire de Campanie, Leontius, se le fit amener et prétendait l’obliger à aller sacrifier dans le temple d’Apollon : mais le temple s’écroula - et tua le prêtre païen. Toute la population se convertit.
Le «maire» de Terracina alors enferma Cæsarius pendant onze mois, au terme desquels il présenta Cæsarius complètement nu au consulaire Leontius : c’est ce dernier qui se convertit, en voyant ce prisonnier si lumineux (peut-être environné d’une lumière surnaturelle) ; il fut baptisé sur place par Cæsarius.
Le même maire ordonna d’enfermer Cæsarius dans un sac et de le jeter en mer. Cæsarius lui prédit alors qu’il mourrait d’une morsure de serpent - ce qui arriva le jour même.
Cæsarius fut donc précipité en mer (peut-être avec un Compagnon, un prêtre nommé Iulianus).
Quatre siècles plus tard, la fille de l’empereur Valentinien III († 455), perdit complètement la raison et ne fut guérie que lorsqu’on la transporta dans le sanctuaire de saint Cæsarius. Les reliques du Martyr furent alors apportées solennellement dans un oratoire du Palatin à Rome consacré par le pape Damase. Ici l’erreur est patente : le pape Damase était mort en 384.
De telles erreurs jettent un voile de doute sur l’histoire de notre Martyr. Mais, objecterons-nous, de nos jours, n’y a-t-il pas des gens qui confondent les noms des présidents, des rois, des papes ? 
Il serait plus difficile d’expliquer pourquoi et comment ce diacre, Cæsarius, pouvait arriver d’Afrique, où la Bonne Nouvelle n’était sans doute pas encore annoncée. Le premier évêque de Carthage, Agrippinus, n’y fut installé qu’à la fin du deuxième siècle. Là encore se trouve peut-être une erreur de nom : il pourrait s’agir d’un autre empereur, postérieur à Claude : le narrateur aurait-il parlé de l’usurpateur Clodius Albinus († 197) ou de Caracalla († 217), fils de Septime Sévère ?
Le Martyrologe Romain mentionne saint Cæsarius de Terracina au 1. novembre.


Benignus de Dijon
3. siècle

Benignus aurait été envoyé d’Orient par s.Polycarpe de Smyrne (v. 23 février). Il était prêtre.
Arrivant en Bourgogne, il convertit et baptisa à Autun un noble nommé Faustus, et toute sa famille. A Langres, il baptisa Leonilla et ses trois enfants ; puis il vint à Dijon.
L’empereur Aurélien, de passage dans la région (274), se fit amener Benignus. Sur le refus de ce dernier d’apostasier, Aurélien le fit battre avec des nerfs de bœuf, mais un ange guérit Benignus de ses blessures. Le lendemain, Aurélien voulut mettre de force dans la bouche de Benignus de la viande offerte aux idoles : mais ce furent les statues des dieux qui s’effondrèrent.
Aurélien mit Benignus en prison, les pieds immobilisés par du plomb fondu ; on lui enfonça des alènes pointues sous les ongles, on devait le laisser sans rien manger pendant une semaine, entouré de douze chiens affamés. Mais six jours après, on trouva Benignus libéré et en bonne santé : un ange lui avait apporté à manger.
Furieux, Aurélien ordonna de briser la tête de Benignus avec une barre de fer.
Beaucoup de miracles se produisirent au tombeau de Benignus, au-dessus duquel on construisit au sixième siècle une basilique, puis un monastère, à l’origine de l’actuelle cathédrale Saint-Bénigne.
De bons auteurs ont pensé que toute cette histoire fut une invention et que même ce Martyr, totalement inconnu, reçut le nom de benignus (bienveillant) à cause de ses miracles.
On aura noté quelques incohérences chronologiques : s.Polycarpe mourut vers 155 ; s’il envoya Benignus, déjà prêtre, en Gaule, ce dernier serait certainement mort bien avant le passage d’Aurélien en 274.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Dijon au 1. novembre.


Austremonius de Clermont
3. siècle

Les textes anciens qui nous parlent d’Austremonius (ou simplement sTREMONIUS) le font partir de Rome sous Dèce, envoyé par le pape Xyste II en 251, ou envoyé par le pape Clément († 97, v. 23 novembre) ou même par s.Pierre en personne, et tant qu’à faire il aurait été un des soixante-douze disciples choisis par le Christ (cf. Lc 10:1).
Dans la première hypothèse, il aurait été ordonné évêque par Xyste II. Dans la deuxième, il aurait à son tour ordonné évêque s.Ursin pour le siège de Bourges (v. 9 novembre).  Dans la troisième, il évangélisa aussi l’Aquitaine, étant ami des saints Martial de Limoges et Saturnin de Toulouse (v. 30 juin et 29 novembre).
Il aurait finalement ordonné évêque Urbicius pour lui succéder et se serait retiré à Issoire, dans un monastère qu’il avait fondé.
A Issoire, il aurait converti les Juifs de l’endroit, en particulier un jeune nommé Lucius, dont le père, furieux, vint décapiter Austremonius et jeta sa tête dans un puits, où il avait déjà jeté son fils Lucius.
L’épiscopat d’Austremonius aurait ainsi duré trente-six ans, après quoi il mourut, à la fin du troisième siècle (ou tout au début du quatrième) et fut enterré à Issoire. 
Il semble bien que le martyre ait été une pure invention tardive, construite autour du tombeau d’Austremonius.             
Le Martyrologe Romain mentionne saint Austremonius de Clermont au 1. novembre.


Marcellus de Paris
† 435

Fils de parents de condition modeste, Marcellus montra dès l’enfance des signes évidents de la présence divine en lui.
Tôt il fut ordonné lecteur.
Un jour, un forgeron le contraignit à prendre dans son foyer un morceau de fer rouge et à lui en dire le poids. Marcellus le prit : Il est brûlant, mais pèse neuf livres, ce qui était vrai, mais surtout, le petit garçon n’eut aucune brûlure. 
Devenu sous-diacre, il assistait l’évêque Prudentius. Il arriva, un jour d’Epiphanie, un fait vraiment extraordinaire. Ce jour-là, Marcellus puisa dans la Seine de l’eau pour la verser sur les mains de l’évêque : l’eau s’était changée en vin ; l’évêque en prit pour célébrer la Messe ; toute la communauté put en boire à la communion, sans que le précieux Liquide diminuât ; ce même vin opéra ensuite des guérisons.
Une autre fois, le brave évêque en fut pour ses frais. Marcellus avait fait chanter au chœur un petit garçon qui avait une très jolie voix ; un peu mécontent et jaloux, l’évêque fit fouetter le garçonnet : il en perdit la voix pendant trois jours, après quoi Marcellus la lui restitua en disant respectueusement au prélat : Bien que je sache, bon pasteur, que cela te soit arrivé par ta faute, au nom du Seigneur, parle comme tu le veux.
Vers 405, Marcellus devint le neuvième évêque de Paris.
Il remarqua un jour à la communion un homme absolument immobile ; il comprit que l’homme était dans le péché, mais repentant, et lui dit : Viens, communie, et ne pèche plus !
Il est aussi rapporté qu’après l’enterrement d’une noble dame dont la vie avait été désordonnée, on vit un gros serpent glisser contre le tombeau et dévorer le corps de la défunte ; Marcellus s’avança, frappa de son bâton pastoral la bête et, la liant avec son étole, la conduisit loin de là ; le serpent ne réapparut jamais : c’était sans doute une manifestation diabolique. 
Marcellus décéda vers 435. Son épiscopat avait duré trente ans.    
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Paris au 1. novembre.


Romulus de Sancerre
5. siècle

Romulus fut un prêtre à Château-Gordon, une ancienne agglomération qui donna plus tard les deux bourgs de Saint-Satur et Sancerre (Cher).
Ce prêtre aurait fondé un monastère non loin de Sancerre, à Subligny, ce qui lui vaut l’épithète d’abbé dans le Martyrologe.
L’église paroissiale de Sancerre fut mise sous le patronage de s.Romulus (Romble, localement). Elle fut détruite par les Protestants en 1569.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Sancerre au 1. novembre.


Maturinus de Larchant
5. siècle

Tardivement on a doté le nom de Maturinus d’un h supplémentaire : Mathurinus, de même que Theresa ou Catharina. Larchant se trouve au sud de la forêt de Fontainebleau (act. Seine-et-Marne).
Les parents de Maturinus, Marinus et Euphemia, étaient païens et Marinus avait été chargé par l’empereur Maximien d’exterminer tous les Chrétiens. Mais Maturinus, baptisé par l’évêque Polycarpe, amena à la Foi ses parents.
Maturinus fut ordonné prêtre à vingt-et-un ans. 
Sa sainteté fut connue au point que l’empereur Maximien le fit appeler pour guérir sa fille, possédée d’un démon. En voyage, dit le texte, Maturinus s’arrêta à Lérins pour rencontrer s.Honorat (qui en fait vécut un siècle plus tôt). A Rome, il guérit la jeune femme et demanda à l’empereur, pour toute rétribution, de quoi faire l’aumône.
Maturinus resta ainsi à Rome pendant trois ans et y mourut.
Après son ensevelissement, on le retrouva hors du tombeau, signe qu’il voulait être reporté dans sa terre natale. L’empereur acquiesça.
A Paris, une église Saint-Mathurin fut donnée aux Trinitaires, qu’on appela alors les mathurins. On surnomma aussi mathurins (ou mathelins) les fous et les possédés, qu’on amenait à cette église pour demander leur guérison. Les bouffons prirent pour patron s.Maturin, dans la mesure où ils jouaient à être fous ; mais on comprend moins pourquoi s.Maturin devint aussi le patron des potiers d’étain et des marins de Bretagne. L’église fut vendue en 1799, et plus tard démolie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Maturinus de Larchant au 1. novembre.


Severino de Tivoli
6e siècle

On n’est pas gâté dans la recherche concernant Severino.
Il aurait été ermite. On a avancé qu’il fut moine bénédictin, ce qui n’est pas prouvé.
On conservait ses reliques dans la cathédrale de Tivoli (Rome, Latium, Italie C), où on les découvrit au 17e siècle.
Au 7e siècle, une église fut élevée en son honneur tout près de Tivoli. Il y eut aussi un monastère, dont on a retrouvé les ruines au 19e siècle.
Severino a donc certainement eu une vie très sainte qui lui a valu une vénération au moins locale. Mais il devait aussi préférer l’humilité et l’effacement, en quoi il a été largement exaucé.
Saint Severino de Tivoli est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Magnus de Milan
† 530

Magnus était peut-être de la famille aristocratique des Trincheri.
Il fut le vingt-septième évêque de Milan, à partir de 518.
Au début de cet épiscopat, il fut respecté par le roi arien Teodoricus, qui cependant plus tard lui devint de plus en plus ennemi, le poursuivant de ses mauvaises intentions comme il avait déjà persécuté un Boèce et le pape lui même Jean 1er (v. 23 octobre et 18 mai).
Cependant Magnus fut «Grand» non seulement de nom, mais dans l’action, dans l’assistance aux nécessiteux de toutes sortes, dans le travail d’évangélisation.
Il mourut en 528-530.
Saint Magnus de Milan est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Vigor de Bayeux
† 538

Vigor (ou Vigile) était originaire d’Artois, de famille noble.
C’est là qu’il connut s.Vaast (v. 6 février) et peut-être qu’il fut ordonné prêtre.
Vigor voulut entreprendre la voie de la sainteté et quitta son pays. Il vint dans la région de Bayeux, où, sans perdre de temps, il accomplit déjà des miracles devant une population encore païenne. Il ressuscita un enfant.
Un riche propriétaire, Volusien, vint prier Vigor de chasser un énorme serpent qui terrorisait la région. Quel serpent ? Il faisait quarante pieds de long. Vigor lui imposa son étole et le fit disparaître dans la mer. Reconnaissant, Volusien fit don à Vigor d’une grande propriété à Cerisy. Ce serait l’origine d’un grand monastère - dont cependant on n’a jamais retrouvé de traces. Une église y fut construite au 11e siècle.
Après avoir chassé encore deux autres monstres (serpents), Vigor fut appelé à être le huitième évêque de Bayeux en 513.
Il intensifia sa lutte contre le paganisme. Le Mont Phanus qui était le théâtre d’un culte païen, devint le Mont Chrismatus, avec d’ailleurs l’appui du roi Childebert. Chaque année, Vigor voulait y baptiser trois enfants le jour de Pâques.
Un certain Bertulphe prétendit envahir et labourer toute cette étendue : Vigor, toujours vigoureux, se mit en prière et l’homme se brisa le crâne dans une chute de cheval.
On raconte aussi le prodige de la résurrection d’une oie sauvage. Toute une bande de ces bêtes ravageait la région ; un soir, Vigor leur intima l’ordre de passer la nuit dans sa grange. Au matin, il voulait les laisser partir, mais elles restaient là : Vigor soupçonna «quelque chose» et interrogea alors son serviteur, qui reconnut en avoir abattu une. Vigor se fit apporter les os de la bête, et la resssuscita.
Vigor mourut un 1er novembre, vers 538, après un épiscopat de vingt-cinq ans (au moins).
Saint Vigor de Bayeux est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Lézin d’Angers
† 610

Licinius - Lézin en français, était de grande famille, peut-être même apparenté au roi. 
Elevé à la cour, il devint conétable, puis comte d’Angers de 587 à 592.
Cet homme honnête et remarquable fut fiancé ; mais la fiancée mourut de la lèpre : Lézin y vit un signe de Dieu et préféra entrer dans le clergé.
En 592, on l’acclama évêque d’Angers ; il en était le quatorzième. Il fallut presque la force pour le convaincre d’accepter ce choix.
Il fonda le monastère Saint-Jean-Baptiste ; un jour qu’il visitait les travaux, accompagné de Mainbeuf (qui lui succéderait), il fut interpellé par douze aveugles et boîteux, qu’il guérit d’un signe de la Croix. Lézin ordonna alors de faire construire aussi une église en l’honneur de la Sainte Croix.
Une autre fois, ne pouvant obtenir des autorités la libération des prisonniers, il fit le signe de la croix sur la porte de la prison, qui s’ouvrit : les prisonniers en furent quitte pour une brève homélie, et purent regagner leur demeure.
Lézin aurait été à l’origine de l’exploitation de l’ardoise ; il est en tout cas le patron céleste des ardoisiers d’Angers (qu’on appelait les perreyeurs).
Vers (ou en) 610, Lézin fut pris de fièvre au mois d’août. Il mourut le 1er novembre et Mainbeuf lui succéda.
L’église Saint-Jean-Baptiste, où il fut enterré, prit le nom de Saint-Julien au 11e siècle, et fut détruite à la Révolution.
Saint Lézin d’Angers est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Omer de Thérouanne
600-670

Audomarus - Omer en français - naquit, croit-on, vers 600 à Orval (Coutances, Manche).
Après la mort de sa mère, il suivit son père au monastère de Luxeuil.
Un ancien moine de Luxeuil, Achaire, devenu évêque de Noyon, suggéra au roi Dagobert la nomination d’Audomarus pour le siège de Thérouanne. Audomarus en fut le premier titulaire, vers 640.
Son grand souci fut de reprendre l’évangélisation des Morins, qui étaient revenus au paganisme.
Audomarus favorisa le monachisme. Près de Thérouanne, il fonda un monastère où se développa plus tard la ville de Saint-Omer. En 651, grâce à la libéralité d’un riche seigneur nommé Adrowald, et avec quelques moines célèbres, Mummolinus, Ebertramnus et Bertin, il fonda une abbaye à Sithiu, la si célèbre abbaye plus tard appelée Saint-Bertin.
Plusieurs années avant sa mort, Omer devint aveugle ; il l’écrit lui-même en signant un acte de donation en 663, précisant qu’on lui a tenu la main pour signer.
Un autre acte de 667 atteste qu’Omer vivait encore à cette date.
Il mourut probablement en 670, à Wavrans-sur-l’Aa. Son épiscopat avait duré une trentaine d’années.
Les malades atteints de troubles visuels invoquent saint Omer. 
Saint Omer est commémoré le 1er novembre (et non le 9 septembre) dans le Martyrologe Romain. Localement, en raison de la fête de la Toussaint, on le fête le 9 septembre.

Berthold d’Engelberg

† 1197

 

Berthold (ou Bertold, ou Berchtold), dont on ne connaît pas la jeunesse, entra à l’abbaye bénédictine d’Engelberg (Suisse).

L’abbé Frowin, sur son lit de mort, demanda aux moines d’élire comme successeur Berthold, qui devint ainsi le troisième abbé de ce monastère (1178).

Durant son abbatiat, il eut le soin de préserver le patrimoine de l’abbaye, constitué avant lui.

De nombreux manuscrits furent rédigés et décorés à Engelberg, qui se trouvent encore dans le trésor de la bibliothèque.

Il y eut une polémique à cette époque, concernant les âmes des justes morts avant la venue du Christ. Berthold écrivit un ouvrage pour réfuter les thèses de Burchard, abbé de Saint-Jean de Thurtal et celles d’Arnaldo de Brescia, qui prétendaient que des personnages comme Abraham et Moïse se trouvaient en enfer. Burchard reconnut son erreur.

Il prédit la mort de Frédéric Barbarossa, parti en croisade. Par sa bénédiction, il fit abonder le poisson dans le proche lac de Stanzstad et, par trois fois changea l’eau en vin.

Doux pour les autres, sévère pour lui-même, Berthold mourut le 1er ou le 3 novembre 1197.

Il n’est pas mentionné au Martyrologe Romain.

Détruite par un incendie en 1729, l’abbaye d’Engelberg («Montagne des Anges») fut reconstruite et abritait une double communauté de quarante moines et quatre-vingts moniales, mais fut pillée par les Français en 1798. Aujourd’hui, c’est une communauté très active.

 

 

Simone de Collazzone

1208-1250

 

Le toscan Simone était le neveu de l’empereur Othon IV, dont l’épouse était sa tante maternelle. Il naquit à Collazzone (Pérouse, Italie C).

Une fois entré chez les Frères Mineurs, il fut envoyé en Germanie vers 1221-1223.

Sa prudence et son humiité lui valurent les postes de ministre de la Marche, puis de l’Ombrie.

Il prêchait bien, si bien qu’il conquit sa mère, ses sœurs et ses nièces à la vie religieuse ! Outre ce «miracle», on lui en attribuait beaucoup d’autres, comme la résurrection d’un enfant noyé.

En 1248, on le trouve à Marseille.

Il s’éteignit vers 1250 , un 1er novembre.

Le procès de canonistiton fut ouvert dès 1252, repris aux 18e et 19e siècles, mais sans aboutir et, malgré un culte public bien vivant, le Martyrologe ne l’a pas retenu.

 

 

Raniero de Borgo Sansepolcro

† 1304

 

Raniero (Raignier) naquit à Borgo Sansepolcro («le quartier du Saint Sepulcre», Toscane, Italie C)).

Il entra chez les Franciscains de cette localité comme frère convers, et y accomplit les tâches les plus humbles, dans l’effacement, uniquement pour servir Dieu dans ses Frères ; il fut ainsi jardinier, portier, quêteur.

Les gens le connaissaient bien et recoururent à lui car sa prière (et sa sainteté) obtenaient des grâces et des miracles. Très peu après sa mort, une paralytique obtint la guérison après avoir invoqué «le nouveau Saint» de Borgo. Deux petits bébés morts-nés furent aussi ressuscités par son intercession, ce pourquoi on invoque Raniero pour les jeunes mamans.

Raniero mourut en plein service fraternel, le 1er novembre 1304, dans la cave d’où il prenait les victuailles pour le repas. Si Jésus naquit dans une étable, Raniero mourut dans la cave ; le serviteur imitait l’humilité du Maître.

Le culte du bienheureux Raniero fut reconnu en 1802 et le Martyrologe le mentionne au 1er novembre.

 

Il y a un autre bienheureux Raniero di Borgo Sansepolcro, au 16e siècle, absent du Martyrologe.

 

 

Pietro Paulo Navarro

1560-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Pietro Paulo vit le jour le 25 décembre 1560 à Laino Borgo (Cosenza, Calabre, Italie).

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1578 et fut envoyé en 1584 aux Indes, où il fut ordonné prêtre en 1586.

En 1588, il passa au Japon, où pu dominer très vite la langue et se donna à un ministère très actif : il fut le premier à pénétrer dans la proviince d’Iyo, où il resta six mois, puis il passa à Nagasaki, Ōmura, Arima, quatre années à Amangoutchi, douze ans dans le Bungo.

Lors de la persécution de 1614, il s’éloigna prudemment, mais revint peu après, accomplit une nouvelle mission au Fiunga, rentra dans la Bungo et fut finalement désigné pour être recteur du Takaku.

Il avait composé une Apologie du Christianisme, et traduit l’ouvrage marial du père Spinelli, Thronus Dei, Maria Deipara.

En 1621, le père Navarro se trouvait depuis peu à Fatchiovaro et voulut courageusement rejoindre la communauté chrétienne d’Arima pour Noël. Cette région était gouvernée par un seigneur favorable aux chrétiens, et qui se vantait qu’il n’y avait chez lui aucun Religieux. Or voià qu’on lui amena le père Navarro : contrarié, le seigneur le dissimula à Shimabara, en rendant responsables de sa personne quatre chrétiens de cette ville et cinq d’Arima. Il aurait bien préféré s’en débarrasser en l’envoyant aux Philippines, mais il n’osait sans ordre supérieur. Il s’inquiétait de sa santé, lui faisant porter des fruits et le laissant absolument libre de recevoir des fidèles et d’administrer les sacrements. Un jour, il le convoqua pour s’entretenir de la religion chrétienne et fut si satisfait de son exposé qu’il en demanda une copie.

Des mois durant, le père Navarro mena cette vie calme, sans en deviner le terme. Le 17 octobre 1622, il en était venu à se demander s’il partagerait le sort de ses confrères brûlés le 10 septembre, lors du Grand Martyre, et soudain arriva la sentence de mort : il l’annonça lui-même à un autre missionnaire, le 28 octobre, avec une profonde action de grâce à Dieu pour un tel bienfait.

Le père Pietro Paulo Navarro devait être supplicié par le feu, avec les trois Japonais accusés de l’avoir aidé. Le seigneur devait obéir aux ordres, mais par amitié pour le missionnaire, il tint à être présent à l’exécution, pour éviter tout supplice inutile.

Au matin du 1er novembre 1622, fête de Tous les Saints, le père célébra la Messe devant une vingtaine de fidèles, auxquels il fit une homélie très touchante. Il écrivit ensuite au Provincial, attendant incessamment l’heure de mourir brûlé vivant pour Jésus-Christ. Un peu avant midi, les condamnés furent emmenés ; l’un d’eux se confessa, puis le Père entonna les litanies (sans doute celles des Saints), auxquelles répondirent ses compagnons.

Ils furent attachés à des colonnes et le bûcher fut allumé, à faible distance, pour provoquer une mort lente, par asphyxie progressive. Puis les corps restèrent là exposés pendant trois jours. Réduits en cendres, ils furent jetés à la mer.

Né le jour de Noël, Pietro Paulo Navarro entra au Paradis en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Clemens Kyūemon

1574-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était un Japonais né vers 1574.

Laïc baptisé, il fut le guide du père Navarro, avec lequel il fut arrêté. 

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Dionisius Fujishima Jubyōe

1584-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Dionisius était né vers 1584 à Aitsu (Nagasaki, Japon).

Baptisé dans son enfance, il avait quitté sa famille païenne après la mort de son père, pour se mettre au service du père Navarro. 

Il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Onizuka Sadayū

1604-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était né vers 1604 à Hachirao (Japon).

Baptisé, il fut très vite au service du père Navarro. 

A dix-huit ans, il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

Jerónimo Hermosilla Aransáez

1800-1861

 

Jerónimo naquit à Santo Domingo de la Calzada (La Rioja, Espagne) le 30 septembre 1800, dernier des neuf enfants de Agustín Julián Hermosilla y Sáenz e de Catalina Aransay, qui étaient pauvres.

Orphelin de père à dix ans, Jerónimo aida sa maman au service d’un prêtre, à Cordovín.

Il entra chez les pères Dominicains de Valencia, grâce à l’appui de certains pères qui l’avaient connu durant ses études secondaires.

En 1820, il dut interrompre ses études pour trois ans, engagé dans les troupes royales de Fernando VII. Il les reprit en 1823.

En 1824, il fut envoyé à Manille (Philippines), où il acheva ses études de théologie et reçut le sacerdoce (1828).

Envoyé au Tonkin, il y apprit la langue et participa aux missions avec les catéchistes et les religieuses dominicaines.

Il succèda en 1841 comme évêque du Tonkin à saint Ignacio Delgado (voir au 12 juillet) qui venait d’être martyrisé.

Son activité missionnaire ne s’arrêtait pas, malgré les dangers de la persécution. Un soldat apostat finit par trahir et révéler sa cachette.

Mgr Jerónimo Hermosilla fut arrêté avec ses Compagnons (Valentín de Berriochoa et Pedro Amató Robera). Ils furent d’abord enfermés dans une petite cage d’un mètre vingt de hauteur.

Tous trois moururent décapités à Hai-Duong, le 1er novembre 1861, jour où les commémore le Martyrologe.

Le corps du bienheureux évêque repose actuellement dans la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, son lieu de naissance.

Il a été béatifié avec ses deux Compagnons en 1906 et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-huit Martyrs du Tonkin, d’Annam et de Cochinchine (Viêtnam), et qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Valentín Berriochoa

1827-1861

 

Valentín (on trouvera aussi Balentín ou Balendín Berrioxoa, en basque) naquit à Palacio de Arriola (Elorrio, Biscaye, Espagne) le 14 février 1827, de Juan Isidro Berriochoa et María Mónica Aristi. Au baptême, il reçut les noms de Valentín-Faustino, car on fête le martyr saint Valentin le 14 février, comme chacun sait.

Il fréquenta le séminaire de Logroño dès 1845, d’où il sortit trois ans pour aller aider sa famille. Il y retourna et reçut l’ordination sacerdotale en 1851.

Il entra chez les pères Dominicains à Ocaña (Tolède) en 1854, et on l’envoya dès 1856 à Manille, et de là aux missions du Tonquin.

C’était la période de la persécution de Tu-Duc, qui considérait les missionnaires européens comme des émissaires des gouvernements étrangers pour assujettir son royaume. C’est ainsi que fut arrêté et martyrisé le Vicaire Apostolique José María Díaz Sanjurjo (voir au 20 juillet).

En 1857, en la fête de Noël, le père Valentín fut nommé évêque de Centuria et coadjuteur du Vicaire Apostolique Melchor García Sampedro, auquel il succèda après le martyre de ce dernier (voir au 28 juillet), en 1858.

Il ne put exercer son apostolat épiscopal que trois ans. Arrêté sur dénonciation en 1861, il fut soumis à des interrogatoires. Jusqu’à présent on le connaissait sous le nom de Vinh, «le victorieux» ; on lui demanda s’il avait rencontré les agitateurs révoltés en 1858, à quoi il répondit qu’il avait toujours conseillé de ne pas prendre les armes ; on lui demanda s’il connaissait l’évêque Hermosilla, à quoi il répondit, bien sûr, par l’affirmative.

Comme ce dernier, Mgr Berriochoa fut enfermé dans une petite cage où il ne pouvait pas tenir debout. 

Peu de temps après, on l’interrogea encore en lui proposant de renier sa foi. Sur son net refus, il fut condamné à mort, et décapité le 1er novembre 1861. Il avait trente-quatre ans.

Béatifié en 1906, Mgr Berriochoa a été canonisé en 1988, parmi les cent dix-huit Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

Son corps a été ramené au Pays Basque où il repose dans l’église paroissiale de Elorrio.

Saint Valentín Berriochoa, évêque et martyr, est mentionné le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Pere Josep Almató Ribera Auras

1830-1861

 

Ce prêtre dominicain eut la particulière destinée de naître et de mourir le 1er novembre.

Il était né à San Feliú Saserra (Barcelona, Espagne).

Entré chez les Dominicains, il fut donc envoyé prêcher la Bonne Nouvelle au Tonkin en 1855.

Arrêté, il fut sommé de fouler aux pieds un crucifix, ce qu’il refusa de faire, préférant l’adorer à genoux.

Il fut décapité par ordre de l’empereur Tu-Duc le 1er novembre 1861 à Hai Duong (Tonkin). Il avait trente-et-un ans.

Son confesseur en Espagne attesta qu’il était toujours resté très chaste et n’avait jamais souillé son âme d’un quelconque péché mortel.

Béatifié en 1906, il est un des nombreux Martyrs du Tonkin canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

Le dies natalis de saint Pere (Pierre) est le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

 

 

Teodor Jurij Romzha

1911-1947

 

Teodor Jurij (Théodore Georges) naquit le 14 avril 1911 en pays ruthène, à Velikij Bychkiv (Maramorosh), d’humbles parents.

Jeune, il n’eut qu’une ambition, d’abord cachée, celle de devenir prêtre.

Au terme de ses études au lycée à Chust, il était regardé comme un des meilleurs élèves, d’autant plus qu’il était un excellent joueur de foot-ball. Aussi ce ne fut pas sans surprise qu’on apprit peu après qu’il avait l’intention de se préparer au sacerdoce.

Il fut pour cela envoyé à Rome, au Collège Germanique d’abord, puis au Séminaire Pontifical Russe. Il était ainsi providentiellement amené à être informé sur le communisme, qui allait sévir dans son pays natal.

Il fut ordonné prêtre le jour de Noël, 25 décembre 1936.

Il ne revint dans son pays que l’été suivant. Il prévoyait d’y célébrer sa «première» liturgie, puis de retourner à Rome l’année suivante, en vue de son doctorat en théologie, mais il fut plutôt enrôlé dans l’armée pour combattre l’invasion allemande.

Après son service militaire, l’évêque jugea opportun de garder Teodor dans son pays, et lui confia une petite paroisse près de Maramorosh, Berezovo. C’était la pauvreté même ; Teodor n’avait parfois qu’un repas pour sa journée, mais ne s’en plaignait jamais. Il montrait même sa joie d’être pauvre parmi les pauvres. Les paroissiens de Berezovo furent conquis par leur pasteur, qui exigeait d’eux une vraie vie de Foi.

En 1939, la Hongrie envahit à nouveau la Ruthénie, provoquant de gros bouleversements politiques et religieux. On contraignit l’évêque Stojka à remanier les études du séminaire, ce qui aboutit à nommer le père Teodor directeur spirituel et professeur de philosophie au séminaire de l’éparchie de Uzhorod.

Un de ses élèves dira plus tard : Il était sévère comme professeur, mais paternel et doux comme directeur spirituel.

Le père Teodor consacra aussi une partie de son temps à aider les paroisses environnantes dans le ministère pastoral. Il avait une prédilection pour prêcher les retraites aux jeunes étudiants. Dès qu’il avait un sou en poche, il le donnait aux pauvres. 

L’évêque appréciait le prêtre, et obtint pour lui la dignité honorifique de Prélat de Sa Sainteté ; «Monseigneur» Romzha porta toujours son titre avec discrétion et grande modestie.

En 1943, l’évêque Stojka mourut subitement, vite remplacé temporairement par l’évêque Nicholas Dudash, comme Administrateur de Mukachevo ; mais le Saint-Siège préféra nommer sans attendre Mgr Romzha comme Administrateur Apostolique de Mukachevo. Il fut ordonné évêque en 1944, à Uzhorod.

Juste après, la Ruthénie, envahie par les troupes russes, était incorporée d’office dans la Tchécoslovaquie, et, en 1945, dans l’Ukraine soviétique.

Au début, l’évêque chercha à ne pas s’opposer ouvertement au gouvernement soviétique, mais il dut intervenir officiellement quand il sut que les prêtres étaient tour à tour retirés de leurs paroisses. La réponse fut violente : puisque le Vatican s’opposait au gouvernement soviétique, le gouvernement soviétique ne pouvait supporter d’avoir chez lui des prêtres favorables au Vatican ; donc, seule solution : se séparer du Vatican et se soumettre au patriarche orthodoxe de Moscou. Mgr Romzha déclara franchement qu’il préférait mourir, que de trahir l’Eglise gréco-catholique. C’était la lutte ouverte.

Un évêque «officiel» fut nommé pour Mukachevo, appuyé par la presse et les autorités soviétiques, qui ne cherchait rien d’autre que liquider la hiérarchie gréco-catholique.

Le gouvernement confisqua la voiture de Mgr Romzha, qui continua ses tournées en voiture à cheval, pour aller relever le courage de ses diocésains, les exhortant à rester fidèles, jusqu’à la mort ou au martyre, s’il le fallait.

On lui répondit avec enthousiasme. Même des orthodoxes, remarquant les injustices qu’on imposait aux catholiques, demandèrent à Mgr Romzha d’être admis dans l’Eglise catholique.

Les autorités soviétiques n’arrivant pas à abattre l’intrépide évêque, on tenta de le faire disparaître plus vite. Le 27 octobre 1947, Mgr Romzha revenait d’avoir consacré une église près de Mukachevo, quand un camion militaire renversa sa voiture à cheval. On le frappa à coups de crosse de fusil.

L’évêque blessé fut secouru par des passants et conduit à l’hôpital de Mukachevo, où il se reprit après quelques jours. 

Puis, brusquement, le 1er novembre suivant, on le trouva mort dans sa chambre. Or, la nuit précédente, on avait vu entrer dans sa chambre le directeur de l’hôpital et une mystérieuse «infirmière» qui disparut ensuite. Mgr Romzha fut certainement empoisonné, à trente-six ans.

Officiellement, les autorités soviétiques affirmèrent que l’évêque avait succombé aux blessures de l’accident, mais personne ne s’y trompa.

Mgr Teodor Jurij Romzha a été béatifié en 2001.

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 00:00

31 OCTOBRE

 

III.

SS Epimachios et Alexandros, martyrs à Alexandrie, arrosés de chaux vive (ou décapités).

S Quentin, romain venu à Amiens, martyr ; la ville de Saint-Quentin lui doit son nom. 

?

S Erc, irlandais, évêque en Cornouaille.

VII.

S Foillan, irlandais venu à Fosses, abbé et peut-être évêque ; assassiné traitreusement par des brigands ; invoqué pour le beau temps, les moissons, la guérison des maux de tête et des maladies nerveuses.

S Antoninus, évêque à Milan.

VIII.

Ste Norburge, vierge à Cologne, dans le monastère fondé par sa tante Plectrude ; elle aurait eu la grâce de mourir avant un mariage qu'elle refusait.

X.

S Arnoul, moine martyr à Novalesa. 

S Wolfgang, évêque à Ratisbonne ; très intelligent, il préféra vivre à l'abbaye de Einsiedeln, puis missionna en Hongrie, avant d'être consacré ; il travailla à la réforme monastique et veilla à la sainteté de son clergé. 

XII.

B Christoforo de Romagne, franciscain italien, envoyé par s. François fonder des couvents à Gourdon, Martel, Figeac, Mirepoix et Cahors ; mort centenaire.

XV.

B Tommaso Bellacci de Florence, devenu franciscain après une jeunesse relâchée, mystique ; il fit partie d'une expédition en Orient et faillit avoir la joie du martyr, mais il fut libéré par la rançon versée à temps par le pape, à son grand désappointement.

XVII.

S Dominic Collins, jésuite irlandais martyr.

