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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:05

Vincenzo Strambi

1745-1824

 

Vincenzo naquit le 1er janvier 1745 à Civitavecchia (Italie centrale) ; son père, milanais, était d’origine piémontaise et tenait une pharmacie.

Pour entrer au séminaire, il dut affronter quelques résistances de son père.

Le garçon fréquenta les séminaires de Montefiascone (1762), Rome (chez les Scolopi), Viterbe (chez les dominicains).

Il fut ordonné diacre à Bagnoregio en 1767, et y fut nommé recteur avant même son ordination sacerdotale, en décembre de la même année.

Il se sentait cependant davantage attiré par la vie religieuse ; il essaya les Lazaristes et les Capucins. 

Il entra finalement chez les Passionnistes (récemment fondés par saint Paolo de la Croix, au siècle Paolo Francesco Danei, voir au 18 octobre), et prit le nom de Vincenzo Maria de Saint-Paul.

Il prêcha avec grand succès plusieurs missions - y compris devant les Cardinaux -, puis fut nommé vice-recteur du couvent des Saints-Jean-et-Paul à Rome, provincial et premier consulteur.

C’est lui qui écrivit la première biographie du fondateur des Passionnistes, Paolo de la Croix.

En 1801, il fut nommé évêque de Macerata et Tolentino (Marches). Dans le nouveau séminaire qu’il fit construire, il enseigna lui-même et développa les leçons de chant grégorien.

Il créa une usine de filature du chanvre, un orphelinat, une maison pour les vieillards.

En 1809, le nouvel évêque refusa le serment de fidélité à Napoléon Bonaparte, ce qui lui valut l’exil immédiat pendant sept ans, qu’il passa à Milan chez les Barnabites et chez des familles de l’aristocratie.

Après la mort de Pie VII en 1823, Mgr Strambi présenta sa démission, et fut pris comme directeur de conscience du pape Léon XII ; il n’exerça cette charge que pendant une quarantaine de jours. En effet, quand le pape fut frappé d’une grave maladie, Mgr Strambi offrit sa vie pour lui et fut exaucé : il s’éteignit le 1er janvier 1824, jour de son soixante-dix-neuvième anniversaire.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1950.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:00

  

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (voir au 8 août).

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:00

Basile le Grand

329-379

 

De quelle belle et illustre famille va-t-on parler ici !

Il y avait à Césarée de Cappadoce (l’actuelle Kayseri, Turquie centrale) un saint homme d’avocat, qui s’appelait Basile (Vasilios).

Ses parents s’étaient montrés courageux durant la persécution au début du quatrième siècle. Ils durent fuir Néocésarée (actuelle Niksar, centre-nord de la Turquie) pour se cacher dans le désert ; ils souffrirent la confiscation des biens.

Si l’on ne connaît pas le prénom du grand-père, on sait celui de la grand-mère : Macrina, surnommée l’Ancienne (voir au 14 janvier).

Ce Basile, donc, épousa Emmelie, elle-même fille de martyr et sœur d’évêque.

Basile et Emmélie (voir au 30 mai) s’établirent alors à Césarée de Cappadoce. Ils eurent dix enfants, dont les quatre connus sont au Martyrologe : Macrine la Jeune, Basile, Grégoire, Pierre (respectivement 19 juillet, 2 janvier, 10 janvier, 26 mars). 

Basile (l’Ancien) mourut vers 350, Emmelie vers 370.

Macrine se consacra à Dieu ; les trois autres garçons furent évêques. On en parlera à leurs jours respectifs.

 

Basile, fils de Basile, naquit vers 329 à Césarée de Cappadoce, où il reçut l’instruction de son propre père, puis d’autres maîtres avant de partir pour Constantinople, enfin Athènes.

