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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 23:00

16e dimanche per annum - B

 

 

Continuant la mission des prophètes, après Ezékiel et Amos, voici Jérémie, dont l’appel se situe vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ.

Par la bouche de son prophète, Dieu reproche sévèrement aux prêtres leur manque de zèle. Le pasteur en effet ne peut se contenter de s’asseoir sur une pierre près de son troupeau : il doit regarder où sont les brebis, où elles se déplacent, prévenir les dangers, ramener celles qui s’éloignent. C’est une attention continue qui ne laisse pas de place à l’insouciance ou au farniente.

La prophétie annonce la déclaration de Jésus : C’est moi le pasteur, le bon (Ego sum pastor bonus, Jn 10:11).

Dieu va Lui-même s’occuper de ces brebis, en envoyant Son Fils, ce Germe juste, issu de David, qui naîtra six siècles après Jérémie et qui, autour de la Croix et de l’Eglise, rassemblera tout le troupeau des humains de toutes races, dans l’unité de la Foi, de la Doctrine, dans l’unique Famille de Dieu.

 

*       *       *

Le psaume 22 du Bon Pasteur évoque évidemment le Pasteur unique et éternel, au nom duquel doivent agir tous les pasteurs de l’Eglise.

Avec ce Berger, on ne manque de rien ! C’est bien le Christ qui s’est défini le Pain vivant (cf. Jn 6:51), la source d’Eau vive (cf. Jn 7:37). Le banquet eucharistique, le psalmiste en parle un peu plus loin : Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis : le Corps et le Sang du Christ sont, comme l’a dit notre Maître, une vraie nourriture et une vraie boisson (cf. Jn 6:55), dont sont évidemment exclus ceux qui refusent d’y croire.

C’est le Christ qui fait revivre ; qui conduit par le juste chemin ; c’est lui qui est avec moi et qui me guide et me rassure avec son bâton. En suivant le Christ, nous savons que nous sommes dans la Vérité, que nous marchons vers la Vérité. Le bâton fait certainement allusion au bâton de Moïse, dont il se servit pour faire sortir de l’eau du rocher (cf. Ex 17:1-7) ; c’est bien sûr le bâton du berger, dont il a besoin pour éloigner les loups et qui, arrondi, lui permet aussi de retenir par la patte une brebis qui s’éloigne trop loin ; ce bâton est à l’origine de la crosse que tiennent les évêques dans leur main gauche, durant les processions.

Le passage à travers les ravins de la mort peut s’entendre comme la nuit de la Pâque en Egypte, quand tous les premiers-nés moururent, alors que le peuple de Dieu restait indemne (Ex 12:29sq) ; ou comme le passage de la Mer Rouge (Ex 14:15sq) ; ou comme la traversée du désert (Ex 15-18) ; mais il peut aussi s’entendre comme la mort du péché : même si ma conscience m’accuse, je sais que le Christ est là pour me consoler et me pardonner.

En suivant un tel Guide, il est certain que nous serons toujours dans la Grâce et le Bonheur, dans la Maison du Seigneur, c’est-à-dire dans l’Eglise, dans la Vie divine.

Le Christ l’a bien dit à saint Thomas : Il est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14:6). Et encore : Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15:5).

 

*       *       *

Jésus-Christ est le Centre de la Création. Nous le lisons maintenant dans l’épître de Saint Paul aux Ephésiens.

Christ est le centre et l’aboutissement de tout le créé : en Lui nous sommes créés, vers Lui nous marchons. Le Christ est le ciment sacré de l’unité entre tous les  hommes. 

On sera frappé du nombre de fois que Paul utilise le mot paix en parlant du Christ : cinq fois dans ce petit extrait. Oui, Jésus est notre paix ; nous n’aurons de paix qu’en Jésus, et nous n’obtiendrons cette paix qu’en nous mettant en paix avec Jésus. 

Cette paix, Jésus l’a achetée par son sacrifice volontaire, par son sang librement versé. Ce Sacrifice Unique préfiguré par les multiples sacrifices de l’Ancien Testament, les couronnait et en même temps y mettait un terme. Dans le Nouveau Testament, l’unique Sacrifice de Jésus-Christ efface tous les péchés et nous ouvre la Porte du Ciel. Chaque fois qu’un prêtre offre ce Sacrifice à la messe, il ne refait pas le Sacrifice du Christ, qui est mort et ne souffre plus ; à l’autel, le prêtre actue ce Sacrifice sous nos yeux, continuant à appeler sur l’Eglise les grâces divines.

Rappelons-nous ici les propres mots de Jésus sur la paix. C’est après la dernière Cène. Saint Jean ne parle pas de l’Eucharistie, car il sait que les trois autres Evangélistes l’ont fait ; mais il rapporte les dernières paroles de Jésus avant sa passion. Ouvrons le chapitre 14, verset 27. Un seul verset, mais tout un programme socio-politique adressé aux apôtres et à tous les hommes de bonne volonté : Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne.

Faut-il commenter ? Jésus n’est-il pas assez clair ?

Tirons-en simplement une conséquence logique : Toute communauté, petite ou grande, qui ne cherche pas à s’appuyer sur les principes du Christ, est vouée à l’échec. Ce n’est pas un théorème qui a besoin de démonstration ; on pourrait dire que c’est un postulat ; un postulat qui a son corollaire : Toute situation conflictuelle (drame, dispute, divorce, manifestation violente, révolte, attentat, assassinat, guerre (froide ou déclarée), est le résultat de l’exclusion, volontaire ou non, des principes chrétiens.

 

*       *       *

Et voici qu’un drame s’est déroulé à Jérusalem, tandis que Jésus était dans la région de Nazareth et qu’il avait envoyé les apôtres en mission.

Marc raconte cela au chapitre 6 (mais l’épisode n’est pas lu ce dimanche) : Hérode avait fait arrêter Jean-Baptiste qui lui reprochait son adultère, puis le fit décapiter ; cet épisode dramatique sera lu seulement au jour du Martyre de Jean-Baptiste, le 29 août. Il est peut-être regrettable que ce passage ne soit pas lu le dimanche, car ce serait une bonne illustration de ce qu’on a dit plus haut sur la paix et les conflits.

Pendant cet épisode, donc, nos apôtres reviennent de leur première mission. On les imagine racontant à Jésus ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait… Quelle impression profonde ont-ils ressentie en accomplissant ces premiers miracles, sur ordre de Jésus ! Chasser les démons, oindre les malades, les guérir ! Vous, pénitents qui craignez un peu de vous approcher du prêtre pour avouer vos péchés, sachez que non seulement ce prêtre ne saura jamais répéter à qui que ce soit ce qu’il aura entendu, mais surtout : qu’il est profondément heureux de lever la main vers vous et de vous dire calmement : “Vos péchés vous sont remis. Allez en paix”. Ainsi, les Apôtres, heureux d’avoir transmis la paix, au nom de Jésus.

Et Jésus se montre très humain avec eux : Venez vous reposer ! Oui, l’homme a besoin de se reposer, c’est un devoir qu’il se doit. Notre organisme a besoin de cette pause nocturne, pendant que le soleil est absent, pour dormir et se détendre, pour reprendre des forces. Notre société actuelle est ivre de mouvement et de bruit. Certaines maladies cancéreuses sont directement liées à ce rythme très désordonné. Jésus se préoccupe donc aussi de la santé de ses Apôtres, qui n’ont même plus le temps de manger.

