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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 23:00

 

Cœur Immaculé de Marie

 

 

 

Le Christ avait un jour lancé cet appel (Lc 12:49) : C’est un feu que je suis venu répandre sur terre, et quelle est ma volonté ? S’il avait déjà été allumé ! (1) 

Quel cœur humain a-t-il plus été embrasé d’amour que celui de la Mère de Jésus, Marie Immaculée ?

 

Si l’on peut dire que l’appel de Jésus-Christ était une invitation à l’Amour, on peut dire en même temps que Marie est celle qui répondit le mieux et le plus complètement à cet Amour, par son adhésion totale, inconditionnelle, à l’appel de son Fils.

 

Nous fêtions hier la fête du Cœur Sacré et nous écoutions son appel. Nous fêtons aujourd’hui la réponse à cet appel, la réponse la plus sainte, la plus pure, la plus aimante, celle du Cœur Immaculé de Marie.

 

Le Cœur immaculé de Marie, symbole de sainteté, d’amour de Dieu et du Christ, de bonté envers les hommes sauvés par le divin Sacrifice, nous aidera à nous modeler sur le Cœur de Jésus.

 

La lecture de cette fête nous fait chanter avec Marie la joie qu’Isaïe exprimait pour le peuple d’Israël revenu à son Seigneur. Le nouvel Israël est l’épouse mystique et pure de Dieu ; c’est toute l’Eglise qui est annoncée ici, l’Epouse de l’Agneau, comme Marie est l’épouse mystique de l’Esprit Saint, par Lequel elle enfanta Jésus.

 

Le chant de méditation est le cantique d’Anne, la mère du petit Samuel, qui rend grâce à Dieu pour le don de la maternité. C’est de ce chant, bien connu de Marie, que celle-ci s’inspira lorsqu’elle improvisa son Magnificat.

 

L’évangile de l’Enfant-Jésus retrouvé au Temple a été lu au lendemain de Noël, lors de la fête de la Sainte Famille (année C). Cet épisode douloureux pour les parents de Jésus s’achève par cette remarque de l’évangéliste Luc : Sa mère conservait toutes (ses) paroles dans son cœur (Lc 2:40).

 

Comme il avait déjà été bien éprouvé, ce cœur de Marie ! La naissance dans l’étable froide, la fuite en Égypte, et maintenant trois jours d’angoisse avant de retrouver son Fils ! Quelle maman aurait conservé la paix de l’âme dans ces épreuves ? 

 

Or, voilà la sainteté de Marie : elle accepte généreusement les épreuves, sans se plaindre, sans se départir de sa mission. Elle est fidèle. Marie a répondu Fiat au moment de l’annonciation ; ce Fiat continue dans les épreuves, dans l’accompagnement de Jésus sur sa route, jusqu’au Golgotha.

 

Autrefois, cette fête du Cœur Immaculé de Marie avait été mise au jour octave de l’Assomption, au moment où Marie se trouvait pleinement unie au Christ glorifié. Mais cette fête a trouvé sa juste place maintenant au lendemain de la fête du Sacré-Cœur, en signe de la réponse totale de Marie à son Fils divin.

 

Avec Marie, répondons généreusement à l’appel de Jésus, et n’hésitons pas à nous accrocher à Elle pour être conduits plus sûrement à la Vérité et à la Sainteté. 

 

(1)  D’après le texte de la Nova Vulgata, éditions 1979-1986.

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

11e dimanche per annum - B

 

Le message d’Ezéchiel est celui du renouveau. Ezéchiel a vécu la chute d’Israël, la prise de Jérusalem, l’exil à Babylone (les trois déportations du 6e siècle). Ces événements historiques sont pour lui l’occasion d’annoncer le retour en Israël, la reconstruction du Temple et la reprise du culte au Dieu unique. 

Mais surtout, cette reconstruction veut être un appel au renouveau intérieur de chaque pécheur, purifié par l’eau qui coulera abondamment du Temple, l’eau purificatrice qui jaillira du côté du Christ, l’eau de notre baptême.

Dans sa vision, le Prophète voit un grand cèdre, d’où sort un rameau nouveau : le rameau que plante Dieu tout en haut de la montagne et qui deviendra un arbre magnifique : l’Eglise, avec les innombrables peuples de toutes nations qui viendront s’y abriter.

Ce que dit le Prophète pour l’ensemble d’Israël et pour l’Eglise future du Christ, vaut aussi pour chaque Baptisé. Chacun de nous, s’il reçoit pleinement la grâce divine, peut devenir comme un grand arbre qui tour à tour aide, nourrit, abrite quantité d’amis et de frères ; l’histoire de l’Eglise nous fournit des centaines d’exemples de Saints qui, très souvent issus d’une condition sociale très humble, et avec des moyens matériels et pécuniers parfois dérisoires, ont donné lieu à des Œuvres, des Instituts, des courants très importants. 

