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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 23:00

16 JUIN

III.

Ss Ferréol et Ferjeux, prêtre et diacre, venus d’Orient à Lyon, envoyés par s. Irénée pour apostoliser la Séquanie, martyrs à Besançon dont ils sont les patrons principaux.

S Ilpidius, martyr près de Mende.

IV.

Ss Quiricus et Iulitta, martyrs à Tarse ; Quiricus, enfant de trois ans, fut assommé juste avant que sa maman fût décapitée.

S Similianus, évêque à Nantes.

V.

S Tychon, évêque à Amathonte, patron des vignerons.

Ss Aureus, évêque à Mayence, et sa sœur Iustina, martyrs des Huns.

Ss Bertaud et Amand (VI.), écossais, ermites dans la forêt de Beaumont.

VI.

S Aurelianus, évêque en Arles, légat du pape pour la Gaule, second archevêque de Gaule après celui de Lyon, fondateur d’un monastère d'hommes et un de femmes ; il prescrivit que tous les moines apprissent à lire.

S Euspice, abbé fondateur de Micy.

S Vorles, prêtre de Marcenay ; un jour qu’il célébrait, il éteignit à distance l’incendie d’une maison où était resté seul un enfant.

IX.

S Cechardus, évêque à Luni, assassiné aux carrières de Carrare, dont il fut depuis le patron.

XII.

S Benno, évêque à Meissen, au cœur des luttes entre Henri IV et la papauté ; il reconnut le pape légitime Urbain II ; il est patron de Meissen et de Münich, de la Bavière, des drapiers et des pêcheurs, invoqué pour obtenir la pluie.

XIII.

Ste Lutgarde, cistercienne à Aywières, devenue aveugle, une des premières mystiques à qui le Christ ait révélé son Sacré-Cœur.

XVI.

B Thomas Redyng, chartreux à Londres, martyr.

XVIII.

B Antoine (dit Constant) Auriel, vicaire dans le Lot, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Ss Đaminh Nguyễn, Anrê Tưòng, Vinh Son Tưòng, Đaminh Nguyễn Đức Mạo, Đaminh Nhi, laïques martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Anna Maria Katharina (Maria Theresia) Scherer, supérieure des Sœurs de la Charité de la Sainte Croix à Ingenbohl, béatifiée en 1995.

XX.

B Donizetti Tavares de Lima (1882-1961), prêtre brésilien thaumaturge, béatifié en 2019.

Ferréol et Ferjeux

† 211 env.

 

C’est par tradition orale que l’on peut donner quelques détails sur la vie et le martyre de ces deux apôtres de la Séquanaise. On manque de documents “authentiques” sûrs.

Ferréol et Ferjeux avaient été convertis par l’illustre saint Polycarpe, évêque à Smyrne (voir au 23 février), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean. Polycarpe connaissait bien l’évêque de Lyon, Irénée, qui était aussi originaire d’Asie Mineure, ce qui explique facilement pourquoi il lui adressa Ferréol et Ferjeux pour les associer au travail apostolique.

Irénée ordonna prêtre Ferréol, et diacre Ferjeux, avant de leur donner la mission d’évangéliser la Gaule Séquanaise (actuelle Franche-Comté).

Ces missionnaires travaillèrent efficacement pendant une trentaine d’années, lorsque le préfet de Séquanaise, Claude, les fit arrêter, vers 211 ou 212, au commencement du règne de Caracalla.

D’après saint Bède le Vénérable, ils subirent plusieurs supplices : étirement par des poulies, flagellation ; même si on leur coupa la langue, ils purent continuer de prêcher ; on leur enfila des alènes dans les pieds, dans les mains, dans la poitrine, puis on les décapita.

Ils ont actuellement une basilique mineure élevée en leur honneur à Besançon, dont ils sont les Patrons principaux, en même temps qu’ils sont les patrons secondaires de cet archidiocèse, consacré principalement à l’Immaculée Conception de Marie.

Toujours depuis Bède, leur fête est inscrite au 16 juin dans le Martyrologe.

 

 

Quiricus et Iulitta d’Iconium

† 302

 

Iulitta était une chrétienne d’Iconium (Lycaonie, auj. Konya, Turquie SW), mère d’un petit garçon de trois ans, Quiricus (fréquemment appelé Cyr).

Lorsque que commença la persécution de Dioclétien, le gouverneur de Lycaonie voulut appliquer les décrets sans tarder. Aussi Iulitta chercha à se réfugier en Pisidie, puis en Cilicie, où cependant le gouverneur local l’arrêta à Tarse.

Iulitta fut flagellée, et ne faisait que répéter : Je suis chrétienne. Le petit Cyr criait : Moi aussi, je suis chrétien. 

Furieux, le gouverneur saisit l’enfant par un pied et lui fracassa la tête contre les gradins du tribunal ; Iulitta alors fit une prière d’action de grâce à Dieu pour avoir un fils martyr. Puis elle fut torturée, et finalement décapitée.

Ce fut vers 302.

Il y aurait diverses versions de cet épisode, celle-ci étant la plus courante.

Saints Quiricus et Iulitta d’Iconium sont commémorés le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Similianus de Nantes

† 330

 

Similianus (Samblin) serait le troisième évêque de Nantes, au 4e siècle.

Il aurait eu le mérite d’avoir annoncé la Bonne Nouvelle aux deux frères Donatianus et Rogatianus (v. 24 mai).

On a trouvé une trace de son activité pastorale, vers 330 ; mais on ignore la date de sa mort.

Saint Similianus de Nantes est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tichon d’Amathonte

† 5e siècle

 

Tichon était cypriote.

Son père était boulanger. Un jour, le jeune Tichon prit tous les pains qu’il put pour les distribuer aux pauvres. Le papa, assez irrité, fut bien étonné de découvrir ensuite dans son grenier un blé d’une qualité excellente.

Plus tard également, la prière de Tichon montra son efficacité, lorsqu’il devint évêque d’Amathonte (Chypre), au début du 5e siècle.

Il cultivait sa petite vigne mais, manquant de temps, il pria Dieu de l’aider : les grappes mûrirent bien avant la saison !

Saint Tichon d’Amathonte est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aureus et Iustina de Mayence

† 436

 

Aureus naquit, pense-t-on, en Gaule.

Il fut le vingt-cinquième évêque de Mayence, certainement avant 406, date à laquelle les luttes avec l’arianisme le contraignirent à quitter la ville.

A son retour, la ville était détruite. Il reprit courageusement son apostolat.

Lors d’une invasion des Huns, probablement celle de 436, les fidèles se rassemblèrent dans l’église ; on suppose que Aureus était avec eux, ainsi que sa sœur Iustina. Les envahisseurs massacrèrent toute cette assemblée, dont on n’a retenu que les noms de l’évêque et de sa sœur.

La petite église qui se dressait sur le tombeau d’Aureus, fut totalement détruite durant le siège de Mayence (1793).

Saints Aureus de Mayence et Iustina sont commémorés le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aurelianus d’Arles

523-551

 

Aurelianus a pu naître vers 523, ou même bien plus tôt, en 499.

Il était d’une famille aristocratique burgonde, fils de Sacerdos, futur évêque de Lyon, et donc cousin germain de Nizier de Lyon, fils et successeur de Sacerdos. 

Il fut élu trente-troisième évêque d’Arles, en 546, succédant à Auxanius. Si jeune évêque, il fut certainement choisi pour ses qualités intellectuelles et surtout spirituelles.

Dès 548, il reçut le pallium du pape, qui le nommait en même temps son vicaire pour la Gaule.

Aurelianus fonda à Arles deux monastères, un d’hommes et un de femmes. 

Pour les hommes du monastère des Saints-Apôtres, la Règle s’inspirait de celles des ss.Césaire d’Arles et Benoît (v. 27 août et 11 juillet) ; Aurelianus stipule que tous les moines doivent savoir lire ; la clôture doit être strictement respectée : et si un moine est élu évêque, il s’en ira seul, non accompagné par d’autres moines.

La même Règle valait pour les femmes du monastère Sainte-Marie, avec les aménagements convenables.

Au concile d’Orléans de 549, Aurelianus signe juste après Sacerdos de Lyon (son père) ; ce concile avait repris les condamnations des erreurs d’Euychès et de Nestorius et fut l’occasion ensuite d’une correspondance entre le pape et Aurelianus.

En 551, Aurelianus devait aller trouver le roi Childebert, mais tomba malade et mourut à Lyon, le 16 juin 551.

Saint Aurelianus d’Arles est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cechardus de Luna

† 860

 

La ville de Luni, abandonnée vers le 9e siècle, s’est reconstituée sur l’actuel site de Ortonovo (La Spezia, Ligurie, Italie NO), non loin des si fameuses carrières de Carrare.

C’est de Luni (ou Luna) que Cechardus fut le seizième évêque, justement au 9e siècle.

Les circonstances de sa mort sont mal définies. Après le passage dévastateur des Vikings, Cechardus serait allé à Carrare se procurer le marbre nécessaire à la reconstruction des édifices ; les habitants s’y seraient opposés et l’auraient assassiné ; une autre version des faits affirme que cet assassinat eut lieu parce que Cechardus reprochait leurs vices à ces habitants ; une autre encore proposerait que l’assassinat aurait eu lieu par le roi des Vikings lui-même.

L’assassinat aurait eu lieu vers 860, ou même un peu plus tard, et fut ensuite considéré comme martyre.

Les habitants de Carrare, pris de remords prirent ensuite Cechardus pour leur patron céleste.

Le culte de s.Cechardus fut confirmé en 1832.

Saint Cechardus de Luna est commémoré le 16 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Benno de Meißen

1010-1106

 

Benno (diminutif de Bernard) ayant été chanoine, puis moine au moins à partir de 1028, on l’a fait naître vers 1010, à Hildesheim (Basse-Saxe, Allemagne C).

En 1040 il fut ordonné prêtre.

S’il n’est pas sûr qu’il ait été abbé à Saint-Michel de Hildesheim, il fut sacré évêque de Meißen en 1066.

Son épiscopat fut très troublé par les événements politiques de cette époque.

Il devait sa nomination au roi Heinrich IV. Lorsque celui-ci entra en guerre contre les Saxons, Benno ne pouvait pas s’ériger contre son peuple, mais resta sagement neutre pour ne pas non plus offenser Heinrich. Mais justement à cause de cette discrète neutralité, le roi accusa Benno de ne lui avoir manifesté aucun signe de fidélité durant toute la guerre de Saxe et le fit arrêter.

Heinrich se retrouva excommunié, et déclara le pape déposé, n’acceptant pas de renoncer à l’inverstiture des évêques dans son royaume.

On n’a pas établi avec certitude si Benno fut délivré par Heinrich lui-même pour se racheter, ou s’il put s’enfuir lors d’un tumulte. Mais lors de la diète suivante en 1078, Benno réaffirma son obédience au Pape, et se prononça pour un rival de Heinrich, Rudolf de Rheinfelden, et, à la mort de ce dernier, pour Hermann de Salm.

A partir de 1085, les événements restent un peu confus. Heinrich aurait chassé Benno de son siège et mis à sa place un certain Felix, tandis qu’il nommait un antipape (Clément III) ; Benno serait alors venu en Italie mais, faisant valoir le bien de la paix, aurait retrouvé sa place légitime en 1088.

On raconte qu’en quittant le diocèse, Benno aurait confié à un chanoine la clef de la cathédrale, lui ordonnant de la jeter dans l’Elbe, si Heinrich encore excommunié faisait mine d’entrer dans le lieu saint. A son retour, Benno retrouva cette clef dans un poisson.

Lorsque Heinrich IV, couronné empereur, proclama la Pax Dei, cette fois-ci vivement appuyé et encouragé par Benno, celui-ci bénéficia de grandes possessions qui étendirent les domaines de son diocèse.

Benno, qui aimait le chant et la musique, aurait un jour ordonné aux grenouilles de cesser de coasser si bruyamment ; il lui vint alors à l’esprit un verset du Cantique des Trois Enfants : Tout ce qui bouge dans les eaux, bénissez le Seigneur (Dn 3:79), et les aurait alors priées de reprendre leur gentil coassement.

Il organisa une mission vers l’Est, chez les Wendes, jusqu’à Bautzen. On lui devrait les fondations de Bischofswerda et Bischheim, la plantation de la vigne à Elbtalkessel. Il aurait parcouru, et même à un âge fort avancé et à pied, la Via Regia ou Chemin de l’Evêque dans la région du Oberlausitz.

On croit en général qu’il mourut le 16 juin 1106, à quatre-vingt seize ans ; il fut canonisé en 1523.

Benno est invoqué pour obtenir la pluie ; il patronne les drapiers et les pêcheurs ; on le représente avec un poisson et une clef.

Lors de la Réforme, son tombeau fut saccagé, mais les reliques furent retirées à temps, et déposées depuis dans la cathédrale de Münich en 1580.

 

 

Lutgarde de Tongres

1182-1246

 

Lutgarde naquit à Tongres (Belgique) en 1182, de riches bourgeois.

Pensionnaire pendant une douzaine d’années chez les Bénédictines, elle grandit comme n’importe quelle jeune fille qui aime la vie.

Elle recevait des visites au parloir. Un jeune homme vint voir cette jeune beauté, et pendant la conversation, le Christ se montra à elle, lui présentant sa plaie au côté.

Lutgarde avait alors dix-sept ans ; elle se donna totalement à cet Epoux céleste que, revenant à elle, elle chassa le jeune homme presque brutalement : J’ai été conquise par un autre Amant ! Le Christ fut désormais son Epoux et pour le lui montrer, elle changea radicalement son comportement, s’adonnant à la prière et à la mortification.

On dit que cette apparition du Christ est la première manifestation du Sacré-Cœur au Moyen-Age.

Par la suite, Lutgarde eut une vie remplie d’autres manifestations mystiques : visions, lévitation, apparitions du Christ, extases. Elle porta les stigmates de la Passion. Désormais, elle comprit les prières en latin. En outre, sa prière obtint des miracles : délivrance des âmes du Purgatoire, conversions de pécheurs, guérisons de malades, assistance de malheureux.

Ces grâces importunaient Lutgarde : elles l’empêchaient d’être totalement avec le Christ et Lui demanda de les lui retirer. Le Christ lui demanda : Que veux-tu alors ? - Ton Cœur. - Non, lui dit le Christ, c’est moi qui veux ton cœur.

Lutgarde pouvait se permettre une certaine familiarité avec son Epoux divin. Un jour qu’elle ressentit la faim très fort, elle pria ainsi : Seigneur Jésus, ce n’est pas le moment que je reste avec Toi ; va donc auprès d’Elisabeth, qui a tant besoin d’être nourrie chaque heure à cause de sa faiblesse. Prends son cœur, pendant que je vais un peu me restaurer. Il en advint ainsi : la sœur Elisabeth fut guérie et reprit sa vie normale dans le couvent.

Par trois fois, elle jeûna sept années de suite au pain et à l’eau, offrant cette pénitence pour la conversion des hérétiques, le salut des pécheurs, et pour l’empereur Frédéric II, qui menaçait l’Eglise ; elle en prophétisa la mort pour 1250.

En 1206, on prétendit l’élire prieure du monastère ; elle s’y refusa et, pour trouver plus d’austérité et être encore plus ignorée, passa au monastère cistercien d’Aywiers, dont elle ne parlait pas la langue flamande : elle espérait ainsi être oubliée, mais son jargon faisait toujours du bien à qui l’entendait.

Les douze dernières années de sa vie, elle devint aveugle : épreuve supplémentaire qu’elle vivait patiemment en l’offrant pour la conversion des hérétiques.

Le Seigneur lui annonça sa mort prochaine, qui advint le 16 juin 1246.

Lutgarde a été inscrite au Martyrologe en 1584.

 

 

Thomas Redyng

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, notre Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Antoine Auriel-Constant

1764-1794

 

Ce prêtre français était né à Manobre (Fajoles, Dordogne) le 19 avril 1764.

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Cahors et fut vicaire à Calviat, puis curé à Sainte-Mondane (Lot).

Condamné à l'exil, il devait être transporté à la Guyane, mais les bateaux ne partirent jamais de La Rochelle, où les prisonniers furent entassés et moururent des mauvais traitements qu'ils durent subir : insultes, absence d'hygiène, maladies et contagions.

L'abbé Auriel-Constant fut sur le Deux-Associés, où il s'improvisa généreusement infirmier de ses Confrères plus malades que lui.

Il mourut le 16 juin 1794, à trente ans, sur l'Île Madame, où l'on enterrait les victimes.

Il fut béatifié parmi les soixante-cinq Martyrs des pontons de Rochefort, en 1995.

 

 

Đaminh Nguyễn

1802-1862

Anrê Tưòng

1812-1862

Vinh Son Tưòng

1814-1862

Đaminh Nguyễn Đức Mạo

1818-1862

Đaminh Nhi

?-1862

 

Ces cinq Martyrs, pour lesquels on ne dispose pas encore ici d’informations détaillées, ont en commun qu’ils étaient tous les cinq laïcs, natifs de Ngọc Cục (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Des trois Ɖaminh (Dominique), l’un semble le vétéran des cinq, tandis qu’on ignore la date de naissance d’un autre, et le troisième est en revanche le plus jeune. Ces deux-là étaient mariés.

Ces trois Ɖaminh, avec Anrê (André) et Vinh Son (Vincent), reçurent la palme du martyre par la décapitation, la dernière année (officiellement) de la persécution, à Làng Cốc (Nam Ɖịnh), le 16 juin 1962.

Béatifiés en 1951, ils furent canonisés en 1988 et sont fêtés dans le groupe des cent dix-sept Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

 

 

Anna Maria Katharina Scherer

1825-1888

 

Née à Meggen (Luzern, Suisse) le 31 octobre 1825, de Karl Josef, agriculteur, et Anna Maria Sigrist, Anna Maria Katharina fut orpheline et recueillie par des parents.

Après une formation pratique en économie domestique et en soins aux malades à Lucerne, elle entra en 1845 dans la congrégation des Sœurs enseignantes de la Sainte-Croix de Menzingen., fondées l'année précédente par Theodosius Florentini.

Elle enseigna à Galgenen et Baar.

En 1849 elle réussit au Brevet d'enseignement, et fut maîtresse à Näfels, en même temps qu'elle s'occupait des indigents au palais Freuler.

En 1852, elle travailla à l'hôpital de Planaterra (Coire), puis dans le nouvel hôpital de Coire, où, supérieure, elle devait s'occuper des soins médicaux, des œuvres sociales, des sœurs novices.

Les problèmes naquirent du fait de la première vocation de l'Institut, qui était l'enseignement, tandis que les Religieuses devenaient infirmières à Coire. De plus, les autorités ne voyaient pas d'un bon œil cette congrégation. Aussi, en 1856, les Sœurs érigèrent leur Institut en Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, avec maison-mère à Ingenbohl.

En 1857, Anna Maria Katharina – désormais Maria Theresia - fut élue supérieure, et sous son impulsion, l'institut assuma le soin des malades et des personnes âgées, la formation des enseignantes et des infirmières. De nombreuses maisons s'ouvrirent dans le sud de l'Allemagne, en Autriche, au Tyrol, en Hongrie, en Dalmatie. La nouvelle Supérieure maintenait l'union entre toutes ces maisons par ses fréquents voyages.

Les Religieuses prêtèrent leur concours lors de conflits, que ce soit lors de la guerre austro-prussienne (1866),  lors de la guerre de 1870, lors d'épidémies de variole et de typhus.

Maria Theresia était en réalité la véritable fondatrice de cette Congrégation, mais jusqu'à une date récente cette fondation était attribuée au père Florentini ; celui-ci avait légué autre chose à Maria Theresia : ses dettes, qu'elle put patiemment rembourser par une sage gestion.

En 1878-1880, elle put enfin faire construire la nouvelle église de la Congrégation.

Maria Theresia mourut le 16 juin 1888 à Ingenbohl, et fut béatifiée en 1995.

 

 

Donizetti Tavares de Lima

1882-1961

 

Donizetti - il ne s’agit pas de la famille d’un illustre musicien italien - naquit le 3 janvier 1882 à Santa Rita de Cássia (Minas Gerais, Brésil), un des neuf enfants de parents assez pauvres, Tristão et Francisca Cândida, l’un juriste, l’autre enseignante.

Dès 1886, la famile se transféra à Franca (São Paulo) : Donizetti y fit ses études et apprit la musique.

En 1894, il commença ses études au Petit séminaire, où il devint bien vite un si bon organiste, qu’il pouvait enseigner son art aux autres séminaristes.

En 1897, il fréquenta un collège, pour compléter ses études, mais continua d’enseigner la musique aux séminaristes. En 1900, il commença un cours de droit et, en 1903, commença vraiment ses études de Philosophie et de Théologie, en vue du sacerdoce.

En 1908, il fut ordonné prêtre, pour le diocèse de Pouso Alegre. Le jour de son ordination, il fit le vœu de pauvreté, qui n’est pas explicitement requis en cette occasion.

Ses premiers postes furent la paroisse Saint-Gaétan puis, en 1909, celle de Sainte-Anne. Le jeune prêtre avait comme premièe préoccupation l’assistance aux pauvres, à un point tel que les gens «riches», dérangés par la générosité de l’abbé Donizetti, se mirent à lui reprocher d’être «communiste». Le prêtre laissa dire.

Chez lui, il dormait par-terre, la tête sur une pile de bouquins ; il ne prenait que le repas du soir - une pauvre soupe ; ce qu’on lui donnait, il le distribuait aux pauvres. Il ne gardait vraiment rien pour lui-même.

Durant le temps qu’il fut à Sainte-Anne, il participa à la construction des chapelles dédiées l’une à Notre-Dame Aparecida, l’autre à Saint Benoît.

En 1926, il fut nommé curé à Saint-Antoine de Tambaú, où il célébra pour la première fois le 13 juin, fête de saint Antoine de Padoue (rappelons que saint Antoine était portugais).

C’est durant cette période qu’il veilla à la construction d’un grand sanatorium, pour venir en aide aux gens abandonnés et aux vieillards. Il avait le souci du bien de ses paroissiens : il fonda une crèche, une école,  des cercles de travailleurs, visita les immigrés italiens, visita les personnes âgées.

Mais ce qui marqua le plus la présence de don Donizetti à Tambaú, ce furent les miracles répétés qui eurent lieu dans cette paroisse. La première fois, en 1927, alors qu’un orage planait sur une procession de Notre-Dame Aparecida, le prêtre pria et en un instant, l’orage disparut complètement. En 1950, ce fut la guérison totale d’un malade d’ostéochondrite. En 1953, on put constater que don Donizetti était simultanément dans sa paroisse et dans la localité de São Pedro dos Morrinhos. Ce fut ainsi une succession de guérisons, de manifestations diverses (bilocation, lévitation du prêtre pendant la messe…), qui attirèrent de grandes foules. Parfois les esprits s’échauffaient dangereusement, donnant lieu à de véritables scènes de fanatisme. Ce fut au point que l’évêque se vit obligé, en 1955, d’interdire au prêtre de se manifester. Le prêtre obéit.

En réalité, ce saint prêtre n’attribuait pas grande importance aux signes extérieurs ; il s’intéressait primordialement à la guérison intérieure, à la conversion.

Des personnalités politiques lui rendirent visite, pour lui demander conseil. C’est à la suite de ces rencontres qu’on aboutit à des lois sociales plus équitables.

En 1959, on fit cadeau à Donizetti d’un portrait du pape Jean XXIII. Don Donizetti évoqua alors le prochain Concile de Vatican II. Et quand on lui suggéra de mettre au mur ce portrait à la place de celui du pape précédent, Pie XII, il répondit que non, «car il allait bientôt le rencontrer».

Différents épisodes de faiblesses cardiaques et diabétiques conduisirent don Donizetti à être admis plusieurs fois à l’hôpital. En 1961, sa santé s’altéra encore plus et le saint prêtre mourut dans la matinée du 16 juin 1961.

Le miracle retenu en vue de sa béatification, fut la guérison totale et instantanée, inexplicable, d’un commerçant brésilien, qui était paralysé des jambes.

Donizetti Tavares de Lima a été béatifié en 2019 et sera inscrit au Martyrologe le 16 juin.

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 23:00

15 JUIN

-VIII.

S Amos, prophète ; dans la Bible, le troisième des douze “petits Prophètes”.

III.

S Hesychius, soldat martyr à Dorostore.

?

S Dulas, martyr à Zéphyre.

IV.

S Vitus (Guy), martyr (Sicile ou Lucanie ?), grand thaumaturge, invoqué pour les épileptiques, contre la “danse de s. Guy”, puis pour les danseurs et comédiens, enfin contre les blessures d’animaux, en particulier les morsures de chiens et de serpents.

S Orsiesius, disciple préféré de s. Pacôme et son successeur au monastère de Tabenne.

Stes Libye, Léonie, Eutropie, martyres à Sibapolis ; Eutropie avait douze ans.

V.

S Abraham, persan qui subit cinq années de prison, vint en Auvergne, où il finit par diriger un monastère près de Clermont.

VI.

S Melan, évêque à Viviers. 

VII.

S Landelin, un ancien brigand d’Artois, converti, abbé à Lobbes.

VIII.

S Constantin, moine de Jumièges, évêque à Beauvais.

S Lotharius, évêque à Sées.

IX.

Ste Benilde, martyre à Cordoue, au lendemain des ss. Anastasio, Félix et Digna (cf. 14 juin).

S Bernard de Menthon, fondateur de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, patron des alpinistes.

S Hilarianus, prêtre martyr à Espalion, dont il est patron.

XIII.

S Isfridus, de l’ordre de Prémontré, évêque à Ratzeburg.

XVI.

Bx Thomas Scryven, chartreux à Londres, Peter Snow, prêtre à York et son compagnon Ralph Grimston, martyrs anglais.

XVII.

Ste Germaine Cousin, pauvre bergère à Pibrac, maltraitée, mystique, morte à vingt-deux ans.

XIX.

S Luigi Maria Palazzolo, de Bergame, fondateur des Petites Sœurs des Pauvres et des Frères de la Sainte Famille, canonisé en 2021.

Ste Parui Cui Lianshi, mère chinoise et martyre après avoir déjà vu tuer son fils, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet.

XX.

Bse Albertina Berkenbrock (1919-1931), jeune brésilienne martyre de sa pureté, béatifiée en 2007.

B Clemente Vismara (1897-1988), prêtre italien de l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères, qui travailla en Birmanie pendant soixante-cinq ans ; Jean-Paul II l’avait appelé le patriarche de Birmanie ; béatifié en 2011.

 

Amos

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Amos, troisième des douze “petits prophètes” de la Sainte Écriture, était un simple berger de Thécué, petite bourgade au sud de Bethléem, comme il nous le dit lui-même (Am 1:1).

Il vivait sous les règnes d’Osias (ou Azarias), roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d’Israël. donc peu après la mort de l’autre prophète, Elisée.

Son action prophétique se dirigea principalement aux peuples du royaume d’Israël, où le roi précédent, Jéroboam I, avait rétabli le culte du veau d’or. Amos, annonce que ce royaume sera détruit, les habitants déportés. Mais aussi que Dieu relèvera la maison de David.

Après avoir prophétisé à Béthel, le sanctuaire schismatique, il fut expulsé et retourna à son troupeau.

Le texte d’Amos fait apparaître pour la première fois l’expression “Jour de Yahvé” au sens du jour de la colère de Dieu (Am 5:18). Il parle aussi pour la première fois du “reste d’Israël” qui sera sauvé (Am 5:15).

Quelques auteurs affirmaient que Amos avait été frappé violemment par Ozias, le fils du prêtre schismatique Amasias et qu’il avait expiré quelques jours plus tard.

A la suite des Orientaux, le Martyrologe mentionne le Prophète Amos au 15 juin, au lendemain de la commémoration du Prophète Elisée.

 

 

Hesychius de Dorostore

† 297

 

On a parlé d’Hesychius lors du martyre de s.Iulius de Dorostore (v. 27 mai). Dorostore était une localité de Mésie, actuelle Bulgarie.

Hesychius était donc un soldat chrétien, qui se trouvait à proximité de Iulius. Loin de le maltraiter comme d’autres soldats, il s’approcha de Iulius pour l’encourager ; il lui manifesta son désir de mourir comme lui, et le priait de saluer les frères Pasicrates et Valentio : ces derniers avaient été martyrisés peu avant. Hesychius montrait par là sa foi profonde au Paradis et en la communion des Saints.

Iulius embrassa Hesychius et lui dit : Hâte-toi de venir, frère. Ceux que tu as salués ont déjà entendu tes demandes.

Dix-neuf jours plus tard, le vaillant soldat reçut à son tour la palme du martyre.

Saint Hesychius de Dorostore est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guy

4e siècle

 

Vitus en latin, devenu Guido en italien, Guy ou Vit en français, Veit en allemand, fut un martyr du IVe siècle, probablement en 303 sous Dioclétien, en Lucanie (au Sud de l’Italie) ou à Milan.

Il aurait été originaire de Sicile, et son martyre aurait consisté à le jeter dans une grande bassine remplie d’huile bouillante.

On lui adjoint les autres martyrs Modeste et Crescence.

Le culte de saint Guy est attesté dès le Ve siècle.

Des reliques en furent transportées par des moines bénédictins à Saint-Denis en France au IXe siècle, et aussi successivement à l’abbaye de Korvey en Westphalie, et de là enfin à Prague, à la demande du duc de Bohème, saint Wenceslas. La cathédrale de Prague est en effet dédiée à saint Guy.

Au XIVe siècle, lors d'une grave épidémie, saint Guy fut invoqué pour ce qu'on appela depuis la « danse de saint Guy », une maladie courante au Moyen-Age, causée par un ergot du seigle dont  était fait le pain, cet ergot étant un champignon hallucinogène (claviceps purpurea), proche par ses effets de l'acide lysergique contenu dans le LSD. Ce mal est scientifiquement répertorié sous le nom de chorée de Sydenham. Les épileptiques recourent à saint Guy. En Corse, on l'invoque pour toutes les blessures causées par les animaux : morsures de chiens, piqûres de serpents.

Saint Guy est commémoré le 15 juin au Martyrologe.

 

 

Abraham de Clermont

† 477

 

Il s’agit ici d’un tout autre personnage que le Patriarche de la Bible.

Celui-ci naquit sur les bords de l’Euphrate au 5e siècle. 

Lors de la persécution, il voulut s’exiler et rejoindre les ermites si fameux des déserts d’Egypte. Mais il fut arrêté, cruellement battu de verges et emprisonné, pendant cinq ans.

En prison, le régime sévère auquel il fut soumis l’amaigrit tellement, que les chaînes ne le serraient plus. Il put s’enfuir.

On ne sait comment il voyagea, mais il arriva finalement en Gaule, en Auvergne, où il se fabriqua une petite chaumière pour vivre en ermite.

Sa présence, ses saintes habitudes, ne restèrent pas inaperçues : on vint le voir, l’interroger, lui demander des prières, des conseils. Bientôt il dut accepter de diriger un monastère à Saint-Cirgues, proche de Clermont. Il y construisit une église en l’honneur de s.Cyr (ou Quiricus, v. 16 juin).

Il reçut alors le sacerdoce.

Un jour qu’il recevait beaucoup de monde, mystérieusement le vin se multiplia dans la cave.

Abraham mourut vers 477.

Saint Abraham de Clermont est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landelin de Lobbes

† 686

 

Il nous a été difficile de choisir entre les versions de la vie de Landelin.

Il serait né à Vaux (Pas-de-Calais), sous le règne de Dagobert (622-639), ce qui nous donne une idée approximative de son âge. Mais certains le font naître plus tôt, vers 613.

De noble famille franque, il aurait reçu le baptême à dix ans, de son parrain Aubert, évêque de Cambrai (v. 13 décembre), qui changea son nom de Maurosus en celui de Landelin puis, constatant ses bonnes dispositions, le prépara à entrer dans la cléricature. 

Il se peut qu’il ait été élevé à la cléricature, mais cédant aux tentations et probablement aux mauvais exemples, il tomba dans de graves désordres et devint un brigand. Selon une variante des faits, c’est durant cette mauvaise période qu’il aurait pris le nom de Maurosus. 

La mort subite d’un de ses compagnons le fit profondément réfléchir ; vers 643, il s’enferma dans un monastère sous la règle de s.Colomban (v. 23 novembre), pendant six années, au terme desquelles il aurait été enfin admis à la cléricature, vers 649.