Mais Jésus a aussi une grande préoccupation : le Bien de tous ces gens qui viennent le voir, qui semblent être des brebis sans berger. Les prêtres, les lévites, les docteurs, ne manquaient pas, cependant, mais ils ne cherchaient pas à s’occuper des brebis comme doit le faire l’Unique Berger.

Ici, l’évangile fait écho à la première lecture ; Jésus, le vrai Berger, veut que les Apôtres, et à leur suite les prêtres et les évêques, s’occupent vraiment de guider les âmes dans la Vérité, vers la Vérité, vers l’union avec Dieu. Pour un ministre du culte, forte est toujours la tentation de présomption, d’orgueil, de regarder le succès personnel, de considérer le peuple de Dieu un peu comme sa propre “clientèle”. 

Le prêtre français Jean-Marie Vianney (fêté le 4 août), vers qui accouraient des milliers de pèlerins, et qui n’avait pas non plus le temps de manger, ne s’attribuait aucun succès ; son seul souci était le salut des âmes, la conversion des pécheurs. Rien que pour le salut des âmes de sa paroisse, il s’imposa beaucoup de mortifications, et le démon cherchait par tous les moyens à le décourager. La patience persévérante du saint prêtre gagna la partie : les dernières années, même le diable cessa de l’importuner.

 

*       *       *

Nous devons tout faire pour être en paix avec Jésus : Le suivre comme l’unique Pasteur, L’écouter comme l’unique Vérité, Le remercier comme notre unique Sauveur. 

Le prêtre redit à chaque messe : Seigneur, tu as dit à tes apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne MA paix, ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton  Eglise…

Ai-je cette foi ? Je demande vraiment à Jésus Sa paix ? Suis-je prêt à l’appeler, à lui ouvrir, à l’écouter ?

Je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur.

Si quelqu’un entend ma voix, s’il m’ouvre, j’entrerai chez lui… (Ap 3:20, antienne de Communion).

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 23:00

Kyriaki de Nicomédie
† 4
e siècle

Les Grecs honorent le 6 juillet cette vierge qui aurait été martyrisée à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), sous Dioclétien.
Elle aurait renversé des idoles, aurait été jetée aux bêtes (qui l’épargnèrent) et décapitée.
Il se trouve qu’on vénère à Tropea (Calabre, Italie S) une sainte Domenica, dont le nom est dérivé de Dominus, de même que Kyriaki dérive de Kyrios (seigneur).
Cette Domenica aurait été exilée sur les bords de l’Euphrate, et ramenée par les anges à Tropea, sa ville natale.
On ne saurait dire s’il s’agit d’une simple transposition, d’une invention, d’un transfert de reliques, de deux personnages distincts…
Sainte Kyriaki de Nicomédie est commémorée le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 23:00

15e dimanche per annum - B

 

Dimanche dernier, il s’agissait du prophète Ezékiel, que Dieu envoyait vers les fils d’Israël, vers ce peuple de rebelles (Ez 2:3). Voici aujourd’hui Amos, ce “petit prophète” du huitième siècle avant Jésus-Christ (on l’appelle «petit» parce qu’il est un des douze prophètes dont le message est assez court) ; envoyé quelque temps en Israël, il est bientôt “réexpédié” par le prêtre lui-même à ses troupeaux et ses figuiers. Mais  il aura eu le temps d’appeler Israël à la conversion. 

C’est la dureté de cœur des hommes qui les empêche de comprendre que le message divin est pour leur bien. Quand Dieu appelle à la conversion, c’est qu’Il nous aime et veut que nous connaissions la vraie paix.

Ce qui coûte un peu, c’est de changer de cap, de quitter un petit plaisir momentané, pour connaître une joie profonde.

On pourrait hasarder une question ici : Dieu, qui sait tout, sait bien que son prophète ne va pas être reçu ; pourquoi l’envoyer ? C’est ce qui se passe avec la petite graine évoquée il y a quelque temps (11e dimanche). Le message finit toujours par passer.

Il en est ainsi de beaucoup d’interventions célestes : visions et révélations à des âmes privilégiées, apparitions, que l’Eglise n’a pas pu ou n’a pas voulu approuver, pour des raisons que nous ne connaissons pas. Ces messages touchent quand même des âmes, qui en profitent. La semence est jetée, elle donne du fruit.

A l’image du Christ, qu’ils représentent, les Prophètes ont bien souvent été méconnus, rejetés même, par leurs proches (voir l’évangile de dimanche dernier). C’est aussi pour nous un encouragement à continuer de témoigner, même si nous rencontrons de l’indifférence. Annoncer la Vérité ne pourra qu’engendrer la Paix dans les cœurs.

 

*       *       *

Le psaume 84 est une prière pour la Paix, composée par le maître de chant à l’intention des captifs de Jacob, maintenant rapatriés. Ceux qui ont connu l’exil retrouvent maintenant la paix, comme les pécheurs qui, ayant entendu l’appel à la conversion, retrouvent la consolation et la paix en Dieu. 

En effet, proche est son salut de ceux qui le craignent : quand nous nous tournons de tout notre être vers Dieu, Il répond toujours.

Ce psaume 84 est lu principalement durant l’Avent, en préparation de la naissance du Messie, dont on attendait consolation et paix.

Ici, tous les attributs messianiques sont personnifiés : Amour, Vérité, Justice, Paix. 

Amour et vérité se rencontrent : l’Amour de Dieu pour les hommes et la Vérité incarnée du Fils de Dieu ne font qu’un. Le message du Christ est la Voix, le Verbe de Dieu.

Justice et paix s’embrassent : comme pour dire que là où Dieu est présent - par l’Eglise, par les Sacrements, par la Parole, là règnent en même temps la justice et la paix, la véritable et unique réponse à tous les problèmes sociaux des hommes.

La vérité germera de la terre : car le Sauveur naîtra d’une humble femme, Marie.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit : Dieu envoie son Fils, et la lignée humaine de David donnera naissance au Sauveur.

En nous faisant méditer sur ces phrases du psaume, l’Eglise nous met dès à présent à l’écoute des Prophètes qui vont nous préparer à la naissance de Jésus-Christ.

 

*       *       *

 

Le message que nous avons reçu du Christ et de ses Apôtres est un appel à la sainteté.

A partir de ce dimanche, l’Eglise suspend la lecture de la seconde épître aux Corinthiens, pour aborder celle aux Ephésiens, une des dernières de l’Apôtre.

Dans cette Lettre, Paul exalte le triomphe de la royauté du Christ, et notre vocation à vivre en Lui dans une vie nouvelle et royale.

Le chant magnifique que nous lisons aujourd’hui constitue le prologue de cette épître ; les habitués de la Louange des Heures le prient chaque lundi à Vêpres ; dans cet hymne, Paul loue le Père pour l’œuvre de salut accomplie en notre faveur par Son Fils. Cette lecture n’est pas simple et il faudra toute la science des lecteurs pour la proclamer avec la solennité qu’il convient.