C’est dans ces deux villes que Basile se lia d’une amitié profonde avec Grégoire, le futur évêque de Nazianze. Ce dernier en a écrit un éloge qui vaut la peine d’être écrit ici : 

Non seulement je portais personnellement à mon grand Basile beaucoup de respect parce que je voyais en lui une conduite sérieuse et une parole avisée, mais j’essayais aussi d’inspirer le même sentiment aux autres, qui n’avaient pas eu l’occasion de le connaître. Car pour beaucoup il était déjà digne de vénération, parce que sa réputation l’avait devancé (…) Il n’y avait entre nous aucune envie, nous ne cherchions que l’émulation. Il y avait lutte entre nous deux, non pas à qui obtiendrait la première place, mais comment chacun la céderait à l’autre.

Vers 356, Basile reçut le baptême par l’évêque de Césarée. Dès lors, il suivit la voie monastique : il alla s’informer auprès des plus grands solitaires d’Egypte, de Palestine, de Syrie, de Mésopotamie.

Il s’établit ensuite sur les bords du fleuve Iris dans le Pont (sur l’actuelle Mer Noire). Les disciples furent nombreux. Basile leur écrivit une Règle, qui fit de lui le législateur de la vie cénobitique en Orient, et dont s’inspira saint Benoît en Occident.

Vers 360, on recourut à lui pour soutenir la doctrine trinitaire contre l’invasion de l’arianisme, que l’empereur voulait imposer en Orient. A Césarée, le prestige de Basile l’emporta et les Chrétiens n’eurent pas à souffrir de l’erreur hérétique.

En 370, Basile fut choisi comme évêque à Césarée. Il continua de se battre pour l’orthodoxie, sans parvenir au but qu’il se proposait.

Sa faible santé déclina rapidement aussi. Il mourut le 1er janvier 379, juste après la cessation de la persécution.

Comme l’Eglise fête en début d’année la Maternité de Marie, saint Basile est fêté le 2 janvier, en compagnie, d’ailleurs, de son cher ami Grégoire de Nazianze. Ce jour-là, on lit dans la Liturgie des Heures l’extrait cité plus haut.

On a de saint Basile - qui est Docteur de l’Eglise - un Traité sur l’Esprit Saint, des Homélies, un Commentaire sur le prophète Isaïe, sur les Psaumes, des Lettres.

Pour finir, une citation qui convient parfaitement à notre blog : 

Lorsque les peintres copient un tableau, ils lèvent constamment les yeux vers l’original, et s’efforcent d’en reproduire dans leur ouvrage les formes et l’expression. Quiconque essaie de se perfectionner dans toutes les espèces de vertus doit de même étudier la vie des Saints, comme autant de modèles vivants et pratiques, et ensuite, par une diligente imitation, s’approprier le bien qu’il découvre en eux.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 00:00

Silvestre 1er pape

314-335

 

Ce pape est universellement connu à cause de la «nuit de la Saint-Silvestre», mais il faut admettre qu’on en connaît peu de choses en-dehors de son nom.

Fils de Rufinus et de Iusta, il serait né à Rome, où il devint prêtre sous le pape (saint ?) Marcellin (voir au 25 opctobre).

Silvestre (qu’il semble inutile d’orthographier Sylvestre) fut appelé à succéder au pape saint Melchiade (ou Miltiade, voir au 10 janvier) et devint le 21 janvier 314 le trente-troisième pape.

Depuis un an, l’empereur Constantin avait proclamé l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens. Cet empereur, le fils de sainte Hélène (voir au 18 août), favorisa grandement l’Eglise, même s'il fit parfois quelques erreurs de gouvernement.

Des sources qu’on peut qualifier douteuses, affirment que saint Silvestre guérit l’empereur de la lèpre, avant de le baptiser.

Ce qui est certain est que Silvestre ratifia le Concile de Nicée (325) qui proclama la consubstantialité du Père et du Fils dans la Sainte Trinité.

Durant ce long pontificat de plus de vingt années, Silvestre ordonna soixante-quinze évêques, quarante-deux prêtres et trente-sept diacres.

Il mourut le 31 décembre 335.

Son successeur devait être saint Marc.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 00:00

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie nord), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (voir au 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (voir au 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 00:00

Alain de Solminihac

1593-1659

 

D’une vieille famille du Périgord dont la devise était “Foi et Vaillance”, il naquit le 25 novembre 1593 à Belet.