S Alonso Rodríguez Gomez, coadjuteur jésuite espagnol ; marié, il perdit sa fillette, sa femme, son fils, et sa fortune ; jésuite, il fut envoyé sur l'île de Majorque comme portier, exemplaire par son obéissance et son humilité et favorisé de grâces mystiques.

XX.

Bse Mercede Stefani (Irene, 1891-1930), missionnaire italienne au Kenya, morte de la peste, béatifiée en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Charité : à Madrid, Modesta Moro Briz et Pilar Isabel Sánchez Suárez (*1901, 1906) ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Jesús Miquel Girbau (Timoteu, *1897) ;

- béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : à Madrid, Josefa Ytóiz et Asunción Pascual Nieto (*1871, 1887).

B Leon Nowakowski (1913-1939), prêtre polonais fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Gjon Pantalia (1887-1947), frère jésuite albanais, martyr, béatifié en 2016.

Miguel Tiu Imul (1941-1991), laïque guatémaltèque, catéchiste, directeur de l'Action Catholique, martyr, béatifié en 2020.

Ste María Isabel Salvat Romero (María de la Très Pure Marie et de la Croix, 1926-1998), religieuse espagnole des Sœurs de la Compagnie de la Croix, béatifiée en 2010, canonisée en 2015.

 

Epimachius le Pélousiote

† 250

 

(Voir aussi la notice Epimachus et Alexander d’Alexandrie avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia, au 12 décembre)

Il faudra peut-être orthographier Epimachios ; on lui a souvent donné un compagnon en la personne d’Alexandros (ou Alexander).

Epimaque aurait été originaire de Pelusium (auj. Tell el-Farama, embouchure NE du Nil, Egypte).

Ayant vu que le préfet voulait contraindre des Chrétiens à offrir des sacrifices aux idoles, il vint renverser l’autel.

De ces deux Martyrs, leur évêque, s.Denys (v. 8 avril) écrivit ceci :

Epimaque et Alexandre, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent eux aussi arrosés de chaux vive.

L’expression eux aussi fait allusion à d’autres Martyrs, dont nous ignorons ici l’identité. Mais l’expression arrosés de chaux vive contredit un autre récit, dans lequel Epimaque fut finalement décapité.

Le martyre dut avoir lieu sous l’empereur Dèce, vers 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Epimachius le Pelusiote, seul, au 31 octobre.

 

 

Quentin

3e siècle

 

Quentin, en latin Quinctinus («le petit cinquième»), était le fils d’un sénateur romain.

Chrétien, il fut envoyé en Gaule de concert avec saint Lucien pour évangéliser le nord du pays. Tandis que Lucien restait à Beauvais (où il recevra le martyre, voir au 8 janvier), Quentin se dirigea sur Amiens.

C’est là que Quentin sera dénoncé à un tristement célèbre préfet militaire, persécuteur infatigable, Rictiovarus de son nom. Voici le dialogue qu’on en a rapporté :

 

« Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus. 

- Je m'appelle Chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin. 

- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions ! 

- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.

- Quitte ces folies et sacrifie aux dieux. 

- Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer. 

- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort. 

- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme. »

 

Quentin fut torturé, puis décapité.

D’après saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), le corps de saint Quentin fut jeté dans la rivière, et retrouvé par une pieuse aveugle, qui depuis lors fut guérie de sa cécité.

Saint Eloi (v. 1er décembre), l’évêque de Noyon, affirma avoir retrouvé les reliques du Martyr, au 7e siècle.

Saint Quentin fut donc martyrisé à Augusta Veromandorum, devenue par la suite Vermand, capitale du Vermandois, et maintenant la belle ville de Saint-Quentin.

Sa fête est au 31 octobre.

 

 

Foillan de Fosses

† 655

 

On se souviendra que s.Fursy (v. 16 janvier) avait deux frères, Foillan et Ultan, nés comme lui sur l’île d’Inishquin (Lough Corrib, Irlande), de Fintan et Gelges.

De Foillan, on a aussi bien d’autres graphies : Faelan, Faolan, Foelan, Foalan ; Feuillien, Pholien, Flien.

Foillan et Ultan restèrent au monastère de Rathmat, tandis que Fursy continuait sa mission.

Puis avec eux, il fonda un autre monastère à Cnobheresburg (act. Burgh Castle, Norfolk), dont Foillan fut abbé, en 644.

Cette abbaye fut cependant bientôt pillée par le roi de Mercie. Les moines eurent à peine le temps d’emporter tous leurs «biens» : reliques, livres et ornements liturgiques, et embarquèrent à destination de la Gaule.

Le maire du palais, Erchinoald, qui avait déjà très bien reçu précédemment Fursy, accueillit favorablement Foillan et ses moines à Péronne, d’où ils partirent à Fosses (Belgique).

Là s’éleva bientôt leur monastère, grâce à l’appui de sainte Itte (v. 8 mai ?) et de Grimoald, le fils de Pépin de Landen.

Foillan fut abbé - et peut-être même évêque de Fosses.

De Fosses, Foillan ne manquait pas d’aller visiter l’abbaye de Nivelles, où se trouvait sa bienfaitrice Itte.

C’est ainsi qu’il lui arriva d’aller y célébrer la vigile de saint Quentin, le 30 octobre 655, avec trois compagnons.

Au retour, ils furent égarés dans la forêt Charbonnière par un coquin qui les amena à une cabane de brigands, peut-être située près de Strépy. Ils furent accueillis avec une feinte cordialité mais, une fois assoupis, furent assassinés sauvagement.

Foillan eut juste le temps de crier Deo gratias !

Les quatre corps furent décapités, dénudés, dépecés et jetés, dans un trou à purain de porcherie, le 31 octobre 655.

Bien sûr, on s’inquiétait à Fosses. Après beaucoup de prières, de jeûnes, et soixante-dix-sept jours de recherches, cette sordide histoire fut découverte, en la fête de s.Fursy (16 janvier).

Cette nuit-là, se trouvaient à Fosses l’évêque de Poitiers, Dido et le maire du palais Grimoald ; l’évêque eut un avertissement intime d’aller au-devant de la dépouille de Foillan.

Ce meurtre fut considéré comme un martyre, d’autant plus que nombre de miracles s’opérèrent à la tombe et par l’intercession de s.Foillan.

Ajoutons enfin que l’on invoque s.Foillan pour le beau temps et les moissons, contre les maux de tête et les maladies nerveuses.

Saint Foillan de Fosses est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antoninus de Milan

† 661

 

Antonino fut peut-être de la famille aristocratique des Fontana, à Milan. On ne trouvera rien d’autre sur sa personne.

Il devint le trente-neuvième évêque de cette ville de Milan. Son épiscopat dura juste un an.

Saint Antoninus de Milan est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wolfgang de Ratisbonne

924-994

 

Wolfgang naquit vraisemblablement à Pfullingen (Souabe, Allemagne S) vers 924, de parents libres, moyennement riches.

Le garçon, une fois moine, traduisit malicieusement en latin son nom : Lupambulus, Loup (Wolf) qui marche (gehen).

A sept ans, Wolfgang fut placé chez un prêtre qui l’initia à la Bible, puis il étudia à l’abbaye de Reichenau et à l’école cathédrale de Würzburg, sous la direction d’Etienne de Novare. Mais un jour que Wolfgang sut mieux expliquer qu’Etienne un passage difficile d’un ouvrage latin, Etienne, vexé, le renvoya.

En 956, un de ses anciens confrères de Reichenau devint évêque à Trèves et l’appela auprès de lui. Wolfgang accepta seulement de former les jeunes élèves ; il nourrissait les plus pauvres d’entre eux, organisa la vie commune, tout en adoptant pour soi-même un style de vie déjà très simple, quasi monastique.

On voulut le nommer évêque de Trèves quand le siège fut vacant, ou à Cologne, auprès de l’archevêque Bruno (v. 11 octobre), mais il leur «échappa», alla partager ses biens entre les siens et entra en 965 au monastère bénédictin d’Einsiedeln (Suisse).

Wolfgang devint très vite une lumière consultée par tous les moines.

En 968, il fut ordonné prêtre. Fait curieux : alors qu’il désirait tant la vie retirée du monastère, Wolfgang sentit l’irrésistible besoin, une fois prêtre, d’aller prêcher dans la région de Pannonie (auj. Hongrie), où d’aucuns supposent qu’il baptisa lui-même le duc Geisa.

En 972, il fut cependant rappelé et on réussit à le nommer évêque pour Ratisbonne (Regensburg).

C’est lui qui, en 975, fonda le chœur cathédral, à l’origine des Domspatzen (Petits Chanteurs de Ratisbonne).

Une fois investi, son souci fut de relever le clergé, en commençant par les moines. Il releva l’abbaye bénédictine Saint-Emmeran de Ratisbonne en la rendant indépendante des Chanoines de la cathédrale Saint-Pierre. L’abbaye devint une pépinière de saints évêques, de précepteurs princiers, rayonnant au loin par son activité morale et intellectuelle. De son côté, l’évêque s’occupait des études et contrôlait personnellement les travaux des étudiants.

A l’intention des moniales, dont la vie claustrale s’était pareillement relâchée, il construisit un nouveau monastère où il invita celles qui le voulaient à y venir vivre la règle bénédictine dans son authenticité. L’abbaye connut un grand essor.

La région de Prague faisait partie du diocèse de Ratisbonne ; on voulut créer un nouveau diocèse pour Prague, et Wolfgang accepta de bon gré cette «séparation» de son propre diocèse. Il visita consciencieusement tout son territoire, prêchant et sachant toucher les cœurs. Il surveillait le bon état des sacristies.

Wolfgang conserva toujours son habit monacal, mais aussi ses habitudes claustrales, tôt levé, priant beaucoup dès le matin, célébrant la messe avec effusion de larmes ; il recevait qui voulait le rencontrer, invitant à sa table des pauvres.

En 994, il tomba malade à Pupping, lors d’un déplacement pour visiter la partie orientale du diocèse. Il reçut le viatique et demeura couché sur le sol dans un oratoire. Ses dernières paroles furent : Que Dieu ait pitié de moi pauvre pécheur, qui subis maintenant  la mort, et de tous ceux qui me regardent avec crainte et humilité. Puis il s’endormit définitivement.

Il mourut le 31 octobre 994 et fut canonisé en 1052.

Il est le céleste patron de la Bavière, de la ville et du diocèse de Ratisbonne, mais aussi de quantité d’artisans ; on l’invoque pour les maladies des hommes et du bétail. Des proverbes affirment que la pluie du 31 octobre annonce une bonne récolte pour l’année suivante.

Cristoforo de Romagne

1170-1272

 

Cristoforo était né vers 1170 en Emilie Romagne, Italie CE, à Cesenatico ou à Cesena.

Devenu prêtre séculier, il était curé, peut-être à Cesena, où son culte est resté vivant. Vers la quarantaine, il connut avec enthousiasme l’idéal franciscain et rejoignit les premiers compagnons du Fondateur.

Saint François (v. 4 octobre), l’envoya en 1217 avec quelques autres frères en France, pour répandre la réforme franciscaine. Il prêcha parmi les lépreux.

Il passa dans le Lot, à Martel, où il accomplit quelques miracles. Il annonça la chute imminente d’un énorme rocher du Mont- Saint-Cyr, permettant aux habitants de s’écarter avant la catastrophe.

 En 1219, à Assise, il participa au chapitre général, qui rassemblait déjà des milliers de frères.

Cristoforo repartit pour la France et fonda plusieurs couvents, à Mirepoix, Cahors, Gourdon, Martel et Figeac. Il fut le premier provincial de France. Signalons au passage que dans le seul 13e siècle, il y eut environ cent-quarante fondations de monastères dans le sud de la France, dont 60% étaient franciscains.

Bien souvent, les fidèles qui assistaient à la messe de Cristoforo purent contempler une lumière illuminant la modeste chapelle, ou une auréole de feu entourant la tête du bienheureux.

Au chapitre provincial d’Arles (1224), auquel assista Cristoforo ainsi que saint Antonio de Padoue (v. 13 juin), et pendant que ce dernier prêchait, saint François apparut, au sein d’une vive lumière bénissant chacun de ses fils.

Le 3 octobre 1226 au soir, à la mort du même saint François, Cristoforo se trouvait au couvent de Martel, perdu en extase, quand il vit saint François venir à lui et lui dire : Mon fils, parcours ta province, et va dire à mes frères que j’ai cessé de combattre le combat de la vie, et que j’ai quitté ce monde pour la patrie céleste.

Après avoir passé sa vie entière à propager en France l’ordre des Mineurs, Cristoforo, déjà centenaire, sentit peu à peu ses forces décliner. Réunissant autour de son lit les religieux du couvent, il leur adressa ses dernières exhortations. 

Il s’endormit dans le Seigneur à Cahors le 31 octobre 1272.

On lui attribua de nombreux miracles de son vivant, et plus encore sur sa tombe.

Ses reliques furent dispersées en 1580 par les Huguenots, qui incendièrent les monastères franciscains de Cahors et de Figeac.

Son culte fut approuvé en 1905.

 

 

Tommaso Bellacci de Florence

1370-1447

 

Fils de bouchers, et d’une mère très pieuse, Tommaso naquit vers 1370 à Lunari (Florence, Italie C).

A l’adolescence, il fut pris dans le tourbillon de l’agitation au point de risquer la prison. C’est alors qu’un bon chrétien le ramena à de meilleurs desseins : il demanda à entrer chez les Franciscains, à Fiesole, alors qu’il avait une vingtaine d’années.

On l’accueillit peut-être avec quelque réserve, mais Tommaso était résolu à expier ses forfaits et entama une vie de pénitence extraordinaire, avec des austérités effrayantes, mais surtout en pratiquant toutes les vertus, soutenu en cela par la grâce divine.

Il parvint à un haut degré de contemplation ; ses supérieurs le laissèrent s’isoler dans la campagne et dans les bois, où il restait parfois plusieurs jours. On l’aperçut élevé jusqu’au sommet des grands arbres de la forêt, et bien souvent environné d’une lumière éclatante.

Lui, le frère convers, fut nommé maître des novices ; sa renommée induisit d’autres franciscains à passer à l’Observance et à se mettre à son école.

On confia à Tommaso le soin de diriger toute une province en Calabre ; pendant plusieurs années il s’occupa à fonder des couvents réformés, et les miracles qu’il opérait consolidaient son œuvre et intensifiaient sa réputation de sainteté.

Six années plus tard, il était de retour en Toscane, pour travailler à la répression des fraticelles hérétiques, dont il réussit à débarrasser la région au bout de sept années d’effort, ce qui lui valut d’être nommé par le pape commissaire provincial. Lui-même s’établit alors à Scarlino.

C’est à Scarlino que se vérifia un prodige assez curieux et unique. Tommaso instaura la coutume de sortir de nuit avec tous les religieux dans le bois voisin en priant les psaumes de la pénitence, et chacun rejoignait sa cabane de branchages. Une nuit, des loups vinrent troubler la prière par leurs hurlements ; Tommaso intervint, leur reprocha d’avoir troublé la prière, et leur demanda gentiment de se taire, à quoi ils obtempérèrent. A la fin de la prière, chaque loup vint accompagner un des religieux et ne le quitta qu’après en avoir reçu la bénédiction. Le prodige se répéta chaque nuit, jusqu’à ce que, par une nuit froide d’hiver, les religieux ne sortirent pas, et dès lors les loups disparurent.

La renommée de Tommaso arriva sur l’île d’Elbe et en Corse, où on l’invita à fonder des couvents.

En 1439, il fit partie d’une délégation pontificale en Orient, pour inviter les chrétientés orientales au concile de Florence, où l’on devait chercher à parvenir à l’Unité.

Ce fut pour Tommaso l’occasion d’être reçu avec grande bienveillance par le sultan d’Egypte. Ses étapes successives ne sont pas claires chez les chronistes : il semble qu’il soit passé par Constantinople et la Géorgie. De l’Arabie, il chercha par trois fois à entrer en Ethiopie ; deux fois il fut arrêté et mis aux fers et dut sa libération à des marchands florentins qui payèrent une rançon (à moins que ces arrestations aient eu lieu auparavant, lors du passage par Constantinople) ; une troisième fois encore, il fut arrêté, torturé, abandonné dans une citerne vide avec à peine de quoi manger ; sa douceur convainquit les bourreaux de le transférer dans une prison meilleure et même de le laisser sortir : il en profita pour prêcher ; de nouveau arrêté, fouetté et condamné à mort, il fut libéré in extremis par une rançon payée par le pape lui-même. Toute sa vie, il regrettera d’avoir perdu cette occasion de verser son sang pour le Christ.

Il rentra en Italie, fut accueilli avec joie à Rome et regagna Scarlino en 1445.

En 1447, on le retrouve à Monte Piano d’où, deux ans après, il tenta de repartir à Rome pour solliciter du pape l’autorisation de repartir en Egypte. Mais c’était sans compter avec son grand âge, car il avait bientôt quatre-vingts ans. En fait, la fièvre l’arrêta à Rieti, où il mourut le 31 octobre 1447.

Son culte fut reconnu en 1771.

 

 

Dominic Collins

1566-1602

 

Le nom gaélique de Dominic Collins est Doiminic Ó Coileáin.

Il naquit vers 1566 à Youghal (Cork, Irlande), dans une famille bien connue ; son père et son frère occupèrent la charge de Mayor de la ville.

En 1586, Dominic vint à Nantes et travailla pendant trois ans dans diverses hôtelleries, dans le but de gagner de quoi se payer un cheval et s’engager dans la cavalerie.

En 1589, il rejoignit les troupes de la Ligue Catholique du Duc de Mercœur, Philippe Emmanuel, contre les Huguenots ; il reçut le grade de capitaine (et précisément Capitaine La Branche), et fut nommé gouverneur des territoires repris aux Huguenots.

Avec une lettre de recommandations pour le roi Felipe II, il s’engagea dans l’armée espagnole et fut en garnison à La Coruña. Après neuf années, il décida de quitter l’armée, et le roi Felipe lui accorda une pension de vingt-cinq écus mensuels.

Cette belle aventure militaire allait s’orienter vers une autre milice : la Compagnie de Jésus. En effet, durant le carême de 1598, Dominic rencontra un père Jésuite, qui avait fondé un collège irlandais à Salamanque. Dominic voulut entrer dans l’Ordre, et fut présenté aux autorités du collège. Il fallait éprouver la vocation de ce soldat de trente-deux ans, examiner s’il pouvait se préparer au sacerdoce ou plutôt servir comme Frère lai. Dominic fit le noviciat à Santiago de Compostela. Il donna toute la mesure de ses capacités lors d’une épidémie, durant laquelle il se dévoua de façon remarquable et efficace auprès des malades et des mourants. Il était bien un peu vif de caractère, un peu obstiné aussi, mais ses bonnes qualités le firent accepter à la première profession, en février 1601.

Peu après, il fut désigné pour accompagner l’expédition de Felipe II, qui voulait aider les troupes irlandaises contre les anglaises. L’expédition partit en septembre 1601, mais n’arriva qu’en décembre à cause des très mauvaises conditions météorologiques ; de plus, la bataille de Kinsale (24 décembre) fut un désastre et Dominic resta auprès des cent quarante-trois soldats irlandais dans le château de Dunboy. Quand ce château tomba aux mains des Anglais en juin 1602, tous ces soldats, sauf deux, furent pendus ; après les avoir emmenés à Cork et les avoir torturés, les Anglais exécutèrent aussi les deux derniers soldats. Mais ils maintinrent en vie Dominic, voulant arriver à le faire apostasier dans sa propre ville d’origine : ils l’emmenèrent à Youghal, à quelque cent soixante-dix kilomètres de Cork, mais ne purent vaincre son courage.

Sur la place où il devait être exécuté, il y avait beaucoup de gens. Dominic leur parla en espagnol, en irlandais et en anglais, affirmant avec toute la force de son cœur qu’il était venu en Irlande pour défendre la foi catholique et qu’il était heureux de mourir pour cette foi. La foule était si émue, que le bourreau disparut ; on dut forcer un marin de passage à faire le travail.

Sans jugement, Dominic Collins fut ainsi exécuté dans sa ville natale, à Youghal, le 31 octobre 1602.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Alonso Rodríguez Gómez

1533-1617

 

Alonso Rodríguez, fils d'un riche marchand drapier, naquit à Ségovie, en Espagne, deuxième des onze enfants de Diego et María.

Après avoir fait ses études au collège d'Alcala, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, il retourna à Ségovie à cause du décès de son père et dut s'occuper de l'administration des biens familiaux. 

Après avoir essuyé des revers de fortune, perdu sa femme et sa fille en l'espace de quelques mois, Alonso Rodríguez abandonna le soin des affaires et se retira dans une chambre avec son fils à peine âgé de trois ans. Plein de sollicitude pour l'âme de son enfant, il pria Dieu de l'appeler à Lui s'il devait un jour L'offenser. Le Seigneur ravit ce petit ange à sa tendresse quelques jours après sa fervente prière.

Durant six ans, saint Alonso pratiqua dans le monde toutes les vertus chrétiennes. A l'âge de trente-sept ans, de plus en plus absorbé dans la pensée de la mort et de son salut éternel, il ne songea plus qu'à entrer dans un Ordre religieux. Sur le conseil d'un Père de la Compagnie de Jésus, il commença à étudier le latin, mais le succès ne répondit pas à ses efforts. Laissant ce projet de côté, il pensa à se retirer auprès d'un ermite de Valence, mais son confesseur l'en dissuada.

Agé de trente-neuf ans, Alonso entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, au couvent de Saint-Paul de Valence où on l'admit en qualité de Frère coadjuteur. Ses premiers pas dans la vie religieuse révélèrent le haut degré de vertu où il était déjà parvenu. Son humilité que rien ne pouvait déconcerter, sa patience devant les exigences les plus indiscrètes ou les reproches les moins mérités, sa scrupuleuse obéissance, son oraison continuelle suscitaient l'admiration et l'édification de tous ses confrères.

Après six mois de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent sur l'île Majorque, au collège de la Sainte Vierge du Mont-Sion où il prononça ses vœux simples et solennels le même jour. 

Pendant trente ans, il se sanctifiera dans le modeste emploi de portier, accueillant toutes les personnes qui se présentaient, avec le même empressement que si c'eût été Notre-Seigneur. Le matin, au son de la cloche, il demandait à Dieu de le garder sans péché durant le jour, ensuite il se mettait sous la protection de la Très Sainte Vierge en récitant ses Litanies.

A sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. "En toutes choses, témoigna son supérieur, Alonso cherchait ce qui répugnait le plus à la nature." Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornaient la cellule de ce pauvre de Jésus-Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent. Regardant le réfectoire comme un lieu de mortification, il offrait tous les sacrifices qu'il s'y imposait pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du purgatoire. Avant de sortir de la maison, Alonso demandait à Notre-Seigneur de le faire mourir plutôt que de le voir consentir à aucun péché mortel. Pendant ses visites, il observait une modestie si exemplaire, parlait si peu et rarement, que cet empire acquis sur ses sens l'avait fait surnommer le frère mort.

L'obéissance de saint Alonso Rodríquez était aussi aveugle que parfaite, car il était convaincu qu'en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du ciel même. Pour savoir jusqu'où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur du collège de Majorque lui commanda un jour de s'embarquer. Alonso partit aussitôt sans poser de question. Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. "Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignoriez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre? - J'allais faire l'obéissance, répondit le saint portier."

Alonso reçut de Dieu le don de prophétie et celui des miracles. 

Après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus admirables vertus, affligé depuis longtemps d'une douloureuse maladie, le saint religieux reçut le sacrement des infirmes. Ayant communié avec ferveur, l'agonisant ferma les yeux et entra dans un ravissement qui dura trois jours. Durant ce temps, son visage demeura tout rayonnant d'une céleste clarté. 

Le 31 octobre 1617, il revint à lui, prononça distinctement le nom adorable de Jésus et Lui rendit son âme, à l'âge de quatre-vingt-six ans. 

Il fut canonisé en 1888 et se trouve inscrit au Martyrologe le 31 octobre, veille de Tous les Saints.

Mercede Stefani

1891-1930

 

Elle  naquit le 22 août 1891 à Anfo (Brescia, Italie N), cinquième des douze enfants de Giovanni Stefani et Annunziata Massari, d’excellents parents catholiques qui la firent baptiser dès le lendemain avec les noms de Aurelia Jacoba Mercede.

La vivacité dont elle fit preuve dès l’enfance, la portait vers les autres pour, à sa façon, apostoliser ses camarades, visiter les malades, aider les vieillards, soulager les pauvres. A treize ans, elle dit à ses parents : Je me ferai missionnaire. Elle fut d’autant plus encouragée dans sa volonté, qu’elle eut l’occasion de rencontrer un bon missionnaire de passage à Anfo en 1905 ; mais elle était encore bien jeune !

Cependant, l’adolescente fut marquée par la mort imprévue de sa mère et dut assumer l’éducation de ses petits frères et sœurs. 

Le papa qui, par prudence, préférait garder sa fille à la maison pour lui laisser le temps de mûrir sa vocation, consentit finalement à la séparation, en 1911.

Mercede entra enfin à Turin chez les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame de la Consolation (fondées par le bienheureux Giuseppe Allamano, v. 16 février). Elle reçut l’habit en 1912 et prit le nom de Irene.

En 1914, elle fit la profession solennelle, et fut envoyée au Kenya, où l’œuvre de l’évangélisation était à peine à ses débuts. Elle n’avait appris qu’une expression en dialecte kikuyu : Tokumye Yesu Kristo ! (Loué soit Jésus-Christ !). Elle arriva à Mombasa en janvier 1915.

De 1914 à 1920, elle fut dans ce qu’on osait appeler par euphémisme les «hôpitaux militaires», en Tanzanie : Voi, Kilwa Kivinje, Dar-es-Salaam, où l’on entassait toutes les victimes indirectes de la Première Guerre Mondiale, quasi abandonnés à eux-mêmes. Heureusement elle disposait de matériel médical, aussi s’empressa-t-elle auprès de chaque malade, soignant, pansant, consolant, encourageant, et profitant de cette intimité d’abord pour apprendre les dialectes, ensuite pour parler du Sauveur Jésus. Elle réussit aussi à adoucir les «médecins» peu consciencieux, les surveillants trop cruels, les musulmans incroyants. 

Il y avait beaucoup d’enfants en danger de mort ; grâce à elle, plusieurs milliers reçurent la grâce du Baptême chrétien.

De 1920 à 1930, elle fut dans un autre secteur, à Gikondi  (Mukurweini, Nyeri, Kenya), où elle eut une activité orientée vers l’enseignement. Là, elle sillonna les pistes et les villages, exhortant les gens à apprendre à lire et à écrire, à envoyer les enfants à l’école, au catéchisme (qu’elle organisait elle-même), sans oublier les malades qu’elle trouvait, assistant les jeunes mamans qui accouchaient, recueillant les enfants abandonnés.

Quand les gens rejoignaient les centres habités comme Mombasa ou Nairobi, elle leur écrivait, ou servait d’intermédiaire entre les uns et les autres, maintenant ainsi les liens familiaux.

En même temps, elle enseignait sa méthode aux jeunes Sœurs récemment arrivées.

Les indigènes la surnommèrent ainsi Nyaatha, femme-miséricorde.

Un de ses actes héroïques fut d’assister un pestiféré à l’article de la mort. Un matin, elle constata que le lit de ce dernier était vide : on l’avait abandonné sur la plage avec d’autres cadavres. Elle y courut et finit par le trouver, encore moribond : elle l’entoura, le réconforta et le baptisa. On lui demanda ensuite si elle n’avait pas éprouvé un peu de répugnance à se déplacer au milieu de tous ces cadavres décharnés et elle répondit : Pour dire la vérité, oui, mais je ne pensais qu’au salut de son âme. En réalité, elle prit elle-même la contagion. 

En septembre 1930, participant à une retraite, elle entendit le Christ lui dire : Le péché crucifie Jésus. Mieux vaut mourir mille fois que commettre un seul péché… Il faut tout oublier, se vider de soi-même. Sœur Irene s’offrit totalement.

Le 26 octobre, fête du Christ Roi, se manifestèrent les symptômes de la peste et elle s’éteignit le 31 octobre 1930 à Gikondi.

Irene a été béatifiée en 2015.

 

 

 

Josefa Ytóiz

1871-1936

 

Josefa Ytóiz naquit le 3 ou 4 mars 1871 à Pamplona (Navarre, Espagne NW).

D’habitude, les Espagnols portent un double nom de famille, celui du père et celui de la mère, mais Josefa n’en a pas, parce qu’elle fut abandonnée à la naissance à un orphelinat. L’aumônier qui la baptisa dès le lendemain, lui donna le nom de Josefa Ytóiz, et la confia à un couple qui, cependant, la restitua à l’orphelinat une semaine plus tard. Le bébé fut alors confié à Matías Uganda di Iraizóz et à son épouse, qui l’élevèrent consciencieusement.

En 1878, Josefa reçut la Confirmation.

En 1892, Josefa entra dans le monastère des Conceptionnistes d’Escalona, grâce à la dot que payèrent ses parents adoptifs.

En 1894, elle émit la première profession, et la solennelle en 1897, prenant le nom de Marie de Saint-Joseph. Le Père adoptif de Jésus l’avait vraiment protégée.

Cette Religieuse qui avait été abandonnée, se montra très fraternelle, très serviable, très intérieure, au point qu’elle fut élue et plusieurs fois réélue supérieure du monastère.

Dès la proclamation de la République en Espagne (1931), le monastère d’Escalona fut la cible de moqueries et d’accusations de la part de la mairie. Comme les conduites d’eau du village passaient par le jardin de leur monasstère, on accusa les moniales d’avoir empoisonné l’eau potable, et le maire se permit de venir fouiller dans tous les angles du monastère, en y ajoutant tous les sarcasmes qu’il pouvait imaginer à l’adresse des moniales.

En juillet 1936 arriva le comble des tribulations. Sachant que les anarchistes pouvaient mettre le feu à leur vieux monastère, les moniales organisèrent des tours de veille chaque nuit.

Le 28 juillet, on vint leur intimer l’ordre de quitter le monastère. La Supérieure recommanda aux quatorze moniales de s’habiller en vêtements civils, et de venir dans la chapelle pour y consommer les Hosties du tabernacle et éviter ainsi des profanations du Saint-Sacrement. L’aumônier était présent, et les encourageait à être fidèles jusqu’au bout.

A leur sortie, les moniales furent conduites à la prison municipale où, pendant vingt-quatre heures, elles furent là, mélangées à beaucoup d’autres prisonniers, sans manger ni rien boire.

Le 29 juillet, on les interrogea une par une, toutes les demi-heures. Toutes refusèrent les propositions qu’on leur fit, d’être libérées si elles renonçaient à leur état religieux.

Deux jours plus tard, on les relâcha et elles furent reçues par une dizaine de familles de l’endroit, malgré le grand danger qu’elles couraient. Les moniales furent donc chez ces gens charitables jusqu’au 16 septembre.

On les convoqua alors devant un «tribunal» et, le 17 septembre, on les emmena à la Direction Générale de Sécurité de Madrid. Elles faillirent être abattues en chemin par un groupe de miliciens.

Après une nuit passée dans les souterrains de la Direction Générale, on les enferma dans un couvent-prison : le couvent des Capucines, où se serrèrent quelque mille huit-cents femmes, dont huit-cents religieuses. Courant octobre, un témoin les reconnut dans la «tchéka» où on avait enfermé la Mère Marie de Saint-Joseph et sa vicaire, Marie de l’Assomption. Quelques jours plus tard, voulant les revoir, il vit cependant leurs cadavres ; on n’a rien su de leurs derniers moments.

Mère Marie de Saint-Joseph ainsi que la Sœur vicaire, ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Asunción Pascual Nieto

1887-1936

 

Asunción Pascual Nieto naquit le 14 août 1887 à Villarobe (Burgos, Espagne). Ce petit village n’existe plus aujourd’hui.

Asunción n’avais pas de papa connu ; sa maman crut bon pour elle de la confier très vite à l’orphelinat des enfants trouvés ; le bébé fut baptisé et reçut le prénom de Asunción, puisqu’elle était née la veille de l’Assomption de Marie.

Bien vite, on trouva un couple de braves gens qui assumèrent l’éducation de la petite fille : Juan Portugal et Francisca Lara, qui habitaient à Torrecilla del Monte.

En 1892, elle reçut la Confirmation. En 1897, elle fut à nouveau confiée à l’orphelinat, où elle vécut jusqu’à son entrée en religion.

La vocation religieuse mûrissait en effet dans ce petit cœur déjà bien éprouvé, mais qui faisait la joie et la satisfaction de son entourage. L’aumônier de l’orphelinat l’estimait beaucoup, car elle était obéissante, respectueuse, pieuse, bonne camarade, et en bonne santé. Comme sa maman aurait été heureuse de l’avoir près d’elle ! Peut-être qu’elle la rencontra ? On ne le sait pas.

En 1909, Asunción avait vingt-deux ans et elle entra chez les Sœurs Conceptionnistes Franciscaines d’Escalona, où elle se trouva comme un petit poisson dans l’eau. Là encore, les relations font état d’une excellente novice et religieuse. Dès 1910, elle fit la première profession, et la définitive en 1913.

On lui confia l’infirmerie, l’accueil (on l’appelait le «tour», parce que les Religieuses ne devaient pas communiquer directement avec l’extérieur, les visiteurs devant absolument déposer ce qu’ils apportaient dans le tour, que la portière faisait tourner pour reprendre les objets, et inversement dans l’autre sens - c’était un bon moyen pour éviter tout «débordement») ; finalement, Asunción fut élue Vicaire de la Supérieure.

Pour la suite des événements, qu’Asunción partagea héroïquement avec toutes les autres Religieuses, on se reportera à la notice de ce même jour, v. Josefa Ytóiz.

Asunción été béatifiée en 2019 avec la Mère Marie de Saint-Joseph, et sera inscrite avec elle aussi au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Jesús Miquel Girbau

1897-1936

 

Jesús naquit le 24 mars 1897, veille de l’Annonciation, et pour cela porta le nom de Celui qui fut conçu par Marie, notre Sauveur Jésus-Christ.

Il naquit à Palafrugell (Girona, Catalogne, Espagne).

Entré en 1912 chez les Capucins à Arenys de Mar, il y reçut l’habit et le nom de Timoteu.

Après la profession solennelle en 1916, il reçut le sacerdoce en 1919.

Etant à Sarrià, il devait, par décision du chapitre, se rendre à un autre couvent, mais il put seulement sortir de Barcelone et rejoindre Olot.

Son refuge fut cependant vite découvert. On le convoqua, on le conduisit en prison, d’où on l’emmena avec onze autres prisonniers, pour les fusiller aux environs d’Olot, le 31 octobre 1936.

Le père Timoteu fut béatifié en 2015.

 

 

Modesta Moro Briz

1901-1936

 

Elle vit le jour le 11 juillet 1901 à Santibánez de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille de sept enfants.

Un de ses frères devint évêque à Ávila (Mgr Santos Moro Briz), un autre curé à Cebreros et qui fut martyr (José Moro Briz, voir au 24 juillet).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1922. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité.

Cette Sœur joyeuse avait le sens de l’humour et transmettait sa confiance en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Pilar. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées, ainsi que don José Moro, en 2013.

 

 

Pilar Isabel Sánchez Suárez

1906-1936

 

Elle vit le jour le 5 novembre 1906 à Madrid (Espagne).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1926. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité, où elle travailla au bloc opératoire.