Ce serait alors seulement que Morosus serait devenu Landelin. Sa vie allait devenir édificante, mais on a peut-être ajouté quelques détails pour embellir encore plus cette conversion.

Est-il allé par trois fois en pèlerinage à Rome ? Fut-il ordonné prêtre ? Selon certaines versions, il aurait reçut les Ordres majeurs entre chacun de ces voyages et, au troisième, aurait présenté au pape ses deux compagnons, Adelin et Domitien. Il aurait visité les abbayes de Luxeuil et du Mont-Cassin.

Ce qui est plus certain, est que Landelin voulut effacer les crimes de Morosus sur les lieux mêmes de sa vie scandaleuse. Il fit construire un monastère à Lobbes, qui devint une grande abbaye. 

Il se serait ensuite retiré à Aulne, avec des compagnons pour lesquel il adopta la règle de s.Benoît, moins rigide que celle de s.Colomban. En 665, il s’installa à Wallers-en-Fagne. La fondation de ces monastères remonterait à Landelin lui-même, mais ce n’est pas l’opinion unanime.

Enfin, Landelin se retira à l’abbaye de Crespin, dont on lui attribue aussi la fondation en 673.

C’est là qu’il mourut, en 686.

Devant l’invasion des Normands en 836, on transféra ses reliques à Boke (Allemagne).

Saint Landelin de Lobbes est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lotharius de Sées

† 756

 

De cet évêque on a une certitude : qu’il fut saint.

Son nom latin est diversement traduit : Lohier, Loyer, Lothaire.

Les dates étant floues, il est difficile de le situer précisément dans ce 8e siècle. S.Ravenger, son prédécesseur, serait mort en 750 ; de s.Chrodegang son successeur, on n’a pas établi avec précision le début de son épiscopat. 

D’après la liste officielle, Lotharius fut le seizième évêque de Sées.

Il aurait humblement résigné sa charge pour se préparer à la mort dans un ermitage et aurait rendu son âme à Dieu vers 756.

Saint Lotharius de Sées est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benilde de Cordoue

† 853

 

Sur les conditions générales de cette vague de persécution ottomane à Cordoue au 9e siècle, on pourra se reporter à la notice Eulogio de Cordoue.

Benilde était une veuve, âgée, qui vivait à Cordoue.

Elle assista au martyre des saints Anastasio, Félix et Digna, le 14 juin 853.

Le lendemain de ce jour, stimulée par le courage des trois Martyrs de la veille, elle se déclara à son tour ouvertement chrétienne.

Il n’en fallait pas plus pour la faire décapiter. Puis on exposa son corps martyrisé sur des pieux en divers endroits de la ville ; enfin son corps fut brûlé et les cendres jetées dans le Guadalquivir, le 15 juin 853.

Sainte Benilde de Cordoue est commémorée le 15 juin dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Bernard dit de Menthon

1020-1086

 

Des études critiques récentes ont démontré que ce Bernard n’est pas de la famille de Menthon, qu’il n’est pas né en 923 ni mort en 1008. Les arguments semblent valides.

Bernard, donc, pouvait être de famille noble et naquit vers 1020.

Il fit des études à Paris. Au terme de sa formation et de son adolescence, son père pensait le marier mais lui, qui désirait devenir prêtre, s’enfuit de la demeure familiale la veille du mariage, par une fenêtre où il brisa un barreau. Au château de Menthon, on montre encore la fenêtre en question, même si Bernard n’y a pas vécu.

Bernard ne sera pas prêtre. Il reçut le diaconat et fut membre du chapitre de la cathédrale d’Aoste ; il fut archidiacre.

Il eut la mission de prêcher dans le diocèse et son activité remporta de vifs succès, grâce à la sainteté de vie de Bernard, mais aussi grâce aux miracles qu’il accomplissait.

Il s’inquiéta du sort des caravanes qui, traversant les Alpes, devaient marcher plusieurs jours sans trouver d’abri mais rencontraient souvent au contraire des pillards. C’est ainsi qu’il fonda vers 1045 l’hospice du Mont-Joux, d’abord sous le patronage de s.Nicolas de Myre (v. 6 décembre), qui deviendra le Grand Saint-Bernard, puis aussi l’hospice du col de Colonne-Joux, futur Petit-Saint-Bernard.

Bernard prolongea sa mission de prédication jusqu’à Pavie. Il y rencontra l’empereur qui préparait une expédition contre Grégoire VII, sans réussir à l’en dissuader.

Au retour, Bernard s’arrêta dans un monastère de Novare. C’est là qu’il mourut, le 12 juin 1081 ou 1086.

Les nombreux miracles obtenus sur la tombe de Bernard permirent sa canonisation dès 1123.

Huit siècles plus tard en 1923, saint Bernard de Menthon, comme on s’est habitué à le désigner, fut proclamé patron des alpinistes, des voyageurs et des habitants des Alpes.

Les chanoines qui gèrent le plus grand hospice, s’appellent Chanoines du Grand-Saint-Bernard. N’oublions pas les célèbres et si efficaces chiens saint-bernard qui ont sauvé tant de vies.

Saint  Bernard de Menthon, ou d’Aoste, est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isfridus de Ratzeburg

† 1204

 

Isfridus (Isfried, en français Isfroi) fut un prêtre dans l’Ordre de Prémontré.

Il fut d’abord prieur du monastère de Magdebourg, et ensuite à Jerichow.

Devenu évêque à Ratzeburg (Schleswig-Holstein, Allemagne N), pour succéder à Evermodus en 1180, il s’occupa activement de la conversion des Wendes et de la consolidation de leur foi.

Il aurait aussi été le confesseur d’Henri le Lion, qui était à la fois Duc de Saxe et Duc de Bavière.

On a dit aussi qu’il changea l’eau en vin.

Il mourut en 1204 après un quart de siècle d’épiscopat. Son nom a été inscrit au Martyrologe en 2005, le 15 juin.

Le monastère de Jerichow n’est plus habité par des moines, mais on y célèbre la Messe et on y organise de beaux concerts en été.

 

 

Thomas Scryven

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, notre Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Ralph Grimston

?-1598

 

Ralph Grimston était né à Nidd (North Yorkshire, Angleterre).

Ce laïc fut arrêté pour s’être trouvé en compagnie du prêtre Peter Snow ; en outre, ce délit était aggravé par le fait que Ralph avait tenté d’empêcher l’arrestation de Peter.

Ralph subit le martyre avec Peter le 15 juin 1598 à York et fut béatifié en 1987.

 

 

Peter Snow

?-1598

 

Peter Snow était né à Ripon (North Yorkshire, Angleterre).

En 1589, il vint au Collège anglais de Reims ; il reçut la Tonsure et les Ordres mineurs en 1590, le sous-diaconat à Laon en 1590, le diaconat et la prêtrise à Soissons en mars 1591.

En mai 1591, il partit pour l’Angleterre et fut arrêté sept ans plus tard, en mai 1598, en compagnie de Ralph Grimston, qui l’accompagnait à York.

Ils furent tous deux condamnés peu après : Peter, comme traître, étant prêtre ; Ralph, comme complice, ayant aidé ce prêtre et même ayant tenté d’en empêcher l’arrestation.

Le martyre eut lieu le 15 juin 1598 à York ; Peter et Ralph furent béatifiés en 1987.

 

 

Germaine Cousin

1579-1601

 

Germaine naquit vers 1579, de Laurent, un laboureur pauvre de Frouzins (Toulouse, Haute-Garonne) et de Marie Laroche, qui mourut peu après.

Elle était malingre, scrofuleuse, sa main droite était déformée et peu vigoureuse. Son père ne l’aimait pas et se remaria.

Il n’y avait rien pour elle, elle n’avait pas sa part légitime. On ne lui faisait pas sa place au foyer. A peine lui accordait-on dans la maison de son père un asile et un abri. La marâtre, toujours irritée, la renvoyait dans quelque coin et la réduisait à prendre son repos dans l’étable ou sur un tas de sarments, au fond d’un couloir. Non contente de cette sévérité, elle interdisait à Germaine d’approcher ses frères et sœurs, que pourtant elle aimait beaucoup et cherchait à servir sans jamais montrer de jalousie.

Elle se taisait et se cachait, elle se mortifiait et ne prit jamais que du pain et de l’eau, et encore, elle donnait aux pauvres ce qu’elle pouvait conserver. Un jour, la marâtre voulut la battre pour avoir détourné quelques croûtes et, ouvrant son tablier, vit tomber de très belles roses, en plein hiver.

On lui donna à garder les moutons, que d’ailleurs elle confia souvent à la garde du Bon Dieu pour se rendre à l’église : jamais une bête ne s’égara ou ne fut victime du loup.

Un jour que le ruisseau était impossible à passer à cause des crues, les voisins virent les eaux s’écarter pour laisser passer Germaine, comme lors du passage de la Mer Rouge par Israël (Jos 3:13-17).

Illettrée, elle avait la science du cœur et parlait du Bon Dieu aux petits enfants qui venaient la voir. Elle priait le chapelet.

Un matin de juin, son père ne la vit pas sortir, il l’appela, en vain : il la trouva morte sur ses sarments.

La tradition a fixé ce jour au 15 juin 1601.

La population vint en masse à ses funérailles. On l’enterra dans l’église voisine de Pibrac, mais sans marque précise. Plus tard, le fossoyeur la retrouva, encore toute fraîche : on la reconnut aux cicatrices de sa maladie, à sa main déformée. Nouveaux miracles. On la déposa dans un cercueil à la sacristie, où l’on obtint d’elle des multiplications de pain ou de farine, des guérisons… C’est là que le vicaire général retrouva à son tour, en 1661, le cercueil de la Bergère à nouveau délaissé, et le fit ouvrir : Germaine y apparut toute fraîche.

Germaine Cousin ou de Pibrac devint universellement connue ; elle fut béatifiée en 1854 et canonisée en 1867.

 

 

Luigi Maria Palazzolo

1827-1886

 

Luigi naquit le 10 décembre 1827 à Bergamo (Italie nord), benjamin de huit enfants et seul survivant après la mort en bas âge des sept premiers.

Orphelin de père à dix ans, il reçut les meilleurs conseils de sa pieuse mère et des bons prêtres qu’il rencontra.

Ordonné prêtre en 1850, il fut tout de suite vicaire à San Alessandro, puis curé à San Bernardino (1855), toujours à Bergame.

En 1864, il fonda l’œuvre pie de Sainte-Dorothée, une association de dames destinées à s’occuper des petites filles pauvres du quartier San Bernardino : les dames leur auraient donné des leçons de catéchisme, mais aussi les auraient occupées à des activités saines et instructives.

En 1869, cette association devint une congrégation nouvelle, les Sœurs des Petites Pauvres, qui ajoutèrent à leur première activité celles de visiter les pauvres et les malades à domicile, d’assister les orphelins, et de faire l’école.

Il y eut bientôt plusieurs maisons, à Vicenza, Brescia, Breganze, et les constitutions devaient être approuvées dès 1886, année de la mort de don Luigi Maria.

Il fonda aussi en 1872 les Frères de la Sainte Famille, pour s’occuper des orphelins à Torre Boldone. L’Institut fonctionna jusqu’en 1928.

Don Luigi Palazzolo fut un pasteur infatigable, prêchant beaucoup de missions populaires, organisant de saints divertissements pour ses paroissiens, des cours du soir, un patronage de garçons dont sortirent au moins une quarantaine de prêtres. 

Il s’éteignit le 15 juin 1886, dans cette ville de Bergame qu’il n’avait pas quittée, et fut béatifié en 1963. Un nouveau miracle, récemment reconnu, ouvre la voie à la prochaine canonisation de Luigi Palazzolo.

Depuis 1919, l’Institut fut approuvé par le Vatican et des maisons s’ouvrirent à Rome, puis auprès des émigrés italiens en France, en Belgique, au Luxembourg. Récemment, l’Institut s’est ouvert aux missions au Brésil et au Pérou, en divers pays d’Afrique : Congo, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi. Globalement, un millier de Religieuses dans plus de cent maisons. L’Institut porte maintenant le nom de Sœurs des Petites Pauvres de l’Institut Palazzolo (SdPIP).

Au Congo éclata en 1995 une épidémie d’Ebola, dont moururent six Religieuses, frappées par la contagion après avoir secouru des malades.

Parui Cui Lianshi

1849-1900

 

Parui (Barbara) était née vers 1849 à Xiaotian (Hejian, Hebei, Chine).

Mariée, elle avait déjà perdu son fils, tué par les soldats. Voulant fuir de nuit, elle fut arrêtée et subit un cruel martyre, le 15 juin 1900 près de Liushuitao, Hebei.

Elle fut béatifiée en 1955.

Elle fait partie des cent-vingt Martyrs victimes des persécutions des Boxers ou de la secte de Yihetuan, qui furent canonisés ensemble en 2000 et qui sont fêtés simultanément le 9 juillet.

 

 

Albertina Berkenbrock

1919-1931

 

Cette petite fille brésilienne avait des parents allemands originaires de Westphalie, très chrétiens, pratiquants et assidus à la prière quotidienne. Albertina naquit le 11 avril 1919 à Saõ Luís, une petite ville du nord du Brésil ; elle fut baptisée le 25 mai suivant et reçut la Première Communion le 16 août 1928 - à neuf ans.

Sa mère et ceux qui l’ont connue à l’école ont rendu le témoignage de ses belles qualités ; elle était très obéissante et serviable, modeste dans son habillement, sereine et douce, encline à la bonté, aux vertus, dans la mesure où elle les comprenait avec ses douze ans.

Elle avait deux références : la Sainte Mère de Dieu et saint Louis de Gonzague. Cette profonde dévotion a fait germer en elle cette conscience du péché et son désir de la pureté.

Trois mots reviennent souvent dans les témoignages : délicate, modeste, réservée. Elle éprouvait aussi une profonde charité envers les plus pauvres. En particulier, dans cette région de colonisation germano-italienne, les sentiments racistes n’étaient pas rares, et Albertina eut une grande attention envers les enfants de Idanlício, l’ouvrier de la famille et qui allait être son assassin.

Cet Idanlício Cipriano Martins vivait avec son épouse et ses enfants près de la maison des Berkenbrock. Le 15 juin 1931, vers quatre heures de l’après-midi, Albertina était en train de faire paître le bétail de sa famille, quand son père lui demanda d’aller chercher un bœuf qui s’était éloigné. En chemin, elle rencontra Idanlício, qui feignit de vouloir l’aider. En réalité, il la conduisit dans un petit bois tout proche et lui proposa une relation sexuelle. Albertina s’y opposa fermement, pour conserver sa pureté, et Idanlício essaya alors de la violer. Sur son refus, il sortit un couteau et lui tailla la gorge, provoquant la mort instantanée. Albertina avait à peine plus de douze ans.

Deux jours après eurent lieu les funérailles. Non seulement les habitants de la ville y assistèrent, mais aussi de beaucoup d’autres localités des environs. L’émotion était grande, non seulement pour la mort tragique de la petite fille, mais aussi pour l’héroïsme avec lequel elle avait défendu sa pureté.

Sur le lieu du martyre, on construisit plus tard une petite chapelle dédiée à sainte Agnès, cette jeune vierge martyre des premiers siècles du christianisme, où beaucoup de pèlerins vinrent demander des grâces par l’intercession de la Servante de Dieu.

En 1952, dans la même chapelle où Albertina fit sa première Communion, se réunit le tribunal ecclésiastique de l’archidiocèse de Florianópolis, pour initier le procès de béatification et de canonisation. Plus tard, avec la création du diocèse de Tubarão, ce fut ce diocèse qui prit en charge la cause.

Le 16 décembre 2006, le pape Benoît XVI signa le décret “sur le martyre” de la Servante de Dieu, qui fut ensuite béatifiée en 2007.

Son nom sera certainement écrit au 15 juin dans une prochaine édition du Martyrologe Romain.

 

 

Clemente Vismara

1897-1988

 

Né le 6 septembre 1897 à Agrate Brianza (Milan, Italie), Clemente était le cinquième des six fils de Attilio Egidio, un sellier, et de Stella Annunziata Porta, une couturière. La maman mourut lors de la naissance du sixième enfant (1902) et le papa mourut bientôt après (1905), de sorte que Clemente fut éduqué par d’autres parents.

Après le collège, il entra au séminaire à Seveso (1913), mais dut interrompre ce cycle lors de la Première guerre mondiale, où il fut envoyé en première ligne au 80e régiment d’infanterie. Il termina la guerre avec trois médailles à la valeur militaire, et le grade de sergent major.

Il fréquentera le Séminaire lombard pour les Missions Etrangères (le futur Institut Pontifical des Missions Etrangères, PIME) à Milan, et sera ordonné prêtre en 1923.

Il fut immédiatement envoyé en Birmanie, qui devint depuis sa patrie d’adoption.

Arrivé à Toungoo dès septembre 1923, il y étudia l’anglais et les dialectes, et rejoignit Kengtung en mars 1924, d’où il partit fonder une nouvelle mission à Mong Lin.

Les conditions de vie y étaient tellement difficiles que tous les missionnaires moururent les uns après les autres, sauf Clemente. Même le supérieur du PIME «menaça» l’évêque local de retirer les missionnaires s’il ne s’arrangeait pas pour leur fournir davantage de bonne nourriture.

Le père Clemente travailla parmi beaucoup de difficultés, dans un milieu primitif, dangereux et même parfois hostile. Il fonda d’autres missions à Keng Lap, Mong Yong et Mong Pyak.

La société birmane était conditionnée par des traditions contre lesquelles il dut combattre patiemment : les hommes ne travaillent pas et consomment l’opium ; les femmes et les enfants travaillent, sont maltraités, abandonnés, vendus - ou tués. Le père Vismara chercha à protéger en priorité les orphelins et les veuves, deux catégories «maudites».

Il se fit tour à tour : agriculteur, éleveur, tailleur, coiffeur, dentiste, maçon, bûcheron. Jouissant d’une santé vraiment robuste, il s’imposa aussi un style de vie sain : horaire, propreté, nourriture ; il mangeait avec des couverts !

En 1941, les Japonais allaient occuper la Birmanie. Les Anglais enfermèrent les missionnaires italiens (comme «ennemis») à Kalaw, dont les libérèrent les Japonais envahisseurs en 1942.

Le père Vismara rouvrit la mission de Mong Lin, avec un orphelinat. Peu à peu cette localité se transformera en petite ville, avec plusieurs milliers de baptisés.

Mais après l’indépendance de la Birmanie (1948) commencera une guerrilla séparatiste, durant laquelle seront abattus plusieurs missionnaires.

En 1955, le père Vismara fut déplacé par l’évêque à Mong Ping, où il dut tout recommencer à zéro. Il obéit.

En 1957, il prit un mois de «vacances» en Italie, profitant de ces quelques jours d’abord pour faire une retraite spirituelle (chez les Jésuites de Varese), car il sentait le besoin de faire une grande lessive spirituelle mais aussi pour recevoir quelques soins médicaux, aller à Lourdes et tenir quelques conférences.

En 1961 fut abattu le premier prêtre birman (le père Vong) par des bouddhistes hostiles, pourtant réputés «tolérants». Le père Vismara en écrivit la vie, puis créa à Mong Ping un orphelinat, une école, une église et une grotte de Lourdes, avec une maison pour les missionnaires et les religieuses.

Malheureusement, en 1962, tout ce travail fut entravé par le nouveau régime communiste, qui expulsa tous les missionnaires arrivés après 1948. Malgré ces dispositions et sa santé qui commençait à décliner, le père Vismara continua. En 1979, il prit encore la jeep pour aller rencontrer le supérieur du PIME : il avait quatre-vingt deux ans.

Il fonda encore un nouveau quartier à Tongtà en 1980 et un autre à Pannulong en 1986.

Une de ses expressions habituelles était : Tu es vieux quand tu n’es plus utile à personne. Le père Vismara put et voulut s’occuper jusqu’à la fin des orphelins, des malades, des lépreux, des toxicomanes, des handicapés.

Il racheta des orphelins aux Birmans, parfois pour soixante-dix lires, parfois pour une lire et deux boîtes d’allumettes. Il s’opposa vivement au commerce des femmes en Thaïlande, où l’on achetait des femmes birmanes parce qu’elles ne portaient pas le virus du sida. 

Le père Clemente Vismara s’éteignit dans la sérénité à Mong Ping le 15 juin 1988 ; il avait quatre-vingt onze ans. Il fut enterré en Birmanie, devant la grotte de Lourdes qu’il avait fait ériger en 1962 à Mong Ping.

Le pape Jean-Paul II l’appela le patriarche de Birmanie.

A sa mort et après, des bouddhistes et des musulmans témoignèrent de la sainteté de sa vie. Un fonctionnaire bouddhiste qui fut pendant trente ans un ami fidèle du père Vismara, témoigna que, contre l’habitude birmane, et sur le conseil du père Vismara, il n’abandonna pas son épouse malade pour en prendre une autre ; cette épouse mourut heureuse de cette fidélité, et le fonctionnaire désira ardemment que fût canonisé le missionnaire.

Clemente Vismara fut béatifié en 2011. Son dies natalis est le 15 juin.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 23:00

14 JUIN

-IX.

S Élisée, prophète, à la tombe duquel frémissent les démons ; son nom signifie “Dieu est salut” ; ses actes sont racontés dans 2R:2-13, après ceux d’Élie.

IV.

S Protus, martyr à Aquilée.

Ss Valerius et Rufinus, martyrs noyés dans la Vesle près de Soissons.

S Fortunatus, évêque à Naples.

V.

S Dogmaël, gallois ; il prenait des bains d’eau glacée pour vaincre son corps (VI.?).

VII.

S Nonnus (Nennus, Nem, Néhémie), abbé à Killiany.

S Ætherius, évêque à Vienne.

IX.

S Méthode le Confesseur, sicilien, fervent adversaire des iconoclastes ; patriarche de Constantinople, il institua la fête de l'orthodoxie, en l'honneur des icônes, toujours célébrée aujourd'hui dans les Églises d'Orient.

Ss Anastasio, Felix et Digna, tous trois décapités et pendus à Cordoue, suite à l’exécution de s. Fandila, la veille ; la jeune moniale Digna se faisait appeler “Indigne”.

XI.

B Richard de Saint-Vanne, abbé bénédictin à Saint-Vanne, ancien élève de Gerbert (le futur pape Sylvestre II) à Reims.

S Elgar, irlandais, ermite après des années de captivité.

XIV.

Bse Castora Gabrielli, fille du comte de Gubbio, sœur d’évêque, épouse d’un juriste assez virulent ; veuve, elle fut tertiaire franciscaine.

XIX.

Bse Francisca de Paula de Jésus ("Nhá Chica", c'est-à-dire Tante Françoise), laïque brésilienne qui consacra sa vie aux autres, béatifiée en 2013.

XX.

B Sante Spessotto (Cosma, 1923-1980), prêtre franciscain italien, martyr au Salvador, béatifié en 2021.

Elisée

9e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce grand prophète était disciple d’Elie (v. 20 juillet). Elisée signifie Dieu est salut.

Elie venait de prier Dieu : il se sentait impuissant et inutile devant l’abandon des enfants d’Israël pour le culte du vrai Dieu. Mais Dieu vient l’encourager et lui annoncer qu’il aura un successeur dans la prophétie, et qu’il sauvera ceux d’Israël qui n’ont pas plié le genou devant Baal. 

Dieu demande à Elie d’aller vers le désert de Damas pour y oindre Elisée fils de Shaphat, d’Abel Mehola, comme prophète à (sa) place

Au Premier Livre des Rois (1R 19:19-21), on lit donc qu’Elisée, fils de Shaphat, était en train de labourer avec douze paires de bœufs, lui-même étant à la douzième.

Cette phrase laisse entendre que Shaphat était un cultivateur assez important.

Il est émouvant de voir Elisée répondre simplement à Elie : Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, avant de le suivre, mais encore plus de le voir brûler sa charrue et immoler une paire de bœufs pour offrir un repas à ses amis avant de les quitter : pour suivre l’appel de Dieu, Elisée brûle tout ce qui lui appartient.

Elisée assistera à l’enlèvement d’Elie sur un char de feu qui l’emporta au ciel. Sa mission commençait.

On lira avec avidité le récit des miracles et des interventions d’Elisée, au Deuxième Livre des Rois (chapitres 2, 4, 5, 6), miracles qui annoncent ceux qu’opèrera Jésus-Christ lui-même.

Même mort, Elisée ressuscite encore un mort qu’on avait dû jeter précipitamment sur sa tombe (2R 14:21).

A la mort du prophète Elisée, le culte de Baal était pratiquement éteint en Israel.

Pendant longtemps on a vénéré le tombeau d’Elisée, dont parle encore saint Jérôme. Il a été violé sous (ou par) Julien l’Apostat, et quelques ossements en ont été préservés, certains offerts à Athanase d’Alexandrie, d’autres rapportés à Constantinople au Ve siècle.

Saint Elisée est fêté le 14 juin.

 

 

Protus d’Aquileia

† 290

 

Protus est un martyr d’Aquileia (Vénétie, Italie NE).

Il mourut sous les empereurs Dioclétien et Maximien, vers 290.

Saint Protus d’Aquileia est commémoré le 14 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerius et Rufinus de Soissons

† 4e siècle

 

Ces deux chrétiens étaient chargés d’administrer les importants greniers impériaux de Bazoches (act. Bazoches-sur-Vesles, Aisne). Cette position leur permettait d’avoir un grand rayonnement apostolique, par leur générosité et leur honnêteté.

Ceci arriva aux oreilles d’un tristement célèbre Rictiovarus, un ennemi déclaré de la religion chrétienne ; préfet romain, il avait son palais justement à Bazoches. Il voulut éliminer les deux hommes qui, à son approche, tentèrent de se cacher dans une grotte, mais furent découverts.

Sans autre forme de procès, le chef païen les condamna à être noyés dans la Vesle, la rivière voisine.

Ce pouvait être au début du 4e siècle.

Saints Valerius et Rufinus de Soissons sont commémorés le 14 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fortunatus de Naples

† 350

 

Fortunatus fut le dixième évêque de Naples.

Il fut dans son diocèse un vaillant défenseur de la Foi catholique contre l’arianisme.

Une liste épiscopale de Naples comporte deux Fortunatus, l’un décédé vers 278, l’autre vers 601. Une autre mentionne le premier vers 350.

Le Martyrologe Romain a opté pour cette dernière date.

Le culte de Fortunatus a été confirmé en 1841.

Saint Fortunatus de Naples est commémoré le 14 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ætherius de Vienne

† 627

 

Un évêque du même nom fut sur le siège de Lyon entre 589 et 602.

Il est dit d’Ætherius (Ethère) qu’il demanda au pape Grégoire Ier (v. 12 mars) les ouvrages de s.Irénée de Lyon (v. 28 juin), mais le pape lui répondit qu’on les avait perdus : on ne conservait que des extraits du texte grec original ; il existait cependant des traductions en latin et même en arménien. Or ce pape est mort en 604, ce qui montre qu’Ætherius était un chercheur exigeant, désirant des textes authentiques et fiables, et ce bien avant son élection au siège épiscopal. 

Ætherius, fut nommé, après 614, évêque de Vienne (Isère).

C’était le trente-et-unième évêque de ce siège qui évait été établi dès le deuxième siècle. Il succédait à un autre saint évêque, Domnole (absent du Martyrologe).

Saint Ætherius est commémoré le 14 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Méthode de Sicile ou Constantinople

? 847

 

Méthode était originaire de Sicile, où il naquit dans la seconde moitié du 8e siècle.

Venu à Constantinople au terme de ses études, il rencontra un moine qui lui donna le précieux conseil de ne pas se laisser tromper par les fausses dignités de la terre. Le voilà donc au monastère de Khenolaccos (la Mare aux oies) sur la côte sud de la Mer de Marmara, en face de Constantinople.

Là il complète ses études, transcrit des livres pour la bibliothèque, et devient higoumène, ou supérieur : on l’appellerait en occident Abbé.

Au début du 9e siècle, l’empereur Léon l’Isaurien rouvrit la Querelle des Images (815). La persécution reprit. Méthode, partisan de l’orthodoxie, s’enfuit à Rome, supplier le pape Pascal Ier d’intervenir en faveur des chrétiens, en particulier de Théodore le Studite et ses moines, fidèles partisans du culte des saintes Images.

En 820, Méthode recevait du pape la mission de demander à l’empereur Michel II le rétablissement de Nicéphore sur le siège patriarcal et la liberté pour les défenseurs des saintes Images. Peine perdue : non seulement Méthode fut fort mal reçu, mais il fut flagellé et enfermé dans un cachot aussi étroit qu’un tombeau, en compagnie de deux criminels de droit commun. Ce supplice dura sept années !

L’empereur suivant, Théophile (dont le nom devrait signifier Ami de Dieu), rendit une liberté assez relative à Méthode, dont il appréciait le savoir : il le logea dans son propre palais, pour le consulter à volonté, et même pour l’emmener avec lui dans ses déplacements, ce qui en réalité éloignait de Constantinople le saint higoumène, qui avait une réelle popularité.

A la mort de Théophile (842), Méthode fut vraiment libre et gagna le monastère de Elegmi, mais il restait en contact avec l’impératrice Théodora, qui lui était favorable.

Un concile (843) déposa le patriarche iconoclaste Jean, et élut Méthode sur le siège de Constantinople. Le culte des saintes images fut solennellement approuvé comme lors du IIe concile de Nicée (787), et les évêques et abbés qui s’étaient fourvoyés dans l’erreur furent déposés.

Méthode eut aussi l’idée conciliante de faire admette que l’époux défunt de l’impératrice, Théophile, était mort repentant, ce qui apaisa la fidèle impératrice.

Mais c’est surtout la solennelle procession à Sainte-Sophie, le 11 mars 843, qu’il faut retenir de ce concile, car c’est à partir de cette date que sera traditionnellement célébrée la Fête de l’Orthodoxie dans l’Eglise orientale.

Méthode s’efforça d’appliquer les décrets du concile, non sans difficulté. L’ancien patriarche déposé essaya même de lui susciter des accusations calomnieuses d’adultère, manœuvre indigne d’un prélat, et malheureusement pas unique dans l’historie de l’Eglise.

Mais le saint patriarche eut encore plus de difficultés, inattendues, de la part des moines qui étaient restés fidèles à l’orthodoxie : ceux-ci ne s’accomodaient pas de la paix revenue, et cherchaient à susciter d’autres querelles, au point que Méthode crut nécessaire de jeter l’anathème sur leur monastère de Stoudion ; il comprit son excessive sévérité et s’en repentit. La paix revint totalement avec son successeur.

L’hydropisie fut la cause de la mort du fidèle patriarche Méthode, le 14 juin 847. 

 

 

Anastasio, Félix et Digna à Cordoue

† 852 environ

 

Le martyr Fandila venait d’être exécuté (voir au 13 juin, veille de ce jour). 

Anastasio, un vénérable moine et prêtre de Cordoue, se présente le 14 juin aux autorités, pour s’en prendre à son tour à la “religion” musulmane. Il est immédiatement décapité.

Il avait un compagnon, Félix, originaire de la province africaine de Gétulie et qui, venu dans ces contrées espagnoles, avait embrassé la foi chrétienne et l’état monastique. Ce Félix fut décapité en même temps qu’Anastasio, comme Fandila la veille, et leurs corps furent, comme celui de Fandila, suspendus au bord du fleuve. C’était donc un 14 juin.

Le bruit de cette exécution se répandait déjà et le soir-même, une jeune moniale fut animée d’une force intérieure mystérieuse qui la poussa à aller témoigner à son tour.

Peu auparavant, cette moniale, qui s’appelait Digna, avait vu en songe sainte Agathe, laquelle lui présentait une rose rouge en signe de son prochain martyre. Digna, qui dans son humilité se faisait appeler Indigna, eut alors le grand désir d’offrir sa vie pour le Christ. Le martyre d’Anastasio et de Félix lui fit comprendre intérieurement que son heure était venue. 

Elle quitte son monastère et va courageusement reprocher au juge le meurtre de ces hommes innocents, qui n’étaient coupables que d’adorer le vrai Dieu et de confesser la Sainte Trinité.