Ayant d’abord songé aux Chevaliers de Malte, il finit par aller à vingt ans à l’abbaye des Chanoines Réguliers de Chancelade, proche de Périgueux (Dordogne). On appelle “Chanoines Réguliers” des prêtres qui décidaient d’avoir une vie commune, sous une même règle ; c’est saint Augustin qui en avait donné l’idée, pour habituer les prêtres à se retrouver entre eux. 

L’abbaye de Chancelade était une ruine, matérielle et surtout spirituelle : elle n’avait plus que trois religieux. 

Après son ordination sacerdotale, Alain partit à Paris pour achever ses études de théologie et de spiritualité. Il y rencontra plusieurs fois saint François de Sales (voir au 28 décembre), mais aussi un saint père jésuite, Antoine Le Gaudiery, qui sera son directeur spirituel.

En 1623 il devint abbé et entreprit de restaurer l’abbaye, au sens matériel et spirituel du mot. Son zèle et sa sainteté le firent remarquer au pape Urbain VIII, qui le nomma évêque de Cahors (Lot) en 1636.

Il se donna alors corps et âme à son devoir pastoral, cherchant à réformer son diocèse selon les directives du récent Concile de Trente, comme l’avait fait précédemment saint Charles Borromée à Milan (voir au 3 novembre).

Pendant les vingt-trois ans de son épiscopat, il réunit un synode diocésain, convoqua chaque semaine le conseil épiscopal, fit neuf fois la visite systématique de ses huit-cents paroisses ; il fonda un séminaire, organisa des missions paroissiales, le culte eucharistique, des œuvres pour les vieillards et les orphelins, les malades et les victimes de la peste. 

En 1656 il prêchera lui-même le Jubilé.

Il mourut le 31 décembre 1659 à Mercuès. 

Béatifié en 1981 et mentionné au Martyrologe le 31 décembre, il est localement fêté le 3 janvier, après l’octave de Noël.

Il a été proposé comme modèle aux évêques du monde entier, et particulièrement à ceux de France.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:00

Margherita Colonna

1255-1284

 

La bienheureuse Margherita (Marguerite) naquit à Palestrina en 1255, fille de Oddone (Odon) Colonna et de Mabilia Orsini, qui eurent deux autres enfants : Giovanni et Giacomo. Elle appartenait donc à deux familles romaines puissantes qui, pendant plusieurs siècles, marquèrent l’histoire de la Ville Eternelle par des phases successives de paix et de haine réciproque. 

Palestrina était la place-forte de la famille. La richesse des nobles romains était liée aux pontifes et aux charges ecclésiastiques : en ce qui concerne les Colonna au temps de la Bienheureuse, il suffit de citer Giovanni, cardinal de Sainte-Praxède en 1212 et légat du pape pendant la cinquième Croisade. C’est ce dernier qui rapporta à Rome la colonne qui, selon la tradition, servit pour la flagellation du Christ et qui, encore aujourd’hui, est conservée dans la basilique romaine dont il était titulaire. 

Les années où vécut Margherita furent pour l’Eglise des années difficiles et agitées : de 1268 à 1271, le siège papal fut vacant, ce qui ne s’était jamais vu aussi longtemps dans l’histoire. Cela faisait vingt années que le pape n’habitait plus à Rome. Des conclaves interminables, des pontificats très brefs : le pouvoir du pontife, si fondamental pour l’équilibre du monde chrétien, subissait l’antagonisme entre la France (car Charles d’Anjou occupait beaucoup de régions d’Italie) et le Saint Empire Romain Germanique.