Cette Sœur sympathique transmettait sa confiance en Dieu et en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Modesta. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées en 2013.

 

 

Leon Nowakowski

1913-1939

 

Leon naquit le 28 juin 1913 à Byton (Pologne), fils de Władyslaw et Anna Lichmańskiej.

Il entra au séminaire de Wƚocƚaw et fut ordonné prêtre en 1937.

Il fut envoyé à Lublin, puis à Rome pour compléter sa formation théologique à l’Université Grégorienne, et obtint la licence.

De retour en Pologne pour l’été 1939, il fut empêché de repartir à Rome et prêta sa collaboration dans sa paroisse. Il remplaça le curé, quand ce dernier fut arrêté.

Le jeune prêtre, fidèle à Dieu et à son sacerdoce, fut à son tour arrêté le 24 octobre 1939 et conduit avec d’autres à Piotrków Kujawski, où il fut fusillé, le 31 octobre 1939.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

 

Gjon Pantalia

1887-1947

 

Gjon Pantalia naquit le 2 juin 1887 à Prizren (Serbie).

Sa famille était apparentée à la Mère Teresa de Calcutta (v. 5 septembre).

Il entra dans l’Ordre des Jésuites au noviciat de Soresina (Italie), mais renonça humblement à recevoir le sacerdoce, pour s’occuper pleinement des activités de la maison, comme la chorale ou le théâtre, pour lesquels il composa la musique et écrivit des textes ; il fut aussi un excellent accompagnateur spirituel.

Parmi ses étudiants, il s’en trouvèrent qui adhérèrent au Parti communiste albanais, mais qui le protégèrent durant les premiers temps de la persécution, ce qui permit à Gjon de continuer certaines de ses activités, d’aider les frères arrêtés et de leur procurer des avocats.

A son tour, il fut arrêté en septembre 1946 ; il tenta de s’échapper par une fenêtre, mais se cassa les jambes ; repris, manquant de soins et torturé dans le couvent de Gjudahol, transformé en prison, il y mourut le 31 octobre 1947.

Gjon Pantalia fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

 

Miguel Tiu Imul

1941-1991

 

Miguel Tiu Imul naquit le 5 septembre 1941 à Cantón la Montaña (Parraxtut, Sacapulas, Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était directeur de l’Action Catholique et catéchiste.

Le 31 octobre 1991, il fut assassiné à Parraxtut.

Miguel Tiu Imul devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

María Isabel Salvat Romero

1926-1998

 

María Isabel naquit à Madrid le 20 février 1926, de Ricardo Salvat Albert et de Margarita Romero Ferrer, troisième de leurs huit enfants.

Cette famille très chrétienne la fit baptiser huit jours après.

La jeune fille fréquenta l’école primaire et secondaire chez les Mères Irlandaises de la rue Velázquez, où d’ailleurs elle fit la Première Communion, en 1932. Quand elle finit ses études, elle parlait quatre langues.

Au moment de la guerre civile de 1936, la famille se réfugia au Portugal, à Figueira da Foz. Ils revinrent en 1937 et s’installèrent d’abord à San Sebastián, puis de nouveau à Madrid.

Jusques là, María ne montrait pas sa vocation. Elle appartenait au milieu social élevé de sa famille, elle était élégante, belle, sympathique, et fréquentait les fêtes et le cinéma en compagnie d’amies de même milieu qu’elle.

Une amie - qui devint religieuse par la suite - lui fit visiter des couvents. En 1942, elle rencontra pour la première fois les Sœurs de la Croix, où elle comprit qu’elle était appelée. La même année, elle visita la Maison-mère de Séville.

Sa mère la soutenait, mais son père fit tout son possible pour lui en retirer l’idée de la tête : il ne pouvait supporter qu’une fille comme elle devînt religieuse, et, de surcroît, loin de Madrid. Il organisa des fêtes à la maison pour tenter de la faire changer d’avis, mais elle persévéra dans son intention.

Dès sa majorité, elle fit la consécration à la Sainte Vierge et reçut la médaille des Filles de Marie (décembre 1943). L’année suivante elle passa avec succès son examen de Diplôme supérieur à l’Université de Madrid.

Sa décision étant mûre et inchangée, renonçant à une vie aisée, elle entra comme postulante en décembre 1944 chez les Sœurs de la Compagnie de la Croix à Séville, dont le charisme est de s’occuper des pauvres, des malades et des orphelines.

En 1945, elle prit l’habit, et le nom de María Purísima de la Croix.

Durant son noviciat, elle montra particulièrement son esprit d’humilité, sa douceur, son sourire, dans l’amour de la pauvreté. Elle ne cherchait jamais à se faire voir et même faisait tout son possible pour être oubliée.

En 1947 elle fit la profession solennelle, et en 1952 les vœux perpétuels.

Elle fut envoyée en diverses maisons : Lopera (Jaén), Valladolid, Estepa, Villanueva del Río, Minas, où elle fut chaque fois directrice de collège.

En 1966, elle était nommée Maîtresse des novices, en 1969 Provinciale «à titre d’expérience», en 1970 enfin conseillère générale.

En 1977, le chapitre général l’élut comme Mère Supérieure Générale, une charge qu’elle assumera pendant vingt-deux ans, plusieurs fois réélue à l’unanimité des voix.

Elle put assister elle-même à la béatification de la Fondatrice, Ángela de la Croix (v. 2 mars).

Elle fonda plusieurs maisons, en Espagne (Puertollano, Huelva, Cádiz, Lugo, Linares, Alcázar de San Juan) et une en Italie (Reggio Calabria).

On a pu dire d’elle que, si l’on perdait la règle de la Congrégation, il suffisait de l’observer pour la retrouver.

La maman de cette Supérieure si active mourut en 1997, à l’âge vénérable de quatre-vingt seize ans. Un an après, elle-même, atteinte d’une grave maladie, s’éteignit le 31 octobre 1998, pendant une retraite, à la maison-mère de Séville.

María Purísima de la Croix a été béatifiée en 2010. 

Le miracle retenu pour sa béatification est la guérison inexplicable d’une petite fille de trois ans atteinte de cardiopathie congénitale, compliquée d’arrêts cardiaques engendrant des troubles neurologiques.

Successivement est intervenu un autre miracle retentissant en 2012 : suite à une période prolongée de surmenage, un homme connut un arrêt cardiaque et manqua d’oxygène pendant vingt-cinq minutes. Les Religieuses de l’hôpital prièrent pour lui María Purísima : il sortit du coma après douze jours, sans aucune séquelle psycho-somatique. Le monsieur a raconté en se réveillant qu’il était «envoyé par la Vierge de l’Espérance» ; de retour de vacances, un médecin de l’hôpital s’enquit de la «mort» du patient, et fut très surpris en apprenant que l’homme était chez lui et menait une vie normale.

Suite à ce miracle, Mère María Purísima de la Croix devait être canonisée en automne 2015.

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 00:00

30 OCTOBRE

 

II.

S Marcianus, premier évêque à Syracuse, peut-être ordonné par s. Pierre lui-même.

III.

Ste Eutropia, martyre en Alexandrie.

S Serapion, évêque à Antioche, adversaire du montanisme et du docétisme. 

S Marcellus, centurion martyr à Tanger. 

IV.

SS Claudius, Lupercius et Victorius, martyrs à León.

S Maximus, martyr à Cumes.

SS Zenobius et Zenobia, martyrs à Egée ; Zenobius était médecin et évêque (le même que la veille ?).

S Lucain, originaire d'Orient, dit-on, baptisé par s. Hilaire et martyr à Loigny.

V.

S Alchas, évêque à Toul.

SS Thalassius et Baius, martyrs à Issoudun.

VI.

S Germanus de Capoue, dont s. Benoît fut divinement informé de la mort ; évêque de Capoue, il fut le légat du pape pour une mission (réussie) de réconciliation entre les Eglises grecque et romaine.

X.

S Herbern, moine et évêque à Tours ; il souffrit de la part des Normands.

XI.

B Nantère, abbé réformateur à Saint-Mihiel. 

XII.

S Gerardo, évêque à Potenza ; ayant, entre autres miracles, changé l'eau en vin, il fut canonisé par Calixte II de vive voix.

XIII.

B Bernard de la Tour, prieur à la Grande Chartreuse.

Bse Benvenuta Boiani, tertiaire dominicaine dans le Frioul, thaumaturge ; son confesseur modéra son zèle pour les mortifications.

XVI.

B John Slade, laïc martyr en Angleterre.

XVII.

B Terence (Albert) O'Brien, évêque dominicain écossais, martyr.

XVIII.

S Luca Antonio Falcone (Angelo de Acri), capucin calabrais : il ne persévéra qu'au troisième essai ; après sa première prédication, désastreuse, le Christ l'encouragea, les foules vinrent l'écouter, et il fit des miracles : aveugle, il put quand même célébrer la messe ou prier l'office ; canonisé en 2017.

B Jean Michel Langevin, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

B Oleksa Zaryts'kyi (1913-1963), prêtre non marié ukrainien, déporté deux fois au Kazakhstan, martyr béatifié en 2001.

Marcianus de Syracuse

2. siècle

 

Marcianus semble bien avoir été le premier évêque de Syracuse (Sicile).

Il aurait été ordonné par s.Pierre lui-même.

Il mourut massacré par les Juifs de l’endroit.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcianus de Syracuse au 30 octobre.

 

 

Eutropia d’Alexandrie

3. siècle

 

Cette femme chrétienne visitait les Chrétiens prisonniers d’Alexandrie (Egypte).

Pour ce motif, le préfet Apellianus la fit arrêter, torturer et emprisonner.

Le lendemain, citée à comparaître, Eutropia persévéra dans sa foi, reprochant au préfet son aveuglement et la vanité des idoles.

Condamnée à mort, Eutropia fut décapitée.

On datait autrefois cet événement au premier siècle, actuellement cependant on le retarde au troisième.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eutropia d’Alexandrie au 30 octobre.

 

 

Serapion d’Antioche

† 212

 

Serapion fut le neuvième évêque d’Antioche (de Syrie), où le premier fut s.Pierre lui-même. Cet épiscopat commença vers 190.

Cet évêque fut attentif à maintenir la vraie foi des Apôtres, et combattit plusieurs erreurs.

Concernant le montanisme, il écrivit une lettre à deux personnages nommés Caricus et Pontius, dont la conclusion est celle-ci :

Afin que vous sachiez que l’action de cette organisation trompeuse qu’on surnomme la nouvelle prophétie est réprouvée par tous les frères dans le Christ répandus dans toute la terre, je vous envoie les écrits de Claudius Apollinaire, le très heureux évêque d’Hiéropolis en Asie.

La lettre portait aussi la signature d’Aurelius Quirinius et de l’évêque de Delbelte, Aelius Publius Iulius. Serapion ne voulait pas agir seul et cherchait d’abord l’appui d’autres prélats influents. Concernant Claudius Apollinaire, v. 8 janvier.

Contre le docétisme, qui s’appuyait sur des textes apocryphes, Serapion réagit avec le même zèle :

Frères, nous recevons Pierre et le reste des apôtres comme le Christ, mais nous sommes assez avisés pour répudier les écrits mensongers mis sous leurs noms, sachant que nous n’avons rien reçu de tel. Etant près de vous, je supposais que vous étiez tous attachés à la vraie foi, et n’ayant pas lu l’évangile présenté par eux sous le nom de Pierre, je disais : Plutôt que de paraître montrer de la petitesse d’esprit, laissons-le lire. Mais maintenant j’ai appris par ce que j’ai lu que leur esprit s’enfonce dans l’hérésie… Après nous être procuré cet évangile auprès de gens qui l’avaient pratiqué, successeurs de ceux qui avaient commencé à l’introduire et que nous appelons docètes (car la plupart de leurs sentiments sont de cette école), nous avons pu le parcourir : nous y avons trouvé beaucoup de choses conformes à l’enseignement véritable du Sauveur et un certain nombre en désaccord, que nous vous soumettons…

Serapion écrivit aussi à un certain Domnus, dont la foi fut troublée au moment de la persécution.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Serapion d’Antioche au 30 octobre.

 

 

Marcellus de Tanger

† 298

 

Ce centurion se trouvait en stationnement à Tingi (auj. Tanger, Maroc).

Le 21 juillet 298, lors d’une cérémonie en l’honneur de l’empereur, il déclara ouvertement qu’il était chrétien et qu’il ne pouvait plus servir dans l’armée romaine. Il déposa le ceinturon, l’épée et le cep de vigne (insigne).

Le 28 juillet suivant, il comparut devant le gouverneur Astasius Fortunatus, qui le renvoya à son supérieur, Agricolanus.

Le 30 octobre de la même année, à Tanger, il fut décidé au tribunal que Marcellus serait châtié par le glaive.

Sur le chemin vers le lieu du supplice, Marcellus s’adressa à Agricolanus : Dieu te bénisse !

Marcellus mourut ainsi le 30 octobre 298.

Des manuscrits sans doute mal informés ont écrit qu’il était le père des trois Martyrs Claudius, Lupercus et Victorius (v. infra) ; un autre prétendit que Nona, l’épouse de Marcellus, avait eu douze enfants. on ne peut pas accorder une grande créance à ces variantes.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Tanger au 30 octobre.

 

 

Claudius, Lupercius et Victorius de León

† 298

 

Ces trois Martyrs auraient été les fils du centurion s.Marcellus (v. supra).

Mail il ne semble pas qu’on puisse encore l’affirmer. Il y aurait eu une confusion entre les deux mots legione, légion ou León en Espagne.

Ils auraient reçu le martyre à León en 298.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Claudius, Lupercius et Victorius de León au 30 octobre.

 

 

Maximus de Cumes

† 298

 

Maximus aurait été un martyr de Cumes (Naples, Campanie, Italie CW)

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maximus de Cumes au 30 octobre.

 

 

Germanus de Capoue

† 541

 

Né de riches parents, Amantius et Giuliana, à Capoue, Germanus, à la mort de son père, préféra écouter l’invitation du Christ et renonça à tous ses biens en les donnant aux pauvres.

En 516, il fut nommé quarante-cinquième évêque de Capoue.

Des anecdotes existent sur lui, racontées par s.Grégoire le Grand, qui ne les a pas inventées, mais recopiées fidèlement telles qu’il les a entendues.

Germanus vint un jour aux thermes d’Angulum pour soigner sa santé, et y fit la rencontre - dans une vision - d’un certain Paschase, diacre connu qui était mort depuis plusieurs années. Il était occupé aux fours calorifères, disait-il. Germanus, étonné, lui en demanda la raison et pria intensément pour la libération de cette âme. Paschase était «condamné» parce qu’il avait soutenu un pape intrus contre le pape légitime Symmaque. La prière de Germanus fut bientôt exaucée et Germanus ne «rencontra» plus Paschase aux thermes.

Germanus était en outre très ami avec s.Benoît (v. 21 mars). Celui-ci, le 30 octobre 540 ou 541, vit dans la nuit une grande lumière et des anges qui, dans un globe de feu, portaient au Ciel l’âme de Germanus.

Entre ces deux anecdotes racontées par Grégoire le Grand, se situe une mission de Germanus que le pape envoya avec quelques autres légats en 519 auprès de l’empereur de Byzance : il s’agissait de pourparlers pour ramener à l’orthodoxie ceux qui, en Orient, étaient tombés dans l’erreur d’Acace.

Acace avait été excommunié (484) pour sa dangereuse position consistant à vouloir concilier le monophysisme (l’unique nature du Christ) avec la doctrine catholique des deux natures du Christ, divine et humaine.

Germain réussit dans sa légation. Toutefois, certains supposent que le Germain de la délégation n’était pas Germain de Capoue, mais un homonyme.

Germanus fut enterré au Mont-Cassin. Ses reliques disparurent lorsque le monastère fut bombardé en 1944.

Saint Germanus de Capoue est commémoré le 30 octobre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo La Porta de Potenza

† 1119

 

Gerardo, né à Plaisance (Italie N), descendait de la noble et illustre famille La Porta.

Après sa jeunesse, durant laquelle il sut cultiver et la piété et la science, il fut attiré vers l’Italie méridionale, jusqu’à Potenza, soit à la recherche de la solitude, soit dans l’espoir de rencontrer les croisés qui s’y rassemblaient avant de s’embarquer.

En réalité, il comprit que son champ d’action allait être la population locale, qui était comme sans pasteur (cf. Mt 9:36). Il se mit à prêcher aux gens, spécialement aux jeunes, avec bonté, se servant de sa culture pour leur enseigner beaucoup de choses. Il devint ainsi très connu, mais surtout très aimé du peuple.

A la mort de l’évêque de Potenza (1111), c’est Gerardo qu’on voulut pour succéder. Il fut consacré et gouverna saintement le diocèse, sans rien changer à son style de vie austère et simple.

Le bruit se répandit qu’il avait un jour changé l’eau en vin ; d’autres prodiges eurent lieu aussi avant et après sa mort, avenue le 30 octobre 1119, de sorte que le pape Calixte II le canonisa de vive voix dès l’année suivante.

Le Martyrologe le mentionne au 30 octobre.

 

 

Bernard de la Tour

† 1258

 

Ce Bernard, qu’il ne faut pas confondre avec le cardinal homonyme du 14e siècle, était d’une très noble et illustre maison.

Il était si humble, qu’il se fit chartreux, pour ne pas se voir obligé d’accepter l’archevêché de Besançon, qu’on lui offrit. 

Il fut le treizième Prieur général de l’Ordre des Chartreux et promulgua par ordonnance la coutume, déjà établie de facto, de l’abstinence perpétuelle de la viande, qui perdure encore aujourd’hui.

On a dit de lui qu’il était en relation avec le roi Louis IX (v. 25 août), qu’il persuada de fonder la chartreuse de Paris.

Le bienheureux Bernard serait mort le 30 octobre 1258, mais n’est pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Benvenuta Boiani

1255-1292

 

Les parents de Benvenuta désiraient ardemment, après six filles, obtenir de Dieu un garçon ; ce fut une septième fille. Quand on l’annonça au papa, il s’écria : Benvenuta ! Elle est la bienvenue !

Benvenuta naquit donc à Cividale dans le Frioul (Italie du nord-est), le 4 mai 1255.

Toute jeune elle montra une grande dévotion à la Sainte Vierge, mais en plus elle aimait se mortifier : dans le jardin, derrière la maison, il y avait un coin où ne poussait plus l’herbe, parce qu’elle s’y agenouillait des heures entières.

Elle se noua à la taille une corde douloureuse, qui finit même par entrer dans les chairs ; la perspective d’une opération et de se faire approcher par un chirurgien lui étant insupportable, elle pria beaucoup : au sortir d’une extase, la corde se trouvait brisée, à ses pieds.

Pendant plus de dix ans, elle se priva habilement de vin, à l’insu de son entourage.

Les nuits de fête, pour ne pas dormir, elle se mettait un goutte de vinaigre au coin de l’œil, et au lieu de festivités bruyantes, elle se donnait la discipline avec des chaînes de fer, ce que son confesseur eut la sage idée de lui faire quelque peu modérer.

Devenue membre du tiers-ordre dominicain, elle eut plusieurs apparitions de saint Dominique, qui lui enjoignait la discrétion dans ses mortifications, et lui suggérait de s’en remettre à tel père dominicain qu’il lui indiquait, à qui elle devrait obéir en tout, ce qu’elle fit désormais.

Par la suite, elle ne s’imposait «que» les rigueurs des moniales dominicaines.

Mais elle subissait aussi de violentes attaques démoniaques, comme l’apparition d’un vilain serpent glacial qui se coulait contre elle : elle l’empoigna à pleines mains et l’envoya s’écraser contre le mur.

Malade, elle recevait une nourriture spéciale que lui apportait l’archange Gabriel. Elle fit le vœu d’aller prier à la tombe de saint Dominique, à Bologne : elle guérit.

Elle eut des extases, des visions de la très Sainte Vierge.

Il y eut des miracles : une religieuse dominicaine ne pouvait supporter l’odeur même du fromage, encore moins le manger ; Benvenuta fit un signe de croix dessus et lui dit : Mange tranquillement. L’autre était guérie.

Elle guérit aussi de la cécité une jeune sœur de douze ans, qu’elle blottit contre sa poitrine pendant quelque temps.

Benvenuta mourut le 30 octobre 1292 ; son corps fut enterré dans la proche église des Dominicains, mais il paraît qu’on ne l’a jamais retrouvé.

Elle fut proclamée bienheureuse en 1765.

 

 

John Slade

?-1583

 

John naquit à Milton (Hampshire, Angleterre).

C’était un laïc, maître d’école, qui maintint l’enseignement de la religion catholique et donc refusa de reconnaître la suprématie du roi sur les décisions papales. 

Il fut, pour ce motif, condamné une première fois avec John Bodey en avril 1583 ; il y eut sans doute un appel, et les deux furent à nouveau jugés, accusés et condamnés à mort, à Andover, le 19 août de la même année.

John Slade mourut en martyr à Winchester, le 30 octobre 1583, trois jours avant son Compagnon.

Ils furent béatifiés en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Terence O’Brien

1601-1651

 

Le nom gaélique de Terence O’Brien est Toirdhealbhach Ó Briain.

Il était né en 1601 à Tuogh (Limerick, Irlande), dans une famille qui descendait des rois d’Irlande.

Entré chez les Dominicains de Limerick, où son oncle Maurice était prieur, il prit le nom de Albert.

Il alla étudier pendant huit années à Tolède et fut ordonné prêtre en 1627.

Revenu en Irlande, il fut nommé prieur à Limerick (deux fois) et à Lorrha, puis provincial en 1643.

Il soutint énergiquement la Confédération catholique. Il participa en 1644 au Chapitre général de Rome, où il reçut la fonction de Magister en Théologie. Son voyage de retour passa par Lisbonne, où il visita deux maisons de l’Ordre. 

Déjà à ce moment-là, on parlait de lui comme possible coadjuteur de l’évêque d’Emly ; on le proposa encore en 1645, et il fut officiellement nommé coadjuteur avec droit de succession en 1647. Il fut consacré évêque cette année-là.

Le témoignage de Mgr O’Brien fut d’appuyer fidèlement les positions prises par le nonce apostolique, Mgr Rinuccini, qui l’avait consacré.

En 1651, Limerick fut assiégée par les Anglais et Mgr O’Brien organisa une valeureuse résistance des Catholiques, au point que les assiégeants furent pris d’une réelle rage contre lui. Le chef anglais fit secrètement proposer au prélat une énorme somme d’argent, l’invita à quitter la ville, mais l’évêque refusa dignement ce marchandage. Quand la ville capitula, on trouva l’évêque dans l’hôpital des pestiférés, avec le Mayor Purcell et le père Wolf.

On les passa immédiatement en cour martiale et ils furent pendus le lendemain, 30 octobre 1651, à Limerick.

Il y eut de prodigieux miracles obtenus par son intercession après sa mort.

Mgr Terence Albert O’Brien fut béatifié en 1992.

 

 

Luca Antonio Falcone
1669-1739

Né le 16 octobre 1669 à Acri (Calabre) de parents pauvres, il reçut au baptême, deux jours plus tard, le nom du Saint du jour, Luca, ainsi que Antonio. 
Il eut le bonheur d'avoir pour maître, dans son enfance, un pieux capucin qui lui apprit à méditer chaque jour la Passion de Jésus-Christ et à s'approcher souvent du sacrement de Pénitence et de la Table Sainte. Quelle édification pour tous de voir cet enfant passer deux ou trois heures de suite dans la contemplation des souffrances du Sauveur !
À dix-huit ans, il entra chez les Capucins ; mais il en sortit plusieurs fois par inconstance. La troisième fois il se mortifia si bien, il se mit à l'œuvre avec tant de courage, qu'il obtint la grâce de la persévérance et même dépassa de beaucoup la mesure commune de la perfection des religieux. Au jour de sa première Messe, il tomba en extase après la consécration, ce qui lui arriva souvent dans la suite.
Son désir était de passer sa vie dans le silence du couvent, tout occupé de Dieu et de son âme ; mais le Ciel le destinait à de grandes œuvres. Ses premières prédications furent laborieuses, car la mémoire lui fit défaut, et il lui fut impossible de prêcher ses sermons comme il les avait écrits. Craignant de ne pas être appelé à la vie de missionnaire, il pria Dieu avec ferveur de lui manifester sa Volonté. Il entendit un jour, pendant sa prière, une voix qui lui dit : Ne crains rien, je te donnerai le don de la prédication, et désormais toutes tes fatigues seront bénies. Tu prêcheras à l'avenir dans un style familier, afin que tous puissent comprendre tes discours.
Désormais il abandonna ses écrits et ses livres, pour se borner à l'étude de l'Écriture Sainte et du grand livre du Crucifix. Son éloquence, puisée à ces sources, devint si chaude et si profonde, que les plus savants eux-mêmes en étaient ravis d'admiration. Pendant trente-huit années d'apostolat, malgré les efforts de l'enfer, il opéra un bien immense dans la Calabre. Sa grande force, son argument invincible, était surtout le souvenir de la Passion ; il n'en parlait jamais sans faire pleurer son auditoire.
Invité par le cardinal Pignatelli, il prêcha à Naples, devant le haut clergé et toute la bourgeoisie de la ville. L’église, pleine le premier jour, se vida ensuite ; le curé interdit au père Angelo de célébrer dans l’église. Le cardinal rappela Angelo, et l’on vint écouter ce qu’il aurait bien à dire à présent ; Angelo acheva son homélie en invitant l’assemblée à prier pour celui qui allait être frappé ; on reprenait à se moquer du prédicateur, quand alors s’écroula un de ses détracteurs, frappé d’apoplexie. Alors, la foule commença à changer d’attitude.
Angelo était gardien (supérieur) du couvent d’Acri ; il fut élu provincial. 
En 1711, il fut présent dans la cellule d’un autre Religieux à Terranova, et le guérit ; mais à Acri, les Confrères attestèrent qu’il n’avait pas quitté le couvent.
En 1729, il se trouva avec un autre Confrère devant une rivière trop grossie pour être traversée : Angelo ordonna à l’autre de passer devant lui, et l’autre s’aperçut de l’autre côté qu’Angelo y était déjà…
Angelo eut d’autres grâces extraordinaires : il franchissait de grandes distances en un éclair, pour assister des mourants. Les miracles ne se comptaient plus. L’un des derniers fut que, devenu aveugle, Angelo recouvrait la vue pour célébrer la Messe ou prier le Bréviaire.
Il mourut paisiblement le 30 octobre 1739. 
Il fut béatifié en 1825, canonisé en 2017 et inscrit au 30 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Jean-Michel Langevin

1731-1793

 

Jean-Michel naquit à Ingrandes (Maine-et-Loire) le 28 septembre 1731, et reçut en deuxième prénom celui de l’Archange Michel, qui se fêtait le 29, jour où il fut probablement baptisé (mais on trouve parfois la date du 19 avril pour sa naissance…)

Ordonné prêtre, il appartenait au clergé d’Angers.

Lors de la furie révolutionnaire, il fut arrêté comme prêtre insermenté et guillotiné sur la place d’Angers, une des premières victimes de cette persécution.

C’était le 30 octobre 1793.

L’abbé Langevin fut béatifié en 1984.

 

 

Oleksa Zaryts’kyi

1912-1963

 

Oleksa (Alexis, plutôt qu’Alexandre, comme on le lit parfois) naquit le 17 octobre 1912 à Biche (Bilchek ?, près de Lviv, Ukraine).

En 1931, il entra au séminaire de Lviv et reçut l’ordination sacerdotale en 1936, dans le clergé gréco-catholique.

Il fit partie de l’archiéparchie de Lviv des Ukrainiens et fut curé à Strutyn et Zarvanytsia.

En 1948 il fut arrêté et mis en prison à Riasna Ruska, où il s’était déplacé durant la guerre mondiale ; condamné à dix ans de travaux forcés, il fut envoyé au Kazakhstan, un déracinement total à plusieurs milliers de kilomètres de Lviv…

Suite à une amnistie générale, il fut libéré en 1956. 

Il alla à Halychyna puis fut nommé Administrateur Apostolique pour le Kazakhstan et la Sibérie. Il s’efforça d’organiser les communautés catholiques clandestines.

Mais peu après, en 1962, il fut de nouveau arrêté et condamné comme «vagabond» à trois années supplémentaires de prison.

Il mourut comme témoin de la Foi à l’hôpital du camp de concentration de Dolynka, près de Karaganda le 30 octobre 1963.

Il a été béatifié en 2001.

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 00:00

29 OCTOBRE

 

III.

S Felicianus, évêque à Carthage et martyr.

S Narcisse, élu, déjà centenaire, évêque à Jérusalem ; on lui adjoignit un coadjuteur, premier cas dans l'histoire, et il mourut à cent-seize ans ; il était d'accord avec Rome sur la date de Pâques ; un jour qu'on manquait d'huile pour la veillée de Pâques, il fit remplir d'eau les lampes à huile, et l'eau se changea en huile.

IV.

S Zenobius, médecin, prêtre et martyr à Antioche.

S Abraham, ermite à Beth-Kiduna où il convertit les païens.

V.

S Honoratus, évêque à Verceil ; il connut l'exil comme s.Eusèbe, son maître, auquel il succéda ; il donna le viatique à s.Ambroise.

VI.

S Theodarius, abbé à Vienne, où il avait fondé plusieurs monastères.

S Térence, évêque à Metz.

Ste Ermelinde, vierge flamande, d'une famille qu'on dit ancêtre des Carolingiens.

VII.

S Bond (Baldus), espagnol, instruit dans la Foi à Sens par l’évêque s.Arthème ; il serait arrivé là pour mener une vie pénitente, après avoir tué sans le savoir ses propres parents. 

S Colman mac Duagh, évêque-abbé en Irlande.

S Ingaud, sourd-muet (près d'Amiens), qui fut guéri avec de l'huile bénite que s. Salve, son maître, lui passa sur le front.

VIII.

S Dodon, disciple de s. Ursmer, abbé à Moustiers-en-Fagne.

IX.

Ste Anne, veuve, qui vécut en moine avec le nom de Euphémien, à Byzance.

XI.

S Etienne, évêque à Caiazzo.

S Ethelnoth, bénédictin, évêque à Cantorbury.

XII.

S Abraham, abbé à Rostov, apôtre dans cette région ; il vécut après le schisme de 1054, mais il est reconnu par l'Eglise romaine.

XIX.

S Gaetano Errico, prêtre napolitain, fondateur - sur révélation divine - des Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, béatifié en 2002, canonisé en 2008.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José Ruiz Bruixola (*1857) (le 28 au Martyrologe).

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : près de Tarragona, Arsenio Merino Miguel (Augusto María, *1884) ;

Filles de la Charité : près de Valencia, Victoria Arregui Guinea et Joaquina Rey Aguirre (*1894, 1895).

Felicianus de Carthage

?

 

On croit communément que Felicianus reçut la couronne du martyre en Afrique, et probablement à Carthage, à une époque inconnue.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Felicianus de Carthage au 29 octobre.

 

 

Narcisse

(† 212 env.)

 

Saint Narcisse fut le trentième évêque de Jérusalem.

Quand il fut élu évêque vers 195, il devait avoir environ cent ans ; l’usage de Jérusalem devait être de choisir des candidats très âgés, si l’on en juge par la brièveté des épiscopats.

Narcisse présida avec Théophile de Césarée un concile réuni en Palestine pour traiter de la question de la date de Pâques : ils étaient d’accord avec l’Eglise de Rome pour la fixer au dimanche suivant le 14 nisan.

C’est justement pendant la grande veillée de Pâques que Narcisse fit un miracle dont Eusèbe nous a transmis le souvenir. L’huile vint à manquer aux diacres et tout le peuple en conçut une vive inquiétude ; Narcisse ordonna de puiser de l’eau et de l’apporter près de lui, pria sur elle et commanda de la verser dans les lampes. On lui obéit : l’eau se transforma en huile. Beaucoup de fidèles voulurent en garder un peu comme souvenir.

La sainteté de Narcisse lui attira la haine d’individus dépravés qui, pour échapper à sa sévérité, prirent les devants en lançant contre lui une terrible calomnie, dont on ignore la nature ; ils osèrent la confirmer par de faux serments, se déclarant prêts à mourir par le feu, à être dévorés de lèpre ou à perdre la vue s’ils mentaient. Bien que le peuple n’ait rien cru de ces allégations, Narcisse qui désirait la vie solitaire s’en alla. Mais les imprécations de ses ennemis portèrent leurs fruits. Le premier périt dans l’incendie de sa maison, le corps du second ne fut plus qu’une plaie. Terrorisé, le dernier avoua leur mensonge et pleura tant qu’il en perdit la vue.

Cependant les évêques voisins, ne pouvant savoir ce qu’était devenu Narcisse, imposèrent les mains à Dios, qui siégea peu de temps et fut remplacé par Germanion, puis par Gordios. Narcisse alors reparut à Jérusalem, fut reçu triomphalement et rentra dans sa charge, peut-être pendant un certain temps conjointement avec Gordios qui s’en alla ou mourut avant lui.

Narcisse se déclara bientôt incapable de continuer à remplir les fonctions épiscopales à cause de son âge. En 212 saint Alexandre, évêque en Cappadoce (v.18 mars), récemment sorti de prison, vint en pèlerinage à Jérusalem où les fidèles le contraignirent à rester comme coadjuteur de Narcisse, d’accord avec les évêques du voisinage ; c’est le premier exemple qu’on connaisse dans l’Eglise d’un transfert de siège et d’établissement d’un coadjuteur.

Une lettre d’Alexandre aux habitants d’Antinoë (Egypte), se termine par ces mots : Narcisse vous salue. Il a gouverné avant moi l’Eglise de ce pays et maintenant il exerce encore l’épiscopat conjointement avec moi par ses prières. Il achève ses cent seize années et vous exhorte comme moi à être dans la concorde.

On ne sait pas la date exacte de la mort de Narcisse, que le témoignage plutôt suspect de saint Epiphane repousse jusqu’en 222.

Saint Narcisse est commémoré le 29 octobre au Martyrologe.

 

 

Zenobius d’Antioche

4. siècle

 

Zenobius était un excellent médecin, et prêtre de l’Eglise de Sidon (act. Saïda, Liban).

Lors de la dernière persécution, vers 303-305, il aurait été auprès des Chrétiens persécutés pour les encourager à demeurer fermes dans la Foi. A son tour, il fut amené à témoigner de sa foi, fut torturé et finalement mourut à Antioche de Syrie.

On peut, sans risque d’erreur grave, situer ce martyre vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zenobius d’Antioche au 29 octobre.

 

 

Honoratus de Verceil

† 415

 

Honoratus était un discple de s.Eusèbe de Verceil (Piémont, Italie NW, v. 2 août).

En 355, il accompagna ce dernier dans son exil, qui dura six ans. On a dit qu’Eusèbe fut exilé et prisonnier en Palestine, puis en Cappadoce, enfin en Egypte.

A son retour, Eusèbe reprit son diocèse et eut pour successeur Limenius, puis Honoratus lui-même.  C’est s.Ambroise (v. 7 décembre) qui prépara cette élection, en 396. Honoratus fut donc le troisième évêque de Verceil.

Le 4 avril 397, Honoratus était au chevet de s.Ambroise mourant, à qui il donna le Viatique.

Honoratus mourut le 29 octobre 415.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Honoratus de Verceil au 29 octobre.

 

 

Abraham de Beth-Kiduna

† 366

 

Les parents de cet Abraham étaient d’une grande famille d’Edesse d’Osroène (auj. Şanlıurfa en Turquie).