Saint Jean-Marie Vianney était un petit paysan presque sans culture ; ses jeunes confrères riaient un peu de ce grand garçon de dix-neuf ans qui n’arrivait pas à mémoriser quelques mots de latin : son humble sainteté lui a donné cette sagesse pour laquelle il est devenu le Patron de tous les Prêtres.

Saint Vincent de Paul était un humble berger ; si humble qu’il est devenu prêtre à dix-neuf ans, et s’est trouvé à l’origine des Sœurs de la Charité.

Sainte Bernadette Soubirous, savait tout juste les trois prières du Notre Père, du Je vous salue et du Je crois en Dieu : c’est elle qui fut la messagère de la Sainte Vierge à Lourdes.

Ce sont là des exemples français, et l’on pourra en trouver de semblables dans tous les continents.

*       *       *

Le chant de méditation qui suit la lecture, reproduit le début et la fin du psaume 91, où réapparaît le cèdre du Liban. On le sait, les fameux cèdres du Liban sont des arbres millénaires ; les spécialistes avancent qu’il en existe actuellement deux tri-millénaires ; ils peuvent atteindre soixante mètres de hauteur, une cinquantaine de mètres de largeur de feuillage, sur un tronc de douze mètres de circonférence. Une plante véritablement majestueuse qui symbolise la vitalité, la force, la longévité. 

Le Liban est un petit pays de la superficie approximative d’un grand département français. Il a choisi comme emblème le cèdre, pour exprimer son désir de maintenir fidèlement la terre des ancêtres, malgré les difficultés, malgré les guerres, malgré les persécutions.

Annoncer dès le matin l’amour de Dieu peut, si l’on veut, évoquer la prière du croyant à son lever. Mais le texte original peut nous faire méditer davantage. Saint Jérôme a compris : Annoncer au matin ta miséricorde, en ce sens que depuis le début (le matin) de notre vie et de notre histoire, tout vient de Dieu, par l’effet de sa miséricorde, et non par nos mérites. Il faut savoir reconnaître que Dieu est riche en miséricorde (Dives in misericordia, Eph 2:4, cf. l’encyclique de Jean-Paul II) :

De ta miséricorde, Seigneur, la terre est remplie (Ps 118:64) ;

Béni soit Dieu, père de notre Seigneur Jésus-Christ, père des miséricordes (2Co 1:3).

Annoncer ta fidélité, au long des nuits peut aussi se comprendre comme la présence continuelle de Dieu près de nous, même (ou surtout) dans les moments douloureux et difficiles ; quand on se sent dans le brouillard, dans la nuit de l’erreur, seule la présence de Dieu ne cesse jamais et se trouve toujours là pour nous relever.

Soutenu par une telle présence, le juste grandira comme un palmier, comme un cèdre du Liban, car il reçoit une force non humaine, non terrestre. C’est cette force que ressentent ceux qui savent passer un peu de leur journée auprès du Saint-Sacrement : on en sort tellement fortifié, tellement consolé, tellement illuminé !

Ce psaume 91 porte le sous-titre pour le jour du sabbat. Ce jour-là, les Juifs suspendent l’activité. On lit l’Ecriture, on médite davantage, on laisse son esprit au repos. Dommage que l’on ne nous fasse pas lire le verset musical : (de jouer) sur la lyre à dix cordes et la cithare avec un murmure de harpe. Comme ces douces sonorités doivent être appropriées pour accompagner la prière et la méditation ; et pourquoi n’essaierait-on pas de les introduire plus souvent dans notre liturgie ? David était un fin musicien : s’il jouait auprès du roi Saül (1S 19:9), il se servait de son instrument surtout pour la prière.

En vieillissant, l’homme s’affaiblit physiquement, selon la loi de notre nature, mais dans son esprit, il peut conserver une jeunesse inaltérée, s’il vit chaque instant en présence de Dieu. Le psaume ajoute qu’il fructifie encore, qu’il garde sa verdeur. Il faut bien être conscient que cette Vie ne s’arrête jamais, quand on se remet totalement à Dieu. Pour l’être qui est solidement attaché à cette Vie, la mort qui interrompt son existence humaine n’est pas une fin et l’Eglise chante, dans la liturgie des Défunts : La vie change, elle n’est pas enlevée. Mieux, Thérèse de Lisieux (maintenant Docteur de l’Eglise), disait en «mourant» : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie !

Voir notre vie dans cette optique changera beaucoup de choses dans nos manières de réagir, de penser, de parler. Au lieu de se confier à des réalités éphémères, changeantes, versatiles, appuyons-nous sur ce qui est la source de la Vie, de la Force. Notre psaume s’achève sur cette proclamation qui n’est pas qu’une figure de style : Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! Dans le désert, Moïse fit jaillir du Rocher l’eau précieuse pour désaltérer le peuple juif ; ce Rocher, par la suite, désigna Dieu Lui-même, et le psalmiste le personnifie quand il dit : Venez, acclamons le Rocher de notre salut (Ps 94:1) ; et le Christ confirmera cette «solidité» en appelant Simon Pierre, et en construisant son Eglise sur cette Pierre (Mt 16:18).