Très tôt, Margherita et ses deux frères furent orphelins. Tandis qu’on la destinait à un mariage prestigieux, important pour les alliances nobiliaires, elle n’avait au contraire qu’une préférence dans son cœur, demeurer l’épouse virginale de Jésus-Christ. Le 6 mars 1273, avec deux dames pieuses de sa maison, elle se retira à Castel San Pietro, une colline qui domine Palestrina, près de l’église de Santa Maria della Costa, pour suivre sa vocation sur la trace du mouvement franciscain. François d’Assise était mort depuis quarante-sept ans, Claire depuis seulement vingt ans : leur idéal de vie fascinait un grand nombre de personnes de tout rang social. 

Margherita reçut la rude bure, sous laquelle elle mit un cilice. Elle commença des jeûnes et des pénitences, priant pour que se réalisât son désir : devenir clarisse. Elle vécut donc là, retirée, pendant quelques années. Pour la puissante famille Colonna, cette vie d’anachorète était un véritable scandale. 

Le réconfort arriva cependant grâce à son frère Giacomo, lequel, quoique très jeune, était déjà cardinal (depuis 1278) par volonté du pape Nicolas III (dans le monde Giovanni Gaetano Orsini), tandis que Giovanni était sénateur à Rome. Bien qu’il fût revêtu de son titre uniquement en raison de son appartenance à une famille importante, comme cela était habituel en ces temps-là, Giacomo éprouvait un amour sincère pour le Christ. Il conduisit Margherita à Rome, et tous deux prièrent ensemble sur la tombe des Apôtres Pierre et Paul. 

C’est ainsi que Margherita commença une nouvelle vie. Elle ne disposait plus de l’héritage familial si abondant : elle avait désormais la Pauvreté, qui ne manque jamais sur la route des Saints. 

Son exemple lumineux suscitait un grand intérêt, surtout parmi d’autres dames désireuses comme elle de mettre leur vie au service de Jésus-Christ. 

Elle  demanda au Supérieur Général des Frères Mineurs, Girolamo Masci, le futur pape Nicolas IV, la permission d’entrer au Monastère d’Assise. Une maladie l’en empêcha : autres étaient les voies du Seigneur. 

Sa pensée alla ensuite vers le Couvent de la Mentola (qui se trouvait entre Palestrina et Tivoli, et où l’on vénérait une image de la Très Sainte Vierge à laquelle elle était très dévote ; saint François aussi s’y était rendu). Mais ce couvent dépendait du Comte de Poli, qui ne voyait pas d’un bon œil une fille Colonna arriver dans ses territoires. 

Elle retourna donc à la maison et, avec l’aide de son frère cardinal, fonda un monastère sur la montagne voisine : là, pauvrement, de jour comme de nuit, on louait et l’on priait le Seigneur. Margherita s’occupa de la formation de ses compagnes, mais sa charité alla bien au-delà, touchant aussi les malades et les pauvres alentour. Chaque année, à la Saint-Jean-Baptiste - dont elle était très dévote - elle organisait un repas pour eux. 

La tradition rapporte qu’un jour Jésus et Jean-Baptiste se présentèrent à sa table, mais qu’ils disparurent quand Margherita les reconnut. 

Quand elle eut épuisé son important patrimoine personnel, elle qui était née dans l’opulence tendit la main pour demander l’aumône et pouvoir ainsi continuer ses œuvres. Entre autres, on se souvient de son assistance aux Frères Mineurs du couvent de Zagarolo, à un moment de grave nécessité. 

Son union avec le Christ devint de plus en plus intense : elle reçut de façon visible le réconfort de Jésus, de Sa Mère et de saint François. Elle eut plusieurs extases et supporta patiemment pendant sept années une blessure ulcéreuse au côté, qu’elle considéra comme une marque de la Passion de Jésus. 

Elle n’avait pas trente ans à sa mort, une mort qui fut précieuse aux yeux du Seigneur. Elle rendit l’esprit, à la suite de son ulcère et de violents accès de fièvre, le 30 décembre 1284. 

Immédiatement son tombeau devint un lieu de pèlerinages, et des grâces étaient obtenues par son intercession. En 1285 le pape Honorius IV donna l’autorisation à la communauté de Clarisses de se transférer à Rome, dans le monastère de Saint-Silvestre-in-Capite, où celles-ci transportèrent le corps vénéré de la Bienheureuse (il y restera jusqu’en 1871). Sa biographie fut écrite par son frère et la première abbesse de Saint-Silvestre.