Ils le fiancèrent dès son enfance et le contraignirent plus tard à se marier. Mais sept jours après le mariage, il s’échappa furtivement et alla se cacher non loin de la ville dans une cabane isolée.

Il vécut ainsi pendant dix ans dans de continuelles austérités.

L’évêque d’Edesse avait besoin d’un saint prêtre pour évangéliser Beth-Kiduna et ordonna prêtre Abraham. Celui-ci dut s’incliner.

Il commença par bâtir une église à Beth-Kiduna ; il alla un jour dans le temple païen pour y briser les statues d’idoles, ce pour quoi il dut souffrir beaucoup de tourments de la part des habitants.

Mais la patience d’Abraham eut raison de l’aveuglement des gens, qui se convertirent et reçurent le baptême. Alors Abraham se retira secrètement et regagna sa petite cellule.

Il n’en sortit à nouveau que pour aller trouver sa nièce Maria (ou Myriam). Celle-ci se prostituait. Abraham l’attira à la conversion et l’installa dans une solitude du désert : la pécheresse y vécut désormais dans de dures pénitences.

Abraham mourut à soixante-dix ans, en 366 ; il en avait passé cinquante dans sa petite cellule.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Abraham de Beth-Kiduna au 29 octobre.

 

 

Theodarius de Vienne

† 575

 

Il s’agit ici d’un Saint gaulois, et non autrichien.

Theodarius (Theudier, Theudère) naquit au début du 6e siècle dans la province de Vienne (Gaule), de parents nobles.

Ayant renoncé aux biens de la terre, il alla trouver s.Césaire d’Arles (v. 27 août) pour appuyer sa demande d’intégration à l’abbaye de Lérins. Césaire, découvrant la perle qui se présentait à lui, le retint et le prépara au sacerdoce.

Une fois ordonné, Theodarius revint à Vienne, où il eut une activité prodigieuse de bâtisseur : un oratoire en l‘honneur du Christ pour y vénérer s.Eusèbe de Verceil (v. 2 août) ; une basilique Saint-Symphorien ; à Alarona, un monastère d’hommes et un oratoire Saint-Pierre ; à Assicia, un oratoire Saint-Maurice ; sur le mont Ruspianus, une basilique Sainte-Marie, avec des moines qui suivaient la règle des saints Pères.

Theodarius fut ainsi quelque temps l’abbé de ces moines.

L’évêque alors invita Theodarius à venir s’établir dans Vienne, pour qu’il y eût là un contemplatif qui prierait pour le peuple.

Theodarius se fixa sur une colline proche. Ce fut dès lors un mouvement continu de gens qui accouraient au prêtre pénitencier, pour obtenir la guérison de l’âme ou du corps. Theodarius ne se montrait pas, ouvrant seulement une petite fenêtre pour faire entendre sa réponse.

Ceci dura une douzaine d’années, ce qui peut nous aider à situer la mort de Theodarius vers 575.

Par la suite, s.Theudère fut aussi appelé s.Chef, pour des raisons mal connues, d’ailleurs discutées par les historiens.

Saint Theodarius de Vienne est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Colman mac Duagh

560-632

 

Colman naquit vers 560 à Cork (Kiltartan, County Galway, Irlande), «fils de Duac» (mac Duach), roi, et de la reine Rhinagh.

Pour son éducation, il fut envoyé au monastère de s.Enda sur l’île d’Inis Mór.

Il se construisit une église (Teampuill Mor Mhic Duagh), un petit oratoire (Teampuill beg Mhic Duagh), et quelques autres aussi.

Il vécut en reclus, s’imposant de longs jeûnes et d’autres mortifications, d’abord sur l’île d’Inis Mór (Inishmore), puis , vers 590, dans une caverne du Boireann (Burren), alors couverte de forêt.

Il était parent du roi Guaire Aidne mac Colmáin, avec lequel il fonda en 610 le monastère de Kilmacduagh («église du fils de Duach»).

Colman fut abbé-évêque de ce monastère pendant plus de vingt ans.

Une très plaisante anecdote se raconte sur la sainteté de Colman. Il aimait et respectait profondément toutes les bêtes. Il réussit à apprivoiser une petite souris qui, pendant longtemps, vint se frotter contre l’oreiller de Colman pour le réveiller au moment de prier la nuit.

Il dressa aussi une mouche, en la priant de se poser sur son parchemin de prières juste à l’endroit où il se serait arrêté si on l’appelait ; c’est ainsi qu’un jour où il reçut la visite d’un pèlerin de passage, il pointa de son doigt l’endroit où il s’était arrêté de lire et la mouche y resta, pendant plus d’une heure.

Mais une mouche ne vit pas longtemps ; cette fidèle petite bête mourut à la fin de l’été ; et la souris également. Colman en était tellement attristé qu’il l’écrivit à s.Colomba (v. 9 juin), qui lui répondit : Tu étais trop riche avec ces bêtes, c’est pourquoi tu es triste maintenant. C’est ce qui arrive lorsqu’on est riche. Ne sois plus riche désormais.

Colman mourut le 29 octobre 632.

Plusieurs des oratoires qu’avait construits Colman sur l’île d’Inis Mór, furent détruits sous Cromwell.

Saint Colman mac Duagh est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dodon de Moustier-en-Fagne

681-750

 

Dodon naquit dans la propriété de ses parents au Vaux (Lomme, Nord).

Il reçut le baptême des mains de s.Ursmer (v. 18 avril).

Il n’avait que sept ou huit ans, lorsqu’il vint à l’abbaye de Lobbes, qui était dirigée par s.Ursmer.

Peu après 697, Ursmer choisit Dodon pour être à la tête du nouveau monastère de Wallers (Moustier), mais Dodon préféra se retirer et vivre en ermite non loin de là, vivant d’eau et de racines.

Il recherchait la solitude, mais Dieu lui donna le don des miracles, et il guérit de nombreux malades qu’on lui amenait. Il guérissait particulièrement les rhumatismes et les douleurs de reins (peut-être aussi parce que le nom de «Dodon» évoquait le «dos»).

Dodon mourut vers 750, en grande odeur de sainteté. On l’enterra à l’endroit de sa cellule d’ermite.

Le prieuré, cependant, fut détruit et reconstruit en 844 ; puis il fut entièrement brûlé par les Normands et ne fut rebâti qu’un siècle plus tard.

Mais si les bâtiments matériels n’étaient plus sur pied, les miracles, eux, continuaient, rendant vraiment célèbre le nom de Dodon, au point que l’évêque, en 889, procéda au transfer du corps de Dodon à l’intérieur du monastère de Wallers.

En 891, ce monastère de Wallers fut à son tour dévasté par une nouvelle invasion barbare ; les restes de Dodon furent épargnés, mais on les oublia. Un prieur, Liutbert, stimula la générosité de tous les habitants pour relever les murs du petit prieuré de Wallers : le monastère reprenait vie en 950. Mais la Providence ne voulait pas laisser dans l’ombre les restes précieux de Dodon. Liutbert fut averti par trois fois d’en informer le doyen puis l’évêque. C’est alors que le corps de Dodon fut solennellement «élevé», transporté avec grande solennité devant le maître-autel (953).

Plus tard, ce petit monastère fut appelé Monasterium in Fania, Moustier-en-Fagne.

Le dernier prieur sera arrêté en 1793 par les révolutionnaires.

Une communauté de Bénédictines s’y est installée en 1968, et une de Bénédictins en 1981, dans un bâtiment proche.

Saint Dodon de Moustier-en-Fagne est commémoré le 29 octobre dans le Martyrologe Romain.

Abraham de Rostov

† 1075

 

Cet Abraham naquit à la fin du 11e siècle près de Galich (Russie) de parents païens, qui le nommèrent d’abord Averkii.

Jeune, il eut une très grave maladie (peut-être même jusqu’à un état pré-comateux), mais il invoqua le nom de Jésus et fut guéri. Ce n’était d’ailleurs pas la première «manifestation» céleste dont il était favorisé durant sa jeunesse.

Reconnaissant pour sa guérison, il se convertit au christianisme, reçut le baptême et laissa la maison familiale pour entrer au monastère de Valaam, où il prit alors le nom d’Abraham.

Une révélation céleste l’appela à Rostov, pour y prêcher l’Evangile. Cette ville était encore sous le joug païen et Abraham annonça Jésus-Christ aux populations, qui l’acceptèrent. Il eut une vision de l’apôtre Jean, dont il reçut un bâton, avec lequel il abattit une statue de l’idole Volos, dieu des troupeaux.

La population se rendit compte que les troupeaux ne subissaient aucun dommage après la destruction de cette idole, et demandèrent la baptême. Abraham eut une spéciale attention pour les enfants, dont bon nombre devinrent moines. Il organisa aussi l’assistance aux pauvres.

Il construisit une première église, dédiée justement à l’apôtre Jean, puis une seconde sous le vocable de l’Epiphanie (Théophanie, comme on dit en Orient), à laquelle il adossa un monastère.

Il tint à diriger le monastère, mais pas en «chef» ; il se chargeait d’humbles tâches, portait l’eau, lavait le linge des autres.

Il eut aussi à combattre le Démon en face ; ce dernier, sous les apparences d’un soldat, alla «dénoncer» l’abbé auprès du roi, et le traîna jusqu’à lui, mais Abraham joignit les mains, pria, et le «soldat» disparut à l’instant. Le roi concéda par la suite des terres au monastère.

La direction de ce monastère n’empêcha pas Abraham de continuer l’évangélisation de la région. Il fut vraiment le père des multitudes (cf. Gn 17:5).

Il mourut vers 1077, un 29 octobre. Des historiens supposent qu’il mourut plus tôt, vers 1073.

Il fit l’objet d’un culte dès le 12e siècle. Quoiqu’ayant vécu après le schisme historique de 1054, il a été reconnu par Rome pour le calendrier de l’Eglise uniate de Russie, mais n’est pas inscrit dans notre Martyrologe Romain.

 

 

Gaetano Errico

1791-1860

 

Gaetano Errico était le troisième des dix enfants de Pasquale, fabriquant de pâtes, et de Maria Marseglia, tisseuse. Il naquit le 19 octobre 1791 à Secondigliano (Naples, Italie) et fut baptisé le lendemain. Il y recevait les noms de Gaetano Cosma et Damiano, ces deux derniers Saints étant les patrons de la paroisse.

Il fit des études à l’école du village gérée par deux prêtres, don Tagliamonte et don Vitagliano.

Il fit la première Communion à sept ans (c’était tôt, pour l’époque), et reçut la Confirmation à onze ans.

A quatorze ans, il demanda à être admis chez les Capucins, puis chez les Rédemptoristes, mais on lui objecta à chaque fois son trop jeune âge. Il fit donc des études au séminaire diocésain ; mais comme ses parents étaient trop pauvres pour payer l’internat, il resta externe et faisait la route à pied, huit kilomètres chaque jour, qui finirent par susciter l’admiration des habitants. On disait même : Voilà saint Gaetano qui passe.

Gaetano ne se contentait pas de bien étudier ; il communiait chaque jour à la messe, visitait chaque jeudi les malades de l’hôpital de Naples en leur portant quelque petite friandise achetée sur ses économies, et le dimanche faisait de la catéchèse aux plus petits, avec son crucifix.

Il fut ordonné prêtre en 1815.

Pendant vingt ans il fut maître d’école, en même temps que curé de la paroisse SS. Côme et Damien à Naples. Là, on put remarquer le soin qu’il apportait à s’occuper des malades et à recevoir les pénitents au confessionnal.

Il n’avait pas pour autant abandonné les Rédemptoristes, chez lesquels il faisait chaque année une retraite. En 1818 il eut une vision de leur fondateur, s. Alfonso de Liguori (v. 1er août), qui l’invitait à fonder une nouvelle congrégation et à construire une nouvelle église.

Ayant recueilli les fonds nécessaires, don Errico fit construire l’église Notre-Dame des Douleurs, qui fut consacrée en 1830, malgré l’obstination de quelques adversaires à vouloir l’empêcher à tout prix.

Il fit sculpter une grande statue de Notre-Dame des Douleurs. On dit qu’il en fit refaire plusieurs fois le visage, et qu’à la fin il fit : C’est comme çà qu’elle était, ce qui fit supposer qu’il avait dû la voir dans quelque autre vision.

Puis Il se construisit aussi non loin de là une petite habitation, ensuite agrandie, pour loger les prêtres qui voudraient comme lui répandre l’amour de Dieu pour les pécheurs, dans des missions populaires.

De là se forma la congrégation des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. A partir de 1833, la congrégation se développa et les maisons furent bientôt nombreuses en Italie. En 1846, elle fut définitivement approuvée par le pape.

Les Missionnaires s’engagent à proclamer la Parole aux populations, à prêcher des Exercices spirituels dans les instituts de religieuses, et à recevoir les pénitents dans le Sacrement de la Réconciliation.

Don Gaetano conquit la sainteté par la prière et la pénitence. Sa mère voyait les traces de sang sur ses chemises (on a trouvé ses disciplines, faites en petites cordes ou même avec des fils métalliques). Il priait longuement, à genoux, et l’on peut observer dans sa cellule la trace qu’y ont laissée ses genoux par-terre. Il se contentait d’une soupe les vendredis et samedis, il ne prenait que du pain et de l’eau le mercredi et en d’autres jours de l’année (veilles de grandes fêtes) ; souvent il dormait par-terre, et toujours portait un cilice qui lui enveloppait la poitrine, les bras et les jambes.

Don Gaetano Errico mourut le 29 octobre 1860, fut béatifié en 2002 et canonisé en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et imprévisible d’un homme italien souffrant d’un grave ulcère d’estomac nécessitant une opération d’urgence. A peine une relique de Gaetano Errico fut posée sous l’oreiller du malade, que celui-ci se sentit mieux et demanda à boire. Le lendemain matin, tout était passé, et la radiographie ne montrait plus trace de l’ulcère.

 

 

 

José Ruiz Bruixola

1857-1936

 

José était de Foios (Valencia, Espagne), né dans une famille ouvrière très chrétienne, le 30 mars 1857.

Il fréquenta le séminaire de Valencia où il fut remarqué comme élève excellent, de sa personne et par son intelligence. Ses études furent brillantes.

Ordonné prêtre en 1882, il recouvra divers postes : Quart de Poblet d’abord, puis Valencia où il fut vicaire dans plusieurs paroisses : Saint Nicolas, Saint Pierre, Sainte Catherine, Saint Augustin, Saint Etienne, enfin curé à Saint Nicolas (1923).

Il s’était affilié à une congrégation missionnaire qui organisait des prédications populaires ; il eut un soin particulier des populations pauvres ; comme curé, il se consacra à la beauté de son église et au soin du culte ; il se donnait beaucoup à la catéchèse et à la promotion de l’apostolat laïque, fondant dans cette paroisse l’Action Catholique ; il n’oubliait pas non plus les malades, qu’il visitait avec grande joie.

A l’égard du clergé, il forma une sorte d’école de spiritualité pour rehausser le niveau spirituel des prêtres.

Au moment de la révolution, il regagna son pays natal, où il continua à exercer le saint ministère, clandestinement.

C’est là qu’il fut arrêté, en octobre, avec d’autres personnes.

Il fut enfermé dans une maison de Foios, où il redonnait courage à tous ceux qui s’y trouvaient aussi enfermés, les exhortant à accepter de mourir en martyrs pour le Christ. Tous se confessèrent, prièrent le chapelet, qu’ils n’eurent cependant pas le temps d’achever avant d’être conduits au lieu du martyre.

On les conduisit tous à vingt-cinq kilomètres de Foios, au cimetière de Gilet, à minuit.

Le père José demanda seulement à être fusillé en dernier, pour continuer d’assister les autres au moment suprême. Pendant tout ce temps, il continuait à prier le chapelet.

Parmi les autres victimes, il y avait une religieuse assez vive, Joaquina (elle aussi bienheureuse maintenant), qui arracha des mains du bourreau son arme : le père José l’exhorta à ne pas perdre cette occasion d’entrer victorieusement au ciel ; alors elle restitua l’arme, demanda pardon pour sa «lâcheté», demanda au père José l’absolution, exprima son pardon envers le bourreau et reçut alors les balles fatales, pendant qu’elle criait : Vive le Christ Roi !

A son tour le père José pardonna aux bourreaux, avant d’être fusillé, le dernier. Il était âgé de presque quatre-vingt ans.

José Ruiz Bruixola est mentionné le 28 octobre au Martyrologe : le martyre ayant commencé à minuit, le père José dut mourir aux premières heures du 29, ce qui explique que certaines sources donnent le 29 comme son dies natalis.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Salvador Damián Enguix Garés

1862-1936

 

Salvador Damián était né à Alcira (Valencia, Espagne) le 27 septembre 1862.

Après ses études de vétérinaire, il se maria et eut cinq (ou six) enfants, qu’il éleva presque seul, car son épouse mourut assez jeune.

A partir de 1926, il fut vétérinaire municipal à Alcira.

Catholique fervent, il organisa et dirigea l’Adoration nocturne ; il fit partie de l’Action Catholique et de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul (v. 27 septembre ; Salvador était justement né un 27 septembre).

Durant les épidémies et les inondations, il fit preuve de toute sa charité envers les victimes, les visitant à l’hôpital, dans les maisons pour anciens, et apportant son concours dans les soins médicaux.

Quand éclata la révolution, il donna sa démission de vétérinaire municipal (31 juillet 1936), qui fut acceptée immédiatement. Le 6 août, il fut arrêté pendant quelques heures.

Relâché une première fois, il relevait le courage de ses enfants en leur rappelant la valeur du martyre.

Une deuxième fois il fut arrêté, fin octobre, et enfermé aux Ecoles Pies, transformées en prison.

Le 27 octobre on le fusilla contre le mur du cimetière et les miliciens le laissèrent là, le croyant mort. Le jour suivant, 28 octobre 1936, voulant l’enterrer (ou le faire disparaître), ils ne le trouvèrent pas et le cherchèrent dans les environs. Ils finirent par le retrouver dans une de ses propriétés non loin du cimetière. Ils lui tirèrent dessus jusqu’à son dernier souffle.

Salvador Damián a été béatifié en 2001, et inscrit au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Arsenio Merino Miguel

1894-1936

 

Il vit le jour le 12 décembre 1894 à San Cebrián de Mudá (Palencia) et fut baptisé deux jours après.

En 1907 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils.

En 1910, à Bujedo, il prit l’habit et le nom de Augusto María, puis revint sur Cambrils pour le scholasticat.

Il fit de l’apostolat à Manlleu, puis fut professeur dans l’atelier de technique à Bonanova, où il se révéla exceptionnellement compétent.

En 1920, il fut appelé au service militaire au Maroc. Eloigné de son Institut, il se rapprochait autant que possible de la maison de Melilla.

Il revint à l’enseignement, mais fut pris de pleurésie qui faillit lui coûter la vie. La convalescence fut difficile ; pendant une année, il fut dans une sorte de dépression, doublée d’un sentiment de misanthropie. Mais sa vie spirituelle demeurait forte, il combattit la tentation, et reprit son activité à Tarragona.

Lors de la révolution de 1936, le collège fut fait évacuer par les miliciens, qui le saccagèrent, en brûlèrent les meubles.

Notre Augusto, avec quatre autres Frères, devant éviter de compromettre les gens qui les hébergeaient, furent accueillis dans l’Hôtel Nacional, se présentant comme un professeur avec ses élèves, en voyage d’études. Le patron, un bon chrétien, ne s’y trompa pas et leur accorda l’hospitalité. Mais il fut dénoncé par une employée ; les Frères furent immédiatement arrêtés, avec le patron en question.

Le soir, les miliciens les firent monter en camion découvert, et sous une pluie battante, les conduisirent hors de Tarragona. Durant le chemin, le Frère Augusto réussit à sauter du camion et à se cacher, pendant quelques jours et quelques nuits, mangeant ce qu’il trouvait. La nouvelle se répandit, on le reconnut ; quelqu’un se glorifia de le dénoncer au Comité.

Repris, le pauvre Frère ne tenait plus sur ses jambes et faisait pitié. Il dit aux miliciens : Pourquoi voulez-vous me tuer, si Dieu m’a déjà fait échapper à la mort ? Laissez-moi : je suis un Frère des Ecoles Chrétiennes, je peux m’occuper à instruire vos enfants.

Pour toute réponse, on le fit monter dans une voiture, direction Tarragona, et on l’assassina au lieu-dit Playa Larga. C’était le 29 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Victoria Arregui Guinea

1894-1936

 

Victoria vit le jour le 19 décembre 1894 à Begoña (Biscaye, Espagne), de Venancio et Liboria.

Elle fut éduquée chez les Filles de la Charité, dont elle reçut avec plaisir les habitudes et les exemples ; elle fit partie des Enfants de Marie, commença à servir les nécessiteux et entra au noviciat en 1921 à Pamplona puis Madrid, avant de gagner Valencia.

Elle faisait partie des quarante-six Religieuses qui géraient la Maison de Bienfaisance à Valencia, une œuvre dédiée à l’éducation, la promotion culturelle, l’orientation professionnelle et l’évangélisation.

Victoria était une artiste de l’aiguille, et elle enseigna aux petites filles à broder des ornements d’église, qui furent très appréciés dans toute l’Espagne.

Le 26 juillet 1936, les Religieuses furent expulsées de l’établissement.

Victoria et Joaquina se réfugièrent quelque temps à Foyos, où elles furent finalement arrêtées en octobre, condamnées à mort, et fusillées contre le mur du cimetière à Gilet (Valencia) le 29 octobre 1936.

Victoria fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Joaquina Rey Aguirre

1895-1936

 

Joaquina vit le jour le 23 décembre 1895 à Bilbao (Biscaye, Espagne), de Francisco et Jerónima, qui tenaient un petit commerce et eurent beaucoup d’enfants, dont un footballeur.

Eduquée chez les Filles de la Charité, elle en reçut l’exemple, fit partie des Enfants de Marie, et finit par entrer en 1926 au noviciat des Filles de la Charité à Madrid, non sans avoir dû lutter contre certaines réticences familiales.

Elle faisait partie des quarante-six Religieuses qui géraient la Maison de Bienfaisance à Valencia, une œuvre dédiée à l’éducation, la promotion culturelle, l’orientation professionnelle et l’évangélisation. Elle fut chargée d’en surveiller le bon fonctionnement.

Avec les enfants, elle était très à l’aise ; elle leur enseignait les règles du football, jouait avec eux à la pelote. Sous l’aspect de «garçon manqué», elle conservait un grand cœur, plein de bonté et d’attentions pour les autres.

Pour comprendre le caractère fort de cette Religieuse, il faut rappeler cet épisode : dans une maison où les communistes s’étaient emparés de tous les vêtements recueillis par les Sœurs, ils avaient aussi jeté à terre un crucifix. La Sœur Joaquina le ramassa pieusement et le mit au bout de la table. Ils lui dirent : Laissez-le donc où il était. Et elle : Faut voir le désastre qu’ils ont fait ici… Et alors, qu’est-ce qu’ils y ont gagné ?

En juillet 1936, les révolutionnaires s’installèrent dans la maison, tenant prisonnières les Religieuses, qui ne pouvaient ni aller à la chapelle, ni sortir, ni entrer. Tous les jours, Joaquina leur apportait à manger. Même le directeur de la maison demanda aux miliciens de les respecter tant qu’elles étaient là.

Le 26 juillet 1936, elles furent expulsées de l’établissement, remettant tout aux miliciens, et laissant derrière elles les chers petits enfants.

Joaquina se réfugia dans la famille de Sœur Victoria Arregui à Foyos.

Elles furent bientôt convoquées, arrêtées, condamnées à mort, avec deux autres prêtres, qui avaient commis le crime d’avoir célébré la Messe chez elles.

Juste avant d’être fusillée, Joaquina arracha des mains du bourreau l’arme qu’il tenait, car celui-ci voulait d’abord la violer. Un des prêtre lui suggéra de ne pas perdre cette occasion d’entrer au ciel : Joaquina alors demanda pardon au bourreau, lui rendit l’arme, demanda l’absolution au prêtre, et offrit son pardon aux persécuteurs. Elle tomba en criant : Vive le Christ Roi !

Les quatre victimes furent fusillées contre le mur du cimetière à Gilet (Valencia) le 29 octobre 1936.

Joaquina fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Leoncio Lope García

1902-1936

Claudio Julián García San Román

1904-1936

 

Les pères Augustins avaient accepté en 1902 la direction des Ecoles Saint-Dominique de Santander, au 30 de la rue Ruamayor. La première année, ils eurent quarante élèves, qui furent jusqu’à trois-cents.

C’étaient des enfants de familles pauvres, souvent d’humbles pêcheurs. Les Religieux s’en occupaient paternellement, en même temps qu’ils aidaient aussi les curés de la zone dans le travail pastoral.

La situation était relativement calme, jusqu’en août 1936. La communauté se composait de dix Pères, dont cinq allaient subir le martyre. Au début de la révolution, les pères n’eurent qu’à «supporter» un piquet de garde, de deux miliciens, à qui d’ailleurs ils donnaient un peu à manger, pour les adoucir.

Le 2 août au matin, ce furent une trentaine de miliciens qui se présentèrent en leur donnant deux heures pour quitter le collège. Les Pères sortirent avec leurs bagages et trouvèrent à se loger çà et là. Ils allaient célébrer la messe dans des oratoires privés, et ce jusqu’au 12 septembre.

Les deux premiers qui allaient être sacrifiés étaient Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román.

Leoncio, fils de Teodoro et Catalina, était né à Tordmar (Burgos) le 24 avril 1902, baptisé le lendemain, et confirmé en 1906.

Ayant reçu une excellente éducation chrétienne, il entra très jeune dans la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul (Lazaristes), où il resta jusqu’à la fin des études de philosophie et la première année de théologie. Après mûre réflexion, il passa dans l’Ordre de Saint-Augustin, où il prit l’habit en 1930 à Uclés (Cuenca).

Il acheva les années de théologie à Santa María de la Vid (Burgos), revint à Uclés pour sa profession solennelle (1934), puis fut envoyé à Santander. Mais il n’eut pas le temps d’être ordonné prêtre : il devait recevoir une autre «ordination», la palme du martyre.

Claudio était né à Puebla de Sanabria (Zamora) le 9 janvier 1904, baptisé quatre jours plus tard et confirmé en 1909. Ses parents étaient Francisco et Carmen, des cultivateurs.

Après ses études à Puebla, il commença la noviciat chez les Augustins au Collège Royal de Valladolid, où il prit l’habit en 1919. Puis il fit la profession solennelle à Santa María de La Vid (Burgos) en 1925 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut d’abord nommé professeur à l’internat de Calatrava (Salamanque), puis au collège de Santander dont on parlait plus haut.

Expulsés, les deux Religieux, donc, se retrouvèrent d’abord au 7 de la rue Pedrueca, où ils restèrent sans incidents désagréables jusqu’au 28 octobre.

Leoncio allait donner des cours particuliers au domicile d’un enfant ; et bien qu’on lui ait dit de se méfier du portier, Leoncio crut ingénûment qu’en s’absentant une huitaine de jours, il aurait éloigné le danger ; il revint donc une semaine après, et c’est là qu’il fut arrêté.

On le fit aller sous bonne garde à son «domicile», pour une perquisition, et les miliciens remarquèrent qu’il y avait là une autre chambre, celle du père Claudio Julián. Ils attendirent son retour.

Quand le père Claudio arriva, il s’aperçut de la voiture qui était garée à la porte. Il se méfia ; on lui dit de s’enfuir, parce qu’on l’attendait. Il alla consulter son supérieur, qui lui conseilla de ne pas y aller. Mais lui raisonna ainsi : Puisque je n’ai rien fait à personne, personne n’aura rien à me faire à moi. Il alla seulement prendre congé de son frère, puis rentra chez lui.

Les policiers lui demandèrent aussitôt : Qui êtes-vous, vous ? A quoi le religieux répondit fermement : Je suis un prêtre augustin.

Sans plus tarder, ils emmenèrent les deux religieux à la «tchéka» de la Calle del Sol. Il était deux heures de l’après-midi.

Les deux religieux furent assassinés le jour-même, ce 28 octobre 1936, et l’on n’a jamais retrouvé leurs corps, qui furent peut-être simplement jetés en mer.

Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román furent béatifiés en 2007.

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 00:00

28 OCTOBRE

 

I.

SS Simon et Jude, apôtres ; Simon le Zélote prêcha en Egypte, Jude (ou Thaddée) en Mésopotamie; ils auraient été égorgés en Perse ; ou bien Simon aurait été découpé à la scie, devenant le patron des scieurs de long ; s. Jude, auteur d’une des dernières épîtres du Nouveau Testament, est invoqué dans les causes désespérées.

III.

S Firmilien, évêque à Césarée de Cappadoce, très respecté, ami de Origène ; il prônait le re-baptême des hérétiques, contre Rome avec qui il échangea des lettres plutôt rudes.

S Malchion, prêtre à Antioche ; il porta la contradiction à Paul de Samosate.

S Genesius, martyr à Thiers. 

S Ferrutius, martyr à Mayence.

S Fidelis, martyr près de Côme.

IV.
SS Vincentius et ses deux sœurs Sabina et Christeta, martyrs à Avila.

VI.

S Jean le Khozibite, égyptien, moine en Palestine ; un temps monophysite, il s'en détourna sur une invitation divine et fut évêque à Césarée de Palestine.

S Abraham, évêque à Ephèse après avoir fondé un monastère à Constantinople et un autre à Jérusalem ; un des premiers à prononcer une homélie pour l'Annonciation.

VII.

S Salvius, neuvième évêque d'Amiens.

S Faron, évêque à Meaux pendant quarante-sept ans, après que son épouse ait pris le voile des religieuses.

VII.-X.

SS Sigolin, Goduin, Anglin, Albric, Odilon, abbés à Stavelot-Malmédy.

VIII.

S Angilramne, évêque à Metz et chapelain de Charlemagne, mort durant la campagne contre les Avars.

S Dorbhénée, abbé à Iona, parent de s. Columba.

IX.

S Etienne le Sabaïte, moine et poète dans la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem.

S Remi, évêque à Lyon ; il se fit restituer par Lothaire ce qu'avaient confisqué les Sarrasins ; il chercha à avoir une position moins radicale que Hincmar sur la prédestination.

XI.

S Eadsin, évêque à Winchester puis à Canterbury ; il couronna s. Edouard le Confesseur.

S Germain, flamand, premier abbé à Talloires ; on fête avec lui son frère s. Ruph, ainsi que les ss. Ismius et Ismidon qui lui succédèrent, et Georius, qui venait du Luxembourg.

XIV.

B Giovanni Chigi, ermite de Saint-Augustin à Sienne ; après une jeunesse dévergondée, il éteignit les passions en se roulant dans les orties.

XV.

B Stefano Cioni, ermite à Lecceto ; le pape ayant transformé ces ermites en chanoines réguliers, il en fut prieur et fit des miracles.

XVII.    

Bx Ioannes Mukunō Chōzaburō, Mancius Yukimoto Ichizaemon, Michaël Ichinose Sukezaemon, Laurentius Kaida Hachizō, Petrus Sawaguchi Kuhyōe et Thomas Terai Kahyōe, martyrs japonais à Nagasaki, tertiaires de l'ordre de Saint-Augustin, décapités, dépecés, brûlés à Ōmura (le 28 septembre dans le Martyrologe).

XVIII.

SS Francisco Serrano Frías, évêque nommé, Joachin Royo, Juán Alcober Figuera et Francisco Díaz del Rincón, prêtres, dominicains espagnols martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Gioan Đat, prêtre tonkinois martyr ; sa constance étonnait même le mandarin ; il avait trente-trois ans ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Rodrigo Aguilar Alemán (1875-1927), prêtre mexicain et poète, martyrisé par pendaison, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, Salvador Damián Enguix Garés (*1862), père de six enfants ;

- béatifiés en 2007 :

Augustins : près de Santander, le prêtre Claudio Julián García San Román (*1904) et le clerc Leoncio Lope García (*1902) ;

- béatifiée en 2013 :

Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur : près de Madrid, Juliana González Trujillano (María Asumpta, *1881) ;

- béatifiées en 2020 (?) :

Laïques : Octavia Iglesias Blanco, María Pilar Gullón Yturriaga et Olga Pérez Monteserín Núñez (*1894, 1911,1913), trois infirmières violées pendant toute une nuit puis fusillées à Astorga.

Simon et Jude, Apôtres

1er siècle

 

Ces deux derniers de la liste des Apôtres sont assez peu connus, mais des traditions existent, d’où l’on peut par recoupement déduire quelques bribes de vérité.

Simon était surnommé Zélote, pour le distinguer de Simon-Pierre. En hébreux, ce surnom se dit Qan’ani, qu’on a traduit à tort par Cananæus, faisant supposer que l’apôtre était de Cana. Il faisait plutôt partie d’une secte appelée Zélotes, qui n’hésitait pas envisager l’usage de la violence pour réprimer les écarts, les fautes contre la Loi ou aussi la présence étrangère. Mais Simon avait un «zèle» pour d’autres choses, et surtout pour la Vérité et la Douceur de son Maître divin.

Simon serait allé prêcher au nord de la Mer Noire, en Scythie. Puis serait redescendu vers la Perse.

Jude, surnommé Thaddée, est cet heureux apôtre qui demanda à la dernière Cène : Comment se fait-il que tu doives te manifester à nous, et non pas au monde ? - Si quelqu’un m’aime, répondit Notre Seigneur, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous demeurerons chez lui (Jn 14:22).

Son surnom de Thaddée, ou aussi Lebbée, pourrait se traduire par homme de cœur ; saint Jérôme, parlant de Jude et de ses deux surnoms, l’appelle ainsi trinomius, homme à trois noms. C’est par son nom de Thaddée qu’il est mentionné au Canon Romain de la messe et qu’il fut souvent désigné, pour le distinguer clairement de Judas Iscariote.

Jude-Thaddée est l’auteur de la dernière épître reconnue, qui se trouve donc dans le Nouveau Testament avant l’Apocalypse. Cette épître très brève est citée par saint Pierre dans sa deuxième épître, ce qui fait supposer qu’elle fut écrite assez tôt. Origène la qualifie de pleine de la force et de la grâce du ciel.

On rapporte que Thaddée alla guérir le roi Abgar d’Edesse, puis traversa toute l’Arabie jusqu’en Egypte et, tant qu’à faire, alla rejoindre l’Angleterre, selon certains. Puis il revint sur ses pas et retrouva Simon en Perse. Ils firent à eux deux tant de miracles éclatants que beaucoup de gens se convertirent. Ils marchèrent ainsi jusqu’à Babylone.

Là, les prêtres des idoles païennes, à la tête de toute la foule exacerbée, se précipitèrent contre les Apôtres et les assommèrent ; Thaddée semble avoir eu la tête fendue en deux d’un coup de hache.

Ensevelis à Babylone d’abord, les corps des deux apôtres furent portés à Rome, d’où le pape Léon III les remit à Charlemagne, lequel à son tour les déposa à la basilique Saint-Sernin de Toulouse.

Ajoutons enfin que saint Jude est invoqué, et avec succès, pour les «causes désespérées».

Les deux apôtres Simon et Jude sont vénérés ensemble, traditionnellement le 28 octobre.

 

 

Genesius de Thiers

† fin 3. siècle

 

Genesius serait venu de Mycènes (Péloponnèse NE, Grèce) en Arles, avec sa pieuse mère, Genesia.