Dès le début, dès avant la création, Dieu nous a bénis dans le Christ. Dès la création, chacun de nous était présent dans le plan divin ; dès le début, Dieu a voulu nous unir à la sainteté du Christ, nous identifier à Lui et faire de nous ses Fils.

Cela fut ce que Paul appelle le propos de Sa volonté ; la traduction par bienveillance, doit être comprise en son sens propre et très fort : bien-veillance, c’est-à-dire qui veut le Bien. C’est toujours notre Bien, que Dieu recherche.

Il y a ici une belle expression, d’ailleurs reprise dans la quatrième Prière Eucharistique : unis en un seul Corps, nous sommes appelés à la louange de Sa gloire. Paul est tellement transporté par cette louange, qu’il répète deux autres fois l’expression (vv. 12 et 14, en fin de paragraphes) : comme le Fils rend une éternelle louange à Son Père, nous sommes admis avec Lui à exprimer cette même louange, grâce à notre adoption dans la Vie du Père. Quel honneur nous est donc fait là !

Et ce n’est pas tout ! En effet, le péché aurait pu annuler tout ce beau programme sacré. Nous aurions pu être privés de cette adoption, être exclus de la Béatitude… Non : Dieu nous aimait tant, qu’Il s’est servi de Son Fils pour nous racheter, par le Sacrifice parfait du Verbe Incarné, qui nous obtient par son sang la rédemption, le pardon de nos fautes.

La vocation de tout le créé, de tous les êtres vivants est d’être unis en un seul Corps ; c’est notre vocation : nous devons vivre dans l’Unité.

Pour cimenter cette Unité, dans la Charité, nous avons été marqués par l’Esprit Saint. Reçu par les Apôtres au jour de la Pentecôte, nous l’avons à notre tour reçu dans le sacrement de la Confirmation. Quand nous participons à un joyeux repas de famille ou entre amis, cette réunion autour d’une même table cimente tous les présents dans un joie commune et renforce l’amitié fraternelle ; à plus forte raison, quand nous recevons tous l’Esprit de Dieu, nous sommes tous unis dans l’Amour et dans la Vérité.

Nous sommes réellement unis, entés, sur le mystère de la Trinité : le Père, le Fils, l’Esprit, en venant habiter en nous, nous appellent à l’Unité, à l’Amour, à la Paix.

Bien sûr, cette Unité est souvent fragilisée ; l’Amour est souvent brisé ; la Paix est souvent rompue ; mais l’Esprit de Dieu est bien plus fort que nos sentiments humains. Grâce à l’Esprit, si nous le voulons, l’Unité se reconstruit, comme le Temple autrefois, l’Amour reprend force, la Paix est restaurée.

 

*       *       *

 

Dieu a envoyé les Prophètes et les Apôtres. Dans l’Eglise, les missionnaires continuent l’œuvre d’évangélisation.

Nous lisons aujourd’hui le récit évangélique de la toute première mission des Apôtres. Jésus leur a enseigné comment agir, comment parler, comment imposer les mains aux malades. Maintenant, c’est à eux d’opérer. 

Etonnant, ce conseil de dernière minute qu’ils reçoivent au moment de partir : ne rien emporter pour la route, sauf un bâton ; pas de pain à manger, pas d’argent pour en acheter, juste un bâton, des sandales (pas de chaussures), et même pas une tunique de rechange… Jésus veut que les Apôtres apprennent à se confier à la Providence ; ils devront humblement demander l’hospitalité - qui se pratiquait avec largesse dans ces temps-là ; encore aujourd’hui, les habitants de ces régions savent être très hospitaliers.

Quand un François d’Assise ou un Dominique de Guzman ont voulu réformer de l’intérieur l’Eglise décadente du 12e siècle, ils ont exigé de leurs compagnons une pauvreté totale ; c’est ce qui rendit les ordres franciscain et dominicain si florissants, si féconds en exemples de sainteté. D’autres suivirent ; les congrégations qui firent le meilleur apostolat, commencèrent très souvent dans la pauvreté la plus misérable.

Les Apôtres, donc, vont par les chemins et accomplissent leur mission selon les paroles de Jésus : ils chassent les démons, font des onctions d’huile aux malades ; ce sont déjà nos sacrements de la Réconciliation et de l’Onction des malades. 

Jésus les envoie deux par deux. Il y a là une sagesse et une prudence. La compagnie d’un ami fidèle est très souvent d’un grand réconfort. Dans la solitude, souvent l’homme ou se désespère à cause de ses faiblesses ou s’enorgueillit de ses réussites : l’ami qui est à ses côtés, au nom de la Vérité, a le devoir de l’aider à surmonter ces tentations. 

Les jeunes qui entrent dans les séminaires ou les noviciats ne font pas qu’apprendre intellectuellement,  ils apprennent surtout à s’aimer les uns les autres, à s’entraider charitablement. Il y aurait bien des exemples à citer, de cette sainte amitié qui a soutenu les Saints dans leurs combats apostoliques. Voyez par exemple saint Boniface et ses Compagnons (v. 5 juin) ou les saints Cyrille et Méthode (v. 14 février), qui ont évangélisé toute la zone slave.

La Règle de saint Benoît (v. 11 juillet) est aussi une invitation à la vie fraternelle : Ce bon zèle, les moines doivent s’y exercer avec la plus ardente charité ; ce qui revient à dire : qu’ils s’honorent mutuellement de respectueuses prévenances (cf. Rm 12:10) ; qu’ils supportent avec une inaltérable patience les infirmités physiques ou morales de leur prochain ; qu’ils se rendent à l’envi une exacte obéissance ; que nul ne recherche son propre avantage, mais plutôt ce qu’il juge profitable à autrui ; qu’ils échangent entre eux d’honnêtes marques de charité fraternelle… (Règle de ssaint Benoît, 72)

Ajoutons-y ici cette anecdote délicieuse de quatre jeunes martyres chinoines, âgées de onze à dix-huit ans, qui, pour s’encourager réciproquement, allaient à leur martyre en se tenant par la main (v. 28 juin, une s’appelait Lucie, les trois autres Marie).

 

*       *       *

Dans l’Eucharistie, nous sommes Un en Christ : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6,57), c’est l’antienne de communion ; c’est dans ce Mystère que Dieu accomplit l’ Œuvre de salut (prière finale). Devant cette Œuvre - ce chef-d’œuvre - l’histoire n’est plus rien qu’un petit espace de temps très vite écoulé. L’histoire passe et disparaît bien vite ; l’important est ce qui reste : notre salut en Jésus-Christ notre Sauveur, pour la louange de gloire de notre Père éternellement miséricordieux.

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 23:00

14e dimanche per annum - B

 

Six siècles avant Jésus-Christ, le prophète Ezéchiel n’a pas cessé de se heurter à la dureté de cœur de tous ses contemporains, à qui il reprochait leur manque de respect des choses saintes ; ce fut la ruine de Jérusalem, l’exil à Babylone - qu’il partagea avec eux… ce peuple de rebelles qui s’est révolté contre moi, dit l’extrait d’aujourd’hui. 

Mais cette prophétie ne reste pas stérile, car après l’épreuve vint aussi la résurrection, le retour à Jérusalem et le reprise du culte dans le Temple.