On pourra peut-être se poser la question de savoir comment cette jeune moniale eut la permission de sortir de son couvent, le soir, seule, contrairement à maintes traditions monastiques. Après le songe qu’elle eut, Digna reçut très probablement d’une part quelque invitation céleste extraordinaire à accomplir son geste, et d’autre part aussi l’autorisation de sa Supérieure, sans quoi son attitude n’aurait pas de vraie justification.

Après sa démarche audacieuse, Digna fut immédiatement arrêtée, décapitée et suspendue, comme ceux dont elle avait pris la défense.

Ces trois Martyrs, Anastasio, Félix et Digna, sont commémorés ensemble au Martyrologe du 14 juin.

 

 

Francisca de Paula de Jésus

1808-1895

 

Francisca de Paula naquit vers 1808-1810 à Porteira dos Vilellas (Santo Antônio do Rio das Mortes Pequeno, Minas Gerais, Brésil) ; elle avait un frère ; leurs parents, des esclaves, moururent vers 1818, après être venus s’installer à Baependi.

Sans aucune instruction, elle se réjouissait particulièrement si quelqu’un lui lisait la Sainte Ecriture.

Elle voulut rester célibataire et se consacrer totalement à Dieu.

Avec grande humilité et profonde dévotion envers Notre-Dame de la Conception, cette femme consacra sa vie aux pauvres, ce qui lui valut le surnom de Mère des pauvres, mais aussi celui de Nhá Chica (Tante Françoise).

A sa mort, son frère lui léga une petite fortune. A cela s’ajouta ce que son activité débordante lui permit de recueillir comme fonds pour construire près de chez elle une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Conception. C’est là qu’elle priait pour toutes les intentions qu’on lui confiait. Les gens étaient persuadés qu’elle avait des communications directes avec le Ciel et lui demandaient : Demande à la Sainte Vierge que…

On la vit quelques fois en état de lévitation, tandis qu’elle priait le Salve Regina.

Elle mourut le 14 juin 1895 à Baependi, en particulière odeur de sainteté, et fut enterrée dans la chapelle qu’elle avait fait construire.

On dit avoir enregistré jusqu’à vingt-mille grâces obtenues par son intercession. Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable, et sans intervention chirurgicale, d’une Brésilienne atteinte de cardiopathie congénitale.

Nhá Chica fut béatifiée en 2013.

Elle est la première bienheureuse noire brésilienne laïque née au Brésil.

 

 

Sante Spessotto

1923-1980

 

Sante Spessotto naquit le 28 janvier 1923 à Mansué (Vénétie, Italie NE), dans une famille d’agriculteurs.

Dès 1935, il entra dans l’ambiance franciscaine, au collège puis au noviciat des Frères Mineurs Conventuels.

Lors de sa profession religieuse, il prit le nom de Cosma.

En 1948, il reçut l’ordination sacerdotale.

Son grand désir d’aller en Chine ne pouvant être entendu, à cause de l’éclatement de la guerre civile, il fut envoyé au Salvador.

A San Juan Nonualco, il construisit littéralement une paroisse nouvelle : l’église, la catéchèse, l’école, un centre professionnel. Toute la population s’attachait à lui.

En 1970, éclata cette horrible guerre civile qui décima le pays. Cosma prêchait la paix, dénonçait la haine. Un à un, il enterra ceux de ses paroissiens qui furent victimes ; lui-même se savait menacé.

Il rencontra les chefs des guerilleros, il chercha à les gagner à la justice, il leur dit : Tuez-moi, mais ne profanez pas la maison de Dieu. Si vous voulez entrer dans l’église, vous devrez passer sur mon cadavre. Peu de jours avant sa mort, il écrivit : Le martyre est un don de Dieu, une grâce. Je suis prêt.

Cette grâce arriva le 14 juin 1980. Ce jour-là on fêtait le Cœur Immaculé de Marie : Cosma était recueilli en prière avant de célébrer la Sainte Messe ; un autre prêtre se trouvait à proximité ; un groupe de guerilleros fit irruption et abattit Cosma, qui murmura alors : Je leur pardonne.

Sante-Cosma Spessotto sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 14 juin.

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 23:00

13 JUIN

I.

Ste Felicula, martyre romaine.

IV.

S Achillas, patriarche à Alexandrie ; il ordonna prêtre Arius, quand ce dernier dissimulait sa doctrine.

Ste Aquiline, martyre de douze ans à Byblos.

S Triphyllius, évêque à Nicosie, fidèle défenseur de la doctrine nicéenne et auteur d’un commentaire au Cantique des cantiques..

V.

S Agrice, évêque à Sens.

VI.

S Prisque, évêque à Lyon (mais peu estimé de s. Grégoire de Tours).

S Ceteo ou Peregrinus, évêque à Amiterno, précipité par les ariens dans la rivière avec une pierre au cou.

VII.

S Eulogios, évêque à Alexandrie, adversaire des novatiens et des monophysites.

S Ragnebert, de haute famille de Bourgogne ; calomnié, exilé, rejoint dans le Bugey où il s’était réfugié, et assassiné.

S Psalmodius, ermite irlandais dans le Limousin.

VIII.

S Aventinus, ermite en Haute-Garonne, en bonne entente avec les ours ; des arabes l’assassinèrent ; son corps fut signalé par un taureau.

? Ss Fortunat et Lucien, martyrs en Afrique.

IX.

S Fandilas, moine espagnol à Taban ; son zèle le fit aller prêcher l’évangile au juge musulman de Cordoue, ce qui faillit provoquer une véritable persécution, mais il fut d’abord seul décapité.

XII.

B Gérard, frère de s. Bernard et son bras droit à Clairvaux.

XIII.

S Antonio de Padoue, portugais baptisé "Fernando", franciscain et remarquable prédicateur, canonisé un an après sa mort (comme il l’avait prédit), Docteur de l'Église ; c'est le Portugal qui propagea sa dévotion partout où allaient ses navires : marins, naufragés, prisonniers. "Saint Antoine de Padoue, rendez ce qui n'est pas  à vous !" : même s. François de Sales constatait son efficacité.

XX.

Bse Marianna Biernacka (1888-1943), mère polonaise martyre en Pologne, béatifiée en 1999.

 

Felicula

1er siècle

 

Le tombeau de sainte Felicula était au septième mille sur la voie Ardéatine. 

D’après les Actes des saints Nérée et Achille - auxquels les historiens n’attribuent pas une grande valeur - Felicula serait morte quinze jours après sainte Petronilla, d’où la date du 13 juin.

Dans l’ancien Martyrologe, il était écrit que Felicula, ne voulant ni épouser le païen Flaccus ni sacrifier aux idoles, fut mise entre les mains d’un juge qui, voyant sa constance à confesser le Christ, la tint longemps dans une ténébreuse prison, la privant de toute nourriture, et la fit ensuite tourmenter sur le chevalet, jusqu’à ce qu’elle eût rendu l’esprit. Après sa mort, on jeta son corps dans un égout ; un saint prêtre, nommé Nicomède, l’en tira pour l’ensevelir sur la même voie Ardéatine.

L’actuel Martyrologe mentionne la vierge martyre Felicula, au septième mille de la voie Ardéatine, sans autre détail, au même 13 juin. 

 

 

Achillas d’Alexandrie

† 312

 

D’Achillas on sait peu de choses.

Il fut ordonné prêtre par le patriarche Theonas.

On lui confia la responsabilité de l’enseignement de la foi à la célèbre école d’Alexandrie et, probablement, rédigea un important corpus de philosophie, une étude que l’historien Eusèbe qualifie de très rare et à aucune autre inférieure.

En 311, Achillas succéda au martyr Pierre (v. 25 novembre). Il ne devait rester sur ce siège que quelques mois.

On a reproché à Achillas d’avoir ordonné prêtre Arius, à un moment où ce dernier dissimulait sa doctrine erronée.

Achillas mourut l’année suivante, le 13 juin 312.

Saint Achillas d’Alexandrie est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Triphyllius de Nicosie

† 370

 

On connaît Triphyllius indirectement par s.Jérôme (v. 30 septembre).

Triphyllius naquit à Constantinople au début du 4e siècle.

Pendant ou après ses études de droit à Beyrouth il embrassa le christianisme.

Il fut nommé évêque de Nicosie (Chypre). Toujours d’après s.Jérôme, il fut l’homme le plus éloquent de son temps et il composa un commentaire sur le Cantique des Cantiques.

Durant l’interminable lutte doctrinale concernant la divinité et l’humanité du Christ, Triphyllius fut toujours du côté de l’orthodoxie, comme l’avait fait son compatriote s.Spyridon (v. 12 décembre). Au concile de Sardique (343), il se rangea aux côtés des évêques occidentaux groupés autour du légat du pape, Osius de Cordoue. Plus tard encore, il fut co-signataire d’un document où était reconnue l’innocence de s.Athanase (v. 2 mai).

On pense qu’il mourut vers 370.

Saint Triphyllius de Nicosie est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ceteo d’Amiterno

† 597

 

Ceteo (Cetteo)fut évêque d’Amiterno (Sabine, Italie C, aujourd’hui San Vittorino, L’Aquila, Abruzzes).

C’était le cinquième évêque de ce siège et il fut ordonné vers 590.

Lors de l’invasion des Lombards, qui étaient ariens, Ceteo se réfugia à Rome, tandis que deux chefs lombards occupaient et saccageaient la ville. Devant la révolte des habitants, les chefs envoyèrent une délégation auprès du pape, promettant que les habitants d’Amiterno seraient mieux traités, pourvu que l’évêque revînt en sa ville.

Là-dessus, les deux chefs en question se disputèrent entre eux ; le peuple voulut faire mourir l’un des deux, mais Ceteo s’interposa : il suffirait de le mettre en prison ! Alors l’autre chef crut que l’évêque était de connivence avec son rival et Ceteo fut accusé d’avoir trahi sa ville. 

Le bourreau ayant nettement refusé de faire mourir l’évêque, on attacha à ce dernier une grosse pierre au cou et on le jeta dans le fleuve Aterno, ; mais la Providence fit parvenir le corps du Martyr jusqu’à l’embouchure du fleuve, à Pescara, où il fut recueilli et pieusement enseveli.

On ne savait pas encore de qui était ce corps, aussi l’évêque local le nomma Peregrinus (Pèlerin). Lorsqu’ensuite se produisit un miracle sur cette tombe, on identifia alors la Victime, qui fut inhumée dans l’église qui est maintenant l’actuelle cathédrale Saint-Ceteo de Pescara.

Une autre version prétendrait que le Pèlerin en question serait aussi parvenu jusqu’au port de Zara, de l’autre côté de la Mer Adriatique.

Le diocèse d’Amiterno fut incorporé à celui de Rieti au 11e siècle, à celui de L’Aquila au 13e siècle.

Saint Ceteo est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eulogios d’Alexandrie

† 607

 

Eulogios était syrien de naissance et fut évêque et patriarche d’Alexandrie d’Egypte, entre 580 et 607 environ.

Il lutta contre les hérétiques, novatiens et surtout monophysites, mais aussi sévériens, théodosiens, caïnites, acéphales. Il rédigea aussi plusieurs Discours en l’honneur du pape Léon Ier et pour rappeler les décisions du concile de Chalcédoine (451).

Le pape Grégoire Ier entretint une correspondance avec lui. Apprenant qu’il souffrait des yeux, il lui envoya une petite croix qui avait touché les reliques des saints Apôtres, et se réjouit fort d’apprendre ensuite que les yeux du Patriarche allaient mieux.

Le même pape était si heureux de sa doctrine sûre, qu’il souhaitait qu’Eulogios lui survécût.

Saint Eulogios d’Alexandrie est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain (et non le 13 septembre).

 

 

Ragnebert de Bugey

† 680

 

Ragnebertus (Ragnebert, Rambert) était d’une illustre famille du royaume franc et son père, Radebert, gouvernait les provinces entre la Loire et la Seine.

Jeune homme, Ragnebert manifesta une excellente disposition pour les armes, mais surtout pour l’étude et la piété. Il avait une tendance marquée à dissimuler les torts de ses adversaires. Il fut admis à la cour, où il sut se préserver de la contagion mondaine.

Le diable de la jalousie monta contre lui le maire du palais Ebroïn, tristement célèbre pour la violence de son caractère. On suggéra à Ebroïn qu’un complot, fomenté par Ragnebert, se tramait contre lui et il décida de le faire mettre à mort. Saint Ouen (v. 24 août) cependant put intervenir et, au moins, faire commuer la peine en exil : Ragnebert fut écarté de la cour et éloigné dans le Bugey. 

Le «gardien» de Ragnebert, un seigneur nommé Theudefroi, se convertit au contact de son «prisonnier». Mais la haine d’Ebroïn ne s’était pas calmée pour autant et il envoya deux de ses hommes pour abattre Ragnebert.

L’assassinat eut lieu non loin d’un monastère sur les rives du Brevon ; rejoint par les deux sicaires, Ragnebert demanda un moment pour se recueillir, mais ils ne lui en donnèrent pas le temps et l’abattirent sur place, en 680.

Le monastère, fondé par s.Domitien (v.1er juillet), prit ensuite le nom de Saint-Rambert et donna naissance à la ville de Saint-Rambert-en Bugey.

Saint Ragnebert est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Psalmodius de Limoges

† 690

 

Psalmodius fut un des surnoms de notre personnage, dont on ignorait le vrai nom. On l’appela Sauman, Saumay, Psalmet.

Il pouvait être d’une noble famille d’Ecosse et avoir été disciple du s.Brendan (v. 16 mai).

L’on raconte qu’il fut emporté par les vagues de l’Océan alors qu’il jouait avec des camarades et que, ayant prié Dieu avec grande confiance, il échoua sur une île.

Comment il rejoignit la côte, on ne le dit pas, mais il retrouva s.Brendan, qui l’invita à l’accompagner en Gaule. Vers 630, ils furent reçus par l’évêque de Saintes, s.Leontius (v. 19 mars ?), qui prit Psalmodius sous sa protection, le forma et, plus tard, l’orienta vers un style de vie érémitique.

Le jeune homme alors se retira dans la forêt de Grigeas. Là il s’adonna à la contemplation, et aussi au chant des psaumes, ce qui lui valut le nom de Psalmodius.

La sainteté de l’ermite se manifesta dans des miracles surprenants, que la tradition a conservés : Psalmodius eut l’autorité sur les bêtes de la forêt - sur les démons aussi ; une femme aveugle recouvra la vue, une autre fut guérie d’une morsure de vipère. Le loup qui fit mourir l’âne de Psalmodius, en reçut alors l’ordre de tirer la charrette à la place de la pauvre victime, et obéit.

Après la mort de Psalmodius, vers 690, on construisit une église, puis un monastère près de sa tombe, qui fut à l’origine de Eymoutiers.

Saint Psalmodius de Limoges est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aventinus de Larboust

† 732

 

Aventinus était né, très vraisemblablement, à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne).

Il se retira en ermite, loin des hommes mais près des ours, auxquels il savait parler et qui le respectaient.

Il allait aussi parler du Bon Dieu aux populations voisines, qui étaient sous le joug des Arabes envahisseurs, mais aussi sous celui du paganisme.

Les Arabes ne pouvaient supporter cette prédication : ayant retrouvé notre ermite, ils le décapitèrent sans pitié et l’enfouirent sur place.

La tradition veut qu’un taureau, plus tard, manifestât l’endroit du saint corps, qui fut alors inhumé décemment.

Le martyre d’Aventinus se situe aux alentours de 732. Cette année-là Charles Martel arrêtait la montée des Arabes à Poitiers.

Saint Aventinus de Larboust est commémoré le 13 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fandila

vers 852

 

Nous sommes à Cordoue au IXe siècle. On a vu comment le saint prêtre Euloge (voir au 11 mars) consigna fidèlement par écrit un récit de la persécution qui sévit dans cette ville d’Espagne, sous la domination musulmane.

Fandila était un jeune homme de Cadix et vint étudier à Cordoue. Après ses études, il entra au monastère de Taban.

Ses vertus amenèrent les autorités religieuses à l’ordonner prêtre, malgré ses humbles protestations d’indignité. Après son ordination, il continua de se sanctifier dans la pratique de la pénitence, des veilles, des prières, dans la pratique de toutes les vertus.

Dans un zèle ardent pour défendre la vraie Foi, il se présenta au juge, à qui il dénonça la perversité de Mahomet, et condamnant tous ceux qui adhéraient à cette prétendue religion. Le juge fit aussitôt arrêter Fandila et rendit compte au roi de l’incident.

On pourra au passage reprocher l’attitude provocatrice de Fandila. Mais on n’oubliera pas non plus combien l’histoire est restée témoin des graves déviations morales du “prophète” Mahomet, et de l’acharnement sadique que lui et ses représentants ont montré dans leur hostilité farouche contre les Chrétiens à toutes les époques. Les épisodes de Cordoue justement n’en constituent que quelques exemples.

L’attitude de Fandila, donc, ne laissa pas indifférent le roi. Ce dernier alla jusqu’à prescrire l’arrestation de l’évêque et le massacre des hommes chrétiens, offrant leurs femmes à l’encan. Là aussi on remarque quel sort peut attendre les femmes persécutées par les musulmans.

Toutefois, les gouverneurs locaux estimèrent que la sentence royale était disproportionnée avec le motif qui l’avait provoquée. Tout de même ils mirent à mort Fandila, qui fut décapité. Puis on suspendit son corps à un gibet au bord du fleuve. 

Ce Martyr est commémoré au Martyrologe le 13 juin. 

Antonio de Padoue

1195-1231

 

Ce Saint universellement connu ne s’appelait pas Antoine et n’était pas non plus de Padoue.

Né le 15 août 1195 à Lisbonne (Portugal), aîné des enfants de Martinho Afonso de Bulhões, chevalier du roi, et Maria Tarasia Taveira, des artistocrates, Fernando reçut le baptême en la cathédrale de Lisbonne, dédiée à la Très Sainte Vierge.

Certains disent que le papa descendait de Godefroy de Bouillon.

Fernando fréquenta l’école cathédrale, puis entra à quinze ans chez les Chanoines augustins de Lisbonne.

En 1212, il fut transféré à Coimbra, où il reçut le sacerdoce. Il profita de la grande bibliothèque du couvent pour approfondir la théologie et l’Ecriture.

En 1219, quand revinrent du Maroc les reliques des Martyrs franciscains (Berardo, Ottone, Pietro, Accursio et Adiuto (v. 16 janvier), Fernando s’enthousiasma pour cette branche religieuse et demanda son admission chez les Franciscains.

En 1220, Fernando fut donc admis chez les Frères mineurs, et prit désormais le nom de Antonio (sur saint Antoine ermite, v. 17 janvier). 

Tout de suite, le frère Antonio demanda à partir en mission pour le Maroc. Une maladie le contraignit à revenir au pays, mais le bateau fut dévié par la tempête en Sicile. Là, les Franciscains l’informèrent qu’il pouvait participer au Chapitre général convoqué par saint François (v. 4 octobre), à Assise, pour l’année 1221.

Antonio fut alors dirigé vers le couvent de Montepaolo (Forlí). L’année suivante, lors d’une ordination sacerdotale, le prieur ordonna à l’humble Antonio de prêcher. Ce Frère jusqu’alors effacé et inconnu, devint tout-à-coup célèbre pour sa parole claire : on l’envoya prêcher contre les hérétiques patari de l’Italie septentrionale.

Un des «signes» qui marquèrent les hérétiques advint à Bologne, quand ce furent les poissons qui vinrent écouter «bouche bée» la prédication d’Antonio, que les habitants avaient méprisée.

En 1223, Antonio fut chargé par saint François de l’enseignement de la théologie.

En 1224, sur demande du pape, François envoya Antonio en France méridionale, prêcher contre les Albigeois. Antonio monta jusqu’en Limousin. Il ramena à la foi tant d’âmes, qu’il reçut le surnom de malleus hereticorum : marteau des hérétiques.

On dit qu’à Toulouse eut lieu le très fameux miracle de l’âne affamé, qui, sur la prière d’Antoine, préféra s’agenouiller devant l’Eucharistie plutôt que vers le picotin qu’on lui tendait. Certains affirment que ce miracle eut lieu à Rimini en 1223.

En France, Antonio fut nommé gardien (supérieur) du couvent du Puy-en-Velay, puis à Limoges. Il se retira fréquemment dans une grotte à Brive-la-Gaillarde.

En 1227, il revint à Assise, pour l’élection du successeur de saint François, mort en 1226. Le nouveau Supérieur le nomma alors ministre provincial pour toute l’Italie septentrionale, ce qui l’obligeait à voyager sans cesse pour visiter tous les nombreux couvents déjà existants dans ces régions. Quand il ne voyageait pas, Antonio résidait à Padoue, où il se montra toujours aussi brillant prédicateur qu’humble frère au service des autres.

Il fut envoyé auprès du pape Grégoire IX pour exposer quelques problèmes importants de l’Ordre ; le pape lui fit prêcher le Carême et le surnomma Arche du Testament, Exégète très savant, Théologien excellent.

Ses dernières prédications eurent lieu durant le carême de 1231. Il s’y pressait une telle foule, qu’on dut protéger Antonio avec des gardes du corps. De plus, Antonio souffrait de plus en plus d’hydropisie et d’asthme, et tout déplacement lui était pénible.

Dans les lignes qui précèdent, on n’a fait que très peu allusion aux miracles de saint Antonio. Il en faisait continuellement. Guérisons, bilocation, prophéties… Il est connu qu’on invoque traditionnellement, et avec succès, saint Antoine pour retrouver un objet perdu. Une de ses prophéties fut qu’il serait canonisé moins d’un an après sa mort.

Début juin 1231, Antonio se trouvait à Vérone, puis à Camposanpiero, où, selon la tradition, il reçut dans ses bras l’Enfant-Jésus. 

Se sentant proche de la mort, il se fit reporter à Padoue, où on le conduisit «doucement» en char à bœufs. Il s’éteignit à trente-six ans, le 13 juin 1231.

Comme prévu, si l’on peut dire, Antonio fut canonisé par le même Grégoire IX, en mai 1232. En 1946, il fut proclamé Docteur de l’Eglise.

Sa fête est au 13 juin.

 

 

Marianna Biernacka

1888-1943

 

L’histoire de cette martyre a quelque chose de commun avec celle de saint Maximilien Kolbe, qui s’était offert en victime à la place d’un autre condamné, père de famille.

Elle était née à Czokało (Lipsku) en 1888 (on ne connaît pas la date précise).

Marianna était une jeune orthodoxe, lorsqu’elle passa à dix-sept ans à la religion catholique, avec toute sa famille.

En 1908, elle épousa Ludwik Biernacki, un paysan catholique et ils eurent six enfants, dont quatre moururent très jeunes. Seuls vécurent Leokadia et Stanisłas.

Après la mort de Ludwik, elle vécut avec son fils Stanisłas et son épouse Anna.

Lors de l’invasion nazie, en 1943, sa belle-fille, qui était enceinte de son deuxième enfant, avait été saisie avec son mari pour être fusillée avec d’autres victimes, en représailles contre la population de Lipsk ; c’est alors que Marianna s’agenouilla et implora d’être exécutée à sa place, sauvant ainsi deux vies humaines.

Les ôtages furent enfermés dans la prison de Grodno. Marianna n’avait avec elle que son trésor : le chapelet.

Elle fut passée par les armes à Naumowicze (Grodno, actuelle Biélorussie), sans autre forme de procès, parmi une cinquantaine d’otages.

Parmi les cent-huit martyrs polonais béatifiés par Jean-Paul II lors de son voyage en Pologne, beaucoup sont des prêtres, des religieux et religieuses ; neuf sont des laïcs. Marianna est l’une d’entre eux. 

Ce martyre arriva le 13 juin 1943, jour où désormais est commémorée Marianna au Martyrologe, et aussi jour où en Pologne sont vénérés ensemble tous ces Martyrs, béatifiés en 1999.

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 23:00

12 JUIN

?

S Basilides, martyr romain.

IV.

S Olympe, évêque en Thrace, exilé par les ariens.

S Amphion, évêque à Epiphanie, cité comme “sûr” par s. Athanase.

V.

S Onuphrius, ermite en Egypte, “découvert” par s. Paphnuce juste la veille de sa mort.

S Ternan, évêque en Ecosse (VI.?).

VIII.

S Pierre du Mont Athos, ermite.

IX.

S Léon III, pape (795-816) : à l'instigation de Charlemagne, il établit les bases d'une collaboration de type nouveau : à l'Église le pouvoir spirituel, aux princes le pouvoir temporel avec mission de protéger l'Église ; à Noël 800, il couronna Charlemagne empereur d'Occident.

S Odulf, prêtre à Oirschot puis Utrecht, missionnaire chez les Frisons.

XI.

S Eskill, anglais, apôtre de la Suède, évêque dans le sud-ouest de Stockholm et martyr.

XIII.

B Guido de Cortone, devenu franciscain après avoir hébergé s. François d’Assise.

S Placido, ermite italien qui eut du mal à rester isolé ; finalement il fut abbé d’un petit monastère cistercien à Ocre.

XVIII.

Bse Lucrezia Elena (Florida) Cevoli, de Pise, clarisse et disciple de ste Veronica Giuliani, béatifiée en 1993.    

S Gaspare Bertoni, prêtre de Vérone, fondateur de la Congrégation des Saints Stigmates de Notre Seigneur Jésus Christ, notamment pour la formation des jeunes ; canonisé en 1989.

XIX.

Ss Nicôla Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, soldats tonkinois martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre ; contraints de marcher sur la croix, ils écrivirent leur profession de foi à l’empereur ; le fils d’Augustinô, de quinze ans, fut à son tour étranglé deux jours après.

B Lorenzo Salvi (Lorenzo-Maria de saint-François-Xavier), passioniste italien, apôtre de la dévotion à l’Enfant Jésus, béatifié en 1989.

Bse Mercedes Molina Ayala (Mercedes de Jésus), religieuse en Equateur où elle s’occupa d’orphelins, d’enfants abandonnés et des Indiens Jibaros, fondatrice des Sœurs Marianites, au service des plus déshérités, béatifiée en 1985.

XX.

Bse Maria Barba (Maria Candida de l’Eucharistie, 1884-1949), carmélite à Ragusa, béatifiée en 2004.  

Basilides de Rome

† 304

 

Basilides est un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le présentait comme soldat, qui fut arrêté et jeté en prison à cause de sa foi, déchiré par des scorpions, enfin décapité.

C’était sous les empereurs Dioclétien et Maximien, sous le préfet Aurelius.

Saint Basilides de Rome est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Onuphrius d’Egypte

† 400

 

Onuphrius était un moine égyptien qui ressentit la vocation à l’érémitisme et s’enfonça dans le désert.

Il y vécut soixante années.

Passait par là un certain abbé, nommé Paphnuce, qui aperçut de loin un être étrange, dont la barbe et la chevelure traînaient à terre et qui n’avait de vêtement qu’une ceinture de feuilles. Paphnuce pensait s’éloigner, mais il fut retenu par l’étrange personnage, qui était donc notre Onuphrius.

Il lui raconta comment il avait dû affronter le chaud et le froid, la faim et la soif, et d’autres tentations dont Dieu l’avait délivré.

Il se nourrissait du fruit d’un palmier-dattier.

Le soir, Onuphrius lui offrit du pain et de l’eau, alors qu’il n’y avait rien dans sa grotte.

Au matin, Onuphrius était pâle et moribond. Il expliqua à Paphnuce que son heure était arrivée et que Dieu l’avait envoyé pour l’ensevelir. Il mourut effectivement et Paphnuce l’enterra.

Alors la grotte s’effondra, le palmier sécha.

On situe cette pieuse mort vers l’an 400.

Saint Onuphrius d’Egypte est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léon III

795-816

 

Le quatre-vingt-seizième pape succédait à Adrien 1er, à Noël 795.

Il était d’extraction humble, fils du Romain Azuppius. Entré jeune dans la cléricature, il étudia à l’école du Latran, apprit les belles-lettres, les Ecritures, le chant liturgique. Devenu chef du vestiarium pontifical au Latran, et cardinal, du titre de Sainte-Suzanne, il était connu pour sa bonté envers les pauvres et les infirmes.

Léon III devait tout de même avoir quelques ennemis : en avril 799, des sicaires se jetèrent sur lui lors d’une procession, lui crevèrent les yeux, lui arrachèrent la langue et le rouèrent de coups, avant de le jeter dans une église, puis dans un cachot du monastère Saint-Erasme.

Le bruit courut, et une expédition conduite par le duc de Spolète vint délivrer le pape. Ô miracle : le pape voyait et chantait, ayant récupéré l’usage des yeux et de la langue.

Certains affirment qu’en réalité, les brigands tentèrent de crever les yeux du Pontife et de lui arracher la langue. Il reste que le pape Léon III rencontra Charlemagne à Paderborn et lui demanda son soutien. Charlemagne l’accompagna bien volontiers à Rome, où il fut couronné empereur le 25 décembre 800.

Condamnés à mort, les bourreaux furent seulement exilés, sur l’intervention miséricordieuse du pape.

Le couronnement de Charlemagne n’était pas pour plaire énormément à la cour de Constantinople : quand l’impératrice Irène fut sollicitée en mariage par le nouvel empereur, ce fut le refus catégorique.

Plus tard, une nouvelle controverse à propos du Filioque agita des moines de Jérusalem. La fameuse expression était déjà utilisée par les évêques espagnols ; des moines francs de Jérusalem l’introduisirent dans le Credo, provoquant l’ire de moines grecs. Plainte des moines francs à Charlemagne, qui convoqua un concile à Aix-la-Chapelle (809) : Léon III blâma l’initiative de Charlemagne, sans cependant condamner l’expression (qui n’était pas hétérodoxe), ni non plus l’étendre à l’Eglise universelle.

Léon III intervint aussi doctrinalement contre un évêque espagnol pour sa doctrine adoptianiste (faisant du Christ-homme un fils adoptif de Dieu). Il s’occupa particulièrement de l’Eglise à Canterbury et en Bavière. 

S’il reçut en 812 une délégation du nouveau patriarche de Constantinople et du nouvel empereur, il dut ensuite prendre parti pour saint Théodore Studite (voir au 11 novembre), qui souffrit énormément de la part des iconoclastes à Constantinople. 

La fin du pontificat de Léon III fut encore agitée par des troubles dans la campagne romaine et même une conspiration.

Léon III mourut, rempli de mérites, le 12 juin 816, après vingt ans de pontificat, et fut canonisé en 1673.

Son successeur fut Etienne IV.

 

 

Odulf d’Utrecht

† 865

 

Odulf  (Odulphus en latin, Olof, Oelbert) naquit à Oirschot (Brabant), de Ludgis, un noble descendant de la famille carolingienne.

Il fut confié à l’école canonique, où il fit de grands et rapides progrès et fut ordonné prêtre.

Alors qu’il songeait à entrer dans quelque monastère, il fut nommé curé de la paroisse d’Oirschot ; après quoi, il fut reçu au chapitre d’Utrecht, dont l’évêque était s.Frédéric (v. 18 juillet).

Ce dernier l’envoya ensuite ré-évangéliser les Frisons, retombés dans le paganisme. Il espérait bien y recevoir la palme du martyre, mais ce n’était pas sa destinée. Il y fonda le chapitre de Stavoren.

De retour à Utrecht où venait de mourir Frédéric, il recommanda l’élection d’un certain Hunger pour lui succéder.

A ses derniers moments, il pria des psaumes et s’éteignit à ce monde en répétant le verset du psaume : In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum (Ps 30:6), que nous chantons tous les soirs dans le répons de Complies.

C’était le 12 juin 865.

Saint Odulf d’Utrecht est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

Eskill de Suède

† 1080

 

Eskill était né en Angleterre.

Il partit, dit-on, avec s.Sigfrid pour les pays scandinaves, où le peuple était retombé dans le paganisme après les travaux apostoliques de s.Oscar (v. 3 février). Cependant, dans la vie de s.Sigfrid (v. 15 février), il n’est pas question d’Eskill.

Eskill reçut la consécration épiscopale non loin de l’actuelle Stockholm.

Il exerça son apostolat dans la province de Soedermanland, dont le prince était favorable au christianisme ; mais une conspiration le fit assassiner.