*       *       *

S’appuyer sur cette Pierre, c’est vivre dans la Foi. Nous cheminons dans la foi, dit l’Apôtre Paul. La semence que nous avons reçue au baptême, durant notre enfance, durant nos années de formation, germe peu à peu jusqu’à donner son fruit. 

Parfois les éducateurs et les parents restent dubitatifs sur l’évolution de leurs enfants : ont-ils réussi ? ont-ils oublié quelque chose ? ont-ils eu tort de faire tel ou tel choix ? Dans toute la vie de l’homme, il y a la part de l’erreur possible, mais rassurons-nous : ce qui est fait avec intention droite, dans le but de plaire à Dieu, reçoit toujours la bénédiction céleste. Ce qui est semé avec amour dans le cœur du petit enfant, donnera un jour une belle fleur.

Il y a aussi des moments où les éducateurs voudraient voir trop tôt le “bon résultat” de leurs efforts ; ils voudraient que les enfants grandissent tout de suite dans la perfection, sans se tromper, sans dévier. Cela est impossible. Chaque être avance avec ses moments d’hésitation et d’erreur, comme l’automobiliste qui cherche son chemin en terrain inconnu. Si nous nous préoccupons de fournir à nos enfants une boussole de bonne qualité, avec l’Evangile et l’Eglise éternelle, nul doute qu’ils retrouveront toujours le bon chemin après quelques erreurs. Cela se fera, un jour, plus tard, pas forcément sous nos yeux. L’important est le regard de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour (Ps 89:4). Saint Paul nous le dit : Nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir.

Si nous semons dans la Vérité, si notre ambition est de plaire au Seigneur, nous ne devons pas nous laisser prendre par le scrupule, mais continuer notre marche. 

La pensée de l’Apôtre est invariable :

La tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance (Ro 5:3) ; Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu (Ro 8:35,39). 

Ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour qu’on voie bien que cette extraordinaire puissance appartient à Dieu (2Co 4:7). 

Pour Lui je souffre jusqu’à porter des chaînes comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée. J’endure tout pour les élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut en Christ Jésus avec la gloire éternelle (2Tm 2:9-10).

*       *       *

Ces réflexions nous amènent à l’évangile. Comme l’apôtre Paul, nous pourrons avec lui renouveler notre confiance en Dieu et en l’Eglise, sans nous préoccuper du comment.

La petite graine semée en terre, patiemment entretenue et arrosée, donnera le blé dont nous ferons le pain ; la graine de moutarde donnera les grandes branches où les oiseaux feront leur nid.

Quelle chance avaient les disciples, à qui le Seigneur expliquait tout !

Mais ayons confiance, nous aussi, en la Parole de Dieu : depuis vingt siècles, l’Eglise poursuit l’œuvre du Christ et nous répète l’enseignement qu’elle en a reçu. Le Christ a semé dans le cœur de ses Apôtres, et malgré les événements de l’histoire, malgré les persécutions, cette divine semence continue de fructifier aujourd’hui.

A la mesure où nous restons fidèles à l’Eglise du Christ et que nous cherchons à vivre la Parole reçue, nous porterons à notre tour du fruit.

Sans nous en rendre compte, nous deviendrons nous aussi à notre tour ces branches où les oiseaux viendront faire leur nid, où nos frères humains viendront chercher le réconfort moral et spirituel dont ils ont besoin. Parmi les Saints et les Saintes, certains ont prêché, d’autres ont fondé des écoles, ou des orphelinats, ou des hôpitaux ; certains ont voyagé, d’autres ont aidé toute leur vie leurs paroissiens… Quoi qu’ils aient fait, en union avec leurs Supérieurs, avec les Evêques et les Papes, ils ont prolongé et entretenu la sainte culture du Christ, étant tous autant de branches de cet immense cèdre qu’est l’Eglise et où se sont abrités les oiseaux.

*       *       *

Dans la Prière du jour, l’Eglise nous fait bien redire combien l’homme est fragile, et qu’il trouve sa force en Dieu. 

A la suite des Saints et des Saintes, si nous observons les commandements de Dieu et de l’Eglise, toute notre activité recevra la bénédiction fructifiante de la grâce divine.

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 23:00

Le Sacré-Cœur - B

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. 

De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges, dès les Prophètes de l’Ancien Testament, jusqu’à notre époque contemporaine.

*       *       *

Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme très frappante. 

Le peuple d’Israël s’était détourné de Dieu, comme chacun de nous le fait très souvent.

Pour ramener ce peuple infidèle, Dieu demanda à Osée une chose vraiment difficile : lui, l’homme fidèle, il devrait épouser une femme prostituée ; et il donnerait à ses deux enfants des noms tout-à-fait symboliques :  Mal-aimée et Pas-mon-peuple. La position du Prophète assumerait ainsi une valeur de leçon pour tout le peuple.

Dans son humiliation, Osée préfigure déjà le Christ qui a été fait péché (2Co 5:21).