 

*       *       *

 

La prière de David dans le psaume 122 exprime cette douleur du prophète angoissé devant tant de dureté de cœur ; il est comme abandonné, traité en esclave qui regarde la main de son maître : en effet, le pauvre esclave n’avait pas le droit de regarder en face son maître pour parler avec lui ; tout ce qu’il attendait était à peine quelque largesse de sa main. 

Le fidèle, qui met sa confiance totale en Dieu, lève les yeux vers Dieu, car il sait qu’il en recevra miséricorde.

Jésus a prié ce psaume, depuis sa jeunesse ; lui, Dieu incarné, il s’offrit totalement et il fut traité en esclave. On ne l’écouta pas, mais son sacrifice nous a valu le salut.

 

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Maltraité aussi fut l’apôtre Paul, après sa conversion et durant ses nombreux voyages. Mais ce dont il parle aujourd’hui dans l’extrait aux Corinthiens, est une épreuve d’un autre genre, intime et spirituelle, liée à sa propre vie mystique. 

Que signifie cette écharde dans la chair ? Une maladie plus ou moins chronique ? Une épreuve intérieure, un doute ? Paul est discret, il veut seulement faire comprendre aux Corinthiens que l’épreuve nous enseigne à voir notre grande faiblesse et la force efficace de la grâce de Dieu.

Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l’Eglise (1347-1380), reçut de Jésus-Christ cette explication que saint Paul, qui vivait dans la chasteté par imitation envers Notre Seigneur, pour anticiper le Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12), fut fortement tenté contre cette vertu angélique. 

Cette interprétation, due à une révélation privée, n’est pas “dogmatique” en soi, mais peut nous aider à comprendre le texte de saint Paul et sa délicate discrétion.

 

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L’évangile que nous lisons aujourd’hui, montre Jésus dans son pays, à Nazareth, là où l’ange était apparu à Sa Mère, là où il avait grandi, où se trouvait sa parenté, en somme un endroit où on le connaissait bien. L’évangéliste ne parle pas de ses occupations quotidiennes, des rencontres avec les cousins et cousines : envoyé par Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle, Jésus se rend à la synagogue. 

Comme lors de son pèlerinage à Jérusalem, à douze ans, c’est dans le lieu saint que nous Le retrouvons, en train d’enseigner. Le Fils de Dieu se doit d’être aux choses de son Père (cf. Lc 2:49).

Mais les “paroissiens” de cette synagogue ne se montrent guère disponibles à accueillir cette Parole ; leurs conversations sont superficielles : pour eux, Jésus est simplement leur camarade d’enfance et de jeux, et peu leur importe son enseignement. 

Arrêtons-nous un court instant sur cette parenté, les frères et sœurs de Jésus : Jacques, José, Jude, Simon. Malgré les fréquentes explications du mot “frère” qui, en hébreux désigne aussi bien un frère qu’un cousin ou qu’un proche, il ne manque pas d’interprétations qui veulent que Joseph et Marie aient eu d’autres enfants que Jésus. Beaucoup d’arguments peuvent contredire ces assertions.

Si Joseph et Marie avaient eu d’autres enfants, très vraisemblablement l’Evangile y aurait fait allusion quelque part ; ou aussi on l’aurait su et répété dès le commencement ; et surtout l’Eglise n’aurait jamais invoqué Joseph comme le “chaste époux de Marie”, ni Marie comme la “Reine des Vierges”. 

A cela s’ajoute un argument provenant du texte-même d’aujourd’hui : des quatre noms de “frères” cités, trois sont ceux d’Apôtres (Jacques, dit “mineur”, est l’auteur d’une épître, de même que Jude ; ce dernier et Simon auraient évangélisé l’Egypte, avant d’aller en Perse où ils auraient été martyrisés). L’Evangéliste les nomme donc parce qu’ils sont connus de la communauté ; tandis qu’il ne nomme aucune des “sœurs”. 

Enfin, rappelons que sur la croix, Jésus confie à Marie son “fils”, l’apôtre Jean, et à ce dernier Marie, sa “mère”, chose qu’Il n’aurait pas faite si sa sainte Mère avait eu d’autres fils.

Revenons donc à Nazareth et à l’assemblée de la synagogue, où l’on est en train de jaser sur Jésus. Il s’y mêle en réalité une vilaine jalousie, et même du dédain : Mais d’où a-t-il appris tout cela ?, se demande-t-on. - Du pauvre Joseph, un simple charpentier ? Et Jésus de le faire remarquer à ses disciples : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa famille et sa propre maison.

Ne condamnons pas ces parents et voisins de Jésus ; ils cèdent à un sentiment bien humain ; dans les familles dont l’un des membres est prêtre, on regarde la personne consacrée comme un peu (ou beaucoup…) “étrangère”, d’un autre monde, au point que cette dernière, pour préserver la paix, en est réduite soit au silence, soit à “jouer le jeu” de la complicité. C’est dommage parce que, dans ces familles, la Vérité n’est pas au rendez-vous.

A Nazareth, ce fut au point que même le Fils de Dieu dut partir sans faire de miracles, sauf en imposant les mains à quelques-uns, dit l’évangéliste Marc. Ceci ne veut pas dire que Jésus, déçu et vexé de ce mauvais accueil, soit parti fâché ; l’évangéliste précise qu’il était étonné.

Ce mot étonné est à comprendre au sens très fort : Jésus est très frappé par le manque de foi, alors que sa mission est au contraire de récompenser la foi des hommes et de leur accorder les guérisons du corps et de l’âme. Quelle tristesse, pour l’Ami éternel, de se heurter à des cœurs froids et indifférents.

Ne serions-nous pas, nous aussi, parfois de ces proches de Jésus, au cœur froid et indifférent ?

 

*       *       *

 

Il était question tout-à-l’heure de l’esclave qui n’ose pas même regarder son maître en face. Jésus au contraire nous invite, comme il invita ces compatriotes, à Le regarder, à aller vers Lui : Venez à moi (Mt 11:28)  ; ceux qui étaient esclaves de leurs passions, se détournèrent de Jésus ; si au contraire nous avons la foi, nous allons nous tourner vers lui et lui dire, remplis d’espérance : Tu (nous) as tirés de l’esclavage du péché ; fais-(nous) connaître le bonheur impérissable !

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 23:00

Santina Cimatti
1861-1945

Santina Cimatti naît le 6 juin 1861 à Celle di Faenza (Ravenne, Italie), d’un père fermier et d’une mère tisserande. Naîtront ensuite Luigi et Vincenzo (d’autres enfants ne vivront pas).
Santina n’a pas beaucoup de temps pour étudier, devant travailler pour aider la famille.
Une fois que ses deux petits frères sont entrés chez les Salésiens, elle assiste sa mère dans ses vieux jours. C’est alors seulement qu’elle peut entrer chez les Sœurs Hospitalières de la Miséricorde, à Rome. La fondatrice de cet institut était Teresa Orsini Doria.
Santina a alors 28 ans.
En 1890, elle reçoit le nom de Sœur Maria Raffaella et prononce ses vœux de religion auxquels elle ajoute le vœu ‘d’hospitalité’ propre à sa Congrégation. Elle se dévoue au service des pauvres et des malades, à l’hôpital d’Alatri.
En 1921, elle est supérieure à Frosinone et en 1928 à Alatri. Partout elle fait de l’hôpital un lieu où peuvent s’exercer les vertus naturelles et surnaturelles les plus élevées.
En 1940 elle renonce à sa charge de supérieure tout en restant à Alatri. Elle consacre une grande partie de son temps à la prière et à l’adoration du Saint-Sacrement ; mais quoique octogénaire, elle continue à se dévouer au service des autres avec une telle sollicitude qu’on l’appelle l’Ange des malades.
A partir de 1943, un mal incurable se déclare.
Au moment de l’avancée des forces alliées de libération, elle intervient avec l’évêque auprès du général Kesserling pour qu’au moins Alatri soit épargnée ; elle obtient gain de cause.
Elle meurt le 23 juin 1945, jour où elle est commémorée au Martyrologe.
Lors de la béatification, qui a eu lieu le 12 mai 1996 à Rome, Jean Paul II relevait que pour notre époque individualiste et trop souvent égoïste, cette humble religieuse constitue un lumineux exemple de féminité pleinement réalisée dans le don de soi.