Sous son successeur, le paganisme reprit force. Lors d’une grand fête, Eskill s’efforça d’expliquer patiemment à la foule combien il leur était vain d’adorer des dieux en bois ou en métal, incapables d’entendre ou de parler : Ils ont une bouche et ne parleront pas ; ils ont des yeux et ne verront pas ; ils ont des oreilles et n’entendront pas ; ils ont des narines et ne ressentiront pas d’odeurs ; ils ont des mains et ne toucheront point ; ils ont des pieds et ne marcheront pas ; ils n’émettront aucun son de leur gorge (Ps. 113:5-7).

Les gens ne prêtèrent pas confiance à la parole d’Eskill, qui alors demanda à Dieu un «signe» de Sa puissance ; aussitôt se déchaîna un terrible orage qui renversa l’autel des offrandes païennes. Ce que voyant, la foule lapida ce magicien.

On était en 1080.

Saint Eskill est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guido de Cortone

1190-1245

 

Guido (Guy) Vignotelli naquit vers 1190 à Cortone (Toscane, Italie C), dans la famille Vignotelli ou Vagnotelli (ou encore Vignatelli et Pagnotelli). On lit parfois qu’il était d’origine espagnole, qui sait ?

Il acquit une certaine culture et, un jour de 1211, reçut chez lui François d’Assise lui-même. Au dessert, il confia au Fondateur son désir d’être son disciple. Que devait-il faire ? - Tout donner aux pauvres et renoncer à tous les biens de la terre, fut la réponse de François.

Guido devait avoir quelque héritage de ses parents, mais n’attendit pas une journée pour suivre le conseil de François, au point que dès le lendemain François lui remettait l’habit et le cordon des premiers frères.

Lorsque, tout près de Cortone, s’organisa un petit couvent de Frères Mineurs, Guido en fut le Gardien (supérieur) et fut ordonné prêtre.

Sa charge et l’ordination ne le firent pas sortir de l’humilité qu’aimait tant François ; ce fut un des préférés du Fondateur d’Assise.

Cortone fut toujours pleine de reconnaissance pour le cher Guido, qui la favorisa de grâces miraculeuses : il ressuscita une malheureuse jeune fille qui s’était noyée dans un puits ; il multiplia la farine ; un paralytique fut guéri ; en une autre circonstance, l’eau se changea en vin, pour ne citer que quelques exemples de miracles accomplis par Guido dans son angélique modestie.

Bien sûr, il n’oubliait pas quelques pénitences pour mortifier son corps et pour maintenir éveillé son esprit, car l’esprit est prompt et la chair est faible (Mc 14:38).

Avec François, il se retira quelque temps en-dehors de Cortone, dans un petit couvent appelé Las Celdas, un des premiers de l’Ordre, pour y vivre un temps de retraite, dans un climat plus intense de recueillement et de mortification. 

Peu après, il demanda à François la permission de prêcher, et sa prédication, accompagnée de ses miracles, produisit beaucoup de bons fruits. Guido était si humble, que François ne craignit pas d’en faire un éloge public devant les habitants de Cortone. 

Quelques années passèrent, François mourut en 1226 ; une vingtaine d’années plus tard, Guido parvint à la soixantaine et eut la vision de François, qui lui annonça sa prochaine récompense céleste. Peu après, Guido fut effectivement malade et parvint à l’ultime agonie. Rayonnant de joie, il s’écria alors : Voilà mon cher Saint François ! Tout le monde, debout ! Allons vers lui ! Il rendit alors son âme à Dieu, le 12 juin 1250

Son culte fut reconnu en 1583.

 

 

Placido de Roio

? -1248

 

Placido était né à Roio (Chieti, Abruzzes, Italie C) dans le seconde moitié du 12e siècle, de parents cultivateurs, qu’il aida aussi longtemps qu’il le put.

Elevé dans la piété, mais totalement inculte, il désirait avidement connaître les psaumes de la Bible. Pour s’instruire, il interrogeait les petits enfants qui revenaient de l’école et se faisait répéter ce qu’ils avaient appris, puis le méditait longuement pendant son travail, acquérant ainsi peu à peu une certaine culture.

Il voulait faire plus pour Dieu. Il partit en pèlerinage à Compostelle, où il resta une année ; mais à son retour, la maladie le cloua au lit, dans une sorte de paralysie où il ne pouvait pas même bouger la tête. Il guérit cependant au bout de cinq années, et reprit les pèlerinages, à Rome, au Mont Gargan, et en d’autres endroits encore.

Réalisant que marcher n’était pas la meilleure façon de se sanctifier, il voulut se retirer non loin d’un pieux ermite qui vivait sur le Monte Corno (Trentin) et lui demanda l’habit monastique. Mais cette expérience ne put durer ; Placido descendit plus bas et frappa à la porte du monastère de Saint-Nicolas, où il resta un an, puis se mit au service d’une église de l’endroit.

Il s’enfuit quand il remarqua qu’une femme l’épiait : il alla se réfugier dans une caverne, puis vint trouver un autre repaire dans sa région native, sous un rocher au-dessus de la ville d’Ocre, où il resta cette fois-ci douze années ; mais il ne parvint plus à rester ignoré - car Dieu bénit sa prière par le don des miracles - et l’on chercha à le rejoindre ; l’endroit était tellement difficile d’accès, qu’un jour un prêtre tomba et se tua. Pour éviter d’être la cause d’un autre accident, Placido quitta sa retraite et rejoignit une montagne boisée.

Ce qui pourrait apparaître comme une instabilité permanente, était vraiment pour Placido une volonté de quitter le monde et une recherche de l’absolu. Il s’imposait des jeûnes fréquents, vivait dans l’abstinence perpétuelle, se flagellait durement.

Ses austérités n’effrayèrent pas des candidats à cette vie rude, qui lui demandèrent de vivre avec lui. Il obtint alors du comte Berardo d’Ocre, en 1222, un terrain assez convenable pour y édifier avec eux une église et un petit monastère. Les nouveaux moines détournèrent des ruisseaux pour arroser leur domaine, plantèrent des arbres et construisirent le monastère Saint-Esprit, qui fut placé sous la règle cistercienne.

Placido se retrouva évidemment à la tête de cette communauté, qu’il dirigea stablement jusqu’à sa mort : il avait enfin trouvé la stabilité pendant un quart de siècle, et mourut le 12 juin 1248.

Les nombreux miracles suscitèrent un rapide culte populaire. Le bienheureux Placido est mentionné au Martyrologe le 12 juin.

Le monastère Saint-Esprit déclina à partir du 17e siècle ; aujourd’hui, c’est malheureusement une ruine.

Lucrezia Elena Cevoli

1685-1767

 

Elle naquit à Pise le 11 novembre 1685, onzième des quatorze enfants du comte Curzio Cevoli et de la marquise Laura della Seta. Deux autres sœurs, Maddalena et Teresa, seront aussi religieuses.

La famille est chrétienne : chaque soir on récite la prière ensemble.

A partir de 1697, elle rejoint ses deux sœurs au collège Saint-Martin et s’applique déjà à vivre dans l’austérité, refusant tout privilège, s’imposant des pénitences (jeûnes, privations, veilles ; se mettant sur elles les petites bestioles qu’elle trouvait, pour souffrir davantage…). 

A la sortie du collège, elle est très habile en peinture, en broderie, elle connaît parfaitement le français ; de retour dans sa famille, elle ne fait que supporter la vie bourgeoise et luxueuse qui l’entoure, continuant sa vie intérieure de prière et de pénitence. 

Elle refuse les propositions de mariage que la famille lui présente. 

En 1703, elle décide d’entrer chez les Clarisses Capucines de Città di Castello, rompant décidément avec la vie bourgeoise de sa famille. Le changement de vie fut dur, les épreuves nombreuses. La maîtresse des novices elle-même, Veronica Giuliani (voir au 9 juillet), pensait ne pas la recevoir à cause de son origine trop bourgeoise, mais aurait eu une inspiration céleste de l’accepter. La persévérance de la jeune fille porta ses fruits.

Au terme du noviciat, en 1705, elle prit le nom de Florida.

Il y eut entre Florida et Veronica une symbiose mystique. De nuit, elles se rendaient au fond du jardin et se flagellaient l’une l’autre, pour s’unir à la flagellation de Notre-Seigneur. 

Florida fut bientôt affligée d’une toux mystérieuse qui ne la quitta pas. Pendant une trentaine d’années elle éprouva des scrupules et des tentations contre la chasteté, un combat dont elle sortit victorieuse.

En 1705, moururent ses chers parents. Elle sut en vision qu’ils étaient en purgatoire et s’offrit alors pour le leur épargner : ce furent des souffrances pendant huit années, des douleurs et des fièvres intenses, auxquelles s’ajoutèrent d’autres mortifications de la part de son «confesseur», un prêtre dont les bonnes intentions manquaient véritablement de discernement et de délicatesse.

Mère Veronica Giuliani fut élue abbesse en 1716, et la Congrégation vaticane du Saint-Office chargea Florida d’en être la vicaire, pour mieux en observer les comportements et les grâces surnaturelles dont elle était favorisée. Mère Giuliani mourra en odeur de sainteté en 1727, et c’est justement Florida qui sera élue pour lui succéder.  

Florida s’occupera activement pour la cause de béatification de Mère Veronica et fera ériger un monastère de carmélites dans la propre habitation familiale des Giuliani, à Mercatello sul Metauro.

Pendant une vingtaine d’années, l’abbesse souffrit d’un douloureux herpès, qu’elle supporta sans jamais le faire remarquer aux autres.

Elle s’appliqua à faire observer la règle la plus stricte dans le monastère. Ainsi, ce furent les religieuses elles-mêmes qui ensevelirent les consœurs défuntes ; on pratiqua les Chemins de Croix vivants, en se flagellant rigoureusement et en portant sur les épaules de lourdes bûches de bois ; aucun objet n’était de propriété personnelle… 

Etait-ce suffisant ? Personnellement, elle s’imposa de porter une ceinture avec des pointes de fer ; elle se mettait des cailloux ou des pois chiches dans les sandales ; elle mangeait du sel pur sans boire, pour éprouver la soif ; elle dormait sur la terre nue ; elle se marqua au couteau les noms de Marie et de Jésus sur la poitrine ; elle se mettait des charbons ardents dans la bouche «pour se rafraîchir de l’intense amour qui brûlait en son cœur». L’Eucharistie la mettait dans des états extatiques étonnants : intense tachycardie, évanouissements, pleurs, visage rayonnant et brûlant.

Mère Florida introduisit dans le couvent la pratique fréquente de l’Eucharistie.

A ses pénitences volontaires, s’ajoutèrent pour Florida la grâce des stigmates de la Passion du Christ, comme pour Veronica. Mais désirant humblement cacher cette faveur divine, elle reçut en échange des plaies profondes à travers tout le corps.

Elle qui voulait rester cachée dans son couvent, fut de plus en plus connue à l’extérieur ; on vint la trouver, la consulter. Sa prière obtint des miracles, des guérisons, des multiplications de nourriture ; elle prophétisa.

Les dernières années, elle fut complètement aveugle.

Mère Florida mourut le 12 juin 1767. Un chirurgien put prélever son cœur et y observa les signes de la Passion dont elle avait parlé de son vivant. 

Mère Florida fut béatifiée en 1993.

 

 

Nicôla Bùi Đức Thể

1792-1839

Augustinô Phan Viết Huy

1795-1839

 

Trois soldats vietnamiens de la garnison de Trịnh-Quang-Khanh étaient restés en prison, après la purge de cette garnison.

Deux d’entre eux étaient Nicolas Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, le premier né vers 1792 à Kiên Trung (Nam Định), le second vers 1795 à Hạ Linh (Nam Định).

On les drogua pour les faire marcher sur le crucifix. Lorsqu’ils se rendirent compte de ce qui s’était passé durant le temps de leur inconscience, ils présentèrent un placet au roi, disant qu’ils étaient chrétiens, qu’ils voulaient le rester envers et contre tous ; ils priaient le souverain de les traiter selon la rigueur des lois, c’est-à-dire de les condamner à mort, afin qu’ils pussent recevoir la grâce du martyre. Ils s’étaient rendus à la cour en personne pour porter leur supplique, accompagnés du fils d’Augustinô, un garçon d’une quinzaine d’années.

On voulut les exécuter en exemple : ils furent décapités, puis sciés par le milieu du corps, le 12 juin 1839 (le 13 juin au Martyrologe).

Deux jours après, fut aussi exécuté le fils d’Augustinô, par la strangulation. Le troisième soldat, Đaminh, fut exécuté le 18 juillet suivant.

Les deux vaillants soldats furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988. Leur fête commune est au 24 novembre.

 

 

Gaspare Bertoni

1777-1853 

 

Gaspare Bertoni naquit à Vérone, république de Venise, le 9 octobre 1777, de Francesco et de Brunora Ravelli di Sirmione. et fut baptisé le lendemain par son grand-oncle, don Giacomo. Les deux familles des parents avaient une étude de notaires, leur permettant une certaine aisance.

Un de ses maîtres fut le père Luigi Fortis, jésuite, bientôt élu général de la Compagnie reconstituée. A dix-huit ans, sa vocation était claire : il fréquente les cours du séminaire, où il connaît don Nicola Galvani. L’invasion des troupes françaises (1796) le pousse à montrer son ardeur caritative dans l’assistance des blessés et des malades, au sein de la Fraternité Evangélique des Hospitaliers, récemment instituée par le Serviteur de Dieu, Pietro Leonardi. Il est ordonné prêtre en 1800.

A peine arrivé en paroisse, il s’occupe de la formation des jeunes dans un Oratoire. Mais il doit remettre à plus tard ce travail, toujours à cause des événements politiques. En 1808, il assume la direction spirituelle de l’œuvre de Madeleine de Canossa à Saint-Joseph (voir au 10 avril) ; il rencontre les Servantes de Dieu Leopoldina Naudet, puis Teodora Campostrini, qu’il aide dans leurs fondations.

Chargé par l’évêque de la formation des clercs, il organise sa spiritualité d’abord sur l’adhésion inconditionnée au pape, Pie VII, retenu prisonnier par Napoléon. Il veut former ses disciples à un retour à l’Evangile : le séminaire, qui était dans un état lamentable et catastrophique, prend l’aspect d’un vrai monastère, lieu de prière et de vertus.

Après Napoléon, il fallait réévangéliser les masses : Pie VII charge don Gaspare de “missions apostoliques”, qu’il exerce toutefois avec prudence, à cause de l’œil méfiant du gouvernement autrichien, réticent à ce genre de ministère. 

Don Gaspare est favorisé de “signes”, de dons mystiques. Il se voit appelé à fonder une famille religieuse. En 1816 commence la Congrégation des Saintes Stigmates, qui prend son nom de l’église des Saintes Stigmates de saint François, où il se retira avec quelques compagnons pour prier et réfléchir à cette nouvelle famille. Il commence par une école populaire, gratuite, en s’engageant à une vie très austère, pour se donner à l’éducation des jeunes, la formation du clergé, la prédication missionnaire, en toute disponibilité aux Evêques.

En 1812, il a une extase particulièrement douloureuse, après laquelle il restera très marqué durant tout le reste de sa vie. Il devra subir quelque trois cents interventions chirurgicales à la jambe droite, et souffrait tout cela avec une patience admirable. Un jour que l’infirmier lui demandait de quoi il avait besoin, il répondit : “De souffrir”. Il était très souvent alité, et recevait d’innombrables personnes qui lui demandaient ses  conseils,  parmi  lesquelles  le  Bienheureux Karl Steeb (voir au 15 décembre), les Serviteurs de Dieu Nicola Mazza, Antonio Provolo. De toutes parts on venait à Vérone pour le rencontrer.

La Congrégation des Stigmates de Notre Seigneur Jésus Christ, s’est répandue hors de Vérone, dans d’autres villes d’Italie, aux Etats-Unis, au Brésil (où elle compte six évêques), au Chili, aux Philippines, en territoires de mission : Côte d’Ivoire, Tanzanie, Afrique du Sud, Thaïlande.

Gaspare Bertoni s’éteignit le dimanche 12 juin 1853. Il a été béatifié en 1975 en la fête de Tous les Saints, 1er novembre, et canonisé en 1989, également le 1er novembre.

 

 

Lorenzo Salvi

1782-1856

 

Né le 30 octobre 1782 à Rome, fils unique de Antonio et Marianna Biondi, Lorenzo Salvi di Mazzeria était de famille aristocratique. Sa maman mourut à peine un mois après la naissance et Lorenzo grandit dans la palais des Comtes de Charpenta, où travaillait son père.

Il étudia au Collège romain (géré par les Jésuites), où un de ses compagnons fut Gaspare del Bufalo, maintenant canonisé (v. 28 décembre), et où un de ses maîtres devint plus tard le pape Grégoire XVI.

Profondément impressionné par la prédication de saint Vincenzo Strambi (v. 1er janvier), il voulut le suivre dans la congrégation des Passionistes. Mais il n’avait que dix-neuf ans, et son père lui commande : Ne me parle ni de pères ni de frères pendant une année. Le garçon obéit et, une année après, déclara à son père : J’ai obéi, maintenant, à toi de tenir ta promesse. Le papa céda.

Lorenzo commença le noviciat au Monte Argentario (1801) où il reçut le nom de Lorenzo Maria de Saint-François-Xavier, fit les vœux en 1802 et reçut l’ordination sacerdotale en 1805.

Désormais, il devait suivre pas à pas son Fondateur, saint Paolo de la Croix (v. 18 octobre).

De 1811 à 1814, les lois napoléoniennes supprimaient les maisons religieuses. Or, en 1812, Lorenzo tomba gravement malade : l’Enfant-Jésus lui apparut et le guérit. 

Quand cette période prit fin, Lorenzo reprit sa vie de passioniste, prêchant des missions et encourageant la dévotion à la Passion du Christ, mais il y ajouta sa note personnelle : il avait désormais une dévotion particulière pour l’Enfant Jésus, et saisissait toute occasion pour promouvoir la dévotion à la sainte Enfance de Jésus-Christ. 

Depuis, il écrivit et s’engagea par vœu à prêcher sans relâche à propos de l’Incarnation du Verbe éternel. Il appelait l’Enfant-Jésus son «petit empereur» (imperatorino), avec l’image duquel il fit des miracles. On l’appela le missionnaire de l’Enfant Jésus. Pour lui, Bethléem est la première école de toutes les vertus. C’est pourquoi on le représente souvent avec une image de l’Enfant-Jésus dans ses mains. On peut dire qu’il a précédé sainte Thérèse de Lisieux dans la «petite voie de l’enfance».

Il façonna des Enfant-Jésus en cire (quelques exemplaires subsistent encore) et écrivit un livre pour expliquer comment les faire. Il fonda une association, le Drapeau de la Sainte Crêche (Drappello della Sacra Culla), où les membres s’efforcent de suivre les exemples de l’Enfant-Jésus.

Il faut aussi ajouter que Lorenzo était organiste. Mais au-delà de tous ces dons naturels, il reçut aussi des grâces surnaturelles : il prophétisa, il eut des extases…

Lorenzo devint supérieur de la maison-mère de Rome, le couvent des Saints Jean-et-Paul, mais continua infatigablement à prêcher de nombreuses missions, dans tous les milieux, des religieuses aux prisons, opérant beaucoup de conversions par sa sainte vie, sa parole douce, et les miracles que Dieu permettait. 

Son «sous-directeur» fut le père Domenico Barberi, lui aussi un saint Religieux qui ensuite œuvra en Angleterre (v. 27 août).

On appela le père Lorenzo le «mouvement perpétuel». En 1856, il ne put refuser de se déplacer encore pour aller visiter des malades à Capranica. Quand il y arriva, le 9 juin, il reçut, confessa, bénit, réconforta les malades, et annonça qu’il ne pourrait rester plus de trois jours. 

En effet, il mourut à Capranica (Viterbe, Italie centrale), le 12 juin 1856, à soixante-quatorze ans. 

Lorenzo Maria de Saint-François-Xavier a été béatifié en 1989. 

 

 

Mercedes Molina y Ayala

1828-1883

 

Née à Baba (Los Ríos, Equateur) le 24 septembre 1828, Mercedes reçut le nom de la fête du jour, Notre-Dame de la Merci.

Son père, Miguel Molina y Arbeláez, mourut deux ans après. Sa mère, Rosa Ayala y Aguilar, s’en vint vivre avec elle à Guayaquil, où elle mourut treize ans après.

L’adolescente fit une chute de cheval qui, ajoutée aux deux précédentes épreuves, amena la jeune fille à une vie de profonde piété et de pénitence. Elle renonça décidément à tout projet de mariage et, à vingt-et-un ans, se voua aux enfants abandonnés.

Elle se mit à suivre sainte Mariana de Jesús (voir au 26 mai), qui se manifesta à elle par la floraison inattendue d’un rosier, et lui annonça qu’elle aurait à fonder une famille religieuse.

A partir de 1862, Mercedes eut des grâces particulières : elle se trouvait en état de lévitation pendant qu’elle priait, se trouvait en extase après avoir reçu la Communion. Ayant quitté Guayaquil, elle s’installa à Cuenca, où elle loua une maison en compagnie d’une sainte femme, devenue depuis sainte Narcisa de Jesús (voir au 8 décembre).

En 1870 elle proposa aux pères Jésuites sa collaboration pour la conversion des Jíbaros. Elle s’installa à Riobamba, où elle se consacra par les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, et fonda les Sœurs de Mariana de Jesús (1873). Elle sera désormais Mère Mercedes de Jesús.

La nouvelle congrégation s’occupa des orphelins, des nouveaux convertis, des anciennes prisonnières.

La Mère Mercedes de Jesús mourut dix ans après, à Riobamba, le 12 juin 1883, et fut béatifiée en 1985.

On l’a surnommée la Rosa del Guayas.

Maria Barba

1884-1949

 

Maria naquit le 16 janvier 1884 à Catanzaro (Calabre, Italie sud), dixième des douze enfants de Pietro et Giovanna Flosena. Cinq de ces enfants mourront en bas âge.

Pietro était Président de la Cour d’appel et Premier conseiller. 

Baptisée trois jours après sa naissance, Maria reçut sa première formation de sa mère, puis fréquenta l’école primaire à partir de sept ans. Elle est dans les premières.

En 1894, elle reçoit la Première communion, à laquelle elle s’est préparée avec grande ferveur.

En 1898, elle commence l’étude du piano.

Une cérémonie de prise d’habit, en 1899, l’aida à concevoir en elle l’appel à la vocation religieuse, mais, bien que très chrétiens, les parents s’y opposent fermement et veulent la pousser au mariage.

Maria attend silencieusement. Elle lit l’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux, qui vient de mourir en 1897. Après la mort de son père (1904), ses frères sont encore plus férocement opposés à sa vocation et même lui interdisent de se rendre seule à l’église, tandis que sa mère la supplie d’attendre après sa mort.

En 1910, lors d’un pèlerinage à Rome, elle est reçue en audience par le pape Pie X.

Maria n’est pas encore confirmée. A cette époque, on reçoit ce sacrement peu avant le mariage. Mais comme Maria ne veut pas se marier, elle s’arrange pour recevoir la Confirmation lors d’un passage de l’évêque chez sa sœur. Elle a vingt-huit ans.

En 1914, la maman meurt, mais les frères de Maria s’opposent encore obstinément à son entrée en religion. Cinq années vont encore passer pour éprouver davantage encore cette pieuse demoiselle qui, pour le moment, devient l’âme du foyer familial.

Enfin, en 1919, elle entre chez les Carmélites de Ragusa, où elle prend le nom de Maria Candida de l’Eucharistie. La première profession a lieu en 1921, la solennelle en 1924. De sa famille si chrétienne, personne n’est venu assister aux cérémonies…

On lui confie successivement la porterie, la sacristie, la cuisine, où elle se montre «admirable», selon les témoignages des Religieuses.

A partir de 1922, elle écrira son autobiographie, à la demande de son confesseur qui perçoit la sainteté de sa vie intérieure.

En 1924, elle est élue prieure, poste qu’elle conservera pratiquement jusqu’en 1947.

Entre 1933 et 1935, elle écrira un ouvrage sur l’Eucharistie, un chef-d’œuvre de théologie spirituelle, sacramentelle et mystique.

Sa présence influe profondément le Carmel dans l’amour de la règle de sainte Thérèse d’Avila, réformatrice du 16e siècle (voir au 15 octobre). Maria Candida contribue à la fondation d’autres Carmel en Sicile,, dont celui de Syracuse en 1947, ainsi qu’à la réinstallation des Carmes.

Un douloureux cancer du foie lui cause de grandes souffrances et Maria Candida s’éteint à ce monde le jour de la fête de la Sainte Trinité, le 12 juin 1949. La nuit précédente, mystérieusement, son pied droit guérit d’un douloureux eczéma dont elle souffrait depuis plusieurs années et que les médecins ne pouvaient guérir.

Mère Maria Candida de l’Eucharistie a été béatifiée en 2004.

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 23:00

11 JUIN

I.

S Barnabé, chypriote, lapidé à Chypre ; en 488 on découvrit son corps et, sur sa poitrine, l'Evangile de s. Matthieu en grec ; il a le titre d'apôtre et est nommé au Canon Romain. 

IV.

S Maximus, évêque à Naples et “martyr” pour être mort exilé par les ariens.

IX.

S Rembert, évêque à Hamburg et Brême après son maître s. Oscar. 

XI.

S Bardo, abbé à Werden-sur-Ruhr et Hersfeld, évêque à Mayence, chancelier d’empire et légat papal.

XIII.

Ste Alice, mystique cistercienne à la Cambre et lépreuse. 

S Parisius, camaldule à Trévise, auteur de quelques miracles et prophéties, mort à cent-sept ans.

Bse Yolanda, fille du roi de Hongrie, nièce de ste Elisabeth, épouse de Boleslas, tertiaire franciscaine et, à la fin, abbesse des clarisses à Gnesen.

XV.

B Stefano Bandelli, dominicain à Plaisance, actif en Ligurie et en Piémont, mort à Saluzzo, qu'il protégea par une apparition après sa mort.

S Juan González de Castrillo de Sahagun, augustin espagnol, qui ne pouvait dire la messe en moins de deux heures parce qu’il voyait le Christ en gloire ; patron de Salamanque (qu’il avait pacifiée) et du Pérou.

XIX.

Ste María Rosa Francisca Molas y Vallvé, espagnole, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame de la Consolation, canonisée en 1988.

Ste Paola Frassinetti, de Gênes, fondatrice de l’Institut de Sainte-Dorothée, pour l’éducation des filles, canonisée en 1984.

XX.

Bse Maria Schininá (du Sacré Cœur de Jésus, 1844-1910), sicilienne, fondatrice des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, pour les orphelines, les personnes âgées, les malades et les détenus, béatifiée en 1990.

B Shoukrallah Maloyan (Ignatios, 1869-1915), turc, évêque à Mardine et martyr, béatifié en  2001.

B Yūsuf Habīb Melkī (Léonard de Baabdāt, 1881-1915), prêtre capucin libanais, martyr, béatifié en 2021.

 

Barnabé

1er siècle

 

Barnabé était un Juif de la tribu de Lévi, né dans l’île de Chypre, où une colonie juive importante s’était installée depuis l’époque d’Alexandre. Il y reçut durant sa jeunesse une culture hellénique.

Il vint à Jérusalem et fit partie de la première communauté chrétienne réunie autour des apôtres, après la Pentecôte, et dont saint Luc fait dans les Actes une description magnifique :

Parmi eux nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins.

Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé (ce qui veut dire fils de consolation), lévite originaire de Chypre, possédait un champ ; il le vendit, apporta l’argent et le déposa aux pieds des apôtres (Ac 4:34-36).

On voit par là que Joseph-Barnabé fut vite conquis par l’amour du Christ. Désormais, au lieu de louer ce champ, il le cultiva lui-même ou se donna à quelque autre activité, vivant du travail de ses mains.

Il est possible que le jeune Joseph-Barnabé ait connu Saul - le futur Paul - avant même la conversion de ce dernier, par exemple à Tarse, où se trouvait l’école de Gamaliel. Tarse n’était pas éloignée de Chypre : de l’île à la côte, il n’y a qu’une centaine de kilomètres. Quoi qu’il en soit, quand Saul eut sa «rencontre» avec le Christ et qu’il se convertit, ce fut Joseph-Barnabé qui le présenta aux apôtres encore un peu méfiants envers ce Saul, la veille encore persécuteur acharné de l’Eglise naissante : 

Barnabé, l’ayant pris avec lui, le mena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur et avec quel courage il avait à Damas prêché le nom de Jésus (Ac 9:27).

Après le départ de Paul pour Tarse, Barnabé fut envoyé à Antioche, pour y rencontrer les nouveaux convertis, Juifs et Grecs :

Lorsqu’il fut arrivé et qu’il eut vu la grâce de Dieu, il s’en réjouit et il les exhorta tous à demeurer d’un cœur fervent dans le Seigneur (Ac 11:23).

Pour veiller sur ce troupeau et l’instruire dans la juste voie, Barnabé appela Paul et tous deux restèrent à Antioche pendant une année. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens (Ac 11:26).

Barnabé et Paul firent un aller-retour à Jérusalem pour y remettre une collecte de la part de la communauté d’Antioche, et prirent avec eux Jean-Marc, un probable cousin de Barnabé.

Toujours d’après les Actes des Apôtres, Barnabé accompagna Paul dans son premier voyage apostolique (Chypre, Asie mineure : Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres, Derbé ; retour à Antioche de Syrie).

De retour à Antioche, Paul et Barnabé eurent à affronter la discussion avec les Chrétiens issus du judaïsme, qui prétendaient que les Gentils nouvellement convertis devaient se soumettre d’abord à tous les préceptes de la loi de Moïse. Ce fut l’origine du premier Concile, réuni à Jérusalem autour des apôtres Pierre - le premier pape - et Jacques - l’évêque de Jérusalem. Puis ils portèrent la décision de l’Eglise de Jérusalem à Antioche (Ac 15).

Après quelque temps, Paul voulut repartir pour visiter les Chrétiens nouvellement convertis lors de son premier voyage, mais Barnabé ne l’accompagna pas. Il préféra partir pour Chypre avec Jean-Marc.

Ici s’arrête le témoignage des Actes des Apôtres à propos de Barnabé. Des témoignages sur la suite de l’apostolat de Barnabé et sur sa mort nous viennent d’autres écrits moins sûrs.

Barnabé serait mort martyr en Chypre, lapidé et brûlé par les Juifs jaloux de son influence et des conversions qu’il opérait.

L’historien Eusèbe soutient que Barnabé aurait déjà fait partie des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Il lui attribue aussi cette Lettre de Barnabé, qu’on lit au bréviaire mais qui n’est pas retenue dans le canon des Ecritures inspirées.

L’activité missionnaire de Barnabé lui a valu le titre d’apôtre, comme Paul.

On retrouva son corps en 488 non loin de Salamine : il portait sur lui un exemplaire en grec de l’évangile de saint Matthieu.

Comme chez les Orientaux, saint Barnabé est honoré le 11 juin. Il est nommé au Canon Romain dans la prière du Nobis quoque peccatoribus.

 

 

Maximus de Naples

† 4e siècle

 

Maximus fut le dixième évêque de Naples, vers 350.

Fermement attaché à la doctrine du concile de Nicée (325) et refusant de signer la formule de Sirmium (343), il fut exilé par l’empereur Constance II et mourut en exil.

La date de cette mort reste incertaine, vers 362-372.

Maximus est considéré comme martyr en raison de cet exil.

Saint Maximus de Naples est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rimbert de Brême-Hambourg

820-888

 

Rimbert (Rembert) naquit près de Bruges entre 820 et 830.

S.Oscar (v. 3 février) le remarqua en passant à Thourholt (Thourout), frappé de sa modestie et de son recueillement ; il proposa à ses parents de le lui confier. Les pieux parents acceptèrent cette séparation.

Rimbert reçut la tonsure et fit de rapides progrès dans la science et la sainteté. Il apprit à se préparer constamment à la mort, comme un pèlerin sur cette terre.

Oscar en fit son auxiliaire et son confident. C’est à cette sainte amitié que nous devons à Rimbert la Vita de son maître.

Rimbert accompagna donc Oscar en Suède (852), et y organisa la mission de Sigtuna.

Sur le point de mourir (865), Oscar confia à son entourage : Rimbert est plus digne d’être archevêque que moi-même d’être diacre. Rimbert fut donc appelé à succéder à Oscar de l’avis de tous… sauf de lui-même, surtout qu’il n’était que diacre. Il ne céda qu’avec grande difficulté.