Le 17 septembre 1847, le pape Pie IX confirma le culte “ab immemorabili” (de temps immémorial) ainsi que la mémoire liturgique le 17 décembre. Quelques années plus tôt, le pape Grégoire XVI avait établi que seules les familles Colonna et Orsini eussent le privilège exclusif de Princes assistants au trône pontifical.

Aujourd’hui, les reliques de la bienheureuse Margherita sont vénérées dans l’église de Castel San Pietro, proche de Palestrina. Là, la semence qu’elle jeta en terre il y a plus de sept siècles, continue de fleurir encore aujourd’hui, grâce aux Clarisses du monastère de Sainte-Marie-des-Anges.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 30 décembre, son dies natalis (le jour de sa mort, qui est le jour de sa naissance au ciel).

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:00

Félix 1er pape

269-274

 

Ce vingt-sixième pape succédait à saint Denys.

On ne dit rien de lui.

Lors de la déposition de Paul de Samosate comme évêque d’Antioche, l’empereur proclama en 272 - et c’est important à souligner - que l’évêque légitime était celui qui était reconnu par l’évêque de Rome.

C’est peut-être ce même pape qui aurait établi que l’on célébrât la messe auprès du corps des Martyrs, au jour anniversaire de leur mort.

Saint Félix fut peut-être lui-même martyrisé, le 30 décembre 274.

Son successeur fut saint Eutychianus.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:00

Eugenia Ravasco

1845-1900

 

Elle naquit le 4 janvier 1845 à Milan, troisième des six enfants de parents aisés, Francesco Matteo et Carolina Mozzoni Frosconi.

La maman mourut dès 1848, de sorte que le papa alla s’installer à Gênes avec son fils aîné et sa dernière fille. Eugenia resta à Milan chez sa tante, qui s’en occupa vraiment comme une mère très chrétienne.

En 1852, la famille se réunit à Gênes, mais le papa mourut à son tour en 1855, de sorte qu’Eugenia fut recueillie chez son oncle Ravasco qui vivait aussi à Gênes. Cet oncle avait déjà dix enfants, et se prodigua pour élever avec le même amour ses neveux et nièces. Il voyait avec inquiétude grandir en Italie l’influence de la Maçonnerie, en tout particulier sur le cœur du frère aîné d’Eugenia, Ambrogio.

Eugenia fut très vite attirée par l’Eucharistie et la dévotion envers les Cœurs de Jésus et Marie, en même temps qu’animée par un réel amour envers le Prochain.

Elle fit sa Première communion en 1855 et reçut la Confirmation. Dès lors, elle ne passait jamais devant une église sans s’y arrêter pour prier et adorer.

En 1862, mourut ce cher oncle bienfaiteur. Eugenia fit tout ce qu’elle put pour ramener son frère Ambrogio à de saines idées, mais sans succès apparent.

En 1863, elle se consacra à Dieu, tandis que, dans la famille, on avait d’autres espérances pour elle.

Elle s’occupa de catéchèse, collabora avec les Filles de l’Immaculée, avec les Dames de la Charité. La famille n’appréciait pas ce genre de contacts, d’une autre classe que celle d’Eugenia, qu’on commençait à mépriser. Mais Eugenia avait du caractère, et persévéra sur sa route. Avec d’autres collègues, elle commença à réunir des petites fillles pour les occuper sainement et saintement.

Finalement, en 1868, l’Esprit Saint la poussa à fonder pour de bon un nouvel Institut : la Congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, dont la mission devait être de faire le bien, surtout envers la jeunesse, souvent abandonnée à elle-même, pour former d’honnêtes citoyens en société et des Saints au Ciel.

En 1878, contre vents et tempêtes, et malgré les attaques maçonniques, elle ouvrit une école pour la formation de maîtresses, elle organisa des exercices spirituels, des retraites, des missions, provoquant ainsi le retour de beaucoup d’âmes à Dieu, notamment des prisonniers et des mourants.