Mais Dieu ne s’arrête pas au reproche. Il veut la conversion. Il appelle Israël à la conversion car Son amour demeure : J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). 

Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

La lecture d’aujourd’hui est au chapitre 11. Il retrace brièvement la longue histoire du peuple d’Israël depuis l’Egypte, non pas d’un point de vue historique, mais en montrant comment Dieu s’est montré si paternel : en le soutenant dans mes bras… par des liens de tendresse… je le traitais comme un nourrisson : on dirait une  maman !

On relèvera le premier verset de notre lecture qui, dans le texte original dit ceci : Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Egypte j’appelai mon fils. C’est le verset cité par Matthieu (Mt 2:15), pour expliquer comment le jeune Israël était alors une figure du Messie : Jésus aussi, exilé pour échapper à la fureur du persécuteur, reviendra d’Egypte. Vrai Messie, Jésus, lui, sera fidèle jusqu’au bout.

La prophétie d’Osée est toute une histoire d’Amour ; et le texte de méditation va nous en donner un autre aperçu.

*       *       *

Le chant d’Isaïe est une action de grâces ; il nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour ses hauts faits ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme : Il est grand au milieu de nous ! 

En réalité, c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. 

Mais Dieu est là, l’Emmanuel, le Saint d’Israël qui a fait des prodiges par l’Incarnation et la Rédemption, par tous ses miracles.

*       *       *

Après les Prophètes, saint Paul montre aux Ephésiens, à son tour, son action de grâce, sa reconnaissance à Dieu : lui, le persécuteur, c’est lui qui a été appelé à proclamer le projet éternel de Dieu : Jésus-Christ, mort et ressuscité. 

La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire le dernier de tous les fidèles, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ, d’avoir trahi Dieu comme le peuple d’Israël au temps d’Osée ; et il tombe à genoux devant le Père.

L’action de grâce de Paul s’élargit à tout le peuple chrétien : tous, avec Paul, nous devons remercier Dieu, Le chanter pour son Amour. Cet amour est si incommensurable, que l’Apôtre ne termine pas sa phrase : la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Nous ne finirons jamais de remercier Dieu.

Allons plus loin. Remercier Dieu n’aurait pas de sens si nous ne nous dirigions pas davantage vers une réelle sanctification, si nous ne cherchions pas à raboter cette barrière obscure qui demeure entre ce que nous proclamons et ce que nous sommes au-dedans.

Pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir le vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire mourir le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. 

Il y faut parfois - c’est vrai - un réel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. Paul nous le dit : Que Dieu vous donne la puissance par son Esprit pour rendre fort l’homme intérieur. Ailleurs, le même Apôtre nous encourage : Avec la tentation (Dieu) vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour nous encourager à entrer dans la Vie nouvelle.

*       *       *

On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint. 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? L’habitude de supplicier les criminels conférait aux bourreaux une certaine connaissance du corps humain :  si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, leur supplice serait très rapide, car ils mourraient presque instantanément par asphyxie, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient un peu respirer plus longtemps - et le supplice s’en trouvait prolongé. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : en brisant les jambes, on provoquait un dernier affaissement du corps et l’asphyxie totale, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

Mais Jésus était déjà mort. Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean rappelle alors qu’en effet, il est écrit dans la Loi de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice (Ex 12:46) ; maintenant, le vrai Agneau, c’est Jésus. 

De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme. 

Maintenant, l’Epouse, c’est l’Eglise, qui prend vie du côté de son Epoux, le Christ.

En marge de ces réflexions, rappelons une tradition parallèle à notre texte, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré. Ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin en souvenir de sa lance - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourur martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

*       *       *

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, quelques autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise.

Rappelons encore que ces textes ne sont pas inspirés au même titre que l’Ecriture et ne sont pas indispensables à notre connaissance de la Vérité.

En ce qui concerne les Saints, l’Eglise a soigneusement examiné leurs écrits et les a déclarés «non contraires à la Foi» ; parmi ceux cités ci-après, seule Catherine de Sienne a été proclamée Docteur de l’Eglise, ses écrits ayant été jugés par l’Eglise remplis d’une eminens doctrina.

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baij en Italie (†1766), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 23:00

 

Sacré-Cœur

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges.

 

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Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme vraiment frappante : Dieu lui demande d’épouser une femme prostituée, pour montrer qu’Israël, l’épouse de Dieu, s’est éloignée de Lui et s’est prostituée vers le mal. Ses enfants auront symboliquement nom “Mal-aimée” et “Pas-mon-peuple”, pour montrer combien Dieu ne reconnaît plus ses enfants.

 

En même temps que Dieu reproche à Israël son infidélité, Il l’appelle à la conversion car Son amour demeure : “J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : “Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

 

On le constatera, cette prophétie est toute une histoire d’Amour ; maintenant, le texte de méditation nous en donne un autre aperçu.

 

*       *       *

 

Ici, c’est Isaïe, qui nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour “ses hauts faits” ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme, comme on l’entend souvent dire dans les conversations : c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. Mais Dieu est là, au milieu de nous, l’Emmanuel, “le Saint d’Israël” qui a “fait des prodiges” par l’Incarnation et la Rédemption.