Mais il avait fait un vœu : devenir moine, s’il survivait à Oscar ; aussi avant d’être sacré évêque, alla-t-il d’abord à l’abbaye de la Nouvelle-Corbie (Corvey), y reçut l’habit et promit de vivre selon la règle bénédictine autant que le lui consentirait sa nouvelle charge. Après avoir été sacré, il reçut le pallium (865).

Il s’efforça d’amplifier l’évangélisation en Danemark et en Suède, mais les Normands détruisaient régulièrement tout son travail. Il n’hésita pas à vendre les vases sacrés de son église pour racheter les esclaves capturés par les Normands et par cette généreuse attitude, il obtint les faveurs du roi qui, alors, l’aida dans son apostolat.

Il mourut le 11 juin 888.

Sa «canonisation» se fit plutôt par la voix populaire que par décret officiel, puisque cette procédure n’existait pas encore.

Saint Rimbert est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bardo de Mayence

980-1051

 

Bardo naquit vers 980 à Habprahteshoven (Oppershofen, Hesse, Allemagne C), d’Adalbero et Christina.

Il fit de bonnes études très tôt, et très tôt aussi montra de bonnes dispositions, au point que les parents le placèrent comme oblat à l’abbaye bénédictine de Fulda. Bardo se montra le meilleur des élèves, intellectuellement et spirituellement. En outre, il devint un excellent orateur.

Il fut nommé prieur à Saint-André de Fulda puis, en 1028, abbé de Werden-sur-Ruhr ainsi qu’en 1031, de Hersfeld. Il eut l’habilité de gouverner l’un et l’autre monastère sans que son absence suscitât la moindre difficulté.

En 1031, l’empereur le préconisa pour le siège épiscopal de Mayence, et le choisit en même temps comme chancelier d’Empire.

Une vilaine cabale de comtes s’abattit sur Bardo qu’on chercha à discréditer auprès de l’empereur ; Bardo se battit contre l’injustice avec les armes spirituelles : la patience et l’austérité de sa vie, selon le mot du Christ Certains démons ne se combattent que par la prière et le jeûne (Mt 17:21).

Chaque nuit il se rendait dans quelque église pour prier ; un jour, le sacristain ne le reconnut pas et lui envoya une volée de coups de bâton. Le lendemain, Bardo lui remit un denier en remerciement.

La charité de l’évêque était proverbiale. Dieu permit sans doute aussi la multiplication miraculeuse de ses ressources, pour subvenir à tant de largesses.

En 1036 fut achevée la nouvelle cathédrale, commencée déjà du temps de ses prédécesseurs ; il la consacra à saint Martin (v. 11 novembre).

En 1049 eut lieu à Mayence un grand concile pangermanique, présidé par le pape lui-même (Léon IX, v. 19 avril) et auquel, bien sûr, participa Bardo. On y confirma la loi du célibat des prêtres et la condamnation de la simonie. Au terme de ce concile, Bardo fut nommé légat papal pour toute l’Allemagne.

Il mourut à Dornloh (auj. Oberdorla) le 10 ou 11 juin 1051.

Saint Bardo de Mayence est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

Alice de Schaerbeek

1225-1250

 

Alice  naquit vers 1225 à Schaerbeek (Bruxelles, Belgique).

Suivant les idiomes, on l’appelle aussi Aleyde ou Adélaïde.

Petite, elle manifesta une grande mémoire et une bonne disposition pour la vie chrétienne. Elle fut confiée à sept ans à l’abbaye cistercienne de la Cambre, où elle chercha principalement l’humilité.

Serviable, obéissante, discrète, prudente, elle eut dès neuf ans le don des miracles, des visions, des extases.

Peu après sa profession, vers 1245, elle fut frappée de la lèpre et, pour cela, mise à l’écart de la communauté, dans une petite chaumière. Elle y reçut les consolations de Notre-Seigneur lui-même. Elle obtint par ses prières la libération de leurs péchés pour d’autres âmes, y compris celles du Purgatoire.

Au fur et à mesure que son corps était gagné par la pénible maladie, elle grandissait en sainteté et en mérites. Elle offrit la perte de son œil droit pour le roi des Romains, Guillaume, qui assiégeait à ce moment Aix-la-Chapelle (1247), puis celle de son œil gauche pour Louis IX, roi de France, à ce moment en croisade (1249).

Le 11 juin 1249, elle fut comme moribonde, mais le Christ lui annonça qu’elle mourrait un an plus tard.

A partir du 13 mars 1250, elle endura des souffrances qu’elle comparait à celles de l’enfer ou du purgatoire.

Elle mourut le 11 juin 1250, et son culte fut reconnu en 1907.

Si le monastère de la Cambre fut détruit par les Calvinistes, la petite cellule d’Alice a été conservée.

 

 

Parisius de Trévise

1160-1267

 

Parisius naquit vers 1160 à Trévise en Italie Nord-Est (certains disent à Bologne).

Sa vie est aussi simple qu’extraordinaire.

Entré à douze ans chez les Camaldules, il y fut ordonné prêtre en 1191, puis fut l’aumônier des Religieuses camaldules, jusqu’à sa mort.

Certes, il ne fit pas que confesser les moniales ; il s’occupa aussi de l’agrandissement du monastère, mais surtout il prit beaucoup de temps pour faire des prophéties et des miracles, en quantité innombrable et, semble-t-il, surtout après sa mort.

Les dates reportées ci-dessus sont bien exactes : Parisius mourut à cent-sept ans, le 11 juin 1267. On l’honore du titre de Saint.

 

 

Yolanda de Pologne

1235-1298

 

Yolanda de Pologne vit le jour en 1235 à Esztergom (Hongrie N), à la frontière entre ce pays et la Pologne, où allait s’accomplir sa destinée.

C’était la fille de Bela IV, roi de Hongrie, un tertiaire franciscain, et de Maria Laskaris, qui eurent dix enfants, parmi lesquels : sainte Kinga (ou Cunégonde, v. 24 juillet), sainte Margit de Hongrie (v. 18 janvier).

Signalons aussi qu’elle était la nièce de sainte Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre), la petite-nièce de sainte Hedwige (v. 15 octobre), et descendait des rois de Hongrie saint Etienne (István, v.15 août) et saint Ladislaw (László, v. 30 juin). 

Appartenir à une telle lignée est une bénédiction, à laquelle Yolanda sut répondre avec générosité.

A cinq ans, elle fut confiée à sa sœur aînée, Cunégonde, qui avait épousé le roi de Pologne, Boleslas le Chaste ; sous les bons exemples de ce pieux souverain et de sa sainte épouse, Yolanda grandit dans la crainte de Dieu et, en 1257, épousa avec bonheur un autre Boleslas, duc de Kalisz, dit le Pieux.

Les deux époux rivalisèrent dans l’amour de Dieu et les bonnes œuvres ; Yolanda (devenue en Pologne Helen), s’occupa activement des pauvres, des malades, des monastères, toujours soutenue et encouragée par son époux.

Ils eurent trois filles : Elisabeth, qui épousa le Duc de Legnica ; Hedwig, qui épousa Władysław 1er de Pologne ; Anna, qui fut religieuse clarisse à Újszandec (auj. Nowy Sącz en Pologne).

Devenue veuve en 1279, elle rejoignit Cunégonde, veuve elle aussi, auprès de sa fille à Újszandec. A la mort de Cunégonde (1292), Yolanda alla chez les Clarisses de Gniezno, qui avaient été fondées par son mari, et qui l’élirent pour leur abbesse. Elle mourut le 11 juin 1298.

Le culte de la bienheureuse Yolanda fut approuvé, selon certains au 17e siècle, selon d’autres en 1827.

 

 

Stefano Bandelli

1369-1450

 

Stefano vit le jour en 1369 à Castelnuovo Scrivia (Alessandria, Piémont, Italie NW), dans une bonne famille.

Jeune encore, il fréquenta les Dominicains à Plaisance, entra dans l’Ordre et fut remarquable dans l’application de la Règle.

Il reçut les doctorats de Droit et de Théologie à Pavie, où il enseigna. Son enseignement se compléta par une éloquente prédication et une excellente direction des âmes, qui accouraient à son confessionnal. 

Sa prédication le fit surnommer un autre saint Paul ; nombreuses furent les conversions, à l’écoute de sa parole, mais aussi à la vue de ses miracles.

Il vint finir ses jours à Saluzzo (Turin), où il s’éteignit saintement le 11 juin 1450.

En 1487, la ville fut cernée par les troupes savoyardes ; les habitants virent alors dans le ciel la Sainte Vierge et le père Stefano bénissant et protégeant la ville, qui fut épargnée.

Le culte du bienheureux Stefano Bandelli fut approuvé en 1856.

Juan González del Castrillo Martínez

1419-1479

 

Juan González del Castrillo y Martínez vit le jour le 24 juin 1419, en la fête de saint Jean-Baptiste dont il porta le nom. Ses parents, Juan et Sancia, prièrent beaucoup pour obtenir ce premier fils, qui fut suivit de six autres.

La localité où naquit Juan est Sahagún (León, Espagne nord-ouest), que l’on a «traduit» en français Saint-Facond.

Il étudia d’abord chez les Bénédictins de Sahagún et commença la théologie, malgré quelques réserves paternelles. On lui donna le bénéfice d’une chapelle de village.

L’évêque en fit son secrétaire, avec une confiance d’autant plus absolue envers Juan, que celui-ci était à l’occasion accusé de dilapider les biens épiscopaux en aumônes pour les pauvres. L’évêque l’ordonna prêtre.

Juan célébra chaque jour l’Eucharistie. 

A la mort de son oncle et de ses parents, il partagea son héritage entre ses frères et sœurs et partit pour Salamanque. Il fut reçu au séminaire (1450), puis se retira chez un chanoine pendant dix ans ; durant tout ce temps, il fut reçu docteur en théologie et en droit canonique, matières qu’il enseigna à son tour. 

Sa prière réussit à obtenir la paix entre deux factions de Salamanque, qui se déchiraient depuis quarante ans (et firent beaucoup de victimes). C’est en souvenir de cela qu’une place de Salamanque porte le nom de Plaza de los Bandos. 

On dit aussi que sa prière délivra la ville de la peste noire. 

Après une nuit où il reçut des consolations extraordinaires du Ciel, il ne put en dire que ces quelques mots mystérieux : Seul Dieu sait ce qui se passa cette nuit-là entre Lui et mon âme. Mais on sait bien ce qui se passa ensuite : il se présenta dès le lendemain chez les Augustins et reçut le jour-même l’habit, tant il était connu pour sa sainteté et (déjà) ses miracles.

Un de ces miracles fut qu’il sortit d’un puits un petit enfant, qui put s’accrocher à son cordon en même temps que l’eau remontait au bord du puits ; un autre miracle fut qu’il adoucit un taureau déchaîné dans les rues de Salamanque, lui disant Tente, necio (Calme-toi, idiot), expression qui a donné son nom à la rue Tentenecio.

Dans le monastère, la bénédiction qu’il donnait chaque jour au tonneau de vin, fit que la quantité du précieux liquide ne diminua pas de toute l’année.

En 1464, il fit sa profession. L’année suivante, on le nommait maître des novices, puis définiteur pour la province, charge qu’on lui renouvela à chaque chapître jusqu’à la mort (fait unique dans l’histoire de l’Ordre).

Il faisait oraison après minuit jusqu’à l’heure de l’Office ; il se confessait jusqu’à plusieurs fois par jour, s’attirant les reproches du Prieur. Il ne pouvait célébrer la Messe en moins de deux heures, occupé à admirer  en vision Notre-Seigneur glorieux.

Lui-même fut deux fois nommé prieur, en 1471 et 1477.

Juan continua aussi à prêcher, reprochant aux seigneurs leur vie déréglée, visitant les prisonniers et cherchant à ramener dans le bon chemin des brebis égarées. Les miracles continuèrent : il aurait ressuscité sa nièce, morte de la peste. Il lisait dans les cœurs, il prophétisait, entre autres sa prochaine mort. Peu après en effet, il fut pris d’une sorte de torpeur mortelle, comme si on lui avait fait prendre quelque poison lent : on le lui aurait mélangé dans le vin de messe ou dans son repas, sur instigation d’une personne qu’il avait sévèrement blâmée pour sa mauvaise conduite.

Juan «de Saint-Facond» mourut le 11 juin 1479 ; sa tombe porta l’épitaphe suivante : Hic jacet per quem Salmantica non jacet : Ici repose celui par lequel Salamanque n’est pas tombée. Il a été choisi comme céleste Patron de Sahagún et Salamanque.

Il fut béatifié en 1601 et canonisé en 1691.

 

 

Maria Rosa Molas y Vallvé

1815-1876

 

A Reus en Espagne, province de Tarragona, naissait le 24 mars 1815 Rosa Francesca Maria Dolores, fille d’un artisan d’Andalousie, José Molas, et d’une mère catalane, Maria Vallvé. De l’un et de l’autre, elle recevra un ensemble de riches qualités : elle sera sensible, tendre et pleine de compassion, mais aussi ferme, vive et énergique, volontaire aussi et tenace.

Ce soir du 24 mars 1815 était cette année-là la nuit du Jeudi au Vendredi Saints, le moment où l’on vit l’agonie de Jésus-Christ, ce moment où le Seigneur dans la solitude souffrait et offrait sa passion pour tous les hommes pécheurs. Rosa semble avoir été marquée par le signe de la miséricorde et de la compassion. Sa vie sera un don permanent et total pour procurer du bien à ceux qui souffrent, malgré les épreuves, malgré la solitude, malgré les contradictions.

En 1841 elle entre dans une Corporation de Sœurs de la Charité, qui assistaient des malades dans l’hôpital de Reus, croyant qu’elles étaient des Religieuses. Humblement elle se met au service des plus pauvres, avec une charité parfois héroïque. Le 11 juin 1844, Reus est assiégée et bombardée par les troupes du général Zurbano : courageusement, avec deux autres consœurs, elle va s’agenouiller devant le général, et en obtient la paix pour tous ces pauvres habitants.

Successivement envoyée à Tortosa, elle réfléchit avec ses consœurs à une véritable fondation, dans l’obéissance à l’autorité ecclésiastique de Tortosa. Ainsi naît la Congrégation des Sœurs de la Consolation. 

L’œuvre veut servir à étendre le règne de Jésus-Christ, source et modèle de toute charité, de tout réconfort et de toute perfection, à poursuivre sur terre la mission du Rédempteur, en consolant les affligés, au service de l’homme en toute situation de nécessité.

Maria Rosa va au-devant de n’importe quel sacrifice, sans se préoccuper des humiliations, des calomnies, des persécutions même, auxquelles elle répond en s’offrant elle-même généreusement. Elle eut a affronter une véritable persécution de la part des Autorités civiles contre son œuvre ; mais, bien qu’éloignée par celles-ci de l’Ecole publique pour enfants, elle leur propose sa collaboration pour organiser un hôpital, pour venir en aide aux frères les plus pauvres. Quand le maire veut lui imposer le serment de fidélité à une Constitution contraire aux intérêts de l’Eglise, elle lui résiste victorieusement ; quand l’Administration publique tarde à payer le salaire des petits orphelins, elle va les défendre courageusement ; de même pour défendre les intérêts de ses Filles, dénigrées par l’Administration ; quand un médecin veut expérimenter certaines méthodes de chirurgie sur ses orphelins, elle lui résiste énergiquement.

En mai 1876, elle sent sa fin approcher ; après une brève maladie, plus fatiguée par ses sacrifices pour les pauvres que par les années, elle demande à son confesseur la permission de mourir ; l’ayant reçue, elle ajoute : “Que s’accomplisse la très sainte volonté de Dieu” et meurt au soir du 11 juin 1876, fête de la Très Sainte Trinité.

Ses Sœurs sont maintenant répandues sur quatre continents et dans onze pays.

Maria Rosa a été béatifiée en 1977, et canonisée en 1988 ; sa fête est au 11 juin.

 

 

Paola Frassinetti

1809-1882

 

Paola Frassinetti naît et reçoit le baptême le 3 Mars 1809 à Gênes en Italie, troisième de cinq enfants. Ses parents sont profondéments chrétiens, surtout sa mère, qui mourra bientôt lorsque Paola n’a que neuf ans.

Son grand frère devient prêtre ; il exerce sur elle une forte influence, la vocation commence à se manifester. Quand elle va retrouver son frère dans sa paroisse, elle réunit autour d’elle plusieurs jeunes filles avec lesquelles elle voudrait fonder un nouvel Institut pour l’enseignement des petites filles. En 1834 commence l’Œuvre, dans la plus grande pauvreté.

Une épidémie de choléra à Gênes est l’occasion de montrer le zèle et le dévouement du groupe. Un prêtre ami de Don Giuseppe vient proposer à Paola d’assumer la Pieuse œuvre de Sainte Dorothée, dans le but de venir en aide aux jeunes filles particulièrement pauvres. Paola accepte, et ses compagnes changeront leur nom de Filles de la Sainte Foi en Sœurs de Sainte Dorothée.

Plusieurs maisons sont ouvertes, dont une à Rome. Paola est reçue et encouragée par le pape Grégoire XVI. Les difficultés ne manquent pas, surtout à cause de l’extrême indigence où se trouvent les jeunes Religieuses. Mais le pape leur confie une autre œuvre : le Conservatoire de Sainte Marie du Refuge à Saint Onofrio, que la bonté de Paola transformera et qui sera même la Maison Mère de toute l’Œuvre.

En 1846, c’est la bourrasque politique à Rome. Pape et évêques se retirent de Rome. Paola est bien seule. Mais en 1850 elle rencontre Pie IX, qui la prend sous sa protection. C’est le moment de la grande expansion : Naples, Bologne, Recanati, le Brésil, le Portugal.

Aujourd’hui, les Sœurs de Sainte Dorothée sont en peu partout dans le monde : Italie, Espagne, Portugal, Malte, Angleterre, Suisse ; Etats-Unis d’Amérique, Brésil et Pérou ; Angola et Mozambique ; Taiwan. 

Paola  laisse ce monde le 11 juin 1882 dans une grande sérénité. Elle est béatifiée en 1930, canonisée en 1984. 

 

 

Maria Schininà

1844-1910

 

Née à Ragusa le 10 avril 1844, elle mena une vie seigneuriale jusqu’à ce que - après la mort de son père et une fois que tous ses frères furent mariés - elle resta seule avec sa mère. Elle entreprit ainsi un chemin vers les pauvres, abattant les barrières non seulement de la fortune, mais surtout les barrières culturelles.

Rejetée par ses frères et par ses connaissances pour s’être dépouillée des biens de famille, elle fut appelée au Carmel Salvatore La Perla, à diriger les Filles de Marie, consacrées au secours des peuples.

En 1889 elle fonda les Sœurs du Sacré-Cœur dans le but de fournir un abri aux orphelins et abandonnés, aux pauvres, de donner asile aux personnes âgées handicapées, aider les prisonniers et les travailleurs qui ont travaillé dans les mines de Ragusa.

Elle organisa une association de Dames de la Charité ainsi que l'implantation des Carmélites. De 1908 à 1909, elle donna asile à des réfugiés du catastrophique tremblement de terre qui détruisit Messine et Reggio en Calabre.

Après avoir consolidé son institution et donné à ses sœurs le commandement de l'amour, la mère Marie du Sacré-Cœur décéda le 11 Juin 1910 à Ragusa, âgée de 66 ans. Son travail est prolongé sur les trois continents par les Sœurs, avec amour et miséricorde pour ceux qui ont le plus besoin.

Elle a été béatifiée en 1990.

Le palais où elle naquit est aujourd’hui siège de l’évêché de Ragusa. En 1950 l’Institut s’est ouvert aux missions dans le monde en envoyant les premières sœurs italiennes aux Etats-Unis et au Canada. Les religieuses sont désormais présentes à Madagascar, aux Philippines, en Pologne, au Nigeria, en Roumanie, en Inde, pour diffuser le charisme de la bienheureuse Maria Schininà : faire connaître l’amour du Christ pour tous et sa miséricorde sans limites, porter le “Cœur de Dieu à la population et la population au Cœur de Dieu”.

Shoukrallah Maloyan

1869-1915

 

Shoukrallah était fils de Melkon et Faridé, né le 8 avril 1869 à Mardin (Turquie sud-ouest). C’était une famille chrétienne, appartenant à l’Eglise catholique de rite arménien.

Son curé remarqua en lui les signes de la vocation sacerdotale et l’envoya au couvent arménien de Bzommar (Liban) : le garçon avait quatorze ans.

Au terme de ses études, il reçut l’ordination sacerdotale, le 6 août 1896 (fête de la Transfiguration). A cette occasion il prit le nom religieux d’Ignatius, en souvenir de saint Ignace d’Antioche.

De 1897 à 1910, Ignatius travailla en Egypte, à Alexandrie et au Caire. Il fut aussi en 1904 le secrétaire du patriarche arménien, Boghos Bedros XII Sebbaghian. C’est durant ces années qu’une maladie lui brûla les yeux et lui causa de grosses difficultés de respiration.

Ignatius fut envoyé à sa ville natale, Mardin, pour tenter d’y remettre de l’ordre, et il en devint finalement l’archevêque, en 1911.

En prenant possession de son diocèse, il y encouragea fortement la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

Comme on le sait officieusement, les autorités turques organisèrent un massacre généralisé des Arméniens, durant l’été 1915.

Le 3 juin 1915, le chef de la police de Mardin procéda à l’arrestation de l’Archevêque, de son clergé et de nombreux fidèles. Durant ce qu’on appela un procès, on les invita à embrasser l’Islam. Ayant refusé, ils furent battus, torturés, enchaînés et gardés en prison. 

Le chef de la police frappa l’Archevêque à la tête avec la crosse de son pistolet. Les soldats le battirent sans pitié. Le pauvre prélat priait : Seigneur, aie pitié de moi ! Seigneur, donne-moi la force ! Il demanda aux prêtres présents de lui donner l’absolution. Puis les soldats revinrent le battre ; ils lui arrachèrent les ongles des pieds. 

Le 9 juin, sa mère vint le voir et pleura en le voyant en cet état. Il l’encouragea.

Le 10 juin, on les força à marcher vers le désert ; ils étaient plus de quatre cents, dont quatorze prêtres. L’Archevêque réconfortait tous ses fidèles, priant Dieu de leur donner la force d’accepter le martyre avec patience et courage. Les prêtres leur donnaient l’absolution. Avec quelques bribes de pain qu’il avait, l’Archevêque Ignatius célébra une rapide et intense liturgie eucharistique pour remettre à tous ses fidèles le Viatique.

Un soldat témoin de la scène, témoigna avoir vu alors une sorte de nuage qui recouvrit tous les prisonniers et dont il sortait un excellent parfum. Tous avaient sur leur visage l’expression de la joie et de la sérénité.

Parvenus dans un village kurde, une centaine d’entre eux furent poussés dans des grottes de l’endroit et exécutés.

Devant ses prêtres et ses fidèles massacrés sous les yeux de l’Archevêque, le chef de la police lui offrit la vie sauve, à condition d’embrasser l’Islam. Le prélat répondit dignement qu’il conservait toute sa loyauté envers l’Etat Ottoman, ajoutant aussi : Je vivrai et je mourrai pour ma foi et ma religion. Toute ma fierté est dans la Croix de mon Dieu et Seigneur (cf. Ga 6:14).

Le chef de la police, enragé, ordonna de faire partir ce qui restait de la colonne, en direction d’une vallée, à quelque quatre heures de marche. Là, non loin de Diyarbakir, les deux-cents survivants furent exécutés devant Mgr Ignatios, qui fut abattu le tout dernier par le chef lui-même.

En tombant, Mgr Ignatius put encore proclamer : Mon Dieu, aie pitié de moi ; entre tes mains je remets mon esprit (cf. Ps 30:6).

La population kurde s’empara des vêtements des Martyrs, qui restèrent là plusieurs heures, avant qu’on les rassemble pour les arroser de pétrole et les brûler.

Ces faits eurent lieu les 10/11 juin 1915.

Mgr Shoukrallah Ignatius Maloyan fut béatifié en 2001. Il est commémoré le 11 juin.

 

 

Yūsuf Habīb Melkī

1881-1915

 

Yūsuf Habīb Melkī naquit le 1er octobre 1881 à Baabdāt (Liban), septième des onze enfants de Habīb Awaiss Melkī et de Noura Bou Moussi Kanaan Yammine.

La famille était de rit maronite, et Yusuf reçut le baptême dans l’église de ce rit, où d’ailleurs le papa avait la fonction importante de chantre. Par la suite, ils passèrent au rit latin romain.

L’éducation de Yūsuf commença auprès du curé de la paroisse, puis auprès des pères Capucins nouvellement installés. En 1895, il rejoignit leur séminaire à Istanbul.

En 1899, il commença le noviciat chez ces mêmes pères Capucins et prit l’habit, avec le nom religieux de Léonard de Baabdāt (en arabe Līūnar).

L’année suivante, il fit la profession, puis reçut les ordres sacrés. En 1904, il fut ordonné prêtre.

Sa première mission fut à Mardin (Turquie SE), comme professeur et prédicateur. Pour des raisons de santé, il fut momentanément à Maamouret-el-Aziz, puis au Liban, puis à Urfa, avant de retourner à Mardin.

Nous sommes alors en 1915. On sait comment le gouvernement turc se déchaîna contre toute présence catholique ou non-musulmane dans le pays, générant le tristement célèbre génocide arménien.

C’est ainsi que fut arrêté notre p.Léonard, accusé de «conspiration au profit du gouvernement français». On est en droit de se demander de quelle conspiration il pouvait s’agir. Les hommes qui l’arrêtèrent le mirent immédiatement devant cette alternative : ou tu te convertis à l’Islam, et tu es libre, ou tu meurs. Léonard n’hésita pas une seconde.

Dès lors, il fut torturé de façon impitoyable : on le battit, on le tira par la barbe, on le jeta dans les escaliers de la forteresse de Mardin, on le pendit par les pieds durant des heures, on lui arracha les ongles. Puis on le réunit à une caravane de plusieurs centaines de Chrétiens de Mardin, contraints à marcher à pied sur plusieurs kilomètres, en direction de Diyarbakir, leur destination d’exil ; en chemin cependant, ils furent exécutés près de la localité Kalaat Zirzawane.

Parmi les martyrs, se trouvait l’archevêque de Mardin, Mgr Shoukrallah Ignatius Maloyan, déjà béatifié en 2001.

C’était le vendredi 11 juin 1915, fête du Sacré-Cœur. Léonard avait trente-trois ans.

Yūsuf Habīb Melkī - Léonard de Baabdāt sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 11 juin.

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 23:00

10 JUIN

II.

S Gétulus, martyr romain, père de sept enfants.

IV.

S Timothée, évêque et martyr à Pruse.

S Astère, évêque à Petra, exilé en Afrique par la faction des ariens.

V.

S Censurius, évêque à Auxerre.

VI.

S Maurin, abbé près de Cologne et martyr ; on obtint la pluie par son intercession, d’où son surnom de “saint Pluvieux” (VII.?).

?

S Crispule, martyr (en Espagne ou à Nicomédie).

VII.

S Landry, évêque à Paris, fondateur du premier hôpital parisien, l'Hôtel-Dieu.

S Ithamar, évêque à Rochester, premier évêque de souche anglo-saxonne en Angleterre.

VIII.

S Evremond, né à Bayeux, fondateur, en accord avec son épouse, de monastères dont celui de Fontenay-Louvet où il devint abbé.

IX.

Bse Olive, vierge à Palerme, ravie à Tunis par les Sarrasins et là torturée à mort ; patronne secondaire de Palerme, elle est aussi tenue en vénération à Carthage par les musulmans.

XII.

S Bogomile, évêque à Gnesen après son oncle ; son nom signifie "ami de Dieu" ; il finit sa vie chez les Camaldules.

XIII.

Bse Diana de Andalò, dominicaine à Bologne.

XIV.

B Arrigo de Bolzano, saint bûcheron qui donnait son temps libre à Dieu et à la pénitence, et son argent aux pauvres.

XV.

B Giovanni Dominici, dominicain florentin, légèrement bègue et devenu excellent orateur, cardinal, légat en Bohême et en Hongrie pour contrer l’hérésie hussite.

XVI.

Bx Thomas Green et Walter Pierson, chartreux anglais, martyrs à Londres.

XX.

B Edward Joannes Maria Poppe (1890-1924), prêtre belge, apôtre d’une campagne d’évangélisation fondée sur l’Eucharistie, béatifié en 1999.

B José Manuel Claramonte Agut (1892-1938), prêtre espagnol des Prêtres Ouvriers Diocésains, martyr, béatifié en 2013.

B Josef Kugler (Eustachius, 1867-1946), des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, à Regensburg, béatifié en 2009.

Olive

Ve (ou Xe) siècle

 

On ignore beaucoup de choses sur cette Vierge martyre. Beaucoup de détails se racontent depuis plusieurs siècles, dont on n’a aucune preuve certaine, à tel point que certains se demandent si certains indices n’auraient pas purement et simplement fait apparaître cette Martyre dans l’hagiographie sicilienne, ou au contraire si les maigres informations qu’on avait sur elle auraient suscité la fantaisie des hagiographes.

Olive aurait donc été de noble famille palermitaine. Chrétienne et zélée, elle allait réconforter les chrétiens apeurés par la lourde persécution organisée par le roi Vandale Genséric. On l’aurait donc exilée à Carthage (ou Tunis) pour lui faire perdre ses envies de prosélytisme. Elle n’avait que treize ans.

L’autre tradition prétend qu’elle aurait plutôt vécu aux 9e-10e siècles, lors de la domination musulmane, le sanguinaire Abd-Allah régnant sur la Sicile, et le non moins cruel Hibraim-’ibn-Ahmed étant gouverneur du royaume d’Afrique. 

Dans sa solitude elle aurait successivement dompté les bêtes féroces, trouvé miraculeusement de quoi se nourrir, guéri un aveugle et un boiteux et, lorsque des soldats lui furent envoyés pour la mettre en prison ou la torturer, aurait eu cette force de conviction de les convertir tous et de leur inculquer une telle foi que, de retour chez eux, on les fit tous périr par le martyre. Cette féconde solitude aurait duré sept années.

Ce qui est étonnant ici, c’est qu’aucun document ne parle de ces faits, de ces nombreux martyrs, de leurs noms, de leur nombre. Toujours est-il que notre sainte Olive fut à son tour présentée au Préfet de Tunis, qui la fit torturer de toutes les façons : fouets, chevalet, huile bouillante, feu. A chaque épisode, la Sainte n’éprouvait aucun mal, en était même revigorée, faisait éteindre le feu (et convertissait les bourreaux, comme on l’a dit plus haut). A la fin, elle fut décapitée.

Il est vrai qu’à Tunis une ancienne mosquée portait le nom de Djamoa-ez-Zitoums, Moschée d’Olive, ou Mosquée de l’Olivier ; certains en effet prétendent que cette mosquée fut simplement construite “près d’un olivier”. A Tunis, parmi les musulmans, gare à qui parle mal d’Olive : il sera châtié par Allah !

Il reste qu’à Palerme et dans toute la Sicile, le culte de “sainte Olive” s’est beaucoup répandu, avec force cérémonies et manifestations locales. Mais, à Palerme, là où des Religieux de l’Ordre des Minimes construisirent leur couvent, beaucoup de “signes” furent observés, apparitions fréquentes d’une jeune fille merveilleuse qui les aidait, les protégeait, puis disparaissait.

On n’a jamais retrouvé son corps. Est-il resté en Tunisie ? A-t-il été enlevé et porté jusqu’en Espagne durant certains conflits entre ce pays et la Sicile ? Est-il à Palerme sous les fondations du couvent des Minimes ? Ou bien simplement dans l’imagination des fervents dévots de notre Sainte ?

De fait, à cause de ces nombreuses incertitudes, le Martyrologe Romain n’a pas retenu le nom de sainte Olive ; celle-ci reste fêtée le 10 juin en Sicile, dont elle est une des Patronnes célestes.

 

 

Censurius d’Auxerre

† 502

 

On dit que le Castrum Censurii (Château de Censoir) aurait été la propriété de Censurius, qui s’en défit au profit du chapitre (les chanoines) d’Auxerre. 

Il fut le neuvième évêque d’Auxerre, de 472 à 502.