S’il était vraiment grec, il faudrait écrire Genesios. En français, on a Genès.

Dans cette ville gauloise d’Arles, Genesius fréquenta s.Trophime (v. 29 décembre).

Quand survint la menace de la persécution, Genesius fut divinement averti (en songe ?) d’aller se réfugier dans la région des Arvernes. Genesia cependant revint en Arles.

Genesius subit le martyre à Thiers. Disons tout de suite que cela ne veut pas dire que le Bon Dieu n’ait pas protégé Genesius après lui avoir dit de partir vers le Massif Central ; Dieu savait que les persécuteurs rejoindraient son Héros, mais Il voulait qu’il mourût là, et non en Arles, pour des raisons que nous n’avons pas à Lui demander.

Quelques temps après son martyre, Genesius se manifesta en songe à un laboureur qui avait perdu ses bœufs, et lui dit : Je suis Genesius, mon tombeau est ici ; j’ai reçu le martyre quand je portais encore mon aube blanche.

Cette aube blanche signifie que Genesius venait d’être baptisé ; la tradition nous dit qu’il reçut le sacrement à dix-huit ans.

Le Martyr aida bien sûr le laboureur à retrouver ses bœufs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Genesius de Thiers au 28 octobre.

 

 

Ferrutius de Mayence

† 300

 

Après avoir été un soldat, Ferrutius aurait préféré être un soldat du Christ et quitta l’armée.

Il aurait été torturé et enfermé plusieurs mois en prison, où il mourut.

Il serait mort vers 300.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ferrutius de Mayence au 28 octobre.

 

 

Fidelis de Côme

3.-4. siècle

 

Fidelis pourrait avoir été un disciple de s.Materne de Milan (v. 18 juillet).

Il aurait pu être un soldat, à Milan. Comme tel, il aurait suggéré à s.Alexandre, rescapé de la Légion Thébéenne, de se réfugier à Côme (v. 26 août).

S.Materne envoya Fidelis prêcher le Christ dans la région de Côme (curieuse habitude du français, qui ajoute un accent circonflexe sur le nom de cette ville).

Il parvint à Samolaco, au nord du lac de Côme, où il reçut la palme du martyre, entre 286 et 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fidelis de Côme au 28 octobre.

 

 

Vincentius, Sabina, Christeta d’Ávila

† 303

 

Fuyant Evora (act. Portugal), les trois Héros furent arrêtés à Ávila.

Voici l’ancienne formulation de leur martyre :

A Ávila, en Espagne, la passion des saints Vincent, Sabine et Christète. Ils furent d'abord étendus sur le chevalet avec tant de violence que toutes les jointures de leurs membres se disloquèrent ; puis leurs têtes, appuyées sur des pierres, furent écrasées à grands coups de bâton jusqu'à ce que la cervelle s'en échappât : ils accomplirent ainsi leur martyre sous le préfet Dacien.

Ce long texte de l’ancien Martyrologe n’a pas été conservé dans le nouveau, probablement par absence de témoignages historiques valables.

Si les faits étaient pourtant vérifiés, on restera ébahi de la cruauté des ennemis du Christ.

Que Dieu leur pardonne.

Le Martyrologe les mentionne au 28 octobre.

 

 

Salvius d’Amiens

† 615

 

Il est très difficile de cerner ce personnage.

Salvius (Sauve) serait né dans une famille de la noblesse d’Amiens.

Il aurait fondé un monastère dédié à Notre-Dame, à Montreuil-sur-Mer, où il aurait été lui-même moine, puis abbé.

Vers le début du 7e siècle, il fut appelé à devenir le neuvième évêque d’Amiens, sur désignation du roi Thierry II.

C’est à lui qu’on attribue la découverte des reliques du premier évêque de ce siège, s.Firmin (v. 25 septembre). Et voici le récit qu’on en a trouvé :

Sur l’invitation de Salvius, les fidèles rassemblés dans la cathédrale se mirent à prier avec ferveur pour découvrir ces reliques. Au bout du troisième jour, pendant la célébration de la sainte Messe, un rayon de lumière pénétra dans l’église et conduisit l’évêque et les fidèles à un lieu-dit Abladène, sur la route de Noyon ; une odeur suave émanait du tombeau ; les reliques furent ainsi retrouvées, et solennellement transportées à Amiens. Le long de ce déplacement, les malades guérirent, les arbres se couvrirent de feuilles vertes, malgré l’hiver.

Salvius a pu quitter cette vie terrestre vers 615, très approximativement.

Saint Salvius d’Amiens est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Faron de Meaux

† 670

 

Faro (Burgondofaro) naquit d’Agneric (ou Chagnoric), de famille burgonde ; un de ses frères Waldebert fut abbé de Luxeuil ; un autre frère, Chagnoald, fut évêque de Laon ; leur sœur Burgundofara fonda l’abbaye de Faremoutiers («Monastère de Fare»).

Faro (on l’appelle Faron) vécut à la cour de Thibert II, puis de Theodoric et Clotaire II. Il s’y distingua en secondant le roi dans des œuvres de charité en faveur des innocents, des orphelins, des veuves.

Il épousa Bildechilde. Cette sainte union cependant s’acheva dans la continence parfaite : Bildechilde se fit moniale, et Faron entra dans la cléricature.

En 625, Faron fut nommé dix-neuvième évêque de Meaux, succédant à Gondoald (et non à son frère Waldebert, qui n’a jamais été évêque).

Faron fit beaucoup pour le développement de la vie monastique. Il y a des documents montrant son attention en faveur de l’abbaye de Rebais, de Saint-Pierre-le-Vif à Sens, de Corbie, de Soissons, et de bien d’autres. Il accueillit s.Fiacre (v. 30 août) et lui donna un terrain pour s’établir.

L’épiscopat de Faron dura… quarante-sept années. Il mourut le 28 octobre 672.

L’abbaye Sainte-Croix de Meaux, fondée par Faron, prit ensuite le nom de Saint-Faron. L’église en fut détruite lors de la Révolution.

Saint Faron de Meaux est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Germain de Talloires

975-1080

 

Germain de Montfort était d’origine flamande, de Montfort ou de Tirlemont (Malines) et naquit approximativement en 975.

Il étudia la théologie à l’université de Paris, puis entra à l’abbaye de Savigny.

Un prieuré fut fondé à Talloires (Haute-Savoie) en 1018 par le roi de Bourgogne Rodolphe III et sa femme Ermengarde.

L’abbé de Savigny envoya alors quatre moines pour cette nouvelle fondation. Il s’agit de Germain et de son frère Ruph, ainsi qu’Ismius et Ismidon. Ils s’y installent vers 1018-1020.

Germain fut le premier prieur. Il aurait bientôt décidé de faire le pèlerinage de Jérusalem.

A son retour vers 1033, il se retira dans la solitude d’une grotte voisine, et rejoignait les frères pour la prière de l’Office divin.

Il aurait pratiqué des pénitences peu communes, qui ne l’empêchèrent pas de vivre plus que centenaire.

On admet traditionnellement que s.Bernard de Menthon (v. 15 juin) fut son disciple.

Il mourut le 28 octobre vers 1066 ou 1080.

Ruph, Ismius et Ismidon succédèrent à Germain comme prieurs : tous trois se retirèrent aussi dans quelque grotte.

Au 17e siècle, s.François de Sales (v. 28 décembre) procéda à un solennel transfer des reliques de Germain, qu’il aurait bien voulu imiter en se retirant à son tour dans cet ermitage.

Le culte de Germain fut approuvé en 1889.

Saint Germain de Talloires est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni Chigi

1300-1363

 

L’ancienne famille Chigi a donné son nom à un palais célèbre de Rome.

Giovanni serait né dans la région de Sienne.

Il eut d’abord une jeunesse qu’on a qualifiée de dévergondée - mais que signifie cela à notre vingt-et-unième siècle ? Disons qu’elle fut mondaine et joyeuse.

Entré à dix-huit ans chez les Ermites de Saint-Augustin à Valleaspra, non loin de Massa Marittima, il vécut ensuite au monastère de Sienne, comme frère convers, chargé du jardin, du ménage, des écuries.

On lui confia la sacristie et il servait volontiers la messe. Au terme de la célébration, il s’approchait délicatement du prêtre et lui signalait très humblement les petites entorses que celui-ci avait pu commettre contre les rubriques du missel.

Il accepta humblement aussi d’être chargé d’aller quêter par les rues, mission souvent ingrate, humiliante, où l’on s’expose à beaucoup de remarques désobligeantes, même si gens savaient aussi donner de leur poche pour aider les Religieux.

Sa vie passée ne s’était pas entièrement effacée de son cœur et il dut combattre contre les tentations charnelles. Pour prendre résolument le diable par les cornes, il se construisit une hutte en forêt, qu’il jonchait d’orties. Là, dans la tenue la plus dépouillée possible, il se roulait sur ce tapis. Le diable dut s’avouer vaincu.

Comme pour tout bon frère convers, toutes les corvées lui tombaient sur le dos, à se demander si les «pères» ne savaient donc pas remuer un balai.

Son habit s’usa et il n’avait rien à se mettre. Il pria de tout son cœur le Seigneur d’avoir pitié de ses loques : alors se présenta un gentil monsieur qui lui remit le prix que coûtait un habit. 

On pensait que, pour être convers, Giovanni n’avait pas besoin d’étudier, mais son intense vie intérieure, son humilité, sa prière, lui donnèrent des lumières que n’avaient pas les «pères». On lui demanda conseil, les supérieurs restaient étonnés de ses réponses. On l’envoya même à Pavie pour introduire l’esprit de l’observance rigoureuse de la règle augustinienne. Giovanni était d’autant plus heureux d’aller à Pavie, qu’on y conservait les reliques du saint Fondateur, saint Augustin (v. 28 août). On le vit parfois au petit matin, couché auprès de cet autel. 

Puis on le rappela à Valleaspra. Une épidémie de peste envahit la région, et Giovanni fut contaminé. Il mourut le 28 octobre 1363.

Son culte fut autorisé vers 1660, mais le bienheureux Giovanni Chigi ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Stefano Cioni

1354-1433

 

Stefano (Etienne) naquit à Sienne en 1354.

Il eut la grâce de montrer très tôt son inclinaison pour la pratique des vertus, au point qu’à quatorze ans il demanda son admission parmi les Ermites de Saint-Augustin et en reçut l’habit (1368), au couvent de Lecceto, voisin de Sienne.

A cette époque - c’était le schisme d’occident - beaucoup d’Ordres étaient tombés de leur rigueur primitive. Le couvent de Lecceto faisait exception, et Stefano veillait à y maintenir la Règle et à y former aussi les jeunes novices.

Or il advint que le Supérieur général retira de Lecceto certains de ces jeunes novices, au grand désagrément de Stefano, qui craignait à juste titre que ces jeunes perdraient leur ferveur. Aussi, songea-t-il, avec les autres Religieux de Lecceto, de se séparer des Ermites de Saint-Augustin. Or, à la même époque, le pape voulut réformer les Chanoines Réguliers, et appela à lui Stefano en 1408. Il se trouvait alors à Lucques. Les bons Ermites de Lecceto consentirent sans difficulté à devenir eux-mêmes Chanoines.

C’était une véritable métamorphose pour Lecceto : les Ermites devenaient Chanoines, en prenaient l’habit et la Règle. La vêture advint dans le couvent dominicain de Fiesole. 

Seul un frère convers refusa le changement, en avertit le Général des Augustins et tenta même de faire tomber dans une embuscade les nouveaux Chanoines, mais l’opération ne réussit pas.

A Lecceto, Stefano refusa d’être nommé supérieur, pour bien mettre en évidence qu’il n’avait aucune ambition humaine dans cette réforme.

Le frèe convers dissident réussit cependant à provoquer un véritable soulèvement des Ermites, qui vinrent déloger purement et simplement les Chanoines des bâtiments, détruisant leur mobilier et emportant les manuscrits. Pendant quelque temps, les Chanoines durent vivre d’aumônes. Mais le pape en fut averti par Stefano et chercha à rétablir les Chanoines à Lecceto : six préférèrent rentrer chez les Ermites, deux partirent à Bologne chez d’autres Chanoines ; les deux derniers, Stefano et un autre, s’en vinrent auprès du pape: celui-ci leur accorda de pouvoir s’installer là où on leur offrirait l’hospitalité ; trois ans plus tard, ils purent s’établir non loin de Gubbio, dans un ancien ermitage abandonné, dont l’église était dédiée à saint Ambroise, ce qui conféra aux Chanoines le nom de ambrosiens.

La sainteté de ces Chanoines leur conquit l’estime des papes et des princes ; ils se développèrent et fondèrent d’autres monastères, surtout à Bologne et à Scopeto (Florence). Il y en eut trois à Rome.

Il est dit que les Chanoines prospérèrent, surtout grâce à Stefano qui secourait leur indigence par des miracles.

Ils ne mangeaient de viande que les dimanches, mardis et jeudis, le midi. Ils jeûnaient tous les vendredis entre Pâques et la fête de la Croix (14 septembre) ; de cette fête au carême suivant (sauf à Noël), ils jeûnaient les mercredis, vendredis et samedis, ainsi qu’à d’autres veilles de fêtes. Une heure d’oraison le soir après Complies. 

En 1419 eut lieu le Chapitre Général, qui élit Stefano Supérieur Général. Il fut réélu à cette place pendant près de quatorze années.

Après trois jours de maladie, Stefano mourut le 28 (ou le 30 ?) octobre 1432 ou 1433.

Son culte a été attesté, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Michaël Ichinose Sukezaemon

1593-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Michaël était né en 1593 à Koga (Japon). Dans le Martyrologe, son nom est écrit Michael Taiemon Kinoshi.

Laïc baptisé, il était le serviteur d’un catéchiste, Ioannes Mukunō Chōzaburō. Tous deux furent arrêtés avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre) le 10 novembre 1629.

Chargés de chaînes, ils furent emprisonnés à Nagasaki où ils furent bientôt rejoints par d’autres Pères et laïcs.

Le 12 décembre, les Religieux furent transférés à Ōmura, et les Japonais dans la terrible geôle de Crusmache (Nagasaki). Ils n’y perdirent pas leur temps, ramenant à la foi plusieurs apostats, et convertissant des païens. Ils purent aussi rester en liaison épistolaire avec les Pères ; c’est ainsi que Michaël put recevoir du père Gutiérrez l’habit de l’Ordre Augustin.

Après presque une année, le 28 octobre 1630, ordre fut donné de massacrer tous ces prisonniers chrétiens. Ceux-ci reçurent la nouvelle à genoux et tinrent à revêtir l’habit augustinien pour se rendre au lieu du supplice.

En chemin, ils commencèrent à prêcher aux passants, ce qui exaspéra les gardiens, au point qu’ils leur fourrèrent une corde dans la bouche pour les obliger à se taire.

Michaël et ses Compagnons reçurent la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630 ; leurs corps furent dépecés, puis brûlés et les cendres jetées à la mer.

Leur béatification eut lieu en 1867.

 

 

Laurentius Kaida Hachizō

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Laurentius Kaida Hachizō était né en 1602 à Nagasaki (Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté avec le père Carvalho (v. 22 février), le 25 novembre 1629.

Laurentius reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il devait recevoir la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, mais en réalité le coup fatal lui fendit le buste, de l’épaule gauche à la taille, comme l’étole d’un diacre.

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Mancius Yukimoto Ichizaemon

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Mancius était né en 1602 à Chikugo (Japon).

Laïc baptisé, il avait souvent accompagné le père Carvalho (v. 22 février) et, pour cela, été exilé de Nagasaki ; il vivait dans la solitude. Il fut cependant arrêté à la même époque que le père Gutiérrez (v. 3 septembre), vers novembre 1629.

Mancius reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Sawaguchi Kuhyōe

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Petrus Sawaguchi Kuhyōe était né en 1602 à Ōshū (Iwate, Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté le 18 novembre 1629 avec le père Terrero de Ortega (v. 3 septembre).

Petrus reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Thomas Terai Kahyōe

1605-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Thomas Terai Kahyōe était né en 1605 à Ikiriki (Japon).

Laïc baptisé, fidèle disciple du père Gutiérrez (voir au 3 septembre) , qu’il rejoignit en prison vers novembre 1629.

Thomas reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Mukunō Chōzaburō

1613-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Ioannes Mukunō Chōzaburō était né en 1613 à Ikiriki (Ōmura, Nagasaki, Japon).

Laïc baptisé, marié, catéchiste, il fut arrêté avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre), en novembre 1629, et envoyé chargé de chaînes à la prison de Nagasaki.

Il reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

Joaquín Royo Pérez

1691-1748

 

Il était né à Hinojosa (Teruel, Espagne) en septembre 1691, d’une lignée ancienne, mais la famille avait perdu toute sa fortune.

Entré dans l’Ordre dominicain à Valencia, Joaquín, à sa demande insistante, fut envoyé dès 1712 aux Philippines, d’où il rejoignit la Chine en 1715, juste après son ordination sacerdotale.

Il travailla dans la mission de Chine pendant plus de trente ans.

Lors de la persécution, il put continuer d’exercer son apostolat un certain temps, changeant de cachette. Cependant, pour éviter davantage de vexations aux Chrétiens chinois, l’évêque demanda au père Royo de se livrer lui-même, ce qu’il fit en 1746.

Après deux années de prison et de tortures, le père Joaquín fut étranglé (ou asphyxié, comme pour le père Francisco Diaz). Le corps fut ensuite brûlé.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Le père Joaquín fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Juán Alcober Figuera

1694-1748

 

Il était né à Grenade (Espagne) le 21 décembre 1694.

Il entra chez les Dominicains de sa ville.

Parti pour les Philippines en 1725, il y resta trois ans, avant de rejoindre la Chine, où il apostolisa pendant presque vingt années.

En 1741, il fut vicaire provincial pour la Chine.

Arrêté en 1746, il fut torturé. On lui demanda pourquoi il était venu en Chine : Juan répondit en expliquant les commandements de Dieu. On lui posa aussi des questions obscènes, auxquelles il opposa un silence total.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), par strangulation. Quand les bourreaux vinrent le chercher, il leur dit : Nous sommes très heureux de mourir, mais permettez-nous d’abord d’en rendre grâces à Dieu. Après, vous pourrez faire tout ce que vous voulez.

Ils acceptèrent ce petit délai, puis étendirent le père à terre, et lui lièrent les pieds et les mains, tandis qu’il continuait à les inviter à se convertir au Christ.

Une fois étranglé, le père avait conservé une telle attitude paisible et souriante, que les bourreaux en furent très étonnés, le croyant encore en vie.

Puis son corps fut brûlé.

Ce martyre eut lieu le 28 octobre 1748.

Le père Juan fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Serrano Frías

1695-1748

 

Il était né à Huéneja (Cadix, Grenade, Espagne) le 4 décembre 1695, de famille nombreuse.

En 1713, il entra chez les Dominicains à Grenade, et fit la profession en 1714.

En 1725, on l’envoya aux Philippines, et, en 1727 en Chine, à la mission de Fokien.

En 1745, il fut nommé vicaire apostolique coadjuteur pour cette région

Lors de la persécution de 1746, une faiblesse permit de découvrir sa cachette. Arrêté, il fut torturé par les soufflets : la victime avait la tête appuyée sur une joue sur les genoux d’un bourreau, tandis qu’un autre giflait l’autre joue avec une sorte de semelle à quatre épaisseurs de cuir ; un seul coup pouvait faire perdre connaissance.

En juillet, la nouvelle arriva au Père, qu’il était nommé évêque pour succéder au défunt Pedro Sans, mais il ne put recevoir la consécration en prison. 

On le transféra à Fuzhou, où les juges semblèrent montrer plus de complaisance envers lui, mais ils furent substitués par d’autres plus sévères. On finit par l’accuser, lui et les autres pères arrêtés, de magie, de rébellion, d’impudicité.

Il resta en prison encore pendant deux années.

Son martyre eut lieu par suffocation à Fuzhou ou Fou-Tcheou (Fujian ou Fokien, Chine), le 28  octobre 1748. Vers le soir, on l’isola dans une cellule vide ; quand il comprit la raison de ce changement, le père Francisco commença à leur parler de l’Evangile et à les inviter à se convertir. Les bourreaux l’étendirent à terre, tandis qu’il continuait à leur parler. 

On trouve deux versions pour les derniers instants de l’évêque nommé, apparemment pour une confusion entre lui et l’autre père qui portait aussi le nom de Francisco.

L’évêque fut étranglé avec une corde (tandis que l’autre père Francisco eut le nez, la bouche et les oreilles obturés avec une sorte de pâte et mourut ainsi par suffocation).

Le corps fut ensuite brûlé.

On trouve aussi la date du 25 octobre, y compris dans des recensions de l’Ordre dominicain, mais le martyrologe a conservé la date du 28.

Il fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Díaz del Rincón

1713-1748

 

Il était né à Ecija (Séville, Espagne) le 2 octobre 1713 et entra dans l’Ordre dominicain de cette ville en 1730, à dix-sept ans.

Rempli de zèle pour les missions, il fut en 1735 envoyé aux Philippines, où il termina ses études et reçut le sacerdoce, à Manille.

En 1738 il passa en Chine, où la persécution allait bientôt reprendre.

Arrêté en 1746, torturé, il subit le martyre par asphyxion, à trente-trois ans.

Il semble qu’on le confonde parfois avec Francisco Serrano, martyrisé le même jour, par strangulation. On donne parfois le contraire : Fr.Serrano asphyxié, et Fr.Díaz étranglé. L’asphyxie se fit par obturation des orifices (nez, bouche, oreilles) avec une pâte, la tête étant ensuite enveloppée d’un sac recouvert de plusieurs kilogrammes de glu.

Ce martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Francisco Díaz del Rincón fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Gioan Đạt

1765-1798

 

Gioan (Jean) était né à Đong Chuoi (Thanh Hóa, Vietnam) vers 1765.

Fait prisonnier, il racontait brièvement sa vie ainsi : 

J’ai perdu mon père de bonne heure. Nous vivions chichement. A la maison de Dieu, je n’eus pas davantage mes aises. Au collège, il fallut se mettre au latin, avec travaux et fatigues. La théologie morale m’a donné beaucoup de mal. Le sacerdoce fut un grand honneur, mais un surcroît de travail. Et voici la dernière de mes peines : souffrir pour Jésus-Christ. Toute ma vie a été pleine de douleur. Et je suis dans l’indigence : je manque d’habits !

Des témoins de première main ont donné des témoignages de l’extraordinaire courage de ce prêtre vietnamien.

Arrêté en 1798 (à trente-trois ans), il fut invité à fouler aux pieds un tableau du Jugement dernier, ce qu’il refusa. 

Lui et quelques chrétiens furent confiés à une garde qui changeait chaque soir, et qu’il fallait payer. Un jour qu’il refusa de payer la somme exorbitante qu’on lui réclamait, il reçut trois coups de bâton. Les autres catéchistes demandèrent, en vain, d’être battus à sa place. Puis on lui mit une cangue encore plus lourde que celle qu’il portait déjà ; quelques jours après, on lui en remit une plus légère de «seulement» dix kilogrammes.

On lui obtint d’être logé chez un chrétien, même gardé, mais il préféra aller coucher avec les autres détenus, pour diminuer les frais de garde et d’huile.

Il se montra extraordinairement joyeux, courageux, mangeant et buvant comme à son ordinaire.

On venait le voir, les chrétiens se confessaient. Un jour, les soldats volèrent les bananes qu’on avait apportées au Prisonnier. Le mandarin voulait les punir, mais le père intercéda pour eux : Peu importe !, dit-il calmement.

Il invitait les catéchistes à sa table, mais ils refusaient, par politesse, ce qui l’attristait.

Il apprit avec grande joie la nouvelle de sa condamnation à mort. Une païenne lui suggéra, pour y échapper, de s’empoisonner : Non, et même si l’on me donnait un poison de force, je le recracherais.

Peu de jours avant son exécution, le mandarin avoua : Ce prêtre est plus ferme qu’un roc. Un autre le prit tellement en affection qu’il lui promit de lui offrir un cercueil (c’est une marque de respect au Vietnam). 

Il demanda aux chrétiens d’offrir un repas aux soldats, en signe de reconnaissance, mais même les soldats reconnurent qu’ils ne pourraient manger que si le Père était libéré.

Au moment de l’exécution, vers treize heures, le prêtre demanda un instant de réflexion : assis, les mains jointes sur la poitrine, la tête inclinée, les yeux fermés, il pria à voix basse. C’est dans cette position qu’il reçut le coup de sabre.

C’était à Cho Ra (Thanh Hóa).

Le père Joan Đat fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Rodrigo Aguilar Alemán

1875-1927

 

Rodrigo était né le 13 mars 1875 à Sayula (Jalisco, Mexique), de Buenaventura Aguilar et Petra Alemán, et fut baptisé deux jours après.

Il entra au séminaire de Ciudad Guzmán. Excellent élève, il se montra aussi excellent écrivain. les journaux publièrent ses articles sur l’Eucharistie, Notre-Dame, le christianisme, le sacerdoce…

Prêtre, il se consacra ainsi au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe : 

Seigneur, donne-nous la grâce de souffrir en ton nom, de sceller notre foi avec notre sang et de couronner notre sacerdoce avec le martyre. Fiat voluntas tua !

Ordonné prêtre en 1905, il fut dans plusieurs paroisses : La Yesca, Lagos de Moreno, Atotonilco el Alto, Cocula, Sayula, enfin Zapotiltic, où il fut curé.

Il eut la joie de faire un pèlerinage en Terre Sainte peu avant 1925, et en fit le récit dans un nouvel ouvrage.

Curé de Unión de Tula en 1925, au moment de la révolution il dut se cacher à Ejutla, tout en apportant le secours des sacrements à ses fidèles. C’est la trahison d’un de ceux-là qui le fit découvrir. 

Il se trouvait dans la maison des Adoratrices, dont la supérieure était très malade, et où se tenait l’examen de latin d’un séminariste. Les soldats arrêtèrent le prêtre, le séminariste, quelques religieuses, mais conduisirent le prêtre séparément. Ce dernier leur dit adieu : Nous partons pour le ciel ! Son visage était rayonnant de paix et de joie. 

Au matin du 28 octobre 1927, on le conduisit sur la place du village. Le prêtre bénit la corde avec laquelle on allait le pendre, pardonna aux bourreaux et remit son chapelet à l’un d’eux.

Les soldats attachèrent la corde à une branche d’arbre et firent un nœud autour du cou du prêtre. Pour voir si elle tenait bien, ils tirèrent un peu dessus et demandèrent dédaigneusement au père Rodrigo : Qui c’est qui est en vie ? Ils proposèrent au prêtre de ne pas le pendre s’il répondait Vive le gouvernement suprême, mais la réponse sortit vivement : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Alors les bourreaux tirèrent fortement sur la corde, puis remirent le prêtre sur pied. De nouveau même question, de nouveau même réponse. Ils répétèrent le supplice une troisième fois, et le prêtre, agonisant, répéta encore, dans un dernier souffle : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Le Martyr resta accroché à sa corde pendant quelques heures, après quoi quelques paroissiens obtinrent de pouvoir l’enterrer.

Le père Rodrigo fut béatifié en 1992, et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Mexique, le 21 mai.

Salvador Damián Enguix Garés

1862-1936

 

Salvador Damián était né à Alcira (Valencia, Espagne) le 27 septembre 1862 (jour où l’on fête maintenant s.Vincent de Paul).

Après ses études de vétérinaire, il se maria et eut cinq (ou six) enfants, qu’il éleva presque seul, car son épouse mourut assez jeune.

A partir de 1926, il fut vétérinaire municipal à Alcira.

Catholique fervent, il organisa et dirigea l’Adoration nocturne ; il fit partie de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul et de l’Action Catholique. 

Durant les épidémies et les inondations, il fit preuve de toute sa charité envers les victimes, les visitant à l’hôpital, dans les maisons pour anciens, et apportant son concours dans les soins médicaux.

Quand éclata la révolution, il donna sa démission de vétérinaire municipal (31 juillet 1936), qui fut acceptée immédiatement. Le 6 août, il fut arrêté pendant quelques heures.

Relâché une première fois, il relevait le courage de ses enfants en leur rappelant la valeur du martyre.

Une deuxième fois il fut arrêté, fin octobre, et enfermé aux Ecoles Pies, transformées en prison.

Le 27 octobre on le fusilla contre le mur du cimetière et les miliciens le laissèrent là, le croyant mort. Le jour suivant, 28 octobre 1936, voulant l’enterrer (ou le faire disparaître), ils ne le trouvèrent pas et le cherchèrent dans les environs. Ils finirent par le retrouver dans une de ses propriétés non loin du cimetière. Ils lui tirèrent dessus jusqu’à son dernier souffle.

Salvador Damián a été béatifié en 2001, et inscrit au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Juliana González Trujillano

1881-1936

 

Elle naquit le 19 juin 1881 à El Barco (Ávila, Espagne), de Anacleto et María Rosario. On fêtait ce jour-là sainte Giuliana Falconieri, dont elle reçut le nom au Baptême.

Elle reçut la Confirmation en 1885.

Elle entra en 1903 chez les Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur, à Madrid, et y fit la première profession en 1905. Elle fit les vœux solennels en 1910 à La Coruña, avec le nom de Asumpta.

Elle participa ensuite à la fondation du collège de Arenas de San Pedro, où elle resta trois ans pour enseigner la broderie et la couture aux petites élèves.

Revenue à Madrid, elle fut sacristine, montrant toutes ses qualités de devoir, d’exactitude, de propreté, unies à une profonde intimité avec la vie du Christ.

Lors des événements de 1936, et suivant les conseils de la Mère générale, elle quitta la maison mère et se réfugia avec cette dernière chez un couple d’amis. Puis elles se dirigèrent, croit-on, vers l’ambassade du Chili : il s’agissait pour elles d’y déposer quelques valeurs.

Mais des miliciens les arrêtèrent à l’entrée du bâtiment, avec le couple qui les accompagnait, et les conduisirent à leur tchéka de Fomento. C’était le 20 octobre.

Dans cette sombre bâtisse, Asumpta se retrouva avec d’autres prisonnières, parmi lesquelles la Mère provinciale des Scolopiennes. Sœur Asumpta priait sans arrêt, s’interrompant de temps en temps en disant : Ils vont me tuer.

Une nuit, à deux heures, on vint la chercher. Un milicien lui dit : Vous êtes libre. Elle sortit, fut bientôt rejointe par l’épouse du couple qui l’avait hébergée, laquelle criait : Mais laissez-moi dire adieu à mon mari ; ils lui répondirent : Votre mari, vous allez le voir.

En réalité, la Religieuse, avec ce couple charitable et courageux, fut fusillée, le 28 octobre 1936.

Sœur Asumpta fut béatifiée en 2013.

 

 

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

 

Voir ci-dessous la notice María Pilar Gullón Yturriaga

 

 

Leoncio Lope García

1902-1936

Claudio Julián García San Román

1904-1936

 

Les pères Augustins avaient accepté en 1902 la direction des Ecoles Saint-Dominique de Santander, au 30 de la rue Ruamayor. La première année, ils eurent quarante élèves, qui furent jusqu’à trois-cents.

C’étaient des enfants de familles pauvres, souvent d’humbles pêcheurs. Les Religieux s’en occupaient paternellement, en même temps qu’ils aidaient aussi les curés de la zone dans le travail pastoral.

La situation était relativement calme, jusqu’en août 1936. La communauté se composait de dix Pères, dont cinq allaient subir le martyre. Au début de la révolution, les pères n’eurent qu’à «supporter» un piquet de garde, de deux miliciens, à qui d’ailleurs ils donnaient un peu à manger, pour les adoucir. 

Le 2 août au matin, ce furent une trentaine de miliciens qui se présentèrent en leur donnant deux heures pour quitter le collège. Les Pères sortirent avec leurs bagages et trouvèrent à se loger çà et là. Ils allaient célébrer la messe dans des oratoires privés, et ce jusqu’au 12 septembre.

Les deux premiers qui allaient être sacrifiés étaient Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román.

Leoncio, fils de Teodoro et Catalina, était né à Tordmar (Burgos) le 24 avril 1902, baptisé le lendemain, et confirmé en 1906.

Ayant reçu une excellente éducation chrétienne, il entra très jeune dans la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul (Lazaristes), où il resta jusqu’à la fin des études de philosophie et la première année de théologie. Après mûre réflexion, il passa dans l’Ordre de Saint-Augustin, où il prit l’habit en 1930 à Uclés (Cuenca).

Il acheva les années de théologie à Santa María de la Vid (Burgos), revint à Uclés pour sa profession solennelle (1934), puis fut envoyé à Santander. Mais il n’eut pas le temps d’être ordonné prêtre : il devait recevoir une autre «ordination», la palme du martyre.

Claudio était né à Puebla de Sanabria (Zamora) le 9 janvier 1904, baptisé quatre jours plus tard et confirmé en 1909. Ses parents étaient Francisco et Carmen, des cultivateurs.

Après ses études à Puebla, il commença la noviciat chez les Augustins au Collège Royal de Valladolid, où il prit l’habit en 1919. Puis il fit la profession solennelle à Santa María de La Vid (Burgos) en 1925 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut d’abord nommé professeur à l’internat de Calatrava (Salamanque), puis au collège de Santander dont on parlait plus haut.

Expulsés, les deux Religieux, donc, se retrouvèrent d’abord au 7 de la rue Pedrueca, où ils restèrent sans incidents désagréables jusqu’au 28 octobre.

Leoncio allait donner des cours particuliers au domicile d’un enfant ; et bien qu’on lui ait dit de se méfier du portier, Leoncio crut ingénûment qu’en s’absentant une huitaine de jours, il aurait éloigné le danger ; il revint donc une semaine après, et c’est là qu’il fut arrêté.

On le fit aller sous bonne garde à son «domicile», pour une perquisition, et les miliciens remarquèrent qu’il y avait là une autre chambre, celle du père Claudio Julián. Ils attendirent son retour.

Quand le père Claudio arriva, il s’aperçut de la voiture qui était garée à la porte. Il se méfia ; on lui dit de s’enfuir, parce qu’on l’attendait. Il alla consulter son supérieur, qui lui conseilla de ne pas y aller. Mais lui raisonna ainsi : Puisque je n’ai rien fait à personne, personne n’aura rien à me faire à moi. Il alla seulement prendre congé de son frère, puis rentra chez lui.

Les policiers lui demandèrent aussitôt : Qui êtes-vous, vous ? A quoi le religieux répondit fermement : Je suis un prêtre augustin.

Sans plus tarder, ils emmenèrent les deux religieux à la «tchéka» de la Calle del Sol. Il était deux heures de l’après-midi.

Les deux religieux furent assassinés le jour-même, ce 28 octobre 1936, et l’on n’a jamais retrouvé leurs corps, qui furent peut-être simplement jetés en mer.

Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román furent béatifiés en 2007.

 

 

 

María Pilar Gullón Yturriaga

1911-1936

Octavia Iglesias Blanco

1894-1936

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

María Pilar était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1911, aînée de quatre enfants. On sait également qu’elle était la nièce de Pío Gullón Iglesias (1835-1917), ministre d’Alfonso XIII.

María Pilar et Octavia étaient cousines. Octavia était née à Astorga le 30 novembre 1894, fille unique et catéchiste dans sa paroisse.

Olga était née le 16 mars 1913, à Paris où se trouvaient ses parents alors. Son père était peintre et exposait dans la capitale française.