 

*       *       *

 

Saint Paul ensuite montre aux Ephésiens combien il est infiniment reconnaissant à Dieu pour Son “projet éternel”, qui s’est réalisé en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire “le dernier de tous les fidèles”, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ ; et il “tombe à genoux devant le Père” qui nous a enrichis de la “puissance de l’Esprit pour rendre fort l’homme intérieur”.

 

En effet, pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir notre vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire “mourir” le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. Mais il y faut parfois - c’est vrai - un cruel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. C’est cette force dont parle Paul dans l’épître.

 

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour introduire les hommes dans une vie toute nouvelle, dans la vie du Ressuscité.

 

*       *       *

 

On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint ; il y faut expliquer un détail parfois mal compris. 

 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? Si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, le supplice serait très rapide, car ils mourraient comme asphyxiés, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient respirer un peu plus longtemps - et souffrir davantage dans cette position écartelée. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : on brisait les jambes, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

 

Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean précise qu’en effet, il est prescrit de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice, figure du vrai Agneau, Jésus (Ex 12:46). De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme.

 

*       *       *

 

Une tradition “parallèle”, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré, rapporte que ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourut martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

 

Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, d’autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise, dont on retrouvera aisément diverses informations soit sur ce Blog, soit sur Internet.

 

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna Kowalska (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baji en Italie (XVII), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 23:00

Luigi Lenzini

1881-1945

 

Luigi Lenzini naquit le 28 mai 1881 à Fiumalbo (Modène, Emilie-Romagne, Italie C).

En 1904, il fut ordonné prêtre.

Il exerça son activité sacerdotale à Casinalbo, Finale Emilia, puis il fut curé à Roncoscaglia (1912) et à Montecuccolo (1921).

Ce curé zélé avait une âme contemplative, et songea un moment à entrer dans la congrégation des Rédemptoristes à Rome ; mais il retourna dans son diocèse et fut aumônier du sanatorium de Gaiato.

En 1941, il fut nommé à la paroisse de Crocette di Pavullo. C’était l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, et l’Italie fasciste entra en guerre aux côtés de l’Allemagne nazie. Comme beaucoup de curés italiens, don Lenzini protégea des personnes pourchassées par l’occupant ; au moment de la «Libération», lors d’affrontements politiques acharnés entre partisans communistes et éléments pro-nazis, don Lenzini éleva la voix pour rappeler qu’il ne servait à rien de se battre entre frères.

Dans une de ses dernières homélies, il répéta : Ils m’ont forcé à me taire, ils veulent me tuer, mais je dois faire mon devoir même au prix de ma vie.

Ce prix, il allait le payer dans la nuit du 20 au 21 juillet 1945. Un groupe d’anciens partisans entra par effraction dans le presbytère, où ils réveillèrent le pauvre curé. Sans lui laisser le temps de se vêtir, ils l’emmenèrent, et l’on ne sait quelles paroles ils lui adressèrent, quelles tortures ils lui infligèrent : quelques jours plus tard, on retrouva son corps à moitié enterré dans une vigne proche.

Luigi Lenzini sera béatifié en 2022, et inscrit au Martyrologe le 21 juillet.

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 23:00

Kim Barbara
(Gim Bareubara)
1804-1839

Barbara était servante dans une famille coréenne catholique.
Elle voulait conserver sa virginité.
Un jour son père vint la voir et lui dit qu’il fallait se marier. Il disait qu’il lui avait trouvé un bon compagnon, catholique. En réalité, son père la trompait ; il se refusait simplement à voir sa fille rester vierge.
Barbara accepta ce mariage, et découvrit bien vite que son mari était un païen convaincu. Elle essaya de l’amener au Christ, en vain. Elle eut plusieurs d’enfants, dont une seule fille fut croyante.
Après la mort de son mari, Barbara fut baptisée par les missionnaires, qui venaient d’arriver en Corée. A partir de ce moment-là, Barbara fut une fervente catholique.
Arrêtée en mars ou avril 1839, avec toute la famille à laquelle appartenait la maison où elle habitait, elle refusa d’apostasier et de donner des noms d’autres Catholiques.
Elle fut torturée, frappée jusqu’à ce que ses os fussent brisés, mais elle proclama sa foi jusqu’à la fin.
Elle mourut en prison, victime de la typhoïde qui sévissait dans les geôles de la prison, à cause des très mauvaises conditions hygiéniques où se trouvaient les prisonniers.
C’était le 27 mai 1839. Elle n’avait que trente-cinq ans.
Kim Barbara fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.
Les Martyrs coréens sont fêtés ensemble le 20 septembre.

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 23:00

Mariantonia Samà

1875-1953

 

Mariantonia (Marie-Antoinette) Samà naquit le 2 mars 1875 à Sant’Andrea Ionio (Catanzaro, Italie S), fille unique de Bruno (qui mourut déjà en 1874) et de Marianna Vivino, de très pauvres personnes.