L’Institut fut approuvé dans le diocèse en 1882 et, en 1884, Eugenia fit la profession religieuse en même temps que ses Collègues.

En 1892, elle ouvrit encore une Maison pour les jeunes ouvrières à Gênes, et fonda pour ces ouvrières l’Association Santa Zita. 

Elle tomba malade et mourut - trop tôt aux yeux du monde ! le 30 décembre 1900 à Gênes, tout à la fin du 19e siècle. Deux jours plus tard, elle aurait été la première Sainte du 20e siècle !

L’Institut devint de droit pontifical en 1909. Actuellement, il compte plusieurs centaines de Religieuses, présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, dans une grande partie de l’Amérique latine et aux Philippines.

Eugenia Ravasco fut béatifiée en 2003.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:00

Giovanni Maria Boccardo

1848-1913

 

Giovanni (Jean) Ottavio Maria naquit le 20 novembre 1848 à Cà Bianca (Testona, Moncalieri - en piémontais Moncalé -, Turin, Italie nord-ouest), aîné des dix enfants de Gaspare et de Giuseppina Malerba. Des dix enfants, trois moururent en bas âge, et trois se donnèrent à Dieu ; deux furent prêtres, Giovanni et son frère Luigi qui, né en 1861, fut le filleul de Giovanni et, plus tard, son vicaire de paroisse ; Giacinta, elle, entra au couvent en 1874.

En 1861, Giovanni entra au lycée des Barnabites. Sur son chemin, il aidait chaque jour un pauvre aveugle avant d’arriver à l’école.

En 1864, il entra au séminaire.

Quand il confia à son père son désir d’être prêtre, celui-ci lui répondit : D’accord, à condition que tu soies un vrai prêtre, pas seulement avec la soutane, mais avec les actes. Le garçon allait correspondre tout-à-fait au désir de son père.

Ordonné prêtre en 1871, il fut dès 1873 directeur spirituel aux séminaires de Chieri, puis de Turin, persuadé que, pour conduire de futurs prêtres sur le chemin de la sainteté, il devait donner le premier l’exemple d’une vie totalement vertueuse et sainte.

En 1877, il fut reçu docteur en théologie.

En 1882, il fut nommé curé à Pancalieri, où il restera actif jusqu’à sa mort, par la catéchèse, la prédication (y compris dans les paroisses alentour), les visites aux prisonniers. Il institua une pieuse association qu’il appela la Cour de Marie et favorisa la bonne presse.

Lors de la terrible épidémie de choléra de 1884, il se prodigua avec quelques jeunes paroissiennes pour aller porter secours aux malades ; mais surtout il fonda cette année-là un hôpital à Moncalieri même : pour s’occuper des malades, il accueillit une, puis plusieurs paroissiennes qui se constituèrent en une nouvelle Congrégation, les Pauvres Filles de Saint-Gaetan, qui se multiplièrent dans trente-deux maisons que le Fondateur ouvrit dans le Piémont et les Marches, au service des malades abandonnés, des vieillards sans ressources, des orphelins, des prêtres malades…

Cette même année aussi lui fut adjoint comme vicaire son propre frère, Luigi (voir au 9 juin), pendant deux années.

Don Giovanni Maria laissa un grand nombre de lettres, réflexions, propositions, contenues dans une quarantaine de volumes.

En 1911, un accident cardio-vasculaire le laissa paralysé, dans l’impossibilité d’exercer le moindre ministère. Sa seule consolation était de se faire porter dans son hôpital, au milieu des malades et des Sœurs.

Il s’éteignit à Pancalieri, le 30 décembre 1913.

L’année suivante, son frère Luigi fut nommé Supérieur Général de la Congrégation.

L’approbation pontificale de l’Institut arriva en 1958, les Sœurs s’étant installées aussi au Brésil, en Argentine, au Bénin.

Giovanni Maria Boccardo fut béatifié en 1998.

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