Ce qu’on sait avec assez de précision, sont les circonstances du martyre de ces infirmières.

Toutes trois, infirmières de la Croix-Rouge, s’étaient offertes volontaires pour soigner les blessés de l’hôpital du port de Somiedo (Asturies, Espagne NW), lors de la guerre civile qui mit à feu et à sang l’Espagne durant l’été 1936. Au moment de la guerre civile, elles auraient pu se retirer de l’hôpital en laissant la place à un autre groupe d’infirmières, mais elles préférèrent rester près des malades.

Les trois demoiselles étaient chrétiennes, participaient chaque matin à la sainte Messe, priaient le chapelet. Elles appartenaient à l’association des Filles de Marie et des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, à l’Action Catholique.

Il faut ajouter que, jusqu’à cette période, les membres de la Croix-Rouge jouissaient d’une immunité qui les préservait des attaques guerrières.

Le 27 octobre 1936, les révolutionnaires donnèrent l’assaut à l’hôpital. Les trois infirmières auraient pu encore s’échapper, mais refusèrent d’abandonner les malades.

Olga fut alors effleurée au visage par une balle, qui lui causa une blessure, dont le sang vint tacher son habit blanc ; un malade lui suggéra d’aller se soigner,  mais elle lui répondit : Me soigner ? Pourquoi ? Inutile, on n’a pas le temps. Nous allons mourir et ressusciter parmi les martyrs du Seigneur. Nous serons séparés quelques instants pour nous réunir éternellement.

Les malades furent sauvagement assassinés, les quelques survivants furent faits prisonniers. Le «chef» proposa la liberté aux trois infirmières si elles renonçaient à leur foi et s’inscrivaient à son parti. Ayant fermement refusé, elles furent conduites à pied à douze kilomètres de là, à Pola de Somiedo, par une troupe de miliciennes véritablement enragées et brutales, qui n’avaient que des blasphèmes et des grossièretés à hurler le long de la route.

Là, on enferma les trois infirmières dans la Maison du Peuple, siège des socialistes, et le chef de toute cette honteuse expédition convoqua tous ceux qui voulaient rester avec les infirmières et faire d’elles ce qui leur semblerait mieux.

Pour couvrir les cris des malheureuses victimes, le même chef - qu’on surnommait El Patas - fit tourner toute la nuit autour de la maison une charrette à bœufs. Sur cette charrette, se trouvait le cadavre du pauvre aumônier de l’hôpital, abbattu par El Patas lui-même.

Au terme de cette nuit d’horreur, on voulait fusiller les pauvres victimes, sans leur remettre les habits qu’on leur avait arrachés ; on demandait aux miliciennes de s’en charger, mais elles ne se mettaient pas d’accord pour le faire ; finalement, elles «tirèrent au sort» pour voir qui tuerait qui ; les trois désignées se placèrent à trois mètres avec leur arme ; juste avant, un milicien arrêta l’opération et proposa aux infirmières de crier Vive la Russie, et les trois crièrent aussitôt Vive l’Espagne ! Vive le Christ Roi !

María Pilar et Octavia fixèrent des yeux le ciel, Olga regarda ses bourreaux bien en face et leur lança : Même pour tuer, vous êtes lâches ! En effet, les miliciennes se mirent à trembler et les miliciens vinrent leur tenir l’arme pour les aider à tirer.

Avant de tomber, María Pilar exprima son pardon pour ses assassins et pria Dieu de leur pardonner.

Quand elles furent tombées à terre, un des miliciens cria : C’est fini, mesdemoiselles ! Mais on entendit répondre : Pas pour moi. C’était María Pilar ; selon un autre témoignage, elle aurait dit : Je ne suis pas tout-à-fait morte. Vive le Christ Roi ! Le milicien s’approcha avec son pistolet : Il y a quelqu’un qui vit encore ici ? Et María Pilar : Dieu ! Elle reçut le coup de grâce.

Ces trois infirmières, reconnues martyres en 2019, devraient être béatifiées en 2020, et inscrites au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Olga Pérez-Monteserín Núñez

1913-1936

 

Voir ci-dessus la notice María Pilar Gullón Yturriaga

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 00:00

27 OCTOBRE

 

II.

S Evariste, pape (97-105) : sur son ordonnance, les sept diacres de Rome devaient assister l'évêque qui déclamait la préface, pour rendre témoignage de son orthodoxie. 

S Thraseas, évêque à Euménie, martyr près de Smyrne.

IV.

S Abraham, disciple de s. Pacôme puis ermite à Tabenne.

Stes Capitoline et Erotéide, martyres en Cappadoce.

V.

S Namatius, évêque à Clermont ; son épouse fit édifier une église dans les faubourgs.

S Abban, abbé irlandais qui aurait fondé onze monastères.

S Gaudiosus, évêque en Afrique, exilé en Campanie pour fuir les Vandales.

VI.

S Odran, moine à Iona, un des premiers disciples de s. Columba.

VII.

S Cyriaque, patriarche à Constantinople ; il y eut un problème entre lui et s. Grégoire le Grand, parce qu'il se donnait le titre de patriarche œcuménique qui ne convenait qu'au pape.

S Désiré, évêque à Auxerre, parent de la reine Brunehaut ; il libéra beaucoup de serfs.

S Colman, moine à Senboth.

VIII.

S Tecla Haimanot, moine en Ethiopie.

XIII.

B Bartolomeo de Braganza, dominicain, évêque à Vicenza ; il serait à l'origine d'une confrérie de frères joyeux ; il eut des missions (une avec s. Louis en Palestine), et fut un moment expulsé par un hérétique patarin. 

XVI.

Bse Antonia de Brescia, dominicaine, supérieure à Ferrare, mystique.

XX.

B Salvador Mollar Ventura (1896-1936), des Frères Mineurs, profès, près de Valencia, béatifié en 2001.        

B Jerzy Popieluszko (1947-1984), prêtre polonais enlevé, torturé à mort et retrouvé en ce jour, béatifié en 2010.

Evariste, pape

99-108

 

Les historiens ont un problème encore non résolu à propos de la succession papale de cette fin de premier siècle.

En effet, les sources ne s’accordent pas pour déterminer s’il y eut deux papes différents, nommé l’un Clet, l’autre Anaclet.

Anaclet, s’il a existé, aurait été sur le Siège de Pierre juste avant Clément, mais n’est pas mentionné dans les successeurs immédiats de Pierre, au cours de la prière du Communicantes du Canon Romain.

Plusieurs auteurs tendent ainsi à assimiler Anaclet et Clet en un seul et même personnage, le pape qui précéda immédiatement Clément. Ou alors, on les fait se succéder l’un à l’autre, toujours avant Clément.

Quant à Evariste, il serait donc le cinquième (ou le sixième ?) évêque de Rome et il occupa le Siège de Pierre après saint Clément. Les dates de cette époque restent un peu floues.

D’après le Liber pontificalis, Evariste était d’Antioche de Syrie, fils d’un certain Jude, juif de Bethléem.

Son pontificat aurait duré neuf ans, dix mois et deux jours, pendant lesquels le pontife multiplia son zèle dans la visite de Rome, la prédication de la Parole.

Il aurait statué qu’au moment de la Préface à la Messe, les sept diacres de Rome assisteraient l’évêque pour rendre au besoin témoignage de son orthodoxie : qui custodirent episcopum prædicantem propter stilum veritatis.

Il aurait été martyrisé à la même époque que saint Ignace d’Antioche, un an après apparemment, et porte le titre de martyr,. Il fut enterré au Vatican, près de saint Pierre.

Le Martyrologe le mentionne au 27 octobre.

Son successeur sera saint Alexandre Ier.

 

 

Thraseas d’Euménie

† 170

 

C’est d’une façon indirecte qu’on connaît l’existence de Thraseas.

Il fut évêque d’Euménie, près de Smyrne (Phrygie, act. Izmir, à l’extrême ouest de la Turquie, sur la Mer Egée).

On apprit qu’il fut martyr.

L’évêque d’Ephèse, Polycrate, écrivant au pape Victor (v. 28 juillet), parle de Thraseas comme l’une des lumières d’Asie, ajoutant qu’il s’endormit à Smyrne.

Cette dernière expression laisse entendre que Thraseas fut martyrisé à (ou tout près de) Smyrne, mais l’auteur de la lettre ne donne pas de détails sur ce martyre.

La date peut se situer entre 170 et 180.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Thraseas d’Euménie au 27 octobre.

 

 

Gaudiosus d’Abitinia

382-452

 

Le siège de cet évêque n’était pas Naples, ni Salerne.

La réalité historique, mais mal définie, est que Settimius Cœlius Gaudiosus était évêque à Abitinia (Membressa, Afrique Proconsulaire, act. Medjez el-Bab, Tunisie).

Lors d’une invasion des Vandales vers 439, Gaudiosus serait venu se réfugier à Naples avec son diacre.

Il y aurait fondé un monastère (ou, plus précisément, un monastère fut fondé plus tard à l’endroit où il vécut).

Traditionnellement, on dit que Gaudiosus mourut à Naples, peut-être en 452, à l’âge de soixante-dix ans.

L’église San Gaudioso de Naples, où s’ouvre une catacombe, abrite le tombeau de Gaudiosus.

La liste épiscopale de Naples ne comporte pas de Gaudiosus ; celle de Salerne a un évêque Gaudiosus,  mais seulement au septième siècle.

Saint Gaudiosus d’Abitinia est commémoré le 27 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Namatius de Clermont

† 460

 

Il est regrettable qu’on confonde ce Namatius de Clermont avec celui de Vienne, qui mourut un siècle plus tard (v. 17 novembre).

Avant d’être évêque, Namatius avait vécu dans le mariage.

Namatius (ou Namacius) fut appelé à être évêque du siège de Clermont, dont il fut le neuvième titulaire.

A Namatius remonte l’origine de la cathédrale de Clermont, dont s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) nous décrit ces détails : elle fait cent cinquante pieds de long, soixante de large, cinquante de haut… Elle a quarante-deux fenêtres, soixante-dix colonnes, huit portes. Le sanctuaire fut achevé en douze années, au terme desquelles Namatius fit venir de Bologne des reliques des saints Vital et Agricola (v. 4 novembre).

Au moment où ces reliques arrivèrent en vue de Clermont et que Namatius allait à leur rencontre pour les escorter jusqu’à la cathédrale, une pluie diluvienne s’abattit sur le peuple et la campagne, mais pas sur les reliques et le clergé.

Grégoire de Tours écrivit aussi que la sainte épouse de Naumatius fit construire elle aussi une église, dédiée à s.Etienne (v. 26 décembre), en-dehors des murs.

Après un épiscopat d’une vingtaine d’années, Namatius s’éteignit vers 460 et fut inhumé dans l’église Saint-Etienne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Namatius de Clermont au 27 octobre.

 

 

Odran d’Iona

† 563

 

Odranus (Otteran, Odhran, Oran) est présenté traditionnellement comme un descendant de Conall Gulbán.

Il aurait été abbé à Tyfarnham (Meath) et aurait vécu plus de quarante années dans la région de Latterach (Tipperary), où il construisit une église en 520. En 563, il fut un des onze compagnons de Columba (v. 9 juin) qui s’installèrent sur l’île d’Iona.

Une histoire invraisemblable raconte qu’Odran s’offrit lui-même pour être enterré vivant sous les fondations d’une chapelle que Columba ne réussissait pas à construire, la retrouvant chaque matin démolie. Une «voix» (?) lui aurait annoncé que la chapelle ne resterait debout que si on l’édifiait sur un homme encore vivant.

Que la chapelle ait été édifiée juste après la mort d’Odran, et qu’elle soit alors restée debout, est acceptable, mais on ne peut croire qu’un saint moine comme Odran se soit soumis à ce genre de suicide.

Odran mourut peu après l’arrivée en Irlande, en 563 : il aurait annoncé qu’il serait le premier moine à être enterré sur l’île d’Iona.

Saint Odran d’Iona est commémoré le 27 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bartolomeo de Braganza

1210-1270

 

Bartolomeo serait né vers 1210 à Vicenza (Italie NE), dans la noble famille des Braganza.

Après ses études à Padoue, il entra chez les Dominicains de Bologne vers 1220 et fit la profession vers 1230.

Il fut envoyé prêcher en Lombardie et en Romagne, où se propageaient des erreurs et où sévissaient des luttes entre factions.

Vers 1233, Bartolomeo fonda une confrérie de frères joyeux, soumis à une règle du genre militaire. Ils devaient circuler et évangéliser les gens dans la joie. Il existe dans la bibliothèque de Besançon un dessin daté de 1730 environ, représentant Bartolomeo di Braganza, qui «établit l’Ordre des chevaliers «Gaudenti». Une peinture représentant le même sujet, signée Bigari Vittorio Maria, se trouve à Bologne.

Certains ont affirmé qu’il fut maître du Sacré Palais, car cette charge était réservée aux Dominicains, mais Bartolomeo n’en a pas parlé. En revanche, vers 1248 il fut nommé évêque de Limassol (Chypre) et accompagna en Terre Sainte saint Louis (v. 25 août) après sa captivité.

De retour en Italie, Bartolomeo se trouvait à Rome en 1254, à Naples en 1255, et était nommé évêque de Vicenza en 1256.

Mais les temps étaient très agités. A Vicenza régnait un évêque hérétique qui expulsa le nouvel évêque. Le pape nomma alors Bartolomeo légat apostolique en France et en Angleterre. Saint Louis lui remit une des épines de la sainte Couronne du Christ conservée à la Sainte Chapelle.

L’ordre étant revenu à Vicenza, l’évêque put y entrer, accueilli par une foule en liesse (1259).

Pendant les dix années de son épiscopat, Bartolomeo fit construire un couvent pour l’Ordre dominicain et une chapelle pour abriter la précieuse Relique qu’il avait rapportée de Paris.

Bartolomeo mourut en ou vers 1270, le 27 octobre, et fut béatifié en 1793.

 

 

Antonia de Brescia

1407-1507

 

On fait naître Antonia en 1407, car elle mourut centenaire, sans qu’il soit donné de savoir si elle avait dépassé de quelques années ce bel âge.

Elle naquit à Brescia et entra chez les Dominicaines de cette ville, plutôt par crainte de Dieu que par véritable amour de la sainteté, mais elle sut d’emblée se montrer humble et soumise.

Par exemple, lors d’une répétition, la maîtresse du chant lui fit une remarque et, croyant qu’elle n’obtempérait pas, la fit déshabiller du col à la ceinture et flageller en plein chapitre. Antonia supporta sans se révolter.

En 1457, c’est justement elle qui fut à la tête du groupe de sœurs qui alla instaurer à Ferrare la réforme de l’observance. Elue prieure, elle se montra la première à donner le bon exemple, à l’office divin ou à la cuisine.

Presque chaque nuit elle se levait pour l’office et ne se recouchait que rarement après, attendant l’heure des laudes en prières et en méditations. si le sommeil l’accablait, elle appuyait le tête contre le mur pour un bref «soulagement».

Dans un de ces sommes éclairs, elle vit une reine splendide entourée d’une foule de vierges ; elle l’aperçut se dirigeant vers l’endroit où se trouvait une sœur très malade, et entendit une voix : Elle est morte. Elle s’éveilla, et apprit qu’à cette heure même la sœur était passée dans l’autre monde. Cette sœur avait une grande dévotion à sainte Ursule  (v. 21 octobre) et chaque année, la veille du 21 octobre, elle jeûnait au pain et à l’eau. Antonia comprit qu’elle avait donc vu en vision sainte Ursule et ses compagnes.

Une autre nuit, elle vit en songe saint Dominique (v. 6 août) éteindre un grand feu avec son manteau ; à son réveil, elle entendit des sœurs crier qu’il y avait le feu tout près de leur réserve de lin, mais le feu s’éteignit très rapidement.

Une nuit de Noël, les sœurs virent son visage devenir plus lumineux que le soleil, tant elle était transportée par le mystère de la Nativité du Sauveur.

Dans la journée, elle s’efforçait d’élever les conversations, invitant les sœurs à éviter les paroles inutiles.

Son esprit de pauvreté était absolu : chaque semaine, elle fouillait sa cellule et en retirait ce qui ne lui servait pas et allait le donner à qui en avait besoin. Elle ne portait jamais d’habit neuf. 

Toujours douce, elle se montrait exigeante pour la prière et le chant de l’office et savait reprendre les négligences.

Quelques religieuses allèrent un jour se plaindre au vicaire général, ajoutant à leurs remontrances quelques calomnies ; Dieu permit que le prêtre suspendît Antonia et la reléguât derrière les sœurs converses. Fort heureusement, les plus anciennes surent avertir le vicaire de son erreur évidente, et celui-ci revint sur sa décision, remettant Antonia à sa place de prieure. Mais Antonia ne conserva aucune rancune envers les «fautives».

A la fin de sa vie, prise par la fièvre, Antonia fut reçue à l’infirmerie et eut l’immense consolation de voir Notre Seigneur qui venait la réconforter ; si heureuse, Antonia tomba à genoux et demanda au Seigneur de bénir toutes les sœurs présentes. 

Peu après, elle demanda quel jour on fêtait les saints apôtres Simon et Jude. Apprenant que c’était pour le prochain 28 octobre, elle annonça qu’à l’heure de la vigile, elle serait délivrée de toute infirmité. Elle s’éteignit en effet au soir du 27 octobre 1507 ; elle avait cent ans.

Juste après son trépas, une autre sœur fut soulagée d’un mal à l’estomac dont elle souffrait depuis douze années ; Antonia lui avait promis, une fois au ciel, d’intercéder auprès du Seigneur, pour la soulager ; ce qui arriva. Une autre sœur fut soulagée d’un douloureux mal de dents. D’autres personnes avaient été précédemment guéries d’un seul signe de croix que faisait Antonia.

Il y eut beaucoup d’autres miracles, mais sans doute pas assez encore pour convaincre l’Eglise de canoniser Antonia. 

Si elle n’est pas mentionnée au Martyrologe, on peut présumer assez fortement qu’elle est au Paradis et qu’elle peut intercéder pour nous.

Salvador Mollar Ventura

1896-1936

 

Fils de Bautista et María, des parents très pauvres, Salvador naquit le 27 mars 1896 à Manises (Valencia, Espagne).

Adolescent, ce pieux garçon organisa l’Association du Rosaire, s’inscrivit sur les listes de l’Adoration nocturne et des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, et enseigna le catéchisme.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs en 1921, et fit la profession en 1925 comme Convers.

C’était un Religieux très ordonné et propre, joyeux et optimiste, marial. 

Les dernières années de sa vie, il était sacristain à Benisa.

Lors du 18 juillet 1936, il dut quitter le couvent avec ses Confrères et se réfugier d’abord chez des amis puis, pour ne pas les compromettre, dans sa propre famille ; c’est là qu’on vint l’arrêter : fin octobre, il fut mis en prison et fusillé le 27 octobre 1936 au Picadero de Paterna (Valencia).

Le Frère Salvador a été béatifié en 2001.

 

 

Jerzy Popieluszko

1947-1984

 

Jerzy (Grégoire) est né dans une famille paysanne modeste, à Okopy (Pologne) le 14 septembre 1947, jour où l’on fête la Croix du Christ.

Ce n’est pas un saint ni un enfant prodige : comme les petits garçons de la campagne, il est enfant de chœur dans sa paroisse, puis fait des études très normales au lycée de Suchowola.

Parvenu au baccalauréat, il entend l’appel vers le sacerdoce ; il entre au séminaire de Varsovie et sera ordonné prêtre en 1972. L’évêque consécrateur est le cardinal Wyszynski.

Ses études au séminaire seront interrompues par deux années de service militaire, période durant laquelle il subit au moins une fois des pressions pour abjurer la foi chrétienne. Il est mis au cachot pendant un mois. Jerzy reviendra malade de son service militaire, et le restera toujours. Un jour, en 1979, il s’évanouira en célébrant la messe.

Une fois prêtre, Jerzy est nommé dans la paroisse saint Stanislas Kostka en même temps qu’il est chargé de s’occuper des jeunes et du personnel de la santé. En 1979-1980, il est aumônier de la paroisse universitaire.

Lors des manifestations déclenchées par le syndicat Solidarnosc, le père Jerzy est chargé par le cardinal Wyszynski de célébrer la messe pour les ouvriers en grèves. C’est ainsi que Jerzy sympathise avec Lech Walesa. Mais Jerzy s’inspire surtout de l’attitude et du message du saint Maksymilian Kolbe (voir au 14 août), qui vient d’être canonisé.

Quand le gouvernement décrète l’état de siège en Pologne, les seuls rassemblements autorisés restent les messes. Aussi, courageusement, le père Jerzy prend l’habitude de célébrer chaque mois une «Messe pour la Patrie», à l’occasion desquelles il condamne le gouvernement communiste en place. Des milliers de fidèles assistent, parfois provoqués par des policiers en civil pour museler le père Jerzy.

Mais Jerzy continue son message sacerdotal ; il va jusqu’à servir le café chaud aux policiers. La presse communiste le prend en haine, il est surveillé en permanence.

L’archevêque lui propose de partir à Rome, pour y compléter ses études et en même temps pour l’éloigner du danger. Mais le père Jerzy estime qu’il doit mener sa mission jusqu’au bout, là où il est.

En 1983, il est sur une liste de soixante-neuf prêtres «extrémistes», établie par le gouvernement. Il est accusé de détention d’armes et arrêté, mais relâché grâce à l’intervention du clergé. La nuit suivante, Jerzy échappe de justesse à l’explosion d’une grenade chez lui. Peu après, il échappe à un «accident de voiture» où il devait perdre la vie. Finalement, le 19 octobre au soir, une voiture banalisée de la police bloque son véhicule, et Jerzy est enlevé par trois officiers, placé dans le coffre de la voiture et emmené. Son chauffeur, un ancien parachutiste, parvient à échapper aux kidnappeurs et à avertir la population.

On ne sait pas ce qui se passa précisément ensuite. Suite à des aveux des trois policiers en question, on retrouva le corps du père Jerzy, méconnaissable, dans un réservoir d’eau de la Vistule, quelques jours plus tard. Le père Jerzy avait dû être torturé à mort.

Par la suite, pour donner un semblant de légitimité à l’autorité, les trois policiers furent condamnés à différentes peines de prison, puis bénéficièrent d’une importante remise de peine jusqu’à être totalement libérés. L’un des trois vit actuellement en Pologne sous un faux nom. On reste dans l’interrogative sur les réels commanditaires de cette macabre expédition.

Les funérailles du père Jerzy sont suivies par des centaines de milliers de fidèles.

En 1990, c’est Lech Walesa qui devient Président de la République polonaise ; le père Jerzy Popieluzsko a été reconnu martyr, et fut béatifié en 2010. 

On a proposé le 27 octobre pour sa fête, jour où l’on retrouva son corps.

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 00:00

26 OCTOBRE

 

III.

SS Loukianos et Markianos, magiciens puis chrétiens martyrs à Nicomédie. 

SS Rogatianus, prêtre, et Felicissimus à Carthage ; avant d'aller se cacher, s. Cyprien confia son diocèse à s. Rogatianus, qui fut pris, puis relâché. 

IV.

S Amandus, premier évêque à Strasbourg.

V.

S Rusticus, évêque à Narbonne, fils et neveu d'évêques.

VI.

S Alor, à Quimper, patron des chevaux.

S Quadragésime, sous-diacre près de Salerne ; il unit sa prière à celle d'un autre moine qui ressuscita un mort.

S Aptonius, évêque à Angoulême.

VII.

S Cedd, frère des ss. Chad, Celin et Cynibill, moine à Lindisfarne, évêque à Tilbury ; il adopta la date romaine de la Pâque.

S Eadfrid, prêtre anglais, qui convertit la Mercie et son roi Merewald, puis fonda un monastère à Leominster.

S Eata, disciple de s. Aidan, abbé à Melrose puis à Lindisfarne, évêque à Hexham, partisan des usages romains, qu'il fit adopter.

Ste Gibitrude, moniale à Faremoutiers ; une fois morte, elle revint quelque temps à la vie pour avoir le temps de réparer sa rancune envers des moniales.

VIII.

S Sigebald, évêque à Metz, fondateur de deux abbayes : Saint-Avold et Neuwiller.

S Cuthbert, abbé de Liminge, évêque à Hereford, puis évêque à Canterbury. Il estimait beaucoup s. Boniface ; dans un concile qu'il convoqua, on insista sur la nécessité de catéchiser le peuple dans sa langue.

S Witta, d'origine anglaise, évêque à Büraburg ; ce siège fut transféré à Mayence, et plus tard remplacé par Paderborn.

B Humbert, moine à Fritzlar.

XI.

S Beóán, évêque à Mortlach.

S Adalgot, moine à Einsiedeln, puis abbé à Disentis.

XIII.

S Folco, d'origine irlandaise, des Chanoines de Sainte-Euphémie à Piacenza, évêque à Piacenza et plus tard à Pavie : il travailla à la paix entre les deux villes

XVIII.

B Carlo Antonio Gerardo Lavanga (Bonaventura de Potenza), mystique marial franciscain ; il sut dominer son caractère irascible. 

XX.

Bse Celina Chludzinska Borzecka (1833-1913), polonaise (née en territoire biélorusse), fondatrice, une fois veuve, des Sœurs de la Résurrection, béatifiée en 2007.

B Josif Mihali (1912-1948), prêtre albanais de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2016.

Loukianos et Markianos de Nicomédie

† 250

 

Ces deux héros de la Foi étaient à Nicomédie des magiciens.

Ils s’éprirent d’une vierge consacrée - dont on ignore le nom - mais eurent la surprise d’entendre les démons leur avouer qu’ils ne pouvaient rien faire contre cette vierge protégée par le Christ. Du coup, ils brûlèrent leurs livres d’incantations et demandèrent le baptême.

Ils se retirèrent au désert, et réapparaissaient de temps en temps en ville pour prêcher le Nom du Christ. On les dénonça.

Interrogés par un certain Sabinus, ils persévérèrent dans leur Foi et furent condamnés à mort.

Ils moururent brûlés vifs, vraisemblablement à Nicomédie, le 26 octobre 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Loukianos et Markianos de Nicomédie au 26 octobre.

 

 

Rogatianus et Felicissimus de Carthage

† 258 ?

 

Quand la persécution de Dèce éclata (250), saint Cyprien (v. 14 septembre) était évêque de Carthage depuis moins d’un an et crut devoir se cacher en confiant l’administration de l’Eglise au prêtre Rogatianus, assisté de l’assemblée des prêtres et des diacres. Rogatianus fut bientôt arrêté.

Dans sa prison, il fut le soutien des chrétiens qui ne tardèrent pas à le rejoindre et, comme lui, refusèrent de renier leur foi.

S.Cyprien leur écrivit. Après les avoir félicités et encouragés à persévérer, il termine ainsi : Vous suivrez en tout le prêtre Rogatianus, glorieux vieillard qui pour la gloire de notre temps vous montre la route, grâce à sa foi vaillante et à la divine bonté. Avec notre frère Felicissimus, toujours calme et sage, soutenant l’assaut d’un peuple furieux, il vous a d’abord préparé une place en prison, et maintenant encore il vous précède comme s’il était votre fourrier…

On voit par ce texte que Rogatianus était un prêtre âgé ; qu’entendait Cyprien par son frère Felicissimus ? - Certainement pas un évêque coadjuteur, mais peut-être bien un prêtre, moins âgé que Rogatianus, mais tout aussi solide dans la foi.

Felicissimus n’apparaît plus ensuite dans la correspondance de saint Cyprien. Du moins espérons-le, car il serait dommage de l’identifier avec le diacre rebelle, ami de Novat, fauteur de schisme et d’hérésie.

Rogatianus recouvra la liberté après la persécution. S.Cyprien lui envoyait de l’argent pour secourir les pauvres et lui adressait ses directives pour essayer d’apaiser les rebelles et de réconcilier prudemment les malheureux apostats.

Nous n’avons aucun moyen de suivre l’activité de Rogatianus : la seule lettre où il figure au nombre des expéditeurs n’a que cinq lignes et se contente de faire savoir à l’évêque qu’une sentence d’excommunication qu’il avait portée, avait été appliquée.

Rogatianus et Felicissimus ont-ils été martyrisés pendant la persécution de Valérien, comme leur évêque Cyprien ? Nous l’ignorons absolument.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Rogatianus et Felicissimus de Carthage au 26 octobre.

 

 

Amandus de Strasbourg

290-355

 

Amandus fut le premier évêque de Strasbourg, à partir de 346.

Il est difficile de retenir qu’il fut présent au concile de Sardique (343), où l’on trouve un Amantos parmi les signataires. Mais ce fut probablement lui qui participa au concile de Cologne de 346.

Aimable de nom, Amandus fut, dit-on, effectivement un personnage très aimable et particulièrement humble.

Il mourut vers 355.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amandus de Strasbourg au 26 octobre.

 

 

Rusticus de Narbonne

380-461

 

Rusticus était le fils d’un certain Bonosus, qui fut évêque, et neveu d’Arator, autre évêque. On ne nous a pas dit de quels sièges ces derniers furent évêques.

C’est peut-être à lui que s’adresse une lettre de s.Jérôme (v. 30 septembre) : dans l’affirmative, Rusticus compléta ses études à Rome avant de s’engager dans la voie monastique.

Il est certain que notre Rusticus entra dans un monastère proche de Marseille, où il eut pour compagnon un certain Venerius, futur évêque de Marseille.

En 427, Rusticus fut ordonné évêque de Narbonne ; c’était le cinquième sur ce siège.

Il participa aux conciles qui eurent lieu en Arles : il y en eut neuf au cinquième siècle (435, 443, 451, 454, 462, 463, 474, 475, 476). Celui de 462 concernait particulièrement Narbonne, qui venait d’être livrée par le gouverneur aux Wisigoths.

De 442 à 445, il fit construire une nouvelle basilique, en remplacement de la cathédrale détruite par un incendie.

Une lettre du pape Léon le Grand (v. 10 novembre) adressée personnellement à Rusticus, datable en 458-459, l’exhortait à ne pas se démettre de son siège épiscopal et l’encourageait à mettre toute sa confiance dans la force du Christ. Si nos repères chronologiques sont exacts, Rusticus avait donc proposé de se démettre à soixante-dix-huit ans. Aujourd’hui, selon la formule consacrée, on aurait accepté sa démission.

La même lettre fait allusion à une situation bien regrettable : des prêtres et des diacres se faisaient passer pour évêques et ordonnaient des clercs. Etait-ce propre à Narbonne, ou à la Gaule méridionale ? De telles ordinations n’avaient évidemment aucune validité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus de Narbonne au 26 octobre.

 

 

Aptonius d’Angoulême

† 566

 

Dans le catalogue des évêques d’Angoulême, Aptonius apparaît au quatrième rang.

Il aurait été nommé à ce siège en 541-542.

Ce fut lui qui reçut s.Eparchius (Cybard, v. 1er juillet) et l’ordonna prêtre.

Si l’on trouve la signature d’Aptonius au concile d’Orléans (549), c’est son successeur, Maracharius, qui signe en 567 comme évêque nommé, non encore consacré : Aptonius devait alors être mort, peut-être l’année précédente (566 ?).

On a lu parfois qu’Aptonius était le frère d’Ausonius, le premier évêque d’Angoulême : Aptonius aurait-il vécu deux cents ans ? Ou alors, il aurait pu avoir un frère nommé Ausonius qui ne fut pas évêque.

Saint Aptonius d’Angoulême est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cedd

† 664

 

Il a été question de saint Cedd à propos de son jeune frère saint Chad, au 2 mars.

Ils étaient quatre frères de Northumbrie, qui reçurent la foi grâce à des missionnaires irlandais. Cedd fut longtemps moine à Lindisfarne, où il reçut la prêtrise.

Il fut envoyé par l’évêque de Lindisfarne pour évangéliser l’Angleterre du Centre et la Mercie, sur la demande du roi, Peada.

Puis il fut invité à évangéliser aussi chez les Saxons de l’Est, où il opéra des conversions et fit construire des églises. Finalement il fut sacré évêque pour cette région. Il y organisa l’Eglise, ordonna des prêtres, fonda deux monastères, dont celui de Tilbury où il résida (ces deux monastères cependant furent détruits plus tard par les Danois envahisseurs).

En 658, il fonda l’abbaye de Lestingay, sur invitation du prince de Deira. Il y introduisit la règle de saint Colomba. Cette abbaye fut aussi détruite plus tard par les Danois.

De passage à Londres, Cedd y excommunia un seigneur qui vivait dans l’inceste. Et comme le roi accepta ensuite une invitation à un banquet chez ce seigneur, Cedd le lui reprocha et lui annonça qu’il mourrait dans cette même maison, ce qui arriva en 661, lorsque le seigneur en question y fit lâchement assassiner le roi.

En 664, Cedd accepta la date romaine de Pâques, dans un synode tenu à Streneshalch.

Cedd mourut bientôt de la peste, qui sévissait en Angleterre, le 26 octobre 664, jour où le commémore le Martyrologe.

 

 

Eadfrid

† 675

 

On connaît souvent assez peu les Saints d’Angleterre. Celui-ci est un des moins connus, au point que même le Martyrologe Romain récent ne l’a pas retenu.

Eadfrid est donné comme prêtre de Northumbrie, qui travailla en Mercie, où il convertit le roi Merewald et son peuple.

Il fonda le prieuré de Leominster, au nord de Hereford, à l’est du Pays de Galles.

Il serait mort un 26 octobre vers 675.

 

 

Eata

† 686 env.

 

Eata est donné comme l’un des douze compagnons de saint Aidan (voir au 31 août), qui fonda l’abbaye de Lindisfarne, un îlot de la mer du Nord au sud de la province de Glasgow.

Eata fut abbé à Melrose et c’est lui qui accueillit bientôt chez lui le futur saint Cuthbert (voir au 20 mars).

On avait besoin de Eata pour des charges importantes et il ne resta pas longtemps dans le silence de son monastère.

D’abord élu abbé à Lindisfarne, il fut nommé évêque des Berniciens, en Northumbrie du nord, puis à Hexham (685).

Il mourut peu après, laissant le souvenir d’un abbé-évêque «très doux, très simple».

Il fut enterré dans la cathédrale de Hexham. En 1173, on voulut le reporter à York, mais dans un songe à l’archevêque, Eata manifesta sa claire désapprobation pour ce changement, de sorte qu’on le laissa tranquille.

Le Martyrologe le mentionne le 26 octobre.

 

 

Sigebald de Metz

† 741

 

Sigebald (Sigebaud) apparaît comme le trente-sixième évêque de Metz.

Il aurait appartenu à la gens Ansbertina, comme l’un de ses prédécesseurs Goeri (v. 19 septembre).

Avant son épiscopat, il aurait été conseiller personnel de Pépin d’Héristal.

Il fut nommé évêque en 716.

On signale Sigebald comme restaurateur de nombreux sanctuaires.

Vers 720, il fit construire à l’emplacement d’Hilariacum une abbaye sous le vocable de Saint-Pierre, rebaptisée plus tard Saint-Nabor, à l’origine de la localité Saint-Avold.

Il aurait été aussi à l’origine de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.

Sigebald était, dit-on, malade de la goutte. Il mourut vers 741-747.

Saint Sigebald de Metz est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert de Canterbury

† 758 env.

 

D’après les quelques lettres qu’on a conservées de lui, Cuthbert pouvait être de noble extraction et d’une culture soignée.