Mariantonia reçut le baptême le 3 mars 1875, la Première communion et la Confirmation en 1882.

La vie fut très difficile, à cause de cette extrême pauvreté. Chaque semaine, Mariantonia conduisait au moulin la mule chargée de blé et, au retour, échangeait la farine contre une miche de pain.

Dans cette pauvreté, autant la mère que la fille étaient complètement illettrées et ne parlaient que leur dialecte local. Mais elles étaient très attachées à la religion : été comme hiver, elles se rendaient pieds-nus à la Messe.

C’est en 1886 que commença la calvaire de la pauvre Mariantonia. Après avoir accompagné sa mère pour laver du linge le long de la rivière, au retour elle but de l’eau sans doute non potable et en resta très malade et paralysée pendant un mois, n’articulant que des sons incohérents, et ne prenant de la nourriture qu’après minuit. On en vint à supposer un cas de possession diabolique, qui devait durer huit années.

En 1894, une pieuse personne, baronne de son état, organisa le transport de la pauvre Mariantonia à la chartreuse proche (là où mourut s.Bruno, v. 6 octobre) ; le voyage connut bien des péripéties, car il fallut «enfermer» Mariantonia dans une sorte de caisse, à cause de ses violentes convulsions ; quatre gaillards portaient cette caisse avec son contenu vivant,  la malheureuse Mariantonia.

A leur arrivée à la chartreuse, les moines procédèrent à un exorcisme en règle, avec prières et chants, sans aucun changement. On présenta alors à Mariantonia le buste-reliquaire de saint Bruno, qu’elle saisit dans ses bras, déclarant qu’elle était guérie.

Cette accalmie dura seulement deux ans. En 1896, une pénible arthrite s’empara d’elle, la clouant au lit sur le dos, les jambes repliées. Ce devait être sa position jusqu’à la fin de sa vie, pendant cinquante-sept ans.

La brave maman de Mariantonia mourut en 1920. De braves gens du village se relayèrent pour lui apporter de la nourriture.  Mariantonia souffrait beaucoup mais, dans sa pudique modestie, ne voulait pas se faire examiner par le médecin. Ce sont les Religieuses qui vinrent l’aider à se soigner. De ce qu’on lui apportait, elle n’acceptait que le strict nécessaire pour elle, et en faisait remettre la presque totalité aux pauvres - à plus pauvre qu’elle.

Elle appréciait particulièrement la présence de l’Eucharistie que lui apportait le prêtre, se sentant ainsi plus près de Jésus. On venait prier avec elle et on lui demandait aussi des conseils : sa réponse était souvent de redonner courage et espérance.

Mariantonia reçut le voile noir des Sœurs du Sacré-Cœur, devenant ainsi tertiaire de cette congrégation. Désormais, on appela Mariantonia la petite sœur de saint Bruno. On se rappelle que déjà le papa de Mariantonia s’appelait Bruno ! Mariantonia fit en 1915 les vœux privés, avec la permission du curé de la paroisse.

Le long calvaire de Mariantonia prit fin au matin du 27 mai 1953, tandis qu’on priait près d’elle les litanies de la Sainte Vierge ; elle prononça les noms de Jésus et Marie, et entra dans l’Eternité. Contrairement à ce qu’on pouvait supposer, le corps de Mariantonia ne montrait aucune trace d’escarres, la peau apparaissant parfaitement lisse.

Une parente de Mariantonia affirma : Aucune plainte n’est jamais sortie de sa bouche.

Mariantonia Samà sera béatifiée en 2021, et inscrite au Martyrologe le 27 mai.

Le miracle reconnu pour cette béatification concerne une femme de Gênes, gravement atteinte de polyarthrite dégénérescente jusqu’aux genoux ; en décembre 2004, dans sa douleur intense, cette femme invoqua fortement Mariantonia, qu’elle avait connue autrefois.

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 23:00

 

Fête-Dieu - B

 

Cette belle fête du Saint Sacrement est traditionnellement placée au jeudi après la fête de la Sainte Trinité, car c’est le Jeudi Saint que fut institué ce Sacrement de la Vie en même temps que celui du Sacerdoce. On y faisait autrefois une solennelle procession par les rues des villages et des villes, avec force concours de peuple, décorations, drapeaux, et pétales de fleurs. Mais comme en notre douce France chrétienne cette journée n’est plus chômée, l’Eglise la célèbre au dimanche suivant, pour qu’au moins elle soit célébrée avec quelque participation du Peuple chrétien.

 

*       *       *

 

Dans le livre de l’Exode, le chapitre 24 occupe une place centrale, comme conclusion de l’alliance instituée au Mont Sinaï, et comme prélude à l’organisation de culte au désert. Le récit que nous en lisons aujourd’hui montre les actes rituels de Moïse et du peuple au pied de la montagne, achèvement du contrat juridique et législatif, avant que Moïse, Aaron, Nadab et Abioud montent “vers le Seigneur”. C’est ensuite que Moïse s’approchera encore plus près de Dieu et en recevra toutes les instructions relative à l’Arche, aux prêtres, aux vêtements sacrés, et enfin les Tables de la Loi.

