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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00

6e dimanche per annum

 

*       *       *

La lèpre occupe dans le Lévitique une place très importante (deux chapitres : Lv 12 et 13). 

On ne contracte cette maladie qu’après un contact prolongé avec un autre malade, et elle cesse d’être contagieuse dès qu’on commence de la soigner, même si ses effets sont encore visibles.

Or, théologiquement, cette maladie ressemble à une autre, spirituelle : l’erreur. On tombe dans une erreur quelconque après avoir fréquenté assez longuement, de façon physique ou seulement intellectuelle, quelqu’un qui se trouve déjà dans cette erreur, mais aussi on est déjà bien soulagé dès qu’on commence de lutter contre cette erreur, même si parfois il n’est pas facile d’en éradiquer toutes les coséquences.

Pour cette similitude, la lèpre était donc vue symboliquement comme le signe extérieur d’un état intérieur fautif, dévié, étranger à la Loi divine. C’était pour cela le rôle du prêtre de la constater et de se prononcer. Ce pécheur, impur, devait être exclu du camp, de même qu’un hérétique, dans l’Eglise, est excommunié.

Dans la Loi, il n’existait pas encore de sacrement pour la réconciliation ; le pécheur devait attendre sa guérison dans la pénitence. On verra tout-à-l’heure dans l’évangile comment Jésus perfectionnera la Loi.

 

*       *       *

Le psaume 101 est un cri confiant du pécheur vers Dieu ; c’est un des psaumes traditionnels «de la pénitence». Le premier verset est chaque jour répété par tous ceux qui prient la Louange des Heures (le bréviaire), pour invoquer la présence de Dieu.

S’adresser à Dieu implique en effet qu’en premier lieu on sache se reconnaître pécheur et qu’on demande pardon. C’est le sens du rite initial de la Messe. 

Après cet appel à la miséricorde de Dieu, le psaume s’achèvera sur une vision de la consolation, du rétablissement de Sion (la colline de Jérusalem, symbole de l’Eglise) où se joindront peuples et royaumes pour rendre un culte à Yahvé (v. 23). 

La réponse de Dieu se manifeste dans son infinie miséricorde. La première antienne de Communion y fait allusion : Ils mangèrent et furent rassasiés, leur attente ne fut pas trompée.

 

*       *       *

Puisque la première lecture est en lien direct avec l’évangile, lisons tout de suite le récit de la guérison du lépreux.

Ce pauvre lépreux vient trouver Jésus, spontanément, librement ; il tombe à genoux, humblement ; et dans un acte de foi sincère, il déclare au Médecin céleste : Tu peux me purifier.

Il n’est pas allé dire cela aux prêtres du Temple, mais il vient le dire à Celui qu’il reconnaît comme seul habilité à remettre les péchés, à Dieu. Il y ajoute cette expression : Si tu le veux…

Nous avons là tous les éléments de notre sacrement de Réconciliation : le pécheur doit y reconnaître son péché, l’avouer au prêtre et vouloir s’en débarrasser, et le prêtre doit avoir cette intention de remettre le péché. Jésus y ajoute ce geste si bienveillant : il le toucha, en signe d’élection, comme s’il lui disait : Toi, toi qui m’as dit ‘si tu le veux’, toi, je te guéris.

Toute faute, tout désordre, appelle une «restauration» ; le pécheur, pour être pleinement pardonné, doit réparer sa faute. C’est le sens de l’injonction de Jésus : Va te montrer au prêtre, qui constatera la guérison, donc le pardon reçu de Dieu. A partir de ce moment, le pécheur guéri reprendra sa place dans l’assemblée.

Les prêtres seuls savent quelle joie ils ont de remettre les péchés aux pénitents ; et ceux qui vont confesser leurs péchés au prêtre peuvent dire quel soulagement ils ressentent en se relevant, absous. 

On fera ici une différence entre l’absolution qu’on reçoit au début de la Messe ou lors d’une cérémonie pénitentielle, et le sacrement proprement dit de la Réconciliation. Dans les deux premiers cas, le prêtre remet les fautes légères aux personnes présentes, avant de passer au Sacrifice ; dans le Sacrement, le prêtre donne l’absolution pour des péchés plus graves ou plus fréquents, après que le pénitent les ait reconnus explicitement et qu’il ait exprimé son ferme désir de s’en amender.

Mais Jésus demande en plus quelque chose de bien particulier à ce cher Converti : Ne dis rien à personne ! 

Comment ne rien dire, quand on est guéri d’une si horrible maladie comme la lèpre ? Oui, Jésus demande la discrétion, car le bruit extérieur, les nouvelles à sensation qu’on colporte, tout ce qui est clamé en gros titre dans la presse quotidienne - ne favorisent pas la vraie conversion du cœur, la vraie conversion que Dieu attend de nous.

L’évangile ne dit pas que le lépreux ait été de quelque façon “puni” d’avoir parlé, mais Jésus se trouve désormais dans l’impossibilité de parler vraiment au cœur des hommes qu’il rencontre, car il est assailli par toute une foule hurlante et délirante qui crie et gesticule, genre de manifestation populaire bien en vogue déjà à l’époque de Jésus, et qui ne favorise guère un climat spirituel de prière.