De cet épiscopat de trente ans, on a retenu que Censurius était en relations épistolaires avec l’évêque de Lyon, s.Patient et s.Sidoine Apollinaire (v. 11 septembre et 21 août).

Il était aux côtés de s.Patient lorsque celui-ci fit la dédicace de l’église Saint-Germain, un des prédécesseurs de Censurius. C’est aussi à s.Patient que Censurius demanda que le prêtre Constance rédigeât la vie de s.Germain (v. 31 juillet), car ce prêtre était un excellent écrivain. Ce prêtre était très humble et désirait publier son ouvrage sans indiquer le nom de l’auteur. 

Censurius mourut en 502.

Saint Censurius d’Auxerre est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landry de Paris

† 656

 

De Landry, on croit savoir qu’il se donna tout entier au Christ dès l’enfance ; devenu officier à la chancellerie royale de Clovis II, il fut remarqué pour sa science et ses mœurs.

Aussi fut-il choisi pour succéder vers 650 à Audobertus, devenant ainsi le cinquième archevêque de Paris.

Lors d’une famine, en 651, il vendit tous ses biens, et même les vases sacrés liturgiques, pour procurer du pain aux  malheureux.

C’est à lui que remonte, traditionnellement, la création de l’Hôtel-Dieu, le premier hôpital de Paris, qui devait recevoir les malades et les soigner en évitant la contamination avec la population.

En 653, il fut un des co-signataires du concile de Clichy, où fut promulguée la charte de fondation de l’abbaye bénédictine de Saint-Denys.

En 655 c’est lui qui fit édifier l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, «la» paroisse des rois de France. On ne pourra qu’être triste en pensant que ce beau sanctuaire servit, de 1793 à 1802, de magasin à fourrage, de salpêtrière, d’imprimerie.

Landry mourut le 10 juin 656 et les miracles vinrent rapidement attester sa sainteté. La chapelle Saint-Nicolas, dans laquelle Landry aimait se retirer pour prier, hébergea ses reliques au 9e siècle et lui fut alors dédicacée.

Les reliques qui s’y trouvaient encore en 1793, furent détruites par la fureur révolutionnaire. La chapelle elle-même, devenue église, fut détruite en 1828.

Saint Landry de Paris est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ithamar de Rochester

† 664

 

Les dates précises d’Ithamar ne sont pas connues.

Natif de Kent, il fut consacré quatrième évêque de Rochester, après 644, date de la mort de son prédécesseur Paulinus.

C’était, semble-t-il, le premier évêque «indigène» d’Angleterre. En réalité, il prit le nom d’Ithamar au moment de sa consécration, et l’on ne sait pas quel était son premier prénom. Dans la Bible, Ithamar était un des fils d’Aaron (v. Ex 6:23).

D’après s.Bède le Vénérable (v. 25 mai), Ithamar valait, par ses vertus et sa science, ses prédécesseurs Justus et Paulinus, venus tous deux d’Italie avec s.Augustinus (v. 26 mai).

En 655, il consacra à son tour Frithona (ou Deusdedit), nouvel évêque de Canterbury.

Ithamar mourut quelque temps après cet événement, peut-être en 656, au plus tard en 664, quand son successeur monta sur le siège de Rochester.

Le récit de ses miracles, relatés dans un manuscrit conservé à Cambridge, a fait l’objet d’une étude récente qu’il serait intéressant de connaître.

Saint Ithamar de Rochester est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

Diana d’Andaló

1200-1236

 

Diana naquit à Bologne vers l’année 1200, de Andreolo di Lovello et Ota, qui étaient apparentés à la famille Carbonesi. Andreolo Lovello eut le surnom d’Andaló, qui passa à ses enfants, six garçons et Diana. Un de ces frères fut Lodrengo, dont Dante parle dans son Enfer.

Elle fut d’abord une jeune fille aussi intelligente que belle, attirée un peu par curiosité dans l’église où prêchaient les premiers Dominicains.

Conquise par l’idéal de ces Religieux, elle se mit sous la direction de l’un d’eux, le père Reginaldo, puis demanda à son grand-père de leur céder quelques arpents de terre (1219). Elle fit le vœu de virginité devant saint Dominique. Désormais, elle portait le cilice sous ses riches vêtements.

Elle demanda aussi à sa famille, mais sans les obtenir, des subsides pour la fondation d’un monastère de dominicaines. Aussi s’enfuit-elle de la maison pour entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin à Ronzano. C’était en juillet 1221 ; la famille vint immédiatement la reprendre de force dans le couvent, au cours d’une bagarre qui dut troubler passablement la quiétude du monastère, et au cours de laquelle Diana eut une côte cassée.

Quelques mois plus tard, remise de la douleur, elle quitta à nouveau la maison familiale. Mais la famille fut moins acharnée, et accepta même de l’aider à établir une fondation. Après une année durant laquelle Diana resta à Ronzano, le monastère Sainte-Agnès fut prêt et, en 1223, elle y recevait l’habit dominicain.

Elle reçut ensuite quelques moniales du monastère dominicain de Rome : Cecilia, Amata, Costanza et Teodora. Ce sont, pense-t-on, les corps de Cecilia et Amata qu’on retrouva plus tard près de la tombe de Diana. Cecilia mourut quasi nonagénaire.

La communauté continuait de recevoir les conseils du bienheureux Jourdain de Saxe, qui s’employait à modérer les austérités des moniales.

Diana mourut le 10 juin 1236 et fut bientôt auréolée du titre de Bienheureuse, mais la confirmation du culte ne se fit qu’en 1891.

 

 

Arrigo de Bolzano

1250-1315

 

Arrigo, de Bolzano (Haut-Adige, Italie N), serait né vers 1250.

C’était un brave et bon bûcheron, dont toute la science était son amour du Bon Dieu ; il ne savait pas lire, sinon les signes de Dieu dans la nature et dans les sanctuaires.

Il se maria et eut un fils, Lorenzo ; tous trois firent un pèlerinage à la Ville Eternelle, puis ils s’établirent près de Treviso, à Biancade.

Ce qu’Arrigo (ou Enrico, Henri) gagnait, après les strictes nécessités familiales, passait aux pauvres ; il ne gardait jamais rien du soir au lendemain.

Un portrait qu’on fit de lui, le décrivait comme petit, les yeux au fond de deux tunnels, le nez immense, la bouche tordue, et mal nippé, ce qui n’était pas tellement gracieux aux yeux du monde. Certains mauvais esprits souriaient parfois de lui, mais il montra une patience exemplaire à ne pas s’occuper du qu’en-dira-t-on.

En dehors de son travail du bois et des services qu’il pouvait rendre, son temps était pour la Messe et la confession quotidiennes, la fréquente communion, l’écoute de la Parole de Dieu ; autant qu’il le pouvait, il priait, à l’église ou chez lui. 

Il avait chez lui trois «lits» ou plutôt grabats, qu’on ne découvrit qu’après sa mort, et qu’il utilisait en fonction de sa fatigue : un fort dur, de sarments ; un dur, de bottes de lin, un de paille ; son oreiller : une bûche. Il avait en outre un cilice, un caillou pour se frapper la poitrine, un fouet.

Lorsque son épouse mourut et qu’il n’eut plus la force de travailler, un brave notaire de Treviso mit à sa disposition une petite cabane près de l’église ; Arrigo continua à visiter les églises, malgré sa difficulté à marcher ; il se rendait auprès des nobles et des commerçants pour solliciter l’aumône en faveur des pauvres, jamais pour lui. Même l’évêque et le maire répondaient à ses appels.

Arrigo mourut le 10 juin 1315 ; il fallut poser une lourde barrière de bois autour du corps, jusqu’à l’enterrement, à cause de l’affluence des fidèles pour vénérer la sainte dépouille. Les miracles se multiplièrent comme rarement ce fut le cas : un registre en mentionne quarante pour le 14 juin, soixante-cinq pour le 15 juin.

Il paraîtrait que sa canonisation fut renvoyée, parce que l’on manquait d’argent pour payer les frais. Le pape approuva tout de même le culte d’Arrigo en 1750.

 

 

Giovanni Dominici

1360-1419

 

Giovanni était de la famille Banchini (ou Baccini) ; il naquit vers 1355-1360 à Florence, dans une famille fort pauvre. Son surnom de Dominici lui fut peut-être ajouté parce qu’il était du Seigneur ou de Dominique, fondateur de l’Ordre dominicain (v. 6 août).

A dix-sept ans, il voulait entrer chez les Dominicains, mais on le lui refusa pour deux motifs : il semblait peu instruit, et surtout il était bègue, ce qui lui barrait la route de la prédication. On lui conseilla de rester à la maison pour s’occuper de ses parents.

Devant sa persévérante insistance, les pères finirent par lui ouvrir la porte du noviciat, et se rendirent vite compte que Giovanni était fort intelligent, qu’il saisissait très bien les subtilités philosophiques et téhologiques, au point qu’ils l’envoyèrent étudier à la Sorbonne.

Restait le problème de l’élocution : Giovanni pria la sainte dominicaine, Caterina de Sienne (v. 29 avril), qui répondit à sa prière ; il put parler sans gêne, au point que sa prédication devint sa principale occupation ; pendant douze ans il lui arriva de prêcher deux fois par jour à Venise. 

Il fut chargé de rétablir la stricte observance de la règle dominicaine dans les monastères d’Italie.

Il composa aussi divers ouvrages d’exégèse, de théologie, sur l’éducation, ainsi que des hymnes.

Dans le cadre du Grand schisme d’Occident, il joua un rôle important au conclave de 1406. Il y fut envoyé comme délégué de Venise et exhorta les cardinaux à chercher efficacement la paix pour l’Eglise ; fut élu Grégoire XII, qui le prit comme confesseur, le nomma archevêque de Ragusa et le créa cardinal. Il lui confia aussi une mission en Hongrie, qui cependant n’aboutit pas favorablement ; Giovanni dut même se déguiser pour échapper à la mort.

Après les conciles mouvementés de Pise (1409) et Constance (1414-1418), fut élu «officiellement» Martin V, pour mettre fin à ce schisme. Grégoire XII abdiqua par la voix de Giovanni Dominici ; ce dernier, qui voulait résilier son cardinalat, fut confirmé par le nouveau pape.

En 1418, il repartit, en Bohême, pour lutter contre l’hérésie de Jean Huss. 

Giovanni Dominici se retira en Hongrie et mourut à Buda le 10 juin 1419, chargé de mérites, et fut béatifié en 1832. 

 

 

Thomas Green

? -1537

 

Il ne faut pas confondre ce martyr avec deux autres martyrs :

  • Thomas Green alias Richard Reynolds (v. 21 janvier)
  • Richard Reynolds (v. 4 mai)

Notre Thomas Green était un prêtre chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

On retient aussi un éventuel pseudonyme, Greenwood.

Il se pourrait cependant qu’il ait été élève du St.John’s College de Cambridge en 1515 et qu’il fut reçu docteur en théologie en 1532.

Le 29 mai 1537, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attraper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et notre Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

    

Walter Pierson

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, notre Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Edward Poppe

1890-1924

 

Edward Joannes Maria naquit le 18 décembre 1890 à Temse (Belgique), de Désiré et Josefa, des boulangers qui eurent onze enfants : trois qui mourront en bas âge, deux garçons qui seront prêtres, et cinq filles qui seront religieuses. Il en restait un, qui dut reprendre la boutique parentale. Edward était le troisième.

C’était peut-être un présage providentiel qu’il portât dès son baptême le nom du saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney. Ce dernier était mort en 1859, une trentaine d’années avant la naissance d’Edward.

Il étudia au collège Saint-Nicolas (1905-1910), où il adhéra à l’association De Klauwaerts, qui regroupait des étudiants flamands, ainsi qu’à Temsche Forward.

La papa d’Edward mourut en 1907. Edward pensa être de son devoir d’aider les siens, mais sa mère insista pour qu’il répondît à sa vocation sacerdotale. En 1909-1910, Edward interrompit ses études pour entrer au séminaire : il se prépara au sacerdoce à Louvain puis à Gand.

Durant ces années de préparation, il fut profondément marqué par la spiritualité de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui développa en lui profonde dévotion mariale. Il fit aussi partie d’un groupe, Filioli Caritatis (Les Enfants de l’Amour), dont l’idéal était la sainteté des prêtres.

Mobilisé en 1914, mais malade, il revint se reposer à Temse avant de retourner au séminaire de Malines, et fut ordonné prêtre en 1916. Sa devise était : Accendatur (Qu’il s’allume), par allusion au mot du Christ, désirant allumer un feu sur terre (cf. Lc 12:49).

Son premier poste fut la paroisse Sainte-Colette à Gand, où il s’occupa avec tout son enthousiasme de jeune prêtre des pauvres, des mourants, de l’éducation religieuse des enfants et, en général, de la conversion de toute la population, gagnée par le matérialisme.

En 1918, à cause de sa santé fragile, l’abbé Poppe quitta la ville pour la campagne et se retrouva à Moerzeke, comme aumônier des Religieuses de Saint-Vincent-de-Paul. Souvent alité, il avait du temps et en profita pour stigmatiser par différents écrits, les problèmes dûs à l’émergence du marxisme.

Il fut une première fois frappé par une crise cardiaque en 1919.

En septembre 1920, lors d’un pèlerinage à Lisieux, à la tombe de Thérèse Martin (elle allait être béatifiée en 1923 et canonisée en 1925), il sentit en lui une «révélation» qui marquera toute sa vie spirituelle.

Il fit de l’Eucharistie le centre de tout son apostolat ; il ouvrait sa porte à quiconque frappait, conduisant chacun à la paix intérieure et à la réconciliation avec Dieu. Il créa la Croisade Eucharistique, pour développer chez les enfants la dévotion envers le Saint Sacrement. L’abbaye des Prémontrés d’Averbode diffusa activement ses écrits. Des journaux pour les jeunes furent imprimés, entre autres Zonneland (Le Pays du soleil).

Lui-même malade, il donnera aux malades l’exemple de la prière et de l’amour de Marie, deux piliers dans la vie de l’Eglise.

En 1922, il fut nommé aumônier national pour les séminaristes, religieux et prêtres appelés sous les drapeaux. Il résidait à Leopoldsburg et fut aumônier du Centre d’Instruction pour Brancardiers Infirmiers (CIBI).

A Noël 1923, une crise cardiaque le frappa alors qu’il rendait visite à sa mère et il retourna à Moerzeke.

La dernière année de sa vie, il fonda encore un monastère de Carmélites à Leopoldsburg. 

Il mourut à Moerzeke le 10 juin 1924, en regardant l’image du Sacré-Cœur. Il avait trente-trois ans et presque six mois, à peu près l’âge auquel est mort le Christ.

Edward Poppe a été béatifié en 1999.

 

 

José Manuel Claramonte Agut

1892-1938

 

José Manuel vint au monde le 6 novembre 1892 à Almazora (Castellón, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à Vall d’Alba (Castellón), pour le grave délit d’être prêtre. Ce fut le 10 juin 1938.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josef Kugler

1867-1946

 

Il naquit le 15 janvier 1867 à Neuhaus bei Nittenau : Josef était le fils d'un agriculteur et forgeron.

Jeune, il tomba accidentellement d'un échafaudage, se blessant à la jambe, ce dont il souffrit ensuite toute sa vie.

En 1884, il se retira chez sa sœur à Reichenbach, dont le mari était forgeron. Cette paroisse n'était qu'irrégulièrement desservie par un prêtre, de sorte que le bon Josef allait y prier le rosaire le dimanche après-midi : de là lui vint le gentil surnom de Klostersepp, impossible à traduire ; Sepp est un diminutif de Josef, Kloster signifie le cloître ; on voulait dire quelque chose comme le moinillon Joseph ou peut-être même Jo le p’tit moine.

A partir de 1890, les Frères de la Miséricorde, ou Frères Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, intégrèrent le couvent de Reichenbach et s'occupèrent des pauvres, des épileptiques et des malades mentaux. Il fallait du matériel et le forgeron avait beaucoup de travail, pour lui et pour ses compagnons. Josef eut tout le temps, pendant deux ans, d’observer les Frères, leurs activités, leur idéal. Finalement, Josef entra dans cet Ordre, en 1893, prenant alors le nom religieux de Eustachius.

Dans un premier temps, on voulut refuser l'admission d'Eustachius à la profession religieuse, à cause de son handicap, jusqu'à ce que le Provincial en personne lui exprimât qu'il pouvait enfin faire la profession (1898).

De 1905 à 1925, il fut chargé de l'installation de handicapés à Straubing et Gremsdorf, ainsi qu'à Neuburg sur Donau.

En 1925, il fut élu provincial pour la Bavière. Le point culminant de son activité fut sans doute l’érection d’une maison de soins à Regensburg, dont on dit à l’époque que c’était l’hôpital le plus beau et le mieux équipé d’Allemagne.

Lors de la dictature nazie, il fut confronté à mille dangers et mille épreuves. Des établissements furent fermés, Eustachius fut convoqué pour des interrogatoires, il s’éleva contre les crimes d’euthanasie commis par les Nazis. Rien ne le découragea ; il apporta de l’aide là où il pouvait, il tenta d’empêcher ce qui pouvait l’être.

A la fin de la guerre, il fallait quelqu’un pour reconstruire ce qui était détruit. Eustachius pouvait être l’homme de la situation, mais il n’en eut pas le temps : le cancer lui tronqua la vie, le 10 juin 1946.

Il a été béatifié en 2009.

 

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 23:00

09 JUIN

III.

Ss Primus et Felicianus, martyrs romains à Mentana.

S Diomedes, médecin martyr à Nicée.

S Vincentius, diacre et martyr à Agen.

IV.

S Julien, moine à Edesse, peut-être le même que celui du 17 janvier.

S Ephrem, de Syrie (d'où son nom de "Syrien”), surnommé "la lyre du Saint-Esprit" pour ses nombreux ouvrages, diacre ; chantre incomparable de la maternité virginale de Marie, son influence sur la liturgie byzantine et syriaque fut très grande.

Ste Triaise (Trojécie), vierge près de Poitiers. 

VI.

S Maximianus, bénédictin de Saint-André à Rome, évêque à Syracuse.

S Columba, irlandais, fondateur et abbé du monastère de Iona en Ecosse.

XII.

S Richard, anglais d’origine, premier évêque à Andria dont il est patron.

XIV.

B Silvestre, convers camaldule à Florence.

XVI.

B Robert Salt, chartreux martyr à Londres, emprisonné et mort de faim.

S José de Anchieta, missionnaire espagnol chez les Indiens du Brésil, qu’il défendit ardemment, béatifié en 1980, canonisé en 2014.

XVIII.

B Joseph Imbert, jésuite, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Anna Maria Giannetti Taigi, romaine, épouse durement traitée et mère de sept enfants, mystique.

XX.

B Luigi Boccardo (1861-1936), du diocèse de Turin, vicaire de son propre frère (B Giovanni Maria Boccardo, cf. 30 décembre), zélé pour la formation des jeunes prêtres, l’organisation des Pauvres Filles de s. Gaetan (fondées par son frère) et l’aide aux aveugles, béatifié en 2007.

B Luciano Verdejo Acuña (1885-1938), père de famille espagnol, martyrisé près de Grenade, béatifié en 2017. 
 

 

Primus et Felicianus de Rome

† 3e siècle

 

D’après les Actes qui nous sont parvenus, Primus et Felicianus étaient deux frères romains.

Ils vivaient dans la foi chrétienne et pratiquaient la charité autour d’eux. 

On les dénonça ; ils subirent toutes sortes de tortures, envoyés à Nomentum et là condamnés à mort par le juge Promotus.

Ils furent décapités au quinzième mille de Rome sur la Via Nomentana.

C’était en l’an 286, la seule année où étaient présents à Rome les deux empereurs Dioclétien et Maximien ; mais on fait remarquer qu’à cette date, ces empereurs n’avaient pas déclenché de persécutions.

Saints Primus et Felicianus de Rome sont commémorés le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vincentius d’Agen

† 3e siècle

 

Tout près d’Agen se trouvait un temple païen où se vérifiait chaque année un prodige étonnant : une roue de feu sortait du temple, descendait jusqu’au fleuve, plongeait et remontait. C’était une fête en l’honneur du dieu soleil.

Une année, Vincentius, qu’on dit être diacre et avoir déjà annoncé l’Evangile dans la région, passa par là, fit un signe de croix en direction du temple, et empêcha cette sorcellerie de se reproduire.

Il fut aussitôt arrêté, condamné et exécuté.

Cent cinquante ans plus tard, quelqu’un eut révélation de l’endroit où se trouvait le corps du Martyr, en l’honneur duquel on éleva une basilique.

On en éleva une autre au lieu même du martyre, qui fut entièrement détruite par le roi Gontran au 6e siècle ; tous les habitants qui s’y étaient réfugiés furent exterminés. On ne sait même plus où se trouvait cette basilique.

Vincentius d’Agen a souvent été confondu avec son homonyme de Saragosse (v. 22 janvier).

Saint Vincentius d’Agen est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Diomedes de Nicée

† 4e siècle

 

Diomedes, originaire de Tarse, était un médecin à Nicée (Bithynie, Asie Mineure, auj. Iznik, Turquie NO).

Il guérissait les corps, mais aussi les âmes.

L’empereur Dioclétien ordonna de se le faire amener de Nicée à Nicomédie. En route, Diomedes voulut descendre du char pour prier. Il mourut à ce moment-là. Les soldats alors le décapitèrent, mais ils devinrent aveugles.

On les fit conduire à l’endroit où était resté le corps du Martyr et, quand ils eurent réuni le chef et le corps, ils recouvrirent la vue et se convertirent.

Avec Diomedes souffrirent quatre autres Martyrs, dont Amantius et Alexandros.

Ce pouvait être durant la persécution déclenchée par Dioclétien, vers 303-310.

Saint Diomedes de Nicée est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ephrem

306-373

 

Le quatrième siècle voit apparaître à la fois l’édit de Constantin qui donne sa liberté à l’Eglise, et la triste hérésie d’Arius, qui donna l’occasion de s’exprimer aux plus illustres Pères de l’Eglise, notamment aux conciles de Nicée et Constantinople. 

On connaît beaucoup de détails de la vie d’Ephrem par diverses biographies et son propre Testament. 

Ephrem, qu’il faudrait appeler Afrim en syriaque, naquit à Nisibe en Mésopotamie, alors province romaine. Son père était prêtre du dieu païen Abnil et sa mère était originaire du haut Tigre. 

Tout jeune il manifesta clairement son penchant pour la foi chrétienne, ce qui lui valut l’expulsion de la maison paternelle. L’évêque Jacob de Nisibe (v. 15 juillet) pourvut à sa formation. 

Il reçut le baptême à dix-huit ans. 

Après un court séjour à Edesse, il se retira au désert.  

Lors des guerres entre Perses et Romains, les chrétiens furent âprement persécutés par les Perses, qui les considéraient comme alliés de Rome. Aussi Ephrem vint à Nisibe pour les soutenir et les consoler. Sa grande sainteté fit qu’on attribua à sa prière (et à celle de l’évêque Jacob) la libération de Nisibe.

Ephrem se montra très charitable envers les victimes d’une famine, et l’on pense que c’est en ces circonstances qu’il reçut le diaconat. Mais par humilité il refusa toujours le sacerdoce.

Nisibe étant retombée aux mains des Perses, Ephrem fut contraint de se réfugier à Edesse pour les dix dernières années de sa vie. 

Il y enseigna, il composa divers ouvrages, surtout des Commentaires sur la Bible, des Homélies sur les grands Mystères, des Hymnes. Sa poésie, très goûtée des Syriens, l’a fait appeler “la Lyre du Saint-Esprit”. 

Il écrivit sur la primauté de saint Pierre et du pape, sur l’Eucharistie, le Péché Originel, les deux natures du Christ, sur la Vierge Marie (dont il évoqua l’Immaculée Conception).

«La présence de Jésus dans le sein de Marie, a commenté Benoît XVI, le porta à considérer la grande dignité de la femme... dont il parlait avec sensibilité et respect. Pour Ephrem, il n'y a pas de rédemption sans Jésus et pas d'incarnation sans Marie. La dimension humaine et divine du mystère de la rédemption se trouve déjà dans l'Ecriture».

C’est pour sa présence à Edesse, qui dépendait d’Antioche de Syrie, et pour sa langue syriaque, qu’Ephrem a été couramment appelé “le Syriaque”.

Ephrem eut une influence considérable sur ses contemporains. Saint Grégoire de Nysse disait que “l’éclat de sa vie et de sa doctrine illuminait l’univers”.

Après sa mort, le 9 juin 373, l’Orient surtout conserva son culte. En Occident, il fut proclamé Docteur de l'Eglise en 1920. 

Tandis qu’il est fêté le 9 juin, l’église Syriaque le commémore traditionnellement aussi le 28 janvier.

Notons pour finir que saint Ephrem est, avec le patriarche Samuel, le co-protecteur de ce Blog, qui se voudrait être un chant continu à l’Esprit Saint de Vérité.

 

 

Maximianus de Syracuse

† 594

 

Ce que l’on sait de Maximianus, nous vient surtout par le témoignage du pape Grégoire Ier, qui en parle plus de vingt fois dans ses écrits, et de façon fort élogieuse.

Maximianus fut moine bénédictin, puis abbé à Rome, dans ce monastère fondé par Grégoire Ier avant son accession au Siège de Pierre.

Il accompagna Grégoire lors de sa mission à Constantinople et en fut à son tour l’apocrisiaire en Sicile.

On peut situer le début de son épiscopat à Syracuse avant 591 : il en fut le neuvième évêque.

Maximianus mourut en novembre 594.

Depuis longtemps cependant, et sans qu’on sache pourquoi, il est mentionné au 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Columba de Iona

521-597

 

Il ne faut surtout pas confondre Columba avec Colomban de Luxeuil (v. 23 novembre), deux Irlandais contemporains.

Columba naquit le 7 décembre 521, de Feidlimid mac Fergus Cendfota mac Conall Gulban, de la maison royale de Tir Conail,  et s’appela, en gaélique irlandais, Columb Cille, qu’on a transcrit Columkill. Jeune, il fut surnommé Criamtham (renard) !

Il fit ses premières études sous s.Finnian (v. 10 septembre ?) à Moville, où il reçut le diaconat.

Ensuite il alla trouver un Ancien dans le Leinster, puis partit à l’école monastique de Clonard dont le supérieur, un autre s.Finnian (v. 12 décembre) l’envoya à s.Etchan (?), qui l’ordonna prêtre. 

Après un autre séjour auprès de s.Mobhí (v. 12 octobre ?), il regagna l’Ulster (543).

A vingt-deux ans, Columba était plein d’énergie, sa voix de stentor portait très loin, et son ardeur missionnaire débordait de vivacité. Pendant quinze ans, il parcourut l’Irlande en prêchant et en fondant des monastères : Derry (545), Durrow (553), Kells (554)…

Vif de caractère, Columba pouvait aussi s’attirer quelques histoires. Il avait recopié le psautier de s.Finnian, qui revendiquait à son tour la propriété de cette copie. Mêmes les moines et les Saints ont de ces jalousies… Columba recourut à l’arbitrage du roi Diarmaid, qui donna raison à Finnian. Cette petite affaire se doubla d’une autre : Diarmaid vint faire exécuter un homicide qui avait trouvé asile chez Columba ; on sait que le droit d’asile accordait l’immunité. La goutte d’eau faisait déborder le vase : Columba rassembla une troupe et marcha victorieusement contre Diarmaid (561). Il y eut des morts : Columba fut même excommunié !

Columba fut absout dans un autre concile, mais décida alors de s’exiler et de se donner totalement au salut éternel des âmes.

Orienté par un saint homme, en 563, avec douze compagnons il alla planter sa tente en l’île de Iona, en Ecosse, où surgit ce fameux monastère qui fut si illustre pendant des siècles.

De là, Columba se dirigea vers le nord, convertit le roi des Pictes, Brude, et fut en relations amicales avec d’autres rois, qui l’aidèrent à évangéliser toute la région.

Columba avait, écrivit son biographe, une figure angélique ; c’était une nature d’élite ; il était brillant dans ses paroles, saint dans ses actions, grand dans ses conseils. Il ne perdait pas un moment, toujours à prier, ou à lire, ou à écrire ; enfin, toujours occupé. Il supportait le poids de jeûnes et de veilles, sans répit. Un seul de ses travaux eût dépassé les forces d’un homme. Et parmi ses labeurs, il apparaissait plein d’amour pour tous, plein de sérénité et de sainteté, mis en liesse par la joie du Saint-Esprit au fond de son cœur.

Il était dur pour lui-même, couchant à terre, jeûnant perpétuellement ; en vieillissant, il devint plus tendre pour les hommes et pour les bêtes ; quand sa vigueur diminua, il se mit à la copie des manuscrits, jusqu’à la veille de sa mort.

Au matin du 9 juin 597, on le trouva mourant au pied de l’autel ; il esquissa un geste de bénédiction, et s’affaissa définitivement.

Il fut célèbre dans toute l’Europe, jusqu’en Espagne et en Italie. De partout, on était venu le visiter et connaître son monastère, et l’on continua d’accourir à son tombeau.

Saint Columba de Iona est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

Robert Salt

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, notre Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

José de Anchieta

1534-1597

 

José était né le 19 mars 1534, à San Cristóbal de La Laguna (Tenerife, Canaries) et reçut au baptême le nom du Saint de ce jour, saint Joseph.

Entré dans la toute récente Compagnie de Jésus en 1551, il fut envoyé en 1553 par le Fondateur, Iñigo López de Loyola (Ignace de Loyola) au Brésil, alors colonie portugaise. C’était le premier groupe de Jésuites envoyés en Amérique latine.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1566 et fut le Supérieur du petit groupe.

La constatation la plus grave et désolante qu’il fit en observant les manières des colons, fut que les indigènes étaient maltraités, corrompus, et éloignés de la foi catholique. Aussi entraîna-t-il ses compagnons vers l’apostolat des régions intérieures.

Après avoir appris la langue indigène, il rédigea une grammaire, puis un premier catéchisme. Son programme évangélisateur comprenait la promotion humaine, sociale et spirituelle de toutes ces populations, et non pas un avilissement dans la servitude au profit des colonisateurs.

Le père José devint bientôt le provincial de tous les Jésuites au Brésil, dont il coordonnera les activités.

Il fut le co-fondateur du Pátio do Colégio, à l’origine de la ville de São Paulo. L’activité humaine et spirituelle du père José lui a valu le titre d’ Apôtre du Brésil.

La ville de Reritiba, où il mourut, prit le nom de Anchieta en son honneur. Il s’y éteignit le 9 juin 1597.

Le procès pour sa béatification commença dès 1617, combattu avec acharnement par le marquis de Pombal, ennemi juré du travail des Jésuites.

Le père José de Anchieta a été béatifié en 1980.

 

 

Joseph Imbert

1719-1794

 

Joseph était né le 5 décembre 1719 à Marseille.

Entré chez les Jésuites en 1748, il fut ordonné prêtre en 1754.

Il enseigna la physique dans les collèges de Châlons, Besançon et Grenoble, où il fut également directeur spirituel de la congrégation mariale.

Concernant le collège des Jésuites de Besançon, ce magnifique édifice est devenu le Lycée d’Etat Victor Hugo, dont la chapelle, devenue paroisse Saint-François-Xavier, resta longtemps dans un pitoyable état d’abandon. En face de l’entrée du lycée, dans l’ancienne rue Saint-Antoine (actuelle rue Emile Zola), se trouve aussi une ancienne chapelle, devenue le siège de la Loge maçonnique du Grand Orient. On a expulsé les Jésuites et saint Antoine, qui n’avaient pourtant pas fait beaucoup de mal…

Quand l’Ordre jésuite fut supprimé (1773), le père Joseph fut incardiné au diocèse de Moulins, dont il devint vicaire général ; lors de l’expulsion de l’évêque par la Révolution, le vicaire général devint alors la première cible des persécutions.

Joseph Imbert refusa de signer la Constitution civile du clergé, et invita les prêtres du diocèse à l’imiter. Conséquence immédiate : tout un groupe de ces prêtres fut arrêté avec lui en novembre 1793 ; condamnés à la déportation en Guyane, les prêtres rejoignirent Rochefort, d’où aucun navire ne put partir à cause du blocus imposé par la flotte anglaise.