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 23:00

Caterina Vincenza Gerosa
1784-1847

Caterina naquit le 29 octobre 1784 à Lovere (Bergame, Lombardie, Italie N), aînée des cinq filles de Gianantonio et Giacomina Macario, commerçants de fourrures, et ne fit pas d’autres études.
Elle grandit dans la foi, participant à la Messe quotidienne et servant dans la boutique. Bientôt moururent son père, ses sœurs, sa mère ; héritière, elle ouvrira sa maison aux pauvres.
Lors de l’invasion napoléonienne, Lovere passa de la République de Venise à l’empire français. Après l’Empereur de France, ce sera l’Empereur d’Autriche. La boutique ne fonctionnait plus. Caterina se mit à enseigner gratuitement à des filles pauvres, à assister des malades.
En 1824, avec Bartolomea Capitanio (v. 26 juillet), elle ouvrit un hôpital, modeste, puis en 1832 elles décidèrent toutes deux de fonder un institut dont la mission serait d’assister les malades, d’instruire gratuitement les petites filles, recueillir les orphelins, épauler la jeunesse.
Le travail s’annonçait immense, mais Bartolomea mourut de tuberculose dès 1833. La «communauté» se réduisit à Caterina ! Sans perdre de temps en larmes de deuil, tout de suite elle accueillit d’autres jeunes filles, vivant selon la règle de sainte Jeanne Antide Thouret (v. 24 août).
En 1840, elles obtinrent l’approbation pontificale et s’appelèrent Sœurs de Marie Enfant. Caterina prit le nom de Vincenza. Leur Règle sera désormais celle écrite par Bartolomea avant sa mort, sous les conseils de Caterina.
Sept ans après, à la mort de Caterina Vincenza, les Sœurs étaient déjà cent soixante-et-onze. Elles sont aujourd’hui environ cinq mille, concentrées en Lombardie, dans le Trentino et le Veneto (Italie N et NE).
Caterina-Vincenza Gerosa mourut le 20 juin 1847, fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1950.

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 23:00

13e dimanche per annum - B

 

Une des questions les plus fondamentales que se pose l’homme dans son existence est celle-ci : Qu’est-ce que la mort ? Et une des difficultés métaphysiques est précisément celle-ci : Comment se fait-il qu’il faille mourir, alors que Dieu est l’Auteur de la Vie ? D’où vient donc la mort ? 

 

*       *       *

 

Dieu n’a pas fait la mort, répond ici le Livre de la Sagesse. La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon. 

Donc, en toute logique, le démon, prince des ténèbres et ennemi de Dieu, existait avant-même la création de l’homme.

Dans la Genèse, il est écrit que Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder (Gn 1:15). Le cultiver, cela devait se faire bien autrement que maintenant, car l’homme ne connaissait pas encore le travail pénible ; comme Dieu, dont il était l’image (cf. Gn 1:27), il devait imposer à la nature sa seule parole créatrice, selon sa volonté qui ne voulait que le Bien.

Mais le garder de quoi ? Le mot garder nous suggère ici beaucoup de choses. L’homme n’avait pas encore péché à ce moment-là, mais il devait se protéger d’un ennemi qui existait déjà ; cela veut dire que Satan s’était déjà révolté et avait déjà été exclu de la présence de Dieu avec les autres anges qu’il avait entraînés dans sa rébellion. D’après la Tradition, c’est alors que Lucifer, le «porteur de la lumière”, devint Satan, prince du Mal, ennemi du Bien, de l’Harmonie et de la Paix.

Satan, le Révolté, ne pouvait demeurer en face de Dieu qu’il refusait d’adorer. Extraordinairement intelligent, il était désormais extraordinairement jaloux du Bien, jaloux de l’Homme qui était si beau et si parfait : il ne pouvait supporter qu’une autre créature fût supérieure à lui, et il chercha à perdre l’homme.

C’est donc Satan l’auteur du mal, de la haine, du péché, du poison qui fait mourir. 

Quand l’Ecriture nous dit que la puissance de la mort ne règne pas sur la terre, ce n’est pas pour nous forcer à ignorer ce que nous voyons bien tous les jours : souffrance, maladie, mort. L’Auteur sacré nous rappelle par là que ce mal ne vient pas de Dieu, mais de l’Esprit du Mal, qui fait tout pour nous éloigner de Dieu.

En réalité, nous savons que Dieu nous attend, que nous sommes faits pour la Vie ; et nous sentons cet appel au-dedans de nous. 

Au terme de son existence terrestre, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait, toute joyeuse : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie.

Ce que nous appelons maintenant «la vie», n’est qu’une fausse vie, une apparence de vie ; c’est seulement une existence qui doit s’achever bientôt. Notre existence n’a de signification que si nous tendons de toute notre énergie vers la Vie, la vraie, pour laquelle Dieu nous a créés.

Il y a dans l’Apocalypse (ou Révélation) de Jean, un verset très significatif : Heureux et saint celui qui participe à la première résurrection. La seconde mort n’a point pouvoir sur ceux-là (Ap 20:6). La première résurrection advient après notre mort physique ; ceux qui sont prêts à entrer dans le Royaume, sont pour toujours dans la Vie ; mais ceux qui ont refusé la Vérité dans leur vie, vont vers la Mort éternelle : c’est là la seconde mort.

Ô bienheureuse mort ! Notre fabuliste La Fontaine a bien touché du doigt ce que serait notre condition, si la mort n’existait pas : nous continuerions de vivre dans un monde d’imperfection et dans une perpétuelle désespérance. Cette première mort est donc un passage bien salutaire pour atteindre l’autre monde.

 

*       *       *

 

Le psaume qui suit cette première lecture est le psaume 29 (et non 20, noté par erreur dans certains missels), une prière d’action de grâces.

Jean Cassien (Ioannes Cassianus, auteur latin du 4e siècle) explique qu’il s’agit de l’action de grâces de Jésus à son Père, après la résurrection. Ce psaume est justement placé dans la prière de la Louange des Heures du Samedi Saint, lorsque désormais le Christ, libre de la mort, célèbre sa résurrection avec tous ceux qui l’attendaient, depuis Adam jusqu’au Bon Larron, à qui il disait la veille, sur la Croix : Aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis (Lc 23:43).