 

*       *       * 

Comme les dimanches passés, nous lisons les conseils de l’apôtre Paul aux Corinthiens. Dimanche dernier, il s’était concentré sur la nécessité de prêcher la Bonne Nouvelle ; aujourd’hui, il ose des expressions en apparence orgueilleuses sur lui-même : Faites comme moi - Prenez-moi pour modèle.

Saint Paul ne dit pas du tout qu’il est parfait, sans défaut, et qu’il faille l’imiter en tout. Mais comme il a entendu et vu le Christ sur le chemin de Damas (cf. Ac 9), il explique ainsi son comportement : puisque mon modèle à moi, c’est le Christ, vous pouvez être tranquilles que je n’agis qu’en exacte conformité avec le Christ.

Quel Apôtre aurait-il été, s’il avait prêché autre chose que l’enseignement du Christ, et si lui-même vivait autrement que ne le lui a enseigné le Christ ?

N’être jamais cause de scandale par nos façons, tout faire «pour la gloire de Dieu» : conduire la voiture, faire le ménage, ou la cuisine bêcher le jardin, rédiger un devoir à l’école, toute action exécutée le plus parfaitement possible, plaît à Dieu et constitue un bon exemple pour tous ceux qui nous voient.

Puisque Paul parle ici de manger, boire, rappelons-nous la consigne laissée par Jésus à ses disciples : Mangez ce qu’on vous servira (Lc 10:7), contraire à toutes sortes d’abstinence, où certains, même Chrétiens, jugent telle ou telle nourriture «impure» à la consommation. Paul aussi déclarera aux mêmes Corinthiens : Mangez tout ce qui se vend au marché (1Co 10:25).

 

*       *       *

Avec le lépreux, dont l’attente ne fut pas trompée, cherchons à vivre selon (la) grâce divine, pour reprendre l’expression de la Prière du jour.

Cette attente du pardon nous conduira vers l’esprit du prochain Carême.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 17:25

Hong Yŏng-ju Paulus
(Hong Yeong-ju Baolo)
1802-1840

Paulus était né en 1802 à Sŏsan (Chungchŏng, Corée S), dans un foyer déjà chrétien.
Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère, Hong Pyŏng-Ju Petrus, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.
Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.
Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.
On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou de renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Même les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.
Condamnés à mort, Petrus et Paulus furent conduits à Tangkogae (Seoul), et décapités : Petrus, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Paulus, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.
Petrus et Paulus ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…
Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.
Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 00:00

5e dimanche per annum

 

Devant les difficultés de toutes sortes qui se dressent contre nous, la tentation peut être forte de se décourager.  

Dans la première lecture, nous entendons le pauvre Job, affligé de toutes parts, qui expose à Dieu sa peine ; il est tenté même de se révolter.

L’histoire de Job est en général connue, mais pas dans ses détails. La lecture intégrale du texte peut aisément faire penser que, si le personnage de Job est historique, le récit biblique présente les faits d’une façon assez symbolique : comment par exemple expliquer qu’à chaque malheur un seul serviteur ait réussi à échapper au massacre pour venir prévenir Job (cf. Jb 1:15,16,17,19) ? Le récit lui-même des épisodes, répétitif, suggère une figure oratoire qui retient l’attention. 

Il reste que dans le personnage de Job chacun de nous peut se reconnaître, avec les épreuves multiples que nous vivons durant notre vie. Qui n’a jamais dit un jour Quelle corvée ! Quelle galère ! Qu’ai-je fait au Bon Dieu… ? Et de la plainte à la révolte, il n’y a qu’un pas.

Job évoque cette corvée, ces cauchemards, le travail qui apparemment ne sert à rien quand tout s’en va en fumée. Au chapitre 23, il parle de sa révolte ; au chapitre 27, il dit que Dieu lui refuse justice ; au chapitre 30, il semble se vanter des jours passés, et accepter à contre-cœur d’être la risée des gens qui sont plus jeunes… Mais à ces moments difficiles font suite des élévations sublimes : au chapitre 25, il qualifie Dieu de souverain redoutable, au chapitre 28, il fait un sublime éloge de la Sagesse de Dieu.

Saint Grégoire le Grand commente : Par le péché, nous sommes en désaccord avec Dieu ; il est donc juste que nous revenions à la paix avec lui par les épreuves… L’âme de celui qui est ainsi corrigé est rétablie par l’humilité dans la paix avec son Créateur. 

Mais la leçon principale que nous devons recevoir de Job, est la réponse qu’il fit à son épouse : Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! (Jb 2:10). Sa première réaction, à l’annonce de ses malheurs, fut une véritable soumission à la volonté de Dieu : Dieu a donné, Dieu a repris : que le nom de Dieu soit béni (Jb 1:22).

 

*       *       *

Le psaume 146 fait écho à Job, en évoquant l’action de Dieu qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.

Quelles blessures Dieu soigne-t-il ? Fait-il un miracle chaque fois qu’un homme se casse un bras ou une jambe ? Certainement pas. Mais il y a des blessures intérieures que seul Dieu peut soigner : nos péchés. Seul lui est un juste juge, qui sait pardonner, qui sait punir, qui sait récompenser. C’est pourquoi le psaume continue : Le Seigneur élève les humbles et rabaisse les impies.

Comme Job, il faut recevoir de Dieu les bonnes choses comme les moins bonnes, les premières comme des grâces pour nous encourager, les autres comme d’autres grâces aussi pour nous corriger. Saint Paul le dit en d’autres termes : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1 Co 10:13).