Joseph Imbert et les autres prêtres furent alors enfermés dans le bateau Les Deux Associés, où allaient périr des centaines de prêtres, en raison des conditions hygiéniques extrêmement mauvaises et de l’épidémie de typhus qui fit des ravages.

Joseph soutint le moral des prêtres. Sur l’air de la Marseillaise, il composa un cantique pieux que reprirent avec ferveur tous les prêtres présents.

Le père Joseph Imbert succomba le 9 juin 1794.

Il est de ceux qui furent béatifiés en 1995.

 

 

Anna Maria Gianetti Taigi

1769-1837

 

Cette grande âme mystique vit le jour le 29 mai 1769 à Sienne, la ville de l’illustre Caterina, dominicaine stigmatisée (voir au 29 avril), d’un père pharmacien qui s’en vint s’établir à Rome.

Elle ne fréquenta l’école que deux années chez les Maîtresses Pies, et n’eut le temps que d’apprendre un peu à lire. Ses parents, trop pauvres, l’envoyèrent travailler dans un ouvroir (1781), puis comme femme de chambre chez une dame (1787).

En 1790, elle épousa Domenico Taigi (ou Taeggi), un brave homme à-tout-faire qui travaillait au palais Chigi. Ils eurent sept enfants (Anna, Camillo, Alessandro, Luigi, Sofia, Luigia, Maria). Anne-Maria aimait bien son mari, et supporta jusqu’à la fin son caractère bourru et souvent imprévisible.

Cette même année 1790, Anna-Maria reçut une grâce particulière : elle voyait comme un soleil, dominé par une couronne d’épines et entouré par deux longues épines ; dans cette lumière, elle discernait comment penser et agir pour son bien spirituel et pour le bien de l’Eglise militante ou souffrante. C’est là l’explication des représentations que l’on a d’Anna-Maria, le regard élevé vers son «inspiration». Elle recevait ainsi des visions : tel vaisseau en train de sombrer, tel missionnaire mis au cachot en Chine…

La vie de famille fut très marquée par la foi : chaque soir, chapelet en commun à genoux, lecture de la vie du Saint du jour, messe chaque dimanche et fête, visite des malades, jamais les musées (Anna-Maria n’aimait pas les «œuvres d’art» indécentes, surtout celles des musées du Vatican). Tous ces enfants grandirent dans la foi et firent honneur à leur éducation.

Au début de leur vie conjugale, Anna-Maria et Domenico sortaient volontiers. Mais à partir de 1793, grâce aux bons conseils d’un saint prêtre et avec l’assentiment de son époux, Anna-Maria transforma complètement sa vie et se fit admettre dans le Tiers-Ordre trinitaire : elle en porta ouvertement le scapulaire blanc, avec la croix rouge et bleue.

Aux tâches quotidiennes de la famille grandissante (la dernière naquit en 1810), s’ajouta l’assistance de ses vieux parents, pas moins grincheux que son mari. Ce dernier avait de ces caprices : il pouvait renverser tout le repas en tirant la nappe de la table, ou envoyer par la fenêtre une chaise en direction de son gamin indocile…

Domenico fut toujours très étonné des «ressources» de son épouse et put en témoigner : d’une extrême honnêteté, d’un profond mépris de l’argent, elle obtenait un miracle continuel en pourvoyant à tous les besoins d’une famille si nombreuse… Je la laissais faire parce que j’avais remarqué que quand elle avait prié ou pratiqué quelque bonne œuvre, la Providence venait à notre secours. Jamais de dettes, et elle put même prendre des filles de service pour l’aider. Si l’une cassait quelque chose, elle ne s’emportait jamais : Ce n’est rien. Il faut bien donner du pain aux fabricants de faïence !

Cette vie active et mystique n’était pas pour autant facile ; comme beaucoup d’autres grands Saints, Anna Maria éprouva de longues années de sécheresse intérieure, sans consolations spirituelles, se sentant comme abandonnée en enfer, souffrant de terribles maux de tête, surtout le vendredi. Elle devint presque aveugle, souffrit progressivement de la goutte, du rhumatisme, de l’asthme, d’une hernie… et tout cela avec un inaltérable sourire, consolant les autres et travaillant sans cesse.

Sa longue agonie commença en octobre 1836, quand elle s’alita pour ne plus se relever, tout en continuant de diriger sa maison par ses conseils. On lui proposa encore d’aller travailler à la cour de Turin, une offre alléchante qu’elle déclina humblement.

Le vendredi 2 juin 1837, elle fut prise d’un violent accès de fièvre, mal soigné, qui l’acheva. Le jeudi 8, elle reçut le Sacrement des malades, et mourut au matin du vendredi 9 juin 1837.

Dès son vivant, elle reçut des visites de grands personnages qui lui demandaient conseil. Après sa mort, les miracles se multiplièrent. Dix-huit ans plus tard, on ouvrit le cercueil, où elle apparut toute fraîche, et encore en 1868.

L’enquête canonique pour la reconnaissance de ses vertus vit arriver une trentaine de témoins, parmi lesquels deux de ses filles, ainsi que son cher mari, le brave Domenico qui avait alors quatre-vingt-douze ans.

Anna-Maria Taigi fut béatifiée en 1920.

 

 

Luigi Boccardo

1861-1936

 

Septième des dix enfants de Gaspare et Giuseppina Malerba, Luigi naquit le 9 août 1861 à Moncalieri (Turin, Italie) et y reçut le baptême le lendemain. Son frère aîné, Giovanni Ottavio, fut son parrain et sera plus tard un saint prêtre qui aida et orienta «paternellement» son jeune frère dans toute son œuvre. Ils avaient treize années de différence d’âge.

Après son frère, Luigi fréquenta à son tour le collège de Moncalieri, puis le Petit séminaire de Giaveno. Là, son frère aîné s’engagea à lui payer la pension, pour soulager financièrement les parents.

Durant ces années, Luigi faillit être emporté par une grave épidémie de typhus. Il en guérit après avoir bu de l’eau de Lourdes. Ce fut un stimulant pour sa dévotion mariale.

En 1874, sa sœur Giacinta entra chez les Sœurs de Sainte-Anne.

En 1877, Luigi entra au Grand séminaire de Chieri, où son frère aîné était directeur spirituel. Puis en 1879, il alla étudier la théologie à Turin, où le directeur spirituel était don Giuseppe Allamano (voir au 16 février).

En 1884 il reçut l’ordination sacerdotale. Il fut d’abord directeur spirituel au séminaire de Turin, puis curé à Pancalieri, dans le même secteur où son grand frère était aussi curé.

Une épidémie de choléra montra toute la générosité de don Luigi pour se porter au secours des malades. Il y eut là plus de cinquante morts. C’est dans ces circonstances que don Giovanni fonda les Pauvres Sœurs de Saint-Gaétan.

A partir de 1886, don Luigi est appelé comme vice-recteur et directeur spirituel du Convitto Ecclesiastico della Consolata (Collège Ecclésiastique de Notre-Dame de la Consolation), à Turin, un collège où la théologie enseignée se fondait beaucoup plus sur la doctrine d’un s.François de Sales ou d’un s.Alfonso de’ Liguori, que selon les principes rigoristes issus de l’austère jansénisme. Beaucoup de saints prêtres venaient de ce Convitto, mais des frictions apparurent entre les professeurs et certains évêques. Don Allamano devait résoudre ces problèmes et appelait pour l’aider don Luigi.

Don Luigi travailla pendant une trentaine d’années aux côtés de don Allamano, en parfaite harmonie. Au fur et à mesure que les charges s’accumulaient sur les épaules de don Allamano, don Luigi en prenait davantage encore sur les siennes : depuis les travaux d’entretien du sanctuaire jusqu’à la gestion des Missionnaires de la Consolata, fondés par don Allamano, en passant par la direction spirituelle des prêtres-élèves, l’enseignement de la religion dans le quartier, les conférences, la formation liturgique et pastorale. Par-dessus tout, don Luigi passait des heures dans son confessionnal, celui n°2, très connu des habitants de Turin.

En 1909, il reçut la dignité honoraire de chanoine ; il fit des pèlerinages à Lourdes, Rome, Naples, Florence, Lucques.

En 1913, le 30 décembre, son frère Giovanni, fondateur des Pauvres Sœurs de Saint-Gaétan, mourait en laissant à son frère la charge de reprendre la direction de cette congrégation. L’archevêque l’en nomma Supérieur général. De là l’obligation pour don Luigi de voyager dans toute l’Italie pour organiser les communautés, le noviciat, ouvrir d’autres maisons…

En 1919, don Luigi eut encore à s’occuper de l’Institut des Femmes aveugles, fondé en 1894, et qui se trouvait dans une situation financière plus que difficile.

Don Luigi Boccardo publia une quantité d’opuscules et d’ouvrages de théologie, de spiritualité ; sa santé, déjà faible par nature, faiblissait encore ; il se voûtait, il maigrissait, il souffrait de la goutte, mais ne refusait aucun service.

On le supplia, et il finit par accepter de faire construire un magnifique sanctuaire au Christ-Roi, qui fut consacré en 1931.

Certaines des femmes aveugles ayant voulu se consacrer, mais ayant été refusées dans d’autres instituts à cause de leur cécité, don Luigi fonda pour elles une branche spéciale des Pauvres Filles de Saint-Gaétan : les Filles de Jésus Roi, qui auraient à prier pour l’Eglise, le pape, les prêtres, surtout ceux en difficulté ; les premières vêtures eurent lieu en 1932.

En 1934, il fêta ses noces d’or sacerdotales, au milieu d’amis, prêtres et évêques reconnaissants pour son travail. Mais il fut aussi affligé par la mort de la Supérieure des Pauvres Filles, avec laquelle il avait tant travaillé.

Peu avant de mourir, ce prêtre extrêmement actif écrivit : Il y a trois choses que je n’aurais jamais songé à faire : écrire des bouquins, fonder des Bonnes Sœurs, et construire des églises. Eh bien, je les ai faites toutes les trois !

Il remit progressivement toutes ses responsabilités à d’autres prêtres et célébra encore une dernière fois le 26 avril 1936. Il s’éteignit à cette vie le 9 juin 1936, à soixante-quinze ans.

Don Luigi avait été si uni à son grand frère Giovanni, qu’ils ne pouvaient pas non plus être séparés dans la gloire du Ciel : Giovanni fut le premier béatifié en 1998 ; à son tour, don Luigi fut béatifié en 2007.

Le bienheureux Giovanni Boccardo, l’aîné, est commémoré le 30 décembre ; en revanche, le bienheureux Luigi Boccardo, le petit frère qu’on appelait Luigino, est commémoré le 9 juin.

Luciano Verdejo Acuña
1885-1938

Né le 26 octobre 1885 à Almería, Luciano fut un homme très respectable et très estimé dans cette ville.

Il épousa Concepción Gómez Cordero et eurent (au moins ?) un fils, Antonio. C’est de ce dernier qu’on sut que Luciano allait chaque jour communier à la Messe, et qu’on priait chaque soir le chapelet en famille.

Après la proclamation de la République (1931), Luciano accueillit chez lui des Jésuites qui, déjà, subissaient les premiers assauts de la persécution. Il avait aussi des parents qui s’occupaient de politique ; il était donc bien connu.

Quand se déclencha la révolution de 1936, ainsi que la persécution religieuse qui l’accompagnait, Luciano se réfugia dans une ferme à Huércal de Almería. Dans les premiers jours de septembre 1936, il fut arrêté, passa une parodie de «jugement» et fut condamné à une année et demie de détention, pour le grave délit d’aller chaque jour communier à la Messe.

Au terme de ce temps de prison, on ne le libéra pas, mais on l’emmena à la Venta de Araoz, où il fut torturé - car son fils put remarquer comment ses vêtements étaient maculés de sang. Puis on emmena Luciano au camp de Turón, un véritable camp de concentration et d’extermination, où moururent plusieurs autres Martyrs béatifiés en même temps que Luciano.

Après y avoir subi mille espèces d’humiliations, Luciano fut martyrisé le 9 juin 1938, abattu dans un fossé (ou dans la fosse qu’on lui avait fait creuser auparavant).

Il a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Luciano Verdejo Acuña sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 9 juin.

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 23:00

08 JUIN

I.

S Maximin, un des compagnons présumés de ste Marie-Madeleine lors de sa venue en Provence, supposé premier évêque à Aix.

?

Ste Calliope, martyre.

IV.

Ste Syre, aveugle guérie au tombeau de s. Sabinien à Troyes (V.?).

VI.

S Médard, évêque à Saint-Quentin puis à Noyon, thaumaturge, il envoya ste Radegonde fonder le monastère de Sainte-Croix à Poitiers.

S Godard, évêque à Rouen, frère (mais pas jumeau) de s. Médard.

S Héracle, évêque à Sens ; il aurait assisté au baptême de Clovis.

S Fortunatus, évêque à Fano.

VII.

S Mary (Marius), ermite en Auvergne, qu’on donne parfois comme compagnon de s. Austremoine (I.).

S Chlodulf, fils de l’évêque Saint Arnoul (ancêtre de Charlemagne), évêque à Metz pendant quarante ans.

Ste Eustadiole, mère et veuve à vingt ans, fondatrice et abbesse d’un monastère à Bourges, où elle mourut plus que nonagénaire.

IX.

S Naucrace, abbé au monastère de Stoudion, à la fin de l’iconoclasme.

XII.

S William FitzHerbert, évêque à York, momentanément déposé par erreur.

XIV.

B Giovanni Raynutius (Jean l’Aumônier, ou aussi Rainuzzi), à Todi.

XVI.

B John Davy, diacre chartreux à Londres, martyr.

XIX.

S Jacques Berthieu, jésuite français, martyr à Madagascar, canonisé en 2012. 

Bse Maria du Sacré Cœur Droste zu Vischering, religieuse allemande du Bon Pasteur, supérieure à Porto, propagatrice de la dévotion au Sacré-Cœur.

XX.

Ste Mariam Thresia Chiramel Mankidiyan (1873-1926), vierge indienne, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille, béatifiée en 2000, canonisée en 2019.

B István Sándor (1914-1953), coadjuteur salésien hongrois, martyr par pendaison, béatifié en 2013.

B Giovanni Medda (Nicola da Gesturi, 1882-1958), humble capucin sarde, thaumaturge béatifié en 1999.

Maximin à Aix-en-Provence

1er siècle

 

Le Martyrologe du 8 juin écrit que «les origines de la vie chrétienne à Aix-en-Provence sont attribuées à saint Maximin».

Qui était-il ?

Des «traditions» en feraient l’intendant de la famille de Lazare et de ses sœurs à Béthanie. Il aurait été un des soixante-douze disciples de Jésus et peut-être aussi l’aveugle-né guéri en Jn 9.

Comme on l’a fait en d’autres occasions, et avec la prudence qui s’impose, nous allons lire ce qu’en a dit Anna Katharina Emmerick, une Bienheureuse stigmatisée, complètement ignorante quant à son instruction, et dont beaucoup de ses «visions» furent scrupuleusement notées (voir au 9 février).

Trois ou quatre ans après l’ascension… éclata à Jérusalem une persécution contre Lazare et ses sœurs. Marthe et lui furent jetés en prison par les Juifs.

Madeleine… fut également arrêtée. Avec Lazare et ses deux sœurs furent aussi emmenés un jeune homme nommé Maximin, Marcelle, servante de Madeleine, et la servante de Marthe.

Après les avoir accablés de mauvais traitements, les Juifs les firent monter dans une méchante barque faisant eau de toutes parts, et n’ayant ni voiles ni gouvernail. Elle fut amarrée à un grand vaisseau, qui l’abandonna après l’avoir remorquée en pleine mer : tandis que Lazare et ses compagnons priaient et chantaient des cantiques, je vis la barque aborder sur le rivage de la Gaule, dans un lieu où les vagues venaient baigner doucement la plage. Ils descendirent à terre, et abandonnèrent leur esquif à la merci des flots. Leur voyage s’était fait avec une vitesse miraculeuse.

Je les vis arriver dans la grande ville de Massilia. On les laissa passer, et l’on se contenta de les regarder, sans leur faire aucun mal (…)

Le lendemain, je vis sortir d’un grand édifice qui me fit l’effet d’une maison de ville, des gens qui vinrent leur adresser diverses questions (…) On leur fit bon accueil et on leur donna à manger (…) Je vis aussi que bientôt beaucoup de personnes se firent baptiser par Lazare (…) Lazare, en sa qualité d’évêque, continua à prêcher l’Evangile dans cette ville ; mais les autres la quittèrent bientôt.

Madeleine se retira seule, loin de la ville, dans un désert… Je l’ai vue, plusieurs fois, aller à moitié chemin de sa retraite, à la rencontre de Maximin qui lui apportait la sainte communion (…)

J’ai vu une église bâtie par saint Maximin au-dessus de la grotte {de Madeleine}. On y conservait des reliques de Madeleine : sa tête, à laquelle il manquait une mâchoire, mais où il restait encore un peu de chair d’un côté, un de ses bras, des cheveux, et une fiole avec de la terre (…)

Il y avait dans le voisinage une ville appelée Aquæ. Il devait y avoir là des sources d’eau chaude, car il s’en élevait continuellement des masses de vapeur. Je vis Marthe au bord d’un fleuve très large (…) Il y eut des gens qui traitèrent Marthe de magicienne et la persécutèrent. Maximin s’était établi dans le voisinage, en qualité de prêtre ; il visitait Marthe et lui apportait la sainte communion.

Sans le savoir, la bienheureuse Voyante nous parle de lieux tout-à-fait historiques et connus : les villes de Marseille et Aix-en-Provence, le grand fleuve du Rhône. 

Elle omet totalement d’expliquer comment Lazare et Maximin furent ordonnés, l’un évêque, l’autre prêtre. On pourrait facilement supposer que Lazare fut consacré par les Apôtres, et Maximin ordonné par Lazare. Peut-être Maximin fut-il lui-même consacré évêque, puisqu’on dit que saint Sidoine lui succéda comme évêque à Aix.

Certes, ces récits ne sont pas à prendre comme des vérités d’Evangile, et la bienheureuse Emmerick reconnaît elle-même que tous les voyants ont, sans le vouloir, édulcoré ce qu’ils ont «vu».

Il reste que tous les détails ci-dessus sont parfaitement cohérents.

Saint Maximin est donc à l’origine de la ville de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, où une basilique abrite un orgue remarquable.

Saint Maximin est commémoré le 8 juin au Martyrologe.

 

 

Godard de Rouen

448-514

 

Godard (en latin Gildardus) serait, d’après une légende tenace, le frère jumeau de s.Médard, étant mort le même jour que lui, mais il semble qu’ils n’aient été que frères de sang, Godard étant né huit ans plus tôt que Médard.

On connaît d’ailleurs beaucoup moins bien Godard que Médard.

En 490, Godard fut élu évêque de Rouen.

En 496, il aurait assisté s.Remi (v. 13 janvier), avec Médard, au baptême de Clovis.

Il aurait en outre été l’évêque consacrateur de s.Lô (v. 22 septembre), avec lequel il participa au premier concile d’Orléans (511).

Godard serait mort vers 514 (ou peut-être vers 520), environ trente ans avant Médard.

Ses reliques furent plus tard transportées auprès de celles de son frère Médard, à Soissons.

Saint Godard de Rouen est commémoré, comme s.Médard, le 8 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Médard de Noyon

456-545

 

Médard naquit en 456 à Salency (Oise), de Nectardus et Protagie : Nectardus était un guerrier franc et sa mère était gallo-romaine. Médard serait le frère jumeau de Godard, et leur sœur s’appellerait Medrina.

Le père de Médard se serait converti au christianisme à partir du moment où Protagia aurait renoncé à rester vierge.

Médard manifesta dès sa jeunesse sa compassion pour les pauvres ; à l’un il donnait son repas du jour, à l’autre ses habits. 

Des signes particuliers se manifestèrent : un voleur lui ayant pris du miel, fut poursuivi par les abeilles, et ne fut délivré que par la présence de Médard ; un autre qui lui avait pris son bœuf, dut le ramener car la clochette de la bête ne cessait de sonner ; et un autre encore qui avait volé du raisin dans la vigne, dut attendre jusqu’au matin que Médard lui montrât la sortie du champ - et lui remît ce qu’il avait volé.

On raconte aussi que Médard avait donné à un pauvre paysan un des beaux chevaux que son père lui avait confiés ; mécontent, le papa voulait emmener Médard (qui avait dix ans), reprendre la bête, mais une pluie torrentielle les arrêta ; tandis que le père était trempé, Médard restait au sec, ce qui émerveilla son père. Ceci serait donc l’origine des grands pouvoirs de Médard sur la météorologie.

Les deux jumeaux Médard et Godard, allèrent étudier à Vermand. Là, Médard prédit à un de ses confrères, qu’il serait évêque : en effet Eleuthère devint évêque de Tournai (v. 20 février).

En 489, Médard fut ordonné prêtre et vécut à la cour.

En 496, il aurait assisté avec son frère Godard au baptême de Clovis par s.Remi (v. 13 janvier).

En 530, il succéda à Alomer comme évêque de Saint-Quentin, malgré ses objections sur son grand âge. Il transféra alors ce siège à Noyon.

En 532, les habitants de Tournai, le roi Clotaire et le pape Hormisdas lui firent accepter aussi le siège de Tournai, qu’il réunit à celui de Noyon.

Vers 539, il assista au (quatrième) mariage de Clotaire, avec Radegonde ; lorsque celle-ci voulut quitter son assassin de mari, elle demanda à Médard de la consacrer vierge, avant d’aller fonder un monastère à Poitiers. 

Médard mourut peu après, le 8 juin 545, à Noyon.

Cette chronique reste incertaine ; ailleurs, on trouve la présence de Médard à Tournai avant Noyon, où il serait mort en 556.

Saint Médard de Noyon est commémoré le 8 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fortunatus de Fano

 † 625

 

Fortunatus devint, vers 596, le neuvième évêque de Fano (Marches, Italie CE).

Son activité pastorale fut marquée par la lutte contre les superstitions et les déviations doctrinales ; par sa bienveillance envers les malades et les pauvres.

En particulier, il se dépensa pour racheter des prisonniers victimes des invasions lombardes en 595 ; dans cette perspective, il alla jusqu’à demander au pape l’autorisation d’aliéner des vases et des ornements sacrés.

On lui doit aussi l’érection de sanctuaires et de monastères.

Il mourut vers 620-625 et eut pour successeur s.Ursus (v. 15 mai ?).

Saint Fortunatus de Fano est commémoré le 8 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cloud de Metz

605-697

 

On a vu dans la notice de s.Arnoul de Metz (v. 18 juillet), que celui-ci eut deux fils : Chlodulf (ou Cloud) et Ansegisel.

Il ne faudrait pas confondre ce saint Cloud avec un homonyme (plus précisément Clodoald), vénéré le 7 septembre.

Chlodulf, donc, était le fils aîné de s.Arnoul et de Dode, et le frère d’Ansegisel. On connaît plusieurs façons d’orthographier son nom : Clodulf, Clodoul, et Cloud.

 Il naquit vers 605-610, en tout cas bien avant l’accession de son père au siège épiscopal de Metz, puisqu’Ansegisel naquit aussi avant l’épiscopat d’Arnoul. Dode s’occupa donc de ses deux enfants, avant de se retirer elle-même dans un monastère de Trèves.

On connaît bien peu de choses sur la vie de Chlodulf. Il aurait épousé une certaine Hilda, dont il aurait eu un fils, Aunulf.

Il se mit en retrait de la vie politique ; il apprit que son frère fut assassiné, mais il se tenait loin de ces rivalités politiques. D’ailleurs ses descendants n’ont jamais repris son nom.

Le saint évêque Didier de Cahors (v. 15 novembre) eut l’occasion d’écrire à Chlodulf, l’exhortant à suivre les saints exemples de son père.

Chlodulf fut justement appelé en 657, à monter à son tour sur le siège épiscopal de Metz.

Etrangement son épiscopat, qui dura quarante ans, ne nous a laissé aucun témoignage important. 

Chlodulf mourut en 696, nonagénaire.

Saint Chlodulf de Metz est commémoré le 8 juin dans le Martyrologe Romain.

William FitzHerbert d’York

? - 1154

 

William FitzHerbert était, selon la tradition, neveu du roi Etienne, fils d’Emma et Herbert de Winchester ; ce dernier était le trésorier d’Henri I. On l’appelle aussi William de Thwayt.

Vers 1114, encore très jeune, William devint chanoine et trésorier de la cathédrale d’York, une charge qu’on attribua à l’influence de son père.

Lorsque l’archevêque d’York, Thurstan, alla trouver le pape, William l’accompagna. Le pape décida de laisser les deux archevêchés d’York et de Cantorbury indépendants l’un de l’autre (1127).

A la mort de l’archevêque Thurstan (1140), le chapitre voulut élire pour lui succéder d’abord Waltheof, gendre du roi d’Ecosse, qui fut écarté par le roi Etienne ; ils élirent alors Henri de Sully, l’abbé de Fécamp, qui refusa, et choisirent alors William (1142).

Mais il y avait un autre «candidat», Murdach, soutenu par l’archidiacre et les moines cisterciens qui, d’une part accusèrent l’élu d’avoir bénéficié de l’appui du comte d’York qui l’aurait imposé au nom du roi Etienne, et d’autre part prétendirent qu’ils auraient dû avoir le droit de participer à l’élection. Ils convainquirent de saints abbés de plaider pour eux (entre autres s.Aelred de Rievaulx, v. 12 janvier), et même accusèrent William de manquer à la chasteté. Ils firent un tel tabac contre William, que l’archevêque Theobald de Canterbury refusa de le consacrer et s’en remit au pape.

Après examen attentif, le pape reconnut que William n’avait pas bénéficié de la simonie, ni de la protection royale, et confirma l’élection : William fut consacré en 1143 ; entre temps, l’archidiacre frondeur était devenu évêque de Durham ; Murdach, de son côté, devint abbé (ou prieur) des cisterciens de Fountains.

William mit tout son zèle à s’occuper de ses diocésains, qui apprécièrent sa douceur et sa bonté. Mais il omit une formalité importante : il devait aller recevoir le pallium papal des mains du cardinal légat, Hincmar, de sorte qu’à la mort du pape, le légat reporta le pallium à Rome. Le nouveau pape, Eugène III, qui était cistercien, accueillit alors favorablement les remontrances des cisterciens, d’ailleurs soutenus aussi par saint Bernard, qu’ils avaient mis de leur côté. Lorsque William se décida à partir pour recevoir son pallium, il vendit certains objets précieux du trésor et renonça à des privilèges pour payer son voyage : on le lui reprocha aussi, de sorte que le pape, venu présider un concile à Paris (1147), au lieu de le confirmer, le suspendit, l’accusant même d’avoir installé l’évêque de Durham sans tenir compte des exigences imposées par le pape précédent. C’était le résultat d’une calomnie en bonne et due forme.

William cependant se soumit humblement et alla se réfugier auprès du roi de Sicile, tandis que ses diocésains, furieux, allèrent attaquer l’abbaye de Fountains; les ennemis de William se présentèrent à nouveau au pape, qui consacra Murdach évêque d’York et lui remit le pallium. 

William resta dans l’ombre à Winchester, priant dans le silence de sa retraite, jusqu’en 1153, année de la mort et du pape Eugène III et de saint Bernard, d’une part, et de Murdach d’autre part. Pour l’anecdote, Eugène III est Bienheureux (v. 8 juillet), et saint Bernard a été canonisé (v. 20 août) : leur aveuglement involontaire vis-à-vis de William ne les a pas empêchés d’être fidèles à Dieu et d’accomplir des miracles, ce que ne put obtenir l’opiniâtreté de Murdach.

Aussi l’archevêque d’York sortit alors de sa retraite et alla présenter au nouveau pape toute la vérité. Le pape le confirma sur son siège en lui remettant le pallium, et il y fut acclamé par les habitants.

Un incident eut lieu lors de ces manifestations : un pont de bois croula sous le poids de la foule, mais il n’y eut aucune victime et l’on attribua ce «miracle» à la prière de l’archevêque. 

William se montra digne de la charge apostolique : il pardonna à ses «ennemis», calma tous les esprits, et alla visiter les moines de Fountains, avec une donation pour compenser les dégâts de l’agression de 1148. 

Mais sa mission s’acheva à peine un mois après son retour à York, car il mourut, le 8 juin 1154 ; une mort si brutale fut attribuée à un empoisonnement : le fameux archidiacre d’York, Osbert, en fut accusé ; il passa en cour royale, en cour ecclésiastique, en cour papale : si l’on ne connaît pas le résultat officiel de ces procédures, on sait qu’Osbert fut déposé peu après.

Des miracles eurent lieu sur la tombe de William, notamment le corps ne fut pas atteint par l’incendie de 1223. Ce miracle et d’autres poussèrent le pape à le canoniser en 1227.

Ses reliques, disparues depuis le 16e siècle, furent retrouvées en 1960.

 

 

John Davy

? -1537

 

On ne connaît pas la date et le lieu de naissance de John.

L’année de son martyre, il pouvait avoir entre vingt et vingt-cinq ans, car il n’était que diacre dans la Chartreuse de Londres. 

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; notre John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Jacques Berthieu

1838-1896

 

Né le 27 novembre 1838 à Polminhac (Cantal), Jacques était fils de paysans, aîné de sept enfants, l’aînée étant morte deux semaines après la naissance.

Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Pleaux, passa au grand séminaire de Saint-Flour et fut ordonné prêtre en 1864.

Nommé vicaire à Roannes-Saint-Mary, il vit patiemment dans une situation plutôt conflictuelle avec le curé, qui ne l’attendait pas.

Au moment où l’évêque pensait le nommer curé, Jacques demanda à entrer chez les Jésuites. A trente-cinq ans, il fut novice à Pau (1873). L’année suivante il fut au scolasticat à Vals-près-le-Puy, où il fut gagné par la dévotion au Sacré-Cœur.

En 1875, il fut envoyé à l’île de La Réunion, puis à Sainte-Marie (auj. Nosy Boraha), au nord-ouest de Madagascar, pour y apprendre la langue.

En 1880, quand les jésuites furent exclus de tous les territoires français, Jacques passa à Madagascar.

Dans un premier temps, le père Berthieu travailla au milieu des Betsileos (sud de Antananarivo), de 1881 à 1883. Un de ses points forts était d’insister sur l’unité et l’indissolubilité du mariage.

Survent la première guerre franco-malgache, durant laquelle les français furent rassemblés dans des camps de concentration : le père Berthieu se porta volontaire pour être aumônier militaire, à Tamatave.

Une fois libéré, il travailla activement autour de Ambositra, surtout dans le domaine de l’éducation scolaire ; il soignait aussi les lépreux (1886-1891).

De 1891 à 1894, il futt en charge à Andrainarivo (Anjozorofady, nord de Antananarivo), où il rencontre de fortes rivalités entre Protestants et Catholiques.

Plein d’un zèle infatigable, le père Berthieu était toujours en prière, avec son bréviaire ou son chapelet ; comme tous les saints prêtres, il avait une grande dévotion au Sacré-Cœur, à saint Joseph et à la Vierge Marie. Pour les mourants, il était toujours prêt à tout suspendre pour aller les assister, de jour et de nuit.

Une deuxième guerre franco-malgache éclata, durant laquelle le père Berthieu repartit sur La Réunion.

Revenu sur Madagascar, le père Berthieu se trouva malgré lui au milieu des agitations anti-françaises (et donc anti-chrétiennes). Cherchant l’appui des troupes françaises pour protéger son village chrétien, il fut «lâché» par le colonel français. Tout le village fut arrêté avec le père Berthieu ; c’est alors que commencèrent les mauvais traitements.

On lui arracha son crucifix et on lui assena un coup de machette au front ; tombant à genoux, le Père saignait ; il demanda : Lâchez-moi les mains, que je prenne mon mouchoir dans ma poche pour essuyer le sang au-dessus de mes yeux, car je ne vois pas le chemin.

Les insurgés firent marcher le père Berthieu jusqu’au camp de leur chef, à quinze kilomètres. On lui proposa la vie sauve s’il abandonnait sa religion : refus du prêtre.