 

C’est un plaisir de lire ces pages de recommandations célestes, où Dieu décrit à Moïse en détail comment doit s’organiser le culte. Ici, Moïse commence par ériger un autel, avec “douze pierres pour les douze tribus d’Israël” : selon les grands exégètes (dont Philon, puis saint Augustin), c’est le peuple entier, représenté par ces douze pierres, qui est l’autel de Dieu et en même temps le temple où il habite, et dans ce sens-là s.Pierre écrira plus tard dans son épître : “Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce” (1Pt 2:5).

 

Moïse envoie ensuite les “jeunes gens” pour offrir des holocaustes ; ces jeunes gens sont choisis parce qu’ils sont encore vierges, purs, comme le veut Yahwé. Plus tard on verra que les prêtres, pour servir au Temple, devront vivre en totale continence avant d’aller officier. Encore une fois ici nous avons l’occasion de vérifier que le célibat ecclésiastique n’est pas une “récente invention” de l’Eglise, mais une tradition hautement attestée dès l’Ancien Testament. Les sacrifices offerts à ce moment-là ne sont pas encore les sacrifices pour les péchés, mais ce sont des holocaustes en l’honneur de Yahwé, des actions de grâces pour les dons reçus de Lui.

 

Ensuite intervient Moïse qui répand le sang en différents bassins, puis sur l’autel. Il préfigure le Sacrifice du Christ, l’effusion du Sang de l’Agneau innocent, dont il asperge ensuite tout le peuple. Puisque cet autel représente Yahwé, le symbole du sang aspergé sur le peuple montre l’union qui se fait alors entre Dieu et le peuple, par l’intermédiaire du médiateur, Moïse. Ainsi, commente la Lettre aux Hébreux, “La première alliance n’a pas été inaugurée sans effusion de sang… D’ailleurs selon la Loi, presque tout est purifié par le sang, et sans effusion de sang il n’y a point de rémission (He 9:18,22).

 

*       *       *

 

C’est justement ce même chapitre aux Hébreux qui est repris dans la deuxième lecture de cette grande fête.

 

*       *       *

 

Le psaume d’aujourd’hui, habituellement noté 115, parfois inclus dans le 116 en certaines versions, évoque ce sacrifice d’action de grâce. Il faut lire attentivement ces lignes du psaume, car nous n’y sommes pas assez habitués : soit on le perçoit comme un texte “mystique” incompréhensible, soit on écoute distraitement le psalmiste, sans se rendre compte que ces paroles sacrées ont été chantées par Jésus-Christ dans sa prière quotidienne, Lui qui en était précisément l’accomplissement vivant.

 

On pourra s’arrêter sur cette expression : “Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens”, qui semble évoquer une “souffrance” de Dieu au regard du sacrifice de Jésus, ou de tous les Martyrs de tous les temps. La souffrance appartient à Jésus, comme Chef du Corps Mystique de l’Eglise tout entière, à tous ses Martyrs et à tous les Fidèles, comme membres du même Corps Mystique ; selon le mot de s.Paul, ces membres achèvent en leur chair “ce qui manque aux épreuves du Christ”, non pas que le Sacrifice du Christ soit imparfait, mais chaque Chrétien doit participer personnellement au Sacrifice Éternel, par une part de souffrances qui sont son “sacrifice”. De même que Jésus a offert à Son Père un Sacrifice agréable, de même les Martyrs et tous les Fidèles ont la mission d’offrir à Dieu leurs sacrifices agréables à Ses yeux. 

 

Avec Louis Segond et d’autres, on pourra donc préférer cette autre traduction du verset en question : “Elle a du prix aux yeux de Yahwé, la mort de ceux qui l’aiment”. Dans la Vulgate (y compris la dernière édition Nova Vulgata) : “Pretiosa in conspectu Domini mors Sanctorum eius”.

 

*       *       *

 

Enfin, le texte de l’évangile est pris en saint Marc, car nous sommes dans l’année liturgique “B”, liée au deuxième évangile. Ici Jésus déclare ouvertement aux Apôtres que ce Sang est celui “de l’Alliance, répandu pour la multitude”. Quelques heures après, Jésus mourait sur la Croix, avant d’entrer dans la Gloire de l’Éternité, où il boit désormais non plus ce vin humain, mais où Il est l’éternel et souverain Prêtre de l’Alliance Nouvelle et Éternelle : ce sera le Festin éternel, celui des Noces éternelles, dans l’union définitive de l’Époux avec l’Épouse immaculée, l’Église, la Jérusalem céleste “belle, comme une jeune mariée parée pour son époux (Ap 21:2).