 

*       *       *

C’est là une parole très réconfortante que nous dit l’Apôtre Paul. Lui qu’on a parfois qualifié de dur, de rigoureux, lui qui vient de reprocher aux Corinthiens leurs divisions et, pour certains, leurs mœurs licencieuses, il sait aussi se montrer extrêmement soucieux d’apporter du réconfort, de la consolation, à la suite du Christ.

Durant sa vie publique, combien de fois Jésus a répété ces phrases consolatrices : N’ayez pas peur ! Va en paix ! Ta foi t’a sauvé(e) ! Je ne te condamne pas ! Pardonnez ! 

Si saint Paul dit qu’il s’est fait tout à tous, qu’il a cherché à gagner le plus grand nombre possible d’âmes, ce n’est pas pour se vanter, c’est pour exprimer ce zèle qui l’anime, à la suite du Christ, pour le salut de chacun de nous.

Durant son voyage à Manille (29 novembre 1970), le pape Paul VI reprit à son compte cette exclamation de l’Apôtre : Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile !

La Nouvelle Evangélisation en cours nous rappelle le devoir que nous avons de porter l’Annonce à nos frères ; non pas un nouvel évangile, mais une annonce efficace de l’Evangile perenne du Christ, en commençant par examiner notre propre cohérence de vie avec l’idéal évangélique.

 

*       *       *

Que nous dit aujourd’hui Marc dans son Evangile ? 

Jésus guérit la belle-mère de Pierre, ainsi que toutes sortes de malades, chassant beaucoup d’esprit mauvais.

Marc, comme les deux autres Synoptiques, mentionne cet épisode où l’on voit que Pierre était marié, pour mettre encore plus en lumière que le Christ l’a appelé “tel qu’il était” pour le conduire au célibat, dans le don total de sa personne à Dieu. Par ailleurs, il n’est jamais question dans l’Evangile, de l’épouse de Pierre. On sait par des traditions orales persistantes, que les Apôtres ont tous donné le témoignage d’un célibat absolu à partir du moment où ils ont répondu à l’appel du Christ.

    Ensuite, on pourra remarquer l’attitude très humble de cette femme ; contrairement aux démons de dimanche dernier qui parlent à tort et à travers, cette femme à peine guérie s’empresse de rendre ses services à Jésus et aux disciples. Sa joie et sa reconnaissance s’expriment par cette humble disponibilité envers Jésus-Christ.

    Après cette guérison, on lit que Jésus guérit toutes sortes de malades et chassa beaucoup d’esprits mauvais ; pas tous. Certainement Jésus voyait avec quelle dispositions de cœur ces malades s’approchaient de Lui. C’est dans ce même esprit que les malades sont accompagnés, par exemple, dans leur pèlerinage à Lourdes : ce qui est primordial pour chacun est d’abord la guérison spirituelle, la conversion intérieure, à laquelle quelquefois Dieu ajoute la guérison physique, visible extérieurement, pour montrer davantage Sa puissance. Prudentes, l’Eglise et la Science ne se hâtent jamais de proclamer telle ou telle guérison miraculeuse, de la même manière que Jésus évite le “tapage médiatique” et préfère même, comme aujourd’hui, quitter les lieux et se retirer.

Certes, l’Evangéliste dit qu’ Il parcourut toute la Galilée, une région d’environ 60 sur 30 km. Si Jésus fit ce voyage apostolique à pied, s’arrêtant dans chaque ville où il y avait une synagogue, il dut parler et se fatiguer beaucoup, mais là ne fut pas son premier souci ; d’abord, dit l’Evangéliste, bien avant l’aube… il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Prier ! Se mettre devant Dieu, parler avec Lui, de Fils à Père, de Père à Fils : combien important est ce moment sacré que nous oublions trop facilement “par manque de temps”.

Trop souvent, nous croyons bien faire de nous donner éperdûment aux actions, aux mouvements, aux réunions, aux coups de téléphone, aux courriers électroniques, et peut-être de regretter qu’il ne reste que la portion congrue de notre temps à prier Dieu, alors que toute notre action n’est absolument rien sans une intense prière, une vie intérieure de méditation soutenue et incessante.

Jésus prie. Ici, ce n’est pas Dieu qui parle avec Lui-même ; c’est la nature humaine que Jésus a prise de nous, qui a besoin de s’élever dans la prière vers son Créateur. Jésus s’est fait l’un de nous, et Il nous a montré ce que chacun de nous doit faire pour Le suivre.

    

*       *       *

Ces lectures nous invitent à ne mettre qu’en Dieu notre espérance, à n’attendre que de Lui notre force, et ne mettre qu’à Son service toutes nos activités. La Prière du jour nous fait dire que ta grâce est notre unique espoir ; en un mot, pour reprendre la prière finale, cherchons à Vivre tellement unis dans le Christ que nous portions du fruit pour le salut du monde ; le texte latin ajoute le mot gaudentes - en nous réjouissant.