On repartit. Passant à Ambohitra, où il y avait des chrétiens, le père demanda un vêtement, car on l’avait dépouillé, mais personne n’osait l’aider, par crainte des représailles des insurgés ; il demanda à entrer dans l’église pour prier un instant : on ne lui laissa que le temps de dire un Notre Père à genoux devant la porte ; on lui jetta des pierres, il tomba à terre. Un Menalamba lui trempa son mouchoir dans de la boue et de l’eau souillée, lui en ceignit la tête et cria : Voici le roi des Européens. Certains iront jusqu’à l’émasculer, ce qui provoqua une forte perte de sang qui épuisait le Père. On arriva finalement à Ambiatibé : le père Berthieu était à bout de forces.

Signalons qu’en cours de route, un enfant s’approcha du père Berthieu. Il lui demanda s’il était baptisé. Comme il ne l’était pas encore, le père lui remit une croix et deux médailles qu’il avait dans sa poche en lui conseillant de prier Jésus tous les jours, d’apprendre la religion chrétienne et de demander la baptême au prochain prêtre qu’il verrait, car maintenant ils ne se reverraient plus.

A Ambiatibé, donc, les insurgés le conduisirent à l’extérieur du village et décidèrent de le fusiller : au premier coup, les bourreaux manquèrent leur cible ; un deuxième coup atteignit le père dans le dos, sans le tuer. Alors le capitaine lui tira un coup à la nuque. A terre, le père semblait encore les regarder, aussi on lui assena un formidable coup de gourdin sur la tête. Son corps, tiré dans la rivière de Mananara, ne fut jamais retrouvé.

Des six bourreaux, trois seront fusillés par les Français. Les trois autres auront reçu du père Weber, autre missionnaire, un sort bien différent : l’un se confessera peu avant de mourir, les deux autres seront baptisés.

Le père Jacques Berthieu fut martyrisé le 8 juin 1896.

Il a été béatifié en 1965, et canonisé en 2012.

 

 

Maria Droste zu Vischering

1863-1899

 

Les familles princières n’ont pas toujours bonne cote dans notre société moderne. Mais il s’y trouve des figures extraordinaires qui forcent notre admiration.

Celle d’aujourd’hui, Maria, eut l’heur de naître le 8 septembre 1863, en la fête de la nativité de Marie, au château de Erbdrostenhof (Münster, Allemagne).

Baptisée avec les noms de Maria Anna Johanna Franziska Theresia Antonia Huberta, elle était la fille du comte Clemens Droste zu Vischering et de la comtesse Helen von Galen, cette dernière proche parente du bienheureux cardinal von Galen (voir au 22 mars).

Elle grandit au château de Darfeld (Münster), fut pensionnaire chez les Dames du Sacré-Cœur à Riedenburg (lac de Konstanz). L’ambiance de la famille était évidemment à l’opposé du Kulturkampf prussien. 

Maria songeait à entrer au Danemark dans la congrégation de Saint-Joseph de Chambéry, mais une maladie retarda l’exécution de son désir. Remise, elle entra dans la congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, à Münster, en 1888. Cette congrégation s’occupe de l’éducation des jeunes filles et fillettes.

Ayant émis la profession religieuse en 1891, Maria prit le nom de Maria du Divin Cœur, et devint maîtresse des enfants.

En 1894, elle fut nommée au couvent de Porto (Portugal). Elle s’y rendit par étapes : Angers (la maison-mère), Perpignan, Barcelone, Manresa, Lisbonne.

A Porto, elle apprit rapidement la langue nouvelle et fut nommée première maîtresse, puis Supérieure.

Les jeunes filles qui étaient là, avaient souvent besoin d’être remises dans le droit chemin. C’était la préococupation perpétuelle de Maria.

Elle qui avait volontiers fait le sacrifice de son pays natal, y retourna en 1896. Après ce voyage, la maladie la gagna : en peu de temps, elle eut les pieds paralysés. Alitée, elle continua de diriger le couvent de Porto, et correspondit avec beaucoup d’ecclésiastiques.

Maria reçut des révélations du Sacré-Cœur. Elle cherchait à répandre la dévotion au Sacré-Cœur, et fit parvenir au pape un projet de consécration du genre humain au Sacré-Cœur. C’est à la suite de cette démarche que le pape prépara l’encyclique Annum Sacrum pour annoncer cette consécration.

La consécration devait avoir lieu le dimanche 11 juin 1899, précédée d’un triduum de préparation. Maria cependant mourut le jeudi 8 juin 1899.

Son corps, demeuré incorrompu, se trouve dans le sanctuaire du Sacré-Cœur à Ermesinde (Portugal).

Maria du Divin-Cœur a été béatifiée en 1975.

 

 

Thresia Chiramel Mankidiyan

1876-1926

 

Née le 26 avril 1876 et baptisée le 3 mai suivant, Thresia était la troisième des cinq enfants de Thoma et Thanda Chiramel Mankidiyan.

Cette famille habitait le village de Puthenchira (Trichur, Kerala, Inde). Ils descendaient d’une famille riche et noble, mais le grand-père se ruina pour accorder la dot convenue pour chacune de ses sept filles.

Le papa et l’oncle de Thresia cherchaient à oublier leur mauvaise fortune en s’adonnant à l’alcool. 

La maman de Thresia cependant l’éleva pieusement et la petite fille conçut très tôt un grand amour pour Dieu. Ce fut au point qu’elle jeûnait quatre fois par semaine, qu’elle priait plusieurs chapelets chaque jour et s’imposait aussi des veilles de prière pour lutter contre le sommeil. 

Thresia affirma dès 1904 (à huit ans) que la Sainte Vierge lui avait dit, dans une vision, d’ajouter Mariam à son nom, de sorte qu’elle porta désormais le nom de Mariam Thresia pendant toute sa jeunesse, et qu’elle le conserva quand elle fonda en 1914 la congrégation de la Sainte Famille.

Sa mère tenta de lui déconseiller ces austérités, mais la petite fille désirait au contraire se rapprocher toujours plus des souffrances du Christ. A dix ans, elle lui consacra sa virginité.

Elle avait douze ans quand sa mère mourut ; elle cessa alors de fréquenter l’école. Elle imagina un stratagème pour s’éclipser de la maison et aller vivre en ermite dans la solitude d’une forêt.

Mais elle ne put rester seule. Trois compagnes se joignirent à elle et ensemble, elles fréquentaient l’église, l’entretenaient, la décoraient ; puis, elles se tournèrent vers les pauvres, les malades, tous les malheureux de la paroisse ; ce fut ensuite le cas des lépreux, des victimes de maladies vénériennes, souvent abandonnés par leurs proches ; quand ils mouraient, elles s’occupaient des orphelins. C’est ainsi que dans ce petit village perdu du Kerala, ignorée du reste du monde, des journalistes et de la télévision qui n’existaient pas encore, Mariam Thresia faisait déjà, humblement, ce que devait faire ensuite une autre Mère Teresa, de Calcutta. 

Thresia et ses Compagnes rompaient avec les «traditions» : elles sortaient sans être accompagnées par un homme, elles visitaient les familles en difficulté, contre toutes les critiques (et même celles d’un certain clergé «offensé»), qui les traitaient de «filles des rues».

Thresia mit toute sa confiance dans la Sainte Famille, dont elle avait des visions pour l’encourager et la guider. Elle s’orienta spécialement vers la conversion des pécheurs, priant et offrant pour eux. 

Elle eut la faveur de certains dons mystiques : prophétie, guérison, auréole lumineuse, parfum délicat, extases, lévitation, stigmates. Les vendredis, on la voyait transportée en l’air dans la position du Crucifié. 

Le diable la tourmenta à son tour. On la crut possédée et l’évêque ordonna de l’exorciser, ce qu’elle accepta avec la plus profonde humilité. Thresia fut cruellement tentée dans sa foi et dans sa chasteté, elle éprouva des moments de nuit spirituelle. Mais elle s’en remettait fidèlement à son directeur spirituel, en toute humilité et obéissance.

En 1903, elle demanda à l’évêque la permission de construire une maison, mais l’évêque voulut d’abord éprouver Thresia. Il l’orienta vers les Clarisses, vers les Carmélites, mais Thresia sentait bien que ce n’était pas là sa vocation. Enfin, en 1913, l’évêque lui permit de construire cette maison de prière et de solitude, et, sentant qu’il y avait là les éléments d’une nouvelle congrégation au service de la famille, il l’érigea en 1914, sous le nom de Congrégation de la Sainte Famille, dont la supérieure fut Mariam Thresia, et les postulantes les trois compagnes de celle-ci.

En peu de temps, après la Première guerre mondiale, Mère Mariam Thresia put faire construire : trois nouveaux couvents, deux écoles, deux hôtels, une maison d’étude, un orphelinat.

Mère Mariam Thresia concevait particulièrement pour toutes les jeunes filles un réel programme de «théologie de la libération» avant la lettre, désirant les libérer des obligations sociales et les conduire au Christ. De fait, beaucoup furent attirées par son exemple d’humilité, de simplicité, de sainteté.

A la mort de Mariam Thresia la nouvelle congrégation n’avait que douze années et comptait déjà plus de cinquante sœurs, dans trente établissements et dix orphelinats. Actuellement, les sœurs ont dépassé le millier, dans presque deux-cents maisons, réparties surtout au Kerala, mais aussi en Europe (Allemagne et Italie) et au Ghana.

Mariam Thresia mourut le 8 juin 1926, des suites d’une blessure à la jambe, qu’on ne put soigner à cause de son diabète. Des grâces et des miracles purent témoigner de son intercession céleste : le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un adolescent qui était né avec une malformation des deux jambes : après trente-trois jours de prières, l’un des pieds se redressa dans l’intervalle d’une nuit ; puis, dans une vision nocturne, la maman sut que l’autre pied allait guérir, une semaine après (août 1871). Depuis, l’adolescent put marcher absolument normalement.

Mariam Thresia fut béatifiée en 2000, canonisée en 2019.

 

 

István Sándor

1914-1953

 

István (Etienne) naquit à Szolnok dans l’ancienne Hongrie, le 26 octobre 1914, aîné des trois garçons, de István et Maria, des parents catholiques.

Après l’école communale, il fréquenta l’école technique et travailla ensuite comme tourneur.

Ds son enfance, il aimait s’occuper d’autres camarades, comme le fit saint Domenico Savio (voir au 9 mars), leur transmettre sa joie d’appartenir à Jésus-Christ, de prier la Sainte Vierge.

Son directeur spirituel, un franciscain, suggéra aux parents d’envoyer leur fils chez les Salésiens de Rákospalota. Les études n’y furent pas faciles, mais István put les porter à terme, et revint chez lui, heureux, et surtout rêvant d’entrer à son tour dans la famille salésienne.

Une première demande d’admission lui est refusée, en 1932, en raison de son âge et faute d’accord parental.

Persévérant dans son intention, il réitéra sa demande en 1935 et, cette fois, fut admis au pré-noviciat. On le mit comme aide-typographe, puis imprimeur, dans la maison d’édition Don Bosco, déjà (et encore maintenant) renommée en Hongrie. 

Il commença le vrai noviciat en 1938, et l’interrompit une année pour faire son service militaire.

En 1940, il fit la première profession, comme frère coadjuteur.

A Rákospalota, il s’occupa bien sûr de la typographie, mais aussi de l’animation pastorale, de l’oratoire, du groupe JOC.

Quand la Hongrie entra en guerre en 1941, István fut rappelé sous les drapeaux ; il servit comme télégraphiste jusqu’en 1944, continuant son apostolat auprès de ses camarades.

Envoyé sur le front russe, il fut fait prisonnier de guerre par les Américains en Allemagne. Son comportement exemplaire lui vaudra la Croix de Guerre au mérite.

C’est à la fin de la guerre que commencèrent les véritables douleurs pour István comme pour tous les Salésiens et l’Eglise. Le régime communiste réquisitionna absolument tout, jusqu’aux matelas ! Les imprimeries furent réquisitionnées, et bien sûr furent interdites et la presse catholique et les associations catholiques. Les Ordres religieux furent interdits, leurs membres déportés en camps de travail. Ainsi, le provincial salésien fut condamné à trente-trois ans de prison.

En 1946, István émit les vœux perpétuels et continua secrètement de suivre des groupes de jeunes, changeant sans cesse de lieux de rencontre. Contraint de rentrer dans sa famille, il trouva du travail dans une imprimerie. Remarquant ses aptitudes, on lui confia l’assistance à des orphelins, dont il s’occupa le plus chrétiennement possible, malgré le danger que cela représentait.

Certains de ces orphelins furent appelés à former un corps spécial au service de la police communiste, mais ils ne trahirent jamais leur Formateur.

En 1951, István changea de domicile et de travail, ainsi que son nom en István Baiser, pour échapper au contrôle de la police, continuant son apostolat auprès des jeunes ; ses amis lui conseillèrent plusieurs fois de quitter le pays et lui procurèrent un faux-passeport, mais il préféra rester pour aider les jeunes en danger.

Il habita chez un confrère, Daniel Tibor, où la concierge intercepta son courrier pour le transmettre à la police.

En 1952, István alla encore plus loin. Il alla recouvrir de bitume l’enseigne d’un nouveau bar qui s’appelait L’Auberge de l’Enfer. L’enquête et la torture firent connaître le groupe et István fut arrêté avec son ami Daniel le 28 juillet 1952.

Ce dernier mourra quelques jours plus tard, des tortures infligées. István subit en octobre 1952 une sorte de procès au Tribunal militaire de Budapest, au terme duquel il sera condamné à mort avec ses «complices», pour complot contre la démocratie et trahison.

István tenta vainement une demande de grâce. La prison dura jusqu’au 8 juin 1953, jour où István fut pendu et son corps jeté dans une fosse commune.

Les parents de István ne surent rien de tout cela jusqu’en 1955, quand on leur annonça que leur fils avait été condamné à mort et que la peine avait été exécutée, sans précision de la date.

István a été béatifié comme martyr en 2013.

 

 

Giovanni Angelo Salvatore Medda

1882-1958

 

Sixième enfant de parents modestes mais très chrétiens, Giovanni naquit le 5 août 1882 à Gesturi (Cagliari, Sardaigne) et, très tôt orphelin, fut recueilli par sa sœur aînée, déjà mariée.

Baptisé dès le lendemain de sa naissance, confirmé en 1886, selon l’habitude du temps, il reçut la Première communion le 8 décembre 1896. A partir de ce moment, la vie du jeune paysan changea complètement. Il communiait souvent, vivait très retiré, s’abstenait de tous les plaisirs habituels de la vie, se mortifiait. Il grandit dans la vie spirituelle, développa des sentiments pleins de délicatesse et un jugement empli de lumière surnaturelle.

Il continuait cependant se vie ordinaire, travaillant pour son beau-frère, heureux d’être nourri et logé, même pauvrement. 

La vocation religieuse mûrit, mais les moyens financiers manquaient. Fortement appuyé par son curé, il put enfin entrer chez les Capucins à Cagliari, mais comme religieux tertiaire. En 1913, avec le nom de frère Nicola, il reçut l’habit et fit la première profession en 1914, la solennelle en 1919.

Jusqu’en 1924, il fut cuisinier en divers endroits, puis, à partir de cette date et jusqu’en 1958, il fut quêteur. Il ne demandait pas, mais il recevait, car la population comprenait quelle sainteté abritait cette bure. On l’abordait pour lui demander des conseils, des prières ; on l’appelait pour prier au chevet des malades, des mourants. Des miracles eurent lieu. 

En réalité, frère Nicola donnait plus qu’il recevait ! Il ne parlait que par son éloquent silence discret.

Après trente-quatre années de cet humble travail apostolique, frère Nicola de Gesturi mourut le 8 juin 1958, en telle odeur de sainteté que sa béatification fut proclamée dès 1999, après qu’un petit bébé prématuré de vingt-trois semaines et très faible a miraculeusement survécu.

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 23:00

07 JUIN

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S Lycarion, martyr à Tanis, crucifié avec ses deux sœurs.

V.

S Marcellin, évêque à Monistrol d’Allier (VI.?).

VI.

S Colmán, écossais, abbé et évêque à Dromore.

VII.

S Wulphy (Vulflagius), laïc à Rue et père de trois filles, obligé d’accepter d’y devenir le curé, son épouse devenant comme une sœur ; mais, étant retourné à son épouse, il s’imposa de vivre en ermite, tandis que ses filles émirent le vœu de chasteté perpétuelle.

S Mériadec, gallois (?), évêque itinérant en Bretagne, parfois dédoublé avec un autre saint du même nom, de même qualité, du XIIIe s.  

IX.

Ss Pedro, Walabonso, Sabiniano, Wistremundo, Habencio, Jeremías, moines martyrs à Cordoue.    

S Déocare, abbé à Herrieden, un des missi dominici  de Charlemagne.

XI.

S Gotescale (Gottschalk), slave du peuple Wende, apôtre dans sa région et martyr ; il ne faut pas le confondre avec un homonyme hérétique du IXe s. 

XII.

S Robert, abbé cistercien à Newminster, abbaye qui eut à son tour trois filiales.

XVII.

Bse Ana García Manzanas (Ana de Saint-Barthélemy), bergère espagnole, mystique, carmélite confidente de ste Thérèse d’Ávila, une des seize qui vint implanter la réforme en France, morte à Anvers.

XIX.

B Antonio Maria Gianelli, évêque à Bobbio, fondateur des Missionnaires de Saint-Alphonse-de-Liguori, et des Sœurs de Santa-Maria-dell'Orto, pour l'éducation des filles et le soin des malades.    

Bse Sophie-Thérèse de Soubiran La Louvière (Marie-Thérèse), de Castelnaudary, fondatrice de la Société de Marie-Auxiliatrice, pour les jeunes citadines pauvres et les grands malades ; supplantée et même renvoyée par une intrigante, elle fut quand même réhabilitée un an après sa mort.

 

Colmán de Dromore

460-?

 

Il y a plus de cent personnages d’Irlande ou d’Ecosse répondant au nom de saint Colmán. L’ancien Martyrologe en nommait encore sept ; l’actuel en a retenu cinq, dont deux aux 6 et 7 juin. Ne les confondons pas.

Ce Colmán était né en Dál Riada, une contrée de l’Ecosse occidentale correspondant à l’actuel Argyll, peu de temps après l’apostolat de s.Patrice en Irlande (v. 17 mars), donc vers 460.

Il reçut le baptême des mains d’un évêque nommé aussi Colmán et qui était son oncle. Familièrement, Colmán fut appelé Mocholmóc.

Colmán reçut sa première formation au monastère de Nendrum, fondé par le célèbre Caolán (ou Mochaoi). Caolán fut tellement impressionné par le charisme de Colmán, ses miracles, son désir d’apostolat, qu’il l’envoya en divers autres monastères pour y apprendre les habitudes des communautés, pour s’instruire davantage et particulièrement dans la science des Ecritures.

C’est dans cette perspective que Colmán passa quelques années à Emly, où se trouvait une école déjà renommée et dont l’évêque était s.Ailbe (v. 12 septembre).

Puis il revint au monastère de Nendrum, où il retrouva son vieux maître Caolán (nommé aussi familièrement Mochaoi) ; cette fois-ci, il y enseigna et compta parmi ses élèves s.Finnian (v. 17 février) ; c’était dans le premier quart du 6e siècle.

D’après la tradition, Colmán baptisa s.Declán (v. 24 juillet).

Colmán a pu être un temps abbé à Muckmore ; un autre grand Saint, Mac Nissi, le persuada qu’il devait, selon la volonté de Dieu, fonder un nouveau monastère à Dromore, ce que fit Colmán vers 514. Un des moines de cette nouvelle communauté fut le même Finnian mentionné plus haut (et qui fonda à son tour le monastère de Movilla).

Dromore acquit suffisamment d’importance pour devenir un siège épiscopal, dont Colmán aurait été le premier évêque, mais les dates ont été totalement perdues.

Colmán mourut dans la première moitié du 6e siècle.

Saint Colmán de Dromore est commémoré le 7 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pedro, Walabonso, Sabiniano, Wistremundo, Habencio, Jeremías

† 851

 

Voici cinq martyrs qui furent victimes de la fureur musulmane dans cette illustre Cordoue espagnole, occupée par l’Islam pendant cinq siècles.

Pedro était prêtre, originaire d’Astigi, l’actuelle Ecija, à mi-chemin entre Cordoue et Séville. 

Walabonso était diacre, originaire d’Ilipa, autre petit centre voisin, célèbre pour la victoire romaine durant la deuxième guerre punique. Tous deux étaient venus à Cordoue pour étudier et avaient été ensuite placés à la tête d’un couvent de religieuses dans un faubourg à l’ouest de cette même ville.

Sabiniano était de la montagne de Cordoue, et Wistremundo était d’Astigi : tous deux étaient moines dans le monastère de Saint-Zoïle.

Habencio était moine du monastère de Saint-Christophe, au sud de Cordoue.

Jeremías, enfin, avait été marié puis avait fondé un monastère à sept milles de Cordoue, pour lui et sa famille, sur les hauteurs.

Ces moines furent martyrisés par la décapitation, sauf Jeremías qui subit le supplice du fouet. Leurs corps furent ensuite brûlés, et les cendres jetées dans le Guadalquivir.

On ne comprend pas pourquoi la fureur des Maures contre les chrétiens se déchaîna brusquement en 850, sous Abdérame qui régnait là depuis vingt ans. Ces quelques détails nous ont été transmis par saint Euloge, qui vivait à la même époque et fut même nommé évêque de Cordoue en 858. Il devait être lui-même martyrisé au printemps suivant (v. 11 mars).

Les martyrs mentionnés plus haut sont donc commémorés le 7 juin au Martyrologe Romain.

Robert de Newminster

1100-1159

 

Robert était originaire, probablement, de Gargrave (Craven, North Yorkshire, Angleterre), où il naquit vers 1100.

Après des études à Paris, il fut ordonné prêtre et chargé de la paroisse de Gargrave. Mais il fut attiré par l’idéal monastique et rejoignit l’abbaye bénédictine de Whitby, vers 1130.

Or, en 1132, fut érigée à Fountains une abbaye cistercienne, qui s’affilia à Cîteaux en 1135. La renommée de sainteté des moines décida Robert à les rejoindre.

Les Confrères remarquèrent bien vite que ce jeune moine, qui avait demandé à être reçu comme le dernier de la communauté, était un homme déjà accompli dans les voies de la sainteté, et d’une culture très vaste. On le mit à la tête de douze moines pour aller fonder une autre abbaye, à Newminster.

Le nouvel Abbé se montra profond, pieux, plein de miséricorde pour les autres, sévère pour lui-même dans l’esprit de pauvreté. Il fut comblé du don de prophétie et de miracle : par exemple, un moine, tombé d’une échelle, se releva sain et sauf après l’intervention et la prière de Robert.

Les vocations abondèrent tant, que Newminster essaima à son tour vers trois filiales : Pipewell en 1143, Roche en 1147 et Sawley en 1148.

Là-dessus, le diable sema sa zizanie, insinuant dans la tête de certains moines que, peut-être, leur abbé avait eu quelques approches à l’égard d’une certaine demoiselle du village. L’abbé recourut à saint Bernard qui, de son côté, fut divinement averti de l’innocence de Robert.

Robert était aussi assidu à la prière du chœur qu’à la visite des frères convers sur le lieu de leur travail, à l’atelier ou aux champs et dans la grange.

Il fut très apprécié et célèbre pour ses commentaires sur les Psaumes.

Robert mourut le 7 juin 1159. Un ermite ami de Robert, saint Godric, vit son âme sous forme de boule de feu, portée au Ciel par les Anges.

Quoiqu’il n’ait pas été formellement canonisé, saint Robert est mentionné au Martyrologe le 7 juin.

 

 

Ana García y Manzanas

1549-1626

 

Cinquième enfant de Hernan et María, paysans aisés, Ana vit le jour le 1er octobre 1549 à Almendral de la Cañada (Vieille Castille, Espagne) et fut orpheline à dix ans.

Ana dut garder le troupeau pour gagner sa vie ; elle ne fit donc pas d’études.

Elle voulut entrer au Carmel, mais fut refusée à cause de son trop jeune âge. Elle tomba gravement malade, et guérit après une neuvaine de ses frères à saint Barthélemy. De plus, ses frères aînés s’opposèrent férocement à sa vocation, l’un d’eux menaçant même de la tuer. De toutes façons, elle refusa net tous les partis qu’on lui proposa.

Il semble qu’elle ait reçu des faveurs particulières de Dieu dès sa prime jeunesse.

Finalement, elle fut reçue au Carmel d’Ávila par sainte Thérèse elle-même (voir au 15 octobre), qui en apprécia les grandes qualités. Ana s’appela désormais Ana de Saint-Barthélemy.

En 1572, elle fit la profession, en présence de saint Jean de la Croix (voir au 14 décembre).

Dans une vision, Ana vit les ravages du Calvinisme en France et chercha à les expier par de sévères mortifications. 

Sainte Thérèse la mit à l’épreuve dans son obéissance, l’envoyant simultanément au tour, à l’infirmerie, à la cuisine, mais jamais Ana ne perdait son sang-froid ni son sourire. Elle réussit particulièrement auprès des Sœurs malades : si elle ne disposait pas du remède adéquat, elle le remplaçait par ses prières (très efficaces).

En 1577, désolée de voir Thérèse s’être cassé le bras et ne pouvoir écrire, elle apprit miraculeusement la grâce de l’écriture, et fut désormais la secrétaire de la Fondatrice. C’est dans ses bras que cette dernière expira en 1582. Une profonde amitié les avait liées et Ana passait vraiment pour l’héritière privilégiée de la Réformatrice du Carmel.

Après la mort de Thérèse, Ana fut envoyée à Madrid, puis à Ocaña (Tolède), où Notre-Seigneur lui révéla son dessein de l’envoyer en France. Elle y arriva en octrobre 1604, et, quoique encore Converse, reçut alors le voile des Mères de chœur.

On la nomma prieure à Pontoise, où Madame Acarie venait de fonder un Carmel. Elle reçut la grâce de se faire comprendre en français, alors qu’elle ne connaissait que le castillan. Elle fut ensuite prieure à Paris, où elle souffrit beaucoup en luttant humblement pour imposer l’idéal de sainte Thérèse contre d’autres tendances.

Elle fonda ensuite le carmel de Tours, puis passa à Mons en Flandre (1611), et de là fut envoyée à Anvers comme prieure (1612). Les plus hautes personnalités vinrent la consulter, tant on connaissait les lumières célestes dont elle était favorisée : Henri IV, Marie de’ Medici, l’infante Isabel la tenaient en haute considération. Les princes de toute l’Europe recoururent à ses prières, les cardinaux également.

C’est à Anvers, par deux fois, que la prière d’Ana éloigna le danger des troupes hollandaises protestantes, ce qui lui valut le titre de Libératrice d’Anvers.

Ana endura de cruelles maladies à la fin de sa vie, sans jamais se départir de son angélique patience. Elle s’éteignit à ce monde le 7 juin 1626, le jour de la Sainte Trinité.

Ana de Saint-Barthélemy a été béatifiée en 1917.  

 

 

Antonio Maria Gianelli

1789-1846

 

Antonio vit le jour le 12 avril 1789 à Cerreta (Carro, La Spezia, Italie nord-ouest), un des six enfants de braves paysans.

Après l’école communale de Castello, il demanda à entrer au séminaire. Sans argent, les parents demandèrent à la patronne du papa comment faire : cette riche et bonne veuve prit sur elle d’accueillir le jeune garçon chez elle à Gênes et le présenta au séminaire, où il fut accueilli en rhétorique dès 1807.

Il fut ordonné prêtre en 1812, avec une dispense pontificale, car il n’avait pas encore les vingt-quatre ans réguliers. 

D’abord envoyé à la chapelle des Doria à Gênes, il fit partie en 1814 des Missionnaires suburbains de Gênes, dédiés aux missions populaires. Puis il enseigna les lettres et la rhétorique aux élèves des Piaristes à Carcare, du diocèse voisin d’Acqui Terme, dépendant de l’archidiocèse de Gênes ; ensuite il assuma la même tâche au séminaire de Gênes, où il fut nommé en outre directeur.

C’est alors qu’il composa son petit opuscule sur les bonnes manières, à l’usage des séminaristes.

De 1826 à 1838 il fut archiprêtre à Chiavari, puis préfet des études au séminaire de Chiavari : il y enseigna la théologie dogmatique et morale, la philosophie, l’italien, le latin et le grec.

Il se rendait compte de l’insuffisance de la formation du clergé ; il fonda des académies pour approfondir l’Ecriture, l’Ascétique et la Morale. Il organisa les Exercices spirituels (retraites).

En 1829, il fonda les Filles de la Très Sainte Vierge du Jardin ou Sœurs Gianellines (Suore Gianelline de Maria Santissima dell’Orto), pour l’éducation de la jeunesse, le soin des malades et des vieillards. La Madonna dell’Orto est la sainte patronne des habitants de la côte ligure. Les Religieuses furent appelées dans des hôpitaux, des écoles… L’approbation pontificale se fit en 1882.

Successivement, il fonda aussi les Oblats de Saint Alphonse de’ Liguori (voir au 1er août), pour la prédication missionnaire et la formation du clergé. Leur règle fut approuvée dès 1839.

En 1838 il fut nommé évêque à Bobbio. Son zèle infatigable, ferme mais dans la douceur, le fit surnommer l’homme de fer.

En 1845, il commença à souffrir de la tuberculose, qui ne fut pas diagnostiquée à temps.

Il mourut le 7 juin 1846 à Piacenza. 

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1951.

 

 

Sophie-Thérèse de Soubiran

1834-1889

 

Sophie-Thérèse naquit le 16 mai 1834 à Castelnaudary (Aude), dans une famille très chrétienne de vieille noblesse, mais ruinée à la Révolution. Elle aura une petite sœur, Marie.

Jeune encore, elle fit partie de la congrégation mariale, où son cœur se familiarisa avec l’amour de Dieu, la dévotion au Sacré-Cœur et une profonde confiance en la Sainte Vierge.

A vingt ans, elle essaya la vie religieuse de béguine à Gand (Belgique), et tenta ce mode de vie avec quelques compagnes, une fois rentrée chez elle. Elle prit le nom de Marie-Thérèse.

Après qu’elle eut construit une maison pour accueillir des fillettes pauvres, cette maison fut la proie des flammes (1861) : on eut juste le temps, miraculeusement écrivit-elle, de sauver les Religieuses et les fillettes ; Marie-Thérèse emporta le Saint-Sacrement et passa la nuit en adoration, rejointe par ses Compagnes : ce fut là pour elles l’origine de l’adoration eucharistique nocturne.

Les Religieuses porteront toutes désormais le nom de Marie. L’institut s’appellera Congrégation de Marie-Auxiliatrice, et adoptera la spiritualité ignatienne. Les Religieuses seront à la fois actives et contemplatives. Elles s’occuperont des jeunes adolescentes et jeunes filles de quatorze à vingt-cinq ans. La première maison fut à Toulouse, doublée d’une Maison de Famille, ancêtre des Foyers de jeunes travailleuses.

Il y aura vite d’autres Maisons : Amiens, Lyon, Bourges, Paris, Angers ; en Angleterre, où émigrèrent les Religieuses lors de la guerre de 1870.

Mère Marie-Thérèse, la Fondatrice, dut ensuite souffrir elle-même l’expulsion : une de ses Filles la supplanta et la chassa. En 1874, elle erra à Castres, à Clermont-Ferrand, et fut enfin recueillie chez les Sœurs de Notre-Dame de Charité à Paris : elle fit même partie de la communauté, avec le nom de Marie du Sacré-Cœur (1875).

Elle vivra les quinze dernières années de vie dans un complet effacement, soit comme portière, soit comme maîtresse pour quelques jeunes filles.

La congrégation qu’elle avait fondée passera par des moments difficiles ; il y eut des abandons ; mais il y eut aussi des grâces, car la présence de certaines jeunes filles atteintes de tuberculose donnera lieu à la fondation d’une Caisse de Secours Mutuel, d’un premier sanatorium à Livry (1877), et bientôt d’un autre encore, plus grand, à Villepinte (1881).

Marie-Thérèse de Soubiran, alias Sœur Marie du Sacré-Cœur, mourut à Paris, le 7 juin 1889. L’année suivante, la nouvelle Supérieure la fit réhabiliter suscitant une vague de renouveau et un nouvel élan à la Congrégation de Marie-Auxiliatrice.

Marie-Thérèse de Soubiran, avec son nom de Supérieure, fut béatifiée en 1946.

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