Les mots abîme, fosse, étaient la façon dont l’Ancien Testament exprimait l’attente des âmes après l’existence humaine. Puis Jésus est «remonté», a surgi de son tombeau, est ressuscité.

Au soir de la passion du Christ, Marie et tous les amis de Jésus versaient des larmes ; au matin, après l’étonnement, vint la joie : Christ Jésus est Vivant !

 

*       *       *

 

Sans lien direct avec ce qui précède, nous poursuivons aujourd’hui la lecture de l’épître aux Corinthiens, où Paul invite ces derniers à être généreux envers leurs frères plus pauvres de Jérusalem, à l’image de Christ qui s’est humilié, acceptant la mort, pour nous “enrichir” de la vie.

En clair, Paul fait la quête aux Chrétiens de Corinthe en faveur de ceux de Jérusalem. 

A nous qui sommes sollicités sans cesse par courrier ou par téléphone, qui voyons à la télévision des manifestations généreuses pour telle ou telle œuvre, le fait que Paul sollicite la charité des Corinthiens ne nous étonne pas beaucoup, mais mettons-nous en pensée dans l’ambiance du premier siècle : on connaît dans l’antiquité la démarche des Athéniens qui vinrent un jour demander aux Spartiates du blé, car ils avaient faim, mais le fait était vraiment insolite en ces temps-là.

Des mendiants aux coins des rues, il y en avait de toute évidence, et Jésus l’avait dit à ses Apôtres : Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous (Jn 12:8). Mais Paul innove ici : non seulement il organise une collecte pour toute une communauté, mais en plus il s’engage à en assumer le transfert jusqu’à destination : Corinthe-Jérusalem, ce n’était pas un voyage de vingt-quatre heures ; le bateau pouvait être pris d’assaut par des pirates, ou simplement faire naufrage… Cette démarche de Paul est extrêmement novatrice et courageuse. 

On voit ici aussi l’Esprit Saint à l’œuvre, qui suscite dans le cœur des Apôtres des initiatives charitables et efficaces, montrant ainsi au monde romain la vie active et fraternelle de cette Eglise naissante.

Paul invite les Chrétiens nouvellement baptisés à pratiquer ce partage des richesses, qui caractérisa les premiers disciples : Nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins (Ac 4:34-35).

 

*       *       *

 

Le récit évangélique va couronner ce qui a été dit dans la première lecture.

On y voit deux miracles imbriqués l’un dans l’autre. Le cas est unique.

Jaïre n’est pas un païen, mais un chef de synagogue. On sait combien les Pharisiens ont été hostiles à l’enseignement de Jésus, au point que l’attitude de ce Jaïre est remarquable : contre les Pharisiens, il a le courage de demander une faveur à Jésus, et humblement se prosterne pour exprimer cette demande.

Marc aurait très bien pu terminer le récit concernant Jaïre, puis ajouter quelque chose comme : “Pendant son déplacement, Jésus fit aussi cet autre miracle…” Non, Marc a tenu a maintenir dans son récit l’irruption de la guérison de cette femme, pour revenir ensuite à la résurrection de la petite fille de Jaïre : c’est que sans doute Jésus aura fait exprès de s’arrêter en chemin, laissant passer un peu de temps, pour pouvoir réellement ramener la petite morte à la vie. 

Par ce signe, Jésus pouvait déjà annoncer sa propre mort et sa résurrection.

Il faut noter combien est édifiante la conduite de cette femme si malheureuse : juste toucher le vêtement de Jésus ! Pas même lui parler, pas même le regarder en face, mais par derrière ! Cette pauvre femme savait que, d’après la Loi, sa maladie la rendait “impure”, et fidèlement à la Loi elle se comportait comme une indigne, sans adresser la parole à Jésus, ni le regarder, osant seulement toucher le pan de son vêtement. 

Comme Jésus récompense l’humilité de cette femme ! Lui-même se tourne de façon qu’elle puisse le voir en face, Lui-même l’invite à s’exprimer ; on dirait, avant la lettre, le prêtre qui cherche à mettre à l’aise le pénitent ; en effet, dit Marc, elle lui dit toute la vérité. 

Elle devait avoir beaucoup de remords cachés et voulait, en quelque sorte, se confesser. Sa sincérité et son humilité sont récompensées : Ta foi t’a sauvée, lui dit Jésus.

Entre temps, la petite fille est morte ; Jésus rassure son papa : Ne crains pas ! Une parole pleine de paix qu’on trouve tant de fois dans l’Evangile, tout particulièrement lors des apparitions après la Résurrection. On pourrait dire que c’est Jaïre, le premier témoin de la Résurrection. 

Puis Jésus ne garde avec lui que Pierre, Jacques et Jean, ceux-là mêmes qui seront témoins de la Transfiguration et de l’Agonie à Gethsémani. Plus tard, c’est donc Pierre qui aura raconté ce que Jésus dit à cette petite fille, et son disciple Marc, qui l’écoutait, l’a transcrit fidèlement ici, dans la langue-même de Jésus, en araméen : Talitha koum !

Stupéfiante, cette recommandation de Jésus que personne ne le sache : comment taire un fait aussi exceptionnel ? 

Jésus aime la discrétion, la vraie conversion, celle du cœur, et non la publicité. Comme nous sommes loin ici de toute la presse qui inonde nos kiosques et Internet ! Comme il est urgent que les Chrétiens s’efforcent d’utiliser ces moyens de communications pour le bien, pour la Charité, et non pour le bavardage et l’indiscrétion.

Enfin, Jésus demande de donner à manger à la petite fille, de la même façon qu’après sa résurrection, il mangera devant ses Apôtres stupéfaits, pour leur démontrer qu’il était bien vivant, et pas un fantôme qui ne peut pas manger (cf. Lc 24:37-43).

 

*       *       *

 

Nous, Chrétiens, restons dans la lumière ! Ne nous égarons pas dans les apparences de la fausse vie. Prions avec conviction la Prière du jour : Ne permets pas que l’erreur nous plonge dans la nuit ! 

La nuit du monde, la nuit de l’erreur, la nuit du Mal… Marchons vers la Vie !

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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 23:00

 

Saint Jean-Baptiste

 

 

La naissance de saint Jean Baptiste est un événement que l'Eglise fête comme une solennité : lorsque celle-ci tombe un dimanche "ordinaire" après la Fête-Dieu, on la célèbre de préférence au dimanche (c'était le cas en 2007). 

 

Jean Baptiste est le seul Saint, à part Marie, dont l'Eglise fête et la naissance et la mort, celle-ci le 29 août. Il tient en effet un rôle très important dans l'Histoire du Salut, car sa vie et son message sont intimement liés à ceux du Christ. 

 

L'Eglise fête cette naissance le 24 juin, juste trois mois après l'Annonciation, quand l'Ange avait annoncé à Marie que Elisabeth en était "à son sixième mois", et Jésus naîtra six mois après, le 25 décembre. Rappelons aussi que la fête de la Visitation a été ramenée au 31 mai, pour être fêtée justement entre l'Annonciation et la naissance de Jean.