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 13:42

Son So-Byŏk Magdalena
(Son So-byeok Magdallena)
1802-1840

Magdalena était née en 1802 à Seoul (Corée S), dans un foyer déjà chrétien.
Son père fut exilé pour sa foi, et sa mère mourut trop vite, de sorte que la petite fille vécut chez sa grand-mère. Cette situation la rendit un peu farouche, et elle ne fréquenta pas beaucoup les autres Chrétiens.
Plus tard, elle apprit cependant les éléments de la religion et épousa à dix-sept ans Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus, futur martyr (v. 29 décembre).
Ils eurent onze enfants, dont neuf moururent en bas-âge.
C’était une femme douce, et une excellente artiste en matière de couture et de broderie.
Lors de la persécution, elle se cacha avec des parents. Son mari fut martyrisé le 29 décembre 1839, et elle fut arrêtée à son tour.
On lui intima l’ordre d’indiquer où étaient les autres Catholiques, et de renier Dieu. Réponse :
Je ne peux pas faire le moindre mal contre mes Compagnons catholiques en révélant où ils sont. Je ne pourrai jamais renier mon Dieu.
On lui promettait, sur un seul mot, de la laisser en liberté, avec son mari et ses enfants. Réponse :
Ma vie ne m’appartient pas. Je ne puis renier mon Dieu pour sauver ma vie.
Magdalena subit sept interrogatoires ; son corps fut trois fois soumis à des torsions ; elle reçut deux-cent soixante coups de «club». Sa chair partait en lambeaux, son sang coulait de toutes parts, tandis qu’elle remerciait Dieu de lui donner la force de supporter ces souffrances.
Elle prit avec elle sa petite fille de deux ans, mais la prison était sombre, malsaine, on mangeait mal, aussi la remit-elle à des parents, non seulement pour sauver l’enfant, mais aussi pour éviter de faiblir devant le martyre.
Condamnée à mort, Magdalena fut finalement conduite à Tangkogae (Seoul), et décapitée, le 31 janvier 1840. Ce même jour, il y eut six (ou même sept) martyrs.
Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.
Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 12:01

Hong Pyŏng-ju Petrus
(Hong Byeong-ju Peteuro)
1799-1840

Petrus était né à Sŏsan (Chungchŏng, Corée S), dans un foyer déjà chrétien.
Il était petit-fils d’un martyr de 1801, Hong Nang-min, et neveu d’un autre martyr Hong Protasius (cf. 20 mai ?) ; lui et son frère, Hong Yŏng-Ju Paulus, étaient donc d’une famille très chrétienne, et contribuèrent beaucoup à aider l’Eglise coréenne.
Tous deux, catéchistes, accomplirent leur mission avec beaucoup d’enthousiasme, communiquant leur foi aux catéchumènes, assistant les malades et participant à toutes les autres activités charitables de la communauté, ce qui amena les missionnaires à leur confier d’importantes responsabilités.
Lors de la persécution de 1839, ils cachèrent les missionnaires chez eux, au risque de leur vie. Un traître les dénonça en les faisant inscrire sur la liste des recherchés.
On les retrouva. On voulut les forcer à révéler des indications sur les autres Chrétiens ou à renier leur foi, en vain. Il se trouva que le chef des bourreaux était un parent, qui ne voulut pas les torturer lui-même, mais les fit torturer pour les faire apostasier. Même les autres prisonniers, voleurs ou assassins, participèrent aux tortures avec les bourreaux, mais les deux frères ne cédèrent pas.
Condamnés à mort, Petrus et Paulus furent conduits à Tangkogae (Seoul), et décapités : Petrus, le 31 janvier 1840, avec six (ou même sept) autres compagnons ; Paulus, le 1er février 1840, avec deux autres compagnons.
Petrus et Paulus ont été martyrisés à deux jours différents, parce qu’une loi prohibait, à l’époque, de condamner à mort deux parents le même jour…
Ces martyrs ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.
Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00

4e dimanche per annum

 

Les dimanches précédents, nous avons vécu le baptême de Jésus pas Jean-Baptiste et l’appel des premiers apôtres. Jésus va maintenant inaugurer sa prédication.

 

*       *       *

Dans la première lecture, Moïse annonce au peuple d’Israël la venue d’un Prophète. Moïse lui-même a toujours parlé au nom de Dieu ; il y eut après lui les grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel,  Daniel), qui vinrent après Samuel et Elie ; Jean-Baptiste fut le dernier prophète, qui fit la charnière entre l’ancien et le nouveau Testaments.

Nul doute que Le prophète annoncé par Moïse est le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ. Saint Pierre y fait directement allusion dans son discours (Ac 3:22-23), précisant bien que tous ces prophètes avaient annoncé ces jours-ci, ceux du Christ.

En quel prophète, sinon en Jésus, Dieu n’a-t-il mis par excellence ses paroles dans sa bouche ?

On a parfois objecté que Dieu annonçait la prochaine mission de Josué en continuateur de celle de Moïse, car Moïse ne devait pas entrer dans la Terre Promise, mais bien Josué. Toutefois, Josué lui-même (dont le nom n’est qu’une autre forme de Jésus) est une figure prophétique ; le vrai prophète, qui devait venir, c’était Jésus-Christ, comme l’ont écrit plus tard les Pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, Irénée) .  

C’est pour cela que les Juifs demandèrent à Jean-Baptiste s’il était Le prophète (Jn 1:21), avec l’article défini. C’est donc bien Jésus que nous devons écouter.

Mais n’oublions pas l’avertissement que Dieu nous donne au terme de la même lecture : il s’agit là des faux prophètes, ceux que Dieu n’a pas envoyés, et qui prétendent pourtant être «inspirés». Cet avertissement peut viser beaucoup de chefs de sectes, d’auteurs même célèbres, auxquels on se réfère comme à des phares, mais qui trompent leurs adeptes et ne font que répandre de l’ivraie dans le champ de l’Eglise.