 

*       *       *

 

Pour finir, un petit mot sur la Séquence “Lauda Sion” qu’on chante parfois après la deuxième lecture. C’est un texte tardif du célèbre dominicain s.Thomas d’Aquin (†1274), qu’il composa justement pour la Fête-Dieu nouvellement instituée. Cette belle poésie expose toute la doctrine de l’Eucharistie et du Sacrifice. La mélodie n’est pas vraiment grégorienne, mais s’en inspire suffisamment pour être encore appréciée des spécialistes. L’important ici est de chanter avec vigueur notre foi et notre action de grâces pour ce Don divin de l’Eucharistie.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:00

Han A-gi Barbara
(Han A-gi Bareubara)
1791-1839

Née vers 1791 à Kwang-chon (Gangweon-do, Corée du Sud), dans une famille déjà catholique, Barbara vécut longtemps sans prêter attention à la Foi.
Elle épousa un païen.
Un jour, sa mère vint lui rendre visite en compagnie de Kim Magdalena, qui l’aidèrent à voir son erreur ; à partir de ce moment, Barbara vécut en chrétienne exemplaire.
Quand elle eut environ trente ans, son mari et ses enfants moururent. Elle revint chez sa mère.
Elle avait le souci du salut des âmes et enseignait aux catéchumènes. Elle n’épargnait pas sa peine pour aller baptiser les enfants en danger de mort, pour supplier les païens de se convertir ; elle jeûnait et offrait des sacrifices pour obtenir la bénédiction de Dieu sur ses activités.
Barbara fut arrêtée avec Kim Magdalena.
Torturée, elle ne manqua aucune occasion de professer sa foi.
Le vendredi 24 mai 1839, elle fut décapitée avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Elle avait quarante-huit ans.
Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:00

Yi Kwang-hŏn Augustinus
(Yi Gwang-heon Auguseutino)
1787-1839

Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Gyeonggi-do, Corée S), d'une famille noble. Son jeune frère, Yi Kwang-nyŏl Ioannes Baptista, mourra lui aussi martyr, le 20 juillet de la même année (1838), et sera lui aussi canonisé.
Il épousa Kwŏn Hŭi Barbara, qui mourra martyre à son tour, le 3 septembre 1838, et sera canonisée avec lui.
De ce mariage naîtra une fille, Agatha, elle aussi martyrisée à dix-sept ans le 9 janvier 1840, et canonisée avec ses parents.
Augustinus avait un excellent caractère, tolérant, plein de talents et de grande intelligence. Jeune, il aimait les plaisirs et la vie aisée. Mais à trente ans tout changea, quand il devint catholique avec son épouse et son jeune frère. Il prit le nom d’Augustinus, en souvenir de la conversion de saint Augustin. Désormais, sa vie fut exemplaire.
Pour échapper aux persécutions, il déménagea plusieurs fois, et perdit finalement tous ses biens. Il embrassa la pauvreté avec la foi d’un vrai Chrétien. Personne ne l’entendit se plaindre.
Ce fut la communauté chrétienne qui se cotisa pour lui acheter une habitation, au-delà de la Porte Etroite Ouest.
Augustinus devint catéchiste, et sa maison servit de chapelle. Il était toujours prêt à rendre service, à convertir les tièdes, à enseigner aux catéchumènes. Il s’occupait des malades, baptisait les enfants en danger de mort.
Lors de la persécution, toute la famille fut arrêtée, le 7 avril 1839, voici comment : bien que la maison eût l’apparence d’une auberge, on la réquisitionna et on arrêta tous les catholiques qui s’y trouvaient. Parmi ceux-ci se trouvait l’épouse d’un catéchumène, qui en réclama la libération. En échange il donna le nom de cinquante-trois Catholiques qu’il connaissait, dont Augustinus et les siens.
On proposa à Augustinus la libération de son épouse et de ses enfants, s’il acceptait juste de dire qu’il n’était pas chrétien. Il répondit : Je ne peux pas renier Dieu parce que j’aime ma femme et mes enfants. Je ne peux pas leur montrer ma faiblesse.
Les policiers le battirent sur les jambes avec un gourdin triangulaire, puis il reçut le même supplice que saint Chŏng Kuk-bo Protasius le 20 mai précédent. Il saignait abondamment, sa chair était en lambeaux et l’on voyait ses os, brisés par les coups. Ceux qui le voyaient en étaient horrifiés, mais Augustinus ne bronchait pas.
Même le chef de la police se fatigua de le torturer et lui montra de la «sympathie», lui proposant de dire seulement qu’il obéirait au roi. Augustinus en profita pour demander la libération de ses deux enfants, en particulier de sa fille qui se trouvait au milieu des voleurs. Le chef de police lui proposa de les libérer purement et simplement, s’il apostasiait. Augustinus refusa.
Les enfants d’Augustinus et sa vieille maman de quatre-vingt ans demeurèrent volontairement en prison.
Le vendredi 24 mai 1839, Augustinus fut décapité avec huit autres Catholiques, au-delà de la Porte Etroite Ouest. Il avait presque cinquante-trois ans.
Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1968. Son dies natalis est au 24 mai, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens est au 20 septembre.

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