 

Comme celle de Jésus, la naissance de Jean tient du miracle. La particularité des parents de Jean est qu'ils sont âgés, ils étaient tristes, voire mortifiés (Luc 1,25) de n'avoir point d'enfants. Cette situation reflète la "vieillesse" de l'Ancien Testament qui ne pouvait plus produire de fruit, et qui attendait ardemment la "nouveauté" du Sauveur.

 

Marie avait posé une question à l'Ange : "Comment cela adviendra-t-il ?", un peu dans le sens de : Je suis toute disponible, mais comment faire ? ; Zacharie aussi a posé une question, mais avec doute : Ma femme et moi, on est trop vieux, c'est impossible ! Marie s'ouvre totalement à Dieu, elle qui dira à Cana : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le". Zacharie est plus rationnel, et son petit raisonnement l'empêche de s'ouvrir à la lumière divine.  Là aussi, il figure le "vieux" Testament qui ne peut plus parler, dont l'enseignement est muet, dans l'attente du Verbe.

 

Comme l'avait dit l'ange, l'enfant fut rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère (Luc 1,15) : il tressaillira en effet en la présence de Marie, inspirant à sa mère ces mots que nous répétons chaque jour : "Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton sein est béni" (Luc 1,42).

 

Grande joie à la naissance de Jean ! Zacharie retrouve la parole : par ce signe Dieu montrait que Jean était né pour annoncer la venue du Verbe. Cet enfant reçoit un nom "nouveau", que personne ne portait dans sa famille.

 

L'Evangile est très sobre sur l'enfance de Jean. "Il demeura dans les solitudes" (Luc 1,80) ; il se prépare à sa mission dans le silence du désert, comme Jésus avant sa vie publique, mais peut-être bien que Zacharie et Elisabeth cachèrent très tôt leur enfant, sinon il aurait été rejoint par la fureur d'Hérode lors du massacre des saints Innocents.

 

Jean, ensuite, a prêché, invité à la conversion, s'efforçant de "secouer" la foule : "Produisez donc des fruits dignes du repentir" (Luc 3,8) ; "Celui qui a deux tuniques, qu'il partage avec celui qui n'en a pas, et celui qui a de quoi manger, de même" (Luc 3,11) ; "N'exigez rien au-delà de ce qui vous est fixé" (ibid, v.13) ; "Ne molestez personne… contentez-vous de votre solde" (ibid, v.14).

 

Préfigurant le Christ et la vie consacrée, Jean a vécu dans le don total de sa personne à Dieu, dans la chasteté parfaite, chose exceptionnelle à cette époque. Et son message annonçait celui que Jésus allait proclamer : conversion, générosité, miséricorde, pauvreté joyeuse, humilité.

 

Comme il était humble, Jean ! Il aurait très bien pu céder à quelque sentiment de vanité en voyant toute la foule qui l'écoutait, mais il resta très effacé : "Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales (Luc 3,16)".

 

Jean a fait plus encore. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle "Précurseur", au sens propre de "qui court devant (pour annoncer)" : il a voulu témoigner jusqu'au bout de la Vérité, sans craindre d'élever des reproches à Hérode pour sa conduite ; il versa son sang pour la Vérité.

 

Charnière entre l'Ancien Testament et le Nouveau, dernier des prophètes et premier témoin du Christ, Jean a été le premier à dire : "Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde" ; on pourrait dire ainsi qu'il fut le premier prêtre de la nouvelle Alliance, non pas sacramentellement, mais par son message, son exemple, son attitude, en un mot par toute sa vie.

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 23:00

12e dimanche per annum - B

 

Après que Job a subi la tentation de la révolte, Dieu vient le faire réfléchir ; il le place devant l’immensité de la mer.

Il est toujours impressionnant de regarder les vagues s’arrêter sur le rivage, la marée montante et descendante, qui cependant demeure dans les limites du littoral ; plus impressionnants encore, hélas, les terribles raz-de-marées, les tsunamis. Devant cette force impétieuse, l’homme est totalement impuissant.

Même si l’homme est capable de construire des embarcations et d’énormes navires qui résistent aux tempêtes, il sait qu’il n’est pas à l’abri total du danger. Combien de marins, de voyageurs, ont péri en mer…

En termes poétiques mais réalistes, Dieu parle à Job de la mer comme d’un enfant, à qui ont met des langes, qu’on aide à s’habiller, auquel on assigne une place : Reste là, ne bouge pas !

Dieu invite donc Job, et chaque être humain en même temps, à rester humbles devant la volonté toute-puissante de Dieu.

*       *       *

 

Le long psaume 106, dont nous ne méditons ici que quelques versets, va aussi nous parler de la mer. D’abord le psalmiste nous invite à chanter et à remercier Dieu pour tout ce qu’il a fait. Plusieurs allusions à l’exode et aux tribulations du peuple d’Israël à travers le désert, sont cinq fois ponctuées par cette invitation : Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour !

Si Dieu montra sa puissance en libérant son peuple d’Egypte, et en le nourrissant dans le désert, le psaume rappelle aussi combien Dieu est bien plus puissant que la mer, même quand elle est agitée.

Il n’est pas défendu de prendre ce mot de mer dans un sens plus imagé : la mer, avec ses vagues, est souvent le symbole de l’agitation du monde, alors que la terre ferme symbolise la sécurité.

Le port qu’ils désiraient devient ainsi l’Amour miséricordieux de Dieu, et l’Eglise fondée par Jésus-Christ ; et aussi le Tabernacle de la Présence réelle du Christ-Eucharistie, devant lequel il est si bon de rester en méditation pour retrouver la paix.

Dans l’histoire et dans notre vie personnelle, nous pouvons maintes fois observer combien la force et la miséricorde divines dépassent de beaucoup toutes les entreprises humaines.

C’est une invitation pour nous, comme dans le livre de Job, à demeurer humbles devant la majesté de Dieu et à ne jamais désespérer de Sa bonté.

*       *       *

 

Quand l’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens que Jésus est mort et ressuscité, il nous fait aussi remarquer que Dieu est plus fort que la mort. L’Auteur de la Vie est vainqueur de la Mort.

Les événements quotidiens de la société, de la politique, les guerres, les dangers, le bruit et l’agitation, nous écartent facilement de cette certitude. La maladie nous dérange, la mort nous fait peur, la météorologie capricieuse nous rend nerveux, les examens nous inquiètent : mais qu’est-ce que tout cela devant la certitude de l’Eternité ?

Saint Paul demande instamment aux Chrétiens de ne pas avoir du Christ une image temporelle, historique, car le Christ est au-delà de l’Histoire. 

Le Christ n’est pas un monument aux morts. Le Christ n’est pas seulement mort un jour dans le passé : il est vivant maintenant et éternellement. Pour être avec lui, il faut ordonner notre vie d’une façon nouvelle : le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

Demandons-nous : est-ce que je suis nouveau ? Est-ce que j’ai combattu mes caprices ? Est-ce que j’accepte sereinement d’avoir tort, d’être faible ? Est-ce que j’ai fait la paix avec tel camarade ? Est-ce que je sais dire Viens, Seigneur Jésus ! avec cette sainte impatience de l’auteur de l’Apocalypse (Ap 22:20) ?

 

*       *       *

 

Dans l’évangile, il est à nouveau question de la mer agitée.