 

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Le psaume 94 est le chant par lequel commence chaque jour l’Office divin (qu’on appelle communément le Bréviaire ou Louange des Heures). 

Le point focal de ce psaume est aujourd’hui cette interrogation : Ecouterez-vous sa parole ?, qui nous invite à écouter l’enseignement divin.

Notons le mot Rocher du début du psaume. L’auteur ne nous demande pas d’acclamer un morceau de pierre quelconque et de tomber dans quelque idolâtrie. Le Rocher, c’est d’abord le Rocher d’où jaillit l’eau dans le désert, un roc qui annonçait le Christ donnant l’Eau de la Vie. Dans le Deutéronome, ce Rocher est clairement personnifié : Il a déshonoré le Rocher, son salut… Tu oublies le Rocher qui t’a mis au monde (Dt 32:15, 18).

Le psaume fait directement allusion, ensuite, à la Personne de ce Rocher : s’il ne s’agissait pas du Messie divin annoncé, il ne nous inviterait pas à l’acclamer, à nous incliner, à nous prosterner, à l’adorer.

Prenons à la lettre cette invitation, et n’hésitons pas à nous incliner, nous prosterner, dans le sanctuaire où se trouve la présence du Christ dans l’Eucharistie. Adorons-le !

Quand Jésus donnera ensuite à Simon le nom de Pierre, ce n’est pas pour faire un banal jeu de mots, mais bien pour exprimer que désormais, nous devrons écouter le Roc de l’Eglise, dans la personne de son Chef, Pierre, et de ses successeurs. 

C’est un calcul trop humain de comparer entre eux les papes, pour en préférer un plutôt qu’un autre. Le Pape, c’est le successeur de Pierre : on doit l’écouter, pour être fidèle à l’Eglise voulue par le Christ.

 

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Sans lien direct avec ce qui précède, nous continuons de lire des extraits de la première Epitre aux Corinthiens. Après l’enseignement concernant l’adultère et la fornication, l’Apôtre Paul expose aujourd’hui l’excellence de l’état du célibat, dans l’esprit de consécration totale à Dieu. 

Rappelons tout de suite que Paul ne rabaisse pas la vocation du mariage, tant il est vrai que, pour reprendre une idée de saint Augustin d’Hippone, pour engendrer des (futurs) prêtres, il faut bien qu’il y ait au préalable des parents.

Paul veut surtout encourager ceux et celles qui pourraient hésiter dans l’une ou l’autre voie, le mariage ou la consécration. Et il nous dit que dans le mariage, on est forcément moins libre pour la prière et le service des autres. Dans une même ligne de pensée, saint François de Sales fait justement remarquer que l’artisan ne peut être tout le jour à l’église comme le religieux (Introduction à la Vie Dévote).

Pour un Juif, ne pas être marié était une situation rarissime et même exceptionnelle dans l’Ancien Testament, car il fallait absolument perpétuer la race juive des croyants. 

Jésus a réellement innové, en instituant une génération nouvelle, par le Sacerdoce nouveau : il a donné naissance à la nouvelle génération de ceux qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1,13).

Jésus ne s’est pas marié ; les Apôtres mariés ont vécu dans le célibat après leur appel, et beaucoup de saints évêques après eux ; Paul ne s’est pas marié ; sans cesse l’Eglise a rappelé cette sainte exigence de la consécration totale des diacres et des prêtres, ainsi que des moniales (les “veuves” dont il est sans doute question par exemple dans 1Tim 5).

Le célibat n’est pas une “obligation” imposée, une condition sine qua non, un joug insupportable. C’est un état particulier où Dieu seul appelle, en donnant à Ses candidats une grâce spéciale pour vivre ainsi. Le pape Jean XXIII, maintenant canonisé, fit un jour cette confidence aux séminaristes de Rome : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Nos journalistes ne manquent jamais une occasion de parler, à leur façon, de cet argument en présentant certaines demi-vérités qu’ils complètent de faux arguments, maniant à l’envi l’ironie ou le mépris envers tous ceux qui, dans l’Eglise, rappellent cette tradition sacrée du célibat sacerdotal et de la consécration des religieux et des religieuses. On pourrait dire d’eux en vérité qu’ “ils ne savent pas ce qu’ils font” (Lc 23:34). Il faudrait d’abord interroger des prêtres, des religieuses : ils ont été heureux de se consacrer totalement à Dieu dans le célibat. 

Dans les séminaires et les noviciats, on n’entend personne parler de la «difficulté» de vivre dans le célibat ; on s’y prépare en toute connaissance de cause. Celui ou celle qui est appelé(e) par Dieu réellement, ne pense pas au mariage.

Si beaucoup de jeunes n’entendent pas cet appel aujourd’hui, c’est que leurs oreilles bourdonnent des bruits d’un monde athée qui n’aime pas Dieu. Mais quand l’appel se fait un peu plus pressant, un peu plus clair, ils l’entendent très bien et savent y répondre généreusement. Dans une de ses visites en France, Jean-Paul II l’a bien mis en évidence : le problème n’est pas l’appel de Dieu, mais l’écoute de l’appelé, et sa réponse.