Abbé de Lyminge, il fut nommé pour l’évêché de Hereford (736), d’où il passa quatre ans plus tard à l’archevêché de Canterbury.

Il fut soutenu par le roi de Mercie, qui lui confirma des privilèges pour les clercs et les moines.

Il fut en relation très amicales avec saint Boniface, qui était anglais d’origine, et qui évangélisait les peuples de Germanie (v. 5 juin). Dans une de ses lettres, Boniface lui recommanda de bien veiller à la conduite des moines et des clercs, parfois vêtus trop «luxueusement», parfois adonnés à l’alcool…

Cuthbert réunit deux conciles à Clovesho et fit construire l’église de Saint-Jean-Baptiste à Canterbury, qui servit comme baptistère et aussi comme lieu de sépulture des archevêques. Mais cette église brûla en 1067.

Cuthbert mourut le 26 octobre 760, et fut considéré comme un saint, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

Il ne faut pas le confondre avec Cuthbert de Lindisfarne, mort en 687, et qui, fêté le 20 mars, se trouve dans le même Martyrologe.

 

 

Witta de Büraburg

700-760

 

Witta était né vers 700 en Angleterre.

Son nom, qui évoque la blancheur (white) fut transcrit Albinus en latin.

Il aura pu étudier et se former à l’abbaye de Iona.

Il quitta son pays pour venir soutenir le travail évangélisateur de s.Boniface (v. 5 juin).

Boniface le consacra évêque du nouveau diocèse de Büraburg et le pape Zacharie confirma ce choix.

En 742, Witta prit part au premier synode germanique.

En 745, il signa, avec d’autres prélats, une lettre de Boniface au roi de Mercie, qui suppliait ce dernier de respecter la loi de Dieu et les droits de l’Eglise.

Witta eut des soucis avec les Saxons encore païens, qui n’acceptaient pas facilement d’abandonner leurs idoles et leurs habitudes.

Il mourut à une date imprécise, qui varie selon les auteurs de 747 à 760.

Le siège de Büraburg, réuni à celui de Mayence, fut remplacé par Paderborn.

Saint Witta de Büraburg est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

Beóán de Mortlach

 † 1032

 

Beóán, latinisé en Beanus (Beoanus), en anglais Beyn, était né en Ecosse.

L’évêché de Mortlach fut ou aurait été fondé par le roi Máel Coluim II d’Ecosse en 1012, en action de grâce pour sa victoire sur les Scandinaves envahisseurs.

Le premier évêque de ce nouveau siège fut notre Beóán, qui fut confirmé par le pape Benoît VIII sur la demande du même roi.

Par la charte de Forfar, le roi confirma à l’évêque les terres et les sanctuaires de Clova (Kirriemuir). 

Saint Beóán de Mortlach est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain, qui mentionne un autre Beóán, ermite, le 16 décembre.

 

 

Folco Scotti de Plaisance

1165-1229

 

Comme son nom ne l’indique pas, Folco (Foulque) n’était ni italien ni écossais.

Sa famille était originaire d’Irlande, et à cette époque on appelait ces gens-là les Scotti. On suppose que la famille de Folco comptait des commerçants qui quittèrent l’Irlande après l’invasion des Danois et s’installèrent dans le nord de l’Italie.

Folco naquit vers 1165 à Plaisance.

A vingt ans, il entra dans une communauté sacerdotale, les Chanoines de Sainte Euphémie, qui l’envoyèrent étudier à Paris. Une fois maître en théologie, Folco revint à Plaisance vers 1192, fut ordonné prêtre, puis nommé prieur (1194).

En 1208, il prit part au synode diocésain, fut nommé chanoine puis archiprêtre de la cathédrale, enfin évêque de Plaisance, en 1210.

Le grand événement se produisit en 1216 : Folco fut aussi nommé évêque de Pavie. Or Pavie et Plaisance , qui sont toutes proches, étaient à couteaux tirés «traditionnellement», et Folco devait être le pasteur des «ennemis». Pendant treize ans, l’évêque démontra par son zèle, sa patience et sa bonté qu’on pouvait vivre en paix.

Ce grand pacificateur mourut le 26 octobre 1229. Il fut enseveli dans la cathédrale de Pavie, et même les diocésains placentins l’acceptèrent sans récriminer !

Saint Folco est inscrit au Martyrologe Romain le 26 octobre.

 

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga

1651-1711

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga naquit en 1651 à Potenza (Basilicata, Italie sud) dans une famille pauvre, mais riche de vertus.

Les qualités du petit Carlo poussèrent un prêtre de l’endroit à lui donner quelques leçons de latin, quand le garçon avait dix ans.

A quinze ans, Carlo entra au noviciat des Frères Mineurs de Nocera (Naples), prenant le nom de Bonaventura.

Ce n’était pas (encore) un saint : le jeune novice dut apprendre à dominer son ardeur juvénile, à réprimer à l’occasion ses mouvements d’impatience. De fait, il devint d’une très grande douceur (pour les autres), tout en étant très sévère pour lui-même, s’imposant des macérations qu’il maintint toute sa vie.

Son obéissance était celle d'un enfant. Un jour qu'il cherchait la clef de la sacristie : Prenez un hameçon, lui dit en riant son supérieur, et repêchez-la, elle est au fond du puits. Bonaventura le fit et retira la clef par le moyen indiqué. Dieu récompensa l'obéissant religieux par d'autres faits non moins extraordinaires. 

Il se prépara en différents couvents : Aversa, Maddaloni, Amalfi, où il reçut le sacerdoce en 1675.

Par la suite, il fut envoyé aux couvents de Naples, Ravello, Ischia, Sorrento et Nocera. Mais il refusa catégoriquement toute charge, dont celle de gardien à Ravello et Capri ; il dut s’incliner par obéissance pour accepter la charge de maître des novices à Nocera.

Il s’efforça de transmettre à ces novices ses deux vertus préférées, l’humilité et l’obéissance, et de leur révéler les richesses spirituelles de la vie et de la Passion du Christ. Quand il leur parlait des souffrances du Sauveur, il pleurait abondamment, et ses yeux semblaient jeter des flammes. 

Sa charité fut surtout remarquable à l’égard des petits, des pauvres et des humbles ; lorsqu’éclata la peste dans un village voisin de Naples, il se porta au secours des malades, et ne cessa pas quand il fut atteint lui-même, en dépit de sa faiblesse et d’une fièvre qui le minait, s’abandonnant à la Providence.

Revenu à la santé, Bonaventura reprit allègrement ses travaux apostoliques de prédication. Il était né apôtre, et rien ne le rebutait lorsqu’il s’agissait de gagner une âme au Christ. Son zèle pour les âmes était si brûlant, qu'il disait un jour : Si j'étais appelé auprès de quelques pauvres infirmes ou moribonds et que les portes fussent fermées, de façon que je ne susse par où sortir, je n’hésiterais pas à me jeter par la fenêtre pour aller sauver leur âme.

Dieu d’ailleurs lui venait en aide, en lui accordant dans une large mesure le don de prophétie et de pénétration des consciences. Durant ses longues oraisons, ou pendant sa messe, on le voyait parfois ravi en extase et élevé de terre.

Lui qui toute sa vie avait été un dévot de Marie et n’entreprenait aucune œuvre sans la mettre sous sa protection, offrit sa dernière maladie à sa Mère du ciel, et s’endormit dans le Seigneur au couvent de Ravello, où il passa les deux dernières années de sa vie, après une opération à la jambe, gagnée par la gangrène.

Il mourut ainsi à Ravello le 26 octobre 1711.

Après beaucoup de miracles avenus à son tombeau, Carlo-Bonaventura a été béatifié en 1775.

 

 

Celina Chludzinska Borzecka

1833-1913

 

Celina Chludzinska était une des trois enfants de Ignatius et Petronella, propriétaires terriens. Elle naquit à Antowil (Orsza, Pologne orientale, actuelle Biélorussie) le 29 octobre 1833.

Malgré son attrait pour la vie religieuse, elle obéit à ses parents et épousa Józef Borzecki en 1853. Quatre enfants naquirent, dont deux moururent en bas âge ; les petites filles s’appelèrent Jadwiga et Celina.

En 1869, pour avoir appuyé les insurgés contre le régime tsariste, Celina subit une arrestation.

Joseph, lui, victime d’un infarctus, resta paralysé et mourut en 1875 à Vienne, où la famille s’installa pour lui faire prodiguer de meilleurs soins.

Avec ses filles, la pauvre veuve vient à Rome. La jeune Celina se marie ; maman Celina et sa fille Jadwiga constituent une petite communauté.

En 1887, elles ouvrent une première école, dont l’aumônier, un certain Giacomo Della Chiesa, devait plus tard être le pape Benoît XV.

En 1891 est officiellement fondée la congrégation des Sœurs de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vont essaimer bientôt en Pologne (Kety, Czestochowa, Varsovie), en Bulgarie (où se développa une intense activité parmi les orthodoxes), aux Etats-Unis. 

La mission de ces religieuses est l’éducation chrétienne des jeunes filles et le renouveau religieux et moral des femmes, ainsi que l’assistance aux malades et la pastorale paroissiale.

Aujourd’hui, cette congrégation compte pas moins de cinquante-trois maisons, en Pologne, Biélorussie, Italie, Angleterre, Etats-Unis, Canada, Argentine, Tanzanie et Australie.

Celina en fut la supérieure, jusqu’en 1911, deux ans avant sa mort à Cracovie, le 26 octobre 1913.

Celina s’est montrée vraiment édifiante par son humble obéissance à ses parents, et par son attitude d’épouse fidèle, de mère exemplaire, tant pour ses enfants que pour sa famille religieuse. 

Elle a été béatifiée en 2007.

 

 

 

Josif Mihali

1912-1948

 

Josif Mihali naquit le 23 septembre 1912 à Elbasan (Albanie).

Il appartenait à la communauté de rite gréco-catholique présente dans le sud de l’Albanie, ce qui explique qu’il fut envoyé dans la communauté de ce rite à Grottaferrata, proche de Rome, pour sa préparation au sacerdoce.

Ordonné prêtre en 1935, il célébra pour la première fois la Divine Liturgie en l’église Saint-Athanase de Rome et, l’année suivante, revint en Albanie.

En 1945, sous le régime communiste, il fut arrêté et condamné à dix années de travaux forcés. Cependant, épuisé, il s’écroula à terre : un gardien força d’autres prisonniers à l’enterrer vivant ; Josif mourut ainsi étouffé, à Maliq (Korçë), le 26 octobre 1948.

Josif Mihali fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 26 octobre.

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 00:00

25 OCTOBRE

 

I.

Ste Tabitha (Dorcas), la femme ressuscitée par s. Pierre à Joppé (cf. Ac 9:36-44).

S Fronton, évêque à Périgueux ordonné par s. Pierre, patron de la cathédrale et de la ville de Périgueux. 

III.

S Minias, soldat romain martyr à Florence, dont il est le patron.

SS Chrysanthus et Daria, martyrs à Rome.

SS Crispinus et Crispinianus, martyrs sans doute romains vénérés à Soissons, patrons des cordonniers, d'où l'expression “saint-crispin”, laïcisée en “saint-frusquin”.

IV.

S Marcellinus, pape (296-304), martyr ; il aurait un moment cédé à l’erreur et offert l’encens aux idoles, puis se serait solennellement rétracté, mais l’épisode est discuté.

SS Martyrios et Markianos, martyrs des hérétiques à Constantinople, l'un sous-diacre, l'autre chantre.

V.

S Gaudentius, évêque à Brescia, prédicateur célèbre.

S Rufinien, évêque à Bayeux ; il baptisa s. Loup, qui lui succéda.

S Loup, évêque à Bayeux ; il débarrassa la ville d'un loup enragé.

?

S Gouesnou, moine près de Brest où il aurait construit un monastère.

VI.

S Hilare, évêque à Mende.

VIII.

S Capuan, évêque à Cahors.

SS Frutos, Valentín et Engracia, deux frères et leur sœur, ermites près de Sepulveda ; Valentín et Engracia furent martyrisés par les Arabes.

?

S Doulchard, ermite près de Bourges.

XI.

S Maur, évêque à Pecs, finalement admis au monastère Saint-Martin, et abbé ; il s'était fait remarquer par son silence.

XII.

B Louis, comte de Arnstein : il donna son château aux Prémontrés, et se fit convers.

Ste Marguerite, martyre à Roskilde, pendue par son époux.

XIII.

S Bernat Calbó, juge catalan, abbé cistercien à Santa Creus, évêque à Vich ; il combattit les hérésies albigeoise et vaudoise avec s. Raymond de Peñafort ; d'un caillou il se cassa ses belles dents qui provoquaient des réflexions admiratives des jeunes filles.

XV.

B Tadhg MacMarthy, évêque irlandais à Ross puis à Cork et Cloyne, dont on le chassa, mort à Ivrea sur son retour de Rome.

XIX.

S Giuse Lê Ɖǎng Thị, capitaine en Cochinchine, étranglé pour sa foi, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre (le 24 octobre au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : près de Castellón, le prêtre Recaredo Centelles Abad (*1904) ;

- béatifiées en 2001, martyrisées près de Valencia :

Laïques : María Teresa Ferragud Roig de Masiá (*1853), mère de famille avec ses quatre filles religieuses :

Clarisses : María Vicenta Masiá Ferragud (M. Jésus), María Joaquina Masiá Ferragud (María Verónica), María Felicidad Masía Ferragud (*1882, 1884, 1890) ;

Augustines : Josefa Ramona Masiá Ferragud (Josefa de la Purification, *1887).

 

Fronton de Périgueux

?

 

Une histoire fantastique fait de Fronton un des soixante-douze disciples du Christ, un missionnaire envoyé par s.Pierre, et le premier évêque de Périgueux.

Dans une autre version, Fronton était natif de Linocassium (auj. Lenquais, Dordogne). A sept ans, refusant toute autre formation, il apprit les lettres et le psautier, se fit raser la tête, et «ordonna» prêtres deux camarades. Menacé par un fonctionnaire païen, Squirius, Fronton partit pour l’Egypte, auprès d’un moine nommé Ammon.

Ammon et Fronton mirent en déroute des serpents qui avaient attaqués des brigands, guérirent ces derniers et leur conférèrent le baptême.

Fronton gagna alors la Ville Eternelle. Il y délivra la fille d’un sénateur de plusieurs démons, qui furent foudroyés en la quittant. C’est alors que s.Pierre rencontra Fronton et l’envoya en mission, comme on l’a dit plus haut.

Désormais âgé, Fronton quitta Périgueux pour échapper à la persécution de Squirius et se rendit à Noioialus (auj. Nojals ?), où il extermina un énorme dragon et beaucoup de serpents. Les soixante-dix moines qui l’accompagnaient furent nourris miraculeusement, grâce à un ange, qui fit envoyer soixante-dix chameaux chargés de victuailles. Squirius, étonné du prodige, demanda alors le baptême.

Dans cette version, Fronton serait mort vers l’an 100.

Même si Fronton n’est mort qu’au troisième siècle, il reste le premier évangélisateur de Périgueux ; il est le saint Patron de la cathédrale et du diocèse de Périgueux.

En 1575, les Huguenots s’emparèrent des reliques de Fronton et les jetèrent dans la Dordogne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fronton de Périgueux au 25 octobre.

 

 

Minias de Florence

† 251

 

Voici encore un Saint qui n’a pas l’agrément des historiens spécialistes.

Minias (Minas, Miniatus), s’étant qualifié de soldat du Christ, devint un soldat chrétien de l’armée romaine.

L’église San Miniato, aux environs de Florence (Italie C) abrite des reliques d’on ne sait quel Saint.

Il semble que, plus la ville de Florence prenait de l’importance, plus la dévotion envers «saint Minias» se développait.

Une thèse légendaire affirma que Minias était un Arménien de sang royal, qui servait dans l’armée romaine. Ayant refusé d’adorer les idoles, il se retira de l’armée, fit un pèlerinage à Rome et se retira dans un ermitage à Florence. C’est là que les persécuteurs le rejoignirent et le firent mourir.

C’était sous Dèce, au troisième siècle, vers 251.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Minias de Florence au 25 octobre.

 

 

Chrysanthus et Daria de Rome

† 283

 

Chrysanthus était né à Rome, d’un aristocrate d’Alexandrie d’Egypte, nommé Polemius.

Le garçon reçut une éducation soignée et complète mais, déçu par la littérature païenne, il connut les évangiles et se les fit expliquer par le prêtre Carpophore.

Une fois baptisé, il se mit à prêcher parmi les siens. Le papa enferma son fils dans un cachot, avec ordre de ne lui donner à manger que le soir, et fort peu.

Puis Polemius introduisit dans la chambre de son fils cinq très belles jeunes filles, qui devaient le corrompre ; Chrysanthus y fut insensible et ce furent les filles qui furent prises de sommeil. Autre essai avec Daria, une vestale : cette fois-ci, Chrysanthus et Daria furent d’accord pour conserver la chasteté, et Daria fut baptisée.

Chrysanthus et Daria conquirent au Christ beaucoup d’amis, mais furent arrêtés. Chrysanthus subit une série de tortures qui échouèrent toutes : les nerfs de bœuf se rompirent, les ceps tombèrent en poussière, le purain prit une odeur de rose, les verges furent douces comme des plumes…

Qui se convertit, fut le tribun Claudius lui-même, avec sa famille et ses soldats. Claudius fut jeté à la mer avec des pierres au cou, ses deux enfants décapités, ainsi que les soldats.

Chrysanthus et Daria furent envoyés à la prison Mamertine, où un lion s’imposa pour protéger Chrysanthus. Puis une nouvelle série de tortures se succédèrent en vain sur Chrysanthus et Daria, qui moururent sous une pluie de pierres et de terre.

Ce martyre dut avoir lieu en 283.

La grande difficulté de ce récit assez extraordinaire, est qu’il est placé à la fois sous l’empereur Numérien et sous le pape Etienne, qui vécurent à trente années d’intervalle.

S’il faut éliminer l’authenticité du récit, il faut tout de même retenir l’historicité des deux Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Chrysanthus et Daria de Rome au 25 octobre.

 

 

Crispinus et Crispinianus de Soissons

† 3. siècle ?

 

D’après ce qu’on peut trouver comme informations, les deux frères Crispinus et Crispinianus seraient deux garçons de la noblesse romaine, venus de la Ville Eternelle pour prêcher l’Evangile en Picardie.

Humblement, ils s’établirent savetiers à Soissons. Les clients accoururent dans cette petite boutique pleine de bonté, où les deux artisans profitaient des rencontres pour dispenser mille gentillesses à l’égard des uns et des autres.

Le Diable, ou quelqu’un inspiré par lui, dénonça ces deux braves cordonniers à l’autorité païenne, qui les fit arrêter, et torturer longtemps.

On les plongea dans l’eau glacée, puis dans une chaudière emplie de plomb fondu. Mais par la providence divine, les deux Héros ne ressentirent aucun mal, tandis que le bourreau reçut dans l’œil une petite goutte de ce métal brûlant : aveuglé, brûlé, furieux, il se jeta de lui-même dans la chaudière. Ce bourreau, nommé en maints endroits Rictiovarus, est, selon certains, un personnage inventé.

Le texte ancien ajoute que Satan se réjouit beaucoup de recevoir l’âme damnée de Rictiovarus. Il voulait faire rédiger une épitaphe sur la tombe du malheureux, pour obliger chaque démon à le saluer au passage ; qui ne l’aurait pas salué, aurait reçu un coup de massue (ung cop de machue).

Quant aux deux frères, Crispinus et Crispinianus, ils furent décapités.

Ils sont devenus, bien sûr, les saints Patrons des cordonniers. Les savetiers ambulants prirent l’habitude de porter leur saint-crépin en parlant de leurs outils ; l’expression s’est laïcisée en porter son saint-frusquin.

Puisque le texte fait allusion à l’empereur Maximien, on en déduira que les deux martyrs sont morts tout à la fin du troisième, ou tout au début du quatrième siècles.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Crispinus et Crispinianus de Soissons au 25 octobre.

 

 

Marcellinus

296-304

 

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.

Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.

Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.

Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.

D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.

Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur sera saint Marcel Ier.

Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.

Son dies natalis étant historiquement plutôt le 25 octobre, on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.

 

 

Martyrios et Markianos de Constantinople

† 351

 

Le patriarche Paulos de Constantinople venait d’être exilé et martyrisé (351).

L’usurpateur qui prit sa place, Makedonios, prétendit débarrasser la place de tous les fidèles du Défunt. Il fit massacrer le sous-diacre Martyrios et le chantre-lecteur Markianos, qui avaient été très proches de Paulos.

On les enterra en-dehors des murs de la ville.

Les fidèles leur donnèrent le surnom de saints notaires.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Martyrios et Markianos de Constantinople au 25 octobre.

 

 

Gaudentius de Brescia

† 410

 

On ne parle pas de l’enfance et de la formation de Gaudentius (en italien Gaudenzio, en français Gaudence).

On sait qu’il fut nommé neuvième évêque de Brescia (387 environ), alors qu’il était en pèlerinage en Orient.

La population de Brescia jura qu’elle n’accepterait pas d’autre évêque que Gaudentius. Il hésita à accepter cette charge qu’il n’avait vraiment pas prévue, mais s.Ambroise (v. 7 décembre) et quelques autres le convainquirent. Même les évêques d’Orient le «menacèrent» de rompre la communion avec lui s’il n’acceptait pas d’être consacré évêque.

Il prit tout de même le temps de trouver un grand nombre de reliques de Saints, qu’il rapporta à la cathédrale de Brescia. C’est lui-même qui en fit la liste : Jean-Baptiste, André, Thomas, Luc, Gervais et Protais, Nazaire, Sisinnius, Martyrius, Alexandre, ainsi que des Quarante Martyrs de Césarée de Cappadoce.

C’est s.Ambroise qui le consacra évêque.

En 404, s.Jean Chrysostome fut condamné à l’exil (v. 14 septembre). Cette sentence inique suscita un énergique mouvement de protestation en Occident, auquel participa généreusement Gaudentius. Il fit partie de la délégation qui devait rencontrer l’empereur à Constantinople, mais on s’acharna à en empêcher les  membres d’arriver à destination. Sur le bateau entre Athènes et Constantinople, on les laissa trois jours sans nourriture. On leur interdit l’entrée dans la ville de Constantinople et on les enferma dans la forteresse d’Athyra, sur la côte de Thrace. On leur arracha des mains leurs lettres de créance, au point qu’un des envoyés, un évêque, eut le pouce cassé. On leur offrit une énorme somme d’argent pour leur faire accepter de rencontrer Atticus, «successeur» (illégitime) de Jean Chrysostome. Finalement, après qu’ils eussent été réconfortés par une vision de s.Paul, ils furent menés sur un bateau tout-à-fait vétuste, et dont le capitaine avait l’ordre de les jeter par-dessus bord, mais le bateau arriva sans encombres au port d’Otranto en vingt jours. Ces détails apparemment invraisemblables furent racontés par l’un des protagonistes lui-même.

Gaudentius fut un prédicateur écouté. De la vingtaine de traités qu’on a reçus de lui, une dizaine sont des sermons sur le temps pascal, qui lui furent demandés par un certain Benivolus, un noble de Brescia qui, à cause de la maladie, regrettait fort de n’avoir pu entendre l’évêque prêcher.

Au Bréviaire, nous avons deux lectures de Gaudentius, le jeudi de la deuxième et de la cinquième semaines pascales. Voici un extrait de la première :

Le Christ (…) donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Eglise, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Eglises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ…

La mort de Gaudentius se situe aux alentours de 410.

Saint Gaudentius de Brescia est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilare de Mende

† 535

 

Hilare (Hilarus) est le huitième évêque de Mende, à partir de 515.

Outre sa participation au concile d’Auvergne en 535, ce qu’on lui prête est affirmé au conditionnel.

Il aurait fondé un monastère près du Tarn.

Il aurait visité l’abbaye de Lérins.

Lors de l’invasion des Francs en pays de Gévaudan, il en aurait obtenu la libération de nombreux esclaves.

Parfois, on croit que l’autre évêque de Mende, s.Ilère, du siècle suivant est un dédoublement de notre Hilare.

Saint Hilare de Mende est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frutos de Sepúlveda

642-715

 

Frutos aurait eu un frère et une sœur, Valentín et Engracia, descendants d’une antique famille aristocratique.

A la mort de leurs parents, les trois frères et sœur distribuèrent aux pauvres tout leur héritage et se retirèrent dans une solitude de Carrascal del Río (actuelle Sepúlveda, Ségovie, Espagne). Ils vivaient chacun dans une grotte séparée.

Frutos aurait lui-même provoqué de son bâton la profonde «coupure» ou crevasse (cuchillada) de l’endroit, interdisant aux Arabes de passer outre. La crevasse fait une centaine de mètres de profondeur.

Il demanda à un paysan de lui prêter deux bœufs pour transporter les pierres nécessaires à l’édification d’un sanctuaire à Notre-Dame ; mais comme le paysan n’avait que deux taureaux, Frutos commença par les dresser et s’en servit à la place des bœufs.

Vers la fin de sa vie, il fut affronté par un Musulman qui refusait de croire à la présence du Christ dans l’Eucharistie ; l’homme lui lança que, si l’on mélangeait une hostie consacrée dans la nourriture d’une bête, celle-ci la mangerait pareillement ; Frutos alors amena un âne devant un bon picotin où il avait déposé l’Hostie : l’âne s’agenouilla. Cette histoire rappelle celle arrivée à s.Antoine de Padoue (v. 13 juin).

Frutos serait mort en paix en 715, tandis que ses frère et sœur auraient été mis à mort plus tard, décapités par les Sarrasins.

On ajoute aussi, parmi les miracles postérieurs à la mort de Frutos, qu’un homme jaloux précipita son épouse du haut de cette crevasse et que celle-ci fut retrouvée vivante et à genoux en train de remercier Dieu, tout en bas de la crevasse (1225). La femme continua de vivre là pendant huit années et y fut enterrée.

Les historiens ont «laissé de côté» tout ce qui concerne les «miracles» de Frutos, ainsi que l’existence de ses frère et sœur.

Saint Frutos de Sepúlveda est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bernat Calbó

1180-1243

 

Bernat (Bernard) vit le jour vers 1180 à Mas de Porpres (plus tard Mas Calbó, Reus, Catalogne, Espagne E), dans une famille de la chevalerie.

Après ses études de juriste (à Lleida et peut-être à Paris), il travailla à la curie de l’archidiocèse de Tarragona.

Suite à une maladie, il entra au monastère cistercien des Saintes-Croix, proche de Tarragona. Avant sa profession, il établit son testament (1215), qui le révèle fortement endetté.

Vers 1225 (ou peut-être plus tôt, cf. infra), il fut abbé de son monastère. Comme tel, il fit achever une église monastique, entreprit des missions dans le diocèse de Lérida, qui avait été occupé par les Arabes jusqu’en 1149, et travailla au progrès spirituel des moniales de Valldonzella.

En 1233, il fut nommé évêque de Vich. Il y a ici un problème de datation : certains le sacrent évêque dès 1223, et le laissent abbé à vie de son monastère. 

Ennemi des hérésies albigeoise et vaudoise, il fut nommé inquisiteur par le pape. Avec saint Ramon de Penyafort (v. 7 janvier), il participa à l’élection d’un nouvel évêque pour Majorque, reprise à son tour à l’Islam. Il participera à des conciles entre 1239 et 1243

En 1238, il mit au service du roi Jaime d’Aragon ses moyens et ses hommes pour marcher contre Valence et la libérer des Arabes, en septembre 1238. Bernat chanta alors une Messe solennelle dans la grande mosquée centrale de Valence. Par la suite, il contribua à doter le royaume de Valence de lois établissant ses droits et qui furent aplpliquées pendant quatre siècles.

On raconte deux faits pittoresques qui révèlent sa personnalité. Un jour qu’il passait dans une localité connue pour son bon vin, il en goûta volontiers un petit verre ; mais tout bien réfléchi, il jugea sa gourmandise excessive et se contenta ensuite de pain et d’eau. L’autre fait, plus héroïque encore, advint lorsqu’il entendit des jeunes filles admirer «ses belles dents» : il alla ramasser un caillou et se les brisa.

Le «testament» de Bernat comporte l’inventaire amusant d’une série de récipients (chaudrons, marmites, bassins, poêlons, tout cela en cuivre mais dont certains sont fendus), des louches, des tisonniers, etc.

Bernat mourut le 25 (ou le 26) octobre 1243. Le Martyrologe le mentionne au 25.

Certains disaient que malgré les démarches des Catalans, Bernat n’avait jamais été canonisé ; d’autres précisent au contraire qu’il fut béatifié en 1260 et canonisé en 1710.

 

 

Tadhg MacCarthy

1445-1497

 

Tadhg (Thaddée) appartenait à l’antique famille MacCarthy (ou Macher), du Munster irlandais, où il était né vers 1445 (ou 1455). Son père était duc de Muskerry, sa mère était la fille de Fitz-Maurice, duc de Kerry.

Son prénom était héréditaire dans sa maison depuis sept siècles. Outre ce prénom, Tadhg hérita de certaines caractéristiques typiquement irlandaises : la ferveur religieuse, l’enthousiasme, et même une certaine «sainte impatience».

Les indications qui suivent diffèrent suivant les analyses. Ce n’est pas l’unanimité.

Il aurait fait des études chez les Frères Mineurs de Kilcrea ou Timoleague, ou chez un de ses oncles, puis à Paris, et fut ordonné prêtre à Cork.

On l’envoya poursuivre des études à Rome ; peut-être reçut-il aussi une charge au tribunal de la Rote.

Toujours à Rome, il fut, en 1482, nommé tout jeune évêque de Ross.

Des luttes intestines, des rivalités, parvinrent à l’éliminer purement et simplement de son diocèse. L’ancien évêque auxiliaire de Ross fut reconnu comme unique évêque légitime par les partisans politiques de la maison d’York, opposée à Henry Tudor (1485). On inventa des accusations contre l’évêque Tadhg, qui fut suspendu. 

Tadhg se réfugia dans un couvent cistercien dont il avait la commende. Il recourut à Rome. Pour ménager les uns et les autres, on confirma l’évêque de Ross, et l’on attribua à Tadhg les deux évêchés de Cork et Cloyne (1490). Mais là encore le jeune évêque rencontra des oppositions très fortes : il ne put même pas pénétrer dans la cathédrale, fermée à clef. Où qu’il se tournât, il trouvait porte close et rejet.

Aussi, appliqua-t-il l’ordre du Seigneur : Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre (Mt 10:23). Il repartit pour la Ville éternelle, à pied, pèlerin inconnu. A Rome, le pape lui remit des lettres pour les dirigeants d’Irlande, qu’il obligeait à laisser l’évêque libre de prendre possession de son évêché.

Sur le chemin du retour, une de ses haltes fut à Ivrée, au pied des Alpes, chez les Chanoines de Saint-Bernard, qui ne le connaissaient pas.

Au matin, Tadhg était mort. Arrivant de Rome, il était parti pour le Ciel. C’était le 25 octobre 1497 (ou peut-être 1492). Il avait été évêque une dizaine d’années, dont trois seulement en possession de son siège.

Les Chanoines trouvèrent dans son bagage son anneau pastoral et les lettres papales, et apprirent ainsi qui était ce pèlerin ; l’évêque en fut informé : il reconnut alors ce personnage qu’il avait vu en rêve la nuit précédente et ordonna des obsèques solennelles, auxquelles la population accourut.

La tombe de Tadhg fut très fréquentée, il y eut des miracles. On ne nous dit pas comment les Irlandais fautifs accueillirent ces nouvelles. 

En 1742, la tombe fut ouverte pour une reconnaissance : le corps de Tadhg était intact et portait un bel anneau épiscopal à la main ! La barbe avait poussé et tombait florissante sur la poitrine !

Mais c’est plus tard sur l’intervention des évêques d’Ivrée et de York, que le culte du bienheureux Tadhg fut confirmé en 1895.

 

 

Giuse Lê Ɖǎng Thị

1825-1860

 

Giuse (Joseph) était né vers 1825 à Kẻ Vǎn (Quẚng Trị (Vietnam).

Ce père de famille était officier de l’armée.

Au moment de l’édit promulgué contre les soldats chrétiens, il était gouverneur de Nghệ-An.

Il fut arrêté au début de l’année 1860 ; le régime de la prison lui fut tellement néfaste, qu’il en tomba très malade, et que sa crainte était de ne pas vivre assez longtemps pour recevoir la palme du martyre. Il pensait que, peut-être, il n’en serait pas digne à cause de (ses) péchés.

Mais quand vint enfin le jour de l’exécution, il s’exclama : Quel bonheur ! Quel bonheur !

Giuse fut étranglé à An Hòa (Quẚng Nam), le 25 octobre 1860 .

Il fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

María Teresa Ferragud Roig

1853-1936

 

María Teresa était née le 14 janvier 1853 à Algemesí (Valencia, Espagne). Elle épousa Vicente Silverio Masiá, un chrétien profondément croyant, avec qui elle eut neuf enfants, dont deux furent Religieux (l’un mourut en 1927, l’autre était missionnaire en Amérique au moment de la guerre civile), et cinq filles furent Religieuses, trois chez les Clarisses, deux chez les Augustines.

Cette courageuse maman allait à la messe chaque jour ainsi qu’à l’Adoration Eucharistique. Elle fit partie de l’Action Catholique dès sa formation et participait à toutes les activités, de même aussi qu’à celles de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, dont elle fut présidente.

L’aînée de ses filles, María Teresa, née le 18 septembre 1873, fut Augustine à Valencia avec le nom de Concepción et mourut en 1927. La deuxième fille, Maria Felicitat, née le 5 juin 1876, mourut très jeune. Une autre fille, Purificación, survécut à la guerre et fut un témoin précieux de cette famille.

Les quatre martyres d’aujourd’hui s’appelaient :

  • María Vicenta Masiá Ferragud, en religion María Jesús, née et baptisée le 12 janvier 1882, confirmée en 1889 ; novice en 1900, elle fit profession en 1902 ;
  • María Joaquina Masiá Ferragud, en religion María Verónica, née le 15 juin 1884, baptisée le 16 et confirmée en 1899 ; novice en 1904, elle fit profession en 1907 ;
  • María Felicidad Masiá Ferragud, en religion María Felicidad, née le 29 août 1890 ; novice en 1910, elle fit profession en 1913.
  • La religieuse augustine s’appelait Josefa Ramona Masiá Ferragud, en religion Josefa de la Purification ; née le 10 juin 1897, elle entra au couvent de Banigánim.

Lors de cette atroce guerre civile et fratricide, les quatre religieuses vinrent se réfugier chez leur mère à Algemesí, où elles continuèrent à vivre selon leur règle et leur horaire, priant l’Office divin, méditant et travaillant.

Le 19 octobre 1936, des miliciens du Front populaire se présentèrent pour arrêter les quatre religieuses. Ils n’avaient pas l’intention d’emmener cette vieille maman, qui avait alors quatre-vingt-trois ans, mais c’est elle-même qui leur exprima sa ferme volonté d’accompagner ses filles, pour les encourager jusqu’à la dernière heure. 

On les emmena toutes les cinq à la prison, l’ancien couvent franciscain Fons Salutis.

Quelques jours après, le dimanche 25 octobre 1936, où l’on fêtait alors la fête du Christ-Roi, les miliciens fusillèrent ces cinq femmes, au lieu-dit Cruz Cubierta, à Alzira (Valencia).