Comme Jésus devait être fatigué, pour s’endormir en pleine tempête ! Et ce coussin où il appuie sa tête ne devait pas être très sec…

La réaction des disciples est bien humaine ; pêcheurs, ils savent ce que signifie une barque qui se remplit d’eau : si l’on ne peut écoper à temps, c’est bientôt la noyade et la mort, même si le lac de Tibériade n’est pas immense ni très profond.

Mais si l’on transpose ces éléments déchaînés à un niveau plus spirituel, les vagues et le vent représentent l’agitation de l’histoire des hommes et de notre quotidien. Jésus alors se lève et nous demande : Pourquoi avoir peur ?

C’est un peu aussi la réaction des hommes devant les moines et les moniales des ordres contemplatifs : que font donc ces religieux derrière leurs murs, alors que nous vivons tant d’angoisses ?

Compte-tenu de la question de Jésus, nous devrions plutôt répondre : qu’il est beau d’avoir cette foi, cette confiance stable.

Il y a un psaume où le chantre semble assumer ces deux attitudes, le psaume 78 ; le psalmiste commence par exprimer à Dieu son désespoir devant la ruine de Jérusalem : Jusqu’à quand, Yahvé, ta colère ? jusqu’à la fin ? ta jalousie brûlera-t-elle comme un feu ? et, après avoir exposé toute sa tristesse, reprend confiance : Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d’âge en âge publierons ta louange.

Les apôtres y ont peut-être pensé. Mais leur question ici a quelque chose d’étonnant : Mais qui est-il donc ?, se demandent-ils, alors qu’ils ont déjà vu, par exemple, le miracle de l’eau changée en vin à Cana et qu’ils crurent en lui (Jn 2:11). La réalité est que les apôtres sont des hommes, comme chacun de nous ; un moment ils sont interpellés, un autre moment ils perdent confiance ; un moment ils sont pleins d’enthousiasme, et juste après ils sont désespérés.

Plus loin, nous lirons bientôt que les mêmes apôtres furent remplis d’étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci (Mc 6:51-52) ; Jésus les reprendra : Etes-vous encore sans intelligence ? (8:17), et Ne comprenez-vous pas encore ? (8:21). En 8:33, Jésus reprend très sévèrement Pierre : Arrière, Satan ! ; ils apprendront aussi que pour chasser le démon, il faut prier davantage (9:29) ; à Gethsémani, ils s’endormiront au lieu de prier avec Jésus, puis s’enfuiront tout bonnement devant l’escorte des Juifs et des soldats romains. Tous ces doutes, toutes ces difficultés seront autant de moments où ils apprendront à se ressaisir, à devenir plus forts, jusqu’à être les courageux témoins de la Résurrection, jusqu’aux dernières limites de la terre.

Ces hauts et ces bas nous enseignent. Nous sommes des humains, comme les Apôtres ; nos hésitations ou nos chutes, qui alternent avec nos moments plus heureux, ne doivent pas nous détourner du but de notre marche. Avec les Apôtres, sur l’invitation du Christ, passons sur l’autre rive ! : changeons d’attitude, d’horizon, sortons de l’Histoire et fixons le regard sur l’Eternité.

*       *       *

 

Que demander en ce jour au Seigneur ? ce que dit la Prière : Enracine-nous solidement dans ton amour. 

On a confiance en celui qu’on aime profondément.

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 23:00

Juan González del Castrillo Martínez
1419-1479

Juan González del Castrillo y Martínez vit le jour le 24 juin 1419, en la fête de saint Jean-Baptiste dont il porta le nom. Ses parents, Juan et Sancia, prièrent beaucoup pour obtenir ce premier fils, qui fut suivit de six autres.
La localité où naquit Juan est Sahagún (León, Espagne NO), que l’on a «traduit» en français Saint-Facond.
Il étudia d’abord chez les Bénédictins de Sahagún et commença la théologie, malgré quelques réserves paternelles. On lui donna le bénéfice d’une chapelle de village.
L’évêque en fit son secrétaire, avec une confiance d’autant plus absolue envers Juan, que celui-ci était à l’occasion accusé de dilapider les biens épiscopaux en aumônes pour les pauvres. L’évêque l’ordonna prêtre.
Juan célébra chaque jour l’Eucharistie.
A la mort de son oncle et de ses parents, il partagea son héritage entre ses frères et sœurs et partit pour Salamanque. Il fut reçu au séminaire (1450), puis se retira chez un chanoine pendant dix ans ; durant tout ce temps, il fut reçu docteur en théologie et en droit canonique, matières qu’il enseigna à son tour.
Sa prière réussit à obtenir la paix entre deux factions de Salamanque, qui se déchiraient depuis quarante ans (et firent beaucoup de victimes). C’est en souvenir de cela qu’une place de Salamanque porte le nom de Plaza de los Bandos.
On dit aussi que sa prière délivra la ville de la peste noire.
Après une nuit où il reçut des consolations extraordinaires du Ciel, il ne put en dire que ces quelques mots mystérieux : Seul Dieu sait ce qui se passa cette nuit-là entre Lui et mon âme. Mais on sait bien ce qui se passa ensuite : il se présenta dès le lendemain chez les Augustins et reçut le jour-même l’habit, tant il était connu pour sa sainteté et (déjà) ses miracles.
Un de ces miracles fut qu’il sortit d’un puits un petit enfant, qui put s’accrocher à son cordon en même temps que l’eau remontait au bord du puits ; un autre miracle fut qu’il adoucit un taureau déchaîné dans les rues de Salamanque, lui disant Tente, necio (Calme-toi, idiot), expression qui a donné son nom à la rue Tentenecio.
Dans le monastère, la bénédiction qu’il donnait chaque jour au tonneau de vin, fit que la quantité du précieux liquide ne diminua pas de toute l’année.
En 1464, il fit sa profession. L’année suivante, on le nommait maître des novices, puis définiteur pour la province, charge qu’on lui renouvela à chaque chapître jusqu’à la mort (fait unique dans l’histoire de l’Ordre).
Il faisait oraison après minuit jusqu’à l’heure de l’Office ; il se confessait jusqu’à plusieurs fois par jour, s’attirant les reproches du Prieur. Il ne pouvait célébrer la Messe en moins de deux heures, occupé à admirer  en vision Notre-Seigneur glorieux.
Lui-même fut deux fois nommé prieur, en 1471 et 1477.
Juan continua aussi à prêcher, reprochant aux seigneurs leur vie déréglée, visitant les prisonniers et cherchant à ramener dans le bon chemin des brebis égarées. Les miracles continuèrent : il aurait ressuscité sa nièce, morte de la peste. Il lisait dans les cœurs, il prophétisait, entre autres sa prochaine mort. Peu après en effet, il fut pris d’une sorte de torpeur mortelle, comme si on lui avait fait prendre quelque poison lent : on le lui aurait mélangé dans le vin de messe ou dans son repas, sur instigation d’une personne qu’il avait sévèrement blâmée pour sa mauvaise conduite.
Juan «de Saint-Facond» mourut le 11 juin 1479 ; sa tombe porta l’épitaphe suivante : Hic jacet per quem Salmantica non jacet : Ici repose celui par lequel Salamanque n’est pas tombée. Il a été choisi comme céleste Patron de Sahagún et Salamanque.
Il fut béatifié en 1601 et canonisé en 1691.

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