Ce n’est pas le célibat qui détourne les jeunes du sacerdoce. Dans les autres religions aussi se fait sentir le problème religieux : les temples protestants, les synagogues israélites, les églises orthodoxes, ne sont pas plus remplies que nos lieux de culte catholiques, et leurs ministres ne sont pas plus nombreux que les nôtres bien qu’ils puissent être mariés. La crise de la foi et des vocations est universelle, liée au matérialisme ambiant, un matérialisme qui, bien sûr, ne conduit pas à Dieu.

 

*       *       *

Jésus commence sa vie publique. Le voici près de Nazareth, à la synagogue de Capharnaüm. Les foules vont commencer à entendre l’annonce du Royaume - ce troisième des cinq Mystères Lumineux de notre Rosaire. 

Ce qui frappe d’abord la foule qui écoute Jésus, c’est sa douceur, sa patience, son humilité, qui contrastent avec les habitudes fières des prêtres et des docteurs de la Loi. C’est autre chose d’agir doucement avec autorité, que de l’imposer avec sévérité.

L’autorité de Jésus, c’est la lutte contre le Mal et contre les Esprits mauvais. Contre le Nom de Jésus, le Démon ne peut rien.

Notons bien ceci : l’Esprit mauvais du pauvre possédé ne dit pas une chose fausse, en reconnaissant que Jésus de Nazareth est le Saint de Dieu. L’Esprit mauvais sait beaucoup de choses, et il en indique certaines aux faux voyants. L’erreur majeure de cet Esprit mauvais est de ne pas adorer le Christ, et d’empêcher l’homme de L’adorer. On se rappelle ici le psaume de tout à l’heure. Cela sera aussi pour nous un signe de discernement entre le bon et le mauvais Esprit : ce dernier ne nous dira jamais : Adore Dieu ! Au contraire, quand il viendra tenter le Christ au désert, il demandera au Christ de l’adorer, lui, le Démon, l’Esprit du mensonge et de l’orgueil.

Autre manifestation de l’Esprit mauvais que nous remarquons en lisant l’évangile : il se mit à crier, et sortit de cet homme en poussant un grand cri. Il ne sait pas faire faire autre chose à sa victime : crier ;  crier peut-être une chose juste (Tu es le Saint de Dieu), mais Jésus ne veut pas de ce genre de tapage médiatique ; ce qu’Il attend, c’est notre conversion, et c’est cela que le troisième Mystère Lumineux veut nous faire méditer : écouter Jésus et nous convertir en vérité. 

Notre conversion ! C’est pour cela que Jésus nous appelle, c’est cela qu’Il désire pour nous, c’est cela l’objet de son amour pour nous. 

Une dernière observation : L’Esprit de Dieu nous invite à L’adorer. Cette adoration, nous la devons à Dieu tous les jours, mais particulièrement le Jour du Seigneur, le dimanche. Jésus a rencontré la foule le jour du sabbat, et à la synagogue, parce que dans l’ancienne Loi, c’était ce jour-là qu’on se reposait (cf. Gn 2:2-3). Depuis la Résurrection du Christ, c’est au huitième jour que nous nous «reposons». La fête de Pâques sera une occasion de revenir sur ces arguments.

 

*       *       *

 

Retenons donc bien la Prière du jour : adorer Dieu sans partage ; et avoir une vraie charité pour tout homme, c’est-à-dire l’aider à se convertir.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 07:29

Benedetta Bianchi Porro
1936-1964

Benedetta naquit le 8 août 1936 à Dovadola (Forli, Italie CE), unique enfant de ses pieux parents.
Dès la naissance, elle fut sujette à de nombreux problèmes de santé ; elle fut baptisée en urgence, tant on craignait pour sa vie. Toute son enfance et sa jeunesse furent ponctuées de visites aux médecins.
A huit ans, elle reçut la Première communion et commença à tenir son journal quotidien.
A treize ans, elle commença aussi à perdre l’ouïe. Ses réflexions surprenaient par leur profondeur : «(La vie) est un rêve, un rêve beau et triste à la fois, un bonheur et une douleur mêlés». Dès lors, elle cherchait à accomplir tous les actes quotidiens comme des actes d’amour.
A dix-sept ans, elle put entrer à l’université de Milan pour des études de médecine. Depuis l’enfance, elle désirait être médecin, pour aider les autres. Mais à l’université, on ne la regarde pas d’un œil favorable, car on remarque son état de faiblesse, sa surdité progressive, et en plus… c’est une femme, une des rares de l’université, à l’époque. Mais Benedetta s’accroche, et décroche son diplôme à vingt-trois ans.
Elle perdait progressivement aussi la vue. En 1956, l’opération d’un ulcère à la cornée ne résolut rien. On lui diagnostiqua ensuite une neurofibromatose, une maladie très rare. Benedetta demeura très calme au milieu de ses souffrances ; elle s’unissait à la passion de Jésus-Christ, s’offrait intérieurement, et conservait imperturbablement sa disponibilité à recevoir et réconforter ses amis. Elles poursuivit encore ses études.
Les opérations répétées, loin de lui procurer une amélioration, la faisaient empirer. Elle perdit totalement l’usage de l’oreille droite ; son corps se couvrit de plaies profondes ; surgirent aussi des problèmes dentaires : on lui retira quatorze dents.
En 1962, durant son pèlerinage à Lourdes, elle ne demanda pas la grâce d’une guérison, mais celle d’obtenir la force de persévérer dans la souffrance, pour le salut des hommes.
Elle perdit presque toute la vue, ses membres se paralysèrent. Mais elle avait encore la force de recevoir des amis, qui repartaient réconfortés alors qu’ils étaient venus pour la consoler. Ensuite, c’étaient eux qui venaient demander des prières et des conseils : elle leur transmettait sa joie de vivre, sa foi en Dieu.
Benedetta s’éteignit à cette vie le 23 janvier 1963.
Le miracle retenu pour procéder à la béatification de Benedetta, fut le réveil inattendu d’un jeune homme italien plongé dans le coma pendant dix jours après un grave accident de la route. Les parents invoquèrent l’intercession de Benedetta et le malade se réveilla sans aucune séquelle. Ce miracle fut reconnu en 2018 et Benedetta fut béatifiée en 2019.
Elle sera mentionnée au martyrologe le 23 janvier.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 11:21