On entendit la Mère exhorter ainsi ses filles : Mes filles, n’ayez pas peur : ceci ne dure qu’un instant, et après, c’est le Ciel pour toujours. Toutes moururent en pardonnant à leurs bourreaux, et criant : Vive le Christ-Roi.

Restée la dernière, la digne maman fut interpellée sans douceur par un milicien : Hé, la vieille, tu n’as pas peur de la mort ? Et elle de répondre : Toute ma vie, j’ai cherché à faire quelque chose pour Jésus-Christ, et maintenant je me tirerais en arrière ? Tuez-moi pour le même motif que mes filles : parce que nous sommes des chrétiennes. Là où vont mes filles, j’y vais aussi.

Déjà la pape Pie XII affirmait que ce martyre était une répétition du celui de la mère avec ses sept fils, dans le livre des Maccabées (2M 7) :

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux, dans la langue de ses pères, et, remplie de nobles sentiments, elle animait d’un mâle courage son raisonnement de femme (2M 7:20-21).

Les cinq Martyres espagnoles ont été béatifiées en 2001 et sont mentionnées le 25 octobre dans le Martyrologe.

 

 

Vicenta Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Vicenta vit le jour le 12 janvier 1882 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia), Vicenta fit la profession en 1902, avec le nom de María Jesús.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Joaquina Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Joaquina vit le jour le 15 juin 1884 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1904, Joaquina fit la profession en 1907, avec le nom de María Verónica.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Felicidad Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Felicidad vit le jour le 29 août 1890 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1910, Felicidad fit la profession en 1913, avec le nom de María Felicidad.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Josefa Ramona Masiá Ferragud

1897-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Josefa Ramona vit le jour le 10 juin 1897 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Augustines de Agullent (Valencia) en 1910, Josefa Ramona fit la profession en 1913, avec le nom de Josefa Purificación.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Recaredo Centelles Abad

1904-1936

 

Il était né à Vall de Uxó (Castellón, Espagne), le 23 mai 1904.

Après l’école de son village, il étudia au séminaire, où il se montra exemplaire en toutes choses.

En 1928, il entra à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Ordonné prêtre en 1929, il fut recteur au séminaire de Tarragona, puis vice-directeur au collège Saint-Joseph de Tortosa.

Il fut enfin recteur du Petit séminaire de Tortosa.

Lors de la révolution, il s’employa à faire revenir indemnes chez eux tous les élèves. Puis, il se cacha chez un frère, où il se prépara au martyre, exhortant aussi des Clarisses qui s’étaient réfugiées là.

Le 2 octobre 1936, fut assassiné pour sa foi son frère Vicente (dont la cause de béatification est en cours, concernant plus de deux-cents martyrs du même diocèse de Castellón).

Don Recaredo prépara toute la famille à la fête du Christ-Roi, qui devait se célébrer alors le dimanche 25 octobre.

Ce jour-là se présentèrent les miliciens ; comme on ne leur ouvrait pas la porte à l’instant, ils l’enfoncèrent, tirèrent sur un parent de Recaredo, et les emmenèrent tous deux.

On les ajouta à quelques autres personnes, et tous furent conduits au cimetière de Nules (Castellón) pour y être fusillés. Les bourreaux se moquaient de don Recaredo qui, en réponse, les bénissait en leur pardonnant.

Une fois à terre, il n’était pas encore mort. Un milicien s’approcha et, avant de lui donner le coup de grâce, lui demanda de le bénir ; comme le prêtre était tombé sur la main droite, il demanda au milicien de le retourner pour se libérer la main et, de cette main droite, lui donna encore une bénédiction. Puis le milicien lui tira dans l’œil le coup fatal.

C’était le dimanche 25 octobre 1936, alors fête du Christ-Roi.

Don Recaredo Centelles Abad fut béatifié en 1995.

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 00:00

24 OCTOBRE

 

?

SS Cyriacus et Claudianus, martyrs à Hiérapolis en Phrygie.

IV.

S Félix, évêque à Thibiuca.

V.

S Proklos, évêque à Constantinople et successeur de Nestorius, grand défenseur de la maternité divine de Marie, auteur présumé du trisagion : “Saint Dieu, Saint fort, Saint immortel, aie pitié de nous”.

VI.

S Martino, moine à Montemassico ; le diable le tentait sous forme d'un serpent qui habitait dans la même grotte que lui ; il fit des miracles.

S Arethas et environ quatre cent vingt martyrs yéménites, clergé et sodats, victimes d'un tyran juif.

S Magloire, gallois, cousin des ss. Samson et Malo, abbé puis évêque à Dol.

S Senoch, descendant de barbares installés en Poitou et devenu ermite thaumaturge ; il sut accepter les observations de s. Grégoire de Tours.

S Martin, diacre à Nantes, puis ermite à l'origine d'un monastère bénédictin à Vertou.

S Cadfarch, gallois ; frère des ss. Cawrdaf, Thangwn, Maethlu.

VII.

S Eberigisil, évêque à Cologne, assassiné par des brigands.

S Fromond, normand, évêque à Coutances, fondateur d'une abbaye de moniales àau Ham.

X.

S Florentin, à Bonnet. 

XIX.

Bx Yu Hang-geom Augustinus et Yun Ji-heon Franciscus, laïcs coréens martyrs, écartelés, béatifiés en 2014.

S Antonio María Claret y Clará, prêtre espagnol, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ; évêque à Cuba, aumônier de la reine à Madrid, administrant son diocèse depuis l'Espagne ; à la révolution de 1868 il vint en France et, après le concile de Vatican I, dut partir chez les Cisterciens de Fontfroide pour échapper à la police.

XX.

S Luigi Guanella (1842-1915), prêtre salésien italien, très sensible aux handicapés, fondateur des Filles de Sainte-Marie de la Providence et des Serviteurs de la Charité, canonisé en 2011.

B Giuseppe Baldo (1843-1915), prêtre italien, curé pendant presque quarante ans, très actif, fondateur des Petites Filles de Saint-Joseph, béatifié en 1989.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2013 :

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Amado García Sánchez (1903-1936) ;

- béatifiées en 2017 :

Filles de la Charité : à Barcelone, Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915) ;

- béatifiés en 2021 :

Laïcs : près de Ciudad Real, les deux frères Antonio et José Toral Cascales (*1912, 1914).

Bse Benigna Cardoso da Silva (1928-1941), brésilienne, martyre de sa pureté, béatifiée en 2021.

Bse Marije Tuçi (1928-1950), jeune demoiselle albanaise consacrée, martyre, béatifiée en 2016.

Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis

?

 

Les deux Martyrs Cyriacus et Claudianus moururent à Hiérapolis (Phrygie, auj. proche de Şuhut, Turquie W) à une date et dans des conditions qui nous sont inconnues.

Le nom Cyriacus pourrait s’énoncer Kyriakos, tandis que Claudianus a une sonorité toute latine.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis au 24 octobre.

 

 

Proklos de Constantinople

390-446

 

Proklos (Proclus) naquit vers 390 à Constantinople.

Il fut secrétaire du patriarche Attikos, qui l’ordonna diacre et prêtre ; puis il fut évêque nommé de Cyzique, de l’autre côté de la mer de Marmara, en face de Constantinople. En réalité, cette nomination resta sans suite et Proklos demeura à Constantinople.

En décembre 428, quand le fameux Nestorius devint patriarche de Constantinople, Proklos proclama dans un sermon solennel en sa présence la maternité divine de Marie. Nestorius n’osa pas sévir contre un orateur si puissant, mais on ne sait pas non plus ce qu’il advint de Proklos pendant quelques années.

On n’a pas trace non plus de sa présence éventuelle au concile d’Ephèse (431), qui déposa Nestorius.

Mais en avril 434, Proklos fut nommé patriarche de Constantinople.

Proklos s’employa à faire disparaître les traces de la doctrine de Nestorius, celles de Théodore de Mopsueste ainsi que celles d’Ibas d’Edesse.

En 435, il écrivit un «tome» ou lettre dogmatique aux Arméniens, pour les persuader de rejeter totalement les positions de Nestorius, de Théodore et d’Ibas.

Un des plus grands événements de cette période, fut le retour triomphal du corps de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) de Comane à Constantinople, en janvier 438.

Proklos mourut en 446, probablement en juillet.

Le concile de Chalcédoine (451) lui décerna le titre de Grand.

De Proklos nous avons ses discours, ses lettres, le tome aux Arméniens. Proklos réussit à trouver des formules capables de faire l’union des esprits, en un temps où les pires divisions venaient souvent de termes équivoques ou mal interprétés.

Proklos serait peut-être l’auteur du solennel Trisagion que nous chantons le Vendredi Saint :

Hagios o Theos, Hagios iskhyros, Hagios athanatos, eleïson himas !

ce qu’on traduit habituellement :

Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous !

(Immortel est une traduction imparfaite, quoiqu’acceptée communément ; il faudrait dire : ‘qui ne connaît pas la mort’). Si Proklos n’en est pas l’auteur direct, c’est en son temps qu’on l’utilisa, particulièrement lors d’un grave tremblement de terre qui secoua Constantinople, obligeant toute la population a s’éparpiller dans la nature environnante.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Proklos de Constantinople au 24 octobre.

 

 

Arethas de Nedjrân et Compagnons

524

 

Nous nous trouvons ici dans la région qu’est aujourd’hui le Yémen, dans le sud-ouest de l’Arabie.

Arethas, fils de Caneph, était le chef de la cité de Nedjrân, qui avait reçu l’influence éthiopienne chrétienne. Mais le vrai pouvoir de toute la région était aux mains d’un Juif, Dhû-Nowas, qui entreprit, l’hiver 523-524, de faire disparaître la colonie chrétienne.

Il prit la ville de Safar, massacra les habitants chrétiens et transforma l’église en synagogue. Il s’attaqua ensuite à la ville de Nedjrân, feignit d’accepter la capitulation, mais massacra tous ceux qui refusaient d’apostasier. Le spectacle de cet assaut fut véritablement horrible.

L’ancien évêque fut exhumé et jeté au feu ; on jeta dans une immense fosse ardente tout le clergé et les vierges consacrées, en tout quatre-cent vingt-sept personnes ; l’église flamba ; on compta globalement quelque quatre mille victimes ; en voici quelques détails.

Les assaillants s’en prirent à une noble femme, nommée Ruma, et à ses deux filles : ils égorgèrent les deux enfants et en firent boire le sang à leur mère. Puis ce fut le tour des trois cents quarante guerriers de l’émir Arethas, qui s’étaient enfermés dans la ville ; au moment d’être exécutés, étant enchaînés, ils firent leur signe de croix avec leur tête ; le premier décapité fut Arethas ; quand ils virent Arethas à terre, ils s’élancèrent pour tremper respectueusement leurs doigts dans son sang, puis ils furent tous décapités, leurs têtes jetées dans la fosse avec les autres Martyrs de la veille, et leurs corps livrés aux bêtes du ciel et de la terre.

Un très ancien manuscrit ajoute cette scène vraiment émouvante. Une maman était traînée au supplice, tenant son petit gamin par la main. Dhû-Nowas appela à lui l’enfant et on entendit ce dialogue :

  • Tu préfères aller avec maman, ou avec moi ?
  • Avec maman, laisse-moi retourner avec elle.
  • Comment as-tu connu le Christ ?
  • Je le vois tous les jours quand j’accompagne maman à l’église.
  • Qui préfères-tu, maman ou moi ?
  • Maman !
  • Et moi ou le Christ ?
  • Le Christ !
  • Je te donnerai des noix, des amandes, des figues !
  • Non, je ne mangerai jamais de choses juives !
  • Reste ici, tu seras mon fils !
  • Non, tu sens mauvais !
  • Alors je te mènerai à la reine !
  • Maman vaut mieux que ta reine !

La maman fut décapitée, après avoir exhorté son enfant à rester fidèle et lui avoir donné «rendez-vous» au Paradis. Le petit garçon, nommé Baïsar, fit plus tard partie d’une ambassade envoyée à Constantinople, mais restait modestement réservé sur l’épisode précédent ; un autre texte aussi ancien rapporte en revanche que l’enfant se précipita dans la fosse où était déjà sa maman en train d’agoniser et mourut avec elle.

Le massacre des Chrétiens de Nedjrân eut lieu en hiver, donc plutôt en décembre, d’après le calendrier syrien jacobite, mais la date avancée en d’autres sources est souvent le 24 octobre.

Le tyran qui s’était autorisé à un tel carnage, fut bientôt éliminé. Des études modernes auraient démontré que les faits ci-dessus auraient été largement amplifiés par quelque auteur chrétien anonyme, dans le but de susciter une réaction de l’empereur de Byzance contre les Juifs. Le pays passa par d’autres révoltes, fut soumis par Byzance, par la Perse, plus tard hélas ! par l’Islam.

Saint Arethas et ses trois-cent quarante Compagnons sont commémorés le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magloire de Dol

495-575

 

L’histoire de Magloire reste un sujet de discussions entre historiens.

Il aurait été, par sa mère, le petit-fils du roi de Glamorgan. S.Samson et s.Malo (v. 28 juillet et 15 novembre) auraient été ses cousins.

Il fut élevé sous s.Iltut (v. 6 novembre) à Llantwit Major.

A la mort de son père, Magloire vint le visiter, avec Samson. Puis ils passèrent tous deux sur l’île de Peirio, où Samson devint abbé ; il ordonna Magloire diacre.

Plus tard, Samson et Magloire revinrent en Armorique ; Samson fonda des monastères, dont celui de Dol ; Magloire devra diriger l’un d’eux ; Samson l’ordonna prêtre, et évêque.

Quand Samson mourut, Magloire lui succéda, vers 565 ; trois ans plus tard, sur l’injonction d’un ange, il céda la place à Budoc, et se retira à Jersey (ou à Sercq).

Il recherchait la solitude pour achever sa vie dans le silence, mais il eut bientôt soixante-deux disciples.

Pas de viande, quelques petits poissons aux jours de grandes fêtes.

Les six derniers mois de sa vie, Magloire resta dans l’église.

Il serait mort le 24 octobre 575.

Saint Magloire de Dol est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senoch, prêtre

536-576

 

Senoch descendait des Taifales, barbares fort corrompus qui avaient formé une colonie en Poitou au 5e siècle dans la région de Tiffauges. C’est là qu’il naquit.

Il se convertit au Seigneur, devint clerc et se constitua un monastère. Il trouva en effet en Touraine des murs anciens et, en les restaurant, il aménagea des habitations convenables.

Il trouva là un oratoire dans lequel, à ce qu’on rapportait, saint Martin (v. 11 novembre) avait prié. Il l’arrangea avec un soin diligent, y dressa un autel avec un emplacement préparé pour recevoir des reliques de Saints, puis invita l’évêque, Euphronius (v. 4 août).

Celui-ci consacra l’autel et conféra l’honneur du diaconat à Senoch. Mais pour ce qui concernait les reliques, il se trouva que l’endroit préparé était trop petit. Aussi Euphronius et Senoch se mirent-ils en prière, profondément inclinés, et l’emplacement s’agrandit, tandis que le reliquaire se rétrécissait.

Senoch vécut là avec trois autres compagnons. Il ne mangeait qu’une livre de pain et ne buvait qu’un demi-litre d’eau par jour. L’hiver, il était pieds-nus. Il se liait une chaîne de fer aux mains, aux pieds et au cou. Fuyant la vue du monde, il s’enferma dans sa cellule, priant, veillant, jour et nuit. Des foules voulurent venir le voir.

Des abondantes aumônes qu’il reçut de ces visiteurs, il ne gardait rien, mais les employa à racheter des esclaves ou à payer les dettes : il en sauva ainsi plus de deux-cents.

Senoch guérissait littéralement les malades aussi facilement qu’il respirait. Aveugles, estropiés, piqués par les serpents, énergumènes, tous revenaient guéris.

Mais Senoch fut tenté et la vanité commença à poindre sur le beau tableau d’une si grande sainteté. Grégoire de Tours (v. 17 novembre) eut le courage de le lui faire remarquer, et Senoch eut l’humilité de reconnaître sa faute.

Un autre conseil qu’il suivit, fut de ne pas s’enfermer totalement, mais seulement du 11 novembre (s.Martin) à Noël et pendant le Carême, et de paraître les autres jours, pour le bien des âmes.

A une époque non précisée, Senoch reçut le sacrement de l’Ordre.

S.Grégoire de Tours le connut personnellement. C’est de son texte que sont tirés les détails qu’on vient de raconter.

Senoch mourut en 576. Les miracles continuèrent à son tombeau.

Saint Senoch, prêtre, est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martin de Vertou

6e siècle

 

Martin était le diacre de l’évêque Félix de Nantes.

Ce dernier l’envoya évangéliser les populations encore païennes du sud de la Loire, mais ce fut un échec total.

Martin se retira, un peu comme Lot s’enfuit de Sodome, et la ville d’Herbadilla, qui l’avait si mal reçu, fut punie de Dieu et fut bientôt ensevelie sous les eaux du lac de Grandlieu.

Notre diacre fit alors un pèlerinage à Rome, où il puisa de nouvelles forces.

De retour dans la région de Nantes, il mena la vie érémitique au sud-est de cette ville. Mais alors, les foules vinrent assaillir Martin, le suppliant de reprendre sa prédication.

La réponse de Martin ne fut pas négative, mais il commença par bâtir une abbaye à Vertou, sous le vocable de Saint-Jean, et y introduisit la Règle de s.Benoît (v. 21 mars), qu’il avait connue durant son pèlerinage précédent.

L’abbaye compta jusqu’à trois-cents moines.

Martin mourut vers la fin du 6e siècle.

Les invasions normandes détruisirent totalement cette abbaye.

Saint Martin de Vertou est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eberigisil de Cologne

† 600

 

Eberigisil (Ebregiselus, Ebergisel, Ebregisil, Everigisil…) fut le quatorzième évêque de Cologne (Allemagne), à partir de 580 environ.

On ajoute qu’il fut le premier à porter un nom franc à Cologne, ce qui semble erroné, puisqu’il y eut apparemment un autre Eberigisil à Cologne deux siècles plus tôt. La même confusion a fait écrire que notre Eberigisil succéda à Severinus, tandis qu’il semble établi que son prédécesseur fut Charentinus.

En 590, le roi Childebert II délégua plusieurs évêques pour rétablir la paix dans le monastère de Sainte-Croix à Poitiers, où deux moniales de haut lignage avaient apporté l’agitation. L’un de ces évêques fut Eberigisil.

Eberigisil aurait été frappé à mort par une flèche tirée par un brigand, ce qui lui valut le titre de martyr, tandis qu’on pourrait plutôt parler ici d’assassinat.

La date de la mort d’Eberigisil reste assez contestée ; suivant les analyses, elle varie de 593 à 614.

Saint Eberigisil de Cologne est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fromond de Coutances

† 690

 

Frodomundus - Fromond fut le quatorzième évêque de Coutances de 677 à 690.

Peu avant de recevoir l’épiscopat, il fonda le monastère du Ham. En effet, l’inscription de l’autel comporte ce détail : Il (Fromond) a commencé le premier à construire ce monastère, élevé ensuite à l’épiscopat.

Ce monastère fut achevé sous le roi Thierry III (681), et la même inscription explique que Fromundus fit la dédicace du sanctuaire un quinze août, en l’honneur de la Vierge Marie.

En dehors de cette construction, aucun détail n’a été fourni sur l’épiscopat de Fromond.

Il mourut en 690.

Saint Fromond de Coutances est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

Yu Hang-geom Augustinus

1756-1801

 

Yu Hang-geom Augustinus est un laïc coréen né en 1756 à Jeonju (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-heon Franciscus

1764-1801

 

Yun Ji-heon Franciscus est un laïc coréen né en 1764 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju (Jeolla-do) le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Antonio María Claret y Clará

1807-1870

 

Né le 23 décembre 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, Antonio (Antoni en catalan) Claret était le cinquième des onze enfants de Juan Claret et Josefina Clará.

Il reçut au baptême le prénom de Antoni ; c’est lui qui, plus tard, ajouta celui de María, par dévotion à la Mère de Dieu.

Il apprit d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers. A dix-sept ans, il partit se perfectionner dans l’art à Barcelone. Ses dons intellectuels semblaient illimités : chez son curé, il avait déjà commencé le latin ; maintenant, dans les cours du soir, il apprit le français, le latin, l’imprimerie.

Antonio pensa à la Chartreuse, mais fut plutôt reçu au séminaire de Vich, où il fut un séminariste exemplaire et reçut l’ordination sacerdotale en 1835.

Il exerça son ministère à Sallent.

En 1839, se sentant plutôt appelé aux missions, il vint à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande ; mais ne pouvant y rencontrer le Cardinal Préfet, il essaya de vivre chez les Jésuites et commença même le noviciat. Au printemps suivant, une douloureuse plaie à la jambe le fit revenir en Espagne.

Nommé alors curé de Viladrau, et constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lança dans les missions populaires ; son succès fut tel, que l’évêque le déchargea de la cure. Antonio prêcha dans toute la Catalogne. Puis il compléta ses missions par des écrits, en catalan, en espagnol, en français, en latin.

 Son bagage ordinaire : le bréviaire et la Bible ; son horaire : quelques heures de repos nocturne, prédication (parfois plusieurs) de jour et des heures et des heures au confessionnal. Déjà on parlait de miracles : des guérisons extraordinaires ; changement du tabac de contrebande en haricots, pour sauver tel malheureux qui vivait de son petit trafic : à la maison, les haricots redevinrent tabac ! 

Il n’avait pas que les succès : insultes, menaces ; il reçut une orange pourrie pendant qu’il prêchait. Aussi s’en alla-t-il en 1848 de sa Catalogne, laissant sa librairie et toutes ses confraternités pieuses, pour les îles Canaries, où il reprit ses inlassables prédications.

Il tenta d’organiser de nouvelles confraternités pour remplacer les ordres religieux interdits par le gouvernement laïc et fonda en 1849 pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie, qui s’appelèrent plus tard les Clarétins.

La même année Pie IX le fit ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba. Au delà de l'océan, il poursuivit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à plusieurs attentats, dont un où il eut la joue gauche ouverte par un couteau : il avait osé proclamer que les Noirs étaient égaux aux Blancs ! Pendant les six années de sa présence à Cuba, il fit plus de trois visites pastorales dans toutes ses paroisses, prononça onze mille homélies, distribua près de cent mille brochures…

Puis en 1857 il fut rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II. Il résida donc en Espagne, tout en administrant de loin son diocèse de Cuba. Il montra comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique).

De part sa position auprès de la reine, il était la cible directe des ennemis du régime ; il fut victime de violentes accusations, de pamphlets… Banni par la Révolution de 1868, il accompagna la reine déchue à Pau, puis Paris. Sa congrégation fut presque éliminée. 

En 1869, il partit au concile de Vatican I, où il défendit vigoureusement l’infallibilité pontificale. 

Toujours plus malade, il vint à Prades puis, menacé encore une fois par les autorités espagnoles, il vint finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide (Aude), où il voulut participer aux offices. Ses souffrances ne cessaient pas, et il les supportait sans murmurer.

Il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret fut béatifié en 1897, et canonisé en 1934.

 

 

Luigi Guanella

1842-1915

 

Luigi Guanella fut le neuvième des treize enfants de Lorenzo Guanella et Maria Bianchi.

Il naquit le 19 décembre 1842 à Franciscio di Campodolcino (Come, Italie du nord) et fut baptisé le lendemain.

Luigi raconta lui-même que, le jour de sa première communion (il avait neuf ans), il vit une Dame qui lui montrait tout ce qu’il aurait à faire en faveur des pauvres.

Après ses études à Come, il reçut la formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1866.

Il eut différents postes : Prosto, Valchiavenna, Savogno, Valtellina, Traona, Olmo, Pianello del Lario.

Il eut la joie de connaître personnellement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qu’il alla visiter en 1870 à Turin et dont il admirait l’esprit et l’œuvre en faveur des jeunes. Il visita aussi l’immense institut Cottolengo (voir au 30 avril).

Il fut reçut pour trois ans parmi les Salésiens de don Bosco, où il travailla comme directeur des vocations, et également comme directeur de la maison à Mondoví.

De retour dans le diocèse de Come, il ne resta pas inactif. A Traona, il y eut de fortes frictions avec les autorités civiles, qui lui retirèrent sa pension ; l’évêque fut obligé de le transférer à Olmo, puis Pianello.

A Pianello, il s’attela à relever une maison de Religieuses, qui prirent le nom de Filles de Sainte-Marie-de-la-Divine-Providence, devenues ensuite Maison de la Divine Providence, pour s’occuper des personnes âgées et pauvres. Ces Religieuses avaient été fondées par Marcellina Bosatta, dont la sœur, Dina, est maintenant béatifiée (voir au 20 avril).

A cette maison se joignit bientôt la branche masculine des Serviteurs de la Charité, chaleureusement soutenue par Andrea Carlo Ferrari (voir au 2 février), futur archevêque de Milan et cardinal. L’œuvre se développa assez rapidement, en Italie (Milan, Pavie, Sondrio, Rovigo, Rome, Cosenza…), en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis.

En 1899, don Luigi rencontra un jeune séminariste, Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII.

Don Luigi fut frappé de paralysie en 1915, alors qu’il se trouvait dans la maison de Come. Il reçut la visite de don Luigi Orione (voir au 12 mars). 

Il mourut le 24 octobre 1915. Quand le pape Benoît XV l’apprit, il dit : Un saint est mort.

Luigi Guanella a été béatifié en 1964 et canonisé en 2011.

Les miracles retenus pour la béatification et la canonisation de don Luigi Guanella furent : 

La guérison instantanée, parfaite, durable et inexplicable d’une demoiselle atteinte de péritonite aiguë, désormais inguérissable, et d’une autre demoiselle atteinte du mal de Pott ;

La guérison en 2002 d’un jeune américain, victime d’un accident de patinage, qui l’avait plongé dans un profond coma. Après l’application d’une relique de don Guanella, il sortit du coma une semaine après, puis guérit totalement, sans aucune séquelle, au point qu’il reprit son travail et put se marier tout-à-fait normalement.

Saint Luigi Guanella est mentionné le 24 octobre au Martyrologe.

 

 

Giuseppe Baldo

1843-1915

 

Giuseppe (Joseph) naquit à Puegnago del Garda (Brescia, Italie nord) le 19 février 1843 et fut baptisé le lendemain avec les noms de Giuseppe Daniele. Il était le sixième des neuf enfants de Angelo e Ippolita. Six de ces enfants moururent en bas âge ; et la maman passa le diplôme de sage-femme, certainement pour compléter les ressources familiales, mais surtout pour «remplacer» ses chers enfants déjà envolés.

Quand Giuseppe manifesta à sa maman son désir d’être prêtre, cette sainte femme lui rétorqua : Rappelle-toi bien qu’il y a deux sortes de prêtres : ou un saint prêtre, ou rien du tout (en patois : Ghè dô sórc dè préc, pènséghe bé : o prét bu o gnènt). Giuseppe manifestera toujours une profonde reconnaissance envers sa mère.

Avec son père, les choses furent plus difficiles ; le papa avait besoin de son garçon pour travailler ; il se laissa finalement convaincre par son épouse. Le garçon devait aller à l’école à pied, à cinq kilomètres de là ; on s’est risqué à évaluer qu’il fit quelque seize mille kilomètres à pied.

Giuseppe entra en 1858 au séminaire, où ses études furent brillantes, et reçut l’ordination sacerdotale le 15 août 1865 : il n’avait que vingt-deux ans et l’on demanda un indult pour l’ordonner.

Il fut vicaire à Montorio pendant un an, puis vice-recteur du petit séminaire de Vérone, où il se révéla un excellent éducateur et formateur d’âmes.

Il obtint cependant d’être curé et fut nommé curé-archiprêtre à Ronco all’Adige (1877) : il devait y rester trente-huit ans. On pourrait dire qu’il vécut un peu la même situation que le curé d’Ars un demi-siècle plus tôt.

Sa chère mère le rejoignit. Quand elle fut veuve, elle se retira auprès de son fils curé, pour l’aider dans sa tâche, pendant encore neuf années, avant de s’éteindre en 1886. Peu avant sa mort, son fils voulut lui demander pardon pour ses insuffisances, et elle lui répondit, avec un respectueux «vous» : Vous ne m’avez jamais fait le moindre déplaisir, vous avez toujours été gentil.

A l’arrivée du nouveau curé dans la paroisse, le «comité d’accueil» furent les menaces d’un groupe de francs-maçons. Mais le curé intrépide avait avec lui une force autrement puissante et se mit énergiquement au travail. C’est peut-être à cette occasion qu’il répondit à ses interlocuteurs : J’ai de bonnes épaules, vous pouvez y aller !

Dès 1882, il commença par établir une pieuse union, les Servantes de la Charité de Sainte-Marie-du-Secours ; il ouvrit un jardin d’enfants gratuit, une Ecole du Travail, un lycée paroissial, une bibliothèque ambulante. Il institua pour les hommes un Comité paroissial, et pour les femmes une Association des Mères Chrétiennes.

En 1884, il fonda la Société Ouvrière de Secours Mutuel, pour défendre les plus pauvres contre les usuriers qui en profitaient.

En 1888 il ouvrit un hôpital, la Maison Hippolyte (du nom de sa chère maman), puis une maison pour vieillards en 1893, et la Caisse Rurale Catholique en 1894.

Il fut ami de saint Giovanni Calabria, canonisé en 1999.

Les Servantes de 1882 devinrent en 1894 les Petites Sœurs de Saint-Joseph, qui devaient s’occuper des vieillards, des malades, de la catéchèse et des jeunes ; ce fut le couronnement d’une période très riche en initiatives pastorales, caritatives et sociales, innovantes pour l’époque.

La maladie le rongea, la fatigue aussi. Don Giuseppe mourut à Ronco all’Adige le dimanche 24 octobre 1915, à soixante-douze ans, lui qui ne pensait pas dépasser les soixante !

Il fut béatifié en 1989.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un malheureux ouvrier qui avait perdu totalement la vision d’un œil, blessé dans un accident du travail. Le miraculé lui-même raconta et écrivit en détails l’épisode, vingt-cinq ans plus tard, et donna à son premier fils le nom de Giuseppe.

Concernant les Religieuses, la première Supérieure prit le nom de la maman de don Giuseppe, Madre Ippolita ; c’est elle qui l’assista au moment de la mort.

Les Petits Filles de Saint Joseph fondèrent en 1901 une filiale à Illasi ; elles reçurent une première approbation vaticane dès 1913 ; en 1966, elles partirent pour le Kénya, où se trouvent aujourd’hui une douzaine de centres. Depuis, elles se sont aussi implantées au Rwanda, en Ouganda, en Guinée Bissau, au Brésil (1982) et en Géorgie (1996).

Toribia Marticorena Sola

1882-1936

 

Née et baptisée le 27 avril 1882 à Murugarren (Navarre), Toribia était la troisième des six enfants de Santiago et Manuela. Le foyer vivait avec un unique et profond idéal chrétien.

Toribia entra au postulat des Filles de la Charité à l’hôpital de Viana et fit le noviciat à Madrid. Elle fit la profession en 1910 à Valladolid.

Elle fut envoyée en diverses localités : Grenade, León, Valladolid, Larache (hôpital militaire au Maroc), Barcelone (sanatorium de Besós).

Toribia était vive, pleine d’entrain ; quand un malade approchait de la dernière heure, elle laissait tout pour aller près de lui et le réconforter ; à l’approche de la guerre civile et de la persécution, elle répétait : Ils vont nous tuer, mais Dieu par-dessus tout !

Ce martyre commença le dimanche 19 juillet 1936. Des révolutionnaires firent irruption dans l’établissement et commencèrent par obliger les Religieuses à mettre des habits d’infirmières, ce qu’elles firent sans difficulté. Puis, on voulut leur imposer de s’enlever de la tête l’idée de Dieu, ce qu’elles refusèrent, motif pour lequel elles furent renvoyées. Deux d’entre elles, Toribia et Dorinda, trouvèrent accueil chez le directeur du sanatorium, où elles s’occupèrent d’un petit bébé de treize mois.

Une ancienne domestique de la maison les dénonça. Il y eut une première perquisition au début d’octobre, où la maîtresse de maison chercha à les présenter comme cuisinière et nourrice. Mais au cours d’un long interogatoire, elles ne cachèrent pas leur état de Religieuses.

Le 24 octobre, sept à huit membres des FAI vinrent chercher Toribia et Dorinda, les firent monter chacune dans une voiture, bien gardées par des miliciens, et allèrent les fusiller vers midi le long de la route de la Rabassada. C’était la veille de la fête du Christ-Roi, qu’on célébrait alors au dernier dimanche d’octobre.

L’autopsie révéla qu’elle avait reçu six balles dans la tête, dont deux dans le front et une qui fractura la mâchoire inférieure.

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Toribia Marticorena Sola sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

 

 

Amado García Sánchez

1903-1936

 

Amado (Aimé) vit le jour le 29 avril 1903 à Moscardón (Teruel, Espagne), de Tomás et Isabel.

Il entra au noviciat des Pères Vincentiens en 1917, et fit les vœux à Hortaleza en 1921.

Après la Théologie à Cuenca et Madrid, il fut ordonné prêtre en 1926.

Après quelques mois à Ávila, il fut envoyé à Grenade, en 1929 à Gijón, dont il fut nommé supérieur en 1935.

Quand explosa la triste révolution de l’été 1936, la maison se vida ; certains furent bientôt fusillés, d’autres se cachèrent ; le père Amado s’habilla en civil et resta tranquillement à sa place. La Providence permit que les Rouges non seulement n’envahirent pas la maison, mais ne reconnurent pas même le père Amado, pourtant si connu dans les quartiers de Gijón, le prenant pour le menuisier ou le cuisinier : un menuisier avec des mains toutes propres et sans cals !

On lui suggérait d’aller se réfugier ailleurs, mais il n’acceptait pas ce compromis.

Un jour cependant, les Rouges eurent l’intuition de la présence de ce Supérieur, mais ne firent pas le rapprochement entre lui et le menuisier. Les jours s’écoulèrent encore. Le père Amado finit même par penser que le danger s’était éloigné : chaque jour, il téléphonait aux Sœurs pour leur demander des nouvelles, beaucoup de gens venaient se confesser, en particulier les Religieuses, le Père allait célébrer ; le 15 août, il célébra même avec une certaine solennité, et pronoça l’homélie.

Les Rouges en eurent vent ; ils vinrent enquêter sur ce curé insolent. Les Religieuses firent les étonnées ; ils répondirent : Si, il y a quelqu’un qui a célébré, en bleu de travail et avec un pistolet. On fit un peu plus attention les jours suivants.

Le 13 octobre, deux Religieuses vinrent voir le père Amado et le trouvèrent anxieux, contrairement à l’habitude. Un pressentiment l’avait envahi.

Il fut arrêté le 21 octobre 1936 ; le «tribunal» l’accusa formellement d’avoir célébré le 15 août ; il était curé, et donc souverainement rebelle. Le prêtre ne discuta pas.

On le mit en prison le 22, en réalité dans l’église des Jésuites, réquisitionnée pour abriter quelque trois-cents personnes. Tous se confessaient, puis le père Amado invita ses compagnons à prier le chapelet.

Ensuite, on s’allongea sur les matelas à terre ; un prisonnier proposa le sien au Père, qui n’en avait pas : il s’endormit profondément. La nuit du 23 au 24, les prisonniers furent tirés du sommeil par des hurlements qui ordonnaient de se lever.