Yi Yun-il Ioannes
(Yi Yun-il Yohan)
1812-1867

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.
Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.
Il se maria et eut des enfants.
On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.
Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.
Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.
Le 6 décembre 1866, Ioannes était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.
Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage.
La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Ioannes, qui furent mises en prison à Mungyŏng.
Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Ioannes fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.
Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Ioannes subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.
Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Ioannes.
Les autorités de Seoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.
L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Ioannes, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.
Comme précédemment, Ioannes continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.
Le jour de son exécution étant arrivé, Ioannes fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.
Il fut décapité, le 21 janvier 1867.
On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Ioannes est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.
Leur fête liturgique est au 20 septembre.

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 00:00

3e dimanche per annum - B

 

 

On peut dire que le thème central de ce troisième dimanche “ordinaire” de l’année B est l’appel à la conversion : c’est le troisième des Mystères Lumineux que Jean-Paul II a institués dans sa Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariæ (ch.2, n.21) : l’annonce du Royaume et l’invitation à la conversion.

La lecture du prophète Jonas est un cas saisissant de conversion. L’épisode se situerait vers le 4e siècle avant notre ère ; Ninive est une grande ville païenne, dont les habitants ont l’humilité d’écouter l’avertissement du prophète : ils font pénitence, ils se convertissent du plus grand au plus petit

Quels changements dans leur vie quotidienne ! S’il fallait trois jours pour la traverser, cette ville pouvait s’étendre sur des dizaines de kilomètres et être peuplée, même à l’époque, de centaines de milliers d’habitants. Imaginons le spectacle de cette foule faisant pénitence, priant, chantant, changeant radicalement de vie, d’une façon aussi unanime ! 

Pendant quelque temps au moins, ce fut certainement, avant la lettre, une communauté comme celle des premiers chrétiens à Jérusalem : Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple” (Ac 2:44-47).

 

*       *       *

 

Dans le psaume 24, David exprime un cri de confiance en la miséricorde de Dieu. Au nom de tous les pécheurs (de nous aussi), il exprime son désir de conversion : Oublie les révoltes , les péchés de ma jeunesse.

Il ne s’agit pas ici  de «la» chute de David, qu’il évoquera dans la psaume 50, là aussi plein de repentir. Mais le roi David a cette humilité de se reconnaître imparfait, de se rendre compte que son passé n’est pas exempt de fautes qui déplaisent à Dieu.

Un peu plus loin, il dit encore plus clairement (le passage n’est pas repris aujourd’hui) : À cause de ton nom, Seigneur, pardonne mon péché, car il est grand.

Ce qu’il est important de relever de notre texte, est le dernier verset : Il enseigne aux humbles son chemin. Pour entendre et comprendre l’appel de Dieu, il faut avoir l’humilité de se reconnaître imparfait, comme le roi David, comme les Ninivites du texte précédent.

 

*       *       *

 

Avant l’évangile, nous lisons une nouvelle péricope de saint Paul aux Corinthiens, qui fait suite à celle de dimanche dernier, où l’Apôtre nous rappelait l’importance d’honorer notre corps par une vie ordonnée.

Développant sa pensée, Paul s’étend davantage sur le mariage et la virginité. On avait dû lui poser des questions, car le chapitre commence par ce verset : J’en viens à ce que vous m’avez écrit.

Les conseils qu’il donne dans tout ce chapitre sont pleins de sagesse, de mesure, et très clairs. Lisons-les ensemble, cherchons à nous en inspirer.

Il est plus mystérieux de comprendre la pensée de l’Apôtre, quand il dit aux hommes mariés, aux tristes, aux joyeux de vivre comme s’ils ne l’étaient pas. 

L’Apôtre Paul prêche ici le détachement, et nous exhorte à ne pas nous attacher à tout ce qui passe si vite dans notre existence. Le mariage, la joie, la tristesse, les biens, tout cela est pour un temps ; tout en faisant notre devoir en ce moment, gardons le regard sur l’Eternité.

Il y a un détachement plus total, pour les personnes qui désirent se consacrer à Dieu et vivre dès ici-bas en vue du Royaume des Cieux (cf. Mt 19:12).    

Contrairement à ce qu’on dit souvent aujourd’hui, le bonheur n’est pas forcément dans une liaison matrimoniale, quand on n’y est pas appelé. Même ceux qui y sont appelés connaissent des moments de grandes difficultés, certainement pas enviables. 

Dans le mariage, deux époux cherchent, ensemble, à se sanctifier et à donner la vie à des enfants ; il est impératif que chacun examine s’il est vraiment appelé à cet état, et s’il n’est pas plutôt appelé à un autre état, dans la consécration de sa personne, pour être plus totalement au service de Dieu et de l’Eglise, pour prêcher la Vérité ou pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Le célibat n’est pas une privation, ni une loi arbitraire. Les prêtres de l’Ancien Testament qui devaient officier à tour de rôle au Temple, devaient s’abstenir de tout commerce conjugal pendant cette période ; Jésus-Christ est resté célibataire et tous les Apôtres à sa suite l’ont imité, même s’ils étaient mariés précédemment. Dans toute l’histoire de l’Eglise, des hommes mariés appelés au sacerdoce ou à l’épiscopat ont mis un terme à leur union conjugale, d’un commun accord avec leur épouse, qui s’est aussi consacrée. Un cas célèbre est celui de saint Hilaire.

Saint Paul aime le célibat ; il le recommande, sans l’imposer (1Co 7:8-9, 28).

Les “trois vœux” de religion, en particulier celui du célibat sacerdotal, ne sont pas une invention tardive de l’Eglise, comme on le répète stupidement à tue-tête aujourd’hui. Un concile du 4e siècle dit expressément qu’ “il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, observent une continence parfaite… ; ce qu’enseignèrent les apôtres, et ce que l’antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder” (Concile de Carthage en 390, dans “Origines Apostoliques du Célibat Sacerdotal”, par C.Cochini, Lethielleux, 1981, pp.25 et suiv.).

 

*       *       *

 

Comme Jonas durant sa mission à Ninive, Jésus invite à la conversion ; et commence tout de suite à appeler : Simon et André, Jacques et Jean. L’évangile de dimanche dernier relatait la rencontre de Jésus et André, qui Lui amène Pierre ; c’était près de Jérusalem, à Béthanie, où Jean-Baptiste baptisait.

Aujourd’hui, en saint Marc, Jésus est en Galilée. André et Simon travaillent à leurs filets, ainsi que Jacques et Jean. Il s’est passé un certain temps depuis l’épisode précédent, et les futurs apôtres étaient retournés à leur travail. Quand Jésus les appelle, cette fois-ci, c’est “pour de bon” : invités à Le suivre, ils laissent tout, travail et famille, et suivent désormais Jésus-Christ qui va les préparer à leur mission apostolique, au sacerdoce.

Ne pensons pas que ces apôtres aient simplement abandonné leur famille et leur travail ; ils ont mis à profit le temps qui est passé entre la première rencontre et cet appel de Jésus, pour expliquer à tous leur conviction et prendre les dispositions nécessaires. Désormais, ils suivraient Jésus dans l’obéissance, dans la pauvreté et dans la chasteté. 

L’être qui s’attache à Dieu comprend vite que ce qu’il possède ne lui apporte jamais un bonheur définitif : il faut s’en servir pour la nécessité de la vie, mais pas s’y attacher. Etre pauvre ne signifie pas ne rien avoir, mais savoir posséder avec esprit de détachement. Etre obéissant ne signifie pas être esclave d’un autre humain, mais savoir reconnaître qu’un autre peut être plus expérimenté et avoir raison d’imposer un ordre. Etre chaste ne signifie pas qu’il faille renoncer à fonder une famille, mais vraiment la fonder selon la loi de Dieu, si l’on y est appelé, ou alors à s’en abstenir, mais toujours pour la gloire de Dieu et pas par égoïsme.

Jésus appelle, les premiers apôtres répondent “oui”. Chacun est appelé par Jésus, chacun de nous a une “mission”. Où qu’il soit, le chrétien doit se montrer fidèle à l’Evangile de Jésus-Christ, chacun selon cette mission : l’un pourra être prêtre, l’autre religieux ou cloîtré(e), tel sera professeur, tel autre banquier, ou plombier, ou technicien de surface. Dans chaque situation, il y a la place pour un témoignage d’authenticité chrétienne. A la base, la démarche fondamentale du chrétien est un mouvement de conversion authentique, d’adhésion à Dieu sans partage.

Cette école spirituelle est une ascèse difficile vers la sainteté. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Cette ascension vers la Perfection est exigeante, et a besoin de la grâce de Dieu. 

Faisons bien nôtre la Prière du jour en demandant que notre vie soit dirigée selon (Son) amour, ou celle de conclusion qui évoque la grâce d’une nouvelle vie, que nous venons de recevoir dans l’Eucharistie.

Ne nous décourageons jamais devant nos chutes. Dans son infinie miséricorde, Dieu ne regarde pas ces chutes : comme pour les Ninivites, Il récompense largement tous les efforts que nous faisons pour nous acheminer vers Lui.

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 19:16

Giovanna de Fonte Chiusi
? - 1105

Giovanna (Jeanne) vit le jour à Fonte Chiusi (Bagno di Romagna, Forlí, Emilie-Romagne, Italie CNE) et se consacra à Dieu dès l’enfance.
Elle fut sœur converse, puis religieuse de chœur chez les camaldules à Bagno di Romagna.
Au moment de sa mort, toutes les cloches sonnèrent d’elles-mêmes.
Des miracles nombreux furent opérés à son tombeau.
En 1506, une procession de ses reliques mit fin à une épidémie de peste.
Son culte immémorial a été confirmé en 1823.
La bienheureuse Giovanna est mentionnée au 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

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